DAEMIEN
FROST
"
Corpus daemo " - CD
Alpha Relish 02
Daemien
Frost est un drôle de jeune groupe irlandais. Trois gamins
qui ne savent pas à quel saint se vouer. Leur credo, se
faire plaisir par n'importe quel moyen. Alors difficile de trouver
une cohérence sur ce premier album. Ca tire dans tous les
sens. Ils se sont fait remarquer récemment par un split
single avec les stars japonaises Melt-Banana. Mais on les situe
surtout aux cotés de cette nouvelle scène irlandaise
avec The Redneck Manifesto ou Four Connect Orchestra. Le noise-rock,
le post-rock, l'indie-rock, toutes les germes sont bonnes à
semer. A la volée de préférence. Et instrumental
uniquement. Daemien Frost représente sans doute la frange
la plus dure et bruyante de ces nouveaux groupes. N'hésitant
pas à inviter accordéoniste, clarinettiste et saxophoniste
pour parties fines et jambes en l'air. A s'hypnotiser tout leur
soûl sur de purs moments de transe noise-rock. Ca fourrage
sévère (" duck gait parade ") pour aussitôt
recadrer les choses (" the song breaking up "), grande
plainte monotone qui tente bien de brouiller les pistes vers le
milieu mais qui reste en dedans finalement. Un album quand même
bien énervé dans l'ensemble, tout en variant les
effets. Beaucoup de complémentarité entre ces gaillards
qui traînent leurs guêtres ensemble depuis un baille.
On reste malgré tout sur notre faim, faute de morceaux
qui font vraiment décoller la bête. Trop d'idées,
trop brouillon, une énergie mal canalisée, le jouet
leur échappe. Vous aurez peut-être eu la chance de
les voir en France ce printemps ci. Ce groupe a assurément
toute l'énergie pour des représentations de haute
tenue. De la discipline. De la di-sci-pline. Mais à couilles
rabattues. L'avenir leur appartient nom d'un chien !
SKX (30/04/2003)
|
MONTANA
PETE/DAEMIEN FROST
"
jiminationalism / in league with the amazons " - split 7"
Alpha Relish / Coin-Operated 01
Montana
Pete continue d'enchaîner les petits formats. Limité
à 300 exemplaires, vous risquez de passer à coté
de deux groupes anglais qui promettent beaucoup! Montana Pete
a cette légèreté, qui malgré la précision
et le bruit de leurs instruments, les rend attachant. Pour parler
d'eux, on évoque souvent des groupes comme Wire, Gang of
Four, Trumans Water, Albini sans que tout ça soit très
conforme à la réalité non plus.... Ce nouveau
morceau n'est pas leur plus saisissant. Leur fougue est intériorisée,
le rythme de batterie sommes toutes classique mais la fin du morceau
et cette voix sombre voix qui arrive ranime la flamme un instant
vacillante. Daemien Frost débarque dans le paysage. Et
d'entrée de jeu, un morceau de choix. Tout de suite plus
noise, malgré un début tout en touché de
symbales. Ca s'excite, accélère peu à peu,
les guitares partent en vrille et tout dérape avec un truc
hypnotique derrière tout ce raffut qui capte bien l'attention.
Surveillez ces noms du coin de l'il!
SKX (21/02/2002)
|
DAWNBREED
"
ROBOT " - 7"
ROBOT 00
La
nouvelle est tombée depuis un certain nombre de mois. Dawnbreed
n'existe plus au bout de 7 années d'activisme, suite à
un problème de santé d'un des membres. Alors cette
posthume galette, leur cinquième, est une heureuse surprise.
Même si aucun inédit transparaît.... "Astronauts"
figurait déjà sur un single sur Stickfigure records
et "Apollo Raumklang", sur un merveilleux split 7"
avec The World Inferno Friendship Society. Un titre énorme
de Dawnbreed, mais beaucoup mieux sur la version initiale. 2 titres
remixés pour les fans. Et pour les retardataires, s'il
ne vous fallait qu'un seul de leur bijoux : l'album "Aroma"
et vous comprendrez ce que post-hardcore moderne signifie....
SKX (02/06/2000)
|
DE
KIFT
"
koper " - CD
autoproduction / V2 records 01
Toute
chronique de De Kift qui se respecte commence par l'emballage.
Un des rares groupes où tout le monde se demande d'abord
à quoi ressemble la pochette avant de se demander comment
est la musique. Pour ce cinquième album, la couleur dominante
est au cuivré ("koper" en français signifie
cuivre), avec rabat et intérieur velours. Manque plus que
la climatisation et le volant en moumoute. Et dedans, toute une
série de photos cartonnées et pliées en accordéon
pour fêter leur 12ème anniversaire. Et 12 ans de
vie commune, c'est forcément les noces de cuivre. Logique.
Et à défaut d'être aussi spectaculaire que
les emballages précédents, la vraie originalité
vient du livre qui accompagne ce CD. Un livre uniquement trouvable
lors de leurs concerts (ou alors prenez votre plus belle plume,
même virtuelle, et écrivez leur) dans lequel vous
pourrez coller les photos du cd. Vous restera plus qu'à
vous caler dans un fauteuil pour feuilleter l'album de famille,
la boite à cigare "Krankenhaus" à portée
de main, un il sur le livre "Gaaphonger" posé
sur la cheminée au dessus de laquelle trône le cadre
"Vlaskoorts"! Avec le clan De Kift, le rapport est intimiste.
Difficile d'expliquer l'effet de leur musique si personnelle et
à nul autre pareil. Cette charge émotionnelle qui
fédère autour d'eux autant de personnes aux horizons
musicaux très différents. "Koper" nous
prend encore une fois au piège. 17 titres qui nous laissent
songeur. La face "chanson" accentuée. L'ensemble
est calme. Mais inutile de crier pour se faire remarquer. De Kift
sait vous capter par des mélodies subtiles, un air de cuivre
- l'instrument - céleste, une ligne rythmique nonchalante
que vous suivez les yeux fermés. Ces airs de fin de fête
tristounette et mélancolique, ces relents de vie, ces choeurs
alambiqués plus travaillés que jamais et qui vous
poussent à la chansonnette sous la douche. Des guitares
acoustiques maigrelettes, épaulées d'une contrebasse
rondelette. Recueillement. Prise de pouvoir. Des morceaux incontournables,
tubes intimistes en puissance. Et quelques bizarreries échappées
du bestiaire, portées par l'accent hollandais rugueux.
Le Batave a la peau dure et brille, à l'instar de leurs
potes The Ex, sur la durée. Ca illumine de l'intérieur.
12 ans et toutes leurs dents.
SKX (05/12/2001) |
DE
KIFT
"
Vlaskoorts " - CD
PIAS Benelux 99
Le
cadeau. Traduction française de DE KIFT. Un cadeau à
plus d'un titre. Par la rareté de leurs sorties. 4ème
album en 10 ans, faut être patient! Par la présentation
recherchée et toujours plus fort. Après la boite
à cigares, le livre-disque, voici le premier CD-cadre à
accrocher au dessus de la cheminée! Idéal pour épatez
vos amis. Et si vous en avez pas (de cheminée, pas les
amis), peut servir également de magnifique dessous de plat.
Avec le livret de circonstances accompagnateurs de pensées,
en version hollandaise et anglaise. Et le cadeau tout simplement
qu'ils nous font à chaque nouvelle livraison de leur musique,
du bonheur plein les oreilles, des gentlemen hollandais enchanteurs.
Un monde unique, au caractère théâtral, une
fanfare déglinguée, l'humour, la tristesse, la dérision,
ya tout ça dans l'univers si personnel de DE KIFT. Si vous
attendiez guitares plombés et rythmes explosifs, la déception
est au bout du chemin. Ici, on prend le temps de narrer des petites
histoires de la vie quotidienne, les chanter en choeur avec les
potes quand nécessaire, des voix somptueuses qui s'envolent,
et là, pour un peu, c'est vous qui reprendriez à
l'unisson avec eux. C'est de la mélancolie avec trois fois
rien, de l'intensité dans sa plus simple expression. Une
trompette, une voix grave et quelques cordes au fond. Avec pour
cette fois ci, un thème musical qui vous revient toutes
les 2, 3 chansons, un p'tit air qui s'accroche à vous,
en version cuivrée, en version guitare, des arrangements
toujours différents. Et ça continue avec l'accordéon,
le piano électrique, le tuba, les congas, l'optigan, la
liste est longue. Un monde musical épuré qui vous
prend aux tripes plus d'une fois. Pas d'effets, pas de tricherie,
c'est lent et poignant, orchestre en fin de soirée, ivresse
et fatigue tout mêlée, un rythme de salsa bancal,
autant chanson à texte que folklore fauché. La musique
de DE KIFT est universelle. Elle est vague roulante, coule, s'infiltre
dans les plus infimes recoins de votre être. Etreinte calme
qui paralyse. 16 titres flamboyants. On peut se jeter sur cet
objet, le tourner dans tous les sens, le passer en boucles, le
meurtrir. On n'obtient rien, ni de sa magie, ni de ses mystères.
Les choses m'échappent. Et on revient à son insurmontable
solitude....
SKX (21/12/1999)
|
DEAD
AND GONE
"
s/t " - 2x7"
Gold Standard Laboratories 00
Bon,
alors là, ça mérite quelques explications.
Je sais bien que, en gros, vous en avez rien à foutre,
mais si, si, j'y tiens. Au début était Dead and
Gone, groupe laborieux dans le genre hardcore mi-rock mi-bâtard.
Le chanteur se fait la malle. Là-dessus, personne le pleure.
Mais les autres musiciens persistent et, sous le nom de Creeps
on Candy, sortent un album époustouflant, que tout le monde
ignore, entre Steel Pole Bath Tub et Jesus Lizard. On en revient
pas et on se l'écoute en boucles. Et puis silence radio.
Et là, peinard, notre chanteur revient (parti pourquoi,
revenu pour quelles raisons, on n'en sait rien !) et c'est reparti
comme en 14, bras d'ssus, bras d'ssous, avec ses anciens acolytes,
on reprend le nom de Dead and Gone, on oublie tout et comme cadeau
de réconciliation, on s'offre un double 45. On se demande
forcément ce que va apporter le retour de l'enfant prodige
sur des musiciens dorénavant inspirés par les dieux.
On retient son souffle et là, bonheur, Creeps on Candy
n'a fait que changer de nom, la musique est restée. Tout
au plus une dimension rock'n'roll-noise crade en fine pellicule.
Ca boulime et ça pétarade toujours autant. Disque
de loosers hargneux, d'ivrognes chahuteurs, d'une voix qui sème
la tempête et récolte 4 titres rageurs. L'histoire
est chaotique mais ça vaut la peine de la suivre.
SKX (02/10/2000)
|
DEAD
FOR A MINUTE
"
diegese " - 10''
Abstr.act / Shynia / Shogun 02
L'épreuve
du déchaînement. A peine cinq morceaux mais la première
impression est le choc, une violence intérieure qui nous
explose à la gueule. Ce groupe originaire de l'est de la
France tire son nom d'un morceau de Botch sur " American
Nervoso " (ou simplement le fruit du hasard ?!). N'empêche,
vous savez tout de suite où vous situez, même si
à priori, on tire surtout du coté de Converge. Voir
les deux sévèrement secoués. Un Converge
passé au karsher. Mais ce mini-album se distingue surtout
par sa production. Une épaisseur à transpercer.
Chaque instrument subit le même traitement, aucun ne prédomine,
tout est mené de front, vous happe, vous malaxe, nids d'insectes
grouillants. Une sensation bordélique du son, dans le sens
positif du terme, tel un lierre qui s'enroule autour de vos perceptions,
vous lace, vous broie avant que l'absorption ne commence. Vous
ressortez de là, hacher menu menu. Je connais peu de groupes
en France capable de vous aligner une telle furie. Je me demande
comment tout ça peut sonner sur scène, comment une
telle anarchie sonore est retranscrite dans le chaos d'un concert.
En attendant, ce disque, triplement labellisé, est une
révélation !
SKX (01/02/2003)
|
DEEP
DARK UNITED
"
Fools ! " - CDEP
Kosher Rock 02
Deep
Dark United est canadien et Alex Lukashevsky est le meneur de
la bande. Le nom de son propre label, Kosher Rock records, résume
assez bien la situation. Un mélange de musique traditionnelle
juive et folk largement transpercées par des pointes rock,
un souffle jazzy et une bonne secousse païenne à faire
retourner dans leurs tombes ses aïeuls. Avec ces cinq acolytes
(piano, saxo et le classique batterie-basse-guitare), il pourfend
les traditions et offre une procession mouvementée et enlevée.
Construit autour d'une ritournelle qui revient régulièrement
hantée ces sept compositions, ce " Fools " est
un exercice de libre expression où, derrière l'apparent
foutoir ambiant, se dégage une ligne directrice bien claire,
basée sur la répétition qui va de l'avant,
avec une multitude de petits riens, d'arrangements qui viennent,
disparaissent, jouent les trublions de service. Pour couronner
le tout, la voix de Lukashevsky qui semble toujours à bout
de souffle, prête à se briser, un rien désespérée
et qui est pour beaucoup dans le charme de cette musique. Musique
d'avant-garde qui n'oublie pas ses racines, savant mélange
que l'on pourrait situer proche d'un Kletka Red sans les guitares
enfiévrées. Avant ce " Fools ", Deep Dark
United avait déjà sorti un album, " Zettel
". Un disque gorgé de 15 titres avec Lukashevsky pratiquement
seul de bout en bout, sa guitare et pas mal de bricolages maison.
Ca part dans tous les sens, bordélique et avec les moyens
du bord, sorte de Tom Waits sous acide. Heureusement, il a su
depuis s'entourer de personnes compétentes, son répertoire
sérieusement s'enrichir et Deep Dark United de devenir
un vrai groupe à découvrir absolument.
SKX (17/04/2003) |
DEERHOOF
"
reveille " - CD
5 rue Christine / Kill Rock Stars 02
Groupe
insaisissable tournant autour du noyau dur Greg Saunier - Satomi
Matsuzaki, Deerhoof sort son cinquième album. Au moins
car pas facile de suivre la cadence. Un couple fatale qui ne cesse
d'accueillir en leur foyer d'innombrables rejetons pour faire
du bruit en famille. Cette fois-ci, c'est John Dietrich (Gorge
Trio et ex-Colossamite) qui prend le balai à six cordes.
Pour ce nouvel album, ces sabots de cerfs (traduction littérale
de Deerhoof) posent les pieds dans un plat similaire à
"Holdypaws" leur précédent opus. Deerhoof
uvre dans la continuité. Ca n'a pas toujours été
le cas. Mais après des débuts très noise
bordélique, pop-noise famélique, la théorie
du tout et n'importe quoi avec trois bouts de ficelle, Deerhoof
semble, je dis bien semble, s'assagir et poser ses valises dans
un environnement pop (très) décalé. La constance
reste cet esprit dérangé, cette volonté de
rompre avec les structures, de présenter 16 piécettes
en trente minutes avec l'entrain d'une bande de gosses laissés
seuls dans une pièce remplie de jouets. Pour faire pro,
nous parlerons ici d'avant-gardisme et d'expérimentations
de troisième decan. Et le pire, c'est que tout ça
est foutrement intéressant! Chaque morceau possède
son gimmick intriguant, son effet retors, ses mélodies
en équilibre qui font mouche, ses bouts de guitares qui
pendouillent. Un travail sur les guitares d'ailleurs remarquable
d'esprit aventureux. Sans compter sur le charme de Satomi Matsuzaki
dont l'origine asiatique n'est pas le seul point commun avec la
chanteuse-bassiste de Blonde Redhead. Timbre haut perchée,
enfant de la balle aux pays du larsen, Satomi conduit ses troupes,
l'esprit enfantin mais la main ferme. Blonde Redhead reste en
tout cas le point de repère le plus évident. "Reveille"
possède ce charme acidulé qui attire irrésistiblement
et en même temps trompe son monde. Cette fausse pop déglinguée
aux éclats à double-tranchant. Des comptines pour
grandes personnes. C'est touche-pipi dans les toilettes des grands.
Un bon petit vent vicieux à consommer avec délectation
en se léchant bien le bout des doigts.
SKX (11/07/2002)
|
DETONATOR
"
dans ton coeur / simply beautiful " - 7"
Suggestion 00
Mine
anti-personnelle à l'horizon. Le genre de petite grenade
sur laquelle on aimerait se faire sauter plus souvent. Derrière
ce Detonator se cache un ensemble hétéroclite. Ashley
Davies (Headbutt, Chemical Plant, Project Dark), Matt Scott, Jimi
Papatzanatores et une voix magique provenant d'une certaine Isa
Suarez, basque d'origine et nous élevant des lourdeurs
terrestres par un chant sensuel dans la langue de Molière!
La potion finale est assez incroyable. Hormis les expérimentations
doucement bruitistes pour mettre en bouche et servir de dessert,
les deux morceaux principaux captent l'imaginaire. Un ange passe.
Comment dire.... Difficile de ne pas penser à l'aspect
visuel de cette musique, la bande son d'un film d'un monde enchanteur.
Ou d'établir un lien avec l'ambiance des Bästard,
notamment ce riff de basse sur "dans ton cur".
Un mélange réussi de futurisme et de rétro
(l'accordéon sur "simply wonderful"), d'expérimentations
dans un cadre que l'on nommera "pop". Une fois appuyé
sur ce Detonator, impossible de faire marche arrière, la
machine est en route. A écouter en boucles.
SKX (27/11/2001)
|
|
DEVOLA
"
playing the game of revenge and winning every time " -
CD
Mountain Cooperative 98
Quinze
morceaux en 18 minutes, c'est pas l'épreuve d'endurance,
plutôt sprint incisif à la The Locust, droit dans
le mur, à ne rien comprendre encore une fois. Qu'on se
rassure toutefois (toutes proportions gardées!), Devola
reste les pieds sur terre, gère la vitesse sans la folie
hystérique des Locust. Plus carré dans l'approche,
racines hardcore palpables, fait pour l'immolation à
feu doux, voix d'eunuque à la recherche d'une société
meilleure avec son lot de trouvailles rythmiques attirantes,
ces pointes de mélodies qu'on aimerait prolongées.
On ressort de ce disque partagé et frustré, certain
que sur la distance, l'épreuve n'en serait que plus intense.
A quand le marathon ?!!
