S.
PROCESS/THE PARTY OF HELICOPTERS
"
" - split 7
Track Star 00
L'hélicoptère
a un coup dans l'hélice. Après un album sur Donut
Friends, fumet noisy-core brouillon, juvénile et jouissif,
Party of Helicopters se met à réfléchir,
poser son jeu, perd de son naturel au profit d'une meilleure maîtrise
certes, mais le charme est rompu. C'est surtout la voix, calme
et chantée, qui cadre mal avec le reste et gratte mes entournures.
Les 2 morceaux entendus sur le web de leur prochain album font
craindre le pire.... Autre face, autre moeurs. C'est surtout S.Process
qui a motivé l'achat de ce split 45. Un 1er mini-lp énigmatique,
attirant. Ce morceau sur et contre les " photograph-reporter
" maintient le cap. Batterie et basse continuent à
faire tout le boulot. Des rythmes pour danser autour du totem.
Et cette voix qui vient toujours du fond de la pièce, le
jeu de guitare du chanteur s'affirmant au passage. Original et
marquant, pas de boucan inutile. L'album sort à la fin
de l'année. Réservez vos places.
SKX (05/10/2000)
|
S.PROCESS
"
MNML " - CD
French Kiss 03
Ce
groupe m'a jeté un sort. Je pourrais tout aussi bien les
détester en bloc (avec ce nouvel album, encore plus). Des
relents d'années 80, des avortons de New Order qui auraient
bouffé trop épicé. Leur sale groove pour
fin de piste. En prime sur ce deuxième long format, S.Process
a étoffé sa palette sonore avec bidouillages de
synthés qui sonnent parfois comme un vrai piano. Plus une
voix féminine, énième 3ème larron
autour du duo historique Bob Doto et Daneil Mazone. Bref, rien
d'emballant sur le papier. Et pourtant, j'adore !! Leur sale groove
est carrément envoûtant. Un truc irrésistible
qui donne envie de bouger instinctivement. Pourquoi les punks
n'auraient-ils pas le droit de danser hein ?! Une aura mystérieuse
dans ce minimalisme et si riche et rond en même temps. Des
mélodies qui vous transportent. Et il en pleut à
chaque morceau. Le tout dans un bocal bien mélancolique
et faussement entraînant. Un mélange unique qui tient
par je na sais quel miracle. S.Process, c'est un peu tout et son
contraire. A vrai dire, je ne sais pas par quel bout prendre ce
groupe
C'est quasi indescriptible tant on ressent des influences
multiples
Une moulinette qui broie finement. Entre tous
ces fameux groupes " no-wave " et ces groupes de blancs
becs qui se prennent pour des blacks comme !!! ou Dance Disaster
Movement mais aussi des trucs plus rock et noise qui aiment l'air
vicié, S.Process crée une alchimie bien personnelle.
C'est sexe, chaud et maladif. Impossible de rester indifférent
devant de tels tubes comme " a boulder tycon or enya "
ou " in its mouth a moulder " et le très dépouillé
" five boys " (mais on pourrait citer tous les titres).
Alors tentez votre chance. Qu'importe votre chapelle. Laissez
tomber les préjugés. La musique de S.Process brasse
large car elle est universelle (woaw, ça c'est de la phrase
!). Petits et grands. Chiens et chiennes. Sortez de votre réserve
et enclenchez le processus. C'est un sale punk qui vous le dit
!!
SKX (05/08/2003) |
S.PROCESS
"
s/t " - EP
Track Star records 98
Enigmatique
musique. Groupe de l'ombre. 4 titres non-nommés. Trio US
dans sa plus simple expression. Approche minimaliste. Magnifiques
lignes de basse. Batterie sobre mais appuyée. 4 titres
étirés où on prend le temps de tisser sa
toile, de respirer, d'abandonner le corps encore chaud dans des
duels basse-batterie aériens, où les explosions
sont d'autant plus belles. Une guitare économe aux mélodies
accrocheuses avec un chanteur sur la braise. Un réel talent
de compositions à faire miroiter entre The VSS et Godheadsilo.
Ca prend aux tripes en toute simplicité, enveloppe d'un
mystère, processus à suivre....
SKX (15/11/1999)
|
S.PROCESS
"
more me " - CD
Track Star 01
Le
processus se développe. Et s'affiche au grand jour. Pochette
trombinoscope, les protagonistes sous les flashs, recto et verso.
Naturel. Riens à cacher. C'est tout simple et se démarque
des pochettes actuelles où tout le monde à tendance
à se planquer derrière les flous artistiques. Quant
à la formule, elle s'adjuge un nouveau membre. Le trio
se mue en quator avec l'arrivée d'une fille aux, devinez
quoi, synthée/platines. Ca, par les temps qui court, c'est
moins original. Un instrument qui se généralise
dans les milieux rock-emo-hardcore ce que vous voulez. Car avec
S.Process, bien malin qui pourrait les rentrer dans une petite
case sécurisante, les étiqueter d'un courant musical
particulier. On pourrait les rapprocher de VSS, 90 Day Men ou
alors cousins (très) éloignés de Godheadsilo
mais on serait encore loin de la vérité. S.Process,
c'est comme leur pochette, limpide, ça coule de source
mais c'est un minimum élaboré. Une musique très
axée sur la rythmique vive et percutante. Le guitariste
est plutôt du genre discret et se contente le plus souvent
de chanter, beau brin de voix d'ailleurs, autour de la basse,
ronde et mélodique. Les blancs sont comblés désormais
par les machines qui font une entrée princière,
tout en suspension et légèreté. Difficile
de mettre un nom sur ce processus. C'est agressif sans être
violent, des morceaux variés, spontanés et d'une
saine fraîcheur dans le paysage musical actuel. Un trublion
sonore qui rafraîchit les neurones, vous auriez tort de
passer à coté.
SKX (19/06/2001) |
SAETIA
"
a retrospective " - CD
Level Plane 01
Saetia
sévit de février 1997 à octobre 1999. Des
dates bien précises pour une histoire du rock qui ne retiendra
probablement jamais son nom dans les annales. Et on s'en branle!
C'est avant tout l'urgence et le plaisir d'en découdre,
la rage de s'exprimer du haut de leurs 20 printemps, "l'esprit
hardcore et punk" dixit Saetia qui motivent tous ces groupes
hardcore. Saetia en est un bon fleuron. Ce CD commémore
l'ensemble de leur courte discographie : 2 singles, un album (sur
Mountain Cooperative) et un titre égaré sur une
compilation. Soit en tout 17 titres dans le tiroir-caisse que
Level Plane (chez qui on retrouve des membres de Saetia!) nous
ressort sous une belle présentation détaillée
avec commentaires, pensées et paroles inclus. Le hardcore
de Saetia est moderne. On passe de drôles de moments mélancoliques
à quelquechose de plus énervé et écorché,
sans jamais non plus sortir le gros son. Un mélange touchant
entre maîtrise et équilibre précaire, entre
naïveté et énergie pure. Avec cette voix plaintive
qui s'échappe vers les aiguës, donnant une touche
toute personnelle à leur musique. On retiendra de leur
discographie leur unique album avec de splendides morceaux comme
"an open letter". Leur dernier single "eronel"
sorti sur Witching Hour (défunt lui aussi!) avec le morceau
"some natures catch no plagues" qui laissera bien des
regrets. Saetia arrivait au sommet de son art, abandonné
à son sort. Depuis, vous connaissez l'histoire, chaque
membre est reparti voir si le ciel était plus bleu ailleurs
avec de nouvelles formations qui elles-mêmes splitteront
etc... etc.... Une belle pièce bien représentative
de son époque.
SKX (04/01/2002) |
SAETIA
"
eroner " - 7"
Witching Hour 00
Single
de fin de sortie pour Saetia. Avec classe et qui ne peut que laisser
des regrets. Ces 3 derniers titres sont sûrement le meilleur
du fin du fin de leur répertoire emo-core surexcité.
Parties calmes, parties dans le rouge, dosage adéquat entre
les arpèges délicats et cette voix aiguë qui
emballe la fanfare diabolique. Dosage entre une maîtrise
grandissante et des compos sur le fil du rasoir, qu'un rien ne
ferait déraper. Entre naïveté et total contrôle,
l'émotion est garantie. Avec sur le ticket gagnant, "some
natures catch plagues", qui vous nous les tripes. Et comme
ils disent " there is no happy here, there is no happy here
"....
SKX (02/06/2000)
|
SAINT JAMES INFIRMARY
"
s/t " - Lp
Allied / Frenetic
Alors
celui là, on pourra pas dire que je ne lui ai pas couru
après ! Sur la foi de pauvres extraits bouillis et passés
au laminoir par les ondes néfastes du méchant lutin
de l'internet et de chroniques alléchantes, il a fallu
pas moins d'un an de traque acharnée auprès de distros
diverses pour faire main basse sur ce 1er album des américains
de St James Infirmary (à ne pas confondre avec des homonymes
anglais !). Efforts récompensés par un brûlot
noise-rock cinglant. Chocs des rythmes qui provoquent éclatements,
ciselés en lamelles, ça rock dangereusement, aveuglément.
