H
ARCHIVES 1999 - 2006
 

HANGED UP
" Kicker in tow " - CD
Constellation 02
La limite d'une barge silencieuse heurtant les recoins d'une nuit. L'étrange collision entre le violoncelle de Gen Heistek et la batterie de Eric Craven. Des larmes, des cris, de la chair en mouvement, une angoisse sourde sous les stridences des cordes. Tout commence comme dans un songe avec " kicker in tow ", le premier morceau. Hymne hypnotique, frénésie du rythme montant, s'échappant, du violoncelle qui vous serre la gorge, perd toutes notions, la transe, une envolée qui vous emmène très haut et vous laisse chancelant sur le bord de la route six minutes plus loin. Après ce coup de butoir qui redéfile sans cesse, le paysage se tend. Le climat s'écorche sur des sonorités de ferrailles, la tournure des évènements devient expérimentale. Par rapport au premier album, le son gagne en richesse, le duo d'instruments de base s'épaissit dans les effets. La batterie regorge d'éléments sur lesquels taper. Cérémonie hivernale. Jamais le rythme ne vient prendre le pas sur l'ambiance. Les instruments se mettent au service d'atmosphères inquiétantes, urbaines, voir l'hypnose des grands fonds quand l'écho de la batterie joue les sonars. La texture respecte les silences et les murmures. Et jamais, malgré cet aspect lugubre et pas évident, vous ne décrocherez. Le violoncelle possède ce don de vous ensorceler. Ces compositions ont de l'épaisseur. Un grain qui vous apporte un fatras d'émotions contradictoires qui jamais ne cède devant le coté expérimentale de la chose. Neuf instrumentaux de toute beauté, sombres et envoûtants, que tous fans de The Ex et autres musiques déroutantes ne manqueront pas d'apprécier. Assurément la meilleure chose qui soit arrivé au label canadien Constellation record depuis des lustres ! Un écueil sur lequel se fracasser.
SKX (24/02/2003)

HANGEDUP
" s/t " - CD
Constellation 01
La sphère Constellation records sort de son antre une nouvelle entité original. Loin des familles nombreuses à la Godspeed You Black Emperor, Hangedup donne dans l'intimiste. Un duo pas banal violoncelle-batterie. Les cordes et l'archer pour la dame (Geneviève Heisteck). Les baguettes pour monsieur (Eric Craven). Formule déroutante aux premiers abords. Mais on est vite conquit par l'agencement des pièces. Huit au total, où l'espace est rondement rempli. Des rythmes inventifs, généreux, la sauce monte, la transe approche. Le violoncelle enrobe, enjolive, suit le rythme, tisse ses fils, dérape, copule, crisse des quatre pieds. Les silences marquent la cadence. Un ou deux collègues de passage aident par une basse, un cri ou des enregistrements cassettes lo-fi à combler les éventuels vides. Une parfaite harmonie entre ces deux instruments. Un charme définitivement Europe de l'Est, plein de finesse et de chaleur sous l'apparente austérité. Comme si la batterie de The Ex restait en tête à tête avec le violoncelle de Tom Cora. C'est pour dire le bonheur qui vous guette!
SKX (11/06/2002)
HAPI WIZZ
" musique brute et non travaillée mais structurée " - LP
Potagers Natures 00
Parmi toutes ces portes qui se présentent à moi, laquelle vais-je ouvrir? Au fin fond des ruelles les plus anodines de Bordeaux la paisible sévit un groupe que l'anonymat n'effraie pas. C'est à l'étranger, le hollandais de passage, j'ai nommé THE EX, que l'on doit la découverte de ce trio HAPI WIZZ (à l'orthographe aléatoire, c'est selon votre humeur). Une venue en terre girondine a révélé, à nos bataves préférés, ce jeune groupe qui bouillonnait en première partie. Buvant leurs saintes paroles, l'histoire était écrite et ce premier disque, un 4 titres, ne pouvait qu'échouer entre nos mains. La description de leur concert était épique, les hollandais n'étant pas avares de louanges. Paroles entendues :"ça partait dans tous les sens, une énergie dingue, ils s'arrêtaient en plein morceaux, discutaient entre eux, reprenaient, trituraient les cordes, psalmodiaient, c'était fou"! Une idée, plus ou moins bien retranscrite, de ce qu'il nous attend avec ce disque. Ils ont en effet aucun respect pour les morceaux dont les parties sont multiples. Rythmes sautillants et alertes, morceaux sans queue ni tête (où alors je les ai pas trouvées), très longs en général, guitare et basse inarrêtables et dont le sens de la discussion échappe à toute logique. J'en perds mon latin! Forcément, ça tendance à l'éparpillement et l'intensité se dilue dans les méandres des compositions. Le son reste jeune et on y perd sans doute beaucoup, rapport aux prestations scéniques. Au diable! Ces quatre titres bancales vivent, respirent, trébuchent, prennent la fuite, ne jouent pas les gros bras à la récré. C'est humain, soumis à aucune contrainte. Sorte de jazz-punk-core à la sauce Cheval de Frise électrifié et juvénile. Comme dirait le commentateur sportif ou le prof d'école, le potentiel est là, reste à le travailler. Pas trop non plus, ça perdrait de son charme. Un disque qui tient debout tout seul, sans les roulettes sur le coté.
SKX (20/07/2001)

