WAAVE
"
timestorm was the signal " - CD
Silver Rocket / Minority 00
La
République Tchèque ne finit pas de se signaler à
nous. A l'est, toujours plus à l'est, la scène s'élargit.
C'est autour de WAAVE d'échouer sur nos rivages. Par fragments
et courants multiples. Un collectif aux influences très
diverses, qui au lieu de chercher à imposer un style par
rapport à un autre, construit un univers baroque. Pas étonnant
de retrouver des membres de Waave au sein de projets électroniques
(Toxicky Boom), post-rock ( C ) ou post hard-core (Blank). Waave
reste leur exercice principal et chacun y met de son grain de
sel. Psychédélisme bruyant entre deux coulées
d'ambiances jazzy. Touche emo, accélération post
hard-core, dérivés à la June of 44, intrusions
d'harmonica, d'une flûte. Waave ne manque jamais de ressort,
de vous surprendre, pas toujours forcément dans le bon
sens, le ressort a des rebonds que Waave contrôle parfois
difficilement mais la démarche générale garde
le cap. Et ce n'est pas une mince gageure que de proposer au final
une unité de tons, un album qui se tient malgré
quelques faiblesses à s'éparpiller. Une musique
riche et dense, démarche originale. C'est déjà
ça de gagner !
SKX (31/01/2001)
|
WEIGHT
& MEASURES
"
tonight, the lower abdominals " - CDEP
Matlock 01
Poids
et mesures. Drôle de nom pour drôle de concept. Tout
un délire autour de la minceur et son corollaire l'obésité
sur fond d'images rétro années cinquante. Et où
ce trio canadien vous encourage à prendre du poids. Satyre
humoristique de notre société mais il ne faut pas
attendre que ce sujet soit développé dans les paroles
puisque que Weights & Measures uvre dans la grande tradition
des groupes instrumentaux. Un programme alimentaire allégé
puisque seulement 6 titres pour un quart d'heure de musculation
intensive nous aient proposé. Ces camarades de label de
The Plan connaissent en tout cas le dosage parfait entre vélocité
et précision, entre math-rock sans édulcorants et
chansons noise-rock pimentées de juste ce qu'il faut de
mélodies. Six titres sans un gramme de gras, très
enlevés et dynamiques. Au contraire de nombreux groupes
descendants de Don Caballero, Weights & Measures va droit
au but, ne multiplie pas les contre-rythmes, mets de la gaieté
dans ces riffs et ces compos. Un mets succulent à imposer
sur toutes les bonnes tables.
SKX (18/12/2001)
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WICKETRAN
"
frills and flashy finery " - CD
Snackbag 01
Le
duo se sert bien chaud. Debout sur le canapé, nicker les
ressorts. Faire le plus de bruit possible pour épater les
voisins, remplir l'espace, se mettre en quatre pour combler les
manques, faire croire à l'adversaire que t'es vachement
nombreux et t'as qu'à faire gaffe à ta gueule. Alors
là, Wicketran peut sortir ses guenilles tranquille et se
la jouer fine. La basse tour à tour rondouillarde et mélodique
ou alors carrément poussiéreuse et vrillante. L'étalon
de mesure, quand on cause basse-batterie, reste Godheadsilo, à
tous les coups on gagne. Mais le nouvel étalon qui prend
du galon dans la formule, c'est Lightning Bolt. Et Wicketran,
quand il allie le violent et le ludique, l'humour dans le rythme,
s'en rapproche fortement. Linéaire, binaire, à la
pêche ou au gros gibier, Wicketran déploie les multiples
cordes de son arc. Quitte à sortir le grand jeu sur un
rush final qui frôle les douze minutes. Tout y passe. Leur
approche free et féline n'en ressort que mieux sous le
soleil. Un morceau qui leur laisse de belles perspectives. Et
qui démontre que la formule basse-batterie a encore de
beaux jours devant elle.
SKX (17/01/2002)
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WINSTON
"
ohne utopien bleibt die welt ein dreckshaufen " - 7"
Nova recordings 00
Le
poing levé au nombre de cinq de la pochette ne laisse en
rien présumé d'une ballade romantique au coin du
lac. Chaotique, engagé, 7 titres aux angles blessants.
Chant en Allemand, cris rouges qui assaillent avec de la proéminence,
des rythmes qui crépitent. Ces presque trop courts pour
être apprécier à sa juste valeur, on en redemande
de ces accès de fureur. Avec mention particulière
pour " tired of.... " et " schblonen ". Sur
le label des grandioses Yage, ce nouveau groupe allemand à
la cafetière en fusion, ne déroge pas au bordel
ambiant déjà généré par d'autres
confrères mais la passion et le savoir-faire en bouche
un coin !
SKX (05/10/2000)
|
WOLVES
"
art.culture.work. " - CD
Coalition 02
L'éclatement
de Orchid a donné des flammèches multiples. Panthers,
Bucket Full of Teeth et les derniers nés, Wolves. Deux
ex-Orchid, le roadie, un quatrième surgit de derrière
la porte et Wolves sort sa première griffe. Outre le patronyme
de félin commun à Panthers (la conspiration s'installe?),
Wolves partage également ce même discours pseudo-révolutionnaire
(à deux balles serais-je tenté de rajouter mais
je suis un vieux aigri), cette volonté de faire de l'art,
non pas pour l'amour de l'art, mais pour changer la face du monde.
Passé leurs slogans post-étudiants ("the avant-garde
is death. This is the avant-garde"), Wolves est redoutable
de fraîcheur et de dynamisme. Dans la mouvance emo-rock
400 Years et Shotmaker avec une pointe de JR Ewing, ils s'installent
en haut de l'affiche. Huit morceaux dont le seul titre à
chaque fois est un chiffre (entrecoupés par des samples
anecdotiques) et qui pulsent dans les rues désertes. Une
passion adolescente où ça fonce tête baissée,
sans une arrière pensée pour un lendemain incertain.
Tout coule de source, rafraîchit les poumons, dénote
une vitalité prête à remuer les foules. Léger
comme une balle traçante. Pour peu, on serait prêt
à les suivre dans leur discours cousu de fil blanc. Art.
Culture. Travail. Loin d'être mes trois mamelles préférées
mais cet album est à posséder d'urgence.
SKX (18/09/2002) |
Wives
Erect the youth problem - CD
Cold Sweat 2004
Wives est un nouveau groupe qui brille de mille feux à
Los Angeles! Pour la petite histoire (avant la grande ?!), Dean
Spunt, le chanteur, a crée son propre label, Post Present
Medium records, après un accident de voiture dont le
responsable était un membre des Backstreet Boys, groupe
mega-star à minettes. Avec les royalties de l'assurance,
il a ainsi pu sortir les deux premiers 45 de son groupe. Quand
l'indépendant doit tout aux majors héhé
!! Mais qu'on se rassure, ces jeunes épouses n'ont rien
à voir avec ce monde truculent. Wives est un pur produit
de l'école du bruit, option sans concession. Des rythmes
qui pilonnent. Des morceaux uppercuts qui dépassent rarement
les deux minutes. De pures secousses qui claquent. Des ruades
à peine contrôlées. Le monde noise-rock
des Wives doit autant à Rapeman qu'à Lightning
Bolt, voir une version noise-rock des Minutemen. C'est de l'énergie
primaire, sans souci de contrôle. Ca joue sur la pulsion,
sur le nerf avec des guitares finaudes et pleines de jus. La
déconstruction pour mieux reconstruire. L'éructation
variée du chanteur à qui on ne présentera
pas sa petite sur. Avec ça, la jeunesse va filer
droit. Wives déclaré d'utilité publique.
SKX
(14/11/2004)
website
label www.coldsweat.org
www.thesmell.org/ppm/index.htm
sounds
www.coldsweat.org/sounds.htm
|
|
We
Invented Tornadoes
s/t - CD
Learning Curve 2003
Nous revoilà parti faire un bond en arrière. Quand
Amphetamine Reptile records sévissait sur le marché
du disque et faisait la pluie et le bon temps. Ce trio de Minneapolis
(tiens tiens!) avait déjà réalisé
un 45 sous le nom de Snails mais pas convaincu par leur nom,
ils ont changé en We Invented Tornadoes. L'appréciation
de ce changement reste à votre discrétion. En
tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il n'ont pas inventé
le fil à couper le beurre! Derrière les fûts,
on retrouve Pete Beeman, ex-Guzzard, et donc nous revoilà
rassurer, on la tient notre explication, que pourquoi tout ça
sonne comme un air de déjà entendu! Et comme à
l'époque de Guzzard où le Pete jouait avec son
frangin (Tom), il perpétue la tradition familiale mais
opte pour le 3ème frèrot (Dan, chant et guitare)
avec un bassiste, Dan Riley (ex-Cooper, le frère de Sté,
hahaha!). We Invented Tornadoes fait du punk-rock, carré
et court sur pattes, façon Helmet et donc Guzzard. Punk-rock
version lourde donc mais couplet-refrain-couplet, la mélodie
qui va avec, les petits soli qui font crisser les dents, le
son actuel certes mais on ne peut s'empêcher de penser
aux grandes années du grunge, à Nirvana et tout
un tas de groupes qui laminent le style. La production tonne,
ça ne manque pas de sel mais bon tout de même,
soyons sérieux cinq minutes!
SKX
(02/04/2004)
website
groupe
www.weinventedtornadoes.com
website
label
www.learnigcurverecords.com
sounds
Blue.mp3
| Average.mp3
| Trixx.mp3
|
Whirlwind
Heat
Do rabbits wonder? - CD
Third Man / V2 / XL Recordings 03
Jeunes
gueules de premier pour musique du moment. La mèche rebelle,
le regard tourné vers le début des années
80, Wire et compagnie. Trio dans le vent mais tout sonne vrai!
"She's only 22" chantent-ils sur "Purple".
Vient dans mon piège à gonzesse, sur cette musique
où tous les titres portent des noms de couleurs, te déhancher,
même chaotiquement, sur cette batterie minimaliste dans
sa conception, sa basse saturée et ce cri qui va bien
muer un jour. Très peu d'effets, droit au but, morceaux
qui font le minimum. Rock, wave et noise. Dissonant et revêche.
Whirlwind Heat trouve sa place entre Erase Errata et les Ex
Models. Sur la durée et avec le poids des ans, ça
peut mal vieillir mais cette sucrerie au vitriol est là
pour faire bouger, dans l'instant, sans arrière-pensée.
SKX (24/02/2004)
website groupe
www.whirlwindheat.com
website label www.xlrecordings.com
- www.v2records.co.jp
|
|
Wrangler
Brutes
The tape - LP
X-Mist 2005
Wrangler Brutes, c'est de la vieille école (old school
si tu préfères, jeune branché que tu es),
celle d'avant Internet et des mp3s à dégorger
sur ton ipod. La branche historique, sans concession et qui
se fout des modes. Allez faire un tour sur leur site web
pas
si old school que ça
en fait si
juste une
page avec une splendide photo qui j'espère n'aura pas
changer au moment de votre clique et vous comprendrez que le
hardcore n'est pas une histoire d'esthétisme, de visuel
et qui qu'aura le plus beau tatouage. Dans ce groupe de Los
Angeles, on retrouve des vétérans de la guerre
comme Sam McPheeters (Born Against, Men's Recovery Project)
et Brooks Headley (Born Against, Universal Order of Armageddon,
Skull Control), toujours vaillants et l'esprit de jeunes poulains
qui feraient leur première tournée. Ce vinyl s'appelle
" The Tape " parce qu'il est sorti à l'origine,
je vous le donne en 1000, en cassette uniquement en 2003 et
avant leur second album " Zulu " sur Kill Rock Stars
au début de cette année. X-Mist, qui ne fait pas
l'âge de ses artères et qui a plongé tout
petit dans la marmite punk/hardcore, ne pouvait laisser passer
sous silence cet enregistrement qui circulait à l'arrache.
Alors si vous êtes fans de hardcore façon Black
Flag et Circle Jerks, Wrangler Brutes est fait pour vous. 32
morceaux casés sur deux faces au son de démo (c'est
Albini qui a enregistré le second album, la différence
est notable). C'est brut de décoffrage mais pas bas du
front. Basique sans être primaire avec parfois de bons
riffs qui nique ta race de blanc bec. Des branleurs comme on
les aime.
SKX
(28/11/2005)
website groupe www.wranglerbrutes.com
website label www.x-mist.de
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Wedding
Present
Take Fountain - CD
Talitres 2005
Qui
m'aurait dit que je chroniquerais un disque des Weddoes en 2005!
Même si par ces temps pourris, les reformations fleurissent
à tout coin de rues, je n'aurais pas parier grand chose
sur la qualité d'un éventuel nouvel album de David
Gedge. Par respect pour le passé et tous les bons disques
qu'il nous a sorti, j'aurai préféré laisser
sous silence ce retour. Mais voilà, après pratiquement
20 ans d'existence, The Wedding Present a un brusque retour
de flamme et après neuf années de parenthèse
et d'égarements avec Cinerama, nous sort l'album qu'on
attendait pas ! Entendez par là qu'il n'arrive pas à
la cheville (bon allez le genoux) d' un " Bizarro "
ou " Seamonsters ", faut pas délirer non plus
mais quand on s'attend à pas grand-chose (pour être
gentil) et qu'au final, vous êtes tout surpris d'avoir
passer un agréable moment au chevet d'un convalescent,
il n'en faut pas plus pour croire au miracle ! On retrouve ces
longues cavalcades où les mélodies répétitives
et entêtantes font tout le charme du groupe de Leeds.
Avec les années qui passent inexorablement, la chape
de plomb s'est considérablement allégée.
Aérien, tout dans la subtilité, cette fuite en
avant, ce parfum de mélancolie, cette voix féminine
qui parfois appuie les turpitudes de Gedge. Ces violons qui
se mélangent aux cordes électriques, c'est presque
les Thindersticks qui s'invitent au banquet (" The perfect
blue "). The Wedding Present retrouve de la verve, retend
ses nerfs. L'âge a calmer leur fougue juvénile
mais ils chérissent toujours autant les grandes étendues
propres à colorer les pellicules de David Lynch, quitte
à présenter une teinte jaunie par endroits. Le
détachement sur des années de galère, la
classe et la retenue de Gedge, des sentiments qu'il ne cherche
plus à cacher tout au long d'un album très attachant
qui nous fait sentir tout le poids des ans mais qu'importe !
Alors pour tous les nostalgique et les p 'tits nouveaux, dites
vous que les Weddoes valent encore le coup et qu'à leur
fontaine, je boirai de leur eau.