Pour inspiration, Jesus Lizard et le sens de l'uppercut, Rye Coalition
pour le rock'n'roll for ever et Creeps On Candy pour la sauvagerie
et la production sans fard. On s'accroche, les ébranlements
que nous en ressentons nous portent à une volupté
primaire, en pleine trajectoire de la balle. Instinctivement nécessaire.
(un 45 est depuis sorti sur Alternative Tentacles. LP dispo sur
Aquarium records et Mordam. CF rubriques Liens/Distributeurs).
SKX (02/06/2000) |
SARAGASHUM
"
The devil's chordbook " - CDEP
Autoproduction 02
La
sarabande continue. Ce n'est pas que la poursuite proposée
soit particulièrement endiablée mais le jeu en vaut
quand même la chandelle. Posant le socle de son propos sur
des racines profondes (Shellac, Oxes pour ne citer qu'eux), la
musique de ce groupe originaire d'Alabama rappelle tant d'autres
et si peu à la fois. Saragashum connaît la partition,
explore des rythmes parfaitement cadencés et précis.
Tour à tour chantées ou (la plupart du temps) instrumentales,
leurs compositions diluent leur venin avec tact, sans temps mort
ni vulgarité, balançant sur le trottoir ce qu'il
faut pour alpaguer le client, entraînant vos cervicales
dans un mouvement continu et névrosé. Six titres
solides et aériens qui laissent présager d'un printemps
précoce.
SKX (07/01/2003)
|
SCALENE
"
Grafting from instantaneous and fragmental fulfillment "
- CDEP
HG Fact 02
Le
corps d'Atomic Fireball bouge encore, le chanteur est parti se
faire pendre ailleurs que les trois restants continuent l'exploration
des bas-fonds soniques. Changement de nom mais la croix à
porter pèse toujours son poids. Scalene sculpte dans le
gros. Sa matière, c'est le béton. Mais après
six à sept minutes en moyenne de traitement acharné,
tout vole en éclats et le béton sérieusement
amoché. D'innombrables fissures, des échardes rentrantes
et profondes. Scalene, c'est la folie nipponne au service de vos
sanitaires. Un trio qui récure à fond. Complexité,
quand tu nous tiens. Converge et Today is the Day n'ont qu'à
bien se tenir, Scalene est l'il du cyclone. Quatre titres
qui se répandent, se jouent des pièges du genre
avec facilité, élaborant une architecture ambitieuse,
aux multiples recoins entre sombres desseins et mélodies
en sous-sol et Pearl Habor en bas de chez vous. Ne pas oublier
la douleur qui précède la surdité. Un arsenal
sur lequel il va falloir compter. Scalene-san.
SKX (30/01/2003)
|
THE SEARCH FOR SATURNALIA/EGON
"
velvet / blowing trumpets " - 7"
Has Anyone Ever Told You ? 00
The
Search For Saturnalia serait-il en pleine évolution ? La
recherche porte-t-elle ses fruits ? Je ne sais pas encore si c'est
plus convaincant que leur précédent 6 titres mais
TSFS quitte quelque peu les sentiers battus pour tracer une route
où les virages se font plus doux, le climat océanique
et l'approche plus pop. Ca peut donner quelquechose d'intéressant
et plus personnel à la longue. Mais rien n'est moins sûr
! Les dés sont jetés. Avec EGON, on reste sur des
terrains similaires. Au moins ce 45 n'a rien de manichéen.
Ici, les sons sont clairs, tout comme la caisse, pas de problèmes,
on l'entend bien celle-là. Les mélodies sont transparentes.
Le chant est sage. C'est pop dans la démarche. En fait,
sur cette chanson pour les trompettes ou ya pas de trompettes
à l'horizon, rien ne dépasse et sans être
déplaisant, je demande à revoir.
SKX (17/08/2000)
|
THE SEARCH FOR SATURNALIA
"
s/t " - CDEP
Has anyone Ever Told You ? 99
A
la recherche de nouvelles planètes, The Search For Saturnalia
ne découvrira pas de Terra Incognita, n'enfilera pas d'anneaux
inconnus. Etats de service encore vierges, 6 titres dans le moule,
mais solide et du savoir-faire à revendre. Si j'étais
de mauvaise humeur, je dirai que mon étagère est
déjà suffisamment encombrée de disques inutiles.
De meilleur poil, je dirai que ce jeune groupe rician reprend
le flambeau de Superchunk, se place non loin d'Unwound ou Arcwelder
(mais qui se souviens encore d'eux ?!), de l'indie-rock avec des
ritournelles comme "3xd" vraiment accrocheuses, de l'énergie
sans gras. Bref, un groupe à guitares qui se démerde
comme un chef dans sa catégorie, poids plume et léger
sans être volatile, qui n'atteint pas la stratosphère
mais fourni suffisamment d'oxygène pour faire tourner quelques
têtes. On va s'accrocher encore un peu à leurs anneaux,
histoire de voir ce que nous réserve le futur.
SKX (17/08/2000)
|
THE
SECONDS
"
Y " - Lp
X-Mist 02
Le
bonheur du plaisir immédiat. Qui vous attaque direct l'échine.
Insouciants que vous êtes, oubliant les ombres du passé.
La félicité à ses pieds. Quittez ces lieux
inféconds, vous y reviendrez de plus belle. Le guitariste
et chanteur Zachary Lehroff a la tête dure. Non content
déjà de recreuser les sillons de Gang of Four et
Wire avec son autre groupe Ex-Models, il remet le couvercle, comme
on dit vulgairement, avec ce nouveau trio, The Seconds. Les sonorités
vous viennent toujours de la même époque. Le début
des années 80 a creusé un large trou dans lequel
il se vautre avec tact, en retirant la quintessence pour mouler
le tout dans un format moderne. Alors qu'avec Ex-Models, c'est
sec, froid et coupant, The Seconds balaie tous les doutes. Accroire
la distance et creuser l'écart. Le rythme est d'enfer,
presque dansant et convulsif, renvoyant aux trémoussements
maladifs de Minutemen. Tout est court, affriolant dès la
première ligne de basse, refrains efficaces comme n'importe
quel hymne punk auquel The Seconds nous renvoie sans cesse, sans
jamais que l'on ait à crier à la honte. Edifié
dans un espace qui ne tient compte ni des frontières ni
de la gravitation, cet album polie le temps et remplie son rôle
à la perfection : nous faire prendre son pied en toute
simplicité et sans arrière-pensée. Ils sont
au punk ce que John Spencer est au blues !! Le chaînon manquant,
droit dans ta face. (le Cd est sorti sur 5 rue Christine records).
SKX (30/01/2003) |
SET
FIRE TO FLAMES
"
Telegraphs in negative / months trapped in static " - 2xCDs
Fat Cat 03
Le
grand nul part. Set Fire To Flames est un collectif canadien (Montréal
exactement) de 13 membres et non superstitieux. Dans cette bande
de joyeux drilles, des musiciens officiant avec Godspeed You Black
Emperor d'où une coloration musicale proche. Mais alors
que les fers de lance de la musique post-rock offrent encore des
moments d'intensité, Set Fire To Flames mise sur le silence,
la mise en boite du grand froid polaire. Pour ce deuxième
et double album, exit la ville, direction la campagne, l'isolement,
tout le monde enfermé à la ferme. Le post-rock tient
son premier loft-story ! Au final, 17 titres, une heure et demie
de musique et
un point c'est tout ! Comme si tout débouchait
sur un neutre constat comptable et que rien d'autre ne s'était
produit. Si j'essaye de voir le bon coté des choses, je
pourrais avancer qu'on tient là une uvre ambitieuse,
conceptuelle, énigmatique et autres adjectifs ronflants.
Mais si je laisse parler le cur et non la tête, je
trouve tout ce bastringue chiant comme la mort ! En moyenne, des
morceaux qui durent des plombs. Ca se met en place tout doucement,
on attend que ça vient, patiemment, et parfois, oh bonheur,
ça vient vraiment, quelquechose se passe avant que tout
ne retombe dans les méandres des machines. Mais la plupart
du temps, c'est l'agonie du phoque sur la banquise. Une musique
qui se rapproche plus de la musique concrète, les bruits
de la nature amplifiés dans votre salon, des plages inutiles
comme cette conversation téléphonique qui n'intéresse
personne, des flatulences sonores qui glissent comme un pet sur
la toile cirée. Impossible d'écouter ça sans
s'endormir en plein milieu, voir un peu avant. Ils ont beau sortir
tout un attirail de cordes, d'instruments en tout genre, de bruits
minimalistes, ça ne sert qu'à cacher la misère
de l'inspiration. Moi je veux bien faire un effort pour voir là-dedans
des compositions hantées par je ne sais quelle beauté
métaphysique mais au mieux, c'est de la musique d'ascenseur
vachement balaise dans sa catégorie. Le grand bleu version
période glacière, très peu pour moi.
