HANGED
UP
"
Kicker in tow " - CD
Constellation 02
La
limite d'une barge silencieuse heurtant les recoins d'une nuit.
L'étrange collision entre le violoncelle de Gen Heistek
et la batterie de Eric Craven. Des larmes, des cris, de la chair
en mouvement, une angoisse sourde sous les stridences des cordes.
Tout commence comme dans un songe avec " kicker in tow ",
le premier morceau. Hymne hypnotique, frénésie du
rythme montant, s'échappant, du violoncelle qui vous serre
la gorge, perd toutes notions, la transe, une envolée qui
vous emmène très haut et vous laisse chancelant
sur le bord de la route six minutes plus loin. Après ce
coup de butoir qui redéfile sans cesse, le paysage se tend.
Le climat s'écorche sur des sonorités de ferrailles,
la tournure des évènements devient expérimentale.
Par rapport au premier album, le son gagne en richesse, le duo
d'instruments de base s'épaissit dans les effets. La batterie
regorge d'éléments sur lesquels taper. Cérémonie
hivernale. Jamais le rythme ne vient prendre le pas sur l'ambiance.
Les instruments se mettent au service d'atmosphères inquiétantes,
urbaines, voir l'hypnose des grands fonds quand l'écho
de la batterie joue les sonars. La texture respecte les silences
et les murmures. Et jamais, malgré cet aspect lugubre et
pas évident, vous ne décrocherez. Le violoncelle
possède ce don de vous ensorceler. Ces compositions ont
de l'épaisseur. Un grain qui vous apporte un fatras d'émotions
contradictoires qui jamais ne cède devant le coté
expérimentale de la chose. Neuf instrumentaux de toute
beauté, sombres et envoûtants, que tous fans de The
Ex et autres musiques déroutantes ne manqueront pas d'apprécier.
Assurément la meilleure chose qui soit arrivé au
label canadien Constellation record depuis des lustres ! Un écueil
sur lequel se fracasser.
SKX (24/02/2003)
|
HANGED
UP
"
s/t " - CD
Constellation 01
La
sphère Constellation records sort de son antre une nouvelle
entité original. Loin des familles nombreuses à
la Godspeed You Black Emperor, Hangedup donne dans l'intimiste.
Un duo pas banal violoncelle-batterie. Les cordes et l'archer
pour la dame (Geneviève Heisteck). Les baguettes pour monsieur
(Eric Craven). Formule déroutante aux premiers abords.
Mais on est vite conquit par l'agencement des pièces. Huit
au total, où l'espace est rondement rempli. Des rythmes
inventifs, généreux, la sauce monte, la transe approche.
Le violoncelle enrobe, enjolive, suit le rythme, tisse ses fils,
dérape, copule, crisse des quatre pieds. Les silences marquent
la cadence. Un ou deux collègues de passage aident par
une basse, un cri ou des enregistrements cassettes lo-fi à
combler les éventuels vides. Une parfaite harmonie entre
ces deux instruments. Un charme définitivement Europe de
l'Est, plein de finesse et de chaleur sous l'apparente austérité.
Comme si la batterie de The Ex restait en tête à
tête avec le violoncelle de Tom Cora. C'est pour dire le
bonheur qui vous guette!
SKX (11/06/2002)
|
HAPI
WIZZ
"
musique brute et non travaillée mais structurée
" - LP
Potagers Natures 00
Parmi
toutes ces portes qui se présentent à moi, laquelle
vais-je ouvrir? Au fin fond des ruelles les plus anodines de Bordeaux
la paisible sévit un groupe que l'anonymat n'effraie pas.
C'est à l'étranger, le hollandais de passage, j'ai
nommé THE EX, que l'on doit la découverte de ce
trio HAPI WIZZ (à l'orthographe aléatoire, c'est
selon votre humeur). Une venue en terre girondine a révélé,
à nos bataves préférés, ce jeune groupe
qui bouillonnait en première partie. Buvant leurs saintes
paroles, l'histoire était écrite et ce premier disque,
un 4 titres, ne pouvait qu'échouer entre nos mains. La
description de leur concert était épique, les hollandais
n'étant pas avares de louanges. Paroles entendues :"ça
partait dans tous les sens, une énergie dingue, ils s'arrêtaient
en plein morceaux, discutaient entre eux, reprenaient, trituraient
les cordes, psalmodiaient, c'était fou"! Une idée,
plus ou moins bien retranscrite, de ce qu'il nous attend avec
ce disque. Ils ont en effet aucun respect pour les morceaux dont
les parties sont multiples. Rythmes sautillants et alertes, morceaux
sans queue ni tête (où alors je les ai pas trouvées),
très longs en général, guitare et basse inarrêtables
et dont le sens de la discussion échappe à toute
logique. J'en perds mon latin! Forcément, ça tendance
à l'éparpillement et l'intensité se dilue
dans les méandres des compositions. Le son reste jeune
et on y perd sans doute beaucoup, rapport aux prestations scéniques.
Au diable! Ces quatre titres bancales vivent, respirent, trébuchent,
prennent la fuite, ne jouent pas les gros bras à la récré.
C'est humain, soumis à aucune contrainte. Sorte de jazz-punk-core
à la sauce Cheval de Frise électrifié et
juvénile. Comme dirait le commentateur sportif ou le prof
d'école, le potentiel est là, reste à le
travailler. Pas trop non plus, ça perdrait de son charme.
Un disque qui tient debout tout seul, sans les roulettes sur le
coté.
SKX (20/07/2001)
|
HAYMARKET
RIOT
"
s/t " - CDEP
Divot 00
Si
je vous annonce comme ça, l'air de rien, que ce nouveau
groupe est composé d'anciens membres de Radio Flyer, Gauge,
Hubcap ou Orwell, ça va pas vous avancer à grand-chose.
Surtout que perso, je les connais pas ces groupes. A peine de
nom, c'est dire ! Donc moi non plus, me voilà pas avancer.
Je tourne en rond. Que la formation est bêtement classique,
ce qui n'est pas un problème en soi. Un bon guitare-basse-batterie-chanteur,
on fait rarement mieux. Mais ça court les rues. Donc on
y voit pas beaucoup plus clair. Et c'est bien ça le problème
de ce 5 titres. Ya rien à quoi s'accrocher, bien en panne
pour vous narrer cette nouvelle aventure musicale pas franchement
hautes en couleurs. C'est universel et bâtard en même
temps. Ca ressemble à tout et à rien. J'ai même
pas une bonne blague à vous raconter sur eux, une anecdote
croustillante qui éclaircirai cette chronique, qui mine
de rien s'étale déjà pas mal sans que rien
ne soit dit ! C'est du rock quoi ! Sans passion particulière,
sans mauvais goût non plus. Des guitares qui pavoisent,
des rythmes sans entrains. Bon d'accord..... Ca manque juste de
personnalité et ça fait même pas rigoler.
Et on peut pas dire que ça soit mauvais par ailleurs. Les
mecs assurent, pas de problèmes. Nan là, franchement,
j'vois pas !
SKX (17/08/2000) |
HELGOLAND
"
dust " - 7"
Music'a la coque 01
Au
pays des légos musicaux sévit une étrange
fanfare allemande. Helgoland, trublion sonore, spécialisé
dans le collage et le détartrage. Et c'est tout normal
de les retrouver sur l'iconoclaste label italien de Bz Bz Ueu,
Music'A la Coque. La face "dust" dépoussière
les tympans en passant très allègrement de beatbox-jazz
à la musique sur Nintendo, de la bande son d'un James Bond
à du classique pas classique, le tout habité par
un esprit "core" quelquechose! J'en perds mon latin!
Autre face, autres moeurs. On retombe sur une bande son mais cette
fois ci version bande dessinée pour une réinterprétation
d'une musique traditionnelle alpine. Et on s'achève avec
un "rabbit brand" à mettre sur toutes les consoles
de jeux pour égayer vos chères têtes blondes.
Beep beep!! Excellent pour animer vos fins de soirées.
SKX (21/02/2002) |
HELL
NO
"
weird weirdo " - CDEP
Handi-Kraft records 99
C'est
si bon de se faire botter le cul ! Je veux dire par-là,
tas de lavasses que vous êtes tous, si le post-rock doit
devenir cet antre mou pour coincés du bulbe, Hell No vous
remettra les pendules à l'heure ! De la jouissance, de
l'instinct, du plaisir brut. Calcul mental zéro mais l'envie
de vous tordre, vous vider les tripes, de vous rappeler ce que
le mot " rock " signifie, cet esprit proche de l'hallucination
et de la révolte, sortez vos p'tits zyeux-zyeux de vos
orbites-beats ! Hell No en impose (à l'instar de Kill van
Kull), n'est pas là pour plaisanter (" cancer better
not fuck with my body ") mais n'en faites pas des brutes
épaisses. Lisez : tant de finesse dans une musique brutale.
Dommage que sur ce 5 titres, emballés dans carton épais
pour petits durs, 2 figuraient déjà sur un précédent
single...
SKX (20/04/1999) |
HELLA
"
hold your horse is " - CD
5 rue Christine (CD) / Frenetic (Lp) 02
Les
duos se ramassent à la pelle par les temps qui court. Batterie-basse,
batterie-guitare mais toujours batterie, les ménages à
deux deviennent une norme bien établie dans le milieu rock.
Celui-ci est à six cordes et il est phénoménale!
La crème de la crème, oubliez tous les autres, ce
ménage, c'est du solide. Au départ, on pense qu'ils
sont toute une famille nombreuse tellement c'est complexe avec
des cordes et des rythmes dans tous les sens. Le temps de se retourner
et on se retrouve face à face avec deux p'tits gars de
Sacramento (Spencer Seim - guitare - et Zach Hill - batterie).
Chapeau messieurs, votre première réalisation est
un coup de maître. C'est Oxes et Cheval de Frise tout mélangés,
malaxés, transcendés. Une batterie très inventive,
caisse claire douze frappes à la secondes, pièces
métalliques. C'est le batteur de Melt-Banana, Lightning
Bolt et Don Caballero, un homme bionique qui contrôle sa
force, sachant calmer ses ardeurs quand il le faut. Le guitariste
est du même acabit et mon tout ne sonne jamais cacophonique
tant ils savent insuffler mélodies, malice et habileté
dans ces neuf titres à couper le souffle. Ca vit dans le
nerf, c'est enlevé et ça ferait danser un squelette.
Vous l'aurez compris, c'est une révélation comme
on n'en rencontre qu'une seule fois dans l'année. Un ménage
qu'on espère éternel.
SKX (19/04/2002) |
HELMS
"
McCarthy " - CD
Kimchee 02
Entre
chien et loup, quand tout devient mystère, l'hésitation
permise entre les pulsations d'une journée qui s'écoule
et le calme trompeur d'une nuit qui s'annonce, le doute, choisir
son camp, rester entre deux mondes. Helms, trio originaire du
Massachusetts, reste à l'affût. Un équilibre
savamment travaillé entre ombre, silences apprivoisés
et petites décharges électriques. Quand chaque titre
a du mal à s'engager sur une voie bien précise,
il en ressort un album impressionniste où les chansons
ont comme un goût d'inachevé, l'ouverture sur l'infini.
Au départ, il était une fois Slint, groupe majeur
qui décida sûrement un jour Helms à prendre
les armes. Et si Helms, avec ce deuxième album, apprend
à s'éloigner de la source, on ressent sans cesse
cette aura pesante sur le dynamisme des compositions. Ce chant,
parlé et posément triste, cette tension qui ne demande
qu'à exploser, ces mélodies qui vont de l'avant,
progressent par boucles successives et disparaissent dans un grand
souffle de poussière. Helms opère par petites touches,
navigue entre deux eaux, le plus souvent tapis dans l'ombre, sortant
juste pour des frappes courtes et détaillées. Un
" McCarthy " sans effet de surprise mais des contes
irréels narrés avec finesse et conviction pour pénétrer
la nuit noire en douceur non sans une certaine inquiétude
SKX (08/04/2003) |
HERO
OF A HUNDRED FIGHTS
"
the remote, the cold " - CDEP
Divot 01
C'est avec la plus grande suspicion que j'abordais ce maxi quatre
titres. Entre leur premier album des plus convaincant dans le
trip Don Caballero décomplexé et chantant et deux
titres pâlichons témoignant d'une évolution
de personnel sur la compilation "4 ways stop", je
ne savais plus sur quel pied danser avec ces héros sur
la pente descendante. Le combat prenait une drôle de tournure
et avec cette nouvelle sortie, difficile de dire qui est le
gagnant. En tout cas, la guerre continue. On lorgne de plus
en plus vers une version édulcorée de Craw. Une
matière noisecore malaxée, malmenée, tiraillée
dans tous le sens avec une section rythmique des plus coriace
et charpentée comme un bûcheron, une guitare en
retrait qui essaye de faire entendre ses mélodies discrètes.
Et puis reste le problème de la voix. Le majeur problème
qui fait tout déraper. J'y arrive tout simplement pas.
Trop d'emphase, trop en avant, trop de décalage avec
la rudesse du reste de la troupe. Le bassiste, unique chanteur
hargneux sur le 1er album, se contente de faire les choeurs
désormais et le nouveau chanteur se taille la part du
lion. Pour ce coup-ci, on aurait gagné un groupe instrumental
qu'on aurait pas craché dans la soupe. Mais entre-temps,
le champ de bataille s'agite à nouveau. Hero of 100 fights
vient d'annuler deux mois de campagne aux USA. Désertion
et changement de combattants semblent à l'ordre du jour.
Les généraux se seraient-ils aperçus que
les dernières recrues n'étaient pas à la
hauteur?! La guerre est loin d'être gagnée....
SKX (23/05/2001)
|
HERO
OF A HUNDRED FIGHTS
"
s/t " - Lp
404 records 99
Halte
obligatoire! Sur les traces encore fumantes de BRASS KNUCKLES
FOR THOUGH GUYS, Chris Grove,bassiste-chanteur (et boss de 404
rds) reforme illico-presto un trio d'un cru inestimable. Les bases
restent identiques. Noise chaotique en maths sup. Sciences du
rythme et du contretemps édifiant. Avec cette voix toujours
aussi éraillée et prenante, la voix scotch-brit!
Et un sens de la compo encore plus saisissant. Délié
et concis dans un même exploit, gestion parfaite des passages
calmes, et tout est relatif, changement de structures en plein
vol, le feu, l'eau, la terre. On survole sur la technique des
musiciens, ça passe tout seul. Formule allégée,
costaud à l'intérieur, un vrai bonheur. Pas la peine
d'attendre les 100 combats pour les imposer dès le 1er
round au firmament de la scène noise-rock américaine!!
SKX (15/11/1999) |
|
THE HEX
"
no car " - CDEP
Troubleman Unlimited 00
Voilà
un patronyme qui ne va pas manquer d'en troubler plus d'un.
Il faudra faire attention à son inspiration pour ne pas
rater le "h" et les confondre avec nos hollandais
quarantenaires. Des nouveaux venus dans l'écurie Troubleman,
des nouveaux tout court d'ailleurs. Mais on sait d'où
ils viennent pourtant ! Des oreilles averties qui ont traînées
du coté des groupes punk anglais fin 70's, début
80's, Wire en tête et en grande forme. Cinq titres dépouillés
et minimalistes. Pas de saturations, pas de distos, pas d'émulsifiants
et encore moins de colorants. Mais du ressort et de la dynamique,
ça fourmille et ça sautille. Arrosé le
tout d'un petit parfum rétro à la Make-Up et ce
premier jet a de quoi faire frémir les plus sensibles.