HAYMARKET RIOT
" s/t " - CDEP
Divot 00
Si je vous annonce comme ça, l'air de rien, que ce nouveau groupe est composé d'anciens membres de Radio Flyer, Gauge, Hubcap ou Orwell, ça va pas vous avancer à grand-chose. Surtout que perso, je les connais pas ces groupes. A peine de nom, c'est dire ! Donc moi non plus, me voilà pas avancer. Je tourne en rond. Que la formation est bêtement classique, ce qui n'est pas un problème en soi. Un bon guitare-basse-batterie-chanteur, on fait rarement mieux. Mais ça court les rues. Donc on y voit pas beaucoup plus clair. Et c'est bien ça le problème de ce 5 titres. Ya rien à quoi s'accrocher, bien en panne pour vous narrer cette nouvelle aventure musicale pas franchement hautes en couleurs. C'est universel et bâtard en même temps. Ca ressemble à tout et à rien. J'ai même pas une bonne blague à vous raconter sur eux, une anecdote croustillante qui éclaircirai cette chronique, qui mine de rien s'étale déjà pas mal sans que rien ne soit dit ! C'est du rock quoi ! Sans passion particulière, sans mauvais goût non plus. Des guitares qui pavoisent, des rythmes sans entrains. Bon d'accord..... Ca manque juste de personnalité et ça fait même pas rigoler. Et on peut pas dire que ça soit mauvais par ailleurs. Les mecs assurent, pas de problèmes. Nan là, franchement, j'vois pas !
SKX (17/08/2000)
HELGOLAND
" dust " - 7"
Music'a la coque 01
Au pays des légos musicaux sévit une étrange fanfare allemande. Helgoland, trublion sonore, spécialisé dans le collage et le détartrage. Et c'est tout normal de les retrouver sur l'iconoclaste label italien de Bz Bz Ueu, Music'A la Coque. La face "dust" dépoussière les tympans en passant très allègrement de beatbox-jazz à la musique sur Nintendo, de la bande son d'un James Bond à du classique pas classique, le tout habité par un esprit "core" quelquechose! J'en perds mon latin! Autre face, autres moeurs. On retombe sur une bande son mais cette fois ci version bande dessinée pour une réinterprétation d'une musique traditionnelle alpine. Et on s'achève avec un "rabbit brand" à mettre sur toutes les consoles de jeux pour égayer vos chères têtes blondes. Beep beep!! Excellent pour animer vos fins de soirées.
SKX (21/02/2002)
HELL NO
" weird weirdo " - CDEP
Handi-Kraft records 99
C'est si bon de se faire botter le cul ! Je veux dire par-là, tas de lavasses que vous êtes tous, si le post-rock doit devenir cet antre mou pour coincés du bulbe, Hell No vous remettra les pendules à l'heure ! De la jouissance, de l'instinct, du plaisir brut. Calcul mental zéro mais l'envie de vous tordre, vous vider les tripes, de vous rappeler ce que le mot " rock " signifie, cet esprit proche de l'hallucination et de la révolte, sortez vos p'tits zyeux-zyeux de vos orbites-beats ! Hell No en impose (à l'instar de Kill van Kull), n'est pas là pour plaisanter (" cancer better not fuck with my body ") mais n'en faites pas des brutes épaisses. Lisez : tant de finesse dans une musique brutale. Dommage que sur ce 5 titres, emballés dans carton épais pour petits durs, 2 figuraient déjà sur un précédent single...
SKX (20/04/1999)
HELLA
" hold your horse is " - CD
5 rue Christine (CD) / Frenetic (Lp) 02
Les duos se ramassent à la pelle par les temps qui court. Batterie-basse, batterie-guitare mais toujours batterie, les ménages à deux deviennent une norme bien établie dans le milieu rock. Celui-ci est à six cordes et il est phénoménale! La crème de la crème, oubliez tous les autres, ce ménage, c'est du solide. Au départ, on pense qu'ils sont toute une famille nombreuse tellement c'est complexe avec des cordes et des rythmes dans tous les sens. Le temps de se retourner et on se retrouve face à face avec deux p'tits gars de Sacramento (Spencer Seim - guitare - et Zach Hill - batterie). Chapeau messieurs, votre première réalisation est un coup de maître. C'est Oxes et Cheval de Frise tout mélangés, malaxés, transcendés. Une batterie très inventive, caisse claire douze frappes à la secondes, pièces métalliques. C'est le batteur de Melt-Banana, Lightning Bolt et Don Caballero, un homme bionique qui contrôle sa force, sachant calmer ses ardeurs quand il le faut. Le guitariste est du même acabit et mon tout ne sonne jamais cacophonique tant ils savent insuffler mélodies, malice et habileté dans ces neuf titres à couper le souffle. Ca vit dans le nerf, c'est enlevé et ça ferait danser un squelette. Vous l'aurez compris, c'est une révélation comme on n'en rencontre qu'une seule fois dans l'année. Un ménage qu'on espère éternel.
SKX (19/04/2002)
HELMS
" McCarthy " - CD
Kimchee 02
Entre chien et loup, quand tout devient mystère, l'hésitation permise entre les pulsations d'une journée qui s'écoule et le calme trompeur d'une nuit qui s'annonce, le doute, choisir son camp, rester entre deux mondes. Helms, trio originaire du Massachusetts, reste à l'affût. Un équilibre savamment travaillé entre ombre, silences apprivoisés et petites décharges électriques. Quand chaque titre a du mal à s'engager sur une voie bien précise, il en ressort un album impressionniste où les chansons ont comme un goût d'inachevé, l'ouverture sur l'infini. Au départ, il était une fois Slint, groupe majeur qui décida sûrement un jour Helms à prendre les armes. Et si Helms, avec ce deuxième album, apprend à s'éloigner de la source, on ressent sans cesse cette aura pesante sur le dynamisme des compositions. Ce chant, parlé et posément triste, cette tension qui ne demande qu'à exploser, ces mélodies qui vont de l'avant, progressent par boucles successives et disparaissent dans un grand souffle de poussière. Helms opère par petites touches, navigue entre deux eaux, le plus souvent tapis dans l'ombre, sortant juste pour des frappes courtes et détaillées. Un " McCarthy " sans effet de surprise mais des contes irréels narrés avec finesse et conviction pour pénétrer la nuit noire en douceur non sans une certaine inquiétude…
SKX (08/04/2003)
HERO OF A HUNDRED FIGHTS
" the remote, the cold " - CDEP
Divot 01


C'est avec la plus grande suspicion que j'abordais ce maxi quatre titres. Entre leur premier album des plus convaincant dans le trip Don Caballero décomplexé et chantant et deux titres pâlichons témoignant d'une évolution de personnel sur la compilation "4 ways stop", je ne savais plus sur quel pied danser avec ces héros sur la pente descendante. Le combat prenait une drôle de tournure et avec cette nouvelle sortie, difficile de dire qui est le gagnant. En tout cas, la guerre continue. On lorgne de plus en plus vers une version édulcorée de Craw. Une matière noisecore malaxée, malmenée, tiraillée dans tous le sens avec une section rythmique des plus coriace et charpentée comme un bûcheron, une guitare en retrait qui essaye de faire entendre ses mélodies discrètes. Et puis reste le problème de la voix. Le majeur problème qui fait tout déraper. J'y arrive tout simplement pas. Trop d'emphase, trop en avant, trop de décalage avec la rudesse du reste de la troupe. Le bassiste, unique chanteur hargneux sur le 1er album, se contente de faire les choeurs désormais et le nouveau chanteur se taille la part du lion. Pour ce coup-ci, on aurait gagné un groupe instrumental qu'on aurait pas craché dans la soupe. Mais entre-temps, le champ de bataille s'agite à nouveau. Hero of 100 fights vient d'annuler deux mois de campagne aux USA. Désertion et changement de combattants semblent à l'ordre du jour. Les généraux se seraient-ils aperçus que les dernières recrues n'étaient pas à la hauteur?! La guerre est loin d'être gagnée....
SKX (23/05/2001)

