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WAAVE timestorm was the signal
WANDER PHANTOM It's not a battle for hearts and minds
WAREHOUSE Escape plan foiled

WEASEL WALTER Early recordings 1988 - 1991
WEASEL WALTER / MICK BARR / SAM HILLMER s/t - 10"
WEASEL WALTER / FRED LONBERG-HOLM / JIM O'ROURKE Tribute To Masayuki Takayanagi
WEASEL WALTER/KEVIN DRUMM/FRED LONBERG-HOLM Eruption
WEDDING PRESENT Take Fountain
WEIGHT & MEASURES tonight, the lower abdominals
WE INVENTED TORNADOES s/t
WELLDONE DUMBOYZ White Cunt Hippie
WHIRLWIND HEAT Do rabbits wonder?
WHITE CRIME CIRCLE CLUB Written in black
WHITE MICE ASSPhIXXXEATATESHUN
WHITE MICE EXcreaMANTRaINTRaVEINaNUS
WHITEY The whitey album
WICKETRAN frills and flashy finery

WINSTON ohne utopien bleibt die welt ein dreckshaufen
WITCH HATS
Wound of a little horse - CDEP
WITCH HATS Cellulite Soul
WIVES Erect the youth problem
THE WOLFNOTE Sacred Bodies
WOLLONGONG Stark Naked Creeping Macroeconomic Fascism
WOLVERINE BRASS Wicked witch
WOLVES art.culture.work.
WOLVES ! (OF GREECE) One-sided 10''
WORLD/INFERNO FRIENDSHIP SOCIETY Speak or brave men - CDEP
WOVEN HAND Consider the birds
WOVEN HAND Mosaic
WOW OWLS Pick your patterns
THE WPP He has the technology
WRANGLER BRUTES The tap


WAAVE
" timestorm was the signal " - CD
Silver Rocket / Minority 00
La République Tchèque ne finit pas de se signaler à nous. A l'est, toujours plus à l'est, la scène s'élargit. C'est autour de WAAVE d'échouer sur nos rivages. Par fragments et courants multiples. Un collectif aux influences très diverses, qui au lieu de chercher à imposer un style par rapport à un autre, construit un univers baroque. Pas étonnant de retrouver des membres de Waave au sein de projets électroniques (Toxicky Boom), post-rock ( C ) ou post hard-core (Blank). Waave reste leur exercice principal et chacun y met de son grain de sel. Psychédélisme bruyant entre deux coulées d'ambiances jazzy. Touche emo, accélération post hard-core, dérivés à la June of 44, intrusions d'harmonica, d'une flûte. Waave ne manque jamais de ressort, de vous surprendre, pas toujours forcément dans le bon sens, le ressort a des rebonds que Waave contrôle parfois difficilement mais la démarche générale garde le cap. Et ce n'est pas une mince gageure que de proposer au final une unité de tons, un album qui se tient malgré quelques faiblesses à s'éparpiller. Une musique riche et dense, démarche originale. C'est déjà ça de gagner !
SKX (31/01/2001)

WEIGHT & MEASURES
" tonight, the lower abdominals " - CDEP
Matlock 01
Poids et mesures. Drôle de nom pour drôle de concept. Tout un délire autour de la minceur et son corollaire l'obésité sur fond d'images rétro années cinquante. Et où ce trio canadien vous encourage à prendre du poids. Satyre humoristique de notre société mais il ne faut pas attendre que ce sujet soit développé dans les paroles puisque que Weights & Measures œuvre dans la grande tradition des groupes instrumentaux. Un programme alimentaire allégé puisque seulement 6 titres pour un quart d'heure de musculation intensive nous aient proposé. Ces camarades de label de The Plan connaissent en tout cas le dosage parfait entre vélocité et précision, entre math-rock sans édulcorants et chansons noise-rock pimentées de juste ce qu'il faut de mélodies. Six titres sans un gramme de gras, très enlevés et dynamiques. Au contraire de nombreux groupes descendants de Don Caballero, Weights & Measures va droit au but, ne multiplie pas les contre-rythmes, mets de la gaieté dans ces riffs et ces compos. Un mets succulent à imposer sur toutes les bonnes tables.
SKX (18/12/2001)

WICKETRAN
" frills and flashy finery " - CD
Snackbag 01
Le duo se sert bien chaud. Debout sur le canapé, nicker les ressorts. Faire le plus de bruit possible pour épater les voisins, remplir l'espace, se mettre en quatre pour combler les manques, faire croire à l'adversaire que t'es vachement nombreux et t'as qu'à faire gaffe à ta gueule. Alors là, Wicketran peut sortir ses guenilles tranquille et se la jouer fine. La basse tour à tour rondouillarde et mélodique ou alors carrément poussiéreuse et vrillante. L'étalon de mesure, quand on cause basse-batterie, reste Godheadsilo, à tous les coups on gagne. Mais le nouvel étalon qui prend du galon dans la formule, c'est Lightning Bolt. Et Wicketran, quand il allie le violent et le ludique, l'humour dans le rythme, s'en rapproche fortement. Linéaire, binaire, à la pêche ou au gros gibier, Wicketran déploie les multiples cordes de son arc. Quitte à sortir le grand jeu sur un rush final qui frôle les douze minutes. Tout y passe. Leur approche free et féline n'en ressort que mieux sous le soleil. Un morceau qui leur laisse de belles perspectives. Et qui démontre que la formule basse-batterie a encore de beaux jours devant elle.
SKX (17/01/2002)

WINSTON
" ohne utopien bleibt die welt ein dreckshaufen " - 7"
Nova recordings 00
Le poing levé au nombre de cinq de la pochette ne laisse en rien présumé d'une ballade romantique au coin du lac. Chaotique, engagé, 7 titres aux angles blessants. Chant en Allemand, cris rouges qui assaillent avec de la proéminence, des rythmes qui crépitent. Ces presque trop courts pour être apprécier à sa juste valeur, on en redemande de ces accès de fureur. Avec mention particulière pour " tired of.... " et " schblonen ". Sur le label des grandioses Yage, ce nouveau groupe allemand à la cafetière en fusion, ne déroge pas au bordel ambiant déjà généré par d'autres confrères mais la passion et le savoir-faire en bouche un coin !
SKX (05/10/2000)

WOLVES
" art.culture.work. " - CD
Coalition 02
L'éclatement de Orchid a donné des flammèches multiples. Panthers, Bucket Full of Teeth et les derniers nés, Wolves. Deux ex-Orchid, le roadie, un quatrième surgit de derrière la porte et Wolves sort sa première griffe. Outre le patronyme de félin commun à Panthers (la conspiration s'installe?), Wolves partage également ce même discours pseudo-révolutionnaire (à deux balles serais-je tenté de rajouter mais je suis un vieux aigri), cette volonté de faire de l'art, non pas pour l'amour de l'art, mais pour changer la face du monde. Passé leurs slogans post-étudiants ("the avant-garde is death. This is the avant-garde"), Wolves est redoutable de fraîcheur et de dynamisme. Dans la mouvance emo-rock 400 Years et Shotmaker avec une pointe de JR Ewing, ils s'installent en haut de l'affiche. Huit morceaux dont le seul titre à chaque fois est un chiffre (entrecoupés par des samples anecdotiques) et qui pulsent dans les rues désertes. Une passion adolescente où ça fonce tête baissée, sans une arrière pensée pour un lendemain incertain. Tout coule de source, rafraîchit les poumons, dénote une vitalité prête à remuer les foules. Léger comme une balle traçante. Pour peu, on serait prêt à les suivre dans leur discours cousu de fil blanc. Art. Culture. Travail. Loin d'être mes trois mamelles préférées mais cet album est à posséder d'urgence.
SKX (18/09/2002)

