GAG
"
when people start slapping meat on marble " - CD
Flitwick 01
Et
non c'est du sérieux! Cet obscur groupe anglais, à
la vie en pointillé, sort après bientôt dix
ans d'existence, son premier album digne de ce nom. Ne pointant
son nez rouge que les mois pairs et par beau temps (chose rare
chez nos amis brittons), GAG sème ses graines avec parcimonie
et pour le coup nous pond 19 titres en à peine une demi-heure.
Le ton est donné. Et la clef ici, c'est Badgewearer. Glorieux
groupe écossais à ranger désormais parmi
les morts (mais gare aux résurrections!) qui laisse en
héritage à GAG son batteur. L'affiliation musicale
est toute trouvée et majeure. Les rythmiques aussi pétantes
et vivantes. Les structures aussi courtes et alambiquées.
GAG nous sort un grand numéro. L'humour et l'approche de
Melt-Banana sans le speed. De fieffés lutins à l'esprit
joueur. Ca navigue entre piécettes vitaminées où
tout s'entrechoque à des moments emprunts de plus de gravité.
De rythmes claires en dissonances, saupoudré d'un léger
parfum entêtant délicieusement rétro. De sales
gamins égarés dans un magasin de musique, sans peur
et sans limite. S vous aimez les musiques inventives et iconoclastes,
foncez sur GAG, la meilleure blague du moment. Sans rire.
SKX (04/10/2001)
|
GALUSHA
GROW
"
s/t " - CD
Autoproduction 02
Quelle
ne fut pas ma surprise quand, par la magie d'internet (a world
of amour, a world of merveille comme tout le monde le sait!),
un anodin message me mit en relation avec un ancien membre de
More Fire For Burning People. Ce nom vous est inconnu sans aucun
doute. Un seul album en 1997 mais qui avait secoué plus
d'un neurone et est devenu une sorte de classique de l'underground.
Une perle noise-rock ambitieuse confinée à l'anonymat
éternel, comme une pléthore d'autres groupes dont
le nom ne traversera jamais l'atlantique. Cinq ans se sont écoulés.
Total silence radio avant que le batteur, Bret Payne, ne repointe
ses antennes et ses baguettes avec ce nouveau quatuor Galusha
Grow. Un premier album sans label, mais vu la qualité proposée,
cette erreur devrait rapidement être réparée.
On retrouve certains ingrédients de More Fire. Des morceaux
assez longs et travaillés, dynamique sinueuse. Mais la
sensibilité reste plus "pop", en suspension.
Le chaos relayé comme un second voile qui fait des apparitions
plus suggérées que réelles. Le feu s'est
apprivoisé, l'incendie circoncis. Au jeu (toujours très
stupide) des références, Oxbow vient à l'esprit
mais sans le charisme du chanteur. A Trumans Water, sans le grain
de folie qui menace à chaque instant l'édifice.
Si les deux premiers excellents morceaux sont virulents et tendus,
les climats à suivre prennent une tangente impressionniste.
Les mélodies se font mélancoliques. Il n'est pas
rare de rencontrer violons, flûte et trompette. Subtil,
réfléchi, aérien et acéré à
la fois, Galusha Grow n'a pas choisi la facilité. Un monde
personnel et touchant qui fait mouche du premier coup.
SKX (13/05/2002) |
GAMENESS
"
s/t " - CD
Recap / Overcome 03
Une
pochette sombre comme la mort. Des dessins enfantins avec un gros
cur qui saigne. Le graphisme de cet album des parisiens
de Gameness pourrait résumer à lui seul la situation.
De la noirceur, de la furie et une certaine candeur, des raisons
d'espérer au beau milieu du fracas. Une manière
primaire de foutre son cur sur la table. Gameness pratique
un hardcore écorché et sauvage, qui nettoie bien
autour de l'os mais qui n'hésite pas à se dénuder.
Et après plusieurs essais, Gameness semble enfin avoir
trouver la formule adéquate. Tout en contraste autour d'un
fil rouge très inflammable. Hurlements, arpèges
mélancoliques, violentes montées, chants posés
sur de tristes constats. Et même des violons de sortie sur
" present day present time " et l'instrumental "
sinous passenger ". Bille en tête mais lucide pour
proposer des compos très maîtrisées avec une
production digne du propos. Bref, une place toute trouvée
entre les Japonais de Envy et les Allemands de Yage. Que du beau
linge parmi lequel Gameness ne dépareille pas. Le hardcore
est internationale, on le sait depuis belles lurettes. Ca faisait
longtemps qu'il n'avait trouvé si bel écho en nos
contrées !
SKX (25/08/2003)
|
GEIGER
COUNTER
"
ekranoplan/bel geddes " - 12"/7"
PIAO/Words and Works Rejected 99
Je
salue ces Anglais qui ont eu l'idée lumineuse un jour de
baptiser leur groupe du nom de Geiger Counter. Perso je trouve
ça poilant et du plus bel effet ! Bon, ceci dit, chienne
de racaille, qu'avons-nous à nous foutre sous la dent ce
coup ci ? ! Des Anglais bien saignant qui sont loin de se prendre
les pieds dans le tapis de la reine mère avec 2 disques
tirés d'une discographie éparse (dont un album sur
feu Rosewood Union parti se faire pendre ailleurs). Et qui malgré
des changements de line-up garde une ligne conductrice cohérente.
A savoir un math-rock débridé, qui louche du coté
d'American Heritage, les nouveaux princes de la formule ou les
incontournables Don Caballero, les inventeurs fatigués
du concept. Mais un math-rock qui a mis de l'Anglais dans son
vin. On reste entre gentlemen et les aiguilles du compteur sont
loin de s'affoler. Ca réfléchit beaucoup. Faut dire
que les incessants changements de rythmes et de mélodies
nécessitent un brin de concentration. Les liaisons se font
en douceur. C'est pas de la chanson de roupinette non plus, faut
s'accrocher à son melon quand même. Bref une nouvelle
déclinaison du math-rock bien alléchante. Qui donne
envie de voir sur plus long, genre leur nouvel album qui va plus
tarder à traverser la Manche.
SKX (22/02/2001) |
GLAZED
BABY
"
ancient chineese secret " - Lp
Atomic Action/Fidel Bastro records 99
GLAZED
BABY, mort et enterré, ça ne faisait pas un pli.
Alors l'annonce de ce nouvel album désordre l'établi.
A serrer son nerf optique au plus près des notes de la
pochette, on s'aperçoit que ces morceaux ont été
mis en cage en 96, mixé l'année suivante pour se
mastériser final en 98 et matérialiser en 99. Je
me sens forcément d'humeur aqueuse et repose la question
: mort et enterré pour de bon ? Renaissance du bébé
vitreux ? Bref appel de l'au-delà... En tout cas, si cet
album compte déjà trois années au compteur,
les aiguilles se sont affolées, erratiques. Combien de
groupes noise à l'heure actuelle peuvent se vanter d'avoir
un tel son, une telle extrémité fiévreuse
du concept noise-rock ? Ca vit dans le nerf, pressés, un
amoncellement de guitares, un harcèlement d'effets, et
cette rythmique, ah ! Cette rythmique, sans cesse rebondissante
ou roule-compresse. Ca doit autant au martèlement de la
machine qu'un dangereux beat de raves obscures. Comme un groove
malsain. Une danse infectée. Et entre deux pilons, des
bizarreries techniques. Ce 3ème album noie ses aînés
haut la main. Vous en ressortez le souffle court, les oreilles
vrillées. Un objet unique de transe noise. Les printemps
sont atroces.
SKX (18/05/1999)
|
GNU
"
millimetry ticha " - CD
Minority 02
Gnu,
mystérieux animal tchèque, sort de sa réserve.
Alors qu'on les croyait en voie de disparition, ses potes de Lvmen
prenaient tout simplement leur temps pour donner suite à
son très réussi et nécessaire premier album
"srdce v kusech zvuku" (servi cul-sec et debout). Pendant
ces trois années de gestation, Gnu a mûri. La bête
sauvage, élevée au gros grain "noise-rock",
comme on aimait les faire pousser chez Amphetamine Reptile, préfère
cette fois-ci les ballades au grand air. On bandera quand on aura
envie de bander. La transhumance, les chemins de traverse, Gnu
n'aborde plus les problèmes de front mais par les cotés.
Ce "millimetry ticha" laisse de la place aux émotions.
Une émotion froide et inquiétante, définitivement
européenne dans les gènes, qui rend cette musique
aux confins du hardcore, du noise et du alternative-rock aussi
difficilement indéfinissable. L'aspect rugueux, notamment
avec le chant en tchèque et les deux basses, est toujours
présent mais l'agresion n'est plus systématique.
Le contrôle des pulsions de chair fraîche. Si les
compositions donnent toujours dans la complexité, elles
respirent plus régulièrement et déplacent
un nuage de fumée visible de beaucoup moins loin. On peut
regretter que ce vin sanguin ait été coupé
à l'eau. La tension (l'attention?) et la dynamique sont
plus aléatoire. Il faut chercher l'intérêt
à un autre niveau. Plus serein et profond, cet album ne
manque pas d'aura et de charme, d'un lyrisme sombre et sobre à
la fois. Un chaos contrôlé. Le magnétisme
des grandes plaines de l'est. Un paysage rude, pas tape à
l'il mais mystérieusement attirant à la longue....
SKX (13/05/2002) |
GNU
"
srdce v kusech zvuku " - Lp
Intermusic 99
Un
disque qui risque fort hélas de passer inaperçu,
faute sans doute de ne pas être idéalement placé
sur le grand échiquier du rock. GNU est un groupe tchèque,
sur un label dont la renommée reste encore à faire
et pourtant, GNU aurait de quoi rabattre plus d'un caquet américain.
Leur musique m'a laissé sur les g'noux! Cet album trouverait
à merveille à se loger chez des labels comme Touch
and Go ou Amrep. C'est du solide, une production forte en gueule
et impressionnante de maturité. Un son compact qui aligne
les têtes. Ca déboule de partout, milles sons, des
petits riens, des gros riffs, des coulées de lave, un chant
en tchèque qui participe à la rudesse de l'ensemble.
Rock catégorie poids lourd mais sans la graisse, oppressant
et propre à décupler vos forces. Deux ans que ce
disque est sorti alors surveillez vos arrières si vous
voyez un GNU dans vos parages!
SKX (02/05/2001) |
GOB
"
the kill yourself commandment " - Lp
Satan's Pimp 00
GOB
n'a jamais brillé par ses bonnes manières. Les doigts
gras et la tête dans le guidon, GOB parsemait dans la nature
ses disques comme autant d'avortons abandonnés dans les
décharges publics. Dans l'urgence, à l'instinct,
une bonne dose de rien à foutre. Et on leur répondait
bien. Le monde se foutait de Gob, groupe de seconde zone. D'une
chiée de singles à une tripotée de split
45 et autres formats bâtards, GOB s'est trimballé
pendant 10 ans avec sa musique lourdingue et grasse, une vraie
ribambelle de casseroles accrochées à la voiture
balai. Et c'est seulement au bout de dix ans que ces sales punks
sortent leur premier véritable album. Et pour le coup,
ils ont fait les choses en grand et ont effacé en 12 titres
cinglants dix années de médiocrité. De leur
passé, ils n'ont gardé que leur mauvais goût
pour les pochettes hideuses peintes à la vinasse. Pour
le reste, les vilains petits canards se sont transformés
en grands fauves des steppes. Des tueurs aux lames aiguisées.
Une noise sale et méchante, extrême et virulente.
De la rage emmagasinée plein les tripes. Plus de gras,
rien que le nerf. Un immense coup de pied dans la fourmilière
et les conventions. GOB braille un vieux malaise. Ah les bourricots!
Dire qu'ils choisissent pile ce moment pour se saborder! Faites
leur honneur, fourrez vous cet album bien au fond de la gorge.
SKX (26/09/2001) |
GODSPEED
YOU! BLACK EMPEROR
"
Yanqui U.X.O. " - 2xCDs
Constellation 02
Le
collectif canadien de retour sur le pavé à arpenter
son coin de bitume, encore et encore, territoire désormais
connu et si bien délimité lors d'un précédent
exercice. Alors les esprits chagrins que nous sommes font grise
mine. Le bis repetita, on aime pas ça. Mais honnêtement,
cet album serait sorti avant le " Lift your skinny fists
" et on aurait crié au chef d'uvre car à
bien l'écouter cet album tout pareil, il est tout aussi
remarquable. D'ailleurs si tout le monde s'accorde pour dire que
c'est encore la même chose, je vois pas pourquoi on serait
déçu
Vous me suivez ?! Toujours ces morceaux
à n'en plus finir. Ces road-movies où l'on passe
du paysage désertique à la guerre des tranchées.
Ces violons sanglotants, ce fol espoir de fin du monde et ces
montées lentement amenées, l'embrasement final qui
vous cloue au sol, toujours plus beau, sous un déluge de
cordes, de cuivres et de batterie revancharde. Mention particulière
pour le 3ème morceau, son approche (musique) classique,
sa marche funèbre et son final explosif. Théâtral,
mystique, mystérieuse, envoûtante. Des échardes
de mélodies qui dictent le chemin. Autant d'éléments
qui font que Godspeed est Godspeed, qu'ils ont inventé
un style et par là même sont devenus une référence.
Et à ce jeu là, Godspeed maîtrise à
fond, ya rien à dire, les maîtres, ce sont eux. Le
problème, c'est que l'effet de surprise n'est plus. Et
avec un groupe installé sur un piédestal, on exige
le meilleur et encore plus encore. Qu'ils nous surprennent sans
cesse, se (nous) transcendent et non pas qu'ils nous répètent
leurs gammes par cur. Mais ce qu'ils font, c'est déjà
énorme. On aurait tort de bouder notre plaisir. Godspeed
toujours en tête.
SKX (06/08/2003)
|
GOLDEN
"
summer " - CD
Slowdime 00
Je
me rappelle d'un album, sorti il n'y a pas si longtemps que ça,
sur Trans Solar records. Un album magnifique sous le nom de Golden.
Un groupe instrumental mathématiquement proche de Don Caballero
avec des riffs tranchés et étincelants. Trois ans
plus tard, Golden remet ça et là, j'aurais mieux
fais de partir à la pêche ce jour là. On oublie
tout et on recommence. Golden s'est repassé les vieux disques
à papa et se la joue seventies à fond. On dénotait
sur leur précédent effort une certaine aisance à
maîtriser leurs instruments. Cette fois-ci, ça tourne
à la démonstration gratuite. Solis à l'appui.