HERO OF A HUNDRED FIGHTS
" s/t " - Lp
404 records 99
Halte obligatoire! Sur les traces encore fumantes de BRASS KNUCKLES FOR THOUGH GUYS, Chris Grove,bassiste-chanteur (et boss de 404 rds) reforme illico-presto un trio d'un cru inestimable. Les bases restent identiques. Noise chaotique en maths sup. Sciences du rythme et du contretemps édifiant. Avec cette voix toujours aussi éraillée et prenante, la voix scotch-brit! Et un sens de la compo encore plus saisissant. Délié et concis dans un même exploit, gestion parfaite des passages calmes, et tout est relatif, changement de structures en plein vol, le feu, l'eau, la terre. On survole sur la technique des musiciens, ça passe tout seul. Formule allégée, costaud à l'intérieur, un vrai bonheur. Pas la peine d'attendre les 100 combats pour les imposer dès le 1er round au firmament de la scène noise-rock américaine!!
SKX (15/11/1999)

THE HEX
" no car " - CDEP
Troubleman Unlimited 00
Voilà un patronyme qui ne va pas manquer d'en troubler plus d'un. Il faudra faire attention à son inspiration pour ne pas rater le "h" et les confondre avec nos hollandais quarantenaires. Des nouveaux venus dans l'écurie Troubleman, des nouveaux tout court d'ailleurs. Mais on sait d'où ils viennent pourtant ! Des oreilles averties qui ont traînées du coté des groupes punk anglais fin 70's, début 80's, Wire en tête et en grande forme. Cinq titres dépouillés et minimalistes. Pas de saturations, pas de distos, pas d'émulsifiants et encore moins de colorants. Mais du ressort et de la dynamique, ça fourmille et ça sautille. Arrosé le tout d'un petit parfum rétro à la Make-Up et ce premier jet a de quoi faire frémir les plus sensibles. Encore une bonne pioche pour Troubleman !
SKX (02/01/2001)

HINT HINT
" Sex is everything " - CDEP
Autoproduction 03
Poussez les meubles et sortez les capotes, les petits culs vont se trémousser. " Harry's ass is a picnic ", c'est le titre du morceau d'ouverture et ça annonce la couleur. Car dans le fondement de Hint Hint, on trouve de tout à grignoter et le résultat, six titres ultra chauds en guise de carte de visite. Une bonne base rock'n'roll je me tape (de) tout, punk dans les gênes mais qui n'a pas envie de jouer les corbeaux de service, donc je me déride les fesse et ça groove dangereusement à tous les étages, le punk sait danser, sur la tangente, une petite couche de claviers, des rythmes qui bougent les rotules, des mélodies super chiadées. Une enfilade de perles sur le canapé sans céder à la facilité. Du punk-wave bien dans l'air du temps et pourtant trouve sa place au soleil, un réel talent de compositeurs, des trouvailles à la pelle, le petit gimmick qui tue. De la sueur et des saignements. Hint Hint, c'est moite et humide. Un truc à potentiel énorme promis à l'explosion interplanétaire si le petit cochon les mange pas….
SKX (18/09/2003)
HONEY FOR PETZI
" Nicholson " - CD
Gentlemen Music 03
La première fois que j'ai entendu parler de ce groupe, c'était pour une tournée au printemps dernier avec Cheval De Frise et Chevreuil. Une telle compagnie éveille forcément la curiosité. Apparemment, j'avais du retard à l'allumage puisque ce " nicholson " est leur troisième album (après un précédent produit par Albini) et que les routes européennes connaissent par cœur les traces de leurs pneus. Avec des références pareilles, vous aurez compris que ces Suisses (de Lausanne) évoluent dans l'instrumental et que quelques disques de Shellac doivent à coup sûr traîner dans une pile. Après leur deuxième album " Heal all monsters " plus éparpillé (j'avais du retard mais je le comble !), Honey For Petzi gagne en concision et va droit au but. On retrouve cette passion pour ces rythmiques angulaires (" minibiche ", " les impôts " ou " golem "), le tout analogique, cette batterie qui cogne et souple à la fois, ce noise-rock sec et dépouillé. L'influence est là mais en rien dérangeante. Honey For Petzi a suffisamment de maturité au compteur pour ne pas vulgairement copier. Car les Suisses se la coule plus douce. Le son se fait moins brut de décoffrage. Le dernier morceau " easy rider " n'a rien d'une chevauchée sauvage. Arpèges et mélancolie pour mélodie hypnotique. Réveil matin brumeux sur " la maison ". Introspection, coup de nerf, structures élaborées mais qui savent aussi aller à l'essentiel, finement jouées et tout en non-dit. Le trio marque peu à peu son territoire dans un style musical relativement usité. Un disque très plaisant à défaut de vous coller une bonne claque.
SKX (14/08/2003)

