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The Art of Self-Defense
Post Community / self-titled
Post Community, un groupe de Baltimore qui sort une cassette sur le label-cassette nantais Urticaria records. Et comme son nom l'indique, un groupe qui se veut un collectif ouvert à toutes propositions, une communauté de musiciens/artistes de divers horizons bien qu'à la base, des vétérans de la scène locale composent Post Community. Un premier EP 4 titres était sorti en 2024 et avec cette cassette de cinq morceaux, Post Community montre son ouverture d'esprit à toutes formes de bruits et d'attaques sonores récurant royalement les tympans. En mode noise-punk, dans des affres plus psychédéliques, garage-punk hypnotique ou carrément bruitiste/expérimental jusqu'à pousser avec les sept minutes de Kept Bread vers des territoires scum-rock/teigneux comme une version plus puissante et accélérée de Brainbombs, Post Community ne perd jamais le fil de son abrasion fiévreuse et communicative qui met magnifiquement le feu aux poudres.
[publié le 11 février 2026]

Harp / Simple Existence
La Russie, ça vous gagne. Nouveau groupe à l'honneur en provenance de ce pays qui n'est pas une destination touristique à la mode mais où le noise-rock semble très bien se comporter. Après Ersatz, Harp vient flatter vos tympans avec un troisième album aussi virtuel que les précédents et dont la traduction semble signifier Simple Existence. Le quintet de Moscou se débat dans les tourments d'un quotidien compliqué en affichant neuf titres tendus s'éloignant des standards de base du noise-rock pour embrasser également une dimension plus post-punk (faute de trouver meilleur qualificatif), abrasive, directe, trépidante, bizarrement psychédélique parfois mais toujours palpitante. J'en pince pour Harp.
[publié le 30 janvier 2026]

Fortress / Who Will Dress Our Soldiers?
Who Will Dress Our Soldiers? par Fortress. Ça sent la déclaration de guerre, c'est dans l'air du temps et de guerre vous l'avez. Une belle comme on aime, avec plein de bruits, de la fureur, d'éclats, des dissonances perçantes et des mélodies qui vrillent le cerveau. Et pas seulement. Ce nouveau groupe new-yorkais ajoute des structures remplies de pièges, de reliefs, de tiroirs se refermant subitement, de développements haletants, d'éruptions violentes et de cris très variés vu que tout le monde donne de la voix chez ce quatuor. Seulement six morceaux mais la demi-heure est atteinte. Fortress n'est pas imprenable et ne demande qu'à être découverte car ça vaut franchement le détour.
[publié le 28 janvier 2026]

Láz / Lassan Átjáró Zavar
Un groupe hongrois, c'est pas tous les jours. Depuis Kampec Dolores dans les 80's/90's, je ne crois pas me souvenir d'un groupe de rock en provenance de ce coin de l'Europe. Láz vient combler ce vide. Un quintet de Budapest avec un chant féminin, une section rythmique alerte et surtout deux guitares noisy, dissonantes, enivrantes qui sont pour beaucoup dans le charme de Láz. Lassan Átjáró Zavar, un premier album en cassette grâce à trois labels (Szégyen Kazetták, Urban Lurk et Pizza Days records) distillant huit titres trépidants, mélodiquement acides, offensifs et rafraîchissants, oui tout ça en même temps alors laisser tomber vos préjugés et donnez leur une chance et une belle.
[publié le 22 janvier 2026]

Spinner / s/t
Spinner débarque de Milwaukee avec cinq titres pour débuter dans la vie. Enregistré par Shane Hochstetler histoire de mettre toutes les chances de son coté, ce premier enregistrement frappe avec pertinence dans le monde du noise-rock tout en brassant plus large. Des sensibilités plus mélodiques, deux guitares qui tissent des textures plus complexes, tour à tour sanglantes ou délicates dans des compos aimant les développements pour taper à chaque fois aux alentours des cinq minutes, une intensité par paliers et le bonheur à l'arrivée. Bienvenue à Spinner dans ce monde de sauvages.
[publié le 10 janvier 2026]

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The Art of Losing (+)
Venom P. Stinger
What's Yours Is Mine - LP
Aberrant records 1990
Waiting Room - CDEP
Au Go Go records 1991
[publié le 15 février 2026]



