W
ARCHIVES 1999 - 2006
 

WAAVE
" timestorm was the signal " - CD
Silver Rocket / Minority 00
La République Tchèque ne finit pas de se signaler à nous. A l'est, toujours plus à l'est, la scène s'élargit. C'est autour de WAAVE d'échouer sur nos rivages. Par fragments et courants multiples. Un collectif aux influences très diverses, qui au lieu de chercher à imposer un style par rapport à un autre, construit un univers baroque. Pas étonnant de retrouver des membres de Waave au sein de projets électroniques (Toxicky Boom), post-rock ( C ) ou post hard-core (Blank). Waave reste leur exercice principal et chacun y met de son grain de sel. Psychédélisme bruyant entre deux coulées d'ambiances jazzy. Touche emo, accélération post hard-core, dérivés à la June of 44, intrusions d'harmonica, d'une flûte. Waave ne manque jamais de ressort, de vous surprendre, pas toujours forcément dans le bon sens, le ressort a des rebonds que Waave contrôle parfois difficilement mais la démarche générale garde le cap. Et ce n'est pas une mince gageure que de proposer au final une unité de tons, un album qui se tient malgré quelques faiblesses à s'éparpiller. Une musique riche et dense, démarche originale. C'est déjà ça de gagner !
SKX (31/01/2001)

WEIGHT & MEASURES
" tonight, the lower abdominals " - CDEP
Matlock 01
Poids et mesures. Drôle de nom pour drôle de concept. Tout un délire autour de la minceur et son corollaire l'obésité sur fond d'images rétro années cinquante. Et où ce trio canadien vous encourage à prendre du poids. Satyre humoristique de notre société mais il ne faut pas attendre que ce sujet soit développé dans les paroles puisque que Weights & Measures œuvre dans la grande tradition des groupes instrumentaux. Un programme alimentaire allégé puisque seulement 6 titres pour un quart d'heure de musculation intensive nous aient proposé. Ces camarades de label de The Plan connaissent en tout cas le dosage parfait entre vélocité et précision, entre math-rock sans édulcorants et chansons noise-rock pimentées de juste ce qu'il faut de mélodies. Six titres sans un gramme de gras, très enlevés et dynamiques. Au contraire de nombreux groupes descendants de Don Caballero, Weights & Measures va droit au but, ne multiplie pas les contre-rythmes, mets de la gaieté dans ces riffs et ces compos. Un mets succulent à imposer sur toutes les bonnes tables.
SKX (18/12/2001)

WICKETRAN
" frills and flashy finery " - CD
Snackbag 01
Le duo se sert bien chaud. Debout sur le canapé, nicker les ressorts. Faire le plus de bruit possible pour épater les voisins, remplir l'espace, se mettre en quatre pour combler les manques, faire croire à l'adversaire que t'es vachement nombreux et t'as qu'à faire gaffe à ta gueule. Alors là, Wicketran peut sortir ses guenilles tranquille et se la jouer fine. La basse tour à tour rondouillarde et mélodique ou alors carrément poussiéreuse et vrillante. L'étalon de mesure, quand on cause basse-batterie, reste Godheadsilo, à tous les coups on gagne. Mais le nouvel étalon qui prend du galon dans la formule, c'est Lightning Bolt. Et Wicketran, quand il allie le violent et le ludique, l'humour dans le rythme, s'en rapproche fortement. Linéaire, binaire, à la pêche ou au gros gibier, Wicketran déploie les multiples cordes de son arc. Quitte à sortir le grand jeu sur un rush final qui frôle les douze minutes. Tout y passe. Leur approche free et féline n'en ressort que mieux sous le soleil. Un morceau qui leur laisse de belles perspectives. Et qui démontre que la formule basse-batterie a encore de beaux jours devant elle.
SKX (17/01/2002)

