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ARCHIVES 1999 - 2006
 

MAKARA
" discography " - Lp
The Blood of the Young 01
Faire-part de décès, toutes nos condoléances, vous trouverez ci-joint tous nos titres bâtards accouchés dans la douleur. Makara s'offre la totale et, de l'enfer où périssent tant de groupes mort-nés dans l'anonymat, nous envoie ce vinyl tout vert. Dessus, 14 titres, toute leur vie, aussi courte fut-elle. Aussi brève que ces morceaux le sont. Hardcore-noise sombre et compact, limite neurasthénique. On les sent tout recroquevillé, prêt à mordre quiconque s'approche. Pas de longs développements. La batterie s'agite dans tous les sens. En fait, tous les instruments ferraillent dur et vont droit dans le mur. Chaque morceau s'enchaîne dans un larsen continu. Les mauvaises langues diront que tout se ressemble, que c'est trop plein, sans aérations. Ce serait démissionner devant l'urgence du propos, ne pas sentir toutes ces variations dans la roche. Des purs et durs qui ne flirtaient avec aucune mode. Si Orchid et consorts vous branchent, ce disque vous bottera le cul dans le bon sens.
SKX (11/12/2001)
MAN VS NATURE
" White one with doctor " - Lp
Klistier Entertainment 02
Baptême de feu pour les Allemands de Man vs Nature en toute décontraction et sans se prendre au sérieux. Ca commence en français dans le texte avec une profession de fois très lucide : " … quatre individus plein de bonne volonté même si ce sont des musiciens assez pitoyables. Mais ces musiciens ont pris du bon temps en faisant ce disque et vous l'avez acheté d'ailleurs, félicitations ! ". Pas vraiment en fait vu que ce disque est plutôt venu vers moi que le chemin inverse mais bon bref, ils ont parfaitement résumé la situation . Du coup, ça déteint sur l'auditeur et difficile de prendre cet album au sérieux. Une bonne dose d'humour sur un fond punk-rock, un saxo incongru, des phases expérimentales. Un curieux mélange où on pourrait aussi bien caser The Fall que Killdozer dont ils reprennent d'ailleurs le " king of sex ". Ca tire un peu dans tous le sens et si rien de basiquement désagréable ne transpire à l'écoute de ce disque, c'est pas l'emballement qui prédomine non plus ! Ya bien l'instrumentale " soupe tonkinoise " ou New Wet Kojak repris par un groupe de baltringue thaïlandais. Deux, trois ruades dans les brancards bien soutenues par une basse qui tire gros. Mais bon, une bonne répèt entre potes n'a jamais fait un bon disque.
SKX (20/03/2003)
MASTODON
" lifesblood " - CDEP
Relapse 01
Mastodon, tout est dans le nom! Cher(e)s ami(e)s de la légèreté, passez votre chemin. Ici, on va discuter le (bout de) gras du propos avec moultes cris gutturaux et guitares plombées. On va essuyer les plâtres que Today is the Day a si patiemment construit et sublimé avec "in the eyes of god". Avec la dextérité d'un Dillinger Escape Plan, comme si ça ne suffisait pas! Batteur-pieuvre surdopé entre rythmes en rafale et double grosse caisse, guitares crashantes, Mastodon est pressé d'en finir. Rajoutez une pointe de Neurosis - un brin de lyrisme dans ce monde de brut - sur "battle at sea", le dédoublement voix d'outre-tombe, voix écorchée et tout le reste qui vous file entre les doigts. A trop vouloir en faire et en montrer, on s'y perd un peu. Tout ça manque un peu de naturel et de simplicité. Mastodon mange a tous les râteliers. On y trouve forcément son bonheur dans le tas, une bonne raison d'écouter ça jusqu'à la fin. En tout cas , pour les accrocs du style, ça devrait le faire sans problème!!
SKX (27/02/2002)
MCLUSKY
" mclusky do dallas " - CD
Too Pure / Virgin labels 02
On rentre là-dedans comme dans du beurre. Tête en avant, il est facile de tapoter du pied et siffloter les refrains à peine la première écoute achevée. Cet album marque les débuts fracassants (après toute une série de 45 et un 1er album passé inaperçu) d'un trio anglais à la propension déconcertante pour enfiler les tubes en puissance. Quatorze au bas mot. Tous remplis de mélodies accrocheuses, de rythmes simples et efficaces. On avait pas entendu ça depuis les plus belles heures des Pixies. Cette même facilité à vous séduire par des morceaux incisifs, courts et énergiques. Sauf que le domaine est un tantinet plus viril. Production Steve Albini donc basse énorme, batterie clairement annoncée. On sent le background de Mclusky plus influencé par le punk-rock que la surf music. Mclusky, une idée à la seconde. Du cœur à revendre. Le disque idéal pour l'été et suer jusqu'au petit matin. L'histoire ne dit pas encore si cette débauche de talent passera l'hiver. Si ce deuxième album est un produit de consommation rapide et superficiel qui manquerai sur la longueur d'âme et d'intérêt. Comme un jouet tout beau tout neuf, chaque titre a le plaisir immédiat, presque trop facile pour que cela dure. Mais avant que ces questions hautement métaphysiques ne vous atteignent, sautez dans le train et rendez-vous à Dallas, la capitale du clinquant et de l'esbroufe. Il sera temps de réfléchir plus tard.
SKX (15/07/2002)
MELT-BANANA
" Cell scape " - CD
A-Zap 03
Melt-Banana, le typhon déboule du Japon. Non content d'avaler les kilomètres et d'interminables tournées mondiales, Melt-Banana donne le tournis à quiconque essaye de suivre leur parcours discographique. Des splits 45 tours plus ou moins obscurs à la pelle, des reprises pour des tributes pour faire patienter (3 ans tout de même) et donner suite à " Teenie Shiny ". Le temps aussi d'assimiler les changements et de s'offrir un nouveau batteur, le seul non-japonais de la bande et entrevu avec Atomsmasher et Phantomsmasher. Une donne importante dans le tableau. Melt-Banana continue à distribuer des tartes. Le débit reste anormalement élevé pour des humains. La voix (et tout le reste) de Yakuso continue de pimenter nos fantasmes. Reste que le cadre des compositions prend une tournure plus rock, entendez par là plus structuré. Mais en même temps que j'écris ces mots, il faut avoir à l'esprit que le sens algébrique chez ces japonais(es) est à tout jamais déviant et que 1+1 feront rarement 2. La couleur du saké a beau prendre une tournure plus convivial, les matins sonneront encore gueule de bois. Surtout qu'ils retrouvent la patine de " Charlie " (comparé à un " teenie shiny " plus gentillet dans la production), tes voisins apprécieront. Un jeu barbare et truculent, rempli de malice et de fléchettes dans le dos. En grands fans de musique qu'ils sont, ils y vont encore de leurs reprises (''reggae'' avez-vous dit ?), ritournelles printanières en plein champ de mines. Cordes à boyaux de chats ivres de rythmes tour à tour pulsatoire ou froid dans le dos. De ces incessants samples qui poussent la guitare à l'extrême. Sushi pas dans la colle. Je me désagrège. Melt-Banana, yen a pas deux.
SKX (15/09/2003)
MELT-BANANA/THREE STUDIES FOR A CRUCIFIXION
" s/t " - 8"
Passacaglia 01
Bananes électriques japonaises étrangleuses, futées comme un troupeau de gremlins en rut, les Melt-Banana ne connaissent pas l'accalmie. Au contraire, ils se dissipent et se bonifient dans la tourmente avec l'âge. Je ne pourrais vous dire si ces cinq inédits datent d'avant ou d'après la période "teeny shiny". Mais c'est toujours sur haut-voltage que sont branchés Melt-Banana. Forme olympique, ruades fines et épicées, directes et inspirées. Le grand jeu à nouveau chez Melt-Banana. Et les cris perçants de Yakuso m'émoustillent toujours autant une partie de mon anatomie que je ne vous révélerais pas! Le nom de Three Studies for a crucifixion sonne comme du hardcore couillu et méchant. Et c'est du couillu et méchant. On est loin de l'humour musical de Melt-Banana. Ici on fait du bruit sérieux. Les plus subversifs ne sont pas toujours ceux qu'on croit. Pour autant, TSFC se débrouille comme un chef dans la tarte aux enclumes. Catharsis pour la marmite quotidienne. Mastodonte lancé à pleine vitesse. Avec une impressionnante maîtrise. Deux titres qui ne rigolent pas des genoux. Et comme on est maso, on en redemande. Deux approches du chaos. Deux raisons de plus pour s'exploser la tête.
SKX (04/10/2001)
MELT-BANANA/DYNAMITE ANNA AND THE BONE MACHINE
" tintarella di luna " - split 7"
Valium 01
Melt-Banana sont des boulimiques, des insatiables qui accouchent les morceaux plus vite qu'une lapine en chaleur. A nouveau un split 45, version italienne et dolce vita pour couples en surdose de viagra (bonjour le romantisme!). Melt-Banana s'en prend à l'héritage musical de nos amis ritals. Une reprise d'une chanson traditionnelle. La louve ne reconnaît plus ses louveteaux. Accélération du pouls, manque d'oxygène, Melt-Banana a encore abusé du vitriol tout en gardant l'esprit chaleureux et ensoleillé de l'original. Autre face, les locaux. Anna est vraiment dynamite et ces trois acolytes en costards-cravates nous la rejouent Cramps, surf-music et back to the sixties. Rein d'étonnant de les retrouver avec nos japonais(es) préféré(e)s tant on connaît leur amour pour le rock'n'roll de nos aïeux. Sauf qu'eux ont su le transcender, alors que Dynamite Anna, malgré tout son charme, y est resté les deux pieds englués. Melt-Banana for ever!
SKX (01/08/2002)

