DAEMIEN
FROST
"
Corpus daemo " - CD
Alpha Relish 02
Daemien
Frost est un drôle de jeune groupe irlandais. Trois gamins
qui ne savent pas à quel saint se vouer. Leur credo, se
faire plaisir par n'importe quel moyen. Alors difficile de trouver
une cohérence sur ce premier album. Ca tire dans tous les
sens. Ils se sont fait remarquer récemment par un split
single avec les stars japonaises Melt-Banana. Mais on les situe
surtout aux cotés de cette nouvelle scène irlandaise
avec The Redneck Manifesto ou Four Connect Orchestra. Le noise-rock,
le post-rock, l'indie-rock, toutes les germes sont bonnes à
semer. A la volée de préférence. Et instrumental
uniquement. Daemien Frost représente sans doute la frange
la plus dure et bruyante de ces nouveaux groupes. N'hésitant
pas à inviter accordéoniste, clarinettiste et saxophoniste
pour parties fines et jambes en l'air. A s'hypnotiser tout leur
soûl sur de purs moments de transe noise-rock. Ca fourrage
sévère (" duck gait parade ") pour aussitôt
recadrer les choses (" the song breaking up "), grande
plainte monotone qui tente bien de brouiller les pistes vers le
milieu mais qui reste en dedans finalement. Un album quand même
bien énervé dans l'ensemble, tout en variant les
effets. Beaucoup de complémentarité entre ces gaillards
qui traînent leurs guêtres ensemble depuis un baille.
On reste malgré tout sur notre faim, faute de morceaux
qui font vraiment décoller la bête. Trop d'idées,
trop brouillon, une énergie mal canalisée, le jouet
leur échappe. Vous aurez peut-être eu la chance de
les voir en France ce printemps ci. Ce groupe a assurément
toute l'énergie pour des représentations de haute
tenue. De la discipline. De la di-sci-pline. Mais à couilles
rabattues. L'avenir leur appartient nom d'un chien !
SKX (30/04/2003)
|
MONTANA
PETE/DAEMIEN FROST
"
jiminationalism / in league with the amazons " - split 7"
Alpha Relish / Coin-Operated 01
Montana
Pete continue d'enchaîner les petits formats. Limité
à 300 exemplaires, vous risquez de passer à coté
de deux groupes anglais qui promettent beaucoup! Montana Pete
a cette légèreté, qui malgré la précision
et le bruit de leurs instruments, les rend attachant. Pour parler
d'eux, on évoque souvent des groupes comme Wire, Gang of
Four, Trumans Water, Albini sans que tout ça soit très
conforme à la réalité non plus.... Ce nouveau
morceau n'est pas leur plus saisissant. Leur fougue est intériorisée,
le rythme de batterie sommes toutes classique mais la fin du morceau
et cette voix sombre voix qui arrive ranime la flamme un instant
vacillante. Daemien Frost débarque dans le paysage. Et
d'entrée de jeu, un morceau de choix. Tout de suite plus
noise, malgré un début tout en touché de
symbales. Ca s'excite, accélère peu à peu,
les guitares partent en vrille et tout dérape avec un truc
hypnotique derrière tout ce raffut qui capte bien l'attention.
Surveillez ces noms du coin de l'il!
SKX (21/02/2002)
|
DAWNBREED
"
ROBOT " - 7"
ROBOT 00
La
nouvelle est tombée depuis un certain nombre de mois. Dawnbreed
n'existe plus au bout de 7 années d'activisme, suite à
un problème de santé d'un des membres. Alors cette
posthume galette, leur cinquième, est une heureuse surprise.
Même si aucun inédit transparaît.... "Astronauts"
figurait déjà sur un single sur Stickfigure records
et "Apollo Raumklang", sur un merveilleux split 7"
avec The World Inferno Friendship Society. Un titre énorme
de Dawnbreed, mais beaucoup mieux sur la version initiale. 2 titres
remixés pour les fans. Et pour les retardataires, s'il
ne vous fallait qu'un seul de leur bijoux : l'album "Aroma"
et vous comprendrez ce que post-hardcore moderne signifie....
SKX (02/06/2000)
|
DE
KIFT
"
koper " - CD
autoproduction / V2 records 01
Toute
chronique de De Kift qui se respecte commence par l'emballage.
Un des rares groupes où tout le monde se demande d'abord
à quoi ressemble la pochette avant de se demander comment
est la musique. Pour ce cinquième album, la couleur dominante
est au cuivré ("koper" en français signifie
cuivre), avec rabat et intérieur velours. Manque plus que
la climatisation et le volant en moumoute. Et dedans, toute une
série de photos cartonnées et pliées en accordéon
pour fêter leur 12ème anniversaire. Et 12 ans de
vie commune, c'est forcément les noces de cuivre. Logique.
Et à défaut d'être aussi spectaculaire que
les emballages précédents, la vraie originalité
vient du livre qui accompagne ce CD. Un livre uniquement trouvable
lors de leurs concerts (ou alors prenez votre plus belle plume,
même virtuelle, et écrivez leur) dans lequel vous
pourrez coller les photos du cd. Vous restera plus qu'à
vous caler dans un fauteuil pour feuilleter l'album de famille,
la boite à cigare "Krankenhaus" à portée
de main, un il sur le livre "Gaaphonger" posé
sur la cheminée au dessus de laquelle trône le cadre
"Vlaskoorts"! Avec le clan De Kift, le rapport est intimiste.
Difficile d'expliquer l'effet de leur musique si personnelle et
à nul autre pareil. Cette charge émotionnelle qui
fédère autour d'eux autant de personnes aux horizons
musicaux très différents. "Koper" nous
prend encore une fois au piège. 17 titres qui nous laissent
songeur. La face "chanson" accentuée. L'ensemble
est calme. Mais inutile de crier pour se faire remarquer. De Kift
sait vous capter par des mélodies subtiles, un air de cuivre
- l'instrument - céleste, une ligne rythmique nonchalante
que vous suivez les yeux fermés. Ces airs de fin de fête
tristounette et mélancolique, ces relents de vie, ces choeurs
alambiqués plus travaillés que jamais et qui vous
poussent à la chansonnette sous la douche. Des guitares
acoustiques maigrelettes, épaulées d'une contrebasse
rondelette. Recueillement. Prise de pouvoir. Des morceaux incontournables,
tubes intimistes en puissance. Et quelques bizarreries échappées
du bestiaire, portées par l'accent hollandais rugueux.
Le Batave a la peau dure et brille, à l'instar de leurs
potes The Ex, sur la durée. Ca illumine de l'intérieur.
12 ans et toutes leurs dents.
SKX (05/12/2001) |
DE
KIFT
"
Vlaskoorts " - CD
PIAS Benelux 99
Le
cadeau. Traduction française de DE KIFT. Un cadeau à
plus d'un titre. Par la rareté de leurs sorties. 4ème
album en 10 ans, faut être patient! Par la présentation
recherchée et toujours plus fort. Après la boite
à cigares, le livre-disque, voici le premier CD-cadre à
accrocher au dessus de la cheminée! Idéal pour épatez
vos amis. Et si vous en avez pas (de cheminée, pas les
amis), peut servir également de magnifique dessous de plat.
Avec le livret de circonstances accompagnateurs de pensées,
en version hollandaise et anglaise. Et le cadeau tout simplement
qu'ils nous font à chaque nouvelle livraison de leur musique,
du bonheur plein les oreilles, des gentlemen hollandais enchanteurs.
Un monde unique, au caractère théâtral, une
fanfare déglinguée, l'humour, la tristesse, la dérision,
ya tout ça dans l'univers si personnel de DE KIFT. Si vous
attendiez guitares plombés et rythmes explosifs, la déception
est au bout du chemin. Ici, on prend le temps de narrer des petites
histoires de la vie quotidienne, les chanter en choeur avec les
potes quand nécessaire, des voix somptueuses qui s'envolent,
et là, pour un peu, c'est vous qui reprendriez à
l'unisson avec eux. C'est de la mélancolie avec trois fois
rien, de l'intensité dans sa plus simple expression. Une
trompette, une voix grave et quelques cordes au fond. Avec pour
cette fois ci, un thème musical qui vous revient toutes
les 2, 3 chansons, un p'tit air qui s'accroche à vous,
en version cuivrée, en version guitare, des arrangements
toujours différents. Et ça continue avec l'accordéon,
le piano électrique, le tuba, les congas, l'optigan, la
liste est longue. Un monde musical épuré qui vous
prend aux tripes plus d'une fois. Pas d'effets, pas de tricherie,
c'est lent et poignant, orchestre en fin de soirée, ivresse
et fatigue tout mêlée, un rythme de salsa bancal,
autant chanson à texte que folklore fauché. La musique
de DE KIFT est universelle. Elle est vague roulante, coule, s'infiltre
dans les plus infimes recoins de votre être. Etreinte calme
qui paralyse. 16 titres flamboyants. On peut se jeter sur cet
objet, le tourner dans tous les sens, le passer en boucles, le
meurtrir. On n'obtient rien, ni de sa magie, ni de ses mystères.
Les choses m'échappent. Et on revient à son insurmontable
solitude....
SKX (21/12/1999)
|
DEAD
AND GONE
"
s/t " - 2x7"
Gold Standard Laboratories 00
Bon,
alors là, ça mérite quelques explications.
Je sais bien que, en gros, vous en avez rien à foutre,
mais si, si, j'y tiens. Au début était Dead and
Gone, groupe laborieux dans le genre hardcore mi-rock mi-bâtard.
Le chanteur se fait la malle. Là-dessus, personne le pleure.
Mais les autres musiciens persistent et, sous le nom de Creeps
on Candy, sortent un album époustouflant, que tout le monde
ignore, entre Steel Pole Bath Tub et Jesus Lizard. On en revient
pas et on se l'écoute en boucles. Et puis silence radio.
Et là, peinard, notre chanteur revient (parti pourquoi,
revenu pour quelles raisons, on n'en sait rien !) et c'est reparti
comme en 14, bras d'ssus, bras d'ssous, avec ses anciens acolytes,
on reprend le nom de Dead and Gone, on oublie tout et comme cadeau
de réconciliation, on s'offre un double 45. On se demande
forcément ce que va apporter le retour de l'enfant prodige
sur des musiciens dorénavant inspirés par les dieux.
On retient son souffle et là, bonheur, Creeps on Candy
n'a fait que changer de nom, la musique est restée. Tout
au plus une dimension rock'n'roll-noise crade en fine pellicule.
Ca boulime et ça pétarade toujours autant. Disque
de loosers hargneux, d'ivrognes chahuteurs, d'une voix qui sème
la tempête et récolte 4 titres rageurs. L'histoire
est chaotique mais ça vaut la peine de la suivre.
SKX (02/10/2000)
|
DEAD
FOR A MINUTE
"
diegese " - 10''
Abstr.act / Shynia / Shogun 02
L'épreuve
du déchaînement. A peine cinq morceaux mais la première
impression est le choc, une violence intérieure qui nous
explose à la gueule. Ce groupe originaire de l'est de la
France tire son nom d'un morceau de Botch sur " American
Nervoso " (ou simplement le fruit du hasard ?!). N'empêche,
vous savez tout de suite où vous situez, même si
à priori, on tire surtout du coté de Converge. Voir
les deux sévèrement secoués. Un Converge
passé au karsher. Mais ce mini-album se distingue surtout
par sa production. Une épaisseur à transpercer.
Chaque instrument subit le même traitement, aucun ne prédomine,
tout est mené de front, vous happe, vous malaxe, nids d'insectes
grouillants. Une sensation bordélique du son, dans le sens
positif du terme, tel un lierre qui s'enroule autour de vos perceptions,
vous lace, vous broie avant que l'absorption ne commence. Vous
ressortez de là, hacher menu menu. Je connais peu de groupes
en France capable de vous aligner une telle furie. Je me demande
comment tout ça peut sonner sur scène, comment une
telle anarchie sonore est retranscrite dans le chaos d'un concert.
En attendant, ce disque, triplement labellisé, est une
révélation !
SKX (01/02/2003)
|
DEEP
DARK UNITED
"
Fools ! " - CDEP
Kosher Rock 02
Deep
Dark United est canadien et Alex Lukashevsky est le meneur de
la bande. Le nom de son propre label, Kosher Rock records, résume
assez bien la situation. Un mélange de musique traditionnelle
juive et folk largement transpercées par des pointes rock,
un souffle jazzy et une bonne secousse païenne à faire
retourner dans leurs tombes ses aïeuls. Avec ces cinq acolytes
(piano, saxo et le classique batterie-basse-guitare), il pourfend
les traditions et offre une procession mouvementée et enlevée.
Construit autour d'une ritournelle qui revient régulièrement
hantée ces sept compositions, ce " Fools " est
un exercice de libre expression où, derrière l'apparent
foutoir ambiant, se dégage une ligne directrice bien claire,
basée sur la répétition qui va de l'avant,
avec une multitude de petits riens, d'arrangements qui viennent,
disparaissent, jouent les trublions de service. Pour couronner
le tout, la voix de Lukashevsky qui semble toujours à bout
de souffle, prête à se briser, un rien désespérée
et qui est pour beaucoup dans le charme de cette musique. Musique
d'avant-garde qui n'oublie pas ses racines, savant mélange
que l'on pourrait situer proche d'un Kletka Red sans les guitares
enfiévrées. Avant ce " Fools ", Deep Dark
United avait déjà sorti un album, " Zettel
". Un disque gorgé de 15 titres avec Lukashevsky pratiquement
seul de bout en bout, sa guitare et pas mal de bricolages maison.
Ca part dans tous les sens, bordélique et avec les moyens
du bord, sorte de Tom Waits sous acide. Heureusement, il a su
depuis s'entourer de personnes compétentes, son répertoire
sérieusement s'enrichir et Deep Dark United de devenir
un vrai groupe à découvrir absolument.
SKX (17/04/2003) |
DEERHOOF
"
reveille " - CD
5 rue Christine / Kill Rock Stars 02
Groupe
insaisissable tournant autour du noyau dur Greg Saunier - Satomi
Matsuzaki, Deerhoof sort son cinquième album. Au moins
car pas facile de suivre la cadence. Un couple fatale qui ne cesse
d'accueillir en leur foyer d'innombrables rejetons pour faire
du bruit en famille. Cette fois-ci, c'est John Dietrich (Gorge
Trio et ex-Colossamite) qui prend le balai à six cordes.
Pour ce nouvel album, ces sabots de cerfs (traduction littérale
de Deerhoof) posent les pieds dans un plat similaire à
"Holdypaws" leur précédent opus. Deerhoof
uvre dans la continuité. Ca n'a pas toujours été
le cas. Mais après des débuts très noise
bordélique, pop-noise famélique, la théorie
du tout et n'importe quoi avec trois bouts de ficelle, Deerhoof
semble, je dis bien semble, s'assagir et poser ses valises dans
un environnement pop (très) décalé. La constance
reste cet esprit dérangé, cette volonté de
rompre avec les structures, de présenter 16 piécettes
en trente minutes avec l'entrain d'une bande de gosses laissés
seuls dans une pièce remplie de jouets. Pour faire pro,
nous parlerons ici d'avant-gardisme et d'expérimentations
de troisième decan. Et le pire, c'est que tout ça
est foutrement intéressant! Chaque morceau possède
son gimmick intriguant, son effet retors, ses mélodies
en équilibre qui font mouche, ses bouts de guitares qui
pendouillent. Un travail sur les guitares d'ailleurs remarquable
d'esprit aventureux. Sans compter sur le charme de Satomi Matsuzaki
dont l'origine asiatique n'est pas le seul point commun avec la
chanteuse-bassiste de Blonde Redhead. Timbre haut perchée,
enfant de la balle aux pays du larsen, Satomi conduit ses troupes,
l'esprit enfantin mais la main ferme. Blonde Redhead reste en
tout cas le point de repère le plus évident. "Reveille"
possède ce charme acidulé qui attire irrésistiblement
et en même temps trompe son monde. Cette fausse pop déglinguée
aux éclats à double-tranchant. Des comptines pour
grandes personnes. C'est touche-pipi dans les toilettes des grands.
Un bon petit vent vicieux à consommer avec délectation
en se léchant bien le bout des doigts.
SKX (11/07/2002)
|
DETONATOR
"
dans ton coeur / simply beautiful " - 7"
Suggestion 00
Mine
anti-personnelle à l'horizon. Le genre de petite grenade
sur laquelle on aimerait se faire sauter plus souvent. Derrière
ce Detonator se cache un ensemble hétéroclite. Ashley
Davies (Headbutt, Chemical Plant, Project Dark), Matt Scott, Jimi
Papatzanatores et une voix magique provenant d'une certaine Isa
Suarez, basque d'origine et nous élevant des lourdeurs
terrestres par un chant sensuel dans la langue de Molière!
La potion finale est assez incroyable. Hormis les expérimentations
doucement bruitistes pour mettre en bouche et servir de dessert,
les deux morceaux principaux captent l'imaginaire. Un ange passe.
Comment dire.... Difficile de ne pas penser à l'aspect
visuel de cette musique, la bande son d'un film d'un monde enchanteur.
Ou d'établir un lien avec l'ambiance des Bästard,
notamment ce riff de basse sur "dans ton cur".
Un mélange réussi de futurisme et de rétro
(l'accordéon sur "simply wonderful"), d'expérimentations
dans un cadre que l'on nommera "pop". Une fois appuyé
sur ce Detonator, impossible de faire marche arrière, la
machine est en route. A écouter en boucles.
SKX (27/11/2001)
|
|
DEVOLA
"
playing the game of revenge and winning every time " -
CD
Mountain Cooperative 98
Quinze
morceaux en 18 minutes, c'est pas l'épreuve d'endurance,
plutôt sprint incisif à la The Locust, droit dans
le mur, à ne rien comprendre encore une fois. Qu'on se
rassure toutefois (toutes proportions gardées!), Devola
reste les pieds sur terre, gère la vitesse sans la folie
hystérique des Locust. Plus carré dans l'approche,
racines hardcore palpables, fait pour l'immolation à
feu doux, voix d'eunuque à la recherche d'une société
meilleure avec son lot de trouvailles rythmiques attirantes,
ces pointes de mélodies qu'on aimerait prolongées.
On ressort de ce disque partagé et frustré, certain
que sur la distance, l'épreuve n'en serait que plus intense.
A quand le marathon ?!!
SKX (27/12/1999)
|
DIE
MONITR BATS
"
Youth controllerzzz " - CD
Dimmak 03
Un
point sur le nom à géométrie variable. Rajoutez
un deuxième " O " à Monitr, entre le "
t " et le " r " de préférence. Multipliez
les " s " à la fin de Bats. Mélangez comme
bon vous semble mais tout ça, c'est du pareil au même.
Bon ça c'est fait. Car pour le reste, " Youth controllerzzz
" n'est pas du genre à bégayer son latin et
encore moins à zozoter sa partition. Punk-no-wave frondeur,
la demoiselle au chant ne se laisse pas compter fleurette et le
saxo, qui n'est pas du genre à souffler droit, apporte
une vrai vent de fraîcheur, un zzzeste de folie, bref un
bon coup dans les bronches. Entre God is my Co-pilot et Ex Models,
ce neuf titres, à la vie courte , est plein de vie et de
danger. Des ritournelles pour adultes finement enlevées.
" Spread your legs, release the bats ", titre phare,
mélodica à l'appui, toujours le souci de la mélodie,
même cachée dans le fracas des rythmes répétitifs.
Notes en boucles. Tout s'enchaîne, morceau suivant. Putain
de gosses de riches qui saccagent tout et le pire, c'est qu'on
tend l'autre joue.
SKX (10/11/2003) |
THE
DILLINGER ESCAPE PLAN
"
calculating infinity " - Lp
Relapse 99
Les
routes sont devenues impraticables. On y rencontre de ces bandes
armées. Nouvelle sensation outre-Atlantique chez les allumés
de service de Relapse records. DEP, à l'image de Converge,
transcende l'impossible et présente un échafaud
de bonnes valeurs où metal, noise et hard-core vous lubrifie
la raison. Nantis d'un dextérité technique insolente,
DEP cite volontiers Mr Bungle, Kiss It Goodbye et Dazzling Killmen
pour repères et s'édifie une cathédrale de
sons gigantesque, associant de purs moments de dislocations, coups
de butoirs dévastateurs et rythmiques hautes en couleurs,
presque jungle sur ".... ". Toute la richesse et l'originalité
de ce 1er album est là. Créer une musique violente
est à la portée de n'importe quel groupe bas du
front. Apporter cette violence au delà du seuil de l'unique
plaisir de la puissance pour la puissance, c'est une autre paire
de manches que DEP manie à la perfection. Grâce à
une technique impressionnante mais jamais démonstrative,
DEP crée un univers unique à ce jour, fait de déflagrations
ultra-noise, passages rythmiques de félins, engrenages
infernales d'arpèges esthétiques ou ultra-speed,
liés par des samples comme autant de pauses respiratoires.
Seul la voix taillé dans l'urgence reste identifiable.
30 minutes de pures folies, du bonheur plein les oreilles. On
vous rend à vous même méconnaissable.
SKX (19/10/1999)
|
DO
MAKE SAY THINK
"
and yet and yet " - CD
Constellation 02
Le
troisième album de do Make Say Think me laisse perplexe.
Autant le précédent avait emballé la mise,
tout en recherche sonore, en prise de risque, en dérapages
plus ou moins contrôlés, autant ce nouvel arrivage
brosse le poil dans le sens d'une caresse bienveillante. Ce collectif,
spécialité Constellation records, et plus que proche
des incontournables Godspeed You Black Emperor, a choisi cette
fois-ci de ne pas brusquer l'auditeur. Ce tout instrumentale génère
un plaisir qui dépend de l'humeur du moment. Tout ou rien.
Le béatitude solaire au mieux. Le sommeil de plomb au pire.
La musique d'ascenseur qui concurrence Tortoise sur son propre
terrain dans le genre platitude où rien ne se passe. Ou
l'amour des grands espaces. Non, franchement, circonspect je suis
et d'une borne négative à positive je passe. De
magnifiques mélodies jalonnent pourtant ces sept titres
comme sur "white light of". Des rythmes qui poussent
à l'hypnotique éveillent l'attention. Des trompettes
qui sonnent l'espoir. L'ensemble ne manque pas d'intérêt.
Mais trop de langueurs monotones, de boucles sans fin, de facilité,
des moments où on attend désespérément
quelquechose, une aspérité à laquelle s'accrocher.
Je décroche. Je reviens dans la partie. Des promesses non
tenues. Des éclairs qu'on attendait plus. A ce rythme là,
du verre à moitié plein ou à moitié
vide, on a facile d'aller boire un coup chez le voisin (proverbe
polonais). Chacun sa barrique. Chacun sa peine.
SKX (21/06/2002) |
DOLORES
"
poison apple / heartless " - 7
Renaissance 99/00
On
lui caresserait bien les fesses à Dolores, sauf que sa
tête de mort en haut de ce corps avantageux dessiné
sur la pochette calme les ardeurs les plus téméraires
et que ce doux patronyme n'est que le mot de passe d'un monde
où le hardcore-metal moderne et bruitiste est à
l'honneur. Sur Renaissance, très proche des conspirateurs
de Crimeth Inc., Dolores sort une 1ère salve qui fera date.
Déjà étonnant de maturité, autant
pour la production (gigantesque avec un son de gratte strident
et précis comme un scalpel) que pour les compos (torturées
et éclatantes), ce premier single " Poison Apple "
porte le souffre sur les éruptions de Converge et Today
is the Day. Ca défonce les portes à coups d'épaule,
trace des angles droits, tire en rafales et achève les
blessés par des samples discrets. Très très
impressionnant !! Sur leur 2ème single , "Heartless",
Dolores a toujours le goût de sang dans la bouche. La face
sombre et lourde de Neurosis se dévoile un peu plus. Comme
cette face "2" qui se consume sous son propre poids
avant de s'envoler vers des arpèges célestes. On
se recroqueville sur nous-mêmes, boules durcies, prêts
à gicler, n'offrant pas de prise favorable. La hard-core
américain, avec le nouveau millénaire, devient de
plus en plus angoissant. Le pire, c'est qu'on en redemande ! Le
repos n'est pas permis....
SKX (25/07/2000)
|
DOPPLER
"
s/t " - CDEP
S.K. records 01
Il
doit exister un je ne sais quoi de tordu qui flotte au-dessus
de Lyon. Une atmosphère viciée porteur d'une germe
qui infecte ces groupes de façon commune : on citera les
malades les plus connus : Deity Guns / Bastard, Condense. DOPPLER,
trio lyonnais né en 1997, porte en lui cette identité
musicale, se nourrit de ces gênes pour à leur tour,
la muter tout en gardant l'esprit maison, la transformer tout
en apportant une nouvelle pierre à un édifice écorché.
A la manière de Washington DC dans un tout autre style.
Le présent délit est un quatre titres entièrement
dévoués au saint dogme du Do It Yourself par le
label également du sérail S.K. records (dont Doppler
est activement membres). On reste en famille. Et le deuxième
disque de Doppler. Je ne vous parlerai pas de l'évolution
par rapport au premier vu que mes tympans n'ont jamais eu la chance
de l'écouter mais je m'en mords les doigts d'avance. Ce
nouvel EP a fait l'effet d'une bombe dès la première
écoute! Une maîtrise totale du son, massif mais où
tous les instruments (guitare, basse, batterie, voix, la base
quoi!) s'expriment clairement, mixage sans peur sans reproche
et un rôle prépondérant des samples. Un instrument
à part entière, s'intégrant par la grande
porte et qui rajoute au climat oppressant ambiant, sans être
dénoués d'humour (les samples, à condition
de l'avoir pervers et noir, le sens de l'humour). Voix torturées,
guitares tendues et criantes, lignes de basses obsédantes,
saines attaques soniques ou ambiances sombres et envoûtantes
à la Deity Guns comme sur le 3ème morceau. Ces 4
titres (pour 26 minutes de bruits fortifiants et en comptant les
trois minutes de bruits de vaisselle à la fin) sont en
tout point réussis. Un beau pavé dans la mare noise
française comme on en avait pas entendu depuis longtemps.
(La version 10"" vinyl d'ici quelques mois).
SKX (02/05/2001) |
DRAIN
PUMP BOOSTER
"
s/t " - mini-Lp
Kerosene 00
A
l'est de la France, la noise froide, chirurgicale et maladif draine
les corps. On sent ce nouveau trio de Nancy élevé
au White Noise urbain et tendu où dans un même élan
syncopé, Cop Shoot Cop et Jesus Lizard ont planté
des graines, pourries jusqu'au noyau. Ca de l'allure, du volume,
sans emballement excessif. On aurait aimé plus de folie
comme ce quatrième morceau avec son cuivre qui sème
le bordel et une musique qui mériterait une production
plus empreinte de sauvagerie, moins propre sur elle. Quitte à
faire mal, autant ne pas laisser de blessés. Il reste une
belle impression qui ne demande qu'à s'enfler, une bête
encore sage qui a tout plein de grands espaces devant elle pour
semer espoir et cataclysme.
SKX (26/09/2000)
|
DRILL
FOR ABSENTEE
"
circle music " - CD
Mindwalk records 99
Une
histoire de cercles. Dans le packaging, sobre et éclairant.