Wives
Erect the youth problem - CD
Cold Sweat 2004

Wives est un nouveau groupe qui brille de mille feux à Los Angeles! Pour la petite histoire (avant la grande ?!), Dean Spunt, le chanteur, a crée son propre label, Post Present Medium records, après un accident de voiture dont le responsable était un membre des Backstreet Boys, groupe mega-star à minettes. Avec les royalties de l'assurance, il a ainsi pu sortir les deux premiers 45 de son groupe. Quand l'indépendant doit tout aux majors héhé !! Mais qu'on se rassure, ces jeunes épouses n'ont rien à voir avec ce monde truculent. Wives est un pur produit de l'école du bruit, option sans concession. Des rythmes qui pilonnent. Des morceaux uppercuts qui dépassent rarement les deux minutes. De pures secousses qui claquent. Des ruades à peine contrôlées. Le monde noise-rock des Wives doit autant à Rapeman qu'à Lightning Bolt, voir une version noise-rock des Minutemen. C'est de l'énergie primaire, sans souci de contrôle. Ca joue sur la pulsion, sur le nerf avec des guitares finaudes et pleines de jus. La déconstruction pour mieux reconstruire. L'éructation variée du chanteur à qui on ne présentera pas sa petite sœur. Avec ça, la jeunesse va filer droit. Wives déclaré d'utilité publique.

SKX (14/11/2004)
website label www.coldsweat.org
www.thesmell.org/ppm/index.htm

sounds www.coldsweat.org/sounds.htm

We Invented Tornadoes
s/t - CD
Learning Curve 2003

Nous revoilà parti faire un bond en arrière. Quand Amphetamine Reptile records sévissait sur le marché du disque et faisait la pluie et le bon temps. Ce trio de Minneapolis (tiens tiens!) avait déjà réalisé un 45 sous le nom de Snails mais pas convaincu par leur nom, ils ont changé en We Invented Tornadoes. L'appréciation de ce changement reste à votre discrétion. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il n'ont pas inventé le fil à couper le beurre! Derrière les fûts, on retrouve Pete Beeman, ex-Guzzard, et donc nous revoilà rassurer, on la tient notre explication, que pourquoi tout ça sonne comme un air de déjà entendu! Et comme à l'époque de Guzzard où le Pete jouait avec son frangin (Tom), il perpétue la tradition familiale mais opte pour le 3ème frèrot (Dan, chant et guitare) avec un bassiste, Dan Riley (ex-Cooper, le frère de Sté, hahaha!). We Invented Tornadoes fait du punk-rock, carré et court sur pattes, façon Helmet et donc Guzzard. Punk-rock version lourde donc mais couplet-refrain-couplet, la mélodie qui va avec, les petits soli qui font crisser les dents, le son actuel certes mais on ne peut s'empêcher de penser aux grandes années du grunge, à Nirvana et tout un tas de groupes qui laminent le style. La production tonne, ça ne manque pas de sel mais bon tout de même, soyons sérieux cinq minutes!

SKX (02/04/2004)
website groupe www.weinventedtornadoes.com
website label www.learnigcurverecords.com
sounds Blue.mp3 | Average.mp3 | Trixx.mp3

Whirlwind Heat
Do rabbits wonder? - CD
Third Man / V2 / XL Recordings 03

Jeunes gueules de premier pour musique du moment. La mèche rebelle, le regard tourné vers le début des années 80, Wire et compagnie. Trio dans le vent mais tout sonne vrai! "She's only 22" chantent-ils sur "Purple". Vient dans mon piège à gonzesse, sur cette musique où tous les titres portent des noms de couleurs, te déhancher, même chaotiquement, sur cette batterie minimaliste dans sa conception, sa basse saturée et ce cri qui va bien muer un jour. Très peu d'effets, droit au but, morceaux qui font le minimum. Rock, wave et noise. Dissonant et revêche. Whirlwind Heat trouve sa place entre Erase Errata et les Ex Models. Sur la durée et avec le poids des ans, ça peut mal vieillir mais cette sucrerie au vitriol est là pour faire bouger, dans l'instant, sans arrière-pensée.

SKX (24/02/2004)
website groupe www.whirlwindheat.com
website label www.xlrecordings.com - www.v2records.co.jp

Wrangler Brutes
The tape - LP
X-Mist 2005

Wrangler Brutes, c'est de la vieille école (old school si tu préfères, jeune branché que tu es), celle d'avant Internet et des mp3s à dégorger sur ton ipod. La branche historique, sans concession et qui se fout des modes. Allez faire un tour sur leur site web …pas si old school que ça… en fait si… juste une page avec une splendide photo qui j'espère n'aura pas changer au moment de votre clique et vous comprendrez que le hardcore n'est pas une histoire d'esthétisme, de visuel et qui qu'aura le plus beau tatouage. Dans ce groupe de Los Angeles, on retrouve des vétérans de la guerre comme Sam McPheeters (Born Against, Men's Recovery Project) et Brooks Headley (Born Against, Universal Order of Armageddon, Skull Control), toujours vaillants et l'esprit de jeunes poulains qui feraient leur première tournée. Ce vinyl s'appelle " The Tape " parce qu'il est sorti à l'origine, je vous le donne en 1000, en cassette uniquement en 2003 et avant leur second album " Zulu " sur Kill Rock Stars au début de cette année. X-Mist, qui ne fait pas l'âge de ses artères et qui a plongé tout petit dans la marmite punk/hardcore, ne pouvait laisser passer sous silence cet enregistrement qui circulait à l'arrache. Alors si vous êtes fans de hardcore façon Black Flag et Circle Jerks, Wrangler Brutes est fait pour vous. 32 morceaux casés sur deux faces au son de démo (c'est Albini qui a enregistré le second album, la différence est notable). C'est brut de décoffrage mais pas bas du front. Basique sans être primaire avec parfois de bons riffs qui nique ta race de blanc bec. Des branleurs comme on les aime.

SKX (28/11/2005)
website groupe www.wranglerbrutes.com
website label www.x-mist.de

Wedding Present
Take Fountain - CD
Talitres 2005

Qui m'aurait dit que je chroniquerais un disque des Weddoes en 2005! Même si par ces temps pourris, les reformations fleurissent à tout coin de rues, je n'aurais pas parier grand chose sur la qualité d'un éventuel nouvel album de David Gedge. Par respect pour le passé et tous les bons disques qu'il nous a sorti, j'aurai préféré laisser sous silence ce retour. Mais voilà, après pratiquement 20 ans d'existence, The Wedding Present a un brusque retour de flamme et après neuf années de parenthèse et d'égarements avec Cinerama, nous sort l'album qu'on attendait pas ! Entendez par là qu'il n'arrive pas à la cheville (bon allez le genoux) d' un " Bizarro " ou " Seamonsters ", faut pas délirer non plus mais quand on s'attend à pas grand-chose (pour être gentil) et qu'au final, vous êtes tout surpris d'avoir passer un agréable moment au chevet d'un convalescent, il n'en faut pas plus pour croire au miracle ! On retrouve ces longues cavalcades où les mélodies répétitives et entêtantes font tout le charme du groupe de Leeds. Avec les années qui passent inexorablement, la chape de plomb s'est considérablement allégée. Aérien, tout dans la subtilité, cette fuite en avant, ce parfum de mélancolie, cette voix féminine qui parfois appuie les turpitudes de Gedge. Ces violons qui se mélangent aux cordes électriques, c'est presque les Thindersticks qui s'invitent au banquet (" The perfect blue "). The Wedding Present retrouve de la verve, retend ses nerfs. L'âge a calmer leur fougue juvénile mais ils chérissent toujours autant les grandes étendues propres à colorer les pellicules de David Lynch, quitte à présenter une teinte jaunie par endroits. Le détachement sur des années de galère, la classe et la retenue de Gedge, des sentiments qu'il ne cherche plus à cacher tout au long d'un album très attachant qui nous fait sentir tout le poids des ans mais qu'importe ! Alors pour tous les nostalgique et les p 'tits nouveaux, dites vous que les Weddoes valent encore le coup et qu'à leur fontaine, je boirai de leur eau.

