MAKARA
"
discography " - Lp
The Blood of the Young 01
Faire-part
de décès, toutes nos condoléances, vous trouverez
ci-joint tous nos titres bâtards accouchés dans la
douleur. Makara s'offre la totale et, de l'enfer où périssent
tant de groupes mort-nés dans l'anonymat, nous envoie ce
vinyl tout vert. Dessus, 14 titres, toute leur vie, aussi courte
fut-elle. Aussi brève que ces morceaux le sont. Hardcore-noise
sombre et compact, limite neurasthénique. On les sent tout
recroquevillé, prêt à mordre quiconque s'approche.
Pas de longs développements. La batterie s'agite dans tous
les sens. En fait, tous les instruments ferraillent dur et vont
droit dans le mur. Chaque morceau s'enchaîne dans un larsen
continu. Les mauvaises langues diront que tout se ressemble, que
c'est trop plein, sans aérations. Ce serait démissionner
devant l'urgence du propos, ne pas sentir toutes ces variations
dans la roche. Des purs et durs qui ne flirtaient avec aucune
mode. Si Orchid et consorts vous branchent, ce disque vous bottera
le cul dans le bon sens.
SKX (11/12/2001) |
MAN
VS NATURE
"
White one with doctor " - Lp
Klistier Entertainment 02
Baptême
de feu pour les Allemands de Man vs Nature en toute décontraction
et sans se prendre au sérieux. Ca commence en français
dans le texte avec une profession de fois très lucide :
"
quatre individus plein de bonne volonté même
si ce sont des musiciens assez pitoyables. Mais ces musiciens
ont pris du bon temps en faisant ce disque et vous l'avez acheté
d'ailleurs, félicitations ! ". Pas vraiment en fait
vu que ce disque est plutôt venu vers moi que le chemin
inverse mais bon bref, ils ont parfaitement résumé
la situation . Du coup, ça déteint sur l'auditeur
et difficile de prendre cet album au sérieux. Une bonne
dose d'humour sur un fond punk-rock, un saxo incongru, des phases
expérimentales. Un curieux mélange où on
pourrait aussi bien caser The Fall que Killdozer dont ils reprennent
d'ailleurs le " king of sex ". Ca tire un peu dans tous
le sens et si rien de basiquement désagréable ne
transpire à l'écoute de ce disque, c'est pas l'emballement
qui prédomine non plus ! Ya bien l'instrumentale "
soupe tonkinoise " ou New Wet Kojak repris par un groupe
de baltringue thaïlandais. Deux, trois ruades dans les brancards
bien soutenues par une basse qui tire gros. Mais bon, une bonne
répèt entre potes n'a jamais fait un bon disque.
SKX (20/03/2003) |
MASTODON
"
lifesblood " - CDEP
Relapse 01
Mastodon,
tout est dans le nom! Cher(e)s ami(e)s de la légèreté,
passez votre chemin. Ici, on va discuter le (bout de) gras du
propos avec moultes cris gutturaux et guitares plombées.
On va essuyer les plâtres que Today is the Day a si patiemment
construit et sublimé avec "in the eyes of god".
Avec la dextérité d'un Dillinger Escape Plan, comme
si ça ne suffisait pas! Batteur-pieuvre surdopé
entre rythmes en rafale et double grosse caisse, guitares crashantes,
Mastodon est pressé d'en finir. Rajoutez une pointe de
Neurosis - un brin de lyrisme dans ce monde de brut - sur "battle
at sea", le dédoublement voix d'outre-tombe, voix
écorchée et tout le reste qui vous file entre les
doigts. A trop vouloir en faire et en montrer, on s'y perd un
peu. Tout ça manque un peu de naturel et de simplicité.
Mastodon mange a tous les râteliers. On y trouve forcément
son bonheur dans le tas, une bonne raison d'écouter ça
jusqu'à la fin. En tout cas , pour les accrocs du style,
ça devrait le faire sans problème!!
SKX (27/02/2002)
|
MCLUSKY
"
mclusky do dallas " - CD
Too Pure / Virgin labels 02
On
rentre là-dedans comme dans du beurre. Tête en avant,
il est facile de tapoter du pied et siffloter les refrains à
peine la première écoute achevée. Cet album
marque les débuts fracassants (après toute une série
de 45 et un 1er album passé inaperçu) d'un trio
anglais à la propension déconcertante pour enfiler
les tubes en puissance. Quatorze au bas mot. Tous remplis de mélodies
accrocheuses, de rythmes simples et efficaces. On avait pas entendu
ça depuis les plus belles heures des Pixies. Cette même
facilité à vous séduire par des morceaux
incisifs, courts et énergiques. Sauf que le domaine est
un tantinet plus viril. Production Steve Albini donc basse énorme,
batterie clairement annoncée. On sent le background de
Mclusky plus influencé par le punk-rock que la surf music.
Mclusky, une idée à la seconde. Du cur à
revendre. Le disque idéal pour l'été et suer
jusqu'au petit matin. L'histoire ne dit pas encore si cette débauche
de talent passera l'hiver. Si ce deuxième album est un
produit de consommation rapide et superficiel qui manquerai sur
la longueur d'âme et d'intérêt. Comme un jouet
tout beau tout neuf, chaque titre a le plaisir immédiat,
presque trop facile pour que cela dure. Mais avant que ces questions
hautement métaphysiques ne vous atteignent, sautez dans
le train et rendez-vous à Dallas, la capitale du clinquant
et de l'esbroufe. Il sera temps de réfléchir plus
tard.
SKX (15/07/2002) |
MELT-BANANA
"
Cell scape " - CD
A-Zap 03
Melt-Banana,
le typhon déboule du Japon. Non content d'avaler les kilomètres
et d'interminables tournées mondiales, Melt-Banana donne
le tournis à quiconque essaye de suivre leur parcours discographique.
Des splits 45 tours plus ou moins obscurs à la pelle, des
reprises pour des tributes pour faire patienter (3 ans tout de
même) et donner suite à " Teenie Shiny ".
Le temps aussi d'assimiler les changements et de s'offrir un nouveau
batteur, le seul non-japonais de la bande et entrevu avec Atomsmasher
et Phantomsmasher. Une donne importante dans le tableau. Melt-Banana
continue à distribuer des tartes. Le débit reste
anormalement élevé pour des humains. La voix (et
tout le reste) de Yakuso continue de pimenter nos fantasmes. Reste
que le cadre des compositions prend une tournure plus rock, entendez
par là plus structuré. Mais en même temps
que j'écris ces mots, il faut avoir à l'esprit que
le sens algébrique chez ces japonais(es) est à tout
jamais déviant et que 1+1 feront rarement 2. La couleur
du saké a beau prendre une tournure plus convivial, les
matins sonneront encore gueule de bois. Surtout qu'ils retrouvent
la patine de " Charlie " (comparé à un
" teenie shiny " plus gentillet dans la production),
tes voisins apprécieront. Un jeu barbare et truculent,
rempli de malice et de fléchettes dans le dos. En grands
fans de musique qu'ils sont, ils y vont encore de leurs reprises
(''reggae'' avez-vous dit ?), ritournelles printanières
en plein champ de mines. Cordes à boyaux de chats ivres
de rythmes tour à tour pulsatoire ou froid dans le dos.
De ces incessants samples qui poussent la guitare à l'extrême.
Sushi pas dans la colle. Je me désagrège. Melt-Banana,
yen a pas deux.
SKX (15/09/2003) |
MELT-BANANA/THREE
STUDIES FOR A CRUCIFIXION
"
s/t " - 8"
Passacaglia 01
Bananes
électriques japonaises étrangleuses, futées
comme un troupeau de gremlins en rut, les Melt-Banana ne connaissent
pas l'accalmie. Au contraire, ils se dissipent et se bonifient
dans la tourmente avec l'âge. Je ne pourrais vous dire si
ces cinq inédits datent d'avant ou d'après la période
"teeny shiny". Mais c'est toujours sur haut-voltage
que sont branchés Melt-Banana. Forme olympique, ruades
fines et épicées, directes et inspirées.
Le grand jeu à nouveau chez Melt-Banana. Et les cris perçants
de Yakuso m'émoustillent toujours autant une partie de
mon anatomie que je ne vous révélerais pas! Le nom
de Three Studies for a crucifixion sonne comme du hardcore couillu
et méchant. Et c'est du couillu et méchant. On est
loin de l'humour musical de Melt-Banana. Ici on fait du bruit
sérieux. Les plus subversifs ne sont pas toujours ceux
qu'on croit. Pour autant, TSFC se débrouille comme un chef
dans la tarte aux enclumes. Catharsis pour la marmite quotidienne.
Mastodonte lancé à pleine vitesse. Avec une impressionnante
maîtrise. Deux titres qui ne rigolent pas des genoux. Et
comme on est maso, on en redemande. Deux approches du chaos. Deux
raisons de plus pour s'exploser la tête.
SKX (04/10/2001)
|
MELT-BANANA/DYNAMITE
ANNA AND THE BONE MACHINE
"
tintarella di luna " - split 7"
Valium 01
Melt-Banana
sont des boulimiques, des insatiables qui accouchent les morceaux
plus vite qu'une lapine en chaleur. A nouveau un split 45, version
italienne et dolce vita pour couples en surdose de viagra (bonjour
le romantisme!). Melt-Banana s'en prend à l'héritage
musical de nos amis ritals. Une reprise d'une chanson traditionnelle.
La louve ne reconnaît plus ses louveteaux. Accélération
du pouls, manque d'oxygène, Melt-Banana a encore abusé
du vitriol tout en gardant l'esprit chaleureux et ensoleillé
de l'original. Autre face, les locaux. Anna est vraiment dynamite
et ces trois acolytes en costards-cravates nous la rejouent Cramps,
surf-music et back to the sixties. Rein d'étonnant de les
retrouver avec nos japonais(es) préféré(e)s
tant on connaît leur amour pour le rock'n'roll de nos aïeux.
Sauf qu'eux ont su le transcender, alors que Dynamite Anna, malgré
tout son charme, y est resté les deux pieds englués.
Melt-Banana for ever!
SKX (01/08/2002)
|
MELT-BANANA
"
charlie " - Lp
A-Zap 98
Une
météorite vient d'exploser ma platine ! Si je n'avais
pas été autant cloué au mur du fond, des
bris de corps et morceaux de chairs joncheraient le sol. A se
rouler frénétiquement par terre, branchez 5 Iggy
Pop sur 10000 volts, parsemé de verres tranchants et faire
en sorte que le fond de la casserole fusionne en un temps micro-ondes.
Une enivrante chaleur côtoie mes plaies. J'avais laissé
Melt-Banana dans son parc de petits lutins nippons bien délurés
mais pas bien méchants non plus. Ils nous reviennent en
véritable monstres, Godzilla vs Bruce Lee. Le feu d'artifice
pète toujours avec entrain et l'ardeur d'une jeune fille
à son premier bal mais napalmisé avec un bombardement
de sons d'une richesse véhémente, aidé d'un
scratcheur/sampleur - le nouveau jouet du guitariste - qu ' a
oublié de signer le registre de l'asile le plus proche.
Ca dynamite, propulse chaque morceau, c'est complètement
affolant, le nord déclenche la balise argos ! On se perd
dans une nouvelle dimension, entre free-noise-rock et le DHR sound
le plus extrême. Et le pire, c'est que ça reste cohérent
! Jouissif à temps complet. Y compris cette voix hystérique
qui continue à nous titiller le gland. On avait jamais
aussi bien mixé machines/instruments rocks depuis Pearl
Harbor. Melt-Banana vient de frapper un grand coup avec ce "
Charlie " angulaire. Le disque de 98 ! !
SKX (12/07/1999) |
MELTED
MEN
"
fangs a lot " - CD
Nerve Rust 02
Le
cas de Melted Men est très particulier. Pour ne pas dire
désespéré. Une entité mal définie.
Ces hommes mélangés ont oublié de nous donner
les clefs de leur monde. Pour aborder Melted Men, il faut déjà
posséder deux ingrédients : le sens de l'absurde
et un second, voir huitième, degré bien accroché.
Pour le reste, tous les coups sont permis. A base de samples,
percussions et voix bien humaines, Melted Men nous concocte un
cocktail musical complètement décalé. Electronique,
funky, garage, expérimentations tous azimuts. C'est Jean-Louis
Costes sans le trash et le pipi-caca. C'est Foetus pour gamin
de huit ans. Un Pierre Bastien pour attardés mentaux. Tout
est habité par l'esprit de Grand Guignol. Rots en continus,
bruits de grenouille, de machine à écrire bloquée
en mode répétition et autres samples incongrus.
Un album (sorti sur leur propre label, qui en voudrait sinon!)
en forme de collages sonores, qui parfois font mouche comme l'excellent
"ingrowed toenail", très Old Time Relijun, ou
parfois très marrant. Sinon on ne vous en voudra pas si
vous trouvez ça obscur, voir quasi inabordable même
par la face sud. Melted Men est avant tout un groupe qui prend
toute sa dimension et sa raison de vivre sur scène. Une
folie visuelle, en plus d'être sonore. Mystérieux
bonshommes.
SKX (15/04/2002)
|
MELTED
MEN
"
half growed squirrel " - 7"
Nerve Rust 01
Une
race inconnue, la rencontre du 3ème type à eux deux
tout seul. Melted Men, un duo américain, très décalé.
On n'est pas bien sûr de bien tout comprendre ce qui se
passe sur le disque. Quelles sont les armes utilisées.
Au bas mot, une ribambelle de samples, de platines affolantes,
d'un karaoké déviant, d'électronique-garage,
de percussions enfantines et sauvages. Le rôti est prêt
et se présente, pour le morceau phare "Ingrown toenail",
sous forme d'un Old Time Relijun sous LSD avec croassements de
grenouilles à l'appui. Le reste est collage sonore, télescopage
bruyant et répétitif à forte dose humoristique.
C'est la face marrante, jubilatoire, funky et innovante de la
musique expérimentale. Le genre de duo qui ne se prend
pas au sérieux pour vous entraîner dans leur ronde
tripante, vous les concasser menu menu. Le délire! On en
redemande.
SKX (05/12/2001)
|
MELVINS
"
the maggot " - CD
Ipecac 99
Indéboulonnables
MELVINS. Qui se soucie des modes autant que Dale Crover de sa
1ère baguette de batterie. On les croit perdus à
jamais, disparus avec les derniers grunges, englués à
tout jamais dans la vase seventies, à se foutre de la gueule
de tout le monde dans des délires je-m'en-foutisme et v'là
ti pas qu'ils resurgissent avec un nouvel album, inaugural d'une
série de 2 autres à venir. Melvins donne dans le
concept ? Avec 8 titres. Mais en fait 16. Parce que ya 2 morceaux
pour le prix d'un. Comprenez 2 morceaux totalement différents
sous le même patronyme. Concept a-t-on dit ? Et ça
démarre fort, version Houdini. Gras, sales, vibrant dans
sa cellulite. Pour notre plus grand bonheur libidineux, Melvins
revient sur terre, on n'a pas à craindre le pire. De là
à crier qu'on touche au firmament du répertoire
des Melvins, ya un fossé gluant que je ne franchirais pas.
Ce " The Maggot " est lourd, gros son de sortie, la
puissance de la batterie ne se dément pas. Les lignes de
l'ex-bassiste des Cows fidèles à l'original. Et
l'amour de Black Sabbath et tout le rock seventies sans faille.
Presque trop fidèle d'ailleurs. Ca nous donne droit à
des passages parfois limite ridicule, seventies je t'adore, qui
si ça ne venait pas de l'univers décalé des
Melvins nous plongerait dans un abîme de désespoirs
sans nom! Alors on se raccroche à ces coups de butoirs
" houdinesque ", dépravés et à
la hussarde, qui ne donne pas le temps de réfléchir
au reste. Ca ne va pas créer de nouveaux adeptes mais en
faire revenir quelques-uns au bercail. Les dinosaures ont encore
la santé!
SKX (15/11/1999) |
THE
MEMBERS OF TINNITUS
"
tactics for instant music " - Lp
Ideal 00
Des
membres d'une bien étrange secte. Des fondus qui dégèle
les glaces de leur chère Suède natale avec un concept
: "la musique instantanée". Jouer ce qui leur
passe par leur cervelle trouée d'après l'humeur
du moment. Spontanéité est le maître mot et
le résultat pour le moins aléatoire et disparate.
Rock d'avant-garde, musique improvisée, secte voisine de
US Maple pour l'esprit décalé qui les habite avec
This Heat ou Brise-Glace pour chapeauter le tout. Musique électronique
et faite maison, revisitée par un lutin pervers et farceur.
Effets multiples sur le son, tout se mélange et tout se
bidouille. Chaque titre pourrait être l'uvre d'un
groupe différent à chaque remise de peine. Avec
l'expérimentation en point commun. Musique ardue qui part
dans tous les sens. On se raccroche à ce qu'on peut. A
des morceaux qui tournent en boucles, des idées un peu
plus fortes que la moyenne. On regarde ça d'un il
méfiant. Musique barrée pour les plus aventureux
d'entre vous. A manipuler avec précaution.
SKX (13/03/2001)
|
THE
MERCURY PROGRAM
"
from the vapor of gasoline " - CD
Tigerstyle 00
On
entre dans le brouillard de la ville. C'est le matin. Les brumes
de l'alcool. La fatigue, tout devient flou. Dans les vapeurs du
gasoil, musique cérébrale qui lâche ses notes
en volutes. The Mercury Program distille par petites touches,
aux coups d'un xylophone omniprésent dans le fond, ça
berce, c'est pastel comme la pochette. Une forme à l'abandon,
très peu de voix, des guitares bavardes, des éclairs
de lucidité où le corps titube, tout s'accélère
avant que le bitume vous caresse le visage d'un peu trop près.
On ère dans cette identité qu'on appelle le post-rock,
à la lisière de Tortoise (un Tortoise non prétentieux
qui n'essaye pas de réinventer la musique d'ascenseur)
avec le nerf central de June of 44. Un rock brumeux tour à
tour compliqué ou lipide. Qui vous endort ou vous emmène
divaguer. Des morceaux, des passages très réussis
qui maintiennent la pression avant de s'évaporer à
nouveau, on baisse sa garde, ça s'égare, le moment
est fragile. Une musique de dilettante pour dormir le jour. On
passe à coté sans l'apercevoir, sa présence
ne dérange pas.
SKX (20/02/2001)
|
METROPHON
"
s/t " - Lp
The Company with the Golden Arm 02
Avec
le printemps dernier était venu Song Of Zarathustra. Dans
son sillage et sur le long des routes européennes suivait
le groupe allemand Metrophon. Présenté comme un
plus ou moins proche voisin musical, Metrophon s'est avéré
vite différent. Se méfier des comparaisons hâtives.