SKX
(26/03/2005)
website
groupe www.theweddingpresent.com
website
label www.talitres.com
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White
Crime Circle Club
Written in black - CD
Conspiracy 2005
Le
démarrage est au taquet. Deux morceaux nerveux, tout
en ferveur, sec et agile. Wire est à nouveau passer par
là, il repassera encore, ici ou ailleurs, qu'importe,
du moment que personne ne s'en cache. Sur leur premier EP, je
ne me souvenais pas d'une telle démarche. Cette orientation
du groupe belge est en tout cas très séduisante.
Enlevé, on y respire à pleins poumons. Puis le
temps d'une première digression arrive. Réminiscences
de guitares Sonic Youth sur I'm going to expose you, WCCC a
des amours multiples. Retour au taquet, un instrumental Mutant
Disco sur lequel personne ne dansera et enfin trois titres qui
s'étirent dans la durée, les deux guitares menant
assurément la barque, comme sur tout le reste de ce premier
album, chargées de dissonances, la lumière frétillante,
tout un pan de musique noise, celle qui tisse patiemment son
bouquet électrique, avec pudeur, sans ajout inutile,
ce chant qui monte et vous attrape sur The Hardest, le souci
toujours gardé de frapper au but avec une efficacité
non diluée. WCCC fait front face à ses influences
avec dextérité, hausse le ton de ses mélodies
et dans son apparente simplicité, offre une surprise
des plus agréable.
SKX
(30/08/2005)
website groupe www.whitecirclecrimeclub.com
sounds www.myspace.com/whitecirclecrimeclub
website label www.conspiracyrecords.com
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White
Mice
ASSPhIXXXEATATESHUN - CD
Load 2005
La
sirène d'alarme est tirée. Cette petite souris
blanche a tout du pachyderme déguisé. Ou alors
il faut y voir la souris de Spiegelman. La mise en abîme
dans Maus se fond dans les interstices de la musique lugubre
et malsaine de ce groupe de Providence. Une batterie, lente
et démesurée. Une basse de trois tonnes. En gros,
une section Melvinienne mais ça s'arrête là.
La guitare se confond avec l'oscillateur, un instrument perfide
qui vous envoie larsen sur larsen, saturation sur saturation,
une nappe de brouillard, l'audition est perturbée et
mon esprit s'embrume, se désagrège, j'ai un problège.
White Mice accélère parfois le pas et cette cadence,
c'est marche ou crève. La voix plaintive et continuellement
trafiquée mérite le peloton d'exécution.
Sur scène, le masque de la souris est de rigueur. De
drôles de zèbres qui feraient fuir une horde de
chats sauvages. Si vous aimez vous peinturlurés le visage
à la nuit tombée et vous promenez nues dans les
marécages en poursuivant des biches égarées,
il y a des chances que ce disque vous plaise. Sacré Load
!
SKX
(27/06/2005)
website
groupe www.thewhitemice.com
website
label www.loadrecords.com
sounds
track2.mp3
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Wollongong
Stark Naked Creeping Macroeconomic Fascism
Silver Rocket / Malarie 2004
Wollongong,
c'est un coin à touristes en Australie. Pour ce qui nous
concerne, ça sera un groupe tchèque avec un nom
pas terrible qui sonne comme un retour aux seventies et le bruit
de bottes de la musique progressiste. Mais le Wollongong tchèque
a une toute autre philosophie. C'est du pur rock'n'roll baigné
dans une bassine d'acide et de noise garage. C'est crade avec
comme un bruit de gravier dans les rouages, une musique qui
ne connaît qu'un seul rythme, relativement basique mais
jamais simpliste. Il y aurait comme du Tar de la grande époque
avec un son passé au karsher. Un bloc monolithique impénétrable
qui aurait ce bon vieux rock'n'roll comme religion. Sous une
couche de saturation, le trio aime les mélodies poignantes
sans chichi. Répéter ses lignes blanches, tenir
la note, aimer faire vibrer ses instruments, faut que ça
sonne bon dieu. L'album se termine par la ballade pour homme
de la Pampa, False firies and fables II, où après
de folles courses en avant avec des embardées sauvages
teintées de désespoir, Wollongong décide
de poser ses valises et nous arrache une larme de pierre. Un
très bon disque fiévreux pour se cogner la tête
contre le mur.
SKX
(21/07/2005)
website groupe wollongong.4fans.org
website label silver-rocket.org
|
Wolves
! (of Greece)
One-sided 10''
Gringo 2004
Ces
loups(tics) ne viennent pas de Grèce mais bel et bien
d'Angleterre (Nottingham). Etrange appellation, un long hurlement
de sept titres enchaînés et aliénés
sur une seule et même face. De l'autre, un gribouillis,
oups pardon, de l'art, buriné à même le
sillon. Pour les fans de Bob Tilton (groupe emocore Anglais
dans les années 90), on retrouve le chanteur et rien
que pour cette raison, c'est suffisant pour écouter ce
premier enregistrement (et apparemment le dernier
). Une
putain de voix, assez haut perchée, à fleur de
peau, qui fait passer le frisson comme par enchantement. Pour
la musique, c'est beaucoup plus direct. Primaire. Si on utilise
le terme chaos, ce n'est pas en référence au style
chaotique très en vogue dans les milieux hardcore mais
bel et bien au sens premier du mot. Ca dévale de partout.
Les guitares, échardes aiguisées au plus fin pour
saigner à blanc. Télescopage, brèves respirations,
l'amour du bruit, l'urgence, l'impression que le disque a été
enregistré à la mauvaise vitesse avec sur cet
amas brûlant, la voix surfant avec agilité, se
frayant un chemin dans les décombres encore chaud. On
pourrait penser à cette vague de groupes américains
milieu 90 comme Clikatat Ikatawi ou Heroin mais avec une élégance
toute british. Planquez vos biquettes, ces loups vont faire
des ravages quand ils descendront en ville.
SKX
(20/07/2005)
website groupe www.honeyisfunny.com/wolvesofgreece
website label www.gringorecords.com
sounds For_The_Greater_Good.mp3
|
World/Inferno
Friendship Society
Speak or brave men - CDEP
Gern Blandsten 2004
World
Inferno Friendship Society est une joyeuse troupe de 9 New-Yorkais.
Une fanfare endiablée avec 2 guitares, 4 cuivres, 2 batteurs,
un piano, un accordéon et autant de bouches plus un chanteur
qui ne fait que ça à plein temps pour vous faire
valser jusqu'au bout de la nuit. Si l'album " The True
Story of the Bridgewater Astral League" était une
vraie bonne surprise (ambiance urbaine et malsaine, Cop Shoot
Cop en folk avec une bonne dose de Motherhead Bug), leurs essais
suivants m'ont laissé de marbre. Leur orchestre brinquebalant
lorgne plus vers la musique festive et grand publique que vers
un rock hybride maléfique. Un big-band sûrement
très appréciable sur une piste de danse à
trois heure du mat, les yeux injectés de sang. Là,
ça me laisse pas mal indifférent.
SKX
(06/03/2005)
website
groupe www.worldinferno.com
website
label www.gernblandsten.com
|
Woven
Hand
Consider the birds - CD
Glitterhouse 2004
Projet
solo de David Eugene Edwards, chanteur habituel de 16 Horsepower,
Woven Hand part en mission et tente d'apporter la bonne parole
à tous un tas de mécréants. Dieu qu'il
tient en bandoulière est l'unique sujet de ses chansons.
Nul besoin d'être calé en Anglais pour comprendre
"And I love my Lord Jesus above anything" et autres
bondieuseries clairement énoncées. Ca nous empêchera
pas d'écouter sa musique. Habitées pour le moins
par des pensées mystiques, ces compositions respirent
cette aura divine, cette grâce légère, qui,
si elle pollue ses mots, a, sur sa musique, une touche salvatrice.
Adorateurs de Nick Cave, ne passez pas votre chemin. Votre athéisme
vous sera pardonné. Blues illuminé dont les tourments
vont le mener directement au paradis contrairement à
l'Australien, les compositions de Woven Hand n'en restent pas
moins tourmentées. La voix invoque, tremblante et charnelle.
La sourde mélancolie laisse peut d'espoir. Arrangements
tout en acoustique. Piano discret dessinant des contours aériens.
Woven Hand laisse tomber la face rock de 16 Horsepower sans
renier le rythme et l'intensité. Des ballades brillantes
aux passages contemplatifs, une fragilité ténébreuse
qui émane de chaque morceau, ce fil ténu qui nous
transporte vers des hauteurs insoupçonnées. Nous
serions bien inspiré de ne pas trop maudire notre Créateur.
Son berger a le talent nécessaire pour nous convertir
(nan je déconne).
SKX
(13/02/2005)
website
groupe www.16horsepower.com/wovenhand.html
website
label www.glitterhouse.de
sounds
BlearyEyedDuty.mp3
|
Wow
Owls
Pick your patterns - CD
The perpetual motion machine 2005
Hou
le hibou. Voilà à quoi ressemble en gros le nom
de ce groupe originaire de Richmond en Virginie. Pittoresque.
Que ceci ne vous effraie pas outre mesure, ce premier album
est plutôt chouette. Bon bin voilà, ça c'est
fait. Je crois que cette chronique est finie. L'essentiel est
dit. Pour les accrocs du détail, vous retrouvez l'ancien
bassiste de Light the fuse and run (encore un nom à coucher
dehors) et tout ça aurait très bien pu sortir
sur Level Plane. L'approche du screamo-hardcore avec un son
rustre et une cavalcade sans fard comme à l'époque
des groupes de Gravity records (Antioch Arrow, Angel Hair),
Wow Owls n'ébouriffe en rien le débat. Mais c'est
du solide, ils ont le souci du refrain, les voix maintes fois
doublées voir triplées apportent du cur
à l'édifice et dans ce rayon largement embouteillé,
Wow Owls s'en tire haut la main. Compact et à la fois
aérien. Boule de nerf et boule de suif, Wow Owls se distingue
par une qualité d'écriture au-dessus de la moyenne,
ce ne sont pas des buses, plutôt rapaces de nuit aux compostions
acérées. Recommandé.
SKX
(25/06/2005)
website
groupe wowowls.4t.com
website
label www.theperpetualmotionmachine.com
sounds
wowowls.mp3
|myspace.com/wowowls
|
The
WPP
He has the technology - CD
Satellite City 2004
The
WPP, c'est pour The Witness Protection Program. Et en effet,
c'est tout un programme. Faites bien gaffes de ne pas devenir
témoin, il pourrait vous en cuire. Originaire de Vancouver,
ces Canadiens défient tous les services de sécurité.
Ca éructe, à trois de préférence,
dans tous les sens, à tous les étages. Une bande
d'énervés juteux du bec, option titre expéditif
et épileptique. C'est agressif tellement ça déboule
de partout, une forte impression de chaos et dans le même
mouvement, aussi rapide fut-il, vous attrape comme des mouches
pris dans un tourbillon auditif aliénant. Avec toutes
ses voix qui s'entrechoquent, sa batterie le feu aux fesses,
ce truc viscéral qui prend aux tripes, c'est presque
usant. Mais ils trouvent les ressources nécessaires pour
y mettre la forme et la manière, ficelé ça
avec de multiples accroches mélodiques, brèves
et efficaces comme sur le titre d'ouverture, " lets see
a little less standing
", bombe incendiaire ultra
aguichante. Dix-sept titres pas reposants pour un sou avec sa
pause au milieu " hawaiian jam " et son surprenant
" seriously get a towel " et ses dix minutes prises
sur le vif, jam session pour reposer en paix. On en connaît
des furieux (Daughters, The Disease) mais des gars qui maîtrisent
aussi bien le format court et éruptif sans déborder
du cadre, canalisant avec force et dégât leur fougue
naturelle, c'est déjà plus rare. Quarante minutes
à quitte ou double. Mort ou vif. Le couteau sous la gorge.
Il a la technologie. Ils ont les munitions.
SKX
(28/04/2005)
website
groupe www.listen.to/wpp
| www.shzine.com/teenagerampage/wpp
| www.thewpp.org
website
label www.satellite-city.org
sounds
www.satellite-city.org/audio.html
lazy.mp3
| gunfighters.mp3
|
|
Woven
Hand
Mosaic - CD
Glitterhouse / Sounds Familyre 2006
Alleluia,
alleluia, Woven Hand est de retour ! Le bigot David Eugene Edwards
remet son titre en jeu de meilleur dévot à guitare
de notre Seigneur. Après une courte intro qui vous plonge
dans la sacro-sainte ambiance, c'est avec ces termes de réjouissances
que le Père David vous invite à suivre son pèlerinage
sur Winter shaker. Autant cela n'avait rien de dérangeant
sur le précédent Consider the birds
- les paroles ne débordant pas sur le format musical
- autant cette fois, la musique regorge de cette ambiance de
religiosité.
Whistling girl, guitare acoustique qui sonne comme une
harpe (les anges ne sont pas loin). Bible and bird, ballade
instrumentale à siffloter sur son cheval. Swedish
purse, orgue du dimanche matin avec cependant une mélodie
au banjo (!) qui accroche par la suite. Little raven,
chemin de croix qui achève en fin d'album. Mosaic
est pétri de pièges pour vous amener au paradis.
Woven Hand, c'est le Nick Cave du pieu. Et là, ça
me chiffonne. Mettre ce qui vous semble être un disque
de rock et se retrouver à l'église, ça
refroidit les ardeurs. Et si les tourments l'assaillent encore
l'espace de deux, trois morceaux plus rythmés et païens
dans l'âme (Dirty Blue, l'étrange et convaincant
Slota prow, full sorrow), ce nouveau psaume de Woven
Hand est crispant comme un congrès de curetons. Les ex-16
Horsepower en avait assez des lamentations de leur chanteur
parti donc prêcher les foules en solo. On les comprend
mieux désormais.
SKX
(21/09/2006)
website groupe
www.wovenhand.net
website label www.soundsfamilyre.com
| www.glitterhouse.com
sounds Dirty_Blue.mp3
|
Wander
Phantom
It's not a battle for hearts and minds - CDEP
Fight me 2007
On
n'arrivera pas deux ans trop tard pour parler du nouveau projet
de ces trois ex-The Swarm.
