MAKARA
"
discography " - Lp
The Blood of the Young 01
Faire-part
de décès, toutes nos condoléances, vous trouverez
ci-joint tous nos titres bâtards accouchés dans la
douleur. Makara s'offre la totale et, de l'enfer où périssent
tant de groupes mort-nés dans l'anonymat, nous envoie ce
vinyl tout vert. Dessus, 14 titres, toute leur vie, aussi courte
fut-elle. Aussi brève que ces morceaux le sont. Hardcore-noise
sombre et compact, limite neurasthénique. On les sent tout
recroquevillé, prêt à mordre quiconque s'approche.
Pas de longs développements. La batterie s'agite dans tous
les sens. En fait, tous les instruments ferraillent dur et vont
droit dans le mur. Chaque morceau s'enchaîne dans un larsen
continu. Les mauvaises langues diront que tout se ressemble, que
c'est trop plein, sans aérations. Ce serait démissionner
devant l'urgence du propos, ne pas sentir toutes ces variations
dans la roche. Des purs et durs qui ne flirtaient avec aucune
mode. Si Orchid et consorts vous branchent, ce disque vous bottera
le cul dans le bon sens.
SKX (11/12/2001) |
MAN
VS NATURE
"
White one with doctor " - Lp
Klistier Entertainment 02
Baptême
de feu pour les Allemands de Man vs Nature en toute décontraction
et sans se prendre au sérieux. Ca commence en français
dans le texte avec une profession de fois très lucide :
"
quatre individus plein de bonne volonté même
si ce sont des musiciens assez pitoyables. Mais ces musiciens
ont pris du bon temps en faisant ce disque et vous l'avez acheté
d'ailleurs, félicitations ! ". Pas vraiment en fait
vu que ce disque est plutôt venu vers moi que le chemin
inverse mais bon bref, ils ont parfaitement résumé
la situation . Du coup, ça déteint sur l'auditeur
et difficile de prendre cet album au sérieux. Une bonne
dose d'humour sur un fond punk-rock, un saxo incongru, des phases
expérimentales. Un curieux mélange où on
pourrait aussi bien caser The Fall que Killdozer dont ils reprennent
d'ailleurs le " king of sex ". Ca tire un peu dans tous
le sens et si rien de basiquement désagréable ne
transpire à l'écoute de ce disque, c'est pas l'emballement
qui prédomine non plus ! Ya bien l'instrumentale "
soupe tonkinoise " ou New Wet Kojak repris par un groupe
de baltringue thaïlandais. Deux, trois ruades dans les brancards
bien soutenues par une basse qui tire gros. Mais bon, une bonne
répèt entre potes n'a jamais fait un bon disque.
SKX (20/03/2003) |
MASTODON
"
lifesblood " - CDEP
Relapse 01
Mastodon,
tout est dans le nom! Cher(e)s ami(e)s de la légèreté,
passez votre chemin. Ici, on va discuter le (bout de) gras du
propos avec moultes cris gutturaux et guitares plombées.
On va essuyer les plâtres que Today is the Day a si patiemment
construit et sublimé avec "in the eyes of god".
Avec la dextérité d'un Dillinger Escape Plan, comme
si ça ne suffisait pas! Batteur-pieuvre surdopé
entre rythmes en rafale et double grosse caisse, guitares crashantes,
Mastodon est pressé d'en finir. Rajoutez une pointe de
Neurosis - un brin de lyrisme dans ce monde de brut - sur "battle
at sea", le dédoublement voix d'outre-tombe, voix
écorchée et tout le reste qui vous file entre les
doigts. A trop vouloir en faire et en montrer, on s'y perd un
peu. Tout ça manque un peu de naturel et de simplicité.
Mastodon mange a tous les râteliers. On y trouve forcément
son bonheur dans le tas, une bonne raison d'écouter ça
jusqu'à la fin. En tout cas , pour les accrocs du style,
ça devrait le faire sans problème!!
SKX (27/02/2002)
|
MCLUSKY
"
mclusky do dallas " - CD
Too Pure / Virgin labels 02
On
rentre là-dedans comme dans du beurre. Tête en avant,
il est facile de tapoter du pied et siffloter les refrains à
peine la première écoute achevée. Cet album
marque les débuts fracassants (après toute une série
de 45 et un 1er album passé inaperçu) d'un trio
anglais à la propension déconcertante pour enfiler
les tubes en puissance. Quatorze au bas mot. Tous remplis de mélodies
accrocheuses, de rythmes simples et efficaces. On avait pas entendu
ça depuis les plus belles heures des Pixies. Cette même
facilité à vous séduire par des morceaux
incisifs, courts et énergiques. Sauf que le domaine est
un tantinet plus viril. Production Steve Albini donc basse énorme,
batterie clairement annoncée. On sent le background de
Mclusky plus influencé par le punk-rock que la surf music.
Mclusky, une idée à la seconde. Du cur à
revendre. Le disque idéal pour l'été et suer
jusqu'au petit matin. L'histoire ne dit pas encore si cette débauche
de talent passera l'hiver. Si ce deuxième album est un
produit de consommation rapide et superficiel qui manquerai sur
la longueur d'âme et d'intérêt. Comme un jouet
tout beau tout neuf, chaque titre a le plaisir immédiat,
presque trop facile pour que cela dure. Mais avant que ces questions
hautement métaphysiques ne vous atteignent, sautez dans
le train et rendez-vous à Dallas, la capitale du clinquant
et de l'esbroufe. Il sera temps de réfléchir plus
tard.
SKX (15/07/2002) |
MELT-BANANA
"
Cell scape " - CD
A-Zap 03
Melt-Banana,
le typhon déboule du Japon. Non content d'avaler les kilomètres
et d'interminables tournées mondiales, Melt-Banana donne
le tournis à quiconque essaye de suivre leur parcours discographique.
Des splits 45 tours plus ou moins obscurs à la pelle, des
reprises pour des tributes pour faire patienter (3 ans tout de
même) et donner suite à " Teenie Shiny ".
Le temps aussi d'assimiler les changements et de s'offrir un nouveau
batteur, le seul non-japonais de la bande et entrevu avec Atomsmasher
et Phantomsmasher. Une donne importante dans le tableau. Melt-Banana
continue à distribuer des tartes. Le débit reste
anormalement élevé pour des humains. La voix (et
tout le reste) de Yakuso continue de pimenter nos fantasmes. Reste
que le cadre des compositions prend une tournure plus rock, entendez
par là plus structuré. Mais en même temps
que j'écris ces mots, il faut avoir à l'esprit que
le sens algébrique chez ces japonais(es) est à tout
jamais déviant et que 1+1 feront rarement 2. La couleur
du saké a beau prendre une tournure plus convivial, les
matins sonneront encore gueule de bois. Surtout qu'ils retrouvent
la patine de " Charlie " (comparé à un
" teenie shiny " plus gentillet dans la production),
tes voisins apprécieront. Un jeu barbare et truculent,
rempli de malice et de fléchettes dans le dos. En grands
fans de musique qu'ils sont, ils y vont encore de leurs reprises
(''reggae'' avez-vous dit ?), ritournelles printanières
en plein champ de mines. Cordes à boyaux de chats ivres
de rythmes tour à tour pulsatoire ou froid dans le dos.
De ces incessants samples qui poussent la guitare à l'extrême.
Sushi pas dans la colle. Je me désagrège. Melt-Banana,
yen a pas deux.
SKX (15/09/2003) |
MELT-BANANA/THREE
STUDIES FOR A CRUCIFIXION
"
s/t " - 8"
Passacaglia 01
Bananes
électriques japonaises étrangleuses, futées
comme un troupeau de gremlins en rut, les Melt-Banana ne connaissent
pas l'accalmie. Au contraire, ils se dissipent et se bonifient
dans la tourmente avec l'âge. Je ne pourrais vous dire si
ces cinq inédits datent d'avant ou d'après la période
"teeny shiny". Mais c'est toujours sur haut-voltage
que sont branchés Melt-Banana. Forme olympique, ruades
fines et épicées, directes et inspirées.