Toujours. En fait Metrophon se cherche. Les parentés sont
multiples. Les oreilles traînent un peu partout. Leur premier
album en subit les conséquences. Ca manque d'un fil conducteur.
La jauge du plaisir suit des courbes contradictoires, même
si ça reste au-dessus de la moyenne. Musique à guitares,
Metrophon lorgne les territoires (désormais vacants) de
Unwound, s'offre des montées noisy à la Sonic Youth.
Eclaircit le voile par un léger synthé. Dommage
qu'on ne retrouve pas comme en concert le saxo pour une vraie
touche d'originalité. Les compos sont plaisantes. Accomplissement
d'un devoir rituel, appliqué à ne pas sortir d'un
cadre qu'on aimerait voir exploser. Sept titres qui passent sans
difficulté, presque trop aisément, mais qui peut
laisser augurer d'un bel avenir si ils arrivent à trouver
une personnalité plus marquante.
SKX (22/08/2002) |
MICHAEL
NACE
"
the voyage out " - CD
Minority 02
Tout
est dans le titre. L'ambition clairement affichée. Michael
Nace nous invite au voyage. Tout en suspension, aérien
et léger, la ballade s'annonce champêtre et mélancolique.
Cet ex-Drill For Absentee, groupe math-rock à la vie trop
courte, change son fusil d'épaule. Il se retrouve face
à lui-même et ce voyage est avant tout introspectif.
Intimiste, on pense tout de suite à Nick Drake dans cette
façon faussement feutrée et grave d'aborder son
sujet. L'orchestration en plus. Produit par Geoff Turner (New
Wet Kojak), le travail pour rendre ces compositions complexes
est très fin, du boulot d'orfèvre. Mandoline, guitare
acoustique, percussion, carillon en plus des instruments rock
traditionnels et même la participation de l'orchestre symphonique
de Trinidad. Et à l'arrivée, rien de baroque et
de chargé mais des mouvements fluides, à peine si
toute cette débauche d'instruments s'entend. Aidé
par Kevin Kelly, ancien acolyte de Drill For Absentee et par Adam
Wade, batteur de Shudder To Think, Michael Nace évolue
dans un climat apaisant, abordable par tous. Il faut se sentir
d'humeur pour se laisser embarquer dans ce voyage en eaux calmes
à peine troublées mais de belles étapes vous
attendent comme "all of them" ou "perfect pace".
Quelquechose d'intemporel et d'impressionniste. On y glisse, imperméable,
ou on y rentre, par petites touches. Une sorte de voyage en solitaire
que chacun abordera à son rythme, libre de le mener à
sa guise. Le repos du guerrier.
SKX (15/04/2002)
|
MICROWAVES
"
system 2 " - CD
Cenotaph Audio / Version City 02
Microwaves
ne fait pas de la musique réchauffée. Ce trio fraîchement
débarqué de Pittsburgh nous sert une musique hybride.
Trois années à peaufiner en laboratoire un son paranoïaque
pour donner suite à un maxi "the professional systems
overload". Tout leur temps pour tester leurs processeurs
et samplers, postulat primordial de leur création sonore
et les confronter avec la vraie vie, les éléments
de base de rock'n'roll, la sainte trilogie guitare-basse-batterie.
Mi-homme, mi-machine, Microwaves sort de ses gonds et, tout feu,
tout flamme, embrase les frontières. Avec un passé
hanté par Devo et autres groupuscules post-punk robotisés
et un présent marqué au fer rouge par la fine fleur
de la noise. Microwaves génère un univers tout personnel.
Sur une forte assise rythmique, très martelante, des lignes
de basse au son inquiétant et qui tournent en boucle, ça
tranche avec des guitares agitées et des moustiques électroniques.
Champs magnétiques, déformation des voix, hallucinations
des formes, "system 2" met une pression constante. Dérègle
avec doigté toutes tentatives de mélodies qui s'écorchent,
appâtent le marin, disparaissent sur le flot d'une énergie
qui arrivent par vagues régulières. On ne s'étonne
pas que ce groupe ait partagé de nombreuses scènes
avec Arab on Radar, Pink and Brown, Lightning Bolt et autres cartésiens
de la musique. Ce "system 2" se débrouille comme
un chef, vise le futur tout en étant bien armé dans
le présent. Ingénieux et brillant.
SKX (13/05/2002) |
MILEMARKER
"
non plus ultra future isms " - CDs
The Company With The Golden Arm records 98/99
D'emblée,
ce groupe se distingue de la meute aboyante emo-noise-hard-core,
j'en passe et des meilleurs, par un son personnel. Un trio de
trois ex-groupes dont un Sleepytime Trio, volonté de se
démarquer de leurs précédentes expériences,
se forcer dans une démarche musicale à risque, ne
se donner aucunes limites. On les imagine, réfléchit,
et cherchant un nouvel eldorado de sensations auditives. 1er essai
en 98 avec " non plus ultra ". L'ambiance leur appartient,
la palette des compositions variée. Un guitare-basse-batterie
des familles, pas obtus pour 2 sous, ouvert aux keyboards et computers,
entre titres rageurs et accrocheurs dès la 1ère
écoute et sublimes lenteurs où tout est histoire
d'atmosphère et d'attention. Et de samples - fort discret
- de groupes connus comme Drive Like Jehu, Fugazi, Jawbreaker.
Avec " Future isms ", leur second opus, MILEMARKER continue
sa brillante ascension. Personnalisation en hausse, pression accrue
des synthés, pianos, et computers, mêlés avec
force et haute énergie à la sainte trilogie rock.
Une façon de vous torcher des mélodies, désinvoltes
et talentueuses. Chaque titre se distingue du lot. Un lot homogène.
Le concept est vivifiant. Fatigués de leurs précédents
groupes, les membres de Milemarker peuvent être fiers de
leurs parcours. Ce ne sont pas les premiers à mêler
ce genre d'instruments mais ça n'est jamais tombé
aussi juste à mes oreilles esbaudies, sonné aussi
frais. Unificateurs et novateurs. Milemarker méritent tout
votre respect. Et surtout vos putains d'oreilles!! Et pour les
rois du modernisme, ce CD fait aussi ROM à vos heures perdues!!
SKX (19/07/1999) |
MILGRAM
"
Subversion standard " - CD
RedF 02
Milgram
n'est pas du genre prolifique. Trois bonnes années après
leur premier album qui vit leurs débuts sur le label marseillais
Pandemonium, ce groupe de Dunkerque remonte le Rhône et
repointe son nez sur le label lyonnais (tenu par un Irlandais
!) RedF records. Pas mal de changements entre-temps, notamment
au niveau du personnel, et la musique s'en ressent. C'est un Milgram
version 2, autant oublier de suite le précédent
album. Des bouts de compos, des titres qui tiennent plus de l'expérimentation
et de la bidouille. Disséminés dans tout ça,
des morceaux plus carrés et construits. La base a beau
toujours être noise-rock, Milgram a décidé
d'étoffer les ambiances, d'apporter un peu de chaleur et
de folie. Si, pour rester franchouillard, on peut penser à
une certaine affiliation Condense / Bästard, il manque cependant
une bonne dose de consistance pour tenir la route. Un petit quelque
chose qui fait la différence, comme si les compos n'étaient
pas abouties. Dix-huit titres fourre-tout, quasi instrumentaux
(le meilleur titre étant comme par hasard le seul - ou
presque - chanté " Bleus terribles " ou le très
court " grapeti "). Pas vraiment de ligne directrice.
Des idées intéressantes mais mal exploitées.
De bons coups de nerfs mais aussi des plages inutiles qui ne font
que renforcer le sentiment touffu de trop plein. C'était
pas la peine de mettre les chutes de studio! L'écoute reste
agréable mais l'intérêt se dilue au fil des
morceaux et on ressent comme une impression de gâchis au
regard du réel potentiel de ce groupe.
SKX (17/04/2003) |
MINIWATT
"
assimilated " - CD
Arbeid 01
Miniwatt
monte à l'assaut pour la deuxième fois. Un trio
fait pour la guérilla, la guerre des nerfs avec des escarmouches
brèves et répétées. Treize titres
(dont deux live) en vingt minutes, Miniwatt reste sur la distance
de son premier album et enfile les perles noise fines et racées
avec une facilité déconcertante. Rien de nouveau
sur ce front. D'ailleurs rien de nouveau spécialement à
signaler dans cette nouvelle déclaration. Miniwatt garde
le cap inchangé. Des rythmiques trépidantes mais
sans surenchères, des guitares acérées pour
couper le poil au plus près, une voix passionnée.
Ces lointains fils de Wire et Big Black vont à l'essentiel.
Ces vingt minutes passent comme une lettre à la poste,
l'anthrax en moins. Une sucrerie acide à consommer sans
modération.
SKX (11/12/2001)
|
MINIWATT
"
rectifiers " - CD
Arbeid 00
Une
charge aussi inattendue qui vous colle la tronche au plafond,
on en ressort tout chancelant. Un trio qui ne peut même
pas se targuer du préfixe "ex" quelquechose.
Un 1er album qui déboule sans rien dire, sorti du grand
nul part et s'impose en rotations continues en à peine
20 minutes, temps nécessaire à ces 11 titres pour
couler une bielle à votre cervelle. Deux minutes en moyenne,
ça fait pas cher la watt ! C'est vif, hargneux, du Wire
dans les veines avec des pics de Glazed Baby et autres groupuscules
noise qui ont l'urgence en principe de base. Et au beau milieu
de tout ce vacarme vivifiant, ya de réelles trouvailles
mélodiques, des petits bonheurs sans nom qui sautillent
dans tous les sens et qui donne un charme exotique ! Car c'est
pas de la grosse artillerie noise avant toute qui maltraite vos
tympans. De la finesse sur rythmes trépidants, une petite
mécanique hérissée de pointes d'acier coupantes,
de la malice dans les gênes, indigestion impossible. Un
nouveau groupe américain sur lequel il va falloir compter.
Prenez du Miniwatt au petit déjeuner !
SKX (24/07/2000) |
MONTANA
PETE
"
Baige " - CD
Coin Operated 03
Le
genre d 'album qui déboule sans crier gare et auquel rien
ne se raccroche. Une pierre jetée en l'air et qui revient
avec la force d'un boulet. Après moult 45 tours, ce trio
anglais daigne enfin sortir son album. Insaisissables Montana
Pete. Trou à perdition sur lequel les modes n'ont prises.
Losers magnifiques et c'est tout un art. Rock dissonant et noisy.
Mais pas seulement. Rythmes secs et durs. Mais encore. Morceaux
courte durée, bourrés de sauts d'humeur. Feux follets,
sens de l'humour tout Anglais et en finesse ("punk-rock")
qui joue aussi bien de la répétition façon
The Fall que de la folie passagère à la Trumans
Water ou au sérieux de The Ex, version ados. Mais comme
je vous le disais, tout ça ne sont que pâles indications.
Le seul truc dont je suis sûr, c'est que ce groupe est Anglais
jusqu'aux tréfonds de sa pinte. Ne me demandez pas de l'expliquer.
Ce "Baige", sans avoir l'air d'y toucher, rafraîchit
les neurones, revigorent et vous ferez bien de vous changer les
idées au lieu de traquer comme un con la dernière
mode qui est déjà dépassée. Plus de
groupes comme Montana Pete!
SKX (12/11/2003) |
MONTANA
PETE
"
play 'devo' and 'french ladies' " - 7
Coin-Operated 01
L'Angleterre,
plus propice en courant d'air et pets de mouche, nous apporte
sur un plateau une bombe de fraîcheur. Montana Pete déboule
de nul part, sans références musicales marquées,
et crée l'embarras du chroniqueur. Un groupe très
sobre dans sa conception. Et dans leur plus simple appareil de
guitare-basse-batterie mouille le maillot dans un "devo"
tout en guitares claires et trépidantes, de la tension
plein la voix. Un petit moteur pétaradant à l'énergie
communicative. Face B, la "french ladies" ralentit l'allure
et se chante dans un français aussi compréhensible
pour nous que Bertrand Cantat gueulant en Anglais pour un rosbif!
Mais la mélodie est là et apparemment, Montana Pete
sait la manier avec dextérité. Appelons ça
du "rock noisy" avec tous les guillemets qui s'imposent.
Une touche définitivement anglaise mais indéfinissable.
De la classe dans l'art de faire du bruit. A noter d'urgence sur
vos tablettes. (Deux autres singles sont parus et un album sur
Flitwick est annoncé).
SKX (04/10/2001) |
MONTANA
PETE/DAEMIEN FROST
"
jiminationalism / in league with the amazons " - split 7"
Alpha Relish / Coin-Operated 01
Montana
Pete continue d'enchaîner les petits formats. Limité
à 300 exemplaires, vous risquez de passer à coté
de deux groupes anglais qui promettent beaucoup! Montana Pete
a cette légèreté, qui malgré la précision
et le bruit de leurs instruments, les rend attachant. Pour parler
d'eux, on évoque souvent des groupes comme Wire, Gang of
Four, Trumans Water, Albini sans que tout ça soit très
conforme à la réalité non plus.... Ce nouveau
morceau n'est pas leur plus saisissant. Leur fougue est intériorisée,
le rythme de batterie sommes toutes classique mais la fin du morceau
et cette voix sombre voix qui arrive ranime la flamme un instant
vacillante. Daemien Frost débarque dans le paysage. Et
d'entrée de jeu, un morceau de choix. Tout de suite plus
noise, malgré un début tout en touché de
symbales. Ca s'excite, accélère peu à peu,
les guitares partent en vrille et tout dérape avec un truc
hypnotique derrière tout ce raffut qui capte bien l'attention.
Surveillez ces noms du coin de l'il!
SKX (21/02/2002) |
MONTCALM/DEAD
SERAPHIM
"
Split 12" - Lp
Pretty in Pink 02
Un
disque qui sent bon la photocopie et la colle à bois. Un
split 100% DIY pour jeunes américains qu'ont la haine !
Ca crie, ça éructe à toute volée,
ça s'emballe comme un jeune poulain pour sa première
course, ça vous pond des passages à faire pleurer
votre mère. Vous l'aurez compris, on nage en plein screamo-hardcore-powerviolence,
j'en perds mon latin. Dommage qu'avec Dead Seraphim, le son soit
à la hauteur du budget. Pauvre, comme un cri qui vous viendrait
du sous-sol. Montcalm fréquente des bacs à sable
identiques. Sauf qu'ils sont montés d'un étage pour
le son. Alors forcément, on fait plus attention à
eux. Et comme ils ont tendance à mieux maîtriser
les paramètres, leurs titres où tout s'enchaîne,
fortement marqués par Orchid et Jeromes Dream, plombent
encore un peu plus le peu de cervelle qu'il me reste. Des groupes
comme ça, l'Oncle Sam en sort des dizaines par jour. Ceux-ci
sont pas pires qu'eux d'autres. Bien au contraire, vieille rombière
!
SKX (07/01/2003) |
MORE
FIRE FOR BURNING PEOPLE
"
sitting breath less in new chairs " - Lp
Ruido records 97
Ca
foirait sec chez les Aztèques. La roue avait finie par
tourner et les indigènes bons à se faire enculer
à force de boire cul sec. More Fire For Burning People.
Quel beau nom de groupe! Rutilant et tout et tout et pas peu fier
surtout. Avec un art du retard consommé, vu que ça
fait déjà 2 ans que ce disque s'est pointé
et va falloir se contenter de cette chronique. En clair, vous
pouvez toujours vous gratter pour vous le procurer! Groupe météorite
débarqué de nul part sinon une banlieue glauque
pour étudiants américains complètement morfonds
à Richmond. En tout cas, ils ont le sens du narratif, tout
leur temps pour vous étirer les ambiances, les chauffer
à blanc, jouer avec comme une pauvre souris dans les griffes
d'un chat(af)futé, les tordre et les essorer jusqu'à
la moelle. Et quand ça pète, l'écho de Sonic
Youth résonne dans le lointain. Sinon, tout ça reste
bien personnel. A peine pourrait-on évoquer Oxbow pour
un son de cloche approchant dans les structures déliées,
voir Bakamono pour une touche psychédélique. On
en est toujours réduit à former des hypothèses.
Un réseau de racines multiples, une centrale à haute
énergie qui filtre ses électrons. Le dialogue des
guitares est exemplaire, chaque titre autonome, pas d'emballements
excessifs, de la retenue, en rut, de la virulence, ne jamais exploser
avant la limite. Le feu coule sous les veines. Et MFFBP souffle
sur les braises des personnes auxquelles il ne manque qu'une allumette
pour les enflammer. Un feu nécessaire.
SKX (01/09/1999) |
MOTORAMBO
"
eine triologie in fünf teilen " - 10"
Fiction Friction records 99
Bruits,
mélodies, breaks, vous avez tout pour satisfaire le chaland
sur ce 5 titres de ces nouveaux venus allemands. Recette qui a
maintes fois fait ces preuves, pour peu que le dosage soit parfait
et la patte incomparable. Et Motorambo de piétiner quelques
peu. Le chaud et le froid. Soit ils assurent carrément
comme sur "Karg", soit ils dérapent en plein
virage ("inventur" c'est pas l'aventure!). Inconstance
entre moments éclairants et un refrain pas très
heureux, le petit riff qui gâche un plaisir total. Alors
gardons ce trio sous le coude et laissons les mûrir tranquille!
SKX (02/11/1999)
|
THE
MICROPHONES
"
don't wake me up " - CD
K 2000
Le
maitre-mot, c'est lo-fi. Avec K records, c'est (presque) un pléonasme.
Et derrière ces microphones, un seul homme, jeune (21 ans),
batteur de D+ (groupe d'un ex-Beat Happening) et Old Time Relijun,
j'ai nommé Phil Elvrum. Aussi enjoué qu'un parterre
d'écologistes coincé dans une 4L en pleine manif
de chasseurs aquitains, ce 2ème album lève les yeux
au ciel, plus près des nuages, avec des voix qui font des
"ahhhh" en traînant exprès. Alors nous
aussi, on se traîne pour faire tout pareil car eux qui voulaient
réveiller personne s'y prennent très bien. Mais
sous tout ces sarcasmes se cachent un réel savoir-faire.
L'héritage des plus belles heures des maisons de disques
néo-zélandaises Flying Nun et Xpressway, les collages
abstraits de Eric's Trip, des distorsions de toutes sortes, des
guitares qui ne tiennent plus que par une corde (celle qui finira
par les pendre), des pianos sans queue, des xylophones aphones,
des bruits d'ustensiles ménagers qu'Emmaüs ne voudrait
même pas reprendre. Et au beau milieu de toutes ces mélodies
pop-art désabusées, une batterie grondante qui parfois
sort de la torpeur rêveuse dans laquelle vous plonge ces
15 titres. Question d'humeur à n'en pas douter !