Justice sera faite bordel de merde ! Hélas, trois fois
hélas, ils avaient déjà tout donné,
le meilleur d'eux-mêmes, toute leur jeunesse et toute
leur fougue (quoique j'aie connu des jeunes pas fougueux) et
on arrive trop tard. Sans doute faut-il oublier The Swarm pour
aborder Wander Phantom. Les bases noise-rock restent dans le
même esprit mais la passion et la richesse se sont évaporées.
Tout de suite les mots classique et banal vous viennent à
l'esprit. Rien à dire sur l'exécution mais assurément,
le guitariste et batteur qui ont quitté le bombardier
The Swarm (respectivement Ryan Delgaudio et Daniel Montague)
jouaient un rôle prépondérant dans le processus
de composition. Ca balance, la section rythmique n'est pas manchote
pour vous envoyer des parpaings dans la tronche, le guitariste
est même parfois inspiré, bref, c'est pas de tout
repos même si l'ensemble est bien plus aéré
mais on en restera là. Le gros point noir, c'est surtout
le chanteur. Si avec The Swarm, Callum Thomson savait ne pas
en faire des tonnes et était noyé dans le boucan,
son chant est désormais carrément pénible.
Dans le meilleur des cas, c'est un maniaque qui se retient.
Dans le pire, c'est Freddie Mercury et on se passerait volontiers
de ses envolées lyriques. Un chant théâtral
et maniéré et comme ses nouveaux collègues
lui laissent plus de place que les précédents,
ces six titres passent très amèrement.
SKX
(07/01/2008)
website groupe www.myspace.com/wanderphantom
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Warehouse
Escape plan foiled - CD
Darenne 2008
Sur
la pochette signée par la dessinatrice bordelaise Tanxxx,
on peut lire en sous-titre de Escape Plan Foiled : Once
upon a time, i dreamed of being somebody. On peut interpréter
ça comme on veut mais après l'écoute de
cet album, on se dit que c'est bien ça le problème.
Warehouse possède une culture musicale certaine, leurs
influences sont éloquentes mais ils n'y arriveront pas,
ils peuvent toujours rêver d'être quelqu'un, ils
ne seront jamais personne à part l'ombre de leurs maîtres.
L'ombre de leur chien comme disait le grand Jacquot. Terrible
aveu d'impuissance. Anciennement baptisé Warehouse Project
99 (avec un ou deux disques qui doivent traîner dans une
pile par là et qui ne m'avaient déjà pas
bouleversé à l'époque), Warehouse, trio
moitié anglais, moitié français(e) installé
à Paris s'offre les services de Lionel Darenne (un disciple
de Albini avec qui il a fait ses gammes) pour son propre label
Darenne records (super ego trip ?) et sort son troisième
album qui à coup sûr doit frapper un grand coup.
C'est surtout d'ennui qu'il nous frappe. Avec une production
donnant dans le consensus mou (Albini se retournerait dans sa
tombe si seulement il était mort !), bien propre et léchée,
Warehouse enfile des compos me laissant inerte comme le beau
brun allongé sur la couvrante. J'avais souvenir d'un
groupe autrement plus rock et rageur. Ils reviennent en formule
indie-pop-rock sagement exécutée. Les morceaux
ne sont pas mauvais en eux-mêmes mais ils sont joués
sans passion, sans hargne, sans folie et avec cette production
manquant de relief, voir limite racoleuse par moment (gros son
de guitare ridicule, voix en avant, tout ce que j'adore), ils
vous glissent dessus. Warehouse tente pourtant de briser la
monotonie avec un banjo, un piano, quelques trouvailles qui
au final sonnent plus comme des gimmicks faciles mais tout ça
est décidément bien trop poli. Sans oublier que
quelques titres sont vraiment mauvais (Catchee monkee,
Take me black hole pour ne citer qu'eux). Ouais bon ok,
ça commence à faire beaucoup. La bassiste est
depuis partie (un éclair de lucidité soudain ?)
et le duo d'origine (David Alderman et Hervé Marché)
a recruté deux nouvelles têtes pour espérons,
un nouveau départ, car ce disque sans âme est à
oublier bien vite.
SKX
(22/03/2008)
website groupe www.myspace.com/warehouse99project
website label www.darenne.fr
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Weasel
Walter / Mick Barr / Sam Hillmer
s/t - 10"
Epicene 2006
Je
suis encore en pleine période d'essai chez Perte et Fracas
et le boss m'a dit : mon gars, il va vraiment falloir que tu
prouves ce dont tu es réellement capable, que tu frappes
un grand coup ! J'ai réfléchi un peu et l'idée
de parler de ce cher Weasel Walter m'est apparue, impérieuse
comme une nécessité absolue et une envie nocturne.
Cela tombe bien car il y a ce joli 25 cm sorti l'année
dernière chez Epicene et qui n'a réussi à
se frayer un chemin jusqu'à la vieille Europe et ma platine
que récemment.
Il y a deux enregistrements différents sur ce disque
-un de la fin 2004 et l'autre de la mi 2005- mais ce genre de
détail n'a aucune importance : le trio (batterie, guitare
et sax ténor) joue du free/core/metal/prog/noise (et
quoi d'autre ?) tel que Weasel Walter nous y a déjà
habitué depuis de longues années maintenant, tout
au taquet et après on verra bien. Le premier titre et
le meilleur, Trajectories, est une composition de Walter
et en fermant les yeux j'aurais presque l'impression d'être
à un concert des Flying Luttenbachers, on retrouve là
avec bonheur la patte si caractéristique du bonhomme
et le son est plutôt rugueux et approximatif. La face
A se termine par un court titre, genre une impro collective
cosignée par tous mais qui me laisse un peu froid.
La face B est tout entièrement occupée par une
composition de Sam Hillmer (habitué à faire des
ravages au sein de Zs), plus maîtrisée, avec des
tiroirs parfois un peu inutiles et des effets de manches. The
Art Of Rolling tomberait presque par moment dans ce qui
tend à me hérisser le poil avec ce genre de musique
(quoi, j'ai dit prog ?) surtout lorsque Mick Barr dégaine
ce son de guitare-synth à vomir qui heureusement est
un peu noyé dans la production si tant est que ce disque
ait été produit. Barr est un guitariste à
prendre avec des pincettes, il a un disque ou deux sur Tzadik
qui montrent qu'il aimerait bien être le Pat Metheny du
noise-prog, beurk. Pour tout le reste, ce disque a vraiment
tout bon.
Haz
(09/10/2007)
website groupe nowave.pair.com/weasel_walter
website label www.epicenesound.com
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Fred Lonberg-Holm/Jim O'Rourke/Weasel Walter
Tribute To Masayuki Takayanagi - CD
Grob records 2000 |

Weasel Walter/Kevin Drumm/ Fred
Lonberg-Holm
Eruption - CD
Grob records 2003 |
L'ultime album des Flying Luttenbachers a fait et fera encore
couler beaucoup d'encre, au moins à Perte & Fracas
nous avons joué le jeu de la transparence des faux-culs
en donnant à lire deux avis divergents sur Incarceration
By Abstraction, une technique éditoriale digne des
pages cinéma de Télérama, un grand magazine
culturel comme on n'en fait plus : on peut donc constater que
si l'analyse est presque la même, les conclusions sont diamétralement
opposées. Parce que la mauvaise foi n'a pas de limite,
et grâce à cette irrépressible volonté
de tendre vers un idéal d'exhaustivité, voici la
chronique de deux disques de Weasel Walter en trio et publiés
au début du millénaire, il y a déjà
un petite éternité donc mais l'appréhension
de la musique n'étant qu'une question elliptique on s'en
fout un peu.
Comme son nom l'indique, Tribute To Masayuki Takayanagi
est un disque hommage à ce grand guitariste japonais de
free jazz (son seul équivalent occidental serait le nord
américain Sonny Sharrock) qui en a influencé plus
d'un. Otomo Yoshihide se plait toujours à raconter comment,
alors qu'il n'était qu'un gamin, il passait des nuits entières
à regarder Masayuki Takayanagi jouer comme un fou. Au passage,
le label PSF propose une quantité impressionnante d'enregistrements
du guitariste, notamment avec sa formation New Directions -il
faut juste faire attention à la qualité, souvent
très variable, de ces disques le plus souvent capturés
en concert. Mais revenons à notre trio Walter/O'Rourke/Lonberg-Holm
: oui le nom du petit Jim a de quoi en faire frémir plus
d'un mais ici il se comporte très bien, il faut dire qu'il
est imparablement épaulé par le non moins petit
Fred qui s'y connaît comme personne pour faire crisser désagréablement
une corde de violoncelle. Le grand Weasel Walter est impérial
de débordements, comme dirait le boss il en fout de partout
et j'aime ça -pilonnage à la grosse caisse, jeu
octopode de cymbales, caisse claire directement dans les tympans.
Ce CD s'achève sur une plage ambiante et (très)
dark histoire de bien faire comprendre de quel côté
de la force obscure se trouve le trio. A noter également
une pochette parodique façon black metal pour garçons
bouchers amateurs de bondage et des photos au recto particulièrement
réussies, Jim O'Rourke le fait très bien en Euronymous.
Le recto indique également : infernal improvised music,
play loud and die. OK pour moi.
Que l'on se rassure tout de suite, Eruption n'est pas un
hommage à Eddie Van Halen. Sur ce deuxième disque,
le petit Kevin remplace Jim sûrement trop occupé
à l'époque à jouer avec Sonic Youth. Autre
changement, au lieu d'avoir à supporter des titres longs
en roue libre, Eruption semble jouer la carte du court
instantané -quarante missiles il est vrai regroupés
en trois parties : Blood, Excrement et Mania.
Le tout a été prétendument enregistré
en une après-midi de l'année 2002, en fait nos trois
gaillards ont purement et simplement laissé tourner la
bande et ont édité l'ensemble en quarante pistes
après coup. Donc le résultat est le même que
sur Tribute To Masayuki Takayanagi et donc n'est guère
beaucoup mieux pour nos nerfs.
Eruption est d'un abord plus sec que son prédécesseur.
Blood donne cette impression de branlette qui rebute, la
faute sûrement à Kevin Drumm qui y joue plus du dispositif
à bordel (cassettes, micros, synthés, pédales
d'effet, etc) que de la guitare. Même Weasel Walter se prend
au jeu minutieux du point de croix destructuré. En deuxième
position, Excrement remet les pendules à l'heure,
il y a non seulement de la guitare mais surtout un Weasel Walter
qui attaque sévère. Mania, la troisième
et dernière partie du disque, oscille entre ces deux pôles
: l'impro pixelisée et le barouf généralisé.
L'aspect nitendo est très présent, certains passages
catapultent sans crier gare mais des accalmies trop attentistes
et narcissiques viennent un peu gâcher le plaisir. Eruption
est donc un disque moins immédiat, plus cérébral
(?) et un peu plus hermétique. Mais il a tout aussi pour
réjouir les fans de Walter, comme les plages n°15 à
19, dignes des plus grands moments des Flying Luttenbachers, le
miel progressif en moins.
Haz
(03/02/08)
website labelhttp://www.churchofgrob.com/Churchofgrob/grobbasics.html
(attention les yeux !)
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Weasel
Walter
Early recordings 1988 - 1991 - CD
Savage Land 2007
Si
il existe un fou chantant, Weasel Walter est le fou composant.
De l'autre coté de l'Atlantique, ce mec essentiellement
connu pour son groupe The Flying Luttenbachers est un cinglé,
un obsédé de la composition, un maniaque de musique
qui en écrit depuis sa plus tendre enfance (ou presque).
Une enfance qui a du être salement secouée à
la lecture de son arbre généalogique musicale
qui figure à l'intérieur de cette compilation
retraçant ses travaux de jeunesse avant de se lancer
définitivement dans Flying Luttenbachers. Il a tout juste
12 ans quand il commence à fréquenter le punk
rock et 14 quand il joue dans son premier groupe hardcore Chernobyl
Chyldren (tout un programme) et que la musique des Contortions,
Lydia Lunch et tout un tas de musiques bizarres lui arrivent
aux oreilles. Mais que font ces parents ?! A 16 ans, il achète
son 1er 4-pistes et devient totalement obnubiler par la no wave
et le free jazz. On est en 1988 et le petit Weasel commence
à enregistrer tous un tas de trucs jusqu'à son
déménagement pour Chicago où il commencera
en 1991 les Flying. C'est cette période de formation
et de défrichement que ce CD se propose d'ausculter.
Les gammes d'un compositeur (terme dont on enlève toute
prétention quand il s'agit de Weasel Walter) devenu hors
pair et qui parle ouvertement et franchement de ses influences
à travers ses uvres de jeunesse. On ne va pas repasser
en revue les 18 morceaux pour pratiquement 80 minutes de musique
de ce CD. Toute la frénésie de sa future uvre
est déjà présente mais c'est aussi l'anarchie.
L'anarchie d'un passionné de musique qui fait se télescoper
le jazz de Coltrane et la no wave de James Chance, Ornette Coleman
et les Slits. Un multi-instrumentiste qui à 18 ans fait
preuve déjà d'un sacré talent pour maîtriser
guitare, basse, clarinette, synthés et une batterie qui
deviendra son instrument d'expression favori. Ca déborde
d'un peu partout, c'est loin d'être abouti. Il faut avoir
l'oreille concentrée pour en sortir les passages qui
sortent du lot comme les dix minutes de l'excellent Inferno
23, pièce qui servira de support à un futur
titre de The Flying Luttenbachers. Comme il l'écrit lui-même,
ce sont des enregistrements primitifs et j'espère
que cela fait parti de leur charme
Mais en dehors
de nous apprendre qu'il est tombé dedans tout petit et
qu'on peut y arriver par soi-même pour peu qu'on ait la
foi, cette compilation nous apprend surtout qu'on peut sortir
des clichés du punk-rock et être original et expérimental
tout en étant intense et rock. C'est James Chance
qui l'a soufflé au jeune Weasel. Depuis, c'est son sacerdoce
et si vous avez compris ça, vous avez tout compris à
l'énergumène et son uvre.
SKX
(18/11/2007)
website groupe nowave.pair.com/weasel_walter
website label www.savagelandrecords.com
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Welldone
Dumboyz
White
Cunt Hippie - CD
Autoproduction 2008
Voilà
un disque qui sent bon le job de branleurs dilettantes. Il est
arrivé par la poste, accompagné d'une feuille
photocopiée lardée de slogans aussi stupides que
Ecoutez 'White Cunt Hippie' et devenez quelqu'un d'autre ou
bien Hardcore is dead, blues is love. La pochette a due être
assemblée puis collée sur un coin de la table
de la cuisine du guitariste. Le disque en lui-même est
un CDr qui passe une fois sur deux dans ma platine. Quatre titres,
vingt minutes de bordel incompréhensible.
