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WAAVE timestorm was the signal
WANDER PHANTOM It's not a battle for hearts and minds
WAREHOUSE Escape plan foiled

WARM WIDOW Widower
WAXEATER Sleeper
WAXEATER - JABBERJOSH On Deck - Split 7''
WEASEL WALTER Early recordings 1988 - 1991
WEASEL WALTER Apocalyptik Paranoia
WEASEL WALTER / MICK BARR / SAM HILLMER s/t - 10"
WEASEL WALTER / FRED LONBERG-HOLM / JIM O'ROURKE Tribute To Masayuki Takayanagi
WEASEL WALTER/KEVIN DRUMM/FRED LONBERG-HOLM Eruption
WEASEL WALTER GROUP / PETER EVANS Oculus Ex Abyssus
WEDDING PRESENT Take Fountain
WEIGHT & MEASURES tonight, the lower abdominals
WE INVENTED TORNADOES s/t
WEIRD PARTY Honey Slides - 7''
WELLDONE DUMBOYZ White Cunt Hippie
WELLDONE DUMBOYZ Magnetic Hippie Vol 1
WELLDONE DUMBOYZ Self titled
WE'LL GO MACHETE Strong Drunk Hands
WE ONLY SAID Self-titled
WHEN CHIMPS ATTACK Self-titled
WHEN DINOSAURS RULES THE EARTH Peaced

WHIRLWIND HEAT Do rabbits wonder?
WHITE CRIME CIRCLE CLUB Written in black
WHITE DRUGS Harlem - Gold Magic
WHITE LUNG It's Evil
WHITE LUNG / NU SENSAE Clown Life - split 7''
WHITE MICE ASSPhIXXXEATATESHUN
WHITE MICE EXcreaMANTRaINTRaVEINaNUS
WHITE MICE Ganjahovahdose

WHITE OUT - GIFFONI - YEH Live At No Fun
WHITE SHIT Sculpted Beef + White Shi'ite
WHITE SUNS First
- Split tape with Shearing Pinx - Cavity
- Mourning Chamber
WHITE SUNS Waking in the reservoir
WHITEY The whitey album
WHITEY Don't tread on hope - Is this blues enough 4U (Baby) ?
WICKETRAN frills and flashy finery
WINO A Bottle of Pills With a Bullet Chaser

WINSTON
ohne utopien bleibt die welt ein dreckshaufen

WISDOM TEETH 1st s/t EP - 2nd s/t EP - Cometh LP
WITCH HATS
Wound of a little horse - CDEP
WITCH HATS Cellulite Soul
WITCH HATS Solarium down the causeway - 10''
WIVES Erect the youth problem
THE WOLFNOTE Sacred Bodies

WOLLONGONG Stark Naked Creeping Macroeconomic Fascism
WOLVERINE BRASS Wicked witch

WOLVES art.culture.work.
WOLVES ! (OF GREECE) One-sided 10''
WOLVES IN THE THRONE ROOM Malevolent Grain
WOMAN Self-titled
WOMANKIND Self-titled
WORLD/INFERNO FRIENDSHIP SOCIETY Speak or brave men - CDEP
WOVEN HAND Consider the birds
WOVEN HAND Mosaic
WOW OWLS Pick your patterns
THE WPP He has the technology
WRANGLER BRUTES The tap


WAAVE
" timestorm was the signal " - CD
Silver Rocket / Minority 00
La République Tchèque ne finit pas de se signaler à nous. A l'est, toujours plus à l'est, la scène s'élargit. C'est autour de WAAVE d'échouer sur nos rivages. Par fragments et courants multiples. Un collectif aux influences très diverses, qui au lieu de chercher à imposer un style par rapport à un autre, construit un univers baroque. Pas étonnant de retrouver des membres de Waave au sein de projets électroniques (Toxicky Boom), post-rock ( C ) ou post hard-core (Blank). Waave reste leur exercice principal et chacun y met de son grain de sel. Psychédélisme bruyant entre deux coulées d'ambiances jazzy. Touche emo, accélération post hard-core, dérivés à la June of 44, intrusions d'harmonica, d'une flûte. Waave ne manque jamais de ressort, de vous surprendre, pas toujours forcément dans le bon sens, le ressort a des rebonds que Waave contrôle parfois difficilement mais la démarche générale garde le cap. Et ce n'est pas une mince gageure que de proposer au final une unité de tons, un album qui se tient malgré quelques faiblesses à s'éparpiller. Une musique riche et dense, démarche originale. C'est déjà ça de gagner !
SKX (31/01/2001)

WEIGHT & MEASURES
" tonight, the lower abdominals " - CDEP
Matlock 01
Poids et mesures. Drôle de nom pour drôle de concept. Tout un délire autour de la minceur et son corollaire l'obésité sur fond d'images rétro années cinquante. Et où ce trio canadien vous encourage à prendre du poids. Satyre humoristique de notre société mais il ne faut pas attendre que ce sujet soit développé dans les paroles puisque que Weights & Measures œuvre dans la grande tradition des groupes instrumentaux. Un programme alimentaire allégé puisque seulement 6 titres pour un quart d'heure de musculation intensive nous aient proposé. Ces camarades de label de The Plan connaissent en tout cas le dosage parfait entre vélocité et précision, entre math-rock sans édulcorants et chansons noise-rock pimentées de juste ce qu'il faut de mélodies. Six titres sans un gramme de gras, très enlevés et dynamiques. Au contraire de nombreux groupes descendants de Don Caballero, Weights & Measures va droit au but, ne multiplie pas les contre-rythmes, mets de la gaieté dans ces riffs et ces compos. Un mets succulent à imposer sur toutes les bonnes tables.
SKX (18/12/2001)

WICKETRAN
" frills and flashy finery " - CD
Snackbag 01
Le duo se sert bien chaud. Debout sur le canapé, nicker les ressorts. Faire le plus de bruit possible pour épater les voisins, remplir l'espace, se mettre en quatre pour combler les manques, faire croire à l'adversaire que t'es vachement nombreux et t'as qu'à faire gaffe à ta gueule. Alors là, Wicketran peut sortir ses guenilles tranquille et se la jouer fine. La basse tour à tour rondouillarde et mélodique ou alors carrément poussiéreuse et vrillante. L'étalon de mesure, quand on cause basse-batterie, reste Godheadsilo, à tous les coups on gagne. Mais le nouvel étalon qui prend du galon dans la formule, c'est Lightning Bolt. Et Wicketran, quand il allie le violent et le ludique, l'humour dans le rythme, s'en rapproche fortement. Linéaire, binaire, à la pêche ou au gros gibier, Wicketran déploie les multiples cordes de son arc. Quitte à sortir le grand jeu sur un rush final qui frôle les douze minutes. Tout y passe. Leur approche free et féline n'en ressort que mieux sous le soleil. Un morceau qui leur laisse de belles perspectives. Et qui démontre que la formule basse-batterie a encore de beaux jours devant elle.
SKX (17/01/2002)

WINSTON
" ohne utopien bleibt die welt ein dreckshaufen " - 7"
Nova recordings 00
Le poing levé au nombre de cinq de la pochette ne laisse en rien présumé d'une ballade romantique au coin du lac. Chaotique, engagé, 7 titres aux angles blessants. Chant en Allemand, cris rouges qui assaillent avec de la proéminence, des rythmes qui crépitent. Ces presque trop courts pour être apprécier à sa juste valeur, on en redemande de ces accès de fureur. Avec mention particulière pour " tired of.... " et " schblonen ". Sur le label des grandioses Yage, ce nouveau groupe allemand à la cafetière en fusion, ne déroge pas au bordel ambiant déjà généré par d'autres confrères mais la passion et le savoir-faire en bouche un coin !
SKX (05/10/2000)

WOLVES
" art.culture.work. " - CD
Coalition 02
L'éclatement de Orchid a donné des flammèches multiples. Panthers, Bucket Full of Teeth et les derniers nés, Wolves. Deux ex-Orchid, le roadie, un quatrième surgit de derrière la porte et Wolves sort sa première griffe. Outre le patronyme de félin commun à Panthers (la conspiration s'installe?), Wolves partage également ce même discours pseudo-révolutionnaire (à deux balles serais-je tenté de rajouter mais je suis un vieux aigri), cette volonté de faire de l'art, non pas pour l'amour de l'art, mais pour changer la face du monde. Passé leurs slogans post-étudiants ("the avant-garde is death. This is the avant-garde"), Wolves est redoutable de fraîcheur et de dynamisme. Dans la mouvance emo-rock 400 Years et Shotmaker avec une pointe de JR Ewing, ils s'installent en haut de l'affiche. Huit morceaux dont le seul titre à chaque fois est un chiffre (entrecoupés par des samples anecdotiques) et qui pulsent dans les rues désertes. Une passion adolescente où ça fonce tête baissée, sans une arrière pensée pour un lendemain incertain. Tout coule de source, rafraîchit les poumons, dénote une vitalité prête à remuer les foules. Léger comme une balle traçante. Pour peu, on serait prêt à les suivre dans leur discours cousu de fil blanc. Art. Culture. Travail. Loin d'être mes trois mamelles préférées mais cet album est à posséder d'urgence.
SKX (18/09/2002)

Wives
Erect the youth problem - CD
Cold Sweat 2004

Wives est un nouveau groupe qui brille de mille feux à Los Angeles! Pour la petite histoire (avant la grande ?!), Dean Spunt, le chanteur, a crée son propre label, Post Present Medium records, après un accident de voiture dont le responsable était un membre des Backstreet Boys, groupe mega-star à minettes. Avec les royalties de l'assurance, il a ainsi pu sortir les deux premiers 45 de son groupe. Quand l'indépendant doit tout aux majors héhé !! Mais qu'on se rassure, ces jeunes épouses n'ont rien à voir avec ce monde truculent. Wives est un pur produit de l'école du bruit, option sans concession. Des rythmes qui pilonnent. Des morceaux uppercuts qui dépassent rarement les deux minutes. De pures secousses qui claquent. Des ruades à peine contrôlées. Le monde noise-rock des Wives doit autant à Rapeman qu'à Lightning Bolt, voir une version noise-rock des Minutemen. C'est de l'énergie primaire, sans souci de contrôle. Ca joue sur la pulsion, sur le nerf avec des guitares finaudes et pleines de jus. La déconstruction pour mieux reconstruire. L'éructation variée du chanteur à qui on ne présentera pas sa petite sœur. Avec ça, la jeunesse va filer droit. Wives déclaré d'utilité publique.

SKX (14/11/2004)
website label www.coldsweat.org
www.thesmell.org/ppm/index.htm

sounds www.coldsweat.org/sounds.htm

We Invented Tornadoes
s/t - CD
Learning Curve 2003

Nous revoilà parti faire un bond en arrière. Quand Amphetamine Reptile records sévissait sur le marché du disque et faisait la pluie et le bon temps. Ce trio de Minneapolis (tiens tiens!) avait déjà réalisé un 45 sous le nom de Snails mais pas convaincu par leur nom, ils ont changé en We Invented Tornadoes. L'appréciation de ce changement reste à votre discrétion. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il n'ont pas inventé le fil à couper le beurre! Derrière les fûts, on retrouve Pete Beeman, ex-Guzzard, et donc nous revoilà rassurer, on la tient notre explication, que pourquoi tout ça sonne comme un air de déjà entendu! Et comme à l'époque de Guzzard où le Pete jouait avec son frangin (Tom), il perpétue la tradition familiale mais opte pour le 3ème frèrot (Dan, chant et guitare) avec un bassiste, Dan Riley (ex-Cooper, le frère de Sté, hahaha!). We Invented Tornadoes fait du punk-rock, carré et court sur pattes, façon Helmet et donc Guzzard. Punk-rock version lourde donc mais couplet-refrain-couplet, la mélodie qui va avec, les petits soli qui font crisser les dents, le son actuel certes mais on ne peut s'empêcher de penser aux grandes années du grunge, à Nirvana et tout un tas de groupes qui laminent le style. La production tonne, ça ne manque pas de sel mais bon tout de même, soyons sérieux cinq minutes!

SKX (02/04/2004)
website groupe www.weinventedtornadoes.com
website label www.learnigcurverecords.com
sounds Blue.mp3 | Average.mp3 | Trixx.mp3

Whirlwind Heat
Do rabbits wonder? - CD
Third Man / V2 / XL Recordings 03

Jeunes gueules de premier pour musique du moment. La mèche rebelle, le regard tourné vers le début des années 80, Wire et compagnie. Trio dans le vent mais tout sonne vrai! "She's only 22" chantent-ils sur "Purple". Vient dans mon piège à gonzesse, sur cette musique où tous les titres portent des noms de couleurs, te déhancher, même chaotiquement, sur cette batterie minimaliste dans sa conception, sa basse saturée et ce cri qui va bien muer un jour. Très peu d'effets, droit au but, morceaux qui font le minimum. Rock, wave et noise. Dissonant et revêche. Whirlwind Heat trouve sa place entre Erase Errata et les Ex Models. Sur la durée et avec le poids des ans, ça peut mal vieillir mais cette sucrerie au vitriol est là pour faire bouger, dans l'instant, sans arrière-pensée.

SKX (24/02/2004)
website groupe www.whirlwindheat.com
website label www.xlrecordings.com - www.v2records.co.jp

Wrangler Brutes
The tape - LP
X-Mist 2005

Wrangler Brutes, c'est de la vieille école (old school si tu préfères, jeune branché que tu es), celle d'avant Internet et des mp3s à dégorger sur ton ipod. La branche historique, sans concession et qui se fout des modes. Allez faire un tour sur leur site web …pas si old school que ça… en fait si… juste une page avec une splendide photo qui j'espère n'aura pas changer au moment de votre clique et vous comprendrez que le hardcore n'est pas une histoire d'esthétisme, de visuel et qui qu'aura le plus beau tatouage. Dans ce groupe de Los Angeles, on retrouve des vétérans de la guerre comme Sam McPheeters (Born Against, Men's Recovery Project) et Brooks Headley (Born Against, Universal Order of Armageddon, Skull Control), toujours vaillants et l'esprit de jeunes poulains qui feraient leur première tournée. Ce vinyl s'appelle " The Tape " parce qu'il est sorti à l'origine, je vous le donne en 1000, en cassette uniquement en 2003 et avant leur second album " Zulu " sur Kill Rock Stars au début de cette année. X-Mist, qui ne fait pas l'âge de ses artères et qui a plongé tout petit dans la marmite punk/hardcore, ne pouvait laisser passer sous silence cet enregistrement qui circulait à l'arrache. Alors si vous êtes fans de hardcore façon Black Flag et Circle Jerks, Wrangler Brutes est fait pour vous. 32 morceaux casés sur deux faces au son de démo (c'est Albini qui a enregistré le second album, la différence est notable). C'est brut de décoffrage mais pas bas du front. Basique sans être primaire avec parfois de bons riffs qui nique ta race de blanc bec. Des branleurs comme on les aime.