Dans le titre de ce mini-album. Une façon esthétique
de suggérer l'éternel cercle infernal du recyclage
de la musique ? S'inspirer du passé pour encore aller de
l'avant.... A ce petit jeu là, DFA ne déroge pas
à la règle. Pour unique point de repère à
titre de comparaison toujours réductrice, June of 44. Et
une certaine touche emo. Pour le reste, DFA, en élèves
doués, ne s'appesantissent pas et tissent leurs propres
univers, sobre et lumineux à l'instar de la pochette. Avec
pour bien commencer, "circle", le titre de loin le plus
nerveux, hymne fédérateur, refrain imparable. La
couleur est annoncée, la route va être bonne, parcourue
avec une certaine nonchalance, jamais très loin de la tension.
Notions de grands espaces. Aériens. Le ciel est bas et
l'orage toujours menaçant. Dosage parfait, finesse et force
des compos, une vraie réussite !
SKX (04/08/1999) |
|
Daïtro
Des cendres, je me consume - CD
Alchimia 2004
Coup sur coup, le label lyonnais Alchimia nous sort deux productions
éminemment recommandables. Après Mihaï Edrisch,
c'est au tour d'autres lyonnais d'adoption de sortir comme un
grand son premier album. Les similitudes avec leurs compagnons
d'écurie sont nombreuses (en plus de partager un même
membre !) mais si vous aimez ce hardcore passionné et
hautement émotionnel tout en étant prêt
à tout défoncer sur leur passage, un détour
par Daïtro est inévitable. Pour autant, Daïtro
appose sa marque et pose le rythme. Foncièrement moins
hystérique, ils explorent également une approche
un poil plus rock'n'roll à la JR Ewing, n'hésitant
pas à diluer leur énergie juvénile dans
des plages de fausse tranquillité. Roulette russe d'un
nouvel âge où tout peut arriver, torrent d'adrénaline
distribué avec doigté, apôtres d'un style
musical qui connaît déjà de nombreux disciples,
Daïtro n'est pas le groupe de trop et frappe juste d'entrée.
SKX
(26/06/2004)
website
groupe
www.daitro.fr.st
website
label
alchimia.inc.free.fr
sounds
mon_corps.mp3
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Daughters
canada songs - CD
Robotic Empire 03
Nul besoin de s'appeler Jean-Claude Van Damme pour savoir que
"daughters" signifie "filles". Mais les
filles de qui? Les filles de The Locust pardi! Une famille peu
fréquentable, il va sans dire. Démoulé
chaud, Daughters taille dans le vif et torche dix morceaux en
pratiquement autant de minutes. Une musique qui respire la grande
santé psychique. Des bâtards américains
qui ne rêvent que de sauter vos petites surs. Avec
des titres aussi évocateurs que "nurse would you
please prep the patient for sexual doctor", "i don't
give a fuck about wood, i'm not a chemist" et le fin du
fin " pants meet shit". Pour autant, par rapport à
leurs (faux) frères les Locust, Daughters rallonge (un
poil) le tir, garde une cohérence de bon aloi dans la
construction de leurs morceaux avec (plus ou moins) un début
et une fin, un fil conducteur auquel se raccrocher. Point de
claviers à l'horizon, que du vrai du brut. Melt-Banana
pour hommes, salement punk, un beau glaviot à la face
des convenances. C'est du rapide et c'est tant mieux. Au-delà,
ça n'aurait plus sa raison de vivre.
SKX
(16/02/2004)
website groupe
http://www.wearedaughters.com
website
label http://www.roboticempire.com
sounds
http://www.hxcmp3.com/bands/1606/
|
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The
Dead Science
Submariner - CD
Absolutely Kosher 2003
Gant de velours. Une main nous enveloppe et nous montre un horizon
sans limite. The Dead Science nous invite à prendre la
route. De longues routes sinueuses entre chien et loup sur un
asphalte humide. Trio américain avec deux membres émancipés
de l'ovni Xiu Xiu pour jouer leur propre partition. Et créer
un monde tout aussi à part, loin des foules, loin des
modes. Une batterie, une guitare, une contrebasse pour quelque
chose de minimaliste et étrangement luxuriant. Cette
chaleur qui émane de la voix, sensuelle et aérienne.
Cette notion de maudit blues cher à Nick Cave coulé
dans une atmosphère de club jazzy enfumé, avec
ses pointes chaotiques et le son d'un cuivre du fin fond du
sous-sol. Un Morphine version sombre, la loose, toujours la
loose, rien à faire que de se traîner. Submariner
est leur premier album. On atteint là un sommet, triste
et beau, extrêmement musical, d'une indolence trompeuse,
des morceaux qui vous arrachent des lambeaux, la désolation
sans le vide. Non, de la sale noirceur, consistante, humaine,
avec sa part de rêve même si on sait que c'est couru
d'avance, la fin sera loin des clichés hollywoodiens.
Se laisser couler et envahir par un album foncièrement
différent et unique. Qu'importe votre chapelle, une écoute
s'impose.
SKX
(03/03/2004)
website
groupe www.thedeadscience.com
website
label www.absolutelykosher.com
- www.woodsonlateral.com
(LP)
|
The
Dead Science
Bird Bones in the Bughouse - CDEP
Absolutely Kosher 2004
Consistance
vaporeuse. La lumière arrive par quelques petits trous
qui transpercent cet écran de fumée. The Dead
Science aime la quiétude malsaine, une ambiance trompeuse.
L'engourdissement, un déhanchement coupable. Cinq nouveaux
titres pour faire suite au somptueux Submariner. Pratiquement
un album avec sa durée dépassant les vingt-cinq
minutes. On a connu de véritables soi-disant albums plus
courts. C'est que ce trio établit à Seattle ne
se presse en rien. Autour du noyau indécrottable des
Bischoff (Jherek et Korum) et Sam Mickens, des invités
pour souffler dans un cuivre ou tâter de l'instrument
à corde comme la surprenante reprise du tube de Terence
Trent D'Arby " sign your name " où on croirait
entendre de la harpe
. Avec le temps, le trio semble se
volatiliser encore plus, plus immatériel que jamais,
la voix, réincarnation de Jeff Buckley, ces accords taillés
pour la route et les échappées nocturnes, je fond,
je me liquéfie, la classe, la vraie, sensuelle et si
consistante. The Dead Science vous berce et vous cingle, planante
et terrible. On y rentre comme en religion ou on reste à
la porte. Pour ma part, je m'y engage les yeux fermés.
La musique se charge de les ouvrir dans l'obscurité.
SKX
(04/12/2004)
website
groupe www.thedeadscience.com
website
label www.absolutelykosher.com
sounds
Knife.mp3
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Death
from Above 1979
You're a woman, i'm a machine - CD
Vice 2004
Sous
ce nom à coucher dehors se cache deux canadiens. Sebastien
Grainger à la batterie et au chant, et Jesse F. Keeler
(ex-Black Cat 13 et solo man dans son excellent projet Femme
Fatale) à la basse et occasionnellement synthés.
Deux précédents disques (un six titres "
Heads Up ! " et un autre 12'' " Romantic Rights ")
pour nous faire saliver. Il était permis de rêver.
A croire que ce label, Vice records, est maudit. On les avait
laissé tout crade et mal élevé. Ils nous
reviennent avec les gros sabots, faussement méchants
et en voie de formatage pour jeunes gens branchés en
mal de sensations fortes. Il reste de la crasse sur les lignes
de basse mais imaginez Godheadsilo (mythique duo noise sur Kill
Rock Stars puis Sub Pop qui a donné ses lettres de noblesse
à la formule) faisant désormais du Led Zeppelin
?! DFA 1979 a de l'énergie à partager, des coupes
de cheveux pas réglementaires mais pourquoi sortir le
gros attirail et les accroches faciles ?! L'approche de DFA
1979 a toujours été assez binaire. Rock-noise
fiévreux pour pistes du samedi soir en chaleur dans un
trou perdu. Là, ils ont poussé le bouchon encore
plus loin, logique commerciale, refrains faciles, voix de hard-rockeur
à peine distordue, " sexy results " pour finir
péniblement cet album, le pompon est décroché,
sexy comme un travelo russe de 50 balais, c'est pas du cuir,
c'est du skaï et les taches de graisse restent plus facilement.
Ya de quoi se secouer le cocotier mais restons vigilants, ça
sent le racolage et le mauvais goût.
SKX
(04/12/2004)
website
groupe www.deathfromabove1979.com
website
label www.vice-recordings.com
sounds
LittleGirlEwma
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Deerhoof
Milkman - CD
5 Rue Christine 2004
Deerhoof enchaîne les perles. Alors que l'on a encore
bien en tête leurs deux précédentes uvres
" Reveille " et " Apple O ", le très
prolifique groupe de San Francisco, Deerhoof, nous apporte une
nouvelle fraîcheur avec " Milkman ", un album
narrant les malheurs d'un livreur de lait. C'est sur un plateau
que Deerhoof nous sert cette dernière livraison. Indéniablement
plus accessible, il en reste pas moins un juteux compromis entre
leur facette expérimentale/bricoleuse de toujours et
une mise en avant de leur talent mélodique. " Milkman
" est un vrai disque de pop exigeant. Mélodies immédiatement
identifiables. Structure d'album plus classique (plus de chansons,
moins d'interludes et de bidouillages). Deerhoof enfile les
tubes en puissance comme " giga dance " et "
milking " sans facilité. Et pour les esprits chagrins,
à écouter de plus près, les arrangements
maison foisonnent. L'abstraction de leur musique et les distorsions
sont toujours présentes mais se diluent dans le paysage
au profit de réelles compostions qui affichent explosivité
et légèreté. Au baroque de leur pop, ils
ont su rajouter l'efficacité, se dispersant moins à
tous vents, se concentrant sur le nerf. A l'image de leur pochette
(un dessin avec un personnage au trait enfantin qui perversifie
son innocence avec une banane plantée sous l'aisselle
et l'autre
dans l'anus !), Deerhoof continue de presser
le fruit du pêché, d'en tirer toute la sève,
les pépins avec, juste au cas ou vous pensiez avaler
cet album comme du petit lait. Quand vous avez devant vous un
groupe aussi ambitieux musicalement et capable en même
temps de toucher le cur du plus grand nombre sans se défroquer,
j'appelle ça du grand art.
SKX
(28/08/04)
website
groupe deerhoof.killrockstars.com
website
label www.5rc.com
sounds
Milking.mp3
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Dmonstrations
Self-titled EP
Strictly Amateur Films 2004
Dmonstrations est un trio de la cote ouest composé au
tiers d'ex-Dosage and Usage, un groupe qui n'a jamais défrayé
la chronique, je vous l'accorde. Un jeune groupe qui s'inscrit
dans la mouvance no-wave, le truc où est n'est plus sûr
de rien, où tout est misé avant tout sur l'énergie
et l'anarchie plutôt que sur l'émotion. Le genre
de groupe fâché avec les structures même
si ils n'ont pas complètement lâché l'affaire.
C'est du coté des Ex-Models, Popular Shapes et surtout
Brainiac qu'il faut voir une quelconque inspiration. Dialogue
de sourd entre instruments pour effets mineurs. Le son de gratte
est relativement squelettique, vaguement garage-rock mais Tetsunori
Tawaraya, le chanteur-guitariste a bouffé trop de piments
et son larynx crie au secours, décalottant toutes idées
d'une bonne société retrouvée. L'envie
d'en découdre est présente mais il reste encore
du boulot sur la planche.
SKX
(04/12/2004)
website
groupe www.dmonstrations.com
website
label www.strictlyamateurfilms.com
sounds
flyingsaucer.mp3
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Desert
City Soundtrack
Funeral Car - CD
Deep Elm 2003
La vie n'est-elle pas un long fleuve tranquille?! Alors rien
de tel qu'un p'tit air de piano pour commencer les hostilités.
Desert City Soundtrack est américain, a signé
sur le label très connoté "emo" Deep
Elm mais c'est plutôt du coté de Black Heart Procession
qu'il faut chercher une quelconque influence. Ce piano qui ouvre
le bal n'est pas un caprice mais un instrument à part
entière, voir centrale, et la ressemblance avec la bande
à Pal Jenkins est assez frappante. Mais c'est un Black
Heart qui aurait la procession mouvementée, un Black
Heart qui s'est mis au rock et qui n'hésite pas à
traverser ses monstrueuses ballades par des flèches explosives.
Comme si Black Heart faisait du 400 Years ou Engine Down! Autant
vous dire que ya de la mélodie dans le fourbis, ça
s'envole et ça pète de toutes les couleurs. De
la mélancolie mais pas d'ennui. De la trompette pour
mieux boucher les coins, des cris qui déchirent, des
plaintes qui s'élèvent pour revenir au repos du
guerrier, de la vie et plein de sentiments contradictoires qui
dans les mains de Desert City Soundtrack sonnent juste. Un très
bel oasis.
SKX (19/03/04)
website
groupe www.desertcitysoundtrack.com
website
label www.deepelm.com
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DEVEROVA
CHYBA
Do stran - CD
Free Dimension 03
L'entrée
en matière est martiale. Roulements de batterie, une
basse puis une autre, la terre s'ouvre, la voix d'envahisseur
des steppes de l'Est, sonorités gutturales. Deverova
Chyba est un trio tchèque (Tabor exactement, la même
ville que le label Free Dimension et où réside
le fameux duo Sabot, lui aussi adepte du basse-batterie). Mais
alors que Sabot s'engage dans des chemins rythmiques alambiqués,
Deverova Chyba n'a pas le complexe de la mélodie. Car
No Means No fait parti de leur père spirituel. Alors
ça tangue, ça valse, ça groove, tout n'est
pas que froideur et uppercut dans le foix. L'une des basse est
forcément plus chantante alors que l'autre fait le boulot
pour lequel elle a été initialement crée.
La complémentarité est excellente. La batterie
manquerait presque d'esprit d'initiative face à ces deux
prétendantes qui tiennent la baraque. Direct et sans
fioriture. La souffrance se fait sentir, sait ou pousser ses
pointes. Dans l'arsenal de Deverova Chyba, rien de superflus.
On se tend parfois à l'écoute de la voix dont
la tonalité générale un rien gueularde
jure un peu dans le paysage. Un deuxième album, bien
assis, sûr de sa force, à qui il manque un brin
de légèreté et de folie pour un envol définitif.
SKX (13/01/2004)
website groupe www.freedimension.cz/devchyba/indexeng.php
website label www.freedimension.cz
sounds www.freedimension.cz/audio/indexeng.php
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Die
Princess Die
Self-titled CD
Cut Lips 2004
Se tirer une balle dans le pied. Ca ne se négocie pas.
Un son qui vous trucide. Plein d'une basse sur le nerf, de guitares
qui font le mur, d'une voix transpirant une colère non
feinte. Pour sûr, Die Princess Die. Aux dernières
nouvelles, un ancien Camera Obscura
(31G records) officierait dans le lot. L'oppression, le souci
du bruit, les grands coups dans la tronche, scander, saturer,
trafiquer. Et finalement rendre harmonieux l'impossible, apprivoiser
toutes les pulsions les plus primaires pour un rendu digeste.
La vieille équation bruit + mélodie, résultat
maîtrisé de haut-vol, du fin fond du larsen jaillit
la lumière. Deux remixes en prime. Utile pour une fois
car ne sacrifie en rien à l'équilibre du tout.
Le bruit se conjugue à toutes les sauces. Froideur, effusions
multiples, ce premier album vit dangereusement, puits à
émotions qui t'enveloppe comme une bonne douche d'eau
chaude/froide, te fouette le sang puis le glace. Ca se prend
d'un seul souffle. Impressionnant.
SKX
(24/09/2204)
website
groupe www.dieprincessdie.com
website
label www.cutlips.com
sounds
SHAKES.mp3
| hunting.mp3
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The
Dillinger Escape Plan
Miss Machine - CD
Relapse 2004
Je
n'attendais rien de spécial de ce disque. Je n'ai pas
été déçu. Cinq années ont
passé depuis leur fantastique premier album " Calculating
Infinity ". Changement de chanteur. Pas mal de supputations.
Après tout ce temps, on peut presque dire que ce n'est
plus le même groupe. On retrouve cette folie de breaks,
cette maestria technique, cette violence metal-hardcore. Mais
ce n'est qu'une infime partie de la donne. Car même dans
ces cas là, c'est du Dillinger Escape Plan sans surprise,
sans inspiration, qui se contente de répéter ses
gammes sues par cur à l'infini. Alors quand en
plus, vous rajoutez un nouveau chanteur qui, quand il ne se
contente pas de hurler comme le précédent, singe
Mike Patton avec des accents de hard-rocker en plus, ça
devient pitoyable. Vous pimentez avec des passages ultra-mélodiques
risible et putassier censés attirer un public dont je
ne veux même pas savoir le nom. Des éléments
ambiants en digne fans de Nine Inch Nails qu'ils sont mais qui
n'ont aucun intérêt sinon de remplir le vide. C'
est marrant comment un groupe qui était devenu une référence
pour tout un tas d'autres groupes n'arrive même plus à
leur cheville. D'ailleurs ils ont complètement changé
de cheville ! Sûr que leur public de la première
heure va tirer la gueule. Ils ont intégré le grand
cirque metal/hard-rock calibré pour fans de MTV. Je leur
en souhaite des biens bonnes et des meilleures.
SKX
(29/08/04)
website
groupe www.dillingerescapeplan.com
website
label www.relapse.com
sounds
Baby's
First Coffin.mp3 | Panasonic
Youth.mp3
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Dilute
Grape blueprints pour spinach olive grape - CD
54' 40° or Fight 2003
Dilute
part d'un point mais on ne sait jamais où ça va
se terminer. Ni comment ni pourquoi. On ne comprend pas grand
chose d'ailleurs. Sauf que ya du guitariste! Deux beaux spécimens
qui tricotent sévère, tournent en boucle et en
bourrique des mélodies qui ont eu le malheur de passer
par là. Dilute est un groupe américain à
part dans le paysage. A la frontière du math-rock de
part sa complexité mais pas assez tourné vers
l'aspect rythmique du style. Subtile et suggestive, leur musique
pourrait évoquer un climat pop et tranquille mais leurs
structures sont bien loin des clichés du genre. La voix,
aussi discrète fut elle, est plaintive et décalée.
Non, définitivement, ce groupe est à part. Un
climat bien à eux, tout en pastel et en pointillé
et ne croyez pas que ça manque de consistance. Ces musiciens
sont très doués pour faire évoluer des
structures par petites touches, des virtuoses du contre-pied,
provoquer des ruptures totalement inattendues. Un talent certain
pour rendre une narration fluide alors qu'à y regarder
de plus prêt, on se rend bien compte que c'est pas à
la portée du premier venu. Un je ne sais quoi de Gastr
Del Sol dans les guitares, dans cette approche non conventionnelle
du rock tout en gardant un minimum d'esprit cartésien.
Ou pour faire plus prêt de chez nous, Cheval de Frise
en version quatuor. Alors qu'importe la destination finale et
le pourquoi de la chose tant que le voyage aura été
surprenant et original. Du haut vol.
SKX
(08/03/04)
website
groupe www.fiftyfourfortyorfight.com
website
label
www.fiftyfourfortyorfight.com
sounds
www.fiftyfourfortyorfight.com
-> section "merchandise"
|
The
Discord of a Forgotten Sketch
s/t - CDEP
New Romance for Kids 2004
Il
existe des moments de grands égarements. Des moments
où on ne souhaite plus être soi-même. Non
content des dangers extérieurs, on en vient à
en susciter nous-mêmes. Les uns envers les autres. L'impitoyable,
le plaisir de la souffrance. On en viendrait presque à
trouver The Discord of a Forgotten Sketch absolument nécessaire.
En cinq titres implacables, ce jeune groupe de Montréal
fait une entrée fracassante dans le monde du hardcore
qui est bien plus que du hardcore. Ils éclatent les genres,
comme bien d'autres avant eux me direz vous, mais à ce
point, est-ce bien raisonnable ? Alliant technique de haut-vol
et sens du désordre organisé élevé
au grade le plus haut, porter par une fougue et un esprit retords,
ces Canadiens mettent à leurs pieds tous les groupes
screamo-hardcore de pacotille tout en côtoyant Dillinger
Escape Plan avec la vista d'un Kulara. Ebouriffant, c'est comme
un grand pain dans la tronche, les genoux sciés, que
l'on reçoit leur charge au vitriol. Dans ce grouillement,
tout est simple. L'angoisse en marge. Se laisser porter par
le flux et le ressac. Mais qu'ont-ils à se démener
de la sorte ? Bienvenue dans un monde meilleur !
SKX
(20/06/2004)
website
label
www.newromanceforkids.cjb.net
sounds
objectarestupidyouareone.mp3
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Doppler
Si Nihil Aliud - CD
Aere Alieno 2004
Je
viens d'écouter pour la énième fois ce
nouvel album des Lyonnais de Doppler et je mets encore une fois
un bon moment pour reprendre mon souffle. Après deux
maxi sur SK records, Doppler passe la vitesse supérieure.
Que six morceaux mais la durée d'un vrai album. C'est
qu'ils prennent leur temps pour vous achever! Comme tout bon
groupe de Lyon qui se respecte, les Deity Guns ont bercé
leur jeunesse, tout comme la scène noise-rock américaine
au début des années 90. C'est indéniable
et ils ne cherchent pas à s'en cacher d'ailleurs. Mais
derrière tout ça, on sent un vrai amour pour cette
musique dense, frénétique, malsaine et furieusement
dissonante. Une vraie passion pour le bruit, ce putain de bruit
qui sort saignant des guitares, ces rythmiques lourdes, le nerf
de la batterie, ces voix trafiquées. Ce bruit maladif
qu'ils maîtrisent si parfaitement car il faut souligner
ici la production impressionnante qui met parfaitement en valeur
la furie de la bête. Ca faisait bien longtemps que je
n'avais entendu guitare sonner aussi purement, vous péter
à la tronche comme si elle faisait partie de vous! En
plus, Doppler a l'intelligence d'aménager quelques temps
de repos, de salutaires et sombres passages atmosphériques
où l'effet de leur machinerie hypnotique ne prend que
plus d'ampleur. Ca vibre de partout. Un album habité,
de chair et de sang, saisit en pleine transe, en plein sabbat
noise comme on n'en fait plus. Grandiose.
SKX
(08/03/04)
sounds
skmagazine.free.fr/mp3/DOPPLeR_chausson24.mp3
|
|
The
Dead Science
Frost giant - CD
Absolutely kosher 2005
The Dead Science dans un souffle, une respiration avant de passer
dans l'autre monde. A moins qu'ils y soient déjà.
Une complainte éthérée portée par
le vent du soir. Effluves mélancoliques, Dead Science
va finir par s'évaporer. Musique fantomatique, elle n'est
pas vide, elle effleure. Ce n'est pas un de ces énièmes
groupes post-rock qui masquent leur manque d'inspiration sous
des silences coupables et de faux prétextes artistiques.
Chez Dead Science, ça joue. Mais tout est en pointillé,
en suspend. A commencer par cette damnée voix. Sam Mickens
déclare avoir beaucoup écouté Prince et
Mickael Jackson ces dernières années
Son
chant s'en inspire qu'il dit ! Elle fait surtout toujours penser
à celle de Jeff Buckley, peut-être l'on-t-il croiser
dans l'au-delà. Le reste suit au diapason, imperceptible
durcissement du rythme, le fardeau sous le poids d'une longue
marche, la contrebasse surmonte et rassure tandis que la guitare
égrène comme dans un dernier cortège un
tombeau de notes sur lesquelles on se laisse glisser, happer,
vers des contrées mystérieuses où il est
tentant de s'y établir. Frost giant est un disque
de contemplatif, pour ceux qui aiment prendre leurs temps, se
laisser porter. Mais qu'on ne s'y trompe pas, il faut les sens
tourmentés. Un disque qui n'est pas de tout repos au
risque de devenir définitif.
SKX
(09/12/2005)
website
groupe www.thedeadscience.com
website
label www.absolutelykosher.com
sounds
DrrrtyMagneto.mp3
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Death
Sentence : Panda !
Puppy kitty or both - 10''
Upset the Rhythm 2005
A
coucher dehors les soirs de pleine lune. Non-sens perpétuel.
Trio sortie de sa baie, celle de San Francisco et libéré
conditionnellement de leurs autres projets (Crack: We Are Rock,
Murder Murder et Total Shutdown). Punk dérisoire, maître
de la cacophonie, la mise en forme dramatique du bruit. Un flûtiau
(et faut se lever de bonne heure pour me faire apprécier
la flûte), clarinette, batterie malmenée et demoiselle
énervée au chant. De Deerhoof, ils prennent le
sens du baroque. Du reste, ils gardent beaucoup, des trucs à
gauche, à droite, des musiques de partout, rien à
voir avec le rock mais tout l'esprit DIY, la malice d'un Experimental
Dental School, un bon coup dans les bronches, Melt-Banana sans
la vitesse. Ce premier EP 8 titres agrandit les horizons. Une
fessée des plus agréables.
SKX
(27/04/2005)
website
groupe www.deathsentencepanda.com
website
label www.upsettherhythm.co.uk
|
Deerhoof
Green Cosmos - CDEP
Menlo Park 2005
Les
fanfarons de Deerhoof sont de grands enfants, c'est bien connu.
Et une source inépuisable à disque. Un nouveau
sept titres où Deerhoof teste. Je sais pas trop quoi
mais ils testent, cherchent, s'aventurent, font du Deerhoof
mais des trucs bizarres aussi comme ce Spiral golden town.
On croirait écouter la musique de film des Sous Doués
revue par Michel Legrand et Cheb Mami !! Entre un ou deux morceaux
qui font chutes de studio, Deerhoof nous délecte quand
même d'un Koneko Kitten, berceuse perverse comme
ils en ont le secret et Byun qui devrait ravir le marché
Thaïlandais et les fans d'Abba. Vous l'aurez compris, ce
disque de Deerhoof est un amuse-gueule pour le grand enfant
qui sommeille en vous. Je ne sais pas si il faut prendre ça
au premier degré mais leur esprit frivole atteint des
sommets. Leur habituel pop rococo bidouillé maison de
l'an 2000 prend une tournure bizarre que le futur nous affirmera.
Ou pas.
SKX
(20/07/2005)
website groupe deerhoof.killrockstars.com
website label www.menloparkrecordings.com
|
Deer
Hunter
Turn it up faggot - LP
Stickfigure 2005
Deer
Hunter débarque d'Atlanta, les deux pieds dans le plat.
Funky noisy, leur démarche est souple et volontaire.
Une rythmique faussement dansante à la Chinese Stars,
des guitares bien tranchantes, tombant en épluchure dense,
cristallisant les timidités, un fond de casserole années
80, un groove pernicieux, hypnotique, un système répétitif
qui fait monter la sauce, The Fall pourquoi pas, des tas d'échardes
et le pansement qui va avec, Deer Hunter ne sont pas vaches
non plus. Des mots, autant de refrains, juste un, scandé
jusqu'à l'épuisement, l'enfoncer, t'es sûr
d'avoir bien compris, envolées et larsens dans le retour.
Et le chaos final, " death drag ", le rythme bruitiste,
la machine de fer, une pelleté de friture sur la ligne,
le soldat qui monte au front, inconscient, parce que tu vois,
on est des professionnels, sous le déluge et la toupille
qui renvoie l'image sourde et fracassante d'un premier album
aux pôles contradictoires et fort prometteur.
SKX
(29/04/2005)
website
groupe dieslaughterhausrecords.com/deerhunter
website
label stickfiguredistro.com/stickfigurerecords
sounds
stick018v.mp3
|
Deerhoof
The runner's four - CD
5RC / kill Rock Stars 2005
La
tournure bizarre entreprise avec leur précédente
production Green cosmos ne laissait
pas présager d'un tel disque. On les attendait encore
plus barré, définitivement parti sur les routes
de Katmandou où le baroque le disputait à l'étrangeté.