WINSTON
" ohne utopien bleibt die welt ein dreckshaufen " - 7"
Nova recordings 00
Le poing levé au nombre de cinq de la pochette ne laisse en rien présumé d'une ballade romantique au coin du lac. Chaotique, engagé, 7 titres aux angles blessants. Chant en Allemand, cris rouges qui assaillent avec de la proéminence, des rythmes qui crépitent. Ces presque trop courts pour être apprécier à sa juste valeur, on en redemande de ces accès de fureur. Avec mention particulière pour " tired of.... " et " schblonen ". Sur le label des grandioses Yage, ce nouveau groupe allemand à la cafetière en fusion, ne déroge pas au bordel ambiant déjà généré par d'autres confrères mais la passion et le savoir-faire en bouche un coin !
SKX (05/10/2000)

WOLVES
" art.culture.work. " - CD
Coalition 02
L'éclatement de Orchid a donné des flammèches multiples. Panthers, Bucket Full of Teeth et les derniers nés, Wolves. Deux ex-Orchid, le roadie, un quatrième surgit de derrière la porte et Wolves sort sa première griffe. Outre le patronyme de félin commun à Panthers (la conspiration s'installe?), Wolves partage également ce même discours pseudo-révolutionnaire (à deux balles serais-je tenté de rajouter mais je suis un vieux aigri), cette volonté de faire de l'art, non pas pour l'amour de l'art, mais pour changer la face du monde. Passé leurs slogans post-étudiants ("the avant-garde is death. This is the avant-garde"), Wolves est redoutable de fraîcheur et de dynamisme. Dans la mouvance emo-rock 400 Years et Shotmaker avec une pointe de JR Ewing, ils s'installent en haut de l'affiche. Huit morceaux dont le seul titre à chaque fois est un chiffre (entrecoupés par des samples anecdotiques) et qui pulsent dans les rues désertes. Une passion adolescente où ça fonce tête baissée, sans une arrière pensée pour un lendemain incertain. Tout coule de source, rafraîchit les poumons, dénote une vitalité prête à remuer les foules. Léger comme une balle traçante. Pour peu, on serait prêt à les suivre dans leur discours cousu de fil blanc. Art. Culture. Travail. Loin d'être mes trois mamelles préférées mais cet album est à posséder d'urgence.
SKX (18/09/2002)

Wives
Erect the youth problem - CD
Cold Sweat 2004

Wives est un nouveau groupe qui brille de mille feux à Los Angeles! Pour la petite histoire (avant la grande ?!), Dean Spunt, le chanteur, a crée son propre label, Post Present Medium records, après un accident de voiture dont le responsable était un membre des Backstreet Boys, groupe mega-star à minettes. Avec les royalties de l'assurance, il a ainsi pu sortir les deux premiers 45 de son groupe. Quand l'indépendant doit tout aux majors héhé !! Mais qu'on se rassure, ces jeunes épouses n'ont rien à voir avec ce monde truculent. Wives est un pur produit de l'école du bruit, option sans concession. Des rythmes qui pilonnent. Des morceaux uppercuts qui dépassent rarement les deux minutes. De pures secousses qui claquent. Des ruades à peine contrôlées. Le monde noise-rock des Wives doit autant à Rapeman qu'à Lightning Bolt, voir une version noise-rock des Minutemen. C'est de l'énergie primaire, sans souci de contrôle. Ca joue sur la pulsion, sur le nerf avec des guitares finaudes et pleines de jus. La déconstruction pour mieux reconstruire. L'éructation variée du chanteur à qui on ne présentera pas sa petite sœur. Avec ça, la jeunesse va filer droit. Wives déclaré d'utilité publique.

