TANG
"
This quietness booms about on the walls like birds in panic "
- CD
Emolution 03
J'ai
beau ne pas apprécié du tout le nom du groupe, j'avoue
avoir été comme berné par ce premier album.
Une agréable surprise qui débarque sans prévenir.
Pas que ce disque révolutionne quoique ce soit. Seulement
il possède ce charme immédiat qui vous prend à
la gorge. Ce truc à fleur de peau qui égratigne
la boite à chagrin. Les titres défilent et l'impression
de connaître cet album par cur dès les premières
écoutes. Non pas à cause d'un air de déjà
entendu mais tout simplement, chaque mélodie sonne juste,
chaque compo a cette évidence qui s'impose à vous,
sans fioritures. Ce groupe lillois tire sa richesse de groupes
" emo-noise " (l'étiquette est large, c'est fait
exprès, car leur musique dépasse ce genre de conneries)
comme 400 Hundred Years pour aller jusqu'à Unwound dans
le dynamisme de certains titres. L'atout majeur reste ces deux
voix, s'emmêlent, se complètent. Voix rageuse, possédée.
Voix posée, mélancolique. Ca vous met sur les rotules.
Ajoutez une production pleine et puissante mais pas gros bras,
où chaque instrument trouve l'impact idéal et vous
avez huit titres percutants, plein de bruit et de fureur, d'innocence
et de conviction. Et si l'ensemble a tendance à se ressembler
sur la longueur, le tour de force est suffisamment convaincant
et rageur pour vous faire oublier ce petit pêcher de jeunesse.
Un jet continu qu'il faut boire d'une traite. Pour une fois, je
recommanderais à quiconque de consommer du Tang sans modération.
SKX (03/07/2003)
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TANTRUM
"
The frontier bursts into view " - CD
Supine 03
Tantrum
voit rouge. La cote sud aux environs de Montpellier connaît
une brusque montée de chaleur. Dans une région sinistrée
pour toute musique extrême dans le hardcore-noise moderne,
Tantrum n'en a cure et rajoute même une couche dans le degré
de brutalité. Ce trio n'a jamais été connu
pour sa tendresse. De là à imaginer leur rock lourdingue
se transformer en un hardcore résolument tourné
vers l'avenir, aux cotés de groupes du calibre de Knut
ou (feu) Botch, c'était tirer des plans sur la comète.
Quitte à se faire passer définitivement pour des
extra-terrestres auprès de leurs voisins, Tantrum persévère
et offre un splendide condensé de musique diaboliquement
compacte, torturée à faire plier une porte de prison.
Produit par Serge Morattel (les premiers Brazen, Knut justement),
cet album est une plongée en abîme. On reconnaît
ce son hyper dense, solide et ample en bouche. Ce magma sur lequel
vient de poser des compos tout en rythmes. Des voix, de vrais
crève-cur. La boule se forme en silence, à
l'ombre des frustrations, et explose à la tronche. Une
machinerie infernale pour un truc sombre qui n'est pas là
pour vous faire croire au père Noël. Ca se prend de
face et si parfois, on aimerait quelques respirations un poil
plus mélodique, histoire de souffler un peu, force est
de reconnaître que Tantrum n'a rien à envier aux
groupes dont ils s'inspirent. Au sud, la terre tremble.
SKX (02/09/2003)
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TAYLOR
"
s/t " - CD
Brand Abrasive Sound Structure 97
A
manipuler avec précautions. Les bords sont tranchant. Une
pochette scalpel. Plaques de métaux grises, lavis en son
centre. La caisse à outil n'est pas fourni avec. Passé
le choc de la pochette, on revient sur terre. On devient presque
circonspect : groupe de Chicago, production Albini, ça
sent le réchauffé. Les chemins naguère les
mieux banalisés sont devenus infréquentables. D'inexplicables
déviations en cours de route. Le mur se lézarde....
Et Taylor nous mène en bateau. Certes, leurs 8 titres ne
peuvent provenir que de Chicago, mais Taylor, riche en idées,
travaille les guitares, se concentre sur les mélodies et
rajoute une couche de subtilités sans donner dans le noise
sombre et convulsif systématique. A l'image de leur packaging,
Taylor est fin et tranchant et se trouve même une place
au soleil!
SKX (26/11/1999)
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TELEMARK
"
s/t " - 12"
Bombshell 02
L'air
est rare. L'esprit belliqueux. Telemark est allemand et descend,
tout schuss, vous asséner une bonne calotte derrière
les rotules. Telemark ignore les règles de bonne conduite.
Une avalanche de première fraîcheur. Vous vous ferez
bien une petite ligne ? Au chapitre des comparaisons inutiles,
Telemark slalome entre les bornes incontournables que sont leurs
compatriotes Kurt, Dawnbreed et Eniac. Vous rajoutez par là-dessus
quelques portes où s'engouffre une bonne pincée
d'esprit punk sautillant qui cherche la baston mais pas méchant
dans le fond, voir une touche de Fugazi particulièrement
sensible sur " separation " et vous aurez à l'arrivée
six titres fumants, prêts à remonter le niveau de
la mer. Le chant se partage entre l'Allemand et la langue de Shakespeare
mais c'est pas pour faire de la poésie. Telemark sont chaussés
pour l'hiver. Leur printemps s'annonce chaud et cette première
production, une belle petite trouvaille à marquer d'une
croix blanche.
SKX (12/03/2003) |
TEN
GRAND
"
this is the way to rule " - CD
Southern 02
Cette
chronique (même tardive) aurait pu être tout autre.
Mais voilà, l'été et son cortège funèbre
sont passés par là et l'annonce de la mort en août
dernier de Matt Davis, chanteur principal et l'un des deux guitaristes
de Ten Grand modifie l'écoute de cet album, l'un des trois,
quatre meilleurs trucs qu'il m'ait été donné
d'écouter cette année. Entendre cette voix si intense,
au timbre unique et vous dire que c'est la dernière fois
vous file le bourdon. Quand en plus, vous vous remémorez
leur concert à Rennes (unique date française) en
mai dernier, leur prestation qui vous explose les tripes et vous
rend joyeux jusqu'à l'hiver prochain et que des dizaines
d'images de ces deux jours en leur compagnie vous reviennent instinctivement
quand vous enclenchez ce CD dans votre machine, la musique de
Ten Grand prend alors une dimension singulière. Après
avoir débuté sous le nom The Vida Blue, nos quatre
lascars de Iowa City changèrent pour éviter un procès
avec un gros groupe ringard du même nom et cet album, le
deuxième, sous leur nouveau patronyme, marque aussi comme
une seconde naissance. Un palier franchi qui fait passer leur
très honnête premier album pour un tir encore mal
ajusté, qui ne sort pas du lot, vers une musique fortement
émotionnelle et personnelle. On ne va pas chercher à
catégoriser. Ten Grand se situe entre et au-delà
de tous courants. Rock. Toute l'urgence et la finesse. Toute la
candeur et la chaleur. Ses coups de butoirs et ses coups de gueules
(" i will seriously pay you to shut up "). Sa ballade
monstrueuse qui vous arrache à vous-même ("
wedding song "). Son apparente complexité et sa fulgurante
efficacité. Dix morceaux, dix personnalités, toute
une vie qui défile. Et toujours cette voix qui revient,
cette voix de black américain, au grain si incandescent,
qui donne aux compos de Ten Grand une aura et une profondeur de
champ unique en son genre. L'histoire de quatre gars tout simple
du Midwest américain qui mettent dans leur musique tout
leur cur et leurs tripes, exutoire de frustration et de
colère. Un disque qui hante votre étagère,
rangé parmi ceux dont on ne se séparera jamais,
même au plus profond de la dépression. " This
isn't heaven, this sucks " écrivait-il. C'est bien
connu, c'est toujours les meilleurs qui partent en premier. A
nous, il reste que du bonheur et ce passage, si court fut-il,
valait vraiment le coup. Merci pour tout.
SKX (15/12/2003) |
TETSUO/BRASS KNUCKLES FOR TOUGH GUYS
"
stunt " - CD
Class-B records 99
Vous
connaissez la rengaine des groupes américains qui splittent
plus vite que leur ombre ! Un gâchis énorme quand
on ose imaginer que dans leurs tiroirs restent à jamais
enfouies des compositions qui ne demandaient qu'à voir
le jour ! On restait avec Tetsuo sur un magnifique 45 trs. On
s'en prend pour 9 de plus (7 en fait puisque 2 titres du 45 figurent
déjà sur cette compil). Et Tetsuo de montrer tout
son savoir-faire, à l'avance, dans la décomposition
math-rock à haute énergie. Avec en bonus 4 inédits
de BKFTG devant paraître à l'origine, avant le grand
big-bang final, sur un split Lp avec Managra (ce groupe parti
mangé les pissenlits par les racines d'ailleurs aussi !).
Un grand merci à Andrei Cabanban, guitariste de American
Heritage et boss de Class-B records d'avoir déterré
ces quelques misérables joyaux !
SKX (12/07/1999)
|
THIRD
POLE/SLAM
"
3ème sous-sol / subculture " - split 12
La Galette Intégriste 01
On
va dérouiller sévère. Se mordre la queue,
la perdre, la tête avec. La logique s'abstenir. Le sens
du rythme se porter pâle. La Galette Intégriste,
nouvelle arme incendiaire de feu le magasin de sk(e)uds rennais
Cyborg Station, rebrousse le poil et distille sa nouvelle grenade
avec deux groupes locaux triés sur le volet. Third Pole.
Duo mixte avec basse acoustique et chant féminin contre
mixer de l'enfer et beat machines frapadingues. Une formule qu'elle
est pas courante! Rythmes décalés, qui montent tout
en douceur, arrêt-marche-arrêt. La voix arrive, au
loin, couverte par le beat qui part dans tous les sens avant que
la mélodie, insidieuse et hypnotique, ne s'installe définitivement.
Les rythmes-machines tournent autour, cassent tout, reconstruisent,
sèment le trouble chez l'auditeur autant que cette mélodie
décidément bien perverse. Ca n'arrête pas
de me rappeler Pain Teens de par ce climat onirique et inquiétant.
Pain Teens au pays de l'électronique. Avec Slam, un seul
homme derrière les machines. Le climat s'installe également
sur la durée. L'après cataclysme, bienvenue aux
drones électroniques, aux fréquences sidérales,
le futur à ta porte. Et l'ennemi jamais loin qui attaque
subitement. Break noise-core électro ou drum and bass de
guérilla urbaine. Qui peu à peu se dissout sous
les bombardements et fini en grésillements perpétuels.
Brouillage des ondes irréversible. Je ne suis pas la personne
la plus approprié pour parler de et apprécier ce
style de musique. Mais pour tous les fans accros d'électronique
extrême, en quête du nouveau et du contre rythme,
de bruits tordus, cette galette n'a d'intégriste que le
nom et est ouvert à toutes les sensibilités....
SKX (20/11/2001) |
THERE
IS A LIGHT THAT NEVER GOES OUT
"
s/t " - CD
Grok Plastique 00
A
l'est, toujours du nouveau avec une nouvelle étoile au
nom pas possible (hommage aux Smiths?) en provenance du Japon.
Le chaînon manquant entre Envy et Nine Days Wonder. La passion
et la chaleur débordante des premiers nommés sans
la production flamboyante. Des seconds, le format emo-core à
haute énergie, la simplicité et l'efficacité
des mélodies. Ca rigole des genoux. Ca file droit et sans
cliché. Un duo de voix qui enflamme les pistes. Dont une
très attachante, juvénile et qui part dans les aiguës,
mettant le feu aux poudres lors de refrains suicidaires. 7 titres
parfaits de justesse et finement désossés. Parfum
entêtetant. L'île au bonheur.
SKX (10/04/2001)
|
THERE
IS A LIGHT THAT NEVER GOES OUT/VANILLA
"
Our dreams walking their way - chapter 2 " - CD
Waiting for an angel 02
Chapitre
deux. On garde une ligne directrice identique pour le graphisme
et la présentation. Sauf la couleur. Force rose contre
force verte ! Après leur excellent premier album sept titres,
beaucoup d'espoirs étaient placés dans TIALTNGO
(désolé pour l'abréviation, elle-même
plus longue que de nombreux autres noms de groupes !!). Pas de
jugement dernier, on attendra l'album en 2003 pour se faire une
idée plus définitive, mais ces deux inédits
n'augurent rien d'enivrant
La musique quitte les sentiers
emo-hardcore écorchés pour passer dans une zone
floue de rock-emo-indé de facture relativement classique.
Et surtout, le chanteur est une vraie catastrophe. Les apprentis
stars des reality-shows lobotomisant feraient preuve de ténors
à coté ! Il ferait hurler à la mort une meute
de lévriers afghans tellement il chante faux. Du coup je
zappe et débarque directement chez les parisiens de Vanilla.
On respire. Là au moins, ça chante juste ! Trois
morceaux, mécanique de précision, rock posé
et à émotions diffuses. Vanilla maîtrise et
déroule son savoir-faire. Pas de folie contagieuse mais
du travail bienfait. Un chapitre deux en dessous du premier, bancal
et pas très complémentaire. On attends néanmoins
la suite avec impatience (Kulara / Rroselicoeur, 9 Days Wonder
/ Amanda Woodward, etc
).
SKX (08/11/2002) |
10
VOLT SHOCK
"
the incident " - 7"
X-Mist 02
10 Volt Shock, c'est le projet annexe de Frank, guitariste-chanteur
des grandioses Kurt. Alors vous dire que dans 10 Volt Shock, on
ne retrouve pas l'influence de Kurt serait vous mentir. Trois
titres qui dégagent une haleine identique de post-punk-noise
rebelle et bien dégagé derrière les oreilles.