Le grand jeu à nouveau chez Melt-Banana. Et les cris perçants
de Yakuso m'émoustillent toujours autant une partie de
mon anatomie que je ne vous révélerais pas! Le nom
de Three Studies for a crucifixion sonne comme du hardcore couillu
et méchant. Et c'est du couillu et méchant. On est
loin de l'humour musical de Melt-Banana. Ici on fait du bruit
sérieux. Les plus subversifs ne sont pas toujours ceux
qu'on croit. Pour autant, TSFC se débrouille comme un chef
dans la tarte aux enclumes. Catharsis pour la marmite quotidienne.
Mastodonte lancé à pleine vitesse. Avec une impressionnante
maîtrise. Deux titres qui ne rigolent pas des genoux. Et
comme on est maso, on en redemande. Deux approches du chaos. Deux
raisons de plus pour s'exploser la tête.
SKX (04/10/2001)
|
MELT-BANANA/DYNAMITE
ANNA AND THE BONE MACHINE
"
tintarella di luna " - split 7"
Valium 01
Melt-Banana
sont des boulimiques, des insatiables qui accouchent les morceaux
plus vite qu'une lapine en chaleur. A nouveau un split 45, version
italienne et dolce vita pour couples en surdose de viagra (bonjour
le romantisme!). Melt-Banana s'en prend à l'héritage
musical de nos amis ritals. Une reprise d'une chanson traditionnelle.
La louve ne reconnaît plus ses louveteaux. Accélération
du pouls, manque d'oxygène, Melt-Banana a encore abusé
du vitriol tout en gardant l'esprit chaleureux et ensoleillé
de l'original. Autre face, les locaux. Anna est vraiment dynamite
et ces trois acolytes en costards-cravates nous la rejouent Cramps,
surf-music et back to the sixties. Rein d'étonnant de les
retrouver avec nos japonais(es) préféré(e)s
tant on connaît leur amour pour le rock'n'roll de nos aïeux.
Sauf qu'eux ont su le transcender, alors que Dynamite Anna, malgré
tout son charme, y est resté les deux pieds englués.
Melt-Banana for ever!
SKX (01/08/2002)
|
MELT-BANANA
"
charlie " - Lp
A-Zap 98
Une
météorite vient d'exploser ma platine ! Si je n'avais
pas été autant cloué au mur du fond, des
bris de corps et morceaux de chairs joncheraient le sol. A se
rouler frénétiquement par terre, branchez 5 Iggy
Pop sur 10000 volts, parsemé de verres tranchants et faire
en sorte que le fond de la casserole fusionne en un temps micro-ondes.
Une enivrante chaleur côtoie mes plaies. J'avais laissé
Melt-Banana dans son parc de petits lutins nippons bien délurés
mais pas bien méchants non plus. Ils nous reviennent en
véritable monstres, Godzilla vs Bruce Lee. Le feu d'artifice
pète toujours avec entrain et l'ardeur d'une jeune fille
à son premier bal mais napalmisé avec un bombardement
de sons d'une richesse véhémente, aidé d'un
scratcheur/sampleur - le nouveau jouet du guitariste - qu ' a
oublié de signer le registre de l'asile le plus proche.
Ca dynamite, propulse chaque morceau, c'est complètement
affolant, le nord déclenche la balise argos ! On se perd
dans une nouvelle dimension, entre free-noise-rock et le DHR sound
le plus extrême. Et le pire, c'est que ça reste cohérent
! Jouissif à temps complet. Y compris cette voix hystérique
qui continue à nous titiller le gland. On avait jamais
aussi bien mixé machines/instruments rocks depuis Pearl
Harbor. Melt-Banana vient de frapper un grand coup avec ce "
Charlie " angulaire. Le disque de 98 ! !
SKX (12/07/1999) |
MELTED
MEN
"
fangs a lot " - CD
Nerve Rust 02
Le
cas de Melted Men est très particulier. Pour ne pas dire
désespéré. Une entité mal définie.
Ces hommes mélangés ont oublié de nous donner
les clefs de leur monde. Pour aborder Melted Men, il faut déjà
posséder deux ingrédients : le sens de l'absurde
et un second, voir huitième, degré bien accroché.
Pour le reste, tous les coups sont permis. A base de samples,
percussions et voix bien humaines, Melted Men nous concocte un
cocktail musical complètement décalé. Electronique,
funky, garage, expérimentations tous azimuts. C'est Jean-Louis
Costes sans le trash et le pipi-caca. C'est Foetus pour gamin
de huit ans. Un Pierre Bastien pour attardés mentaux. Tout
est habité par l'esprit de Grand Guignol. Rots en continus,
bruits de grenouille, de machine à écrire bloquée
en mode répétition et autres samples incongrus.
Un album (sorti sur leur propre label, qui en voudrait sinon!)
en forme de collages sonores, qui parfois font mouche comme l'excellent
"ingrowed toenail", très Old Time Relijun, ou
parfois très marrant. Sinon on ne vous en voudra pas si
vous trouvez ça obscur, voir quasi inabordable même
par la face sud. Melted Men est avant tout un groupe qui prend
toute sa dimension et sa raison de vivre sur scène. Une
folie visuelle, en plus d'être sonore. Mystérieux
bonshommes.
SKX (15/04/2002)
|
MELTED
MEN
"
half growed squirrel " - 7"
Nerve Rust 01
Une
race inconnue, la rencontre du 3ème type à eux deux
tout seul. Melted Men, un duo américain, très décalé.
On n'est pas bien sûr de bien tout comprendre ce qui se
passe sur le disque. Quelles sont les armes utilisées.
Au bas mot, une ribambelle de samples, de platines affolantes,
d'un karaoké déviant, d'électronique-garage,
de percussions enfantines et sauvages. Le rôti est prêt
et se présente, pour le morceau phare "Ingrown toenail",
sous forme d'un Old Time Relijun sous LSD avec croassements de
grenouilles à l'appui. Le reste est collage sonore, télescopage
bruyant et répétitif à forte dose humoristique.
C'est la face marrante, jubilatoire, funky et innovante de la
musique expérimentale. Le genre de duo qui ne se prend
pas au sérieux pour vous entraîner dans leur ronde
tripante, vous les concasser menu menu. Le délire! On en
redemande.
SKX (05/12/2001)
|
MELVINS
"
the maggot " - CD
Ipecac 99
Indéboulonnables
MELVINS. Qui se soucie des modes autant que Dale Crover de sa
1ère baguette de batterie. On les croit perdus à
jamais, disparus avec les derniers grunges, englués à
tout jamais dans la vase seventies, à se foutre de la gueule
de tout le monde dans des délires je-m'en-foutisme et v'là
ti pas qu'ils resurgissent avec un nouvel album, inaugural d'une
série de 2 autres à venir. Melvins donne dans le
concept ? Avec 8 titres. Mais en fait 16. Parce que ya 2 morceaux
pour le prix d'un. Comprenez 2 morceaux totalement différents
sous le même patronyme. Concept a-t-on dit ? Et ça
démarre fort, version Houdini. Gras, sales, vibrant dans
sa cellulite. Pour notre plus grand bonheur libidineux, Melvins
revient sur terre, on n'a pas à craindre le pire. De là
à crier qu'on touche au firmament du répertoire
des Melvins, ya un fossé gluant que je ne franchirais pas.
Ce " The Maggot " est lourd, gros son de sortie, la
puissance de la batterie ne se dément pas. Les lignes de
l'ex-bassiste des Cows fidèles à l'original. Et
l'amour de Black Sabbath et tout le rock seventies sans faille.
Presque trop fidèle d'ailleurs. Ca nous donne droit à
des passages parfois limite ridicule, seventies je t'adore, qui
si ça ne venait pas de l'univers décalé des
Melvins nous plongerait dans un abîme de désespoirs
sans nom! Alors on se raccroche à ces coups de butoirs
" houdinesque ", dépravés et à
la hussarde, qui ne donne pas le temps de réfléchir
au reste. Ca ne va pas créer de nouveaux adeptes mais en
faire revenir quelques-uns au bercail. Les dinosaures ont encore
la santé!
SKX (15/11/1999) |
THE
MEMBERS OF TINNITUS
"
tactics for instant music " - Lp
Ideal 00
Des
membres d'une bien étrange secte. Des fondus qui dégèle
les glaces de leur chère Suède natale avec un concept
: "la musique instantanée". Jouer ce qui leur
passe par leur cervelle trouée d'après l'humeur
du moment. Spontanéité est le maître mot et
le résultat pour le moins aléatoire et disparate.