SKX (14/11/2004)
website label www.coldsweat.org
www.thesmell.org/ppm/index.htm

sounds www.coldsweat.org/sounds.htm

We Invented Tornadoes
s/t - CD
Learning Curve 2003

Nous revoilà parti faire un bond en arrière. Quand Amphetamine Reptile records sévissait sur le marché du disque et faisait la pluie et le bon temps. Ce trio de Minneapolis (tiens tiens!) avait déjà réalisé un 45 sous le nom de Snails mais pas convaincu par leur nom, ils ont changé en We Invented Tornadoes. L'appréciation de ce changement reste à votre discrétion. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il n'ont pas inventé le fil à couper le beurre! Derrière les fûts, on retrouve Pete Beeman, ex-Guzzard, et donc nous revoilà rassurer, on la tient notre explication, que pourquoi tout ça sonne comme un air de déjà entendu! Et comme à l'époque de Guzzard où le Pete jouait avec son frangin (Tom), il perpétue la tradition familiale mais opte pour le 3ème frèrot (Dan, chant et guitare) avec un bassiste, Dan Riley (ex-Cooper, le frère de Sté, hahaha!). We Invented Tornadoes fait du punk-rock, carré et court sur pattes, façon Helmet et donc Guzzard. Punk-rock version lourde donc mais couplet-refrain-couplet, la mélodie qui va avec, les petits soli qui font crisser les dents, le son actuel certes mais on ne peut s'empêcher de penser aux grandes années du grunge, à Nirvana et tout un tas de groupes qui laminent le style. La production tonne, ça ne manque pas de sel mais bon tout de même, soyons sérieux cinq minutes!

SKX (02/04/2004)
website groupe www.weinventedtornadoes.com
website label www.learnigcurverecords.com
sounds Blue.mp3 | Average.mp3 | Trixx.mp3

Whirlwind Heat
Do rabbits wonder? - CD
Third Man / V2 / XL Recordings 03

Jeunes gueules de premier pour musique du moment. La mèche rebelle, le regard tourné vers le début des années 80, Wire et compagnie. Trio dans le vent mais tout sonne vrai! "She's only 22" chantent-ils sur "Purple". Vient dans mon piège à gonzesse, sur cette musique où tous les titres portent des noms de couleurs, te déhancher, même chaotiquement, sur cette batterie minimaliste dans sa conception, sa basse saturée et ce cri qui va bien muer un jour. Très peu d'effets, droit au but, morceaux qui font le minimum. Rock, wave et noise. Dissonant et revêche. Whirlwind Heat trouve sa place entre Erase Errata et les Ex Models. Sur la durée et avec le poids des ans, ça peut mal vieillir mais cette sucrerie au vitriol est là pour faire bouger, dans l'instant, sans arrière-pensée.

SKX (24/02/2004)
website groupe www.whirlwindheat.com
website label www.xlrecordings.com - www.v2records.co.jp

Wrangler Brutes
The tape - LP
X-Mist 2005

Wrangler Brutes, c'est de la vieille école (old school si tu préfères, jeune branché que tu es), celle d'avant Internet et des mp3s à dégorger sur ton ipod. La branche historique, sans concession et qui se fout des modes. Allez faire un tour sur leur site web …pas si old school que ça… en fait si… juste une page avec une splendide photo qui j'espère n'aura pas changer au moment de votre clique et vous comprendrez que le hardcore n'est pas une histoire d'esthétisme, de visuel et qui qu'aura le plus beau tatouage. Dans ce groupe de Los Angeles, on retrouve des vétérans de la guerre comme Sam McPheeters (Born Against, Men's Recovery Project) et Brooks Headley (Born Against, Universal Order of Armageddon, Skull Control), toujours vaillants et l'esprit de jeunes poulains qui feraient leur première tournée. Ce vinyl s'appelle " The Tape " parce qu'il est sorti à l'origine, je vous le donne en 1000, en cassette uniquement en 2003 et avant leur second album " Zulu " sur Kill Rock Stars au début de cette année. X-Mist, qui ne fait pas l'âge de ses artères et qui a plongé tout petit dans la marmite punk/hardcore, ne pouvait laisser passer sous silence cet enregistrement qui circulait à l'arrache. Alors si vous êtes fans de hardcore façon Black Flag et Circle Jerks, Wrangler Brutes est fait pour vous. 32 morceaux casés sur deux faces au son de démo (c'est Albini qui a enregistré le second album, la différence est notable). C'est brut de décoffrage mais pas bas du front. Basique sans être primaire avec parfois de bons riffs qui nique ta race de blanc bec. Des branleurs comme on les aime.

