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ARCHIVES 1999 - 2006
 

TANG
" This quietness booms about on the walls like birds in panic " - CD
Emolution 03
J'ai beau ne pas apprécié du tout le nom du groupe, j'avoue avoir été comme berné par ce premier album. Une agréable surprise qui débarque sans prévenir. Pas que ce disque révolutionne quoique ce soit. Seulement il possède ce charme immédiat qui vous prend à la gorge. Ce truc à fleur de peau qui égratigne la boite à chagrin. Les titres défilent et l'impression de connaître cet album par cœur dès les premières écoutes. Non pas à cause d'un air de déjà entendu mais tout simplement, chaque mélodie sonne juste, chaque compo a cette évidence qui s'impose à vous, sans fioritures. Ce groupe lillois tire sa richesse de groupes " emo-noise " (l'étiquette est large, c'est fait exprès, car leur musique dépasse ce genre de conneries) comme 400 Hundred Years pour aller jusqu'à Unwound dans le dynamisme de certains titres. L'atout majeur reste ces deux voix, s'emmêlent, se complètent. Voix rageuse, possédée. Voix posée, mélancolique. Ca vous met sur les rotules. Ajoutez une production pleine et puissante mais pas gros bras, où chaque instrument trouve l'impact idéal et vous avez huit titres percutants, plein de bruit et de fureur, d'innocence et de conviction. Et si l'ensemble a tendance à se ressembler sur la longueur, le tour de force est suffisamment convaincant et rageur pour vous faire oublier ce petit pêcher de jeunesse. Un jet continu qu'il faut boire d'une traite. Pour une fois, je recommanderais à quiconque de consommer du Tang sans modération.
SKX (03/07/2003)

TANTRUM
" The frontier bursts into view " - CD
Supine 03
Tantrum voit rouge. La cote sud aux environs de Montpellier connaît une brusque montée de chaleur. Dans une région sinistrée pour toute musique extrême dans le hardcore-noise moderne, Tantrum n'en a cure et rajoute même une couche dans le degré de brutalité. Ce trio n'a jamais été connu pour sa tendresse. De là à imaginer leur rock lourdingue se transformer en un hardcore résolument tourné vers l'avenir, aux cotés de groupes du calibre de Knut ou (feu) Botch, c'était tirer des plans sur la comète. Quitte à se faire passer définitivement pour des extra-terrestres auprès de leurs voisins, Tantrum persévère et offre un splendide condensé de musique diaboliquement compacte, torturée à faire plier une porte de prison. Produit par Serge Morattel (les premiers Brazen, Knut justement), cet album est une plongée en abîme. On reconnaît ce son hyper dense, solide et ample en bouche. Ce magma sur lequel vient de poser des compos tout en rythmes. Des voix, de vrais crève-cœur. La boule se forme en silence, à l'ombre des frustrations, et explose à la tronche. Une machinerie infernale pour un truc sombre qui n'est pas là pour vous faire croire au père Noël. Ca se prend de face et si parfois, on aimerait quelques respirations un poil plus mélodique, histoire de souffler un peu, force est de reconnaître que Tantrum n'a rien à envier aux groupes dont ils s'inspirent. Au sud, la terre tremble.
SKX (02/09/2003)
TAYLOR
" s/t " - CD
Brand Abrasive Sound Structure 97
A manipuler avec précautions. Les bords sont tranchant. Une pochette scalpel. Plaques de métaux grises, lavis en son centre. La caisse à outil n'est pas fourni avec. Passé le choc de la pochette, on revient sur terre. On devient presque circonspect : groupe de Chicago, production Albini, ça sent le réchauffé. Les chemins naguère les mieux banalisés sont devenus infréquentables. D'inexplicables déviations en cours de route. Le mur se lézarde.... Et Taylor nous mène en bateau. Certes, leurs 8 titres ne peuvent provenir que de Chicago, mais Taylor, riche en idées, travaille les guitares, se concentre sur les mélodies et rajoute une couche de subtilités sans donner dans le noise sombre et convulsif systématique. A l'image de leur packaging, Taylor est fin et tranchant et se trouve même une place au soleil!
SKX (26/11/1999)

TELEMARK
" s/t " - 12"
Bombshell 02
L'air est rare. L'esprit belliqueux. Telemark est allemand et descend, tout schuss, vous asséner une bonne calotte derrière les rotules. Telemark ignore les règles de bonne conduite. Une avalanche de première fraîcheur. Vous vous ferez bien une petite ligne ? Au chapitre des comparaisons inutiles, Telemark slalome entre les bornes incontournables que sont leurs compatriotes Kurt, Dawnbreed et Eniac. Vous rajoutez par là-dessus quelques portes où s'engouffre une bonne pincée d'esprit punk sautillant qui cherche la baston mais pas méchant dans le fond, voir une touche de Fugazi particulièrement sensible sur " separation " et vous aurez à l'arrivée six titres fumants, prêts à remonter le niveau de la mer. Le chant se partage entre l'Allemand et la langue de Shakespeare mais c'est pas pour faire de la poésie. Telemark sont chaussés pour l'hiver. Leur printemps s'annonce chaud et cette première production, une belle petite trouvaille à marquer d'une croix blanche.
SKX (12/03/2003)
TEN GRAND
" this is the way to rule " - CD
Southern 02
Cette chronique (même tardive) aurait pu être tout autre. Mais voilà, l'été et son cortège funèbre sont passés par là et l'annonce de la mort en août dernier de Matt Davis, chanteur principal et l'un des deux guitaristes de Ten Grand modifie l'écoute de cet album, l'un des trois, quatre meilleurs trucs qu'il m'ait été donné d'écouter cette année. Entendre cette voix si intense, au timbre unique et vous dire que c'est la dernière fois vous file le bourdon. Quand en plus, vous vous remémorez leur concert à Rennes (unique date française) en mai dernier, leur prestation qui vous explose les tripes et vous rend joyeux jusqu'à l'hiver prochain et que des dizaines d'images de ces deux jours en leur compagnie vous reviennent instinctivement quand vous enclenchez ce CD dans votre machine, la musique de Ten Grand prend alors une dimension singulière. Après avoir débuté sous le nom The Vida Blue, nos quatre lascars de Iowa City changèrent pour éviter un procès avec un gros groupe ringard du même nom et cet album, le deuxième, sous leur nouveau patronyme, marque aussi comme une seconde naissance. Un palier franchi qui fait passer leur très honnête premier album pour un tir encore mal ajusté, qui ne sort pas du lot, vers une musique fortement émotionnelle et personnelle. On ne va pas chercher à catégoriser. Ten Grand se situe entre et au-delà de tous courants. Rock. Toute l'urgence et la finesse. Toute la candeur et la chaleur. Ses coups de butoirs et ses coups de gueules (" i will seriously pay you to shut up "). Sa ballade monstrueuse qui vous arrache à vous-même (" wedding song "). Son apparente complexité et sa fulgurante efficacité. Dix morceaux, dix personnalités, toute une vie qui défile. Et toujours cette voix qui revient, cette voix de black américain, au grain si incandescent, qui donne aux compos de Ten Grand une aura et une profondeur de champ unique en son genre. L'histoire de quatre gars tout simple du Midwest américain qui mettent dans leur musique tout leur cœur et leurs tripes, exutoire de frustration et de colère. Un disque qui hante votre étagère, rangé parmi ceux dont on ne se séparera jamais, même au plus profond de la dépression. " This isn't heaven, this sucks " écrivait-il. C'est bien connu, c'est toujours les meilleurs qui partent en premier. A nous, il reste que du bonheur et ce passage, si court fut-il, valait vraiment le coup. Merci pour tout.
SKX (15/12/2003)
TETSUO/BRASS KNUCKLES FOR TOUGH GUYS
" stunt " - CD
Class-B records 99
Vous connaissez la rengaine des groupes américains qui splittent plus vite que leur ombre ! Un gâchis énorme quand on ose imaginer que dans leurs tiroirs restent à jamais enfouies des compositions qui ne demandaient qu'à voir le jour ! On restait avec Tetsuo sur un magnifique 45 trs. On s'en prend pour 9 de plus (7 en fait puisque 2 titres du 45 figurent déjà sur cette compil). Et Tetsuo de montrer tout son savoir-faire, à l'avance, dans la décomposition math-rock à haute énergie. Avec en bonus 4 inédits de BKFTG devant paraître à l'origine, avant le grand big-bang final, sur un split Lp avec Managra (ce groupe parti mangé les pissenlits par les racines d'ailleurs aussi !). Un grand merci à Andrei Cabanban, guitariste de American Heritage et boss de Class-B records d'avoir déterré ces quelques misérables joyaux !
SKX (12/07/1999)

