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ARCHIVES 1999 - 2010
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HAIR POLICE Obedience Cuts
HALLUX VALGUS s/t
HALLUX VALGUS Gale = Paranoïa + Psychose + Frustration
HANDS UP WHO WANTS TO DIE Buffalo Buffalo Buffalo Buffalo Buffalo
HANDS UP WHO WANTS TO DIE / I'LL EAT YOUR FACE Split 10''

HANGED UP
Kicker in tow
HANGED UP s/t
HANGED UP Clatter for control
HAPI WIZZ musique brute et non travaillée mais structurée
HARAM Self-titled
HARVEY MILK self titled / The Bob Weston Sessions
HAWKS Barnburner
HAWKS Rub
HAWKS- CAFE FLESH split 7''
HAYMARKET RIOT s/t
HEADWAR Hopital Torture Punition IV
HEADWAX s/t
HEAD WOUND CITY Self-titled 10''

HEALTH Self-titled
HEBOSAGIL Herätys - 7''
HEBOSAGIL Ura

HELGOLAND
dust
HELIOGABALE Diving Rooms
HELIOGABALE Blood

HELL NO weird weirdo
HELLA hold your horse is
HELLA The Devil isn't red
HELLA Church Gone Wild /Chirpin Hard
HELLA /FOURTET
Divorce Series / Number One
HELLA there is no 666 in outer space / Acoustics / Concentration face / homeboy
HELLA Tripper
HELL DEMONIO Greatest Hits
HELL DEMONIO Discography

HELMS McCarthy
HELP GNASH RED Self-titled - Bank note torture chamber / Boo button - 7''
HERO OF A HUNDRED FIGHTS the remote, the cold
HERO OF A HUNDRED FIGHTS s/t
HERR K Self-titled
HERVEE Germanische verzione

HEY COLOSSUS RRR
HEY COLOSSUS & THE VAN HALEN TIME CAPSULE
Eurogrumble Vol. 1

HEY COLOSSUS / DETHSCALATOR Split LP
HEY ! TONAL Self-titled
THE HEX no car
HIKING Trenches / Bikini Atol - 7''
HINT HINT Sex is everything
HINT HINT Young Days
HIROSHIMA MON AMOUR / SLOGAN Incipit
HIS MISCHIEF Summer's Eve
HITCH Clair.Obscur
HIT SELF DESTRUCT / NEW BRUTALISM 2 song split - 7"
HK / PLEDGE ALLIANCE Split CD
HKY self titled
H.O.F. / LYDIA LUNCH 7''
HOLLY SHROUD Ghost repeaters
HOLLYWOOD Baltimore Queens - 7''
THE HOLY KISS Shot love on a black line
THE HOLY KISS Under noon at night

HONEY FOR PETZI Nicholson
HONEY FOR PETZI Man's rage for black ham
HONEYWELL industry
HOOVES NOT HANDS Swollen
HORNS The Raven - The Demon and the satyr
HORSEBACK The Invisible Mountain
THE HOSPITALS I've Visited the Island of Jocks and Jazz
HOT CROSS a new set of lungs
HOT CROSS Fair trades & farewells
HOT SNAKES Audit in progress
HUGS The tarpit
HUNGRY GHOSTS
alone, alone

HUNT CLUB self-titled
HUNTING LODGE Energy czar
HYPOS s/t LP


HANGED UP
" Kicker in tow " - CD
Constellation 02
La limite d'une barge silencieuse heurtant les recoins d'une nuit. L'étrange collision entre le violoncelle de Gen Heistek et la batterie de Eric Craven. Des larmes, des cris, de la chair en mouvement, une angoisse sourde sous les stridences des cordes. Tout commence comme dans un songe avec " kicker in tow ", le premier morceau. Hymne hypnotique, frénésie du rythme montant, s'échappant, du violoncelle qui vous serre la gorge, perd toutes notions, la transe, une envolée qui vous emmène très haut et vous laisse chancelant sur le bord de la route six minutes plus loin. Après ce coup de butoir qui redéfile sans cesse, le paysage se tend. Le climat s'écorche sur des sonorités de ferrailles, la tournure des évènements devient expérimentale. Par rapport au premier album, le son gagne en richesse, le duo d'instruments de base s'épaissit dans les effets. La batterie regorge d'éléments sur lesquels taper. Cérémonie hivernale. Jamais le rythme ne vient prendre le pas sur l'ambiance. Les instruments se mettent au service d'atmosphères inquiétantes, urbaines, voir l'hypnose des grands fonds quand l'écho de la batterie joue les sonars. La texture respecte les silences et les murmures. Et jamais, malgré cet aspect lugubre et pas évident, vous ne décrocherez. Le violoncelle possède ce don de vous ensorceler. Ces compositions ont de l'épaisseur. Un grain qui vous apporte un fatras d'émotions contradictoires qui jamais ne cède devant le coté expérimentale de la chose. Neuf instrumentaux de toute beauté, sombres et envoûtants, que tous fans de The Ex et autres musiques déroutantes ne manqueront pas d'apprécier. Assurément la meilleure chose qui soit arrivé au label canadien Constellation record depuis des lustres ! Un écueil sur lequel se fracasser.
SKX (24/02/2003)

HANGED UP
" s/t " - CD
Constellation 01
La sphère Constellation records sort de son antre une nouvelle entité original. Loin des familles nombreuses à la Godspeed You Black Emperor, Hangedup donne dans l'intimiste. Un duo pas banal violoncelle-batterie. Les cordes et l'archer pour la dame (Geneviève Heisteck). Les baguettes pour monsieur (Eric Craven). Formule déroutante aux premiers abords. Mais on est vite conquit par l'agencement des pièces. Huit au total, où l'espace est rondement rempli. Des rythmes inventifs, généreux, la sauce monte, la transe approche. Le violoncelle enrobe, enjolive, suit le rythme, tisse ses fils, dérape, copule, crisse des quatre pieds. Les silences marquent la cadence. Un ou deux collègues de passage aident par une basse, un cri ou des enregistrements cassettes lo-fi à combler les éventuels vides. Une parfaite harmonie entre ces deux instruments. Un charme définitivement Europe de l'Est, plein de finesse et de chaleur sous l'apparente austérité. Comme si la batterie de The Ex restait en tête à tête avec le violoncelle de Tom Cora. C'est pour dire le bonheur qui vous guette!
SKX (11/06/2002)
HAPI WIZZ
" musique brute et non travaillée mais structurée " - LP
Potagers Natures 00
Parmi toutes ces portes qui se présentent à moi, laquelle vais-je ouvrir? Au fin fond des ruelles les plus anodines de Bordeaux la paisible sévit un groupe que l'anonymat n'effraie pas. C'est à l'étranger, le hollandais de passage, j'ai nommé THE EX, que l'on doit la découverte de ce trio HAPI WIZZ (à l'orthographe aléatoire, c'est selon votre humeur). Une venue en terre girondine a révélé, à nos bataves préférés, ce jeune groupe qui bouillonnait en première partie. Buvant leurs saintes paroles, l'histoire était écrite et ce premier disque, un 4 titres, ne pouvait qu'échouer entre nos mains. La description de leur concert était épique, les hollandais n'étant pas avares de louanges. Paroles entendues :"ça partait dans tous les sens, une énergie dingue, ils s'arrêtaient en plein morceaux, discutaient entre eux, reprenaient, trituraient les cordes, psalmodiaient, c'était fou"! Une idée, plus ou moins bien retranscrite, de ce qu'il nous attend avec ce disque. Ils ont en effet aucun respect pour les morceaux dont les parties sont multiples. Rythmes sautillants et alertes, morceaux sans queue ni tête (où alors je les ai pas trouvées), très longs en général, guitare et basse inarrêtables et dont le sens de la discussion échappe à toute logique. J'en perds mon latin! Forcément, ça tendance à l'éparpillement et l'intensité se dilue dans les méandres des compositions. Le son reste jeune et on y perd sans doute beaucoup, rapport aux prestations scéniques. Au diable! Ces quatre titres bancales vivent, respirent, trébuchent, prennent la fuite, ne jouent pas les gros bras à la récré. C'est humain, soumis à aucune contrainte. Sorte de jazz-punk-core à la sauce Cheval de Frise électrifié et juvénile. Comme dirait le commentateur sportif ou le prof d'école, le potentiel est là, reste à le travailler. Pas trop non plus, ça perdrait de son charme. Un disque qui tient debout tout seul, sans les roulettes sur le coté.
SKX (20/07/2001)

HAYMARKET RIOT
" s/t " - CDEP
Divot 00
Si je vous annonce comme ça, l'air de rien, que ce nouveau groupe est composé d'anciens membres de Radio Flyer, Gauge, Hubcap ou Orwell, ça va pas vous avancer à grand-chose. Surtout que perso, je les connais pas ces groupes. A peine de nom, c'est dire ! Donc moi non plus, me voilà pas avancer. Je tourne en rond. Que la formation est bêtement classique, ce qui n'est pas un problème en soi. Un bon guitare-basse-batterie-chanteur, on fait rarement mieux. Mais ça court les rues. Donc on y voit pas beaucoup plus clair. Et c'est bien ça le problème de ce 5 titres. Ya rien à quoi s'accrocher, bien en panne pour vous narrer cette nouvelle aventure musicale pas franchement hautes en couleurs. C'est universel et bâtard en même temps. Ca ressemble à tout et à rien. J'ai même pas une bonne blague à vous raconter sur eux, une anecdote croustillante qui éclaircirai cette chronique, qui mine de rien s'étale déjà pas mal sans que rien ne soit dit ! C'est du rock quoi ! Sans passion particulière, sans mauvais goût non plus. Des guitares qui pavoisent, des rythmes sans entrains. Bon d'accord..... Ca manque juste de personnalité et ça fait même pas rigoler. Et on peut pas dire que ça soit mauvais par ailleurs. Les mecs assurent, pas de problèmes. Nan là, franchement, j'vois pas !
SKX (17/08/2000)
HELGOLAND
" dust " - 7"
Music'a la coque 01
Au pays des légos musicaux sévit une étrange fanfare allemande. Helgoland, trublion sonore, spécialisé dans le collage et le détartrage. Et c'est tout normal de les retrouver sur l'iconoclaste label italien de Bz Bz Ueu, Music'A la Coque. La face "dust" dépoussière les tympans en passant très allègrement de beatbox-jazz à la musique sur Nintendo, de la bande son d'un James Bond à du classique pas classique, le tout habité par un esprit "core" quelquechose! J'en perds mon latin! Autre face, autres moeurs. On retombe sur une bande son mais cette fois ci version bande dessinée pour une réinterprétation d'une musique traditionnelle alpine. Et on s'achève avec un "rabbit brand" à mettre sur toutes les consoles de jeux pour égayer vos chères têtes blondes. Beep beep!! Excellent pour animer vos fins de soirées.
SKX (21/02/2002)
HELL NO
" weird weirdo " - CDEP
Handi-Kraft records 99
C'est si bon de se faire botter le cul ! Je veux dire par-là, tas de lavasses que vous êtes tous, si le post-rock doit devenir cet antre mou pour coincés du bulbe, Hell No vous remettra les pendules à l'heure ! De la jouissance, de l'instinct, du plaisir brut. Calcul mental zéro mais l'envie de vous tordre, vous vider les tripes, de vous rappeler ce que le mot " rock " signifie, cet esprit proche de l'hallucination et de la révolte, sortez vos p'tits zyeux-zyeux de vos orbites-beats ! Hell No en impose (à l'instar de Kill van Kull), n'est pas là pour plaisanter (" cancer better not fuck with my body ") mais n'en faites pas des brutes épaisses. Lisez : tant de finesse dans une musique brutale. Dommage que sur ce 5 titres, emballés dans carton épais pour petits durs, 2 figuraient déjà sur un précédent single...
SKX (20/04/1999)
HELLA
" hold your horse is " - CD
5 rue Christine (CD) / Frenetic (Lp) 02
Les duos se ramassent à la pelle par les temps qui court. Batterie-basse, batterie-guitare mais toujours batterie, les ménages à deux deviennent une norme bien établie dans le milieu rock. Celui-ci est à six cordes et il est phénoménale! La crème de la crème, oubliez tous les autres, ce ménage, c'est du solide. Au départ, on pense qu'ils sont toute une famille nombreuse tellement c'est complexe avec des cordes et des rythmes dans tous les sens. Le temps de se retourner et on se retrouve face à face avec deux p'tits gars de Sacramento (Spencer Seim - guitare - et Zach Hill - batterie). Chapeau messieurs, votre première réalisation est un coup de maître. C'est Oxes et Cheval de Frise tout mélangés, malaxés, transcendés. Une batterie très inventive, caisse claire douze frappes à la secondes, pièces métalliques. C'est le batteur de Melt-Banana, Lightning Bolt et Don Caballero, un homme bionique qui contrôle sa force, sachant calmer ses ardeurs quand il le faut. Le guitariste est du même acabit et mon tout ne sonne jamais cacophonique tant ils savent insuffler mélodies, malice et habileté dans ces neuf titres à couper le souffle. Ca vit dans le nerf, c'est enlevé et ça ferait danser un squelette. Vous l'aurez compris, c'est une révélation comme on n'en rencontre qu'une seule fois dans l'année. Un ménage qu'on espère éternel.
SKX (19/04/2002)
HELMS
" McCarthy " - CD
Kimchee 02
Entre chien et loup, quand tout devient mystère, l'hésitation permise entre les pulsations d'une journée qui s'écoule et le calme trompeur d'une nuit qui s'annonce, le doute, choisir son camp, rester entre deux mondes. Helms, trio originaire du Massachusetts, reste à l'affût. Un équilibre savamment travaillé entre ombre, silences apprivoisés et petites décharges électriques. Quand chaque titre a du mal à s'engager sur une voie bien précise, il en ressort un album impressionniste où les chansons ont comme un goût d'inachevé, l'ouverture sur l'infini. Au départ, il était une fois Slint, groupe majeur qui décida sûrement un jour Helms à prendre les armes. Et si Helms, avec ce deuxième album, apprend à s'éloigner de la source, on ressent sans cesse cette aura pesante sur le dynamisme des compositions. Ce chant, parlé et posément triste, cette tension qui ne demande qu'à exploser, ces mélodies qui vont de l'avant, progressent par boucles successives et disparaissent dans un grand souffle de poussière. Helms opère par petites touches, navigue entre deux eaux, le plus souvent tapis dans l'ombre, sortant juste pour des frappes courtes et détaillées. Un " McCarthy " sans effet de surprise mais des contes irréels narrés avec finesse et conviction pour pénétrer la nuit noire en douceur non sans une certaine inquiétude…
SKX (08/04/2003)
HERO OF A HUNDRED FIGHTS
" the remote, the cold " - CDEP
Divot 01


