OFF
MINOR
"
The heat death of universe " - Lp
Clean Plate 02
Off
Minor, major de sa promotion. A l'école très fournie
des Yage, Yaphet Kotto et autres groupes emo criés et chaotiques,
on aurait pu craindre le pire. Mais c'était sans compter
sur ces ex-Saetia, des plus tout jeunes à qui on ne l'a
fait pas, qui ont de la bouteille et suffisamment de recul pour
ne pas proposer une énième resucée. Off Minor
est bouillant, ne laisse aucun répit en enchaînant
tous les morceaux. Un trio dont les guitares ont beaucoup à
dire, criant sur tous les toits leur colère mais bavardant
aussi par arpèges multiples et distingués. Déchirant
et suppliant. Les défenses sont dérisoires. Je hais.
Je tremble. Au contraire de nos confrères suscités,
je suis plus direct et franc du collier. Mais partout des dissolutions,
des moments de doutes, tendu à l'aigu. Inutile de nier
l'évidence. Une réalisation solide et revigorante.
Un maximum de tripes et de cérébral. Les cris résonnent
encore longtemps une fois la torpeur de la nuit abattue. Un de
ces petits bijoux qu'on a plaisir à chérir loin
des foules.
SKX (15/10/2002)
|
OLD
MAN GLOOM
"
seminar II : the holy rites of primitivism regressionism "
- 2xLp
Trust No One/Tortuga 01
Old
Man Gloom se distingue d'abord par son pedigree. Comprenez là-dedans
des membres de Converge, Isis et Cave In. Il existe croisements
plus bâtards. Old Man Gloom, rassemblement épique
qui se définit lui même comme un "institut top
research developers". Et pour cause, cet album - qui a la
particularité de présenter seulement trois faces
gravées sur les quatre que compte ce double album en vinyl,
la dernière c'est le désert - est une longue expérience
sur le son, un travail de laborantins avec le souci de précision
d'un horloger suisse. On alterne donc entre courts échanges
incisifs et brutaux issus d'un dédoublement entre Isis
et Monster Magnet et de longues plages ambiantes et expérimentales.
Entre mini-hymnes aux riffs drôlement efficaces, bien gras
et sons lunaires, sortes de Pink Floyd débourré
par Black Sabbath. Tout ça selon un découpage inébranlable
: un coup je t'astique, un coup je t'endors dans les méandres
de mes triturations soniques, un coup je repars de plus belle,
un coup je te calme à tout jamais, etc.... Le tout sonne
quand même bien seventies et psychédélisme
froid. Forcément, on n'est pas épargné par
quelques longueurs. Le temps est parfois un peu longuet entre
deux ruades. Paraît-il qu'un album version courte avec uniquement
les morceaux les plus virulents est sorti.... Sinon pour ceux
qui aiment "2001, l'odyssée de l'espace" mixé
avec "Mad Max", cette bande-son cultivée par
les technologies les plus poussées est édifiante.
Et le vinyl (sur Trust No one) avec sa double pochette du plus
bel effet. Bienvenus dans les nouveaux ordres.
SKX (12/03/2002) |
OLD
TIME RELIJUN
"
witchcraft rebellion " - CD
K records 01 01
Un
drôle de gaillard que ce Aarington de Dionyso. Le mec qui
se met sur le devant de la scène, qui accapare toute la
lumière, dégivre les congélateurs et emmène
son trio pouilleux sur des pistes cailloutées bombardées
de nids de poules. OLD TIME RELIJUN puise son énergie dans
le rock. Le rock'n'roll, rustre et sauvage, du brut de décoffrage.
C'est les tripes, l'éclair et la vitesse. Et tous les cadavres
qui traînent sur la route sont pour eux. L'attitude punk,
des éléments de free-jazz frénétique
("fermentalio", solo (cri isolé) de clarinette
sur distorsion à moteur compréssé). Une rythmique
tour à tour hypnotique tellement qu'elle est rigide dans
son beat ou funk quand elle balance dans le move. La température
de la piste en prend alors un sale coup vers le haut ("mystery
language", "king of nothing", standard rock par
excellence). La grande classe. Le son est primitif avec un grain
chaleureux. Rock sorti du garage, blues à l'haleine chargée,
folk musique qui se possède les soirs de pleine lune, OLD
TIME RELIJUN fusionne à tour de bras avec comme unité
centrale l'instinct. Et Aarington de Dionyso donc. Une voix à
mi-chemin entre l'incantation et le grognement, la folie douce
et les envolées lyriques. Un jeu de guitare névrotique
qui tient sur une seule corde. Cet illuminé vous file un
vrai coup de boost. Faut l'entendre se démener, moduler
sa voix, passer de l'outre-tombe aux aigües, tourner autour
du rythme, le taquiner, le dérégler, emmener le
morceau bien installé vers des contrées surprenantes.
Un troisième album encore plus varié, sexy et déglingué,
habité par des sentiments violents sans oublier la touche
mystique. Jon Spencer rangé des bagnoles, Make Up aux oubliettes,
Old Time Relijun passe à toute berzingue, enrhume tout
ce beau monde et creuse son propre sillon. Du sang, du sexe, de
la noirceur. Tout pour nous éclairer.
SKX (30/06/2001)
|
OLD TIME RELIJUN
"
la sirena de pecera " - CD
K records 00
La
terre bascule. L'air me fait défaut. Je sue. Les flammes
me lèchent les fesses. La cacophonie primitive de Old Time
Relijun est avancée. On plonge dans le bayou, moite et
lubrique. On se fait trimbaler dans une vieille remorque traînée
par un Birthay Party minimaliste, un John Spencer du pauvre avant
qu'il ne parte à la pêche. Un trio américain
porté à bout de voix par un leader au nom pas possible
de demi-dieux, Aarington de Dionyso, supportant tous les maux
de la terre, compositeur en chef, jusqu'aux dessins de la pochette
et clarinettiste possédé sur un " urge and
urge and urge.... " (tout est dit) maladif. Le batteur a
beau tapé dans tous les sens et le contrebassiste s'arracher
les ongles, le patron c'est lui ! Jeu de guitare squelettique,
voix prépondérante d'un mec qu'on imagine hululer
sous la lune (pleine bien sûr). Mais le clou du spectacle,
sur lequel tu viendras te crucifier mon fils, ce sont les 3 premiers
titres de précédents enregistrements, en version
espano-italiano-portugaise (vision hallucinatoire d'une triptyque
victorieuse d'un onze mythique bien sûr !) qui transforment
ce blues rachitique en corrida frénétique, le taureau
par les cornes, les couilles en bandoulières. Reste plus
qu'à se taper ça en concert, car cette messe doit
être autrement payenne !
