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publié le 24 juin 2022  
Stander
Vulnerable
 
publié le 22 juin 2022 publié le 18 juin 2022
Baby Fire
Grace
Intercourse
Rule 36
publié le 16 juin 2022 publié le 13 juin 2022
The Grasshopper Lies Heavy
A Cult That Worships A God Of Death
Canyons
Stay Buried
publié le 12 juin 2022 publié le 09 juin 2022
Prayer Group
Michael Dose
Paint Nothing
Influencer
publié le 06 juin 2022 publié le 02 juin 2022
E
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Sneers
Tales For Violent Days
publié le 30 mai 2022 publié le 26 mai 2022
Sacco
Basa
The Dead Space
Chlorine Sleep
publié le 24 mai 2022 publié le 19 mai 2022
Maulgruppe
Hitsignale
Dewaere
What Is Pop Music Anyway ?
publié le 18 mai 2022 publié le 17 mai 2022
Boucan
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La Colonie De Vacances
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publié le 14 mai 2022 publié le 09 mai 2022
Mütterlein
Bring Down The Flags
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From Melmac With Hate
publié le 04 mai 2022 publié le 02 mai 2022
Springtime
s/t
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Deep States
publié le 28 avril 2022 publié le 26 avril 2022
Totally Unicorn
High Spirits//Low Life
Come
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The Art of Self-Defense
Daddy's Boy | Great News!
C'est un premier album virtuel, les onze morceaux ont bien du mal à dépasser les deux minutes, le tout fait à peine plus d'un quart d'heure mais c'est une tornade en provenance de Chicago qu'il ne faudrait pas rater. Avec notamment Bryan Gleason à la guitare (ex-Fake Limbs) et la chanteuse Jes Skolnik, Daddy's Boy joue un hardcore-punk frénétique passé à la moulinette noise-rock made in Steve Albini qui a mis Great News! en boite et ça déboîte furieusement. Aussi dur et anguleux que trépidant et hargneux, fait pour la vitesse parce que c'est plus marrant quand on se fracasse contre un mur de béton - ce que Daddy's Boy est assurément fait pour - avec plein de chicanes au milieu de la route, c'est une musique aussi incisive que les paroles sont perspicaces. C'est papa qui va être content.
[publié le 23 juin 2022]

Imelda Marcos | Albularyo
On avait laissé Imelda Marcos à deux. Il revient en trio. Le duo de Chicago (qui comprend le guitariste Dave Cosejo à l'oeuvre également chez les fulgurants Urine Hell) revient trois ans après Tatlo avec la chanteuse Donna Diane (Djunah) qui bidouille aussi des machines et l'instrumental tendance math-rock mutant de Imelda Marcos prend une nouvelle dimension. Moins math-rock, encore plus mutant. Porté par le chant expressif de la charismatique Donna Diane, les quatre titres de Albularyo (édités en cassette par Already Dead Tapes) sont hautement percussifs, même la guitare qui s'enchevêtre dans des sonorités frénétiques, angoissantes, trafiquées, synthétiques et traversées par des effets électroniques perturbants. Les structures sont tour à tour répétitives, hypnotisantes, disloquées, sentent le soufre et la tension, abruptement lyriques par moment. Imelda Marcos est en passe de devenir une sacré bestiole étrange ne demandant plus que confirmation sur un long format.
[publié le 10 juin 2022]

Cellos | Locked In The Stocks/Death Zone
Cinq ans que que le trio canadien Cellos n'était pas réapparu dans ces pages, depuis un premier album en demi-teinte après une série de EPs épatants. Cellos avait bien ressorti un split 7'' en 2019 avec Not Of mais l'intérêt était retombé. Il se pourrait qu'il retrouve une belle vigueur avec de nouvelles compositions que Cellos compte offrir tous les mois. Cela a commencé le mois dernier avec les sept minutes de The Downward Gaze et ça continue en juin avec deux nouveaux titres. Avec Locked In The Stocks, le trio se rappelle qu'il avait débuté dans la vie en étant un groupe viscéralement noise-rock. Un titre qui les montre sous leur visage que je préfère, méchamment abrasif et hargneux avec un chant plus sous-mixé, ça s'appelle un instrumental. Avec Death Zone, c'est leur coté plus lent, lourd, un poil stoner, mélodique mais Cellos s'en tire avec les honneurs. Rendez-vous le mois prochain en espérant que tout ça soit compiler en fin de course sur un beau vinyle.
[publié le 04 juin 2022]