C'est avec la plus grande suspicion que j'abordais ce maxi quatre titres. Entre leur premier album des plus convaincant dans le trip Don Caballero décomplexé et chantant et deux titres pâlichons témoignant d'une évolution de personnel sur la compilation "4 ways stop", je ne savais plus sur quel pied danser avec ces héros sur la pente descendante. Le combat prenait une drôle de tournure et avec cette nouvelle sortie, difficile de dire qui est le gagnant. En tout cas, la guerre continue. On lorgne de plus en plus vers une version édulcorée de Craw. Une matière noisecore malaxée, malmenée, tiraillée dans tous le sens avec une section rythmique des plus coriace et charpentée comme un bûcheron, une guitare en retrait qui essaye de faire entendre ses mélodies discrètes. Et puis reste le problème de la voix. Le majeur problème qui fait tout déraper. J'y arrive tout simplement pas. Trop d'emphase, trop en avant, trop de décalage avec la rudesse du reste de la troupe. Le bassiste, unique chanteur hargneux sur le 1er album, se contente de faire les choeurs désormais et le nouveau chanteur se taille la part du lion. Pour ce coup-ci, on aurait gagné un groupe instrumental qu'on aurait pas craché dans la soupe. Mais entre-temps, le champ de bataille s'agite à nouveau. Hero of 100 fights vient d'annuler deux mois de campagne aux USA. Désertion et changement de combattants semblent à l'ordre du jour. Les généraux se seraient-ils aperçus que les dernières recrues n'étaient pas à la hauteur?! La guerre est loin d'être gagnée....
SKX (23/05/2001)

HERO OF A HUNDRED FIGHTS
" s/t " - Lp
404 records 99
Halte obligatoire! Sur les traces encore fumantes de BRASS KNUCKLES FOR THOUGH GUYS, Chris Grove,bassiste-chanteur (et boss de 404 rds) reforme illico-presto un trio d'un cru inestimable. Les bases restent identiques. Noise chaotique en maths sup. Sciences du rythme et du contretemps édifiant. Avec cette voix toujours aussi éraillée et prenante, la voix scotch-brit! Et un sens de la compo encore plus saisissant. Délié et concis dans un même exploit, gestion parfaite des passages calmes, et tout est relatif, changement de structures en plein vol, le feu, l'eau, la terre. On survole sur la technique des musiciens, ça passe tout seul. Formule allégée, costaud à l'intérieur, un vrai bonheur. Pas la peine d'attendre les 100 combats pour les imposer dès le 1er round au firmament de la scène noise-rock américaine!!
SKX (15/11/1999)

THE HEX
" no car " - CDEP
Troubleman Unlimited 00
Voilà un patronyme qui ne va pas manquer d'en troubler plus d'un. Il faudra faire attention à son inspiration pour ne pas rater le "h" et les confondre avec nos hollandais quarantenaires. Des nouveaux venus dans l'écurie Troubleman, des nouveaux tout court d'ailleurs. Mais on sait d'où ils viennent pourtant ! Des oreilles averties qui ont traînées du coté des groupes punk anglais fin 70's, début 80's, Wire en tête et en grande forme. Cinq titres dépouillés et minimalistes. Pas de saturations, pas de distos, pas d'émulsifiants et encore moins de colorants. Mais du ressort et de la dynamique, ça fourmille et ça sautille. Arrosé le tout d'un petit parfum rétro à la Make-Up et ce premier jet a de quoi faire frémir les plus sensibles. Encore une bonne pioche pour Troubleman !
SKX (02/01/2001)

HINT HINT
" Sex is everything " - CDEP
Autoproduction 03
Poussez les meubles et sortez les capotes, les petits culs vont se trémousser. " Harry's ass is a picnic ", c'est le titre du morceau d'ouverture et ça annonce la couleur. Car dans le fondement de Hint Hint, on trouve de tout à grignoter et le résultat, six titres ultra chauds en guise de carte de visite. Une bonne base rock'n'roll je me tape (de) tout, punk dans les gênes mais qui n'a pas envie de jouer les corbeaux de service, donc je me déride les fesse et ça groove dangereusement à tous les étages, le punk sait danser, sur la tangente, une petite couche de claviers, des rythmes qui bougent les rotules, des mélodies super chiadées. Une enfilade de perles sur le canapé sans céder à la facilité. Du punk-wave bien dans l'air du temps et pourtant trouve sa place au soleil, un réel talent de compositeurs, des trouvailles à la pelle, le petit gimmick qui tue. De la sueur et des saignements. Hint Hint, c'est moite et humide. Un truc à potentiel énorme promis à l'explosion interplanétaire si le petit cochon les mange pas….
SKX (18/09/2003)
HONEY FOR PETZI
" Nicholson " - CD
Gentlemen Music 03
La première fois que j'ai entendu parler de ce groupe, c'était pour une tournée au printemps dernier avec Cheval De Frise et Chevreuil. Une telle compagnie éveille forcément la curiosité. Apparemment, j'avais du retard à l'allumage puisque ce " nicholson " est leur troisième album (après un précédent produit par Albini) et que les routes européennes connaissent par cœur les traces de leurs pneus. Avec des références pareilles, vous aurez compris que ces Suisses (de Lausanne) évoluent dans l'instrumental et que quelques disques de Shellac doivent à coup sûr traîner dans une pile. Après leur deuxième album " Heal all monsters " plus éparpillé (j'avais du retard mais je le comble !), Honey For Petzi gagne en concision et va droit au but. On retrouve cette passion pour ces rythmiques angulaires (" minibiche ", " les impôts " ou " golem "), le tout analogique, cette batterie qui cogne et souple à la fois, ce noise-rock sec et dépouillé. L'influence est là mais en rien dérangeante. Honey For Petzi a suffisamment de maturité au compteur pour ne pas vulgairement copier. Car les Suisses se la coule plus douce. Le son se fait moins brut de décoffrage. Le dernier morceau " easy rider " n'a rien d'une chevauchée sauvage. Arpèges et mélancolie pour mélodie hypnotique. Réveil matin brumeux sur " la maison ". Introspection, coup de nerf, structures élaborées mais qui savent aussi aller à l'essentiel, finement jouées et tout en non-dit. Le trio marque peu à peu son territoire dans un style musical relativement usité. Un disque très plaisant à défaut de vous coller une bonne claque.
SKX (14/08/2003)

HONEYWELL
" industry " - Lp
Autometric 00
(autometric@hotmail.com)
Un train de retard. Loco et wagons compris. Il est vrai qu'il est bien difficile de suivre cette nébuleuse scène hardcore américaine où les disques sortent à un nombre d'exemplaires rachitique et dans un anonymat très commun. On ne remerciera donc jamais assez Autometric records de nous avoir repressé cet album de Honeywell qui a explosé en 1993 sur le label Mollycoddle. Un de ces groupes pionniers, sans qu'eux-mêmes le sache ou comment faire du hardcore chaotique avant tout le monde. On a trouvé les grands frères de Jerome's Dream, tous ces groupes hystériques avec ces voix criardes et qui tapent sur tout ce qui bouge. Une sacré chienlit ce Honeywell ! Et pas une ride au compteur 7 années plus tard. Du pur jus avec les traces des pneus encore sur l'asphalte. Un son 100% DIY. Du pur bruit de névrosés et des pétards qui fusent dans tous les sens. De quoi calmer plus d'un jeune. Depuis, trois membres sévissent dans Volume Eleven. On comprend mieux notre douleur. A vos classiques !
SKX (27/11/2000)
HOT CROSS
" a new set of lungs " - 10"
Robodog 01
Une croix bien visible, pour la tirer de loin. Un insert graphique tout rouge vif, sur des charbons ardents, c'est le tout nouveau groupe sur le feu d'une pléthore d'ex-machin-chose (Saetia, Neil Perry, You and I... ). On les voit arriver de loin avec ce gyrophare flamboyant. Ces 7 titres sont un habile condensé de toutes ces courtes mèches. L'influence prépondérante reste tout de même Saetia. Implosé de l'intérieur. Des restes de hardcore névrotique, de lignes à hautes tension à la fragilité palpable sous le nerf. Des mélodies zigzaguantes sous les salves. Chaotique, le mot est lâché. C'est néanmoins humain et émouvant. La musique de Hot Cross est bien de son époque. De là à la marquer au fer rouge, c'est un pas qu'il reste à franchir. En attendant de s'offrir une nouvelle pairs de poumons pour respirer un air frais, ce "a new set of lungs" est largement riche en oxygène pour une thérapie temporaire. Du bon boulot.
SKX (09/01/2002)
HUNGRY GHOSTS
" alone, alone " - CD
Smells Like records 00
Une histoire de fantômes affamés au pays des kangourous. Dénichés par Steve Shelley, le batteur de Sonic Youth, lors d'une de leur tournée méga-mondiale en terres australes, petits protégés de Rowland S. Howard, ex-Birthay Party, Hungry Ghosts devaient forcément voir un jour son ombre décoller du seul soleil de Melbourne. De là à les voir surexposer aux rayons les plus ardents, ya une limite que leur musique n'est pas prête à franchir. C'est à peine si on l'entend. Une tragédie en trois actes : "before then", "alone, alone" et enfin "no wake". La solitude, l'angoisse et puis plus rien. Au milieu de tout ça, une heure de musique pas gaie mais on s'en tape car c'est beau comme une histoire à chialer. Ca vous happe, vous transporte, c'est composé comme un film avec ses interludes, ces longues pièces, ces scènes incontournables. D'ailleurs ça fait musique de film, univers Lynch ou western et Morriccone avant le duel. Un trio qui use d'instruments à cordes, à vent, électrique, acoustique, sans tactique, libre comme le vent, où bon leur semble. Il faut prêter l'oreille. On entendrait presque le vent parfois. C'est lunaire et beau comme un désert australien. Avec ses multiples détails qui en font toute la richesse quand on y prête attention. Des airs désabusés comme un Tindersticks du pauvre, jouant avec la palette musicale d'un Comelade du bout du monde. Là dedans, vous y mettez toutes les influences que vous voulez, que même si vous êtes sensibles à Black Heart Procession, je dis pourquoi pas mas cet " Alone, alone " s'est fait tout seul tout seul et pour soigner son blues et se faire des images plein la tête, c'est idéal !
SKX (26/09/2000)

Hair Police
Obedience Cuts - CD
Freefom From 2004

Hair Police va faire friser plus d'un cheveu sur la tête de nos agents de l'ordre public. Groupe américain maniant percussions, guitare, voix et électronique. Pour l'instant, ça va encore. La difficulté vient du traitement qu'ils en font. Tout est saturation et distorsion. Leurs deux mamelles qu'ils tiraillent et cisaillent. Sadiques en plus de ça. Instruments noyés derrière une panoplie d'effets. Les larsens dans ta gueule, c'est pour toi. Les cymbales qu'on gifle, c'est encore pour toi. Le mur du son intégral. Ils ont la bonté de nous conseiller d'écouter ça le plus fort possible… Merci, c'est sympa. Tout est dans l'extrême. Ici, l'électronique ne se regarde pas le nombril et est considéré sous un angle punk et industriel. Ca descend de Trobbing Gristle, ça remonte par les tripes, ça fait passer Black Dice pour les petits branleurs qu'ils sont. Ils ont beau sonner les cloches le temps de reprendre son souffle sur " the empty socket ", Hair Police est sans pitié. Le pire, c'est que le temps de trois, quatre morceaux, ça fonctionne à merveille. Ca fait ressortir toute la bile en vous, ça nettoie en profondeur. Le monde apparaîtrait presque plus beau. Sur la longueur, c'est violemment déconseillé.

SKX (29/08/04)
website groupe www.geocities.com/hairpolice000
website label www.freedom-from.com | www.geocities.com/godsoftundra
sounds Lets_See_Whos_Here_clip.mp3 | Forged_By_Wreck_clip.mp3
C._Spencer_Yeh-Boneless_clip.mp3 | Full_of_Guts_clip.mp3

Heliogabale
Diving Rooms - CD
Autoproduction 2004

Alors qu'on les croyait parti fréquenter le même cimetière que Condense, Bästard, Prohibition et autres fantômes de la scène noise-rock française des années 90, les parisiens de Heliogabale renaissent après trois ans d'inactivité. Exit le label, exit le producteur au nom clinquant, Heliogabale fait tout lui-même avec les moyens du bord comme un jeune groupe de poulains prêts à en découdre comme au premier jour. Un retour aux sources à plus d'un titre. Ils nous avaient laissé avec un " Mobil Home " qui ne donnait pas l'envie d'y rester, vague post-rock noise et sampler tendance. Ils reviennent en 2004 avec toute la rage noise-rock de leurs débuts qui leur sied si bien au teint, retrouvant un second souffle. Dépoussiérage du style, électricité à tous les étages, dissonances princières, pièces labyrinthiques où rodent le mystère et la voix tour à tour âpre ou sensuelle de Sasha Andres comme maîtresse de cérémonie. Heliogabale connaît la manœuvre, ont suffisamment d'expérience derrière eux pour s'enregistrer sans l'aide d'un ingénieur de renom (bien au contraire) et l'exécution est parfaitement maîtrisée avec l'inspiration de personnes qui se sont tus trop longtemps. Leur noise-rock deuxième génération possède force et souplesse, avec cette trace de noirceur qui rajoute de l'épaisseur au propos et des élans lumineux pour capter l'attention d'un plus grand nombre. Un " diving rooms " qui ravive le passé, s'inscrit sans problème dans le présent pour un renouveau inattendu et réussi.

SKX (27/06/2004)
website groupe heliogabale.free.fr
sounds heliogabale.free.fr | rubrique "multimedia"

Hella
The Devil isn't red - CD
5 Rue Christine 2004

Après un premier album limpide et qui mettait tout le monde d'accord, le duo Hella s'était fourvoyé dans toute une panoplie de singles et maxi qui laissaient perplexe. Un franc besoin d'aller voir ailleurs chez notre duo de Sacramento se faisait sentir, l'envie d'expérimenter tous azimuts, ne pas s'enfermer dans une formule écrite à l'avance, casser la belle mécanique et oser un produit qui ferait grincer les dents. Tout ça n'était pas bien concluant mais avait le mérite de ne pas se reposer sur ses lauriers. Quid de ce nouvel album, à quelle sauce allions-nous être mangés? Hella a opté pour l'habile compromis. Ils gardent une grille de lecture lisible pour le commun des mortels, continuant ainsi le travail entrepris par "hold your horse is" tout en insufflant par savantes touches un esprit aventureux et ludique. Leur math-rock sonnent toujours complexe mais mélodique. La batterie est une mouche prisonnier d'un verre, cognant dans tous les sens et à grande vitesse. Le guitariste n'est plus le roi du tiping (cette bonne vieille technique qui consiste à balader ses dix doigts sur le manche de la guitare) et varie son approche. Vous avez le droit ainsi à des franches envolées qui brûlent tout derrière elles, des trucs incroyables à se cogner la tête, entrecoupés d'interludes bizarroïdes, des moments de répit pour une messe tout feu tout flamme qui laissent une vague impression de tourbillon diabolique. Hella se distingue et personnalise ses choix, trouvant sa voix à l'aise sur le chemin très embouteillé des duos, au même titre que Lightning Bolt ou Don Caballero à une autre époque. Le diable n'est pas rouge mais il tire quand même une sacré tronche!