SKX (28/04/2003) |
SEXUAL
SURROGATE
"
knochenleitung " - Lp
Autoproduction 99
On
imagine aisément leurs oreilles siffler à la simple
évocation de Shellac, devenir un rien nerveux quand on
associe systématiquement le trio de Chicago à leur
propre musique. Raccourci pratique et facile. Certes, nier toutes
similitudes, notamment sur leur 1er 45, est un pari que je ne
révélerais pas! Un amour de la basse percutante,
un sens du rythme tranchant, le son de Chicago impose sa frappe
universelle. Et ce trio allemand, à ce petit jeu là,
s'en sort avec les honneurs. Mais ne retenir que ça ferait
courir les besognes un peu vite! Une écoute semi-prolongée
de leur 1er album l'atteste. Une odeur punk-rock, un brin de Killdozer,
une bonne grosse voix grave, des bizarreries et dérèglements
de machines ("lady +" ou le morceau "knochenleitung"),
une approche plus concise des structures avec un bon coup de pioche
à la base, tout collabore peu à peu à une
représentation personnelle de leur univers. En anglais,
"surrogate" signifie "substitut" (en plus
il est sexuel!). Ce jeune groupe allemand est plus qu'un remplaçant
bâtard mais un parfait complément de la lignée,
une belle pièce du puzzle qui engendre ses propres rites.
Branchez à fond !!
SKX (06/09/1999)
|
SHIKARI
"
s/t " - 7"
Level Plane 03
On
a pourtant l'habitude d'en entendre des vertes et des pas mûres
mais les Hollandais de Shikari ont propulsé la barre encore
un peu plus haut ! Violence, pure violence, attaque sonore, frontale,
décharge, bille en tête. Ce single figure tête
de liste des disques les plus intenses de l'année, catégorie
" frappe qu'un coup ". Shikari ne se contente pas seulement
de souffler sur les cendres de Orchid mais ils les font passer
pour de vulgaires pyromanes du dimanche tout en lorgnant sur les
incendiaires (feu) Acme. Un son dingue d'où respire je
ne sais comment des mélodies urgentes qui prennent aux
tripes. Une voix au fond du gouffre mais qui s'est se faire entendre.
Shikari a de quoi rhabiller plus d'un groupe pour l'hiver. Pas
un groupe emo-powerviolence de plus ou de hardcore puissant qui
ne connaît que la ligne droite à tombeau ouvert.
Shikari, des vrais de vrais, concis, sans édulcorant ou
artifice. Evident, fait pour mourir jeune. La chevauchée
des Walkyries de l'an 2000, version batave. Tout simplement indispensable.
(Tout aussi indispensable, un split 10'' avec Seein'Red et un
autre 10'' tout seul sur Deadlock records).
SKX (06/08/2003)
|
SHIPPING
NEWS
"
very soon, and in pleasant company " - CD
Quarterstick 01
Cet
album est avant tout une histoire de voyage. De voyage et d'inspiration
par les villes traversées (Chicago, Bilbao, la Sicile,
Rennes (??!!), Oslo pour ne citer quelles), par des morceaux travaillés,
testés, remis en cause lors de tournées. En tout,
deux ans et demi de labeur pour un résultat mitigé,
à la mesure de ce long cheminement, d'état d'esprit
et de feeling forcément changeant. Sans oublier que Jeff
Mueller, principal instigateur de ce projet qui date de 1996,
était aussi occupé par June of 44. Comment ne pas
se disperser! La route est longue et parsemé d'embûches,
mon ami. Excepté un magnifique morceau d'ouverture ("the
march song") et un instrumental lui aussi réussi "nine
bodies, nine states"), seules touches où le rythme
général se fait alerte (réminiscences de
leurs influences Slint), le reste du trajet se fait par les routes
secondaires, voir le chemin des écoliers. On prend son
temps et le temps est plutôt à la douce mélancolie.
Tout dépend en fait de l'humeur du moment. Soit vous vous
laissez bercer et emporter par le vague à l'âme ambiant,
surtout les morceaux où c'est le bassiste Jason Noble (Rachel's)
qui se colle au chant. Le violon (très très discret),
le piano (aussi discret), les murmures, les arpèges tranquilles,
le délicat, une tension très très relative,
dites le avec des fleurs, si tout ça, c'est pour vous,
vous allez prendre votre pied. Et à ce petit jeu, Shipping
News est plutôt doué, ça brode avec classe
et tutti quanti. Facile de se laisser prendre. Et pas désagréable
du tout. Soit, tout ça peut vous sonner bien mièvre,
un rien longuet et vous partirez avant la fin. Une musique à
écouter en plaisante compagnie, pleine d'humanité,
de poussière et de soleil. Vivement les orages et les accrocs
dans le rideau!
SKX (10/04/2001) |
SHORA/MERZBOW
"
switching rethorics " - split CD
Bisect Bleep Industries / Overcome 02
La
curie à tous les étages. Quand deux experts en détartrage
auditif se rencontrent, on a tout à craindre que le CD
ne fonde sous l'effet de cette lave bruyante et étouffante.
Merzbow, alias Masami Akita, nippon esseulé dans sa chambre,
repoussant les limites du bruit par vagues bruitistes et rythmes
des profondeurs. Comme un sonar implanté au milieu d'un
aspirateur. Il paraît que certaines personnes aiment ces
douces sensations.... Autre manière d'attaquer le front,
les Suisses de Shora. On retombe sur ses pattes avec une formation
rock. Quatre nouveaux titres qui font suite à un 1er CD
sept titres plus que prometteur. Ils en rajoutent une couche.
Le son est énorme, touffu et pourtant si limpide comme
une balle qui sort d'un 357 magnum. Leur noise-core est chaude
comme la braise. Ils se démarquent de plus en plus de groupes
comme Converge ou Botch pour trouver leur propre poison à
expulser. Ils court-circuitent leurs standards par des phases
expérimentales, creusent la face cachée du bruit.
Shora, c'est du grand art! Et pour les maniaques, une édition
limitée de ce digipack est sortie sous la forme d'un packaging
encore jamais rencontré sur terre. On est plus prêt
du piège à loup que du boîtier CD. Objet massif,
dangereux et coupant. Qui sied si bien aux groupes présents
à l'intérieur....
SKX (27/02/2002) |
SHORA
"
shaping the random " - CD
Grave Romance 00
Shora
! Shora ! Shora ! Le nom cingle. L'attaque promet d'être
suicidaire, les brèches nombreuses dans les lignes ennemies.
C'est court, intense, haletant. Des compositions complexes mais
qui claquent comme des coups de fouets. Un hardcore moderne, teigneux,
torturé. Les parties, toutes différentes et multiples,
hachent, s'imbriquent, volent d'explosions brutales et déchirantes
en respirations rauques, fourbissant un autre déluge à
venir. C'est servi par une production millimétré,
éclatante, le verbe haut. Dans le genre, ça enfonce
des portes et elles sont loin d'être grandes ouvertes. Ca
fait valser les gonds, un vrai souffle déboule de ces 7
compositions. Ave un prélude très court et une pause
" Drowned Beauty ", autant d'insectes grouillant et
ne font qu'ajouter à l'oppression ambiante, ce climat qui
serre les tripes. Ce quatuor Suisse est fortement impressionnant
et frappe, après un 1er 45 tours, un énorme coup
dont les murs en tremblent encore. Indispensable.
SKX (02/10/2000)
|
SHOTMAKER
"
the complete discography 1993-1996 " - CD
Troubleman Unlimited 00
Une
compilation ardemment souhaitée. Des mois de lamentations
devant les messages sold-out en continu avant le trône sacré
en forme de double CD. L'uvre du trio canadien enfin révélée
au grand jour. Et comme chez Troubleman, on aime pas faire les
choses à moitié, ils ont bien dépoussiéré
jusqu'au fond des tiroirs. De la première démo en
93 à leur album incontournable "Mouse Ear Forget-Me-Not"
en 96, en raclant au passage d'obscurs split singles et trois
inédits pour la cerise sur le gâteau. SHOTMAKER,
une formule toute simple. Le guitare-basse-batterie de base. De
l'énergie, des mélodies à faire tomber, une
production parfaite. Bref, de l'emo-noise qui vole au-dessus de
tout le monde et qui en inspire plus d'un. L'occasion de jeter
un coup d'il dans le rétro et de juger l'évolution
du trio. Des débuts où on s'aperçoit que
Shotmaker est comme n'importe quel groupe qui débute (on
s'en doutait mais ça rassure) : bancal, juvénile,
sans le son mais qui très rapidement, après un merveilleux
split album avec Maximilian Colby, deux albums et une durée
de vie très courte et intense, se révèle
chef de meute. Des talents de compositeurs au dessus de la moyenne.