Encore une bonne pioche pour Troubleman !
SKX (02/01/2001)
|
HINT
HINT
"
Sex is everything " - CDEP
Autoproduction 03
Poussez
les meubles et sortez les capotes, les petits culs vont se trémousser.
" Harry's ass is a picnic ", c'est le titre du morceau
d'ouverture et ça annonce la couleur. Car dans le fondement
de Hint Hint, on trouve de tout à grignoter et le résultat,
six titres ultra chauds en guise de carte de visite. Une bonne
base rock'n'roll je me tape (de) tout, punk dans les gênes
mais qui n'a pas envie de jouer les corbeaux de service, donc
je me déride les fesse et ça groove dangereusement
à tous les étages, le punk sait danser, sur la tangente,
une petite couche de claviers, des rythmes qui bougent les rotules,
des mélodies super chiadées. Une enfilade de perles
sur le canapé sans céder à la facilité.
Du punk-wave bien dans l'air du temps et pourtant trouve sa place
au soleil, un réel talent de compositeurs, des trouvailles
à la pelle, le petit gimmick qui tue. De la sueur et des
saignements. Hint Hint, c'est moite et humide. Un truc à
potentiel énorme promis à l'explosion interplanétaire
si le petit cochon les mange pas
.
SKX (18/09/2003) |
HONEY
FOR PETZI
"
Nicholson " - CD
Gentlemen Music 03
La
première fois que j'ai entendu parler de ce groupe, c'était
pour une tournée au printemps dernier avec Cheval De Frise
et Chevreuil. Une telle compagnie éveille forcément
la curiosité. Apparemment, j'avais du retard à l'allumage
puisque ce " nicholson " est leur troisième album
(après un précédent produit par Albini) et
que les routes européennes connaissent par cur les
traces de leurs pneus. Avec des références pareilles,
vous aurez compris que ces Suisses (de Lausanne) évoluent
dans l'instrumental et que quelques disques de Shellac doivent
à coup sûr traîner dans une pile. Après
leur deuxième album " Heal all monsters " plus
éparpillé (j'avais du retard mais je le comble !),
Honey For Petzi gagne en concision et va droit au but. On retrouve
cette passion pour ces rythmiques angulaires (" minibiche
", " les impôts " ou " golem "),
le tout analogique, cette batterie qui cogne et souple à
la fois, ce noise-rock sec et dépouillé. L'influence
est là mais en rien dérangeante. Honey For Petzi
a suffisamment de maturité au compteur pour ne pas vulgairement
copier. Car les Suisses se la coule plus douce. Le son se fait
moins brut de décoffrage. Le dernier morceau " easy
rider " n'a rien d'une chevauchée sauvage. Arpèges
et mélancolie pour mélodie hypnotique. Réveil
matin brumeux sur " la maison ". Introspection, coup
de nerf, structures élaborées mais qui savent aussi
aller à l'essentiel, finement jouées et tout en
non-dit. Le trio marque peu à peu son territoire dans un
style musical relativement usité. Un disque très
plaisant à défaut de vous coller une bonne claque.
SKX (14/08/2003)
|
HONEYWELL
"
industry " - Lp
Autometric 00
(autometric@hotmail.com)
Un
train de retard. Loco et wagons compris. Il est vrai qu'il est
bien difficile de suivre cette nébuleuse scène hardcore
américaine où les disques sortent à un nombre
d'exemplaires rachitique et dans un anonymat très commun.
On ne remerciera donc jamais assez Autometric records de nous
avoir repressé cet album de Honeywell qui a explosé
en 1993 sur le label Mollycoddle. Un de ces groupes pionniers,
sans qu'eux-mêmes le sache ou comment faire du hardcore
chaotique avant tout le monde. On a trouvé les grands frères
de Jerome's Dream, tous ces groupes hystériques avec ces
voix criardes et qui tapent sur tout ce qui bouge. Une sacré
chienlit ce Honeywell ! Et pas une ride au compteur 7 années
plus tard. Du pur jus avec les traces des pneus encore sur l'asphalte.
Un son 100% DIY. Du pur bruit de névrosés et des
pétards qui fusent dans tous les sens. De quoi calmer plus
d'un jeune. Depuis, trois membres sévissent dans Volume
Eleven. On comprend mieux notre douleur. A vos classiques !
SKX (27/11/2000) |
HOT
CROSS
"
a new set of lungs " - 10"
Robodog 01
Une
croix bien visible, pour la tirer de loin. Un insert graphique
tout rouge vif, sur des charbons ardents, c'est le tout nouveau
groupe sur le feu d'une pléthore d'ex-machin-chose (Saetia,
Neil Perry, You and I... ). On les voit arriver de loin avec ce
gyrophare flamboyant. Ces 7 titres sont un habile condensé
de toutes ces courtes mèches. L'influence prépondérante
reste tout de même Saetia. Implosé de l'intérieur.
Des restes de hardcore névrotique, de lignes à hautes
tension à la fragilité palpable sous le nerf. Des
mélodies zigzaguantes sous les salves. Chaotique, le mot
est lâché. C'est néanmoins humain et émouvant.
La musique de Hot Cross est bien de son époque. De là
à la marquer au fer rouge, c'est un pas qu'il reste à
franchir. En attendant de s'offrir une nouvelle pairs de poumons
pour respirer un air frais, ce "a new set of lungs"
est largement riche en oxygène pour une thérapie
temporaire. Du bon boulot.
SKX (09/01/2002)
|
HUNGRY
GHOSTS
"
alone, alone " - CD
Smells Like records 00
Une
histoire de fantômes affamés au pays des kangourous.
Dénichés par Steve Shelley, le batteur de Sonic
Youth, lors d'une de leur tournée méga-mondiale
en terres australes, petits protégés de Rowland
S. Howard, ex-Birthay Party, Hungry Ghosts devaient forcément
voir un jour son ombre décoller du seul soleil de Melbourne.
De là à les voir surexposer aux rayons les plus
ardents, ya une limite que leur musique n'est pas prête
à franchir. C'est à peine si on l'entend. Une tragédie
en trois actes : "before then", "alone, alone"
et enfin "no wake". La solitude, l'angoisse et puis
plus rien. Au milieu de tout ça, une heure de musique pas
gaie mais on s'en tape car c'est beau comme une histoire à
chialer. Ca vous happe, vous transporte, c'est composé
comme un film avec ses interludes, ces longues pièces,
ces scènes incontournables. D'ailleurs ça fait musique
de film, univers Lynch ou western et Morriccone avant le duel.
Un trio qui use d'instruments à cordes, à vent,
électrique, acoustique, sans tactique, libre comme le vent,
où bon leur semble. Il faut prêter l'oreille. On
entendrait presque le vent parfois. C'est lunaire et beau comme
un désert australien. Avec ses multiples détails
qui en font toute la richesse quand on y prête attention.
Des airs désabusés comme un Tindersticks du pauvre,
jouant avec la palette musicale d'un Comelade du bout du monde.
Là dedans, vous y mettez toutes les influences que vous
voulez, que même si vous êtes sensibles à Black
Heart Procession, je dis pourquoi pas mas cet " Alone, alone
" s'est fait tout seul tout seul et pour soigner son blues
et se faire des images plein la tête, c'est idéal
!
SKX (26/09/2000) |
|
Hair
Police
Obedience Cuts - CD
Freefom From 2004
Hair Police va faire friser plus d'un cheveu sur la tête
de nos agents de l'ordre public. Groupe américain maniant
percussions, guitare, voix et électronique. Pour l'instant,
ça va encore. La difficulté vient du traitement
qu'ils en font. Tout est saturation et distorsion. Leurs deux
mamelles qu'ils tiraillent et cisaillent. Sadiques en plus de
ça. Instruments noyés derrière une panoplie
d'effets. Les larsens dans ta gueule, c'est pour toi. Les cymbales
qu'on gifle, c'est encore pour toi. Le mur du son intégral.
Ils ont la bonté de nous conseiller d'écouter
ça le plus fort possible
Merci, c'est sympa. Tout
est dans l'extrême. Ici, l'électronique ne se regarde
pas le nombril et est considéré sous un angle
punk et industriel. Ca descend de Trobbing Gristle, ça
remonte par les tripes, ça fait passer Black Dice pour
les petits branleurs qu'ils sont. Ils ont beau sonner les cloches
le temps de reprendre son souffle sur " the empty socket
", Hair Police est sans pitié. Le pire, c'est que
le temps de trois, quatre morceaux, ça fonctionne à
merveille. Ca fait ressortir toute la bile en vous, ça
nettoie en profondeur. Le monde apparaîtrait presque plus
beau. Sur la longueur, c'est violemment déconseillé.
SKX
(29/08/04)
website
groupe www.geocities.com/hairpolice000
website
label www.freedom-from.com
| www.geocities.com/godsoftundra
sounds
Lets_See_Whos_Here_clip.mp3
| Forged_By_Wreck_clip.mp3
C._Spencer_Yeh-Boneless_clip.mp3
| Full_of_Guts_clip.mp3
|
Heliogabale
Diving Rooms - CD
Autoproduction 2004
Alors qu'on les croyait parti fréquenter le même
cimetière que Condense, Bästard, Prohibition et
autres fantômes de la scène noise-rock française
des années 90, les parisiens de Heliogabale renaissent
après trois ans d'inactivité. Exit le label, exit
le producteur au nom clinquant, Heliogabale fait tout lui-même
avec les moyens du bord comme un jeune groupe de poulains prêts
à en découdre comme au premier jour. Un retour
aux sources à plus d'un titre. Ils nous avaient laissé
avec un " Mobil Home " qui ne donnait pas l'envie
d'y rester, vague post-rock noise et sampler tendance. Ils reviennent
en 2004 avec toute la rage noise-rock de leurs débuts
qui leur sied si bien au teint, retrouvant un second souffle.
Dépoussiérage du style, électricité
à tous les étages, dissonances princières,
pièces labyrinthiques où rodent le mystère
et la voix tour à tour âpre ou sensuelle de Sasha
Andres comme maîtresse de cérémonie. Heliogabale
connaît la manuvre, ont suffisamment d'expérience
derrière eux pour s'enregistrer sans l'aide d'un ingénieur
de renom (bien au contraire) et l'exécution est parfaitement
maîtrisée avec l'inspiration de personnes qui se
sont tus trop longtemps. Leur noise-rock deuxième génération
possède force et souplesse, avec cette trace de noirceur
qui rajoute de l'épaisseur au propos et des élans
lumineux pour capter l'attention d'un plus grand nombre. Un
" diving rooms " qui ravive le passé, s'inscrit
sans problème dans le présent pour un renouveau
inattendu et réussi.
SKX
(27/06/2004)
website
groupe
heliogabale.free.fr
sounds
heliogabale.free.fr
| rubrique "multimedia"
|
|
Hella
The Devil isn't red - CD
5 Rue Christine 2004
Après un premier album limpide et
qui mettait tout le monde d'accord, le duo Hella s'était
fourvoyé dans toute une panoplie de singles et maxi qui
laissaient perplexe. Un franc besoin d'aller voir ailleurs chez
notre duo de Sacramento se faisait sentir, l'envie d'expérimenter
tous azimuts, ne pas s'enfermer dans une formule écrite
à l'avance, casser la belle mécanique et oser
un produit qui ferait grincer les dents. Tout ça n'était
pas bien concluant mais avait le mérite de ne pas se
reposer sur ses lauriers. Quid de ce nouvel album, à
quelle sauce allions-nous être mangés? Hella a
opté pour l'habile compromis. Ils gardent une grille
de lecture lisible pour le commun des mortels, continuant ainsi
le travail entrepris par "hold your horse is" tout
en insufflant par savantes touches un esprit aventureux et ludique.
Leur math-rock sonnent toujours complexe mais mélodique.
La batterie est une mouche prisonnier d'un verre, cognant dans
tous les sens et à grande vitesse. Le guitariste n'est
plus le roi du tiping (cette bonne vieille technique qui consiste
à balader ses dix doigts sur le manche de la guitare)
et varie son approche. Vous avez le droit ainsi à des
franches envolées qui brûlent tout derrière
elles, des trucs incroyables à se cogner la tête,
entrecoupés d'interludes bizarroïdes, des moments
de répit pour une messe tout feu tout flamme qui laissent
une vague impression de tourbillon diabolique. Hella se distingue
et personnalise ses choix, trouvant sa voix à l'aise
sur le chemin très embouteillé des duos, au même
titre que Lightning Bolt ou Don Caballero à une autre
époque. Le diable n'est pas rouge mais il tire quand
même une sacré tronche!
SKX
(28/03/2004)
website
groupe www.hellaband.com
website
label www.5rc.com
sounds
TheMotherCouldBeYou.mp3
|
Hella
| Fourtet
Divorce Series / Number One - 7"
Ache 2004
Ache
(à vos souhaits), label canadien (Vancouver) inaugure
une série de neuf split 45 tours censés "illustrer
les similarités entre la création de l'analogie
moderne et la musique électronique" dixit Ache.
Avec les deux premiers prétendants, Hella et Fourtet,
on peut dire que l'essai est concluant. Si Hella est présumé
défendre le monde de l'analogique et Fourtet les bienfaits
de l'électronique, on peut avouer que le résultat
est très proche et que l'ouïe pourrait s'y méprendre.
Hella montre avec son "stephen hawking has a posse"
toute sa science du trompe l'il. Avec leur technique sans
faille, la précision chirurgicale du batteur, les effets
de manche du guitariste et quelques nappes de claviers, leur
morceau pourrait passer pour du break core prêt à
chauffer n'importe quelle piste, à condition d'aimer
la danse abstraite et bruyante tout de même! Un morceau
de haut vol où tous leurs démons sont brillamment
réunis. Avec Fourtet et son "both when i am alone
and we both are", c'est musique samplée et super
cut-ée, une mélodie acoustique passée au
karsher avec le beat affolé, non, mon 45 n'est pas rayé.
Avec encore un poil d'entraînement, le batteur de Hella
pourrait faire pareil. Les armes sont différentes mais
le rendu troublant de similitude. Un projet à suivre
de très prêt lors des prochaines livraisons.
SKX
(28/03/2004)
website
groupe www.hellaband.com
| www.fourtet.net
website
label www.acherecords.com
|
Hint
Hint
Young Days - CD
Suicide Squeeze 2004
Hint
Hint est un jeune quintet de Seattle qui, en toute innocence,
avait balancé une bombe en direction des dance-floor
punk avec leur six titres " sex is everything
" en 2003. Grandissant à vue d'il, ils signent
un premier album où, d'adolescents feu follets, ils passent
sans crier gare au monde adulte et font preuve de sang froid
et d'une mélancolie soudaine. La réalité
les rattrape alors que leurs jeunes années s'écoulent.
" Young Days " a été enregistré
par Zach Reinig, l'habituel homme derrière les manettes
des Black Heart Procession et ceci explique peut-être
cela
Le rythme se fait toujours entraînant mais
le piano de la charmante Leona Marrs prend de l'espace. Toujours
moyen de taper du pied et de se trémousser le fondement
mais une tristesse sourde infiltre les structures. Leur talent
à développer des mélodies percutantes est
toujours au-dessus de la moyenne. Sauf que là, les perfides,
elles vous filent le bourdon. Mis à part sur deux, trois
titres évidents comme " Long branch, New Jersey
" ou " Natural Collegiate ", c'est de gravité
que se drapent les compos, une piste de danse dans la pénombre
avec ce qu'il faut de rage dans la voix de Peter Quirk pour
accoucher d'une musique tout en contraste. Reflet d'une époque
où la new-wave et le punk font bon ménage. Où
on peut faire preuve de classe et de talent d'écriture
tout en vous bottant les fesses dans le même geste. C'est
avec retenue que l'on pénètre ce disque. C'est
sur la durée qu'il s'impose. Un très bon album
d'héritage punk-wave mené avec finesse, sobriété
et une certaine dose d'urgence.