SKX (26/03/2005)
website groupe www.theweddingpresent.com
website label www.talitres.com

White Crime Circle Club
Written in black - CD
Conspiracy 2005

Le démarrage est au taquet. Deux morceaux nerveux, tout en ferveur, sec et agile. Wire est à nouveau passer par là, il repassera encore, ici ou ailleurs, qu'importe, du moment que personne ne s'en cache. Sur leur premier EP, je ne me souvenais pas d'une telle démarche. Cette orientation du groupe belge est en tout cas très séduisante. Enlevé, on y respire à pleins poumons. Puis le temps d'une première digression arrive. Réminiscences de guitares Sonic Youth sur I'm going to expose you, WCCC a des amours multiples. Retour au taquet, un instrumental Mutant Disco sur lequel personne ne dansera et enfin trois titres qui s'étirent dans la durée, les deux guitares menant assurément la barque, comme sur tout le reste de ce premier album, chargées de dissonances, la lumière frétillante, tout un pan de musique noise, celle qui tisse patiemment son bouquet électrique, avec pudeur, sans ajout inutile, ce chant qui monte et vous attrape sur The Hardest, le souci toujours gardé de frapper au but avec une efficacité non diluée. WCCC fait front face à ses influences avec dextérité, hausse le ton de ses mélodies et dans son apparente simplicité, offre une surprise des plus agréable.

SKX (30/08/2005)
website groupe www.whitecirclecrimeclub.com
sounds www.myspace.com/whitecirclecrimeclub
website label www.conspiracyrecords.com

White Mice
ASSPhIXXXEATATESHUN - CD
Load 2005

La sirène d'alarme est tirée. Cette petite souris blanche a tout du pachyderme déguisé. Ou alors il faut y voir la souris de Spiegelman. La mise en abîme dans Maus se fond dans les interstices de la musique lugubre et malsaine de ce groupe de Providence. Une batterie, lente et démesurée. Une basse de trois tonnes. En gros, une section Melvinienne mais ça s'arrête là. La guitare se confond avec l'oscillateur, un instrument perfide qui vous envoie larsen sur larsen, saturation sur saturation, une nappe de brouillard, l'audition est perturbée et mon esprit s'embrume, se désagrège, j'ai un problège. White Mice accélère parfois le pas et cette cadence, c'est marche ou crève. La voix plaintive et continuellement trafiquée mérite le peloton d'exécution. Sur scène, le masque de la souris est de rigueur. De drôles de zèbres qui feraient fuir une horde de chats sauvages. Si vous aimez vous peinturlurés le visage à la nuit tombée et vous promenez nues dans les marécages en poursuivant des biches égarées, il y a des chances que ce disque vous plaise. Sacré Load !

SKX (27/06/2005)
website groupe www.thewhitemice.com
website label www.loadrecords.com
sounds track2.mp3

Wollongong
Stark Naked Creeping Macroeconomic Fascism
Silver Rocket / Malarie 2005

Wollongong, c'est un coin à touristes en Australie. Pour ce qui nous concerne, ça sera un groupe tchèque avec un nom pas terrible qui sonne comme un retour aux seventies et le bruit de bottes de la musique progressiste. Mais le Wollongong tchèque a une toute autre philosophie. C'est du pur rock'n'roll baigné dans une bassine d'acide et de noise garage. C'est crade avec comme un bruit de gravier dans les rouages, une musique qui ne connaît qu'un seul rythme, relativement basique mais jamais simpliste. Il y aurait comme du Tar de la grande époque avec un son passé au karsher. Un bloc monolithique impénétrable qui aurait ce bon vieux rock'n'roll comme religion. Sous une couche de saturation, le trio aime les mélodies poignantes sans chichi. Répéter ses lignes blanches, tenir la note, aimer faire vibrer ses instruments, faut que ça sonne bon dieu. L'album se termine par la ballade pour homme de la Pampa, False firies and fables II, où après de folles courses en avant avec des embardées sauvages teintées de désespoir, Wollongong décide de poser ses valises et nous arrache une larme de pierre. Un très bon disque fiévreux pour se cogner la tête contre le mur.

SKX (21/07/2005)
website groupe wollongong.4fans.org
website label silver-rocket.org

Wolves ! (of Greece)
One-sided 10''
Gringo 2004

Ces loups(tics) ne viennent pas de Grèce mais bel et bien d'Angleterre (Nottingham). Etrange appellation, un long hurlement de sept titres enchaînés et aliénés sur une seule et même face. De l'autre, un gribouillis, oups pardon, de l'art, buriné à même le sillon. Pour les fans de Bob Tilton (groupe emocore Anglais dans les années 90), on retrouve le chanteur et rien que pour cette raison, c'est suffisant pour écouter ce premier enregistrement (et apparemment le dernier…). Une putain de voix, assez haut perchée, à fleur de peau, qui fait passer le frisson comme par enchantement. Pour la musique, c'est beaucoup plus direct. Primaire. Si on utilise le terme chaos, ce n'est pas en référence au style chaotique très en vogue dans les milieux hardcore mais bel et bien au sens premier du mot. Ca dévale de partout. Les guitares, échardes aiguisées au plus fin pour saigner à blanc. Télescopage, brèves respirations, l'amour du bruit, l'urgence, l'impression que le disque a été enregistré à la mauvaise vitesse avec sur cet amas brûlant, la voix surfant avec agilité, se frayant un chemin dans les décombres encore chaud. On pourrait penser à cette vague de groupes américains milieu 90 comme Clikatat Ikatawi ou Heroin mais avec une élégance toute british. Planquez vos biquettes, ces loups vont faire des ravages quand ils descendront en ville.

SKX (20/07/2005)
website groupe www.honeyisfunny.com/wolvesofgreece
website label www.gringorecords.com
sounds For_The_Greater_Good.mp3

World/Inferno Friendship Society
Speak or brave men - CDEP
Gern Blandsten 2004

World Inferno Friendship Society est une joyeuse troupe de 9 New-Yorkais. Une fanfare endiablée avec 2 guitares, 4 cuivres, 2 batteurs, un piano, un accordéon et autant de bouches plus un chanteur qui ne fait que ça à plein temps pour vous faire valser jusqu'au bout de la nuit. Si l'album " The True Story of the Bridgewater Astral League" était une vraie bonne surprise (ambiance urbaine et malsaine, Cop Shoot Cop en folk avec une bonne dose de Motherhead Bug), leurs essais suivants m'ont laissé de marbre. Leur orchestre brinquebalant lorgne plus vers la musique festive et grand publique que vers un rock hybride maléfique. Un big-band sûrement très appréciable sur une piste de danse à trois heure du mat, les yeux injectés de sang. Là, ça me laisse pas mal indifférent.