Oui oui, de magnifiques solis de guitares pour un blues-jazz-rock
infâme aux meilleurs moments, quand ils se prennent pas
carrément pour Led Zeppelin version soft, avec un chant
à se pisser dessus tant ils s'y croient. Tous les gimmicks
sont de sorties ! C'est confondant de ridicule. Les mecs, ya pas
de problème, vous maîtrisez tout impec' et je ne
sais pas de quoi sera fait votre prochaine livraison, mais ces
Golden là sont pourries jusqu'au trognon !
SKX (18/10/2000) |
|
GORDZ
"
Charge " - CD
Ruminance 03
C'est
l'esprit belliqueux que Gordz revient à la charge. Deux
bonnes années de quasi silence. Un label (leur label),
Ruminance, qui prend de l'ampleur et du temps. Et Gordz se repointe
avec un format aussi court (lisez " pas assez long ")
que le premier mini-album. De l'esprit loufoque dans leur marmite
noise, de l'humour suintant entre chaque note, Gordz a (presque)
tout jeté. Oxes est passé par là et le
rock du trio parisien a pris une tournure définitivement
plus sérieuse. Exit la folie des chants (qui n'en étaient
pas vraiment), les feux-follets se sont assagis et ne chantent
plus ! Gordz attaquent sec. Les structures se font plus précises.
Les morceaux s'uniformisent entre eux. Les riffs plaquent. Les
courbes se resserrent, place à des lignes droites virulentes.
Tranches de vie au goût d'inachevé car trop aguichantes,
on aimerait les voir aller jusqu'à leur cible. Pour autant,
la marmite bouillonne toujours dans le bon sens. Riche d'idées
mélodiques, de rythmes qui s'agitent dans tous les sens,
de pulsions primaires et de lumineuses envolées. Tout
un enchevêtrement solidement arrimé qui gagne en
efficacité. Appelez ça de la maturité ou
n'appelez pas, qu'importe. Sept instrumentaux foncièrement
rock qui baignent dans le jus sans retenir la graisse. Ou plutôt
six morceaux qui finiront leur course, non pas dans le mur,
mais par un dernier titre tout en arpèges et en piano.
La charge a besoin de respirer après une saine ruade
qui ne se pose pas de question. Finalement, on se dit que Gordz
garde son esprit retors. Ils ont beau avoir choisi des habits
made in USA, personnelle est leur démarche, réfléchie
est leur musique, trop rare en nos contrées.
SKX (23/12/2003)
|
GORDZ
"
s/t " - CD
Ruminance/Euphrate 01
Chacun
attend sa ze drogue quotidienne. En plein trip kung-fu noise,
le trio parisien Gordz donne enfin suite à un précédent
45 qui nous avait fait o-soto-gari du premier coup. On augmente
la dose cette fois avec un mini-album qui atteint les 20 minutes
au bout de 9 titres toniques et souples aux articulations. Un
format qui sied bien à leur délire. Une cour de
récrée pleine de fureur et de malice, de bruits
et de saignements aux genoux. Ca croche-patte à tout va
et Gordz n'a pas tardé à s'installer dans la cour
des grands. Une production qui fait ressortir les basses, la caisse
claire explosive, les guitares qui cisaillent aux chevilles. On
commence par deux morceaux qui s'enchaînent, au ton presque
grave avant de repartir 4 à 4, ventre à terre, tout
l'humour décalé et sans cesse suintant derrière
chaque note, chaque rythme et surtout ces vocalises d'aliénés
uniques qui deviennent leur véritable marque de fabrique.
Après l'habituel cassedédi à "la fondation
singe" et quelques violons plus tard, on a le droit à
un super remix par Snark de "cube" qui figurait sur
leur 45, donnant un air presque Melt-Banananien à leur
noise qui attrape la jaunisse. Ca défile sec, balancement
idéal entre "véritables" morceaux, articulations
jouissives, délires intempestifs. C'est construit et pensé.
Ca se prend d'une seule traite. Esprit Skin-Graft. Noise originale,
fanfaronne et consistante. Les bonzes s'en marrent encore.
SKX (15/05/2001) |
GORDZ/HAPPY
ANGER
"
split " - 7
Ruminance records 99
Je
sais pas vous mais moi, avec la mort des Bastard, Condense, Prohibition,
pour ne citer qu'eux, j'ai du mal à voir le jour. Pas qu'il
n'existe rien d'intéressant à l'heure actuelle en
France, mais la relève semble tarder. Alors quand vous
tomber sur Gordz, trio parisien, vous vous dites que c'est un
signe du destin!! Des p'tits gars dont les oreilles traînent
du coté de Skin Graft, US Maple, Dazzling Killmen et qui
vous recrachent ça sans sourciller en version personnalisée,
ça mérite le respect et emporte l'enthousiasme.
Je chavire d'aise! 2 titres au chant poilant - encore fallait-il
l'oser - une dynamique à vous tordre les chevilles et une
production idéale (ah ! quelle basse !). Gordz, une révélation.
Par contre, avec Happy Anger, je m'étendrais moins....
Punk-rock sans âme, tendance emo-core. Malgré un
bon passage sur la fin, je démissionne !
SKX (02/08/1999)
|
GORGE
TRIO/DJUD
"
the euro tour split 7 " - split 7
Tempête dans ton Bourg 01
Premier
né d'une série qu'on espère longue, ce split
45 entre les Américains de Gorge Trio et les Morbihannais
de Djud inaugure un nouveau label siégeant à Paris
et répondant au nom incroyable de Tempête dans ton
Bourg! Connaissant le personnage qui se cache derrière
ce projet, rien d'étonnant, mais c'est le meilleur nom
de label depuis.... (à remplir selon chacun(e))!! On commence
par Djud. Si depuis ils évoluent en trio avec 2 guitares
et une batterie, cet enregistrement comportait encore un bassiste.
"Djud Power" comme on entend souvent crier dans les
foules en folie, c'est de la noise débridée, qui
flirte grave avec les aiguës. Un morceau "mobiture"
qui s'annonce très sombre. Une batterie qui joue tout seul
dans son coin une partie très 'free' et pieuvre humaine.
Les guitares, la voix font monter la tension, amènent la
mélodie pour garder l'auditeur sous son cap, avant de le
noyer sous un mur de bruit brut. La deuxième partie déboule,
défonce les portes. Heureusement que le single tourne déjà
en 45 tours car j'aurais l'impression que la batterie passe à
la mauvaise vitesse tellement c'est rapide là-dedans! Un
morceau qui arrache, c'est à prendre ou à laisser
mais ça ne caresse pas dans le sens du poil. Avec Gorge
Trio (ex Colossamite, Iceburn), on opte aussi pour la formule
guitare x 2 et batterie mais sans le chant. Ce "Kekanics"
est furieusement décalé et ne ressemble en rien
à leurs précédents albums. Expérimental
à souhait, le batteur sonne la cadence, ça déraille,
ça crisse, tout le monde joue à cache-cache. C'est
pas sans rappeler le meilleur de Brise-Glace. Euro tourne pas
rond. L'appel au bruit. Tempête de joie.
SKX (20/11/2001) |
GRAND
ULENA
"
gateway to dignity " - CD
Family Vineyard 03
La
dernière fois que j'avais laissé Grand Ulena derrière
moi, c'était à l'occasion d'un split 45 avec Sicbay.
Et comme entrée en matière, concluant n'était
pas le terme. Mais pour leur premier album, ils n'ont pas raté
leur deuxième sortie en public. Darin Gray est un bassiste
chevronné et quand il veut bien s'en rappeler, tout le
monde file droit. Surtout qu'il est loin de tirer la couverture
à lui tout seul. Ses deux acolytes, Chris Trull (guitare)
et Danny Mc Clain (batterie) sont au diapason. Alors que sur les
trois titres du split, c'était un peu tout et n'importe
quoi, le plaisir d'être expérimental pour être
expérimental et casser les pieds au commun des mortels,
Grand Ulena a su resserrer les boulons sur cet album. Certes,
la démarche est free mais en même temps, les mouvements
sont coordonnés et l'essence est rock. Il est frappant
d'ailleurs d'écouter ces nombreux passages où l'ombre
de Dazzling Killmen plane dangereusement (mais pas surprenant
vu que Darin Gray en fut le bassiste). Notamment sur les morceaux
d'ouverture et de fermeture, longues pièces décharnées
où cette rythmique tourne sur elle-même mais avance
graduellement, vous broie peu à peu, vous émiette,
comme un instrumental de Dazzling Killmen sans la voix de Nick
Sakes et le travail de sape de la guitare en plus. Une unité
de jeu qui tire ce " gateway to dignity " vers des méandres
de prime abord difficile d'accès. Mais tout est bien structuré
et minuté et une fois les repères pris, ce tourbillon
devient limpide. Un poil (je dis bien un poil) de Flying Luttenbachers,
une dynamique rock sous des allures " je fais ce que je veux
avec mon instrument ". Grand Ulena a su allier sa soif d'innover,
de présenter des compositions originales, fuir hors de
soi tout en respectant un esprit noise-rock, des structures aux
explosions multiples mais qui gardent un fil conducteur. Bouillonnement
et total contrôle. Grand(e) réussite.
SKX (25/03/2003) |
GRANDMAL
"
s/t " - 7"
Mutual Brain Destruktion records 98
Cérémonie
exutoire noise qui a toutes les allures d'une messe noire. Débats-toi,
tape, enfonce, griffe, l'issu du combat ne peut-être que
pure perte. Glazed Baby n'aurait pas fait mieux. Enfin si, mais
pas de beaucoup.... Ce 4 titres est incassable et ce trio allemand
sorti de nul part est à prendre avec le plus grand sérieux.
On a beau regarder les éventuels fissures qui laisseraient
prévoir une éventuelle évasion, ce ne sont
que des impasses où on risque l'étouffement si par
malheur on a l'imprudence de s'y glisser! Ultime et intelligence,
celle qui vient des tripes. Ca fait longtemps qu'un 45 ne m'avait
collé une telle baffe !
SKX (01/08/1999)
|
GUAPO
"
Five suns " - CD
Cuneiform 03
Guapo
définitivement trio. L'habituel duo batterie-basse agrémenté
désormais d'un clavier/synthé omniprésent.
Guapo, un groupe hybride, qui a chaque enregistrement, change
de peau, trouve une coloration nouvelle et ne cesse de surprendre
son monde. Cette fois-ci, notre trio anglais a puisé son
inspiration dans les seventies et remet le rock progressif au
goût du jour. Des adorateurs de Gong qui embarquent dans
le sillage de la bande à Vander à grands coups de
basse et de nappes de claviers pour faire moderne. Cinq morceaux
découpent cet album. Mais qu'on ne s'y trompe pas, c'est
une seule et longue pièce qui vous emmène dans un
périlleux exercice. Le chaud et le froid avec des défaillances
(trop de piano tue le piano), ses montées épiques,
ses modes répétitifs, ses passages où la
batterie se lâche, où la basse sort de ses gonds
(gongs) et couvre les claviers. Vous l'aurez compris, je ne suis
pas fan de cet instrument, surtout quand il sonne ouvertement
seventies. Mais ce clavier sait aussi se faire lumineux et apporte
un réel plus mélodique dans le cheminement sinueux
que représente cet album. Un " five suns " ambitieux,
entre fulgurants moments et longueurs monotones. Une boucle inarétable
vers un lieu idéal de l'affranchissement mais à
quel prix et quel sacrifice ?! Cheminement entêté.
Vouloir encore. Epuisant, pas de tous les jours mais loin d'être
inintéressant. A vous-même méconnaissable.
SKX (23/12/2003) |
GUAPO
"
great sage, equal of heaven " - CD
Pandemonium 01
Guapo
déroute. Imprévisible comme une pluie d'été.
Toujours là où on les attend pas. Autour d'un noyau
solide, Matt Thompson à la basse et Dave Smith à
la batterie, ce duo anglais s'est d'abord fait les ongles sur
une noise classique avec un grand C, directement inspirée
par les Dieux du genre siégeant à Chicago. Puis,
au fil des rencontres et des disques écoutés, les
oreilles toujours grandes ouvertes, Guapo s'est laissé
aller sur les voies de l'expérimentation, de la musique
improvisée, bercer par les elfes japonaises et leur folie
musicale. Une musique ambitieuse, pas toujours évidente,
une collaboration avec les Ruins. Ce mouvement n'avait rien d'évident
à suivre. Avec ce 4ème album, Guapo, après
moultes recherches, semble toucher au but. Ce "great sage,
equal of heaven" est tout simplement édifiant. Un
condensé de maîtrise et d'inventivité. Ces
deux lascars font le tour de tout ce qu'ils savent faire, un dernier
regard vers l'arrière, puis décollent. Une section
rythmique imposante et inspirée, des parties de batterie
à couper le souffle. Tout en force ou en touché.
Autour, un brelan de saxophones (alto, bariton, double), quelques
synthés pour parfaire l'ambiance et les masques tombent.
C'est ample, percutant et un brin lyrique à la fois, comme
seul savait l'être ce groupe allemand trop méconnu
Fuehler. Avec de légères réminiscences de
mélodies des pays de l'est ("blessed albania")
ou orientales. Ou méchamment rythmique et rude, façon
Alboth!. En point d'orgue, "el topo", 16 minutes de
quelquechose de beau et mystérieux, cette ligne de basse
obsédante, sa montée vertigineuse, ces différentes
parties qui s'imbriquent, s'attirent et se complètent pour
une apothéose qui vous laisse pantelant. Guapo réussit
le tour de force d'allier expérimentations et réelles
compositions. Dans un style de musique dite "free",
où on entend tout et souvent n'importe quoi, où
on oublie trop le songwritting au détriment des idées
fumistes et du bruit facile, Guapo gagne sur tous les tableaux.
Ce duo arrive à maturité et touche à la sagesse
de ceux qui ont beaucoup tenté, beaucoup écouté
pour développer désormais leur propre personnalité
et en bluffer plus d'un avec ce grand album.
SKX (20/07/2001) |
GUINEA
PIG
"
puttfarken " - 7"
The Company With The Golden Arm 00
C'est
le pied ! (En choeur : de cochons !!) Depuis ce split Lp avec
Philippé, GUINEA PIG, mystérieux groupe allemand,
n' avait donné signe de vie et déboule avec 3 titres
enregistrés en.... 98 ! Disque posthume puisque des membres
de Guinea Pig ont formé depuis ENIAC avec, je vous le donne
en mille, des membres de Philippé !! Une voix de teutonne,
toujours aussi énervée et en allemand dans le texte,
pour des compos qui rallongent le tir, eu égard à
leurs précédents morceaux culminant rarement au
delà des 2 minutes syndicales. Un brin d'accalmie aussi
dans ce noise-core bondissant, à multiples directions,
difficilement assimilables à toutes autres boutures. On
perçoit presque des mélodies et du bonheur plein
les esgourdes pour un adieu en beauté. A découvrir,
même une fois le train passé....