THIRD POLE/SLAM
" 3ème sous-sol / subculture " - split 12
La Galette Intégriste 01
On va dérouiller sévère. Se mordre la queue, la perdre, la tête avec. La logique s'abstenir. Le sens du rythme se porter pâle. La Galette Intégriste, nouvelle arme incendiaire de feu le magasin de sk(e)uds rennais Cyborg Station, rebrousse le poil et distille sa nouvelle grenade avec deux groupes locaux triés sur le volet. Third Pole. Duo mixte avec basse acoustique et chant féminin contre mixer de l'enfer et beat machines frapadingues. Une formule qu'elle est pas courante! Rythmes décalés, qui montent tout en douceur, arrêt-marche-arrêt. La voix arrive, au loin, couverte par le beat qui part dans tous les sens avant que la mélodie, insidieuse et hypnotique, ne s'installe définitivement. Les rythmes-machines tournent autour, cassent tout, reconstruisent, sèment le trouble chez l'auditeur autant que cette mélodie décidément bien perverse. Ca n'arrête pas de me rappeler Pain Teens de par ce climat onirique et inquiétant. Pain Teens au pays de l'électronique. Avec Slam, un seul homme derrière les machines. Le climat s'installe également sur la durée. L'après cataclysme, bienvenue aux drones électroniques, aux fréquences sidérales, le futur à ta porte. Et l'ennemi jamais loin qui attaque subitement. Break noise-core électro ou drum and bass de guérilla urbaine. Qui peu à peu se dissout sous les bombardements et fini en grésillements perpétuels. Brouillage des ondes irréversible. Je ne suis pas la personne la plus approprié pour parler de et apprécier ce style de musique. Mais pour tous les fans accros d'électronique extrême, en quête du nouveau et du contre rythme, de bruits tordus, cette galette n'a d'intégriste que le nom et est ouvert à toutes les sensibilités....
SKX (20/11/2001)
THERE IS A LIGHT THAT NEVER GOES OUT
" s/t " - CD
Grok Plastique 00
A l'est, toujours du nouveau avec une nouvelle étoile au nom pas possible (hommage aux Smiths?) en provenance du Japon. Le chaînon manquant entre Envy et Nine Days Wonder. La passion et la chaleur débordante des premiers nommés sans la production flamboyante. Des seconds, le format emo-core à haute énergie, la simplicité et l'efficacité des mélodies. Ca rigole des genoux. Ca file droit et sans cliché. Un duo de voix qui enflamme les pistes. Dont une très attachante, juvénile et qui part dans les aiguës, mettant le feu aux poudres lors de refrains suicidaires. 7 titres parfaits de justesse et finement désossés. Parfum entêtetant. L'île au bonheur.
SKX (10/04/2001)

THERE IS A LIGHT THAT NEVER GOES OUT/VANILLA
" Our dreams walking their way - chapter 2 " - CD
Waiting for an angel 02
Chapitre deux. On garde une ligne directrice identique pour le graphisme et la présentation. Sauf la couleur. Force rose contre force verte ! Après leur excellent premier album sept titres, beaucoup d'espoirs étaient placés dans TIALTNGO (désolé pour l'abréviation, elle-même plus longue que de nombreux autres noms de groupes !!). Pas de jugement dernier, on attendra l'album en 2003 pour se faire une idée plus définitive, mais ces deux inédits n'augurent rien d'enivrant… La musique quitte les sentiers emo-hardcore écorchés pour passer dans une zone floue de rock-emo-indé de facture relativement classique. Et surtout, le chanteur est une vraie catastrophe. Les apprentis stars des reality-shows lobotomisant feraient preuve de ténors à coté ! Il ferait hurler à la mort une meute de lévriers afghans tellement il chante faux. Du coup je zappe et débarque directement chez les parisiens de Vanilla. On respire. Là au moins, ça chante juste ! Trois morceaux, mécanique de précision, rock posé et à émotions diffuses. Vanilla maîtrise et déroule son savoir-faire. Pas de folie contagieuse mais du travail bienfait. Un chapitre deux en dessous du premier, bancal et pas très complémentaire. On attends néanmoins la suite avec impatience (Kulara / Rroselicoeur, 9 Days Wonder / Amanda Woodward, etc…).
SKX (08/11/2002)
10 VOLT SHOCK
" the incident " - 7"
X-Mist 02
10 Volt Shock, c'est le projet annexe de Frank, guitariste-chanteur des grandioses Kurt. Alors vous dire que dans 10 Volt Shock, on ne retrouve pas l'influence de Kurt serait vous mentir. Trois titres qui dégagent une haleine identique de post-punk-noise rebelle et bien dégagé derrière les oreilles. Après un mini-CD six titres à la production faiblarde, 10 Volt Shock rehausse le volume et nous font boire la tasse. Encore plus direct et sans fioritures que Kurt, avec cette once de mélodie qui fait toute la différence. Un trio qui ne compte pas ses pulsations à la minute et qui est bien plus qu'un palliatif dans l'attente d'un nouveau Kurt (dont le nouvel album "The Ambush" sort en mars!). Longue vie à ce nouveau projet!
SKX (31/01/2002)
10 VOLT SHOCK
" s/t " - CD
Autoproduction 01
Les temps sont longs et les forêts giboyeuses. En attendant un nouveau disque de KURT, Frank, guitariste-chanteur, s'acoquine avec deux autres larrons et remet l'étincelle avec ce trio 10 Volt Shock. Enregistré et bouclé en une nuit et une journée, autoproduit et juste distribué par X-Mist, ce 6-titres ne traîne pas en route. Ca sonne comme une démo de Kurt, droit au but, l'urgence aux fesses mais sans le volume et l'ampleur de Kurt. Vous me pardonnerez ce rappel sans cesse à Kurt, mais le parallèle est trop facile. Cependant, la copie n'a rien de pâle. Les compos sont là. Des morceaux comme "the vexed" ou "superflexx" tiennent debout tout seul, sans l'aide d'une comparaison quelconque. C'est sec et sauvage, bien punk et minimal, les doigts dans la prise. Juste parfait, point trop n'en faut!
SKX (09/10/2001)
THREE PENNY OPERA
" ....countless trips from here to there " - Lp
Spectra Sonic Sound records 98
Voilà le groupe type formaté pour les singles, vous apporter chroniquement son lot de hits, de bonheur simple et dynamité en 3mn chronos. Le temps de les passer en boucles avant la livraison prochaine. Alors quand on vous en refourgue un album chargé jusqu'aux dents du fond, on peut craindre l'overdose ! Plus d'un de ces mirobolants groupes à 45trs se sont cassés les crocs sur la longueur. Fait pour la vitesse. La dynamique d'album, c'est autre chose ! Et là, ma foi, les canadiens de 3 Penny Opera ont franchi le cap sans trop de casse. En coupant habilement leur emo-rock à la Shotmaker (dont on retrouve un membre - entier et en pleine forme, merci pour lui !) par des bidouillages enfantins, qui n'ont l'air de rien, mais qui permettent d'aérer leurs hymnes juvéniles, sautillants et qu'une écoute non-avertie pourrait rendre similaires sur la longueur... A boire d'une traite. En attendant la prochaine livraison !
SKX (20/04/1999)