What’s Yours Is Mine sort quatre ans après Meet My Friend Venom, un second album qui continue à pervertir le rock australien tout en élevant le niveau de l’écriture de morceaux qui ont bénéficié de plus de temps pour être mis en boîte. Ça s’entend tout de suite avec une basse bien plus présente dans le mix pour montrer toute sa dextérité, une guitare plus perçante et des compos globalement mieux chiadées, acérés et mordantes. Venom P. Stinger a mis tout ce qu’il avait dans le ventre avec une pleine besace de quatorze titres qui tapent pratiquement tous en-dessous des trois minutes (sauf The Quiet One) pour que ce rock acerbe et pénétrant soit encore plus saisissant. Jim White se fait toujours autant plaisir avec ses rafales de caisse claire. Rythmique trépidante, guitare vrillante, essence punk et no futur pour seul carburant, ce second album est une collection de morceaux nerveux, accrocheurs dans toute leur approche revêche et hargneuse avec un brin de claviers sur le plus mélodique Lethargy et toute la désillusion crasse de Mackenzie et son chant rocailleux. What’s Yours Is Mine, c’est ce que le groupe australien a fait de mieux dans sa vie, un joyau brut de ce pays du rock qui y connaît pourtant un rayon en la matière et qui n’a jamais eu la reconnaissance qu’il méritait.

:: download what's yours is mine LP

info : 33 rpm, 1 insert with lyrics. Mick Turner - Guitar, Alan Secher-Jensen - Bass, Jim White - Drums, Dugald Mackenzie - Vocals. Produced by Venom P. Stinger with Simon Grounds. Recorded at Stupid and Saturn Studios. Cover by Anna White. Picture by Dean Salter. Engineered by Simon Grounds.





En 1991, Au Go Go records publie Waiting Room qui n’est pas un hommage à Fugazi mais quatre inédits de Venom P. Stinger qui n’avaient connu qu’un modeste support CD à l’époque et que Drag City a réédité en format vinyle maxi en 2013. Un EP quatre titres dans la droite lignée de What’s Yours Is Mine, un prolongement qualitatif qui sera également le chant du cygne du chanteur Dugald Mackenzie, sa dernière apparition avant son remplacement par Nick Palmer puis sa disparition définitive en 2004 après une vie d’abus et d’addiction, lui qui chantait I Try, I Really Try sur le titre du même nom. En vain.

:: downlaod waiting room CDEP

info : Recorded at Hot House. Engineered and Produced by Locky and Des Amos. Cover by Anna White.
 
Venom P. Stinger
Meet My Friend Venom - LP
No Master's Voice records 1986/Drag City records 2013
Walking About - 7''
Aberrant records 1988/Drag City records 2013
[publié le 01 février 2026]



Mick Turner et Jim White sont surtout connus pour avoir fondé Dirty Three. Mais avant ce moment de gloire, les deux Australiens ont multiplié les expériences dont une qui a duré un peu plus longtemps que la moyenne et qui avait déjà retenu notre attention, les perfides Venom P. Stinger. Le guitariste et le batteur étaient accompagnés de Alan Secher-Jensen à la basse et Dugald MacKenzie au chant. Trois albums au compteur (plus un live) dont ce premier proposant une rencontre vénéneuse, Meet My Friend Venom. La plus grande méfiance est de mise. Nous sommes en 1986, ça sort sur No Master’s Voice et heureusement, Drag City est passé par là et a réédité ce disque à l’identique en 2013. Venom P. Stinger, pas le plus célèbre des groupes de rock australien, pas le plus représentatif non plus mais dont l’aura dans l’underground local et un peu au-delà est persistant. Avec la rythmique en rafales et frénétique de White, les riffs tour à tour acérés et disloqués de Turner, le chant rocailleux de MacKenzie, Venom P. Stinger avait son approche bien à lui, loin des clichés du rock australien tout en s’en nourrissant. Un premier album regorgeant de titres punks tendus, piquants, nihilistes. Rien qui vous en met plein la vue mais toujours aussi addictif au final.

:: download Meet My Friend Venom LP

info : 33rpm, 1 insert with lyrics. Venom P. Stinger are... Dugald MacKenzie - Vocals, Alan-Secher-Jensen - Bass, Mick Turner - Guitar, Jim White - Drums. Engineered by Kaj Dahlstrom at K.A.J. Studios. July '86. Cover - Anna White. Photograph - D. Vandenberg.





En 1988, Venom P. Stinger publie son premier single avec deux inédits qui ne figureront jamais sur un album, Walking About et 26 Milligrams, dont Aberrant est le label d'origine pour une réédition en 2013 par Drag City. Deux missiles nerveux avec Jim White plus déchaîné que jamais sur sa caisse claire. Deux titres à la démarche relativement similaire, tout en vitesse et en fureur. Deux histoires de paranoïa et de drogues dont le chanteur était (trop) friand. Deux splendides témoignages de ce qu’était la musique de Venom P. Stinger. Un incontournable de leur discographie.

