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L'OCELLE MARE s/t
L'OCELLE MARE Porte d'octobre

OCRE
Démo
OCRE / ETHYLEEN LEIDING Twin Powers II
OFF MINOR The heat death of universe
OFF MINOR Innominate
OFF MINOR Some Blood
OFFONOFF Clash
OLD MAN GLOOM seminar II : the holy rites of primitivism regressionism
OLD TIME RELIJUN witchcraft rebellion
OLD TIME RELIJUN la sirena de pecera
OLD TIME RELIJUN Lost light
OLD TIME RELIJUN 2012
OLD TIME RELIJUN Catharsis in crisis
THE ONE AM RADIO A name writ in water
ONEIDA Secret Wars
ONE SECOND RIOT self-titled
ONE SECOND RIOT / SOFY MAJOR Split 10''
OPTIMIST CLUB Ripped & psyched : how to be a winner
ORCHID s/t
ORCHID Dance tonight ! Revolution tomorrow !
ORCHID/JEROMES DREAM s/t
ORCHID chaos is me
ORCHID / THE RED SCARE s/t 7''

ORRIN DE FOREST/JAZZFINGER split album
ORTHRELM asristir veildroixe
ORTHRELM iorxhscimtor
O! THE JOY Zen mode
OTK Sona a kuva
OVA ! / HAPPY MOTHERS DAY, I CAN'T READ The Number on my Forehead is gone
OVERMARS / FUGüE Our dreams walking their way, chapter 3
OVERMARS / DONEFLOR In the arms of octopus
OVERMARS Affliction, endocrine… vertigo
OVERMARS Born Again
OVO Cicatrici
OVO Croce via / Miastenia
OVO / SINISTRI Phonometak Series 3 - 10''
OXBOW The narcotic story
OXBOW / WHITE TORNADO Oxbow meet White Tornado
OXES oxxxes
OXES / ARAB ON RADAR s/t
OXES s/t
OXES Oxes - CDEP


OFF MINOR
" The heat death of universe " - Lp
Clean Plate 02
Off Minor, major de sa promotion. A l'école très fournie des Yage, Yaphet Kotto et autres groupes emo criés et chaotiques, on aurait pu craindre le pire. Mais c'était sans compter sur ces ex-Saetia, des plus tout jeunes à qui on ne l'a fait pas, qui ont de la bouteille et suffisamment de recul pour ne pas proposer une énième resucée. Off Minor est bouillant, ne laisse aucun répit en enchaînant tous les morceaux. Un trio dont les guitares ont beaucoup à dire, criant sur tous les toits leur colère mais bavardant aussi par arpèges multiples et distingués. Déchirant et suppliant. Les défenses sont dérisoires. Je hais. Je tremble. Au contraire de nos confrères suscités, je suis plus direct et franc du collier. Mais partout des dissolutions, des moments de doutes, tendu à l'aigu. Inutile de nier l'évidence. Une réalisation solide et revigorante. Un maximum de tripes et de cérébral. Les cris résonnent encore longtemps une fois la torpeur de la nuit abattue. Un de ces petits bijoux qu'on a plaisir à chérir loin des foules.
SKX (15/10/2002)
OLD MAN GLOOM
" seminar II : the holy rites of primitivism regressionism " - 2xLp
Trust No One/Tortuga 01
Old Man Gloom se distingue d'abord par son pedigree. Comprenez là-dedans des membres de Converge, Isis et Cave In. Il existe croisements plus bâtards. Old Man Gloom, rassemblement épique qui se définit lui même comme un "institut top research developers". Et pour cause, cet album - qui a la particularité de présenter seulement trois faces gravées sur les quatre que compte ce double album en vinyl, la dernière c'est le désert - est une longue expérience sur le son, un travail de laborantins avec le souci de précision d'un horloger suisse. On alterne donc entre courts échanges incisifs et brutaux issus d'un dédoublement entre Isis et Monster Magnet et de longues plages ambiantes et expérimentales. Entre mini-hymnes aux riffs drôlement efficaces, bien gras et sons lunaires, sortes de Pink Floyd débourré par Black Sabbath. Tout ça selon un découpage inébranlable : un coup je t'astique, un coup je t'endors dans les méandres de mes triturations soniques, un coup je repars de plus belle, un coup je te calme à tout jamais, etc.... Le tout sonne quand même bien seventies et psychédélisme froid. Forcément, on n'est pas épargné par quelques longueurs. Le temps est parfois un peu longuet entre deux ruades. Paraît-il qu'un album version courte avec uniquement les morceaux les plus virulents est sorti.... Sinon pour ceux qui aiment "2001, l'odyssée de l'espace" mixé avec "Mad Max", cette bande-son cultivée par les technologies les plus poussées est édifiante. Et le vinyl (sur Trust No one) avec sa double pochette du plus bel effet. Bienvenus dans les nouveaux ordres.
SKX (12/03/2002)
OLD TIME RELIJUN
" witchcraft rebellion " - CD
K records 01 01
Un drôle de gaillard que ce Aarington de Dionyso. Le mec qui se met sur le devant de la scène, qui accapare toute la lumière, dégivre les congélateurs et emmène son trio pouilleux sur des pistes cailloutées bombardées de nids de poules. OLD TIME RELIJUN puise son énergie dans le rock. Le rock'n'roll, rustre et sauvage, du brut de décoffrage. C'est les tripes, l'éclair et la vitesse. Et tous les cadavres qui traînent sur la route sont pour eux. L'attitude punk, des éléments de free-jazz frénétique ("fermentalio", solo (cri isolé) de clarinette sur distorsion à moteur compréssé). Une rythmique tour à tour hypnotique tellement qu'elle est rigide dans son beat ou funk quand elle balance dans le move. La température de la piste en prend alors un sale coup vers le haut ("mystery language", "king of nothing", standard rock par excellence). La grande classe. Le son est primitif avec un grain chaleureux. Rock sorti du garage, blues à l'haleine chargée, folk musique qui se possède les soirs de pleine lune, OLD TIME RELIJUN fusionne à tour de bras avec comme unité centrale l'instinct. Et Aarington de Dionyso donc. Une voix à mi-chemin entre l'incantation et le grognement, la folie douce et les envolées lyriques. Un jeu de guitare névrotique qui tient sur une seule corde. Cet illuminé vous file un vrai coup de boost. Faut l'entendre se démener, moduler sa voix, passer de l'outre-tombe aux aigües, tourner autour du rythme, le taquiner, le dérégler, emmener le morceau bien installé vers des contrées surprenantes. Un troisième album encore plus varié, sexy et déglingué, habité par des sentiments violents sans oublier la touche mystique. Jon Spencer rangé des bagnoles, Make Up aux oubliettes, Old Time Relijun passe à toute berzingue, enrhume tout ce beau monde et creuse son propre sillon. Du sang, du sexe, de la noirceur. Tout pour nous éclairer.
SKX (30/06/2001)

OLD TIME RELIJUN
" la sirena de pecera " - CD
K records 00
La terre bascule. L'air me fait défaut. Je sue. Les flammes me lèchent les fesses. La cacophonie primitive de Old Time Relijun est avancée. On plonge dans le bayou, moite et lubrique. On se fait trimbaler dans une vieille remorque traînée par un Birthay Party minimaliste, un John Spencer du pauvre avant qu'il ne parte à la pêche. Un trio américain porté à bout de voix par un leader au nom pas possible de demi-dieux, Aarington de Dionyso, supportant tous les maux de la terre, compositeur en chef, jusqu'aux dessins de la pochette et clarinettiste possédé sur un " urge and urge and urge.... " (tout est dit) maladif. Le batteur a beau tapé dans tous les sens et le contrebassiste s'arracher les ongles, le patron c'est lui ! Jeu de guitare squelettique, voix prépondérante d'un mec qu'on imagine hululer sous la lune (pleine bien sûr). Mais le clou du spectacle, sur lequel tu viendras te crucifier mon fils, ce sont les 3 premiers titres de précédents enregistrements, en version espano-italiano-portugaise (vision hallucinatoire d'une triptyque victorieuse d'un onze mythique bien sûr !) qui transforment ce blues rachitique en corrida frénétique, le taureau par les cornes, les couilles en bandoulières. Reste plus qu'à se taper ça en concert, car cette messe doit être autrement payenne !
SKX (25/07/2000)
ORCHID
" s/t " - Lp
Ebullition 02
L'adieu aux armes. Orchid, de par sa trajectoire, ne pouvait avoir qu'une vie courte, cependant bien remplie et avec toute l'intensité qu'il fallait. Après un album, un mini (on retrouve les deux désormais sur un même disque) et une pleine besace de (split) singles, Orchid nous quitte, le feu toujours au cul, certains d'avoir fait le tour de la question. Toujours aussi pressé d'en découdre, ce disque n'apporte aucune eau au moulin de Orchid. Ce mélange ultra abrasif de screamo-hardcore sans concession et ses passages emo pour se remettre de l'ordre dans les idées. La recette a fait ses preuves. Orchid l'applique en grand connaisseur. Titres uppercut. Les guitares qui cognent et noient la batterie. Déluge de feu mais qui laisse passer des écorces de mélodies et les sentiments à fleur de peau. Cet album n'est ni moins bon ni meilleur que les précédentes fournées. Mais Orchid était suffisamment malin pour savoir que leur style suicidaire n'était pas fait pour la durée, qu'il était temps de se saborder avant que la redite et l'essoufflement ne viennent à bout de leurs idéaux adolescents. Savoir arrêter la machine infernale à temps et offrir en guise d'adieu un témoignage solide pour un groupe qui aura su marquer la petite histoire du hardcore de façon indélébile….
SKX (24/02/2003)