SKX (28/11/2005)
website groupe www.wranglerbrutes.com
website label www.x-mist.de

Wedding Present
Take Fountain - CD
Talitres 2005

Qui m'aurait dit que je chroniquerais un disque des Weddoes en 2005! Même si par ces temps pourris, les reformations fleurissent à tout coin de rues, je n'aurais pas parier grand chose sur la qualité d'un éventuel nouvel album de David Gedge. Par respect pour le passé et tous les bons disques qu'il nous a sorti, j'aurai préféré laisser sous silence ce retour. Mais voilà, après pratiquement 20 ans d'existence, The Wedding Present a un brusque retour de flamme et après neuf années de parenthèse et d'égarements avec Cinerama, nous sort l'album qu'on attendait pas ! Entendez par là qu'il n'arrive pas à la cheville (bon allez le genoux) d' un " Bizarro " ou " Seamonsters ", faut pas délirer non plus mais quand on s'attend à pas grand-chose (pour être gentil) et qu'au final, vous êtes tout surpris d'avoir passer un agréable moment au chevet d'un convalescent, il n'en faut pas plus pour croire au miracle ! On retrouve ces longues cavalcades où les mélodies répétitives et entêtantes font tout le charme du groupe de Leeds. Avec les années qui passent inexorablement, la chape de plomb s'est considérablement allégée. Aérien, tout dans la subtilité, cette fuite en avant, ce parfum de mélancolie, cette voix féminine qui parfois appuie les turpitudes de Gedge. Ces violons qui se mélangent aux cordes électriques, c'est presque les Thindersticks qui s'invitent au banquet (" The perfect blue "). The Wedding Present retrouve de la verve, retend ses nerfs. L'âge a calmer leur fougue juvénile mais ils chérissent toujours autant les grandes étendues propres à colorer les pellicules de David Lynch, quitte à présenter une teinte jaunie par endroits. Le détachement sur des années de galère, la classe et la retenue de Gedge, des sentiments qu'il ne cherche plus à cacher tout au long d'un album très attachant qui nous fait sentir tout le poids des ans mais qu'importe ! Alors pour tous les nostalgique et les p 'tits nouveaux, dites vous que les Weddoes valent encore le coup et qu'à leur fontaine, je boirai de leur eau.

SKX (26/03/2005)
website groupe www.theweddingpresent.com
website label www.talitres.com

White Crime Circle Club
Written in black - CD
Conspiracy 2005

Le démarrage est au taquet. Deux morceaux nerveux, tout en ferveur, sec et agile. Wire est à nouveau passer par là, il repassera encore, ici ou ailleurs, qu'importe, du moment que personne ne s'en cache. Sur leur premier EP, je ne me souvenais pas d'une telle démarche. Cette orientation du groupe belge est en tout cas très séduisante. Enlevé, on y respire à pleins poumons. Puis le temps d'une première digression arrive. Réminiscences de guitares Sonic Youth sur I'm going to expose you, WCCC a des amours multiples. Retour au taquet, un instrumental Mutant Disco sur lequel personne ne dansera et enfin trois titres qui s'étirent dans la durée, les deux guitares menant assurément la barque, comme sur tout le reste de ce premier album, chargées de dissonances, la lumière frétillante, tout un pan de musique noise, celle qui tisse patiemment son bouquet électrique, avec pudeur, sans ajout inutile, ce chant qui monte et vous attrape sur The Hardest, le souci toujours gardé de frapper au but avec une efficacité non diluée. WCCC fait front face à ses influences avec dextérité, hausse le ton de ses mélodies et dans son apparente simplicité, offre une surprise des plus agréable.

