V9R9D
"
The Boom / Bip e.p. " - CD
Snackbag 02
Baptisé
en première instance Vapid, ce duo est repassé par
l'état-civil et n'a pas choisi la facilité en se
renommant V9R9D! Nom d'un petit robot! Placé sous la protection
du saint patron des duettistes, V9R9D se conjugue à la
basse et à la batterie. Loin des excentricités d'autres
duos plus fameux, V9R9D vole un ton en dessous. Une ligne de conduite
sans excès. De ses gongs, on ne sort pas. Ou si peu. Un
son qui arrondit les angles, interdisant toute délivrance,
toute libération. Une basse ronde qui supporte à
peine la distorsion. V9R9D ne joue pas la démonstration
et cherche son jour ailleurs. Dans les mélodies en boucles,
dans le plaisir monotone de subtiles nuances apportées
avec parcimonie. Cette apparente facilité des formes qui
cache une alchimie rythmique bien plus complexe qu'elle n'y parait
de prime abord. N'empêche que, malgré un certain
plaisir d'écoute, l'heure du malaise se pose. Une sensation
imprécise, le truc qui soulève pas l'enthousiasme.
Presque trop parfait et maîtrisé. On attend vainement
l'étincelle, la surprise, le coup bas dans les tibias.
Je me sens d'humeur lasse. Gare ! Le terrain du duo est très
occupé. Le grand jeu de rigueur si vous ne voulez pas vous
noyer dans la masse.
SKX (22/01/2003)
|
VALINA
"
into arsenal of codes " - CD
Trost / Conspiracy 00
L'écho
des montagnes - avez-vous entendu l'écho des montagnes
autrichiennes ? - n'atténue en rien l'internationalité
de la musique. Bien à l'abri à Linz, ce premier
album de VALINA n'aurait pas dépareillé chez Touch
and Go et leur curriculum vitae nous juré qu'ils venaient
de Chicago, on aurait vu que du feu. Savoir-faire, application,
Valina travaille dur le jeu des guitares, s'inscrit dans le décalage
entre June of 44 et Unwound et décline 9 titres bien dans
l'air du temps. Produit par Bernhard Hahn (le type aux manettes
du dernier Monochrome), ce "into arsenal of codes" les
possèdent bien, ces codes je veux dire, connaît ses
références sur le bout des doigts et récite
une gamme où il manque un brin de folie, un je ne sais
quoi de non-respect qui les sortirais de la masse. Mais un premier
jet soigné, compositions pensées, abstraites et
puis repensées, sages et mélancoliques. S 'ennuierait-on
par delà les Alpes ? C'est pas le délire dans les
chaumières mais un moyen pas si désagréable
de se réchauffer la couenne sans heurter ses neurones !
SKX (09/05/2000)
|
VAZ
"
Dying to meet you " - Lp
X-Mist / GSL 03
Couple
fatidique. Comme deux doigts de la main, inséparable depuis
les bancs de l'école avec leur heure de gloire (toute relative)
l'espace d'Hammerhead, fer de lance (rouillé) de Amphetamine
Reptile records. C'était les années 90, en plein
milieu. Depuis, le duo de galère n'a cessé de jouer
et c'est avec bonheur qu'on les a vu réapparaître
à l'aube du nouveau millénaire, un projet, Vaz,
à sa plus simple expression et la vitesse supérieure,
ce deuxième album sur ce label indépendant qui a
la cote, Gold Standard Laboratories (et X-Mist pour l'Europe et
le vinyl). C'est délocalisé à New-York qu'on
les retrouve. Mégalopole et solitude, notre duo hanté
par les voies impénétrables jadis si bien retranscrites
par Sonic Youth. Ce climat si spécial ici en modèle
réduit, neurasthénique et tendu. Et du passé,
point de table rase. La touche Hammerhead, intemporelle, dans
cette façon de torcher une mélodie. Le jeu du batteur
qui dévale les fûts, gauche-droite, droite-gauche.
Transformer chaque titre en un truc qui colle au corps, petite
personnalité entêtante. Quatorze morceaux dans une
aura bien actuelle, durée de vie rarement au-delà
des deux minutes. Entre les rafales qui font mouche au premier
titre (" they've won ", " white world of death
") et le mid-tempo de rigueur à la mélodie
si évidente qu'on se demande pourquoi ça n'a pas
été trouvé plus tôt (" blue lip
special ", " fired eye quit "). Une succession
de perles, plaisir instantané, petites morts répétées.