ORCHID/JEROMES DREAM
" s/t " - 10"
Witching Hours 00
Avant d'en prendre plein les oreilles, c'est vos orbites qui sortent de la tête ! L'objet est suffisamment pas banal pour qu'on ne s'y attarde pas un peu. D'abord il est pas rond ce disque. Il est tout mal découpé et il a la vague forme d'une tête de mort qu'a trop fêté un enterrement (à moins que ce soit la forme de l'Australie parce qu'à Witching Hours on aime fêter les Jeux Olympiques ah ah). Et il est gravé que d'une face et le disque, il est pas tout noir, il est tout blanc ! Après, si vous mettez pour la première fois ce disque un lendemain de gueule de bois, il vous faudra bien 5 minutes pour comprendre le mécanisme ! Et ouais, c'est le seul disque qui commence par le milieu et qui retourne en arrière jusqu'au début. C'est à ce prix là que vous écouterez les 4 titres de Jeromes Dream ! Et pour les 4 de Orchid, on repart pour un tour au milieu, et là, miracle, ça tourne dans le bon sens. L'autre, celui qui va vers le centre ! Dingue non ?! Alors la musique, elle peut saigner tout ce qu 'elle veut, ça ne surprend plus ! Orchid se démène comme sur son indispensable album sur Ebullition records. Un cercle infernal qui pue toujours l'urgence. Jeromes Dream a également du répondant dans un registre plus emo-violence. Une voix hystérique qui se fracasse dans les aiguës, des compos affolantes et plus convaincantes que les derniers titres disséminés sur des (split)45 récemment, à réveiller les morts et empêcher de tourner en rond un disque caréné pour l'obstacle !
SKX (24/07/2000
THE RED SCARE/ORCHID
" " - 7"
Hand Held Heart 00
Comme un robot, sans un gramme de réflexion, 2 de vos groupes fétiches qui sortent n'importe quel misérable bout de vinyl et, les doigts dans le nez, les autres dans la prise, vous foncez ! Et le bonheur de se prolonger. Sur Hand Held Heart, le label qui monte, qui monte, vous avez le droit à un inédit de THE RED SCARE, dans la plus grande tradition de leur remarquable 1er album " Capillary Lockdown ". Les rejetons de Shotmaker et leur emo-noise musclé et racé. Sans non plus renverser la baraqua avec ce titre ! Et puis ORCHID, qui compose plus vite que son ombre et ne finit pas de distribuer ses brûlots à tout va. C'est vrai que la longueur météorite de leur compos leur permet l'abondance. Cette fois, 3 titres, idem pour la tradition et la baraqua, avec juste un " she has a cold, cold heart " à vous réconcilier avec votre grand-mère. Une guitare bien tranquille, un piano, un quatre pistes et vos larmes pour pleurer. Plus qu'à remonter le robot pour sa nouvelle commande....
SKX (03/08/2000)



ORCHID
" Dance tonight ! Revolution tomorrow ! " - 10
Ebullition 00
Eclatez-vous tant qu'il est encore temps, les choses sérieuses commencent demain ! ORCHID sort son nouveau flingue. Un petit joujou 10 coups qui s'enclenche en 45 et cisaille en rafale en un quart d'heure à peine. Orchid ou la musique nourrit l'esprit. A moins que ce soit le contraire. Sur fond de moultes citations de Jaques Attali, leur gourou du moment, Orchid théorise sur la musique, " cette organisation du bruit ", sort l'étendard révolutionnaire et veut donner de la conscience à son idée du chaos. Leur discours me gave rapidement, autant dire de suite. Surtout que la rage qui suinte de leur musique suffit amplement à vous botter le cul. Le reste est littérature ! Produit par Kurt Ballou, ce nouveau Orchid marque encore plus nettement le contraste entre ces purs moments de hardcore furieux et intenses et des passages noirs et très calmes où seule une mélodie minimale de guitare guette l'arrivée du chaos. Des titres ultracourts, le micro au fond de la gorge, des guitares en travers de la gueule. Du binaire dans les rythmes, tellement direct et intense où toute leur colère intériorisée y passe. Et un dernier titre " and the cat turned to smoke ", pauvre bête, à faire chialer plus d'un hardcoreux endurci. Une mélodie toute simple, ça monte crescendo sans jamais exploser, c'est appuyé par un violon qui soutient les guitares et ça vous laisse pantelant. Ce Orchid est comme le précédent, frustrant car trop court et si bon mais c'est le format qui sied le mieux à cette urgence, on se demande d'où elle vient. Les doigts dans la prise !
SKX (20/02/2001)
ORCHID
" chaos is me " - Lp
Ebullition 99
Attachez votre ceinture, le voyage va être court, intense, une longue ligne droite trépidante et transperçante. Pied au plancher, Orchid s'égare rarement au-delà des 2 minutes. Seul convient la lucidité aiguë. "Death of a modernist", "boy with no arms", "invasion USA". Le désordre c'est moi. Une bonne dose de rage, une furie noise, un boulet de canon hard-core qui vous renvoie direct à Guyana Punch Line, In/Humanity, Rubbish Heap. Powerviolence. Un bloc rebelle auquel on pourrait juste regretter cette masse monolithique, ce manque de variances, excepté quelques chicanes et une ou deux descentes. A moins que toute la force réside en cette incandescence primaire. A moins de prendre cet album comme un seul et long orgasme, un seul titre d'un terrible instant, un long cri d'agonie et de colère mêlées. L'essence même du punk retrouvée. Car au vrai, nous vivons sous la carapace du tremblement.
SKX (27/12/1999)

ORRIN DE FOREST/JAZZFINGER
" split album " - Lp
Traqueto 02
Une belle brochette de branleurs en provenance d'Angleterre. N'y voyez rien d'injurieux là-dedans, c'est juste l'impression qui s'en dégage, à regarder de près les montages photos niveau maternel. Ya plus de respect! Orrin de Forest cache bien son jeu. Car avec toute cette présentation, on aurait pu s'attendre à un hardcore des plus basique et bien poisseux. On en ressort lobotomiser avec un hardcore certes couillu et qui file droit mais avec une bonne dose d'expérimentations, de retenu et des guitares en sons claires taillées pour la vitesse. Comme une version simplifiée de Dazzling Killmen. Pas de panique, on est encore loin des maîtres mais l'idée est là. Dommage que le chant soit un peu trop systématiquement hurlé, à la limite de la rupture et que le chien du voisin n'arrête pas d'aboyer. Avec Jazzfinger, le registre change. Elevation du corps. Instrumentale et cotonneuse, l'ennui guette avec cette musique et si elle nous emmène quelque part, c'est plutôt vers les strates de l'ennui. A tendance expérimentale, un duo tout en guitares qui n'en finissent pas de jouer la même partition, avec bidouillage dans le fond à l'appui et cordes qui cassent. Idéal pour faire de beaux songes et un split pour le moins manichéen.
SKX (27/08/2002)
ORTHRELM
" asristir veildroixe " - Lp
Troubleman 02
Aux frontières de l'impossible, Orthrelm n'est tenu. Avec leur précédent disque, ce duo épileptique guitare-batterie composé d'un ancien Crom-Tech (Mike Barr) était déjà à la limite de nous filer une crise de nerf. Cette fois, Orthrelm nous les pèle menu-menu. Un seul morceau découpé en 99 temps. Ou 99 morceaux hyper-courts qui ne forment qu'un. Au choix. Mais le résultat est le même : super casse-couille au bout de trois minutes (pour les plus courageux). Dire que je me suis fais la totale! Il faut que je consulte d'urgence. Guitare stridente qui défile ses gammes comme si elle avait un peloton de CRS en rut à ses fesses, en totale libre-improvisation comme la batterie. Ultime bruyance. Pour l'autre face, iIs ont eu pitié. Des gribouillis aussi incompréhensibles que leur musique sont gravés. Un disque uniface et tout blanc. Beaucoup de temps perdu pour rien (ou presque).
SKX (03/09/2002)

ORTHRELM
" iorxhscimtor " - CD
Tolotta 01
Heureusement que c'est un CD autrement je me serais demandé si ça tournait à la bonne vitesse! Mike Barr, ancien guitariste de Crom-Tech , s'est trouvé un autre esclave à la batterie (Josh Blair) et sort sur Tolotta, le label de Brendan Canty (bassiste de Fugazi), 12 titres qui énervent bien en 16 minutes. Ou devrais je dire, un seul morceau découpé en 12 temps. Tout défile comme un TGV graissé à l'huile de phoque. Tout se ressemble certes. Seules des écoutes répétées (attention tout de même, pas d'abus!) permet de sentir les subtils changements. Un son de guitare bien grinçant et aiguë. Un batteur qui s'est greffé des bras supplémentaires. Le guitariste joue plus vite que son ombre. Une grande démonstration technique et jubilatoire de leur talent. Complémentaire dans le chaos. Comme un Melt-Banana aphone en 78 tours. Etourdissant. Bien penser à prendre une grande bouffée d'oxygène avant de se lancer dans l'écoute de cet album au nom imprononçable et à la durée parfaite. Au delà, c'est une balle dans la peau pour chacun.
SKX (12/02/2002)
OTK
" Sona a kuva " - CD
Silver Rocket / Minority 03
Casse-tête à la tchèque. La scène locale a un style inimitable, faite de références à de multiples genres musicaux mais suffisamment flous pour brouiller les cartes et accoucher d'un truc personnel mais pas trop. Enigmatique OTK, passé maître dans l'art de sculpter son moule en piochant à gauche et à droite. Le rythme est généralement lent avec un petit coté cool et détendu du gland à la Morphine. Une coloration chaude et bienveillante accentuée par la présence de cuivres qui nappent le fond. Et alors qu'on s'y attend pas, l'arrivée, discrète, mais tout de même bien présente d'un certain DJ Braindead sur deux titres pour quelques scratchs rapides. Des éléments acoustiques, des percussions et tout un attirail d'instruments, OTK se donne les moyens de s'habiller pour l'hiver et ne ménage pas ses effets. Bizarrement, ce deuxième album ne sonne jamais surchargé. Au contraire, place est faite aux non-dits, aux silences, à la respiration où chaque instrument la ramène le temps d'un soupir, d'une multitude d'arrangements qui s'enfilent, broderie fragile et éphémère. Tendance à l'évaporation d'une musique qui ne manque pas d'air mais extrêmement volatile, tellement insaisissable qu'elle a du mal à capter notre intérêt.
SKX (03/11/2003)