SKX (27/12/1999)
|
DIE
MONITR BATS
"
Youth controllerzzz " - CD
Dimmak 03
Un
point sur le nom à géométrie variable. Rajoutez
un deuxième " O " à Monitr, entre le "
t " et le " r " de préférence. Multipliez
les " s " à la fin de Bats. Mélangez comme
bon vous semble mais tout ça, c'est du pareil au même.
Bon ça c'est fait. Car pour le reste, " Youth controllerzzz
" n'est pas du genre à bégayer son latin et
encore moins à zozoter sa partition. Punk-no-wave frondeur,
la demoiselle au chant ne se laisse pas compter fleurette et le
saxo, qui n'est pas du genre à souffler droit, apporte
une vrai vent de fraîcheur, un zzzeste de folie, bref un
bon coup dans les bronches. Entre God is my Co-pilot et Ex Models,
ce neuf titres, à la vie courte , est plein de vie et de
danger. Des ritournelles pour adultes finement enlevées.
" Spread your legs, release the bats ", titre phare,
mélodica à l'appui, toujours le souci de la mélodie,
même cachée dans le fracas des rythmes répétitifs.
Notes en boucles. Tout s'enchaîne, morceau suivant. Putain
de gosses de riches qui saccagent tout et le pire, c'est qu'on
tend l'autre joue.
SKX (10/11/2003) |
THE
DILLINGER ESCAPE PLAN
"
calculating infinity " - Lp
Relapse 99
Les
routes sont devenues impraticables. On y rencontre de ces bandes
armées. Nouvelle sensation outre-Atlantique chez les allumés
de service de Relapse records. DEP, à l'image de Converge,
transcende l'impossible et présente un échafaud
de bonnes valeurs où metal, noise et hard-core vous lubrifie
la raison. Nantis d'un dextérité technique insolente,
DEP cite volontiers Mr Bungle, Kiss It Goodbye et Dazzling Killmen
pour repères et s'édifie une cathédrale de
sons gigantesque, associant de purs moments de dislocations, coups
de butoirs dévastateurs et rythmiques hautes en couleurs,
presque jungle sur ".... ". Toute la richesse et l'originalité
de ce 1er album est là. Créer une musique violente
est à la portée de n'importe quel groupe bas du
front. Apporter cette violence au delà du seuil de l'unique
plaisir de la puissance pour la puissance, c'est une autre paire
de manches que DEP manie à la perfection. Grâce à
une technique impressionnante mais jamais démonstrative,
DEP crée un univers unique à ce jour, fait de déflagrations
ultra-noise, passages rythmiques de félins, engrenages
infernales d'arpèges esthétiques ou ultra-speed,
liés par des samples comme autant de pauses respiratoires.
Seul la voix taillé dans l'urgence reste identifiable.
30 minutes de pures folies, du bonheur plein les oreilles. On
vous rend à vous même méconnaissable.
SKX (19/10/1999)
|
DO
MAKE SAY THINK
"
and yet and yet " - CD
Constellation 02
Le
troisième album de do Make Say Think me laisse perplexe.
Autant le précédent avait emballé la mise,
tout en recherche sonore, en prise de risque, en dérapages
plus ou moins contrôlés, autant ce nouvel arrivage
brosse le poil dans le sens d'une caresse bienveillante. Ce collectif,
spécialité Constellation records, et plus que proche
des incontournables Godspeed You Black Emperor, a choisi cette
fois-ci de ne pas brusquer l'auditeur. Ce tout instrumentale génère
un plaisir qui dépend de l'humeur du moment. Tout ou rien.
Le béatitude solaire au mieux. Le sommeil de plomb au pire.
La musique d'ascenseur qui concurrence Tortoise sur son propre
terrain dans le genre platitude où rien ne se passe. Ou
l'amour des grands espaces. Non, franchement, circonspect je suis
et d'une borne négative à positive je passe. De
magnifiques mélodies jalonnent pourtant ces sept titres
comme sur "white light of". Des rythmes qui poussent
à l'hypnotique éveillent l'attention. Des trompettes
qui sonnent l'espoir. L'ensemble ne manque pas d'intérêt.
Mais trop de langueurs monotones, de boucles sans fin, de facilité,
des moments où on attend désespérément
quelquechose, une aspérité à laquelle s'accrocher.
Je décroche. Je reviens dans la partie. Des promesses non
tenues. Des éclairs qu'on attendait plus. A ce rythme là,
du verre à moitié plein ou à moitié
vide, on a facile d'aller boire un coup chez le voisin (proverbe
polonais). Chacun sa barrique. Chacun sa peine.
SKX (21/06/2002) |
DOLORES
"
poison apple / heartless " - 7
Renaissance 99/00
On
lui caresserait bien les fesses à Dolores, sauf que sa
tête de mort en haut de ce corps avantageux dessiné
sur la pochette calme les ardeurs les plus téméraires
et que ce doux patronyme n'est que le mot de passe d'un monde
où le hardcore-metal moderne et bruitiste est à
l'honneur. Sur Renaissance, très proche des conspirateurs
de Crimeth Inc., Dolores sort une 1ère salve qui fera date.
Déjà étonnant de maturité, autant
pour la production (gigantesque avec un son de gratte strident
et précis comme un scalpel) que pour les compos (torturées
et éclatantes), ce premier single " Poison Apple "
porte le souffre sur les éruptions de Converge et Today
is the Day. Ca défonce les portes à coups d'épaule,
trace des angles droits, tire en rafales et achève les
blessés par des samples discrets. Très très
impressionnant !! Sur leur 2ème single , "Heartless",
Dolores a toujours le goût de sang dans la bouche. La face
sombre et lourde de Neurosis se dévoile un peu plus. Comme
cette face "2" qui se consume sous son propre poids
avant de s'envoler vers des arpèges célestes. On
se recroqueville sur nous-mêmes, boules durcies, prêts
à gicler, n'offrant pas de prise favorable. La hard-core
américain, avec le nouveau millénaire, devient de
plus en plus angoissant. Le pire, c'est qu'on en redemande ! Le
repos n'est pas permis....
SKX (25/07/2000)
|
DOPPLER
"
s/t " - CDEP
S.K. records 01
Il
doit exister un je ne sais quoi de tordu qui flotte au-dessus
de Lyon. Une atmosphère viciée porteur d'une germe
qui infecte ces groupes de façon commune : on citera les
malades les plus connus : Deity Guns / Bastard, Condense. DOPPLER,
trio lyonnais né en 1997, porte en lui cette identité
musicale, se nourrit de ces gênes pour à leur tour,
la muter tout en gardant l'esprit maison, la transformer tout
en apportant une nouvelle pierre à un édifice écorché.
A la manière de Washington DC dans un tout autre style.
Le présent délit est un quatre titres entièrement
dévoués au saint dogme du Do It Yourself par le
label également du sérail S.K. records (dont Doppler
est activement membres). On reste en famille. Et le deuxième
disque de Doppler. Je ne vous parlerai pas de l'évolution
par rapport au premier vu que mes tympans n'ont jamais eu la chance
de l'écouter mais je m'en mords les doigts d'avance. Ce
nouvel EP a fait l'effet d'une bombe dès la première
écoute! Une maîtrise totale du son, massif mais où
tous les instruments (guitare, basse, batterie, voix, la base
quoi!) s'expriment clairement, mixage sans peur sans reproche
et un rôle prépondérant des samples. Un instrument
à part entière, s'intégrant par la grande
porte et qui rajoute au climat oppressant ambiant, sans être
dénoués d'humour (les samples, à condition
de l'avoir pervers et noir, le sens de l'humour). Voix torturées,
guitares tendues et criantes, lignes de basses obsédantes,
saines attaques soniques ou ambiances sombres et envoûtantes
à la Deity Guns comme sur le 3ème morceau. Ces 4
titres (pour 26 minutes de bruits fortifiants et en comptant les
trois minutes de bruits de vaisselle à la fin) sont en
tout point réussis. Un beau pavé dans la mare noise
française comme on en avait pas entendu depuis longtemps.
(La version 10"" vinyl d'ici quelques mois).
SKX (02/05/2001) |
DRAIN
PUMP BOOSTER
"
s/t " - mini-Lp
Kerosene 00
A
l'est de la France, la noise froide, chirurgicale et maladif draine
les corps. On sent ce nouveau trio de Nancy élevé
au White Noise urbain et tendu où dans un même élan
syncopé, Cop Shoot Cop et Jesus Lizard ont planté
des graines, pourries jusqu'au noyau. Ca de l'allure, du volume,
sans emballement excessif. On aurait aimé plus de folie
comme ce quatrième morceau avec son cuivre qui sème
le bordel et une musique qui mériterait une production
plus empreinte de sauvagerie, moins propre sur elle. Quitte à
faire mal, autant ne pas laisser de blessés. Il reste une
belle impression qui ne demande qu'à s'enfler, une bête
encore sage qui a tout plein de grands espaces devant elle pour
semer espoir et cataclysme.
SKX (26/09/2000)
|
DRILL
FOR ABSENTEE
"
circle music " - CD
Mindwalk records 99
Une
histoire de cercles. Dans le packaging, sobre et éclairant.
Dans le titre de ce mini-album. Une façon esthétique
de suggérer l'éternel cercle infernal du recyclage
de la musique ? S'inspirer du passé pour encore aller de
l'avant.... A ce petit jeu là, DFA ne déroge pas
à la règle. Pour unique point de repère à
titre de comparaison toujours réductrice, June of 44. Et
une certaine touche emo. Pour le reste, DFA, en élèves
doués, ne s'appesantissent pas et tissent leurs propres
univers, sobre et lumineux à l'instar de la pochette. Avec
pour bien commencer, "circle", le titre de loin le plus
nerveux, hymne fédérateur, refrain imparable. La
couleur est annoncée, la route va être bonne, parcourue
avec une certaine nonchalance, jamais très loin de la tension.
Notions de grands espaces. Aériens. Le ciel est bas et
l'orage toujours menaçant. Dosage parfait, finesse et force
des compos, une vraie réussite !
SKX (04/08/1999) |
|
Daïtro
Des cendres, je me consume - CD
Alchimia 2004
Coup sur coup, le label lyonnais Alchimia nous sort deux productions
éminemment recommandables. Après Mihaï Edrisch,
c'est au tour d'autres lyonnais d'adoption de sortir comme un
grand son premier album. Les similitudes avec leurs compagnons
d'écurie sont nombreuses (en plus de partager un même
membre !) mais si vous aimez ce hardcore passionné et
hautement émotionnel tout en étant prêt
à tout défoncer sur leur passage, un détour
par Daïtro est inévitable. Pour autant, Daïtro
appose sa marque et pose le rythme. Foncièrement moins
hystérique, ils explorent également une approche
un poil plus rock'n'roll à la JR Ewing, n'hésitant
pas à diluer leur énergie juvénile dans
des plages de fausse tranquillité. Roulette russe d'un
nouvel âge où tout peut arriver, torrent d'adrénaline
distribué avec doigté, apôtres d'un style
musical qui connaît déjà de nombreux disciples,
Daïtro n'est pas le groupe de trop et frappe juste d'entrée.
SKX
(26/06/2004)
website
groupe
www.daitro.fr.st
website
label
alchimia.inc.free.fr
sounds
mon_corps.mp3
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Daughters
canada songs - CD
Robotic Empire 03
Nul besoin de s'appeler Jean-Claude Van Damme pour savoir que
"daughters" signifie "filles". Mais les
filles de qui? Les filles de The Locust pardi! Une famille peu
fréquentable, il va sans dire. Démoulé
chaud, Daughters taille dans le vif et torche dix morceaux en
pratiquement autant de minutes. Une musique qui respire la grande
santé psychique. Des bâtards américains
qui ne rêvent que de sauter vos petites surs. Avec
des titres aussi évocateurs que "nurse would you
please prep the patient for sexual doctor", "i don't
give a fuck about wood, i'm not a chemist" et le fin du
fin " pants meet shit". Pour autant, par rapport à
leurs (faux) frères les Locust, Daughters rallonge (un
poil) le tir, garde une cohérence de bon aloi dans la
construction de leurs morceaux avec (plus ou moins) un début
et une fin, un fil conducteur auquel se raccrocher. Point de
claviers à l'horizon, que du vrai du brut. Melt-Banana
pour hommes, salement punk, un beau glaviot à la face
des convenances. C'est du rapide et c'est tant mieux. Au-delà,
ça n'aurait plus sa raison de vivre.
SKX
(16/02/2004)
website groupe
http://www.wearedaughters.com
website
label http://www.roboticempire.com
sounds
http://www.hxcmp3.com/bands/1606/
|
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The
Dead Science
Submariner - CD
Absolutely Kosher 2003
Gant de velours. Une main nous enveloppe et nous montre un horizon
sans limite. The Dead Science nous invite à prendre la
route. De longues routes sinueuses entre chien et loup sur un
asphalte humide. Trio américain avec deux membres émancipés
de l'ovni Xiu Xiu pour jouer leur propre partition. Et créer
un monde tout aussi à part, loin des foules, loin des
modes. Une batterie, une guitare, une contrebasse pour quelque
chose de minimaliste et étrangement luxuriant. Cette
chaleur qui émane de la voix, sensuelle et aérienne.
Cette notion de maudit blues cher à Nick Cave coulé
dans une atmosphère de club jazzy enfumé, avec
ses pointes chaotiques et le son d'un cuivre du fin fond du
sous-sol. Un Morphine version sombre, la loose, toujours la
loose, rien à faire que de se traîner. Submariner
est leur premier album. On atteint là un sommet, triste
et beau, extrêmement musical, d'une indolence trompeuse,
des morceaux qui vous arrachent des lambeaux, la désolation
sans le vide. Non, de la sale noirceur, consistante, humaine,
avec sa part de rêve même si on sait que c'est couru
d'avance, la fin sera loin des clichés hollywoodiens.
Se laisser couler et envahir par un album foncièrement
différent et unique. Qu'importe votre chapelle, une écoute
s'impose.
SKX
(03/03/2004)
website
groupe www.thedeadscience.com
website
label www.absolutelykosher.com
- www.woodsonlateral.com
(LP)
|
The
Dead Science
Bird Bones in the Bughouse - CDEP
Absolutely Kosher 2004
Consistance
vaporeuse. La lumière arrive par quelques petits trous
qui transpercent cet écran de fumée. The Dead
Science aime la quiétude malsaine, une ambiance trompeuse.
L'engourdissement, un déhanchement coupable. Cinq nouveaux
titres pour faire suite au somptueux Submariner. Pratiquement
un album avec sa durée dépassant les vingt-cinq
minutes. On a connu de véritables soi-disant albums plus
courts. C'est que ce trio établit à Seattle ne
se presse en rien. Autour du noyau indécrottable des
Bischoff (Jherek et Korum) et Sam Mickens, des invités
pour souffler dans un cuivre ou tâter de l'instrument
à corde comme la surprenante reprise du tube de Terence
Trent D'Arby " sign your name " où on croirait
entendre de la harpe
. Avec le temps, le trio semble se
volatiliser encore plus, plus immatériel que jamais,
la voix, réincarnation de Jeff Buckley, ces accords taillés
pour la route et les échappées nocturnes, je fond,
je me liquéfie, la classe, la vraie, sensuelle et si
consistante. The Dead Science vous berce et vous cingle, planante
et terrible. On y rentre comme en religion ou on reste à
la porte. Pour ma part, je m'y engage les yeux fermés.
La musique se charge de les ouvrir dans l'obscurité.
SKX
(04/12/2004)
website
groupe www.thedeadscience.com
website
label www.absolutelykosher.com
sounds
Knife.mp3
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Death
from Above 1979
You're a woman, i'm a machine - CD
Vice 2004
Sous
ce nom à coucher dehors se cache deux canadiens. Sebastien
Grainger à la batterie et au chant, et Jesse F. Keeler
(ex-Black Cat 13 et solo man dans son excellent projet Femme
Fatale) à la basse et occasionnellement synthés.
Deux précédents disques (un six titres "
Heads Up ! " et un autre 12'' " Romantic Rights ")
pour nous faire saliver. Il était permis de rêver.
A croire que ce label, Vice records, est maudit. On les avait
laissé tout crade et mal élevé. Ils nous
reviennent avec les gros sabots, faussement méchants
et en voie de formatage pour jeunes gens branchés en
mal de sensations fortes. Il reste de la crasse sur les lignes
de basse mais imaginez Godheadsilo (mythique duo noise sur Kill
Rock Stars puis Sub Pop qui a donné ses lettres de noblesse
à la formule) faisant désormais du Led Zeppelin
?! DFA 1979 a de l'énergie à partager, des coupes
de cheveux pas réglementaires mais pourquoi sortir le
gros attirail et les accroches faciles ?! L'approche de DFA
1979 a toujours été assez binaire. Rock-noise
fiévreux pour pistes du samedi soir en chaleur dans un
trou perdu. Là, ils ont poussé le bouchon encore
plus loin, logique commerciale, refrains faciles, voix de hard-rockeur
à peine distordue, " sexy results " pour finir
péniblement cet album, le pompon est décroché,
sexy comme un travelo russe de 50 balais, c'est pas du cuir,
c'est du skaï et les taches de graisse restent plus facilement.
Ya de quoi se secouer le cocotier mais restons vigilants, ça
sent le racolage et le mauvais goût.
SKX
(04/12/2004)
website
groupe www.deathfromabove1979.com
website
label www.vice-recordings.com
sounds
LittleGirlEwma
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Deerhoof
Milkman - CD
5 Rue Christine 2004
Deerhoof enchaîne les perles. Alors que l'on a encore
bien en tête leurs deux précédentes uvres
" Reveille " et " Apple O ", le très
prolifique groupe de San Francisco, Deerhoof, nous apporte une
nouvelle fraîcheur avec " Milkman ", un album
narrant les malheurs d'un livreur de lait. C'est sur un plateau
que Deerhoof nous sert cette dernière livraison. Indéniablement
plus accessible, il en reste pas moins un juteux compromis entre
leur facette expérimentale/bricoleuse de toujours et
une mise en avant de leur talent mélodique. " Milkman
" est un vrai disque de pop exigeant. Mélodies immédiatement
identifiables. Structure d'album plus classique (plus de chansons,
moins d'interludes et de bidouillages). Deerhoof enfile les
tubes en puissance comme " giga dance " et "
milking " sans facilité. Et pour les esprits chagrins,
à écouter de plus près, les arrangements
maison foisonnent. L'abstraction de leur musique et les distorsions
sont toujours présentes mais se diluent dans le paysage
au profit de réelles compostions qui affichent explosivité
et légèreté. Au baroque de leur pop, ils
ont su rajouter l'efficacité, se dispersant moins à
tous vents, se concentrant sur le nerf. A l'image de leur pochette
(un dessin avec un personnage au trait enfantin qui perversifie
son innocence avec une banane plantée sous l'aisselle
et l'autre
dans l'anus !), Deerhoof continue de presser
le fruit du pêché, d'en tirer toute la sève,
les pépins avec, juste au cas ou vous pensiez avaler
cet album comme du petit lait. Quand vous avez devant vous un
groupe aussi ambitieux musicalement et capable en même
temps de toucher le cur du plus grand nombre sans se défroquer,
j'appelle ça du grand art.