HONEYWELL
" industry " - Lp
Autometric 00
(autometric@hotmail.com)
Un train de retard. Loco et wagons compris. Il est vrai qu'il est bien difficile de suivre cette nébuleuse scène hardcore américaine où les disques sortent à un nombre d'exemplaires rachitique et dans un anonymat très commun. On ne remerciera donc jamais assez Autometric records de nous avoir repressé cet album de Honeywell qui a explosé en 1993 sur le label Mollycoddle. Un de ces groupes pionniers, sans qu'eux-mêmes le sache ou comment faire du hardcore chaotique avant tout le monde. On a trouvé les grands frères de Jerome's Dream, tous ces groupes hystériques avec ces voix criardes et qui tapent sur tout ce qui bouge. Une sacré chienlit ce Honeywell ! Et pas une ride au compteur 7 années plus tard. Du pur jus avec les traces des pneus encore sur l'asphalte. Un son 100% DIY. Du pur bruit de névrosés et des pétards qui fusent dans tous les sens. De quoi calmer plus d'un jeune. Depuis, trois membres sévissent dans Volume Eleven. On comprend mieux notre douleur. A vos classiques !
SKX (27/11/2000)
HOT CROSS
" a new set of lungs " - 10"
Robodog 01
Une croix bien visible, pour la tirer de loin. Un insert graphique tout rouge vif, sur des charbons ardents, c'est le tout nouveau groupe sur le feu d'une pléthore d'ex-machin-chose (Saetia, Neil Perry, You and I... ). On les voit arriver de loin avec ce gyrophare flamboyant. Ces 7 titres sont un habile condensé de toutes ces courtes mèches. L'influence prépondérante reste tout de même Saetia. Implosé de l'intérieur. Des restes de hardcore névrotique, de lignes à hautes tension à la fragilité palpable sous le nerf. Des mélodies zigzaguantes sous les salves. Chaotique, le mot est lâché. C'est néanmoins humain et émouvant. La musique de Hot Cross est bien de son époque. De là à la marquer au fer rouge, c'est un pas qu'il reste à franchir. En attendant de s'offrir une nouvelle pairs de poumons pour respirer un air frais, ce "a new set of lungs" est largement riche en oxygène pour une thérapie temporaire. Du bon boulot.
SKX (09/01/2002)
HUNGRY GHOSTS
" alone, alone " - CD
Smells Like records 00
Une histoire de fantômes affamés au pays des kangourous. Dénichés par Steve Shelley, le batteur de Sonic Youth, lors d'une de leur tournée méga-mondiale en terres australes, petits protégés de Rowland S. Howard, ex-Birthay Party, Hungry Ghosts devaient forcément voir un jour son ombre décoller du seul soleil de Melbourne. De là à les voir surexposer aux rayons les plus ardents, ya une limite que leur musique n'est pas prête à franchir. C'est à peine si on l'entend. Une tragédie en trois actes : "before then", "alone, alone" et enfin "no wake". La solitude, l'angoisse et puis plus rien. Au milieu de tout ça, une heure de musique pas gaie mais on s'en tape car c'est beau comme une histoire à chialer. Ca vous happe, vous transporte, c'est composé comme un film avec ses interludes, ces longues pièces, ces scènes incontournables. D'ailleurs ça fait musique de film, univers Lynch ou western et Morriccone avant le duel. Un trio qui use d'instruments à cordes, à vent, électrique, acoustique, sans tactique, libre comme le vent, où bon leur semble. Il faut prêter l'oreille. On entendrait presque le vent parfois. C'est lunaire et beau comme un désert australien. Avec ses multiples détails qui en font toute la richesse quand on y prête attention. Des airs désabusés comme un Tindersticks du pauvre, jouant avec la palette musicale d'un Comelade du bout du monde. Là dedans, vous y mettez toutes les influences que vous voulez, que même si vous êtes sensibles à Black Heart Procession, je dis pourquoi pas mas cet " Alone, alone " s'est fait tout seul tout seul et pour soigner son blues et se faire des images plein la tête, c'est idéal !
SKX (26/09/2000)

Hair Police
Obedience Cuts - CD
Freefom From 2004

Hair Police va faire friser plus d'un cheveu sur la tête de nos agents de l'ordre public. Groupe américain maniant percussions, guitare, voix et électronique. Pour l'instant, ça va encore. La difficulté vient du traitement qu'ils en font. Tout est saturation et distorsion. Leurs deux mamelles qu'ils tiraillent et cisaillent. Sadiques en plus de ça. Instruments noyés derrière une panoplie d'effets. Les larsens dans ta gueule, c'est pour toi. Les cymbales qu'on gifle, c'est encore pour toi. Le mur du son intégral. Ils ont la bonté de nous conseiller d'écouter ça le plus fort possible… Merci, c'est sympa. Tout est dans l'extrême. Ici, l'électronique ne se regarde pas le nombril et est considéré sous un angle punk et industriel. Ca descend de Trobbing Gristle, ça remonte par les tripes, ça fait passer Black Dice pour les petits branleurs qu'ils sont. Ils ont beau sonner les cloches le temps de reprendre son souffle sur " the empty socket ", Hair Police est sans pitié. Le pire, c'est que le temps de trois, quatre morceaux, ça fonctionne à merveille. Ca fait ressortir toute la bile en vous, ça nettoie en profondeur. Le monde apparaîtrait presque plus beau. Sur la longueur, c'est violemment déconseillé.

SKX (29/08/04)
website groupe www.geocities.com/hairpolice000
website label www.freedom-from.com | www.geocities.com/godsoftundra
sounds Lets_See_Whos_Here_clip.mp3 | Forged_By_Wreck_clip.mp3
C._Spencer_Yeh-Boneless_clip.mp3 | Full_of_Guts_clip.mp3

Heliogabale
Diving Rooms - CD
Autoproduction 2004

Alors qu'on les croyait parti fréquenter le même cimetière que Condense, Bästard, Prohibition et autres fantômes de la scène noise-rock française des années 90, les parisiens de Heliogabale renaissent après trois ans d'inactivité. Exit le label, exit le producteur au nom clinquant, Heliogabale fait tout lui-même avec les moyens du bord comme un jeune groupe de poulains prêts à en découdre comme au premier jour. Un retour aux sources à plus d'un titre. Ils nous avaient laissé avec un " Mobil Home " qui ne donnait pas l'envie d'y rester, vague post-rock noise et sampler tendance. Ils reviennent en 2004 avec toute la rage noise-rock de leurs débuts qui leur sied si bien au teint, retrouvant un second souffle. Dépoussiérage du style, électricité à tous les étages, dissonances princières, pièces labyrinthiques où rodent le mystère et la voix tour à tour âpre ou sensuelle de Sasha Andres comme maîtresse de cérémonie. Heliogabale connaît la manœuvre, ont suffisamment d'expérience derrière eux pour s'enregistrer sans l'aide d'un ingénieur de renom (bien au contraire) et l'exécution est parfaitement maîtrisée avec l'inspiration de personnes qui se sont tus trop longtemps. Leur noise-rock deuxième génération possède force et souplesse, avec cette trace de noirceur qui rajoute de l'épaisseur au propos et des élans lumineux pour capter l'attention d'un plus grand nombre. Un " diving rooms " qui ravive le passé, s'inscrit sans problème dans le présent pour un renouveau inattendu et réussi.

SKX (27/06/2004)
website groupe heliogabale.free.fr
sounds heliogabale.free.fr | rubrique "multimedia"

Hella
The Devil isn't red - CD
5 Rue Christine 2004

Après un premier album limpide et qui mettait tout le monde d'accord, le duo Hella s'était fourvoyé dans toute une panoplie de singles et maxi qui laissaient perplexe. Un franc besoin d'aller voir ailleurs chez notre duo de Sacramento se faisait sentir, l'envie d'expérimenter tous azimuts, ne pas s'enfermer dans une formule écrite à l'avance, casser la belle mécanique et oser un produit qui ferait grincer les dents. Tout ça n'était pas bien concluant mais avait le mérite de ne pas se reposer sur ses lauriers. Quid de ce nouvel album, à quelle sauce allions-nous être mangés? Hella a opté pour l'habile compromis. Ils gardent une grille de lecture lisible pour le commun des mortels, continuant ainsi le travail entrepris par "hold your horse is" tout en insufflant par savantes touches un esprit aventureux et ludique. Leur math-rock sonnent toujours complexe mais mélodique. La batterie est une mouche prisonnier d'un verre, cognant dans tous les sens et à grande vitesse. Le guitariste n'est plus le roi du tiping (cette bonne vieille technique qui consiste à balader ses dix doigts sur le manche de la guitare) et varie son approche. Vous avez le droit ainsi à des franches envolées qui brûlent tout derrière elles, des trucs incroyables à se cogner la tête, entrecoupés d'interludes bizarroïdes, des moments de répit pour une messe tout feu tout flamme qui laissent une vague impression de tourbillon diabolique. Hella se distingue et personnalise ses choix, trouvant sa voix à l'aise sur le chemin très embouteillé des duos, au même titre que Lightning Bolt ou Don Caballero à une autre époque. Le diable n'est pas rouge mais il tire quand même une sacré tronche!