SKX (30/08/2005)
website groupe www.whitecirclecrimeclub.com
sounds www.myspace.com/whitecirclecrimeclub
website label www.conspiracyrecords.com

White Mice
ASSPhIXXXEATATESHUN - CD
Load 2005

La sirène d'alarme est tirée. Cette petite souris blanche a tout du pachyderme déguisé. Ou alors il faut y voir la souris de Spiegelman. La mise en abîme dans Maus se fond dans les interstices de la musique lugubre et malsaine de ce groupe de Providence. Une batterie, lente et démesurée. Une basse de trois tonnes. En gros, une section Melvinienne mais ça s'arrête là. La guitare se confond avec l'oscillateur, un instrument perfide qui vous envoie larsen sur larsen, saturation sur saturation, une nappe de brouillard, l'audition est perturbée et mon esprit s'embrume, se désagrège, j'ai un problège. White Mice accélère parfois le pas et cette cadence, c'est marche ou crève. La voix plaintive et continuellement trafiquée mérite le peloton d'exécution. Sur scène, le masque de la souris est de rigueur. De drôles de zèbres qui feraient fuir une horde de chats sauvages. Si vous aimez vous peinturlurés le visage à la nuit tombée et vous promenez nues dans les marécages en poursuivant des biches égarées, il y a des chances que ce disque vous plaise. Sacré Load !

SKX (27/06/2005)
website groupe www.thewhitemice.com
website label www.loadrecords.com
sounds track2.mp3

Wollongong
Stark Naked Creeping Macroeconomic Fascism
Silver Rocket / Malarie 2005

Wollongong, c'est un coin à touristes en Australie. Pour ce qui nous concerne, ça sera un groupe tchèque avec un nom pas terrible qui sonne comme un retour aux seventies et le bruit de bottes de la musique progressiste. Mais le Wollongong tchèque a une toute autre philosophie. C'est du pur rock'n'roll baigné dans une bassine d'acide et de noise garage. C'est crade avec comme un bruit de gravier dans les rouages, une musique qui ne connaît qu'un seul rythme, relativement basique mais jamais simpliste. Il y aurait comme du Tar de la grande époque avec un son passé au karsher. Un bloc monolithique impénétrable qui aurait ce bon vieux rock'n'roll comme religion. Sous une couche de saturation, le trio aime les mélodies poignantes sans chichi. Répéter ses lignes blanches, tenir la note, aimer faire vibrer ses instruments, faut que ça sonne bon dieu. L'album se termine par la ballade pour homme de la Pampa, False firies and fables II, où après de folles courses en avant avec des embardées sauvages teintées de désespoir, Wollongong décide de poser ses valises et nous arrache une larme de pierre. Un très bon disque fiévreux pour se cogner la tête contre le mur.

SKX (21/07/2005)
website groupe wollongong.4fans.org
website label silver-rocket.org

Wolves ! (of Greece)
One-sided 10''
Gringo 2004

Ces loups(tics) ne viennent pas de Grèce mais bel et bien d'Angleterre (Nottingham). Etrange appellation, un long hurlement de sept titres enchaînés et aliénés sur une seule et même face. De l'autre, un gribouillis, oups pardon, de l'art, buriné à même le sillon. Pour les fans de Bob Tilton (groupe emocore Anglais dans les années 90), on retrouve le chanteur et rien que pour cette raison, c'est suffisant pour écouter ce premier enregistrement (et apparemment le dernier…). Une putain de voix, assez haut perchée, à fleur de peau, qui fait passer le frisson comme par enchantement. Pour la musique, c'est beaucoup plus direct. Primaire. Si on utilise le terme chaos, ce n'est pas en référence au style chaotique très en vogue dans les milieux hardcore mais bel et bien au sens premier du mot. Ca dévale de partout. Les guitares, échardes aiguisées au plus fin pour saigner à blanc. Télescopage, brèves respirations, l'amour du bruit, l'urgence, l'impression que le disque a été enregistré à la mauvaise vitesse avec sur cet amas brûlant, la voix surfant avec agilité, se frayant un chemin dans les décombres encore chaud. On pourrait penser à cette vague de groupes américains milieu 90 comme Clikatat Ikatawi ou Heroin mais avec une élégance toute british. Planquez vos biquettes, ces loups vont faire des ravages quand ils descendront en ville.

