KABU
KI BUDDAH/BANANAS AT THE AUDIENCE
"
alerte au macaque en ferraille " - split 7"
S.K. 02
Deux
groupes lyonnais prennent les armes pour sauver le rock'n'roll
du macaque en ferraille. Issu de l'imagination fertile du label
lyonnais SK, ce Godzilla local piétine les présentations
habituelles des pochettes sobres avec le dernier cri du designer
high-tech. Parodie et série Z à l'honneur. Tronches
d'enfer et angoisse insoutenable. Pour mettre à mal cet
amas de ferraille, Kabu Ki Buddah tente d'abord de le prendre
par les sentiments. Violoncelle, voix féminine, basse-batterie
en retrait. Atmosphère musique de l'est un rien secouée.
Le monstre plie un genoux. Arrive Bananas at the audience pour
parachever le travail. L'attaque se fait plus virulente, hargneuse.
Un rock un rien groovant sur les bords. Au moins deux groupes
lyonnais qu'on ne pourra taxer de la coutumière influence
locale "Bastard & Condense"! Chacun s'y prend à
deux titres pour faire vaciller le colosse de fer. Avec la bonne
humeur qui suinte de tout ça, on a plus de chance que ce
macaque sympathise avec ses feux-follets que ne devienne un réel
ennemi. Une bande-son qui sort des productions standards.
SKX (26/02/2002) |
KAOSPILOT
"
s/t " - CD
Level Plane
Un
long larsen ouvre cet album. Le temps nécessaire à
une profonde inspiration avant la plongée dans le gouffre
bouillonnant. Le Norvège brise la glace et nous envoie
une bande de sérieux énervés, affûtés
comme des couteaux avec des lames longues comme ça. Des
rangées de groupes qui éructent dans tous les sens
et qui balaient tout sur leur passage, ça on connaît.
Même que ça porte un nom, le screamo-hardcore. Mais
le calibre présenté ici tape dans le haut de gamme.
Du genre Magnum 357 avec coup fatidique. Des aboiements de caporal-chef
pas content du tout, cette batterie qui tranche et hache menu,
ça descend de gauche à droite et inversement. Ca
déchire les flancs et pourtant c'est pas du gros rouge
qui tache. Kaospilot, c'est le guerrier civilisé. Celui
qui sait tempérer ses ardeurs, montrer ses failles sous
la cuirasse. Toujours sombre mais un poil lyrique. On y retrouve
tous les ingrédients d'un genre archi connu mais sans air
de redite, reprennnant les travaux de Orchid en les sublimant
et leur offrant plus de consistance sur la longueur. Un putain
de disque !
SKX (09/09/2003) |
KAOSPILOT
"
for your safety " - 7"
Nova / Last Effort 02
Pas
sûr que ce soit votre pilote préféré
pour votre destination vers les Etats-Unis mais ce nouveau groupe
norvégien fait une fixation sur les avions de grandes lignes
avec le mode d'emploi sur les issus de secours. L'histoire ne
dit pas si la pochette a été réalisée
avant ou après le 11 septembre mais l'enregistrement de
ce cinq titres datent de mars 2001.... Un disque à déconseiller
pour les phobiques des hautes altitudes. Quant à ceux qui
se pissent dessus en écoutant Botch, Lack et consort, Kaospilot
a tout pour vous envoyer au septième ciel, vous promettre
un voyage chaotique et touffu. La destination n'a rien de dépaysant
mais encore une fois, une bonne et solide réalisation en
provenance de Scandinavie.
SKX (22/08/2002) |
KEELHAUL/ANODYNE
"
split 7" " - 7"
Chainsaw Safety 02
Le
genre de 45 avec lequel on ne cherche pas d'embrouilles. Deux
groupes tendres comme un bataillon de paras, légers comme
un vol de mouettes mazoutées au troisième degré.
Avec Keelhaul, c'est la connexion Craw. Le batteur en commun et,
en invité de marque, Joe Mctighe, le chanteur. Deux cartes
maîtresses qui donnent une saveur très Craw-ienne
avec une pincée de No Means No, allez savoir pourquoi,
bref un truc rock lourdingue et pulsant son gras pour n'en retenir
que le maigre. Des déménageurs et des bons. Avec
Anodyne, on sort les chiennes. Leur face Neurosis est totalement
dynamitée de l'intérieur lors d'un morceau sauvage
et bref. Pas forcément leur meilleur crû. Suit une
reprise de Throbbing Gristle ("persuasion"), vieux groupe
industriel de la mort mais le titre n'est pas remis au goût
du jour et coulé dans un moule Anodyne. Ambiant et anodin.
Pochette noire et belle. On a vu pire comme split mais hélas
encore, un peu bancal.
SKX (03/09/2002) |
KEELHAUL
"
II " - CD
Hydrahead CD/ Escape Artist LP 01
Tuez
les tous! Ils ont beau usé d'une orthographe ésotérique,
leurs intentions restent claires. Un maximum de victimes! Keelhaul,
un nom qui leur sied à merveille. Un bulldozer lancé
à grande vitesse, sans discernement, par la grande machinerie
du metal-noise-rock. Avec dans ses rangs, le batteur de CRAW,
adepte ici d'un jeu plus binaire mais diaboliquement efficace,
véritable poumon d'acier de cette tuerie sans nom. C'est
lourd et rapide, des gros riffs qui plombent, d'incessants changements
de rythmes. Et quand la voix déboule, c'est tout le monde
aux abris. Tonitruante et bien grasse avec les dents du fond qui
baignent, Keelhaul a su garder la tête froide et rendre
ce 2ème album essentiellement instrumentale pour la survie
de tous! C'est, quelquepart (là où ça fait
mal!) Fudge Tunnel rems au goût du jour! Et comme même
les plus durs ont besoin de respirer, Keelhaul a su aménager
des airs de repos, montrer, derrière d'indéniables
qualités de bâtisseurs de bunkers, quelques coups
de pinceaux aux traits plus fins. Qui atténuent la douleur
sur quelques fins de morceaux. Ou le surprenant dernier titre
quand la brute se fait cur tendre. Mais la couleur dominante
reste le sang. C'est du solide, sculpté à la truelle,
sans génie particulier mais à la graisse du muscle.
Après un premier album encore plus mal dégrossi,
Keelhaul est lancé sur de bons rails et cet album a le
mérite d'imposer son homme. Et c'est pas moi qui ira cafter
sur leur passage.
SKX (03/07/2001) |
KELETON
DMD
"
body double " - CD
Makoto 00
Premier
jet, premières armes pour ce trio en provenance de Kalamazoo,
Minneapolis. L'état fief du fameux Amphetamine Reptile
dont les débordements passés ne cessent d'hanter
les nuits des jeunes pousses du coin. Ca puise au plus profond
du punk-rock, sous les airs engagés de Hammerhead et Janitor
Joe, avec un vernis édulcoré par les soubresauts
de Washington DC. Une façon d'épurer qui en vaut
d'autres. On a affaire à des gens consciencieux, avec quelques
cartouches bien calibrées comme ce "black and single"
et des idées mélodiques qui émergent continuellement.
De la passion et de la vitesse à la Superchunk. Keleton
DMD ne se complique pas la vie. C'est encore tendre au niveau
du son et reste trop convenu pour se démarquer du lot mais
les bases sont là. Ces huit titres se consomment avec plaisir
mais ça passera pas l'hiver. Encore un effort pour que
le DMD ne se transforme en TNT!
SKX (17/07/2001) |
KID
COMMANDO
"
the french kiss is dead " - 7"
Lady Godiva Operations 02
Le
Kid Commando, toujours prêt pour des opérations tranchantes
et suicidaires. Après toute une série de split 45
(Arab on Radar et un autre avec The Female Anchor of Sade), ce
trio suédois explore pour à nouveau les deux facettes
d'un 45. Ils sont à la hauteur de la tâche. Ca reste
court et intense mais leur post-punky-noise-rock foutraque et
juvénile dure suffisamment longtemps pour nous épingler.
Une batterie rudimentaire mais qui part dans tous les sens. Deux
guitares un peu folles tout en dessinant des ébauches de
mélodies. Un chant qui se limite à scander les titres
des morceaux (The French kiss is dead et le bien nommé
"the hole in your face is called the mouth") de manière
convaincue. La formule est chiche mais le Kid sait faire du bordel
comme un grand. Notez bien ce nom dans un coin de votre caleboche.
SKX (22/08/2002) |
KILL
SADIE
"
half-cocked concepts " - 10"
Old Glory records 99
Raclements
de gorge. Et c'est reparti. Cris, grincements, jungle éructante.
Champ d'un affolant infini, Killsadie porte la flamme en son sein,
la prend, l'entretien, la transmet. A l'image de Policy of 3 qui
a fait le bonheur de Old Glory, Killsadie tranche et coupe à
fleurs de peau, n'omet rien, ne rajoute rien non plus, rien de
superflus. Juste le plaisir de prendre une putain de décharges
d'émotions. Petit filet de fumée encore chaude qui
prolonge la clarté. 5 titres emo-core, pas un de plus,
l'infini sans cesse renouveler et c'est parfait comme ça.