SKX (28/03/2004)
website groupe www.hellaband.com
website label www.5rc.com
sounds TheMotherCouldBeYou.mp3

Hella | Fourtet
Divorce Series / Number One - 7"
Ache 2004

Ache (à vos souhaits), label canadien (Vancouver) inaugure une série de neuf split 45 tours censés "illustrer les similarités entre la création de l'analogie moderne et la musique électronique" dixit Ache. Avec les deux premiers prétendants, Hella et Fourtet, on peut dire que l'essai est concluant. Si Hella est présumé défendre le monde de l'analogique et Fourtet les bienfaits de l'électronique, on peut avouer que le résultat est très proche et que l'ouïe pourrait s'y méprendre. Hella montre avec son "stephen hawking has a posse" toute sa science du trompe l'œil. Avec leur technique sans faille, la précision chirurgicale du batteur, les effets de manche du guitariste et quelques nappes de claviers, leur morceau pourrait passer pour du break core prêt à chauffer n'importe quelle piste, à condition d'aimer la danse abstraite et bruyante tout de même! Un morceau de haut vol où tous leurs démons sont brillamment réunis. Avec Fourtet et son "both when i am alone and we both are", c'est musique samplée et super cut-ée, une mélodie acoustique passée au karsher avec le beat affolé, non, mon 45 n'est pas rayé. Avec encore un poil d'entraînement, le batteur de Hella pourrait faire pareil. Les armes sont différentes mais le rendu troublant de similitude. Un projet à suivre de très prêt lors des prochaines livraisons.

SKX (28/03/2004)
website groupe www.hellaband.com | www.fourtet.net
website label www.acherecords.com

Hint Hint
Young Days - CD
Suicide Squeeze 2004

Hint Hint est un jeune quintet de Seattle qui, en toute innocence, avait balancé une bombe en direction des dance-floor punk avec leur six titres " sex is everything " en 2003. Grandissant à vue d'œil, ils signent un premier album où, d'adolescents feu follets, ils passent sans crier gare au monde adulte et font preuve de sang froid et d'une mélancolie soudaine. La réalité les rattrape alors que leurs jeunes années s'écoulent. " Young Days " a été enregistré par Zach Reinig, l'habituel homme derrière les manettes des Black Heart Procession et ceci explique peut-être cela… Le rythme se fait toujours entraînant mais le piano de la charmante Leona Marrs prend de l'espace. Toujours moyen de taper du pied et de se trémousser le fondement mais une tristesse sourde infiltre les structures. Leur talent à développer des mélodies percutantes est toujours au-dessus de la moyenne. Sauf que là, les perfides, elles vous filent le bourdon. Mis à part sur deux, trois titres évidents comme " Long branch, New Jersey " ou " Natural Collegiate ", c'est de gravité que se drapent les compos, une piste de danse dans la pénombre avec ce qu'il faut de rage dans la voix de Peter Quirk pour accoucher d'une musique tout en contraste. Reflet d'une époque où la new-wave et le punk font bon ménage. Où on peut faire preuve de classe et de talent d'écriture tout en vous bottant les fesses dans le même geste. C'est avec retenue que l'on pénètre ce disque. C'est sur la durée qu'il s'impose. Un très bon album d'héritage punk-wave mené avec finesse, sobriété et une certaine dose d'urgence.

SKX (24/09/2204)
website groupe http://www.hinthint.org
website label http://www.suicidesqueeze.net
vinyl : www.sound-virus.com
sounds long_branch_new_jersey.mp3

NEW BRUTALISM / HIT SELF DESTRUCT
2 song split - 7"
Electric Human Project 03

New Brutalism fournit à la chaîne. Prolifique trio (avec un ex-Red Scare) dont les sorties se multiplient comme des petits pains. A l'écoute de ce titre "026", on se dit que le rendement prime sur la qualité. Un morceau passe-partout à la vaz-y-que-je-te-pousse! New Brutalism, c'est plus Shellac que Shellac et là, pour le coup, le père Albini peut dormir sur ces deux oreilles. Jetez plutôt les votres sur leurs albums. La découverte s'appelle Hit Self Destruct. Un nom qui claque. Leur liste de remerciements se résume à un "no thanks to anyone". C'est bon ça! N'allez pas croire que leur "aim for the jugular" soit pour autant bas du front. Une belle pièce noise-rock avec plein de rebondissements dans la batterie, de volonté de nuire mais avec la manière. On les verrait bien évoluer à la Ten Grand. Si ils ne s'auto détruisent pas d'ici là.

SKX (12/02/2004)
website groupe
thermionic.home.mindspring.com/nb
website label www.electrichumanproject.com

HK / Pledge Alliance
Split CD
Impure Muzik / Maldoror 2004

HK vient de Montceau-Les-Mines. Autant dire, pas la Mecque du rock'n'roll. Qu'importe l'endroit où tu te morfonds, la rage et l'envie sont les mêmes. HK, tantôt trio, tantôt à quatre, prêt à tout défoncer. Les regards portés sur ce hardcore si chaotique comme son époque, le reflet d'un monde qui leur donne le besoin impérieux de hurler leur frustration à la face du monde. On pourrait coucher une tonne de groupes comme références. Qu'importe une nouvelle fois, l'important, c'est d'y croire. Ca vole, c'est plein de tension interne, c'est très maîtrisé et inspiré. Trois titres qui s'écoutent sans broncher (mais faut prendre sur soi pour pas exploser). Pledge Alliance ne savait sans doute pas que ces quatre compos allaient être les dernières pour toujours. Depuis, certains membres sont repartis sur les routes formés The Plague Mass. Reste comme ultime témoignage pour ces Autrichiens, un hardcore plombé, une chape qui s'abat sur vous tel Catharsis. La batterie ne s'embarrasse pas de contre-temps. Voix virile, breaks puissants, ça ne fait pas dans le tiède sans pour autant sortir le grand jeu et sommes toutes assez convenu… Cette chronique ne serait pas complète sans mentionner l'effort particulier apporté à la pochette. Magnifique digipack cartonné et dépliant avec des paroles dans tous les sens et toutes les langues. Le verbe rejoint le geste.