SKX (16/05/2000) |
GUNMOLL
"
anger management in four chords or less " - CD
No Idea 01
Seule
convient la lucidité aiguë. Chapeau de roue. Gunmoll
ne cherche pas l'embrouille. Ne la ramène pas en s'auto-proclamant
la next big thing. C'est simple, direct. Couplet-refrain-couplet.
Elever au punk-rock de ferme, celui qui pousse en plein air. Sans
additifs, sans supra-production en batterie. Mais un bon vieux
son viril, les ergots fièrement plantés dans le
sol. Un sol où des cultures de base comme Leatherface et
Jawbreaker ont donné leurs plus belles pousses. Cette terre
maintes fois labourée ne peut donner certes que des plantes
désormais plus fades et jaunis sous le soleil. Mais Gunmoll
a de l'argument et c'est la sueur sous le bras qu'ils vous ressortent
des mélodies qui font leur chemin ("say goodbye"),
là où d'autres de leurs morceaux s'étiolent
dans des sentiers de rase campagne où plus un seul poil
d'herbe ne pousse tellement piétinés ils ont été.
Gunmoll, trio bien charpenté, bon trio des familles, avec
l'ancien batteur de I Hate Myself, qui s'acharne avec plus ou
moins de bonheur à faire perdurer le soleil en hiver. Douze
titres frais et dispo. Mais pas trop!
SKX (31/08/2001) |
GUYANA
PUNCH LINE
"
irritainment " - CD
Prank 01
Les
poils à gratter du punk sont de retour. S'amuser tout en
dérangeant. Vous irriter la couenne tout en vous la secouant.
Ne pas vous assommer de discours pompeux et se la jouer cynique
et second degré ("home fucking is killing prostitution",
"where's the fucking lyric sheee?"). GPL avec toujours
son fameux dogme sous le coude : le smashismo. Tout casser pour
(mieux) reconstruire. Loufoque et anarchique. Ca veut rien dire
et c'est tout à la fois. C'est pousser une bonne gueulante,
se soulager les nerfs, évacuer la merde même si ils
savent que tout ça ne servira à rien. La musique
est donc à la mesure. Urgente, par essence très
punk, à faire pâlir un fan d'Orchid. Caisse claire
bpm qui bat le record du nombre de coups à la seconde,
voix scandée pleine de vomissures. Ca tire dans tous les
sens. Mais là où GPL font fort, c'est qu'ils dépassent
le concept du binaire de base et bas du front. Ils n'hésitent
pas à couper leur charge en avant par de soudaines cassures,
d'insérer de subtiles mélodies, de fines parties
de guitares isolées au milieu du chaos, de doser les samples
toujours significatifs entre les morceaux, de saupoudrer d'humour
pour prévenir tous risques d'indigestion, d'expérimenter,
de triturer les sons pour encore mieux vous agacer les dents,
de ralentir la course pour mieux ajuster le croche-pied. En précisant
bien sur la pochette que ces 21 titres ont été enregistrés
en une nuit pour 130$ et le synthé utilisé en studio
n'aura pas lieu sur scène. Note à l'attention de
tous les groupes du moment qui utilisent cet instrument à
la mode dans la scène hardcore : " tous les joueurs
de synthés ont l'air stupide sur scène". Punks
dans l'âme tournés vers l'avenir, réunissez-vous
autour de cette uvre nécessaire.
SKX (23/05/2001) |
GUYANA
PUNCH LINE
"
irritainment for the masses " - 7''
X-Mist 00
Les
fenêtres continuent de voler en éclats avec l'ex-leader
d'In/Humanity (Chris Bickel) et d'ex-Antischism. Quatre nouvelles
bombes incendiaires, reprenant les travaux où ils les avaient
laissés avec leur premier et excellent album. Des hymnes
punks et frappants, de folles courses rondement menées
avec des excentricités à la In/Humanity, des morceaux
qui s'enchaînent, des rythmes infernaux, de la perversité
et un appel incessant à la rébellion. Gare à
vous, le "maximum smashism" vous guette, le punk nouvelle
génération est en marche (avec poster-propagande
inclus) !
SKX (13/11/2000) |
GUYANA
PUNCH LINE
"
maximum smashism " - Lp
Prank records 99
Car
la route était longue et dangereuse. Destruction totale.
Causer un maximum de dégâts en un minimum de temps.
Tout brûler sur son passage et repartir après avoir
tout laisser en lambeaux. Telle pourrait être envisager
la philosophie barbare de Guyana Punch Line. Et quand vous apprenez
qu'un membre de In/Humanity traîne ses guêtres dans
le coin, vous aurez une idée - sulfureuse - de la couleur
- vive - de ces 10 titres dynamites. Encore plus frontal, plus
punk, plus extrême. Et c'est fait avec intelligence (faut
pas déconner non plus!), précision, des hymnes hystériques
qui s'enfoncent dans votre cortex le plus psychopathe qui rougit
en vous. Gnagnagnagnagnagna.... (le dire à toute vitesse,
les dents serrés et à l'infini!!).
SKX (13/12/1999)
|
Guyana
Punch Line
Direkt Aktion - CD
Prank 03
Tout
est dans le titre! Titre à double tranchant puisque Guyana
Punch Line est du genre révolutionnaire dans l'âme,
cheville au corps et fort en gueule. "If you buy this record
the terrorists will win". Rebelles et un brin moqueur.
Révolutionnaire, leur musique l'est beaucoup moins mais
on s'en tape. Ils privilégient l'action directe, sans
détours et droit dans le mur. Punk, du bon vieux punk-hardcore
bien agressif, torché en deux minutes avec un son où
tu t'en prends plein la tronche pour pas cher, une bonne saignée
bien noise. Des missiles entrecoupés de bidouillages
et traficotages en tout genre, samples du Malin, laisser respirer
sa proie pour mieux l'achever. C'est binaire et en même
temps, c'est pas si simple que ça. Et un poil moins inspiré
que l'album précédent "irritainment".
Je n'écoute pas souvent de groupes dans ce genre, pas
ma tasse de thé sans doute, mais j'éprouve une
affection toute particulière pour ces ex-In/Humanity
et Antischism, allez savoir pourquoi, car ne voyez pas en ce
groupe de simples punks bas du front, leur musique, aussi frustre
a-t-elle l'air de prime abord, a beaucoup plus de choses à
offrir.
SKX (19/03/04)
website
groupe
www.guyanapunchline.com
website
label
www.prankrecords.com
|
|
Gantz
/ Cleaner
Split CD
Impure Muzik / Maldoror / Oto 2004
A la manière du label Waiting for an Angel, les inséparables
Impure Muzik et le collectif Maldoror se mettent à produire
des confrontations franco-japonaises. Jusqu' au soin apporter
à la pochette au design parfait et son poster central
(qui n'a rien d'une playmate). Mais c'est tout tourné
vers le Japon que tend ce disque puisque Gantz a beau venir
de l'Est de la France, leurs trois titres sont inspirés
par les gloires emo-noise du soleil levant, j'ai nommé
Envy. Travaillées sur la longueur, ces compos font la
part belle à une émotion à fleur de peau
sans être gnangnan, un lyrisme rampant, le chant en français
sur fond d'arpèges avant la montée des eaux. Avec
Gameness, Tang et chacun ses petites particularités,
la scène emo-noise écorchée du nez comptent
des phénomènes intéressants. C'est tout
bon pour le commerce extérieur. Cleaner, c'est du japonais
tout craché. Du furibond qui se déchaîne
sur tous les fronts. Ca pourrait se résumer à
" hystérique ". Mais de quel feu les chauffent-t-on
à chaque fois ??!! C'est tour à tour metal, emo,
jazzy machin truc, chaotique donc, vous l'aurez compris, screamo
pour le moins. D'ailleurs, cette voix aurait tendance à
irriter sur la durée
Ils n'hésitent pas
non plus à sortir la trompette et tout ça dans
un même morceau. Trop facile sinon ! Trois japonais qui
ont l'énergie de douze, un poil trop éparpillé
mais cette créativité débordante fait plaisir
à entendre. Un bel objet chaud brûlant qui ne tient
pas dans la main.
SKX
(29/08/04)
website
groupe www.ismusic.ne.jp/cleaner
website
label www.impuremuzik.com
| www.maldororcollective.com
otorecords.at.infoseek.co.jp
sounds
lueur.mp3
| 2001.mp3
|
Gâtechien
CDEP
Another 2003
Gymnastique rythmique entre une basse et une batterie. Refrain
connu que Gâtechien n'édulcorera en rien. A croire
que cette formule est increvable ! Bordeaux nous avait déjà
donné Belly Button. Le flambeau est repris avec Gâtechien.
Projet défoulatoire. Six titres en une prise une seule
en septembre 2002. Cracher son fiel tout en restant civilisé.
Solidité rythmique, souple et nerveuse, mélodique
toujours. La démarche, contrairement à beaucoup
de duos du style, n'a rien de cérébrale. Ca mise
sur des accroches bien identifiables, prêt à groover
dans l'instant sans se prendre la tête. Et en plus, le
bassiste chante ! Ou plutôt crie, bave, dans le seul but
(et c'est déjà beaucoup !) que de dérégler
la machine, de sortir des sons sans signification, en porte-à-faux
avec la musique assez posée dans l'ensemble. Le but n'est
pas (justement) toujours atteint mais cette approche vocale
mérite d'être poussée. Un premier jet immédiat,
les défauts de sa rapide gestation, encore vert, rien
de plus normale, mais les voies sont larges, royales et grandes
ouvertes à eux.
SKX
(14/07/04)
website
groupe www.gatechien.tk
website
label www.another-record.com
sounds
01.mp3
| 04.mp3
|
|
Gâtechien
2 - CD
Another 2004
L'ivresse des duos. Ce qui frappe d'entrée avant qu'une
seule note de musique tombe, c'est le nombre de verres vides
et l'autodérision qui émane des photos intérieures,
poster " mégalo " comme ils disent compris
! Avec des titres aussi sérieux que " bise mon cul
t'auras une pomme ", Gâtechien ne fait pas dans la
subtilité, ça sent l'humeur potache, on ne se
pose pas de questions, les conséquences, on s'en tape
comme de notre première bière! Derrière
cette insouciance juvénile, on serait presque surpris
que la musique ne pètent pas plus les plombs que ça.
Dans la continuité de leur premier CDEP, ces six nouveaux
titres continuent de tracer leur ligne, même titubante,
entre mélodies à bulles et rythmique habile. Gâtechien
me prend même par les sentiments avec un morceau intitulé
" Jesus a perdu son lizard " et des remerciements
pour l'inspiration à la troupe de David Yow. L'influence
reste surtout spirituelle, quoique le chant parfois et certains
accents de basse, ne tirent vers eux la couverture pleine de
lézards. Compositions ondulantes, trouvant peu à
peu leur maturité dans la jungle de leur jeunesse, le
chant comme maillon faible mais il se soigne, Gâtechien
ne s'endort pas sur le dernier verre et propose, au-delà
de l'image de branleurs qui semblent les coller, une musique
qui ne manque pas d'attrait. Encore un p'tit verre et ils devraient
être à point. Pendu ou marié dans l'année.
SKX
(19/12/2004)
website
groupe www.gatechien.tk
website
label
www.another-record.com
sounds
Track_5.mp3
|
Get
Fucked
Get fucked - 10''
Level Plane 2004
C'est
l'histoire d'un groupe, au vécu d'étoile filante,
qui a décidé d'en remettre une couche. Get Fucked
a sévit en 1993 et 94 avant de se saborder dans le même
anonymat de leur courte existence. Les cinq membres ont depuis
continué leur petit bonhomme de chemin en évoluant
dans des groupes comme Neil Perry et Lickengoldensky. Mais dix
ans plus tard, un vieux coup de blues les a rattrapé
et ce groupe qui n'avait jamais rien couché sur bandes
décident de corriger le tir. Début 90, c'est l'époque
d'un nouveau genre de hardcore. Chaotique et bordélique
avec ces fers de lance comme Heroin ou Antioch Arrow. Get Fucked
fait parti du mouvement. Et si des tonnes de groupes ont depuis
repris le flambeau et fait évoluer le style, Get Fucked
se replace sur l'échiquier. Un peu tard surement, anecdotique
sans doute mais si cet enregistrement avait vu le jour à
temps, pour sûr qu'il serait devenu une référence
incontournable ! 8 titres d' urgence, d' échardes mélodiques
noyées sous le déluge avec les méthodes
d'enregistrement actuelles, comprenez que le son gagne en percussion
et en lisibilté par rapport à leurs illustres
camarades de jeu de l'époque. Get Fucked s'est fait plaisir.
C'est communicatif et pour le reste, allez vous faire foutre
!
SKX
(13/06/2004)
website
label
www.level-plane.com
sounds
www.hxcmp3.com/bands/1636
|
G.I.
Joe
Clito's Angels - CDEP
Fooltribe 2004
G.I
Joe, nouveaux soldats en provenance d'Italie. De la race à
déserter pour s'en aller faire le zouave et tirer les
ficelles d'un duo basse-batterie. C'est leur premier disque
et il est bien vu ! Un dialogue rythmique des plus enrichissant.
Le groove d'un No Means No, de l'agilité et de la complémentarité,
une dimension noise pas dégueulasse. Le chant se manifeste
dans l'urgence. Six titres racés dont un interlude "
il chitarrista " pour faire comique de service. Un xylophone
sur " wonderwoman ". Ce groupe a tout plein d'idées
à faire partager, mélange d'agressivité
et de bonne humeur. Treize minutes palpitantes qui en appellent
d'autres.
SKX
(29/08/04)
website
label www.fooltribe.com
|
GLEN
OR GLENDA
s/t 12"
Galerie Pache 03
Non, pas Bernard et Bianca. Glen or Glenda! Un trio atypique
parisien où clarinettiste (alto), batteuse et guitariste
s'affrontent, se déchirent, s'amourachent en quatre actes
tragiques. Et comme si ça ne suffisait pas, Steak From
Delta et Radikal Satan les aident dans leur débauche
sur deux morceaux. Avec Blanche aussi (hein qui ça?!).