SKX (28/11/2005)
website groupe www.wranglerbrutes.com
website label www.x-mist.de

Wedding Present
Take Fountain - CD
Talitres 2005

Qui m'aurait dit que je chroniquerais un disque des Weddoes en 2005! Même si par ces temps pourris, les reformations fleurissent à tout coin de rues, je n'aurais pas parier grand chose sur la qualité d'un éventuel nouvel album de David Gedge. Par respect pour le passé et tous les bons disques qu'il nous a sorti, j'aurai préféré laisser sous silence ce retour. Mais voilà, après pratiquement 20 ans d'existence, The Wedding Present a un brusque retour de flamme et après neuf années de parenthèse et d'égarements avec Cinerama, nous sort l'album qu'on attendait pas ! Entendez par là qu'il n'arrive pas à la cheville (bon allez le genoux) d' un " Bizarro " ou " Seamonsters ", faut pas délirer non plus mais quand on s'attend à pas grand-chose (pour être gentil) et qu'au final, vous êtes tout surpris d'avoir passer un agréable moment au chevet d'un convalescent, il n'en faut pas plus pour croire au miracle ! On retrouve ces longues cavalcades où les mélodies répétitives et entêtantes font tout le charme du groupe de Leeds. Avec les années qui passent inexorablement, la chape de plomb s'est considérablement allégée. Aérien, tout dans la subtilité, cette fuite en avant, ce parfum de mélancolie, cette voix féminine qui parfois appuie les turpitudes de Gedge. Ces violons qui se mélangent aux cordes électriques, c'est presque les Thindersticks qui s'invitent au banquet (" The perfect blue "). The Wedding Present retrouve de la verve, retend ses nerfs. L'âge a calmer leur fougue juvénile mais ils chérissent toujours autant les grandes étendues propres à colorer les pellicules de David Lynch, quitte à présenter une teinte jaunie par endroits. Le détachement sur des années de galère, la classe et la retenue de Gedge, des sentiments qu'il ne cherche plus à cacher tout au long d'un album très attachant qui nous fait sentir tout le poids des ans mais qu'importe ! Alors pour tous les nostalgique et les p 'tits nouveaux, dites vous que les Weddoes valent encore le coup et qu'à leur fontaine, je boirai de leur eau.

SKX (26/03/2005)
website groupe www.theweddingpresent.com
website label www.talitres.com

White Crime Circle Club
Written in black - CD
Conspiracy 2005

Le démarrage est au taquet. Deux morceaux nerveux, tout en ferveur, sec et agile. Wire est à nouveau passer par là, il repassera encore, ici ou ailleurs, qu'importe, du moment que personne ne s'en cache. Sur leur premier EP, je ne me souvenais pas d'une telle démarche. Cette orientation du groupe belge est en tout cas très séduisante. Enlevé, on y respire à pleins poumons. Puis le temps d'une première digression arrive. Réminiscences de guitares Sonic Youth sur I'm going to expose you, WCCC a des amours multiples. Retour au taquet, un instrumental Mutant Disco sur lequel personne ne dansera et enfin trois titres qui s'étirent dans la durée, les deux guitares menant assurément la barque, comme sur tout le reste de ce premier album, chargées de dissonances, la lumière frétillante, tout un pan de musique noise, celle qui tisse patiemment son bouquet électrique, avec pudeur, sans ajout inutile, ce chant qui monte et vous attrape sur The Hardest, le souci toujours gardé de frapper au but avec une efficacité non diluée. WCCC fait front face à ses influences avec dextérité, hausse le ton de ses mélodies et dans son apparente simplicité, offre une surprise des plus agréable.

SKX (30/08/2005)
website groupe www.whitecirclecrimeclub.com
sounds www.myspace.com/whitecirclecrimeclub
website label www.conspiracyrecords.com

White Mice
ASSPhIXXXEATATESHUN - CD
Load 2005

La sirène d'alarme est tirée. Cette petite souris blanche a tout du pachyderme déguisé. Ou alors il faut y voir la souris de Spiegelman. La mise en abîme dans Maus se fond dans les interstices de la musique lugubre et malsaine de ce groupe de Providence. Une batterie, lente et démesurée. Une basse de trois tonnes. En gros, une section Melvinienne mais ça s'arrête là. La guitare se confond avec l'oscillateur, un instrument perfide qui vous envoie larsen sur larsen, saturation sur saturation, une nappe de brouillard, l'audition est perturbée et mon esprit s'embrume, se désagrège, j'ai un problège. White Mice accélère parfois le pas et cette cadence, c'est marche ou crève. La voix plaintive et continuellement trafiquée mérite le peloton d'exécution. Sur scène, le masque de la souris est de rigueur. De drôles de zèbres qui feraient fuir une horde de chats sauvages. Si vous aimez vous peinturlurés le visage à la nuit tombée et vous promenez nues dans les marécages en poursuivant des biches égarées, il y a des chances que ce disque vous plaise. Sacré Load !

SKX (27/06/2005)
website groupe www.thewhitemice.com
website label www.loadrecords.com
sounds track2.mp3

Wollongong
Stark Naked Creeping Macroeconomic Fascism
Silver Rocket / Malarie 2004

Wollongong, c'est un coin à touristes en Australie. Pour ce qui nous concerne, ça sera un groupe tchèque avec un nom pas terrible qui sonne comme un retour aux seventies et le bruit de bottes de la musique progressiste. Mais le Wollongong tchèque a une toute autre philosophie. C'est du pur rock'n'roll baigné dans une bassine d'acide et de noise garage. C'est crade avec comme un bruit de gravier dans les rouages, une musique qui ne connaît qu'un seul rythme, relativement basique mais jamais simpliste. Il y aurait comme du Tar de la grande époque avec un son passé au karsher. Un bloc monolithique impénétrable qui aurait ce bon vieux rock'n'roll comme religion. Sous une couche de saturation, le trio aime les mélodies poignantes sans chichi. Répéter ses lignes blanches, tenir la note, aimer faire vibrer ses instruments, faut que ça sonne bon dieu. L'album se termine par la ballade pour homme de la Pampa, False firies and fables II, où après de folles courses en avant avec des embardées sauvages teintées de désespoir, Wollongong décide de poser ses valises et nous arrache une larme de pierre. Un très bon disque fiévreux pour se cogner la tête contre le mur.

SKX (21/07/2005)
website groupe wollongong.4fans.org
website label silver-rocket.org

Wolves ! (of Greece)
One-sided 10''
Gringo 2004

Ces loups(tics) ne viennent pas de Grèce mais bel et bien d'Angleterre (Nottingham). Etrange appellation, un long hurlement de sept titres enchaînés et aliénés sur une seule et même face. De l'autre, un gribouillis, oups pardon, de l'art, buriné à même le sillon. Pour les fans de Bob Tilton (groupe emocore Anglais dans les années 90), on retrouve le chanteur et rien que pour cette raison, c'est suffisant pour écouter ce premier enregistrement (et apparemment le dernier…). Une putain de voix, assez haut perchée, à fleur de peau, qui fait passer le frisson comme par enchantement. Pour la musique, c'est beaucoup plus direct. Primaire. Si on utilise le terme chaos, ce n'est pas en référence au style chaotique très en vogue dans les milieux hardcore mais bel et bien au sens premier du mot. Ca dévale de partout. Les guitares, échardes aiguisées au plus fin pour saigner à blanc. Télescopage, brèves respirations, l'amour du bruit, l'urgence, l'impression que le disque a été enregistré à la mauvaise vitesse avec sur cet amas brûlant, la voix surfant avec agilité, se frayant un chemin dans les décombres encore chaud. On pourrait penser à cette vague de groupes américains milieu 90 comme Clikatat Ikatawi ou Heroin mais avec une élégance toute british. Planquez vos biquettes, ces loups vont faire des ravages quand ils descendront en ville.

SKX (20/07/2005)
website groupe www.honeyisfunny.com/wolvesofgreece
website label www.gringorecords.com
sounds For_The_Greater_Good.mp3

World/Inferno Friendship Society
Speak or brave men - CDEP
Gern Blandsten 2004

World Inferno Friendship Society est une joyeuse troupe de 9 New-Yorkais. Une fanfare endiablée avec 2 guitares, 4 cuivres, 2 batteurs, un piano, un accordéon et autant de bouches plus un chanteur qui ne fait que ça à plein temps pour vous faire valser jusqu'au bout de la nuit. Si l'album " The True Story of the Bridgewater Astral League" était une vraie bonne surprise (ambiance urbaine et malsaine, Cop Shoot Cop en folk avec une bonne dose de Motherhead Bug), leurs essais suivants m'ont laissé de marbre. Leur orchestre brinquebalant lorgne plus vers la musique festive et grand publique que vers un rock hybride maléfique. Un big-band sûrement très appréciable sur une piste de danse à trois heure du mat, les yeux injectés de sang. Là, ça me laisse pas mal indifférent.

SKX (06/03/2005)
website groupe www.worldinferno.com
website label www.gernblandsten.com

Woven Hand
Consider the birds - CD
Glitterhouse 2004

Projet solo de David Eugene Edwards, chanteur habituel de 16 Horsepower, Woven Hand part en mission et tente d'apporter la bonne parole à tous un tas de mécréants. Dieu qu'il tient en bandoulière est l'unique sujet de ses chansons. Nul besoin d'être calé en Anglais pour comprendre "And I love my Lord Jesus above anything" et autres bondieuseries clairement énoncées. Ca nous empêchera pas d'écouter sa musique. Habitées pour le moins par des pensées mystiques, ces compositions respirent cette aura divine, cette grâce légère, qui, si elle pollue ses mots, a, sur sa musique, une touche salvatrice. Adorateurs de Nick Cave, ne passez pas votre chemin. Votre athéisme vous sera pardonné. Blues illuminé dont les tourments vont le mener directement au paradis contrairement à l'Australien, les compositions de Woven Hand n'en restent pas moins tourmentées. La voix invoque, tremblante et charnelle. La sourde mélancolie laisse peut d'espoir. Arrangements tout en acoustique. Piano discret dessinant des contours aériens. Woven Hand laisse tomber la face rock de 16 Horsepower sans renier le rythme et l'intensité. Des ballades brillantes aux passages contemplatifs, une fragilité ténébreuse qui émane de chaque morceau, ce fil ténu qui nous transporte vers des hauteurs insoupçonnées. Nous serions bien inspiré de ne pas trop maudire notre Créateur. Son berger a le talent nécessaire pour nous convertir (nan je déconne).

SKX (13/02/2005)
website groupe www.16horsepower.com/wovenhand.html
website label www.glitterhouse.de
sounds BlearyEyedDuty.mp3

Wow Owls
Pick your patterns - CD
The perpetual motion machine 2005

Hou le hibou. Voilà à quoi ressemble en gros le nom de ce groupe originaire de Richmond en Virginie. Pittoresque. Que ceci ne vous effraie pas outre mesure, ce premier album est plutôt chouette. Bon bin voilà, ça c'est fait. Je crois que cette chronique est finie. L'essentiel est dit. Pour les accrocs du détail, vous retrouvez l'ancien bassiste de Light the fuse and run (encore un nom à coucher dehors) et tout ça aurait très bien pu sortir sur Level Plane. L'approche du screamo-hardcore avec un son rustre et une cavalcade sans fard comme à l'époque des groupes de Gravity records (Antioch Arrow, Angel Hair), Wow Owls n'ébouriffe en rien le débat. Mais c'est du solide, ils ont le souci du refrain, les voix maintes fois doublées voir triplées apportent du cœur à l'édifice et dans ce rayon largement embouteillé, Wow Owls s'en tire haut la main. Compact et à la fois aérien. Boule de nerf et boule de suif, Wow Owls se distingue par une qualité d'écriture au-dessus de la moyenne, ce ne sont pas des buses, plutôt rapaces de nuit aux compostions acérées. Recommandé.

SKX (25/06/2005)
website groupe wowowls.4t.com
website label www.theperpetualmotionmachine.com
sounds wowowls.mp3 |myspace.com/wowowls

The WPP
He has the technology - CD
Satellite City 2004

The WPP, c'est pour The Witness Protection Program. Et en effet, c'est tout un programme. Faites bien gaffes de ne pas devenir témoin, il pourrait vous en cuire. Originaire de Vancouver, ces Canadiens défient tous les services de sécurité. Ca éructe, à trois de préférence, dans tous les sens, à tous les étages. Une bande d'énervés juteux du bec, option titre expéditif et épileptique. C'est agressif tellement ça déboule de partout, une forte impression de chaos et dans le même mouvement, aussi rapide fut-il, vous attrape comme des mouches pris dans un tourbillon auditif aliénant. Avec toutes ses voix qui s'entrechoquent, sa batterie le feu aux fesses, ce truc viscéral qui prend aux tripes, c'est presque usant. Mais ils trouvent les ressources nécessaires pour y mettre la forme et la manière, ficelé ça avec de multiples accroches mélodiques, brèves et efficaces comme sur le titre d'ouverture, " lets see a little less standing… ", bombe incendiaire ultra aguichante. Dix-sept titres pas reposants pour un sou avec sa pause au milieu " hawaiian jam " et son surprenant " seriously get a towel " et ses dix minutes prises sur le vif, jam session pour reposer en paix. On en connaît des furieux (Daughters, The Disease) mais des gars qui maîtrisent aussi bien le format court et éruptif sans déborder du cadre, canalisant avec force et dégât leur fougue naturelle, c'est déjà plus rare. Quarante minutes à quitte ou double. Mort ou vif. Le couteau sous la gorge. Il a la technologie. Ils ont les munitions.