Simple, efficace tout en étant personnel, une équation
des plus difficile. Pour les autres, pas la peine de rêvasser
aux nymphes quand on ne peut que baiser les bonniches. Un classique.
SKX (31/01/2001)
|
SICBAY
"
Overreaction time " - CD
54°40' or Fight 03
L'attirance
est sans frein. On reste sur le bord, un rien perplexe au début,
puis la glissade, lente et sûre, inexorable vers un gouffre
en tout point délectable. Sicbay nous avait déjà
fait le coup avec leur précédent album " The
Firelit S'coughs ". Revoici la feinte de la bombe à
retardement. Sicbay a l'air de pas y toucher comme ça mais
le talent est là, indéniable, pour vous coucher
une chanson qui fera son uvre de taupe, écoute après
écoute. Que le morceau soit franchement énervé
(" hercunaleum ", " meet the jinx " ou "
jack pine ") ou coule comme une paisible et triste ballade
(" time fire ", " ultra-dawn "), la mélodie
est à chaque fois imparable. Sans effet, fioriture ou autres
rythmiques complexes, sans surenchère de bruit. Uniquement
à la force du poignet. Avec ce grain de voix toujours aussi
prenant, Sicbay vous fait plier, patiemment, un genoux après
l'autre, jusqu'à ne plus pouvoir s'en passer. Sicbay aligne
les perles, en toute quiétude. Ca reste majoritairement
bien dynamique dans l'ensemble. Ces trois trentenaires, si ils
ont mis un surplus d'âme dans leur uvre, ne vont pas
se calmer avec l'âge. Toujours inclassable. Rock tout simplement,
qui n'a pas peur de se dénuder, de tailler près
de l'os, d'épurer, ne garder que l'essentiel, maintenir
la pression, les pouces bien enfoncés. Ne garder que la
colonne vertébrale, y introduire un nerf électrisant.
Et puis prendre la route à la recherche de son filon. La
maturité apaise les démons, rend lucide mais ne
les fait pas disparaître pour autant. Essentiel.
SKX (25/02/2003) |
SICBAY/VAZ
"
minnesota attacks - volume 1 " - 7"
Learning Curve 00
Les
virus qui traînent dans le Minnesota font des ravages dans
l'ADN et ça attaque sévère pour ce premier
volume d'une série de split single qu'on leur souhaite
bien longue et joyeuse! Une pochette avec délit de sales
gueules, signée Hazelmeyer, le boss de (feu?) Amphetamine
Reptile records. On espère que ce nouveau label, très
proche semble-t-il de Amrep, nous fera découvrir autant
de bons groupes. Pour commencer, ils n'ont pas été
chercher bien loin avec VAZ, 2 ex-Hammerhead qui vous "torched
by an angel" bien dans la lignée de leur album dont
on relate l'histoire quelques part dans ces pages. Frais, dissonant
et entraînant. SICBAY (ex-Colossamite) continue de dérégler
les horloges avec un "3 hours" tendu comme un ressort,
qui ménage ses effets et augure d'un premier album prometteur....
On prend rendez-vous pour le deuxième volume!
SKX (02/05/2001)
|
SICBAY/GRAND
ULENA
"
split 7" " - 7"
Sawtooth 02
Le
retour du Nick Sakes et de ses deux compères. Un étape
de plaine (et courte) pour patienter entre deux albums. Ed Rodriguez
(Gorge Trio, Iceburn) est revenu derrière les fûts,
son jeu s'est étoffé. Est-ce pour cette raison que
ce nouveau morceau " Balon Walker " nous remémore
tant la période Colossamite, groupe charnière où
le Nick et le Ed échangèrent leurs premières
discussions à la guitare ? Après un 1er album de
Sicbay à l'aura plus calme et rock, est-ce un retour aux
sources, tout de bruit et de fureur ? En attendant la réponse
définitive avec le nouvel album qui débarque courant
février, gavez-vous de ce titre à faire grincer
plus d'une dent. Le Sakes est en colère et ça a
du bon ! Avec Grand Ulena, on reste en famille puisque on retrouve
Darin Gray, ex-bassiste de Dazzling Killmen et tout premier groupe
aussi de Nick Sakes. Respect mes frères. Sauf que le Gray
est parti depuis exercer son talent sur des pentes autrement plus
savonneuses. Avec plus ou moins de bonheur. Pour le meilleur (Brise
Glace) et pour le pire (You Fantastic pour n'en citer que quelques
uns !). Ce nouveau projet à trois têtes s'annonce
encore une fois casse-gueule. Grand Ulena aime se la jouer free
et improvisé avec des bouts de ficelle. J'ai connu pire
dans ses tentatives passées. On saisit plus ou moins un
fil conducteur mais tout ça reste encore obscur et très
conceptuel. Et pour pousser l'esprit du clan jusqu'au bout, c'est
la femme de Sakes qui a fait la pochette pour son propre label.
Sicbay, c'est toi le patron !
SKX (30/01/2003) |
SICBAY
"
the firelit s'coughs " - CD
Obtuse Mule 01
On
respire profondément. Car un disque avec Nick Sakes dedans,
ça s 'écoute pas comme les autres. Et comme les
précédentes productions de Sicbay soufflaient le
chaud et le froid, on se demandait comment aller sonner ce premier
album. Nick Sakes, c'était l'ancien porte-voix et guitariste
de Colossamite et (surtout) Dazzling Killmen. Et l'erreur, d'où
pointait une certaine (et relative) déception des premiers
disques, c'est de vouloir que Nick Sakes fasse encore et encore
du Dazzling Killmen ou Colossamite, tellement c'était du
bonheur ces deux groupes là, on voudrait jamais que ça
cesse ! Alors stop, on arrête la nostalgie. Sicbay est un
tout autre projet. C'est tout à l'honneur de Nick Sakes
d'évoluer musicalement. Avec Dave Erb à l'autre
guitare et Ed Rodriguez à la batterie (ex-Colossamite lui
aussi et toujours Gorge Trio), Sicbay signe ici une uvre
royale. Ils regroupent et concrétisent toutes leurs idées
éparses perçues sur quelques 45 et maxi et trouvent
leur style, le bon ton, la cadence adéquate, le son parfait.
Pour un disque inclassable. La musique de Sicbay est hors-mode,
hors-courant, hors tout ce que vous voulez. Ca ne fait penser
à rien de précis. Juste trois mecs qui se sont sévèrement
penchés sur le songwriting, qui y ont mis leurs tripes
et leurs coeurs. Qui balancent entre coups de gueules avec de
bonnes charges en avant ("3 hours", "the sighting")
et morceaux plus introspectifs, sombres et calmes ("matamoros"
, "candlelight lipstick"). Avec également, pour
la 1ère fois dans un projet de Nick Sakes, une musique
qui ne s'épargne pas ses moments de gaieté ou de
légèreté dans certaines mélodies.
C'est loin d'être torture mentale à chaque riff.
Les compos restent simples à la base, assez courtes, avec
des arrangements qui sortent du double guitare-batterie. C'est
varié avec une intensité toujours sous-jacente.
Un truc à part pour une uvre intemporelle et essentielle.
Et le meilleur reste à venir.
SKX (19/06/2001) |
SICBAY
"
Fort busy signal " - CDEP
Perverted Son 00
L'aventure
continue. Après Dazzling Killmen et Colossamite, Nick Sakes,
l'âme-chanteur de ces groupes, poursuit sa quête avec
SICBAY. Nouveau trio avec Ed Rodriguez, ex-Colossamite et Dave
Erb, Sicbay joue avec nos nerfs, déroute et prend un virage
résolument hardi ! Alors que les morceaux-démos
entendus sur leur site web annonçaient une couleur bien
dans la continuité des précédents efforts,
haletant et direct au but, ce 1er EP 4 titres nous colle certain
au blind-test. C'est presque un nouveau groupe qui déboule
d'un coup d'un seul. Etonnement et gros yeux aux premières
écoutes. Voix calme, parlée, presque chantée,
intense quand le moment s'en fait sentir, Nick Sakes étoffe
son registre et surprend son monde. Rythmes entre deux eaux, harmonica
sur " Bearskins and Rubberknives ", guitare sèche
sur " The Reach ", point de bataille épique et
d'assaut sonique, juste quelques coups de boutoirs passagers.
