OFF
MINOR
"
The heat death of universe " - Lp
Clean Plate 02
Off
Minor, major de sa promotion. A l'école très fournie
des Yage, Yaphet Kotto et autres groupes emo criés et chaotiques,
on aurait pu craindre le pire. Mais c'était sans compter
sur ces ex-Saetia, des plus tout jeunes à qui on ne l'a
fait pas, qui ont de la bouteille et suffisamment de recul pour
ne pas proposer une énième resucée. Off Minor
est bouillant, ne laisse aucun répit en enchaînant
tous les morceaux. Un trio dont les guitares ont beaucoup à
dire, criant sur tous les toits leur colère mais bavardant
aussi par arpèges multiples et distingués. Déchirant
et suppliant. Les défenses sont dérisoires. Je hais.
Je tremble. Au contraire de nos confrères suscités,
je suis plus direct et franc du collier. Mais partout des dissolutions,
des moments de doutes, tendu à l'aigu. Inutile de nier
l'évidence. Une réalisation solide et revigorante.
Un maximum de tripes et de cérébral. Les cris résonnent
encore longtemps une fois la torpeur de la nuit abattue. Un de
ces petits bijoux qu'on a plaisir à chérir loin
des foules.
SKX (15/10/2002)
|
OLD
MAN GLOOM
"
seminar II : the holy rites of primitivism regressionism "
- 2xLp
Trust No One/Tortuga 01
Old
Man Gloom se distingue d'abord par son pedigree. Comprenez là-dedans
des membres de Converge, Isis et Cave In. Il existe croisements
plus bâtards. Old Man Gloom, rassemblement épique
qui se définit lui même comme un "institut top
research developers". Et pour cause, cet album - qui a la
particularité de présenter seulement trois faces
gravées sur les quatre que compte ce double album en vinyl,
la dernière c'est le désert - est une longue expérience
sur le son, un travail de laborantins avec le souci de précision
d'un horloger suisse. On alterne donc entre courts échanges
incisifs et brutaux issus d'un dédoublement entre Isis
et Monster Magnet et de longues plages ambiantes et expérimentales.
Entre mini-hymnes aux riffs drôlement efficaces, bien gras
et sons lunaires, sortes de Pink Floyd débourré
par Black Sabbath. Tout ça selon un découpage inébranlable
: un coup je t'astique, un coup je t'endors dans les méandres
de mes triturations soniques, un coup je repars de plus belle,
un coup je te calme à tout jamais, etc.... Le tout sonne
quand même bien seventies et psychédélisme
froid. Forcément, on n'est pas épargné par
quelques longueurs. Le temps est parfois un peu longuet entre
deux ruades. Paraît-il qu'un album version courte avec uniquement
les morceaux les plus virulents est sorti.... Sinon pour ceux
qui aiment "2001, l'odyssée de l'espace" mixé
avec "Mad Max", cette bande-son cultivée par
les technologies les plus poussées est édifiante.
Et le vinyl (sur Trust No one) avec sa double pochette du plus
bel effet. Bienvenus dans les nouveaux ordres.
SKX (12/03/2002) |
OLD
TIME RELIJUN
"
witchcraft rebellion " - CD
K records 01 01
Un
drôle de gaillard que ce Aarington de Dionyso. Le mec qui
se met sur le devant de la scène, qui accapare toute la
lumière, dégivre les congélateurs et emmène
son trio pouilleux sur des pistes cailloutées bombardées
de nids de poules. OLD TIME RELIJUN puise son énergie dans
le rock. Le rock'n'roll, rustre et sauvage, du brut de décoffrage.
C'est les tripes, l'éclair et la vitesse. Et tous les cadavres
qui traînent sur la route sont pour eux. L'attitude punk,
des éléments de free-jazz frénétique
("fermentalio", solo (cri isolé) de clarinette
sur distorsion à moteur compréssé). Une rythmique
tour à tour hypnotique tellement qu'elle est rigide dans
son beat ou funk quand elle balance dans le move. La température
de la piste en prend alors un sale coup vers le haut ("mystery
language", "king of nothing", standard rock par
excellence). La grande classe. Le son est primitif avec un grain
chaleureux. Rock sorti du garage, blues à l'haleine chargée,
folk musique qui se possède les soirs de pleine lune, OLD
TIME RELIJUN fusionne à tour de bras avec comme unité
centrale l'instinct. Et Aarington de Dionyso donc. Une voix à
mi-chemin entre l'incantation et le grognement, la folie douce
et les envolées lyriques. Un jeu de guitare névrotique
qui tient sur une seule corde. Cet illuminé vous file un
vrai coup de boost. Faut l'entendre se démener, moduler
sa voix, passer de l'outre-tombe aux aigües, tourner autour
du rythme, le taquiner, le dérégler, emmener le
morceau bien installé vers des contrées surprenantes.
Un troisième album encore plus varié, sexy et déglingué,
habité par des sentiments violents sans oublier la touche
mystique. Jon Spencer rangé des bagnoles, Make Up aux oubliettes,
Old Time Relijun passe à toute berzingue, enrhume tout
ce beau monde et creuse son propre sillon. Du sang, du sexe, de
la noirceur. Tout pour nous éclairer.
SKX (30/06/2001)
|
OLD TIME RELIJUN
"
la sirena de pecera " - CD
K records 00
La
terre bascule. L'air me fait défaut. Je sue. Les flammes
me lèchent les fesses. La cacophonie primitive de Old Time
Relijun est avancée. On plonge dans le bayou, moite et
lubrique. On se fait trimbaler dans une vieille remorque traînée
par un Birthay Party minimaliste, un John Spencer du pauvre avant
qu'il ne parte à la pêche. Un trio américain
porté à bout de voix par un leader au nom pas possible
de demi-dieux, Aarington de Dionyso, supportant tous les maux
de la terre, compositeur en chef, jusqu'aux dessins de la pochette
et clarinettiste possédé sur un " urge and
urge and urge.... " (tout est dit) maladif. Le batteur a
beau tapé dans tous les sens et le contrebassiste s'arracher
les ongles, le patron c'est lui ! Jeu de guitare squelettique,
voix prépondérante d'un mec qu'on imagine hululer
sous la lune (pleine bien sûr). Mais le clou du spectacle,
sur lequel tu viendras te crucifier mon fils, ce sont les 3 premiers
titres de précédents enregistrements, en version
espano-italiano-portugaise (vision hallucinatoire d'une triptyque
victorieuse d'un onze mythique bien sûr !) qui transforment
ce blues rachitique en corrida frénétique, le taureau
par les cornes, les couilles en bandoulières. Reste plus
qu'à se taper ça en concert, car cette messe doit
être autrement payenne !
SKX (25/07/2000)
|
ORCHID
"
s/t " - Lp
Ebullition 02
L'adieu
aux armes. Orchid, de par sa trajectoire, ne pouvait avoir qu'une
vie courte, cependant bien remplie et avec toute l'intensité
qu'il fallait. Après un album, un mini (on retrouve les
deux désormais sur un même disque) et une pleine
besace de (split) singles, Orchid nous quitte, le feu toujours
au cul, certains d'avoir fait le tour de la question. Toujours
aussi pressé d'en découdre, ce disque n'apporte
aucune eau au moulin de Orchid. Ce mélange ultra abrasif
de screamo-hardcore sans concession et ses passages emo pour se
remettre de l'ordre dans les idées. La recette a fait ses
preuves. Orchid l'applique en grand connaisseur. Titres uppercut.
Les guitares qui cognent et noient la batterie. Déluge
de feu mais qui laisse passer des écorces de mélodies
et les sentiments à fleur de peau. Cet album n'est ni moins
bon ni meilleur que les précédentes fournées.
Mais Orchid était suffisamment malin pour savoir que leur
style suicidaire n'était pas fait pour la durée,
qu'il était temps de se saborder avant que la redite et
l'essoufflement ne viennent à bout de leurs idéaux
adolescents. Savoir arrêter la machine infernale à
temps et offrir en guise d'adieu un témoignage solide pour
un groupe qui aura su marquer la petite histoire du hardcore de
façon indélébile
.
SKX (24/02/2003)
|
ORCHID/JEROMES DREAM
"
s/t " - 10"
Witching Hours 00
Avant
d'en prendre plein les oreilles, c'est vos orbites qui sortent
de la tête ! L'objet est suffisamment pas banal pour qu'on
ne s'y attarde pas un peu. D'abord il est pas rond ce disque.
Il est tout mal découpé et il a la vague forme d'une
tête de mort qu'a trop fêté un enterrement
(à moins que ce soit la forme de l'Australie parce qu'à
Witching Hours on aime fêter les Jeux Olympiques ah ah).
Et il est gravé que d'une face et le disque, il est pas
tout noir, il est tout blanc ! Après, si vous mettez pour
la première fois ce disque un lendemain de gueule de bois,
il vous faudra bien 5 minutes pour comprendre le mécanisme
! Et ouais, c'est le seul disque qui commence par le milieu et
qui retourne en arrière jusqu'au début. C'est à
ce prix là que vous écouterez les 4 titres de Jeromes
Dream ! Et pour les 4 de Orchid, on repart pour un tour au milieu,
et là, miracle, ça tourne dans le bon sens. L'autre,
celui qui va vers le centre ! Dingue non ?! Alors la musique,
elle peut saigner tout ce qu 'elle veut, ça ne surprend
plus ! Orchid se démène comme sur son indispensable
album sur Ebullition records. Un cercle infernal qui pue toujours
l'urgence. Jeromes Dream a également du répondant
dans un registre plus emo-violence. Une voix hystérique
qui se fracasse dans les aiguës, des compos affolantes et
plus convaincantes que les derniers titres disséminés
sur des (split)45 récemment, à réveiller
les morts et empêcher de tourner en rond un disque caréné
pour l'obstacle !
SKX (24/07/2000 |
THE
RED SCARE/ORCHID
"
" - 7"
Hand Held Heart 00
Comme
un robot, sans un gramme de réflexion, 2 de vos groupes
fétiches qui sortent n'importe quel misérable bout
de vinyl et, les doigts dans le nez, les autres dans la prise,
vous foncez ! Et le bonheur de se prolonger. Sur Hand Held Heart,
le label qui monte, qui monte, vous avez le droit à un
inédit de THE RED SCARE, dans la plus grande tradition
de leur remarquable 1er album " Capillary Lockdown ".
Les rejetons de Shotmaker et leur emo-noise musclé et racé.
Sans non plus renverser la baraqua avec ce titre ! Et puis ORCHID,
qui compose plus vite que son ombre et ne finit pas de distribuer
ses brûlots à tout va. C'est vrai que la longueur
météorite de leur compos leur permet l'abondance.
Cette fois, 3 titres, idem pour la tradition et la baraqua, avec
juste un " she has a cold, cold heart " à vous
réconcilier avec votre grand-mère. Une guitare bien
tranquille, un piano, un quatre pistes et vos larmes pour pleurer.