TIM GARRIGAN
" to be and not to be " - CD
Nihilist records 99
Ou. Il ne se pose pas la question du " être ou ne pas être ". Il est et il n'est pas. Tout en même temps, dans un mouvement identique, tout à la fois, sans distinction. Loufoque et sérieux dans son délire. Le roi de la bricole qui prend soin de sa cohérence. Tim Garrigan, curieux lonesome singer, harpie de la guitare désaccordée, surtout acoustique dans sa complainte et ridiculement joué. En toute bonne conscience. Minimaliste pour sûr, lo-fi qui fait passer Beck pour un pro du 48 pistes, folk-garage bouseux à accent de crooner usé, blues de clown, pop déglinguée et fatiguée, enregistrement live de fond de jardin. Plus d'un scout prendrait ses jambes à son cou devant ces chansons boiteuses de feu de camp. Tim Garrigan, on accroche et on n'accroche pas. On en rigole, bienveillant, on zappe la minute d'après. On écoute dilettante et pas tous les jours. Tim Garrigan existe et n'existe pas.
SKX (19/07/1999)
TODAY IS THE DAY/METATRON
" the descent " - CDEP
This Dark Reign 01
Steve Austin, maître absolu et prince des ténèbres de Today is the Day sort de sa grotte nous donner de ses nouvelles. Renouvelant encore une fois sa petite entreprise qui connaît régulièrement la crise, un énième batteur et bassiste (Marshall Hilpatrick et Chris Debari) tenteront de persister et de passer l'hiver. La pochette concours toujours au prix du plus beau pâté de l'année. Mégalomaniaque. Mais l'essentiel reste la musique. Trois inédits pour TITD dont deux ("the descent" et "the mailing") se retrouveront sur leur prochain album "sadness will prevail" dans des versions retouchées. Et c'est un grand cru. Ils reviennent à moins de trash et de metal pour toujours autant de puissance mais bien imprégné dans le monde de l'étrange et qui suinte le malsain. L'organe vocale d'Austin respire la forme. Il tire de sa guitare de l'acier trempé et des riffs écorchés. La section rythmique n'a beau ne pas avoir la folie de la section canal historique, ces "the descent" et "tabula rasa" ont de quoi réconcilier tous les fans de TITD, toutes périodes confondues. Seul le 3ème titre "the mailing" reste anecdotique. Un message subliminal à essence satanique assurément qui nous pollue l'air. On enchaîne avec Metatron, les invités de Steve Austin, qui a tout chapeauté, de l'enregistrement à la masterisation. Metatron, un duo basse-batterie avec du chant. Niveau ambiance, on ne sort pas de la grotte. C'est lugubre, très infra-basses et lourd. Chaque riff de basse vous résonne dans la tête des heures durant. C'est tour à tour lent et pesant ou lancé à pleine course comme une avancée de chars. Comme le chant, bien possédé ou simplement narré et inquiétant. Entre Melvins et Neurosis, ya de la place et Metatron s'active à la chercher. Encore un effort. Un split CD pour vos messes noires.
SKX (20/11/2001)
TODAY IS THE DAY
" in the eyes of god " - Lp
Relapse 99
La bête est de retour. Et elle est très énervée! La rage au ventre plus que jamais. Steve Austin, seul pieu d'origine, la joue satanique à fond. On en rigolerait presque. Rouge sang de circonstance, paroles ridicules, c'est sûr, on aimera ce 5ème opus seulement pour sa musique. Et là, TITD repousse les limites de l'attaque frontale. 20 titres expulsés avec la force du cyclone, déflagration constante, TITD nous avait habitué à flirter avec l'extrême, mais là, il se surpasse. Et balaie d'une rafale de caisse claire la déception de leur précédent album d'un groupe que l'on croyait mort et enterré. A force de traîner et produire des groupes hardcore / metal, Steve Austin a mis du viagra dans sa noise psychédélique, joue les apprentis sorciers et ce mixage à la nitroglycérine se moule dans une vision apocalyptique. Le nouveau batteur (ex Kiss It Goodbye) a su dynamiter, propulser et donner une nouvelle dimension à la bête. Sûr que plus d'un vont prendre leurs jambes à leur cou et renier ce nouvel album. Jugé trop trash, trop metal, trop je ne sais quoi! Alors que c'est justement ce mélange incroyable qui rend cet objet unique, cette violence brutale, primaire jusqu'à l'étouffement. L'univers de TITD reste omniprésent (notamment les samples entre les morceaux) mais sublimé, repoussé dans ses derniers retranchements. Dépasser ses premières impressions et rester admiratif devant un tel déchaînement. Et découvrir toutes les finesses qui se cachent derrière ces cris en vrille. Toutes les structures bien trop torturées pour se confiner à une étiquette bien précise. L'album du renouveau. Dans les yeux de dieu and deep in your ass!!
SKX (10/10/1999)