Un concours épique où la clarinette, même
repoussée dans ses derniers retranchements, donne une
coloration jazzy à l'ensemble. Comme les structures sont
assez lâches et partent dans tous les sens, l'idée
d'un jazz (très déviant, il va de soi) se confirme.
De là à les retrouver à l'affiche du prochain
festival jazz de Montreux, il y a un (énorme) pas qu'on
ne franchira pas. La batterie est frivole, tribale, gagnerait
à être encore plus folle et consistante. Et surtout,
la guitare sonne comme tout sauf comme une guitare. Assurément,
l'élément le plus perturbateur. Parlons plutôt
d'une musique anarchiste, jouissive, explosive, inventive avec
tous les débordements que cela engendre. Une drôle
de troupe où il n'est pas toujours aisé de retrouver
le fil de l'histoire. Ca doit sûrement être là
l'intérêt, l'envie de se perdre dans ce folklore
urbain, lâcher prise l'espace d'un instant, ne pas chercher
à comprendre et profiter de chaque note, chaque son,
chaque dérapage pour s'envoyer en l'air. Qu'importe le
bruit de la chute.
SKX
(02/01/2004)
website
groupe galerie.pache.free.fr/glenorglenda.html
website
label
galerie.pache.free.fr
sounds
galerie.pache.free.fr/glen%20or%20glenda.%20yojimbo.mp3
|
|
Gone
Bald
Soul Vacation In Rehab Clinic - CD
Interstellar 03
Devenir chauve. Ca sent la musique de trentenaires tout ça.
Pas encore le sapin mais le genre qui ont roulé leur
bosse et Gone Bald n'a rien du groupe de petits jeunes. A la
base, des expatriés qui, par un sale jour de guerre en
ex-Yougoslavie, ont décidé de quitter leur pays
pour venir s'installer à Amsterdam. Quelques cheveux
en moins plus tard, seul Razorblade Jr (guitariste et chanteur)
reste aux commandes, revendiquant la nationalité croate
et recrutant pour cet album deux hollandais pur souche. Un type
un peu dingue, élevé aux meilleures graines de
la musque noise-rock, quand Touch and Go et Amphetamine Reptile
records tenaient le haut du pavé. Un maître-es-bruit,
qui multiplie les projets annexes et/ou en solo (Heroface, De
Reizende Verkoper), lâchant la bride, se perdant avec
nihilisme dans les affres des distorsions. Avec Gone Bald, il
revient à plus de mesure et de classicisme. Le trio guitare-basse-batterie
dans sa plus simple et belle expression. Aucun subterfuge et
effets de manches. Et comme je suis pas représentant
en aspirateur, le plus dur va être de vous "vendre"
cet album! Pas le genre de musique à vous taper dans
l'il dans la seconde. Passer à coté de cet
album est très facile. Pourtant, Gone Bald met beaucoup
cur à l'ouvrage et de sincérité.
Si vous n'êtes pas insensibles à des groupes comme
Oxbow, le sésame pourrait être proche. Gone Bald
n'y met pas la même folie et puissance mais on retrouve
ces longs titres travaillés et non linéaires,
des froides décharges et de la sombre mélancolie
("the smell of a woman, lying next to you at 5 am").
Razorblade Jr se donne à fond sur son instrument, en
tire moultes cris et pleurs, les compos jouent au yoyo avec
une sorte de simplicité mêlée à du
désabusement qui les rendent très touchantes.
Des histoires d'amours et de solitude orchestrées dans
le bruit le plus noble. " Soul Vacation In Rehab Clinic",
remède d'artisans qui connaissent la recette. Vous ne
pouvez raisonnablement pas être déçus.
SKX
(01/05/04)
website
groupe
www.gonebald.net
website
label
www.interstellarrecords.at
sounds
mp3-1
| mp3-2
|
Gorge
Trio
Open mouth, O wist - CD
Skin Graft 2004
Les trois de Gorge Trio ne sont pas à un projet près.
Entre Deerhoof et Natural Dreamers pour John Dietrich, Sicbay,
Iceburn et récemment Flying Luttenbachers pour Ed Rodriguez,
les deux guitaristes grattent et grattent à longueur
de temps. Chad Popple, l'expatrié de Hambourg aime se
perdre dans les formations free-jazz locales. Trois amis de
longues dates, qui ont tous fait leurs premières armes
avec Colossamite. Quand tout se petit monde là se retrouve,
l'osmose est unique. Et encore, voient-ils Gorge Trio comme
un groupe sans frontières. Ils n'hésitent pas
à ouvrir le triangle à des invités comme
Milo Fine ou s'exercer à l'improvisation la plus dure
avec les Italiens de A Short Apnea. Nourrit de rock, de noise,
de musique électronique, improvisée et jazz, c'est
tout naturellement qu'ils nous resservent ça sur ce deuxième
véritable album. Un puzzle de bric et de broc mais dont
la construction, sur une écoute prolongée, prend
tout son sens. 22 piécettes suggestives. Autant de pièges
dans lesquels se faire prendre. Autant de petites morts répétées.
Une trace fugace sur le goudron chaud. Gorge Trio contourne
les problèmes, se fait discret, joue sur les silences,
électrise brusquement mais jamais longtemps. Le système
de percussions est varié et riche. Vu sur leur dernière
tournée européenne, le Popple n'a plus grand-chose
à voir avec un batteur au sens classique du terme. Il
dessine des mouvements, accompagne les explosions, se terre,
marque le point en fin de phrase. La musique de Gorge Trio est
une sphère mouvante, pleine de belles choses, alliant
la difficulté de ce type de musique dite " free
" avec une essence rock dans les gênes. C'est léger
et frondeur. Un tour de passe-passe réussit haut la main.
SKX
(04/12/2004)
website
groupe puzzle.suchfun.net/gorge_trio
website
label www.skingraftrecords.com
sounds
youth.mp3
| paris.MP3
| almostliving.MP3
|
|
GRAND
ULENA
" Neosho " - CDEP
Family Vineyard 03
Alors que leur premier album "gateway to dignity"
est encore chaud bouillant sur les platines, la troupe à
Darin Gray nous sert la prunelle. Une petite louchée
en plus dans la droite ligne de l'album. Trois monstrueux titres
qui tiennent les 25 minutes. Une introduction qui s'étire,
s'étire, prêt à rompre à n'importe
quel moment, de sa batterie trépidante dont le mot "
binaire " est totalement absent de son jargon. L'arbitre
d'un duel guitare-basse qui reste ancré sur le même
accord, trop têtu pour que l'un veuille céder en
premier, d'où une montée tout en crispation, les
jointures blanchâtres de trop serrer les poings. Le sang
ne jaillira jamais. C'est ça qu'est fort ! Grand Ulena
garde sa vengeance pour le second morceau. Noire explosion.
Inquiétant silence que le dernier morceau complète
et bouffe la rate. Grand Ulena, tentacule noise et free à
se rouler par terre, tout en tremblement, convulsion et crise
de nerf. Un " neosho " aussi indispensable que son
grand frère l'album. (vinyl sur Rhystop records)
SKX (02/01/2004)
website
groupe grandulena.com
website
label
www.family-vineyard.com
- http://www.rhystop.com
(LP)
sounds
grandulena.com/mp3/total_joplin.mp3
|
GUIGNOL
" Angela, David and the great neopolitan road issue "
- CD
Cenotaph Audio 03
C'est Guignol, c'est
oui bon vous connaissez tous l'air.
Sauf que cette ritournelle va dérouter petits et grands
(surtout). Cette nouvelle marionnette est articulée par
un trio coutumier des musiques iconoclastes. On y retrouve Jeremy
Barnes (Bablicon, Neutral Milk Hotel et bientôt Broadcast
sur Warp records), Laurence Coleman et Aaron Moore, vieux complices
au sein de Volcano The Bear. Un trio pas pressé de monter
leur spectacle. Enregistré à Saumur, dans la verte
campagne française en 2001, il aura fallu deux longues
années pour le finaliser en Angleterre et que Cenotaph
Audio (le label américain e Microwaves) ne le sorte !
C'est que Guignol a le caractère pas facile. Faut dire
aussi qu'ils ont mis le paquet et qu'agencer une telle architecture,
rendre fluide une telle foison d'instruments hétéroclites
demandent sûrement de la patience et du doigté
dans le cheminement. Guignol fait parti de ces groupes où
tout est permis. No limit tonight. Alors on débute par
des claquements de mains qui durent et qui durent pour enchaîner
par un chant suspendu tout en délicatesse. On retient
son souffle. Suit " a gourd question ", long voyage
de treize minutes entre bruitages dosés qui arrivent
à créer une véritable ambiance de 6ème
dimension, télescopés par des voix d'une tribu
échappée de sa forêt tout en surfant sur
des rythmiques multiples et presque tribaux. Et pas de samples
là-dedans, que du naturel ! " Invisible Sports "
nous renvoie dans la grande plaine, la force d'un chant aliéné,
mélopée funèbre et complètement
tripante. Je ne vais pas passer en revue tout les morceaux tant
la variété des atmosphères et une description
de tous les ingrédients nécessaires à cette
musique bigarrée noirciraient des pages et des pages.
Une musique cérébrale qui possède une telle
musicalité que jamais elle ne vous rebute. Leur connaissance
de la musique, de toutes les musiques est ici au service de
l'imagination. Ca se regarde pas le nombril et transcende les
concepts pour vous emmener dans un monde étrange, peuplé
de marionnettes grotesques, surréalistes et poétiques,
prêtes à vous entraîner au bout de leurs
ficelles dans une danse diabolique. Déroutant.
SKX (10/11/2003)
website
label
www.cenotaph.org
sounds
http://www.cenotaph.org/audio/guinol_Inviisible_sports.mp3
|
|
Gentle
Veincut
Gentle Veincut - CD
Autoproduction 2005
Dix ans se sont écoulés depuis que Gentle Veincut
a sorti son premier album. On ne peut pas dire qu'ils aient
défrayé la chronique. C'est toujours dans un anonymat
total que Gentle Veincut nous sort d'Allemagne des disques comme
on jette des bouteilles à la mer ! Encore un album autoproduit
(ils ne sont pas contre un label, à bon entendeur
),
le troisième. Sans doute qu'ils ont d'autres chats à
fouetter et que ce groupe est avant tout une récréation,
une échappatoire à nos mornes quotidiens. La musique
de Gentle Veincut s'inscrit dans un courant noise-core américain
des années 90. Une forte assise rythmique. Les fondements
sont solides. Une guitare bien acérée. Une voix
féminine pour adoucir les murs même si elle
sait être vindicative et persuasive. En d'autres temps,
on aurait pu voir cet album sur Amphetamine Reptile. Mais Frankfurt
n'est pas Minneapolis. L'art du bastonnage et la caresse qui
suit. De biens belles cavalcades, des mélodies inspirées.
Neuf titres impeccables. Alors voilà cet album ne va
sûrement toujours pas défrayer la chronique mais
donner leur une chance. Ca vaut largement mieux que beaucoup
de merde surexposée.
SKX
(26/06/2005)
website
groupe www.gentle-veincut.de
sounds
baddreamgirl.mp3
| welcomevomitlake.mp3
sandflyIII.mp3
|
Gerda
Gerda - CD
Wallace / Shove / Donna Bavosa 2005
Recouvert
d'une couche épaisse d'obscurité, la musique de
Gerda est une roche tout droit sortie de la mine, du brut qui
écorche et qui racle. Un groupe italien avec le batteur
de Sedia qui officie au chant/psalmodie. Noise, virulent, sans
cesse en colère, ce hardcore là est extrême
d'agressivité, de noirceur, un coup de boule prêt
à jaillir. Il faut s'approcher de prêt pour remarquer
tout l'infini des nuances. A l'image de la pochette, tout en
gris mystérieux avec des touches de clarté pour
espérer un bout de lumière au bout du tunnel.
Sept titres qui fouettent, lacèrent et vous laissent
sur le carreau. On est loin des tics habituels et de la frime.
Tout vient du ventre. L'espace est vide.
SKX (21/10/2005)
website groupe www.degerda.com
website label www.wallacerecords.com
| www.shoverecords.com
www.donnabavosa.com
sounds neionenoi.mp3
|
Germbox
Fraction of Exaggeration - CD
Caulfield 04
Que
faisiez-vous en 1991??!! Dans la fenêtre spatio-temporelle,
il ne fallait pas rater sa cible. Le temps de deux malheureux
singles et d'un autre morceau égaré sur une compilation
de même format, Germbox avait déjà tiré
sa révérence ! Vie ultra-courte que son label
d'alors, Caulfield records, tente de ressusciter par le biais
de cet album où on retrouve leurs 7 titres à jamais
gravés et deux inédits. De là à
dire que ce groupe de Kansas City a eu une influence primordiale,
ça serait pousser le bouchon un peu loin. Mais dans les
milieux autorisés, il se laisse dire que Germbox a eu
le temps de se faire un nom, aussi petit soit-il, et que leur
musique n'a pas laissé indifférent nombres de
groupes noise-rock-hardcore par la suite. Il n'y a qu'à
écouter "Godtrot" et "Spit" (tiré
de leur meilleur 45 "creamy loop") pour se dire que
des groupes comme Kiss it Goodbye et consorts ne sont pas à
des années lumière de Germbox. Ces groupes ont
certainement une dimension metal en plus. Le son s'est épaissit.
Mais la teneur sombre et torturé, ce truc qui racle le
fond de la gorge, ces guitares qui font mal au bide, Germbox,
en une poignée de titres, avait posé les jalons
et réussi à se créer un son bien bizarre
et unique. Pour l'époque. Approche rock mais déstructuration
en règle, larsen lugubre, déchirement, un air
bien vicieux qui n'empêche pas des éclaircies mélodiques.
Germbox aurait trouvé à l'aise sa place sur Amphetamine
Reptile. Ses 45 ont longtemps tournés sur ma platine
à leur sortie. C'est avec bonheur de les retrouver remasterisé.
Les deux inédits n'étaient pas nécessaire
et sentent le fond de tiroir. Mais pour le reste, offrez vous
une seconde jeunesse.
SKX
(09/02/2005)
website
label www.caulfieldrecords.com
| www.lemsound.com
|
Gone
Bald
Exotic Klautrofobia - CD
Narrominded 2005
La
musique de Gone Bald n'a jamais rien eu de clinquant. Pas de
stroboscopes et de gimmicks dans la tronche. Pas de rythmes
à la mode et de ceintures à clous tendance. Tout
se fait à la force de la composition. La sainte écriture.