Plus qu'à remonter le robot pour sa nouvelle commande....
SKX (03/08/2000)
|
ORCHID
"
Dance tonight ! Revolution tomorrow ! " - 10
Ebullition 00
Eclatez-vous
tant qu'il est encore temps, les choses sérieuses commencent
demain ! ORCHID sort son nouveau flingue. Un petit joujou 10 coups
qui s'enclenche en 45 et cisaille en rafale en un quart d'heure
à peine. Orchid ou la musique nourrit l'esprit. A moins
que ce soit le contraire. Sur fond de moultes citations de Jaques
Attali, leur gourou du moment, Orchid théorise sur la musique,
" cette organisation du bruit ", sort l'étendard
révolutionnaire et veut donner de la conscience à
son idée du chaos. Leur discours me gave rapidement, autant
dire de suite. Surtout que la rage qui suinte de leur musique
suffit amplement à vous botter le cul. Le reste est littérature
! Produit par Kurt Ballou, ce nouveau Orchid marque encore plus
nettement le contraste entre ces purs moments de hardcore furieux
et intenses et des passages noirs et très calmes où
seule une mélodie minimale de guitare guette l'arrivée
du chaos. Des titres ultracourts, le micro au fond de la gorge,
des guitares en travers de la gueule. Du binaire dans les rythmes,
tellement direct et intense où toute leur colère
intériorisée y passe. Et un dernier titre "
and the cat turned to smoke ", pauvre bête, à
faire chialer plus d'un hardcoreux endurci. Une mélodie
toute simple, ça monte crescendo sans jamais exploser,
c'est appuyé par un violon qui soutient les guitares et
ça vous laisse pantelant. Ce Orchid est comme le précédent,
frustrant car trop court et si bon mais c'est le format qui sied
le mieux à cette urgence, on se demande d'où elle
vient. Les doigts dans la prise !
SKX (20/02/2001) |
ORCHID
"
chaos is me " - Lp
Ebullition 99
Attachez
votre ceinture, le voyage va être court, intense, une longue
ligne droite trépidante et transperçante. Pied au
plancher, Orchid s'égare rarement au-delà des 2
minutes. Seul convient la lucidité aiguë. "Death
of a modernist", "boy with no arms", "invasion
USA". Le désordre c'est moi. Une bonne dose de rage,
une furie noise, un boulet de canon hard-core qui vous renvoie
direct à Guyana Punch Line, In/Humanity, Rubbish Heap.
Powerviolence. Un bloc rebelle auquel on pourrait juste regretter
cette masse monolithique, ce manque de variances, excepté
quelques chicanes et une ou deux descentes. A moins que toute
la force réside en cette incandescence primaire. A moins
de prendre cet album comme un seul et long orgasme, un seul titre
d'un terrible instant, un long cri d'agonie et de colère
mêlées. L'essence même du punk retrouvée.
Car au vrai, nous vivons sous la carapace du tremblement.
SKX (27/12/1999)
|
ORRIN
DE FOREST/JAZZFINGER
"
split album " - Lp
Traqueto 02
Une
belle brochette de branleurs en provenance d'Angleterre. N'y voyez
rien d'injurieux là-dedans, c'est juste l'impression qui
s'en dégage, à regarder de près les montages
photos niveau maternel. Ya plus de respect! Orrin de Forest cache
bien son jeu. Car avec toute cette présentation, on aurait
pu s'attendre à un hardcore des plus basique et bien poisseux.
On en ressort lobotomiser avec un hardcore certes couillu et qui
file droit mais avec une bonne dose d'expérimentations,
de retenu et des guitares en sons claires taillées pour
la vitesse. Comme une version simplifiée de Dazzling Killmen.
Pas de panique, on est encore loin des maîtres mais l'idée
est là. Dommage que le chant soit un peu trop systématiquement
hurlé, à la limite de la rupture et que le chien
du voisin n'arrête pas d'aboyer. Avec Jazzfinger, le registre
change. Elevation du corps. Instrumentale et cotonneuse, l'ennui
guette avec cette musique et si elle nous emmène quelque
part, c'est plutôt vers les strates de l'ennui. A tendance
expérimentale, un duo tout en guitares qui n'en finissent
pas de jouer la même partition, avec bidouillage dans le
fond à l'appui et cordes qui cassent. Idéal pour
faire de beaux songes et un split pour le moins manichéen.
SKX (27/08/2002) |
ORTHRELM
"
asristir veildroixe " - Lp
Troubleman 02
Aux
frontières de l'impossible, Orthrelm n'est tenu. Avec leur
précédent disque, ce duo épileptique guitare-batterie
composé d'un ancien Crom-Tech (Mike Barr) était
déjà à la limite de nous filer une crise
de nerf. Cette fois, Orthrelm nous les pèle menu-menu.
Un seul morceau découpé en 99 temps. Ou 99 morceaux
hyper-courts qui ne forment qu'un. Au choix. Mais le résultat
est le même : super casse-couille au bout de trois minutes
(pour les plus courageux). Dire que je me suis fais la totale!
Il faut que je consulte d'urgence. Guitare stridente qui défile
ses gammes comme si elle avait un peloton de CRS en rut à
ses fesses, en totale libre-improvisation comme la batterie. Ultime
bruyance. Pour l'autre face, iIs ont eu pitié. Des gribouillis
aussi incompréhensibles que leur musique sont gravés.
Un disque uniface et tout blanc. Beaucoup de temps perdu pour
rien (ou presque).
SKX (03/09/2002)
|
ORTHRELM
"
iorxhscimtor " - CD
Tolotta 01
Heureusement
que c'est un CD autrement je me serais demandé si ça
tournait à la bonne vitesse! Mike Barr, ancien guitariste
de Crom-Tech , s'est trouvé un autre esclave à la
batterie (Josh Blair) et sort sur Tolotta, le label de Brendan
Canty (bassiste de Fugazi), 12 titres qui énervent bien
en 16 minutes. Ou devrais je dire, un seul morceau découpé
en 12 temps. Tout défile comme un TGV graissé à
l'huile de phoque. Tout se ressemble certes. Seules des écoutes
répétées (attention tout de même, pas
d'abus!) permet de sentir les subtils changements. Un son de guitare
bien grinçant et aiguë. Un batteur qui s'est greffé
des bras supplémentaires. Le guitariste joue plus vite
que son ombre. Une grande démonstration technique et jubilatoire
de leur talent. Complémentaire dans le chaos. Comme un
Melt-Banana aphone en 78 tours. Etourdissant. Bien penser à
prendre une grande bouffée d'oxygène avant de se
lancer dans l'écoute de cet album au nom imprononçable
et à la durée parfaite. Au delà, c'est une
balle dans la peau pour chacun.
SKX (12/02/2002) |
OTK
"
Sona a kuva " - CD
Silver Rocket / Minority 03
Casse-tête
à la tchèque. La scène locale a un style
inimitable, faite de références à de multiples
genres musicaux mais suffisamment flous pour brouiller les cartes
et accoucher d'un truc personnel mais pas trop. Enigmatique OTK,
passé maître dans l'art de sculpter son moule en
piochant à gauche et à droite. Le rythme est généralement
lent avec un petit coté cool et détendu du gland
à la Morphine. Une coloration chaude et bienveillante accentuée
par la présence de cuivres qui nappent le fond. Et alors
qu'on s'y attend pas, l'arrivée, discrète, mais
tout de même bien présente d'un certain DJ Braindead
sur deux titres pour quelques scratchs rapides. Des éléments
acoustiques, des percussions et tout un attirail d'instruments,
OTK se donne les moyens de s'habiller pour l'hiver et ne ménage
pas ses effets. Bizarrement, ce deuxième album ne sonne
jamais surchargé. Au contraire, place est faite aux non-dits,
aux silences, à la respiration où chaque instrument
la ramène le temps d'un soupir, d'une multitude d'arrangements
qui s'enfilent, broderie fragile et éphémère.
Tendance à l'évaporation d'une musique qui ne manque
pas d'air mais extrêmement volatile, tellement insaisissable
qu'elle a du mal à capter notre intérêt.
SKX (03/11/2003)
|
OVERMARS/FUGüE
"
Our dreams walking their way, chapter 3 " - CD
Waiting for an angel / Cetacean 03
Les
rêves continuent leur chemin avec ce troisième volume
du match très serré entre le Japon et la France.
Pour l'occasion, Waiting for an angel, initiateur du projet, se
fait seconder par un tout jeune label, lyonnais également,
Cetacean (c'est assez Anne?). Laissons cette pauvre fille de coté
et attaquons-nous à ce mont damné que représente
ce disque. Légèreté, futilité, espoirs,
autant de mots absents du vocabulaire, qu'il soit français
ou japonais. Overmars, c'est six mecs au fond du puits d'où
un terrible grondement ressort. Tout ce qui est lourd et oppressant,
c'est pour leur gueule. En digne fils de Neurosis, ils accentuent
leur coté mélodique par rapport à leur précédent
split avec Done For. Ca donne trois titres à la longueur
vénéneuse qu'une production presque trop léchée
empêche d'apprécier à sa juste valeur. Putain,
faut que ça saigne ! Sale et méchant, c'est comme
ça qu'on apprécie ce genre de musique. Avec Fugüe,
la trace du char se fait encore plus profonde. Osaka est leur
fief. Et leurs démons s'appellent Doom, Sludge, Crust et
Metal. Autant de mamelles pour lesquelles je n'ai qu'un appétit
modéré pris séparément. Pris communément,
la mayonnaise devient plus digeste. De là à finir
le plat et en redemander, ya une addition que je ne demanderais
pas ! Voix éraillée et psalmodiant, ambiance poisseuse
et malsaine, grosses tâches et samples neurosiens (tiens,
encore eux !), riffs de trois tonnes et tous les malheurs du monde,
Fugüe est un drôle de typhon que les plus courageux
et fans d'entre vous auront peut-être la chance d'en voir
l'il. Ce chapitre trois, toujours aussi bien emballé,
est un dur voyage vers des rêves des plus sombres. Bonne
nuit !
SKX (23/12/2003) |
OVERMARS/DONEFLOR
"
In the arms of octopus " - split CD
Autoproduction 02
Lyon,
ville centrale à ses deux groupes dont le point commun
est aussi de partager des membres identiques. Une histoire de
famille pour qui ce split CD est sûrement une façon
de marquer leur amitié et de tourner une page puisque Donefor
s'est sabordé et que l'aventure Overmars n'et commencé
que depuis le printemps 2001. Alors honneur au passé avec
Doneflor. Rien de tonitruant là-dedans. Du hardcore qui
tient la route certes. Plein de hargne et de colère rentrée,
avec ses parties mélodiques, ses petits airs de metal qui
traînent par là mais sans envolées particulières,
d'inspiration personnelle qui les distinguerait du lot, ce fameux
troupeau. Ma préférence va nettement à Overmars.