SKX (28/04/2005)
website groupe www.listen.to/wpp | www.shzine.com/teenagerampage/wpp | www.thewpp.org
website label www.satellite-city.org
sounds www.satellite-city.org/audio.html
lazy.mp3 | gunfighters.mp3

Woven Hand
Mosaic - CD
Glitterhouse / Sounds Familyre 2006

Alleluia, alleluia, Woven Hand est de retour ! Le bigot David Eugene Edwards remet son titre en jeu de meilleur dévot à guitare de notre Seigneur. Après une courte intro qui vous plonge dans la sacro-sainte ambiance, c'est avec ces termes de réjouissances que le Père David vous invite à suivre son pèlerinage sur Winter shaker. Autant cela n'avait rien de dérangeant sur le précédent Consider the birds - les paroles ne débordant pas sur le format musical - autant cette fois, la musique regorge de cette ambiance de religiosité.
Whistling girl, guitare acoustique qui sonne comme une harpe (les anges ne sont pas loin). Bible and bird, ballade instrumentale à siffloter sur son cheval. Swedish purse, orgue du dimanche matin avec cependant une mélodie au banjo (!) qui accroche par la suite. Little raven, chemin de croix qui achève en fin d'album. Mosaic est pétri de pièges pour vous amener au paradis. Woven Hand, c'est le Nick Cave du pieu. Et là, ça me chiffonne. Mettre ce qui vous semble être un disque de rock et se retrouver à l'église, ça refroidit les ardeurs. Et si les tourments l'assaillent encore l'espace de deux, trois morceaux plus rythmés et païens dans l'âme (Dirty Blue, l'étrange et convaincant Slota prow, full sorrow), ce nouveau psaume de Woven Hand est crispant comme un congrès de curetons. Les ex-16 Horsepower en avait assez des lamentations de leur chanteur parti donc prêcher les foules en solo. On les comprend mieux désormais.

SKX (21/09/2006)
website groupe www.wovenhand.net
website label www.soundsfamilyre.com | www.glitterhouse.com
sounds
Dirty_Blue.mp3

Wander Phantom
It's not a battle for hearts and minds - CDEP
Fight me 2007

On n'arrivera pas deux ans trop tard pour parler du nouveau projet de ces trois ex-The Swarm. Justice sera faite bordel de merde ! Hélas, trois fois hélas, ils avaient déjà tout donné, le meilleur d'eux-mêmes, toute leur jeunesse et toute leur fougue (quoique j'aie connu des jeunes pas fougueux) et on arrive trop tard. Sans doute faut-il oublier The Swarm pour aborder Wander Phantom. Les bases noise-rock restent dans le même esprit mais la passion et la richesse se sont évaporées. Tout de suite les mots classique et banal vous viennent à l'esprit. Rien à dire sur l'exécution mais assurément, le guitariste et batteur qui ont quitté le bombardier The Swarm (respectivement Ryan Delgaudio et Daniel Montague) jouaient un rôle prépondérant dans le processus de composition. Ca balance, la section rythmique n'est pas manchote pour vous envoyer des parpaings dans la tronche, le guitariste est même parfois inspiré, bref, c'est pas de tout repos même si l'ensemble est bien plus aéré mais on en restera là. Le gros point noir, c'est surtout le chanteur. Si avec The Swarm, Callum Thomson savait ne pas en faire des tonnes et était noyé dans le boucan, son chant est désormais carrément pénible. Dans le meilleur des cas, c'est un maniaque qui se retient. Dans le pire, c'est Freddie Mercury et on se passerait volontiers de ses envolées lyriques. Un chant théâtral et maniéré et comme ses nouveaux collègues lui laissent plus de place que les précédents, ces six titres passent très amèrement.

SKX (07/01/2008)
website groupe www.myspace.com/wanderphantom

Warehouse
Escape plan foiled - CD
Darenne 2008

Sur la pochette signée par la dessinatrice bordelaise Tanxxx, on peut lire en sous-titre de Escape Plan Foiled : Once upon a time, i dreamed of being somebody. On peut interpréter ça comme on veut mais après l'écoute de cet album, on se dit que c'est bien ça le problème. Warehouse possède une culture musicale certaine, leurs influences sont éloquentes mais ils n'y arriveront pas, ils peuvent toujours rêver d'être quelqu'un, ils ne seront jamais personne à part l'ombre de leurs maîtres. L'ombre de leur chien comme disait le grand Jacquot. Terrible aveu d'impuissance. Anciennement baptisé Warehouse Project 99 (avec un ou deux disques qui doivent traîner dans une pile par là et qui ne m'avaient déjà pas bouleversé à l'époque), Warehouse, trio moitié anglais, moitié français(e) installé à Paris s'offre les services de Lionel Darenne (un disciple de Albini avec qui il a fait ses gammes) pour son propre label Darenne records (super ego trip ?) et sort son troisième album qui à coup sûr doit frapper un grand coup. C'est surtout d'ennui qu'il nous frappe. Avec une production donnant dans le consensus mou (Albini se retournerait dans sa tombe si seulement il était mort !), bien propre et léchée, Warehouse enfile des compos me laissant inerte comme le beau brun allongé sur la couvrante. J'avais souvenir d'un groupe autrement plus rock et rageur. Ils reviennent en formule indie-pop-rock sagement exécutée. Les morceaux ne sont pas mauvais en eux-mêmes mais ils sont joués sans passion, sans hargne, sans folie et avec cette production manquant de relief, voir limite racoleuse par moment (gros son de guitare ridicule, voix en avant, tout ce que j'adore), ils vous glissent dessus. Warehouse tente pourtant de briser la monotonie avec un banjo, un piano, quelques trouvailles qui au final sonnent plus comme des gimmicks faciles mais tout ça est décidément bien trop poli. Sans oublier que quelques titres sont vraiment mauvais (Catchee monkee, Take me black hole pour ne citer qu'eux). Ouais bon ok, ça commence à faire beaucoup. La bassiste est depuis partie (un éclair de lucidité soudain ?) et le duo d'origine (David Alderman et Hervé Marché) a recruté deux nouvelles têtes pour espérons, un nouveau départ, car ce disque sans âme est à oublier bien vite.

SKX (22/03/2008)
website groupe www.myspace.com/warehouse99project
website label www.darenne.fr

Weasel Walter / Mick Barr / Sam Hillmer
s/t - 10"
Epicene 2006

Je suis encore en pleine période d'essai chez Perte et Fracas et le boss m'a dit : mon gars, il va vraiment falloir que tu prouves ce dont tu es réellement capable, que tu frappes un grand coup ! J'ai réfléchi un peu et l'idée de parler de ce cher Weasel Walter m'est apparue, impérieuse comme une nécessité absolue et une envie nocturne. Cela tombe bien car il y a ce joli 25 cm sorti l'année dernière chez Epicene et qui n'a réussi à se frayer un chemin jusqu'à la vieille Europe et ma platine que récemment.
Il y a deux enregistrements différents sur ce disque -un de la fin 2004 et l'autre de la mi 2005- mais ce genre de détail n'a aucune importance : le trio (batterie, guitare et sax ténor) joue du free/core/metal/prog/noise (et quoi d'autre ?) tel que Weasel Walter nous y a déjà habitué depuis de longues années maintenant, tout au taquet et après on verra bien. Le premier titre et le meilleur, Trajectories, est une composition de Walter et en fermant les yeux j'aurais presque l'impression d'être à un concert des Flying Luttenbachers, on retrouve là avec bonheur la patte si caractéristique du bonhomme et le son est plutôt rugueux et approximatif. La face A se termine par un court titre, genre une impro collective cosignée par tous mais qui me laisse un peu froid.
La face B est tout entièrement occupée par une composition de Sam Hillmer (habitué à faire des ravages au sein de Zs), plus maîtrisée, avec des tiroirs parfois un peu inutiles et des effets de manches. The Art Of Rolling tomberait presque par moment dans ce qui tend à me hérisser le poil avec ce genre de musique (quoi, j'ai dit prog ?) surtout lorsque Mick Barr dégaine ce son de guitare-synth à vomir qui heureusement est un peu noyé dans la production si tant est que ce disque ait été produit. Barr est un guitariste à prendre avec des pincettes, il a un disque ou deux sur Tzadik qui montrent qu'il aimerait bien être le Pat Metheny du noise-prog, beurk. Pour tout le reste, ce disque a vraiment tout bon.

Haz (09/10/2007)
website groupe nowave.pair.com/weasel_walter
website label www.epicenesound.com








Fred Lonberg-Holm/Jim O'Rourke/Weasel Walter

Tribute To Masayuki Takayanagi - CD
Grob records 2000

Weasel Walter/Kevin Drumm/ Fred Lonberg-Holm
Eruption - CD
Grob records 2003

L'ultime album des Flying Luttenbachers a fait et fera encore couler beaucoup d'encre, au moins à Perte & Fracas nous avons joué le jeu de la transparence des faux-culs en donnant à lire deux avis divergents sur Incarceration By Abstraction, une technique éditoriale digne des pages cinéma de Télérama, un grand magazine culturel comme on n'en fait plus : on peut donc constater que si l'analyse est presque la même, les conclusions sont diamétralement opposées. Parce que la mauvaise foi n'a pas de limite, et grâce à cette irrépressible volonté de tendre vers un idéal d'exhaustivité, voici la chronique de deux disques de Weasel Walter en trio et publiés au début du millénaire, il y a déjà un petite éternité donc mais l'appréhension de la musique n'étant qu'une question elliptique on s'en fout un peu.
Comme son nom l'indique, Tribute To Masayuki Takayanagi est un disque hommage à ce grand guitariste japonais de free jazz (son seul équivalent occidental serait le nord américain Sonny Sharrock) qui en a influencé plus d'un. Otomo Yoshihide se plait toujours à raconter comment, alors qu'il n'était qu'un gamin, il passait des nuits entières à regarder Masayuki Takayanagi jouer comme un fou. Au passage, le label PSF propose une quantité impressionnante d'enregistrements du guitariste, notamment avec sa formation New Directions -il faut juste faire attention à la qualité, souvent très variable, de ces disques le plus souvent capturés en concert. Mais revenons à notre trio Walter/O'Rourke/Lonberg-Holm : oui le nom du petit Jim a de quoi en faire frémir plus d'un mais ici il se comporte très bien, il faut dire qu'il est imparablement épaulé par le non moins petit Fred qui s'y connaît comme personne pour faire crisser désagréablement une corde de violoncelle. Le grand Weasel Walter est impérial de débordements, comme dirait le boss il en fout de partout et j'aime ça -pilonnage à la grosse caisse, jeu octopode de cymbales, caisse claire directement dans les tympans. Ce CD s'achève sur une plage ambiante et (très) dark histoire de bien faire comprendre de quel côté de la force obscure se trouve le trio. A noter également une pochette parodique façon black metal pour garçons bouchers amateurs de bondage et des photos au recto particulièrement réussies, Jim O'Rourke le fait très bien en Euronymous. Le recto indique également : infernal improvised music, play loud and die. OK pour moi.
Que l'on se rassure tout de suite, Eruption n'est pas un hommage à Eddie Van Halen. Sur ce deuxième disque, le petit Kevin remplace Jim sûrement trop occupé à l'époque à jouer avec Sonic Youth. Autre changement, au lieu d'avoir à supporter des titres longs en roue libre, Eruption semble jouer la carte du court instantané -quarante missiles il est vrai regroupés en trois parties : Blood, Excrement et Mania. Le tout a été prétendument enregistré en une après-midi de l'année 2002, en fait nos trois gaillards ont purement et simplement laissé tourner la bande et ont édité l'ensemble en quarante pistes après coup. Donc le résultat est le même que sur Tribute To Masayuki Takayanagi et donc n'est guère beaucoup mieux pour nos nerfs.
Eruption est d'un abord plus sec que son prédécesseur. Blood donne cette impression de branlette qui rebute, la faute sûrement à Kevin Drumm qui y joue plus du dispositif à bordel (cassettes, micros, synthés, pédales d'effet, etc) que de la guitare. Même Weasel Walter se prend au jeu minutieux du point de croix destructuré. En deuxième position, Excrement remet les pendules à l'heure, il y a non seulement de la guitare mais surtout un Weasel Walter qui attaque sévère. Mania, la troisième et dernière partie du disque, oscille entre ces deux pôles : l'impro pixelisée et le barouf généralisé. L'aspect nitendo est très présent, certains passages catapultent sans crier gare mais des accalmies trop attentistes et narcissiques viennent un peu gâcher le plaisir. Eruption est donc un disque moins immédiat, plus cérébral (?) et un peu plus hermétique. Mais il a tout aussi pour réjouir les fans de Walter, comme les plages n°15 à 19, dignes des plus grands moments des Flying Luttenbachers, le miel progressif en moins.

Haz (03/02/08)
website labelhttp://www.churchofgrob.com/Churchofgrob/grobbasics.html (attention les yeux !)

Weasel Walter
Early recordings 1988 - 1991 - CD
Savage Land 2007

Si il existe un fou chantant, Weasel Walter est le fou composant. De l'autre coté de l'Atlantique, ce mec essentiellement connu pour son groupe The Flying Luttenbachers est un cinglé, un obsédé de la composition, un maniaque de musique qui en écrit depuis sa plus tendre enfance (ou presque). Une enfance qui a du être salement secouée à la lecture de son arbre généalogique musicale qui figure à l'intérieur de cette compilation retraçant ses travaux de jeunesse avant de se lancer définitivement dans Flying Luttenbachers. Il a tout juste 12 ans quand il commence à fréquenter le punk rock et 14 quand il joue dans son premier groupe hardcore Chernobyl Chyldren (tout un programme) et que la musique des Contortions, Lydia Lunch et tout un tas de musiques bizarres lui arrivent aux oreilles. Mais que font ces parents ?! A 16 ans, il achète son 1er 4-pistes et devient totalement obnubiler par la no wave et le free jazz. On est en 1988 et le petit Weasel commence à enregistrer tous un tas de trucs jusqu'à son déménagement pour Chicago où il commencera en 1991 les Flying. C'est cette période de formation et de défrichement que ce CD se propose d'ausculter. Les gammes d'un compositeur (terme dont on enlève toute prétention quand il s'agit de Weasel Walter) devenu hors pair et qui parle ouvertement et franchement de ses influences à travers ses œuvres de jeunesse. On ne va pas repasser en revue les 18 morceaux pour pratiquement 80 minutes de musique de ce CD. Toute la frénésie de sa future œuvre est déjà présente mais c'est aussi l'anarchie. L'anarchie d'un passionné de musique qui fait se télescoper le jazz de Coltrane et la no wave de James Chance, Ornette Coleman et les Slits. Un multi-instrumentiste qui à 18 ans fait preuve déjà d'un sacré talent pour maîtriser guitare, basse, clarinette, synthés et une batterie qui deviendra son instrument d'expression favori. Ca déborde d'un peu partout, c'est loin d'être abouti. Il faut avoir l'oreille concentrée pour en sortir les passages qui sortent du lot comme les dix minutes de l'excellent Inferno 23, pièce qui servira de support à un futur titre de The Flying Luttenbachers. Comme il l'écrit lui-même, ce sont des enregistrements primitifs et j'espère que cela fait parti de leur charme… Mais en dehors de nous apprendre qu'il est tombé dedans tout petit et qu'on peut y arriver par soi-même pour peu qu'on ait la foi, cette compilation nous apprend surtout qu'on peut sortir des clichés du punk-rock et être original et expérimental tout en étant intense et rock. C'est James Chance qui l'a soufflé au jeune Weasel. Depuis, c'est son sacerdoce et si vous avez compris ça, vous avez tout compris à l'énergumène et son œuvre.