Alors quand celle-ci se voit son inspiration la fuir, Gone Bald
en prend un coup. Le trio hollandais qui ne compte plus qu'un
croate en son sein, le sémillant Razorblade Jr, accouche
d'un septième album manquant de caractère. Les
titres sont toujours aussi longs et travaillés mais sans
être mauvais, c'est un peu plat, fatigué, une production
sans relief. Gone Bald a l'air bien triste. Seul le dernier
et cinquième titre qui donne le nom à cet album
relève le niveau. Seize minutes, qui sans être
phénoménales, apporte de la fraîcheur. Un
très long instrumental avec un bon rythme de basse et
des cuivres qui viennent mettre la zizanie entre les riffs et
larsens d'une guitare qui retrouve de la vivacité. Le
futur de Gone Bald se situe quelque part par là, entre
cette prise de risque, cette remise en question, ce vent de
folie qui manque cruellement à ce disque décevant.
SKX
(11/07/2005)
website groupe www.gonebald.net
website label www.narrominded.com
sounds www.narrominded.com/catalogue/nm014
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Gospel
The moon is a dead world - CD
Level Plane 05
Le
passé des membres de Gospel aidant (ex-I am the resurrection,
Helen of Troy, Knives), on aurait pu croire que Level Plane
nous sortait une énième resucée screamo
de derrière les fagots. Que nenni ! L'affaire présente
des complications. Si je vous lance " musique progressive
", vous devriez, comme tout être normalement constitué,
prendre vos jambes à votre cou
. Vous êtes
encore là ? Car Gospel ne possède pas la meilleur
des odeurs. Tout ça présente des sonorités
générales seventies, avec un sale son de claviers,
qui, si il arrive à se faire discret, ne fait pas le
bonheur des foyers à chacune de ses apparitions (A Goldan
dawn, As far as you can throw me) où il offre de dégoulinantes
mélopées. Des traînées de guitares
qui égrènent sans crier gare des lignes à
l'étrange tenue. Vous avez dit hard-rock ? Mais tout
ça se moule dans un fort courant à l'énergie
hardcore et c'est ce qui sauve les meubles. Le progressif, aussi
crispant qu'il puisse être, n'est qu'un parfum qui parasite
l'atmosphère mais où il est encore possible de
distinguer quelque chose. Dilué d'une manière
qui permet de faire passer la pilule. Un chant bien convaincant
dans la lignée des groupes hardcore passionnées
et surtout un batteur, l'arme maîtresse. Une foison de
descentes d'organes, un kit molesté en beauté
qui donne une putain de puissance à la machine. Gospel
tente de donner de la personnalité à son hardcore,
sortir des sentiers battus, vous connaissez la formule consacrée.
Un son (par Kurt Ballou) qui fouille dans le passé, rencontre
le présent, tente l'amalgame pour une greffe bizarre.
Au final, je ne saurais vous dire si j'aime cet album ou non.
Trop de détails agaçants. Mais une écoute
curieuse s'impose.
SKX
(01/08/2005)
website groupe www.level-plane.com/gospel
website label www.level-plane.com
sounds www.level-plane.com/gospel
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Guapo
Black Oni - CD
Ipecac 2005
On
le sentait venir et Guapo a franchit le pas. Leur période
progressive seventies entamée avec l'album précédent
" five suns " explose dans ce " black oni ".
Oni soit qui mal y pense ! La chasse aux sorcières est
ouverte. Le trio londonien est adorateur de Gong/Magma. Tout
ce que je déteste. Grandes pièces grandiloquentes
avec piano électrique et tutti quanti, rythmes militaires,
psychédélisme de rigueur avec quelques passages
ambiants, qui, si ils permettent une pause dans cette infâme
soupe, n'apportent rien de plus à l'histoire. Avec l'ignoble
Mars Volta (quand je serais de très mauvaise humeur je
vous ferais une chronique de cette horreur qu'on voudrait nous
faire passer comme un disque unique et incroyable) et Guapo,
je crie au secours. Les babos et le rock seventies pompeux reviennent
nous hanter ! Le pire est que Guapo touche à la reconnaissance
avec cet album précisément. Merci Ipecac. Nan
vraiment merci. C'est pas pour jouer les vieux cons mais si
vous voulez écouter de la musique ambitieuse sans être
prétentieuse, expérimentale sans être rebutante,
écoutez leur album " Great sage, equal
of heaven " sorti en France sur Pandemonium en 2001.
Un must. Voir " Towers open fire ", leur premier album
sorti en 1997. Une autre époque, celle où ils
se contentaient d'un noise-core brûlant. Guapo a toujours
été un groupe en constante évolution, on
ne peut pas leur reprocher ça mais là ils touchent
le fond et ils continuent de creuser. Bref, ce Guapo là
sent le sapin et je passe mon chemin.
SKX
(26/06/2005)
website
groupe www.guapo.co.uk
website
label www.ipecac.com
sounds
sample.mp3
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Gantz
La chambre des morts - CD
Impure Muzik / Krawa /
Heart on Fire 2006
Avec une imagerie toute brumeuse de poète maudit, un
titre d'album gai comme une balle dans la tête et des
paroles avec leurs explications qui défoncent des portes
ouvertes et qu'il ne faudrait mieux pas lire avant de mettre
le CD dans la machine, cet album part sur de mauvaises bases.
L'objet est cependant très classe. C'est déjà
ça, tout n'est pas perdu. La musique s'enclenche en douceur.
Une lente mise en bouche toute sombre avant une fureur qui prend
son temps pour se mettre en place. Le hardcore/emo des français
de Gantz est quelque peu atypique. Loin du chaos à tout
va, une touche de post-rock, une voix plaintive dans les bons
jours, geignarde dans les mauvais comme tous bons groupes emo
qui se respectent, de sûrs passages explosifs et bien
tendus. La clé de la recette de Gantz réside en
cette difficile alchimie, le bon dosage entre tous ces contrastes,
ces longues constructions ambitieuses où les sentiments
se confrontent. Hélas, cette alchimie en question se
dilue trop souvent dans des méandres sans saveur où
un grain de surprise et de folie manque singulièrement.
Le groupe réussit trop rarement à générer
une tension suffisante, à sortir de certains clichés
pour nous emmener avec eux dans ce périple tourmenté.
Un disque noir mais fade pour un groupe qui signe là
son dernier méfait avant cessation complète de
ses activités.
SKX
(26/08/2006)
website groupe www.impuregantz.com
website label www.impuremuzik.com
|www.krawa-prod.com
| www.radarswarm.com
sounds lesprmicesdubEtongantz.mp3
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Get
Hustle
Rollin' in the ruins - CD
31G 2005
Ca
roule bagnole. Le retour à l'aube sous les néons
blafards. Mémoire rassurante d'évènements
récents ou anciens. Neuf ans que Get Hustle traîne
son blues tout déglingué. C'est moite et chandeleur,
à l'ombre d'une bougie, dans l'arrière cour d'un
bouge. Et puis une clarté franche, des sourires carnassiers,
des mains tendues. Les prendre ou pas, une vieille vérole
inguérissable. L'âge ne tarit pas d'éloge.
Il y a là Ron Avila, le batteur, l'ex-Antioch Arrow et
Holy Molar, vieux soldat intarissable sur l'histoire du rock.
Aux sources, dans le bayou, le delta du blues. Les affres du
jazz. Un piano électrique, Mac Mann, toujours digne.
Les années soixante dix. Dans tout ce qu'il ya de pénible.
Et sans frontière. Et le bassiste Mr. Evan Burdan dont
les lignes de basse sont pas loin de s'endormir, jouant avec
la batterie une partition libre de barrières, comme si
ils n'avaient rien à foutre du reste. Et au milieu gît
un ange. Valentine. L'histoire ne dit rien de ses petons mais
sa voix surnage, dessine des cercles qui donnent le tournis.
Ou nous les brise. C'est selon. Cet album, le deuxième,
est une histoire éclatée. Comme dans toutes les
bonnes histoires de blues revisité, il est question de
Nick Cave et son Birthay Party. Mais cette histoire en six chapitres
est rude. Ca jouit sans entrave. On me dirait que c'est tout
impro là-dedans que je le croirais sans même demander
à voir. Ca sent le vieux. Mais le vieux nerveux, la cane
encore verte et rock'n'rollesque. Avant le crash final. Don
Quixote and I. Un quart d'heure, c'est long. Chacun ses moulins.
Ceux de Get Hustle sont peuplés de chimères dont
le rock se délecte. Des gloires passées qu'ils
tentent de ressusciter. Le bonheur n'est pas à portée
de main. Rollin' in the ruins se perd dans la nuit des
temps. Fièvre enfumée, primaire et le corps gisant
sur le bord de la route. Vous voyagerez sans moi.
SKX
(23/02/06)
website groupe www.gethustle.com
website label www.threeoneg.com
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Goodbye
Diana
Mobilhome - CD
Head 2006
C'est
taillé dans le sud, à Montpellier, que Goodbye
Diana, en à peine un an d'existence, une pauvre petite
année de rien du tout, sort un premier album étonnant
de maîtrise. On fera fi de leurs précédentes
expériences musicales dont je veux même pas savoir
le nom mais ce Mobilhome s'installe sans crier gare. Ca ne révolutionne
pas les palais mais leur instrumental à peine perturbée
par des cris de fond de couloirs quand la tension devient trop
forte est mené de main de maître. Des artificiers
de haute volée dans le genre rock complexe mais pas trop,
post-rock mais surtout rock. Six titres qui ont le bon goût
de point trop n'en faire, de ne rien rajouter à des structures
qui privilégient l'efficacité et le confort de
tous avant la prise de chou gratuite. Un habile condensé
des codes internationaux que pratiquèrent naguère
et toujours aujourd'hui une pelleté de groupes dont les
noms se confondent mais Goodbye Diana a tout les droits pour
réclamer une part du gâteau. Faire joliment valser
les arpèges sans mièvrerie aucune, envoyer dans
les cordes à bois quand il est nécessaire d'hausser
le ton. Toujours exécuté en rythmes, avec nervosité,
entre élégance et rudesse, la musique de Goodbye
Diana donne un coup de fraîcheur dans un style encombré
de références et c'est pas là le moindre
des tours de force de ce premier jet fort prometteur.
SKX
(21/05/06)
website label gbd.head-records.com
sounds www.myspace.com/goodbyediana
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The
good good
Furrows - CD
Menlo Park 2006
The
Good Good est un trio new-yorkais que vous avez peut-être
croisé en début d'années en France dans
les salles obscures où la musique suinte. C'est avec
toute la clique bordelaise des Potagers Natures qu'ils se sont
accoquinés, au point de sortir un split avec les excellents
Api Uiz et un split en public avec Chocolat Billy. Mais comme
mes oreilles n'ont jamais fréquenté ces sillons,
tout comme ceux de leur premier album A fem era sur Harlan
records en 2005, c'est à ce seul Furrows que l'on s'attaque.
Un puzzle en fait regroupant deux singles sortis par leurs propres
moyens et sept nouveaux titres qui figurent sur un split avec
je vous laisse deviner mais quelquechose me dit que c'est Api
Uiz. Menlo Park, me disait vaguement quelquechose. En réfléchissant
de plus près (ça m'arrive), c'est à ce
label new-yorkais également que l'on doit le dernier
maxi de Deerhoof. Et là, tout devient plus facile pour
le modeste chroniqueur. Car du Deerhoof, yen a dans les gênes
de The good good. Pop bizarroïde et pleine de bruits provenant
d'une batterie d'instruments hétéroclites. Ya
pas de limites au débordement. Sauf que leurs débordements
à eux sont plus contrôlés que leurs collègues
de la cote ouest. Flotte un parfum enfantin, une douce nostalgie,
joyeuse et apaisante. Et je dis pas ça seulement pour
les samples de voix de gosses sur le volatile Clouds.
Le chant de Natalja Kent berce. Des jouets avec des clés
dans le dos que l'on remonte et qui donnent des airs vaguement
inquiétant. Des bâtons dans les rayons. Un flûte
à ses heures perdues (mais pas trop ouf). Une batterie
qui se fait plus présente au fur et à mesure que
l'album progresse. Des tas de petits rien, d'ustensiles détournés
de leur vie quotidienne fourmillent, remplissent les interstices,
voire prennent les devants sur des morceaux qui s'envolent dans
tous les sens. The good good, tout est dans le nom. Des gens
qui vous veulent du bien avec une pop bricolée, gentiment
baroque, laissant un arrière-goût dans la bouche.
Un album léger qui s'attrape avec l'humeur du moment.
Ils étaient à nouveau sur les routes de notre
continent avec leurs collègues de Japanther jusqu'au
13 octobre prochain. Dépêchez-vous.
SKX
(07/10/2006)
website groupe www.collectalltheleaches.com
website label www.menloparkrecordings.com
| lespotagersnatures.free.fr
www.harlanrecords.org
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Gastr
Del Sol
Twenty songs less - 7''
Minority 2006
Je ne me doutais pas, en me procurant 13 ans plus tôt
ce modeste bout de vinyl, qu'un label tchèque le rééditerait
un jour. Soit c'est le méga fan, soit il a perdu un pari.
Ce single faisait suite au premier album The Serpentine similar
(sur Teenbeat records, comme le 45), largement plus recommandable
et même carrément pas mal. Sur ces deux titres
sans nom, Gastr Del Sol verse exagérément sur
sa face expérimentale, tricotant sa guitare acoustique
toute tordue sur des samples de gamins qui en n'ont rien à
cirer (un peu comme nous quoi) alors que l'autre coté
est plus présentable avec une fine partie de guitare
nerveuse qui part vite en couille, s'étale dans la trituration
de sons et s'oubli dans le silence. Gastr Del Sol, c'était
surtout la suite de Bastro, avant que David Grubbs abandonne
le rock et ses codes, se sépare de John McEntire et Bundy
K. Brown (présents sur ce disque mais qui partiront former
le groupe pour bobos Tortoise) et ne fréquente assidûment
Jim O'Rourke (Brise-Glace et futur 5ème homme de Sonic
Youth). Minority records a repris la peinture du recto de la
pochette originale qu'on devait à Paul Green, a rendu
tout ça transparent et c'est sûrement fait un petit
plaisir personnel mais pas en solitaire.
SKX
(28/04/2007)
website label http://www.minorityrecords.com
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------>> original sleeves. |
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Gay
Beast
Disrobics - CD
Self-released 2007 (LP on DNT records)
Music
for gay bosses who use their gayness to get more out of their
gay employees.
