OLD TIME RELIJUN
Witchcraft Rebellion - CD
K records 2001

Un drôle de gaillard que ce Aarington de Dionyso. Le mec qui se met sur le devant de la scène, qui accapare toute la lumière, dégivre les congélateurs et emmène son trio pouilleux sur des pistes cailloutées bombardées de nids de poules. Old Time Relijun puise son énergie dans le rock. Le rock'n'roll, rustre et sauvage, du brut de décoffrage. C'est les tripes, l'éclair et la vitesse. Et tous les cadavres qui traînent sur la route sont pour eux. L'attitude punk, des éléments de free-jazz frénétique (Fermentalio, solo (cri isolé) de clarinette sur distorsion à moteur compréssé). Une rythmique tour à tour hypnotique tellement qu'elle est rigide dans son beat ou funk quand elle balance dans le move. La température de la piste en prend alors un sale coup vers le haut (Mystery Language, King of Nothing, standard rock par excellence). La grande classe. Le son est primitif avec un grain chaleureux. Rock sorti du garage, blues à l'haleine chargée, folk musique qui se possède les soirs de pleine lune, Old Time Relijun fusionne à tour de bras avec comme unité centrale l'instinct. Et Aarington de Dionyso donc. Une voix à mi-chemin entre l'incantation et le grognement, la folie douce et les envolées lyriques. Un jeu de guitare névrotique qui tient sur une seule corde. Cet illuminé vous file un vrai coup de boost. Faut l'entendre se démener, moduler sa voix, passer de l'outre-tombe aux aigües, tourner autour du rythme, le taquiner, le dérégler, emmener le morceau bien installé vers des contrées surprenantes. Un troisième album encore plus varié, sexy et déglingué, habité par des sentiments violents sans oublier la touche mystique. Jon Spencer rangé des bagnoles, Make Up aux oubliettes, Old Time Relijun passe à toute berzingue, enrhume tout ce beau monde et creuse son propre sillon. Du sang, du sexe, de la noirceur. Tout pour nous éclairer.

SKX (30/06/2001)