Gad Whip | Sky Bird EP
Après leur précédent album Fanimal Arms en 2020, Gad Whip revient avec Sky Bird, EP quatre titres qui montre le groupe anglais plus focus que jamais. C'est rock, punk ou ce que vous voulez mais qui va direct dans ta face avec toutes les subtilités requises. Quatre types remontés, acérés, ne perdant pas cette petite excentricité inexplicable dans leur approche, carrés et enlevés comme un nouveau souffle qui espérons va les porter très loin.
[publié le 31 mai 2022]

Hammerhead | Excommunications
L'annonce d'un nouvel album de Hammerhead devrait faire bondir de joie. Excommunications va vite ramener sur terre. Le trio cultissime d'Amphetamine Reptile n'avait pas donné signe de vie depuis 2015 et New Directionz. Il aurait été impossible de reconnaître le groupe de Minneapolis si ça n'avait pas été marqué dessus. Trois bidouilles de moins de trente secondes. Un très long titre d'un quart d'heure très répétitif et psychédéliquement tordu que même un Helios Creed en plein bad trip n'aurait pas voulu. Et quatre autres morceaux dans un format plus normal qui ne sont que triturations, expérimentations et vaines éjections bruitistes. Excommunications est sorti uniquement en CD à série limitée et est commandable auprès du groupe uniquement et uniquement seulement si vous êtes un habitant des glorieux États-Unis d'Amérique. Ça tombe bien, on n'avait franchement pas envie de l'acheter. Hammerhead annonce également la sortie d'un second album pour cette année. Cela permettra de savoir si Excommunications était une sale blague à la Melvins ou s'il fallait prendre au sérieux le titre de leur album de 2015, auquel cas, nous ne somme pas prêt de les suivre dans cette nouvelle direction.
[publié le 26 mai 2022]

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The Art of Losing (+)
Festering Rinyanyons
Flatlander Recluse - CD
Bovine records 1994

[publié le 12 juin 2022]



Après trois singles, Festering Rinyanyons met toutes ses billes et jette tout son feu dans Flatlander Recluse, son seul album et ultime enregistrement. Quinze titres, ras la glotte mais qu’une grosse demi-heure. Le punk-noise du trio de Dekalb est encore plus direct, décalqué, furibard sauf le temps de I Don’t Wanna Know et ses cinq minutes qui montraient un groupe sachant jouer avec les nerfs, allonger la sauce pour un plaisir plus grand, montrer de la maîtrise sans rien perdre de sa furie. Idem avec Earthmover. Le reste est une course à la vie à la mort. Ça braille comme de vieux soûlards, ça mord, ça bave, les rythmique s’affolent, leur sens du rock’n’roll est parfaitement vicieux, névrosé, loufoque, le saccage est permanent et Flatlander Recluse offre de magnifiques morceaux fonçant dans le mur avec panache, une grosse dose de nihilisme et une production minimaliste pour que ça sonne encore plus cru et sauvage. Le trio se fend même de deux reprises (Is It Better? par Double-O et Smokin’ par Boston), il s’en excuse d’ailleurs sur les notes du livret mais leur amour pour le (hard) rock d’un autre âge et le punk-rock ancestral était réel. Mis dans leurs mains de jeunes chiens fous élevés à Black Flag et Flipper, cela a donné un groupe de jeunes losers/weirdos américains qui se sont bien marrés et tout à fait sympathiques à défaut d’être géniaux et qui ont disparu de la circulation par la suite.

:: download Flatlander Recluse CD

info : Mike g & v. Bob b & v. Jace d. Recorded 7/93 at Green Room by Erik Harisch. Produced by Festering R. and Sean Wipfli. "Thumb Fuck The Pope" photo by Mark Ward. Other photos by Dan Twombly. Collage du Jace. Art by Bob. Designed at the Foundry.