SKX
(24/09/2204)
website
groupe http://www.hinthint.org
website
label http://www.suicidesqueeze.net
vinyl : www.sound-virus.com
sounds
long_branch_new_jersey.mp3
|
NEW
BRUTALISM / HIT SELF DESTRUCT
2 song split - 7"
Electric Human Project 03
New Brutalism fournit à la chaîne. Prolifique trio
(avec un ex-Red Scare) dont les sorties se multiplient comme
des petits pains. A l'écoute de ce titre "026",
on se dit que le rendement prime sur la qualité. Un morceau
passe-partout à la vaz-y-que-je-te-pousse! New Brutalism,
c'est plus Shellac que Shellac et là, pour le coup, le
père Albini peut dormir sur ces deux oreilles. Jetez
plutôt les votres sur leurs albums. La découverte
s'appelle Hit Self Destruct. Un nom qui claque. Leur liste de
remerciements se résume à un "no thanks to
anyone". C'est bon ça! N'allez pas croire que leur
"aim for the jugular" soit pour autant bas du front.
Une belle pièce noise-rock avec plein de rebondissements
dans la batterie, de volonté de nuire mais avec la manière.
On les verrait bien évoluer à la Ten Grand. Si
ils ne s'auto détruisent pas d'ici là.
SKX
(12/02/2004)
website groupe thermionic.home.mindspring.com/nb
website
label www.electrichumanproject.com
|
|
HK
/ Pledge Alliance
Split CD
Impure Muzik / Maldoror 2004
HK vient de Montceau-Les-Mines. Autant dire, pas la Mecque du
rock'n'roll. Qu'importe l'endroit où tu te morfonds,
la rage et l'envie sont les mêmes. HK, tantôt trio,
tantôt à quatre, prêt à tout défoncer.
Les regards portés sur ce hardcore si chaotique comme
son époque, le reflet d'un monde qui leur donne le besoin
impérieux de hurler leur frustration à la face
du monde. On pourrait coucher une tonne de groupes comme références.
Qu'importe une nouvelle fois, l'important, c'est d'y croire.
Ca vole, c'est plein de tension interne, c'est très maîtrisé
et inspiré. Trois titres qui s'écoutent sans broncher
(mais faut prendre sur soi pour pas exploser). Pledge Alliance
ne savait sans doute pas que ces quatre compos allaient être
les dernières pour toujours. Depuis, certains membres
sont repartis sur les routes formés The Plague Mass.
Reste comme ultime témoignage pour ces Autrichiens, un
hardcore plombé, une chape qui s'abat sur vous tel Catharsis.
La batterie ne s'embarrasse pas de contre-temps. Voix virile,
breaks puissants, ça ne fait pas dans le tiède
sans pour autant sortir le grand jeu et sommes toutes assez
convenu
Cette chronique ne serait pas complète
sans mentionner l'effort particulier apporté à
la pochette. Magnifique digipack cartonné et dépliant
avec des paroles dans tous les sens et toutes les langues. Le
verbe rejoint le geste.
SKX
(29/08/04)
website
groupe www.8ung.at/pledgealliance
website
label www.impuremuzik.com
| www.maldororcollective.com
sounds
HK.mp3
| PLEDGE
ALLIANCE.mp3
|
Hot
Cross
Fair trades & farewells - 12''
Level Plane 2004
Le guitariste qui prend la basse et vice-versa. Le boss de Level
Plane toujours derrière sa batterie. Billy Werner, un
des trois anciens Saetia du groupe, au chant. Un second gratteux.
La croix chaude sort à nouveau de sa tanière.
Courte sortie puisque que six titres seulement. Mais c'est ma
foi largement suffisant. Le son de Hot Cross se distingue par
une débauche de guitares. Et là, limite autorisée
presque dépassée. A gorge déployée,
dans tous les sens, les arpèges en surrégime.
Et surtout pas toujours au mieux de leur inspiration comme sur
le laborieux " throw collars to the wind ". Le changement
d'instruments entre les deux membres du groupe n'est pas à
leur avantage. Vous rajoutez quelques churs pas trop bien
sentis et vous obtenez vingt minutes qui en paraissent le double.
Dans les meilleurs périodes, vous avez un honnête
Hot Cross comme sur leur précédent album "
Cryonics " mais dans le style hardcore/rock'n'roll, Hot
Cross ne peut prétendre à la plus haute marche.
Petite forme.
SKX
(09/10/2004)
website
groupe www.level-plane.com/hotcross/index.php
website
labe www.level-plane.com
sounds
www.hxcmp3.com/bands/1636
|
|
Hot
Snakes
Audit in progress - CD
Swami 2004
C'est quasi transi d'émoi que chaque nouvelle livraison
des Hot Snakes est attendue. On a pas idées de faire
des albums aussi parfaits. " Automatic midnight ".
" Suicide Invoice ". Deux albums qui laissent une
trace indélébile dans chaque esprit frappé
d'écoute et d'hallucination, de rêve de décapotable
rouge, d'highway en plein milieu du désert, ça
défile à toute allure, des envies de grand nulle
part, le blouson noir qui sommeille en vous, de filles faciles
et des bourre pif distribués à toutes volées.
" Audit in progress " réussit encore le tour
de force de pas nous décevoir. La recette est sommairement
toujours la même mais quel talent de compositeurs. Rick
Farr et John Reis, une solide amitié qui les unit depuis
Drive Like Jehu, malgré les nombreuses infidélités
du deuxième nommé (Rocket from the Crypt, The
Sultans). Un vieux couple unit pour le meilleur, en espérant
qu'ils se séparent avant que l'inévitable pire
arrive. Ca ne sera pas pour ce coup ci. Un nouveau batteur a
débarqué (Mario Rubalcaba) mais le rythme reste
toujours aussi soutenu. On peut même avancer que c'est
leur album le plus remuant. Au diable les ballades si poignantes
des deux précédents albums. Ca fonce droit devant.
La quarantaine, connais pas. Le temps n'a pas de prise sur la
voix de braise de Rick Farr. Ensorcelante. Hot Snakes, c'est
presque un mystère. Comment un groupe aussi basique peut-il
séduire autant ?! Le couplet, le refrain, le couplet.
Entêtant jusqu'au bout de la nuit! Noir, tendu. The Saints
version 2000, des "I'm stranded" qui court partout
nu comme des vers. La classe, la grande, rock jusqu'au bout
des boots. Hypra simple et c'est bondieusement bon, putain de
merde !! Ivre de Hot Snakes.
SKX
(14/11/2004)
website
groupe www.hotsnakes.com
website
label www.swamirecords.com
sounds
HI-LIGHTS.mp3
|
Hugs
The tarpit - Cd
Waking 2004
Solide disque que voilà! Plein d'une furie positive,
d'angles pointus et de taureau pris par les cornes. Tremble
Amérique, tremble ! On parle ici hardcore chaotique,
avec passion et une rasée de tripes. Des éléments
de hardcore 90 à la Antioch Arrow, à fleur de
peau et un son noisy qui les rend très attachant. Des
riffs qui sonnent la révolte. Une voix qui caresse comme
du scotch-britt. Une fourmilière de guitares. Cette lave
n'est pas inconnue mais Hugs, avec ce premier album qui fait
suite à un 12'' uniface, se fait remarquer avec une justesse
de ton et un entrain congénital qui fait bouger dans
le bon sens. Ils arrivent même à se distinguer
du lot par un surprenant morceau de 13 minutes dont je ne peux
m'empêcher de vous livrer le titre " Jesus nike brad
pitt hard on " (pauvre Jesus). Le hardcore joue les prolongations
et autant vous dire que ce morceau est épique. Sauf une
accalmie au beau milieu, c'est une longue décharge continue,
une explosion caractérisée et inconsciente, propre
à être dénoncé aux autorités
locales, en l'occurrence l'Iowa pour ces quatre petits gars.
L'Amérique profonde dans tout ce qu'elle a de plus sincère
et juteuse.
SKX
(13/11/2004)
website
groupe hugskill.tripod.com
website
label www.wakingrecords.com
sounds
mike_witry_was_a_good_kid.mp3
|
Hanged
Up
Clatter for control - CD
Constellation 2005
La
formule Hanged Up est désormais bien huilée et
connue de tous. Une batterie, un violon et tout un tas de possibilités.
Le duo canadien connaît la musique et nous aussi. C'est
peut-être là que le bas blesse. Mais il ne faudrait
pas être bégueule. Ce troisième album des
Hanged Up est toujours aussi envoûtant et si l'effet de
surprise n'est plus de mise, on se laisse avoir encore une fois
par ces atmosphères urbaines et ténébreuses.
On a même pour la première fois droit à
un chant, si on peut qualifier de la sorte, les plaintes qui
sortent de la bouche de Gen Heistek la violoniste quand elle
crie dans le micro de son violon sur Fuck this place
avec la présence de la basse de Harris Newman (Hrsta,
Sackville). Ambiances toutes tordues, ambiances fiévreuses
et fortement rythmées, ambiances mélancoliques
voir carrément mélodiques, Hanged Up est passé
maître dans l'art de varier les plaisirs avec tout leur
attirail d'effets qu'ils font subir à leurs instruments
respectifs. Du bruit le plus suffocant au silence le plus inquiétant,
Hanged Up, c'est charnel ou très sec. Vous en prendrez
bien encore une fois !
SKX
(11/11/2005)
website label www.cstrecords.com
sounds Klang_Klang.mp3
|
Hella
Church Gone Wild /Chirpin Hard - 2xCDs
Suicide Squeeze 2005
La
dualité Hella. On ne parlera pas de duo mais de deux
personnes jouent l'un avec l'autre et non pas ensemble, la nuance
est de taille. J'ai eu l'occasion (notez bien que j'ai dit "
occasion " et non pas " chance ") de passer un
semaine avec eux en Italie l'année dernière et
c'était à se demander par quel hasard ces deux
personnages (Zach Hill le batteur et Spencer Seim le guitariste)
s'étaient retrouvés à former un groupe.
Les seuls paroles échangées ont dû être
" passe moi le sel " et " peux-tu baisser ton
putain d'ampli " (là c'était le batteur qui
parlait). Drôle de groupe
Il n'est donc pas surprenant
de constater que ce troisième album est un double avec
chacun sa face. Le disque du batteur. Le disque du guitariste.
Chacun joue de tous les instruments sur chacune de ces compositions.
Un groupe soudé j'vous dis. On se demande encore pourquoi
ils ont sortis ça sous le nom de Hella. Surtout que musicalement,
le Hella tel qu'on le connaissait est mort et enterré.
La face Hill est sans doute la plus surprenante. Une symphonie
bruitiste plus proche de l'univers de Ftus que n'importe
quel groupe math-rock. On connaît le jeu généreux
et extrême du bonhomme. Sa façon de composer est
à l'identique. Superpositions de samples, de voix des
deux sexes, de guitares, de bruit débarqués du
grand n'importe quoi et de batterie bien sûr mais mise
en retrait. Le batteur s'efface devant un personnage tentaculaire
avec 15000 idées à la minute. Ca confine à
une logorrhée auditive, trop c'est trop. C'est très
personnel. Parfois la sauce prend, l'infernale machine se met
en place mais trop souvent, on ne saisit pas où il veut
en venir, un grand déballage pour rien, le bruit pour
le plaisir du bruit. Il coupe les ponts. Il coupe tout. Qui
m'aime me suive. Avec Spencer Seim, on repose les pieds sur
terre. De ce double album, c'est sans doute la version dans
laquelle les fans de Hella se reconnaitront. On retrouve dans
certaines mélodies son délire jeu vidéo
entamé avec son autre projet The Advantage. A savoir,
reprendre tous les thèmes des jeux Nintendo en version
rock. Un délire comme un autre mais qui reste très
anecdotique. Sur ce disque, il fait tout en solo, notamment
la batterie qu'il assure déjà au sein de The Advantage.
Un jeu forcément moins pieuvre humaine que son compère
né avec des baguettes au bout des bras. Machines et boite
à rythme viennent régulièrement l'aider
à faire mousser ses mélodies pour adolescents
attardés qui ont oublié de couper le cordon ombilical
qui les relie à leur console de jeu. C'est rigolo. Dans
un bon jour, je dirais même plaisant mais ça reste
quand même pas folichon à l'arrivée. Hella
- ou ce qu'il en reste - vient de prendre un drôle de
virage. Le seul duo un plus un qui, par une mystérieuse
force, continue vaille que vaille, cote à cote, des frères
ennemis que rien ne rapproche, et pourtant, les deux ensemble,
c'était monts et merveilles, l'alchimie du contraire
en fusion. Séparément, ça s'éparpille
et ça vaut plus grand-chose. Le fil va bien finir par
se rompre. Chacun son chemin, à explorer sa propre voie
mais les gars, laisser votre gosse Hella tranquille.
SKX
(08/06/2005)
website
groupe www.hellaband.com
website
label www.suicidesqueeze.net
sounds
we_was_just_boys.mp3
| song_from%20uncle_ch.mp3
|
Hell
Demonio
Greatest Hits - CD
Robotradio / Wallace 2005
Greatest
Hits en forme de boutade car ces 7 morceaux sont les tout
premiers jamais écrits dans la courte vie de ce groupe
italien. Vérone 2004. Quatre jeunes dans le vent décident
comme des milliards d'autres de former un groupe et se lancent
directement dans le grand bain du rock'n'roll, entament les
scènes et enregistrent avec les technologies modernes
(studio portable) un CD d'un quart d'heure qui risquent de se
consumer vite fait tellement c'est chaud là dedans !
Ca démarre sur un riff à la Rye Coalition avec
un je ne sais quoi de la candeur d'un At The Drive In. Les morceaux
s'enchaînent sans temps mort, un chanteur qui donne tout
ce qu'il a, on en ressort tout transpirant. L'avenir est devant
eux !
SKX
(29/11/2005)
website groupe www.helldemonio.com
website label www.robotradiorecords.com
| www.wallacerecords.com
sounds metalmaximizer.mp3
| thebeamynihilisticsword.mp3
|
Herr
K
Self-titled - CDr
Not Not Fun records 2005
Pur
apôtre du Do It Yoursef, Not not fun records (Los Angeles)
pond des objets faits maison avec un catalogue de groupes inconnus
qui mériteraient que l'on si attarde
Débutons
par Herr K. Dans une magnifique enveloppe cartonnée typiquement
américaine avec timbre russe estampillé véridique
et peinte aux pieds, Herr K sort 7 titres qui nous renvoient
aux plus belles heures de Unwound (pour la face mélodique),
Distorted Pony (pour les passages bruyants et l'urgence des
guitares) et Sonic Youth (particulièrement saisissant
sur le dernier titre de 6 minutes Corked with glue / written
in tongue). Un son qui manque de moyens pour donner la véritable
ampleur que méritent ces morceaux mais la source est
là et elle est très bonne. Mais toute cette nostalgie
s'explique quand on y regarde de plus près. Ce bout de
disque est sorti fin 90 ! Depuis, certains des membres ont formé
Silver Daggers. L'approche reste bruyante et orgiaque mais la
musique plus personnelle et surtout actuelle et les disques
aussi DIY et introuvable. Pour ceux qui n'ont pas eu leur dose
à l'époque.