SKX (02/11/1999) |
KILL
THE THRILL
"
203 Barriers " - CD
Season of Mist 01
Avec
ce nouvel album, on pourrait ressortir les mêmes qualificatifs
que lors de la sortie de "Low" en 97 : lenteur et discrétion,
que deviennent-ils, le frisson est-il définitivement mort
et enterré ? Mais à croire que, tel un événement
cyclique naturel, Kill The Thrill, tous les 4 ans, sort de sa
tanière et propose 8 ans après son premier rejeton
"Dig", un 3ème album. C'est peu ! Mais Kill The
Thrill a la peau dure et résiste à l'érosion.
De cette fameuse vague bruitiste française aux débuts
des années 90 et immortalisée par la compilation
" Serial Killers " sur Roadrunner avec Deity Guns, Davy
Jones Locker, Condense, Cut The Navel String, Treponem Pal pour
ne citer qu'eux, les marseillais restent les derniers survivants
! Et se portent plutôt bien, merci pour eux ! Ne me demandez
pas le secret de leur longévité, sinon une musique
intemporelle. Kill The Thrill ne correspond à aucun courant
musical précis. Ni hardcore chaotique, ni emo-violence,
ni noise-rock ou post je ne sais quoi. Kill The Thrill n'est pas
à la mode et passe loin au dessus de toutes ces basses
considérations. C'est vieux comme le monde et aussi neuf
que n'importe quelle musique actuelle. Une musique qui repose
avant tout sur des compositions solides, des vraies compos, sombres,
torturées, lyriques juste ce qu'il faut. Avec ce nouvel
album, Kill The Thrill reprend ses travaux où ils les avaient
laissés avec "Low", sauf que c'est encore mieux
que la dernière fois. Faut dire qu'ils ont mis le paquet
avec cette fois-ci à la production, Michael "Swans"
Gira, enregistrement direct à New-York et un duo de base
guitare-basse mué en trio avec l'arrivée d'un deuxième
guitariste. Le résultat est un son dense et riche. Une
longue succession de 9 titres qui se prend d'une traite. Une longue
coulée de lave orgasmique, une nappe d'une multitude de
bruits qui charrie tout sur son passage. On s'immerge tout entier
dans des ambiances envoûtantes. On part pour une longue
descente sur un tapis de guitares. Un bloc qu'on se prend de face
et qui marque au fer rouge. Une somme de chaleur qui se dégage
comme sur l'épique " western ", le très
mélodique " crime " ou le bien-nommé "
breath ". Et cette touche inimitable avec cette boite à
rythme d'un autre âge, cet aspect froid au milieu du volcan,
instrument presque anachronique mais complètement indissociable
de l'univers de Kill The Thrill. Une boite à rythme à
la programmation presque minimaliste dont l'opposé est
la voix de Nicolas Dick, voix âpre et profondément
touchante, voix d'écorché qui remonte de loin et
vous noue les tripes. Un nouvel opus complet, maîtrisé
de bout en bout pour un groupe atypique dont la musique se suffit
à elle même. Un groupe discret pour une musique imposante,
un groupe qui ne dévoile rien ou si peu et qui continue
sa quête sonore, hors des normes. Leur richesse est à
l'intérieur, sous cet amas de notes et de bruits, sous
cette masse noire et dérangeante. A vous de comprendre
ce que vous pouvez lors d'un voyage qui tient du sublime.
SKX (02/01/2001)
|
THE
KILL VAN KULL
"
human bomb " - Lp
Handi-Kraft records 98
Spasmodique.
Neuromusculaire. Contractions. L'élément central
d'une nouvelle guérilla au cur de New-York City a
pour nom The Kill van Kull, bombe humaine à huit fragmentations
cinglantes. Des soldats ayant aiguisés leurs armes dans
DIE 116, HELL No et autres groupuscules. Tout respire l'urgence
et la frustration. Jusqu'au titres, éloquents : "falling
of a building ", " exploder ", " you keep
yourself from loving me because I am a bastard " sans oublier
le titre de ce 1er album " human bomb ". Déformation
au forceps. Tout est histoire de tension, un fil ténu,
proche de la rupture à chaque riff, chaque roulement de
caisse claire. Avec, dans ce règlement de compte sans rebours,
un sens du refrain qui tue et suffisamment d'aérations
pour ne pas mourir dans son vomi comme " tears " ou
le cybernétique " synthetic pulminary transplant ",
voir le passage kitsh et surprenant de " the divine seven
". Un album férocement en forme avec pour moteur la
haine et l'esprit revanchard : " dédié à
la seule personne dont les mensonges et trahisons ont rendu ce
disque possible. Plus jamais nous te donnerons notre intégrité
"....
SKX (20/04/1999)
|
KïMMO
"
Conversation for conversation " - CDEP
My Kimono 03
L'association
d'idées allant bon train, le nom Kïmmo m'a d'emblée
fait penser à " esquimaux " ! Et il est vrai
que ce premier six titres de ce quatuor parisien a l'apparente
fragilité de la glace mais aussi le détachement
et la mélancolie propre aux paysages désertiques.
L'univers de Kïmmo baigne quelque part entre une touche "
emo " proche de l'école Dischord records / Prohibition
et une sensibilité " pop " dont la voix principale
de Natasha Herzock (à l'intonation toute Bjork-ienne) contribue
de belle manière. Une voix qui sait se faire violence,
forcer le timbre et régulièrement soutenue par une
virulence vocale toute masculine. Pour autant, on est un ton en
dessous. Les compositions ont beau présenté un charme
indéniable, de la douceur et de l'amertume, de la légèreté
mêlée à une colère rentrée,
on reste tout de même prisonnier des glaces. Manque d'une
étincelle, d'un titre ou deux vraiment accrocheurs pour
embraser l'ensemble. Le savoir-faire est là, indéniable,
mais encore trop marqué par la retenue, une production
qui arrondie les angles. Lâchez du lest, transcendez ses
influences. Et d'honnêtes morceaux dans le rang, on passera
à une personnalité qui ne demande qu'à s'affirmer.
SKX (03/07/2003) |
KNUT
"
Challenger " - CD
Hydrahead 02
Les
Suisses de Knut monte en première division. Dans la cour
des seigneurs, accueillit qu'ils sont au sein de la prestigieuse
écurie Hydrahead records. Le statut de challenger sur les
épaules en passe de se transformer en bête de compétition.
Knut gravit l'échelon sans coup férir. Leur metal-core
taille patron prend de la cuisse. Virulent et hargneux sur l'homme
comme avant. Mais avec un brin d'humanisation, un surplus d'âme
et de désespoir dans le dernier geste. Un je-ne-sais-quoi
de profondeur sous leur aspect bestiale. Les rythmes perdent de
leur froideur, les structures de leur rigidité pour gagner
les contours de la peau. Knut s'infiltrent, les veines gonflent.
On rentre dans une autre dimension. Celle que côtoie Breach
avec "neon guide", morceau que n'aurait pas renier les
Suédois. Celle aussi très prisée de Neurosis.
Comme le titre de clôture "march", où le
rythme lourd et l'ambiance suffocante donne envie de se jeter
du douzième étage. Et quand le rythme n'est pas
répétitif, il est d'une précision chirurgicale,
un flipper monstrueux où la balle ne peut trouver l'issue
de secours, avec des riffs qui mettraient à genoux un éléphant.
Le son est chaud, plein. La voix se cogne contre un mur. Renvoie
l'écho d'une maladie humaine et incurable. Une uvre
solide, qui vous met une pression constante sur le dos. La tête
dans les épaules. Et le cur qui irrigue à
fond! Une belle pièce saignante avec tout plein de chair
autour.
SKX (11/06/2002) |
KNUT
"
DIY " - CDEP
Autoproduction 99
4
Suisses. 3 titres. Après le surprenant " Bastardiser
" et l'affolante prestation du superbowl à Rennes
en mai dernier, la future livraison de Knut était attendu
avec impatience. Puissance de feu suicidaire, Knut persiste, vous
perd par ces changements de rythmes incessants, lourds, techniques,
vivifiants, ces gros riffs qui tuent ou un touché incomparable.
S'apparente autant à Zeni Geva qu'à toute la vague
des groupes post-harcore de chez Hydra Head records. Le combat
continue. C'est une extrême pointe solidifiée qui
s'avance dangereusement dans le vide. Et au moment où il
est entré dans le village, on l'a pendu. Tremblement de
terre imminent en Suisse!
SKX (19/10/1999)
|
KRONK
"
s/t " - CDEP
Autoproduction 01
Premier
coup de marteau pour ce jeune groupe rennais. Le burin taillé
dans le granit le plus dur. Celui dont des soldats bien connus
outre-Atlantique, cote est, Chicago, se servent avec dextérité
et maladie convulsive. Trio de base agrémenté pour
la touche perso d'un quatrième membre, encore discret,
aux platines. Trois instrumentaux qui assèchent le palais
et désherbent les herbes les plus mauvaises. Rythmique
très présente, on pense à Helmet pour le
coté matraquant et implacable, mais aussi névroses
des breaks, guitares grinçantes ou plus mélodiques,
façon American Heritage. C'est carré, sans fioritures,
presque trop appliqué. On aimerait encore plus de folie,
notamment le batteur, que le granit prennent des formes bizarroïdes
et inattendues. La base est là, le socle est bien posé.
Reste à ériger des sculptures qui surprennent et
qui poussent là où on les attends pas. A noter sur
vos tablettes.
