S.
PROCESS/THE PARTY OF HELICOPTERS
"
" - split 7
Track Star 00
L'hélicoptère
a un coup dans l'hélice. Après un album sur Donut
Friends, fumet noisy-core brouillon, juvénile et jouissif,
Party of Helicopters se met à réfléchir,
poser son jeu, perd de son naturel au profit d'une meilleure maîtrise
certes, mais le charme est rompu. C'est surtout la voix, calme
et chantée, qui cadre mal avec le reste et gratte mes entournures.
Les 2 morceaux entendus sur le web de leur prochain album font
craindre le pire.... Autre face, autre moeurs. C'est surtout S.Process
qui a motivé l'achat de ce split 45. Un 1er mini-lp énigmatique,
attirant. Ce morceau sur et contre les " photograph-reporter
" maintient le cap. Batterie et basse continuent à
faire tout le boulot. Des rythmes pour danser autour du totem.
Et cette voix qui vient toujours du fond de la pièce, le
jeu de guitare du chanteur s'affirmant au passage. Original et
marquant, pas de boucan inutile. L'album sort à la fin
de l'année. Réservez vos places.
SKX (05/10/2000)
|
S.PROCESS
"
MNML " - CD
French Kiss 03
Ce
groupe m'a jeté un sort. Je pourrais tout aussi bien les
détester en bloc (avec ce nouvel album, encore plus). Des
relents d'années 80, des avortons de New Order qui auraient
bouffé trop épicé. Leur sale groove pour
fin de piste. En prime sur ce deuxième long format, S.Process
a étoffé sa palette sonore avec bidouillages de
synthés qui sonnent parfois comme un vrai piano. Plus une
voix féminine, énième 3ème larron
autour du duo historique Bob Doto et Daneil Mazone. Bref, rien
d'emballant sur le papier. Et pourtant, j'adore !! Leur sale groove
est carrément envoûtant. Un truc irrésistible
qui donne envie de bouger instinctivement. Pourquoi les punks
n'auraient-ils pas le droit de danser hein ?! Une aura mystérieuse
dans ce minimalisme et si riche et rond en même temps. Des
mélodies qui vous transportent. Et il en pleut à
chaque morceau. Le tout dans un bocal bien mélancolique
et faussement entraînant. Un mélange unique qui tient
par je na sais quel miracle. S.Process, c'est un peu tout et son
contraire. A vrai dire, je ne sais pas par quel bout prendre ce
groupe
C'est quasi indescriptible tant on ressent des influences
multiples
Une moulinette qui broie finement. Entre tous
ces fameux groupes " no-wave " et ces groupes de blancs
becs qui se prennent pour des blacks comme !!! ou Dance Disaster
Movement mais aussi des trucs plus rock et noise qui aiment l'air
vicié, S.Process crée une alchimie bien personnelle.
C'est sexe, chaud et maladif. Impossible de rester indifférent
devant de tels tubes comme " a boulder tycon or enya "
ou " in its mouth a moulder " et le très dépouillé
" five boys " (mais on pourrait citer tous les titres).
Alors tentez votre chance. Qu'importe votre chapelle. Laissez
tomber les préjugés. La musique de S.Process brasse
large car elle est universelle (woaw, ça c'est de la phrase
!). Petits et grands. Chiens et chiennes. Sortez de votre réserve
et enclenchez le processus. C'est un sale punk qui vous le dit
!!
SKX (05/08/2003) |
S.PROCESS
"
s/t " - EP
Track Star records 98
Enigmatique
musique. Groupe de l'ombre. 4 titres non-nommés. Trio US
dans sa plus simple expression. Approche minimaliste. Magnifiques
lignes de basse. Batterie sobre mais appuyée. 4 titres
étirés où on prend le temps de tisser sa
toile, de respirer, d'abandonner le corps encore chaud dans des
duels basse-batterie aériens, où les explosions
sont d'autant plus belles. Une guitare économe aux mélodies
accrocheuses avec un chanteur sur la braise. Un réel talent
de compositions à faire miroiter entre The VSS et Godheadsilo.
Ca prend aux tripes en toute simplicité, enveloppe d'un
mystère, processus à suivre....
SKX (15/11/1999)
|
S.PROCESS
"
more me " - CD
Track Star 01
Le
processus se développe. Et s'affiche au grand jour. Pochette
trombinoscope, les protagonistes sous les flashs, recto et verso.
Naturel. Riens à cacher. C'est tout simple et se démarque
des pochettes actuelles où tout le monde à tendance
à se planquer derrière les flous artistiques. Quant
à la formule, elle s'adjuge un nouveau membre. Le trio
se mue en quator avec l'arrivée d'une fille aux, devinez
quoi, synthée/platines. Ca, par les temps qui court, c'est
moins original. Un instrument qui se généralise
dans les milieux rock-emo-hardcore ce que vous voulez. Car avec
S.Process, bien malin qui pourrait les rentrer dans une petite
case sécurisante, les étiqueter d'un courant musical
particulier. On pourrait les rapprocher de VSS, 90 Day Men ou
alors cousins (très) éloignés de Godheadsilo
mais on serait encore loin de la vérité. S.Process,
c'est comme leur pochette, limpide, ça coule de source
mais c'est un minimum élaboré. Une musique très
axée sur la rythmique vive et percutante. Le guitariste
est plutôt du genre discret et se contente le plus souvent
de chanter, beau brin de voix d'ailleurs, autour de la basse,
ronde et mélodique. Les blancs sont comblés désormais
par les machines qui font une entrée princière,
tout en suspension et légèreté. Difficile
de mettre un nom sur ce processus. C'est agressif sans être
violent, des morceaux variés, spontanés et d'une
saine fraîcheur dans le paysage musical actuel. Un trublion
sonore qui rafraîchit les neurones, vous auriez tort de
passer à coté.
SKX (19/06/2001) |
SAETIA
"
a retrospective " - CD
Level Plane 01
Saetia
sévit de février 1997 à octobre 1999. Des
dates bien précises pour une histoire du rock qui ne retiendra
probablement jamais son nom dans les annales. Et on s'en branle!
C'est avant tout l'urgence et le plaisir d'en découdre,
la rage de s'exprimer du haut de leurs 20 printemps, "l'esprit
hardcore et punk" dixit Saetia qui motivent tous ces groupes
hardcore. Saetia en est un bon fleuron. Ce CD commémore
l'ensemble de leur courte discographie : 2 singles, un album (sur
Mountain Cooperative) et un titre égaré sur une
compilation. Soit en tout 17 titres dans le tiroir-caisse que
Level Plane (chez qui on retrouve des membres de Saetia!) nous
ressort sous une belle présentation détaillée
avec commentaires, pensées et paroles inclus. Le hardcore
de Saetia est moderne. On passe de drôles de moments mélancoliques
à quelquechose de plus énervé et écorché,
sans jamais non plus sortir le gros son. Un mélange touchant
entre maîtrise et équilibre précaire, entre
naïveté et énergie pure. Avec cette voix plaintive
qui s'échappe vers les aiguës, donnant une touche
toute personnelle à leur musique. On retiendra de leur
discographie leur unique album avec de splendides morceaux comme
"an open letter". Leur dernier single "eronel"
sorti sur Witching Hour (défunt lui aussi!) avec le morceau
"some natures catch no plagues" qui laissera bien des
regrets. Saetia arrivait au sommet de son art, abandonné
à son sort. Depuis, vous connaissez l'histoire, chaque
membre est reparti voir si le ciel était plus bleu ailleurs
avec de nouvelles formations qui elles-mêmes splitteront
etc... etc.... Une belle pièce bien représentative
de son époque.
SKX (04/01/2002) |
SAETIA
"
eroner " - 7"
Witching Hour 00
Single
de fin de sortie pour Saetia. Avec classe et qui ne peut que laisser
des regrets. Ces 3 derniers titres sont sûrement le meilleur
du fin du fin de leur répertoire emo-core surexcité.
Parties calmes, parties dans le rouge, dosage adéquat entre
les arpèges délicats et cette voix aiguë qui
emballe la fanfare diabolique. Dosage entre une maîtrise
grandissante et des compos sur le fil du rasoir, qu'un rien ne
ferait déraper. Entre naïveté et total contrôle,
l'émotion est garantie. Avec sur le ticket gagnant, "some
natures catch plagues", qui vous nous les tripes. Et comme
ils disent " there is no happy here, there is no happy here
"....
SKX (02/06/2000)
|
SAINT JAMES INFIRMARY
"
s/t " - Lp
Allied / Frenetic
Alors
celui là, on pourra pas dire que je ne lui ai pas couru
après ! Sur la foi de pauvres extraits bouillis et passés
au laminoir par les ondes néfastes du méchant lutin
de l'internet et de chroniques alléchantes, il a fallu
pas moins d'un an de traque acharnée auprès de distros
diverses pour faire main basse sur ce 1er album des américains
de St James Infirmary (à ne pas confondre avec des homonymes
anglais !). Efforts récompensés par un brûlot
noise-rock cinglant. Chocs des rythmes qui provoquent éclatements,
ciselés en lamelles, ça rock dangereusement, aveuglément.
Pour inspiration, Jesus Lizard et le sens de l'uppercut, Rye Coalition
pour le rock'n'roll for ever et Creeps On Candy pour la sauvagerie
et la production sans fard. On s'accroche, les ébranlements
que nous en ressentons nous portent à une volupté
primaire, en pleine trajectoire de la balle. Instinctivement nécessaire.
(un 45 est depuis sorti sur Alternative Tentacles. LP dispo sur
Aquarium records et Mordam. CF rubriques Liens/Distributeurs).
SKX (02/06/2000) |
SARAGASHUM
"
The devil's chordbook " - CDEP
Autoproduction 02
La
sarabande continue. Ce n'est pas que la poursuite proposée
soit particulièrement endiablée mais le jeu en vaut
quand même la chandelle. Posant le socle de son propos sur
des racines profondes (Shellac, Oxes pour ne citer qu'eux), la
musique de ce groupe originaire d'Alabama rappelle tant d'autres
et si peu à la fois. Saragashum connaît la partition,
explore des rythmes parfaitement cadencés et précis.
Tour à tour chantées ou (la plupart du temps) instrumentales,
leurs compositions diluent leur venin avec tact, sans temps mort
ni vulgarité, balançant sur le trottoir ce qu'il
faut pour alpaguer le client, entraînant vos cervicales
dans un mouvement continu et névrosé. Six titres
solides et aériens qui laissent présager d'un printemps
précoce.
SKX (07/01/2003)
|
SCALENE
"
Grafting from instantaneous and fragmental fulfillment "
- CDEP
HG Fact 02
Le
corps d'Atomic Fireball bouge encore, le chanteur est parti se
faire pendre ailleurs que les trois restants continuent l'exploration
des bas-fonds soniques. Changement de nom mais la croix à
porter pèse toujours son poids. Scalene sculpte dans le
gros. Sa matière, c'est le béton. Mais après
six à sept minutes en moyenne de traitement acharné,
tout vole en éclats et le béton sérieusement
amoché. D'innombrables fissures, des échardes rentrantes
et profondes. Scalene, c'est la folie nipponne au service de vos
sanitaires. Un trio qui récure à fond. Complexité,
quand tu nous tiens. Converge et Today is the Day n'ont qu'à
bien se tenir, Scalene est l'il du cyclone. Quatre titres
qui se répandent, se jouent des pièges du genre
avec facilité, élaborant une architecture ambitieuse,
aux multiples recoins entre sombres desseins et mélodies
en sous-sol et Pearl Habor en bas de chez vous. Ne pas oublier
la douleur qui précède la surdité. Un arsenal
sur lequel il va falloir compter. Scalene-san.
SKX (30/01/2003)
|
THE SEARCH FOR SATURNALIA/EGON
"
velvet / blowing trumpets " - 7"
Has Anyone Ever Told You ? 00
The
Search For Saturnalia serait-il en pleine évolution ? La
recherche porte-t-elle ses fruits ? Je ne sais pas encore si c'est
plus convaincant que leur précédent 6 titres mais
TSFS quitte quelque peu les sentiers battus pour tracer une route
où les virages se font plus doux, le climat océanique
et l'approche plus pop. Ca peut donner quelquechose d'intéressant
et plus personnel à la longue. Mais rien n'est moins sûr
! Les dés sont jetés. Avec EGON, on reste sur des
terrains similaires. Au moins ce 45 n'a rien de manichéen.
Ici, les sons sont clairs, tout comme la caisse, pas de problèmes,
on l'entend bien celle-là. Les mélodies sont transparentes.
Le chant est sage. C'est pop dans la démarche. En fait,
sur cette chanson pour les trompettes ou ya pas de trompettes
à l'horizon, rien ne dépasse et sans être
déplaisant, je demande à revoir.
SKX (17/08/2000)
|
THE SEARCH FOR SATURNALIA
"
s/t " - CDEP
Has anyone Ever Told You ? 99
A
la recherche de nouvelles planètes, The Search For Saturnalia
ne découvrira pas de Terra Incognita, n'enfilera pas d'anneaux
inconnus. Etats de service encore vierges, 6 titres dans le moule,
mais solide et du savoir-faire à revendre. Si j'étais
de mauvaise humeur, je dirai que mon étagère est
déjà suffisamment encombrée de disques inutiles.
De meilleur poil, je dirai que ce jeune groupe rician reprend
le flambeau de Superchunk, se place non loin d'Unwound ou Arcwelder
(mais qui se souviens encore d'eux ?!), de l'indie-rock avec des
ritournelles comme "3xd" vraiment accrocheuses, de l'énergie
sans gras. Bref, un groupe à guitares qui se démerde
comme un chef dans sa catégorie, poids plume et léger
sans être volatile, qui n'atteint pas la stratosphère
mais fourni suffisamment d'oxygène pour faire tourner quelques
têtes. On va s'accrocher encore un peu à leurs anneaux,
histoire de voir ce que nous réserve le futur.
SKX (17/08/2000)
|
THE
SECONDS
"
Y " - Lp
X-Mist 02
Le
bonheur du plaisir immédiat. Qui vous attaque direct l'échine.
Insouciants que vous êtes, oubliant les ombres du passé.
La félicité à ses pieds. Quittez ces lieux
inféconds, vous y reviendrez de plus belle. Le guitariste
et chanteur Zachary Lehroff a la tête dure. Non content
déjà de recreuser les sillons de Gang of Four et
Wire avec son autre groupe Ex-Models, il remet le couvercle, comme
on dit vulgairement, avec ce nouveau trio, The Seconds. Les sonorités
vous viennent toujours de la même époque. Le début
des années 80 a creusé un large trou dans lequel
il se vautre avec tact, en retirant la quintessence pour mouler
le tout dans un format moderne. Alors qu'avec Ex-Models, c'est
sec, froid et coupant, The Seconds balaie tous les doutes. Accroire
la distance et creuser l'écart. Le rythme est d'enfer,
presque dansant et convulsif, renvoyant aux trémoussements
maladifs de Minutemen. Tout est court, affriolant dès la
première ligne de basse, refrains efficaces comme n'importe
quel hymne punk auquel The Seconds nous renvoie sans cesse, sans
jamais que l'on ait à crier à la honte. Edifié
dans un espace qui ne tient compte ni des frontières ni
de la gravitation, cet album polie le temps et remplie son rôle
à la perfection : nous faire prendre son pied en toute
simplicité et sans arrière-pensée. Ils sont
au punk ce que John Spencer est au blues !! Le chaînon manquant,
droit dans ta face. (le Cd est sorti sur 5 rue Christine records).
SKX (30/01/2003) |
SET
FIRE TO FLAMES
"
Telegraphs in negative / months trapped in static " - 2xCDs
Fat Cat 03
Le
grand nul part. Set Fire To Flames est un collectif canadien (Montréal
exactement) de 13 membres et non superstitieux. Dans cette bande
de joyeux drilles, des musiciens officiant avec Godspeed You Black
Emperor d'où une coloration musicale proche. Mais alors
que les fers de lance de la musique post-rock offrent encore des
moments d'intensité, Set Fire To Flames mise sur le silence,
la mise en boite du grand froid polaire. Pour ce deuxième
et double album, exit la ville, direction la campagne, l'isolement,
tout le monde enfermé à la ferme. Le post-rock tient
son premier loft-story ! Au final, 17 titres, une heure et demie
de musique et
un point c'est tout ! Comme si tout débouchait
sur un neutre constat comptable et que rien d'autre ne s'était
produit. Si j'essaye de voir le bon coté des choses, je
pourrais avancer qu'on tient là une uvre ambitieuse,
conceptuelle, énigmatique et autres adjectifs ronflants.
Mais si je laisse parler le cur et non la tête, je
trouve tout ce bastringue chiant comme la mort ! En moyenne, des
morceaux qui durent des plombs. Ca se met en place tout doucement,
on attend que ça vient, patiemment, et parfois, oh bonheur,
ça vient vraiment, quelquechose se passe avant que tout
ne retombe dans les méandres des machines. Mais la plupart
du temps, c'est l'agonie du phoque sur la banquise. Une musique
qui se rapproche plus de la musique concrète, les bruits
de la nature amplifiés dans votre salon, des plages inutiles
comme cette conversation téléphonique qui n'intéresse
personne, des flatulences sonores qui glissent comme un pet sur
la toile cirée. Impossible d'écouter ça sans
s'endormir en plein milieu, voir un peu avant. Ils ont beau sortir
tout un attirail de cordes, d'instruments en tout genre, de bruits
minimalistes, ça ne sert qu'à cacher la misère
de l'inspiration. Moi je veux bien faire un effort pour voir là-dedans
des compositions hantées par je ne sais quelle beauté
métaphysique mais au mieux, c'est de la musique d'ascenseur
vachement balaise dans sa catégorie. Le grand bleu version
période glacière, très peu pour moi.
SKX (28/04/2003) |
SEXUAL
SURROGATE
"
knochenleitung " - Lp
Autoproduction 99
On
imagine aisément leurs oreilles siffler à la simple
évocation de Shellac, devenir un rien nerveux quand on
associe systématiquement le trio de Chicago à leur
propre musique. Raccourci pratique et facile. Certes, nier toutes
similitudes, notamment sur leur 1er 45, est un pari que je ne
révélerais pas! Un amour de la basse percutante,
un sens du rythme tranchant, le son de Chicago impose sa frappe
universelle. Et ce trio allemand, à ce petit jeu là,
s'en sort avec les honneurs. Mais ne retenir que ça ferait
courir les besognes un peu vite! Une écoute semi-prolongée
de leur 1er album l'atteste. Une odeur punk-rock, un brin de Killdozer,
une bonne grosse voix grave, des bizarreries et dérèglements
de machines ("lady +" ou le morceau "knochenleitung"),
une approche plus concise des structures avec un bon coup de pioche
à la base, tout collabore peu à peu à une
représentation personnelle de leur univers. En anglais,
"surrogate" signifie "substitut" (en plus
il est sexuel!). Ce jeune groupe allemand est plus qu'un remplaçant
bâtard mais un parfait complément de la lignée,
une belle pièce du puzzle qui engendre ses propres rites.
Branchez à fond !!
SKX (06/09/1999)
|
SHIKARI
"
s/t " - 7"
Level Plane 03
On
a pourtant l'habitude d'en entendre des vertes et des pas mûres
mais les Hollandais de Shikari ont propulsé la barre encore
un peu plus haut ! Violence, pure violence, attaque sonore, frontale,
décharge, bille en tête. Ce single figure tête
de liste des disques les plus intenses de l'année, catégorie
" frappe qu'un coup ". Shikari ne se contente pas seulement
de souffler sur les cendres de Orchid mais ils les font passer
pour de vulgaires pyromanes du dimanche tout en lorgnant sur les
incendiaires (feu) Acme. Un son dingue d'où respire je
ne sais comment des mélodies urgentes qui prennent aux
tripes. Une voix au fond du gouffre mais qui s'est se faire entendre.
Shikari a de quoi rhabiller plus d'un groupe pour l'hiver. Pas
un groupe emo-powerviolence de plus ou de hardcore puissant qui
ne connaît que la ligne droite à tombeau ouvert.
Shikari, des vrais de vrais, concis, sans édulcorant ou
artifice. Evident, fait pour mourir jeune. La chevauchée
des Walkyries de l'an 2000, version batave. Tout simplement indispensable.
(Tout aussi indispensable, un split 10'' avec Seein'Red et un
autre 10'' tout seul sur Deadlock records).
SKX (06/08/2003)
|
SHIPPING
NEWS
"
very soon, and in pleasant company " - CD
Quarterstick 01
Cet
album est avant tout une histoire de voyage. De voyage et d'inspiration
par les villes traversées (Chicago, Bilbao, la Sicile,
Rennes (??!!), Oslo pour ne citer quelles), par des morceaux travaillés,
testés, remis en cause lors de tournées. En tout,
deux ans et demi de labeur pour un résultat mitigé,
à la mesure de ce long cheminement, d'état d'esprit
et de feeling forcément changeant. Sans oublier que Jeff
Mueller, principal instigateur de ce projet qui date de 1996,
était aussi occupé par June of 44. Comment ne pas
se disperser! La route est longue et parsemé d'embûches,
mon ami. Excepté un magnifique morceau d'ouverture ("the
march song") et un instrumental lui aussi réussi "nine
bodies, nine states"), seules touches où le rythme
général se fait alerte (réminiscences de
leurs influences Slint), le reste du trajet se fait par les routes
secondaires, voir le chemin des écoliers. On prend son
temps et le temps est plutôt à la douce mélancolie.
Tout dépend en fait de l'humeur du moment. Soit vous vous
laissez bercer et emporter par le vague à l'âme ambiant,
surtout les morceaux où c'est le bassiste Jason Noble (Rachel's)
qui se colle au chant. Le violon (très très discret),
le piano (aussi discret), les murmures, les arpèges tranquilles,
le délicat, une tension très très relative,
dites le avec des fleurs, si tout ça, c'est pour vous,
vous allez prendre votre pied. Et à ce petit jeu, Shipping
News est plutôt doué, ça brode avec classe
et tutti quanti. Facile de se laisser prendre. Et pas désagréable
du tout. Soit, tout ça peut vous sonner bien mièvre,
un rien longuet et vous partirez avant la fin. Une musique à
écouter en plaisante compagnie, pleine d'humanité,
de poussière et de soleil. Vivement les orages et les accrocs
dans le rideau!
SKX (10/04/2001) |
SHORA/MERZBOW
"
switching rethorics " - split CD
Bisect Bleep Industries / Overcome 02
La
curie à tous les étages. Quand deux experts en détartrage
auditif se rencontrent, on a tout à craindre que le CD
ne fonde sous l'effet de cette lave bruyante et étouffante.
Merzbow, alias Masami Akita, nippon esseulé dans sa chambre,
repoussant les limites du bruit par vagues bruitistes et rythmes
des profondeurs. Comme un sonar implanté au milieu d'un
aspirateur. Il paraît que certaines personnes aiment ces
douces sensations.... Autre manière d'attaquer le front,
les Suisses de Shora. On retombe sur ses pattes avec une formation
rock. Quatre nouveaux titres qui font suite à un 1er CD
sept titres plus que prometteur. Ils en rajoutent une couche.
Le son est énorme, touffu et pourtant si limpide comme
une balle qui sort d'un 357 magnum. Leur noise-core est chaude
comme la braise. Ils se démarquent de plus en plus de groupes
comme Converge ou Botch pour trouver leur propre poison à
expulser. Ils court-circuitent leurs standards par des phases
expérimentales, creusent la face cachée du bruit.
Shora, c'est du grand art! Et pour les maniaques, une édition
limitée de ce digipack est sortie sous la forme d'un packaging
encore jamais rencontré sur terre. On est plus prêt
du piège à loup que du boîtier CD. Objet massif,
dangereux et coupant. Qui sied si bien aux groupes présents
à l'intérieur....
SKX (27/02/2002) |
SHORA
"
shaping the random " - CD
Grave Romance 00
Shora
! Shora ! Shora ! Le nom cingle. L'attaque promet d'être
suicidaire, les brèches nombreuses dans les lignes ennemies.
C'est court, intense, haletant. Des compositions complexes mais
qui claquent comme des coups de fouets. Un hardcore moderne, teigneux,
torturé. Les parties, toutes différentes et multiples,
hachent, s'imbriquent, volent d'explosions brutales et déchirantes
en respirations rauques, fourbissant un autre déluge à
venir. C'est servi par une production millimétré,
éclatante, le verbe haut. Dans le genre, ça enfonce
des portes et elles sont loin d'être grandes ouvertes. Ca
fait valser les gonds, un vrai souffle déboule de ces 7
compositions. Ave un prélude très court et une pause
" Drowned Beauty ", autant d'insectes grouillant et
ne font qu'ajouter à l'oppression ambiante, ce climat qui
serre les tripes. Ce quatuor Suisse est fortement impressionnant
et frappe, après un 1er 45 tours, un énorme coup
dont les murs en tremblent encore. Indispensable.
SKX (02/10/2000)
|
SHOTMAKER
"
the complete discography 1993-1996 " - CD
Troubleman Unlimited 00
Une
compilation ardemment souhaitée. Des mois de lamentations
devant les messages sold-out en continu avant le trône sacré
en forme de double CD. L'uvre du trio canadien enfin révélée
au grand jour. Et comme chez Troubleman, on aime pas faire les
choses à moitié, ils ont bien dépoussiéré
jusqu'au fond des tiroirs. De la première démo en
93 à leur album incontournable "Mouse Ear Forget-Me-Not"
en 96, en raclant au passage d'obscurs split singles et trois
inédits pour la cerise sur le gâteau. SHOTMAKER,
une formule toute simple. Le guitare-basse-batterie de base. De
l'énergie, des mélodies à faire tomber, une
production parfaite. Bref, de l'emo-noise qui vole au-dessus de
tout le monde et qui en inspire plus d'un. L'occasion de jeter
un coup d'il dans le rétro et de juger l'évolution
du trio. Des débuts où on s'aperçoit que
Shotmaker est comme n'importe quel groupe qui débute (on
s'en doutait mais ça rassure) : bancal, juvénile,
sans le son mais qui très rapidement, après un merveilleux
split album avec Maximilian Colby, deux albums et une durée
de vie très courte et intense, se révèle
chef de meute. Des talents de compositeurs au dessus de la moyenne.
Simple, efficace tout en étant personnel, une équation
des plus difficile. Pour les autres, pas la peine de rêvasser
aux nymphes quand on ne peut que baiser les bonniches. Un classique.
SKX (31/01/2001)
|
SICBAY
"
Overreaction time " - CD
54°40' or Fight 03
L'attirance
est sans frein. On reste sur le bord, un rien perplexe au début,
puis la glissade, lente et sûre, inexorable vers un gouffre
en tout point délectable. Sicbay nous avait déjà
fait le coup avec leur précédent album " The
Firelit S'coughs ". Revoici la feinte de la bombe à
retardement. Sicbay a l'air de pas y toucher comme ça mais
le talent est là, indéniable, pour vous coucher
une chanson qui fera son uvre de taupe, écoute après
écoute. Que le morceau soit franchement énervé
(" hercunaleum ", " meet the jinx " ou "
jack pine ") ou coule comme une paisible et triste ballade
(" time fire ", " ultra-dawn "), la mélodie
est à chaque fois imparable. Sans effet, fioriture ou autres
rythmiques complexes, sans surenchère de bruit. Uniquement
à la force du poignet. Avec ce grain de voix toujours aussi
prenant, Sicbay vous fait plier, patiemment, un genoux après
l'autre, jusqu'à ne plus pouvoir s'en passer. Sicbay aligne
les perles, en toute quiétude. Ca reste majoritairement
bien dynamique dans l'ensemble. Ces trois trentenaires, si ils
ont mis un surplus d'âme dans leur uvre, ne vont pas
se calmer avec l'âge. Toujours inclassable. Rock tout simplement,
qui n'a pas peur de se dénuder, de tailler près
de l'os, d'épurer, ne garder que l'essentiel, maintenir
la pression, les pouces bien enfoncés. Ne garder que la
colonne vertébrale, y introduire un nerf électrisant.
Et puis prendre la route à la recherche de son filon. La
maturité apaise les démons, rend lucide mais ne
les fait pas disparaître pour autant. Essentiel.
SKX (25/02/2003) |
SICBAY/VAZ
"
minnesota attacks - volume 1 " - 7"
Learning Curve 00
Les
virus qui traînent dans le Minnesota font des ravages dans
l'ADN et ça attaque sévère pour ce premier
volume d'une série de split single qu'on leur souhaite
bien longue et joyeuse! Une pochette avec délit de sales
gueules, signée Hazelmeyer, le boss de (feu?) Amphetamine
Reptile records. On espère que ce nouveau label, très
proche semble-t-il de Amrep, nous fera découvrir autant
de bons groupes. Pour commencer, ils n'ont pas été
chercher bien loin avec VAZ, 2 ex-Hammerhead qui vous "torched
by an angel" bien dans la lignée de leur album dont
on relate l'histoire quelques part dans ces pages. Frais, dissonant
et entraînant. SICBAY (ex-Colossamite) continue de dérégler
les horloges avec un "3 hours" tendu comme un ressort,
qui ménage ses effets et augure d'un premier album prometteur....
On prend rendez-vous pour le deuxième volume!
SKX (02/05/2001)
|
SICBAY/GRAND
ULENA
"
split 7" " - 7"
Sawtooth 02
Le
retour du Nick Sakes et de ses deux compères. Un étape
de plaine (et courte) pour patienter entre deux albums. Ed Rodriguez
(Gorge Trio, Iceburn) est revenu derrière les fûts,
son jeu s'est étoffé. Est-ce pour cette raison que
ce nouveau morceau " Balon Walker " nous remémore
tant la période Colossamite, groupe charnière où
le Nick et le Ed échangèrent leurs premières
discussions à la guitare ? Après un 1er album de
Sicbay à l'aura plus calme et rock, est-ce un retour aux
sources, tout de bruit et de fureur ? En attendant la réponse
définitive avec le nouvel album qui débarque courant
février, gavez-vous de ce titre à faire grincer
plus d'une dent. Le Sakes est en colère et ça a
du bon ! Avec Grand Ulena, on reste en famille puisque on retrouve
Darin Gray, ex-bassiste de Dazzling Killmen et tout premier groupe
aussi de Nick Sakes. Respect mes frères. Sauf que le Gray
est parti depuis exercer son talent sur des pentes autrement plus
savonneuses. Avec plus ou moins de bonheur. Pour le meilleur (Brise
Glace) et pour le pire (You Fantastic pour n'en citer que quelques
uns !). Ce nouveau projet à trois têtes s'annonce
encore une fois casse-gueule. Grand Ulena aime se la jouer free
et improvisé avec des bouts de ficelle. J'ai connu pire
dans ses tentatives passées. On saisit plus ou moins un
fil conducteur mais tout ça reste encore obscur et très
conceptuel. Et pour pousser l'esprit du clan jusqu'au bout, c'est
la femme de Sakes qui a fait la pochette pour son propre label.
Sicbay, c'est toi le patron !
SKX (30/01/2003) |
SICBAY
"
the firelit s'coughs " - CD
Obtuse Mule 01
On
respire profondément. Car un disque avec Nick Sakes dedans,
ça s 'écoute pas comme les autres. Et comme les
précédentes productions de Sicbay soufflaient le
chaud et le froid, on se demandait comment aller sonner ce premier
album. Nick Sakes, c'était l'ancien porte-voix et guitariste
de Colossamite et (surtout) Dazzling Killmen. Et l'erreur, d'où
pointait une certaine (et relative) déception des premiers
disques, c'est de vouloir que Nick Sakes fasse encore et encore
du Dazzling Killmen ou Colossamite, tellement c'était du
bonheur ces deux groupes là, on voudrait jamais que ça
cesse ! Alors stop, on arrête la nostalgie. Sicbay est un
tout autre projet. C'est tout à l'honneur de Nick Sakes
d'évoluer musicalement. Avec Dave Erb à l'autre
guitare et Ed Rodriguez à la batterie (ex-Colossamite lui
aussi et toujours Gorge Trio), Sicbay signe ici une uvre
royale. Ils regroupent et concrétisent toutes leurs idées
éparses perçues sur quelques 45 et maxi et trouvent
leur style, le bon ton, la cadence adéquate, le son parfait.
Pour un disque inclassable. La musique de Sicbay est hors-mode,
hors-courant, hors tout ce que vous voulez. Ca ne fait penser
à rien de précis. Juste trois mecs qui se sont sévèrement
penchés sur le songwriting, qui y ont mis leurs tripes
et leurs coeurs. Qui balancent entre coups de gueules avec de
bonnes charges en avant ("3 hours", "the sighting")
et morceaux plus introspectifs, sombres et calmes ("matamoros"
, "candlelight lipstick"). Avec également, pour
la 1ère fois dans un projet de Nick Sakes, une musique
qui ne s'épargne pas ses moments de gaieté ou de
légèreté dans certaines mélodies.
C'est loin d'être torture mentale à chaque riff.
Les compos restent simples à la base, assez courtes, avec
des arrangements qui sortent du double guitare-batterie. C'est
varié avec une intensité toujours sous-jacente.
Un truc à part pour une uvre intemporelle et essentielle.
Et le meilleur reste à venir.
SKX (19/06/2001) |
SICBAY
"
Fort busy signal " - CDEP
Perverted Son 00
L'aventure
continue. Après Dazzling Killmen et Colossamite, Nick Sakes,
l'âme-chanteur de ces groupes, poursuit sa quête avec
SICBAY. Nouveau trio avec Ed Rodriguez, ex-Colossamite et Dave
Erb, Sicbay joue avec nos nerfs, déroute et prend un virage
résolument hardi ! Alors que les morceaux-démos
entendus sur leur site web annonçaient une couleur bien
dans la continuité des précédents efforts,
haletant et direct au but, ce 1er EP 4 titres nous colle certain
au blind-test. C'est presque un nouveau groupe qui déboule
d'un coup d'un seul. Etonnement et gros yeux aux premières
écoutes. Voix calme, parlée, presque chantée,
intense quand le moment s'en fait sentir, Nick Sakes étoffe
son registre et surprend son monde. Rythmes entre deux eaux, harmonica
sur " Bearskins and Rubberknives ", guitare sèche
sur " The Reach ", point de bataille épique et
d'assaut sonique, juste quelques coups de boutoirs passagers.
Des compos au déroulement singulier, déliées,
qui attaquent par les cotés et aux contours rock en pleine
maturité. On cherche l'étincelle, on scrute l'horizon
et puis on se laisse happer, une atmosphère de fièvre
troublante vous saisit au fil des écoutes, un je-ne-sais-quoi
de tension propre à ces précédents groupes
s'insinue comme un dangereux brouillard gagnant du terrain. Un
disque qui vous laisse hébété, savez pas
trop comment l'aborder, ne comprenez plus trop rien au film mais
on attend la suite avec curiosité....
SKX (02/05/2000)
|
CRAW/SICBAY
"
space is the place / challenger " - split 7
Obtuse Mule 01
Pas
de précipitation sur le jugement dernier! Car si ce split
single vient juste de sortir et marquait le retour officiel de
Craw après trois ans de silence, ce morceau a été
enregistré à l'époque où Craw comptait
dans ses rangs deux guitaristes. Avant que l'un deux ne fasse
orphelin l'autre. Pour connaître le nouveau cru de Craw,
il faudra définitivement attendre l'album sur Hydrahead.
Qui, comme toutes les bonnes choses, sait se faire désirer!
Patience donc avec cet inédit qui n'est pas un fond de
tiroir. Un bon vieux Craw des familles. Fier et pétaradant.
Les princes du noise-core. Sicbay présente des symptômes
similaires. Un titre enregistré à l'aube de leur
vie. Là où tout était urgence et bruit. Un
grand morceau de Sicbay avant que l'album ne les montre sous un
visage plus mature mais tout aussi intéressant. Une belle
rencontre entre monstres sacrés.
SKX (05/09/2001)
|
SICK
LIPSTICK
"
Sting sting sting " - CD
Tiger Style 03
On
leur donnerait le bon Dieu sans confession et pourtant ça
sent la perversion à plein nez. Le rouge à lèvre
malade. Tout est dans le titre. Un vrai piège à
tête de nud. Ne pas se fiez aux apparences car si
on gratte un p'tit peu, la deuxième couche risque de dévoiler
une couleur rouge sang, des gencives prêtes à croquer.
Tout d'abord, cette voix de petite fille effrontée, socquettes
blanches, couettes blondes, timbre haut perché, façon
Melt-Banana. Ca vrille et mine de rien, elle vous emmène
où elle veut. Et puis des rythmes sautillants et tout fiévreux.
Le fameux " même les punks ont le droit de danser ".
Ya du Arab on Radar là-dessous. Comptines sur la corde
raide, toutes en dissonances, convulsives. Une musique pour augmenter
la natalité (et les fausses couches !), voluptueusement
sadique. Douze titres à tambour battant. Une saine ruade,
bouffée d'air frais entre les cuisses. Restez les pieds
rivés au sol sous cette musique est impossible. The Sick
Lipstick, groupe de Toronto avec deux ex-Black Cat 13, fait parti
aux cotés de groupes comme Erase Errata ou Tourettes Lautrec,
d'une nouvelle vague de francs-tireurs américains épris
de débauche et de liberté. Sans famille, sans accroche,
rien à personne et jubilatoire à fond. Sting (répétez
trois fois), un jouet dangereux à offrir qu'aux grand(e)s
personnes pour des plaisirs solitaires. Un pur joyau dont l'éclat
peut-être trompeur
SKX (14/08/2003) |
SIGHTINGS
"
s/t " - Lp
Load 02
Load
records n'a pas la réputation de sortir de douces brebis
de sa bergerie. Lightning Bolt, fleuron du label et groupe majeur,
ne sont pas des monstres de tendresse et pourtant, ils pourraient
faire figure de chaperon rouge comparé au reste de l'écurie.
C'est dire! Avec Sightings, c'est l'assurance de la paix des ménages
qui fout le camp. L'art de vous casser les tympans. Ne prendre
soin qu'un minimum de donner forme audible à son bordel
sonore. On ne peut parler de science du bruit tant on se demande
si Sightings maîtrise quelquechose là-dedans. Des
guitares qui font concurrence à Black & Decker. Où
la saturation est une mesure pour calculer votre seuil de résistance
à la souffrance. Des rythmes qui tombent de façon
aléatoire. Un chanteur qui fait passer celui de US Maple
pour un mec raisonnable. On tombe dans le champ de Arab On Radar
mais en pire. D'une noise extrême et anarchique. Sans souci
de plaire mais d'irriter. On n'est pas loin du bruit juste pour
l'amour du bruit. Une certaine jouissance vous vient à
l'écoute. La jouissance du maso. Heureusement, elle est
très momentanée et l'intérêt se dissout
rapidement sous le déluge.