Désabusées et pourtant prêt à en découdre.
Un album qui coule de source. Vaz sont des cracks.
SKX (16/09/2003)
|
VAZ
"
hey one cell / no leaf clover " - 7"
Reptilian 98
Quoi
donc cacher sous le VAZ ? 2 anciens Hammerhead pardi, trio furieux
du dinosauresque label Amphetamine Reptile. Le batteur et le bassiste,
transformé en guitariste sur la fin. Formule réduite
mais point de repos pour les oreilles. Barouf exemplaire, aussi
bruyant et énergique qu'8. Rythmes locomotives, souvenirs,
souvenirs d'Hammerhead, petites mélodies sous-jacentes
sous effets self-controls, pédales de sorties. Hammerhead
version 2000, pas plus propre mais excités comme de jeunes
poulains ! On s'en pisse dessus tellement c'est bon !
SKX (31/05/2000)
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VAZ/ENEMYMINE
"
" - 7"
Thin The Herd 00
VAZ
enfonce le clou et tire de sa besace une rengaine digne d'Hammerhead.
Une ligne de basse monumentale, ça descend direct des montagnes,
vif, léger et efficace, VAZ libère la mélodie
du bonheur. On continue la carte des ex, puisque après
des ex-Hammerhead, c'est le tour à des ex-Godheadsilo.
Et là, ça descend plutôt de la vallée
de la mort ! On retrouve le solide duo basse-batterie mais calmé
du bulbe, registre sous-tension qui tisse une ambiance pesante,
voix lointaine qui vous arrive étouffée et plaintive,
guitare discrète. Un titre de noise tendu, beau comme un
ululement un soir de pleine lune. C'est dire !
SKX (02/06/2000)
|
VAZ
"
demonstrations in Micronesia " - Lp
Thin The Herd 00
Ne
tournons pas autour du pot plus longtemps et dévoilons
l'équation de ce VAZ qui nous rend si nostalgique. Un duo
qui a déjà de la bouteille au sein d'un groupe phare
au début des années 90 sur un label non moins incontournable,
Amphetamine Reptile. VAZ, c'est Apollo Litoff, bassiste de feu
Hammerhead et son fidèle compère, le batteur Isolation
DH-9. Rien que ça force à l'écoute de ce
premier long jet. Et déjà, on a pas le droit à
une énième formule basse-batterie. Les deux androïdes
sont au four et au moulin et se défoulent aussi avec des
guitares et une multitude d'effets, de pédale, tous sortes
de boutons propre à dérégler toute machine
trop bien huilée. Et là, on est captivé.
Bien sûr, l'héritage mélodique d'Hammerhead
est présent (mais on a connu pire comme héritage),
ces dix titres fourmillent de clins d'oeil mais chaque titre a
son accroche et les compos forcent le respect. Y'aura toujours
quelques esprits chagrins pour vous rappeler que ça fait
plaisir deux minutes de les retrouver, mais radio nostalgie, ça
gave rapidement. Tant pis pour les fonceurs. Il faut savoir dépasser
cet à-priori encombrant et dénicher un chant à
reprendre en choeur, loin des hurlements habituels. Un souffle
garage-rock et des rythmes houlahoup pour danser toute la nuit.
Des hymnes qui trottent dans la tête pour une musique vivifiante
et à la sourde tristesse. Cet album est une mine de trouvailles
mélodiques, un réel talent pour écrire de
vraies chansons et par les temps qui court, ça fait du
bien d'abandonner les règles à calculer et les mathématiques
pour écouter un album foncièrement humain et chaleureux.
Retour vers le futur !
SKX (18/10/2000) |
VENEREALECTRIC
"
s/t " - CD
Nihilist records 97
Electronique
squelettique. Minimaliste. Dérision de la production, secondaire,
qui ne fait que servir le malsain du propos. Une bonne vieille
boite à rythme, un synthé poussiéreux, des
samples, de nombreux samples, dialogues de films, râle et
coït, conversation piquée au téléphone.
Parfois une voix, une vraie, mais tellement trafiquée,
un androïde déconnecté, puis reconnecté,
puis déconnecté, forcément pas viable à
la fin. Le pire morceau inaccessible des Pain Teens n'atteint
la moisissure de ces (ce) tordus. Sauf qu'ici l'univers est désolé,
aride, loin de la richesse sonore desTexans suscités. Un
disque à prendre à quel degré sinon celui
de l'absurde ?