SKX (18/11/2007)
website groupe nowave.pair.com/weasel_walter
website label www.savagelandrecords.com

Welldone Dumboyz
White Cunt Hippie - CD
Autoproduction 2008

Voilà un disque qui sent bon le job de branleurs dilettantes. Il est arrivé par la poste, accompagné d'une feuille photocopiée lardée de slogans aussi stupides que Ecoutez 'White Cunt Hippie' et devenez quelqu'un d'autre ou bien Hardcore is dead, blues is love. La pochette a due être assemblée puis collée sur un coin de la table de la cuisine du guitariste. Le disque en lui-même est un CDr qui passe une fois sur deux dans ma platine. Quatre titres, vingt minutes de bordel incompréhensible.
La haine du hippie étant un gage de rigueur et faisant partie des valeurs sûres en ces temps de relâchement éthique et d'abandon de toute déontologie dans les petits univers cloisonnés de la musique, un titre tel que White Cunt Hippie ne pouvait que me séduire. La grosse trique, même. A l'intérieur du disque (une fois donc que j'ai réussi à l'insérer dans la platine) c'est un peu pareil. Sauf que les Welldone Dumboyz dérapent systématiquement là où on ne les attend pas : His Thing débaroule bien à fond, gras et juteux, chant porcin baigné d'éthanol quand arrive ce break avec les roulements de batterie, le guitariste qui se met en tête de faire ambiance, la basse qui lâche la fuzz pour nous faire du bilboquet puis sans crier gare ça repart, le retour du cochon et du gros son, double pédale en prime bande de petits veinards.
Les titres des Welldone Dumboyz regorgent de ce genre de contradictions internes, toujours l'envie incontrôlable de foutre le bordel là où c'est déjà la zone. Commencer White Cunt avec une batterie qui blaste avant de se lancer une minute plus tard dans un pseudo solo de guitare catastrophique (pour les gens qui aiment les soli de guitares). Poursuivre avec La Mue Du Mulet et son intro de deux minutes qui débouche sur ce que l'on prend d'abord pour un slow en bonne et due forme, en fait non : on a affaire à un titre instrumental à la charpente mouvante, le moins réussi du lot. Dernier morceau, Tight Cunt Blues, dont le titre révèle une fois de plus et fort judicieusement l'intérêt supérieur des Welldone Dumboyz pour les passages difficiles, ne choisit justement pas la facilité avec une introduction agrémentée de voix de faussets (mais heureusement le cochon n'est pas très loin), une absence apparente de toute logique structurelle avant qu'un riff sabbathien et le retour de la double pédale ne remettent un peu d'ordre dans ce foutoir.
Ce disque, qui répond haut la main aux critères de crasse, sueur et émissions sous-ventrales est disponible pour quatre petits euros en le demandant à l'adresse suivante : bigbadgepeto@gmail.com. Malgré une évidente propension à toute mettre en œuvre pour tenter de mal faire les choses, les Welldone Dumeboys envisageraient un album pour la fin de l'année. Ils ont donc vraiment besoin d'argent.

Haz (02/06/08)
website groupe welldone.dumboyz.free.fr

White Mice
EXcreaMANTRaINTRaVEINaNUS - CD
Blossoming Noise 2007

Après une paire d'albums parus sur Load records, White Mice sort déjà un nouveau long format sur le label géorgien Blossoming Noise. Que l'on se rassure tout de suite car EXcreaMANTRaINTRaVEINaNUS ne déroge pas à la règle des souris blanches et poursuit le travail de sape déjà bien entamé sur les précédents opus. Si vous n'avez pas aimé les disques sur Load et bien vous n'aimerez pas non plus celui-ci car rien n'a changé dans la formule magique pour transformer la cervelle en fromage fondu : basse fuzz de mammouth, batterie primal, électrobidouillages sursaturés et voix à faire regretter à un death metalleux polonais rescapé d'un accident de tour bus en pleine campagne biélorusse d'être encore en vie. Mais après tout, lorsque on célèbre à tour de bras Madame la Mort, crever prématurément et avant tout le monde c'est comme qui dirait une sorte d'accomplissement, non ?
Les White Mice, eux, ne célèbrent pas grand-chose mis à part un gros bordel gluant, visqueux, assourdissant et aussi dégueulasse que leur humour est douteux. Mais un humour qui fait bien rire et bien plaisir même si les gimmicks employés ne sont pas toujours nouveaux (les membres du groupe ont tous un nom composé à partir du mot mouse et portent des masques de souris serial killers en concert) à l'image de l'illustration de la pochette dont on ne sait si les trois souris débaroulent du crâne malade d'une quatrième ou si elles broutent du pubis avec une conviction identique à celle qu'elles montreraient en dévorant une meule de fromage qui pue. A la réflexion, les deux interprétations sont peut être aussi valable l'une que l'autre, l'obsession rejoignant l'action dans une profusion de sperme béchamel et de bulbe rachidien râpé à la moulinette. L'éternel problème quand il y a des souris dans une maison c'est qu'elles laissent toujours de la merde de partout.
Techniquement, EXcreaMANTRaINTRaVEINaNUS comprend quatorze titres et dure à peine plus de quarante minutes. Les titres se séparent en deux catégories, les lourdes dégoulinades qui font mal au ventre et les rots foireux parfumés à la bile, courts et intenses. J'ai une petite préférence pour la première catégorie où l'aspect vicieux des souris blanches me semble prendre toute son ampleur. A noter qu'un quinzième titre, caché à la fin du disque (mais pas trop longtemps après) révèle une énième reprise d'Helter Skelter, aussi bonne que drôle.

Haz (18/11/2007)
website groupe www.thewhitemice.com
website label www.blossomingnoise.com
sounds goudah_and_evil.mp3 | micemicebaby.mp3

Whitey
The whitey album - CD
SF recordings 2008

Quand un inconnu bien intentionné m'a parlé d'un nouveau groupe d'un ancien Glazed Baby se nommant Whitey, j'ai eu peur que ce soit ce groupe de kékés. Groooosse frayeur. Heureusement, Andy Newman (l'ex-bassiste-chanteur de Glazed Baby puisque c'est de lui qu'il s'agit) n'a pas viré sa cuti. Le bruit, les stridences, les lourdeurs continuent de l'obséder. Tant mieux pour notre gueule ! Ca et le blues. Car à lire de plus près ses déclarations, Whitey ferait du blues. Si on considère que tout le rock'n'roll découle du blues, on peut comprendre cette prise de position. Mais il y dans ce deuxième album un delta en crue que je ne franchirais pas. A peine le temps de se demander ce que Newman devient que vous vous prenez deux morceaux décapiteurs de troisième âge, vous dessinant un sourire jusqu'aux oreilles. Texxxass 69 et Barely Legal, en dehors d'avoir des titres suggestifs, reprennent le flambeau de Glazed Baby, la puissance de feu d'un croiseur avec des flingues de concours, une couche de graveleux supplémentaire. Notamment Barely legal complètement entêtant avec sa rythmique de plomb digne d'un Melvins et sa voix hantée. Tout vibre. La batterie, les cymbales, ça ferraille, ça cliquette, sainte distorsion du réel. Je remercie l'inconnu du monde virtuel de m'avoir mis dans le droit chemin. Après les choses se compliquent. Pas dans le sens où la qualité s'en va avec le dernier larsen. Mais le rapport à Glazed Baby se fait plus distendu. Le Newman se fait malin et retors. Prend des chemins déviants. Pas encore tout à fait prépondérant sur Oh, Oh Marie mais beaucoup plus sur Well Well Well. La faute à la reprise puisqu'il s'agit d'un morceau de John Lennon et même sous l'emprise d'un Whitey déchaîné, ça reste du Lennon. Sept minutes qui, sans être désagréable, ramènent sur terre. Avec CNHC, c'est le Glazed Baby de Ancient Chineese Secret qu'on retrouve. Voix sous la limaille, sons anarchiques, saturations à tous les étages. Je rebande. Puis l'emprise de la cover pointe à nouveau ses vilains tentacules. Whitey s'attaque au répertoire de Jeff Buckley avec Nightmares by the sea. Jeff Buckley et moi, ça fait deux mais cette reprise donne envie d'écouter l'original, même le refrain aérien où Newman se prend pour Buckley dans le chant. Une reprise propre à faire boire la tasse deux fois à Jeff Buckley. A partir de là, on ne jure plus de rien et Whitey s'enfonce dans le bayou version noise. Imprisonment Blues sonne aussi comme une reprise mais n'en ai pas une. A se demander si tout ça n'est pas pour rigoler ou non. Solo de guitare en prime. Bref passons. Mais quand ils exécutent un Going to Nola au banjo sur l'air de When the Saints go marching in avec chœurs de poivrots et ambiance de kermesse, on opte pour la version second degré. On veut y croire en tout cas ! Whitey se rattrape sur le morceau final. The 7% solution avec un sample de Gene Wilder dans le rôle de Frankestein ajoutent une dimension foldingue à ce morceau saignant. Un album à deux vitesses qui, sans ces reprises (quoique très plaisantes) et sa fin clownesque signe le retour de Andy Newman au premier plan de nos chimères noise.

SKX (24/03/2008)
website groupe www.myspace.com/whiteyrocks

Witch Hats
Wound of a little horse - CDEP
In-Fedility 2006

Depuis Birthday Party, on peut pas dire que l'Australie nous ait beaucoup renversé la tête. Mais avec ces nouveaux fils indignes, les regards vont irrémédiablement loucher vers le grand sud. De Birthday Party, il en est de plus question avec Phil Calvert, le batteur du Nick Cave, qui produit ce premier enregistrement de ce jeune groupe de Melbourne. Un groupe qui n'a peur de rien. Ca pue l'irrévérence, la dissonance, le chaos du rock et l'attitude qui va avec. Comme ça, sans crier gare, ces quatre lascars débarquent avec cinq titres plus bandants les uns que les autres. Il y a bien Jack the untold un peu plus tubuesque que les autres mais ça serait chipoter. Car malgré tous leurs élans sauvages, le tour de force de Witch Hats est de combiner des éléments très accrocheurs, pondre le riff qui tue à la seconde qu'il faut, la petite ligne mélodique qui apporte le petit plus indéniable, délivrer le rythme qui emportera tout sur son passage au moment opportun pour faire de ces compositions de véritables hymnes populaires. La voix a beau me chiffonner sur la longueur, Witch Hats fait une entrée très réussie sur la scène rock internationale car nul doute que si ils continuent comme ça, leur renommée va dépasser dare-dare les océans…

SKX (30/06/2007)
website groupe www.witchhats.com.au
website label www.infidelity.com.au

Witch Hats
Cellulite Soul - CD
In-Fidelity 2008

Après la mise en bouche de leur EP Wound of a little horse et l'attente qui en découle, les premières mesures de Cellulite Soul rassurent de suite. L'album va être grand. Before I weigh (sorti en single également) commence sombrement. On sent poindre le drame. Ligne de basse imperturbable à la Tracy Pew, cri de chat sauvage, chant androgyne avant que tout ne décolle, que le son ne prenne une ampleur aérienne et que sa mélodie vous ensorcelle. Witch Hats n'a pas perdu la recette du morceau marquant. La production est à nouveau signée Phill Calvert (le batteur de Birthday Party viré pour ébriété chronique à l'époque de Junkyard) et Ben Ling et s'annonce comme un parfait écrin à la véhémence de Witch Hats. Spacieuse, généreuse où chaque instrument sonne à sa place, contrôlant le chaos que Witch Hats semble capable de mettre à chaque instant. I cant stay at home continue sur la même lancée. Rythmique percutante, une voix à la limite de la rupture dont on ne connaît pas trop le sexe (même si elle est tout ce qu'il y a de plus mâle), soutenue par des chœurs très Bad Seeds. Mais si l'influence de Nick Cave et comparses est indéniable, la musique de Witch Hats sait aussi être plus rock'n'roll, broyeuse de chair sans les abus et les échardes. Climing up yr cable avec ce semblant d'orgue vous ferait presque danser, chalouper au bout du comptoir, tendre les bras dans le vide. En trois morceaux, Cellulite Soul marque trois points. Western' casse le rythme. Un morceau trop gentillet, contrastant avec la virulence précédente, appréciable au fil des écoutes, surtout quand il susurre sur la fin I'm your friend, i want to fuck you (ou alors c'est moi qui extrapole). Le chantier repart sur Hellhole (aucun rapport avec le morceau précédent bien sûr) avec cette rythmique se taillant la part du lion, orgueilleuse, pendant que le guitariste fracasse son venin. Il y a du swamp rock là-dedans, ce blues perverti par le blanc, cet abandon viril malsain sur les bords. Un grand fracas propulsé par une batterie infernale sur Summer of Pain, un Clockcleaner des antipodes sur Neil Diamond entry ou un Doors Film à tiroir invoquant plus le Gun Club que le groupe suggéré par le titre, se terminant par cinq minutes quasi-instrumentales et soniques et une jam cachée. Ils ont beau invoqué le Seigneur pendant les deux minutes tranquilles de Ma Lord, on sent bien que ce n'est pas pour rentrer sous les ordres mais se faire pardonner quelques pêchés capitonnés. Cellulite Soul est un album sans gras, de la part d'un groupe qui sait qu'on n'attrape pas des mouches avec du vinaigre, administrant les mélodies nécessaires mais sachant également distribuer les tapettes et les courants d'air propres au cyclone pulmonaire. L'Australie est de retour dans le droit chemin et Witch Hats un de ces plus beaux fleurons.