SKX (23/01/2002) |
KULARA
"
fragmental remembrance, a switch of resurrection, and my hearing
vanished " - CD
Molaire Industries 02
La
nouvelle bombe japonaise s'appelle Kulara. Après les toujours
jeunes Zeni Geva, les feux-follets de Melt-Banana, les apocalyptiques
Atomic Fireball et Envy, les chéris de nos coeurs, s'ajoute
à la table de ce festin princier Kulara. Pas presser d'en
découdre avec le monde extérieur, il aura fallu
attendre l'heureuse initiative du label français Molaire
Industries (rebaptisé Waiting For an Angel records) pour
que Kulara quitte l'anonymat de son archipel et éclaire
notre morne quotidien. En fait, deux enregistrements se retrouvent
réunis sous un même boîtier. "5 pièce
songs" et "a naked landscape". Et presque deux
années les séparent. Le premier nommé pose
les bases. Sans vraiment les poser! On les sent déjà
à la frontière de styles multiples, le cul entre
plusieurs chaises. Et si on est encore loin de l'éclatement
du second disque, leur style c'est ça, c'est de ne pas
en avoir. Ou alors si, des dizaines, tout et rien à la
fois, tellement qu'à la fin, ils ont crée leur propre
langage. Avec dans leur abécédaire, des mots comme
noise, emo, hardcore, free, math-rock, mélodie, complexité.
Sur ce chemin, "5 piece songs" les montrent encore timide.
Les racines et l'énergie hardcore / emocore sont encore
bien présentes. Mais des morceaux comme "fate"
ou "two suns day" ouvrent la route et tutoient les anges.
Cinq titres qui n'ont rien à envier au lyrisme d'Envy,
avec une production moins dense mais tout aussi fulgurante, épurée
et puissante à la fois. Et puis arrive "a naked landscape".
Terre vierge où tout est permis. La cogitation a dû
être terrible! Kulara prend de la hauteur, du recul. Et
devient une dangereuse machine novatrice et incontrôlée.
Deux morceaux qui dérapent au-delà des dix minutes.
Explosion in-vitro des styles, tout se confronte, cohabite. La
grande culbute. Et comme les deux titres s'enchaînent, vous
avez le droit à une maîtresse pièce. De quoi
revigorer les plus blasés. Des passages "emo crié",
un calme piano inquiétant, des guitares qui crissent ou
qui flattent les tympans. De folles envolées qui vous laissent
pantelant. Avec un don et une facilité déconcertante
pour rendre le tout limpide et attractif de bout en bout. Kulara
lutte dans la catégorie "hors-concours". Ne s'impose
aucune limite, aucune norme. Ni dieu, ni maître! Sinon Kulara!
SKX (15/04/2002) |
KURT
"
la guard " - Lp
X-Mist 02
Trio
majeur de la scène emorock/hardcore européenne,
le groupe allemand KURT, en l'espace de deux albums et d'une ribambelle
de concerts fiévreux, s'est taillé une belle réputation.
Au point de devenir une référence, un phare dans
la tourmente! Et ce troisième album, au nom exotique, garde
le cap patiemment forgé. Solide et sur de sa force, sur
de détenir la bonne formule, Kurt enfonce le clou. Tellement
d'ailleurs que cet album est avant tout rythmique plutôt
que mélodique, beaucoup plus que ses deux aînés.
Une dynamique effrénée, mis en avant, qui saute
aux oreilles sans prévenir. A bout de souffle. Bien sûr,
peu à peu, les mélodies pointent mais Kurt ne se
calme pas en grandissant, devient encore plus direct et sans fioritures.
La seule ombre au tableau, c'est la durée. Huit titres
pour à peine 20 minutes, frustrant. "La Guard"
est un long sprint où c'est marche ou crève. Une
fois digéré toutes ces petites contrariétés,
on a servi sur un plateau huit perles où les mélodies
se révèlent diablement efficaces et entêtantes.
Huit bombes nerveuses qui vont droit à l'essentiel. Pas
besoin de synthés et d'effet rétro. Pas besoin de
surenchères dans le chaos et le multibreak. On peut faire
dans la simplicité et sonner comme personne. Kurt durcit
le ton, clame haut et fort que les petits costauds de service,
c'est eux et ce "la guard" a tout d'un hymne fédérateur.
Les derniers punks!!
SKX (12/03/2002) |
KURT
"
s/t " - CD
X-Mist 99
Accros
du CD, retardataires de tous poils, citoyens, citoyennes, enlevez-vous
les doigts du cul et souriez fort, le grand, le fabuleux, le pyramidale
1er album (1996) de KURT se refait une beauté en digipack
rouge sang! 7 titres, rien à jeter, c'est lyrique et bruyant,
subtil et jusque boutiste, insensée extase. Tous fans de
noise, emo, hardcore ou tout simplement de musique intense et
créative, se doit de posséder ce classique. Mes
yeux tournent vers l'intérieur. Je saigne du nez. Ecoutez
" stroll down (memory lane) " jusqu'à l'extinction
des feux. Et comme KURT s'est dit que la moitié de la planète
avait déjà cet album, 2 inédits, un morceau
de leur tout premier 45trs et 2 autres échoués sur
des compils, le tout remastérisé, agrémentent
notre bonheur!! On se donne la main et on se roule une pelle?
SKX (26/11/1999) |
Keelhaul
Subject to change without notice - CD
Hydrahead 2004
Ce groupe de Cleveland en ait déjà à son
troisième album et risque bien d'être l'éternel
espoir. Et qui finira par sortir des albums dans un anonymat
presque total, les Lungfish du metal-noise-rock ! Lors de leur
premier album sur Cambodia records, ils déclaraient eux-mêmes
être " un groupe lourd, puissant et ennuyeux par
des gens sans envergure. Notre album sera sorti avant même
que vous le sachiez ! ". Sévère et autodérision,
quand tu nous tiens. En tout cas, Keelhaul n'est pas là
pour réfléchir des heures. Ils montrent un plaisir
évident à jouer ensemble. Sans génie particulier
mais ça dégage sévère, les instruments
se répondant et se complétant avec aisance. Le
chanteur est un gros costaud qui a la voix de son physique.
Heureusement, pour le bien de tous, il n'en abuse pas ! Ils
remettent Tad au goût du jour, ce bon vieux gros Tad qui
serait passé du hamburger sauce budweiser à l'écoute
de Botch. Le point fort du groupe reste, encore et toujours,
le batteur, son sens du groove en pleine démonstration
de puissance. Ses prestations scéniques commencent à
faire parler de lui après tous ses passages sur les scènes
européennes lors de leurs nombreuses tournées.
Dommage qu'il soit entouré de besogneux. Qui parfois
font preuve d'inspiration et de finesse (" Randall ")
mais aussi de morceaux passe-partout. Finalement, ils sont lucides
!
SKX
(27/06/2004)
website
groupe
www.keelhaul.info
website
label
www.hydrahead.com
sounds
cruel_shoes.mp3
|
|
Kid
Commando
Holy Kid Commando - CD
Ache 2004
Le Kid s'émancipe définitivement. Premier jet
sur long format et concrétisation de tous les espoirs
entrevus sur des 45 précédents.
Le Kid prouve qu'il est plus qu'un joyeux trio foutraque et
juvénile, avide de sa dose journalière de rock
bruyant et bancal. Il passe haut la main son oral, fortifiant
ses acquis et ordonnant brillamment par la même occasion
ses idées. Le ménage de printemps. Kid commando
vient de Suède mais est chaud comme la braise. N'a pas
besoin de longs développements pour vous faire adhérer
à leur cause et vous démantibuler les membres.
"Lovers amp" à fond dans les speakers, un poil
de John Spencer, deux guitares toujours à la limite du
désaccord et de la rupture, le sens du rock, une batterie
tous azimuts, minimaliste dans sa conception, un minimum d'éléments
mais extrêmement dynamique et vigoureuse. Et comme il
est bien connu qu'il vaut mieux en avoir une petite nerveuse
q'une grosse mollassonne, le Kid mène un combat court
et incisif, décharge à tout va et marque son territoire
d'une pierre blanche. Neuf titres sans aucune fausse note, neuf
pépites haut les curs qui sèment bonheur
et bonne humeur. Le Kid, c'est du costaud.
SKX
(28/03/2004)
website
groupe www.kidcommando.com
website
label www.acherecords.com
sounds
www.acherecords.com
puis rubrique MP3s
|
Kill
Me Tomorrow
The garbageman and the prostitute - CD
GSL 2004
Kill Me Tomorrow a survécu. Un troisième album
déjà pour ce qu'on pourrait considérer
comme leurs vrais débuts. " Happy First " (2000)
et " Chrome Yellow " (2001) étaient loin de
valoir/prévoir cette nouvelle alchimie. " The garbageman
and the prostitute", envisagé sous un angle sérieux
avec le concept en bout de ligne. Treize titres narrant une
histoire (incompréhensibles pour mes oreilles françaises),
treize scènes qui verront le jour prochainement par un
livre sans oublier quatre vidéos qui accompagnent le
CD. Kill Me Tomorrow a passé la vitesse supérieure.
Le groupe s'est stabilisé autour d'un trio central avec
Zack Wentz au milieu. Fatigué de trouver un batteur convenable,
il s'est collé derrière les fûts. Sauf que
sa batterie n'a rien de conventionnelle. Il se contente principalement
de deux toms basses et de cymbales pour cingler l'atmosphère.