SKX
(29/11/2005)
website groupe silverdaggers.tk
website label www.notnotfun.com
|
Holy
Shroud
Ghost repeaters - CD
Level Plane 2005
Formé
à l'hiver 2003 sur les cendres encore fumantes des groupes
canadiens North of America et The Plan, Holy Shroud met l'eau
à la bouche. Michael Catano, batteur de NOA et guitariste/chanteur
des fabuleux The Plan, accompagné de son ex nouveau compagnon
au sein de NOA, Jim MacAlpine (un gars qui fonctionne au turbo)
ne tenaient pas à s'arrêter en route et reprennent
les choses au même point (mort) qu'ils les avaient choir
avec leurs formations précédentes. A savoir un
rock/hardcore qui se veut intense et passionné, beau
et violent à la manière de Yage, Funeral Diner
et toute une pléiade de groupes dont la liste ferait
pâlir Schindler. Mais ce premier essai est relativement
lisse et transparent dans le genre. On sent comme une dichotomie
dans les compositions. Quand c'est Catano qui s'y colle, il
apporte, notamment avec son chant, de l'épaisseur et
du nerf. Par contre, quand c'est son compère, le MacAlpine,
il coupe les effets (l'Alpine coupé sans doute) et décalotte
les compositions de toute substance dont la lettre " L"
de son patronyme ne tient plus qu'à une lettre. Bon d'accord
je sors. A force d'entendre passer entre mes deux feuilles de
chou ce genre de musique, j'ai les neurones qui s'emballent.
Et quand les deux compagnons de la compo s'assemblent, ce n'est
pas pour le meilleur. Holy Shroud assure un service minimum
mais très passe-partout, rien qui ne puisse tirer de
la torpeur et vers le haut un type de hardcore qui a fait son
temps si on ne lui met pas une bonne branlée dans les
conventions. " Ghost Repeaters " clament-ils ?
SKX
(08/09/2005)
website label www.level-plane.com
|
Honey
for Petzi
Man's rage for black ham - CD
Gentlemen - Ruminance 2005
De
sa Suisse tranquille, Honey for Petzi poursuit son bonhomme
de chemin. Sans forcer sa nature et divaguer de ses repères
rassurant. Le rock non-violent généreusement équationné
par des règles arithmétiques dont la compréhension
reste abordable en dépit de votre faible niveau en la
matière continue de gérer leur musique. Leurs
compagnons de route ont souvent porté comme nom Chevreuil.
La vision des choses est commune. Sauf que Honey for Petzi teinte
son rock d'escarmouches électroniques et que la partie
rock a beaucoup moins d'allant et d'angles que le duo nantais.
L'album coule tout seul. Dans le sens du poil. Frais et poliment
dissonant. C'est même agréable sous forte chaleur.
Des morceaux alertes et dynamiques, une voix sur Freakitten,
des pauses inutiles vu que ce n'est jamais la course effrénée
non plus et une fin d'album qui s'évapore dans les méandres
du modernisme. Leurs volutes sont belles à regarder mais
tout ça est vide. Une fois écouté, on y
pense même plus. Je ne sais pas si ils le fument le jambon
noir mais Honey for Petzi feraient bien d'y mordre un peu.
SKX
(11/07/2005)
website label ruminance.free.fr
| www.gentlemen.ch
|
Hypos
s/t LP
Non Conforme 2005
Hypos,
trio bordelais, sort son premier bout de vinyl. Un 33 tours
gravé d'un seul coté. Trois morceaux mystérieux
et sans tête. Le groupe si dit fortement influencé
par la scène New-Yorkaise (de Rhys Chatam à Lydia
Lunch). Il faut le deviner. Rien ne transparaît sinon
la face sombre et menaçante de cette ville aux multiples
entrées. Hypos développe une musique minimaliste
noise instrumentale où la texture et la recherche sur
le son des instruments sont plus importantes que le fracas des
amplis. Climat onirique et chancelant, un brin de Sonic Youth
dans la guitare (" Lux "), une rythmique inventive,
ce son de basse qui vous hante. Hypos travaille la structure,
joue les faux-semblants, la crise sous-jacente, les explosions
électriques contenues. C'est fait avec classe, une certaine
froideur, celle qui envoûte mine de rien et que l'on suit
en silence, anonyme dans ses rues sans visage, l'avantage des
grandes mégalopoles, l'influence noyée dans le
charbon. Avec une telle carte de visite et brouillage de piste,
ils peuvent aller se perdre dans n'importe quelle direction.
Hypos ne manque pas de sel et on suivra attentivement leur future
quête.
SKX
(01/05/2005)
website
groupe hypos.site.free.fr
video
hypos.site.free.fr
|
The
Hospitals
I've Visited the Island of Jocks and Jazz - CD
Load 2005
Comme
une odeur de pneu crevé. Sans doute le truc le plus mélodique
(dites le avec une pincette sur le nez) que Load records est
sorti mais salement vitriolé. The Hospitals, trois fous
furieux de San Francisco. Deux guitares, une batterie, multiples
voix et une attitude de beaux branleurs. Une grosse friture
continuelle sur la ligne, enregistré dans le trou du
cul d'un chameau, c'est la méthode Pussy Galore appliquée
à l'acidité des Telescopes. Vas y comme j'te pousse.
On ne peut même pas parler de gros mur du son mais d'un
mur lézardé avec des pics sur le dessus et du
barbelé autour. La technique est rudimentaire mais seul
compte le comportement et la façon de le dire. L'espace
de quelques instants, c'est parfait. Pour le reste, c'est le
chemin de croix. Hôpital psychiatrique.
SKX
(13/12/2005)
website
label www.loadrecords.com
sounds
richpeople.mp3
|
|
Haram
Self-titled - CD
Lovitt 2006
Haram,
c'est nouveau et c'est pas nouveau. Des anciens Majority Rule,
City of Caterpillar, Page 99 et le tour est joué. Ou
comment débuté fort dans la vie avec un premier
album remarquable. Je lis à gauche à droite que
ce groupe a tout de Drive Like Jehu. Je veux bien mais c'est
surtout de la fainéantise. Si il suffit d'avoir deux
guitares généreuses en riffs et des rythmes entraînants,
la moitié au bas mot des groupes depuis 10 ans sont des
copies du groupe de San Diego. Alors oui, Haram sait faire divaguer
ses 12 cordes au total avec énergie et vivacité.
Oui Haram sait accoucher de morceaux à vous rouler par
terre, de mélodies qui vous dévorent à
petit feu, une voix qui sait mettre de l'intensité sans
vomir ses tripes, un truc audible quoi et ça fait du
bien. Oui les rythmes sont trépidants et taillés
pour la route. Mais le passé des membres dans les méandres
d'un hardcore-noise autrement saignant n'est pas si lointain.
Haram, c'est plus direct, c'est plus cru et noisy dans le son,
c'est du rock foutrement aguicheur mais sale juste ce qu'il
faut derrière les oreilles et un peu plus bas aussi,
pas si complexe qu'on voudrait bien nous laisser croire avec
des morceaux qui nécessitent juste un peu de temps pour
de dévoiler entièrement. Du rock, l'urgence, la
puissance et l'esthétisme qui va avec.
SKX
(16/08/2006)
website groupe www.harammusic.com
website label www.lovitt.com
sounds FadeAway.mp3
|
Head
Wound City
Self-titled 10''
31G records 2005
Head
Wound City est une réunion dont on ne dira pas qu'elle
est au sommet mais qui compte quelques membres des illustres
Blood Brothers, The Locust et Yeah Yeah Yeahs. C'est un groupe
comme le label 31G les aime. Hystérique, gueulard, chaotique
et qui s'exprime en moins de deux minutes chronos. On pense
forcément à Locust et Blood Brothers. Pas besoin
d'aller chercher bien loin les comparaisons, c'est servi sur
un plateau. Sept titres en moins de dix minutes qui ne laissent
pas repousser l'herbe sur le bitume après le passage
de la horde sauvage qui connaît la recette sur le bout
de leurs ceintures cloutées, qui l'exécute parfaitement
mais qui ne bénéficie d'aucun effet de surprise.
Produit de série de qualité.
(01/01/2006
!)
website
label www.threeoneg.com
sounds
headwoundcity_03.mp3
|
Hallux
Valgus
s/t - Tape
Gaffer / Down Boy 2007
J'ai
bien failli ne jamais chroniquer cet album de Hallux Valgus
uniquement sorti en cassette. Heureusement, je me suis souvenu
d'un vieux lecteur fabriqué en RDA traînant au
fond d'un placard. La cassette, c'est la nouvelle branchitude,
un truc qui la joue old-school tout en essayant de devenir la
nouvelle hype et ça, je n'en suis pas. Je comprends pourquoi
environ 200 cassettes dorment dans un carton et que je m'amuse
à tout racheter en vinyl. Si c'est uniquement pour des
raisons financières, ne me dites pas que graver des cdrs
coûtent plus chers. Si c'est uniquement pour des raisons
esthétiques, ne me dites pas qu'une cassette rend la
musique et les pochettes plus belles. En tout cas, que les groupes
ne se plaignent pas si personne n'écoute leur putain
de musique
Hallux Valgus pue des pieds et devrait consulter
un médecin au plus vite. Le guitariste de Socrates (et
accessoirement boss de Gaffer records) et le guitariste de Death
to pigs regroupent leurs forces dans une bataille rangée
entre Lyon et Nancy, soit les deux premiers du championnat de
la noise. Et comme dans la vraie vie, c'est match nul à
l'arrivée. On prend un pour taper sur l'autre. C'est
élevé au bruit américain, aux stridences
Load records dans une attitude 100% fuck off. Toujours ces relents
de Arab on Radar dans la guitare avec une voix qui couine dans
le fond sur les quatre titres d'une face seulement. Ca bourrine,
ça prend à la gorge, c'est étouffant et
mon made in RDA n'aide pas à apprécier ce bordel
à sa juste valeur. Pas envie de faire d'effort non plus.
C'est l'histoire d'une démo qui se prend pour un album
et seul les jusque boutistes de la noise feront le déplacement.
SKX
(23/12/2007)
website groupe www.halluxvalgus.fr
website label www.gafferrecords.com
|
Health
Self-titled - CD
Lovepump 2007
Health,
c'est un sale groupe moitié hippies aimant vous écorcher
les oreilles. C'est pas contradictoire. Habits flashy, l'amour
à tous les étages et un max de bruit. Excepté
le silence qui s'amplifie au fil de la minute qui ouvre l'album,
ce premier long format uvre dans le chaos. Ami de la structure,
chantre du cartésien, passe ton chemin. Percussion bombastique,
tribale, non-sens de la guitare, crissements électroniques
heurtant une voix fantomatique, voir éthérée.
Robotique de l'enfer, rythmique technoïde, danse à
coin carrée et no man's land vaporeux. Vous avez dans
ce capharnaüm de sons de quoi faire tenir Liars et Ex Models,
Black Dice et autres furieux de la noise en toute liberté.
Monde parfois impénétrable, froid et décharné.
Eclaté comme un pneu à la mauvaise vitesse, aussi
consensuel qu'un Mars ou DNA en plein revival no-wave. Sûrement
plus physique en concert, Health irrite autant qu'il intrigue
avec une nette préférence pour les titres qui
bastonnent plutôt que leurs plans new-age punkoïde
et lenteurs expérimentales. En tout cas, un travail singulier
pour un groupe qui mérite d'être suivi.
SKX
(17/12/2007)
website groupe www.healthnoise.com
website label www.lpurecords.com
|

Hella
there is no 666 in outer space - CD
Ipecac 2007 |

Hella
Acoustics - EP
5RC 2006 |

Hella
Concentration face / homeboy
DVD +EP
5RC 2005 |
Ce
disque m'a bien fait marrer. Tout ça pour en arriver
là. Hella, c'est ce duo de Sacramento qui m'avait collé
une balle avec leur Hold your horse is.
Depuis, ils sont tombés bien bas et ils continuent de
creuser. Un duo atypique qui la dernière fois sortait
chacun sa face de peur de voir celle de l'autre.
Pour continuer à se supporter, ils ont embauché
trois autres personnes (dont deux potes d'enfance avec qui ils
avaient commencé à jouer au tout début
de Hella). Hella n'est pas un groupe qui évolue. C'est
un groupe qui aime à se faire plaisir, qui ne se donne
pas de cadre, libre de faire ce qu'il veut à chaque enregistrement.
Un groupe qui fourmille d'idées et celle de jouer à
cinq et d'avoir un chanteur existe depuis le début. De
là à dire que Hold your horse is est un
accident
. La prochaine fois, ils seront peut-être
huit, feront du zouk progressif. Rien ne semble vouloir les
arrêter. Ils n'évoluent pas dans le sens où
ils additionnent (malgré les apparences). Il raye l'album
précédent et font quelquechose d'autres. Comme
ça, tranquille, tout en restant Hella. Hella, un patronyme
qui ne veut plus dire grand-chose. Il reste tout de même
une constante dans leur musique. Zach Hill, le batteur. Il continue
de battre comme d'habitude, tout seul dans son coin, n'en a
rien à foutre de ce que joue les autres. J'exagère
un poil. Il a appris à respirer et a levé le nez
de ses fûts mais son style pieuvre du samedi soir est
reconnaissable entre mille. Comme d'hab' avec lui, c'est marche
où crève et comme d'hab', il booste tout le monde.
Mais ce genre de course effrénée les mène
droit dans le mur. En fait non. C'est pas ça du tout.
Ils ne rayent rien. Et rien n'évolue chez eux. C'est
toujours la même chose. Toujours la même musique.
Seul le format et les ustensiles changent. A deux, à
trois, à cinq. Une guitare, deux guitares, quatre basses,
sans les mains, huit têtes et des cordes pour se pendre.
C'est toujours le même raffut. L'orgie décibelique.
Les tonnes de notes qui tombent de partout et l'art d'en faire
des tonnes. Mais le problème dans l'histoire, c'est qu'ils
ont oublié l'essentiel. L'art d'écrire de vrais
morceaux. Sur le premier album Hold your horse is, ça
allait à toute berzingue mais le duo savait donner de
la consistance et composer des petits chefs d'oeuvre où
tout ne reposait pas sur la seule technicité. Ca a commencé
à s'empirer sur The devil isn't red
avec des bidouilles électroniques qui n'apportaient rien
et après, fini. Ca triture dans tous les sens. Ca remplit
l'espace, ça occupe et puis c'est tout. C'est bien beau
d'en foutre partout mais derrière, c'est le vide. Du
cache-misère. Alors des fois, ça passe. Ca me
fait mal de le dire mais certains passages de ce there is no
666 in outer space ne sont pas dénués d'intérêt.
Ca respire le noise-rock débridée qui frappe juste.
Mais heureusement, il y a la grosse nouveauté du groupe.
Celle qui apporte de l'eau à mon moulin. Le fantastique
chanteur de Hella. Un mec à la voix haut perchée
qui lui aussi doit planer assez haut. Personne ne lui a dit
que c'était ridicule ? Un chant de tête à
claque. Qui les brise menu-menu. Et forcément, pour se
mettre au diapason du groupe, il en fait des tonnes aussi. Jamais
il ne la ferme. Une heure de musique. Onze compos. Sous son
emprise, c'est insupportable. Sans cette voix, passe encore.