SKX
(28/08/04)
website
groupe deerhoof.killrockstars.com
website
label www.5rc.com
sounds
Milking.mp3
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Dmonstrations
Self-titled EP
Strictly Amateur Films 2004
Dmonstrations est un trio de la cote ouest composé au
tiers d'ex-Dosage and Usage, un groupe qui n'a jamais défrayé
la chronique, je vous l'accorde. Un jeune groupe qui s'inscrit
dans la mouvance no-wave, le truc où est n'est plus sûr
de rien, où tout est misé avant tout sur l'énergie
et l'anarchie plutôt que sur l'émotion. Le genre
de groupe fâché avec les structures même
si ils n'ont pas complètement lâché l'affaire.
C'est du coté des Ex-Models, Popular Shapes et surtout
Brainiac qu'il faut voir une quelconque inspiration. Dialogue
de sourd entre instruments pour effets mineurs. Le son de gratte
est relativement squelettique, vaguement garage-rock mais Tetsunori
Tawaraya, le chanteur-guitariste a bouffé trop de piments
et son larynx crie au secours, décalottant toutes idées
d'une bonne société retrouvée. L'envie
d'en découdre est présente mais il reste encore
du boulot sur la planche.
SKX
(04/12/2004)
website
groupe www.dmonstrations.com
website
label www.strictlyamateurfilms.com
sounds
flyingsaucer.mp3
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Desert
City Soundtrack
Funeral Car - CD
Deep Elm 2003
La vie n'est-elle pas un long fleuve tranquille?! Alors rien
de tel qu'un p'tit air de piano pour commencer les hostilités.
Desert City Soundtrack est américain, a signé
sur le label très connoté "emo" Deep
Elm mais c'est plutôt du coté de Black Heart Procession
qu'il faut chercher une quelconque influence. Ce piano qui ouvre
le bal n'est pas un caprice mais un instrument à part
entière, voir centrale, et la ressemblance avec la bande
à Pal Jenkins est assez frappante. Mais c'est un Black
Heart qui aurait la procession mouvementée, un Black
Heart qui s'est mis au rock et qui n'hésite pas à
traverser ses monstrueuses ballades par des flèches explosives.
Comme si Black Heart faisait du 400 Years ou Engine Down! Autant
vous dire que ya de la mélodie dans le fourbis, ça
s'envole et ça pète de toutes les couleurs. De
la mélancolie mais pas d'ennui. De la trompette pour
mieux boucher les coins, des cris qui déchirent, des
plaintes qui s'élèvent pour revenir au repos du
guerrier, de la vie et plein de sentiments contradictoires qui
dans les mains de Desert City Soundtrack sonnent juste. Un très
bel oasis.
SKX (19/03/04)
website
groupe www.desertcitysoundtrack.com
website
label www.deepelm.com
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DEVEROVA
CHYBA
Do stran - CD
Free Dimension 03
L'entrée
en matière est martiale. Roulements de batterie, une
basse puis une autre, la terre s'ouvre, la voix d'envahisseur
des steppes de l'Est, sonorités gutturales. Deverova
Chyba est un trio tchèque (Tabor exactement, la même
ville que le label Free Dimension et où réside
le fameux duo Sabot, lui aussi adepte du basse-batterie). Mais
alors que Sabot s'engage dans des chemins rythmiques alambiqués,
Deverova Chyba n'a pas le complexe de la mélodie. Car
No Means No fait parti de leur père spirituel. Alors
ça tangue, ça valse, ça groove, tout n'est
pas que froideur et uppercut dans le foix. L'une des basse est
forcément plus chantante alors que l'autre fait le boulot
pour lequel elle a été initialement crée.
La complémentarité est excellente. La batterie
manquerait presque d'esprit d'initiative face à ces deux
prétendantes qui tiennent la baraque. Direct et sans
fioriture. La souffrance se fait sentir, sait ou pousser ses
pointes. Dans l'arsenal de Deverova Chyba, rien de superflus.
On se tend parfois à l'écoute de la voix dont
la tonalité générale un rien gueularde
jure un peu dans le paysage. Un deuxième album, bien
assis, sûr de sa force, à qui il manque un brin
de légèreté et de folie pour un envol définitif.
SKX (13/01/2004)
website groupe www.freedimension.cz/devchyba/indexeng.php
website label www.freedimension.cz
sounds www.freedimension.cz/audio/indexeng.php
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Die
Princess Die
Self-titled CD
Cut Lips 2004
Se tirer une balle dans le pied. Ca ne se négocie pas.
Un son qui vous trucide. Plein d'une basse sur le nerf, de guitares
qui font le mur, d'une voix transpirant une colère non
feinte. Pour sûr, Die Princess Die. Aux dernières
nouvelles, un ancien Camera Obscura
(31G records) officierait dans le lot. L'oppression, le souci
du bruit, les grands coups dans la tronche, scander, saturer,
trafiquer. Et finalement rendre harmonieux l'impossible, apprivoiser
toutes les pulsions les plus primaires pour un rendu digeste.
La vieille équation bruit + mélodie, résultat
maîtrisé de haut-vol, du fin fond du larsen jaillit
la lumière. Deux remixes en prime. Utile pour une fois
car ne sacrifie en rien à l'équilibre du tout.
Le bruit se conjugue à toutes les sauces. Froideur, effusions
multiples, ce premier album vit dangereusement, puits à
émotions qui t'enveloppe comme une bonne douche d'eau
chaude/froide, te fouette le sang puis le glace. Ca se prend
d'un seul souffle. Impressionnant.
SKX
(24/09/2204)
website
groupe www.dieprincessdie.com
website
label www.cutlips.com
sounds
SHAKES.mp3
| hunting.mp3
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The
Dillinger Escape Plan
Miss Machine - CD
Relapse 2004
Je
n'attendais rien de spécial de ce disque. Je n'ai pas
été déçu. Cinq années ont
passé depuis leur fantastique premier album " Calculating
Infinity ". Changement de chanteur. Pas mal de supputations.
Après tout ce temps, on peut presque dire que ce n'est
plus le même groupe. On retrouve cette folie de breaks,
cette maestria technique, cette violence metal-hardcore. Mais
ce n'est qu'une infime partie de la donne. Car même dans
ces cas là, c'est du Dillinger Escape Plan sans surprise,
sans inspiration, qui se contente de répéter ses
gammes sues par cur à l'infini. Alors quand en
plus, vous rajoutez un nouveau chanteur qui, quand il ne se
contente pas de hurler comme le précédent, singe
Mike Patton avec des accents de hard-rocker en plus, ça
devient pitoyable. Vous pimentez avec des passages ultra-mélodiques
risible et putassier censés attirer un public dont je
ne veux même pas savoir le nom. Des éléments
ambiants en digne fans de Nine Inch Nails qu'ils sont mais qui
n'ont aucun intérêt sinon de remplir le vide. C'
est marrant comment un groupe qui était devenu une référence
pour tout un tas d'autres groupes n'arrive même plus à
leur cheville. D'ailleurs ils ont complètement changé
de cheville ! Sûr que leur public de la première
heure va tirer la gueule. Ils ont intégré le grand
cirque metal/hard-rock calibré pour fans de MTV. Je leur
en souhaite des biens bonnes et des meilleures.
SKX
(29/08/04)
website
groupe www.dillingerescapeplan.com
website
label www.relapse.com
sounds
Baby's
First Coffin.mp3 | Panasonic
Youth.mp3
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Dilute
Grape blueprints pour spinach olive grape - CD
54' 40° or Fight 2003
Dilute
part d'un point mais on ne sait jamais où ça va
se terminer. Ni comment ni pourquoi. On ne comprend pas grand
chose d'ailleurs. Sauf que ya du guitariste! Deux beaux spécimens
qui tricotent sévère, tournent en boucle et en
bourrique des mélodies qui ont eu le malheur de passer
par là. Dilute est un groupe américain à
part dans le paysage. A la frontière du math-rock de
part sa complexité mais pas assez tourné vers
l'aspect rythmique du style. Subtile et suggestive, leur musique
pourrait évoquer un climat pop et tranquille mais leurs
structures sont bien loin des clichés du genre. La voix,
aussi discrète fut elle, est plaintive et décalée.
Non, définitivement, ce groupe est à part. Un
climat bien à eux, tout en pastel et en pointillé
et ne croyez pas que ça manque de consistance. Ces musiciens
sont très doués pour faire évoluer des
structures par petites touches, des virtuoses du contre-pied,
provoquer des ruptures totalement inattendues. Un talent certain
pour rendre une narration fluide alors qu'à y regarder
de plus prêt, on se rend bien compte que c'est pas à
la portée du premier venu. Un je ne sais quoi de Gastr
Del Sol dans les guitares, dans cette approche non conventionnelle
du rock tout en gardant un minimum d'esprit cartésien.
Ou pour faire plus prêt de chez nous, Cheval de Frise
en version quatuor. Alors qu'importe la destination finale et
le pourquoi de la chose tant que le voyage aura été
surprenant et original. Du haut vol.
SKX
(08/03/04)
website
groupe www.fiftyfourfortyorfight.com
website
label
www.fiftyfourfortyorfight.com
sounds
www.fiftyfourfortyorfight.com
-> section "merchandise"
|
The
Discord of a Forgotten Sketch
s/t - CDEP
New Romance for Kids 2004
Il
existe des moments de grands égarements. Des moments
où on ne souhaite plus être soi-même. Non
content des dangers extérieurs, on en vient à
en susciter nous-mêmes. Les uns envers les autres. L'impitoyable,
le plaisir de la souffrance. On en viendrait presque à
trouver The Discord of a Forgotten Sketch absolument nécessaire.
En cinq titres implacables, ce jeune groupe de Montréal
fait une entrée fracassante dans le monde du hardcore
qui est bien plus que du hardcore. Ils éclatent les genres,
comme bien d'autres avant eux me direz vous, mais à ce
point, est-ce bien raisonnable ? Alliant technique de haut-vol
et sens du désordre organisé élevé
au grade le plus haut, porter par une fougue et un esprit retords,
ces Canadiens mettent à leurs pieds tous les groupes
screamo-hardcore de pacotille tout en côtoyant Dillinger
Escape Plan avec la vista d'un Kulara. Ebouriffant, c'est comme
un grand pain dans la tronche, les genoux sciés, que
l'on reçoit leur charge au vitriol. Dans ce grouillement,
tout est simple. L'angoisse en marge. Se laisser porter par
le flux et le ressac. Mais qu'ont-ils à se démener
de la sorte ? Bienvenue dans un monde meilleur !
SKX
(20/06/2004)
website
label
www.newromanceforkids.cjb.net
sounds
objectarestupidyouareone.mp3
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Doppler
Si Nihil Aliud - CD
Aere Alieno 2004
Je
viens d'écouter pour la énième fois ce
nouvel album des Lyonnais de Doppler et je mets encore une fois
un bon moment pour reprendre mon souffle. Après deux
maxi sur SK records, Doppler passe la vitesse supérieure.
Que six morceaux mais la durée d'un vrai album. C'est
qu'ils prennent leur temps pour vous achever! Comme tout bon
groupe de Lyon qui se respecte, les Deity Guns ont bercé
leur jeunesse, tout comme la scène noise-rock américaine
au début des années 90. C'est indéniable
et ils ne cherchent pas à s'en cacher d'ailleurs. Mais
derrière tout ça, on sent un vrai amour pour cette
musique dense, frénétique, malsaine et furieusement
dissonante. Une vraie passion pour le bruit, ce putain de bruit
qui sort saignant des guitares, ces rythmiques lourdes, le nerf
de la batterie, ces voix trafiquées. Ce bruit maladif
qu'ils maîtrisent si parfaitement car il faut souligner
ici la production impressionnante qui met parfaitement en valeur
la furie de la bête. Ca faisait bien longtemps que je
n'avais entendu guitare sonner aussi purement, vous péter
à la tronche comme si elle faisait partie de vous! En
plus, Doppler a l'intelligence d'aménager quelques temps
de repos, de salutaires et sombres passages atmosphériques
où l'effet de leur machinerie hypnotique ne prend que
plus d'ampleur. Ca vibre de partout. Un album habité,
de chair et de sang, saisit en pleine transe, en plein sabbat
noise comme on n'en fait plus. Grandiose.
SKX
(08/03/04)
sounds
skmagazine.free.fr/mp3/DOPPLeR_chausson24.mp3
|
|
The
Dead Science
Frost giant - CD
Absolutely kosher 2005
The Dead Science dans un souffle, une respiration avant de passer
dans l'autre monde. A moins qu'ils y soient déjà.
Une complainte éthérée portée par
le vent du soir. Effluves mélancoliques, Dead Science
va finir par s'évaporer. Musique fantomatique, elle n'est
pas vide, elle effleure. Ce n'est pas un de ces énièmes
groupes post-rock qui masquent leur manque d'inspiration sous
des silences coupables et de faux prétextes artistiques.
Chez Dead Science, ça joue. Mais tout est en pointillé,
en suspend. A commencer par cette damnée voix. Sam Mickens
déclare avoir beaucoup écouté Prince et
Mickael Jackson ces dernières années
Son
chant s'en inspire qu'il dit ! Elle fait surtout toujours penser
à celle de Jeff Buckley, peut-être l'on-t-il croiser
dans l'au-delà. Le reste suit au diapason, imperceptible
durcissement du rythme, le fardeau sous le poids d'une longue
marche, la contrebasse surmonte et rassure tandis que la guitare
égrène comme dans un dernier cortège un
tombeau de notes sur lesquelles on se laisse glisser, happer,
vers des contrées mystérieuses où il est
tentant de s'y établir. Frost giant est un disque
de contemplatif, pour ceux qui aiment prendre leurs temps, se
laisser porter. Mais qu'on ne s'y trompe pas, il faut les sens
tourmentés. Un disque qui n'est pas de tout repos au
risque de devenir définitif.
SKX
(09/12/2005)
website
groupe www.thedeadscience.com
website
label www.absolutelykosher.com
sounds
DrrrtyMagneto.mp3
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Death
Sentence : Panda !
Puppy kitty or both - 10''
Upset the Rhythm 2005
A
coucher dehors les soirs de pleine lune. Non-sens perpétuel.
Trio sortie de sa baie, celle de San Francisco et libéré
conditionnellement de leurs autres projets (Crack: We Are Rock,
Murder Murder et Total Shutdown). Punk dérisoire, maître
de la cacophonie, la mise en forme dramatique du bruit. Un flûtiau
(et faut se lever de bonne heure pour me faire apprécier
la flûte), clarinette, batterie malmenée et demoiselle
énervée au chant. De Deerhoof, ils prennent le
sens du baroque. Du reste, ils gardent beaucoup, des trucs à
gauche, à droite, des musiques de partout, rien à
voir avec le rock mais tout l'esprit DIY, la malice d'un Experimental
Dental School, un bon coup dans les bronches, Melt-Banana sans
la vitesse. Ce premier EP 8 titres agrandit les horizons. Une
fessée des plus agréables.
SKX
(27/04/2005)
website
groupe www.deathsentencepanda.com
website
label www.upsettherhythm.co.uk
|
Deerhoof
Green Cosmos - CDEP
Menlo Park 2005
Les
fanfarons de Deerhoof sont de grands enfants, c'est bien connu.
Et une source inépuisable à disque. Un nouveau
sept titres où Deerhoof teste. Je sais pas trop quoi
mais ils testent, cherchent, s'aventurent, font du Deerhoof
mais des trucs bizarres aussi comme ce Spiral golden town.
On croirait écouter la musique de film des Sous Doués
revue par Michel Legrand et Cheb Mami !! Entre un ou deux morceaux
qui font chutes de studio, Deerhoof nous délecte quand
même d'un Koneko Kitten, berceuse perverse comme
ils en ont le secret et Byun qui devrait ravir le marché
Thaïlandais et les fans d'Abba. Vous l'aurez compris, ce
disque de Deerhoof est un amuse-gueule pour le grand enfant
qui sommeille en vous. Je ne sais pas si il faut prendre ça
au premier degré mais leur esprit frivole atteint des
sommets. Leur habituel pop rococo bidouillé maison de
l'an 2000 prend une tournure bizarre que le futur nous affirmera.
Ou pas.
SKX
(20/07/2005)
website groupe deerhoof.killrockstars.com
website label www.menloparkrecordings.com
|
Deer
Hunter
Turn it up faggot - LP
Stickfigure 2005
Deer
Hunter débarque d'Atlanta, les deux pieds dans le plat.
Funky noisy, leur démarche est souple et volontaire.
Une rythmique faussement dansante à la Chinese Stars,
des guitares bien tranchantes, tombant en épluchure dense,
cristallisant les timidités, un fond de casserole années
80, un groove pernicieux, hypnotique, un système répétitif
qui fait monter la sauce, The Fall pourquoi pas, des tas d'échardes
et le pansement qui va avec, Deer Hunter ne sont pas vaches
non plus. Des mots, autant de refrains, juste un, scandé
jusqu'à l'épuisement, l'enfoncer, t'es sûr
d'avoir bien compris, envolées et larsens dans le retour.
Et le chaos final, " death drag ", le rythme bruitiste,
la machine de fer, une pelleté de friture sur la ligne,
le soldat qui monte au front, inconscient, parce que tu vois,
on est des professionnels, sous le déluge et la toupille
qui renvoie l'image sourde et fracassante d'un premier album
aux pôles contradictoires et fort prometteur.
SKX
(29/04/2005)
website
groupe dieslaughterhausrecords.com/deerhunter
website
label stickfiguredistro.com/stickfigurerecords
sounds
stick018v.mp3
|
Deerhoof
The runner's four - CD
5RC / kill Rock Stars 2005
La
tournure bizarre entreprise avec leur précédente
production Green cosmos ne laissait
pas présager d'un tel disque. On les attendait encore
plus barré, définitivement parti sur les routes
de Katmandou où le baroque le disputait à l'étrangeté.