SKX (06/03/2005)
website groupe www.worldinferno.com
website label www.gernblandsten.com

Woven Hand
Consider the birds - CD
Glitterhouse 2004

Projet solo de David Eugene Edwards, chanteur habituel de 16 Horsepower, Woven Hand part en mission et tente d'apporter la bonne parole à tous un tas de mécréants. Dieu qu'il tient en bandoulière est l'unique sujet de ses chansons. Nul besoin d'être calé en Anglais pour comprendre "And I love my Lord Jesus above anything" et autres bondieuseries clairement énoncées. Ca nous empêchera pas d'écouter sa musique. Habitées pour le moins par des pensées mystiques, ces compositions respirent cette aura divine, cette grâce légère, qui, si elle pollue ses mots, a, sur sa musique, une touche salvatrice. Adorateurs de Nick Cave, ne passez pas votre chemin. Votre athéisme vous sera pardonné. Blues illuminé dont les tourments vont le mener directement au paradis contrairement à l'Australien, les compositions de Woven Hand n'en restent pas moins tourmentées. La voix invoque, tremblante et charnelle. La sourde mélancolie laisse peut d'espoir. Arrangements tout en acoustique. Piano discret dessinant des contours aériens. Woven Hand laisse tomber la face rock de 16 Horsepower sans renier le rythme et l'intensité. Des ballades brillantes aux passages contemplatifs, une fragilité ténébreuse qui émane de chaque morceau, ce fil ténu qui nous transporte vers des hauteurs insoupçonnées. Nous serions bien inspiré de ne pas trop maudire notre Créateur. Son berger a le talent nécessaire pour nous convertir (nan je déconne).

SKX (13/02/2005)
website groupe www.16horsepower.com/wovenhand.html
website label www.glitterhouse.de
sounds BlearyEyedDuty.mp3

Wow Owls
Pick your patterns - CD
The perpetual motion machine 2005

Hou le hibou. Voilà à quoi ressemble en gros le nom de ce groupe originaire de Richmond en Virginie. Pittoresque. Que ceci ne vous effraie pas outre mesure, ce premier album est plutôt chouette. Bon bin voilà, ça c'est fait. Je crois que cette chronique est finie. L'essentiel est dit. Pour les accrocs du détail, vous retrouvez l'ancien bassiste de Light the fuse and run (encore un nom à coucher dehors) et tout ça aurait très bien pu sortir sur Level Plane. L'approche du screamo-hardcore avec un son rustre et une cavalcade sans fard comme à l'époque des groupes de Gravity records (Antioch Arrow, Angel Hair), Wow Owls n'ébouriffe en rien le débat. Mais c'est du solide, ils ont le souci du refrain, les voix maintes fois doublées voir triplées apportent du cœur à l'édifice et dans ce rayon largement embouteillé, Wow Owls s'en tire haut la main. Compact et à la fois aérien. Boule de nerf et boule de suif, Wow Owls se distingue par une qualité d'écriture au-dessus de la moyenne, ce ne sont pas des buses, plutôt rapaces de nuit aux compostions acérées. Recommandé.

SKX (25/06/2005)
website groupe wowowls.4t.com
website label www.theperpetualmotionmachine.com
sounds wowowls.mp3 |myspace.com/wowowls

The WPP
He has the technology - CD
Satellite City 2004

The WPP, c'est pour The Witness Protection Program. Et en effet, c'est tout un programme. Faites bien gaffes de ne pas devenir témoin, il pourrait vous en cuire. Originaire de Vancouver, ces Canadiens défient tous les services de sécurité. Ca éructe, à trois de préférence, dans tous les sens, à tous les étages. Une bande d'énervés juteux du bec, option titre expéditif et épileptique. C'est agressif tellement ça déboule de partout, une forte impression de chaos et dans le même mouvement, aussi rapide fut-il, vous attrape comme des mouches pris dans un tourbillon auditif aliénant. Avec toutes ses voix qui s'entrechoquent, sa batterie le feu aux fesses, ce truc viscéral qui prend aux tripes, c'est presque usant. Mais ils trouvent les ressources nécessaires pour y mettre la forme et la manière, ficelé ça avec de multiples accroches mélodiques, brèves et efficaces comme sur le titre d'ouverture, " lets see a little less standing… ", bombe incendiaire ultra aguichante. Dix-sept titres pas reposants pour un sou avec sa pause au milieu " hawaiian jam " et son surprenant " seriously get a towel " et ses dix minutes prises sur le vif, jam session pour reposer en paix. On en connaît des furieux (Daughters, The Disease) mais des gars qui maîtrisent aussi bien le format court et éruptif sans déborder du cadre, canalisant avec force et dégât leur fougue naturelle, c'est déjà plus rare. Quarante minutes à quitte ou double. Mort ou vif. Le couteau sous la gorge. Il a la technologie. Ils ont les munitions.

SKX (28/04/2005)
website groupe www.listen.to/wpp | www.shzine.com/teenagerampage/wpp | www.thewpp.org
website label www.satellite-city.org
sounds www.satellite-city.org/audio.html
lazy.mp3 | gunfighters.mp3

Woven Hand
Mosaic - CD
Glitterhouse / Sounds Familyre 2006

Alleluia, alleluia, Woven Hand est de retour ! Le bigot David Eugene Edwards remet son titre en jeu de meilleur dévot à guitare de notre Seigneur. Après une courte intro qui vous plonge dans la sacro-sainte ambiance, c'est avec ces termes de réjouissances que le Père David vous invite à suivre son pèlerinage sur Winter shaker. Autant cela n'avait rien de dérangeant sur le précédent Consider the birds - les paroles ne débordant pas sur le format musical - autant cette fois, la musique regorge de cette ambiance de religiosité.
Whistling girl, guitare acoustique qui sonne comme une harpe (les anges ne sont pas loin). Bible and bird, ballade instrumentale à siffloter sur son cheval. Swedish purse, orgue du dimanche matin avec cependant une mélodie au banjo (!) qui accroche par la suite. Little raven, chemin de croix qui achève en fin d'album. Mosaic est pétri de pièges pour vous amener au paradis. Woven Hand, c'est le Nick Cave du pieu. Et là, ça me chiffonne. Mettre ce qui vous semble être un disque de rock et se retrouver à l'église, ça refroidit les ardeurs. Et si les tourments l'assaillent encore l'espace de deux, trois morceaux plus rythmés et païens dans l'âme (Dirty Blue, l'étrange et convaincant Slota prow, full sorrow), ce nouveau psaume de Woven Hand est crispant comme un congrès de curetons. Les ex-16 Horsepower en avait assez des lamentations de leur chanteur parti donc prêcher les foules en solo. On les comprend mieux désormais.

SKX (21/09/2006)
website groupe www.wovenhand.net
website label www.soundsfamilyre.com | www.glitterhouse.com
sounds
Dirty_Blue.mp3

Wander Phantom
It's not a battle for hearts and minds - CDEP
Fight me 2007

On n'arrivera pas deux ans trop tard pour parler du nouveau projet de ces trois ex-The Swarm. Justice sera faite bordel de merde ! Hélas, trois fois hélas, ils avaient déjà tout donné, le meilleur d'eux-mêmes, toute leur jeunesse et toute leur fougue (quoique j'aie connu des jeunes pas fougueux) et on arrive trop tard. Sans doute faut-il oublier The Swarm pour aborder Wander Phantom. Les bases noise-rock restent dans le même esprit mais la passion et la richesse se sont évaporées. Tout de suite les mots classique et banal vous viennent à l'esprit. Rien à dire sur l'exécution mais assurément, le guitariste et batteur qui ont quitté le bombardier The Swarm (respectivement Ryan Delgaudio et Daniel Montague) jouaient un rôle prépondérant dans le processus de composition. Ca balance, la section rythmique n'est pas manchote pour vous envoyer des parpaings dans la tronche, le guitariste est même parfois inspiré, bref, c'est pas de tout repos même si l'ensemble est bien plus aéré mais on en restera là. Le gros point noir, c'est surtout le chanteur. Si avec The Swarm, Callum Thomson savait ne pas en faire des tonnes et était noyé dans le boucan, son chant est désormais carrément pénible. Dans le meilleur des cas, c'est un maniaque qui se retient. Dans le pire, c'est Freddie Mercury et on se passerait volontiers de ses envolées lyriques. Un chant théâtral et maniéré et comme ses nouveaux collègues lui laissent plus de place que les précédents, ces six titres passent très amèrement.