La haine du hippie étant un gage de rigueur et faisant
partie des valeurs sûres en ces temps de relâchement
éthique et d'abandon de toute déontologie dans
les petits univers cloisonnés de la musique, un titre
tel que White Cunt Hippie ne pouvait que me séduire.
La grosse trique, même. A l'intérieur du disque
(une fois donc que j'ai réussi à l'insérer
dans la platine) c'est un peu pareil. Sauf que les Welldone
Dumboyz dérapent systématiquement là où
on ne les attend pas : His Thing débaroule bien
à fond, gras et juteux, chant porcin baigné d'éthanol
quand arrive ce break avec les roulements de batterie, le guitariste
qui se met en tête de faire ambiance, la basse qui lâche
la fuzz pour nous faire du bilboquet puis sans crier gare ça
repart, le retour du cochon et du gros son, double pédale
en prime bande de petits veinards.
Les titres des Welldone Dumboyz regorgent de ce genre de contradictions
internes, toujours l'envie incontrôlable de foutre le
bordel là où c'est déjà la zone.
Commencer White Cunt avec une batterie qui blaste avant
de se lancer une minute plus tard dans un pseudo solo de guitare
catastrophique (pour les gens qui aiment les soli de guitares).
Poursuivre avec La Mue Du Mulet et son intro de deux
minutes qui débouche sur ce que l'on prend d'abord pour
un slow en bonne et due forme, en fait non : on a affaire à
un titre instrumental à la charpente mouvante, le moins
réussi du lot. Dernier morceau, Tight Cunt Blues,
dont le titre révèle une fois de plus et fort
judicieusement l'intérêt supérieur des Welldone
Dumboyz pour les passages difficiles, ne choisit justement pas
la facilité avec une introduction agrémentée
de voix de faussets (mais heureusement le cochon n'est pas très
loin), une absence apparente de toute logique structurelle avant
qu'un riff sabbathien et le retour de la double pédale
ne remettent un peu d'ordre dans ce foutoir.
Ce disque, qui répond haut la main aux critères
de crasse, sueur et émissions sous-ventrales est disponible
pour quatre petits euros en le demandant à l'adresse
suivante : bigbadgepeto@gmail.com.
Malgré une évidente propension à toute
mettre en uvre pour tenter de mal faire les choses, les
Welldone Dumeboys envisageraient un album pour la fin de l'année.
Ils ont donc vraiment besoin d'argent.
Haz
(02/06/08)
website groupe welldone.dumboyz.free.fr
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White
Mice
EXcreaMANTRaINTRaVEINaNUS - CD
Blossoming Noise 2007
Après
une paire d'albums parus sur Load records, White Mice sort déjà
un nouveau long format sur le label géorgien Blossoming
Noise. Que l'on se rassure tout de suite car EXcreaMANTRaINTRaVEINaNUS
ne déroge pas à la règle des souris blanches
et poursuit le travail de sape déjà bien entamé
sur les précédents opus. Si vous n'avez pas aimé
les disques sur Load et bien vous n'aimerez pas non plus celui-ci
car rien n'a changé dans la formule magique pour transformer
la cervelle en fromage fondu : basse fuzz de mammouth, batterie
primal, électrobidouillages sursaturés et voix
à faire regretter à un death metalleux polonais
rescapé d'un accident de tour bus en pleine campagne
biélorusse d'être encore en vie. Mais après
tout, lorsque on célèbre à tour de bras
Madame la Mort, crever prématurément et avant
tout le monde c'est comme qui dirait une sorte d'accomplissement,
non ?
Les White Mice, eux, ne célèbrent pas grand-chose
mis à part un gros bordel gluant, visqueux, assourdissant
et aussi dégueulasse que leur humour est douteux. Mais
un humour qui fait bien rire et bien plaisir même si les
gimmicks employés ne sont pas toujours nouveaux (les
membres du groupe ont tous un nom composé à partir
du mot mouse et portent des masques de souris serial killers
en concert) à l'image de l'illustration de la pochette
dont on ne sait si les trois souris débaroulent du crâne
malade d'une quatrième ou si elles broutent du pubis
avec une conviction identique à celle qu'elles montreraient
en dévorant une meule de fromage qui pue. A la réflexion,
les deux interprétations sont peut être aussi valable
l'une que l'autre, l'obsession rejoignant l'action dans une
profusion de sperme béchamel et de bulbe rachidien râpé
à la moulinette. L'éternel problème quand
il y a des souris dans une maison c'est qu'elles laissent toujours
de la merde de partout.
Techniquement, EXcreaMANTRaINTRaVEINaNUS comprend quatorze
titres et dure à peine plus de quarante minutes. Les
titres se séparent en deux catégories, les lourdes
dégoulinades qui font mal au ventre et les rots foireux
parfumés à la bile, courts et intenses. J'ai une
petite préférence pour la première catégorie
où l'aspect vicieux des souris blanches me semble prendre
toute son ampleur. A noter qu'un quinzième titre, caché
à la fin du disque (mais pas trop longtemps après)
révèle une énième reprise d'Helter
Skelter, aussi bonne que drôle.
Haz
(18/11/2007)
website groupe www.thewhitemice.com
website label www.blossomingnoise.com
sounds goudah_and_evil.mp3
| micemicebaby.mp3
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Whitey
The whitey album - CD
SF recordings 2008
Quand
un inconnu bien intentionné m'a parlé d'un nouveau
groupe d'un ancien Glazed
Baby se nommant Whitey, j'ai eu peur que ce soit ce groupe
de kékés.
Groooosse frayeur. Heureusement, Andy Newman (l'ex-bassiste-chanteur
de Glazed Baby puisque c'est de lui qu'il s'agit) n'a pas viré
sa cuti. Le bruit, les stridences, les lourdeurs continuent
de l'obséder. Tant mieux pour notre gueule ! Ca et le
blues. Car à lire de plus près ses déclarations,
Whitey ferait du blues. Si on considère que tout le rock'n'roll
découle du blues, on peut comprendre cette prise de position.
Mais il y dans ce deuxième album un delta en crue que
je ne franchirais pas. A peine le temps de se demander ce que
Newman devient que vous vous prenez deux morceaux décapiteurs
de troisième âge, vous dessinant un sourire jusqu'aux
oreilles. Texxxass 69 et Barely Legal, en dehors
d'avoir des titres suggestifs, reprennent le flambeau de Glazed
Baby, la puissance de feu d'un croiseur avec des flingues de
concours, une couche de graveleux supplémentaire. Notamment
Barely legal complètement entêtant avec
sa rythmique de plomb digne d'un Melvins et sa voix hantée.
Tout vibre. La batterie, les cymbales, ça ferraille,
ça cliquette, sainte distorsion du réel. Je remercie
l'inconnu du monde virtuel de m'avoir mis dans le droit chemin.
Après les choses se compliquent. Pas dans le sens où
la qualité s'en va avec le dernier larsen. Mais le rapport
à Glazed Baby se fait plus distendu. Le Newman se fait
malin et retors. Prend des chemins déviants. Pas encore
tout à fait prépondérant sur Oh, Oh
Marie mais beaucoup plus sur Well Well Well. La faute
à la reprise puisqu'il s'agit d'un morceau de John Lennon
et même sous l'emprise d'un Whitey déchaîné,
ça reste du Lennon. Sept minutes qui, sans être
désagréable, ramènent sur terre. Avec CNHC,
c'est le Glazed Baby de Ancient Chineese Secret qu'on
retrouve. Voix sous la limaille, sons anarchiques, saturations
à tous les étages. Je rebande. Puis l'emprise
de la cover pointe à nouveau ses vilains tentacules.
Whitey s'attaque au répertoire de Jeff Buckley avec Nightmares
by the sea. Jeff Buckley et moi, ça fait deux mais
cette reprise donne envie d'écouter l'original, même
le refrain aérien où Newman se prend pour Buckley
dans le chant. Une reprise propre à faire boire la tasse
deux fois à Jeff Buckley. A partir de là, on ne
jure plus de rien et Whitey s'enfonce dans le bayou version
noise. Imprisonment Blues sonne aussi comme une reprise
mais n'en ai pas une. A se demander si tout ça n'est
pas pour rigoler ou non. Solo de guitare en prime. Bref passons.
Mais quand ils exécutent un Going to Nola au banjo
sur l'air de When the Saints go marching in avec churs
de poivrots et ambiance de kermesse, on opte pour la version
second degré. On veut y croire en tout cas ! Whitey se
rattrape sur le morceau final. The 7% solution avec un
sample de Gene Wilder dans le rôle de Frankestein ajoutent
une dimension foldingue à ce morceau saignant. Un album
à deux vitesses qui, sans ces reprises (quoique très
plaisantes) et sa fin clownesque signe le retour de Andy Newman
au premier plan de nos chimères noise.
SKX
(24/03/2008)
website groupe www.myspace.com/whiteyrocks
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Witch
Hats
Wound of a little horse - CDEP
In-Fedility 2006
Depuis
Birthday Party, on peut pas dire que l'Australie nous ait beaucoup
renversé la tête. Mais avec ces nouveaux fils indignes,
les regards vont irrémédiablement loucher vers
le grand sud. De Birthday Party, il en est de plus question
avec Phil Calvert, le batteur du Nick Cave, qui produit ce premier
enregistrement de ce jeune groupe de Melbourne. Un groupe qui
n'a peur de rien. Ca pue l'irrévérence, la dissonance,
le chaos du rock et l'attitude qui va avec. Comme ça,
sans crier gare, ces quatre lascars débarquent avec cinq
titres plus bandants les uns que les autres. Il y a bien Jack
the untold un peu plus tubuesque que les autres mais ça
serait chipoter. Car malgré tous leurs élans sauvages,
le tour de force de Witch Hats est de combiner des éléments
très accrocheurs, pondre le riff qui tue à la
seconde qu'il faut, la petite ligne mélodique qui apporte
le petit plus indéniable, délivrer le rythme qui
emportera tout sur son passage au moment opportun pour faire
de ces compositions de véritables hymnes populaires.
La voix a beau me chiffonner sur la longueur, Witch Hats fait
une entrée très réussie sur la scène
rock internationale car nul doute que si ils continuent comme
ça, leur renommée va dépasser dare-dare
les océans
SKX
(30/06/2007)
website groupe www.witchhats.com.au
website label www.infidelity.com.au
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Witch
Hats
Cellulite Soul - CD
In-Fidelity 2008
Après
la mise en bouche de leur EP Wound of a little
horse et l'attente qui en découle, les premières
mesures de Cellulite Soul rassurent de suite. L'album
va être grand. Before I weigh (sorti en single
également) commence sombrement. On sent poindre le drame.
Ligne de basse imperturbable à la Tracy Pew, cri de chat
sauvage, chant androgyne avant que tout ne décolle, que
le son ne prenne une ampleur aérienne et que sa mélodie
vous ensorcelle. Witch Hats n'a pas perdu la recette du morceau
marquant. La production est à nouveau signée Phill
Calvert (le batteur de Birthday Party viré pour ébriété
chronique à l'époque de Junkyard) et Ben
Ling et s'annonce comme un parfait écrin à la
véhémence de Witch Hats. Spacieuse, généreuse
où chaque instrument sonne à sa place, contrôlant
le chaos que Witch Hats semble capable de mettre à chaque
instant. I cant stay at home continue sur la même
lancée. Rythmique percutante, une voix à la limite
de la rupture dont on ne connaît pas trop le sexe (même
si elle est tout ce qu'il y a de plus mâle), soutenue
par des churs très Bad Seeds. Mais si l'influence
de Nick Cave et comparses est indéniable, la musique
de Witch Hats sait aussi être plus rock'n'roll, broyeuse
de chair sans les abus et les échardes. Climing up
yr cable avec ce semblant d'orgue vous ferait presque danser,
chalouper au bout du comptoir, tendre les bras dans le vide.
En trois morceaux, Cellulite Soul marque trois points.
Western' casse le rythme. Un morceau trop gentillet,
contrastant avec la virulence précédente, appréciable
au fil des écoutes, surtout quand il susurre sur la fin
I'm your friend, i want to fuck you (ou alors c'est moi
qui extrapole). Le chantier repart sur Hellhole (aucun
rapport avec le morceau précédent bien sûr)
avec cette rythmique se taillant la part du lion, orgueilleuse,
pendant que le guitariste fracasse son venin. Il y a du swamp
rock là-dedans, ce blues perverti par le blanc, cet abandon
viril malsain sur les bords. Un grand fracas propulsé
par une batterie infernale sur Summer of Pain, un Clockcleaner
des antipodes sur Neil Diamond entry ou un Doors Film
à tiroir invoquant plus le Gun Club que le groupe suggéré
par le titre, se terminant par cinq minutes quasi-instrumentales
et soniques et une jam cachée. Ils ont beau invoqué
le Seigneur pendant les deux minutes tranquilles de Ma Lord,
on sent bien que ce n'est pas pour rentrer sous les ordres mais
se faire pardonner quelques pêchés capitonnés.
Cellulite Soul est un album sans gras, de la part d'un
groupe qui sait qu'on n'attrape pas des mouches avec du vinaigre,
administrant les mélodies nécessaires mais sachant
également distribuer les tapettes et les courants d'air
propres au cyclone pulmonaire. L'Australie est de retour dans
le droit chemin et Witch Hats un de ces plus beaux fleurons.
SKX
(24/03/2008)
website groupe www.witchhats.com.au
website label www.infidelity.com.au
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The
Wolfnote
Sacred Bodies - CD
Reluctant / Black Box 2005
A
peine le temps de faire connaissance que Wolfnote se casse déjà
dans le cimetière des groupes défunts. En provenance
de Edmonton dans le Canada, Wolfnote tentait de faire danser
les foules, comme bien d'autres, mais sous l'angle rock, façon
The Red light sting ou At the Drive-In, les champions des groupes
cités dans des chroniques quand il s'agit d'évoquer
le moindre chevelu viril qui essaye de faire bouger les corps
sous la chaleur d'amplis dans le rouge. Et d'angles, ce deuxième
album n'en manque pas. The Wolfnote hurle sa rage la nuit venue
avec un élan rock'n'rollesque communicatif. Le batteur
a le feu au cul. Le chanteur est remonté comme des vieilles
bretelles qui ne tiennent plus en place. Le synthé de
la demoiselle tente bien que mal de se faire une place et la
production de Alex Newport ne cherche en rien à les arrondir
ces putains d'angles. Il donne à chaque instrument l'espace
suffisant pour s'exprimer. Clairement. Fortement. Et si l'album
n'accouche pas de dix morceaux indéboulonnables, il réserve
de belles joutes comme Three Bells et les sept minutes
d'un Rats in life dans le larsen. On pourrait en citer
d'autres. Trente minutes qui se dégustent à fond
la gomme, sans faute de goût pour un groupe qui aurait
pu décrocher la timbale avec une telle musique mais qui
a décidé de se saborder avant. Sales punks.