:: download Walking About 7''

info : 45 rpm, 1 insert with lyrics. Your Hosts: Alan Secher-Jensen - Bass, Mick Turner - Guitar, Jim White - Drums, Dugald MacKenzie - Throat. Recorded at Silkwood Studios N. Fitzroy October 87. Front Cover: Anna White.

 
God
Possession - CD
Virgin records 1992
[publié le 11 janvier 2026]



The Art of Losing a terminé 2025 par God. 2026 recommence donc par God également. God est partout en ce début d’années 90. Après un premier maxi et split single en 1990 puis un album live (Loco) en 91, la bande de Kevin Martin, grand gourou des lieux, sort Possession, le premier album studio en 92. Une hydre à neuf têtes plus trois invités (Peter Kraut, John Zorn et Gary Smith) pour élaborer et soutenir le chaos diabolique que représente Possession. Et qui dit God dit Godflesh avec Justin Broadrick qui intègre l’orchestre damné avec sa fidèle guitare. Deux basses dont celle de Dave Cochrane (Head Of David), une contrebasse, deux batteurs (Scott Kiehl et Lou Ciccotelli) et toute une armée de cuivres, Possession vous met sous sa domination. Beaucoup de choses ont déjà été dites sur ce disque et ce groupe par ici mais c’est toujours un bonheur de se remettre cette transe sauvage et brutalement débridée avec les seize minutes de Love en point d’orgue, un peu plus d’une heure d’une musique qui n’était sortie qu’en CD. Un album difficilement trouvable aujourd’hui à un prix décent et qui mériterait une belle et grande réédition, comme tout le reste de leur discographie. God est partout mais il faut se lever de bonne heure pour le trouver.

:: download Possession CD

info : Kevin Martin - vocals, tenor saxophone, samples. Tim Hodgkinson - alto saxophone, bass clarinet. Steve Blake - alto, tenor and baritonz saxophones, didgeridoo. Scott Kiehl - drums, percussion. John Edwards - double bass. Dave Cocharne - bass. Gary Jeff - bass. Lou Ciccotelli - drums. Justin Broadrick - guitar. Peter Kraut - Piano 4578. John Zorn - alto saxophone 356. Gary Smith - guitar 8. Recorded Gateway studio, Kingston. Mixed Greenpoints studio, Brooklyn. Recording engineer - Steve Lowe. Mixing engineer - Oz Fritz. Assistant engineer - Imad Mansour. Mixed - Martin/Zorn/Kiehl. Produced - K. Martin. All compositions...God. Mastered - Howe Weinberg at Masterdisk. Cover design/Layout - The Pathological Puppy. Photography - Peter Morris. Metal heart sculpture - Silvia Edin.



 
God
Breach Birth - 12''
Situation Two records 1990
God / Terminal Cheesecake
Clawfist Singles Club #5 - 7''
Clawfist records 1990
[publié le 29 décembre 2025]



God est partout et nulle part mais il était là quatre ans plus tôt, ça c’est certain. C’était à l’occasion de The Anatomy Of Addiction, le quatrième et dernier album parce qu’il faut bien commencer par un bout alors pourquoi pas par la fin. En toute logique, on repart par le début. 1990, année de naissance discographique du groupe de Kevin Martin avec deux disques. Le premier s’appelle Breach Birth. Trois titres produits par Justin K. Broadrick et Grunt Showbiz (alias Grant Cunliffe). L’orchestre démiurge ne fournit pas tous les noms pour ce premier enregistrement. Il en fournit même aucun. Mais dans ce groupe tentaculaire qui a vu passer et pas en coup de vent Dave Cochrane, Lou Ciccotelli, John Zorn, Alex Buess et Broadrick qui ne se contentera pas de produire God mais d’y jouer de la guitare sur les disques suivants, il faut s’attendre à tout et surtout au meilleur. Meat Head, titre phare de plus de huit minutes, établit les fondations de God. Et elles sont orgiaques. Ouverture cuivrée qui annonce le déluge et la folie qui suinte. Matraquage rythmique. Grosse basse dans les gencives. Guitares qui brûlent. Transe monstrueuse en route et c’est pavé de mauvaises intentions qui vous emmèneront lécher les flammes d’un noise-free-rock-indus inédit que Kevin Martin porte magnifiquement de sa voix rauque et allumée. Sur l’autre face, deux courts morceaux, Swine Fever et Crash Victim ou quand God passe en mode punk avec toujours le même souci de la démesure, de la folie et de la densité mais condensé en deux minutes. Intense.