SKX (29/08/04)
website groupe www.8ung.at/pledgealliance
website label www.impuremuzik.com | www.maldororcollective.com
sounds HK.mp3 | PLEDGE ALLIANCE.mp3

Hot Cross
Fair trades & farewells - 12''
Level Plane 2004

Le guitariste qui prend la basse et vice-versa. Le boss de Level Plane toujours derrière sa batterie. Billy Werner, un des trois anciens Saetia du groupe, au chant. Un second gratteux. La croix chaude sort à nouveau de sa tanière. Courte sortie puisque que six titres seulement. Mais c'est ma foi largement suffisant. Le son de Hot Cross se distingue par une débauche de guitares. Et là, limite autorisée presque dépassée. A gorge déployée, dans tous les sens, les arpèges en surrégime. Et surtout pas toujours au mieux de leur inspiration comme sur le laborieux " throw collars to the wind ". Le changement d'instruments entre les deux membres du groupe n'est pas à leur avantage. Vous rajoutez quelques chœurs pas trop bien sentis et vous obtenez vingt minutes qui en paraissent le double. Dans les meilleurs périodes, vous avez un honnête Hot Cross comme sur leur précédent album " Cryonics " mais dans le style hardcore/rock'n'roll, Hot Cross ne peut prétendre à la plus haute marche. Petite forme.

SKX (09/10/2004)
website groupe www.level-plane.com/hotcross/index.php
website labe www.level-plane.com
sounds www.hxcmp3.com/bands/1636

Hot Snakes
Audit in progress - CD
Swami 2004

C'est quasi transi d'émoi que chaque nouvelle livraison des Hot Snakes est attendue. On a pas idées de faire des albums aussi parfaits. " Automatic midnight ". " Suicide Invoice ". Deux albums qui laissent une trace indélébile dans chaque esprit frappé d'écoute et d'hallucination, de rêve de décapotable rouge, d'highway en plein milieu du désert, ça défile à toute allure, des envies de grand nulle part, le blouson noir qui sommeille en vous, de filles faciles et des bourre pif distribués à toutes volées. " Audit in progress " réussit encore le tour de force de pas nous décevoir. La recette est sommairement toujours la même mais quel talent de compositeurs. Rick Farr et John Reis, une solide amitié qui les unit depuis Drive Like Jehu, malgré les nombreuses infidélités du deuxième nommé (Rocket from the Crypt, The Sultans). Un vieux couple unit pour le meilleur, en espérant qu'ils se séparent avant que l'inévitable pire arrive. Ca ne sera pas pour ce coup ci. Un nouveau batteur a débarqué (Mario Rubalcaba) mais le rythme reste toujours aussi soutenu. On peut même avancer que c'est leur album le plus remuant. Au diable les ballades si poignantes des deux précédents albums. Ca fonce droit devant. La quarantaine, connais pas. Le temps n'a pas de prise sur la voix de braise de Rick Farr. Ensorcelante. Hot Snakes, c'est presque un mystère. Comment un groupe aussi basique peut-il séduire autant ?! Le couplet, le refrain, le couplet. Entêtant jusqu'au bout de la nuit! Noir, tendu. The Saints version 2000, des "I'm stranded" qui court partout nu comme des vers. La classe, la grande, rock jusqu'au bout des boots. Hypra simple et c'est bondieusement bon, putain de merde !! Ivre de Hot Snakes.

SKX (14/11/2004)
website groupe www.hotsnakes.com
website label www.swamirecords.com
sounds HI-LIGHTS.mp3

Hugs
The tarpit - Cd
Waking 2004

Solide disque que voilà! Plein d'une furie positive, d'angles pointus et de taureau pris par les cornes. Tremble Amérique, tremble ! On parle ici hardcore chaotique, avec passion et une rasée de tripes. Des éléments de hardcore 90 à la Antioch Arrow, à fleur de peau et un son noisy qui les rend très attachant. Des riffs qui sonnent la révolte. Une voix qui caresse comme du scotch-britt. Une fourmilière de guitares. Cette lave n'est pas inconnue mais Hugs, avec ce premier album qui fait suite à un 12'' uniface, se fait remarquer avec une justesse de ton et un entrain congénital qui fait bouger dans le bon sens. Ils arrivent même à se distinguer du lot par un surprenant morceau de 13 minutes dont je ne peux m'empêcher de vous livrer le titre " Jesus nike brad pitt hard on " (pauvre Jesus). Le hardcore joue les prolongations et autant vous dire que ce morceau est épique. Sauf une accalmie au beau milieu, c'est une longue décharge continue, une explosion caractérisée et inconsciente, propre à être dénoncé aux autorités locales, en l'occurrence l'Iowa pour ces quatre petits gars. L'Amérique profonde dans tout ce qu'elle a de plus sincère et juteuse.

SKX (13/11/2004)
website groupe hugskill.tripod.com
website label www.wakingrecords.com
sounds mike_witry_was_a_good_kid.mp3

Hanged Up
Clatter for control - CD
Constellation 2005

La formule Hanged Up est désormais bien huilée et connue de tous. Une batterie, un violon et tout un tas de possibilités. Le duo canadien connaît la musique et nous aussi. C'est peut-être là que le bas blesse. Mais il ne faudrait pas être bégueule. Ce troisième album des Hanged Up est toujours aussi envoûtant et si l'effet de surprise n'est plus de mise, on se laisse avoir encore une fois par ces atmosphères urbaines et ténébreuses. On a même pour la première fois droit à un chant, si on peut qualifier de la sorte, les plaintes qui sortent de la bouche de Gen Heistek la violoniste quand elle crie dans le micro de son violon sur Fuck this place avec la présence de la basse de Harris Newman (Hrsta, Sackville). Ambiances toutes tordues, ambiances fiévreuses et fortement rythmées, ambiances mélancoliques voir carrément mélodiques, Hanged Up est passé maître dans l'art de varier les plaisirs avec tout leur attirail d'effets qu'ils font subir à leurs instruments respectifs. Du bruit le plus suffocant au silence le plus inquiétant, Hanged Up, c'est charnel ou très sec. Vous en prendrez bien encore une fois !

