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ARCHIVES 1999 - 2008
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GAG when people start slapping meat on marble
GALUSHA GROW s/t
GAMENESS s/t
GANTZ La chambre des morts
GANTZ / CLEANER Split
GASTR DEL SOL Twenty songs less - 7''
GÂTECHIEN s/t CDEP
GÂTECHIEN 2
GAY BEAST Disrobics
THE GAY CORPORATION Spit your anger on my face, you are my favourite slave

GEIGER COUNTER ekranoplan/bel geddes
GENERAL LEE Hannibal ad portas
GENTLE VEINCUT Gentle Veincut
GENTLE VEINCUT / KANDINSKY Split - 10''
GENTLE VEINCUT Concrete landing

GERDA Gerda
GERDA Cosa dico quando non parlo
GERMBOX Fraction of Exaggeration
GERONIMO Self-titled
GET FUCKED Get fucked 10''
GET HUSTLE Rollin' in the ruins
GET THE PEOPLE s/t
GIDDY MOTORS Do easy
G.I. JOE Clito's Angels
GLAZED BABY ancient chineese secret
GLEN OR GLENDA s/t 12''
GLU Aucun But
GNU millimetry ticha
GNU srdce v kusech zvuku
GNU Album Epochal
GOB the kill yourself commandment
GODSPEED YOU! BLACK EMPEROR Yanqui U.X.O.

GOLDEN summer
GONE BALD Soul Vacation In Rehab Clinic
GONE BALD Exotic Klautrofobia
GONE BALD 100 Ways to become cool
GOODBYE DIANA
Mobilhome
GOODBYE DIANA Odds & Ends
THE GOOD GOOD Furrows
GORDZ charge
GORDZ s/t
GORDZ / HAPPY ANGER split 7''
GORGE TRIO Open mouth, O wist
GORGE TRIO / DJUD the euro tour split 7 "
GOROBEI / CLAYTER Split 5''
GOSPEL The moon is a dead world
GRANDMAL Zwischen Schlachthof Und Pascha / Mutual Brain destruktion
GRAND ULENA Neosho
GRAND ULENA gateway to dignity
GRANDMAL s/t
GRAVITY PROPULSION SYSTEM Days like razors
GREY DATURAS / MONARCH Dawn Of The Catalyst
GREY DATURAS Return to disruption

GUAPO Five suns
GUAPO great sage, equal of heaven
GUAPO Black Oni
GUIGNOL Angela, David and the great neopolitan road issue
GUINEA PIG puttfarken
GUNMOLL anger management in four chords or less
GUYANA PUNCH LINE irritainment for the masses
GUYANA PUNCH LINE irritainment for the masses 7''
GUYANA PUNCH LINE maximum smashism
GUYANA PUNCH LINE Direkt Aktion


GAG
" when people start slapping meat on marble " - CD
Flitwick 01
Et non c'est du sérieux! Cet obscur groupe anglais, à la vie en pointillé, sort après bientôt dix ans d'existence, son premier album digne de ce nom. Ne pointant son nez rouge que les mois pairs et par beau temps (chose rare chez nos amis brittons), GAG sème ses graines avec parcimonie et pour le coup nous pond 19 titres en à peine une demi-heure. Le ton est donné. Et la clef ici, c'est Badgewearer. Glorieux groupe écossais à ranger désormais parmi les morts (mais gare aux résurrections!) qui laisse en héritage à GAG son batteur. L'affiliation musicale est toute trouvée et majeure. Les rythmiques aussi pétantes et vivantes. Les structures aussi courtes et alambiquées. GAG nous sort un grand numéro. L'humour et l'approche de Melt-Banana sans le speed. De fieffés lutins à l'esprit joueur. Ca navigue entre piécettes vitaminées où tout s'entrechoque à des moments emprunts de plus de gravité. De rythmes claires en dissonances, saupoudré d'un léger parfum entêtant délicieusement rétro. De sales gamins égarés dans un magasin de musique, sans peur et sans limite. S vous aimez les musiques inventives et iconoclastes, foncez sur GAG, la meilleure blague du moment. Sans rire.
SKX (04/10/2001)

GALUSHA GROW
" s/t " - CD
Autoproduction 02
Quelle ne fut pas ma surprise quand, par la magie d'internet (a world of amour, a world of merveille comme tout le monde le sait!), un anodin message me mit en relation avec un ancien membre de More Fire For Burning People. Ce nom vous est inconnu sans aucun doute. Un seul album en 1997 mais qui avait secoué plus d'un neurone et est devenu une sorte de classique de l'underground. Une perle noise-rock ambitieuse confinée à l'anonymat éternel, comme une pléthore d'autres groupes dont le nom ne traversera jamais l'atlantique. Cinq ans se sont écoulés. Total silence radio avant que le batteur, Bret Payne, ne repointe ses antennes et ses baguettes avec ce nouveau quatuor Galusha Grow. Un premier album sans label, mais vu la qualité proposée, cette erreur devrait rapidement être réparée. On retrouve certains ingrédients de More Fire. Des morceaux assez longs et travaillés, dynamique sinueuse. Mais la sensibilité reste plus "pop", en suspension. Le chaos relayé comme un second voile qui fait des apparitions plus suggérées que réelles. Le feu s'est apprivoisé, l'incendie circoncis. Au jeu (toujours très stupide) des références, Oxbow vient à l'esprit mais sans le charisme du chanteur. A Trumans Water, sans le grain de folie qui menace à chaque instant l'édifice. Si les deux premiers excellents morceaux sont virulents et tendus, les climats à suivre prennent une tangente impressionniste. Les mélodies se font mélancoliques. Il n'est pas rare de rencontrer violons, flûte et trompette. Subtil, réfléchi, aérien et acéré à la fois, Galusha Grow n'a pas choisi la facilité. Un monde personnel et touchant qui fait mouche du premier coup.
SKX (13/05/2002)
GAMENESS
" s/t " - CD
Recap / Overcome 03
Une pochette sombre comme la mort. Des dessins enfantins avec un gros cœur qui saigne. Le graphisme de cet album des parisiens de Gameness pourrait résumer à lui seul la situation. De la noirceur, de la furie et une certaine candeur, des raisons d'espérer au beau milieu du fracas. Une manière primaire de foutre son cœur sur la table. Gameness pratique un hardcore écorché et sauvage, qui nettoie bien autour de l'os mais qui n'hésite pas à se dénuder. Et après plusieurs essais, Gameness semble enfin avoir trouver la formule adéquate. Tout en contraste autour d'un fil rouge très inflammable. Hurlements, arpèges mélancoliques, violentes montées, chants posés sur de tristes constats. Et même des violons de sortie sur " present day present time " et l'instrumental " sinous passenger ". Bille en tête mais lucide pour proposer des compos très maîtrisées avec une production digne du propos. Bref, une place toute trouvée entre les Japonais de Envy et les Allemands de Yage. Que du beau linge parmi lequel Gameness ne dépareille pas. Le hardcore est internationale, on le sait depuis belles lurettes. Ca faisait longtemps qu'il n'avait trouvé si bel écho en nos contrées !
SKX (25/08/2003)


GEIGER COUNTER
" ekranoplan/bel geddes " - 12"/7"
PIAO/Words and Works Rejected 99
Je salue ces Anglais qui ont eu l'idée lumineuse un jour de baptiser leur groupe du nom de Geiger Counter. Perso je trouve ça poilant et du plus bel effet ! Bon, ceci dit, chienne de racaille, qu'avons-nous à nous foutre sous la dent ce coup ci ? ! Des Anglais bien saignant qui sont loin de se prendre les pieds dans le tapis de la reine mère avec 2 disques tirés d'une discographie éparse (dont un album sur feu Rosewood Union parti se faire pendre ailleurs). Et qui malgré des changements de line-up garde une ligne conductrice cohérente. A savoir un math-rock débridé, qui louche du coté d'American Heritage, les nouveaux princes de la formule ou les incontournables Don Caballero, les inventeurs fatigués du concept. Mais un math-rock qui a mis de l'Anglais dans son vin. On reste entre gentlemen et les aiguilles du compteur sont loin de s'affoler. Ca réfléchit beaucoup. Faut dire que les incessants changements de rythmes et de mélodies nécessitent un brin de concentration. Les liaisons se font en douceur. C'est pas de la chanson de roupinette non plus, faut s'accrocher à son melon quand même. Bref une nouvelle déclinaison du math-rock bien alléchante. Qui donne envie de voir sur plus long, genre leur nouvel album qui va plus tarder à traverser la Manche.
SKX (22/02/2001)
GLAZED BABY
" ancient chineese secret " - Lp
Atomic Action/Fidel Bastro records 99
GLAZED BABY, mort et enterré, ça ne faisait pas un pli. Alors l'annonce de ce nouvel album désordre l'établi. A serrer son nerf optique au plus près des notes de la pochette, on s'aperçoit que ces morceaux ont été mis en cage en 96, mixé l'année suivante pour se mastériser final en 98 et matérialiser en 99. Je me sens forcément d'humeur aqueuse et repose la question : mort et enterré pour de bon ? Renaissance du bébé vitreux ? Bref appel de l'au-delà... En tout cas, si cet album compte déjà trois années au compteur, les aiguilles se sont affolées, erratiques. Combien de groupes noise à l'heure actuelle peuvent se vanter d'avoir un tel son, une telle extrémité fiévreuse du concept noise-rock ? Ca vit dans le nerf, pressés, un amoncellement de guitares, un harcèlement d'effets, et cette rythmique, ah ! Cette rythmique, sans cesse rebondissante ou roule-compresse. Ca doit autant au martèlement de la machine qu'un dangereux beat de raves obscures. Comme un groove malsain. Une danse infectée. Et entre deux pilons, des bizarreries techniques. Ce 3ème album noie ses aînés haut la main. Vous en ressortez le souffle court, les oreilles vrillées. Un objet unique de transe noise. Les printemps sont atroces.
SKX (18/05/1999)
GNU
" millimetry ticha " - CD
Minority 02
Gnu, mystérieux animal tchèque, sort de sa réserve. Alors qu'on les croyait en voie de disparition, ses potes de Lvmen prenaient tout simplement leur temps pour donner suite à son très réussi et nécessaire premier album "srdce v kusech zvuku" (servi cul-sec et debout). Pendant ces trois années de gestation, Gnu a mûri. La bête sauvage, élevée au gros grain "noise-rock", comme on aimait les faire pousser chez Amphetamine Reptile, préfère cette fois-ci les ballades au grand air. On bandera quand on aura envie de bander. La transhumance, les chemins de traverse, Gnu n'aborde plus les problèmes de front mais par les cotés. Ce "millimetry ticha" laisse de la place aux émotions. Une émotion froide et inquiétante, définitivement européenne dans les gènes, qui rend cette musique aux confins du hardcore, du noise et du alternative-rock aussi difficilement indéfinissable. L'aspect rugueux, notamment avec le chant en tchèque et les deux basses, est toujours présent mais l'agresion n'est plus systématique. Le contrôle des pulsions de chair fraîche. Si les compositions donnent toujours dans la complexité, elles respirent plus régulièrement et déplacent un nuage de fumée visible de beaucoup moins loin. On peut regretter que ce vin sanguin ait été coupé à l'eau. La tension (l'attention?) et la dynamique sont plus aléatoire. Il faut chercher l'intérêt à un autre niveau. Plus serein et profond, cet album ne manque pas d'aura et de charme, d'un lyrisme sombre et sobre à la fois. Un chaos contrôlé. Le magnétisme des grandes plaines de l'est. Un paysage rude, pas tape à l'œil mais mystérieusement attirant à la longue....
SKX (13/05/2002)
GNU
" srdce v kusech zvuku " - Lp
Intermusic 99
Un disque qui risque fort hélas de passer inaperçu, faute sans doute de ne pas être idéalement placé sur le grand échiquier du rock. GNU est un groupe tchèque, sur un label dont la renommée reste encore à faire et pourtant, GNU aurait de quoi rabattre plus d'un caquet américain. Leur musique m'a laissé sur les g'noux! Cet album trouverait à merveille à se loger chez des labels comme Touch and Go ou Amrep. C'est du solide, une production forte en gueule et impressionnante de maturité. Un son compact qui aligne les têtes. Ca déboule de partout, milles sons, des petits riens, des gros riffs, des coulées de lave, un chant en tchèque qui participe à la rudesse de l'ensemble. Rock catégorie poids lourd mais sans la graisse, oppressant et propre à décupler vos forces. Deux ans que ce disque est sorti alors surveillez vos arrières si vous voyez un GNU dans vos parages!
SKX (02/05/2001)
GOB
" the kill yourself commandment " - Lp
Satan's Pimp 00
GOB n'a jamais brillé par ses bonnes manières. Les doigts gras et la tête dans le guidon, GOB parsemait dans la nature ses disques comme autant d'avortons abandonnés dans les décharges publics. Dans l'urgence, à l'instinct, une bonne dose de rien à foutre. Et on leur répondait bien. Le monde se foutait de Gob, groupe de seconde zone. D'une chiée de singles à une tripotée de split 45 et autres formats bâtards, GOB s'est trimballé pendant 10 ans avec sa musique lourdingue et grasse, une vraie ribambelle de casseroles accrochées à la voiture balai. Et c'est seulement au bout de dix ans que ces sales punks sortent leur premier véritable album. Et pour le coup, ils ont fait les choses en grand et ont effacé en 12 titres cinglants dix années de médiocrité. De leur passé, ils n'ont gardé que leur mauvais goût pour les pochettes hideuses peintes à la vinasse. Pour le reste, les vilains petits canards se sont transformés en grands fauves des steppes. Des tueurs aux lames aiguisées. Une noise sale et méchante, extrême et virulente. De la rage emmagasinée plein les tripes. Plus de gras, rien que le nerf. Un immense coup de pied dans la fourmilière et les conventions. GOB braille un vieux malaise. Ah les bourricots! Dire qu'ils choisissent pile ce moment pour se saborder! Faites leur honneur, fourrez vous cet album bien au fond de la gorge.
SKX (26/09/2001)
GODSPEED YOU! BLACK EMPEROR
" Yanqui U.X.O. " - 2xCDs
Constellation 02
Le collectif canadien de retour sur le pavé à arpenter son coin de bitume, encore et encore, territoire désormais connu et si bien délimité lors d'un précédent exercice. Alors les esprits chagrins que nous sommes font grise mine. Le bis repetita, on aime pas ça. Mais honnêtement, cet album serait sorti avant le " Lift your skinny fists… " et on aurait crié au chef d'œuvre car à bien l'écouter cet album tout pareil, il est tout aussi remarquable. D'ailleurs si tout le monde s'accorde pour dire que c'est encore la même chose, je vois pas pourquoi on serait déçu… Vous me suivez ?! Toujours ces morceaux à n'en plus finir. Ces road-movies où l'on passe du paysage désertique à la guerre des tranchées. Ces violons sanglotants, ce fol espoir de fin du monde et ces montées lentement amenées, l'embrasement final qui vous cloue au sol, toujours plus beau, sous un déluge de cordes, de cuivres et de batterie revancharde. Mention particulière pour le 3ème morceau, son approche (musique) classique, sa marche funèbre et son final explosif. Théâtral, mystique, mystérieuse, envoûtante. Des échardes de mélodies qui dictent le chemin. Autant d'éléments qui font que Godspeed est Godspeed, qu'ils ont inventé un style et par là même sont devenus une référence. Et à ce jeu là, Godspeed maîtrise à fond, ya rien à dire, les maîtres, ce sont eux. Le problème, c'est que l'effet de surprise n'est plus. Et avec un groupe installé sur un piédestal, on exige le meilleur et encore plus encore. Qu'ils nous surprennent sans cesse, se (nous) transcendent et non pas qu'ils nous répètent leurs gammes par cœur. Mais ce qu'ils font, c'est déjà énorme. On aurait tort de bouder notre plaisir. Godspeed toujours en tête.
SKX (06/08/2003)