Lourd, lent, puissant, pas la peine d'y aller par quatre chemins,
Overmars ne fait pas dans les paillettes. Rouleau compresseur
qui appuie là où ça fait mal, toujours et
encore, en rajoute une couche, le même clou, enfoncé,
hypnotique dans sa noirceur, voix arrachée ou grosse voix
d'outre-tombe (pas ma préférée). Mais leurs
influences sont multiples et ces trois titres finissent par trouver
leur chemin entre grosse basse qui cogne, larsen qui torturent
l'esprit, rythmes répétitifs et petites finesses
dans la tourmente qui ne rendent que plus inquiétante leur
musique. Idéal pour plomber une ambiance et réfléchir
en silence. Overmars ou crève. Et à suivre, évidemment.
SKX (28/04/2003) |
OXBOW/WHITE
TORNADO
"
Oxbow meet White Tornado " - CDEP
Wallace 00
Un
disque passé entre les mailles du filet. Avec un beau poisson
dont toutes les sorties sont pourtant guettées avec attention.
Oxbow, le quatuor chéri de San Francisco, a enregistré
sur ce label italien et dans un anonymat complet deux titres.
Point. On pourrait s'arrêter là car ces deux titres
n'ont rien d'exceptionnel. Ca fait la part belle à l'expérimentation
avec acoustique trafiquée et voix passée au karscher.
Je ne sais pas si c'est leur nouvelle direction musicale ou si
ce sont des fonds de tiroirs recyclés mais c'est à
réserver aux plus aficionados d'entre vous. En compétition
également, White Tornado. Des spécialistes italiens
du split de luxe. A leur actif, un split 45 avec Colossamite.
Ce fut la grande révélation d'alors. Noise extrême
façon Unsane meet Jesus Lizard. La prise était aussi
belle qu'inattendue. Cette fois-ci, trois morceaux enregistrés
six mois plus tard (en 98...) et le soufflé est quelque
peu retombé. Leur noise a perdu de son intensité,
le son d'ampleur et la tornade n'est plus aussi cinglante. Le
match entre Oxbow et White Tornado tourne court. Dos à
dos aux vestiaires.
SKX (11/07/2001) |
OXES
"
oxxxes " - CD
Monitor 02
Oxes,
merveilleux branleurs. Le succès d'un groupe ne s'arrête
souvent pas (hélas) à la seule qualité du
groupe. L'image, le discours, la provocation, tout est lié,
tout est bon pour faire parler de soi. Après le vrai-faux
split avec Arab on Radar, Oxes déclenche une vraie-fausse
polémique avec ce second album. Les 3 "x" du
titre ne sont pas pour "straight edge" mais pour une
allusion fine à la pornographie. Pochette avec une fausse
manif où les trois gars de Oxes sont poursuivis par une
meute en délire leur reprochant (en gros) leur manque de
puritanisme. Affiches censurées (ou non?) car trop osées
(oh, pas de quoi fouetter un chat pour la vieille Europe, mais
de quoi heurter la sensibilité outrancière de quelques
américains toujours enclin à laver plus blanc que
blanc). On ne sait plus trop démêler le vrai du faux.
L'important, c'est que ça mousse. Et surtout qu'on ne s'ennuie
pas. 15 ans d'âge mental. Mais dans un monde noise/rock/indé
trop souvent sclérosé et intellectualisé,
où l'image ne finit que par en faire une, l'esprit railleurs
et volontiers sarcastiques d'Oxes apporte une vraie bouffée
d'air frais. Ca vaut ce que ça vaut mais ça rompt
la monotonie. En plus, quand cet esprit libertaire déteint
sur la musique, que le contenu rejoint le contenant, c'est Noël
au balcon! Oxes gagne en personnalité. L'étiquette
collante Don Caballero est devenue injustifiée (excepté
un titre!). Leur noise-math-rock est sain comme une bonne trique
juvénile. On sent beaucoup de bonheur et de jubilation
derrière cette seconde création. Le grain des deux
guitares a cette épaisseur qui les rend palpables, vivantes,
tout à tout grasses et félines. Oxes perd en complexité
et tracent des lignes droites redoutables. Plus brut et direct
que son prédécesseur, Oxes gagnent en efficacité
tout en gardant (faut pas pousser non plus) sa part de mystère
et ses chemins de travers. L'esprit d'un groupe rock basique (genre
AC/DC, groupe auquel on aime les comparer) avec la fraîcheur
et l'innovation de tous ces groupes débarqués après
Jesus Lizard et Rapeman. Ces huit titres sont pétillants,
puissants, malins comme un singe. Avec comme point d'orgue, un
magnifique dernier morceau, "russian here", qui dépasse
les dix minutes et toutes mes espérances. Oxes rallie passé
et présent et même sans chant, réconcilie
tout le monde et nous font décharger une pleine bassine
de jouissance.
SKX (17/05/2002) |
OXES/ARAB
ON RADAR
"
s/t " - 10"
Wantage USA 01
Le
quiproquos du moment. La blague dont on se gausse dans les milieux
autorisés. Les trois joyeux drilles d'OXES sont fans d'ARAB
ON RADAR, eux-mêmes réputés pour se faire
gondoler les portes de prison. Bref, une ambiance de franche camaraderie
les unie, poilade générale lors de nombreux concerts
en commun. Et l'idée germe dans l'esprit alambiqué
d'Oxes de leur rendre un hommage déguisé en sortant
ce faux split. D'un coté Oxes et deux inédits de
leur cru. De l'autre coté, trois morceaux d'Arab on Radar
mais joués toujours par Oxes et sans aucunes indications
sur la pochette pour encore mieux tromper l'ennemi! Et tout ça
sans avertir les intéressés. Seulement, au final,
AOR et Skin Graft ravalent leur humour et prennent très
mal la blague! Qui partait d'un bon sentiment, jure, crache Oxes,
qui, oh! grand jamais, ne comptait se faire de l'argent sur le
dos d'AOR en utilisant leur nom et en abusant leurs fans. Un projet
bien loufoque qui avait le mérite de dérider un
milieu rock indé parfois bien trop propre sur lui. En attendant
le règlement de compte final, Oxes continue sur la même
longueur d'onde. Des titres à coucher dehors pour une musique
noise-rock instrumentale qui ne se mord pas la queue, ne se regarde
pas le nombril et intello, qui ne se prend pas le manche façon
Don Caballero nouveau. Une musique par essence rock, entertainment,
au fer rouge, vivante. Et des imitateurs hors-pairs car les trois
titres d'AOR qu'ils exécutent sont à s'y méprendre
conformes aux originaux, voix suraiguë comprise! Le rock
a besoin de plus de groupes comme OXES!
SKX (02/05/2001)
|
OXES
"
s/t " - CD
Monitor 00
Ca
va être monumental. On le pressentait. On l'espérait.
Les 3 titres précurseurs sur le split CD avec Big'N, tels
des messagers d'une grande nouvelle. Ca frétillait d'impatience,
une vraie pucelle avant son premier bal. Et on l'a, la confirmation.
La confirmation d'un nouveau trio, originaire de Pittsburgh, roi
du noise-rock moderne. Made in USA et universel. Mort à
Shellac. Fini Jesus Lizard. La relève est là. Don
Caballero n'a plus qu'à se réveiller. Avec une seule
batterie et deux guitares, OXES enlève la palme. Ca commence
avec un "dear spirit, I'm in France", titre sibyllin
et toute l'essence d'OXES en quelques notes. Ca part en free,
arpèges déclinées dans le désordre
et hop, le riff, impeccable, tranchant, puissant. Et le batteur
suit le schéma. Tour à tour martelant ou plus fluide.
Intransigeant et inventif. Ca se poursuit avec "I'm from
hell, open a windle" et une fin à contre-courant.
Tout en douceur. Juste une guitare sèche et une batterie
aérienne pour calmer la douleur. Avant de repartir sur
un "panda strong" déjà sorti sur un 45
de Reptilian records, relifté, le solo de batterie à
la fin, hey ! solo ! épique et un faux redémarrage
qui ne signe en fait que la fin définitive du morceau.
Hein ?! "your street vs wall street" et "horses
are ok" retend les cordes. La constance se poursuit. Des
dialogues impeccablement menés entre des guitares rythmiques
ou bousculant les traditions, se répondant sans cesse,
le vertige, le tout ponctué par la batterie qui met les
points sur les "i", s'exclame, s'efface, rompt le dialogue.
Et quand tout le monde joue la même partition, ça
avance droit devant. On a rarement entendu trois instruments se
complétés aussi finement, s'engueuler chacun dans
son coin puis copuler avec une telle ferveur et mettre en place
un puzzle diaboliquement efficace. On retrouve le "and giraffe,
natural enemies" présent sur le split CD sur Box Factory
records, au déroulement exemplaire, sa mélodie insidieuse,
avec quelques changements dans le parcours par rapport à
l'original. Une vraie beauté ce morceau. Et on se termine
par un "riki creem calls this 'chivas regal' ", dernier
instrumental d'un album qu'on aurait aimé plus long tellement
c'est bon ! OXES, c'est le croisement improbable entre AC/DC et
Colossamite, entre des riffs imparables et un groove malsain.
La rencontre entre l'essence même du rock et une noise improvisée.
C'est libre de toutes entraves, jouissif, binaire et cérébrale.
Autant pour la tête que pour les tripes. C'est classique
et ça sonne comme pas deux. OXES a juste trouvé
le son. Le son parfait. Les structures où rien n'est à
ajouter, à enlever. La grande classe. Le jackpot à
votre portée.
SKX (17/08/2000) |
Ova!
/ Happy Mothers Day, I can't Read
The Number on my Forehead is gone - Split
CD
Freedom From 2004
Freedom From, label de Minneapolis, abrite une faune peu recommandable
et pas banale. Votre petite soeur va adorer. Aucun respect pour
les conventions. Ca terrorise les foules avec pour seules armes
leurs instruments poussant les potars régulièrement
dans le rouge et sans souci de logique mathématique.
Les petits nouveaux s'appellent Ova! et Happy Mothers Day, I
can't Read qui postule au titre de meilleur nom de groupe. Ova!
est un duo. Une guitare, une batterie, un peu de bidouille électronique.