SKX (25/07/2000)
|
ORCHID
"
s/t " - Lp
Ebullition 02
L'adieu
aux armes. Orchid, de par sa trajectoire, ne pouvait avoir qu'une
vie courte, cependant bien remplie et avec toute l'intensité
qu'il fallait. Après un album, un mini (on retrouve les
deux désormais sur un même disque) et une pleine
besace de (split) singles, Orchid nous quitte, le feu toujours
au cul, certains d'avoir fait le tour de la question. Toujours
aussi pressé d'en découdre, ce disque n'apporte
aucune eau au moulin de Orchid. Ce mélange ultra abrasif
de screamo-hardcore sans concession et ses passages emo pour se
remettre de l'ordre dans les idées. La recette a fait ses
preuves. Orchid l'applique en grand connaisseur. Titres uppercut.
Les guitares qui cognent et noient la batterie. Déluge
de feu mais qui laisse passer des écorces de mélodies
et les sentiments à fleur de peau. Cet album n'est ni moins
bon ni meilleur que les précédentes fournées.
Mais Orchid était suffisamment malin pour savoir que leur
style suicidaire n'était pas fait pour la durée,
qu'il était temps de se saborder avant que la redite et
l'essoufflement ne viennent à bout de leurs idéaux
adolescents. Savoir arrêter la machine infernale à
temps et offrir en guise d'adieu un témoignage solide pour
un groupe qui aura su marquer la petite histoire du hardcore de
façon indélébile
.
SKX (24/02/2003)
|
ORCHID/JEROMES DREAM
"
s/t " - 10"
Witching Hours 00
Avant
d'en prendre plein les oreilles, c'est vos orbites qui sortent
de la tête ! L'objet est suffisamment pas banal pour qu'on
ne s'y attarde pas un peu. D'abord il est pas rond ce disque.
Il est tout mal découpé et il a la vague forme d'une
tête de mort qu'a trop fêté un enterrement
(à moins que ce soit la forme de l'Australie parce qu'à
Witching Hours on aime fêter les Jeux Olympiques ah ah).
Et il est gravé que d'une face et le disque, il est pas
tout noir, il est tout blanc ! Après, si vous mettez pour
la première fois ce disque un lendemain de gueule de bois,
il vous faudra bien 5 minutes pour comprendre le mécanisme
! Et ouais, c'est le seul disque qui commence par le milieu et
qui retourne en arrière jusqu'au début. C'est à
ce prix là que vous écouterez les 4 titres de Jeromes
Dream ! Et pour les 4 de Orchid, on repart pour un tour au milieu,
et là, miracle, ça tourne dans le bon sens. L'autre,
celui qui va vers le centre ! Dingue non ?! Alors la musique,
elle peut saigner tout ce qu 'elle veut, ça ne surprend
plus ! Orchid se démène comme sur son indispensable
album sur Ebullition records. Un cercle infernal qui pue toujours
l'urgence. Jeromes Dream a également du répondant
dans un registre plus emo-violence. Une voix hystérique
qui se fracasse dans les aiguës, des compos affolantes et
plus convaincantes que les derniers titres disséminés
sur des (split)45 récemment, à réveiller
les morts et empêcher de tourner en rond un disque caréné
pour l'obstacle !
SKX (24/07/2000 |
THE
RED SCARE/ORCHID
"
" - 7"
Hand Held Heart 00
Comme
un robot, sans un gramme de réflexion, 2 de vos groupes
fétiches qui sortent n'importe quel misérable bout
de vinyl et, les doigts dans le nez, les autres dans la prise,
vous foncez ! Et le bonheur de se prolonger. Sur Hand Held Heart,
le label qui monte, qui monte, vous avez le droit à un
inédit de THE RED SCARE, dans la plus grande tradition
de leur remarquable 1er album " Capillary Lockdown ".
Les rejetons de Shotmaker et leur emo-noise musclé et racé.
Sans non plus renverser la baraqua avec ce titre ! Et puis ORCHID,
qui compose plus vite que son ombre et ne finit pas de distribuer
ses brûlots à tout va. C'est vrai que la longueur
météorite de leur compos leur permet l'abondance.
Cette fois, 3 titres, idem pour la tradition et la baraqua, avec
juste un " she has a cold, cold heart " à vous
réconcilier avec votre grand-mère. Une guitare bien
tranquille, un piano, un quatre pistes et vos larmes pour pleurer.
Plus qu'à remonter le robot pour sa nouvelle commande....
SKX (03/08/2000)
|
ORCHID
"
Dance tonight ! Revolution tomorrow ! " - 10
Ebullition 00
Eclatez-vous
tant qu'il est encore temps, les choses sérieuses commencent
demain ! ORCHID sort son nouveau flingue. Un petit joujou 10 coups
qui s'enclenche en 45 et cisaille en rafale en un quart d'heure
à peine. Orchid ou la musique nourrit l'esprit. A moins
que ce soit le contraire. Sur fond de moultes citations de Jaques
Attali, leur gourou du moment, Orchid théorise sur la musique,
" cette organisation du bruit ", sort l'étendard
révolutionnaire et veut donner de la conscience à
son idée du chaos. Leur discours me gave rapidement, autant
dire de suite. Surtout que la rage qui suinte de leur musique
suffit amplement à vous botter le cul. Le reste est littérature
! Produit par Kurt Ballou, ce nouveau Orchid marque encore plus
nettement le contraste entre ces purs moments de hardcore furieux
et intenses et des passages noirs et très calmes où
seule une mélodie minimale de guitare guette l'arrivée
du chaos. Des titres ultracourts, le micro au fond de la gorge,
des guitares en travers de la gueule. Du binaire dans les rythmes,
tellement direct et intense où toute leur colère
intériorisée y passe. Et un dernier titre "
and the cat turned to smoke ", pauvre bête, à
faire chialer plus d'un hardcoreux endurci. Une mélodie
toute simple, ça monte crescendo sans jamais exploser,
c'est appuyé par un violon qui soutient les guitares et
ça vous laisse pantelant. Ce Orchid est comme le précédent,
frustrant car trop court et si bon mais c'est le format qui sied
le mieux à cette urgence, on se demande d'où elle
vient. Les doigts dans la prise !
SKX (20/02/2001) |
ORCHID
"
chaos is me " - Lp
Ebullition 99
Attachez
votre ceinture, le voyage va être court, intense, une longue
ligne droite trépidante et transperçante. Pied au
plancher, Orchid s'égare rarement au-delà des 2
minutes. Seul convient la lucidité aiguë. "Death
of a modernist", "boy with no arms", "invasion
USA". Le désordre c'est moi. Une bonne dose de rage,
une furie noise, un boulet de canon hard-core qui vous renvoie
direct à Guyana Punch Line, In/Humanity, Rubbish Heap.