OVERMARS/FUGüE
" Our dreams walking their way, chapter 3 " - CD
Waiting for an angel / Cetacean 03
Les rêves continuent leur chemin avec ce troisième volume du match très serré entre le Japon et la France. Pour l'occasion, Waiting for an angel, initiateur du projet, se fait seconder par un tout jeune label, lyonnais également, Cetacean (c'est assez Anne?). Laissons cette pauvre fille de coté et attaquons-nous à ce mont damné que représente ce disque. Légèreté, futilité, espoirs, autant de mots absents du vocabulaire, qu'il soit français ou japonais. Overmars, c'est six mecs au fond du puits d'où un terrible grondement ressort. Tout ce qui est lourd et oppressant, c'est pour leur gueule. En digne fils de Neurosis, ils accentuent leur coté mélodique par rapport à leur précédent split avec Done For. Ca donne trois titres à la longueur vénéneuse qu'une production presque trop léchée empêche d'apprécier à sa juste valeur. Putain, faut que ça saigne ! Sale et méchant, c'est comme ça qu'on apprécie ce genre de musique. Avec Fugüe, la trace du char se fait encore plus profonde. Osaka est leur fief. Et leurs démons s'appellent Doom, Sludge, Crust et Metal. Autant de mamelles pour lesquelles je n'ai qu'un appétit modéré pris séparément. Pris communément, la mayonnaise devient plus digeste. De là à finir le plat et en redemander, ya une addition que je ne demanderais pas ! Voix éraillée et psalmodiant, ambiance poisseuse et malsaine, grosses tâches et samples neurosiens (tiens, encore eux !), riffs de trois tonnes et tous les malheurs du monde, Fugüe est un drôle de typhon que les plus courageux et fans d'entre vous auront peut-être la chance d'en voir l'œil. Ce chapitre trois, toujours aussi bien emballé, est un dur voyage vers des rêves des plus sombres. Bonne nuit !
SKX (23/12/2003)
OVERMARS/DONEFLOR
" In the arms of octopus " - split CD
Autoproduction 02
Lyon, ville centrale à ses deux groupes dont le point commun est aussi de partager des membres identiques. Une histoire de famille pour qui ce split CD est sûrement une façon de marquer leur amitié et de tourner une page puisque Donefor s'est sabordé et que l'aventure Overmars n'et commencé que depuis le printemps 2001. Alors honneur au passé avec Doneflor. Rien de tonitruant là-dedans. Du hardcore qui tient la route certes. Plein de hargne et de colère rentrée, avec ses parties mélodiques, ses petits airs de metal qui traînent par là mais sans envolées particulières, d'inspiration personnelle qui les distinguerait du lot, ce fameux troupeau. Ma préférence va nettement à Overmars. Lourd, lent, puissant, pas la peine d'y aller par quatre chemins, Overmars ne fait pas dans les paillettes. Rouleau compresseur qui appuie là où ça fait mal, toujours et encore, en rajoute une couche, le même clou, enfoncé, hypnotique dans sa noirceur, voix arrachée ou grosse voix d'outre-tombe (pas ma préférée). Mais leurs influences sont multiples et ces trois titres finissent par trouver leur chemin entre grosse basse qui cogne, larsen qui torturent l'esprit, rythmes répétitifs et petites finesses dans la tourmente qui ne rendent que plus inquiétante leur musique. Idéal pour plomber une ambiance et réfléchir en silence. Overmars ou crève. Et à suivre, évidemment.
SKX (28/04/2003)
OXBOW/WHITE TORNADO
" Oxbow meet White Tornado " - CDEP
Wallace 00
Un disque passé entre les mailles du filet. Avec un beau poisson dont toutes les sorties sont pourtant guettées avec attention. Oxbow, le quatuor chéri de San Francisco, a enregistré sur ce label italien et dans un anonymat complet deux titres. Point. On pourrait s'arrêter là car ces deux titres n'ont rien d'exceptionnel. Ca fait la part belle à l'expérimentation avec acoustique trafiquée et voix passée au karscher. Je ne sais pas si c'est leur nouvelle direction musicale ou si ce sont des fonds de tiroirs recyclés mais c'est à réserver aux plus aficionados d'entre vous. En compétition également, White Tornado. Des spécialistes italiens du split de luxe. A leur actif, un split 45 avec Colossamite. Ce fut la grande révélation d'alors. Noise extrême façon Unsane meet Jesus Lizard. La prise était aussi belle qu'inattendue. Cette fois-ci, trois morceaux enregistrés six mois plus tard (en 98...) et le soufflé est quelque peu retombé. Leur noise a perdu de son intensité, le son d'ampleur et la tornade n'est plus aussi cinglante. Le match entre Oxbow et White Tornado tourne court. Dos à dos aux vestiaires.
SKX (11/07/2001)
OXES
" oxxxes " - CD
Monitor 02
Oxes, merveilleux branleurs. Le succès d'un groupe ne s'arrête souvent pas (hélas) à la seule qualité du groupe. L'image, le discours, la provocation, tout est lié, tout est bon pour faire parler de soi. Après le vrai-faux split avec Arab on Radar, Oxes déclenche une vraie-fausse polémique avec ce second album. Les 3 "x" du titre ne sont pas pour "straight edge" mais pour une allusion fine à la pornographie. Pochette avec une fausse manif où les trois gars de Oxes sont poursuivis par une meute en délire leur reprochant (en gros) leur manque de puritanisme. Affiches censurées (ou non?) car trop osées (oh, pas de quoi fouetter un chat pour la vieille Europe, mais de quoi heurter la sensibilité outrancière de quelques américains toujours enclin à laver plus blanc que blanc). On ne sait plus trop démêler le vrai du faux. L'important, c'est que ça mousse. Et surtout qu'on ne s'ennuie pas. 15 ans d'âge mental. Mais dans un monde noise/rock/indé trop souvent sclérosé et intellectualisé, où l'image ne finit que par en faire une, l'esprit railleurs et volontiers sarcastiques d'Oxes apporte une vraie bouffée d'air frais. Ca vaut ce que ça vaut mais ça rompt la monotonie. En plus, quand cet esprit libertaire déteint sur la musique, que le contenu rejoint le contenant, c'est Noël au balcon! Oxes gagne en personnalité. L'étiquette collante Don Caballero est devenue injustifiée (excepté un titre!). Leur noise-math-rock est sain comme une bonne trique juvénile. On sent beaucoup de bonheur et de jubilation derrière cette seconde création. Le grain des deux guitares a cette épaisseur qui les rend palpables, vivantes, tout à tout grasses et félines. Oxes perd en complexité et tracent des lignes droites redoutables. Plus brut et direct que son prédécesseur, Oxes gagnent en efficacité tout en gardant (faut pas pousser non plus) sa part de mystère et ses chemins de travers. L'esprit d'un groupe rock basique (genre AC/DC, groupe auquel on aime les comparer) avec la fraîcheur et l'innovation de tous ces groupes débarqués après Jesus Lizard et Rapeman. Ces huit titres sont pétillants, puissants, malins comme un singe. Avec comme point d'orgue, un magnifique dernier morceau, "russian here", qui dépasse les dix minutes et toutes mes espérances. Oxes rallie passé et présent et même sans chant, réconcilie tout le monde et nous font décharger une pleine bassine de jouissance.
SKX (17/05/2002)
OXES/ARAB ON RADAR
" s/t " - 10"
Wantage USA 01
Le quiproquos du moment. La blague dont on se gausse dans les milieux autorisés. Les trois joyeux drilles d'OXES sont fans d'ARAB ON RADAR, eux-mêmes réputés pour se faire gondoler les portes de prison. Bref, une ambiance de franche camaraderie les unie, poilade générale lors de nombreux concerts en commun. Et l'idée germe dans l'esprit alambiqué d'Oxes de leur rendre un hommage déguisé en sortant ce faux split. D'un coté Oxes et deux inédits de leur cru. De l'autre coté, trois morceaux d'Arab on Radar mais joués toujours par Oxes et sans aucunes indications sur la pochette pour encore mieux tromper l'ennemi! Et tout ça sans avertir les intéressés. Seulement, au final, AOR et Skin Graft ravalent leur humour et prennent très mal la blague! Qui partait d'un bon sentiment, jure, crache Oxes, qui, oh! grand jamais, ne comptait se faire de l'argent sur le dos d'AOR en utilisant leur nom et en abusant leurs fans. Un projet bien loufoque qui avait le mérite de dérider un milieu rock indé parfois bien trop propre sur lui. En attendant le règlement de compte final, Oxes continue sur la même longueur d'onde. Des titres à coucher dehors pour une musique noise-rock instrumentale qui ne se mord pas la queue, ne se regarde pas le nombril et intello, qui ne se prend pas le manche façon Don Caballero nouveau. Une musique par essence rock, entertainment, au fer rouge, vivante. Et des imitateurs hors-pairs car les trois titres d'AOR qu'ils exécutent sont à s'y méprendre conformes aux originaux, voix suraiguë comprise! Le rock a besoin de plus de groupes comme OXES!
SKX (02/05/2001)
OXES
" s/t " - CD
Monitor 00
Ca va être monumental. On le pressentait. On l'espérait. Les 3 titres précurseurs sur le split CD avec Big'N, tels des messagers d'une grande nouvelle. Ca frétillait d'impatience, une vraie pucelle avant son premier bal. Et on l'a, la confirmation. La confirmation d'un nouveau trio, originaire de Pittsburgh, roi du noise-rock moderne. Made in USA et universel. Mort à Shellac. Fini Jesus Lizard. La relève est là. Don Caballero n'a plus qu'à se réveiller. Avec une seule batterie et deux guitares, OXES enlève la palme. Ca commence avec un "dear spirit, I'm in France", titre sibyllin et toute l'essence d'OXES en quelques notes. Ca part en free, arpèges déclinées dans le désordre et hop, le riff, impeccable, tranchant, puissant. Et le batteur suit le schéma. Tour à tour martelant ou plus fluide. Intransigeant et inventif. Ca se poursuit avec "I'm from hell, open a windle" et une fin à contre-courant. Tout en douceur. Juste une guitare sèche et une batterie aérienne pour calmer la douleur. Avant de repartir sur un "panda strong" déjà sorti sur un 45 de Reptilian records, relifté, le solo de batterie à la fin, hey ! solo ! épique et un faux redémarrage qui ne signe en fait que la fin définitive du morceau. Hein ?! "your street vs wall street" et "horses are ok" retend les cordes. La constance se poursuit. Des dialogues impeccablement menés entre des guitares rythmiques ou bousculant les traditions, se répondant sans cesse, le vertige, le tout ponctué par la batterie qui met les points sur les "i", s'exclame, s'efface, rompt le dialogue. Et quand tout le monde joue la même partition, ça avance droit devant. On a rarement entendu trois instruments se complétés aussi finement, s'engueuler chacun dans son coin puis copuler avec une telle ferveur et mettre en place un puzzle diaboliquement efficace. On retrouve le "and giraffe, natural enemies" présent sur le split CD sur Box Factory records, au déroulement exemplaire, sa mélodie insidieuse, avec quelques changements dans le parcours par rapport à l'original. Une vraie beauté ce morceau. Et on se termine par un "riki creem calls this 'chivas regal' ", dernier instrumental d'un album qu'on aurait aimé plus long tellement c'est bon ! OXES, c'est le croisement improbable entre AC/DC et Colossamite, entre des riffs imparables et un groove malsain. La rencontre entre l'essence même du rock et une noise improvisée. C'est libre de toutes entraves, jouissif, binaire et cérébrale. Autant pour la tête que pour les tripes. C'est classique et ça sonne comme pas deux. OXES a juste trouvé le son. Le son parfait. Les structures où rien n'est à ajouter, à enlever. La grande classe. Le jackpot à votre portée.
SKX (17/08/2000)