Mais c'est vers un univers pop et rock bercé par les
sixties et emprunt de classicisme que le groupe de San Francisco
se tourne. On a bien toujours des petits trucs singuliers dans
les arrangements, une touche définitivement Deerhoof
qui les poursuit mais le caractère est très houla
hoop et caresse dans le sens du poil. La voix enfantine de Satomi
Matsuzaki se fait régulièrement secondée
par ses acolytes masculins. Les mélodies sont généralement
abondamment sucrées. Quelques sauts d'humeurs passagers
(Scream team ou Midnight bicycle mystery) qu'on
aurait souhaiter plus nombreux qui n'enlèvent pas cet
arrière goût de trop plein, ce sirop trop riche
qui finit par vous couler sur les poignets et qui agace. Même
les petites perles calibrées pour faire tilt dans le
juke-box finissent par écoeurer. Pourtant, les compositions,
sous leur apparente simplicité, bénéficient
de nombreuses trouvailles, de riffs malins de John Dietrich
à la guitare, de rythmes appuyés par l'habituel
grand échalas tout en rire nerveux de Greg Saunier, d'une
multitude de petits trucs qui prouvent que Deerhoof a toujours
de l'imagination et a tenté d'amener sa barque un peu
plus loin que d'habitude. Mais tout ça est trop beau
et propre sur soi, un monde merveilleux, rose et bleu, moi aussi
je m'aime, 20 morceaux pour presque une heure de musique, ça
devient rapidement crispant. Deerhoof, un groupe surprenant
à plus d'un titre, qui ne finit pas de dérouter.
Mais pour cette fois, je passe mon tour.
SKX
(08/12/2005)
website
groupe deerhoof.killrockstars.com
website
label www.5rc.com
sounds
WrongTimeCapsule.mp3
|
De
Kift
Vier Voor Vier - CD
2003
Comme
Perte & Fracas aime coller au plus juste avec l'actualité,
cet album est chroniqué pratiquement 2 ans après
sa sortie. Il était moins deux. Normal pour un concept
album qui répond à " quatre heures moins
quatre ", en français dans le texte ou le charme
inaltérable des traductions made in De Kift. Un sixième
album sous la forme d'un opéra basé sur la pièce
de théâtre de Elisabeth Bam et écrit en
1928 par l'écrivain russe Daniel Charms. Autant vous
dire que ce sont des noms qui nous parlent ici. "Vier Voor
Vier est un CD pour tous ceux qui aiment l'opéra mais
ne le savent pas encore " dixit la troupe hollandaise.
On pourrait dire aussi que tous ceux qui aiment l'opéra
n'aimeront pas ce CD. L'opéra vu par De Kift sort forcément
des sentiers battus et les puristes prennent un coup dans la
tronche. On a beau y retrouver une multitude de chants, de chorales,
de voix tantôt féminines, tantôt masculines
ou tous ensemble, tous ensemble (ouais), ce n'est pas l'image
que j'avais d'un opéra. C'est comme souvent avec De Kift,
mélancolique. Cette mélancolie qui vous donne
le sourire, ces histoires de mondes qui s'écroulent mais
qui, de part leur interprétation toute personnelle, n'arrive
pas à vous plomber le morale. Cette musique servant de
support à un texte, elle est par la force des choses
très narrative. Très peu de batterie, beaucoup
de cuivres et de chants, quelques cordes, les 26 morceaux s'enchâssent,
se succèdent, ne forment plus qu'un. Il manque les images
pour la pleine mesure de la musique. Un disque à part
dans leur discographie. On ne saurait être complet sans
parler de l'emballage. Comme d'habitude, De Kift a soigné
la présentation. Livre-CD qui s'ouvre sur un découpage
audacieux accompagné de deux livrets (partitions et textes
en hollandais de la pièce). Depuis, Les Têtes Raides
sont passés par là, leur ont offert premières
parties et fenêtre plus large sur le public français,
d'où une compilation sortie cette année avec des
morceaux tirés de Koper et Vlaaskorts. Et pour être
complet et réparer le retard de cette modeste chronique,
un DVD de Vier Voor Vier vient de sortir. La musique n'a plus
d'excuses, elle. On va pouvoir vérifier si l'appui des
images lui donne effectivement sa pleine mesure. Et le temps
que je me procure un DVD, vous attendrez encore bien deux ans
pour la chronique.
SKX
(16/10/2005)
website groupe www.dekift.nl
sounds Bier_en_Erwten.mp3
| Guldentje_Maar.mp3
Ouverture.mp3
|
Die
Monitr Batss
Girls of War - CD
Troubleman 2004
Die
Monitr Batss reprend ses fringues d'une autre décade
pour tenter de lui redonner un coup de jeune. Avec le guitariste
de The Gossip, un autre mec de Sleetmute Nightmute, un saxophoniste
et occasionnellement un femme aux vocalises, Die Monitr Batss
jouent aux punks d'origine avec cette manière convulsive
et nombriliste, non je ne danserais pas, tout maigre et blanc.
Un deuxième album bien dans la continuité de leur
" Youth controllerzzz " sorti sur Dimmak avec un son
plus conséquent, des mélodies, aussi courtes fussent-elles,
mais primordiales, un saxo dérangé pour la touche
chaos et cette voix atonale. Douche froide. Die Monitr Batss
est minimaliste dans la forme, avare de sentiments mais réussissent
plus d'une fois à nous embarquer dans leur Punk-no-wave
entraînant aux hymnes tout simples et cinglants ("
Gore appeal ", " XXETS ", " Girls of war
"). Dommage qu'ils n'aient pas trouvé la recette
sur la longueur. Morceaux anecdotiques. Forcément, on
ne peut s'empêcher à Wire, voir un brin de Sonic
Youth du début et surtout le premier groupe de Lydia
Lunch, Teenage Jesus and the Jerks. Troubleman eux-mêmes
disent que si on les mettait à l'affiche d'un concert
en 1978 avec Teenage Jesus and the Jerks, on ne ferait pas la
différence. Si Troubleman le dit
! En tout cas,
à cet âge, je jouais encore aux billes. New-York,
je n'y ai jamais mis les pieds. Alors moi, ce disque, en 2005,
me va tout à fait.
SKX
(20/02/2005)
website
label www.troublemanunlimited.com
sounds
girls_of_war.mp3
|
Marvin
/ Doppler
12 salopards vol. 2 - split 10''
SK 2005
Après
un premier volume qui m'a échappé, passons directement
au second volet des 12 salopards, qui, comme tout le monde le
sait, sont de Lyon. Le label de la ville a décidé
de nationaliser les justiciers américains pour se venger
de nos guignols à nous. Jean-Michel Jarre (le Charlie
Oleg du 3ème millénaire) et l'abbé Pierre
(oh non putain pas l'abbé Pierre!). La face Jarre, c'est
pour les Montpelliérains de Marvin. Sans doute à
cause du clavier ! Un trio instrumental guitare, batterie et
un modeste clavier bourré d'électronique qui à
lui tout seul (ou plutôt à elle toute seule puisque
c'est une demoiselle qui office derrière la machine)
fait plus d'étincelles que toute la panoplie hightech
de notre JMJ international. Ca me rappelle d'ailleurs le son
des poitevins de Loisirs. Un son singulier qui donne une fraîcheur
et de la personnalité au rock explosif de Marvin. Ca
virevolte, c'est vaguement dansant (pour ceux qui ne savent
pas danser), ça envoie du larsen et c'est bruyant quand
il faut, innocent et malin à la fois. On pourrait citer
des tonnes de références sans que cela définisse
parfaitement Marvin. Plutôt bon signe non ? Deux titres
qui promettent un bel avenir tant qu'ils ne se poseront pas
de question ! La face pieuse est confiée à la
sagacité des Lyonnais de Doppler. De petits pervers qui
ont nommé leur unique morceau de plus de dix minutes
Etude d'une jeune fille de dix-huit ans. Pourvu que cela
ne parvienne pas aux oreilles du saint Abbé. Leur pièce
sent bon la décadence, patiemment construite, la mélodie
qui tourne, le sample du malin, le piano répétitif
avant une courte décharge, s'en aller en courant et finir
par une lente agonie sur l'acoustique d'une guitare toute tremblante
que même notre abbé pourrait apprécier.
Doppler s'affirme continuellement, ose une architecture de haute
volée, jouant plus sur les volumes que sur le volume.
Le pluriel est d'importance. Les justiciers ont frappé.
Les salopards sont en fuite. Très beau combat.
SKX
(19/07/2005)
website groupe dopplernet.free.fr
| marvinsound.free.fr
website label http://www.skrecords.org
sounds http://www.myspace.com/marvinband
|
Desert
City Soundtrack
Perfect addiction - CD
Deep Elm 2005
Le
piano plus que jamais solidement arrimé, Desert City
Sountrack repart battre la campagne. Nouveaux membres à
l'horizon, formule réduite au trio sous un pas toujours
mélancolique. Horizon profil bas, ciel chargé
avec en point de mire sans cesse Black Heart Procession. Mais
exit le coté le plus rock de leur premier album Funeral
Car, un grand morceau de bravoure. Cette fois-ci, c'est
ballade sur ballade. Et à la longue, ça lasse
sévère. Quand ils daignent s'énerver, comme
sur No Signals, leur bourdon se transforme en une colère
salvatrice et ça va beaucoup mieux en le disant. Moment
rare. Au mieux, ce sont des ballades aux rythmes soutenus mais
qui manquent d'un brin de caractère. Au pire, c'est doucereux
et ennuyeux. Du Yes version indé. Rigolez pas. Desert
City Soundtrack n'a jamais prêté à la gaudriole.
C'était du sombre et le mal était profond. Là,
c'est la gougoutte au nez, version commerciale et aseptisée
de ses sombres desseins, le Engine Down sur la fin. Perfect
addiction n'est pas vraiment le terme.
SKX
(12/12/2005)
website
groupe www.desertcitysoundtrack.com
website
label www.deepelm.com
sounds
sur
deep elm en cliquant sur la rubrique Bands
|
Daughters
Hell songs - CD
Hydrahead 2006
Daughters, ces fils de pute, s'en prennent directement à
l'enfer après avoir mis à sac le Canada.
Un terrain à leur mesure. Pour ça, il a fallu
revoir le tir et sa portée. Augmenter la dose de chaos
tout en essayant de surprendre l'adversaire. Après en
avoir eu marre de d'être pris pour les clones de The Locust
(qu'ils n'ont jamais été mais les comparaisons
ont la vie dure), Daughters ajuste sa mire, reprend les cisailles
de Arab on Radar en guise de guitares, prennent de plein fouet
les territoires noise et se permettent même un morceau
de six minutes. Impensable. C'est un rock éminemment
déjanté, des boulets de salves vertes et purulentes
en direction du Malin, n'oubliant pas d'où il vient (le
hardcore, le metal et tout ça) mais tentant de l'apporter
vers des sphères extrêmes et incompréhensibles
par le fan de base (qui comme tout fan est un connard) de Hydrahead
et ces groupes ambiants neo-seventies. On a oublié de
préciser au batteur qu'il ne joue plus dans un groupe
de grind. Le chanteur ne met pas ses vocalises à la hauteur
que nécessite cette folie. Mais pour le reste, ça
tourne sévère. Les deux guitaristes sont des tortionnaires
avisés. Dix titres qui percutent, offrant sa ration suffisante
de défoulement quotidien. Hell songs, c'est pas
encore le paradis. C'est pas non plus l'enfer annoncé.
On se contentera sans problème de ce purgatoire, pauvres
mécréants que nous sommes.
SKX
(20/11/2006)
website groupe www.hellsongsfromdaughters.com
website label www.hydrahead.com
sounds Fiery.mp3
|
Dead
Elephant
Sing the separation - CDEP
Autoproduction 2006
L'éléphant
mort est né d'Elephant Man. Elephant Man n'est plus et
n'a pas accouché d'une souris mais d'un trio fort prometteur.
De sa morne ville du nord de l'Italie, Dead Elephant parle autant
au physique qu'au cérébral. Différentes
approches du rock et de son bruit. Et sombre, très sombre.
Le physique d'abord. Entrée dans le vif du sujet avec
cette attaque noise puriste et tendue qu'un autre groupe italien
hélas méconnu, White Tornado, délivrait
avec passion et urgence. Ca enchaîne sur un Black Coffee
at breakfast aussi digne, Colossamite, Unsane, un riff de
guitare qui vous donne l'envie d'y revenir encore et encore
avant que ce café noir tourne en mare ensorceleuse. C'est
le cérébral qui parle. Après 3 minutes
intenses, c'est déviance en eaux troubles. La face expérimentale,
celle qu'on attendait pas. Une ambiance à couper au couteau
avant une remontée par palier à la surface. Abyss
of my heart ne réchauffe pas l'atmosphère.
De longues minutes de torture, d'échardes électroniques
du fin fond de l'espace et de voix samplées qui tentent
un retour désespéré à la surface
des vivants. Clopixol clot les débats sur un rythme
lent, un climat chargé en nuage bas que des arpèges
tentent d'éclairer, tranchant avec la vivacité
du début. Dead Elephant, en quatre morceaux variés,
créent une alchimie qui tient la route, un univers personnel
conçu comme un film avec des scènes qui prises
séparément n'ont pas grand-chose en commun mais
qui mises bout à bout prennent tout leur sens. Du grand
art !
Ce présent objet sortira officiellement (agrémenté
d'un titre supplémentaire) sur le label américain
Unfortunate Miracle pour le CD et sur deux labels français
pour le vinyl, Gaffer et Desertion records.
SKX
(19/03/06)
website groupe www.deadelephantband.com
website label www.unfortunatemiracle.com
| www.gafferrecords.com
| http://desertion.free.fr
sounds http://www.deadelephantband.com/index.php?mod=9
|
Deep
Dark United
Ancient (Block recording club) - CD
Blocks Blocks Blocks 2005
La
musique de Deep Dark United est une caravane avançant
toute brinquebalante. Muante selon les saisons. Un tas de bagages
hétéroclites sur le toit. Et si le chien n'aboit
pas sur son passage, c'est parce que cet orchestre ouvre le
dialogue, le cur, les bras, tout et le reste à
une musique généreuse et chaleureuse. D'odédience
jazzy, la troupe emmenée par Alex Lukashevsky ne s'arrête
pas là. A coup sûr, tous les férus de jazz
vous bombarderont de références. Mais voilà,
je ne suis pas un spécialiste de jazz et on s'en tape
(non pas le fait que je ne suis pas spécialiste de la
chose (mais j'en connais un rayon sur les rhododendrons) mais
qu'il n'y a pas besoin d'être féru de jazz pour
apprécier le bidule). Car après tout, c'est juste
de la musique qui s'envoie en l'air et ça, tout le monde
connaît (à moins d'être moine ou membre de
l'UMP). La seule référence qui me vient en tête,
c'est le Charlie Haden de l'album Liberation Music Orchestra.
Pas des moindres. Cet élan communicatif, cet humanité
qui transpire, tous ses cuivres (dont celui de Brodie West,
légende du jazz. Je l'ai pas trouvé tout seul.
Je viens de vous dire que je suis pas spécialiste mais
je sais lire une bio (et les livres sur les rhododendrons)),
ses rythmes qui débarquent de partout, s'entrechoquent,
virevoltent, transportés par la prenante voix de la tête
pensante Lukashevsky. Tout y est léger, enveloppé
d'une mélancolie rassurante avant que l'orchestre ne
reparte sur les routes faire swinguer les foules. Populaire
et primesautier, ce troisième album à la jambe
leste et le geste gracieux, encerclant d'un mouvement continu
les De Kift et autres musiques hors du temps. Le chien est content,
il remue de la queue (et le rhododendron passera l'hiver).
SKX
(25/02/06)
website groupe www.deepdarkunited.com
website label www.blocksblocksblocks.com
sounds soul-athlete.mp3
| nun-or-a-bawd.mp3
|
|
Dmonstrations
Night trrrors. Shock !
GSL 2006
C'est
l'histoire d'un mec qui fait des cauchemars pas possible et
qui ferait n'importe quoi pour ne pas sombrer dans le sommeil.
Concept fumeux qui explique (enfin presque) ce titre étrange
Night trrrors. Shock ! Les trois " r ", le
point au milieu et l'exclamation à la fin sont compris
dedans. Moins surprenant quand on sait que le japonais Tetsunori
Tawaraya du duo 2up est compris dans le lot. Un trio avec deux
autres américains qui serait comme une extension de 2up
mais avec une basse en plus et quelques minutes supplémentaires
à chaque morceau. Et c'est dingue comment ça peut
faire la différence. Après un maxi peu convaincant
en 2004, Dmonstrations a profité de ses très nombreuses
tournées pour peaufiner la formule et sa folie de kids
qui n'ont peur de rien. On ère ici dans le domaine sans
camisoles des Mae Shi, Kid Commando, Arab on Radar avec une
certaine fraîcheur à la Rapider than horsepower.
La voix de Tawaraya joue toujours autant les yo-yo mais arrive
par je ne sais quel miracle à tempérer ses ardeurs
pour coller au plus fin avec une musique pleine de vie et rebondissement.
Avec un ex-Makara et Ruhaeda à la basse qui s'intercale
à merveille dans le jeu enflammé du guitariste
nippon qui a la particularité de mélanger cordes
de guitares et de basses sur sa gratte et un batteur (ex-Dosage
and usage) tour à tour économe et cogneur, ces
dix titres arrivent à faire passer la pilule sans broncher.
Dans la grande tradition des agités du bocal mais qui
savent se tenir, Dmonstrations écrit un disque de rock
moderne, malin et fonceur. Le gars n'est pas prêt de trouver
le sommeil avec un truc pareil.
SKX
(21/09/2006)
website groupe www.myspace.com/dmonstrations
website label www.goldstandardlabs.com
|
Dominic
Self-titled CD
Great Northern / Dead Letter 2006
Dominic
est très commun. Ca pourrait venir de n'importe où.
C'est international mais c'est pas la lutte finale. C'est banal
mais pas bancal. Dominic, jeune groupe norvégien, sonne
comme des dizaines d'autres groupes du grand nord mais ça
fait toujours autant du bien. C'est du hardcore qui prend aux
tripes, fait avec les poings et les larmes. C'est du JR Ewing
comme au bon vieux temps, des intonations vocales (voir un peu
plus) à la Lack, du Yaphet Kotto avec un batteur qui
aime la baston. Dix compostions ultra chiadés, on en
deviendrait vulgaire tellement ça l'air écoeurant
de facilité, comme un deuxième peau pour accoucher
de ce hardcore même pas chaotique. Juste une redoutable
efficacité pour allier cette indémodable équation
de la fureur et de la mélodie. Au nord, toujours rien
de nouveau. Mais faut avouer que quand on a cette qualité
au rendez-vous, on ne peut pas passer à coté.
La nordique touch dans toute sa splendeur.
SKX
(26/11/2006)
website groupe www.dominictheband.com
website label www.deadletterrecords.net
| www.greatnorthernrecords.com
sounds 70a3411f
|
Don
Caballero
World class listening problem - CD
Relapse 2006
En
ces temps de reformation tout azimut, pour le meilleur et (surtout)
pour le pire, il ne faudrait plus s'étonner de rien.
Et pourtant à chaque fois, ça vous fait bizarre.
Don Caballero, six ans après l'extinction des feux, remet
donc le couvercle. C'est avec des pincettes (monumentales) que
j'attendais les premières notes. Vu l'album avec lequel
ils nous avaient laissé, le pâle American Don,
on pouvait craindre le pire. Que fallait-il encore espérer
avec le totem Damon Che derrière ses fûts, la seule
mémoire du groupe et sa force de frappe phénoménale
? Après ses déboires (au propre surtout comme
au figuré) avec Bellini, ses plumes perdues avec son
projet The Speaking Canaries, le Che décide de remonter
la machine, recrute trois mecs qui sortaient déjà
des disques sous le nom de Irwin et Creta Bourzia (c'est celui
qui le dit qui l'est - dont Jason Jouver, bassiste qui tenait
la gratte dans l'obscure et néanmoins excellent groupe
Jumbo et qui participe aussi
depuis peu à Microwaves) et signe sur Relapse, cela va
de soit (!). Et oh surprise, cet album sonne comme une réussite.
Je veux dire, comparé au dernier de ya six ans. A s'attendre
au pire, on s'extasie devant le passable. On est presque heureux
de retrouver le Don Cab en aussi bonne forme. Les deux guitaristes
s'en sortent plutôt bien. Avec toute la meilleure volonté
du monde, je ne voulais pas les comparer avec les guitaristes
historiques Banfield et Williams mais c'est trop tard. Leur
tenue de manche et gratouillements en tout genre ne mettent
pas en folie les six cordes comme la paire suscitée.
L'originalité peut dormir sur ses deux oreilles. Mais
ils arrivent à insuffler suffisamment de dynamisme et
d'entrelacs pour faire croire au retour. Damon Che reste fidèle
à lui-même. Je laisse aux spécialistes pinailleurs
de la cymbale gauche et autres enculeurs de mouches deviser
sur l'évolution et la richesse ou non de son jeu mais
de loin, ça reste cogneur et souple. Le bûcheron
pris dans la tourmente. En fait, cet album renvoie au tout premier,
à For Respect, des titres saignants, efficaces,
relativement courts, sans divergences soniques. Bref c'est le
Che qui commande et non plus Ian Williams (parti expérimenté
avec Battles). Des morceaux comme Mmmmm acting et And
and and
nous feraient presque croire à un retour
treize ans en arrière. Mais vous avez aussi des compos
laborieuses, des guitaristes en manque d'inspiration où
on attend désespérément qu'il se passe
quelquechose, des mélodies guillerettes qu'on se demande
ce qu'elles foutent là et plusieurs plans bien casse
gueule.
L'autre problème également, c'est qu'en six ans,
des groupes comme eux (et qui doivent beaucoup à Don
Cab d'ailleurs) yen a des tonnes. Et si Don Cab débarque
pour ne faire qu'une copie de Don Cab, eux les initiateurs d'un
style, on fait forcément grise mine. On s'attend à
qu'ils continuent d'explorer la voie (on est bien naïfs
parfois) et on se retrouve avec un groupe de plus dans le délire
math-rock instrumental. Bien sûr, ya la touche Don Cab,
inimitable mais tout ça sonne comme du déjà
entendu. Avec toujours cette putain de bonne volonté,
je n'aimerais pas comparer cet album avec les trois premiers
du groupe mais c'est encore raté. Et là, forcément,
ce World class listening problem ne tient pas la distance.
Et n'allez pas y voir un quelconque snobisme (encore heureux
!). J'eus aimé que cet album m'explosasse la gueule.
Merde, c'est Don Caballero quand même. Mais ce n'est pas
le cas. Simple constat. Mais pour un retour qui allait forcément
déchaîner les comparaisons en tout genre, pour
un groupe qui avait tout le poids de l'histoire sur ces épaules
(même aussi massives que celles de Damon Che), le (re)nouveau
Don Caballero tient la route. Rien d'exceptionnel. Il ne fallait
pas s'attendre à des miracles. Le Don Caballero des années
glorieuses est mort et enterré. Mais après un
tel passif, le retour est acceptable, s'écoute avec nostalgie,
arrive presque de temps à autre à nous faire croire
que le présent est doré tout en laissant dubitatif
sur le futur.
SKX
(11/09/2006)
website groupe www.myspace.com/doncaballeropgh
| www.geocities.com/brikelly/doncab
(fan site)
website label www.relapse.com
|
Dactyl
/ Bacon Wagon
Split 7''
Hit Dat 2006
C'est
une single qui date de 2006 mais comme tous trésors qui
se respectent, c'est encore meilleur quand ils mettent du temps
à arriver jusqu'à vous et se révéler
dans toute sa splendide crasse. Parce que là, sur ce
bout de vinyl tout noir, vous avez votre pesant en concombre
de distorsions et de saturations. L'aiguille dans le rouge est
un art que ces deux groupes maîtrisent à la perfection.
Commençons par les Suédois. Bacon Wagon est un
trio des plus classiques dans sa composition et sa musique suit
ce même chemin balisé. Et alors ?! Tant qu'un groupe
me servira une ligne de basse aussi brutalement prenante et
pour laquelle il faudrait inventer un terme plus fort que distordu,
ça me va comme mon premier album de Hammerhead. L'amour
consanguin d'un punk-noise droit dans ses bottes. Trois titres
expédiés en deux minutes avec tout ce qu'il faut
dedans pour s'envoyer en l'air. Le bonheur assuré.
Autre face, ça ne baisse pas de tension. Dactyl, dans
son Baltimore natal, ya de quoi se jeter contre les murs de
la ville. Quand un groupe cite comme influences Slug, Glazed
Baby, Hammerhead (encore eux), Unsane parmi d'autres, ça
donne envie d'y glisser une oreille. Ce sont les deux tympans
qui saignent à l'arrivée. Rien de tout ces illustres
aînés ne transpire mais l'école du bruit
est là. Les guitares qui prennent tout, la caisse claire
qui transperce le mur du son, la voix, que dis-je, les voix
surnageant dans la mêlée, le tout à fond
dans lequel apparaît une réelle maîtrise
de l'écorchure, il y aurait presque du premier single
de Blunderbuss dans cet enregistrement. Deux titres (I'm
pretty sure i'm dead et The next wave of who cares)
apocalyptiquement bons. Avec une mention particulière
pour le dernier nommé et son final en boucle qui rend
dingue. Un 45 à l'ancienne qui n'a pas pris une ride.
Bacon
Wagon est rentré en studio en novembre pour un premier
album espéré en 2009. Quand à Dactyl, qui
ont l'air aussi alertes que leurs potes suédois, un split
12'' avec Gunna Vahm doit être sorti cette année
en attendant d'autres réalisations qui resteront aussi
mondialement distribuées que les précédentes.
Vous pouvez par contre vous procurez plus facilement leur album
Teething (très bon également) sorti sur
Reptilian
records alors que ce présent split 7'' est à
commander d'urgence chez X-Mist
records !
SKX
(19/12/2008)
website groupe www.dactyldactyl.com
| www.myspace.com/dactyl
| www.myspace.com/baconwagon
website label www.myspace.com/hitdatrecords
|
Dan
Sartain
Join Dan Sartain - CD
One Little Indian 2006
Ca
remonte bientôt à trois printemps, la première
rencontre avec le kid de l'Alabama, égaré loin
de son Mississipi sur les bords de Loire, jouant
devant quelques curieux en attendant les Hot Snakes. Curieux
que Dan Sartain avait mis dans sa poche en trois coups de reins
efficaces. Tout ça était depuis resté lettre
morte, je ne sais pas pourquoi. Croire bêtement que cette
musique anachronique fonctionnait mieux sur scène que
sur disque et mieux valait rester sur une bonne impression
Sont-ce les premiers rayons de soleil réchauffant ma
vieille couenne rouillée qui m'ont fait retourner vers
Dan Sartain ? Join Dan Sartain est son quatrième
album et que ce soit en public ou en sillon (Simone), Dan Sartain
est tout aussi charmeur. Ce fut donc une erreur. Après
trois albums plus ou moins sortis sous le coude - Dan Sartain
and the crimson guard, Romance in stereo et Dan
Sartain vs. serpientes (bien aidé par Swami records
quand même)- le gominé tout droit sorti d'un film
de série Z des années 50 passe la barre supérieure
(sans passer par la mère). Avec des termes aussi modernes
que rockabilly, surf music, garage, rock des années 60,
western et mariachi, ce freluquet de 25 berges (celles du Mississippi
bien sûr) arrivent à vous foutre la banane en plus
de celle qu'il a sur le crâne. Du haut de son mètre
soixante les bras en l'air, il a de quoi impressionner plus
d'un White Stripes et The Hives pour qui il a fait les premières
parties dernièrement sur des tournées européennes.