Un disque qui aurait sonner creux mais écoutable. Là,
c'est le supplice. Hella lorgne même vers la merdasse
chaude The Mars Volta (ce truc boursouflé qui fait se
gargariser les bobos) sur quelques titres. Mais faut pas être
de mauvaise foi, ils sont pas arriver à faire pire. Le
titre du Genesis du nouveau millénaire, ils le leur laissent.
Un album d'ados attardés qui, majoritairement, pète
plus haut que son cul.
Justement,
si on veut se rendre compte de quoi est capable Hella quand
on désosse les compos, il faut écouter le EP Acoustics.
Initiative à l'origine du label japonais Toad records
en 2004, 5 Rue Christine a ressorti l'objet en 2006, agrémenté
de trois titres en plus, soit six morceaux tirés des
deux premiers albums. Et Hella en version acoustique, hé
bin mon colon, ça sonne ! Zach Hill, qui n'est plus obligé
de frapper comme un sourd, montre toute sa dextérité,
fluidité et rapidité à enchaîner
des rythmes de malade. Virevoltant, aérien, un vrai bonheur
de philistin. Spencer Heim à la guitare acoustique s'y
connaît aussi en matière de rapidité et
de souplesse des phalanges qui sont armés des meilleures
intentions. Débarrassée de toute électricité,
la trame des morceaux de Hella apparaisse dans leur plus grande
simplicité et ça fonctionne à merveille.
Pas sûr qu'avec les morceaux actuels, on ait le même
résultat. Quand ils se donnent la peine de composer,
qu'ils ne pas moulinent dans le vide, Hella se révèle
d'une grande finesse. Dommage qu'ils aient perdu ça en
cours de route.
Entre
ces deux disques acoustiques et juste après le double
Church gone wild, Hella a encore trouvé le temps
de nous abreuver. Un maxi et un DVD. Le son et l'image, comme
si ça ne suffisait pas tout ce bordel. Quatre titres
sur le maxi dont deux péplums de 11 et 12 minutes encadrant
deux amuse-gueules. Ce maxi, c'est le There is no 666 in
outer space qu'ils auraient dû sortir. Soit du Hella
chargé jusqu'à la gueule qui vomit tout ce qu'il
sait mais SANS le chant. Des morceaux longs longs longs avec
du ressac, des tsunamis, des marées basses qui ne descendent
jamais bien bas et des vagues, encore des vagues qui se fracassent
sur un mur du son remplit de bruits synthétiques, de
bruits aigues et ce rythme qui vous lamine. Gothspel for
you not them et If i were in Hella I would eat lick
sont deux monstrueux titres. Dans tous les sens du terme. Quant
aux amuse-gueules, ils n'aident pas à redescendre. C'est
pareil mais en plus court. Quand aux DVD, je veux même
pas le voir. J'ai déjà donné. Je suis pas
maso non plus. Leurs tronches et leurs comportements d'américains
typiques, je préfère les voir en vinyl. Ou plutôt,
je préférais.
SKX
(14/06/2007)
website groupe www.hellaband.com
website label www.ipecac.com
| www.toadrecords.com
| www.5rc.com
sounds the_ungrateful_dead.mp3
BiblicalViolence.mp3
Madonna.mp3
|
Hell
Demonio
Discography - CD
Robotradio / Wallace 2008
Après
nous avoir fait le coup du Greatest Hits
en 2005 alors que c'était leur tout premier album, Hell
Demonio nous sort sa Discography, soit dix titres inédits
en guise de deuxième album. Ca se gondole, non pas à
Venise mais à Vérone, ville d'origine de ses Italiens
adeptes de la feinte et de la simulation. Et de la dissimulation
puisque le boîtier CD se cache sous un boîtier carton
plein de cassettes et une fois enlevé, on tombe sur une
pochette immaculée où tout est écrit en
surimpression blanche sur fond blanc. Ca pique les yeux. Et
le reste démange les articulations. Hell Demonio ne déroge
pas à son rock'n'roll devant toujours autant au Rye Coalition
d'avant la merdasse bien jaunâtre qu'à une filiation
en ligne directe avec AC/DC ou Nation of Ulysses. C'est pas
moi qui le dit, c'est eux et on ne va pas les contredire. Ca
vous donne dix morceaux baignant dans le jus, exécutés
avec force et conviction, ça joue serré et précis,
on ne peut rien leur reprocher là-dessus. C'est presque
confondant d'efficacité. Tout est torché en deux,
trois minutes maxi et les 50 secondes acoustiques du dernier
morceau n'y changeront rien. Et pourtant, Discography me laisse
de glace (ou presque). Dites c'est grave, je deviens vraiment
vieux con ou quoi ?! J'y peux rien mais c'est trop parfait pour
mes vieux os retors, trop poli malgré la fièvre
qu'ils essayent d'y insuffler, trop téléphoné
et manquant de véritables morceaux accrocheurs qui sortent
du lot. Comme de bons élèves appliqués
qui s'amusent beaucoup certes mais qui ne font que recracher
une leçon rabachée et devenue par la force des
choses sans relief.
SKX
(23/07/2008)
website groupe www.helldemonio.com
website label www.robotradiorecords.com
sounds mrjesusyouaresuchawonderfuldancer.mp3
|
Hervée
Germanische verzione - Tape
Dawn Boy 2007
Pour
savoir de quoi il retourne des cassettes, allez lire par là
si j'y suis. Pour le reste, ça beau être une Germanische
verzione, cette cassette n'aime pas la RDA. Je ne sais pas qui
se cache derrière Hervée mais ça sent les
Vosges tout ça. Un duo basse-batterie comme il en existe
tant d'autres. Du bordel édenté, du tatoué
et du burné qui ne vous promène pas en calèche,
fais gaffes où tu mets les pieds maudits piétons.
C'est joué en prise directe sans trop de complication
et de prise de tête. Hervée génère
groove et noise dans un même élan purificateur.
Une bonne séance de répétition entre potes
évoquant autant Godheadsilo (un peu) que No Means No
(beaucoup), tour à tour séduisant et banal mais
qui pâtit de ce support cassette. Enfin, merci quand même
pour le Sonik/100.
SKX
(23/12/2007)
website label www.myspace.com/downboyrecords
|
His
Mischief
Summer's Eve - CDEP
Modern Radio 2007
Ca
part sur les chapeaux de roue avec la bien nommée Rock
song (sous titré Hyperopia) et ça tombe
bien parce que il va être question de rock'n'roll ici
et de rien d'autre. Ca vous démange directement les genoux,
les hanches et tout le reste, idéal pour mettre le feu
à la piste sans s'embarrasser de questions. On dirait
un vieux morceau des Kinks ou des Who, un truc de l'époque
quoi, remixé avec les moyens modernes même si ça
garde un arrière-goût rétro. Le rock de
ce trio du Minnesota est garage, leur couleur préférée
est le turquoise et adore les longues marches d'un bar à
un autre. Ils adorent aussi jouer pour leurs potes et ça
s'entend. Des anciens Model Down, The Monarques et Sean Na Na
qui jouent à l'instinct et pour un plaisir évident
sur leur premier 6 titres. Du rock qui doit beaucoup aux années
60, à Rocket From The Crypt sans les cuivres, c'est frais
(hoho), c'est jeune (re-hoho), c'est catchy à souhait
tout en restant suffisamment primaire et économe pour
pas tomber dans un truc pour jeunes hipsters à deux baffes.
Si tu es fan de tunning et que tu adores passer des heures dans
ton garage les mains dans le cambouis, tu vas adorer passer
ça à fond. Si tu es plutôt mobylette, c'est
idéal aussi. Marche à pied, je t'en parle même
pas. Bon maintenant je vais ranger ce CD à jamais et
me mettre un bon vieux Neurosis.
SKX
(19/11/2007)
website groupe www.hismischief.com
website label www.modern-radio.com
sounds RockSongHyperopia.mp3
|
H.O.F.
/ Lydia Lunch
7''
Amphetamine Reptile 2008
Si
on m'avait dit qu'en 2008, on en serait toujours à chroniquer
du Amphetamine Reptile records, j'en aurais parié tous
mes disques des Cows et Hammerhead réunis. Ca fait tellement
des lustres que le fameux label de Minneapolis n'a plus rien
sorti qu'on le croyait mort et enterré. Ce qu'il était
vraiment avant que Tom Hazelmyer ne décide de remettre
la machine en route. Pas de quoi faire cracher les cheminées
mais une petite fumée pour dire qu'il ya toujours de
la vie par là et ça fait rudement plaisir. Des
signaux de fumée nous étaient déjà
parvenus. Un single avec ces vieux potes des Melvins, puis son
projet de A Purge of Dissidents (3 volumes réalisés).
Heroine Sheiks, toujours une histoire de franche camaraderie
avec Shannon Selberg, l'ancien chanteur des Cows, jusqu'à
ce que le souffle de leur respiration fétide nous arrive
en France grâce à des Charentais
indécrottables et jeunes. Trop jeunes pour avoir connus
les grandes heures de gloire du label mais la légende
est tenace. Des disques qui auraient mérité d'être
chroniqués depuis pas mal de temps (merde, c'est du Amrep
tout de même !) mais la crainte de la nostalgie, laisser
le cadavre de Amrep reposer en paix et la peur des indiens n'engageaient
pas à revenir sur les lieux du crime. Surtout que ce
retour de flamme ne valait pas les balles incendiaires du passé.
Autant rester sur une bonne impression.
Mais comme il n'y a pas de fumée sans feu, la venue de
la grande prêtresse Lydia Lunch sur l'autel des pêchés
a définitivement ranimé la flamme. H.O.F., c'est
donc le retour en première ligne de John Anglim et Tom
Hazelmyer - qui se fait appelé Haze XXL (il est devenu
si gros que ça ?) - soit deux ex-Halo Of Flies, soit
le tout premier groupe de Hazelmyer mais tout ça n'a
rien à voir qu'il vous dit alors bon, ok, on prend note
mais faudrait pas nous prendre pour des cons. Après deux
essais, dont un avec Billy Childish, c'est au tour de Lydia
Lunch de venir copuler et les bougres, c'est qu'ils y mettent
les formes. Au propre comme au figuré, on a l'âge
de ses artères. Quant au reste, ils en remontraient à
tous les petits jeunes sans le moindre souci de gras. C'est
purulent de noise, d'esprit malsain, de crasse urbaine et de
blues solitaire. Bientôt l'âge de la retraite mais
toujours le mords aux dents. Sans concession, à faire
passer Boss Hog pour un groupe champêtre avec un When
I'm loaded et Crawl'n cry plus vrai que nature. Cris
de succubes, insultes, sarcasmes, crachats, Lunch vous souhaite
un bon appétit, aidé dans son délire vocale
par Paddy Costello (Dillinger 4) et servi sur un plateau de
maître par Hazelmyer et sa bande tout en dérapage.
Ere de la modernité oblige, ce vinyl est agrémenté
par un CD. Outre ces deux titres, un troisième en paquet
bonus, God's other son. On aurait tort de se priver.
Pourquoi arrêter l'hémorragie quand on aime l'odeur
du sang. La no-wave version 2008 est tout aussi incompréhensible
et jouissive. Amphetamine Reptile a bien fait de revenir et
moi, de ne pas avoir parié.
SKX
(15/09/2008)
website label www.amphetaminereptile.com
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The
Holy Kiss
Shot love on a black line - CD
Release the bats 2007
There
she goes again. C'est Matty Rue Morgue (ça se la
pète comme nom mais si c'est vraiment le sien, ça
en jette) qui le dit, le chanteur-guitariste de ce quatuor américain,
entamant l'album d'un air désabusé. Un disque
qui raconte l'histoire d'une fille qui quitte son mec pour un
autre ou pour une femme ou je sais pas quoi, j'ai pas tout compris.
Le mec largué veut devenir l'ombre de sa main, l'ombre
de son chien alors forcément, le blues s'invite au cortège.
C'est le seul remède qui sied à la situation.
Un blues teinté de goth. Noir de chez noir. Celui d'un
Bellmer Dolls, Phantom Limbs et d'une poignée de cadavres
ambulants qui marient pour le pire le désespoir du blues
et l'attitude punk en costard-cravate dépareillé.
Un blues chaotique mais pas autant que Birthday Party car si
Nick Cave rôde régulièrement dans les parages,
ce groupe de San Francisco chante son mal de manière
plus coulé. La faute sans doute a cette guitare slide
dont le chanteur use et abuse, sa façon d'attaquer les
cordes étant de plus pratiquement toujours la même.
Dans son malheur, The Holy Kiss semble y aller le cur
léger. Résigné et sûr de son sort,
autant avancer d'un pas alerte. Même dans ses moments
proches de la ballade, la rythmique ne se laisse pas approcher
facilement tout comme le jeu tout en arpège de la guitariste
Alli Pheteplace. Il faut une reprise d'un morceau de Eric Satie
et que Nick Ott troque sa batterie contre un piano le temps
de Mr. Bones ou une sortie de disque par un ténébreux
Hand in hand pour que la mélancolie vous mette
vraiment la tête sous l'eau. The Holy Kiss a la tristesse
vindicative. Le blues violent dans les entournures. La pochette
tout en roses rouges épineuses. Le son n'a rien de léché.
Ca brouillonne de notes et le batteur virevolte au-dessus de
son élément. Rock titubant. La fille peut bien
se casser. Il manque de titres qui sortent du lot mais ce premier
album (après toute une série de maxis, dont le
recommandable double 7'' Rising) se tient bien. Si vous
comptiez boire seul, ce disque fera un excellent compagnon de
boisson.
Hungry
Eye records vient de sortir également dans la foulée
un CD compilant tout leurs enregistrements précédents
cet album.
SKX
(21/07/2007)
website groupe www.theholykiss.net
website label www.releasethebats.com
| www.hungryeyerecords.com
|
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Hunting
Lodge
Energy czar - CD
Farm-girl 2006
Quand
l'Anglais se lâche, oublie les conventions et n'essaye
pas d'être la next big thing, ça vous donne une
vraie bonne claque entre les omoplates, que dis-je, un tsunami
qui traverse la Manche et éclate tout sur son passage.
Hunting Lodge navigue entre Bristol et Southampton et un tel
un génie bouillonnant, vous sort des coups surprenants
de son chapeau, une tonne d'idées télescopées
avec l'esprit du Malin. C'est une véritable tornade de
sons, de structures qui n'en sont pas, où tout est saccagé,
bafoué, reconstruit à la va-vite, des dissonances
qui côtoient le mur des lamentations, de grondements rupestres,
d'un saxo débouché à plein poumon. C'est
très déviant et pourtant si naturel. Ya du Spasm
smash xxxoxox des Trumans Water là dedans, dans cette
folie juvénile, cette façon de se jeter sans calcul
dans les affres du bruit. En même temps, sans calcul,
j'en sais rien, je les connais pas ces rosbifs. Parce que c'est
pas du grand n'importe quoi non plus, ya bien fallu à
un moment donné s'asseoir et ordonné un minimum,
si ça se trouve, tout ça est hyper réfléchi
mais au final, ça sonne si authentique et ludique qu'on
se laisse facilement emporter. Folie contagieuse. Du chant tout
en onomatopées, débile. Aucun souci de plaire,
piétiner toute amorce de mélodies, des attaques
de stridences en règle, une ligne de basse gigantesque
sur le début I am feudal japan avant que le morceau ne
parte dans une direction complètement opposée,
des potars qui virent subitement dans le rouge, un moment d'apaisement
avant que le quatuor ne s'acharne comme des bêtes sur
leurs pieux, hésitant dans la même seconde entre
une efficacité primaire et un chaos sans retour. Un disque
bien dingue, physiquement éclatant, une défonce
saine à prescrire d'urgence.
