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Catharsis
Hope Against Hope – LP
CrimethInc./No Gods No Masters/Refuse records 2025

Qui mieux que Catharsis pour revenir d’entre les morts quand l’époque est à l’obscurantisme et remettre une bonne soufflante aussi passionnée que révoltée ? Vingt-six ans que Catharsis ne s’était pas discographiquement manifesté. Depuis leur dernier album en date, l’incontournable Passion. Ou plus exactement vingt-quatre ans et le split avec Newborn et Arsonist’s Prayer, unique titre sublime avant disparition subite des radars.
Le groupe américain culte de hardcore-anarcho-crust-metal lourd avait donné quelques signes de vie avec des concerts éparses ces dernières années mais là, c’est un retour en grande pompe avec le troisième album Hope Against Hope. Espérer même si on sait que c’est foutu. Tout Catharsis en un titre. Mourir les armes à la main. La colère reste intacte. La lucidité également. Une rage se manifestant de façon plus simple et mélodique. Hope Against Hope n’explose pas tous les cadres comme Passion. Il est moins radical et inventif mais sa puissance émotionnelle est forte et exaltante. Des mélodies et des montées d’intensité qui vous retournent sans esbroufe. Avec Gosia, chanteuse polonaise invitée sur le redoutable Power et Gone To Croatan et dont la voix sert de contrepoint parfait à l’âpreté voir la bestialité du chant de Brian Dingledine et qui illumine et transporte ces deux compos très liées dans les mélodies et les intentions. De l’épique violent avec rajout de violon sur Gone To Croatan pour que ça soit encore plus beau et poignant dans le désespoir. Le matraquage rythmique de Alexei Rodriguez est plus direct et efficace. Ça met des baffes en aller-retour tout en restant plus massif que rapide. Les riffs sont saignants et taillent dans le gras avec justesse, Catharsis n’ayant rien perdu de son sens de l’hymne incisif et orageux, ce que démontrent Eremocene et Embers, deux charges aussi agressives que homériques. Rien qu’avec ces quatre titres cités, vous obtenez le cœur de Hope Against Hope et il vibre à faire mal, magnifiquement mal de la part d’un Catharsis qui n’a plus de temps à perdre et va droit au but avec un album court qui balancent deux derniers brûlots bien mordants mais somme toute assez convenus (We Live et Last Words sans oublier la brève intro Nocturne) et signant un retour relativement inespéré, cinglant et qui fait plaisir à entendre.

SKX (03/01/2026)