SKX (20/07/2005)
website groupe www.honeyisfunny.com/wolvesofgreece
website label www.gringorecords.com
sounds For_The_Greater_Good.mp3

World/Inferno Friendship Society
Speak or brave men - CDEP
Gern Blandsten 2004

World Inferno Friendship Society est une joyeuse troupe de 9 New-Yorkais. Une fanfare endiablée avec 2 guitares, 4 cuivres, 2 batteurs, un piano, un accordéon et autant de bouches plus un chanteur qui ne fait que ça à plein temps pour vous faire valser jusqu'au bout de la nuit. Si l'album " The True Story of the Bridgewater Astral League" était une vraie bonne surprise (ambiance urbaine et malsaine, Cop Shoot Cop en folk avec une bonne dose de Motherhead Bug), leurs essais suivants m'ont laissé de marbre. Leur orchestre brinquebalant lorgne plus vers la musique festive et grand publique que vers un rock hybride maléfique. Un big-band sûrement très appréciable sur une piste de danse à trois heure du mat, les yeux injectés de sang. Là, ça me laisse pas mal indifférent.

SKX (06/03/2005)
website groupe www.worldinferno.com
website label www.gernblandsten.com

Woven Hand
Consider the birds - CD
Glitterhouse 2004

Projet solo de David Eugene Edwards, chanteur habituel de 16 Horsepower, Woven Hand part en mission et tente d'apporter la bonne parole à tous un tas de mécréants. Dieu qu'il tient en bandoulière est l'unique sujet de ses chansons. Nul besoin d'être calé en Anglais pour comprendre "And I love my Lord Jesus above anything" et autres bondieuseries clairement énoncées. Ca nous empêchera pas d'écouter sa musique. Habitées pour le moins par des pensées mystiques, ces compositions respirent cette aura divine, cette grâce légère, qui, si elle pollue ses mots, a, sur sa musique, une touche salvatrice. Adorateurs de Nick Cave, ne passez pas votre chemin. Votre athéisme vous sera pardonné. Blues illuminé dont les tourments vont le mener directement au paradis contrairement à l'Australien, les compositions de Woven Hand n'en restent pas moins tourmentées. La voix invoque, tremblante et charnelle. La sourde mélancolie laisse peut d'espoir. Arrangements tout en acoustique. Piano discret dessinant des contours aériens. Woven Hand laisse tomber la face rock de 16 Horsepower sans renier le rythme et l'intensité. Des ballades brillantes aux passages contemplatifs, une fragilité ténébreuse qui émane de chaque morceau, ce fil ténu qui nous transporte vers des hauteurs insoupçonnées. Nous serions bien inspiré de ne pas trop maudire notre Créateur. Son berger a le talent nécessaire pour nous convertir (nan je déconne).

SKX (13/02/2005)
website groupe www.16horsepower.com/wovenhand.html
website label www.glitterhouse.de
sounds BlearyEyedDuty.mp3

Wow Owls
Pick your patterns - CD
The perpetual motion machine 2005

Hou le hibou. Voilà à quoi ressemble en gros le nom de ce groupe originaire de Richmond en Virginie. Pittoresque. Que ceci ne vous effraie pas outre mesure, ce premier album est plutôt chouette. Bon bin voilà, ça c'est fait. Je crois que cette chronique est finie. L'essentiel est dit. Pour les accrocs du détail, vous retrouvez l'ancien bassiste de Light the fuse and run (encore un nom à coucher dehors) et tout ça aurait très bien pu sortir sur Level Plane. L'approche du screamo-hardcore avec un son rustre et une cavalcade sans fard comme à l'époque des groupes de Gravity records (Antioch Arrow, Angel Hair), Wow Owls n'ébouriffe en rien le débat. Mais c'est du solide, ils ont le souci du refrain, les voix maintes fois doublées voir triplées apportent du cœur à l'édifice et dans ce rayon largement embouteillé, Wow Owls s'en tire haut la main. Compact et à la fois aérien. Boule de nerf et boule de suif, Wow Owls se distingue par une qualité d'écriture au-dessus de la moyenne, ce ne sont pas des buses, plutôt rapaces de nuit aux compostions acérées. Recommandé.