Mais c'est vers un univers pop et rock bercé par les
sixties et emprunt de classicisme que le groupe de San Francisco
se tourne. On a bien toujours des petits trucs singuliers dans
les arrangements, une touche définitivement Deerhoof
qui les poursuit mais le caractère est très houla
hoop et caresse dans le sens du poil. La voix enfantine de Satomi
Matsuzaki se fait régulièrement secondée
par ses acolytes masculins. Les mélodies sont généralement
abondamment sucrées. Quelques sauts d'humeurs passagers
(Scream team ou Midnight bicycle mystery) qu'on
aurait souhaiter plus nombreux qui n'enlèvent pas cet
arrière goût de trop plein, ce sirop trop riche
qui finit par vous couler sur les poignets et qui agace. Même
les petites perles calibrées pour faire tilt dans le
juke-box finissent par écoeurer. Pourtant, les compositions,
sous leur apparente simplicité, bénéficient
de nombreuses trouvailles, de riffs malins de John Dietrich
à la guitare, de rythmes appuyés par l'habituel
grand échalas tout en rire nerveux de Greg Saunier, d'une
multitude de petits trucs qui prouvent que Deerhoof a toujours
de l'imagination et a tenté d'amener sa barque un peu
plus loin que d'habitude. Mais tout ça est trop beau
et propre sur soi, un monde merveilleux, rose et bleu, moi aussi
je m'aime, 20 morceaux pour presque une heure de musique, ça
devient rapidement crispant. Deerhoof, un groupe surprenant
à plus d'un titre, qui ne finit pas de dérouter.
Mais pour cette fois, je passe mon tour.
SKX
(08/12/2005)
website
groupe deerhoof.killrockstars.com
website
label www.5rc.com
sounds
WrongTimeCapsule.mp3
|
De
Kift
Vier Voor Vier - CD
2003
Comme
Perte & Fracas aime coller au plus juste avec l'actualité,
cet album est chroniqué pratiquement 2 ans après
sa sortie. Il était moins deux. Normal pour un concept
album qui répond à " quatre heures moins
quatre ", en français dans le texte ou le charme
inaltérable des traductions made in De Kift. Un sixième
album sous la forme d'un opéra basé sur la pièce
de théâtre de Elisabeth Bam et écrit en
1928 par l'écrivain russe Daniel Charms. Autant vous
dire que ce sont des noms qui nous parlent ici. "Vier Voor
Vier est un CD pour tous ceux qui aiment l'opéra mais
ne le savent pas encore " dixit la troupe hollandaise.
On pourrait dire aussi que tous ceux qui aiment l'opéra
n'aimeront pas ce CD. L'opéra vu par De Kift sort forcément
des sentiers battus et les puristes prennent un coup dans la
tronche. On a beau y retrouver une multitude de chants, de chorales,
de voix tantôt féminines, tantôt masculines
ou tous ensemble, tous ensemble (ouais), ce n'est pas l'image
que j'avais d'un opéra. C'est comme souvent avec De Kift,
mélancolique. Cette mélancolie qui vous donne
le sourire, ces histoires de mondes qui s'écroulent mais
qui, de part leur interprétation toute personnelle, n'arrive
pas à vous plomber le morale. Cette musique servant de
support à un texte, elle est par la force des choses
très narrative. Très peu de batterie, beaucoup
de cuivres et de chants, quelques cordes, les 26 morceaux s'enchâssent,
se succèdent, ne forment plus qu'un. Il manque les images
pour la pleine mesure de la musique. Un disque à part
dans leur discographie. On ne saurait être complet sans
parler de l'emballage. Comme d'habitude, De Kift a soigné
la présentation. Livre-CD qui s'ouvre sur un découpage
audacieux accompagné de deux livrets (partitions et textes
en hollandais de la pièce). Depuis, Les Têtes Raides
sont passés par là, leur ont offert premières
parties et fenêtre plus large sur le public français,
d'où une compilation sortie cette année avec des
morceaux tirés de Koper et Vlaaskorts. Et pour être
complet et réparer le retard de cette modeste chronique,
un DVD de Vier Voor Vier vient de sortir. La musique n'a plus
d'excuses, elle. On va pouvoir vérifier si l'appui des
images lui donne effectivement sa pleine mesure. Et le temps
que je me procure un DVD, vous attendrez encore bien deux ans
pour la chronique.
SKX
(16/10/2005)
website groupe www.dekift.nl
sounds Bier_en_Erwten.mp3
| Guldentje_Maar.mp3
Ouverture.mp3
|
Die
Monitr Batss
Girls of War - CD
Troubleman 2004
Die
Monitr Batss reprend ses fringues d'une autre décade
pour tenter de lui redonner un coup de jeune. Avec le guitariste
de The Gossip, un autre mec de Sleetmute Nightmute, un saxophoniste
et occasionnellement un femme aux vocalises, Die Monitr Batss
jouent aux punks d'origine avec cette manière convulsive
et nombriliste, non je ne danserais pas, tout maigre et blanc.
Un deuxième album bien dans la continuité de leur
" Youth controllerzzz " sorti sur Dimmak avec un son
plus conséquent, des mélodies, aussi courtes fussent-elles,
mais primordiales, un saxo dérangé pour la touche
chaos et cette voix atonale. Douche froide. Die Monitr Batss
est minimaliste dans la forme, avare de sentiments mais réussissent
plus d'une fois à nous embarquer dans leur Punk-no-wave
entraînant aux hymnes tout simples et cinglants ("
Gore appeal ", " XXETS ", " Girls of war
"). Dommage qu'ils n'aient pas trouvé la recette
sur la longueur. Morceaux anecdotiques. Forcément, on
ne peut s'empêcher à Wire, voir un brin de Sonic
Youth du début et surtout le premier groupe de Lydia
Lunch, Teenage Jesus and the Jerks. Troubleman eux-mêmes
disent que si on les mettait à l'affiche d'un concert
en 1978 avec Teenage Jesus and the Jerks, on ne ferait pas la
différence. Si Troubleman le dit
! En tout cas,
à cet âge, je jouais encore aux billes. New-York,
je n'y ai jamais mis les pieds. Alors moi, ce disque, en 2005,
me va tout à fait.
SKX
(20/02/2005)
website
label www.troublemanunlimited.com
sounds
girls_of_war.mp3
|
Marvin
/ Doppler
12 salopards vol. 2 - split 10''
SK 2005
Après
un premier volume qui m'a échappé, passons directement
au second volet des 12 salopards, qui, comme tout le monde le
sait, sont de Lyon. Le label de la ville a décidé
de nationaliser les justiciers américains pour se venger
de nos guignols à nous. Jean-Michel Jarre (le Charlie
Oleg du 3ème millénaire) et l'abbé Pierre
(oh non putain pas l'abbé Pierre!). La face Jarre, c'est
pour les Montpelliérains de Marvin. Sans doute à
cause du clavier ! Un trio instrumental guitare, batterie et
un modeste clavier bourré d'électronique qui à
lui tout seul (ou plutôt à elle toute seule puisque
c'est une demoiselle qui office derrière la machine)
fait plus d'étincelles que toute la panoplie hightech
de notre JMJ international. Ca me rappelle d'ailleurs le son
des poitevins de Loisirs. Un son singulier qui donne une fraîcheur
et de la personnalité au rock explosif de Marvin. Ca
virevolte, c'est vaguement dansant (pour ceux qui ne savent
pas danser), ça envoie du larsen et c'est bruyant quand
il faut, innocent et malin à la fois. On pourrait citer
des tonnes de références sans que cela définisse
parfaitement Marvin. Plutôt bon signe non ? Deux titres
qui promettent un bel avenir tant qu'ils ne se poseront pas
de question ! La face pieuse est confiée à la
sagacité des Lyonnais de Doppler. De petits pervers qui
ont nommé leur unique morceau de plus de dix minutes
Etude d'une jeune fille de dix-huit ans. Pourvu que cela
ne parvienne pas aux oreilles du saint Abbé. Leur pièce
sent bon la décadence, patiemment construite, la mélodie
qui tourne, le sample du malin, le piano répétitif
avant une courte décharge, s'en aller en courant et finir
par une lente agonie sur l'acoustique d'une guitare toute tremblante
que même notre abbé pourrait apprécier.
Doppler s'affirme continuellement, ose une architecture de haute
volée, jouant plus sur les volumes que sur le volume.
Le pluriel est d'importance. Les justiciers ont frappé.
Les salopards sont en fuite. Très beau combat.
SKX
(19/07/2005)
website groupe dopplernet.free.fr
| marvinsound.free.fr
website label http://www.skrecords.org
sounds http://www.myspace.com/marvinband
|
Desert
City Soundtrack
Perfect addiction - CD
Deep Elm 2005
Le
piano plus que jamais solidement arrimé, Desert City
Sountrack repart battre la campagne. Nouveaux membres à
l'horizon, formule réduite au trio sous un pas toujours
mélancolique. Horizon profil bas, ciel chargé
avec en point de mire sans cesse Black Heart Procession. Mais
exit le coté le plus rock de leur premier album Funeral
Car, un grand morceau de bravoure. Cette fois-ci, c'est
ballade sur ballade. Et à la longue, ça lasse
sévère. Quand ils daignent s'énerver, comme
sur No Signals, leur bourdon se transforme en une colère
salvatrice et ça va beaucoup mieux en le disant. Moment
rare. Au mieux, ce sont des ballades aux rythmes soutenus mais
qui manquent d'un brin de caractère. Au pire, c'est doucereux
et ennuyeux. Du Yes version indé. Rigolez pas. Desert
City Soundtrack n'a jamais prêté à la gaudriole.
C'était du sombre et le mal était profond. Là,
c'est la gougoutte au nez, version commerciale et aseptisée
de ses sombres desseins, le Engine Down sur la fin. Perfect
addiction n'est pas vraiment le terme.
SKX
(12/12/2005)
website
groupe www.desertcitysoundtrack.com
website
label www.deepelm.com
sounds
sur
deep elm en cliquant sur la rubrique Bands
|
Daughters
Hell songs - CD
Hydrahead 2006
Daughters, ces fils de pute, s'en prennent directement à
l'enfer après avoir mis à sac le Canada.
Un terrain à leur mesure. Pour ça, il a fallu
revoir le tir et sa portée. Augmenter la dose de chaos
tout en essayant de surprendre l'adversaire. Après en
avoir eu marre de d'être pris pour les clones de The Locust
(qu'ils n'ont jamais été mais les comparaisons
ont la vie dure), Daughters ajuste sa mire, reprend les cisailles
de Arab on Radar en guise de guitares, prennent de plein fouet
les territoires noise et se permettent même un morceau
de six minutes. Impensable. C'est un rock éminemment
déjanté, des boulets de salves vertes et purulentes
en direction du Malin, n'oubliant pas d'où il vient (le
hardcore, le metal et tout ça) mais tentant de l'apporter
vers des sphères extrêmes et incompréhensibles
par le fan de base (qui comme tout fan est un connard) de Hydrahead
et ces groupes ambiants neo-seventies. On a oublié de
préciser au batteur qu'il ne joue plus dans un groupe
de grind. Le chanteur ne met pas ses vocalises à la hauteur
que nécessite cette folie. Mais pour le reste, ça
tourne sévère. Les deux guitaristes sont des tortionnaires
avisés. Dix titres qui percutent, offrant sa ration suffisante
de défoulement quotidien. Hell songs, c'est pas
encore le paradis. C'est pas non plus l'enfer annoncé.
On se contentera sans problème de ce purgatoire, pauvres
mécréants que nous sommes.
SKX
(20/11/2006)
website groupe www.hellsongsfromdaughters.com
website label www.hydrahead.com
sounds Fiery.mp3
|
Dead
Elephant
Sing the separation - CDEP
Autoproduction 2006
L'éléphant
mort est né d'Elephant Man. Elephant Man n'est plus et
n'a pas accouché d'une souris mais d'un trio fort prometteur.
De sa morne ville du nord de l'Italie, Dead Elephant parle autant
au physique qu'au cérébral. Différentes
approches du rock et de son bruit. Et sombre, très sombre.
Le physique d'abord. Entrée dans le vif du sujet avec
cette attaque noise puriste et tendue qu'un autre groupe italien
hélas méconnu, White Tornado, délivrait
avec passion et urgence. Ca enchaîne sur un Black Coffee
at breakfast aussi digne, Colossamite, Unsane, un riff de
guitare qui vous donne l'envie d'y revenir encore et encore
avant que ce café noir tourne en mare ensorceleuse. C'est
le cérébral qui parle. Après 3 minutes
intenses, c'est déviance en eaux troubles. La face expérimentale,
celle qu'on attendait pas. Une ambiance à couper au couteau
avant une remontée par palier à la surface. Abyss
of my heart ne réchauffe pas l'atmosphère.
De longues minutes de torture, d'échardes électroniques
du fin fond de l'espace et de voix samplées qui tentent
un retour désespéré à la surface
des vivants. Clopixol clot les débats sur un rythme
lent, un climat chargé en nuage bas que des arpèges
tentent d'éclairer, tranchant avec la vivacité
du début. Dead Elephant, en quatre morceaux variés,
créent une alchimie qui tient la route, un univers personnel
conçu comme un film avec des scènes qui prises
séparément n'ont pas grand-chose en commun mais
qui mises bout à bout prennent tout leur sens. Du grand
art !
Ce présent objet sortira officiellement (agrémenté
d'un titre supplémentaire) sur le label américain
Unfortunate Miracle pour le CD et sur deux labels français
pour le vinyl, Gaffer et Desertion records.
SKX
(19/03/06)
website groupe www.deadelephantband.com
website label www.unfortunatemiracle.com
| www.gafferrecords.com
| http://desertion.free.fr
sounds http://www.deadelephantband.com/index.php?mod=9
|
Deep
Dark United
Ancient (Block recording club) - CD
Blocks Blocks Blocks 2005
La
musique de Deep Dark United est une caravane avançant
toute brinquebalante. Muante selon les saisons. Un tas de bagages
hétéroclites sur le toit. Et si le chien n'aboit
pas sur son passage, c'est parce que cet orchestre ouvre le
dialogue, le cur, les bras, tout et le reste à
une musique généreuse et chaleureuse. D'odédience
jazzy, la troupe emmenée par Alex Lukashevsky ne s'arrête
pas là. A coup sûr, tous les férus de jazz
vous bombarderont de références. Mais voilà,
je ne suis pas un spécialiste de jazz et on s'en tape
(non pas le fait que je ne suis pas spécialiste de la
chose (mais j'en connais un rayon sur les rhododendrons) mais
qu'il n'y a pas besoin d'être féru de jazz pour
apprécier le bidule). Car après tout, c'est juste
de la musique qui s'envoie en l'air et ça, tout le monde
connaît (à moins d'être moine ou membre de
l'UMP). La seule référence qui me vient en tête,
c'est le Charlie Haden de l'album Liberation Music Orchestra.
Pas des moindres. Cet élan communicatif, cet humanité
qui transpire, tous ses cuivres (dont celui de Brodie West,
légende du jazz. Je l'ai pas trouvé tout seul.
Je viens de vous dire que je suis pas spécialiste mais
je sais lire une bio (et les livres sur les rhododendrons)),
ses rythmes qui débarquent de partout, s'entrechoquent,
virevoltent, transportés par la prenante voix de la tête
pensante Lukashevsky. Tout y est léger, enveloppé
d'une mélancolie rassurante avant que l'orchestre ne
reparte sur les routes faire swinguer les foules. Populaire
et primesautier, ce troisième album à la jambe
leste et le geste gracieux, encerclant d'un mouvement continu
les De Kift et autres musiques hors du temps. Le chien est content,
il remue de la queue (et le rhododendron passera l'hiver).
SKX
(25/02/06)
website groupe www.deepdarkunited.com
website label www.blocksblocksblocks.com
sounds soul-athlete.mp3
| nun-or-a-bawd.mp3
|
|
Dmonstrations
Night trrrors. Shock !
GSL 2006
C'est
l'histoire d'un mec qui fait des cauchemars pas possible et
qui ferait n'importe quoi pour ne pas sombrer dans le sommeil.
Concept fumeux qui explique (enfin presque) ce titre étrange
Night trrrors. Shock ! Les trois " r ", le
point au milieu et l'exclamation à la fin sont compris
dedans. Moins surprenant quand on sait que le japonais Tetsunori
Tawaraya du duo 2up est compris dans le lot. Un trio avec deux
autres américains qui serait comme une extension de 2up
mais avec une basse en plus et quelques minutes supplémentaires
à chaque morceau. Et c'est dingue comment ça peut
faire la différence. Après un maxi peu convaincant
en 2004, Dmonstrations a profité de ses très nombreuses
tournées pour peaufiner la formule et sa folie de kids
qui n'ont peur de rien. On ère ici dans le domaine sans
camisoles des Mae Shi, Kid Commando, Arab on Radar avec une
certaine fraîcheur à la Rapider than horsepower.
La voix de Tawaraya joue toujours autant les yo-yo mais arrive
par je ne sais quel miracle à tempérer ses ardeurs
pour coller au plus fin avec une musique pleine de vie et rebondissement.
Avec un ex-Makara et Ruhaeda à la basse qui s'intercale
à merveille dans le jeu enflammé du guitariste
nippon qui a la particularité de mélanger cordes
de guitares et de basses sur sa gratte et un batteur (ex-Dosage
and usage) tour à tour économe et cogneur, ces
dix titres arrivent à faire passer la pilule sans broncher.
Dans la grande tradition des agités du bocal mais qui
savent se tenir, Dmonstrations écrit un disque de rock
moderne, malin et fonceur. Le gars n'est pas prêt de trouver
le sommeil avec un truc pareil.
SKX
(21/09/2006)
website groupe www.myspace.com/dmonstrations
website label www.goldstandardlabs.com
|
Dominic
Self-titled CD
Great Northern / Dead Letter 2006
Dominic
est très commun. Ca pourrait venir de n'importe où.
C'est international mais c'est pas la lutte finale. C'est banal
mais pas bancal. Dominic, jeune groupe norvégien, sonne
comme des dizaines d'autres groupes du grand nord mais ça
fait toujours autant du bien. C'est du hardcore qui prend aux
tripes, fait avec les poings et les larmes. C'est du JR Ewing
comme au bon vieux temps, des intonations vocales (voir un peu
plus) à la Lack, du Yaphet Kotto avec un batteur qui
aime la baston. Dix compostions ultra chiadés, on en
deviendrait vulgaire tellement ça l'air écoeurant
de facilité, comme un deuxième peau pour accoucher
de ce hardcore même pas chaotique. Juste une redoutable
efficacité pour allier cette indémodable équation
de la fureur et de la mélodie. Au nord, toujours rien
de nouveau. Mais faut avouer que quand on a cette qualité
au rendez-vous, on ne peut pas passer à coté.