Des compos au déroulement singulier, déliées,
qui attaquent par les cotés et aux contours rock en pleine
maturité. On cherche l'étincelle, on scrute l'horizon
et puis on se laisse happer, une atmosphère de fièvre
troublante vous saisit au fil des écoutes, un je-ne-sais-quoi
de tension propre à ces précédents groupes
s'insinue comme un dangereux brouillard gagnant du terrain. Un
disque qui vous laisse hébété, savez pas
trop comment l'aborder, ne comprenez plus trop rien au film mais
on attend la suite avec curiosité....
SKX (02/05/2000)
|
CRAW/SICBAY
"
space is the place / challenger " - split 7
Obtuse Mule 01
Pas
de précipitation sur le jugement dernier! Car si ce split
single vient juste de sortir et marquait le retour officiel de
Craw après trois ans de silence, ce morceau a été
enregistré à l'époque où Craw comptait
dans ses rangs deux guitaristes. Avant que l'un deux ne fasse
orphelin l'autre. Pour connaître le nouveau cru de Craw,
il faudra définitivement attendre l'album sur Hydrahead.
Qui, comme toutes les bonnes choses, sait se faire désirer!
Patience donc avec cet inédit qui n'est pas un fond de
tiroir. Un bon vieux Craw des familles. Fier et pétaradant.
Les princes du noise-core. Sicbay présente des symptômes
similaires. Un titre enregistré à l'aube de leur
vie. Là où tout était urgence et bruit. Un
grand morceau de Sicbay avant que l'album ne les montre sous un
visage plus mature mais tout aussi intéressant. Une belle
rencontre entre monstres sacrés.
SKX (05/09/2001)
|
SICK
LIPSTICK
"
Sting sting sting " - CD
Tiger Style 03
On
leur donnerait le bon Dieu sans confession et pourtant ça
sent la perversion à plein nez. Le rouge à lèvre
malade. Tout est dans le titre. Un vrai piège à
tête de nud. Ne pas se fiez aux apparences car si
on gratte un p'tit peu, la deuxième couche risque de dévoiler
une couleur rouge sang, des gencives prêtes à croquer.
Tout d'abord, cette voix de petite fille effrontée, socquettes
blanches, couettes blondes, timbre haut perché, façon
Melt-Banana. Ca vrille et mine de rien, elle vous emmène
où elle veut. Et puis des rythmes sautillants et tout fiévreux.
Le fameux " même les punks ont le droit de danser ".
Ya du Arab on Radar là-dessous. Comptines sur la corde
raide, toutes en dissonances, convulsives. Une musique pour augmenter
la natalité (et les fausses couches !), voluptueusement
sadique. Douze titres à tambour battant. Une saine ruade,
bouffée d'air frais entre les cuisses. Restez les pieds
rivés au sol sous cette musique est impossible. The Sick
Lipstick, groupe de Toronto avec deux ex-Black Cat 13, fait parti
aux cotés de groupes comme Erase Errata ou Tourettes Lautrec,
d'une nouvelle vague de francs-tireurs américains épris
de débauche et de liberté. Sans famille, sans accroche,
rien à personne et jubilatoire à fond. Sting (répétez
trois fois), un jouet dangereux à offrir qu'aux grand(e)s
personnes pour des plaisirs solitaires. Un pur joyau dont l'éclat
peut-être trompeur
SKX (14/08/2003) |
SIGHTINGS
"
s/t " - Lp
Load 02
Load
records n'a pas la réputation de sortir de douces brebis
de sa bergerie. Lightning Bolt, fleuron du label et groupe majeur,
ne sont pas des monstres de tendresse et pourtant, ils pourraient
faire figure de chaperon rouge comparé au reste de l'écurie.
C'est dire! Avec Sightings, c'est l'assurance de la paix des ménages
qui fout le camp. L'art de vous casser les tympans. Ne prendre
soin qu'un minimum de donner forme audible à son bordel
sonore. On ne peut parler de science du bruit tant on se demande
si Sightings maîtrise quelquechose là-dedans. Des
guitares qui font concurrence à Black & Decker. Où
la saturation est une mesure pour calculer votre seuil de résistance
à la souffrance. Des rythmes qui tombent de façon
aléatoire. Un chanteur qui fait passer celui de US Maple
pour un mec raisonnable. On tombe dans le champ de Arab On Radar
mais en pire. D'une noise extrême et anarchique. Sans souci
de plaire mais d'irriter. On n'est pas loin du bruit juste pour
l'amour du bruit. Une certaine jouissance vous vient à
l'écoute. La jouissance du maso. Heureusement, elle est
très momentanée et l'intérêt se dissout
rapidement sous le déluge.
SKX (18/09/2002) |
SKARNSPAGE
"
skarnspage " - CD
Lilacsky 02
Deux
bruns fagotés comme des représentants de commerce
en vacances au camping municipal et hilares au milieu d'un champ
de blé. Voilà pour le coté glamour de Skarnspage.
Un duo guitare-batterie (et un !) qui hante les banquises norvégiennes
depuis des années et daigne enfin sortir un album
.
deux ans après son enregistrement ! Des gènes corses
doivent circuler dans leurs veines scandinaves. On est très
loin en tout cas des clichés occasionnés par ce
peuple conquérant. Skarnspage, c'est plutôt le coté
lutin des neiges. Jovial, pas sérieux pour un sou et élevé
à la douce folie des Trumans Water. Le genre qui saute
dans tous les sens avec des moyens dérisoires. Et qui enfile
les conneries en un temps record. 19 titres en 25 minutes, en
comptant les huit intermèdes récurrents, mini instrumentaux
tout droit tirés d'une fête de village d'un autre
âge où la décadence a pris le pouvoir depuis
longtemps. Ca fait donc un album très court (fallait pas
leur demander l'impossible non plus à ces travailleurs
acharnés !) mais carrément dynamitant, plein de
bonheur et de gaieté, de rythmes qui dansent la saint gui,
de vocalises puériles et entraînantes. Le truc qui
donne envie de courir nu avec eux dans leur champ de blé
à deux balles. Une petite pépite à garder
pour les matinées moroses.
SKX (12/03/2003) |
SLEESTAK
"
mach 2 " - Lp
Total Annihilation 98
Annihilation
totale. Acte (état) second. Après les bêtes
sauvages de 400 BLOWS, ce drôle de groupe déciboulonné.
Autant 400 Blows est droit et direct, autant Sleestak à
déplanté son bulbe depuis belles lurettes pour une
réimplantation antidatée. Phase noise et expérimentale
comme seuls les Texans savent le commettre, à l'instar
des quelques furieux de (feu) Trance Syndicate. D'abord on calme
le rythme, pesant de préférence et en position repeat.
On étire les plages, histoire de tendre l'ambiance au légèrement
malsain. On prend un chanteur Halloween à la voix bien
cinglée. Et pour le reste, on fout le bordel qu'on peut,
tout en décalages-débordements. Ya pas de limites.
Les larsens, les triturages, bruitages, les doigts dans le nez,
les coudes sur la table, les pédales à multiples
effets, de longs moments de calmes agonisant. On essaye, un soupçon,
d'y mettre un minimum de sens et vous avez 14 titres euh déboussolant.
Parfois c'est marée basse et l'intérêt se
dilue mais pour peu que l'ambiance sinueuse vous attrape un soir
de pleine lune, c'est un bonheur larvaire " faster than a
sleeping bullet "....
SKX (15/11/1999)
|
SMART
ASS DYNAMITE & THE NEW GENERATION OF DESTRUCTIVE ENTERTAINMENT
"
s/t " - LP/CD
autoproduction 01
Un
nom encore à défrayer la chronique. Un nom qui nous
promet des coups de pieds au cul pas perdus pour tout le monde.
Un nom qui annonce des lendemains sans futur. Pas de promesses
qui tiennent. Reliftage complet. Du passé faisons table
rase. Sauf que le passé, à ce jeune trio allemand,
est fortement ancré dans le punk. Un timbre de voix rappelant
le doux serinement de Jello Biafra. La pochette aux collages multiples
et provocateurs façon Dead Kennedys. Et les rythmes, plus
avoir avec le binaire que le multidirectionnel. C'est efficace,
direct mais loin d'être simpliste. Heureusement pour eux,
tout ça reste une influence très bien digérée.
Ils gardent du punk essentiellement l'esprit et le discours. Et
comme No Means No, le sens du rythme groovant, le punk qui danse
et qui s'éclate. Du Kurt sans l'adjonction "emo".
Ou toujours la même vieille rengaine, comment faire du jeune
avec du vieux. Smart Ass Dynamite le fait avec beaucoup d'entrain
et de fraîcheur. Et comme pour bien prouver que ce sont
des punks modernes, un CD-R, avec exactement l'équivalent
du vinyl gravé dessus, est glissé dans chaque pochette.
Cocktail molotov.
SKX (26/02/2002) |
SOEZA
"
s/t " - 7"
X-Mist records 99
Hybrides
les Anglais de Soeza. Bien malin qui pourrait les phaser sagement.