SKX (18/09/2002) |
SKARNSPAGE
"
skarnspage " - CD
Lilacsky 02
Deux
bruns fagotés comme des représentants de commerce
en vacances au camping municipal et hilares au milieu d'un champ
de blé. Voilà pour le coté glamour de Skarnspage.
Un duo guitare-batterie (et un !) qui hante les banquises norvégiennes
depuis des années et daigne enfin sortir un album
.
deux ans après son enregistrement ! Des gènes corses
doivent circuler dans leurs veines scandinaves. On est très
loin en tout cas des clichés occasionnés par ce
peuple conquérant. Skarnspage, c'est plutôt le coté
lutin des neiges. Jovial, pas sérieux pour un sou et élevé
à la douce folie des Trumans Water. Le genre qui saute
dans tous les sens avec des moyens dérisoires. Et qui enfile
les conneries en un temps record. 19 titres en 25 minutes, en
comptant les huit intermèdes récurrents, mini instrumentaux
tout droit tirés d'une fête de village d'un autre
âge où la décadence a pris le pouvoir depuis
longtemps. Ca fait donc un album très court (fallait pas
leur demander l'impossible non plus à ces travailleurs
acharnés !) mais carrément dynamitant, plein de
bonheur et de gaieté, de rythmes qui dansent la saint gui,
de vocalises puériles et entraînantes. Le truc qui
donne envie de courir nu avec eux dans leur champ de blé
à deux balles. Une petite pépite à garder
pour les matinées moroses.
SKX (12/03/2003) |
SLEESTAK
"
mach 2 " - Lp
Total Annihilation 98
Annihilation
totale. Acte (état) second. Après les bêtes
sauvages de 400 BLOWS, ce drôle de groupe déciboulonné.
Autant 400 Blows est droit et direct, autant Sleestak à
déplanté son bulbe depuis belles lurettes pour une
réimplantation antidatée. Phase noise et expérimentale
comme seuls les Texans savent le commettre, à l'instar
des quelques furieux de (feu) Trance Syndicate. D'abord on calme
le rythme, pesant de préférence et en position repeat.
On étire les plages, histoire de tendre l'ambiance au légèrement
malsain. On prend un chanteur Halloween à la voix bien
cinglée. Et pour le reste, on fout le bordel qu'on peut,
tout en décalages-débordements. Ya pas de limites.
Les larsens, les triturages, bruitages, les doigts dans le nez,
les coudes sur la table, les pédales à multiples
effets, de longs moments de calmes agonisant. On essaye, un soupçon,
d'y mettre un minimum de sens et vous avez 14 titres euh déboussolant.
Parfois c'est marée basse et l'intérêt se
dilue mais pour peu que l'ambiance sinueuse vous attrape un soir
de pleine lune, c'est un bonheur larvaire " faster than a
sleeping bullet "....
SKX (15/11/1999)
|
SMART
ASS DYNAMITE & THE NEW GENERATION OF DESTRUCTIVE ENTERTAINMENT
"
s/t " - LP/CD
autoproduction 01
Un
nom encore à défrayer la chronique. Un nom qui nous
promet des coups de pieds au cul pas perdus pour tout le monde.
Un nom qui annonce des lendemains sans futur. Pas de promesses
qui tiennent. Reliftage complet. Du passé faisons table
rase. Sauf que le passé, à ce jeune trio allemand,
est fortement ancré dans le punk. Un timbre de voix rappelant
le doux serinement de Jello Biafra. La pochette aux collages multiples
et provocateurs façon Dead Kennedys. Et les rythmes, plus
avoir avec le binaire que le multidirectionnel. C'est efficace,
direct mais loin d'être simpliste. Heureusement pour eux,
tout ça reste une influence très bien digérée.
Ils gardent du punk essentiellement l'esprit et le discours. Et
comme No Means No, le sens du rythme groovant, le punk qui danse
et qui s'éclate. Du Kurt sans l'adjonction "emo".
Ou toujours la même vieille rengaine, comment faire du jeune
avec du vieux. Smart Ass Dynamite le fait avec beaucoup d'entrain
et de fraîcheur. Et comme pour bien prouver que ce sont
des punks modernes, un CD-R, avec exactement l'équivalent
du vinyl gravé dessus, est glissé dans chaque pochette.
Cocktail molotov.
SKX (26/02/2002) |
SOEZA
"
s/t " - 7"
X-Mist records 99
Hybrides
les Anglais de Soeza. Bien malin qui pourrait les phaser sagement.
Du ressort, de la dynamique, de la variation dans le ton. Y'a
du Badgewearer là-dedans, dans cette façon de maintenir
le rythme vif et alerte, tout en restant léger, une trompette
pour faire danser les foules, avec cette inimitable " english
touch " dans les mélodies qui les démarque
sans cesse. En bien ou en mal, c'est selon. Ici, la tenue de route
n'est pas encore idéale mais gageons que ce single (après
un CDEP 3 titres sur Cowpat) inaugure de futures banderilles savoureuses.
SKX (26/07/1999)
|
SOMETHING
LIKE ELVIS
"
shape " - CD
Antena Krzyku Unc. 99
On
ne rajeunit pas avec ce disque sorti presque trois ans déjà.
Mais c'est pas tous les jours qu'on chronique un groupe polonais.
Un groupe de noise-rock avec un accordéon de surcroît!
Ca sent l'exotisme rugueux, le genre de groupe qui part d'avance
avec un handicap, une carte d'identité qui joue pas en
leur faveur. Trop occupé qu'on est à regarder vers
l'ouest la dernière nouveauté avant tout le monde
qui va nous tomber sur le coin de la tronche. Mais depuis quelques
années, tout un tas de bons groupes débarquent de
l'est, la République Tchèque en tête. La Pologne,
jusque là, était restés discrète.
Something Like Elvis pourrait bien être cette tête
de pont, l'arbre qui cache la forêt. Leur influence majeure
reste No Means No. Le rythme punk-groove lancinant. La basse qui
déhanche. Là dessus, vous coulez une bonne dose
de guitares bien noise, façon Sleepers. Et la vraie originalité,
leur truc bien à eux, c'est cet accordéon, qui paye
pas de mine à l'énoncé, mais se taille la
part du lion. L'élément auquel on raccroche les
mélodies, qui se noie sous le déluge ou éclaire
la mêlée d'un coup de anche et de belles inspirations
diatoniques. Des morceaux qui aiment tourner en boucles, insister
sur le même rythme, vous hypnotiser, vous happer dans leur
déluge sonore, vous laisser la tête hors de l'eau
au beau milieu de l'aventure pour mieux repartir en apnée.
Tous les titres n'ont pas la même aura mais quand l'inspiration
est là, ça moufte pas dans les rangs. Elvis se retourne
dans sa tombe. (A noter leur 1er album "personal vertigo"
du même tonneau, quoique la taille en-dessous).
SKX (12/03/2002) |
A
SILVER MT. ZION
" bornintotroubleasthesparksflyupward " - CD
Constellation 01
La blancheur calme d'un piano. A Silver Mt. Zion s'auto-soustitre
fort à propos "Memorial Orchestra & Tra-La-La
Band". On comprend pour la partie "Memorial Orchestra".
On fronce un peu plus les sourcils pour "Tra-La-La Band".
A Silver Mt. Zion a plus avoir avec le recueillement qu'avec une
joyeuse bande de délurés pour musique festive. Plutôt
sortie d'église que banquet arrosé. Issu de la pieuvre
à 7 têtes Godspeed You Black Emperor! qui n'en fini
plus d'infanter des orphelins, ce deuxième album de ces
Canadiens emprunte autant à la musique minimaliste d'Arvo
Part qu'aux Rachels, avec forcément l'inévitable
lien (ténu) patriarcal à Godspeed. A la base, six
enfants de choeur pour la charpente principale. Mais qui invitent
régulièrement leurs compagnons pour souffler dans
les trompettes de la miséricorde et crier un p'tit peu.
Une procession quasi monacale, de longues paraboles, de lourds
fardeaux que l'on porte sur ses épaules chétives.
Des chuchotements, des silences en tant qu'instrument à
part entière, des chants portés à bout de
voix près à l'éclatement. Puis des montées
ensanglantées (ou pas), le courroux venu d'en-haut, des
cris qui surgissent, le fracas des guitares. Une colère
impuissante avant le lent déclin. A moins que tout ne reste
en suspend, incapable de choisir son camp. Entre dépouillement
de violons et piano à l'aura mystique (vous l'aurez compris!)
et déchirement de la terre sous le coup d'orages très
électriques, cet album est tout simplement captivant. Une
mosaïque d'émotions contradictoires. D'une ferveur
toute égoïste. A écouter au loin, d'une fausse
tranquillité, attendre la révélation. Je
ne bougerai pas d'ici.
SKX (12/12/2001) |
SON
MY
"
circulatia " - 10"
Break Out / Tad records 99
Ceci
n'est pas un disque emo de plus. Faut pas se fier aux apparences
ou à une écoute discrète et distraite. Son
My vient d'Allemagne et au contraire de nombreux groupes compatriotes,
Son My apporte un je ne sais quoi d'européen. Une atmosphère
qui ne transpire pas habituellement outre-atlantique. On a beau
retrouver un chant passionné et engagé, une énergie
juvénile et torturée, Son My se démarque
de la meute. Faudrait peut-être déjà formellement
identifier en quoi consiste une touche européenne, et là,
j'avoue, je sèche lamentablement, mais en tout cas ça
n'a rien de foncièrement ricains. Peut-être ce violon
avec son lot d'émotions fines ou ces mélodies surprenantes
et troublantes. Bref, un truc en plus, un truc en plume et définitivement
4 titres créatifs qui restent accrocher aux sens et à
saluer d'urgence!
SKX (02/11/1999) |
SONG
OF ZARATHUSTRA
"
the messenger of heat " - 7"
Vendetta 01
Ainsi
chantait Zarathustra. En piétinant les plates-bandes de
ses voisins, en trépignant sec comme un gamin en folie
sur fond de synthés déjantés. Le hardcore,
c'est ça aussi de nos jours! Ces quatre titres ont spécialement
vu le jour sur un label allemand pour leur venue en Europe au
printemps 2001. Tournée qui a superbement ignorée
la France au passage. Ca, c'est pas nouveau (mais on bosse pour
que ça cesse!). Inédits version plus roots et au
cordeau que leur excellentissime album "birth of tragedy"
mais obligatoire dans sa collec pour en jeter un max. Justice
vaincra!
SKX (30/05/2001)
|
SONG
OF ZARATHUSTRA
"
a poisonous movement / lude boy " - 7"
Hand Held Heart / Sound Virus 02
Le
dernier né de la gamme Song Of Zarathustra commence rock'n'roll.
Le riff pète dans les mains, swingue sec et nerveux. Voix
toujours aussi écorchée et orgue (tenu par le chanteur)
qui déboule, fidèle à lui même! Sauf
que le son reste en dedans, sans ampleur. Sauf que, sauf que,
c'est pour mieux vous rendre sourd mon enfant! Car forcément,
vous avez tendance à rehausser le volume de votre chaîne.
Et là, paf, ils vous coupent tout en vous balançant
dans la tronche un son bien vicieux et strident. Comme si votre
saphir venait de se désintégrer ou vos baffes exploser
de l'intérieur. Effet garantie! Quel déconneur ce
Zarathustra! Face B, on a le droit a une reprise de Social Distorsion.
Je ne connais pas l'original mais ça sonne sans sourciller
comme un morceau de SOZ. Pas essentiel à votre collection
mais les fans de Song Of Zarathustra ne pourront éviter....
SKX (12/02/2002)
|
SONNA
"
we sing loud sing loft tonight " - CDEP
Temporary Residence Ltd 01
Le
Sonna est d'une grande tranquillité. Et si dans un geste
d'égarement, ils ont cru chanter lourd, ils se sont vite
fait rattrapé, raturé et c'est bien soft qu'ils
vont chanter sous les lampions. Et encore, ça tout d'une
boutade puisque Sonna est avant tout un groupe instrumental et
que le chant est aussi discret que le pet sur une toile cirée.
Sonna est ce qu'on qualifie communément de post-rock. Très
très post. Pastélisé et aseptisé.
Ca furète par chez Tristeza, Low et Aerial M. Cette musique
tout en douceur, faussement ensoleillée mais vraiment mélancolique.
Le genre de groupe qui prend son temps pour raconter son histoire
et où vous avez toutes vos chances pour dormir avant la
fin. Six titres en 45 minutes, votre tisane va refroidir. Les
guitares sont les narratrices principales, vibrantes à
l'unisson, les cymbales clinquantes. De l'élégance,
de l'agilité, un rien d'indolence, quelques accélérations
très passagères, des ronds dans l'eau. Mais tout
à beau être bien fait, l'enregistrement de valeur,
merci Albini, je suis comme la toile cirée, ça me
glisse dessus et n'accroche à rien. L'eau claire n'est
pas bonne pour mon organisme.
SKX (26/09/2001) |
SPEEDKING
"
The fist and the laurels " - 2xCDs
Tiger Style 02
Un
coup d'oeil dans le rétro avec la réédition
de la totale de Speedking, trio new-yorkais largement méconnu.
Tellement méconnu que ce double CD apparaîtra aux
yeux de beaucoup comme une nouveauté à part entière.
Pour ma part, je vais me la jouer encore, mais quelques uns de
leurs 45 traînaient sous une vieille pile poussiéreuse
et l'écho de la sortie d'un album enregistré et
jamais sorti (split du groupe à la fin de l'enregistrement
oblige) flottait dans l'air depuis quelques temps. Troubleman
records était sur les rangs. C'est finalement à
Tiger Style qu'échoue l'honneur de sortir l'intégrale,
à savoir 4 singles, ce fameux album tombé aux oubliettes
et quelques inédits. Un groupe apparemment culte de l'autre
coté de l'Atlantique, jouissant d'une aura de précurseurs
dans la musique dite post-punk et de tous ces groupes bruyants
actuels qui manient le clavier intégré comme une
seconde peau. Il est vrai qu'on est là en plein milieu
nineties et qu'à l'écoute de cette réédition,
le temps n'a pas eu prise sur les morceaux. Sur le 1er CD, on
retrouve tous les 45. Une base noise, très axée
rythmique, assez Shellac-ienne, une guitare bien agressive dispensant
des mélodies qui faisaient que ces morceaux avaient une
putain de classe. Avec l'autre CD, celui de l'album mystère,
on comprend mieux l'influence de ce groupe (plus par leurs nombreuses
tournées aux USA en fait que par leur discographie). Les
évènements ont pris une tournure plus électronique.
Mi-bruit, mi-machine. Si la basse et le batteur restent la clef
de voûte de l'édifice, le son s'est enrichie d'une
voix féminine et surtout amplifié d'effets électroniques
et petites bidouilles édulcorantes. Même le rythme
en devient presque groove. Les compos, tout en gardant une certaine
efficacité, s'épurent pour ne garder que le nerf.
Et je dois avouer que, excepté deux ou trois morceaux plus
dans la lignée historique, leurs nouveaux jouets sont loin
de me convaincre dans leurs habits de pionniers où électronique,
relents new-wave et énergie punk se côtoient déjà
.
En plus, à la fin de chaque CD, ils ont cru bon de mettre
des inédits purement électroniques et là,
ce double CD commence à vraiment devenir long. Finalement,
seuls les 45 auraient pu avoir droit à une seconde jeunesse.
Il n'est pas toujours utile de fouiller les fonds de tiroirs.
Sinon pour colmater les brèches et rétablir les
maillons dans cette bonne et vieille histoire de la musique !
SKX (03/03/2003) |
THE
SPORES
"
not now " - CD
Flitwick 01
(Flitwick records / PO Box 26 / Flitwick Beds / MK 45 1TJ / UK)
Il
y a des groupes qui tombent pile au bon moment, jouent le bon
truc quand il faut, bien en phase avec l'ère du temps.
Le succès, les filles et l'alcool à flot. Et ya
les autres. The Spores, loosers (magnifiques) anglais. Aussi glamour
qu'une boite de haricots. The Spores débarqués en
plein nouveau millénaire. Dix bonnes années de retard
dans les jambes. "Not now", éclair de lucidité.
Ce deuxième album est totalement anachronique. C'est fin
années 80 que le jour aurait dû voir naître
ses attendrissants sillons. That Petrol Emotion et les Wolfhounds
auraient eu une sérieuse concurrence. Car, hors mis son
coté décalé - ce qui en fait une bonne partie
de son charme - cet album est une grande réussite. Ca et
son coté rudimentaire. A faire poiler tout un banc de lecteurs
de "guitares & claviers". La démonstration,
une fois de plus, que dix ans de solfège ne servent à
rien pour vous torcher des mélodies imparables. Qu'un batteur,
même au jeu rachitique, peut mettre le feu à n'importe
quelle piste. Que deux, trois accords clairs font chavirer n'importe
quel cur. Seul le chanteur est largement au dessus de la
moyenne. A lui tout seul, il tire l'ensemble vers le haut et sublime
n'importe quel bout de ficelle. Il pourrait chanter le botin qu'on
le suivrait quand même! Arrangements au cordeau, instrumentation
maigrelette mais des idées mélodiques en pagaille
et un sens du sample retournant. Preuve la plus flagrante avec
le morceau de fin "tranquillizer" et son modem intégré
et utilisé comme un instrument à part entière.
Une pure trouvaille! 14 titres intimistes et revigorants, sur
de leur force tranquille, de leur orchestration enfantine, d'une
naïveté touchante. A coté de la plaque mais
à cultiver secrètement dans son jardin. Et le mot
de la fin au label, Flitwick, qui, comme pour toutes ces réalisations,
ne vend pas ce disque. Non, il le donne! Suffit juste de leur
écrire et de gentiment leur demander un exemplaire. D'une
autre époque que tout ces gens là viennent j'vous
dis!!
SKX (23/01/2002)
|
SQUALL
"
How things work " - CD
Silver Rocket 03
Squall
est un animal tchèque ne connaissant que la ligne droite.
Avec montées et descentes certes mais toujours droit devant
lui. Une machine à avancer, d'un rythme sûr et conquérant,
d'une dynamique générale basée sur la répétition,
de la boule de neige qui dévale, entasse, rajoute des couches
et s'explose contre la paroi du vide inquiétant. Squall
aime partir d'une idée simple, d'une petite mélodie
à la guitare ou à la basse, sans bruit, puis tisser
sa toile, étouffer en silence, partir dans des dissonances
électriques, transgresser le quotidien, faussement basique,
trépidant toujours, qu'importe la cadence imposée.
Forcément, ces longs voyages sont usants. De longueurs
monotones en épisodes tragiques, on décroche parfois
pour mieux reprendre son souffle à l'étape suivante.
L'ensemble souffre d'une impression linéaire malgré
les cassures nombreuses mais au moins Squall est fluide et pour
peu qu'on prenne la première vague du bon pied, ça
peut vous emmener loin, dans un pays où on n'impose pas
d'étiquette, inclassable et universel. A la manière
de groupes comme Gone Bald ou leurs compatriotes Gnu, il ne faut
pas avoir peur de gratter la première couche, oublier son
a priori et découvrir une musique attachante faite avec
le cur qui creuse, mine de rien, son petit sillon
.
SKX (03/11/2003)
|
STANDSTILL
"
memories collector " - Lp
Defiance / Bcore 02
Cinq
espagnols en quête de perfection. Un groupe qui ne se fixe
aucune limite par rapport à un genre où on aimerait
les enfermer. Cinq jeunes dans le vent qui ne prennent pas l'emocore
pour leur lanterne. Si leur propos est très en phase avec
l'émotion, est à fleur de peau, Standstill se donne
musicalement, avec ce 2ème album de l'ambition, enrichit
son vocabulaire et sa palette d'instruments. Si la fragilité
palpable et les paroles très tournées vers son propre
nombril raviront plus d'un emokid, la musique prend de l'ampleur
et un surplus de consistance. A l'image de Engine Down sur leur
album "to bury within the sound", Standstill n'hésite
pas à flirter avec les limites. Celles qui pourraient les
faire basculer dans les mains d'une pop calibrée, propre
sur elle et commercialement viable à grande échelle
(ce qui n'est pas un crime en soi!). Ou rester dans un champ d'action
ou leurs racines hardcore peuvent très bien se marier avec
plus de sensibilités. Se laisser aller à plus d'intimité
sans oublier les attaques frontales et des riffs imparables. Pimenter
d'une trompette idéale, d'un melodica ou d'une contre-basse
sur quelques morceaux sans renier les rythmes directs. Sonner
rock et fort tout en étoffant la production. Ce "memories
collector" a des qualités mélodiques indéniables
et brille dans la nuit. Il ne sent certes pas la sueur du gros
tatoué des pectoraux mais il a su éviter les écueils
et navigue avantageusement entre rock et lyrisme, entre simplicité
et une certaine forme de maniérisme. C'est personnel et
universel, à écouter sans préjugés.
Le temps fera son uvre.
SKX (15/10/2002) |
STANDSTILL
"
the ionic spell " - Lp
Defiance / Bcore 01
L'Internationale
poursuit son uvre. C'est vers l'Espagne que nos oreilles
pointent plus qu'à l'accoutumée ces derniers temps.
Standstill, cinq jeunes personnes en provenance de Barcelone,
dont la musique ne reflète en rien la fibre patriotique
(tant mieux, les castagnettes ont tendance à me les briser
menu-menu) et qui pourraient aussi bien débarquer d' Etats-unis
ou d'Allemagne qu'on y verrait que du feu. Olé! C'est donc
en relatifs défricheurs locaux (enfin je suppose vu que
ma culture de la musique espagnole reste sommes toutes sommaire!)
que Standstill sort un premier album d'emo-core écorché
à souhait qui fera date dans le pays. Et ailleurs. Standstill
vient jouer sur les plates-bandes (désormais désertes)
de 400 Years, titiller Bob Tilton, présenter une version
allégée des charges héroïques des Japonais
d'Envy. Et tout ça sans avoir à rougir des comparaisons.
Même si le plat n'a rien de foncièrement original
quant au style abordé, ce "ionic spell" n'est
pas un disque de plus dans la grande mare emo-core. Un réel
talent pour vous torcher des mélodies poignantes, qui n'hésitent
pas à appuyer là où ça fait mal avec
des guitares acoustiques. Un brillant savoir-faire pour résumer
tout ce qui se fait de mieux dans le genre. De moultes changements
de rythmes, des moments tranquilles pour conclure avec Madame,
de âpres et passionnantes montées électriques
quant tout à foirer. Un équilibre juste et finement
dosé, le tout sans redondance mais avec beaucoup de fluidité
dans le dernier geste. Standstill a tout d'une nouvelle valeur
sûre.
SKX (04/01/2002)
|
THE
STARVATIONS
"
Get well soon " - CD
Gold Standard Laboratories 03
Bienvenue
au club rétro. Ca commence par un p'tit air de déjà
entendu, une guitare anodine et la mélodie de " this
is what you wanted ? " vous entraîne ailleurs l'espace
d'un instant, le pied gauche tapant allègrement le plancher.
Le temps de vous remettre et vous vous dites, perplexe, que cette
ambiance vous rappelle un truc vieux de vingt ans. Et là,
bingo, c'est le fantôme du Gun Club qui surgit devant vous,
la réincarnation de Jeffrey Lee Pierce en quelques envolées
vocales fiévreuses. Mais on est bien dans le nouveau millénaire,
et ce nom sur la pochette florale, c'est bien The Starvations
écrit dessus. Heureusement,Gabriel Hart et sa bande sont
loin de rendre une épreuve copie conforme . Ils ont bien
assimilé le truc, digéré à coups de
whisky rance et si ya toujours les boots et le chapeau de cow-boy,
les mélodies n'appartiennent qu'à eux. L'héritage
qui plane au dessus de leur tête, jamais n'est pesant. Et
puis, ils ont leur petite originalité, chérie jalousement,
une accordéoniste, Vanessa Gonzalez, pas toujours très
audible, mais qui apporte sa pierre à l'édifice.
Alors c'est parti pour un tour. On va pas bouder notre plaisir.
The Starvations, c'est du vieillot remis au goût du jour,
de la country jouée par Nick Cave. Des rythmes qui baltringuent,
un rien tribaux par endroits, des guitares au son maigrelet qui
emmènent des mélopées au grand galop. Des
ballades noires comme une désillusion d'un matin difficile.
Ca swingue et c'est tendu. En cette période de retour au
bon rock'n'roll, The Starvations débarque comme des morts
de faim et devrait se disputer la part du lion.
SKX (28/04/2003) |
STEREOBATE
"
selling out in the silent era " - CD
D=RXT 01
Le
bonheur est dans le pré. A portée de mains, sans
édulcorant et machinerie dantesque. L'herbe est riche et
verdoyante, une pleine tripotée de guitares. Qui prennent
soin de ne pas vous agresser les tympans, de ne pas tirer des
plans improbables sur la comète. Sous la grande descendance
des groupes comme Unwound, ce groupe américain privilégient
avant tout la mélodie et les ambiances. Suggérer
plutôt qu'imposer son bordel. Tisser lentement mais sûrement
sa toile, élaborer des structures qui ne prennent pas le
chemin le plus court pour arriver à ses fins. Déjouer
le piège de la tentation d'en mettre plein la vue et à
la place, mettre une pression suffisante pour maintenir les sens
en éveil. Jouer avec la corde raide d'expérimentations
sous forme de bandes sonores tirées de la cinémathèque
personnel pour parfaire l'ambiance. On est pas des rustres, on
a de la culture. L'esprit large. Avec toujours ce coté
goutez-y-que-je-reviens, merci les guitares qui vous ensorcellent,
ces explosions maîtrisées pour tromper l'exercice
de style et les figures imposées. Un accès direct
au cur de l'artisanat à guitare, baromètre
à émotions, jugulant le plaisir qui ressort à
l'écoute de leur premier album. En ces temps de vacances
estivales, préférez l'itinéraire bis, malgré
les quelques longueurs, n'est pas la pire des solutions. Stereobate
ne propose pas d'alternative révolutionnaire. Juste l'amour
du travail bien fait. C'est déjà pas si mal.
SKX (11/07/2002) |
STERLING
"
s/t " - CD
File 13 03
D'argent
qui brille dans le noir. De cette fine pellicule tombée
du ciel qui éclaircit la grisaille. Et qu'on attendait
plus. De cette touche de classe sobre et discrète, qui
s'impose d'elle-même dans des silences entendus. Sterling
pourrait être cet énième groupe instrumental,
race polluante des méandres du circuit. Sauf que là,
t'as tout faux. Les noces en éclats d'un style, faute à
un piano omniprésent, pièce de charpente aussi originale
qu'indispensable. Les milieux autorisés chez l'oncle Sam
avancent le terme de " dark-avant-garde-rock " (avant-garde
en français dans le texte, ça fait encore plus top
credibility). Foutaises à trois balles. Sterling accouche
tout simplement d'une musique qui calme son homme (et la femme
lévite). Un classicisme au sens noble du terme sans le
gnangnan qui va avec. De ses guitares qui claquent ou tricotent.
De ce piano qui assène le bambou (le bon bout). Et cette
batterie en mode free et déchaîné, le poumon
de la grotte qui empêche toute dispersion, nerveuse et inspirée.
Deuxième album pour ce trio de Chicago où seul le
bassiste joue les intérimaires (celui de Milemarker ou
90 Day Men). Des pièces généralement longues
où les paroles sont remplacées par des échappées
narratives qui savent mieux que quiconque vous bercer d'histoires
sombres, de plénitude sourdement tourmentée. D'un
calme trompeur où les silences en disent long. Un truc
lumineux propre à envoûter toux ceux qui ne sont
pas encore lobotomisés. Beauté mystique et coupant
comme l'acier.
SKX (15/09/2003) |
STERLING
"
murderer " - CD
Swey 01
Libres
espaces entrevus. Traversée angoissante. Monde insaisissable
duquel s'échappe quantité de choses, fuyantes et
apeurées. Lent écoulement d'un liquide trouble.
Sterling se fortifie de votre substance, s'en nourrit. Un univers
qui porte des marques longues à disparaître. Des
écorchures douloureuses où l'expérimentation
libre et bruyante des guitares ligotent l'auditeur. L'énergie
manque pour vous débattre. Toujours sous tension, le rouge
jamais atteint, Sterling tisse votre prison aux murs dorés.
Aux confins de musiques instrumentales comme Gastr Del Sol, Brise-Glace,
Gorge Trio et aussi Colossamite pour les soubresauts chaotiques.
D'un battement d'aile ou d'une éclaboussure électrique,
d'une corde acoustique à un sombre piano, d'une batterie
tout en touché et frémissante à des guitares
virevoltantes. Les ramifications sont nombreuses. Les structures
agitées. Roucoulez pendant que d'autres gémissent.
Les plaintes, à la fin, vont bien quelque part. Il faut
être sans cesse sur ces gardes si vous ne voulez pas que
ce "murderer" s'échappe de vos écrans
de contrôle. Ou alors tel un voyageur égaré,
vous allez laisser échapper un monde, obscur de prime abord,
mais très captivant au final, où au delà
de la détresse apparente, monts et merveilles sont à
votre portée.
SKX (12/03/2002) |
STIFLED
CRIES
"
" - 7"
Conspiracy 00
Galette
consistante. Un sale quart d'heure vous attend. 4 titres remplies
de fractures, déchirements, viscères au ventre et
bouillonnants. Tirs à direction multiples, longues montées
dans le rouge, l'intensité cheville au corps, mention spéciale
à "Weltordnung", rythmes pesants et ambiances
sombres. La production mériterait plus d'ampleur et de
puissance encore, quitte à enfoncer le clou, autant qui
pénètre à fond, mais ça donne un léger
coté brouillon très attachant. Kiss it Goodbye et
autres joyeusetés, ces belges de Stifled Cries répandent
leur bile pour la première fois et assure la relève
après la fin de Rubbish Heap sur le très intéressant
label Conspiracy.
SKX (09/05/2000)
|
STOP
IT !!
"
Self made maps " - CD
Robotic Empire 03
Arrêtez-ça!!
Mais arrêtez quoi?! De nous sortir des groupes qui pondent
toujours la même sempiternelle musique ? Car là est
bien le problème avec Stop It !! C'est un (premier) album
tout à fait honnête. Ca respire la sincérité,
un engagement profond dans l'idéal hardcore. Entre rudesse
et éclairs mélodiques, des titres comme " remove
your teeth " ou " captain roboto " ont de quoi
séduire le chaland. Une place toute trouvée entre
punk-rock et emo-punk au coté de Twelve Hour Turn sur un
label comme No Idea, ya pas à sourciller. Si le cur
vous en dit et si vous êtes pas lassés par ce style,
pas de raisons de bouder son plaisir. Stop it !! non't rien de
derniers de la classe. Totale maîtrise à défaut
de génie et d'un son de guitare faiblard. Mais là,
ça me rentre par une oreille et ressort par l'autre. Je
deviens sourd. Je ne distingue plus rien. Laissez moi tranquille.
SKX (23/12/2003)
|
STROM
"
wellenbrecher " - Lp
Janet's Music/Klangkrieg 00
La
démarche de ce groupe allemand est pas banale. Catégorisé
groupe instrumental, ce trio berlinois a eu la curieuse idée
d'inviter chanteurs et chanteuses pour taper le buf sur
leur premier album. Souffrance schizophrénique. Album à
deux vitesses. Alternant un instrumental et un morceau chanté,
STROM souffle le chaud et le froid. Sans doute plus aguerris aux
joutes instrumentales travaillées depuis longtemps, ils
donnent leur pleine mesure avec quatre morceaux sans voix qui
me la coupe de toute façon (la voix, vous aviez compris).
On avait jamais entendu tel barouf jouissif depuis les premiers
Don Caballero, Table ou les récents Oxes. Tout en développant
un son bien à eux et une approche plus indie-rock, STROM
sculptent des perles soniques sur la longueur, une batterie frénétique
et technique, ça fait péter l'élastique,
une putain de découverte. Pour les quatre autres morceaux
où on retrouve la voix, la musique s'adoucit, fait de la
place à des chants qui l'ouvrent moderato. Des faux airs
de Bambi Davidson, voir PJ Harvey sur "Türkopf".
La musique, sans être désagréable, perd de
son intérêt et la greffe n'était pas spécialement
adéquate. Mais se prendre pleine face des instrus de la
qualité de "geisterschreiber" et "lichtschlang"
vous font oublier tout le reste et vaut largement le détour.
SKX (30/05/2001) |
SUBMISSION
HOLD
"
Sackcloth and ashes, The Ostrich Dies on Monday " - CD
Ebullition 02
Qu'il
est bon de découvrir un groupe dont le nom vous est pourtant
vaguement familier depuis pas mal de temps mais qu'un incompréhensible
élan de fainéantise ne vous a jamais poussé
à l'écouter. A priori, j'avais pas raté grand
chose non plus car ce nouvel album marque une envolée certaine,
voir un tournant dans la discographie déjà touffue
de ce groupe américain, reprenant les travaux entrepris
par l'album précédent " waiting for another
monkey " mais en le magnifiant. Des débuts sommairement
punks où l'intérêt était surtout mis
dans les paroles et l'engagement politique tout azimut plutôt
que sur une recherche musicale créative. Avec ce "
Sackcloth and ashes ", Submission Hold relève la tête
du guidon. Si l'engagement reste à fond, la musique pète
le score et s'envole vers des sphères lumineuses. Energie
punk for ever mais diluée dans des architectures un rien
plus osées, des mélodies à nues, la porte
ouverte à toutes sortes d'instruments, bric à broc
jouissif pour violons et cuivres diverses. Ya du Dog Faced Hermans
là-dessous (vieux groupe hollandais proche de The Ex),
une indéniable touche européenne dans les ambiances.
Des rebondissements, un chant féminin (parfois secondé
par une voix masculine) tout à tour mélodieux ou
criant subitement sa révolte. Ces punks se sont ouverts
à tout plein de musiques n'ayant aucun rapport avec le
hardcore. Si la moelle et l'envie d'en découdre n'ont pas
changé d'un iota, les manifestations pour clamer leurs
griefs ont prises un tour totalement différent. Dorénavant,
c'est tout en finesse et à dose homéopathique. Le
discours n'en gagne que plus de force. Et l'apothéose finale,
quand la chanteuse, après un début de chant en français
dans le texte, ne cesse de susurrer " the world is on fire
" avant de vous le cracher à la gueule, le tout sur
fond de mélodie sur le fil du rasoir et entêtante,
c'est vous d'un seul coup qui devenez " on fire " et
vous embrasez définitivement sur cet album original et
en tout point remarquable.
SKX (25/02/2003) |
SWING
KIDS
"
discography " - CD
Threee.One.G records 98
C'est
défunt, mort et bouffé par les vers mais le corps
est encore chaud et ces charmants enfants dansant pas prêts
de vous laisser reposer en paix. 9 titres d'une discographie courte
et intense, où des lignes de guitares, les doigts encore
pendant, ne sont pas sans rappeler Drive Like Jehu, autre groupe
fameux et enterré de San Diego. Sauf qu'ici, on est du
genre pressé, du genre à tout torcher en moins de
minutes, reprise de "Warsaw" de Joy Division itou. C'est
le clair vertige, tout vous happe, vous grouille sous la peau.
Un grand (et trop court) moment de rock/noise chaotique. Un bel
instant de virginité en fait.
SKX (01/12/1999)
|
SWITCHBLADE
"
s/t " - CD
Trust No One 02
Switchblade
est un cran d'arrêt. Dans le vif de la traduction. A moi
toutes les images sanguinolentes, pas de quartier, musique incisive,
fine lame de la noise, j'en passe et des meilleurs. Sauf que pour
ce coup ci, le trio suédois a perdu de son tranchant. Mais
pas son intérêt. Entre chien et loup, Switchblade,
connu pour la rapidité d'exécution de ses morceaux
et le format expéditif de ses disques, rallonge la monnaie.
Et notablement la durée des compos. Jusqu'à accoucher
d'un titre de 17 minutes! Pas de blanc entre les titres, pas de
fin, exit le début, fondu dans le grand nord. Une impression
de masse, d'opacité et une unité de ton qui pourrait
nuire à l'ensemble. Seule une écoute répétée
permet la distinction, évite la sensation que tout se ressemble,
tout s'annihile. Mais cet album sonne, de par sa construction,
définitivement conceptuel, même si le concept reste
primaire. Primaire dans le sens jeune chien fou. Autre évolution,
l'urgence du propos. Switchblade ralenti à maintes occasion
le rythme, la pression des guitares, le bruit généré
perd en densité. Switchblade, à l'image du dernier
album de Breach ou Neurosis, lorgne vers les ambiances sombres
et envoûtantes plutôt que vers la vélocité
et le coup bas dans les couilles. L'intensité n'a pas démissionné.
Deux, trois passages vous rappelle à l'ordre. La guitare
aime rester bloquée sur la même corde des secondes
durant, vous égratigner les nerfs. Mais l'heure a sonné
et elle est lourde. Reste ce morceau très long échoué
en fin d'album. Dix-sept minutes et trente six secondes exactement.
Répétitif à souhait, la tension monte tout
doucement, explose à demi-notes, retombe dans l'hypnose.
Switchblade aurait gagné à couper avant la fin.
L'apothéose n'en aurait été que plus belle.
Ce troisième album est un sacré mur à escalader.
Soit vous le passez en une seule fois et vous avez la journée
pour vous en remettre. Soit vous échouez par manque d'oxygène
et un élan insuffisant. Dans ce cas là, recommencez.
SKX (11/07/2002) |
SWITCHBLADE
"
s/t " - Lp
Trust No One 00
Attention,
alerte à la bombe! Une bombe suédoise qui vient
de prendre d'assaut ma platine, otage consentant pour assouvir
mon besoin de musique bruitiste et terroriste. Ce trio en met
plein la vue. Cette musique noise est ultime, ça suinte
l'urgence du hard-core, ça sait calmer le jeu pour encore
mieux noircir le tableau. Les morceaux s'enchaînent, l'air
y est parfois irrespirable, ça donne envie de s'arracher
la peau. Putain, c'est tellement intense, c'est au couteau. Que
dis-je! Taillé à la serpe! S'il vous reste une petite
place entre vos Orchid, Breach et Shotmaker, réservée
là d'urgence à Switchblade! Une révélation.
SKX (10/04/2001)
|
|
Sabot
Mission : superstition - CD
Cesta 2003
Sabot, c'est quinze années d'activisme, de tournées
acharnées à travers le monde, de l'Europe à
la Nouvelle-Zélande avec même un périlleux
voyage en Chine à travers la Turquie et le Pakistan en
1999 ! Une tonne d'expérience et d'échanges musicaux
avec tout plein d'artistes d'horizons très divers et
si on ne peut pas dire que Sabot est un groupe dans le vent,
qu'ils ne bénéficient pas de la même aura
qu'un groupe comme The Ex avec qui ils partagent pas mal d'idéaux
autres que musicaux, ils n'en restent pas moins infatigables
! " Mission : superstition " est leur 7ème
album. Indéboulonnable duo basse-batterie instrumental,
ces expatriés américains installés en République
Tchèque depuis 1993 continuent leur recherche rythmique.