Oh toi jeune branleur avec ton pantalon slim qui te serre tes
petites couilles, vient prendre ta fessée. Tonton Dan
va te montrer comment avec des trucs aussi ringards, on peut
sonner plus vrai que nature, plus original que les suiveurs,
que le rock'n'roll n'est pas une histoire de têtes de
mort en bandouillère sur ton sac de hipster. Le rock,
il ne l'a pas trouvé au détour d'un magazine à
la con. Il le vit, le parle, le bouffe, le consume comme une
seconde peau. Sartain balance des merveilles de rock songs,
bien raides et entraînantes, dit tout ce qu'il a à
dire en deux minutes cinglantes, parle trahison et jalousie,
de youngs girls so stupid mais après lesquelles
il ne peut s'empêcher de courir, d'idiots ressemblant
à de jeunes républicains, a le sens du riff, convoque
Hank Williams, Buddy Holly et Jonathan Richman sur le même
autel dépravé du rock avec la morve d'un jeune
punk. Et pour faire la cour a la belle, rien ne vaut quelques
airs de trompette, planquer sa banane sous un chapeau mexicain,
reprendre Besa me mucho, qui ne veut pas dire baise moi
beaucoup mais vous invite à tendre l'autre joue quand
même. Tour à tour acoustique ou électrique,
ces riffs de guitares font mouche. La batterie non présente
lors de cette tournée en solo avec les Hot Snakes rajoute
du nerf. Gun vs. knife et Drama queens sont des
petits chefs d'uvre rutilants. En plus, Dan Sartain possède
une magnifique voix, prête à faire pâmer
n'importe quel cur et rendre les maris jaloux. Sur la
pochette de Sartain vs. serpenties, il se pend. Sur Join
Dan Sartain, il se tire une balle dans la tronche. A ce
rythme là, c'est en enfer qu'on va le rejoindre. Mais
pas avant d'avoir brûler le bitume et de vouer sa vie
au culte du rock'n'roll. Le vrai, le flambant, l'historique
tout en étant foutrement ancré dans la dure réalité
de la modernité.
SKX
(23/04/2008)
website groupe www.myspace.com/dansartain
website label www.indian.co.uk
|
Daturah
Reverie - CD
Golden Antenna 2008
Vous
aimez le post rock ? Moi non plus. De moins en moins. Et ce
n'est pas cet album de Daturah qui va me faire changer d'avis.
Il faut bien avouer que le quintet allemand a mis toutes les
chances de son côté : riffage spatialisé,
envolées lyrico-atmosphériques, rythmique étoilée,
samples venus de nulle part, synthés nébuleux.
Et oui, pour continuer dans la mauvaise métaphore, avec
Daturah on a la tête dans les nuages, le groupe voudrait
bien nous emmener au septième ciel, celui où règnent
les dieux Godpseed et Mogwai, celui où les guitares,
pas méchantes pour deux sous, alignent des plans tellement
niais que même Red Sparowes n'ose pas les utiliser. Le
disque s'intitule Reverie et on est forcément obligé
de sourire à tant de naïveté.
Ce qui évite à Daturah un aller simple direct
pour le vide-ordures c'est un certain dynamisme de la rythmique,
le batteur se fatiguant un peu plus que la moyenne des batteurs
du genre. Ecoutez donc Hybrisma (en mp3 ci dessous) ou
le début de Deep Flat B pour vous en convaincre.
Du coup le disque devient plaisant sinon agréable à
écouter (testez-le sur vos enfants ou sur votre chien
si nous n'avez pas d'enfants, c'est sans aucun danger) et efficace
pour meubler l'ennui d'un apéritif dînatoire entre
amis -au menu sushis de saumon et tofu baignant dans sa crème
de crevette, cela va de soi. Vivement que cette mode stupide
de la musique instrumentale option larme à l'il
et petit cur bleu en bandoulière s'achève.
A noter que ce disque, disponible en CD ou en double LP, est
la deuxième référence du jeune label Golden
Antenna. La première n'était autre que le fantastique
Inventions For The New Season de Maserati, l'un des meilleurs
albums publiés au cours de l'année 2007. On est
donc en droit d'être extrêmement déçu
par cette suite donnée aux évènements.
Une suite qui ne plaira qu'aux amateurs du (sous) genre post
rock tout en faisant ricaner les autres. Je ricane.
Haz
(14/04/2008)
website groupe www.daturah.de
website label www.goldenantenna.com
sounds hybrisma.mp3
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The
Days End
s/t - CD
One : cell 2005
Dans
le lot tentaculaire et grouillant, il y a en a toujours qui
se débrouille pour passer à travers les mailles
du filet. The Days End a sorti son premier album en 2005 mais
son écho n'arrive que maintenant. Et on aurait tort de
l'ignorer. Un trio américain qui uvre sans basse
mais avec deux guitares et un batteur infaillible. Autant vous
dire de suite que ya de la guitare et qu'ils ne sont pas manchots.
On se prend tout se suite à penser à Drive Like
Jehu avec un art de la concision à la Shotmaker et The
Plan. L'art de développer des émotions brutes
qui percutent de suite, d'écrire de petites perles d'emo-noise
qui rockent juste et fort. D'entrée de jeu, The Days
End vous balance un Not fast enough et U.O.A.
de deux minutes de moyenne avec des riffs incisifs, des voix
qui se mélangent, une dynamique rutilante, que la bave
sort déjà. Ensuite, le groupe montre qu'il sait
s'épancher sur la longueur, instaurer des ambiances dont
la tension monte progressivement à la manière
d'un June of 44. Ce dialogue de guitares/batterie tour à
tour ferme et en douceur, jusqu'à carrément claquer
de magnifiques arpèges sur un magnifique Drown
qui vous explosent inévitablement à la tronche
avant que le morceau ne s'achève ou d'un Mute
qui ne semble jamais vouloir partir. The Days End n'a pas l'air
du groupe pressé d'en découdre, font tout pour
être discret mais semble prêt à remettre
le couvercle pour un nouvel album cette année
En
attendant, profitez de ces huit morceaux tout simples et tout
beaux.
SKX
(05/07/2007)
website groupe www.myspace.com/thedaysend
website label www.onecellrecords.com
sounds NotFastEnough.mp3
| HeartAttack.mp3
|
Dead
Elephant
Lowest shared descent - CD
Robot Radio / Donnabavosa 2007
C'est
en toute hâte que j'ai déballé ce superbe
digipack de la part de Robot Radio records, un label italien
coutumier du fait. Leur début avec le CDEP Sing
the separation avait marqué mon faible esprit
et la suite était attendue avec impatience. Miséricorde
! Un coup d'il sur la liste des morceaux. Les quatre morceaux
du EP figurent sur ce nouvel album. Et ils vont s'avérer
exactement dans la même version, ou pratiquement, on va
pas chipoter non plus. Ils vont jusqu' à mettre trois
d'entre eux dans le même ordre, changeant légèrement
le nom des titres. Ca nous fait donc plus que quatre inédits.
L'éléphant accouche d'une souris. Et encore heureux
que je ne me suis pas procuré le représsage de
ce maxi par le label américain en 2006, Unfortunate
Miracle, puisque un cinquième titre bonus avait été
rajouté, The worst and the best, que l'on retrouve
également sur cet album. Cela fait donc que trois vrais
inédits. Dead Elephant ne s'est pas foulé le poignet
et on se demande pourquoi ils nous ressortent quasiment les
mêmes plats à un an d'intervalle
Bref, rabattons
nous sur la viande fraîche. Pour notre salut, ils ont
privilégié leur face noise-rock saignante. Outre
donc Another fuckin' word to say we miss you qui comportait
à l'origine les trois mots Death is just en début
de titre, soit 2 minutes 20 de pure jouissance noise-rock urgente
qui a tout pour devenir un classique, les trois italiens de
Dead Elephant invite Luca Mei, le saxo de Zu, sur l'instrumental
Post Crucifixion (morceau qu'ils jouent live mais sans
le saxo). Là encore, deux minutes bien frappées
et déstructurées juste ce qu'il faut. Autre invité
de marque, Eugene Robinson, chanteur de Oxbow et roi de la collaboration
(en plus de la baston). The Same Breath est du même
souffle qu'un excellent Oxbow. Du pain béni pour Eugene
et surtout pour nous. Enfin, les titres d'ouverture et de clôture
sont d'excellents exutoires pleins de fiel et de rage, dans
une lignée Unsane en plus boueux et pervers. Si tout
l'album avait été ainsi, The Dead Elephant aurait
été sanctifié sur le champ. Hélas,
la mauvaise idée, c'était de refourguer en plein
milieu de l'album les trois morceaux du EP où l'ambiance
compte plus que l'action. Si sur le maxi, ça fonctionnait
bien, sur l'album, ça casse toute la machine infernale.
Passe encore les dix minutes de Black coffee breakfast
(qui a perdu son at en passant avant le breakfast)
et son long passage trop ambiant puisque l'intro est bien cinglante
et que le final réveillerait un mort. Mais Abyss (of
my) heart et Clopixol apparaissent bien mornes et
comme ces trois morceaux représentent vingt-deux minutes
de l'album, soit plus de la moitié du disque, ça
vous donne un drôle de goût amer. Espérons
que pour le futur, les Italiens privilégient la face
énergique de leur double personnalité car pour
ça, ce sont des bêtes.
SKX
(26/01/2008)
website groupe www.deadelephantband.com
website label www.robotradiorecords.com
| www.donnabavosa.com
sounds www.myspace.com/thedeadelephant
|
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The
Dead Science
Villainaire - CD
Constellation 2008
Troisième
album pour le trio de Seattle et changement de crèmerie
avec la signature sur le plus exposé label Constellation.
Ce qui devrait faire du bien à ce groupe qui mérite
plus que la confidentialité dans laquelle il zonait jusqu'ici.
Mais la première chose qui frappe quand on ouvre ce beau
digipack, c'est la dédicace au Wu-Tang Clan (groupe de
rap américain). Pas la petite ligne dans un coin en bas
du livret intérieur à la suite des crédits
habituels. Le bel et grand hommage avec la photo des membres
et écrit en gros et en lettres d'or : It's yours.
C'est beau, c'est sans ambiguïté et ça ne
veut surtout pas dire que Dead Science a viré sa cuti.
Ils n'ont pas tronqué leur contrebasse contre des platines
et leurs costumes de dandy contre des survêtements de
racaille avec breloques en or autour du cou. Le Wu-Tang a été
avant tout une grande source d'inspiration pour cet album, par
la manière sans compromis qu'ils ont mené leur
carrière, par les multiples pistes musicales semées
dans leurs compositions et par la dualité entre aspect
sauvage de leur attitude et pensée réfléchie
de leur propos. Fin de la théorie.
Tu oublies tout ça et tu te contentes de cette douce
harpe ouvrant les hostilités. A ce moment là,
le Wu-Tang Clan est loin, très très loin. Sauf
que comme eux, The Dead Science ne se laisse pas facilement
apprivoiser. Ca part rapidement dans un rock trouble car varié
et singulièrement plus énervé que leurs
précédents opus. C'est pas encore aujourd'hui
qu'on pogotera comme des lourds sur Dead Science mais le trio
a mis du nerf dans sa vision contemplative, du réel dans
son monde en suspend. On commence à comprendre l'allusion
au Wu-Tang. Le cérébral laisse du terrain sur
la bête qui sommeille en eux. Une batterie donnant dans
le frénétique sur The Dancing destroyer,
le violon fougueux sur l'éclaté Monster island
czars, la harpe de Throne of blood disparaissant
rapidement derrière un rythme pressé d'en découdre.
Ils se permettent même de construire leur petit tube à
eux, alors que ce n'est vraiment pas le groupe fait pour, Make
mine marvel et son refrain déboulant sans crier gare.
Une section de cuivres, des invités à la pelle
dont Katrina Ford (Celebration et surtout ex-Jaks) et Craig
Werden, ex-Shudder to Think (vieux groupe de Dischord) dont
l'organe vocale n'est pas sans rappeler celle de Sam Mickens.
Une voix qui ne laisse pas indifférent, on aime ou on
déteste, principal point de discorde de Dead Science,
avec son trémolo naturel et cette manière de chanter
que certains pourraient juger comme affecté. Une voix
originale, en parfaite adéquation avec la musique même
si j'avoue que, parfois, je lui botterais bien les fesses pour
qu'il en sorte autre chose que cette plainte d'enfant de chur
pervers. Il faut attendre le cinquième titre, Lamentable,
pour voir renouer le groupe avec ses démons antérieurs
avant de les voir repartir sur des envolées dont on ne
les savait pas capable. Tout en conservant cette pointe de mélancolie
et cette image d'étudiants en beaux-arts branchouilles
qui peut irriter, ils ont réussi à ne pas se liquéfier
dans le brouillard et évoluer vers de nouveaux horizons.
The Dead Science flirte entre la pop sophistiquée de
31Knots, le folk tendu d'un Violent Femmes, les bizarreries
d'un ancien camarade de tournée (Xiu Xiu), des atmosphères
jazzy et faussement feutrées pour terminer sur un baroque
et brillant Clemency. Mais The Dead Science est surtout
unique, ne se refuse rien, donne du clinquant au catalogue de
Constellation en quête de changement et signe tout simplement
son meilleur album. Du grand art.
SKX
(19/09/2008)
website groupe www.thedeadscience.com
website label www.cstrecords.com
|
Death
of London
Here
is the death of London - CDEP
Unlabel 2008
Quand
les Anglais décident de faire du bordel, ils font rarement
le déplacement pour rien. The Death of London débarque
de sa province (les Midlands de l'est - Leicester) pour foutre
le feu à la capitale. Les ploucs chez les snobs. Ca sent
le souffre. Ca sent surtout Part Chimp, des londoniens. Rude
combat en perspective. Dès Sex for dinner, death for
breakfast, ça crunche. Une bonne dizaine d'années
auparavant et on les aurait bien vu sur Wiiija records faire
les gueux aux cotés de Sun Carriage et Loveblobs. C'est
sûr le méconnu label Unlabel qu'ils échouent,
un label très DIY qui ne cesse de découvrir de
jeunes pousses et on peut une nouvelle fois les remercier de
nous avoir dégoté Death of London. Cinq titres
qui passent à la vitesse du vent. Si ils abordent un
son identique à Part Chimp, lourd, bien vibrant et sale
sous les ongles, une basse à rendre sourd, ces quatre
jeunes anglais ne diluent pas leur énergie en cavalcade
à rallonge. Quatre titres en moins de deux minutes. Des
caisses claires en rafale, des riffs puncheurs, ce groupe a
quelquechose de basique et hypnotique en même temps. Impossible
de rester impassible face à une telle efficacité.
Seul le dernier morceau s'aventure au-delà des deux minutes
et c'est encore meilleur. Keys of the zoo, avec son sample
à la fin de voix d'anges tombés du ciel, est une
petite pépite qui donne envie de remettre inlassablement
le couvercle. Un split single (avec Dobermann) vient de sortir
sur Field records. Un autre split ne vas pas tarder. Longue
vie à Death of London !
SKX
(24/11/2008)
website groupe deathoflondon.co.uk
website label www.unlabel.net
| www.field-records.com
|
Death
to pigs
Carnal carnival - LP
Gaffer / Down Boy 2007
Le
cochon bouge à nouveau et pointe le groin de son premier
album. Death to pigs, combo nancéen, ou assimilé
comme tel, quatre bombes explosives qui font saigner le cochon
en alignant seize morceaux à la queue leu leu, accrochez
vous, l'agitation est sévère. Premier constat,
Death to pigs a décidé de faire danser le cochon
qui sommeille en vous. J'avoue avoir été surpris,
pour ne pas dire déçu, par l'option prise. La
basse est mise en avant pour un rendu évoquant Arab on
radar/ Chinese Stars, influences assumées mais qui me
titille et pas dans le bon sens. La guitare passe au second
plan et c'est bien dommage car j'aime son sens de l'accroche
tour à tour concise et bordélique. Une certaine
façon de rentrer dans le rang à laquelle on se
fait peu à peu mais qui m'empêche définitivement
de me sentir avaler tout cru par cet album. Pour enfoncer le
clou de leur intention, ils reprennent Dance, un titre
de ESG (groupe new-yorkais de art-danse-punk au tout début
des années 80 avec les trois frangines Scroggins) suivi
d'une reprise de Birthday Party, Smoke my liban. Mais
c'est moi qui me méprend, c'est juste un pompage en bonne
et due forme d'une autre grosse influence des Nancéens,
groupe dont la basse avait elle aussi un rôle primordial.
Ca cogne, ça couine, ça enchaîne, la rythmique
fait un gros et bon boulot, c'est nerveux et ça fourmille
d'une multitude d'étincelles à la guitare pendant
que le chant varié débile et schizo colle parfaitement
avec la chaleur moite de l'ensemble. Les titres aux noms douteux
de série Z comme on aime affolent les compteurs. Pris
dans un tourbillon. J'avoue que parfois je décroche.
Leurs salves passent trop vite au-dessus de mes neurones qui
ne se régénèrent plus. Pas le temps de
s'accrocher à un riff qu'ils passent déjà
au morceau suivant. Maudite cadence infernale. Je les préfère
quand ils prennent soin de délier leurs idées,
de prolonger le plaisir comme sur It's alive, Priapism
holocaust ou le plus sournois dernier morceau Carnal
carnival. C'est quand Death to pigs prend le temps de respirer
qu'ils deviennent le plus dangereux. Mais quand l'humeur est
à tout balancer, ce disque se révèle un
excellent défouloir. La rencontre exacerbé de
la no-wave, du post-punk et d'un rock'n'roll vicelard, danse
petite, danse pour moi, d'une maîtrise qui reste au-dessus
de la moyenne pour rendre ce foutoir audible, salement entraînant,
tant bien même que cet album ne surprenne pas plus que
ça.
SKX
(23/12/2007)
website groupe www.myspace.com/deathtopigs
website label www.gafferrecords.com
sounds Gspot.mp3
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Death
to Pigs / Gu Guai Xing Qiu
Split LP
213 / Acide Folik / Ben le millionnaire /
Down Boy / Gaffer 2006
La vie en rose. Un split qui taille dans le lard. Du lard français
- achetez français - qui tape le boeuf dans l'est précisément.
La vie en rose bien vive, qui vire dangereusement au rouge sanguinolent.
La grande orgie, le monumental mélange des genres où
les apparences sont trompeuses. Le cochon n'a pas toujours été
un cochon et si les entrailles sont définitivement punk,
l'habillage emprunte des peaux qui muent à tour de bras.
C'est bien connu, ya plus de saison. Prenez l'exemple de Gu
Guai Xing Qiu. Tout porte à croire que c'est du chinois
mais manque de bol, c'est du lorrain. Avec un nom pareil, ils
peuvent tout se permettre et effectivement, ils font tout et
n'importe quoi. D'une voix death lourdingue pour débuter
qui promet le pire et un grind atypique, on passe à un
plan
. je sais pas comment on peut nommer et décrire
ce genre de putain de plan mais ça n'a plus grand-chose
à voir, c'est presque ambiant, la voix part dans les
aigues, le lourdingue à la voix death (qui la ramènera
définitivement trop tout au long de ces neuf morceaux
(même si c'est du second degré, ça me fait
jamais marrer longtemps)) repasse par là avant de se
faire doubler par une voix de castafiore. Bref, à vu
de nez, c'est du grind mais du grind comme ça, le fan
de base n'en voudrait pas. C'est sang de poulet direct pour
conjurer le sort. Vous rajouterez un solo de cuivre à
la fin de Crazy train, des tonnes de voix débiles,
des samples, une bonne grosse dose d'expérimentation
tout azimut et des attaques régulières et speedés
et vous avez là de quoi rendre fou tout un car de Locust,
un train de Naked City (version kitsch) et achever définitivement
toute une région sinistrée. Ereintant, intraduisible,
on s'y perd mais quelques bonnes baffes au passage.
Avec Death to Pigs, ça passe aussi du coq à l'âne
mais le fil conducteur est ici bien visible. L'électricité
tout autour fait des étincelles, s'échappent,
incontrôlables mais le fil tient bon, toujours là
pour vous rattraper au moment le plus improbable. Epileptiques,
morceaux ramassés sur eux-mêmes, au point d'avoir
la sensation d'en avoir qu'un seul. Une longue course poursuite
de dix minutes toujours dans le rouge mais suffisamment aérée
dans sa folie suicidaire pour ne pas suffoquer. C'est furieux,
viscéralement rock'n'roll, vicieux, poisseux mais aussi
ultra-direct, précis et tranchant quand le temps est
à l'orage. Des groupes comme ça, qui maîtrise
l'art du punk angulaire, du bruit anarchique, de la no-wave
sexe, yen a pas des tonnes. Dans le sillage des XBXRX, Arab
on Radar et autres tendus du slip, on tient là avec Death
to Pigs, le haut du panier. Mort aux vaches. Vive les cochons.
SKX
(15/03/2007)
website groupe www.guguaixingqiu.fr.st
| www.myspace.com/deathtopigs
website label www.213records.fr.st
| www.gafferrecords.com
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Deborah
Kant
Self-titled - CD
Autoproduction 2008
C'est
l'histoire d'une chronique qui sait pas trop si elle parle d'une
démo ou d'un véritable premier album, encore moins
de quand ça date puisqu'il est stipulé blanc sur
noir que l'enregistrement date de 2006 alors que l'objet vient
d'échoir dans la boite aux lettres au début de
cette année. Par contre, ce qui est sûr et certain,
c'est la provenance de ce disque. Lyon, sans hésitation
possible. Dès les premiers accords déchirants,
dès les premières installations d'ambiances sombres
et tendues, dès que l'électricité s'échappe
de ces deux guitares, on est en territoire lyonnais. Celui où
Deity Guns et donc Sonic Youth ont répandu à jamais
un drôle d'air contagieux. Celui repris par une ribambelle
de groupes locaux, Doppler en tête (tiens qu'est ce qu'ils
deviennent eux ??). Un album sentant bon le pur esprit DIY mais
bizarrement, le son ne s'en ressent pas (trop) et Deborah Kant
balance neuf morceaux très aguichants. Comme toutes les
premières uvres (ils le disent eux-mêmes),
les morceaux sont trop longs, la musique s'éparpille
dans des digressions inutiles, le propos perd de sa virulence
mais ces parenthèses ne sont jamais bien longtemps ouvertes.
Le chanteur place sa voix à merveille avec un timbre
accrocheur (Aldéa style), notamment sur le début
de Tendre et Loin. Les structures sont déliées
tout en gardant de l'impact, naviguant entre explosions contrôlées
et tension sous-jacente, passant du bruitiste et bien nommé
Aspro au rythme entraînant de I want to dead,
titre enregistré dans leur local de répétition
et dont la mélodie me rappelle un morceau connu, je l'ai
sur le bout de la langue, bordel, impossible de mettre un nom
dessus (mais mon petit doigt me dit qu'en cherchant dans ces
vieux Sonic Youth, on trouverait la réponse). Ces quatre
jeunes lyonnais ont déjà beaucoup pigé
à l'équation bruit/mélodie. En personnalisant
l'affaire et en bénéficiant de moyens d'enregistrements
plus adéquats, on pourra dire que Lyon a encore accoucher
d'un groupe qui n'a pas fini de hanter vos platines.
SKX
(31/03/2008)
website groupe deborahkant.free.fr
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De
Kift
7 - CD
V2 records 2006
Range Ta Chambre - Anticraft 2007
Vous
m'accorderez bien cette danse ? C'est reparti pour un pas de
deux dont le chiffre sept brille au milieu de la piste. Sept
comme le nombre d'albums sortis par l'orchestre hollandais en
17 années d'existence. Chiffre dont on vante la perfection
et la plénitude spirituelle
C'est pour l'instant
le chiffre d'une première. Depuis le temps que la troupe
fait ses représentations sous les chapiteaux français
et développe de fortes amitiés, cet album sort
en deux versions. La version originale. C'était pour
2006. Et la version française toute fraîche dont
l'association rennaise Range ta Chambre est l'initiatrice. Les
15 morceaux traduits dans la langue de Molière pour des
textes à l'origine russes pour la plupart. Un beau tour
de passe-passe où ces poèmes russes plus que centenaires
pour certains retrouvent une seconde jeunesse, collant à
merveille au monde mélancolique de De Kift. La musique
reste cet assemblage de cuivres, de cordes en tout genre et
de générosité dans le chant, cette fanfare
débraillée tour à tour poignante ou valsante.
Entre polka de fin de nuit, espagnolade démembrée,
Tom Waits dépouillé et minimalisme débonnaire.
On a vu de vieux couples s'enlacer pour moins que ça.
Fini le baroque du précédent album Vier
voor vier. Cet album fait corps, sans haut, sans bas,
cohérent d'un morceau à l'autre. Un certain retour
à un De Kift classique, sans exubérance (à
l'image de la pochette / emballage qui pour une fois n'a rien
de dingue même si ça reste au-desus de la moyenne),
nécessitant un paquet d'écoutes pour que les compositions
prennent vie et que, comme d'habitude, la magie opère.
On peut regretter cette petite pointe de folie, des morceaux
qui sortiraient du lot, cette retenue que la famille hollandaise,
du père chanteur Ferry Heyne et principal instigateur
de toutes les musiques au grand-père trompettiste en
passant par le tonton batteur, à laquelle elle ne nous
avait jamais habituée. Quid de cette version française
Les échos de leur dernière venue à Rennes
n'étaient guère favorables à ce chant en
français trop présent. Ce qu'on aime chez De Kift
par ici, c'est aussi ces consonances gutturales, ce chant batave
qui fait parti intégrante du folklore de nos hollandais,
cette pointe d'exotisme à laquelle on ne pige rien mais
amplement suffisante pour s'immerger dans leur musique. Ce chant
français n'a rien de mauvais. Une pointe d'accent bien
sûr mais rien de gênant. Sauf que pour nous, pauvres
français, cela donne tout de suite une touche chanson
française entre Têtes Raides au pire (leurs parrains
français) et Jacques Brel pour le meilleur. On perd de
l'originalité dans l'affaire. Il faudrait en fait demander
à un hollandais, un anglais ou un chinois, bref, un étranger,
comment il ressent ce chant en français. L'exotisme,
c'est pour eux même si il n'y a rien de rédhibitoire
à l'écouter par chez nous. Après tout,
si De Kift veux faire une percée plus conséquente
en France, cette version va grandement aider et ce, sans vendre
leur âme. De Kift, en VO ou en VF, reste De Kift et vaut
largement mieux de toute façon que tous les groupes de
baltringues qu'on se traîne chez nous. 7 est définitivement
un très bon chiffre.
SKX
(28/10/2007)
website groupe www.dekift.nl
website label www.myspace.com/rangetachambre
| www.myspace.com/anticraft
|
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Deti
Deste
Love and piss CD
Silver rocket 2008
Séquence
nostalgie. Back to 2003 et la première tournée
de Moller-Plesset en territoire tchèque. Deti Deste fut
lautre groupe à laffiche ce soir là,
pour la toute première date, à Cheb la mythique
(ville qui fournira plus tard le titre dune chanson des
Mollard-Passec) et une soirée mémorable qui se
finira chez ce jeune groupe. Ce soir là, ce fut le premier
concert de Deti Deste. Rien de particulièrement transcendant
mais deux ans plus tard, quand les Rennais et les Praguois croisèrent
le fer à nouveau dans un club à Prague, on put
noter tous les progrès du groupe.