SKX (11/11/2005)
website label www.cstrecords.com
sounds Klang_Klang.mp3

Hella
Church Gone Wild /Chirpin Hard - 2xCDs
Suicide Squeeze 2005

La dualité Hella. On ne parlera pas de duo mais de deux personnes jouent l'un avec l'autre et non pas ensemble, la nuance est de taille. J'ai eu l'occasion (notez bien que j'ai dit " occasion " et non pas " chance ") de passer un semaine avec eux en Italie l'année dernière et c'était à se demander par quel hasard ces deux personnages (Zach Hill le batteur et Spencer Seim le guitariste) s'étaient retrouvés à former un groupe. Les seuls paroles échangées ont dû être " passe moi le sel " et " peux-tu baisser ton putain d'ampli " (là c'était le batteur qui parlait). Drôle de groupe… Il n'est donc pas surprenant de constater que ce troisième album est un double avec chacun sa face. Le disque du batteur. Le disque du guitariste. Chacun joue de tous les instruments sur chacune de ces compositions. Un groupe soudé j'vous dis. On se demande encore pourquoi ils ont sortis ça sous le nom de Hella. Surtout que musicalement, le Hella tel qu'on le connaissait est mort et enterré. La face Hill est sans doute la plus surprenante. Une symphonie bruitiste plus proche de l'univers de Fœtus que n'importe quel groupe math-rock. On connaît le jeu généreux et extrême du bonhomme. Sa façon de composer est à l'identique. Superpositions de samples, de voix des deux sexes, de guitares, de bruit débarqués du grand n'importe quoi et de batterie bien sûr mais mise en retrait. Le batteur s'efface devant un personnage tentaculaire avec 15000 idées à la minute. Ca confine à une logorrhée auditive, trop c'est trop. C'est très personnel. Parfois la sauce prend, l'infernale machine se met en place mais trop souvent, on ne saisit pas où il veut en venir, un grand déballage pour rien, le bruit pour le plaisir du bruit. Il coupe les ponts. Il coupe tout. Qui m'aime me suive. Avec Spencer Seim, on repose les pieds sur terre. De ce double album, c'est sans doute la version dans laquelle les fans de Hella se reconnaitront. On retrouve dans certaines mélodies son délire jeu vidéo entamé avec son autre projet The Advantage. A savoir, reprendre tous les thèmes des jeux Nintendo en version rock. Un délire comme un autre mais qui reste très anecdotique. Sur ce disque, il fait tout en solo, notamment la batterie qu'il assure déjà au sein de The Advantage. Un jeu forcément moins pieuvre humaine que son compère né avec des baguettes au bout des bras. Machines et boite à rythme viennent régulièrement l'aider à faire mousser ses mélodies pour adolescents attardés qui ont oublié de couper le cordon ombilical qui les relie à leur console de jeu. C'est rigolo. Dans un bon jour, je dirais même plaisant mais ça reste quand même pas folichon à l'arrivée. Hella - ou ce qu'il en reste - vient de prendre un drôle de virage. Le seul duo un plus un qui, par une mystérieuse force, continue vaille que vaille, cote à cote, des frères ennemis que rien ne rapproche, et pourtant, les deux ensemble, c'était monts et merveilles, l'alchimie du contraire en fusion. Séparément, ça s'éparpille et ça vaut plus grand-chose. Le fil va bien finir par se rompre. Chacun son chemin, à explorer sa propre voie mais les gars, laisser votre gosse Hella tranquille.

SKX (08/06/2005)
website groupe www.hellaband.com
website label www.suicidesqueeze.net
sounds we_was_just_boys.mp3 | song_from%20uncle_ch.mp3

Hell Demonio
Greatest Hits - CD
Robotradio / Wallace 2005

Greatest Hits en forme de boutade car ces 7 morceaux sont les tout premiers jamais écrits dans la courte vie de ce groupe italien. Vérone 2004. Quatre jeunes dans le vent décident comme des milliards d'autres de former un groupe et se lancent directement dans le grand bain du rock'n'roll, entament les scènes et enregistrent avec les technologies modernes (studio portable) un CD d'un quart d'heure qui risquent de se consumer vite fait tellement c'est chaud là dedans ! Ca démarre sur un riff à la Rye Coalition avec un je ne sais quoi de la candeur d'un At The Drive In. Les morceaux s'enchaînent sans temps mort, un chanteur qui donne tout ce qu'il a, on en ressort tout transpirant. L'avenir est devant eux !

SKX (29/11/2005)
website groupe www.helldemonio.com
website label www.robotradiorecords.com | www.wallacerecords.com
sounds metalmaximizer.mp3 | thebeamynihilisticsword.mp3

Herr K
Self-titled - CDr
Not Not Fun records 2005

Pur apôtre du Do It Yoursef, Not not fun records (Los Angeles) pond des objets faits maison avec un catalogue de groupes inconnus qui mériteraient que l'on si attarde… Débutons par Herr K. Dans une magnifique enveloppe cartonnée typiquement américaine avec timbre russe estampillé véridique et peinte aux pieds, Herr K sort 7 titres qui nous renvoient aux plus belles heures de Unwound (pour la face mélodique), Distorted Pony (pour les passages bruyants et l'urgence des guitares) et Sonic Youth (particulièrement saisissant sur le dernier titre de 6 minutes Corked with glue / written in tongue). Un son qui manque de moyens pour donner la véritable ampleur que méritent ces morceaux mais la source est là et elle est très bonne. Mais toute cette nostalgie s'explique quand on y regarde de plus près. Ce bout de disque est sorti fin 90 ! Depuis, certains des membres ont formé Silver Daggers. L'approche reste bruyante et orgiaque mais la musique plus personnelle et surtout actuelle et les disques aussi DIY et introuvable. Pour ceux qui n'ont pas eu leur dose à l'époque.

SKX (29/11/2005)
website groupe silverdaggers.tk
website label www.notnotfun.com

Holy Shroud
Ghost repeaters - CD
Level Plane 2005

Formé à l'hiver 2003 sur les cendres encore fumantes des groupes canadiens North of America et The Plan, Holy Shroud met l'eau à la bouche. Michael Catano, batteur de NOA et guitariste/chanteur des fabuleux The Plan, accompagné de son ex nouveau compagnon au sein de NOA, Jim MacAlpine (un gars qui fonctionne au turbo) ne tenaient pas à s'arrêter en route et reprennent les choses au même point (mort) qu'ils les avaient choir avec leurs formations précédentes. A savoir un rock/hardcore qui se veut intense et passionné, beau et violent à la manière de Yage, Funeral Diner et toute une pléiade de groupes dont la liste ferait pâlir Schindler. Mais ce premier essai est relativement lisse et transparent dans le genre. On sent comme une dichotomie dans les compositions. Quand c'est Catano qui s'y colle, il apporte, notamment avec son chant, de l'épaisseur et du nerf. Par contre, quand c'est son compère, le MacAlpine, il coupe les effets (l'Alpine coupé sans doute) et décalotte les compositions de toute substance dont la lettre " L" de son patronyme ne tient plus qu'à une lettre. Bon d'accord je sors. A force d'entendre passer entre mes deux feuilles de chou ce genre de musique, j'ai les neurones qui s'emballent. Et quand les deux compagnons de la compo s'assemblent, ce n'est pas pour le meilleur. Holy Shroud assure un service minimum mais très passe-partout, rien qui ne puisse tirer de la torpeur et vers le haut un type de hardcore qui a fait son temps si on ne lui met pas une bonne branlée dans les conventions. " Ghost Repeaters " clament-ils ?