Percussions derrière lesquelles il joue debout en concert
tout en poussant la chansonnette. Original vous dites ?! A sa
gauche, K8 Wince (derrière ce pseudo se cache une pétulante
blonde, Mme Wentz à la ville !) pour la basse et le second
chant. A sa droite, Dan Wise pour la guitare. La forme impose
une démarche tribale des rythmes, entre un Birthay Party
tout crassou, déguigandé et un Liars (du premier
album) qui aiment la cassure et le chaos. Kill Me Tomorrow trouve
sa voie en y mettant un traitement no-wave, fléché
de perfides bidouilles électroniques pour brouiller les
pistes et créer un espace mi-futuriste mi-punk. Dans
tout ce bordel, pas facile de retrouver son chat. Mais mis bout
à bout, Kill Me Tomorrow arrive à créer
un truc assez unique, une pleine marmite de sonorités,
de rythmes et de mélodies au vitriol qui finissent par
vous hypnotiser, une danse vaudoue qui ne se danse pas mais
vous prend de l'intérieur, implosion, partout sur les
murs, sans trop chercher à comprendre d'où viennent
les tâches. Cet album cérébral finit par
toucher le physique, interpelle les sens et créer un
disque bien de son temps et pourtant intemporel. Une expérience
vivement recommandée.
SKX
(19/07/04)
website
groupe www.killmetomorrow.com
website
label www.goldstandardlabs.com
sounds
BornToBeFiled.mp3
| XeroxMyHand.mp3
|
Kash
Beauty is everywhere / Kash - CD
Sickroom 2005
Il
est difficile de ne pas s'imaginer comment va sonner un disque,
avant même la première écoute, quand on
est un groupe italien et qu'on part à Chicago se faire
enregistrer par le père Albini
Il existe depuis
quelques temps déjà chez les groupes italiens
une forte propension à s'inspirer des différents
travaux du grand échalas de Shellac (avec bonheur faut-il
le préciser). Du cas particulier à la généralité
Il n'y a qu'une botte italienne que Kash ne franchit pas ! Si
le son de la batterie est tout de suite reconnaissable, c'est
le seul raccord identifiable. Kash pratique une musique noise
cérébrale où tout n'est pas que rythmique,
loin de là. Trame narrative, sans accroche mélodique
facile, suivant un chemin tortueux tracé par Oxbow, les
éclats et les prises de bec. Intervention régulière
d'un cuivre, harmonica, chant en italien. Autant d'éléments
qui les éloignent des clichés. Développement
tout en guitare et larsen, histoire sans rythme mais pleine
de tension, arpèges rassurant, explosion brutale. Les
quatre turinois établissent un scénario singulier
avec ses respirations, ses mystères et un caractère
bien trempé. Mais l'histoire a déjà de
la bouteille. Ce disque est en fait la compilation de leurs
deux premiers EP qui date de 1999 pour " Kash " et
2002 pour " beauty everywhere ". Le nouvel album "
Open " est prévu pour fin mai sur Sickroom. Enregistrement
Mike Lust avec la participation du saxo de l'ex-Sweep The Leg
Johnny. Espérons que la fée italo-américaine
soit toujours au-dessus de leur berceau.
SKX
(13/04/2005)
website
groupe www.kash.it
website
label www.sickroomrecords.com
BeautyisEverywhere.mp3
| www.kash.it/MP3.htm
|
Kash
Open - CD
Sickroom 2005
Le
groupe italien Kash sur ses chemins de travers. Premier véritable
album après deux mini compilés sur un seul, les
Turinois continuent d'uvrer dans une musique rock éclatée.
On se raccroche où on peut. Des rythmes qui s'effacent,
des fossés qui se creusent, des écarts de guitares,
des trames que ne renieraient pas US Maple, des angles cassés
et durs aux entournures. Un chanteur, Stefano Abba, qui puise
dans toutes les ressources que sa voix lui permet, éventail
large et plaisant, du murmure au cri, cri aigu ou souffle rauque.
Un chemin où on navigue à vue, désarçonné
de prime à bord, un cuivre venant à votre secours
pour illuminer votre désarroi et montrer la voie. Kash
est capable de se contenter de peu pour inquiéter son
auditeur, l'amener vers des silences éclatants, le bercer
d'une série de notes qui tombent par hasard, le réveiller
sous le coup d'une baguette martiale, dilapider une ligne mélodique
qu'on attendait plus et qui vous échappe aussi sec avant
de la savourer pleinement. Vous traversez ainsi cet album avec
des morceaux sur lesquels il faut tendre l'oreille. Epurer jusqu'à
l'os. Kash arrive à dompter le vide, se contenter de
trois fois rien tout en vous maintenant sur le qui vive.
L'héritage de la musique noise-rock revisitée
de façon personnelle avec une grosse pointe d'originalité.
Le blues version moderne, décharné et métallique.
I'm satisfied, I'm guaranteed déclame à
répétition le chanteur pour ouvrir cet album.
Pareil pour nous. Très satisfait même.
SKX
(06/12/2005)
website
groupe www.kash.it
website
label www.sickroomrecords.com
sounds
Telephones%20on%20Fire.mp3
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Kill
Yourself
Soft touch of man EP
Obscene Baby Action/Gringo 2003
Tue
le toi-même, ce vers qui pourrie de l'intérieur.
Ce vers à tête de Shellac, référence
récurrente qui poursuit ce trio de Leeds. Et c'est bien
dommage pour eux car ce qu'ils font est largement mieux que
tous les derniers disques réunis de la bande d'Albini.
Je sais pas si j'ai un problème, mais tous les groupes
plus ou moins influencés par Shellac sonnent toujours
plus bandants que Shellac himself et forcément à
l'arrivée ça dessert ces jeunes groupes. Allez
oubliez tout ce que vous venez de lire. Kill Yourself a la veine
gonflante, n'ont pas le syndrome de la quarantaine. Kill Yourself
est Kill Yourself. Six titres qui n'ont pas peur de rocker,
de se moucher dans le jus. Du riff dynamite, de la basse qui
décloute, du break bien placé mais point trop
bref du sentiment aussi. Kill Yourself ne se sacrifiera pas
sur l'autel de la copie carbone. Son enthousiasme et son brio
emportent les plus blasés. Sur scène, c'est masque
de poulet et Village People. Ils ont depuis sortis deux 45 dont
un split avec This Aint Vegas. En voilà une belle affaire
pour couler des jours paisibles.
SKX
(16/06/2005)
website
label www.obscenebabyauction.tk
www.gringorecords.com
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Kimmo
After the show - CDEP
Rejuvenation - My Kimono - Wee Wee 2005
Voilà
un groupe qui prend le temps de pousser, de mûrir, de
régler les détails avant l'envol. Ces parisiens
nous avaient laissé avec une conversation pour une conversation
sous forme de six morceaux en devenir. Ils reviennent après
le concert légèrement chargé (n'y voyez
aucune allusion décadente), car seulement quatre titres
dans la besace, mais c'est du bon ! Kimmo navigue toujours entre
coup de force et fragilité mais avec un allant qu'on
ne leur connaissait pas sur leur premier enregistrement. Production
digne de ce nom qui donne de l'ampleur aux compositions, guitares
qui attaquent sèchement sur Modern love ou bien
s'égrènent, aériennes, dans le vent des
émotions qui possèdent de l'épaisseur.
L'héritage Washington DC / Dischord se fait toujours
sentir mais il est largement adapté à la situation
d'un groupe ouvert à de multiples sensibilités
musicales. Les deux premiers morceaux sont ainsi impeccables
de précision, la construction est fine et nerveuse alors
que les deux derniers montrent Kimmo sous un visage plus pop
et éthéré, respiration féminine
et mélodies légères. Et même si je
préfère quand ça rock, ce nouveau disque
montre du fil à retordre, une palette sonore variée
pour pas s'ennuyer et un long format pour tout confirmer.
SKX
(16/10/2005)
website groupe www.positiverage.com/kimmo/index.html
website label www.rejuvenationrecords.com
sounds kimmo-H.mp3
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Kraken
Oxen
Titan deceit - CD
Space Patrol 2005
Kraken
Oxen est un projet nouvellement crée dans le sud de la
France. Le noyau central, deux frères, ex-Weeping Mind
of Silence, une tout autre histoire en termes de volume sonore,
autour duquel gravite une ribambelle d'invités. Ca va
de la personne qui compose uniquement les paroles (ils sont
trois à se partager le gâteau, le principal intéressé
étant une principale, Marie-Lise Devaux), chantées
à tour de rôle par plusieurs porte-micros, un peu
de batterie, de la programmation de rythmes, un poil de trompette,
une touche de piano, une anche d'accordéon et une basse
omniprésente, roc inébranlable sur lequel viennent
se heurter ses frêles esquifs. La démarche serait
à rapprocher de gens qui ont flirté dangereusement
avec la ligne hardcore et autres musiques bruyantes pour se
retourner vers une musique intimiste et épurée
de tous scories extrêmes à l'instar des deux guitaristes
de Neurosis qui en solo font chialer leurs mères. Kraken
Oxen n'a pas cette noirceur abyssale. Une mélancolie,
une humeur chagrine, une colère rentrée, le débat
est recentré sur l'individu, tout est dans le pointillé,
dans le dialogue guitare-basse. Ca navigue entre deux eaux,
les brumes matinales ne se laissent pas pénétrées
facilement, certaines voix trop maniérées (beaucoup
plus convaincantes quand elles s'énervent), rien de lumineux
qui s'offrent à vous puis, peu à peu, l'horizon
se dégage. Tout est dans le détail, dans ces histoires
compliquées dont le fil se dénoue avec le temps
et de la patience. Kraken Oxen mène une barque complexe,
une musique qui va au-delà des clivages, une uvre
collective dont l'osmose n'est pas toujours au rendez-vous mais
qui a l'énorme mérite d'être hors des sentiers
battus.