TONE
" structure " - CD
Dischord 00
"Si c'est ennuyeux après deux minutes, passe à quatre. Si c'est toujours ennuyeux, passe à huit. 16. 32. Et ainsi de suite. Quelqu'un finira éventuellement par trouver que ce n'est pas du tout ennuyeux mais très intéressant". Ainsi parlait John Cage, paraphrasant lui-même un concept bouddhique, repris à son compte par ce mystérieux orchestre à géométrie variable et qui s'auto-soustitre "The Expanded Ensemble". Mais là où ce groupe se trompe, c'est d'appliquer cette phrase à sa musique. Pas besoin d'attendre les deux minutes pour se retrouver embarquer par leurs morceaux. Le nirvana, c'est tout de suite. L'idée de répétition des rythmes ou des mélodies est palpable mais on reste loin de la répétition estampillée Glenn Branca. Les guitaristes sont nombreux. On en dénombre six. Auxquels on ajoute un batteur et un bassiste. Et le cas échéant, pimenter tout ça de divers cuivres et d'un violoncelle. L'ensemble est riche et ne repose pas sur un rythme qu'on déroule à tout rompre, qui évolue très lentement à s'en décrocher la mâchoire dans un long bâillement d'ennui. La mélodie est centrale, les accroches multiples. Si le morceau est généralement long, l'évolution se suit s'en perdre le fil de l'histoire. Les rythmes se cassent sans nous les briser, les cuivres interviennent pour faire décoller la bête, les guitares tissent leur toile avec entrain sans garantir pour autant le mur du son, vu le nombre. L'ensemble est symphonique et léger. Du soleil de chambre. Conceptuel certes mais avec le sourire et de brillantes idées. Bizarre que de retrouver ce groupe sur Dischord. A cent lieues du style maison habituel. Un bon coup de torchon ne fait pas de mal. Godspeed you the black emperor les jours impairs. Tone les jours pairs.
SKX (18/09/2001)
TOTAL SHUTDOWN
" Reflections " - CD
Thin The Herd 02
Dans la série "toujours plus fort". Je ne suis pas au courant de toutes les dernières avancées technologiques et si ça se trouve, Total Shutdown ne sont pas les premiers malins à utiliser ce stratagème. Mais moi, ça me troue le fondement. Tout est histoire de prendre le bon sillon. Ou comment mettre deux disques sur la même face... Si vous chopez le bon sillon, Total Shutdown vous contera ses malheurs. On y arrive. Mais si vous mettez le doigt dans le sillon caché, vous avez le droit à une partie de l'album blanc des Beatles! Et tout ça exactement sur la même face! Dingue non?! Quant à l'autre face, quelquechose qu'on pourrait qualifier de dessin y est gravé. Une oeuvre bien dans l'esprit trash-arty du groupe. Quatre types de San Francisco complètement décalqués. Un Flying Luttenbachers sales et boueux, du free-punk (?) avec l'esprit du MC5. Des clarinettes, sortez hautbois, résonnez trompettes, boostées par une batterie sauvage, des guitares vicieuses et une douce voix gutturale soutenant épisodiquement les habituels cris d'aliénés du chanteur Bob Linder (à qui on doit les fameux dessins niveau maternel attardé). Pauvre garçon! Totale destruction avec Total Shutdown. Ils ne prennent pas de gants, vont droit à la truelle, ne s'attardent pas sur les arrangements. Direct et primaire. Les intentions sont louables. Mais on attendra la cure d'amincissement. Un objet à manipuler avec précaution.
SKX (17/09/2002)
TOURETTES LAUTREC
" red all " - Lp
Swami 01
Les sirènes hurlantes, dans le bordel des villes, mais quel vent emporte Tourettes Lautrec?! De ce nom si facile à prononcer pour le Français moyen, Tourettes Lautrec nous offre une peinture moderne du rock, une toile ciselée au scalpel trempé dans une boite à malice. Energie revigorante, des rythmes virevoltants, un farfisa discret mais en sous-couche bien présente, une voix féminine soutenue parfois d'un chant mâle, le décor sent bon le printemps et les bourgeons prêts à péter. A l'instar de Melt-Banana, ce nouveau groupe américain transgresse la surf music et les standards du rock. Ils génèrent sur leur passage une pagaille bienheureuse, fraîcheur et vitalité, des comptines vives et vicieuses avec l'appui entendu de Birthay Party. Un rock chaotique et sautillant. Une voix qui fait dresser le poil des testicules. Une saveur de miel dans l'arrière-gorge. Avec Tourettes Lautrec, on se sent pousser des jambes, tout ragaillardi, l'envie déguingandée de danser et se rouler par terre. Onze morceaux où l'ennui est banni, une façon bien personnelle de jeter des ponts entre différents courants musicaux et de provoquer un mini raz de marée unique en son genre. Tout rouge de bonheur.
SKX (01/10/2002)

TRAPDOOR FUCKING EXIT
" s/t " - CD
No Idea (cd) / Bridge (lp) 02
L'armée des ombres qui débarque des grands frimas suédois pour nous décongeler les vertèbres. Avec des ex-membres de Last Mach et, comme le dit avec humour la feuille promo de No Idea, sans ex-membres de Refused! Le groupe le plus populaire de Suède ces dernières années a laissé dans son sillage de nombreux confrères très virulents. Un tas de groupes, toutes mouvances confondues, brisent la glace pour étaler leur furie à l'internationale. Tellement que le label de Floride, No Idea, a fondu sous le charme et a décidé de sortir la version CD. Rien d'étonnant que de retrouver ce groupe sur ce label aux cotés de 12 Hour Turn, Small Brown Bike ou Hot Water Music. Leur approche du hardcore est similaire. Viril, direct avec son lot d'accroches mélodiques. Une voix rêche qui racle les fonds de casseroles. Mais il faut également lorgner vers Drive Like Jehu et JR Ewing. Basique mais point trop n'en faut. Sous leur aspect rude, ces solides gaillards sont des torturés et étalent leurs griefs sur plusieurs strates. Ils cherchent en vain la putain de sortie, se cognent dans un labyrinthe de rythmes et de guitares tour à tour maîtresses d'elles-mêmes ou crapoteuses. Les armes sont connues mais ces huit titres possèdent un réel savoir-faire, autant d'hymnes en puissance, ça force le respect. De la graine de champion!
SKX (13/05/2002)
TRUE NORTH
" we speak in code " - CD
No Idea 00
Je déteste les binious. Ca tombe bien, yen a pas chez True North! Rien que du solide et du concret, pas l'ombre d'une excentricité, un iota d'exotisme. La composition de base qui colle à l'asphalte, la guitare rutilante, les rythmes qui défilent et assèchent le gosier. Du hardcore from La Floride, énergique, passionnée, armé pour les longs trajets. Avec des membres de 12 Hour Turn, Palatka, Strikeforce Diablo et Asshole Parade, c'est du calibré qui vous attend, du cousu main. Pas de fées qui se penchent sur leur berceau mais des trouvailles mélodiques qui sortent trois, quatre morceaux du lot, des rythmes qui font contre-pied. Ce truc là, c'est pas le joyau de la couronne mais ça vous fera jamais faux bond et toujours vous soutiendra dans les moments de faiblesse!
SKX (30/03/2001)
TRUMANS WATER
" The singles 1992 - 1997 " - CD
No Sides 02
10 ans et des brouettes de carrière et Trumans Water traîne toujours ses guêtres. " Carrière " est d'ailleurs un bien grand mot tant la vie de ce quatuor américain est erratique. Des membres qui se font la malle puis réapparaissent. Des signes de vie clairsemés puis un nouvel album qui surgit de nul part, une tournée à la clef. Tout ça dans un anonymat relativement complet. Et pourtant, à l'aube des années 90, Trumans Water avait déboulé comme un vrai vent de panique, amenant un truc unique et ébouriffant. Dans le sillage de Sonic Youth et aux cotés de Pavement ou Sebadoh, Trumans Water aurait pu casser la baraque. Mais loin de ces considérations bassement terrestres, ils sont, à l'image de leurs compostions, incontrôlables, imprévisibles et bordéliques au niveau des neurones. Et alors qu'ils continuent leur petit bonhomme de chemin avec un nouvel album sur Delboy records, le label de Chicago, No Sides records, ressort, sous forme de compilation, 27 titres égarés sur des 45 tours entre 92 et 97. Fidèle à leurs habitudes, Trumans Water est très avare de notes de pochette et d'explications sur l'origine de ces singles. Avec un disque, encore là, comme d'habitude, bourré jusqu'à la gueule, où l'anecdotique le partage au summum. Ecoutez un morceau comme " long end of a firearm ", " floodjacker " ou la version live de " disindependance " et vous aurez saisi toute la quintessence de Trumans Water. Je serais bien curieux, au passage, de connaître le nombre de morceaux que ces boulimiques ont pu écrire tout au long de leur vie mouvementée… Et combien de groupes actuels ils ont pu influencer dans leur sillage ! Alors que le meilleur d'eux-mêmes est derrière, cette compilation, malgré ces hauts et ces bas, est une occasion rêvée pour se replonger dans la discographie invraisemblable de ces gentils fêlés.
SKX (05/08/2003)
TURING MACHINE
" a new machine for living " - CD
Jade Tree 00
Un terrain de jeu immense se présente. Un terrain où trois musiciens new-yorkais ont mis toute l'expérience de leur précédente formation, Pitchblende, pour pousser le bouchon un peu plus loin dans leur quête de recherche sonore. Un précédent (et excellent) groupe qui lui même s'inspirait des travaux de Sonic Youth pour proposer sa propre gamme déjà vouée aux nouvelles sonorités. Avec Turing Machine, exit le chant. On se concentre sur l'instrumentation de base (batterie-basse-guitare) et on envoie le tout sous une étiquette fourre-tout, le post-rock. Un post-rock, contrairement à de nombreux groupes qui naviguent à vue sous ce mouvement et qui sous des prétextes novateurs, vous filent tout et n'importe quoi, pire que des somnifères, expérimentateurs de malheur sans relief. Ce post-rock donc, dévoile du ressort, du tonus, le feu d'artifice à chaque coin de rue. Des rythmiques torrides qui tracent de longues lignes droites solides, à la manière de Laddio Bolocko, une basse mélodique, souple, complément idéal de la guitare qui tourne autour comme un chien sur son os, tiraille dans tous les sens, s'éclipse puis pète de mille feux. Une musique dynamique, inspirée. Un terrain sans limite, du cœur à l'ouvrage, une architecture où on respire le grand air frais pour un premier album très très impressionnant. A la prendre la machine en route que elle se casse pas trop tard !
SKX (05/10/2000)