Des rythmes implacables. Des folies passagères. Des trucs
qui se télescopent dans tous les sens. De la puissance
de tir. Ca flingue à tout va sur un terrain de chasse
occupé par Lightning Bolt (en moins fun), Hella (en plus
rock et dangereux) et feu Godheadsilo. Mais comme c'est pas
la même chose non plus, on ne peut que se réjouir
de l'arrivée de ce nouveau groupe. Ova! a de beaux jours
devant lui. Quant à Happy Mothers Day, I can't Read,
c'est un seul mec (Tony Remple), qui ne sait pas lire certes,
mais a tout compris pour vous irriter le poil. C'est peut-être
la fierté de sa mère mais elle doit être
sourde depuis longtemps. Il uvre dans l'électronique
hardcore, celle qui fait plein de shzzzzzz et crrrrrriiii avec
quelques beats retords et des larsens dans ta face. Sa mère
en short derrière les ordis. Enfin, si vous n'avez toujours
pas démissionné, cinq titres supplémentaires
sous le nom de Awesome. Ce n'est pas la maigre pochette avare
en renseignements qui nous éclairera. La réunion
de Ova et Happy Mothers ? Un troisième larron qui s'invite
à l'orgie sonore ? A moins que ce soit Weasel Walter
qui s'est déguisé car on pourrait prendre ça
pour du Flying Luttenbachers. C'est en tout cas aussi bien que
tout ce qu'il a pu faire. Vous prenez les éléments
des deux groupes nommés sur la pochette. Vous rajoutez
un peu de cuivre (ou des samples) et vous obtenez une fine couche
de musique noise-rock-jazzy improvisée et diablement
audible, un vrai nectar. Maintenant, vous pouvez aller acheter
des boules Quies.
SKX
(28/08/04)
website
groupe www.ovasite.com
www.geocities.com/happymothersdayicantread
website
label www.freedom-from.com
sounds
(Release
the Monkees | more_testosterone_in_the_monitors.mp3
|
|
OCRE
Démo - CDEP
Autoproduction 03
Il
n'est pas dans les habitudes ici de chroniquer les démos.
Mais quand l'une d'entre elles déboule avec une pochette
originale qui tape dans l'il, un enregistrement "pro",
qu'elle vous accroche jusqu'à l'écouter en boucles,
vous ne pouvez pas laisser passer ça. A la base pourtant,
rien de puissamment originale. Ce trio angevin propose une musique
instrumentale dont Slint et Shellac ont jadis posés la
première pierre sur laquelle une pléthore de groupes
s'est appuyée pour construire leur carré de jardin.
Le tour de force de Ocre est de s'immiscer subtilement dans
les brèches. De proposer des lignes mélodiques
qui vous rentrent dans la peau. Qu'elles proviennent de la guitare
ou de la basse, qu'importe, ça ne vous quitte pas. Il
en ressort une aura mystérieuse. Un truc de beau et sombre
qui flotte dans l'air. Le genre de musique où vous vous
dites que ça vous rappelle quelque chose mais l'évidence
est là, ces trois titres tiennent tout seul. La basse
domine. La guitare tisse avec finesse. Rôle inversé
qu'une batterie appuie avec conviction sans en faire des tonnes.
Tout dans Ocre donne dans la mesure, la retenue. Le pouvoir
de suggestion. Tout est à sa place, les trois instruments
sont en osmose mais ça vie de l'intérieur, le
feu couve et le talent est là, indéniable. Trois
morceaux qui vous illuminent. Angers frappe encore.
SKX (02/01/2004)
website groupe www.labelledamesansmerci.com/ocre/
website label
sounds
www.labelledamesansmerci.com/ocre/Ocre_-_03_-_Alta_di_lacuna.mp3
|
Ocre
/ Ethyleen Leiding
Twin Powers II - split CD
Partycul System 04
Ayant raté le premier épisode, on passe directement
au deuxième volume de cette série de split CD
entre un groupe du label de Reims, Partycul System (le label
de Rroselicoeur) et un invité, à qui nous allons
faire l'honneur pour commencer. Il s'appelle Ocre et nous vient
d'Angers. Leur 1ère sortie officielle après une
démo qui à ma foi bien circulée et à
juste titre. Sept nouveaux titres (dont un figurait déjà
sur la démo). Le registre math-rock-noise à forte
tendance mélodique toujours d'actualité. C'est
par là que ça se passe et à défaut
de proposer une évolution, le trio maîtrise à
fond le sujet. Non, le principal changement vient de l'enregistrement.
Là où la démo sonnait comme un premier
album, avec force et ampleur, ces nouveaux morceaux perdent
de leur beauté avec un son beaucoup plus sec et brut.
Mais apparemment, c'était la volonté du groupe,
presque gêné d'avoir eu un son si impeccable pour
leur début ! La qualité des compos est tout de
même là. Reste à trouver l'équilibre.
Ethyleen Leiding est le projet solo d'un membre de Rroselicoeur,
le dénommé Lou Flanagan. Un morceau pour les grands
espaces, un autre de folk intimiste. Le troisième nous
sort de la sieste. La batterie déboule, la guitare s'emballe.
" Rock this way " est le titre et il porte bien son
nom. Et ça finit comme ça commence, ambiances
sereines en eaux profondes. Ce type a beau être seul,
il se démultiplie pour proposer des compos variées
et assez réussies, démontrant en même temps
tout ce qu'on peut faire avec une seule guitare.
SKX
(21/08/04)
website
groupe www.labelledamesansmerci.com/ocre
membres.lycos.fr/partyculsystem/ethyleenleiding.htm
website
label www.partyculsystem.fr.st
sounds
ocre-ostinato.mp3
| ocre-einemof.mp3
ethyleenleiding-malgache.mp3
| ethyleenleiding-keepdry.mp3
|
|
Off
Minor
Innominate - CD
Golden Brown / Earthwatersky Connection 2004
Ce n'est pas un hasard si ce deuxième album du trio américain
Off Minor sort en Europe sur le label du chanteur de Yage. Ce
hardcore avec son lot de colère et d'émotion offre
de nombreuses similitudes. Pour autant, pour arriver à
ces mêmes desseins, Off Minor use de structures qui ne
font pas dans la ligne droite, appuyant les contrastes entre
les passages énervés et cérébrales.
Off Minor donne dans la technique, que certains diraient jazzy
mais faut pas déconner non plus. Cependant, c'est suffisamment
élaboré pour dérouter le hardcoreux de
base. Travail à deux sur les voix, mélodies qu'on
arrête pas, Off Minor connaît le registre pour faire
monter la tension avec un brin de classe. Innominate est un
album passionnément agencé, entre les racines
du genre, franc du collier et une tentative pour se démarquer,
dans le calme, la fuite en avant tranquille, ces petites lignes
de guitares estivales et sa basse qui tricote. Rien non plus
de totalement déroutant. Par rapport à leur précédent
album, on reste dans la lignée. La prise de risque est
limitée. Une valeur sûre du genre. Ni plus ni moins.
Toujours cette histoire de verre à moitié plein
ou à moitié vide.
SKX
(13/11/2004)
website
groupe www.goldenbrownrecordings.com/offminor/#
website
label www.earthwaterskycn.de
sounds
cadaveric.mp3
|
Old
Time Relijun
Lost light - CD
K records 2004
Le nouvel opus de Old Time Relijun s'ouvre
sur un " The door i came through has been closed "
mais, entre parenthèse, il keep trying ! Et c'est là
tout l'objet de ce disque. Arrington de Dionyso, leader incontesté
de ce trio, continue de (dé)foncer inlassablement la
même porte, qui s'est brutalement refermé et à
l'arrivée, Old Time Relijun fait du Old Time Relijun.
C'est déjà énorme, certes ! Cela devrait
suffir à faire taire toutes mauvaises pensées
insidieuses. Mais quand on a un extraverti maniaco-hystérqiue
devant soi, on est toujours en droit d'attendre à un
truc dingue, qui va vous exploser les neurones, vous retourner
comme une crêpe, vous bluffer encore une fois. Pour le
coup, Old Time Relijun s'est assagit!! Rassurez-vous, le groupe
n'est pas encore frappé du syndrome Jon Spencer. Pas
demain qu'il aura trois étoiles dans le prochain Télérama.
Old Time Relijun garde sa face hantée, son rock à
l'économie, son blues épileptique. Mais les compositions
s'ouvrent sous un jour plus clair. L'incantation se fait mesurée.
De l'eau dans le vin et c'est l'ivresse qui se socialise. Des
compositions qui ne surprennent pas plus que ça. Si la
voix de Aarington ne se départit pas de sa folie douce
légendaire et continue de surfer sur toutes les intonations
possible, ces dix titres s'efforcent de rentrer dans le cadre.
Les éléments sont identiques mais fatigués
de se cogner sur tous les murs, Dionyso et sa bande ont décidé
de tempérer son groove et ses ruades rock'n'rollesques.
Il en reste pas moins un "cold water" de huit minutes
(un record pour Old Time!), sobrement épique comme le
cri de la chouette un soir de pleine lune (!) et qui fait passer
un vrai frisson dans la raie des fesses. Un " vampire victim
" qui donne envie de se faire péter la jugulaire.
Cet éternel jeu de guitare tout en nerf, rachitique et
inventif. " Lost Light " n'a pas perdu la flamme.
C'est juste la lumière qui vous éblouit moins.
Bon en fait, Old Time Relijun a beau toujours faire du Old Time
Relijun, même sous camisole, ça reste le pied !
SKX
(01/08/04)
website
groupe www.krecs.com/OldTimeRelijun/index.html
website
label http://www.krecs.com
sounds
vampirevictim.mp3
|
The
One Am Radio
A name write in water - CD
Level Plane 2004
The
One Am Radio est le projet d'un seul individu : Hrishikesh Hirway.
Et si ce disque est bien estampillé Level Plane records,
le propos est ici tout autre. Musique intimiste et fortement
mélancolique, The One Am Radio est à prévoir
pour agrandir les plaies ou les lendemains difficiles. La pochette
et son océan à perte de vue sont un raccourci
bien pratique pour résumer cet album. Une grande étendue
calme, nuages menaçants, vagues sombres mais rien à
l'horizon. C'est un peu la croisière s'amuse qui connaît
un vieux coup de blues, l'ennui des jours qui se répètent
inlassablement. Quelques violons (monotones), une trompette,
des rythmes parfois vaguement dansants pour habiller des compostions
qui restent concentrées à la base sur une guitare
acoustique et la voix du capitaine, tranquille dans ses bottes.
Ca navigue dans des sphères cotonneuses, à l'essence
pop et d'humer rêveuse. C'est propre et gentil, sans intensité,
même retenue, et j'avoue avoir du mal à trouver
une quelconque once d'intérêt pour surfer sur la
même vague que son deuxième album. C'est plutôt
vogue la galère et j'ai vraiment pas envie d'embarquer
sur son radeau de fortune d'electronica folk pour marin d'eau
douce.
SKX
(20/06/2004)
website
groupe
www.theoneamradio.com
website
label
www.level-plane.com
sounds
untied.mp3
|
Oneida
Secret Wars - CD
Jagjaguwar 2004
Oneida a commencé à pointer le bout de son nez
grâce à un split maxi avec les New-Yorkais à
la mode The Liars. Pourtant, ils ont de quoi torcher les morveux.