SKX
(18/07/2005)
website label www.thespacepatrol.com
sounds KO_the_coats_go.mp3
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Kurt
/ The Popular Shapes
Split 7''
X-Mist 2004
Les
fameux mais trop rare allemands de Kurt refont surface avec
deux inédits. Quand on aime, ça passe tout seul
dans le gosier. Et le trio, en matière de noise-emo,
sait de quoi il parle. Et là rien à redire sauf
que, sauf que, c'est du produit de série et que nos Kurt
ont tendance à se répéter sévère.
Pendant que Frank, le chanteur-guitariste, occupe son temps
et puise son inspiration dans Ten Volt Shock, le projet Kurt
demanderait à trouver son second souffle. De l'autre
coté de l'Atlantique, les tout frais Popular Shapes ont
la verve et l'énergie de jeunes poulains. Deux inédits
haut en couleurs et inspirés, entre Les Savy Fav et ce
rock'n'roll sauvage de toujours. Pourquoi toujours vouloir mettre
des étiquettes alors qu'il suffit juste de foncer sur
ce groupe fortement prometteur !! Le balancier est en faveur
des américains.
SKX
(01/02/2005)
website
label www.x-mist.de
| www.ononswitch.com
sounds
Clips.mp3
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Kill
The Thrill
Tellurique - CD
Season of Mist 2005
Chaque
album de Kill The Thrill est guetté par un parterre de
fidèles. Les Marseillais ont le don de se faire rare.
Une discrétion discographique qui, malgré plus
de quinze ans d'existence, les rend méconnu d'un public
plus large et qu'il mériterait amplement, égard
à leur uvre unique et puissamment émotionnelle.
Mais ce groupe semble maudit à jamais, il faut se faire
une raison. Tellurique est leur quatrième album.
Après quatre nouvelles années de silence. Un instant
pressenti sur Hydrahead records, c'est toujours sur Season of
Mist à qui l'honneur échoue. La musique de KTT
avait séduit Aaron Turner, le boss d'Hydrahead et Isis.
Un signe fort quand on connaît la mode actuelle de la
musique metal à mélanger la puissance et la lourdeur
du style avec les paysages sonores riches en mélodies.
Une des marques de fabrique de Kill The Thrill qui n'a pas attendu
que le vent souffle dans le bon sens pour maîtriser cette
fusion. Et dépasser allégrement ce clivage avec
cette nouvelle production. Si les racines puisent dans la musique
metal et industrielle (Swans, Neurosis, Godflesh dont ils reprennent
avec force ici le Us and Them), Tellurique montre
toute l'étendue de leur diaphragme musicale. Kill The
Thrill n'a plus peur de se montrer à nue, de dévoiler
des trésors de mélodies dans un magma de ténèbres,
de libérer des sonorités si particulières
de guitares s'entremêlant avec les nappes voilées
de synthés, de régler sa boite à rythme
au plus juste, perforer le sol, renvoyer à la froideur
de la cold-wave, asséner de violents coups de basses
puis dans un dernier geste de lucidité, envoyer tout
balader, faire fi de toutes considérations et créer
un univers enflammé qui leur est propre, une densité
sonore qui vous enveloppe tout aussi sensuelle que âpre,
un brouillard dans lequel se perdre. La souffrance se fait sentir,
tend à l'aigu, soudain agitée. Soave, morceau
atypique de leur répertoire, où Marylin Tognolli,
la bassiste, passe au chant et puise au plus profond d'elle-même
des paroles pour une fois aussi importante que la musique. Morceau
à l'intensité dramatique qui donne envie de sortir
de soi même. Tellurique, maelström de sentiments
contradictoires. Ca vous plombe le moral pour la journée.
Magnifie la mélancolie. Serrer les poings, la rage qui
suinte, explose ou reste en suspend, s'arracher la peau, s'enfoncer
plus bas que terre. Kill The Thrill a encore réussi à
se transcender, à taper là où ça
fait mal, s'adresser à notre corde sensible sans apitoiement.
Toute la force de leur musique est dans ce pouvoir évocateur,
cette façon de nous emmener dans les méandres
de nos sombres sentiments tout en gardant des lueurs d'espoirs.
Nous amener en pleine extase au dessus d'un champ de ruine.
Radieux mais terriblement lucide. KTT aura comme d'habitude
toujours autant de mal à trouver son public avec un album
qui est pourtant leur plus perceptible. Kill The Thrill exacerbe
les sens, trouble la vision et vous immerge dans son monde singulier
à introspecter d'urgence.
SKX
(31/12/2005)
website
groupe killthethrill.free.fr
website
label www.season-of-mist.com
sounds
killthethrill.free.fr/media.htm
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Kabu
Ki Buddah
Life is a bitch - CD
Rock'n'roll Masturbation 2005
Avec
un album qui commence par un collage de samples de notre Jean-Michel
Larqué national commentant les exploits du footballeur
brésilien, Kaka, un nom qui prête idéalement
son flanc aux bons mots en tout genre, difficile de prendre
ce groupe au sérieux. Les Lyonnais de Kabu Ki Buddah,
c'est pas franchement les rois de la cold-wave. Plutôt
festifs et deuxième degré à fond du ballon.
Un trio batterie, violoncelle, basse plus le trombone épisodique
avec aux voix Seb, le chanteur des Miss Goulash, et Hasmig la
violoncelliste, tout un tas de possibilités mais l'humour
toujours. Du punk pour grands enfants et manouches fricoteurs.
Ca navigue entre ambiances alterno-rigolo et ambiances plus
graves et attachantes. Si les premières me glissent dessus
(le coté punk dansant alternatif typé bien français,
ça va deux secondes), les secondes comme Fever
et Ham vous interpellent la corde à émotion,
la boite à chagrin qui couine, les cordes de Tom Cora,
l'est de la musique de Dog Faced Hermans, de la profondeur et
du champ qui mériteraient d'être plus approfondie.
Pour le reste, ça me touche pas trop et comme ce reste,
c'est la majorité de l'album, j'ai du mal à adhérer.
Pourtant, la musique de KKB a quelque chose de bancal et touchant,
comme si elle était toujours en construction, des tas
de petits rien qui assemblés bout à bout donnent
vigueur et bonne humeur mais qui au final laissent trop la place
au vide et un arrière goût de laisser aller, de
manque de fil conducteur et de consistance pour considérer
ce deuxième album autrement que comme une bonne blague
de gamins qui se contentent trop facilement de leurs petits
tours de passe-passe.
SKX
(27/12/2005)
website
groupe kabukibuddah.free.fr
sounds
drinkin.mp3
| jaguar.mp3
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Karate
Party
Black Helicopter - LP
S-S records 2005
Karate
Party, ça le goût de la nouveauté mais c'est
une vieille prise. Le groupe de Chris Woodhouse. Une maison
en bois qui a joué dans une tonne de groupes plus inconnus
les uns que les autres et qui s'est surtout mis en valeur en
enregistrant les derniers A-Frames et The Intelligence. D'ailleurs
ces groupes le lui rendent bien et citent régulièrement
Karate Party comme une influence majeure sur leur son. Quelques
combats plus tôt, aux alentours de 1997, Karate Party
avaient sillonné les clubs de Californie, enregistré
deux, trois singles, une cassette demo, quelques live et tout
ce beau monde, soit 14 titres, après un reliftage, se
retrouvent sur cet hélicoptère noir. Et effectivement,
on comprend mieux le son de A-Frames et consort. L'amour pour
un son sans chichi, bien sale derrière les oreilles,
do it yourself dans l'âme avec une approche pour Karate
Party plus rock-noise que ses rejetons, mélodies vives
sur sa proie, des trucs qui se reprennent à tue-tête.
La reprise de Devo (Can you take it) est comprise dans le lot.
L'influence à eux, la roue tourne, tout se nourrit de
tout. Une vieille prise qui garde tout son sel.
SKX
(16/12/2005)
website
label www.sl.net/~ttbooks/moolala
sounds
donutroom-edit.mp3
| spawn-edit.mp3
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Kayo
Dot
Dowsing anemone with copper tongue - CD
Robotic Empire 2005
Toby Driver
In the L.. L.. library loft - CD
Tzadik 2005 |
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Il
y a des jours où il faut se sentir d'attaque. Kayo Dot,
c'est une entité large comme un désert sans fin
avec une multitude de paysages traversés, d'abysses à
redouter et de couleuvres à avaler. Après un premier
album sur Tzadik records, Kayo Dot va se frotter aux métalleux/hardcore
de Robotic Empire. Kayo Dot n'a pas de chapelles, côtoie
autant le monde du jazz que la musique d'ascenseur (certains
appellent ça le new-age), titiller la musique avant-gardiste,
le classicisme de bonne famille que des ruades inopinées
dans l'extrême. Aura on an asylum wall est une douce romance,
ambiance soirée chez madame l'ambassadrice, c'est-à-dire
qu'on se fait chier et les courbettes sont bien longuettes qui
finit comme du Painkiller dans ta tronche. C'est le cas également
du morceau suivant On limpid form qui monte très tranquillement,
trop tranquillement vers un univers de fracas, de tôles
froissées et de rouages défectueux que les plus
téméraires auront l'occasion d'affronter si ils
n'ont pas démissionner auparavant. Les voix sont maniérées.