 
Festering Rinyanyons/The Mercury Players
Don't Run, It's Your Dreamgirl - split 7''
Big Yucky records 1992
Festering Rinyanyons
Peaceful Easy Feelin' - 7''
Bovine records 1993

Swimmin' Hole - 7''
Train Wreck records 1993

[publié le 07 juin 2022]



Festering Rinyanyons, c’est les vilains petits canards du noise-rock, de la mauvaise graine qui a poussé dans le même champ contaminé que Mama Tick, trois mecs élevés au hard-rock qu’ils vont tenter de croiser avec du Cherubs ou un truc dans le genre avec une forte dose d’insouciance sur ce qu’on pouvait bien penser d’eux, une attitude punk et un son sale et bordélique à la Pussy Galore, braillard, disloqué, à l’humour potache et grivois. Un trio qui venait de Dekalb (la ville de Snailboy et donc Shorty), qui a sévit en gros entre 1991 et 1994, que tout le monde a superbement ignoré à l’époque et ça dure toujours. Raison de plus pour essayer de réhabiliter quelque peu ce groupe. Ça commence en 1992 avec Don't Run, It's Your Dreamgirl, un split single avec The Mercury Players. Deux titres, Erectionist et Hopeless, enregistrés dans le sous-sol de Bob Schaeffer (entendu dans les somptueux Double Boar et leur single mythique), le bassiste et chanteur si on peut appeler un chant le truc qui éructe dans le micro. C’est plutôt entre le hurlement de damné et le vomissement. Comme le guitariste Mike Sims l’aide aussi dans un registre identiquement subtil, ça donne des croisements de bêtes sauvages qu’on égorge qui ont sérieusement dû inquiéter les voisins. Le son est à l’avenant comme quand vous placez trois micros au hasard dans un sous-sol et que tout le monde joue à fond sans s’entendre. La guitare bave, crisse et se lance dans un solo improbable sur Hopeless, le batteur bave en plus de mordre et la basse fait un bruit de porte gondolée. A part ça, c’est formidable. Après eux, le déluge. Du noise-rock ultra débraillé comme on n’en a jamais fait. On savait s’amuser à l’époque.
De l’autre coté, le groupe de Dekalb (à quelques encablures de Chicago) The Mercury Players où sévissait Todd Rittman (ex-Double Boar, futur US Maple). Il en avait déjà été question lors de leur unique single qui est de l’ordre de l’incontournable pour tous fans de noise-rock qui se respectent. Avec les deux titres de ce split, Spragg, The Living Hill et The Smile Death Song, c’est un cran en-dessous, notamment au niveau du son mais notre dose de noise trafiquée à la Shorty/Jesus Lizard, vous avez. Et ça ne se refuse jamais.


:: download split 7''

info : 33 rpm, 1 insert. Festering Rinyanyons : Mike Sims, Bob Schaeffer, Jace Krause. Recorded by The Festering Rinyanyons & Spank mommy in Bob's basement. Mixed by Festering Rinyanyons and Scott and Russ Schenke. The Mercuty Players : Ray Rehayem, Pat Samson, Jack Ahern, Too Rittmann, Tom Mioducki. Recorded and mixed by Scott & Russ Schenke and The Mercury Players.






En 1993, Festering Rinyanyons continue son œuvre de démolition du noise-rock et tout ce qui tourne autour avec le single Peaceful Easy Feelin! C’est écrit Peacful sur la pochette et plus bas, sous la demoiselle qui se refuse à Frankenstein, le groupe a cru bon rajouter : Shit, I spelled peaceful incorrectly, i’m such a fuckin loser. Humour quand tu nous tiens. Brad Wood et Casey Rice, soit ce qui se faisait de mieux à l’époque pour enregistrer tout ce qui était noise quand tu n’avais pas les moyens pour allez chez Albini, ont pris les choses en main. Le son de Festering Rinyanyons s’en trouve tout de suite plus mordant, percutant ce qui n’empêche pas The Festers (comme on les appelle plutôt que ce nom à rallonge qui ne veut rien dire) de tenter de saloper le boulot parce que c’est dans leurs gênes. Satisfaction Slips Away et Steve Johnson Society, deux titres qui bastonnent à toute berzingue avec des hurlements de mieux en mieux maîtrisés (ils leur arrivent même de parler/chanter de façon audible), un batteur totalement déchaîné, une guitare qui tronçonne méchamment, des grenades qui explosent à chaque instant et leur punk-noise furieusement déjanté et viscéralement noise fait un bond qualitatif indéniable. Leur meilleur single parmi les trois que The Festers a publié dans sa chienne de vie.