Du ressort, de la dynamique, de la variation dans le ton. Y'a
du Badgewearer là-dedans, dans cette façon de maintenir
le rythme vif et alerte, tout en restant léger, une trompette
pour faire danser les foules, avec cette inimitable " english
touch " dans les mélodies qui les démarque
sans cesse. En bien ou en mal, c'est selon. Ici, la tenue de route
n'est pas encore idéale mais gageons que ce single (après
un CDEP 3 titres sur Cowpat) inaugure de futures banderilles savoureuses.
SKX (26/07/1999)
|
SOMETHING
LIKE ELVIS
"
shape " - CD
Antena Krzyku Unc. 99
On
ne rajeunit pas avec ce disque sorti presque trois ans déjà.
Mais c'est pas tous les jours qu'on chronique un groupe polonais.
Un groupe de noise-rock avec un accordéon de surcroît!
Ca sent l'exotisme rugueux, le genre de groupe qui part d'avance
avec un handicap, une carte d'identité qui joue pas en
leur faveur. Trop occupé qu'on est à regarder vers
l'ouest la dernière nouveauté avant tout le monde
qui va nous tomber sur le coin de la tronche. Mais depuis quelques
années, tout un tas de bons groupes débarquent de
l'est, la République Tchèque en tête. La Pologne,
jusque là, était restés discrète.
Something Like Elvis pourrait bien être cette tête
de pont, l'arbre qui cache la forêt. Leur influence majeure
reste No Means No. Le rythme punk-groove lancinant. La basse qui
déhanche. Là dessus, vous coulez une bonne dose
de guitares bien noise, façon Sleepers. Et la vraie originalité,
leur truc bien à eux, c'est cet accordéon, qui paye
pas de mine à l'énoncé, mais se taille la
part du lion. L'élément auquel on raccroche les
mélodies, qui se noie sous le déluge ou éclaire
la mêlée d'un coup de anche et de belles inspirations
diatoniques. Des morceaux qui aiment tourner en boucles, insister
sur le même rythme, vous hypnotiser, vous happer dans leur
déluge sonore, vous laisser la tête hors de l'eau
au beau milieu de l'aventure pour mieux repartir en apnée.
Tous les titres n'ont pas la même aura mais quand l'inspiration
est là, ça moufte pas dans les rangs. Elvis se retourne
dans sa tombe. (A noter leur 1er album "personal vertigo"
du même tonneau, quoique la taille en-dessous).
SKX (12/03/2002) |
A
SILVER MT. ZION
" bornintotroubleasthesparksflyupward " - CD
Constellation 01
La blancheur calme d'un piano. A Silver Mt. Zion s'auto-soustitre
fort à propos "Memorial Orchestra & Tra-La-La
Band". On comprend pour la partie "Memorial Orchestra".
On fronce un peu plus les sourcils pour "Tra-La-La Band".
A Silver Mt. Zion a plus avoir avec le recueillement qu'avec une
joyeuse bande de délurés pour musique festive. Plutôt
sortie d'église que banquet arrosé. Issu de la pieuvre
à 7 têtes Godspeed You Black Emperor! qui n'en fini
plus d'infanter des orphelins, ce deuxième album de ces
Canadiens emprunte autant à la musique minimaliste d'Arvo
Part qu'aux Rachels, avec forcément l'inévitable
lien (ténu) patriarcal à Godspeed. A la base, six
enfants de choeur pour la charpente principale. Mais qui invitent
régulièrement leurs compagnons pour souffler dans
les trompettes de la miséricorde et crier un p'tit peu.
Une procession quasi monacale, de longues paraboles, de lourds
fardeaux que l'on porte sur ses épaules chétives.
Des chuchotements, des silences en tant qu'instrument à
part entière, des chants portés à bout de
voix près à l'éclatement. Puis des montées
ensanglantées (ou pas), le courroux venu d'en-haut, des
cris qui surgissent, le fracas des guitares. Une colère
impuissante avant le lent déclin. A moins que tout ne reste
en suspend, incapable de choisir son camp. Entre dépouillement
de violons et piano à l'aura mystique (vous l'aurez compris!)
et déchirement de la terre sous le coup d'orages très
électriques, cet album est tout simplement captivant. Une
mosaïque d'émotions contradictoires. D'une ferveur
toute égoïste. A écouter au loin, d'une fausse
tranquillité, attendre la révélation. Je
ne bougerai pas d'ici.
SKX (12/12/2001) |
SON
MY
"
circulatia " - 10"
Break Out / Tad records 99
Ceci
n'est pas un disque emo de plus. Faut pas se fier aux apparences
ou à une écoute discrète et distraite. Son
My vient d'Allemagne et au contraire de nombreux groupes compatriotes,
Son My apporte un je ne sais quoi d'européen. Une atmosphère
qui ne transpire pas habituellement outre-atlantique. On a beau
retrouver un chant passionné et engagé, une énergie
juvénile et torturée, Son My se démarque
de la meute. Faudrait peut-être déjà formellement
identifier en quoi consiste une touche européenne, et là,
j'avoue, je sèche lamentablement, mais en tout cas ça
n'a rien de foncièrement ricains. Peut-être ce violon
avec son lot d'émotions fines ou ces mélodies surprenantes
et troublantes. Bref, un truc en plus, un truc en plume et définitivement
4 titres créatifs qui restent accrocher aux sens et à
saluer d'urgence!
SKX (02/11/1999) |
SONG
OF ZARATHUSTRA
"
the messenger of heat " - 7"
Vendetta 01
Ainsi
chantait Zarathustra. En piétinant les plates-bandes de
ses voisins, en trépignant sec comme un gamin en folie
sur fond de synthés déjantés. Le hardcore,
c'est ça aussi de nos jours! Ces quatre titres ont spécialement
vu le jour sur un label allemand pour leur venue en Europe au
printemps 2001. Tournée qui a superbement ignorée
la France au passage. Ca, c'est pas nouveau (mais on bosse pour
que ça cesse!). Inédits version plus roots et au
cordeau que leur excellentissime album "birth of tragedy"
mais obligatoire dans sa collec pour en jeter un max. Justice
vaincra!
SKX (30/05/2001)
|
SONG
OF ZARATHUSTRA
"
a poisonous movement / lude boy " - 7"
Hand Held Heart / Sound Virus 02
Le
dernier né de la gamme Song Of Zarathustra commence rock'n'roll.
Le riff pète dans les mains, swingue sec et nerveux. Voix
toujours aussi écorchée et orgue (tenu par le chanteur)
qui déboule, fidèle à lui même! Sauf
que le son reste en dedans, sans ampleur. Sauf que, sauf que,
c'est pour mieux vous rendre sourd mon enfant! Car forcément,
vous avez tendance à rehausser le volume de votre chaîne.
Et là, paf, ils vous coupent tout en vous balançant
dans la tronche un son bien vicieux et strident. Comme si votre
saphir venait de se désintégrer ou vos baffes exploser
de l'intérieur. Effet garantie! Quel déconneur ce
Zarathustra! Face B, on a le droit a une reprise de Social Distorsion.
Je ne connais pas l'original mais ça sonne sans sourciller
comme un morceau de SOZ. Pas essentiel à votre collection
mais les fans de Song Of Zarathustra ne pourront éviter....
SKX (12/02/2002)
|
SONNA
"
we sing loud sing loft tonight " - CDEP
Temporary Residence Ltd 01
Le
Sonna est d'une grande tranquillité. Et si dans un geste
d'égarement, ils ont cru chanter lourd, ils se sont vite
fait rattrapé, raturé et c'est bien soft qu'ils
vont chanter sous les lampions. Et encore, ça tout d'une
boutade puisque Sonna est avant tout un groupe instrumental et
que le chant est aussi discret que le pet sur une toile cirée.
Sonna est ce qu'on qualifie communément de post-rock. Très
très post. Pastélisé et aseptisé.
Ca furète par chez Tristeza, Low et Aerial M. Cette musique
tout en douceur, faussement ensoleillée mais vraiment mélancolique.
Le genre de groupe qui prend son temps pour raconter son histoire
et où vous avez toutes vos chances pour dormir avant la
fin. Six titres en 45 minutes, votre tisane va refroidir. Les
guitares sont les narratrices principales, vibrantes à
l'unisson, les cymbales clinquantes. De l'élégance,
de l'agilité, un rien d'indolence, quelques accélérations
très passagères, des ronds dans l'eau. Mais tout
à beau être bien fait, l'enregistrement de valeur,
merci Albini, je suis comme la toile cirée, ça me
glisse dessus et n'accroche à rien. L'eau claire n'est
pas bonne pour mon organisme.
SKX (26/09/2001) |
SPEEDKING
"
The fist and the laurels " - 2xCDs
Tiger Style 02
Un
coup d'oeil dans le rétro avec la réédition
de la totale de Speedking, trio new-yorkais largement méconnu.