On pourrait vulgairement les associer à No Means No et
autres faméliques duos du genre. Sauf que Sabot explore
également la face jazz du punk. Leurs compositions sont
des constructions alambiquées où il n'est pas
aisé d'avoir ses entrées. On peut aussi bien rester
à la porte que, timidement, y mettre un pied, et à
petite dose, commencer à y comprendre quelque chose.
Un son de basse qui vibre de partout, une caisse claire centrale,
alternance entre plan purement rythmique et une approche oxygénée
de la bête, cet album de Sabot n'est pas le moins difficile
de leur uvre. L'écouter d'une traite relève
du masochisme mais à raison d'un ou deux titres de temps
à autre, on saisit mieux tout le charme de ces compos
rocailleuses et tortueuses.
SKX
(30/06/2004)
website
groupe
| website label www.cesta.cz
sounds
Face
the Mirror.mp3 | Crackwalk.mp3
|
Secret
Mommy
Hawaïï 5.0 - CDEP
Ache 2004
Secret Mommy est le projet solo de Andy Dixon, guitariste chez
Red Light Sting (qui soit dit en passant viennent de mettre
fin à leur aventure commune, à peine leur premier
album sorti
). Tout seul derrière ses écrans
d'ordinateurs, il s'adonne aux joies du collages sonores, de
la trituration à tout va. Deux albums déjà
au compteur. Celui-ci est un disque spécial été
(c'est pour ça que cette chronique voit le jour fin août
!). Cinq titres, ode à Hawaï et aux tropiques, à
écouter avant de partir sous le soleil, préconise-t-il.
Le gaillard s'est amusé à sampler les musiques
des îles, puis tout mettre ça à l'envers,
lire de droite à gauche, poussant les rythmes à
faire pâlir les surfeurs, balancer un grand coup de pied
dans les cocotiers, comme ça, pour se marrer, juste pour
voir si les singes sont verts. Ca cut et ça re-cut, ça
sort le tube à colle, tout ça dans la bonne humeur
et l'agilité. De là à vous dire que j'emmènerais
ce disque et uniquement celui-là sur une île déserte
.
SKX
(28/08/04)
website
groupe www.secretmommy.com
website
label www.acherecords.com
sounds
FreeSong.mp3
|
|
Sedia
s/t - CDEP
Wallace 2004
Rien de plus agréable que ces groupes qui déboulent
de nul part et vous squattent votre platine par surprise. Sedia
est un trio Italien, principalement instrumental, et sort sur
le fameux label, Wallace records, un premier six titres qui
va faire de nombreux adeptes très rapidement. On prend
les paris ! Sedia fréquente le milieu noise-rock sans
qu'on puisse les rattacher à un style bien particulier
(tant mieux !). De loin, ça ressemble à du math-rock,
sa liberté des structures, ses attaques angulaires. A
écouter de plus près, c'est juste plein de vie,
du rock qui s'en fait pas de ses formes. Le genre de groupe
qui répète inlassablement au fond du garage, qui
fait tourner les idées, essaye de surprendre le camarade
de jeu, avant de trouver le point commun, de partir dans la
même direction, que la basse frappe un grand coup. Le
chant, présent sur deux titres, est mixé loin
derrière, un cri qui tente désespérément
de se faire entendre pour mieux ajouter à la tension
ambiante. Une irruption spontanée pour faire sauter les
verrous. L'avenir leur appartient.
SKX
(29/08/04)
website
label www.wallacerecords.com
sounds
moholinaghy.mp3
|
Snack
Truck
Harpoon - CD
The Perpetual Motion Machine 2004
Une bien dangereuse affaire nous est soumise
une fois de plus. Deux terroristes tentent de concilier la brutalité
des groupes emo-violence et la folle technicité, voir
l'abstraction fertile de fêlés notoire comme Hella.
Snack Truck est donc un nouveau duo qui fait du bruit comme
quinze. Matt Krofcheck et Nate Rappole y mettent toutes leurs
tripes pour vous heurter. On peut regretter qu'ils ne mettent
pas un peu plus de cur et d'émotions pour vous
aliéner complètement. Leur premier album "
Harpoon " ne fait pas dans le sentiment. On joue d'abord
sur la corde de l'absurdité, la déconstruction,
le déchaînement rythmique, avec une pointe de bidouillage
électronique et un synthé qui n'est pas là
pour faire joli. Sans oublier une voix hystérique, un
chat de gouttière qui a mis la queue là où
il fallait pas. On surprend tout de même le duo à
s'arrêter de se martyriser la santé sur des plages
où l'approche mélodique est privilégiée
(" Pheasant "). Mais c'est pour mieux repartir à
l'abordage dans des joutes enlevées ou le rapport sauvagerie/subtilité
semble trouver (" Terrier of the pale moon "). Il
est amusant de noter que la batterie d'un coté et la
guitare et voix de l'autre ont été enregistrées
à deux mois d'intervalle, dans deux studios différents
et pas par les mêmes personnes
Les deux armes restent
pourtant en symbiose. Snack Truck est un groupe qui fait corps
et dont on sent tout l'amour du bruit, l'amour pour ruer dans
les brancards, proposer une lecture extrême et très
vivante de leur version du rock qui doit autant aux Ruins qu'à
Converge ! C'est dire l'effort qui vous ait demandé !
C'est à ce prix que ce mérite cet excellent album
d'un groupe appelé à un brillant avenir
SKX
(04/12/2004)
website
groupe www.snacktruck.com
website
label www.theperpetualmotionmachine.com
|
Southkill
Self-titled - CDEP
Noreaster Failed Industries 2003
Une
nébuleuse affaire. Un paysage sonore qui se répand
par vagues successives. Le flot d'une guitare se heurtant aux
rythmes solides d'une batterie. Southkill, c'est l'histoire
d'une rencontre entre Jason Kerr, le guitariste néo-zélandais
et John Dudley, le new-yorkais batteur. Des CVs déjà
épais dans de précédentes formations. On
repart de zéro. Southkill navigue en eaux troubles. Entre
couches de guitares épaisses et atmosphériques,
style Explosion In The Sky, le sens de la lourdeur en plus,
ma dépression pèse trois tonnes, le dos courbé.
Au milieu, le capitaine batteur maintient tout le monde à
flot, la tête hors de l'eau pour que cette galère
file droit. Frapper juste mais pas dur. Avec toute une science
de la strate sonore et l'hypnose des grands fonds. De longs
cheminements en étroits détroits, en horizons
bouchés par un épais brouillard a de lumineuses
éclaircies, Southkill réussit à éviter
les écueils de justesse et écrit un premier chapitre
fort prometteur.
SKX
(26/06/2004)
website
groupe
www.southkill.com
website
label
www.nfilabel.com
sounds
www.nfilabel.com/sounds.php
|
Struction
s/t - CDEP
Noreaster Failed Industries 2004
Struction débarque d'Albany (la ville de l'état
au nord-est des USA, pas le pays !) et apporte son lot de fureur.
Un trio qui émerge à grands coups de rythmes taillés
pour la bagarre et de deux guitares (encore un groupe boudant
la basse) qui replacent le mot noise au centre du débat.
Vous rajoutez par là-dessus un duel de voix masculin/féminin
qui se poussent mutuellement à qui gueulera le plus fort
et vous avez là six titres de noise-rock des plus engagés.
Des compostions complexes, tout en fracas, du bruit, de la lourdeur
dans le son, le disque est compact. Ils ont beau mettre un peu
d'âme dans leurs harmonies, ça fait mal à
l'arrivée. N'empêche que tout ce bruit fait un
peu passe-partout. L'exécution a beau être parfaite,
ce disque a dû mal à vraiment décoller.
Les voix, à trop vouloir en faire, ont tendance à
noyer le propos. Ouvrir les fenêtres et respirer un bon
coup. Une réalisation certes solide et intéressante
mais va falloir encore sculpter la matière brute pour
y voir plus clair.
SKX
(13/06/2004)
website
groupe
www.structionnoise.com
website
label
www.nfilabel.com
sounds
www.structionnoise.com/untitled.mp3
| HardcoreBarMitzvah.mp3
|
|
The
Sultans
Shipwrecked - CD
Swami 2004
Alors que l'hiver se pointe et que la dinde va encore se faire
plumer, il est bon de se délecter d'un disque qui donne
envie de déguerpir de tout ça, le soleil, les
deux roues à fond sur le bitume, les cheveux au vent,
le cuir qui colle à la peau et les mouches collées
sur le front! Jon Reis est un vétéran toujours
jeune. Ces autres projets (Drive Like Jehu, Rocket From The
Crypt, Hot Snakes) sont des monuments qui lui évitent
tout sarcasme. The Sultans n'est pas le plus connu mais les
fans du bonhomme vont pouvoir s'arrêter deux bonnes secondes.
Rien qu'avec l'énoncé de son nom, vous voyez tout
de suite de quel genre de musique il est sujet. The Sultans
est un trio qui torche tout en deux minutes cinquante chrono
avec une propension à vous rendre heureux, enchaîner
les perles punk-rock aux refrains accrocheurs. Du Hot Snakes
mais plus détendu du gland. Des guitares sixties le tout
attaquer sous un angle punk 77. Quatorze titres enregistrés
en une après-midi. Pas la peine de vous faire un dessin.
Et comme le gars a la super classe, il vous fait tout ça
avec dextérité, jamais fadasse. Ca file droit.
C'est sec, rock'n'roll qui coule comme du miel. Ca balance de
grosses illades aux gonzesses sans jamais tomber dans
le vulgaire. Et si avec un morceau comme " please don't
leave me on the highway ", vous prenez un râteau,
c'est qu'on peut plus rien pour vous! Quatre ans après
" Ghost Ship ", Speedo Reis (qui s'est choisi cette
fois ci le super surnom de Slasher ) et ses deux voyous à
rouflaquettes (Black Velvet, alias Dean Reis (le frangin ?)
et Tony DiPrima (lui c'est son vrai nom)), en ces temps à
la con où le retour du soi-disant rock'n'roll de fils
de bourges hante les charts, méritent le podium. Pas
encore l'Oscar d'honneur mais eux au moins savent de quoi il
retourne. Ce " Shipwrecked " est sans surprise mais
le muscle est fin, c'est de la race des seigneurs, qui eux,
les fous, continuent de faire tout ça juste pour le fun
car ils ne savent faire que ça. Merveilleux loosers!
SKX
(04/12/2004)
website
label www.swamirecords.com
video : sultansfinal.mpg
|
Swarm
of the Lotus
When white becomes black - CD
At A Loss 2004
Swarm of the Lotus va sûrement être catalogué
"groupe metal". Mais ce groupe américain de
Baltimore est bien plus qu'un vulgaire groupe de metal ! Quand
le noir se mélange au blanc, on passe par toute une nuance
de gris. Ils explorent moultes facettes des musiques extrêmes.
C'est une musique qui joue sur le bruit, celui qui écorche
et qui perce les tympans, qui ne se contente pas de sa seule
technique de musiciens pour multiplier les breaks mais vous
prend par les tripes, tour à tour martiale, tribale et
sombrement mélodique. Au cur de la fusion et du
larsen, une avalanche d'émotions brutes comme savait
si bien vous l'asséner Unsane ou leurs compagnons d'écurie
Cream Abdul Babar. Viscéralement maladif, malsain, une
grande fuite en avant et pas d'esbroufes. Comme Kiss it Goodbye/Playing
Enemy, on les sent sincèrement tendus, exprimant une
réelle frustration. Et ça va beaucoup mieux en
le disant! Depuis le dernier Converge, je n'avais rien entendu
d'aussi enthousiasmant.
SKX
(29/06/2004)
website
groupe
www.swarmofthelotus.com
website
label
www.atalossrecordings.com
sounds
from_embers.mp3
| ichabod.mp3
|
Switchblade
s/t - CD
Trust No One 2004
Austère Switchblade. Toujours aussi avare en titres de
morceaux (on se contentera une nouvelle fois de numéros),
de nom d'album (un énième self-title). Toujours
avide de pochette dans la grisaille et définitivement les
deux pieds dans des compostions longues et (quasi) instrumentales.
Bref, le trio suédois affirme son penchant du précédent
album. Breach et Isis planent à raz du sol. L'atmosphère
est plombée, triste comme un matin glacé et, il
faut bien le dire, un brin monotone. Il faut aimer se plonger
dans ce bloc monolithique, évoluer au ralenti comme dans
ces foutus rêves où une force inconnue vous empêche
d'avancer alors qu'on aimerait filer au quart de tour. Attendre
que quelque chose se passe. En vainc. Switchblade tisse sa toile
avec patience. Cadence lourde et lente de la batterie, guitare
qui fait mine de partir, pression qui monte doucement, l'atmosphère
se dégage, on sent que là c'est bon, ils tiennent
le bon bout, ils vont sortir de leur torpeur et puis non, on en
sort frustrer, ils nous font miroiter une musique qui pourrait
s'annoncer grandiose mais tout reste étriqué et
minimaliste dans leur noirceur comme un manque d'ambition et d'ampleur
dans les compos. Ca tourne à vide, répétitif
et au final il se passe pas grand chose. Enigmatique Switchblade
qui ne donne pas la clef pour entrer dans leur monde tout sombre
qui sonne creux à l'intérieur. Des atouts séduisants
mais un album qui s'avère ennuyeux.
SKX (19/03/04)
website
groupe www.trustnoonerecordings.com
website
label www.trustnoonerecordings.com/switchblade
sounds
www.trustnoonerecordings.com/mp3/Switch_02.mp3
|
Superstatic
Revolution / Pupille
Split CD
Basement Apes Ind. 2006
Split album à l'horizon seulement séparé
par la ligne blanche des Pyrénées. D'un coté
les sudistes de Superstatic Revolution. De l'autre, les Espagnols
de Pupille. Dans l'ordre du CD, les Français attaquent
avec cinq morceaux. Ce n'est toujours pas la révolution.
Superstatic Revolution glisse sur la cendrée bétonnée
de leur album Goodbye Mr Wanton. Du profondément écorché,
que ce soit virulent (le convaincant morceau d'ouverture Sermons
part. 1) au mélancolique titre d'achèvement
Sermons part. 2 ! Entre les deux, toujours ce hardcore
noisy et métallisé (pas comme la voiture) que
le groupe maîtrise de plus en plus à défaut
de transcender le genre.
Pour Pupille, c'est histoire sans parole. Là aussi, l'humeur
n'est pas à la franche gaîté mais il la
décline sur le mode tout instrumental. Une musique qu'on
pourrait vite cataloguer de post-rock. Et vous auriez raison.
Sauf que leur post-rock à eux ne titille pas les plates-bandes
des récurrents Godspeed you Black Emperor. Leur fond
de commerce puise ses racines dans quelquechose de plus rock
et emo, comme ces samples et cris déchirés sur
Quiero que me, sans jouer sur les habituels clichés montées/descentes
bruyantes. Pupille tente d'instaurer une pression constante
dans sa retenue. Ca ne les empêche pas de jouer les contemplatifs
sur Tu primer tac et se bercer de tonalités aériennes.
Quatre compositions aux fines subtilités, à l'écriture
soignée, qui tente de trouver sa propre voix dans un
post-rock encombré jusqu'à la glotte mais qui
ne m'émeut pas plus que ça. Dur de casser la baraque
avec ce genre de musique. Deux groupes qui connaissent bien
leur partition, exécuter avec maîtrise et savoir-faire
pour un split album trop sage et sans surprise.
SKX
(20/11/2006)
website groupe www.superstaticrevolution.com
| www.slowcoloured/pupille
website label www.basementapesind.com
sounds pupille_unbalon.mp3
| SR_Sermons.mp3
|
|
Science
of Yabra
Don't panic - CD
Frenetic 2004
Loin de nous l'idée de paniquer! A la seule écoute
des premières mesures de ce deuxième album de
Science of Yabra, on sait où on a mis les pieds et on
peut siffloter serein. C'est du punk-rock dans la grande lignée
historique, celle des Drive Like Jehu qui vous remonte directement
au cerveau. Une version rustique et bien moins inspirée
certes mais la source est la même. A cet abreuvoir, se
sont branchés également des soiffards du genre
de Yaphet Kotto (dont un ex-membre joue dans Science of Yabra,
trop facile) et autres passionnaras du hardcore émotionnel
et vous obtenez là une mixture tout à fait honnête.
Huit morceaux percutants, pour les sprints tranchants, le sourire
jusqu'aux oreilles, la voix chaude et grêlée, des
petits brûlots à l'énergie renversante dont
les mélodies de certains nous font relever le sourcil.
De plaisir s'entend. La moyenne est atteinte. Le positif, c'est
que ce "don't panic" est bien meilleur que leur premier
brouet "check the sound" (où il n'y a justement
pas grand chose à checker) et que ce groupe semble donc
sur la bonne voie. Mais la voie est longue et il faudra encore
redoubler d'efforts pour sortir des sentiers (re)battus.
SKX
(22/02/2005)
website
groupe www.scienceofyabra.com
website
label www.freneticrecords.com
sounds
saint.mp3
|
Seven
Feet Four
Departure/Arrival - CD
Coalition 2004
Découvert
sur un split single partagé avec les Rennais de The Flying
Worker, la Suède frappe encore une fois à notre
porte avec Seven Feet Four. Ce pays n'a décidément
pas son pareil pour s'inspirer du meilleur de l'Amérique
(si si ça existe !) et de jeter en pâture des compos
qui vous collent à la peau. Ce premier album renvoie
direct aux influents At The Drive In avec un retour de balle
vers Fugazi. 7Feet4 ne se présente pas sale et méchant.
Ca mise sec sur la mélodie et rien n'est fait pour ne
pas la mettre en valeur. Et comme ils savent vous torcher ça
de première, ça vous donne une ribambelle d'hymnes
à reprendre en cur, à se trémousser
sans arrière pensée sans s'empêcher de chialer
tout seul dans son coin avec un " I will die alone "
tout en rage contenue. Alors que leurs voisins norvégiens
de JR Ewing explorent la face rock, 7Feet4 rament dans le même
sens. L'approche est plus pop mais la classe, elle aussi, ils
l'ont. Un bon départ dans la vie.
SKX
(08/01/2005)
website
groupe www.sevenfeetfour.com
website
label www.coalition-records.com
sounds
Auto_Emotion.mp3
|
The
Shipping News
Flies the fields - CD
Quarterstick 2005
La
bande des ex-Rodan-June of 44-Rachel's de retour dans la fosse.
On ne se débarrasse pas du passé facilement. L'étiquette
colle à la peau. En plus, le chef de file Slint a décidé
de se reformer (plus ou moins), on a donc pas fini de parler
du passé
Shipping News s'est toujours inscrit dans
cette mouvance musicale. Ce nouvel album aura du mal à
nous faire changer d'avis. " Flies the fields " nous
renvoie aux grandes heures d'un rock-noise dépressif,
à la lenteur consommée. Les années 90,
c'est pas si loin et Shipping News a les deux pieds enracinés
dans le genre malgré les artères qui vieillissent.
Toujours mené par Jeff Mueller et Jason Noble, The Shipping
News promène son blues. Une mélancolie bon teint.
Aucun signe de souffrance extérieure. Mais le spleen
est là, cette douce mélancolie qui s'empare de
vous sans raison apparente. Avec ce quatrième album,
The Shipping News n'oublie pas de rocker. " Axons and dendrites
", " Morays or demon " mettent la pression, tout
comme un " The Human face " revendicatif. Et ce sont
dans ces cas là que Shipping News se fait tout particulièrement
apprécier, quand ils habillent leur humeur chagrine d'une
sourde tension. Qu'ils nous prennent par les tripes et appuient
où ça fait mal. C'est toujours fait avec classe
mais ce petit truc qui picote fait du bien. Pour le reste, là
encore, ça respire la classe. On n'a pas fait parti de
June of 44 et Rachel's pour rien ! Ce petit brin de voix féminin
en chur sur " untilted W/ Drums " est bien émoustillant.
Cette basse ronde et prenante sur le long morceau de clôture,
ses larsens criants dans le lointain, cette voix triste mais
ferme qui nous invite à la prudence. Au plus profond
de sa grisaille, Shipping News a su garder un résidu
de colère, cette arme secrète que distillait à
merveille Slint et qui n'explosait jamais vraiment. Shipping
News se font les garants de la maison, avec sobriété,
dépouillement et une efficacité qu'on ne leur
connaissait pas. Les clefs sont bien gardées, on sait
où on met les pieds mais il n'existe aucune raison de
ne pas y faire un tour.
SKX
(12/04/2005)
website
label www.touchandgorecords.com
sounds
www.touchandgorecords.com/songs_videos/index.php
|
Shoplifting
Self-titled - CDEP
Kill Rock Stars 2004
Avec
trois ex-Chromatics, on retrouve ce même attrait pour
le rock/wave du début des années 80 mais en version
plus humaine et noisy. A la manière de Erase Errata,
Shoplifting nous sert un rock au rythme malsain, la guitare
hirsute et sans enjolivement. Le son brut et étriqué
ne manque ni de force ni d'aplomb. Produit par Justin Trosper,
le batteur des ex-Unwound, on y retrouve un lointain patronage
avec Sonic Youth, dans le duel des voix homme/femme peut-être
et le morceau " Ask " où le couple d'un instant
se demande " wha'ts between my legs ? ". Des ambiances
urbaines où l'intensité se contente de peu, faire
sec et dépouillé, l'écho des dissonances,
le minimalisme de l'habillage sonore. Après un premier
single, Shoplifting s'affirme avec quatre titres désarticulés,
pantin maudit qui dans un sourire torve peut envisager le futur
de belle manière.
SKX
(29/01/2005)
website
label www.killrockstars.com
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Shora
Malva - CD
Conspiracy 2005
Dès
que j'ai vu le temps des plages s'afficher, j'ai senti que le
Shora comme on le connaissait était devenu de l'histoire
ancienne. Quatre titres seulement pour trente-trois minutes
de musique. Fini la version uppercut de leur hardcore bouillonnant
et incisif. Shora jouait les suiveurs, dans le sillage des Isis,
Cult of Luna, Godspeed you Black Emperor. Ca annonçait
une chronique chaude pour leurs fesses. Mais qu'ont-ils tous
ces groupes à manquer autant de personnalité et
prendre le train en marche dès que celui-ci file vers
le " succès " ?! Quelques écoutes plus
tard, je me suis surpris à apprécier ce disque
Car si Shora change carrément son fusil d'épaule,
c'est pour tirer dans une direction qui lui est propre. Avec
ses propres armes, ce groupe suisse construit des climats qui
sentent bon les années 70, s'inscrivant dans un courant
proche de Guapo mais avec une agressivité et une intensité
tirées de leur expérience hardcore qui évitent
les poncifs du genre. A croire que dans la liste des groupe
suscités, il restait une place à prendre ! On
n'échappe pas aux nappes du piano/synthé qui me
font serrer le sphincter, notamment sur le dernier morceau Klarheit,
avec une voix féminine angélique qui débarque
dans ce monde totalement instrumental. Mais tout ça reste
du domaine du détail. Shora réussit le tour de
force de créer une musique aérienne sans jamais
être grandiloquente. Une touche d'un fond de Neurosis
dans cette mélancolie rampante. Utiliser des éléments
et des ambiances issus d'un sérail qui a tout pour me
crisper et de sonner juste. Elaborer des montées point
éreintantes, de maintenir en haleine sous une pression
constante, tout en retenu, qui pourrait laisser croire à
des débordements mais les Genevois n'en ont cure. Quatre
compositions qui ont de la finesse et de la musicalité.
La musique progressive revient au galop ces derniers temps et
c'est pas trop pour me plaire ce genre de conneries mais Shora
assume complètement ce changement de cap radical et gère
ses influences embarrassantes au mieux en les ancrant résolument
dans le présent.
SKX
(16/12/2005)
website
label www.conspiracyrecords.com
sounds
parhelion.mp3
|
Deerhoof
/ Sicbay
Split 7''
Modern Radio / Sawtooth 2004
Deux
groupes qui ont l'habitude d'écumer les scènes
américaines ensemble. Deux groupes dont les membres se
connaissent bien avec John Dietrich en dénominateur commun.
Si il gratouille désormais pour Deerhoof, il a aussi
sévèrement allumé les tympans avec Colossamite,
l'ex-groupe de Nick Sakes, qui mène sa barque aujourd'hui
avec Sicbay. Vous me suivez? Deux groupes à l'essence
pop-rock pour un traitement différent. Deerhoof sur la
face expérimentale. Sicbay sur le versant rock. Quoique
avec cet inédit " The rise of phantom white ",
Sicbay est intégralement pop. Un titre tiré de
leur session " Overreaction time " avec pour une fois
l'autre gratteux, Dave Erb au chant. Ce n'est pas une nouvelle
direction, juste l'heure de la récré et c'est
printanier tout plein! Deerhoof s'amuse également avec
deux titres. Ca commence très doucement, les vocalises
de Satomi pour nous piquer les fesses avant de dérouler
peinard, sans forcer leur talent avec ce produit de série.
Les choses sérieuses arrivent plus tard avec un nouvel
album de Sicbay prévu courant de cette nouvelle année.
SKX
(02/01/2005)
website
groupe www.sicbay.com
| www.deerhoof.killrockstars.com
website
label www.modern-radio.com
|
Sightings
Arrived in gold - CD
Load 2004
Chez
Load records, on aime rien de tout ce qui brosse dans le sens
du poil. Derrière le fer de lance du label Lightning
Bolt se cache une pléthore de furieux allumés
du bruit. Notre duo favori ferait presque figure d'enfants de
chur comparé au reste de l'écurie, c'est
dire ! Sightings signe déjà son troisième
album et ce n'est pas en pratiquant ce style de douceur auditive
qu'on va leur ouvrir grand les portes du bonheur. Ce trio New-Yorkais
navigue aux frontières des musiques électroniques
et rock, faisant valser les drones et les robots sur des rythmes
de transes. Poulie grinçante sur laquelle se greffe la
mélodie pas dégueulasse de ce qui semble être
une basse (" Sugar sediment "). Ambiance futuriste
et dead zone peuplée de visages hagards (" The last
seed "). Machinerie dantesque d'un vieux raffiot pour un
aller-simple. Approche minimaliste et industrielle, voir techno
dur de la feuille qui aime la face noise et sans concession
(le très long " arrived in gold, arrived in smoke
"). En concert, ça vous scotche au bar et pelle
le nerf. Sur disque, l'effet hypnotique des boucles et l'agencement
des stridences travaillent au corps et si on est tous d'accord
pour ne pas écouter ça tous les jours, "
Arrived in Gold " arrive à se faire une place et
susciter plus qu'une curiosité malsaine. Encore loin
de la plus haute marche du podium mais vu les chemins de traverses
empruntées, Sightings ne prétend pas au plus grand
nombre.
SKX
(07/03/2005)
website
label www.loadrecords.com
sounds
dudes.mp3
|
Thee
Silver Mount Zion Memorial Orchestra
Horses in the sky - CD
Constellation 2005
Avec
chaque nouvelle sortie du collectif canadien Silver Mt Zion,
c'est l'occasion de calmer le jeu. L'assurance de se retirer
sur les bords de rive. Un calme flux à votre rencontre.
Recueillement et messe basse. Et l'odeur de la terre en plus.
Ambiance feu de camp. Et pour cause, certaines de ses chansons
ont été enregistrées à un feu de
camp près d'une rivière ! Bras dessus, bras dessous,
le chant se passe en chur et prend une place importante
sur ce cinquième enregistrement. Les choristes canadiens
se réchauffent comme ils peuvent. D'une voix pas toujours
juste. Naturel jusqu'au bout. Même dans ses charmants
défauts. L'accompagnement se fait dans le dépouillement.
Violons et guitares discrètes. Jamais de quoi effrayer
les oiseaux. Cet album n'offre pas les habituelles montées/descentes
propres à ces musiciens issus de Godspeed You Black Emperor.
Le ton est à l'apaisement général. Acoustique
dominant, on s'attend à voir surgir à tout moment
le preux chevalier secourir sa damoiselle emprisonnée.
Sauf que pour la réveiller, il faudra un peu plus des
rares incartades électriques ici présentes. La
nuit flotte et " Horses in The Sky " nous enfonce
dans le sommeil. Les scouts se ramassent à la pelle et
ce groupe habituellement captivant est surtout ici ennuyant.
Musique pour bobos.
SKX
(06/03/2005)
website
label www.cstrecords.com
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Sincabesa
Self-titled - CD
Soundklass / Nature Humaine 2005
Bordeaux,
encore une fois, nous sort un groupe digne d'intérêt.
La musique du trio Sincabesa glisse à l'oreille, vous
l'enveloppe tout en fluidité et en finesse. Dans la famille
post-rock, c'est la branche nerveuse, celle qui a su éviter
la torpeur d'un style musical qui s'y complait trop souvent,
gardant un dynamisme et une vivacité permettant de rester
sur de bons rails jusqu'au bout des dix titres (ou presque).
Majoritairement instrumental, Sincabesa a étoffé
sa palette basique guitare-basse-batterie avec des arrangements
aux claviers et melodica, une trompette sur Je ne sais plus
faire les divisions et un chant intense sur tout-terrain.
On peut regretter que ce chant ne soit pas plus présent
dans la musique de Sincabesa tant il apporte de la force et
fait sortir le groupe de ses gongs. Car si le groupe possède
un certain allant avec une rythmique souple et solide, ça
reste propre sur soi, plus joliment fait que réellement
enthousiasmant. Sincabesa connaît les gammes. De Ui à
Minor Forest en passant par le troisième album des lillois
de Milgram, leur musique n'a rien à rougir des comparaisons.
Mais c'est aussi parfois trop tendre, lorgnant vers un electronica
un peu fade ou popisant, comme le long morceau de clôture
gaucha ! gaucha ! très gentillet avec des churs
qui me font fuir. Le groupe essaye en tout cas de donner du
vernis à un style qui a maintes fois fait ses preuves,
de le sortir de la redite en explorant plusieurs pistes à
la fois et Sincabesa semble tenir le bon bout !
SKX
(18/07/2005)
website groupe www.sincabesa.com
|
Sleeping
People
s/t - CD
Temporary Residence 2005
Une
sacré dégringolade, avec un flux par en dessous,
du loin, du profond, du rock et du complexe. Avec des membres
passés ou actuels de Tarentel, Pinback ou Rumah Sakit,
on aurait pu s'attendre à du calme et du mélancolique
mais c'est le dernier groupe cité qui porte la culotte.
Rumah Sakit, qui eux-mêmes doivent à Oxes, Don
Caballero, la lignée est connue. Nombre de groupes, toutes
nationalités confondues, en dépendent, de ce rock-noise
mathématique et virevoltant. Si vous n'avez toujours
rien de neuf sous le soleil, ce disque est là pour vous
rassurer et faire briller votre morne quotidien en attendant
l'étincelle. Car c'est du haut vol, du vertigineux, des
rythmes et lignes de guitares qui se croisent et tissent un
canevas jamais prise de tête. Du grand travail d'orfèvres
qui sont capable de rendre invisible à l'oreille nue
les heures de travail et confection minutieuse nécessaire
à un album qui n'oublie jamais de rocker. Un classique,
comme ça, mine de rien.
SKX
(08/12/2005)
website
groupe
www.sleepingpeople.com
website
label www.temporaryresidence.com
sounds
bluefly.mp3
| sound.htm
|
Smoke
and Smoke
Love Suffers long - CD
Frenchkiss 2004
Quel
plaisir de retrouver les deux inséparables de Godheadsilo
dans ce nouveau projet! Un ancien duo de Kill Rock Stars records
et Sub Pop sur la fin qui a donné ses lettres de noblesse
aux doublettes dans les années 90. Un problème
de tendon sectionné pour le batteur a mis fin au groupe
mais il a désormais retrouvé son bras gauche et
plutôt bien à l'écoute de sa frappe qui
n'a rien perdu de sa puissance ! Agrémenté du
chanteur de Murder City Devils, Smoke and Smoke garde la force
motrice de Godheadsilo, cette dualité basse-batterie
qui fait dans la gravité, une brutalité lo-fi,
un noir minimalisme. Avec Smoke and Smoke et ce chanteur inquiétant,
ils repartent sur un son à part, un effet retors sur
la basse, cette vibration, ce tremblement des murs. Une lourdeur
qui à l'époque leur valait déjà
des comparaisons avec les Melvins sauf que Smoke and Smoke n'aime
pas le hard-rock. Leur approche est directe avec un brin de
perversité, du rock du costaud mais toujours prêt
à prendre la tangente dès que le vent souffle
trop dans le sens des poils, le power-trio bancal, exit la guitare
mais power quand même. L'âge n'a pas attendri leur
goût pour le saignant. Chez Smoke and Smoke, il n'y a
pas de fumée sans feu, tout est bien ancré dans
la réalité, ce bruit de fer qui bataille dans
le jus. Smoke and Smoke donne l'impression de sortir de sa cave,
l'odeur est humide et rance, mais maintenant qu'ils ont vu le
jour, méfiez vous, ils risquent d'étendre leur
territoire lubrique.
SKX
(20/06/2005)
website
groupe www.smokeandsmokepracticespot.com
www.godheadsilo.com
website
label www.frenchkissrecords.com
sounds
smokeAndSmoke.html
|
The
Starvations
Gravity's a bitch - CD
GSL 2005
The
Starvations continuent sa chevauchée fantastique. Héritage
Gun Club toujours. Sauf que les Starvies (pour les intimes)
ne courent plus après les mêmes démons que
Jeffrey. L'accordéon en bandoulière, la troupe
de Los Angeles met de l'entrain et de l'allégresse dans
son blues et si tout ça ressemble à une fuite
en avant, ces 11 titres donnent envie de dévaler les
canyons à bride abattue. Leur musique me donne envie
de faire du cheval, de boire du whisky (plus facile), de siffler
tout ce qui passe et de valser toute la nuit. The rising
horizon qui ouvre le bal est une pure attaque de diligence
qui puise ses racines dans le punk. Des moments de panique,
des moments où le chanteur s'épanche au dessus
de son verre, sentimental (Purgatory), poignant et puis
rien à foutre en fait, après moi le déluge,
jusqu' à un p'tit air hispanisant, le temps d'un Empty
piano, vous m'accorderez bien cette danse mademoiselle.
Tout ça ficelé au cordeau, au plus sec, délire
alcoolique, les Starvies sont en chaleur, moite et incandescent,
25 minutes d'une bouffée qui filent plus d'oxygène
qu'un voyage dans les grandes plaines en plein pays catho. The
Starvations, c'est les Pogues et les Bad Seeds en pleine traversée
du désert, celle qui donne soif et The Starvations vous
donne votre pleine rasade de contentement.
SKX
(08/11/2005)
website label www.goldstandardlabs.com
sounds quarterofmyeye.mp3
|
Strikeforce
Diablo
The albatross and the architect - CD
No Idea 2004
Le
coup du groupe qui fait mine de splitter et qui finalement en
remet une couche. Trois années de veille. Des tonnes
de projets (Argentina, Asshole Parade, Gus, True North, etc
!) et le punk-rock qui continue à les titiller. Et mine
de rien, après moultes bouts de disques, cet albatros
et l'architecte est leur premier album en 7 ans d'existence
(pause comprise !). On retrouve toute la force et leur élan
de générosité, ce punk-rock rageur au grand
cur que le trio de Gainesville la fameuse (Floride) applique
avec savoir-faire. Les habitués de No Idea auront une
idée bien précise du son de Strikeforce Diablo.
Entre Trapdoor Fucking Exit, Planes Mistaken For Stars et un
bout de Twelve Hour Turn, il reste de la place. Une basse rondement
menée, une batterie naviguant entre un mid-tempo contrôlé
et des effets de baguettes dévastateurs sur les toms
basses. L'assise est sûre. Pour faire chavirer les sens,
un guitariste qui ne lésine pas sur les accroches, des
voix qui se complètent à merveille. Strikeforce
Diablo, c'est une main de fer dans un gant de velours. Les premières
écoutes sont mitigées. Les compos semblent un
peu trop passe-partout pour qu'elles nous percutent vraiment.
Mais le travail de sape paye toujours. Le diamant est brut et
il faut voir sous la rudesse de l'ensemble quelques brillants
illuminant un disque à ne pas sous-estimer de prime abord.
Dans la grande tradition de No Idea. Le punk-rock a de beaux
restes.
SKX
(26/03/2005)
website
groupe /strikeforcediablo.html
website
label www.noidearecords.com
sounds
SharpTongue.mp3
|
|
Submission
Hold
What holds back the elephant - CD
Welcoming Committee / Stonehenge 2004
"It"s
a mad mad world" se désespérait Nick Cave.
"And you are a wild girl". Jen la chanteuse et sa
troupe de troubadours punks donne suite pour notre plus grand
bonheur au précédent album "Sackcloth and
Ashes". Originaire du Canada (Vancouver), ce groupe qui
a subit de multiples changements et qui, de part ses nombreux
voyages, expériences personnelles et inspiration, font
penser à The Ex, remette leur titre du "groupe hardcore
le plus original" en jeu. Le militantisme chevillé
au corps, c'est l'esprit punk par essence qui mène leur
ligne de conduite. Paroles engagées contre la guerre.
Contre toutes les guerres, pas seulement celle de leur voisin
américain qui a tout de même une place de choix
sur le podium. Mais le rendu musical est tout autre. Loin du
cliché hardcore, Submission Hold a développé
depuis son dernier album un langage musicale où folk,
improvisation, punk-rock et jazzy du bec se côtoient.Pas
chacun son tour mais tous ensemble. Une alchimie secrète.
La fluidité du mouvement au sein d'une périlleuse
entreprise. Des épisodes chaotiques font face à
de réels moments de poésie. Des attaques frontales
en sons clairs. Une rythmique qui tricote, qui s'amuse sur "Dirt"
à s'émoustiller jazzy, à s'enchevêtrer,
halte à la violence, tout est dans le demi-mesure. Les
Canadiens ralentissent la cadence mais pas l'intensité.
Et l'envoûtement du chant. Quasi-religieux par endroits,
clairement énoncé. Même dans l'énervement,
il garde comme une aura sacré. L'ombre de Marion Coutts,
la chanteuse des défunts Dog Faced Hermans (1986-1994)
plane, bienveillante, et ce n'est pas que le chant qui nous
rappelle les Ecossais. Toute la musique de Submission Hold respire
la même légèreté et rigueur, cet
affranchissement des genres, ce souffle punk-rock qui s'émancipe
de ses racines pour flirter avec la lune. Sombre et réaliste
la lune mais l'espoir est au bout et Submission Hold nous éclaircit
le quotidien avec cet album original qui se bonifie au fil des
écoutes.
