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ARCHIVES 1999 - 2006
 

S. PROCESS/THE PARTY OF HELICOPTERS
" " - split 7
Track Star 00
L'hélicoptère a un coup dans l'hélice. Après un album sur Donut Friends, fumet noisy-core brouillon, juvénile et jouissif, Party of Helicopters se met à réfléchir, poser son jeu, perd de son naturel au profit d'une meilleure maîtrise certes, mais le charme est rompu. C'est surtout la voix, calme et chantée, qui cadre mal avec le reste et gratte mes entournures. Les 2 morceaux entendus sur le web de leur prochain album font craindre le pire.... Autre face, autre moeurs. C'est surtout S.Process qui a motivé l'achat de ce split 45. Un 1er mini-lp énigmatique, attirant. Ce morceau sur et contre les " photograph-reporter " maintient le cap. Batterie et basse continuent à faire tout le boulot. Des rythmes pour danser autour du totem. Et cette voix qui vient toujours du fond de la pièce, le jeu de guitare du chanteur s'affirmant au passage. Original et marquant, pas de boucan inutile. L'album sort à la fin de l'année. Réservez vos places.
SKX (05/10/2000)

S.PROCESS
" MNML " - CD
French Kiss 03
Ce groupe m'a jeté un sort. Je pourrais tout aussi bien les détester en bloc (avec ce nouvel album, encore plus). Des relents d'années 80, des avortons de New Order qui auraient bouffé trop épicé. Leur sale groove pour fin de piste. En prime sur ce deuxième long format, S.Process a étoffé sa palette sonore avec bidouillages de synthés qui sonnent parfois comme un vrai piano. Plus une voix féminine, énième 3ème larron autour du duo historique Bob Doto et Daneil Mazone. Bref, rien d'emballant sur le papier. Et pourtant, j'adore !! Leur sale groove est carrément envoûtant. Un truc irrésistible qui donne envie de bouger instinctivement. Pourquoi les punks n'auraient-ils pas le droit de danser hein ?! Une aura mystérieuse dans ce minimalisme et si riche et rond en même temps. Des mélodies qui vous transportent. Et il en pleut à chaque morceau. Le tout dans un bocal bien mélancolique et faussement entraînant. Un mélange unique qui tient par je na sais quel miracle. S.Process, c'est un peu tout et son contraire. A vrai dire, je ne sais pas par quel bout prendre ce groupe… C'est quasi indescriptible tant on ressent des influences multiples… Une moulinette qui broie finement. Entre tous ces fameux groupes " no-wave " et ces groupes de blancs becs qui se prennent pour des blacks comme !!! ou Dance Disaster Movement mais aussi des trucs plus rock et noise qui aiment l'air vicié, S.Process crée une alchimie bien personnelle. C'est sexe, chaud et maladif. Impossible de rester indifférent devant de tels tubes comme " a boulder tycon or enya " ou " in its mouth a moulder " et le très dépouillé " five boys " (mais on pourrait citer tous les titres). Alors tentez votre chance. Qu'importe votre chapelle. Laissez tomber les préjugés. La musique de S.Process brasse large car elle est universelle (woaw, ça c'est de la phrase !). Petits et grands. Chiens et chiennes. Sortez de votre réserve et enclenchez le processus. C'est un sale punk qui vous le dit !!
SKX (05/08/2003)
S.PROCESS
" s/t " - EP
Track Star records 98
Enigmatique musique. Groupe de l'ombre. 4 titres non-nommés. Trio US dans sa plus simple expression. Approche minimaliste. Magnifiques lignes de basse. Batterie sobre mais appuyée. 4 titres étirés où on prend le temps de tisser sa toile, de respirer, d'abandonner le corps encore chaud dans des duels basse-batterie aériens, où les explosions sont d'autant plus belles. Une guitare économe aux mélodies accrocheuses avec un chanteur sur la braise. Un réel talent de compositions à faire miroiter entre The VSS et Godheadsilo. Ca prend aux tripes en toute simplicité, enveloppe d'un mystère, processus à suivre....
SKX (15/11/1999)

S.PROCESS
" more me " - CD
Track Star 01
Le processus se développe. Et s'affiche au grand jour. Pochette trombinoscope, les protagonistes sous les flashs, recto et verso. Naturel. Riens à cacher. C'est tout simple et se démarque des pochettes actuelles où tout le monde à tendance à se planquer derrière les flous artistiques. Quant à la formule, elle s'adjuge un nouveau membre. Le trio se mue en quator avec l'arrivée d'une fille aux, devinez quoi, synthée/platines. Ca, par les temps qui court, c'est moins original. Un instrument qui se généralise dans les milieux rock-emo-hardcore ce que vous voulez. Car avec S.Process, bien malin qui pourrait les rentrer dans une petite case sécurisante, les étiqueter d'un courant musical particulier. On pourrait les rapprocher de VSS, 90 Day Men ou alors cousins (très) éloignés de Godheadsilo mais on serait encore loin de la vérité. S.Process, c'est comme leur pochette, limpide, ça coule de source mais c'est un minimum élaboré. Une musique très axée sur la rythmique vive et percutante. Le guitariste est plutôt du genre discret et se contente le plus souvent de chanter, beau brin de voix d'ailleurs, autour de la basse, ronde et mélodique. Les blancs sont comblés désormais par les machines qui font une entrée princière, tout en suspension et légèreté. Difficile de mettre un nom sur ce processus. C'est agressif sans être violent, des morceaux variés, spontanés et d'une saine fraîcheur dans le paysage musical actuel. Un trublion sonore qui rafraîchit les neurones, vous auriez tort de passer à coté.
SKX (19/06/2001)
SAETIA
" a retrospective " - CD
Level Plane 01
Saetia sévit de février 1997 à octobre 1999. Des dates bien précises pour une histoire du rock qui ne retiendra probablement jamais son nom dans les annales. Et on s'en branle! C'est avant tout l'urgence et le plaisir d'en découdre, la rage de s'exprimer du haut de leurs 20 printemps, "l'esprit hardcore et punk" dixit Saetia qui motivent tous ces groupes hardcore. Saetia en est un bon fleuron. Ce CD commémore l'ensemble de leur courte discographie : 2 singles, un album (sur Mountain Cooperative) et un titre égaré sur une compilation. Soit en tout 17 titres dans le tiroir-caisse que Level Plane (chez qui on retrouve des membres de Saetia!) nous ressort sous une belle présentation détaillée avec commentaires, pensées et paroles inclus. Le hardcore de Saetia est moderne. On passe de drôles de moments mélancoliques à quelquechose de plus énervé et écorché, sans jamais non plus sortir le gros son. Un mélange touchant entre maîtrise et équilibre précaire, entre naïveté et énergie pure. Avec cette voix plaintive qui s'échappe vers les aiguës, donnant une touche toute personnelle à leur musique. On retiendra de leur discographie leur unique album avec de splendides morceaux comme "an open letter". Leur dernier single "eronel" sorti sur Witching Hour (défunt lui aussi!) avec le morceau "some natures catch no plagues" qui laissera bien des regrets. Saetia arrivait au sommet de son art, abandonné à son sort. Depuis, vous connaissez l'histoire, chaque membre est reparti voir si le ciel était plus bleu ailleurs avec de nouvelles formations qui elles-mêmes splitteront etc... etc.... Une belle pièce bien représentative de son époque.
SKX (04/01/2002)
SAETIA
" eroner " - 7"
Witching Hour 00
Single de fin de sortie pour Saetia. Avec classe et qui ne peut que laisser des regrets. Ces 3 derniers titres sont sûrement le meilleur du fin du fin de leur répertoire emo-core surexcité. Parties calmes, parties dans le rouge, dosage adéquat entre les arpèges délicats et cette voix aiguë qui emballe la fanfare diabolique. Dosage entre une maîtrise grandissante et des compos sur le fil du rasoir, qu'un rien ne ferait déraper. Entre naïveté et total contrôle, l'émotion est garantie. Avec sur le ticket gagnant, "some natures catch plagues", qui vous nous les tripes. Et comme ils disent " there is no happy here, there is no happy here "....
