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QUAGMIRE Quiet is not loud
THE QUATERHORSE I was on fire for you
QUETZAL dead end tracks
QUI Love's miracle
QUINT Time Wounds All Heals



QUAGMIRE
" Quiet is not loud " - CD
Carcrash 02
La Suède encore à l'honneur! Ca commence par un tube imparable : " line of work ". Sa basse ronflante, sa rythmique dynamique et malsaine sur les bords, sa mélodie vrillante, sa voix qui cherche à s'échapper de l'asile. On sent que Jesus Lizard et Shellac doivent traîner en bonne position sur leur pile de cds. L'instrumental qui suit (" malvinas ") ne dément pas et la ligne conductrice de Quagmire est toute trouvée. Mais si ce trio offre une indéniable garantie dans le genre, ils ont également autre chose à montrer. Comme ce " The economic war " de six minutes et quelques, dont la basse lorgne dans les coins vers le dub. Une propension à distiller leur colère de façon beaucoup moins véhémente que les gars de Chicago. Et une qualité énorme pour trouver la mélodie qui fait mouche, sans chercher à forcer le trait. Loin d'être cantonné au seul rôle d'ersatz. Dix perles à s'enfiler en toute décontraction. Se méfier de la bête qui dort.
SKX (04/06/2003)
THE QUATERHORSE
" I was on fire for you " - CD
Radio is down 03
Au grand galop, que je lâche les chiennes. Bullhead, au pied ! The Quaterhorse, un solide trio descendu de ses montagnes, des boucherons armés pour les hivers rudes en direct d'Olympia, la ville de K records et Karp. Donc tout ça nous renvoie aux Melvins, simple non ?! Lourdeur du bout de gras, bien arrimé au sol. Minimaliste dans leur approche d'une musique répétitive et puissante. Faut puiser du coté d'Unsane aussi, congénitalement inapte, loosers magnifiques qui ont quand même eu le tact de dealer deux jours avec Albini pour l'enregistrement de ce premier album. Chair fraîche dépecée dans de vieilles carnes ou comment recycler éternellement la même rengaine malsaine. Jusqu'à cacher une reprise des Melvins au fond de leurs chaussettes nauséabondes à la fin de la fin du CD. Hommage. La boucle est bouclée. Ca fait pas avancer grand-chose. Reste aux plus nostalgiques une bonne demi-heure d'avachissement, le coup endolori, le coup fatidique. Au suivant !
SKX (18/09/2003)
QUETZAL
" dead end tracks " - CD
Conspiracy 01
Ce qui n'est pas conscience immédiate est forcément liquide. Au lointain, la matière arrive, les contours prennent le temps pour se dessiner. Le flou trouve sa consistance. De la perspicacité, de l'attention, voilà ce que demande ce dernier album des Belges de Quetzal. Un objet fragile qui demande de la patience pour éclore. Des mélodies qui tiennent en équilibre, qui se dévoilent loin des flashs aveuglants et qui tiendront la distance. Des guitares aux sons claires, on sature rarement chez Quetzal. Ils ne s'abritent derrière aucun courant musical particulier, ne se servent d'aucune mode du moment. Pour autant, Quetzal ne révolutionne rien mais cultive son jardin secret. Si l'affiliation générique reste une certaine idée de l'emo-core, Quetzal garde sa propre sensibilité. Ose les violons, travaille les compostions en profondeur. L'ensemble est énergique, la dynamique joue les montagnes russes, les lentes montées où la mélodie ressort vers des sommets où l'explosion ne peut être que plus belle. Le faux pas est toujours proche. Quetzal a la mécanique qu'un rien ne viendrait dérégler. Notamment la voix, parfois trop criarde, aiguë et qui sied mal à certaines mélodies. Mais à l'image du digipack élégant, on sent beaucoup de réflexion derrière ces neuf titres, de la finesse et du travail pour mieux déjouer les pièges d'une musique qui n'a l'air de rien comme ça mais qui n'a pas fini de germer en vous pour peu que vous fassiez l'effort. De révéler ses secrets qui sans être renversants vous transportent toujours un peu plus haut. Le genre d'album qu'on chérit tout seul chez soi, à l'abri des oreilles trop pressées d'en découdre....
SKX (06/11/2001)