Sept ans qu'ils sévissent tant bien que mal. Leurs chemins
pratiqués ne sont pas des plus faciles. " Secret
Wars " est leur sixième album. Ca commence assez
sereinement, pop-rock sans attache et légère.
Avant de se diriger, tranquillement mais sûrement, vers
leur psychédélique-noise-rock-progressif dont
ils sont coutumiers. Plus les morceaux défilent, plus
ils s'étirent dans le temps. Le mot " légèreté
" disparaît de leur vocabulaire. L'orgue Hammond
apparaît. Le rythme tourne en boucle et nous en bourrique.
Hyp-hyp-hypnotique. Référence plein cadre à
Can et le mouvement kraut-rock. Avec une chicane vers Pink Floyds
lors d'un " wild horses " sidérant
euh..
d'ennui. Climat seventies suintant dans un moule noisy pour
faire actuel. Ya plus de jeunesse.
SKX
(14/07/04)
website
groupe www.enemyhogs.com
website
label www.jagjaguwar.com
sounds
treasureplane.mp3
| wildhorses.mp3
|
|
Old
Time Relijun
2012 - CD
K records 2005
Dernièrement, Arrington de Dionyso, leader incontesté
de Old Time Relijun, s'était surtout produit en one-man-show,
expérimentant à gauche à droite, en solo
ou avec des italiens, pays pour lequel il a une affection particulière,
s'offrant même un album de liberté artistique sur
Wallace
records. Esprit aventureux, il revient chargé la barque
de son nouvel album avec une face qu'on lui connaît bien,
celle de son rock'n'roll du bayou fiévreux, et une autre,
la part belle à la musique free et fantaisiste. Le batteur
est une batteuse. Jamie Paterson, une américaine qui
a posé ses valises en Italie (itou), nouvelle aux baguettes
pour un rythme qui gagne en groove et en saccades et le toujours
fidèle Aaron Hartman swinguant sur sa contrebasse. 2012,
un aller-retour entre le Old Time Relijun qui a fait ses preuves
(Los Angeles, Wolves and wolverines) et la quincaillerie
de sortie (Magnetic Electric ou comment je t'imite le
didgeridoo avec ma voix), la guimbarde qui nique les dents sur
Toundra, un vieux free-jazz poignant sur Lions and
lambs, des cuivres et sept minutes solennelles où
orgue, cuivre et le monde de l'étrange s'affrontent pour
clore cet album. Un aller-retour entre le passé et un
futur incertain. Entre morceaux classiques et très bons
mais qui ne surprennent plus et morceaux bizarres à double
tranchant qui ont l'attrait du changement mais qui cassent le
rythme. Un album en dent de scie qui n'a pas la folie contagieuse
de ses aînés mais qui possède néanmoins
charme et mystère. Dionyso, l'homme aux multiples voix,
force majeure de son art, et sa bande continuent d'uvrer
dans l'incantation en fourbissant de nouvelles tactiques, un
pied dans le présent et l'autre dans un monde parallèle.
2012 si on ne brûle pas d'ici là.
SKX
(12/12/2005)
website
groupe www.krecs.com/oldtimerelijun
website
label www.krecs.com
sounds
YourMama.mp3
|
Overmars
Affliction, endocrine
vertigo - cd+dvd
Appease Me / Candlelight / Alchimia 2005
Overmars, qui descendent de Lyon, sortent le grand jeu pour leur
premier album. Réalisation sur un gros label metal. Double
album avec d'un coté, un CD, plus d'une heure de musique
et de l'autre, un DVD (sauf si vous avez la version vinyl, évidemment,
sur Alchimia dont l'artwork vaut le détour pour l'avoir
vu à la table de distro lors de leur concert avec Playing
Enemy !). Un projet à l'exemple de leur musique. La taille
Neurosis, la démesure, les grands espaces bien chargés
en nuages noirs, un brin de grandiloquence (surtout pour les paroles)
et une ambiance à se défenestrer. Après deux
split albums, on était en donc en droit d'attendre à
un Everest. Et on se retrouve dans le ravin. Une voie profondément
gutturale, proche des voix que l'on retrouve dans le death-metal,
qui prend beaucoup de volume et d'espace, presque forcée
et avec laquelle j'ai beaucoup de mal. Même si les parties
instrumentales sont nombreuses, que certains churs à
l'arraché sonnent juste, sa mise en avant n'est pas des
plus judicieuses. Avec l'aide du désormais incontournable
Serge Morattel, le son est sculpté fort à propos,
un son à faire gondoler une porte de prison mais les compositions
ne vont pas de paire. Mélodiquement pas très fort
et passe-partout, cet album multiplie les tempos lents et pesants.
Les parties mélancoliques et calmes sont légions
et les explosions sommes toutes assez rares. A force de vouloir
construire une atmosphère poisseuse et d'amener l'auditeur
à genoux, on se retrouve dans une impasse avec un album
désespérément long, qui flotte dangereusement,
sans réelle dynamique et qui devient vite rébarbatif.
Un fil rouge avec le morceau Destroy all dreamers, découpé
en cinq parties qui renvoie aux travaux neurasthéniques
et solitaires des gratteux de Neurosis (on y revient toujours
!) et qui ne fait qu'accentuer cette léthargie ambiante.
Le comble pour une musique faite pour exacerber les sentiments
mais qui navigue au final entre deux eaux. Une déception.
SKX
(19/07/2005)
website groupe http://www.destroyalldreamers.org
website label http://appeaseme.free.fr
http://www.candlelightrecords.co.uk
http://alchimiarecordings.com
sounds this_is_rape.mp3
|
Ovo
Cicatrici - CD
Bar la Muerte / Ebria 2004
Les
affres purulentes d'un cyclone à deux. L'osmose d'un
couple fatal et maudit que l'on approche avec méfiance.
Il faut se pincer pour croire que ce cri, ce rugissement, ce
borborygme est l'uvre d'une femme. Stefania Pedretti est
une des deux pierres de l'édifice Ovo. Chant femelle,
louve carnassière, rugissement, le fond des entrailles,
étonnant organe utilisé comme un instrument à
part entière, onomatopées et non-sens continu,
sachant le cas échéant imiter à la perfection
la japonaise dévergondée. L'autre pierre est Bruno
Dorella, boss du label Bar La Muerte et ex-plein de groupes.
Epoque New-York sans retour, Sonic Youth jeune et en totale
liberté. Rythmes martiaux et tribaux. Ca ferraille sec.
Une odeur d'aciérie et de pneu brûlé. Un
bruit sourd et inépuisable. La lourdeur d'un Noxagt.
Le grand frisson. Ovo garde l'angle rock sous ses aspects bruitistes
diaboliques. C'est ce qui nous sauve. Tout le monde a besoin
d'un coin de ciel bleu pour respirer. uvre primaire et
originale.
SKX
(07/03/2005)
website
groupe www.barlamuerte.com/bands/ovo/index.htm
website
label www.ebriarecords.com
sounds
ombra_nell_ombra.mp3
|
Oxes
Oxes - CDEP
Ruminance 2005
Bonne
nouvelle ! Oxes n'est pas mort ! Le gratteux (le brun) a succombé
aux charmes d'une italienne rencontrée lors d'une tournée
(si vous êtes gentils je vous narrais un jour les détails/ragots
croustillants), s'est installé dans la campagne italienne
pendant que l'autre guitariste (le blond) et le batteur sont
restés écumés leur bonne vieille ville
de Baltimore. L'atlantique et son océan ne verront pas
se noyer notre trio le plus rock et le plus graveleux. L'aventure
continue, comme elle peut et en guise de nouvelle carte de visite,
ce maxi cinq titres. Pochette toujours loufoque. Après
le porno cheap de Oxxxes, toutes les images d'Epinal recensées
du coté des Etats-Unis et de l'Italie. Hamburger contre
salami. Potato chips saupoudré d'un lambrusco. Gros connards
d'américains cherchent belle italienne vénéneuse
.
L'amitié américano-italienne revisitée
par Oxes. L'humour débile et le rock'n'roll, deux constantes
que Oxes tient à bout de leurs guitares sans fil. Rien
de changer dans le monde absurde de Oxes donc. C'est rassurant.
Le premier morceau dure sept minutes. Les sept meilleurs du
lot. Un morceau épique où vous retrouvez toutes
les lubies de Oxes. Entre gros riffs qui filent droit pendant
que vous filez doux, la batterie qui pulse, des accalmies et
des passages qui montrent qu'Oxes, malgré les apparences,
ont de leur finesse dans leurs culottes, des changements de
rythmes avant de nous scotcher sur un final qui brisera plus
d'un cur. Derrière, ça enchaîne avec
2 minutes 20 charnelle et rock dans la grande tradition avec
bottleneck de sortie. S'il vous plait, ne dites pas que Oxes
c'est du putain de math-rock. Du rock tout court du vrai du
couillu, juste moins basique que la moyenne. Allez on tape dans
les mains. Les deux morceaux suivants nous montrent un visage
plus erratique à grands coups de cymbales, de roulements
de tambours et de riffs anarchiques, voir un solo à la
con digne de leur esprit potache habituel qu'il persiste et
signe sur un dernier titre de techno-rock bidouillé qui
n'est là que pour rappeler qu'Oxes s'amuse comme des
fous et comme ils peuvent. Malgré les milliers de kilomètres
de séparation, quand le cheeseburger rencontre le spaghetti,
c'est tout Oxes que vous avez dans votre assiette. Bon appétit
!
SKX
(22/06/2005)
website
groupe www.monitorrecords.com/ultimaterebel
website
label ruminance.free.fr
|
|
L'Ocelle
Mare
s/t - CD
Ruminance 2007
il obscur, caves humides, ruines et pénombre, débris
de béton, voûtes moisies, espèce de vieille
église en voie de disparition, toi-même lui répondit
l'écho et Thomas Bonvalet, orphelin de Cheval de Frise,
au milieu. Ou plutôt dans les parages. Jamais vraiment
là, flottant dans les méandres de seize tableaux
sonores, surgissant d'un sombre recoin pour donner une impulsion
à un exercice périlleux. Le disque de solo de
guitare. Peut s'avérer extrêmement casse-gueule.
Et je reste poli. Il a beau agrémenté ses morceaux
d'un banjo, d'un harmonica, taper du pied pour un semblant de
rythme, l'élément central reste sa fidèle
guitare acoustique. Flamenco étrange et décharné,
une musique dépouillée où il n'est pas
facile de donner une impulsion, de palier à l'absence
d'un rythme traditionnel, surtout quand le jeu de guitare est
aussi erratique, tour à tour saccadé et limpide,
nerveux et coulant. Une grande part est accordée au silence
avec quelques fulgurances propres à feu Cheval de Frise
où on imagine, pour ceux qui on eu la chance de les voir
en concert, la gymnastique improbable des doigts de Thomas Bonvalet
pour sortir des accords inédits. Le résultat est
impressionniste, fugace, une longue pièce aride découpée
en un souterrain avec de multiples crevasses, quelques éclairs
divins mais où on s'y perd à la fin. Jubilatoire
si vous êtes d'une humeur très contemplative ou
passer totalement à coté. L'auteur lui-même
n'est pas convaincu du résultat. On sait tous pourtant
qu'il vaut beaucoup mieux que ça. A voir pour l'instant
surtout en concert où réside toute l'intensité
que cet album n'a pas.