SKX (04/08/1999)
|
VERSAILLES
"
The Great Axis " - CD
Box Car 00
Et
le soleil débarque sur votre platine ! Avec un nom pareil
et une pochette qui représente ni plus ni moins qu'un plan
général du château de Versailles, notre curiosité
de camembert puant ne peut qu'être interpellée par
ce trio 100% américain ! Des amoureux de l'architecture
sans doute qui vous sculptent des compositions imposantes, robustes
et harmonieuses, des galeries de miroirs se fracassant régulièrement
au delà des 5 minutes où on se perd de béatitude
devant une telle maturité. Un mastodonte éclairée
par une charpente rythmique traçant de longues lignes droites,
une multitude de dédales, de contours riches et intriguants,
des guitares soniques pour des mélodies tournant en boucles.
Et une pointe de psychédélisme pour la touche baroque.
Un travail sur les guitares les rapprochant de groupes comme Sonic
Youth,Unwound voir June of 44. Mais Versailles ne saurait se contenter
de copier un modèle existant. Trop fiers, ils explosent
le contexte, dynamite de l'intérieur les pièces
trop calmes, cisaillent les influences et apportent leur pierre
à l'édifice. Que l'on comprenne bien : " Great
Axis " est un album prépondérant et unique
dont la cour ne demande qu'à s'agrandir....
SKX (16/05/2000) |
VICTORY
AT SEA
"
The good night " - CD
Kimchee 02
Victory
At Sea et son troisième album sous le bras part en ballade.
Si on pouvait encore les taxer de fils - ou plutôt filles
spirituelles puisque le cur de ce trio est un indéboulonnable
duo féminin avec un batteur intérimaire - de Slint
sur leurs précédents efforts, Mona Elliott et sa
copine bassiste Mel Lederman prennent leurs distances et s'enfoncent
dans un paysage marqué par le dépouillement et la
quiétude. On ressent encore bien quelques soubresauts électriques,
quelques mouvements de batterie qui tentent de se faire remarquer
mais l'ensemble est dominé par une atmosphère acoustique,
par les cordes d'un violon sur " mary june ", un piano
discret mais récurrent. Le point fort reste la voix de
Mona Elliott, faisant carrément penser à PJ Harvey
sur certains titres (" proper time "). Une ombre très
mélancolique plane sur ce disque. Victory At Sea se dénude.
De pop-songs noise, elles sont passées à des mélodies
un rien précieuses, une pop intimiste idéale pour
s'endormir et qui manque singulièrement de profondeur pour
toucher réellement. Transparentes et manquant de relief,
la musique vous glisse dessus, petite brise légère
qui rafraîchit deux secondes avant de vous filer le rhume
du foin. Point de rage sourde derrière tout ça,
juste une grosse déprime.
SKX (06/05/2003) |
VOLUME
ELEVEN
"
kotadelic cytex and stardust escades " - Lp
Hand Held Heart 01
L'espace
est infini et la machine met du temps a l'allumage. De longues
minutes de bruits sidéraux loin d'être sidérants.
De pets cosmiques et de flatulences électroniques avant
que le volume ne monte à onze comme ce quintet de fous
américains élevé à la sauce psychédélique
seventies l'avait si bien démontré au cours de leur
précédent premier jet. Une fois les réacteurs
chauffés, rien de mieux qu'un Volume Eleven pour perdre
l'adversaire en route. On cambre les reins sous les coups de butoirs
de cet emo-violence à forte tendance rock'n'roll chaotique.
Mais il sera dit que cet album sera définitivement sous
le signe de l'expérimentation. Alors que ses folies douces
ne servaient que de transitions entre les morceaux sur le 1er
album, Volume 11 a augmenté la dose, se lâche ostensiblement
la bride et dérègle sa machine rock à tout
va. Mis à part quatre morceaux "carrés"
(ce qui reste un bien grand mot pour Volume 11!) et saignants,
Volume 11 démontre qu'il faut s'attendre à tout
et donc à rien avec eux. Seule l'originalité compte!
Qu'ils s'adonnent avec une ardeur identique aux triturages sonores,
aux pédales wah-wah, aux trompettes sous acides ou aux
standards à la logique rock fussent-ils calibrés
taille sauvage. Un album déroutant, à la construction
atypique qui, hormis un début un tantinet longuet, se révèle
personnel et attractif. A condition d'aimer les émotions
fortes et bigarrées.