SKX (07/01/2008)
website groupe www.myspace.com/wanderphantom

Warehouse
Escape plan foiled - CD
Darenne 2008

Sur la pochette signée par la dessinatrice bordelaise Tanxxx, on peut lire en sous-titre de Escape Plan Foiled : Once upon a time, i dreamed of being somebody. On peut interpréter ça comme on veut mais après l'écoute de cet album, on se dit que c'est bien ça le problème. Warehouse possède une culture musicale certaine, leurs influences sont éloquentes mais ils n'y arriveront pas, ils peuvent toujours rêver d'être quelqu'un, ils ne seront jamais personne à part l'ombre de leurs maîtres. L'ombre de leur chien comme disait le grand Jacquot. Terrible aveu d'impuissance. Anciennement baptisé Warehouse Project 99 (avec un ou deux disques qui doivent traîner dans une pile par là et qui ne m'avaient déjà pas bouleversé à l'époque), Warehouse, trio moitié anglais, moitié français(e) installé à Paris s'offre les services de Lionel Darenne (un disciple de Albini avec qui il a fait ses gammes) pour son propre label Darenne records (super ego trip ?) et sort son troisième album qui à coup sûr doit frapper un grand coup. C'est surtout d'ennui qu'il nous frappe. Avec une production donnant dans le consensus mou (Albini se retournerait dans sa tombe si seulement il était mort !), bien propre et léchée, Warehouse enfile des compos me laissant inerte comme le beau brun allongé sur la couvrante. J'avais souvenir d'un groupe autrement plus rock et rageur. Ils reviennent en formule indie-pop-rock sagement exécutée. Les morceaux ne sont pas mauvais en eux-mêmes mais ils sont joués sans passion, sans hargne, sans folie et avec cette production manquant de relief, voir limite racoleuse par moment (gros son de guitare ridicule, voix en avant, tout ce que j'adore), ils vous glissent dessus. Warehouse tente pourtant de briser la monotonie avec un banjo, un piano, quelques trouvailles qui au final sonnent plus comme des gimmicks faciles mais tout ça est décidément bien trop poli. Sans oublier que quelques titres sont vraiment mauvais (Catchee monkee, Take me black hole pour ne citer qu'eux). Ouais bon ok, ça commence à faire beaucoup. La bassiste est depuis partie (un éclair de lucidité soudain ?) et le duo d'origine (David Alderman et Hervé Marché) a recruté deux nouvelles têtes pour espérons, un nouveau départ, car ce disque sans âme est à oublier bien vite.

SKX (22/03/2008)
website groupe www.myspace.com/warehouse99project
website label www.darenne.fr

Weasel Walter / Mick Barr / Sam Hillmer
s/t - 10"
Epicene 2006

Je suis encore en pleine période d'essai chez Perte et Fracas et le boss m'a dit : mon gars, il va vraiment falloir que tu prouves ce dont tu es réellement capable, que tu frappes un grand coup ! J'ai réfléchi un peu et l'idée de parler de ce cher Weasel Walter m'est apparue, impérieuse comme une nécessité absolue et une envie nocturne. Cela tombe bien car il y a ce joli 25 cm sorti l'année dernière chez Epicene et qui n'a réussi à se frayer un chemin jusqu'à la vieille Europe et ma platine que récemment.
Il y a deux enregistrements différents sur ce disque -un de la fin 2004 et l'autre de la mi 2005- mais ce genre de détail n'a aucune importance : le trio (batterie, guitare et sax ténor) joue du free/core/metal/prog/noise (et quoi d'autre ?) tel que Weasel Walter nous y a déjà habitué depuis de longues années maintenant, tout au taquet et après on verra bien. Le premier titre et le meilleur, Trajectories, est une composition de Walter et en fermant les yeux j'aurais presque l'impression d'être à un concert des Flying Luttenbachers, on retrouve là avec bonheur la patte si caractéristique du bonhomme et le son est plutôt rugueux et approximatif. La face A se termine par un court titre, genre une impro collective cosignée par tous mais qui me laisse un peu froid.
La face B est tout entièrement occupée par une composition de Sam Hillmer (habitué à faire des ravages au sein de Zs), plus maîtrisée, avec des tiroirs parfois un peu inutiles et des effets de manches. The Art Of Rolling tomberait presque par moment dans ce qui tend à me hérisser le poil avec ce genre de musique (quoi, j'ai dit prog ?) surtout lorsque Mick Barr dégaine ce son de guitare-synth à vomir qui heureusement est un peu noyé dans la production si tant est que ce disque ait été produit. Barr est un guitariste à prendre avec des pincettes, il a un disque ou deux sur Tzadik qui montrent qu'il aimerait bien être le Pat Metheny du noise-prog, beurk. Pour tout le reste, ce disque a vraiment tout bon.

Haz (09/10/2007)
website groupe nowave.pair.com/weasel_walter
website label www.epicenesound.com








