WAAVE
"
timestorm was the signal " - CD
Silver Rocket / Minority 00
La
République Tchèque ne finit pas de se signaler à
nous. A l'est, toujours plus à l'est, la scène s'élargit.
C'est autour de WAAVE d'échouer sur nos rivages. Par fragments
et courants multiples. Un collectif aux influences très
diverses, qui au lieu de chercher à imposer un style par
rapport à un autre, construit un univers baroque. Pas étonnant
de retrouver des membres de Waave au sein de projets électroniques
(Toxicky Boom), post-rock ( C ) ou post hard-core (Blank). Waave
reste leur exercice principal et chacun y met de son grain de
sel. Psychédélisme bruyant entre deux coulées
d'ambiances jazzy. Touche emo, accélération post
hard-core, dérivés à la June of 44, intrusions
d'harmonica, d'une flûte. Waave ne manque jamais de ressort,
de vous surprendre, pas toujours forcément dans le bon
sens, le ressort a des rebonds que Waave contrôle parfois
difficilement mais la démarche générale garde
le cap. Et ce n'est pas une mince gageure que de proposer au final
une unité de tons, un album qui se tient malgré
quelques faiblesses à s'éparpiller. Une musique
riche et dense, démarche originale. C'est déjà
ça de gagner !
SKX (31/01/2001)
|
WEIGHT
& MEASURES
"
tonight, the lower abdominals " - CDEP
Matlock 01
Poids
et mesures. Drôle de nom pour drôle de concept. Tout
un délire autour de la minceur et son corollaire l'obésité
sur fond d'images rétro années cinquante. Et où
ce trio canadien vous encourage à prendre du poids. Satyre
humoristique de notre société mais il ne faut pas
attendre que ce sujet soit développé dans les paroles
puisque que Weights & Measures uvre dans la grande tradition
des groupes instrumentaux. Un programme alimentaire allégé
puisque seulement 6 titres pour un quart d'heure de musculation
intensive nous aient proposé. Ces camarades de label de
The Plan connaissent en tout cas le dosage parfait entre vélocité
et précision, entre math-rock sans édulcorants et
chansons noise-rock pimentées de juste ce qu'il faut de
mélodies. Six titres sans un gramme de gras, très
enlevés et dynamiques. Au contraire de nombreux groupes
descendants de Don Caballero, Weights & Measures va droit
au but, ne multiplie pas les contre-rythmes, mets de la gaieté
dans ces riffs et ces compos. Un mets succulent à imposer
sur toutes les bonnes tables.
SKX (18/12/2001)
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WICKETRAN
"
frills and flashy finery " - CD
Snackbag 01
Le
duo se sert bien chaud. Debout sur le canapé, nicker les
ressorts. Faire le plus de bruit possible pour épater les
voisins, remplir l'espace, se mettre en quatre pour combler les
manques, faire croire à l'adversaire que t'es vachement
nombreux et t'as qu'à faire gaffe à ta gueule. Alors
là, Wicketran peut sortir ses guenilles tranquille et se
la jouer fine. La basse tour à tour rondouillarde et mélodique
ou alors carrément poussiéreuse et vrillante. L'étalon
de mesure, quand on cause basse-batterie, reste Godheadsilo, à
tous les coups on gagne. Mais le nouvel étalon qui prend
du galon dans la formule, c'est Lightning Bolt. Et Wicketran,
quand il allie le violent et le ludique, l'humour dans le rythme,
s'en rapproche fortement. Linéaire, binaire, à la
pêche ou au gros gibier, Wicketran déploie les multiples
cordes de son arc. Quitte à sortir le grand jeu sur un
rush final qui frôle les douze minutes. Tout y passe. Leur
approche free et féline n'en ressort que mieux sous le
soleil. Un morceau qui leur laisse de belles perspectives. Et
qui démontre que la formule basse-batterie a encore de
beaux jours devant elle.
SKX (17/01/2002)
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WINSTON
"
ohne utopien bleibt die welt ein dreckshaufen " - 7"
Nova recordings 00
Le
poing levé au nombre de cinq de la pochette ne laisse en
rien présumé d'une ballade romantique au coin du
lac. Chaotique, engagé, 7 titres aux angles blessants.