SKX
(03/02/2005)
website
groupe www.submissionhold.org
website
label www.g7welcomingcommittee.com
sounds
finalcoup.mp3
| woodenhead.mp3
|
Swarm
of the Lotus
Picture 7''
Reptilian 2004
Un
joli brin de fille ficelée à la mode maso. Une
image qui sied à merveille à Swarm of the Lotus.
Un picture disc où souffrance et plaisir vont de paire.
" Torrential " ouvre les hostilités sur un
torrent de batterie et un long cri qui déchire les âges.
Ca va mieux en le disant. Incisif tout comme le second morceau
" Ichabod ". Leur metalcore ne s'embarrasse pas de
fioritures. C'est du brut, du sauvage, de l'intense. "
Withered am I " en face B les montre plus complexe, sa
mise en abîme et la tension diluée dans un break
de toute beauté, celle qui vous fait regretter d'avoir
céder. Un superbe disque en attendant le second album
" The sirens of silence " pour cet été
qui sera forcément meurtrier.
SKX
(01/05/2005)
website
groupe www.swarmofthelotus.com
website
label www.reptilianrecords.com
sounds
ichabod.mp3
|
Swarm
of the Lotus
The sirens of silence - CD
Abacus 2005
Feu
sifflant. Endure. Swarm of the Lotus se charge de toutes les
fautes. Terrible instant où le groupe de Baltimore décide
de faire encore pire. Ce n'est pas toujours forcément
moi qui parle. Trier dans les matériaux le sain du pourri.
Besogne d'élimination. Encore plus. Plus de tout. Ordonnance
fastueuse. D'une viscérale noirceur d'un When white
becomes black, SOTL décide d'attaquer la face noire,
d'élargir la fosse commune pour y déverser leurs
contaminations. Toujours édifier. Plus de violence, de
bouillonnement, d'énergie créatrice, accroître
le champ de vision. Le metal, ils y arrivent, mais bien plus
que cela. Ils sont plusieurs dans leur tête. Une uvre
dense à laquelle il faut une attention masochiste. De
la bête primaire du premier album accouche une bête
encore plus dangereuse car imprévisible, offrant de multiples
visages derrière une cohérence jamais prise en
défaut. C'est apocalyptique tout en ménageant
ses effets, inventif, création d'un territoire personnel
à partir de plein de bouts d'extrémités
(pêle-mêle : Converge, Unsane, Playing Enemy, Dazzling
Killmen, Neurosis). Swarm of the Lotus a su engendrer un disque
contrasté de rythmes, de chants, de riffs changeants,
mû par une force intérieure rendant fluide toutes
ces interactions, un labyrinthe moite et menaçant qui
vous mène comme bon lui semble, vulgaire bestiole que
vous êtes, bonne à prendre des baignes sans rechigner.
Ce disque s'impose par le seul poids de son mystère.
50 minutes terribles.
SKX
(22/10/2005)
website groupe www.swarmofthelotus.com
website label www.abacusrecordings.com
sounds hookworm.mp3
|
Sweetheart
Art is dead is dead - CD
The Perpetual Motion Machine 2005
Combustion
spontanée. Quelques riffs inspirés à l'ouverture
suffisent à nous enflammer. Duel de guitares mordant,
l'émotion à fleur de peau, une mélodie
qui suinte sans facilité, des vocaux écorchés.
Mais ne serait-ce pas un groupe screamo de plus?! Mais si pardi
! Il n'est pas mort, pas mort. Et celui si est finement amené.
Hurleur et chaotique, point trop. Du punk-rock qui fait dans
le discernement. La version américaine de Yage, assez
léger et volatile. Un premier jet qui reprend leur single,
quatre inédits et une pléthore de vidéos
live basique. Il est clair que tout ça n'amène
aucune eau nouvelle au moulin. Ca ne brasse pas dans le vent
pour autant et Sweetheart peut poursuivre ses chimères
l'esprit serein.
SKX
(07/03/2005)
website
groupewww.sweetheartattacks.com
website
label www.theperpetualmotionmachine.com
sounds
loud.mp3
| arms.mp3
| fast.mp3
|
|
Seawhores
Forest - CD
Essay 2006
Seawhores est cet énigmatique duo de Minneapolis qui
après de nombreux maxis et splits dont le dernier avec
Vaz sort enfin un album. Une entité (Cody Weigel et Adam
Marx) qui aime s'entourer de mystère et de collaborateurs.
Et pour ce Forest, des invités de luxe puisque Dale Crover
(Melvins) et Brian Chippendale (Lightning Bolt) offre leurs
services, chacun sur un morceau et pour sévir sur les
scènes, Freddy Votel (ex-Cows) accompagne le duo infernal
aux percussions. Mais ce qu'il ya de bien avec ce disque, ce
n'est pas ce pedigree alléchant dont en fait on en a
rien à foutre mais son caractère complètement
imprévisible. Six morceaux mais pas un qui se ressemble.
Vous ne savez jamais à quoi vous attendre d'un titre
à l'autre. En gros, c'est du rock, c'est orgasmique,
ça fout pas mal de bordel mais ils arrivent à
créer des ambiances très différentes à
chaque fois. Ils arrivent même à me faire aimer
le flûte de pan, c'est dire, sur le début de May
your hands wither avec comme une cithare derrière
avant qu'un gros riff de basse tout distordu ne plombe l'ambiance
et que les sept minutes suivantes soient une douce montée
en enfer. Et que dire du Village curse suivant ! Onze
minutes avec une voix travaillée par les fers du condamné
pendant lequel un pauvre hère crie sa douleur à
moins que ce soit les crissements de pneus d'un camion bien
balèze. Et le pire, c'est que c'est bon. Une façon
unique de mélanger des trucs méga cheap et huitième
degré (le sample du chant hard-rock FM sur College
Walls avec une musique bien lourdingue et noise derrière),
de jouer aux apprentis sorciers en toute impunité, genre
du Ftus mais bien brutal et sérieusement décalé.
Un disque sans étiquette, à votre bon cur.
Voilà, cette musique est assez incompréhensible
mais j'adore ce truc ! Vous seriez bien aviser de jeter une
oreille (et bien attentive l'oreille) sur ce Forest qui n'a
pas fini de dévoiler tous ces obscurs charmes.
SKX
(18/08/2006)
website label essayrecords.com
sounds ChiChi.mp3
|
Shokei
- Kids Explode
Split LP
Narshardaa|Altin village
Grec complet 2006 |
Split
5'' with Petethepiratesquid
Grec complet / Warsaw 2004 |
'02
Jailbreak - 7''
Grec complet 2003 |
Un
tour en Allemagne, un de plus, pour découvrir un nouveau
groupe répondant au nom de Shokei. Leur histoire débute
en 2003 avec leur première trace vinylique, un single
cinq titres '02 Jailbreak. C'est du bon vieux hardcore/emo
comme on en vit plein dans les années 90 et qui subsiste
contre vents et marées. Et comme leur source principale
s'appelle Shotmaker, on va pas trop se plaindre car l'ex-trio
canadien a fait toute une ribambelle de rejetons et ce trio
allemand nouveau venu n'est pas le plus moche. Cinq bonnes giclées
teintées d'éclats noise et de mélodies
viriles. La barque est mise à l'eau avec succès.
C'est dans le format ingrat du 5'' qu'ils reviennent en 2004.
Le format prise de tête pour amener le bras de la platine
sur le bon sillon. Le disque qu'on écoutera une fois
par an, le jour où on aimera se poser un défi.
Deux morceaux d'un peu plus d'une minute, faut faire vite et
à ce rythme là, c'est frustrant, difficile d'aller
au bout de son idée, le bras tendu est déjà
revenu. Un split 5'' avec un autre groupe allemand, Petethepiratesquid,
déjà entendu sur le volume 2 de la série
Four way split du label Impure musik. Un morceau toujours
tendance Submission Hold, anarcho-punk avec des chiens qui savent
se tenir. Mais le son est définitivement trop plat et
le format bâtard pour que ce split marque les esprits.
C'est avec un autre split que Shokei revient en 2006. Cette
fois, c'est du long format et le groupe a passé la vitesse
supérieure. Six compos où la rythmique éclate
comme leur talent mélodique. L'influence Shotmaker est
plus que jamais de rigueur. Le son vous en met plein la bouche.
Chaque morceau navigue autour des deux minutes, c'est pour mieux
marquer votre esprit mon enfant et si Shokei n'a rien d'original,
il a l'art de vous dynamiter le quart d'heure et de vous filer
la banane. Autre face, l'Allemagne, über alles, avec Kids
Explode, la ville de Freiburg, presque la frontière.
La frontière musicale est proche également. Shotmaker
dans les parages, alles über, avec quelquechose de plus
joyeux et groovant. Avec un brin de sarcasme, on pourrait même
dire que tout ça est plus fashion, tendance branché
jeune et punk à la mode. La frontière est parfois
bien mince, un rien ne vous fait basculer dans un camp ou l'autre.
Kids explode, c'est pour les kids et leurs copines surtout.
Mais tout ça, ce n'est rien que des sarcasmes de vieux
con. Encore une histoire de frontière. Un split qui le
fait bien.
SKX
(18/12/2006)
website
groupe www.shokei.de|myspace.com/kidsexplodeeurope|
www.petethepiratesquid.de
website label www.narshardaa.com
| www.altinvillage.de
| www.warsawrecords.tk
sounds Shokei-HeelsAndCleets.mp3
| KidsExplode-HolyGrail.mp3
Shokei-1-Koro.mp3
| Shokei-4-Hauptfeuerwehrmann.mp3|shokei-hottopic.mp3 |
|
Sicbay
Suspicious Icons - CD
54° 40' or Fight 2005
Sicbay
touche au nirvana. A la recherche de la chanson punk-rock parfaite.
Voir la chanson pop-rock parfaite tant ce troisième album
est gorgé de mélodies qui ne se cachent pas. Quand
on repense aux débuts de Nick Sakes au sein de Dazzling
Killmen et Colossamite, on se dit que bien des fleuves ont coulé
sous les viaducs ! Sicbay va au bout de son idée et délivre
dix morceaux on ne peut plus basique dans la forme. Le couplet,
le refrain, le couplet, éventuellement un petit pont
musical avec toute l'énergie domptée par les âges.
Sicbay ne cherche pas à compliquer. Il faut se pincer
pour écouter le guitariste Dave Erb pousser la chansonnette
tout gentil sur The Rise of phantom White
Heureusement,
Sakes reprend les cordes vocales sur le reste de l'album, y
insufflant sa rage et intensité habituelles pour donner
une virilité globale à un album court, vif, pétillant.
En un mot efficace mais qui aura quand même du mal sur
la durée à contenter le fan de base qui suit le
parcours de Nick Sakes (désolé pour les deux autres)
et retrouver dans cette uvre tout l'attrait et la profondeur
de ces précédents disques. Sans doute faut-il
prendre ce disque pour ce qu'il est. Un putain de bon disque
pop-rock. Point barre. Et tenter de partager le plaisir simple
de compositions écrites avec l'amour et la conscience
du travail bien fait de trois artisans qui en ont vu d'autres
et qui aspirent sobrement et naïvement à revenir
à l'essence même du rock. Sicbay en a toujours
rien à foutre des modes, des looks et autres futilités
(il suffit de regarder la photo du groupe sur la page d'accueil
de leur site
glamour comme un catalogue Damart). Ils font
leur truc en père peinard dans leur coin. Ce n'est pas
assez pour faire de grands albums mais suffisant pour être
définitivement touchant et c'est pour ça que je
les aime autant. Ya pas que la musique dans la vie !
SKX
(20/02/06)
website groupe www.sicbay.com
website label www.fiftyfourfortyorfight.com
sounds www.myspace.com/sicbay
|
Sinaloa
Footprints on flootboards - CD
Waking records 2005
Sinaloa
est un trio du Massachusetts (toujours aussi dur à dire
qu'à écrire) qui tire son originalité d'un
manque. Une absence de bassiste qui donne aux structures et
au ventre des compositions de Sinaloa une résonance particulière.
Parce que pour ce qui est des racines musicales, c'est tout
droit tiré du hardcore de Rites of Spring, Native Nod
pour remontée à la décennie précédente,
400 Years et A day in Black and White pour les contemporains.
Les deux guitares doivent alors feinter pour combler les vides
même si ils assument totalement. Faire avec. Trouver la
faille pour y poser sa petite graine et élaborer de nouvelles
techniques d'approche pour se faire remarquer derrière
les grands frères. Son clair de circonstance. Vif et
généreux dans l'effort d'arpèges consenti
à l'unisson avec une batterie martelante. Chant à
trois. Séparément. En chur. Trombone sur
Regard to structure. Violoncelle sur deux autres morceaux.
Mais on sent bien qu'il manque un truc, que dans ce genre de
musique, le manque de basse est inhabituel. Une fragilité,
l'idée que ça pourrait s'écrouler à
chaque instant. Mais tout ça n'est qu'apparent et Sinaloa
ne manque pas de ressort et de conviction, mettant du cur
à l'ouvrage (dans tous les sens du terme puisque tous
les bénéfices de la vente de cet album seront
reversés à une fondation pour la recherche contre
le cancer). Généreux comme ce second album qui
se fait une place tranquillement, l'air de rien, dans des brèches
entrouvertes. Du boulot de chef.
SKX
(22/03/06)
website label www.wakingrecords.com
sounds 04.mp3
| 10.mp3
|
Le
singe blanc
Strak ! - CD
Keben / Magdalena 2006
C'est bien connu, l'homme descend du singe. Mais ce singe blanc,
je sais pas d'où il vient. Metz me répondrez-vous.
Certes. Mais je veux dire leur musique, ce truc tout en basse
(2) avec la batterie derrière et ce chant inventé
de toutes lettres, à moins que Metz vienne de déménager
sur une autre planète, je vois pas. En même temps,
on discerne bien quelques clés. Celles transmises par
No Means No, Victims Family, Sabot, tous ces groupes fortement
rythmiques, une tradition reprise en France il y a quelques
années par Belly Button. Mais le singe blanc se distingue
de ces primates voisins par ce chant dont l'alphabet n'est pas
fourni avec, un yogourt d'un bulgare si ancien que personne
ne s'en souvient, mélangé avec un krautrock à
la française, du Magma punk-rock qui explose dans tous
les sens, tour à tour concis et qui file mal au crâne.
Car les treize compos de ce deuxième album ont tout pour
vous semer en route (et ¾ d'heure à ce rythme,
c'est long). Purement rythmique, regorgeant de multiples changements
et sautes d'humeur, il n'est pas aisé de s'accrocher
aux branches. Le singe blanc saute de liane en liane avec dextérité
et dérision mais j'ai pas encore mon diplôme de
Tarzan. Ca serait plutôt Georges de la jungle et j'ai
vite fait de me casser la gueule face à ce Strak !
Dommage que leur langage ne soit pas plus compréhensible
par le commun des mortels. Un singe blanc qui plane sur sa canopée.
Ici bas, l'écho de leurs grondements se perd rapidement.
SKX
(03/12/2006)
website groupe www.lesingeblanc.org
website label www.tavarnkeben.com
sounds onktoi.ogg
| goudroun.ogg
| zgwueg.ogg
|
Snöras
Heart of weakness - CD
Anomalie 2006
Snöras,
projet d'un seul homme, Yngve Hilmo. Avec un nom pareil, ça
peut ne venir que du nord. La Norvège accouche encore
d'un groupe au rock chaotique et passionné, lignée
Swing Kids et JR Ewing (le bon coté de JR). Mais des
comme ça, j'en veux tous les jours. Un groupe pas banal
puisque le Yngve en question compose tout et joue de tous les
instruments, sauf de la batterie où c'est Kenneth Lamond
(le batteur des JR Ewing) qui s'y colle. Pour les concerts,
ce sont des membres des stars locales de Kaospilot et Angora
Static qui l'accompagnent. On a donc là réunis
dix compostions tout en énergie euphorisante, en mélodies
fines, un album qui bouillonne, portée à bout
de voix d'un Yngve écorché. Les roulements de
batterie vous fracassent la tête. Les sons la plupart
du temps clairs des deux guitares vous transpercent. Pas de
maniéré ici. Que du tendu, qui vous donne envie
de vous jeter contre les murs d'une vie trop étroite.
Un grand talent de compositeur pour un premier album en tout
point remarquable.
SKX (17/09/2006)
website groupe www.snoras.org
|
Socrates
Vultures, hyenas and coyotes - 7''
Gaffer / Desertion / Modern City / Horror Vacui Theatre / Kontrabande
2006
Je
viens de me prendre six minutes quinze d'une bonne baffe noise.
En toute simplicité. Aussi inattendu que jouissif. Socrates
débarque de Lyon, sont deux, guitare et batterie, font
du bordel comme quatre et lâche les fauves sans arrière
pensée. Le tout distorsion et saturation, bienvenue dans
un monde meilleur, celui issu des années 90 remis au
goût du jour, des Godheadsilo et autres princes du bruit
blanc qui n'avaient pas peur de laisser des traces sur les murs.
Ces trois morceaux ont tout pour eux : le son (puissant, crade
juste ce qu'il faut), les compositions, la force de frappe générée
en un temps punk, cette voix pendue à ses cordes noyée
dans le mix, le tom basse martyrisé et ces riffs biens
sentis, secs et nerveux qui illuminent mon tout. La suite se
dessine à trois. Une chanteuse (Mathilde) vient de se
joindre au duo. Folie supplémentaire. Gardez le cap à
tout prix. Un disque bien dingue, qui sait aller à l'essentiel
sans chercher à polir les angles. Une place spéciale
sur l'étagère aux cotés des grands 45 noise-rock
intemporels.
SKX
(26/07/2006)
website groupe www.socratesband.com
website label www.moderncityrecords.com
| www.gafferrecords.com
| www.desertion-records.com
| www.horrorvacuitheatre.org
| www.kontrabanderecords.com
sounds coyotes.mp3
| myspace.com/socratessocrates
|
|
Saababanks
Saababanks - CD
Wooden man 2005
Comme
chez Perte & Fracas on est pas aux pièces, Saababanks
arrive avec deux ans de retard. Comme leur musique n'est pas
de toute première fraîcheur, on y verra que du
feu. Comprenez que Saababanks est un trio de l'Indiana estampillé
2005 mais leur premier album renvoie direct aux années
90. Jesus Lizard en tête. C'est même confondant
de mimétisme sur certains titres. Prenez To plunder
par exemple. On pourrait croire à une (bonne) chute de
Goat. Et comme la section rythmique n'en a rien à
foutre, ils remettent ça plusieurs fois mais en masquant
le reste. Ce groupe devrait passer immanquablement à
la trappe. Mais dès qu'on me parle de Jesus Lizard, ça
frétille à la maison, je ne peux pas m'empêcher
de jeter une oreille. Et de trouver ça bien. Forcément.
Dur d'être honnête avec soi. Heureusement, Albini
ne se cache pas derrière la console. De Shellac, ils
ne gardent que quelques breaks basse-batterie bien sentis et
un gros son de basse distordu comme on leur apprit sur les bancs
de l'école. Histoire de calmer les douanes, ils ont eu
la bonne inspiration de s'éloigner de l'original, de
fureter vers June of 44, de calmer quelques ardeurs pour prolonger
leurs morceaux vers des territoires plus mélodiques.
Du très bon travail de copieur. Avec de très beaux
arpèges dedans, de belles envolées rythmiques,
des inspirations qui pourraient s'avérer gagnantes si
seulement elles ne possédaient pas ce lourd passé.
Maintenant, ce qu'on aimerait bien, c'est entendre un peu plus
de Saababanks et moins les influences car les bases, ils ont.
Les scrupules, beaucoup moins.
SKX
(15/12/2007)
website groupe http://www.myspace.com/saababanks
website label http://woodenmanrecords.com
|
Sabertooth
Tiger
Extinction is Inevitable - CD
GSL 2006
Quand Chris Burnett et Aaron Farley décident de prendre
le mords, ce n'est pas pour le lâcher en route. Respectivement
bassiste et guitariste tout en se partageant le chant, ce duo
traînant du coté de Los Angeles vient de sortir
un premier album qui n'est pas là pour amuser la galerie.
Aidé par trois batteurs différents pour l'enregistrement
avant d'en embaucher un définitivement (Dave Ferrara,
c'est le nom de l'heureux élu), Sabertooth Tiger verse
sur le coté engagé du punk. Citant Noam Chomsky
(gourou à la mode chez les punks), des liens vers des
sites pour la défense de l'environnement, d'informations
alternatives et les paroles qui vont avec, le groupe ne laisse
pas de répit. Mais c'est surtout sous l'angle musical
que le trio prend à la gorge. Sabertooth Tiger n'a pas
signé pour rien sur GSL. On retrouve le même engagement
à tous les étages que Year Future, le groupe de
Sonny Kay et patron du label. Tout dans la confrontation. Rythmes
agressifs, cymbales régulièrement giflées
et ponctuant les lignes de discordes. Attaques basse-guitare
frôlant le rouge cramoisi, sans cesse virulentes, dégommant
quelques bons riffs au passage. C'est plus de l'amour, c'est
de la rage. Quelques rares moments d'accalmie et de mid-tempo
pour mieux revenir dans la bataille. De la haute énergie
punk rock'n'rollesque dissonante qui arrive à maintenir
la tension tout au long des onze titres. Tous les morceaux ne
sont pas à tomber mais dans cette course effrénée,
ce n'était pas une mince gageure que d'arriver à
maintenir l'intérêt sans s'essouffler avant la
fin. Je ne sais pas si l'extinction de la race humaine est inévitable
mais celle des punks n'est pas encore pour demain.
SKX
(19/03/2007)
website groupe www.sabertoothtiger.net
website label www.goldstandardlabs.com
sounds deathvalley.mp3
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Sabo
8 saisons à l'ombre - CD
Ruminance 2007
Sabo (sans " T ", à ne pas confondre avec Sabot,
ça serait faire injure aux tchèques), nouveau
projet de Armand Gonzalez, ex-Sloy, qui compose presque tout,
produit, enregistre et mixe avec l'aide de Virginie Peitavi,
ex-Sloy également et Rémi Saboul, un ex-Drive
Blind. Voilà pour les données brutes. Parce que
pour ce qui est des émotions que ce disque procure, c'est
le néant total. Entre des espagnolades qui évoquent
un Calexico au plus bas de sa forme, des ambiances qui se voudraient
cinématographiques mais que le pire nanar ne voudrait
pas, une connotation vaguement pop-rock lo-fi mais finalement
très produit, propre sur elle et fade, un solo de guitare
affreux sur 260 jours de vent (Santana, sort de ce corps
!), des compos anecdotiques, un chant et des churs à
coté de la plaque et les paroles ridicules, ce 8 saisons
à l'ombre aurait mieux fait d'y rester. Je voudrais
bien sauver quelque chose de ce disque mais franchement, je
vois pas quoi. Au dos de la pochette, il est noté que
la saison illustre le mythe de l'éternel retour et
symbolise les perpétuels recommencements. Après
l'aventure de Sloy, groupe qui a toujours été
très surestimé (merci les parrains Albini et PJ
Harvey), ce retour n'était pas nécessaire et le
recommencement continue dans le pire. Je me demande comment
Ruminance a pu se fourvoyer là-dedans. Si c'était
pour capitaliser sur le nom des membres du groupe, c'est raté
car là, c'est vraiment mauvais. Quoique, quand je vois
ce groupe déjà à l'affiche de gros festivals
cet été, je me dis que ce milieu est vraiment
pourri. Mieux vaut avoir un service après vente efficace
qu'un produit de qualité. Et que certains programmateurs
sentent le caca. Allez hop, frisbee.
SKX
(19/05/2007)
website groupe www.saboweb.com
website label ruminance.free.fr
sounds www.saboweb.com/page3/page3.html
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Savage
Republic
1938 - CD
Neurot recordings
Ressurgir
de nulle part ou presque après dix huit années
de silence, donner à nouveau des concerts, publier des
disques avec des vrais inédits dedans, c'est à
95% l'assurance d'un gros plan foireux pour nostalgiques en
mal de jeunesse héroïque et hipsters craignant toujours
d'être en retard d'un train, même et surtout lorsque
celui-ci retourne à grande vitesse en direction du passé.
Alors quid de cette reformation (très incomplète,
sans aucun membre d'origine) de Savage Republic ? La seule chose
à faire pour écouter et éventuellement
apprécier 1938 c'est surtout de ne pas faire référence
à ce maître étalon qu'est Jamahiriya
Démocratique Et Populaire De Sauvage (1988, leur
meilleur album et qui le restera sans doute à jamais)
et de n'y jeter aucune oreille au préalable, même
distraitement. Pourtant, c'est exactement ce que j'ai fait ou,
pour être un peu plus précis, écoutant Jamahiriya
assez régulièrement, c'est un disque qui ne m'est
jamais sorti de la tête et que donc je n'ai pas su ni
pu oublier lorsque 1938 a atterri dans la platine.
Du line up de la grande époque il reste donc trois membres
: Ethan Port, Thom Fuhrman et Greg Grunke, sachant que de toutes
façons ces trois là ne figuraient pas dans la
formation d'origine, initialement sous le nom d'Africa Corps.
De quoi brouiller toutes les cartes et de quoi aussi inspirer
les méfiants, râleurs et autres mécontents
(dont en général j'aime faire partie). Mais également
de quoi accepter pour une fois de faire un effort parce que,
allons bon, si ces gens là ont décidé de
reprendre le nom de Savage Republic, de rejouer en concert l'indétrônable
hymne post punk Viva La Rock'n'Roll sans avoir peur d'être
des usurpateurs ni d'avoir l'air définitivement ridicules
c'est peut être bien parce qu'il y a de très bonnes
raisons à cela. Neurot recordings -dont le boss Scott
Kelly est un grand fan de Savage Republic devant l'Eternel-
a décidé de publier ce disque et d'apporter son
soutien à cette reformation. Il y a donc autant de raisons
d'être curieux que d'être septique à l'égard
de 1938.
Autant dire que cela ne commence pas très bien. Pas très
bien cela veut dire que quatre titres sur cinq d'un précédent
EP paru il y a quelques mois (Siam, également
chez Neurot) figurent sur ce nouvel album et, pire, les premières
écoutes semblent dirent que ces quatre titres là
sont justement les meilleurs de 1938 -mais les premières
écoutes seulement, on respire un peu. En lorgnant vers
des horizons inconnus et lointains, le post punk tribal de Savage
Republic avait en quelque sorte été le précurseur
dès le milieu des années 80 d'un certain avant
rock, disons intelligent, qui ne se contentait pas d'aligner
les poncifs paysagistes ou de faire sortir les mouchoirs. Dans
toutes les influences ethniques du groupe, on retrouvait avant
tout un désir innocent d'expérimentation et non
pas les horripilantes illustrations sonores bien pensantes de
ceux qui regardent depuis le bon côté. Avec 1938
Savage Republic a un peu perdu de cette intelligence là,
risquant d'égarer ses auditeurs sur le trop long Caravan,
dégainant quelques rengaines post rock planantes par
trop affligeantes, montant en épingle des influences
balkaniques, orientales voire asiatiques pas très bien
digérées, mettant trop de côté l'aspect
tribal et post punk de sa musique.
Voilà, j'ai encore l'impression de parler d'un mauvais
disque mais en fait il n'en est rien. Il n'en est rien parce
que justement ressurgissent à quelques occasions la basse
écrasante, les guitares qui vrillent ou la pulsation
des percussions. Le chant n'intervient que sur deux titres -mais
de quelle façon !- gardant cette fougue distante typique
des jeunes années de Savage Republic. Les titres au final
paraissent variés -donc fatalement inégaux- et
au fil des écoutes, pas nécessairement religieuses,
1938 réussit à s'imposer, imposer sa marque,
sa force et son caractère. Evidemment, ce dernier disque
(pour l'instant) est le moins intransigeant et le moins miraculeux
de toute la discographie de Savage Republic, il est même
tout à fait possible que je ne le réécoute
plus jamais, il n'a pas le caractère définitif
d'un Jamahiriya (au hasard, hein) mais il s'agit tout
de même d'une tentative réussie de résurrection
d'un vieux mythe, bien ancré dans le présent et
comme tel sujet à quelques erreurs : les mythes étant
inattaquables, il est parfois bien mieux d'avoir affaire à
des êtres humains, juste pour le plaisir partagé.
Haz
(02/12/2007)
website groupe www.myspace.com/savagerepublic
| mobilization.com/artists/savage.html
website label www.neurotrecordings.com
sounds mobilization.com/media.html
|
Scul
Hazzards
House of deads - CDEP
Valve 2006 |
|
Scul
Hazzards
Count less dead - CDEP
Valve 2007 |
Scul
Hazzards aime les pochettes hautes en couleurs, ce qui frappe
l'esprit. Le rouge du sang, jouer avec les couteaux, les chats
égorgés ou éventrés, tous les goûts
sont dans la nature, y compris les chiens qui dévorent
leurs maîtres. La musique est comme ça. Ca taillade,
ça tranche dans la mêlée, ça laisse
peu de chance à l'ennemi et malgré quelques airs
avenants, en profitent pour vous achever dans le dos.
Ce groupe Australien aime le chiffre 5. Deux cinq titres à
leur actif. Le premier en 2006 sous forme de quatuor. Ca ne
leur portera pas bonheur. C'est l'école noise-rock élevée
à Rapeman et Jesus Lizard avec un je ne sais quoi de
Sonic Youth et des guitares qui n'hésitent pas à
apporter leur lot de mélodies incisives toujours. Ils
ont le sens de la composition et délivrent cinq morceaux
sans aucune faute de goût.
Un an plus tard, les quatre sont passés à trois.
Exit le chanteur à temps complet. Les baguettes changent
de main. Le groupe de Brisbane reste l'apanage du duo fatal
Steven Smith (guitare, totalité du chant et enregistrement
comme pour le premier, le nouvel Albini des antipodes ?) et
de Tiffany Milne à la basse. Deux morceaux sont encore
crédités avec l'ancienne formation mais dans l'exécution
et le son, les choses évoluent. Leur noise-rock est encore
plus ramassé, encore plus torturé et trouble.
La formule trio, tous unis, de front face à l'adversité.
La section rythmique prend du poids. Ca taille la route. C'est
vif, dangereux, explosé et le talent pour écrire
des morceaux qui s'accrochent comme des morpions à votre
sale caboche. L'Australie en haut de la vague.
SKX
(30/06/2007)
website groupe www.myspace.com/sculhazzards
website label www.valverecords.com.au
|
Scul
Hazzards
7''
Tenzenmen 2008
A
l'aube d'une tournée européenne qui verra nos
trois australiens traînés leurs guêtres en
France et d'un premier album Let them sink out débarquant
en même temps si le timing est bon, Scul Hazzards nous
livre un single trois titres direct dans ta face. Pas grand-chose
de changer par rapport à leurs deux premiers maxis mais
ils le font encore mieux. C'est comme pour les pubs sur la lessive.
On croit arriver à la perfection mais ça lave
encore plus blanc que blanc. Et pourtant, ces trois titres sonnent
encore plus juste, plus parfait, plus cinglant. Sur une base
Rapeman / Jesus Lizard, Scul Hazzards sait aller à l'essentiel.
Ca commence par les deux minutes expéditives de Last
few bucks qui vous les enlèvent de la poche. Sur
ce coup là, on pourrait presque penser à du Kurt
avec ce riff de guitare ultra simple et cette rythmique percutante.
Jouissif. Ca enchaîne à fond les ballons ovales
avec Needle's eye. L'usine à gaz est en pleine
ébullition. On est dans le meilleur de la noise, le haut
du panier du Chicago sound et quand le trio décide de
ralentir la cadence au milieu du morceau, le titre n'en prend
que plus d'ampleur. L'enchaînement avec Plastic protective
est parfait. On reste sur un tempo menaçant, faussement
lent. Le duo basse-batterie est indéboulonnable. Le chanteur-guitariste
s'acharne dessus comme un chien sur son os, laissant croire
que la déflagration va arriver à tous moments.
Mais tout est sous contrôle, la tension est à son
comble et les pratiquement six minutes de ce titre de bravoure
n'en paraissent que deux. Scul Hazzards n'est pas le genre de
groupe à en faire des tonnes, à inscrire le mot
complexité à son vocabulaire de groupe pourtant
issu de la génération dorée des groupes
noise des années 90. Ils reprennent le flambeau avec
leurs propres armes d'Australiens, franches, tendues, sans fioritures,
idéalement aiguisées. Brillant.
SKX
(03/02/2008)
website groupe www.myspace.com/sculhazzards
website label www.tenzenmen.com
|
Scul
Hazzards
Let them sink - LP
Rejuvenation / Les Disques du Hanger 221 / Slow Death / Whosbrain
/ Shot Down 2008
Le
temps urge. Un vol de kangourous aux ailes bleues aciers débarquent
la semaine prochaine sur nos terres. Un beau panier de crabes
de labels français autant enthousiastes que pressés
se mettent en quatre et à cinq pour sortir la version
vinyle du premier album des Australiens de Scul Hazzards. Un
timing parfait pour une promo tout aussi au taquet et emballée.
Il faut dire qu'il n'a fallu que peu d'écoutes pour être
conquis par cet album. Le punk-noise du trio de Brisbane n'a
pas trop connu de secousses depuis leur dernier single. Sauf
que dès le morceau d'ouverture, Manup, une autre
référence me saute à la tronche. On pensait
bien les avoir en main avec des références telles
que Jesus Lizard, Rapeman et toutes la clique du genre permettant
de déjouer tous les pièges. Et là, c'est
le Hammerhead époque Into the Vortex/Ethereal Killer
qui débarque sans crier gare. On pourrait presque pousser
jusqu'à Janitor Joe (autre incontournable de feu le label
Amphetamine Reptile) dans l'attaque de la mélodie qui
se cache sous l'apparente virilité, la rythmique pulsatoire
et on peut même aller jusqu'au timbre de la voix proche
du mec d'Hammerhead. Ca ne m'avait jamais sauté aux yeux
mais là c'est clair et ça reviendra régulièrement
me titiller les neurones lors de mémorables pépites
punk-rock que le trio sème sur ce Let them sink.
Des riffs au tranchoir, une approche de plus en plus basique
mais loin d'être simpliste, un chanteur qui crache son
venin, un bon son de basse distordue (Counter Empathy)
par une demoiselle dont la dentelle n'est pas la matière
préférée. On pourrait presque rajouter
les Allemands de Kurt (Short cut) à la litanie
toujours stérile des références mais Scul
Hazzards est unique. Un mélange inspiré de toutes
les grandes tendances du noise-rock avec deux interludes musicaux
pour mieux reprendre son souffle, les trois titres du single
venant juste de sortir dans une version identique (dommage)
et un wagon de morceaux très rapidement addicitfs, vous
faisant brûler d'impatience de voir tout ce beau monde
sur une scène. A écouter en boucle jusqu'à
plus soif.
SKX
(27/02/2008)
website groupe www.myspace.com/sculhazzards
website label www.rejuvenationrecords.com
| www.myspace.com/lesdisquesduhangar221
| whosbrain.free.fr/
(version CD sur Valve
records)
|
Seawhores
Opus
magnanimous - CD
Learning Curve 2007
Seawhores,
ce groupe totalement imprévisible. Duo de Minneapolis
déconnecté de la réalité. Cette
fois ci, ils tentent le morceau unique, le péplum de
32 minutes chronos en main. Après un Forest
cachant une multitude d'arbres différents mais qui donnait
envie de se balader dans leur drôle de monde, Adam Marx
et Cody Wegel tentent le strike, le coup direct qui passe ou
qui casse. Mais comme ce sont de grands malins en plus d'être
de grands malades. Ce long morceau intitulé Highway
52 Sth St. est surtout une suite de plusieurs parties qui
n'ont rien à voir les unes avec les autres, reliées
par un fil invisible connu qu'eux d'eux-mêmes histoire
de faire les intéressants. Chez les communs du mortel,
cela aurait donné un album dix titres en bonne et due
forme. Avec Seawhores, ça commence par une jolie boite
à musique jouant Love Story (de Francis Laï,
le roi de la musique de films pour Claude Lelouch, un gage de
qualité forcément) et ça finit par une
boucle perverse qui se noie dans les profondeurs de l'espace,
juste après une terrible montée en puissance qui
se finit dans un chaos sonique indescriptible. Ne surtout pas
chercher à comprendre. Se laisser embarquer par un voyage
dont vous ne connaissez ni le départ ni la destination.
Dans leur délire, le duo se fait toujours aider par Freddy
Votel (ex-Cows) et un certain Brady Lenzen, membres plus ou
moins permanents de Seawhores. Après un début
tout en ambiances cinématographiques où l'on aura
tour à tour croisé les monstres de Eraserhead,
l'intersidéralité de 2001 l'Odysée de l'espace
et l'acoustique cow-boy d'un western spaghetti, le meilleur
moment de l'album débute à la septième
minute avec une attaque noise-rock frontale. Cinq minutes hypnotiques
qui côtoient presque Lightning Bolt. Avant de repartir
dans les méandres d'obscures et inquiétantes atmosphères
atmosphères qui finiront par déboucher sur la
terrible montée dont j'ai narré les bienfaits
au préalable. Mon tout ne souffre d'aucune dichotomie.
Tout se tient dans la personnalité loufoque de Seawhores
(à ce titre, jetez un coup d'il sur leur page Monespace
et leurs vidéos Tontube au très fort goût
parodique) et c'est ça qui est effrayant. L'effet de
surprise marche une nouvelle fois.
SKX
(21/01/2008)
website groupe www.myspace.com/seawhoresofficial
website label www.learningcurverecords.com
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Selten-Ubel
s/t
12''
ABC Group Documentation 2005
Selten-Ubel
est un secret bien gardé. Bientôt trois ans que
ce disque est sorti, que ce nom était coché sur
la liste des disques à se procurer mais une incompréhensible
passivité doublée d'une grosse flemme et d'un
objet qui se fleurit pas à tous les coins de bacs à
disques ont toujours retardé l'échéance.
Avec le regain d'intérêt pour les groupes en Brut
et leur fameuse récente compilation,
l'erreur est enfin réparée. Selten-Ubel fut un
projet très éphémère, existant l'espace
de deux et deux seuls concerts plus le temps d'accoucher de
ce 5 titres. Sont compris dans ce quatuor Dave Basford et Carey
Balch, deux membres actifs de New Brutalism et Soldat Brut.
Contrairement à ces projets, Selten-Ubel fait une entorse
au règlement des Brut. Les additions ne sont pas carrées.
Les lignes ne sont pas directrices. C'est le domaine du subtilement
déviant. Leur monde noise-rock habituel vu au travers
d'un prisme. Les mélodies de guitares prennent de drôles
de courbes. Le rythme est erratique. Les morceaux se fracassent
lors d'improbables breaks, le tout soutenu par une voix de sou
lard. Mais tout ça est incroyablement consistant. De
la poigne sous leurs faux airs de débauche. Selten-Ubel
contrôlait le sens du contre-pied, l'art de la parenthèse
avec du solide entre les deux. Cinq titres parfaitement contrôlés
pour tous les amoureux des Shorty, US Maple et autres originaux
du bruit blanc. Selten-Ubel n'a jamais daigné donner
une suite et me vient à l'esprit ces mêmes mots
qu'à la mort de Carlos : quel gâchis !