GOLDEN
" summer " - CD
Slowdime 00
Je me rappelle d'un album, sorti il n'y a pas si longtemps que ça, sur Trans Solar records. Un album magnifique sous le nom de Golden. Un groupe instrumental mathématiquement proche de Don Caballero avec des riffs tranchés et étincelants. Trois ans plus tard, Golden remet ça et là, j'aurais mieux fais de partir à la pêche ce jour là. On oublie tout et on recommence. Golden s'est repassé les vieux disques à papa et se la joue seventies à fond. On dénotait sur leur précédent effort une certaine aisance à maîtriser leurs instruments. Cette fois-ci, ça tourne à la démonstration gratuite. Solis à l'appui. Oui oui, de magnifiques solis de guitares pour un blues-jazz-rock infâme aux meilleurs moments, quand ils se prennent pas carrément pour Led Zeppelin version soft, avec un chant à se pisser dessus tant ils s'y croient. Tous les gimmicks sont de sorties ! C'est confondant de ridicule. Les mecs, ya pas de problème, vous maîtrisez tout impec' et je ne sais pas de quoi sera fait votre prochaine livraison, mais ces Golden là sont pourries jusqu'au trognon !
SKX (18/10/2000)

GORDZ
" Charge " - CD
Ruminance 03
C'est l'esprit belliqueux que Gordz revient à la charge. Deux bonnes années de quasi silence. Un label (leur label), Ruminance, qui prend de l'ampleur et du temps. Et Gordz se repointe avec un format aussi court (lisez " pas assez long ") que le premier mini-album. De l'esprit loufoque dans leur marmite noise, de l'humour suintant entre chaque note, Gordz a (presque) tout jeté. Oxes est passé par là et le rock du trio parisien a pris une tournure définitivement plus sérieuse. Exit la folie des chants (qui n'en étaient pas vraiment), les feux-follets se sont assagis et ne chantent plus ! Gordz attaquent sec. Les structures se font plus précises. Les morceaux s'uniformisent entre eux. Les riffs plaquent. Les courbes se resserrent, place à des lignes droites virulentes. Tranches de vie au goût d'inachevé car trop aguichantes, on aimerait les voir aller jusqu'à leur cible. Pour autant, la marmite bouillonne toujours dans le bon sens. Riche d'idées mélodiques, de rythmes qui s'agitent dans tous les sens, de pulsions primaires et de lumineuses envolées. Tout un enchevêtrement solidement arrimé qui gagne en efficacité. Appelez ça de la maturité ou n'appelez pas, qu'importe. Sept instrumentaux foncièrement rock qui baignent dans le jus sans retenir la graisse. Ou plutôt six morceaux qui finiront leur course, non pas dans le mur, mais par un dernier titre tout en arpèges et en piano. La charge a besoin de respirer après une saine ruade qui ne se pose pas de question. Finalement, on se dit que Gordz garde son esprit retors. Ils ont beau avoir choisi des habits made in USA, personnelle est leur démarche, réfléchie est leur musique, trop rare en nos contrées.
SKX (23/12/2003)

GORDZ
" s/t " - CD
Ruminance/Euphrate 01
Chacun attend sa ze drogue quotidienne. En plein trip kung-fu noise, le trio parisien Gordz donne enfin suite à un précédent 45 qui nous avait fait o-soto-gari du premier coup. On augmente la dose cette fois avec un mini-album qui atteint les 20 minutes au bout de 9 titres toniques et souples aux articulations. Un format qui sied bien à leur délire. Une cour de récrée pleine de fureur et de malice, de bruits et de saignements aux genoux. Ca croche-patte à tout va et Gordz n'a pas tardé à s'installer dans la cour des grands. Une production qui fait ressortir les basses, la caisse claire explosive, les guitares qui cisaillent aux chevilles. On commence par deux morceaux qui s'enchaînent, au ton presque grave avant de repartir 4 à 4, ventre à terre, tout l'humour décalé et sans cesse suintant derrière chaque note, chaque rythme et surtout ces vocalises d'aliénés uniques qui deviennent leur véritable marque de fabrique. Après l'habituel cassedédi à "la fondation singe" et quelques violons plus tard, on a le droit à un super remix par Snark de "cube" qui figurait sur leur 45, donnant un air presque Melt-Banananien à leur noise qui attrape la jaunisse. Ca défile sec, balancement idéal entre "véritables" morceaux, articulations jouissives, délires intempestifs. C'est construit et pensé. Ca se prend d'une seule traite. Esprit Skin-Graft. Noise originale, fanfaronne et consistante. Les bonzes s'en marrent encore.
SKX (15/05/2001)
GORDZ/HAPPY ANGER
" split " - 7
Ruminance records 99
Je sais pas vous mais moi, avec la mort des Bastard, Condense, Prohibition, pour ne citer qu'eux, j'ai du mal à voir le jour. Pas qu'il n'existe rien d'intéressant à l'heure actuelle en France, mais la relève semble tarder. Alors quand vous tomber sur Gordz, trio parisien, vous vous dites que c'est un signe du destin!! Des p'tits gars dont les oreilles traînent du coté de Skin Graft, US Maple, Dazzling Killmen et qui vous recrachent ça sans sourciller en version personnalisée, ça mérite le respect et emporte l'enthousiasme. Je chavire d'aise! 2 titres au chant poilant - encore fallait-il l'oser - une dynamique à vous tordre les chevilles et une production idéale (ah ! quelle basse !). Gordz, une révélation. Par contre, avec Happy Anger, je m'étendrais moins.... Punk-rock sans âme, tendance emo-core. Malgré un bon passage sur la fin, je démissionne !
SKX (02/08/1999)
GORGE TRIO/DJUD
" the euro tour split 7 " - split 7
Tempête dans ton Bourg 01
Premier né d'une série qu'on espère longue, ce split 45 entre les Américains de Gorge Trio et les Morbihannais de Djud inaugure un nouveau label siégeant à Paris et répondant au nom incroyable de Tempête dans ton Bourg! Connaissant le personnage qui se cache derrière ce projet, rien d'étonnant, mais c'est le meilleur nom de label depuis.... (à remplir selon chacun(e))!! On commence par Djud. Si depuis ils évoluent en trio avec 2 guitares et une batterie, cet enregistrement comportait encore un bassiste. "Djud Power" comme on entend souvent crier dans les foules en folie, c'est de la noise débridée, qui flirte grave avec les aiguës. Un morceau "mobiture" qui s'annonce très sombre. Une batterie qui joue tout seul dans son coin une partie très 'free' et pieuvre humaine. Les guitares, la voix font monter la tension, amènent la mélodie pour garder l'auditeur sous son cap, avant de le noyer sous un mur de bruit brut. La deuxième partie déboule, défonce les portes. Heureusement que le single tourne déjà en 45 tours car j'aurais l'impression que la batterie passe à la mauvaise vitesse tellement c'est rapide là-dedans! Un morceau qui arrache, c'est à prendre ou à laisser mais ça ne caresse pas dans le sens du poil. Avec Gorge Trio (ex Colossamite, Iceburn), on opte aussi pour la formule guitare x 2 et batterie mais sans le chant. Ce "Kekanics" est furieusement décalé et ne ressemble en rien à leurs précédents albums. Expérimental à souhait, le batteur sonne la cadence, ça déraille, ça crisse, tout le monde joue à cache-cache. C'est pas sans rappeler le meilleur de Brise-Glace. Euro tourne pas rond. L'appel au bruit. Tempête de joie.
SKX (20/11/2001)
GRAND ULENA
" gateway to dignity " - CD
Family Vineyard 03
La dernière fois que j'avais laissé Grand Ulena derrière moi, c'était à l'occasion d'un split 45 avec Sicbay. Et comme entrée en matière, concluant n'était pas le terme. Mais pour leur premier album, ils n'ont pas raté leur deuxième sortie en public. Darin Gray est un bassiste chevronné et quand il veut bien s'en rappeler, tout le monde file droit. Surtout qu'il est loin de tirer la couverture à lui tout seul. Ses deux acolytes, Chris Trull (guitare) et Danny Mc Clain (batterie) sont au diapason. Alors que sur les trois titres du split, c'était un peu tout et n'importe quoi, le plaisir d'être expérimental pour être expérimental et casser les pieds au commun des mortels, Grand Ulena a su resserrer les boulons sur cet album. Certes, la démarche est free mais en même temps, les mouvements sont coordonnés et l'essence est rock. Il est frappant d'ailleurs d'écouter ces nombreux passages où l'ombre de Dazzling Killmen plane dangereusement (mais pas surprenant vu que Darin Gray en fut le bassiste). Notamment sur les morceaux d'ouverture et de fermeture, longues pièces décharnées où cette rythmique tourne sur elle-même mais avance graduellement, vous broie peu à peu, vous émiette, comme un instrumental de Dazzling Killmen sans la voix de Nick Sakes et le travail de sape de la guitare en plus. Une unité de jeu qui tire ce " gateway to dignity " vers des méandres de prime abord difficile d'accès. Mais tout est bien structuré et minuté et une fois les repères pris, ce tourbillon devient limpide. Un poil (je dis bien un poil) de Flying Luttenbachers, une dynamique rock sous des allures " je fais ce que je veux avec mon instrument ". Grand Ulena a su allier sa soif d'innover, de présenter des compositions originales, fuir hors de soi tout en respectant un esprit noise-rock, des structures aux explosions multiples mais qui gardent un fil conducteur. Bouillonnement et total contrôle. Grand(e) réussite.
SKX (25/03/2003)
GRANDMAL
" s/t " - 7"
Mutual Brain Destruktion records 98
Cérémonie exutoire noise qui a toutes les allures d'une messe noire. Débats-toi, tape, enfonce, griffe, l'issu du combat ne peut-être que pure perte. Glazed Baby n'aurait pas fait mieux. Enfin si, mais pas de beaucoup.... Ce 4 titres est incassable et ce trio allemand sorti de nul part est à prendre avec le plus grand sérieux. On a beau regarder les éventuels fissures qui laisseraient prévoir une éventuelle évasion, ce ne sont que des impasses où on risque l'étouffement si par malheur on a l'imprudence de s'y glisser! Ultime et intelligence, celle qui vient des tripes. Ca fait longtemps qu'un 45 ne m'avait collé une telle baffe !
SKX (01/08/1999)
GUAPO
" Five suns " - CD
Cuneiform 03
Guapo définitivement trio. L'habituel duo batterie-basse agrémenté désormais d'un clavier/synthé omniprésent. Guapo, un groupe hybride, qui a chaque enregistrement, change de peau, trouve une coloration nouvelle et ne cesse de surprendre son monde. Cette fois-ci, notre trio anglais a puisé son inspiration dans les seventies et remet le rock progressif au goût du jour. Des adorateurs de Gong qui embarquent dans le sillage de la bande à Vander à grands coups de basse et de nappes de claviers pour faire moderne. Cinq morceaux découpent cet album. Mais qu'on ne s'y trompe pas, c'est une seule et longue pièce qui vous emmène dans un périlleux exercice. Le chaud et le froid avec des défaillances (trop de piano tue le piano), ses montées épiques, ses modes répétitifs, ses passages où la batterie se lâche, où la basse sort de ses gonds (gongs) et couvre les claviers. Vous l'aurez compris, je ne suis pas fan de cet instrument, surtout quand il sonne ouvertement seventies. Mais ce clavier sait aussi se faire lumineux et apporte un réel plus mélodique dans le cheminement sinueux que représente cet album. Un " five suns " ambitieux, entre fulgurants moments et longueurs monotones. Une boucle inarétable vers un lieu idéal de l'affranchissement mais à quel prix et quel sacrifice ?! Cheminement entêté. Vouloir encore. Epuisant, pas de tous les jours mais loin d'être inintéressant. A vous-même méconnaissable.
SKX (23/12/2003)
GUAPO
" great sage, equal of heaven " - CD
Pandemonium 01
Guapo déroute. Imprévisible comme une pluie d'été. Toujours là où on les attend pas. Autour d'un noyau solide, Matt Thompson à la basse et Dave Smith à la batterie, ce duo anglais s'est d'abord fait les ongles sur une noise classique avec un grand C, directement inspirée par les Dieux du genre siégeant à Chicago. Puis, au fil des rencontres et des disques écoutés, les oreilles toujours grandes ouvertes, Guapo s'est laissé aller sur les voies de l'expérimentation, de la musique improvisée, bercer par les elfes japonaises et leur folie musicale. Une musique ambitieuse, pas toujours évidente, une collaboration avec les Ruins. Ce mouvement n'avait rien d'évident à suivre. Avec ce 4ème album, Guapo, après moultes recherches, semble toucher au but. Ce "great sage, equal of heaven" est tout simplement édifiant. Un condensé de maîtrise et d'inventivité. Ces deux lascars font le tour de tout ce qu'ils savent faire, un dernier regard vers l'arrière, puis décollent. Une section rythmique imposante et inspirée, des parties de batterie à couper le souffle. Tout en force ou en touché. Autour, un brelan de saxophones (alto, bariton, double), quelques synthés pour parfaire l'ambiance et les masques tombent. C'est ample, percutant et un brin lyrique à la fois, comme seul savait l'être ce groupe allemand trop méconnu Fuehler. Avec de légères réminiscences de mélodies des pays de l'est ("blessed albania") ou orientales. Ou méchamment rythmique et rude, façon Alboth!. En point d'orgue, "el topo", 16 minutes de quelquechose de beau et mystérieux, cette ligne de basse obsédante, sa montée vertigineuse, ces différentes parties qui s'imbriquent, s'attirent et se complètent pour une apothéose qui vous laisse pantelant. Guapo réussit le tour de force d'allier expérimentations et réelles compositions. Dans un style de musique dite "free", où on entend tout et souvent n'importe quoi, où on oublie trop le songwritting au détriment des idées fumistes et du bruit facile, Guapo gagne sur tous les tableaux. Ce duo arrive à maturité et touche à la sagesse de ceux qui ont beaucoup tenté, beaucoup écouté pour développer désormais leur propre personnalité et en bluffer plus d'un avec ce grand album.
SKX (20/07/2001)
GUINEA PIG
" puttfarken " - 7"
The Company With The Golden Arm 00
C'est le pied ! (En choeur : de cochons !!) Depuis ce split Lp avec Philippé, GUINEA PIG, mystérieux groupe allemand, n' avait donné signe de vie et déboule avec 3 titres enregistrés en.... 98 ! Disque posthume puisque des membres de Guinea Pig ont formé depuis ENIAC avec, je vous le donne en mille, des membres de Philippé !! Une voix de teutonne, toujours aussi énervée et en allemand dans le texte, pour des compos qui rallongent le tir, eu égard à leurs précédents morceaux culminant rarement au delà des 2 minutes syndicales. Un brin d'accalmie aussi dans ce noise-core bondissant, à multiples directions, difficilement assimilables à toutes autres boutures. On perçoit presque des mélodies et du bonheur plein les esgourdes pour un adieu en beauté. A découvrir, même une fois le train passé....
SKX (16/05/2000)
GUNMOLL
" anger management in four chords or less " - CD
No Idea 01
Seule convient la lucidité aiguë. Chapeau de roue. Gunmoll ne cherche pas l'embrouille. Ne la ramène pas en s'auto-proclamant la next big thing. C'est simple, direct. Couplet-refrain-couplet. Elever au punk-rock de ferme, celui qui pousse en plein air. Sans additifs, sans supra-production en batterie. Mais un bon vieux son viril, les ergots fièrement plantés dans le sol. Un sol où des cultures de base comme Leatherface et Jawbreaker ont donné leurs plus belles pousses. Cette terre maintes fois labourée ne peut donner certes que des plantes désormais plus fades et jaunis sous le soleil. Mais Gunmoll a de l'argument et c'est la sueur sous le bras qu'ils vous ressortent des mélodies qui font leur chemin ("say goodbye"), là où d'autres de leurs morceaux s'étiolent dans des sentiers de rase campagne où plus un seul poil d'herbe ne pousse tellement piétinés ils ont été. Gunmoll, trio bien charpenté, bon trio des familles, avec l'ancien batteur de I Hate Myself, qui s'acharne avec plus ou moins de bonheur à faire perdurer le soleil en hiver. Douze titres frais et dispo. Mais pas trop!
SKX (31/08/2001)
GUYANA PUNCH LINE
" irritainment " - CD
Prank 01
Les poils à gratter du punk sont de retour. S'amuser tout en dérangeant. Vous irriter la couenne tout en vous la secouant. Ne pas vous assommer de discours pompeux et se la jouer cynique et second degré ("home fucking is killing prostitution", "where's the fucking lyric sheee?"). GPL avec toujours son fameux dogme sous le coude : le smashismo. Tout casser pour (mieux) reconstruire. Loufoque et anarchique. Ca veut rien dire et c'est tout à la fois. C'est pousser une bonne gueulante, se soulager les nerfs, évacuer la merde même si ils savent que tout ça ne servira à rien. La musique est donc à la mesure. Urgente, par essence très punk, à faire pâlir un fan d'Orchid. Caisse claire bpm qui bat le record du nombre de coups à la seconde, voix scandée pleine de vomissures. Ca tire dans tous les sens. Mais là où GPL font fort, c'est qu'ils dépassent le concept du binaire de base et bas du front. Ils n'hésitent pas à couper leur charge en avant par de soudaines cassures, d'insérer de subtiles mélodies, de fines parties de guitares isolées au milieu du chaos, de doser les samples toujours significatifs entre les morceaux, de saupoudrer d'humour pour prévenir tous risques d'indigestion, d'expérimenter, de triturer les sons pour encore mieux vous agacer les dents, de ralentir la course pour mieux ajuster le croche-pied. En précisant bien sur la pochette que ces 21 titres ont été enregistrés en une nuit pour 130$ et le synthé utilisé en studio n'aura pas lieu sur scène. Note à l'attention de tous les groupes du moment qui utilisent cet instrument à la mode dans la scène hardcore : " tous les joueurs de synthés ont l'air stupide sur scène". Punks dans l'âme tournés vers l'avenir, réunissez-vous autour de cette œuvre nécessaire.
SKX (23/05/2001)
GUYANA PUNCH LINE
" irritainment for the masses " - 7''
X-Mist 00
Les fenêtres continuent de voler en éclats avec l'ex-leader d'In/Humanity (Chris Bickel) et d'ex-Antischism. Quatre nouvelles bombes incendiaires, reprenant les travaux où ils les avaient laissés avec leur premier et excellent album. Des hymnes punks et frappants, de folles courses rondement menées avec des excentricités à la In/Humanity, des morceaux qui s'enchaînent, des rythmes infernaux, de la perversité et un appel incessant à la rébellion. Gare à vous, le "maximum smashism" vous guette, le punk nouvelle génération est en marche (avec poster-propagande inclus) !
SKX (13/11/2000)
GUYANA PUNCH LINE
" maximum smashism " - Lp
Prank records 99
Car la route était longue et dangereuse. Destruction totale. Causer un maximum de dégâts en un minimum de temps. Tout brûler sur son passage et repartir après avoir tout laisser en lambeaux. Telle pourrait être envisager la philosophie barbare de Guyana Punch Line. Et quand vous apprenez qu'un membre de In/Humanity traîne ses guêtres dans le coin, vous aurez une idée - sulfureuse - de la couleur - vive - de ces 10 titres dynamites. Encore plus frontal, plus punk, plus extrême. Et c'est fait avec intelligence (faut pas déconner non plus!), précision, des hymnes hystériques qui s'enfoncent dans votre cortex le plus psychopathe qui rougit en vous. Gnagnagnagnagnagna.... (le dire à toute vitesse, les dents serrés et à l'infini!!).
SKX (13/12/1999)
Guyana Punch Line
Direkt Aktion - CD
Prank 03