SKX (25/06/2005)
website groupe wowowls.4t.com
website label www.theperpetualmotionmachine.com
sounds wowowls.mp3 |myspace.com/wowowls

The WPP
He has the technology - CD
Satellite City 2004

The WPP, c'est pour The Witness Protection Program. Et en effet, c'est tout un programme. Faites bien gaffes de ne pas devenir témoin, il pourrait vous en cuire. Originaire de Vancouver, ces Canadiens défient tous les services de sécurité. Ca éructe, à trois de préférence, dans tous les sens, à tous les étages. Une bande d'énervés juteux du bec, option titre expéditif et épileptique. C'est agressif tellement ça déboule de partout, une forte impression de chaos et dans le même mouvement, aussi rapide fut-il, vous attrape comme des mouches pris dans un tourbillon auditif aliénant. Avec toutes ses voix qui s'entrechoquent, sa batterie le feu aux fesses, ce truc viscéral qui prend aux tripes, c'est presque usant. Mais ils trouvent les ressources nécessaires pour y mettre la forme et la manière, ficelé ça avec de multiples accroches mélodiques, brèves et efficaces comme sur le titre d'ouverture, " lets see a little less standing… ", bombe incendiaire ultra aguichante. Dix-sept titres pas reposants pour un sou avec sa pause au milieu " hawaiian jam " et son surprenant " seriously get a towel " et ses dix minutes prises sur le vif, jam session pour reposer en paix. On en connaît des furieux (Daughters, The Disease) mais des gars qui maîtrisent aussi bien le format court et éruptif sans déborder du cadre, canalisant avec force et dégât leur fougue naturelle, c'est déjà plus rare. Quarante minutes à quitte ou double. Mort ou vif. Le couteau sous la gorge. Il a la technologie. Ils ont les munitions.

SKX (28/04/2005)
website groupe www.listen.to/wpp | www.shzine.com/teenagerampage/wpp | www.thewpp.org
website label www.satellite-city.org
sounds www.satellite-city.org/audio.html
lazy.mp3 | gunfighters.mp3

Woven Hand
Mosaic - CD
Glitterhouse / Sounds Familyre 2006

Alleluia, alleluia, Woven Hand est de retour ! Le bigot David Eugene Edwards remet son titre en jeu de meilleur dévot à guitare de notre Seigneur. Après une courte intro qui vous plonge dans la sacro-sainte ambiance, c'est avec ces termes de réjouissances que le Père David vous invite à suivre son pèlerinage sur Winter shaker. Autant cela n'avait rien de dérangeant sur le précédent Consider the birds - les paroles ne débordant pas sur le format musical - autant cette fois, la musique regorge de cette ambiance de religiosité.
Whistling girl, guitare acoustique qui sonne comme une harpe (les anges ne sont pas loin). Bible and bird, ballade instrumentale à siffloter sur son cheval. Swedish purse, orgue du dimanche matin avec cependant une mélodie au banjo (!) qui accroche par la suite. Little raven, chemin de croix qui achève en fin d'album. Mosaic est pétri de pièges pour vous amener au paradis. Woven Hand, c'est le Nick Cave du pieu. Et là, ça me chiffonne. Mettre ce qui vous semble être un disque de rock et se retrouver à l'église, ça refroidit les ardeurs. Et si les tourments l'assaillent encore l'espace de deux, trois morceaux plus rythmés et païens dans l'âme (Dirty Blue, l'étrange et convaincant Slota prow, full sorrow), ce nouveau psaume de Woven Hand est crispant comme un congrès de curetons. Les ex-16 Horsepower en avait assez des lamentations de leur chanteur parti donc prêcher les foules en solo. On les comprend mieux désormais.

SKX (21/09/2006)
website groupe www.wovenhand.net
website label www.soundsfamilyre.com | www.glitterhouse.com
sounds
Dirty_Blue.mp3

 

 
retour haut