Rock d'avant-garde, musique improvisée, secte voisine de
US Maple pour l'esprit décalé qui les habite avec
This Heat ou Brise-Glace pour chapeauter le tout. Musique électronique
et faite maison, revisitée par un lutin pervers et farceur.
Effets multiples sur le son, tout se mélange et tout se
bidouille. Chaque titre pourrait être l'uvre d'un
groupe différent à chaque remise de peine. Avec
l'expérimentation en point commun. Musique ardue qui part
dans tous les sens. On se raccroche à ce qu'on peut. A
des morceaux qui tournent en boucles, des idées un peu
plus fortes que la moyenne. On regarde ça d'un il
méfiant. Musique barrée pour les plus aventureux
d'entre vous. A manipuler avec précaution.
SKX (13/03/2001)
|
THE
MERCURY PROGRAM
"
from the vapor of gasoline " - CD
Tigerstyle 00
On
entre dans le brouillard de la ville. C'est le matin. Les brumes
de l'alcool. La fatigue, tout devient flou. Dans les vapeurs du
gasoil, musique cérébrale qui lâche ses notes
en volutes. The Mercury Program distille par petites touches,
aux coups d'un xylophone omniprésent dans le fond, ça
berce, c'est pastel comme la pochette. Une forme à l'abandon,
très peu de voix, des guitares bavardes, des éclairs
de lucidité où le corps titube, tout s'accélère
avant que le bitume vous caresse le visage d'un peu trop près.
On ère dans cette identité qu'on appelle le post-rock,
à la lisière de Tortoise (un Tortoise non prétentieux
qui n'essaye pas de réinventer la musique d'ascenseur)
avec le nerf central de June of 44. Un rock brumeux tour à
tour compliqué ou lipide. Qui vous endort ou vous emmène
divaguer. Des morceaux, des passages très réussis
qui maintiennent la pression avant de s'évaporer à
nouveau, on baisse sa garde, ça s'égare, le moment
est fragile. Une musique de dilettante pour dormir le jour. On
passe à coté sans l'apercevoir, sa présence
ne dérange pas.
SKX (20/02/2001)
|
METROPHON
"
s/t " - Lp
The Company with the Golden Arm 02
Avec
le printemps dernier était venu Song Of Zarathustra. Dans
son sillage et sur le long des routes européennes suivait
le groupe allemand Metrophon. Présenté comme un
plus ou moins proche voisin musical, Metrophon s'est avéré
vite différent. Se méfier des comparaisons hâtives.
Toujours. En fait Metrophon se cherche. Les parentés sont
multiples. Les oreilles traînent un peu partout. Leur premier
album en subit les conséquences. Ca manque d'un fil conducteur.
La jauge du plaisir suit des courbes contradictoires, même
si ça reste au-dessus de la moyenne. Musique à guitares,
Metrophon lorgne les territoires (désormais vacants) de
Unwound, s'offre des montées noisy à la Sonic Youth.
Eclaircit le voile par un léger synthé. Dommage
qu'on ne retrouve pas comme en concert le saxo pour une vraie
touche d'originalité. Les compos sont plaisantes. Accomplissement
d'un devoir rituel, appliqué à ne pas sortir d'un
cadre qu'on aimerait voir exploser. Sept titres qui passent sans
difficulté, presque trop aisément, mais qui peut
laisser augurer d'un bel avenir si ils arrivent à trouver
une personnalité plus marquante.
SKX (22/08/2002) |
MICHAEL
NACE
"
the voyage out " - CD
Minority 02
Tout
est dans le titre. L'ambition clairement affichée. Michael
Nace nous invite au voyage. Tout en suspension, aérien
et léger, la ballade s'annonce champêtre et mélancolique.
Cet ex-Drill For Absentee, groupe math-rock à la vie trop
courte, change son fusil d'épaule. Il se retrouve face
à lui-même et ce voyage est avant tout introspectif.
Intimiste, on pense tout de suite à Nick Drake dans cette
façon faussement feutrée et grave d'aborder son
sujet. L'orchestration en plus. Produit par Geoff Turner (New
Wet Kojak), le travail pour rendre ces compositions complexes
est très fin, du boulot d'orfèvre. Mandoline, guitare
acoustique, percussion, carillon en plus des instruments rock
traditionnels et même la participation de l'orchestre symphonique
de Trinidad. Et à l'arrivée, rien de baroque et
de chargé mais des mouvements fluides, à peine si
toute cette débauche d'instruments s'entend. Aidé
par Kevin Kelly, ancien acolyte de Drill For Absentee et par Adam
Wade, batteur de Shudder To Think, Michael Nace évolue
dans un climat apaisant, abordable par tous. Il faut se sentir
d'humeur pour se laisser embarquer dans ce voyage en eaux calmes
à peine troublées mais de belles étapes vous
attendent comme "all of them" ou "perfect pace".
Quelquechose d'intemporel et d'impressionniste. On y glisse, imperméable,
ou on y rentre, par petites touches. Une sorte de voyage en solitaire
que chacun abordera à son rythme, libre de le mener à
sa guise. Le repos du guerrier.
SKX (15/04/2002)
|
MICROWAVES
"
system 2 " - CD
Cenotaph Audio / Version City 02
Microwaves
ne fait pas de la musique réchauffée. Ce trio fraîchement
débarqué de Pittsburgh nous sert une musique hybride.
Trois années à peaufiner en laboratoire un son paranoïaque
pour donner suite à un maxi "the professional systems
overload". Tout leur temps pour tester leurs processeurs
et samplers, postulat primordial de leur création sonore
et les confronter avec la vraie vie, les éléments
de base de rock'n'roll, la sainte trilogie guitare-basse-batterie.
Mi-homme, mi-machine, Microwaves sort de ses gonds et, tout feu,
tout flamme, embrase les frontières. Avec un passé
hanté par Devo et autres groupuscules post-punk robotisés
et un présent marqué au fer rouge par la fine fleur
de la noise. Microwaves génère un univers tout personnel.
Sur une forte assise rythmique, très martelante, des lignes
de basse au son inquiétant et qui tournent en boucle, ça
tranche avec des guitares agitées et des moustiques électroniques.
Champs magnétiques, déformation des voix, hallucinations
des formes, "system 2" met une pression constante. Dérègle
avec doigté toutes tentatives de mélodies qui s'écorchent,
appâtent le marin, disparaissent sur le flot d'une énergie
qui arrivent par vagues régulières. On ne s'étonne
pas que ce groupe ait partagé de nombreuses scènes
avec Arab on Radar, Pink and Brown, Lightning Bolt et autres cartésiens
de la musique. Ce "system 2" se débrouille comme
un chef, vise le futur tout en étant bien armé dans
le présent. Ingénieux et brillant.
SKX (13/05/2002) |
MILEMARKER
"
non plus ultra future isms " - CDs
The Company With The Golden Arm records 98/99
D'emblée,
ce groupe se distingue de la meute aboyante emo-noise-hard-core,
j'en passe et des meilleurs, par un son personnel. Un trio de
trois ex-groupes dont un Sleepytime Trio, volonté de se
démarquer de leurs précédentes expériences,
se forcer dans une démarche musicale à risque, ne
se donner aucunes limites. On les imagine, réfléchit,
et cherchant un nouvel eldorado de sensations auditives. 1er essai
en 98 avec " non plus ultra ". L'ambiance leur appartient,
la palette des compositions variée. Un guitare-basse-batterie
des familles, pas obtus pour 2 sous, ouvert aux keyboards et computers,
entre titres rageurs et accrocheurs dès la 1ère
écoute et sublimes lenteurs où tout est histoire
d'atmosphère et d'attention. Et de samples - fort discret
- de groupes connus comme Drive Like Jehu, Fugazi, Jawbreaker.
Avec " Future isms ", leur second opus, MILEMARKER continue
sa brillante ascension. Personnalisation en hausse, pression accrue
des synthés, pianos, et computers, mêlés avec
force et haute énergie à la sainte trilogie rock.