SKX (02/06/2000)
SAINT JAMES INFIRMARY
" s/t " - Lp
Allied / Frenetic
Alors celui là, on pourra pas dire que je ne lui ai pas couru après ! Sur la foi de pauvres extraits bouillis et passés au laminoir par les ondes néfastes du méchant lutin de l'internet et de chroniques alléchantes, il a fallu pas moins d'un an de traque acharnée auprès de distros diverses pour faire main basse sur ce 1er album des américains de St James Infirmary (à ne pas confondre avec des homonymes anglais !). Efforts récompensés par un brûlot noise-rock cinglant. Chocs des rythmes qui provoquent éclatements, ciselés en lamelles, ça rock dangereusement, aveuglément. Pour inspiration, Jesus Lizard et le sens de l'uppercut, Rye Coalition pour le rock'n'roll for ever et Creeps On Candy pour la sauvagerie et la production sans fard. On s'accroche, les ébranlements que nous en ressentons nous portent à une volupté primaire, en pleine trajectoire de la balle. Instinctivement nécessaire. (un 45 est depuis sorti sur Alternative Tentacles. LP dispo sur Aquarium records et Mordam. CF rubriques Liens/Distributeurs).
SKX (02/06/2000)
SARAGASHUM
" The devil's chordbook " - CDEP
Autoproduction 02
La sarabande continue. Ce n'est pas que la poursuite proposée soit particulièrement endiablée mais le jeu en vaut quand même la chandelle. Posant le socle de son propos sur des racines profondes (Shellac, Oxes pour ne citer qu'eux), la musique de ce groupe originaire d'Alabama rappelle tant d'autres et si peu à la fois. Saragashum connaît la partition, explore des rythmes parfaitement cadencés et précis. Tour à tour chantées ou (la plupart du temps) instrumentales, leurs compositions diluent leur venin avec tact, sans temps mort ni vulgarité, balançant sur le trottoir ce qu'il faut pour alpaguer le client, entraînant vos cervicales dans un mouvement continu et névrosé. Six titres solides et aériens qui laissent présager d'un printemps précoce.
SKX (07/01/2003)
SCALENE
" Grafting from instantaneous and fragmental fulfillment " - CDEP
HG Fact 02
Le corps d'Atomic Fireball bouge encore, le chanteur est parti se faire pendre ailleurs que les trois restants continuent l'exploration des bas-fonds soniques. Changement de nom mais la croix à porter pèse toujours son poids. Scalene sculpte dans le gros. Sa matière, c'est le béton. Mais après six à sept minutes en moyenne de traitement acharné, tout vole en éclats et le béton sérieusement amoché. D'innombrables fissures, des échardes rentrantes et profondes. Scalene, c'est la folie nipponne au service de vos sanitaires. Un trio qui récure à fond. Complexité, quand tu nous tiens. Converge et Today is the Day n'ont qu'à bien se tenir, Scalene est l'œil du cyclone. Quatre titres qui se répandent, se jouent des pièges du genre avec facilité, élaborant une architecture ambitieuse, aux multiples recoins entre sombres desseins et mélodies en sous-sol et Pearl Habor en bas de chez vous. Ne pas oublier la douleur qui précède la surdité. Un arsenal sur lequel il va falloir compter. Scalene-san.
SKX (30/01/2003)

THE SEARCH FOR SATURNALIA/EGON
" velvet / blowing trumpets " - 7"
Has Anyone Ever Told You ? 00
The Search For Saturnalia serait-il en pleine évolution ? La recherche porte-t-elle ses fruits ? Je ne sais pas encore si c'est plus convaincant que leur précédent 6 titres mais TSFS quitte quelque peu les sentiers battus pour tracer une route où les virages se font plus doux, le climat océanique et l'approche plus pop. Ca peut donner quelquechose d'intéressant et plus personnel à la longue. Mais rien n'est moins sûr ! Les dés sont jetés. Avec EGON, on reste sur des terrains similaires. Au moins ce 45 n'a rien de manichéen. Ici, les sons sont clairs, tout comme la caisse, pas de problèmes, on l'entend bien celle-là. Les mélodies sont transparentes. Le chant est sage. C'est pop dans la démarche. En fait, sur cette chanson pour les trompettes ou ya pas de trompettes à l'horizon, rien ne dépasse et sans être déplaisant, je demande à revoir.
SKX (17/08/2000)
THE SEARCH FOR SATURNALIA
" s/t " - CDEP
Has anyone Ever Told You ? 99
A la recherche de nouvelles planètes, The Search For Saturnalia ne découvrira pas de Terra Incognita, n'enfilera pas d'anneaux inconnus. Etats de service encore vierges, 6 titres dans le moule, mais solide et du savoir-faire à revendre. Si j'étais de mauvaise humeur, je dirai que mon étagère est déjà suffisamment encombrée de disques inutiles. De meilleur poil, je dirai que ce jeune groupe rician reprend le flambeau de Superchunk, se place non loin d'Unwound ou Arcwelder (mais qui se souviens encore d'eux ?!), de l'indie-rock avec des ritournelles comme "3xd" vraiment accrocheuses, de l'énergie sans gras. Bref, un groupe à guitares qui se démerde comme un chef dans sa catégorie, poids plume et léger sans être volatile, qui n'atteint pas la stratosphère mais fourni suffisamment d'oxygène pour faire tourner quelques têtes. On va s'accrocher encore un peu à leurs anneaux, histoire de voir ce que nous réserve le futur.
SKX (17/08/2000)
THE SECONDS
" Y " - Lp
X-Mist 02
Le bonheur du plaisir immédiat. Qui vous attaque direct l'échine. Insouciants que vous êtes, oubliant les ombres du passé. La félicité à ses pieds. Quittez ces lieux inféconds, vous y reviendrez de plus belle. Le guitariste et chanteur Zachary Lehroff a la tête dure. Non content déjà de recreuser les sillons de Gang of Four et Wire avec son autre groupe Ex-Models, il remet le couvercle, comme on dit vulgairement, avec ce nouveau trio, The Seconds. Les sonorités vous viennent toujours de la même époque. Le début des années 80 a creusé un large trou dans lequel il se vautre avec tact, en retirant la quintessence pour mouler le tout dans un format moderne. Alors qu'avec Ex-Models, c'est sec, froid et coupant, The Seconds balaie tous les doutes. Accroire la distance et creuser l'écart. Le rythme est d'enfer, presque dansant et convulsif, renvoyant aux trémoussements maladifs de Minutemen. Tout est court, affriolant dès la première ligne de basse, refrains efficaces comme n'importe quel hymne punk auquel The Seconds nous renvoie sans cesse, sans jamais que l'on ait à crier à la honte. Edifié dans un espace qui ne tient compte ni des frontières ni de la gravitation, cet album polie le temps et remplie son rôle à la perfection : nous faire prendre son pied en toute simplicité et sans arrière-pensée. Ils sont au punk ce que John Spencer est au blues !! Le chaînon manquant, droit dans ta face. (le Cd est sorti sur 5 rue Christine records).
SKX (30/01/2003)
SET FIRE TO FLAMES
" Telegraphs in negative / months trapped in static " - 2xCDs
Fat Cat 03
Le grand nul part. Set Fire To Flames est un collectif canadien (Montréal exactement) de 13 membres et non superstitieux. Dans cette bande de joyeux drilles, des musiciens officiant avec Godspeed You Black Emperor d'où une coloration musicale proche. Mais alors que les fers de lance de la musique post-rock offrent encore des moments d'intensité, Set Fire To Flames mise sur le silence, la mise en boite du grand froid polaire. Pour ce deuxième et double album, exit la ville, direction la campagne, l'isolement, tout le monde enfermé à la ferme. Le post-rock tient son premier loft-story ! Au final, 17 titres, une heure et demie de musique et… un point c'est tout ! Comme si tout débouchait sur un neutre constat comptable et que rien d'autre ne s'était produit. Si j'essaye de voir le bon coté des choses, je pourrais avancer qu'on tient là une œuvre ambitieuse, conceptuelle, énigmatique et autres adjectifs ronflants. Mais si je laisse parler le cœur et non la tête, je trouve tout ce bastringue chiant comme la mort ! En moyenne, des morceaux qui durent des plombs. Ca se met en place tout doucement, on attend que ça vient, patiemment, et parfois, oh bonheur, ça vient vraiment, quelquechose se passe avant que tout ne retombe dans les méandres des machines. Mais la plupart du temps, c'est l'agonie du phoque sur la banquise. Une musique qui se rapproche plus de la musique concrète, les bruits de la nature amplifiés dans votre salon, des plages inutiles comme cette conversation téléphonique qui n'intéresse personne, des flatulences sonores qui glissent comme un pet sur la toile cirée. Impossible d'écouter ça sans s'endormir en plein milieu, voir un peu avant. Ils ont beau sortir tout un attirail de cordes, d'instruments en tout genre, de bruits minimalistes, ça ne sert qu'à cacher la misère de l'inspiration. Moi je veux bien faire un effort pour voir là-dedans des compositions hantées par je ne sais quelle beauté métaphysique mais au mieux, c'est de la musique d'ascenseur vachement balaise dans sa catégorie. Le grand bleu version période glacière, très peu pour moi.