Le premier qui rira aura une tapette. Gay Beast est un trio
guitare, synthé, batterie de Minneapolis. Musique de
gay donc. Mais pour jouer à la folle de service, pas
sûr que ce soit la bande-son idéale. Ou alors grande
folle très névrosée. Haut sens de l'abstraction.
On serait fin 70 à New-York, on taxerait ça de
no-wave. Pourtant, de la vague, il y en a. De la fracassée,
de la pulvérisée. C'est hystérique, anti-mélodique,
ça vous arrive dessus par tranches coupantes, c'est pas
loin d'avoir ni queue ni tête. Un comble pour une musique
de tapette. Chacun donne l'impression de jouer sa partition
tout seul dans son coin. Ca en devient presque trash à
la Flying Luttenbachers sur Pairs of eye. Mais le chant
trafiqué change pas mal la donne, les renvoyant vers
un non-sens continu à la Devo ou Brainiac pendant que
Danimal Mal (c'est le pseudo du chanteur) malmène au
hasard son pauvre clavier. C'est vicieux, étrange, avec
un fil rouge pas évident à suivre. Gay beast aime
péter entre vos mains, insaisissable, allumer trente
six néons dans un feu d'artifice torride. Prépare
tes talons hauts et tes postiches, ça va être ta
fête ce soir.
SKX
(15/12/2007)
website groupe www.myspace.com/gaybeast
website label www.dntrecords.com
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The
Gay Corporation
Spit your anger on my face, you are my favourite slave
- CD
Head 2007
Vous
me pardonnerez cette introduction à sec non politiquement
correct qui cède à la facilité mais The
Gay Corporation, ce n'est pas un groupe de tapettes. Voilà,
ça c'est fait. Pour rentrer dans ce disque, pénétrer
tous les méandres, il a fallu remettre maintes fois le
couvercle. Et encore, je suis pas sûr d'en avoir tiré
toute la sève. Ca foisonne sévère à
l'intérieur de ce premier album. Une multitude de riffs
et de plans différents dans un registre Botch sans le
lyrisme. L'approche est assurément plus rock'n'rollesque,
avec l'humour compris dedans, comme sur Skirt rising behind
the Lizard, ses riffs désuets ou encore tous les
soli hard-rock débiles et les yiiiiiipeeee nombreux qui
ponctuent ce disque. Des rednecks du nord. C'est le far-west
à Lille. Les mines à ciel ouvert fermées
depuis longtemps d'où s'échappent désormais
une longue traînée de rock baveux. Une boule de
suif qui laisse le cul terreux et les doigts se balader là
où il ne faut pas. Ca cogne à tous les étages.
Le chanteur a des capacités buccales au-dessus de la
moyenne bien que sa voix soit trop mise en avant et éructe
sur un ton trop testostéroné qui n'est pas de
tout repos sur la longueur. Ca fourmille d'idées, c'est
plein de vie qui éclate en mille morceaux, c'est aussi
too much parfois, ça mériterait un coup de balai
mais ça sonne, prometteur à n'en pas douter et
d'un rose bonbon à ne pas être sucer par tout le
monde.
SKX
(01/10/2007)
website groupe www.myspace.com/thegaycorporation
website label www.head-records.com
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General
Lee
Hannibal ad portas - CD
Basement Apes industries 2008
Si
je lis bien les commentaires, ça fait quatre années
que ce premier album est en préparation. En quatre ans,
de nombreuses choses peuvent se passer. Comme par exemple, une
cohorte de groupes dans le sillage de Isis, des Cult of Luna
en pagaille, des copies carbones de groupes pratiquant tous
un hardcore massif et atmosphérique bien à la
mode. Alors quand déboule Hannibal ad portas,
c'est avant tout aux portes du réchauffé qu'ils
échouent. Dans cette grande lignée, on peut rajouter
les japonais de Envy et le tableau est complet. Les puristes
du style vont prendre leur pied. Dans ces cas là, on
ressort la phrase type : dans le genre, c'est super bien foutu
mais même là, j'ai un gros doute. Il y a tous les
poussifs. Les parties post-rock, les montées qui ne vont
jamais bien haut, la lourdeur et l'oppression, les paysages
sonores sculptés dans la mélancolie où
la beauté le dispute à la noirceur. J'arrête
là le catalogue des clichés. De là à
dire qu'ils le font mieux ou au moins aussi bien que tous les
petits copains, je laisse les intégristes en débattre
mais j'ai ma petite idée. General Lee, aussi sudiste
que peut être un groupe Ch'ti (Béthune) va jusqu'à
reproduire la pochette et son syndrome du paysage grandiose.
Plus Hydrahead que Hydrahead, c'est possible. Mais le pire reste
le chant. Un chant bien rocailleux, à la limite du death
et gueulé sur le même mode monocorde et sur tous
les titres. Seul accalmie, le dernier morceau et pour cause,
c'est un instrumental qui vous achève par le vide qu'il
génère. Ca peut-être long quatre années.
Très très long.
SKX
(17/11/2008)
website groupe www.myspace.com/generalee
website label www.basementapesind.com
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Gentle
Veincut / Kandinsky
Split - 10''
Gaffer records 2008
Gaffer
records, désormais célèbre label lyonnais,
n'en finit pas d'avoir toujours de nouveaux projets expansionnistes.
Dernière innovation née du cerveau surchauffé
de son patron : une série de splits comme d'habitude
uniquement disponibles en vinyle, en couleur et au format dix
pouces. Le premier de la série est donc ce Gentle Veincut/Kandinsky
d'une jolie teinte grenadine et emballé dans une pochette
transparente. Les esthètes et les collectionneurs apprécieront.
Côté allemand, Gentle Veincut assure un noise rock
de facture bien classique mais très efficace et emmené
par un chant féminin parfois un peu limité. Les
comparaisons avec Heliogabale sont inévitables mais défavorables
aux francfortois donc on ne va pas s'appesantir là-dessus.
Un bon groupe, honnête, avec des guitares comme il faut
et une rythmique carrée, c'est largement au dessus de
la moyenne du genre et nettement plus supportable qu'une pelleté
de ces groupes post hard core qui pullulent de nos jours et
polluent l'esprit sain de notre belle jeunesse dévoyée.
On retourne la galette, il reste encore la moitié du
verre de grenadine, c'est chouette la vie. Kandinsky est l'un
des multiples projets de monsieur Frank Gaffer, l'homme qui
n'a peur de rien (par exemple il vient de monter Lewis Karloff,
groupe néo magmatique -comme le Magma de Christian V-
et post zappatiste -comme Frank Z- avec deux musiciens qui parait
il savent vraiment jouer). Mais revenons à notre sujet.
Kandinsky est un duo guitare/batterie + bruits divers largement
basé sur l'improvisation et lorgnant du côté
des Flying Luttenbachers et consorts. Sans atteindre le degré
de folie destructrice de ces illustres inspirateurs, Kandinsky
nous en fait quand même voir de toutes les couleurs, ça
part bien dans tous les sens avec, sous-jacente, une petite
pointe de plaisir fou qui fait toujours plaisir à entendre.
La suite de cette série de singles est déjà
annoncée : il s'agit de Les Aus qui partagera la galette
avec Sheik Anorak, encore un projet de mister Gaffer. D'ailleurs,
puisque celui-ci ne semble pas à court d'idée
pour nous vriller les tympans, on est en droit d'espérer
un jour ou l'autre un projet true black metal, un autre d'indus
tribal et pourquoi pas quelque chose qui se rapprocherait du
doom shoegaze genre Corrupted meets Jesus And Mary Chain -ah
non, faut pas déconner quand même !
Haz
(28/04/2008)
website groupe www.gentle-veincut.de
| www.kandinskytheband.fr
website label www.gafferrecords.com
sounds kandinsky/B1%20-%20oeusophage.mp3
| www.gentle-veincut.de/audio.htm
|
Gentle
Veincut
Concrete landing - CDEP
Whosbrain 2007
En direct de Francfort, Gentle Veincut continue d'essaimer ses
p'tites graines, l'air de rien. Et l'air de rien, c'est de plus
en plus convaincant. Gentle Veincut évolue dans la sphère
noise-rock historique, influencé par les plus grands
et à rapprocher de leurs contemporains de Uzeda. Version
moins torturée. Arc-bouté sur le sens mélodique
qu'ils ont particulièrement développé sur
ces six titres. Ca enchaîne les tubes, on y entre comme
dans du beurre et on en ressort sans matière grasse.
L'ardeur du riff tranchant, spécialement sur Sonnenbaden
et Concrete landing. Des compos soignées, guitare
en verve. C'est tour à tour viril et sensuel comme le
chant féminin de She-Dog. Gentle Veincut a su aller à
l'essentiel. C'est d'une redoutable efficacité et il
serait grandement temps de s'intéresser de plus près
au cas de ces Allemands. Très bonne pioche du label de
Cherbourg Whosbrain !
SKX
(05/05/2007)
website groupe http://www.gentle-veincut.de
website label http://whosbrain.free.fr
sounds www.myspace.com/gentleveincut
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Gerda
Cosa dico quando non parlo -
CD
Wallace / Donnabavosa / Shove / Concubine / Sons of Vasta 2007
C'est
bien simple. Je suis complètement accro. Impossible de
m'en passer. Dans le bus. Dans la voiture. A pied dans les rues
qui disparaissent. Dans le confort d'une maison. Au casque.
A fond dans les enceintes. Le matin, le soir et un peu le midi.
N'est pourtant pas le genre de musique à écouter
n'importe où et n'importe quand. Ca ne sera pas le disque
de tout le monde. Charge violente et étouffante. Jet
continu. Le salaire de la malédiction. Ces Italiens avaient
déjà frappé fort lors d'un premier album
sans complaisance. Cette fois-ci, ils frappent encore plus fort
et surtout plus juste. C'est le coté malsain de Dazzling
Killmen qui vous explose au visage. Non pas dans l'exécution
technique mais ce sentiment de rage qui suinte à chaque
note. Ce truc d'une telle densité qu'on ne peut y mettre
un doigt sans ressortir amputé jusqu'au coude. Orgasmique.
On pourrait citer également Kiss it Goodbye sauf que
chez Gerda, tout est plus direct. Sans détour. Le chant
a gagné en agressivité. Le son est a coupé
au couteau. Tous les instruments à niveau identique.
Magnifique impression de lave en fusion. Dominio della mia
lotta vous coupe le souffle. Seuls les deux derniers morceaux
laissent un semblant de respiration, un répit qui dure
d'éternelles secondes mais qui rajoute en fait au malaise
ambiant. Vendicare questo orrore et la beauté
brute des instincts pendant six minutes intenables d'intensité.
Intensité, un mot spécialement crée pour
Gerda. Et que dire de Aprile et ses sept minutes qui
clôturent cet album. L'impression que Gerda va se casser
la gueule à chaque instant. Morceau chancelant où
le monde semble s'arrêter avant d'accélérer
en titubant puis reste en suspend et vous laisse pantelant sur
le bord de vos illusions perdues depuis belles lurettes. Une
petite demi-heure à ce rythme, c'est largement suffisant
et pourtant on en redemande. On prie pour que cette petite mort
assurée dure, que ce supplice passionné continue
d'enfoncer ses pointes acérées comme j'ai rarement
entendu. Grosse grosse baffe énorme.
SKX
(24/09/2007)
website groupe www.degerda.com
website label www.wallacerecords.com
| www.donnabavosa.com
| www.shoverecords.com
| www.concubinerecords.com
| www.sonsofvesta.it
sounds dominiodellamialotta.mp3
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Geronimo
Self-titled - CD
Three One G 2008
Bienvenue
dans un monde de cauchemars. Si les noms de Bastard Noise et
Sleestaak (dont sont issus les membres de Geronimo), Landed
sonnent comme de douces mélopées à vos
oreilles châtiées, si Load record est signe de
santé mentale, Geronimo déterre la hache de guerre
pour votre plus grand plaisir. Histoire d'être tout de
suite dans le bain, Geronimo attaque avec les dix-huit minutes
de Firewater. Le battement de cur au début
est un leurre. Un piège pour mieux avoir votre scalp
de cow-boy. Une vraie batterie prend rapidement le relais, imposant
un rythme cardiaque maladif et précis comme une horloge
suisse pendant un temps paraissant une éternité,
seulement perturbé par une stridence tout autant répétitive
et des coups de basse épisodiques et assourdissants.
Dix-huit minutes évoluant lentement, chaque son tombant
vous amenant un peu plus près du supplice, s'achevant
par un hurlement d'agonisant. Le silence chez Geronimo est aussi
important que le bruit propre à dissuader l'ennemi. Car
ces longues minutes, comme les six autres morceaux suivants,
ne sont pas une anarchie sonore, une bouillie infâme lézardée
de larsens, dissonances et autres gâteries auditives.
Tout est net, précis, pas un cheveu qui dépasse.
C'est le supplice de l'eau, pas la cage aux lions. Le cauchemar
façon ambiance poisseuse, lugubre, inquiétante.
Pas Pearl Harbor. Geronimo danse autour du totem, tel un métronome,
ultra-répétitif, apportant par touches chirurgicales
une évolution stressante. L'hypnose par la force. On
a bien droit à quelques tours de fraiseuses, ponceuses
et vis enfoncés sans anesthésie mais c'est fait
avec les gants. La précision du chirurgien. Les douze
minutes de Spirit Walker sont proches d'une transe indienne,
un vent électrique traversant les grandes plaines et
à lire d'un peu plus près les propos du groupe,
il ne serait pas étonnant que Geronimo cherche à
travers sa musique à évoquer les esprits. Le nom
du groupe n'est pas un hasard. Et quand on parle de vieil indien,
on tombe bien sûr sur David Yow. Il prête ses beuglements
et borborygmes sur Facepeeler, un morceau plus rythmé
que le reste où entre deux coups de gongs, Yow montre
toute sa science du cri contrôlé. Excellent. Et
comme un cauchemar qui finit bien, l'album se clôt par
Prints Tie. Le guerrier trouve enfin le repos. Morceau
apaisé pour panser les plaies. Geronimo déclare
finalement une drôle de guerre où comme dans la
vraie vie, les méchants ne sont pas ce que l'on croyait.
Le cauchemar laisse la place à une sensation de malaise.
Une atmosphère schizo, prenante au fil des écoutes,
un vieux cimetière indien qui file les pétoches
aux ignorants mais où l'on retrouve la vie loin des regards.