Une façon de vous torcher des mélodies, désinvoltes
et talentueuses. Chaque titre se distingue du lot. Un lot homogène.
Le concept est vivifiant. Fatigués de leurs précédents
groupes, les membres de Milemarker peuvent être fiers de
leurs parcours. Ce ne sont pas les premiers à mêler
ce genre d'instruments mais ça n'est jamais tombé
aussi juste à mes oreilles esbaudies, sonné aussi
frais. Unificateurs et novateurs. Milemarker méritent tout
votre respect. Et surtout vos putains d'oreilles!! Et pour les
rois du modernisme, ce CD fait aussi ROM à vos heures perdues!!
SKX (19/07/1999) |
MILGRAM
"
Subversion standard " - CD
RedF 02
Milgram
n'est pas du genre prolifique. Trois bonnes années après
leur premier album qui vit leurs débuts sur le label marseillais
Pandemonium, ce groupe de Dunkerque remonte le Rhône et
repointe son nez sur le label lyonnais (tenu par un Irlandais
!) RedF records. Pas mal de changements entre-temps, notamment
au niveau du personnel, et la musique s'en ressent. C'est un Milgram
version 2, autant oublier de suite le précédent
album. Des bouts de compos, des titres qui tiennent plus de l'expérimentation
et de la bidouille. Disséminés dans tout ça,
des morceaux plus carrés et construits. La base a beau
toujours être noise-rock, Milgram a décidé
d'étoffer les ambiances, d'apporter un peu de chaleur et
de folie. Si, pour rester franchouillard, on peut penser à
une certaine affiliation Condense / Bästard, il manque cependant
une bonne dose de consistance pour tenir la route. Un petit quelque
chose qui fait la différence, comme si les compos n'étaient
pas abouties. Dix-huit titres fourre-tout, quasi instrumentaux
(le meilleur titre étant comme par hasard le seul - ou
presque - chanté " Bleus terribles " ou le très
court " grapeti "). Pas vraiment de ligne directrice.
Des idées intéressantes mais mal exploitées.
De bons coups de nerfs mais aussi des plages inutiles qui ne font
que renforcer le sentiment touffu de trop plein. C'était
pas la peine de mettre les chutes de studio! L'écoute reste
agréable mais l'intérêt se dilue au fil des
morceaux et on ressent comme une impression de gâchis au
regard du réel potentiel de ce groupe.
SKX (17/04/2003) |
MINIWATT
"
assimilated " - CD
Arbeid 01
Miniwatt
monte à l'assaut pour la deuxième fois. Un trio
fait pour la guérilla, la guerre des nerfs avec des escarmouches
brèves et répétées. Treize titres
(dont deux live) en vingt minutes, Miniwatt reste sur la distance
de son premier album et enfile les perles noise fines et racées
avec une facilité déconcertante. Rien de nouveau
sur ce front. D'ailleurs rien de nouveau spécialement à
signaler dans cette nouvelle déclaration. Miniwatt garde
le cap inchangé. Des rythmiques trépidantes mais
sans surenchères, des guitares acérées pour
couper le poil au plus près, une voix passionnée.
Ces lointains fils de Wire et Big Black vont à l'essentiel.
Ces vingt minutes passent comme une lettre à la poste,
l'anthrax en moins. Une sucrerie acide à consommer sans
modération.
SKX (11/12/2001)
|
MINIWATT
"
rectifiers " - CD
Arbeid 00
Une
charge aussi inattendue qui vous colle la tronche au plafond,
on en ressort tout chancelant. Un trio qui ne peut même
pas se targuer du préfixe "ex" quelquechose.
Un 1er album qui déboule sans rien dire, sorti du grand
nul part et s'impose en rotations continues en à peine
20 minutes, temps nécessaire à ces 11 titres pour
couler une bielle à votre cervelle. Deux minutes en moyenne,
ça fait pas cher la watt ! C'est vif, hargneux, du Wire
dans les veines avec des pics de Glazed Baby et autres groupuscules
noise qui ont l'urgence en principe de base. Et au beau milieu
de tout ce vacarme vivifiant, ya de réelles trouvailles
mélodiques, des petits bonheurs sans nom qui sautillent
dans tous les sens et qui donne un charme exotique ! Car c'est
pas de la grosse artillerie noise avant toute qui maltraite vos
tympans. De la finesse sur rythmes trépidants, une petite
mécanique hérissée de pointes d'acier coupantes,
de la malice dans les gênes, indigestion impossible. Un
nouveau groupe américain sur lequel il va falloir compter.
Prenez du Miniwatt au petit déjeuner !
SKX (24/07/2000) |
MONTANA
PETE
"
Baige " - CD
Coin Operated 03
Le
genre d 'album qui déboule sans crier gare et auquel rien
ne se raccroche. Une pierre jetée en l'air et qui revient
avec la force d'un boulet. Après moult 45 tours, ce trio
anglais daigne enfin sortir son album. Insaisissables Montana
Pete. Trou à perdition sur lequel les modes n'ont prises.
Losers magnifiques et c'est tout un art. Rock dissonant et noisy.
Mais pas seulement. Rythmes secs et durs. Mais encore. Morceaux
courte durée, bourrés de sauts d'humeur. Feux follets,
sens de l'humour tout Anglais et en finesse ("punk-rock")
qui joue aussi bien de la répétition façon
The Fall que de la folie passagère à la Trumans
Water ou au sérieux de The Ex, version ados. Mais comme
je vous le disais, tout ça ne sont que pâles indications.
Le seul truc dont je suis sûr, c'est que ce groupe est Anglais
jusqu'aux tréfonds de sa pinte. Ne me demandez pas de l'expliquer.
Ce "Baige", sans avoir l'air d'y toucher, rafraîchit
les neurones, revigorent et vous ferez bien de vous changer les
idées au lieu de traquer comme un con la dernière
mode qui est déjà dépassée. Plus de
groupes comme Montana Pete!
SKX (12/11/2003) |
MONTANA
PETE
"
play 'devo' and 'french ladies' " - 7
Coin-Operated 01
L'Angleterre,
plus propice en courant d'air et pets de mouche, nous apporte
sur un plateau une bombe de fraîcheur. Montana Pete déboule
de nul part, sans références musicales marquées,
et crée l'embarras du chroniqueur. Un groupe très
sobre dans sa conception. Et dans leur plus simple appareil de
guitare-basse-batterie mouille le maillot dans un "devo"
tout en guitares claires et trépidantes, de la tension
plein la voix. Un petit moteur pétaradant à l'énergie
communicative. Face B, la "french ladies" ralentit l'allure
et se chante dans un français aussi compréhensible
pour nous que Bertrand Cantat gueulant en Anglais pour un rosbif!
Mais la mélodie est là et apparemment, Montana Pete
sait la manier avec dextérité. Appelons ça
du "rock noisy" avec tous les guillemets qui s'imposent.
Une touche définitivement anglaise mais indéfinissable.
De la classe dans l'art de faire du bruit. A noter d'urgence sur
vos tablettes. (Deux autres singles sont parus et un album sur
Flitwick est annoncé).
SKX (04/10/2001) |
MONTANA
PETE/DAEMIEN FROST
"
jiminationalism / in league with the amazons " - split 7"
Alpha Relish / Coin-Operated 01
Montana
Pete continue d'enchaîner les petits formats. Limité
à 300 exemplaires, vous risquez de passer à coté
de deux groupes anglais qui promettent beaucoup! Montana Pete
a cette légèreté, qui malgré la précision
et le bruit de leurs instruments, les rend attachant. Pour parler
d'eux, on évoque souvent des groupes comme Wire, Gang of
Four, Trumans Water, Albini sans que tout ça soit très
conforme à la réalité non plus.... Ce nouveau
morceau n'est pas leur plus saisissant. Leur fougue est intériorisée,
le rythme de batterie sommes toutes classique mais la fin du morceau
et cette voix sombre voix qui arrive ranime la flamme un instant
vacillante. Daemien Frost débarque dans le paysage. Et
d'entrée de jeu, un morceau de choix. Tout de suite plus
noise, malgré un début tout en touché de
symbales. Ca s'excite, accélère peu à peu,
les guitares partent en vrille et tout dérape avec un truc
hypnotique derrière tout ce raffut qui capte bien l'attention.