SKX (28/04/2003)
SEXUAL SURROGATE
" knochenleitung " - Lp
Autoproduction 99
On imagine aisément leurs oreilles siffler à la simple évocation de Shellac, devenir un rien nerveux quand on associe systématiquement le trio de Chicago à leur propre musique. Raccourci pratique et facile. Certes, nier toutes similitudes, notamment sur leur 1er 45, est un pari que je ne révélerais pas! Un amour de la basse percutante, un sens du rythme tranchant, le son de Chicago impose sa frappe universelle. Et ce trio allemand, à ce petit jeu là, s'en sort avec les honneurs. Mais ne retenir que ça ferait courir les besognes un peu vite! Une écoute semi-prolongée de leur 1er album l'atteste. Une odeur punk-rock, un brin de Killdozer, une bonne grosse voix grave, des bizarreries et dérèglements de machines ("lady +" ou le morceau "knochenleitung"), une approche plus concise des structures avec un bon coup de pioche à la base, tout collabore peu à peu à une représentation personnelle de leur univers. En anglais, "surrogate" signifie "substitut" (en plus il est sexuel!). Ce jeune groupe allemand est plus qu'un remplaçant bâtard mais un parfait complément de la lignée, une belle pièce du puzzle qui engendre ses propres rites. Branchez à fond !!
SKX (06/09/1999)
SHIKARI
" s/t " - 7"
Level Plane 03
On a pourtant l'habitude d'en entendre des vertes et des pas mûres mais les Hollandais de Shikari ont propulsé la barre encore un peu plus haut ! Violence, pure violence, attaque sonore, frontale, décharge, bille en tête. Ce single figure tête de liste des disques les plus intenses de l'année, catégorie " frappe qu'un coup ". Shikari ne se contente pas seulement de souffler sur les cendres de Orchid mais ils les font passer pour de vulgaires pyromanes du dimanche tout en lorgnant sur les incendiaires (feu) Acme. Un son dingue d'où respire je ne sais comment des mélodies urgentes qui prennent aux tripes. Une voix au fond du gouffre mais qui s'est se faire entendre. Shikari a de quoi rhabiller plus d'un groupe pour l'hiver. Pas un groupe emo-powerviolence de plus ou de hardcore puissant qui ne connaît que la ligne droite à tombeau ouvert. Shikari, des vrais de vrais, concis, sans édulcorant ou artifice. Evident, fait pour mourir jeune. La chevauchée des Walkyries de l'an 2000, version batave. Tout simplement indispensable. (Tout aussi indispensable, un split 10'' avec Seein'Red et un autre 10'' tout seul sur Deadlock records).
SKX (06/08/2003)

SHIPPING NEWS
" very soon, and in pleasant company " - CD
Quarterstick 01
Cet album est avant tout une histoire de voyage. De voyage et d'inspiration par les villes traversées (Chicago, Bilbao, la Sicile, Rennes (??!!), Oslo pour ne citer quelles), par des morceaux travaillés, testés, remis en cause lors de tournées. En tout, deux ans et demi de labeur pour un résultat mitigé, à la mesure de ce long cheminement, d'état d'esprit et de feeling forcément changeant. Sans oublier que Jeff Mueller, principal instigateur de ce projet qui date de 1996, était aussi occupé par June of 44. Comment ne pas se disperser! La route est longue et parsemé d'embûches, mon ami. Excepté un magnifique morceau d'ouverture ("the march song") et un instrumental lui aussi réussi "nine bodies, nine states"), seules touches où le rythme général se fait alerte (réminiscences de leurs influences Slint), le reste du trajet se fait par les routes secondaires, voir le chemin des écoliers. On prend son temps et le temps est plutôt à la douce mélancolie. Tout dépend en fait de l'humeur du moment. Soit vous vous laissez bercer et emporter par le vague à l'âme ambiant, surtout les morceaux où c'est le bassiste Jason Noble (Rachel's) qui se colle au chant. Le violon (très très discret), le piano (aussi discret), les murmures, les arpèges tranquilles, le délicat, une tension très très relative, dites le avec des fleurs, si tout ça, c'est pour vous, vous allez prendre votre pied. Et à ce petit jeu, Shipping News est plutôt doué, ça brode avec classe et tutti quanti. Facile de se laisser prendre. Et pas désagréable du tout. Soit, tout ça peut vous sonner bien mièvre, un rien longuet et vous partirez avant la fin. Une musique à écouter en plaisante compagnie, pleine d'humanité, de poussière et de soleil. Vivement les orages et les accrocs dans le rideau!
SKX (10/04/2001)
SHORA/MERZBOW
" switching rethorics " - split CD
Bisect Bleep Industries / Overcome 02
La curie à tous les étages. Quand deux experts en détartrage auditif se rencontrent, on a tout à craindre que le CD ne fonde sous l'effet de cette lave bruyante et étouffante. Merzbow, alias Masami Akita, nippon esseulé dans sa chambre, repoussant les limites du bruit par vagues bruitistes et rythmes des profondeurs. Comme un sonar implanté au milieu d'un aspirateur. Il paraît que certaines personnes aiment ces douces sensations.... Autre manière d'attaquer le front, les Suisses de Shora. On retombe sur ses pattes avec une formation rock. Quatre nouveaux titres qui font suite à un 1er CD sept titres plus que prometteur. Ils en rajoutent une couche. Le son est énorme, touffu et pourtant si limpide comme une balle qui sort d'un 357 magnum. Leur noise-core est chaude comme la braise. Ils se démarquent de plus en plus de groupes comme Converge ou Botch pour trouver leur propre poison à expulser. Ils court-circuitent leurs standards par des phases expérimentales, creusent la face cachée du bruit. Shora, c'est du grand art! Et pour les maniaques, une édition limitée de ce digipack est sortie sous la forme d'un packaging encore jamais rencontré sur terre. On est plus prêt du piège à loup que du boîtier CD. Objet massif, dangereux et coupant. Qui sied si bien aux groupes présents à l'intérieur....
SKX (27/02/2002)
SHORA
" shaping the random " - CD
Grave Romance 00
Shora ! Shora ! Shora ! Le nom cingle. L'attaque promet d'être suicidaire, les brèches nombreuses dans les lignes ennemies. C'est court, intense, haletant. Des compositions complexes mais qui claquent comme des coups de fouets. Un hardcore moderne, teigneux, torturé. Les parties, toutes différentes et multiples, hachent, s'imbriquent, volent d'explosions brutales et déchirantes en respirations rauques, fourbissant un autre déluge à venir. C'est servi par une production millimétré, éclatante, le verbe haut. Dans le genre, ça enfonce des portes et elles sont loin d'être grandes ouvertes. Ca fait valser les gonds, un vrai souffle déboule de ces 7 compositions. Ave un prélude très court et une pause " Drowned Beauty ", autant d'insectes grouillant et ne font qu'ajouter à l'oppression ambiante, ce climat qui serre les tripes. Ce quatuor Suisse est fortement impressionnant et frappe, après un 1er 45 tours, un énorme coup dont les murs en tremblent encore. Indispensable.
SKX (02/10/2000)

SHOTMAKER
" the complete discography 1993-1996 " - CD
Troubleman Unlimited 00
Une compilation ardemment souhaitée. Des mois de lamentations devant les messages sold-out en continu avant le trône sacré en forme de double CD. L'œuvre du trio canadien enfin révélée au grand jour. Et comme chez Troubleman, on aime pas faire les choses à moitié, ils ont bien dépoussiéré jusqu'au fond des tiroirs. De la première démo en 93 à leur album incontournable "Mouse Ear Forget-Me-Not" en 96, en raclant au passage d'obscurs split singles et trois inédits pour la cerise sur le gâteau. SHOTMAKER, une formule toute simple. Le guitare-basse-batterie de base. De l'énergie, des mélodies à faire tomber, une production parfaite. Bref, de l'emo-noise qui vole au-dessus de tout le monde et qui en inspire plus d'un. L'occasion de jeter un coup d'œil dans le rétro et de juger l'évolution du trio. Des débuts où on s'aperçoit que Shotmaker est comme n'importe quel groupe qui débute (on s'en doutait mais ça rassure) : bancal, juvénile, sans le son mais qui très rapidement, après un merveilleux split album avec Maximilian Colby, deux albums et une durée de vie très courte et intense, se révèle chef de meute. Des talents de compositeurs au dessus de la moyenne. Simple, efficace tout en étant personnel, une équation des plus difficile. Pour les autres, pas la peine de rêvasser aux nymphes quand on ne peut que baiser les bonniches. Un classique.