Tout est dans le titre! Titre à double tranchant puisque Guyana Punch Line est du genre révolutionnaire dans l'âme, cheville au corps et fort en gueule. "If you buy this record the terrorists will win". Rebelles et un brin moqueur. Révolutionnaire, leur musique l'est beaucoup moins mais on s'en tape. Ils privilégient l'action directe, sans détours et droit dans le mur. Punk, du bon vieux punk-hardcore bien agressif, torché en deux minutes avec un son où tu t'en prends plein la tronche pour pas cher, une bonne saignée bien noise. Des missiles entrecoupés de bidouillages et traficotages en tout genre, samples du Malin, laisser respirer sa proie pour mieux l'achever. C'est binaire et en même temps, c'est pas si simple que ça. Et un poil moins inspiré que l'album précédent "irritainment". Je n'écoute pas souvent de groupes dans ce genre, pas ma tasse de thé sans doute, mais j'éprouve une affection toute particulière pour ces ex-In/Humanity et Antischism, allez savoir pourquoi, car ne voyez pas en ce groupe de simples punks bas du front, leur musique, aussi frustre a-t-elle l'air de prime abord, a beaucoup plus de choses à offrir.

SKX (19/03/04)
website groupe www.guyanapunchline.com
website label www.prankrecords.com

Gantz / Cleaner
Split CD
Impure Muzik / Maldoror / Oto 2004

A la manière du label Waiting for an Angel, les inséparables Impure Muzik et le collectif Maldoror se mettent à produire des confrontations franco-japonaises. Jusqu' au soin apporter à la pochette au design parfait et son poster central (qui n'a rien d'une playmate). Mais c'est tout tourné vers le Japon que tend ce disque puisque Gantz a beau venir de l'Est de la France, leurs trois titres sont inspirés par les gloires emo-noise du soleil levant, j'ai nommé Envy. Travaillées sur la longueur, ces compos font la part belle à une émotion à fleur de peau sans être gnangnan, un lyrisme rampant, le chant en français sur fond d'arpèges avant la montée des eaux. Avec Gameness, Tang et chacun ses petites particularités, la scène emo-noise écorchée du nez comptent des phénomènes intéressants. C'est tout bon pour le commerce extérieur. Cleaner, c'est du japonais tout craché. Du furibond qui se déchaîne sur tous les fronts. Ca pourrait se résumer à " hystérique ". Mais de quel feu les chauffent-t-on à chaque fois ??!! C'est tour à tour metal, emo, jazzy machin truc, chaotique donc, vous l'aurez compris, screamo pour le moins. D'ailleurs, cette voix aurait tendance à irriter sur la durée… Ils n'hésitent pas non plus à sortir la trompette et tout ça dans un même morceau. Trop facile sinon ! Trois japonais qui ont l'énergie de douze, un poil trop éparpillé mais cette créativité débordante fait plaisir à entendre. Un bel objet chaud brûlant qui ne tient pas dans la main.

SKX (29/08/04)
website groupe www.ismusic.ne.jp/cleaner
website label www.impuremuzik.com | www.maldororcollective.com
otorecords.at.infoseek.co.jp
sounds lueur.mp3 | 2001.mp3

Gâtechien
CDEP
Another 2003

Gymnastique rythmique entre une basse et une batterie. Refrain connu que Gâtechien n'édulcorera en rien. A croire que cette formule est increvable ! Bordeaux nous avait déjà donné Belly Button. Le flambeau est repris avec Gâtechien. Projet défoulatoire. Six titres en une prise une seule en septembre 2002. Cracher son fiel tout en restant civilisé. Solidité rythmique, souple et nerveuse, mélodique toujours. La démarche, contrairement à beaucoup de duos du style, n'a rien de cérébrale. Ca mise sur des accroches bien identifiables, prêt à groover dans l'instant sans se prendre la tête. Et en plus, le bassiste chante ! Ou plutôt crie, bave, dans le seul but (et c'est déjà beaucoup !) que de dérégler la machine, de sortir des sons sans signification, en porte-à-faux avec la musique assez posée dans l'ensemble. Le but n'est pas (justement) toujours atteint mais cette approche vocale mérite d'être poussée. Un premier jet immédiat, les défauts de sa rapide gestation, encore vert, rien de plus normale, mais les voies sont larges, royales et grandes ouvertes à eux.

SKX (14/07/04)
website groupe www.gatechien.tk
website label www.another-record.com
sounds 01.mp3 | 04.mp3

Gâtechien
2 - CD
Another 2004

L'ivresse des duos. Ce qui frappe d'entrée avant qu'une seule note de musique tombe, c'est le nombre de verres vides et l'autodérision qui émane des photos intérieures, poster " mégalo " comme ils disent compris ! Avec des titres aussi sérieux que " bise mon cul t'auras une pomme ", Gâtechien ne fait pas dans la subtilité, ça sent l'humeur potache, on ne se pose pas de questions, les conséquences, on s'en tape comme de notre première bière! Derrière cette insouciance juvénile, on serait presque surpris que la musique ne pètent pas plus les plombs que ça. Dans la continuité de leur premier CDEP, ces six nouveaux titres continuent de tracer leur ligne, même titubante, entre mélodies à bulles et rythmique habile. Gâtechien me prend même par les sentiments avec un morceau intitulé " Jesus a perdu son lizard " et des remerciements pour l'inspiration à la troupe de David Yow. L'influence reste surtout spirituelle, quoique le chant parfois et certains accents de basse, ne tirent vers eux la couverture pleine de lézards. Compositions ondulantes, trouvant peu à peu leur maturité dans la jungle de leur jeunesse, le chant comme maillon faible mais il se soigne, Gâtechien ne s'endort pas sur le dernier verre et propose, au-delà de l'image de branleurs qui semblent les coller, une musique qui ne manque pas d'attrait. Encore un p'tit verre et ils devraient être à point. Pendu ou marié dans l'année.

SKX (19/12/2004)
website groupe www.gatechien.tk
website label www.another-record.com
sounds Track_5.mp3

Get Fucked
Get fucked - 10''
Level Plane 2004

C'est l'histoire d'un groupe, au vécu d'étoile filante, qui a décidé d'en remettre une couche. Get Fucked a sévit en 1993 et 94 avant de se saborder dans le même anonymat de leur courte existence. Les cinq membres ont depuis continué leur petit bonhomme de chemin en évoluant dans des groupes comme Neil Perry et Lickengoldensky. Mais dix ans plus tard, un vieux coup de blues les a rattrapé et ce groupe qui n'avait jamais rien couché sur bandes décident de corriger le tir. Début 90, c'est l'époque d'un nouveau genre de hardcore. Chaotique et bordélique avec ces fers de lance comme Heroin ou Antioch Arrow. Get Fucked fait parti du mouvement. Et si des tonnes de groupes ont depuis repris le flambeau et fait évoluer le style, Get Fucked se replace sur l'échiquier. Un peu tard surement, anecdotique sans doute mais si cet enregistrement avait vu le jour à temps, pour sûr qu'il serait devenu une référence incontournable ! 8 titres d' urgence, d' échardes mélodiques noyées sous le déluge avec les méthodes d'enregistrement actuelles, comprenez que le son gagne en percussion et en lisibilté par rapport à leurs illustres camarades de jeu de l'époque. Get Fucked s'est fait plaisir. C'est communicatif et pour le reste, allez vous faire foutre !