SKX
(15/01/2007)
website groupe www.hunting-lodge.org
sounds silver%20prince.mp3
| warningtobyrds.mp3
|
Hawks
Barnburner - LP
Army of Bad Luck 2009
Ca
sent le souffre là-dedans, le vénéneux,
la racaille blanche et le sexe sordide. En direct de Atlanta,
Hawks déploie ses ailes pour la première fois,
fonce sur sa proie bassement humaine et laisse comme déjection
un album reluisant d'emmerdes. Le genre qu'on aime renifler
quand tout ce qui est crade et interdit nous attire. Des ex
ou toujours actuels - on n'est plus à un détail
près - Blame Game, Wheeljack, Battlecat, Electrosleep
International et on va s'arrêter là parce que Hawks
dépasse tout ce qu'ils ont pu déjà faire,
en terme de style musical mais aussi en qualité. Hawks
aime se vautrer dans le punk-noise noire et vicieux, pratiqué
comme tel avec ferveur par Clockcleaner et Pissed Jeans. C'est
le son qui d'abord vous prend à la gorge. L'enveloppe
parait presque trop petite, saturation de l'espace, grésillements
offerts par la maison et une reverb qui hante les esprits. L'air
est chargé, des samples pas identifiés comme tel
au début rajoutent à la suffocation ambiante.
Le grondement vocal de Michael Keenan, l'abysse dans lequel
trempe sa glotte provoque le malaise et l'identité forte
d'un disque qui n'en manque pourtant pas. Capable de sortir
de belles insanités rendues compréhensibles par
les paroles inscrites sur le poster central car à l'oral,
la giclée ressemble à de la purée. Les
lignes de basse font mal et tout participe au sentiment de chaos.
Chaos dont nous réchappons grâce à de nombreux
ralentissements, rythme down-tempo permettant de garder l'équilibre
mais rajoute à la lourdeur et le malsain. Maritime
Scarring débute ainsi pendant trois bonnes minutes
d'une dangereuse descente de trip avant de salement s'accélérer
pour ensuite retourner la face et enchaîner sur Sex
On Beta du même venin faussement lancinant. Mais ça
frappe aussi dans tous les sens. Borne of Wasps, saturé
de percussions, la fabuleuse fuite en avant que représente
The Thrust That Missed ou le foutraque et très
rock'n'roll Shitfist. You deserved to be penetrated.
180 grammes de vinyl d'un bel objet brutal et sanguinolent,
une rigole de bruit essentiel et de mauvaises manières
qu'ils répandent jusque sur un misérable CD inclus
dans le ventre de la bête.
SKX
(05/04/2009)
website band
www.myspace.com/hawksisaband
website label www.myspace.com/armyofbadluck
|

Help Gnash Red
Self-titled - CD
Fidotrust 2007 |

Help Gnash Red
Bank note torture chamber / Boo button - 7''
Hit-Dat 2006 |
Autre projet à la vie erratique d'Oscar Rey,
Help Gnash Red ou le prolongement de sHoeGazer
mais avec d'autres personnes autour de lui. Et c'est bien dommage
que tout ça reste dans l'anonymat, qu'il ne tente pas de
sortir ces groupes hors des frontières de sa Californie
natale car ce groupe aurait pu tenir regarder dans les yeux bons
nombres d'autres groupes d'hardcore-noise ne possédant
pas ce sens de l'écriture. Les années passent mais
l'approche d'Oscar Rey continue de labourer un terroir musical
identique. Sauf qu'il le fait toujours mieux. Son hardcore est
de plus en plus complexe tout en restant immédiat. C'est-à-dire
qu'il ne faut pas chercher du coté de Converge et tous
les trucs à la mode dans le genre. C'est vers Frodus et
ce genre de rock hybride et intense qu'il faut regarder. Tout
est exécuté à l'énergie. Un volcan
qui se nourrit d'un double chant, presque parlé, tendu
et l'autre arraché mais toujours contrôlé.
Des changements de rythmes passant sans forcer, des mouvements
répétitifs qui appuient là où ça
fait mal. Faut que ça rentre dans la caboche. Un jeu de
guitares tour à tour fin ou en saccade. Des lignes de basse
à toute berzingue. Un enchevêtrement qui pousse au
cul mais jamais ne brouille la vision. Avec dans le tas, un morceau
imparable : Banknote torture-chamber. Un truc de fou entre
Table et Six Horse, aussi bien rythmiquement dur qu'attirant mélodiquement.
Du bel ouvrage ! Un CD emballé dans une enveloppe postale
typiquement américaine avec fermeture au gros scotch gris
et trois feuilles A4 avec les paroles dessus.
Le single sorti auparavant par Hit-Dat n'a aucun intérêt,
excepté qu'il est plus facilement trouvable que l'album
(et encore !). Les deux titres sont sur le CD avec l'inégalable
Bank Note Torture Chamber dans la même version (il
est juste écrit différemment) et Boo Button,
autre pépite dynamique plus évocatrice du passé
sHoeGazer. Le seul intérêt (pour les malades) réside
dans la belle pochette (sérigraphiée ?) et barrée
par un gros scotch rouge, un leitmotiv chez Help Gnash Red et
le vinyl de couleur identique au scotch.
Vous pouvez toujours essayer de commander tout ça chez
Fidotrust. Personnellement, ils ont mis plus d'un an pour répondre
aux nombreuses relances
Faut plus s'étonner que ce
groupe est mort inconnu et misérable. Un beau gâchis
!!
SKX
(09/02/2009)
website groupe www.myspace.com/helpgnashred
website label www.fidotrust.com
| www.myspace.com/hitdatrecords
|

Hey Colossus / Dethscalator
Split LP
Black Labs / Riot Season 2009
Première
réalisation pour Black Labs, sorte de sous-division de
Riot Season et on peut dire que pour leur premier essai, ils
ont fait lourd. Dans Hey Colossus, vous avez colossal et même
si cela n'a strictement rien avoir avec leur patronyme, ça
donne une idée du monstrueux challenge qui nous attend.
Un groupe londonien comptant déjà quatre, cinq
albums, écumant les pubs anglais pour asséner
leur mastodonte charge. Je me rappelle avoir lu une description
de ce groupe londonien les décrivant comme un mélange
de Fudge Tunnel et Can. A priori antinomique mais ce morceau
de 21 minutes découpé en trois titres rend justice
à cette comparaison osée. Une longue transe noise
- les jeunes de maintenant vous dirait sludge ou n'importe quel
autre qualificatif incompréhensible - psychédélisme
malsain sur les bords pour la première partie Eyes
for an Eye, un noir sabbat(h) avec des démons grondants
dans des voix trafiquées, des grouillements maléfiques,
un son dense pour une musique nébuleuse. Leur précédent
album Happy Birthday sorti l'année dernière
les montrait sous un angle beaucoup plus rock. Toujours colossal
mais plus rythmé et carré et ça leur allait
mieux au teint. Ici, ils se sont essayés au péplum
conceptuel et l'intérêt ne suit pas le fil grandissant
des minutes.
Sur l'autre face, des débutants prennent la place des
vieux briscards. Dethscalator est aussi anglais que Hey Colossus
et je sens que cette face sera beaucoup plus usée que
l'autre. Avec l'ancien chanteur des Hunting
Lodge dans leur rang, Dethscalator martyrise la sphère
du punk-rock en l'abordant plus frontalement que leurs camarades
de jeu du jour. Une approche déviante tout de même
qui doit autant au feu-Penthouse qu'à Pissed Jeans avec
un chant collant aux basques de David Yow avec une pointe de
débilité à la Al Johnson. Que demander
de mieux ?! C'est plus souvent mid-tempo que virulent, poisseux
avec un riff sentant la ferraille, voir cyclique sur l'excellent
You know nothing about caring and martial art. Ce noise-rock
colle aux chaussures, opte pour la démarche du mec bourré
(le chant titubant y est beaucoup dans cette impression), est
plein de témérité aveugle (Kicking the
horns off a bull, des volontaires ?), de bassesse, de vilaines
pensées et, allez savoir pourquoi, me fait souvent penser
aux Brainbombs. La crasse entre les cordes sans doute et l'hypnose
qui s'en dégage. Le groupe annonce un split 7'', un album
pour les mois prochains et qu'apprends-je à l'instant,
ce groupe est venu fouler les planches du Mondo Bizarro à
Rennes en septembre 2008, mais c'est quoi ce bordel ??!! On
surveille donc ce nouveau groupe de très près
et un split à décapiter n'importe quelle tête
de Hell's Angels.
SKX
(19/11/2009)
website groupe www.heycolossus.com
| www.dethscalator.com
website label www.myspace.com/blacklabsinc
| www.riotseason.com
|
Hey
! Tonal
Self-titled - CD
Africantape 2009
Ecouter
ce premier album de Hey! Tonal provoque le même sentiment
que regarder intensément cette pochette pendant une bonne
poignée de secondes. Ca brouille les sens et tu ne sais
plus quoi en penser. Si c'est du cercle ou du carré,
si ce disque tourne rond dans les angles ou fracture les arêtes,
si c'est de la branlette branchouille ou du rock bien branlé,
une resucée d'un Battles épileptique ou une musique
azimutée et originale. Une illusion pas seulement optique.
Elle concerne également le groupe qui n'en ait pas vraiment
un. Cinq individus qui ont exploité au mieux les technologies
modernes et ont troqué le bon vieux local de répétition
poussiéreux par de confortables ordinateurs, favorisant
l'échange de fichiers informatiques plutôt que
les bières. On ne sait pas comment ils vont faire en
concert, ce n'est peut-être même pas prévu
au programme mais l'illusion est parfaite. L'impression d'un
vrai groupe uni dans la sueur et pour accoucher dans la douleur
(trois ans de gestation) d'un résultat où des
milliers de sons s'entrechoquent.
Au début de la chaîne, Kevin Shea (Storm &
Stress, Talibam) et sa batterie folle que ces collaborateurs
du moment on eu la sage idée de dompter, canaliser pour
le rendre audible et intéressant. Ces hommes bénis
sont Mitch Cheney (Rumah Sakit et co-boss de Africantape) et
Alan Mills, dont on salue l'impressionnant travail de remixage.
Avec deux autres personnes dont les noms sont aussi parlants
que celui de Mills et auxquels vous rajoutez l'espace d'un titre
(If Flash Gordon was a SK8R) Julien Fernandez (l'autre
boss de Africantape et actuel Passe Montagne) et Kenseth Thibideau,
les guitares, basses et tous un tas de sons aussi naturels qu'ils
peuvent être quand ils sortent du ventre d'un ordinateur
- ils appellent ça des digiblips - s'additionnent, bouillonnent,
fusent dans la même direction ou prennent des vents contraires.
Une illusion de musique improvisée alors qu'elle est
juste retravaillée, triturée. L'illusion que chacun
joue sa partition dans son coin alors que tout ça ne
dépend que du bon vouloir des laborantins du jour. A
vrai dire, on aurait du se douter que tout ça n'était
pas naturel. Que cette fusion orgasmique ne pouvait être
que le fruit d'un travail de fourmis de studio. Que cette batterie
débridée sonnant parfois comme une boite à
rythme, que ces boucles, cette trépidance, ces contre-temps,
ces multiples sonorités ne pouvaient pas s'accorder sans
l'apport de machines. Mais le tour de force de ces mixeurs fous
est d'avoir rendu ça vivant, cet assemblage hétéroclite
cohérent, d'avoir sans cesse insuffler de la force et
de l'énergie à ces huit compositions. Hey ! Tonal
ne tombe pas dans le piège de la musique expérimentale
hermétique, dans le drone qui dure des plombes parce
que de temps morts, il n'y en a pas, dans le bruit gratuit et
le morceau pénible parce chacun a sa personnalité
et son lot d'intérêts. Dans le meilleur des cas,
on penserait même au When in Vanitas de Brise-Glace comme
sur l'excellent Kcraze ou encore Skitch (le groupe
instrumental aime donner des noms ridicules à ses morceaux).
Au final, Hey ! Tonal vous fait croire à beaucoup de
choses mais arrive avec un mélange de rock et de fritures
digitales, de faux-semblants et de vraies idées, à
vous faire gober un premier album très attirant.
SKX
(22/04/2009)
website groupe www.myspace.com/heytonal
website label africantape.com
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Hitch
Clair.Obscur - CD
Vlas Vegas 2009
Les
Belges de Hitch souffrent du même syndrome que les Autrichiens
de Valina. Avoir commencer sa carrière de façon
trop laborieuse, faute d'albums tout juste passables et devoir
se coltiner depuis une étiquette de groupe moyen, de
groupe sympa qui rentre par une oreille et sort par l'autre.
Le groupe anonyme dont tout le monde connaît le nom mais
dont tout le monde s'en tape. Comme Hitch l'indique eux-mêmes
au début de leur biographie, bien que certains ne
s'en aperçoivent que maintenant, ça fait quinze
ans que Hitch existe. Et tout comme Valina et le bon vin,
c'est avec l'âge et les multiples tournées à
travers le monde que Hitch s'est bonifié.
Clair.Obscur est déjà leur cinquième
album et ce n'est que maintenant qu'ils frappent juste, qu'ils
réalisent leur A
Tempo, A Tempo à eux. Hitch tape dans un genre
identique à Valina. Un grand fourre-tout puisant ces
racines dans le noise-rock et l'indie américaine des
années 90, un grand bordel bien pratique où on
entasse un peu tout et n'importe quoi, de Jesus Lizard à
Unwound, tout ces groupes qui ont fait les beaux jours de Touch
and Go ou Dischord records, un accumulateur d'influences qu'ils
arrivent enfin à sublimer. La frontière entre
une compo honnête et une très bonne compo est souvent
ténue. A réécouter pour l'occasion les
albums précédents de Hitch, la différence
ne saute pas aux oreilles et pourtant elle est là, indéniable.
Le son déjà. Plus précis, percutant, résonnant.
Avec John Cougleton (le mec de The Paper Chase qui a enregistré
des tonnes de groupes comme Explosions in the Sky, 90 Day Men
.)
et Alan Douches au mastering, ce ne sont certes que des noms
à la base mais ils savent tout de même comment
faire sonner un groupe au plus juste. Mais des noms, aussi importants
qu'ils soient, ne font pas tout. Le coeur de tout, c'est l'écriture
et Hitch a cette fois-ci été touché par
la grâce. Tout en restant pugnace, la musique possède
cette profondeur que leurs précédents albums n'avaient
pas. Une voix souvent posée et traînante qui rend
ces morceaux plus sombres et beaux comme le magistral Chocking
in air ou This is where it ends tout en retenue.
Et ce contraste semble nouveau. Hitch étoffe ces ambiances,
les varie comme le très trépidant Dance, Dance,
Dance torché en moins de deux minutes et qui ne vous
fera pas danser sauf si vous vous êtes coincés
les doigts dans une porte ou bien Burn this place, plus
proche de la neurasthénie d'un Lowercase et le titre
de clôture The Paper beast. Sept minutes d'humeur
électrique, d'un son se remplissant crescendo d'éclats
de verres avant de terminer sur une mort très lente.
En ce sens, Hitch a beaucoup progressé dans la maîtrise
de ces émotions et la mise en relief de son agressivité,
des morceaux comme Dirty Trixxxxxxx et Carbon Wheels
faisant preuve d'une noise racée et acérée.