SKX (08/09/2005)
website label www.level-plane.com

Honey for Petzi
Man's rage for black ham - CD
Gentlemen - Ruminance 2005

De sa Suisse tranquille, Honey for Petzi poursuit son bonhomme de chemin. Sans forcer sa nature et divaguer de ses repères rassurant. Le rock non-violent généreusement équationné par des règles arithmétiques dont la compréhension reste abordable en dépit de votre faible niveau en la matière continue de gérer leur musique. Leurs compagnons de route ont souvent porté comme nom Chevreuil. La vision des choses est commune. Sauf que Honey for Petzi teinte son rock d'escarmouches électroniques et que la partie rock a beaucoup moins d'allant et d'angles que le duo nantais. L'album coule tout seul. Dans le sens du poil. Frais et poliment dissonant. C'est même agréable sous forte chaleur. Des morceaux alertes et dynamiques, une voix sur Freakitten, des pauses inutiles vu que ce n'est jamais la course effrénée non plus et une fin d'album qui s'évapore dans les méandres du modernisme. Leurs volutes sont belles à regarder mais tout ça est vide. Une fois écouté, on y pense même plus. Je ne sais pas si ils le fument le jambon noir mais Honey for Petzi feraient bien d'y mordre un peu.

SKX (11/07/2005)
website label ruminance.free.fr | www.gentlemen.ch

Hypos
s/t LP
Non Conforme 2005


Hypos, trio bordelais, sort son premier bout de vinyl. Un 33 tours gravé d'un seul coté. Trois morceaux mystérieux et sans tête. Le groupe si dit fortement influencé par la scène New-Yorkaise (de Rhys Chatam à Lydia Lunch). Il faut le deviner. Rien ne transparaît sinon la face sombre et menaçante de cette ville aux multiples entrées. Hypos développe une musique minimaliste noise instrumentale où la texture et la recherche sur le son des instruments sont plus importantes que le fracas des amplis. Climat onirique et chancelant, un brin de Sonic Youth dans la guitare (" Lux "), une rythmique inventive, ce son de basse qui vous hante. Hypos travaille la structure, joue les faux-semblants, la crise sous-jacente, les explosions électriques contenues. C'est fait avec classe, une certaine froideur, celle qui envoûte mine de rien et que l'on suit en silence, anonyme dans ses rues sans visage, l'avantage des grandes mégalopoles, l'influence noyée dans le charbon. Avec une telle carte de visite et brouillage de piste, ils peuvent aller se perdre dans n'importe quelle direction. Hypos ne manque pas de sel et on suivra attentivement leur future quête.

SKX (01/05/2005)
website groupe hypos.site.free.fr
video hypos.site.free.fr

The Hospitals
I've Visited the Island of Jocks and Jazz - CD
Load 2005


Comme une odeur de pneu crevé. Sans doute le truc le plus mélodique (dites le avec une pincette sur le nez) que Load records est sorti mais salement vitriolé. The Hospitals, trois fous furieux de San Francisco. Deux guitares, une batterie, multiples voix et une attitude de beaux branleurs. Une grosse friture continuelle sur la ligne, enregistré dans le trou du cul d'un chameau, c'est la méthode Pussy Galore appliquée à l'acidité des Telescopes. Vas y comme j'te pousse. On ne peut même pas parler de gros mur du son mais d'un mur lézardé avec des pics sur le dessus et du barbelé autour. La technique est rudimentaire mais seul compte le comportement et la façon de le dire. L'espace de quelques instants, c'est parfait. Pour le reste, c'est le chemin de croix. Hôpital psychiatrique.

SKX (13/12/2005)
website label www.loadrecords.com
sounds richpeople.mp3

Haram
Self-titled - CD
Lovitt 2006

Haram, c'est nouveau et c'est pas nouveau. Des anciens Majority Rule, City of Caterpillar, Page 99 et le tour est joué. Ou comment débuté fort dans la vie avec un premier album remarquable. Je lis à gauche à droite que ce groupe a tout de Drive Like Jehu. Je veux bien mais c'est surtout de la fainéantise. Si il suffit d'avoir deux guitares généreuses en riffs et des rythmes entraînants, la moitié au bas mot des groupes depuis 10 ans sont des copies du groupe de San Diego. Alors oui, Haram sait faire divaguer ses 12 cordes au total avec énergie et vivacité. Oui Haram sait accoucher de morceaux à vous rouler par terre, de mélodies qui vous dévorent à petit feu, une voix qui sait mettre de l'intensité sans vomir ses tripes, un truc audible quoi et ça fait du bien. Oui les rythmes sont trépidants et taillés pour la route. Mais le passé des membres dans les méandres d'un hardcore-noise autrement saignant n'est pas si lointain. Haram, c'est plus direct, c'est plus cru et noisy dans le son, c'est du rock foutrement aguicheur mais sale juste ce qu'il faut derrière les oreilles et un peu plus bas aussi, pas si complexe qu'on voudrait bien nous laisser croire avec des morceaux qui nécessitent juste un peu de temps pour de dévoiler entièrement. Du rock, l'urgence, la puissance et l'esthétisme qui va avec.

SKX (16/08/2006)
website groupe www.harammusic.com
website label www.lovitt.com
sounds FadeAway.mp3

Head Wound City
Self-titled 10''
31G records 2005

Head Wound City est une réunion dont on ne dira pas qu'elle est au sommet mais qui compte quelques membres des illustres Blood Brothers, The Locust et Yeah Yeah Yeahs. C'est un groupe comme le label 31G les aime. Hystérique, gueulard, chaotique et qui s'exprime en moins de deux minutes chronos. On pense forcément à Locust et Blood Brothers. Pas besoin d'aller chercher bien loin les comparaisons, c'est servi sur un plateau. Sept titres en moins de dix minutes qui ne laissent pas repousser l'herbe sur le bitume après le passage de la horde sauvage qui connaît la recette sur le bout de leurs ceintures cloutées, qui l'exécute parfaitement mais qui ne bénéficie d'aucun effet de surprise. Produit de série de qualité.

(01/01/2006 !)
website label www.threeoneg.com
sounds headwoundcity_03.mp3


 
retour haut