Ova! / Happy Mothers Day, I can't Read
The Number on my Forehead is gone - Split CD
Freedom From 2004

Freedom From, label de Minneapolis, abrite une faune peu recommandable et pas banale. Votre petite soeur va adorer. Aucun respect pour les conventions. Ca terrorise les foules avec pour seules armes leurs instruments poussant les potars régulièrement dans le rouge et sans souci de logique mathématique. Les petits nouveaux s'appellent Ova! et Happy Mothers Day, I can't Read qui postule au titre de meilleur nom de groupe. Ova! est un duo. Une guitare, une batterie, un peu de bidouille électronique. Des rythmes implacables. Des folies passagères. Des trucs qui se télescopent dans tous les sens. De la puissance de tir. Ca flingue à tout va sur un terrain de chasse occupé par Lightning Bolt (en moins fun), Hella (en plus rock et dangereux) et feu Godheadsilo. Mais comme c'est pas la même chose non plus, on ne peut que se réjouir de l'arrivée de ce nouveau groupe. Ova! a de beaux jours devant lui. Quant à Happy Mothers Day, I can't Read, c'est un seul mec (Tony Remple), qui ne sait pas lire certes, mais a tout compris pour vous irriter le poil. C'est peut-être la fierté de sa mère mais elle doit être sourde depuis longtemps. Il œuvre dans l'électronique hardcore, celle qui fait plein de shzzzzzz et crrrrrriiii avec quelques beats retords et des larsens dans ta face. Sa mère en short derrière les ordis. Enfin, si vous n'avez toujours pas démissionné, cinq titres supplémentaires sous le nom de Awesome. Ce n'est pas la maigre pochette avare en renseignements qui nous éclairera. La réunion de Ova et Happy Mothers ? Un troisième larron qui s'invite à l'orgie sonore ? A moins que ce soit Weasel Walter qui s'est déguisé car on pourrait prendre ça pour du Flying Luttenbachers. C'est en tout cas aussi bien que tout ce qu'il a pu faire. Vous prenez les éléments des deux groupes nommés sur la pochette. Vous rajoutez un peu de cuivre (ou des samples) et vous obtenez une fine couche de musique noise-rock-jazzy improvisée et diablement audible, un vrai nectar. Maintenant, vous pouvez aller acheter des boules Quies.

SKX (28/08/04)
website groupe www.ovasite.com www.geocities.com/happymothersdayicantread
website label www.freedom-from.com
sounds (Release the Monkees | more_testosterone_in_the_monitors.mp3

OCRE
Démo - CDEP
Autoproduction 03

Il n'est pas dans les habitudes ici de chroniquer les démos. Mais quand l'une d'entre elles déboule avec une pochette originale qui tape dans l'œil, un enregistrement "pro", qu'elle vous accroche jusqu'à l'écouter en boucles, vous ne pouvez pas laisser passer ça. A la base pourtant, rien de puissamment originale. Ce trio angevin propose une musique instrumentale dont Slint et Shellac ont jadis posés la première pierre sur laquelle une pléthore de groupes s'est appuyée pour construire leur carré de jardin. Le tour de force de Ocre est de s'immiscer subtilement dans les brèches. De proposer des lignes mélodiques qui vous rentrent dans la peau. Qu'elles proviennent de la guitare ou de la basse, qu'importe, ça ne vous quitte pas. Il en ressort une aura mystérieuse. Un truc de beau et sombre qui flotte dans l'air. Le genre de musique où vous vous dites que ça vous rappelle quelque chose mais l'évidence est là, ces trois titres tiennent tout seul. La basse domine. La guitare tisse avec finesse. Rôle inversé qu'une batterie appuie avec conviction sans en faire des tonnes. Tout dans Ocre donne dans la mesure, la retenue. Le pouvoir de suggestion. Tout est à sa place, les trois instruments sont en osmose mais ça vie de l'intérieur, le feu couve et le talent est là, indéniable. Trois morceaux qui vous illuminent. Angers frappe encore.

SKX (02/01/2004)
website groupe www.labelledamesansmerci.com/ocre/
website label
sounds
www.labelledamesansmerci.com/ocre/Ocre_-_03_-_Alta_di_lacuna.mp3

Ocre / Ethyleen Leiding
Twin Powers II - split CD
Partycul System 04

Ayant raté le premier épisode, on passe directement au deuxième volume de cette série de split CD entre un groupe du label de Reims, Partycul System (le label de Rroselicoeur) et un invité, à qui nous allons faire l'honneur pour commencer. Il s'appelle Ocre et nous vient d'Angers. Leur 1ère sortie officielle après une démo qui à ma foi bien circulée et à juste titre. Sept nouveaux titres (dont un figurait déjà sur la démo). Le registre math-rock-noise à forte tendance mélodique toujours d'actualité. C'est par là que ça se passe et à défaut de proposer une évolution, le trio maîtrise à fond le sujet. Non, le principal changement vient de l'enregistrement. Là où la démo sonnait comme un premier album, avec force et ampleur, ces nouveaux morceaux perdent de leur beauté avec un son beaucoup plus sec et brut. Mais apparemment, c'était la volonté du groupe, presque gêné d'avoir eu un son si impeccable pour leur début ! La qualité des compos est tout de même là. Reste à trouver l'équilibre. Ethyleen Leiding est le projet solo d'un membre de Rroselicoeur, le dénommé Lou Flanagan. Un morceau pour les grands espaces, un autre de folk intimiste. Le troisième nous sort de la sieste. La batterie déboule, la guitare s'emballe. " Rock this way " est le titre et il porte bien son nom. Et ça finit comme ça commence, ambiances sereines en eaux profondes. Ce type a beau être seul, il se démultiplie pour proposer des compos variées et assez réussies, démontrant en même temps tout ce qu'on peut faire avec une seule guitare.

SKX (21/08/04)
website groupe www.labelledamesansmerci.com/ocre
membres.lycos.fr/partyculsystem/ethyleenleiding.htm
website label www.partyculsystem.fr.st
sounds ocre-ostinato.mp3 | ocre-einemof.mp3
ethyleenleiding-malgache.mp3 | ethyleenleiding-keepdry.mp3

Off Minor
Innominate - CD
Golden Brown / Earthwatersky Connection 2004

Ce n'est pas un hasard si ce deuxième album du trio américain Off Minor sort en Europe sur le label du chanteur de Yage. Ce hardcore avec son lot de colère et d'émotion offre de nombreuses similitudes. Pour autant, pour arriver à ces mêmes desseins, Off Minor use de structures qui ne font pas dans la ligne droite, appuyant les contrastes entre les passages énervés et cérébrales. Off Minor donne dans la technique, que certains diraient jazzy mais faut pas déconner non plus. Cependant, c'est suffisamment élaboré pour dérouter le hardcoreux de base. Travail à deux sur les voix, mélodies qu'on arrête pas, Off Minor connaît le registre pour faire monter la tension avec un brin de classe. Innominate est un album passionnément agencé, entre les racines du genre, franc du collier et une tentative pour se démarquer, dans le calme, la fuite en avant tranquille, ces petites lignes de guitares estivales et sa basse qui tricote. Rien non plus de totalement déroutant. Par rapport à leur précédent album, on reste dans la lignée. La prise de risque est limitée. Une valeur sûre du genre. Ni plus ni moins. Toujours cette histoire de verre à moitié plein ou à moitié vide.

SKX (13/11/2004)
website groupe www.goldenbrownrecordings.com/offminor/#
website label www.earthwaterskycn.de
sounds cadaveric.mp3

Old Time Relijun
Lost light - CD
K records 2004

Le nouvel opus de Old Time Relijun s'ouvre sur un " The door i came through has been closed " mais, entre parenthèse, il keep trying ! Et c'est là tout l'objet de ce disque. Arrington de Dionyso, leader incontesté de ce trio, continue de (dé)foncer inlassablement la même porte, qui s'est brutalement refermé et à l'arrivée, Old Time Relijun fait du Old Time Relijun. C'est déjà énorme, certes ! Cela devrait suffir à faire taire toutes mauvaises pensées insidieuses. Mais quand on a un extraverti maniaco-hystérqiue devant soi, on est toujours en droit d'attendre à un truc dingue, qui va vous exploser les neurones, vous retourner comme une crêpe, vous bluffer encore une fois. Pour le coup, Old Time Relijun s'est assagit!! Rassurez-vous, le groupe n'est pas encore frappé du syndrome Jon Spencer. Pas demain qu'il aura trois étoiles dans le prochain Télérama. Old Time Relijun garde sa face hantée, son rock à l'économie, son blues épileptique. Mais les compositions s'ouvrent sous un jour plus clair. L'incantation se fait mesurée. De l'eau dans le vin et c'est l'ivresse qui se socialise. Des compositions qui ne surprennent pas plus que ça. Si la voix de Aarington ne se départit pas de sa folie douce légendaire et continue de surfer sur toutes les intonations possible, ces dix titres s'efforcent de rentrer dans le cadre. Les éléments sont identiques mais fatigués de se cogner sur tous les murs, Dionyso et sa bande ont décidé de tempérer son groove et ses ruades rock'n'rollesques. Il en reste pas moins un "cold water" de huit minutes (un record pour Old Time!), sobrement épique comme le cri de la chouette un soir de pleine lune (!) et qui fait passer un vrai frisson dans la raie des fesses. Un " vampire victim " qui donne envie de se faire péter la jugulaire. Cet éternel jeu de guitare tout en nerf, rachitique et inventif. " Lost Light " n'a pas perdu la flamme. C'est juste la lumière qui vous éblouit moins. Bon en fait, Old Time Relijun a beau toujours faire du Old Time Relijun, même sous camisole, ça reste le pied !

SKX (01/08/04)
website groupe www.krecs.com/OldTimeRelijun/index.html
website label http://www.krecs.com
sounds vampirevictim.mp3

The One Am Radio
A name write in water - CD
Level Plane 2004

The One Am Radio est le projet d'un seul individu : Hrishikesh Hirway. Et si ce disque est bien estampillé Level Plane records, le propos est ici tout autre. Musique intimiste et fortement mélancolique, The One Am Radio est à prévoir pour agrandir les plaies ou les lendemains difficiles. La pochette et son océan à perte de vue sont un raccourci bien pratique pour résumer cet album. Une grande étendue calme, nuages menaçants, vagues sombres mais rien à l'horizon. C'est un peu la croisière s'amuse qui connaît un vieux coup de blues, l'ennui des jours qui se répètent inlassablement. Quelques violons (monotones), une trompette, des rythmes parfois vaguement dansants pour habiller des compostions qui restent concentrées à la base sur une guitare acoustique et la voix du capitaine, tranquille dans ses bottes. Ca navigue dans des sphères cotonneuses, à l'essence pop et d'humer rêveuse. C'est propre et gentil, sans intensité, même retenue, et j'avoue avoir du mal à trouver une quelconque once d'intérêt pour surfer sur la même vague que son deuxième album. C'est plutôt vogue la galère et j'ai vraiment pas envie d'embarquer sur son radeau de fortune d'electronica folk pour marin d'eau douce.