SKX (05/09/2001) |
Vaz
/ Seawhores
Vazzed in a sea of whores - split CD
Essay 2003
Vous
prendrez bien un split en passant! La tête d'affiche s'appelle
Vaz. Le duo, après deux sompteux albums (et un autre
pour la rentrée 2004) s'offre une récréation.
Trois titres inédits. Mon premier sent le fond de tiroir.
Mon deuxième plonge dans la bidouille et ne sent pas
très bon non plus. Mon troisième tente de relever
le niveau, passe l'oral de justesse mais reste loin de leur
capacité habituelle. Mon tout nous fait une belle jambe.
Seawhores (mer de putes ??) donne aussi dans le duo. Barjot,
le duo. Proche musicallement du Vaz, ils profitent de l'occasion
et de l'aura de Vaz qui ne manquera pas d'attirer du monde sur
ce bout de disque pour présenter au flanc des détracteurs
un peu plus de consistance. Un premier morceau " sweaty
men, attack ! ", noise-rock foutraque et solide, c'est
bon, là voilà la découverte mais tout ça
part vite en couille. Ce groupe a un potentiel affirmé
pour foutre le bordel, ne se prend pas au sérieux, manie
le sample incongru pour dérouter et à l'image
de leur deuxième morceau, on ne sait pas si on doit rire
ou pleurer. Leur guitariste devrait accompagner Vaz lors de
leur prochaine tournée en Europe
Le seul intérêt
de ce disque résiderait peut être dans la vidéo
live de Vaz qui accompagne ce CD. Si vous avez oublier la signification
du mot " noise ", je vous invite à jeter un
il sur ce clip.
SKX
(01/08/04)
website
groupe http://www.thevaz.com
website
label http://www.essayrecords.com
|
Viza-Noir
No record - CD
Flame Shovel 2004
Une
nette conscience du temps splendide qui s'annonce dehors. Viza-Noir
fait parti de ce qu'on appelle communément la vague post-punk
avec une forte pointe années 80 dans les gènes.
Donc du post-punk qui revient en arrière ? Cherchez pas
à comprendre. Mais comme tant de groupes actuels, le
trio Viza-Noir a beaucoup écouté Mission of Burma,
Wire, tous ces groupes punk dans l'esprit et intello beaucoup
sur les cotés. Sans oublier (et c'est pas pour me déplaire
mais je suis peut-être bien le seul à le trouver)
une influence venue des Wolfhounds. Oui Madame ! Viza-Noir n'a
sans doute jamais entendu parlé de ce vieux groupe anglais
de la fin des années 80 (dont le leader formera Moonshake
plus tard) mais leur accent pop-rock acerbe et désabusé,
ce traitement de la mélodie pointe un peu passionnément
vers ce groupe mythique (je pèse mes mots !). En plus,
Viza-Noir n'a pas cédé à la systématique
utilisation du synthé très en vogue chez leurs
compères américains. La sainte trilogie et une
pleine besace de talent pour vous torcher en trois minutes tout
ce qu'il vous faut pour passer une belle journée. "
No record " possède cette faculté de vous
accrocher illico, saines vitamines rebondissantes. Et quand
on y revient, remettre le couvercle, cet arrière goût
acidulé, cette légère stridence qui permet
de passer les écoutes. Post-punk machin si vous voulez.
Idéal pour l'instant toujours.
SKX
(01/07/04)
website
groupe www.vizanoir.com
website
label www.flameshovel.com
sounds
mayor.mp3
| pleasure.mp3
|
VOLUME ELEVEN
"
prole art threat " - Lp
Hand Held Heart 99
Le
syndrome du groupe qui joue le plus fort ?! Comme dans ce fameux
film, The Spinal Tap et le pauvre gratteux et son volume 11 pour
jouer plus fort que le voisin !! Et tout cas ici, c'est pour de
vrai ! On glorifie le MC5 dont le nom est scandé à
diverses reprises sur ce 1er album, on abrutit les masses dans
un défoulement olympique, la forme est sans détours
car live en studio et prise direct. La nouvelle conjugaison du
rock'n'roll dynamitée dans un moule d'emo-violence. Des
furies, têtes baissées, ça joue à cent
à l'heure, le batteur est trépidant et la voix du
chanteur possédée. A coup sûr, les concerts
sont hallucinants et la tête smashée dans la caisse
claire. Les titres s'enchaînent comme des coups de pieds
au cul, tout juste entrecoupés de son samplés et
bizarroïdes, style film de science fiction années
60. Ils prennent leur pied, ça s'entend aisément.
Et nous, on ressort le souffle coupé mais heureux ! Des
sauvages assurément !