Powerviolence. Un bloc rebelle auquel on pourrait juste regretter
cette masse monolithique, ce manque de variances, excepté
quelques chicanes et une ou deux descentes. A moins que toute
la force réside en cette incandescence primaire. A moins
de prendre cet album comme un seul et long orgasme, un seul titre
d'un terrible instant, un long cri d'agonie et de colère
mêlées. L'essence même du punk retrouvée.
Car au vrai, nous vivons sous la carapace du tremblement.
SKX (27/12/1999)
|
ORRIN
DE FOREST/JAZZFINGER
"
split album " - Lp
Traqueto 02
Une
belle brochette de branleurs en provenance d'Angleterre. N'y voyez
rien d'injurieux là-dedans, c'est juste l'impression qui
s'en dégage, à regarder de près les montages
photos niveau maternel. Ya plus de respect! Orrin de Forest cache
bien son jeu. Car avec toute cette présentation, on aurait
pu s'attendre à un hardcore des plus basique et bien poisseux.
On en ressort lobotomiser avec un hardcore certes couillu et qui
file droit mais avec une bonne dose d'expérimentations,
de retenu et des guitares en sons claires taillées pour
la vitesse. Comme une version simplifiée de Dazzling Killmen.
Pas de panique, on est encore loin des maîtres mais l'idée
est là. Dommage que le chant soit un peu trop systématiquement
hurlé, à la limite de la rupture et que le chien
du voisin n'arrête pas d'aboyer. Avec Jazzfinger, le registre
change. Elevation du corps. Instrumentale et cotonneuse, l'ennui
guette avec cette musique et si elle nous emmène quelque
part, c'est plutôt vers les strates de l'ennui. A tendance
expérimentale, un duo tout en guitares qui n'en finissent
pas de jouer la même partition, avec bidouillage dans le
fond à l'appui et cordes qui cassent. Idéal pour
faire de beaux songes et un split pour le moins manichéen.
SKX (27/08/2002) |
ORTHRELM
"
asristir veildroixe " - Lp
Troubleman 02
Aux
frontières de l'impossible, Orthrelm n'est tenu. Avec leur
précédent disque, ce duo épileptique guitare-batterie
composé d'un ancien Crom-Tech (Mike Barr) était
déjà à la limite de nous filer une crise
de nerf. Cette fois, Orthrelm nous les pèle menu-menu.
Un seul morceau découpé en 99 temps. Ou 99 morceaux
hyper-courts qui ne forment qu'un. Au choix. Mais le résultat
est le même : super casse-couille au bout de trois minutes
(pour les plus courageux). Dire que je me suis fais la totale!
Il faut que je consulte d'urgence. Guitare stridente qui défile
ses gammes comme si elle avait un peloton de CRS en rut à
ses fesses, en totale libre-improvisation comme la batterie. Ultime
bruyance. Pour l'autre face, iIs ont eu pitié. Des gribouillis
aussi incompréhensibles que leur musique sont gravés.
Un disque uniface et tout blanc. Beaucoup de temps perdu pour
rien (ou presque).
SKX (03/09/2002)
|
ORTHRELM
"
iorxhscimtor " - CD
Tolotta 01
Heureusement
que c'est un CD autrement je me serais demandé si ça
tournait à la bonne vitesse! Mike Barr, ancien guitariste
de Crom-Tech , s'est trouvé un autre esclave à la
batterie (Josh Blair) et sort sur Tolotta, le label de Brendan
Canty (bassiste de Fugazi), 12 titres qui énervent bien
en 16 minutes. Ou devrais je dire, un seul morceau découpé
en 12 temps. Tout défile comme un TGV graissé à
l'huile de phoque. Tout se ressemble certes. Seules des écoutes
répétées (attention tout de même, pas
d'abus!) permet de sentir les subtils changements. Un son de guitare
bien grinçant et aiguë. Un batteur qui s'est greffé
des bras supplémentaires. Le guitariste joue plus vite
que son ombre. Une grande démonstration technique et jubilatoire
de leur talent. Complémentaire dans le chaos. Comme un
Melt-Banana aphone en 78 tours. Etourdissant. Bien penser à
prendre une grande bouffée d'oxygène avant de se
lancer dans l'écoute de cet album au nom imprononçable
et à la durée parfaite. Au delà, c'est une
balle dans la peau pour chacun.
SKX (12/02/2002) |
OTK
"
Sona a kuva " - CD
Silver Rocket / Minority 03
Casse-tête
à la tchèque. La scène locale a un style
inimitable, faite de références à de multiples
genres musicaux mais suffisamment flous pour brouiller les cartes
et accoucher d'un truc personnel mais pas trop. Enigmatique OTK,
passé maître dans l'art de sculpter son moule en
piochant à gauche et à droite. Le rythme est généralement
lent avec un petit coté cool et détendu du gland
à la Morphine. Une coloration chaude et bienveillante accentuée
par la présence de cuivres qui nappent le fond. Et alors
qu'on s'y attend pas, l'arrivée, discrète, mais
tout de même bien présente d'un certain DJ Braindead
sur deux titres pour quelques scratchs rapides. Des éléments
acoustiques, des percussions et tout un attirail d'instruments,
OTK se donne les moyens de s'habiller pour l'hiver et ne ménage
pas ses effets. Bizarrement, ce deuxième album ne sonne
jamais surchargé. Au contraire, place est faite aux non-dits,
aux silences, à la respiration où chaque instrument
la ramène le temps d'un soupir, d'une multitude d'arrangements
qui s'enfilent, broderie fragile et éphémère.
Tendance à l'évaporation d'une musique qui ne manque
pas d'air mais extrêmement volatile, tellement insaisissable
qu'elle a du mal à capter notre intérêt.
SKX (03/11/2003)
|
OVERMARS/FUGüE
"
Our dreams walking their way, chapter 3 " - CD
Waiting for an angel / Cetacean 03
Les
rêves continuent leur chemin avec ce troisième volume
du match très serré entre le Japon et la France.