Tellement méconnu que ce double CD apparaîtra aux
yeux de beaucoup comme une nouveauté à part entière.
Pour ma part, je vais me la jouer encore, mais quelques uns de
leurs 45 traînaient sous une vieille pile poussiéreuse
et l'écho de la sortie d'un album enregistré et
jamais sorti (split du groupe à la fin de l'enregistrement
oblige) flottait dans l'air depuis quelques temps. Troubleman
records était sur les rangs. C'est finalement à
Tiger Style qu'échoue l'honneur de sortir l'intégrale,
à savoir 4 singles, ce fameux album tombé aux oubliettes
et quelques inédits. Un groupe apparemment culte de l'autre
coté de l'Atlantique, jouissant d'une aura de précurseurs
dans la musique dite post-punk et de tous ces groupes bruyants
actuels qui manient le clavier intégré comme une
seconde peau. Il est vrai qu'on est là en plein milieu
nineties et qu'à l'écoute de cette réédition,
le temps n'a pas eu prise sur les morceaux. Sur le 1er CD, on
retrouve tous les 45. Une base noise, très axée
rythmique, assez Shellac-ienne, une guitare bien agressive dispensant
des mélodies qui faisaient que ces morceaux avaient une
putain de classe. Avec l'autre CD, celui de l'album mystère,
on comprend mieux l'influence de ce groupe (plus par leurs nombreuses
tournées aux USA en fait que par leur discographie). Les
évènements ont pris une tournure plus électronique.
Mi-bruit, mi-machine. Si la basse et le batteur restent la clef
de voûte de l'édifice, le son s'est enrichie d'une
voix féminine et surtout amplifié d'effets électroniques
et petites bidouilles édulcorantes. Même le rythme
en devient presque groove. Les compos, tout en gardant une certaine
efficacité, s'épurent pour ne garder que le nerf.
Et je dois avouer que, excepté deux ou trois morceaux plus
dans la lignée historique, leurs nouveaux jouets sont loin
de me convaincre dans leurs habits de pionniers où électronique,
relents new-wave et énergie punk se côtoient déjà
.
En plus, à la fin de chaque CD, ils ont cru bon de mettre
des inédits purement électroniques et là,
ce double CD commence à vraiment devenir long. Finalement,
seuls les 45 auraient pu avoir droit à une seconde jeunesse.
Il n'est pas toujours utile de fouiller les fonds de tiroirs.
Sinon pour colmater les brèches et rétablir les
maillons dans cette bonne et vieille histoire de la musique !
SKX (03/03/2003) |
THE
SPORES
"
not now " - CD
Flitwick 01
(Flitwick records / PO Box 26 / Flitwick Beds / MK 45 1TJ / UK)
Il
y a des groupes qui tombent pile au bon moment, jouent le bon
truc quand il faut, bien en phase avec l'ère du temps.
Le succès, les filles et l'alcool à flot. Et ya
les autres. The Spores, loosers (magnifiques) anglais. Aussi glamour
qu'une boite de haricots. The Spores débarqués en
plein nouveau millénaire. Dix bonnes années de retard
dans les jambes. "Not now", éclair de lucidité.
Ce deuxième album est totalement anachronique. C'est fin
années 80 que le jour aurait dû voir naître
ses attendrissants sillons. That Petrol Emotion et les Wolfhounds
auraient eu une sérieuse concurrence. Car, hors mis son
coté décalé - ce qui en fait une bonne partie
de son charme - cet album est une grande réussite. Ca et
son coté rudimentaire. A faire poiler tout un banc de lecteurs
de "guitares & claviers". La démonstration,
une fois de plus, que dix ans de solfège ne servent à
rien pour vous torcher des mélodies imparables. Qu'un batteur,
même au jeu rachitique, peut mettre le feu à n'importe
quelle piste. Que deux, trois accords clairs font chavirer n'importe
quel cur. Seul le chanteur est largement au dessus de la
moyenne. A lui tout seul, il tire l'ensemble vers le haut et sublime
n'importe quel bout de ficelle. Il pourrait chanter le botin qu'on
le suivrait quand même! Arrangements au cordeau, instrumentation
maigrelette mais des idées mélodiques en pagaille
et un sens du sample retournant. Preuve la plus flagrante avec
le morceau de fin "tranquillizer" et son modem intégré
et utilisé comme un instrument à part entière.
Une pure trouvaille! 14 titres intimistes et revigorants, sur
de leur force tranquille, de leur orchestration enfantine, d'une
naïveté touchante. A coté de la plaque mais
à cultiver secrètement dans son jardin. Et le mot
de la fin au label, Flitwick, qui, comme pour toutes ces réalisations,
ne vend pas ce disque. Non, il le donne! Suffit juste de leur
écrire et de gentiment leur demander un exemplaire. D'une
autre époque que tout ces gens là viennent j'vous
dis!!
SKX (23/01/2002)
|
SQUALL
"
How things work " - CD
Silver Rocket 03
Squall
est un animal tchèque ne connaissant que la ligne droite.
Avec montées et descentes certes mais toujours droit devant
lui. Une machine à avancer, d'un rythme sûr et conquérant,
d'une dynamique générale basée sur la répétition,
de la boule de neige qui dévale, entasse, rajoute des couches
et s'explose contre la paroi du vide inquiétant. Squall
aime partir d'une idée simple, d'une petite mélodie
à la guitare ou à la basse, sans bruit, puis tisser
sa toile, étouffer en silence, partir dans des dissonances
électriques, transgresser le quotidien, faussement basique,
trépidant toujours, qu'importe la cadence imposée.
Forcément, ces longs voyages sont usants. De longueurs
monotones en épisodes tragiques, on décroche parfois
pour mieux reprendre son souffle à l'étape suivante.
L'ensemble souffre d'une impression linéaire malgré
les cassures nombreuses mais au moins Squall est fluide et pour
peu qu'on prenne la première vague du bon pied, ça
peut vous emmener loin, dans un pays où on n'impose pas
d'étiquette, inclassable et universel. A la manière
de groupes comme Gone Bald ou leurs compatriotes Gnu, il ne faut
pas avoir peur de gratter la première couche, oublier son
a priori et découvrir une musique attachante faite avec
le cur qui creuse, mine de rien, son petit sillon
.
SKX (03/11/2003)
|
STANDSTILL
"
memories collector " - Lp
Defiance / Bcore 02
Cinq
espagnols en quête de perfection. Un groupe qui ne se fixe
aucune limite par rapport à un genre où on aimerait
les enfermer. Cinq jeunes dans le vent qui ne prennent pas l'emocore
pour leur lanterne. Si leur propos est très en phase avec
l'émotion, est à fleur de peau, Standstill se donne
musicalement, avec ce 2ème album de l'ambition, enrichit
son vocabulaire et sa palette d'instruments. Si la fragilité
palpable et les paroles très tournées vers son propre
nombril raviront plus d'un emokid, la musique prend de l'ampleur
et un surplus de consistance. A l'image de Engine Down sur leur
album "to bury within the sound", Standstill n'hésite
pas à flirter avec les limites. Celles qui pourraient les
faire basculer dans les mains d'une pop calibrée, propre
sur elle et commercialement viable à grande échelle
(ce qui n'est pas un crime en soi!). Ou rester dans un champ d'action
ou leurs racines hardcore peuvent très bien se marier avec
plus de sensibilités. Se laisser aller à plus d'intimité
sans oublier les attaques frontales et des riffs imparables. Pimenter
d'une trompette idéale, d'un melodica ou d'une contre-basse
sur quelques morceaux sans renier les rythmes directs. Sonner
rock et fort tout en étoffant la production. Ce "memories
collector" a des qualités mélodiques indéniables
et brille dans la nuit. Il ne sent certes pas la sueur du gros
tatoué des pectoraux mais il a su éviter les écueils
et navigue avantageusement entre rock et lyrisme, entre simplicité
et une certaine forme de maniérisme. C'est personnel et
universel, à écouter sans préjugés.
Le temps fera son uvre.
SKX (15/10/2002) |
STANDSTILL
"
the ionic spell " - Lp
Defiance / Bcore 01
L'Internationale
poursuit son uvre. C'est vers l'Espagne que nos oreilles
pointent plus qu'à l'accoutumée ces derniers temps.
Standstill, cinq jeunes personnes en provenance de Barcelone,
dont la musique ne reflète en rien la fibre patriotique
(tant mieux, les castagnettes ont tendance à me les briser
menu-menu) et qui pourraient aussi bien débarquer d' Etats-unis
ou d'Allemagne qu'on y verrait que du feu. Olé! C'est donc
en relatifs défricheurs locaux (enfin je suppose vu que
ma culture de la musique espagnole reste sommes toutes sommaire!)
que Standstill sort un premier album d'emo-core écorché
à souhait qui fera date dans le pays. Et ailleurs. Standstill
vient jouer sur les plates-bandes (désormais désertes)
de 400 Years, titiller Bob Tilton, présenter une version
allégée des charges héroïques des Japonais
d'Envy. Et tout ça sans avoir à rougir des comparaisons.