Après un mini-CD six titres à la production faiblarde,
10 Volt Shock rehausse le volume et nous font boire la tasse.
Encore plus direct et sans fioritures que Kurt, avec cette once
de mélodie qui fait toute la différence. Un trio
qui ne compte pas ses pulsations à la minute et qui est
bien plus qu'un palliatif dans l'attente d'un nouveau Kurt (dont
le nouvel album "The Ambush" sort en mars!). Longue
vie à ce nouveau projet!
SKX (31/01/2002)
|
10
VOLT SHOCK
"
s/t " - CD
Autoproduction 01
Les
temps sont longs et les forêts giboyeuses. En attendant
un nouveau disque de KURT, Frank, guitariste-chanteur, s'acoquine
avec deux autres larrons et remet l'étincelle avec ce trio
10 Volt Shock. Enregistré et bouclé en une nuit
et une journée, autoproduit et juste distribué par
X-Mist, ce 6-titres ne traîne pas en route. Ca sonne comme
une démo de Kurt, droit au but, l'urgence aux fesses mais
sans le volume et l'ampleur de Kurt. Vous me pardonnerez ce rappel
sans cesse à Kurt, mais le parallèle est trop facile.
Cependant, la copie n'a rien de pâle. Les compos sont là.
Des morceaux comme "the vexed" ou "superflexx"
tiennent debout tout seul, sans l'aide d'une comparaison quelconque.
C'est sec et sauvage, bien punk et minimal, les doigts dans la
prise. Juste parfait, point trop n'en faut!
SKX (09/10/2001) |
THREE
PENNY OPERA
"
....countless trips from here to there " - Lp
Spectra Sonic Sound records 98
Voilà
le groupe type formaté pour les singles, vous apporter
chroniquement son lot de hits, de bonheur simple et dynamité
en 3mn chronos. Le temps de les passer en boucles avant la livraison
prochaine. Alors quand on vous en refourgue un album chargé
jusqu'aux dents du fond, on peut craindre l'overdose ! Plus d'un
de ces mirobolants groupes à 45trs se sont cassés
les crocs sur la longueur. Fait pour la vitesse. La dynamique
d'album, c'est autre chose ! Et là, ma foi, les canadiens
de 3 Penny Opera ont franchi le cap sans trop de casse. En coupant
habilement leur emo-rock à la Shotmaker (dont on retrouve
un membre - entier et en pleine forme, merci pour lui !) par des
bidouillages enfantins, qui n'ont l'air de rien, mais qui permettent
d'aérer leurs hymnes juvéniles, sautillants et qu'une
écoute non-avertie pourrait rendre similaires sur la longueur...
A boire d'une traite. En attendant la prochaine livraison !
SKX (20/04/1999)
|
TIM
GARRIGAN
"
to be and not to be " - CD
Nihilist records 99
Ou.
Il ne se pose pas la question du " être ou ne pas être
". Il est et il n'est pas. Tout en même temps, dans
un mouvement identique, tout à la fois, sans distinction.
Loufoque et sérieux dans son délire. Le roi de la
bricole qui prend soin de sa cohérence. Tim Garrigan, curieux
lonesome singer, harpie de la guitare désaccordée,
surtout acoustique dans sa complainte et ridiculement joué.
En toute bonne conscience. Minimaliste pour sûr, lo-fi qui
fait passer Beck pour un pro du 48 pistes, folk-garage bouseux
à accent de crooner usé, blues de clown, pop déglinguée
et fatiguée, enregistrement live de fond de jardin. Plus
d'un scout prendrait ses jambes à son cou devant ces chansons
boiteuses de feu de camp. Tim Garrigan, on accroche et on n'accroche
pas. On en rigole, bienveillant, on zappe la minute d'après.
On écoute dilettante et pas tous les jours. Tim Garrigan
existe et n'existe pas.
SKX (19/07/1999) |
TODAY
IS THE DAY/METATRON
"
the descent " - CDEP
This Dark Reign 01
Steve
Austin, maître absolu et prince des ténèbres
de Today is the Day sort de sa grotte nous donner de ses nouvelles.
Renouvelant encore une fois sa petite entreprise qui connaît
régulièrement la crise, un énième
batteur et bassiste (Marshall Hilpatrick et Chris Debari) tenteront
de persister et de passer l'hiver. La pochette concours toujours
au prix du plus beau pâté de l'année. Mégalomaniaque.
Mais l'essentiel reste la musique. Trois inédits pour TITD
dont deux ("the descent" et "the mailing")
se retrouveront sur leur prochain album "sadness will prevail"
dans des versions retouchées. Et c'est un grand cru. Ils
reviennent à moins de trash et de metal pour toujours autant
de puissance mais bien imprégné dans le monde de
l'étrange et qui suinte le malsain. L'organe vocale d'Austin
respire la forme. Il tire de sa guitare de l'acier trempé
et des riffs écorchés. La section rythmique n'a
beau ne pas avoir la folie de la section canal historique, ces
"the descent" et "tabula rasa" ont de quoi
réconcilier tous les fans de TITD, toutes périodes
confondues. Seul le 3ème titre "the mailing"
reste anecdotique. Un message subliminal à essence satanique
assurément qui nous pollue l'air. On enchaîne avec
Metatron, les invités de Steve Austin, qui a tout chapeauté,
de l'enregistrement à la masterisation. Metatron, un duo
basse-batterie avec du chant. Niveau ambiance, on ne sort pas
de la grotte. C'est lugubre, très infra-basses et lourd.
Chaque riff de basse vous résonne dans la tête des
heures durant. C'est tour à tour lent et pesant ou lancé
à pleine course comme une avancée de chars. Comme
le chant, bien possédé ou simplement narré
et inquiétant. Entre Melvins et Neurosis, ya de la place
et Metatron s'active à la chercher. Encore un effort. Un
split CD pour vos messes noires.
SKX (20/11/2001) |
TODAY IS THE DAY
"
in the eyes of god " - Lp
Relapse 99
La
bête est de retour. Et elle est très énervée!
La rage au ventre plus que jamais. Steve Austin, seul pieu d'origine,
la joue satanique à fond. On en rigolerait presque. Rouge
sang de circonstance, paroles ridicules, c'est sûr, on aimera
ce 5ème opus seulement pour sa musique. Et là, TITD
repousse les limites de l'attaque frontale. 20 titres expulsés
avec la force du cyclone, déflagration constante, TITD
nous avait habitué à flirter avec l'extrême,
mais là, il se surpasse. Et balaie d'une rafale de caisse
claire la déception de leur précédent album
d'un groupe que l'on croyait mort et enterré. A force de
traîner et produire des groupes hardcore / metal, Steve
Austin a mis du viagra dans sa noise psychédélique,
joue les apprentis sorciers et ce mixage à la nitroglycérine
se moule dans une vision apocalyptique. Le nouveau batteur (ex
Kiss It Goodbye) a su dynamiter, propulser et donner une nouvelle
dimension à la bête. Sûr que plus d'un vont
prendre leurs jambes à leur cou et renier ce nouvel album.
Jugé trop trash, trop metal, trop je ne sais quoi! Alors
que c'est justement ce mélange incroyable qui rend cet
objet unique, cette violence brutale, primaire jusqu'à
l'étouffement. L'univers de TITD reste omniprésent
(notamment les samples entre les morceaux) mais sublimé,
repoussé dans ses derniers retranchements. Dépasser
ses premières impressions et rester admiratif devant un
tel déchaînement. Et découvrir toutes les
finesses qui se cachent derrière ces cris en vrille. Toutes
les structures bien trop torturées pour se confiner à
une étiquette bien précise. L'album du renouveau.
Dans les yeux de dieu and deep in your ass!!
SKX (10/10/1999)
|
TONE
"
structure " - CD
Dischord 00
"Si
c'est ennuyeux après deux minutes, passe à quatre.
Si c'est toujours ennuyeux, passe à huit. 16. 32. Et ainsi
de suite. Quelqu'un finira éventuellement par trouver que
ce n'est pas du tout ennuyeux mais très intéressant".
Ainsi parlait John Cage, paraphrasant lui-même un concept
bouddhique, repris à son compte par ce mystérieux
orchestre à géométrie variable et qui s'auto-soustitre
"The Expanded Ensemble". Mais là où ce
groupe se trompe, c'est d'appliquer cette phrase à sa musique.
Pas besoin d'attendre les deux minutes pour se retrouver embarquer
par leurs morceaux. Le nirvana, c'est tout de suite. L'idée
de répétition des rythmes ou des mélodies
est palpable mais on reste loin de la répétition
estampillée Glenn Branca. Les guitaristes sont nombreux.
On en dénombre six. Auxquels on ajoute un batteur et un
bassiste. Et le cas échéant, pimenter tout ça
de divers cuivres et d'un violoncelle. L'ensemble est riche et
ne repose pas sur un rythme qu'on déroule à tout
rompre, qui évolue très lentement à s'en
décrocher la mâchoire dans un long bâillement
d'ennui. La mélodie est centrale, les accroches multiples.
Si le morceau est généralement long, l'évolution
se suit s'en perdre le fil de l'histoire. Les rythmes se cassent
sans nous les briser, les cuivres interviennent pour faire décoller
la bête, les guitares tissent leur toile avec entrain sans
garantir pour autant le mur du son, vu le nombre. L'ensemble est
symphonique et léger. Du soleil de chambre. Conceptuel
certes mais avec le sourire et de brillantes idées. Bizarre
que de retrouver ce groupe sur Dischord. A cent lieues du style
maison habituel. Un bon coup de torchon ne fait pas de mal. Godspeed
you the black emperor les jours impairs. Tone les jours pairs.
SKX (18/09/2001) |
TOTAL
SHUTDOWN
"
Reflections " - CD
Thin The Herd 02
Dans
la série "toujours plus fort". Je ne suis pas
au courant de toutes les dernières avancées technologiques
et si ça se trouve, Total Shutdown ne sont pas les premiers
malins à utiliser ce stratagème. Mais moi, ça
me troue le fondement. Tout est histoire de prendre le bon sillon.
Ou comment mettre deux disques sur la même face... Si vous
chopez le bon sillon, Total Shutdown vous contera ses malheurs.
On y arrive. Mais si vous mettez le doigt dans le sillon caché,
vous avez le droit à une partie de l'album blanc des Beatles!
Et tout ça exactement sur la même face! Dingue non?!
Quant à l'autre face, quelquechose qu'on pourrait qualifier
de dessin y est gravé. Une oeuvre bien dans l'esprit trash-arty
du groupe. Quatre types de San Francisco complètement décalqués.
Un Flying Luttenbachers sales et boueux, du free-punk (?) avec
l'esprit du MC5. Des clarinettes, sortez hautbois, résonnez
trompettes, boostées par une batterie sauvage, des guitares
vicieuses et une douce voix gutturale soutenant épisodiquement
les habituels cris d'aliénés du chanteur Bob Linder
(à qui on doit les fameux dessins niveau maternel attardé).
Pauvre garçon! Totale destruction avec Total Shutdown.
Ils ne prennent pas de gants, vont droit à la truelle,
ne s'attardent pas sur les arrangements. Direct et primaire. Les
intentions sont louables. Mais on attendra la cure d'amincissement.
Un objet à manipuler avec précaution.
SKX (17/09/2002)
|
TOURETTES
LAUTREC
"
red all " - Lp
Swami 00
Les
sirènes hurlantes, dans le bordel des villes, mais quel
vent emporte Tourettes Lautrec?! De ce nom si facile à
prononcer pour le Français moyen, Tourettes Lautrec nous
offre une peinture moderne du rock, une toile ciselée au
scalpel trempé dans une boite à malice. Energie
revigorante, des rythmes virevoltants, un farfisa discret mais
en sous-couche bien présente, une voix féminine
soutenue parfois d'un chant mâle, le décor sent bon
le printemps et les bourgeons prêts à péter.
A l'instar de Melt-Banana, ce nouveau groupe américain
transgresse la surf music et les standards du rock. Ils génèrent
sur leur passage une pagaille bienheureuse, fraîcheur et
vitalité, des comptines vives et vicieuses avec l'appui
entendu de Birthay Party. Un rock chaotique et sautillant. Une
voix qui fait dresser le poil des testicules. Une saveur de miel
dans l'arrière-gorge. Avec Tourettes Lautrec, on se sent
pousser des jambes, tout ragaillardi, l'envie déguingandée
de danser et se rouler par terre. Onze morceaux où l'ennui
est banni, une façon bien personnelle de jeter des ponts
entre différents courants musicaux et de provoquer un mini
raz de marée unique en son genre. Tout rouge de bonheur.
SKX (01/10/2002)
|
TRAPDOOR
FUCKING EXIT
"
s/t " - CD
No Idea (cd) / Bridge (lp) 02
L'armée
des ombres qui débarque des grands frimas suédois
pour nous décongeler les vertèbres. Avec des ex-membres
de Last Mach et, comme le dit avec humour la feuille promo de
No Idea, sans ex-membres de Refused! Le groupe le plus populaire
de Suède ces dernières années a laissé
dans son sillage de nombreux confrères très virulents.
Un tas de groupes, toutes mouvances confondues, brisent la glace
pour étaler leur furie à l'internationale. Tellement
que le label de Floride, No Idea, a fondu sous le charme et a
décidé de sortir la version CD. Rien d'étonnant
que de retrouver ce groupe sur ce label aux cotés de 12
Hour Turn, Small Brown Bike ou Hot Water Music. Leur approche
du hardcore est similaire. Viril, direct avec son lot d'accroches
mélodiques. Une voix rêche qui racle les fonds de
casseroles. Mais il faut également lorgner vers Drive Like
Jehu et JR Ewing. Basique mais point trop n'en faut. Sous leur
aspect rude, ces solides gaillards sont des torturés et
étalent leurs griefs sur plusieurs strates. Ils cherchent
en vain la putain de sortie, se cognent dans un labyrinthe de
rythmes et de guitares tour à tour maîtresses d'elles-mêmes
ou crapoteuses. Les armes sont connues mais ces huit titres possèdent
un réel savoir-faire, autant d'hymnes en puissance, ça
force le respect. De la graine de champion!