Chant en Allemand, cris rouges qui assaillent avec de la proéminence,
des rythmes qui crépitent. Ces presque trop courts pour
être apprécier à sa juste valeur, on en redemande
de ces accès de fureur. Avec mention particulière
pour " tired of.... " et " schblonen ". Sur
le label des grandioses Yage, ce nouveau groupe allemand à
la cafetière en fusion, ne déroge pas au bordel
ambiant déjà généré par d'autres
confrères mais la passion et le savoir-faire en bouche
un coin !
SKX (05/10/2000)
|
WOLVES
"
art.culture.work. " - CD
Coalition 02
L'éclatement
de Orchid a donné des flammèches multiples. Panthers,
Bucket Full of Teeth et les derniers nés, Wolves. Deux
ex-Orchid, le roadie, un quatrième surgit de derrière
la porte et Wolves sort sa première griffe. Outre le patronyme
de félin commun à Panthers (la conspiration s'installe?),
Wolves partage également ce même discours pseudo-révolutionnaire
(à deux balles serais-je tenté de rajouter mais
je suis un vieux aigri), cette volonté de faire de l'art,
non pas pour l'amour de l'art, mais pour changer la face du monde.
Passé leurs slogans post-étudiants ("the avant-garde
is death. This is the avant-garde"), Wolves est redoutable
de fraîcheur et de dynamisme. Dans la mouvance emo-rock
400 Years et Shotmaker avec une pointe de JR Ewing, ils s'installent
en haut de l'affiche. Huit morceaux dont le seul titre à
chaque fois est un chiffre (entrecoupés par des samples
anecdotiques) et qui pulsent dans les rues désertes. Une
passion adolescente où ça fonce tête baissée,
sans une arrière pensée pour un lendemain incertain.
Tout coule de source, rafraîchit les poumons, dénote
une vitalité prête à remuer les foules. Léger
comme une balle traçante. Pour peu, on serait prêt
à les suivre dans leur discours cousu de fil blanc. Art.
Culture. Travail. Loin d'être mes trois mamelles préférées
mais cet album est à posséder d'urgence.
SKX (18/09/2002) |
Wives
Erect the youth problem - CD
Cold Sweat 2004
Wives est un nouveau groupe qui brille de mille feux à
Los Angeles! Pour la petite histoire (avant la grande ?!), Dean
Spunt, le chanteur, a crée son propre label, Post Present
Medium records, après un accident de voiture dont le
responsable était un membre des Backstreet Boys, groupe
mega-star à minettes. Avec les royalties de l'assurance,
il a ainsi pu sortir les deux premiers 45 de son groupe. Quand
l'indépendant doit tout aux majors héhé
!! Mais qu'on se rassure, ces jeunes épouses n'ont rien
à voir avec ce monde truculent. Wives est un pur produit
de l'école du bruit, option sans concession. Des rythmes
qui pilonnent. Des morceaux uppercuts qui dépassent rarement
les deux minutes. De pures secousses qui claquent. Des ruades
à peine contrôlées. Le monde noise-rock
des Wives doit autant à Rapeman qu'à Lightning
Bolt, voir une version noise-rock des Minutemen. C'est de l'énergie
primaire, sans souci de contrôle. Ca joue sur la pulsion,
sur le nerf avec des guitares finaudes et pleines de jus. La
déconstruction pour mieux reconstruire. L'éructation
variée du chanteur à qui on ne présentera
pas sa petite sur. Avec ça, la jeunesse va filer
droit. Wives déclaré d'utilité publique.