SKX (05/06/2000) |
Cortez
/ Ventura
Split 10''
Get A life ! 2005
En
direct de la Suisse. Cortez aligne deux titres. C'est rempli
de noirceur dans un labyrinthe incendiaire. Ne cherchez pas
l'issu de secours. Un trio qui uvre dans les extrêmes.
Un son tellement condensé qu'on ne peut y glisser un
doigt. Cortez broie le hardcore, le metal, le noisecore, malaxe
serré serré et jette en pâture une drôle
de mixture. IMTV suinte la crasse et fout une pression de dingue
pendant que A bout de souffle vous le coupe au bout de 8 minutes
53 d'une joute épique qui trouve le moyen pour vous faire
planer sur la fin. Cortez power. Autre face, autre groupe suisse.
Ventura calme les ardeurs. Avec un ancien Iscariote (le batteur
je crois), ce trio uvre dans une catégorie de rock
plus conventionnel mais qui vous botte les fesses quand même.
Ils aiment utiliser le terme indie rock, un truc fourre-tout
idéal car leur musique a la qualité de ne pas
se laisser mettre en boite facilement. Sur les deux morceaux,
Trains reste mon préféré avec tout ce qu'il
faut de virilité et de finesse, de dissonances e d'accroches
mélodiques pour en faire un putain de titre, motherfucker.
Très bon split.
SKX
(02/01/06)
website
label http://www.cortez.ch
| http://www.vntr.net
website
label http://www.getaliferecords.com
|
Vancouver
The moment - CD
Division 2004
Saignant
et subtil. Ainsi apparaît au grand jour ce projet qui
n'était que récréation à l'origine.
Avec un personnel qui a déjà usé son mords
dans Impure Wilhelmina (le chanteur), Iscariote et Unfold, la
couleur se maintient entre le noir et le rouge. Un hardcore
qui ne se fait pas qu'avec le gras du muscle. Cadavre charrié
par l'inévitable Breach de service et Brazen première
époque, leurs scories énervées roulent
avec justesse et sortent de la bétonneuse noise et abrasive,
des finesses dans les interstices. La distorsion de rigueur.
Cette voix qui remonte du fond des entrailles avec des traces
de rouille. La batterie le plus souvent menaçante dans
sa lenteur, grands coups de cymbales. La basse mélodique
et grave. Unsane sculptait aussi ses nerfs dans ce même
bois. Vancouver, au-delà de ses influences jamais embarrassantes,
construit un univers personnel, intercalant entre ses boules
de suif, de mystérieuses émanations, des portes
entre deux mondes, tout en calme inquiétant, violoncelle
mortuaire (" exosphère "), des morceaux à
part entière qui finissent d'élaborer une architecture
harmonieuse, tout en sérieux tremblements et soupirs
sans retour. Vancouver est devenu leur activité principale.
Brillante initiative !
SKX
(12/03/2005)
website
label www.divisionrecords.com
sounds
maraschino.mp3
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The
Vets
Ad Infinitum - CD
Modern Radio 2004
Une
histoire d'amitié. Les deux principaux protagonistes
de The Vets, Andy Larson at Adam Burt, se sont rencontrés
au collège et ne se quittent plus depuis, multipliant
les groupes. The Vets, dernière aventure en date, avec
l'aide d'un batteur (le 2ème), Adam Patterson. The Vets
a la particularité (pas si particulière !) de
n'avoir pas de bassiste dans ses rangs. Les copains d'enfance
ont tout misé sur les guitares. Ils en explorent la moindre
possibilité avec toute une palette de sons. De l'arpège
à l'écho ténébreux, des fragiles
accords aux riffs virils, du larsen larmoyant, pédales
nombreuses et variées. Vous l'aurez compris. Ce deuxième
album est avant tout un disque de guitariste. Morceaux travaillés
sur la longueur, enrichit d'une multitude de détails,
imbrication complexe de structures qui ont le don de glisser
toutes seules. The Vets n'oublient pas le chant. Harmonies vocales.
Et le saxo lointain sur fond de sirène. Pour mieux voir
ses chimères. Ca ménage les effets, s'offre de
béatitudes plages aériennes, tout en résonance
avant de repasser à une précision diabolique.