MELT-BANANA
" charlie " - Lp
A-Zap 98
Une météorite vient d'exploser ma platine ! Si je n'avais pas été autant cloué au mur du fond, des bris de corps et morceaux de chairs joncheraient le sol. A se rouler frénétiquement par terre, branchez 5 Iggy Pop sur 10000 volts, parsemé de verres tranchants et faire en sorte que le fond de la casserole fusionne en un temps micro-ondes. Une enivrante chaleur côtoie mes plaies. J'avais laissé Melt-Banana dans son parc de petits lutins nippons bien délurés mais pas bien méchants non plus. Ils nous reviennent en véritable monstres, Godzilla vs Bruce Lee. Le feu d'artifice pète toujours avec entrain et l'ardeur d'une jeune fille à son premier bal mais napalmisé avec un bombardement de sons d'une richesse véhémente, aidé d'un scratcheur/sampleur - le nouveau jouet du guitariste - qu ' a oublié de signer le registre de l'asile le plus proche. Ca dynamite, propulse chaque morceau, c'est complètement affolant, le nord déclenche la balise argos ! On se perd dans une nouvelle dimension, entre free-noise-rock et le DHR sound le plus extrême. Et le pire, c'est que ça reste cohérent ! Jouissif à temps complet. Y compris cette voix hystérique qui continue à nous titiller le gland. On avait jamais aussi bien mixé machines/instruments rocks depuis Pearl Harbor. Melt-Banana vient de frapper un grand coup avec ce " Charlie " angulaire. Le disque de 98 ! !
SKX (12/07/1999)
MELTED MEN
" fangs a lot " - CD
Nerve Rust 02
Le cas de Melted Men est très particulier. Pour ne pas dire désespéré. Une entité mal définie. Ces hommes mélangés ont oublié de nous donner les clefs de leur monde. Pour aborder Melted Men, il faut déjà posséder deux ingrédients : le sens de l'absurde et un second, voir huitième, degré bien accroché. Pour le reste, tous les coups sont permis. A base de samples, percussions et voix bien humaines, Melted Men nous concocte un cocktail musical complètement décalé. Electronique, funky, garage, expérimentations tous azimuts. C'est Jean-Louis Costes sans le trash et le pipi-caca. C'est Foetus pour gamin de huit ans. Un Pierre Bastien pour attardés mentaux. Tout est habité par l'esprit de Grand Guignol. Rots en continus, bruits de grenouille, de machine à écrire bloquée en mode répétition et autres samples incongrus. Un album (sorti sur leur propre label, qui en voudrait sinon!) en forme de collages sonores, qui parfois font mouche comme l'excellent "ingrowed toenail", très Old Time Relijun, ou parfois très marrant. Sinon on ne vous en voudra pas si vous trouvez ça obscur, voir quasi inabordable même par la face sud. Melted Men est avant tout un groupe qui prend toute sa dimension et sa raison de vivre sur scène. Une folie visuelle, en plus d'être sonore. Mystérieux bonshommes.
SKX (15/04/2002)