Fred Lonberg-Holm/Jim O'Rourke/Weasel Walter

Tribute To Masayuki Takayanagi - CD
Grob records 2000

Weasel Walter/Kevin Drumm/ Fred Lonberg-Holm
Eruption - CD
Grob records 2003

L'ultime album des Flying Luttenbachers a fait et fera encore couler beaucoup d'encre, au moins à Perte & Fracas nous avons joué le jeu de la transparence des faux-culs en donnant à lire deux avis divergents sur Incarceration By Abstraction, une technique éditoriale digne des pages cinéma de Télérama, un grand magazine culturel comme on n'en fait plus : on peut donc constater que si l'analyse est presque la même, les conclusions sont diamétralement opposées. Parce que la mauvaise foi n'a pas de limite, et grâce à cette irrépressible volonté de tendre vers un idéal d'exhaustivité, voici la chronique de deux disques de Weasel Walter en trio et publiés au début du millénaire, il y a déjà un petite éternité donc mais l'appréhension de la musique n'étant qu'une question elliptique on s'en fout un peu.
Comme son nom l'indique, Tribute To Masayuki Takayanagi est un disque hommage à ce grand guitariste japonais de free jazz (son seul équivalent occidental serait le nord américain Sonny Sharrock) qui en a influencé plus d'un. Otomo Yoshihide se plait toujours à raconter comment, alors qu'il n'était qu'un gamin, il passait des nuits entières à regarder Masayuki Takayanagi jouer comme un fou. Au passage, le label PSF propose une quantité impressionnante d'enregistrements du guitariste, notamment avec sa formation New Directions -il faut juste faire attention à la qualité, souvent très variable, de ces disques le plus souvent capturés en concert. Mais revenons à notre trio Walter/O'Rourke/Lonberg-Holm : oui le nom du petit Jim a de quoi en faire frémir plus d'un mais ici il se comporte très bien, il faut dire qu'il est imparablement épaulé par le non moins petit Fred qui s'y connaît comme personne pour faire crisser désagréablement une corde de violoncelle. Le grand Weasel Walter est impérial de débordements, comme dirait le boss il en fout de partout et j'aime ça -pilonnage à la grosse caisse, jeu octopode de cymbales, caisse claire directement dans les tympans. Ce CD s'achève sur une plage ambiante et (très) dark histoire de bien faire comprendre de quel côté de la force obscure se trouve le trio. A noter également une pochette parodique façon black metal pour garçons bouchers amateurs de bondage et des photos au recto particulièrement réussies, Jim O'Rourke le fait très bien en Euronymous. Le recto indique également : infernal improvised music, play loud and die. OK pour moi.
Que l'on se rassure tout de suite, Eruption n'est pas un hommage à Eddie Van Halen. Sur ce deuxième disque, le petit Kevin remplace Jim sûrement trop occupé à l'époque à jouer avec Sonic Youth. Autre changement, au lieu d'avoir à supporter des titres longs en roue libre, Eruption semble jouer la carte du court instantané -quarante missiles il est vrai regroupés en trois parties : Blood, Excrement et Mania. Le tout a été prétendument enregistré en une après-midi de l'année 2002, en fait nos trois gaillards ont purement et simplement laissé tourner la bande et ont édité l'ensemble en quarante pistes après coup. Donc le résultat est le même que sur Tribute To Masayuki Takayanagi et donc n'est guère beaucoup mieux pour nos nerfs.
Eruption est d'un abord plus sec que son prédécesseur. Blood donne cette impression de branlette qui rebute, la faute sûrement à Kevin Drumm qui y joue plus du dispositif à bordel (cassettes, micros, synthés, pédales d'effet, etc) que de la guitare. Même Weasel Walter se prend au jeu minutieux du point de croix destructuré. En deuxième position, Excrement remet les pendules à l'heure, il y a non seulement de la guitare mais surtout un Weasel Walter qui attaque sévère. Mania, la troisième et dernière partie du disque, oscille entre ces deux pôles : l'impro pixelisée et le barouf généralisé. L'aspect nitendo est très présent, certains passages catapultent sans crier gare mais des accalmies trop attentistes et narcissiques viennent un peu gâcher le plaisir. Eruption est donc un disque moins immédiat, plus cérébral (?) et un peu plus hermétique. Mais il a tout aussi pour réjouir les fans de Walter, comme les plages n°15 à 19, dignes des plus grands moments des Flying Luttenbachers, le miel progressif en moins.

Haz (03/02/08)
website labelhttp://www.churchofgrob.com/Churchofgrob/grobbasics.html (attention les yeux !)

Weasel Walter
Early recordings 1988 - 1991 - CD
Savage Land 2007

Si il existe un fou chantant, Weasel Walter est le fou composant. De l'autre coté de l'Atlantique, ce mec essentiellement connu pour son groupe The Flying Luttenbachers est un cinglé, un obsédé de la composition, un maniaque de musique qui en écrit depuis sa plus tendre enfance (ou presque). Une enfance qui a du être salement secouée à la lecture de son arbre généalogique musicale qui figure à l'intérieur de cette compilation retraçant ses travaux de jeunesse avant de se lancer définitivement dans Flying Luttenbachers. Il a tout juste 12 ans quand il commence à fréquenter le punk rock et 14 quand il joue dans son premier groupe hardcore Chernobyl Chyldren (tout un programme) et que la musique des Contortions, Lydia Lunch et tout un tas de musiques bizarres lui arrivent aux oreilles. Mais que font ces parents ?! A 16 ans, il achète son 1er 4-pistes et devient totalement obnubiler par la no wave et le free jazz. On est en 1988 et le petit Weasel commence à enregistrer tous un tas de trucs jusqu'à son déménagement pour Chicago où il commencera en 1991 les Flying. C'est cette période de formation et de défrichement que ce CD se propose d'ausculter. Les gammes d'un compositeur (terme dont on enlève toute prétention quand il s'agit de Weasel Walter) devenu hors pair et qui parle ouvertement et franchement de ses influences à travers ses œuvres de jeunesse. On ne va pas repasser en revue les 18 morceaux pour pratiquement 80 minutes de musique de ce CD. Toute la frénésie de sa future œuvre est déjà présente mais c'est aussi l'anarchie. L'anarchie d'un passionné de musique qui fait se télescoper le jazz de Coltrane et la no wave de James Chance, Ornette Coleman et les Slits. Un multi-instrumentiste qui à 18 ans fait preuve déjà d'un sacré talent pour maîtriser guitare, basse, clarinette, synthés et une batterie qui deviendra son instrument d'expression favori. Ca déborde d'un peu partout, c'est loin d'être abouti. Il faut avoir l'oreille concentrée pour en sortir les passages qui sortent du lot comme les dix minutes de l'excellent Inferno 23, pièce qui servira de support à un futur titre de The Flying Luttenbachers. Comme il l'écrit lui-même, ce sont des enregistrements primitifs et j'espère que cela fait parti de leur charme… Mais en dehors de nous apprendre qu'il est tombé dedans tout petit et qu'on peut y arriver par soi-même pour peu qu'on ait la foi, cette compilation nous apprend surtout qu'on peut sortir des clichés du punk-rock et être original et expérimental tout en étant intense et rock. C'est James Chance qui l'a soufflé au jeune Weasel. Depuis, c'est son sacerdoce et si vous avez compris ça, vous avez tout compris à l'énergumène et son œuvre.

SKX (18/11/2007)
website groupe nowave.pair.com/weasel_walter
website label www.savagelandrecords.com

Welldone Dumboyz
White Cunt Hippie - CD
Autoproduction 2008

Voilà un disque qui sent bon le job de branleurs dilettantes. Il est arrivé par la poste, accompagné d'une feuille photocopiée lardée de slogans aussi stupides que Ecoutez 'White Cunt Hippie' et devenez quelqu'un d'autre ou bien Hardcore is dead, blues is love. La pochette a due être assemblée puis collée sur un coin de la table de la cuisine du guitariste. Le disque en lui-même est un CDr qui passe une fois sur deux dans ma platine. Quatre titres, vingt minutes de bordel incompréhensible.
La haine du hippie étant un gage de rigueur et faisant partie des valeurs sûres en ces temps de relâchement éthique et d'abandon de toute déontologie dans les petits univers cloisonnés de la musique, un titre tel que White Cunt Hippie ne pouvait que me séduire. La grosse trique, même. A l'intérieur du disque (une fois donc que j'ai réussi à l'insérer dans la platine) c'est un peu pareil. Sauf que les Welldone Dumboyz dérapent systématiquement là où on ne les attend pas : His Thing débaroule bien à fond, gras et juteux, chant porcin baigné d'éthanol quand arrive ce break avec les roulements de batterie, le guitariste qui se met en tête de faire ambiance, la basse qui lâche la fuzz pour nous faire du bilboquet puis sans crier gare ça repart, le retour du cochon et du gros son, double pédale en prime bande de petits veinards.
Les titres des Welldone Dumboyz regorgent de ce genre de contradictions internes, toujours l'envie incontrôlable de foutre le bordel là où c'est déjà la zone. Commencer White Cunt avec une batterie qui blaste avant de se lancer une minute plus tard dans un pseudo solo de guitare catastrophique (pour les gens qui aiment les soli de guitares). Poursuivre avec La Mue Du Mulet et son intro de deux minutes qui débouche sur ce que l'on prend d'abord pour un slow en bonne et due forme, en fait non : on a affaire à un titre instrumental à la charpente mouvante, le moins réussi du lot. Dernier morceau, Tight Cunt Blues, dont le titre révèle une fois de plus et fort judicieusement l'intérêt supérieur des Welldone Dumboyz pour les passages difficiles, ne choisit justement pas la facilité avec une introduction agrémentée de voix de faussets (mais heureusement le cochon n'est pas très loin), une absence apparente de toute logique structurelle avant qu'un riff sabbathien et le retour de la double pédale ne remettent un peu d'ordre dans ce foutoir.
Ce disque, qui répond haut la main aux critères de crasse, sueur et émissions sous-ventrales est disponible pour quatre petits euros en le demandant à l'adresse suivante : bigbadgepeto@gmail.com. Malgré une évidente propension à toute mettre en œuvre pour tenter de mal faire les choses, les Welldone Dumeboys envisageraient un album pour la fin de l'année. Ils ont donc vraiment besoin d'argent.