SKX (31/01/2001)
SICBAY
" Overreaction time " - CD
54°40' or Fight 03
L'attirance est sans frein. On reste sur le bord, un rien perplexe au début, puis la glissade, lente et sûre, inexorable vers un gouffre en tout point délectable. Sicbay nous avait déjà fait le coup avec leur précédent album " The Firelit S'coughs ". Revoici la feinte de la bombe à retardement. Sicbay a l'air de pas y toucher comme ça mais le talent est là, indéniable, pour vous coucher une chanson qui fera son œuvre de taupe, écoute après écoute. Que le morceau soit franchement énervé (" hercunaleum ", " meet the jinx " ou " jack pine ") ou coule comme une paisible et triste ballade (" time fire ", " ultra-dawn "), la mélodie est à chaque fois imparable. Sans effet, fioriture ou autres rythmiques complexes, sans surenchère de bruit. Uniquement à la force du poignet. Avec ce grain de voix toujours aussi prenant, Sicbay vous fait plier, patiemment, un genoux après l'autre, jusqu'à ne plus pouvoir s'en passer. Sicbay aligne les perles, en toute quiétude. Ca reste majoritairement bien dynamique dans l'ensemble. Ces trois trentenaires, si ils ont mis un surplus d'âme dans leur œuvre, ne vont pas se calmer avec l'âge. Toujours inclassable. Rock tout simplement, qui n'a pas peur de se dénuder, de tailler près de l'os, d'épurer, ne garder que l'essentiel, maintenir la pression, les pouces bien enfoncés. Ne garder que la colonne vertébrale, y introduire un nerf électrisant. Et puis prendre la route à la recherche de son filon. La maturité apaise les démons, rend lucide mais ne les fait pas disparaître pour autant. Essentiel.
SKX (25/02/2003)
SICBAY/VAZ
" minnesota attacks - volume 1 " - 7"
Learning Curve 00
Les virus qui traînent dans le Minnesota font des ravages dans l'ADN et ça attaque sévère pour ce premier volume d'une série de split single qu'on leur souhaite bien longue et joyeuse! Une pochette avec délit de sales gueules, signée Hazelmeyer, le boss de (feu?) Amphetamine Reptile records. On espère que ce nouveau label, très proche semble-t-il de Amrep, nous fera découvrir autant de bons groupes. Pour commencer, ils n'ont pas été chercher bien loin avec VAZ, 2 ex-Hammerhead qui vous "torched by an angel" bien dans la lignée de leur album dont on relate l'histoire quelques part dans ces pages. Frais, dissonant et entraînant. SICBAY (ex-Colossamite) continue de dérégler les horloges avec un "3 hours" tendu comme un ressort, qui ménage ses effets et augure d'un premier album prometteur.... On prend rendez-vous pour le deuxième volume!
SKX (02/05/2001)
SICBAY/GRAND ULENA
" split 7" " - 7"
Sawtooth 02
Le retour du Nick Sakes et de ses deux compères. Un étape de plaine (et courte) pour patienter entre deux albums. Ed Rodriguez (Gorge Trio, Iceburn) est revenu derrière les fûts, son jeu s'est étoffé. Est-ce pour cette raison que ce nouveau morceau " Balon Walker " nous remémore tant la période Colossamite, groupe charnière où le Nick et le Ed échangèrent leurs premières discussions à la guitare ? Après un 1er album de Sicbay à l'aura plus calme et rock, est-ce un retour aux sources, tout de bruit et de fureur ? En attendant la réponse définitive avec le nouvel album qui débarque courant février, gavez-vous de ce titre à faire grincer plus d'une dent. Le Sakes est en colère et ça a du bon ! Avec Grand Ulena, on reste en famille puisque on retrouve Darin Gray, ex-bassiste de Dazzling Killmen et tout premier groupe aussi de Nick Sakes. Respect mes frères. Sauf que le Gray est parti depuis exercer son talent sur des pentes autrement plus savonneuses. Avec plus ou moins de bonheur. Pour le meilleur (Brise Glace) et pour le pire (You Fantastic pour n'en citer que quelques uns !). Ce nouveau projet à trois têtes s'annonce encore une fois casse-gueule. Grand Ulena aime se la jouer free et improvisé avec des bouts de ficelle. J'ai connu pire dans ses tentatives passées. On saisit plus ou moins un fil conducteur mais tout ça reste encore obscur et très conceptuel. Et pour pousser l'esprit du clan jusqu'au bout, c'est la femme de Sakes qui a fait la pochette pour son propre label. Sicbay, c'est toi le patron !
SKX (30/01/2003)
SICBAY
" the firelit s'coughs " - CD
Obtuse Mule 01
On respire profondément. Car un disque avec Nick Sakes dedans, ça s 'écoute pas comme les autres. Et comme les précédentes productions de Sicbay soufflaient le chaud et le froid, on se demandait comment aller sonner ce premier album. Nick Sakes, c'était l'ancien porte-voix et guitariste de Colossamite et (surtout) Dazzling Killmen. Et l'erreur, d'où pointait une certaine (et relative) déception des premiers disques, c'est de vouloir que Nick Sakes fasse encore et encore du Dazzling Killmen ou Colossamite, tellement c'était du bonheur ces deux groupes là, on voudrait jamais que ça cesse ! Alors stop, on arrête la nostalgie. Sicbay est un tout autre projet. C'est tout à l'honneur de Nick Sakes d'évoluer musicalement. Avec Dave Erb à l'autre guitare et Ed Rodriguez à la batterie (ex-Colossamite lui aussi et toujours Gorge Trio), Sicbay signe ici une œuvre royale. Ils regroupent et concrétisent toutes leurs idées éparses perçues sur quelques 45 et maxi et trouvent leur style, le bon ton, la cadence adéquate, le son parfait. Pour un disque inclassable. La musique de Sicbay est hors-mode, hors-courant, hors tout ce que vous voulez. Ca ne fait penser à rien de précis. Juste trois mecs qui se sont sévèrement penchés sur le songwriting, qui y ont mis leurs tripes et leurs coeurs. Qui balancent entre coups de gueules avec de bonnes charges en avant ("3 hours", "the sighting") et morceaux plus introspectifs, sombres et calmes ("matamoros" , "candlelight lipstick"). Avec également, pour la 1ère fois dans un projet de Nick Sakes, une musique qui ne s'épargne pas ses moments de gaieté ou de légèreté dans certaines mélodies. C'est loin d'être torture mentale à chaque riff. Les compos restent simples à la base, assez courtes, avec des arrangements qui sortent du double guitare-batterie. C'est varié avec une intensité toujours sous-jacente. Un truc à part pour une œuvre intemporelle et essentielle. Et le meilleur reste à venir.
SKX (19/06/2001)
SICBAY
" Fort busy signal " - CDEP
Perverted Son 00
L'aventure continue. Après Dazzling Killmen et Colossamite, Nick Sakes, l'âme-chanteur de ces groupes, poursuit sa quête avec SICBAY. Nouveau trio avec Ed Rodriguez, ex-Colossamite et Dave Erb, Sicbay joue avec nos nerfs, déroute et prend un virage résolument hardi ! Alors que les morceaux-démos entendus sur leur site web annonçaient une couleur bien dans la continuité des précédents efforts, haletant et direct au but, ce 1er EP 4 titres nous colle certain au blind-test. C'est presque un nouveau groupe qui déboule d'un coup d'un seul. Etonnement et gros yeux aux premières écoutes. Voix calme, parlée, presque chantée, intense quand le moment s'en fait sentir, Nick Sakes étoffe son registre et surprend son monde. Rythmes entre deux eaux, harmonica sur " Bearskins and Rubberknives ", guitare sèche sur " The Reach ", point de bataille épique et d'assaut sonique, juste quelques coups de boutoirs passagers. Des compos au déroulement singulier, déliées, qui attaquent par les cotés et aux contours rock en pleine maturité. On cherche l'étincelle, on scrute l'horizon et puis on se laisse happer, une atmosphère de fièvre troublante vous saisit au fil des écoutes, un je-ne-sais-quoi de tension propre à ces précédents groupes s'insinue comme un dangereux brouillard gagnant du terrain. Un disque qui vous laisse hébété, savez pas trop comment l'aborder, ne comprenez plus trop rien au film mais on attend la suite avec curiosité....