SKX
(24/03/2008)
website groupe www.myspace.com/soundsofgeronimo
website label www.threeoneg.com
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Get
the people
s/t - CD
Ruminance 2007
On ne devrait jamais lire les notes de pochettes avant d'enclencher
la musique. Avec Kevin Shea mentionné dessus, c'est tout
Storm and Stress qui vous revient en mémoire. Ce groupe,
à rendre fou de jalousie le Damon Che quand son guitariste
attitré Ian Williams était parti testé
ses cordes ailleurs que dans Don Caballero, avait derrière
la batterie un illuminé inventif. Quand le nom de Shea
réapparaît sur le disque de ce nouveau trio new-yorkais,
on s'attend au pire donc au meilleur. 17 morceaux plus loin,
on peut pas dire qu'un mauvais moment soit passé. Mais
on s'attendait à être secoué, surpris, tenu
en haleine sur une corde raide. On s'en tire, au mieux, avec
un disque pop qu'on pourrait refiler à sa petite sur.
Au pire, à un lecteur des Inrocks. Kevin Shea essaye
bien de bousculer les structures par intermittence mais ce sont
la voix et les tranquilles mélodies qui prennent le dessus.
Au mieux, c'est une pop subtilement décalée à
la Deerhoof. Au pire, un produit formaté sans consistance
et bien palot. Un album qui sent bon l'Amérique. Ou qui
sent mauvais. Au mieux, du Pavement décontracté
comme sur le plaisant Bodies ou Strange love.
Au pire l'odeur d'un folk à la Neil Young. Des compos
qui baladent leur flegmes sur les longues lignes droites américaines,
entre tradition à peine déguisée et des
sorties de route trop peu fréquentes q'un Kevin Shea
en retrait ne sort pas de l'ornière.
SKX
(10/05/2007)
website label ruminance.free.fr
sounds dont_get_chipped.mp3
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Giddy
Motors
Do easy - CD
Fat Cat 2006
Retour
en arrière avec un album qui n'avait pas encore eu le
droit de citer dans ces pages. Do easy est un putain de bon
album de noise-rock et ça serait bien dommage de ne pas
en parler. Un groupe londonien fondé par Gaverick de
Vis (guitare/chant) et Manu Ros (batterie), ce dernier s'occupant
aussi de la basse pour la partie studio puisque le duo en était
à son sixième bassiste pour ce deuxième
album ! Il faut sans doute voir dans ce feuilleton les problèmes
récurrents de Giddy Motors qui splittent régulièrement
pour mieux réapparaître brusquement. La dernière
fois, c'était à l'automne 2003. Je m'en souviens
très bien. C'était en plein trip tchèque
avec les Moller-Plesset. Je m'étais dévoué
pour leur trouver quelques dates en France avec 31Knots. Tout
était calé, nickel chrome, tout roulait dans nos
vertes campagnes ensoleillées. Deux jours avant les débuts
des hostilités, un mail assassin qui dit que Giddy Motors
vient de splitter, tournée annulée, super, génial
et branle-bas le combat, cascades de mails en aller-retour sur
claviers tchèques, trois mots à la minute pour
avertir tous les organisateurs français du problème
dont certains préfèrent tout annuler (pour l'histoire,
31 Knots fera tout de même quatre dates en France et en
solo). Putain de connards de rosbifs.
C'est donc à ma grande surprise que je vois cet album
apparaître en 2006 pour des morceaux composés en
2005 et enregistré sur 4 week-ends pour 900£ par
un p'tit jeune anglais inconnu qui prenait la succession de
Steve Albini qui avait enregistré leur premier album
Make it pop. Le progrès est palpable. Giddy Motors
a durci le sens de ces compos en les simplifiant sans être
basique non plus, faut pas pousser. C'est devenu une dangereuse
machine avec un groove malsain me rappelant le Therapy époque
Babyteeth / Pleasure Death (en même temps
ça fait bien 10 ans que j'ai pas écouté
ça et si ça se trouve je me plante complètement)
avec une attaque rock typiquement Chicago noise (ce n'est pas
pour rien qu'ils se sont tapés Albini pour le précédent)
et des intonations de voix inattendues à la Al Johnson
(saisissant sur Panzrama) et certains riffs de guitares
à la Shorty, notamment le phénoménale Kapow.
Les six premiers titres sont parfaits, tordus juste ce qu'il
faut, rapides sur l'homme et suintant d'énergie haineuse.
Seul bémol, les deux derniers titres en forme de coup
de mou, deux instrumentaux remplissages pour arriver à
une durée acceptable. Soit un peu plus d'une demi-heure
au final très accrocheuse.
Enième rabibochage, album ultime, groupe sur le hiatus
ou définitivement rangé aux oubliettes. En 2008,
on n'en sait toujours fichtrement rien mais un nouvel album
un des jours ne serait nullement surprenant. Putain de rosbifs
vous disais-je.
SKX
(18/02/2008)
website groupe www.giddymotors.com
website label fat-cat.co.uk
sounds www.myspace.com/giddymotors
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Glu
Aucun But - CD
Rekin records 2008
Il
n'y a pas très longtemps, au cours de l'un de ces innombrables
barbecues d'été qui font la fierté d'une
nation oisive et l'honneur de la race bovine, je décidais
de pimenter légèrement la soirée avec une
petite pointe culturelle : et si nous écoutions un peu
de musique les gars ? La musique -au même titre que le
football et la politique- est inévitablement l'élément
perturbateur numéro un de la convivialité amicale
ou d'un moment de détente pacifique (et je t'emmerde).
J'aurais du m'en souvenir.
A un pauvre rigolo un peu plus cultivé que les autres
qui me demandait à l'écoute de ce chef d'uvre
de noirceur et de désespérance qu'est l'album
Aucun But si les Garçons Bouchers s'étaient reformés,
je n'ai pu que répondre -avec la légèreté
et la subtilité qui me caractérisent toujours
dans ces moments là- que, non, en fait je n'ai rien répondu
du tout, je suis lâche, veule, hypocrite et j'avais la
bouche pleine d'un t-bone taille XXL.
Passé ce moment d'étourdissement et de perte de
contrôle, je peux maintenant affirmer que Glu, tout en
parlant parfois de bière comme le groupe précédemment
cité, tient tout son art dans la description minutieuse
(physique et mentale) du vomissement -c'est-à-dire la
douleur, la souffrance non pas du rejet mais de son inefficience.
Aucun second degré dans les textes -quoi que pour ne
jamais revenir/rester dans la forêt/planté comme
un poirier/et sentir le fumier on peut se le demander- pas
plus qu'il n'y a d'apitoiement : Aucun but c'est de la
purge pure et simple, de la vidange des intestins, ce moment
libérateur très court pendant lequel on se dit
que ça va mieux aller après sauf que pas du tout,
c'est toujours pareil, il va falloir recommencer, plus fort,
plus violemment encore. Le bonheur, le vrai, le seul et l'unique
c'est vomir. Ce disque n'est en rien déprimant, il se
contente (et c'est déjà beaucoup) de faire naître
un sentiment d'inutilité, de frustration et de vacuité
permanent, il a également ce côté purge
pour celui qui l'écoute. Et finalement on finit par en
rire également.
Et la musique ? Il n'aura échappé à personne
qu'il n'y a pas de basse et de batterie dans Glu, uniquement
deux guitaristes -l'un qui mouline et l'autre qui tourbille-
qui s'amusent à envoyer des riffs torturés avec
des pédales d'effets maison (je crois) qui vous vrillent
ce qui vous reste de cerveau, vous ronge de l'intérieur.
C'est particulièrement violent et bruyant (les guitares
de Du Savoir Vivre pourraient être tirées
du premier d'album d'Unsane) et absolument pas lassant bien
que répétitif. Mais répétitif à
en devenir captivant et donc ingénieux. Difficile dans
ces conditions d'échapper à la grillade neuronale
et à la purge tripale -retour à la case départ,
celle du barbecue mais cette fois c'est toi qui fais la viande.
Haz
(01/09/2008)
website groupe www.myspace.com/glubrut
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Gnu
Album Epochal - CD
Silver rocket 2007
Ce
n'est pas Gnu que ce groupe tchèque aurait du s'appeler
mais Paresseux, du nom de ce gros singe lent. Trois albums en
dix ans dont cinq années écoulées depuis
le dernier Millimetry Ticha. On a
bien cru qu'ils étaient perdus à jamais. Mais
le Gnu a la peau dure et retrouve même une seconde jeunesse.
Dès l'introductif Arcif, ça ne rigole pas,
remémorant leur passage
à Rennes l'année dernière. Une minute quarante
de figure au point. Gnu quitte la retenue de Millimetry Ticha
pour revenir vers la débauche de leur premier album Srdce
v kusech zvuku. Et alors qu'on pense devoir courber
l'échine pendant les dix titres de ce court album, la
suite va se révéler plus humaine. Album Epochal
se révèle un condensé des deux albums.
Des morceaux dépassant rarement les trois minutes, avec
un excellent échange entre les deux basses, la guitare
qui s'intercale entre les deux, juste ce qu'il faut, une assise
rythmique solide, sans fioriture, de facture classique, le batteur
tchèque n'étant pas là pour faire le mariole
et s'étaler dans la démonstration gratuite. Ca
pose les bases, ça assoit son homme mais ça manque
parfois également d'un brin de folie. Gnu a toujours
ce coté froid, austère et virulent, contrebalancé
par des éléments mélodiques qui enrichissent
les compos. Et cet album regorge d'un tas de riffs attractifs,
une trouvaille par titre, Gnu allant à l'essentiel. Il
faut quelques écoutes avant que les morceaux ne fassent
leur effet, que les détails ne se dévoilent, la
finesse ne dépasse la rugosité et là, leur
rock-noise sombre et néanmoins accessible se révèlent
pleinement. C'est toujours pareil avec Gnu. Ca n'a rien de tape
à l'il, ça fait penser à plein d'autres
groupes mais au final, le charme opère. Comme sur cette
French song (dont j'ignore tout du sens vu que tout est
en tchèque) qui part de rien et qui vous happe avant
la fin. En dix années et des poussières, Gnu a
développé son propre style et est devenu une valeur
sûre.
SKX
(23/11/2008)
website groupe www.myspace.com/gnurock
website label www.silver-rocket.org
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Gone
Bald
100 Ways to become cool - CD + DVD
Narrominded 2007
Gone
Bald fête ses 12 ans et demi d'existence. Pas ses 10 ou
ses 20 ans comme tout le monde. Non, 12,5. Douze années
et six mois de la vie d'un groupe rock-noise underground. Et
jamais le mot underground n'a eu autant de signification qu'avec
Gone Bald. Douze années à galérer de squats
pourris en clubs à moitié vides. Douze années
à sortir des albums qui n'intéressent toujours
que la même poignée de fans. Douze années
d'un groupe toujours resté dans la marge, qui n'a jamais
vraiment décollé et qui galère toujours
autant.
Dans le DVD qui accompagne ce nouvel album et qui se veut un
hommage au groupe, il y a un court documentaire cruel de vérité
et qui résume bien toute la vie de Gone Bald. 10 minutes
d'auto-flagellation que le trio n'a pas hésité
à inclure en toute franchise ou Ivica Kosavic (aka Razorblade
Jr, tête pensante du groupe et seul survivant d'origine)
pète sa gratte à la fin d'un concert et quitte
la scène, désabusé. S'ensuit une conversation
backstage avec le batteur qui semble (ma compréhension
de l'anglais n'est pas irréprochable) lui reprocher son
geste. Et là, à ce moment précis, sur le
visage de Ivica et dans ses propos confus, on sent toute sa
lassitude, tout son ras-de-bol de douze années de survie,
où rien ne marche comme il veut, pas de tournées
de prévue pour la sortie de cet album, une promo quasi-inexistante,
un soutien proche du néant. L'espace de quelques minutes,
il n'y croit plus et si le groupe splittait à cette seconde
même, on ne serait pas étonné. Il quitte
la pièce en claquant la porte. On aimerait lui dire de
revenir, que tout ça c'est pas grave, c'est juste de
la musique, du putain de rock, de l'entertainment. Mais Razorblade
Jr., il a ce groupe dans la peau et de le voir ainsi est vraiment
touchant. Beautiful loser.
Suit un autre documentaire ironiquement appelé We even
have a band (l'auto-flagellation continue), retraçant
toute la vie du groupe de 1994 à 2007. De Zagreb à
Amsterdam. De tout ce chemin chaotique ponctué de sept
albums, de plusieurs centaines de concerts et d'un Ivica en
personnage central qui ne se lasse pas de raconter l'histoire
du groupe, de son groupe, la flamme dans les yeux. Des interviews,
des extraits de concerts avec les membres originels, leurs toutes
premières répétitions, des morceaux live
dans leur intégralité, essentiellement à
Amsterdam et deux clips comme des grands. L'hommage que Gone
Bald se fait à lui-même, conscient qu'on ait jamais
aussi bien servi que par soi-même et que si ils attendent
que quelqu'un le fasse à leur place, ils peuvent toujours
courir. On retrouve dans cet objet un livre retraçant
toute leur histoire avec multitudes de photos, de flyers, de
messages et essais témoignant leur amour à Gone
Bald. Ivica est ce maniaque qui collecte tout ce qui se trouve
à propos de son groupe.
Figure également un CD. Un nouvel album avec sept nouvelles
compositions. Ca pourrait être bien là l'essentiel
mais - et ça me fait bien mal de le dire - ce n'est pas
le meilleur Gone Bald auquel on a le droit. Ou alors c'est juste
moi qui me lasse. Razorblade Jr est un indécrottable
amoureux de la musique noise-rock. Rien, plus rien, ne le détournera
de ce chemin. A force, l'inspiration commence à faiblir.
C'est toujours la même recette. De longs développements
où la guitare joue le rôle central à l'image
de celui qui la tient. D'arpèges dociles en riffs assassins.