SKX (13/06/2004)
website label www.level-plane.com
sounds www.hxcmp3.com/bands/1636

G.I. Joe
Clito's Angels - CDEP
Fooltribe 2004

G.I Joe, nouveaux soldats en provenance d'Italie. De la race à déserter pour s'en aller faire le zouave et tirer les ficelles d'un duo basse-batterie. C'est leur premier disque et il est bien vu ! Un dialogue rythmique des plus enrichissant. Le groove d'un No Means No, de l'agilité et de la complémentarité, une dimension noise pas dégueulasse. Le chant se manifeste dans l'urgence. Six titres racés dont un interlude " il chitarrista " pour faire comique de service. Un xylophone sur " wonderwoman ". Ce groupe a tout plein d'idées à faire partager, mélange d'agressivité et de bonne humeur. Treize minutes palpitantes qui en appellent d'autres.

SKX (29/08/04)
website label www.fooltribe.com

GLEN OR GLENDA
s/t 12"
Galerie Pache 03
Non, pas Bernard et Bianca. Glen or Glenda! Un trio atypique parisien où clarinettiste (alto), batteuse et guitariste s'affrontent, se déchirent, s'amourachent en quatre actes tragiques. Et comme si ça ne suffisait pas, Steak From Delta et Radikal Satan les aident dans leur débauche sur deux morceaux. Avec Blanche aussi (hein qui ça?!). Un concours épique où la clarinette, même repoussée dans ses derniers retranchements, donne une coloration jazzy à l'ensemble. Comme les structures sont assez lâches et partent dans tous les sens, l'idée d'un jazz (très déviant, il va de soi) se confirme. De là à les retrouver à l'affiche du prochain festival jazz de Montreux, il y a un (énorme) pas qu'on ne franchira pas. La batterie est frivole, tribale, gagnerait à être encore plus folle et consistante. Et surtout, la guitare sonne comme tout sauf comme une guitare. Assurément, l'élément le plus perturbateur. Parlons plutôt d'une musique anarchiste, jouissive, explosive, inventive avec tous les débordements que cela engendre. Une drôle de troupe où il n'est pas toujours aisé de retrouver le fil de l'histoire. Ca doit sûrement être là l'intérêt, l'envie de se perdre dans ce folklore urbain, lâcher prise l'espace d'un instant, ne pas chercher à comprendre et profiter de chaque note, chaque son, chaque dérapage pour s'envoyer en l'air. Qu'importe le bruit de la chute.

SKX (02/01/2004)


website groupe galerie.pache.free.fr/glenorglenda.html
website label galerie.pache.free.fr
sounds
galerie.pache.free.fr/glen%20or%20glenda.%20yojimbo.mp3

Gone Bald
Soul Vacation In Rehab Clinic - CD
Interstellar 03

Devenir chauve. Ca sent la musique de trentenaires tout ça. Pas encore le sapin mais le genre qui ont roulé leur bosse et Gone Bald n'a rien du groupe de petits jeunes. A la base, des expatriés qui, par un sale jour de guerre en ex-Yougoslavie, ont décidé de quitter leur pays pour venir s'installer à Amsterdam. Quelques cheveux en moins plus tard, seul Razorblade Jr (guitariste et chanteur) reste aux commandes, revendiquant la nationalité croate et recrutant pour cet album deux hollandais pur souche. Un type un peu dingue, élevé aux meilleures graines de la musque noise-rock, quand Touch and Go et Amphetamine Reptile records tenaient le haut du pavé. Un maître-es-bruit, qui multiplie les projets annexes et/ou en solo (Heroface, De Reizende Verkoper), lâchant la bride, se perdant avec nihilisme dans les affres des distorsions. Avec Gone Bald, il revient à plus de mesure et de classicisme. Le trio guitare-basse-batterie dans sa plus simple et belle expression. Aucun subterfuge et effets de manches. Et comme je suis pas représentant en aspirateur, le plus dur va être de vous "vendre" cet album! Pas le genre de musique à vous taper dans l'œil dans la seconde. Passer à coté de cet album est très facile. Pourtant, Gone Bald met beaucoup cœur à l'ouvrage et de sincérité. Si vous n'êtes pas insensibles à des groupes comme Oxbow, le sésame pourrait être proche. Gone Bald n'y met pas la même folie et puissance mais on retrouve ces longs titres travaillés et non linéaires, des froides décharges et de la sombre mélancolie ("the smell of a woman, lying next to you at 5 am"). Razorblade Jr se donne à fond sur son instrument, en tire moultes cris et pleurs, les compos jouent au yoyo avec une sorte de simplicité mêlée à du désabusement qui les rendent très touchantes. Des histoires d'amours et de solitude orchestrées dans le bruit le plus noble. " Soul Vacation In Rehab Clinic", remède d'artisans qui connaissent la recette. Vous ne pouvez raisonnablement pas être déçus.

SKX (01/05/04)
website groupe www.gonebald.net
website label www.interstellarrecords.at
sounds mp3-1 | mp3-2

Gorge Trio
Open mouth, O wist - CD
Skin Graft 2004

Les trois de Gorge Trio ne sont pas à un projet près. Entre Deerhoof et Natural Dreamers pour John Dietrich, Sicbay, Iceburn et récemment Flying Luttenbachers pour Ed Rodriguez, les deux guitaristes grattent et grattent à longueur de temps. Chad Popple, l'expatrié de Hambourg aime se perdre dans les formations free-jazz locales. Trois amis de longues dates, qui ont tous fait leurs premières armes avec Colossamite. Quand tout se petit monde là se retrouve, l'osmose est unique. Et encore, voient-ils Gorge Trio comme un groupe sans frontières. Ils n'hésitent pas à ouvrir le triangle à des invités comme Milo Fine ou s'exercer à l'improvisation la plus dure avec les Italiens de A Short Apnea. Nourrit de rock, de noise, de musique électronique, improvisée et jazz, c'est tout naturellement qu'ils nous resservent ça sur ce deuxième véritable album. Un puzzle de bric et de broc mais dont la construction, sur une écoute prolongée, prend tout son sens. 22 piécettes suggestives. Autant de pièges dans lesquels se faire prendre. Autant de petites morts répétées. Une trace fugace sur le goudron chaud. Gorge Trio contourne les problèmes, se fait discret, joue sur les silences, électrise brusquement mais jamais longtemps. Le système de percussions est varié et riche. Vu sur leur dernière tournée européenne, le Popple n'a plus grand-chose à voir avec un batteur au sens classique du terme. Il dessine des mouvements, accompagne les explosions, se terre, marque le point en fin de phrase. La musique de Gorge Trio est une sphère mouvante, pleine de belles choses, alliant la difficulté de ce type de musique dite " free " avec une essence rock dans les gênes. C'est léger et frondeur. Un tour de passe-passe réussit haut la main.

SKX (04/12/2004)
website groupe puzzle.suchfun.net/gorge_trio
website label www.skingraftrecords.com
sounds youth.mp3 | paris.MP3 | almostliving.MP3

GRAND ULENA
" Neosho " - CDEP
Family Vineyard 03
Alors que leur premier album "gateway to dignity" est encore chaud bouillant sur les platines, la troupe à Darin Gray nous sert la prunelle. Une petite louchée en plus dans la droite ligne de l'album. Trois monstrueux titres qui tiennent les 25 minutes. Une introduction qui s'étire, s'étire, prêt à rompre à n'importe quel moment, de sa batterie trépidante dont le mot " binaire " est totalement absent de son jargon. L'arbitre d'un duel guitare-basse qui reste ancré sur le même accord, trop têtu pour que l'un veuille céder en premier, d'où une montée tout en crispation, les jointures blanchâtres de trop serrer les poings. Le sang ne jaillira jamais. C'est ça qu'est fort ! Grand Ulena garde sa vengeance pour le second morceau. Noire explosion. Inquiétant silence que le dernier morceau complète et bouffe la rate. Grand Ulena, tentacule noise et free à se rouler par terre, tout en tremblement, convulsion et crise de nerf. Un " neosho " aussi indispensable que son grand frère l'album. (vinyl sur Rhystop records)

SKX (02/01/2004)
website groupe grandulena.com
website label www.family-vineyard.com - http://www.rhystop.com (LP)
sounds
grandulena.com/mp3/total_joplin.mp3

GUIGNOL
" Angela, David and the great neopolitan road issue " - CD
Cenotaph Audio 03
C'est Guignol, c'est… oui bon vous connaissez tous l'air. Sauf que cette ritournelle va dérouter petits et grands (surtout). Cette nouvelle marionnette est articulée par un trio coutumier des musiques iconoclastes. On y retrouve Jeremy Barnes (Bablicon, Neutral Milk Hotel et bientôt Broadcast sur Warp records), Laurence Coleman et Aaron Moore, vieux complices au sein de Volcano The Bear. Un trio pas pressé de monter leur spectacle. Enregistré à Saumur, dans la verte campagne française en 2001, il aura fallu deux longues années pour le finaliser en Angleterre et que Cenotaph Audio (le label américain e Microwaves) ne le sorte ! C'est que Guignol a le caractère pas facile. Faut dire aussi qu'ils ont mis le paquet et qu'agencer une telle architecture, rendre fluide une telle foison d'instruments hétéroclites demandent sûrement de la patience et du doigté dans le cheminement. Guignol fait parti de ces groupes où tout est permis. No limit tonight. Alors on débute par des claquements de mains qui durent et qui durent pour enchaîner par un chant suspendu tout en délicatesse. On retient son souffle. Suit " a gourd question ", long voyage de treize minutes entre bruitages dosés qui arrivent à créer une véritable ambiance de 6ème dimension, télescopés par des voix d'une tribu échappée de sa forêt tout en surfant sur des rythmiques multiples et presque tribaux. Et pas de samples là-dedans, que du naturel ! " Invisible Sports " nous renvoie dans la grande plaine, la force d'un chant aliéné, mélopée funèbre et complètement tripante. Je ne vais pas passer en revue tout les morceaux tant la variété des atmosphères et une description de tous les ingrédients nécessaires à cette musique bigarrée noirciraient des pages et des pages. Une musique cérébrale qui possède une telle musicalité que jamais elle ne vous rebute. Leur connaissance de la musique, de toutes les musiques est ici au service de l'imagination. Ca se regarde pas le nombril et transcende les concepts pour vous emmener dans un monde étrange, peuplé de marionnettes grotesques, surréalistes et poétiques, prêtes à vous entraîner au bout de leurs ficelles dans une danse diabolique. Déroutant.
SKX (10/11/2003)

website label www.cenotaph.org
sounds
http://www.cenotaph.org/audio/guinol_Inviisible_sports.mp3

Gentle Veincut
Gentle Veincut - CD
Autoproduction 2005

Dix ans se sont écoulés depuis que Gentle Veincut a sorti son premier album. On ne peut pas dire qu'ils aient défrayé la chronique. C'est toujours dans un anonymat total que Gentle Veincut nous sort d'Allemagne des disques comme on jette des bouteilles à la mer ! Encore un album autoproduit (ils ne sont pas contre un label, à bon entendeur…), le troisième. Sans doute qu'ils ont d'autres chats à fouetter et que ce groupe est avant tout une récréation, une échappatoire à nos mornes quotidiens. La musique de Gentle Veincut s'inscrit dans un courant noise-core américain des années 90. Une forte assise rythmique. Les fondements sont solides. Une guitare bien acérée. Une voix féminine pour adoucir les mœurs même si elle sait être vindicative et persuasive. En d'autres temps, on aurait pu voir cet album sur Amphetamine Reptile. Mais Frankfurt n'est pas Minneapolis. L'art du bastonnage et la caresse qui suit. De biens belles cavalcades, des mélodies inspirées. Neuf titres impeccables. Alors voilà cet album ne va sûrement toujours pas défrayer la chronique mais donner leur une chance. Ca vaut largement mieux que beaucoup de merde surexposée.

SKX (26/06/2005)
website groupe www.gentle-veincut.de
sounds baddreamgirl.mp3 | welcomevomitlake.mp3
sandflyIII.mp3

Gerda
Gerda - CD
Wallace / Shove / Donna Bavosa 2005

Recouvert d'une couche épaisse d'obscurité, la musique de Gerda est une roche tout droit sortie de la mine, du brut qui écorche et qui racle. Un groupe italien avec le batteur de Sedia qui officie au chant/psalmodie. Noise, virulent, sans cesse en colère, ce hardcore là est extrême d'agressivité, de noirceur, un coup de boule prêt à jaillir. Il faut s'approcher de prêt pour remarquer tout l'infini des nuances. A l'image de la pochette, tout en gris mystérieux avec des touches de clarté pour espérer un bout de lumière au bout du tunnel. Sept titres qui fouettent, lacèrent et vous laissent sur le carreau. On est loin des tics habituels et de la frime. Tout vient du ventre. L'espace est vide.


SKX (21/10/2005)
website groupe www.degerda.com
website label www.wallacerecords.com | www.shoverecords.com
www.donnabavosa.com
sounds neionenoi.mp3

Germbox
Fraction of Exaggeration - CD
Caulfield 04

Que faisiez-vous en 1991??!! Dans la fenêtre spatio-temporelle, il ne fallait pas rater sa cible. Le temps de deux malheureux singles et d'un autre morceau égaré sur une compilation de même format, Germbox avait déjà tiré sa révérence ! Vie ultra-courte que son label d'alors, Caulfield records, tente de ressusciter par le biais de cet album où on retrouve leurs 7 titres à jamais gravés et deux inédits. De là à dire que ce groupe de Kansas City a eu une influence primordiale, ça serait pousser le bouchon un peu loin. Mais dans les milieux autorisés, il se laisse dire que Germbox a eu le temps de se faire un nom, aussi petit soit-il, et que leur musique n'a pas laissé indifférent nombres de groupes noise-rock-hardcore par la suite. Il n'y a qu'à écouter "Godtrot" et "Spit" (tiré de leur meilleur 45 "creamy loop") pour se dire que des groupes comme Kiss it Goodbye et consorts ne sont pas à des années lumière de Germbox. Ces groupes ont certainement une dimension metal en plus. Le son s'est épaissit. Mais la teneur sombre et torturé, ce truc qui racle le fond de la gorge, ces guitares qui font mal au bide, Germbox, en une poignée de titres, avait posé les jalons et réussi à se créer un son bien bizarre et unique. Pour l'époque. Approche rock mais déstructuration en règle, larsen lugubre, déchirement, un air bien vicieux qui n'empêche pas des éclaircies mélodiques. Germbox aurait trouvé à l'aise sa place sur Amphetamine Reptile. Ses 45 ont longtemps tournés sur ma platine à leur sortie. C'est avec bonheur de les retrouver remasterisé. Les deux inédits n'étaient pas nécessaire et sentent le fond de tiroir. Mais pour le reste, offrez vous une seconde jeunesse.