SKX
(14/11/2004)
website
label www.coldsweat.org
www.thesmell.org/ppm/index.htm
sounds
www.coldsweat.org/sounds.htm
|
|
We
Invented Tornadoes
s/t - CD
Learning Curve 2003
Nous revoilà parti faire un bond en arrière. Quand
Amphetamine Reptile records sévissait sur le marché
du disque et faisait la pluie et le bon temps. Ce trio de Minneapolis
(tiens tiens!) avait déjà réalisé
un 45 sous le nom de Snails mais pas convaincu par leur nom,
ils ont changé en We Invented Tornadoes. L'appréciation
de ce changement reste à votre discrétion. En
tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il n'ont pas inventé
le fil à couper le beurre! Derrière les fûts,
on retrouve Pete Beeman, ex-Guzzard, et donc nous revoilà
rassurer, on la tient notre explication, que pourquoi tout ça
sonne comme un air de déjà entendu! Et comme à
l'époque de Guzzard où le Pete jouait avec son
frangin (Tom), il perpétue la tradition familiale mais
opte pour le 3ème frèrot (Dan, chant et guitare)
avec un bassiste, Dan Riley (ex-Cooper, le frère de Sté,
hahaha!). We Invented Tornadoes fait du punk-rock, carré
et court sur pattes, façon Helmet et donc Guzzard. Punk-rock
version lourde donc mais couplet-refrain-couplet, la mélodie
qui va avec, les petits soli qui font crisser les dents, le
son actuel certes mais on ne peut s'empêcher de penser
aux grandes années du grunge, à Nirvana et tout
un tas de groupes qui laminent le style. La production tonne,
ça ne manque pas de sel mais bon tout de même,
soyons sérieux cinq minutes!
SKX
(02/04/2004)
website
groupe
www.weinventedtornadoes.com
website
label
www.learnigcurverecords.com
sounds
Blue.mp3
| Average.mp3
| Trixx.mp3
|
Whirlwind
Heat
Do rabbits wonder? - CD
Third Man / V2 / XL Recordings 03
Jeunes
gueules de premier pour musique du moment. La mèche rebelle,
le regard tourné vers le début des années
80, Wire et compagnie. Trio dans le vent mais tout sonne vrai!
"She's only 22" chantent-ils sur "Purple".
Vient dans mon piège à gonzesse, sur cette musique
où tous les titres portent des noms de couleurs, te déhancher,
même chaotiquement, sur cette batterie minimaliste dans
sa conception, sa basse saturée et ce cri qui va bien
muer un jour. Très peu d'effets, droit au but, morceaux
qui font le minimum. Rock, wave et noise. Dissonant et revêche.
Whirlwind Heat trouve sa place entre Erase Errata et les Ex
Models. Sur la durée et avec le poids des ans, ça
peut mal vieillir mais cette sucrerie au vitriol est là
pour faire bouger, dans l'instant, sans arrière-pensée.
SKX (24/02/2004)
website groupe
www.whirlwindheat.com
website label www.xlrecordings.com
- www.v2records.co.jp
|
|
Wrangler
Brutes
The tape - LP
X-Mist 2005
Wrangler Brutes, c'est de la vieille école (old school
si tu préfères, jeune branché que tu es),
celle d'avant Internet et des mp3s à dégorger
sur ton ipod. La branche historique, sans concession et qui
se fout des modes. Allez faire un tour sur leur site web
pas
si old school que ça
en fait si
juste une
page avec une splendide photo qui j'espère n'aura pas
changer au moment de votre clique et vous comprendrez que le
hardcore n'est pas une histoire d'esthétisme, de visuel
et qui qu'aura le plus beau tatouage. Dans ce groupe de Los
Angeles, on retrouve des vétérans de la guerre
comme Sam McPheeters (Born Against, Men's Recovery Project)
et Brooks Headley (Born Against, Universal Order of Armageddon,
Skull Control), toujours vaillants et l'esprit de jeunes poulains
qui feraient leur première tournée. Ce vinyl s'appelle
" The Tape " parce qu'il est sorti à l'origine,
je vous le donne en 1000, en cassette uniquement en 2003 et
avant leur second album " Zulu " sur Kill Rock Stars
au début de cette année. X-Mist, qui ne fait pas
l'âge de ses artères et qui a plongé tout
petit dans la marmite punk/hardcore, ne pouvait laisser passer
sous silence cet enregistrement qui circulait à l'arrache.
Alors si vous êtes fans de hardcore façon Black
Flag et Circle Jerks, Wrangler Brutes est fait pour vous. 32
morceaux casés sur deux faces au son de démo (c'est
Albini qui a enregistré le second album, la différence
est notable). C'est brut de décoffrage mais pas bas du
front. Basique sans être primaire avec parfois de bons
riffs qui nique ta race de blanc bec. Des branleurs comme on
les aime.