SKX
(16/05/2007)
website groupe www.myspace.com/ocellemare
website label ruminance.free.fr
sounds 2.mp3
|
L'ocelle
Mare
Porte d'octobre - CD
Souterrains-Refuges / Orkhestra 2008
Du
fin fond de sa cabane
dans sa forêt humide, l'ex-Cheval de Frise Thomas Bonvallet
nous envoie un signe de vie. Pochette à la sobriété
maladive. Sept titres sans aucuns noms, même pas symbolisés
par un chiffre ou un hiéroglyphe quelconque. L'économie
de mots. Pas de geste inutile. La communication selon saint
Ours. Un micro label naissant parisien au nom adéquat
se charge de sortir la bête. L'hiver a été
rude. Même si tout ça a été enregistré
à l'automne dernier. Alors que son premier album sort
sur le marché américain via Sickroom records,
L'Ocelle Mare continue d'entre-ouvrir les portes de son monde
d'autiste. Après être resté sur notre faim
avec un premier jet âpre et abscons alors que les concerts
démontraient une version plus intense et directe, il
revient sans chercher à nous amadouer mais fait preuve
d'un peu plus de mordant, de consistance. Accroches toi aux
branches. Fini les espagnolades et les claquettes. Les quatre
premiers morceaux, indissociables, font la paire belle au jeu
tout en touché et croisements de phalanges d'un Bonvallet
qui sait avant tout écouter son âme avant de penser
technique, seulement rythmés par un métronome,
quelques tapements de pied, un souffle d'accordéon (ou
un truc qui y ressemble) et une subtile vibration. J'ai parlé
trop vite. L'espagnolade reprend sur la troisième phase
avant que ce mélange d'acoustique erratique et de sifflement
comme un essaim d'abeilles dessinent des courbes brisées
et des volutes carrées. Le cinquième morceau nous
plonge la tête au fond de la mare. Le grouillement d'un
mille-pattes cannibales chaussé avec des fers à
chevaux et une stridence proche de l'ultrason. Thomas Bonvallet
ne cache pas son attirance pour tout ce qui grouille, rampe,
gratte. Il est en passe de réussir à faire le
premier disque animal. Les deux derniers morceaux le voient
reprendre ses pérégrinations tour à tour
bucoliques et quasi-industrielles. Cet album ne figurera toujours
pas en tête de gondole dans les grandes surfaces de la
culture. Porte d'octobre en laissera encore beaucoup
à son seuil. Mais ces histoires d'ambiances de campagne
vierge et friches urbaines sont suffisamment convaincantes pour
espérer que L'Ocelle Mare sorte encore régulièrement
de son trou à rat.
SKX
(19/03/2008)
website groupe www.myspace.com/ocellemare
website label www.myspace.com/souterrainsrefuges
| www.orkhestra.fr
|
|
Off
Minor
Some Blood - LP
Pure Pain Sugar 2008
Une
éternité que je n'ai pas écouté
Off Minor, je n'ai même pas bougé mon gros cul
lors du dernier passage des new-yorkais qui ont pourtant fait
l'effort de venir jouer par ici au printemps dernier, ce qui
était tout à fait compréhensible puisque
Pure Pain Sugar qui a publié ce Some Blood est
un label bien connu du coin (avec un catalogue long comme le
bras et rempli de quelques pépites). Je te sors ton disque,
je te fais tourner dans mon pays trop beau et tu viens jouer
dans ma pauvre ville de merde. DIY.
En fouillant dans une distro à un concert je suis donc
tombé sur Some Blood qui m'a fait immédiatement
de l'il pour une raison que j'ignore vu que je n'écoute
plus du tout ce genre de musique -qui n'est absolument plus
assez hype pour moi, actuellement je préfère le
doom/drone mais cela va bientôt changer, en 2009 l'émo/screamo
va revenir en force je le sais, kid prépare toi à
transpirer de nouveau et arrête de prier Saint O'Malley.
La pochette du disque est jolie et soignée, le vinyl
est bleu transparent (existe aussi en rouge mais également
en noir pour les racistes) et le lettrage est agréable.
Une réalisation sympathique.
En écoutant le disque -parce qu'il faut bien à
un moment ou à un autre écouter le disque, c'est
quand même le but premier de la manuvre- on se retrouve
plongé quelques bonnes années en arrière,
la musique d'Off Minor n'a pas beaucoup évolué,
les vieux punks sont les pires conservateurs que je connaisse
mais c'est pour ça que je les aime. Je ne vois toujours
pas où est le jazz dans la musique des américains
(ce genre d'assertions n'existe que parce qu'Off Minor est un
titre de Thelonius Monk, un vieux jazzman alcoolique, junky
et mort) par contre le côté acnéique en
pleine crise de poussée de poils pubiens est bien présent.
Si on excepte le dernier titre, Practice Absence, sur
lequel une invitée à la voix en rajoute deux tonnes
question morve qui dégouline du nez, ce disque (plutôt
un mini album, vu sa courte durée et son nombre limité
de titres) a presque tout bon. Practice Absence justement
démontre un sens élégant de la retenue
tandis que Neologist brasse son quota de guitares dans
le rouge, de braillardises straight edge et de rythmique dans
la gueule. Que demander de plus ? Some Blood est un bon
petit disque pas novateur (on s'en fout) mais parfait pour dessouler
le dimanche matin, lorsque on a passé son samedi soir
à pratiquer des messes noires en buvant de l'hydromel
satanique et en se tapant de la viande froide. Et puis si cela
intéresse quelqu'un : la pochette intérieure est
imprimée avec toutes les paroles des chansons -l'un des
points forts parait il du groupe- parce qu'Off Minor c'est aussi
l'emo pour le dire.
Haz
(07/12/2008)
website groupe www.myspace.com/offminor
website label www.purepainsugar.com
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Offonoff
Clash - CD
Smalltown Superjazz 2008
Ne
croyez pas que Offonoff marche sur courant alternatif. C'est
un bloc de musique improvisée et extrême tentant
de mettre à mal vos résistances. Sur le papier,
du beau linge. Terrie The Ex à la guitare. Massimo Pupillo,
bassiste de Zu et des dizaines d'autres projets sur le gaz dont
un intérim chez The Ex. Paal Nilssen-Love à la
batterie dont le nom résonne moins que les deux précédent
dans les sphères rock mais dont la renommée dans
les musiques, euh
. on va dire plus avant-gardistes (hum
hum), est grandissante avec des tonnes de collaborations (Mats
Gustafsson, Peter Brötzmann, Ken Vandermark, Jim O'rourke,
etc
). Et quand un hollandais, un italien et un norvégien
sont sur la même galère, ça donne un ouragan
auditif pas loin de ressembler à une tempête dans
un verre. Trois musiciens dont l'approche unique de leurs instruments
respectifs est indéniable. Ils possèdent en plus
un jeu physique, suant, s'escrimant, tordant, frappant et usant
leurs cordes, cymbales ou caisse claire sans compter à
la dépense. De solides gaillards qui ne pouvaient que
se rencontrer (ce fut fait en 2005 par l'entremise de Original
Silence, projet avec Thurston Moore, Jim O'Rouke et Mats Gustafsson)
et s'adonner à une passion commune pour une musique orgiaque,
furieuse dans un même élan fusionnel. Et de plaisir,
ces trois là en ont sûrement pris. Le faire partager
est une autre histoire. A de rares exceptions près où
les trois semblent jouer ensemble autour d'une idée directrice
commune (une partie des seize longues minutes de Bone Meat,
un passage de Calls), arrivant à nous embarquer
dans leur trip sauvage, nous hypnotisant un court instant, le
reste donne souvent l'impression d'un grand n'importe quoi.
C'est sans doute le propre de cette musique bercée par
un jazz-rock sans compromis mais bien trop cérébral
pour ma pomme. Chacun s'amuse dans son coin à qui fera
le plus de bordel. Genre de magma sonore austère et abscons.
Et ennuyeux. On était en droit d'attendre plus bandant
avec de telles cartes de visite.
SKX
(29/04/2008)
website groupe www.myspace.com/offonoff
| www.paalnilssen-love.com/band_offonoff.html
website label www.smalltownsupersound.com/v1/superjazzz/news.php
|
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One
Second Riot / Sofy Major
Split 10''
Self-released 2007
Une
histoire d'amitié qui se finit sur un vinyl. L'histoire
est classique et on ne s'en lasse pas. Les Clermontois de Sofy
Major et les lyonnais de One Second Riot. Avec chacun leur idée
du rock et du bruit qui en découle. La frontière
peut-être mince et le résultat très différent.
Celui de Sofy Major s'inscrit dans la lignée des groupes
screamo-hardcore, genre Mihaï Edrisch, Gameness, etc
.
La France en connaît un wagon plein pour un train de qualité
mais il faut aimer le voir passer. Après un premier album
sept titres sorti l'année dernière, Sofy Major
continue d'acérer ses deux guitares sur fond de chaos
organisé, c'est idéalement fait, notamment Mange
tes morts et son coté noise qui mériterait d'être
poussé en avant. Pour le reste, c'est voix hurlée
et torturée comme le veut la tradition, de l'intensité
et de la baston pendant trois titres qui déroulent le
tapis rouge. Mais ce qui leur manque, c'est un univers personnel.
Et pour ça, il faut aller taper chez le duo One Second
Riot. Leur musique et la formule utilisée n'ont rien
de très originale non plus. Du coté de Lyon et
au-delà, dans le trip noise sombre, on sait faire aussi.
Sauf que la marge disponible est plus grande. Moyen de se créer
un monde bien à eux à partir d'éléments
connus, d'écrire des morceaux qui n'ont pas ce désagréable
arrière-goût de maintes fois entendus comme chez
Sofy Major. Un titre comme Die Elektrish leben maschine,
c'est la grande classe, poignant, mélancolique tout en
restant rock. Avec Dead like you, le duo montre toute
sa science du sample pour un morceau qui ressemble à
un interlude mais qui au final vous renvoie, béat, vers
Cop Shoot Cop pendant que Into a stranger me rappelle
Godheadsilo, la noirceur en plus et montre surtout qu'au-delà
des influences, One Second Riot est un groupe sur lequel il
va falloir compter parce qu'ils savent cultiver leur jardin
secret à l'abri des terres trop exploitées.