MELTED MEN
" half growed squirrel " - 7"
Nerve Rust 01
Une race inconnue, la rencontre du 3ème type à eux deux tout seul. Melted Men, un duo américain, très décalé. On n'est pas bien sûr de bien tout comprendre ce qui se passe sur le disque. Quelles sont les armes utilisées. Au bas mot, une ribambelle de samples, de platines affolantes, d'un karaoké déviant, d'électronique-garage, de percussions enfantines et sauvages. Le rôti est prêt et se présente, pour le morceau phare "Ingrown toenail", sous forme d'un Old Time Relijun sous LSD avec croassements de grenouilles à l'appui. Le reste est collage sonore, télescopage bruyant et répétitif à forte dose humoristique. C'est la face marrante, jubilatoire, funky et innovante de la musique expérimentale. Le genre de duo qui ne se prend pas au sérieux pour vous entraîner dans leur ronde tripante, vous les concasser menu menu. Le délire! On en redemande.
SKX (05/12/2001)
MELVINS
" the maggot " - CD
Ipecac 99
Indéboulonnables MELVINS. Qui se soucie des modes autant que Dale Crover de sa 1ère baguette de batterie. On les croit perdus à jamais, disparus avec les derniers grunges, englués à tout jamais dans la vase seventies, à se foutre de la gueule de tout le monde dans des délires je-m'en-foutisme et v'là ti pas qu'ils resurgissent avec un nouvel album, inaugural d'une série de 2 autres à venir. Melvins donne dans le concept ? Avec 8 titres. Mais en fait 16. Parce que ya 2 morceaux pour le prix d'un. Comprenez 2 morceaux totalement différents sous le même patronyme. Concept a-t-on dit ? Et ça démarre fort, version Houdini. Gras, sales, vibrant dans sa cellulite. Pour notre plus grand bonheur libidineux, Melvins revient sur terre, on n'a pas à craindre le pire. De là à crier qu'on touche au firmament du répertoire des Melvins, ya un fossé gluant que je ne franchirais pas. Ce " The Maggot " est lourd, gros son de sortie, la puissance de la batterie ne se dément pas. Les lignes de l'ex-bassiste des Cows fidèles à l'original. Et l'amour de Black Sabbath et tout le rock seventies sans faille. Presque trop fidèle d'ailleurs. Ca nous donne droit à des passages parfois limite ridicule, seventies je t'adore, qui si ça ne venait pas de l'univers décalé des Melvins nous plongerait dans un abîme de désespoirs sans nom! Alors on se raccroche à ces coups de butoirs " houdinesque ", dépravés et à la hussarde, qui ne donne pas le temps de réfléchir au reste. Ca ne va pas créer de nouveaux adeptes mais en faire revenir quelques-uns au bercail. Les dinosaures ont encore la santé!
SKX (15/11/1999)
THE MEMBERS OF TINNITUS
" tactics for instant music " - Lp
Ideal 00
Des membres d'une bien étrange secte. Des fondus qui dégèle les glaces de leur chère Suède natale avec un concept : "la musique instantanée". Jouer ce qui leur passe par leur cervelle trouée d'après l'humeur du moment. Spontanéité est le maître mot et le résultat pour le moins aléatoire et disparate. Rock d'avant-garde, musique improvisée, secte voisine de US Maple pour l'esprit décalé qui les habite avec This Heat ou Brise-Glace pour chapeauter le tout. Musique électronique et faite maison, revisitée par un lutin pervers et farceur. Effets multiples sur le son, tout se mélange et tout se bidouille. Chaque titre pourrait être l'œuvre d'un groupe différent à chaque remise de peine. Avec l'expérimentation en point commun. Musique ardue qui part dans tous les sens. On se raccroche à ce qu'on peut. A des morceaux qui tournent en boucles, des idées un peu plus fortes que la moyenne. On regarde ça d'un œil méfiant. Musique barrée pour les plus aventureux d'entre vous. A manipuler avec précaution.
SKX (13/03/2001)
THE MERCURY PROGRAM
" from the vapor of gasoline " - CD
Tigerstyle 00
On entre dans le brouillard de la ville. C'est le matin. Les brumes de l'alcool. La fatigue, tout devient flou. Dans les vapeurs du gasoil, musique cérébrale qui lâche ses notes en volutes. The Mercury Program distille par petites touches, aux coups d'un xylophone omniprésent dans le fond, ça berce, c'est pastel comme la pochette. Une forme à l'abandon, très peu de voix, des guitares bavardes, des éclairs de lucidité où le corps titube, tout s'accélère avant que le bitume vous caresse le visage d'un peu trop près. On ère dans cette identité qu'on appelle le post-rock, à la lisière de Tortoise (un Tortoise non prétentieux qui n'essaye pas de réinventer la musique d'ascenseur) avec le nerf central de June of 44. Un rock brumeux tour à tour compliqué ou lipide. Qui vous endort ou vous emmène divaguer. Des morceaux, des passages très réussis qui maintiennent la pression avant de s'évaporer à nouveau, on baisse sa garde, ça s'égare, le moment est fragile. Une musique de dilettante pour dormir le jour. On passe à coté sans l'apercevoir, sa présence ne dérange pas.
SKX (20/02/2001)
METROPHON
" s/t " - Lp
The Company with the Golden Arm 02
Avec le printemps dernier était venu Song Of Zarathustra. Dans son sillage et sur le long des routes européennes suivait le groupe allemand Metrophon. Présenté comme un plus ou moins proche voisin musical, Metrophon s'est avéré vite différent. Se méfier des comparaisons hâtives. Toujours. En fait Metrophon se cherche. Les parentés sont multiples. Les oreilles traînent un peu partout. Leur premier album en subit les conséquences. Ca manque d'un fil conducteur. La jauge du plaisir suit des courbes contradictoires, même si ça reste au-dessus de la moyenne. Musique à guitares, Metrophon lorgne les territoires (désormais vacants) de Unwound, s'offre des montées noisy à la Sonic Youth. Eclaircit le voile par un léger synthé. Dommage qu'on ne retrouve pas comme en concert le saxo pour une vraie touche d'originalité. Les compos sont plaisantes. Accomplissement d'un devoir rituel, appliqué à ne pas sortir d'un cadre qu'on aimerait voir exploser. Sept titres qui passent sans difficulté, presque trop aisément, mais qui peut laisser augurer d'un bel avenir si ils arrivent à trouver une personnalité plus marquante.
SKX (22/08/2002)
MICHAEL NACE
" the voyage out " - CD
Minority 02
Tout est dans le titre. L'ambition clairement affichée. Michael Nace nous invite au voyage. Tout en suspension, aérien et léger, la ballade s'annonce champêtre et mélancolique. Cet ex-Drill For Absentee, groupe math-rock à la vie trop courte, change son fusil d'épaule. Il se retrouve face à lui-même et ce voyage est avant tout introspectif. Intimiste, on pense tout de suite à Nick Drake dans cette façon faussement feutrée et grave d'aborder son sujet. L'orchestration en plus. Produit par Geoff Turner (New Wet Kojak), le travail pour rendre ces compositions complexes est très fin, du boulot d'orfèvre. Mandoline, guitare acoustique, percussion, carillon en plus des instruments rock traditionnels et même la participation de l'orchestre symphonique de Trinidad. Et à l'arrivée, rien de baroque et de chargé mais des mouvements fluides, à peine si toute cette débauche d'instruments s'entend. Aidé par Kevin Kelly, ancien acolyte de Drill For Absentee et par Adam Wade, batteur de Shudder To Think, Michael Nace évolue dans un climat apaisant, abordable par tous. Il faut se sentir d'humeur pour se laisser embarquer dans ce voyage en eaux calmes à peine troublées mais de belles étapes vous attendent comme "all of them" ou "perfect pace". Quelquechose d'intemporel et d'impressionniste. On y glisse, imperméable, ou on y rentre, par petites touches. Une sorte de voyage en solitaire que chacun abordera à son rythme, libre de le mener à sa guise. Le repos du guerrier.
SKX (15/04/2002)
MICROWAVES
" system 2 " - CD
Cenotaph Audio / Version City 02
Microwaves ne fait pas de la musique réchauffée. Ce trio fraîchement débarqué de Pittsburgh nous sert une musique hybride. Trois années à peaufiner en laboratoire un son paranoïaque pour donner suite à un maxi "the professional systems overload". Tout leur temps pour tester leurs processeurs et samplers, postulat primordial de leur création sonore et les confronter avec la vraie vie, les éléments de base de rock'n'roll, la sainte trilogie guitare-basse-batterie. Mi-homme, mi-machine, Microwaves sort de ses gonds et, tout feu, tout flamme, embrase les frontières. Avec un passé hanté par Devo et autres groupuscules post-punk robotisés et un présent marqué au fer rouge par la fine fleur de la noise. Microwaves génère un univers tout personnel. Sur une forte assise rythmique, très martelante, des lignes de basse au son inquiétant et qui tournent en boucle, ça tranche avec des guitares agitées et des moustiques électroniques. Champs magnétiques, déformation des voix, hallucinations des formes, "system 2" met une pression constante. Dérègle avec doigté toutes tentatives de mélodies qui s'écorchent, appâtent le marin, disparaissent sur le flot d'une énergie qui arrivent par vagues régulières. On ne s'étonne pas que ce groupe ait partagé de nombreuses scènes avec Arab on Radar, Pink and Brown, Lightning Bolt et autres cartésiens de la musique. Ce "system 2" se débrouille comme un chef, vise le futur tout en étant bien armé dans le présent. Ingénieux et brillant.