Il aura fallu attendre à nouveau trois années
pour que Deti Deste sorte enfin un disque. Le tchèque
aime prendre son temps (à limage de Gnu) et le
moins quon puisse dire, cest quils ont bien
fait. Une lente maturation qui les montre, dix ans après
leurs débuts et quelques changements de personnel, sous
leur meilleur jour. Deti Deste, dont je vous épargne
les accents circonflexes inversés sur les E (le 1er et
le dernier) et S pour cause de clavier inadapté, signifie
les enfants de la pluie et ce qui nous tombe sur le coin de
la tronche, ce ne sont pas des enfants par milliers mais une
bonne grêle bien cinglante. La chape dun hardcore-noise
hirsute, implacable et étouffant. On se prend tout de
suite la déflagration de Odprostit, morceau sur
lequel ils ont eu le bon goût damener deux invités
pour des percussions industrielles et un piano fou du plus bel
effet. On regretterait presque que ces invités ne soient
pas permanent. Mais cette impression de ferraille perdure. Hardcore
abrasif, rugueux, qui ne joue pas sur la complexité et
la virtuosité technique. Méthode marteau-pilon,
par couches superposées de coups de butoir. Accumulation
de noirceur, machine à broyer méthodique, la répétition
qui met la pression. Un disque de puncheur. On n'est pas loin
d'une certaine manière de la propre logique destructrice
d'un Unsane. Ca n'a pas le groove des New-Yorkais, le riff assassin
d'un Spencer mais l'esprit nihiliste demeure et la basse fait
des dégâts. Et au milieu de ce puit sans fond,
Deti Deste a compris que cet album ne serait pas vivable sans
un minimum d'ouverture. Le synthé se fraye tant bien
que mal un chemin dans cette forêt noire par de bonnes
trouvailles sonores. Quelques riffs illuminent la mêlée.
La deuxième guitare trouve une ligne de conduite permettant
de respirer. Hormis un ou deux moments de lassitude, ce premier
album tant attendu impressionne. Il n'est pas question d'en
faire un mont et merveille mais on peut mesurer tout le chemin
parcouru depuis ce fameux premier concert. Love and Piss
(le Tchèque a le sens de l'humour) est un album très
consistant et fortement conseillé pour tout ceux et celles
qui aiment se mettre la tête dans le sac.
SKX
(02/12/2008)
website groupe detideste.freemusic.cz
| www.myspace.com/detideste
website label www.silver-rocket.org
|

Dial
Infraction - CD
Cede 1997
|

Dial
Distance runner - CD
Cede 2000
|

Dial
168k - CD
Cede 2007
|
Dans l'article consacré à UT,
la dernière phrase vous promettait de reparler de Dial,
cet obscur groupe avec Jacqui Ham, ancienne membre de UT. Dont
acte. Alors que je galérais comme un fou pour trouver leur
nouvel et troisième album 168k, c'est l'album qui est venu
à moi. La classe. Un des membres de Dial habite en France,
dans le 17 comme il dit, et ayant eu vent de cet article, a tout
simplement contacté ce modeste site et a envoyé
la totale, à savoir les trois albums que Dial a composé
entre 1997 et 2007. Plus aucunes excuses pour ne pas parler de
Dial et faire découvrir ce groupe certes pas facile d'accès,
qui ne fait rien pour être connu, que ce soit en terme artistique
ou de promotion/distribution mais qui mérite que l'on s'y
attarde longuement.
Les
cendres de UT sont déjà bien froides quand Dial
sort son premier album Infraction en 1997. Six années
durant lesquelles on a que très peu de nouvelles de Jacqui
Ham. Mais il ne faut pas réduire Dial à sa seule
présence. L'autre entité s'appelle Rob Smith (le
gars du 17) à la guitare et la programmation de la boite
à rythme, qui a passé deux années au sein
du groupe anglais GOD et qui a rencontré Jacqui Ham à
la fin de l'existence de UT, lors d'un concert, aux débuts
des années 90. Pour compléter ce noyau, Dom Weeks
à la basse, un ex-Furious Pig et Het. Ce trio enregistre
Infraction en 1997 sur cassette et le sort sur sa propre structure,
Cede records. Et qui dit enregistrement sur cassette en 97 dit
musique sans compromis. Musique qui vous prend à la gorge.
Sensation d'étouffement. Le son est lo-fi. Pas dans le
sens bricolage à la maison et son à deux balles.
Un son brut de décoffrage, sans fioriture, sculpter à
même les mains pleines de terre. Dial ne cherche pas embellir.
C'est livré avec les larsens, les grésillements,
les imperfections et en première prise. Une constance
dans la douleur que l'on retrouvera sur l'ensemble des trois
albums. Une boite à rythme minimale qui vomit des rythmes
rachitiques dans une cadence régulièrement épileptique.
Les guitares de Ham et Smith en fusion, écorchent, tombantes,
vrillantes pendant que la voix de Ham tente de se faire entendre
par-dessus le bouillonnement. Impression d'assister à
une jam en direct. Enregistré sur le fait. Vous vous
imaginez dans leur local de répétition, tout petit
dans un coin, s'en prenant plein la tronche, le son allant et
venant, niveaux sonores fluctuant comme sur Little eye.
Ham psalmodie des textes incompréhensibles. Malade imaginaire
ou bien réelle. Les guitares improvisent, dessinent des
abstractions inquiétantes, voir brumeuses. L'acouphène
guette. Les saturations prennent le pouvoir. Le rythme ralenti,
disparaît, laissant place à de troubles atmosphères,
ballades sombres qui grattent l'épiderme. On ne sort
pas indemne de ce voyage introspectif de plus d'une heure. On
peut même parfois démissionner. Mais on y retourne,
irrémédiablement, intrigué devant une musique
addictive, cette transe de bruit blanc, orgasme sonore qui n'en
finit pas de délivrer ses peines. C'est tout l'esprit
no-wave qui vous rejaillit à la gueule, ces dissonances
primitives poussées à l'extrême, le vrai
esprit de la no-wave, celui qui cherche, expérimente,
brosse à contresens du poil. Pas ces ersatz de groupes
fashion à la mode avec leurs rythmes pseudo-dansants.
Dial n'attend personne et ne compte pas sur plus de monde.
Quatre
ans plus tard et toujours par ses propres moyens, Dial sort
son deuxième album. Distance runner avec les trois
mêmes pilotes agrémentés de Gary Jeff à
la basse sur deux morceaux et Alex Brandau, toujours à
la basse mais aussi au sampler sur cinq morceaux. Un album qui
se ballade entre Londres, Barcelone et plusieurs villes françaises
(Bordeaux, Paris et MarseilleS avec un S, les anglo-saxons
ont toujours été fâchés avec la géographie)
pour l'enregistrement. Le son est encore une fois a coupé
à la machette. L'album s'ouvre sur un bruit de moteur
encrassé qui tournerait en boucle (Fragment) avec
la voix de Ham noyé dans le mix. Ce même bruit
cyclique qui revient lors de Without size, le second
morceau avec l'aide d'un violon, celui de Jacqui Ham dont elle
sait en tirer toutes les stridences. Cet album est moins frontal
que Infraction. Les paysages sculptés n'en sont que plus
dangereux. De drôles de ballades, si tant est que sortir
sous le son d'un marteau-piqueur pendant qu'une guitare acoustique
égrène une mélancolique mélodie
est une ballade (le morceau Electronic), remplit de drones,
d'un fatras de cordes électriques, d'une voix fantomatique,
de samples industriels et de rythmes désertiques. Le
rock de Dial sent l'improvisation, le hasard, le cut-up, des
atmosphères poisseuses et des éclats noise-rock
qui rentrent dans la chair. Ca fusionne, ça malaxe, ça
broie des sentiments bien noirs mais ça n'explose jamais
vraiment. Après toute cette description optimiste et
engageante, le tour de force de Dial est d'avoir réussi
à créer une sombre attirance pendant plus d'une
heure, donner consistance et profondeur à un style musical
où nombres de groupes actuels se mordent la queue et
s'avèrent ennuyeux. Cette musique ne ressemble pas à
un coup de foudre. De multiples écoutes sont nécessaires
et comme pour Infraction, on y revient inlassablement, découvrir
sans cesse de nouvelles cavités où se fourvoyer.
Cet
album ne les aura en tout cas pas mis sous les feux de la rampe.
Dial reste très obscur et il faudra attendre cette année
pour s'apercevoir qu'ils existent toujours. Le nouvel album
s'appelle 168k, sort une nouvelle fois sur Cede records
et semble pour la première fois attirer un plus grand
nombre. Les chroniques fleurissent un peu partout, les retours
sont positifs. Pourtant, la musique de Dial n'a pas fait de
compromis. Sept ans plus tard, Dial reste cet agglomérat
de sons bruts qui ne se laisse pas facilement apprivoiser. Le
noyau central est plus que jamais Ham et Smith. Dom Weeks apparaît
seulement sur deux titres. La grande nouveauté est la
présence d'un vrai batteur sur trois morceaux. Son nom,
Lou Ciccotelli, un vieil ami de Jacqui Ham, qui a toujours joué
en concert avec Dial, excepté lors de la tournée
en France et l'enregistrement de Distance Runner. Il a aussi
joué avec Rob Smith au sein de God pendant une période
beaucoup plus longue.
La pochette est un amas plus ou moins non identifié de
ce qui ressemble à du papier coupé, broyé,
haché menu. Rarement pochette n'a aussi bien définie
la musique du groupe qu'elle représente. Dès le
morceau d'ouverture, le bien nommé Psychotrance,
on s'enfonce dans un territoire qui vous prend à la gorge.
Dans une salle de machine où pistons grinçants
et guitares ferrailleuses s'entrechoquent. Un étourdissant
fourmillement de sons, une densité au centimètre
carré dont la pression ne cesse de s'accentuer au fil
de sept minutes de vaudou noise. La voix de Ham surnage, vous
enveloppe et enfin, je mets un nom sur cet autre groupe auquel
Dial me fait penser depuis le début. Les texans de Pain
Teens. Cette faculté à évoquer le rêve
au-delà du bruit chauffé à blanc.
Si le son de Dial reste brut et sans fard, ils ont réussi
à l'amener à un autre niveau. De la masse, de
l'ampleur, de la puissance surtout quand Ciccotelli se ramène
avec sa batterie. Hi Fi, second morceau à trois,
morceau sentant l'improvisation pendant huit minutes d'un free-rock
libéré de toutes attaches terrestres. Et quand
Ciccotelli se lâche sur la fin, on en redemande. C'est
là aussi une des clés du regain d'intérêt
pour Dial. Tout en maniant le terme avec des pincettes, 168k
est plus rock. Plus rythmé et moins autiste, Dial
fait moins peur, on ose s'approcher de la bête. Après
trois titres à suivre avec la batterie, Dial nous replonge
la tête dans le sac avec Hey Condition. Seulement
deux guitares et la voix de Jacqui Ham. Je ne sais pas quels
effets ils utilisent mais le son des guitares est une nouvelle
fois étonnant. Sensation de scie à métaux.
Les larsens sont compris dans le prix. Notion de ballades, de
ces chères et spéciales ballades, propres à
Dial. Dirt Jungle mérite son nom avec la programmation
épileptique de la boite à rythme et des vers qui
vous rongent les intestins en guise de tapis sonore. Rope
fait tourner en boucle un riff efficace et lisible auquel Dial
ne nous avait pas habitué. Psychédélisme
malsain. Field achève les hostilités avec
cette maudite boite à rythme dont Smith arrive à
faire sortir des sons déconcertants et dont on peut saluer
au passage la programmation originale depuis les débuts
de Dial. Une boucle bruyante qu'on ne peut pas imaginer provenir
d'une guitare, un fond de sample angélique et la magie
opère une nouvelle fois.
Un disque singulier pour une musique sonique et fracturée,
prouvant que l'on peut toujours expérimenter tout en
restant intense et rock. Atmosphérique sans être
post-rock. Avant-gardiste sans être barbant. Faire dans
le drone et être crédible. Tout dévaster
et être créatif.
Dial
reprend vie après sept années de silence et se
porte mieux que jamais. Des concerts à deux pour commencer
puis au complet, sont prévus pour l'année prochaine.
Ca répète dans le 17. On en reparle plus tard
SKX
(26/11/2007)
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Dianogah
Qhnnnl - CD
Southern 2008
Je
croyais ce groupe définitivement rangé des bagnoles.
Et pour cause, six ans de silence. Brusque réapparition
avec un quatrième album au nom qui compte triple au scrabble.
Une formation inchangée en 13 années d'existence
avec un fameux trois mats composé d'un batteur et deux
bassistes. Dont un qui chante. Ca peut paraître anecdotique
mais pour un groupe qui passe pour être instrumental,
c'est une belle performance que de chanter sur une majorité
de morceaux. Mais pas une nouveauté. Le passé
les a déjà montré friand de lignes de chant.
Eparses, certes mais présentes. Dianogah a débuté
en 1995 et fait parti de ces enfants de Slint. La deuxième
génération tellement amoureuse du concept qu'ils
ont essayé tant bien que mal de le reproduire. Mais Slint
ayant tout dit, l'histoire a vite été court-circuitée
et Dianogah s'est inscrit dans la longue liste des groupes inspirés
par le Maître en essayant tant bien que mal de se faire
entendre dans la masse laborieuse. Et si le Spiderland
de Slint avait fait plus de mal que de bien ? Parce que depuis,
des groupes semi-instrumentaux vite classés dans l'étiquette
bâtarde post-rock, on en a soupé et à l'arrivée,
très peu d'élus peuvent bomber le torse. Et Dianogah,
malgré un premier album As Seen from above sur
Ohio Gold records en 1997 plus qu'honorable, ne peut prétendre
à jouer les cadors. La suite a été très
poussive et les voir disparaître de la circulation n'était
qu'une fin logique et annoncée.
On remet le courant. Dès les premières notes,
je me rappelle pourquoi aucun albums de Dianogah ne traînent
sur les étagères. Oui, on peut rapidement se faire
chier avec un disque de Dianogah. Le trio incarne l'idée
affreuse du post-rock, la face mou du caisson, l'instrumental
sans vie de bons petits étudiants sans révolte,
trop appliqués à réciter sagement leurs
gammes et faire partager leur spleen. Malgré ce portrait
au vitriol, ce nouvel album de Dianogah n'est pas totalement
rédhibitoire. On retrouve les tics du passé, ces
parties instrumentales qui se mordent la queue et qui n'ont
rien à dire de plus qu'il y a six ans. Ce coté
gentillet, limite niais, qui agace. Mais Dianogah a compris
que le créneau est depuis surchargé, qu'une pelletée
de nouveaux groupes le fait aussi bien qu'eux, voir mieux. Leur
salut passera donc par une palette d'émotions plus variée.
Ils n'ont pas hésité à inviter à
tour de bras. Stephanie Morris pour du chant sur trois titres
(les plus pénibles en fait, la sauce ne prend pas), le
violon de Andrew Bird, un brin de guitare et de claviers et
encore du chant de la part de deux autres invités dont
la connaissance du nom n'est pas d'une grande utilité.
Une remise en question des vieux réflexes. Le chant prend
ainsi plus d'ampleur, les ambiances se diversifient. Se durcissent
même sur un surprenant Qhnnnl - le morceau - digne
des groupes noise-rock virulents qui ont fait la réputation
de leur ville Chicago (avec comme un cuivre dans le fond mais
vu que personne n'est crédité de cet instrument,
ça doit être un mirage à l'instar de ce
morceau). Dégaine de petits durs qui revient pour Snowpants
et un son bien distordu, le nerveux Puma ou le très
court mais bon Song you hate. Quand Dianogah se fait
violence, il peut devenir un putain de bon groupe, quittant
ses oripeaux post-rock et surtout le post pour être tout
simplement rock. Et il faut bien l'avouer, même si tout
le disque n'est pas habité de cette fièvre salvatrice,
il n'en reste pas moins traversé d'un second souffle.
Un renouveau qui donne de la consistance au propos d'un Dianogah
dont on n'attendait plus rien, déjouant les clichés
tout en restant de fiers représentants d'une certaine
tradition musicale.
SKX
(17/09/2008)
website groupe www.myspace.com/dianogahband
website label www.southern.com
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Die!
Die! Die!
s/t - CD
O.K. Relax 2005 |
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Die!
Die! Die!
Locust weeks - CDEP
Tardus 2007 |
Une
entorse à l'Australie avec un détour en Nouvelle-Zélande.
C'est pas Tora ! Tora ! Tora ! Ce n'est pas encore une histoire
de Pearl Harbor, c'est Die! Die! Die! On en crèvera tous.
Cri de guerre de ce nouveau combo avec déjà deux
enregistrements à leur actif. Un cri suffisamment persuasif
pour que Albini, qui n'est pas encore sourd comme un pot, l'entende
et enregistre leur premier album l'année dernière.
Mais on est loin du cri de l'agonie, du chant final avant extinction
de la race. Comme tout bon résident de la Nouvelle-Zélande
qui se respecte, ce trio aime la mélodie et une idée
de la pop toute personnelle à cette île du bout
du monde. Moulé à la louche d'Albini, ça
devient un groupe noise-rock-pop naviguant entre Miniwatt et
McLusky. Une collection de neuf titres alertes, dissonants,
dépassant à peine les deux minutes, tous enclin
à devenir de petits hymnes indés, à consommer
vite et sans modération.
C'est un label maison, à Auckland, qui a le privilège
de sortir le nouvel EP Locust weeks de Die! Die! Die!
Le trio s'est fixé une ligne de conduite et n'y déroge
pas. On ne change pas les recettes qui gagnent. Ligne de basse
jouée avec un seul doigt, esprit très post-punk,
énergie juvénile et voix qui va avec, rythmique
entraînante. Quatre titres parfaits pour faire la vaisselle.
Ces jeunes pousses, accros aux tournées inter-planétaires,
savent comment vous rendre dépendant immédiatement.
Reste à savoir si l'addiction va durer mais en attendant
de connaître la réponse à cette question
primordiale, ne restez pas dans votre coin et faites vous plaisir
! C'est la nouvelle coqueluche en provenance des antipodes dont
le label américain Strictly Amateur Films a ressorti
le premier album en CD en 2006, tout comme le label écossais
Pet Piranha avec en bonus le EP. Tout ça bien sûr
pour le plaisir du plus grand nombre.
SKX
(01/07/2007)
website groupe www.myspace.com/diediedienz
website label belowpardistribution.com/OKRELAX/index.html
www.safrecords.com
| www.tardusmusic.co.nz
| www.petpiranha.com
|
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Die
Princess Die
Lions eat lions - CD
GSL 2006
La princesse n'est toujours pas morte. Deux ans après
un premier album fort aguicheur, elle revient et elle est très
très énervée. Elle était déjà
très vénère mais là, c'est devient
carrément viril. Le lion bouffe du lion. Tout y passe.
De la crinière à la queue. Ne recrache qu'une
bile verdâtre, expulsé avec la force d'un glaviot
bien serré dans le sens du vent. La princesse en rajoute
une couche. Une féroce. Ca débute au cordeau.
Deux morceaux qui font le lien avec les débuts. L'agression
sonore. Du primaire qui tente dans un second sursaut d'arrondir
les angles. Et puis ce troisième titre, The racer, qui
interpelle, son gimmick d'un synthé qui s'ignore tout
droit tiré d'une défonce techno. Etrange sensation,
ne sais plus trop où on met les pieds, transe noise moitié
dansante, moitié bâtarde, pas mal brutale. La princesse
s'adresse aux foules, les malmène, bafoue les traditions
et à défaut de les convaincre, s'encanaille. Puis
la guitare reprend son droit, la mélodie s'associe au
bruit et à la fureur, Die Princess Die au plus fort avant
qu'un Lights of the nights se la joue harsh-techno, avec vrai
rythme de batterie dedans, tout bizarre. Ca dure que 1 mn 28
mais ça casse l'ambiance. Le morceau d'après défile
à la même vitesse sauf que la base est foncièrement
rock et que la basse est énorme. La batterie tout du
long, c'est basique et violent, le mec frappe comme un sourd,
sans chercher à comprendre. Le chant, scandé,
incompréhensible. Tout participe à l'effraction.
Saccages et carnages. Un groupe qui cherche la castagne, réputé
pour leur prestation scénique autodestructrice (surtout
en matos avec un peu de sang sur les bords). C'est une machine
à bourriner, un truc à frapper sans compter mais
avec la manière. Faire danser le bétail pour mieux
le faucher. L'aguicher vulgairement, des airs de sales putes
maquillées à la truelle mais qui recèle
en son sein qu'elle a énorme des atours fignolés
avec la grâce du grand fauve. Die princess die est devenue
ultra direct, efficacité maximale, dynamique et puissance
omniprésente avec une sensibilité mélodique
qui intervient à chaque pic de brutalité, qui
s'insinue sur tous les titres pour rendre la queue du lion digeste.
Les bijoux de la princesse volent en éclat mais garde
leur brillant.
SKX
(14/01/2007)
website groupe www.dieprincessdie.com
website label www.goldstandardlabs.com
sounds www.rococorecords.com
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Do
make say think
You, you're a history in rust - CD
Constellation 2006
Trois
années que la troupe canadienne n'avait pas donné
de nouvelles. Trois années où rien n'a changé.
Do make say think, entité aux membres changeant (avec
Alex Lukashevsky, la tête pensante de Deep Dark United
en invité d'honneur), sort un cinquième album
où la diversité est toujours d'actualité.
Une question d'humeur. Une question de lieu d'enregistrement.
Quatre endroits. De la maison de campagne à la grange
familiale, retour en ville, le local de répétition,
le studio agrée. Tout ça entre avril 2005 et mars
2006. Pas étonnant après que cette musique sente
le voyage, le perpétuel mouvement. Une bande-son pour
la route. Des routes encadrées par de vastes contrées
inhabitées. Le spleen des grandes étendues qui
vont avec. Car ce voyage n'a rien d'un road movie à la
Thelma et Louise. C'est tranquille au rythme du vent que DMST
promène sa large palette sonore, sort les violons, le
marimba, pousse même la chansonnette (une première)
dans un aphone A with living. Diversité des ambiances
mais grosse mélancolie toujours (pour pas dire grosse
fatigue parfois). Ambiances cartes postales qui sentent bon
la campagne, le grand air, la nature, c'est bien joli mais c'est
lassant ! On aurait aimé aussi qu'ils marchent dedans,
qu'ils se prennent une fiente de zoiseaux sur le coin de la
tronche et que tout ce petit monde s'énerve. Ca arrive
par deux fois seulement. The universe ! avec son amas
de guitares cinglantes, cuivres chaleureux et batterie martiale.
Et surtout les huit minutes de Executioner blues. Magnifique
morceau évolutif où on sent que quelque chose
se passe vraiment, se cognant entre apaisement sur le qui-vive
et mur de guitares qui s'éteint tout doucement. Inutile
de préciser que c'est comme ça que je l'aime ce
groupe. Quand le moteur interne se met en route, qu'il bouscule
ses instruments tout en étant très musical, qu'il
se laisse déborder par ses sentiments. Hélas,
trop souvent, cet album se laisse aller à la rêverie
et fini par nous endormir. Reste quelques beaux sursauts.
SKX
(24/01/2007)
website label http://www.cstrecords.com
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Don
Vito
Self titled - 10'' + CDr
Gaffer records 2007
Encore
un disque qui justifierait sans problème la création
d'une rubrique spéciale : les vinyles les plus rigolos
sont les plus beaux. Surtout lorsqu'il s'agit d'un 25 cm. Une
pochette pleine de couleurs qui se déplie, un autocollant,
des inserts, un CDr contenant exactement la même chose
que le vinyle et une feuille à découper soi-même
offrant la possibilité de confectionner une pochette
pour le dit CD. Au moins chez Don Vito on ne se fout pas de
la gueule du client, surtout lorsque celui-ci aime également
jouer comme un gosse. Et franchement, ça tombe bien.
Côté musique, on ne peut pas dire non plus que
l'on s'ennuie. Ces allemands tranchent furieusement avec la
proverbiale rigueur d'outre-rhin en pratiquant un noise rock
décomplexé et tubesque (Electric Mayhem) voire,
euh, dansant (Noisette) qui ravage profondément les tympans
et marque durablement les esprits, c'est la teutonique des claques.
Pas besoin d'en rajouter beaucoup plus dans cette chronique,
un disque aussi immédiat et jouissif se passe de commentaires.
Encore une très bonne sortie du label lyonnais Gaffer
records qui décidément poursuit sur son excellente
lancée
Je crois d'ailleurs que les prochaines parutions
ne seront pas mal non plus.
Et
puis aussi : Don Vito en tournée en France au mois de
février, le 10 à Lilles, le 11 à Paris,
le 12 à Tours, le 13 à Lyon, le 15 à Nancy
et peut être même un peu plus si affinités.
Qu'on se le dise.
Haz
(28/01/2008)
website groupe www.donvitodonvito.de/#
website label
www.gafferrecords.com/
sounds electricmayhem.mp3
| 13.mp3
| frisbeeloser.mp3
- achtung.mp3
|
Doppler
Songs to defy - CD
SK records 2008
Rien
de tel qu'un disque qui reste accroché à la platine,
un disque dont vous ne démordez pas. Vous avez trois
tonnes de musique à écouter, du neuf, de l'ancien,
du coté, de l'inconnu peu propice au grand saut mais
c'est ce disque qu'il vous faut et pas un autre. Là,
en ce moment même, cette sensation précise et tout
le reste peut aller se faire voir. Le second album des lyonnais
de Doppler est de la catégorie super glue, celle qui
colle aux tympans et ne vous lâche plus. Doppler aura
mis quatre ans pour donner suite à Si
Nihil Aliud. Une longue gestation pour s'affranchir
de l'ombre des Deity Guns et autres mastodontes-ès-noise
des années 90 afin de développer sa propre théorie
du bruit sans renier les bases. Sept morceaux - seulement répondrez
vous, ça fait peu du kilo à l'année - mais
tout est travaillé, pensé dans ses moindres détails
et Doppler, comme à son habitude, aime tailler sur la
longueur des mouvements s'épanchant au-delà des
cinq minutes pour se fracasser jusqu' à dix. Et ça,
tu l'accouches pas en deux jours. Compositions tour à
tour éclatées et ramassées sur elles, déliées
et explosives avec une paire basse-batterie toujours aussi colossale,
tant dans la précision que la force de frappe, nous gratifiant
de joutes rythmiques à se damner. L'effet samba en plein
milieu de We are not sick
me rend malade de bonheur.
Aucun doutes, c'est deux là sont complémentaires.
Quant au guitariste, il se met au niveau, n'hésitant
pas à se faire encore plus mélodique que par le
passé et avec cette voix légèrement trafiquée,
distillée avec parcimonie et toujours à cran,
ça vous donne de sacré morceaux épiques.
My Third Millenium !! est un long sprint sauvage qui
met à genoux pendant que 6 centimetres les met
profond et en relief. Car Doppler n'hésite plus à
se mettre à nu, ne plus uniquement se cacher derrière
les décibels, aller au bout de son idée mélodique
et donne à plusieurs reprises dans le lyrisme, un truc
brutal et bouillonnant qui retourne les tripes. Les passages
plus calmes n'ont rien de l'habituel cliché post-rock.