SKX
(22/10/2007)
website groupe onesecondriot.free.fr
website label www.sofymajor.com
sounds MangetesMorts.mp3
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Optimist
Club
Ripped & psyched : how to be a winner - CD
Dump Beasts 2006
Une
belle pièce restée à quai, qui date, qui
date, surtout que le groupe a depuis mis les clefs sous la porte.
Au moment même où je les découvrais. Ceci
n'ayant aucun rapport. Un premier album autoproduit après
une cascade de demos et cdrs, figer pour toujours un moment
de musique, sa musique, avant de mettre les voiles. Quatre anglais
dont l'image renvoie une modernité de jeunes hommes trop
à la mode mais faut pas s'y fier, ça doit être
Londres qui veut ça. Parce que quand vous mettez l'objet
dans la machine, vous ne pensez plus à toutes ces futilités.
Rock, furieusement rock, bruyant, jamais très loin du
chaos. Un saxo dont les rares apparitions laisse de longs souvenirs.
Optimist Club est à deux pas du Fighting club, dans une
ruelle aussi mal fréquentée qu'excitante, à
l'énergie impressionnante. Les rythmes déboulent
de partout, des lignes de guitares répétitives,
des brisures, des sprints, ça joue sec et ultra nerveux,
bouillonnant et le chanteur est, comme il se doit, passionné
et convaincant, sans compter qu'il est rarement seul et qu'il
faut mieux hurler avec la meute quand l'urgence vous titille
les fesses. Le seul truc auquel ça pourrait faire penser
et parce qu'il faut pas aller chercher bien loin, c'est leurs
potes de Silent Front. En mieux, plus vicieux, viscéralement
noise. Tout en étant attractif et addictif dès
la première absorption. Optimist Club, un winner qui
a tout d'une étoile filante mais un winner quand même.
Et haut la main.
SKX
(3/08/2008)
website band
www.myspace.com/optimistclubband
|
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One
Second Riot
self-titled - CD/LP
Music Fear Satan 2008
Haha
ha, vous avez lu la chronique qu'a fait le boss sur ce groupe
là, Bellafea ? Je cite : C'est dingue comme la provenance
géographique peut conditionner votre approche d'un groupe.
Si tu viens de Lyon, tu fais sûrement du Bästard
[
]. Ce qu'il a oublié de préciser, le bougre,
c'est que lorsque vous écoutez un bon disque enregistré
par un groupe français actuel et bien il y a au moins
une chance sur deux pour que ce groupe soit lyonnais (et non
pas originaire de Montpellier comme on voudrait trop souvent
nous le faire croire).
Les deux premiers disques de One Second Riot (un split avec
Neptune et un autre avec Sofy Major) ont déjà
eu bonne presse par ici donc on ne va pas revenir dessus. Ce
ne sera vraiment pas la peine. Parce que ce premier véritable
album leur est totalement supérieur en tous points. Le
son d'abord, millimétré, précis, ample
et puissant. Les compositions ensuite, même si certaines
sont déjà présentes sur les précédents
enregistrements, prennent ici une tournure autrement plus captivante.
Je résume : avant c'était bien, maintenant c'est
de la balle. L'alchimie mélodie/puissance développée
par One Second Riot rappelle (dans un genre musical bien différent)
l'équilibre qu'avait pu trouver feu Portobello Bones
sur leurs premiers disques. Surtout, les incantations de ce
noise rock polaire et stylé ne lâchent pas l'auditeur
: ce disque est bourré de hits que le groupe se plait
à perturber délibérément en partant
à mi course dans des directions différentes et
au détour d'une ligne de chant, d'une mélodie,
d'un rythme, il m'arrive parfois, même de très
loin, de penser à Bästard (merde
je viens
de me faire avoir). Un disque, on l'aura compris, qui ne donne
pas dans le festif ensoleillé.
Ce premier album sans titre est publié sous la référence
MUF 001 par Music Fear Satan, catalogue de vente par correspondance
à conseiller et déjà responsable du label
e-vinyl (qui comme son nom l'indique ne publie que du vinyle).
Ce garçon semble avoir quelques autres bons projets pour
l'avenir. A noter également que les deux One Second Riot
feront partie -avec Abronzius, Year Of No Light et Kill The
Thrill- d'un 25 cm consacré à des reprises de
standards 80's qui sortira lui sur le label lyonnais Atropine.
Notre duo chéri a osé s'attaquer au One Hundred
Years des Cure mais ça, on en reparlera plus tard
Haz
(07/08/2008)
website groupe onesecondriot.free.fr
website label www.musicfearsatan.com
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O!
The Joy
Zen mode - CD
Distile 2008
On
ne devrait jamais lire la bio d'un groupe. Voir coucher le nom
de The Mars Volta dans la liste des groupes comparés
à O ! The Joy a longtemps retardé l'échéance
et le bouton play s'est enclenché à reculons.
Dix titres plus tard, Zen Mode restera à jamais
dans la pile du fond. Pour une fois, la bio avait raison. Mais
vous devriez également lire la flopé de critiques
unanimement positives laissées sur le site du label parisien
Distile pour apater le chaland. Parce que ce qui suit va être
nettement moins emballant. Disons que si vous aimez le rock-pop
progressif qui pue les seventies à plein nez avec un
soupçon de psychédélisme pompier, de la
technique pour le simple plaisir de la technique et en foutre
plein la vue (surtout aux aveugles), d'horribles soli de guitare
à n'en plus finir comme sur la fin désastreuse
du titre d'ouverture Conceivable test tube baby et un
chant qui tape sur le système (n'est pas le chanteur
de 31Knots qui veut), Zen Mode est fait pour vous. Ca
se veut jubilatoire, ardent, débridé, sautillant
mais la seule chose que je ressente à l'arrivée,
c'est un album pompeux, excessif, sans émotions et bigrement
ennuyeux. Il faudrait dire à ces jeunes américains
que l'originalité ne se fait pas en entassant les styles
en comptant sur sa seule technique pour faire passer la pilule
parce que là, ça sent avant tout la pauvreté
dès qu'on gratte le maquillage tape à l'oeil.
Et bordel, que l'on pende ce Jason Ellis avec les cordes de
sa guitare, qu'on lui coupe le courant, je sais pas, mais faut
faire quelquechose ! La seule raison qui me pousse à
chroniquer cet album, c'est que j'avais foi dans Distile records
qui nous avait relativement gâté jusqu'ici mais
là, c'est grosse plantade, désolé !
SKX
(05/11/2008)
website groupe www.myspace.com/othejoymusic
website label www.distilerecords.com
|
Old
Time Relijun
Catharsis in crisis - CD
K records 2007
Septième
album en dix années d'existence. La cadence est soutenue
mais la question se pose : que peut-on encore attendre du Old
Time Relijun ? Ca fait une paire d'albums que Arrington de Dionyso,
la voix officielle de OTR, ne surprend guère. La recette
est connue. Blues névrotique, rock'n'roll fiévreux
et incantatoire qui doit autant au Captain Beefheart qu'à
Birthday Party, aux Cramps qu'à de vieux groupes blacks
pourrissant près du delta. Le fond de commerce habituel
qui n'a jamais connu de baisse de régime mais auquel
on commence à involontairement s'habituer. Bon dieu de
routine. Et c'est bien dommage. Parce que si cet album était
sorti, allez au hasard, à la place de Witchcraft
rebellion en 2001, on aurait sauté dessus sans
hésiter. La force de OTR n'est pas de se renouveler à
chaque album, inventer un nouveau style à chaque fois.
C'est de puiser dans son réservoir de savoir-faire, son
puit d'émotions crues pour accoucher de morceaux qui
vous prennent toujours aux tripes. Old Time Relijun ne fait
pas seulement du Old Time Relijun. Il fait tout simplement de
la bonne putain de musique. Quatorze nouvelles compositions
où l'inspiration était au rendez-vous, redonnant
comme un second souffle au groupe. L'arrivée d'un saxophoniste
sur quasiment tous les titres n'est sans doute pas étrangère
à cette revitalisation. Benjamin Hartman (la famille
de Aaron Hartman, le fidèle contrebassiste de OTR ?)
n'en fait pas des tonnes. Sa présence reste discrète
mais c'est un indéniable plus. Présenté
comme le dernier volet d'une trilogie après
Lost light et 2012,
Catharsis in crisis ferme la porte de manière
majestueuse. Si OTR possède toujours ce coté rachitique
et sec, ce truc droit dans la face et sans fard, l'ensemble
fait preuve d'une instrumentation un brin plus riche. Le saxo
remplit l'espace, fait le lien entre cette rythmique propulsive
et le jeu squelettique, minimaliste de la guitare de Dionyso.
Dionyso dont la voix est toujours aussi incroyable, large éventail
de vibrations qui fait à elle seule une grande partie
de la magie du groupe. On a beau connaître ses capacités,
elle est une nouvelle fois bluffante. Old Time Relijun, c'est
du combustible interne, une capacité à vous secouer,
la rencontre de Miserlou et des espagnolades (à moins
que ce soit de l'italien, la patrie d'adoption de Dionyso),
d'un rock'n'roll sauvage et d'une très ancienne danse
vaudoue. Des morceaux nerveux comme un coup de trique et des
noirceurs à l'ambiance prenante (le quasi instrumentale
et grandiose Dark matter). Un Nick Cave qui ne joue pas
la carte du symphonique. Une relecture de la cacophonie façon
James Chance and the Contortions, la faute à ce cuivre
insidieux. Mine de rien, OTR renouvelle ses cartouches en douceur,
continue d'écrire de grandes chansons, se sublime même
et inocule la fièvre du samedi soir. On a connu nombres
de groupes qui, à force de se répéter,
se perdent dans le désert. Ca ne sera pas cette fois
ci. Catharsis in crisis est tout simplement un des meilleurs
albums de Old Time Relijun.
SKX
(23/12/2007)
website groupe krecs.com/oldtimerelijun
website label www.krecs.com
sounds IndestructibleLife.mp3
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Overmars
Born Again - CD
Appease Me 2007
Ainsi
donc Overmars a voulu s'essayer au format long. Surtout ne pas
se répéter, évoluer, expérimenter,
repousser un peu plus loin le cadre d'une musique collective
et riche, confère la multiplicité des pistes déjà
empruntées sur l'excellent et précédent
Affliction, Endocrine
Vertigo. J'imagine qu'un tel exercice
n'a pas été sans difficultés, ils sont
quand même six ou sept dans ce groupe, à jouer,
éructer, taper ou marteler. Alors se mettre tous ensembles
pour engendrer un seul et unique morceau de près de quarante
minutes
C'est très logiquement que celui-ci s'intitule
Born Again, parce qu'il s'agit à la fois d'un nouveau
disque d'Overmars -pour en faire un résumé succin
mais limitatif : du hard core down tempo orienté doom
(ou l'inverse, c'est comme on veut) traversé de passages
atmosphériques et indus- mais surtout il s'agit de tout
autre chose, d'un voyage intense et douloureux s'achevant par
une étrange sensation de vide dont paradoxalement on
ressort comblé. C'est que ce disque, jouissif à
force de puissance évocatrice, est épuisant, mais
dans le bon sens du terme. Un côté orgasmique dans
tout ça.