SKX (25/07/2000) |
MUG
"
corsica egg " - 2x10
Pandemonium / Le Dernier Cri 00
Pas
rapide à la détente, MUG accouche dans la douleur
de, considérons le comme tel, son premier album. Un furoncle
coupé en deux, qui fait suite à un déjà
double 45 sorti de longues années auparavant, et qui cette
fois choisi la taille au-dessus, le double 25 cms bien calibré,
qui la met profond avec comme d'habitude l'emballage sérigraphié
signé le Dernier Cri. Près de 30 titres qui s'étalent
glutinant alors que l'enregistrement date déjà de
98, recours au forceps pour la naissance de ce bébé.
Un forceps qui te serre bien le crâne pour mieux embellir
ta galerie aux monstres. Derrière MUG, un collectif avec
Paquito Bolino, guitare zéro et Caroline Sury aux paroles
de petit chaperon rouge pervers qui fantasme sur le grand méchant
loup. Duo de choc autour duquel on retrouve l'habituel écossais
de service de Badgewearer et autres passagers du moment. Navigation
à vue et en eaux troubles, enregistrement éclair
(4 jours) après deux semaines d'entraînement dans
la cave, comme pour s'excuser à l'avance de la pauvreté
du son et des errances passagères de l'ensemble. Et si
c'était justement pour ça qu'on aimait ça
!! Pour cette approche minimaliste qui sied si bien à ces
compositions dérangées, ce bordel suintant de la
schizophrénie ambiante, le droit à l'approximation
qui fait de ce produit bruyant, un bâtard attachant et original.
Ca part dans tous les sens, les samples grouillent comme autant
de vers dans une pomme tombée de l'arbre depuis longtemps.
Les instruments suivent une trame connue que d'eux-mêmes,
narratifs et démembrés. Ca ramone à sec.
Pendant ce temps là, la Sury a les nerfs à vif et
cohabite avec les mouches. Free noise aléatoire, qui à
défaut de convaincre, joue les sales gosses aux doigts
tout tachés, dérangeant le confort quotidien.
SKX (02/11/2000) |
MY
LAÏ
"
learn....forget....re-learn " - Lp
Static Station (Lp)/Divot (CD) 98
Une
bonne langue râpeuse qui vous caresse l'épiderme.
C'est à la foi délicieux et insupportable. Le monde
de My Laï tourne à la vitesse folle du 45 pour 10
titres en rangs serrés, écorchés, stridents
et si bon. Apoplexie mais le rythme reste supportable. Esprit
vindicatif, Chicago nous avait pas habitué à un
tel hardcore chaotique. Pensez In/Humanity, Swing Kids. Musique
hystérique portée à plein poumons, nouvel
essor d'un hard-core/noise qui déboule par vague rageuse
depuis quelques temps des States. My Laï, du nom d'un massacre
perpétré par les troupes américaines au Viet-Nam,
digne représentant d'un mouvement qui n'oublie pas d'associer
le verbe acerbe et sans compromis sur notre pitoyable fable moderne,
aux tempos d'une valse d'un nouveau millénaire.
SKX (01/12/1999)
|
|
Machnik
Self-titled - CD
Gentlemen 2004
" Machnik apprécie lorsque les spectateurs peuvent
être assis durant son concert ". C'est pas moi qui
le dis, c'est eux
Personnellement, ces pseudos concerts
rock où tout le monde est assis me foutent les boules,
ce syndrome du post-rock pour gens mous du bulbe, cet embourgeoisement
lénifiant! Si un groupe déclare faire du rock
(et c'est le cas de Machnik), c'est debout et pas autrement
Messieurs ! Bon ceci dit pour passer mes nerfs, la musique de
Machnik n'a rien de rock et s'apprécie sûrement,
non pas assis, mais carrément allongé. Chez soi
et pas en concert. Réunion des trois Honey For Petzi
et deux Parazit, Machnik privilégie l'acoustique rythmée
avec un brin d'électronique. La guitare proche d'un Gastr
Del Sol bien propre derrière les oreilles, une version
de chambre de Cheval de Frise pour jeunes gens bien sous tout
rapport. Les mélodies ont tendance à tourner en
boucle. Le chant est anecdotique. Ca se sirote tranquille, ça
ne fait pas de bruit, ça ne dérange pas grand
monde, ma grand-mère pourrait apprécier, c'est
charmant et désuet (qui a dit comme la Suisse ??). Pour
les soirées au coin du feu, c'est idéal. Pour
reprendre à mon compte ce bon mot lu dans Positive Rage,
le lac de Lausanne d'où est issu Machnik peut dormir
tranquille, c'est pas demain qu'on y mettra le feu!
SKX
(18/12/2004)
website
label www.gentlemen.ch
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The
Mae Shi
Terrorbird - CD
5RC 2004
Ca chatouille sous les bras, ça glisse dans le slip,
une vraie anguille, c'est Mae Shi. Une musique pour déridée
les fesses, qui ne se prend pas au sérieux pour un sou.
Une bande à claques qui torpille le noyau de toutes compos.
L'esprit lutin de Melt-Banana pour enfants (ou adultes attardés),
voir punk et sec à la Minutemen et avec qui ils partagent
la même atmosphère folle-dingue de Los Angeles
quand ils jouent aux petits durs. Bonjour l'ambiance! Plus près
de nous, c'est du coté de Experimental Dental School,
Deerhoof et de tous ces groupes bidouilleurs et Do It Yourself
dans l'âme qu'il faut chercher la source d'inspiration.
33 morceaux en trois quart d'heure (le répéter
à toute vitesse), sans queue ni tête. Prendre son
pied le plus possible. Pas de limite à la créativité
tout azimut. Abstraction. Beat punk et dansant avec une bonne
dose d'ironie. Cris débiles mentaux, boite à rythme
à deux balles, faux rap et vraies gaudrioles acides.
Avec peu de moyen et beaucoup d'enthousiasme, ce premier album
se déguste frais, du pétillant qui pique et qui
fait la nique aux tatoués. Ne pas essayer d'aller gratter
plus loin. Toupille maléfique qui tourne, qui tourne,
qui amuse et puis on oublie.
SKX
(03/12/2004)
website
groupe www.mae-shi.com
website
label www.5rc.com
sounds
Vampire-Beats.mp3
| Revelation-3.mp3
|
|
Metronome
Charisma
Notre amour est assez puissant pour
détruire ce putain de monde - CD
Radar Swarm / Impure Musik 2004
Le nom de cet album est tout un programme, il fallait oser et
je n'irai pas plus loin dans les commentaires. Par contre, la
musique de ce jeune groupe bordelais est suffisamment burné
pour en mettre plus d'un sur les genoux ! Une précédente
démo nous avait déjà fait saliver. Avec
un certain Serge Morattel aux manettes (Knut, Brazen), ce premier
album fait une entrée fracassante dans le paysage hardcore
français. Metronome Charisma joue un hardcore sombre
à souhait, passant avec aisances de la face metal Breach
- Botch à un lyrisme emo jamais larmoyant à la
Envy - Gameness, tout en colère parfaitement contenue,
de riffs qui plombent, des accélérations qui laissent
sur place, une énergie qui fait grimper aux murs. Quelques
intermèdes au piano, de chute de tension (il est quand
même question d'amour ici !!) pour mieux reprendre son
souffle. Et encore
jamais l'impression d'étouffer
nous assaille. Malgré la puissance du son et la débauche
de tirs croisés, ces quatorze titres respirent continuellement,
tout est parfaitement agencé et distillé, le bâton
pour se battre soi-même et la poitrine fièrement
dressée. Metronome Charisma sait mieux que quiconque
d'où ils viennent, ne cachent en rien leurs influences,
les subliment juste pour nous offrir un point d'ancrage solide
qui fera date. Un album remarquable.
SKX
(13/06/2004)
website
groupe
www.metronome-charisma.fr.fm
website
label
www.radarswarm.com
| www.impuremuzik.com
sounds
Les_pieds_devant.mp3
| sebenneb.free.fr/cp_musique.htm
|
Microwaves
Attack Decay Sustain Release - CD
New Addition Media 2004
Après
un premier album " system 2 " passé hélas
trop inaperçu, Microwaves, trio de Pittsburgh's, tente
une seconde approche, qui, si tout se passe bien, devrait connaître
le même succès. Voir pire.
Car cette nouvelle réalisation est encore plus difficile
d'accès. Un album de noise dérangeant qui ne brosse
pas dans le sens du poil. Tout est question d'alchimie de rythmes,
de grincements, de coups vicieux sur le synthé, de voix
paniquées. Cette science, ils la pratiquent de haut-vol.
Rock droïde, entre Devo et Arab On Radar sans concession.
Mécanique chancelante, manipulateurs de sons, effets
organiques et continus sur la basse et la guitare, c'est le
son du robot-punk ! Marrant de voir d'ailleurs le graphisme
de la pochette. On dirait un flyer pour une foutue rave ! Toute
l'ambivalence de Microwaves. Du rock dévoué aux
machines. Ou le contraire. Dans des structures azimutées.
Ou pas. Car c'est aussi frondeur et sans détour ("
good samaritan ") et autres petits passages pour auditeurs
bien attentionnés. Avec l'art de dérégler
des plans bien intentionnés. De triturer les (bons) boutons
aux bons moments. Quand on sait en plus que Weasel Walter (
Mr Flying Luttenbachers) s'y est intéressé de
prêt et a masterisé tout ça, vous comprendrez
l'esprit tordu qu'il règne sur ce bout de disque et ces
mots qui défilent devant vous en perdent leur latin.
C'est tout ça Microwaves, un fourre tout organisé,
une musique au milieu de plein d'autres qui ne plaira à
personne. Un disque de noise-rock qui cache son jeu. Avec ses
mystères et ses humeurs impénétrables.
Le truc qui remue les méninges et le fondement. C'est
tout bon.
SKX
(27/08/04)
newadditionmedia@hotmail.com
|
Mihaï
Edrisch
L'un sans l'autre - CD
Alchimia 2003
Le
rouge et le noir de la pochette. Symbole des passions et des
souffrances. Avec un bonne dose de direct dans ta face! Mihai
Edrisch est un groupe de Lyon, existe depuis mars 2002 seulement
et a le caractère déjà bien trempé.
Un premier album qui impose sa loi au rayon des groupes emo/hardcore
écorchés. La production est de Santi Garcia, l'espagnol
de service derrière les manettes de Standstill, E 150,
Aïna. Autant dire qu'il connaît son boulot et qu'il
a pondu un écrin idéal à la furie développée
par Mihaï Edrisch. La section rythmique chauffe de tout
bois, une qualité assez rare dans ce style de musique,
tour à tour rapide, binaire et complexe. La sauvagerie
d'un Orchid. Le lyrisme brut d'un Envy. Et la pluie qui tombe,
un piano tombé là à bon escient et des
rires d'enfants pour clore l'album sur une note optimiste. Entre
temps, c'est l'abîme en pleine tripe. La castagne à
tous les étages. Les fonds sont insondables. On finit
comme on a commencé, par la pochette, qui sent la colle
sur les bois, originalement assemblé pour une première
oeuvre en tout point réussi.
SKX
(01/03/2004)
website
groupe www.mihaiedrisch.fr.st
website
label www.alchimia-inc.fr.st
|
Milgram
Expensive record(s) - CD
Rock'n'Roll Charity Hospital 2004
Milgram. Le nom reste mais la musique change, tout comme le
personnel. Turn-over dans le nord. Les nouvelles aventures de
ce groupe de Lille. Troisième album avec toujours Milgram
marqué dessus mais ils auraient pu changer de patronyme
qu'on aurait vu que du feu. Après un premier album noise
et viril bien marqué années 90, suite à
un deuxième album rock-electro foutraque,
le trio Milgram revient avec un rock hybride, à mi-chemin
entre le math-rock et la pop. Trois albums, trois ambiances
foncièrement différentes, Madame l'ambassadrice
est contente. En fil rouge, le mot rock. Tout de même.
Parti faire les zouaves chez Bob Weston (Mr. Basse chez Shellac),
Milgram revient le cur léger et la musique sautillante.
Ce math-rock là n'est pas dans la prise de tête.
Si le travail et les entrelacs entre les instruments flirtent
avec la complexité, le propos n'est pas dans la surenchère
technique. L'humeur est à la joie de vivre, aux rythmes
entraînants, aux têtes à queue, les mains
sans le volant, le parcours est sinueux et les chicanes négociées
les doigts dans le nez. Chez Bob, le son ne joue pas les gros
bras, c'est détendu, au diapason avec des compos légères
et nerveuses. De Lille à Chicago, il n'y à qu'un
océan de rien du tout franchit allégrement. Milgram
a suffisamment de recul sur la musique noise-rock depuis 10
ans pour contourner le cap de ses influences américaines.
De Ui à Storm and Stress, Milgram rapporte un album frais
et personnel, qui manque de consistance sur la longueur mais
cet " expensive record(s) " valait bien le voyage
chez l'Oncle Sam. Depuis, Milgram a rajouté un membre
à son groupe, un nouveau batteur pendant que l'ancien
se remet à la guitare. L'évolution est permanente
chez Milgram. On a tout à espérer de la suite.
SKX
(18/12/2004)
website
groupe milgramsound.free.fr
website
label rocknrollcharity.free.fr
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MORELAND
AUDIO
" Turbogold " - CD
54' 40° or Fight 03
Equation à trois chiffres, Moreland Audio est un nouveau
groupe constitué autour d'un noyau d'ex-Purkinje Shift
(Gary Flom et Ben Davis). Vous rajoutez l'indéboulonnable
batteur au milieu (Adam Overton) et c'est reparti pour une énième
virée dans le paysage indémodable du groupe instrumental
math-rock. Pour les chanceux qui connaissaient déjà
leur ex-groupe sus-nommé, l'eau n'a que peu coulé
sous le pont. Engouffré dans le trou noir crée
par Don Caballero, leur univers confine à l'infini vers
des architectures sinusoïdales, à la précision
diabolique, un monde où tout est scientifiquement à
sa place, presque obsessionnel dans sa quête de l'ordre.
Moreland Audio se sort cependant du piège froid et clinique
où d'autres comparses s'enferment en insufflant une bonne
dose de rock que leur technique maîtrisée et sue
sur le bout des doigts rend fluide et sans complication inutile.
En plus, Gary Flom s'est trouvé un joujou extra, une
guitare qu'il joue allongée (la guitare, pas lui) sur
laquelle il fait glisser une canette de bière (bon en
fait, c'est pas exactement une canette mais je suis sûr
du coup que vous voyez beaucoup mieux de quoi je veux parler!).
Ca vous donne des sons tout en fiiiizz, un surplus d'oxygène
dans ce disque où chaque détail compte. Huit titres
seulement mais longuement disputés par des orfèvres
en la matière qui subtilement apportent leur pierre à
un édifice qui compte de nombreux étages et qui
ne le défigurent en aucun cas.
SKX (31/12/2003)
website
groupe www.fiftyfourfortyorfight.com
website
label
www.fiftyfourfortyorfight.com
sounds
www.fiftyfourfortyorfight.com
-> section "merchandise"
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Myra
Lee
Self-titled - CD
Rejuvenation / Théâtre / La Machoire / Jason R.
/ Bloko Autonoma 2004
Les potes de virées de Loisirs sortent à leur
tour leur premier long jet. Une arrivée en fanfare, ça
déboule grave. La scène emo-noise-hardcore (je
ratisse large, c'est plus sûr) peut s'enorgueillir d'un
nouveau rejeton issu de la famélique triade poitevine
! Réduit au trio après le départ de la
chanteuse, c'est donc entre mecs que Myra Lee se retrouve et
durcit le ton. Il y a du Kurt dans cette rythmique qui pulse.
Du Shotmaker (forcément) dans le souci de la mélodie.
On arrête pas le train en marche. Cette sombre rage marquée
par un chant qui sort des tripes et l'autre plus mélodieux.
Cette folle destinée droit dans le mur. Il faut une trompette
salvatrice sur " ré " ou un refrain très
connoté Engine Down sur " questions " pour
calmer les ardeurs. Le reste du temps, ça file en apnée.
Rien de neuf sous le soleil mais c'est plein d'enthousiasme,
des compos de qualités qui donnent du relief à
ce premier album prometteur d'un groupe qu'on espère
en voie de personnalisation. Et dans le Huit Six, on aime aussi
rigoler, de vrais boute-en-train. Pour preuve, cette reprise
d'un morceau de Richard Gotainer tout à la fin de la
fin du CD. Le sampa-core, breveté Poitiers, pour finir
ses soirées. Il serait temps.
SKX
(09/10/2004)
website
groupe loisirsmyralee.free.fr/myralee/index.php
sounds
Kids.mp3
9emePorte.mp3
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Made
in Mexico
Zodiac zoo - CD
Skin Graft 2005
Fabriqué à Providence, la maison de Load records,
c'est sur Skin Graft que Made in Mexico échoue et tous
ces signaux forts doivent vous mettre sur la piste d'un nouveau
groupe au rock dérangeant. Entre aperçu sur un
split avec Athletic Automaton,
leur musique prend cette fois définitivement son envol.
Du caractère affirmé. Le jeu de Schneider (ex-Arab
on Radar) est à nul autre pareil. Rempli de crispation,
de nerf en pelote, de larsen grinçant et d'éclats
mélodiques très brefs. C'est dans la rythmique
qu'il faut trouver un allier pour ne pas déraper. Mais
le danger rôde. Ambiances toutes bizarres que l'on pourrait
dans un moment de faiblesse comparer aux premiers Sonic Youth.
Ce truc tout rampant qui sent le cinglé à vingt
mètres, déconcertant et maléfique. Le chant
et les incantations de la Miss Mitchell (Rebecca de son prénom)
ne sont pas là pour rassurer. Compositions syncopés
qui gardent (garde-fou) une ossature rock pour ne pas faire
fuir les derniers moutons. Rock déviant assurément
mais surtout créatif contre la médiocrité
ambiante, capable d'écrire de vrais hymnes underground
comme Farewell Myth. Introduction acoustique, grésillement
d'un vinyl, rythmique tribal, riff entêtant. Zodiac Zoo
est une bête aussi attirante que effrayante, le genre
de disque qu'on aborde avec respect. Comme d'habitude avec Skin
Graft, plongez sur la version vinyl si vous avez l'occasion,
c'est du grand art. Comme la musique.
SKX
(11/11/2005)
website groupe madeinmexico.lotsofnoise.com
website label www.skingraftrecords.com
sounds FarewellMyth.mp3
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Made
out of Babies
Trophy - CD
Neurot 2005
Après
toute une série de disques où il était
surtout question d'atmosphère atmosphère, Neurot
records (San Francisco) sort de sa torpeur et revient au rock,
le vrai, le couillu avec une nouvelle signature débarquée
de l'autre coté du pays, New-York, la grosse pomme capable
comme personne de dégurgiter des groupes noise et cruels
comme on n'en fait plus. La bande de Neurosis a eu le nez creux.