La nordique touch dans toute sa splendeur.
SKX
(26/11/2006)
website groupe www.dominictheband.com
website label www.deadletterrecords.net
| www.greatnorthernrecords.com
sounds 70a3411f
|
Don
Caballero
World class listening problem - CD
Relapse 2006
En
ces temps de reformation tout azimut, pour le meilleur et (surtout)
pour le pire, il ne faudrait plus s'étonner de rien.
Et pourtant à chaque fois, ça vous fait bizarre.
Don Caballero, six ans après l'extinction des feux, remet
donc le couvercle. C'est avec des pincettes (monumentales) que
j'attendais les premières notes. Vu l'album avec lequel
ils nous avaient laissé, le pâle American Don,
on pouvait craindre le pire. Que fallait-il encore espérer
avec le totem Damon Che derrière ses fûts, la seule
mémoire du groupe et sa force de frappe phénoménale
? Après ses déboires (au propre surtout comme
au figuré) avec Bellini, ses plumes perdues avec son
projet The Speaking Canaries, le Che décide de remonter
la machine, recrute trois mecs qui sortaient déjà
des disques sous le nom de Irwin et Creta Bourzia (c'est celui
qui le dit qui l'est - dont Jason Jouver, bassiste qui tenait
la gratte dans l'obscure et néanmoins excellent groupe
Jumbo et qui participe aussi
depuis peu à Microwaves) et signe sur Relapse, cela va
de soit (!). Et oh surprise, cet album sonne comme une réussite.
Je veux dire, comparé au dernier de ya six ans. A s'attendre
au pire, on s'extasie devant le passable. On est presque heureux
de retrouver le Don Cab en aussi bonne forme. Les deux guitaristes
s'en sortent plutôt bien. Avec toute la meilleure volonté
du monde, je ne voulais pas les comparer avec les guitaristes
historiques Banfield et Williams mais c'est trop tard. Leur
tenue de manche et gratouillements en tout genre ne mettent
pas en folie les six cordes comme la paire suscitée.
L'originalité peut dormir sur ses deux oreilles. Mais
ils arrivent à insuffler suffisamment de dynamisme et
d'entrelacs pour faire croire au retour. Damon Che reste fidèle
à lui-même. Je laisse aux spécialistes pinailleurs
de la cymbale gauche et autres enculeurs de mouches deviser
sur l'évolution et la richesse ou non de son jeu mais
de loin, ça reste cogneur et souple. Le bûcheron
pris dans la tourmente. En fait, cet album renvoie au tout premier,
à For Respect, des titres saignants, efficaces,
relativement courts, sans divergences soniques. Bref c'est le
Che qui commande et non plus Ian Williams (parti expérimenté
avec Battles). Des morceaux comme Mmmmm acting et And
and and
nous feraient presque croire à un retour
treize ans en arrière. Mais vous avez aussi des compos
laborieuses, des guitaristes en manque d'inspiration où
on attend désespérément qu'il se passe
quelquechose, des mélodies guillerettes qu'on se demande
ce qu'elles foutent là et plusieurs plans bien casse
gueule.
L'autre problème également, c'est qu'en six ans,
des groupes comme eux (et qui doivent beaucoup à Don
Cab d'ailleurs) yen a des tonnes. Et si Don Cab débarque
pour ne faire qu'une copie de Don Cab, eux les initiateurs d'un
style, on fait forcément grise mine. On s'attend à
qu'ils continuent d'explorer la voie (on est bien naïfs
parfois) et on se retrouve avec un groupe de plus dans le délire
math-rock instrumental. Bien sûr, ya la touche Don Cab,
inimitable mais tout ça sonne comme du déjà
entendu. Avec toujours cette putain de bonne volonté,
je n'aimerais pas comparer cet album avec les trois premiers
du groupe mais c'est encore raté. Et là, forcément,
ce World class listening problem ne tient pas la distance.
Et n'allez pas y voir un quelconque snobisme (encore heureux
!). J'eus aimé que cet album m'explosasse la gueule.
Merde, c'est Don Caballero quand même. Mais ce n'est pas
le cas. Simple constat. Mais pour un retour qui allait forcément
déchaîner les comparaisons en tout genre, pour
un groupe qui avait tout le poids de l'histoire sur ces épaules
(même aussi massives que celles de Damon Che), le (re)nouveau
Don Caballero tient la route. Rien d'exceptionnel. Il ne fallait
pas s'attendre à des miracles. Le Don Caballero des années
glorieuses est mort et enterré. Mais après un
tel passif, le retour est acceptable, s'écoute avec nostalgie,
arrive presque de temps à autre à nous faire croire
que le présent est doré tout en laissant dubitatif
sur le futur.
SKX
(11/09/2006)
website groupe www.myspace.com/doncaballeropgh
| www.geocities.com/brikelly/doncab
(fan site)
website label www.relapse.com
|
Dactyl
/ Bacon Wagon
Split 7''
Hit Dat 2006
C'est
une single qui date de 2006 mais comme tous trésors qui
se respectent, c'est encore meilleur quand ils mettent du temps
à arriver jusqu'à vous et se révéler
dans toute sa splendide crasse. Parce que là, sur ce
bout de vinyl tout noir, vous avez votre pesant en concombre
de distorsions et de saturations. L'aiguille dans le rouge est
un art que ces deux groupes maîtrisent à la perfection.
Commençons par les Suédois. Bacon Wagon est un
trio des plus classiques dans sa composition et sa musique suit
ce même chemin balisé. Et alors ?! Tant qu'un groupe
me servira une ligne de basse aussi brutalement prenante et
pour laquelle il faudrait inventer un terme plus fort que distordu,
ça me va comme mon premier album de Hammerhead. L'amour
consanguin d'un punk-noise droit dans ses bottes. Trois titres
expédiés en deux minutes avec tout ce qu'il faut
dedans pour s'envoyer en l'air. Le bonheur assuré.
Autre face, ça ne baisse pas de tension. Dactyl, dans
son Baltimore natal, ya de quoi se jeter contre les murs de
la ville. Quand un groupe cite comme influences Slug, Glazed
Baby, Hammerhead (encore eux), Unsane parmi d'autres, ça
donne envie d'y glisser une oreille. Ce sont les deux tympans
qui saignent à l'arrivée. Rien de tout ces illustres
aînés ne transpire mais l'école du bruit
est là. Les guitares qui prennent tout, la caisse claire
qui transperce le mur du son, la voix, que dis-je, les voix
surnageant dans la mêlée, le tout à fond
dans lequel apparaît une réelle maîtrise
de l'écorchure, il y aurait presque du premier single
de Blunderbuss dans cet enregistrement. Deux titres (I'm
pretty sure i'm dead et The next wave of who cares)
apocalyptiquement bons. Avec une mention particulière
pour le dernier nommé et son final en boucle qui rend
dingue. Un 45 à l'ancienne qui n'a pas pris une ride.
Bacon
Wagon est rentré en studio en novembre pour un premier
album espéré en 2009. Quand à Dactyl, qui
ont l'air aussi alertes que leurs potes suédois, un split
12'' avec Gunna Vahm doit être sorti cette année
en attendant d'autres réalisations qui resteront aussi
mondialement distribuées que les précédentes.
Vous pouvez par contre vous procurez plus facilement leur album
Teething (très bon également) sorti sur
Reptilian
records alors que ce présent split 7'' est à
commander d'urgence chez X-Mist
records !
SKX
(19/12/2008)
website groupe www.dactyldactyl.com
| www.myspace.com/dactyl
| www.myspace.com/baconwagon
website label www.myspace.com/hitdatrecords
|
Dan
Sartain
Join Dan Sartain - CD
One Little Indian 2006
Ca
remonte bientôt à trois printemps, la première
rencontre avec le kid de l'Alabama, égaré loin
de son Mississipi sur les bords de Loire, jouant
devant quelques curieux en attendant les Hot Snakes. Curieux
que Dan Sartain avait mis dans sa poche en trois coups de reins
efficaces. Tout ça était depuis resté lettre
morte, je ne sais pas pourquoi. Croire bêtement que cette
musique anachronique fonctionnait mieux sur scène que
sur disque et mieux valait rester sur une bonne impression
Sont-ce les premiers rayons de soleil réchauffant ma
vieille couenne rouillée qui m'ont fait retourner vers
Dan Sartain ? Join Dan Sartain est son quatrième
album et que ce soit en public ou en sillon (Simone), Dan Sartain
est tout aussi charmeur. Ce fut donc une erreur. Après
trois albums plus ou moins sortis sous le coude - Dan Sartain
and the crimson guard, Romance in stereo et Dan
Sartain vs. serpientes (bien aidé par Swami records
quand même)- le gominé tout droit sorti d'un film
de série Z des années 50 passe la barre supérieure
(sans passer par la mère). Avec des termes aussi modernes
que rockabilly, surf music, garage, rock des années 60,
western et mariachi, ce freluquet de 25 berges (celles du Mississippi
bien sûr) arrivent à vous foutre la banane en plus
de celle qu'il a sur le crâne. Du haut de son mètre
soixante les bras en l'air, il a de quoi impressionner plus
d'un White Stripes et The Hives pour qui il a fait les premières
parties dernièrement sur des tournées européennes.
Oh toi jeune branleur avec ton pantalon slim qui te serre tes
petites couilles, vient prendre ta fessée. Tonton Dan
va te montrer comment avec des trucs aussi ringards, on peut
sonner plus vrai que nature, plus original que les suiveurs,
que le rock'n'roll n'est pas une histoire de têtes de
mort en bandouillère sur ton sac de hipster. Le rock,
il ne l'a pas trouvé au détour d'un magazine à
la con. Il le vit, le parle, le bouffe, le consume comme une
seconde peau. Sartain balance des merveilles de rock songs,
bien raides et entraînantes, dit tout ce qu'il a à
dire en deux minutes cinglantes, parle trahison et jalousie,
de youngs girls so stupid mais après lesquelles
il ne peut s'empêcher de courir, d'idiots ressemblant
à de jeunes républicains, a le sens du riff, convoque
Hank Williams, Buddy Holly et Jonathan Richman sur le même
autel dépravé du rock avec la morve d'un jeune
punk. Et pour faire la cour a la belle, rien ne vaut quelques
airs de trompette, planquer sa banane sous un chapeau mexicain,
reprendre Besa me mucho, qui ne veut pas dire baise moi
beaucoup mais vous invite à tendre l'autre joue quand
même. Tour à tour acoustique ou électrique,
ces riffs de guitares font mouche. La batterie non présente
lors de cette tournée en solo avec les Hot Snakes rajoute
du nerf. Gun vs. knife et Drama queens sont des
petits chefs d'uvre rutilants. En plus, Dan Sartain possède
une magnifique voix, prête à faire pâmer
n'importe quel cur et rendre les maris jaloux. Sur la
pochette de Sartain vs. serpenties, il se pend. Sur Join
Dan Sartain, il se tire une balle dans la tronche. A ce
rythme là, c'est en enfer qu'on va le rejoindre. Mais
pas avant d'avoir brûler le bitume et de vouer sa vie
au culte du rock'n'roll. Le vrai, le flambant, l'historique
tout en étant foutrement ancré dans la dure réalité
de la modernité.
SKX
(23/04/2008)
website groupe www.myspace.com/dansartain
website label www.indian.co.uk
|
Daturah
Reverie - CD
Golden Antenna 2008
Vous
aimez le post rock ? Moi non plus. De moins en moins. Et ce
n'est pas cet album de Daturah qui va me faire changer d'avis.
Il faut bien avouer que le quintet allemand a mis toutes les
chances de son côté : riffage spatialisé,
envolées lyrico-atmosphériques, rythmique étoilée,
samples venus de nulle part, synthés nébuleux.
Et oui, pour continuer dans la mauvaise métaphore, avec
Daturah on a la tête dans les nuages, le groupe voudrait
bien nous emmener au septième ciel, celui où règnent
les dieux Godpseed et Mogwai, celui où les guitares,
pas méchantes pour deux sous, alignent des plans tellement
niais que même Red Sparowes n'ose pas les utiliser. Le
disque s'intitule Reverie et on est forcément obligé
de sourire à tant de naïveté.
Ce qui évite à Daturah un aller simple direct
pour le vide-ordures c'est un certain dynamisme de la rythmique,
le batteur se fatiguant un peu plus que la moyenne des batteurs
du genre. Ecoutez donc Hybrisma (en mp3 ci dessous) ou
le début de Deep Flat B pour vous en convaincre.
Du coup le disque devient plaisant sinon agréable à
écouter (testez-le sur vos enfants ou sur votre chien
si nous n'avez pas d'enfants, c'est sans aucun danger) et efficace
pour meubler l'ennui d'un apéritif dînatoire entre
amis -au menu sushis de saumon et tofu baignant dans sa crème
de crevette, cela va de soi. Vivement que cette mode stupide
de la musique instrumentale option larme à l'il
et petit cur bleu en bandoulière s'achève.
A noter que ce disque, disponible en CD ou en double LP, est
la deuxième référence du jeune label Golden
Antenna. La première n'était autre que le fantastique
Inventions For The New Season de Maserati, l'un des meilleurs
albums publiés au cours de l'année 2007. On est
donc en droit d'être extrêmement déçu
par cette suite donnée aux évènements.
Une suite qui ne plaira qu'aux amateurs du (sous) genre post
rock tout en faisant ricaner les autres. Je ricane.
Haz
(14/04/2008)
website groupe www.daturah.de
website label www.goldenantenna.com
sounds hybrisma.mp3
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The
Days End
s/t - CD
One : cell 2005
Dans
le lot tentaculaire et grouillant, il y a en a toujours qui
se débrouille pour passer à travers les mailles
du filet. The Days End a sorti son premier album en 2005 mais
son écho n'arrive que maintenant. Et on aurait tort de
l'ignorer. Un trio américain qui uvre sans basse
mais avec deux guitares et un batteur infaillible. Autant vous
dire de suite que ya de la guitare et qu'ils ne sont pas manchots.
On se prend tout se suite à penser à Drive Like
Jehu avec un art de la concision à la Shotmaker et The
Plan. L'art de développer des émotions brutes
qui percutent de suite, d'écrire de petites perles d'emo-noise
qui rockent juste et fort. D'entrée de jeu, The Days
End vous balance un Not fast enough et U.O.A.
de deux minutes de moyenne avec des riffs incisifs, des voix
qui se mélangent, une dynamique rutilante, que la bave
sort déjà. Ensuite, le groupe montre qu'il sait
s'épancher sur la longueur, instaurer des ambiances dont
la tension monte progressivement à la manière
d'un June of 44. Ce dialogue de guitares/batterie tour à
tour ferme et en douceur, jusqu'à carrément claquer
de magnifiques arpèges sur un magnifique Drown
qui vous explosent inévitablement à la tronche
avant que le morceau ne s'achève ou d'un Mute
qui ne semble jamais vouloir partir. The Days End n'a pas l'air
du groupe pressé d'en découdre, font tout pour
être discret mais semble prêt à remettre
le couvercle pour un nouvel album cette année
En
attendant, profitez de ces huit morceaux tout simples et tout
beaux.
SKX
(05/07/2007)
website groupe www.myspace.com/thedaysend
website label www.onecellrecords.com
sounds NotFastEnough.mp3
| HeartAttack.mp3
|
Dead
Elephant
Lowest shared descent - CD
Robot Radio / Donnabavosa 2007
C'est
en toute hâte que j'ai déballé ce superbe
digipack de la part de Robot Radio records, un label italien
coutumier du fait. Leur début avec le CDEP Sing
the separation avait marqué mon faible esprit
et la suite était attendue avec impatience. Miséricorde
! Un coup d'il sur la liste des morceaux. Les quatre morceaux
du EP figurent sur ce nouvel album. Et ils vont s'avérer
exactement dans la même version, ou pratiquement, on va
pas chipoter non plus. Ils vont jusqu' à mettre trois
d'entre eux dans le même ordre, changeant légèrement
le nom des titres. Ca nous fait donc plus que quatre inédits.
L'éléphant accouche d'une souris. Et encore heureux
que je ne me suis pas procuré le représsage de
ce maxi par le label américain en 2006, Unfortunate
Miracle, puisque un cinquième titre bonus avait été
rajouté, The worst and the best, que l'on retrouve
également sur cet album. Cela fait donc que trois vrais
inédits. Dead Elephant ne s'est pas foulé le poignet
et on se demande pourquoi ils nous ressortent quasiment les
mêmes plats à un an d'intervalle
Bref, rabattons
nous sur la viande fraîche. Pour notre salut, ils ont
privilégié leur face noise-rock saignante. Outre
donc Another fuckin' word to say we miss you qui comportait
à l'origine les trois mots Death is just en début
de titre, soit 2 minutes 20 de pure jouissance noise-rock urgente
qui a tout pour devenir un classique, les trois italiens de
Dead Elephant invite Luca Mei, le saxo de Zu, sur l'instrumental
Post Crucifixion (morceau qu'ils jouent live mais sans
le saxo). Là encore, deux minutes bien frappées
et déstructurées juste ce qu'il faut. Autre invité
de marque, Eugene Robinson, chanteur de Oxbow et roi de la collaboration
(en plus de la baston). The Same Breath est du même
souffle qu'un excellent Oxbow. Du pain béni pour Eugene
et surtout pour nous. Enfin, les titres d'ouverture et de clôture
sont d'excellents exutoires pleins de fiel et de rage, dans
une lignée Unsane en plus boueux et pervers. Si tout
l'album avait été ainsi, The Dead Elephant aurait
été sanctifié sur le champ. Hélas,
la mauvaise idée, c'était de refourguer en plein
milieu de l'album les trois morceaux du EP où l'ambiance
compte plus que l'action. Si sur le maxi, ça fonctionnait
bien, sur l'album, ça casse toute la machine infernale.
Passe encore les dix minutes de Black coffee breakfast
(qui a perdu son at en passant avant le breakfast)
et son long passage trop ambiant puisque l'intro est bien cinglante
et que le final réveillerait un mort. Mais Abyss (of
my) heart et Clopixol apparaissent bien mornes et
comme ces trois morceaux représentent vingt-deux minutes
de l'album, soit plus de la moitié du disque, ça
vous donne un drôle de goût amer. Espérons
que pour le futur, les Italiens privilégient la face
énergique de leur double personnalité car pour
ça, ce sont des bêtes.