SKX (13/05/2002) |
TRUE
NORTH
"
we speak in code " - CD
No Idea 00
Je
déteste les binious. Ca tombe bien, yen a pas chez True
North! Rien que du solide et du concret, pas l'ombre d'une excentricité,
un iota d'exotisme. La composition de base qui colle à
l'asphalte, la guitare rutilante, les rythmes qui défilent
et assèchent le gosier. Du hardcore from La Floride, énergique,
passionnée, armé pour les longs trajets. Avec des
membres de 12 Hour Turn, Palatka, Strikeforce Diablo et Asshole
Parade, c'est du calibré qui vous attend, du cousu main.
Pas de fées qui se penchent sur leur berceau mais des trouvailles
mélodiques qui sortent trois, quatre morceaux du lot, des
rythmes qui font contre-pied. Ce truc là, c'est pas le
joyau de la couronne mais ça vous fera jamais faux bond
et toujours vous soutiendra dans les moments de faiblesse!
SKX (30/03/2001)
|
TRUMANS
WATER
"
The singles 1992 - 1997 " - CD
No Sides 02
10
ans et des brouettes de carrière et Trumans Water traîne
toujours ses guêtres. " Carrière " est
d'ailleurs un bien grand mot tant la vie de ce quatuor américain
est erratique. Des membres qui se font la malle puis réapparaissent.
Des signes de vie clairsemés puis un nouvel album qui surgit
de nul part, une tournée à la clef. Tout ça
dans un anonymat relativement complet. Et pourtant, à l'aube
des années 90, Trumans Water avait déboulé
comme un vrai vent de panique, amenant un truc unique et ébouriffant.
Dans le sillage de Sonic Youth et aux cotés de Pavement
ou Sebadoh, Trumans Water aurait pu casser la baraque. Mais loin
de ces considérations bassement terrestres, ils sont, à
l'image de leurs compostions, incontrôlables, imprévisibles
et bordéliques au niveau des neurones. Et alors qu'ils
continuent leur petit bonhomme de chemin avec un nouvel album
sur Delboy records, le label de Chicago, No Sides records, ressort,
sous forme de compilation, 27 titres égarés sur
des 45 tours entre 92 et 97. Fidèle à leurs habitudes,
Trumans Water est très avare de notes de pochette et d'explications
sur l'origine de ces singles. Avec un disque, encore là,
comme d'habitude, bourré jusqu'à la gueule, où
l'anecdotique le partage au summum. Ecoutez un morceau comme "
long end of a firearm ", " floodjacker " ou la
version live de " disindependance " et vous aurez saisi
toute la quintessence de Trumans Water. Je serais bien curieux,
au passage, de connaître le nombre de morceaux que ces boulimiques
ont pu écrire tout au long de leur vie mouvementée
Et combien de groupes actuels ils ont pu influencer dans leur
sillage ! Alors que le meilleur d'eux-mêmes est derrière,
cette compilation, malgré ces hauts et ces bas, est une
occasion rêvée pour se replonger dans la discographie
invraisemblable de ces gentils fêlés.
SKX (05/08/2003) |
TURING
MACHINE
"
a new machine for living " - CD
Jade Tree 00
Un
terrain de jeu immense se présente. Un terrain où
trois musiciens new-yorkais ont mis toute l'expérience
de leur précédente formation, Pitchblende, pour
pousser le bouchon un peu plus loin dans leur quête de recherche
sonore. Un précédent (et excellent) groupe qui lui
même s'inspirait des travaux de Sonic Youth pour proposer
sa propre gamme déjà vouée aux nouvelles
sonorités. Avec Turing Machine, exit le chant. On se concentre
sur l'instrumentation de base (batterie-basse-guitare) et on envoie
le tout sous une étiquette fourre-tout, le post-rock. Un
post-rock, contrairement à de nombreux groupes qui naviguent
à vue sous ce mouvement et qui sous des prétextes
novateurs, vous filent tout et n'importe quoi, pire que des somnifères,
expérimentateurs de malheur sans relief. Ce post-rock donc,
dévoile du ressort, du tonus, le feu d'artifice à
chaque coin de rue. Des rythmiques torrides qui tracent de longues
lignes droites solides, à la manière de Laddio Bolocko,
une basse mélodique, souple, complément idéal
de la guitare qui tourne autour comme un chien sur son os, tiraille
dans tous les sens, s'éclipse puis pète de mille
feux. Une musique dynamique, inspirée. Un terrain sans
limite, du cur à l'ouvrage, une architecture où
on respire le grand air frais pour un premier album très
très impressionnant. A la prendre la machine en route que
elle se casse pas trop tard !
SKX (05/10/2000) |
TWELVE
HOUR TURN
"
perfect progress, perfect destruction " - CD
No Idea 02
Twelve
Hour Turn se remet à l'ouvrage. Après un précédent
et récent maxi, ce groupe, originaire de Floride, vogue
à son second album. Sans grand génie mais humblement
et avec sincérité, 12 Hour Turn continue inlassablement
de labourer ses terres emo-rock fortement marquées par
Fugazi, Hoover et toute une pléiade de groupes à
jamais résignés... A ce jeu là, 12 Hour
Turn s'est toujours défendu avec les honneurs. Rien ne
leur échappe. Concentrés, ils ont le verbe et
le geste juste. Ce nouvel opus se déplace insensiblement,
si imperceptible mouvement que la sensation de surplace est
aiguë. Le chant est toujours aussi convaincant, tout est
en place, tout tombe pile là où on l'attend...
Comprenez que cet album est aussi bon que son prédécesseur
mais un désagréable sentiment de déjà
entendu, d'immobilisme m'assaille. Cet album ne décolle
pas. L'ampleur des compositions est resté étouffer
sous le chaud soleil de Floride. Un manque cruel de personnalité.
12 Hour Turn ronronne des partitions apprises par cur.
Cet album n'a rien de honteux, l'écoute n'est pas vilaine
mais il a toutes ses chances pour retomber dans l'anonymat complet
la dernière note jouée...
SKX (17/09/2002)
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TWELVE
HOUR TURN
"
bend break spill " - CD
No Idea 01
Au
rayon emo-rock, 12 Hour Turn est en passe de prendre la tête
de gondole. Très inspiré et bien vu par les cieux,
ce maxi quatre titres enchaînent sans crier gare après
leur somptueux album "the victory of flight". L'art
d'enfoncer le clou. La danse du sioux autour du totem de 400
years et sur les cendres de Hoover. Quatre titres encore plus
léchés et travaillés le pied sur le frein
que leur album. 12 Hour Turn déroule peinard. Leurs quelques
concerts en France étaient apparemment grandioses. Bref,
12 Hour Turn, c'est du cousu main. Du grand savoir-faire avec
un brin de classe.
SKX (19/06/2001)
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T-Tauri
Infinite Motion - CD
Strictly Amateur Films 2004
Nous
revoilà replonger dans les années 90 avec une
nouveauté qui n'en ait pas une. Mais qui sonne pareil.
Groupe du Colorado émigré à Los Angeles,
T-Tauri est ce genre de trio mort sur le bitume dans l'indifférence.
Un de ses innombrables soldats du rock qui vivent de peu, un
succès d'estime accroché à leur van pour
seule essence. Six années durant avec un split single
ave The VSS (leur heure de gloire), un premier et unique album
(" Ending deconstruction ") sur le naissant GSL records
en 1997 et puis retour aux études. Un seul des membres
reprendra du service au sein de Black Dice. Strictly Amateur
Films, une maison de disques malgré le nom, nous déterre
la hache de guerre et ses trésors enfouis d'une ultime
session en 1999 avant l'explosion du groupe. T-Tauri aime marcher
dans le sombre, dans le chaos contrôlé, tracer
une route chargée de pavés, remuer la terre, la
malaxer, la charrier d'immenses complaintes, s'enfouir la tête
de mauvaises pensées. Très axées sur une
basse assourdissante, une batterie qui aime heurter ses toms
basses et une guitare qui ferraille dans les profondeurs, les
compositions de T-Tauri nous enfonce la tête dans l'eau.
Ca sonne grave. C'est le déclin. Sept longs titres à
la rage contenue, qui noyautent de l'intérieur, en eaux
profondes et sans espoir de retour. La basse a beau tenter de
faire diversion avec de somptueuses lignes mélodiques
et mélancoliques, le cur tremble a chaque attaque,
on est plus sûr de rien, ya plus qu'à partir. Et
ce ne sont pas les violons du titre de fin qui vont vous réconcilier
avec le printemps. " Infinite motion " me nous la
gorge. Splendide vieillerie qui sonne comme du neuf. Morts-vivants.
SKX
(29/01/2005)
website
label
www.strictlyamateurfilms.com
sounds
Revelation1.mp3
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Theramin
We were gladiators - CD
Psychotica 2004
Originaire de Catane en Sicile, partageant une scène
commune avec Uzeda/Bellini, ce nouveau trio risque d'être
catalogué rapidement. Ca serait aller vite en besogne.
Si il est vrai qu'ils doivent posséder quelques disques
en commun, Theramin a su voir un peu plus loin que les influences
de Shellac que l'on peut entendre en tendant bien l'oreille.
La rythmique tient un rôle essentiel mais est suffisamment
variée pour ne pas s'enfermer dans un style. Et en prenant
soin d'inviter une chanteuse sur " In my place ",
en sortant le violon sur le mélancolique " to be
away " ou en n'hésitant pas à carrément
se foutre à poil sur l'intimiste " Near by the S.Leonard
River ", juste une guitare acoustique et un sermon, Theramin
varie les plaisirs, malin comme un singe. Un rock dissonant,
des harmonies rutilantes, des structures complexes juste ce
qu'il faut mais pas trop, nerveux et dosé, ce premier
disque est une nouvelle pièce réussie à
apporter au rock italien qui n'arrête pas en ce moment
de nous sortir des jeunes pousses prometteuses. Les nouveaux
gladiateurs.
SKX
(14/11/2004)
website
label www.psychoticarecords.com
sounds
track04.mp3
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These
Arms Are Snake
This Is Meant To Hurt You - CDEP
Jade Tree 03
(10" sur King of the Monsters records)
En voilà un disque dont l'angle d'approche ne va pas
être facile à aborder! Alors autant commencer par
le personnel qui y loge. Brian Cook, l'ancien bassiste de Botch,
ça de quoi déjà allécher. Vous rajoutez
d'anciens Killsadie dont on ne compte à ce jour le nombre
qu' avec inexactitude et vous aurez une petite idée de
quoi il se trame derrière ce nouveau groupe. Et en même
temps pas du tout, car ça ne ressemble pas à leurs
précédents projets. Nous voilà bien avancer!
Musicalement, c'est riche de plein de choses mais ça
n'a rien de hardcore ou emo machin truc, ne s'apparente à
aucun mouvement à la mode. Disons que c'est rock, c'est
bruyant, des structures qui n'empruntent pas la facilité,
les mélodies ne font pas défaut, sinueuses et
pleine de rebondissements, variétés de rythmes
et d'ambiances. Rajoutez une pincée de triturations de
sons (merci les keyboards), d'effets sur la voix et vous avez
là cinq titres des plus appétissants. Alors trêve
de bavardage. Les mots ont leurs limites et procurez vous ce
disque d'un groupe qui a de beaux jours devant lui. Le Snake
frappe fort d'entrée de jeu.
SKX
(24/03/04)
website
groupe www.thesearmsaresnakes.com
website label www.jadetree.com
sounds
These
Arms Are Snakes.mp3
|
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These
Arms are Snakes
Oxeneers or the lion sleeps when its antelope go home - CD
Jade Tree 2004
La bousculade fut subite. Le Snake est dans la place. Mordant
et méfiant, il se tortille pour mieux vous empêchez
de l'attraper, bien trop malin pour se laisser enfermer dans
quelconque nacelle. Suite au très prometteur maxi "
This is meant to hurt you " et après un hommage
anecdotique à Madonna avec le split " like a virgin
" avec les métalleux de Harkonen, le groupe de Seattle
sort le grand jeu. La ménagerie ouvre grand les bras,
accueille aussi bien les fauves que les antilopes, se nourrit
de hardcore, sa face rock en avant, le synthé en bandoulière
pour partir à la chasse du plus grand nombre. These Arms
are Snakes sait désormais où il va, ne s'éparpille
plus et malgré la diversité des ambiances, assène
une machine maléfique et tendue. Les crocs se plantent
à des profondeurs différentes mais le venin coule
sans cesse. TAAS explore un hardcore résolument moderne,
le détruit de l'intérieur, expérimente
de nouveaux poisons. Ils sont autant les héritiers de
The VSS, Song of Zarathustra que Botch sans jamais verser dans
le riff metal. Le chant est particulièrement convaincant.
Collant au plus près de l'intensité de la musique,
il offre une gamme d'émotions appréciable, mettant
continuellement la pression. Un groupe en symbiose où
le synthé et sa touche si particulière se mélange
parfaitement au paysage, aux riffs ultra précis, au rythme
tour à tour groovant ou spartiate. These Arms are Snakes
est une drôle de arche, accueillant en son sein de surprenants
antagonismes mais les conjuguant de façon quasi divine.
La messe est dite. Le serpent aura la vie sauve.
SKX
(19/12/2004)
website
groupe www.thesearmsaresnakes.com
website
label www.jadetree.com
sounds
Big_News.mp3
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This
Bright Apocalypse
Motion and Rest - CD
54' 40° or Fight 2003
En voilà un disque fin, racé
et ambitieux! Ou comment transcender les genres et offrir sous
un toit identique de la place, aussi bien pour l'école
Dischord/Hoover que June of 44 tout en portant sa croix personnelle.
De l'emo-core qui voit grand, qui aime les complications et
les grands espaces. Et qui fait tout par deux. La paire de guitares.
La batterie et les percussions africaines. Et surtout les chants.