Pour l'occasion, Waiting for an angel, initiateur du projet, se
fait seconder par un tout jeune label, lyonnais également,
Cetacean (c'est assez Anne?). Laissons cette pauvre fille de coté
et attaquons-nous à ce mont damné que représente
ce disque. Légèreté, futilité, espoirs,
autant de mots absents du vocabulaire, qu'il soit français
ou japonais. Overmars, c'est six mecs au fond du puits d'où
un terrible grondement ressort. Tout ce qui est lourd et oppressant,
c'est pour leur gueule. En digne fils de Neurosis, ils accentuent
leur coté mélodique par rapport à leur précédent
split avec Done For. Ca donne trois titres à la longueur
vénéneuse qu'une production presque trop léchée
empêche d'apprécier à sa juste valeur. Putain,
faut que ça saigne ! Sale et méchant, c'est comme
ça qu'on apprécie ce genre de musique. Avec Fugüe,
la trace du char se fait encore plus profonde. Osaka est leur
fief. Et leurs démons s'appellent Doom, Sludge, Crust et
Metal. Autant de mamelles pour lesquelles je n'ai qu'un appétit
modéré pris séparément. Pris communément,
la mayonnaise devient plus digeste. De là à finir
le plat et en redemander, ya une addition que je ne demanderais
pas ! Voix éraillée et psalmodiant, ambiance poisseuse
et malsaine, grosses tâches et samples neurosiens (tiens,
encore eux !), riffs de trois tonnes et tous les malheurs du monde,
Fugüe est un drôle de typhon que les plus courageux
et fans d'entre vous auront peut-être la chance d'en voir
l'il. Ce chapitre trois, toujours aussi bien emballé,
est un dur voyage vers des rêves des plus sombres. Bonne
nuit !
SKX (23/12/2003) |
OVERMARS/DONEFLOR
"
In the arms of octopus " - split CD
Autoproduction 02
Lyon,
ville centrale à ses deux groupes dont le point commun
est aussi de partager des membres identiques. Une histoire de
famille pour qui ce split CD est sûrement une façon
de marquer leur amitié et de tourner une page puisque Donefor
s'est sabordé et que l'aventure Overmars n'et commencé
que depuis le printemps 2001. Alors honneur au passé avec
Doneflor. Rien de tonitruant là-dedans. Du hardcore qui
tient la route certes. Plein de hargne et de colère rentrée,
avec ses parties mélodiques, ses petits airs de metal qui
traînent par là mais sans envolées particulières,
d'inspiration personnelle qui les distinguerait du lot, ce fameux
troupeau. Ma préférence va nettement à Overmars.
Lourd, lent, puissant, pas la peine d'y aller par quatre chemins,
Overmars ne fait pas dans les paillettes. Rouleau compresseur
qui appuie là où ça fait mal, toujours et
encore, en rajoute une couche, le même clou, enfoncé,
hypnotique dans sa noirceur, voix arrachée ou grosse voix
d'outre-tombe (pas ma préférée). Mais leurs
influences sont multiples et ces trois titres finissent par trouver
leur chemin entre grosse basse qui cogne, larsen qui torturent
l'esprit, rythmes répétitifs et petites finesses
dans la tourmente qui ne rendent que plus inquiétante leur
musique. Idéal pour plomber une ambiance et réfléchir
en silence. Overmars ou crève. Et à suivre, évidemment.
SKX (28/04/2003) |
OXBOW/WHITE
TORNADO
"
Oxbow meet White Tornado " - CDEP
Wallace 00
Un
disque passé entre les mailles du filet. Avec un beau poisson
dont toutes les sorties sont pourtant guettées avec attention.
Oxbow, le quatuor chéri de San Francisco, a enregistré
sur ce label italien et dans un anonymat complet deux titres.
Point. On pourrait s'arrêter là car ces deux titres
n'ont rien d'exceptionnel. Ca fait la part belle à l'expérimentation
avec acoustique trafiquée et voix passée au karscher.
Je ne sais pas si c'est leur nouvelle direction musicale ou si
ce sont des fonds de tiroirs recyclés mais c'est à
réserver aux plus aficionados d'entre vous. En compétition
également, White Tornado. Des spécialistes italiens
du split de luxe. A leur actif, un split 45 avec Colossamite.
Ce fut la grande révélation d'alors. Noise extrême
façon Unsane meet Jesus Lizard. La prise était aussi
belle qu'inattendue. Cette fois-ci, trois morceaux enregistrés
six mois plus tard (en 98...) et le soufflé est quelque
peu retombé. Leur noise a perdu de son intensité,
le son d'ampleur et la tornade n'est plus aussi cinglante. Le
match entre Oxbow et White Tornado tourne court. Dos à
dos aux vestiaires.
SKX (11/07/2001) |
OXES
"
oxxxes " - CD
Monitor 02
Oxes,
merveilleux branleurs. Le succès d'un groupe ne s'arrête
souvent pas (hélas) à la seule qualité du
groupe. L'image, le discours, la provocation, tout est lié,
tout est bon pour faire parler de soi. Après le vrai-faux
split avec Arab on Radar, Oxes déclenche une vraie-fausse
polémique avec ce second album. Les 3 "x" du
titre ne sont pas pour "straight edge" mais pour une
allusion fine à la pornographie. Pochette avec une fausse
manif où les trois gars de Oxes sont poursuivis par une
meute en délire leur reprochant (en gros) leur manque de
puritanisme. Affiches censurées (ou non?) car trop osées
(oh, pas de quoi fouetter un chat pour la vieille Europe, mais
de quoi heurter la sensibilité outrancière de quelques
américains toujours enclin à laver plus blanc que
blanc). On ne sait plus trop démêler le vrai du faux.
L'important, c'est que ça mousse. Et surtout qu'on ne s'ennuie
pas. 15 ans d'âge mental. Mais dans un monde noise/rock/indé
trop souvent sclérosé et intellectualisé,
où l'image ne finit que par en faire une, l'esprit railleurs
et volontiers sarcastiques d'Oxes apporte une vraie bouffée
d'air frais. Ca vaut ce que ça vaut mais ça rompt
la monotonie. En plus, quand cet esprit libertaire déteint
sur la musique, que le contenu rejoint le contenant, c'est Noël
au balcon! Oxes gagne en personnalité. L'étiquette
collante Don Caballero est devenue injustifiée (excepté
un titre!). Leur noise-math-rock est sain comme une bonne trique
juvénile. On sent beaucoup de bonheur et de jubilation
derrière cette seconde création. Le grain des deux
guitares a cette épaisseur qui les rend palpables, vivantes,
tout à tout grasses et félines. Oxes perd en complexité
et tracent des lignes droites redoutables. Plus brut et direct
que son prédécesseur, Oxes gagnent en efficacité
tout en gardant (faut pas pousser non plus) sa part de mystère
et ses chemins de travers. L'esprit d'un groupe rock basique (genre
AC/DC, groupe auquel on aime les comparer) avec la fraîcheur
et l'innovation de tous ces groupes débarqués après
Jesus Lizard et Rapeman. Ces huit titres sont pétillants,
puissants, malins comme un singe. Avec comme point d'orgue, un
magnifique dernier morceau, "russian here", qui dépasse
les dix minutes et toutes mes espérances. Oxes rallie passé
et présent et même sans chant, réconcilie
tout le monde et nous font décharger une pleine bassine
de jouissance.