SKX (13/05/2002)
MILEMARKER
" non plus ultra future isms " - CDs
The Company With The Golden Arm records 98/99
D'emblée, ce groupe se distingue de la meute aboyante emo-noise-hard-core, j'en passe et des meilleurs, par un son personnel. Un trio de trois ex-groupes dont un Sleepytime Trio, volonté de se démarquer de leurs précédentes expériences, se forcer dans une démarche musicale à risque, ne se donner aucunes limites. On les imagine, réfléchit, et cherchant un nouvel eldorado de sensations auditives. 1er essai en 98 avec " non plus ultra ". L'ambiance leur appartient, la palette des compositions variée. Un guitare-basse-batterie des familles, pas obtus pour 2 sous, ouvert aux keyboards et computers, entre titres rageurs et accrocheurs dès la 1ère écoute et sublimes lenteurs où tout est histoire d'atmosphère et d'attention. Et de samples - fort discret - de groupes connus comme Drive Like Jehu, Fugazi, Jawbreaker. Avec " Future isms ", leur second opus, MILEMARKER continue sa brillante ascension. Personnalisation en hausse, pression accrue des synthés, pianos, et computers, mêlés avec force et haute énergie à la sainte trilogie rock. Une façon de vous torcher des mélodies, désinvoltes et talentueuses. Chaque titre se distingue du lot. Un lot homogène. Le concept est vivifiant. Fatigués de leurs précédents groupes, les membres de Milemarker peuvent être fiers de leurs parcours. Ce ne sont pas les premiers à mêler ce genre d'instruments mais ça n'est jamais tombé aussi juste à mes oreilles esbaudies, sonné aussi frais. Unificateurs et novateurs. Milemarker méritent tout votre respect. Et surtout vos putains d'oreilles!! Et pour les rois du modernisme, ce CD fait aussi ROM à vos heures perdues!!
SKX (19/07/1999)
MILGRAM
" Subversion standard " - CD
RedF 02
Milgram n'est pas du genre prolifique. Trois bonnes années après leur premier album qui vit leurs débuts sur le label marseillais Pandemonium, ce groupe de Dunkerque remonte le Rhône et repointe son nez sur le label lyonnais (tenu par un Irlandais !) RedF records. Pas mal de changements entre-temps, notamment au niveau du personnel, et la musique s'en ressent. C'est un Milgram version 2, autant oublier de suite le précédent album. Des bouts de compos, des titres qui tiennent plus de l'expérimentation et de la bidouille. Disséminés dans tout ça, des morceaux plus carrés et construits. La base a beau toujours être noise-rock, Milgram a décidé d'étoffer les ambiances, d'apporter un peu de chaleur et de folie. Si, pour rester franchouillard, on peut penser à une certaine affiliation Condense / Bästard, il manque cependant une bonne dose de consistance pour tenir la route. Un petit quelque chose qui fait la différence, comme si les compos n'étaient pas abouties. Dix-huit titres fourre-tout, quasi instrumentaux (le meilleur titre étant comme par hasard le seul - ou presque - chanté " Bleus terribles " ou le très court " grapeti "). Pas vraiment de ligne directrice. Des idées intéressantes mais mal exploitées. De bons coups de nerfs mais aussi des plages inutiles qui ne font que renforcer le sentiment touffu de trop plein. C'était pas la peine de mettre les chutes de studio! L'écoute reste agréable mais l'intérêt se dilue au fil des morceaux et on ressent comme une impression de gâchis au regard du réel potentiel de ce groupe.
SKX (17/04/2003)
MINIWATT
" assimilated " - CD
Arbeid 01
Miniwatt monte à l'assaut pour la deuxième fois. Un trio fait pour la guérilla, la guerre des nerfs avec des escarmouches brèves et répétées. Treize titres (dont deux live) en vingt minutes, Miniwatt reste sur la distance de son premier album et enfile les perles noise fines et racées avec une facilité déconcertante. Rien de nouveau sur ce front. D'ailleurs rien de nouveau spécialement à signaler dans cette nouvelle déclaration. Miniwatt garde le cap inchangé. Des rythmiques trépidantes mais sans surenchères, des guitares acérées pour couper le poil au plus près, une voix passionnée. Ces lointains fils de Wire et Big Black vont à l'essentiel. Ces vingt minutes passent comme une lettre à la poste, l'anthrax en moins. Une sucrerie acide à consommer sans modération.
SKX (11/12/2001)
MINIWATT
" rectifiers " - CD
Arbeid 00
Une charge aussi inattendue qui vous colle la tronche au plafond, on en ressort tout chancelant. Un trio qui ne peut même pas se targuer du préfixe "ex" quelquechose. Un 1er album qui déboule sans rien dire, sorti du grand nul part et s'impose en rotations continues en à peine 20 minutes, temps nécessaire à ces 11 titres pour couler une bielle à votre cervelle. Deux minutes en moyenne, ça fait pas cher la watt ! C'est vif, hargneux, du Wire dans les veines avec des pics de Glazed Baby et autres groupuscules noise qui ont l'urgence en principe de base. Et au beau milieu de tout ce vacarme vivifiant, ya de réelles trouvailles mélodiques, des petits bonheurs sans nom qui sautillent dans tous les sens et qui donne un charme exotique ! Car c'est pas de la grosse artillerie noise avant toute qui maltraite vos tympans. De la finesse sur rythmes trépidants, une petite mécanique hérissée de pointes d'acier coupantes, de la malice dans les gênes, indigestion impossible. Un nouveau groupe américain sur lequel il va falloir compter. Prenez du Miniwatt au petit déjeuner !
SKX (24/07/2000)
MONTANA PETE
" Baige " - CD
Coin Operated 03
Le genre d 'album qui déboule sans crier gare et auquel rien ne se raccroche. Une pierre jetée en l'air et qui revient avec la force d'un boulet. Après moult 45 tours, ce trio anglais daigne enfin sortir son album. Insaisissables Montana Pete. Trou à perdition sur lequel les modes n'ont prises. Losers magnifiques et c'est tout un art. Rock dissonant et noisy. Mais pas seulement. Rythmes secs et durs. Mais encore. Morceaux courte durée, bourrés de sauts d'humeur. Feux follets, sens de l'humour tout Anglais et en finesse ("punk-rock") qui joue aussi bien de la répétition façon The Fall que de la folie passagère à la Trumans Water ou au sérieux de The Ex, version ados. Mais comme je vous le disais, tout ça ne sont que pâles indications. Le seul truc dont je suis sûr, c'est que ce groupe est Anglais jusqu'aux tréfonds de sa pinte. Ne me demandez pas de l'expliquer. Ce "Baige", sans avoir l'air d'y toucher, rafraîchit les neurones, revigorent et vous ferez bien de vous changer les idées au lieu de traquer comme un con la dernière mode qui est déjà dépassée. Plus de groupes comme Montana Pete!
SKX (12/11/2003)
MONTANA PETE
" play 'devo' and 'french ladies' " - 7
Coin-Operated 01
L'Angleterre, plus propice en courant d'air et pets de mouche, nous apporte sur un plateau une bombe de fraîcheur. Montana Pete déboule de nul part, sans références musicales marquées, et crée l'embarras du chroniqueur. Un groupe très sobre dans sa conception. Et dans leur plus simple appareil de guitare-basse-batterie mouille le maillot dans un "devo" tout en guitares claires et trépidantes, de la tension plein la voix. Un petit moteur pétaradant à l'énergie communicative. Face B, la "french ladies" ralentit l'allure et se chante dans un français aussi compréhensible pour nous que Bertrand Cantat gueulant en Anglais pour un rosbif! Mais la mélodie est là et apparemment, Montana Pete sait la manier avec dextérité. Appelons ça du "rock noisy" avec tous les guillemets qui s'imposent. Une touche définitivement anglaise mais indéfinissable. De la classe dans l'art de faire du bruit. A noter d'urgence sur vos tablettes. (Deux autres singles sont parus et un album sur Flitwick est annoncé).
SKX (04/10/2001)
MONTANA PETE/DAEMIEN FROST
" jiminationalism / in league with the amazons " - split 7"