SKX
(23/01/2007)
website groupe www.thewolfnote.com
website label www.blackboxrecordings.net
sounds reluctantrecordings.com
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Wolverine
Brass
Wicked witch - CD
Auxiliary 2006
Dès
la première écoute, je me suis dis que c'était
pas la peine. Encore un groupe scotché dans les années
90 et pas sur n'importe quels groupes. Slint, Rodan, un poil
de Bastro en poussant jusqu'à A Minor Forest. Vous voyez
tout de suite le genre de filiation et la musique proposée.
Si tout ça est très respectable, ça sentait
trop le réchauffé pour aller voir plus loin. Mais
comme je suis un vieux con nostalgique et que tous ces groupes
me parlent, j'y suis retourné après avoir laissé
cet album pourrir dans un coin. Et là - je vais pas vous
mentir en vous disant que c'était le choc de l'année
- mais le plaisir n'était pas feint. Un réel savoir-faire
habitent ces quatre ex-membres d'une ribambelle de groupes pas
inoubliables. Vous retrouvez tout ce qui a fait la gloire des
groupes sus-cités. La tension sous-jacente, ces brèves
explosions, ces voix passant du parlé au cri à
bout de ouffle comme si c'était une seconde nature, ces
moments de béatitudes où la musique semble flotter
dans une autre dimension. Le genre de brèche ouverte
provoquant un léger mouvement d'avant en arrière
du buste. Et surtout un art de la composition soignée
à défaut d'être totalement renversant. Sept
morceaux qui n'en trouvent pas moins son propre lopin de terre,
une approche plus rustre et plus dur dans le son qui n'est pas
pour déplaire (genre Shipping News en mieux) pour un
album qui vous fait ravaler votre morve de blasé. On
y reviendra toujours en solitaire.
Et puis quand on est originaire de Louisiville (le patelin de
Slint), on a bien quelques droits en plus non ?!
SKX
(26/03/2008)
website groupe www.myspace.com/wolverinebrass
website label www.auxiliaryrecords.com
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Weasel
Walter
Apocalyptik Paranoia - CD
Gaffer records 2009
Mais
que devient Weasel Walter ? Aux dernières nouvelles il
va très bien, merci pour lui. La preuve par huit avec
Apocalyptik Paranoia, album d'improvisation free tout
juste publié par Gaffer records. L'homme du label lyonnais
et notre batteur fou préféré ont récemment
tourné ensemble en compagnie du saxophoniste Mario Rechtern
et comme il est même déjà question qu'ils
remettent ça un de ces quatre, il ne faudra pas les rater.
Pour les furieux et nostalgiques des Flying Luttenbachers -suivez
mon regard- on conseillera pour l'écoute de Apocalyptik
Paranoia de se rendre directement à la plage n°2
(Raging For War) ou la plage n° 5 (Mass Erection).
Du bon gros chaos qui fait du bien par où il passe. Mais
ce disque est bien plus riche que cette nouvelle démonstration
de l'incontournable et célèbre slogan Death
Metal Is Free Jazz des Flying Luttenbachers. D'abord Weasel
Walter a eu l'idée de travailler avec divers trompettistes
aux jeux très différents : Greg Kelley dans le
rôle du plombier, Forbes Graham dans le rôle de
l'électronicien et Peter Evans dans celui du poète
terroriste. Trois approches complémentaires du son qui
rabibocheront peut être les fâchés avec la
trompette (normal, depuis le temps que l'on nous bassine avec
le jeu modal tronqué à la sourdine, n'est pas
Bill Dixon qui veut
). Les autres invités ne sont
pas des nains non plus avec le violoncelliste Fred Lonberg-Holm
et surtout le démentiel Henry Kaiser hallucinant avec
sa guitare électrique et passionnant avec sa guitare
acoustique.
Acoustique car il y a des morceaux plus calmes sur Apocalyptik
Paranoia, je veux dire barré mais sans la tentation
du débordement bruitiste que l'on retrouve dans le free
extrême. Ainsi, Scintillations, premier titre de l'album,
pourrait presque être qualifié de beau : il s'agit
d'un duo Kaiser/Walter où les deux musiciens se renvoient
la balle avec délicatesse et à-propos. Threnody
et Creaking Bones Break explorent la même veine en compagnie
de Greg Kelley et de Peter Evans dans un registre plus nerveux
et accidenté. Apocalyptik Paranoia est tout simplement
un excellent disque de musique improvisée et énergique.
Haz
(21/06/2009)
website groupe nowave.pair.com/weasel_walter
website label www.gafferrecords.com
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Peter
Evans/Weasel Walter Group
Oculus Ex Abyssus - LP
ugEXPLODE records 2008
Encore
un disque de bordel improvisé avec Weasel Walter à
la batterie et en plus ce Oculus Ex Abyssus est sorti
sur le propre label du bonhomme, ugEXPLODE. Là, j'ai
à peu près tout dit et en ces temps de digestion
difficile et d'insouciance universelle, je pourrais stopper
cette chronique là tout de suite pour de bon. Démerdez
vous. Bon allez, j'arrête de lorgner sur ce gigot d'agneau
(de dieu) et sur ce gratin de brocolis saucé à
la truffe du Périgord, je lâche la bouteille de
St Joseph et je me mets deux doigts dans la bouche pour faire
ressortir cette putain de bûche de noël aux marrons
et à la crème au beurre et je vous parle quand
même du Peter Evans/Weasel Walter Group.
Outre Mr Octopus, on y retrouve Peter Evans à la trompette
(il est l'un des trois trompettistes qui interviennent sur l'album
Apocalyptik
Paranoia de Weasel Walter paru en juin 2009 chez Gaffer
records) ainsi que Paul Hartsaw au ténor et Damon Smith
à la contrebasse. Ces deux derniers sont des vieux briscards
de la musique improvisée, exactement ce que l'on peut
entendre sur ce Oculus Ex Abyssus (un il hors de
l'abîme ? j'en perds mon latin) composé de deux
longs titres, un par face, ou plutôt deux longues improvisations
collectives. On enregistre pendant l'après midi, on réécoute
en soirée, on fait des coupes le lendemain matin et ça
part au pressage deux jours après. Pour ça, l'improvisation
c'est un truc très pratique, ça permet de faire
de la musique au kilomètre sans trop se fatiguer - et
même dans certains pays de cette vieille Europe cela permet
de demander des subventions et de postuler à des résidences
d'artiste.
Après on aime ou on n'aime pas. Le résultat est
nul ou ne l'est pas. Ici, avec Oculus Ex Abyssus, c'est
plutôt la pétarade en série et l'éclate
de la sous-ventrière à la clef : nos quatre grands
enfants s'amusent comme des petits fous, les souffleurs rivalisent
de bruits de bouche et le jeu de Weasel Walter, toujours aussi
drôle, est immédiatement reconnaissable, mettez
lui un bavoir sinon il va encore en foutre de partout. Seul
la contrebasse de Damon Smith est trop en retrait à mon
goût (elle ne doit pas avoir d'amplification directe)
et c'est dommage parce que question pets foireux de cordes tendues
et grincements en tous genres à l'archet notre homme
semble en connaître un rayon. On ne s'ennuie donc pas
le temps que dure Oculus Ex Abyssus, le disque ayant
aussi la bonne idée de ne pas s'éterniser, format
vinyle oblige. C'est aussi la confirmation que Weasel Walter
s'implique de plus en plus dans le free et de moins en moins
dans les musiques binaires. Après tout, chacun fait ce
qu'il veut de sa vie.
Haz
(28/12/2009)
website groupe nowave.pair.com/weasel_walter/index.html
website label nowave.pair.com/ugexplode
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Welldone
Dumboyz
Magnetic Hippie Vol 1 - cassette
autoprod 2008
On
avait quitté les Welldone Dumboyz au son d'un CDr gravé
n'importe comment et empaqueté dans une pochette ridicule
taillée au cutter. On pouvait légitimement penser
que les belfortains allaient passer à la vitesse supérieure
(un album par exemple, ou un split avec un groupe parisien mais
néanmoins ami) et bien non, la lose est un art de vivre
que rien ne saurait démentir. La nouvelle livraison des
Welldone Dumboyz s'appelle Magnetic Hippie Vol 1 et est
dispo uniquement en format cassette, objet d'un autre siècle
et également comme chacun sait format préféré
du patron.
On ne reviendra pas sur l'éternelle obsession zoophile
de ces garçons pour le genre hippie (cf le titre), obsession
qui se transforme tout au long des deux faces de cette cassette
en raout bruyant et énervant regroupant chutes de démo
enregistrée dans les chiottes pendant la première
répétition du groupe, bandes passées à
l'envers, hurlements d'ivrognes (We Got No Balls, haha
la bonne blague), stridences électroniques en guise d'intro
et de final. Du vrai foutage de gueule, du grand n'importe quoi.
Mais on aime les Welldone Dumboys. On les aime parce que derrière
leur attitude de branleurs invétérés ça
sent le pet foireux qui n'attend qu'une étincelle pour
virer à l'explosion. Impossible de lire les titres des
morceaux -c'est trop mal écrit et en plus c'est imprimé
n'importe comment- mais il y a quelque part sur la première
face un instrumental psyché/grungy/grumpy/noisy drivé
par une basse qui claque sa race et donnerait envie de s'agiter
même à un tétraplégique catholique
en pleine prière du soir (si ça c'est pas la preuve
que Dieu existe). Idem sur la deuxième face qui débute
avec deux torch songs violemment inflammables et vicieuses (et
un magnifique ripp-off d'un break de Led Zeppelin pour la seconde).
Les Welldone Dumboys ont ce don pour mélanger les genres
-et ça ratisse large, du stoner récalcitrant à
la noise prophylactique- dans un grand saladier et en faire
sortir une mixture foncièrement répugnante, collante
mais néanmoins goûteuse.
C'est donc pour ça qu'on en redemande. Vous avez compris
les petits gars, pour votre prochaine production, va juste falloir
nous pondre quelque chose d'un peu plus maîtrisé
(je n'ai pas dit moins bordélique, hein) et ce sera parfait.
Haz
(24/03/2009)
website groupe welldone.dumboyz.free.fr
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White
Mice
Ganjahovahdose
- CD
20 Buck Spin records 2009
Le
grand retour de l'un de nos groupes de malades préférés
: White Mice. Et sur un nouveau label qui plus est, 20 Buck
Spin, après avoir épuisé Load records (deux
albums) et Blossoming Noise pour un EXcreaMANTRaINTRaVEINaNUS
paru en 2007, disque qui reste à ce jour le meilleur
enregistrement des souris métamorphiques. Et pour celui-ci,
même si la pochette est moins explicite et moins dégueulasse
que d'habitude, la thématique tourne autour de ce qu'il
reste de religion dans ce monde sans spiritualité. Ganjahovahdose
c'est donc la rencontre de la lumière (celle de ton briquet
quand tu fais chauffer ta dose de crack) et de l'obscurantisme,
celui des croyances aux rabais, de l'hypocrisie et de la superstition.
Avec ses illustrations (merci Michel-Ange), textes - qui ne
semblent pas avoir grand rapport avec les paroles éructées
sur le disque bien qu'étant présentés sous
les mêmes titres - ou bandes dessinées, le copieux
livret est à se tordre de rire.
Question musique on rigole tout autant, heureux que ces rongeurs
suceurs de cervelle et lécheurs d'anus n'aient strictement
rien changé à leur recette de fondue maléfique
au fromage qui pue. Oscillateur en position bruitiste, basse
mega saturée, batterie tribale et/ou en mode rafale et
voix de shaman sataniste violeur d'animaux et équarisseur
d'enfant. Un pur festival qui allie mauvais goût pour
les bonnes choses, noise industrielle, chaos vitriolé,
explosions de sperme, overdose de haine et imprécations
malfaisantes. Ganjahovahdose est relativement plus ramassé
et plus court que ces deux prédécesseurs directs,
donc plus supportable et écoutable dans son entier sans
risque de décrochage et de liquéfaction. C'est
que tant de mauvaises intentions, tant de n'importe quoi nihiliste
et tant de complaisance dans la destruction, on n'en écoute
pas tous les jours.
Haz
(15/11/2009)
website bands www.thewhitemice.com
website label www.20buckspin.com
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Whitey
Don't tread on hope - CD
Sweet Fetus 2006 |

Whitey
Is this blues enough 4U (Baby) ? - CD
Sweet Fetus 2007 |
Avant
que Whitey ne pointe son nez l'année dernière
avec un album
totalement passé inaperçu, Andy Newman avait déjà
réalisé deux autres disques dans un anonymat encore
plus complet que ce The Whitey album. C'est dire ! Des
disques sortis sous le manteau sur le propre label de Newman,
Sweet Fetus records, label qui avait déjà réalisé
deux singles de Glazed Baby au tout début des années
90. Parce que - faut-il vous le rappeler bande de malentendants
- le Newman de Glazed
Baby et le Newman de Whitey ne sont qu'un seul et même
homme et pour tous noiseux qui s'y croient, c'est avec respect
qu'on écoute le Monsieur. Ce qui n'empêche pas
d'être critique ! Il faut donc prendre ces deux disques
comme une remise en route, des articulations rouillées
qui se cherchent une voix sur laquelle remettre la gomme.
Ca recommence en 2006, voir en 2005, tout ça est flou
avec Don't tread on hope, un CD cinq titres emballé
dans un genre de poster double A4, dessiné des deux cotés
et dont on ne sait rien sur l'auteur. Ca sent la bonne photocopie
laser, autant dire le grand luxe pour Whitey. Des compos qui
ne sont pas encore hantées par le blues comme ses poursuivants.
C'est sec, épuré, faussement lent, ça sent
la peine et la douleur, Newman a la voix qui traîne et
le coup de cafard d'années moroses mais ça reste
rock avec ce petit grain noisy pour donner de l'épaisseur.
C'est même carrément glauque sur un justement donné
Goin' down où pendant six minutes, tonnerre, piano
famélique et batterie martiale vont superbement plombés
l'atmosphère.