SKX (02/05/2000)
CRAW/SICBAY
" space is the place / challenger " - split 7
Obtuse Mule 01
Pas de précipitation sur le jugement dernier! Car si ce split single vient juste de sortir et marquait le retour officiel de Craw après trois ans de silence, ce morceau a été enregistré à l'époque où Craw comptait dans ses rangs deux guitaristes. Avant que l'un deux ne fasse orphelin l'autre. Pour connaître le nouveau cru de Craw, il faudra définitivement attendre l'album sur Hydrahead. Qui, comme toutes les bonnes choses, sait se faire désirer! Patience donc avec cet inédit qui n'est pas un fond de tiroir. Un bon vieux Craw des familles. Fier et pétaradant. Les princes du noise-core. Sicbay présente des symptômes similaires. Un titre enregistré à l'aube de leur vie. Là où tout était urgence et bruit. Un grand morceau de Sicbay avant que l'album ne les montre sous un visage plus mature mais tout aussi intéressant. Une belle rencontre entre monstres sacrés.
SKX (05/09/2001)
SICK LIPSTICK
" Sting sting sting " - CD
Tiger Style 03
On leur donnerait le bon Dieu sans confession et pourtant ça sent la perversion à plein nez. Le rouge à lèvre malade. Tout est dans le titre. Un vrai piège à tête de nœud. Ne pas se fiez aux apparences car si on gratte un p'tit peu, la deuxième couche risque de dévoiler une couleur rouge sang, des gencives prêtes à croquer. Tout d'abord, cette voix de petite fille effrontée, socquettes blanches, couettes blondes, timbre haut perché, façon Melt-Banana. Ca vrille et mine de rien, elle vous emmène où elle veut. Et puis des rythmes sautillants et tout fiévreux. Le fameux " même les punks ont le droit de danser ". Ya du Arab on Radar là-dessous. Comptines sur la corde raide, toutes en dissonances, convulsives. Une musique pour augmenter la natalité (et les fausses couches !), voluptueusement sadique. Douze titres à tambour battant. Une saine ruade, bouffée d'air frais entre les cuisses. Restez les pieds rivés au sol sous cette musique est impossible. The Sick Lipstick, groupe de Toronto avec deux ex-Black Cat 13, fait parti aux cotés de groupes comme Erase Errata ou Tourettes Lautrec, d'une nouvelle vague de francs-tireurs américains épris de débauche et de liberté. Sans famille, sans accroche, rien à personne et jubilatoire à fond. Sting (répétez trois fois), un jouet dangereux à offrir qu'aux grand(e)s personnes pour des plaisirs solitaires. Un pur joyau dont l'éclat peut-être trompeur…
SKX (14/08/2003)
SIGHTINGS
" s/t " - Lp
Load 02
Load records n'a pas la réputation de sortir de douces brebis de sa bergerie. Lightning Bolt, fleuron du label et groupe majeur, ne sont pas des monstres de tendresse et pourtant, ils pourraient faire figure de chaperon rouge comparé au reste de l'écurie. C'est dire! Avec Sightings, c'est l'assurance de la paix des ménages qui fout le camp. L'art de vous casser les tympans. Ne prendre soin qu'un minimum de donner forme audible à son bordel sonore. On ne peut parler de science du bruit tant on se demande si Sightings maîtrise quelquechose là-dedans. Des guitares qui font concurrence à Black & Decker. Où la saturation est une mesure pour calculer votre seuil de résistance à la souffrance. Des rythmes qui tombent de façon aléatoire. Un chanteur qui fait passer celui de US Maple pour un mec raisonnable. On tombe dans le champ de Arab On Radar mais en pire. D'une noise extrême et anarchique. Sans souci de plaire mais d'irriter. On n'est pas loin du bruit juste pour l'amour du bruit. Une certaine jouissance vous vient à l'écoute. La jouissance du maso. Heureusement, elle est très momentanée et l'intérêt se dissout rapidement sous le déluge.
SKX (18/09/2002)
SKARNSPAGE
" skarnspage " - CD
Lilacsky 02
Deux bruns fagotés comme des représentants de commerce en vacances au camping municipal et hilares au milieu d'un champ de blé. Voilà pour le coté glamour de Skarnspage. Un duo guitare-batterie (et un !) qui hante les banquises norvégiennes depuis des années et daigne enfin sortir un album…. deux ans après son enregistrement ! Des gènes corses doivent circuler dans leurs veines scandinaves. On est très loin en tout cas des clichés occasionnés par ce peuple conquérant. Skarnspage, c'est plutôt le coté lutin des neiges. Jovial, pas sérieux pour un sou et élevé à la douce folie des Trumans Water. Le genre qui saute dans tous les sens avec des moyens dérisoires. Et qui enfile les conneries en un temps record. 19 titres en 25 minutes, en comptant les huit intermèdes récurrents, mini instrumentaux tout droit tirés d'une fête de village d'un autre âge où la décadence a pris le pouvoir depuis longtemps. Ca fait donc un album très court (fallait pas leur demander l'impossible non plus à ces travailleurs acharnés !) mais carrément dynamitant, plein de bonheur et de gaieté, de rythmes qui dansent la saint gui, de vocalises puériles et entraînantes. Le truc qui donne envie de courir nu avec eux dans leur champ de blé à deux balles. Une petite pépite à garder pour les matinées moroses.
SKX (12/03/2003)
SLEESTAK
" mach 2 " - Lp
Total Annihilation 98
Annihilation totale. Acte (état) second. Après les bêtes sauvages de 400 BLOWS, ce drôle de groupe déciboulonné. Autant 400 Blows est droit et direct, autant Sleestak à déplanté son bulbe depuis belles lurettes pour une réimplantation antidatée. Phase noise et expérimentale comme seuls les Texans savent le commettre, à l'instar des quelques furieux de (feu) Trance Syndicate. D'abord on calme le rythme, pesant de préférence et en position repeat. On étire les plages, histoire de tendre l'ambiance au légèrement malsain. On prend un chanteur Halloween à la voix bien cinglée. Et pour le reste, on fout le bordel qu'on peut, tout en décalages-débordements. Ya pas de limites. Les larsens, les triturages, bruitages, les doigts dans le nez, les coudes sur la table, les pédales à multiples effets, de longs moments de calmes agonisant. On essaye, un soupçon, d'y mettre un minimum de sens et vous avez 14 titres euh déboussolant. Parfois c'est marée basse et l'intérêt se dilue mais pour peu que l'ambiance sinueuse vous attrape un soir de pleine lune, c'est un bonheur larvaire " faster than a sleeping bullet "....
SKX (15/11/1999)
SMART ASS DYNAMITE & THE NEW GENERATION OF DESTRUCTIVE ENTERTAINMENT
" s/t " - LP/CD
autoproduction 01
Un nom encore à défrayer la chronique. Un nom qui nous promet des coups de pieds au cul pas perdus pour tout le monde. Un nom qui annonce des lendemains sans futur. Pas de promesses qui tiennent. Reliftage complet. Du passé faisons table rase. Sauf que le passé, à ce jeune trio allemand, est fortement ancré dans le punk. Un timbre de voix rappelant le doux serinement de Jello Biafra. La pochette aux collages multiples et provocateurs façon Dead Kennedys. Et les rythmes, plus avoir avec le binaire que le multidirectionnel. C'est efficace, direct mais loin d'être simpliste. Heureusement pour eux, tout ça reste une influence très bien digérée. Ils gardent du punk essentiellement l'esprit et le discours. Et comme No Means No, le sens du rythme groovant, le punk qui danse et qui s'éclate. Du Kurt sans l'adjonction "emo". Ou toujours la même vieille rengaine, comment faire du jeune avec du vieux. Smart Ass Dynamite le fait avec beaucoup d'entrain et de fraîcheur. Et comme pour bien prouver que ce sont des punks modernes, un CD-R, avec exactement l'équivalent du vinyl gravé dessus, est glissé dans chaque pochette. Cocktail molotov.