SKX
(26/01/2008)
website groupe www.deadelephantband.com
website label www.robotradiorecords.com
| www.donnabavosa.com
sounds www.myspace.com/thedeadelephant
|
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The
Dead Science
Villainaire - CD
Constellation 2008
Troisième
album pour le trio de Seattle et changement de crèmerie
avec la signature sur le plus exposé label Constellation.
Ce qui devrait faire du bien à ce groupe qui mérite
plus que la confidentialité dans laquelle il zonait jusqu'ici.
Mais la première chose qui frappe quand on ouvre ce beau
digipack, c'est la dédicace au Wu-Tang Clan (groupe de
rap américain). Pas la petite ligne dans un coin en bas
du livret intérieur à la suite des crédits
habituels. Le bel et grand hommage avec la photo des membres
et écrit en gros et en lettres d'or : It's yours.
C'est beau, c'est sans ambiguïté et ça ne
veut surtout pas dire que Dead Science a viré sa cuti.
Ils n'ont pas tronqué leur contrebasse contre des platines
et leurs costumes de dandy contre des survêtements de
racaille avec breloques en or autour du cou. Le Wu-Tang a été
avant tout une grande source d'inspiration pour cet album, par
la manière sans compromis qu'ils ont mené leur
carrière, par les multiples pistes musicales semées
dans leurs compositions et par la dualité entre aspect
sauvage de leur attitude et pensée réfléchie
de leur propos. Fin de la théorie.
Tu oublies tout ça et tu te contentes de cette douce
harpe ouvrant les hostilités. A ce moment là,
le Wu-Tang Clan est loin, très très loin. Sauf
que comme eux, The Dead Science ne se laisse pas facilement
apprivoiser. Ca part rapidement dans un rock trouble car varié
et singulièrement plus énervé que leurs
précédents opus. C'est pas encore aujourd'hui
qu'on pogotera comme des lourds sur Dead Science mais le trio
a mis du nerf dans sa vision contemplative, du réel dans
son monde en suspend. On commence à comprendre l'allusion
au Wu-Tang. Le cérébral laisse du terrain sur
la bête qui sommeille en eux. Une batterie donnant dans
le frénétique sur The Dancing destroyer,
le violon fougueux sur l'éclaté Monster island
czars, la harpe de Throne of blood disparaissant
rapidement derrière un rythme pressé d'en découdre.
Ils se permettent même de construire leur petit tube à
eux, alors que ce n'est vraiment pas le groupe fait pour, Make
mine marvel et son refrain déboulant sans crier gare.
Une section de cuivres, des invités à la pelle
dont Katrina Ford (Celebration et surtout ex-Jaks) et Craig
Werden, ex-Shudder to Think (vieux groupe de Dischord) dont
l'organe vocale n'est pas sans rappeler celle de Sam Mickens.
Une voix qui ne laisse pas indifférent, on aime ou on
déteste, principal point de discorde de Dead Science,
avec son trémolo naturel et cette manière de chanter
que certains pourraient juger comme affecté. Une voix
originale, en parfaite adéquation avec la musique même
si j'avoue que, parfois, je lui botterais bien les fesses pour
qu'il en sorte autre chose que cette plainte d'enfant de chur
pervers. Il faut attendre le cinquième titre, Lamentable,
pour voir renouer le groupe avec ses démons antérieurs
avant de les voir repartir sur des envolées dont on ne
les savait pas capable. Tout en conservant cette pointe de mélancolie
et cette image d'étudiants en beaux-arts branchouilles
qui peut irriter, ils ont réussi à ne pas se liquéfier
dans le brouillard et évoluer vers de nouveaux horizons.
The Dead Science flirte entre la pop sophistiquée de
31Knots, le folk tendu d'un Violent Femmes, les bizarreries
d'un ancien camarade de tournée (Xiu Xiu), des atmosphères
jazzy et faussement feutrées pour terminer sur un baroque
et brillant Clemency. Mais The Dead Science est surtout
unique, ne se refuse rien, donne du clinquant au catalogue de
Constellation en quête de changement et signe tout simplement
son meilleur album. Du grand art.
SKX
(19/09/2008)
website groupe www.thedeadscience.com
website label www.cstrecords.com
|
Death
of London
Here
is the death of London - CDEP
Unlabel 2008
Quand
les Anglais décident de faire du bordel, ils font rarement
le déplacement pour rien. The Death of London débarque
de sa province (les Midlands de l'est - Leicester) pour foutre
le feu à la capitale. Les ploucs chez les snobs. Ca sent
le souffre. Ca sent surtout Part Chimp, des londoniens. Rude
combat en perspective. Dès Sex for dinner, death for
breakfast, ça crunche. Une bonne dizaine d'années
auparavant et on les aurait bien vu sur Wiiija records faire
les gueux aux cotés de Sun Carriage et Loveblobs. C'est
sûr le méconnu label Unlabel qu'ils échouent,
un label très DIY qui ne cesse de découvrir de
jeunes pousses et on peut une nouvelle fois les remercier de
nous avoir dégoté Death of London. Cinq titres
qui passent à la vitesse du vent. Si ils abordent un
son identique à Part Chimp, lourd, bien vibrant et sale
sous les ongles, une basse à rendre sourd, ces quatre
jeunes anglais ne diluent pas leur énergie en cavalcade
à rallonge. Quatre titres en moins de deux minutes. Des
caisses claires en rafale, des riffs puncheurs, ce groupe a
quelquechose de basique et hypnotique en même temps. Impossible
de rester impassible face à une telle efficacité.
Seul le dernier morceau s'aventure au-delà des deux minutes
et c'est encore meilleur. Keys of the zoo, avec son sample
à la fin de voix d'anges tombés du ciel, est une
petite pépite qui donne envie de remettre inlassablement
le couvercle. Un split single (avec Dobermann) vient de sortir
sur Field records. Un autre split ne vas pas tarder. Longue
vie à Death of London !
SKX
(24/11/2008)
website groupe deathoflondon.co.uk
website label www.unlabel.net
| www.field-records.com
|
Death
to pigs
Carnal carnival - LP
Gaffer / Down Boy 2007
Le
cochon bouge à nouveau et pointe le groin de son premier
album. Death to pigs, combo nancéen, ou assimilé
comme tel, quatre bombes explosives qui font saigner le cochon
en alignant seize morceaux à la queue leu leu, accrochez
vous, l'agitation est sévère. Premier constat,
Death to pigs a décidé de faire danser le cochon
qui sommeille en vous. J'avoue avoir été surpris,
pour ne pas dire déçu, par l'option prise. La
basse est mise en avant pour un rendu évoquant Arab on
radar/ Chinese Stars, influences assumées mais qui me
titille et pas dans le bon sens. La guitare passe au second
plan et c'est bien dommage car j'aime son sens de l'accroche
tour à tour concise et bordélique. Une certaine
façon de rentrer dans le rang à laquelle on se
fait peu à peu mais qui m'empêche définitivement
de me sentir avaler tout cru par cet album. Pour enfoncer le
clou de leur intention, ils reprennent Dance, un titre
de ESG (groupe new-yorkais de art-danse-punk au tout début
des années 80 avec les trois frangines Scroggins) suivi
d'une reprise de Birthday Party, Smoke my liban. Mais
c'est moi qui me méprend, c'est juste un pompage en bonne
et due forme d'une autre grosse influence des Nancéens,
groupe dont la basse avait elle aussi un rôle primordial.
Ca cogne, ça couine, ça enchaîne, la rythmique
fait un gros et bon boulot, c'est nerveux et ça fourmille
d'une multitude d'étincelles à la guitare pendant
que le chant varié débile et schizo colle parfaitement
avec la chaleur moite de l'ensemble. Les titres aux noms douteux
de série Z comme on aime affolent les compteurs. Pris
dans un tourbillon. J'avoue que parfois je décroche.
Leurs salves passent trop vite au-dessus de mes neurones qui
ne se régénèrent plus. Pas le temps de
s'accrocher à un riff qu'ils passent déjà
au morceau suivant. Maudite cadence infernale. Je les préfère
quand ils prennent soin de délier leurs idées,
de prolonger le plaisir comme sur It's alive, Priapism
holocaust ou le plus sournois dernier morceau Carnal
carnival. C'est quand Death to pigs prend le temps de respirer
qu'ils deviennent le plus dangereux. Mais quand l'humeur est
à tout balancer, ce disque se révèle un
excellent défouloir. La rencontre exacerbé de
la no-wave, du post-punk et d'un rock'n'roll vicelard, danse
petite, danse pour moi, d'une maîtrise qui reste au-dessus
de la moyenne pour rendre ce foutoir audible, salement entraînant,
tant bien même que cet album ne surprenne pas plus que
ça.
SKX
(23/12/2007)
website groupe www.myspace.com/deathtopigs
website label www.gafferrecords.com
sounds Gspot.mp3
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Death
to Pigs / Gu Guai Xing Qiu
Split LP
213 / Acide Folik / Ben le millionnaire /
Down Boy / Gaffer 2006
La vie en rose. Un split qui taille dans le lard. Du lard français
- achetez français - qui tape le boeuf dans l'est précisément.
La vie en rose bien vive, qui vire dangereusement au rouge sanguinolent.
La grande orgie, le monumental mélange des genres où
les apparences sont trompeuses. Le cochon n'a pas toujours été
un cochon et si les entrailles sont définitivement punk,
l'habillage emprunte des peaux qui muent à tour de bras.
C'est bien connu, ya plus de saison. Prenez l'exemple de Gu
Guai Xing Qiu. Tout porte à croire que c'est du chinois
mais manque de bol, c'est du lorrain. Avec un nom pareil, ils
peuvent tout se permettre et effectivement, ils font tout et
n'importe quoi. D'une voix death lourdingue pour débuter
qui promet le pire et un grind atypique, on passe à un
plan
. je sais pas comment on peut nommer et décrire
ce genre de putain de plan mais ça n'a plus grand-chose
à voir, c'est presque ambiant, la voix part dans les
aigues, le lourdingue à la voix death (qui la ramènera
définitivement trop tout au long de ces neuf morceaux
(même si c'est du second degré, ça me fait
jamais marrer longtemps)) repasse par là avant de se
faire doubler par une voix de castafiore. Bref, à vu
de nez, c'est du grind mais du grind comme ça, le fan
de base n'en voudrait pas. C'est sang de poulet direct pour
conjurer le sort. Vous rajouterez un solo de cuivre à
la fin de Crazy train, des tonnes de voix débiles,
des samples, une bonne grosse dose d'expérimentation
tout azimut et des attaques régulières et speedés
et vous avez là de quoi rendre fou tout un car de Locust,
un train de Naked City (version kitsch) et achever définitivement
toute une région sinistrée. Ereintant, intraduisible,
on s'y perd mais quelques bonnes baffes au passage.
Avec Death to Pigs, ça passe aussi du coq à l'âne
mais le fil conducteur est ici bien visible. L'électricité
tout autour fait des étincelles, s'échappent,
incontrôlables mais le fil tient bon, toujours là
pour vous rattraper au moment le plus improbable. Epileptiques,
morceaux ramassés sur eux-mêmes, au point d'avoir
la sensation d'en avoir qu'un seul. Une longue course poursuite
de dix minutes toujours dans le rouge mais suffisamment aérée
dans sa folie suicidaire pour ne pas suffoquer. C'est furieux,
viscéralement rock'n'roll, vicieux, poisseux mais aussi
ultra-direct, précis et tranchant quand le temps est
à l'orage. Des groupes comme ça, qui maîtrise
l'art du punk angulaire, du bruit anarchique, de la no-wave
sexe, yen a pas des tonnes. Dans le sillage des XBXRX, Arab
on Radar et autres tendus du slip, on tient là avec Death
to Pigs, le haut du panier. Mort aux vaches. Vive les cochons.
SKX
(15/03/2007)
website groupe www.guguaixingqiu.fr.st
| www.myspace.com/deathtopigs
website label www.213records.fr.st
| www.gafferrecords.com
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Deborah
Kant
Self-titled - CD
Autoproduction 2008
C'est
l'histoire d'une chronique qui sait pas trop si elle parle d'une
démo ou d'un véritable premier album, encore moins
de quand ça date puisqu'il est stipulé blanc sur
noir que l'enregistrement date de 2006 alors que l'objet vient
d'échoir dans la boite aux lettres au début de
cette année. Par contre, ce qui est sûr et certain,
c'est la provenance de ce disque. Lyon, sans hésitation
possible. Dès les premiers accords déchirants,
dès les premières installations d'ambiances sombres
et tendues, dès que l'électricité s'échappe
de ces deux guitares, on est en territoire lyonnais. Celui où
Deity Guns et donc Sonic Youth ont répandu à jamais
un drôle d'air contagieux. Celui repris par une ribambelle
de groupes locaux, Doppler en tête (tiens qu'est ce qu'ils
deviennent eux ??). Un album sentant bon le pur esprit DIY mais
bizarrement, le son ne s'en ressent pas (trop) et Deborah Kant
balance neuf morceaux très aguichants. Comme toutes les
premières uvres (ils le disent eux-mêmes),
les morceaux sont trop longs, la musique s'éparpille
dans des digressions inutiles, le propos perd de sa virulence
mais ces parenthèses ne sont jamais bien longtemps ouvertes.
Le chanteur place sa voix à merveille avec un timbre
accrocheur (Aldéa style), notamment sur le début
de Tendre et Loin. Les structures sont déliées
tout en gardant de l'impact, naviguant entre explosions contrôlées
et tension sous-jacente, passant du bruitiste et bien nommé
Aspro au rythme entraînant de I want to dead,
titre enregistré dans leur local de répétition
et dont la mélodie me rappelle un morceau connu, je l'ai
sur le bout de la langue, bordel, impossible de mettre un nom
dessus (mais mon petit doigt me dit qu'en cherchant dans ces
vieux Sonic Youth, on trouverait la réponse). Ces quatre
jeunes lyonnais ont déjà beaucoup pigé
à l'équation bruit/mélodie. En personnalisant
l'affaire et en bénéficiant de moyens d'enregistrements
plus adéquats, on pourra dire que Lyon a encore accoucher
d'un groupe qui n'a pas fini de hanter vos platines.
SKX
(31/03/2008)
website groupe deborahkant.free.fr
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De
Kift
7 - CD
V2 records 2006
Range Ta Chambre - Anticraft 2007
Vous
m'accorderez bien cette danse ? C'est reparti pour un pas de
deux dont le chiffre sept brille au milieu de la piste. Sept
comme le nombre d'albums sortis par l'orchestre hollandais en
17 années d'existence. Chiffre dont on vante la perfection
et la plénitude spirituelle
C'est pour l'instant
le chiffre d'une première. Depuis le temps que la troupe
fait ses représentations sous les chapiteaux français
et développe de fortes amitiés, cet album sort
en deux versions. La version originale. C'était pour
2006. Et la version française toute fraîche dont
l'association rennaise Range ta Chambre est l'initiatrice. Les
15 morceaux traduits dans la langue de Molière pour des
textes à l'origine russes pour la plupart. Un beau tour
de passe-passe où ces poèmes russes plus que centenaires
pour certains retrouvent une seconde jeunesse, collant à
merveille au monde mélancolique de De Kift. La musique
reste cet assemblage de cuivres, de cordes en tout genre et
de générosité dans le chant, cette fanfare
débraillée tour à tour poignante ou valsante.
Entre polka de fin de nuit, espagnolade démembrée,
Tom Waits dépouillé et minimalisme débonnaire.
On a vu de vieux couples s'enlacer pour moins que ça.
Fini le baroque du précédent album Vier
voor vier. Cet album fait corps, sans haut, sans bas,
cohérent d'un morceau à l'autre. Un certain retour
à un De Kift classique, sans exubérance (à
l'image de la pochette / emballage qui pour une fois n'a rien
de dingue même si ça reste au-desus de la moyenne),
nécessitant un paquet d'écoutes pour que les compositions
prennent vie et que, comme d'habitude, la magie opère.
On peut regretter cette petite pointe de folie, des morceaux
qui sortiraient du lot, cette retenue que la famille hollandaise,
du père chanteur Ferry Heyne et principal instigateur
de toutes les musiques au grand-père trompettiste en
passant par le tonton batteur, à laquelle elle ne nous
avait jamais habituée. Quid de cette version française
Les échos de leur dernière venue à Rennes
n'étaient guère favorables à ce chant en
français trop présent. Ce qu'on aime chez De Kift
par ici, c'est aussi ces consonances gutturales, ce chant batave
qui fait parti intégrante du folklore de nos hollandais,
cette pointe d'exotisme à laquelle on ne pige rien mais
amplement suffisante pour s'immerger dans leur musique. Ce chant
français n'a rien de mauvais. Une pointe d'accent bien
sûr mais rien de gênant. Sauf que pour nous, pauvres
français, cela donne tout de suite une touche chanson
française entre Têtes Raides au pire (leurs parrains
français) et Jacques Brel pour le meilleur. On perd de
l'originalité dans l'affaire. Il faudrait en fait demander
à un hollandais, un anglais ou un chinois, bref, un étranger,
comment il ressent ce chant en français. L'exotisme,
c'est pour eux même si il n'y a rien de rédhibitoire
à l'écouter par chez nous. Après tout,
si De Kift veux faire une percée plus conséquente
en France, cette version va grandement aider et ce, sans vendre
leur âme. De Kift, en VO ou en VF, reste De Kift et vaut
largement mieux de toute façon que tous les groupes de
baltringues qu'on se traîne chez nous. 7 est définitivement
un très bon chiffre.
SKX
(28/10/2007)
website groupe www.dekift.nl
website label www.myspace.com/rangetachambre
| www.myspace.com/anticraft
|
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Deti
Deste
Love and piss CD
Silver rocket 2008
Séquence
nostalgie. Back to 2003 et la première tournée
de Moller-Plesset en territoire tchèque. Deti Deste fut
lautre groupe à laffiche ce soir là,
pour la toute première date, à Cheb la mythique
(ville qui fournira plus tard le titre dune chanson des
Mollard-Passec) et une soirée mémorable qui se
finira chez ce jeune groupe. Ce soir là, ce fut le premier
concert de Deti Deste. Rien de particulièrement transcendant
mais deux ans plus tard, quand les Rennais et les Praguois croisèrent
le fer à nouveau dans un club à Prague, on put
noter tous les progrès du groupe.