Une accointance certaine avec Hoover, Rockets Red Glare, City
of Caterpillar, Shipping News et autres princes du rock émotionnel.
Ce canal historique où tout est fait entre gens bien
élevés et de bons goûts. Vieillis en fûts
certifiés conformes. The Vets a le standing. Celui qui
permet tout et n'importe quoi. Entre leurs mains, ça
ressortira nickel chrome. Ad Infinitum.
SKX
(08/02/2005)
website
groupe www.myspace.com/thevets
website
label www.modern-radio.com
sounds
www.modern-radio.com/MP3/vets2.mp3
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Ventura
Pa capona - CD
Get a life ! 2006
Ventura
cesse les splits et enchaîne sur l'album, le premier.
Pas question de capituler ! Devise locale de la commune de Savièse
que ces Suisses ont acollé sur une très belle
pochette cartonnée. Pa capona, cri de ralliement de compatriotes
particulièrement têtus, prêt à attaquer
les parois les plus hostiles pour décrocher l'eau. Cet
album serait-il leur montagne à eux ? Treize morceaux.
53 minutes d'âpres émotions (70 avec le morceau
caché en toute fin de parcours). Une tendance générale
à se draper de noire. Une sourde colère. Il est
clair que la face Ventura n'est pas le versant le plus facile
à escalader. Pourtant, la musique de Ventura glisse facile
de prime abord. Une montagne qui n'a pas l'air bien sauvage.
Pas de vilains pics et de falaises abruptes. Ventura déclare
avoir voulu créer ce groupe comme un hommage à
l'indie-rock qu'ils chérissent tant (et que leur parcours
musical n'avait jamais fait sentir : des ex-Iscariote, Illford
et Shovel). Et c'est vrai que leur rock à trois possède
une touche de classicisme et des mélodies aisées
à capter, avec suffisamment de virilité pour ne
pas faiblir dans des passages difficiles, des décrochages
où l'ivresse du vertige se fait sentir avant qu'une brusque
bourrasque ne vous remette dans le sens de la montée.
Mais c'est la faille qui nous guette. Plus on s'en approche
et plus cette montagne abordable décèle en son
sein des malaises, des fêlures, une noirceur sous-jacente,
une mélancolie qui devient continue, sale brouillard
qui ne se dissipe jamais. Ventura navigue entre traumatismes
post-Slint et Bitch Magnet et un indie-rock enlevé avec
une basse bien lourde et des explosions de guitare saturée
pour la dimension noise. Ils ont su créer une ambiance
personnelle à base de germes connus. Une nonchalance,
une fragilité, toujours sur l'équilibre avec la
gravité et quelque chose de rêche et douloureux.
Des écoutes répétées qui révèlent
son lot de richesse, essayer encore et encore et l'eau n'est
pas loin d'être au bout du chemin.
SKX
(28/07/2006)
website groupe http://www.vntr.net
website label http://www.getaliferecords.com
sounds http://www.vntr.net
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Vaz
The Lie that matches the furniture - CD
Narnack 2005
Vaz
à deux devient Vaz à trois. Pour le troisième
album. Vaz logique. Le duo inséparable comme un couple
de perruches ouvre sa cage à un deuxième guitariste,
Adam Marx (dont le nom de scène sera Judy Station). C'est
le jeu des Vaz communiquant. Les deux ex-Hammerhead retrouvent
donc la formule à trois dont ils connaissent tous les
secrets. Vaz change-t-il son eau ? Ou plutôt, mettent-ils
de l'eau dans leur vinasse ? Après un premier album hanté
par le spectre de Hammerhead, le second opus les voyait déjà
se fourvoyer dans des chemins que leurs vieilles baskets rechignaient
jadis à fréquenter. L'âge aidant, Hammerhead
se décomplexe. Ces vieux punks ouvrent les écoutilles
et les sentiments et question moral, on peut pas dire que c'est
au beau fixe. La voix de Apollo Liftoff (Paul Erickson à
la ville) se fait de plus en plus détacher des turpitudes
terrestres. Froide comme l'aura dans laquelle baigne cet album.