SKX (28/03/2004)
website groupe www.hellaband.com
website label www.5rc.com
sounds TheMotherCouldBeYou.mp3

Hella | Fourtet
Divorce Series / Number One - 7"
Ache 2004

Ache (à vos souhaits), label canadien (Vancouver) inaugure une série de neuf split 45 tours censés "illustrer les similarités entre la création de l'analogie moderne et la musique électronique" dixit Ache. Avec les deux premiers prétendants, Hella et Fourtet, on peut dire que l'essai est concluant. Si Hella est présumé défendre le monde de l'analogique et Fourtet les bienfaits de l'électronique, on peut avouer que le résultat est très proche et que l'ouïe pourrait s'y méprendre. Hella montre avec son "stephen hawking has a posse" toute sa science du trompe l'œil. Avec leur technique sans faille, la précision chirurgicale du batteur, les effets de manche du guitariste et quelques nappes de claviers, leur morceau pourrait passer pour du break core prêt à chauffer n'importe quelle piste, à condition d'aimer la danse abstraite et bruyante tout de même! Un morceau de haut vol où tous leurs démons sont brillamment réunis. Avec Fourtet et son "both when i am alone and we both are", c'est musique samplée et super cut-ée, une mélodie acoustique passée au karsher avec le beat affolé, non, mon 45 n'est pas rayé. Avec encore un poil d'entraînement, le batteur de Hella pourrait faire pareil. Les armes sont différentes mais le rendu troublant de similitude. Un projet à suivre de très prêt lors des prochaines livraisons.

SKX (28/03/2004)
website groupe www.hellaband.com | www.fourtet.net
website label www.acherecords.com

Hint Hint
Young Days - CD
Suicide Squeeze 2004

Hint Hint est un jeune quintet de Seattle qui, en toute innocence, avait balancé une bombe en direction des dance-floor punk avec leur six titres " sex is everything " en 2003. Grandissant à vue d'œil, ils signent un premier album où, d'adolescents feu follets, ils passent sans crier gare au monde adulte et font preuve de sang froid et d'une mélancolie soudaine. La réalité les rattrape alors que leurs jeunes années s'écoulent. " Young Days " a été enregistré par Zach Reinig, l'habituel homme derrière les manettes des Black Heart Procession et ceci explique peut-être cela… Le rythme se fait toujours entraînant mais le piano de la charmante Leona Marrs prend de l'espace. Toujours moyen de taper du pied et de se trémousser le fondement mais une tristesse sourde infiltre les structures. Leur talent à développer des mélodies percutantes est toujours au-dessus de la moyenne. Sauf que là, les perfides, elles vous filent le bourdon. Mis à part sur deux, trois titres évidents comme " Long branch, New Jersey " ou " Natural Collegiate ", c'est de gravité que se drapent les compos, une piste de danse dans la pénombre avec ce qu'il faut de rage dans la voix de Peter Quirk pour accoucher d'une musique tout en contraste. Reflet d'une époque où la new-wave et le punk font bon ménage. Où on peut faire preuve de classe et de talent d'écriture tout en vous bottant les fesses dans le même geste. C'est avec retenue que l'on pénètre ce disque. C'est sur la durée qu'il s'impose. Un très bon album d'héritage punk-wave mené avec finesse, sobriété et une certaine dose d'urgence.

SKX (24/09/2204)
website groupe http://www.hinthint.org
website label http://www.suicidesqueeze.net
vinyl : www.sound-virus.com
sounds long_branch_new_jersey.mp3

NEW BRUTALISM / HIT SELF DESTRUCT
2 song split - 7"
Electric Human Project 03

New Brutalism fournit à la chaîne. Prolifique trio (avec un ex-Red Scare) dont les sorties se multiplient comme des petits pains. A l'écoute de ce titre "026", on se dit que le rendement prime sur la qualité. Un morceau passe-partout à la vaz-y-que-je-te-pousse! New Brutalism, c'est plus Shellac que Shellac et là, pour le coup, le père Albini peut dormir sur ces deux oreilles. Jetez plutôt les votres sur leurs albums. La découverte s'appelle Hit Self Destruct. Un nom qui claque. Leur liste de remerciements se résume à un "no thanks to anyone". C'est bon ça! N'allez pas croire que leur "aim for the jugular" soit pour autant bas du front. Une belle pièce noise-rock avec plein de rebondissements dans la batterie, de volonté de nuire mais avec la manière. On les verrait bien évoluer à la Ten Grand. Si ils ne s'auto détruisent pas d'ici là.

SKX (12/02/2004)
website groupe
thermionic.home.mindspring.com/nb
website label www.electrichumanproject.com

HK / Pledge Alliance
Split CD
Impure Muzik / Maldoror 2004

HK vient de Montceau-Les-Mines. Autant dire, pas la Mecque du rock'n'roll. Qu'importe l'endroit où tu te morfonds, la rage et l'envie sont les mêmes. HK, tantôt trio, tantôt à quatre, prêt à tout défoncer. Les regards portés sur ce hardcore si chaotique comme son époque, le reflet d'un monde qui leur donne le besoin impérieux de hurler leur frustration à la face du monde. On pourrait coucher une tonne de groupes comme références. Qu'importe une nouvelle fois, l'important, c'est d'y croire. Ca vole, c'est plein de tension interne, c'est très maîtrisé et inspiré. Trois titres qui s'écoutent sans broncher (mais faut prendre sur soi pour pas exploser). Pledge Alliance ne savait sans doute pas que ces quatre compos allaient être les dernières pour toujours. Depuis, certains membres sont repartis sur les routes formés The Plague Mass. Reste comme ultime témoignage pour ces Autrichiens, un hardcore plombé, une chape qui s'abat sur vous tel Catharsis. La batterie ne s'embarrasse pas de contre-temps. Voix virile, breaks puissants, ça ne fait pas dans le tiède sans pour autant sortir le grand jeu et sommes toutes assez convenu… Cette chronique ne serait pas complète sans mentionner l'effort particulier apporté à la pochette. Magnifique digipack cartonné et dépliant avec des paroles dans tous les sens et toutes les langues. Le verbe rejoint le geste.

SKX (29/08/04)
website groupe www.8ung.at/pledgealliance
website label www.impuremuzik.com | www.maldororcollective.com
sounds HK.mp3 | PLEDGE ALLIANCE.mp3

Hot Cross
Fair trades & farewells - 12''
Level Plane 2004

Le guitariste qui prend la basse et vice-versa. Le boss de Level Plane toujours derrière sa batterie. Billy Werner, un des trois anciens Saetia du groupe, au chant. Un second gratteux. La croix chaude sort à nouveau de sa tanière. Courte sortie puisque que six titres seulement. Mais c'est ma foi largement suffisant. Le son de Hot Cross se distingue par une débauche de guitares. Et là, limite autorisée presque dépassée. A gorge déployée, dans tous les sens, les arpèges en surrégime. Et surtout pas toujours au mieux de leur inspiration comme sur le laborieux " throw collars to the wind ". Le changement d'instruments entre les deux membres du groupe n'est pas à leur avantage. Vous rajoutez quelques chœurs pas trop bien sentis et vous obtenez vingt minutes qui en paraissent le double. Dans les meilleurs périodes, vous avez un honnête Hot Cross comme sur leur précédent album " Cryonics " mais dans le style hardcore/rock'n'roll, Hot Cross ne peut prétendre à la plus haute marche. Petite forme.

SKX (09/10/2004)
website groupe www.level-plane.com/hotcross/index.php
website labe www.level-plane.com
sounds www.hxcmp3.com/bands/1636

Hot Snakes
Audit in progress - CD
Swami 2004

C'est quasi transi d'émoi que chaque nouvelle livraison des Hot Snakes est attendue. On a pas idées de faire des albums aussi parfaits. " Automatic midnight ". " Suicide Invoice ". Deux albums qui laissent une trace indélébile dans chaque esprit frappé d'écoute et d'hallucination, de rêve de décapotable rouge, d'highway en plein milieu du désert, ça défile à toute allure, des envies de grand nulle part, le blouson noir qui sommeille en vous, de filles faciles et des bourre pif distribués à toutes volées. " Audit in progress " réussit encore le tour de force de pas nous décevoir. La recette est sommairement toujours la même mais quel talent de compositeurs. Rick Farr et John Reis, une solide amitié qui les unit depuis Drive Like Jehu, malgré les nombreuses infidélités du deuxième nommé (Rocket from the Crypt, The Sultans). Un vieux couple unit pour le meilleur, en espérant qu'ils se séparent avant que l'inévitable pire arrive. Ca ne sera pas pour ce coup ci. Un nouveau batteur a débarqué (Mario Rubalcaba) mais le rythme reste toujours aussi soutenu. On peut même avancer que c'est leur album le plus remuant. Au diable les ballades si poignantes des deux précédents albums. Ca fonce droit devant. La quarantaine, connais pas. Le temps n'a pas de prise sur la voix de braise de Rick Farr. Ensorcelante. Hot Snakes, c'est presque un mystère. Comment un groupe aussi basique peut-il séduire autant ?! Le couplet, le refrain, le couplet. Entêtant jusqu'au bout de la nuit! Noir, tendu. The Saints version 2000, des "I'm stranded" qui court partout nu comme des vers. La classe, la grande, rock jusqu'au bout des boots. Hypra simple et c'est bondieusement bon, putain de merde !! Ivre de Hot Snakes.

SKX (14/11/2004)
website groupe www.hotsnakes.com
website label www.swamirecords.com
sounds HI-LIGHTS.mp3

Hugs
The tarpit - Cd
Waking 2004

Solide disque que voilà! Plein d'une furie positive, d'angles pointus et de taureau pris par les cornes. Tremble Amérique, tremble ! On parle ici hardcore chaotique, avec passion et une rasée de tripes. Des éléments de hardcore 90 à la Antioch Arrow, à fleur de peau et un son noisy qui les rend très attachant. Des riffs qui sonnent la révolte. Une voix qui caresse comme du scotch-britt. Une fourmilière de guitares. Cette lave n'est pas inconnue mais Hugs, avec ce premier album qui fait suite à un 12'' uniface, se fait remarquer avec une justesse de ton et un entrain congénital qui fait bouger dans le bon sens. Ils arrivent même à se distinguer du lot par un surprenant morceau de 13 minutes dont je ne peux m'empêcher de vous livrer le titre " Jesus nike brad pitt hard on " (pauvre Jesus). Le hardcore joue les prolongations et autant vous dire que ce morceau est épique. Sauf une accalmie au beau milieu, c'est une longue décharge continue, une explosion caractérisée et inconsciente, propre à être dénoncé aux autorités locales, en l'occurrence l'Iowa pour ces quatre petits gars. L'Amérique profonde dans tout ce qu'elle a de plus sincère et juteuse.

SKX (13/11/2004)
website groupe hugskill.tripod.com
website label www.wakingrecords.com
sounds mike_witry_was_a_good_kid.mp3

Hanged Up
Clatter for control - CD
Constellation 2005

La formule Hanged Up est désormais bien huilée et connue de tous. Une batterie, un violon et tout un tas de possibilités. Le duo canadien connaît la musique et nous aussi. C'est peut-être là que le bas blesse. Mais il ne faudrait pas être bégueule. Ce troisième album des Hanged Up est toujours aussi envoûtant et si l'effet de surprise n'est plus de mise, on se laisse avoir encore une fois par ces atmosphères urbaines et ténébreuses. On a même pour la première fois droit à un chant, si on peut qualifier de la sorte, les plaintes qui sortent de la bouche de Gen Heistek la violoniste quand elle crie dans le micro de son violon sur Fuck this place avec la présence de la basse de Harris Newman (Hrsta, Sackville). Ambiances toutes tordues, ambiances fiévreuses et fortement rythmées, ambiances mélancoliques voir carrément mélodiques, Hanged Up est passé maître dans l'art de varier les plaisirs avec tout leur attirail d'effets qu'ils font subir à leurs instruments respectifs. Du bruit le plus suffocant au silence le plus inquiétant, Hanged Up, c'est charnel ou très sec. Vous en prendrez bien encore une fois !

SKX (11/11/2005)
website label www.cstrecords.com
sounds Klang_Klang.mp3

Hella
Church Gone Wild /Chirpin Hard - 2xCDs
Suicide Squeeze 2005

La dualité Hella. On ne parlera pas de duo mais de deux personnes jouent l'un avec l'autre et non pas ensemble, la nuance est de taille. J'ai eu l'occasion (notez bien que j'ai dit " occasion " et non pas " chance ") de passer un semaine avec eux en Italie l'année dernière et c'était à se demander par quel hasard ces deux personnages (Zach Hill le batteur et Spencer Seim le guitariste) s'étaient retrouvés à former un groupe. Les seuls paroles échangées ont dû être " passe moi le sel " et " peux-tu baisser ton putain d'ampli " (là c'était le batteur qui parlait). Drôle de groupe… Il n'est donc pas surprenant de constater que ce troisième album est un double avec chacun sa face. Le disque du batteur. Le disque du guitariste. Chacun joue de tous les instruments sur chacune de ces compositions. Un groupe soudé j'vous dis. On se demande encore pourquoi ils ont sortis ça sous le nom de Hella. Surtout que musicalement, le Hella tel qu'on le connaissait est mort et enterré. La face Hill est sans doute la plus surprenante. Une symphonie bruitiste plus proche de l'univers de Fœtus que n'importe quel groupe math-rock. On connaît le jeu généreux et extrême du bonhomme. Sa façon de composer est à l'identique. Superpositions de samples, de voix des deux sexes, de guitares, de bruit débarqués du grand n'importe quoi et de batterie bien sûr mais mise en retrait. Le batteur s'efface devant un personnage tentaculaire avec 15000 idées à la minute. Ca confine à une logorrhée auditive, trop c'est trop. C'est très personnel. Parfois la sauce prend, l'infernale machine se met en place mais trop souvent, on ne saisit pas où il veut en venir, un grand déballage pour rien, le bruit pour le plaisir du bruit. Il coupe les ponts. Il coupe tout. Qui m'aime me suive. Avec Spencer Seim, on repose les pieds sur terre. De ce double album, c'est sans doute la version dans laquelle les fans de Hella se reconnaitront. On retrouve dans certaines mélodies son délire jeu vidéo entamé avec son autre projet The Advantage. A savoir, reprendre tous les thèmes des jeux Nintendo en version rock. Un délire comme un autre mais qui reste très anecdotique. Sur ce disque, il fait tout en solo, notamment la batterie qu'il assure déjà au sein de The Advantage. Un jeu forcément moins pieuvre humaine que son compère né avec des baguettes au bout des bras. Machines et boite à rythme viennent régulièrement l'aider à faire mousser ses mélodies pour adolescents attardés qui ont oublié de couper le cordon ombilical qui les relie à leur console de jeu. C'est rigolo. Dans un bon jour, je dirais même plaisant mais ça reste quand même pas folichon à l'arrivée. Hella - ou ce qu'il en reste - vient de prendre un drôle de virage. Le seul duo un plus un qui, par une mystérieuse force, continue vaille que vaille, cote à cote, des frères ennemis que rien ne rapproche, et pourtant, les deux ensemble, c'était monts et merveilles, l'alchimie du contraire en fusion. Séparément, ça s'éparpille et ça vaut plus grand-chose. Le fil va bien finir par se rompre. Chacun son chemin, à explorer sa propre voie mais les gars, laisser votre gosse Hella tranquille.