L'intro répétitive de Born Again avec ses guitares/monolithes
pourrait faire irrémédiablement penser à
du Swans première grande époque (les albums Filth
et Cop), mais en un peu plus gras, si Overmars n'osait
rapidement brouiller les pistes : le chant masculin et monstrueux,
tendance death/thrash, est rapidement supplanté par une
longue intervention de la bassiste, intervention qui semble
exploser sur place et perturbe fort à propos une dynamique
terriblement efficace et donc sciemment vouée à
l'échec. Rien ne doit être facile. Certains passages
abusent de la répétitivité et frisent l'écoeurement
- comme celui où une deuxième voix masculine débaroule
pour hurler jusqu'au déchirement - alors que d'autres
explorent toutes les potentialités de sonorités
électroniques (très bon travail du clavier/sampler)
ou permettent à un chant plus clair mais tout aussi prenant
et pesant de s'exprimer. Ne pas oublier non plus qu'Overmars
est un vrai groupe de guitares et que celles-ci sont parfaitement
traitées par la production/mixage de Nicolas Dick (Kill
The Thrill) qui décidément est devenu un incontournable
: le son de la basse qui joue plusieurs fois un rôle fédérateur
est énorme et celui des deux guitares, que ce soit dans
le registre du riff aiguisé et appuyé que dans
celui du tricotage d'ambiances lugubres, est précisément
excellent.
Reste que ce seul et unique morceau passe comme une lettre à
la poste en ce sens que le temps -celui de l'expérience
que dure toute l'écoute de Born Again- semble aboli :
l'effet n'en est que plus perturbant et emprunt d'une étonnante
réalité, une réalité palpable. Un
disque épuisant je l'ai déjà dit, mais
au final captivant et
bénéfique, c'est-à-dire
riche d'enseignements et d'impressions pour celui ou celle qui
écoute, attentivement et médusé(e).
Haz (28/10/2007)
website groupe www.destroyalldreamers.org/
website label www.e-c-h-o-e-s.com/Appease_Me/index.html
sounds born_again_sample1.mp3
| born_again_sample2.mp3
| born_again_sample3.mp3
Pour lire le compte-rendu de la release party, c'est par ici
|

Ovo
Croce via - CD
Load 2008
|

Ovo
Miastenia - CD
Load 2006
|
On
était resté sur Cicatrici
en 2004. Depuis le duo Ovo a eu le temps de sortir deux albums
pour l'américain Load records. L'assurance d'une exposition
plus grande sur un label réputé pas facile pour
les tympans. Le dernier album en date s'appellent Croce Via.
On retrouve les deux italiens de service sous la forme primaire
qu'ils affectionnent tant. On retrouve surtout la voix unique
de Stefania Pedretti. Une voix de camionneuse qui bouffe les
cigarettes sans les filtres et qu'elle transforme à volonté
en japonaiserie à la sauce italienne ou en diva trash.
Mais l'effet de surprise s'est estompé. N'empêche,
ça reste l'atout majeur et le garant d'une certaine originalité
parce que derrière, l'accompagnement musical rame pas
mal. Batterie minimale pour le monsieur barbu. Guitare ou basse
en plus pour la dame chanteuse. Pas des tonnes de possibilités
mais des duos qui font du bordel comme douze avec si peu et
font preuve d'inventivité, on en connaît une sacré
paire. Ovo a choisit cette fois la voie de l'austérité.
C'est sec, rugueux, écrasant et plus grave que jamais.
Un truc à te gâcher ton début d'année.
Ce qui n'est pas un problème en soi vu qu'on aime bien
se foutre la tronche dans le sac. Mais là, les compos
ne décollent pas vraiment. Ca manque d'ampleur, de folie
ou plus simplement, ça manque d'inspiration ! La batterie
ronronne, tourne en rond. Les lignes de basses ne renversent
rien sur leur passage et la guitare à bien du mal à
transcender toute cette lourdeur. C'est à l'image du
dernier titre de treize minutes Via crucis. On attend
désespérément que quelquechose se passe
et on s'ennuie ferme sur ce Croce Via.
Préférez
lui nettement son prédécesseur Miastenia.
Ya largement plus de vie là-dedans grâce notamment
à une instrumentation plus riche. En plus de l'indéboulonnable
batterie/guitare-basse, le couple rital a mis du piano, du violon,
de l'harmonica et c'est largement plus vivable. Les compos sont
variées, passant allègrement de la comptine perverse
(Coco) à la charge de Mammut. L'ami Bruno
à la batterie fait preuve d'une imagination plus élaborée
pour ses rythmes pendant que la donzelle nous fait voir tout
l'étendue de son talent au chant. Même les vingt
minutes finales du dernier morceau passe sans (trop) forcer.
Dommage donc que le duo italien ait choisit depuis la voie de
la récession
SKX
(01/01/2009)
website groupe www.myspace.com/ovobarlamuerte
website label www.loadrecords.com
sounds ostkreuz.mp3
(Croce via)| mammut.mp3
(Miastenia)
|
Ovo
/ Sinistri
Phonometak Series 3 - 10''
Wallace / Phonometak Laboratories 2007
J'aurais
aimé vous parler du pays et surtout de l'objet. Un 10''
sorti officiellement et uniquement en vinyl et tournant à
la bonne vieille vitesse de 33 tours, avec une pochette faite
par des artistes triés sur le volet. Mais c'est un CD
gravé au burin qui échoit entre mes mains avec
deux pistes pour chaque artiste, Ovo et Sinistri, censé
représentés en tout sept morceaux. Abstraction.
Les séries Phonometak ne sont pas comme les soirées
de Madame l'ambassadrice. Ca rafute derrière les canapés,
on trousse les débutantes et les sons émis ne
sont pas jolis jolis. Né de la rencontre des labels italiens
Wallace et Phonometak Labs, le label tenu par Xabier Iriondo
(musicen-ès-collaboration), Phonometak Series
en est à son troisième volume (le 1er était
un split entre Zu + Xabier Iriondo et Iceburn et le 2ème
entre Mats Gustafsson et Paolo Angeli, faudra vous en reparler
une autre fois) avec le duo Ovo et les quatre Sinistri et l'omniprésent
Iriondo en guest star à chaque fois. La voix de Stefania
Pedretti étonne toujours autant. Il faut encore une fois
se pincer pour croire que ce raclement de fond de gorge est
celui d'une femme. Son ami le batteur Bruno Dorella joue le
minimalisme sur un tom basse, une caisse claire, une cymbale
ride et puis c'est tout. Ces deux là forment Ovo, un
couple iconoclaste dans la représentation. La dame ne
maltraite pas que ses cordes vocales. Celles de sa guitare et
éventuellement celles d'une basse passent un mauvais
quart d'heure. Leur dernier album est sorti sur Load records.
C'est un signe. Non pas de santé mentale mais qu'il va
falloir se coltiner des barjots qui aiment rendre le rock pervers
en plus d'être très primaire.
Si Iriondo ne collabore que sur un titre de Ovo, c'est à
temps plein qu'il squatte Sinistri (ex-Starfuckers). Le Metak
Funk report et le Metak Dub report. Deux titres qui
en disent long sur cette musique malade de rythmes retravaillés,
de sons électroniques erratiques, de rythmes bancals.
Sinistri, ça sent la sinistrose, un sale dub à
deux de tensions et un funk qui a tout perdu son jus. Un split
et une série qui laissent la part belle au hasard et
à l'expérimentation. Dans Phonometak, il
y a Laboratories. Pour le meilleur et pour le pire
SKX
(03/12/2007)
website groupe www.sinistri.org
| www.myspace.com/ovobarlamuerte
website label www.wallacerecords.com
| www.soundmetak.com
sounds ovo-tiki2007.mp3
|
|
Oxbow
The narcotic story - CD
Hydrahead 2007
Il
faut entendre Eugene Robinson soupirer Oh Jesus sur fond
de violon au début de Down a stair backward. C'est
toute la détresse humaine qui vous tombe sur les épaules.
Tout un symbole. Toute la beauté et toute la force d'un
album qui, dès les premières mesures, sonne à
part dans le paysage musical actuel et dans la discographie
déjà conséquente du groupe de San Francisco.
Ou plus précisément, un pas en avant, un de plus,
une prise de risque pas surprenante quand on s'appelle Oxbow
et qu'on aime pas faire deux fois le même album. Une mise
à nue à laquelle ils devaient forcément
y arriver un jour tant ils ont sans cesse flirté avec
les sentiments à fleur de peau tout au long de leurs
cinq précédents albums. Sauf que cette fois-ci,
au lieu de les cacher sous les décibels, Oxbow joue la
carte de l'orchestration. Violon, xylophone, piano, guitare
acoustique, accordéon, etc
Tout est écrit
et dirigé de main de maître par le guitariste Nico
Werner, s'intercalant avec grâce entre le traditionnel
guitare-basse-batterie. L'ossature reste là, bien présente,
continuant à déverser son lot de riffs et de rythmes
secs mais tout est désossé. Chaque instrument
est à sa place, laissant respirer son voisin et ça
claque. Les compositions restent déliées, explosées,
les premières écoutes vous perdent, comme souvent
avec Oxbow, avant que l'évidence ne s'impose. Des fulgurances
mélodiques qui nous renvoient à l'album Let
me be a woman. Tout le talent de grands musiciens pour rendre
limpide des morceaux qui ne font rien dans la simplicité.
Des titres à faire chialer, des titres qui prennent aux
tripes ou pour s'envoler, pleurer à nouveau, émouvoir,
des éclairs d'espoir inhabituels s'asseyant auprès
d'une colère sous-jacente toujours, d'un désespoir
latent avec cette distance et rugosité qui donnent de
l'épaisseur, qui fait de Narcotic story, un album
de rock à part entière et sans chichi. Et au milieu
de cet océan, Robinson, crooner, pleureur, hurleur, habité
par son chant comme un comédien qu'il est à ses
heures perdues. Eugene est beau. Eugene est grand. Terriblement
bagarreur et plus que jamais humain, se dévoilant sans
honte mais pas assez pour que le mystère et l'aura de
la personne ne disparaissent. L'album sans doute le plus accessible
de leur discographie mais tellement exigeant. De cette exigence
qui ne rend pas le succès facile mais qui donne des albums
cultes. On a pas fini de creuser ce disque. Dans 20 ans, on
l'écoutera comme au premier jour, passant allègrement
les années et les modes, transmis de génération
en génération, comme un secret bien gardé.
SKX
(08/10/2007)
website groupe www.theoxbow.com
website label hwww.hydrahead.com
sounds www.hydrahead.org/hh/oxbow_site
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