Surveillez ces noms du coin de l'il!
SKX (21/02/2002) |
MONTCALM/DEAD
SERAPHIM
"
Split 12" - Lp
Pretty in Pink 02
Un
disque qui sent bon la photocopie et la colle à bois. Un
split 100% DIY pour jeunes américains qu'ont la haine !
Ca crie, ça éructe à toute volée,
ça s'emballe comme un jeune poulain pour sa première
course, ça vous pond des passages à faire pleurer
votre mère. Vous l'aurez compris, on nage en plein screamo-hardcore-powerviolence,
j'en perds mon latin. Dommage qu'avec Dead Seraphim, le son soit
à la hauteur du budget. Pauvre, comme un cri qui vous viendrait
du sous-sol. Montcalm fréquente des bacs à sable
identiques. Sauf qu'ils sont montés d'un étage pour
le son. Alors forcément, on fait plus attention à
eux. Et comme ils ont tendance à mieux maîtriser
les paramètres, leurs titres où tout s'enchaîne,
fortement marqués par Orchid et Jeromes Dream, plombent
encore un peu plus le peu de cervelle qu'il me reste. Des groupes
comme ça, l'Oncle Sam en sort des dizaines par jour. Ceux-ci
sont pas pires qu'eux d'autres. Bien au contraire, vieille rombière
!
SKX (07/01/2003) |
MORE
FIRE FOR BURNING PEOPLE
"
sitting breath less in new chairs " - Lp
Ruido records 97
Ca
foirait sec chez les Aztèques. La roue avait finie par
tourner et les indigènes bons à se faire enculer
à force de boire cul sec. More Fire For Burning People.
Quel beau nom de groupe! Rutilant et tout et tout et pas peu fier
surtout. Avec un art du retard consommé, vu que ça
fait déjà 2 ans que ce disque s'est pointé
et va falloir se contenter de cette chronique. En clair, vous
pouvez toujours vous gratter pour vous le procurer! Groupe météorite
débarqué de nul part sinon une banlieue glauque
pour étudiants américains complètement morfonds
à Richmond. En tout cas, ils ont le sens du narratif, tout
leur temps pour vous étirer les ambiances, les chauffer
à blanc, jouer avec comme une pauvre souris dans les griffes
d'un chat(af)futé, les tordre et les essorer jusqu'à
la moelle. Et quand ça pète, l'écho de Sonic
Youth résonne dans le lointain. Sinon, tout ça reste
bien personnel. A peine pourrait-on évoquer Oxbow pour
un son de cloche approchant dans les structures déliées,
voir Bakamono pour une touche psychédélique. On
en est toujours réduit à former des hypothèses.
Un réseau de racines multiples, une centrale à haute
énergie qui filtre ses électrons. Le dialogue des
guitares est exemplaire, chaque titre autonome, pas d'emballements
excessifs, de la retenue, en rut, de la virulence, ne jamais exploser
avant la limite. Le feu coule sous les veines. Et MFFBP souffle
sur les braises des personnes auxquelles il ne manque qu'une allumette
pour les enflammer. Un feu nécessaire.
SKX (01/09/1999) |
MOTORAMBO
"
eine triologie in fünf teilen " - 10"
Fiction Friction records 99
Bruits,
mélodies, breaks, vous avez tout pour satisfaire le chaland
sur ce 5 titres de ces nouveaux venus allemands. Recette qui a
maintes fois fait ces preuves, pour peu que le dosage soit parfait
et la patte incomparable. Et Motorambo de piétiner quelques
peu. Le chaud et le froid. Soit ils assurent carrément
comme sur "Karg", soit ils dérapent en plein
virage ("inventur" c'est pas l'aventure!). Inconstance
entre moments éclairants et un refrain pas très
heureux, le petit riff qui gâche un plaisir total. Alors
gardons ce trio sous le coude et laissons les mûrir tranquille!
SKX (02/11/1999)
|
THE
MICROPHONES
"
don't wake me up " - CD
K 2000
Le
maitre-mot, c'est lo-fi. Avec K records, c'est (presque) un pléonasme.
Et derrière ces microphones, un seul homme, jeune (21 ans),
batteur de D+ (groupe d'un ex-Beat Happening) et Old Time Relijun,
j'ai nommé Phil Elvrum. Aussi enjoué qu'un parterre
d'écologistes coincé dans une 4L en pleine manif
de chasseurs aquitains, ce 2ème album lève les yeux
au ciel, plus près des nuages, avec des voix qui font des
"ahhhh" en traînant exprès. Alors nous
aussi, on se traîne pour faire tout pareil car eux qui voulaient
réveiller personne s'y prennent très bien. Mais
sous tout ces sarcasmes se cachent un réel savoir-faire.
L'héritage des plus belles heures des maisons de disques
néo-zélandaises Flying Nun et Xpressway, les collages
abstraits de Eric's Trip, des distorsions de toutes sortes, des
guitares qui ne tiennent plus que par une corde (celle qui finira
par les pendre), des pianos sans queue, des xylophones aphones,
des bruits d'ustensiles ménagers qu'Emmaüs ne voudrait
même pas reprendre. Et au beau milieu de toutes ces mélodies
pop-art désabusées, une batterie grondante qui parfois
sort de la torpeur rêveuse dans laquelle vous plonge ces
15 titres. Question d'humeur à n'en pas douter !
SKX (25/07/2000) |
MUG
"
corsica egg " - 2x10
Pandemonium / Le Dernier Cri 00
Pas
rapide à la détente, MUG accouche dans la douleur
de, considérons le comme tel, son premier album. Un furoncle
coupé en deux, qui fait suite à un déjà
double 45 sorti de longues années auparavant, et qui cette
fois choisi la taille au-dessus, le double 25 cms bien calibré,
qui la met profond avec comme d'habitude l'emballage sérigraphié
signé le Dernier Cri. Près de 30 titres qui s'étalent
glutinant alors que l'enregistrement date déjà de
98, recours au forceps pour la naissance de ce bébé.
Un forceps qui te serre bien le crâne pour mieux embellir
ta galerie aux monstres. Derrière MUG, un collectif avec
Paquito Bolino, guitare zéro et Caroline Sury aux paroles
de petit chaperon rouge pervers qui fantasme sur le grand méchant
loup. Duo de choc autour duquel on retrouve l'habituel écossais
de service de Badgewearer et autres passagers du moment. Navigation
à vue et en eaux troubles, enregistrement éclair
(4 jours) après deux semaines d'entraînement dans
la cave, comme pour s'excuser à l'avance de la pauvreté
du son et des errances passagères de l'ensemble. Et si
c'était justement pour ça qu'on aimait ça
!! Pour cette approche minimaliste qui sied si bien à ces
compositions dérangées, ce bordel suintant de la
schizophrénie ambiante, le droit à l'approximation
qui fait de ce produit bruyant, un bâtard attachant et original.
Ca part dans tous les sens, les samples grouillent comme autant
de vers dans une pomme tombée de l'arbre depuis longtemps.
Les instruments suivent une trame connue que d'eux-mêmes,
narratifs et démembrés. Ca ramone à sec.
Pendant ce temps là, la Sury a les nerfs à vif et
cohabite avec les mouches. Free noise aléatoire, qui à
défaut de convaincre, joue les sales gosses aux doigts
tout tachés, dérangeant le confort quotidien.
SKX (02/11/2000) |
MY
LAÏ
"
learn....forget....re-learn " - Lp
Static Station (Lp)/Divot (CD) 98
Une
bonne langue râpeuse qui vous caresse l'épiderme.
C'est à la foi délicieux et insupportable. Le monde
de My Laï tourne à la vitesse folle du 45 pour 10
titres en rangs serrés, écorchés, stridents
et si bon. Apoplexie mais le rythme reste supportable. Esprit
vindicatif, Chicago nous avait pas habitué à un
tel hardcore chaotique. Pensez In/Humanity, Swing Kids. Musique
hystérique portée à plein poumons, nouvel
essor d'un hard-core/noise qui déboule par vague rageuse
depuis quelques temps des States. My Laï, du nom d'un massacre
perpétré par les troupes américaines au Viet-Nam,
digne représentant d'un mouvement qui n'oublie pas d'associer
le verbe acerbe et sans compromis sur notre pitoyable fable moderne,
aux tempos d'une valse d'un nouveau millénaire.