Bref, c'est pas loin d'être la grosse surprise de la part
d'un groupe dont on espérait (plus) rien et si ça
ne changera rien à leur destinée écrite
à l'avance, ces trois losers sont pour le coup magnifiques
!
SKX
(03/11/2009)
website groupe www.myspace.com/hitchrocks
website label www.vlasvegas.be
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HKY
self titled - LP
Music Fear Satan 2009
Wow.
Je ne sais pas à quoi peut ressembler un concert de ce
groupe -apparemment tout jeune bien que composé de vieux
briscards- et je ne le saurai très certainement jamais
(encore des parisiens qui ne sortent que rarement de leur trou
alors que je ne sors jamais du mien) mais je suis bien obligé
d'admettre qu'avec ce premier album HKY va se faire beaucoup
d'amis et pas que sur myspace, du moins c'est tout le mal que
je leur souhaite. A condition d'aimer le lent et le lourd, le
massif et les machins post Neurosis. Oui, encore un. Il va bien
falloir s'y faire et surtout, maintenant que l'avalanche s'est
muée en un flot continu et régulier -pas une quinzaine
sans que n'apparaisse un postulant au poste de nouvelle sensation
métallo sentimentale- apprendre à séparer
le grain de l'ivraie est devenu plus facile quoique lassant.
HKY fait incontestablement partie du dessus du panier, un cador
de première catégorie avec ce sens rythmique n'oubliant
pas ce que ce signifie le mot énergie et des guitares
d'un gras assourdissant. Le coup de la tronçonneuse en
mode sourdine et au ralenti qui reprend un coup de jus juste
quand il ne le faut pas -allez hop, une tête (un bras,
une bite, etc
) en moins : tu souffres mais de quoi te
plains-tu puisque tu aimes ça ?
Ah oui, j'en vois dans la salle qui ricanent, avec leurs bonnets
d'âne et leurs t-shirts Jesus Lizard, prétextant
que dans HKY il n'y a certainement rien de neuf et surtout pas
le chant hurlé, les arpèges, les titres à
rallonge, les intro space trucking (à cause d'un bidouilleur
de synthés et autres) ou les intentions malsaines. Tout
cela est bien vrai, tout aussi vrai que dans le genre on a déjà
Overmars qui s'y colle très bien, mais tout est une question
d'agencement, de pertinence et de ressenti. Dans le cas d'HKY
cela fonctionne très bien, peut être grâce
à cette guitare qui n'hésite pas trop à
partir dans la dissonance. Peut être aussi grâce
au son fouillis et grésillant -le groupe n'en serait
pas totalement satisfait : dans ce cas il a tort !- qui évite
le polissage et donc l'uniformité. Ici pas de chic et
pas de plastique.
Pour finir, parlons esthétique et configuration : cette
deuxième réalisation du label Music Fear Satan
est emballée dans une belle pochette gatefold avec des
découpes plaisantes et un artwork mystérieux,
entre gris clair et gris foncé. Un minimum d'informations
est imprimé sur la pochette -le mystère c'est
mieux- et le vinyle est transparent. Un bel objet.
Haz
(29/05/2009)
website groupe www.myspace.com/hkyrock
website label www.myspace.com/musicfearsatanlabel
|
The
Holy Kiss
Under noon at night - LP+CD
Hungry Eye 2009
Holy
Kiss tire sa révérence. Neuf années à
traîner sa misère depuis la baie de San Francisco,
à flirter avec les fantômes de Nick Cave et Rowland
S. Howard et autres joyeusetés des années 80.
Le groupe a d'ailleurs participé 2008 à un disque
tribute à The Cure, Perfect
as Cats (Manimal Vinyl records) en reprenant 100
years de l'album Pornography, pas disponible sur la version
goudronnée mais uniquement sur leur myspace.
Fin de la romance. En guise d'adieu, un deuxième et ultime
album d'un chat de gouttière déclamant son blues
à la lueur de la lune. L'image ne pouvait pas être
mieux trouvée. L'étiquette du blues urbain leur
va comme un gant. Matty Rue Morgue le bien nommé a laissé
tomber sa guitare slide pour se concentrer uniquement sur le
chant. Le groupe gagne en percutant et en diversité.
On reste bien sûr dans les paysages délabrés
et plein de failles de Birthday Party avec les morceaux Under
noon of night, Sick n Tired et Old Scratch in
Blackface et ce brin de passion et de renoncement à
la Crime and the City Solution. Mais Rue Morgue, auteur de toutes
les compos, ne s'arrêtent plus là. Il traîne
dans l'atmosphère de The Holy Kiss des bribes de rock
du delta, d'un vieux classicisme résiduel (I Stayed
up all night long), n'hésitant plus à donner
dans la ballade doucereuse et luxuriante, avec piano et Black
Heart Procession en bandoulière (The Strangest of
things) pour accompagner la bande-son d'un film romantico-désuet.
Ca passe ou ça casse, tout dépend de la dureté
de ton p'tit cur. Idem avec Black Diamonds que
notre Nick Cave international ne renierait pas dans ces moments
de crooner invétéré. Mais la pièce
centrale, le Golgotha de ce disque où nous sommes censés
avoir l'illumination, ce sont les onze minutes placées
en plein milieu de l'album. Papa Sam / See-line Woman,
une étrange mixture avec des paroles inspirées
par le serial killer new-yorkais David Berkowitz et une lettre
- Son of Sam letter - qu'il laissa à un coin de
rue à la police de NY et See-line woman, une reprise
de Nina Simone. La rencontre des deux offre un long trip montant
progressivement vers des forces vaudous et forcément
jazzy sur les bords. Une incantation / jam finissant par se
diluer dans ses propres répétitions mais vaut
le coup d'oreille tout de même. Comme cet album qui n'est
finalement pas leur ultime disque. Un EP The Gunslinger
vient de sortir avec quatre titres prévus initialement
pour cet album. Format CDr, 50 exemplaires. Pour les mordus.
Ca tombe bien, j'en suis.
SKX
(22/12/2009)
website groupe www.myspace.com/theholykiss
website label www.hungryeyerecords.com
|

Horns
The Raven - CD
Self-released 2006 |

Horns
The Demon and the satyr - CD
Self-released 2007 |
Alors que paraissait l'album de Help Gnash Red à
titre posthume en 2007, Oscar Rey l'inarrêtable avait déjà
redéclanché les hostilités avec un nouveau
projet annoncé sans trompette. Horns, comme tous ces précédents
groupes, est passé quasi anonymement dans la grande messe
rock'n'roll. En héritage, deux CDs six titres, à
peine 20 minutes à chaque fois, réalisés
sur leurs propres deniers. Au risque de se répéter,
on peut ressortir la phrase identique à son précédent
projet
: Oscar continue de labourer un terroir musical identique. Sauf
qu'il le fait toujours mieux. Quoique mieux que Help Gnash Red
reste à prouver. La différence notable reste le
son. Horns est plus noise, plus encrassé et les compositions
plus embrouillées. Il faut un peu pus de temps pour rentrer
chez Horns mais on s'y sent rapidement chez soi, dans cette demeure
noise-rock où des groupes comme Frodus, Brass Knuckles
for Tough Guys et de nombreux groupes de Chicago ont leurs entrées.
Une légère préférence va pour The
Demon and the satyr et des morceaux encore plus hypnotisants
et percutants. Un troisième EP (The Witch) était
prévu sur Fidotrust pour le printemps 2009 mais en merveilleux
losers qu'ils sont, Horns a splitté fin 2008 et en attendant
une éventuelle et énième sortie posthume,
vous pouvez en écouter deux morceaux sur ce site.
Depuis, Oscar Rey a semble-t-il déjà formé
un autre groupe qui, si tout se passe bien, sera aussi connu que
les autres, surtout une fois que tout sera fini
SKX
(09/02/2009)
website groupe http://thesoundofhorns.com
|http://www.myspace.com/horns
PS : Ces 2 CDs sont à commander sur CD
Baby
|
Hunt
Club
self-titled LP
Middle Man 2008
En
voilà un disque bien embarrassant à chroniquer,
faute de savoir par quel bout le prendre. On pourrait se contenter
de dire que ce disque est excellent, écouter le bande
de crevards et basta. Ce que vous pouvez faire de toute façon
très facilement puisque ce disque est en téléchargement
libre à partir de leur myspace. C'est vrai après
tout. Pourquoi se décarcasser à faire des webzines
qui niquent les yeux alors que la musique n'a jamais été
aussi accessible ! Mais bon, faut bien faire le tri dans toute
la masse grouillante et exponentielle des mp3 que vous avez
sur votre putain de disque dur et comme il faut bien qu'on serve
à quelquechose, vous conseiller d'écouter en priorité
le premier album de ce trio new-yorkais ne serait pas la plus
conne des idées que vous avez eu dans votre chienne de
vie.
Le meilleur moyen pour résumer la difficulté d'aborder
ce disque serait de vous décrire le premier morceau Knife
fight de façon aussi détaillée que
rébarbative. Vingt secondes d'un p'tit d'accordéon
pour débuter à froid. Un gros riff doublé
d'une batterie cogneuse qui déboule sans crier gare.
Un banjo qui coupe tout au bout de trente-cinq secondes puis
une ligne de basse à forte personnalité pour enchaîner,
appuyée par un chant un poil irritant. Alors on fait
quoi maintenant ?! Surtout que tout finit par se mélanger
et accoucher d'un titre très accrocheur, ce qui n'était
pas gagner d'avance vu la description alléchante qui
vient d'être faite. Et c'est comme ça tout au long
de ce mini-album six titres. Aussi méchant que mélodique,
voir méchamment mélodique, des éléments
noise, des guitares hurlantes, des lignes de chant agressives
ou harmonieuses, des parties de guitares pour vous flatter le
creux de l'oreille, du hit pop plein la poche comme de la noirceur
menaçante, six titres louvoyants entre plusieurs marques
mais avec une vraie personnalité à la fin. Leur
démarche serait à rapprocher de celle de 31 Knots.
Marier des éléments disparates pour en faire un
tout cohérent avec un enregistrement plus direct et l'énergie
d'un Ten Grand (le deuxième morceau Mister Blue).
L'album se termine par un Cappuccinos, tout sauf bien
serré, piano de cérémonie, sample d'une
diva à forte poitrine, gros riff lyrique. On y voit que
du feu.
SKX
(25/10/2009)
website groupe www.myspace.com/huntclubmusic
PS : le groupe a depuis évolué avec le départ
du français de la bande revenu dans notre beau pays et
le recrutement de deux nouveaux membres. Un autre six titres
Wood (avant ces changements) est également téléchargeable
depuis leur myspace.
PS2 : précision de Nico, l'ex-frenchy de la bande : La
diva n'est PAS un sample mais une VRAIE chanteuse d'opera, unE
pote. Il n'y a aucun sample dans cet album, tout a été
fait par nous! On aurait pu l'ecrire dessus comme Rage against
the machine, mais on était trop occupé a boire
des pintes.
|
Hallux
Valgus
Gale = Paranoïa + Psychose
+ Frustration - 12'
Gaffer records, Down Boy records, Maquillage & Crustacés
2010
Cette
chronique se devrait d'être aussi courte et lapidaire
que la musique d'Hallux Valgus est intense et éjaculatoire.
Quelques deux années après une misérable
cassette sur laquelle les morceaux n'avaient même pas
de titres mais étaient désignés par un
vulgaire numéro, Hallux Valgus revient nous botter le
cul avec un vinyle de 12 pouces uniquement gravé sur
une seule face et intitulé Gale = Paranoïa +
Psychose + Frustration. Hallux Valgus est, rappelons-le,
la réunion d'un guitariste de Death To Pigs et d'un batteur/chanteur
issu de SoCRaTeS, Sheik Anorak, etc. Ces deux là font
la paire, une paire de pieds tordus et qui puent bien entendu,
mais que l'on ne s'y trompe pas : la sobriété
toute en noir et blanc du disque, la pochette délicieusement
arty (on dirait le motif du dernier sac à main inutilement
acheté par ma copine) ne doivent pas cacher une volonté
farouche et déterminée de provoquer chez l'auditeur
un maximum de traumatismes en un minimum de temps. Faire peur
est une chose finalement assez malaisée à réussir
mais les deux Halgus Valgus ne se plantent pas, ajustent correctement
le tir, prennent leur élan et nous décochent un
bon coup de pied là où ça fait vraiment
mal. Goal.
Une seule face donc et en tout et pour tout neuf titres. Il
n'y a pas de place ici pour les tergiversations ou les développements
progressifs et en général un riff et demi = une
composition (avec parfois un petit break/pont au milieu juste
histoire de). Les structures sont basiques et brutes, les riffs
semblables à un pur concentré de haine malsaine,
les rythmes sont frénétiques et martelés
- option fraiseuse du dentiste comme chez Arab On Radar et surtout
pas skate à tapettes comme chez NoFX - et la guitare
est tout simplement ultra saturée et déchirante
tel le cri désespéré d'une baleine à
bosse sodomisée par un brise-glace de la confédération
de Russie égaré en eaux troubles. Le seul aspect
à peu près mélodique de ces cataractes
brûlantes de vomi noise et putrescent c'est peut être
le chant, c'est tout dire. Le dernier titre du disque (qui est
également et de loin le plus long des neuf) se démarque
de tous les autres, offrant une idée certaine de progression,
de monté en puissance, installant une dramatique mais
une fois que la machine est lancée, on retrouve le jet
de vitriol dans la gueule et le sens de l'uppercut vivifiant
chers à Hallux Valgus. Ce n'est pas la peine de chercher
midi à quatorze heures, en écoutant Gale =
Paranoïa + Psychose + Frustration tu auras vraiment
l'impression d'attraper toutes les maladies vénériennes
que les ex de ta femme lui avaient refilées avant toi
mais tu aimeras ça quand même.
Haz
(20/03/2010)
website groupe www.myspace.com/halluxvalgus
website label www.gafferrecords.com
| www.myspace.com/downboyrecords
|maquillage.crustaces.free.fr/label
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Harvey
Milk
self titled / The Bob Weston
Sessions - CD
Hydra Head records 2010
Harvey
Milk a eu la vie très dure. Dès le départ.
Choisir au début des années 90 comme nom de groupe
celui d'un activiste et homme politique ouvertement pédé
et assassiné en 1978 précisément pour cette
raison pouvait ressembler à l'ultime provocation de la
part d'un groupe de gamins basé dans le sud profond des
Etats Unis d'Amérique (en Georgie). Disons que cela n'a
pas arrangé les choses, que le groupe n'a jamais eu de
succès, a splitté comme une merde oubliée
de tous et comme pour beaucoup d'entre nous, ma découverte
d'Harvey Milk s'est faite bien après, lors de la reformation
du groupe dans la deuxième moitié des années
2000.
L'histoire de ce qui est en fait le premier album d'Harvey Milk
est à la fois désolante et hallucinante. En 1993
ou 1994, le trio est contacté par un gars prêt
à leur payer un enregistrement. Quelle aubaine. Ce qui
sera fait à Chicago, chez Steve Albini, avec Bob Weston
comme ingénieur du son et d'ailleurs ce disque, longtemps
disponible dans des versions calamiteuses et dégueulasses
via des mp3 téléchargés sur le net, était
jusqu'ici connu sous le nom de Bob Weston Sessions. Si
vous avez de telles traces de fichiers audio dans votre ordinateur
vous pouvez dorénavant les mettre à la poubelle,
cette version officielle est définitivement la bonne.