:: download peaceful easy feelin' 7''


info : 45 rpm, 1 insert. Jack Krause drums, slogans, kicking the ass of the ruling class. Bob Schaeffer basses, voices, pig offing. "Detroit" Mike Sims guitars, voices, State smashing. "Steve johnson society" and "Satisfaction slips away" were recorded with Brad Wood and Casey Rice at Idful Studios on December 15-16, 1992 in Chicago, Illinois, muttaphukka ! Produced by Brad Wood, Casey, and Pig The Austrailian Cattle Dog. The Festers are three guys who's name are not John Spencer, Kevin Rutmanis and Audrey Hepburn.





Et le troisième et dernier single avant leur unique album en 1994 se nomme Swimmin’ Hole, a été publié par Train Wreck records, une nouvelle fois en 1993. Et avec Swimmin’ Hole, le titre phare, Festering Rinyanyons n’est toujours pas du genre à barboter dans la piscine. Le trio continue à la même vitesse que sur Peaceful Easy Feelin!, la hargne et la folie sont constantes et il envoie tout brûler en moins de deux minutes avec une vista et un sens de la concision difficilement imaginables un an plus tôt. Une belle bombe. Par contre, avec Tender Love Ballad, The Festers retrouve son goût pour la dérision. La musique de ce morceau correspond parfaitement avec le titre ou comment écouter un slow et une ballade amoureuse selon Festering Rinyanyons (avec tout de même de jolies ruades à l’intérieur). Face B, un seul titre, It’s Awlright!. C’est un enregistrement live dans un lieu appelé le O’Cazy Corral à Madison et comme l’annonce le groupe au début du morceau, it’s cover time. Nous avons donc le droit à une reprise de Pussy Galore ou plus précisément based loosely on Pussy Galore car Festering Rinyanyons ne s’est pas privé pour tout saccager pendant plus de six minutes, à faire passer Pussy Galore pour un groupe de math-rock. Et comme le son est tout le contraire de haute définition, cette reprise est méconnaissable et un grand moment de sport particulièrement jouissif si vous aimez quand les chiens se frottent à votre jambe.

:: download swimmin' hole 7''


info : 33 rpm. Swimmin' Hole recorded and mixed in the green room by Erik Hanisch, produced by Sean Wipfli and The Festers. Tender Love Ballad recorded and mixed at Idful Music by Brad Wood and Casey Rice, produced by The Festers. It's Awlright! recorded lieve!! at O'cayz Corral, Madison, WI.

 
Pregnant
Human Conception - 7''
Prohibited records 1996
My Dogdays Are Done - CD
Prohibited/Beau Caillou records 1999

[publié le 21 mai 2022]



Pregnant est venu au monde au milieu des années 90. Et quoi de plus normal que d’intituler sa première sortie vinyle Human Conception quand on s’appelle Pregnant. Un groupe né à Paris et très influencé par Fugazi et toute la scène Dischord records. Rien d’étonnant donc de retrouver leur single publié par Prohibited records, le label de Prohibition qui était lui même très marqué à l’époque par cette scène de Washington DC. C’est d’ailleurs Nicolas Laureau, guitariste et chanteur de Prohibition qui a enregistré les trois titres de Human Conception. Mais Pregnant se faisait plus qu’être inspiré par Fugazi et compagnie, ils y mettaient tout leur cœur et une bonne dose de savoir-faire. Human Conception, titre principal occupant toute la face A, fait vibrer la corde sensible, l’électrifie, surfe sur une ligne de basse impeccable de souplesse, les guitares cisaillent sèchement avec ce qu’il faut d’arpèges mélodiques et avec l’ajout d’un sample sur la fin, on tient là un morceau qui ne laissera pas insensible si vous aimez également Crownhate Ruin et Hoover. Sur la face B, What He Said When I Was Eleven continue de travailler ce nerf émotionnel avec brio alors que Sofa effleure des contrées plus atmosphériques et post-rock, un instrumental qui bénéficie pourtant d’un texte sur l’insert et qui est un poème de Jim Harrison extrait de Théorie et Pratique des Rivières. Sur le rabat de la pochette, une étiquette avec le prix du disque est resté. Il coûtait 22 francs, soit 4,48 euros.

:: download Human Conception 7''

info : 33 rpm, 1 insert with lyrics. All songs recorded and mixed at home November "96. Recorded and produced by Nicolas Laureau.