SKX (09/02/2005)
website label www.caulfieldrecords.com | www.lemsound.com

Gone Bald
Exotic Klautrofobia - CD
Narrominded 2005

La musique de Gone Bald n'a jamais rien eu de clinquant. Pas de stroboscopes et de gimmicks dans la tronche. Pas de rythmes à la mode et de ceintures à clous tendance. Tout se fait à la force de la composition. La sainte écriture. Alors quand celle-ci se voit son inspiration la fuir, Gone Bald en prend un coup. Le trio hollandais qui ne compte plus qu'un croate en son sein, le sémillant Razorblade Jr, accouche d'un septième album manquant de caractère. Les titres sont toujours aussi longs et travaillés mais sans être mauvais, c'est un peu plat, fatigué, une production sans relief. Gone Bald a l'air bien triste. Seul le dernier et cinquième titre qui donne le nom à cet album relève le niveau. Seize minutes, qui sans être phénoménales, apporte de la fraîcheur. Un très long instrumental avec un bon rythme de basse et des cuivres qui viennent mettre la zizanie entre les riffs et larsens d'une guitare qui retrouve de la vivacité. Le futur de Gone Bald se situe quelque part par là, entre cette prise de risque, cette remise en question, ce vent de folie qui manque cruellement à ce disque décevant.

SKX (11/07/2005)
website groupe www.gonebald.net
website label www.narrominded.com
sounds www.narrominded.com/catalogue/nm014



Gospel
The moon is a dead world - CD
Level Plane 05

Le passé des membres de Gospel aidant (ex-I am the resurrection, Helen of Troy, Knives), on aurait pu croire que Level Plane nous sortait une énième resucée screamo de derrière les fagots. Que nenni ! L'affaire présente des complications. Si je vous lance " musique progressive ", vous devriez, comme tout être normalement constitué, prendre vos jambes à votre cou…. Vous êtes encore là ? Car Gospel ne possède pas la meilleur des odeurs. Tout ça présente des sonorités générales seventies, avec un sale son de claviers, qui, si il arrive à se faire discret, ne fait pas le bonheur des foyers à chacune de ses apparitions (A Goldan dawn, As far as you can throw me) où il offre de dégoulinantes mélopées. Des traînées de guitares qui égrènent sans crier gare des lignes à l'étrange tenue. Vous avez dit hard-rock ? Mais tout ça se moule dans un fort courant à l'énergie hardcore et c'est ce qui sauve les meubles. Le progressif, aussi crispant qu'il puisse être, n'est qu'un parfum qui parasite l'atmosphère mais où il est encore possible de distinguer quelque chose. Dilué d'une manière qui permet de faire passer la pilule. Un chant bien convaincant dans la lignée des groupes hardcore passionnées et surtout un batteur, l'arme maîtresse. Une foison de descentes d'organes, un kit molesté en beauté qui donne une putain de puissance à la machine. Gospel tente de donner de la personnalité à son hardcore, sortir des sentiers battus, vous connaissez la formule consacrée. Un son (par Kurt Ballou) qui fouille dans le passé, rencontre le présent, tente l'amalgame pour une greffe bizarre. Au final, je ne saurais vous dire si j'aime cet album ou non. Trop de détails agaçants. Mais une écoute curieuse s'impose.

SKX (01/08/2005)
website groupe www.level-plane.com/gospel
website label www.level-plane.com
sounds www.level-plane.com/gospel

Guapo
Black Oni - CD
Ipecac 2005

On le sentait venir et Guapo a franchit le pas. Leur période progressive seventies entamée avec l'album précédent " five suns " explose dans ce " black oni ". Oni soit qui mal y pense ! La chasse aux sorcières est ouverte. Le trio londonien est adorateur de Gong/Magma. Tout ce que je déteste. Grandes pièces grandiloquentes avec piano électrique et tutti quanti, rythmes militaires, psychédélisme de rigueur avec quelques passages ambiants, qui, si ils permettent une pause dans cette infâme soupe, n'apportent rien de plus à l'histoire. Avec l'ignoble Mars Volta (quand je serais de très mauvaise humeur je vous ferais une chronique de cette horreur qu'on voudrait nous faire passer comme un disque unique et incroyable) et Guapo, je crie au secours. Les babos et le rock seventies pompeux reviennent nous hanter ! Le pire est que Guapo touche à la reconnaissance avec cet album précisément. Merci Ipecac. Nan vraiment merci. C'est pas pour jouer les vieux cons mais si vous voulez écouter de la musique ambitieuse sans être prétentieuse, expérimentale sans être rebutante, écoutez leur album " Great sage, equal of heaven " sorti en France sur Pandemonium en 2001. Un must. Voir " Towers open fire ", leur premier album sorti en 1997. Une autre époque, celle où ils se contentaient d'un noise-core brûlant. Guapo a toujours été un groupe en constante évolution, on ne peut pas leur reprocher ça mais là ils touchent le fond et ils continuent de creuser. Bref, ce Guapo là sent le sapin et je passe mon chemin.

SKX (26/06/2005)
website groupe www.guapo.co.uk
website label www.ipecac.com
sounds sample.mp3

Gantz
La chambre des morts - CD
Impure Muzik / Krawa /
Heart on Fire 2006

Avec une imagerie toute brumeuse de poète maudit, un titre d'album gai comme une balle dans la tête et des paroles avec leurs explications qui défoncent des portes ouvertes et qu'il ne faudrait mieux pas lire avant de mettre le CD dans la machine, cet album part sur de mauvaises bases. L'objet est cependant très classe. C'est déjà ça, tout n'est pas perdu. La musique s'enclenche en douceur. Une lente mise en bouche toute sombre avant une fureur qui prend son temps pour se mettre en place. Le hardcore/emo des français de Gantz est quelque peu atypique. Loin du chaos à tout va, une touche de post-rock, une voix plaintive dans les bons jours, geignarde dans les mauvais comme tous bons groupes emo qui se respectent, de sûrs passages explosifs et bien tendus. La clé de la recette de Gantz réside en cette difficile alchimie, le bon dosage entre tous ces contrastes, ces longues constructions ambitieuses où les sentiments se confrontent. Hélas, cette alchimie en question se dilue trop souvent dans des méandres sans saveur où un grain de surprise et de folie manque singulièrement. Le groupe réussit trop rarement à générer une tension suffisante, à sortir de certains clichés pour nous emmener avec eux dans ce périple tourmenté. Un disque noir mais fade pour un groupe qui signe là son dernier méfait avant cessation complète de ses activités.

SKX (26/08/2006)
website groupe www.impuregantz.com
website label www.impuremuzik.com |www.krawa-prod.com | www.radarswarm.com
sounds lesprmicesdubEtongantz.mp3

Get Hustle
Rollin' in the ruins - CD
31G 2005

Ca roule bagnole. Le retour à l'aube sous les néons blafards. Mémoire rassurante d'évènements récents ou anciens. Neuf ans que Get Hustle traîne son blues tout déglingué. C'est moite et chandeleur, à l'ombre d'une bougie, dans l'arrière cour d'un bouge. Et puis une clarté franche, des sourires carnassiers, des mains tendues. Les prendre ou pas, une vieille vérole inguérissable. L'âge ne tarit pas d'éloge. Il y a là Ron Avila, le batteur, l'ex-Antioch Arrow et Holy Molar, vieux soldat intarissable sur l'histoire du rock. Aux sources, dans le bayou, le delta du blues. Les affres du jazz. Un piano électrique, Mac Mann, toujours digne. Les années soixante dix. Dans tout ce qu'il ya de pénible. Et sans frontière. Et le bassiste Mr. Evan Burdan dont les lignes de basse sont pas loin de s'endormir, jouant avec la batterie une partition libre de barrières, comme si ils n'avaient rien à foutre du reste. Et au milieu gît un ange. Valentine. L'histoire ne dit rien de ses petons mais sa voix surnage, dessine des cercles qui donnent le tournis. Ou nous les brise. C'est selon. Cet album, le deuxième, est une histoire éclatée. Comme dans toutes les bonnes histoires de blues revisité, il est question de Nick Cave et son Birthay Party. Mais cette histoire en six chapitres est rude. Ca jouit sans entrave. On me dirait que c'est tout impro là-dedans que je le croirais sans même demander à voir. Ca sent le vieux. Mais le vieux nerveux, la cane encore verte et rock'n'rollesque. Avant le crash final. Don Quixote and I. Un quart d'heure, c'est long. Chacun ses moulins. Ceux de Get Hustle sont peuplés de chimères dont le rock se délecte. Des gloires passées qu'ils tentent de ressusciter. Le bonheur n'est pas à portée de main. Rollin' in the ruins se perd dans la nuit des temps. Fièvre enfumée, primaire et le corps gisant sur le bord de la route. Vous voyagerez sans moi.

SKX (23/02/06)
website groupe www.gethustle.com
website label www.threeoneg.com

Goodbye Diana
Mobilhome - CD
Head 2006

C'est taillé dans le sud, à Montpellier, que Goodbye Diana, en à peine un an d'existence, une pauvre petite année de rien du tout, sort un premier album étonnant de maîtrise. On fera fi de leurs précédentes expériences musicales dont je veux même pas savoir le nom mais ce Mobilhome s'installe sans crier gare. Ca ne révolutionne pas les palais mais leur instrumental à peine perturbée par des cris de fond de couloirs quand la tension devient trop forte est mené de main de maître. Des artificiers de haute volée dans le genre rock complexe mais pas trop, post-rock mais surtout rock. Six titres qui ont le bon goût de point trop n'en faire, de ne rien rajouter à des structures qui privilégient l'efficacité et le confort de tous avant la prise de chou gratuite. Un habile condensé des codes internationaux que pratiquèrent naguère et toujours aujourd'hui une pelleté de groupes dont les noms se confondent mais Goodbye Diana a tout les droits pour réclamer une part du gâteau. Faire joliment valser les arpèges sans mièvrerie aucune, envoyer dans les cordes à bois quand il est nécessaire d'hausser le ton. Toujours exécuté en rythmes, avec nervosité, entre élégance et rudesse, la musique de Goodbye Diana donne un coup de fraîcheur dans un style encombré de références et c'est pas là le moindre des tours de force de ce premier jet fort prometteur.

SKX (21/05/06)
website label gbd.head-records.com
sounds www.myspace.com/goodbyediana

The good good
Furrows - CD
Menlo Park 2006

The Good Good est un trio new-yorkais que vous avez peut-être croisé en début d'années en France dans les salles obscures où la musique suinte. C'est avec toute la clique bordelaise des Potagers Natures qu'ils se sont accoquinés, au point de sortir un split avec les excellents Api Uiz et un split en public avec Chocolat Billy. Mais comme mes oreilles n'ont jamais fréquenté ces sillons, tout comme ceux de leur premier album A fem era sur Harlan records en 2005, c'est à ce seul Furrows que l'on s'attaque. Un puzzle en fait regroupant deux singles sortis par leurs propres moyens et sept nouveaux titres qui figurent sur un split avec… je vous laisse deviner mais quelquechose me dit que c'est Api Uiz. Menlo Park, me disait vaguement quelquechose. En réfléchissant de plus près (ça m'arrive), c'est à ce label new-yorkais également que l'on doit le dernier maxi de Deerhoof. Et là, tout devient plus facile pour le modeste chroniqueur. Car du Deerhoof, yen a dans les gênes de The good good. Pop bizarroïde et pleine de bruits provenant d'une batterie d'instruments hétéroclites. Ya pas de limites au débordement. Sauf que leurs débordements à eux sont plus contrôlés que leurs collègues de la cote ouest. Flotte un parfum enfantin, une douce nostalgie, joyeuse et apaisante. Et je dis pas ça seulement pour les samples de voix de gosses sur le volatile Clouds. Le chant de Natalja Kent berce. Des jouets avec des clés dans le dos que l'on remonte et qui donnent des airs vaguement inquiétant. Des bâtons dans les rayons. Un flûte à ses heures perdues (mais pas trop ouf). Une batterie qui se fait plus présente au fur et à mesure que l'album progresse. Des tas de petits rien, d'ustensiles détournés de leur vie quotidienne fourmillent, remplissent les interstices, voire prennent les devants sur des morceaux qui s'envolent dans tous les sens. The good good, tout est dans le nom. Des gens qui vous veulent du bien avec une pop bricolée, gentiment baroque, laissant un arrière-goût dans la bouche. Un album léger qui s'attrape avec l'humeur du moment. Ils étaient à nouveau sur les routes de notre continent avec leurs collègues de Japanther jusqu'au 13 octobre prochain. Dépêchez-vous.

SKX (07/10/2006)
website groupe www.collectalltheleaches.com
website label www.menloparkrecordings.com | lespotagersnatures.free.fr
www.harlanrecords.org

Gastr Del Sol
Twenty songs less - 7''
Minority 2006

Je ne me doutais pas, en me procurant 13 ans plus tôt ce modeste bout de vinyl, qu'un label tchèque le rééditerait un jour. Soit c'est le méga fan, soit il a perdu un pari. Ce single faisait suite au premier album The Serpentine similar (sur Teenbeat records, comme le 45), largement plus recommandable et même carrément pas mal. Sur ces deux titres sans nom, Gastr Del Sol verse exagérément sur sa face expérimentale, tricotant sa guitare acoustique toute tordue sur des samples de gamins qui en n'ont rien à cirer (un peu comme nous quoi) alors que l'autre coté est plus présentable avec une fine partie de guitare nerveuse qui part vite en couille, s'étale dans la trituration de sons et s'oubli dans le silence. Gastr Del Sol, c'était surtout la suite de Bastro, avant que David Grubbs abandonne le rock et ses codes, se sépare de John McEntire et Bundy K. Brown (présents sur ce disque mais qui partiront former le groupe pour bobos Tortoise) et ne fréquente assidûment Jim O'Rourke (Brise-Glace et futur 5ème homme de Sonic Youth). Minority records a repris la peinture du recto de la pochette originale qu'on devait à Paul Green, a rendu tout ça transparent et c'est sûrement fait un petit plaisir personnel mais pas en solitaire.