SKX
(28/11/2005)
website groupe www.wranglerbrutes.com
website label www.x-mist.de
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Wedding
Present
Take Fountain - CD
Talitres 2005
Qui
m'aurait dit que je chroniquerais un disque des Weddoes en 2005!
Même si par ces temps pourris, les reformations fleurissent
à tout coin de rues, je n'aurais pas parier grand chose
sur la qualité d'un éventuel nouvel album de David
Gedge. Par respect pour le passé et tous les bons disques
qu'il nous a sorti, j'aurai préféré laisser
sous silence ce retour. Mais voilà, après pratiquement
20 ans d'existence, The Wedding Present a un brusque retour
de flamme et après neuf années de parenthèse
et d'égarements avec Cinerama, nous sort l'album qu'on
attendait pas ! Entendez par là qu'il n'arrive pas à
la cheville (bon allez le genoux) d' un " Bizarro "
ou " Seamonsters ", faut pas délirer non plus
mais quand on s'attend à pas grand-chose (pour être
gentil) et qu'au final, vous êtes tout surpris d'avoir
passer un agréable moment au chevet d'un convalescent,
il n'en faut pas plus pour croire au miracle ! On retrouve ces
longues cavalcades où les mélodies répétitives
et entêtantes font tout le charme du groupe de Leeds.
Avec les années qui passent inexorablement, la chape
de plomb s'est considérablement allégée.
Aérien, tout dans la subtilité, cette fuite en
avant, ce parfum de mélancolie, cette voix féminine
qui parfois appuie les turpitudes de Gedge. Ces violons qui
se mélangent aux cordes électriques, c'est presque
les Thindersticks qui s'invitent au banquet (" The perfect
blue "). The Wedding Present retrouve de la verve, retend
ses nerfs. L'âge a calmer leur fougue juvénile
mais ils chérissent toujours autant les grandes étendues
propres à colorer les pellicules de David Lynch, quitte
à présenter une teinte jaunie par endroits. Le
détachement sur des années de galère, la
classe et la retenue de Gedge, des sentiments qu'il ne cherche
plus à cacher tout au long d'un album très attachant
qui nous fait sentir tout le poids des ans mais qu'importe !
Alors pour tous les nostalgique et les p 'tits nouveaux, dites
vous que les Weddoes valent encore le coup et qu'à leur
fontaine, je boirai de leur eau.
SKX
(26/03/2005)
website
groupe www.theweddingpresent.com
website
label www.talitres.com
|
White
Crime Circle Club
Written in black - CD
Conspiracy 2005
Le
démarrage est au taquet. Deux morceaux nerveux, tout
en ferveur, sec et agile. Wire est à nouveau passer par
là, il repassera encore, ici ou ailleurs, qu'importe,
du moment que personne ne s'en cache. Sur leur premier EP, je
ne me souvenais pas d'une telle démarche. Cette orientation
du groupe belge est en tout cas très séduisante.
Enlevé, on y respire à pleins poumons. Puis le
temps d'une première digression arrive. Réminiscences
de guitares Sonic Youth sur I'm going to expose you, WCCC a
des amours multiples. Retour au taquet, un instrumental Mutant
Disco sur lequel personne ne dansera et enfin trois titres qui
s'étirent dans la durée, les deux guitares menant
assurément la barque, comme sur tout le reste de ce premier
album, chargées de dissonances, la lumière frétillante,
tout un pan de musique noise, celle qui tisse patiemment son
bouquet électrique, avec pudeur, sans ajout inutile,
ce chant qui monte et vous attrape sur The Hardest, le souci
toujours gardé de frapper au but avec une efficacité
non diluée. WCCC fait front face à ses influences
avec dextérité, hausse le ton de ses mélodies
et dans son apparente simplicité, offre une surprise
des plus agréable.
SKX
(30/08/2005)
website groupe www.whitecirclecrimeclub.com
sounds www.myspace.com/whitecirclecrimeclub
website label www.conspiracyrecords.com
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White
Mice
ASSPhIXXXEATATESHUN - CD
Load 2005
La
sirène d'alarme est tirée. Cette petite souris
blanche a tout du pachyderme déguisé. Ou alors
il faut y voir la souris de Spiegelman. La mise en abîme
dans Maus se fond dans les interstices de la musique lugubre
et malsaine de ce groupe de Providence. Une batterie, lente
et démesurée. Une basse de trois tonnes. En gros,
une section Melvinienne mais ça s'arrête là.