La discographie de Pregnant n’est pas très étoffé. Outre Human Conception, Pregnant a disséminé quelques titres sur des compilations, réalisé un split 7’’ avec Fake Hyppi, Sleazy Arse et Cause’N’Effect et sorti qu’un seul album qui a la forme d’un mini-album de sept titres pour tout de même quasi une demi-heure, My Dogdays Are Done. Natasha Herzock a entre-temps intégré le groupe et on peut entendre son intense chant sur les magnifiques sept minutes de Solvent As A System. Les influences du coté de Washington DC sont toujours présentes mais avec une touche mélancolique, parfois ambiante ou plus expérimentale (l’instru spectral This Dramatic Couple Of Seconds et son saxo) qui donnait du relief et de la personnalité à Pregnant avec un sens très fin de la compo où le chant est souvent absent. Et quand arrive l’ultime titre Stations & Distances avec sa poignante et sobre mélodie finale seulement soutenue par une voix éraillée, une guitare et ce qui ressemble à un piano, on ne peut regretter que Pregnant n’ait pas accouché d’autres disques. My Dogdays Are Done mais c’était la fin pour Pregnant. On retrouve par la suite les membres de Pregnant dans différents autres projets comme Crippled Old Farts, Uneven et surtout Kimmo et maintenant Computerstaat pour Natasha Herzock et Mathieu Gelezeau qui s’occupe aussi du webzine Positive Rage.

:: download My dogdays are done CD

info : musique & texte/songs & lyrics : Pregnant. Graphisme/artwork : Guillaume Constantin, Etienne Foyer & Pregnant. Enregistré, mixé et produit par/recorded & produced by : Yves Beaudouin, Nicolas Laureau & Pregnant à Etages Ion studio (Bruxelles) en octobre 98. Master : Benoît Pasquini, Fabrice Laureau & Pregnant.




 
Portraits Of Past
s/t - LP
Ebullition records 1996
[publié le 29 avril 2022]



Avant de parler de City Of Caterpillar ou Yaphet Kotto et autres groupes affiliés à la scène post-hardcore-emo-screamo, il aurait fallu commencer par le commencement avec Portraits Of Past. En 1995, quand l’unique album du groupe de San Francisco est sorti sur Ebullition records, le terme screamo n’existait pas encore, le hardcore chaotique était juste du punk-hardcore d’un nouveau genre, tellement nouveau que cet album de The Portraits Of Past, quand il a été publié, a été boudé, incompris. Des cartons entiers d’exemplaires n’ont pas trouvé preneurs. C’est Kent McClard, un des protagonistes de Ebulltion, qui le dit sur le site du label californien. Il rajoute même que ce disque c’est tellement mal vendu que les pochettes et les inserts ont été recyclés. Et ce fût une erreur. Quelques années plus tard, l’intérêt pour The Portraits Of Past a explosé. L’ancien artwork étant devenu indisponible, Ebullition a été obligé de represser l’album avec un nouvel artwork. Ce n’est pas celui que vous voyez à l’écran, ça c’est l’original et il est désormais hors de prix (Ebullition l'a publié en CD en 2008 comprenant également leur split 7'' avec Bleed et des titres figurant sur des compilations). L’histoire d’un disque en avance sur son temps. Un groupe qui se disait influencer à ces débuts par Unwound, Drive Like Jehu ou Heroin puis par des groupes plus extrêmes (ce qu’on qualifie à l’époque de Power Violence) et des groupes plus mélodiques issus de la scène indé. Le mélange donne un album (également appelé 01010101, ne me demandez pas pourquoi) résumant idéalement ces différents angles d’attaque. Avec un brin de folie, de passion et d’innocence qui ne doivent qu’à eux tout comme le mixage et la façon de sonner. Sept titres d’un disque fondateur. Deux guitares qui vous trimballent, se fracassent, cisaillent, arrivant à tirer quelques accords mélodiques du plus bel effet (Snicker Snicker), organisant le bordel tout en étant épiques et sauvages. Des morceaux souvent longs, trépidants, imprévisibles s’inscrivant aussi dans un courant noise avec plein de bruits sales, une basse qui sait cogner, un enregistrement en forme de furie qui tape dans tous les coins, libre d’aller où il veut et c’est souvent dans les dents. C’est aussi beau et émouvant plus d’une fois, c’est une musique totale qui ne calculait pas, c’est The Portraits Of Past, l’image d’un passé révolu qui a inspiré le futur de nombreux groupes et qui garde toujours sa pertinence dans le présent. En 2009, Rob Pettersen (chant), Jonah G. Buffa et Rex Shelverton (guitares), Jeremy Bringetto (basse) et Matthew Badja (batterie) qui avaient évolué après The Portraits Of Past dans de nombreux groupes (Funeral Diner, Nexus 6, The Audience/Vue, Torches To Rome) se sont reformés le temps d’une poignée de concerts et d’un nouveau disque (Cypress Dust Witch) avec quatre inédits de très belle facture. Pour mieux disparaître pour toujours cette fois-ci.