SKX (20/06/2004)
website groupe www.theoneamradio.com
website label www.level-plane.com
sounds untied.mp3

Oneida
Secret Wars - CD
Jagjaguwar 2004

Oneida a commencé à pointer le bout de son nez grâce à un split maxi avec les New-Yorkais à la mode The Liars. Pourtant, ils ont de quoi torcher les morveux. Sept ans qu'ils sévissent tant bien que mal. Leurs chemins pratiqués ne sont pas des plus faciles. " Secret Wars " est leur sixième album. Ca commence assez sereinement, pop-rock sans attache et légère. Avant de se diriger, tranquillement mais sûrement, vers leur psychédélique-noise-rock-progressif dont ils sont coutumiers. Plus les morceaux défilent, plus ils s'étirent dans le temps. Le mot " légèreté " disparaît de leur vocabulaire. L'orgue Hammond apparaît. Le rythme tourne en boucle et nous en bourrique. Hyp-hyp-hypnotique. Référence plein cadre à Can et le mouvement kraut-rock. Avec une chicane vers Pink Floyds lors d'un " wild horses " sidérant… euh.. d'ennui. Climat seventies suintant dans un moule noisy pour faire actuel. Ya plus de jeunesse.

SKX (14/07/04)
website groupe www.enemyhogs.com
website label www.jagjaguwar.com
sounds treasureplane.mp3 | wildhorses.mp3

Old Time Relijun
2012 - CD
K records 2005

Dernièrement, Arrington de Dionyso, leader incontesté de Old Time Relijun, s'était surtout produit en one-man-show, expérimentant à gauche à droite, en solo ou avec des italiens, pays pour lequel il a une affection particulière, s'offrant même un album de liberté artistique sur Wallace records. Esprit aventureux, il revient chargé la barque de son nouvel album avec une face qu'on lui connaît bien, celle de son rock'n'roll du bayou fiévreux, et une autre, la part belle à la musique free et fantaisiste. Le batteur est une batteuse. Jamie Paterson, une américaine qui a posé ses valises en Italie (itou), nouvelle aux baguettes pour un rythme qui gagne en groove et en saccades et le toujours fidèle Aaron Hartman swinguant sur sa contrebasse. 2012, un aller-retour entre le Old Time Relijun qui a fait ses preuves (Los Angeles, Wolves and wolverines) et la quincaillerie de sortie (Magnetic Electric ou comment je t'imite le didgeridoo avec ma voix), la guimbarde qui nique les dents sur Toundra, un vieux free-jazz poignant sur Lions and lambs, des cuivres et sept minutes solennelles où orgue, cuivre et le monde de l'étrange s'affrontent pour clore cet album. Un aller-retour entre le passé et un futur incertain. Entre morceaux classiques et très bons mais qui ne surprennent plus et morceaux bizarres à double tranchant qui ont l'attrait du changement mais qui cassent le rythme. Un album en dent de scie qui n'a pas la folie contagieuse de ses aînés mais qui possède néanmoins charme et mystère. Dionyso, l'homme aux multiples voix, force majeure de son art, et sa bande continuent d'œuvrer dans l'incantation en fourbissant de nouvelles tactiques, un pied dans le présent et l'autre dans un monde parallèle. 2012 si on ne brûle pas d'ici là.

SKX (12/12/2005)
website groupe www.krecs.com/oldtimerelijun
website label www.krecs.com
sounds YourMama.mp3

Overmars
Affliction, endocrine… vertigo - cd+dvd
Appease Me / Candlelight / Alchimia 2005

Overmars, qui descendent de Lyon, sortent le grand jeu pour leur premier album. Réalisation sur un gros label metal. Double album avec d'un coté, un CD, plus d'une heure de musique et de l'autre, un DVD (sauf si vous avez la version vinyl, évidemment, sur Alchimia dont l'artwork vaut le détour pour l'avoir vu à la table de distro lors de leur concert avec Playing Enemy !). Un projet à l'exemple de leur musique. La taille Neurosis, la démesure, les grands espaces bien chargés en nuages noirs, un brin de grandiloquence (surtout pour les paroles) et une ambiance à se défenestrer. Après deux split albums, on était en donc en droit d'attendre à un Everest. Et on se retrouve dans le ravin. Une voie profondément gutturale, proche des voix que l'on retrouve dans le death-metal, qui prend beaucoup de volume et d'espace, presque forcée et avec laquelle j'ai beaucoup de mal. Même si les parties instrumentales sont nombreuses, que certains chœurs à l'arraché sonnent juste, sa mise en avant n'est pas des plus judicieuses. Avec l'aide du désormais incontournable Serge Morattel, le son est sculpté fort à propos, un son à faire gondoler une porte de prison mais les compositions ne vont pas de paire. Mélodiquement pas très fort et passe-partout, cet album multiplie les tempos lents et pesants. Les parties mélancoliques et calmes sont légions et les explosions sommes toutes assez rares. A force de vouloir construire une atmosphère poisseuse et d'amener l'auditeur à genoux, on se retrouve dans une impasse avec un album désespérément long, qui flotte dangereusement, sans réelle dynamique et qui devient vite rébarbatif. Un fil rouge avec le morceau Destroy all dreamers, découpé en cinq parties qui renvoie aux travaux neurasthéniques et solitaires des gratteux de Neurosis (on y revient toujours !) et qui ne fait qu'accentuer cette léthargie ambiante. Le comble pour une musique faite pour exacerber les sentiments mais qui navigue au final entre deux eaux. Une déception.

SKX (19/07/2005)
website groupe http://www.destroyalldreamers.org
website label http://appeaseme.free.fr
http://www.candlelightrecords.co.uk
http://alchimiarecordings.com
sounds this_is_rape.mp3

Ovo
Cicatrici - CD
Bar la Muerte / Ebria 2004

Les affres purulentes d'un cyclone à deux. L'osmose d'un couple fatal et maudit que l'on approche avec méfiance. Il faut se pincer pour croire que ce cri, ce rugissement, ce borborygme est l'œuvre d'une femme. Stefania Pedretti est une des deux pierres de l'édifice Ovo. Chant femelle, louve carnassière, rugissement, le fond des entrailles, étonnant organe utilisé comme un instrument à part entière, onomatopées et non-sens continu, sachant le cas échéant imiter à la perfection la japonaise dévergondée. L'autre pierre est Bruno Dorella, boss du label Bar La Muerte et ex-plein de groupes. Epoque New-York sans retour, Sonic Youth jeune et en totale liberté. Rythmes martiaux et tribaux. Ca ferraille sec. Une odeur d'aciérie et de pneu brûlé. Un bruit sourd et inépuisable. La lourdeur d'un Noxagt. Le grand frisson. Ovo garde l'angle rock sous ses aspects bruitistes diaboliques. C'est ce qui nous sauve. Tout le monde a besoin d'un coin de ciel bleu pour respirer. Œuvre primaire et originale.

SKX (07/03/2005)
website groupe www.barlamuerte.com/bands/ovo/index.htm
website label www.ebriarecords.com
sounds ombra_nell_ombra.mp3


Oxes
Oxes - CDEP
Ruminance 2005

Bonne nouvelle ! Oxes n'est pas mort ! Le gratteux (le brun) a succombé aux charmes d'une italienne rencontrée lors d'une tournée (si vous êtes gentils je vous narrais un jour les détails/ragots croustillants), s'est installé dans la campagne italienne pendant que l'autre guitariste (le blond) et le batteur sont restés écumés leur bonne vieille ville de Baltimore. L'atlantique et son océan ne verront pas se noyer notre trio le plus rock et le plus graveleux. L'aventure continue, comme elle peut et en guise de nouvelle carte de visite, ce maxi cinq titres. Pochette toujours loufoque. Après le porno cheap de Oxxxes, toutes les images d'Epinal recensées du coté des Etats-Unis et de l'Italie. Hamburger contre salami. Potato chips saupoudré d'un lambrusco. Gros connards d'américains cherchent belle italienne vénéneuse…. L'amitié américano-italienne revisitée par Oxes. L'humour débile et le rock'n'roll, deux constantes que Oxes tient à bout de leurs guitares sans fil. Rien de changer dans le monde absurde de Oxes donc. C'est rassurant. Le premier morceau dure sept minutes. Les sept meilleurs du lot. Un morceau épique où vous retrouvez toutes les lubies de Oxes. Entre gros riffs qui filent droit pendant que vous filez doux, la batterie qui pulse, des accalmies et des passages qui montrent qu'Oxes, malgré les apparences, ont de leur finesse dans leurs culottes, des changements de rythmes avant de nous scotcher sur un final qui brisera plus d'un cœur. Derrière, ça enchaîne avec 2 minutes 20 charnelle et rock dans la grande tradition avec bottleneck de sortie. S'il vous plait, ne dites pas que Oxes c'est du putain de math-rock. Du rock tout court du vrai du couillu, juste moins basique que la moyenne. Allez on tape dans les mains. Les deux morceaux suivants nous montrent un visage plus erratique à grands coups de cymbales, de roulements de tambours et de riffs anarchiques, voir un solo à la con digne de leur esprit potache habituel qu'il persiste et signe sur un dernier titre de techno-rock bidouillé qui n'est là que pour rappeler qu'Oxes s'amuse comme des fous et comme ils peuvent. Malgré les milliers de kilomètres de séparation, quand le cheeseburger rencontre le spaghetti, c'est tout Oxes que vous avez dans votre assiette. Bon appétit !