:: download Breach Birth 12''

info : 45 rpm. Produced by Grunt Showbiz and Justin K. Broadrick. Engineered by Step Parikian.





La deuxième sortie est un single publié en décembre 90 si on en croit le flyer accompagnant le disque. Un bout de papier édité par le label londonien Clawfist records à propos de son Singles Club dont le premier de la série remonte à août 90 avec le split Walking Seeds/Bevis Frond. Celui de God et Terminal Cheesecake est coincé entre ceux des Mekons/The Ex et That Petrol Emotion/Membranes. Le but était simple. Chaque groupe reprenait un titre du groupe de l’autre coté de la face. Cela devait être un inédit et le rester (j’ai pas été vérifié si ça été respecté pour les 28 singles sortis jusqu’en 1995), tirage limité à 1400 exemplaires. A l’époque, c’était rien comme tirage. Maintenant, c’est considéré comme un disque d’or pour n’importe quel groupe indé/DIY/noise/punk. God reprend Car First, extrait du premier album de Terminal Cheesecake. Cinq minutes pour avoir peur la nuit. Et le jour aussi. Climat flippant à volonté trituré dans tous les sens. Terminal Cheesecake n’a pas eu besoin de chercher bien loin pour reprendre un morceau de God puisque God n’avait sorti qu’un disque. C’est donc Meathead qui a les honneurs de se voir revisiter pendant un peu moins de huit minutes dans une veine psyché-noise frappé du bulbe que Terminal Cheesecake affectionnait tant. Un grand split de malades. Le reste est histoire et vous la connaissez déjà.

:: download Clawfist Singles Club #5 7''

info : 45 rpm. The Clawfist Singles Club is now taking subscriptions. Starting August - 1 7'' Single per Month. Ltd to 1400 only copies of each. The tracks are Exclusive to the label. Each band concerned covering the others song. This is only the beginning.

 
Polliné
Parallel To Canvas - CD
Boxcar records 2000
[publié le 14 décembre 2025]



Malgré les apparences, Polliné n’était pas francophone mais bien un groupe américain originaire de Gainesville, Floride. Un seul disque à leur actif en 2000, Parallel Canvas sur Boxcar records. Six titres pour plus d’une demi-heure. Et puis la clef sous la porte. Même les quatre membres du groupe n’ont jamais fait parler d’eux ensuite sauf si des groupes très obscurs comme Tadpole Fad, Heavy On The Ish ou Hydra The Sea Serpent vous sont familiers. Polliné avait bien sorti l’année précédente Special Feedback, trois titres en forme de CD-r (qui s’écoutent d’ailleurs par ici) mais l’unique, l’officiel, c’est Parallel Canvas qui sonne bien mieux. Six titres finement noise dans un spectre musical allant de Sonic Youth à June Of 44 ou leurs compagnons de label Versailles. La part belle aux guitares au nombre de deux, aux compos déliées comme Iridescent et l’instrumental Pretty Fuzzy Tasty Hazy qui tournent et retournent plus ou moins autour des sept minutes. De longs développements subtils, sur la retenue, d’enchevêtrements de lignes de guitares tissant une toile mélodique ambitieuse et à tiroirs. Avec également des coups de sang, des fulgurances, des déraillements (le tordu et également instrumental Anther To Stigma) mais chez Polliné, ça chante aussi. Les deux guitaristes Terry Adams et Rocky Bazemore avaient de beaux brins de voix qui mettaient de l’intensité sans force sur les cordes, une agitation permanente à l’image de ces morceaux qui n’avaient pas peur de s’emballer (Silver Flake Spray Paint, Alien In A Pod). Polliné avait la classe et il n’est jamais trop tard pour leur accorder un soupçon d’attention qu’il n’a jamais eu de son vivant.

:: download Polliné CD

info : Polliné is: Rocky Bazemore - guitar, vocals. Terry Adams - guitar, vocals. Vonne Smith - bass guitar, flute. Hank McAfee - drum kit. All songs recorded, mixed and mastered at Dungeon Studios during February and March 2000 by Jeremy Dubois and assisted by Joe Williams. Live photography by Wendi Norris. All other photographs, paintings, layout and design by Polliné.



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