SKX (26/02/2002)
SOEZA
" s/t " - 7"
X-Mist records 99
Hybrides les Anglais de Soeza. Bien malin qui pourrait les phaser sagement. Du ressort, de la dynamique, de la variation dans le ton. Y'a du Badgewearer là-dedans, dans cette façon de maintenir le rythme vif et alerte, tout en restant léger, une trompette pour faire danser les foules, avec cette inimitable " english touch " dans les mélodies qui les démarque sans cesse. En bien ou en mal, c'est selon. Ici, la tenue de route n'est pas encore idéale mais gageons que ce single (après un CDEP 3 titres sur Cowpat) inaugure de futures banderilles savoureuses.
SKX (26/07/1999)
SOMETHING LIKE ELVIS
" shape " - CD
Antena Krzyku Unc. 99
On ne rajeunit pas avec ce disque sorti presque trois ans déjà. Mais c'est pas tous les jours qu'on chronique un groupe polonais. Un groupe de noise-rock avec un accordéon de surcroît! Ca sent l'exotisme rugueux, le genre de groupe qui part d'avance avec un handicap, une carte d'identité qui joue pas en leur faveur. Trop occupé qu'on est à regarder vers l'ouest la dernière nouveauté avant tout le monde qui va nous tomber sur le coin de la tronche. Mais depuis quelques années, tout un tas de bons groupes débarquent de l'est, la République Tchèque en tête. La Pologne, jusque là, était restés discrète. Something Like Elvis pourrait bien être cette tête de pont, l'arbre qui cache la forêt. Leur influence majeure reste No Means No. Le rythme punk-groove lancinant. La basse qui déhanche. Là dessus, vous coulez une bonne dose de guitares bien noise, façon Sleepers. Et la vraie originalité, leur truc bien à eux, c'est cet accordéon, qui paye pas de mine à l'énoncé, mais se taille la part du lion. L'élément auquel on raccroche les mélodies, qui se noie sous le déluge ou éclaire la mêlée d'un coup de anche et de belles inspirations diatoniques. Des morceaux qui aiment tourner en boucles, insister sur le même rythme, vous hypnotiser, vous happer dans leur déluge sonore, vous laisser la tête hors de l'eau au beau milieu de l'aventure pour mieux repartir en apnée. Tous les titres n'ont pas la même aura mais quand l'inspiration est là, ça moufte pas dans les rangs. Elvis se retourne dans sa tombe. (A noter leur 1er album "personal vertigo" du même tonneau, quoique la taille en-dessous).
SKX (12/03/2002)
A SILVER MT. ZION
" bornintotroubleasthesparksflyupward " - CD
Constellation 01
La blancheur calme d'un piano. A Silver Mt. Zion s'auto-soustitre fort à propos "Memorial Orchestra & Tra-La-La Band". On comprend pour la partie "Memorial Orchestra". On fronce un peu plus les sourcils pour "Tra-La-La Band". A Silver Mt. Zion a plus avoir avec le recueillement qu'avec une joyeuse bande de délurés pour musique festive. Plutôt sortie d'église que banquet arrosé. Issu de la pieuvre à 7 têtes Godspeed You Black Emperor! qui n'en fini plus d'infanter des orphelins, ce deuxième album de ces Canadiens emprunte autant à la musique minimaliste d'Arvo Part qu'aux Rachels, avec forcément l'inévitable lien (ténu) patriarcal à Godspeed. A la base, six enfants de choeur pour la charpente principale. Mais qui invitent régulièrement leurs compagnons pour souffler dans les trompettes de la miséricorde et crier un p'tit peu. Une procession quasi monacale, de longues paraboles, de lourds fardeaux que l'on porte sur ses épaules chétives. Des chuchotements, des silences en tant qu'instrument à part entière, des chants portés à bout de voix près à l'éclatement. Puis des montées ensanglantées (ou pas), le courroux venu d'en-haut, des cris qui surgissent, le fracas des guitares. Une colère impuissante avant le lent déclin. A moins que tout ne reste en suspend, incapable de choisir son camp. Entre dépouillement de violons et piano à l'aura mystique (vous l'aurez compris!) et déchirement de la terre sous le coup d'orages très électriques, cet album est tout simplement captivant. Une mosaïque d'émotions contradictoires. D'une ferveur toute égoïste. A écouter au loin, d'une fausse tranquillité, attendre la révélation. Je ne bougerai pas d'ici.
SKX (12/12/2001)
SON MY
" circulatia " - 10"
Break Out / Tad records 99
Ceci n'est pas un disque emo de plus. Faut pas se fier aux apparences ou à une écoute discrète et distraite. Son My vient d'Allemagne et au contraire de nombreux groupes compatriotes, Son My apporte un je ne sais quoi d'européen. Une atmosphère qui ne transpire pas habituellement outre-atlantique. On a beau retrouver un chant passionné et engagé, une énergie juvénile et torturée, Son My se démarque de la meute. Faudrait peut-être déjà formellement identifier en quoi consiste une touche européenne, et là, j'avoue, je sèche lamentablement, mais en tout cas ça n'a rien de foncièrement ricains. Peut-être ce violon avec son lot d'émotions fines ou ces mélodies surprenantes et troublantes. Bref, un truc en plus, un truc en plume et définitivement 4 titres créatifs qui restent accrocher aux sens et à saluer d'urgence!
SKX (02/11/1999)
SONG OF ZARATHUSTRA
" the messenger of heat " - 7"
Vendetta 01
Ainsi chantait Zarathustra. En piétinant les plates-bandes de ses voisins, en trépignant sec comme un gamin en folie sur fond de synthés déjantés. Le hardcore, c'est ça aussi de nos jours! Ces quatre titres ont spécialement vu le jour sur un label allemand pour leur venue en Europe au printemps 2001. Tournée qui a superbement ignorée la France au passage. Ca, c'est pas nouveau (mais on bosse pour que ça cesse!). Inédits version plus roots et au cordeau que leur excellentissime album "birth of tragedy" mais obligatoire dans sa collec pour en jeter un max. Justice vaincra!
SKX (30/05/2001)
SONG OF ZARATHUSTRA
" a poisonous movement / lude boy " - 7"
Hand Held Heart / Sound Virus 02
Le dernier né de la gamme Song Of Zarathustra commence rock'n'roll. Le riff pète dans les mains, swingue sec et nerveux. Voix toujours aussi écorchée et orgue (tenu par le chanteur) qui déboule, fidèle à lui même! Sauf que le son reste en dedans, sans ampleur. Sauf que, sauf que, c'est pour mieux vous rendre sourd mon enfant! Car forcément, vous avez tendance à rehausser le volume de votre chaîne. Et là, paf, ils vous coupent tout en vous balançant dans la tronche un son bien vicieux et strident. Comme si votre saphir venait de se désintégrer ou vos baffes exploser de l'intérieur. Effet garantie! Quel déconneur ce Zarathustra! Face B, on a le droit a une reprise de Social Distorsion. Je ne connais pas l'original mais ça sonne sans sourciller comme un morceau de SOZ. Pas essentiel à votre collection mais les fans de Song Of Zarathustra ne pourront éviter....
SKX (12/02/2002)
SONNA
" we sing loud sing loft tonight " - CDEP
Temporary Residence Ltd 01
Le Sonna est d'une grande tranquillité. Et si dans un geste d'égarement, ils ont cru chanter lourd, ils se sont vite fait rattrapé, raturé et c'est bien soft qu'ils vont chanter sous les lampions. Et encore, ça tout d'une boutade puisque Sonna est avant tout un groupe instrumental et que le chant est aussi discret que le pet sur une toile cirée. Sonna est ce qu'on qualifie communément de post-rock. Très très post. Pastélisé et aseptisé. Ca furète par chez Tristeza, Low et Aerial M. Cette musique tout en douceur, faussement ensoleillée mais vraiment mélancolique. Le genre de groupe qui prend son temps pour raconter son histoire et où vous avez toutes vos chances pour dormir avant la fin. Six titres en 45 minutes, votre tisane va refroidir. Les guitares sont les narratrices principales, vibrantes à l'unisson, les cymbales clinquantes. De l'élégance, de l'agilité, un rien d'indolence, quelques accélérations très passagères, des ronds dans l'eau. Mais tout à beau être bien fait, l'enregistrement de valeur, merci Albini, je suis comme la toile cirée, ça me glisse dessus et n'accroche à rien. L'eau claire n'est pas bonne pour mon organisme.