SKX (08/06/2005)
website groupe www.hellaband.com
website label www.suicidesqueeze.net
sounds we_was_just_boys.mp3 | song_from%20uncle_ch.mp3

Hell Demonio
Greatest Hits - CD
Robotradio / Wallace 2005

Greatest Hits en forme de boutade car ces 7 morceaux sont les tout premiers jamais écrits dans la courte vie de ce groupe italien. Vérone 2004. Quatre jeunes dans le vent décident comme des milliards d'autres de former un groupe et se lancent directement dans le grand bain du rock'n'roll, entament les scènes et enregistrent avec les technologies modernes (studio portable) un CD d'un quart d'heure qui risquent de se consumer vite fait tellement c'est chaud là dedans ! Ca démarre sur un riff à la Rye Coalition avec un je ne sais quoi de la candeur d'un At The Drive In. Les morceaux s'enchaînent sans temps mort, un chanteur qui donne tout ce qu'il a, on en ressort tout transpirant. L'avenir est devant eux !

SKX (29/11/2005)
website groupe www.helldemonio.com
website label www.robotradiorecords.com | www.wallacerecords.com
sounds metalmaximizer.mp3 | thebeamynihilisticsword.mp3

Herr K
Self-titled - CDr
Not Not Fun records 2005

Pur apôtre du Do It Yoursef, Not not fun records (Los Angeles) pond des objets faits maison avec un catalogue de groupes inconnus qui mériteraient que l'on si attarde… Débutons par Herr K. Dans une magnifique enveloppe cartonnée typiquement américaine avec timbre russe estampillé véridique et peinte aux pieds, Herr K sort 7 titres qui nous renvoient aux plus belles heures de Unwound (pour la face mélodique), Distorted Pony (pour les passages bruyants et l'urgence des guitares) et Sonic Youth (particulièrement saisissant sur le dernier titre de 6 minutes Corked with glue / written in tongue). Un son qui manque de moyens pour donner la véritable ampleur que méritent ces morceaux mais la source est là et elle est très bonne. Mais toute cette nostalgie s'explique quand on y regarde de plus près. Ce bout de disque est sorti fin 90 ! Depuis, certains des membres ont formé Silver Daggers. L'approche reste bruyante et orgiaque mais la musique plus personnelle et surtout actuelle et les disques aussi DIY et introuvable. Pour ceux qui n'ont pas eu leur dose à l'époque.

SKX (29/11/2005)
website groupe silverdaggers.tk
website label www.notnotfun.com

Holy Shroud
Ghost repeaters - CD
Level Plane 2005

Formé à l'hiver 2003 sur les cendres encore fumantes des groupes canadiens North of America et The Plan, Holy Shroud met l'eau à la bouche. Michael Catano, batteur de NOA et guitariste/chanteur des fabuleux The Plan, accompagné de son ex nouveau compagnon au sein de NOA, Jim MacAlpine (un gars qui fonctionne au turbo) ne tenaient pas à s'arrêter en route et reprennent les choses au même point (mort) qu'ils les avaient choir avec leurs formations précédentes. A savoir un rock/hardcore qui se veut intense et passionné, beau et violent à la manière de Yage, Funeral Diner et toute une pléiade de groupes dont la liste ferait pâlir Schindler. Mais ce premier essai est relativement lisse et transparent dans le genre. On sent comme une dichotomie dans les compositions. Quand c'est Catano qui s'y colle, il apporte, notamment avec son chant, de l'épaisseur et du nerf. Par contre, quand c'est son compère, le MacAlpine, il coupe les effets (l'Alpine coupé sans doute) et décalotte les compositions de toute substance dont la lettre " L" de son patronyme ne tient plus qu'à une lettre. Bon d'accord je sors. A force d'entendre passer entre mes deux feuilles de chou ce genre de musique, j'ai les neurones qui s'emballent. Et quand les deux compagnons de la compo s'assemblent, ce n'est pas pour le meilleur. Holy Shroud assure un service minimum mais très passe-partout, rien qui ne puisse tirer de la torpeur et vers le haut un type de hardcore qui a fait son temps si on ne lui met pas une bonne branlée dans les conventions. " Ghost Repeaters " clament-ils ?

SKX (08/09/2005)
website label www.level-plane.com

Honey for Petzi
Man's rage for black ham - CD
Gentlemen - Ruminance 2005

De sa Suisse tranquille, Honey for Petzi poursuit son bonhomme de chemin. Sans forcer sa nature et divaguer de ses repères rassurant. Le rock non-violent généreusement équationné par des règles arithmétiques dont la compréhension reste abordable en dépit de votre faible niveau en la matière continue de gérer leur musique. Leurs compagnons de route ont souvent porté comme nom Chevreuil. La vision des choses est commune. Sauf que Honey for Petzi teinte son rock d'escarmouches électroniques et que la partie rock a beaucoup moins d'allant et d'angles que le duo nantais. L'album coule tout seul. Dans le sens du poil. Frais et poliment dissonant. C'est même agréable sous forte chaleur. Des morceaux alertes et dynamiques, une voix sur Freakitten, des pauses inutiles vu que ce n'est jamais la course effrénée non plus et une fin d'album qui s'évapore dans les méandres du modernisme. Leurs volutes sont belles à regarder mais tout ça est vide. Une fois écouté, on y pense même plus. Je ne sais pas si ils le fument le jambon noir mais Honey for Petzi feraient bien d'y mordre un peu.

SKX (11/07/2005)
website label ruminance.free.fr | www.gentlemen.ch

Hypos
s/t LP
Non Conforme 2005


Hypos, trio bordelais, sort son premier bout de vinyl. Un 33 tours gravé d'un seul coté. Trois morceaux mystérieux et sans tête. Le groupe si dit fortement influencé par la scène New-Yorkaise (de Rhys Chatam à Lydia Lunch). Il faut le deviner. Rien ne transparaît sinon la face sombre et menaçante de cette ville aux multiples entrées. Hypos développe une musique minimaliste noise instrumentale où la texture et la recherche sur le son des instruments sont plus importantes que le fracas des amplis. Climat onirique et chancelant, un brin de Sonic Youth dans la guitare (" Lux "), une rythmique inventive, ce son de basse qui vous hante. Hypos travaille la structure, joue les faux-semblants, la crise sous-jacente, les explosions électriques contenues. C'est fait avec classe, une certaine froideur, celle qui envoûte mine de rien et que l'on suit en silence, anonyme dans ses rues sans visage, l'avantage des grandes mégalopoles, l'influence noyée dans le charbon. Avec une telle carte de visite et brouillage de piste, ils peuvent aller se perdre dans n'importe quelle direction. Hypos ne manque pas de sel et on suivra attentivement leur future quête.

SKX (01/05/2005)
website groupe hypos.site.free.fr
video hypos.site.free.fr

The Hospitals
I've Visited the Island of Jocks and Jazz - CD
Load 2005


Comme une odeur de pneu crevé. Sans doute le truc le plus mélodique (dites le avec une pincette sur le nez) que Load records est sorti mais salement vitriolé. The Hospitals, trois fous furieux de San Francisco. Deux guitares, une batterie, multiples voix et une attitude de beaux branleurs. Une grosse friture continuelle sur la ligne, enregistré dans le trou du cul d'un chameau, c'est la méthode Pussy Galore appliquée à l'acidité des Telescopes. Vas y comme j'te pousse. On ne peut même pas parler de gros mur du son mais d'un mur lézardé avec des pics sur le dessus et du barbelé autour. La technique est rudimentaire mais seul compte le comportement et la façon de le dire. L'espace de quelques instants, c'est parfait. Pour le reste, c'est le chemin de croix. Hôpital psychiatrique.

SKX (13/12/2005)
website label www.loadrecords.com
sounds richpeople.mp3

Haram
Self-titled - CD
Lovitt 2006

Haram, c'est nouveau et c'est pas nouveau. Des anciens Majority Rule, City of Caterpillar, Page 99 et le tour est joué. Ou comment débuté fort dans la vie avec un premier album remarquable. Je lis à gauche à droite que ce groupe a tout de Drive Like Jehu. Je veux bien mais c'est surtout de la fainéantise. Si il suffit d'avoir deux guitares généreuses en riffs et des rythmes entraînants, la moitié au bas mot des groupes depuis 10 ans sont des copies du groupe de San Diego. Alors oui, Haram sait faire divaguer ses 12 cordes au total avec énergie et vivacité. Oui Haram sait accoucher de morceaux à vous rouler par terre, de mélodies qui vous dévorent à petit feu, une voix qui sait mettre de l'intensité sans vomir ses tripes, un truc audible quoi et ça fait du bien. Oui les rythmes sont trépidants et taillés pour la route. Mais le passé des membres dans les méandres d'un hardcore-noise autrement saignant n'est pas si lointain. Haram, c'est plus direct, c'est plus cru et noisy dans le son, c'est du rock foutrement aguicheur mais sale juste ce qu'il faut derrière les oreilles et un peu plus bas aussi, pas si complexe qu'on voudrait bien nous laisser croire avec des morceaux qui nécessitent juste un peu de temps pour de dévoiler entièrement. Du rock, l'urgence, la puissance et l'esthétisme qui va avec.

SKX (16/08/2006)
website groupe www.harammusic.com
website label www.lovitt.com
sounds FadeAway.mp3

Head Wound City
Self-titled 10''
31G records 2005

Head Wound City est une réunion dont on ne dira pas qu'elle est au sommet mais qui compte quelques membres des illustres Blood Brothers, The Locust et Yeah Yeah Yeahs. C'est un groupe comme le label 31G les aime. Hystérique, gueulard, chaotique et qui s'exprime en moins de deux minutes chronos. On pense forcément à Locust et Blood Brothers. Pas besoin d'aller chercher bien loin les comparaisons, c'est servi sur un plateau. Sept titres en moins de dix minutes qui ne laissent pas repousser l'herbe sur le bitume après le passage de la horde sauvage qui connaît la recette sur le bout de leurs ceintures cloutées, qui l'exécute parfaitement mais qui ne bénéficie d'aucun effet de surprise. Produit de série de qualité.

(01/01/2006 !)
website label www.threeoneg.com
sounds headwoundcity_03.mp3

Hallux Valgus
s/t - Tape
Gaffer / Down Boy 2007

J'ai bien failli ne jamais chroniquer cet album de Hallux Valgus uniquement sorti en cassette. Heureusement, je me suis souvenu d'un vieux lecteur fabriqué en RDA traînant au fond d'un placard. La cassette, c'est la nouvelle branchitude, un truc qui la joue old-school tout en essayant de devenir la nouvelle hype et ça, je n'en suis pas. Je comprends pourquoi environ 200 cassettes dorment dans un carton et que je m'amuse à tout racheter en vinyl. Si c'est uniquement pour des raisons financières, ne me dites pas que graver des cdrs coûtent plus chers. Si c'est uniquement pour des raisons esthétiques, ne me dites pas qu'une cassette rend la musique et les pochettes plus belles. En tout cas, que les groupes ne se plaignent pas si personne n'écoute leur putain de musique… Hallux Valgus pue des pieds et devrait consulter un médecin au plus vite. Le guitariste de Socrates (et accessoirement boss de Gaffer records) et le guitariste de Death to pigs regroupent leurs forces dans une bataille rangée entre Lyon et Nancy, soit les deux premiers du championnat de la noise. Et comme dans la vraie vie, c'est match nul à l'arrivée. On prend un pour taper sur l'autre. C'est élevé au bruit américain, aux stridences Load records dans une attitude 100% fuck off. Toujours ces relents de Arab on Radar dans la guitare avec une voix qui couine dans le fond sur les quatre titres d'une face seulement. Ca bourrine, ça prend à la gorge, c'est étouffant et mon made in RDA n'aide pas à apprécier ce bordel à sa juste valeur. Pas envie de faire d'effort non plus. C'est l'histoire d'une démo qui se prend pour un album et seul les jusque boutistes de la noise feront le déplacement.

SKX (23/12/2007)
website groupe www.halluxvalgus.fr
website label www.gafferrecords.com

Health
Self-titled - CD
Lovepump 2007

Health, c'est un sale groupe moitié hippies aimant vous écorcher les oreilles. C'est pas contradictoire. Habits flashy, l'amour à tous les étages et un max de bruit. Excepté le silence qui s'amplifie au fil de la minute qui ouvre l'album, ce premier long format œuvre dans le chaos. Ami de la structure, chantre du cartésien, passe ton chemin. Percussion bombastique, tribale, non-sens de la guitare, crissements électroniques heurtant une voix fantomatique, voir éthérée. Robotique de l'enfer, rythmique technoïde, danse à coin carrée et no man's land vaporeux. Vous avez dans ce capharnaüm de sons de quoi faire tenir Liars et Ex Models, Black Dice et autres furieux de la noise en toute liberté. Monde parfois impénétrable, froid et décharné. Eclaté comme un pneu à la mauvaise vitesse, aussi consensuel qu'un Mars ou DNA en plein revival no-wave. Sûrement plus physique en concert, Health irrite autant qu'il intrigue avec une nette préférence pour les titres qui bastonnent plutôt que leurs plans new-age punkoïde et lenteurs expérimentales. En tout cas, un travail singulier pour un groupe qui mérite d'être suivi.

SKX (17/12/2007)
website groupe www.healthnoise.com
website label www.lpurecords.com


Hella

there is no 666 in outer space - CD
Ipecac 2007

Hella
Acoustics - EP
5RC 2006

Hella
Concentration face / homeboy
DVD +EP
5RC 2005

Ce disque m'a bien fait marrer. Tout ça pour en arriver là. Hella, c'est ce duo de Sacramento qui m'avait collé une balle avec leur Hold your horse is. Depuis, ils sont tombés bien bas et ils continuent de creuser. Un duo atypique qui la dernière fois sortait chacun sa face de peur de voir celle de l'autre. Pour continuer à se supporter, ils ont embauché trois autres personnes (dont deux potes d'enfance avec qui ils avaient commencé à jouer au tout début de Hella). Hella n'est pas un groupe qui évolue. C'est un groupe qui aime à se faire plaisir, qui ne se donne pas de cadre, libre de faire ce qu'il veut à chaque enregistrement. Un groupe qui fourmille d'idées et celle de jouer à cinq et d'avoir un chanteur existe depuis le début. De là à dire que Hold your horse is est un accident…. La prochaine fois, ils seront peut-être huit, feront du zouk progressif. Rien ne semble vouloir les arrêter. Ils n'évoluent pas dans le sens où ils additionnent (malgré les apparences). Il raye l'album précédent et font quelquechose d'autres. Comme ça, tranquille, tout en restant Hella. Hella, un patronyme qui ne veut plus dire grand-chose. Il reste tout de même une constante dans leur musique. Zach Hill, le batteur. Il continue de battre comme d'habitude, tout seul dans son coin, n'en a rien à foutre de ce que joue les autres. J'exagère un poil. Il a appris à respirer et a levé le nez de ses fûts mais son style pieuvre du samedi soir est reconnaissable entre mille. Comme d'hab' avec lui, c'est marche où crève et comme d'hab', il booste tout le monde. Mais ce genre de course effrénée les mène droit dans le mur. En fait non. C'est pas ça du tout. Ils ne rayent rien. Et rien n'évolue chez eux. C'est toujours la même chose. Toujours la même musique. Seul le format et les ustensiles changent. A deux, à trois, à cinq. Une guitare, deux guitares, quatre basses, sans les mains, huit têtes et des cordes pour se pendre. C'est toujours le même raffut. L'orgie décibelique. Les tonnes de notes qui tombent de partout et l'art d'en faire des tonnes. Mais le problème dans l'histoire, c'est qu'ils ont oublié l'essentiel. L'art d'écrire de vrais morceaux. Sur le premier album Hold your horse is, ça allait à toute berzingue mais le duo savait donner de la consistance et composer des petits chefs d'oeuvre où tout ne reposait pas sur la seule technicité. Ca a commencé à s'empirer sur The devil isn't red avec des bidouilles électroniques qui n'apportaient rien et après, fini. Ca triture dans tous les sens. Ca remplit l'espace, ça occupe et puis c'est tout. C'est bien beau d'en foutre partout mais derrière, c'est le vide. Du cache-misère. Alors des fois, ça passe. Ca me fait mal de le dire mais certains passages de ce there is no 666 in outer space ne sont pas dénués d'intérêt. Ca respire le noise-rock débridée qui frappe juste. Mais heureusement, il y a la grosse nouveauté du groupe. Celle qui apporte de l'eau à mon moulin. Le fantastique chanteur de Hella. Un mec à la voix haut perchée qui lui aussi doit planer assez haut. Personne ne lui a dit que c'était ridicule ? Un chant de tête à claque. Qui les brise menu-menu. Et forcément, pour se mettre au diapason du groupe, il en fait des tonnes aussi. Jamais il ne la ferme. Une heure de musique. Onze compos. Sous son emprise, c'est insupportable. Sans cette voix, passe encore. Un disque qui aurait sonner creux mais écoutable. Là, c'est le supplice. Hella lorgne même vers la merdasse chaude The Mars Volta (ce truc boursouflé qui fait se gargariser les bobos) sur quelques titres. Mais faut pas être de mauvaise foi, ils sont pas arriver à faire pire. Le titre du Genesis du nouveau millénaire, ils le leur laissent. Un album d'ados attardés qui, majoritairement, pète plus haut que son cul.