Passages sirupeux. Compositions ridiculement longues car n'apportent
rien sur la durée et les silences, malgré un violon
plaintif, mortel d'ennui. Tout ça à un nom : le
rock progressif. Kayo Dot rentre parfaitement dans cette définition.
Un rock qui se veut élaborer tant au niveau technique
que instrumental, mélodiquement riche et s'inspirant
de courants musicaux très variés. Un style très
apprécié dans le metal/hardcore actuellement même
si Kayo Dot ne vient pas de ce milieu. Mais leur label si. Comme
nombre de groupes inspirés par ce passé et qui
n'ont pas toujours dit ça. Vivement 77.
L'album solo de la tête pensante de Kayo Dot, Toby Driver,
apparaît presque plus intéressant. Il s'épanouit
toujours sur la longueur mais arrive à maintenir un intérêt
raisonnable, à jongler entre tous ces centres musicaux
pour créer quatre pièces qui se tiennent, une
unité dans la douleur et l'angoissant, lorgnant plus
vers une musique moderne et exigeante qu'un revival seventies.
SKX
(05/03/06)
website groupe www.kayodot.net
website label www.roboticempire.com
sounds www.hxcmp3.com/bands/21740/index.php
| www.myspace.com/KayoDot
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Knut
Terraformer - CD
Conspiracy 2005
Le
vif du sujet. Dans la chair fraîche je mordrais. Trois
ans de silence et les Suisses de Knut débutent ce Terraformer
comme on les connaissait, guerriers, toujours prêt à
festoyer sur les restes d'un hardcore-metal tout en plombage
de dents, des grands fauves façon Botch qu'un minimum
de technique bien huilée fait passer avec facilité.
C'est du Knut sans surprise qui a l'avantage de remettre les
choses en place. Mais le Knut de 2005, c'est aussi le Suisse
dans l'air du temps. Celui qui cède aux sirènes
d'un metal à la mode qui oublie ses éructations
pour des morceaux ambiants qui me laissent sans voix, comme
le chanteur qui disparaît la moitié de l'album.
C'est la face Isis, Cult of Luna et on pourrait en citer des
dizaines d'autres. Des instrumentaux ennuyeux (Evian,
Fibonacci Unfolds et Solar Flare) qui durent quand
même la bagatelle de 21 minutes. Sur un total de trois
quarts d'heure, ça fait une bonne part négligeable.
Et si ces loooongs morceaux gardent une certaine trace de lourdeur
à la Knut, la perspicacité de telles compos restent
à prouver et n'apportent rien à l'eau du moulin
metal actuel dont les ailes vont bien finir par se briser (menu
menu et je ne parle pas que des ailes). Malgré des interludes
et courts instrumentaux dignes d'un Keelhaul ou Craw, Knut s'enlise
dans des sentiers trop fréquentés. A l'arrivée,
si on considère la moitié de l'album d'une mortelle
lassitude et l'autre probante mais attendue, ce nouvel album
ne prête pas son flanc à une admiration sans borne.
La bête est en pleine mutation entre des membres qui se
cherchent et qui annoncent qu'ils ne feront plus jamais de concerts
Considérons Terraformer comme un album de transition
en attendant de trouver la formule adéquate parmi leurs
différentes aspirations musicales.
SKX
(17/01/06)
website
groupe www.hydrahead.com/knut
| www.knut-terraformer.com
website
label www.conspiracyrecords.com
sounds
track4.wma
|
Kurt
RMX - 12''
X-Mist 2006
Kurt
joue la montre. Alors que leurs compatriotes en shorts aux mollets
affûtés et coupe de cheveux légendaires
vont ouvrir le bal (franchement la musique on s'en tape), le
trio allemand est encore au match de préparation. Un
disque six titres qui sent le bas de classement. La lutte pour
ne pas descendre et sombrer dans l'oubli. Présent sur
ce 33 qui tourne à la vitesse du 45, deux morceaux qui
figuraient sur le split single avec The Popular Shapes. Avec
un meilleur son. C'est eux qui le disent. Pourquoi pas
Autre face, autres murs. Quatre remixes (dont deux fois
le même) de compos tirés de La Guard, leur dernier
album en date (2002 déjà !). Avec des noms aussi
improbables pour Kurt que le BamBam Babylon Bajasch remix, du
nom d'un collectif qui s'amuse à rendre le punk déviant
et triturer les boutons dans tous les sens sur un rythme vaguement
dansant. Tout fout le camp. Cette recrue de dernière
minute aurait pu apporter une plus-value mais les compos originales
ne gagnent aucune place au classement. En attendant de retrouver
Kurt en tête de la première division avec un nouvel
album qui finira bien par sortir un jour, ce disque est à
réserver aux plus puristes des fans du jeu des Allemands.
SKX
(09/06/2006)
website label www.x-mist.de
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Kabu
Ki Buddah
Life Is A Picnic - LP
Rock'n'roll Masturbation records 2008
Les Kabu Ki Buddah reviennent enfin avec un nouvel album, Life
Is A Picnic, après une longue période de stand-by
mise à profit par chacun de ses trois membres pour couver
ses projets respectifs, la vie n'est pas toujours la salope
que l'on croit. Profitons-en ! semblent même dire les
Kabu Ki Buddah tant la musique du groupe est toujours aussi
remplie d'humour potache (avec des titres de chansons que même
Jean Roucas n'aurait pas osé : Vomi Mathy
),
de blagues stupides, de rip off grotesques (le début
du très samianien Self Destruction But With Style
ou un vieux hit disco sur Queens Of The Pump Age) et
d'un côté festif qui nous replonge directement
dans le bain alternatif franco-franchouillard de la fin des
années 80. Seulement, à toutes celles et tous
ceux que ce côté bas du slip déplaisaient
jusqu'ici, il faut préciser que les Kabu Ki Buddah ont
mis les petits plats dans les grands, pour leur pique-nique
ils ont bien amené de la bière tiède mais
les sandwichs sont savoureux et la nappe est belle.
Les voix masculines sont bien mieux qu'auparavant (belles lignes
sur Brown Town ou Dead Trumpet) et à l'image
de celle de la batteuse/violoncelliste donnent un léger
plus dans l'émotion poignante, font davantage ressortir
le côté folklore européen du trio -entre
un The Ex balkanique et un Scrooge mélancolique-, côté
qui prend le dessus sur l'aspect proutophile du reste. En clair,
moins de Washington Dead Cats et d'Endimanchés, plus
de De Kift. Quelques perles mélodiques surnagent (Life
Is Shit, Sometimes), on note une utilisation intensive
de l'orgue, le violoncelle fait des ravages, la voix d'Hasmig
aussi (elle devrait chanter un peu plus
), le trombone
sait se faire caressant tandis que la basse maintient tout le
monde dans la bonne direction. Finalement, avec un tel résultat,
ils ont eu raison de prendre autant leur temps et donneraient
presque envie de traîner toute la journée en survêt,
le nez en l'air, juste à rien foutre. Chouette programme.
Haz
(15/11/2008)
website groupe kabukibuddah.free.fr
| www.kabukibuddah.blogspot.com
| www.myspace.com/kabukibuddah
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Kamikaze
Trio
French lick - EP
In-Fidelity 2006
Kamikaze
Trio, c'est pas le Pearl Harbor australien. Aucune envie d'en
finir et de laisser sa peau sur l'autel d'une musique trop aventureuse.
Ca serait plutôt le Dinosaur Jr de Melbourne. Revu et
corrigé s'entend. Un trio donc, ils n'inventent rien,
comme pour le reste. Guitare noisy, sensibilité pop.
L'équation bruit/mélodie dans sa présentation
la plus classique. Pour faire moderne, on pourrait presque évoquer
Part Chimp, sinon qu'ils n'ont pas cette même volonté
de tout saccager sur leur passage et de finir carbo lors de
joutes soniques épiques. Sauf lors d'un Saturday night,
Sunday mourning de fin disque qui les voit sortir de leurs
gonds et que le freak J. Mascis ne renierait pas. C'est pas
le plus excitant de toute la nouvelle vague de groupes australiens
mais peut-être valait-il mieux les voir sur scène.
Scènes européennes et même françaises
et même rennaise qu'ils ont fréquentées
en juin dernier, que forcément j'ai raté en beauté
et dont les échos (enfin
un écho,
c'est déjà ça) étaient plutôt
élogieux. Un album (le deuxième) vient de sortir.
Ca mérite qu'on s'y attarde
on ne sait jamais !
SKX
(30/06/2007)
website groupe www.myspace.com/kamikazetrio
website label www.infidelity.com.au
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Keiji
Haino & Tatsuya Yoshida
Uhrfasudhasdd - CD
Tzadik 2008
En
bon démiurge qu'il est, John Zorn aime provoquer les
rencontres de musiciens via sa propre activité d'instrumentiste
et via son club ou son label Tzadik, bien connu des snobs et
des exégètes. Souvent cela fonctionne plutôt
bien mais cela peut également virer à la grosse
catastrophe (Mirakle de Derek Bailey avec Jamaaladeen
Tacuma et Calvin Weston par exemple, le regretté guitariste
disait à propos de ce disque que Zorn avait profité
d'une session de Bailey à New York initialement prévue
pour tout autre chose pour lui présenter les deux autres
musiciens et qu'il avait accepté l'idée d'un enregistrement
uniquement pour faire plaisir à un "vieil ami").