Il aura fallu attendre à nouveau trois années
pour que Deti Deste sorte enfin un disque. Le tchèque
aime prendre son temps (à limage de Gnu) et le
moins quon puisse dire, cest quils ont bien
fait. Une lente maturation qui les montre, dix ans après
leurs débuts et quelques changements de personnel, sous
leur meilleur jour. Deti Deste, dont je vous épargne
les accents circonflexes inversés sur les E (le 1er et
le dernier) et S pour cause de clavier inadapté, signifie
les enfants de la pluie et ce qui nous tombe sur le coin de
la tronche, ce ne sont pas des enfants par milliers mais une
bonne grêle bien cinglante. La chape dun hardcore-noise
hirsute, implacable et étouffant. On se prend tout de
suite la déflagration de Odprostit, morceau sur
lequel ils ont eu le bon goût damener deux invités
pour des percussions industrielles et un piano fou du plus bel
effet. On regretterait presque que ces invités ne soient
pas permanent. Mais cette impression de ferraille perdure. Hardcore
abrasif, rugueux, qui ne joue pas sur la complexité et
la virtuosité technique. Méthode marteau-pilon,
par couches superposées de coups de butoir. Accumulation
de noirceur, machine à broyer méthodique, la répétition
qui met la pression. Un disque de puncheur. On n'est pas loin
d'une certaine manière de la propre logique destructrice
d'un Unsane. Ca n'a pas le groove des New-Yorkais, le riff assassin
d'un Spencer mais l'esprit nihiliste demeure et la basse fait
des dégâts. Et au milieu de ce puit sans fond,
Deti Deste a compris que cet album ne serait pas vivable sans
un minimum d'ouverture. Le synthé se fraye tant bien
que mal un chemin dans cette forêt noire par de bonnes
trouvailles sonores. Quelques riffs illuminent la mêlée.
La deuxième guitare trouve une ligne de conduite permettant
de respirer. Hormis un ou deux moments de lassitude, ce premier
album tant attendu impressionne. Il n'est pas question d'en
faire un mont et merveille mais on peut mesurer tout le chemin
parcouru depuis ce fameux premier concert. Love and Piss
(le Tchèque a le sens de l'humour) est un album très
consistant et fortement conseillé pour tout ceux et celles
qui aiment se mettre la tête dans le sac.
SKX
(02/12/2008)
website groupe detideste.freemusic.cz
| www.myspace.com/detideste
website label www.silver-rocket.org
|

Dial
Infraction - CD
Cede 1997
|

Dial
Distance runner - CD
Cede 2000
|

Dial
168k - CD
Cede 2007
|
Dans l'article consacré à UT,
la dernière phrase vous promettait de reparler de Dial,
cet obscur groupe avec Jacqui Ham, ancienne membre de UT. Dont
acte. Alors que je galérais comme un fou pour trouver leur
nouvel et troisième album 168k, c'est l'album qui est venu
à moi. La classe. Un des membres de Dial habite en France,
dans le 17 comme il dit, et ayant eu vent de cet article, a tout
simplement contacté ce modeste site et a envoyé
la totale, à savoir les trois albums que Dial a composé
entre 1997 et 2007. Plus aucunes excuses pour ne pas parler de
Dial et faire découvrir ce groupe certes pas facile d'accès,
qui ne fait rien pour être connu, que ce soit en terme artistique
ou de promotion/distribution mais qui mérite que l'on s'y
attarde longuement.
Les
cendres de UT sont déjà bien froides quand Dial
sort son premier album Infraction en 1997. Six années
durant lesquelles on a que très peu de nouvelles de Jacqui
Ham. Mais il ne faut pas réduire Dial à sa seule
présence. L'autre entité s'appelle Rob Smith (le
gars du 17) à la guitare et la programmation de la boite
à rythme, qui a passé deux années au sein
du groupe anglais GOD et qui a rencontré Jacqui Ham à
la fin de l'existence de UT, lors d'un concert, aux débuts
des années 90. Pour compléter ce noyau, Dom Weeks
à la basse, un ex-Furious Pig et Het. Ce trio enregistre
Infraction en 1997 sur cassette et le sort sur sa propre structure,
Cede records. Et qui dit enregistrement sur cassette en 97 dit
musique sans compromis. Musique qui vous prend à la gorge.
Sensation d'étouffement. Le son est lo-fi. Pas dans le
sens bricolage à la maison et son à deux balles.
Un son brut de décoffrage, sans fioriture, sculpter à
même les mains pleines de terre. Dial ne cherche pas embellir.
C'est livré avec les larsens, les grésillements,
les imperfections et en première prise. Une constance
dans la douleur que l'on retrouvera sur l'ensemble des trois
albums. Une boite à rythme minimale qui vomit des rythmes
rachitiques dans une cadence régulièrement épileptique.
Les guitares de Ham et Smith en fusion, écorchent, tombantes,
vrillantes pendant que la voix de Ham tente de se faire entendre
par-dessus le bouillonnement. Impression d'assister à
une jam en direct. Enregistré sur le fait. Vous vous
imaginez dans leur local de répétition, tout petit
dans un coin, s'en prenant plein la tronche, le son allant et
venant, niveaux sonores fluctuant comme sur Little eye.
Ham psalmodie des textes incompréhensibles. Malade imaginaire
ou bien réelle. Les guitares improvisent, dessinent des
abstractions inquiétantes, voir brumeuses. L'acouphène
guette. Les saturations prennent le pouvoir. Le rythme ralenti,
disparaît, laissant place à de troubles atmosphères,
ballades sombres qui grattent l'épiderme. On ne sort
pas indemne de ce voyage introspectif de plus d'une heure. On
peut même parfois démissionner. Mais on y retourne,
irrémédiablement, intrigué devant une musique
addictive, cette transe de bruit blanc, orgasme sonore qui n'en
finit pas de délivrer ses peines. C'est tout l'esprit
no-wave qui vous rejaillit à la gueule, ces dissonances
primitives poussées à l'extrême, le vrai
esprit de la no-wave, celui qui cherche, expérimente,
brosse à contresens du poil. Pas ces ersatz de groupes
fashion à la mode avec leurs rythmes pseudo-dansants.
Dial n'attend personne et ne compte pas sur plus de monde.
Quatre
ans plus tard et toujours par ses propres moyens, Dial sort
son deuxième album. Distance runner avec les trois
mêmes pilotes agrémentés de Gary Jeff à
la basse sur deux morceaux et Alex Brandau, toujours à
la basse mais aussi au sampler sur cinq morceaux. Un album qui
se ballade entre Londres, Barcelone et plusieurs villes françaises
(Bordeaux, Paris et MarseilleS avec un S, les anglo-saxons
ont toujours été fâchés avec la géographie)
pour l'enregistrement. Le son est encore une fois a coupé
à la machette. L'album s'ouvre sur un bruit de moteur
encrassé qui tournerait en boucle (Fragment) avec
la voix de Ham noyé dans le mix. Ce même bruit
cyclique qui revient lors de Without size, le second
morceau avec l'aide d'un violon, celui de Jacqui Ham dont elle
sait en tirer toutes les stridences. Cet album est moins frontal
que Infraction. Les paysages sculptés n'en sont que plus
dangereux. De drôles de ballades, si tant est que sortir
sous le son d'un marteau-piqueur pendant qu'une guitare acoustique
égrène une mélancolique mélodie
est une ballade (le morceau Electronic), remplit de drones,
d'un fatras de cordes électriques, d'une voix fantomatique,
de samples industriels et de rythmes désertiques. Le
rock de Dial sent l'improvisation, le hasard, le cut-up, des
atmosphères poisseuses et des éclats noise-rock
qui rentrent dans la chair. Ca fusionne, ça malaxe, ça
broie des sentiments bien noirs mais ça n'explose jamais
vraiment. Après toute cette description optimiste et
engageante, le tour de force de Dial est d'avoir réussi
à créer une sombre attirance pendant plus d'une
heure, donner consistance et profondeur à un style musical
où nombres de groupes actuels se mordent la queue et
s'avèrent ennuyeux. Cette musique ne ressemble pas à
un coup de foudre. De multiples écoutes sont nécessaires
et comme pour Infraction, on y revient inlassablement, découvrir
sans cesse de nouvelles cavités où se fourvoyer.
Cet
album ne les aura en tout cas pas mis sous les feux de la rampe.
Dial reste très obscur et il faudra attendre cette année
pour s'apercevoir qu'ils existent toujours. Le nouvel album
s'appelle 168k, sort une nouvelle fois sur Cede records
et semble pour la première fois attirer un plus grand
nombre. Les chroniques fleurissent un peu partout, les retours
sont positifs. Pourtant, la musique de Dial n'a pas fait de
compromis. Sept ans plus tard, Dial reste cet agglomérat
de sons bruts qui ne se laisse pas facilement apprivoiser. Le
noyau central est plus que jamais Ham et Smith. Dom Weeks apparaît
seulement sur deux titres. La grande nouveauté est la
présence d'un vrai batteur sur trois morceaux. Son nom,
Lou Ciccotelli, un vieil ami de Jacqui Ham, qui a toujours joué
en concert avec Dial, excepté lors de la tournée
en France et l'enregistrement de Distance Runner. Il a aussi
joué avec Rob Smith au sein de God pendant une période
beaucoup plus longue.
La pochette est un amas plus ou moins non identifié de
ce qui ressemble à du papier coupé, broyé,
haché menu. Rarement pochette n'a aussi bien définie
la musique du groupe qu'elle représente. Dès le
morceau d'ouverture, le bien nommé Psychotrance,
on s'enfonce dans un territoire qui vous prend à la gorge.
Dans une salle de machine où pistons grinçants
et guitares ferrailleuses s'entrechoquent. Un étourdissant
fourmillement de sons, une densité au centimètre
carré dont la pression ne cesse de s'accentuer au fil
de sept minutes de vaudou noise. La voix de Ham surnage, vous
enveloppe et enfin, je mets un nom sur cet autre groupe auquel
Dial me fait penser depuis le début. Les texans de Pain
Teens. Cette faculté à évoquer le rêve
au-delà du bruit chauffé à blanc.
Si le son de Dial reste brut et sans fard, ils ont réussi
à l'amener à un autre niveau. De la masse, de
l'ampleur, de la puissance surtout quand Ciccotelli se ramène
avec sa batterie. Hi Fi, second morceau à trois,
morceau sentant l'improvisation pendant huit minutes d'un free-rock
libéré de toutes attaches terrestres. Et quand
Ciccotelli se lâche sur la fin, on en redemande. C'est
là aussi une des clés du regain d'intérêt
pour Dial. Tout en maniant le terme avec des pincettes, 168k
est plus rock. Plus rythmé et moins autiste, Dial
fait moins peur, on ose s'approcher de la bête. Après
trois titres à suivre avec la batterie, Dial nous replonge
la tête dans le sac avec Hey Condition. Seulement
deux guitares et la voix de Jacqui Ham. Je ne sais pas quels
effets ils utilisent mais le son des guitares est une nouvelle
fois étonnant. Sensation de scie à métaux.
Les larsens sont compris dans le prix. Notion de ballades, de
ces chères et spéciales ballades, propres à
Dial. Dirt Jungle mérite son nom avec la programmation
épileptique de la boite à rythme et des vers qui
vous rongent les intestins en guise de tapis sonore. Rope
fait tourner en boucle un riff efficace et lisible auquel Dial
ne nous avait pas habitué. Psychédélisme
malsain. Field achève les hostilités avec
cette maudite boite à rythme dont Smith arrive à
faire sortir des sons déconcertants et dont on peut saluer
au passage la programmation originale depuis les débuts
de Dial. Une boucle bruyante qu'on ne peut pas imaginer provenir
d'une guitare, un fond de sample angélique et la magie
opère une nouvelle fois.
Un disque singulier pour une musique sonique et fracturée,
prouvant que l'on peut toujours expérimenter tout en
restant intense et rock. Atmosphérique sans être
post-rock. Avant-gardiste sans être barbant. Faire dans
le drone et être crédible. Tout dévaster
et être créatif.
Dial
reprend vie après sept années de silence et se
porte mieux que jamais. Des concerts à deux pour commencer
puis au complet, sont prévus pour l'année prochaine.
Ca répète dans le 17. On en reparle plus tard
SKX
(26/11/2007)
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Dianogah
Qhnnnl - CD
Southern 2008
Je
croyais ce groupe définitivement rangé des bagnoles.
Et pour cause, six ans de silence. Brusque réapparition
avec un quatrième album au nom qui compte triple au scrabble.
Une formation inchangée en 13 années d'existence
avec un fameux trois mats composé d'un batteur et deux
bassistes. Dont un qui chante. Ca peut paraître anecdotique
mais pour un groupe qui passe pour être instrumental,
c'est une belle performance que de chanter sur une majorité
de morceaux. Mais pas une nouveauté. Le passé
les a déjà montré friand de lignes de chant.
Eparses, certes mais présentes. Dianogah a débuté
en 1995 et fait parti de ces enfants de Slint. La deuxième
génération tellement amoureuse du concept qu'ils
ont essayé tant bien que mal de le reproduire. Mais Slint
ayant tout dit, l'histoire a vite été court-circuitée
et Dianogah s'est inscrit dans la longue liste des groupes inspirés
par le Maître en essayant tant bien que mal de se faire
entendre dans la masse laborieuse. Et si le Spiderland
de Slint avait fait plus de mal que de bien ? Parce que depuis,
des groupes semi-instrumentaux vite classés dans l'étiquette
bâtarde post-rock, on en a soupé et à l'arrivée,
très peu d'élus peuvent bomber le torse. Et Dianogah,
malgré un premier album As Seen from above sur
Ohio Gold records en 1997 plus qu'honorable, ne peut prétendre
à jouer les cadors. La suite a été très
poussive et les voir disparaître de la circulation n'était
qu'une fin logique et annoncée.
On remet le courant. Dès les premières notes,
je me rappelle pourquoi aucun albums de Dianogah ne traînent
sur les étagères. Oui, on peut rapidement se faire
chier avec un disque de Dianogah. Le trio incarne l'idée
affreuse du post-rock, la face mou du caisson, l'instrumental
sans vie de bons petits étudiants sans révolte,
trop appliqués à réciter sagement leurs
gammes et faire partager leur spleen. Malgré ce portrait
au vitriol, ce nouvel album de Dianogah n'est pas totalement
rédhibitoire. On retrouve les tics du passé, ces
parties instrumentales qui se mordent la queue et qui n'ont
rien à dire de plus qu'il y a six ans. Ce coté
gentillet, limite niais, qui agace. Mais Dianogah a compris
que le créneau est depuis surchargé, qu'une pelletée
de nouveaux groupes le fait aussi bien qu'eux, voir mieux. Leur
salut passera donc par une palette d'émotions plus variée.
Ils n'ont pas hésité à inviter à
tour de bras. Stephanie Morris pour du chant sur trois titres
(les plus pénibles en fait, la sauce ne prend pas), le
violon de Andrew Bird, un brin de guitare et de claviers et
encore du chant de la part de deux autres invités dont
la connaissance du nom n'est pas d'une grande utilité.
Une remise en question des vieux réflexes. Le chant prend
ainsi plus d'ampleur, les ambiances se diversifient. Se durcissent
même sur un surprenant Qhnnnl - le morceau - digne
des groupes noise-rock virulents qui ont fait la réputation
de leur ville Chicago (avec comme un cuivre dans le fond mais
vu que personne n'est crédité de cet instrument,
ça doit être un mirage à l'instar de ce
morceau). Dégaine de petits durs qui revient pour Snowpants
et un son bien distordu, le nerveux Puma ou le très
court mais bon Song you hate. Quand Dianogah se fait
violence, il peut devenir un putain de bon groupe, quittant
ses oripeaux post-rock et surtout le post pour être tout
simplement rock. Et il faut bien l'avouer, même si tout
le disque n'est pas habité de cette fièvre salvatrice,
il n'en reste pas moins traversé d'un second souffle.
Un renouveau qui donne de la consistance au propos d'un Dianogah
dont on n'attendait plus rien, déjouant les clichés
tout en restant de fiers représentants d'une certaine
tradition musicale.
SKX
(17/09/2008)
website groupe www.myspace.com/dianogahband
website label www.southern.com
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Die!
Die! Die!
s/t - CD
O.K. Relax 2005 |
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Die!
Die! Die!
Locust weeks - CDEP
Tardus 2007 |
Une
entorse à l'Australie avec un détour en Nouvelle-Zélande.
C'est pas Tora ! Tora ! Tora ! Ce n'est pas encore une histoire
de Pearl Harbor, c'est Die! Die! Die! On en crèvera tous.
Cri de guerre de ce nouveau combo avec déjà deux
enregistrements à leur actif. Un cri suffisamment persuasif
pour que Albini, qui n'est pas encore sourd comme un pot, l'entende
et enregistre leur premier album l'année dernière.
Mais on est loin du cri de l'agonie, du chant final avant extinction
de la race. Comme tout bon résident de la Nouvelle-Zélande
qui se respecte, ce trio aime la mélodie et une idée
de la pop toute personnelle à cette île du bout
du monde. Moulé à la louche d'Albini, ça
devient un groupe noise-rock-pop naviguant entre Miniwatt et
McLusky. Une collection de neuf titres alertes, dissonants,
dépassant à peine les deux minutes, tous enclin
à devenir de petits hymnes indés, à consommer
vite et sans modération.
C'est un label maison, à Auckland, qui a le privilège
de sortir le nouvel EP Locust weeks de Die! Die! Die!
Le trio s'est fixé une ligne de conduite et n'y déroge
pas. On ne change pas les recettes qui gagnent. Ligne de basse
jouée avec un seul doigt, esprit très post-punk,
énergie juvénile et voix qui va avec, rythmique
entraînante. Quatre titres parfaits pour faire la vaisselle.
Ces jeunes pousses, accros aux tournées inter-planétaires,
savent comment vous rendre dépendant immédiatement.
Reste à savoir si l'addiction va durer mais en attendant
de connaître la réponse à cette question
primordiale, ne restez pas dans votre coin et faites vous plaisir
! C'est la nouvelle coqueluche en provenance des antipodes dont
le label américain Strictly Amateur Films a ressorti
le premier album en CD en 2006, tout comme le label écossais
Pet Piranha avec en bonus le EP. Tout ça bien sûr
pour le plaisir du plus grand nombre.