Ce coup ce, Razoblade Jr a cru bon rajouter quelques soli à
deux, trois occasions. C'est pas sa meilleure idée. Gone
Bald reste dans cette mouvance Amphetamine Reptile / Touch and
Go, ce groupe avec du punch, intense mais jamais belliqueux
pour des compositions très évolutives. Gone Bald
fait du Gone Bald. C'est-à-dire que si ils ne s'en sortent
pas avec une écriture inspirée, ils peuvent rapidement
tomber dans un style passe-partout et qui prend un gros coup
de vieux. 100 ways to become cool manque d'ampleur et
ne décolle jamais vraiment. Sept morceaux pas désagréables
en soi, on a le droit à de bons moments mais même
dans leur jeu, on sent comme une lassitude. Ce n'est en tout
cas pas avec cet album que Gone Bald va sortir de l'ornière
et capter la lumière de la reconnaissance. Reste un témoignage
touchant sur la vie d'un groupe underground et qui pourrait
s'appliquer à des centaines d'autres
SKX
(18/11/2007)
website groupe www.gonebald.net
website label www.narrominded.com
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Goodbye
Diana
Odds & Ends - CD
Head - Basement Apes 2008
Mobilhome
nous avait laissé sur de belles promesses, on était
fin prêt était à passer à la maison
avec piscine. Dès l'introduction de Bigglenot
et ses riffs mastoques, ça sent l'enchaînement
logique. Juste ce qu'il faut de plus pour passer dans la classe
supérieur sans forcer. Un son qui gagne en ampleur, de
la puissance bien placer, toujours au service d'un rock instrumental
pas si complexe que ça, digne héritier d'une tradition
américaine jamais encombrante. Ca pointe vers Oxes, dans
le travail et la complémentarité des deux guitares
assumant tour à tour virilité et finesse. Une
certaine idée du rock, cette envie continuelle d'envoyer
voler, de faire chauffer à froid, de mettre de l'épaisseur
et de la graisse sur les bords. Et ne pas oublier l'humour sans
quoi tout ça serait vain et ennuyeux avec le clin d'il
aux potes de Marvin, tout autant Montpelliérains, avec
Marwine, spéciale dédicace, et son pastiche
de guitares singeant un de leur morceau. Avec une rythmique
dont la solidité ne peut masquer le sens du groove enthousiaste,
on a là une belle brochette de titres percutants, d'instrumentaux
frayant habilement dans les méandres d'un style qui en
a pourtant vu d'autres. Mais Goodbye Diana est loin d'être
une seule machine à rocker. Leur idée d'un rock
instrumental a également cette coloration bien nette
et propre sur elle où rien ne dépasse. Convenu
diraient les mauvaises langues. Avec des passages lorgnant vers
un post-rock qui fait retomber le soufflet même si tout
ça est joliment exécuté. Bref, j'ai du
mal à me décider. En temps normal, plus on écoute
un disque et mieux se forge l'opinion. Là c'est tout
le contraire. Plus je l'écoute et plus je me pèle
l'oignon. Un bon disque qui laisse sur sa faim.
SKX
(07/07/2008)
website groupe www.myspace.com/goodbyediana
website label www.head-records.com
| www.basementapesind.com
sounds nakednicknolte.mp3
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Gorobei
/ Clayter
Split 5'' - cdr démo
2006
Un
cd ridiculement petit dans un emballage qui ne paye pas de mine
Est-ce le nom de Nicolas Dick (Kill The Thrill) qui irrésistiblement
m'a poussé à mettre ce bout de musique dans la
machine
Pas déçu du voyage
Gorobei,
Marseille, le sud enrage. Ca pourrait être qu'un groupe
de hardcore chaotique de plus. Mais une folie interne et la
présence de Dick aux manettes font de ces quatre titres
un mets de choix, à bien vous tartiner la tronche. Ca
devient un groupe rock limite bruitiste aux compos incontrôlables,
qui partent dans toutes les directions, qui crissent, qui écharpent,
explosent, saignent les oreilles, saignent, larsens et hurlements
(crime & châtiment ?). Entre ces morceaux, trois plages
ambiantes d'un certain Clayter, qui sont présentées
comme des compos à part mais qui font plus office ici
d'interludes entre deux déluges de feu. Une entrée
en matière étonnante.
SKX
(24/01/2007)
website groupe http://foxylounge.free.fr/gorobei
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grandMal
Zwischen Schlachthof Und Pascha
LP/CD
Renkontre tonwaren 2006 |
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Horror
vacui - CDEP
Mutual Brain destruktion 2005 |
Aborder
grandMal (avec un petit g et un grand M), c'est être un
grand malade. Frôler le cas psychiatrique. Sans nouvelle
depuis 1998 et un fantastique premier 7'',
le trio allemand originaire de Cologne sort en 2006 son premier
album. Les prémices du retour du groupe se sont pourtant
fait en 2005 (dans l'anonymat le plus complet, comme tout ce
qu'ils touchent) avec Horror vacui, un cinq titres emballé
dans un coffret dvd et photo de troufions communistes hilares
à l'intérieur. Horror Vacui, la peur du
vide, grandMal s'en charge. Remplir l'espace d'un magma sonore
dense et grésillant. Sept années après
leurs débuts, le groupe n'a pas changé son fusil
d'épaule. C'est dans le bruit sans concession, celui
utilisé par Unsane et Glazed Baby que grandMal taille
des costars. Horror vacui, quatre morceaux sous la barre
des trois minutes. Quatre salves où a rythmique est prépondérante
avec une guitare qui découpe en deux sans laisser de
cicatrice autour et une voix saturée pour faire peur
de nuit comme de jour. L'amour du bruit, la volonté de
faire mal avec une énergie rock ultime. Et lorsque vous
regardez la durée du dernier morceau, vous êtes
pris de vertige à la vue des 30 minutes que nous promet
ce Viele mörser. Heureusement, au bout de cinq minutes,
un lent et épais brouillard répétitif s'empare
du morceau et vous pouvez tout couper pour abréger vos
souffrances. grandMal n'a rien perdu de sa force.
Tant que les braises sont chaudes, grandMal a enchaîné
l'année suivante sur un album, le premier. Il n'est jamais
trop tard. Les verres continuent de trembler sur l'étagère.
Masques sur la tronche, façon terroristes du bruit, grandMal
gangrène son rock-noise de rythmiques des tranchées
sous le bombardement, calculant de façon millimétrée
l'intervention de la guitare, acérant au plus près
de l'os des riffs chirurgicaux. Le trio privilégie de
plus en plus le dialogue basse-batterie. Une assise des plus
forte que des bruits venimeux et une voix de bouledogue en rut
tente de déstabiliser régulièrement. L'aération
est un bien grand mot chez grandMal mais les structures ont
gagné en lisibilité. Ils se permettent même
une douceur en plein milieu du très bon Nemesis
avant de s'offrir une joute sonique enlevée et hypnotisante.
C'est que grandMal aime insister, répéter la note
à l'identique, appuyer pour que le pus sorte et vous
avoir à l'usure tout en apportant les subtiles variations
propre à l'avancée en terrain ennemie. La pochette
est superbe. Le vinyl est épais et pèse le poids
suffisant pour supporter cette charge titanesque. Alors qu'un
autre groupe allemand aux influences similaires, Volt, fait
beaucoup parler de lui actuellement, vous feriez bien de vous
intéresser de près à grandMal. Tout y est
plus riche, plus virulent, plus abrasif. Si seulement ils s'en
donnaient les moyens
C'est tout le (grand) mal qu'on leur
souhaite.
SKX
(12/03/2007)
website groupe www.grandmal.de
website label www.renkontre.de
sounds Glocke.mp3
| Ichbastion.mp3
|
Gravity
Propulsion System
Days like razors - CD
Ascetic 2008
Tout
est dans le nom. L'assurance d'un décollage immédiat,
coller au siège comme une mouche sur un pare-brise, faire
péter la lune en un temps record avec moult secousses.
Le trio Gravity Propulsion System en est à son troisième
album. Avec le raffut qu'ils font, il est étrange qu'on
ait pas entendu parler d'eux plutôt. Des faiseurs de bruit
comme on n'en fait plus beaucoup avec la volonté d'insérer
ce bordel dans un format punk-rock. Le feedback et le larsen
sont autant d'instruments utilisés à fortes doses
avec une attitude de branleurs assumés. Maximum dommages.
On retrouve la volonté anarchique de Todd, cet amour
de l'éclatement sauvage, du saignement de nez et l'assourdissement
des masses. Les six premiers morceaux défilent à
fond les ballons, reliés les uns aux autres par de brefs
interludes qui ne font pas office de pause respiratoire. Bande
de sagouins. Tout dans le rouge et la saturation d'un guitariste
incapable de faire deux accords à suivre et d'une volée
de cymbales de bois vert. Une course effrénée
de dix bonnes minutes bien jouissives. Arrivé à
The Travel Agent, GPS (j'y peux rien, ce sont les initiales
du groupe) pense quand même à reprendre son souffle.
Six minutes où la mélodie fait surface, s'extirpe
de cette lave bavante sans pour autant diminuer en intensité
sonore. On se prend à penser à Part Chimp, montrer
un peu de lumière sous la crasse ambiante, faire tourner
en orbite un rythme accrocheur sous un déluge apparent.
Puis la baston reprend ses droits. Ta branlée tu la veux,
tu l'auras. Comme souvent avec ce genre d'approche, ça
se finit par un morceau épique. Et ça tombe bien,
ils l'ont appelé Epic Disasters, c'est merveilleux,
nous vivons dans un monde parfait. L'assaut final de onze minutes.
Abandonner toute idée de résistance ou partir
en courant. La touche finale d'un album pas fait pour les pieds
tendres. Un grand moment de session noise sans concession, au
chaos parfaitement contrôlé.
SKX
(26/05/2008)
website groupe www.gravitypropulsionsystem.com
website label www.asceticrecords.com
sounds www.gravitypropulsionsystem.com/noise/GPS_DLR_PREV.mp3
(full album preview)
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Grey
Daturas / Monarch
Dawn Of The Catalyst - split CD
Thrones / 20 Buck Spin 2007
Quelle
bonne idée de réunir sur un seul et même
disque deux représentants parmi les plus actifs du lourd
et du lent, un par hémisphère (ça fait
plaisir aux amateurs de symboles) avec les australiens de Grey
Daturas et les français de Monarch. Un titre chacun et
de durée égale, si vous avez la chance de trouver
la version vinyle (200 exemplaires en gris et 800 en noir) vous
pourrez même apprécier l'illustration de la pochette
dessinée par l'omniprésent Seldon Hunt, sinon
vous vous contenterez comme moi d'un vulgaire CD -format qui
ne convient absolument pas à l'exercice du split album,
à moins que les deux groupes ne soient totalement différents,
comme sur le split Elysiüm/Monarch, ce qui n'est absolument
pas le cas ici.
Il faut bien avouer que ce disque ressemble d'abord à
un concours de vitesse et d'accordage : c'est à celui
des deux groupes qui jouera le plus lentement et le plus dans
les graves. A ce petit jeu là il n'est d'ailleurs pas
sûr que ce soit Monarch qui gagne. On sait depuis la récente
réédition chez Crucial Blast de l'album Dead
In The Woods de Grey Daturas (paru à l'origine en
2004) que les australiens ont d'ordinaire un format plus rock,
pratiquent une sorte de stoner noisy et lo-fi. L'album Path
Of Niners (2006) offre lui un visage nettement plus noise et
surtout psychédélique, ça jamme dans tous
les coins, la bande tourne en continu pendant que le batteur
(également bassiste) installe son kit dans la cuisine
et que les deux guitaristes, confortablement installés
au jardin dans des chaises longues, essaient à peu près
toutes les idées qui leur passent par la tête.
On coupe la bande magnétique de manière aléatoire
et on obtient un disque de mushroom metal, excellent, pouvant
se résumer à The Dead C ou Gate reprenant Black
Sabbath. Changement d'humeur donc pour ce Dawn Of The Catalyst
puisque avec Golden Tusk The Endearing, Grey Daturas
ne propose ni plus ni moins qu'une version à peine plus
expérimentale de la musique de Monarch. C'est aussi long
à démarrer, c'est aussi lent, aussi lourd et ce
n'est que lorsque c'est terminé et que l'on remarque
enfin l'absence de chant que l'on est persuadé d'avoir
eu affaire aux australiens. Seule différence notable,
la fin du morceau qui part en s'étiolant, tombant dans
l'atmosphérique puis le vague, une porte de sortie en
forme d'apaisement, les larsens se diluant sans infliger trop
de souffrance.
Rapture, le titre proposé par Monarch, en est
la suite logique, reprenant là où Grey Daturas
a abandonné la partie, relançant la machine à
débiter le doom en tranche de trente secondes par coup
de caisse claire. Le son est un peu plus incisif, plus carré
mais c'est tout -juste l'impression d'être confronté
à une machine mieux huilée. La voix arrive enfin
-Emilie tu es notre sauveuse!- avec des vocalises d'abord plutôt
discrètes qui vont en s'intensifiant sans réellement
passer aux hurlements de sorcière d'usage. Rien de fondamentalement
nouveau mais Monarch garde cette attraction surnaturelle et
inévitable, ce truc unique qui paralyse. D'autres amateurs
pour le bûcher ?
Haz
(14/12/2007)
website groupe www.myspace.com/monarchuberalles
| www.greydaturas.com
website label www.thronerecords.net
| www.20buckspin.com
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Grey
Daturas
Return to disruption - CD
Neurot 2008
L'image
est trompeuse. Les photos sur leur site montrent des gens à
l'allure tout à fait banale sous le soleil de leur Australie
natale. Des têtes d'étudiants en chimie, bien propres
sur eux, chemises impeccables, prêtes à repartir
passer le week-end chez leurs parents. L'imagerie de la pochette
et la musique sont à l'opposé. Le soir venu, les
trois de Melbourne se transforment en laborantins en proie au
Malin et explorent la face cachée de la musique. Lettrage
médiéval, brouillard épais sur campagne
incertaine et Neurot records derrière tout ça.
Ca sent la musique instrumentale poisseuse où tout va
être histoire d'ambiance et de climat à couper
au couteau. Du morceau d'ouverture tout en batterie sauvage
aux limbes enfumés d'un psychédélisme rampant
du final Neuralgia, Grey Daturas nous aura fait visiter
tous les stades de la musique instrumentale. Le frottis compulsif
de Return to disruption, bruitisme maison pour faire
peur (un peu). Les longs sifflements/larsens/stridences, appelez
ça comme vous voulez, du moment que cela soit désagréable
à l'ouïe de Balance of convenience. La lente,
la répétitive, la maîtrisée montée
de Answered in the negative. Le bordel de Undisturbed
qui porte bien mal son nom faisant revenir à la surface
les pires souvenirs de cours de musique de 5ème (dire
qu'on faisait de la musique concrète et on ne le savait
même pas) avant de retomber sur dix minutes de transe
noise au psychédélisme toujours latent avec trois
minutes d'un drone final de trop. Mis bout à bout, toutes
ces ambiances sont cohérentes, nos trois Australiens
arrivant à garder le cap et nous mener dans leur monde
intérieur sans avoir à nous pousser au cul. Ce
troisième album ne nous épargne pas quelques bâillements
mais ça tient la route et en haleine. Et je m'y connais
en haleine.
SKX
(20/07/2008)
website groupe http://www.greydaturas.com
website label www.neurotrecordings.com
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