SKX (28/04/2007)
website label http://www.minorityrecords.com


------>> original sleeves.

Gay Beast
Disrobics - CD
Self-released 2007 (LP on DNT records)

Music for gay bosses who use their gayness to get more out of their gay employees.
Le premier qui rira aura une tapette. Gay Beast est un trio guitare, synthé, batterie de Minneapolis. Musique de gay donc. Mais pour jouer à la folle de service, pas sûr que ce soit la bande-son idéale. Ou alors grande folle très névrosée. Haut sens de l'abstraction. On serait fin 70 à New-York, on taxerait ça de no-wave. Pourtant, de la vague, il y en a. De la fracassée, de la pulvérisée. C'est hystérique, anti-mélodique, ça vous arrive dessus par tranches coupantes, c'est pas loin d'avoir ni queue ni tête. Un comble pour une musique de tapette. Chacun donne l'impression de jouer sa partition tout seul dans son coin. Ca en devient presque trash à la Flying Luttenbachers sur Pairs of eye. Mais le chant trafiqué change pas mal la donne, les renvoyant vers un non-sens continu à la Devo ou Brainiac pendant que Danimal Mal (c'est le pseudo du chanteur) malmène au hasard son pauvre clavier. C'est vicieux, étrange, avec un fil rouge pas évident à suivre. Gay beast aime péter entre vos mains, insaisissable, allumer trente six néons dans un feu d'artifice torride. Prépare tes talons hauts et tes postiches, ça va être ta fête ce soir.

SKX (15/12/2007)
website groupe www.myspace.com/gaybeast
website label www.dntrecords.com

The Gay Corporation
Spit your anger on my face, you are my favourite slave - CD
Head 2007

Vous me pardonnerez cette introduction à sec non politiquement correct qui cède à la facilité mais The Gay Corporation, ce n'est pas un groupe de tapettes. Voilà, ça c'est fait. Pour rentrer dans ce disque, pénétrer tous les méandres, il a fallu remettre maintes fois le couvercle. Et encore, je suis pas sûr d'en avoir tiré toute la sève. Ca foisonne sévère à l'intérieur de ce premier album. Une multitude de riffs et de plans différents dans un registre Botch sans le lyrisme. L'approche est assurément plus rock'n'rollesque, avec l'humour compris dedans, comme sur Skirt rising behind the Lizard, ses riffs désuets ou encore tous les soli hard-rock débiles et les yiiiiiipeeee nombreux qui ponctuent ce disque. Des rednecks du nord. C'est le far-west à Lille. Les mines à ciel ouvert fermées depuis longtemps d'où s'échappent désormais une longue traînée de rock baveux. Une boule de suif qui laisse le cul terreux et les doigts se balader là où il ne faut pas. Ca cogne à tous les étages. Le chanteur a des capacités buccales au-dessus de la moyenne bien que sa voix soit trop mise en avant et éructe sur un ton trop testostéroné qui n'est pas de tout repos sur la longueur. Ca fourmille d'idées, c'est plein de vie qui éclate en mille morceaux, c'est aussi too much parfois, ça mériterait un coup de balai mais ça sonne, prometteur à n'en pas douter et d'un rose bonbon à ne pas être sucer par tout le monde.

SKX (01/10/2007)
website groupe www.myspace.com/thegaycorporation
website label www.head-records.com

General Lee
Hannibal ad portas - CD
Basement Apes industries 2008

Si je lis bien les commentaires, ça fait quatre années que ce premier album est en préparation. En quatre ans, de nombreuses choses peuvent se passer. Comme par exemple, une cohorte de groupes dans le sillage de Isis, des Cult of Luna en pagaille, des copies carbones de groupes pratiquant tous un hardcore massif et atmosphérique bien à la mode. Alors quand déboule Hannibal ad portas, c'est avant tout aux portes du réchauffé qu'ils échouent. Dans cette grande lignée, on peut rajouter les japonais de Envy et le tableau est complet. Les puristes du style vont prendre leur pied. Dans ces cas là, on ressort la phrase type : dans le genre, c'est super bien foutu mais même là, j'ai un gros doute. Il y a tous les poussifs. Les parties post-rock, les montées qui ne vont jamais bien haut, la lourdeur et l'oppression, les paysages sonores sculptés dans la mélancolie où la beauté le dispute à la noirceur. J'arrête là le catalogue des clichés. De là à dire qu'ils le font mieux ou au moins aussi bien que tous les petits copains, je laisse les intégristes en débattre mais j'ai ma petite idée. General Lee, aussi sudiste que peut être un groupe Ch'ti (Béthune) va jusqu'à reproduire la pochette et son syndrome du paysage grandiose. Plus Hydrahead que Hydrahead, c'est possible. Mais le pire reste le chant. Un chant bien rocailleux, à la limite du death et gueulé sur le même mode monocorde et sur tous les titres. Seul accalmie, le dernier morceau et pour cause, c'est un instrumental qui vous achève par le vide qu'il génère. Ca peut-être long quatre années. Très très long.

SKX (17/11/2008)
website groupe www.myspace.com/generalee
website label www.basementapesind.com

Gentle Veincut / Kandinsky
Split - 10''
Gaffer records 2008

Gaffer records, désormais célèbre label lyonnais, n'en finit pas d'avoir toujours de nouveaux projets expansionnistes. Dernière innovation née du cerveau surchauffé de son patron : une série de splits comme d'habitude uniquement disponibles en vinyle, en couleur et au format dix pouces. Le premier de la série est donc ce Gentle Veincut/Kandinsky d'une jolie teinte grenadine et emballé dans une pochette transparente. Les esthètes et les collectionneurs apprécieront.
Côté allemand, Gentle Veincut assure un noise rock de facture bien classique mais très efficace et emmené par un chant féminin parfois un peu limité. Les comparaisons avec Heliogabale sont inévitables mais défavorables aux francfortois donc on ne va pas s'appesantir là-dessus. Un bon groupe, honnête, avec des guitares comme il faut et une rythmique carrée, c'est largement au dessus de la moyenne du genre et nettement plus supportable qu'une pelleté de ces groupes post hard core qui pullulent de nos jours et polluent l'esprit sain de notre belle jeunesse dévoyée.
On retourne la galette, il reste encore la moitié du verre de grenadine, c'est chouette la vie. Kandinsky est l'un des multiples projets de monsieur Frank Gaffer, l'homme qui n'a peur de rien (par exemple il vient de monter Lewis Karloff, groupe néo magmatique -comme le Magma de Christian V- et post zappatiste -comme Frank Z- avec deux musiciens qui parait il savent vraiment jouer). Mais revenons à notre sujet. Kandinsky est un duo guitare/batterie + bruits divers largement basé sur l'improvisation et lorgnant du côté des Flying Luttenbachers et consorts. Sans atteindre le degré de folie destructrice de ces illustres inspirateurs, Kandinsky nous en fait quand même voir de toutes les couleurs, ça part bien dans tous les sens avec, sous-jacente, une petite pointe de plaisir fou qui fait toujours plaisir à entendre.
La suite de cette série de singles est déjà annoncée : il s'agit de Les Aus qui partagera la galette avec Sheik Anorak, encore un projet de mister Gaffer. D'ailleurs, puisque celui-ci ne semble pas à court d'idée pour nous vriller les tympans, on est en droit d'espérer un jour ou l'autre un projet true black metal, un autre d'indus tribal et pourquoi pas quelque chose qui se rapprocherait du doom shoegaze genre Corrupted meets Jesus And Mary Chain -ah non, faut pas déconner quand même !

Haz (28/04/2008)
website groupe www.gentle-veincut.de | www.kandinskytheband.fr
website label www.gafferrecords.com
sounds kandinsky/B1%20-%20oeusophage.mp3 | www.gentle-veincut.de/audio.htm

Gentle Veincut
Concrete landing - CDEP
Whosbrain 2007

En direct de Francfort, Gentle Veincut continue d'essaimer ses p'tites graines, l'air de rien. Et l'air de rien, c'est de plus en plus convaincant. Gentle Veincut évolue dans la sphère noise-rock historique, influencé par les plus grands et à rapprocher de leurs contemporains de Uzeda. Version moins torturée. Arc-bouté sur le sens mélodique qu'ils ont particulièrement développé sur ces six titres. Ca enchaîne les tubes, on y entre comme dans du beurre et on en ressort sans matière grasse. L'ardeur du riff tranchant, spécialement sur Sonnenbaden et Concrete landing. Des compos soignées, guitare en verve. C'est tour à tour viril et sensuel comme le chant féminin de She-Dog. Gentle Veincut a su aller à l'essentiel. C'est d'une redoutable efficacité et il serait grandement temps de s'intéresser de plus près au cas de ces Allemands. Très bonne pioche du label de Cherbourg Whosbrain !

SKX (05/05/2007)
website groupe http://www.gentle-veincut.de
website label http://whosbrain.free.fr
sounds www.myspace.com/gentleveincut

Gerda
Cosa dico quando non parlo - CD
Wallace / Donnabavosa / Shove / Concubine / Sons of Vasta 2007

C'est bien simple. Je suis complètement accro. Impossible de m'en passer. Dans le bus. Dans la voiture. A pied dans les rues qui disparaissent. Dans le confort d'une maison. Au casque. A fond dans les enceintes. Le matin, le soir et un peu le midi. N'est pourtant pas le genre de musique à écouter n'importe où et n'importe quand. Ca ne sera pas le disque de tout le monde. Charge violente et étouffante. Jet continu. Le salaire de la malédiction. Ces Italiens avaient déjà frappé fort lors d'un premier album sans complaisance. Cette fois-ci, ils frappent encore plus fort et surtout plus juste. C'est le coté malsain de Dazzling Killmen qui vous explose au visage. Non pas dans l'exécution technique mais ce sentiment de rage qui suinte à chaque note. Ce truc d'une telle densité qu'on ne peut y mettre un doigt sans ressortir amputé jusqu'au coude. Orgasmique. On pourrait citer également Kiss it Goodbye sauf que chez Gerda, tout est plus direct. Sans détour. Le chant a gagné en agressivité. Le son est a coupé au couteau. Tous les instruments à niveau identique. Magnifique impression de lave en fusion. Dominio della mia lotta vous coupe le souffle. Seuls les deux derniers morceaux laissent un semblant de respiration, un répit qui dure d'éternelles secondes mais qui rajoute en fait au malaise ambiant. Vendicare questo orrore et la beauté brute des instincts pendant six minutes intenables d'intensité. Intensité, un mot spécialement crée pour Gerda. Et que dire de Aprile et ses sept minutes qui clôturent cet album. L'impression que Gerda va se casser la gueule à chaque instant. Morceau chancelant où le monde semble s'arrêter avant d'accélérer en titubant puis reste en suspend et vous laisse pantelant sur le bord de vos illusions perdues depuis belles lurettes. Une petite demi-heure à ce rythme, c'est largement suffisant et pourtant on en redemande. On prie pour que cette petite mort assurée dure, que ce supplice passionné continue d'enfoncer ses pointes acérées comme j'ai rarement entendu. Grosse grosse baffe énorme.

SKX (24/09/2007)
website groupe www.degerda.com
website label www.wallacerecords.com | www.donnabavosa.com | www.shoverecords.com | www.concubinerecords.com | www.sonsofvesta.it
sounds dominiodellamialotta.mp3

Geronimo
Self-titled - CD
Three One G 2008

Bienvenue dans un monde de cauchemars. Si les noms de Bastard Noise et Sleestaak (dont sont issus les membres de Geronimo), Landed sonnent comme de douces mélopées à vos oreilles châtiées, si Load record est signe de santé mentale, Geronimo déterre la hache de guerre pour votre plus grand plaisir. Histoire d'être tout de suite dans le bain, Geronimo attaque avec les dix-huit minutes de Firewater. Le battement de cœur au début est un leurre. Un piège pour mieux avoir votre scalp de cow-boy. Une vraie batterie prend rapidement le relais, imposant un rythme cardiaque maladif et précis comme une horloge suisse pendant un temps paraissant une éternité, seulement perturbé par une stridence tout autant répétitive et des coups de basse épisodiques et assourdissants. Dix-huit minutes évoluant lentement, chaque son tombant vous amenant un peu plus près du supplice, s'achevant par un hurlement d'agonisant. Le silence chez Geronimo est aussi important que le bruit propre à dissuader l'ennemi. Car ces longues minutes, comme les six autres morceaux suivants, ne sont pas une anarchie sonore, une bouillie infâme lézardée de larsens, dissonances et autres gâteries auditives. Tout est net, précis, pas un cheveu qui dépasse. C'est le supplice de l'eau, pas la cage aux lions. Le cauchemar façon ambiance poisseuse, lugubre, inquiétante. Pas Pearl Harbor. Geronimo danse autour du totem, tel un métronome, ultra-répétitif, apportant par touches chirurgicales une évolution stressante. L'hypnose par la force. On a bien droit à quelques tours de fraiseuses, ponceuses et vis enfoncés sans anesthésie mais c'est fait avec les gants. La précision du chirurgien. Les douze minutes de Spirit Walker sont proches d'une transe indienne, un vent électrique traversant les grandes plaines et à lire d'un peu plus près les propos du groupe, il ne serait pas étonnant que Geronimo cherche à travers sa musique à évoquer les esprits. Le nom du groupe n'est pas un hasard. Et quand on parle de vieil indien, on tombe bien sûr sur David Yow. Il prête ses beuglements et borborygmes sur Facepeeler, un morceau plus rythmé que le reste où entre deux coups de gongs, Yow montre toute sa science du cri contrôlé. Excellent. Et comme un cauchemar qui finit bien, l'album se clôt par Prints Tie. Le guerrier trouve enfin le repos. Morceau apaisé pour panser les plaies. Geronimo déclare finalement une drôle de guerre où comme dans la vraie vie, les méchants ne sont pas ce que l'on croyait. Le cauchemar laisse la place à une sensation de malaise. Une atmosphère schizo, prenante au fil des écoutes, un vieux cimetière indien qui file les pétoches aux ignorants mais où l'on retrouve la vie loin des regards.