Justement, si on veut se rendre compte de quoi est capable Hella quand on désosse les compos, il faut écouter le EP Acoustics. Initiative à l'origine du label japonais Toad records en 2004, 5 Rue Christine a ressorti l'objet en 2006, agrémenté de trois titres en plus, soit six morceaux tirés des deux premiers albums. Et Hella en version acoustique, hé bin mon colon, ça sonne ! Zach Hill, qui n'est plus obligé de frapper comme un sourd, montre toute sa dextérité, fluidité et rapidité à enchaîner des rythmes de malade. Virevoltant, aérien, un vrai bonheur de philistin. Spencer Heim à la guitare acoustique s'y connaît aussi en matière de rapidité et de souplesse des phalanges qui sont armés des meilleures intentions. Débarrassée de toute électricité, la trame des morceaux de Hella apparaisse dans leur plus grande simplicité et ça fonctionne à merveille. Pas sûr qu'avec les morceaux actuels, on ait le même résultat. Quand ils se donnent la peine de composer, qu'ils ne pas moulinent dans le vide, Hella se révèle d'une grande finesse. Dommage qu'ils aient perdu ça en cours de route.

Entre ces deux disques acoustiques et juste après le double Church gone wild, Hella a encore trouvé le temps de nous abreuver. Un maxi et un DVD. Le son et l'image, comme si ça ne suffisait pas tout ce bordel. Quatre titres sur le maxi dont deux péplums de 11 et 12 minutes encadrant deux amuse-gueules. Ce maxi, c'est le There is no 666 in outer space qu'ils auraient dû sortir. Soit du Hella chargé jusqu'à la gueule qui vomit tout ce qu'il sait mais SANS le chant. Des morceaux longs longs longs avec du ressac, des tsunamis, des marées basses qui ne descendent jamais bien bas et des vagues, encore des vagues qui se fracassent sur un mur du son remplit de bruits synthétiques, de bruits aigues et ce rythme qui vous lamine. Gothspel for you not them et If i were in Hella I would eat lick sont deux monstrueux titres. Dans tous les sens du terme. Quant aux amuse-gueules, ils n'aident pas à redescendre. C'est pareil mais en plus court. Quand aux DVD, je veux même pas le voir. J'ai déjà donné. Je suis pas maso non plus. Leurs tronches et leurs comportements d'américains typiques, je préfère les voir en vinyl. Ou plutôt, je préférais.

SKX (14/06/2007)
website groupe www.hellaband.com
website label www.ipecac.com | www.toadrecords.com | www.5rc.com
sounds the_ungrateful_dead.mp3
BiblicalViolence.mp3
Madonna.mp3

Hell Demonio
Discography - CD
Robotradio / Wallace 2008

Après nous avoir fait le coup du Greatest Hits en 2005 alors que c'était leur tout premier album, Hell Demonio nous sort sa Discography, soit dix titres inédits en guise de deuxième album. Ca se gondole, non pas à Venise mais à Vérone, ville d'origine de ses Italiens adeptes de la feinte et de la simulation. Et de la dissimulation puisque le boîtier CD se cache sous un boîtier carton plein de cassettes et une fois enlevé, on tombe sur une pochette immaculée où tout est écrit en surimpression blanche sur fond blanc. Ca pique les yeux. Et le reste démange les articulations. Hell Demonio ne déroge pas à son rock'n'roll devant toujours autant au Rye Coalition d'avant la merdasse bien jaunâtre qu'à une filiation en ligne directe avec AC/DC ou Nation of Ulysses. C'est pas moi qui le dit, c'est eux et on ne va pas les contredire. Ca vous donne dix morceaux baignant dans le jus, exécutés avec force et conviction, ça joue serré et précis, on ne peut rien leur reprocher là-dessus. C'est presque confondant d'efficacité. Tout est torché en deux, trois minutes maxi et les 50 secondes acoustiques du dernier morceau n'y changeront rien. Et pourtant, Discography me laisse de glace (ou presque). Dites c'est grave, je deviens vraiment vieux con ou quoi ?! J'y peux rien mais c'est trop parfait pour mes vieux os retors, trop poli malgré la fièvre qu'ils essayent d'y insuffler, trop téléphoné et manquant de véritables morceaux accrocheurs qui sortent du lot. Comme de bons élèves appliqués qui s'amusent beaucoup certes mais qui ne font que recracher une leçon rabachée et devenue par la force des choses sans relief.

SKX (23/07/2008)
website groupe www.helldemonio.com
website label www.robotradiorecords.com
sounds mrjesusyouaresuchawonderfuldancer.mp3

Hervée
Germanische verzione - Tape
Dawn Boy 2007

Pour savoir de quoi il retourne des cassettes, allez lire par là si j'y suis. Pour le reste, ça beau être une Germanische verzione, cette cassette n'aime pas la RDA. Je ne sais pas qui se cache derrière Hervée mais ça sent les Vosges tout ça. Un duo basse-batterie comme il en existe tant d'autres. Du bordel édenté, du tatoué et du burné qui ne vous promène pas en calèche, fais gaffes où tu mets les pieds maudits piétons. C'est joué en prise directe sans trop de complication et de prise de tête. Hervée génère groove et noise dans un même élan purificateur. Une bonne séance de répétition entre potes évoquant autant Godheadsilo (un peu) que No Means No (beaucoup), tour à tour séduisant et banal mais qui pâtit de ce support cassette. Enfin, merci quand même pour le Sonik/100.

SKX (23/12/2007)
website label www.myspace.com/downboyrecords

His Mischief
Summer's Eve - CDEP
Modern Radio 2007

Ca part sur les chapeaux de roue avec la bien nommée Rock song (sous titré Hyperopia) et ça tombe bien parce que il va être question de rock'n'roll ici et de rien d'autre. Ca vous démange directement les genoux, les hanches et tout le reste, idéal pour mettre le feu à la piste sans s'embarrasser de questions. On dirait un vieux morceau des Kinks ou des Who, un truc de l'époque quoi, remixé avec les moyens modernes même si ça garde un arrière-goût rétro. Le rock de ce trio du Minnesota est garage, leur couleur préférée est le turquoise et adore les longues marches d'un bar à un autre. Ils adorent aussi jouer pour leurs potes et ça s'entend. Des anciens Model Down, The Monarques et Sean Na Na qui jouent à l'instinct et pour un plaisir évident sur leur premier 6 titres. Du rock qui doit beaucoup aux années 60, à Rocket From The Crypt sans les cuivres, c'est frais (hoho), c'est jeune (re-hoho), c'est catchy à souhait tout en restant suffisamment primaire et économe pour pas tomber dans un truc pour jeunes hipsters à deux baffes. Si tu es fan de tunning et que tu adores passer des heures dans ton garage les mains dans le cambouis, tu vas adorer passer ça à fond. Si tu es plutôt mobylette, c'est idéal aussi. Marche à pied, je t'en parle même pas. Bon maintenant je vais ranger ce CD à jamais et me mettre un bon vieux Neurosis.

SKX (19/11/2007)
website groupe www.hismischief.com
website label www.modern-radio.com
sounds RockSongHyperopia.mp3

H.O.F. / Lydia Lunch
7''
Amphetamine Reptile 2008

Si on m'avait dit qu'en 2008, on en serait toujours à chroniquer du Amphetamine Reptile records, j'en aurais parié tous mes disques des Cows et Hammerhead réunis. Ca fait tellement des lustres que le fameux label de Minneapolis n'a plus rien sorti qu'on le croyait mort et enterré. Ce qu'il était vraiment avant que Tom Hazelmyer ne décide de remettre la machine en route. Pas de quoi faire cracher les cheminées mais une petite fumée pour dire qu'il ya toujours de la vie par là et ça fait rudement plaisir. Des signaux de fumée nous étaient déjà parvenus. Un single avec ces vieux potes des Melvins, puis son projet de A Purge of Dissidents (3 volumes réalisés). Heroine Sheiks, toujours une histoire de franche camaraderie avec Shannon Selberg, l'ancien chanteur des Cows, jusqu'à ce que le souffle de leur respiration fétide nous arrive en France grâce à des Charentais indécrottables et jeunes. Trop jeunes pour avoir connus les grandes heures de gloire du label mais la légende est tenace. Des disques qui auraient mérité d'être chroniqués depuis pas mal de temps (merde, c'est du Amrep tout de même !) mais la crainte de la nostalgie, laisser le cadavre de Amrep reposer en paix et la peur des indiens n'engageaient pas à revenir sur les lieux du crime. Surtout que ce retour de flamme ne valait pas les balles incendiaires du passé. Autant rester sur une bonne impression.
Mais comme il n'y a pas de fumée sans feu, la venue de la grande prêtresse Lydia Lunch sur l'autel des pêchés a définitivement ranimé la flamme. H.O.F., c'est donc le retour en première ligne de John Anglim et Tom Hazelmyer - qui se fait appelé Haze XXL (il est devenu si gros que ça ?) - soit deux ex-Halo Of Flies, soit le tout premier groupe de Hazelmyer mais tout ça n'a rien à voir qu'il vous dit alors bon, ok, on prend note mais faudrait pas nous prendre pour des cons. Après deux essais, dont un avec Billy Childish, c'est au tour de Lydia Lunch de venir copuler et les bougres, c'est qu'ils y mettent les formes. Au propre comme au figuré, on a l'âge de ses artères. Quant au reste, ils en remontraient à tous les petits jeunes sans le moindre souci de gras. C'est purulent de noise, d'esprit malsain, de crasse urbaine et de blues solitaire. Bientôt l'âge de la retraite mais toujours le mords aux dents. Sans concession, à faire passer Boss Hog pour un groupe champêtre avec un When I'm loaded et Crawl'n cry plus vrai que nature. Cris de succubes, insultes, sarcasmes, crachats, Lunch vous souhaite un bon appétit, aidé dans son délire vocale par Paddy Costello (Dillinger 4) et servi sur un plateau de maître par Hazelmyer et sa bande tout en dérapage. Ere de la modernité oblige, ce vinyl est agrémenté par un CD. Outre ces deux titres, un troisième en paquet bonus, God's other son. On aurait tort de se priver. Pourquoi arrêter l'hémorragie quand on aime l'odeur du sang. La no-wave version 2008 est tout aussi incompréhensible et jouissive. Amphetamine Reptile a bien fait de revenir et moi, de ne pas avoir parié.

SKX (15/09/2008)
website label
www.amphetaminereptile.com

The Holy Kiss
Shot love on a black line - CD
Release the bats 2007

There she goes again. C'est Matty Rue Morgue (ça se la pète comme nom mais si c'est vraiment le sien, ça en jette) qui le dit, le chanteur-guitariste de ce quatuor américain, entamant l'album d'un air désabusé. Un disque qui raconte l'histoire d'une fille qui quitte son mec pour un autre ou pour une femme ou je sais pas quoi, j'ai pas tout compris. Le mec largué veut devenir l'ombre de sa main, l'ombre de son chien alors forcément, le blues s'invite au cortège. C'est le seul remède qui sied à la situation. Un blues teinté de goth. Noir de chez noir. Celui d'un Bellmer Dolls, Phantom Limbs et d'une poignée de cadavres ambulants qui marient pour le pire le désespoir du blues et l'attitude punk en costard-cravate dépareillé. Un blues chaotique mais pas autant que Birthday Party car si Nick Cave rôde régulièrement dans les parages, ce groupe de San Francisco chante son mal de manière plus coulé. La faute sans doute a cette guitare slide dont le chanteur use et abuse, sa façon d'attaquer les cordes étant de plus pratiquement toujours la même. Dans son malheur, The Holy Kiss semble y aller le cœur léger. Résigné et sûr de son sort, autant avancer d'un pas alerte. Même dans ses moments proches de la ballade, la rythmique ne se laisse pas approcher facilement tout comme le jeu tout en arpège de la guitariste Alli Pheteplace. Il faut une reprise d'un morceau de Eric Satie et que Nick Ott troque sa batterie contre un piano le temps de Mr. Bones ou une sortie de disque par un ténébreux Hand in hand pour que la mélancolie vous mette vraiment la tête sous l'eau. The Holy Kiss a la tristesse vindicative. Le blues violent dans les entournures. La pochette tout en roses rouges épineuses. Le son n'a rien de léché. Ca brouillonne de notes et le batteur virevolte au-dessus de son élément. Rock titubant. La fille peut bien se casser. Il manque de titres qui sortent du lot mais ce premier album (après toute une série de maxis, dont le recommandable double 7'' Rising) se tient bien. Si vous comptiez boire seul, ce disque fera un excellent compagnon de boisson.

Hungry Eye records vient de sortir également dans la foulée un CD compilant tout leurs enregistrements précédents cet album.