Ici on l'ouvre à plusieurs et on ne se contente pas de
l'habituelle plainte plus ou moins harmonieuse. Non, un vrai
chant, mélodieux à souhait, qui module ses émotions,
éructant bien de temps à autre pour mieux apaiser
par la suite. Je ne sais pas si vous vous rappelez de ce vieux
groupe de Dischord, Shudder to Think et son chant si particulier,
à la limite de la préciosité, mais on navigue
pas loin avec This Bright Apocalypse. Sans oublier la trompette
sur deux morceaux et des passages à la guitare acoustique.
Une musique et un chant qui ont les défauts de leurs
qualités. Riche et original mais qui parfois se perdent
en chemin et qui en font un peu trop. Ca n'en reste pas moins
un disque intéressant, tout en fragilité, aérien,
des rythmiques recherchées et plusieurs niveau d'écoute.
This Bright Apocalypse essaye d'aller un peu plus loin que les
codes habituels du genre proposent. Pas de tous les instants
mais la grande classe tout de même.
SKX
(01/05/04)
website
label
www.fiftyfourfortyorfight.com
sounds
www.fiftyfourfortyorfight.com
-> section "merchandise"
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Tim
The room - CD
Les Disques du Hangar 221 - 2004
Tim
revient après cinq ans d'absence. Comme il ne m'avait
jamais été donné l'occasion d'écouter
ce groupe havrais, ce premier album après un si long
silence est comme un second départ. Cinq années
qui passent mais qui vous renvoient indubitablement cinq années
en arrière. Epoque Prohibition. Album " 14 ups and
downs ". Héritage emo-core, quelques accents durs
distillés avec finesse, pour aiguiser une ambiance générale
douce-amère et jazzy, sortez saxo et trompette. C'est
aussi du coté de June of 44 qu'il faut chercher un souffle
post-rock, tout en rythmique souple et ronde. Le son donne de
l'espace et de l'ampleur. Le cadre est sobre. On a le temps
de voir le train passer. Car Tim ne se presse pas. Treize titres
mélancoliques, qui avancent au pas mesuré, toujours
le même, dans la retenue, qui font de ce voyage intérieure,
une ballade un rien ennuyeuse. Tim reste en dedans. Emotions
froides. Ca manque de nerf et d'acier. Papier glacé sur
lequel on glisse. " The Room " est une pièce
travaillée avec un agencement pensé dans les moindres
détails. Reste maintenant à y mettre plus de vie,
renverser les meubles, laisser la poussière s'entasser,
se vider sans convenance pour que cet intéressant feu
de paille sorte de la torpeur.
SKX
(18/12/2004)
website
groupe www.timroom.com
website
label perso.wanadoo.fr/lehangar221
sounds
www.timroom.com
- rubrique disco
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Today
is the Day
Kiss the pig - CD
Relapse2004
Onze ans mine de rien que ce megalo-maniaque Steve Austin nous
pourrit les tympans de sa musique super viciée! Et bon
gré mal gré, ce détraqué tient la
barre relativement stable à défaut d'être
toujours haute. Ce 7ème album le situe en gros dans la
moyenne supérieure! Il revient dans la mesure. Exit les
excessives extrémités expérimentales du
précédent double " sadness will prevail ".
Ca tape plus dans le style " willpower " et l'album
d'après auto titré. Les rythmes continuent de
tomber en rafale, les guitares de cisailler les premiers rangs,
les voix de vomir leur haine mais un certain souci de la mélodie,
des structures qui retombent sur leurs pattes. Une pression
d'enfer mais constructive. Le rouleau compresseur avec toutes
ces voix qui se superposent, se répondent, j'explose.
Entre celle que je qualifierais d'outre-tombe au mieux, de death
et pénible au pire, qui vient un poil gâcher (faudra
me donner l'adresse de ses choristes!), en plus de celle toujours
affolante du père Austin qui n'a pas fini sa rage de
dents, qu'il dédouble pour mieux achever. Sensation de
malaise. Le maître de l'ambiance oppressante. Avec ces
samples récurrents d'armes automatiques. D'ailleurs l'album
commence par un flingue qu'on recharge. Et si vous allez jeter
un il sur leur site, à la rubrique " shit
we dig " (la merde qui nous botte !), de belles photos
de Steve Austin qui s'éclate comme un gamin avec des
armes à arrêter un troupeau de mammouths en plein
vol s'étalent sur votre écran.
L'apologie
des armes? Pas à une contradiction près quand
en même temps on baptise un de ses chansons " this
machine kills fascists ". Il se la pastiche Woody Guthrie
mais pas sûr que la machine soit la même
Voilà,
c'est toujours la même histoire avec Today is the day.
Entre le premier degré et l'autodérision. Cette
musique qui nous vrille la tête, ce plaisir masochiste,
ses excès, ses défauts que l'on aime. Son inspiration
inespérée comme ce dernier morceau de 12 minutes
" birthright " où tout le style TITD est résumé
: schizophrénie aiguë. Tout est là. Des sirènes
hurlantes à l'acoustique finale. Steve, ne change rien,
t'es devenu indécrottable, c'est comme ça qu'on
t'aime. Et embrasses le cochon de ma part s'il te plait.
SKX
(01/10/2004)
website
groupe www.todayistheday.org
website
label www.relapse.com
sounds
this_machine_kills.mp3
| mothers_ruin.mp3
|
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Transistor
Transistor / Wolves
split album - CD
Level Plane 03
La
Nouvelle-Angleterre à l'honneur. Deux groupes qui n'ont
cesse de hanter les clubs de la cote Est, d'enchaîner
des milliers de kilomètres sur tout le continent américain
et plus récemment en Europe pour une tournée (semi)
commune. Et ces forçats de la route n'ont pas que le
nombre de kilomètres au compteur en commun. Une approche
du hardcore tout en finesse, chaud de la couenne, viscéralement
rock'n'roll. Transistor Transistor (si vous êtes de la
branchouille, dites Trany), remportent le pompon du déhanchement
le plus sexe. Ultra-classe avec ce qui faut de crasse sous les
baskets dans le sillage de Yage et JR Ewing et autres survoltés
du rock moderne. Mention spéciale à "I'm
the goddamn devil", à la poursuite du morceau parfait.
Avec Wolves (ex-Orchid), la rythmique s'intensifie, ça
souffle en cascade, cette même aisance à sortir
la mélodie dans la tourmente. si c'était de la
boxe, elle serait française. L'art de bastonner tout
en restant aérien. Quatre titres chacun. Un vrai plaisir
de philistin.
SKX (24/02/2004)
website groupe wolves.hampshire.edu
website label www.level-plane.com
sounds www.hxcmp3.com/bands/1636
- wolves.hampshire.edu/mp3s/transistor_split/wolves_-_transistor_split_12_inch_-_18.mp3
|
Trapdoor
Fucking Exit
Be Not Content - CD
No Idea 2003
Ouvrez donc en grand cette putain de porte! Que (re)viennent
à nous nos Suédois préférés,
échoués sous le soleil de Floride, à l'ombre
du label No Idea records. Leur deuxième album est une
perle de punk-rock. Il va falloir que ça se sache. "
Be not content " commence direct par le tube " everything
is windig down ". Et cette vista ne les quittera pas de
l'album. Onze putain de morceaux beaux comme un camion de pompiers,
le moteur d'une sportive, la classe d'une berline anglaise et
la robustesse d'une allemande. Trapdoor Fucking Exit crée
du cousu main, compositeurs hors pair, l'art de rendre limpide
et évident tout un tas de parties mélodiques imbriquées,
d'apporter un brin d'acoustique, voir un piano comme sur le
somptueux " here are the ghosts ". Une ténébreuse
affaire où rien n'est gratuit, ça vient des tripes,
la voix de Henke Anderson écorche du fond de son râle,
Trapdoor Fucking Exit a tout compris au punk-rock, ce mélange
de rage et de cur, le truc qui s'impose de lui-même,
sûr de sa force et fragile sur les bords. Aux cotés
de vos Leatherface , Jawbreaker, Hot Snakes et JR Ewing, faites
une place de choix à Trapdoor Fucking Exit.
SKX
(17/07/04)
website
groupe www.trapdoorfuckingexit.com
website
label www.noidearecords.com
sounds
everythingiswinding.mp3
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Turing
Machine
Zwei - CD
Frenchkiss 2004
C'est
une machine qui tourne à toute vitesse. Hyperbolique.
Cinq morceaux sur les sept défient le temps et s'extasient
au-delà des huitièmes minutes. L'hypnose des grands
fonds, la lumière aveuglante des illusions fumantes.
Le rythme, toujours le rythme, le corps de la machine, le nerf
de la guerre. Un duel batterie-basse qui avance sans se retourner.
Machine implacable et infatigable. Celle qui rend attractive
le propos de ce deuxième album du trio new-yorkais. Car
pour ce qui est du troisième élément, la
guitare, c'est autre chose. Bavarde également, multipliant
les effets de toutes sortes, c'est Justin Chearno qui s'y colle.
L'ex-Pitchblende comme ces deux acolytes mais aussi bassiste
chez The Panthers dont le second album, mauvais comme la peste,
a semble-t-il infiltré la machine tournante. Le virus
est encore faiblard et se contente de mordiller les bords. Cependant,
tout n'est pas de la meilleure inspiration. Des relents seventies
remontent à la surface. Des parties de guitares encombrantes
mettent des bâtons dans le déroulement de l'histoire.
Un psychédélisme latent. " Zwei " a
une aura kraut-rock survitaminée dont l'effet hypnotique
peut écoeurer sur la longueur. Il manque les cassures
si finement amener sur le précédent
album. Des changements de directions soudains qui viendraient
briser la routine de l'enfer du rythme. Si vous mettez le doigt
dans le bon engrenage dès le début, vous pouvez
aller loin. Vous pouvez également allez droit dans le
mur dans le cas contraire. Pour les plus endurants d'entre vous.
SKX
(04/12/2004)
website
label www.frenchkissrecords.com
sounds
dont_mind_if_i_dont.mp3
|
Tvesla
/ Eyston
Split 7''
Christopher's records 2004
C'est
pas tous les jours qu'on chronique des groupes luxembourgeois.
Ces deux là sont tout frais sortis du moule et présentent
au monde leurs premiers balbutiements. Tvesla donne dans l'instrumental
à variations multiples. On pourrait vaguement les greffer
à toute la scène math-rock, un peu noise, un peu
free, un son de guitare encore léger, une construction
un brin aléatoire mais on sent toute une fraîcheur
et un potentiel qui, avec les concerts et l'expérience,
se forgeront sûrement un caractère bien trempé.
Eyston présente deux titres. Sur le premier, le chant
est pénible et les churs sonnent faux. Leur emo-rock
est foutraque, ça sonne comme une démo sortie
à tort sur un 45. Avec le 2ème titre, le visage
se fait plus hargneux mais c'est encore très passe partout
et pas au point du tout. Un bout de galette bien pubère
mais pas dénuée d'intérêt, essentiellement
pour la face Tvesla.
SKX
(13/09/2004)
website
groupe http://tvesla.vjz.biz
http://www.eyston.cjb.net
website
label www.christophersrecords.com
sounds
roboter.mp3
| gabytrans.mp3
|
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Ten
Volt Shock
Ten volt shock - LP
X-Mist / Christopher 2004
Les Allemands de Ten Volt Shock étale leur premier album
de toute leur splendeur. Et leur rudesse aussi. Ten Volt Shock
remet à sa place le mot " punk-rock ". Celui
qui n'a pas besoin de synthés ou de rythmes pseudo-dansants
pour faire moderne. De l'énergie noire à trépigner
par terre, tout se dit et se déverse en deux trois minutes
maximum. Le trio de Freiburg, c'est le canal historique qui
va de l'avant. Une basse qui gondole les tuyaux, ça vibre
de partout, impossible de passer à coté. Rythmique
compétente et percutante, le contraire de l'arithmétique
sans la simplicité bonasse. On court. Et Frank Oto, le
chanteur-guitariste également de son autre projet, Kurt,
bien loin de se contenter d'une doublure, jette ses tripes et
tout le reste, il ne sait faire que ça et c'est tant
mieux. Pas de temps morts, des résultats et haut la main
en plus. Quatorze titres qui n'ont pas besoin de longs discours.
Courez j'vous dis, courez ! Pour info, une compilation de leurs
premiers enregistrements, single et split single est également
parue. Un groupe comme ça, ça vous rassure son
homme !
SKX
(14/05/2005)
website
label www.x-mist.de
|
That
Fucking Tank
A document of the first set - EP
Jealous 2004
Quand
Kill Yourself est en congé de son guitariste-chanteur
Giles Bailey, les deux autres compères tuent le temps
avec That Fucking Tank (mention spéciale pour leurs noms
de groupes, calibrés tout exprès pour un grand
succès commercial). Enregistrés dans des conditions
live, ces cinq titres gardent l'approche rock et angulaire de
Kill Yourself mais l'esprit prend une tangente improvisée,
le fil du dialogue entre la batterie de James Islip et la basse-qui-sonne-comme-une-guitare
de Andy Abbott est très apparent, la complicité
évidente, chacun à l'affût du moindre geste
de son acolyte. Tu ralentis, je ralenti. Tu accélères,
j'accélère. Pas de surenchères. De lumineuses
constructions toute en finesse persuasive ou la basse-guitare
apporte toute la créativité face à une
batterie solide qui frappe à bon escient, contrairement
à de nombreux batteurs du genre adepte du pot belge.
C'est un document de leur premier concert et tout ça
s'annonce radieux. N'arrête pas ton char!