TWELVE HOUR TURN
" perfect progress, perfect destruction " - CD
No Idea 02
Twelve Hour Turn se remet à l'ouvrage. Après un précédent et récent maxi, ce groupe, originaire de Floride, vogue à son second album. Sans grand génie mais humblement et avec sincérité, 12 Hour Turn continue inlassablement de labourer ses terres emo-rock fortement marquées par Fugazi, Hoover et toute une pléiade de groupes à jamais résignés... A ce jeu là, 12 Hour Turn s'est toujours défendu avec les honneurs. Rien ne leur échappe. Concentrés, ils ont le verbe et le geste juste. Ce nouvel opus se déplace insensiblement, si imperceptible mouvement que la sensation de surplace est aiguë. Le chant est toujours aussi convaincant, tout est en place, tout tombe pile là où on l'attend... Comprenez que cet album est aussi bon que son prédécesseur mais un désagréable sentiment de déjà entendu, d'immobilisme m'assaille. Cet album ne décolle pas. L'ampleur des compositions est resté étouffer sous le chaud soleil de Floride. Un manque cruel de personnalité. 12 Hour Turn ronronne des partitions apprises par cœur. Cet album n'a rien de honteux, l'écoute n'est pas vilaine mais il a toutes ses chances pour retomber dans l'anonymat complet la dernière note jouée...
SKX (17/09/2002)

TWELVE HOUR TURN
" bend break spill " - CD
No Idea 01
Au rayon emo-rock, 12 Hour Turn est en passe de prendre la tête de gondole. Très inspiré et bien vu par les cieux, ce maxi quatre titres enchaînent sans crier gare après leur somptueux album "the victory of flight". L'art d'enfoncer le clou. La danse du sioux autour du totem de 400 years et sur les cendres de Hoover. Quatre titres encore plus léchés et travaillés le pied sur le frein que leur album. 12 Hour Turn déroule peinard. Leurs quelques concerts en France étaient apparemment grandioses. Bref, 12 Hour Turn, c'est du cousu main. Du grand savoir-faire avec un brin de classe.
SKX (19/06/2001)

T-Tauri
Infinite Motion - CD
Strictly Amateur Films 2004

Nous revoilà replonger dans les années 90 avec une nouveauté qui n'en ait pas une. Mais qui sonne pareil. Groupe du Colorado émigré à Los Angeles, T-Tauri est ce genre de trio mort sur le bitume dans l'indifférence. Un de ses innombrables soldats du rock qui vivent de peu, un succès d'estime accroché à leur van pour seule essence. Six années durant avec un split single ave The VSS (leur heure de gloire), un premier et unique album (" Ending deconstruction ") sur le naissant GSL records en 1997 et puis retour aux études. Un seul des membres reprendra du service au sein de Black Dice. Strictly Amateur Films, une maison de disques malgré le nom, nous déterre la hache de guerre et ses trésors enfouis d'une ultime session en 1999 avant l'explosion du groupe. T-Tauri aime marcher dans le sombre, dans le chaos contrôlé, tracer une route chargée de pavés, remuer la terre, la malaxer, la charrier d'immenses complaintes, s'enfouir la tête de mauvaises pensées. Très axées sur une basse assourdissante, une batterie qui aime heurter ses toms basses et une guitare qui ferraille dans les profondeurs, les compositions de T-Tauri nous enfonce la tête dans l'eau. Ca sonne grave. C'est le déclin. Sept longs titres à la rage contenue, qui noyautent de l'intérieur, en eaux profondes et sans espoir de retour. La basse a beau tenter de faire diversion avec de somptueuses lignes mélodiques et mélancoliques, le cœur tremble a chaque attaque, on est plus sûr de rien, ya plus qu'à partir. Et ce ne sont pas les violons du titre de fin qui vont vous réconcilier avec le printemps. " Infinite motion " me nous la gorge. Splendide vieillerie qui sonne comme du neuf. Morts-vivants.

SKX (29/01/2005)
website label www.strictlyamateurfilms.com
sounds Revelation1.mp3

Theramin
We were gladiators - CD
Psychotica 2004

Originaire de Catane en Sicile, partageant une scène commune avec Uzeda/Bellini, ce nouveau trio risque d'être catalogué rapidement. Ca serait aller vite en besogne. Si il est vrai qu'ils doivent posséder quelques disques en commun, Theramin a su voir un peu plus loin que les influences de Shellac que l'on peut entendre en tendant bien l'oreille. La rythmique tient un rôle essentiel mais est suffisamment variée pour ne pas s'enfermer dans un style. Et en prenant soin d'inviter une chanteuse sur " In my place ", en sortant le violon sur le mélancolique " to be away " ou en n'hésitant pas à carrément se foutre à poil sur l'intimiste " Near by the S.Leonard River ", juste une guitare acoustique et un sermon, Theramin varie les plaisirs, malin comme un singe. Un rock dissonant, des harmonies rutilantes, des structures complexes juste ce qu'il faut mais pas trop, nerveux et dosé, ce premier disque est une nouvelle pièce réussie à apporter au rock italien qui n'arrête pas en ce moment de nous sortir des jeunes pousses prometteuses. Les nouveaux gladiateurs.

SKX (14/11/2004)
website label www.psychoticarecords.com
sounds track04.mp3

These Arms Are Snake
This Is Meant To Hurt You - CDEP
Jade Tree 03
(10" sur King of the Monsters records)

En voilà un disque dont l'angle d'approche ne va pas être facile à aborder! Alors autant commencer par le personnel qui y loge. Brian Cook, l'ancien bassiste de Botch, ça de quoi déjà allécher. Vous rajoutez d'anciens Killsadie dont on ne compte à ce jour le nombre qu' avec inexactitude et vous aurez une petite idée de quoi il se trame derrière ce nouveau groupe. Et en même temps pas du tout, car ça ne ressemble pas à leurs précédents projets. Nous voilà bien avancer! Musicalement, c'est riche de plein de choses mais ça n'a rien de hardcore ou emo machin truc, ne s'apparente à aucun mouvement à la mode. Disons que c'est rock, c'est bruyant, des structures qui n'empruntent pas la facilité, les mélodies ne font pas défaut, sinueuses et pleine de rebondissements, variétés de rythmes et d'ambiances. Rajoutez une pincée de triturations de sons (merci les keyboards), d'effets sur la voix et vous avez là cinq titres des plus appétissants. Alors trêve de bavardage. Les mots ont leurs limites et procurez vous ce disque d'un groupe qui a de beaux jours devant lui. Le Snake frappe fort d'entrée de jeu.