SKX (26/09/2001)
SPEEDKING
" The fist and the laurels " - 2xCDs
Tiger Style 02
Un coup d'oeil dans le rétro avec la réédition de la totale de Speedking, trio new-yorkais largement méconnu. Tellement méconnu que ce double CD apparaîtra aux yeux de beaucoup comme une nouveauté à part entière. Pour ma part, je vais me la jouer encore, mais quelques uns de leurs 45 traînaient sous une vieille pile poussiéreuse et l'écho de la sortie d'un album enregistré et jamais sorti (split du groupe à la fin de l'enregistrement oblige) flottait dans l'air depuis quelques temps. Troubleman records était sur les rangs. C'est finalement à Tiger Style qu'échoue l'honneur de sortir l'intégrale, à savoir 4 singles, ce fameux album tombé aux oubliettes et quelques inédits. Un groupe apparemment culte de l'autre coté de l'Atlantique, jouissant d'une aura de précurseurs dans la musique dite post-punk et de tous ces groupes bruyants actuels qui manient le clavier intégré comme une seconde peau. Il est vrai qu'on est là en plein milieu nineties et qu'à l'écoute de cette réédition, le temps n'a pas eu prise sur les morceaux. Sur le 1er CD, on retrouve tous les 45. Une base noise, très axée rythmique, assez Shellac-ienne, une guitare bien agressive dispensant des mélodies qui faisaient que ces morceaux avaient une putain de classe. Avec l'autre CD, celui de l'album mystère, on comprend mieux l'influence de ce groupe (plus par leurs nombreuses tournées aux USA en fait que par leur discographie). Les évènements ont pris une tournure plus électronique. Mi-bruit, mi-machine. Si la basse et le batteur restent la clef de voûte de l'édifice, le son s'est enrichie d'une voix féminine et surtout amplifié d'effets électroniques et petites bidouilles édulcorantes. Même le rythme en devient presque groove. Les compos, tout en gardant une certaine efficacité, s'épurent pour ne garder que le nerf. Et je dois avouer que, excepté deux ou trois morceaux plus dans la lignée historique, leurs nouveaux jouets sont loin de me convaincre dans leurs habits de pionniers où électronique, relents new-wave et énergie punk se côtoient déjà…. En plus, à la fin de chaque CD, ils ont cru bon de mettre des inédits purement électroniques et là, ce double CD commence à vraiment devenir long. Finalement, seuls les 45 auraient pu avoir droit à une seconde jeunesse. Il n'est pas toujours utile de fouiller les fonds de tiroirs. Sinon pour colmater les brèches et rétablir les maillons dans cette bonne et vieille histoire de la musique !
SKX (03/03/2003)
THE SPORES
" not now " - CD
Flitwick 01
(Flitwick records / PO Box 26 / Flitwick Beds / MK 45 1TJ / UK)
Il y a des groupes qui tombent pile au bon moment, jouent le bon truc quand il faut, bien en phase avec l'ère du temps. Le succès, les filles et l'alcool à flot. Et ya les autres. The Spores, loosers (magnifiques) anglais. Aussi glamour qu'une boite de haricots. The Spores débarqués en plein nouveau millénaire. Dix bonnes années de retard dans les jambes. "Not now", éclair de lucidité. Ce deuxième album est totalement anachronique. C'est fin années 80 que le jour aurait dû voir naître ses attendrissants sillons. That Petrol Emotion et les Wolfhounds auraient eu une sérieuse concurrence. Car, hors mis son coté décalé - ce qui en fait une bonne partie de son charme - cet album est une grande réussite. Ca et son coté rudimentaire. A faire poiler tout un banc de lecteurs de "guitares & claviers". La démonstration, une fois de plus, que dix ans de solfège ne servent à rien pour vous torcher des mélodies imparables. Qu'un batteur, même au jeu rachitique, peut mettre le feu à n'importe quelle piste. Que deux, trois accords clairs font chavirer n'importe quel cœur. Seul le chanteur est largement au dessus de la moyenne. A lui tout seul, il tire l'ensemble vers le haut et sublime n'importe quel bout de ficelle. Il pourrait chanter le botin qu'on le suivrait quand même! Arrangements au cordeau, instrumentation maigrelette mais des idées mélodiques en pagaille et un sens du sample retournant. Preuve la plus flagrante avec le morceau de fin "tranquillizer" et son modem intégré et utilisé comme un instrument à part entière. Une pure trouvaille! 14 titres intimistes et revigorants, sur de leur force tranquille, de leur orchestration enfantine, d'une naïveté touchante. A coté de la plaque mais à cultiver secrètement dans son jardin. Et le mot de la fin au label, Flitwick, qui, comme pour toutes ces réalisations, ne vend pas ce disque. Non, il le donne! Suffit juste de leur écrire et de gentiment leur demander un exemplaire. D'une autre époque que tout ces gens là viennent j'vous dis!!
SKX (23/01/2002)
SQUALL
" How things work " - CD
Silver Rocket 03
Squall est un animal tchèque ne connaissant que la ligne droite. Avec montées et descentes certes mais toujours droit devant lui. Une machine à avancer, d'un rythme sûr et conquérant, d'une dynamique générale basée sur la répétition, de la boule de neige qui dévale, entasse, rajoute des couches et s'explose contre la paroi du vide inquiétant. Squall aime partir d'une idée simple, d'une petite mélodie à la guitare ou à la basse, sans bruit, puis tisser sa toile, étouffer en silence, partir dans des dissonances électriques, transgresser le quotidien, faussement basique, trépidant toujours, qu'importe la cadence imposée. Forcément, ces longs voyages sont usants. De longueurs monotones en épisodes tragiques, on décroche parfois pour mieux reprendre son souffle à l'étape suivante. L'ensemble souffre d'une impression linéaire malgré les cassures nombreuses mais au moins Squall est fluide et pour peu qu'on prenne la première vague du bon pied, ça peut vous emmener loin, dans un pays où on n'impose pas d'étiquette, inclassable et universel. A la manière de groupes comme Gone Bald ou leurs compatriotes Gnu, il ne faut pas avoir peur de gratter la première couche, oublier son a priori et découvrir une musique attachante faite avec le cœur qui creuse, mine de rien, son petit sillon….
SKX (03/11/2003)
STANDSTILL
" memories collector " - Lp
Defiance / Bcore 02
Cinq espagnols en quête de perfection. Un groupe qui ne se fixe aucune limite par rapport à un genre où on aimerait les enfermer. Cinq jeunes dans le vent qui ne prennent pas l'emocore pour leur lanterne. Si leur propos est très en phase avec l'émotion, est à fleur de peau, Standstill se donne musicalement, avec ce 2ème album de l'ambition, enrichit son vocabulaire et sa palette d'instruments. Si la fragilité palpable et les paroles très tournées vers son propre nombril raviront plus d'un emokid, la musique prend de l'ampleur et un surplus de consistance. A l'image de Engine Down sur leur album "to bury within the sound", Standstill n'hésite pas à flirter avec les limites. Celles qui pourraient les faire basculer dans les mains d'une pop calibrée, propre sur elle et commercialement viable à grande échelle (ce qui n'est pas un crime en soi!). Ou rester dans un champ d'action ou leurs racines hardcore peuvent très bien se marier avec plus de sensibilités. Se laisser aller à plus d'intimité sans oublier les attaques frontales et des riffs imparables. Pimenter d'une trompette idéale, d'un melodica ou d'une contre-basse sur quelques morceaux sans renier les rythmes directs. Sonner rock et fort tout en étoffant la production. Ce "memories collector" a des qualités mélodiques indéniables et brille dans la nuit. Il ne sent certes pas la sueur du gros tatoué des pectoraux mais il a su éviter les écueils et navigue avantageusement entre rock et lyrisme, entre simplicité et une certaine forme de maniérisme. C'est personnel et universel, à écouter sans préjugés. Le temps fera son œuvre.