SKX (24/03/2008)
website groupe www.witchhats.com.au
website label www.infidelity.com.au

The Wolfnote
Sacred Bodies - CD
Reluctant / Black Box 2005

A peine le temps de faire connaissance que Wolfnote se casse déjà dans le cimetière des groupes défunts. En provenance de Edmonton dans le Canada, Wolfnote tentait de faire danser les foules, comme bien d'autres, mais sous l'angle rock, façon The Red light sting ou At the Drive-In, les champions des groupes cités dans des chroniques quand il s'agit d'évoquer le moindre chevelu viril qui essaye de faire bouger les corps sous la chaleur d'amplis dans le rouge. Et d'angles, ce deuxième album n'en manque pas. The Wolfnote hurle sa rage la nuit venue avec un élan rock'n'rollesque communicatif. Le batteur a le feu au cul. Le chanteur est remonté comme des vieilles bretelles qui ne tiennent plus en place. Le synthé de la demoiselle tente bien que mal de se faire une place et la production de Alex Newport ne cherche en rien à les arrondir ces putains d'angles. Il donne à chaque instrument l'espace suffisant pour s'exprimer. Clairement. Fortement. Et si l'album n'accouche pas de dix morceaux indéboulonnables, il réserve de belles joutes comme Three Bells et les sept minutes d'un Rats in life dans le larsen. On pourrait en citer d'autres. Trente minutes qui se dégustent à fond la gomme, sans faute de goût pour un groupe qui aurait pu décrocher la timbale avec une telle musique mais qui a décidé de se saborder avant. Sales punks.

SKX (23/01/2007)
website groupe www.thewolfnote.com
website label www.blackboxrecordings.net
sounds reluctantrecordings.com

Wolverine Brass
Wicked witch - CD
Auxiliary 2006

Dès la première écoute, je me suis dis que c'était pas la peine. Encore un groupe scotché dans les années 90 et pas sur n'importe quels groupes. Slint, Rodan, un poil de Bastro en poussant jusqu'à A Minor Forest. Vous voyez tout de suite le genre de filiation et la musique proposée. Si tout ça est très respectable, ça sentait trop le réchauffé pour aller voir plus loin. Mais comme je suis un vieux con nostalgique et que tous ces groupes me parlent, j'y suis retourné après avoir laissé cet album pourrir dans un coin. Et là - je vais pas vous mentir en vous disant que c'était le choc de l'année - mais le plaisir n'était pas feint. Un réel savoir-faire habitent ces quatre ex-membres d'une ribambelle de groupes pas inoubliables. Vous retrouvez tout ce qui a fait la gloire des groupes sus-cités. La tension sous-jacente, ces brèves explosions, ces voix passant du parlé au cri à bout de ouffle comme si c'était une seconde nature, ces moments de béatitudes où la musique semble flotter dans une autre dimension. Le genre de brèche ouverte provoquant un léger mouvement d'avant en arrière du buste. Et surtout un art de la composition soignée à défaut d'être totalement renversant. Sept morceaux qui n'en trouvent pas moins son propre lopin de terre, une approche plus rustre et plus dur dans le son qui n'est pas pour déplaire (genre Shipping News en mieux) pour un album qui vous fait ravaler votre morve de blasé. On y reviendra toujours en solitaire.
Et puis quand on est originaire de Louisiville (le patelin de Slint), on a bien quelques droits en plus non ?!

SKX (26/03/2008)
website groupe www.myspace.com/wolverinebrass
website label www.auxiliaryrecords.com

Weasel Walter
Apocalyptik Paranoia - CD
Gaffer records 2009

Mais que devient Weasel Walter ? Aux dernières nouvelles il va très bien, merci pour lui. La preuve par huit avec Apocalyptik Paranoia, album d'improvisation free tout juste publié par Gaffer records. L'homme du label lyonnais et notre batteur fou préféré ont récemment tourné ensemble en compagnie du saxophoniste Mario Rechtern et comme il est même déjà question qu'ils remettent ça un de ces quatre, il ne faudra pas les rater.
Pour les furieux et nostalgiques des Flying Luttenbachers -suivez mon regard- on conseillera pour l'écoute de Apocalyptik Paranoia de se rendre directement à la plage n°2 (Raging For War) ou la plage n° 5 (Mass Erection). Du bon gros chaos qui fait du bien par où il passe. Mais ce disque est bien plus riche que cette nouvelle démonstration de l'incontournable et célèbre slogan Death Metal Is Free Jazz des Flying Luttenbachers. D'abord Weasel Walter a eu l'idée de travailler avec divers trompettistes aux jeux très différents : Greg Kelley dans le rôle du plombier, Forbes Graham dans le rôle de l'électronicien et Peter Evans dans celui du poète terroriste. Trois approches complémentaires du son qui rabibocheront peut être les fâchés avec la trompette (normal, depuis le temps que l'on nous bassine avec le jeu modal tronqué à la sourdine, n'est pas Bill Dixon qui veut…). Les autres invités ne sont pas des nains non plus avec le violoncelliste Fred Lonberg-Holm et surtout le démentiel Henry Kaiser hallucinant avec sa guitare électrique et passionnant avec sa guitare acoustique.
Acoustique car il y a des morceaux plus calmes sur Apocalyptik Paranoia, je veux dire barré mais sans la tentation du débordement bruitiste que l'on retrouve dans le free extrême. Ainsi, Scintillations, premier titre de l'album, pourrait presque être qualifié de beau : il s'agit d'un duo Kaiser/Walter où les deux musiciens se renvoient la balle avec délicatesse et à-propos. Threnody et Creaking Bones Break explorent la même veine en compagnie de Greg Kelley et de Peter Evans dans un registre plus nerveux et accidenté. Apocalyptik Paranoia est tout simplement un excellent disque de musique improvisée et énergique.

Haz (21/06/2009)
website groupe nowave.pair.com/weasel_walter
website label www.gafferrecords.com

Peter Evans/Weasel Walter Group
Oculus Ex Abyssus - LP
ugEXPLODE records 2008

Encore un disque de bordel improvisé avec Weasel Walter à la batterie et en plus ce Oculus Ex Abyssus est sorti sur le propre label du bonhomme, ugEXPLODE. Là, j'ai à peu près tout dit et en ces temps de digestion difficile et d'insouciance universelle, je pourrais stopper cette chronique là tout de suite pour de bon. Démerdez vous. Bon allez, j'arrête de lorgner sur ce gigot d'agneau (de dieu) et sur ce gratin de brocolis saucé à la truffe du Périgord, je lâche la bouteille de St Joseph et je me mets deux doigts dans la bouche pour faire ressortir cette putain de bûche de noël aux marrons et à la crème au beurre et je vous parle quand même du Peter Evans/Weasel Walter Group.
Outre Mr Octopus, on y retrouve Peter Evans à la trompette (il est l'un des trois trompettistes qui interviennent sur l'album Apocalyptik Paranoia de Weasel Walter paru en juin 2009 chez Gaffer records) ainsi que Paul Hartsaw au ténor et Damon Smith à la contrebasse. Ces deux derniers sont des vieux briscards de la musique improvisée, exactement ce que l'on peut entendre sur ce Oculus Ex Abyssus (un œil hors de l'abîme ? j'en perds mon latin) composé de deux longs titres, un par face, ou plutôt deux longues improvisations collectives. On enregistre pendant l'après midi, on réécoute en soirée, on fait des coupes le lendemain matin et ça part au pressage deux jours après. Pour ça, l'improvisation c'est un truc très pratique, ça permet de faire de la musique au kilomètre sans trop se fatiguer - et même dans certains pays de cette vieille Europe cela permet de demander des subventions et de postuler à des résidences d'artiste.
Après on aime ou on n'aime pas. Le résultat est nul ou ne l'est pas. Ici, avec Oculus Ex Abyssus, c'est plutôt la pétarade en série et l'éclate de la sous-ventrière à la clef : nos quatre grands enfants s'amusent comme des petits fous, les souffleurs rivalisent de bruits de bouche et le jeu de Weasel Walter, toujours aussi drôle, est immédiatement reconnaissable, mettez lui un bavoir sinon il va encore en foutre de partout. Seul la contrebasse de Damon Smith est trop en retrait à mon goût (elle ne doit pas avoir d'amplification directe) et c'est dommage parce que question pets foireux de cordes tendues et grincements en tous genres à l'archet notre homme semble en connaître un rayon. On ne s'ennuie donc pas le temps que dure Oculus Ex Abyssus, le disque ayant aussi la bonne idée de ne pas s'éterniser, format vinyle oblige. C'est aussi la confirmation que Weasel Walter s'implique de plus en plus dans le free et de moins en moins dans les musiques binaires. Après tout, chacun fait ce qu'il veut de sa vie.

Haz (28/12/2009)
website groupe nowave.pair.com/weasel_walter/index.html
website label nowave.pair.com/ugexplode

Welldone Dumboyz
Magnetic Hippie Vol 1 - cassette
autoprod 2008

On avait quitté les Welldone Dumboyz au son d'un CDr gravé n'importe comment et empaqueté dans une pochette ridicule taillée au cutter. On pouvait légitimement penser que les belfortains allaient passer à la vitesse supérieure (un album par exemple, ou un split avec un groupe parisien mais néanmoins ami) et bien non, la lose est un art de vivre que rien ne saurait démentir. La nouvelle livraison des Welldone Dumboyz s'appelle Magnetic Hippie Vol 1 et est dispo uniquement en format cassette, objet d'un autre siècle et également comme chacun sait format préféré du patron.
On ne reviendra pas sur l'éternelle obsession zoophile de ces garçons pour le genre hippie (cf le titre), obsession qui se transforme tout au long des deux faces de cette cassette en raout bruyant et énervant regroupant chutes de démo enregistrée dans les chiottes pendant la première répétition du groupe, bandes passées à l'envers, hurlements d'ivrognes (We Got No Balls, haha la bonne blague), stridences électroniques en guise d'intro et de final. Du vrai foutage de gueule, du grand n'importe quoi.
Mais on aime les Welldone Dumboys. On les aime parce que derrière leur attitude de branleurs invétérés ça sent le pet foireux qui n'attend qu'une étincelle pour virer à l'explosion. Impossible de lire les titres des morceaux -c'est trop mal écrit et en plus c'est imprimé n'importe comment- mais il y a quelque part sur la première face un instrumental psyché/grungy/grumpy/noisy drivé par une basse qui claque sa race et donnerait envie de s'agiter même à un tétraplégique catholique en pleine prière du soir (si ça c'est pas la preuve que Dieu existe). Idem sur la deuxième face qui débute avec deux torch songs violemment inflammables et vicieuses (et un magnifique ripp-off d'un break de Led Zeppelin pour la seconde). Les Welldone Dumboys ont ce don pour mélanger les genres -et ça ratisse large, du stoner récalcitrant à la noise prophylactique- dans un grand saladier et en faire sortir une mixture foncièrement répugnante, collante mais néanmoins goûteuse.
C'est donc pour ça qu'on en redemande. Vous avez compris les petits gars, pour votre prochaine production, va juste falloir nous pondre quelque chose d'un peu plus maîtrisé (je n'ai pas dit moins bordélique, hein) et ce sera parfait.

Haz (24/03/2009)
website groupe welldone.dumboyz.free.fr

White Mice
Ganjahovahdose - CD
20 Buck Spin records 2009

Le grand retour de l'un de nos groupes de malades préférés : White Mice. Et sur un nouveau label qui plus est, 20 Buck Spin, après avoir épuisé Load records (deux albums) et Blossoming Noise pour un EXcreaMANTRaINTRaVEINaNUS paru en 2007, disque qui reste à ce jour le meilleur enregistrement des souris métamorphiques. Et pour celui-ci, même si la pochette est moins explicite et moins dégueulasse que d'habitude, la thématique tourne autour de ce qu'il reste de religion dans ce monde sans spiritualité. Ganjahovahdose c'est donc la rencontre de la lumière (celle de ton briquet quand tu fais chauffer ta dose de crack) et de l'obscurantisme, celui des croyances aux rabais, de l'hypocrisie et de la superstition. Avec ses illustrations (merci Michel-Ange), textes - qui ne semblent pas avoir grand rapport avec les paroles éructées sur le disque bien qu'étant présentés sous les mêmes titres - ou bandes dessinées, le copieux livret est à se tordre de rire.
Question musique on rigole tout autant, heureux que ces rongeurs suceurs de cervelle et lécheurs d'anus n'aient strictement rien changé à leur recette de fondue maléfique au fromage qui pue. Oscillateur en position bruitiste, basse mega saturée, batterie tribale et/ou en mode rafale et voix de shaman sataniste violeur d'animaux et équarisseur d'enfant. Un pur festival qui allie mauvais goût pour les bonnes choses, noise industrielle, chaos vitriolé, explosions de sperme, overdose de haine et imprécations malfaisantes. Ganjahovahdose est relativement plus ramassé et plus court que ces deux prédécesseurs directs, donc plus supportable et écoutable dans son entier sans risque de décrochage et de liquéfaction. C'est que tant de mauvaises intentions, tant de n'importe quoi nihiliste et tant de complaisance dans la destruction, on n'en écoute pas tous les jours.