SKX
(20/06/2005)
website
groupe www.thatfuckingtank.tk
website
label www.jealousrecords.com
|
Tough
Guy Fantasy / Arctic Boys
Thank Gods It's Friday - Louisiana Purchase
Frenetic 2004
L'équation
est finalement simple. Un double CD. Deux noms de groupes. Trois
types, les mêmes, à chaque fois. Pourquoi tant
de mystère ? Bonne question ! Sous cette embrouille à
deux balles se cache l'incontournable Zach Hill, le batteur
de Hella (si un jour on vous demande " qui est le batteur
de ce groupe ? ", répondez " Zach Hill ",
une chance sur deux pour que ce soit ça !), boulimique
de la baguette multipliant les projets tout azimut (la quantité
le remportant sur la qualité pour l'instant), Carson
McWhirter (Crime in Choir) et un certain Justin. Le 1er CD s'intitule
" Thank Gods It's Friday ". Je vous déconseille
d'écouter ça avant de partir en week-end! Vous
connaissez le jeu de Hill. Mis à part quelques variantes,
ça reste de la batterie qui semble enregistrée
à la mauvaise vitesse. Le type aux milles bras se déchaîne
toujours autant. Les guitares sont tout autant généreuses.
On frôle parfois une version très free de Hella.
Une voix dans le fond qui n'arrête pas de jacasser. Déréglage
sans concession. Dans l'ensemble, une logorrhée de rythmes,
de notes de guitares qui vous vrillent les neurones et qui hurlent
à la mort. Chacun semble jouer dans son coin comme un
autiste. Avec la deuxième mouture de leur projet nommé
Arctic Boys et le CD "Louisiana Purchase ", le fond
du problème reste basiquement le même. Seul le
traitement diffère. Ils prennent soin de nos tympans
en nous infligeant une version plus acoustique et alléger
de leurs délires. La batterie semble lointaine. Les guitares
chantent des mélopées parfois audibles, au mieux
reposantes. Les structures s'envolent en volutes avant que quelqu'un
se décide de rebrancher le karcher. Après l'attaque
du premier CD, celui-ci semble presque bon ! J'aimerais pouvoir
vous dire que ce projet mérite une multitude d'écoutes
avant d'être apprécié à sa juste
valeur. Que ça s'adresse à un public exigeant.
Certes, tout n'est pas à jeter mais notez que la pochette
est une représentation du Rubik's Cube. J'ai toujours
été inapte à résoudre ce casse-tête.
Ce cauchemar me poursuit et ce disque est au final tout autant
casse-couille.
SKX
(14/02/2005)
website
label www.freneticrecords.com
sounds
toughguy_thankgod.mp3
| arctic_quanah.mp3
|
Transistor
Transistor
Erase all name & likeness - 2xLPs
Level Plane 2005
Après
une tournée harassante qui les a vu écumer les
clubs européens en 2004, les américains de Transistor
Transistor ont perdu deux membres en route. C'est que partager
un van et l'odeur de chaussettes pourries pendant cinq semaines
vous calme son homme. Peu importe. Leurs connections sont nombreuses
et les deux restants recrutent dans les rangs de Wolves/Orchid/Bucket
Full of Teeth, une même et grande famille, Brad Wallace
et James Moller (aucun lien de parenté avec Plesset).
Enfermés dans leur cave pendant sept mois, ils ressortent,
blafards certes mais surtout avec un double album sous le bras.
Et comme Kurt Ballou n'avait justement rien à faire ce
jour là, ils sont partis dans son fameux studio God City
boire des coups. Tx2 (ça veut Transistor fois 2) en a
profité pour revoir sa copie et épaissir sa palette
rock'n'roll. Tx2 (bien pratique cette abréviation) garde
tout son amour pour les guitares complexes, sa verve de jeunes
chiens fous, c'est même encore pire qu'avant et c'est
un compliment. Sauf que Tx2 (yen a pas deux comme eux) savent
aussi calmer leurs ardeurs. Les guitares continuent leur travail
(et elles sont prépondérantes sur cet album),
génèrent de la tension et c'est l'ensemble du
morceau qui se ramasse sur lui-même comme sur le très
beau Empathy ou le plus contrasté Straight to Hell, sa
prenante ligne de guitare et son cri qui n'a rien de factice.
Tx2 (ou T puissance 2) a compris que l'émotion et la
violence se retranscrivent sur plusieurs modes. Ya du Ten Grand
là-dedans, cette façon d'être sur la corde
raide, de vous titiller le nerf sans l'attaquer de face avec
cette bonne vieille mélancolie qui guette au coin de
rue. Mais que dire du morceau final. Treize minutes d'endurance
qui ne voit pas le temps passer, le démon intérieur
qui ronge son frein, un long break de guitares, un ange passe
et l'enterrement de première classe comme Unwound était
capable de le faire à leur meilleure époque. Tx2
(ou T pi 14 divisé par 12) a su se remettre en cause,
dépasser les clichés et diversifier ses compos.
Beaucoup de groupes screamo-hardcore à la base devraient
s'en inspirer. Le coup de la cave, ya que ça de vrai
! TnT.
SKX
(27/06/2005)
website
groupe www.transistortransistor.com
website
label www.level-plane.com
sounds
powerchord_academy.mp3
| sweetwilliams.mp3
| blackcat.mp3
|
|
Taipan
1002 a rock odyssey
Supernova 2006
Le
Taipan est un serpent de couleur orangé. Il est grand,
puissant et très menaçant. Le genre de bestiole
que Steve Austin a tatoué sur son dos et collé
sur la pochette de Supernova, le premier album de Today is the
day. Ca tombe bien, Supernova records, c'est le nouveau projet
du fêlé Austin, attendez vous à saigner
des tympans et sa première sortie, c'est un truc à
lui, Taipan, sa cour de récréation comme il le
définit lui-même. Formule trio toujours avec son
acolyte de TITD Chris Debari à la basse et Pat Kennedy
(batteur de Iron Boss). Une idée germée dans leurs
cerveaux fatigués dans un bus en pleine tournée
en Europe de l'Est. Une envie de retourner aux sources, vers
un rock direct, débarrassé de toutes complexités.
Les amoureux de la première heure de Today is the Day
peuvent lever un sourcil. Rien de metal, encore moins de trash,
les pleureuses peuvent rabouler leurs petites fesses. C'est
époque Willpower/Supernova. Mais ne vous agitez pas non
plus. Taipan n'atteint pas la cheville de ces chef-d'uvres.
Ca n'a même pas grand-chose à voir. Juste que le
Steve Austin retrouve ce goût pour la mélodie identifiable
de suite avec un traitement noise-rock comme au beau vieux temps
et un second degré dont on ne l'imaginait pas capable.
Le goût de la ballade poignante qui fait froid dans le
dos (Epiphany et Teardrop), un Lost Rhodes qu'on pourrait croire
échapper des sessions de Supernova. Des morceaux courts
et efficaces (dont le triptyque du début et le délicat
my big dick in your mouth), bien tendus comme il faut avec les
éructations légendaires de Steve Austin à
faire fuir un troupeau de gnus mais également un chant
capable d'apaisement. Ce psychopathe se pose quand même
là en matière d'écriture. Le bougre est
fort. Si cet album n'avait pas été conçu
comme un échappatoire récréatif avec des
morceaux juste là pour se marrer (un bon vieux rock-boogie
sur Angel Dust, une sucrerie toute enjouée avec Baby
loves daddy et une reprise copié collé sur I wanna
be your dog), on aurait là carrément un des meilleurs
albums de Today is the day ! Mais la bande a voulu se faire
plaisir, se détendre le gland avant de se replonger la
tête dans le chaudron maléfique TITD et autant
en profiter avec eux. On tient là quand même sept
huit titres qui vont en faire frissonner plus d'un.
SKX
(30/07/2006)
website groupe www.todayistheday.org
sounds myspace.com/taipanrocks
|
The
Tall Ships
Paint lines on your glasses look up at the stars and play them
as notes - CD
Minority 2006
Un
titre d'album beau comme un camion que l'on doit à Steven
Wright, acteur et humoriste américain qui ne fait pas
recette par ici. Le ton est donné. Tall Ships, c'est
long, c'est beau mais ennuyeux à la fin. Avec Steve Kuhn
(à qui l'on doit le groupe Glendale et un 45 tours que
je ne revendrai pour rien au monde sur Art Monk Construction
en 1994), Darren Zentek (ex-Kerosene 454), et deux batteurs
pour un seul strapontin, Tall Ships construit son spleen en
douceur et sans se presser. On y retrouve une certaine émotion
à la Hoover et autres groupes de chez Dischord records,
de manière rampante avec une pointe de June of 44 sous
effet Codeine. La dynamique est tournée vers l'intérieur.
Je vous laisse imaginer ce que ça peut donner mais pour
s'y accrocher, il faut de l'attention, surveiller le détail
qui tue, l'arrangement qui fait la différence. Kuhn et
Zentek ont écrit avant tout un album pour guitare et
basse. Le dialogue est finement ciselé, ça se
renvoie la balle entre gentlemen et laisse dans son sillage
des joutes joliment enchevêtrées. Ca tourne en
boucles, c'est mélancolique à souhait, ça
peut même monter crescendo mais sur la durée, la
fadeur se fait sentir. On est toujours à se dire que
tout ça est bien agréable, ya pas de lézard
mais c'est trop convenable et gentil, mou du genou, dans un
nuage cotonneux que la batterie a bien du mal à transpercer
malgré quelques mid-tempo bien soutenus. Un ou deux morceaux
suffisent amplement à mon vague à l'âme
quotidien. J'ai pas envie de sombrer dans la dépression
gratuite, aussi élégante qu'elle soit.
SKX
(24/06/2006)
website groupe www.thetallships.com
website label www.minorityrecords.com
sounds bird.mp3
| radio.mp3
|
Tang
Another thousand days, out of this world - CD
Emolution 2006
La
seconde livraison de Tang s'est fait attendre. Il faut dire
que haute la barre ils avaient placé et le quatuor lillois
au tournant étaient attendu. Verdict après trois
années de gestation et un nouveau guitariste : le Tang
n'a que peu évolué mais ils font tout en mieux.
Tang se donne les moyens de ses ambitions, peaufine la production,
éclaircit le son, donne de l'ampleur et de l'air à
ses compositions tout en gardant le nerf de sa jeunesse, part
mixer en terrain nordique chez une pointure suédoise
et revient en terres du Nord asseoir son mélange toujours
aussi séduisant de musique bruyante et émotive.
Tout y est plus efficace. Tout y est plus beau. Tang accentue
les contrastes au sein de ses compositions. L'influence des
japonais d'Envy pointe son nez. Les montées en arpèges
viennent du soleil levant, les passages post-rock se font plus
nombreux et les explosions sont virulentes et parfaites de maîtrise.
Du travail d'orfèvre et appliqué qu'un excès
de mauvaise langue pourrait taxer de convenu mais quand c'est
aussi bien fait, on passera outre ce genre de détail.
SKX
(22/07/2006)
website groupe www.tangtangtang.net
website label www.emolution.net
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Telemark
Viva Suicide - LP
X-Mist 2006
Quatre
années de disette à cueillir les pâquerettes
entre leur premier effort et cet album. Le Telemark est du genre
à se la couler douce. Mais ces quatre années n'ont
pas altéré leur goût de la baston. Virulents
allemands. Telemark se réjouit donc du suicide et c'est
sur le mode marche forcée qu'ils vous conduisent au bûcher.
Telemark envoie tout le monde se faire pendre ailleurs avec
un punk-rock brut et direct, celui que leurs compatriotes de
Kurt, et plus sûrement Ten Volt Shock, distillent avec
persuasion et une efficacité toute teutonne. Ne cherchez
pas d'effets de manche et d'atermoiements. Une ligne rythmique
qui ne connaît que la vitesse sur de longues lignes droites
remplit de dos d'ânes. Une guitare qui tente d'amener
un brin d'humanité et neuf titres qui vous laissent le
souffle court. Ce n'est pas le grand bol d'air qui vous aère
les neurones sur de nouveaux horizons mais une plongée
en apnée à la durée idéale pour
vous filer un bon coup de jus. Vers le suicide, Telemark file
heureux.
SKX
(02/06/06)
website label www.x-mist.de
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That
Fucking Tank
The day of death by bono adrenalin shock - CD
Jealous / Obscene Baby Auction 2006
Ce
putain de tank revient à la charge pour signer un premier
album jovialement rock. Du rock, de la sueur, du qui racle et
qui cogne et beaucoup de second degré. Messieurs les
Anglais, dégainés les premiers. Avec une guitare
et une batterie, on peut dire pas mal de choses et surtout des
conneries. L'histoire du rock adore ces couples maléfiques
et ce dernier n'est pas le plus effrayant. La bio les compare
très généreusement à Lightning Bolt
et Oxes. On doit pas avoir les mêmes disques. Certes bruyant
et revêche mais comme tant d'autres et pas spécialement
comme les précédents susnommés. Ca n'en
reste pas moins une solide joute couillue. Entre deux morceaux
ludiques et récréatifs qui donnent de l'air à
l'ensemble, le duo assène avec méthode un dialogue
bien huilé et cadencé. Son lot de breaks, de cavalcades
effrénées, d'accroches, de jus de chaussettes
pour va-nu-pieds prêt à jouer dans n'importe quel
taudis. Car leur truc à eux avant tout, c'est trois choses
: les concerts, les concerts et les concerts. Et c'est ce qui
manque à ce disque. De la folie et de l'ampleur. Tout
ça est bien mené mais les compos manquent d'un
élément incontrôlable que seule une scène
peut donner. Un disque plaisant mais on était en droit
d'attendre mieux.
SKX
(28/07/2006)
website groupe www.thatfuckingtank.tk
website label www.obscenebabyauction.tk
| www.jealousrecords.com
sounds myspace.com/obscenebabyauctionrecords
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They
shoot horses don't they ?
Boo hoo hoo boo - CD
Kill Rock Stars 2006
Drôle de cavalcade en provenance de Vancouver. Ca descend
sur un toboggan, ça glisse comme au bon vieux temps,
naïf, enfantin, pendant que le reste du monde, celui qui
pense, gère et tranche pour notre bien à tous,
ajuste sa mire et tire. Au plus juste, bien sur, pour notre
plus grand bien encore. Si on achève bien les chevaux,
traduction française du film de Sydney Pollack en 1969
que ces Canadiens reprennent à leur compte, l'heure de
l'abattoir devrait bientôt sonner pour eux. Une viande
bien fraîche qu'un galop incessant et fougueux rend plus
tendre. Huit têtes pour animer la bête. De l'acoustique
pour être caustique. Le démon du chant à
plusieurs, une multitude de petit rien qui arrangent bien des
choses. Une section de cuivres pour donner un air de fanfare.