SKX (17/05/2002) |
OXES/ARAB
ON RADAR
"
s/t " - 10"
Wantage USA 01
Le
quiproquos du moment. La blague dont on se gausse dans les milieux
autorisés. Les trois joyeux drilles d'OXES sont fans d'ARAB
ON RADAR, eux-mêmes réputés pour se faire
gondoler les portes de prison. Bref, une ambiance de franche camaraderie
les unie, poilade générale lors de nombreux concerts
en commun. Et l'idée germe dans l'esprit alambiqué
d'Oxes de leur rendre un hommage déguisé en sortant
ce faux split. D'un coté Oxes et deux inédits de
leur cru. De l'autre coté, trois morceaux d'Arab on Radar
mais joués toujours par Oxes et sans aucunes indications
sur la pochette pour encore mieux tromper l'ennemi! Et tout ça
sans avertir les intéressés. Seulement, au final,
AOR et Skin Graft ravalent leur humour et prennent très
mal la blague! Qui partait d'un bon sentiment, jure, crache Oxes,
qui, oh! grand jamais, ne comptait se faire de l'argent sur le
dos d'AOR en utilisant leur nom et en abusant leurs fans. Un projet
bien loufoque qui avait le mérite de dérider un
milieu rock indé parfois bien trop propre sur lui. En attendant
le règlement de compte final, Oxes continue sur la même
longueur d'onde. Des titres à coucher dehors pour une musique
noise-rock instrumentale qui ne se mord pas la queue, ne se regarde
pas le nombril et intello, qui ne se prend pas le manche façon
Don Caballero nouveau. Une musique par essence rock, entertainment,
au fer rouge, vivante. Et des imitateurs hors-pairs car les trois
titres d'AOR qu'ils exécutent sont à s'y méprendre
conformes aux originaux, voix suraiguë comprise! Le rock
a besoin de plus de groupes comme OXES!
SKX (02/05/2001)
|
OXES
"
s/t " - CD
Monitor 00
Ca
va être monumental. On le pressentait. On l'espérait.
Les 3 titres précurseurs sur le split CD avec Big'N, tels
des messagers d'une grande nouvelle. Ca frétillait d'impatience,
une vraie pucelle avant son premier bal. Et on l'a, la confirmation.
La confirmation d'un nouveau trio, originaire de Pittsburgh, roi
du noise-rock moderne. Made in USA et universel. Mort à
Shellac. Fini Jesus Lizard. La relève est là. Don
Caballero n'a plus qu'à se réveiller. Avec une seule
batterie et deux guitares, OXES enlève la palme. Ca commence
avec un "dear spirit, I'm in France", titre sibyllin
et toute l'essence d'OXES en quelques notes. Ca part en free,
arpèges déclinées dans le désordre
et hop, le riff, impeccable, tranchant, puissant. Et le batteur
suit le schéma. Tour à tour martelant ou plus fluide.
Intransigeant et inventif. Ca se poursuit avec "I'm from
hell, open a windle" et une fin à contre-courant.
Tout en douceur. Juste une guitare sèche et une batterie
aérienne pour calmer la douleur. Avant de repartir sur
un "panda strong" déjà sorti sur un 45
de Reptilian records, relifté, le solo de batterie à
la fin, hey ! solo ! épique et un faux redémarrage
qui ne signe en fait que la fin définitive du morceau.
Hein ?! "your street vs wall street" et "horses
are ok" retend les cordes. La constance se poursuit. Des
dialogues impeccablement menés entre des guitares rythmiques
ou bousculant les traditions, se répondant sans cesse,
le vertige, le tout ponctué par la batterie qui met les
points sur les "i", s'exclame, s'efface, rompt le dialogue.
Et quand tout le monde joue la même partition, ça
avance droit devant. On a rarement entendu trois instruments se
complétés aussi finement, s'engueuler chacun dans
son coin puis copuler avec une telle ferveur et mettre en place
un puzzle diaboliquement efficace. On retrouve le "and giraffe,
natural enemies" présent sur le split CD sur Box Factory
records, au déroulement exemplaire, sa mélodie insidieuse,
avec quelques changements dans le parcours par rapport à
l'original. Une vraie beauté ce morceau. Et on se termine
par un "riki creem calls this 'chivas regal' ", dernier
instrumental d'un album qu'on aurait aimé plus long tellement
c'est bon ! OXES, c'est le croisement improbable entre AC/DC et
Colossamite, entre des riffs imparables et un groove malsain.
La rencontre entre l'essence même du rock et une noise improvisée.
C'est libre de toutes entraves, jouissif, binaire et cérébrale.
Autant pour la tête que pour les tripes. C'est classique
et ça sonne comme pas deux. OXES a juste trouvé
le son. Le son parfait. Les structures où rien n'est à
ajouter, à enlever. La grande classe. Le jackpot à
votre portée.
SKX (17/08/2000) |
Ova!
/ Happy Mothers Day, I can't Read
The Number on my Forehead is gone - Split
CD
Freedom From 2004
Freedom From, label de Minneapolis, abrite une faune peu recommandable
et pas banale. Votre petite soeur va adorer. Aucun respect pour
les conventions. Ca terrorise les foules avec pour seules armes
leurs instruments poussant les potars régulièrement
dans le rouge et sans souci de logique mathématique.
Les petits nouveaux s'appellent Ova! et Happy Mothers Day, I
can't Read qui postule au titre de meilleur nom de groupe. Ova!
est un duo. Une guitare, une batterie, un peu de bidouille électronique.
Des rythmes implacables. Des folies passagères. Des trucs
qui se télescopent dans tous les sens. De la puissance
de tir. Ca flingue à tout va sur un terrain de chasse
occupé par Lightning Bolt (en moins fun), Hella (en plus
rock et dangereux) et feu Godheadsilo. Mais comme c'est pas
la même chose non plus, on ne peut que se réjouir
de l'arrivée de ce nouveau groupe. Ova! a de beaux jours
devant lui. Quant à Happy Mothers Day, I can't Read,
c'est un seul mec (Tony Remple), qui ne sait pas lire certes,
mais a tout compris pour vous irriter le poil. C'est peut-être
la fierté de sa mère mais elle doit être
sourde depuis longtemps. Il uvre dans l'électronique
hardcore, celle qui fait plein de shzzzzzz et crrrrrriiii avec
quelques beats retords et des larsens dans ta face. Sa mère
en short derrière les ordis. Enfin, si vous n'avez toujours
pas démissionné, cinq titres supplémentaires
sous le nom de Awesome. Ce n'est pas la maigre pochette avare
en renseignements qui nous éclairera. La réunion
de Ova et Happy Mothers ? Un troisième larron qui s'invite
à l'orgie sonore ? A moins que ce soit Weasel Walter
qui s'est déguisé car on pourrait prendre ça
pour du Flying Luttenbachers. C'est en tout cas aussi bien que
tout ce qu'il a pu faire. Vous prenez les éléments
des deux groupes nommés sur la pochette. Vous rajoutez
un peu de cuivre (ou des samples) et vous obtenez une fine couche
de musique noise-rock-jazzy improvisée et diablement
audible, un vrai nectar. Maintenant, vous pouvez aller acheter
des boules Quies.