SKX (15/10/2002)
STANDSTILL
" the ionic spell " - Lp
Defiance / Bcore 01
L'Internationale poursuit son œuvre. C'est vers l'Espagne que nos oreilles pointent plus qu'à l'accoutumée ces derniers temps. Standstill, cinq jeunes personnes en provenance de Barcelone, dont la musique ne reflète en rien la fibre patriotique (tant mieux, les castagnettes ont tendance à me les briser menu-menu) et qui pourraient aussi bien débarquer d' Etats-unis ou d'Allemagne qu'on y verrait que du feu. Olé! C'est donc en relatifs défricheurs locaux (enfin je suppose vu que ma culture de la musique espagnole reste sommes toutes sommaire!) que Standstill sort un premier album d'emo-core écorché à souhait qui fera date dans le pays. Et ailleurs. Standstill vient jouer sur les plates-bandes (désormais désertes) de 400 Years, titiller Bob Tilton, présenter une version allégée des charges héroïques des Japonais d'Envy. Et tout ça sans avoir à rougir des comparaisons. Même si le plat n'a rien de foncièrement original quant au style abordé, ce "ionic spell" n'est pas un disque de plus dans la grande mare emo-core. Un réel talent pour vous torcher des mélodies poignantes, qui n'hésitent pas à appuyer là où ça fait mal avec des guitares acoustiques. Un brillant savoir-faire pour résumer tout ce qui se fait de mieux dans le genre. De moultes changements de rythmes, des moments tranquilles pour conclure avec Madame, de âpres et passionnantes montées électriques quant tout à foirer. Un équilibre juste et finement dosé, le tout sans redondance mais avec beaucoup de fluidité dans le dernier geste. Standstill a tout d'une nouvelle valeur sûre.
SKX (04/01/2002)
THE STARVATIONS
" Get well soon " - CD
Gold Standard Laboratories 03
Bienvenue au club rétro. Ca commence par un p'tit air de déjà entendu, une guitare anodine et la mélodie de " this is what you wanted ? " vous entraîne ailleurs l'espace d'un instant, le pied gauche tapant allègrement le plancher. Le temps de vous remettre et vous vous dites, perplexe, que cette ambiance vous rappelle un truc vieux de vingt ans. Et là, bingo, c'est le fantôme du Gun Club qui surgit devant vous, la réincarnation de Jeffrey Lee Pierce en quelques envolées vocales fiévreuses. Mais on est bien dans le nouveau millénaire, et ce nom sur la pochette florale, c'est bien The Starvations écrit dessus. Heureusement,Gabriel Hart et sa bande sont loin de rendre une épreuve copie conforme . Ils ont bien assimilé le truc, digéré à coups de whisky rance et si ya toujours les boots et le chapeau de cow-boy, les mélodies n'appartiennent qu'à eux. L'héritage qui plane au dessus de leur tête, jamais n'est pesant. Et puis, ils ont leur petite originalité, chérie jalousement, une accordéoniste, Vanessa Gonzalez, pas toujours très audible, mais qui apporte sa pierre à l'édifice. Alors c'est parti pour un tour. On va pas bouder notre plaisir. The Starvations, c'est du vieillot remis au goût du jour, de la country jouée par Nick Cave. Des rythmes qui baltringuent, un rien tribaux par endroits, des guitares au son maigrelet qui emmènent des mélopées au grand galop. Des ballades noires comme une désillusion d'un matin difficile. Ca swingue et c'est tendu. En cette période de retour au bon rock'n'roll, The Starvations débarque comme des morts de faim et devrait se disputer la part du lion.
SKX (28/04/2003)
STEREOBATE
" selling out in the silent era " - CD
D=RXT 01
Le bonheur est dans le pré. A portée de mains, sans édulcorant et machinerie dantesque. L'herbe est riche et verdoyante, une pleine tripotée de guitares. Qui prennent soin de ne pas vous agresser les tympans, de ne pas tirer des plans improbables sur la comète. Sous la grande descendance des groupes comme Unwound, ce groupe américain privilégient avant tout la mélodie et les ambiances. Suggérer plutôt qu'imposer son bordel. Tisser lentement mais sûrement sa toile, élaborer des structures qui ne prennent pas le chemin le plus court pour arriver à ses fins. Déjouer le piège de la tentation d'en mettre plein la vue et à la place, mettre une pression suffisante pour maintenir les sens en éveil. Jouer avec la corde raide d'expérimentations sous forme de bandes sonores tirées de la cinémathèque personnel pour parfaire l'ambiance. On est pas des rustres, on a de la culture. L'esprit large. Avec toujours ce coté goutez-y-que-je-reviens, merci les guitares qui vous ensorcellent, ces explosions maîtrisées pour tromper l'exercice de style et les figures imposées. Un accès direct au cœur de l'artisanat à guitare, baromètre à émotions, jugulant le plaisir qui ressort à l'écoute de leur premier album. En ces temps de vacances estivales, préférez l'itinéraire bis, malgré les quelques longueurs, n'est pas la pire des solutions. Stereobate ne propose pas d'alternative révolutionnaire. Juste l'amour du travail bien fait. C'est déjà pas si mal.
SKX (11/07/2002)
STERLING
" s/t " - CD
File 13 03
D'argent qui brille dans le noir. De cette fine pellicule tombée du ciel qui éclaircit la grisaille. Et qu'on attendait plus. De cette touche de classe sobre et discrète, qui s'impose d'elle-même dans des silences entendus. Sterling pourrait être cet énième groupe instrumental, race polluante des méandres du circuit. Sauf que là, t'as tout faux. Les noces en éclats d'un style, faute à un piano omniprésent, pièce de charpente aussi originale qu'indispensable. Les milieux autorisés chez l'oncle Sam avancent le terme de " dark-avant-garde-rock " (avant-garde en français dans le texte, ça fait encore plus top credibility). Foutaises à trois balles. Sterling accouche tout simplement d'une musique qui calme son homme (et la femme lévite). Un classicisme au sens noble du terme sans le gnangnan qui va avec. De ses guitares qui claquent ou tricotent. De ce piano qui assène le bambou (le bon bout). Et cette batterie en mode free et déchaîné, le poumon de la grotte qui empêche toute dispersion, nerveuse et inspirée. Deuxième album pour ce trio de Chicago où seul le bassiste joue les intérimaires (celui de Milemarker ou 90 Day Men). Des pièces généralement longues où les paroles sont remplacées par des échappées narratives qui savent mieux que quiconque vous bercer d'histoires sombres, de plénitude sourdement tourmentée. D'un calme trompeur où les silences en disent long. Un truc lumineux propre à envoûter toux ceux qui ne sont pas encore lobotomisés. Beauté mystique et coupant comme l'acier.
SKX (15/09/2003)
STERLING
" murderer " - CD
Swey 01
Libres espaces entrevus. Traversée angoissante. Monde insaisissable duquel s'échappe quantité de choses, fuyantes et apeurées. Lent écoulement d'un liquide trouble. Sterling se fortifie de votre substance, s'en nourrit. Un univers qui porte des marques longues à disparaître. Des écorchures douloureuses où l'expérimentation libre et bruyante des guitares ligotent l'auditeur. L'énergie manque pour vous débattre. Toujours sous tension, le rouge jamais atteint, Sterling tisse votre prison aux murs dorés. Aux confins de musiques instrumentales comme Gastr Del Sol, Brise-Glace, Gorge Trio et aussi Colossamite pour les soubresauts chaotiques. D'un battement d'aile ou d'une éclaboussure électrique, d'une corde acoustique à un sombre piano, d'une batterie tout en touché et frémissante à des guitares virevoltantes. Les ramifications sont nombreuses. Les structures agitées. Roucoulez pendant que d'autres gémissent. Les plaintes, à la fin, vont bien quelque part. Il faut être sans cesse sur ces gardes si vous ne voulez pas que ce "murderer" s'échappe de vos écrans de contrôle. Ou alors tel un voyageur égaré, vous allez laisser échapper un monde, obscur de prime abord, mais très captivant au final, où au delà de la détresse apparente, monts et merveilles sont à votre portée.
SKX (12/03/2002)
STIFLED CRIES
" " - 7"
Conspiracy 00
Galette consistante. Un sale quart d'heure vous attend. 4 titres remplies de fractures, déchirements, viscères au ventre et bouillonnants. Tirs à direction multiples, longues montées dans le rouge, l'intensité cheville au corps, mention spéciale à "Weltordnung", rythmes pesants et ambiances sombres. La production mériterait plus d'ampleur et de puissance encore, quitte à enfoncer le clou, autant qui pénètre à fond, mais ça donne un léger coté brouillon très attachant. Kiss it Goodbye et autres joyeusetés, ces belges de Stifled Cries répandent leur bile pour la première fois et assure la relève après la fin de Rubbish Heap sur le très intéressant label Conspiracy.
SKX (09/05/2000)
STOP IT !!
" Self made maps " - CD
Robotic Empire 03
Arrêtez-ça!! Mais arrêtez quoi?! De nous sortir des groupes qui pondent toujours la même sempiternelle musique ? Car là est bien le problème avec Stop It !! C'est un (premier) album tout à fait honnête. Ca respire la sincérité, un engagement profond dans l'idéal hardcore. Entre rudesse et éclairs mél