Uhrfasudhasdd est le deuxième enregistrement de
Keiji Haino et Tatsuya Yoshida publié par Tzadik, après
le très dispensable New Rap. Cette première
parution voyait les deux icônes japonaises se cantonner
à leurs instruments principaux (guitare pour le premier
et batterie pour le second) et improviser avec plus ou moins
de réussite une sorte de free rock bruyant par endroit,
soporifique à d'autres, ennuyeux souvent. Un disque laissant
l'éternel regret de ne pas assister à cela en
direct lors d'un concert -les grimaces de muppet de Yoshida
et la maîtrise irréelle de Haino étant irremplaçables.
Avec Uhrfasudhasdd c'est une autre histoire. Nos deux
papys ont considérablement renforcé leur arsenal
-flûte, basse, clavier, effets midi- et ont développé
un peu plus leurs idées au lieu de se contenter de faire
tourner la bande pendant leurs conversations d'instrumentistes
chevronnés et d'improvisateurs confirmés.
Le résultat est donc un album varié qui attaque
très fort (Ryufoispjekkossd), sait prendre quelques
détours hypnotiques (Zhuddiposshk), devenir folklorique
(Mkdoijadih) et réveille les sens (Thuguigodssphiff,
bonne relecture de l'hystérie coutumière des Ruins).
Il y a bien sûr des longueurs, des facilités, de
la branlette de fin de bandes et du rebu pour lequel la poubelle
du studio aurait été une place plus appropriée
mais globalement, voilà un disque qui va réjouir
celles et ceux qui ne sont pas encore blasés des outrances
et de la radicalité de la scène japonaise. Trop
barré pour être qualifié de prog, trop démantibulé
pour être classiquement free.
Haz
(21/09/2008)
website groupe poisonpie.com/sounds/haino
| www5e.biglobe.ne.jp/~ruins
website label www.tzadik.com
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Kelvin
/ Woolter
Self-titled - 2xCDs
Sweet Teddy 2006
L'Italie
toujours féconde en groupe noise-rock. Avec deux groupes
pour le prix d'un. A moins que ce soit un groupe pour le prix
de deux. Et un faux-split en guise de présentation. Kelvin,
duo-couple avec Anna à la batterie et Woolter à
la guitare-chant qui s'adjoint la plupart du temps les services
d'un autre guitariste. L'objet d'un premier CD. Sur le deuxième
CD, les travaux solitaires de Woolter pas si solitaire que ça
puisque cinq autres personnes l'aident régulièrement.
Allez comprendre quelquechose. Encore une histoire de famille
qui tourne au collectif. Commençons par Kelvin avec pas
moins de 21 titres regroupant 4 titres d'un split avec John
Woo (un groupe vénitien comme l'indique son nom), 15
titres de leur premier album cd-o1 paru en 2002 et des
bonus tirés de la même époque. Ca fait du
monde à table mais tout ça est torché en
25 petites minutes. Le rock dissonant de Kelvin ne s'attarde
pas en chemin. On retrouve l'enthousiasme d'un Redworm's Farm
en plus anguleux et frappeur. Le genre de ritournelles noise
acérées et énergiques qui ne se prennent
pas la tête. Pas de coups tordus ou de complexité
outrancière. Juste ce qu'il faut de mélodie et
cette enfilade passe comme une lettre à la poste. Rajouter
deux vidéos - une live en studio et l'autre en concert
(les mêmes que sur leur myspace mais avec une meilleur
qualité d'images) - et c'est du très plaisant
qui s'offre à vous.
Avec Woolter, le compteur se réduit à neuf unités.
Dont trois où il est seul avec sa guitare, oh misère
! Le bougre ne s'en tire pas trop mal même si l'exercice
en solitaire fait surtout plaisir avant tout à son auteur.
Sur les cinq autres morceaux, c'est à deux, voir trois
qu'ils bricolent des rock-songs déviantes à la
Sebadoh avec une mention spéciale pour Machine.
Ce n'est pas un trou de mémoire soudian mais le titre
de ce morceau presque tubuesque ! Woolter, un complément
alimentaire idéal à Kelvin dont on se repassera
les plats plus volontiers.
SKX
(28/01/2008)
website groupe www.kelvins.altervista.org
website label
www.sweetframe.com
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Ken
Mode
Mennonite - CD
Arctodus 2008
La
grosse chaleur du moment ne vient pas du ciel mais d'un petit
coin perdu en plein milieu du Canada, à Winnipeg. Ken
Mode vient tout juste de sortir son troisième album et
ça vous réchauffe les sens plus sûrement
qu'une bonne canicule. Mennonite, un drôle de nom
pour un album, il faudra leur demander le pourquoi du comment,
si il faut y voir un quelconque hommage à ce mouvement
religieux très présent au Canada mais si c'est
pour vous faire croire que les traditions ont du bon et que
dans les vieilles casseroles historiques, on peut encore tirer
des plats alléchants, je veux bien céder du terrain
sur mes croyances personnelles. Le trio cite parmi ses influences
Dazzling Killmen, Unsane, Today is the Day, Jesus Lizard, Drive
Like Jehu. Mr L'Ambassadeur a très bon goût et
surtout le très grand tact de ressortir tout ça
sur un plateau doré où rien ne dépasse
plus haut que l'autre, rien d'un plagiat mais une assimilation
parfaite qui fait que Ken Mode fait du Ken Mode. On aurait pu
rajouter Botch et Playing Enemy, mais non vraiment, Ken Mode
est unique tout en étant universel. Ça me sidère
toujours de trouver un groupe qui arrive encore à dénicher
des riffs éclaircissants une forêt copieuse et
abrutissante. De trouver un canevas de structures qui vous fait
replonger encore et toujours. Ken Mode, après deux albums
de chauffe déjà très bons (Reprisal
en 2006 et Mongrel en 2003), vient d'être touché
par la grâce. Des morceaux percutants, qui ne s'étalent
pas dans la durée. Une idée, un morceau. Un riff
de guitare juteux ou une ligne de basse dantesque (The Romanticist
par exemple) et Ken Mode vous taille une compo qui colle à
la peau. Avec du jus, de la hargne, son lot d'émotions.
On peut venir du Canada et ne pas jouer les gros bûcherons.
Ils peuvent même carrément surprendre leur monde
en plaçant un passage acoustique en pleine débauche
électrique sans que cela sonne incongru ou surfait. Et
comme ce disque ne peut que ce terminer de façon grandiose,
The Goat, neuf minutes homériques, oppressantes,
son fameux passage acoustique en plein milieu du chant de ruine
avant le coup de poing final. Entre les deux yeux et foudroyant.
Mennonite aigue.
La version vinyle sort sur No List records en format 3x7''.
SKX
(3/08/2008)
website band
www.ken-mode.com
website label www.arctodusrecords.com
| www.nolistrecords.com
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Kim
Phuc
Prostitute - 7''
Golden Happiness 2008
Tout
le monde connaît Kim Phuc. Au moins de vue.
Une photo qui a fait le tour du monde, cette petite vietnamienne
nue et en pleurs après s'être fait napalmée
par la vilaine armée américaine. Désormais,
c'est aussi le nom d'un nouveau groupe de Pittsburgh. Et quand
on évoque Pittsburgh, je pense tout de suite à
Blunderbuss, Shale, Six Horse, Swob, tous ces groupes qui se
sont signalés aux fans avertis de noise-rock par le biais
de singles fédérateurs, ces petits bouts de vinyls
qui ont fait tourner en bourrique bien des platines et rendus
fous ceux qui les écoutaient. Kim Phuc s'inscrit dans
cette logique. Une qualité d'enregistrement hasardeuse,
loin de rendre justice à la qualité des compos
mais ô combien attachante, on se doute bien que tout ça
va s'améliorer avec le temps mais en attendant, ça
suffit amplement pour faire tourner ce 45 en boucle. Le mélange
parfait entre le bruit et la mélodie, on n'a jamais rien
fait de mieux. L'agression et la séduction, le chaos
latent, la rage punk et le désespoir qui suinte. Prostitute
est le morceau principal entravant toute la face A. Quatre bonnes
minutes mid-tempo avec des accélérations aussi
courtes que contrôlées. Trois titres se partagent
la face B, chacun à peine de minutes, le rythme s'accélère,
l'accroche mélodique encore plus évidente, mention
spéciale à Constant heart attack et Thug
et la voix prenante d'un homme de poids au chant. Le cur
et les tripes, ya qu'ça d'vrai comme dit mon boucher.
Le nouveau single vient de sortir sur Criminal IQ records et
si on en croit le titre en écoute ici,
Kim Phuc est bien parti pour se faire un second nom.
SKX
(28/10/2008)
website groupe www.dieforart.blogspot.com
| www.myspace.com/kimphuc
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Kim
Phuc
Wormwood star - 7''
Criminal IQ 2008
Kim
Phuc chaud comme la braise avec son deuxième single dans
la même année. Cette fois-ci chez le label bien
punk de Chicago Criminal IQ. Comme pressenti sur le 45
précédent, l'enregistrement gagne en qualité
mais reste suffisamment crade et noisy pour nous faire baver.