SKX (22/06/2005)
website groupe www.monitorrecords.com/ultimaterebel
website label ruminance.free.fr

L'Ocelle Mare
s/t - CD
Ruminance 2007

Œil obscur, caves humides, ruines et pénombre, débris de béton, voûtes moisies, espèce de vieille église en voie de disparition, toi-même lui répondit l'écho et Thomas Bonvalet, orphelin de Cheval de Frise, au milieu. Ou plutôt dans les parages. Jamais vraiment là, flottant dans les méandres de seize tableaux sonores, surgissant d'un sombre recoin pour donner une impulsion à un exercice périlleux. Le disque de solo de guitare. Peut s'avérer extrêmement casse-gueule. Et je reste poli. Il a beau agrémenté ses morceaux d'un banjo, d'un harmonica, taper du pied pour un semblant de rythme, l'élément central reste sa fidèle guitare acoustique. Flamenco étrange et décharné, une musique dépouillée où il n'est pas facile de donner une impulsion, de palier à l'absence d'un rythme traditionnel, surtout quand le jeu de guitare est aussi erratique, tour à tour saccadé et limpide, nerveux et coulant. Une grande part est accordée au silence avec quelques fulgurances propres à feu Cheval de Frise où on imagine, pour ceux qui on eu la chance de les voir en concert, la gymnastique improbable des doigts de Thomas Bonvalet pour sortir des accords inédits. Le résultat est impressionniste, fugace, une longue pièce aride découpée en un souterrain avec de multiples crevasses, quelques éclairs divins mais où on s'y perd à la fin. Jubilatoire si vous êtes d'une humeur très contemplative ou passer totalement à coté. L'auteur lui-même n'est pas convaincu du résultat. On sait tous pourtant qu'il vaut beaucoup mieux que ça. A voir pour l'instant surtout en concert où réside toute l'intensité que cet album n'a pas.

SKX (16/05/2007)
website groupe www.myspace.com/ocellemare
website label ruminance.free.fr
sounds 2.mp3

L'ocelle Mare
Porte d'octobre - CD
Souterrains-Refuges / Orkhestra 2008

Du fin fond de sa cabane dans sa forêt humide, l'ex-Cheval de Frise Thomas Bonvallet nous envoie un signe de vie. Pochette à la sobriété maladive. Sept titres sans aucuns noms, même pas symbolisés par un chiffre ou un hiéroglyphe quelconque. L'économie de mots. Pas de geste inutile. La communication selon saint Ours. Un micro label naissant parisien au nom adéquat se charge de sortir la bête. L'hiver a été rude. Même si tout ça a été enregistré à l'automne dernier. Alors que son premier album sort sur le marché américain via Sickroom records, L'Ocelle Mare continue d'entre-ouvrir les portes de son monde d'autiste. Après être resté sur notre faim avec un premier jet âpre et abscons alors que les concerts démontraient une version plus intense et directe, il revient sans chercher à nous amadouer mais fait preuve d'un peu plus de mordant, de consistance. Accroches toi aux branches. Fini les espagnolades et les claquettes. Les quatre premiers morceaux, indissociables, font la paire belle au jeu tout en touché et croisements de phalanges d'un Bonvallet qui sait avant tout écouter son âme avant de penser technique, seulement rythmés par un métronome, quelques tapements de pied, un souffle d'accordéon (ou un truc qui y ressemble) et une subtile vibration. J'ai parlé trop vite. L'espagnolade reprend sur la troisième phase avant que ce mélange d'acoustique erratique et de sifflement comme un essaim d'abeilles dessinent des courbes brisées et des volutes carrées. Le cinquième morceau nous plonge la tête au fond de la mare. Le grouillement d'un mille-pattes cannibales chaussé avec des fers à chevaux et une stridence proche de l'ultrason. Thomas Bonvallet ne cache pas son attirance pour tout ce qui grouille, rampe, gratte. Il est en passe de réussir à faire le premier disque animal. Les deux derniers morceaux le voient reprendre ses pérégrinations tour à tour bucoliques et quasi-industrielles. Cet album ne figurera toujours pas en tête de gondole dans les grandes surfaces de la culture. Porte d'octobre en laissera encore beaucoup à son seuil. Mais ces histoires d'ambiances de campagne vierge et friches urbaines sont suffisamment convaincantes pour espérer que L'Ocelle Mare sorte encore régulièrement de son trou à rat.

SKX (19/03/2008)
website groupe www.myspace.com/ocellemare
website label www.myspace.com/souterrainsrefuges | www.orkhestra.fr

Off Minor
Some Blood - LP
Pure Pain Sugar 2008

Une éternité que je n'ai pas écouté Off Minor, je n'ai même pas bougé mon gros cul lors du dernier passage des new-yorkais qui ont pourtant fait l'effort de venir jouer par ici au printemps dernier, ce qui était tout à fait compréhensible puisque Pure Pain Sugar qui a publié ce Some Blood est un label bien connu du coin (avec un catalogue long comme le bras et rempli de quelques pépites). Je te sors ton disque, je te fais tourner dans mon pays trop beau et tu viens jouer dans ma pauvre ville de merde. DIY.
En fouillant dans une distro à un concert je suis donc tombé sur Some Blood qui m'a fait immédiatement de l'œil pour une raison que j'ignore vu que je n'écoute plus du tout ce genre de musique -qui n'est absolument plus assez hype pour moi, actuellement je préfère le doom/drone mais cela va bientôt changer, en 2009 l'émo/screamo va revenir en force je le sais, kid prépare toi à transpirer de nouveau et arrête de prier Saint O'Malley. La pochette du disque est jolie et soignée, le vinyl est bleu transparent (existe aussi en rouge mais également en noir pour les racistes) et le lettrage est agréable. Une réalisation sympathique.
En écoutant le disque -parce qu'il faut bien à un moment ou à un autre écouter le disque, c'est quand même le but premier de la manœuvre- on se retrouve plongé quelques bonnes années en arrière, la musique d'Off Minor n'a pas beaucoup évolué, les vieux punks sont les pires conservateurs que je connaisse mais c'est pour ça que je les aime. Je ne vois toujours pas où est le jazz dans la musique des américains (ce genre d'assertions n'existe que parce qu'Off Minor est un titre de Thelonius Monk, un vieux jazzman alcoolique, junky et mort) par contre le côté acnéique en pleine crise de poussée de poils pubiens est bien présent.
Si on excepte le dernier titre, Practice Absence, sur lequel une invitée à la voix en rajoute deux tonnes question morve qui dégouline du nez, ce disque (plutôt un mini album, vu sa courte durée et son nombre limité de titres) a presque tout bon. Practice Absence justement démontre un sens élégant de la retenue tandis que Neologist brasse son quota de guitares dans le rouge, de braillardises straight edge et de rythmique dans la gueule. Que demander de plus ? Some Blood est un bon petit disque pas novateur (on s'en fout) mais parfait pour dessouler le dimanche matin, lorsque on a passé son samedi soir à pratiquer des messes noires en buvant de l'hydromel satanique et en se tapant de la viande froide. Et puis si cela intéresse quelqu'un : la pochette intérieure est imprimée avec toutes les paroles des chansons -l'un des points forts parait il du groupe- parce qu'Off Minor c'est aussi l'emo pour le dire.

Haz (07/12/2008)
website groupe www.myspace.com/offminor
website label www.purepainsugar.com

Offonoff
Clash - CD
Smalltown Superjazz 2008

Ne croyez pas que Offonoff marche sur courant alternatif. C'est un bloc de musique improvisée et extrême tentant de mettre à mal vos résistances. Sur le papier, du beau linge. Terrie The Ex à la guitare. Massimo Pupillo, bassiste de Zu et des dizaines d'autres projets sur le gaz dont un intérim chez The Ex. Paal Nilssen-Love à la batterie dont le nom résonne moins que les deux précédent dans les sphères rock mais dont la renommée dans les musiques, euh…. on va dire plus avant-gardistes (hum hum), est grandissante avec des tonnes de collaborations (Mats Gustafsson, Peter Brötzmann, Ken Vandermark, Jim O'rourke, etc…). Et quand un hollandais, un italien et un norvégien sont sur la même galère, ça donne un ouragan auditif pas loin de ressembler à une tempête dans un verre. Trois musiciens dont l'approche unique de leurs instruments respectifs est indéniable. Ils possèdent en plus un jeu physique, suant, s'escrimant, tordant, frappant et usant leurs cordes, cymbales ou caisse claire sans compter à la dépense. De solides gaillards qui ne pouvaient que se rencontrer (ce fut fait en 2005 par l'entremise de Original Silence, projet avec Thurston Moore, Jim O'Rouke et Mats Gustafsson) et s'adonner à une passion commune pour une musique orgiaque, furieuse dans un même élan fusionnel. Et de plaisir, ces trois là en ont sûrement pris. Le faire partager est une autre histoire. A de rares exceptions près où les trois semblent jouer ensemble autour d'une idée directrice commune (une partie des seize longues minutes de Bone Meat, un passage de Calls), arrivant à nous embarquer dans leur trip sauvage, nous hypnotisant un court instant, le reste donne souvent l'impression d'un grand n'importe quoi. C'est sans doute le propre de cette musique bercée par un jazz-rock sans compromis mais bien trop cérébral pour ma pomme. Chacun s'amuse dans son coin à qui fera le plus de bordel. Genre de magma sonore austère et abscons. Et ennuyeux. On était en droit d'attendre plus bandant avec de telles cartes de visite.

SKX (29/04/2008)
website groupe www.myspace.com/offonoff | www.paalnilssen-love.com/band_offonoff.html
website label www.smalltownsupersound.com/v1/superjazzz/news.php

One Second Riot / Sofy Major
Split 10''
Self-released 2007

Une histoire d'amitié qui se finit sur un vinyl. L'histoire est classique et on ne s'en lasse pas. Les Clermontois de Sofy Major et les lyonnais de One Second Riot. Avec chacun leur idée du rock et du bruit qui en découle. La frontière peut-être mince et le résultat très différent. Celui de Sofy Major s'inscrit dans la lignée des groupes screamo-hardcore, genre Mihaï Edrisch, Gameness, etc…. La France en connaît un wagon plein pour un train de qualité mais il faut aimer le voir passer. Après un premier album sept titres sorti l'année dernière, Sofy Major continue d'acérer ses deux guitares sur fond de chaos organisé, c'est idéalement fait, notamment Mange tes morts et son coté noise qui mériterait d'être poussé en avant. Pour le reste, c'est voix hurlée et torturée comme le veut la tradition, de l'intensité et de la baston pendant trois titres qui déroulent le tapis rouge. Mais ce qui leur manque, c'est un univers personnel. Et pour ça, il faut aller taper chez le duo One Second Riot. Leur musique et la formule utilisée n'ont rien de très originale non plus. Du coté de Lyon et au-delà, dans le trip noise sombre, on sait faire aussi. Sauf que la marge disponible est plus grande. Moyen de se créer un monde bien à eux à partir d'éléments connus, d'écrire des morceaux qui n'ont pas ce désagréable arrière-goût de maintes fois entendus comme chez Sofy Major. Un titre comme Die Elektrish leben maschine, c'est la grande classe, poignant, mélancolique tout en restant rock. Avec Dead like you, le duo montre toute sa science du sample pour un morceau qui ressemble à un interlude mais qui au final vous renvoie, béat, vers Cop Shoot Cop pendant que Into a stranger me rappelle Godheadsilo, la noirceur en plus et montre surtout qu'au-delà des influences, One Second Riot est un groupe sur lequel il va falloir compter parce qu'ils savent cultiver leur jardin secret à l'abri des terres trop exploitées.