De la vraie mise sous tension, pas là pour simplement
faire joli et ménager l'auditeur. Maintenir la pression
avec une recherche aiguë du contraste, enchevêtrée
dans le tumulte, pour un vrai sens de la noirceur. Les samples
continuent de se faire discret, servant l'atmosphère
sans la polluer. Doppler a dépassé le stade de
simple groupe noise pour partir à la conquête de
territoires plus ambitieux. S'attarder sur l'écriture,
aller au-delà de la simple énergie physique, toujours
présente bien sûr, mais sublimée dans des
jeux de construction élaborés au Black Box d'Angers
avec Peter Deimel, un souhait de longue date. The Coming
Out, final étendu avec une pointe de violon et de
stridences, tout en retenu, progression sur la corde raide.
Preuve ultime qu'un nouveau palier vient d'être passer.
Doppler a élargit sa palette et provoque un sentiment
de malaise comme à chaque fois que vous tombez sur un
grand disque.
SKX
(15/09/2008)
website groupe dopplernet.free.fr
website label www.skrecords.org
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The
Drift
Memory drawings - CD
Temporary Residence 2008
Le
label new-yorkais Temporary Residence est fameux pour son image
post-rock et les groupes qui vont avec, mais là, ils
ont tiré le gros lot. The Drift signe son deuxième
album depuis leurs débuts en 2005 qui me sont inconnus.
Ce groupe de San Francisco (avec Danny Grody, un membre de Tarentel)
a carrément rayé le mot rock de son vocabulaire
et si le suffixe post subsiste, ça doit être pour
post-mortem. Une musique instrumentale, il va de soit sauf si
on prend la trompette omniprésente comme une voix intérieure,
donnant le ton d'une coloration jazzy avec le bémol.
Jazz pour soirées feutrées, niches obscures et
velours rouge sur tous les sièges. La basse a cet accent
légèrement dub, ronde et bienveillante, arrondissant
un groove très lancinant (Uncanny Valley). Ce
n'est pas de trop pour nous tenir éveillé. Le
post quelquechose de The Drift n'a pas grand-chose à
voir avec leur compagnon d'écurie Explosion in the Sky
avec qui ils partagent souvent la scène. Point de contrastes,
point d'explosions. Tout baigne dans un halo léthargique,
sur une même ligne de flottaison, de longues longues plages
sans relief, aux légères fluctuations tout en
finesse. Bien trop fin pour moi. On sent bien une dynamique
en place, un travail dans le moindre détail orchestré
par le producteur Jay Pellicci (membre de 31Knots), une batterie
qui essaye de temps à autre d'insuffler un peu de nerf
mais ça retombe à plat rapidement. On sait jamais,
on pourrait réveiller quelqu'un. Les airs traînants
de trompette finissent par tous se ressembler, il va se la manger
dans pas longtemps, c'est sûr, pratiquement une heure
à ce rythme, c'est trop. Pour les accrocs au somnifère,
la version vinyle comporte un morceau en plus.
SKX
(22/03/2008)
website groupe www.thedriftmusic.com
website label www.temporaryresidence.com
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Drunk
hands
Blinds - LP
Faux fetus 2006
A
Melbourne, le poids de la vie est éreintant également.
Ou bien c'est le soleil. Ca brille, ça tape. On tire
sur quelques surfers pour passer le temps mais tout ça
c'est des efforts et de la concentration. Ca picole à
plus savoir quoi foutre. Malade de ses cadences infernales.
Un âge déjà mort pétrifié.
Duncan Blachford aime s'enfermer dans une pièce prête
à la démolition, s'entourer d'un seul micro, autant
par économie de moyens que par souci de minimalisme.
Au coude à coude. Seul avec ses démons. Ses machines
rouillées, ses cordes mal graissées comme seules
amies. Une boite à rythme qui traîne, absente des
débats pour surgir, plus martiale. Notions de répétitivité.
Jusqu'à l'énervement. Drones, drones, drones,
l'écho se perd, variations minimales. Danse pour squelette
(Skeletal slow dance), sur la piste à moitié
mort. Ou ivre. Pas sûr de toujours savoir où il
se dirige. Suit la balise au loin. A vu de nez. On tombe, on
zappe. Mais il y a comme un je ne sais quoi d'attachant. Un
brin de lose qui transpire. Une atmosphère moite et terrible
qui vous fait comme un poids immense sur les épaules
et dont vous n'avez pas envie de vous débarrasser. Ivresse
des bas-fonds. Des airs de guitares qui titillent. Une lourdeur
lo-fi avec une réminiscence d'un vieux Suicide. Le groupe.
Pas l'envie qui lui manque mais ça serait pas pareil.
Une heure quinze, dans ce dédale, c'est long mais c'est
bon aussi. Parfois. Disque à l'aveugle pour ceux qui
ne veulent plus voir.
SKX
(01/07/2007)
website groupe www.myspace.com/drunkhands
website label www.fauxfetus.net
sounds www.fauxfetus.net/blinds.zip
(album entièrement téléchargeable gratuitement)
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Dub
Trio
Another sound is dying - CD
Ipecac 2008
Je
déteste le dub. Ca me file de l'urticaire. Avec le reggae,
je deviens teigneux, limite mauvais. Alors quand on me propose
le CD d'un groupe nommé Dub Trio, je commence par l'envoyer
valdinguer contre le mur. Comme ça, j'aurais une bonne
excuse pour pas l'écouter. Mais il tient le choc le con.
Faut dire qu'un chat retombe toujours sur ses pattes et ceux
là m'ont l'air particulièrement affûtés.
Et des disques de dub avec des pochettes pareil, ça cache
quelquechose. Dub Trio est un trio new-yorkais voulant appliquer
les principes du dub au punk-rock ou plus précisement
au rock bien bien heavy. La belle affaire. Not for nothing
est un morceau d'ouverture où le gros riff est de sortie.
D'ailleurs tout est gros. Le son, le rythme et la basse donc
comme le veut la tradition dub. Mais un morceau comme ça
casserait n'importe quel trip et c'est plutôt du coté
des groupes rock instrumentaux bien lourds qu'il faut chercher
une affiliation. Idem pour le deuxième, Jog on,
et si on a le droit à quelques échos sur la caisse
claire, King Tubby en ferait dans son froc. C'est du bon gros
rock-metal de blancs becs dont seul le trio de leur nom résonne
à propos. Il faut attendre le 3ème titre (Bay
vs. Leonard) pour comprendre l'allusion au dub. Un plan
typiquement reggae dub tombe comme un cheveu sur la soupe au
bout de trente secondes d'un riff bien carré. Car le
trio new-yorkais ne cherche pas à mélanger les
genres, à entremêler dub et metal. Ils juxtaposent,
subitement, coupent dans le lard de leur metal et plantent une
banderille dub dont on se demande ce que ça vient foutre
là. Rebelote avec Felicitation où après
une intro bien musclée, le morceau part soudainement
vers des contrées ambiantes dignes de n'importe quel
combo post-rock avant de finir comme cela avait débuté.
Mortar Dub présente quant à lui quatre
minutes de reggae/dub sans ambiguïté. Je me demande
si je vais pas retester la solidité de l'objet contre
le mur avant que Regression line nous embarque à
nouveau au pays du rock qui tâche. Vous aurez compris.
La suite est à l'avenant avec une collaboration avec
le boss (Mike Patton) et le décrochage du pompon avec
Respite et sa ballade pour camionneur. Dub Trio adore
brouiller les pistes. Le problème, c'est que ces pistes
nous amène à un Rage against the Machine instrumental
déviant, à la puissance propre sur elle et aux
riffs convenus court-circuités par un dub qui semble
d'où je suis - c'est-à-dire très loin de
la planète dub - banal et surtout mal intégré.
Malgré quelques plans efficaces, rentre-dedans et clinquants,
un dernier titre (Funishment) plus ambitieux, ces multiples
coups de griffes tous azimuts ne sont finalement que des attaques
de chatons bien dociles sous leurs faux airs de grands fauves
sauvages.
SKX
(17/03/2008)
website groupe www.dubtrio.com
website label www.ipecac.com
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Dÿse
s/t - CD
Exile on mainstream 2007
Dÿse (prononcez Dooze), c'est l'autre projet de Andre Dietrich,
guitariste-chanteur de Volt, qui garde ici les mêmes attributs
mais en optant pour la formule duo avec le batteur Jari Rebelein.
La formule change mais les gênes restent. Une approche
toujours très répétitive, des structures
qui s'étirent, des rythmes en boucles, des riffs qui
insistent sur les mêmes cordes, des explosions qui se
font attendre. Ou pas. Sans basse, le rendu est forcément
moins lourd et puissant que Volt. Mais on a vraiment l'impression
d'entendre le cousin de Volt. Ils auraient dû s'appeler
Ampere. Un Volt plus léger, plus rockeur sur les bords,
plus ouvert à l'instrumentation comme cette trompette
sur Wolke. Un bout de sample et de human beatbox sur
Wokkk. Et qui conserve les mêmes défauts
de famille. Cet effet de répétition qui lasse
sur la longueur. L'hypnose recherchée, le travail sur
le rythme, toujours en remettre une couche. Tour à tour
plaisant et agaçant. Une méthode que l'on applique
à tous les morceaux. Ce qui n'empêche pas l'inspiration.
Des riffs vifs et tranchants. Un réel entrain qui vous
fait régulièrement taper du pied. Un album aux
murs plus légères se laissant déguster
avec plaisir.
SKX
(17/05/2007)
website groupe www.dyse.info
website label www.mainstreamrecords.de
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Dälek
Gutter Tactics - CD
Ipecac recordings 2009
L'électro,
le hip-hop en général et Dälek en particulier
n'étant pas réellement le genre de la maison,
profitons-en pour nous pencher sur le cas de ce duo ultra hype
chez les porteurs d'anorak et de bonnet péruvien. Juste
quelques repères spacio-temporels avant : un premier
album il y a dix ans, inachevé mais suffisamment étrange
pour attirer l'attention (Negro, Necro, Nekros), le coup
de pouce de Techno Animal le temps d'un maxi d'anthologie chez
Matador, deux albums (Filthy Tongues Of Gods And Griots
en 2002 puis Absence en 2004) histoire de redéfinir
le hip-hop moderne en y insufflant quelques éléments
extérieurs -terreur industrielle sur fond de tribalisme
écrasant ou guitares avec cheveux dans les yeux- éléments
pas forcément nouveaux mais, fait marquant, évitant
tout risque d'indigestion et de répulsion, bien loin
des clichés de toutes formes de fusion, genre (?) qui
de Urban Dance Squad à Gengis Tron en passant par Faith
No More, Fishbones, Asian Dub Foundation ou je ne sais quelle
bande de guignols marxistes en chambre, n'a que le mérite
de faire rire avant de contraindre définitivement l'auditeur
à appuyer sur le bouton d'arrêt.
Non, la musique de Dälek est aussi osée que le funk
déviant de Gang Of Four ou Liquid Liquid, aussi lourde
que celle de Godflesh, aussi perturbée que celle d'Einsturzende
Neubauten, aussi vindicative que celle de Public Enemy, que
des groupes n'ayant jamais confondu innovation et hybridation
intempestivement artificielle. Dälek est tout cela. Ou
du moins était parce que l'avant dernier album (Abandoned
Language) en voulant éclaircir le propos l'a sérieusement
édulcoré. Encore une chose, derrière Dälek
se cache une bande d'architectes du son incapables de la moindre
prouesse scénique : Dälek (parce qu'il s'agit également
du nom du MC en chef, on est jamais aussi bien servi que par
soi même) a un charisme proche de celui d'un nain de jardin
et Oktopus, l'homme aux machines, a souvent du mal à
ne pas s'endormir du sommeil lysergique du juste entre deux
poussages de boutons ou deux réglages de potentiomètres.
Quant à Still, le DJ fou, il a depuis longtemps été
viré du groupe pour alcoolisme chronique. Dälek
est un groupe de studio, point barre. De toutes façons
les voir en concert avec cracheurs de feu ou danseurs et chorégraphie
à l'appui aurait été d'un rare comique.
Qu'y a-t-il donc derrière l'artwork d'un mauvais goût
assez total de Gutter Tactics, cinquième album
du groupe ? Déjà, Dälek remonte une partie
la pente dévalé par le prédécesseur
Abandoned Language même si ça et là
quelques pochades ternissent l'ensemble -2012 (The Pillage)
ou A Collection Of Miserable Thoughts Laced With Wit.
Quelques idées efficaces rebande tout ça (le ralentissement
sur l'effroyable Who Medgar Ever Was
, les déflagrations
industrielles de Los Macheros/Spear Of A Nation, les
guitares heavy sur Gutter Tactics) mais dans son ensemble
le disque est déséquilibré, bancal, l'ennuyeux
y côtoie le captivant. Côté voix, Dälek
perd de plus en plus de sa superbe et de son arrogance inquiétante,
mouvement déjà entamé sur Abandoned
Language. Ce qui en fait sauve le disque ce sont tous les
détails et toutes les trouvailles sonores (cette impression
de carillon sur Street Diction par exemple) et lorsque
l'ensemble de ces trouvailles arrivent à former un titre
du début à la fin on est bien content.
Dälek reste Dälek, le groupe n'évolue plus
vraiment et se contente de décliner sa formule. L'impression
de manque vient sûrement de là, de ce côté
déjà trop entendu que l'on sait pardonner à
un groupe basique de guitares ou à un jazzman funambule.
Avec Dälek, on sait désormais que l'on tient le
pendant hip hop des Ramones jouant avec des éléments
ultra référencés directement tirés
de musiques pour petits blancs. Pour l'instant on évite
le phénomène de foire que d'extrême justesse.
Haz
(01/02/2009)
website groupe www.deadverse.com
website label www.ipecac.com
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ddd
ep
- 10''
Hansard 2008
Nouveau
duo anglais guitare-guitare-chant qui, avec l'aide de Darryl
Woollaston leur boite à rythme, sort son premier EP 3
titres après deux singles deux titres. C'est précis,
net et sans bavure comme l'est leur musique. ddd ne laisse pas
de place au hasard. Le titre le plus marquant commence la face.
Drown, une ligne de guitare obsédante de simplicité
ne bougeant pas d'un iota pendant que les autres six cordes
font valoir tout leur tranchant dans des interventions robotiques
et que d'étranges bruits non identifiés viennent
polluer la belle mécanique avant de se transformer sur
la fin en touches mélodiques ressemblant à un
piano. On pense autant au Chinatown des Bästard
qu'à la froide précision d'un Wire et les répétitions
de The Fall. Et on ne citera pas Big Black. Ce n'est pas parce
qu'un groupe utilise une boite à rythme et un son de
guitare aiguisé que ça ressemble au gros noir.
Trop facile. Et parce que dans la voix, il y a ce coté
anglais repérable entre mille, ce coté froid,
distant et ce souci de la mélodie plutôt que le
sarcasme craché à la gueule. Morceau suivant,
Concentration est plus noisy et bien que ddd n'ait sûrement
jamais entendu parlé de ces vieux confrères, j'ai
l'impression que Mazey
Fade vient d'être déterré ! Dernier
titre, Spiral n'est pas un morceau en boucles. Ca n'a
pas la classe de Drown. La voix légèrement crasseuse
ne cache pas leurs mèches d'Anglais mais la paire s'y
connaît suffisamment en accroches et en saturations en
tous genres pour ne pas rendre ça trop poli et achever
un EP prometteur. Pas la peine de retourner la face. C'est le
désert l'autre coté. Complètement lisse.
Pas l'ombre du début d'un sillon ou d'un dessin. Pochette
imprimée main et à la maison par Hannah
Sharpe, avec le noir du recto bavant sur le verso. Un disque
limité à 300 copies dont vous n'aurez jamais l'exemplaire
n°30.
SKX
(02/03/2009)
website groupe www.myspace.com/onehundredrecords
website label www.myspace.com/hansardrecords
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The
Deaf
This Bunny Bites - CD
Learning Curves 2008
C'est
un truc qui doit traîner dans l'air. Ou plus prosaïquement,
le son de la scène locale. Cette scène, c'est
Minneapolis et je précise, pour ceux qui viendraient
de vivre dans un grotte pendant vingt ans ou qui viennent d'avoir
20 ans et ne se rasent pas encore, soulignant par la même
occasion, la forte vocation socio-éducative de ce site,
Minneapolis = Noise Amphetamine Reptile records, Amrep pour
les fins connaisseurs. C'est à dire le label emblématique
d'une ville certes mais surtout de toute une génération
de rockers en mal de vivre, aimant le punk-rock dégénéré
et servant de référence facile à toute
une horde de chroniqueurs en mal d'inspiration. Si c'est crade
et bruyant, te fatigues pas, glisses un petit Amrep tranquillou
et ça éclaire tout de suite ton propos.
The Deaf n'étant pas sourd comme un pot, ils ont tout
de suite saisi l'humeur et le son du coin et retranscrive à
merveille sur leur premier album les antécédents
qui ont fait la gloire, fusse-t-elle de losers, de toute une
génération. Génération où
on retrouve en tête le Ethereal Killer de Hammerhead.
Gros grain distordu qui te râpe la tronche de la paire
guitare/basse, le bon vieux grésillement qui empêche
de laver plus blanc, des réminiscences de Godheadsilo
et Karp, des roulements de batterie à faire gondoler
les rotules en alternance avec du direct dans ta face, chant
masculin ou féminin ou les deux en même temps et,
pierre angulaire donnant du relief à toute oeuvre de
destruction massive, l'accroche mélodique pour faire
passer la pilule. Et ça, le trio s'y connaît. Dès
le titre d'ouverture Into the fire et son refrain tout
con avec le chanteur qui se contente de ses Whou-ou bien
placés, limite ridicule mais qui mine de rien, marche
bien, on sent qu'on ne va pas avoir à faire à
des ingrats. Air Raid, Shiv, etc..., autant de
mini-tubes en puissance. Des morceaux tout bêtes, un riff,
un rythme, une idée qu'on use jusqu'à la moelle
mais pas trop. C'est prévisible, ya pas de surprises.
Au bout de trente secondes, tu sais déjà comment
va finir le morceau. Mais comme ça dépasse rarement
les deux minutes, on n'a pas le temps de zapper. Et avec des
noms de morceaux où tout est dit dans le titre, vous
avez une bonne idée de la philosophie foncièrement
punk du groupe : Ready To Die, Motherfucker, Fuck
That Shit, Let's Go et son corollaire Going Nowhere,
le punk n'étant pas à une contradiction près.
Un groupe qui ne cherche pas midi à quatorze heures.
Mais avec le sens de la compo sympathiquement basique et le
son qui va avec, This Bunny Bites passe tout seul, à
condition de ne pas être trop exigeant.
SKX
(14/03/2009)
website groupe www.myspace.com/thedeaf
website label www.learningcurverecords.com
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Death
to Pigs
La Horse - 10''
Down Boy/213/Bande Noire 2009
Le
cochon lorrain revient à la charge dans le format synonyme
de classe. 10 pouces ou 25 centimètres dans la version
française de vinyl jamais aussi bien placés, avec
une imagerie toujours aussi subtilement sulfureuse, surtout
quand on retourne l'objet. Death to Pigs aime le trouble. La
subtilité, ce n'est pourtant pas le mot qui vient à
l'esprit quand on aborde la musique du groupe de Nancy. Violente
charge nihiliste et bruyante, L'Arab on Radar en ligne de mire,
version horizon bouché et joyaux de la couronne enfoncés
bien profond. Je restais sur Carnal
Carnival, l'album précédent qui n'était
pas le carnaval espéré malgré quelques
belles guirlandes démembrées. Un air de basse
trop en avant qui m'avait laissé sur ma faim, quelquechose
de trop convenu malgré la folie rampante.
Depuis, Death to Pigs n'a pas évolué dans ses
murs de sauvages et pourtant, c'est mieux. Si on entend
toujours bien la basse, le reste s'est mis au niveau. Tout est
à fond sur la ligne du front, le mords aux dents avec
cette petite étincelle dans le regard qui fait peur.
C'est tout pareil qu'avant sauf, et la différence est
de taille, que le galop semble plus naturel, moins calculé,
une attitude de je m'en foutiste et de branleurs assumés
comme on aime. Cinq titres sur une face A passant à brides
abattues, avec une mention particulière pour la batterie
qui cogne à tout va. Ca arrache, ça crisse, ça
parle de bars chinois, de black gestapo, de musulmanes qui rendent
dingues et de Santa Klaus Barbie, un jeu de mots qui
pourrait faire rire Dieudonné. Rien n'est correct chez
Death to Pigs, du verbe à la musique, ça sent
le dérapage et la bavure à chaque instant. Un
sentiment de non contrôle qui fait que La Horse piétine
tout sur son passage. On ne bougera pas d'un pouce de pied pour
éviter ce carnage. Excepté pour changer de face.
Deux morceaux uniquement. Le court Eggman qui sait comment
faire une omelette de rythmes fracassants et le long (it's
a) Burning Hell, morceau maléfique des suédois
Brainbombs. Une reprise qui semblait n'attendre que eux tant
ce titre colle parfaitement à leur répertoire.
Visqueux, répétitif, maladif, Death to Pigs ne
change rien à l'original qu'on reconnaît au premier
riff mais si ce titre avait été accouché
de leurs propres mains, on y aurait vu que du feu. Un morceau
dont on ne se lasse pas et qui donne à chaque fois l'envie
d'aller fouetter des vierges. Et plus si affinités. Comme
par exemple remettre le couvercle avec ce disque.
SKX
(12/05/2009)
website groupe www.myspace.com/deathtopigs
website label www.myspace.com/downboyrecords
| www.213records.com
| www.myspace.com/skyrrecords
|
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De
Kift
Hoofdkaas - CD
Range Ta Chambre 2008
Hoofdkaas se traduit par fromage de tête. Les Hollandais
de De Kift vous invite à partager une tête de porc
pour fêter leurs 20 ans de route et offrir un huitième
album sur un plateau. On connaît la recette avec De Kift.
Les ingrédients n'ont pas changé. Toute une quincaillerie
de cuivres, de cordes acoustiques frappées et pincées,
une batterie d'instruments qu'on ne rencontre pas tous les jours,
des churs battus à l'unisson, de la dérision,
des chansons à boire, un soupçon de larmes, de
la poésie de comptoir, de l'absurde en pied de cochon,
une fanfare baltringue tournant autour du pot, une p'tite danse
en fin de repas et tout le monde au lit.
De Kift passe et repasse les mêmes plats. L'époque
de la candeur n'a plus lieu. Tout le sel de l'aventure réside
désormais dans l'art d'accommoder et assaisonner toute
cette marchandise hétéroclite. En même temps,
il ne faudrait pas faire la fine bouche parce que Hoofdkaas,
si il ne surprend pas, reste un album alléchant. Après
l'époque du baroque avec l'album Vier voor vier,
De Kift opte pour une cuisine traditionnelle, dans la lignée
du précédent 7
avec un soupçon de piment en plus, un brin d'inspiration
qui relève le tout. Des airs de trompettes entêtants,
des envolées discrètes mais réelles comme
sur Record, des lignes de guitares aussi maigrelettes
qu'attachantes, des parties vocales incroyables qui se croisent
et font claquer le palais (Sherry). Vleesmolen
et sa fanfare donnant envie de se tailler par le premier bateau
venu et se bourrer la tronche dans des ports bien glauques.
Le marrant Locomotief ou le plus rock'n'roll Heisa-Ho.
Un tas d'amuse-gueule finissant par faire un repas bien complet
tout en restant dans le fugace et le bancal. La grosse bouffe
et la chair grasse, ce n'est pas le credo de De Kift, ce groupe
restant définitivement à part.
Venant du milieu des squats hollandais et punk-anars (Terry
le chanteur est un ancien Svätsox, des potes à The
Ex qui venaient de la scène de Wormer, au nord d'Amsterdam),
De Kift s'est d'abord fait connaître dans le circuit indépendant
pour toucher les vieux punk-rockers, les noiseux endurcis, les
revenus de tout et les chiens abandonnés avant de brasser
un public plus large. De Kift maintenant, ça joue dans
les fêtes du village et les salles municipales. Ca collabore
avec les Têtes Raides, ça écrit pour le
théâtre et les musiques de films et pire, ça
pourrait plaire à votre grand-mère !
Mais sous des dehors présentables, De Kift reste hors
normes et hors mode. Un truc qui plait à un plus grand
monde mais qui jamais n'en touchera beaucoup. On aurait vite
fait de les cataloguer dans de la variété acceptable
mais même ce public n'éprouve qu'un intérêt
poli avant de vite revenir à quelquechose de plus rassurant
(j'ai testé, De Kift, ça ne plait que très
moyennement). Il n'y a pas de jolies mélodies évidentes
chez De Kift. Ca peut éventuellement se danser mais ça
ne tourne pas rond longtemps. Le chant batave, ça faire
rire cinq minutes mais l'exotisme, ça ne va qu'un temps
et en plus, on n'y comprend rien. Et puis trop de trucs bizarres
comme les six minutes de Eeuwige Bewonderaar et ces bruits
de bagnoles en plein milieu ou les bruits de cuisine et de verres
cassés sur le morceau éponyme clôturant
l'album. Pas de couplet-refrain-couplet (ou si peu) mais du
narratif qui déroute.
On est dans le domaine de la chanson, ce gros mot qui fait peur,
mais dans la bouche de De Kift, ça prend une autre saveur.
Parce qu'ils ne se contentent pas de recettes faciles. Parce
que leur dérision est trop palpable pour qu'on les prenne
vraiment au sérieux. Parce qu'ils sont trop orgueilleux
pour cracher dans la soupe ou tout simplement trop originaux
pour faire comme tout le monde. Parce qu'on sent trop poindre
une sourde tristesse là-dedans et que, même quand
ils chantent à tue-tête et roulent sous la table,
on sent bien qu'il va y avoir un revers à la médaille.
Et ça, c'est pas bon pour le moral des ménages.
Alors De Kift, ça continue à me toucher. Ca coule
tout seul dans le gosier, sur le coin du zinc, une p'tite bouffée
d'air frais hors du temps avant de repartir gagner sa croûte.
Une auberge où on se sent bien et où les repas
de famille deviendrait presque un moment de bonheur.
Finir une chronique de De Kift sans parler de l'emballage n'en
serait pas une. Deux options à la carte. La pochette
de luxe sérigraphiée sur du velours. Et la version
complète avec vieilles recettes et menu gastronomique
à l'intérieur.
Bon appétit !
SKX (01/04/2009)
website groupe www.dekift.nl
website label www.myspace.com/rangetachambre
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Die
Princess Die
Lions eat lions deluxe - CD
Uproar for Veneration 2009
Une
réalisation inattendue mais le groupe de Los Angeles
a fait craqué un ch'ti et le label du Nord-Pas-de-Calais
s'offre la totale de Die Princess Die, affublé du terme
Deluxe pour fêter l'occasion. Deux albums, Cut Lips
(2004) et Lions eat lions (sur GSL en 2006) plus le split
single avec The Manifolds en 2004, soit 21 morceaux d'un CD
bien rempli. Par contre, je ne voudrais pas chipoter mais le
label annonce deux inédits et je les cherche encore.
Je regarde sous tous les angles, je ne les vois pas sortir.
Parce que si il parle des morceaux GW Grenade et Spearhorse
7, ce sont justement les deux titres du split avec Manifolds.
J'ai beau sortir mon petit split à la pochette cheap
numéroté 13 et comparer attentivement la version
vinyl et cette nouvelle version deluxe, c'est tout pareil identique.