SKX (24/03/04)
website groupe www.thesearmsaresnakes.com
website label
www.jadetree.com
sounds
These Arms Are Snakes.mp3

These Arms are Snakes
Oxeneers or the lion sleeps when its antelope go home - CD
Jade Tree 2004

La bousculade fut subite. Le Snake est dans la place. Mordant et méfiant, il se tortille pour mieux vous empêchez de l'attraper, bien trop malin pour se laisser enfermer dans quelconque nacelle. Suite au très prometteur maxi " This is meant to hurt you " et après un hommage anecdotique à Madonna avec le split " like a virgin " avec les métalleux de Harkonen, le groupe de Seattle sort le grand jeu. La ménagerie ouvre grand les bras, accueille aussi bien les fauves que les antilopes, se nourrit de hardcore, sa face rock en avant, le synthé en bandoulière pour partir à la chasse du plus grand nombre. These Arms are Snakes sait désormais où il va, ne s'éparpille plus et malgré la diversité des ambiances, assène une machine maléfique et tendue. Les crocs se plantent à des profondeurs différentes mais le venin coule sans cesse. TAAS explore un hardcore résolument moderne, le détruit de l'intérieur, expérimente de nouveaux poisons. Ils sont autant les héritiers de The VSS, Song of Zarathustra que Botch sans jamais verser dans le riff metal. Le chant est particulièrement convaincant. Collant au plus près de l'intensité de la musique, il offre une gamme d'émotions appréciable, mettant continuellement la pression. Un groupe en symbiose où le synthé et sa touche si particulière se mélange parfaitement au paysage, aux riffs ultra précis, au rythme tour à tour groovant ou spartiate. These Arms are Snakes est une drôle de arche, accueillant en son sein de surprenants antagonismes mais les conjuguant de façon quasi divine. La messe est dite. Le serpent aura la vie sauve.

SKX (19/12/2004)
website groupe www.thesearmsaresnakes.com
website label www.jadetree.com
sounds Big_News.mp3

This Bright Apocalypse
Motion and Rest - CD
54' 40° or Fight 2003

En voilà un disque fin, racé et ambitieux! Ou comment transcender les genres et offrir sous un toit identique de la place, aussi bien pour l'école Dischord/Hoover que June of 44 tout en portant sa croix personnelle. De l'emo-core qui voit grand, qui aime les complications et les grands espaces. Et qui fait tout par deux. La paire de guitares. La batterie et les percussions africaines. Et surtout les chants. Ici on l'ouvre à plusieurs et on ne se contente pas de l'habituelle plainte plus ou moins harmonieuse. Non, un vrai chant, mélodieux à souhait, qui module ses émotions, éructant bien de temps à autre pour mieux apaiser par la suite. Je ne sais pas si vous vous rappelez de ce vieux groupe de Dischord, Shudder to Think et son chant si particulier, à la limite de la préciosité, mais on navigue pas loin avec This Bright Apocalypse. Sans oublier la trompette sur deux morceaux et des passages à la guitare acoustique. Une musique et un chant qui ont les défauts de leurs qualités. Riche et original mais qui parfois se perdent en chemin et qui en font un peu trop. Ca n'en reste pas moins un disque intéressant, tout en fragilité, aérien, des rythmiques recherchées et plusieurs niveau d'écoute. This Bright Apocalypse essaye d'aller un peu plus loin que les codes habituels du genre proposent. Pas de tous les instants mais la grande classe tout de même.

SKX (01/05/04)
website label www.fiftyfourfortyorfight.com
sounds www.fiftyfourfortyorfight.com -> section "merchandise"

Tim
The room - CD
Les Disques du Hangar 221 - 2004

Tim revient après cinq ans d'absence. Comme il ne m'avait jamais été donné l'occasion d'écouter ce groupe havrais, ce premier album après un si long silence est comme un second départ. Cinq années qui passent mais qui vous renvoient indubitablement cinq années en arrière. Epoque Prohibition. Album " 14 ups and downs ". Héritage emo-core, quelques accents durs distillés avec finesse, pour aiguiser une ambiance générale douce-amère et jazzy, sortez saxo et trompette. C'est aussi du coté de June of 44 qu'il faut chercher un souffle post-rock, tout en rythmique souple et ronde. Le son donne de l'espace et de l'ampleur. Le cadre est sobre. On a le temps de voir le train passer. Car Tim ne se presse pas. Treize titres mélancoliques, qui avancent au pas mesuré, toujours le même, dans la retenue, qui font de ce voyage intérieure, une ballade un rien ennuyeuse. Tim reste en dedans. Emotions froides. Ca manque de nerf et d'acier. Papier glacé sur lequel on glisse. " The Room " est une pièce travaillée avec un agencement pensé dans les moindres détails. Reste maintenant à y mettre plus de vie, renverser les meubles, laisser la poussière s'entasser, se vider sans convenance pour que cet intéressant feu de paille sorte de la torpeur.

SKX (18/12/2004)
website groupe www.timroom.com
website label perso.wanadoo.fr/lehangar221
sounds www.timroom.com - rubrique disco

Today is the Day
Kiss the pig - CD
Relapse2004

Onze ans mine de rien que ce megalo-maniaque Steve Austin nous pourrit les tympans de sa musique super viciée! Et bon gré mal gré, ce détraqué tient la barre relativement stable à défaut d'être toujours haute. Ce 7ème album le situe en gros dans la moyenne supérieure! Il revient dans la mesure. Exit les excessives extrémités expérimentales du précédent double " sadness will prevail ". Ca tape plus dans le style " willpower " et l'album d'après auto titré. Les rythmes continuent de tomber en rafale, les guitares de cisailler les premiers rangs, les voix de vomir leur haine mais un certain souci de la mélodie, des structures qui retombent sur leurs pattes. Une pression d'enfer mais constructive. Le rouleau compresseur avec toutes ces voix qui se superposent, se répondent, j'explose. Entre celle que je qualifierais d'outre-tombe au mieux, de death et pénible au pire, qui vient un poil gâcher (faudra me donner l'adresse de ses choristes!), en plus de celle toujours affolante du père Austin qui n'a pas fini sa rage de dents, qu'il dédouble pour mieux achever. Sensation de malaise. Le maître de l'ambiance oppressante. Avec ces samples récurrents d'armes automatiques. D'ailleurs l'album commence par un flingue qu'on recharge. Et si vous allez jeter un œil sur leur site, à la rubrique " shit we dig " (la merde qui nous botte !), de belles photos de Steve Austin qui s'éclate comme un gamin avec des armes à arrêter un troupeau de mammouths en plein vol s'étalent sur votre écran.… L'apologie des armes? Pas à une contradiction près quand en même temps on baptise un de ses chansons " this machine kills fascists ". Il se la pastiche Woody Guthrie mais pas sûr que la machine soit la même… Voilà, c'est toujours la même histoire avec Today is the day. Entre le premier degré et l'autodérision. Cette musique qui nous vrille la tête, ce plaisir masochiste, ses excès, ses défauts que l'on aime. Son inspiration inespérée comme ce dernier morceau de 12 minutes " birthright " où tout le style TITD est résumé : schizophrénie aiguë. Tout est là. Des sirènes hurlantes à l'acoustique finale. Steve, ne change rien, t'es devenu indécrottable, c'est comme ça qu'on t'aime. Et embrasses le cochon de ma part s'il te plait.