:: download Portraits Of Past LP

info : 33 rpm, 2 inserts with band photo, lyrics + Ebullition insert. This record was recorded by Vic at Stanford, California in November 1995. The cover photo was taken sometime in July, 1995 in Ottawa by Shawn Scallen, the insert photo by Zoe Crosher, November, 1996, somewhere in Santa Cruz.

 
City Of Caterpillar
s/t - LP
Level Plane records 2002 / Repeater records 2016
[publié le 12 avril 2022]



Il avait été brièvement question de City Of Caterpillar en 2017 quand le groupe de Richmond s’était réactivé pour enregistrer le deux titres Driving Spain Up A Wall. C’était Repeater records qui régalait, ce même label qui un an plus tôt avait réédité l’unique album de City Of Caterpillar publié à l’origine par Level Plane en 2002 et introuvable désormais sauf à des prix ridiculement prohibitifs. Même cette réédition a quasiment disparu de la circulation. L’artwork est différent, l’enregistrement a été remastérisé et la musique est toujours pertinente alors que cet album fête ses 20 ans. Un groupe actif entre 2000 et 2003 avec une poignée de singles à son compteur puis cet album en forme d’apothéose. Un mélange d’emo (le bon, rude, qui vient du punk avec les nerfs à vif et sans simagrées), le hardcore et son dérivé screamo que City Of Caterpillar a relevé d’une touche plus atmosphérique que certains téméraires n’hésitent pas à qualifier de post-rock. Mais les fans de Godspeed ou Mogwai peuvent passer leur chemin. City Of Caterpillar, c’était majoritairement et sacrément punk/post-hardcore, agité, chaotique, tourmenté, mélodique, capable de fulgurances sauvages (Fucking Hero), de méchantes commotions, des incartades noise et virulentes avec plein de changements de directions pour vous déstabiliser. Certes, certains passages sont plus mélancoliques et vont crescendo (comme sur When Was The Last Time We Painted Over The Blood On The Walls) mais ce n’est pas l’impression qui prédomine. C’est au contraire celle d’un disque furieux, passionné, plein de reliefs dans la lignée d’un Yaphet Kotto avec plusieurs compos qui sont effectivement longues et titillent les dix minutes mais avec une dynamique aussi complexe qu’efficace qui faisait exploser les certitudes et les styles pour mieux vous embrocher vivant dans un grand tourbillon étourdissant. Les membres de City Of Caterpillar n’en sont pas restés là. Ils avaient déjà participé à d’autres groupes auparavant, ont prolongé l’expérience avec bonheur dans d’autres projets alors si vous croisez les noms de Pg.99, Kilara, Malady, Verse En Coma, Haram, Majority Rule ou plus récemment Slow Burning Rage, un bout de City Of Caterpillar traîne dedans. A noter qu’une compilation sous le nom on ne peut plus clair de Complete Discography (un double CD sur le label japonais Long Legs Long Arms records) a été publié en 2018 ainsi qu’un album Demo + Live Recording par Level Plane toujours en 2002.

:: download City Of Caterpillar LP

info : 33 rpm, clear vinyl, 1 poster with lyrics. City Of Caterpillar : Brandon Evans, Jeff Kane, Kevin Longendyke, Ryan Parrish. Recorded & Mastered by Mark Smoot in Maryland; Winter of 2002. Remeastered by Jack Shirley; Atomic Garden Studio. Artwork by Brandon Evans. Design & Layout by Brandon Evans & Yeliz Secerli; (NoMoonOn). This is a re-issue of the original album, pressed and released back in 2002 on Level Plane records. This record was originally dedicated to those who have lost the closest of loved ones, an experience we all must learn how we will deal with, a part of living; Mark Smoot, you are a shimmering savior, a pure heart, thanks.

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