SKX (01/12/1999)
|
|
Machnik
Self-titled - CD
Gentlemen 2004
" Machnik apprécie lorsque les spectateurs peuvent
être assis durant son concert ". C'est pas moi qui
le dis, c'est eux
Personnellement, ces pseudos concerts
rock où tout le monde est assis me foutent les boules,
ce syndrome du post-rock pour gens mous du bulbe, cet embourgeoisement
lénifiant! Si un groupe déclare faire du rock
(et c'est le cas de Machnik), c'est debout et pas autrement
Messieurs ! Bon ceci dit pour passer mes nerfs, la musique de
Machnik n'a rien de rock et s'apprécie sûrement,
non pas assis, mais carrément allongé. Chez soi
et pas en concert. Réunion des trois Honey For Petzi
et deux Parazit, Machnik privilégie l'acoustique rythmée
avec un brin d'électronique. La guitare proche d'un Gastr
Del Sol bien propre derrière les oreilles, une version
de chambre de Cheval de Frise pour jeunes gens bien sous tout
rapport. Les mélodies ont tendance à tourner en
boucle. Le chant est anecdotique. Ca se sirote tranquille, ça
ne fait pas de bruit, ça ne dérange pas grand
monde, ma grand-mère pourrait apprécier, c'est
charmant et désuet (qui a dit comme la Suisse ??). Pour
les soirées au coin du feu, c'est idéal. Pour
reprendre à mon compte ce bon mot lu dans Positive Rage,
le lac de Lausanne d'où est issu Machnik peut dormir
tranquille, c'est pas demain qu'on y mettra le feu!
SKX
(18/12/2004)
website
label www.gentlemen.ch
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The
Mae Shi
Terrorbird - CD
5RC 2004
Ca chatouille sous les bras, ça glisse dans le slip,
une vraie anguille, c'est Mae Shi. Une musique pour déridée
les fesses, qui ne se prend pas au sérieux pour un sou.
Une bande à claques qui torpille le noyau de toutes compos.
L'esprit lutin de Melt-Banana pour enfants (ou adultes attardés),
voir punk et sec à la Minutemen et avec qui ils partagent
la même atmosphère folle-dingue de Los Angeles
quand ils jouent aux petits durs. Bonjour l'ambiance! Plus près
de nous, c'est du coté de Experimental Dental School,
Deerhoof et de tous ces groupes bidouilleurs et Do It Yourself
dans l'âme qu'il faut chercher la source d'inspiration.
33 morceaux en trois quart d'heure (le répéter
à toute vitesse), sans queue ni tête. Prendre son
pied le plus possible. Pas de limite à la créativité
tout azimut. Abstraction. Beat punk et dansant avec une bonne
dose d'ironie. Cris débiles mentaux, boite à rythme
à deux balles, faux rap et vraies gaudrioles acides.
Avec peu de moyen et beaucoup d'enthousiasme, ce premier album
se déguste frais, du pétillant qui pique et qui
fait la nique aux tatoués. Ne pas essayer d'aller gratter
plus loin. Toupille maléfique qui tourne, qui tourne,
qui amuse et puis on oublie.
SKX
(03/12/2004)
website
groupe www.mae-shi.com
website
label www.5rc.com
sounds
Vampire-Beats.mp3
| Revelation-3.mp3
|
|
Metronome
Charisma
Notre amour est assez puissant pour
détruire ce putain de monde - CD
Radar Swarm / Impure Musik 2004
Le nom de cet album est tout un programme, il fallait oser et
je n'irai pas plus loin dans les commentaires. Par contre, la
musique de ce jeune groupe bordelais est suffisamment burné
pour en mettre plus d'un sur les genoux ! Une précédente
démo nous avait déjà fait saliver. Avec
un certain Serge Morattel aux manettes (Knut, Brazen), ce premier
album fait une entrée fracassante dans le paysage hardcore
français. Metronome Charisma joue un hardcore sombre
à souhait, passant avec aisances de la face metal Breach
- Botch à un lyrisme emo jamais larmoyant à la
Envy - Gameness, tout en colère parfaitement contenue,
de riffs qui plombent, des accélérations qui laissent
sur place, une énergie qui fait grimper aux murs. Quelques
intermèdes au piano, de chute de tension (il est quand
même question d'amour ici !!) pour mieux reprendre son
souffle. Et encore
jamais l'impression d'étouffer
nous assaille. Malgré la puissance du son et la débauche
de tirs croisés, ces quatorze titres respirent continuellement,
tout est parfaitement agencé et distillé, le bâton
pour se battre soi-même et la poitrine fièrement
dressée. Metronome Charisma sait mieux que quiconque
d'où ils viennent, ne cachent en rien leurs influences,
les subliment juste pour nous offrir un point d'ancrage solide
qui fera date. Un album remarquable.
SKX
(13/06/2004)
website
groupe
www.metronome-charisma.fr.fm
website
label
www.radarswarm.com
| www.impuremuzik.com
sounds
Les_pieds_devant.mp3
| sebenneb.free.fr/cp_musique.htm
|
Microwaves
Attack Decay Sustain Release - CD
New Addition Media 2004
Après
un premier album " system 2 " passé hélas
trop inaperçu, Microwaves, trio de Pittsburgh's, tente
une seconde approche, qui, si tout se passe bien, devrait connaître
le même succès. Voir pire.
Car cette nouvelle réalisation est encore plus difficile
d'accès. Un album de noise dérangeant qui ne brosse
pas dans le sens du poil. Tout est question d'alchimie de rythmes,
de grincements, de coups vicieux sur le synthé, de voix
paniquées. Cette science, ils la pratiquent de haut-vol.
Rock droïde, entre Devo et Arab On Radar sans concession.
Mécanique chancelante, manipulateurs de sons, effets
organiques et continus sur la basse et la guitare, c'est le
son du robot-punk ! Marrant de voir d'ailleurs le graphisme
de la pochette. On dirait un flyer pour une foutue rave ! Toute
l'ambivalence de Microwaves. Du rock dévoué aux
machines. Ou le contraire. Dans des structures azimutées.
Ou pas. Car c'est aussi frondeur et sans détour ("
good samaritan ") et autres petits passages pour auditeurs
bien attentionnés. Avec l'art de dérégler
des plans bien intentionnés. De triturer les (bons) boutons
aux bons moments. Quand on sait en plus que Weasel Walter (
Mr Flying Luttenbachers) s'y est intéressé de
prêt et a masterisé tout ça, vous comprendrez
l'esprit tordu qu'il règne sur ce bout de disque et ces
mots qui défilent devant vous en perdent leur latin.
C'est tout ça Microwaves, un fourre tout organisé,
une musique au milieu de plein d'autres qui ne plaira à
personne. Un disque de noise-rock qui cache son jeu. Avec ses
mystères et ses humeurs impénétrables.
Le truc qui remue les méninges et le fondement. C'est
tout bon.
SKX
(27/08/04)
newadditionmedia@hotmail.com
|
Mihaï
Edrisch
L'un sans l'autre - CD
Alchimia 2003
Le
rouge et le noir de la pochette. Symbole des passions et des
souffrances. Avec un bonne dose de direct dans ta face! Mihai
Edrisch est un groupe de Lyon, existe depuis mars 2002 seulement
et a le caractère déjà bien trempé.
Un premier album qui impose sa loi au rayon des groupes emo/hardcore
écorchés. La production est de Santi Garcia, l'espagnol
de service derrière les manettes de Standstill, E 150,
Aïna. Autant dire qu'il connaît son boulot et qu'il
a pondu un écrin idéal à la furie développée
par Mihaï Edrisch. La section rythmique chauffe de tout
bois, une qualité assez rare dans ce style de musique,
tour à tour rapide, binaire et complexe. La sauvagerie
d'un Orchid. Le lyrisme brut d'un Envy. Et la pluie qui tombe,
un piano tombé là à bon escient et des
rires d'enfants pour clore l'album sur une note optimiste. Entre
temps, c'est l'abîme en pleine tripe. La castagne à
tous les étages. Les fonds sont insondables. On finit
comme on a commencé, par la pochette, qui sent la colle
sur les bois, originalement assemblé pour une première
oeuvre en tout point réussi.