Qui

Love's miracle - CD
Ipecac 2007

A la question inévitable du rigolo de service qui vous demandera, c'est qui Qui ?, vous pourrez toujours répondre que c'est le nouveau groupe de David Yow (le charismatique chanteur des ex-Jesus Lizard et Scratch Acid). Sauf que cette réponse est très inexacte. Qui, c'est avant tout un duo batterie-guitare qui existe depuis sept ans avec un premier album sous la houlette de cette doublette en 2003, le dénommé Baby kisses sur Heart of a Champion records. Puis ils ont eu ce coup de génie, l'inspiration divine de recruter le Yow en retraite des micros et comme par miracle, les voilà sorti de l'anonymat le plus complet. Car franchement, qui avait entendu parlé de ce premier album ??!! Pas moi en tout cas et si David Yow ne s'était pas rajouté au générique, il est fort à parier que l'interrogation à la question c'est qui Qui serait resté encore longtemps sans réponse. Cette recrue de luxe a déjà le mérite de nous éclairer le passé. Même quatre années plus tard, on ne va pas rechigner à l'effort sur ce Baby kisses. Ce n'est pas que cet album soit un trésor injustement enfoui mais on aurait tort de s'en priver. C'est un duo comme beaucoup de duos. Rien de révolutionnaire mais ce qu'il a à faire, il le fait bien et avec conviction. La tension est toujours latente. La guitare sonne. Le riff appuyé, tranchant, aimant rester sur la même note pour nous faire saliver une explosion qui n'arrive pas forcément. Le jeu de Duane Denison (guitariste de Jesus Lizard, jeunes incultes !) ne doit pas le laisser indifférent, le bougre. Particulièrement sur le morceau Belt. Autant dans les arpèges pleins de classe que dans la construction de la composition. On ne peut pas leur en vouloir. David Yow non plus. Paul Christensen (batterie) et Matt Cronk (guitare) se partagent le chant qui tranche avec les habituels hurlements qui vont de paire avec ce genre de musique virulente. Un chant posé, voir parlé, à l'image de cette musique tout en non-dit, sur le qui-vive et qui prend son temps pour nous faire saliver en de brusques virulences contrôlées et montées avortées.

Un disque suffisamment intéressant pour attirer le lézard en chef. L'histoire ne dit pas (pour l'instant) comment s'est faite la rencontre. Si ils ont usé leurs fonds de culottes sur les mêmes bancs d'école ou par annonce, groupe qui veut se faire un nom cherche petit jeune motivé pour assurer le spectacle. Toujours est-il que l'arrivée de Yow ne bouleverse pas l'ordre établi. Les deux autres n'ont pas abandonné au reptile pervers leurs prétentions à la chansonnette. Tout le monde se colle aux voix et comme Yow ne fait pas du Jesus Lizard quand il l'ouvre et que de nombreux passages restent instrumentaux, sa présence n'écrase pas ce disque. A un point tel que sans la promo faite autour de cet album et de l'arrivée de cet illustre membre, on aurait été bien en peine de deviner ce qui se tramait derrière le décor. Matt Cronk continue d'infliger des riffs massifs et précis tout en peaufinant ses pointes mélodiques. Le tempo est toujours entre deux eaux. Le son semble gagner en puissance. Le début du disque est en ce sens très prometteur. Quatre premiers morceaux (dont deux figuraient déjà sur un single sorti par Infrasonic Sound au printemps) qui passent comme les doigts dans une porte bien huilée. Equilibre bien en place de riffs ingénieux, d'un batteur très capable et de vocaux délibérément à contresens. Option chant clair et mesuré. Tout juste une tension bien palpable insufflé à Today, gestation par un David Yow qu'on sentait déjà muer sur la fin de Jesus Lizard, quelques grognements et cris pervers sur les excellents Gash et Freeze.
Les choses se gâtent à partir de New Orleans. C'est le titre du cinquième morceau. Si musicalement on reste dans le (bon) ton, le chant que l'on pressentait casse-gueule tombe pour de bon. L'intervention, même brève, de ce chant posé et mélodique ne passe pas et vient tout gâcher. Idem sur le suivant (A#1) où l'essai de ces chœurs aériens sur un rythme lent n'est pas des plus judicieux. Avec le suivant Willie the pimp, c'est carrément l'ensemble qui fait tâche. Normal, c'est une reprise de Zappa. On sent bien du second degré derrière tout ça, ce solo de guitare et les pitreries au chant mais ça coince sérieusement. Tiens, on retrouve le Belt de Baby kisses, réenregistré pour l'occasion mais très semblable à l'arrivée. L'hommage définitif à Jesus Lizard. Qui nous quitte avec un Echos qui ne se répercutera pas longtemps malgré les six bonnes minutes qui commencent comme une mauvaise reprise d'un morceau ringard (je hais les Flamands Roses) et se transforment vite comme une mauvaise blague tout court. Après un bon départ, l'album dérape et se perd en route dans des expérimentations mélodiques et visqueuses risquées, un rock-noise où la tentative de mélange des genres se révèle crispante avec des reprises à la con à la clef. Qui à deux, c'était finalement mieux. Sauf pour la renommée.
Il nous reste plus qu'à attendre les concerts de Qui en France en décembre prochain, histoire de vérifier si David Yow reste sur les planches le grand David Yow. Que son changement de personnalité ne concerne que sa nouvelle manière de chanter qui est loin d'être concluante et qu'à la question de savoir qui c'est qui a la plus grosse, on répondra, c'est toujours David Yow.