Le batteur petit mais nerveux avec des bras de déménageurs,
Jeff Mooridian (Dionysus Powerdown pour ces dames ou Bruce Museum
pour ces messieurs) nous gratifie certes toujours de joutes
rythmiques hautes en couleurs dont les enchaînements feraient
pâlir n'importe quel slalomeur mais les pauses se font
plus nombreuses. Les morceaux restent sur le qui-vive mais ya
comme un truc qui cloche. Une bestiole cafardeuse qui court-circuitent
les neurones. Leurs hymnes post-punk noise ont du mal à
enclencher la vitesse supérieure. On se demande ce que
le deuxième guitariste est venu apporter sinon deux bras
en plus pour porter les amplis. Le sens mélodique est
là mais c'est comme si Vaz ne voulait pas exploiter le
filon à fond. Un désir d'essayer autre chose.
D'expérimenter par le petit bout de la lorgnette. Quitte
à le faire, autant aller au bout des choses car du coup,
on se retrouve un peu à naviguer en eaux troubles. Cet
album a quelque chose d'impressionniste et triste à la
fois. De rageur mais les poings liés par un fardeau trop
lourd. Un Vaz qui veut grandir, changer de peau mais qui a eu
peur d'aller trop loin. Et pour acceptable qu'est cet album,
nous n'avons pas non plus la meilleure des cuvées.
SKX
(20/02/06)
website groupe www.thevaz.com
website label www.narnackrecords.com
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Disco
Doom / Ventura
Split 10''
Get A Life ! 2005
Disco
Doom, entité mystérieuse originaire de Zürich,
qui après deux albums la même année (2005)
mais qu'ils n'ont dû distribué qu'à leurs
vieilles tantes, sort de sa tanière avec un nouveau titre
sur ce nouveau label Suisse Get A Life ! Disco Doom n'est ni
disco et encore moins doom. Quoique si il fallait choisir, c'est
le disco que je choisirai. Pas par goût personnel mais
leur rock qui n'est pas vraiment rock délivre un rythme
qui invite à taper du pied en cadence avec des vocaux
tout ce qu'il y a de plus pop. Etrange mixture pas désagréable
en soi mais qui demande à être approfondie. Avec
Ventura, on continue de piétiner le lino. Issues,
morceau faussement tranquille n'a l'air de rien comme ça
mais ça devient vite entêtant, le chant a un grain
de voix très appréciable et l'accélération
continue fait son chemin avec riff de guitare acoustique qui
débarque en plein milieu et une écriture vive
et inspirée. Ventura fait son rock avec consistance,
un brin de légèreté et pourrait bientôt
toucher au grisbi.
SKX
(02/01/06)
website
groupe www.discodoom.net
|www.vntr.net
website
label www.getaliferecords.com
|
Viva
l'American Death Ray Music
In the meantime - CD
Trans-solar 2006
Je
sais pas pourquoi mais ce nom de groupe m'a tout de suite fait
penser au Velvet Underground. Heureux instinct qui va m'épargner
de biens durs labeurs à décrire le quatrième
album de ce trio américain. La bande à Lou Reed
en forme d'inspiration pour un groupe qui a débuté
son histoire sur Sympathy for Record Industry, qui a tâté
du garage et du rock plus glam avant de poursuivre sur une trace
beaucoup plus basique. Format rock guitare-basse-batterie, aux
structures répétitives et contours pop (pour la
noirceur du Velvet, il faudra repasser), évoquant également
les éternels Feelies et Yo La Tengo. Un album qui a le
groove en lui (avec le batteur de Polyphonic Spree), presque
dansant à ses heures perdues, une insouciance qui fait
taper du pied sans forcer, une certaine dureté pour ne
pas sombrer. L'envie d'avancer toujours, musique d'autoradio
pour brûler l'asphalte, ce disque a la qualité
de ne pas vous prendre la tête, de s'écouter facilement
et agréablement mais pas sûr qu'il vous en reste
grand-chose à l'arrivée.
SKX
(26/08/2006)
website groupe www.myspace.com/vivalamericandeathraymusic
website label www.transsolarrecords.de
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Valina
A
tempo ! A tempo ! - CD
Trost 2008
De
quoi souffre Valina ? D'être autrichien. D'avoir réalisé
des albums juste honnêtes, respectables et qui n'intéressent
au final pas grand monde. De faire des concerts qu'on écoute
parce qu'on est poli (avec Sicbay lors de la tournée
européenne en 2004). D'être là sans être
là. D'être toujours autrichien onze ans après
leurs débuts. Autant de questions que vous allez oublier
avec vos préjugés et le Tyrol parce que ce troisième
album de Valina est magnifique. Albini est à nouveau
derrière la console et si cette phrase a été
et sera maintes fois écrite, le bougre a encore de la
ressource. Rarement le son de batterie reconnaissable entre
mille d'Albini n'aura aussi bien collé à un groupe.