Cooper, le nom qui cingle, c'est celui du bassiste et ce Monsieur
officie également au sein de Players Club avec Dave Curran,
bassiste un tantinet plus connu, de Unsane. Alors question rythmique,
Made out of Babies fait dans le lourd et violent, dans ce groove
tortueux qui scotche sur place. Sur plus d'un titre, le rapprochement
avec l'assise de Unsane est flagrant. L'atmosphère, car
on y revient toujours, est poisseuse mais ya pas à sourciller,
ça éclate et MOOB laisse une issu de secours à
son auditoire. C'est pas évident de prime abord mais
au fil des écoutes, les structures s'éclaircissent,
la guitare n'est pas qu'un cri rageur continuellement dans le
rouge et puis il y a cette voix. La voix, féminine, apporte
une touche toute personnelle, suffisante pour que l'on ne taxe
pas ce groupe de copie. Un registre large qui suinte parfaitement
avec les différents états d'urgence de la musique.
Au final, des morceaux tout tendus de partout, aux accroches
évidentes passées le premier cap, à sec,
ça fait toujours cligner des yeux et puis après
ça glisse tout seul, des morceaux comme Gut shoveler,
Sugar ou Pirate aident à la déglutition.
Made out of babies accouche dans la tourmente d'avortons costauds
comme on aime. Nouveaux dégénérés
en perspective.
SKX
(09/12/2005)
website
groupe www.madeoutofbabies.com
website
label www.neurotrecordings.com
sounds
Ire_Fire.mp3
| Swarm.mp3
|
Mannequin
Warps yr head - CDEP
Reptilian 2004
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99 était un groupe fort nombreux. Normal que parmi les
10/12 membres (j'avoue ne pas avoir tout suivi), d'autres aventures
se déclarent. On ne compte plus les groupes avec des
ex-Page 99 et Mannequin figure en bon rang. Après un
split avec Transistor Transistor, Mannequin revient tout seul
à la charge. " Be yourself " ouvre ce 7 titres.
Un riff bien crade, on dirait entendre le fantôme de Nirvana.
Et le fantôme est persistant, revient régulièrement
visité le Mannequin qui n'a que ces trous béants
pour se laisser manger par cette influence prédominante
qu'est Nirvana! Punk-rock bien crade, le Mannequin n'est pas
tout jeune et aurait eu son heure de gloire sans faillir début
90 en pleine euphorie grunge. Comme on est 10 ans plus tard
et que les types ont beaucoup écouté de hardcore,
ça vous donne une version bien vile et tapageuse, le
fantôme se dissipe. N'empêche ça fait bizarre.
Surtout que (je voudrais pas insister), sur le morceau "
degenerite skull routine god ", c'est carrément
le fantôme de Dinosaur Jr qui se pointe. Ca sent quand
même le second degré à plein nez cette affaire
là! Alternance de chanteurs entre les frangins Taylor,
ça donne du souffle à ce EP. L'énergie
est brutale. Ca dégraisse à tout va. Avec des
illères, c'est un bon disque amusant.
SKX
(09/01/2005)
website
label www.reptilianrecords.com
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Mare
Mare - CDEP
Hydrahead 2004
Mare
saigne à blanc. Les fins sont proches. Paysage de désolation
où tout est à reconstruire. Tyler Semrick, l'ex-chanteur
de The End, n'a pas peur des grands chantiers. Une vision globale.
Mare ne peut se contenter d'un style. Si le fond de commerce
est foncièrement metal avec une pointe de doom (animal
bestial réputé pour sa lenteur et sa lourdeur),
ce nouveau groupe de Hydrahead se caractérise par une
approche quasi orchestrale. Les voix, même si elles sont
l'uvre d'une seule personne, sont bien au pluriel. Centrales,
elles se conjuguent à toutes les sauces. Subtiles, aériennes
ou maniaco-dépressives, vicieuses, voire un brin death
dans le fond de la gorge mais aussi façon chorales et
ces sempiternels samples des voix bulgares que le metal/hardcore
peut remercier pour les avoir pillées régulièrement.
Tout ça vous donne un cachet spécial et unique,
évitant de justesse le piège de la grandiloquence.
Un point commun avec Neurosis. Mare aime les grandes étendues
spirituelles auxquelles ils rajoutent le malsain d'un Today
is the Day. De longues introductions multi-vocales avant que
le glas d'une grosse caisse, le riff funeste d'une guitare,
le chant des entrailles signe la fin du printemps. Mare donne
dans l'orchestration doom. L'éléphant en tutu.
Une image encore difficilement cadrable. On a un peu de mal
à les suivre mais ce projet ambitieux a de la cuisse.
Une mare ténébreuse à même de recéler
des trésors futurs.
SKX
(08/01/2005)
website
groupe www.mare.ca
website
label www.hydrahead.com
sounds
they_sent_you.mp3
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Melt-Banana
/ Chung
Quick quick slow death - 10''
Sounds of Subterrania 2005
Comment
ne pas commencer cette chronique en parlant de l'objet! Le premier
disque hologramme ! Une pochette démente en format 25
centimètres avec un hologramme géant, une histoire
de tapette à mouche et de météorite, file,
file, mort violente. La musique pourrait presque paraître
secondaire si Melt-Banana ne figurait à l'affiche. En
attendant un nouvel album annoncé pour cette année,
trois inédits scroutchant en 45 tours. " 52 hands,
36 possibilities ". L'art de (toujours) nous faire fantasmer.
La voix de Yako sur un air de piano fou, un mixage sauvage et
très découpé. Melt-Banana expérimente,
c'est pas nouveau, et ce coup-ci est plutôt bien réussi.
Le second " sweeper " nous ramène à
la réalité. Dans la lignée de " cell-scape
", un morceau au tempo plus calme que les mitraillettes
d'antan, les délires du guitariste et un morceau très
convaincant. Final " target inside ", en plein cur
d'une cible crissante, hirsute, expérimentation encore,
on en redemande. De l'autre coté de la face, un groupe
allemand (comme le label), Chung, ça joue plus vite que
Melt-Banana, c'est la même chanteuse mais non attendez
voir ça tournerait pas en 33 tours ah si c'est pas pareil
(il a fallu deux morceaux avant de s'en apercevoir !) la chanteuse
est un chanteur et je me demande si je vais pas remettre en
45 en fait
. 2 albums à leur actif et ce split avec
les stars japonaises ne saurait être de trop pour les
mettre sur la carte du rock. Rock trafiqué à l'huile
de coude pour glisser sur la vague sixties (un chouilla) avec
synthé et pas grand chose à se mettre sous la
dent sinon leur saine (vaine) énergie. Qu'importe ! Rien
que pour l'objet et Melt-Banana, quick, quick, dépêchez-vous
avant qu'il ne reste plus rien de ce disque limité en
tirage!
SKX
(22/06/2005)
website
groupe www.parkcity.ne.jp/%7Emltbanan
www.chungmusik.de
website
label www.soundsofsubterrania.com
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Melted
Men
Smoke Alarm Limbo - 7"
Pinksock 2004
C'est
pas tous les jours qu'on a les Melted Men à table. Faut
faire gaffes à qui vous invitez, ces lascars d'Athens
en Géorgie, Etast-Unis, ne savent pas se tenir. Roi du
collage sonore, Melted Men utilise des instruments faits maison,
rajoute des sons incongrus et des voix plus présentes
qu'à l'habitude pour servir cinq titres bien secoués.
Rappeur de l'impossible, danse du ventre à l'envers avec
pets continus, Melted Men défient tous les danseurs du
monde dans un gigantesque contest expérimentale, groovy
provocateur et dérangeant. On s'attardera sur la pochette
intérieure avec une série de photos où
(semble-t-il) un Melted Men en tenu de scène (autant
dire pas adéquat pour l'ordre public même si ils
ont fait pire) est arrêté par un policier en bermuda
(ça devait être l'été) sous les regards
de passants interloqués. Leur lieu de prédilection
reste la scène mais ce bout de vinyl tout remuant est
unique et complètement décalé. C'est pour
ça qu'on les adore !
SKX
(02/01/2005)
website
groupe www.meltedmen.com
website
label www.pinksockrecords.com
sounds
mm_sf.mp3
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Membrane
Utility of useless things - CD
Basement Apes Industries 2005
Trio
de l'Est de la France, Membrane ne laissera échapper
personne. Prisonnier dans sa propre cellule. Aliénation
des sens. Noirceur du trait. Barrière rigide. Membrane
a construit un bloc monolithique, une face bien sombre comme
savait le faire Unsane (ou plutôt " sait " puisque
qu'ils sont toujours d'actualité !), référence
indéniable qui saute de suite aux neurones. En compagnie
des Sleepers, ils dressent toujours haut l'étendard du
noise-rock façonné pendant les années 90.
Mais au contraire des Sleepers, ils le font sans aucune retenue.
Une conviction, une fusion, sans respect pour les aînés,
la conscience de leur apport mais le regard vers l'avant, un
optimisme forcené, vaille qui vaille. Enregistré
par Serge Morattel, l'assurance d'un son taillé pour
la circonstance, un son qui devient bien caractéristique.
Six titres travaillés sous ses dehors bruts, le détail
sous chaque coup de massue, les voix ouvragées pour donner
plus d'ampleur. Sensation d'étouffement. Aux cotés
de vos mastodontes Breach, Condense et
Unsane, faites
une place de choix pour Membrane.
SKX
(11/04/2205)
website
groupe www.blindprod.com/msupport.htm
website
label www.basementapesind.com
sounds
utility.mp3
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Microfilm
A Journey to the 75th - CD
Rejuvenation 2005
Microfilm
vient de Poitiers. Rien qu'avec ça, tout devrait être
dit. Et pourtant, Microfilm ne fait pas dans le punk-rock (même
sans roulette). Le concept de Microfilm, c'est d'apposer des
samples de dialogues de films sur un fond musical qu'on qualifiera
de vaguement post-rock. C'est-à-dire que c'est rock mais
moins que les Saints. Du rock moderne pour jeunes gens bien
sous tout rapport. Pas rebelle pour un sou mais pas légume
non plus. Un univers musical, par la force des choses, très
cinématographique (celle là, fallait pas la chercher
bien loin), jusque dans la pochette. De grands voyages où
l'intensité monte crescendo. La vue n'est pas à
couper le souffle. On s'ennuierait presque parfois. Mais le
travail des guitares et les arpèges bien montés
dessine des paysages agréables. Microfilm sait mettre
suffisamment de nerfs pour ne pas lâcher l'auditeur en
pleine nature. Une douce mélancolie surannée qui
s'empare de vous sans la mise en abîme. Le sample systématique
peut lasser sur la durée mais un concept est un concept
et autant s'y accrocher jusqu'au bout. Pour ma part, je ne connais
et n'ai jamais connu quelqu'un qui habitait au 75 d'une rue
quelconque. Mes rues sont plus courtes que les votres. Mais
ce n'est pas une raison suffisante pour passer à coté
d'un disque qui s'écoute comme on regarde un bon vieux
film le dimanche soir quand on se sent comme une larve.
SKX
(11/04/2205)
website
groupe www.microfilm.fr.st
website
label www.rejuvenationrecords.com
sounds
mp3.html
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Mihai
Edrisch
Un jour sans lendemain - CD
Alchimia 2005
Le
second opus des lyonnais de Mihai Edrisch interpelle tout de
suite par la grande sobriété de son digipack et
par les huit titres qui s'inscrivent noir sur blanc au dos de
l'objet. Huit verbes qui claquent (naître, marcher,
vivre, etc
), la vie en accélérée,
comme dans cette pub pour une assurance, qui ont poussée
ma curiosité habituellement relativement insensible aux
paroles pour aller faire un tour sur leur site et voir de quoi
il retourne. Ca m'apprendra à être curieux. C'est
fatigué de naissance que ça commence puisque dès
le premier morceau " Naître ", le chanteur hurle
"qu'à tout dire, je préfère crever
". Forcément, la vie s'annonce comme un dur chemin
de croix et les paroles qui suivent ne font que confirmer. De
" naître " à " mourir " (une
délivrance serait on tenter de croire), toutes les paroles
se ressemblent. C'est zéro espoir sur toute la ligne,
rien qui vaut le coup d'être vécu. Ou si peu. Parce
que même dans ces moments là, c'est pourri d'avance.
Un seul titre au lieu de huit aurait pu suffir, c'est "
tire toi une balle dans la peau, et vite fait encore ".
Ou moins prosaïquement, c'est le genre poète maudit,
" je t'en veux de ne pas vouloir me quitter "
et autres pleurnicheries!! Tout ça est peu too much pour
moi comme disent les jeunes. Un (gros) poil de maturité
dans ce hardcore là ne serait pas superflu. Heureusement,
avec la musique derrière, c'est moins gênant, sauf
dans les rares occasions où ça baisse d'un ton,
juste le temps de se rendre compte que la voix manque cruellement
de coffre (on va croire que je m'acharne !). Mais c'est tout
un symbole. Après un premier album
très prometteur, le screamo-hardcore de Mihai Edrisch
verse dans une sensiblerie, un émotion à fleur
de peau qui passe trop souvent du mauvais coté de la
limite. Leur musique ne manque pourtant pas de virulence et
de saines bourrasques, de montées poignantes et offre
des moments salvateurs. Mais il y a comme une atmosphère
générale affectée qui fait de ce Un jour
sans lendemain un album abordé avec des pincettes. Où
Envy réussit à passer ses émotions sans
chichi, Mihai Edrisch les met en scène de façon
trop dramatique pour y adhérer.
SKX
(16/10/2005)
website groupe www.mihaiedrisch.com
website label www.alchimiarecordings.com
sounds Marcher.mp3
| Souffrir.mp3
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Miniwatt
I can't stand waiting for it - CD
Arbeid 2005
Quatre
ans que Miniwatt n'avait donné signe de vie. Déjà
qu'ils étaient aussi connus qu'un groupe du fin fond
de l'Ardèche, ce silence ne va pas les aider. Pourtant,
ils viennent de la cote est des Etats-Unis, Rhode Island exactement,
ce qui est un tantinet plus facile pour un groupe rock que de
venir de l'Ardèche (très beau pays au demeurant)
! Quatre ans donc pour sept titres seulement, même pas
un quart d'heure de musique, ça chôme vraiment
pas chez Miniwatt qui en fait le minimum. Et comme chez Miniwatt,
on aime pas quand ça bouge trop, ce nouvel et troisième
album reste dans la lignée de ces prédécesseurs.
Noisy-rock, aiguisés au plus fin, sept titres qui s'assemblent,
pièces nerveuses où l'impression première
que chaque rythme et chaque accord se ressemblent pour peu à
peu prendre ses marques, le fer rouge de l'urgence, ce jeu basse-batterie
qui pulse sans cesse, la machine avancée, cette guitare
pendue à ses cordes, rapides et qui tiennent la note
pour mieux vous persuader de sa vitalité. On les retrouve
comme on les avait quittés. C'est du solide et sûrement
leurs meilleures compositions à ce jour.
SKX
(14/05/2005)
website
groupe www.miniwatt.com
website
label www.arbeid.ws
sounds
my_own.mp3
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Miss
Goulash
Karaoké karaté club - CD
Ektic 2005
Formé
du tout lyonnais et de son monde parallèle, de celui
qui compte et qui bouge, Miss Goulash est un ragoût musical
où se jette pêle-mêle une pléthore
d'instruments pour ambiances alternatives. Une histoire de rencontre
qui se font et se défont, jusqu'à l'incontrôlable,
quand la grande roue de la vie vous joue un mauvais tour et
frappe l'un des siens plus sûrement qu'un uppercut de
Tyson. En hommage à leur pote Guillaume, ce deuxième
disque de Miss Goulash ne perd pas pour autant sa joie de vivre,
coûte que coûte, de l'avant, la musique des Lyonnais
procure entrain et bonne humeur, fut-il jaune et grinçant
le sourire. A mi-chemin entre les musiques de l'Est, voir orientale,
cette douce mélopée de clarinette, d'un soupçon
de musique de chambre, le violoncelle qui caresse, et d'une
énergie punk avec des rythmiques groovantes, la Miss
Goulash n'est pas une mince affaire à suivre. Le chant
est un gigantesque karaoké qui raconte des conneries,
un air burlesque, appuyé par un chant féminin
qui se pointe aux beaux jours. L'orchestre foisonne mais le
cadre reste clair. Point d'anarchie et de folie incontrôlée,
chaque instrument est bien à sa place, les structures
montent en boucle mais en ordre rangé, parsemé
de samples, de pleurs et de rires. Des cavalcades et des moments
de béatitude. Chez Miss Goulash, la course entraîne
toujours une chute à l'image du très beau "
balkaniques " qui clôt le chapitre, solennel et grave.
Si je ne suis pas toujours sensible aux atmosphères développées
par ce premier album, il en reste pas moins un mets contrasté
finement relevé qui trimballe sa joie de vivre comme
un lourd fardeau.
SKX
(14/05/2005)
website
groupe missgoulash.free.fr
website
labelwww.ektic.org
sounds
pMusique.html
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My
Disco
Language of numbers - CDEP
Crashing Jets 2005
My
Disco porte mal son nom. Vous ne danserez pas sur la musique
de ce jeune groupe australien. C'est le langage des nombres,
ceux qui demandent un minimum de réflexion et d'attention.
Une musique non linéaire avec des départs, des
arrêts, des silences, des stridences et une main de pilote
chevronné pour mener tout ça à bien. My
Disco doit autant à Hoover/Rockets Red Glare qu'à
Shellac, dépeindre ses émotions dans un cadre
relativement rêche, jouer des parties fines tout en gardant
ses chaussettes. Cinq titres où tout est dans le détail
qui fait forcément la différence, dans le non-dit,
dans cette façon d'attendre d'être à bout
pour se montrer véhément mais jamais bien longtemps.
Un bien bel objet qui se termine par un épique "
a moment of revelation ", six minutes durant lesquelles
My Disco montre tout son savoir-faire pour capter son auditoire
à partir de larsens parfaitement contrôlés
et d'une rythmique sourde à toute injonction. Le groupe
a également sorti un 1er single " Collapse Of An
Erratic Lung " tout aussi recommandable. C'est pas tous
les jours qu'on chronique un groupe de l'autre bout du monde
ici. Mais si vous en avez d'autres comme ça, faites nous
signe!
SKX
(14/05/2005)
website
label www.crashingjets.com
sounds
inthebenelux.mp3
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Made
out of babies
Coward - CD
Neurot 2006
Elle
en fait trop, elle est chaudasse, c'est paire de baffes à
la volée et coup de pied dans les roubignoles en retour
direct de la dame, sans réfléchir, à l'instinct
et puis cris calculés et pose à deux balles. Une
lutte à bras le corps qui n'est pas pire que bien des
mâles hurleurs monotones et autres braillards de gouttières.