SKX
(28/08/04)
website
groupe www.ovasite.com
www.geocities.com/happymothersdayicantread
website
label www.freedom-from.com
sounds
(Release
the Monkees | more_testosterone_in_the_monitors.mp3
|
|
OCRE
Démo - CDEP
Autoproduction 03
Il
n'est pas dans les habitudes ici de chroniquer les démos.
Mais quand l'une d'entre elles déboule avec une pochette
originale qui tape dans l'il, un enregistrement "pro",
qu'elle vous accroche jusqu'à l'écouter en boucles,
vous ne pouvez pas laisser passer ça. A la base pourtant,
rien de puissamment originale. Ce trio angevin propose une musique
instrumentale dont Slint et Shellac ont jadis posés la
première pierre sur laquelle une pléthore de groupes
s'est appuyée pour construire leur carré de jardin.
Le tour de force de Ocre est de s'immiscer subtilement dans
les brèches. De proposer des lignes mélodiques
qui vous rentrent dans la peau. Qu'elles proviennent de la guitare
ou de la basse, qu'importe, ça ne vous quitte pas. Il
en ressort une aura mystérieuse. Un truc de beau et sombre
qui flotte dans l'air. Le genre de musique où vous vous
dites que ça vous rappelle quelque chose mais l'évidence
est là, ces trois titres tiennent tout seul. La basse
domine. La guitare tisse avec finesse. Rôle inversé
qu'une batterie appuie avec conviction sans en faire des tonnes.
Tout dans Ocre donne dans la mesure, la retenue. Le pouvoir
de suggestion. Tout est à sa place, les trois instruments
sont en osmose mais ça vie de l'intérieur, le
feu couve et le talent est là, indéniable. Trois
morceaux qui vous illuminent. Angers frappe encore.
SKX (02/01/2004)
website groupe www.labelledamesansmerci.com/ocre/
website label
sounds
www.labelledamesansmerci.com/ocre/Ocre_-_03_-_Alta_di_lacuna.mp3
|
Ocre
/ Ethyleen Leiding
Twin Powers II - split CD
Partycul System 04
Ayant raté le premier épisode, on passe directement
au deuxième volume de cette série de split CD
entre un groupe du label de Reims, Partycul System (le label
de Rroselicoeur) et un invité, à qui nous allons
faire l'honneur pour commencer. Il s'appelle Ocre et nous vient
d'Angers. Leur 1ère sortie officielle après une
démo qui à ma foi bien circulée et à
juste titre. Sept nouveaux titres (dont un figurait déjà
sur la démo). Le registre math-rock-noise à forte
tendance mélodique toujours d'actualité. C'est
par là que ça se passe et à défaut
de proposer une évolution, le trio maîtrise à
fond le sujet. Non, le principal changement vient de l'enregistrement.
Là où la démo sonnait comme un premier
album, avec force et ampleur, ces nouveaux morceaux perdent
de leur beauté avec un son beaucoup plus sec et brut.
Mais apparemment, c'était la volonté du groupe,
presque gêné d'avoir eu un son si impeccable pour
leur début ! La qualité des compos est tout de
même là. Reste à trouver l'équilibre.
Ethyleen Leiding est le projet solo d'un membre de Rroselicoeur,
le dénommé Lou Flanagan. Un morceau pour les grands
espaces, un autre de folk intimiste. Le troisième nous
sort de la sieste. La batterie déboule, la guitare s'emballe.
" Rock this way " est le titre et il porte bien son
nom. Et ça finit comme ça commence, ambiances
sereines en eaux profondes. Ce type a beau être seul,
il se démultiplie pour proposer des compos variées
et assez réussies, démontrant en même temps
tout ce qu'on peut faire avec une seule guitare.
SKX
(21/08/04)
website
groupe www.labelledamesansmerci.com/ocre
membres.lycos.fr/partyculsystem/ethyleenleiding.htm
website
label www.partyculsystem.fr.st
sounds
ocre-ostinato.mp3
| ocre-einemof.mp3
ethyleenleiding-malgache.mp3
| ethyleenleiding-keepdry.mp3
|
|
Off
Minor
Innominate - CD
Golden Brown / Earthwatersky Connection 2004
Ce n'est pas un hasard si ce deuxième album du trio américain
Off Minor sort en Europe sur le label du chanteur de Yage. Ce
hardcore avec son lot de colère et d'émotion offre
de nombreuses similitudes. Pour autant, pour arriver à
ces mêmes desseins, Off Minor use de structures qui ne
font pas dans la ligne droite, appuyant les contrastes entre
les passages énervés et cérébrales.
Off Minor donne dans la technique, que certains diraient jazzy
mais faut pas déconner non plus. Cependant, c'est suffisamment
élaboré pour dérouter le hardcoreux de
base. Travail à deux sur les voix, mélodies qu'on
arrête pas, Off Minor connaît le registre pour faire
monter la tension avec un brin de classe. Innominate est un
album passionnément agencé, entre les racines
du genre, franc du collier et une tentative pour se démarquer,
dans le calme, la fuite en avant tranquille, ces petites lignes
de guitares estivales et sa basse qui tricote. Rien non plus
de totalement déroutant. Par rapport à leur précédent
album, on reste dans la lignée. La prise de risque est
limitée. Une valeur sûre du genre. Ni plus ni moins.
Toujours cette histoire de verre à moitié plein
ou à moitié vide.
SKX
(13/11/2004)
website
groupe www.goldenbrownrecordings.com/offminor/#
website
label www.earthwaterskycn.de
sounds
cadaveric.mp3
|
Old
Time Relijun
Lost light - CD
K records 2004
Le nouvel opus de Old Time Relijun s'ouvre
sur un " The door i came through has been closed "
mais, entre parenthèse, il keep trying ! Et c'est là
tout l'objet de ce disque. Arrington de Dionyso, leader incontesté
de ce trio, continue de (dé)foncer inlassablement la
même porte, qui s'est brutalement refermé et à
l'arrivée, Old Time Relijun fait du Old Time Relijun.