Ce single étant sorti à 300 exemplaires, on peut
comprendre qu'on soit tenter de parler d'inédits mais
ce n'est pas le cas non plus. Idem (si jamais c'est de cela
qu'on parle) pour les deux morceaux de Cut Lips avec
le mot remix entre parenthèses. Sur la version Rococo
records et sa belle pochette rose bonbon limitée à
500 exemplaires, ces deux remixes y figuraient déjà.
Merde quoi, il faut de la discipline sinon c'est l'anarchie.
Je vous demande de vous arrêter. Ces tracasseries de nerd
sans lunettes et sans cheveux passées, on peut se taper
l'intégrale. Quoique, on ne va pas revoir tout dans le
détail. Pas grand-chose de nouveau à dire depuis
ces deux chroniques. Le bonheur est à portée de
clic, ici
et là.
Mais deux ans après un silence radio, c'est avec toujours
beaucoup de plaisir qu'on se remémore ce groupe noise-rock
tour à tour frontale et déviant, qui aime autant
bourriner que (tenter de) faire danser. On peut surtout se réjouir
que leur discographie soit enfin disponible aisément
sur autre chose que des séries limitées qui rendent
maniaque.
SKX
(23/02/2009)
website groupe www.myspace.com/dieprincessdie
website label www.myspace.com/ufvrecords
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Dolom
Self-titled - LP
Down Boy 2009
Le genre de disque qu'on n'aime pas chroniquer. La hantise en
sillons dont on ne sait par quels bouts les prendre. Le domaine
du ressenti, de l'intuitif avec une musique qui évoque
tout et son contraire, des sentiments opposés, un tas de
références et rien de précis. Bonjour l'embrouille.
Quatre longs titres instrumentaux aussi coulés que heurtés,
structures à l'apparente complexité mais qui glissent
toutes seules. On n'est quitte pour rembarer vite fait son matos
mathématique, ses règles et son compas. On tente
alors une percée vers un feeling jazzy, leurré qu'on
est par le trombone ou le saxophone, ces atmosphères enfumées
et tranquilles mais toujours un coup de baguette intempestif pour
nous rappeler qu'on est pas là sur un sentier balisé.
Quand bien même on a l'impression d'avoir déjà
entendu tout ça. Et on continue dans l'impalpable. Le sentiment
qu'un bon coup de genou ferait du bien à l'ensemble, leur
dire de passer une vitesse supérieure, durcir le ton alors
que finalement, c'est ce ton entre deux eaux, ces cuivres dans
la mélasse qu'on peine parfois à entendre, qui fait
beaucoup au charme de Dolom. Et c'est toujours quand vous pensez
vous enfoncer dans le brouillard, vous perdre en pleine terres
vosgiennes d'où ce petit monde étrange est issu,
que Dolom choisit de remettre le rock au centre des débats.
Au final, ce qui est très appréciable chez ce groupe
qu'on sent tout de même influencé par toute une frange
de groupes noise-rock instru, c'est que jamais, cela devient une
histoire de technicité mais avant tout une histoire d'atmosphère.
Pas de démonstration gratuite mais le souci d'emmener l'auditeur
dans son monde à lui, comme les deux titres de la face
B (Piccolo et Zucchini ??), particulièrement
troublant et captivant. Faire simple, avec les moyens du bord,
en toute décontraction tout en étant fouillé,
recherché et tendu, c'est là toute la schizophrénie
d'un disque où l'important, au-delà de toutes ces
vaines considérations descriptives, c'est le plaisir qui
en découle et l'envie de remettre ça dès
que le dernier sillon a fini de tourner.
SKX (28/05/09)
website
groupe www.myspace.com/dolom
website label
www.myspace.com/downboyrecords |
Drunkdriver
Fire sale / It Never happened
- 7''
Fashionable Idiots 2009
Nouveau
single pour les New-Yorkais Drunkdriver. Leur état alcoolique
ne s'arrange pas.
J'ai cru tout d'abord que le saphir du tourne disque était
encrassé, que plus le 45 tours tournait et plus la poussière
s'accumulait. Il a fallu se rendre à l'évidence.
C'était la musique, ou appeler ça comme vous voulez
si ce terme vous choque, de Drunkdriver, un Fire Sale
incandescent, se consumant dans ces propres braises sous le
pas de charge d'un rythme qui a vu le diable en personne, ce
dernier se manifestant par les cordes vocales du porte micro.
On aurait aimé que le titre It Never happened
dise vrai. Là encore, il faut se rendre à l'évidence,
subir la lourde charge d'un rythme ralenti mais pas reposé
pour autant, une guitariste se débattant avec son instrument
comme si il lui brûlait les mains,balançant de
belles gerbes de larsens, d'un chanteur, ou appeler ça
comme vous voulez si ce terme vous choque, possédé
et toujours pas reposé avant que le diable en personne
achève le boulot dans un final démoniaque. Ce
disque fait perdre tous les repères, toutes notions,
hypnotise et vous enterre vivant.
SKX
(12/12/2009)
website groupe almostdust.blogspot.com
website label www.fashionableidiots.com
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Drunkdriver
Born Pregnant - LP
Parts Unknown 2008
La
première phrase de Born Pregnant est : I hope
it hurts. Oui, ça fait mal. Très très
mal. Le reste des paroles doit être à l'avenant
mais heureusement pour notre santé mentale, le vomissement
qui lui sert de chant masque la poésie des textes. Drunkdriver,
trio new-yorkais armé d'une guitariste (Kristy Greene),
d'un batteur (Jeremy Villalobos) et donc ce fou chantant Michael
Berdan. Formule minimale pour dommages auditifs irrémédiables.
On les aurait bien imaginés sur Load records mais c'est
Parts Unknown qui a hérité du bâtard. Ca
frite les oreilles, ça déborde des amplis, à
tel point que l'enregistrement crade, il va de soi, empiète
sur le territoire du voisin, que les riffs assassins de la guitariste,
maîtresse femme pour asséner la fessée,
court-circuite la batterie qui elle même bouffe le chant.
Une sorte de mélasse jouissive où tout reste miraculeusement
audible. Mais à fond. Rouge cramoisi. Mais c'est bien
de rock dont il est question. De l'énergie brute, d'une
bête primaire cherchant sans cesse à avancer sur
sa proie. Zéro mélodie, tout dans la confrontation
mais quel pied. A cette cadence là, ce n'est plus de
la no-wave. De vague, ça fait longtemps qu'il n'y en
a plus. Fracassée au fond d'une cave, le corps parti
avec l'eau du bain. C'est de la no-music avec un dernier titre
de douze minutes (Cure For The Common Cold) qui passe
comme une lettre à la poste (même en grève).
C'est que Drunkdriver, on aimerait ça. Des années
d'habitude à rouler bourré sans doute.
SKX
(22/10/2009)
website groupe almostdust.blogspot.com
website label www.partsunknownrecords.com
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Dysrhythmia
Psychic maps - CD
Relapse 2009
Déjà
le cinquième album depuis 2000 pour le groupe de Philadelphie,
relocalisé désormais à New-York. Un groupe
dont j'ai suivi l'histoire de loin, un il sur leur riche
discographie (un split 10'' et deux ou trois autres singles
en plus à leur actif) mais l'oreille un peu sourde. Ce
n'est pourtant pas faute de se taper (et d'apprécier
la plupart du temps) des groupes de math-rock dans toutes les
diagonales mais Dysrhythmia, en plus d'avoir un nom dont je
m'y reprends toujours à trois fois avant de l'écrire
correctement, c'était la goutte d'eau qui faisait déborder
le vase de la complexité d'un genre confondant souvent
technicité et intensité, démonstration
et émotion. Dysrhythmia n'était sans doute pas
pire qu'un Aleuthas
non Ahcheula
merdouille Ahleuchatistas
ou un Don Caballero sous ecstasy mais allez comprendre, Dysrhythmia,
c'était too much.
Pourtant, à réécouter pour l'occasion leur
album précédent Barriers and Passages,
j'avais bien tort. En 9 ans d'activité, le trio a su
apprivoiser ces pulsions, son math-rock de malade est devenu
fréquentable et cet album sorti en 2006 sur Relapse aurait
mérité meilleure considération. Un must
pour ceux qui l'aiment complexe tout en envoyant valser dans
les cordes un rock chauffé à blanc. Mais avec
ce Psychic Maps, le trio new-yorkais met la barrière
encore plus haute et force le passage du math-rock. On rentre
carrément dans la sphère de Flying Luttenbachers
et moi, dès que j'entends cette autre référence
au patronyme propice à l'erreur, le poil se dresse. Dès
le titre d'ouverture Festival of popular delisions, je
crois entendre le fantôme de Weasel Walter me susurrer
dans le creux de l'oreille : tu vas l'avoir ta branlée
et tu vas adorer.
Bille en tête et plus direct qu'à l'accoutumée,
le nouveau Dysrhythmia vous met une pression d'enfer et ne la
relâchera que très rarement. Ils ne sont plus dans
la fracture, ils sont cette fois ci dans la ligne droite agitée
à fond les gamelles et ça fait toute la différence.
Pas pour les neurones et les fragiles du crâne pour qui
cette route sera toujours source de crispations irrémédiables
mais elle est là cette différence, subtile et
appréciable. Alors certes, les équations sont
toujours présentes, mais Dysrhythmia est plus disposé
à nous filer les réponses. Ou c'est juste qu'on
en a plus rien à foutre des réponses. Se laisser
emporter par la vague, ne plus se soucier du comment du pourquoi,
lâcher les amarres. Ils vous mettent une couche d'intensité,
puis une seconde, encore une autre et quand vous pensez que
ce n'est pas possible d'aller plus haut, ils trouvent les ressources
nécessaires pour jouer encore plus vite, frapper plus
fort et finissent pas vous arracher un râle de bonheur.
Mieux encore, ils se permettent des harmonies (à défaut
de dire des mélodies, faut pas exagérer non plus)
éclatantes, des fusées de détresse éclairantes
en pleine tourmente comme sur Room of vertigo et c'est un vrai
bonheur. Et des bols d'air, ils ont la judicieuse idée
d'en placer un certain nombres, de mettre du relief dans un
paysage jusque là aride. Neuf années pour le comprendre
mais ça valait le coup d'attendre. Comme à chaque
fois dans ce genre d'uvre, on a pour finir droit au péplum.
Celui-ci se nomme Lifted by skin avec une montée
extraordinaire de vélocité pendant cinq minutes
vertigineuse, s'appesantir pendant trois bonnes minutes, là
où le corps ne répond plus, quitte à devenir
pratiquement silencieux et de subitement retrouver un second
souffle et filer un dernier coup de rein qui vous emmène
dans le décor. Jouissif à mort. Dysrhythmia est
rentré dans le cercle très fermé des groupes
qui ont su transcender le math-rock, le piétiner pour
mieux le purifier, comprendre que la technicité est juste
un moyen pour éclater le rock et lui faire sortir les
tripes. Grandiose.
SKX
(26/10/2009)
website groupe www.myspace.com/dysrhythmiaband
website label www.relapse.com
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Das
Simple
Self-titled - CD
Autoproduction 2010
Il faut être sacrément joueur et un brin sarcastique
pour se nommer Das Simple quand on fait une musique aussi alambiquée.
Joueur à tous les niveaux. Dans l'esprit et dans le corps.
Car cet album regorge d'un plaisir évident de jouer, de
tirer de son instrument respectif de quoi s'éclater, sans
se soucier des limites et des genres. Ca commence par ce chant
bizarre, langue inconnue qui n'en rappelle qu'une, celle pratiquée
par Le
Singe Blanc. Et du Singe Blanc descend de nombreuses similitudes.
L'amour du rythme, de la basse sur le devant sauf que chez Das
Simple, il n'y en a qu'une mais elle est de taille. Le fait que
Julius à la fuzz bass soit le compositeur principal (cinq
morceaux sur huit) explique peut-être ce penchant. Il aurait
tort de s'en priver. Das Simple aime quand ça groove, quand
ça cogne et la basse est clairement l'instrument d'où
sont tirées les plus mémorables salves. Das Simple
aime aussi les plans progressifs et psychédéliques
et mélanger l'improbable, mettre du noise-rock, des plans
tordus mais aussi des moments ambiants un poil inquiétant.
On sait toujours comment ça commence mais jamais comment
ça va finir et encore moins de quoi sera fait le milieu.
Et le début du morceau suivant est toujours une surprise.
Mais PAS comme Mr Bungle, non pitié, pas ce groupe. Das
Simple avance en rang éclaté certes mais ne se disperse
pas aux quatre vents, ne joue pas dans le registre loufoquerie
boursouflée à grosse production. Le fond de commerce
reste rock. Un rock transpercé de rythmes jazzcore qui
ne sont pas mon pain quotidien mais qui ont l'avantage d'être
aussi droits dans leur botte et percutants, de chants aux intonations
très variés, type sampler humain (copyright Kourgane)
et d'interventions à la guitare tout aussi diverses, entre
le tranchant et le solo qui ne se prend pas au sérieux.
Le problème inhérent à ce genre d'album,
c'est qu'on s'y perd parfois, on reprend le cours de l'histoire,
on décroche, on revient, des hauts et des bas. Le haut,
c'est le début du disque (TSLA et Tales of the
galactic serpent part 1), très bon dans la baston et
les parties plus calmes très bien imbriquées. Le
bas, c'est plutôt une lente chute de tension, avec certes
quelques soubresauts, mais une énergie qui se dilue, un
chant qui disparaît peu à peu, l'intérêt
qui s'effiloche avec des compositions manquant de souffle. Rien
de rédhibitoire mais ce genre de compositions à
tiroirs ne souffrent d'aucune baisse d'intensité sous peine
de rapidement perdre un fil qui n'est déjà pas aisé
à suivre à la base. Avec un enregistrement signé
Nicolas Dick (Kill The Thrill) et un artwork qui interpelle (signé
Yasmine Blum), ce premier album de Das Simple, des Marseillais
qui n'ont rien d'Allemands (encore une feinte du nom) possède
tout de même pas mal d'atouts qui pourraient s'avérer
autrement gagnant dans le futur.
SKX
(15/09/2010)
website groupe http://dassimple.com
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Deaf
Wish
Deaf news - 7''
Stained Circles / Idget Child 2008
Encore
un nouveau groupe tendu et prometteur en provenance d'Australie.
La vague noise-rock à l'autre bout de la planète
n'en fini pas de faire des dégâts, dans le sillage
de Witch Hats, The Stabs, Scul Hazzards, Snowman et quelques
autres pépites bien enfouies dont on ne va pas tarder
à vous parler
Sauf que la gueule du sillage a déjà
de la bouteille. Deaf Wish a eu le temps en 2007 de sortir un
premier album self-titled (un exemplaire est dans une soute
en direction de la Bretagne, on en recause également
plus tard) et deux autres singles bien cachés dans le
bush.
Le dernier en date déjà de 2008. Stained Circles,
qui nous avait offert les adieux discographiques de Clockcleaner,
permet de sortir la bête de son désert, même
si Melbourne est son quartier général à
Deaf Wish. Ne me demande pas de répéter. Deaf
News attaque la face où tout l'espace lui est répartit.
On comprend dès les premières secondes pourquoi
tout le monde devient dingue de ce groupe et jouit d'une réputation
déjà grande dans son coin (syndrome star du village).
Le feu se propage instantanément. La bête est fumante
et les sourds encore un peu plus sourds. La première
écoute fait aussitôt penser à un autre groupe
du bout du monde mais l'autre île en face, la Nouvelle-Zélande,
avec les Straitjacket Fits. L'urgence au cul, ce fin wall of
noise, cette fuite en avant et une certaine légèreté
derrière la dureté du propos. Ou la voix, plus
prosaiquement, de doux dingue. Mais avec Deaf Wish, le chaos
n'est jamais très loin. Soniquement dérangé.
Il suffit de tourner la face et de lire le titre : It's sick.
Instrumental qui porte bien son nom avec là encore, l'idée
d'une fuite et d'une course effrénée. Guitares
malades. Un larsen pour faire la liaison et Broken Eyes
clôt les débats avec une rage encore plus folle.
Un groupe qui joue sans calcul. Si la vie est bien faite, la
soute susdite devrait enfermer également leur nouvel
album Reality & Visions. On n'attendra pas deux ans
pour en parler.
SKX
(07/01/2010)
website groupe www.myspace.com/deafwishstyle
website label www.stainedcircles.com
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Deaf
Wish
Reality & Visions - LP
Idget Child / Exo 2010
Le
deuxième album des Australiens de Deaf Wish était
attendu comme le messie. Visions. Tant d'espoir suscités
par un malheureux CD
et un single,
c'est forcément pas bon signe. Des chroniques où
il était dit que ce groupe jouait sans calcul. Sans filet.
Deaf Wish maintient le cap de sa philosophie sauvage mais ne
peut pas gagner à tous les coups. On retrouve ce même
sentiment d'urgence et de spontanéité, le chaos
qui pointe son nez à chaque riff débordant de
dissonances, des morceaux courts balançant rapidement
son idée avant de passer au suivant et
et puis
c'est tout. On sent à plusieurs reprises que ça
jam plus que ça compose. Les idées lumineuses
qui éclairaient quasi tous les morceaux de leur premier
album ont le filament qui ne brille plus avec la même
intensité. On est là, on attend, dans les starting-blocks,
prêt à se faire fesser dans les grandes largeurs
mais aucun morceaux ne décollent. Frustrant. Enorme frustration.
Putain d'énorme frustration. Pas de morceaux killers
à la Green Flame ou I trade you. Jamais
bon signe quand le meilleur titre est celui du single précédent,
Deaf news. Ca fout le bordel, ça raffûte,
ils se sont bien marrés pendant deux jours d'avril 2009
à enregistrer tout ce qu'il passait par leurs têtes
de jeunes écervelés mais rien. Du bruit sans l'étincelle.
Un disque rock de consommation courante, noise, foutraque, juste
agréable, des types assurément doués mais
trop branleurs pour s'en donner les moyens, faisant dans le
rang rentrer Deaf Wish. (Dure) réalité.
SKX
(20/02/2010)
website groupe www.myspace.com/deafwishstyle
website label exorecords.net
| idgetchild.blogspot.com
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Deaf
Wish
Self-titled - CD
Unfortunate 2007
Retour
sur le premier album des Australiens de Deaf Wish, découvert
par le single Deaf
News en 2009 et en attendant le nouvel album qui va
débarquer incessamment sous peu. Un album qu'on ne s'étonne
pas de découvrir avec autant de retard puisque, sous
le manteau était sa place préférée.
Un pauvre boîtier de plastique, un bout de papier collé
de travers avec les titres dessus et un minimum d'infos, un
beau vert pétant pour la galette numérique. Débrouilles
toi avec ça. Vingt minutes plus tard et dix morceaux
balancés au cordeau, on se dit qu'on a bien fait de lui
faire traverser les océans à ce minable objet.
Si on croit la petite histoire, c'est un album mort-né
d'un groupe qui n'aurait jamais dû aller au-delà
de ces vingt minutes. On en saisit toute l'urgence et la spontanéité.
Des ébauches de morceaux, des compos qui semblent ne
pas être finies et participant à ce sentiment de
bouillonnement, cette décharge électrique parcourant
tout l'album. Une idée par titre mais quels titres !
Des morceaux tout simples mais qui fusillent comme Green
Flame et Take what you want, le magnifique I Traded
You, Freeze the sound, qui ne met pas moins les tripes
à l'envers et Mum gets punched in the face. Sale
type. I can kill my radio. Toujours cette impression
d'écouter ces vieux groupes néo-zélandais
de Flying Nun records dont le sens de la mélodie leur
collait comme une seconde peau dans un traitement plus brutal
et noisy. La phrase qui percute, pour mieux la reprendre en
boucle. Some people try, some people die. Guitares fielleuses,
larsens compris dans l'addition, rythme binaire et trépidant,
un groupe qui joue comme si c'était la dernière
fois et comme c'était sûrement ce sentiment qui
les habitait à ce moment précis, le 3 juin 2007,
l'enregistrement transpire ce feu au cul. Everybody's gone
murmure Sarah, la seule fille de la bande exilée depuis
en Angleterre, à la fin du dernier titre White heat/bikini
après un long sifflement. Deaf Wish. Merci d'éteindre
les lumières. Un disque qui n'a failli que passer et
sur lequel vous feriez bien de vous arrêter. La lumière
est plus que jamais présente.
SKX
(23/01/2010)
website groupe www.myspace.com/deafwishstyle
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Death
Sentence : Panda ! / The Dreams
Split 10''
Bibimbap 2008
A
la lettre D, je veux deux groupes bien barrés. La clarinette,
la flûte et les clochettes pour les américains
de San Francisco de Death Sentence : Panda ! Le groove de la
banquise, le duo improbable synthé vintage + guitare
et boite à rythme rachitique pour les Messins de The
Dreams. Un moment que j'avais lâché l'affaire pour
le panda. Depuis le Puppy
Kitty. Les Insects Awaken, l'album premier était
bien passé par là, en 2008, la même année
que ce split, mais que passer n'avait fait. Une sucette au réglisse,
avide dessus mais très vite l'agacement, rigolo deux
secondes mais sonnant creux au bout du compte. Sur ce split,
Insect Awaken, le morceau sans le S, sur la version CD
de l'album mais comme le digital ne passera pas, ça fait
comme un inédit au goût de
sucette au réglisse.
Ca tourne en bouche mais ça ne gicle pas. La demoiselle
aux yeux bridés est bien gentille avec son flûtiau
et son chant à petite culotte. Deerhoof est bien aimé
dans la contrée mais ça ne suffit pas. Quoique
sur la foi d'un seul morceau, leur trip Colchique dans les prés
à la recherche du champignon magique, traversé
par une flûte euh
comment dire
traversière,
garde un air frais en bouche.
The Dreams ne fera rêver personne. Quand tu te commets
avec la Grande Triple Alliance Internationale de l'Est, c'est
pour en baver. Death Sentence Panda leur a filer leur flûte
sur le premier morceau Sud sud est sud avant de vite
le laisser tomber sur le bas coté et partir dans leur
trip à eux, beaucoup moins glamour. Les années
80, la new-wave de losers, la disco de corbeaux, le bricolage
maison, cheap et sans façon, le minimalisme maladif avec
des mélodies à trois balles qui ont le don de
vous aggriper le peu de neurones qu'ils vous restent. La boite
à rythme ressemble souvent à des percussions bien
réelles, tribalisme de fin de siècle, flûte
récupérée sur le dernier titre Milk
by myself, morceaux traînants faisant sentir le souffle
passé des usines à charbon. Leur usine à
eux est plutôt à gaz, bidouilleurs dilettantes
pas encore de génie mais quatre titres au goût
délicieusement amer.
SKX
(26/03/2010)
website groupe deathsentencepanda.blogspot.com
| www.myspace.com/tropicold
website label www.oreille-equitable.org/_philscrotumproduction/rubrique=82.php3
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Deborah
Kant
Marcel Hell / Day Dee - CDr
Autoproduction 2010
Nouveau
disque pour Deborah Kant mais pas réellement un nouvel
enregistrement puisque Mars Hell / Day Dee a été
enregistré il y a presque deux ans et que le groupe joue
régulièrement ce titre en concert depuis longtemps.
Estimant sûrement qu'il aurait été vraiment
dommage que Mars Hell / Day Dee ne sorte jamais sur format
physique, les quatre Deborah Kant ont donc décidé
de le faire eux-mêmes, avec les moyens du bord, tout comme
ils l'avaient déjà fait pour leur premier album
sans titre (jadis chroniqué par le patron). Bien leur
en a pris donc puisque Mars Hell / Day Dee (ça
sent le jeu de mot foireux à des kilomètres) est
l'un des meilleurs titres de Deborah Kant, l'un des plus surprenants
aussi, avec son côté country - les paroles parlent
d'un pauvre mec des champs qui s'en va à la ville, I
Know It Better répète t-il sans cesse, un
peu comme Candide qui après avoir éprouvé
la philosophie optimiste de Pangloss s'en est retourné
chez lui cultiver son jardin sans se soucier du reste du monde.
Mars Hell / Day Dee est surtout entrecoupé de
déflagrations bruitistes/soniques comme Deborah Kant
en a le secret, aux passages chantés succèdent
donc des purs moments de chaos, des breaks incroyables pendant
lesquels le groupe semble perdu dans le maelstrom qu'il a lui-même
crée, mais la maîtrise est bel et bien présente,
puis Mars Hell / Day Dee reprend sur la même partie
chanté, sur le même rythme presque paresseux et
ainsi de suite. Comme d'habitude ou presque avec Deborah Kant
on dépasse les dix minutes avec ce titre qui frise l'excellence.
La deuxième partie du disque est encore plus longue.
Intitulé Ten Years Of Decay, cette demi-heure
collecte des enregistrements de Deborah Kant entre 2000 et 2009
et célèbre donc les dix ans du groupe. Si on ne
peut pas à proprement parler qualifier cette plage de
composition mais bien de collage, Ten Years Of Decay
comporte son lot de bonnes surprises, de passages vraiment intéressants,
d'extraits parfois incroyables mais également quelques
déchets, bizarreries et fantaisies que ce genre d'exercice
ne saurait passer sous silence. Un résumé chaotique
et bordélique qui n'a rien de pénible, de fastidieux
ou d'inutile. Bon anniversaire.
Haz
(13/06/2010)
website groupe deborahkant.free.fr
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Deity
Guns
A Recollection - 3xCDs
Ici D'Ailleurs 2009
Cette
chronique n'était pas prévue au programme. Mais
suite aux atermoiements que le Diesel
Dead Machine de Zëro a procuré, une irrésistible
envie de remonter à la source et d'écouter les
Deity Guns s'est pointée. Alors autant profiter de cette
occasion pour reparler de A Recollection, compilation
trois CDs de l'oeuvre des lyonnais sortie il y a presque un
an. Comme on est chaud comme la braise, on complète le
tableau dans la rubrique Art
of Losing avec Electricity, le live in Italy
de 1991 et le 45 tours sorti sur la Bande à Bonnot en
1992, le morceau Extra love on a parallel world étant
bizarrement non présent ici alors que l'autre face, Doors
of India, y figure.
Comme la porte est ouverte à tous les excès et
qu'on nage en pleine nostalgie béate, on en rajoute une
dernière couche à une époque où
le papier était cool (il l'est toujours d'ailleurs mais
on fait avec les moyens du bord) avec une interview
de Deity Guns datant de 1993, où il est beaucoup question
de Trans-lines appointment, de la France et de sa culture
rock et de projets post-Deity Guns dont l'un est définitivement
resté dans les cartons. Toujours amusant, après
toutes ces années, de revenir sur ces propos et de les
lire à la lumière d'aujourd'hui.
Deity
Guns, c'est essentiellement deux albums. Stroboscopy
en 1991 sur Black & Noir, (feu)le label de leur potes des
Thugs et Trans-lines Appointment en 1993 sur Big Cat,
le label de Jim Thirlwell (Monsieur Foetus). Les Lyonnais avaient
mis leur destinée entre de bonnes mains.