Haz (02/06/08)
website groupe welldone.dumboyz.free.fr

White Mice
EXcreaMANTRaINTRaVEINaNUS - CD
Blossoming Noise 2007

Après une paire d'albums parus sur Load records, White Mice sort déjà un nouveau long format sur le label géorgien Blossoming Noise. Que l'on se rassure tout de suite car EXcreaMANTRaINTRaVEINaNUS ne déroge pas à la règle des souris blanches et poursuit le travail de sape déjà bien entamé sur les précédents opus. Si vous n'avez pas aimé les disques sur Load et bien vous n'aimerez pas non plus celui-ci car rien n'a changé dans la formule magique pour transformer la cervelle en fromage fondu : basse fuzz de mammouth, batterie primal, électrobidouillages sursaturés et voix à faire regretter à un death metalleux polonais rescapé d'un accident de tour bus en pleine campagne biélorusse d'être encore en vie. Mais après tout, lorsque on célèbre à tour de bras Madame la Mort, crever prématurément et avant tout le monde c'est comme qui dirait une sorte d'accomplissement, non ?
Les White Mice, eux, ne célèbrent pas grand-chose mis à part un gros bordel gluant, visqueux, assourdissant et aussi dégueulasse que leur humour est douteux. Mais un humour qui fait bien rire et bien plaisir même si les gimmicks employés ne sont pas toujours nouveaux (les membres du groupe ont tous un nom composé à partir du mot mouse et portent des masques de souris serial killers en concert) à l'image de l'illustration de la pochette dont on ne sait si les trois souris débaroulent du crâne malade d'une quatrième ou si elles broutent du pubis avec une conviction identique à celle qu'elles montreraient en dévorant une meule de fromage qui pue. A la réflexion, les deux interprétations sont peut être aussi valable l'une que l'autre, l'obsession rejoignant l'action dans une profusion de sperme béchamel et de bulbe rachidien râpé à la moulinette. L'éternel problème quand il y a des souris dans une maison c'est qu'elles laissent toujours de la merde de partout.
Techniquement, EXcreaMANTRaINTRaVEINaNUS comprend quatorze titres et dure à peine plus de quarante minutes. Les titres se séparent en deux catégories, les lourdes dégoulinades qui font mal au ventre et les rots foireux parfumés à la bile, courts et intenses. J'ai une petite préférence pour la première catégorie où l'aspect vicieux des souris blanches me semble prendre toute son ampleur. A noter qu'un quinzième titre, caché à la fin du disque (mais pas trop longtemps après) révèle une énième reprise d'Helter Skelter, aussi bonne que drôle.

Haz (18/11/2007)
website groupe www.thewhitemice.com
website label www.blossomingnoise.com
sounds goudah_and_evil.mp3 | micemicebaby.mp3

Whitey
The whitey album - CD
SF recordings 2008

Quand un inconnu bien intentionné m'a parlé d'un nouveau groupe d'un ancien Glazed Baby se nommant Whitey, j'ai eu peur que ce soit ce groupe de kékés. Groooosse frayeur. Heureusement, Andy Newman (l'ex-bassiste-chanteur de Glazed Baby puisque c'est de lui qu'il s'agit) n'a pas viré sa cuti. Le bruit, les stridences, les lourdeurs continuent de l'obséder. Tant mieux pour notre gueule ! Ca et le blues. Car à lire de plus près ses déclarations, Whitey ferait du blues. Si on considère que tout le rock'n'roll découle du blues, on peut comprendre cette prise de position. Mais il y dans ce deuxième album un delta en crue que je ne franchirais pas. A peine le temps de se demander ce que Newman devient que vous vous prenez deux morceaux décapiteurs de troisième âge, vous dessinant un sourire jusqu'aux oreilles. Texxxass 69 et Barely Legal, en dehors d'avoir des titres suggestifs, reprennent le flambeau de Glazed Baby, la puissance de feu d'un croiseur avec des flingues de concours, une couche de graveleux supplémentaire. Notamment Barely legal complètement entêtant avec sa rythmique de plomb digne d'un Melvins et sa voix hantée. Tout vibre. La batterie, les cymbales, ça ferraille, ça cliquette, sainte distorsion du réel. Je remercie l'inconnu du monde virtuel de m'avoir mis dans le droit chemin. Après les choses se compliquent. Pas dans le sens où la qualité s'en va avec le dernier larsen. Mais le rapport à Glazed Baby se fait plus distendu. Le Newman se fait malin et retors. Prend des chemins déviants. Pas encore tout à fait prépondérant sur Oh, Oh Marie mais beaucoup plus sur Well Well Well. La faute à la reprise puisqu'il s'agit d'un morceau de John Lennon et même sous l'emprise d'un Whitey déchaîné, ça reste du Lennon. Sept minutes qui, sans être désagréable, ramènent sur terre. Avec CNHC, c'est le Glazed Baby de Ancient Chineese Secret qu'on retrouve. Voix sous la limaille, sons anarchiques, saturations à tous les étages. Je rebande. Puis l'emprise de la cover pointe à nouveau ses vilains tentacules. Whitey s'attaque au répertoire de Jeff Buckley avec Nightmares by the sea. Jeff Buckley et moi, ça fait deux mais cette reprise donne envie d'écouter l'original, même le refrain aérien où Newman se prend pour Buckley dans le chant. Une reprise propre à faire boire la tasse deux fois à Jeff Buckley. A partir de là, on ne jure plus de rien et Whitey s'enfonce dans le bayou version noise. Imprisonment Blues sonne aussi comme une reprise mais n'en ai pas une. A se demander si tout ça n'est pas pour rigoler ou non. Solo de guitare en prime. Bref passons. Mais quand ils exécutent un Going to Nola au banjo sur l'air de When the Saints go marching in avec chœurs de poivrots et ambiance de kermesse, on opte pour la version second degré. On veut y croire en tout cas ! Whitey se rattrape sur le morceau final. The 7% solution avec un sample de Gene Wilder dans le rôle de Frankestein ajoutent une dimension foldingue à ce morceau saignant. Un album à deux vitesses qui, sans ces reprises (quoique très plaisantes) et sa fin clownesque signe le retour de Andy Newman au premier plan de nos chimères noise.