C'est déjà énorme, certes ! Cela devrait
suffir à faire taire toutes mauvaises pensées
insidieuses. Mais quand on a un extraverti maniaco-hystérqiue
devant soi, on est toujours en droit d'attendre à un
truc dingue, qui va vous exploser les neurones, vous retourner
comme une crêpe, vous bluffer encore une fois. Pour le
coup, Old Time Relijun s'est assagit!! Rassurez-vous, le groupe
n'est pas encore frappé du syndrome Jon Spencer. Pas
demain qu'il aura trois étoiles dans le prochain Télérama.
Old Time Relijun garde sa face hantée, son rock à
l'économie, son blues épileptique. Mais les compositions
s'ouvrent sous un jour plus clair. L'incantation se fait mesurée.
De l'eau dans le vin et c'est l'ivresse qui se socialise. Des
compositions qui ne surprennent pas plus que ça. Si la
voix de Aarington ne se départit pas de sa folie douce
légendaire et continue de surfer sur toutes les intonations
possible, ces dix titres s'efforcent de rentrer dans le cadre.
Les éléments sont identiques mais fatigués
de se cogner sur tous les murs, Dionyso et sa bande ont décidé
de tempérer son groove et ses ruades rock'n'rollesques.
Il en reste pas moins un "cold water" de huit minutes
(un record pour Old Time!), sobrement épique comme le
cri de la chouette un soir de pleine lune (!) et qui fait passer
un vrai frisson dans la raie des fesses. Un " vampire victim
" qui donne envie de se faire péter la jugulaire.
Cet éternel jeu de guitare tout en nerf, rachitique et
inventif. " Lost Light " n'a pas perdu la flamme.
C'est juste la lumière qui vous éblouit moins.
Bon en fait, Old Time Relijun a beau toujours faire du Old Time
Relijun, même sous camisole, ça reste le pied !
SKX
(01/08/04)
website
groupe www.krecs.com/OldTimeRelijun/index.html
website
label http://www.krecs.com
sounds
vampirevictim.mp3
|
The
One Am Radio
A name write in water - CD
Level Plane 2004
The
One Am Radio est le projet d'un seul individu : Hrishikesh Hirway.
Et si ce disque est bien estampillé Level Plane records,
le propos est ici tout autre. Musique intimiste et fortement
mélancolique, The One Am Radio est à prévoir
pour agrandir les plaies ou les lendemains difficiles. La pochette
et son océan à perte de vue sont un raccourci
bien pratique pour résumer cet album. Une grande étendue
calme, nuages menaçants, vagues sombres mais rien à
l'horizon. C'est un peu la croisière s'amuse qui connaît
un vieux coup de blues, l'ennui des jours qui se répètent
inlassablement. Quelques violons (monotones), une trompette,
des rythmes parfois vaguement dansants pour habiller des compostions
qui restent concentrées à la base sur une guitare
acoustique et la voix du capitaine, tranquille dans ses bottes.
Ca navigue dans des sphères cotonneuses, à l'essence
pop et d'humer rêveuse. C'est propre et gentil, sans intensité,
même retenue, et j'avoue avoir du mal à trouver
une quelconque once d'intérêt pour surfer sur la
même vague que son deuxième album. C'est plutôt
vogue la galère et j'ai vraiment pas envie d'embarquer
sur son radeau de fortune d'electronica folk pour marin d'eau
douce.
SKX
(20/06/2004)
website
groupe
www.theoneamradio.com
website
label
www.level-plane.com
sounds
untied.mp3
|
Oneida
Secret Wars - CD
Jagjaguwar 2004
Oneida a commencé à pointer le bout de son nez
grâce à un split maxi avec les New-Yorkais à
la mode The Liars. Pourtant, ils ont de quoi torcher les morveux.
Sept ans qu'ils sévissent tant bien que mal. Leurs chemins
pratiqués ne sont pas des plus faciles. " Secret
Wars " est leur sixième album. Ca commence assez
sereinement, pop-rock sans attache et légère.
Avant de se diriger, tranquillement mais sûrement, vers
leur psychédélique-noise-rock-progressif dont
ils sont coutumiers. Plus les morceaux défilent, plus
ils s'étirent dans le temps. Le mot " légèreté
" disparaît de leur vocabulaire. L'orgue Hammond
apparaît. Le rythme tourne en boucle et nous en bourrique.
Hyp-hyp-hypnotique. Référence plein cadre à
Can et le mouvement kraut-rock. Avec une chicane vers Pink Floyds
lors d'un " wild horses " sidérant
euh..
d'ennui. Climat seventies suintant dans un moule noisy pour
faire actuel. Ya plus de jeunesse.
SKX
(14/07/04)
website
groupe www.enemyhogs.com
website
label www.jagjaguwar.com
sounds
treasureplane.mp3
| wildhorses.mp3
|
|
Old
Time Relijun
2012 - CD
K records 2005
Dernièrement, Arrington de Dionyso, leader incontesté
de Old Time Relijun, s'était surtout produit en one-man-show,
expérimentant à gauche à droite, en solo
ou avec des italiens, pays pour lequel il a une affection particulière,
s'offrant même un album de liberté artistique sur
Wallace
records. Esprit aventureux, il revient chargé la barque
de son nouvel album avec une face qu'on lui connaît bien,
celle de son rock'n'roll du bayou fiévreux, et une autre,
la part belle à la musique free et fantaisiste. Le batteur
est une batteuse. Jamie Paterson, une américaine qui
a posé ses valises en Italie (itou), nouvelle aux baguettes
pour un rythme qui gagne en groove et en saccades et le toujours
fidèle Aaron Hartman swinguant sur sa contrebasse. 2012,
un aller-retour entre le Old Time Relijun qui a fait ses preuves
(Los Angeles, Wolves and wolverines) et la quincaillerie
de sortie (Magnetic Electric ou comment je t'imite le
didgeridoo avec ma voix), la guimbarde qui nique les dents sur
Toundra, un vieux free-jazz poignant sur Lions and
lambs, des cuivres et sept minutes solennelles où
orgue, cuivre et le monde de l'étrange s'affrontent pour
clore cet album. Un aller-retour entre le passé et un
futur incertain. Entre morceaux classiques et très bons
mais qui ne surprennent plus et morceaux bizarres à double
tranchant qui ont l'attrait du changement mais qui cassent le
rythme. Un album en dent de scie qui n'a pas la folie contagieuse
de ses aînés mais qui possède néanmoins
charme et mystère. Dionyso, l'homme aux multiples voix,
force majeure de son art, et sa bande continuent d'uvrer
dans l'incantation en fourbissant de nouvelles tactiques, un
pied dans le présent et l'autre dans un monde parallèle.