Mais ce n'est pas la fête au village pour autant. Il n'y
a pas la ligne droite de Longchamp entre eux et nos hollandais
de De Kift. Mais ils s'abreuvent et se rattachent à toute
cette partie du rock nord américain qui puise sa douce
folie dans le Captain Beefheart ou Thinking Fellers Local 242.
Des morceaux merveilleusement enlevés, taillés
dans le plus fin. Cet aspect folk et roublard. Une envie de
danser, de chanter en chur comme un con, heureux et festif,
mais le coté noble, pas les VRP, je vous rassure, une
joie communicative avec de vraies mélodies dedans, superbement
bien exécutés avec suffisamment de mélancolie
pour réfléchir sur les misères du monde.
Impossible de ne pas bouger un orteil, et c'est un minimum,
sur des perles comme Hiccup ou Three. Un premier
galop couronné de succès.
SKX
(18/08/2006)
website groupe www.theyshoothorses.org
website label www.killrockstars.com
sounds Emptyhead.mp3 |
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Todd
Comes to your house - CD
Southern 2006
Je
me souviens de ce Craig Clouse. C'était pendant la dernière
tournée de Hammerhead en Europe. Un Hammerhead en fin
de vie qui venait de sortir son ultime album Duh, the big
city en 1995 et Paul Sanders, le guitariste-chanteur, venait
subitement de retourner à ses études. Pour assurer
la tournée, les deux restants (qui forment Vaz maintenant)
avaient recruté à la dernière minute cet
ex-Crown Roast, qui n'a jamais participé à l'écriture
des albums du groupe de Amphetamine Reptile records. Sur la
scène des Tontons Flingueurs, j'ai l'image d'un Craig,
maigrelet blondinet, tout timide et maladroit. Depuis, le gars
s'est soigné et c'est avec l'assurance d'un grand fauve
qu'il mène Todd à l'échafaud. Après
un premier album Purity Pledge qui ne m'avait pas plus secoué
que ça, Todd devient carrément carnassier. Todd
se lâche, sort d'un punk-rock-noise très estampillé
Amphetamine Reptile et quelque peu besogneux pour heurter de
plein fouet le monde fantastique d'une musique noise où
tout est permis. Plus de calcul, on lâche la bride sévère.
Il n'y a pas de basse mais le mec qui remplace en profite avec
son synthé pour redoubler de bordel, envoyer des sons
biens stridents, rajouter des strates de bruits par-dessus une
guitare qui ne manque pourtant pas de répondant. Trafiquage
des voix, rythmique plombée, tout dans le rouge, larsens
dans la tronche, avec le beau Eugene d'Oxbow sur The knife
whisperer. On retrouve d'ailleurs ce goût commun pour
les déflagrations anarchiques, des trames qui suivent
la seule volonté et mystère du pouvoir de l'électricité,
une boule de feu qui dévaste tout sur son passage. C'est
limite bruitiste avec des épisodes instrumentaux où
ça éclate dans tous les sens, un grand savoir-faire
pour jouer avec le feu, pardon, le bruit, le triturer dans tous
les sens et en tirer des morceaux qui suintent, qui font mal
aux oreilles, qui jouissent sans entraves. Todd en a cure des
convenances. Et ç'est ça qui est bon. Leurs manières
de bûcheron, rien à foutre de la technique de leurs
contemporains, ce chaos qu'ils insufflent, le truc qui part
dans tous les sens. Pas besoin de savoir compter chez Todd.
Tout se joue dans les tripes et bordel de merde, l'énergie
retranscrite ici est rédemptrice et vachement bonne.
SKX
(15/09/2006)
website groupe www.toddranch.co.uk
website label www.southern.net
sounds Black_Skull.mp3
|
Tone
Solidarity
Neurot 2006 |
Tone
Ambient Metals
Dischord / Brookland 2003 |
Tone
Structure
Dischord / Brookland 2000 |
Tone
Sustain
IPR / Dischord 1996 |
Tone
Build
IPR / Dischord 1994 |
|
Tone
est cet ensemble un brin mystérieux, crée en 1991
par Norm Veenstra, qui réalise des albums tous les trois,
quatre ans, sortant rarement de son Washington DC natal pour
faire des concerts (ceci expliquant cela). Malgré deux
albums co-réalisés par Dischord records, il aura
fallu que Neurot sorte leur cinquième album Solidarity
pour que les projecteurs se braquent sur cette singulière
troupe.
Un groupe qui mérite un retour en arrière et quelques
éclaircissements sur une discographie fortement intéressante.
Personnellement, c'est en 2000 avec l'album Structure
que Tone (sous-titré The Expanded Ensemble) s'est découvert
à mes oreilles. Six guitares, une basse, une batterie,
des cuivres. Ca ne passe pas inaperçu. Pourtant, avant
et après ça, rien, plus de nouvelles. Un mystère
bien gardé.
Les musiciens qui composent Tone ont pourtant un CV qui ne passe
pas inaperçu. Des ex-Government Issue, Teen Iddles, Pitchblende,
Velocity Girls, Unrest, Wharton Tiers Ensemble, Smart Went Crazy,
Strange Boutique et Caligari. Des univers musicaux bigarrés
qui se retrouvent à jouer une musique instrumentale inspirée
autant par Glenn Branca que John Cage tout en renvoyant à
Godspeed You Black Emperor.
Le premier disque est paru en 1994. Un EP exactement. Build.
Mais avec sept titres pour presque trente minutes, on va pas
chipoter. Pas de cuivres encore. Juste ces guitares. Nombreuses.
Et claires. Tone n'est pas cette cavalcade bruyante qu'on entend
arriver de loin. Des sons sans distorsions, ou si peu. Des effets
de boucles mais avec quelques choses de pop à l'intérieur.
Des structures qui s'amusent à se répéter
mais sans effet crescendo majeur, une production poli. Le cinquième
morceau Mr. Authority pourrait presque passer pour une
reprise d'un thème de Fugazi. Tone, un groupe bien de
Washington DC mais en version instru et symphonique.
Avec Sustain en 1996, on passe à la vitesse supérieure.
Enregistrée par l'ex-band of Susans, Robert Poss, la
musique diversifie sa palette sonore, ajoute de la consistance
à sa légèreté naturelle et si vous
vous attendez à un truc ardu et expérimental à
écouter, repassez par la case départ. Tone met
la mélodie au centre du débat, ne conçoit
pas ses longues chevauchées tranquilles et enlevées
sans une accroche triturée avec finesse. Toujours portées
par un rythme soutenue et relativement simple, les guitares
jouent en accord une partition qui ne laisse rien dépasser,
répétant inlassablement au sein d'un même
morceau un thème qui fini par rentrer tout seul dans
la caboche. Un travail de sape dans la douceur. Un travail d'orfèvres.
C'est pour le troisième album que les cuivres débarquent.
Toujours enregistré par Robert Poss, Structure
continue d'élargir ses émotions. Huit musiciens
principaux auxquels vous rajoutez six invités et vous
obtenez un ensemble symphonique qui exclue toute lourdeur, lyrique
sans grandiloquence, orchestre rock sans nuisance sonore. Le
premier grand fait d'arme de Tone.
Trois ans plus tard, Tone ressort de sa tanière avec
Ambient Metals. Robert Poss a cédé les
manettes à J. Robbins, l'ex-Jawbox. Les cuivres repartent
d'où ils sont venus, un second batteur débarque
dans le paysage et l'ensemble Tone encore plus fort. La multitude
se fait enfin sentir. La puissance gagne du terrain. Densité,
férocité accrue des rythmes. Si on peut sortir
le mot mathématique, c'est pour la précision et
non pas la complexité du machin. Une précision
d'horloger et un groupe passé maître dans les structures
répétitives auxquelles ils insufflent force éléments
mélodiques et rythmiques. Steppe, morceau épique
qui vous fait traverser une longue étendue sauvage, un
troupeau qui arrive droit sur vous, lentement mais sûrement,
une montée d'intensité auquel vous ne pouvez échapper
comme une bestiole à la con prisonnière d'une
lumière aveuglante.
Une musique aussi bien ambiante que tribale, apaisante et puissante,
mélancolique et exalté ne pouvait laisser insensible
les plaisantins de Neurosis. Neurot a signé en début
d'année le 5ème album du groupe, Solidarity
et sa pochette rouge ocre. La formule reste la même. Le
Robbins, les deux batteurs, les guitares à foison. En
solo, en arpèges ou en attaque frontale à cinq,
la guitare mène le bal. Un dialogue de fou, un dialogue
limpide, des airs épris de grand large sous la tempête
ou marquant la solitude des grands espaces, Tone explore toute
sa palette sonore qu'il a si bien su construire depuis 12 ans,
la magnifiant dans des compositions originales, créant
encore plus de contrastes, répétitions subtiles
de boucles qui ne tournent pas en rond, de cassures brutales
et de périples dissonants. Car si Tone a tout d'un groupe
instrumental de plus, ses huit têtes et seize bras pour
autant d'influences et d'inspiration diverses rendent à
part ses compostions propres à plaire à un large
éventail grâce à une esthétique accessible
en apparence mais exigeant à l'intérieur.
SKX
(07/09/2006)
website groupe www.tone-dc.com
website label www.dischord.com
| www.neurotrecordings.com
sounds http://www.tone-dc.com
- rubrique "discography"
|
|
Totheteeth/tothehilt
Sound Logic - CDEP
Reluctant 2005
Un
nom à coucher dehors pour ce trio canadien. Dans le grand
nord, on s'amuse comme on peut. Totheteeth/tothehilt, c'est
un groupe qui puise sa source chez Mission of Burma (ils reprennent
d'ailleurs le morceau Mica sur l'album Vs., disponible
uniquement sur leur page myspace). Une preuve de bon goût.
On pourrait rajouter, et pas seulement pour la nationalité,
The Plan et ses cousins germains North of America. Cette même
fraîcheur et intensité juvénile. Cette même
simplicité apparente à construire des airs entêtants
et angulaires. Un rock immédiat qui surgit de chaque
instrument, agile, limpide, urgent et enrobé par les
trois membres qui donnent à tour de rôle et tous
en même temps de la voix. Cinq titres qui suffisent à
votre bonheur. L'année précédente, le trio
avait sorti un premier album avec les moyens du bord (Spell
aviation, spell hope). Un trio à deux guitares qui
a évolué depuis en bon vieux guitare-basse-batterie,
donnant à l'époque encore plus de singularité
aux structures et au son de Totheteeth/tothehilt. Un album qui
souffre d'un déficit de moyen d'enregistrement mais les
compos sont là, doucement décalés et surprenantes
pour un premier effort largement recommandable. On ne vous en
tiendra pas rigueur si vous ne retenez pas le nom mais ce serait
une erreur de négliger leur musique.
SKX
(27/08/2006)
website groupe www.myspace.com/tothehilt
website label reluctantrecordings.com
|
Treasure
chest at the end of the rainbow / Mutiny on the bounty
Split CD
New Romance For Kids / The Schallot Collective 2005
Direction
le Luxembourg avec deux groupes qui partagent des membres en
commun, ou qui ont joué précédemment dans
un même groupe ou qui étaient super potes avec
le van de leurs futurs nouveaux groupes, je sais plus trop,
bref, une histoire commune qui se répète inlassablement.
D'ailleurs, à l'heure où j'écris ces lignes,
Treasure Chest n'existe déjà plus. Il n'y a pas
que des membres en commun. Le ciment musical sur lequel ces
deux jeunes groupes pose leur fondation prend prise dans une
bétonnière similaire où une tonne de références
se mélange. Et de prime abord, pas évident de
distinguer les deux groupes. Vous avez dans ces huit morceaux
(4 chacun), beaucoup de complexité, un hardcore qui a
largement dépassé ses racines pour s'en prendre
plein la tronche de changement de rythmes, des déluges
de notes, des chants tour à tour hurlés ou chantés,
de brusques parties emo ou qu'on sent venir. Mutiny se distingue
par une exécution plus rapide et un sens du chaos plus
prononcé alors que Treasure Chest a le refrain plus accrocheur,
flirtant avec tout un pan du punk-rock mélodique que
je n'ai jamais voulu connaître. En fait, ces deux groupes
ne se ressemblent pas simplement qu'entre eux. Leur histoire,
leurs influences, leur motivation, leurs déhanchements
sont ceux de milliers de groupes bien dans l'air du temps. Et
bien qu'honnête, leur musique a toutes les qualités
pour être noyée dans la masse car ici, rien ne
sort du lot.
SKX
(23/07/2006)
website groupe www.mutinyonthebounty.lu
| myspace.com/tcateotr
website label www.newromanceforkids.com
| www.schalltot.lu
sounds Mutinyonth.mp3
| TCATEOTR.mp3
|
|
Tornavalanche
No money, no problems - 12''
Level Plane / Init 2006
Avec
les trois anciens membres restants de Ten Grand après
la mort de Matthew Davis et rejouant pour la première
fois ensemble dans un même groupe, Tornavalanche apparaît
comme une suite normale. Surtout qu'on reste dans une mouvance
musicale très proche. Mais à ce trio, il faut
rajouter deux ex-Forstella Ford et savoir que cette formule
répétait déjà en tant que groupe
à la fin des années 90, soit en pleine période
Ten Grand. On tourne la page. Tornavalanche,
c'est d'abord une avalanche de batteries. Deux au compteur.
Ca ne s'entend pas toujours sur disque mais les concerts doivent
être épiques (surtout pour le sonorisateur). C'est
aussi deux guitares, une basse et un peu tout le monde qui chante.