SKX
(01/03/2004)
website
groupe www.mihaiedrisch.fr.st
website
label www.alchimia-inc.fr.st
|
Milgram
Expensive record(s) - CD
Rock'n'Roll Charity Hospital 2004
Milgram. Le nom reste mais la musique change, tout comme le
personnel. Turn-over dans le nord. Les nouvelles aventures de
ce groupe de Lille. Troisième album avec toujours Milgram
marqué dessus mais ils auraient pu changer de patronyme
qu'on aurait vu que du feu. Après un premier album noise
et viril bien marqué années 90, suite à
un deuxième album rock-electro foutraque,
le trio Milgram revient avec un rock hybride, à mi-chemin
entre le math-rock et la pop. Trois albums, trois ambiances
foncièrement différentes, Madame l'ambassadrice
est contente. En fil rouge, le mot rock. Tout de même.
Parti faire les zouaves chez Bob Weston (Mr. Basse chez Shellac),
Milgram revient le cur léger et la musique sautillante.
Ce math-rock là n'est pas dans la prise de tête.
Si le travail et les entrelacs entre les instruments flirtent
avec la complexité, le propos n'est pas dans la surenchère
technique. L'humeur est à la joie de vivre, aux rythmes
entraînants, aux têtes à queue, les mains
sans le volant, le parcours est sinueux et les chicanes négociées
les doigts dans le nez. Chez Bob, le son ne joue pas les gros
bras, c'est détendu, au diapason avec des compos légères
et nerveuses. De Lille à Chicago, il n'y à qu'un
océan de rien du tout franchit allégrement. Milgram
a suffisamment de recul sur la musique noise-rock depuis 10
ans pour contourner le cap de ses influences américaines.
De Ui à Storm and Stress, Milgram rapporte un album frais
et personnel, qui manque de consistance sur la longueur mais
cet " expensive record(s) " valait bien le voyage
chez l'Oncle Sam. Depuis, Milgram a rajouté un membre
à son groupe, un nouveau batteur pendant que l'ancien
se remet à la guitare. L'évolution est permanente
chez Milgram. On a tout à espérer de la suite.
SKX
(18/12/2004)
website
groupe milgramsound.free.fr
website
label rocknrollcharity.free.fr
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MORELAND
AUDIO
" Turbogold " - CD
54' 40° or Fight 03
Equation à trois chiffres, Moreland Audio est un nouveau
groupe constitué autour d'un noyau d'ex-Purkinje Shift
(Gary Flom et Ben Davis). Vous rajoutez l'indéboulonnable
batteur au milieu (Adam Overton) et c'est reparti pour une énième
virée dans le paysage indémodable du groupe instrumental
math-rock. Pour les chanceux qui connaissaient déjà
leur ex-groupe sus-nommé, l'eau n'a que peu coulé
sous le pont. Engouffré dans le trou noir crée
par Don Caballero, leur univers confine à l'infini vers
des architectures sinusoïdales, à la précision
diabolique, un monde où tout est scientifiquement à
sa place, presque obsessionnel dans sa quête de l'ordre.
Moreland Audio se sort cependant du piège froid et clinique
où d'autres comparses s'enferment en insufflant une bonne
dose de rock que leur technique maîtrisée et sue
sur le bout des doigts rend fluide et sans complication inutile.
En plus, Gary Flom s'est trouvé un joujou extra, une
guitare qu'il joue allongée (la guitare, pas lui) sur
laquelle il fait glisser une canette de bière (bon en
fait, c'est pas exactement une canette mais je suis sûr
du coup que vous voyez beaucoup mieux de quoi je veux parler!).
Ca vous donne des sons tout en fiiiizz, un surplus d'oxygène
dans ce disque où chaque détail compte. Huit titres
seulement mais longuement disputés par des orfèvres
en la matière qui subtilement apportent leur pierre à
un édifice qui compte de nombreux étages et qui
ne le défigurent en aucun cas.
SKX (31/12/2003)
website
groupe www.fiftyfourfortyorfight.com
website
label
www.fiftyfourfortyorfight.com
sounds
www.fiftyfourfortyorfight.com
-> section "merchandise"
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Myra
Lee
Self-titled - CD
Rejuvenation / Théâtre / La Machoire / Jason R.
/ Bloko Autonoma 2004
Les potes de virées de Loisirs sortent à leur
tour leur premier long jet. Une arrivée en fanfare, ça
déboule grave. La scène emo-noise-hardcore (je
ratisse large, c'est plus sûr) peut s'enorgueillir d'un
nouveau rejeton issu de la famélique triade poitevine
! Réduit au trio après le départ de la
chanteuse, c'est donc entre mecs que Myra Lee se retrouve et
durcit le ton. Il y a du Kurt dans cette rythmique qui pulse.
Du Shotmaker (forcément) dans le souci de la mélodie.
On arrête pas le train en marche. Cette sombre rage marquée
par un chant qui sort des tripes et l'autre plus mélodieux.
Cette folle destinée droit dans le mur. Il faut une trompette
salvatrice sur " ré " ou un refrain très
connoté Engine Down sur " questions " pour
calmer les ardeurs. Le reste du temps, ça file en apnée.
Rien de neuf sous le soleil mais c'est plein d'enthousiasme,
des compos de qualités qui donnent du relief à
ce premier album prometteur d'un groupe qu'on espère
en voie de personnalisation. Et dans le Huit Six, on aime aussi
rigoler, de vrais boute-en-train. Pour preuve, cette reprise
d'un morceau de Richard Gotainer tout à la fin de la
fin du CD. Le sampa-core, breveté Poitiers, pour finir
ses soirées. Il serait temps.
SKX
(09/10/2004)
website
groupe loisirsmyralee.free.fr/myralee/index.php
sounds
Kids.mp3
9emePorte.mp3
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Made
in Mexico
Zodiac zoo - CD
Skin Graft 2005
Fabriqué à Providence, la maison de Load records,
c'est sur Skin Graft que Made in Mexico échoue et tous
ces signaux forts doivent vous mettre sur la piste d'un nouveau
groupe au rock dérangeant. Entre aperçu sur un
split avec Athletic Automaton,
leur musique prend cette fois définitivement son envol.
Du caractère affirmé. Le jeu de Schneider (ex-Arab
on Radar) est à nul autre pareil. Rempli de crispation,
de nerf en pelote, de larsen grinçant et d'éclats
mélodiques très brefs. C'est dans la rythmique
qu'il faut trouver un allier pour ne pas déraper. Mais
le danger rôde. Ambiances toutes bizarres que l'on pourrait
dans un moment de faiblesse comparer aux premiers Sonic Youth.
Ce truc tout rampant qui sent le cinglé à vingt
mètres, déconcertant et maléfique. Le chant
et les incantations de la Miss Mitchell (Rebecca de son prénom)
ne sont pas là pour rassurer. Compositions syncopés
qui gardent (garde-fou) une ossature rock pour ne pas faire
fuir les derniers moutons. Rock déviant assurément
mais surtout créatif contre la médiocrité
ambiante, capable d'écrire de vrais hymnes underground
comme Farewell Myth. Introduction acoustique, grésillement
d'un vinyl, rythmique tribal, riff entêtant. Zodiac Zoo
est une bête aussi attirante que effrayante, le genre
de disque qu'on aborde avec respect. Comme d'habitude avec Skin
Graft, plongez sur la version vinyl si vous avez l'occasion,
c'est du grand art. Comme la musique.
SKX
(11/11/2005)
website groupe madeinmexico.lotsofnoise.com
website label www.skingraftrecords.com
sounds FarewellMyth.mp3
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Made
out of Babies
Trophy - CD
Neurot 2005
Après
toute une série de disques où il était
surtout question d'atmosphère atmosphère, Neurot
records (San Francisco) sort de sa torpeur et revient au rock,
le vrai, le couillu avec une nouvelle signature débarquée
de l'autre coté du pays, New-York, la grosse pomme capable
comme personne de dégurgiter des groupes noise et cruels
comme on n'en fait plus. La bande de Neurosis a eu le nez creux.