SKX
(21/01/2008)
website label www.abcd2.org
sounds www.abcd2.org/index2.htm
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Shearing
Pinx
Poison hands - CD
Gilgongo 2007
Cette
présente chronique ne va pas vous narrer la folle aventure
de ce groupe canadien. Peine perdue. Le groupe lui-même
doit être incapable de vous dire de tête le nombre
de productions qu'ils ont sorties. En deux ans, ce trio de Vancouver
a réalisé une bonne vingtaine de disques, la plupart
en version cd-r et, must du must à l'ère du tout
numérique, en cassette, le truc old-school qui redevient
hyper à la mode. Ou comment faire d'un truc vintage quelque
chose d'à nouveau branché. Génial. Tout
ça distribué sous le manteau bien sûr. Je
ne comprends pas la volonté de ces groupes. S'échiner
à composer de la musique, de la bonne musique, et ne
pas vouloir la partager, la faire entendre à un plus
grand nombre. Comme si ils en avaient rien à foutre.
Ou encore un truc à la mode que je ne pige pas, un truc
d'élitiste mal placé. Mais je vois le mal partout.
Leurs compos leur brûlent les doigts tout simplement et
il faut la coucher au plus vite. Une attitude punk que l'on
retrouve dans la musique. Punk à la Sonic Youth. Shearing
Pinx a beaucoup écouté les New-yorkais pour n'en
retenir que le jus bouillonnant. Laisse tomber les mélodies.
Les structures s'établissent dans un format rock mais
ce qu'il en ressort, c'est larsen et saturation, les deux mamelles
de l'apprenti punk, le matos saccagé à la fin,
la batterie made in Bob Bert (le batteur historique de Sonic
Youth qui s'est vite ennuyé de ses potes pour former
par la suite Pussy Galore et Bewitched), du tribal, du smashing
noise dans la face et des guitares généreuses
qui prennent le pouvoir. Jusqu'à pousser le vice à
avoir un timbre de voix ressemblant à Thurston Moore.
Vous avez tout ça sur ce qu'on peut considérer
comme le premier véritable album officiel du groupe,
Poison Hands. Un album réalisé à
l'origine par Not
Not Fun records en 2006, version double cd-r 3'' avant que
Gilgongo n'ait eu la bonne idée de présenter ça
à un plus large éventail que leurs petites amies
et les cousins de la famille. C'est joué à fond
et ça se termine par 21 minutes où il ne reste
plus qu'à tout détruire (si vous ne craquez pas
avant) dans un grand champ de désolation noise-rock qui
a fini par oublier le rock. Vous n'entendrez sans doute jamais
le reste de leur discographie alors tentez votre chance sur
cet instantané bien bandant. Shearing Pinx vient de sortir
son second album (Ultra snake sur leur propre label,
Isolated Now Waves) qui avec un peu de chance nous arrivera
avant 2010.
SKX
(17/12/2007)
website groupe www.myspace.com/shearingpinx
website label www.gilgongorecords.com
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Shellac
Excellent italian greyhound - LP
Touch and Go 2007
Un
nouveau Shellac vient de débarquer. Super. Sept ans sans
signe discographique. Sept années avec une poignée
de concerts où, parait-il vu que je n'y ai jamais mis
les pieds, le trio de Chicago aurait déjà joué
les trois-quarts de ce nouvel album avant de se retrouver largement
disponible en format électronique. Quel monde merveilleux.
Et comme d'habitude, une grosse bulle qui monte qui monte et
qui fait flop. Alors que Shellac avait déjà touché
le fond de la fatuité avec 1000 Hurts (ce que
je croyais déjà fait avec Terraform), ils
ne sont pas loin de faire de même avec ce quatrième
album. Juste pas loin. Ca commence pourtant pas mal avec les
huit minutes de The end of the radio (un morceau que
John Peel aurait détesté si il avait encore été
vivant) avec sa dynamique fluctuante, sa mélodie à
la guitare pas dégueulasse et la ligne de basse la plus
feignasse de toute l'histoire du noise-rock. Mais ça
passe. Après, c'est, au choix, la routine (dans le meilleur
des cas avec Steady as she goes et Elephant) ou
le désert. Provocations éculées qui ne
provoquent plus grand monde. Voir ses vieux singes faire toujours
les mêmes grimaces commence à devenir pitoyable.
J'ai l'impression que Bob Weston joue la même chose à
la basse depuis 15 ans. Leur coup du stop and go comme sur Be
prepared sonne vu et revu. Shellac s'autoparodiant. Genuine
lulabelle aurait pu être un dépaysement intéressant.
La mélodie à la guitare est une nouvelle fois
pas dégueulasse mais Shellac perd totalement le fil de
l'histoire au bout de neuf minutes de grande solitude. On va
s'épargner le reste de l'album. Même sur Boycott
où le père Albini nous ressort pratiquement les
mêmes arpèges que le morceau Wingwalker
en 1993 en version accélérée. De toute
façon, je m'endors toujours avant la fin. Excepté
avec Spoke, le dernier titre qui me sort de la torpeur.
C'est bien beau d'avoir le meilleur son de batterie au monde.
D'entendre comment chaque accord de guitare ou de basse cingle
l'espace. Mais on s'en tape à vrai dire. Le nerf de la
guerre, ce sont les compositions. Ce qu'on met à l'intérieur
des quatre murs de ce son si foooormidable. Et là, franchement,
ça sonne creux et ça fait un moment que ça
dure. Leurs compos sont tout simplement anecdotiques, faiblardes,
tout plein de gimmicks faciles. A l'image de toutes leurs pochettes,
Shellac met tout dans l'apparence mais quand on gratte un peu,
il ne reste plus grand chose. C'est pas le lévrier qui
dira le contraire. Pas de quoi en tout cas faire tout un foin
autour de chacune de leur sortie. Steve Albini a fait parti
de deux groupes primordiaux (Big Black et Rapeman), a beaucoup
fait pour le noise-rock mais Shellac, malgré toute la
bonne volonté du monde, ça ne le fait plus depuis
belles lurettes (depuis leurs 2 premiers 45 tours en fait et
allez, le 1er album
). Ils peuvent ne faire aucune promo,
aucune interview, aucune pub, se reposer sur leur renommée
tant qu'ils veulent pour vendre du disque, faire parler d'eux
autant par leur attitude (sinon plus) que pour leur musique
(ce qui devient un comble de la part d'un groupe qui fait un
gros fuck à l'industrie musicale), on s'en branle. On
est là avant tout pour la musique. Et là, ya plus
grand monde. Quand on voit ce que musicalement des Oxbow, Unsane,
Neurosis, des vieux de la vieille comme eux sont encore capable
de faire, Shellac prend un sacré coup dans la tronche.
L'inspiration et l'élan créatif les ont définitivement
quittés. Sans Shellac et Albini inscrit dessus, cet Excellent
italian greyhound passerait autant inaperçu qu'un
Qui sans David Yow. Un disque de quarantenaires qui n'ont plus
rien à dire mais qui le disent quand même. Pour
tout le reste, c'est mort.
SKX
(30/09/2007)
website label www.touchandgorecords.com
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Shoplifting
Body stories - CD
Kill Rock Stars 2006
Le vol à l'étalage a commencé en décembre
2003. Après que les Chromatics aient mis fin à
leur débauche. Après que Hannah Blilie ait partagé
son temps de batterie entre The Gossip et Shoplifting. Après
avoir installé une parfaite parité entre une rythmique
entièrement féminine avec Melissa Lock (qui a
replacé Michelle Nolan, une ex-Chromatics à la
basse) et Devin Walsh et Chris Pugmire pour respectivement la
guitare et le chant.
Un chant que l'on retrouve au centre des compos, un chant alternée
entre Blilie et Pugmire, quand ce n'est pas les deux en même
temps. Un chant pour mieux faire entendre leurs revendications
de groupe engagé contre le grand satan Bush et son administration
qui à inviter le guitariste à aller se calmer
en tôle pour avoir eu la témérité
d'avoir oser joué du tambourin dans les rues de New-York
lors d'une convention républicaine ! Mais ce Body
Stories ne se résume pas à du préchi-précha
de bas étage, ne se laisse pas enfermer dans une boite
bien pratique. La musique est difficile à alpaguer. On
pourrait citer comme influence la vague post-punk avec Gang
of Four et Wire, voir le dub/reggae fait par les petits blancs
en 77 (particulièrement sur les deux morceaux Claude
Glass et l'instrumental Flying Factory), les formes
répétitives de The Fall mais tout ça revu
et corrigé par une lecture bien personnelle. Une guitare
libérée des structures, imprévisible, chancelante,
délivrant sporadiquement de lumineux riffs bouillonnants,
contrastant avec une basse qui invite à esquisser quelques
pas de danse à la manière d'un Chinese Stars.
Des certitudes qui s'envolent le morceau suivant. L'album a
beau être d'une parfaite cohésion, les compos vont
de l'instrumental à l'atmosphère trouble qui ne
va pas dans le sens du poil à des titres où toute
leur frustration explose. Shoplifting cherche la confrontation,
ne se donne pas facilement, tend la main, séduit pour
mieux frapper, vous interroger, empêcheur de tourner (en)
rond, à l'image des deux morceaux M. Sally et
Male Gynecology aux attributs aguicheurs, le rythme séduisant
mais finalement piquant et la langue pleine de venin. Un premier
album qui ne va pas dans la facilité, tour à tour
violent et hypnotique, primaire et atonal, subtilement varié
et qui contrairement à beaucoup de ses contemporains
qui ne cherchent pas à dépasser leurs influences,
propose de nouvelles pistes tout en vous laissant dans la confusion.
SKX
(19/08/2006)
website label www.killrockstars.com
sounds MaleGynecology.mp3
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Shub
The Snake, The Goose & The Ladder - LP + CD
Goback records 2008
C'est
le deuxième (véritable) album de Shub -prononcez
[choube]- et rendons justice à tous les labels responsables
de cette magnifique production : Goback records, Rejuvenation,
Karaoke666, Whosbrain records
et comme d'habitude j'allais
oublier Downboy records, le label du guitariste de Death To
Pigs. Une entente qui sent bon la démerde D.I.Y., crise
des subprimes et baisse du pouvoir d'achat des ménages
obligent, pour un résultat qui fait énormément
plaisir à voir et à entendre.
A voir, déjà : The Snake, The Goose & The
Ladder (je ne vous dirai pas qui fait quoi dans le groupe)
se présente dans une jolie pochette sérigraphiée
disponible en deux couleurs, orange fluo pour les tapettes ou
rose malabar pour les taffioles. J'ai choisi orange. De plus
le vinyle est accompagné d'un CD pour les feignants qui
n'aiment pas lever le cul de leur chaise à la fin de
chaque face ou pour les obsédés qui comme ça
peuvent facilement encoder le disque pour leur baladeur mp3.
À entendre, enfin. If You Can't Read Shub, Bad Luck
You're Colorblind! était déjà un bon
disque oscillant entre noise mélodique et disco punk
chaloupé mais ce nouvel album lui est en tous points
supérieur. Shub c'est mieux. La première face
du disque s'appele face Gard et la seconde c'est face Texas,
il y a c'est vrai un semblant de ressemblance dans les contours
géographiques de ces deux état-nations -y a-t-il
également quelques correspondances musicales à
moins qu'il ne s'agisse d'un esprit psychotique commun, genre
Scratch Acid/Shub même combat ? Pour faire simple, dénombrons
les choses plus ou moins identifiables chez Shub : de la noise
de Chicago comme du débridage à la The Ex (cette
longue intro de Franky Vincent Goes To Hollywood qui
il n'y a rien à faire m'évoque plus une ryhtmique
batave version surf qu'un déhanchement caribéen
suce moi le rhum), du groove inexorable (la ligne de basse toute
en rondeur à la fin de Prok'o'Fiev), des mélodies
poignantes à se damner (Santa's Gift, magnifique)
et tout simplement des idées à se rouler par terre
de contentement dans une flaque de bave.
The Snake, The Goose & The Ladder déborde
de hits tendus et musclés, c'est la fête au village,
des hits servis par une section basse/batterie énergique
ET fine, agrémentés de plans de guitares tout
en entrelacs mais toujours lisibles, finalement il n'y a que
le chant (bon au demeurant) qui tire le moins son épingle
du jeu dans cette petite course à l'originalité.
Parce que question originalité il ne faut pas vous attendre
à une énième copie d'un clone de Shellac/The
Ex/Hot Snakes (ouais, tout ça mélangé),
les Shub défendent bien leur truc à eux, assurément
l'un des albums de l'année 2008, année qui pourtant
n'en manque pas. Ecoutez donc Playing Cards et on en
reparle.
Haz
(02/11/2008)
website groupe shub.is.free.fr
website label www.rejuvenationrecords.com
| whosbrain.free.fr
|
Sightings
Through The Panama - LP
Ecstatic Peace! 2007
Sightings.
Derrière cette appellation on trouve l'un des groupes
les plus barrés de Load records (qui a publié
ce Through The Panama en version CD), label qui pourtant ne
manque pas de prétendants au trône. On peut même
affirmer que certains des précédents enregistrements
de Sightings sont à la limite de l'inécoutable,
la palme du vraiment n'importe quoi revenant au EP Gardens
Of War enregistré en collaboration avec Tom Smith,
le malade mental à la base de l'improbable big band bruitiste
To Live And Shave In L.A. et ancien membre de Pussy Galore (si,
si).
Through The Panama marque une certaine modération
par rapport à ses prédécesseurs. Eidemment
dès l'intro de A Rest et ce son qui tourne en
boucle on se dit que l'on va encore en prendre plein la gueule
mais il faut bien avouer qu'un certain effort de lisibilité
a été effectué, effort que l'on pourra
suivre tout au long de l'album, à de rares exceptions
près (This Most Real Of Hells par exemple). Les
rythmes, tribaux et hypnotiques, semblent posés avec
plus de discernement qu'auparavant, je n'aimerais pas me prendre
un coup de manche de basse lorsque le bassiste se lance dans
une de ses lignes (?) dévastatrices, la guitare continue
de striduler comme un chat coincé dans une machine à
laver en plein mode essorage et il y a ces éternels samples
d'origine inconnue et qui font trop peur. Quant à la
voix, elle abandonne le registre hurlé pour se concentrer
sur le mode traînant, un peu comme chez ce trio new-yorkais
très hype de sales dissimulateurs dont je ne me souviens
jamais du nom.
Produit par Andrew W.K. (lui aussi membre de TLASILA), Through
The Panama fait donc passer Sightings du statut de curiosité
à écouter entre amis après une bonne soirée
qui déchire (un concert de Merzbow par exemple) à
celui, non moins enviable, de groupe-que-je-vais-te-faire-écouter-parce-que-je-ne-sais-pas-il-a-ce-quelque-chose-d'indéfinissable-c'est-ma-dernière-découverte-tu-vois.
Pas réellement assagi (on sent bien tout le côté
insidieux de la chose) mais nettement plus fréquentable.
Subtilement tribal et avec une certaine élégance
dans la dissonance.
Et comme chez Perte & Fracas on aime bien coller à
l'actualité : Sightings sera en tournée française
vers la fin du mois de juin. Encore de quoi pouvoir crâner
entre amis.
Haz
(06/04/2008)
website groupe www.myspace.com/sightings
website label www.ecstaticpeace.com
sounds perforated.mp3
|
Signal
to trust
Golden armour - CD
Modern Radio 2006
Signal
to trust, ça vous vient direct des Etats-Unis, du pays
où l'indie-rock a écrit ses plus belles pages
et ce quatuor s'inscrit dans cette grande tradition. La lignée
des Arcwelder, Unwound et autres princes de la rock-song racée
et musclée. Avec un hommage à la noisy-pop de
My Bloody Valentine sur Seaspray. Et un autre à
Sonic Youth sur Golden. Histoire de bien faire le tour
de tous les courants. Comme en plus, ils ont la bonne idée
d'avoir des voisins d'écurie qui se nomment The Stnnng,
on a là un raccourci facile pour leur trouver un autre
point commun. Ils invitent d'ailleurs leur chanteur, Chris Besinger
(ainsi que sept autres chanteurs !!) sur Now we got what
you got pour clôturer l'album en beauté. Mais
si les apparences et les penchants pop du groupe les distinguent
de The Stnnng, que ça ne suinte pas autant le rock'n'roll
brut de décoffrage, Signal to trust n'en reste pas moins
viril. Malgré la trompette altière sur A young
girl's heart is broken in the future et des passages mélodiques
soignées, le ton générale est enlevé.
La section rythmique envoie de belles joutes pendant que les
deux guitares n'essayent jamais de trop en rajouter. Compositions
travaillées dans une relative complexité. Ca déroule
avec aisance et si l'ensemble de ce second album ne possède
pas de morceaux tranchants et inoubliables, Golden Armour est
une belle pièce d'artisans du rock. Artisan que vous
pourrez également devenir en découpant selon les
pointillés, les figurines incrustées dans le splendide
digipack cartonné afin de constituer une magnifique scène
de la vie quotidienne qui feront se pâmer de jalousie
vos invités. A condition aussi par la suite d'aimer avoir
une pochette de cd en dentelle. Etonnant, non ?!
SKX
(16/06/2007)
website groupe myspace.com/signaltotrust
website label www.modern-radio.com
sounds SilverCoast.mp3
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Silver
daggers
New high & ord - CD
Load 2007
Le
nom du groupe est tiré d'une chanson de Joan Baez intitulé
Silver Dagger. Comme ils étaient plusieurs, ils
ont mis ça au pluriel. On arrêtera là les
comparaisons. Après une lente gestation - nous partîmes
à deux, nous arrivâmes à cinq - Silver Daggers
a troqué la guitare acoustique contre une formule guitare
(arrivée sur la tard), synthé/voix, saxophone
et le classique basse-batterie. Débarqué sur Load
records le bruitiste, on pouvait craindre le pire mais Silver
Daggers fait preuve de tact. L'agression auditive tout-en-un,
ils laissent ça aux copains d'écurie. Le cuivre,
les rythmes inventifs et bondissants, le son de la clochette
font pencher la balance vers Dog Faced Hermans. Le fait qu'ils
aient tourné avec The Ex rajoute à la méprise.
Il faut se pincer et surtout, preuve à l'appui, regarder
les photos, pour s'apercevoir que ce chant féminin est
celui d'un mec qui a oublié de muer. Tumultueuses compositions
qui brûlent la jeunesse par les deux bouts. Une jeunesse
qui n'a pas oublier qu'elle est née aux Etats-Unis et
pas à Amsterdam, que ses racines sont punk et l'action
directe. Malgré un sax qui cherche à être
mélodique (quoique), l'ensemble des compositions dépassant
rarement les deux minutes est abrupte, sec, doit autant à
la no-wave de James et ses Contortions que les cacophoniques
et défunts Black Eyes. C'est mis bout à bout avec
des éclats de synthés primitifs, une guitare aiguisée
et réglée dans les aiguës, dégageant
une impression d'anarchie mais hautement entraînant. Après
plusieurs essais sur formats courts, ce premier album impose
le quintet de Los Angeles dans une frange post-punk bien plus
intéressante et vivante que la masse suiveuse et laborieuse
qu'on essaye de nous refourguer.
SKX
(16/12/2007)
website groupe www.silverdaggers.tk
website label www.loadrecords.com
sounds Joy.mp3
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Sincabeza
Edit sur passage avant fin ou montée d'instrument
- CD
Distille 2007
Sincabeza sonne hispanique mais arrêtez vous à
Bordeaux, ça suffira. Il vous faudra tout de même
prendre le train des groupes instrumentaux. Une ligne archi-surchargée
qui va de la vieille locomotive laborieuse vue 10000 fois par
des vaches qui commencent à ruminer sévère
leur ras de bol aux (reprenez votre souffle) jeunes trains qui
n'ont peur de rien et speedés à mort. Sincabeza,
ça serait plutôt le train régional, celui
qui prend son temps. Et qui mérite bien une étiquette
de post-rock parce que ça rock pas beaucoup là-dedans.
C'est même la misère. Et comme leurs complexités
sont loin d'être euh
complexes, on peut pas franchement
dire que l'on a droit à du math-rock, du vrai, du couillu,
de l'imbroglio de première. On dépasse donc le
rock. Pas au-dessus, ni en dessous. Mais dans un espace où
tout est détendu, fait avec légèreté
et doigté, où la maîtrise instrumentale
est évidente mais où tout ça peut aussi
très bien vous passer au-dessus. Ou en dessous. Les morceaux
sont bien construits. Pas de fausse note et encore moins de
goût. C'est joliment fait. Le genre de phrase à
double tranchant. On musarde, on prend le temps d'humer l'air,
on accélère dans quelques côtes, on joue
à cache-cache avec les rythmes et une fois qu'on s'est
bien amuser, on oublie à peu près tout, y compris
ce qu'on vient d'entendre. Il faut attendre l'avant-dernier
morceau (Non, rien), qui porte mal son nom, car il y
a quelque chose qui s'y passe. Oh pas grand-chose, rien de révolutionnaire
mais une collaboration avec leurs potes de Radikal Satan qui
brise un peu la monotonie qui s'entassait dangereusement à
la fin de cet album. L'accordéon de Momo pour une digression
qui est bien plus qu'un interlude. Et c'est dingue comme ça
fait du bien. Le dernier titre (Waar het om gaat) poursuit
ce cheminement. 13 minutes 30, c'est long. On peut en retirer
une bonne moitié mais celles qui restent témoignent
de ce même esprit d'ouverture, de légèreté
qui ressemble à autre chose qu'un courant d'air stérile.
Un album qui s'égrène avec la manière mais
qui aurait besoin également de se faire botter l'arrière-train
et aller voir ailleurs.
SKX
(18/05/2007)
website groupe www.sincab.com
website label www.distilerecords.com
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Singer
Unhistories - CD
Drag City 2008
Pas
besoin de lire les notes de pochette pour se dire qu'il y a
du US Maple là-dessous. Structures obliques, guitares
élastiques, rythmes erratiques, alcoolisme sournois de
morceaux qui désarçonnent, Singer vient de déterrer
le cadavre encore tout chaud du groupe de Chicago. Et pour cause.
Todd Rittman, guitariste brun et Adam Vida, batteur (uniquement
sur l'album Purple on time) blond de US Maple jouent
les fossoyeurs. Mais si il y a bien un cadavre qui continue
de les harceler, c'est celui du Captain Beefheart et son rock
déviant. Associés à Robert Lowe, bassiste
black de 90 Day Men et Ben Vida, guitariste frère du
batteur, ils plongent à nouveau dans ces lignes de guitares
dont vous ne pouvez deviner le cheminement, ce batteur autiste
aimant jouer en décalage totale avant que tout ce beau
monde ne se retrouve lors de cours passages unifiés,
se rappelant soudain qu'ils jouent dans le même groupe,
qu'ils ont beau chercher à le détruire, c'est
quand même du rock qu'ils sont censés faire. Et
puis il ya ce nom de groupe qui aurait dû s'accorder au
pluriel. Car des chanteurs dans Singer, il y en a trois.
C'est à partir de ce moment là qu'on oublie US
Maple. Ca chante à tour de rôle mais ça
chante aussi toujours en même temps. Un chant principal
et les deux autres qui l'accompagnent dans des churs de
l'impossible. Des lignes de chant qui suivent le mouvement des
guitares. Tordues, surprenantes, qui volent dans les aigues,
chuchotent, dérapent, se vautrent (volontairement ?)
dans le ridicule puis repartent sur les chemins de la concordance.
C'est tour à tour agaçant ou harmonieux mais l'alchimie
recherchée n'est pas loin de prendre. On est loin des
feulements et roucoulements de Al Johnson mais Singer aborde
le chant avec ce même désir d'être singulier.
Que ça marche ou non. Et comme Singer est aussi une machine
à coudre, ça vous enfile de longs morceaux. Sept
compos dépassant régulièrement les cinq
minutes avec un effet cotonneux sur le ciboulot et une touche
psychédélique imprévue qui doit autant
au chant qu'au jeu de guitares sachant partir dans des soli
de l'improbable. Singer donne l'impression d'évoluer
au ralenti, de démembrer totalement son blues de blanc,
d'avoir liquidé tout le stock de drogues de US Maple
et sous ses airs plus accessibles, Unhistories est encore
une belle pièce atypique que vous ne savez pas trop par
quel bout prendre. Comme les neuf minutes de clôture de
Mauvais sang dont on oubliera la référence
culturelle pour se faire un bon trip d'enfer sur les chemins
de Katmandou. De la bonne came mais pour ceux que US Maple tapait
déjà le système, ça va pas aller
en s'améliorant.
SKX
(18/06/2008)
website groupe www.myspace.com/singertheband
website label www.dragcity.com
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Sirhan
Sirhan
Blood - CD
Anodyne 2008
Si
le vrai Sirhan Sirhan a eu la peau de Bob Kennedy, ce groupe
de San Diego va faire de même avec la notre. Après
un premier EP 6 titres remarqué et sorti par leurs propres
moyens en 2006 (mais qu'on retrouve en intégralité
sur ce premier album), Sirhan Sirhan déverse son noise-rock
sanguinolant sur nos pauvres têtes, nous jette à
la tronche et par paquet de dix une colère viscérale
et contagieuse. Chaotique sans être le bordel, brutale
sans être du gros qui tâche, malsain mais avec une
lueur d'espoir, ce jeune groupe flirte avec la logorrhée
de Racebannon, la haine collée aux basques de Today is
the Day et le culot de la jeunesse. La voix de Jason Blackmore
semble sous acide, ya un truc de fêlé chez lui
et avec l'accumulation de riffs vicieux qu'il nous sort de sa
guitare, les onze brûlots de cet album ne tarde pas à
mettre le feu aux platines. Contrairement aux groupes suscités,
Sirhan Sirhan torche tous ces titres en deux minutes incendiaires
de moyenne, ne donnant que rarement le temps de respirer sinon
par le biais de titres fédérateurs, sortant la
machine à hymnes punk comme The Maggot sings (qui
fait penser à un morceau de Nirvana !) ou Burn it
down et Rise, un sens de l'accroche qu'ils aiment
piétiner, de peur de se voir trop beau. C'est carré,
direct et agressif avec un son noisy où il y a de la
densité à la seconde. Marche ou crève.
Il faut attendre Don't Shoot, le dernier titre de plus
de cinq minutes, pour voir les jeunes se calmer, ralentir la
cadence et nous laisser reprendre souffle. Ereintant mais ça
vaut le déplacement.
SKX
(13/10/2008)
website groupe www.sirhanland.com
website label anodynerecords.com
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Sister
Iodine
Helle - CD
Textile 2007
Le
dernier album de Sister Iodine s'appelait Pause et la
pause aura duré plus de dix ans. Un laps de temps mis
à profit pour se fourvoyer dans des projets laptop-electro-impro
qui me sont totalement passés au-dessus et je ne sais
pas pourquoi, mais je ne regrette rien. Un retour aux affaires
coïncidant avec le retour des ex-Bästard/Deity Guns
au sein de Zëro, groupes avec lesquels ils ont été
souvent été affiliés dans les années
90 mais ça, c'est le hasard n'est-ce pas ! Une scène
noise à la française dont Sister Iodine était
le mouton noir, loin de faire l'unanimité, le genre qu'on
déteste ou qu'on adore. Si le trio parisien partageait
l'esprit aventureux et expérimental des lyonnais, la
prise de risque était plus grande. Cet ex-groupe préféré
de Sonic Youth n'avait pas la musicalité des Bästard.
Leur expression descendait du mouvement no-wave pur et dure,
l'aspect bruitiste était mis en avant croisé avec
les affres d'un This Heat ou l'exigence d'un Brise-Glace. Ca
c'est pour la théorie. Si sur leur premier album ADN
115 (Semantic, 1994), ces ambitions restaient dans un format
rock, avec toute l'énergie et les fractures que cela
comporte, Pause (Semantic, 1997) envoyait paître
toutes les règles, durcissait la formule pour aboutir
à quelquechose de passablement informe et raté
dont le beau boîtier noir finira le plus souvent comme
cale meuble de luxe (d'ailleurs je ne retrouve plus mon exemplaire,
je ne l'aurais quand même pas revendu ?!).
Une décennie plus tard, Erik Minkkinen, Lionel Fernandez
et Nicolas Mazet, soit le line-up originel qui n'a pas bougé
d'un iota, retrouvent le chemin de leurs guitares, batterie,
basse, tous ces instruments d'un autre âge, mus par je
ne sais quelle raison d'en découdre à nouveau.
La raison n'est en tout cas pas financière vu la difficulté
toujours grande de leur musique. Sister Iodine nous colle d'entrée
sur Helle avec un morceau de huit minutes, Les île
(sans le s à la fin), tout caoutchouteux, les
fameuses guitares préparées semblant être
à nouveau de sortie avec une voix toute bizarre par derrière.
La pause n'a pas duré assez longtemps semble-t-il et
on commence déjà à regretter cette reformation
En dix ans, une ribambelle de groupes iconoclastes répondant
à des exigences proches de Sister Iodine ont battu le
pavé, notamment américain, avec Animal Collective
ou Black Dice. Si Sister Iodine pouvait encore faire illusion
en 1995, il va falloir sacrément se bouger pour nous
sortir autre chose qu'un brouet auditif insignifiant. Chose
qu'ils ne réussissent qu'à moitié (petite
la moitié). Quand le groupe décide de prendre
ces expérimentations par les cornes, de donner de l'intensité
et du corps à ces instruments, on suit sans broncher.
Le fractal Air France, la montée libératrice
de Vicee, le punk-nowave Mutang avec ce chant
d'allumé de Minkkinen, un art dans lequel Sister Iodine
excelle mais qui est hélas bien trop souvent délaissé
au profit de longueurs monotones bruitistes et abstraites. Mon
vieux corps malade élevé au rock aime quand une
batterie le secoue mais cette batterie totalement déstructurée
est trop souvent absente. Seul élément nouveau,
ces quelques titres qui, bizarrement apaisent (chose qu'on attend
pas de Sister Iodine), comme des sonorités exotiques
extraites d'un ukulélé trafiqué pour climats
oniriques sur Ellee ou Western Lei. Sister Iodine
risque de ne pas se faire beaucoup d'amis encore une fois. Ils
sculptent un paysage sonore qui a du mal à prendre du
relief, un univers finalement assez calme, rebondissant sur
Pause, en améliorant le concept mais majoritairement
vain et ennuyeux.
SKX
(11/02/2008)
website groupe www.sister-iodine.net
website label textilerec.free.fr
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The
Skull Defekts
Blood spirits and drums are singing - CD
Conspiracy 2007
The
Skull Defekts, quatre suédois avec des CVs épais
comme un bottin et dans tous les styles. Une pochette à
faire triper un straight-edge à sec pour un album écoutable
après une pléthore de disques tirés en
74 exemplaires et demi, même un cdr tiré à
huit exemplaires en 2005 (et ça c'est pas des blagues),
des splits avec des tendres comme Wolf Eyes, avant d'arriver
à ce Blood spirits and drums are singing ! Point
d'exclamation compris car oui, Skull Defekts arrive à
faire chanter sa batterie (pour le Blood spirits, faudra repasser,
j'ai pas tout saisie). The Skull Defekts is rhythm. C'est
pas moi qui le dis, ce sont eux mais il faudrait effectivement
être sourd pour ne pas s'en apercevoir. Tout est histoire
de rythme. La base intégrale. L'articulation primaire.
Revendiquer haut et fort. Jusqu'à maintenant, Skull Defekts,
c'était plutôt drones et nappes bruitistes. Le
genre de disque à finir en frisbee. Mais là, ils
ont du choper une nouvelle drogue, celle qui te file des étincelles
dans les roubignoles et te fait danser à angle trapézoïdale
toute la nuit. Ils se sont mis à deux pour te faire halluciner.
L'habituel batteur plus un percussionniste. Imposer un rythme
simplissime mais ultra efficace. Le truc qui te prend pas la
tête et qui ferait exploser de rire la grosse baleine
de Damon Che (Don Caballero monster) si les fines imbrications
et les rythmes multiples ne se révélaient pas
au final redoutables. C'est répétitif, répétitif,
répétitif. C'est peu de le dire. Le nerf de la
guerre. Jusqu'à l'hypnose même si j'avoue que sur
la longueur (et la longueur, ça peut s'avérer
très long), l'effet peut être lassant. Pour peu
que vous mettiez le doigt dans le bon engrenage dès le
début des hostilités, vous partez sur votre discobole
et sans vaseline. Sinon la mayonnaise tourne aigre et l'indigestion
guette. Putain de musique d'hippies drogués que vous
vous dites. Va bouffer tes djumbés. Mais je m'égare.
La plupart du temps, ça cogne droit, c'est pas dénué
de mélodies. Les paroles ne sont que dévotion
au Dieu Rythme et son fils Le Son (son fiston ?). What's
the sound going through my head. Pas besoin d'être
un cador en anglais pour piger. Ca le mérite d'être
clair. La ligne de chant est avenante. On pourrait presque penser
à !!! (Chk Chk Chk), notamment le 2ème morceau,
sauvé par un jusqu'au boutisme et des parasites électroniques
qui feront fuir le bobo. Comme The Skull Defekts semble en avoir
plein les poches et ne s'arrête jamais, un nouvel enregistrement
vient juste de voir le jour (The Black hand sur Riot Reason).
SKX
(17/09/2007)
website groupe www.skulldfx.com
website label www.conspiracyrecords.com
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Skullflower
IIIrd Gatekeeper - CD
Crucial Blast 2007
Oh voilà une réédition qu'elle est belle
! Il faut dire que pour cette ressortie du IIIrd Gatekeeper
de Skullflower, Crucial Blast, label bien connu des amateurs
de heavy intello, a bien fait les choses : joli pochette CD
cartonnée avec toutes les illustrations d'origine, un
livret contenant un texte élogieux sur le groupe que
je n'ai pas pris le temps de lire, trop compliqué, et
par dessus tout l'album remasterisé, sans bonus ajoutés
(parce que neuf fois sur dix les bonus ça bousille un
album, c'est quand même bien mieux de les mettre sur un
éventuel deuxième disque comme ça on n'est
pas obligé de les écouter). Et c'est d'une vraie
remasterisation dont il s'agit, pas d'une montée générale
et uniforme de tous les potards aboutissant inévitablement
à une saturation complète du son sur toutes les
fréquences : la comparaison avec la version originale
du disque est incroyable -plus de profondeur, plus de contours
(sur la basse notamment) et une redécouverte d'un disque
qui nous est présenté comme fondateur. Voyons
voir ça.
A l'époque de sa première parution en 1992 sur
HeadDirt recording -petite maison montée par un Justin
Broadrick super fan et épaulée par PDCD, Pure
Dope Can't Damage, le genre de label qui battait le même
pavé que le Pathological records de Kevin Martin- IIIrd
Gatekeeper n'avait rien de fondamentalement différent
ni de fondamentalement excessif par rapport aux autres groupes
anglais contemporains et drogués, Godflesh, God ou même
Terminal Cheesecake. Toutefois, avec plus de recul, la mixture
que proposait le groupe de Matthew Bower (unique membre d'origine)
possédait un caractère indéniablement psychédélique
que les autres n'avaient pas. En exagérant un peu, ce
qui n'est pas le genre de la maison, on peut même affirmer
que Skullflower ce n'était rien d'autre que du Godflesh
instrumental avec de la fuzz et de la wah-wah ou, si on préfère,
du Black Sabbath en version indus qui aurait troqué Ozzy
Osbourne contre un vrai mur d'amplis.
IIIrd Gatekeeper est l'un des disques les plus accessibles
de Skullflower : on peut croire en l'écoutant que tout
ce charabia de notes jouées à la guitare forme
bien une mélodie, on peut proclamer que cette grosse
caisse tellurique saccadée par des coups de caisse claire
est bien un rythme, on peut prétendre que la basse n'apporte
rien d'autre qu'un groove malsain. Tout cela est vrai, d'autant
plus que Matthew Bower, comme pas mal de visionnaires, n'aura
pas évité par la suite de se fourvoyer. Reste
que IIIrd Gatekeeper est assez monotone, les titres se
ressemblent, beaucoup ont cette tendance à débuter
sur le même larsen, le groupe a du mal à proposer
plus de deux types d'ambiances différentes. Typiquement
le genre de disque remis au goût du jour par un effet
très mode et dont l'impact a peut être été
grandissant par la suite mais qui ne mérite pas grand-chose
de plus qu'un intérêt historique et archéologique.
Personnellement, je préfère très nettement
l'album Infinityland (sur le même label, référence
HD 04 et avec Philip Best de Whitehouse dans le line-up) parce
que beaucoup plus varié et pénétrant. A
quand une réédition ?
Haz
(19/05/2008)
website groupe www.monotremata.com/skull
(non officiel)
website label www.crucialblast.net
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Sleeping
People
Growing
- CD
Temporary Residence 2007
Si
il y a un groupe qui peut prétendre au trône laissé
vacant par Don Caballero, c'est bien ce groupe de San Diego.
Non pas que ce soit la copie conforme du groupe de Pittsburgh
mais dans le genre instrumental-math-rock, Sleeping People se
pose là. Don Cab aussi sont toujours là mais je
parlais du grand Don Cab, celui de la grande époque où
ça s'enfilait avec sérieux et entrain. Où
la dextérité technique allait de paire avec la
fluidité, que complexité rimait avec rock'n'roll
- hey mais ça rime pas - c'est un fait mais c'est parce
que le cérébral se faisait mettre par le primaire.
Et tout ça, Sleeping People l'a bien pigé. Ils
avaient déjà étonné leur monde avec
un premier
album en 2005. Deux ans plus tard, ils continuent de nous
bluffer. Ils n'hésitent pas à étirer leurs
compositions sans jamais en perdre le contrôle, à
relâcher un peu de pression par d'inquiétants passages
d'accalmies comme sur la fin du très beau Mouth Breeder,
de faire tourner la boucle mélodique jusqu'à plus
soif sans que tu t'aperçoives que c'est marée
basse depuis longtemps, de manier tous les codes du genre sans
que la stérilité guette. Ca gratte dans tous les
sens, c'est efficace tout en restant aérien, se permette
une pause pseudo-electro-new-age (faute de savoir comment appeler
ça) chiante il va de soi avant d'attaquer un des sommets
de l'album, Three Things, soit six minutes de virtuosité
éclatante qui passe comme une lettre à la poste
qui ne serait pas en grève. Car tout le talent de Sleeping
People est là. Ne pas se perdre dans les affres de son
propre moi du super héros qui maîtrise son instrument
et l'art du contre-pied à la perfection pour mettre un
peu d'âme et de chair humaine dans sa musique. Seul faute
de goût, avoir invité Rob Crow (Pinback) sur People
staying awake, le dernier morceau de l'album et lui avoir
demandé de poser sa voix pour une fin d'album mièvre
et sans ressort. Mauvaise pioche. Sortie ratée. Il n'y
a certes pas grand-chose de neuf sous le soleil mais Sleeping
People le fait mieux que tout le monde.