SKX (24/03/2008)
website groupe www.myspace.com/soundsofgeronimo
website label www.threeoneg.com

Get the people
s/t - CD
Ruminance 2007

On ne devrait jamais lire les notes de pochettes avant d'enclencher la musique. Avec Kevin Shea mentionné dessus, c'est tout Storm and Stress qui vous revient en mémoire. Ce groupe, à rendre fou de jalousie le Damon Che quand son guitariste attitré Ian Williams était parti testé ses cordes ailleurs que dans Don Caballero, avait derrière la batterie un illuminé inventif. Quand le nom de Shea réapparaît sur le disque de ce nouveau trio new-yorkais, on s'attend au pire donc au meilleur. 17 morceaux plus loin, on peut pas dire qu'un mauvais moment soit passé. Mais on s'attendait à être secoué, surpris, tenu en haleine sur une corde raide. On s'en tire, au mieux, avec un disque pop qu'on pourrait refiler à sa petite sœur. Au pire, à un lecteur des Inrocks. Kevin Shea essaye bien de bousculer les structures par intermittence mais ce sont la voix et les tranquilles mélodies qui prennent le dessus. Au mieux, c'est une pop subtilement décalée à la Deerhoof. Au pire, un produit formaté sans consistance et bien palot. Un album qui sent bon l'Amérique. Ou qui sent mauvais. Au mieux, du Pavement décontracté comme sur le plaisant Bodies ou Strange love. Au pire l'odeur d'un folk à la Neil Young. Des compos qui baladent leur flegmes sur les longues lignes droites américaines, entre tradition à peine déguisée et des sorties de route trop peu fréquentes q'un Kevin Shea en retrait ne sort pas de l'ornière.

SKX (10/05/2007)
website label ruminance.free.fr
sounds dont_get_chipped.mp3

Giddy Motors
Do easy - CD
Fat Cat 2006

Retour en arrière avec un album qui n'avait pas encore eu le droit de citer dans ces pages. Do easy est un putain de bon album de noise-rock et ça serait bien dommage de ne pas en parler. Un groupe londonien fondé par Gaverick de Vis (guitare/chant) et Manu Ros (batterie), ce dernier s'occupant aussi de la basse pour la partie studio puisque le duo en était à son sixième bassiste pour ce deuxième album ! Il faut sans doute voir dans ce feuilleton les problèmes récurrents de Giddy Motors qui splittent régulièrement pour mieux réapparaître brusquement. La dernière fois, c'était à l'automne 2003. Je m'en souviens très bien. C'était en plein trip tchèque avec les Moller-Plesset. Je m'étais dévoué pour leur trouver quelques dates en France avec 31Knots. Tout était calé, nickel chrome, tout roulait dans nos vertes campagnes ensoleillées. Deux jours avant les débuts des hostilités, un mail assassin qui dit que Giddy Motors vient de splitter, tournée annulée, super, génial et branle-bas le combat, cascades de mails en aller-retour sur claviers tchèques, trois mots à la minute pour avertir tous les organisateurs français du problème dont certains préfèrent tout annuler (pour l'histoire, 31 Knots fera tout de même quatre dates en France et en solo). Putain de connards de rosbifs.
C'est donc à ma grande surprise que je vois cet album apparaître en 2006 pour des morceaux composés en 2005 et enregistré sur 4 week-ends pour 900£ par un p'tit jeune anglais inconnu qui prenait la succession de Steve Albini qui avait enregistré leur premier album Make it pop. Le progrès est palpable. Giddy Motors a durci le sens de ces compos en les simplifiant sans être basique non plus, faut pas pousser. C'est devenu une dangereuse machine avec un groove malsain me rappelant le Therapy époque Babyteeth / Pleasure Death (en même temps ça fait bien 10 ans que j'ai pas écouté ça et si ça se trouve je me plante complètement) avec une attaque rock typiquement Chicago noise (ce n'est pas pour rien qu'ils se sont tapés Albini pour le précédent) et des intonations de voix inattendues à la Al Johnson (saisissant sur Panzrama) et certains riffs de guitares à la Shorty, notamment le phénoménale Kapow. Les six premiers titres sont parfaits, tordus juste ce qu'il faut, rapides sur l'homme et suintant d'énergie haineuse. Seul bémol, les deux derniers titres en forme de coup de mou, deux instrumentaux remplissages pour arriver à une durée acceptable. Soit un peu plus d'une demi-heure au final très accrocheuse.
Enième rabibochage, album ultime, groupe sur le hiatus ou définitivement rangé aux oubliettes. En 2008, on n'en sait toujours fichtrement rien mais un nouvel album un des jours ne serait nullement surprenant. Putain de rosbifs vous disais-je.

SKX (18/02/2008)
website groupe www.giddymotors.com
website label fat-cat.co.uk
sounds www.myspace.com/giddymotors

Glu
Aucun But - CD
Rekin records 2008

Il n'y a pas très longtemps, au cours de l'un de ces innombrables barbecues d'été qui font la fierté d'une nation oisive et l'honneur de la race bovine, je décidais de pimenter légèrement la soirée avec une petite pointe culturelle : et si nous écoutions un peu de musique les gars ? La musique -au même titre que le football et la politique- est inévitablement l'élément perturbateur numéro un de la convivialité amicale ou d'un moment de détente pacifique (et je t'emmerde). J'aurais du m'en souvenir.
A un pauvre rigolo un peu plus cultivé que les autres qui me demandait à l'écoute de ce chef d'œuvre de noirceur et de désespérance qu'est l'album Aucun But si les Garçons Bouchers s'étaient reformés, je n'ai pu que répondre -avec la légèreté et la subtilité qui me caractérisent toujours dans ces moments là- que, non, en fait je n'ai rien répondu du tout, je suis lâche, veule, hypocrite et j'avais la bouche pleine d'un t-bone taille XXL.
Passé ce moment d'étourdissement et de perte de contrôle, je peux maintenant affirmer que Glu, tout en parlant parfois de bière comme le groupe précédemment cité, tient tout son art dans la description minutieuse (physique et mentale) du vomissement -c'est-à-dire la douleur, la souffrance non pas du rejet mais de son inefficience. Aucun second degré dans les textes -quoi que pour ne jamais revenir/rester dans la forêt/planté comme un poirier/et sentir le fumier on peut se le demander- pas plus qu'il n'y a d'apitoiement : Aucun but c'est de la purge pure et simple, de la vidange des intestins, ce moment libérateur très court pendant lequel on se dit que ça va mieux aller après sauf que pas du tout, c'est toujours pareil, il va falloir recommencer, plus fort, plus violemment encore. Le bonheur, le vrai, le seul et l'unique c'est vomir. Ce disque n'est en rien déprimant, il se contente (et c'est déjà beaucoup) de faire naître un sentiment d'inutilité, de frustration et de vacuité permanent, il a également ce côté purge pour celui qui l'écoute. Et finalement on finit par en rire également.
Et la musique ? Il n'aura échappé à personne qu'il n'y a pas de basse et de batterie dans Glu, uniquement deux guitaristes -l'un qui mouline et l'autre qui tourbille- qui s'amusent à envoyer des riffs torturés avec des pédales d'effets maison (je crois) qui vous vrillent ce qui vous reste de cerveau, vous ronge de l'intérieur. C'est particulièrement violent et bruyant (les guitares de Du Savoir Vivre pourraient être tirées du premier d'album d'Unsane) et absolument pas lassant bien que répétitif. Mais répétitif à en devenir captivant et donc ingénieux. Difficile dans ces conditions d'échapper à la grillade neuronale et à la purge tripale -retour à la case départ, celle du barbecue mais cette fois c'est toi qui fais la viande.

Haz (01/09/2008)
website groupe www.myspace.com/glubrut

Gnu
Album Epochal - CD
Silver rocket 2007

Ce n'est pas Gnu que ce groupe tchèque aurait du s'appeler mais Paresseux, du nom de ce gros singe lent. Trois albums en dix ans dont cinq années écoulées depuis le dernier Millimetry Ticha. On a bien cru qu'ils étaient perdus à jamais. Mais le Gnu a la peau dure et retrouve même une seconde jeunesse. Dès l'introductif Arcif, ça ne rigole pas, remémorant leur passage à Rennes l'année dernière. Une minute quarante de figure au point. Gnu quitte la retenue de Millimetry Ticha pour revenir vers la débauche de leur premier album Srdce v kusech zvuku. Et alors qu'on pense devoir courber l'échine pendant les dix titres de ce court album, la suite va se révéler plus humaine. Album Epochal se révèle un condensé des deux albums. Des morceaux dépassant rarement les trois minutes, avec un excellent échange entre les deux basses, la guitare qui s'intercale entre les deux, juste ce qu'il faut, une assise rythmique solide, sans fioriture, de facture classique, le batteur tchèque n'étant pas là pour faire le mariole et s'étaler dans la démonstration gratuite. Ca pose les bases, ça assoit son homme mais ça manque parfois également d'un brin de folie. Gnu a toujours ce coté froid, austère et virulent, contrebalancé par des éléments mélodiques qui enrichissent les compos. Et cet album regorge d'un tas de riffs attractifs, une trouvaille par titre, Gnu allant à l'essentiel. Il faut quelques écoutes avant que les morceaux ne fassent leur effet, que les détails ne se dévoilent, la finesse ne dépasse la rugosité et là, leur rock-noise sombre et néanmoins accessible se révèlent pleinement. C'est toujours pareil avec Gnu. Ca n'a rien de tape à l'œil, ça fait penser à plein d'autres groupes mais au final, le charme opère. Comme sur cette French song (dont j'ignore tout du sens vu que tout est en tchèque) qui part de rien et qui vous happe avant la fin. En dix années et des poussières, Gnu a développé son propre style et est devenu une valeur sûre.

SKX (23/11/2008)
website groupe www.myspace.com/gnurock
website label www.silver-rocket.org

Gone Bald
100 Ways to become cool - CD + DVD
Narrominded 2007

Gone Bald fête ses 12 ans et demi d'existence. Pas ses 10 ou ses 20 ans comme tout le monde. Non, 12,5. Douze années et six mois de la vie d'un groupe rock-noise underground. Et jamais le mot underground n'a eu autant de signification qu'avec Gone Bald. Douze années à galérer de squats pourris en clubs à moitié vides. Douze années à sortir des albums qui n'intéressent toujours que la même poignée de fans. Douze années d'un groupe toujours resté dans la marge, qui n'a jamais vraiment décollé et qui galère toujours autant.
Dans le DVD qui accompagne ce nouvel album et qui se veut un hommage au groupe, il y a un court documentaire cruel de vérité et qui résume bien toute la vie de Gone Bald. 10 minutes d'auto-flagellation que le trio n'a pas hésité à inclure en toute franchise ou Ivica Kosavic (aka Razorblade Jr, tête pensante du groupe et seul survivant d'origine) pète sa gratte à la fin d'un concert et quitte la scène, désabusé. S'ensuit une conversation backstage avec le batteur qui semble (ma compréhension de l'anglais n'est pas irréprochable) lui reprocher son geste. Et là, à ce moment précis, sur le visage de Ivica et dans ses propos confus, on sent toute sa lassitude, tout son ras-de-bol de douze années de survie, où rien ne marche comme il veut, pas de tournées de prévue pour la sortie de cet album, une promo quasi-inexistante, un soutien proche du néant. L'espace de quelques minutes, il n'y croit plus et si le groupe splittait à cette seconde même, on ne serait pas étonné. Il quitte la pièce en claquant la porte. On aimerait lui dire de revenir, que tout ça c'est pas grave, c'est juste de la musique, du putain de rock, de l'entertainment. Mais Razorblade Jr., il a ce groupe dans la peau et de le voir ainsi est vraiment touchant. Beautiful loser.
Suit un autre documentaire ironiquement appelé We even have a band (l'auto-flagellation continue), retraçant toute la vie du groupe de 1994 à 2007. De Zagreb à Amsterdam. De tout ce chemin chaotique ponctué de sept albums, de plusieurs centaines de concerts et d'un Ivica en personnage central qui ne se lasse pas de raconter l'histoire du groupe, de son groupe, la flamme dans les yeux. Des interviews, des extraits de concerts avec les membres originels, leurs toutes premières répétitions, des morceaux live dans leur intégralité, essentiellement à Amsterdam et deux clips comme des grands. L'hommage que Gone Bald se fait à lui-même, conscient qu'on ait jamais aussi bien servi que par soi-même et que si ils attendent que quelqu'un le fasse à leur place, ils peuvent toujours courir. On retrouve dans cet objet un livre retraçant toute leur histoire avec multitudes de photos, de flyers, de messages et essais témoignant leur amour à Gone Bald. Ivica est ce maniaque qui collecte tout ce qui se trouve à propos de son groupe.
Figure également un CD. Un nouvel album avec sept nouvelles compositions. Ca pourrait être bien là l'essentiel mais - et ça me fait bien mal de le dire - ce n'est pas le meilleur Gone Bald auquel on a le droit. Ou alors c'est juste moi qui me lasse. Razorblade Jr est un indécrottable amoureux de la musique noise-rock. Rien, plus rien, ne le détournera de ce chemin. A force, l'inspiration commence à faiblir. C'est toujours la même recette. De longs développements où la guitare joue le rôle central à l'image de celui qui la tient. D'arpèges dociles en riffs assassins. Ce coup ce, Razoblade Jr a cru bon rajouter quelques soli à deux, trois occasions. C'est pas sa meilleure idée. Gone Bald reste dans cette mouvance Amphetamine Reptile / Touch and Go, ce groupe avec du punch, intense mais jamais belliqueux pour des compositions très évolutives. Gone Bald fait du Gone Bald. C'est-à-dire que si ils ne s'en sortent pas avec une écriture inspirée, ils peuvent rapidement tomber dans un style passe-partout et qui prend un gros coup de vieux. 100 ways to become cool manque d'ampleur et ne décolle jamais vraiment. Sept morceaux pas désagréables en soi, on a le droit à de bons moments mais même dans leur jeu, on sent comme une lassitude. Ce n'est en tout cas pas avec cet album que Gone Bald va sortir de l'ornière et capter la lumière de la reconnaissance. Reste un témoignage touchant sur la vie d'un groupe underground et qui pourrait s'appliquer à des centaines d'autres…