Mais voilà ce qui marque. La voix du porte micro, Julie
Christmas, omniprésente. Mais à bien écouter,
tout ça fini par se noyer, crouler sous son propre poids,
se fondre dans la masse d'une musique chargée, un bloc,
lézardé, rocailleux, angulaire, tranchant. Made
out of babies perd lentement mais sûrement ces racines
new-yorkaises qu'ils cultivaient à l'ombre de Unsane.
S'immergent à Chicago dans l'antre d'Albini, hument au
passage l'air vicié que Jesus Lizard a définitivement
laissé dans la crasse environnante (et pour qui ils semblent
vouer un culte à la mesure de ces demi-dieux) et sculptent
un deuxième album de noise-rock pas évident à
aborder. C'est pas le genre de disque qui brise la glace avec
des riffs faciles et des déhanchements putassiers. Du
solide, du burné, du fracassé sur les rochers,
dans la grande tradition des groupes noise engendrés
par les villes du coin. On se dit qu'avec une voix mâle,
ce disque rentrerait directement au panthéon mais faut
faire avec, c'est sa particularité, leur truc en plume
à eux, qui les distingue de la masse grouillante, ramasser
en hâte le soupçon de révolte entrevu la
veille, surtout ne rien laisser dépasser et tant pis
pour la puce diabolique qui s'y est glissé en douce.
De toute façon, t'as pas le choix. T'as bien l'air malin.
Elle gratte, elle pimente et tout le monde en profite. C'est
comme l'image de ce gamin sur la pochette. Ca attire autant
que ça rebute mais ce coup dans la tronche est un mal
nécessaire.
SKX
(22/11/2006)
website groupe www.madeoutofbabies.com
website label www.neurotrecordings.com
sounds mrprisonshanks.mp3
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Man
Man
Six demon bag - CD
Ace Fu 2006
Man
Man sont cinq. Origine Philadelphie. Le rapport ? Aucun. La
musique de Man Man dépasse les localisations et les chapelles.
Elle est universelle. C'est beau (je suis moi-même ému
par ce que j'écris). Vous ne lirez pas une chronique
de Man Man sans une allusion à Tom Waits et Captain Beefheart.
Cette chronique ne dérogera pas à la règle.
Tom Waits pour la voix. Cette voix avinée et enfumée,
chargée en souffrance mais qui garde espoir. Honus Honus
(c'est pas un nom ça !), à la moustache impeccable,
racle, vocifère, narre des histoires pas possible sur
fond d'univers ivre de musiques du monde, tanguant au gré
d'une marche funéraire où les pleurs sont interdits,
tout de blanc vêtu. Des chansons à boire comme
un trou. Le désespoir au fond d'un verre. Les femmes
et les enfants d'abord. Captain Beefheart pour l'effet de surprise
constant. Ce vieux blues toujours remis sur l'autel du jour.
Blues orgiaque et incantatoire. Le fantôme de Screaming
Jay Hawkins. Une version hirsute du cabaret de Kurt Weill. Le
far-west pour un groupe complètement à l'ouest.
Une douce folie musicale pour cinq êtres baroques qui
n'ont pas peur de faire du bruit. De se montrer primaire dans
des fringues à quatre étoiles. Décrire
ce deuxième album est une vraie gageure tellement il
ya de l'improbable, du fouillé et du bordel qui vont
bien au-delà des influences précitées.
Six demon Bag vaut le déplacement à condition
d'aimer les ballades secouées, de voyager dans l'inconnu
et ne pas savoir de toute façon si on va arriver quelquepart.
SKX
(26/02/06)
website groupe
www.wearemanman.com
website label www.acefu.com
sounds EngwishBwudd.mp3
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Marypoppers
Marypoppers - CD
SK 2005
C'est le split 10'' avec Chevignon dans la série des
12 salopards sur SK records qui a vu déboulé Marypoppers
dans le paysage noise français. C'est avec ce premier
album que les Lyonnais tente d'enfoncer le clou. Ne vous fiez
pas au nom (c'était pas la grande inspiration ce jour
là !). Marypoppers, c'est du chemin de traverse. Du rock
dissoluble dans la débauche de structures tour à
tour rampantes ou martelantes. Cette petite touche Arab on Radar,
vicieuse et dissonante, le jeu des guitares qui dérape,
voir l'incontournable référence locale Condense.
Mais comme Marypoppers n'a pas les arabes dans le collimateur,
surtout quand ils sont américains, ils la jouent perso
et tentent des attaques par les cotés. Une clarinette,
une apparition de voix féminine (Midnight princess),
un Little man étrange et compté par une
voix digne d'un Captain Beefheart avant la cacophonie d'un Headache
qui dit tout dans son titre. Une façon de marquer son
territoire dans la subtilité, de chercher des poux dans
la tête et provoquer des grattements de perplexité.
C'est un disque intriguant qui cherche son chat, trouvant de
beaux murs d'escalades mais laissant également un arrière-goût
d'inachevé, des impulsions qui font mouche mais aussi
des moments où l'auditeur se barre. On sent bien que
le groupe tente une approche gaillarde et originale de la musique
noise, alliant cérébralité et punk attitude
mais pour l'aboutissement, on attendra encore un peu. Un disque
prometteur dont on regrettera par contre la pochette la plus
laide qu'il m'ait été donnée de voir depuis
longtemps. Désolé, le digipack trois volets est
parait-il somptueux, mais cette version promo ne me donne que
la pochette à voir et le graphisme signé Mika
Puss me file la nausée. Marypoppers ose mais ne marque
pas à chaque fois.
SKX
(21/02/06)
website groupe www.marypoppers.fr
website label www.skrecords.org
sounds www.marypoppers.fr
: section download (tous leurs morceaux sont dispos en mp3)
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Mikaela's
Fiend
We can driving machine - CD
Strictly amateur films 2006
Ca commence par le grésillement d'un bon vieux vinyl.
Une minute quarante d'un morceau d'opéra désuet,
reproduit tel quel, sans la moindre tentative de piratage. Pour
la suite, c'est les femmes et les enfants d'abord. Dix morceaux
de lessiveuse noise. On a du mal à croire, quand le casting
final s'affiche, que deux seuls types sont à l'origine
de ce vacarme. Vraiment. Deux jeunes amerloques qui n'atteignent
même pas l'âge d'un membre de No Means No quand
on additionne leurs printemps respectifs. Leur but : tenter
de battre sur leur propre terrain les Lightning Bolt et rendre
leur public encore plus sourd. Le groove en moins. Les stridences
en plus, acouphènes compris. Un fracas de tôles
froissées pour la guitare, des effets retords dans les
cordes, des pédales en pagaille et réfractaires
à tout contrôle, un batteur qui tape comme un sourd,
vite et sans respirer. Ca fait pas dans le détail. Les
morceaux se suivent, se ressemblent, se rejettent. Ca manque
de distinction mais pris morceau par morceau, c'est jouissif.
C'est pas indemne qu'on ressort de cette machine. Même
les vieux singes font la grimace. La fougue de la jeunesse qui
aurait besoin d'être canalisé. En attendant, ce
premier jet marque les esprits.
SKX
(02/12/2006)
website groupe www.limbsanddigits.com/mikaelasfiend
website label www.safrecords.com
sounds safrecords.html
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Milemarker
Ominosity - CD
Eyeball 2005
J'avais
décroché de Milemarker. Depuis leur album Frigid
form sells en l'an deux milles. Il me semblait qu'ils avaient
tout dit, que leur cdep Satanic Versus pour pas mauvais
qu'il soit sans oublier l'album suivant Anasthetic, très
moyen, soient les pièces de trop. Trois ans de silence.
Un nouveau projet sous le nom de Challenger (Jade Tree records)
avec Al Burian et Dave Laney, les deux têtes pensantes
de Milemarker. Rien de mirobolant. Et puis le retour, comme
ça, d'un groupe qui n'avait pas vraiment splitté
et qui recompose ensemble pour le plaisir, désoeuvré
de ne pas savoir faire autre chose. Les premiers surpris semblerait
Milemarker eux-mêmes. Un retour qui leur donne des ailes
et l'envie d'en découdre à nouveau comme aux premiers
jours. Retour à l'essence punk-rock, où les synthés
et l'electro-punk ne sont pas bannis mais le jus, le nerf central
redeviennent rock. D'ailleurs, Ben Davis, le batteur d'origine
a repris les fûts, la dream team reformée, quelques
potes pour prêter main forte mais ce n'est pas reparti
comme en 40 non plus.
Les guitares sur le devant, un chant convaincant sur la misère
du monde, de bonnes inspirations comme le long Sun out,
le percutant Pornographic architecture, autant de signes
qui font dire que Milemarker a de nouveau la foi et les tripes,
bon appétit. N'empêche que tout ça sent
un peu le réchauffé et le régime sans sel.
De nombreux titres n'ont pas de saveur particulière.
Ca défile devant les yeux sans donner l'envie d'y toucher.
On picore deux trois plats mais faire honneur à tout
le repas est au dessus de mes forces. Il n'y a pas que les intentions
qui comptent. L'inspiration et la fougue de la jeunesse, on
y court après toute notre vie mais quand la messe est
dite
Un album du retour plaisant qui s'éteint comme
un feu de paille.
SKX
(11/01/06)
website
groupe www.milemarker.org
website
label www.eyeballrecords.com
sounds
foodchain.mp3
| Pornographic_Architecture.mp3
|
Milgram
Another one buys the dust - CD
Golden Delicious 2006
Milgram
enchaîne vite fait sur la vague de son album précédent
encore tout chaud Expensive record(s) avec ce quatrième
opus qui reste dans une tonalité identique. Fidèle
à leurs habitudes, Milgram enregistre encore un nouveau
line-up avec l'adjonction d'un quatrième membre qui pousse
l'ancien batteur à prendre la guitare (ça en fait
deux) et faire ses premières gammes au synthé.
C'est d'un pas guilleret et les cheveux au vent que Milgram
poursuit sa quête du morceau math-pop parfait. Math pour
cette complexité de bon aloi que des ribambelles de groupes
à géométrie variable tentent indéfiniment
de résoudre. Pop parce que Milgram insuffle fraîcheur
et vitalité, ne cherchant jamais à durcir le ton,
y mettant surtout le cur plutôt que les muscles.
Tout se joue sur la maniabilité des structures, la rapidité
d'exécution tout en douceur avec ce synthé nouveau
en toile de fond. Un synthé qui cherche encore sa place
et le son adéquat (le mauvais passage sur Agent Tyna),
rajoutant une couche à cette direction popisante que
prend Milgram. Une direction où le soleil brille, loin
du fracas et des saturations, explorant de nouveaux territoires
qui n'échappent pas hélas à une certaine
vacuité. Le revers de la médaille d'un album fluide
et enjoué, des qualités à quitte ou double.
Ca peut aussi bien retenir votre attention que vous passer largement
au-dessus. Il n'en faudrait pas beaucoup pour que tout ça
me laisse de marbre.
SKX
(25/06/2006)
website groupe milgramsound.free.fr
website label www.goldendelicious.com
sounds nativeburger.mp3
| stairwaytostarwars.mp3
|
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Mindflayer
Expedition to the hairier peaks - CD
Corleone 2005
Ca
commence mal mais c'est tout à fait normal. Dix minutes
d'un truc qu'on a oublié d'enlever sur le gaz, dix minutes
de stridences et d'une poulie mal graissée. Bienvenue
dans l'univers de Mindflayer. Duo de Providence avec Brian Chipendale,
le batteur de Lightning Bolt, on comprend mieux et Matt Brickman
(Forcefield). Et à coté, Lightning Bolt, c'est
de la comptine pour enfant. Une fois l'écrémage
du premier morceau réalisé, Mindflayer peut commencer
son show. Force tutélaire, Mindflayer l'anti-mélodique
se projette dans la transe, dans cette frénésie
bien connue du batteur Chipendale, à nu sur ses fûts,
Mindflayer, tout en rythme et en cadence avec une grosse couche
de bruits et de saturations en tout genre. Des flagellations
sonores de douze ou quatorze minutes à se manger dans
les dents. Un grand courant de musique noise qui tourne au psychédélisme
dans ses moments les plus longs, quand tout ne devient qu'une
énorme boule noire qui vous avale, prisonnier de ses
mâchoires dantesques. Ce pacte avec le diable est leur
quatrième album. Un peu plus tôt dans l'année,
le duo avait sorti un autre album, Die & Mold, deux
uniques périples de 17 et 18 minutes chacun, saccage
des sens et de la raison. Si vous aimez les trucs à la
Merzbow avec de vrais rythmes virils et frénétiques
dessus, tentez l'expérience Mindflayer, il se pourrait
que vous appréciez (en partie) l'effet tempête
du désert.
SKX
(19/01/06)
website
groupe mindflayer.com
website
label www.corleonerecords.com
sounds
mindflayer.com/mp3.html
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Minsk
Out of a Center Which is Neither Dead nor Alive - CD
At A Loss 2005
Minsk.
Ce nom m'a fait sursauter. Le groupe le plus connu des salles
de répétitions de Rennes. Un groupe de légende.
La terreur des caves. Un début de chronique qui a tout
d'une private joke, mais Minsk, les vrais, n'ont rien de rigolos
de kermesse. C'est du sérieux, du grand, du genre à
faire pousser les cornes à Neurosis. Car il est difficile
de ne pas parler de ce premier album de Minsk sans se référer
aux maîtres en la matière, les initiateurs d'un
genre qui en font courir beaucoup depuis. Epoque Enemy of the
sun / Through silver in blood. Minsk, ville de chair broyée
et de souffrance. Montagnes russes d'émotions profondes
et marquantes. Les six plages s'étendent dans les ténèbres
à la remontée du big bang originel. La panoplie
est au complet. Des riffs surpuissants. Des constructions soniques
qui engloutissent toute velléité. Bande-son en
continu aux samples parfaitement intégrés. Passages
ambiants qui ne font subir aucune baisse de régime à
l'ensemble. Voix monstrueuses et multiples. Affres de la transe
et de rythmes aussi tribaux que primaires. Repos du guerrier
sur fond d'acoustique avant le retour sur le front. Une dynamique
huilée comme une guillotine en pleine terreur. La mise
en abîme n'a rien de surprenant en soi mais c'est réalisé
avec un tel sens de l'à-propos que ce hardcore de l'apocalypse
devient une science exacte. A l'heure où tant de groupes
metal/hardcore aseptisent leurs griefs et donnent dans l'ambiant
progressif et pompeux, Minsk garde les clés de l'ancienne
école et font renaître sans cesse les cendres d'une
recette ancestrale d'un album aux codes immuables qui se transmettent
de génération en génération. Minsk
détruite, vaincue. Mais indestructible et toujours là
contre vents et marées. Un condensé d'histoire
en un album transcendant.
SKX
(05/03/06)
website groupe www.thesoundofminsk.com
website label www.atalossrecordings.com
sounds hfns.mp3
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Montana
Pete
Bass camp - CDEP
Autoproduction 2005
Vous
en connaissez, vous, des groupes qui filent leurs disques sur
simple demande ? De mémoire, Gag
(et ç'en est pas z'un), autre trublion anglo-saxons,
faisait ce genre de retape. Et encore, il fallait payer le port
(ils sont pas gênés ces rosbifs). Mais là,
rien, quedal, même pas un timbre ou un bout d'enveloppe.
Vous leur écrivez
et ils vous envoient ce disque, le dernier de leur collection,
mais aussi tous les précédents,
suivant la limite du stock disponible comme dit la pub. Une
générosité que l'on doit à internet
et tout ça, le peer-to-peer (pire en pire ?), bienvenu
dans un monde meilleur. Et en plus, Montana Pete, c'est pas
de la daube qu'on essaye de vous refiler sous le manteau. C'est
un drôle de putain de bon groupe. Un groupe qui ne se
prend pas au sérieux, c'est peut-être ça
le problème. Dans une Angleterre toujours en mal de la
dernière sensation, Montana Pete fait tâche. Une
perfide Albion qui préfère se dandiner le trou
de bal qu'ils ont sales (valable aussi pour les Français)
sur Franz Ferdinand. Les pauvres. Préfère une
musique qui rentre dans une petite case avec toutes les paillettes
et les poses à deux balles qui vont avec. Montana Pete,
c'est joie
de vivre et nouille en salade. Rock incongru plein de rebondissements
et d'inventivités. Du sans-gêne de qualité,
fauteur de trouble, pince sans rire à l'écriture
nickel chrome. Et merde ! Vous n'avez qu'à leur écrire
bandes de feignasses. Ou alors l'acheter. C'est aussi autorisé.
La vidéo en bonus est en plus pas du luxe. A bientôt
dans le bus.
SKX
(22/02/06)
website groupe www.montanapete.co.uk
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Maninkari
Psychoide / participation mystic - CD
Conspiracy 2007
Les
frères Charlot sous les feux de la rampe. Olivier et
Frédéric de leurs prénoms. Basé
à Paris, ce duo fait son cinéma avec un premier
maxi au scénario intriguant. Si je vous parle référence
cinématographique, ce n'est pas seulement pour placer
un jeu de mot vaseux sur leur patronyme. Ces types là
ont l'habitude de composer des musiques de films, ont même
sorti deux albums sous le nom de Bathyscaphe et l'écoute
de leur musique emmène vos neurones en ballade vous faire
un film tout personnel. Dans le monde des Charlot, ce sont des
tas d'univers qui se croisent pour deux pièces uniques
de huit et seize minutes. C'est la tradition et la technologie
moderne au coude à coude. Le cymbalom et le santoor,
ces instruments d'un autre âge, des trucs à cordes
sur lesquelles on tape, en provenance de l'Europe de l'est et
du Moyen-Orient défiant les synthés dernier cri,
des samplers froids comme un escalator de chez Virgin et au
milieu de tout ça, un violon omniprésent et des
percussions détonantes. C'est le post-rock cher à
tellement de monde qu'on ne sait plus à quoi ça
ressemble. Des envolées qui ne montent pas comme chez
Godspeed you black emperor mais je sens qu'on ne peut couper
à ce cliché. Le minimalisme d'un Phillip Glass.
Vu que c'est le seul artiste que je connaisse dans ce domaine
musical, je le ressors mais c'est peut-être pas le mieux
placé. Des samples envoûtants et inquiétants
avec le staccato d'un violon proche des morceaux les plus ambiants
et troubles d'un Bästard. Bref, le silence a autant sa
place que la densité rythmique. Les cordes, toutes sortes
de cordes, aussi présentes qu'effacées. Ca vous
laisse tour à tour tout frénétique ou rêveur.
Des mantras où miraculeusement, tout se met en place.
Je dis pas que c'est la révolution du siècle.
Encore moins la musique de l'année. Mais ya matière
à quelquechose. Une chaleur, une vibration qui font de
ce Maninkari autre chose qu'un énième groupe ambiant-post-je
sais pas quoi chiant comme la mort.