SKX
(01/07/2007)
website groupe www.myspace.com/diediedienz
website label belowpardistribution.com/OKRELAX/index.html
www.safrecords.com
| www.tardusmusic.co.nz
| www.petpiranha.com
|
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Die
Princess Die
Lions eat lions - CD
GSL 2006
La princesse n'est toujours pas morte. Deux ans après
un premier album fort aguicheur, elle revient et elle est très
très énervée. Elle était déjà
très vénère mais là, c'est devient
carrément viril. Le lion bouffe du lion. Tout y passe.
De la crinière à la queue. Ne recrache qu'une
bile verdâtre, expulsé avec la force d'un glaviot
bien serré dans le sens du vent. La princesse en rajoute
une couche. Une féroce. Ca débute au cordeau.
Deux morceaux qui font le lien avec les débuts. L'agression
sonore. Du primaire qui tente dans un second sursaut d'arrondir
les angles. Et puis ce troisième titre, The racer, qui
interpelle, son gimmick d'un synthé qui s'ignore tout
droit tiré d'une défonce techno. Etrange sensation,
ne sais plus trop où on met les pieds, transe noise moitié
dansante, moitié bâtarde, pas mal brutale. La princesse
s'adresse aux foules, les malmène, bafoue les traditions
et à défaut de les convaincre, s'encanaille. Puis
la guitare reprend son droit, la mélodie s'associe au
bruit et à la fureur, Die Princess Die au plus fort avant
qu'un Lights of the nights se la joue harsh-techno, avec vrai
rythme de batterie dedans, tout bizarre. Ca dure que 1 mn 28
mais ça casse l'ambiance. Le morceau d'après défile
à la même vitesse sauf que la base est foncièrement
rock et que la basse est énorme. La batterie tout du
long, c'est basique et violent, le mec frappe comme un sourd,
sans chercher à comprendre. Le chant, scandé,
incompréhensible. Tout participe à l'effraction.
Saccages et carnages. Un groupe qui cherche la castagne, réputé
pour leur prestation scénique autodestructrice (surtout
en matos avec un peu de sang sur les bords). C'est une machine
à bourriner, un truc à frapper sans compter mais
avec la manière. Faire danser le bétail pour mieux
le faucher. L'aguicher vulgairement, des airs de sales putes
maquillées à la truelle mais qui recèle
en son sein qu'elle a énorme des atours fignolés
avec la grâce du grand fauve. Die princess die est devenue
ultra direct, efficacité maximale, dynamique et puissance
omniprésente avec une sensibilité mélodique
qui intervient à chaque pic de brutalité, qui
s'insinue sur tous les titres pour rendre la queue du lion digeste.
Les bijoux de la princesse volent en éclat mais garde
leur brillant.
SKX
(14/01/2007)
website groupe www.dieprincessdie.com
website label www.goldstandardlabs.com
sounds www.rococorecords.com
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Do
make say think
You, you're a history in rust - CD
Constellation 2006
Trois
années que la troupe canadienne n'avait pas donné
de nouvelles. Trois années où rien n'a changé.
Do make say think, entité aux membres changeant (avec
Alex Lukashevsky, la tête pensante de Deep Dark United
en invité d'honneur), sort un cinquième album
où la diversité est toujours d'actualité.
Une question d'humeur. Une question de lieu d'enregistrement.
Quatre endroits. De la maison de campagne à la grange
familiale, retour en ville, le local de répétition,
le studio agrée. Tout ça entre avril 2005 et mars
2006. Pas étonnant après que cette musique sente
le voyage, le perpétuel mouvement. Une bande-son pour
la route. Des routes encadrées par de vastes contrées
inhabitées. Le spleen des grandes étendues qui
vont avec. Car ce voyage n'a rien d'un road movie à la
Thelma et Louise. C'est tranquille au rythme du vent que DMST
promène sa large palette sonore, sort les violons, le
marimba, pousse même la chansonnette (une première)
dans un aphone A with living. Diversité des ambiances
mais grosse mélancolie toujours (pour pas dire grosse
fatigue parfois). Ambiances cartes postales qui sentent bon
la campagne, le grand air, la nature, c'est bien joli mais c'est
lassant ! On aurait aimé aussi qu'ils marchent dedans,
qu'ils se prennent une fiente de zoiseaux sur le coin de la
tronche et que tout ce petit monde s'énerve. Ca arrive
par deux fois seulement. The universe ! avec son amas
de guitares cinglantes, cuivres chaleureux et batterie martiale.
Et surtout les huit minutes de Executioner blues. Magnifique
morceau évolutif où on sent que quelque chose
se passe vraiment, se cognant entre apaisement sur le qui-vive
et mur de guitares qui s'éteint tout doucement. Inutile
de préciser que c'est comme ça que je l'aime ce
groupe. Quand le moteur interne se met en route, qu'il bouscule
ses instruments tout en étant très musical, qu'il
se laisse déborder par ses sentiments. Hélas,
trop souvent, cet album se laisse aller à la rêverie
et fini par nous endormir. Reste quelques beaux sursauts.
SKX
(24/01/2007)
website label http://www.cstrecords.com
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Don
Vito
Self titled - 10'' + CDr
Gaffer records 2007
Encore
un disque qui justifierait sans problème la création
d'une rubrique spéciale : les vinyles les plus rigolos
sont les plus beaux. Surtout lorsqu'il s'agit d'un 25 cm. Une
pochette pleine de couleurs qui se déplie, un autocollant,
des inserts, un CDr contenant exactement la même chose
que le vinyle et une feuille à découper soi-même
offrant la possibilité de confectionner une pochette
pour le dit CD. Au moins chez Don Vito on ne se fout pas de
la gueule du client, surtout lorsque celui-ci aime également
jouer comme un gosse. Et franchement, ça tombe bien.
Côté musique, on ne peut pas dire non plus que
l'on s'ennuie. Ces allemands tranchent furieusement avec la
proverbiale rigueur d'outre-rhin en pratiquant un noise rock
décomplexé et tubesque (Electric Mayhem) voire,
euh, dansant (Noisette) qui ravage profondément les tympans
et marque durablement les esprits, c'est la teutonique des claques.
Pas besoin d'en rajouter beaucoup plus dans cette chronique,
un disque aussi immédiat et jouissif se passe de commentaires.
Encore une très bonne sortie du label lyonnais Gaffer
records qui décidément poursuit sur son excellente
lancée
Je crois d'ailleurs que les prochaines parutions
ne seront pas mal non plus.
Et
puis aussi : Don Vito en tournée en France au mois de
février, le 10 à Lilles, le 11 à Paris,
le 12 à Tours, le 13 à Lyon, le 15 à Nancy
et peut être même un peu plus si affinités.
Qu'on se le dise.
Haz
(28/01/2008)
website groupe www.donvitodonvito.de/#
website label
www.gafferrecords.com/
sounds electricmayhem.mp3
| 13.mp3
| frisbeeloser.mp3
- achtung.mp3
|
Doppler
Songs to defy - CD
SK records 2008
Rien
de tel qu'un disque qui reste accroché à la platine,
un disque dont vous ne démordez pas. Vous avez trois
tonnes de musique à écouter, du neuf, de l'ancien,
du coté, de l'inconnu peu propice au grand saut mais
c'est ce disque qu'il vous faut et pas un autre. Là,
en ce moment même, cette sensation précise et tout
le reste peut aller se faire voir. Le second album des lyonnais
de Doppler est de la catégorie super glue, celle qui
colle aux tympans et ne vous lâche plus. Doppler aura
mis quatre ans pour donner suite à Si
Nihil Aliud. Une longue gestation pour s'affranchir
de l'ombre des Deity Guns et autres mastodontes-ès-noise
des années 90 afin de développer sa propre théorie
du bruit sans renier les bases. Sept morceaux - seulement répondrez
vous, ça fait peu du kilo à l'année - mais
tout est travaillé, pensé dans ses moindres détails
et Doppler, comme à son habitude, aime tailler sur la
longueur des mouvements s'épanchant au-delà des
cinq minutes pour se fracasser jusqu' à dix. Et ça,
tu l'accouches pas en deux jours. Compositions tour à
tour éclatées et ramassées sur elles, déliées
et explosives avec une paire basse-batterie toujours aussi colossale,
tant dans la précision que la force de frappe, nous gratifiant
de joutes rythmiques à se damner. L'effet samba en plein
milieu de We are not sick
me rend malade de bonheur.
Aucun doutes, c'est deux là sont complémentaires.
Quant au guitariste, il se met au niveau, n'hésitant
pas à se faire encore plus mélodique que par le
passé et avec cette voix légèrement trafiquée,
distillée avec parcimonie et toujours à cran,
ça vous donne de sacré morceaux épiques.
My Third Millenium !! est un long sprint sauvage qui
met à genoux pendant que 6 centimetres les met
profond et en relief. Car Doppler n'hésite plus à
se mettre à nu, ne plus uniquement se cacher derrière
les décibels, aller au bout de son idée mélodique
et donne à plusieurs reprises dans le lyrisme, un truc
brutal et bouillonnant qui retourne les tripes. Les passages
plus calmes n'ont rien de l'habituel cliché post-rock.
De la vraie mise sous tension, pas là pour simplement
faire joli et ménager l'auditeur. Maintenir la pression
avec une recherche aiguë du contraste, enchevêtrée
dans le tumulte, pour un vrai sens de la noirceur. Les samples
continuent de se faire discret, servant l'atmosphère
sans la polluer. Doppler a dépassé le stade de
simple groupe noise pour partir à la conquête de
territoires plus ambitieux. S'attarder sur l'écriture,
aller au-delà de la simple énergie physique, toujours
présente bien sûr, mais sublimée dans des
jeux de construction élaborés au Black Box d'Angers
avec Peter Deimel, un souhait de longue date. The Coming
Out, final étendu avec une pointe de violon et de
stridences, tout en retenu, progression sur la corde raide.
Preuve ultime qu'un nouveau palier vient d'être passer.
Doppler a élargit sa palette et provoque un sentiment
de malaise comme à chaque fois que vous tombez sur un
grand disque.
SKX
(15/09/2008)
website groupe dopplernet.free.fr
website label www.skrecords.org
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The
Drift
Memory drawings - CD
Temporary Residence 2008
Le
label new-yorkais Temporary Residence est fameux pour son image
post-rock et les groupes qui vont avec, mais là, ils
ont tiré le gros lot. The Drift signe son deuxième
album depuis leurs débuts en 2005 qui me sont inconnus.
Ce groupe de San Francisco (avec Danny Grody, un membre de Tarentel)
a carrément rayé le mot rock de son vocabulaire
et si le suffixe post subsiste, ça doit être pour
post-mortem. Une musique instrumentale, il va de soit sauf si
on prend la trompette omniprésente comme une voix intérieure,
donnant le ton d'une coloration jazzy avec le bémol.
Jazz pour soirées feutrées, niches obscures et
velours rouge sur tous les sièges. La basse a cet accent
légèrement dub, ronde et bienveillante, arrondissant
un groove très lancinant (Uncanny Valley). Ce
n'est pas de trop pour nous tenir éveillé. Le
post quelquechose de The Drift n'a pas grand-chose à
voir avec leur compagnon d'écurie Explosion in the Sky
avec qui ils partagent souvent la scène. Point de contrastes,
point d'explosions. Tout baigne dans un halo léthargique,
sur une même ligne de flottaison, de longues longues plages
sans relief, aux légères fluctuations tout en
finesse. Bien trop fin pour moi. On sent bien une dynamique
en place, un travail dans le moindre détail orchestré
par le producteur Jay Pellicci (membre de 31Knots), une batterie
qui essaye de temps à autre d'insuffler un peu de nerf
mais ça retombe à plat rapidement. On sait jamais,
on pourrait réveiller quelqu'un. Les airs traînants
de trompette finissent par tous se ressembler, il va se la manger
dans pas longtemps, c'est sûr, pratiquement une heure
à ce rythme, c'est trop. Pour les accrocs au somnifère,
la version vinyle comporte un morceau en plus.
SKX
(22/03/2008)
website groupe www.thedriftmusic.com
website label www.temporaryresidence.com
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Drunk
hands
Blinds - LP
Faux fetus 2006
A
Melbourne, le poids de la vie est éreintant également.
Ou bien c'est le soleil. Ca brille, ça tape. On tire
sur quelques surfers pour passer le temps mais tout ça
c'est des efforts et de la concentration. Ca picole à
plus savoir quoi foutre. Malade de ses cadences infernales.
Un âge déjà mort pétrifié.
Duncan Blachford aime s'enfermer dans une pièce prête
à la démolition, s'entourer d'un seul micro, autant
par économie de moyens que par souci de minimalisme.
Au coude à coude. Seul avec ses démons. Ses machines
rouillées, ses cordes mal graissées comme seules
amies. Une boite à rythme qui traîne, absente des
débats pour surgir, plus martiale. Notions de répétitivité.
Jusqu'à l'énervement. Drones, drones, drones,
l'écho se perd, variations minimales. Danse pour squelette
(Skeletal slow dance), sur la piste à moitié
mort. Ou ivre. Pas sûr de toujours savoir où il
se dirige. Suit la balise au loin. A vu de nez. On tombe, on
zappe. Mais il y a comme un je ne sais quoi d'attachant. Un
brin de lose qui transpire. Une atmosphère moite et terrible
qui vous fait comme un poids immense sur les épaules
et dont vous n'avez pas envie de vous débarrasser. Ivresse
des bas-fonds. Des airs de guitares qui titillent. Une lourdeur
lo-fi avec une réminiscence d'un vieux Suicide. Le groupe.
Pas l'envie qui lui manque mais ça serait pas pareil.
Une heure quinze, dans ce dédale, c'est long mais c'est
bon aussi. Parfois. Disque à l'aveugle pour ceux qui
ne veulent plus voir.
SKX
(01/07/2007)
website groupe www.myspace.com/drunkhands
website label www.fauxfetus.net
sounds www.fauxfetus.net/blinds.zip
(album entièrement téléchargeable gratuitement)
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Dub
Trio
Another sound is dying - CD
Ipecac 2008
Je
déteste le dub. Ca me file de l'urticaire. Avec le reggae,
je deviens teigneux, limite mauvais. Alors quand on me propose
le CD d'un groupe nommé Dub Trio, je commence par l'envoyer
valdinguer contre le mur. Comme ça, j'aurais une bonne
excuse pour pas l'écouter. Mais il tient le choc le con.
Faut dire qu'un chat retombe toujours sur ses pattes et ceux
là m'ont l'air particulièrement affûtés.
Et des disques de dub avec des pochettes pareil, ça cache
quelquechose. Dub Trio est un trio new-yorkais voulant appliquer
les principes du dub au punk-rock ou plus précisement
au rock bien bien heavy. La belle affaire. Not for nothing
est un morceau d'ouverture où le gros riff est de sortie.
D'ailleurs tout est gros. Le son, le rythme et la basse donc
comme le veut la tradition dub. Mais un morceau comme ça
casserait n'importe quel trip et c'est plutôt du coté
des groupes rock instrumentaux bien lourds qu'il faut chercher
une affiliation. Idem pour le deuxième, Jog on,
et si on a le droit à quelques échos sur la caisse
claire, King Tubby en ferait dans son froc. C'est du bon gros
rock-metal de blancs becs dont seul le trio de leur nom résonne
à propos. Il faut attendre le 3ème titre (Bay
vs. Leonard) pour comprendre l'allusion au dub. Un plan
typiquement reggae dub tombe comme un cheveu sur la soupe au
bout de trente secondes d'un riff bien carré. Car le
trio new-yorkais ne cherche pas à mélanger les
genres, à entremêler dub et metal. Ils juxtaposent,
subitement, coupent dans le lard de leur metal et plantent une
banderille dub dont on se demande ce que ça vient foutre
là. Rebelote avec Felicitation où après
une intro bien musclée, le morceau part soudainement
vers des contrées ambiantes dignes de n'importe quel
combo post-rock avant de finir comme cela avait débuté.
Mortar Dub présente quant à lui quatre
minutes de reggae/dub sans ambiguïté. Je me demande
si je vais pas retester la solidité de l'objet contre
le mur avant que Regression line nous embarque à
nouveau au pays du rock qui tâche. Vous aurez compris.
La suite est à l'avenant avec une collaboration avec
le boss (Mike Patton) et le décrochage du pompon avec
Respite et sa ballade pour camionneur. Dub Trio adore
brouiller les pistes. Le problème, c'est que ces pistes
nous amène à un Rage against the Machine instrumental
déviant, à la puissance propre sur elle et aux
riffs convenus court-circuités par un dub qui semble
d'où je suis - c'est-à-dire très loin de
la planète dub - banal et surtout mal intégré.
Malgré quelques plans efficaces, rentre-dedans et clinquants,
un dernier titre (Funishment) plus ambitieux, ces multiples
coups de griffes tous azimuts ne sont finalement que des attaques
de chatons bien dociles sous leurs faux airs de grands fauves
sauvages.
SKX
(17/03/2008)
website groupe www.dubtrio.com
website label www.ipecac.com
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Dÿse
s/t - CD
Exile on mainstream 2007
Dÿse (prononcez Dooze), c'est l'autre projet de Andre Dietrich,
guitariste-chanteur de Volt, qui garde ici les mêmes attributs
mais en optant pour la formule duo avec le batteur Jari Rebelein.
La formule change mais les gênes restent. Une approche
toujours très répétitive, des structures
qui s'étirent, des rythmes en boucles, des riffs qui
insistent sur les mêmes cordes, des explosions qui se
font attendre. Ou pas. Sans basse, le rendu est forcément
moins lourd et puissant que Volt. Mais on a vraiment l'impression
d'entendre le cousin de Volt. Ils auraient dû s'appeler
Ampere. Un Volt plus léger, plus rockeur sur les bords,
plus ouvert à l'instrumentation comme cette trompette
sur Wolke. Un bout de sample et de human beatbox sur
Wokkk. Et qui conserve les mêmes défauts
de famille. Cet effet de répétition qui lasse
sur la longueur. L'hypnose recherchée, le travail sur
le rythme, toujours en remettre une couche. Tour à tour
plaisant et agaçant. Une méthode que l'on applique
à tous les morceaux. Ce qui n'empêche pas l'inspiration.
Des riffs vifs et tranchants. Un réel entrain qui vous
fait régulièrement taper du pied. Un album aux
murs plus légères se laissant déguster
avec plaisir.
SKX
(17/05/2007)
website groupe www.dyse.info
website label www.mainstreamrecords.de
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