SKX (18/11/2007)
website groupe www.gonebald.net
website label www.narrominded.com

Goodbye Diana
Odds & Ends - CD
Head - Basement Apes 2008

Mobilhome nous avait laissé sur de belles promesses, on était fin prêt était à passer à la maison avec piscine. Dès l'introduction de Bigglenot et ses riffs mastoques, ça sent l'enchaînement logique. Juste ce qu'il faut de plus pour passer dans la classe supérieur sans forcer. Un son qui gagne en ampleur, de la puissance bien placer, toujours au service d'un rock instrumental pas si complexe que ça, digne héritier d'une tradition américaine jamais encombrante. Ca pointe vers Oxes, dans le travail et la complémentarité des deux guitares assumant tour à tour virilité et finesse. Une certaine idée du rock, cette envie continuelle d'envoyer voler, de faire chauffer à froid, de mettre de l'épaisseur et de la graisse sur les bords. Et ne pas oublier l'humour sans quoi tout ça serait vain et ennuyeux avec le clin d'œil aux potes de Marvin, tout autant Montpelliérains, avec Marwine, spéciale dédicace, et son pastiche de guitares singeant un de leur morceau. Avec une rythmique dont la solidité ne peut masquer le sens du groove enthousiaste, on a là une belle brochette de titres percutants, d'instrumentaux frayant habilement dans les méandres d'un style qui en a pourtant vu d'autres. Mais Goodbye Diana est loin d'être une seule machine à rocker. Leur idée d'un rock instrumental a également cette coloration bien nette et propre sur elle où rien ne dépasse. Convenu diraient les mauvaises langues. Avec des passages lorgnant vers un post-rock qui fait retomber le soufflet même si tout ça est joliment exécuté. Bref, j'ai du mal à me décider. En temps normal, plus on écoute un disque et mieux se forge l'opinion. Là c'est tout le contraire. Plus je l'écoute et plus je me pèle l'oignon. Un bon disque qui laisse sur sa faim.

SKX (07/07/2008)
website groupe www.myspace.com/goodbyediana
website label www.head-records.com | www.basementapesind.com
sounds nakednicknolte.mp3

Gorobei / Clayter
Split 5'' - cdr démo
2006

Un cd ridiculement petit dans un emballage qui ne paye pas de mine… Est-ce le nom de Nicolas Dick (Kill The Thrill) qui irrésistiblement m'a poussé à mettre ce bout de musique dans la machine… Pas déçu du voyage… Gorobei, Marseille, le sud enrage. Ca pourrait être qu'un groupe de hardcore chaotique de plus. Mais une folie interne et la présence de Dick aux manettes font de ces quatre titres un mets de choix, à bien vous tartiner la tronche. Ca devient un groupe rock limite bruitiste aux compos incontrôlables, qui partent dans toutes les directions, qui crissent, qui écharpent, explosent, saignent les oreilles, saignent, larsens et hurlements (crime & châtiment ?). Entre ces morceaux, trois plages ambiantes d'un certain Clayter, qui sont présentées comme des compos à part mais qui font plus office ici d'interludes entre deux déluges de feu. Une entrée en matière étonnante.

SKX (24/01/2007)
website groupe http://foxylounge.free.fr/gorobei

grandMal
Zwischen Schlachthof Und Pascha
LP/CD
Renkontre tonwaren 2006
  Horror vacui - CDEP
Mutual Brain destruktion 2005

Aborder grandMal (avec un petit g et un grand M), c'est être un grand malade. Frôler le cas psychiatrique. Sans nouvelle depuis 1998 et un fantastique premier 7'', le trio allemand originaire de Cologne sort en 2006 son premier album. Les prémices du retour du groupe se sont pourtant fait en 2005 (dans l'anonymat le plus complet, comme tout ce qu'ils touchent) avec Horror vacui, un cinq titres emballé dans un coffret dvd et photo de troufions communistes hilares à l'intérieur. Horror Vacui, la peur du vide, grandMal s'en charge. Remplir l'espace d'un magma sonore dense et grésillant. Sept années après leurs débuts, le groupe n'a pas changé son fusil d'épaule. C'est dans le bruit sans concession, celui utilisé par Unsane et Glazed Baby que grandMal taille des costars. Horror vacui, quatre morceaux sous la barre des trois minutes. Quatre salves où a rythmique est prépondérante avec une guitare qui découpe en deux sans laisser de cicatrice autour et une voix saturée pour faire peur de nuit comme de jour. L'amour du bruit, la volonté de faire mal avec une énergie rock ultime. Et lorsque vous regardez la durée du dernier morceau, vous êtes pris de vertige à la vue des 30 minutes que nous promet ce Viele mörser. Heureusement, au bout de cinq minutes, un lent et épais brouillard répétitif s'empare du morceau et vous pouvez tout couper pour abréger vos souffrances. grandMal n'a rien perdu de sa force.
Tant que les braises sont chaudes, grandMal a enchaîné l'année suivante sur un album, le premier. Il n'est jamais trop tard. Les verres continuent de trembler sur l'étagère. Masques sur la tronche, façon terroristes du bruit, grandMal gangrène son rock-noise de rythmiques des tranchées sous le bombardement, calculant de façon millimétrée l'intervention de la guitare, acérant au plus près de l'os des riffs chirurgicaux. Le trio privilégie de plus en plus le dialogue basse-batterie. Une assise des plus forte que des bruits venimeux et une voix de bouledogue en rut tente de déstabiliser régulièrement. L'aération est un bien grand mot chez grandMal mais les structures ont gagné en lisibilité. Ils se permettent même une douceur en plein milieu du très bon Nemesis avant de s'offrir une joute sonique enlevée et hypnotisante. C'est que grandMal aime insister, répéter la note à l'identique, appuyer pour que le pus sorte et vous avoir à l'usure tout en apportant les subtiles variations propre à l'avancée en terrain ennemie. La pochette est superbe. Le vinyl est épais et pèse le poids suffisant pour supporter cette charge titanesque. Alors qu'un autre groupe allemand aux influences similaires, Volt, fait beaucoup parler de lui actuellement, vous feriez bien de vous intéresser de près à grandMal. Tout y est plus riche, plus virulent, plus abrasif. Si seulement ils s'en donnaient les moyens… C'est tout le (grand) mal qu'on leur souhaite.

SKX (12/03/2007)
website groupe www.grandmal.de
website label www.renkontre.de
sounds Glocke.mp3 | Ichbastion.mp3

Gravity Propulsion System
Days like razors - CD
Ascetic 2008

Tout est dans le nom. L'assurance d'un décollage immédiat, coller au siège comme une mouche sur un pare-brise, faire péter la lune en un temps record avec moult secousses. Le trio Gravity Propulsion System en est à son troisième album. Avec le raffut qu'ils font, il est étrange qu'on ait pas entendu parler d'eux plutôt. Des faiseurs de bruit comme on n'en fait plus beaucoup avec la volonté d'insérer ce bordel dans un format punk-rock. Le feedback et le larsen sont autant d'instruments utilisés à fortes doses avec une attitude de branleurs assumés. Maximum dommages. On retrouve la volonté anarchique de Todd, cet amour de l'éclatement sauvage, du saignement de nez et l'assourdissement des masses. Les six premiers morceaux défilent à fond les ballons, reliés les uns aux autres par de brefs interludes qui ne font pas office de pause respiratoire. Bande de sagouins. Tout dans le rouge et la saturation d'un guitariste incapable de faire deux accords à suivre et d'une volée de cymbales de bois vert. Une course effrénée de dix bonnes minutes bien jouissives. Arrivé à The Travel Agent, GPS (j'y peux rien, ce sont les initiales du groupe) pense quand même à reprendre son souffle. Six minutes où la mélodie fait surface, s'extirpe de cette lave bavante sans pour autant diminuer en intensité sonore. On se prend à penser à Part Chimp, montrer un peu de lumière sous la crasse ambiante, faire tourner en orbite un rythme accrocheur sous un déluge apparent. Puis la baston reprend ses droits. Ta branlée tu la veux, tu l'auras. Comme souvent avec ce genre d'approche, ça se finit par un morceau épique. Et ça tombe bien, ils l'ont appelé Epic Disasters, c'est merveilleux, nous vivons dans un monde parfait. L'assaut final de onze minutes. Abandonner toute idée de résistance ou partir en courant. La touche finale d'un album pas fait pour les pieds tendres. Un grand moment de session noise sans concession, au chaos parfaitement contrôlé.

SKX (26/05/2008)
website groupe www.gravitypropulsionsystem.com
website label www.asceticrecords.com
sounds www.gravitypropulsionsystem.com/noise/GPS_DLR_PREV.mp3 (full album preview)

Grey Daturas / Monarch
Dawn Of The Catalyst - split CD
Thrones / 20 Buck Spin 2007

Quelle bonne idée de réunir sur un seul et même disque deux représentants parmi les plus actifs du lourd et du lent, un par hémisphère (ça fait plaisir aux amateurs de symboles) avec les australiens de Grey Daturas et les français de Monarch. Un titre chacun et de durée égale, si vous avez la chance de trouver la version vinyle (200 exemplaires en gris et 800 en noir) vous pourrez même apprécier l'illustration de la pochette dessinée par l'omniprésent Seldon Hunt, sinon vous vous contenterez comme moi d'un vulgaire CD -format qui ne convient absolument pas à l'exercice du split album, à moins que les deux groupes ne soient totalement différents, comme sur le split Elysiüm/Monarch, ce qui n'est absolument pas le cas ici.
Il faut bien avouer que ce disque ressemble d'abord à un concours de vitesse et d'accordage : c'est à celui des deux groupes qui jouera le plus lentement et le plus dans les graves. A ce petit jeu là il n'est d'ailleurs pas sûr que ce soit Monarch qui gagne. On sait depuis la récente réédition chez Crucial Blast de l'album Dead In The Woods de Grey Daturas (paru à l'origine en 2004) que les australiens ont d'ordinaire un format plus rock, pratiquent une sorte de stoner noisy et lo-fi. L'album Path Of Niners (2006) offre lui un visage nettement plus noise et surtout psychédélique, ça jamme dans tous les coins, la bande tourne en continu pendant que le batteur (également bassiste) installe son kit dans la cuisine et que les deux guitaristes, confortablement installés au jardin dans des chaises longues, essaient à peu près toutes les idées qui leur passent par la tête. On coupe la bande magnétique de manière aléatoire et on obtient un disque de mushroom metal, excellent, pouvant se résumer à The Dead C ou Gate reprenant Black Sabbath. Changement d'humeur donc pour ce Dawn Of The Catalyst puisque avec Golden Tusk The Endearing, Grey Daturas ne propose ni plus ni moins qu'une version à peine plus expérimentale de la musique de Monarch. C'est aussi long à démarrer, c'est aussi lent, aussi lourd et ce n'est que lorsque c'est terminé et que l'on remarque enfin l'absence de chant que l'on est persuadé d'avoir eu affaire aux australiens. Seule différence notable, la fin du morceau qui part en s'étiolant, tombant dans l'atmosphérique puis le vague, une porte de sortie en forme d'apaisement, les larsens se diluant sans infliger trop de souffrance.
Rapture, le titre proposé par Monarch, en est la suite logique, reprenant là où Grey Daturas a abandonné la partie, relançant la machine à débiter le doom en tranche de trente secondes par coup de caisse claire. Le son est un peu plus incisif, plus carré mais c'est tout -juste l'impression d'être confronté à une machine mieux huilée. La voix arrive enfin -Emilie tu es notre sauveuse!- avec des vocalises d'abord plutôt discrètes qui vont en s'intensifiant sans réellement passer aux hurlements de sorcière d'usage. Rien de fondamentalement nouveau mais Monarch garde cette attraction surnaturelle et inévitable, ce truc unique qui paralyse. D'autres amateurs pour le bûcher ?

Haz (14/12/2007)
website groupe www.myspace.com/monarchuberalles | www.greydaturas.com
website label www.thronerecords.net | www.20buckspin.com

Grey Daturas
Return to disruption - CD
Neurot 2008

L'image est trompeuse. Les photos sur leur site montrent des gens à l'allure tout à fait banale sous le soleil de leur Australie natale. Des têtes d'étudiants en chimie, bien propres sur eux, chemises impeccables, prêtes à repartir passer le week-end chez leurs parents. L'imagerie de la pochette et la musique sont à l'opposé. Le soir venu, les trois de Melbourne se transforment en laborantins en proie au Malin et explorent la face cachée de la musique. Lettrage médiéval, brouillard épais sur campagne incertaine et Neurot records derrière tout ça. Ca sent la musique instrumentale poisseuse où tout va être histoire d'ambiance et de climat à couper au couteau. Du morceau d'ouverture tout en batterie sauvage aux limbes enfumés d'un psychédélisme rampant du final Neuralgia, Grey Daturas nous aura fait visiter tous les stades de la musique instrumentale. Le frottis compulsif de Return to disruption, bruitisme maison pour faire peur (un peu). Les longs sifflements/larsens/stridences, appelez ça comme vous voulez, du moment que cela soit désagréable à l'ouïe de Balance of convenience. La lente, la répétitive, la maîtrisée montée de Answered in the negative. Le bordel de Undisturbed qui porte bien mal son nom faisant revenir à la surface les pires souvenirs de cours de musique de 5ème (dire qu'on faisait de la musique concrète et on ne le savait même pas) avant de retomber sur dix minutes de transe noise au psychédélisme toujours latent avec trois minutes d'un drone final de trop. Mis bout à bout, toutes ces ambiances sont cohérentes, nos trois Australiens arrivant à garder le cap et nous mener dans leur monde intérieur sans avoir à nous pousser au cul. Ce troisième album ne nous épargne pas quelques bâillements mais ça tient la route et en haleine. Et je m'y connais en haleine.

SKX (20/07/2008)
website groupe http://www.greydaturas.com
website label www.neurotrecordings.com


 
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