Alpha Relish / Coin-Operated 01
Montana Pete continue d'enchaîner les petits formats. Limité à 300 exemplaires, vous risquez de passer à coté de deux groupes anglais qui promettent beaucoup! Montana Pete a cette légèreté, qui malgré la précision et le bruit de leurs instruments, les rend attachant. Pour parler d'eux, on évoque souvent des groupes comme Wire, Gang of Four, Trumans Water, Albini sans que tout ça soit très conforme à la réalité non plus.... Ce nouveau morceau n'est pas leur plus saisissant. Leur fougue est intériorisée, le rythme de batterie sommes toutes classique mais la fin du morceau et cette voix sombre voix qui arrive ranime la flamme un instant vacillante. Daemien Frost débarque dans le paysage. Et d'entrée de jeu, un morceau de choix. Tout de suite plus noise, malgré un début tout en touché de symbales. Ca s'excite, accélère peu à peu, les guitares partent en vrille et tout dérape avec un truc hypnotique derrière tout ce raffut qui capte bien l'attention. Surveillez ces noms du coin de l'œil!
SKX (21/02/2002)
MONTCALM/DEAD SERAPHIM
" Split 12" - Lp
Pretty in Pink 02
Un disque qui sent bon la photocopie et la colle à bois. Un split 100% DIY pour jeunes américains qu'ont la haine ! Ca crie, ça éructe à toute volée, ça s'emballe comme un jeune poulain pour sa première course, ça vous pond des passages à faire pleurer votre mère. Vous l'aurez compris, on nage en plein screamo-hardcore-powerviolence, j'en perds mon latin. Dommage qu'avec Dead Seraphim, le son soit à la hauteur du budget. Pauvre, comme un cri qui vous viendrait du sous-sol. Montcalm fréquente des bacs à sable identiques. Sauf qu'ils sont montés d'un étage pour le son. Alors forcément, on fait plus attention à eux. Et comme ils ont tendance à mieux maîtriser les paramètres, leurs titres où tout s'enchaîne, fortement marqués par Orchid et Jeromes Dream, plombent encore un peu plus le peu de cervelle qu'il me reste. Des groupes comme ça, l'Oncle Sam en sort des dizaines par jour. Ceux-ci sont pas pires qu'eux d'autres. Bien au contraire, vieille rombière !
SKX (07/01/2003)
MORE FIRE FOR BURNING PEOPLE
" sitting breath less in new chairs " - Lp
Ruido records 97
Ca foirait sec chez les Aztèques. La roue avait finie par tourner et les indigènes bons à se faire enculer à force de boire cul sec. More Fire For Burning People. Quel beau nom de groupe! Rutilant et tout et tout et pas peu fier surtout. Avec un art du retard consommé, vu que ça fait déjà 2 ans que ce disque s'est pointé et va falloir se contenter de cette chronique. En clair, vous pouvez toujours vous gratter pour vous le procurer! Groupe météorite débarqué de nul part sinon une banlieue glauque pour étudiants américains complètement morfonds à Richmond. En tout cas, ils ont le sens du narratif, tout leur temps pour vous étirer les ambiances, les chauffer à blanc, jouer avec comme une pauvre souris dans les griffes d'un chat(af)futé, les tordre et les essorer jusqu'à la moelle. Et quand ça pète, l'écho de Sonic Youth résonne dans le lointain. Sinon, tout ça reste bien personnel. A peine pourrait-on évoquer Oxbow pour un son de cloche approchant dans les structures déliées, voir Bakamono pour une touche psychédélique. On en est toujours réduit à former des hypothèses. Un réseau de racines multiples, une centrale à haute énergie qui filtre ses électrons. Le dialogue des guitares est exemplaire, chaque titre autonome, pas d'emballements excessifs, de la retenue, en rut, de la virulence, ne jamais exploser avant la limite. Le feu coule sous les veines. Et MFFBP souffle sur les braises des personnes auxquelles il ne manque qu'une allumette pour les enflammer. Un feu nécessaire.
SKX (01/09/1999)
MOTORAMBO
" eine triologie in fünf teilen " - 10"
Fiction Friction records 99
Bruits, mélodies, breaks, vous avez tout pour satisfaire le chaland sur ce 5 titres de ces nouveaux venus allemands. Recette qui a maintes fois fait ces preuves, pour peu que le dosage soit parfait et la patte incomparable. Et Motorambo de piétiner quelques peu. Le chaud et le froid. Soit ils assurent carrément comme sur "Karg", soit ils dérapent en plein virage ("inventur" c'est pas l'aventure!). Inconstance entre moments éclairants et un refrain pas très heureux, le petit riff qui gâche un plaisir total. Alors gardons ce trio sous le coude et laissons les mûrir tranquille!
SKX (02/11/1999)
THE MICROPHONES
" don't wake me up " - CD
K 2000
Le maitre-mot, c'est lo-fi. Avec K records, c'est (presque) un pléonasme. Et derrière ces microphones, un seul homme, jeune (21 ans), batteur de D+ (groupe d'un ex-Beat Happening) et Old Time Relijun, j'ai nommé Phil Elvrum. Aussi enjoué qu'un parterre d'écologistes coincé dans une 4L en pleine manif de chasseurs aquitains, ce 2ème album lève les yeux au ciel, plus près des nuages, avec des voix qui font des "ahhhh" en traînant exprès. Alors nous aussi, on se traîne pour faire tout pareil car eux qui voulaient réveiller personne s'y prennent très bien. Mais sous tout ces sarcasmes se cachent un réel savoir-faire. L'héritage des plus belles heures des maisons de disques néo-zélandaises Flying Nun et Xpressway, les collages abstraits de Eric's Trip, des distorsions de toutes sortes, des guitares qui ne tiennent plus que par une corde (celle qui finira par les pendre), des pianos sans queue, des xylophones aphones, des bruits d'ustensiles ménagers qu'Emmaüs ne voudrait même pas reprendre. Et au beau milieu de toutes ces mélodies pop-art désabusées, une batterie grondante qui parfois sort de la torpeur rêveuse dans laquelle vous plonge ces 15 titres. Question d'humeur à n'en pas douter !
SKX (25/07/2000)
MUG
" corsica egg " - 2x10
Pandemonium / Le Dernier Cri 00
Pas rapide à la détente, MUG accouche dans la douleur de, considérons le comme tel, son premier album. Un furoncle coupé en deux, qui fait suite à un déjà double 45 sorti de longues années auparavant, et qui cette fois choisi la taille au-dessus, le double 25 cms bien calibré, qui la met profond avec comme d'habitude l'emballage sérigraphié signé le Dernier Cri. Près de 30 titres qui s'étalent glutinant alors que l'enregistrement date déjà de 98, recours au forceps pour la naissance de ce bébé. Un forceps qui te serre bien le crâne pour mieux embellir ta galerie aux monstres. Derrière MUG, un collectif avec Paquito Bolino, guitare zéro et Caroline Sury aux paroles de petit chaperon rouge pervers qui fantasme sur le grand méchant loup. Duo de choc autour duquel on retrouve l'habituel écossais de service de Badgewearer et autres passagers du moment. Navigation à vue et en eaux troubles, enregistrement éclair (4 jours) après deux semaines d'entraînement dans la cave, comme pour s'excuser à l'avance de la pauvreté du son et des errances passagères de l'ensemble. Et si c'était justement pour ça qu'on aimait ça !! Pour cette approche minimaliste qui sied si bien à ces compositions dérangées, ce bordel suintant de la schizophrénie ambiante, le droit à l'approximation qui fait de ce produit bruyant, un bâtard attachant et original. Ca part dans tous les sens, les samples grouillent comme autant de vers dans une pomme tombée de l'arbre depuis longtemps. Les instruments suivent une trame connue que d'eux-mêmes, narratifs et démembrés. Ca ramone à sec. Pendant ce temps là, la Sury a les nerfs à vif et cohabite avec les mouches. Free noise aléatoire, qui à défaut de convaincre, joue les sales gosses aux doigts tout tachés, dérangeant le confort quotidien.
SKX (02/11/2000)
MY LAÏ
" learn....forget....re-learn " - Lp
Static Station (Lp)/Divot (CD) 98
Une bonne langue râpeuse qui vous caresse l'épiderme. C'est à la foi délicieux et insupportable. Le monde de My Laï tourne à la vitesse folle du 45 pour 10 titres en rangs serrés, écorchés, stridents et si bon. Apoplexie mais le rythme reste supportable. Esprit vindicatif, Chicago nous avait pas habitué à un tel hardcore chaotique. Pensez In/Humanity, Swing Kids. Musique hystérique portée à plein poumons, nouvel essor d'un hard-core/noise qui déboule par vague rageuse depuis quelques temps des States. My Laï, du nom d'un massacre perpétré par les troupes américaines au Viet-Nam, digne représentant d'un mouvement qui n'oublie pas d'associer le verbe acerbe et sans compromis sur notre pitoyable fable moderne, aux tempos d'une valse d'un nouveau millénaire.
SKX (01/12/1999)