Et ce n'est pas fini. Sur proposition du label belge Conspiracy,
Robin Rimbaud (Scanner) et Justin Broadrick (Jesu, Godflesh,
etc
) ont remixé chacun leur morceau. Je n'y vois
pas trop l'intérêt. Les originaux se suffisent
à eux-mêmes. Mais si cela peut attirer un peu plus
l'attention sur Maninkari
Il est sûr qu'une telle
musique se prête à ce genre d'exercice. Rimbaud
ajoute à Psychose une dimension symphonique entièrement
virtuelle pas dégueulasse alors qu'avec Broadrick, je
coince. Je crois que je fais un blocage depuis qu'il se prend
pour Jesu. Je ne crois pas à un seul des miracles qu'on
semble prêter à son nouveau projet. Sur ce remix
de Participation mystic, il vous colle un semblant de
groove de mauvais goût, enlevant toute la beauté
et le mystère de l'original pour un résultat aussi
fade que son Jesu. L'album est prévu pour novembre. Le
diable avec ses chevaux est son nom. Je piaffe d'impatience.
SKX
(23/09/2007)
website groupe www.myspace.com/maninkari
website label www.conspiracyrecords.com
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Maninkari
Art
Des Poussières - LP
Conspiracy 2008
Grosse
sensation 2007 à forte valeur ajoutée en matière
d'émotions musicales, Maninkari revient cette fois avec
un vinyl limité à 400 exemplaires, toujours sur
le label Conspiracy. Après la mise en bouche doublée
d'une bonne surprise constituée par le quatre titres
Psychoide/Participation Mystic et après l'excellence
atteinte avec le double CD Le Diable Avec Ses Chevaux,
le duo parisien propose sept titres exactement dans la même
veine que ses enregistrements précédents. Dès
Flatus Vocis I, le premier titre, les dès semblent
jetés et bien jetés : mêmes tourbillons
de violon, même polyrythmie angoissante des percussions.
An Ecstatic Sleep State (deuxième titre) aborde
lui le côté ambient de la musique de Maninkari,
celui où tout se passe dans les profondeurs, comme ces
nuits silencieuses où chaque bruit résonne de
mille échos avant de s'évanouir dans la multitude
nocturne, puis le titre évolue vers une sorte de tension
dramatique bien qu'irréelle. J'apprécie La certitude
Avant De L'Attendre est le premier bouche trou du disque,
l'instrumentation y est floue, délétère
mais pas désagréable et prépare idéalement
le terrain à Flatus Vocis II qui reprend la même
formule que sa première partie : tourneries de violon
maléfique et rythmes tels de multiples piqûres
d'insectes avant un final en faux plat et en clair-obscur.
Face B. Fantasiaque est une courte introduction chargée
en dramaturgie, roulements de percussions et textures sonores
assombries. Dommage que La Douceur Est Lutte n'aille
pas plus loin qu'une utilisation d'apparence ludique d'instruments
étranges déjà dénichés par
Maninkari pour ses disques précédents (qu'est
ce que c'est ? encore du cymbalum ? du santoor ?), même
lorsque on est sous le charme de ces sonorités inhabituelles
on peut trouver le temps un peu long. Phantasms Of The Living
est le dernier (long) titre de Art Des Poussières
et il renoue avec la magie du groupe, celle qui convoque les
sens dans un tourbillon rythmique, mélancolique et dissonant
réussissant à faire le lien entre Tony Conrad/Angus
MacLise et un Bästard intelligemment ethnique.
Sur les 400 exemplaires de ce disque 75 sont de couleur dorée
mais honnêtement le rendu est plus proche de l'urine de
troll que du miel des Alpes. Aucun regret à avoir puisque
cette version est totalement épuisée mais il reste
la version en vinyl noir et accompagnée d'un coupon permettant
également de télécharger l'intégralité
d'Art Des Poussières en mp3, une pratique que
Conspiracy semble vouloir généraliser (tirage
limité + format numérique).
Haz
(23/11/2008)
website groupe www.myspace.com/maninkari
website label www.conspiracyrecords.com
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Maninkari
Le Diable Avec Ses Chevaux - 2xCDs
Conspiracy 2007
C'est
la fin de mon mois d'essai chez Perte et Fracas : vais-je pouvoir
rester à mon poste, vais-je devoir rempiler pour une
nouvelle période d'essai d'un mois (avec toutes les humiliations
que cela suppose
) ou bien vais-je moi aussi me faire virer
comme un malpropre et sans aucune indemnité ? Dernier
test avant de passer à la casserole dans le bureau des
ressources humaines, le patron qui m'envoie ce message laconique
: tiens, tu vas nous faire un truc sur l'album de Maninkari,
moi je trouve ça beaucoup trop long mais toi je suis
sûr que ça va te plaire, c'est de la musique de
hippies, tout à fait ton style. Mon style ? Ça
sentait le piège à plein nez : ou bien j'avouais
que j'aimais ce disque et je prenais la porte (la Bretagne n'est
pas la Lozère) ou je prétendais détester
ce double CD rempli jusqu'à la gueule de musique en provenance
directe du Patchoulistan. J'ai choisi en mon âme et conscience.
J'ai donc préparé mes arguments à l'avance,
oui ce disque est trop long, écouter le deuxième
CD ne sert à rien puisque c'est exactement la même
chose que sur le premier mais en moins bien, etc. J'allais prétendre
aussi qu'écouter les 120 minutes du Diable Avec Ses
Chevaux d'affilée n'était possible que sous
certaines conditions. Par exemple, tu as une femme, deux gosses,
un chien, c'est dimanche, la télé est en panne,
il pleut c'est dégueulasse et pour occuper tout le monde
tu as organisé une partie de Scrabble. M.A.N.I.N.K.A.R.I.
Avec le K sur lettre compte double, la dernière lettre
qui atterrit sur mot compte triple et toutes les lettres de
placées au final cela te fait un total de 137 points.
Pas mal quand même. Pour la définition on verra
plus tard mais ce sera genre : rituel chamanique d'expiation
transcendantale consécutif à une trop grande inhalation
de résidus d'hallux valgus râpé de moine
tibétain. J'étais fier de moi et plus que certain
de pouvoir définitivement installer mon bureau dans un
petit coin du P&F building. L'ascension sociale, la fortune,
la gloire, l'eau courante et les toilettes à l'étage
-tout désormais allait pouvoir me réussir.
J'ai quand même eu l'idée d'écouter ce disque.
Et depuis je n'écoute plus que ça, ou presque
(d'ailleurs j'en ai un peu marre de jouer au Scrabble). La longueur
est précisément l'imposante qualité du
Diable Avec Ses Chevaux dont les ambiances sont tenaces
et presque définitives. Il faut aimer la répétitivité
des motifs, les mesures incomptables, les rythmes polymorphes
(et pervers) d'apparence inorganisés -mais d'apparence
seulement- et il ne faut pas avoir peur de ce que le premier
tâcheron rimbaldien traumatisé par ses cours de
français en classe de seconde qualifierait d'invitation
au voyage. Mais un voyage vers nulle part, je veux dire vers
aucun territoire connu et balisé. On peut reconnaître
par endroit quelques touches de punk-noise folklorique européen
ou des atmosphères bâtardes s'élargissant
sur un état froidement contemplatif. On peut se dire
qu'il y a du violon, des drôles d'instruments moitié
à cordes, moitié percussifs, qu'il y a des samples,
des synthés, des effets troublants d'un écho à
la fois caverneux et aérien. Que le piano fantomatique
laisse un drôle de goût dans la bouche (un goût
que j'ai aimé) et que si chacun des onze titres de ce
Diable Avec Ses Chevaux se ressemblent, preuve que Maninkari
a parfaitement su se créer une personnalité forte,
ils ont tous quelque chose de particulier et d'unique, preuve
que le duo a également su gérer son identité.
Cette musique ne peut tout bonnement pas s'expliquer, ni être
réduite à un quelconque schéma. J'imagine
qu'elle peut facilement être détestable, si tant
est que l'on déteste tout ce que je viens de décrire
au dessus. Personnellement, je l'adore.
Haz
(11/11/2007)
website groupe http://www.myspace.com/maninkari
website label http://www.conspiracyrecords.com
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Man
vs. Nature
Mould = mouth - CD
Saftkuger 2007
Man vs. Nature m'a pas l'air du tout fiable. C'est la grande
foire là-dedans et le fait qu'ils soient Allemands ne
les excuse en rien. Responsable d'un premier album
en 2003 qui témoignait déjà d'un bel esprit
de synthèse dans le n'importe quoi, Man vs. Nature revient
quatre ans plus tard armé des mêmes intentions.
Complètement contre-nature. Sous les dehors très
propre sur soi de leur digipack à la pochette en carton
comme Shellac, les dessous, une fois les jupes relevées,
ne se trouvent pas dans les boutiques avec pignon sur rue. Ces
anciens Hifi-Killers, Stones Voices et Goldstar accordent autant
d'importance à l'esprit qu'à l'exécution.
L'esprit punk lubrique à la God Bullies (dont ils reprennent
très librement I want to kill you paru sur l'album
War on everybody en 1991 sur Amrep), la déjante
à la Cows versus tout ce qui suce, la new-wave la plus
cheap, la froideur d'une fin de fête, un death-rock qui
bouge encore et une bonne grosse dose de second degré.
Des synthés de chez Prisunic, un saxophone de la mort,
des rythmiques qui cognent ou qui ne cognent pas du tout. Des
chants débiles à la Quintron, des roucoulades
qui ne font pas toujours marrer et treize morceaux qui mélangent
allégrement tout ça, sans souci d'ordre et de
discipline, à suivre ou en même temps. L'album
débute pas mal pourtant, dans le genre Devo-rock d'outre-Rhin
mais après tout se perd un peu. J'avoue ne pas avoir
tout compris. J'ai pas vraiment cherché non plus. De
l'homme contre la nature, je ne sais pas qui reprendra ces droits
mais à défaut d'une réponse valable, nos
quatre de Cologne font preuve d'un univers très particulier
dont ils nous laissent qu'épisodiquement la clef pour
souscrire à leur hallucination collective.
SKX
(10/05/2007)
website groupe www.myspace.com/manvsnature
website label www.saftkugler.eu
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Marnie
Stern
In advance of the broken arm - CD
Kill Rock Stars 2007
Les
blagues foireuses et machistes sur les blondes vont en prendre
un sacré coup. Parce que Marnie Stern est blonde, du
genre mignonne et qu'elle tâte de la guitare plutôt
vachement bien. Tout en tapping, cette technique que l'on pensait
réserver aux seuls mâles désireux d'épater
la galerie (blonde de préférence la galerie).
Les deux mains sur le manche de la guitare à balader
et taper le bout de ses dix doigts sur les six cordes. En plus,
elle fait tout. Elle joue également du synthé,
chante, compose et produit l'intégralité de son
premier album. Ou presque tout. Zach Hill, le batteur de Hella
(autre groupe où le guitariste est adepte du tapping)
fait ce qu'il sait faire de mieux, jouer de la batterie (faut
suivre un peu !) et un certain John-Reed Thompson l'a aidé
pour des plans basse et pour l'enregistrement.
Donc tout ça m'a bien l'air d'un album solo d'une new-yorkaise
qui n'a pas froid aux yeux. Et avec cette technique de guitare
et Zach Hill dans les rangs, la comparaison va pas tarder à
débouler. Certes, ça ressemble à du Hella,
mais Marnie Stern propose une lecture différente. Déjà,
ce n'est pas un disque instrumental puisqu'elle chante et plutôt
pas mal. D'une voix bien claire, audible, un rien enfantine,
un peu comme la chanteuse de Deerhoof, les japonaiseries en
moins. Tiens, Deerhoof, autre point d'encrage au monde bruyant
mais ludique de Marnie Stern. Car sa musique n'est pas une affaire
de gros bras et de démonstration technique stérile.
Autre point différent de Hella, c'est Zach Hill lui-même
! Marnie Stern doit avoir un pouvoir de persuasion énorme
pour empêcher Hill d'en foutre partout comme à
son habitude, pour tempérer ses ardeurs et le faire rentrer
dans le rang. Sa tachycardie le reprend certes de temps en temps
mais pour le reste, l'homme-pieuvre est amadoué. C'est
pas plus mal. Résumons-nous. Marnie Stern fait donc une
musique complexe mais pas trop, enthousiaste mais pas niaise,
transformant sa technique au-dessus de la moyenne dans des morceaux
que l'on pourrait presque qualifié de pop-songs. Elle
rajoute quelques bidouillages maisons et autres effets de studio
et tout ça débouche sur un album plaisant mais
trop long. Car ce disque a les défauts de ses qualités
comme on dit au comptoir. Trop de tapping tue le tapping (même
si elle ne fait pas que ça hein) et sa voix peut devenir
agaçante sur la longueur. Longueur d'un album préjudiciable
(comme souvent avec les premières oeuvres), la fraîcheur
et l'effet de surprise se diluant doucement mais sûrement
dans les méandres de ses compostions à tiroirs.
Mais la demoiselle qui aurait pu faire doublure dans Abba est
désormais bien là, posant un premier pied dans
un paysage musical qui surveillera ses prochains enregistrements.
SKX
(29/01/2008)
website groupe www.myspace.com/marniestern1
website label
www.killrockstars.com
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Marvin
s/t - CD
Autoproduction 2007
Marvin, c'est la bise du sud qui vient vous talocher par derrière.
C'est tout le soleil de Montpellier qui vient cogner l'arrière
de la caboche. Pris d'un vertige à la vue de l'étonnante
photo de leur pochette, Marvin en tout petit en bas pour mieux
vous exploser à la tronche quand vous vous retrouvez
sur le plancher des vaches, à les regardez dans les quatre
yeux. Ou les six. Un trio incongru où on pourrait se
demander ce que vient foutre, au milieu du duo guitare-batterie,
ce synthé aux bruits tout bizarre sinon qu'il donne justement
la touche décalée, le petit truc en plus et en
plume à un duo qui ne serait que l'énième
de service sans son service. Le rock olympique donc de la doublette,
cogneur mais pas trop, complexe mais pas franchement, dansant
mais presque, un rock tout en muscle et en souplesse, dont tout
le monde se plait à vanter le sourire qui va avec et
la contagion qu'il diffuse. Et ce clavier (un Korg pour les
spécialistes) qui se glisse dans le moindre recoin, ce
dérèglement intempestif qui sait se faire mélodique,
impulser le rythme, prendre les devants pour mieux retourner
dans son coin et avec lequel je préfère penser
Kraftwerk plutôt que Trans Am (mais expliquez moi comment
on peut aimer une telle merdasse hahaha !). Des morceaux qui
mettent le feu direct à la piste (Discudanse,
Vocomurder, Discose). Une guitare avec quelquechose
de Oxes (sauf qu'elle est au nombre de 1) sur Jardiland,
de franches saignées rock et noise et l'enregistrement
de Lionel Darenne (un disciple d'Albini) pour donner le bon
ton à l'ensemble. On a connu pire comme premier disque.
Malgré une baisse de régime sur les deux derniers
morceaux et une touche psychédélique parfois dont
ils pourraient s'abstenir, Marvin frappe juste, sans arrière-pensée,
ravi d'être là, prêt à dégainer
et se met d'entrée de jeu sur de bons rails.
SKX
(05/05/2007)
website groupe www.myspace.com/marvinband
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Mattress
Heavy duty - CD
Reluctant 2008
Mattress
a tout de l'extra-terrestre. Un type bien à part qui
n'est certes pas le premier à se produire tout seul avec
ses machines mais dont l'univers particulier a le don d'interpeller.
Notre bonhomme répondant au nom de Rex Marshall nous
vient de Portland et répand de funestes sons électroniques
dans d'anarchiques mélodies vocales. Pollution,
le titre d'ouverture, est un intriguant mélange de Xiu
Xiu et Joy Division. De part sa voix caverneuse ressortant le
cadavre de Ian Curtis et de part la mélodie noire rappelant
furieusement un morceau de la division de la joie. Et comme
Pollution rime avec Transmission ou Isolation,
l'amalgame est permis. Sauf que le morceau comme le reste de
l'album est trop foutraque et sent suffisamment le second degré
pour que l'on ait pas affaire à un nouveau corbeau noir.
Il faut plutôt chercher du coté du monde loufoque
et décalé de Mr. Quintron. Des synthés
bon marchés, un bon vieux magnéto à cassettes
pour lancer des samples, une boite à rythme qui semble
avoir fait la guerre, des effets spéciaux sonores digne
des plus grands nanars et de temps à autre une guitare
qui ne doit pas comporter plus de deux cordes. Le traitement
musical est rude, parfait pour créer une ambiance new-waveuse
minimaliste et faussement tragique. Mais une musique qui aurait
bien du mal à survivre sans les parties vocales à
faire criser un jury de Starac. Rex Marshall ne chante pas juste
et il s'en tape, se prenant tout à tour pour un chanteur
d'opéra façon Jamie Stewart, Tex Avery, un crooner
gominé, descendant dans les graves comme on creuse sa
tombe, mettant des effets débiles dans ses cordes vocales
qui ne vont pas bien du tout. Un bout de musique qui ne brille
pas par son génie mais passablement détraqué
et plaisant pour dépasser le stade de l'anecdote.
SKX
(25/07/2008)
website groupe www.mattressmusic.com
website label reluctantrecordings.com
sounds pollution.mp3
| down_that_way.mp3
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Melt-Banana
Bambi's dilemma - CD
A-Zap 2007
Treize
ans que Melt-Banana nous pompe le dard comme des malades. Huit
albums à fond la caisse, dix fois plus de singles et
une accoutumance qui commençait à donner des signes
de faiblesse. Il était temps de tenter de nouvelles positions,
d'oser des pirouettes originales et c'est bien là la
première qualité de Bambi's dilemma. L'évolution
mon cher Richter et sur ton échelle, nos japonais et
naises adorés étaient rendus tout en haut. Melt-Banana
essaye donc de faire du neuf avec du vieux. On le sentait venir
avec Cell-scape, précédent album où
la mélodie et la structure se faisaient plus évidentes.
Bambi enfonce le clou, je vous dirai pas où mais il passe
sans guère de difficulté. Ca reste du court et
du nerveux. Dix-huit morceaux en 35 minutes, ça débite
sec. Avec un clin d'il au passé lorsque Melt-Banana
enchaîne cinq morceaux corsés de moins d'une minute
chacun, comme au temps de Speak squeak creak, le premier
album en 1994 où ça mouillait pour un rien. Quand
en plus, ils vous collent deux morceaux new-age (rébarbatifs,
cela va de soi hein) de quatre et cinq minutes, ça vous
laisse guère de place pour le reste. Le shikansen lancé
à toute vapeur. Le tempo Melt-Banana est connu mais nos
bananes moites et glissantes n'ont plus peur de s'épancher
sur les mélodies, d'apporter une dimension pop à
leur guerre éclair routinière, une légèreté
aguicheuse. A vrai dire, ya pas grand-chose de changer quand
on écoute de plus près. Yakuso et sa voix qui
vous picotent. Le sampler du guitariste qui trashent les cordes.