SKX (01/10/2004)
website groupe www.todayistheday.org
website label www.relapse.com
sounds this_machine_kills.mp3 | mothers_ruin.mp3

Transistor Transistor / Wolves
split album - CD
Level Plane 03

La Nouvelle-Angleterre à l'honneur. Deux groupes qui n'ont cesse de hanter les clubs de la cote Est, d'enchaîner des milliers de kilomètres sur tout le continent américain et plus récemment en Europe pour une tournée (semi) commune. Et ces forçats de la route n'ont pas que le nombre de kilomètres au compteur en commun. Une approche du hardcore tout en finesse, chaud de la couenne, viscéralement rock'n'roll. Transistor Transistor (si vous êtes de la branchouille, dites Trany), remportent le pompon du déhanchement le plus sexe. Ultra-classe avec ce qui faut de crasse sous les baskets dans le sillage de Yage et JR Ewing et autres survoltés du rock moderne. Mention spéciale à "I'm the goddamn devil", à la poursuite du morceau parfait. Avec Wolves (ex-Orchid), la rythmique s'intensifie, ça souffle en cascade, cette même aisance à sortir la mélodie dans la tourmente. si c'était de la boxe, elle serait française. L'art de bastonner tout en restant aérien. Quatre titres chacun. Un vrai plaisir de philistin.

SKX (24/02/2004)
website groupe
wolves.hampshire.edu
website label
www.level-plane.com
sounds
www.hxcmp3.com/bands/1636 - wolves.hampshire.edu/mp3s/transistor_split/wolves_-_transistor_split_12_inch_-_18.mp3

Trapdoor Fucking Exit
Be Not Content - CD
No Idea 2003

Ouvrez donc en grand cette putain de porte! Que (re)viennent à nous nos Suédois préférés, échoués sous le soleil de Floride, à l'ombre du label No Idea records. Leur deuxième album est une perle de punk-rock. Il va falloir que ça se sache. " Be not content " commence direct par le tube " everything is windig down ". Et cette vista ne les quittera pas de l'album. Onze putain de morceaux beaux comme un camion de pompiers, le moteur d'une sportive, la classe d'une berline anglaise et la robustesse d'une allemande. Trapdoor Fucking Exit crée du cousu main, compositeurs hors pair, l'art de rendre limpide et évident tout un tas de parties mélodiques imbriquées, d'apporter un brin d'acoustique, voir un piano comme sur le somptueux " here are the ghosts ". Une ténébreuse affaire où rien n'est gratuit, ça vient des tripes, la voix de Henke Anderson écorche du fond de son râle, Trapdoor Fucking Exit a tout compris au punk-rock, ce mélange de rage et de cœur, le truc qui s'impose de lui-même, sûr de sa force et fragile sur les bords. Aux cotés de vos Leatherface , Jawbreaker, Hot Snakes et JR Ewing, faites une place de choix à Trapdoor Fucking Exit.

SKX (17/07/04)
website groupe www.trapdoorfuckingexit.com
website label www.noidearecords.com
sounds everythingiswinding.mp3

Turing Machine
Zwei - CD
Frenchkiss 2004

C'est une machine qui tourne à toute vitesse. Hyperbolique. Cinq morceaux sur les sept défient le temps et s'extasient au-delà des huitièmes minutes. L'hypnose des grands fonds, la lumière aveuglante des illusions fumantes. Le rythme, toujours le rythme, le corps de la machine, le nerf de la guerre. Un duel batterie-basse qui avance sans se retourner. Machine implacable et infatigable. Celle qui rend attractive le propos de ce deuxième album du trio new-yorkais. Car pour ce qui est du troisième élément, la guitare, c'est autre chose. Bavarde également, multipliant les effets de toutes sortes, c'est Justin Chearno qui s'y colle. L'ex-Pitchblende comme ces deux acolytes mais aussi bassiste chez The Panthers dont le second album, mauvais comme la peste, a semble-t-il infiltré la machine tournante. Le virus est encore faiblard et se contente de mordiller les bords. Cependant, tout n'est pas de la meilleure inspiration. Des relents seventies remontent à la surface. Des parties de guitares encombrantes mettent des bâtons dans le déroulement de l'histoire. Un psychédélisme latent. " Zwei " a une aura kraut-rock survitaminée dont l'effet hypnotique peut écoeurer sur la longueur. Il manque les cassures si finement amener sur le précédent album. Des changements de directions soudains qui viendraient briser la routine de l'enfer du rythme. Si vous mettez le doigt dans le bon engrenage dès le début, vous pouvez aller loin. Vous pouvez également allez droit dans le mur dans le cas contraire. Pour les plus endurants d'entre vous.

SKX (04/12/2004)
website label www.frenchkissrecords.com
sounds dont_mind_if_i_dont.mp3

Tvesla / Eyston
Split 7''
Christopher's records 2004

C'est pas tous les jours qu'on chronique des groupes luxembourgeois. Ces deux là sont tout frais sortis du moule et présentent au monde leurs premiers balbutiements. Tvesla donne dans l'instrumental à variations multiples. On pourrait vaguement les greffer à toute la scène math-rock, un peu noise, un peu free, un son de guitare encore léger, une construction un brin aléatoire mais on sent toute une fraîcheur et un potentiel qui, avec les concerts et l'expérience, se forgeront sûrement un caractère bien trempé. Eyston présente deux titres. Sur le premier, le chant est pénible et les chœurs sonnent faux. Leur emo-rock est foutraque, ça sonne comme une démo sortie à tort sur un 45. Avec le 2ème titre, le visage se fait plus hargneux mais c'est encore très passe partout et pas au point du tout. Un bout de galette bien pubère mais pas dénuée d'intérêt, essentiellement pour la face Tvesla.

SKX (13/09/2004)
website groupe http://tvesla.vjz.biz
http://www.eyston.cjb.net
website label www.christophersrecords.com
sounds roboter.mp3 | gabytrans.mp3

Ten Volt Shock
Ten volt shock - LP
X-Mist / Christopher 2004

Les Allemands de Ten Volt Shock étale leur premier album de toute leur splendeur. Et leur rudesse aussi. Ten Volt Shock remet à sa place le mot " punk-rock ". Celui qui n'a pas besoin de synthés ou de rythmes pseudo-dansants pour faire moderne. De l'énergie noire à trépigner par terre, tout se dit et se déverse en deux trois minutes maximum. Le trio de Freiburg, c'est le canal historique qui va de l'avant. Une basse qui gondole les tuyaux, ça vibre de partout, impossible de passer à coté. Rythmique compétente et percutante, le contraire de l'arithmétique sans la simplicité bonasse. On court. Et Frank Oto, le chanteur-guitariste également de son autre projet, Kurt, bien loin de se contenter d'une doublure, jette ses tripes et tout le reste, il ne sait faire que ça et c'est tant mieux. Pas de temps morts, des résultats et haut la main en plus. Quatorze titres qui n'ont pas besoin de longs discours. Courez j'vous dis, courez ! Pour info, une compilation de leurs premiers enregistrements, single et split single est également parue. Un groupe comme ça, ça vous rassure son homme !

SKX (14/05/2005)
website label www.x-mist.de

That Fucking Tank
A document of the first set - EP
Jealous 2004

Quand Kill Yourself est en congé de son guitariste-chanteur Giles Bailey, les deux autres compères tuent le temps avec That Fucking Tank (mention spéciale pour leurs noms de groupes, calibrés tout exprès pour un grand succès commercial). Enregistrés dans des conditions live, ces cinq titres gardent l'approche rock et angulaire de Kill Yourself mais l'esprit prend une tangente improvisée, le fil du dialogue entre la batterie de James Islip et la basse-qui-sonne-comme-une-guitare de Andy Abbott est très apparent, la complicité évidente, chacun à l'affût du moindre geste de son acolyte. Tu ralentis, je ralenti. Tu accélères, j'accélère. Pas de surenchères. De lumineuses constructions toute en finesse persuasive ou la basse-guitare apporte toute la créativité face à une batterie solide qui frappe à bon escient, contrairement à de nombreux batteurs du genre adepte du pot belge. C'est un document de leur premier concert et tout ça s'annonce radieux. N'arrête pas ton char!