Pour autant, Tornavalanche n'est pas une avalanche de bruits.
Le chaos passe son tour. Les sauveteurs restent à la
base. Ca glisse sur la finesse, traçant un sillage dans
la retenue. Forte tension, avis de tempête, un nuage passe,
quelques éclairs, l'éclaircie. Ca descend tout
schuss et avec classe, le riff qui claque, la ligne de basse
qui tue, la double batterie qui se fait enfin entendre sur le
dernier morceau, le phénoménal Falling back
on dat azz. Puissant, racé, accouchant sur la lignée
d'arrivée de six titres éclatants. Pas d'argent
mais du talent à revendre.
SKX
(04/12/2006)
website groupe www.tornavalanche.com
website label www.level-plane.com
| www.initrecords.com
sounds mp3.php?id=119
|
Talibam
!
Buns and gutter - CD
Gaffer 2007
Comme
il faut bien un repère dans cet océan de fracas,
le dénommé Kevin
Shea, feu le batteur des Storm and Stress tombe à
point nommé. Car pour le reste, bonjour l'ambiance. Il
s'était récemment calmé en compagnie des
sages Get the people. Il repart
comme en 14 avec Talibam !! Un projet de longue date avec pléthore
de cdrs au cul et l'improvisation comme seconde peau. Cependant,
les choses commencent à rentrer dans l'ordre et cet album
est la première véritable réalisation en
version CD et c'est un label lyonnais (oui Monsieur) qui s'acquitte
de la tâche. Le lyonnais est courageux. Deux titres. Ou
plutôt un long, très long, très très
long, 34 minutes et des brouettes au compteur et un deuxième,
aussi court que l'autre est long, dans le seul but de reprendre
ses esprits. Que celui qui a dit que plus c'est long, plus c'est
bon se tape ce When the saints go marching in. Il révisera
son jugement sur les préliminaires. Issue d'une session
de 2004 et enregistré en direct live sans doute, ces
saints là vous piétinent la gueule sans rémission
mais comme on n'est pas si cons, on se sera cassé bien
avant la fin. Total impro-noise-jazzdelamort, comme du Flying
Luttenbachers mais sans les clous et la cravache. Un Kevin Shea
déchaîné derrière ses fûts,
des acolytes aux synthés, bidouillages, saxo dans un
grand capharnaüm élastique qui ressemble à
du grand n'importe quoi. En tendant bien les esgourdes, on reconnaît
le thème de ce gospel (When the saints go marching
in, suis un peu) joué à deux doigts sur un
snythé bon marché. Ouch. Eprouvant. Pour rester
poli. Sur leurs autres enregistrements glanés à
gauche et à droite, Talibam ! sait faire généralement
plus court et ça leur va bien mieux. Le temps de lire
ces lignes que le groupe a sorti deux autres disques : un vinly,
le premier, The Excusable earthling sur Pendu
Sound recordings et un 2ème cd officiel, Ordination
of the Globetrotting Conscripts sur Azul
Discografica. Comme maso est mon troisième prénom
(Jo étant mon deuxième, ami du rugby, bonjour),
j'irais jeter une oreille en espérant les récupérer.
SKX
(02/10/2007)
website groupe www.trashfactory.net/talibam
website label www.gafferrecords.com
|
This
Moment in Black History
It takes a nation of assholes to hold us back - LP
X-Mist 2007
Ce
ruban jaune canari, façon boutonnière sur fond
noir n'est pas la plus engageante des pochettes. A y regarder
de plus près, c'est un autocollant posé là
comme la banane du Velvet. L'affiliation s'arrête là.
This Moment in Black History vient de Cleveland dans l'Ohio
et ça sent le rock'n'roll à plein nez. Le genre
d'odeur qu'on aime à renifler. Quatorze titres avec des
paroles qui montent au combat. Des titres courts, secs, nerveux,
sans chichi. Ca sent le rock vindicatif d'un Nation of Ulysses
et un fond de hardcore old-school. Ils reprennent d'ailleurs
deux groupes obscures de Cleveland des années 80 : Spike
in Vain et Easter Monkeys. Dans ce dernier, on retrouvait Jim
Jones, un ex-Styrenes qui a aussi collaboré avec Pere
Ubu, autre fameux groupe de Cleveland. Toujours une histoire
d'affiliation et d'hommage de la nouvelle génération.
Dans le lot, faudrait pas oublier Rocket from the crypt, les
cuivres en moins. Un deuxième album avec un arrière
son de fond de garage et il faut lire les notes blanches sur
fond noir du verso de la pochette pour s'apercevoir que Steve
Albini a enregistré cet album. Un son qui n'a rien avoir
avec sa patte habituelle et c'est beaucoup mieux comme ça.
Ce rock au cordeau avec le son de batterie du grand échalas
à lunettes, ça ne l'aurait pas fait, mais pas
fait du tout. This Moment in Black History ferraille avec le
coeur et les tripes, un surplus de blues violenté sur
les bords et je dis pas ça à cause des deux blacks
qui officient à la section rythmique. Un truc servi bien
serré qui s'envoie d'une traite.
SKX
(23/09/2007)
website groupe www.myspace.com/thismomentinblackhistory
website label www.x-mist.de
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Three
Second Kiss
Long Distance - CD
Africantape 2008
Il
aura fallu attendre 15 ans pour que le nom de Three Second Kiss
franchisse les Alpes ! Un secret bien gardé comptant
tout de même trois albums au compteur (For pain relief
sur Lollipop en 1996, Everyday everyman (1998, Wide records)
et sur le label américain Slowdime, Music out of music
en 2003 sans oublier le EP Focal point en 1999). Les
dernières cinq années de silence rajoutent au
mystère de ce groupe qui ne fait pas grand-chose pour
se faire remarquer. Mais l'effort conjoint de Julien Fernandez
(batteur de Chevreuil) et Mitch Cheney (guitariste de Rumah
Sakit et déjà expert en production avec son autre
label Sickroom records), venant de créer leur propre
structure au nom intriguant de Africantape, devrait aider à
mettre Three Second Kiss sous la lumière d'un jour plus
grand. Et vu la qualité de la musique proposée,
il ne devrait pas avoir de mal à se faire une belle place
au soleil. Un batteur, un guitariste, un bassiste-chanteur,
une multitude de possibilités. Celles explorées
par TSK cheminent dans une sphère à géométrie
souple où se cognent le rock libre de toutes entraves
et la dureté d'un rock tirant sur le noise. Les structures
relâchées et élastiques d'un US Maple avec
la force de frappe d'un Shellac. Ca de quoi vous titiller et
effectivement, c'est la valse aux neurones. Albini s'est collé
aux manettes et si on peut reprocher à ce disque de trop
sonner comme du Shellac - ce son de batterie reconnaissable
entre mille - il faut avouer que ça leur va comme un
gant, leur donnant une ampleur que n'avait pas leur précédent
et pourtant très bon album Music out of music
(j'ai depuis essayé de rattraper mon retard...). En même
temps, le rock désarticulé des Italiens n'a pas
grand (toujours) grand chose à voir avec la (feu) bande
à Al Jonhson, excepté quelques plans de guitares
tout en glissade, comme sur Deviationism où on
s'attend voir débarquer à chaque seconde Al Johnson
le magnifique et ses feulements décalés. Quant
à Shellac, il ya longtemps que n'importe quel groupe
boutonneux sorti de sa cave les dépasse sans forcer le
trait de la comparaison. Three Second Kiss n'a besoin de personne
pour avancer comme des grands. Ils savent se faire tour à
tour félin, percutant, partir à l'ouest et revenir
pour quelques fulgurances mélodiques, aussi piquantes
que salvatrices. Le trio de Bologne ne s'emmêle jamais
les pattes dans des compositions qui dépasseraient leurs
compétences. A l'instar de leurs compatriotes Bellini,
leur rock subtilement tordu garde la fièvre. Leur chanteur
se demande sur I'm a wind si il est une bombe sexuelle
(?). C'est bien connu, les Italiens do it better et ne sont
pas orgueilleux, mais cette fois-ci, ils peuvent prétendre
d'avoir tiré un très gros coup.
SKX
(08/04/2008)
website groupe www.threesecondkiss.org
website label africantape.com
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Tigon
s/t EP
Self-released 2008
Ne
pleurez plus la fin de Playing Enemy, on vient de leur trouver
des remplaçants de luxe. Tigon ne sont pas des p'tits
cons. Un jeune groupe de San Francisco plein de talent et de
promesse. Cinq morceaux enregistrés dans leur coin, sortis
par leurs propres moyens. Des p'tits jeunes qui n'en veulent.
Et qui l'expriment aussi. Technique, rapide, déstructurée,
la rage au ventre, Tigon n'a rien inventé mais a tout
compris. On s'y croirait. Botch, Kiss it Goodbye, vous voyez
le genre de catégorie dans laquelle Tigon cherche à
lutter. Un hardcore-noise torturé et lapidaire. Avec
suffisamment de plans rampants, d'animosité rentrée,
de cassures, d'un plan de guitare resté bloquer sur la
même note aigue à la fin de The Path, pour
mieux gérer les explosions qui interviennent à
intervalle régulier, sinon en mode continu, au cours
de ces treize minutes d'une folle intensité. Tigon frappe
fort d'entrée de jeu. La suite. Vite.
SKX
(23/11/2008)
website groupe www.myspace.com/tigonsf
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Times New Viking
Paisley Reich - CD
Siltbreeze 2006
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Times New Viking
Dig Yourself - CD
Siltbreeze 2005
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Siltbreeze records est un label spécialiste de la musique
lo-fi, l'anti studio à 24000 € la journée,
oeuvrant depuis le tout début des années 90 dans
la production d'artistes bricoleurs - de génie ou non,
c'est selon la cuvée - le roi du quatre pistes et du chatterton.
Leur premier disque fut un single de Halo of Flies (le groupe
du futur boss de Amphetamine Reptile) puis toute une ribambelle
de production maison dont Sebadoh, Harry Pussy et surtout, une
pléthore de groupes néo-zélandais dont ils
se sont fait les spécialistes : les légendaires
Dead C., Alastair Galbraith, A Handful of Dust et une mine d'autres
groupuscules inconnus.
Retrouvez Times New Viking sur le label de Philadelphie est d'une
logique implacable. L'enregistrement à la maison a de beaux
jours devant lui. Dig yourself creuse le sillon d'un album
pop par essence. Sauf que Times New Viking y fout le feu comme
un bidon d'eau de vie sur un barbecue. En plus de gâcher
ce sain breuvage, ça rend la merguez méconnaissable.
Un groupe originaire de l'Ohio avec une chanteuse enregistrée
dans le Michigan, un chanteur en Pennsylvanie et le batteur en
vacances dans le Texas (révise ta géographie). Le
seul qu'on entend, c'est le guitariste, bien appuyé il
est vrai dans sa volonté d'en découdre avec le synthé
de la chanteuse. Le studio portatif devait lui appartenir. Pavement
à coté, c'est les Eagles. Mais bon, c'est la loi
du genre et à ce titre, Times New Viking se défend
avec les honneurs. On pense à Trumans Water sans le coté
fou furieux. The Intelligence pour le son finalement très
garage. L'ambition de Adam Elliot, batteur et chanteur du groupe,
était de composer des pop-songs à siffler sous la
douche mais dans un drudgy dark sound. Résultat,
tu ne chanteras rien et tu seras encore plus crade qu'avant. Un
penchant noisy noisy noisy comme il est bon d'entendre une fois
par an.
Pensez que Dig yourself était une uvre de
jeunesse, que ça leur passerait avec le temps était
une erreur. Leur dernier album en date, Paisley Reich,
est aussi revêche. Plus exactement, il sonne aussi lo-fi,
bric et broc sur un même bateau, douché sous une
épaisse vague de turbulences mais tout le monde reste sur
le pont. A ce point bordélique, ce n'est plus du hasard
mais de la totale maîtrise. Plus du je m'en foutisme mais
un acte délibéré. Times New Viking se taille
un son noise incroyable, maîtrise ses effets et les larsens.
Ou plus exactement, les laisse vivre dans l'état, sans
se soucier de corriger le tir. Les dissonances deviennent de dangereuses
armes. Le volumètre continuellement dans le rouge. Si la
volonté d'écrire des pop song est toujours là,
ils abandonnent leur coté chapi-chapo pour embraser les
airs d'un Half Japanese convulsif parti sur les traces d'un Velvet
Underground sain de corps. Les voix parties dans un état
voisin vous reviennent dans la tronche comme un boomerang. Des
lustres que je n'avais pas entendus des guitares autant en avant.
Un tel tapage, un tel niveau de saturation et de grésillement,
un tel degré de crasse ensevelie, c'est respect. D'accord,
ça fait mal un peu mais c'est comme la sodomie. Ca fait
cligner des yeux au début mais après ça passe
tout seul. On peut rester insensible à leur tentative mélodique,
à leur entrain et ton enjoué mais rien que pour
l'enveloppe, cet album vaut le détour.
Le suivant est déjà accouché. Rip it off
est son nom et devrait voir définitivement la lumière
du jour début 2008. Saignements garantis.
SKX
(17/12/2007)
website groupe www.myspace.com/timesnewviking
website label www.siltbreeze.com
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Time
to Burn
Is.Land
- CD
Basement Apes Industries 2007
On
va encore s'en prendre plein les oreilles. Time to Burn, groupe
parisien mais aux origines incontrôlées, débarque
avec un deuxième album belliqueux, charriant désordre
et émotions contrastées. Time to Burn, c'est la
famille hardcore chaotique et métallique, noisy et rock'n'roll.