SKX (21/07/2007)
website groupe www.theholykiss.net
website label www.releasethebats.com | www.hungryeyerecords.com

Hunting Lodge
Energy czar - CD
Farm-girl 2006

Quand l'Anglais se lâche, oublie les conventions et n'essaye pas d'être la next big thing, ça vous donne une vraie bonne claque entre les omoplates, que dis-je, un tsunami qui traverse la Manche et éclate tout sur son passage. Hunting Lodge navigue entre Bristol et Southampton et un tel un génie bouillonnant, vous sort des coups surprenants de son chapeau, une tonne d'idées télescopées avec l'esprit du Malin. C'est une véritable tornade de sons, de structures qui n'en sont pas, où tout est saccagé, bafoué, reconstruit à la va-vite, des dissonances qui côtoient le mur des lamentations, de grondements rupestres, d'un saxo débouché à plein poumon. C'est très déviant et pourtant si naturel. Ya du Spasm smash xxxoxox des Trumans Water là dedans, dans cette folie juvénile, cette façon de se jeter sans calcul dans les affres du bruit. En même temps, sans calcul, j'en sais rien, je les connais pas ces rosbifs. Parce que c'est pas du grand n'importe quoi non plus, ya bien fallu à un moment donné s'asseoir et ordonné un minimum, si ça se trouve, tout ça est hyper réfléchi mais au final, ça sonne si authentique et ludique qu'on se laisse facilement emporter. Folie contagieuse. Du chant tout en onomatopées, débile. Aucun souci de plaire, piétiner toute amorce de mélodies, des attaques de stridences en règle, une ligne de basse gigantesque sur le début I am feudal japan avant que le morceau ne parte dans une direction complètement opposée, des potars qui virent subitement dans le rouge, un moment d'apaisement avant que le quatuor ne s'acharne comme des bêtes sur leurs pieux, hésitant dans la même seconde entre une efficacité primaire et un chaos sans retour. Un disque bien dingue, physiquement éclatant, une défonce saine à prescrire d'urgence.

SKX (15/01/2007)
website groupe www.hunting-lodge.org
sounds silver%20prince.mp3 | warningtobyrds.mp3

Hawks
Barnburner - LP
Army of Bad Luck 2009

Ca sent le souffre là-dedans, le vénéneux, la racaille blanche et le sexe sordide. En direct de Atlanta, Hawks déploie ses ailes pour la première fois, fonce sur sa proie bassement humaine et laisse comme déjection un album reluisant d'emmerdes. Le genre qu'on aime renifler quand tout ce qui est crade et interdit nous attire. Des ex ou toujours actuels - on n'est plus à un détail près - Blame Game, Wheeljack, Battlecat, Electrosleep International et on va s'arrêter là parce que Hawks dépasse tout ce qu'ils ont pu déjà faire, en terme de style musical mais aussi en qualité. Hawks aime se vautrer dans le punk-noise noire et vicieux, pratiqué comme tel avec ferveur par Clockcleaner et Pissed Jeans. C'est le son qui d'abord vous prend à la gorge. L'enveloppe parait presque trop petite, saturation de l'espace, grésillements offerts par la maison et une reverb qui hante les esprits. L'air est chargé, des samples pas identifiés comme tel au début rajoutent à la suffocation ambiante. Le grondement vocal de Michael Keenan, l'abysse dans lequel trempe sa glotte provoque le malaise et l'identité forte d'un disque qui n'en manque pourtant pas. Capable de sortir de belles insanités rendues compréhensibles par les paroles inscrites sur le poster central car à l'oral, la giclée ressemble à de la purée. Les lignes de basse font mal et tout participe au sentiment de chaos. Chaos dont nous réchappons grâce à de nombreux ralentissements, rythme down-tempo permettant de garder l'équilibre mais rajoute à la lourdeur et le malsain. Maritime Scarring débute ainsi pendant trois bonnes minutes d'une dangereuse descente de trip avant de salement s'accélérer pour ensuite retourner la face et enchaîner sur Sex On Beta du même venin faussement lancinant. Mais ça frappe aussi dans tous les sens. Borne of Wasps, saturé de percussions, la fabuleuse fuite en avant que représente The Thrust That Missed ou le foutraque et très rock'n'roll Shitfist. You deserved to be penetrated. 180 grammes de vinyl d'un bel objet brutal et sanguinolent, une rigole de bruit essentiel et de mauvaises manières qu'ils répandent jusque sur un misérable CD inclus dans le ventre de la bête.

SKX (05/04/2009)
website band
www.myspace.com/hawksisaband
website label
www.myspace.com/armyofbadluck


Help Gnash Red
Self-titled - CD
Fidotrust 2007

Help Gnash Red
Bank note torture chamber / Boo button
- 7''
Hit-Dat 2006

Autre projet à la vie erratique d'Oscar Rey, Help Gnash Red ou le prolongement de sHoeGazer mais avec d'autres personnes autour de lui. Et c'est bien dommage que tout ça reste dans l'anonymat, qu'il ne tente pas de sortir ces groupes hors des frontières de sa Californie natale car ce groupe aurait pu tenir regarder dans les yeux bons nombres d'autres groupes d'hardcore-noise ne possédant pas ce sens de l'écriture. Les années passent mais l'approche d'Oscar Rey continue de labourer un terroir musical identique. Sauf qu'il le fait toujours mieux. Son hardcore est de plus en plus complexe tout en restant immédiat. C'est-à-dire qu'il ne faut pas chercher du coté de Converge et tous les trucs à la mode dans le genre. C'est vers Frodus et ce genre de rock hybride et intense qu'il faut regarder. Tout est exécuté à l'énergie. Un volcan qui se nourrit d'un double chant, presque parlé, tendu et l'autre arraché mais toujours contrôlé. Des changements de rythmes passant sans forcer, des mouvements répétitifs qui appuient là où ça fait mal. Faut que ça rentre dans la caboche. Un jeu de guitares tour à tour fin ou en saccade. Des lignes de basse à toute berzingue. Un enchevêtrement qui pousse au cul mais jamais ne brouille la vision. Avec dans le tas, un morceau imparable : Banknote torture-chamber. Un truc de fou entre Table et Six Horse, aussi bien rythmiquement dur qu'attirant mélodiquement. Du bel ouvrage ! Un CD emballé dans une enveloppe postale typiquement américaine avec fermeture au gros scotch gris et trois feuilles A4 avec les paroles dessus.
Le single sorti auparavant par Hit-Dat n'a aucun intérêt, excepté qu'il est plus facilement trouvable que l'album (et encore !). Les deux titres sont sur le CD avec l'inégalable Bank Note Torture Chamber dans la même version (il est juste écrit différemment) et Boo Button, autre pépite dynamique plus évocatrice du passé sHoeGazer. Le seul intérêt (pour les malades) réside dans la belle pochette (sérigraphiée ?) et barrée par un gros scotch rouge, un leitmotiv chez Help Gnash Red et le vinyl de couleur identique au scotch.
Vous pouvez toujours essayer de commander tout ça chez Fidotrust. Personnellement, ils ont mis plus d'un an pour répondre aux nombreuses relances… Faut plus s'étonner que ce groupe est mort inconnu et misérable. Un beau gâchis !!

SKX (09/02/2009)
website groupe www.myspace.com/helpgnashred
website label www.fidotrust.com | www.myspace.com/hitdatrecords


Hey Colossus / Dethscalator
Split LP
Black Labs / Riot Season 2009

Première réalisation pour Black Labs, sorte de sous-division de Riot Season et on peut dire que pour leur premier essai, ils ont fait lourd. Dans Hey Colossus, vous avez colossal et même si cela n'a strictement rien avoir avec leur patronyme, ça donne une idée du monstrueux challenge qui nous attend. Un groupe londonien comptant déjà quatre, cinq albums, écumant les pubs anglais pour asséner leur mastodonte charge. Je me rappelle avoir lu une description de ce groupe londonien les décrivant comme un mélange de Fudge Tunnel et Can. A priori antinomique mais ce morceau de 21 minutes découpé en trois titres rend justice à cette comparaison osée. Une longue transe noise - les jeunes de maintenant vous dirait sludge ou n'importe quel autre qualificatif incompréhensible - psychédélisme malsain sur les bords pour la première partie Eyes for an Eye, un noir sabbat(h) avec des démons grondants dans des voix trafiquées, des grouillements maléfiques, un son dense pour une musique nébuleuse. Leur précédent album Happy Birthday sorti l'année dernière les montrait sous un angle beaucoup plus rock. Toujours colossal mais plus rythmé et carré et ça leur allait mieux au teint. Ici, ils se sont essayés au péplum conceptuel et l'intérêt ne suit pas le fil grandissant des minutes.
Sur l'autre face, des débutants prennent la place des vieux briscards. Dethscalator est aussi anglais que Hey Colossus et je sens que cette face sera beaucoup plus usée que l'autre. Avec l'ancien chanteur des Hunting Lodge dans leur rang, Dethscalator martyrise la sphère du punk-rock en l'abordant plus frontalement que leurs camarades de jeu du jour. Une approche déviante tout de même qui doit autant au feu-Penthouse qu'à Pissed Jeans avec un chant collant aux basques de David Yow avec une pointe de débilité à la Al Johnson. Que demander de mieux ?! C'est plus souvent mid-tempo que virulent, poisseux avec un riff sentant la ferraille, voir cyclique sur l'excellent You know nothing about caring and martial art. Ce noise-rock colle aux chaussures, opte pour la démarche du mec bourré (le chant titubant y est beaucoup dans cette impression), est plein de témérité aveugle (Kicking the horns off a bull, des volontaires ?), de bassesse, de vilaines pensées et, allez savoir pourquoi, me fait souvent penser aux Brainbombs. La crasse entre les cordes sans doute et l'hypnose qui s'en dégage. Le groupe annonce un split 7'', un album pour les mois prochains et qu'apprends-je à l'instant, ce groupe est venu fouler les planches du Mondo Bizarro à Rennes en septembre 2008, mais c'est quoi ce bordel ??!! On surveille donc ce nouveau groupe de très près et un split à décapiter n'importe quelle tête de Hell's Angels.

SKX (19/11/2009)
website groupe www.heycolossus.com | www.dethscalator.com
website label www.myspace.com/blacklabsinc | www.riotseason.com

Hey ! Tonal
Self-titled - CD
Africantape 2009

Ecouter ce premier album de Hey! Tonal provoque le même sentiment que regarder intensément cette pochette pendant une bonne poignée de secondes. Ca brouille les sens et tu ne sais plus quoi en penser. Si c'est du cercle ou du carré, si ce disque tourne rond dans les angles ou fracture les arêtes, si c'est de la branlette branchouille ou du rock bien branlé, une resucée d'un Battles épileptique ou une musique azimutée et originale. Une illusion pas seulement optique. Elle concerne également le groupe qui n'en ait pas vraiment un. Cinq individus qui ont exploité au mieux les technologies modernes et ont troqué le bon vieux local de répétition poussiéreux par de confortables ordinateurs, favorisant l'échange de fichiers informatiques plutôt que les bières. On ne sait pas comment ils vont faire en concert, ce n'est peut-être même pas prévu au programme mais l'illusion est parfaite. L'impression d'un vrai groupe uni dans la sueur et pour accoucher dans la douleur (trois ans de gestation) d'un résultat où des milliers de sons s'entrechoquent.
Au début de la chaîne, Kevin Shea (Storm & Stress, Talibam) et sa batterie folle que ces collaborateurs du moment on eu la sage idée de dompter, canaliser pour le rendre audible et intéressant. Ces hommes bénis sont Mitch Cheney (Rumah Sakit et co-boss de Africantape) et Alan Mills, dont on salue l'impressionnant travail de remixage. Avec deux autres personnes dont les noms sont aussi parlants que celui de Mills et auxquels vous rajoutez l'espace d'un titre (If Flash Gordon was a SK8R) Julien Fernandez (l'autre boss de Africantape et actuel Passe Montagne) et Kenseth Thibideau, les guitares, basses et tous un tas de sons aussi naturels qu'ils peuvent être quand ils sortent du ventre d'un ordinateur - ils appellent ça des digiblips - s'additionnent, bouillonnent, fusent dans la même direction ou prennent des vents contraires. Une illusion de musique improvisée alors qu'elle est juste retravaillée, triturée. L'illusion que chacun joue sa partition dans son coin alors que tout ça ne dépend que du bon vouloir des laborantins du jour. A vrai dire, on aurait du se douter que tout ça n'était pas naturel. Que cette fusion orgasmique ne pouvait être que le fruit d'un travail de fourmis de studio. Que cette batterie débridée sonnant parfois comme une boite à rythme, que ces boucles, cette trépidance, ces contre-temps, ces multiples sonorités ne pouvaient pas s'accorder sans l'apport de machines. Mais le tour de force de ces mixeurs fous est d'avoir rendu ça vivant, cet assemblage hétéroclite cohérent, d'avoir sans cesse insuffler de la force et de l'énergie à ces huit compositions. Hey ! Tonal ne tombe pas dans le piège de la musique expérimentale hermétique, dans le drone qui dure des plombes parce que de temps morts, il n'y en a pas, dans le bruit gratuit et le morceau pénible parce chacun a sa personnalité et son lot d'intérêts. Dans le meilleur des cas, on penserait même au When in Vanitas de Brise-Glace comme sur l'excellent Kcraze ou encore Skitch (le groupe instrumental aime donner des noms ridicules à ses morceaux). Au final, Hey ! Tonal vous fait croire à beaucoup de choses mais arrive avec un mélange de rock et de fritures digitales, de faux-semblants et de vraies idées, à vous faire gober un premier album très attirant.

SKX (22/04/2009)
website groupe www.myspace.com/heytonal
website label africantape.com

Hitch
Clair.Obscur - CD
Vlas Vegas 2009

Les Belges de Hitch souffrent du même syndrome que les Autrichiens de Valina. Avoir commencer sa carrière de façon trop laborieuse, faute d'albums tout juste passables et devoir se coltiner depuis une étiquette de groupe moyen, de groupe sympa qui rentre par une oreille et sort par l'autre. Le groupe anonyme dont tout le monde connaît le nom mais dont tout le monde s'en tape. Comme Hitch l'indique eux-mêmes au début de leur biographie, bien que certains ne s'en aperçoivent que maintenant, ça fait quinze ans que Hitch existe. Et tout comme Valina et le bon vin, c'est avec l'âge et les multiples tournées à travers le monde que Hitch s'est bonifié.
Clair.Obscur
est déjà leur cinquième album et ce n'est que maintenant qu'ils frappent juste, qu'ils réalisent leur A Tempo, A Tempo à eux. Hitch tape dans un genre identique à Valina. Un grand fourre-tout puisant ces racines dans le noise-rock et l'indie américaine des années 90, un grand bordel bien pratique où on entasse un peu tout et n'importe quoi, de Jesus Lizard à Unwound, tout ces groupes qui ont fait les beaux jours de Touch and Go ou Dischord records, un accumulateur d'influences qu'ils arrivent enfin à sublimer. La frontière entre une compo honnête et une très bonne compo est souvent ténue. A réécouter pour l'occasion les albums précédents de Hitch, la différence ne saute pas aux oreilles et pourtant elle est là, indéniable. Le son déjà. Plus précis, percutant, résonnant. Avec John Cougleton (le mec de The Paper Chase qui a enregistré des tonnes de groupes comme Explosions in the Sky, 90 Day Men….) et Alan Douches au mastering, ce ne sont certes que des noms à la base mais ils savent tout de même comment faire sonner un groupe au plus juste. Mais des noms, aussi importants qu'ils soient, ne font pas tout. Le coeur de tout, c'est l'écriture et Hitch a cette fois-ci été touché par la grâce. Tout en restant pugnace, la musique possède cette profondeur que leurs précédents albums n'avaient pas. Une voix souvent posée et traînante qui rend ces morceaux plus sombres et beaux comme le magistral Chocking in air ou This is where it ends tout en retenue. Et ce contraste semble nouveau. Hitch étoffe ces ambiances, les varie comme le très trépidant Dance, Dance, Dance torché en moins de deux minutes et qui ne vous fera pas danser sauf si vous vous êtes coincés les doigts dans une porte ou bien Burn this place, plus proche de la neurasthénie d'un Lowercase et le titre de clôture The Paper beast. Sept minutes d'humeur électrique, d'un son se remplissant crescendo d'éclats de verres avant de terminer sur une mort très lente. En ce sens, Hitch a beaucoup progressé dans la maîtrise de ces émotions et la mise en relief de son agressivité, des morceaux comme Dirty Trixxxxxxx et Carbon Wheels faisant preuve d'une noise racée et acérée. Bref, c'est pas loin d'être la grosse surprise de la part d'un groupe dont on espérait (plus) rien et si ça ne changera rien à leur destinée écrite à l'avance, ces trois losers sont pour le coup magnifiques !