C'est du Melt-Banana, reconnaissable entre mille, ya pas photo.
Sauf que la pilule vous ait donnée avec le sourire, qu'elle
fond sous la langue alors qu'avant il fallait faire l'effort
de croquer et il faut faire vite car elle fond précocement.
Un album sucré-acide, rapide, ensoleillé mais
qui ne passera pas l'hiver.
SKX
(01/10/2007)
website groupe www.a-zap.com
website label www1.parkcity.ne.jp/mltbanan
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Membrane
A story of blood and violence
Basement Apes industries 2007
La membrane est solide. Le trio de Vesoul a voulu voir et il
a vu. Il a appris, il a payé et maintenant il est assez
grand pour voler de ses propres ailes. Le socle noise-rock est
désormais posé, les fondations sont à toute
épreuve. La reprise d'Unsane (Sick) en fin de
piste, ultime morceau en guise de clin d'il aux aînés
sur un deuxième album qui suinte cette même rage
insidieuse mais à leur manière, définitivement.
Le gros changement vient surtout de la production. Exit Serge
Morattel. Bonjour Nicolas Dick. Le chanteur-guitariste de Kill
The Thrill est de plus en plus sollicité pour passer
de l'autre coté de la barrière et ça lui
réussit bien. Il n'a pas son pareil pour donner de la
légèreté à un groupe fait pour le
combat, donner de l'ampleur à une musique faite pour
vous bétonner au sol, rendre chaleureux le propos le
plus sombre. Les sept nouveaux morceaux (+ la reprise donc)
font corps. L'univers de Membrane reste homogène, cette
boule noire qui se débat dans sa propre folie, c'est
autant un compliment qu'un reproche. Ce ou ces quelques morceaux
qui ouvriraient la porte vers quequechose d'autres de surprenant,
se démarquer toujours et encore, sortir des schémas
tout en gardant l'esprit, varier l'approche de compos qui tirent
toutes dans le même sens. Mais après tout c'est
une histoire de sang et de violence alors ça se débat
entre ces quatre mêmes putain de murs, une histoire virile
qui crache cette frustration connue. L'enregistrement a su donner
ce surplus de plénitude tout en décelant les fissures
dans la masse grondante. Membrane perpétue de belle façon
le canal historique avec tabassage en règle et un peu
de sentiments au milieu.
SKX
(26/04/2007)
website label http://www.basementapesind.com
sounds snakeeye.mp3
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MGR
(Mustard gas & roses)
Wavering on the Cresting Heft - CD
Conspiracy 2007
Mustard
gas & roses (ou MGR pour les intimes), c'est d'abord une
référence à Kurt Vonnegut et à sa
femme puisque c'est ainsi qu'elle décrivait l'haleine
de son mari le matin après avoir picolé toute
la nuit. On savait s'amuser chez les Vonnegut. C'est surtout
le projet solo de Mike Gallagher, le guitariste de Isis et c'est
bien son trois ou quatrième album. J'ai raté les
épisodes précédents mais je ne crois pas
que je vais le regretter. Il ne va pas être question d'haleine
fétide ici. C'est ambiance tisane et au lit. De la guitare,
uniquement de la guitare, plusieurs en général,
voir en quartet comme sur Allusions, le morceau d'ouverture.
Un chouïa de basse même, un brouillon d'interférences
électroniques parfois dans le fond, des arrangements
vagues et c'est tout. Si tu aimes l'arpège et la boucle,
tu vas être servi. Six titres qui prennent le temps du
développement sauf que ça revient un peu, beaucoup,
toujours à la même chose. Les fluctuations ne sont
pas énormes d'un morceau à l'autre. Les ambiances,
déjà pas folles à l'origine, sont quasi
identiques. Ne cherchez pas de tension sous-jacente ou de montée
en intensité. Tout est au même niveau. Celui du
calme plat. Disque méditatif où l'on reconnaît
par moment le son et la patte de son travail dans Isis. C'est
cristallin, c'est lent, propice à la rêverie et
dépressif à souhait. Ca, c'est pour la version
diplomatique. Parce que personnellement, je trouve ça
chiant comme la mort et utile comme un somnifère!
SKX
(04/12/2007)
website groupe mgrsounds.com
website label www.conspiracyrecords.com
sounds www.conspiracyrecords.com/store/store_detail.php?id=5893
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Microfilm
Stereodrama - CD
Rejuvenation - Paranoid 2007
Microfilm s'offre une deuxième séance. Et histoire
d'être en phase avec leur concept qui est de mélanger
musique instrumentale et samples de films en guise de chant,
Microfilm travaille l'image et propose une pochette en 3D et
une vidéo en plus des huit titres, elle aussi en 3D avec
lunettes adéquates pour apprécier tout ça
à sa juste valeur. Hélas, le pack promo ne comportait
ni lunettes 3D, ni pochette spéciale. Je ne pourrais
donc vous en dire plus. Recentrons nous sur la musique. On sait
désormais comment se déroule le scénario
et l'histoire ne change guère. Tout réside dans
la capacité à savoir raconter cette histoire dont
les éléments sont connus de tout le monde. On
retrouve ces samples de vieux films pour férus de cinoche.
Samples qui n'apportent pas grand-chose finalement à
la musique, ce qui est dommage me direz-vous vu que c'est le
concept de base. La musique se suffirait à elle-même.
Suffisamment de présence et de force pour installer des
ambiances qui n'ont pas besoin d'artifices pour appuyer le trait
là où il n'en faut pas. Perturbant plus qu'autre
chose. On retrouve également ces montées de guitares,
ces arpèges qui cinglent, cette batterie qui n'hésite
pas à appuyer un rythme toujours soutenu, la musique
de Microfilm dépassant ainsi le simple post-rock de base
même si c'est cette famille à laquelle on rapproche
le plus le groupe. Tout est là donc mais l'histoire gagne
en intensité. Les moments dramatiques le sont juste un
peu plus. Les moments d'accalmie calment un peu moins. Les structures
mieux charpentées. Tour à tours fluides et enlevées.
Mais je n'arrive pas à rentrer complètement dans
leur histoire. J'ai toujours la désagréable sensation
qu'il manque l'image qui va avec. Et j'ai beau fermer les yeux
et faire marcher l'imagination, cette musique ne m'évoque
rien. L'impression que cette musique cinématographique
souffre de son concept et que quitte à aller jusqu'au
bout de son idée, il faudrait carrément proposer
un film, un vrai, avec la musique du groupe poitevin poser dessus.
Ce n'est pas mon genre de film préféré
(j'ai toujours tendance à décrocher au bout d'un
moment) mais en attendant, tout ça est fait avec classe.
SKX
(20/05/2007)
website groupe www.microfilm.tv
website label www.rejuvenationrecords.com
sounds la_fille_qui_en_savait_trop.mp3
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Made
in Mexico - Microwaves
Split 7''
Rampage 2006
Système
M. Made in Mexico commence par un air de danse du ventre au
ralenti, vite frelatée par un rythme vaudou. Ca s'annonce
tribale avec la voix de Rebecca Mitchell qui prend possession
de votre corps. La guitare sonne tout ce que vous voulez sauf
une guitare. L'ex guitariste de Arab on Radar (le brun) continue
d'aborder son engin par le coté. Charleston, c'est
le nom du morceau, n'a rien d'une danse aux mouvements bien
ordonnés. Une chorégraphie lugubre, une incantation
qui glace. Made in Mexico continue de développer un univers
bien particulier entre les grondements d'un Of Cabbages and
Kings et toutes les déviances sonores largement cultivées
par Providence. Excellent morceau. M comme Microwaves. Avant
de sortir un troisième album, le groupe de Pittsburgh
s'est fait les dents avec ses deux flèches bien acérées
House of regurgitation et Song X. Tout un programme.
Alors que le groupe était sur le hiatus, il revient plus
énervé que jamais. Il laisse tomber un peu les
machines au profit d'une attaque noise-rock en bonne et due
et forme. Ya du Swob là-dedans. Ce mélange de
rythmes inventifs et nerveux avec un duel basse-batterie qui
remplit on ne peut mieux l'espace. Riffs maniaques, bordel trash
et ordure. Deux petites bombes très déterminées
et impeccables.
M comme merdique, sûrement pas !
SKX (28/01/2007)
website groupe www.myspace.com/microwaves
| madeinmexico.lotsofnoise.com
website label www.myspace.com/rampagerecordings
sounds www.myspace.com/zodiaczoo
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Microwaves
Contagion heuristic - CD
Crucial Blast 2006
Microwaves
sort sa troisième galette du four. Après un System
2 prometteur, un Attack
Decay Sustain Release essentiel, il serait temps de
se rendre contre d'une évidence. Microwaves, c'est le
haut du panier dans la catégorie noise-rock. Du solide,
brassant de multiples influences pour accoucher d'un univers
impitoyable et bien à eux. Mais la vie de Microwaves
n'a jamais été un long fleuve tranquille. Plusieurs
fois au bord de la rupture, le duo original Dr. David Kuszy
(guitare/voix) et John Roman (ex-The 1985) a galéré
pour maintenir le Microwaves au chaud. Après un intermède
de Jason Jouver (reparti depuis se taper le Damon Che avec Don
Caballero), l'ex-Creation is Crucifixion et Conelrad Adam McGregor
s'adjoint la basse et seconde le chant. Pittsburgh a toujours
été maîtres dans l'exploration du bruit
et Microwaves en sont de dignes rejetons. Contagion heuristic
se fait plus animal. On est mal, c'est sûr car quand le
trio laisse au second plan les machines (sans complètement
les abandonner), leur noise-rock est encore plus compact, étouffant.
Ils avaient laissé entrevoir cette option sur leur split
avec Made in Mexico (dont on retrouve le morceau Song X)
et confirment toute leur violence latente. Les sons électroniques
ne servent plus qu'à remplir les maigres espaces, appuyer
les climats inquiétants comme sur les cinq minutes du
lent et très bon instrumental Ruin the night.
Et encore, l'électronique a bon dos. Ces bruits bizarres,
ces flatulences au grand vent (la fin de Eye Removal),
ce trafic incessant pourrait très bien venir du nouveau
bassiste dont on s'inquiète tout d'un coup de la santé
mental. Musique malsaine, groove répétitif, c'est
du lourd, de l'inconvenant et non conventionnel. Microwaves
aurait très bien pu tomber dans une mare expérimentale
obscure. Ce qui les sauve, c'est leurs compos résolument
tournées vers le rock et son énergie, une intensité
bien placée en bas du ventre. Dans la lignée des
Swob, Glazed Baby et plus proche de nous, Arab on Radar, Microwaves
sort une nouvelle fois les grands plats. Contagion heuristic
est un incontournable.
SKX
(17/12/2007)
website groupe http://www.myspace.com/microwaves
website label http://www.crucialblast.net
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Mission
of Burma
The obliterati - CD
Matador 2006
Ma première rencontre avec Mission of Burma fut That's
when I reach for my revolver. C'était par un beau jour
d'été 2004. Et ça faisait dans les 23 ans
que ce putain de morceau avait été écrit.
Je l'ai écouté un paquet de fois, ça tournait
en boucle et moi en bourrique. Comment j'avais pu passé
à coté d'un tel chef d'uvre ! Une composition
ultra classique couplet-refrain-couplet mais un refrain à
tomber, une mélodie à se damner et le pont musical
comme on dit qui intervient à deux minutes et vingt deux
secondes très excatement avec une ligne de basse comme
il ne m'a jamais été donné d'entendre.
A se rouler par terre. Tiré d'un EP Signals, calls and
marches sorti en 1981, le groupe splitta deux ans plus tard.
Puis, silence radio. Les trois membres se diluent dans des formations
aussi dignes d'intérêt que la reformation des Sex
Pistols, excepté le batteur Peter Prescott au sein de
Volcano Suns. Mission of Burma, un groupe météorite
qui en un seul album et une poignée de singles aura fait
la jonction entre le punk mélodique des Ramones et des
Buzzcocks et tout le rock indépendant américain,
de Superchunk à Tar en passant par REM et Hüsker
Dü. La symbiose magique d'un rock frais, mélodique
et d'un bruit angulaire et chaotique. C'est en 2004 que Mission
of Burma reprend du service. Mais pas le genre de reformation
pour garnir uniquement les comptes en banque avec des remixes
remasterisés en duo avec la star du moment mais des nouveaux
morceaux, des vrais, des solides, pas du moisi de fond de bouteille.
Ca a repris de belle manière avec l'album OnoffOn. Ca
se poursuit à fond la gomme avec The Obliterati. Depuis
le temps, le son s'est épaissi. Le gros à lunettes
de Shellac a pris les commandes du studio et accomplit ici un
travail d'orfèvres. Limpide tout en étant suffisamment
crade. Etincellant tout en grésillant. Le travail mélodique
en évidence tout en jouant sur les dissonances. Ce sont
quatorze morceaux qui vous pètent à la tronche
et vous enjôlent en même temps. Pour le reste, le
talent de compositeurs du trio qui se partage le boulot fait
mouche à tous les coups. La magie de Mission of Burma,
ce petit truc bien à eux, indéfinissable, c'est
d'écrire de bonnes vielles pop-songs, la pop avec un
grand P, un grand O et un grand P, pas le truc chialard et mièvre,
des compositions aux structures classiques, That's when I reach
for my revolver for ever, roulé dans une certaine rudesse,
un son de basse qui latte, du qui va à l'essentiel, direct
et rock. Et sur ce double album en vinyl, le trio a mis le paquet,
excelle, sort le meilleur du meilleur qu'ils aient pu fourni
en 26 ans, pause comprise. Des harmonies vocales, des chants
à deux voir à trois à se faire pâmer
n'importe quel cur endurcit, le don du refrain au milieu
d'une rythmique qui bastonne. De quoi en retourner à
tous les p'tits jeunes, de relégués à l'arrière
plan tous les groupes qu'ils ont influencé. Les patrons
sont de retour.
SKX
(01/01/2007)
website groupe www.missionofburma.com
website label www.matadorrecords.com
sounds donna_sumeria.mp3
| 2wice.mp3
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The
Mock Heroic
Dignified Exits - CD
Super-Fi 2007
The
Mock Heroic est une jeune déferlante anglaise. En onze
titres et vingt-trois minutes, ils vous assènent un cours
de musique en vitesse accélérée. La complexité
d'un math-rock où la technique le dispute à la
dextérité. L'élan punk-hardcore dans lequel
tout ça est envoyé. La touche screamo avec le
chant continuellement braillé et typé qui pourrait
lasser sur la longueur mais au final, il s'avère assez
discret et passe sans avoir besoin de crisper le sphincter.
Une bastonnade tout en sons clairs de guitares marchant sur
les plates-bandes d'un noise-rock sous amphétamines.
Tout ça est joué très serré, acéré
sans avoir le temps de macéré dans son jus. En
moyenne, deux minutes suffisent pour balancer leurs flèches.
Chacun abordera et entendra ce disque différemment selon
sa chapelle mais ce qui risque surtout de se passer, c'est de
faire l'unanimité ! Ca joue donc vite, bien, les cassures
et changements de rythmes s'enchaînent tellement à
toute berzingue que l'impression de fluidité prédomine,
ils ne s'épargnent pas quelques pics mélodiques
et le son tout sec et sans esbroufes accentue cette sensation
de rapidité avec un poil de dureté autour pour
faire plus viril. Et si tout les titres tendent à se
ressembler, la courte durée permet de faire passe la
pilule sans cligner des yeux. Un début très prometteur.
SKX
(19/02/2008)
website label www.superfirecords.co.uk
sounds Despair_Epidemic.mp3
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Monosourcil
s/t - LP
Gaffer / Dawn Boy / Steak au zoo 2007
Monosourcil
comme monomaniaque et monoface. Terroristes du bruit gravant
leurs méfaits auditifs sur le seul coté d'un vinyl,
bourrant jusqu'à la glotte la pochette avec un CD gravé
lui aussi à la main et des inserts qui ne se collent
pas. Nancy ne va pas bien. Une haute dose de groupuscules post-punk
débitant des grenades à la minute. Le plaisir
du bruit dans l'instant, on pensera aux conséquences
plus tard. On retrouve la vista et l'hystérie de Death
to Pigs avec qui Monosourcil partage le même guitariste
et le même foie. Malade et shooté au poppers. On
hésite sur la sexualité de la voix avant de pencher
vers une version féminine (mais aux dernières
nouvelles, la chanteuse est pourvue d'un attribut tout ce qu'il
y a de plus mâle, on ne peut plus se fier à rien
dans ce bas monde). Monosourcil, c'est une idée, un morceau
et on passe au suivant. Pas la peine de s'alanguir. Un riff
cinglant, un rythme néanderthalien joué à
toute vitesse, un jappement continu, une certaine idée
de la nausée et du ras le bol. Monosourcil vomit sur
vos tombes une sale noise furibonde en onze morceaux et treize
minutes à peine avec quelques titres bien fumeux comme
Balkan erotic epic. Melt-Banana en version lorraine.
C'est forcément moins rigolo mais ça fait son
effet. Ca raffûte, ça tacle, du premier degré
qui manie l'humour d'un Arab on radar, toujours là dans
les bons coups mais n'essayer pas de danser. Monosourcil est
mononoise. Musique (mais vous pouvez appeler ça autrement,
ça ne gêne pas) calibrée pour une durée
idéale. Au-delà, ça perdrait toute sa raison
d'être.
SKX
(23/12/2007)
website groupe www.myspace.com/monosourcil
website label www.gafferrecords.com
| www.myspace.com/downboyrecords
| www.myspace.com/steakauzoo
sounds balkan_erotic_epic.mp3
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Andy
Moor
Marker - CD
Unsounds 2007
Qui
a envie d'écouter un disque de solo de guitare électrique
? J'ai dû me dire la même chose pour L'Ocelle Mare.
Mais quand c'est Andy Moor, le guitariste de The Ex qui s'y
colle, on a quelques raisons d'espérer. L'espoir de ne
pas subir des soli à tour de bras, de la masturbation
de manche à s'en filer des ampoules, de l'air guitare
avec une guitare (??). On peut craindre par contre une certaine
âpreté, voir austérité, voir, soyons
fous, de l'incompréhension totale face à un jeu
qui n'est pas réputé par son académisme.
L'Anglais (né à Londres en 1962) a beau mettre
de la mélodie dans The Ex (ou encore Dog Faced Hermans
dans une autre vie), ces autres projets (Kletka Red) et collaborations
avec toute une clique d'improvisateurs ne sont pas là
pour rassurer le tympan en quête de repos.