SKX (20/06/2005)
website groupe www.thatfuckingtank.tk
website label www.jealousrecords.com

Tough Guy Fantasy / Arctic Boys
Thank Gods It's Friday - Louisiana Purchase
Frenetic 2004

L'équation est finalement simple. Un double CD. Deux noms de groupes. Trois types, les mêmes, à chaque fois. Pourquoi tant de mystère ? Bonne question ! Sous cette embrouille à deux balles se cache l'incontournable Zach Hill, le batteur de Hella (si un jour on vous demande " qui est le batteur de ce groupe ? ", répondez " Zach Hill ", une chance sur deux pour que ce soit ça !), boulimique de la baguette multipliant les projets tout azimut (la quantité le remportant sur la qualité pour l'instant), Carson McWhirter (Crime in Choir) et un certain Justin. Le 1er CD s'intitule " Thank Gods It's Friday ". Je vous déconseille d'écouter ça avant de partir en week-end! Vous connaissez le jeu de Hill. Mis à part quelques variantes, ça reste de la batterie qui semble enregistrée à la mauvaise vitesse. Le type aux milles bras se déchaîne toujours autant. Les guitares sont tout autant généreuses. On frôle parfois une version très free de Hella. Une voix dans le fond qui n'arrête pas de jacasser. Déréglage sans concession. Dans l'ensemble, une logorrhée de rythmes, de notes de guitares qui vous vrillent les neurones et qui hurlent à la mort. Chacun semble jouer dans son coin comme un autiste. Avec la deuxième mouture de leur projet nommé Arctic Boys et le CD "Louisiana Purchase ", le fond du problème reste basiquement le même. Seul le traitement diffère. Ils prennent soin de nos tympans en nous infligeant une version plus acoustique et alléger de leurs délires. La batterie semble lointaine. Les guitares chantent des mélopées parfois audibles, au mieux reposantes. Les structures s'envolent en volutes avant que quelqu'un se décide de rebrancher le karcher. Après l'attaque du premier CD, celui-ci semble presque bon ! J'aimerais pouvoir vous dire que ce projet mérite une multitude d'écoutes avant d'être apprécié à sa juste valeur. Que ça s'adresse à un public exigeant. Certes, tout n'est pas à jeter mais notez que la pochette est une représentation du Rubik's Cube. J'ai toujours été inapte à résoudre ce casse-tête. Ce cauchemar me poursuit et ce disque est au final tout autant casse-couille.

SKX (14/02/2005)
website label www.freneticrecords.com
sounds toughguy_thankgod.mp3 | arctic_quanah.mp3

Transistor Transistor
Erase all name & likeness - 2xLPs
Level Plane 2005

Après une tournée harassante qui les a vu écumer les clubs européens en 2004, les américains de Transistor Transistor ont perdu deux membres en route. C'est que partager un van et l'odeur de chaussettes pourries pendant cinq semaines vous calme son homme. Peu importe. Leurs connections sont nombreuses et les deux restants recrutent dans les rangs de Wolves/Orchid/Bucket Full of Teeth, une même et grande famille, Brad Wallace et James Moller (aucun lien de parenté avec Plesset). Enfermés dans leur cave pendant sept mois, ils ressortent, blafards certes mais surtout avec un double album sous le bras. Et comme Kurt Ballou n'avait justement rien à faire ce jour là, ils sont partis dans son fameux studio God City boire des coups. Tx2 (ça veut Transistor fois 2) en a profité pour revoir sa copie et épaissir sa palette rock'n'roll. Tx2 (bien pratique cette abréviation) garde tout son amour pour les guitares complexes, sa verve de jeunes chiens fous, c'est même encore pire qu'avant et c'est un compliment. Sauf que Tx2 (yen a pas deux comme eux) savent aussi calmer leurs ardeurs. Les guitares continuent leur travail (et elles sont prépondérantes sur cet album), génèrent de la tension et c'est l'ensemble du morceau qui se ramasse sur lui-même comme sur le très beau Empathy ou le plus contrasté Straight to Hell, sa prenante ligne de guitare et son cri qui n'a rien de factice. Tx2 (ou T puissance 2) a compris que l'émotion et la violence se retranscrivent sur plusieurs modes. Ya du Ten Grand là-dedans, cette façon d'être sur la corde raide, de vous titiller le nerf sans l'attaquer de face avec cette bonne vieille mélancolie qui guette au coin de rue. Mais que dire du morceau final. Treize minutes d'endurance qui ne voit pas le temps passer, le démon intérieur qui ronge son frein, un long break de guitares, un ange passe et l'enterrement de première classe comme Unwound était capable de le faire à leur meilleure époque. Tx2 (ou T pi 14 divisé par 12) a su se remettre en cause, dépasser les clichés et diversifier ses compos. Beaucoup de groupes screamo-hardcore à la base devraient s'en inspirer. Le coup de la cave, ya que ça de vrai ! TnT.

SKX (27/06/2005)
website groupe www.transistortransistor.com
website label www.level-plane.com
sounds powerchord_academy.mp3 | sweetwilliams.mp3 | blackcat.mp3

Taipan
1002 a rock odyssey
Supernova 2006

Le Taipan est un serpent de couleur orangé. Il est grand, puissant et très menaçant. Le genre de bestiole que Steve Austin a tatoué sur son dos et collé sur la pochette de Supernova, le premier album de Today is the day. Ca tombe bien, Supernova records, c'est le nouveau projet du fêlé Austin, attendez vous à saigner des tympans et sa première sortie, c'est un truc à lui, Taipan, sa cour de récréation comme il le définit lui-même. Formule trio toujours avec son acolyte de TITD Chris Debari à la basse et Pat Kennedy (batteur de Iron Boss). Une idée germée dans leurs cerveaux fatigués dans un bus en pleine tournée en Europe de l'Est. Une envie de retourner aux sources, vers un rock direct, débarrassé de toutes complexités. Les amoureux de la première heure de Today is the Day peuvent lever un sourcil. Rien de metal, encore moins de trash, les pleureuses peuvent rabouler leurs petites fesses. C'est époque Willpower/Supernova. Mais ne vous agitez pas non plus. Taipan n'atteint pas la cheville de ces chef-d'œuvres. Ca n'a même pas grand-chose à voir. Juste que le Steve Austin retrouve ce goût pour la mélodie identifiable de suite avec un traitement noise-rock comme au beau vieux temps et un second degré dont on ne l'imaginait pas capable. Le goût de la ballade poignante qui fait froid dans le dos (Epiphany et Teardrop), un Lost Rhodes qu'on pourrait croire échapper des sessions de Supernova. Des morceaux courts et efficaces (dont le triptyque du début et le délicat my big dick in your mouth), bien tendus comme il faut avec les éructations légendaires de Steve Austin à faire fuir un troupeau de gnus mais également un chant capable d'apaisement. Ce psychopathe se pose quand même là en matière d'écriture. Le bougre est fort. Si cet album n'avait pas été conçu comme un échappatoire récréatif avec des morceaux juste là pour se marrer (un bon vieux rock-boogie sur Angel Dust, une sucrerie toute enjouée avec Baby loves daddy et une reprise copié collé sur I wanna be your dog), on aurait là carrément un des meilleurs albums de Today is the day ! Mais la bande a voulu se faire plaisir, se détendre le gland avant de se replonger la tête dans le chaudron maléfique TITD et autant en profiter avec eux. On tient là quand même sept huit titres qui vont en faire frissonner plus d'un.

SKX (30/07/2006)
website groupe