Et surtout, les deux compos qui continuent également
à grimper vers les sommets. Da la consistance grandissante
tout en gardant cette innocence. Wormwood star file droit,
rythme constant et entraînant. Riff imparable. Comme un
piano épileptique sur la fin, un faux air des Stooges.
J'aimerais être ton chien, Kim Phuc. Autre face mais toujours
le même bord. Freak out the squares possède
une trépidance dans le rythme identique, s'accélérant
sur la fin, la pression monte, les nerfs lâchent, les
mecs n'en peuvent plus. Un titre qui bastonne avec classe. Tout
le contraire de la pochette trois quart avec les paroles au
verso et dont l'artwork laisse à désirer. On peut
pas avoir tout bon. Favori comme on dit !
SKX
(17/11/2008)
website groupe www.dieforart.blogspot.com
| www.myspace.com/kimphuc
website label www.criminaliq.com
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Kiruna
Penundaan - LP
Bigoût records 2008
Avec
Kiruna, jeune groupe lyonnais, c'est de l'histoire somme toute
très classique : on les voit une première fois
en concert, on les revoit une seconde et petit à petit
le désintéressement pour ce qui ne semblait être
qu'un groupe de première partie de plus laisse la place
aux oreilles qui pointent en l'air, à la tête qui
balance et au cou qui se tend. Kiruna grandit, se cherche, se
met doucement en place, essaie, abandonne et recommence. Ce
premier LP une face est donc à prendre comme une étape
supplémentaire pour un groupe en pleine évolution
et en pleine maturation.
Celle-ci est déjà pas trop mal avancée
si l'on en croit ce Penundaan (je ne sais pas ce que cela signifie
mais par contre je peux vous dire que Kiruna est un bled en
Laponie infesté de mines de fer et que ce n'est pas le
Père Noël qui les exploite). Un joli vinyl autoproduit
ou presque -Bigoût records est la multinationale du batteur-
et à la présentation sobre mais soignée
avec insert proposant les textes dont la charge émotionnelle
pour ne pas dire poétique n'échappera à
personne. Question production Penundaan met aussi le paquet
avec un enregistrement signé Spade & Archer (le duo
électro indus de Franck Laurino, ex Bästard et actuel
Zëro) et une masterisation assurée par Yvan Chiossone
(Narcophony, Zëro
). Du bon boulot pour un son clair,
très lisible et tranchant, chargé de petites explosions
froides qui crépitent fugitivement.
Le hard core/noise de Kiruna rappelle par certains moments les
aspirations les plus torturées de Prohibition (la basse
qui claque), emprunte légèrement au Condense ultime
(celui de Placebo) et développe un spleen profond qui
n'appartient qu'au groupe. Ce foutu spleen c'est ce truc collant
qui en général gâche à peu près
tout chez 90 % des groupes de post hard core machin truc et
Kiruna évite avec majesté l'écueil de l'auto
apitoiement et de l'exposition complaisante de sa tripaille
existentialiste.
On finit même par s'habituer au chant (qui au premier
abord ne fait pas très en place, tombe à côté
de la plaque et paraît maladroit) car il possède
ce petit caractère étrange qui pointe son nez
derrière les étranglements et vociférations
d'usage. Comme le reste, ce chant a mi chemin entre l'oralité
fébrile et cri de dégoût est porteur de
promesses pour l'avenir musical du groupe. Vraiment un premier
essai encourageant et prometteur.
Haz (20/12/2008)
website groupe kirunanoise.free.fr
website label bigoutrecords.free.fr
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Kongh
Counting heartbeats - CD
Trust no one 2007
Quand
j'ai vu la pochette avec ce nom Kongh qui tombe comme un coup
de massue avec la délicatesse d'une charge de CRS. Que
j'ai vu ce logo, même discret, au-dessus de leur nom,
en forme de croix renversée. Que les notes internes les
faisaient venir de Suède. Que les mots doom, sluge et
masters apparaissaient trop clairement, j'ai bien failli passé
mon chemin. Pas envie d'écouter des compos de trois plombs
avec deux coups de caisse claire, un riff toutes les demi-heures
et un chant guttural aussi pénible que ridicule. Par
acquis de conscience, j'ai voulu vérifier si ces grands
méchants loups sortis du bois étaient aussi terrifiants
qu'ils semblaient vouloir le paraître. J'ai eu ma réponse.
Non, ils n'ont rien de terrifiant mais ils en imposent quand
même. Kongh serait-il ce groupe capable de faire aimer
le doom à tout ceux qui ne l'aime pas ? Faire apprécier
le lourd, très lourd, le lent, l'abominablement lent,
le pesant, le metal qui pèse trois tonnes à de
frêles épaules. Faire passer des riffs titanesques
comme une lettre à la poste à des abonnés
habitués à plus de légèreté
? Sans doute car Kongh signifie bien plus que cette enfilade
de clichés sans vaseline. Il y a tout ça bien
sûr. Cinq compos en plus d'une heure, vous avez le temps
de voir venir et nos courageux suédois ne s'épargnent
pas les éléments du style. Mais vous avez aussi
ce son de guitare claire complètement aliénant.
Une finesse et un grain incomparable. Apporte un sentiment de
légèreté totalement incongru et admirablement
bienvenue. Cette façon d'alterner, de fondre les parties
de mammouths et des passages plus atmosphériques sans
que cela sonne vu et revu. D'avoir la gentillesse de construire
des morceaux d'un quart d'heure sans que l'ennui se pointe.
Même en mode répétitif, Kongh nous prend
dans un cercle vicieux dont on ne cherche pas à s'échapper.
Et surtout, la voix, virile certes, n'a rien du beuglement stérile
du porc qu'on amène à l'abattoir. Alors oui, Counting
heartbeat est un premier album impressionnant après
seulement deux ans d'existence dans un paysage trop habitué
à voir défiler les mêmes poncifs. Kongh
déboule et trouve sa place sans forcer, se joue des codes
sans en inventer de nouveaux, arrive à bout de vos résistances
même si elles étaient fortes au début, apporte
une subtilité et une fragilité latente insoupçonnées
sur fond de bestialité attendue. Belle passe d'armes.
SKX
(24/09/2007)
website groupe www.kongh.net
website label www.trustnoonerecordings.com
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Kowloon
Walled City
Turk street CDEP
Wordclock 2007
Kowloon
Walled City était le nom d'une ancienne enclave chinoise
en plein Hong-Kong, une zone de non-droit comme notre cher Président
les adore où régnaient le vice, la luxure, les
vols et les meurtres avant que le gouvernement local ne décide
de tout passer au karcher. De là à conclure que
la musique de ce nouveau groupe de San Francisco en ait la parfaite
illustration, il y a un pas que je ne franchirais pas. Ca reste
que de la musique, faut pas déconner non plus. Mais de
la bonne musique. Celle qui fait trembler les murs et craindre
pour les fondations. On retrouve la lourdeur et la noirceur
de leurs voisins Neurosis avec une approche plus directe. C'est
du lourd mais pas du lent, la tendance générale
est au pas de course même si le début du troisième
titre, Make us pay, vient démentir ces propos.
De gros riffs plombés répondent à une deuxième
guitare aimant jouer les filles de l'air, tout ça sous
le signe d'un ciel mastodonte. N'y voyez aucune allusion avec
un groupe du même nom. Kowloon Walled City n'aime pas
le boursouflé et présente pour son premier disque,
à peine 3 mois après sa création, une carte
de visite alléchante.
SKX
(05/02/2008)
website groupe inthewalledcity.com
website label wordclock.com
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Kraken
Oxen
North asylum - CD
Alp/Runa 2006
Consolidé autour d'une formation stable,le duo d'ex-Weeping
mind of silence revient à la charge. Enfin
charge
est un bien grand mot. A pas feutré serait plus judicieux.
On entendrait presque les respirations des protagonistes quand
ils s'épanchent sur leurs instruments. Encore une fois,
c'est une histoire de frangin et de compositions à deux,
de constructions autour de guitare et de basse avec un batteur
à l'économie qui se pointe de temps en temps,
un chanteur tout aussi discret (même si ça sans
doute pas voulu) et un piano, ukulele, mandoline que le duo
de base triture pour donner de l'ampleur à une musique
qui pourrait se révler très aride. Dépouiller
en tout cas. Intimiste sans problème. Mélancolique
pour sûr. Un rock de campagne et de petit matin. On pourrait
très bien les imaginer évoluant dans le grand
ouest américain mais ils sont de Tours et la campagne
par là-bas, ça calme aussi. On les surprend à
érer sur les grandes routes à titiller les fantômes
de Neil Young, Nick Drake et autres grands classiques du genre
dans une tonalité plus moderne. Mais malgré tout
le soin apporté par le groupe, les compos ne me convainquent
et transportent pas plus que ça. Des morceaux qui manquent
de force et de piment, d'un petit truc (mais je sais pas quoi)
qui ferait la différence, qui les amèneraient
à un stade supérieur que sympa mais impersonnel.
Trop de ballades electro-acoustique pâlichones. Que les
morceaux plus rythmés ne réveillent pas de la
léthargie ambiante. Mi-rock, mi-folk, mi-je sais pas
trop quoi et à l'arrivée, très mi-fugue,
mi-raisin.
SKX
(19/05/2007)
website groupe www.krakenoxen.com
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