La guitare se confond avec l'oscillateur, un instrument perfide
qui vous envoie larsen sur larsen, saturation sur saturation,
une nappe de brouillard, l'audition est perturbée et
mon esprit s'embrume, se désagrège, j'ai un problège.
White Mice accélère parfois le pas et cette cadence,
c'est marche ou crève. La voix plaintive et continuellement
trafiquée mérite le peloton d'exécution.
Sur scène, le masque de la souris est de rigueur. De
drôles de zèbres qui feraient fuir une horde de
chats sauvages. Si vous aimez vous peinturlurés le visage
à la nuit tombée et vous promenez nues dans les
marécages en poursuivant des biches égarées,
il y a des chances que ce disque vous plaise. Sacré Load
!
SKX
(27/06/2005)
website
groupe www.thewhitemice.com
website
label www.loadrecords.com
sounds
track2.mp3
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Wollongong
Stark Naked Creeping Macroeconomic Fascism
Silver Rocket / Malarie 2005
Wollongong,
c'est un coin à touristes en Australie. Pour ce qui nous
concerne, ça sera un groupe tchèque avec un nom
pas terrible qui sonne comme un retour aux seventies et le bruit
de bottes de la musique progressiste. Mais le Wollongong tchèque
a une toute autre philosophie. C'est du pur rock'n'roll baigné
dans une bassine d'acide et de noise garage. C'est crade avec
comme un bruit de gravier dans les rouages, une musique qui
ne connaît qu'un seul rythme, relativement basique mais
jamais simpliste. Il y aurait comme du Tar de la grande époque
avec un son passé au karsher. Un bloc monolithique impénétrable
qui aurait ce bon vieux rock'n'roll comme religion. Sous une
couche de saturation, le trio aime les mélodies poignantes
sans chichi. Répéter ses lignes blanches, tenir
la note, aimer faire vibrer ses instruments, faut que ça
sonne bon dieu. L'album se termine par la ballade pour homme
de la Pampa, False firies and fables II, où après
de folles courses en avant avec des embardées sauvages
teintées de désespoir, Wollongong décide
de poser ses valises et nous arrache une larme de pierre. Un
très bon disque fiévreux pour se cogner la tête
contre le mur.
SKX
(21/07/2005)
website groupe wollongong.4fans.org
website label silver-rocket.org
|
Wolves
! (of Greece)
One-sided 10''
Gringo 2004
Ces
loups(tics) ne viennent pas de Grèce mais bel et bien
d'Angleterre (Nottingham). Etrange appellation, un long hurlement
de sept titres enchaînés et aliénés
sur une seule et même face. De l'autre, un gribouillis,
oups pardon, de l'art, buriné à même le
sillon. Pour les fans de Bob Tilton (groupe emocore Anglais
dans les années 90), on retrouve le chanteur et rien
que pour cette raison, c'est suffisant pour écouter ce
premier enregistrement (et apparemment le dernier
). Une
putain de voix, assez haut perchée, à fleur de
peau, qui fait passer le frisson comme par enchantement. Pour
la musique, c'est beaucoup plus direct. Primaire. Si on utilise
le terme chaos, ce n'est pas en référence au style
chaotique très en vogue dans les milieux hardcore mais
bel et bien au sens premier du mot. Ca dévale de partout.
Les guitares, échardes aiguisées au plus fin pour
saigner à blanc. Télescopage, brèves respirations,
l'amour du bruit, l'urgence, l'impression que le disque a été
enregistré à la mauvaise vitesse avec sur cet
amas brûlant, la voix surfant avec agilité, se
frayant un chemin dans les décombres encore chaud. On
pourrait penser à cette vague de groupes américains
milieu 90 comme Clikatat Ikatawi ou Heroin mais avec une élégance
toute british. Planquez vos biquettes, ces loups vont faire
des ravages quand ils descendront en ville.