2012 si on ne brûle pas d'ici là.
SKX
(12/12/2005)
website
groupe www.krecs.com/oldtimerelijun
website
label www.krecs.com
sounds
YourMama.mp3
|
Overmars
Affliction, endocrine
vertigo - cd+dvd
Appease Me / Candlelight / Alchimia 2005
Overmars, qui descendent de Lyon, sortent le grand jeu pour leur
premier album. Réalisation sur un gros label metal. Double
album avec d'un coté, un CD, plus d'une heure de musique
et de l'autre, un DVD (sauf si vous avez la version vinyl, évidemment,
sur Alchimia dont l'artwork vaut le détour pour l'avoir
vu à la table de distro lors de leur concert avec Playing
Enemy !). Un projet à l'exemple de leur musique. La taille
Neurosis, la démesure, les grands espaces bien chargés
en nuages noirs, un brin de grandiloquence (surtout pour les paroles)
et une ambiance à se défenestrer. Après deux
split albums, on était en donc en droit d'attendre à
un Everest. Et on se retrouve dans le ravin. Une voie profondément
gutturale, proche des voix que l'on retrouve dans le death-metal,
qui prend beaucoup de volume et d'espace, presque forcée
et avec laquelle j'ai beaucoup de mal. Même si les parties
instrumentales sont nombreuses, que certains churs à
l'arraché sonnent juste, sa mise en avant n'est pas des
plus judicieuses. Avec l'aide du désormais incontournable
Serge Morattel, le son est sculpté fort à propos,
un son à faire gondoler une porte de prison mais les compositions
ne vont pas de paire. Mélodiquement pas très fort
et passe-partout, cet album multiplie les tempos lents et pesants.
Les parties mélancoliques et calmes sont légions
et les explosions sommes toutes assez rares. A force de vouloir
construire une atmosphère poisseuse et d'amener l'auditeur
à genoux, on se retrouve dans une impasse avec un album
désespérément long, qui flotte dangereusement,
sans réelle dynamique et qui devient vite rébarbatif.
Un fil rouge avec le morceau Destroy all dreamers, découpé
en cinq parties qui renvoie aux travaux neurasthéniques
et solitaires des gratteux de Neurosis (on y revient toujours
!) et qui ne fait qu'accentuer cette léthargie ambiante.
Le comble pour une musique faite pour exacerber les sentiments
mais qui navigue au final entre deux eaux. Une déception.
SKX
(19/07/2005)
website groupe http://www.destroyalldreamers.org
website label http://appeaseme.free.fr
http://www.candlelightrecords.co.uk
http://alchimiarecordings.com
sounds this_is_rape.mp3
|
Ovo
Cicatrici - CD
Bar la Muerte / Ebria 2004
Les
affres purulentes d'un cyclone à deux. L'osmose d'un
couple fatal et maudit que l'on approche avec méfiance.
Il faut se pincer pour croire que ce cri, ce rugissement, ce
borborygme est l'uvre d'une femme. Stefania Pedretti est
une des deux pierres de l'édifice Ovo. Chant femelle,
louve carnassière, rugissement, le fond des entrailles,
étonnant organe utilisé comme un instrument à
part entière, onomatopées et non-sens continu,
sachant le cas échéant imiter à la perfection
la japonaise dévergondée. L'autre pierre est Bruno
Dorella, boss du label Bar La Muerte et ex-plein de groupes.
Epoque New-York sans retour, Sonic Youth jeune et en totale
liberté. Rythmes martiaux et tribaux. Ca ferraille sec.
Une odeur d'aciérie et de pneu brûlé. Un
bruit sourd et inépuisable. La lourdeur d'un Noxagt.
Le grand frisson. Ovo garde l'angle rock sous ses aspects bruitistes
diaboliques. C'est ce qui nous sauve. Tout le monde a besoin
d'un coin de ciel bleu pour respirer. uvre primaire et
originale.
SKX
(07/03/2005)
website
groupe www.barlamuerte.com/bands/ovo/index.htm
website
label www.ebriarecords.com
sounds
ombra_nell_ombra.mp3
|
Oxes
Oxes - CDEP
Ruminance 2005
Bonne
nouvelle ! Oxes n'est pas mort ! Le gratteux (le brun) a succombé
aux charmes d'une italienne rencontrée lors d'une tournée
(si vous êtes gentils je vous narrais un jour les détails/ragots
croustillants), s'est installé dans la campagne italienne
pendant que l'autre guitariste (le blond) et le batteur sont
restés écumés leur bonne vieille ville
de Baltimore. L'atlantique et son océan ne verront pas
se noyer notre trio le plus rock et le plus graveleux. L'aventure
continue, comme elle peut et en guise de nouvelle carte de visite,
ce maxi cinq titres. Pochette toujours loufoque. Après
le porno cheap de Oxxxes, toutes les images d'Epinal recensées
du coté des Etats-Unis et de l'Italie. Hamburger contre
salami. Potato chips saupoudré d'un lambrusco. Gros connards
d'américains cherchent belle italienne vénéneuse
.
L'amitié américano-italienne revisitée
par Oxes. L'humour débile et le rock'n'roll, deux constantes
que Oxes tient à bout de leurs guitares sans fil. Rien
de changer dans le monde absurde de Oxes donc. C'est rassurant.
Le premier morceau dure sept minutes. Les sept meilleurs du
lot. Un morceau épique où vous retrouvez toutes
les lubies de Oxes. Entre gros riffs qui filent droit pendant
que vous filez doux, la batterie qui pulse, des accalmies et
des passages qui montrent qu'Oxes, malgré les apparences,
ont de leur finesse dans leurs culottes, des changements de
rythmes avant de nous scotcher sur un final qui brisera plus
d'un cur. Derrière, ça enchaîne avec
2 minutes 20 charnelle et rock dans la grande tradition avec
bottleneck de sortie. S'il vous plait, ne dites pas que Oxes
c'est du putain de math-rock. Du rock tout court du vrai du
couillu, juste moins basique que la moyenne. Allez on tape dans
les mains. Les deux morceaux suivants nous montrent un visage
plus erratique à grands coups de cymbales, de roulements
de tambours et de riffs anarchiques, voir un solo à la
con digne de leur esprit potache habituel qu'il persiste et
signe sur un dernier titre de techno-rock bidouillé qui
n'est là que pour rappeler qu'Oxes s'amuse comme des
fous et comme ils peuvent. Malgré les milliers de kilomètres
de séparation, quand le cheeseburger rencontre le spaghetti,
c'est tout Oxes que vous avez dans votre assiette. Bon appétit
!
SKX
(22/06/2005)
website
groupe www.monitorrecords.com/ultimaterebel
website
label ruminance.free.fr
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