Mais revenons à notre histoire. Creston Spiers, Stephen
Tanner et Paul Trudeau (le batteur de l'époque) refilent
le master de l'enregistrement à leur " producteur
" dont ils n'auront plus jamais aucune nouvelle. Envolé.
La version que l'on peut écouter maintenant grâce
à Hydra Head est tirée d'une copie cassette que
le groupe avait conservée.
Le miracle, puisqu'il faut bien parler de miracle, c'est que
le son est étonnamment bon sur cette version 2010 d'un
album perdu/disparu/volé en 1994. OK, ça bave,
ça sature un peu à plusieurs endroits mais - réellement
- cet enregistrement est de haute qualité. The Bob
Weston Sessions n'est donc pas une arnaque. Si la qualité
du document est historique, la nature de la musique contenue
ne l'est pas moins. On peut entendre, tout le long de ce disque,
des compositions certes parfois un peu primitives mais recélant
toutes les caractéristiques du Harvey Milk contemporain
: un heavy rock torturé, étiré, malade.
La comparaison avec les Melvins - comparaison dont Harvey Milk
aurait souffert alors qu'en même temps le groupe reconnait
sans aucune difficulté l'influence du groupe de King
Buzzo - n'est pas totalement fausse formellement mais elle est
ridicule à bien d'autres égards. Harvey Milk était
un groupe dépressif alors que les Melvins étaient
(sont ?) un groupe de guignols dont le plus grand des plaisirs
(et le notre) était d'emmerder le monde.
Au-delà de la lenteur quasi insupportable des compositions
phares - My Father Life's Work, l'excellent Jim's
Polish ou le complètement atomisé F.S.T.P
-, on notera également quelques salves maladroites mais
tout aussi lourdes, parfois dévastatrices (Merlin
Is Magic, Smile, le beaucoup moins réussi
Anthem). D'autres titres possèdent un groove incroyable
(Dating Pressure, Probölkoc). Globalement
la qualité est déjà là. Donc si
Harvey Milk n'intéressait qu'une poignée de fans
hardcore à cette époque c'est uniquement du à
son intransigeance qui pouvait fort bien passer pour de l'austérité.
J'imagine aussi que tourner aux alentours de 1995 en compagnie
de Shellac n'avait pas du arranger les choses question compréhension
mutuelle entre un groupe fan de Kiss et de vieilleries seventies
et son éventuel public. Le mystère Harvey Milk
reste entier et le retour du groupe est un autre miracle - A
Small Turn of Human Kindness, troisième album post
reformation, toujours chez Hydra Head, verra très bientôt
le jour. Un retour gagnant (hum) qui démontre qu'Harvey
Milk a été en son temps et continue d'être
un groupe mésestimé, sous-côté, mal
aimé. Plus pour longtemps ? On peut craindre que si.
Harvey Milk est juste passé du stade de groupe totalement
inconnu à celui à peine plus envié de groupe
à succès d'estime. Et franchement il mérite
beaucoup plus.
Haz
(07/03/2010)
website groupe www.harveymilktheband.com
website label www.hydrahead.com
|
Heliogabale
Blood - CD
Les Disques du Hangar 221 2010
Heliogabale,
l'énième retour. Quinze ans d'activisme, cinq
albums et un EP, une présence discrète dans les
salles de concerts. Heliogabale, un des derniers mohicans de
la scène noise-rock française du début
des années 90 avec les Kill The Thrill. Ils font parti
du paysage sans vraiment y être. On n'est même plus
surpris de les réentendre après six ans de silence
et un Diving
Rooms excellent.
Heliogabale a toujours eu l'habitude de souffler le chaud et
le froid. De s'offrir une image contrastée. Ce sont les
anti-Marvin. Loin d'être potes avec tout le monde. D'être
d'une sociabilité à toute épreuve. De sillonner
les routes à la recherche du moindre concert. Un parcours
erratique, une situation où ils ne semblent plus rien
attendre de spécial. Se faire plaisir, libre de faire
ce qui leur passe par la tête.
Exit le noise-rock de Diving Rooms qui renvoyait à
leur début rimant avec sombre et dépravé.
Exit les atermoiements de Mobil Home. Blood raconte
une nouvelle histoire. Et elle a été tiédasse
au début. Le sang ne coulait pas à flot. Heliogabale
a décidé de se la jouer beaucoup plus tranquille.
Confier l'enregistrement et le mixage à Antoine Gaillet
et Patrick Müller, qui se sont occupés de M83 et
BB Brunes entre autres, est un premier signe. Surtout quand
dans son histoire, on a plus eu l'habitude de Ian Burgess et
Steve Albini. Voix en avant, ça toujours été
un peu ça chez Heliogabale mais là, c'est encore
plus flagrant. Guitare en retrait. Bien dommage car elle en
a des choses à dire. C'est même elle qui fait tout
le boulot. Son léché, ajout d'un saxophone (sur
Ô my friends et sirupeux sur Zigzag) pour
un éclat vieillot s'intégrant difficilement. Heliogabale
aurait décidé de se remettre en cause qu'ils n'auraient
pas fait autrement.
Mais une fois cette barrière passée, force est
de reconnaître que la qualité des compositions
est là. Le nerf de la guerre. Un Heliogabale à
nu, qui ne se cache plus derrière les dissonances et
la véhémence. Le sombre s'est transformé
en une mélancolie douce-amère. Le poids de l'âge,
le fil des ans. La guitare de Philippe Thiphaine déploie
des trésors de finesse mélodique, tire l'album
vers le haut, là où la section rythmique se fait
plus discrète que d'habitude. Mais qu'on ne s'y trompe
pas. La tension est présente, larvée sous ces
faux-airs de pop-rock sans danger et les morceaux finissent
par s'imposer d'eux-mêmes. Foolish If, l'énorme
Knocked out où on jurerait entendre les gémissement
d'un Eugene Robinson (Oxbow), Juicy Fruit et la ligne
de basse inspirée de Vivian Morisson (qui a quitté
le groupe depuis), Q for qing, malgré la voix
rocailleuse de Sasha Andrès bien trop sur le devant,
le subtil Rewind terminant l'album d'un groupe qui ne
rembobine pas le fil de son histoire, ne regarde pas derrière
lui. Heliogabale tisse sa toile patiemment et malgré
une piqûre initiale inconfortable et des défaillances,
Blood finit par couler dans vos veines, évident.
SKX
(03/10/2010)
website groupe www.heliogabale.net
website label lesdisquesduhangar221.wordpress.com
Version vinyle sur A
Tant Rêver du Roi.
|
Hey
Colossus & The Van Halen Time Capsule
Eurogrumble Vol. 1 - LP
Riot Season 2010
Hey
Colossus a décidé de mettre une rallonge à
son nom et rien de mieux que Van Halen pour montrer qu'ils ont
franchi un palier dans l'horreur. Mais de la bonne horreur.
J'étais naïvement resté sur l'impression
que ce groupe anglais se cantonnait à un gros rock-noise
instrumental qui tâche, dans la lignée d'un Keelhaul
à ras des pâquerettes avec une tendance doom accentuée
sur les lombaires. Leur précédente livraison aurait
dû mettre la puce à l'oreille (mais belle bête).
Hey Colossus ne va pas bien du tout. Ils sont devenus diaboliquement
inconscients, divinement inhumains, hors catégorie sur
leur île d'Anglais.
Fini les tâtonnements du morceau
de 21 minutes qui dégueulassait dans tous les sens sans
laisser de souvenirs. Eurogrumble Vol. 1 est un grand,
un brillant condensé de folie brute. L'apothéose
d'un travail de sauvage pour assouvir et réunir dans
un même ventre bestial, leur soif de bruit pure, d'expérimentations
maladives, de rock-noise délicieusement bourrin et transcendantal,
de rythmiques volcaniques et de hurlements d'un autre âge.
Ca fait peur dit comme ça et vous avez bien raison. Surtout
que le titre d'ouverture, Question, nous la fait se poser
: allons-nous tenir ces onze minutes d'introduction à
sec sans presser le bouton stop ? Un début qui fait craindre
le pire. Bruits nauséabonds, samples du Malin, ça
sent l'expérimentation rimant avec masturbation, on croit
revivre l'expérience du morceau du split avec Dethscalator,
du remplissage rimant avec bricolage, de la longueur rimant
avec puanteur, avant que tout ne se mette en place et ne trouvera
son sens une fois l'album terminé. Hey Colossus n'est
pas là pour plaire. En terribles branleurs qu'ils sont,
mettent le pire sous le nez dès le début. Des
fois que tu saches pas où tu fous les pieds. Une fois
franchi ça, c'est du velours.
13 Millers Court enchaîne sans coup férir.
Vitesse supérieure. Rythmique de plomb, martiale, cris/rires
démoniaquement trafiqués. Me rappelle Slug dans
l'hypnose noise-rock qu'il procure mâtiné d'un
Headbutt
pour que le plaisir soit total. Une référence
à Headbutt revenant régulièrement (l'énorme
pression de King Come), avec des pointes vers God pour
l'effet machinerie infernale (le terrifiant Eurogrumble),
voir les premiers Pain Teens pour les morceaux/passages expérimentaux
à base de samples et l'effet mystérieux qui en
découle. Les désormais six membres de Hey Colossus
ont réussi à couler une chape de plomb cohérente
entre le rock et les expérimentations, les rythmiques
surpuissantes et les stridences, les hurlements, les samples,
le carré et l'absurde. Symbole : les onze minutes finales
de Wait your turn (avant d'aller tâter de l'enfer),
résumant orgiaquement leurs noires perversités.
Les compos plus courtes ne sont pas du vain remplissage mais
participe à cette ambiance étouffante. Des faiseurs
de bruit dans la digne lignée des Headbutt, Skullflower
et autres Terminal Cheesecake que la perfide Albion a pu engendrer,
remis au goût du jour mais qui le feront voir bien poisseux.
La prosternation est totale. Hey Colossus est fucking colossal.
SKX
(11/06/2010)
website groupe noisestar.co.uk/colossus
website label www.riotseason.com
|
 
Hollywood
Baltimore Queens - 7''
Ken Rock 2009
On
ne va pas vous parler cinéma, encore moins chewing-gum
mais d'un groupe de Baltimore comme le nom de ce single l'indique.
Comme il indique également que cinq reines velues gouvernent
les trois titres incendiaires de ce présent disque. Ayant
écouté dans la vie au moins un disque et demi
sur les 112 de Jay Reatard, je peux affirmer sans craintes et
sans ambages que Hollywood possède ce grain garage-rock
identique (en plus, parler d'un mort, ça fait toujours
bien), version Destruction Unit peut-être, ce même
sens de l'accroche immédiate, cette chaleur rock'n'roll
qui donne envie de brûler toute la nuit. Schizo
et Grown Ass Man, deux bombes pour danser et boire des
breuvages extraits de bouteilles sans étiquette jusqu'à
épuisement. De l'autre coté, Paco Platter
explore la face Rocket from the Crypt qui sommeille en eux,
du pur cru, explose en bouche, des guitares qui éclatent,
tout aussi redoutablement efficace et se terminant par un remarquable
locked groove funky I don't need no bad drugs.
Avant ce fiévreux single, Hollywood avait déjà
sorti deux singles que l'on retrouvait dans leur intégralité
sur leur premier album Hits ! An alltime low (Big Neck
records 2008). Pas que du tubes mais déjà de belles
perles comme Ione Sky, remplies de fuzz, de germes sixties
et de mauvais goût white trash. Depuis le groupe est passé
de trois à cinq membres, pour les bienfaits de ce single
en rendant les choses plus carrées mais toujours aussi
fun. Si ils continuent sur cette lancée, nul doute qu'ils
pourront se faire un nom avec leur patronyme bâtard.
SKX
(18/01/2010)
website groupe www.myspace.com/theehollywoods
website label www.myspace.com/kenrockrecords
| www.bigneckrecords.com
|
Horseback
The Invisible Mountain
- CD
Relapse 2010
Le
metal pour intellos dépressifs et mélomanes trop
sensibles a le vent en poupe, profitons-en ! Plus sérieusement,
on se serait plutôt attendu à ce que ce soit un
autre label que Relapse qui publie un tel disque. Explications
: The Invisible Mountain est d'abord sorti sur Utech
records - un label mega arty avec Jazkamer, Nadja, James Plotkin,
Aluk Todolo, Ultralyd, Skull Defekts ou Locrian dans son catalogue,
autant dire à peu près n'importe quoi du moment
que ça ressemble à rien de connu - avant de bénéficier
de ce qui est donc une réédition via Relapse.
A noter que le label Aurora Borealis s'est lui occupé
de la réédition en version vinyle. Donc si comme
moi vous êtes passés à côté
de The Invisible Mountain (chose assez mystérieuse
car je suis régulièrement les publications en
provenance de Utech), voici l'occasion d'une remise à
niveau/séance de rattrapage. Cela en valait il la peine
?
Et bien oui. Le métal atmosphérique c'est mon
dada et celui du bien nommé Horseback, un brin terreux
et intrinsèquement contemplatif, se révèle
largement au dessus du lot. Horseback c'est avant tout le projet
d'un seul homme (Jenks Miller) qui joue de tous les instruments
mais se fait aider de temps à autres par quelques potes,
surtout à la batterie. Et ce Jenks Miller n'a que faire
des rafistolages 70's et prog stratosphériques auxquels
ont recours les musiciens/groupes de metal retro-shoegaze dès
qu'il s'agit d'avoir l'air romantique mais intelligent. Pourtant
il n'en faut souvent pas beaucoup pour basculer du divertissement
soigné à la mascarade indigeste mais Horseback
sait se tenir, pas très fougueux certes, mais donnant
à son blues monolithique et minéral un aspect
carrément narcoleptique et enfumé. Le chant emprunte
lui clairement au black metal, mais un black metal enroué
et plus shamanique que haineux.
Les quatre titres de The Invisible Mountain se suivent
et évoluent selon un courant imperceptiblement descendant
: alors que l'académisme quasi obligatoire du genre est
aux montées en puissance, aux explosions finales et au
magma extatiquement fusionnel, Horseback au contraire s'enterre
au fil de ses compositions, quitte les versants desséchés
d'un volcan à peine éteint pour aller se rouler
dans l'herbe toute fraîche de la prairie et finir sa course
les quatre fers dans l'eau glacée d'une source rocheuse.
Les guitares mollissent, disparaissent, le chant également
et c'est un synthétiseur tout aussi répétitif
qui conclut sur un Hatecloud Dissolving Into Nothing
d'un bon quart d'heure. Après, il ne reste qu'une seule
chose à faire : une bonne sieste et de beaux rêves
qui assurément ne pourront qu'être réconfortants.
S'il y a quelques critiques et limites à émettre
au sujet de The Invisible Mountain elles concernent surtout
le mysticisme un peu convenu et plat qui se dégage du
disque. On peut également regretter le côté
édulcoré et cosy d'une musique qui n'a surtout
rien de dérangeant ou de tellurique, si on écoute
The Invisible Mountain à un trop faible volume
on risque de trouver le disque absolument parfait pour assurer
la bande son d'un remake de Brokeback Mountain par John Hillcoat.
Seule une écoute à un volume sonore indécent
(ou alors au casque) permettra de se prendre une bonne torgnole
(méta)physique dans la tronche. Tu n'as donc qu'à
monter le son, camarade.
Haz
(23/10/2010)
website groupe horsebacknoise.com
| horseback.bandcamp.com
website label relapse.com
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