SKX (02/09/2007)
website groupe
www.myspace.com/qui
website label
www.ipecac.com | www.heartchamp.com

Quint
Time Wounds All Heals - CD
Egypt 1997

Battons le fer UT tant qu'il est chaud. Après la totale Dial, retour sur un autre projet post-UT. Sally Young (chant, guitare) a formé au milieu des années 90 le groupe Quint avec Jamie Sellers (basse) pour recruter par la suite Graham Newbury à la batterie, soit une trilogie rock des plus classique. Mais ils ne s'arrêtent pas à cette banalité et une violoniste (Pookie Jinb) et un trompettiste (Andrew Blick) sont ajoutés au générique. Dans l'ombre de Quint s'agite le binoclard de service, toujours là quand on ne l'attend pas, Mr. Steve Albini. La musique de Quint n'a pas grand-chose à voir avec celle qu'il côtoie habituellement mais il ne faut oublier que Albini a déjà enregistré le dernier album de UT (Griller) et qu'il montrera dans les années à suivre une ouverture d'esprit qu'on ne lui soupçonnait pas à cette époque. Après un premier 45 tours Blueprint to a blackout / Sawtooth en 1995, single of the week du Melody Maker et qui rencontre un joli petit succès un peu partout (John Peel bien sûr mais dans pas mal de radios étrangères aussi - ?? je devais être à la pêche en Ardèche cette année là), Quint passe à l'album en 1998, toujours avec Albini aux commandes. A la manière de UT, on retrouve cette antagonisme chez Quint, entre beauté et dureté. Un aspect mélodique, abordable et quelquechose de plus tendu et abrasif. Mais les armes employées sont différentes. La magnifique voix de Sally Young et la trompette de Blick donnent de faux airs de Dog Faced Hermans ou Motherhead Bug pendant que le violon renvoie aux sonorités de l'Europe de l'Est et que la rythmique achève le travail en mettant le nerf avec le son de qui on sait. C'est autant de la pop ambitieuse que du rock pervers, des morceaux qui semblent couler paisiblement que des structures alambiquées. Proche du chaos à plusieurs reprises mais recentré par la claire et articulée voix de Young. Quint profite du background très différent de chaque musicien pour composer un album riche d'ambiances différentes mais cohérent d'un bout à l'autre. On a bien quelques passages qui font tiquer, des sonorités vaguement seventies, notamment dans la guitare, mais Time wounds all heals mérite qu'on s'y attarde, réussissant, l'espace d'une courte carrière et de ce seul album, à mêler les vieux démons de toujours, mélodie et intensité, atmosphère jazzy-lounge et fracas rock, tout en avançant un visage plus présentable quoique plus complexe qu'il n'y parait.

SKX (26/11/2007)


 
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