SKX (03/11/2009)
website groupe www.myspace.com/hitchrocks
website label www.vlasvegas.be

HKY
self titled - LP
Music Fear Satan 2009

Wow. Je ne sais pas à quoi peut ressembler un concert de ce groupe -apparemment tout jeune bien que composé de vieux briscards- et je ne le saurai très certainement jamais (encore des parisiens qui ne sortent que rarement de leur trou alors que je ne sors jamais du mien) mais je suis bien obligé d'admettre qu'avec ce premier album HKY va se faire beaucoup d'amis et pas que sur myspace, du moins c'est tout le mal que je leur souhaite. A condition d'aimer le lent et le lourd, le massif et les machins post Neurosis. Oui, encore un. Il va bien falloir s'y faire et surtout, maintenant que l'avalanche s'est muée en un flot continu et régulier -pas une quinzaine sans que n'apparaisse un postulant au poste de nouvelle sensation métallo sentimentale- apprendre à séparer le grain de l'ivraie est devenu plus facile quoique lassant. HKY fait incontestablement partie du dessus du panier, un cador de première catégorie avec ce sens rythmique n'oubliant pas ce que ce signifie le mot énergie et des guitares d'un gras assourdissant. Le coup de la tronçonneuse en mode sourdine et au ralenti qui reprend un coup de jus juste quand il ne le faut pas -allez hop, une tête (un bras, une bite, etc…) en moins : tu souffres mais de quoi te plains-tu puisque tu aimes ça ?
Ah oui, j'en vois dans la salle qui ricanent, avec leurs bonnets d'âne et leurs t-shirts Jesus Lizard, prétextant que dans HKY il n'y a certainement rien de neuf et surtout pas le chant hurlé, les arpèges, les titres à rallonge, les intro space trucking (à cause d'un bidouilleur de synthés et autres) ou les intentions malsaines. Tout cela est bien vrai, tout aussi vrai que dans le genre on a déjà Overmars qui s'y colle très bien, mais tout est une question d'agencement, de pertinence et de ressenti. Dans le cas d'HKY cela fonctionne très bien, peut être grâce à cette guitare qui n'hésite pas trop à partir dans la dissonance. Peut être aussi grâce au son fouillis et grésillant -le groupe n'en serait pas totalement satisfait : dans ce cas il a tort !- qui évite le polissage et donc l'uniformité. Ici pas de chic et pas de plastique.
Pour finir, parlons esthétique et configuration : cette deuxième réalisation du label Music Fear Satan est emballée dans une belle pochette gatefold avec des découpes plaisantes et un artwork mystérieux, entre gris clair et gris foncé. Un minimum d'informations est imprimé sur la pochette -le mystère c'est mieux- et le vinyle est transparent. Un bel objet.

Haz (29/05/2009)
website groupe www.myspace.com/hkyrock
website label www.myspace.com/musicfearsatanlabel

The Holy Kiss
Under noon at night - LP+CD
Hungry Eye 2009

Holy Kiss tire sa révérence. Neuf années à traîner sa misère depuis la baie de San Francisco, à flirter avec les fantômes de Nick Cave et Rowland S. Howard et autres joyeusetés des années 80. Le groupe a d'ailleurs participé 2008 à un disque tribute à The Cure, Perfect as Cats (Manimal Vinyl records) en reprenant 100 years de l'album Pornography, pas disponible sur la version goudronnée mais uniquement sur leur myspace.
Fin de la romance. En guise d'adieu, un deuxième et ultime album d'un chat de gouttière déclamant son blues à la lueur de la lune. L'image ne pouvait pas être mieux trouvée. L'étiquette du blues urbain leur va comme un gant. Matty Rue Morgue le bien nommé a laissé tomber sa guitare slide pour se concentrer uniquement sur le chant. Le groupe gagne en percutant et en diversité. On reste bien sûr dans les paysages délabrés et plein de failles de Birthday Party avec les morceaux Under noon of night, Sick n Tired et Old Scratch in Blackface et ce brin de passion et de renoncement à la Crime and the City Solution. Mais Rue Morgue, auteur de toutes les compos, ne s'arrêtent plus là. Il traîne dans l'atmosphère de The Holy Kiss des bribes de rock du delta, d'un vieux classicisme résiduel (I Stayed up all night long), n'hésitant plus à donner dans la ballade doucereuse et luxuriante, avec piano et Black Heart Procession en bandoulière (The Strangest of things) pour accompagner la bande-son d'un film romantico-désuet. Ca passe ou ça casse, tout dépend de la dureté de ton p'tit cœur. Idem avec Black Diamonds que notre Nick Cave international ne renierait pas dans ces moments de crooner invétéré. Mais la pièce centrale, le Golgotha de ce disque où nous sommes censés avoir l'illumination, ce sont les onze minutes placées en plein milieu de l'album. Papa Sam / See-line Woman, une étrange mixture avec des paroles inspirées par le serial killer new-yorkais David Berkowitz et une lettre - Son of Sam letter - qu'il laissa à un coin de rue à la police de NY et See-line woman, une reprise de Nina Simone. La rencontre des deux offre un long trip montant progressivement vers des forces vaudous et forcément jazzy sur les bords. Une incantation / jam finissant par se diluer dans ses propres répétitions mais vaut le coup d'oreille tout de même. Comme cet album qui n'est finalement pas leur ultime disque. Un EP The Gunslinger vient de sortir avec quatre titres prévus initialement pour cet album. Format CDr, 50 exemplaires. Pour les mordus. Ca tombe bien, j'en suis.

SKX (22/12/2009)
website groupe www.myspace.com/theholykiss
website label www.hungryeyerecords.com


Horns

The Raven - CD
Self-released 2006

Horns

The Demon and the satyr
- CD
Self-released 2007

Alors que paraissait l'album de Help Gnash Red à titre posthume en 2007, Oscar Rey l'inarrêtable avait déjà redéclanché les hostilités avec un nouveau projet annoncé sans trompette. Horns, comme tous ces précédents groupes, est passé quasi anonymement dans la grande messe rock'n'roll. En héritage, deux CDs six titres, à peine 20 minutes à chaque fois, réalisés sur leurs propres deniers. Au risque de se répéter, on peut ressortir la phrase identique à son précédent projet : Oscar continue de labourer un terroir musical identique. Sauf qu'il le fait toujours mieux. Quoique mieux que Help Gnash Red reste à prouver. La différence notable reste le son. Horns est plus noise, plus encrassé et les compositions plus embrouillées. Il faut un peu pus de temps pour rentrer chez Horns mais on s'y sent rapidement chez soi, dans cette demeure noise-rock où des groupes comme Frodus, Brass Knuckles for Tough Guys et de nombreux groupes de Chicago ont leurs entrées. Une légère préférence va pour The Demon and the satyr et des morceaux encore plus hypnotisants et percutants. Un troisième EP (The Witch) était prévu sur Fidotrust pour le printemps 2009 mais en merveilleux losers qu'ils sont, Horns a splitté fin 2008 et en attendant une éventuelle et énième sortie posthume, vous pouvez en écouter deux morceaux sur ce site. Depuis, Oscar Rey a semble-t-il déjà formé un autre groupe qui, si tout se passe bien, sera aussi connu que les autres, surtout une fois que tout sera fini…

SKX (09/02/2009)
website groupe http://thesoundofhorns.com |http://www.myspace.com/horns

PS : Ces 2 CDs sont à commander sur CD Baby

Hunt Club
self-titled LP
Middle Man 2008

En voilà un disque bien embarrassant à chroniquer, faute de savoir par quel bout le prendre. On pourrait se contenter de dire que ce disque est excellent, écouter le bande de crevards et basta. Ce que vous pouvez faire de toute façon très facilement puisque ce disque est en téléchargement libre à partir de leur myspace. C'est vrai après tout. Pourquoi se décarcasser à faire des webzines qui niquent les yeux alors que la musique n'a jamais été aussi accessible ! Mais bon, faut bien faire le tri dans toute la masse grouillante et exponentielle des mp3 que vous avez sur votre putain de disque dur et comme il faut bien qu'on serve à quelquechose, vous conseiller d'écouter en priorité le premier album de ce trio new-yorkais ne serait pas la plus conne des idées que vous avez eu dans votre chienne de vie.
Le meilleur moyen pour résumer la difficulté d'aborder ce disque serait de vous décrire le premier morceau Knife fight de façon aussi détaillée que rébarbative. Vingt secondes d'un p'tit d'accordéon pour débuter à froid. Un gros riff doublé d'une batterie cogneuse qui déboule sans crier gare. Un banjo qui coupe tout au bout de trente-cinq secondes puis une ligne de basse à forte personnalité pour enchaîner, appuyée par un chant un poil irritant. Alors on fait quoi maintenant ?! Surtout que tout finit par se mélanger et accoucher d'un titre très accrocheur, ce qui n'était pas gagner d'avance vu la description alléchante qui vient d'être faite. Et c'est comme ça tout au long de ce mini-album six titres. Aussi méchant que mélodique, voir méchamment mélodique, des éléments noise, des guitares hurlantes, des lignes de chant agressives ou harmonieuses, des parties de guitares pour vous flatter le creux de l'oreille, du hit pop plein la poche comme de la noirceur menaçante, six titres louvoyants entre plusieurs marques mais avec une vraie personnalité à la fin. Leur démarche serait à rapprocher de celle de 31 Knots. Marier des éléments disparates pour en faire un tout cohérent avec un enregistrement plus direct et l'énergie d'un Ten Grand (le deuxième morceau Mister Blue). L'album se termine par un Cappuccinos, tout sauf bien serré, piano de cérémonie, sample d'une diva à forte poitrine, gros riff lyrique. On y voit que du feu.

SKX (25/10/2009)
website groupe www.myspace.com/huntclubmusic

PS : le groupe a depuis évolué avec le départ du français de la bande revenu dans notre beau pays et le recrutement de deux nouveaux membres. Un autre six titres Wood (avant ces changements) est également téléchargeable depuis leur myspace.

PS2 : précision de Nico, l'ex-frenchy de la bande : La diva n'est PAS un sample mais une VRAIE chanteuse d'opera, unE pote. Il n'y a aucun sample dans cet album, tout a été fait par nous! On aurait pu l'ecrire dessus comme Rage against the machine, mais on était trop occupé a boire des pintes.

Hallux Valgus
Gale = Paranoïa + Psychose + Frustration - 12'
Gaffer records, Down Boy records, Maquillage & Crustacés 2010

Cette chronique se devrait d'être aussi courte et lapidaire que la musique d'Hallux Valgus est intense et éjaculatoire. Quelques deux années après une misérable cassette sur laquelle les morceaux n'avaient même pas de titres mais étaient désignés par un vulgaire numéro, Hallux Valgus revient nous botter le cul avec un vinyle de 12 pouces uniquement gravé sur une seule face et intitulé Gale = Paranoïa + Psychose + Frustration. Hallux Valgus est, rappelons-le, la réunion d'un guitariste de Death To Pigs et d'un batteur/chanteur issu de SoCRaTeS, Sheik Anorak, etc. Ces deux là font la paire, une paire de pieds tordus et qui puent bien entendu, mais que l'on ne s'y trompe pas : la sobriété toute en noir et blanc du disque, la pochette délicieusement arty (on dirait le motif du dernier sac à main inutilement acheté par ma copine) ne doivent pas cacher une volonté farouche et déterminée de provoquer chez l'auditeur un maximum de traumatismes en un minimum de temps. Faire peur est une chose finalement assez malaisée à réussir mais les deux Halgus Valgus ne se plantent pas, ajustent correctement le tir, prennent leur élan et nous décochent un bon coup de pied là où ça fait vraiment mal. Goal.
Une seule face donc et en tout et pour tout neuf titres. Il n'y a pas de place ici pour les tergiversations ou les développements progressifs et en général un riff et demi = une composition (avec parfois un petit break/pont au milieu juste histoire de). Les structures sont basiques et brutes, les riffs semblables à un pur concentré de haine malsaine, les rythmes sont frénétiques et martelés - option fraiseuse du dentiste comme chez Arab On Radar et surtout pas skate à tapettes comme chez NoFX - et la guitare est tout simplement ultra saturée et déchirante tel le cri désespéré d'une baleine à bosse sodomisée par un brise-glace de la confédération de Russie égaré en eaux troubles. Le seul aspect à peu près mélodique de ces cataractes brûlantes de vomi noise et putrescent c'est peut être le chant, c'est tout dire. Le dernier titre du disque (qui est également et de loin le plus long des neuf) se démarque de tous les autres, offrant une idée certaine de progression, de monté en puissance, installant une dramatique mais une fois que la machine est lancée, on retrouve le jet de vitriol dans la gueule et le sens de l'uppercut vivifiant chers à Hallux Valgus. Ce n'est pas la peine de chercher midi à quatorze heures, en écoutant Gale = Paranoïa + Psychose + Frustration tu auras vraiment l'impression d'attraper toutes les maladies vénériennes que les ex de ta femme lui avaient refilées avant toi mais tu aimeras ça quand même.