Une guitare, une batterie avec son pote Dan où le temps
d'un A love withdrawal ou 6 Feet under, le souvenir
d'un Glazed Baby en version filtrée se pointe et c'est
loin d'être déplaisant. Newman n'a pas perdu la
main.
En 2006, ou quelque chose comme ça, premier véritable
album toujours emballé dans un genre de poster dans un
format en longueur bâtard. Son nom en forme de question
Is this blues enough 4U (Baby) ? Une interrogation qu'il
faut prendre à la lettre. Si t'as le blues encré
en toi comme la plume sur le cul d'un canard goudronné,
la réponse est non. Par contre, si le blues provoque
en toi une poussée d'urticaire à faire vomir un
bouc, la réponse est oui. Alors en bon Normand que je
ne suis pas du tout (j'ai bien des défauts mais pas celui
là), la réponse se trouve entre les deux. Des
éléments de blues, ces rythmes, ses lamentations,
sa guitare slide, une atmosphère traînante et sentant
le sud. Le fait que le disque fut enregistré à
New Orléans ne doit pas être étranger à
cet élément poisseux collant à la musique
de Whitey. Mais Newman n'a pas la voix d'un noir du delta mais
d'un p'tit blanc meurtri par des années de noise-rock.
Les intentions de blues sont là mais passées dans
les mains perverties d'un ex-Glazed Baby, ça donne une
étrange mixture tour à tour prenante ou plus anecdotique.
Ca va de la ballade blues presque traditionnelle (Hot'lanta
ryder) à l'instrumental bancal et aliénant
(Desperation blues) au rythme cadencé d'un Dizzy
Miss Lizzy dont le violon final n'est pas le seul charme,
sans oublier la complainte semi-acoustique et vicieuse de Sixth
of the sixth. Newman et ses deux nouveaux acolytes ne peuvent
s'empêcher de pratiquer un blues mutant, de saloper les
racines et mettent les bases d'une musique hybride que viendra
confirmer l'excellent Whitey album. Et on se rappelle qu'au
temps de Glazed Baby, sur l'album Karmic Debt, ils reprenaient
déjà du blues avec le Mad man blues de
John Lee Hooker. Un vieil amour que Newman assume plus que jamais,
lui donnant sa propre version. Version que les puristes du style
ont toutes les chances de fuir en courant.
Le quatrième album est déjà en préparation.
Vous pouvez écouter un titre sur leur myspace et il se
murmure qu'une tournée française avec un groupe
de Libourne commençant par un B pourrait se faire un
de ces quatre
SKX
(03/02/2009)
website groupe www.myspace.com/whiteyrocks
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Witch
Hats
Solarium down the causeway - 10''
Z-Man 2009
Ecrit
sur la route pendant leur tournée américaine,
enregistré dans le même pays par Greg Ashley à
Oakland, ce nouveau 10'' fait dans l'urgence et l'instantané.
Phil Calvert a beau avoir participé au mixage final (avec
Kris Buscombe le chanteur à qui on doit aussi l'artwork),
Solarium down the causeway se fait direct, condition
d'enregistrement live oblige, retrouvant une certaine filiation
avec leur premier EP Wound
of a little horse tout en s'éloignant de plus
en plus de celle de Birthday Party. Respire un bon coup et mets
la tête sous l'eau.
Les Australiens voyageurs commencent par balancer trois courtes
salves post-punk incisives où coule au milieu Check
the Center (prévu à l'origine pour un split
7'' avec Thee Oh Sees). Le titre qui fait mouche. Surprenant
au début. Rapidement dépendant. Caisse claire
militaire, bonbon pervers et acidulé, seul titre enregistré
à Melbourne par Kris Buscombe, encore lui, au four et
au moulin, puisque auteur également des cinq autres titres.
Un mec qui n'a pas son pareil pour vous agripper l'ouie par
un riff accrocheur, par vous transformer du Scientists en or
fin. Stomach in your hair et Pleasure Syndrome,
plus virulent, possèdent également cette élégance
des petites frappes qui d'un regard perçant vous crucifient
sur place. Dans Fucking with the Atmosphere, il ya Atmosphere,
synonyme d'un morceau plus porté sur l'envers du décor,
voilé dans une mélancolie acerbe et il y a fucking
parce que
parce ce que ça ne fait jamais de mal.
Autre face, Witch Hats resserre les boulons, se fait plus abrasif.
SESSA (Son of a silo salesman) est le genre de morceau
typique qui grandit en studio, improvisé sur le tas.
Rythmes répétitifs, riff en boucle, morceau hypnotique
grossissant de ses propres tremblements, alimentant sa folie,
pas loin de représenter les cinq plus belles minutes
de ce disque. Le groupe de Melbourne coupe définitivement
le cordon avec la troupe à Nick Cave sur un titre comme
I Am Parolling, l'encrant dans une tradition rock'n'roll
qui a écrit les plus belles lettres et déclenché
les plus belles cirrhoses de vieux cramés australiens,
tout en gardant cette classe et ce détachement indéfinissable.
A l'origine, Witch Hats avait enregistré douze morceaux
pour un album mais une fois à la maison, seuls six morceaux
ont trouvé grâce à leur oreilles, préférant
garder le meilleur de leur jus pour cet EP. Sans savoir ce que
donnaient les versions rejetées, on peut dire que Witch
Hats a su retenir les leçons de Cellulite
Soul où une ou deux compos plus faibles avaient
survécu et frappe cette fois-ci au plus juste. En plein
dans la pupille.
SKX
(06/12/2009)
website groupe
www.myspace.com/witchhats
website label
www.zmanrecords.com
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Wolves
In The Throne Room
Malevolent Grain - 12'
Southern Lord 2009
Comme
pour me faire pardonner auprès de la direction de Perte
& Fracas d'avoir pris une semaine de congés sans
préavis et pour ouvrir de nouvelles perspectives à
ce webzine il est vrai quelque peu sectaire et renfrogné
(mais il y a pire : suivez mon regard
) voici une chronique
d'un disque de metal. Mais pas de n'importe quel metal, une
chronique de black, en l'occurrence avec les très en
vue Wolves In The Throne Room. Ici pas de délire misanthrope,
pas de culte odiniste, pas d'homophobie meurtrière, pas
de nazillardises mal digérées mais un groupe vivant
limite reclus au milieu de sa forêt au fin fond de l'état
de Washington, soucieux de la dévastation de la terre
par les hommes, conscient des limites destructrices du progrès
et militant de la verdure. C'est un peu le Lagon Bleu au pays
des gnomes écologistes et des lutins végétariens.
Wolves In The Throne Room est un groupe de gentils hippies.
Dans le rôle de Brooke Shields, Jamie Myers (Hammers of
Misfortune) est venue poser sa voix sur la première face
de ce Malevolent Grain. A Looming Resonance est
un low tempo vaporeux à faire mouiller les slips de dentelle
noire de tous les gothiques baudelairiens de l'hémisphère
nord, avec guitares lancinantes, break mortifère accompagné
de double pédale et atmosphère agréablement
délétère. Un titre idéal pour emballer
la bitchette suceuse de sang de ses rêves. Sur la face
B Hate Crystal est un titre plus classique, joliment
fait (on est très loin de la noirceur suintante d'un
groupe de true black) mais diablement efficace. Tout y est,
y compris le chant de petit démon possédé
et riffs en dents de scie.
Le titre -un peu ridicule- du morceau résume parfaitement
le grand écart réalisé par Wolves In The
Throne Room : la pureté d'un côté (crystal)
et la violence de l'autre (hate). Ces mecs sont soit
d'une naïveté à toute épreuve soit
d'un idéalisme lumineux. En cette période de fêtes
chrétiennes -Semaine Sainte, Pâques et tout ça
(Jésus est mort il y a 1976 années, vous vous
rappelez ?)- le culte serein et propre distillé par ces
black metallers fait plutôt rire. Rappelons que si le
sida ne tue que les méchants fornicateurs peu enclins
à respecter les idéaux (hum) de chasteté
et fidélité prônés par l'église
catholique romaine, cela fait également longtemps que
l'on sait que les guitares ne tuent pas les fascistes. Celles
de Wolves In The Throne Room ne feraient pas de mal à
une mouche mais ce groupe a une charme indéniable et
puissant qui ne réside finalement que dans une sorte
de vision fantasmée du monde. Personnellement je préfère
quand même le nihilisme.
Haz
(06/04/2009)
website groupe www.wittr.com/home
website label www.southernlord.com
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Woman
Self-titled - CD
Bang 2009
Cette
Woman n'est pas fréquentable. Bordel géant. Vicelarde,
gouayeuse, au mieux de sa forme avec deux grammes dans chaque
poche, se répandant par ennui dans le sordide. Sentimentale
oserais-je mais c'est plutôt Closer et toute la vague
australienne. The Scientists, époque Born Blood River
et le Distortion de Human Jukebox, le rampant
dans le caniveau plutôt que le rock'n'roll bon teint,
un doigt de Beasts of Bourbon et la voix coulée du même
tord-boyaux. A faire passer le chanteur de Killdozer pour un
eunuque de droite. Et quand on transpose le swamp-rock bouilli
dans la fange new-yorkaise, ça donne Woman.
Déambuler dans les rues, se faire mollusque au milieu
des mollusques. Quatre types vénéneux dont le
bassiste répondant au surnom de Skeleton Boy. Il ne faut
pas longtemps pour deviner qui est l'élu quand vous matez
la photo intérieure. Jeu de basse décharné.
Rythme poignant, rythme d'aliéné, rythme écorcheur,
la rencontre de Birthday Party dans l'univers urbain et sans
foi d'une ville qui aime enfanter des bâtards, des Chrome
Cranks et des Pussy Galore à chaque coin de ruelles sombres.
Le blues revisité et maltraité par des malfrats.
Woman sculpturale optant autant pour la décharge rapide
que la longue cavalcade à tempo mesuré, Woman
ondulante puis fracassante. Guitares généreuses,
guitares par deux, par couches, multitudes de notes, bavardes
jusqu'à parfois l'overdose et la limite de soli pénibles,
même frelatés, particulièrement sur Phosphorescent
Glow. Même les plus belles Woman ont droit à
leur petit défaut. Surtout quand le reste est suintant
de désespoir, de rage, qu'elle a du chien et qu'elle
préfère te dire les choses en face plutôt
que minauder. Bruit de vaisselle qui vole, orchestré
par Martin Bisi pour un son au final plus typique de NYC que
les grandes étendues désertiques. On serait presque
à entendre du Unsane sur quelques notes aigues assassines,
voir Ennio Morricone et le thème de Peur sur la ville
au beau milieu de Gaol inside my heart par le squelette
de service et ces quatre cordes perverses. C'est que cette Woman
là nous ferait croire à des mirages, nous ferait
voir de la beauté en plein milieu d'un lupanar infesté
de morpions. Comme toute histoire d'amour, tout part en couille
sur l'instrumental de fin Icy Drone. Les éclats
et la corde au cou. Il faudra bien que je tire mon coup avant
le crépuscule.
SKX
(28/09/2009)
website groupe www.myspace.com/womannyc
website label www.bang-records.net
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Waxeater
- Jabberjosh
On Deck - Split 7''
Useless World 2010
En
complément de leur album Sleeper,
Waxeater est également de sortie sur un split single
parue dans la foulée. Sauf que c'est tout sauf un complément
de seconde zone. Leur inédit A Quiet Place Alone Away
From Everyone I Hate tape dans les cinq minutes pour un
plaisir encore plus grand. La section rythmique prend cette
fois-ci le temps de tâter son pouls, de faire monter l'adrénaline
en douceur, encadrant des refrains pour homme à la Fugazi
et de tout miser sur une tension larvée. Du bel ouvrage
encore une fois. De l'autre coté de ce single dont la
pochette ne manque pas de héros, un duo basse-batterie
originaire de Lawrence dans le Kansas. Les frangins Sam et Will
Gunnerson. Certainement des boute-en-train à nommer ainsi
le titre de leur comptine, Why the Fuck Would You Re-Issue
Frampton Comes Alive?, manque de respect flagrant à
grosse star américaine has-been, type guitare héros
comme on n'en fait plus hélas et qui a mal un peu mal
vieillit.
Jabberjosh, c'est tout le contraire. Jeunes chiens fous à
l'énergie chevaleresque comme une crinière peroxydée
flambant dans un halo de lumière matinale, une technique
de maréchal-ferrant, un bassiste-chanteur qui saute sur
tout ce qui bouge, aboie sur tout ce qui passe avec une rare
conviction et un batteur qui doit avoir, au bas mot, une douzaine
de toms basse. Ou alors quatre paires de bras. Avec une petite
relance très bien vue en plein milieu du carnage. Bonnement
primaire et à surveillez comme on dit !
SKX
(03/12/2010)
website groupe www.myspace.com/waxeatermusic
| www.myspace.com/jabberjoshua
website label www.uselessworldrecords.com
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Waxeater
Sleeper - CD
Latest Flame 2010
On
était resté avec un Decent Riff en guise
d'apéro, un EP daté de 2009 où la description
tenait dans le titre. Juste décent. Une sortie uniquement
digitale que l'on télécharge aisément si
on se donne un minimum de peine. Avec le premier album en dur,
le trio de Bloomington (Indiana) a pris du muscle, de l'épaisseur.
La machine à torgnoles est en route. C'est le syndrome
The Stnnng et franchement, il y a pire comme maladie.
Force de persuasion et de pénétration identique,
noise-rock viril qui ne s'embarrasse pas de cheminement erratique,
Sleeper a tout pour réveiller les morts. C'est même
plus d'une fois la grosse artillerie qui vous tombe de partout,
la section rythmique ravageuse et le chanteur-guitariste qui
colle désormais le mot indécent à ces riffs.
Enorme. Et comme dans la voix, il possède ce grain de
colère/folie typique aux grands malades qui s'ignorent,
on rase les murs et on redemande sa branlée. Collection
de dix titres s'enchaînant sans respiration mais sans
jamais l'impression d'étouffer, écriture de haute
volée, direct et jamais obtus, il y a du Kurt également
dans ce Waxeater. Impossible de dégager un titre d'un
autre. C'est compact, l'attentat et la rixe, pas de sursis,
ça se gobe d'une traite mais pas le mal de crâne
qui va avec alors si vous êtes friands des bombes à
la The
Stnnng, faites la fête à Sleeper.