SKX (22/10/2007)
website groupe onesecondriot.free.fr
website label www.sofymajor.com
sounds MangetesMorts.mp3

Optimist Club
Ripped & psyched : how to be a winner - CD
Dump Beasts 2006

Une belle pièce restée à quai, qui date, qui date, surtout que le groupe a depuis mis les clefs sous la porte. Au moment même où je les découvrais. Ceci n'ayant aucun rapport. Un premier album autoproduit après une cascade de demos et cdrs, figer pour toujours un moment de musique, sa musique, avant de mettre les voiles. Quatre anglais dont l'image renvoie une modernité de jeunes hommes trop à la mode mais faut pas s'y fier, ça doit être Londres qui veut ça. Parce que quand vous mettez l'objet dans la machine, vous ne pensez plus à toutes ces futilités. Rock, furieusement rock, bruyant, jamais très loin du chaos. Un saxo dont les rares apparitions laisse de longs souvenirs. Optimist Club est à deux pas du Fighting club, dans une ruelle aussi mal fréquentée qu'excitante, à l'énergie impressionnante. Les rythmes déboulent de partout, des lignes de guitares répétitives, des brisures, des sprints, ça joue sec et ultra nerveux, bouillonnant et le chanteur est, comme il se doit, passionné et convaincant, sans compter qu'il est rarement seul et qu'il faut mieux hurler avec la meute quand l'urgence vous titille les fesses. Le seul truc auquel ça pourrait faire penser et parce qu'il faut pas aller chercher bien loin, c'est leurs potes de Silent Front. En mieux, plus vicieux, viscéralement noise. Tout en étant attractif et addictif dès la première absorption. Optimist Club, un winner qui a tout d'une étoile filante mais un winner quand même. Et haut la main.

SKX (3/08/2008)
website band www.myspace.com/optimistclubband

One Second Riot
self-titled - CD/LP
Music Fear Satan 2008

Haha ha, vous avez lu la chronique qu'a fait le boss sur ce groupe là, Bellafea ? Je cite : C'est dingue comme la provenance géographique peut conditionner votre approche d'un groupe. Si tu viens de Lyon, tu fais sûrement du Bästard […]. Ce qu'il a oublié de préciser, le bougre, c'est que lorsque vous écoutez un bon disque enregistré par un groupe français actuel et bien il y a au moins une chance sur deux pour que ce groupe soit lyonnais (et non pas originaire de Montpellier comme on voudrait trop souvent nous le faire croire).
Les deux premiers disques de One Second Riot (un split avec Neptune et un autre avec Sofy Major) ont déjà eu bonne presse par ici donc on ne va pas revenir dessus. Ce ne sera vraiment pas la peine. Parce que ce premier véritable album leur est totalement supérieur en tous points. Le son d'abord, millimétré, précis, ample et puissant. Les compositions ensuite, même si certaines sont déjà présentes sur les précédents enregistrements, prennent ici une tournure autrement plus captivante. Je résume : avant c'était bien, maintenant c'est de la balle. L'alchimie mélodie/puissance développée par One Second Riot rappelle (dans un genre musical bien différent) l'équilibre qu'avait pu trouver feu Portobello Bones sur leurs premiers disques. Surtout, les incantations de ce noise rock polaire et stylé ne lâchent pas l'auditeur : ce disque est bourré de hits que le groupe se plait à perturber délibérément en partant à mi course dans des directions différentes et au détour d'une ligne de chant, d'une mélodie, d'un rythme, il m'arrive parfois, même de très loin, de penser à Bästard (merde… je viens de me faire avoir). Un disque, on l'aura compris, qui ne donne pas dans le festif ensoleillé.
Ce premier album sans titre est publié sous la référence MUF 001 par Music Fear Satan, catalogue de vente par correspondance à conseiller et déjà responsable du label e-vinyl (qui comme son nom l'indique ne publie que du vinyle). Ce garçon semble avoir quelques autres bons projets pour l'avenir. A noter également que les deux One Second Riot feront partie -avec Abronzius, Year Of No Light et Kill The Thrill- d'un 25 cm consacré à des reprises de standards 80's qui sortira lui sur le label lyonnais Atropine. Notre duo chéri a osé s'attaquer au One Hundred Years des Cure mais ça, on en reparlera plus tard…

Haz (07/08/2008)
website groupe onesecondriot.free.fr
website label www.musicfearsatan.com

O! The Joy
Zen mode - CD
Distile 2008

On ne devrait jamais lire la bio d'un groupe. Voir coucher le nom de The Mars Volta dans la liste des groupes comparés à O ! The Joy a longtemps retardé l'échéance et le bouton play s'est enclenché à reculons. Dix titres plus tard, Zen Mode restera à jamais dans la pile du fond. Pour une fois, la bio avait raison. Mais vous devriez également lire la flopé de critiques unanimement positives laissées sur le site du label parisien Distile pour apater le chaland. Parce que ce qui suit va être nettement moins emballant. Disons que si vous aimez le rock-pop progressif qui pue les seventies à plein nez avec un soupçon de psychédélisme pompier, de la technique pour le simple plaisir de la technique et en foutre plein la vue (surtout aux aveugles), d'horribles soli de guitare à n'en plus finir comme sur la fin désastreuse du titre d'ouverture Conceivable test tube baby et un chant qui tape sur le système (n'est pas le chanteur de 31Knots qui veut), Zen Mode est fait pour vous. Ca se veut jubilatoire, ardent, débridé, sautillant mais la seule chose que je ressente à l'arrivée, c'est un album pompeux, excessif, sans émotions et bigrement ennuyeux. Il faudrait dire à ces jeunes américains que l'originalité ne se fait pas en entassant les styles en comptant sur sa seule technique pour faire passer la pilule parce que là, ça sent avant tout la pauvreté dès qu'on gratte le maquillage tape à l'oeil. Et bordel, que l'on pende ce Jason Ellis avec les cordes de sa guitare, qu'on lui coupe le courant, je sais pas, mais faut faire quelquechose ! La seule raison qui me pousse à chroniquer cet album, c'est que j'avais foi dans Distile records qui nous avait relativement gâté jusqu'ici mais là, c'est grosse plantade, désolé !

SKX (05/11/2008)
website groupe www.myspace.com/othejoymusic
website label www.distilerecords.com

Old Time Relijun
Catharsis in crisis - CD
K records 2007

Septième album en dix années d'existence. La cadence est soutenue mais la question se pose : que peut-on encore attendre du Old Time Relijun ? Ca fait une paire d'albums que Arrington de Dionyso, la voix officielle de OTR, ne surprend guère. La recette est connue. Blues névrotique, rock'n'roll fiévreux et incantatoire qui doit autant au Captain Beefheart qu'à Birthday Party, aux Cramps qu'à de vieux groupes blacks pourrissant près du delta. Le fond de commerce habituel qui n'a jamais connu de baisse de régime mais auquel on commence à involontairement s'habituer. Bon dieu de routine. Et c'est bien dommage. Parce que si cet album était sorti, allez au hasard, à la place de Witchcraft rebellion en 2001, on aurait sauté dessus sans hésiter. La force de OTR n'est pas de se renouveler à chaque album, inventer un nouveau style à chaque fois. C'est de puiser dans son réservoir de savoir-faire, son puit d'émotions crues pour accoucher de morceaux qui vous prennent toujours aux tripes. Old Time Relijun ne fait pas seulement du Old Time Relijun. Il fait tout simplement de la bonne putain de musique. Quatorze nouvelles compositions où l'inspiration était au rendez-vous, redonnant comme un second souffle au groupe. L'arrivée d'un saxophoniste sur quasiment tous les titres n'est sans doute pas étrangère à cette revitalisation. Benjamin Hartman (la famille de Aaron Hartman, le fidèle contrebassiste de OTR ?) n'en fait pas des tonnes. Sa présence reste discrète mais c'est un indéniable plus. Présenté comme le dernier volet d'une trilogie après Lost light et 2012, Catharsis in crisis ferme la porte de manière majestueuse. Si OTR possède toujours ce coté rachitique et sec, ce truc droit dans la face et sans fard, l'ensemble fait preuve d'une instrumentation un brin plus riche. Le saxo remplit l'espace, fait le lien entre cette rythmique propulsive et le jeu squelettique, minimaliste de la guitare de Dionyso. Dionyso dont la voix est toujours aussi incroyable, large éventail de vibrations qui fait à elle seule une grande partie de la magie du groupe. On a beau connaître ses capacités, elle est une nouvelle fois bluffante. Old Time Relijun, c'est du combustible interne, une capacité à vous secouer, la rencontre de Miserlou et des espagnolades (à moins que ce soit de l'italien, la patrie d'adoption de Dionyso), d'un rock'n'roll sauvage et d'une très ancienne danse vaudoue. Des morceaux nerveux comme un coup de trique et des noirceurs à l'ambiance prenante (le quasi instrumentale et grandiose Dark matter). Un Nick Cave qui ne joue pas la carte du symphonique. Une relecture de la cacophonie façon James Chance and the Contortions, la faute à ce cuivre insidieux. Mine de rien, OTR renouvelle ses cartouches en douceur, continue d'écrire de grandes chansons, se sublime même et inocule la fièvre du samedi soir. On a connu nombres de groupes qui, à force de se répéter, se perdent dans le désert. Ca ne sera pas cette fois ci. Catharsis in crisis est tout simplement un des meilleurs albums de Old Time Relijun.