Haz (20/03/2010)
website groupe www.myspace.com/halluxvalgus
website label www.gafferrecords.com | www.myspace.com/downboyrecords |maquillage.crustaces.free.fr/label

Harvey Milk
self titled / The Bob Weston Sessions - CD
Hydra Head records 2010

Harvey Milk a eu la vie très dure. Dès le départ. Choisir au début des années 90 comme nom de groupe celui d'un activiste et homme politique ouvertement pédé et assassiné en 1978 précisément pour cette raison pouvait ressembler à l'ultime provocation de la part d'un groupe de gamins basé dans le sud profond des Etats Unis d'Amérique (en Georgie). Disons que cela n'a pas arrangé les choses, que le groupe n'a jamais eu de succès, a splitté comme une merde oubliée de tous et comme pour beaucoup d'entre nous, ma découverte d'Harvey Milk s'est faite bien après, lors de la reformation du groupe dans la deuxième moitié des années 2000.
L'histoire de ce qui est en fait le premier album d'Harvey Milk est à la fois désolante et hallucinante. En 1993 ou 1994, le trio est contacté par un gars prêt à leur payer un enregistrement. Quelle aubaine. Ce qui sera fait à Chicago, chez Steve Albini, avec Bob Weston comme ingénieur du son et d'ailleurs ce disque, longtemps disponible dans des versions calamiteuses et dégueulasses via des mp3 téléchargés sur le net, était jusqu'ici connu sous le nom de Bob Weston Sessions. Si vous avez de telles traces de fichiers audio dans votre ordinateur vous pouvez dorénavant les mettre à la poubelle, cette version officielle est définitivement la bonne. Mais revenons à notre histoire. Creston Spiers, Stephen Tanner et Paul Trudeau (le batteur de l'époque) refilent le master de l'enregistrement à leur " producteur " dont ils n'auront plus jamais aucune nouvelle. Envolé. La version que l'on peut écouter maintenant grâce à Hydra Head est tirée d'une copie cassette que le groupe avait conservée.
Le miracle, puisqu'il faut bien parler de miracle, c'est que le son est étonnamment bon sur cette version 2010 d'un album perdu/disparu/volé en 1994. OK, ça bave, ça sature un peu à plusieurs endroits mais - réellement - cet enregistrement est de haute qualité. The Bob Weston Sessions n'est donc pas une arnaque. Si la qualité du document est historique, la nature de la musique contenue ne l'est pas moins. On peut entendre, tout le long de ce disque, des compositions certes parfois un peu primitives mais recélant toutes les caractéristiques du Harvey Milk contemporain : un heavy rock torturé, étiré, malade. La comparaison avec les Melvins - comparaison dont Harvey Milk aurait souffert alors qu'en même temps le groupe reconnait sans aucune difficulté l'influence du groupe de King Buzzo - n'est pas totalement fausse formellement mais elle est ridicule à bien d'autres égards. Harvey Milk était un groupe dépressif alors que les Melvins étaient (sont ?) un groupe de guignols dont le plus grand des plaisirs (et le notre) était d'emmerder le monde.
Au-delà de la lenteur quasi insupportable des compositions phares - My Father Life's Work, l'excellent Jim's Polish ou le complètement atomisé F.S.T.P -, on notera également quelques salves maladroites mais tout aussi lourdes, parfois dévastatrices (Merlin Is Magic, Smile, le beaucoup moins réussi Anthem). D'autres titres possèdent un groove incroyable (Dating Pressure, Probölkoc). Globalement la qualité est déjà là. Donc si Harvey Milk n'intéressait qu'une poignée de fans hardcore à cette époque c'est uniquement du à son intransigeance qui pouvait fort bien passer pour de l'austérité. J'imagine aussi que tourner aux alentours de 1995 en compagnie de Shellac n'avait pas du arranger les choses question compréhension mutuelle entre un groupe fan de Kiss et de vieilleries seventies et son éventuel public. Le mystère Harvey Milk reste entier et le retour du groupe est un autre miracle - A Small Turn of Human Kindness, troisième album post reformation, toujours chez Hydra Head, verra très bientôt le jour. Un retour gagnant (hum) qui démontre qu'Harvey Milk a été en son temps et continue d'être un groupe mésestimé, sous-côté, mal aimé. Plus pour longtemps ? On peut craindre que si. Harvey Milk est juste passé du stade de groupe totalement inconnu à celui à peine plus envié de groupe à succès d'estime. Et franchement il mérite beaucoup plus.

Haz (07/03/2010)
website groupe www.harveymilktheband.com
website label www.hydrahead.com

Heliogabale
Blood - CD
Les Disques du Hangar 221 2010

Heliogabale, l'énième retour. Quinze ans d'activisme, cinq albums et un EP, une présence discrète dans les salles de concerts. Heliogabale, un des derniers mohicans de la scène noise-rock française du début des années 90 avec les Kill The Thrill. Ils font parti du paysage sans vraiment y être. On n'est même plus surpris de les réentendre après six ans de silence et un Diving Rooms excellent.
Heliogabale a toujours eu l'habitude de souffler le chaud et le froid. De s'offrir une image contrastée. Ce sont les anti-Marvin. Loin d'être potes avec tout le monde. D'être d'une sociabilité à toute épreuve. De sillonner les routes à la recherche du moindre concert. Un parcours erratique, une situation où ils ne semblent plus rien attendre de spécial. Se faire plaisir, libre de faire ce qui leur passe par la tête.
Exit le noise-rock de Diving Rooms qui renvoyait à leur début rimant avec sombre et dépravé. Exit les atermoiements de Mobil Home. Blood raconte une nouvelle histoire. Et elle a été tiédasse au début. Le sang ne coulait pas à flot. Heliogabale a décidé de se la jouer beaucoup plus tranquille. Confier l'enregistrement et le mixage à Antoine Gaillet et Patrick Müller, qui se sont occupés de M83 et BB Brunes entre autres, est un premier signe. Surtout quand dans son histoire, on a plus eu l'habitude de Ian Burgess et Steve Albini. Voix en avant, ça toujours été un peu ça chez Heliogabale mais là, c'est encore plus flagrant. Guitare en retrait. Bien dommage car elle en a des choses à dire. C'est même elle qui fait tout le boulot. Son léché, ajout d'un saxophone (sur Ô my friends et sirupeux sur Zigzag) pour un éclat vieillot s'intégrant difficilement. Heliogabale aurait décidé de se remettre en cause qu'ils n'auraient pas fait autrement.
Mais une fois cette barrière passée, force est de reconnaître que la qualité des compositions est là. Le nerf de la guerre. Un Heliogabale à nu, qui ne se cache plus derrière les dissonances et la véhémence. Le sombre s'est transformé en une mélancolie douce-amère. Le poids de l'âge, le fil des ans. La guitare de Philippe Thiphaine déploie des trésors de finesse mélodique, tire l'album vers le haut, là où la section rythmique se fait plus discrète que d'habitude. Mais qu'on ne s'y trompe pas. La tension est présente, larvée sous ces faux-airs de pop-rock sans danger et les morceaux finissent par s'imposer d'eux-mêmes. Foolish If, l'énorme Knocked out où on jurerait entendre les gémissement d'un Eugene Robinson (Oxbow), Juicy Fruit et la ligne de basse inspirée de Vivian Morisson (qui a quitté le groupe depuis), Q for qing, malgré la voix rocailleuse de Sasha Andrès bien trop sur le devant, le subtil Rewind terminant l'album d'un groupe qui ne rembobine pas le fil de son histoire, ne regarde pas derrière lui. Heliogabale tisse sa toile patiemment et malgré une piqûre initiale inconfortable et des défaillances, Blood finit par couler dans vos veines, évident.

SKX (03/10/2010)
website groupe www.heliogabale.net
website label lesdisquesduhangar221.wordpress.com

Version vinyle sur A Tant Rêver du Roi.

Hey Colossus & The Van Halen Time Capsule
Eurogrumble Vol. 1 - LP
Riot Season 2010

Hey Colossus a décidé de mettre une rallonge à son nom et rien de mieux que Van Halen pour montrer qu'ils ont franchi un palier dans l'horreur. Mais de la bonne horreur. J'étais naïvement resté sur l'impression que ce groupe anglais se cantonnait à un gros rock-noise instrumental qui tâche, dans la lignée d'un Keelhaul à ras des pâquerettes avec une tendance doom accentuée sur les lombaires. Leur précédente livraison aurait dû mettre la puce à l'oreille (mais belle bête). Hey Colossus ne va pas bien du tout. Ils sont devenus diaboliquement inconscients, divinement inhumains, hors catégorie sur leur île d'Anglais.
Fini les tâtonnements du morceau de 21 minutes qui dégueulassait dans tous les sens sans laisser de souvenirs. Eurogrumble Vol. 1 est un grand, un brillant condensé de folie brute. L'apothéose d'un travail de sauvage pour assouvir et réunir dans un même ventre bestial, leur soif de bruit pure, d'expérimentations maladives, de rock-noise délicieusement bourrin et transcendantal, de rythmiques volcaniques et de hurlements d'un autre âge. Ca fait peur dit comme ça et vous avez bien raison. Surtout que le titre d'ouverture, Question, nous la fait se poser : allons-nous tenir ces onze minutes d'introduction à sec sans presser le bouton stop ? Un début qui fait craindre le pire. Bruits nauséabonds, samples du Malin, ça sent l'expérimentation rimant avec masturbation, on croit revivre l'expérience du morceau du split avec Dethscalator, du remplissage rimant avec bricolage, de la longueur rimant avec puanteur, avant que tout ne se mette en place et ne trouvera son sens une fois l'album terminé. Hey Colossus n'est pas là pour plaire. En terribles branleurs qu'ils sont, mettent le pire sous le nez dès le début. Des fois que tu saches pas où tu fous les pieds. Une fois franchi ça, c'est du velours.
13 Millers Court enchaîne sans coup férir. Vitesse supérieure. Rythmique de plomb, martiale, cris/rires démoniaquement trafiqués. Me rappelle Slug dans l'hypnose noise-rock qu'il procure mâtiné d'un Headbutt pour que le plaisir soit total. Une référence à Headbutt revenant régulièrement (l'énorme pression de King Come), avec des pointes vers God pour l'effet machinerie infernale (le terrifiant Eurogrumble), voir les premiers Pain Teens pour les morceaux/passages expérimentaux à base de samples et l'effet mystérieux qui en découle. Les désormais six membres de Hey Colossus ont réussi à couler une chape de plomb cohérente entre le rock et les expérimentations, les rythmiques surpuissantes et les stridences, les hurlements, les samples, le carré et l'absurde. Symbole : les onze minutes finales de Wait your turn (avant d'aller tâter de l'enfer), résumant orgiaquement leurs noires perversités. Les compos plus courtes ne sont pas du vain remplissage mais participe à cette ambiance étouffante. Des faiseurs de bruit dans la digne lignée des Headbutt, Skullflower et autres Terminal Cheesecake que la perfide Albion a pu engendrer, remis au goût du jour mais qui le feront voir bien poisseux. La prosternation est totale. Hey Colossus est fucking colossal.

SKX (11/06/2010)
website groupe noisestar.co.uk/colossus
website label www.riotseason.com


Hollywood
Baltimore Queens - 7''
Ken Rock 2009

On ne va pas vous parler cinéma, encore moins chewing-gum mais d'un groupe de Baltimore comme le nom de ce single l'indique. Comme il indique également que cinq reines velues gouvernent les trois titres incendiaires de ce présent disque. Ayant écouté dans la vie au moins un disque et demi sur les 112 de Jay Reatard, je peux affirmer sans craintes et sans ambages que Hollywood possède ce grain garage-rock identique (en plus, parler d'un mort, ça fait toujours bien), version Destruction Unit peut-être, ce même sens de l'accroche immédiate, cette chaleur rock'n'roll qui donne envie de brûler toute la nuit. Schizo et Grown Ass Man, deux bombes pour danser et boire des breuvages extraits de bouteilles sans étiquette jusqu'à épuisement. De l'autre coté, Paco Platter explore la face Rocket from the Crypt qui sommeille en eux, du pur cru, explose en bouche, des guitares qui éclatent, tout aussi redoutablement efficace et se terminant par un remarquable locked groove funky I don't need no bad drugs.
Avant ce fiévreux single, Hollywood avait déjà sorti deux singles que l'on retrouvait dans leur intégralité sur leur premier album Hits ! An alltime low (Big Neck records 2008). Pas que du tubes mais déjà de belles perles comme Ione Sky, remplies de fuzz, de germes sixties et de mauvais goût white trash. Depuis le groupe est passé de trois à cinq membres, pour les bienfaits de ce single en rendant les choses plus carrées mais toujours aussi fun. Si ils continuent sur cette lancée, nul doute qu'ils pourront se faire un nom avec leur patronyme bâtard.

SKX (18/01/2010)
website groupe www.myspace.com/theehollywoods
website label www.myspace.com/kenrockrecords | www.bigneckrecords.com

Horseback
The Invisible Mountain - CD
Relapse 2010

Le metal pour intellos dépressifs et mélomanes trop sensibles a le vent en poupe, profitons-en ! Plus sérieusement, on se serait plutôt attendu à ce que ce soit un autre label que Relapse qui publie un tel disque. Explications : The Invisible Mountain est d'abord sorti sur Utech records - un label mega arty avec Jazkamer, Nadja, James Plotkin, Aluk Todolo, Ultralyd, Skull Defekts ou Locrian dans son catalogue, autant dire à peu près n'importe quoi du moment que ça ressemble à rien de connu - avant de bénéficier de ce qui est donc une réédition via Relapse. A noter que le label Aurora Borealis s'est lui occupé de la réédition en version vinyle. Donc si comme moi vous êtes passés à côté de The Invisible Mountain (chose assez mystérieuse car je suis régulièrement les publications en provenance de Utech), voici l'occasion d'une remise à niveau/séance de rattrapage. Cela en valait il la peine ?
Et bien oui. Le métal atmosphérique c'est mon dada et celui du bien nommé Horseback, un brin terreux et intrinsèquement contemplatif, se révèle largement au dessus du lot. Horseback c'est avant tout le projet d'un seul homme (Jenks Miller) qui joue de tous les instruments mais se fait aider de temps à autres par quelques potes, surtout à la batterie. Et ce Jenks Miller n'a que faire des rafistolages 70's et prog stratosphériques auxquels ont recours les musiciens/groupes de metal retro-shoegaze dès qu'il s'agit d'avoir l'air romantique mais intelligent. Pourtant il n'en faut souvent pas beaucoup pour basculer du divertissement soigné à la mascarade indigeste mais Horseback sait se tenir, pas très fougueux certes, mais donnant à son blues monolithique et minéral un aspect carrément narcoleptique et enfumé. Le chant emprunte lui clairement au black metal, mais un black metal enroué et plus shamanique que haineux.
Les quatre titres de The Invisible Mountain se suivent et évoluent selon un courant imperceptiblement descendant : alors que l'académisme quasi obligatoire du genre est aux montées en puissance, aux explosions finales et au magma extatiquement fusionnel, Horseback au contraire s'enterre au fil de ses compositions, quitte les versants desséchés d'un volcan à peine éteint pour aller se rouler dans l'herbe toute fraîche de la prairie et finir sa course les quatre fers dans l'eau glacée d'une source rocheuse. Les guitares mollissent, disparaissent, le chant également et c'est un synthétiseur tout aussi répétitif qui conclut sur un Hatecloud Dissolving Into Nothing d'un bon quart d'heure. Après, il ne reste qu'une seule chose à faire : une bonne sieste et de beaux rêves qui assurément ne pourront qu'être réconfortants.
S'il y a quelques critiques et limites à émettre au sujet de The Invisible Mountain elles concernent surtout le mysticisme un peu convenu et plat qui se dégage du disque. On peut également regretter le côté édulcoré et cosy d'une musique qui n'a surtout rien de dérangeant ou de tellurique, si on écoute The Invisible Mountain à un trop faible volume on risque de trouver le disque absolument parfait pour assurer la bande son d'un remake de Brokeback Mountain par John Hillcoat. Seule une écoute à un volume sonore indécent (ou alors au casque) permettra de se prendre une bonne torgnole (méta)physique dans la tronche. Tu n'as donc qu'à monter le son, camarade.

Haz (23/10/2010)
website groupe horsebacknoise.com | horseback.bandcamp.com
website label relapse.com


 
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