SKX
(03/12/2010)
website groupe www.myspace.com/waxeatermusic
website label latestflame.com
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Welldone
Dumboyz
Self titled - CD
Fragment records 2009
Ils
viennent de Belfort (ou de ses environs), ils sont jeunes, ils
sont forts, ils sont beaux et un peu débiles mais heureusement
pour nous ils ne sont que trois. Après avoir lâché
dans la nature quelques CDr ou cassette complètement
autoproduits et dont Perte & Fracas s'était bien
évidemment fait l'écho,
les Welldone Dumboyz se sont lancés à corps perdu
dans l'incroyable aventure d'un premier album. Pour cela ils
ont choisi le label Fragments records, une petite maison friande
en absurdités auditives extrêmes et autre anomalies
bruitistes mais également spécialisée dans
les emballages faits à la main et avec du cur à
l'ouvrage - l'artisanat, la plus grande entreprise de France.
C'est amusant parce que cela confèrerait presque un côté
arty aux Welldone Dumboyz, impression fugace qui, je vous rassure
tout de suite, s'efface dès les premières secondes
du titre d'ouverture, l'imposant We Kill Your Local Heroes.
Il a aussi déjà été écrit
quelque part que le trio développe un talent certain
pour la stupidité : pour réussir à faire
ainsi les cons il faut avoir un sacré don naturel ou
bien savoir choisir les bonnes drogues au bon moment (sur ce
point précis je n'ai pas d'opinion) et les Welldone Dumboyz,
loin de renier leurs tics ataviques, ont considérablement
amélioré leur recette sur ce premier album sans
titre - cette absence de titre, au passage, c'est son plus grave
défaut à ce disque : où sont donc passées
les références/insultes au genre hippie ? Un album
qui allie sans peine sérieux dans l'exécution
musicale (réussir à slaper une basse sans passer
pour le blaireau permanenté de service est un exploit
qui n'est pas donné à tout le monde), travail
fouillé sur les compositions (ne vous attendez pas à
du couplet/refrain/etc, les Welldone Dumboyz sont plutôt
adeptes des structures à tiroirs et à rebondissements)
et humour invraisemblable, en particulier au niveau du traitement
des voix - I Am The Cachalot laisse toujours autant perplexe,
même après maintes écoutes, et la possibilité
que ce titre soit également un hommage à peine
déguisé aux Beatles et aux délires carrollien
de John Lennon est bien entendu complètement hors sujet.
Non, il y a ici de la fantaisie débridée voire
absurde, du rentre dedans, de la performance (tant pis pour
leur légendaire modestie de losers indécrottables
mais, répétons-le, ces trois là assurent)
et ce qu'il faut de décalage pour que l'on ne passe pas
sans prévenir dans la catégorie gros gag forcé
- écueil pourtant frôlé maintes fois mais
toujours évité - ni la démonstration pas
drôle en pitrerie niveau bac + 5. Le punk noise, psyché
et légèrement grungy des Welldone Dumboyz est
vivifiant (Peepwall), fantasmagorique (The Hole),
plein de trouvailles (le saxophone qui s'invite sur Kill
Your Local Heroes et le final tout en percussions sur le
même titre), pervers (Bloody Green), débridé
et messianique (Colossus Blue Goliath), bourré
de saturation et de fuzz tout comme on aime. Pour couronner
le tout, rien de tel qu'un peu d'autocélébration,
surtout lorsque celle-ci sent la bouse séchée
et la gnôle mal digérée (Thank You).
Dommage que ce disque soit uniquement disponible à 100
exemplaires - certes numérotés et accompagnés
d'une cassette live pour celles et ceux qui auront eu la bonne
idée de précommander la chose - parce que, de
toute évidence les gars, ce n'est pas comme ça
que vous réussirez dans la vie. Pourtant, c'est tout
ce que je vous souhaite. Ce disque est encore disponible auprès
du label, qu'on se le dise.
Haz
(20/06/2010)
website groupe welldone.dumboyz.free.fr
website label www.fragments.tk
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We
Only Said
Self-titled - CD
Range Ta chambre 2009
Le
premier réflexe visuel a été de penser
à la pochette du Total Destruction d'Unsane. Gros
plan sur une vieille bagnole. La calandre, le feu brisé.
Mais oubliez tout ça. Pas de sang, pas de bout de chair.
Juste de la rouille et une impression d'abandon collant beaucoup
mieux à l'univers de ce nouveau groupe de Rennes. Il
partit de un (Florian Marzano). A l'arrivée, ils furent
quatre. Plus de nombreux pèlerins ramassés sur
le bord de la route. Le I devient We et bien qu'on dénombre
huit personnes plus une parolière (Nathalie Burel), la
musique porte la marque de son géniteur originel, conservant
cette aura intimiste, ce fond de chambre ouvert aux amis de
passage, leur offrir un pot et un peu de place dans les méandres
de son jardin intérieur. Ce qui fait qu'au lieu de se
retrouver avec un projet de folk dépressif, on hérite
d'un spleen consistant. Et d'une très agréable
surprise. Une clique qui trimballe sa mélancolie sur
un fond de beauté sombre et pas mal de luminosité
autour. Ou est-ce une petite flamme qui brille de l'intérieur
? C'était pas gagné d'avance. On a connu des groupes
se casser la gueule, ne pas tenir la distance d'un album à
répandre leur sale humeur cafardeuse sans se prendre
les pieds dans l'abattement, à endormir l'auditeur bien
avant la fin.
We Only Said a du souffle. Déjoue les pièges.
Pour la simple et bonne raison qu'ils ont les compositions qui
tuent. Rien de tape à l'il et d'évident.
Juste cette fameuse petite flamme qui tire chaque morceau vers
le haut. Celle qui fait relever le sourcil à la première
écoute, qui vous donne envie de remettre ça, d'y
revenir mine de rien, de vous chauffer encore et à la
fin, vous révèle dix compos terriblement attachantes
pour peu que le moment de la journée soit propice. Des
arpèges envoûtants de Driving my Car ou
plus généralement, toutes les parties de guitares
inspirées. Du programming, mot barbare pouvant devenir
amical quand il est judicieusement saupoudré comme sur
le mystérieux Our Monochrome Life. Une batterie
impulsant de la nervosité et une ligne de basse parfaite
(Get out Freakie). Du piano pas rebutant pour une touche
de classicisme et cinématographique. Un chant retiré
et planant et le plus évident, Eighty-Sixed (qui
n'est pas un hommage à la 8.6) dont le clip vaut son
pesant de légumes.
We Only Said réussit à trouver l'équilibre
adéquat, une douceur dans laquelle on ne s'écrase
jamais, une tristesse qui n'est jamais de l'affliction gratuite,
une tension interne pour rester sur le qui-vive et qu'on aurait
aimé parfois plus voyante comme sur la fin de Killjoy
ou l'enlevé Eighty-Sixed. A se balader toujours
sur une même crête fragile, l'album manque parfois
de ressort et d'accident. Mais leur univers est ainsi fait qu'on
s'y enveloppe avec plaisir. J'en suis le premier surpris. Une
sortie de route, l'envie de poser son sac et We Only Said.
SKX
(26/01/2010)
website groupe www.myspace.com/weonlysaid
website label www.myspace.com/rangetachambre
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When Chimps Attack
Self-titled
- CD
Tenzenmen 2009
Quand
les chimpanzés attaquent, ça vous laisse le cul
pelé comme un babouin. L'Australie est plus réputée
pour ces kangourous que pour ces primates mais l'ennemi vient
de partout. Et en ce moment, il vient souvent de ce bout du
monde qui n'arrête plus de nous envoyer des groupes noise-rock
par paquet de douze. Et on ne va pas s'en plaindre. Le zoo de
Sydney vient donc de lâcher trois singes pas avares en
grimace, en grincements de dents et sauts périlleux sans
filet. La production est sèche de chez sèche,
pour ne pas dire rachitique, manquant cruellement d'ampleur
mais c'est pour mieux te défriser les tympans. Cris d'orang-outan,
un peu faiblard de ce coté là, mais comme l'album
est majoritairement instrumental, ça ne dérange
pas trop. Clin d'oeil à Big'N (ou New Brutalism, je ne
sais plus) sur Whippet, au début, à la
fin et un peu au milieu aussi sur le riff estampillé
AC/DC exporté à Chicago bien qu'Oxes reste la
référence la plus aisée à citer.
C'est eux qui le disent. Ligne de basse Dazzling Killmen sur
Michigan. Quelques pistes lancées au hasard le
plus complet pour vous mettre l'eau à la bouche. Saisir
le nerf de la guerre. Et avec When Chimps Attack, leur débilité
latente et le second degré suintant, on a là une
version punk et sauvage, au cordeau et forcenée. Le sens
du riff ne s'attarde jamais sur la technicité et si les
compositions ne vous sautent pas à la tronche de prime
abord, trop brouillonnes et manquant d'impact, elles se révèlent
sur la longueur, remplies de germes de qualité qui ne
sont pas des cacahuètes balancées en l'air juste
pour voir. Du bien bel ouvrage.
Mais ce n'est pas terminé. Le chimpanzé australien
est joueur. Une fois l'album normal achevé, le groupe
en rajoute une couche avec huit titres live (dont le dernier
sans nom et n'apparaissant pas dans la list tracks). Comme le
son de ces enregistrements ferait passer celui des onze titres
studio précédents pour un péplum grand
luxe, on ne va pas s'attarder outre mesure. Intérêt
limité et partagé entre des morceaux entendus
plus haut et des inédits sans grand relief, de la part
d'un groupe qui passe pourtant pour être des bêtes
de scène, catégorie gorille. Et gare à
lui à l'avenir.
SKX
(10/08/2010)
website groupe www.myspace.com/whenchimpsattack
website label www.tenzenmen.com
sounds bison.mp3
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White Drugs
Harlem - CD
Kunstwaffe 2007
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White Drugs
Gold Magic - LP
Amphetamine Reptile / Kunstwaffe 2010 |
Difficile de ne pas commencer cette chronique sans
mentionner le blair accoler au verso de Gold Magic. Amphetamine
Reptile. On ne se refait pas. On n'a pas été marqué
au fer rouge par la quasi-totalité de la production d'un
label sans que l'apparition de son nom vous fasse frissonner le
poil. Un label qui a levé le camp à la fin des années
90 mais qui remet quelques banderilles de temps à autre.
Un peu plus que rarement ces derniers temps
Et là,
avec White Drugs, on peut dire que le boss, Tom Hazelmeyer, a
toujours le coup d'oreille bien placé. Chez lui, c'est
synonyme de coup de boule. Mais reprenons le fil de l'histoire.
White Drugs, from Denton, Texas. Oui, Texas. Rien que l'évocation
de cet état doit faire frémir dans les chaumières.
Texas et sa réputation d'enfanter des groupes d'allumés.
White Drugs fait honneur au drapeau. Et n'a eu besoin de personne
en 2007 pour sortir Harlem, un premier album sur leur propre
label qui sonne comme une guerre éclair, Kunstwaffe records.
Morceau d'ouverture des hostilités. Désormais, The
Stinger ne sera plus seulement le nom d'un lance-missile mais
également celui d'un morceau killer. White Drugs annonce
la couleur. Et elle vire tout de suite au rouge. Epais, grumeleux,
flot continu. Une minute trente basique d'enculade à sec.
Pardonnez le langage, c'est l'effet White Drugs. Monte direct
au cerveau. Ne contrôle plus rien. Pour revenir sur terre,
on pourrait évoquer une bonne dose de rock-garage massacré
dans une camisole noise, du Stooges ultra sexe massacré
à la saturation, un Hot Snakes sortant de ces gonds, MC5
sur le bûcher de la modernité, The Saints étranglant
son I'm Stranded au petit déjeuner mais ça
ne serait pas raisonnable. L'effet White Drugs toujours. Un groupe
capable de commettre un I Hate your face (en deux versions,
la seconde étant suivi du qualificatif entre parenthèse
: depressed) est un groupe capable de tout et j'ose imaginer
la représentation concert. La voix de Christian Breit a
cette menace au fond de la gorge qui le rend tout de suite sympathique.
Jonjj Laquaglia bousille sa batterie, simplement, méthodiquement,
implacablement. Et c'est ce qui est choquant avec White Drugs.
Avec une impressionnante économie de notes, des moyens
dérisoires, ils mettent le feu. Des riffs qui tiennent
sur une corde mais quels putains de riffs. D'une précision
de boucher avec juste suffisamment de débordement pour
se ramasser dans le caniveau. Et des étincelles de génie
au beau milieu de l'incendie, à faire bouffer sa guitare
à Jon Spencer. Sous leurs airs de bas-fonds, White Drugs
a le sens du shot, enchaîne les brûlots et érige
Harlem en Mecque du rock'n'roll avec le mot dangereux en
son centre. Là où il devrait toujours être.
On se calme et on boit frais.
Amphetamine Reptile arrive donc dans la place. Sacré Tom.
Pas étonnant que ce groupe lui plaise. A l'entendre parler,
Dieu le père évoque Drunks with Guns, ces gros balourds
de Cosmic Psychos, toute cette fange de ramassis de rednecks qui
lui colle comme une seconde peau. On va pas le contredire. Il
a l'air costaud l'Hazelmeyer. Mais White Drugs ne boxe pas dans
la même catégorie. Dès Saddle pains,
c'est The Stnnng qui m'a sauté à la gorge. Alors
peut-être parce que leur Smoke
of my will tourne en boucle à la maison. Que le
chant - les chants, l'autre guitariste (Jeff Helland) s'y met
aussi - ont une personnalité forte comme celui de Chris
Besinger. Mais ce fond de culotte où traînait une
pastille sixties sur Harlem semble disparaître avec l'eau
du bain. White Drugs intensifie le tir, tout en le concentrant,
tape plus franchement dans la catégorie rock'n'roll turgescent,
de cette fièvre qui les habitent. Et de la bonne humeur.
Vous me ferez bien une petite pipe après ça. Morceau
suivant, Unmaker, les quatre texans s'amusent à
pasticher une musique de James Bond sur un riff transcendant.
Et qu'ils ne me disent pas que c'est involontaire. L'enregistrement
est d'une chaleur incandescente, pas loin d'invoquer Part Chimp
sur DMT. Ce gros grain qui suinte, cette saturation naturelle
ne fait que densifier leur propos et accentuer leur dangerosité.
Les riffs ne s'embarrassent toujours pas de notes superflues pour
mettre le feu aux poudres. Treize morceaux qui tapent tous autour
des deux minutes, catégorie Pissed Jeans en action directe,
Stooges un jour, Stooges toujours. Ca enfile les perles, ça
nous enfile tout seul. White Drugs, ce n'est pas la pire des cames.