Haz (15/11/2009)
website bands www.thewhitemice.com
website label www.20buckspin.com


Whitey

Don't tread on hope - CD
Sweet Fetus 2006

Whitey

Is this blues enough 4U (Baby) ? - CD
Sweet Fetus 2007

Avant que Whitey ne pointe son nez l'année dernière avec un album totalement passé inaperçu, Andy Newman avait déjà réalisé deux autres disques dans un anonymat encore plus complet que ce The Whitey album. C'est dire ! Des disques sortis sous le manteau sur le propre label de Newman, Sweet Fetus records, label qui avait déjà réalisé deux singles de Glazed Baby au tout début des années 90. Parce que - faut-il vous le rappeler bande de malentendants - le Newman de Glazed Baby et le Newman de Whitey ne sont qu'un seul et même homme et pour tous noiseux qui s'y croient, c'est avec respect qu'on écoute le Monsieur. Ce qui n'empêche pas d'être critique ! Il faut donc prendre ces deux disques comme une remise en route, des articulations rouillées qui se cherchent une voix sur laquelle remettre la gomme.
Ca recommence en 2006, voir en 2005, tout ça est flou avec Don't tread on hope, un CD cinq titres emballé dans un genre de poster double A4, dessiné des deux cotés et dont on ne sait rien sur l'auteur. Ca sent la bonne photocopie laser, autant dire le grand luxe pour Whitey. Des compos qui ne sont pas encore hantées par le blues comme ses poursuivants. C'est sec, épuré, faussement lent, ça sent la peine et la douleur, Newman a la voix qui traîne et le coup de cafard d'années moroses mais ça reste rock avec ce petit grain noisy pour donner de l'épaisseur. C'est même carrément glauque sur un justement donné Goin' down où pendant six minutes, tonnerre, piano famélique et batterie martiale vont superbement plombés l'atmosphère.
Une guitare, une batterie avec son pote Dan où le temps d'un A love withdrawal ou 6 Feet under, le souvenir d'un Glazed Baby en version filtrée se pointe et c'est loin d'être déplaisant. Newman n'a pas perdu la main.
En 2006, ou quelque chose comme ça, premier véritable album toujours emballé dans un genre de poster dans un format en longueur bâtard. Son nom en forme de question Is this blues enough 4U (Baby) ? Une interrogation qu'il faut prendre à la lettre. Si t'as le blues encré en toi comme la plume sur le cul d'un canard goudronné, la réponse est non. Par contre, si le blues provoque en toi une poussée d'urticaire à faire vomir un bouc, la réponse est oui. Alors en bon Normand que je ne suis pas du tout (j'ai bien des défauts mais pas celui là), la réponse se trouve entre les deux. Des éléments de blues, ces rythmes, ses lamentations, sa guitare slide, une atmosphère traînante et sentant le sud. Le fait que le disque fut enregistré à New Orléans ne doit pas être étranger à cet élément poisseux collant à la musique de Whitey. Mais Newman n'a pas la voix d'un noir du delta mais d'un p'tit blanc meurtri par des années de noise-rock. Les intentions de blues sont là mais passées dans les mains perverties d'un ex-Glazed Baby, ça donne une étrange mixture tour à tour prenante ou plus anecdotique. Ca va de la ballade blues presque traditionnelle (Hot'lanta ryder) à l'instrumental bancal et aliénant (Desperation blues) au rythme cadencé d'un Dizzy Miss Lizzy dont le violon final n'est pas le seul charme, sans oublier la complainte semi-acoustique et vicieuse de Sixth of the sixth. Newman et ses deux nouveaux acolytes ne peuvent s'empêcher de pratiquer un blues mutant, de saloper les racines et mettent les bases d'une musique hybride que viendra confirmer l'excellent Whitey album. Et on se rappelle qu'au temps de Glazed Baby, sur l'album Karmic Debt, ils reprenaient déjà du blues avec le Mad man blues de John Lee Hooker. Un vieil amour que Newman assume plus que jamais, lui donnant sa propre version. Version que les puristes du style ont toutes les chances de fuir en courant.
Le quatrième album est déjà en préparation. Vous pouvez écouter un titre sur leur myspace et il se murmure qu'une tournée française avec un groupe de Libourne commençant par un B pourrait se faire un de ces quatre…

SKX (03/02/2009)
website groupe www.myspace.com/whiteyrocks

Witch Hats
Solarium down the causeway - 10''
Z-Man 2009

Ecrit sur la route pendant leur tournée américaine, enregistré dans le même pays par Greg Ashley à Oakland, ce nouveau 10'' fait dans l'urgence et l'instantané. Phil Calvert a beau avoir participé au mixage final (avec Kris Buscombe le chanteur à qui on doit aussi l'artwork), Solarium down the causeway se fait direct, condition d'enregistrement live oblige, retrouvant une certaine filiation avec leur premier EP Wound of a little horse tout en s'éloignant de plus en plus de celle de Birthday Party. Respire un bon coup et mets la tête sous l'eau.
Les Australiens voyageurs commencent par balancer trois courtes salves post-punk incisives où coule au milieu Check the Center (prévu à l'origine pour un split 7'' avec Thee Oh Sees). Le titre qui fait mouche. Surprenant au début. Rapidement dépendant. Caisse claire militaire, bonbon pervers et acidulé, seul titre enregistré à Melbourne par Kris Buscombe, encore lui, au four et au moulin, puisque auteur également des cinq autres titres. Un mec qui n'a pas son pareil pour vous agripper l'ouie par un riff accrocheur, par vous transformer du Scientists en or fin. Stomach in your hair et Pleasure Syndrome, plus virulent, possèdent également cette élégance des petites frappes qui d'un regard perçant vous crucifient sur place. Dans Fucking with the Atmosphere, il ya Atmosphere, synonyme d'un morceau plus porté sur l'envers du décor, voilé dans une mélancolie acerbe et il y a fucking parce que… parce ce que ça ne fait jamais de mal.
Autre face, Witch Hats resserre les boulons, se fait plus abrasif. SESSA (Son of a silo salesman) est le genre de morceau typique qui grandit en studio, improvisé sur le tas. Rythmes répétitifs, riff en boucle, morceau hypnotique grossissant de ses propres tremblements, alimentant sa folie, pas loin de représenter les cinq plus belles minutes de ce disque. Le groupe de Melbourne coupe définitivement le cordon avec la troupe à Nick Cave sur un titre comme I Am Parolling, l'encrant dans une tradition rock'n'roll qui a écrit les plus belles lettres et déclenché les plus belles cirrhoses de vieux cramés australiens, tout en gardant cette classe et ce détachement indéfinissable. A l'origine, Witch Hats avait enregistré douze morceaux pour un album mais une fois à la maison, seuls six morceaux ont trouvé grâce à leur oreilles, préférant garder le meilleur de leur jus pour cet EP. Sans savoir ce que donnaient les versions rejetées, on peut dire que Witch Hats a su retenir les leçons de Cellulite Soul où une ou deux compos plus faibles avaient survécu et frappe cette fois-ci au plus juste. En plein dans la pupille.

SKX (06/12/2009)
website groupe www.myspace.com/witchhats
website label www.zmanrecords.com

Wolves In The Throne Room
Malevolent Grain - 12'
Southern Lord 2009

Comme pour me faire pardonner auprès de la direction de Perte & Fracas d'avoir pris une semaine de congés sans préavis et pour ouvrir de nouvelles perspectives à ce webzine il est vrai quelque peu sectaire et renfrogné (mais il y a pire : suivez mon regard…) voici une chronique d'un disque de metal. Mais pas de n'importe quel metal, une chronique de black, en l'occurrence avec les très en vue Wolves In The Throne Room. Ici pas de délire misanthrope, pas de culte odiniste, pas d'homophobie meurtrière, pas de nazillardises mal digérées mais un groupe vivant limite reclus au milieu de sa forêt au fin fond de l'état de Washington, soucieux de la dévastation de la terre par les hommes, conscient des limites destructrices du progrès et militant de la verdure. C'est un peu le Lagon Bleu au pays des gnomes écologistes et des lutins végétariens. Wolves In The Throne Room est un groupe de gentils hippies.
Dans le rôle de Brooke Shields, Jamie Myers (Hammers of Misfortune) est venue poser sa voix sur la première face de ce Malevolent Grain. A Looming Resonance est un low tempo vaporeux à faire mouiller les slips de dentelle noire de tous les gothiques baudelairiens de l'hémisphère nord, avec guitares lancinantes, break mortifère accompagné de double pédale et atmosphère agréablement délétère. Un titre idéal pour emballer la bitchette suceuse de sang de ses rêves. Sur la face B Hate Crystal est un titre plus classique, joliment fait (on est très loin de la noirceur suintante d'un groupe de true black) mais diablement efficace. Tout y est, y compris le chant de petit démon possédé et riffs en dents de scie.
Le titre -un peu ridicule- du morceau résume parfaitement le grand écart réalisé par Wolves In The Throne Room : la pureté d'un côté (crystal) et la violence de l'autre (hate). Ces mecs sont soit d'une naïveté à toute épreuve soit d'un idéalisme lumineux. En cette période de fêtes chrétiennes -Semaine Sainte, Pâques et tout ça (Jésus est mort il y a 1976 années, vous vous rappelez ?)- le culte serein et propre distillé par ces black metallers fait plutôt rire. Rappelons que si le sida ne tue que les méchants fornicateurs peu enclins à respecter les idéaux (hum) de chasteté et fidélité prônés par l'église catholique romaine, cela fait également longtemps que l'on sait que les guitares ne tuent pas les fascistes. Celles de Wolves In The Throne Room ne feraient pas de mal à une mouche mais ce groupe a une charme indéniable et puissant qui ne réside finalement que dans une sorte de vision fantasmée du monde. Personnellement je préfère quand même le nihilisme.

Haz (06/04/2009)
website groupe www.wittr.com/home
website label www.southernlord.com

Woman
Self-titled - CD
Bang 2009

Cette Woman n'est pas fréquentable. Bordel géant. Vicelarde, gouayeuse, au mieux de sa forme avec deux grammes dans chaque poche, se répandant par ennui dans le sordide. Sentimentale oserais-je mais c'est plutôt Closer et toute la vague australienne. The Scientists, époque Born Blood River et le Distortion de Human Jukebox, le rampant dans le caniveau plutôt que le rock'n'roll bon teint, un doigt de Beasts of Bourbon et la voix coulée du même tord-boyaux. A faire passer le chanteur de Killdozer pour un eunuque de droite. Et quand on transpose le swamp-rock bouilli dans la fange new-yorkaise, ça donne Woman.
Déambuler dans les rues, se faire mollusque au milieu des mollusques. Quatre types vénéneux dont le bassiste répondant au surnom de Skeleton Boy. Il ne faut pas longtemps pour deviner qui est l'élu quand vous matez la photo intérieure. Jeu de basse décharné. Rythme poignant, rythme d'aliéné, rythme écorcheur, la rencontre de Birthday Party dans l'univers urbain et sans foi d'une ville qui aime enfanter des bâtards, des Chrome Cranks et des Pussy Galore à chaque coin de ruelles sombres. Le blues revisité et maltraité par des malfrats. Woman sculpturale optant autant pour la décharge rapide que la longue cavalcade à tempo mesuré, Woman ondulante puis fracassante. Guitares généreuses, guitares par deux, par couches, multitudes de notes, bavardes jusqu'à parfois l'overdose et la limite de soli pénibles, même frelatés, particulièrement sur Phosphorescent Glow. Même les plus belles Woman ont droit à leur petit défaut. Surtout quand le reste est suintant de désespoir, de rage, qu'elle a du chien et qu'elle préfère te dire les choses en face plutôt que minauder. Bruit de vaisselle qui vole, orchestré par Martin Bisi pour un son au final plus typique de NYC que les grandes étendues désertiques. On serait presque à entendre du Unsane sur quelques notes aigues assassines, voir Ennio Morricone et le thème de Peur sur la ville au beau milieu de Gaol inside my heart par le squelette de service et ces quatre cordes perverses. C'est que cette Woman là nous ferait croire à des mirages, nous ferait voir de la beauté en plein milieu d'un lupanar infesté de morpions. Comme toute histoire d'amour, tout part en couille sur l'instrumental de fin Icy Drone. Les éclats et la corde au cou. Il faudra bien que je tire mon coup avant le crépuscule.

SKX (28/09/2009)
website groupe www.myspace.com/womannyc
website label www.bang-records.net

Waxeater - Jabberjosh
On Deck - Split 7''
Useless World 2010

En complément de leur album Sleeper, Waxeater est également de sortie sur un split single parue dans la foulée. Sauf que c'est tout sauf un complément de seconde zone. Leur inédit A Quiet Place Alone Away From Everyone I Hate tape dans les cinq minutes pour un plaisir encore plus grand. La section rythmique prend cette fois-ci le temps de tâter son pouls, de faire monter l'adrénaline en douceur, encadrant des refrains pour homme à la Fugazi et de tout miser sur une tension larvée. Du bel ouvrage encore une fois. De l'autre coté de ce single dont la pochette ne manque pas de héros, un duo basse-batterie originaire de Lawrence dans le Kansas. Les frangins Sam et Will Gunnerson. Certainement des boute-en-train à nommer ainsi le titre de leur comptine, Why the Fuck Would You Re-Issue Frampton Comes Alive?, manque de respect flagrant à grosse star américaine has-been, type guitare héros comme on n'en fait plus hélas et qui a mal un peu mal vieillit. Jabberjosh, c'est tout le contraire. Jeunes chiens fous à l'énergie chevaleresque comme une crinière peroxydée flambant dans un halo de lumière matinale, une technique de maréchal-ferrant, un bassiste-chanteur qui saute sur tout ce qui bouge, aboie sur tout ce qui passe avec une rare conviction et un batteur qui doit avoir, au bas mot, une douzaine de toms basse. Ou alors quatre paires de bras. Avec une petite relance très bien vue en plein milieu du carnage. Bonnement primaire et à surveillez comme on dit !

SKX (03/12/2010)
website groupe www.myspace.com/waxeatermusic | www.myspace.com/jabberjoshua
website label
www.uselessworldrecords.com

Waxeater
Sleeper - CD
Latest Flame 2010

On était resté avec un Decent Riff en guise d'apéro, un EP daté de 2009 où la description tenait dans le titre. Juste décent. Une sortie uniquement digitale que l'on télécharge aisément si on se donne un minimum de peine. Avec le premier album en dur, le trio de Bloomington (Indiana) a pris du muscle, de l'épaisseur. La machine à torgnoles est en route. C'est le syndrome The Stnnng et franchement, il y a pire comme maladie.
Force de persuasion et de pénétration identique, noise-rock viril qui ne s'embarrasse pas de cheminement erratique, Sleeper a tout pour réveiller les morts. C'est même plus d'une fois la grosse artillerie qui vous tombe de partout, la section rythmique ravageuse et le chanteur-guitariste qui colle désormais le mot indécent à ces riffs. Enorme. Et comme dans la voix, il possède ce grain de colère/folie typique aux grands malades qui s'ignorent, on rase les murs et on redemande sa branlée. Collection de dix titres s'enchaînant sans respiration mais sans jamais l'impression d'étouffer, écriture de haute volée, direct et jamais obtus, il y a du Kurt également dans ce Waxeater. Impossible de dégager un titre d'un autre. C'est compact, l'attentat et la rixe, pas de sursis, ça se gobe d'une traite mais pas le mal de crâne qui va avec alors si vous êtes friands des bombes à la The Stnnng, faites la fête à Sleeper.