SKX
(20/07/2005)
website groupe www.honeyisfunny.com/wolvesofgreece
website label www.gringorecords.com
sounds For_The_Greater_Good.mp3
|
World/Inferno
Friendship Society
Speak or brave men - CDEP
Gern Blandsten 2004
World
Inferno Friendship Society est une joyeuse troupe de 9 New-Yorkais.
Une fanfare endiablée avec 2 guitares, 4 cuivres, 2 batteurs,
un piano, un accordéon et autant de bouches plus un chanteur
qui ne fait que ça à plein temps pour vous faire
valser jusqu'au bout de la nuit. Si l'album " The True
Story of the Bridgewater Astral League" était une
vraie bonne surprise (ambiance urbaine et malsaine, Cop Shoot
Cop en folk avec une bonne dose de Motherhead Bug), leurs essais
suivants m'ont laissé de marbre. Leur orchestre brinquebalant
lorgne plus vers la musique festive et grand publique que vers
un rock hybride maléfique. Un big-band sûrement
très appréciable sur une piste de danse à
trois heure du mat, les yeux injectés de sang. Là,
ça me laisse pas mal indifférent.
SKX
(06/03/2005)
website
groupe www.worldinferno.com
website
label www.gernblandsten.com
|
Woven
Hand
Consider the birds - CD
Glitterhouse 2004
Projet
solo de David Eugene Edwards, chanteur habituel de 16 Horsepower,
Woven Hand part en mission et tente d'apporter la bonne parole
à tous un tas de mécréants. Dieu qu'il
tient en bandoulière est l'unique sujet de ses chansons.
Nul besoin d'être calé en Anglais pour comprendre
"And I love my Lord Jesus above anything" et autres
bondieuseries clairement énoncées. Ca nous empêchera
pas d'écouter sa musique. Habitées pour le moins
par des pensées mystiques, ces compositions respirent
cette aura divine, cette grâce légère, qui,
si elle pollue ses mots, a, sur sa musique, une touche salvatrice.
Adorateurs de Nick Cave, ne passez pas votre chemin. Votre athéisme
vous sera pardonné. Blues illuminé dont les tourments
vont le mener directement au paradis contrairement à
l'Australien, les compositions de Woven Hand n'en restent pas
moins tourmentées. La voix invoque, tremblante et charnelle.
La sourde mélancolie laisse peut d'espoir. Arrangements
tout en acoustique. Piano discret dessinant des contours aériens.
Woven Hand laisse tomber la face rock de 16 Horsepower sans
renier le rythme et l'intensité. Des ballades brillantes
aux passages contemplatifs, une fragilité ténébreuse
qui émane de chaque morceau, ce fil ténu qui nous
transporte vers des hauteurs insoupçonnées. Nous
serions bien inspiré de ne pas trop maudire notre Créateur.
Son berger a le talent nécessaire pour nous convertir
(nan je déconne).
SKX
(13/02/2005)
website
groupe www.16horsepower.com/wovenhand.html
website
label www.glitterhouse.de
sounds
BlearyEyedDuty.mp3
|
Wow
Owls
Pick your patterns - CD
The perpetual motion machine 2005
Hou
le hibou. Voilà à quoi ressemble en gros le nom
de ce groupe originaire de Richmond en Virginie. Pittoresque.
Que ceci ne vous effraie pas outre mesure, ce premier album
est plutôt chouette. Bon bin voilà, ça c'est
fait. Je crois que cette chronique est finie. L'essentiel est
dit. Pour les accrocs du détail, vous retrouvez l'ancien
bassiste de Light the fuse and run (encore un nom à coucher
dehors) et tout ça aurait très bien pu sortir
sur Level Plane. L'approche du screamo-hardcore avec un son
rustre et une cavalcade sans fard comme à l'époque
des groupes de Gravity records (Antioch Arrow, Angel Hair),
Wow Owls n'ébouriffe en rien le débat. Mais c'est
du solide, ils ont le souci du refrain, les voix maintes fois
doublées voir triplées apportent du cur
à l'édifice et dans ce rayon largement embouteillé,
Wow Owls s'en tire haut la main. Compact et à la fois
aérien. Boule de nerf et boule de suif, Wow Owls se distingue
par une qualité d'écriture au-dessus de la moyenne,
ce ne sont pas des buses, plutôt rapaces de nuit aux compostions
acérées. Recommandé.