Machnik
Self-titled - CD
Gentlemen 2004

" Machnik apprécie lorsque les spectateurs peuvent être assis durant son concert ". C'est pas moi qui le dis, c'est eux… Personnellement, ces pseudos concerts rock où tout le monde est assis me foutent les boules, ce syndrome du post-rock pour gens mous du bulbe, cet embourgeoisement lénifiant! Si un groupe déclare faire du rock (et c'est le cas de Machnik), c'est debout et pas autrement Messieurs ! Bon ceci dit pour passer mes nerfs, la musique de Machnik n'a rien de rock et s'apprécie sûrement, non pas assis, mais carrément allongé. Chez soi et pas en concert. Réunion des trois Honey For Petzi et deux Parazit, Machnik privilégie l'acoustique rythmée avec un brin d'électronique. La guitare proche d'un Gastr Del Sol bien propre derrière les oreilles, une version de chambre de Cheval de Frise pour jeunes gens bien sous tout rapport. Les mélodies ont tendance à tourner en boucle. Le chant est anecdotique. Ca se sirote tranquille, ça ne fait pas de bruit, ça ne dérange pas grand monde, ma grand-mère pourrait apprécier, c'est charmant et désuet (qui a dit comme la Suisse ??). Pour les soirées au coin du feu, c'est idéal. Pour reprendre à mon compte ce bon mot lu dans Positive Rage, le lac de Lausanne d'où est issu Machnik peut dormir tranquille, c'est pas demain qu'on y mettra le feu!

SKX (18/12/2004)
website label www.gentlemen.ch

The Mae Shi
Terrorbird - CD
5RC 2004

Ca chatouille sous les bras, ça glisse dans le slip, une vraie anguille, c'est Mae Shi. Une musique pour déridée les fesses, qui ne se prend pas au sérieux pour un sou. Une bande à claques qui torpille le noyau de toutes compos. L'esprit lutin de Melt-Banana pour enfants (ou adultes attardés), voir punk et sec à la Minutemen et avec qui ils partagent la même atmosphère folle-dingue de Los Angeles quand ils jouent aux petits durs. Bonjour l'ambiance! Plus près de nous, c'est du coté de Experimental Dental School, Deerhoof et de tous ces groupes bidouilleurs et Do It Yourself dans l'âme qu'il faut chercher la source d'inspiration. 33 morceaux en trois quart d'heure (le répéter à toute vitesse), sans queue ni tête. Prendre son pied le plus possible. Pas de limite à la créativité tout azimut. Abstraction. Beat punk et dansant avec une bonne dose d'ironie. Cris débiles mentaux, boite à rythme à deux balles, faux rap et vraies gaudrioles acides. Avec peu de moyen et beaucoup d'enthousiasme, ce premier album se déguste frais, du pétillant qui pique et qui fait la nique aux tatoués. Ne pas essayer d'aller gratter plus loin. Toupille maléfique qui tourne, qui tourne, qui amuse et puis on oublie.

SKX (03/12/2004)
website groupe www.mae-shi.com
website label www.5rc.com
sounds Vampire-Beats.mp3 | Revelation-3.mp3

Metronome Charisma
Notre amour est assez puissant pour
détruire ce putain de monde - CD
Radar Swarm / Impure Musik 2004

Le nom de cet album est tout un programme, il fallait oser et je n'irai pas plus loin dans les commentaires. Par contre, la musique de ce jeune groupe bordelais est suffisamment burné pour en mettre plus d'un sur les genoux ! Une précédente démo nous avait déjà fait saliver. Avec un certain Serge Morattel aux manettes (Knut, Brazen), ce premier album fait une entrée fracassante dans le paysage hardcore français. Metronome Charisma joue un hardcore sombre à souhait, passant avec aisances de la face metal Breach - Botch à un lyrisme emo jamais larmoyant à la Envy - Gameness, tout en colère parfaitement contenue, de riffs qui plombent, des accélérations qui laissent sur place, une énergie qui fait grimper aux murs. Quelques intermèdes au piano, de chute de tension (il est quand même question d'amour ici !!) pour mieux reprendre son souffle. Et encore… jamais l'impression d'étouffer nous assaille. Malgré la puissance du son et la débauche de tirs croisés, ces quatorze titres respirent continuellement, tout est parfaitement agencé et distillé, le bâton pour se battre soi-même et la poitrine fièrement dressée. Metronome Charisma sait mieux que quiconque d'où ils viennent, ne cachent en rien leurs influences, les subliment juste pour nous offrir un point d'ancrage solide qui fera date. Un album remarquable.

SKX (13/06/2004)
website groupe www.metronome-charisma.fr.fm
website label www.radarswarm.com | www.impuremuzik.com
sounds Les_pieds_devant.mp3 | sebenneb.free.fr/cp_musique.htm

Microwaves
Attack Decay Sustain Release - CD
New Addition Media 2004

Après un premier album " system 2 " passé hélas trop inaperçu, Microwaves, trio de Pittsburgh's, tente une seconde approche, qui, si tout se passe bien, devrait connaître le même succès. Voir pire.
Car cette nouvelle réalisation est encore plus difficile d'accès. Un album de noise dérangeant qui ne brosse pas dans le sens du poil. Tout est question d'alchimie de rythmes, de grincements, de coups vicieux sur le synthé, de voix paniquées. Cette science, ils la pratiquent de haut-vol. Rock droïde, entre Devo et Arab On Radar sans concession. Mécanique chancelante, manipulateurs de sons, effets organiques et continus sur la basse et la guitare, c'est le son du robot-punk ! Marrant de voir d'ailleurs le graphisme de la pochette. On dirait un flyer pour une foutue rave ! Toute l'ambivalence de Microwaves. Du rock dévoué aux machines. Ou le contraire. Dans des structures azimutées. Ou pas. Car c'est aussi frondeur et sans détour (" good samaritan ") et autres petits passages pour auditeurs bien attentionnés. Avec l'art de dérégler des plans bien intentionnés. De triturer les (bons) boutons aux bons moments. Quand on sait en plus que Weasel Walter ( Mr Flying Luttenbachers) s'y est intéressé de prêt et a masterisé tout ça, vous comprendrez l'esprit tordu qu'il règne sur ce bout de disque et ces mots qui défilent devant vous en perdent leur latin. C'est tout ça Microwaves, un fourre tout organisé, une musique au milieu de plein d'autres qui ne plaira à personne. Un disque de noise-rock qui cache son jeu. Avec ses mystères et ses humeurs impénétrables. Le truc qui remue les méninges et le fondement. C'est tout bon.

SKX (27/08/04)
newadditionmedia@hotmail.com

Mihaï Edrisch
L'un sans l'autre - CD
Alchimia 2003

Le rouge et le noir de la pochette. Symbole des passions et des souffrances. Avec un bonne dose de direct dans ta face! Mihai Edrisch est un groupe de Lyon, existe depuis mars 2002 seulement et a le caractère déjà bien trempé. Un premier album qui impose sa loi au rayon des groupes emo/hardcore écorchés. La production est de Santi Garcia, l'espagnol de service derrière les manettes de Standstill, E 150, Aïna. Autant dire qu'il connaît son boulot et qu'il a pondu un écrin idéal à la furie développée par Mihaï Edrisch. La section rythmique chauffe de tout bois, une qualité assez rare dans ce style de musique, tour à tour rapide, binaire et complexe. La sauvagerie d'un Orchid. Le lyrisme brut d'un Envy. Et la pluie qui tombe, un piano tombé là à bon escient et des rires d'enfants pour clore l'album sur une note optimiste. Entre temps, c'est l'abîme en pleine tripe. La castagne à tous les étages. Les fonds sont insondables. On finit comme on a commencé, par la pochette, qui sent la colle sur les bois, originalement assemblé pour une première oeuvre en tout point réussi.