Cooper, le nom qui cingle, c'est celui du bassiste et ce Monsieur
officie également au sein de Players Club avec Dave Curran,
bassiste un tantinet plus connu, de Unsane. Alors question rythmique,
Made out of Babies fait dans le lourd et violent, dans ce groove
tortueux qui scotche sur place. Sur plus d'un titre, le rapprochement
avec l'assise de Unsane est flagrant. L'atmosphère, car
on y revient toujours, est poisseuse mais ya pas à sourciller,
ça éclate et MOOB laisse une issu de secours à
son auditoire. C'est pas évident de prime abord mais
au fil des écoutes, les structures s'éclaircissent,
la guitare n'est pas qu'un cri rageur continuellement dans le
rouge et puis il y a cette voix. La voix, féminine, apporte
une touche toute personnelle, suffisante pour que l'on ne taxe
pas ce groupe de copie. Un registre large qui suinte parfaitement
avec les différents états d'urgence de la musique.
Au final, des morceaux tout tendus de partout, aux accroches
évidentes passées le premier cap, à sec,
ça fait toujours cligner des yeux et puis après
ça glisse tout seul, des morceaux comme Gut shoveler,
Sugar ou Pirate aident à la déglutition.
Made out of babies accouche dans la tourmente d'avortons costauds
comme on aime. Nouveaux dégénérés
en perspective.
SKX
(09/12/2005)
website
groupe www.madeoutofbabies.com
website
label www.neurotrecordings.com
sounds
Ire_Fire.mp3
| Swarm.mp3
|
Mannequin
Warps yr head - CDEP
Reptilian 2004
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99 était un groupe fort nombreux. Normal que parmi les
10/12 membres (j'avoue ne pas avoir tout suivi), d'autres aventures
se déclarent. On ne compte plus les groupes avec des
ex-Page 99 et Mannequin figure en bon rang. Après un
split avec Transistor Transistor, Mannequin revient tout seul
à la charge. " Be yourself " ouvre ce 7 titres.
Un riff bien crade, on dirait entendre le fantôme de Nirvana.
Et le fantôme est persistant, revient régulièrement
visité le Mannequin qui n'a que ces trous béants
pour se laisser manger par cette influence prédominante
qu'est Nirvana! Punk-rock bien crade, le Mannequin n'est pas
tout jeune et aurait eu son heure de gloire sans faillir début
90 en pleine euphorie grunge. Comme on est 10 ans plus tard
et que les types ont beaucoup écouté de hardcore,
ça vous donne une version bien vile et tapageuse, le
fantôme se dissipe. N'empêche ça fait bizarre.
Surtout que (je voudrais pas insister), sur le morceau "
degenerite skull routine god ", c'est carrément
le fantôme de Dinosaur Jr qui se pointe. Ca sent quand
même le second degré à plein nez cette affaire
là! Alternance de chanteurs entre les frangins Taylor,
ça donne du souffle à ce EP. L'énergie
est brutale. Ca dégraisse à tout va. Avec des
illères, c'est un bon disque amusant.
SKX
(09/01/2005)
website
label www.reptilianrecords.com
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Mare
Mare - CDEP
Hydrahead 2004
Mare
saigne à blanc. Les fins sont proches. Paysage de désolation
où tout est à reconstruire. Tyler Semrick, l'ex-chanteur
de The End, n'a pas peur des grands chantiers. Une vision globale.
Mare ne peut se contenter d'un style. Si le fond de commerce
est foncièrement metal avec une pointe de doom (animal
bestial réputé pour sa lenteur et sa lourdeur),
ce nouveau groupe de Hydrahead se caractérise par une
approche quasi orchestrale. Les voix, même si elles sont
l'uvre d'une seule personne, sont bien au pluriel. Centrales,
elles se conjuguent à toutes les sauces. Subtiles, aériennes
ou maniaco-dépressives, vicieuses, voire un brin death
dans le fond de la gorge mais aussi façon chorales et
ces sempiternels samples des voix bulgares que le metal/hardcore
peut remercier pour les avoir pillées régulièrement.
Tout ça vous donne un cachet spécial et unique,
évitant de justesse le piège de la grandiloquence.
Un point commun avec Neurosis. Mare aime les grandes étendues
spirituelles auxquelles ils rajoutent le malsain d'un Today
is the Day. De longues introductions multi-vocales avant que
le glas d'une grosse caisse, le riff funeste d'une guitare,
le chant des entrailles signe la fin du printemps. Mare donne
dans l'orchestration doom. L'éléphant en tutu.
Une image encore difficilement cadrable. On a un peu de mal
à les suivre mais ce projet ambitieux a de la cuisse.
Une mare ténébreuse à même de recéler
des trésors futurs.
SKX
(08/01/2005)
website
groupe www.mare.ca
website
label www.hydrahead.com
sounds
they_sent_you.mp3
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Melt-Banana
/ Chung
Quick quick slow death - 10''
Sounds of Subterrania 2005
Comment
ne pas commencer cette chronique en parlant de l'objet! Le premier
disque hologramme ! Une pochette démente en format 25
centimètres avec un hologramme géant, une histoire
de tapette à mouche et de météorite, file,
file, mort violente. La musique pourrait presque paraître
secondaire si Melt-Banana ne figurait à l'affiche. En
attendant un nouvel album annoncé pour cette année,
trois inédits scroutchant en 45 tours. " 52 hands,
36 possibilities ". L'art de (toujours) nous faire fantasmer.
La voix de Yako sur un air de piano fou, un mixage sauvage et
très découpé. Melt-Banana expérimente,
c'est pas nouveau, et ce coup-ci est plutôt bien réussi.
Le second " sweeper " nous ramène à
la réalité. Dans la lignée de " cell-scape
", un morceau au tempo plus calme que les mitraillettes
d'antan, les délires du guitariste et un morceau très
convaincant. Final " target inside ", en plein cur
d'une cible crissante, hirsute, expérimentation encore,
on en redemande. De l'autre coté de la face, un groupe
allemand (comme le label), Chung, ça joue plus vite que
Melt-Banana, c'est la même chanteuse mais non attendez
voir ça tournerait pas en 33 tours ah si c'est pas pareil
(il a fallu deux morceaux avant de s'en apercevoir !) la chanteuse
est un chanteur et je me demande si je vais pas remettre en
45 en fait
. 2 albums à leur actif et ce split avec
les stars japonaises ne saurait être de trop pour les
mettre sur la carte du rock. Rock trafiqué à l'huile
de coude pour glisser sur la vague sixties (un chouilla) avec
synthé et pas grand chose à se mettre sous la
dent sinon leur saine (vaine) énergie. Qu'importe ! Rien
que pour l'objet et Melt-Banana, quick, quick, dépêchez-vous
avant qu'il ne reste plus rien de ce disque limité en
tirage!
SKX
(22/06/2005)
website
groupe www.parkcity.ne.jp/%7Emltbanan
www.chungmusik.de
website
label www.soundsofsubterrania.com
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Melted
Men
Smoke Alarm Limbo - 7"
Pinksock 2004
C'est
pas tous les jours qu'on a les Melted Men à table. Faut
faire gaffes à qui vous invitez, ces lascars d'Athens
en Géorgie, Etast-Unis, ne savent pas se tenir. Roi du
collage sonore, Melted Men utilise des instruments faits maison,
rajoute des sons incongrus et des voix plus présentes
qu'à l'habitude pour servir cinq titres bien secoués.
Rappeur de l'impossible, danse du ventre à l'envers avec
pets continus, Melted Men défient tous les danseurs du
monde dans un gigantesque contest expérimentale, groovy
provocateur et dérangeant. On s'attardera sur la pochette
intérieure avec une série de photos où
(semble-t-il) un Melted Men en tenu de scène (autant
dire pas adéquat pour l'ordre public même si ils
ont fait pire) est arrêté par un policier en bermuda
(ça devait être l'été) sous les regards
de passants interloqués. Leur lieu de prédilection
reste la scène mais ce bout de vinyl tout remuant est
unique et complètement décalé. C'est pour
ça qu'on les adore !
SKX
(02/01/2005)
website
groupe www.meltedmen.com
website
label | |