SKX
(25/06/2005)
website
groupe wowowls.4t.com
website
label www.theperpetualmotionmachine.com
sounds
wowowls.mp3
|myspace.com/wowowls
|
The
WPP
He has the technology - CD
Satellite City 2004
The
WPP, c'est pour The Witness Protection Program. Et en effet,
c'est tout un programme. Faites bien gaffes de ne pas devenir
témoin, il pourrait vous en cuire. Originaire de Vancouver,
ces Canadiens défient tous les services de sécurité.
Ca éructe, à trois de préférence,
dans tous les sens, à tous les étages. Une bande
d'énervés juteux du bec, option titre expéditif
et épileptique. C'est agressif tellement ça déboule
de partout, une forte impression de chaos et dans le même
mouvement, aussi rapide fut-il, vous attrape comme des mouches
pris dans un tourbillon auditif aliénant. Avec toutes
ses voix qui s'entrechoquent, sa batterie le feu aux fesses,
ce truc viscéral qui prend aux tripes, c'est presque
usant. Mais ils trouvent les ressources nécessaires pour
y mettre la forme et la manière, ficelé ça
avec de multiples accroches mélodiques, brèves
et efficaces comme sur le titre d'ouverture, " lets see
a little less standing
", bombe incendiaire ultra
aguichante. Dix-sept titres pas reposants pour un sou avec sa
pause au milieu " hawaiian jam " et son surprenant
" seriously get a towel " et ses dix minutes prises
sur le vif, jam session pour reposer en paix. On en connaît
des furieux (Daughters, The Disease) mais des gars qui maîtrisent
aussi bien le format court et éruptif sans déborder
du cadre, canalisant avec force et dégât leur fougue
naturelle, c'est déjà plus rare. Quarante minutes
à quitte ou double. Mort ou vif. Le couteau sous la gorge.
Il a la technologie. Ils ont les munitions.
SKX
(28/04/2005)
website
groupe www.listen.to/wpp
| www.shzine.com/teenagerampage/wpp
| www.thewpp.org
website
label www.satellite-city.org
sounds
www.satellite-city.org/audio.html
lazy.mp3
| gunfighters.mp3
|
|
Woven
Hand
Mosaic - CD
Glitterhouse / Sounds Familyre 2006
Alleluia,
alleluia, Woven Hand est de retour ! Le bigot David Eugene Edwards
remet son titre en jeu de meilleur dévot à guitare
de notre Seigneur. Après une courte intro qui vous plonge
dans la sacro-sainte ambiance, c'est avec ces termes de réjouissances
que le Père David vous invite à suivre son pèlerinage
sur Winter shaker. Autant cela n'avait rien de dérangeant
sur le précédent Consider the birds
- les paroles ne débordant pas sur le format musical
- autant cette fois, la musique regorge de cette ambiance de
religiosité.
Whistling girl, guitare acoustique qui sonne comme une
harpe (les anges ne sont pas loin). Bible and bird, ballade
instrumentale à siffloter sur son cheval. Swedish
purse, orgue du dimanche matin avec cependant une mélodie
au banjo (!) qui accroche par la suite. Little raven,
chemin de croix qui achève en fin d'album. Mosaic
est pétri de pièges pour vous amener au paradis.
Woven Hand, c'est le Nick Cave du pieu. Et là, ça
me chiffonne. Mettre ce qui vous semble être un disque
de rock et se retrouver à l'église, ça
refroidit les ardeurs. Et si les tourments l'assaillent encore
l'espace de deux, trois morceaux plus rythmés et païens
dans l'âme (Dirty Blue, l'étrange et convaincant
Slota prow, full sorrow), ce nouveau psaume de Woven
Hand est crispant comme un congrès de curetons. Les ex-16
Horsepower en avait assez des lamentations de leur chanteur
parti donc prêcher les foules en solo. On les comprend
mieux désormais.
SKX
(21/09/2006)
website groupe
www.wovenhand.net
website label www.soundsfamilyre.com
| www.glitterhouse.com
sounds Dirty_Blue.mp3
|
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