SKX (23/12/2007)
website groupe krecs.com/oldtimerelijun
website label www.krecs.com
sounds IndestructibleLife.mp3

Overmars
Born Again - CD
Appease Me 2007

Ainsi donc Overmars a voulu s'essayer au format long. Surtout ne pas se répéter, évoluer, expérimenter, repousser un peu plus loin le cadre d'une musique collective et riche, confère la multiplicité des pistes déjà empruntées sur l'excellent et précédent Affliction, Endocrine… Vertigo. J'imagine qu'un tel exercice n'a pas été sans difficultés, ils sont quand même six ou sept dans ce groupe, à jouer, éructer, taper ou marteler. Alors se mettre tous ensembles pour engendrer un seul et unique morceau de près de quarante minutes… C'est très logiquement que celui-ci s'intitule Born Again, parce qu'il s'agit à la fois d'un nouveau disque d'Overmars -pour en faire un résumé succin mais limitatif : du hard core down tempo orienté doom (ou l'inverse, c'est comme on veut) traversé de passages atmosphériques et indus- mais surtout il s'agit de tout autre chose, d'un voyage intense et douloureux s'achevant par une étrange sensation de vide dont paradoxalement on ressort comblé. C'est que ce disque, jouissif à force de puissance évocatrice, est épuisant, mais dans le bon sens du terme. Un côté orgasmique dans tout ça.
L'intro répétitive de Born Again avec ses guitares/monolithes pourrait faire irrémédiablement penser à du Swans première grande époque (les albums Filth et Cop), mais en un peu plus gras, si Overmars n'osait rapidement brouiller les pistes : le chant masculin et monstrueux, tendance death/thrash, est rapidement supplanté par une longue intervention de la bassiste, intervention qui semble exploser sur place et perturbe fort à propos une dynamique terriblement efficace et donc sciemment vouée à l'échec. Rien ne doit être facile. Certains passages abusent de la répétitivité et frisent l'écoeurement - comme celui où une deuxième voix masculine débaroule pour hurler jusqu'au déchirement - alors que d'autres explorent toutes les potentialités de sonorités électroniques (très bon travail du clavier/sampler) ou permettent à un chant plus clair mais tout aussi prenant et pesant de s'exprimer. Ne pas oublier non plus qu'Overmars est un vrai groupe de guitares et que celles-ci sont parfaitement traitées par la production/mixage de Nicolas Dick (Kill The Thrill) qui décidément est devenu un incontournable : le son de la basse qui joue plusieurs fois un rôle fédérateur est énorme et celui des deux guitares, que ce soit dans le registre du riff aiguisé et appuyé que dans celui du tricotage d'ambiances lugubres, est précisément excellent.
Reste que ce seul et unique morceau passe comme une lettre à la poste en ce sens que le temps -celui de l'expérience que dure toute l'écoute de Born Again- semble aboli : l'effet n'en est que plus perturbant et emprunt d'une étonnante réalité, une réalité palpable. Un disque épuisant je l'ai déjà dit, mais au final captivant et… bénéfique, c'est-à-dire riche d'enseignements et d'impressions pour celui ou celle qui écoute, attentivement et médusé(e).

Haz (28/10/2007)
website groupe www.destroyalldreamers.org/
website label www.e-c-h-o-e-s.com/Appease_Me/index.html
sounds born_again_sample1.mp3 | born_again_sample2.mp3 | born_again_sample3.mp3



Pour lire le compte-rendu de la release party, c'est par ici


Ovo
Croce via - CD
Load 2008

Ovo
Miastenia
- CD
Load 2006

On était resté sur Cicatrici en 2004. Depuis le duo Ovo a eu le temps de sortir deux albums pour l'américain Load records. L'assurance d'une exposition plus grande sur un label réputé pas facile pour les tympans. Le dernier album en date s'appellent Croce Via. On retrouve les deux italiens de service sous la forme primaire qu'ils affectionnent tant. On retrouve surtout la voix unique de Stefania Pedretti. Une voix de camionneuse qui bouffe les cigarettes sans les filtres et qu'elle transforme à volonté en japonaiserie à la sauce italienne ou en diva trash. Mais l'effet de surprise s'est estompé. N'empêche, ça reste l'atout majeur et le garant d'une certaine originalité parce que derrière, l'accompagnement musical rame pas mal. Batterie minimale pour le monsieur barbu. Guitare ou basse en plus pour la dame chanteuse. Pas des tonnes de possibilités mais des duos qui font du bordel comme douze avec si peu et font preuve d'inventivité, on en connaît une sacré paire. Ovo a choisit cette fois la voie de l'austérité. C'est sec, rugueux, écrasant et plus grave que jamais. Un truc à te gâcher ton début d'année. Ce qui n'est pas un problème en soi vu qu'on aime bien se foutre la tronche dans le sac. Mais là, les compos ne décollent pas vraiment. Ca manque d'ampleur, de folie ou plus simplement, ça manque d'inspiration ! La batterie ronronne, tourne en rond. Les lignes de basses ne renversent rien sur leur passage et la guitare à bien du mal à transcender toute cette lourdeur. C'est à l'image du dernier titre de treize minutes Via crucis. On attend désespérément que quelquechose se passe et on s'ennuie ferme sur ce Croce Via.

Préférez lui nettement son prédécesseur Miastenia. Ya largement plus de vie là-dedans grâce notamment à une instrumentation plus riche. En plus de l'indéboulonnable batterie/guitare-basse, le couple rital a mis du piano, du violon, de l'harmonica et c'est largement plus vivable. Les compos sont variées, passant allègrement de la comptine perverse (Coco) à la charge de Mammut. L'ami Bruno à la batterie fait preuve d'une imagination plus élaborée pour ses rythmes pendant que la donzelle nous fait voir tout l'étendue de son talent au chant. Même les vingt minutes finales du dernier morceau passe sans (trop) forcer. Dommage donc que le duo italien ait choisit depuis la voie de la récession…

SKX (01/01/2009)
website groupe www.myspace.com/ovobarlamuerte
website label www.loadrecords.com
sounds ostkreuz.mp3 (Croce via)| mammut.mp3 (Miastenia)

Ovo / Sinistri
Phonometak Series 3 - 10''
Wallace / Phonometak Laboratories 2007

J'aurais aimé vous parler du pays et surtout de l'objet. Un 10'' sorti officiellement et uniquement en vinyl et tournant à la bonne vieille vitesse de 33 tours, avec une pochette faite par des artistes triés sur le volet. Mais c'est un CD gravé au burin qui échoit entre mes mains avec deux pistes pour chaque artiste, Ovo et Sinistri, censé représentés en tout sept morceaux. Abstraction. Les séries Phonometak ne sont pas comme les soirées de Madame l'ambassadrice. Ca rafute derrière les canapés, on trousse les débutantes et les sons émis ne sont pas jolis jolis. Né de la rencontre des labels italiens Wallace et Phonometak Labs, le label tenu par Xabier Iriondo (musicen-ès-collaboration), Phonometak Series en est à son troisième volume (le 1er était un split entre Zu + Xabier Iriondo et Iceburn et le 2ème entre Mats Gustafsson et Paolo Angeli, faudra vous en reparler une autre fois) avec le duo Ovo et les quatre Sinistri et l'omniprésent Iriondo en guest star à chaque fois. La voix de Stefania Pedretti étonne toujours autant. Il faut encore une fois se pincer pour croire que ce raclement de fond de gorge est celui d'une femme. Son ami le batteur Bruno Dorella joue le minimalisme sur un tom basse, une caisse claire, une cymbale ride et puis c'est tout. Ces deux là forment Ovo, un couple iconoclaste dans la représentation. La dame ne maltraite pas que ses cordes vocales. Celles de sa guitare et éventuellement celles d'une basse passent un mauvais quart d'heure. Leur dernier album est sorti sur Load records. C'est un signe. Non pas de santé mentale mais qu'il va falloir se coltiner des barjots qui aiment rendre le rock pervers en plus d'être très primaire.
Si Iriondo ne collabore que sur un titre de Ovo, c'est à temps plein qu'il squatte Sinistri (ex-Starfuckers). Le Metak Funk report et le Metak Dub report. Deux titres qui en disent long sur cette musique malade de rythmes retravaillés, de sons électroniques erratiques, de rythmes bancals. Sinistri, ça sent la sinistrose, un sale dub à deux de tensions et un funk qui a tout perdu son jus. Un split et une série qui laissent la part belle au hasard et à l'expérimentation. Dans Phonometak, il y a Laboratories. Pour le meilleur et pour le pire…

SKX (03/12/2007)
website groupe www.sinistri.org | www.myspace.com/ovobarlamuerte
website label www.wallacerecords.com | www.soundmetak.com
sounds ovo-tiki2007.mp3

Oxbow
The narcotic story - CD
Hydrahead 2007

Il faut entendre Eugene Robinson soupirer Oh Jesus sur fond de violon au début de Down a stair backward. C'est toute la détresse humaine qui vous tombe sur les épaules. Tout un symbole. Toute la beauté et toute la force d'un album qui, dès les premières mesures, sonne à part dans le paysage musical actuel et dans la discographie déjà conséquente du groupe de San Francisco. Ou plus précisément, un pas en avant, un de plus, une prise de risque pas surprenante quand on s'appelle Oxbow et qu'on aime pas faire deux fois le même album. Une mise à nue à laquelle ils devaient forcément y arriver un jour tant ils ont sans cesse flirté avec les sentiments à fleur de peau tout au long de leurs cinq précédents albums. Sauf que cette fois-ci, au lieu de les cacher sous les décibels, Oxbow joue la carte de l'orchestration. Violon, xylophone, piano, guitare acoustique, accordéon, etc… Tout est écrit et dirigé de main de maître par le guitariste Nico Werner, s'intercalant avec grâce entre le traditionnel guitare-basse-batterie. L'ossature reste là, bien présente, continuant à déverser son lot de riffs et de rythmes secs mais tout est désossé. Chaque instrument est à sa place, laissant respirer son voisin et ça claque. Les compositions restent déliées, explosées, les premières écoutes vous perdent, comme souvent avec Oxbow, avant que l'évidence ne s'impose. Des fulgurances mélodiques qui nous renvoient à l'album Let me be a woman. Tout le talent de grands musiciens pour rendre limpide des morceaux qui ne font rien dans la simplicité. Des titres à faire chialer, des titres qui prennent aux tripes ou pour s'envoler, pleurer à nouveau, émouvoir, des éclairs d'espoir inhabituels s'asseyant auprès d'une colère sous-jacente toujours, d'un désespoir latent avec cette distance et rugosité qui donnent de l'épaisseur, qui fait de Narcotic story, un album de rock à part entière et sans chichi. Et au milieu de cet océan, Robinson, crooner, pleureur, hurleur, habité par son chant comme un comédien qu'il est à ses heures perdues. Eugene est beau. Eugene est grand. Terriblement bagarreur et plus que jamais humain, se dévoilant sans honte mais pas assez pour que le mystère et l'aura de la personne ne disparaissent. L'album sans doute le plus accessible de leur discographie mais tellement exigeant. De cette exigence qui ne rend pas le succès facile mais qui donne des albums cultes. On a pas fini de creuser ce disque. Dans 20 ans, on l'écoutera comme au premier jour, passant allègrement les années et les modes, transmis de génération en génération, comme un secret bien gardé.

SKX (08/10/2007)
website groupe www.theoxbow.com
website label hwww.hydrahead.com
sounds
www.hydrahead.org/hh/oxbow_site


 
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