SKX
(21/10/2007)
website groupe www.sleepingpeople.com
website label www.temporaryresidence.com
sounds yellowguypinkeye.mp3
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Snowman
The Horse, the Rat and the
Swan - CD
Dot Dash 2008
S'appeler
Snowman quand on vient de Perth, une ville vautrée sous
le soleil carrément à l'ouest de l'Australie,
n'est pas banal. Comme tous groupes de ce pays excentré
qui veut percer autre chose que sa peau sous les températures
abrutissantes, Snowman s'est expatrié à Londres.
On a connu notamment un groupe chaotique ayant suivi une courbe
identique à leur soif de gloire et de débauche
aux débuts des années 80. Le Birthday Party de
Nick Cave bien sûr et plus près de nous Witch Hats,
Snowman partageant avec eux, en plus de la trajectoire latitudinal,
certaines valeurs musicales.
Mais si Snowman n'est pas banal, il le doit surtout à
sa musique. Birthday Party, ses rythmes tribaux et les ténèbres
dont ils sont issus ne sont qu'une partie de la donne. Et la
donne est compliquée. Un vrai mystère. Un imbroglio
d'influences débouchant sur une vraie personnalité.
Des pulsations rythmiques et des nappes de brouillard. Des forces
contradictoires où le rock'n'roll brut se heurte à
des sonorités électroniques. Des cris tétanisants
se succèdent à des chants éthérés
quand c'est pas les deux en même temps. Des vaisseaux
fantômes flippant comme le très beau et lugubre
A Rebirth et d'autres attirants dès les premières
notes comme Our mother (She remembers), morceau épileptique
où chant d'aboyeur, batterie martiale, piano fou, effets
retors et vocalise féminine se télescopent dans
une osmose impressionnante. Et c'est ce qui tue chez Snowman.
Ce mélange réussit de sauvagerie et de beauté.
Idem sur l'hypnotisant et schizophrénique We are the
plague ou The Gods of the Upperhouse et la phrase
We are machines psalmodié comme un mantra dont
l'auteur pourrait être un Nick Cave à ses plus
belles heures de grand malade. Mais la composition symbolisant
le mieux cette architecture unique, ce sont les six minutes
de The Horse (parts 1 & 2). Un duel de voix angéliques
et des cris de tarés dans le fond, la présence
d'un violon, quelquechose de symphonique dans le drame qui se
prépare et qui explose dans une débauche de rythmes
tribaux, de violons qui s'emballent, de sonorités aigues,
de vocaux multiples, une fête païenne se finissant
dans l'ivresse et l'égarement. Un album taillé
dans la démesure et le minimalisme, la profondeur et
la violence, ne tombant jamais dans le pathos à l'image
de The Blood of the swan, presque gothique, réussissant
à garder un fil conducteur invisible, que des écoutes
répétées n'arrivent à percer. Un
disque très troublant dont la clef provient peut-être
de la somme des individus et leurs nationalités composant
Snowman. Une Islandaise, un Anglais, un Italien et un Indonésien
que les méandres du destin ont fait se rencontrer dans
ce bout du monde. Après un premier album en 2006 sur
lequel il n'est pas utile de s'attarder, la greffe des mondes
irrationnels et discordants a pris sur The Horse, the Rat
and the Swan. Un des albums de l'année.
SKX
(24/11/2008)
website groupe www.thesnowmanempire.com
website label www.dotdashrecordings.com.au
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Socrates
More vultures, hyenas and coyotes - CD
Modern City 2007
Une
nouveauté qui n'en ai pas vraiment une. Le duo lyonnais
Socrates est passé depuis peu en formule trio. Une chanteuse
qui se frotte au duo mâle guitare / batterie. Sur les
sept titres présents, on retrouve les trois morceaux
de leur précédent 45 tours
(Coyotes, Hyenas et Vultures). Les titres ont beau avoir
été enregistré avec la nouvelle arrivante,
ça ne change pas grand-chose. Ca permettra tout au plus
à ceux qui ont laissé leur mange-disque au dépôt-vente
du coin de mettre la main sur ces excellents titres ! Vous rajoutez
un morceau d'ouverture qui n'est que 38 secondes d'éructations,
ça ne fait au final, que trois nouveaux morceaux. Damned
! L'arrivée d'une chanteuse à temps complet ne
bouleverse pas la donne. Intégration réussie dans
un magma sonore qui prend de l'aisance et du volume, aussi bruyant
qu'il fut. In bed
in bed, c'est cinq minutes fracturées
à souhait qui nous fait la totale alors que That guy
you saw on TV, c'est une minute vingt hyper efficace de
contrastes. Les deux facettes d'un noise-rock que Socrates maîtrise
à merveille. Taille internationale. Damn! est
le dernier inédit. Là encore, c'est court, ça
met une pression d'enfer avec un son dans le rouge. Dire que
tout ça a été enregistré en quelques
heures sur un broken 4-track comme ils le marquent sur
la pochette de ce mini cd qui se prend pour un grand ! Continuez
ainsi à ne pas vouloir polir les angles, à laisser
la crasse là où elle doit rester et sortez nous
un album, un vrai, histoire de définitivement marquer
votre territoire !!
SKX
(23/07/2007)
website band : www.socratesband.com
website label www.moderncityrecords.com
sounds : hyenas.ram
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Sourvein
Ghetto Angel - CD
This Dark Reign 2007
J'aime
bien les branleurs. Et Sourvein est à coup sur un vrai
groupe de branleurs magnifiques. Le genre de compliment que
je n'irai certainement pas leur dire en face, ces mecs font
vraiment trop peur. Ghetto Angel est leur enregistrement
le plus récent, le précédent EP, Emerald
Vulture datant déjà de trois ans ou presque. Et
là, encore un format court, encore quatre malheureux
titres, dont une nouvelle version de Doldrums, morceau déjà
présent sur le split single partagé avec les doomeux
japonais de Chuch Of Misery (à l'occasion d'une tournée
européenne retentissante en 2006
). Des branleurs,
quoi, des vrais, qui n'émergent que rarement d'un état
d'hébétude crasseux et fangeux, n'enregistrent
que lorsque c'est vraiment nécessaire, et encore.
Historiquement, Sourvein a toujours été lié
à feu Buzzov-en, le groupe sludge qui ferait passer EyeHateGod
pour un ramassis d'enfants de churs. Il faut dire que
T-Roy, chanteur de Sourvein, c'est ce type qui faisait le roadie
et le fournisseur officiel en dope pour Buzzov-en mais était
également chargé en concert de balancer les samples
pendant que Kirk Fisher (ce grand malade) se fracassait le crâne
contre les amplis et continuait de chanter, le visage inondé
de sang, véritable plaie humaine. Les deux groupes ont
également comme point commun de partager le même
batteur, Ramzi Ateyeh.
Sourvein perpétue donc une certaine tradition sans avoir
à rougir de ses illustres prédécesseurs,
c'est lourd, torturé et gras. Ça fait mal. Même
si Ghetto Angel bénéficie d'une production un
peu trop lisse (où sont les basses ? qu'est ce que c'est
que ce son de batterie ? où est le papier de verre dans
le grain de voix de T-Roy ?), ce disque ne démérite
pas, renvoyant les apprentis sorciers du southern metal lent
et rampant à leurs chères études. Moins
sale et puant que d'habitude, certes, mais toujours aussi bon.
La seule chose véritablement gênante c'est d'être
à nouveau obligé d'attendre trois années
pour avoir droit à quatre titres supplémentaires.
Quoique : le groupe aurait déjà annoncé
une suite à Ghetto Angel, même pas le temps de
laisser la gnôle refroidir.
Haz
(21/04/2008)
website groupe www.myspace.com/sourvein13
website label www.devildollrecords.com/DDR/TDR/frames.php
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The
Stabs
Dirt - CD
Art School Dropout 2005 |
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The
Stabs
Wading / That's it - 7''
Weather records 2004 |
Un
groupe en The, par les temps qui courent, ça pourrait
faire peur mais ceux là, le punk-rock, ils l'ont pas
découvert à la télé et dans les
magazines branchés. Sans compter que leur punk-rock à
eux ferait fuir plus d'un rocker du samedi soir. Un son qui
grêle. Ca vibre, ça décalque. Musique qui
traîne dans le caniveau, musique des bas-côtés,
dans la fange, le goudron et les plumes à la fin. Road-movie
sanglant d'un rock sudiste fabriqué à New-York
mais pas de bol, tout ça vient d'Australie, évoque
autant les grands espaces étouffants que les ruelles
sordides. The Stabs, c'est un vrai coupe-gorge, suintant autant
les Saints que Unsane. I'm stranded. Une musique crade
sur elle, autant garage que noise avec des parties de guitare
géantes aimant régulièrement vous achever
à grands coups de larsens qui perdurent dans la tronche.
Effet garanti lors d'une écoute casquée. Baissez
moi le volume, j'entends plus le moteur. Sur mon cheval, je
suis un vrai loser mais pas peu fier. C'est une vraie giclée
comme on en voit peu. Du blues saccagé et essoré
jusqu'à la dernière goutte de rage. Rock viscéral
avec des semi-ballades qui vous tordent les boyaux comme Black
widow et des brûlots en pagaille (the woods/the
rain, never going home,
). Le jeu du guitariste
est tout en écharde, ça écorche, ça
cisaille. Un premier album qui sent la poudre et vous colle
une réelle baffe.
Deux ans plus tôt, ce trio originaire de Melbourne s'était
fait les dents avec un premier 45 à la pochette minimale.
Deux inédits excellents sur Weather records avec Wading
et sa ligne de basse digne d'un Unsane et une autre face, That's
it, qui chevauche des contrées arides. The Stabs,
ça donnait déjà soif et vous feriez bien
d'aller trinquer avec eux.
SKX
(30/06/2007)
website groupe www.thestabs.info
website label www.myspace.com/artschooldropoutrecords
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Sterling
Cursed - CD
File 13 2007
Avec
Sterling, on va s'en payer une bonne tranche et si yen a qui
parle comme dans des livres, Sterling va se charger de les ramener
à leurs chères études. C'est parti pour
trois et trois seuls longs morceaux et ce n'est pas du doom.
C'est de la musique pour érudits qui aiment rêvasser
au fond de la classe près du radiateur. C'est pas incompatible.
Jusqu'à maintenant et après deux albums,
Sterling n'avaient pas l'habitude de torcher ces compos façon
Ramones mais là, c'est carrément l'explosion dans
le temps. Sterling sortait sa science avec un piano central
qui le faisait carrément au milieu d'une confrérie
rock, un rien complexe, lugubre et c'était terriblement
beau. Pour ce troisième album, le piano est toujours
là mais tout est à la taille au-dessus. Et c'est
pas forcément en mieux. Sterling a vu grand. Ca commence
par un Lurker très convaincant avec une basse
(tenue par Al Burian, le mec de Milemarker) solide, des arpèges
de guitares tournoyants dans le même ciel étoilé
que les touches d'un piano virevoltant. Sterling sait faire
du beau et du lyrique en étant toujours à la limite,
créer une tension, appuyer un rythme, monter la sauce
sans la renverser. Des groupes post-rock qui répondent
à ces critères, yen a des tonnes mais Sterling
est le seul à le faire de cette façon. Cette touche
de classicisme dans ce fatras rock fait encore des ravages.
Un album où le piano change de main (Andy Lansangan remplace
Jim Del Fosse) et élargit ses sonorités. Sur Acacia,
le deuxième titre, ça sonne orgue avant de virer
ambiance neo-seventies avec l'arrivée d'une flûte
- ma chère et bien aimée flûte - et un solo
de guitare qui déboule au bout de dix pénibles
minutes qui fait fuir toute personne normalement constituée.
Autant vous dire que cet Acacia là est des plus
fané et ce bouquet baba-rock refroidit les ardeurs. Un
Acacia qui enchaîne avec un Eyes qui ne
vous ouvrira guère plus les sens. Entre cette tenace
touche seventies qui sent la musique progressive (on échappe
heureusement au solo de guitare) et un esprit plus expérimental
au milieu, Sterling a oublié en cours de route cette
tension et noirceur qui font tout son charme. Bizarrement, un
album que je me surprend à aimer sur la longueur mais
je comprendrais tout à fait si vous ne pouviez pas l'encadrer.
SKX
(14/07/2007)
website groupe www.myspace.com/sterlinginhell
website label www.file-13.com
sounds www.file-13.com/sounds/index.php3
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The
Striggles
Expressionism - CD
Noise Appeal 2008
Quand la première chose à laquelle vous pensez est
Red Hot Chili Peppers, c'est pas bon signe. Carrément pas
bon signe. Ne demandez pas pourquoi
Une histoire de chant
énervant ou une vague ambiance latente qui va vers un funk
tordu sur un morceau d'ouverture qui porte parfaitement son nom,
Sorry, car effectivement, ils peuvent être sacrément
désolé. Pour un peu, on enverrait balader le CD
en mode freesbee au bout de deux minutes. Mais une grande conscience
professionnelle étreignant ces pages, il a bien fallu donner
une seconde chance à cet album et autant vos dire que plusieurs
semaines sont passées avant d'aller au-delà du stade
de ce premier titre. Voir des deux premières minutes seulement,
car déjà vers la fin du morceau, ça partait
en sucette et que, il faut bien avouer, ce groupe autrichien n'a
rien à voir mais alors rien à voir du tout avec
les Red Hot !! Il suffisait surtout de s'enquiller le second titre,
le mal nommé It's just a joke. The Striggles ne
rigole plus. The Striggles, un groupe d'empêcheurs de tourner
en rond comme disent les derviches, le genre insaisissable qui
aborderait le style noise-rock avec l'esprit des Residents ou
du Captain Beefheart. Et une pincée de leurs compatriotes
Bulbul pas franchement sain d'esprit non plus. Une approche qui
en vaut une autre mais ça sera chacun la sienne. It's
just a joke raconte une sale blague où la rythmique
range son funk et explose la tronche, des guitares qui découpent
et partent en vrille. Un titre dingue qui renvoie à la
rigueur d'Alboth et la folie d'un Glazed Baby. Oui, encore des
références. Et ce n'est pas fini. Cette rigueur
teutonne, on la retrouve plusieurs fois. The Striggles aime quand
ça martèle dur au fond de la vallée. Précis.
Humiliant. Avant de repartir en ballade bucolique et en fait de
funk tordu, c'est plus vers un groove pervers à la No Means
No, une tentative de danse à trois pattes. Une ligne de
basse sournoise, ça gronde là-dedans, un riff qui
tranche, un air qui coule, on sifflerait presque, se répercute
d'un morceau à l'autre, des guitares qui couinent - littéralement
- on s'y perd et on est qu'à la moitié de l'album.
C'est à ce moment là que ce quatuor autrichien (avec
un ex-Fetish 69 !) décide de calmer le jeu mais pas nous
endormir avec un parcours tout sinueux et bizarre puis de retrouver
cette assise rythmique martelante qui leur va si bien au teint
grâce à la bien nommée Suzie. Mais
c'est parlé trop vite. L'album se finit dans un état
cotonneux. The Striggles pisse toujours là où on
les attend pas, devient presque doux et mélodique avant
de clore sur un dernier sprint en dent de scie. Cette chronique
est un grand foutoir et j'allais dire tout comme cet album mais
ce n'est pas l'impression qui domine non plus. Il semble que The
Striggles ait voulu coller au personnage illustrant leur pochette,
le dénommé Zippy the pinhead, personnage crée
par Bill Griffith au début des seventies et dont les différents
dessins à l'intérieur du digipack reprennent un
tas de sentiments de la vie quotidienne : la joie, la peur, la
pitié, l'anxiété, la rage, la panique, l'excitation,
etc
. Il y a de tout ça dans ce premier album des
Autrichiens. Ils n'embrassent pas plusieurs styles, ils donnent
une coloration différente à chaque morceau, fait
du même bois mais pas de la même essence. Ou l'inverse,
je sais plus. Enfin, si vous ne comprenez pas, c'est pas grave,
moi non plus à vrai dire. L'important c'est que ça
sonne, vous interpelle et que vous vous débrouillez pour
écouter cet album où tout n'est pas grandiose mais
diffusant suffisamment de bons morceaux pour que vous lui donniez
sa chance.
SKX
(28/10/2008)
website groupe robert.lepenik.at/the_striggles
website label www.noiseappeal.com
sounds robert.lepenik.at/the_striggles/mp3s.html
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Strings
Of Consciousness
Our Moon Is Full - CD
Central Control International 2007
Les
paroles sont peut être ce qu'il y a de plus important
dans le premier album de Strings Of Consciouness. Même
pour un béotien comme moi qui entrave que dalle à
la langue de Selby, de Burroughs ou de qui voudrez : in texto,
y compris avec un dictionnaire pour les nuls, tout ceci me semble
bien obscur. Obscur ? Justement, c'est en fermant les yeux que
je comprends le mieux, que je m'imagine saisir ce qui pourrait
m'échapper, que je flirte avec les émotions -
Our Moon Is Full est un album de poètes véritables
et c'est sa première et indéniablement sa plus
grande qualité. Une poésie que l'on peut ressentir
uniquement par les sons qu'elle dégage. Le principe du
disque est simple : pour chaque titre, Strings Of Consciousness
a invité une grande voix à s'exprimer, écriture
du texte comme son interprétation incombe à chaque
invité dont la liste tient du pur fantasme avec la présence
de J.G. Thirlwell (Ftus), Scott McCloud (Girls Against
Boys), Eugene Robinson (Oxbow), Barry Adamson, Pete Simonelli
(Enablers) et -le seul que je ne connaissais pas- Black Sifichi.
Certaines interprétations lorgnent définitivement
du côté du chant (Asphodel par Thirlwell,
Christallize It dont on pourrait croire qu'il s'agit
vraiment d'un nouveau titre de Girls Against Boys et, pour moitié,
l'intervention de Barry Adamson sur Sonic Glimpse) mais
la grosse majorité de ces chansons est sur le mode parlé/récitatif.
Chacun y va de son talent, Eugène Robinson montant en
puissance avant d'exploser sur un beat electro du meilleur effet,
Simonelli avec sa sobriété imparable et impériale,
Barry Adamson toujours et encore avec sa profonde voix grave
un peu érodée par le temps et enfin Black Sifichi,
le seul à intervenir sur deux titres et dont j'aimerais
entendre autre chose après la mise en bouche spectaculaire
que représente While The Sun Burns Out Another Sun.
Et la musique dans tout ça ? Ah oui la musique ! Le plus
fascinant est qu'elle n'a rien d'un assemblage hétéroclite
alors que cela était le risque le plus évident
avec autant de voix différentes à soutenir et
autant de musiciens d'horizons différents intervenant
sur le disque (de Nicolas Dick de Kill The Thrill au trompettiste
Andy Diagram, ex Honkies, Spaceheads). Mais l'unité est
là, ramassée autour d'un patient travail d'orfèvre
et d'assemblage de la part de Philippe Petit et de Hervé
Vincent, les deux têtes pensantes du groupe. D'accord,
Asphodel est une curieuse mise en bouche offrant un chant
assez inhabituel de la part de J.G. Thirlwell et Christallize
It est un vrai brûlot rock mais rien ne dépareille
sur ce disque qui réussit à allier tensions noisy,
post rock tortoisien (celui des deux premiers albums des Chicagoans)
et virevoltes électroniques - un disque à part
et une musique à part, directement dans mon top ten de
2007.
Haz
(20/10/2007)
website groupe www.stringsofconsciousness.info
website label www.centralcontrol.co.uk
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Sullivan
14
Self-titled
- CD
Autoproduction 2008
Comme
le rouage vert de gris de la pochette semblant inexorablement
vous broyer, la musique de Sullivan 14 est cette implacable
machine recyclant ces influences archi connues auxquelles je
ne me sens pas la force de résister. La grande faucheuse
infernale est de retour. Un groupe parisien qui a tatoué
les noms de Converge et Botch au dessus de son lit et malaxant
tout chaud ces idées noires et rageuses dans un gouffre
de décibels. Je ne connais rien au pedigree de ces zouaves
mais pour un premier jet, c'est étonnant de maîtrise.
On est bien d'accord, il n'y a strictement rien de nouveau dans
le décor mais une fois entériné cette donnée,
on ne peut que s'incliner devant ce déchiquetage en règle.
Enregistré par Guillaume Maudit (je le cite comme si
on avait gardé les vaches ensemble mais je n'ai jamais
entendu parlé de lui) qui a accompli un travail remarquable,
faisant sonner clairement chaque instrument, chaque note s'extirpant
à l'aise du chaos voulu par le style. Puissant, ample,
Sullivan 14 n'avait plus qu'à sculpter au cordeau son
lot de changements de rythmes diaboliques, de riffs tour à
tour hyper aiguisés et lourd comme une fondue savoyarde,
d'ajouter des sons clairs de guitares, de s'arracher des cris
à se couper les doigts, de pulser la bête, de freiner
des quatre fers pour reprendre son souffle et de lier les morceaux
dans le prolongement d'un larsen ou d'un hurlement, tout en
qualifiant leurs paroles de lamentables (l'auto-dérision
étant tellement rare dans ce milieu qu'il faut bien la
souligner quand elle est présente). Cinq morceaux se
finissant par un ghost track toujours aussi inutile, pour un
mini-album tout ce qu'il y a de parfaitement torturé
et sauvage. On a connu pire comme début !
SKX
(05/05/2008)
website groupe sullivan14.free.fr
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Sunburned
Circle
The blaze game - CD
Conspiracy 2007
Quand
un groupe psychédélique-expérimental-krautrock
rencontre un autre groupe psychédélique-expérimental-krautrock,
que voulez-vous que ça donne. Sunburned Circle, c'est
la contraction des deux groupes Sunburned Hand of the Man et
Circle. Ca aurait pu être Circle of the man ou Hand of
the Circle ou Suncir of the handcleman mais ils n'avait pas
dû encore assez fumer pour en arriver là. D'un
coté le collectif de Boston et de l'autre les mythiques
finlandais de Circle et leurs quatorze-douze albums (un de plus
que Sunburned of the man). Une rencontre en 2006 avec à
la sortie de l'enregistrement en commun, un ticket direct pour
Katmandou. Une triptyque Neu-Can-Faust, les grands espaces à
portée de main, l'impro à plein nez avec tous
les hasards que cela comporte. Dommage qu'ils ne soient pas
plus heureux, les hasards. A l'arrivée, il n'y a pas
que les instruments qui tournent entre les 11 musiciens de ce
projet. C'est tout enfumé que l'on ressort de cette jam-session.
Des sons bizarres, des sons intergalactiques, des constructions
très aléatoires et affreusement mouvantes. Rien
de bruyant ou de puissant. Tellement aérien et space
que ça me passe haut, très haut au dessus de mes
maigres capacités en matière de musique de freak-hippie.
Soyez gentils, s'il vous plait. Aller simple le ticket, aller
simple.
SKX
(23/09/2007)
website groupe www.circlefinland.com
| www.sunburnedhandoftheman.com
website label www.conspiracyrecords.com
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Superbeatnik
No hand hold - CD
Head 2008
Le
jour où ils ont décidé de s'appeler Superbeatnik
était un jour de très petite forme. Comme précédemment,
deux de leurs membres évoluaient au sein d'un groupe
éphémère répondant au doux nom de
Tentakular Megafucker, on peut affirmer sans se mouiller que
les noms de groupes, c'est pas leur truc. Derrière ce
patronyme trompeur se cache un trio de Montpellier devenu quatuor
le temps d'enregistrer cet album pour mieux revenir trio depuis.
La stabilité, c'est pas leur truc non plus. Un trio avec
le guitariste actuel de Marvin mais on tape pas dans le même
rayon. Superbeatnik, comme son nom ne l'indique pas, c'est influencé
direct par le stoner (hard-rock musicalement correct mais hard-rock
quand même), citant Kyuss et Fu Manchu (oh putain, je
me casse !), soit quelque chose de bien lourd, voir gras et
indigeste qu'ils ont su heureusement télescopé
avec des influences plus hardcore et noise dont la légèreté
de l'apport ne vous aura pas échappé. Et rock
aussi. Une bonne dose de rock'n'roll bien sauvage dont l'enregistrement
cru et sans fard sert leur propos. Neuf titres qui possèdent
ainsi la grâce d'un bombardier volant à la vitesse
d'un Spitfire. Tu te cales dans ton siège et tu ne cherches
pas à comprendre. Mach 3 dans la tronche, ça suffit
comme seule explication. Energie bouillonnante et une rythmique
au groove presque sixties, ne cherche toujours pas à
comprendre. Avec des missiles plus pointus que d'autres comme
Prove your conviction, à l'approche très
Unsane, définitivement plus mon champ de mines sur lequel
j'aime me faire sauter. Parce qu'il ya aussi de nombreux passages
dont je me passerais bien, comme une odeur fétide soulevant
mon cur de poulet élevé au bon grain. Des
relents de ce fameux rock stoner me rappelant trop le hard-rock
des années 70, les pires, celles juste avant 1976. Les
longues chevelures et la pilosité abondante. Des riffs
de guitares trop connotés hardos. Un mélange qui
subitement ne prend plus. L'énergie prend des allures
de bikers velus et gras du bide. Et la moto c'est pas trop mon
truc. Tout comme ce disque finalement.
SKX
(04/05/2008)
website groupe www.myspace.com/superbeatnik
website label www.head-records.com
|
Superstatic
Revolution / Pupille
Split CD
Basement Apes Ind. 2006
Split album à l'horizon seulement séparé
par la ligne blanche des Pyrénées. D'un coté
les sudistes de Superstatic Revolution. De l'autre, les Espagnols
de Pupille. Dans l'ordre du CD, les Français attaquent
avec cinq morceaux. Ce n'est toujours pas la révolution.
Superstatic Revolution glisse sur la cendrée bétonnée
de leur album Goodbye Mr Wanton. Du profondément écorché,
que ce soit virulent (le convaincant morceau d'ouverture Sermons
part. 1) au mélancolique titre d'achèvement
Sermons part. 2 ! Entre les deux, toujours ce hardcore
noisy et métallisé (pas comme la voiture) que
le groupe maîtrise de plus en plus à défaut
de transcender le genre.
Pour Pupille, c'est histoire sans parole. Là aussi, l'humeur
n'est pas à la franche gaîté mais il la
décline sur le mode tout instrumental. Une musique qu'on
pourrait vite cataloguer de post-rock. Et vous auriez raison.
Sauf que leur post-rock à eux ne titille pas les plates-bandes
des récurrents Godspeed you Black Emperor. Leur fond
de commerce puise ses racines dans quelquechose de plus rock
et emo, comme ces samples et cris déchirés sur
Quiero que me, sans jouer sur les habituels clichés montées/descentes
bruyantes. Pupille tente d'instaurer une pression constante
dans sa retenue. Ca ne les empêche pas de jouer les contemplatifs
sur Tu primer tac et se bercer de tonalités aériennes.
Quatre compositions aux fines subtilités, à l'écriture
soignée, qui tente de trouver sa propre voix dans un
post-rock encombré jusqu'à la glotte mais qui
ne m'émeut pas plus que ça. Dur de casser la baraque
avec ce genre de musique. Deux groupes qui connaissent bien
leur partition, exécuter avec maîtrise et savoir-faire
pour un split album trop sage et sans surprise.
SKX
(20/11/2006)
website groupe www.superstaticrevolution.com
| www.slowcoloured/pupille
website label www.basementapesind.com
sounds pupille_unbalon.mp3
| SR_Sermons.mp3
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Swann
Danger
Deep north - CD
Custody night school 2007 |
|
Swann
Danger
Self-titled 10''
Release the bats 2003 |
On
ne sent pas la douleur. Elle nous refroidit. C'est glacial là-dedans.
Tétanisant. Andy Zevallos, basse. Cynthia Mansourian,
guitare et voix. Un duo qui a fait ses gammes au sein de Heart
of Snow (un seul maxi chez GSL en 2001 qui comprenait également
un membre de Yaphet Kotto). Pour compléter ce couple
maléfique, une boite à rythme, histoire d'être
sûr que personne ne gâchera la fête en se
sentant d'humeur joviale. Quatre ans déjà que
leur 10'' est sorti. Cinq titres à déconseiller
à toute personne qui n'aime pas se retrouver enfermer
dans un ascenseur. En panne l'ascenseur bien sûr. Xmal
Deutschland sonnerait presque joyeux. Et la mère Siouxsie
la reine de la blague. Car le duo de Californien puise sa joie
de vivre dans les années 80, le mouvement gothique et
autres réjouissances que l'on nomme désormais
Deathrock (une étiquette à la con de plus). Du
rock de corbeau aux accents plus rock. Sauf que dans ce premier
disque, de rock, il n'est pas question. Deathrock égal
aussi mort du rock. Des lignes de basse aussi belles que tragiques.
Rondes et caverneuses. Une guitare inquiétante, à
l'économie dont la reverb se perd dans le brouillard.
Ciselant. Voix très
Siouxsie Sioux. Evidemment.
Tout ça n'a rien de gênant. Swann Danger balaie
ces poussières d'un coup de boite à rythme martial.
Danse macabre pour réchauffer le cur de l'intérieur.
Cinq morceaux grandioses de minimalisme.
Retour au présent. Swann Danger prend son temps. Quatre
ans plus tard. Exit la boite à rythme morte au combat.
Un vrai batteur de chair et d'os. Celui de Dead and Gone et
Creeps on Candy (groupe composé de ¾ quart de
Dead and Gone à l'unique album grandiose sur Alternative
Tentacles). Lui, c'était pour le studio. Pour les concerts,
c'est celui de Year Future. Le groupe perd en originalité.
Gagne en chaleur. Le rock de deathrock retrouve tout son sens.
Ok, c'est pas AC/DC non plus. Les bases restent les mêmes.
Froideur et décadence. Mais cette batterie apporte indéniablement
de la puissance, faisant évoluer la musique de Swann
Danger dans une sphère proche de celle de Celebration.
La noirceur en plus. Zevallos dessinent toujours avec sa basse
les mélodies d'un dub austère de petit blanc,
une danse maladive sur laquelle les accords aiguisés
et aigus de la guitare viennent se fracasser. C'est la musique
de Heart of Snow que l'on retrouve. La cold-wave rigide qui
se donne un coup de pied au cul. Une décongélation
qui n'a pas peur d'envoyer le bois. Ca reste dépouillé
et névrotique mais comme Swann Danger sait vous torcher
de vrais morceaux accrocheurs avec des squelettes d'éléments,
les onze morceaux de ce Deep north ne sont pas qu'une lointaine
contrée inaccessible où souffle le vent de la
solitude. Donnez du rock à vos corbacks.
SKX
(22/07/2007)
website groupe www.swanndanger.com
website label www.releasethebats.com
(cd)| www.the-culdesac-komitee.de
(lp)
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The
Swarm
Red paint on the odessa steps - CD
Fight Me 2005
Ne
croyez pas que c'est par snobisme qu'on vous narre les aventures
d'un groupe qui n'existe plus depuis février 2007, dont
personne de toute façon n'avait entendu parler de son
vivant avec un album datant d'octobre 2005 dont tout le monde
s'en tape et introuvable par ailleurs. Mais il ya des choses
qu'on ne peut ignorer. Excepté à Notthingham,
leur ville d'origine, dans un entrefilet du NME et les caves
pourries des clubs anglais, The Swarm est ce nom de groupe qu'on
oublie aussitôt après l'avoir prononcé.
Mais je n'aurais pas aimé me trouver dans la même
cave qu'eux. Ou plutôt si, pour me prendre une branlée
punitive exemplaire, un déluge de feu dont la pochette
stalinienne représente à merveille ce qui va vous
tomber dessus quand vous ouvrez le boîtier de ce qui représentera
à jamais le seul et unique album de leur courte carrière
(à noter tout de même un split 12'' avec trois
autres groupes). Mais quel album ! C'est du lourd, du très
lourd qui vous attend. Du vicieux, du malsain, du tordu. Un
disque noise-rock ultime avec des rythmes dans tous les sens,
une basse imitant le bruit des bombardiers, hautement distordue
et graveleuse, des guitares alertant de l'arrivée de
ces bombardiers, stridentes, multipliant les effets, tour à
tour tranchantes et vomissantes, un chanteur pas avare d'efforts
pour courir sous les bombes et pour couronner le tout, un type
qui croyait bon d'ajouter des sons électroniques pour
masquer l'arrivée des bombardiers en troublant les fréquences.
C'est sûr, The Swarm avait peur du silence. Alors oui
à la première écoute, c'est tout le monde
aux abris. Mais les structures du labyrinthe se mettent rapidement
en place. Un chaos superbement organisé dont les méandres
laissent place à de glorieuses ouvertures. Les cinq anglais
savent varier les attaques, les angles de tirs, ménager
de brefs accalmies pour mieux déverser leur flot de haine.
Un sens du riff hystérique mais efficace les renvoyant
à la débauche d'énergie d'un Racebannon.
The last friend alive et ses dix minutes sont là
pour témoigner d'un self-control total, d'une inventivité
féconde sous leur folie apparente. The Swarm évite
le bombardement aveugle et si plus rien ne repousse après
leur passage, c'est avec la classe des grands malades. Un disque
de bravoure qui a donné envie au chanteur, au bassiste
et à Mr Electro de continuer les débats sous le
nom de Wander Phantom. J'ai
connu une polonaise qui écoutait ça au petit déjeuner
mais faut bien avouer, c'est plutôt un disque d'homme.
SKX
(07/01/2008)
website groupe www.myspace.com/intotheswarm
website label www.dubrek.com/fightme
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Swims
s/t - CDEP
Distile 2006
Provenir de Sacramento comme Hella. Faire enregistré
son premier disque par Aaron Prellwitz qui était derrière
les manettes du premier album de Hella. Etre au nombre de deux
comme Hella. Faut pas chercher midi à quatorze heures.
Si vous pensez que Swims ressemble à Hella, vous avez
fichtrement raison. Ah nuance. C'est un duo basse-batterie et
non pas guitare-batterie. Faudrait voir à pas déconner
non plus, on aurait pu se méprendre. Mais depuis que
Hella joue dans la cours des grands et fait de la mélasse,
autant se rabattre sur de la viande fraîche. Paul Slack
(basse) et Mark Rocha (fourchette à pain) connaissent
les règles du math-rock instrumental. Nous aussi d'ailleurs,
c'est bien là le problème. Mais je ne vais pas
faire le bégueule. Le batteur n'essaye pas de battre
plus vite que la musique et ne se prend pas pour le Dieu incontesté
de la batterie comme son grand frère Hella. Il n'en fout
pas partout. Le bassiste n'est pas le roi du taping. Ca ne déborde
pas du manche. C'est du math-rock contrôlé, qui
respire, chaleureux presque, bref de l'humain et à défaut
d'une originalité débordante, ces six titres glissent
tout seul.
SKX
(26/04/2007)
website groupe http://www.swimsband.com
website label http://www.distilerecords.com
sounds http://www.myspace.com/swims
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Scul
Hazzards
Slaughtered Pigs - mp3
Self-released 2009
En
attendant le nouvel album Landlord prévu pour
ce mois d'avril et coïncidant avec une nouvelle tournée
sur notre continent, le trio australien le plus européen
sort un single trois titres en version téléchargeable
uniquement et gratuitement sur ce lien.
Servez-vous, yen a pour tout le monde et c'est de la bonne.
Encore une fois serait-on tenté de dire. Scul Hazzards
continue de labourer le même terreau noise-rock fertile
entre Hammerhead et Rapeman (ou Young Widows pour faire récent)
et ils le font grandiosement. Le titre Slaughtered Pigs
se retrouvera sur l'album mais il est tellement énorme
qu'il valait bien une avant-première. Une paire basse-batterie
tonitruante avec ce décrochage mélodique qui en
fait tout le piment. Si tout l'album est de ce calibre, on va
l'user jusqu'à la corde. Rien ne dit pour l'instant que
les cinq minutes de Keep Quiet vont figurer elles aussi
sur l'album mais c'est toujours du costaud. C'est le versant
plus complexe et rampant des Australiens et c'est tout aussi
jouissif. Le cadeau bonus de ce single, c'est la reprise de
Kerosene par Big Black. Un morceau qu'ils exécutaient
déjà sur leur dernière tournée à
qui voulait bien leur demander. Et ils ne se faisaient pas prier
les bougres, c'est qu'ils aiment ça ! Reprise fidèle
qui n'a que peu d'intérêt en soi mais c'est un
tel morceau de l'international noise que le plaisir de l'écouter
(avec une vraie batterie) prend le dessus sur toutes autres
(vaines) considérations. Un single, comme l'imminent
album, masterisé par Carl Saff, apôtre américain
du noise-rock et ça s'entend, le son de Scul Hazzards
prenant encore plus d'ampleur et de consistance. Ca va latter
!
SKX
(08/04/2009)
website groupe www.myspace.com/sculhazzards
| www.byoko.blogspot.com
|
sHoeGazer
Intoxicated birthday lies - CD
Todo O Nada 1997
On
n'a pas idée d'appeler son groupe aussi pitoyablement
alors qu'on a rien à voir avec le style. Pourquoi ne
pas appeler son groupe de grind, Pop2000 tant qu'à faire
! Parce que ce groupe de Los Angeles n'avait strictement rien
à faire dans la catégorie shoegazing. Un manque
d'inspiration flagrant au moment du baptême. Voir également
au moment du premier album de pop-punk ou hardcore mélodique,
appelez ça comme vous voulez, je n'ai jamais trop fait
la différence mais ce Two Boxing brown bears est
bien trop binaire et plat pour me tenir de pain quotidien (malgré
deux, trois titres honnêtes). Avec leur deuxième
album Intoxicated birthday lies, les choses s'améliorent.
sHoeGazer garde son coté mélodique mais noircit
le propos, durcit les structures et devient largement plus abrasif
pour tenir la distance. Avec un membre commun (le batteur) à
The Icarus Line, groupe indé-rock qui connu son heure
de gloire (toute relative) au milieu des années 90, sHoeGazer
aligne quelques bonnes pépites intenses, jamais avares
de mélodies mais tout ne joue pas là-dessus. Des
titres comme W.D. Scotty, We live with our parents
ou Walky Talky se gobent sans sourciller et feraient
plaisir à n'importe quel fan d'un Arcwelder tatoué
du biceps. Oscar Rey fait valoir toute l'urgence de son chant,
habité par quelques démons intérieurs et
le son a pris l'épaisseur nécessaire pour que
le jus prenne. sHoeGazer, un groupe aux multiples turpitudes
et changement de personnel trop régulier pour que l'histoire
dure. Un troisième album fut quand même enregistré,
Missing Dot in the G, mais est en fait apparu sous le
nom de Help Gnash Red, le nouveau projet de Oscar Rey. Enfin,
apparu est un bien grand nom puisque qu'il est surtout resté
enfermer dans les cartons et personne n'a eu la chance de l'entendre.