SKX (01/03/2004)
website groupe www.mihaiedrisch.fr.st
website label www.alchimia-inc.fr.st

Milgram
Expensive record(s) - CD
Rock'n'Roll Charity Hospital 2004

Milgram. Le nom reste mais la musique change, tout comme le personnel. Turn-over dans le nord. Les nouvelles aventures de ce groupe de Lille. Troisième album avec toujours Milgram marqué dessus mais ils auraient pu changer de patronyme qu'on aurait vu que du feu. Après un premier album noise et viril bien marqué années 90, suite à un deuxième album rock-electro foutraque, le trio Milgram revient avec un rock hybride, à mi-chemin entre le math-rock et la pop. Trois albums, trois ambiances foncièrement différentes, Madame l'ambassadrice est contente. En fil rouge, le mot rock. Tout de même. Parti faire les zouaves chez Bob Weston (Mr. Basse chez Shellac), Milgram revient le cœur léger et la musique sautillante. Ce math-rock là n'est pas dans la prise de tête. Si le travail et les entrelacs entre les instruments flirtent avec la complexité, le propos n'est pas dans la surenchère technique. L'humeur est à la joie de vivre, aux rythmes entraînants, aux têtes à queue, les mains sans le volant, le parcours est sinueux et les chicanes négociées les doigts dans le nez. Chez Bob, le son ne joue pas les gros bras, c'est détendu, au diapason avec des compos légères et nerveuses. De Lille à Chicago, il n'y à qu'un océan de rien du tout franchit allégrement. Milgram a suffisamment de recul sur la musique noise-rock depuis 10 ans pour contourner le cap de ses influences américaines. De Ui à Storm and Stress, Milgram rapporte un album frais et personnel, qui manque de consistance sur la longueur mais cet " expensive record(s) " valait bien le voyage chez l'Oncle Sam. Depuis, Milgram a rajouté un membre à son groupe, un nouveau batteur pendant que l'ancien se remet à la guitare. L'évolution est permanente chez Milgram. On a tout à espérer de la suite.

SKX (18/12/2004)
website groupe milgramsound.free.fr
website label rocknrollcharity.free.fr

MORELAND AUDIO
" Turbogold " - CD
54' 40° or Fight 03
Equation à trois chiffres, Moreland Audio est un nouveau groupe constitué autour d'un noyau d'ex-Purkinje Shift (Gary Flom et Ben Davis). Vous rajoutez l'indéboulonnable batteur au milieu (Adam Overton) et c'est reparti pour une énième virée dans le paysage indémodable du groupe instrumental math-rock. Pour les chanceux qui connaissaient déjà leur ex-groupe sus-nommé, l'eau n'a que peu coulé sous le pont. Engouffré dans le trou noir crée par Don Caballero, leur univers confine à l'infini vers des architectures sinusoïdales, à la précision diabolique, un monde où tout est scientifiquement à sa place, presque obsessionnel dans sa quête de l'ordre. Moreland Audio se sort cependant du piège froid et clinique où d'autres comparses s'enferment en insufflant une bonne dose de rock que leur technique maîtrisée et sue sur le bout des doigts rend fluide et sans complication inutile. En plus, Gary Flom s'est trouvé un joujou extra, une guitare qu'il joue allongée (la guitare, pas lui) sur laquelle il fait glisser une canette de bière (bon en fait, c'est pas exactement une canette mais je suis sûr du coup que vous voyez beaucoup mieux de quoi je veux parler!). Ca vous donne des sons tout en fiiiizz, un surplus d'oxygène dans ce disque où chaque détail compte. Huit titres seulement mais longuement disputés par des orfèvres en la matière qui subtilement apportent leur pierre à un édifice qui compte de nombreux étages et qui ne le défigurent en aucun cas.
SKX (31/12/2003)

website groupe www.fiftyfourfortyorfight.com
website label www.fiftyfourfortyorfight.com
sounds
www.fiftyfourfortyorfight.com -> section "merchandise"

Myra Lee
Self-titled - CD
Rejuvenation / Théâtre / La Machoire / Jason R. / Bloko Autonoma 2004

Les potes de virées de Loisirs sortent à leur tour leur premier long jet. Une arrivée en fanfare, ça déboule grave. La scène emo-noise-hardcore (je ratisse large, c'est plus sûr) peut s'enorgueillir d'un nouveau rejeton issu de la famélique triade poitevine ! Réduit au trio après le départ de la chanteuse, c'est donc entre mecs que Myra Lee se retrouve et durcit le ton. Il y a du Kurt dans cette rythmique qui pulse. Du Shotmaker (forcément) dans le souci de la mélodie. On arrête pas le train en marche. Cette sombre rage marquée par un chant qui sort des tripes et l'autre plus mélodieux. Cette folle destinée droit dans le mur. Il faut une trompette salvatrice sur " ré " ou un refrain très connoté Engine Down sur " questions " pour calmer les ardeurs. Le reste du temps, ça file en apnée. Rien de neuf sous le soleil mais c'est plein d'enthousiasme, des compos de qualités qui donnent du relief à ce premier album prometteur d'un groupe qu'on espère en voie de personnalisation. Et dans le Huit Six, on aime aussi rigoler, de vrais boute-en-train. Pour preuve, cette reprise d'un morceau de Richard Gotainer tout à la fin de la fin du CD. Le sampa-core, breveté Poitiers, pour finir ses soirées. Il serait temps.

SKX (09/10/2004)
website groupe loisirsmyralee.free.fr/myralee/index.php
sounds Kids.mp3
9emePorte.mp3

Made in Mexico
Zodiac zoo - CD
Skin Graft 2005

Fabriqué à Providence, la maison de Load records, c'est sur Skin Graft que Made in Mexico échoue et tous ces signaux forts doivent vous mettre sur la piste d'un nouveau groupe au rock dérangeant. Entre aperçu sur un split avec Athletic Automaton, leur musique prend cette fois définitivement son envol. Du caractère affirmé. Le jeu de Schneider (ex-Arab on Radar) est à nul autre pareil. Rempli de crispation, de nerf en pelote, de larsen grinçant et d'éclats mélodiques très brefs. C'est dans la rythmique qu'il faut trouver un allier pour ne pas déraper. Mais le danger rôde. Ambiances toutes bizarres que l'on pourrait dans un moment de faiblesse comparer aux premiers Sonic Youth. Ce truc tout rampant qui sent le cinglé à vingt mètres, déconcertant et maléfique. Le chant et les incantations de la Miss Mitchell (Rebecca de son prénom) ne sont pas là pour rassurer. Compositions syncopés qui gardent (garde-fou) une ossature rock pour ne pas faire fuir les derniers moutons. Rock déviant assurément mais surtout créatif contre la médiocrité ambiante, capable d'écrire de vrais hymnes underground comme Farewell Myth. Introduction acoustique, grésillement d'un vinyl, rythmique tribal, riff entêtant. Zodiac Zoo est une bête aussi attirante que effrayante, le genre de disque qu'on aborde avec respect. Comme d'habitude avec Skin Graft, plongez sur la version vinyl si vous avez l'occasion, c'est du grand art. Comme la musique.