Même si le plat n'a rien de foncièrement original
quant au style abordé, ce "ionic spell" n'est
pas un disque de plus dans la grande mare emo-core. Un réel
talent pour vous torcher des mélodies poignantes, qui n'hésitent
pas à appuyer là où ça fait mal avec
des guitares acoustiques. Un brillant savoir-faire pour résumer
tout ce qui se fait de mieux dans le genre. De moultes changements
de rythmes, des moments tranquilles pour conclure avec Madame,
de âpres et passionnantes montées électriques
quant tout à foirer. Un équilibre juste et finement
dosé, le tout sans redondance mais avec beaucoup de fluidité
dans le dernier geste. Standstill a tout d'une nouvelle valeur
sûre.
SKX (04/01/2002)
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THE
STARVATIONS
"
Get well soon " - CD
Gold Standard Laboratories 03
Bienvenue
au club rétro. Ca commence par un p'tit air de déjà
entendu, une guitare anodine et la mélodie de " this
is what you wanted ? " vous entraîne ailleurs l'espace
d'un instant, le pied gauche tapant allègrement le plancher.
Le temps de vous remettre et vous vous dites, perplexe, que cette
ambiance vous rappelle un truc vieux de vingt ans. Et là,
bingo, c'est le fantôme du Gun Club qui surgit devant vous,
la réincarnation de Jeffrey Lee Pierce en quelques envolées
vocales fiévreuses. Mais on est bien dans le nouveau millénaire,
et ce nom sur la pochette florale, c'est bien The Starvations
écrit dessus. Heureusement,Gabriel Hart et sa bande sont
loin de rendre une épreuve copie conforme . Ils ont bien
assimilé le truc, digéré à coups de
whisky rance et si ya toujours les boots et le chapeau de cow-boy,
les mélodies n'appartiennent qu'à eux. L'héritage
qui plane au dessus de leur tête, jamais n'est pesant. Et
puis, ils ont leur petite originalité, chérie jalousement,
une accordéoniste, Vanessa Gonzalez, pas toujours très
audible, mais qui apporte sa pierre à l'édifice.
Alors c'est parti pour un tour. On va pas bouder notre plaisir.
The Starvations, c'est du vieillot remis au goût du jour,
de la country jouée par Nick Cave. Des rythmes qui baltringuent,
un rien tribaux par endroits, des guitares au son maigrelet qui
emmènent des mélopées au grand galop. Des
ballades noires comme une désillusion d'un matin difficile.
Ca swingue et c'est tendu. En cette période de retour au
bon rock'n'roll, The Starvations débarque comme des morts
de faim et devrait se disputer la part du lion.
SKX (28/04/2003) |
STEREOBATE
"
selling out in the silent era " - CD
D=RXT 01
Le
bonheur est dans le pré. A portée de mains, sans
édulcorant et machinerie dantesque. L'herbe est riche et
verdoyante, une pleine tripotée de guitares. Qui prennent
soin de ne pas vous agresser les tympans, de ne pas tirer des
plans improbables sur la comète. Sous la grande descendance
des groupes comme Unwound, ce groupe américain privilégient
avant tout la mélodie et les ambiances. Suggérer
plutôt qu'imposer son bordel. Tisser lentement mais sûrement
sa toile, élaborer des structures qui ne prennent pas le
chemin le plus court pour arriver à ses fins. Déjouer
le piège de la tentation d'en mettre plein la vue et à
la place, mettre une pression suffisante pour maintenir les sens
en éveil. Jouer avec la corde raide d'expérimentations
sous forme de bandes sonores tirées de la cinémathèque
personnel pour parfaire l'ambiance. On est pas des rustres, on
a de la culture. L'esprit large. Avec toujours ce coté
goutez-y-que-je-reviens, merci les guitares qui vous ensorcellent,
ces explosions maîtrisées pour tromper l'exercice
de style et les figures imposées. Un accès direct
au cur de l'artisanat à guitare, baromètre
à émotions, jugulant le plaisir qui ressort à
l'écoute de leur premier album. En ces temps de vacances
estivales, préférez l'itinéraire bis, malgré
les quelques longueurs, n'est pas la pire des solutions. Stereobate
ne propose pas d'alternative révolutionnaire. Juste l'amour
du travail bien fait. C'est déjà pas si mal.
SKX (11/07/2002) |
STERLING
"
s/t " - CD
File 13 03
D'argent
qui brille dans le noir. De cette fine pellicule tombée
du ciel qui éclaircit la grisaille. Et qu'on attendait
plus. De cette touche de classe sobre et discrète, qui
s'impose d'elle-même dans des silences entendus. Sterling
pourrait être cet énième groupe instrumental,
race polluante des méandres du circuit. Sauf que là,
t'as tout faux. Les noces en éclats d'un style, faute à
un piano omniprésent, pièce de charpente aussi originale
qu'indispensable. Les milieux autorisés chez l'oncle Sam
avancent le terme de " dark-avant-garde-rock " (avant-garde
en français dans le texte, ça fait encore plus top
credibility). Foutaises à trois balles. Sterling accouche
tout simplement d'une musique qui calme son homme (et la femme
lévite). Un classicisme au sens noble du terme sans le
gnangnan qui va avec. De ses guitares qui claquent ou tricotent.
De ce piano qui assène le bambou (le bon bout). Et cette
batterie en mode free et déchaîné, le poumon
de la grotte qui empêche toute dispersion, nerveuse et inspirée.
Deuxième album pour ce trio de Chicago où seul le
bassiste joue les intérimaires (celui de Milemarker ou
90 Day Men). Des pièces généralement longues
où les paroles sont remplacées par des échappées
narratives qui savent mieux que quiconque vous bercer d'histoires
sombres, de plénitude sourdement tourmentée. D'un
calme trompeur où les silences en disent long. Un truc
lumineux propre à envoûter toux ceux qui ne sont
pas encore lobotomisés. Beauté mystique et coupant
comme l'acier.
SKX (15/09/2003) |
STERLING
"
murderer " - CD
Swey 01
Libres
espaces entrevus. Traversée angoissante. Monde insaisissable
duquel s'échappe quantité de choses, fuyantes et
apeurées. Lent écoulement d'un liquide trouble.
Sterling se fortifie de votre substance, s'en nourrit. Un univers
qui porte des marques longues à disparaître. Des
écorchures douloureuses où l'expérimentation
libre et bruyante des guitares ligotent l'auditeur. L'énergie
manque pour vous débattre. Toujours sous tension, le rouge
jamais atteint, Sterling tisse votre prison aux murs dorés.
Aux confins de musiques instrumentales comme Gastr Del Sol, Brise-Glace,
Gorge Trio et aussi Colossamite pour les soubresauts chaotiques.
D'un battement d'aile ou d'une éclaboussure électrique,
d'une corde acoustique à un sombre piano, d'une batterie
tout en touché et frémissante à des guitares
virevoltantes. Les ramifications sont nombreuses. Les structures
agitées. Roucoulez pendant que d'autres gémissent.
Les plaintes, à la fin, vont bien quelque part. Il faut
être sans cesse sur ces gardes si vous ne voulez pas que
ce "murderer" s'échappe de vos écrans
de contrôle. Ou alors tel un voyageur égaré,
vous allez laisser échapper un monde, obscur de prime abord,
mais très captivant au final, où au delà
de la détresse apparente, monts et merveilles sont à
votre portée.
SKX (12/03/2002) |
STIFLED
CRIES
"
" - 7"
Conspiracy 00
Galette
consistante. Un sale quart d'heure vous attend. 4 titres remplies
de fractures, déchirements, viscères au ventre et
bouillonnants. Tirs à direction multiples, longues montées
dans le rouge, l'intensité cheville au corps, mention spéciale
à "Weltordnung", rythmes pesants et ambiances
sombres. La production mériterait plus d'ampleur et de
puissance encore, quitte à enfoncer le clou, autant qui
pénètre à fond, mais ça donne un léger
coté brouillon très attachant. Kiss it Goodbye et
autres joyeusetés, ces belges de Stifled Cries répandent
leur bile pour la première fois et assure la relève
après la fin de Rubbish Heap sur le très intéressant
label Conspiracy.
SKX (09/05/2000)
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STOP
IT !!
"
Self made maps " - CD
Robotic Empire 03
Arrêtez-ça!!
Mais arrêtez quoi?! De nous sortir des groupes qui pondent
toujours la même sempiternelle musique ? Car là est
bien le problème avec Stop It !! C'est un (premier) album
tout à fait honnête. Ca respire la sincérité,
un engagement profond dans l'idéal hardcore. Entre rudesse
et éclairs mél | |