C'est le paradis, une défonce prescrite sur ordonnance
par les grandes instances du rock'n'roll !
SKX
(20/10/2010)
website groupe whitedrugs.org
website label http://kunstwaffe.com
| www.amphetaminereptile.com
|
White
Out - Giffoni - Yeh
Live At No Fun - LP
No Fun Productions 2009
No
Fun Productions c'est le genre de label qu'affectionnent particulièrement
les sourds dingues et les snobs, un label spécialisé
dans le bruit, l'improvisation totale et radicale, le foutage
de gueule, le mal de tête, le concept obligatoire et l'agression
musicale comme mode d'élévation de l'esprit. Ecouter
un disque publié par No Fun c'est la plupart du temps
remiser les débuts pourtant tumultueux de John Zorn -
par exemple In Memory Of Nikki Arane avec Eugene Chadbourne,
The Classic Guide To Strategy ou Lacrosse, tous ces trucs là
- au rang d'enfantillages sans lendemain et de pets foireux.
No Fun s'est notamment distingué en éditant des
anthologies de japonais terroristes comme C.C.C.C. (quatre CDs
tout de même, faut se les farcir, hein) et en servant
de base de repli à de grands malades tels que Prurient,
John Wiese, Smegma et Carlos Giffoni.
Carlos Giffoni que l'on retrouve avec son vieux synthétiseur
analogique sur ce LP enregistré en compagnie de C. Spenser
Yeh (Burning Star Core) et le duo White Out soit Tom Surgal
(batterie) et Lin Culbertson (instruments divers, tout et n'importe
quoi, dispositif électroacoustique dit on dans ces cas
là). Tout ce beau monde a été enregistré
pendant l'édition 2008 du festival No Fun à New
York - ça c'est une bonne vieille méthode qui
a fait ses preuves pour obtenir de la matière première
(cf le label FMP à Berlin), festival et label s'autoalimentant
mutuellement et naturellement.
Live At No Fun c'est donc deux plages auxquelles on a
donné des titres après coup - Turbulent Flow
en face A et The Junkman's Obligato en face B - et extraites
d'un concert à l'ambiance certes radicale mais pas aussi
tonitruante que ce à quoi on pouvait s'attendre. Mettons-nous
tout de suite d'accord : si tu veux écouter de la mélodie,
de la composition bien en place avec élégance
et distinction, vas tout de suite voir ailleurs. Mais, pour
autant bordéliques et sans complexes qu'ils soient, ces
deux titres n'ont rien du mur du son qui rend dingue ou extatique.
Non, on navigue plutôt du côté de longs mantras
dissonants à peine perturbés par des roulements
de percussions et des cliquetis de cloches (tibétaines
?) alors qu'une nappe sonore imite le chant d'un moine soldat
en pleine séance de relaxation après avoir décapité
quelques vilains démons malfaisants. Turbulent Flow
est ainsi traversé par une dynamique qui ne se dément
pas et The Junkman's Obligato est beaucoup plus sujet
à la nervosité et aux interférences bruitistes
tout en gardant ce côté je plane sur un tapis de
clous qui donne forcément envie de taper une discussion
sérieuse avec Joey Wong transformée en grand serpent
blanc avant d'être obligé de la découper
en rondelles elle aussi. On peut trouver une certaine beauté
à cette cacophonie shamanique plus enivrante que bruyante.
Haz
(17/01/2010)
website groupe www.whiteoutinc.com
| www.carlosgiffoni.com
| www.myspace.com/cspenceryeh
website label www.nofunproductions.com
|

White Suns
First CDEP
Self-released 2008
|

White Suns
Split tape with Shearing Pinx
Isolated Now Waves 2009
|

White Suns
Cavity - Tape
Pregnant records 2010
|

White Suns
Mourning Chamber - CDr
Cedar and Pine 2010
|
C'est pas dans les habitudes de la maison de chroniquer
des MP3s. A cela, deux bonnes raisons. La première, c'est
que le CDEP réalisé par le groupe et leurs propres
moyens qu'ils ont maigres est introuvable. Même White Suns
n'en a pas pour sa tronche. La deuxième, c'est que les
deux sorties suivantes ont comme support la putain de cassette.
On a déjà eu l'occasion de s'exprimer pleinement
sur le sujet dans ces pages et de la futilité de ce revival.
On va pas non plus envoyer des dollars par delà les océans
pour se procurer ces vulgaires machins. Et puis, il y a une troisième
bonne raison, la meilleure de toute. Le gros bordel bruitiste
des New-Yorkais de White Suns est bandant à mort. Ca suffit
amplement pour en parler, même avec du virtuel.
White Suns existe depuis 2007, avec trois personnes habitant dans
trois villes différentes, ce qui explique les débuts
erratiques du groupe. A la même époque, Kevin Barry
(guitare/voix) chantait/hurlait aussi dans Cutter, dont le seul
single vaudrait quelques lignes et le détour, avant de
se désintégrer en deux groupes : Pygmy
Shrews pour trois d'entre eux et White Suns pour Barry qui
peut désormais se consacrer pleinement à ce projet
depuis que ces deux acolytes (Rick Visser - guitare, electronics,
percussion - et Dana Matthiessen, batterie) ont rejoint NY.
Si vous avez suivi les dernières évolution de la
scène noise new-yorkaise, la simple évocation de
Pygmy Shrews et le fait que White Suns est potes avec les Drunkdriver,
Twin Stumps, Pop. 1280 (on reparle de ces deux derniers bientôt)
doit vous mettre sur la voie. Ou plutôt la fuir. Car White
Suns est encore pire. C'est la branche dure, celle qui fait penser
à un autre fleuron de NY, Neptune,
croisé avec Flying Luttenbachers pris sous le feu d'une
salle de machine d'un porte-avions en pleine attaque de kamikazes.
Des faiseurs de bruit oscillant entre la pureté du grésillement
lourd et le tranchant du punk, le matraquage en règle,
sans préavis et le rock primitif qui te donne envie de
revoir l'intégral de Conan le Barbare.
Les
cinq titres du CDEP laissent à penser que l'acide est
en vente libre dans les rues de NY. Pas celui qui te fait monter
grave mais le sulfurique dont les plaies sont irréversibles.
Les tympans suintent, l'épiderme tressaille pendant que
White Suns prépare en douceur sur l'intro de Pieta
la future mission punitive qui finit immanquablement par arriver.
Déluge aussi violent que soudain, cris abrupts, par vagues
de deux. White Suns aime le pilonnage, élémentaire
et qui soulage des mauvaises pensées. Le morceau Don
Mattingly en est la parfaite illustration. Jouissif. Le
trio alterne les expérimentations, les parties qui font
monter l'angoisse à base de cliquetis et de bout d'acier
froid et l'attaque frontale, triture le larsen, torture l'électronique,
en appuyant par des rythmes/percussions déchaînés.
Le son n'est pas encore à la hauteur mais le pire est
à venir.
Sur
la cassette partagée avec Shearing Pinx (pas entendu
leurs titres), White Suns fourni trois morceaux. Ils reprennent
Don Mattingly, intitulé Son Mattingly.
L'épaisseur du son, la puissance de feu joue dans une
catégorie supérieure. White Suns rigole de moins
en moins. Mais le meilleur est pour le suivant. Growth,
avec son contraste aliénant entre les arpèges
innocents en mode répétition et le déchaînement
rythmique et sonore tout autour, le chant contrasté également
entre mode parlé et hurlement, tout contribue pour vous
faire craquer. Il y aurait presque du Deity Guns là-dedans,
la version extrême et malade des nerfs. Nerfs qui finissent
par lâcher totalement sur My Form Fades, son rythme
mitraillette, ce concassage sonore et les ruptures d'anévrisme
parcourant ce passionnant chemin de croix.
Dernière
livraison, la cassette Cavity et cinq titres sans partage.
Communion, déjà présent sur le CDEP, se
représente devant l'autel de la noise, encore plus martyre
dans l'âme. Neap tide arrive à nous faire
patienter grâce à une plage à l'ambiance
bruitiste ténébreuse et bien maîtrisée
ou l'art de rendre le larsen et les triturations sonores appétissants.
C'était pas gagné. Mais c'est quand White Suns
sort l'artillerie lourde, que la batterie pilonne de partout,
que les cordes vocales s'arrachent qu'on les préfère
comme sur le saisissant Centering. White Suns ne reculant
devant aucun sacrifice, ils rajoutent de la longueur au plaisir
sur Burial rites. Sept minutes trente renvoyant à
Headbutt, cette approche industrielle sur des rythmes martiaux
ou tribaux avec une bonne couche de crasse bruitiste et l'impression
qu'une armée de forgerons et tourneurs-fraiseurs a squatté
le studio. Des ouvriers du bruit qui ont laissé leurs
sales pattes sur le titre final Sundial pour une fin
tout en apesanteur grésillante et fin de cycle de l'essorage.
White Suns, trio lacérant, fonctionnant au noise-rock
extrême et cathartique. On les verrait bien débarquer
chez Load records.
Mais
alors que l'on met un point final à cette chronique,
White Suns sort de son esprit torturé une nouvelle production
de dernière minute. Encore une fois, on va se contenter
du MP3. Format CDr cette fois-ci, sur Cedar and Pine, tirage
100 exemplaires et portant le nom de Mourning Chamber.
La chambre du deuil sonne comme un avertissement. On va pleurer
nos tympans. Un seul morceau, quinze minutes de plongée
sombre dans les entrailles de la bête. White Suns révèle
pour le coup une dimension free-noise dont l'intensité
n'est jamais oubliée et dont le fait marquant est ce
tapis de rythmes comme un tapis de bombe, un déluge,
un grondement de percussions/batterie volant allègrement
à travers les tirs de saturation, cette guitare lézardant
le ciel obscurci, le synthé brouillant les ondes et les
hurlements, les yeux fermés. J'ai le flash.
La
prochaine étape est encore une cassette (avec The New
Flesh) et enfin du dur, du vrai, du vinyl avec un 45 tours sur
Dais records et un autre single partagé avec Twin Stumps.
SKX
(26/02/2010)
website groupe whitesuns.blogspot.com
| www.myspace.com/whitesuns
website label www.myspace.com/isolatednowwaves
| prgntrecords.com
P.S. : Dana Matthiessen a un projet solo appelé Cancer
Dance (c'est la face larsen & triturations de White
Suns) et Rick Visser joue également au sein de Open
Star Clusters (la face plus rock de White Suns)
|

Wisdom Teeth
s/t EP - 2007
s/t EP - 2010
Cometh LP - 2010
Radio is Down records
Olympia,
Washington. De cet état du nord américain, on
connaît essentiellement K records. Mais il existe un autre
label qui monte autant que sa Radio is Down. Sa dernière
trouvaille, il l'a trouvé dans le même patelin,
l'histoire ne dit pas si c'est dans un cabinet de dentiste,
et se nomme Wisdom Teeth. Ou Teef. On trouve les deux. Ou les
trois puisque c'est désormais le nombre de disques réalisés
par ce trio avec l'album qui vient de débouler. Comme
l'unité de ces trois sorties de leur jeune carrière
ne se dément pas, que l'on découvre le tout (pratiquement)
en même temps, on fait un prix de gros pour une éloge
globale.
Par le biais de deux EP cinq titres self-titled mais connus
sous le nom de Blue EP en 2007, parce que la pochette
est bleue et le White EP début 2010 parce que
la pochette est.. grise, Wisdom Teeth et son minimalisme rude
a séduit de suite. Sous la bannière post-punk,
on fourre quantité de choses mais Wisdom Teeth a le droit
d'y prétendre, bien plus que la majorité laborieuse.
Parce que non seulement ils ne singent personne mais en plus,
ils en ont gobé tout l'esprit en ne faisant penser à
aucun groupe en particulier. C'est toujours ça de pris.
Wisdom Teef, c'est pas du compliqué. C'est la bonne triplette
guitare-basse-batterie, abrasive, sombre dont l'enregistrement
au cordeau confère une aura austère. Point de
débauche et d'effets de manche. On pourrait presque trouver
un manque d'ampleur avec un petit coté bancal sur certains
passages. Mais c'est le charme de leur jeunesse qui elle, n'a
rien à envier à personne quand il faut écrire
des compos toutes en nerf, portées par le point fort
du groupe, le chant de Forrest Peaker, également guitariste.
Une voix à la G.W. Sok (ex-chanteur de The Ex, je préfère
préciser pour les débutants), tout en colère
rentrée, mi-scandée, mi-parlée, portant,
élevant chaque titre du bout de ces cordes vocales. Des
compos ramassées sur elles mêmes, des boules de
suif, prêtes à bondir. Des Beautiful Mistakes,
Drone City, Riot Eyes (sur le second EP avec l'arrivée
d'un nouveau bassiste sur deux titres) qui montrent une qualité
grandissante par rapport à un premier EP déjà
excellent où des titres comme Building Blocks
et Golden étaient déjà bien mûrs.
Aucune tête ne dépasse dans les morceaux, tout
se tient et on prend tout.
Et puis vient le temps de l'album et le sujet qui fâche,
le gros bémol de ce Cometh. Sur les neuf morceaux,
on retrouve les cinq du White EP. A l'identique. Comme
vous êtes très forts en arithmétique, vous
avez calculé qu'il ne reste plus que quatre inédits.
Comme vous êtes décidément très forts,
vous avez vite compris que vous pouvez faire l'économie
d'un EP. Pas comme certains... A moins d'être fan du blanc
qui vire au gris. Ou d'aimer le format 10'' dans lequel devrait
sortir bientôt ce EP et son grand frère. Bref,
les groupes qui ressortent deux fois les mêmes titres,
voir l'intégralité d'un disque sur le suivant,
on devrait leur arracher les dents une à une. Pour se
rattraper, le vinyl est d'un violet tacheté superbe.
Pour les autres, vous aurez une première carte de visite
tout bonnement remarquable, concise, âpre avec une guitare
épineuse, semant des germes mélodiques qui restent
en bouche et un très beau locked groove à la fin
de la face sad tooth. Et comme les quatre inédits,
qui ont sans doute été enregistrés pendant
la même période que les cinq autres, ne dépareillent
pas dans le lot, vous avez la naissance d'un nouveau groupe
comme fleuron excitant du post-punk dernière génération.
SKX
(03/11/2010)
website groupe www.myspace.com/wisdomteef
website label www.radioisdown.com
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