SKX (11/11/2005)
website groupe madeinmexico.lotsofnoise.com
website label www.skingraftrecords.com
sounds FarewellMyth.mp3

Made out of Babies
Trophy - CD
Neurot 2005

Après toute une série de disques où il était surtout question d'atmosphère atmosphère, Neurot records (San Francisco) sort de sa torpeur et revient au rock, le vrai, le couillu avec une nouvelle signature débarquée de l'autre coté du pays, New-York, la grosse pomme capable comme personne de dégurgiter des groupes noise et cruels comme on n'en fait plus. La bande de Neurosis a eu le nez creux. Cooper, le nom qui cingle, c'est celui du bassiste et ce Monsieur officie également au sein de Players Club avec Dave Curran, bassiste un tantinet plus connu, de Unsane. Alors question rythmique, Made out of Babies fait dans le lourd et violent, dans ce groove tortueux qui scotche sur place. Sur plus d'un titre, le rapprochement avec l'assise de Unsane est flagrant. L'atmosphère, car on y revient toujours, est poisseuse mais ya pas à sourciller, ça éclate et MOOB laisse une issu de secours à son auditoire. C'est pas évident de prime abord mais au fil des écoutes, les structures s'éclaircissent, la guitare n'est pas qu'un cri rageur continuellement dans le rouge et puis il y a cette voix. La voix, féminine, apporte une touche toute personnelle, suffisante pour que l'on ne taxe pas ce groupe de copie. Un registre large qui suinte parfaitement avec les différents états d'urgence de la musique. Au final, des morceaux tout tendus de partout, aux accroches évidentes passées le premier cap, à sec, ça fait toujours cligner des yeux et puis après ça glisse tout seul, des morceaux comme Gut shoveler, Sugar ou Pirate aident à la déglutition. Made out of babies accouche dans la tourmente d'avortons costauds comme on aime. Nouveaux dégénérés en perspective.

SKX (09/12/2005)
website groupe www.madeoutofbabies.com
website label www.neurotrecordings.com
sounds Ire_Fire.mp3 | Swarm.mp3

Mannequin
Warps yr head - CDEP
Reptilian 2004

Page 99 était un groupe fort nombreux. Normal que parmi les 10/12 membres (j'avoue ne pas avoir tout suivi), d'autres aventures se déclarent. On ne compte plus les groupes avec des ex-Page 99 et Mannequin figure en bon rang. Après un split avec Transistor Transistor, Mannequin revient tout seul à la charge. " Be yourself " ouvre ce 7 titres. Un riff bien crade, on dirait entendre le fantôme de Nirvana. Et le fantôme est persistant, revient régulièrement visité le Mannequin qui n'a que ces trous béants pour se laisser manger par cette influence prédominante qu'est Nirvana! Punk-rock bien crade, le Mannequin n'est pas tout jeune et aurait eu son heure de gloire sans faillir début 90 en pleine euphorie grunge. Comme on est 10 ans plus tard et que les types ont beaucoup écouté de hardcore, ça vous donne une version bien vile et tapageuse, le fantôme se dissipe. N'empêche ça fait bizarre. Surtout que (je voudrais pas insister), sur le morceau " degenerite skull routine god ", c'est carrément le fantôme de Dinosaur Jr qui se pointe. Ca sent quand même le second degré à plein nez cette affaire là! Alternance de chanteurs entre les frangins Taylor, ça donne du souffle à ce EP. L'énergie est brutale. Ca dégraisse à tout va. Avec des œillères, c'est un bon disque amusant.

SKX (09/01/2005)
website label www.reptilianrecords.com

Mare
Mare - CDEP
Hydrahead 2004

Mare saigne à blanc. Les fins sont proches. Paysage de désolation où tout est à reconstruire. Tyler Semrick, l'ex-chanteur de The End, n'a pas peur des grands chantiers. Une vision globale. Mare ne peut se contenter d'un style. Si le fond de commerce est foncièrement metal avec une pointe de doom (animal bestial réputé pour sa lenteur et sa lourdeur), ce nouveau groupe de Hydrahead se caractérise par une approche quasi orchestrale. Les voix, même si elles sont l'œuvre d'une seule personne, sont bien au pluriel. Centrales, elles se conjuguent à toutes les sauces. Subtiles, aériennes ou maniaco-dépressives, vicieuses, voire un brin death dans le fond de la gorge mais aussi façon chorales et ces sempiternels samples des voix bulgares que le metal/hardcore peut remercier pour les avoir pillées régulièrement. Tout ça vous donne un cachet spécial et unique, évitant de justesse le piège de la grandiloquence. Un point commun avec Neurosis. Mare aime les grandes étendues spirituelles auxquelles ils rajoutent le malsain d'un Today is the Day. De longues introductions multi-vocales avant que le glas d'une grosse caisse, le riff funeste d'une guitare, le chant des entrailles signe la fin du printemps. Mare donne dans l'orchestration doom. L'éléphant en tutu. Une image encore difficilement cadrable. On a un peu de mal à les suivre mais ce projet ambitieux a de la cuisse. Une mare ténébreuse à même de recéler des trésors futurs.

SKX (08/01/2005)
website groupe www.mare.ca
website label www.hydrahead.com
sounds they_sent_you.mp3

Melt-Banana / Chung
Quick quick slow death - 10''
Sounds of Subterrania 2005

Comment ne pas commencer cette chronique en parlant de l'objet! Le premier disque hologramme ! Une pochette démente en format 25 centimètres avec un hologramme géant, une histoire de tapette à mouche et de météorite, file, file, mort violente. La musique pourrait presque paraître secondaire si Melt-Banana ne figurait à l'affiche. En attendant un nouvel album annoncé pour cette année, trois inédits scroutchant en 45 tours. " 52 hands, 36 possibilities ". L'art de (toujours) nous faire fantasmer. La voix de Yako sur un air de piano fou, un mixage sauvage et très découpé. Melt-Banana expérimente, c'est pas nouveau, et ce coup-ci est plutôt bien réussi. Le second " sweeper " nous ramène à la réalité. Dans la lignée de " cell-scape ", un morceau au tempo plus calme que les mitraillettes d'antan, les délires du guitariste et un morceau très convaincant. Final " target inside ", en plein cœur d'une cible crissante, hirsute, expérimentation encore, on en redemande. De l'autre coté de la face, un groupe allemand (comme le label), Chung, ça joue plus vite que Melt-Banana, c'est la même chanteuse mais non attendez voir ça tournerait pas en 33 tours ah si c'est pas pareil (il a fallu deux morceaux avant de s'en apercevoir !) la chanteuse est un chanteur et je me demande si je vais pas remettre en 45 en fait…. 2 albums à leur actif et ce split avec les stars japonaises ne saurait être de trop pour les mettre sur la carte du rock. Rock trafiqué à l'huile de coude pour glisser sur la vague sixties (un chouilla) avec synthé et pas grand chose à se mettre sous la dent sinon leur saine (vaine) énergie. Qu'importe ! Rien que pour l'objet et Melt-Banana, quick, quick, dépêchez-vous avant qu'il ne reste plus rien de ce disque limité en tirage!

SKX (22/06/2005)
website groupe www.parkcity.ne.jp/%7Emltbanan
www.chungmusik.de
website label www.soundsofsubterrania.com

Melted Men
Smoke Alarm Limbo - 7"
Pinksock 2004

C'est pas tous les jours qu'on a les Melted Men à table. Faut faire gaffes à qui vous invitez, ces lascars d'Athens en Géorgie, Etast-Unis, ne savent pas se tenir. Roi du collage sonore, Melted Men utilise des instruments faits maison, rajoute des sons incongrus et des voix plus présentes qu'à l'habitude pour servir cinq titres bien secoués. Rappeur de l'impossible, danse du ventre à l'envers avec pets continus, Melted Men défient tous les danseurs du monde dans un gigantesque contest expérimentale, groovy provocateur et dérangeant. On s'attardera sur la pochette intérieure avec une série de photos où (semble-t-il) un Melted Men en tenu de scène (autant dire pas adéquat pour l'ordre public même si ils ont fait pire) est arrêté par un policier en bermuda (ça devait être l'été) sous les regards de passants interloqués. Leur lieu de prédilection reste la scène mais ce bout de vinyl tout remuant est unique et complètement décalé. C'est pour ça qu'on les adore !

SKX (02/01/2005)
website groupe www.meltedmen.com
website label