Son flux et reflux d'influences allant de Botch à Breach
qui se brise sur un élan qui regarde vers le futur. Le
terrain est connu mais le guide s'annonce fin connaisseur. Fin
étant une vue de l'esprit. C'est quand même gros
coups de basse dans la tronche, cris à s'en décrocher
la mâchoire, à vomir ses amygdales sur le plancher,
un rien uniforme sur la longueur sauf pour le dernier, Land,
où le chant se fait posé ainsi que sur de trop
rares autres passages. Une pression continue de tous les acteurs
qui jouent de toute leur palette de sentiments. Introspection
et sauvagerie. Explosion des masques, densité au mètre
carré de riffs écorchés, de cymbales napalmées,
d'une caisse claire qui cingle au milieu du bordel, de changement
de direction à la dernière minute, de compos qui
avancent sur un faux rythme tout en maintenant la tête
sous l'eau. Combinaison d'une violence latente et d'une bile
craché à la face sans détour. Le groupe
est parti une semaine en Suisse enregistré ces dix titres
mais ce n'est pas Serge Morattel qui s'y colle. Ca change et
c'est pas plus mal. Un certain TVO a fait le boulot et ça
sonne parfaitement, gardant un bon équilibre entre puissance
de gros bras et ce grain de poussière qui rend humain.
Is.Land et son point au milieu est un territoire sombre et revêche,
une île déserte où il ne fait pas bon s'y
perdre même si ils ne sont pas les premiers à s'y
rendre. Sur la carte du metalcore, ça les place en tout
cas en très bonne place.
SKX
(24/09/2007)
website groupe wearetimetoburn.free.fr
website label www.basementapesind.com
sounds nayeli.mp3
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Todd / Part Chimp
Split 7''
Noisestar 2006
Un
split avec un vinyl qui pèse deux tonnes entre gens bien
élevés qui savent comment faire morfler les enceintes
et crier les guitares (!). Part Chimp reprend The Watcher,
un morceau de Hawkind, vieux vieux groupe anglais qui a sorti
son premier album en 1970 et le dernier en date en 2006. Entre
les deux, une trentaine d'albums enregistrés. Et dire
que j'en ai jamais écouté un seul. Bon d'accord
on en a rien à foutre mais pour la petite histoire, un
certain Lemmy y a joué entre 72 et 75 avant de se faire
virer, non sans avoir écrit une dernière chanson
pour eux répondant d'un doux nom qui fera trembler des
murs d'enceintes pendant là aussi de très longues
années. Le nom de ce morceau est Motorhead. Tout
nous renvoie au volume et si la reprise de Part Chimp se traîne
et n'engage en rien à fourrez son nez dans l'original,
Todd met le paquet question bordel. On sentait bien sur Comes
to your house, leur dernier album en date, que le méchant
larsen les tenaillait mais là, c'est carrément
la trame principale. Plus de six minutes d'un morceau (Deep
grief one to four) découpé en deux parties
où tout n'est que vomissure et white trash noise, le
chaos primitif à la Merzbow se terminant par un genre
de rythme lancinant sur fond de voix samplée et traînante.
C'est extrême certes mais ce n'est pas la face préférée
de Todd. L'affiche s'annonçait alléchante mais
les deux groupes ont débarqué avec le genre de
truc qu'on fout sur des 45 tours pour rigoler. Dommage.
SKX
(20/01/2008)
website groupe www.myspace.com/toddranch
|www.partchimp.com
website label www.noisestar.co.uk
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Torche
In return - 10'' + CD
Robotic Empire 2007
Ce
disque est une réédition mais qu'importe ? Robotic
Empire a eu la très bonne idée de le rendre à
nouveau disponible et qui plus est ce joli 25 cm (décidément
ce format vinyle est de loin le plus classe) est augmenté
d'une rondelle digitale comprenant les mêmes morceaux.
Du beau boulot donc qui commence par un art work soigné
qui rappellerait une de ces peintures art nouveau -on dirait
même le détail d'une oeuvre de Mucha- à
condition de ne pas ouvrir la pochette double en gros carton
: à l'intérieur c'est plutôt de mauvais
goût, même lorsqu'on aime les fleurs.
Le disque est en couleur (il y en a plusieurs de disponibles)
et fait partie de ces trucs qui deviennent rapidement addictifs.
Les sept titres proposés ici délivrent un rock
mi stoner mi sludge point trop métallique et suffisamment
hard core dont la lourdeur alliée à la puissance
n'aurait rien pour déplaire aux amateurs de grosse noise
qui tâche façon Unsane. Ici on a allègrement
dépassé le stade anal seventies, il y a peut être
des fleurs sur la pochette mais c'est de volée de bois
vert dont il est question ; les riffs sont monstrueux, la rythmique
laboure bien profond et les compositions comportent toutes au
moins une bonne idée ce qui est une moyenne relativement
élevée par les temps qui courent.
Mais justement, la vraie bonne idée de ce disque, et
d'une manière générale de la musique de
Torche, c'est la voix au timbre agréable, un chant clair
à la power pop qui contraste avec les moulins à
riffs qui s'emballent à l'arrière plan. Pas de
braillardises ni de hauts de hurlements, l'effet est spectaculaire
et bien vu, rendant ce disque facile à la digestion et
éloignant tout risque d'overdose. Du coup Torche peut
prétendre sans problème à l'une des premières
places sur le podium stoner, exploit dont on attend avec impatience
qu'il soit réédité par le groupe puisque
un nouvel album est annoncé pour 2008.
Haz
(11/01/2008)
website groupe www.torchemusic.com
website label www.roboticempire.com
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Torche
Neanderthal - LP
Robotic Empire 2008
Heavy
rock. Pop. Seventies. Autant d'appellations contrôlées
qui font fuir le patron. Moi aussi d'ailleurs. En général.
Mais Torche est encore une exception qui confirme la règle.
Suivant In Return, un mini album très apprécié,
Neanderthal est donc le troisième disque de ce
quatuor partagé entre Atlanta et Miami. Est-ce soleil
et l'air marin qui inspire ainsi nos quatre chevelus ? En effet
Torche essaie de plus en plus ouvertement de concilier l'union
contre nature entre les Beach Boys et Black Sabbath, Ozzy Osbourne
encule Brian Wilson et je jouis avec eux.
Neanderthal est une collection de treize titres parfois
très courts qui sont autant de perles poppy (oui, poppy,
je ne change rien) et catchy en diable qui donneraient le grand
frisson extatique du surfer virevoltant sur une vague au milieu
d'une armé de requins mangeurs d'hommes même à
un maniaco-dépressif en train de se palucher sous une
douche brûlante en pensant à la quatorzième
implantation mammaire de Pamela Anderson. C'est d'une fraîcheur
qui fait regretter tongs, barbecues, bermudas et pastis estival
et rappelle courageusement que la vie peut également
être gaie, fleurie, enjouée et plaisante. En plus
certains titres poutrent littéralement et bastonnent
tout sur leur passage, grosses guitares bien grasses et rythmique
plombée mais rapide au menu. Du fun, du sucré
et du festif : il ne manque que les meufs (je répondrai
personnellement à tous les mails d'insultes pour propos
macho-sexistes : hazam@orange.fr). Précisons enfin que
ce disque est nouvelle preuve indéniable que le vynile
c'est beaucoup plus beau et beaucoup plus rigolo que le format
CD, ici on a droit à une galette bien épaisse
empaquetée dans une pochette en carton joliment illustrée
et dépliable en quatre, un bel objet (CD disponible chez
Hydra Head).
Haz
(09/10/2008)
website groupe www.torchemusic.com
website label www.roboticempire.com
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Transistor
Transistor
Young Vampires of New Hampshire/White Knives - 7''
Level Plane 2008
Je
n'étais même pas inquiet pour Transistor Transistor
: un profond silence radio de trois années ou pas loin
et je pensais juste que le groupe, comme tant d'autres, s'était
séparé, que ses membres avaient déjà
remonté d'autres projets que je ne connaissais même
pas encore, on ne peut jamais aller aussi vite que la musique.
Et puis contre toute attente Level Plane édite un single
dont la pochette pue de la gueule. Dessus : deux titres inédits,
Young Vampires of New Hampshire et White Knives,
annonciateurs d'un nouvel album, Ruined Lives, à
paraître au mois de mai. Un disque enregistré chez
Kurt Ballou où les petits gars de Transistor Transistor
ont croisé Tomas Lindberg (qui y faisait exactement la
même chose avec son groupe Disfear) ce qui explique que
le barbu suédois est crédité en guest sur
la face B. Ça copule sec chez les punks.
Young Vampires of New Hampshire est un titre court et
diablement efficace. De la guitare noise'n'roll qui tronçonne
des riffs tranchés dans le vif pendant que la voix fédère
son petit monde à l'aide d'un refrain accrocheur, un
petit break de fin de parcours qui sent bon le savoir-faire
et le tour est joué. Tout à fait le genre de titre
qui donne des suées en concert. Rien de foncièrement
original mais c'est du tout bon. White Knives, hormis
les détails techniques déjà mentionnés
au début, possède lui une structure autrement
plus complexe (il ne faut pas exagérer non plus
)
et un climat plus sombrement alourdi, merci Kurt. Pourtant ça
commence dans une veine tout à fait similaire à
celle déployée sur la première face mais,
patatras, au bout d'une minute c'est déjà l'heure
de l'appel des guitares inquiétantes et vaguement sinistres,
qui se retiennent de tout lâcher mais on sent bien qu'on
va s'en prendre plein la gueule et bien oui, éjaculation
faciale et coups de boutoir, retour au swing qui donne envie
de brailler et d'ailleurs ça braille, formidable. Le
moins que l'on puisse dire, c'est que Level Plane, qui a sorti
ce single uniquement pour faire envie, a particulièrement
bien réussi son coup.
Haz
(30/03/2008)
website groupe www.transistortransistor.com
website label www.level-plane.com
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Trumans
Water / Rosolina Mar
Rosolina Mar meets Trumans Water - CD
Robotradio 2007
Trumans
Water toujours en vie. A l'aube d'une nouvelle tournée
européenne en 2008 et d'un énième album
(on ne compte plus après 10), les frangins Branstetter
remettent le pied à l'étrier en compagnie des
Italiens de Rosolina Mar. Un split CD initié par le label
non moins italien Robotradio records qui soigne toujours la
présentation. Un concept multimédia à chaque
fois où musique, vidéo et artwork se bousculent
sur un même support. Ca fait longtemps que Trumans Water
a tout dit - pensez donc, depuis 1992, on a l'âge de ses
artères - et le vent de folie qui a accompagné
leur jeunesse sonique et chaotique est bien derrière
eux. Mais il y a toujours moyen de se faire plaisir et apporter
autre chose qu'un courant d'air désagréable. Pour
preuve, leur morceau principal, We fish. Trumans Water
est peut-être parti à la pêche ces dernières
années mais ils démontrent qu'il y a toujours
moyen de ramener dans ses filets de bons petits poissons bien
frétillants. Hail sister bottle est du même
acabit, dans le genre alerte, court, toutes guitares dehors,
churs multiples et dynamique entraînante alors que
le 3ème inédit Can't taste it et sa trompette
débridée est un poil plus anecdotique. Les frangins
ont beau être séparé par un océan
(Kirk vit à Portland, Kevin en France depuis 95), avoir
enrôlé une nouvelle section rythmique, les Trumans
gardent leur mot à dire.
Entre chaque morceau de Trumans Water, Rosolina Mar a intercalé
trois de ces titres. Leur math-rock guilleret me laisse une
nouvelle fois perplexe. Le guitariste en fait moins que sur
leur premier album, un morceau comme Zeus Faber reste même
plaisant mais ça me rappelle toujours les plages d'Ibiza
(que je n'ai jamais fréquentées) et les cocktails
mondains en tongs (que je n'ai jamais pratiqués). Mais
je suis sûr que ça me ferait le même effet.
En fin de CD, chaque groupe propose un remix d'un de ces propres
titres. Comme souvent dans ces cas là, ça fait
plus remplissage que présenter un intérêt
véritable. Ne reste plus qu'à aller se coucher
en regardant les dessins étranges de Francesca Ghermandi
et les deux vidéos, surréaliste pour Trumans Water,
non dénué d'humour pour Rosolina Mar, et on ne
regrettera pas sa journée.
SKX
(04/12/2007)
website groupe www.trumanswater.com
website label www.rosolinamar.com/eng
sounds www.robotradiorecords.com
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Twenty-One
Crows
Whatever will become of us
- CDEP
Self-released 2007
Un
phare dans la nuit. Des croix à la mer. Le froid et l'il
noir d'un corbeau. I'm just a crow. Eyes black and cruel.
You fear my shadow. Jon Griffin n'a rien d'un corbaque aussi
avenant qu'une porte de prison. Un Anglais jusqu'au bout de
son humour pince sans rire et sa bonhomie contagieuse. En retraite
de Planquez, son nouveau projet est pourtant d'un noir profond.
D'une mélancolie sans limite. D'un minimalisme curieux
au sein d'une formation originale : guitare sèche contre
clarinette et accordéon (rangez le hautbois). La guitare
et le chant pour sa pomme, le cuivre et le piano du pauvre pour
Becca Tann. Fini les décibels de Planquez. Place à
un folk intimiste, des mélodies de guitares accrocheuses,
un habillage tout en finesse par un accordéon qui n'en
a pas l'air et une clarinette tout dans la délicatesse.
C'est sec et en même temps, ça vous enveloppe d'une
chaleur insoupçonnée. Quatre titres avec un Any
Place but here magique, un Just a crow qui donne
envie de reprendre le refrain en chur et Mighty hood,
du nom d'un bateau de guerre anglais, hommage étrange
à cette fierté nationale disparue et seul morceau
non présent sur leur myspace qui renvoie au meilleur
d'un Songs Ohia épuré. La voix de Griffin est
toujours aussi impénétrable et émouvante.
Un disque qui file le bourdon mais bon dieu que c'est bon. On
se demande encore pourquoi le duo a été obligé
de sortir ce disque par ses propres moyens et à 100 exemplaires.
Commandez le votre ou allez vous faire pendre ailleurs.
SKX
(17/11/2007)
website groupe www.myspace.com/twentyonecrows
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