SKX (03/12/2010)
website groupe www.myspace.com/waxeatermusic
website label
latestflame.com

Welldone Dumboyz
Self titled - CD
Fragment records 2009

Ils viennent de Belfort (ou de ses environs), ils sont jeunes, ils sont forts, ils sont beaux et un peu débiles mais heureusement pour nous ils ne sont que trois. Après avoir lâché dans la nature quelques CDr ou cassette complètement autoproduits et dont Perte & Fracas s'était bien évidemment fait l'écho, les Welldone Dumboyz se sont lancés à corps perdu dans l'incroyable aventure d'un premier album. Pour cela ils ont choisi le label Fragments records, une petite maison friande en absurdités auditives extrêmes et autre anomalies bruitistes mais également spécialisée dans les emballages faits à la main et avec du cœur à l'ouvrage - l'artisanat, la plus grande entreprise de France. C'est amusant parce que cela confèrerait presque un côté arty aux Welldone Dumboyz, impression fugace qui, je vous rassure tout de suite, s'efface dès les premières secondes du titre d'ouverture, l'imposant We Kill Your Local Heroes.
Il a aussi déjà été écrit quelque part que le trio développe un talent certain pour la stupidité : pour réussir à faire ainsi les cons il faut avoir un sacré don naturel ou bien savoir choisir les bonnes drogues au bon moment (sur ce point précis je n'ai pas d'opinion) et les Welldone Dumboyz, loin de renier leurs tics ataviques, ont considérablement amélioré leur recette sur ce premier album sans titre - cette absence de titre, au passage, c'est son plus grave défaut à ce disque : où sont donc passées les références/insultes au genre hippie ? Un album qui allie sans peine sérieux dans l'exécution musicale (réussir à slaper une basse sans passer pour le blaireau permanenté de service est un exploit qui n'est pas donné à tout le monde), travail fouillé sur les compositions (ne vous attendez pas à du couplet/refrain/etc, les Welldone Dumboyz sont plutôt adeptes des structures à tiroirs et à rebondissements) et humour invraisemblable, en particulier au niveau du traitement des voix - I Am The Cachalot laisse toujours autant perplexe, même après maintes écoutes, et la possibilité que ce titre soit également un hommage à peine déguisé aux Beatles et aux délires carrollien de John Lennon est bien entendu complètement hors sujet. Non, il y a ici de la fantaisie débridée voire absurde, du rentre dedans, de la performance (tant pis pour leur légendaire modestie de losers indécrottables mais, répétons-le, ces trois là assurent) et ce qu'il faut de décalage pour que l'on ne passe pas sans prévenir dans la catégorie gros gag forcé - écueil pourtant frôlé maintes fois mais toujours évité - ni la démonstration pas drôle en pitrerie niveau bac + 5. Le punk noise, psyché et légèrement grungy des Welldone Dumboyz est vivifiant (Peepwall), fantasmagorique (The Hole), plein de trouvailles (le saxophone qui s'invite sur Kill Your Local Heroes et le final tout en percussions sur le même titre), pervers (Bloody Green), débridé et messianique (Colossus Blue Goliath), bourré de saturation et de fuzz tout comme on aime. Pour couronner le tout, rien de tel qu'un peu d'autocélébration, surtout lorsque celle-ci sent la bouse séchée et la gnôle mal digérée (Thank You). Dommage que ce disque soit uniquement disponible à 100 exemplaires - certes numérotés et accompagnés d'une cassette live pour celles et ceux qui auront eu la bonne idée de précommander la chose - parce que, de toute évidence les gars, ce n'est pas comme ça que vous réussirez dans la vie. Pourtant, c'est tout ce que je vous souhaite. Ce disque est encore disponible auprès du label, qu'on se le dise.

Haz (20/06/2010)
website groupe welldone.dumboyz.free.fr
website label www.fragments.tk

We Only Said
Self-titled - CD
Range Ta chambre 2009

Le premier réflexe visuel a été de penser à la pochette du Total Destruction d'Unsane. Gros plan sur une vieille bagnole. La calandre, le feu brisé. Mais oubliez tout ça. Pas de sang, pas de bout de chair. Juste de la rouille et une impression d'abandon collant beaucoup mieux à l'univers de ce nouveau groupe de Rennes. Il partit de un (Florian Marzano). A l'arrivée, ils furent quatre. Plus de nombreux pèlerins ramassés sur le bord de la route. Le I devient We et bien qu'on dénombre huit personnes plus une parolière (Nathalie Burel), la musique porte la marque de son géniteur originel, conservant cette aura intimiste, ce fond de chambre ouvert aux amis de passage, leur offrir un pot et un peu de place dans les méandres de son jardin intérieur. Ce qui fait qu'au lieu de se retrouver avec un projet de folk dépressif, on hérite d'un spleen consistant. Et d'une très agréable surprise. Une clique qui trimballe sa mélancolie sur un fond de beauté sombre et pas mal de luminosité autour. Ou est-ce une petite flamme qui brille de l'intérieur ? C'était pas gagné d'avance. On a connu des groupes se casser la gueule, ne pas tenir la distance d'un album à répandre leur sale humeur cafardeuse sans se prendre les pieds dans l'abattement, à endormir l'auditeur bien avant la fin.
We Only Said a du souffle. Déjoue les pièges. Pour la simple et bonne raison qu'ils ont les compositions qui tuent. Rien de tape à l'œil et d'évident. Juste cette fameuse petite flamme qui tire chaque morceau vers le haut. Celle qui fait relever le sourcil à la première écoute, qui vous donne envie de remettre ça, d'y revenir mine de rien, de vous chauffer encore et à la fin, vous révèle dix compos terriblement attachantes pour peu que le moment de la journée soit propice. Des arpèges envoûtants de Driving my Car ou plus généralement, toutes les parties de guitares inspirées. Du programming, mot barbare pouvant devenir amical quand il est judicieusement saupoudré comme sur le mystérieux Our Monochrome Life. Une batterie impulsant de la nervosité et une ligne de basse parfaite (Get out Freakie). Du piano pas rebutant pour une touche de classicisme et cinématographique. Un chant retiré et planant et le plus évident, Eighty-Sixed (qui n'est pas un hommage à la 8.6) dont le clip vaut son pesant de légumes. We Only Said réussit à trouver l'équilibre adéquat, une douceur dans laquelle on ne s'écrase jamais, une tristesse qui n'est jamais de l'affliction gratuite, une tension interne pour rester sur le qui-vive et qu'on aurait aimé parfois plus voyante comme sur la fin de Killjoy ou l'enlevé Eighty-Sixed. A se balader toujours sur une même crête fragile, l'album manque parfois de ressort et d'accident. Mais leur univers est ainsi fait qu'on s'y enveloppe avec plaisir. J'en suis le premier surpris. Une sortie de route, l'envie de poser son sac et We Only Said.

SKX (26/01/2010)
website groupe www.myspace.com/weonlysaid
website label www.myspace.com/rangetachambre


When Chimps Attack
Self-titled - CD
Tenzenmen 2009

Quand les chimpanzés attaquent, ça vous laisse le cul pelé comme un babouin. L'Australie est plus réputée pour ces kangourous que pour ces primates mais l'ennemi vient de partout. Et en ce moment, il vient souvent de ce bout du monde qui n'arrête plus de nous envoyer des groupes noise-rock par paquet de douze. Et on ne va pas s'en plaindre. Le zoo de Sydney vient donc de lâcher trois singes pas avares en grimace, en grincements de dents et sauts périlleux sans filet. La production est sèche de chez sèche, pour ne pas dire rachitique, manquant cruellement d'ampleur mais c'est pour mieux te défriser les tympans. Cris d'orang-outan, un peu faiblard de ce coté là, mais comme l'album est majoritairement instrumental, ça ne dérange pas trop. Clin d'oeil à Big'N (ou New Brutalism, je ne sais plus) sur Whippet, au début, à la fin et un peu au milieu aussi sur le riff estampillé AC/DC exporté à Chicago bien qu'Oxes reste la référence la plus aisée à citer. C'est eux qui le disent. Ligne de basse Dazzling Killmen sur Michigan. Quelques pistes lancées au hasard le plus complet pour vous mettre l'eau à la bouche. Saisir le nerf de la guerre. Et avec When Chimps Attack, leur débilité latente et le second degré suintant, on a là une version punk et sauvage, au cordeau et forcenée. Le sens du riff ne s'attarde jamais sur la technicité et si les compositions ne vous sautent pas à la tronche de prime abord, trop brouillonnes et manquant d'impact, elles se révèlent sur la longueur, remplies de germes de qualité qui ne sont pas des cacahuètes balancées en l'air juste pour voir. Du bien bel ouvrage.
Mais ce n'est pas terminé. Le chimpanzé australien est joueur. Une fois l'album normal achevé, le groupe en rajoute une couche avec huit titres live (dont le dernier sans nom et n'apparaissant pas dans la list tracks). Comme le son de ces enregistrements ferait passer celui des onze titres studio précédents pour un péplum grand luxe, on ne va pas s'attarder outre mesure. Intérêt limité et partagé entre des morceaux entendus plus haut et des inédits sans grand relief, de la part d'un groupe qui passe pourtant pour être des bêtes de scène, catégorie gorille. Et gare à lui à l'avenir.

SKX (10/08/2010)
website groupe www.myspace.com/whenchimpsattack
website label
www.tenzenmen.com
sounds
bison.mp3


White Drugs
Harlem - CD
Kunstwaffe 2007







White Drugs

Gold Magic - LP
Amphetamine Reptile / Kunstwaffe 2010

Difficile de ne pas commencer cette chronique sans mentionner le blair accoler au verso de Gold Magic. Amphetamine Reptile. On ne se refait pas. On n'a pas été marqué au fer rouge par la quasi-totalité de la production d'un label sans que l'apparition de son nom vous fasse frissonner le poil. Un label qui a levé le camp à la fin des années 90 mais qui remet quelques banderilles de temps à autre. Un peu plus que rarement ces derniers temps… Et là, avec White Drugs, on peut dire que le boss, Tom Hazelmeyer, a toujours le coup d'oreille bien placé. Chez lui, c'est synonyme de coup de boule. Mais reprenons le fil de l'histoire.
White Drugs, from Denton, Texas. Oui, Texas. Rien que l'évocation de cet état doit faire frémir dans les chaumières. Texas et sa réputation d'enfanter des groupes d'allumés. White Drugs fait honneur au drapeau. Et n'a eu besoin de personne en 2007 pour sortir Harlem, un premier album sur leur propre label qui sonne comme une guerre éclair, Kunstwaffe records. Morceau d'ouverture des hostilités. Désormais, The Stinger ne sera plus seulement le nom d'un lance-missile mais également celui d'un morceau killer. White Drugs annonce la couleur. Et elle vire tout de suite au rouge. Epais, grumeleux, flot continu. Une minute trente basique d'enculade à sec. Pardonnez le langage, c'est l'effet White Drugs. Monte direct au cerveau. Ne contrôle plus rien. Pour revenir sur terre, on pourrait évoquer une bonne dose de rock-garage massacré dans une camisole noise, du Stooges ultra sexe massacré à la saturation, un Hot Snakes sortant de ces gonds, MC5 sur le bûcher de la modernité, The Saints étranglant son I'm Stranded au petit déjeuner mais ça ne serait pas raisonnable. L'effet White Drugs toujours. Un groupe capable de commettre un I Hate your face (en deux versions, la seconde étant suivi du qualificatif entre parenthèse : depressed) est un groupe capable de tout et j'ose imaginer la représentation concert. La voix de Christian Breit a cette menace au fond de la gorge qui le rend tout de suite sympathique. Jonjj Laquaglia bousille sa batterie, simplement, méthodiquement, implacablement. Et c'est ce qui est choquant avec White Drugs. Avec une impressionnante économie de notes, des moyens dérisoires, ils mettent le feu. Des riffs qui tiennent sur une corde mais quels putains de riffs. D'une précision de boucher avec juste suffisamment de débordement pour se ramasser dans le caniveau. Et des étincelles de génie au beau milieu de l'incendie, à faire bouffer sa guitare à Jon Spencer. Sous leurs airs de bas-fonds, White Drugs a le sens du shot, enchaîne les brûlots et érige Harlem en Mecque du rock'n'roll avec le mot dangereux en son centre. Là où il devrait toujours être.
On se calme et on boit frais.
Amphetamine Reptile arrive donc dans la place. Sacré Tom. Pas étonnant que ce groupe lui plaise. A l'entendre parler, Dieu le père évoque Drunks with Guns, ces gros balourds de Cosmic Psychos, toute cette fange de ramassis de rednecks qui lui colle comme une seconde peau. On va pas le contredire. Il a l'air costaud l'Hazelmeyer. Mais White Drugs ne boxe pas dans la même catégorie. Dès Saddle pains, c'est The Stnnng qui m'a sauté à la gorge. Alors peut-être parce que leur Smoke of my will tourne en boucle à la maison. Que le chant - les chants, l'autre guitariste (Jeff Helland) s'y met aussi - ont une personnalité forte comme celui de Chris Besinger. Mais ce fond de culotte où traînait une pastille sixties sur Harlem semble disparaître avec l'eau du bain. White Drugs intensifie le tir, tout en le concentrant, tape plus franchement dans la catégorie rock'n'roll turgescent, de cette fièvre qui les habitent. Et de la bonne humeur. Vous me ferez bien une petite pipe après ça. Morceau suivant, Unmaker, les quatre texans s'amusent à pasticher une musique de James Bond sur un riff transcendant. Et qu'ils ne me disent pas que c'est involontaire. L'enregistrement est d'une chaleur incandescente, pas loin d'invoquer Part Chimp sur DMT. Ce gros grain qui suinte, cette saturation naturelle ne fait que densifier leur propos et accentuer leur dangerosité. Les riffs ne s'embarrassent toujours pas de notes superflues pour mettre le feu aux poudres. Treize morceaux qui tapent tous autour des deux minutes, catégorie Pissed Jeans en action directe, Stooges un jour, Stooges toujours. Ca enfile les perles, ça nous enfile tout seul. White Drugs, ce n'est pas la pire des cames. C'est le paradis, une défonce prescrite sur ordonnance par les grandes instances du rock'n'roll !