Ou si peu.
SKX
(08/02/2009)
website groupe www.myspace.com/shoegazerofnorwalk
|
Le
Singe Blanc
Baï Ho - CD + DVD
Bar La Muerte / Whosbrain 2008
Des
sacs à dos chargés à ras bord. Un escalier
en colimaçon qui donne le tournis. Des dos courbés
sous le poids dans des rues désertes. Les méandres
du métro parisien et ces portiques trop étroits.
Une vaste salle d'attente dans un aéroport. Je ne vous
raconte pas les détails croustillants de mon dernier
voyage (ça remonte à trop loin) mais celui du
Singe Blanc, un groupe de Metz parti voir en Chine en septembre
2007 si le rock y était plus vert. Baï Ho
- qui signifie singe blanc en chinois - est le journal de bord
de ce périple original, dans un pays que les routes du
rock n'ont pas souvent l'occasion de sillonner, bien que tout
ça s'améliore, l'ouverture de la Chine touchant
également le milieu musical.
Un objet double avec CD accompagné de dix nouveaux titres
et DVD dont le chapitre principal retrace ce voyage. 76 secondes
pour passer au vert. Une tournée avec les moyens
du bord. Le DIY est international. Une tournée dont l'intérêt
se situe plus dans la découverte du pays en totale immersion
chez les autochtones qu'un enchaînement classique de dates
de concerts. Caméra au poing, Stéphane Ulrich
a filmé des kilomètres et des kilomètres
d'avions, de trains bondés, de cars couchettes, de vélos
à deux ou en solo, de marche perdue sous des panneaux
de signalisation incompréhensibles, tous les moyens sont
bons pour parcourir les longues étendues de l'empire
du Soleil Levant. Le propos est clairement de montrer du Chinois
(et de la chinoise, présente en nombre au concert !)
et non pas du rock. C'est répétitif et un rien
longuet mais que ce soit en Chine ou en Europe, cela montre
bien qu'une tournée, c'est avant tout du transport, du
transport, encore un peu de transport, de l'attente, du glandage
et
à la fin, vous vous débrouillez pour
caser un peu de rock'n'roll ! On se croirait comme sur une
place de gare en Chine. Les Chinois sont les spécialistes
du V de la victoire dès qu'ils aperçoivent la
caméra. Caméra à laquelle ils ne cessent
de sourire, quel que soit les conditions et le lieu. En France
(et bien ailleurs), il ya longtemps que des tronches de six
pieds sous terre l'auraient accueillie (moi le premier) et que
le caméraman se serait fait envoyer promener. Entre deux
longs plans de locomotion et de bouffe, le film donne la parole
à quelques acteurs locaux (tourneurs, promoteurs, groupes)
pour un début d'histoire du rock chinois (qui a commencé
en gros il ya 10 ans à peine. Avant ça, les Clash
et les Sex Pistols étaient inconnus de 99% de la population)
qui, par contre, n'est pas en retard sur une valeur universelle
du rock'n'roll : le mec bourré à la fin du concert.
C'est comme à la maison !
Et à pays exotique répond musique singulière.
On connaît bien les quelques repères au monde particulier
du Singe Blanc qui ont tous un point commun : avoir mis la guitare
au rencart et un profond désir de faire bouger les foules
sur des rythmes à quatre mains. Victims Family, Ruins,
Primus, Belly Button, Sabot. Dans le délire rythmique,
les précédents albums du trio messin en faisaient
des tonnes, quitte à aller jusqu'à l'overdose.
Cette fois-ci, si le jeu des deux basses et de la batterie ne
jouent toujours pas l'économie (mais comment pourrait-il
en être autrement ?!), le groove a gagné en clarté.
Les cassures sont presque invisibles, les changements de direction
en douceur tant bien même ça envoie sévère
et que certaines joutes rythmiques sont épiques. Avec
une basse qui aime titiller les notes aigues et délivrer
des petites mélodies addictives, l'élocution du
Singe Blanc se fait plus légère et compréhensible
pour le commun des mortels. Un cyclone auquel il est difficile
de résister. Même si les références
suscitées n'ont jamais soulevé votre enthousiasme,
le corps ne peut que se cabrer, se secouer et suivre le mouvement.
Le Singe Blanc est plus fort que toi. En fait, le seul point
qui peut rebuter est le chant. Ou les chants puisque les deux
bassistes se répondent régulièrement. C'est
la grande originalité du groupe. Leur ligne de démarcation.
Mais aussi le point de discorde. Les paroles n'en sont pas.
Des onomatopées, des syllabes collées les unes
à la suite des autres et qui ne veulent rien dire, des
cris partant aussi bien dans les aigues que dans les profondeurs,
éructés avec le sérieux d'un personnage
de cartoon. Le chant envisagé comme un instrument à
part entière et donnant une coloration burlesque d'hurluberlus
débarqués d'une autre planète pouvant refroidir.
Mais à force d'écoute, on se prend au jeu, les
sonorités et le collage des mots tombant souvent juste.
J'aimerais juste un jour entendre Le Singe Blanc avec un chant
normal pour ici bas. Une simple curiosité de terrien.
La musique du Singe Blanc rend joyeux, qu'on se le dise, même
si le bonheur, ça se mérite. Et en plus pour le
même prix, t'as le dépaysement.
SKX
(24/01/2009)
website groupe www.myspace.com/lesingeblanc
website label www.barlamuerte.com
| whosbrain.free.fr
|
Sister
Iodine
Flame Desastre - LP
Premier Sang 2009
Sister
Iodine bouge encore. Non content de s'être reformé
quelque part au début du millénaire, d'avoir enregistré
en 2005 un album pour Textile records (que -je vous le rappelle-
le patron n'avait pas vraiment aimé) et alors que plus
personne n'attendait le trio sur ce terrain là, Sister
Iodine remet déjà le couvert sur un tout nouveau
label parisien. Flame Désastre n'est disponible
qu'en LP et en vinyl transparent, l'objet (assez beau ma foi)
est limité à cinq cents exemplaires.
Lionel Fernandez, Erik Minkkinen et Nicolas Sakamoto-Mazet sont
en très grande forme. Ils ont remis du combustible humain
dans leur accélérateur à misanthropie musicale
et même s'ils se foutent toujours et encore plus de composer
des chansons, on peut dire qu'il y a de vrais morceaux sur ce
disque. Pas de titres avec un début, un milieu et une
fin. Pas de chant non plus. Mais quelque chose qui rappelle
au monde que question chaos sonore, no wave tribale et noise
indus ils en connaissent un sacré rayon. Bande de bourreaux.
Radical, Flame Désastre offre une dizaine de titres
gangrenés par des guitares maltraitées, perpétuellement
en mode haute saturation, murs du son infranchissables et déchiquetage
de toutes bonnes intentions. Là-dessus viennent se greffer
des rythmes tribaux, presque martiaux, donnant plus l'impression
d'enfoncer le clou que de donner la cadence. Cela fait très
mal. C'est même très éprouvant. Nihiliste
et répétitif. Vous trouviez qu'Athletic Automaton
avait un côté rébarbatif et pénible,
comme une torture insupportable et vaine ? Sister Iodine met
tout le monde d'accord avec Flame Désastre, magma industriel
de stridences et d'explosions lourdes dont le seul but semble
être de tout déchiqueter et de tout broyer. Mission
accomplie car ceci est très certainement le disque de
Sister Iodine le plus violent à ce jour.
Haz
(07/03/2009)
website groupe www.sister-iodine.net
website label www.premiersang.com
|
Sofy
Major
Self titled - 12''
Emergence records / Communication is not words records 2009
Je
ne sais pas vraiment pourquoi mais avec ce nouvel enregistrement
de Sofy Major je m'attendais en quelque sorte à un phénomène
de surenchère, c'est sûrement le genre pratiqué
ici qui me faisait penser ça : toujours plus fort, toujours
plus lourd, toujours plus haut. Et c'est exactement ce qui s'est
produit. Mais pas dans le sens où je le pensais. Loin
d'avoir radicalement changé sa musique, d'avoir pensé
ne serait ce qu'un seul instant à l'adoucir ou à
la rendre plus présentable (pour qui ?), le groupe n'en
a pas pour autant profité pour jouer à celui qui
gueule le plus fort et souffre le mieux. Non, Sofy Major a concentré
ses nouvelles compositions de l'intérieur, ralentissant
le rythme, blindant ses parties de guitares d'une sous couche
malsaine qui finit de vous achever une fois essuyées
les premières attaques frontales. Ce n'est pas de la
roublardise ni même du vice mais un fort épanchement
de personnalité (sombre et dure la personnalité
les gars, une petit bière pour détendre l'atmosphère
?) qui vous colle instantanément aux tripes et vous racle
le surmoi par les voies naturelles. Que du bon. Ces changements
qualitatifs sont sûrement dus à un remaniement
conséquent du line-up -un membre en moins, deux en plus-
dont la principale conséquence est l'adjonction d'une
guitare supplémentaire.
Mais le meilleur ce sont ces bidouillages imaginatifs (comme
sur l'excellent Endive ou le très bien nommé
Satan) qui servent vraiment à quelque chose et
non pas uniquement à épater la galerie et surtout
la voix qui est en très net progrès. Jusqu'ici
cette voix c'était un peu le point faible de Sofy Major,
le chant allo maman screamo qui joue au bras de fer avec la
guitare, or celui-ci -sans renier sa sainte colère- est
mieux placé (oserais-je dire plus pertinent ? allez,
oui, j'ose) et bien posé, hop en plein dans ta face mais
sans les postillons ni l'haleine du clakos mangé à
midi. Ces quatre titres sont une étape importante pour
Sofy Major dont le metal hard core écrasant (ha! cette
intro de Meutre A Lezoux) et viscéral (le déjà
nommé et macabre Satan) trouve enfin ses marques.
Entre l'option lourdeur d'une pierre tombale infranchissable
et l'option bienvenue dans mon cauchemar quotidien, le groupe
n'a plus à choisir : il a su parfaitement mixer les deux.
(Un petit mot à l'usage des record geeks sur la présentation
de ce disque : l'artwork est signé Brian Cougar, la pochette
est gatefold et sérigraphiée, les quatre titres
sont gravés sur la première face du vinyle tandis
que la seconde est sérigraphiée elle aussi. Achetez
ce disque, cela permettra à Sofy Major de manger des
pâtes tous les jours et d'enregistrer enfin un LP complet)
Haz
(18/05/2009)
website groupe www.sofymajor.com
website label wfstasso.free.fr
| www.comisnotwords.com
sounds 20MeurtreaLezoux.mp3
|
The
Stabs
Dead wood - CD
Spooky 2009
Quatre
ans qu'on use Dirt
jusqu'à la corde. Il était temps de lui trouver
un remplaçant. Après la saleté, le bois
mort. Tout va bien, on reste entre gens sains. Brendan Noonan,
le guitariste-chanteur a laissé tomber les larsens mais
le trio australien n'en reste pas moins ardent. Rien de plus
vivant qu'un bois mort. Un tas de vie grouillante s'y développe,
crépite et digère les restes que l'on nomme ici
le blues. C'est pourri de tristesse et de noirceur, une sourde
rage suintant dans chaque interstice. Si The Stabs ne fait que
continuer le sombre chemin entamé avec Dirt, il frappe
encore plus juste, dans un ordre moins dispersé, notamment
grâce à un enregistrement donnant de la force à
chaque instrument. Le batteur a le maillet lourd, ne s'embarrasse
pas de roulements infernaux et de complications inutiles, imposant
une cadence de galérien. La guitare explose, branche
principale de ce bois tortueux, se répand, s'entortille
et vous embarque quand la basse est caverneuse et contraste
judicieusement avec l'éclat de la guitare. On retrouve
le titre Split Lips, sorti quelques mois auparavant sur
Stained Circles (avec une face B inédite), le martial
The Hated one chanté par le batteur qui termine
son tour de chant hargneux par un truc ressemblant à
kill that girl, deux autres morceaux par le bassiste,
le bien nommé Yellow Blues, certainement la plus
calme des compos mais pas la moins émouvante et Cabin
Fever (un hommage déguisé à Certain
General ?), une ballade dangereuse commençant au piano
puis montant crescendo avec une guitare siffleuse et des bruits
de verres un peu partout. No Hoper est le titre le plus
virulent. Noonan a repris sa place principale, derrière
le micro, et ce dernier a intérêt à être
solide quand il hurle No hoper dans sa membrane. Sur
le poignant Funeral Waltz, le piano revient habillé
le supplice pendant que la guitare continue de planter ces échardes.
C'est ce qui est le plus marquant dans la musique de The Stabs.
Cette capacité à la violence, à la rendre
belle, la sublimer. Et puis foutre le bordel, tout lacérer,
assombrir quand trop de lumière vient frapper à
la porte. Mais avec élégance. Toujours. The Stabs
a sûrement à voir avec toute cette longue tradition
de rock australien, un pied chez les Saints, Scientists et Birthday
Party. Mais l'autre pied est dans la musique noise, extrême,
là où la tradition en prend un coup et le mélange,
à l'instar de leurs potes de Witch Hats, donne un rock
fait de douleur vive et de fureur.
Quatre ans, c'est long mais l'attente valait largement la peine
en espérant les voir bientôt sur une scène
où leur réputation est déjà grande.
SKX
(25/10/2009)
website groupe www.myspace.com/thestabs
website label www.spookyrecords.com
|
Strings
Of Consciousness & Angel
self
titled - LP
Conspiracy 2009
Il
semblerait bien que Strings Of Consciousness, le gang marseillais
emmené par Philippe Petit et Hervé Vincenti, envisage
chaque nouvel enregistrement comme l'exploration d'une nouvelle
facette de la musique du groupe. Pas de redite. De l'expérience.
Ainsi, après un magnifique album invitant sur chaque
titre un intervenant/chanteur différent (Our
Moon Is Full), après un album dédié
aux paysages plus électroniques et aux remix (le non
moins bon Fantomastique Acoustica) voici venu le temps
de cet album sans titre, enregistré en collaboration
avec les électroniciens d'Angel. Angel c'est ce duo réunissant
le petit gars de Schneider TM et une moitié de Pan Sonic
-autrement deux figures assez opposées du renouveau electro/expérimental
européen des années 90. D'ailleurs le groupe -aujourd'hui
devenu trio suite à l'adjonction d'un violoncelliste-
avait dans le temps publié un album sur Bip-Hop, le label
de Philippe Petit, et est depuis deux disques hébergé
par Mego.
Strings Of Consciousness étant un collectif à
géométrie variable et le principe de collaboration
étant l'un de ses fondamentaux, une telle association
n'a rien d'étonnant ou d'inopportun. Reste que les deux
plages proposées sur ce magnifique LP vert fluo respirent
plus le parfum cinématographique des instrumentaux déjà
publiés par Strings Of Consiousness que les déviances
électroniques. Il faut dire également qu'Angel
est un groupe plutôt versatile. Ce n'est pas une réelle
critique, juste le constat qu'entre les deux groupes la sauce
a tellement bien pris que le résultat est probant et
homogène. Angel s'est comme fondu dans Strings Of Consciousness,
lequel a encore gagné en textures et en architectures.
Sur la première face on trouve un long instrumental en
forme de cloche (intro/montée/climax/descente/décompression)
que de nos jours on qualifierait facilement de drone, appellation
paresseuse s'il en est tant ce titre regorge de détails
fourmillants, d'interventions qui ne s'inscrivent pas forcément
dans la durée (belle guitare, sonorités envoûtantes
du bandonéon), tous ces éléments allant
dans le même sens, participant à un même
mouvement hypnotique et riche. La seconde face accentue ce travail
de fourmillement générant un flux global, il y
a encore plus de niveaux d'écoute sur ce deuxième
titre que sur le premier. Les amoureux du Our Moon Is Full
de Strings Of Consciousness seront peut être une nouvelle
fois désappointés. Mais on ne peut qu'applaudir
à la démarche de musiciens qui vont de l'avant
et proposent jusqu'ici et quoiqu'il arrive un travail d'une
telle qualité (ce vinyl sans titre et limité à
500 exemplaires existe également en version CD chez Important
records).
Haz
(25/02/2009)
website groupe www.stringsofconsciousness.info
website label www.conspiracyrecords.com
|
Stuntman
/ Chère Catastrophe
split 10''
Prototype - Désormais 2009
Bon,
va bien falloir se le taper ce CDr pourri. Dingue comment on
peut être conditionné par l'objet (qui à
la base est un 10'', le meilleur format au monde, c'est pas
de bol). Dès le départ, vous partez avec un a
priori négatif. Surtout quand la première note
que vous entendez est un énorme beuglement d'un type
qui vomit son petit déjeuner et les bières de
la veille. Mais on des professionnels ou on ne l'est pas, payé
à la chronique alors on pousse la chansonnette un peu
plus loin. Ce cri accueillant nous vient de Stuntman, un groupe
de Sète qui joue à quatre. Leur créneau,
c'est le hardcore lourdingue et nauséeux rempli de breaks
à la Deadguy ou Botch et dans le genre, ça ne
rigole pas. C'est pas fin pour un sou et dans le genre, toujours
le genre, c'est plutôt mal dégrossi et bourrin.
Mais bon ça pourrait encore passer. La race bovine, on
aime bien. Par contre, ce qui ne passe pas et est complètement
rédhibitoire, c'est cette voix, ce veulement viril confinant
au grotesque quand il descend dans les graves, à la manière
des chants gutturaux dans le death-metal. Trois morceaux qui
vont vite fait passer à la trappe.
Le problème du chant chez Chère Catastrophe ne
se pose pas puisque c'est du tout instrumental. Un groupe de
Rennes dont j'entends le nom pour la première fois. Il
faudrait que je sorte de mon trou de temps à autre. Là
encore, ça ne taille pas dans la finesse mais leur hardcore
tend plus vers Keelhaul et Knut avec la bonne idée d'enchaîner
les plans dépassant rarement les deux minutes. Les six
morceaux filent donc grand train. Une charge en avant aussi
lourde que rapide, sans complications inutiles, les rythmiques
tournent impeccablement, le riff est précis et juste,
ça passe sans sourciller avec une bonne dose de fun pour
que le parpaing soit plus léger. C'est certes cousu de
fil blanc, ça ne dépoussière pas le style
(un cousin du genre) mais pour une première sortie, ça
le mérite de placer Chere Catastrophe sur de bons rails.
Voilà, on va pouvoir remettre tout ça dans son
sublime plastique et laisser la nature faire son oeuvre de putréfaction.
SKX
(04/12/2009)
website groupe www.myspace.com/cherecatastropherocks
| www.myspace.com/stuntmannoise
website label www.myspace.com/prototyperecord
| www.myspace.com/desormaisprod
|
Swann
Danger
s/t II - 12''
Custody Night School 2008
De
leur Californie (Oakland), Swann Danger continue de nous envoyer
les glaçons pour refroidir l'ambiance. Trois inédits
et deux morceaux figurant uniquement sur la version CD de leur
dernier album Deep
North. On liquide tout de suite le sort des deux titres
connus. A vue de nez, c'est exactement la même version,
tant pis pour eux, même si ce sont deux très bonnes
compos, You were down et le brumeux Siren Song
où tout est dit dans le titre. It's Killing You
s'intercale sur la face A entre ces deux morceaux. Rythmique
imperturbable, froidement tribale, structure répétitive
pour vous tuer à petit feu, pendant que la voix de Cynthia
Mansourian vous observe vous consumer. Tout est histoire d'ambiance
chez Swann Danger. Malgré l'arrivée d'unbatteur
en chair et en os depuis 2007, le rock du trio Swann Danger
garde cet aspect distant et aride. Autre face, Stripper
a cette ligne de basse lancinante et magnifique avec, on jurerait
l'entendre, comme un cuivre dans le fond. Mais c'est juste un
mirage auditif. Thin and Gold est encore plus spartiate.
Rythme de galérien avec les échos se répercutant
sur une basse sépulcrale et minimaliste. Il faut le chant
toujours aussi proche d'une Siouxsie Sioux pour mettre du nerf
et de la vie là-dedans. Car sous l'apparente froideur,
vous avez une petite musique interne qui prend aux tripes, une
tension palpable qui fait de ce 12'' un autre disque indispensable
de Swann Danger. En plus la pochette sérigraphiée
et le vinyl vert transparent sont parfaits et à commander
directement, comme le reste de leur discographie, via leur propre
label Custody
Night School.
SKX
(08/04/2009)
website groupe www.swanndanger.com
|
Satanized
/ Aids Wolf
Split 7''
Badmaster 2010
Attention, split single pour sourds et malentendants. Tu l'entends
l'ultrason ? La vie et l'oeuvre de Aids Wolf sont faites pour
le format court, faudra-t-il vous le répéter jusqu'à
devenir
sourd ? Enregistrement 2007, Weasel Walter, la bête
cornu aux manettes. Bien dégagé derrière
les oreilles. No-wave comme non sens. Bruyamment hystérique
et bordélique. Comme d'habitude. Tango Fatal est
surtout fatal et pour le pas de deux, il faut assurer pour ne
pas tomber car ce morceau sent la chute...de studio. Guitare ponceuse.
Quelques jappements, deux trois roulements de tambours. Des titres
comme ça, Aids Wolf en a déjà pondu des tonnes.
Pour le même résultat : néant. Le deuxième
titre, In And Under The Snow, sent déjà moins
la poudreuse qui s'évapore au moindre coup de vent (ce
qui est un peu la spécialité de Aids Wolf). Pourrait
être un morceau de leur dernier album en date Cities
of glass. Nihilisme primaire à chant bridé
dont les échardes très pointues des deux guitares
finissent par trouver leur cible : notre cerveau malade et adepte
d'ineptie braillarde éphémère.
La vraie découverte, c'est de l'autre coté de la
galette. Satanized, ça prête à sourire mais
une fois passées les quatre minutes au karsher du groupe
de Philadelphie, on frôle les murs en se méfiant
des ombres. Le titre : Hope Is Lack of Information. Comme
ça c'est clair. Faut pas espérer s'en sortir avec
Satanized et pourtant l'espoir d'avoir trouver un groupe redoutable
est bien là. Imaginez une bande de braques adorateurs de
noise free comme une rencontre de Colossamite/Grand Ulena avec
Flying Luttenbachers. Redoutez une attitude d'autistes jouant
sa partition sans écouter le voisin, la bave aux lèvres.
Tapez vous un porte-voix éructant, grondant, crachant jamais
loin du n'importe quoi (mais c'est tout un art). Osez mélanger
cette mixture de haute technicité, de jazz-trash, de punk
bruitiste et de parpaing mal dégrossi et vous obtenez du
bonheur en barre. Vinyl marbré violet pour chronique de
mal embouché.
SKX
(15/06/2010)
website
groupe www.myspace.com/stnzd666
| aidswolfs.blogspot.com
website
label www.badmasterrecords.com
|
Satanized
Sickness & Hellth: The Secular chansons of Satanized
- CD
Badmaster 2007
Découvert
par le biais du split single avec Aids Wolf, Satanized avait
déjà martyrisé les tympans en 2007 avec
un premier album où il n'y a pas de faute de frappe à
Hellth. Juste une délicate attention et un trait d'humour
de la part de ce quatuor de Philadelphie pour vous prévenir
que vous allez vivre l'enfer. En plus de la maladie. Huit titres
comme autant de piqûres. Brèves, incisives, entailles
irréversibles. L'impression d'un chaos, d'une déconstruction
totale mais c'est chirurgicale là-dedans. Notes aigues
d'une guitare volubile et perforante. Frappe de batterie tour
à tour décousue, vicieuse, tendue, voir, bizarrement
funky (comme un faux air de Arab on Radar sur Satanized Jam
Part 1). Tout ça peut apparaître bien complexe
mais c'est joué avec la férocité d'un Flying
Luttenbachers, en retombant régulièrement sur
ces pattes, ce qui fait que l'avis du split avec Aids Wolf ne
change pas. Il y a du Grand Ulena / Colossamite dans ce satanique/satané
groupe, avec un poil de Crom-Tech. Car finalement beaucoup moins
barré que ce à quoi on pouvait s'attendre/craindre.
Et c'est pas plus mal. Quand la technicité n'oublie pas
de (méchamment) rocker, on obtient de juteuses baffes.
Aller et retour. Du rock donc avec de la hargne. Celle d'un
chanteur cinglé et hébété, mordant
le micro à pleins poumons pour rendre cette bile musicale
plus vivante et vivable. Dernier détail : Satanized a
inclus un tourne-disque dans sa panoplie bruitiste. Ca s'entend
pas au premier coup d'oreille mais cette dernière couche
de scratch, de fissssssures et de saletés dans la mécanique
rend ce disque définitivement jouissif, un vrai album
de noise-rock décapant, brutal et à peine free.
Quitte à pourrir en enfer, autant aller au son de Satanized,
qui, je l'espère de tout cur, ne fait que commencer
de paver notre chemin.
SKX
(16/06/2010)
website groupe www.myspace.com/stnzd666
website
label www.badmasterrecords.com
|
Saturday's
Kids
Self-titled 7''
Art for Blind 2010
Début
vinylique pour Saturday's Kids qui vont tenter de mettre le
feu au Pays de Galles d'où ils sont originaires. Et au-delà.
Pour une fois, la face A porte bien son nom. Le titre principal,
celui qui capte toute l'attention, s'étale de toutes
ces incandescentes cinq minutes. Expulsion nauséeuse
punk et noisy mais fait avec beaucoup de classe et d'amplitude
dans le son. J'ai mis du temps à me rappeler ce à
quoi ça me faisait penser mais le nom de Year Future
(l'ancien boss du label GSL) a fini par accoucher. Et VSS aussi,
histoire de rester en famille. Un écho qui se perd dans
les tourments d'un rythme train de marchandise à grande
vitesse. Ca urge, ça bouillonne tout en restant précis
et tranchant. Comme carte de visite, Three Days est un
putain de titre engageant. On retourne vite fait le disque comportant
en son sein un coupon de téléchargement. Spider's
Legs part sur les mêmes bases. Encore plus vite. Et
surtout beaucoup plus court. Mais tout aussi bon. On est du
genre pressé au Pays de Galles. Un état tout de
suite démenti avec le dernier titre, A Dirty Dream,
étrangement plus poppy dans ces parties de guitares et
son chant tout vaporeux, heureusement régulièrement
entrecoupées par des poussées de fièvre
dont ils ont le secret. Mais ce titre moitié shoegazing
ne serait gâcher le plaisir de cette découverte
dont le futur annonce un split 10'' avec les Allemands de Kids
Return et un EP 5 titres sur Death records.
SKX
(09/10/2010)
website groupe www.myspace.com/thesaturdayskidsuk
website label www.artforblind.com
|
Scul
Hazzards
Landlord - LP
Rejuvenation / Whosbrain / Les Disques du Hangar 221 / Shot Down
/ Bigoût 2009
Avec
tous ces disques qui vous tombent de partout, cette facilité
déconcertante à écouter tout et n'importe
quoi, à ouvrir le robinet électronique pour vous
noyer de sorties, on en viendrait à balancer aux oubliettes
des albums dont l'écoute se prolongera bien des années
plus tard. Il faut que ça pète tout de suite,
sinon c'est la mort. On connaît bien ce danger mais ça
n'empêche pas d'y tomber dedans encore. Scul Hazzards,
vient donc faire un tour sur ma platine, six mois plus tard.
Mais pas trop tard, jamais. A peine un an après leur
premier album Let
them sink, il ne fallait pas s'attendre à une
révolution de palais du trio australien. Scul Hazzards
continue de labourer le sillon d'un noise-rock fréquenté
jadis par Rapeman et Hammerhead. Ni mieux, ni moins bien malgré
l'impression première qui s'en était dégagée.
On les attendait pour franchir un palier, à attendre
je ne sais quoi de plus mirobolant, exigeant toujours plus d'un
groupe, quitte à le voir crever devant notre petit nombril,
alors qu'ils sont bien là, fidèles et honnêtes.
Slaughtered Pigs débute merveilleusement bien
l'album. Un morceau connu puisque téléchargeable
(à l'époque) sur leur précédent
single virtuel.
Un tube, un de plus, faisant parfaitement le lien avec Let
them sink. Après, les choses se gâtent un peu.
Rien de méchant (et encore moins six mois plus tard),
juste l'impression que le groupe oeuvre en pilote automatique.
Manque un brin de passion et de conviction dans l'exécution.
N'empêche que bien des groupes aimeraient avoir des titres
comme What they need (ça tombe bien), le slow
viril Too late ou Criminals et sa rythmique hyper
répétitive pendant que la guitare fait tous le
piment et charcle à la Clockcleaner. Sans oublier ces
lignes de basse qui vous laissent pantois.
La passion (toutes proportions gardées donc) renaît
avec No Resolve. Scul Hazzards retrouve un second souffle,
une ardeur qui les fait enfoncer le clou de morceaux encore
plus convaincants. C'est quand ils s'essayent à un brin
de complexité supplémentaire qu'ils sont les meilleurs.
La fin de l'album, c'est l'autoroute du bonheur. Work,
Suburbs, Keep Quiet, Killing Floor Blues,
morceaux de bravoure décapants, viscéralement
noise et habités par le feu sacré d'un groupe
qui n'a pas inventé la poudre mais qui sait comment la
faire flamber.
Un album à l'image de la pochette (qui n'est pas une
franche réussite). Ca t'arrache la moitié de la
tronche et il ne te reste plus que les dents pour sourire.
SKX
(18/03/2010)
website groupe www.myspace.com/sculhazzards
website label www.rejuvenationrecords.com
| whosbrain.free.fr
| www.myspace.com/lesdisquesduhangar221
| bigoutrecords.free.fr
|
The
Secret
Solve Et Coagula - CD
Southern Lord 2010
Lorsqu'un
obscur (pour l'instant) groupe italien signe et sort son troisième
album chez Southern Lord, à quoi faut il donc s'attendre
? La péninsule nous a habitué depuis quelques
temps à une invasion de groupes connaissant sur le bout
des doigts les règles fondamentales et essentielles de
la noise - dernier exemple en date : les excellents Lucertulas
- et de la pataphysique moderne (Io Monade Stanca). Mais avec
The Secret on se doute bien que c'est à du metal que
l'on va se frotter. La suite des indices relevés par
le chroniqueur qui (toujours pour l'instant) s'ennuie et essaie
de trouver des pistes pour avoir au moins l'air de dire deux
ou trois choses intelligentes ne nous éclaire pas davantage.
La pochette ? Une représentation stylisée de notre
dieu à tous. Est-ce pour autant que The Secret joue du
black metal ? Non. Le label ensuite. Greg Anderson et Stephen
O'Malley (les deux boss de Southern Lord, rappelons-le) ne sont
pas du genre à se laisser enfermer et le prouve une nouvelle
fois ici en sortant un groupe de hard core.
Quel embarras. Il n'y a pas besoin de savoir que c'est Kurt
Ballou qui s'est occupé de l'enregistrement et que Solve
Et Coagula a été mis en boite dans son studio
Godcity pour comprendre dès une première écoute
que The Secret doit tout, absolument tout, à Converge.
Nous y voilà. La musique de The Secret est un peu plus
linéaire peut être que celle de son modèle
américain (quoi que, lorsqu'on réécoute
les derniers Converge
) mais c'est exactement ça.
Du hard core métallisé avec quelques (trop rares)
passages au ralenti, un peu de blast et de grind par ici, des
breaks de tueurs par là. C'est du déjà
entendu mille fois, que dis-je, un million de fois, et on se
fout complètement de ce disque pour une seule et bonne
raison : Solve Et Coagula est parfait dans sa violence
et sa brutalité, il n'y a rien qui dépasse, rien
de crade, de poisseux ou de malsain à l'image du chanteur
qui aboie comme un chien de policier anti émeutes dressé
pour remettre la racaille banlieusarde dans le droit chemin
d'une société consumériste et inégalitaire.
Ce disque est tellement prévisible et banal que ça
en est non plus consternant mais terrifiant. Allez voir The
Secret en concert si vous voulez - le groupe devrait y assurer
davantage à condition de ne pas opter pour les pauses
macho-sexistes, viriles et poilues des tough guys qui se prennent
pour les nouveaux warriors de la contestation musicale (hum)
- et profitez-en pour leur acheter un t-shirt à manches
longues, puisque l'hiver s'annonce déjà rude et
rigoureux. Mais n'achetez pas ce disque, un disque inutile de
plus.
Haz
(21/11/2010)
website
groupe www.myspace.com/thesecret
website
label www.southernlord.com
|
Sheik
Anorak
Day 01 - CD
Autoproduction 2010
Sheik
Anorak est l'un des multiples projets de Franck Gaffer qui,
non content d'animer un label alignant nombre de sorties intéressantes,
multiplie également le nombre de groupes dans lequel
il joue : SoCRaTeS (en sommeil pour quelques temps), Lewis Karloff,
Kandinsky, Hallux Valgus (on en reparle très bientôt
!) et donc Sheik Anorak qui est un projet solo. Solo ? Mieux
que ça : Sheik Anorak est un one man band avec guitare
et batterie, mélodies bien troussées et progression
des structures, le tout s'emboîtant ou plutôt s'empilant,
s'intercalant et se complétant grâce à l'utilisation
de boucles de guitare, en général deux ou trois,
pas plus. Sheik Anorak a des goûts plutôt éclectiques
et notre homme fait plus que le confirmer au fil de ses publications
: on connaissait déjà [
] du coup
paru chez Maquillage Et Crustacés et très orienté
bruits et gratouillages, on va bientôt pouvoir découvrir
le CD + DVD du trio Mario Rechtern/Weasel Walter/Sheik Anorak
enregistré en live et en attendant on écoute Day
01, publié en complète autoproduction, à
la DIY.
Day 01 est le versant le plus pop ou plus exactement
le plus évident et le plus construit de Sheik Anorak.
Quand je dis pop, il n'y a rien de péjoratif là
dedans et on pourrait rajouter le terme de noisy pour être
un peu plus précis : des titres tels que Day 01,
Fluorescent Tongues ou Ka E Det ? et sa guitare
fantôme tendent carrément vers un pouvoir mélodique
de haute volée tout en bénéficiant d'une
mise en place parfaite. Songez que ces titres ont été
enregistrés tels qu'ils sont joués en concert
c'est-à-dire par un seul homme et en direct, juste avec
deux mains et deux pieds, un vrai travail de précision,
une mécanique d'horlogerie et en même temps une
énergie jamais défaillante. Si les titres plus
bidouillés et jouant plus sur les textures que sur les
structures peuvent surprendre (And We're Gone et son
final accéléré à la Sonic Youth,
Seriously, No Arms, No Drums) ils sont aussi le
pendant nécessaire à l'équilibre du disque
tandis que Straight! (avec son rythme quasiment martial)
et l'excellent
The Black Frequency (au rythme plus
concassé mais lui aussi avec un final très Sonic
Youth circa Sister) rajoutent une bonne dose de chaos
et de fureur dans un disque beaucoup plus ouvert et varié
que son mode opératoire n'aurait pu le laisser supposer
au départ. Ce n'est pas parce que Sheik Anorak se limite
(volontairement ?) à trois ou quatre sources sonores
différentes qu'il s'enferme dans une direction précise
et se cantonne à toujours répéter les mêmes
formules. J'en connais même qui question inspiration,
composition et mise en place feraient mieux d'en prendre de
la graine. Les doigts dans le nez.
Haz
(11/03/2010)
website groupe www.sheikanorak.com
website label www.gafferrecords.com
|
Shield
Your Eyes
Shield Em - 2 x LP
Saddam Hussein records / Gravid Hands records 2009
Si
votre meilleur pote ne boit que du Fanta à l'orange,
est également fan de Jawbreaker - personne n'est parfait
- et tente patiemment de vous expliquer que Shield Your Eyes
est l'un des meilleurs titres jamais enregistré par ce
groupe californien de punk à roulettes à fortes
tendances emo et aujourd'hui fort heureusement défunt,
laissez tombez : ce gars a vraiment tout faux. Tout juste s'il
mérite encore une seule toute petite miette de votre
amitié pourtant aussi éprouvée qu'indéfectible.
NON, Shield Your Eyes est surtout un trio basé du côté
de Londres et qui malheureusement tarde un peu trop à
se faire connaître. Shield Em est déjà
le deuxième album de ces gars là, après
un premier disque sans titre paru un an auparavant. Saddam Hussein
records semble être leur propre label, en tous les cas
il ne propose que des disques de Shield Your Eyes (dont un excellent
split partagé avec les non moins excellents et tout aussi
anglais Silent Front) ou des enregistrements des groupes dans
lesquels jouaient les membres de Shield Your Eyes précédemment
(Push To Fire, très bon également).
Shield Em est surtout un double LP gavé de titres
- treize au total - excités et ravagés. Des déflagrations
noise rock teintées de pop, de blues et de math rock
- à cause d'un batteur qui a l'air d'en foutre de partout
mais qui sait aussi particulièrement bien compter - et
dominées par la personnalité ultra forte du guitariste/chanteur,
un petit rouquin doté d'une voix assez dérangeante
et d'un son de guitare tout aussi original. Les compositions
n'hésitent pas à tordre le cou du bon goût
cuménique en empruntant les chemins on ne peut
plus détournés d'un rock dissonant et rageur :
écouter Shield Your Eyes c'est comme l'impression de
faire des montagnes russes, un coup tout en bas et l'instant
immédiatement après on se retrouve tout en haut
mais ça ne fait ni mal au cur pas plus que cela
ne donne envie de gerber - et miraculeusement la pinte de bière
ne s'est pas renversée, la prochaine est pour moi camarade.
Criarde, braillarde, hululante, désaxée, la musique
de Shield Your Eyes n'a rien de confortable mais vous accueille
dans sa petite folie d'une mise à sac systématique
du quotidien. Deux ou trois balades parsèment le disque,
c'est là l'aspect le plus évident du côté
blues/folk de Shield Your Eyes évoqué plus haut,
et elles suivent les mêmes voix tortueuses que les bouillonnements
les plus incandescents pour lesquels le trio est avant tout
considéré comme expert en la matière (Ultra
Soul, déjà enregistré dans une version
différente et parue sur le split single avec Silent Front
lui aussi évoqué plus haut ou un Sandy
époustouflant avec son long final hallucinogène).
Shield Em est l'un des disques les plus étonnants de
l'année 2009 et finalement beaucoup plus accrocheur que
perturbant - la preuve que l'originalité ça paie
également et espérons que le groupe, qui a récemment
perdu son bassiste et a effectué toute une tournée
européenne en compagnie de Pneu avec une bassiste intérimaire,
va continuer sur une aussi bonne lancée. Ce serait vraiment
trop dommage d'en rester là.