Bizarrement, c'est son premier album en solo, un recueil de
compositions allant de 2000 à 2006, écrit au gré
des voyages et rencontres, selon l'inspiration du moment, son
repas du midi et le temps qu'il faisait. Et à écouter
ce Marker, le soleil n'a pas dû souvent briller sur la
route de Andy Moor. Avant de parler technique et outillage,
c'est d'humeur qu'on va causer. Et l'humeur est à la
mélancolie. Andy Moor n'est pas là pour tailler
la bavette à s'arracher les cordes de la guitare qui
en a vu d'autres dans la maltraitance et la joie de vivre (ce
n'est pas incompatible). La guitare n'est qu'un vulgaire instrument,
une machine à sortir des sons et Andy Moor l'a toujours
envisagé sous cet angle. Ne pas cherchez à la
respecter, l'expérimenter sous toutes les coutures possibles,
lui faire pleurer sa mère et en sortir quelque chose
de plus original que les sempiternels soli de guitare rock'n'roll
vus et rabattus.
Sauf que pour ce coup ci, il choisi la carte de la sobriété.
Il continue de frapper, pincer, étirer ses cordes, les
désaccordent tout en jouant, leur faire connaître
autre chose qu'un diapason ou le bout de ses doigts mais sans
son sens débordant habituel. Quasi austère le
père Moor. Plusieurs morceaux m'évoquent le théâtre
No (les huit minutes de 3am et Stadium par exemple),
allez savoir pourquoi, je m'y connais autant qu'en claquettes.
Un je ne sais quoi en tout cas de parfum asiatique, des compos
épurées, du calme qui tombe et le silence qui
s'installe entre les notes. D'autres morceaux tendent également
vers l'abstraction et la face improvisée du personnage,
sont issus à la base d'ébauches de compos pour
des films ou des spectacles de danse pendant que d'autres titres
sont tout simplement de belles ballades mélodiques qui
aurait pu servir de trame à The Ex (Alex et Truth
in Numbers). Andy Moor ne se donne pas de limites, passe
allègrement de morceaux intimistes avec sa seule et fidèle
guitare à des compos plus orchestrées. La guitare
se dédouble, se triple et avec son art de sortir des
sons de nul part, on ne sait pas toujours bien si ce qu'on entend
provient de ses six cordes ou d'un quelconque objet instrumental
non identifié (oini) ! Une collection automne-hiver à
l'image des instantanés parsemant le livret de la pochette.
Impressions fugaces de destinations tour à tour rebutantes
ou plaisantes. Soit on part dans son sillage, soit on reste
sur le tarmac. Dans l'ensemble, le voyage vaut le détour.
SKX
(16/04/2008)
website groupe www.myspace.com/andymoortheex
website label www.unsounds.com
sounds Alex.mp3
| UgandaFly.mp3
| Stadium.mp3
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Morkobot
Morto - CD
Supernaturalcat 2008
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Morkobot
Mostro - CD
Supernaturalcat 2006
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Morkobot
Morkobot
Supernaturalcat 2005
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Ca
tombe bien que Morkobot sorte un nouveau disque car les chroniques
de leurs deux précédents albums étaient
sur le feu. En plus, et je le découvre à l'instant,
Morto clôt une trilogie entamée en 2005.
La vie est belle, reprenons tout depuis le bédut. Morkobot
est un trio instrumental italien composé de deux basses
et une batterie, se surnomme Lin, Lan et Len et comme aucun
n'est tombé à l'eau, ça nous donne un premier
chapitre se nommant comme le nom du groupe. Une saga qui tourne
autour d'un délire d'une planète lointaine qui
a envoyé ces trois messagers pour des expérimentations
soniques que les humains appellent musique (on en fume de la
bonne de l'autre coté des Alpes). Une approche second
degré tranchant avec la rigueur et la rugosité
de la musique. On ne peut pas parler non plus d'expérimentations
soniques (ça sera pour plus tard). Pour l'instant, nos
trois petits hommes verts prennent leur marque sur la Terre
et l'approche est encore timide. Leurs cousins se nomment Noxagt,
Sabot ou Zu mais ils sont arrivés depuis bien plus longtemps
pour qu'on les mette sur un même pied d'estale. Ils ont
beau possédé le bon gros son de basses à
défriser un mouton, des relents de prog-rock et des pédales
wah-wah sont trop présents pour les accueillir à
bras ouverts. Morkobot tente de nous secouer sur des rythmes
plus groove (Morkobot faces the 7th mirror), de se camoufler
derrière de nombreuses fausses pistes rythmiques, de
semer le trouble en jouant plus sur les ambiances sidérales
(à défaut d'être sidérantes) que
les joutes rythmiques à tout va, mais on sent bien qu'ils
en gardent sous la soucoupe volante. On frôle même
parfois le trou noir comme sur les sept minutes de A nightwalk
on no ground et le long, très long (15 minutes !)
Modulock. Un premier volet qui n'a rien d'extra-terrestre.
C'est en fait avec le deuxième chapitre, Mostro,
que le monde de Morkobot s'est infiltré par ici. Et c'est
tout simplement le meilleur. Morkobot a les pieds bien sur terre
et la tête dans les amplis. Le groupe se lâche,
la balance rythme/expérimentation trouve son équilibre
et ça défouraille sévère. Les titres
semblent venir de la même planète que Magma (Tobokrom,
Zorgongollac, Kakaiplus, etc
) mais tout
ce qui pouvait avoir de traces seventies prog-rock mes couilles
y est resté. Le terrien peut serrer les fesses car Morkobot
montre son vrai visage d'envahisseur et ses trois messagers
n'ont pas l'intention de faire des prisonniers. C'est pesant,
inquiétant, âpre, du noise-rock granuleux qui n'a
cesse de chercher de nouvelles voies dans la galaxie d'un petit
monde musical trop souvent sclérosé. Dommage que
cette deuxième soucoupe soit ternie par un dernier titre
qui n'en finit pas. Un pêché d'orgueil qui frôle
les vingt-quatre minutes (Poldon). Seul le début
fait illusion et fait corps avec le reste des cinq titres précédents
avant de partir sur des expérimentations soniques se
mordant la queue et celle-ci n'est pas une comète.
(Si vous croisez la version vinyle, n'hésitez pas une
seconde : superbe objet sérigraphié en format
10'' avec spirale et nombreuses illustrations).
Si
la simple évocation de Morto me donne envie de
saucisses, savoir que c'est aussi le concept d'un seul et long
morceau me rétrécit le sphincter. Pour être
exact, un morceau découpé en trois parties de
onze, dix et dix-huit minutes pour un death concept et une vague
histoire de renaissance, j'avoue ne pas avoir tout saisi et
je m'en tape pas mal. Mes vieux réflexes punks ne me
poussent pas à la réjouissance et les albums conceptuels
sont de sombres images du passé qu'il n'est pas bon de
déterrer. Mais dans la bouche de Morkobot qui se déclare
venir d'une autre planète, ce genre de concept ne peut
que être foireux. Death to death concept ! Il ne faut
pas s'arrêter au découpage de cet album et y voir
une multitude de titres enchaînés les uns aux autres.
Le trio réussit à maintenir pression et cohésion.
On retrouve toujours la même gamme de sonorités.
Abrupt, machinerie rugueuse, proche parfois d'un chaos industriel
avec ses no man's land inquiétants, la technicité
d'un groupe instrumental prenant de moins en moins de place
par rapport à la mise en place d'ambiances intimidantes,
même dans ces moments les plus coulant. C'est par une
approche similaire que le Guapo de 2001, celui du fantastique
album Great
sage, equal of heaven (pas le funeste grand guignol
qu'ils nous servent désormais) nous avait scotché.
Morto est une masse sombre et écrasante, meurtrie
par des paysages sonores accidentés, à grands
coups de basses dans la gueule, dont les cordes sont aussi bien
frappées que triturées dans tous les sens avec
une belle galerie de pédales d'effets. Et comme il est
dit que Morkobot ne sait pas finir ses albums, c'est avec huit
minutes de trop qu'ils nous achèvent, huit minutes d'un
bruit inutile. Mais cela ne saurait masquer la bravoure précédente,
essuyer la sueur sur le front d'une trilogie qui termine bien
mieux qu'elle n'avait débuté.
SKX
(10/11/2008)
website groupe www.myspace.com/morkobot
website label www.supernaturalcat.com
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Mouthus
Saw A Halo - CD
Load records 2007
Encore
une nouvelle signature pour Load, le label qui aime bien nous
casser les oreilles. Mouthus n'est pas pour autant une formation
inconnue puisque ce groupe a déjà publié
une grosse poignée d'albums sur des labels non moins
irritants tels que Ecstatic Peace!, Troubleman Unlimited, Important
records, No Fun Productions, Bottrop-boy
des habitués
donc. Si on ajoute à tout cela le fait que Brian Sullivan
-Guitare, voix, électronique- est également membre
de Death Unit (avec entre autres Chris Corsano, un gars de Hair
Police, etc) et jouait auparavant avec Richard Hoffman (de Sightings),
on peut avoir une petite idée de la musique de ce duo
basé à Brooklyn. Une petite idée seulement.
Le titre d'ouverture, et le seul donné en pâture
sur le site du label, est des plus trompeurs. On y navigue en
plein mantra folk psychédélique, option que l'on
retrouvera parfois en filigrane au long de l'album avec ce paroxysme
répétitif atteint sur la dernière plage,
The Gift Of Sighs et son krishna beat qui donnerait presque
des envies de meurtre s'il n'était contrebalancé
par un chant léthargique pour cause d'inhalation excessive
de limaille de fer, un final à la guitare frisant le
grand n'importe quoi noisy et quelques percussions et bruitages
pour faire peur. Entre les deux, il y a l'indus tribal de Armies
Between qui renvoie directement au meilleur de Missing Foundation
(notamment au niveau de la voix), référence récurrente
de ce Saw A Halo. Beaches Sleep Here offre a nouveau
un visage plus apaisé, Death In June -tendance néo
folk- perturbé par quelques échos métalliques.
Wave Through a lui un doux parfum de Thobbing Gristle,
avec cette ambiance de menace latente.
Moins agressif et ludique que certains autres enregistrements
de Mouthus, Saw A Halo peut à l'occasion se révéler
étrangement mélodique, du moins comportant quelque
chose à quoi on peut facilement se raccrocher, et reste
(attention : lieu commun) l'enregistrement le plus accessible
du groupe à ce jour. Il n'y a pourtant aucune chanson
sur ce disque qui devrait donc ravir les amateurs des groupes
cités ci-dessus et, de manière générale,
les groupes estampillés Load records. Mais pas que.
Haz
(25/02/2008)
website label www.loadrecords.com
sounds www.loadrecords.com/sound/mouthus_yourfarchurch.mp3
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Mutators
Secret Life - CD
Nominal 2008
Un nouveau groupe canadien en passe d'affoler les compteurs. Après
deux singles et un split 12'' avec Shearing Pinx, le trio originaire
de Vancouver au patronyme à figurer à l'affiche
d'un festival de grind sort une grosse baffe cinglante qui donne
envie de tendre l'autre joue. Et c'est pourtant pas le genre de
la maison ! Deux mecs à l'origine du raffut. Guitare, batterie,
un maximum de dommages. De la brutalité avec un zeste d'accroche,
de la tribalité, du concassage de noix, je te vois les
cacahuètes quand tu danses comme ça mon gros lapin.
Mutators se rapproche de tous ces groupes punks étrangers
à toutes idées de structures à l'instar de
leurs compagnons de tournées Shearing Pink ou Night Wounds
avec qui ils viennent de sortir un split single ou des trucs bien
tout fou de chez Load records comme Business Lady. Et si on veut
remonter encore plus loin, le mouvement no-wave n'a sûrement
pas laissé Mutators insensible. C'est même la base
de beaucoup de choses. Mais ce qui fait réellement la différence,
c'est le chant de Lief Hall. Une chanteuse incroyable, un p'tit
bout de femme d'où sort des cris primaires. Pas le jappement
de la japonaise hystérique qu'elle n'est pas du tout de
toute façon, pas le truc aigue sans fin qui finit pas peser
sur les nerfs et se fracasser dans le vide, bref un truc plus
crédible et consistant que tous les Aids Wolf et Pre réunit.
Une technique vocale à s'arracher les cordes, on a mal
pour elle, ça vient du fond de la gorge et un peu plus
bas même encore. Des paroles incompréhensibles qui
ne sont souvent que des onomatopées. Ca braille, ça
grogne, ça se lamente, c'est un grondement étonnant
et heureusement pour elle et sa santé, elle sait parfois
se calmer et alterner avec un débit plus normal pour l'humain
moyen. Un chant impressionnant, renvoyant Yakuso et ses bananes
mélangées à ses études, véritable
instrument à part qui donne du relief et de la puissance
au bordel de ces deux camarades de jeu. Je ne donne pas cher de
ses cordes vocales sur la longueur d'une tournée à
hurler comme elle fait. Ou alors elle se dope. Treize titres cruels,
drôles, anarchiques, tour à tour furieusement basiques
et agités du bocal, avec un peu de trompette pour faire
la fête quand tout est vraiment trop tendu du slip. I'm
gonna fuck you everywhere scande-t-elle sur Bent Backwards.
Pour sûr, on l'a bien profond sur ce premier album très
pénétrant !
SKX
(29/10/2008)
website groupe www.myspace.com/mutators
website label www.recordsnominal.com
|
My
Disco
Cancer - CD
Stomp / Numerical thief 2006
My
Disco se met en phase avec son patronyme. Pas la disco à
paillettes pour kékés mais le beat post-punk,
frigide comme au début des années 80 avec Wire.
Le trio australien quitte donc ses apparats
très convaincants de groupe bruyant et émotionnel
pour muer dans une approche tendance. Huit morceaux congélo,
rythmique minimaliste, avec une basse qui semble toujours jouer
la même partition. D'ailleurs tous les morceaux semblent
identiques ! Chaque instrument détaché de leur
cortex, dans sa bulle, à se cogner inlassablement la
tête sur la même tonalité. My Disco a voulu
donner de l'air à ses compos, agrandir l'espace. Bizarrement,
on a jamais eu autant l'impression d'étouffer. Epurer,
sans âme, attendre comme un con que quelque chose se passe.
Ce groupe est cliniquement mort.
SKX
(22/01/2007)
website groupe www.mydisco.com.au
website label www.stomp.com.au
| numericalthief.com
sounds Perfect.Protection.mp3
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My
Disco
Paradise - CD
Stomp / Numerical thief 2008
Ce
groupe semblait parti sur le chemin du non retour, rangé
au rayon copieusement garni des groupes ayant réalisé
un premier album très intéressant avant de se
perdre en route et partir en vrille pour le restant de leurs
jours. Nommer un second album Cancer,
ça porte malheur alors que Paradise redonne tout
de suite le sourire. Le trio australien est sur la voie de la
guérison. Pourtant les symptômes sont identiques.
Minimalisme, ultra répétitif, sec comme un coup
de trique mais là, miracle, ça fonctionne. Serais-ce
le bon docteur Albini venu se pencher sur le cas du malade ?
Aurait-il trouvé le remède magique ? Car dans
cette musique, tout est histoire de détails, trouver,
accentuer le subtil changement qui fait toute la différence,
la nuance qui tire le morceau vers le haut. Et rien de telle
que toute la science d'un Albini pour savoir faire sonner une
guitare et une section rythmique comme il sied vu que My Disco
pourrait apparaître comme un Shellac en version ultra
désossée. Alors que sur le précédent
disque, le rendu était cliniquement mort, la guitare
prend cette fois-ci suffisamment d'espace pour apporter la chaleur
nécessaire (Mosaics), le basse-batterie suffisamment
d'ampleur pour que la psychorigidité de My Disco se transforme
en un album précis, net, sans bavures et clinquant. Le
début de l'album ne porte pourtant pas à l'optimisme.
I, c'est une minute quarante d'un seul et même rythme
qui se prolonge sur You Came To Me Like A Cancer Lain Dormant
Until It Blossomed Like A Rose, vous faisant penser que
votre CD est rayé. Vraiment. Liam Andrews (chanteur-bassiste)
se contente de répéter You came to, le
rythme est rigoureusement le même, répétitif
à mort, You came to devient You Came puis
You, c'est sûr, il va crever en direct. Cancer
semble continuer à faire sa basse besogne. Puis, peu
à peu le groupe relève la tête. Le rythme
du troisième morceau devient robotiquement dansant, la
guitare se répand et Paradise vous est grand ouvert.
Même les neuf minutes de An Even sun ne sont pas
chiantes ! Là encore, c'est la guitare qui fait le boulot,
sur un rythme quasi-immuable (batteur et bassiste chez My Disco
est un boulot demandant un réel sens du sacrifice), n'hésitant
pas à se lâcher, se triturer les cordes pour tenir
en haleine. Avec une formule aussi attirante qu'un train de
marchandise, My Disco arrive à capter l'attention, qui
n'arrive pas dès les premières écoutes
mais fini par vous happer. Méthodiquement. Comme un clou
soumis à la logique implacable de cette répétitivité
qui est plus forte que vous. En ces temps de crise, la cote
de My Disco remonte sérieusement.
SKX
(13/10/2008)
website groupe www.mydisco.com.au
website label www.stomp.com.au
| numericalthief.com
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Myra
Lee
2 - CD
Rejuvenation / Théâtre / La Machoire 2007
Myra Lee, c'est tout Poitiers dans votre salon. Prêt à
en découdre. Trois ans de gestation, un bon paquet de
concerts et les armes qui s'affûtent. Myra Lee n'a pas
changé grand-chose mais ils le font encore mieux. Loin
des modes, ils continuent de jouer avec leur cur et toutes
de tripes un screamo-hardcore tendu du slip et des titres qui
en disent long sur leurs pensées. Fais toi opérer,
Vivre et penser comme des bêtes (avec Sam Balin
d'Epileptic qui intervient au chant), Pauvre ignorant,
La bête sous l'eau (avec un autre invité
au chant, Greg Florent, hurleur patenté des inénarrables
Cut et boss de Théâtre records), ou autre Mange
merde. De la poésie, de la vraie. Et la musique dans
tout ça n'est pas là pour vous compter fleurette.
Le trio poitevin apporte une dimension noise à son hardcore
écorché de base, une virulence bien crade qui
enveloppe des compos sans surprises mais bien juteuses. Il y
a du 10 Volt Shock dans cette façon d'aller droit à
la cible, d'allier une rythmique redoutable à la Hammerhead
à des mélodies qui n'ont l'air de rien mais qui
font mouche. Un deuxième album à l'image du frêle
et sobre digipack sérigraphié dans l'antre du
Confort Moderne à Poitiers. Sans esbroufe, percutant,
qui ne vous renverse pas à première vue mais dont
le travail de sape est très convaincant à la longue.
SKX
(19/05/2007)
website groupe loisirsmyralee.free.fr
website label www.rejuvenationrecords.com
sounds vivre_et_penser_comme_des_porcs.mp3
| pauvre_ignorant.mp3
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