SKX (24/03/2008)
website groupe www.myspace.com/whiteyrocks

Witch Hats
Wound of a little horse - CDEP
In-Fedility 2006

Depuis Birthday Party, on peut pas dire que l'Australie nous ait beaucoup renversé la tête. Mais avec ces nouveaux fils indignes, les regards vont irrémédiablement loucher vers le grand sud. De Birthday Party, il en est de plus question avec Phil Calvert, le batteur du Nick Cave, qui produit ce premier enregistrement de ce jeune groupe de Melbourne. Un groupe qui n'a peur de rien. Ca pue l'irrévérence, la dissonance, le chaos du rock et l'attitude qui va avec. Comme ça, sans crier gare, ces quatre lascars débarquent avec cinq titres plus bandants les uns que les autres. Il y a bien Jack the untold un peu plus tubuesque que les autres mais ça serait chipoter. Car malgré tous leurs élans sauvages, le tour de force de Witch Hats est de combiner des éléments très accrocheurs, pondre le riff qui tue à la seconde qu'il faut, la petite ligne mélodique qui apporte le petit plus indéniable, délivrer le rythme qui emportera tout sur son passage au moment opportun pour faire de ces compositions de véritables hymnes populaires. La voix a beau me chiffonner sur la longueur, Witch Hats fait une entrée très réussie sur la scène rock internationale car nul doute que si ils continuent comme ça, leur renommée va dépasser dare-dare les océans…

SKX (30/06/2007)
website groupe www.witchhats.com.au
website label www.infidelity.com.au

Witch Hats
Cellulite Soul - CD
In-Fidelity 2008

Après la mise en bouche de leur EP Wound of a little horse et l'attente qui en découle, les premières mesures de Cellulite Soul rassurent de suite. L'album va être grand. Before I weigh (sorti en single également) commence sombrement. On sent poindre le drame. Ligne de basse imperturbable à la Tracy Pew, cri de chat sauvage, chant androgyne avant que tout ne décolle, que le son ne prenne une ampleur aérienne et que sa mélodie vous ensorcelle. Witch Hats n'a pas perdu la recette du morceau marquant. La production est à nouveau signée Phill Calvert (le batteur de Birthday Party viré pour ébriété chronique à l'époque de Junkyard) et Ben Ling et s'annonce comme un parfait écrin à la véhémence de Witch Hats. Spacieuse, généreuse où chaque instrument sonne à sa place, contrôlant le chaos que Witch Hats semble capable de mettre à chaque instant. I cant stay at home continue sur la même lancée. Rythmique percutante, une voix à la limite de la rupture dont on ne connaît pas trop le sexe (même si elle est tout ce qu'il y a de plus mâle), soutenue par des chœurs très Bad Seeds. Mais si l'influence de Nick Cave et comparses est indéniable, la musique de Witch Hats sait aussi être plus rock'n'roll, broyeuse de chair sans les abus et les échardes. Climing up yr cable avec ce semblant d'orgue vous ferait presque danser, chalouper au bout du comptoir, tendre les bras dans le vide. En trois morceaux, Cellulite Soul marque trois points. Western' casse le rythme. Un morceau trop gentillet, contrastant avec la virulence précédente, appréciable au fil des écoutes, surtout quand il susurre sur la fin I'm your friend, i want to fuck you (ou alors c'est moi qui extrapole). Le chantier repart sur Hellhole (aucun rapport avec le morceau précédent bien sûr) avec cette rythmique se taillant la part du lion, orgueilleuse, pendant que le guitariste fracasse son venin. Il y a du swamp rock là-dedans, ce blues perverti par le blanc, cet abandon viril malsain sur les bords. Un grand fracas propulsé par une batterie infernale sur Summer of Pain, un Clockcleaner des antipodes sur Neil Diamond entry ou un Doors Film à tiroir invoquant plus le Gun Club que le groupe suggéré par le titre, se terminant par cinq minutes quasi-instrumentales et soniques et une jam cachée. Ils ont beau invoqué le Seigneur pendant les deux minutes tranquilles de Ma Lord, on sent bien que ce n'est pas pour rentrer sous les ordres mais se faire pardonner quelques pêchés capitonnés. Cellulite Soul est un album sans gras, de la part d'un groupe qui sait qu'on n'attrape pas des mouches avec du vinaigre, administrant les mélodies nécessaires mais sachant également distribuer les tapettes et les courants d'air propres au cyclone pulmonaire. L'Australie est de retour dans le droit chemin et Witch Hats un de ces plus beaux fleurons.

SKX (24/03/2008)
website groupe www.witchhats.com.au
website label www.infidelity.com.au

The Wolfnote
Sacred Bodies - CD
Reluctant / Black Box 2005

A peine le temps de faire connaissance que Wolfnote se casse déjà dans le cimetière des groupes défunts. En provenance de Edmonton dans le Canada, Wolfnote tentait de faire danser les foules, comme bien d'autres, mais sous l'angle rock, façon The Red light sting ou At the Drive-In, les champions des groupes cités dans des chroniques quand il s'agit d'évoquer le moindre chevelu viril qui essaye de faire bouger les corps sous la chaleur d'amplis dans le rouge. Et d'angles, ce deuxième album n'en manque pas. The Wolfnote hurle sa rage la nuit venue avec un élan rock'n'rollesque communicatif. Le batteur a le feu au cul. Le chanteur est remonté comme des vieilles bretelles qui ne tiennent plus en place. Le synthé de la demoiselle tente bien que mal de se faire une place et la production de Alex Newport ne cherche en rien à les arrondir ces putains d'angles. Il donne à chaque instrument l'espace suffisant pour s'exprimer. Clairement. Fortement. Et si l'album n'accouche pas de dix morceaux indéboulonnables, il réserve de belles joutes comme Three Bells et les sept minutes d'un Rats in life dans le larsen. On pourrait en citer d'autres. Trente minutes qui se dégustent à fond la gomme, sans faute de goût pour un groupe qui aurait pu décrocher la timbale avec une telle musique mais qui a décidé de se saborder avant. Sales punks.

SKX (23/01/2007)
website groupe www.thewolfnote.com
website label www.blackboxrecordings.net
sounds reluctantrecordings.com

Wolverine Brass
Wicked witch - CD
Auxiliary 2006

Dès la première écoute, je me suis dis que c'était pas la peine. Encore un groupe scotché dans les années 90 et pas sur n'importe quels groupes. Slint, Rodan, un poil de Bastro en poussant jusqu'à A Minor Forest. Vous voyez tout de suite le genre de filiation et la musique proposée. Si tout ça est très respectable, ça sentait trop le réchauffé pour aller voir plus loin. Mais comme je suis un vieux con nostalgique et que tous ces groupes me parlent, j'y suis retourné après avoir laissé cet album pourrir dans un coin. Et là - je vais pas vous mentir en vous disant que c'était le choc de l'année - mais le plaisir n'était pas feint. Un réel savoir-faire habitent ces quatre ex-membres d'une ribambelle de groupes pas inoubliables. Vous retrouvez tout ce qui a fait la gloire des groupes sus-cités. La tension sous-jacente, ces brèves explosions, ces voix passant du parlé au cri à bout de ouffle comme si c'était une seconde nature, ces moments de béatitudes où la musique semble flotter dans une autre dimension. Le genre de brèche ouverte provoquant un léger mouvement d'avant en arrière du buste. Et surtout un art de la composition soignée à défaut d'être totalement renversant. Sept morceaux qui n'en trouvent pas moins son propre lopin de terre, une approche plus rustre et plus dur dans le son qui n'est pas pour déplaire (genre Shipping News en mieux) pour un album qui vous fait ravaler votre morve de blasé. On y reviendra toujours en solitaire.
Et puis quand on est originaire de Louisiville (le patelin de Slint), on a bien quelques droits en plus non ?!

SKX (26/03/2008)
website groupe www.myspace.com/wolverinebrass
website label www.auxiliaryrecords.com


 
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