Haz
(23/05/2010)
website groupe www.myspace.com/leavethetapesrunning
website label www.saddamhusseinrecords.co.uk
| www.myspace.com/gravidhands
|
Shipping
News
One less heartless to fear - CD
Africantape / Ruminance 2010
Shipping
News, les vétérans. On peut prétendre à
ce titre après quatorze années d'activités
qui font déjà suite à de précédents
groupes (June of 44, Rodan pour nommer les principaux), c'est
à dire pas loin de vingt années sur le grand huit
du rock'n'roll. Et de rock, il va en être question avec
ce cinquième album. Shipping News a toujours eu cette
étiquette post-rock collée aux baskets, de gentils
un brin mélancoliques, alors l'écoute de One less
heartless to fear peut procurer un choc. Mais ça serait
aller un peu vite en besogne et oublier que sur tous les albums
de Shipping News, des morceaux mordants, il y en a toujours
eu. D'ailleurs, on retrouve deux titres du précédent
album Flies
the Fields : Axons and dendrites et (Morays
or) Demon. La grosse différence, c'est le son. One
less heartless to fear a été enregistré
live et ces nouvelles versions, très fidèles dans
l'écriture, gagnent par contre en intensité et
en rudesse. La poudre ne demandait qu'à s'enflammer.
Rajoutez le fait que les morceaux tendus deviennent la majorité
alors qu'ils étaient auparavant des pointes de combat
éparses et vous avez un album qui file tout seul, fier
et vindicatif. Ca n'empêche pas les morceaux plus introspectifs
comme par le passé mais même ceux là, sous
la lumière d'une scène (Louisville et Tokyo, les
morceaux provenant de cette dernière devant être
ceux où on entend aucun applaudissement à la fin
!) ont cette tension interne, ce fil ténu qui jamais
ne fait baisser la garde. Des compos comme l'instrumental Half
a House et surtout 7S sont même carrément
magnifiques, s'inscrivant dans un héritage Slint dont
Shipping News est issu, tout en réussissant à
le transcender, lui donner un second souffle. Frappe métronomique
et leste du batteur. Jeff Mueller a ce grain de voix très
proche de celui d'Albini, ce que je n'avais jamais remarqué
ou alors c'est cette nouvelle colère qui les habite,
notamment sur The Delicate qui pourrait faire penser
à Shellac mais on va balayer d'un revers de main cette
supposition tant Shipping News les piétine. En fait,
dans les intentions, c'est aux Suisses de Ventura qu'ils font
penser. Cette musique estampillée années 90, cette
simplicité noise-rock tout en lui donnant du nerf et
de la gravité, ces contrastes finement amenés
tout en ayant un son cru, vivant et ce parfum d'exaltation qui
découle d'un album dont on attendait rien et qui devient
une divine surprise.
SKX
(31/10/2010)
website groupe www.myspace.com/shippingnewstgqs
website label www.africantape.com
| ruminance.free.fr
|
Sightings
City Of Straw - CD
Brah records/Jagjaguwar 2010
On
pensait qu'avec Through
The Panama, précédent album finalement
mélodique et étonnamment écrit, Sightings
en avait presque terminé avec le bruit et la perversion.
Le trio de Brooklyn revient en 2010 avec ce City Of Straw
publié par Brah records (et oui apparemment c'est fini
avec Load records), un label sous-marin de Jagjaguwar et dirigé
par Kid Millions d'Oneida que l'on retrouve ici aux claviers
sur deux titres. Si City Of Straw ne renoue pas non plus
avec les débuts bruitistes de Sightings (Absolutes,
Arrived
In Gold et, le fin du fin, Gardens Of War, un
album enregistré en collaboration avec Tom Smith de To
Live And Shave In L.A.), il s'éloigne résolument
de l'ambiance no wave fin de siècle de Through The
Panama et de ses accroches limite tubesques. Que c'est il
passé ? Rien du tout assurément. Le groupe de
Mark Morgan n'est juste pas du genre à vouloir plaire
à tout prix ni à trop se répéter
: City Of Straw apparait d'ores et déjà
comme un album à part dans la discographie de Sightings.
Si on excepte le très court Saccharine Traps,
ses guitares tronçonneuses/fraiseuses qui vous donnent
l'impression qu'un éléphant est en train de subir
vivant une séance d'équarrissage, sa rythmique
tribale et son chant hurlé comme au bon vieux temps des
premiers albums du groupe, ce septième album fait la
part belle aux beats crachouillés, à la bidouille
électrotechnique, aux voix lointaines, à une basse
toute en rondeur (semblant être le seul point d'ancrage
d'une musique diaboliquement ectoplasmique) et parfois aux guitares
qui saucissonnent. L'allure, à quelques exceptions près
(Saccharine Traps donc, Weehawken et un Sky
Above Mud Below presque punk, enfin je me comprends), est
généralement lente pour ne pas dire que les compositions
décrivent de longs cercles concentriques dont le diamètre
semble déterminé par quelques raisons totalement
inconnues. Grésillements, frottements, parasites, boucles,
bourdonnements d'insectes, pluies électroniques, brouillards
d'interférence, rythmes parfois presque effacés,
guitares en pointillés mais bruyantes à l'occasion
: avec City Of Straw on subit - ou pas - comme un mix
de musique industrielle (la vraie : Einsturzende Neubauten entre
1981 et 1986) et de kraut rock dévertébré
on peut alors avoir la vague mais désagréable
impression de penser aux Liars (de l'album They Were Wrong,
So We Drowned c'est-à-dire quand les Liars pouvaient
encore prétendre faire de la bonne musique pour jeunes
gens branchés mais exigeants). City Of Straw serait
un bon album, un album excellent même bien que parfaitement
autiste, s'il n'apparaissait pas aussi bancal et déséquilibré.
On préfère alors penser que les trois Sightings
n'avaient une fois de plus pas trop idée de ce qu'ils
voulaient faire et que la prochaine fois, ce sera encore différent.
Et le pire, c'est que ça marche.
Haz
(14/05/2010)
website groupe www.myspace.com/sightings
website label www.brahrecords.com
| www.jagjaguwar.com
|
Silent
Front
Dead Lake - LP + CD
We Heart / Rejuvenation / Art for Blind / Bigout
/ Triplejump 2010
Six ans après leurs débuts et une palanquée
de petits formats (EP, split singles, split 10''), les Anglais
de Silent Front s'attaquent à la longue durée. Comme
si ils avaient toujours voulu retarder l'échéance
avant le grand saut. Il est vrai que le format single allait à
ravir à leurs courtes décharges. L'adrénaline
est toujours meilleure quand elle ne dure pas longtemps. On en
connaît un paquet de groupes négociant parfaitement
les courtes distances et se heurtant à l'endurance d'un
premier album où le souffle devient court. Comme les idées.
C'était pas loin le fond de ma pensée après
les premières écoutes de Dead Lake. La rage était
en berne. L'adrénaline pointait vers le bas. De nombreux
coups de mou plombait ce disque. Marqué par une dynamique
à deux vitesses. Etre capable d'évoquer au sein
d'un même morceau (Knot), Dazzling Killmen et Slint,
ce n'est pas donné à tout le monde. Alors à
réécouter de plus près pour l'occasion toute
leur panoplie de split singles, on ne peut pas dire que c'est
une nouveauté pour Silent Front. Jamais été
le genre de groupe bas du front à ne connaître qu'une
mesure. L'espace d'un single, ça passe inaperçu.
Répété sur tous les titres d'un album, ça
coince. Silent Front a surtout semblé vouloir construire
un album et non pas une succession de singles, de titres uppercuts
qui peuvent lasser sur la durée. Jouer sur les contrastes,
les ambiances, ralentir la cadence pour mieux marquer les accélérations.
Des ficelles biens connues. Et dans ce registre, Silent Front
en connaît un rayon. Les liaisons passent inaperçues,
comme sur les deux premiers titres, Loss et Moving Hands,
qui ont tout de la super compo de la balle mais qui ne s'enflamment
pas. En fait, c'est surtout révélateur du sentiment
que Silent Front joue avec le frein à main, que jamais
ils ne se lâchent vraiment, contrairement à leurs
prestations scéniques réputées par leur intensité
(et que je n'ai jamais eu la chance de voir). Encore le cas pour
More than grazes, franchement sur le terrain de la retenue
ou le final de huit minutes, Across The River And Into The
Trees, qui s'éteint tout seul de sa belle mort. Tout
ça joue forcément sur le degré d'attention
mais on fini par s'y attacher à cet album. A reconnaître
la qualité des compos malgré une mauvaise mise en
valeur et l'étroitesse du son. A apprécier les lignes
d'un bassiste qui a beaucoup écouté Dazzling Killmen.
A se laisser aller sur ces morceaux noise-rock pas si noise que
ça et teinté d'emo, ce dernier qualitatif étant
essentiellement causé par une voix manquant de coffre,
donnant aux compositions de Silent Front un coté juvénile
et mal fini, rappelant certains groupes de Subjugation records
comme Bob Tilton ou plus près de nous, les défunts
Charlottefield.
On était venu chercher la baston, on repart finalement
avec beaucoup plus de finesse. C'est pas la baffe à laquelle
on s'attendait - ou espérait vu qu'on prend souvent ces
désirs pour des réalités - mais c'est un
disque qu'on fini par franchement apprécier malgré
toutes les réserves.
SKX
(08/10/2010)
website groupe www.silentfront.co.uk
| silentfront.bandcamp.com
website label www.myspace.com/weheartrecords
| www.rejuvenationrecords.com
| www.artforblind.com
| www.myspace.com/triplejumpuk
bigoutrecords.free.fr
|
Le
Singe Blanc
Babylon - CD
Whosbrain - La Face Cachée - Bar La Muerte 2010
Le
Singe Blanc descend à nouveau de son arbre - certains
l'appelle Metz - pour nous asséner son rock burlesque.
Un rock dont on commence à connaître le numéro
de cirque, le sens du rythme funambulesque et le chant héroï-comique.
De grands trapézistes oeuvrant sans filet mais qui arrivent
à ne jamais se casser la gueule. Le problème,
c'est qu'au bout d'un moment (c'est bien leur cinquième
album), on commence à s'y habituer à leurs pitreries.
Et j'ai ressenti comme un coup de mou à la première
écoute. Des deux cotés. De l'auditeur qui s'habitue
à tout, même à l'invraisemblable. Mais surtout
de la part du Singe Blanc. Pareil qu'avant mais sans les bulles.
Des moments apaisés, distendus plus nombreux que d'habitude.
De l'élasticité sans le groove sanguin. Des combinaisons
de rythmes qui ne sont pas aussi complexes qu'ils en ont l'air
pour des structures qui apparaissent presque limpides. Un comble
pour Le Singe Blanc réputé pour sauter de liane
en liane et brouiller les pistes.
Et puis le déclic est venu, la peau de banane qui vous
remet dans le bon sens. Ce qui apparaissait pour un coup de
mou est en fait une simplification des codes. Les compos n'ont
jamais été aussi courtes, le groove aussi efficace.
Fini la prise de tête gratuite. Bon, on se rassure, Le
Singe Blanc n'est pas devenu les Ramones. Les mesures ne touchent
toujours pas à la binarité mais indéniablement,
Babylon pousse le bouchon de Baï
Ho encore plus loin, vers un délire de plus en
plus contrôlé. Ou alors, je suis majeur et vacciné
et le paludisme s'est transformé en une fièvre
bénigne. Ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend
à faire des grimaces.
Mais ce qui est le plus remarquable dans ce disque, c'est le
travail sur le chant. Chant ou appelez ça comme vous
voulez mais ce qui sort des cordes vocales de ces drôles
de singes est plus que jamais leur singularité et elle
éclate la porte de Babylon. Pour ceux et celles
qui ont raté les épisodes précédents,
le chant du singe n'est en aucun cas un chant du cygne, n'est
répertorié dans aucunes encyclopédies et
associe des syllabes, sonorités, cris étranges
formant une chaîne de caractères bien siphonnés.
Et c'est ce chant (que l'on peut mettre au pluriel) sur Babylon
qui donne cette impression de partir dans tous les sens alors
que si on essaye d'en faire abstraction, ce disque n'aurait
rien de la rencontre du troisième type et ces morceaux
pas si farfelus que ça. Un chant dont on pourrait se
lasser/crisper mais étrangement, les voix sont devenues
leur point fort, plus que jamais un instrument à part
entière, faisant du Singe Blanc un groupe définitivement
à part, quand bien même il essaierait de jouer
du punk à roulettes. On ne résiste donc pas aux,
littéralement, cris de bêtes en rut de Bombadilhom,
à l'échange haut en verbe de Miozopor,
la basse bubblegum de Ouzfat, à un surplus de
légèreté d'une deuxième basse qui
sonne vraiment comme une guitare, à ces roulements de
batterie toujours bien placés pour danser comme du plomb
et à Tapadi, morceau le plus long et le plus bon
! Le Singe Blanc en défrise plus d'un, ne laisse jamais
indifférent, fait tomber les préjugés (vous
devriez tester), révèle la bête qui sommeille
en vous et c'est toujours lui qui fini par vous apprivoiser.
Finalement, je me demande si Babylon n'est tout simplement
pas leur meilleur disque à ce jour.
SKX
(23/11/2010)
website groupe www.lesingeblanc.org
website label whosbrain.free.fr
|www.la-face-cachee.com
|www.barlamuerte.com
|
Slices
Cruising - LP
Iron Lung 2010
Le
style Miami Vice de la pochette ne doit pas vous tromper sur
la marchandise. C'est pas du rock de kékés auquel
vous allez être confronté, encore moins du produit
de série taillé pour la grande route. Slices,
c'est plutôt Pittsburgh style. C'est moins glamour mais
quand tu aimes le noise-rock de qualité, c'est une destination
hautement recommandée. La nouvelle coqueluche se nomme
Slices et des tranches comme ça, j'en veux bien tous
les matins. Leur bolide emprunte des chemins de traverse, pioche
dans le noise-rock intense à la The Stnng, la puissance
vocale du chanteur en tête, et le hardcore rapide et menaçant,
crade sur les bas cotés. Alternance de morceaux uppercuts
d'à peine une minute, pied au plancher (Medusa
et le plus surprenant Nightmare man aux accents pop-punk
virils), de tranches plus épaisses, les meilleurs, comme
Red Raft et son début bruitiste ou le summum,
Laughing while eating, grand moment tortueux de noise-rock,
rythme mid-tempo, urgence latente. Entre ces pics, deux morceaux
d'ambiances (John's public hell et Mike's insane problem),
d'autres morceaux qui ne perdent pas de temps en route (dont
le fabuleux Floodlight) pour un assemblage d'album un
peu déroutant de prime abord, une alternance qui ne semble
pas jouer en leur faveur avant de balancer aux orties ces vaines
considérations et de prendre l'ensemble de plein fouet.
Slices a trouvé son style, aborde le hardcore avec un
traitement noise, ne se prive pas d'ambiances sereines, d'expérimentations
bruitistes et délivre un premier album cohérent
et remarquable.
SKX
(07/07/2010)
website groupe www.s-l-i-c-e-s.blogspot.com
website label lifeironlungdeath.blogspot.com
Pour
ceux qui en veulent toujours plus, Slices a réalisé
deux singles avant Cruising. Le premier sur One
Six 0h records en 2009. Quatre titres pour le versant hardcore
de Slices. Paradoxalement, ces sont les trois minutes plus complexes
de Cave Crawl/Bad Mask (alors que les trois autres culminent
à la minute) les plus intéressantes bien qu'un
Nub City sur le pouce vous requinque son homme.
Début 2010, Pavarotti en prend plein la tronche avec
un single sur Home
Invasion records. Les prémices de ce que va être
l'album sont là. Cinq tranches furieusement intenses
qui se découpent entre le hardcore à la Born Against
bien relevé à la sauce noise. Deux singles en
extension idéale de Cruising.
|
Slug
Guts
Down on the meat - CD
Stained Circles 2009
Réalisé
après six mois d'existence, enregistré en sept
heures pour la faramineuse somme de 10$ par un pote désireux
de tester son nouveau matériel, il ne faut pas demander
au premier album des Australiens de Slug Guts de vous retourner
la tête. Rendre tout d'abord hommage aux anciens, s'inscrire
dans une grande tradition de swamp rock à l'Australienne,
remercier chaleureusement Birthday Party d'avoir exister, sans
oublier ces magnifiques losers que le hall of fame du rock'n'roll
saura un jour reconnaître, j'ai nommé The Scientists.
Et tant qu'on y est dans la citation des causes perdues, glisser
Lubricated Goats et Beasts of Bourbon dans le décor,
pour être sûr de mieux racler le fond de la bouteille
et n'oublier personne à l'heure de passer l'obole. On
peut également rassurer leur pote. Son matos est très
bon. Les douze titres sonnent comme des grands. La basse bien
dégagée. Tracy Pew peut dormir tranquille. Son
héritage ne sait pas dilipender dans le bush. Autre fantôme,
celui de Rowland S. Howard. Son jeu de guitare est éternel.
Slug Guts possède indéniablement les bases. Celles
que leurs contemporains de Witch Hats ont grattées pour
désormais voler de leurs propres ailes. Ce n'est pas
le cas encore de Slug Guts mais quand vous tombez dans la marmite
tout petit, difficile de ne pas rester insensible aux charmes
de Down on the meat. De ne pas tituber en même
temps qu'eux, chanter sous la lune, répandre son blues
de cul-terreux et se confronter à la foule hostile. Et
prier pour que le chanteur se remette de sa trachéotomie.
Une manière de chanter très bizarre qui peut rebuter
sur la longueur. Tout comme le manque de variétés
des compos qui se ressemblent d'un peu trop près. Mais
pour un album à la gestation si rapide, Down on the
meat est une pièce de viande appétissante.
SKX
(20/02/2010)
website groupe www.myspace.com/slugsluggutshowlin
website label www.stainedcircles.com
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Snöras
Plague
waters - Heart of weakness - 2xLPs
Great Northern - Fysisk Format 2009
Données
techniques : un double album faisant dans le deux en un. Un
vinyl, le blanc, représentant Heart of Weakness,
le premier album réalisé en 2006, qui n'avait
jamais connu l'honneur et l'odeur du sillon vinylique. Un second
vinyl, le noir, pour le deuxième album, Plague Waters,
sorti en 2008. Mon tout voit le jour en 2009 (pour cette version
vinyle tout du moins je crois), tourne en 45 tours, est serti
dans une pochette grand luxe illustrée par K8 Wince,
plus poster recto-verso à l'intérieur. Du beau
boulot conjointement fabriqué par les labels norvégiens
Great Northern et Fysisk Format.
Pour la chronique de Heart of Weakness, on va faire vite,
tout ou presque avait été dit en temps et en heure
(pour une fois) par là.
Pour la chronique de Plague Waters, facile, on pourrait
se contenter d'un copier-coller tant les huit nouveaux titres
sont d'un moule identique. Snöras a beau apparemment être
devenu un groupe à part entière et non plus l'uvre
d'un seul homme, Yngve Hilmo, le rock chaotique et passionné
du désormais trio ne fait qu'un avec l'album précédent.
A tel point que si vous écoutez pour la première
fois ce double sans plus de précisions, la sensation
d'un unique album est bien présente. Il y a toujours
du Swings Kids et du JR Ewing dans Snöras (citer Yage n'aurait
pas été vain non plus) avec cette fois ci plus
de voix qui s'entre déchirent (de la part de Mathias
Nylenna, l'autre guitariste) et un rythme de batterie mécanisée
qui fait croire plusieurs fois qu'une boite à rythme
type Rolland s'est invitée au saccage. Un rythme primordial
dans la dynamique du groupe, enlevée et sans temps mort,
sur un lit de guitares nerveuses et enchevêtrées
et des voix continuellement hurlées qui peuvent lasser
sur la longueur, même si chaque album tape pas plus loin
que les vingt-cinq minutes. Rien que du connu mais Snöras
le fait très bien dans le style hardcore émotionnel
et écorché qui commence à dater. La date
de péremption n'est pas encore arrivée, Snöras
garde de la fraîcheur mais pas dit qu'un troisième
album dans cette veine résisterait à notre fiel.
SKX
(28/06/2010)
website groupe www.snoras.org
website label www.greatnorthernrecords.com
| www.myspace.com/fysiskformat
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Sofy
Major
5 Years Of Freaks - CD
Rien Records 2010
Je pense que tous les disques de Sofy Major ont déjà
un jour ou l'autre été chroniqués ici. Celui-ci
est une anthologie regroupant presque tous les titres du groupe
clermontois sur un seul CD autoproduit mais ce n'est pas une raison
pour ne pas en parler ni en rajouter une couche. Mieux : cela
permet de réécouter le hardcore noise du trio (jadis
quintet) qui en cinq années s'est affiné et cela
permet également de réévaluer certaines choses
avec un peu plus de recul. Ouais, même l'esprit punk peut
se bonifier avec la patine du temps, comme un vieux pinard tannique
et millésimé. Et ici ce n'est pas (que) du gros
rouge qui tâche : pas de maux d'estomac, pas d'envie de
vomir, pas d'ivresse incontrôlable et pas de chien qui pue.
Cinq années donc, cinq années improbables si on
en croit le titre - qui contrairement à ce que je pensais
au début ne signifie absolument pas que Sofy Major est
désormais un groupe pété de thunes - et une
certaine fierté devant tout ce qui a déjà
été accompli. Et puis, on le comprend en lisant
les quelques notes maigrichonnes qui ornent l'insert, cette occasion
que Sofy Major s'est donnée de faire le point n'est qu'une
étape avant d'affronter un avenir radieux bien que dangereux
: c'est promis, en 2010 le trio s'attaquera à l'enregistrement
de son premier véritable album.
5 Years Of Freaks avance à reculons c'est à
dire que les premiers titres sont les enregistrements les plus
récents du groupe. Ça commence ainsi par les quatre
compositions du mini album paru en 2009 chez Emergence records,
sûrement ce que Sofy Major a fait de mieux jusqu'ici. Je
n'ai rien à rajouter sur ce qui a déjà été
écrit à l'époque sur le magnifique Meurtre
A Lezoux et les plus expérimentaux Endive et
Satan, par contre Need A Spank ?, torpille la plus
directe et la plus mélodique de ce quatre titres, a depuis
gagné en pertinence au point d'apparaître aujourd'hui
comme l'un des meilleurs titres du groupe. Les trois compositions
brûlantes et plus brutes du split partagé avec One
Second Riot suivent le même chemin d'une reconnaissance
éternelle. Reste un titre issu d'un split single que je
n'avais encore jamais entendu et qui se révèle tout
bonnement excellent avec son atmosphère mi planante mi
menaçante. Enfin, en neuvième position on trouve
un seul extrait du mini album paru en 2006, un seul titre c'était
effectivement peut être suffisant tant celui-ci se révèle
moins intéressant que tous les autres réunis. C'est
fini ? Pas tout à fait. Sofy Major a rajouté en
fin de parcours Latency c'est-à-dire une reprise
de Tantrum (un obscur combo montpelliérain dont ne se souviennent
que les vieux buveurs de pastaga), un titre qui devrait bien un
jour finir par apparaître sur une compilation/tribute chez
Trendkill, le seul label marseillais qui kiffe l'arlésienne.
Haz (05/02/2010)
website groupe www.sofymajor.com
ps
: ce CD est commandable pour la très modique somme de
6 euros (plus le port) directement sur le site de Sofy Major.
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Sofy
Major
Permission To Engage - 2 LP ou CD
Atropine records/Basement Apes Industries/Bigoût records/Odio
Sonoro/Prototype records 2010
Ah!
Le voilà enfin ce nouvel album de Sofy Major
et
on pourrait même presque parler de premier album puisque
jusqu'ici les clermontois n'avaient publié que des mini
LPs ou des splits. Permission To Engage est donc un gros
pavé dans la gueule avoisinant les 50 minutes et si jamais
vous avez opté pour la version vinyle vous aurez bien
eu raison puisque vous aurez ainsi droit à deux galettes
emballées dans une magnifique pochette gatefold permettant
de mieux savourer encore le bel artwork signé par Gérald
Jay et Nicolas Deschamps (malheureusement ces deux là
n'ont pas l'air d'avoir de sites sur lesquels admirer le reste
de leur travail alors tant pis). L'objet est donc superbe et
classieux, même en version CD digipak, et surtout il vous
inspire tout de suite. Ce n'est pas une réelle surprise
puisque Sofy Major a toujours su aussi soigner ses artworks.
Côté musique, si vous avez aimé le 12 pouces
monoface du groupe sorti il y a tout juste un an, vous n'allez
pas être déçu du voyage. Vous allez même
en prendre sérieusement pour votre grade puisque Permission
To Engage monte le niveau encore d'un cran au dessus question
lourdeur et puissance. Le son a exactement le dosage qu'il faut
pour équilibrer étourdissement et finesse, oui
on entend tout et on l'entend bien, notamment cette basse plus
imposante que jamais ou les quelques samples qui parcourent
l'album, judicieusement placés, ne faisant jamais collages
ni verrues au fond du mix.
De l'ampleur, du volume et du contour c'est bien mais surtout
Permission To Engage est un album riche et varié
et donc passionnant. Le crédo de Sofy Major c'est évidemment
et avant toute chose le heavy rock mais le heavy rock dans son
acceptation la plus large possible. On sent toujours les influences
hardcore et metal mais le groupe a su les transgresser, passer
par-dessus et les mastiquer pour mieux nous les recracher à
la figure. Si la musique est lourde, puissante et généralement
plutôt mid tempo, le groupe ne s'interdit rien, surtout
pas quelques accélérations ravageuses ou au contraire
des passages très ralentis et poisseux et surtout des
parties plus mélodiques à vous détrousser
les synapses. Le chant suit le même mouvement, ne se contentant
pas de rester systématiquement en mode braillard mais
sans tomber non plus dans le chant clair et accroche-cur.
Les quelques traitements apportés ici et là à
la voix sont judicieux, permettront à Sofy Major d'éviter
les remarques sur une éventuelle monotonie du chant et
offrent même quelques bonnes surprises.
Pas question donc de s'ennuyer une seule seconde à l'écoute
du disque, lorsque ce n'est pas un riff monstrueux qui vous
écrase - quand on a un guitariste comme ça dans
un groupe il faut absolument le garder - c'est un rythme qui
vous emballe ou un break qui vous harponne. Sofy Major semble
ainsi vouloir goûter à tout et réussir à
chaque fois, pouvant aussi bien dans ses moments les plus furieux
évoquer le Entombed de Uprising - que les tout
premiers Mastodon sans oublier quelques incursions sur des terrains
plus atmosphériques et expérimentaux tel Eugène,
dernier titre concluant de fort belle manière un album
véritablement dantesque.
Haz
(09/11/2010)
website groupe www.sofymajor.com
website label atropinerec.free.fr
| www.basementapesind.com
| bigoutrecords.free.fr
| www.odiosonoro.com
| www.myspace.com/prototyperecords
sounds Cobra
Blanc.mp3
|
The
Somnambulist
Moda Borderline - CD
Acid Cobra 2010
La
maison étant adepte des jeux de mots foireux, on peut
aisément dire que The Somnambulist pratique une musique
à dormir debout. Dans le sens incroyable et invraisemblable.
Trois personnes d'horizons très divers se croisant à
Berlin, ville carrefour, ville du tout est possible et des mélanges,
le résultat ne pouvait être qu'une rencontre hybride,
surprenante. Un Italien (Marco Bianciardi), un Français,
un Allemand malgré le nom (Marcello S. Busato), tous
berlinois d'intégration, à la fertile imagination.
Un passé chargé pour ces trois là, toutes
expériences est bonne à prendre, véritable
catalogue vivant de toutes les musiques du monde. Pour le Français
de la bande, Rafael Bord, dans La République Sauvage
avec L'Enfance Rouge, soit une première piste musicale.
La seconde pourrait être Les Hurlements D'Léo où
le Français, toujours lui, a uvré pendant
dix ans mais non, ne fuyez pas, fausse piste, il n'en a ramené
que sa panoplie de violons, son oud et le thérémine,
pas l'esprit punk baloche alternatif. On se détend.
En fait, de pistes, une multitude s'offre à l'écoute
de Moda Borderline, premier album. A chaque disque déroutant,
on s'accroche aux branches. Vous n'échapperez donc pas
à la litanie des références. A Tom Waits,
pour la voix enfumée de Biancardi, à une pop ubuesque,
symphonique (le grandiose Red Carpet pour ouvrir l'album),
à Motherhead
Bug, la fanfare des villes qui met du vitriol dans les cordes,
à L'Enfance Rouge et tout particulièrement leur
dernier album Trapani
Halq al Waady, quand l'orient se joint au punk, que
l'oud se marie à l'électricité et vous
transporte sur un Luce hypnotisant. Et de l'hypnose,
il en est question sur les huit titres. Jusqu'à l'obsession
avec 80s Violence. Charme envoûtant d'une mélodie
arabisante, d'une voix rauque, de special guests qui apportent
tout leur savoir faire dans des arrangements subtiles et d'une
violence lardée surgissant sur la fin. Chaque morceau
révèle une ambiance personnelle sans que le fil
rouge n'en pâtisse. Rythmiques en constance recherche/richesse.
Moda Borderline, la compo, ouvertement la plus rock et
percutante à des compos plus abstraites et funambulesque.
L'instrumental Quinto Mistero della Gioia, God is
not a good shot, condensé de toute la variété
que ce groupe peut offrir ou Alice Never, final presque
léger et valsant. Toute une vie de musiciens ouverts
et prêts à tout, lâchés dans Berlin,
ville hôte experte en groupes étrangers qui, comme
The Somnambulist, ont su puiser dans cette vieille Europe, l'inspiration
pour aller à l'encontre de nouveaux horizons, avec un
supplément de profondeur. Singulier et captivant album.
SKX
(01/11/2010)
website groupe the_somnambulist
website label www.acidcobrarecords.com
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Sons
of Frida
The Bulgarian LP - CD
Self-released 2010
Il
aura fallu plusieurs échos positifs pour que je mette
mon nez dans ce nouvel album des parisiens de Sons of Frida.
Je ne sais pas par quel enchantement mais ils ont enfin mis
du vin dans leur eau. Sons of Frida est passé d'un post-rock
insipide
à un rock-noisy excitant. D'un truc tout mou et sans
relief, d'un post-rock instrumental bien dans la norme, ils
sont arrivés à une musique pas spécialement
originale mais autrement bandante. C'était pas gagné
d'avance mais le miracle a eu lieu. Ils se sont décidés
à lâcher les chevaux, ne plus respecter les structures,
s'en amuser, faire tout simplement ce qu'ils avaient en tête
sans se soucier de ce que les voisins peuvent en penser. Sur
l'album précédent, on avait eu droit à
un filet de voix sur un maigre titre. Elle est présente
sur quasi tous les morceaux. Un tout petit bout de trompette
sur un autre morceau alors que là, sa place est prépondérante
(bien que j'ai l'impression qu'elle joue toujours le même
air). Le deuxième titre Burn aurait pu rapidement
devenir stressant mais l'apparition de cette trompette altière
l'emmène dans des stratosphères insoupçonnées.
Et la mélodie vocale de Six and a half est également
un autre point fort. Une voix chétive, semblant à
court de souffle mais seyant très bien à une musique
qui, si elle donne dans les dissonances, ne joue jamais dans
la cour des gros bras. L'ombre de Sonic Youth et autres groupes
dans le genre s'est invité dans le décor mais
jamais n'est envahissante. On pointerait même sur un accent
post-punk sur certains passages, assez raide et distant (le
début de Quiche qui est loin d'être un four
alors que le suivant, Molly Spencer, n'est qu'un intermède
alors qu'il avait tout pour devenir royal), des éclats
noise, des digressions soniques de guitares inspirées
(Beefdealer et le répétitif Cut the
house dont les dix minutes sont heureusement secouées
par une soudaine intervention bruitiste, puis achevées
par ce même amour du bruit pur et enterrées par
cette trompette toujours salvatrice). Et c'est bien là
le plus gros changement. Ce groupe est devenu inspiré.
Comme si tout ce qu'ils avaient fait auparavant n'était
que de pénibles devoirs trop scolaires, qu'ils avaient
enfin décidé de s'y mettre pour de vrai, de ne
plus suivre sagement ce que leur avaient enseigné leurs
maîtres. Frida peut être fière. Ces fils
grandissent bien.
SKX
(20/09/2010)
website groupe www.myspace.com/sonsoffrida
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Souvaris
- Sincabeza
Clown
Jazz - split LP
Gringo 2010
Les
meilleurs ennemis du monde, Anglais et Français, se retrouvent
sur un bout de vinyl après avoir partagé de nombreux
kilomètres ensemble. Et il n'y a pas que la route et
les bières chaudes qu'ils partagent, il y a aussi une
certaine idée d'un post-rock instrumental. De prime abord,
ce n'est pas flagrant du tout. Ou plutôt si, flagrant
que Sincabeza fait la course en tête et vous la démonte
direct. Que leur rock mérite cette appellation contrôlée
alors que celui de Souvaris est du genre édulcoré
et largement plus post tout ce que vous voulez que rock. La
bataille s'apprêtait à être déséquilibrer.
Mais à écouter de plus près, on comprend
pourquoi les deux groupes se sont liés. Outre qu'ils
ont mis le chanteur au placard (les cris lointains et impromptus
de Sincabeza ne comptent pas), ils aiment brouiller les pistes,
orner la musique d'instruments autres que le guitare-basse-batterie
des familles, triturer leur post-rock en couches multiples,
en sonorités variées et lui conférer un
certain élan.
Avec les Anglais de Souvaris, vous avez la version Deluxe. Belle,
propre, mondaine, la croisière s'amuse d'entendre Tortoise
après tant d'années d'hibernation. Trop de bonheur
dans les notes, c'est insupportable. Le swing guilleret, les
arpèges joyeux, ça a le don de me plomber le moral.
Mais rapidement, le cocktail fait trembler les verres, la pression
monte, les couches d'instruments se superposent, bruitage électronique,
cuivre sur Hello, Antelope au point de dégager
une certaine classe qui n'est pas sans rappeler le dernier Zëro
au beau milieu de Great Scott. A l'image de la transition
entre les deux morceaux qui glisse tout seul pour repartir sur
un rythme nerveux. Car c'est ce qu'il y a de bien aussi dans
Souvaris, cette tension sans cesse palpable, ce rythme général
qui va de l'avant. Contrairement à une majorité
de groupes du même acabit qui finissent toujours par s'en/vous
endormir, Souvaris ne joue pas sur le contraste montée/descente
mais sur la richesse des sons et contre toute attente, fini
par séduire. Pour peu qu'on aime le luxe et le confort.
Avec les Bordelais de Sincabeza, vous avez la version déchaînée
et galopante. On était à chaque fois resté
sur notre faim sur leurs deux
précédents albums,
à regretter qu'ils ne lâchent pas la bride. Le
vu est exhaussé. Au-delà de toutes attentes.
Avec l'arrivée d'un quatrième membre et deuxième
guitariste, Sincabeza explose sa sagesse initiale, dilate son
post-rock trop appliqué, l'enrichit comme Souvaris d'une
multitude de sonorités, le fracture encore plus, le broie,
le déchire, le font voler et danser sans jamais se départir
d'un rythme relativement basique et trépidant. Histoire
de garder pied dans ce monde de dingues. Sauf quand le batteur
se prend pour le roi de la samba, jouant aux percus et à
la samba !!! (Chick Chick Chick) en plein milieu de Facile
à compter, juste après un plan Fugazien. Totalement
décomplexés qu'on vous disait. Même les
synthés lézardant Malalido ne crispent
pas. Créativité débordante, joie communicative,
bonheur d'offrir, Sincabeza arrive à vous réconcilier
avec un genre qui piquait du nez. Un split cinq titres aussi
débordant et opulent que la pochette, uvre de Dan
Layton, membre de Souvaris, est sobre et superbe.
SKX
(10/03/2010)
website groupe www.myspace.com/souvaris
| sincabeza.org
website label www.gringorecords.com
|
Spin
Spin The Dogs
Leave me in Leicester - LP
Gringo 2010
Groupe
anglais originaire de Nottingham mais relocalisé à
Londres, Spin Spin The Dogs vient de sortir son deuxième
disque (après un 10'' en 2005 nommé Cats !,
ce groupe est l'ami des bêtes) qu'il faut remettre plusieurs
fois sur l'ouvrage pour comprendre quelquechose. Et encore,
c'est pas gagné. A moins que le burlesque soit le fil
conducteur de ces neuf titres et alors là, tous les coups
sont permis. On pourrait évoquer la pataphysique, Pere
Ubu, un peu de Badgewearer et une ribambelle de groupes obscurs,
Joeyfat
en tête.
Une belle bande de losers, qui existent depuis 2003, ont splitté
plusieurs fois, remis le couvercle, copié Spinal Tap
à la recherche du batteur idéal, alors forcément,
au final, tout ça ne peut pas être très
sérieux. Et c'est ça qui est bon. Tout tourner
en dérision, s'en battre les bollocks des modes et du
qu'en-dira-t-on, ne pas savoir à quoi va ressembler le
morceau suivant tout en se demandant quel est ce truc qu'on
vient d'écouter. C'est techniquement bancal, voir bancal
tout court, fluctuant dans le dosage, erratique, compositions
narratives avec des éclairs de lucidité. La morosité
chassée à grands coups de pied dans les conventions
avant de revenir se fracasser sur Leave me in Leicester,
dernier titre de la face A, instrumental flippant. Face B, Kingdom
Time reprend gaiement les hostilités sur un air de
ska, bancal comme il se doit, sortez hautbois et (surtout) trompette.
Le chant / les chants donnent dans le grand n'importe quoi.
C'est toujours à ce moment là qu'il faut ressortir
la référence absolue en la matière, Al
Johnson (US Maple), quoique celui-ci passerait parfois pour
un Mormon à coté de la débilité
ancrée dans le corps de Vincent Larkin, bien aider dans
sa tâche par le batteur et des churs vaillants de
comiques troupiers (Hungry for Love). Ils peuvent également
faire preuve d'une finesse d'esprit incroyable avec le saisissant
titre Sadam insain ?, pet de mouche bricolé par
The Sparks (spéciale dédicace aux années
80) ou de finir par des applaudissements nourris comme à
un concert d'un groupe de rock progressif croate sur le plateau
du Larzac (New world hands). Entre toutes ces conneries,
Spin Spin the Dogs trouvent tout de même le temps de rocker
et de divertir son monde. C'est donc pour toutes ces errances
clairement affichées, cet esprit loufoque, la bise de
fraîcheur qui traverse la Manche (tu la sens la marée
?) et l'amour inconsidéré pour les losers patentés
que Spin Spin the Dogs finit, dans un moment de faiblesse, par
séduire.
SKX
(27/05/2010)
website groupe www.myspace.com/spinspinthedogs
website label www.gringorecords.com
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