Stroboscopy, c'est la genèse, le poids des influences
encore palpable. Sonic Youth en première ligne. Ils en
ont bouffé de cette comparaison mais ils s'en sortent
bien. Une influence essentiellement dans le jeu des deux guitares
en mode tronçonneuse stridente alors qu'on se prend des
tombereaux de batterie dans la tronche et que la basse ne fait
pas dans la figuration elle non plus. Si pour l'étranger
averti, ce jeune Deity Guns fougueux n'avait rien de révolutionnaire,
le français averti était aux anges. Et les autres
hagards. Sonic Youth et des tas de groupes bruyants américains
les poussaient au cul certes, mais dans la France du punk alternatif,
c'était déjà ça de pris. Deity Guns
était parmi les premiers à poser les bases du
noise-rock en France. Ou on moins à le faire connaître
au-delà d'un petit cercle d'initiés. Presque vingt
ans plus tard, c'est toujours avec un plaisir non dissimulé
qu'on se prend Kurious... here today, déclenchant
les hostilités après le Fire à la
fin du sample initial, les lamentations en boucle se demandant
How many Circles pour nous faire tourner bourrique ou
la décharge d'Optical Burst, mis en boite par
Gilles Théolier (à qui on doit le groupe Hydrolic
Systems et le brûlant single sur Black & Noir). Au
départ prévu pour un simple 45 tours, Deity Guns
a fait le forcing auprès des frères Sourice pour
sortir un 6 titres qui doit son nom aux nombreux stroboscopes
que le groupe utilisait sur scène. Deity Guns entend
marquer les esprits. Ca se fera au-delà de toutes leurs
espérances.
Pour
Trans-lines Appointment, Deity Guns s'exile à
New-York, rencontre leurs maîtres (Wharton Tiers et Lee
Ranaldo) et passe dans une dimension supérieure. Fini
la puissance brute et le bruit de masse. Les Lyonnais élague
leur son. Le rythme ralentit, élargit son champ d'action.
Deity Guns dompte l'énergie qui bouillonne en eux, la
torde, joue avec la tension et l'explose en vagues déferlantes,
garde le rock au centre du débat tout en lui faisant
subir outrages et sévices. On ne va pas repasser en détail
les neuf titres de cet album vu qu'on était même
pas censé en parler. Il n'est pas difficile de trouver
des commentaires sur de nombreux sites et l'interview ci-dessous
en parle déjà pas mal. Juste retenir que Trans-lines
Appointment est, sans vouloir en faire des tonnes dans l'exégèse,
un disque angulaire de la scène française (on
pourrait aller au-delà des frontières mais ça
va devenir compliqué), un mélange de l'urgence
du rock et d'une approche expérimentale, ne privilégiant
jamais l'un au détriment de l'autre mais une musique
toujours tendue vers une émotion, quelle qu'elle soit.
Cet album est l'aboutissement parfait d'une démarche
pour aller sans cesse de l'avant, prendre des risques, transcender
ces influences de base pour trouver son propre terrain de jeu.
Un album achevé en février 1993 et sorti dans
la foulée, le groupe se séparant juste après,
en décembre de la même année.
Mais
A Recollection ne propose pas que ces deux plats principaux.
A la fin de chacun de ces deux albums prenant place sur deux
CDs différents, Deity Guns a sorti les trésors
de guerre. Deux titres figurant sur des compilations. La fameuse
Serial Killers vol. 1 avec l'excellent Vacuum Tubes
et la compile Passionnément et le titre qui m'était
totalement inconnu jusqu'à ce jour et toujours une histoire
de rendez-vous, Appointment in Sète, ou comment
cauchemarder au pays de Brassens.
Ils ont également eu la bonne idée de mettre la
meilleure reprise du monde (avec le Poptones de P.I.L.
par les Dazzling Killmen), j'ai nommé Smile de
The Fall, que le zine Abus Dangereux avait sorti mine de rien
sur leur petit bout de CD 3 pouces.
Autre mets important de leur courte discographie, le EP 4 titres
Loom, qui fait la jonction entre Stroboscopy et
Trans-lines Appointment. Des titres qui hésitent
encore entre la puissance, la distorsion rougeoyante (The
Opposition Act), le noyau mélodique captivant (Shaman)
et des ambiances plus tordues mais toutes aussi palpitantes
(She loomed).
Le
troisième CD est une affaire de concerts. Pas ma tasse
de thé préférée, ces moments de
sueur collés pour l'éternité sur le froid
support numérique. C'est surtout l'occasion de se remémorer
des faits anciens, les kilomètres tracés pour
voir un paquet de fois les lyonnais sur scène, endroit
qu'ils maîtrisaient à merveille, que ce soit à
L'Arapaho à Paris avec Unsane ou au festival de Saffré
(près de Nantes) devant un public venu voir les Urban
Dance Squad. Ou encore dans ce troquet à Janzé,
à 30 bornes au sud de Rennes, avec Drive Blind, devant
six personnes dont les deux proprios (la Quimperlé connection,
ceci expliquant l'incongruité de ce genre de concert
dans un tel bled) et une équipe de basket de retour de
leur entraînement du vendredi soir et qui avait modérément
apprécié les effluves soniques de l'équipe
lyonnaise.
A Recollection propose deux concerts. Rome, le 4 avril
1992 et le tout dernier, à la maison, le 3 décembre
1993. Celui de Rome est de loin le plus intéressant.
Que ce soit pour la qualité de l'enregistrement ou pour
l'inédit offert, le très bon Anyway. Et
le Extra love on a // world du 45 tours de la Bande à
Bonnot qui est en fait exactement le même morceau, enregistré
au même endroit, la version du 45 commençant juste
un peu plus tôt avec un faux départ.
Mais à Lyon, on sent poindre, derrière le son
médiocre, toute l'intensité et la passion que
drainait Deity Guns. Encore plus quand on sait que c'est le
tout dernier.
Une heureuse initiative du label d'Ici d'Ailleurs, même
si on a déjà tout et qu'on se sent d'un coup encore
plus vieux, ne serait-ce que pour le livret intérieur
et le texte hommage de Lee Ranaldo / article de presse / photos
/ posters / affiches d'une autre époque dont l'écho
garde toute sa force vingt ans plus tard.
SKX
(13/02/2010)
website label www.icidailleurs.com
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Desalvo
Mood Poisoner - CD
Rock Action 2008
Plus
de dix ans après la fin de Stretchheads,
P6 a décidé de sortir de sa loge et faire autre
chose que la grande folle.
Avec son fidèle batteur Richie Dempsey, le fou chantant
aimant se travestir en autre chose qu'une bonne soeur, sort
le tablier de boucher,
le groin du cochon et remet une couche de cris de goret. Les
Stretchheads étaient un groupe bruyant et hystérique
mais on ne les attendait pas pour autant sur ce terrain de jeu
là. Hardcore et noise. Desalvo, avec Allan Stewart à
la guitare et Alex Grant à la basse, durcit le ton, piétine
la sainte trilogie fumante Converge/Botch/Playing Enemy, la
folie d'un Racebannon (sans le metal suintant) et garde un zeste
(le sens du chaos plutôt que l'humour) des Stretchheads
pour ne pas sombrer définitivement dans les bras du Malin.
Les années n'ont pas de prise, ce n'est pas le moment,
ce n'est jamais le moment, de s'assagir. P6 se ridiculise comme
jamais pour notre plus grand bonheur, tord les boyaux de ces
cordes vocales, rompant ainsi avec le style hardcore/oeillère
des chanteurs habituels du genre. Quand à la musique,
elle découenne sévère, désosse toutes
les parties d'une compo et les hache menu menu. Le morceau de
viande le plus dense est Tonguescraper Parts 1 & 2
ou comment faire un morceau avec quatre bouts de chair virulents
dont un pont musical jazzy très surprenant. Les neufs
autres sont plus directs, toujours saignants, avec quelques
(très) brefs passages mélodiques, voir dramatico-héroïques
sur Cock Swastika et son synthé lyrique, pour
s'aérer le palais et mettre un poil de piment. La viande
est battue pour être la plus tendre possible mais si l'odeur
du sang et de la baston te font souffrir, Mood Poisoner provoquera
une drôle de gastro. Pour tous les autres, régalez-vous
!
SKX
(23/03/2010)
website groupe www.desalvo.co.uk
website label www.rock-action.co.uk
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Dial
Self-titled CDEP
Robotic Empire 2009
Un
mythe tombe. Je croyais que de Nouvelle-Zélande ne sortait
que des disques pop (sous toutes ces formes) estampillés
Flying Nun records ou, à la rigueur, dans sa version
expérimentale avec Xpressway records. C'est raté.
L'internationale hardcore ou metalcore, appelez ça comme
bon vous chante, est partout. Un Playing Enemy qui va droit
au but avec des éléments de Page 99 pour le petit
coté screamo, mais trois fois rien rassurez vous. Le
kiwi s'exporte frappé.
Enregistrés en juillet 2007 pour n'être qu'une
démo, le label américain Robotic Empire a décidé
de ressortir ces cinq titres l'année passée pour
apporter la lumière au jour. L'élément
le plus saisissant reste l'humeur de ces titres. Le self-control
affiché par ce trio qui n'a rien à voir avec le
groupe composé d'une ex-UT.
Jamais leur hardcore métallique ne part dans des complexités
qu'ils ne maîtriseraient pas, ne s'embarrassent de breaks
harassants ou d'une technique au-dessus de la moyenne. Leur
moyen de pression est simple, brutal, quasi-martial. Une rythmique
enfonçant inexorablement le clou. Le riff carré,
répétitif. Pour ce qui devait être qu'une
demo, le son est impressionnant de précision et de puissance.
On comprend mieux l'emballement du label pour sortir ces compos
en cet état. Le seul bémol serait le chant (ça
doit être lui l'élément screamo qu'on vous
narrait plus haut), trop cliché, dans le genre du type
qui connaît tous les malheurs du monde et qui manque de
coffre pour le dire. Mais c'est un détail. Ces cinq titres
sont alléchants de promesse. Le problème de Dial,
c'est que plus personne ne semble répondre au numéro.
Dial est en pleine restructuration peut on lire sur leur site.
De là à déboucher sur un avis définitif
de cessation d'activités que ça n'étonnerait
personne.
SKX
(21/06/2010)
website
groupe www.myspace.com/dialnotmusic
website
label www.roboticempire.com
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The
Dictaphone
Self-titled - 7''
Sweet Rot 2009
Mystérieux
single où, à part le nom du projet, du label (canadien)
et des six titres, rien ne transparaît. Largement suffisant
puisque la musique est magistrale. Mais quand même. En
cherchant un peu, le groupe The Dictaphone se résumerait
à un projet entièrement solo en provenance de
Tours, d'un mec qui zonerait aussi dans les Fingertips
et Toddi
Wellman. Ca fait beaucoup de conditionnel et surtout une
belle jambe. Retour à la musique donc et ce petit bout
de vinyl chargé jusqu'à la glotte, tournant en
33 tours pour caser les six compos. The Dictaphone a tout du
groupe normal. Guitare, batterie, chant avec pas mal d'effets
dessus, une autre guitare, de la bidouille et ce qui semble
être une absence de basse. A peine note-t-on un certain
minimalisme dans le jeu mais rien qui puisse induire qu'un seul
homme est au four et au moulin. Des plans répétitifs,
des lignes de guitares simplissimes mais qui sont un vrai régal,
un sens inné de la mélodie accouchée sans
fard, là sur le carreau, le froid carreau, ces mélodies
dénudées, détachées avec ce vieux
fond de saleté, de larsens qui traînent, de dissonances,
de reverb comme si la froidure d' AH Kraken et le garare rock
de The Intelligence s'étaient mis en tête de nous
faire craquer. Et on craque. On danse aussi. Rachitique et blanchâtre,
sur le grandiose Controlled Meetings, le rythme trépidant,
sa ligne de guitare qui tient sur une seule note pendant qu'une
deuxième vient égrener des arpèges qui
pèlent les nerfs. Ils sont tous comme ça les morceaux.
Lumineux derrière leur nuage de fumée, limpide
même quand ça gratte, d'une mécanique redoutable.
Comme quoi on peut faire de grands disques avec trois rien et
une grande idée par morceau. Bluffant.
SKX
(16/02/2010)
website groupe www.myspace.com/thedictaphonedictaphone
website label www.myspace.com/sweetrotrecords
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The
Dictaphone
Self-titled - LP
Kill Shaman 2010
Tout
va très vite à Tours, chez le one-man band The
Dictaphone. Après quelques morceaux balancés sur
son myspace (comme quoi ça sert ce machin) et vite repérés
par le label canadien Sweet Rot pour un single,
c'est le label californien Kill Shaman, autre grand spécialiste
de groupes français, qui repère ce single et propose
illico un album.
Des morceaux en stock, Jérémie en a plein. Et
des idées aussi. Elles n'ont pas fait mouche tout de
suite. Elles n'ont pas cette immédiateté, cet
allant séducteur que possédaient les six morceaux
du single. Cette fois-ci, c'est taillé pour un album,
pour durer, ça s'installe lentement dans votre caboche
encrassée puis ça ne vous quitte plus. Lumière
blafarde. Les temps sont durs. Beats mécaniques de la
boite, essence rock'n'roll de traviole, blues décati
dans lequel surnage des mélodies imparables. Minimalisme
minimum vu la formule, ça pourrait sonner plus sec, plus
rachitique mais ça tremble, ça grésille,
ça vie, même si on sent bien le malaise derrière,
que la pas de danse est macabre. L'écho de la voix dans
le lointain, les effets sur la guitare, malaxe, le cur
de l'automate, j'entends comme du Suicide dans les conduits,
version Jon Spencer et Feeling of Love avec un doigt de The
Anals. Treize titres qui vont de la perle garage rock vicieuse
(Mummmers), ou la perle tout court (Hassle cult)
avec sa tendance noise épileptique (Weak patterns),
aux bizarreries expérimentales vaudous (Drug Punk),
bidouillages intensifs qui font grincer les dents (Mental
teeth) mais jamais gratuitement, une ballade sifflante (Wrong
soundings) et les champs défrichés d'une industrie
ravagée (le final Ants). The Dictaphone, bricoleur
solitaire, construction parfaite d'un album pensé comme
un tout et non pas une succession de titres uniquement accrocheurs
et la confirmation d'un beau talent.
SKX
(21/09/2010)
website groupe www.myspace.com/thedictaphonedictaphone
website groupe killshaman.com
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Diet
Cokeheads
Oral - 7''
Ventriculoperitoneal Sound 2009
Nasal - 7''
Vinyl Rites / Drugged Conscience 2009
Deux
singles pour le prix d'un pour une sortie à quelques
mois d'intervalle. Nouveau groupe de Floride qui ne nous avait
pas habitué à autant de bruit, à inscrire
au burin le noise-rock dans la patrie de No Idea records. Ils
ont dû en sniffer de la bonne ou rester trop longtemps
sous le soleil de Gainesville pour accoucher de tant de désordre.
Un mec, deux filles, un max de possibilités, Diet Cokeheads
ne se donne aucune limite pour détourner le noise-rock.
Mode Oral d'abord. Jöns par en couille dès
le départ avec les dissonances d'une guitare titubante
puis la masculine voix trempée dans l'écho d'un
Clockleaner, reprise de volée par un chant féminin
tout aussi inquiétant, sur un morceau qui ne semble aller
nulle part. C'est pour cette raison qu'on les suit sans broncher.
Quant à Serpentine, si le rythme de basse évoque
Jesus Lizard, le reste est trop flippé, comme involontairement
ralenti, une voix traînante puis trituré d'effets
et cette guitare qui zigzague dangereusement. Appelons ça
du voodoo noise. Il n'y a pas qu'au Texas que les groupes tarés
existent.
Mode
Nasal maintenant. Diet Cokeheads continue de suivre une
ligne blanche qu'ils sont les seuls à voir. Et cette
ligne n'a rien d'une droite. Le trio a augmenté la dose,
le bordel est encore plus vivifiant. Le chant masculin, tout
en contrôle et détaché, apparaît comme
un phare au milieu de la tempête qui a pour nom Oedipussy
Complex. Un sérieux vent de folie dans leur noise-rock
abrasif descendant tout droit de la vague Glazed
Baby. Sur l'autre versant, High Country fait pleurer
la guitare, les larsens chuintent, Clockcleaner revient titiller
l'esprit, le chant féminin prend à nouveau le
relais et toujours cette impression que leurs compositions sont
imprévisibles, frôlant le grand n'importe quoi
tout en gardant une moelle bien saignante. On peut affilier
Diet Cokeheads à la lignée des groupes noise-rock
mais leur façon de faire très personnel promet
monts et merveilles. J'en reprendrai bien un peu avec eux.
SKX
(08/07/2010)
website groupe dietcrackheads.blogspot.com
website label ventriculoperitonealsound.blogspot.com
| www.vinylrites.net
| druggedconscience.com
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Don
Vito
IV - LP+CD
Tremor Panda / Discorporate / Bar La Muerte 2010
C'est
à tous les coups Noël avec Don Vito. Ils nous avaient
déjà gâtés avec leur précédent
10''.
Ils remettent ça, voir franchisse un cap, que dis-je
mette la barre encore plus haute. Pour une fois, cela sert à
quelquechose de mettre de la musique uniquement sur une face
(toute blanche) et une illustration somptueuse de l'autre coté.
Tellement plus conséquent que l'habituel gribouillage
pour un travail que l'on doit à Lilas,
du coté de Montpellier. La pochette-emballage-poster
dépliante est d'un vert pétant remarquable et
comme d'habitude avec les Allemands généreux de
Don Vito, un CD est glissé dans le plastique.
Vu récemment avec leurs amis de Pneu pour un concert
déjanté au Jardin Moderne à Rennes, les
trois Don Vito aiment quand ça pète, que ça
explose, en foutre plein la vue et les oreilles. Anti-prise
de tête, sur la corde raide sans cesse et un maximum de
fun, telle est la philosophie de Don Vito. Ce quatrième
enregistrement comporte dix titres pour quasi autant de minutes.
Noise anarchique, jouissive instantanément, éjaculation
précoce de gerbes de bruits mais capable de remettre
ça à chaque morceau sans faiblir, chant se résumant
à des cris féminins et/ou masculins dans le lointain
comme pour mieux marquer le plaisir qu'ils prennent à
s'envoyer au charbon. On est loin des critères des Lightning
Bolt et autres terroristes instrumentaux du bruit. C'est la
peau de banane d'un Melt-Banana glissée sous l'intransigeance
du genre, où on pratique la déconstruction pour
le simple plaisir de sales gosses qui aiment quand ça
tombe, avec quelques épanchements pour danser tout bizarre
(Dsdnpolkadianah). Et donc, comme la générosité
est une seconde nature pour eux, ils font partager ce bonheur
avec vos modestes tympans qui s'accordent parfaitement avec
la durée éclair de ce disque. Plus, ça
n'aurait pas de sens.
SKX
(22/02/2010)
website groupe www.donvitodonvito.de
website label www.discorporate-records.com
| www.barlamuerte.com
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Drums Are For Parades
Sacrificial
Artificial Darkness in The Temple of The Damned - 10''
Skeleton Ears 2009
Master - CD
Skeleton Ears 2010
C'est
l'histoire d'un disque belge. Pour des raisons inexpliquées,
ça fait plus d'un an qu'il attend au chaud. Comme son
petit frère vient de débarquer, on en profite
pour le ressortir et tout refourguer en force. Ou comment encenser
un groupe pour mieux le casser ensuite. Drôle d'histoire.
Tout commence par un titre à rallonge dans le format
roi, le format 10'' avec lettrage doré et grand luxe
à l'intérieur. Sacrificial Artificial Darkness
in The Temple of The Damned, c'est une longue supplique
qui a le mérite d'abroger vos souffrances en allant droit
au but. Le chemin de croix est parsemé d'embûches.
C'est surtout l'histoire d'un groupe qui n'a pas choisi son
bord. On ne va pas s'en plaindre. Pas assez hardcore pour les
puristes, pas assez de double pédales pour les métalleux,
trop limpide pour les noiseux, pas assez chevelus pour les trashers.
Bref, douteux pour tout le monde mais c'est pour ça qu'on
l'aime ce premier disque du trio de Gand. Comme un croisement
entre les quarantièmes rugissants d'un Part Chimp (voir
carrément leur ancêtre Loveblobs) et le rock épais
et âpre d'un Black Cobra. Avec un détour par l'esprit
belliqueux de leurs compatriotes de Vandal
X. Une belle brochette de poètes. Les rythmes filent,
le son craque, le chant écorche, ça envoie sévère
comme dit le péquin moyen mais ça garde quelquechose
d'abordable en son sein, un arrière goût de civilisation
dans un plat pays qui se divise de partout.
C'est donc sur cette lancée de six titres juteux qu'on
aborde le terrain conquis d'avance du premier album. Et là,
c'est le coup du lapin. Premier constat (amer). Comme tant de
groupes que l'on va sommairement regrouper sous l'étiquette
hardcore/metal, Drums Are For Parades a cédé aux
mirages du synthé et de ces vagues écoeurantes
tapissant le fond sonore, quand c'est pas le devant de la scène
qu'il occupe, à l'instar du morceau The Beast
qui peut carrément pousser à des envies de meurtres
en masse de belges. Flamands et Wallons compris. Y a-t-il un
groupe qui ne soit pas mouton de Panurge dans la salle ? Et
on continue avec le traitement sonore. Alors que le 10'' était
directement tiré des entrailles de la bête, extrait
de la fournaise et servi tel quel, Master (dont je ne
serais jamais le servant) est passé chez le coiffeur,
la guitare a une allure peroxydée. Ca sonne faux, artificiel,
gonflé à l'hélium. Même le grain
de haine au fond de la gorge s'est tu. Au premier abord, ça
pourrait passer pour la même ivresse mais quelquechose
de définitivement altéré s'est insinué.
La saleté a été gentiment invitée
à aller voir sous le tapis pendant qu'ils ont essayé
d'élargir leur spectre musical. On se retrouve avec une
sensation identique au 10'', celle d'un groupe à la frontière
de plusieurs styles mais cette fois ci, l'effet est celui du
boomerang et ça leur revient méchamment dans la
tronche. La seule réussite, c'est Opium Den Idiot
Check, instrumental où ils ont eu la bonne idée
d'inviter un saxophoniste pour une coloration noise donnant
un peu de piment et de profondeur à un disque tout ce
qu'il ya de plus glissant derrière son faux air de brute
épaisse. Et encore, je vous fais grâce de passages
frôlant le putassier avec toujours ce maudit synthé
théâtral et ces violons en touche ultime qui n'émouvront
personne. Ils ont chopé la myxomatose et on ne peut plus
rien pour eux.
SKX
(17/12/2010)
website groupe www.myspace.com/drumsareforparades
website groupe www.skeletonears.com
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Drunkdriver
Self-titled - LP
WTD 2010
Le
chauffard ivre-mort de retour. Dernière ballade avant
sortie de route définitive. Une sombre histoire de viol
dans laquelle est impliqué Jeremy Villalobos, bien des
années avant qu'il ne batte pour Drunkdriver, un batteur
qui clame son innocence, une rumeur qui enfle sur internet mauvaise
mayonnaise, des concerts auxquels ils sont priés de ne
plus se présenter, Load records qui se désiste
et les deux autres membres du groupe, dans un moment de doute
et un grand élan de solidarité, préférant
descendre en route et tout arrêter là.
Deuxième album maudit mais qui ne restera pas croupir
au fond d'un tiroir. Drunkdriver prend ces deniers et sort la
bête devenue incontrôlable. Violence, brutalité,
trash et fureur, la réalité américaine
avec de la vitesse pour échapper à la pesanteur.
Mais sans maîtrise, la puissance n'est rien. Drunkdriver
continue, sur cet ultime assaut, de piétiner le nihilisme
crasse de son premier album
mais avec une indéniable supériorité, une
indéniable classe, ça en deviendrait presque lyrique
et une bonne odeur de souffre. L'agression permanente, jamais
ils ne se reposent. Le genre de groupe à vider une salle
aux trois-quarts et en cinq minutes pour peu que l'audience
n'était pas au courant de la charge annoncée.
Le rouge est encore atteint, le son haché, trop à
l'étroit dans cette camisole de démence. Sauf
que c'est encore plus fort, plus au point/poing. Le trio ne
s'embarrasse pas de complications stylistiques. C'est marche
et crève. D'un chanteur vomissant tout ce qu'il peut
avec d'infimes variations dans le plaisir, la fuite en avant
permanente d'un rythme martelé, écrasé
avec une rare conviction, guitare blanche saturée, riffs
mortels, accords sauvagement binaires et larsens élevés
au rang de sirène de l'enfer. Et dans tout ce déluge
et anarchie apparente, une affolante impression de force et
de précision, que sous cette masse en fusion, chaque
parpaing tombe pile là où il faut.
Si il ne fallait retenir qu'un seul morceau de leur vie de bâtards,
ça serait Quality of my life (ils doutent de rien).
Cinq minutes vingt d'une certaine idée bien personnel
du bonheur sonore, quand tout hurle autour de vous, de cette
lente et vertigineuse folie qui s'empare de votre boite crânienne,
cette délectable pression qui monte en vous au fur et
à mesure que le morceau fonce inéluctablement
dans le mur, quand la réponse, à une telle montée
d'adrénaline commençant pied au plancher, ne peut
être que physique. Comme on préfère laisser
la rubrique fait divers au batteur, la seule solution est de
remettre ce morceau, ce disque, encore et encore, jusqu'à
épuisement. C'est pas près d'arriver.
SKX
(06/07/2010)
website groupe almostdust.blogspot.com
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Dry-Rot
Philistine - LP
Parts Unknown 2009
Je
viens d'écouter une pelleté de fois ce disque
et je ne sais toujours pas quel est ce truc que je viens d'entendre.
Si on va parler de Ventura, ce n'est pas pour la comparaison
avec les Suisses mais pour le bled en Californie d'où
sont originaires les deux frangins (Jordan et Drew) de Dry-Rot.
Dans leur entreprise personnelle, de multiples amis sont passés,
dont le batteur de Saccharine Trust mais ça ne nous avance
pas plus. Sauf si vous connaissez Saccharine Trust, ce vieux
groupe de chez SST dans les années 80. Vous êtes
donc mis sur la piste d'un hardcore des plus bizarres, de ce
genre d'hardcore ou de punk, c'est pareil, où, à
l'orée des années 80, tout était permis
et où il était même fortement conseillé
d'être différent du groupe voisin, de cette époque
très créative où le hardcore n'était
pas synonyme de mouton de Panurge, de tatouage et de savoir
qui avait la plus grosse. Big Boys, Minutemen, Butthole Surfers,
Flipper, tout un tas de groupes qui ont ouvert béant
des tas de routes et Dry-Rot a sauté sur les bons rails.
Leur mixture propose quatorze titres, tous très courts
allant d'un hardcore ultra basique, rudimentaire, crasseux à
des éléments jazzy, tordus, au point d'évoquer
Plainfield sur Mass Love. Autant dire qu'on est pas dans
la merde. Mais ça ne s'arrête pas là. Car
Dry-Rot manie à fond le second degré, reprend
à son compte une bluette sur Can a game kill time
? (dont l'air est tellement connu qu'il m'est impossible
de remettre la main dessus), remet un peu de hardcore pour le
fun, s'autorise à faire du bruit gratuit uniquement parce
que ça défoule, bricole des morceaux de punks
au soli de guitares dangereusement bancals et amusants et diffuse
en vingt minutes, un sentiment de chaos largement revigorant
tout en essayant de créer leur propre son. On oubliera
donc que Dieu est remercié dans les magnifiques insert/poster
à l'intérieur, que le baptême par immersion
sur la pochette n'est pas, pour le coup, du second degré
et que ce groupe apparaîtrait de toute façon comme
de drôles de paroissiens pour les croyants. Philistine,
un étrange disque pour ceux qui ne croyaient plus au
hardcore.
SKX
(08/07/2010)
website label www.partsunknownrecords.com
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