SKX (20/10/2010)
website groupe whitedrugs.org
website label http://kunstwaffe.com | www.amphetaminereptile.com

White Out - Giffoni - Yeh
Live At No Fun - LP
No Fun Productions 2009

No Fun Productions c'est le genre de label qu'affectionnent particulièrement les sourds dingues et les snobs, un label spécialisé dans le bruit, l'improvisation totale et radicale, le foutage de gueule, le mal de tête, le concept obligatoire et l'agression musicale comme mode d'élévation de l'esprit. Ecouter un disque publié par No Fun c'est la plupart du temps remiser les débuts pourtant tumultueux de John Zorn - par exemple In Memory Of Nikki Arane avec Eugene Chadbourne, The Classic Guide To Strategy ou Lacrosse, tous ces trucs là… - au rang d'enfantillages sans lendemain et de pets foireux. No Fun s'est notamment distingué en éditant des anthologies de japonais terroristes comme C.C.C.C. (quatre CDs tout de même, faut se les farcir, hein) et en servant de base de repli à de grands malades tels que Prurient, John Wiese, Smegma et Carlos Giffoni.
Carlos Giffoni que l'on retrouve avec son vieux synthétiseur analogique sur ce LP enregistré en compagnie de C. Spenser Yeh (Burning Star Core) et le duo White Out soit Tom Surgal (batterie) et Lin Culbertson (instruments divers, tout et n'importe quoi, dispositif électroacoustique dit on dans ces cas là). Tout ce beau monde a été enregistré pendant l'édition 2008 du festival No Fun à New York - ça c'est une bonne vieille méthode qui a fait ses preuves pour obtenir de la matière première (cf le label FMP à Berlin), festival et label s'autoalimentant mutuellement et naturellement.
Live At No Fun c'est donc deux plages auxquelles on a donné des titres après coup - Turbulent Flow en face A et The Junkman's Obligato en face B - et extraites d'un concert à l'ambiance certes radicale mais pas aussi tonitruante que ce à quoi on pouvait s'attendre. Mettons-nous tout de suite d'accord : si tu veux écouter de la mélodie, de la composition bien en place avec élégance et distinction, vas tout de suite voir ailleurs. Mais, pour autant bordéliques et sans complexes qu'ils soient, ces deux titres n'ont rien du mur du son qui rend dingue ou extatique. Non, on navigue plutôt du côté de longs mantras dissonants à peine perturbés par des roulements de percussions et des cliquetis de cloches (tibétaines ?) alors qu'une nappe sonore imite le chant d'un moine soldat en pleine séance de relaxation après avoir décapité quelques vilains démons malfaisants. Turbulent Flow est ainsi traversé par une dynamique qui ne se dément pas et The Junkman's Obligato est beaucoup plus sujet à la nervosité et aux interférences bruitistes tout en gardant ce côté je plane sur un tapis de clous qui donne forcément envie de taper une discussion sérieuse avec Joey Wong transformée en grand serpent blanc avant d'être obligé de la découper en rondelles elle aussi. On peut trouver une certaine beauté à cette cacophonie shamanique plus enivrante que bruyante.

Haz (17/01/2010)
website groupe www.whiteoutinc.com | www.carlosgiffoni.com | www.myspace.com/cspenceryeh
website label www.nofunproductions.com


White Suns

First CDEP
Self-released 2008

White Suns

Split tape with Shearing Pinx
Isolated Now Waves 2009

White Suns

Cavity - Tape
Pregnant records 2010

White Suns

Mourning Chamber - CDr
Cedar and Pine 2010


C'est pas dans les habitudes de la maison de chroniquer des MP3s. A cela, deux bonnes raisons. La première, c'est que le CDEP réalisé par le groupe et leurs propres moyens qu'ils ont maigres est introuvable. Même White Suns n'en a pas pour sa tronche. La deuxième, c'est que les deux sorties suivantes ont comme support la putain de cassette. On a déjà eu l'occasion de s'exprimer pleinement sur le sujet dans ces pages et de la futilité de ce revival. On va pas non plus envoyer des dollars par delà les océans pour se procurer ces vulgaires machins. Et puis, il y a une troisième bonne raison, la meilleure de toute. Le gros bordel bruitiste des New-Yorkais de White Suns est bandant à mort. Ca suffit amplement pour en parler, même avec du virtuel.
White Suns existe depuis 2007, avec trois personnes habitant dans trois villes différentes, ce qui explique les débuts erratiques du groupe. A la même époque, Kevin Barry (guitare/voix) chantait/hurlait aussi dans Cutter, dont le seul single vaudrait quelques lignes et le détour, avant de se désintégrer en deux groupes : Pygmy Shrews pour trois d'entre eux et White Suns pour Barry qui peut désormais se consacrer pleinement à ce projet depuis que ces deux acolytes (Rick Visser - guitare, electronics, percussion - et Dana Matthiessen, batterie) ont rejoint NY.
Si vous avez suivi les dernières évolution de la scène noise new-yorkaise, la simple évocation de Pygmy Shrews et le fait que White Suns est potes avec les Drunkdriver, Twin Stumps, Pop. 1280 (on reparle de ces deux derniers bientôt) doit vous mettre sur la voie. Ou plutôt la fuir. Car White Suns est encore pire. C'est la branche dure, celle qui fait penser à un autre fleuron de NY, Neptune, croisé avec Flying Luttenbachers pris sous le feu d'une salle de machine d'un porte-avions en pleine attaque de kamikazes.
Des faiseurs de bruit oscillant entre la pureté du grésillement lourd et le tranchant du punk, le matraquage en règle, sans préavis et le rock primitif qui te donne envie de revoir l'intégral de Conan le Barbare.

Les cinq titres du CDEP laissent à penser que l'acide est en vente libre dans les rues de NY. Pas celui qui te fait monter grave mais le sulfurique dont les plaies sont irréversibles. Les tympans suintent, l'épiderme tressaille pendant que White Suns prépare en douceur sur l'intro de Pieta la future mission punitive qui finit immanquablement par arriver. Déluge aussi violent que soudain, cris abrupts, par vagues de deux. White Suns aime le pilonnage, élémentaire et qui soulage des mauvaises pensées. Le morceau Don Mattingly en est la parfaite illustration. Jouissif. Le trio alterne les expérimentations, les parties qui font monter l'angoisse à base de cliquetis et de bout d'acier froid et l'attaque frontale, triture le larsen, torture l'électronique, en appuyant par des rythmes/percussions déchaînés. Le son n'est pas encore à la hauteur mais le pire est à venir.

Sur la cassette partagée avec Shearing Pinx (pas entendu leurs titres), White Suns fourni trois morceaux. Ils reprennent Don Mattingly, intitulé Son Mattingly. L'épaisseur du son, la puissance de feu joue dans une catégorie supérieure. White Suns rigole de moins en moins. Mais le meilleur est pour le suivant. Growth, avec son contraste aliénant entre les arpèges innocents en mode répétition et le déchaînement rythmique et sonore tout autour, le chant contrasté également entre mode parlé et hurlement, tout contribue pour vous faire craquer. Il y aurait presque du Deity Guns là-dedans, la version extrême et malade des nerfs. Nerfs qui finissent par lâcher totalement sur My Form Fades, son rythme mitraillette, ce concassage sonore et les ruptures d'anévrisme parcourant ce passionnant chemin de croix.

Dernière livraison, la cassette Cavity et cinq titres sans partage. Communion, déjà présent sur le CDEP, se représente devant l'autel de la noise, encore plus martyre dans l'âme. Neap tide arrive à nous faire patienter grâce à une plage à l'ambiance bruitiste ténébreuse et bien maîtrisée ou l'art de rendre le larsen et les triturations sonores appétissants. C'était pas gagné. Mais c'est quand White Suns sort l'artillerie lourde, que la batterie pilonne de partout, que les cordes vocales s'arrachent qu'on les préfère comme sur le saisissant Centering. White Suns ne reculant devant aucun sacrifice, ils rajoutent de la longueur au plaisir sur Burial rites. Sept minutes trente renvoyant à Headbutt, cette approche industrielle sur des rythmes martiaux ou tribaux avec une bonne couche de crasse bruitiste et l'impression qu'une armée de forgerons et tourneurs-fraiseurs a squatté le studio. Des ouvriers du bruit qui ont laissé leurs sales pattes sur le titre final Sundial pour une fin tout en apesanteur grésillante et fin de cycle de l'essorage. White Suns, trio lacérant, fonctionnant au noise-rock extrême et cathartique. On les verrait bien débarquer chez Load records.

Mais alors que l'on met un point final à cette chronique, White Suns sort de son esprit torturé une nouvelle production de dernière minute. Encore une fois, on va se contenter du MP3. Format CDr cette fois-ci, sur Cedar and Pine, tirage 100 exemplaires et portant le nom de Mourning Chamber. La chambre du deuil sonne comme un avertissement. On va pleurer nos tympans. Un seul morceau, quinze minutes de plongée sombre dans les entrailles de la bête. White Suns révèle pour le coup une dimension free-noise dont l'intensité n'est jamais oubliée et dont le fait marquant est ce tapis de rythmes comme un tapis de bombe, un déluge, un grondement de percussions/batterie volant allègrement à travers les tirs de saturation, cette guitare lézardant le ciel obscurci, le synthé brouillant les ondes et les hurlements, les yeux fermés. J'ai le flash.

La prochaine étape est encore une cassette (avec The New Flesh) et enfin du dur, du vrai, du vinyl avec un 45 tours sur Dais records et un autre single partagé avec Twin Stumps.

SKX (26/02/2010)
website groupe whitesuns.blogspot.com | www.myspace.com/whitesuns
website label www.myspace.com/isolatednowwaves | prgntrecords.com

P.S. : Dana Matthiessen a un projet solo appelé Cancer Dance (c'est la face larsen & triturations de White Suns) et Rick Visser joue également au sein de Open Star Clusters (la face plus rock de White Suns)


Wisdom Teeth

s/t EP - 2007
s/t EP - 2010
Cometh LP - 2010
Radio is Down records

Olympia, Washington. De cet état du nord américain, on connaît essentiellement K records. Mais il existe un autre label qui monte autant que sa Radio is Down. Sa dernière trouvaille, il l'a trouvé dans le même patelin, l'histoire ne dit pas si c'est dans un cabinet de dentiste, et se nomme Wisdom Teeth. Ou Teef. On trouve les deux. Ou les trois puisque c'est désormais le nombre de disques réalisés par ce trio avec l'album qui vient de débouler. Comme l'unité de ces trois sorties de leur jeune carrière ne se dément pas, que l'on découvre le tout (pratiquement) en même temps, on fait un prix de gros pour une éloge globale.
Par le biais de deux EP cinq titres self-titled mais connus sous le nom de Blue EP en 2007, parce que la pochette est bleue et le White EP début 2010 parce que la pochette est.. grise, Wisdom Teeth et son minimalisme rude a séduit de suite. Sous la bannière post-punk, on fourre quantité de choses mais Wisdom Teeth a le droit d'y prétendre, bien plus que la majorité laborieuse. Parce que non seulement ils ne singent personne mais en plus, ils en ont gobé tout l'esprit en ne faisant penser à aucun groupe en particulier. C'est toujours ça de pris. Wisdom Teef, c'est pas du compliqué. C'est la bonne triplette guitare-basse-batterie, abrasive, sombre dont l'enregistrement au cordeau confère une aura austère. Point de débauche et d'effets de manche. On pourrait presque trouver un manque d'ampleur avec un petit coté bancal sur certains passages. Mais c'est le charme de leur jeunesse qui elle, n'a rien à envier à personne quand il faut écrire des compos toutes en nerf, portées par le point fort du groupe, le chant de Forrest Peaker, également guitariste. Une voix à la G.W. Sok (ex-chanteur de The Ex, je préfère préciser pour les débutants), tout en colère rentrée, mi-scandée, mi-parlée, portant, élevant chaque titre du bout de ces cordes vocales. Des compos ramassées sur elles mêmes, des boules de suif, prêtes à bondir. Des Beautiful Mistakes, Drone City, Riot Eyes (sur le second EP avec l'arrivée d'un nouveau bassiste sur deux titres) qui montrent une qualité grandissante par rapport à un premier EP déjà excellent où des titres comme Building Blocks et Golden étaient déjà bien mûrs. Aucune tête ne dépasse dans les morceaux, tout se tient et on prend tout.
Et puis vient le temps de l'album et le sujet qui fâche, le gros bémol de ce Cometh. Sur les neuf morceaux, on retrouve les cinq du White EP. A l'identique. Comme vous êtes très forts en arithmétique, vous avez calculé qu'il ne reste plus que quatre inédits. Comme vous êtes décidément très forts, vous avez vite compris que vous pouvez faire l'économie d'un EP. Pas comme certains... A moins d'être fan du blanc qui vire au gris. Ou d'aimer le format 10'' dans lequel devrait sortir bientôt ce EP et son grand frère. Bref, les groupes qui ressortent deux fois les mêmes titres, voir l'intégralité d'un disque sur le suivant, on devrait leur arracher les dents une à une. Pour se rattraper, le vinyl est d'un violet tacheté superbe. Pour les autres, vous aurez une première carte de visite tout bonnement remarquable, concise, âpre avec une guitare épineuse, semant des germes mélodiques qui restent en bouche et un très beau locked groove à la fin de la face sad tooth. Et comme les quatre inédits, qui ont sans doute été enregistrés pendant la même période que les cinq autres, ne dépareillent pas dans le lot, vous avez la naissance d'un nouveau groupe comme fleuron excitant du post-punk dernière génération.

SKX (03/11/2010)
website groupe www.myspace.com/wisdomteef
website label www.radioisdown.com


 
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