Un son ample, puissant et précis, servant admirablement
les compos. Car si l'enveloppe vous pète autant à
la tronche, c'est parce que l'intérieur est bien fourni.
Valina ne se cache pas derrière une production de prestige
mais la joue grands compositeurs. Il manquait jusque la petite
étincelle pour que leur indie-noise-rock s'embrase. Là,
l'allumette, ils l'ont bien craquée. C'est l'Etna (vous
m'excuserez cette incartade géographique chez les ritals),
ça pète à tous les étages tout en
gardant cette distance propre à Valina. Le changement
de batteur joue sans doute dans cette évolution. Les
rythmes lâchent les chevaux, se décomplexent et
sans en faire un combat de tous les instants, impulsent une
nouvelle dynamique à un groupe qui avait tendance à
ronfloter. Valina empilent des morceaux plus séduisants
les uns que les autres. Calendria, Bellydancer,
Idiom's Palace et on va s'arrêter là. On
pourrait tous les citer. Valina a le don pour rendre limpide
des structures alambiquées. Mais aussi le contraire.
Donner de la complexité à des morceaux qui partent
trop pop. C'est un subtil mélange entre la bastonnade
et le velouté, en privilégiant tout de même
le nerf et les gros coups de grisous dans lesquels se mêlent
de brillantes mélodies à la clef, bien soutenues
par le chant toujours contrôlé de Anatol Bogendorfer.
Une recette commune mais Valina fait preuve d'un savoir-faire
largement au dessus de la moyenne générale (et
de sa propre moyenne habituelle). Pendant son séjour
à Chicago, Valina a eu également la bonne idée
d'inviter la section cuivre de Cougars (trompette et saxo).
Là encore, un souffle nouveau sur deux morceaux, Dogged
et l'apothéose sur les huit minutes finales de Libido's
regime. Pour sûr, Valina a trouvé le bon tempo
et peuvent le crier deux fois tant cet album est une grande
réussite.
SKX
(22/11/2008)
website groupe www.trost.at/valina
website label www.trost.at
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Vampire
Hands
Me
and you cherry red - CD
Peppermint Coffins / Modern Radio 2008
En
direct de Minneapolis et fief de Amphetamine Reptile records,
Vampire Hands. Mais ce groupe n'a pas été vampirisé
par Tom Hazelmeyer et vous n'aurez point droit à du punk-rock
de dégénérés. Tout juste note-t-on
la participation de l'ancien batteur des Cows, Freddy Votel,
sur leur précédent et premier album Virgin
Dust American en automne dernier. Quelques mois plus tard,
tant que la main est chaude, les quatre Vampire Hands enchaînent
sur Me and you cherry red. Ces vampires là ne
mordent pas, ne feront saigner personne mais abordent un monde
suffisamment étrange pour ne pas attirer l'attention.
De la pop abstraite avec deux batteurs - ou plus précisément
un batteur et un autre au chant, synthés et tom basse
uniquement, un bassiste et un autre chanteur qui gratouille
six cordes l'air de rien. Car c'est avant tout une histoire
de rythmes, d'arrangements hétéroclites, de chant
à plusieurs, de voix féminines et beaucoup de
légèreté au final. Dans les pires moments,
c'est de la musique pour bobos s'agenouillant cathodiquement
devant Tracks. Ce petit coté à la mode désagréable.
Mais ça serait très réducteur. On y sent
aussi du glam rock comme sur le très T.Rex Safe Word.
Une bonne touche de Can. La rythmique sans doute, cet effet
répétitif qu'ils aiment donner sur certains passages
accouplés à des passages plus planants. Et là,
ils sont capables de belles choses comme sur le prenant Cathedral
blues two ou Me and you cherry red, dernière
composition d'un album à l'ambiance teintée d'hypnose,
intemporelle, semblant tenir par deux bouts de ficelle. Ce n'est
pas la grosse artillerie tribale du samedi soir. Un fragile
équilibre d'où ils sortent sans trop de dégâts.
Vu leurs vidéos de concerts circulant sur le net, on
pourrait regretter qu'ils ne retranscrivent par la même
hargne et intensité sur disque. Mais ce traitement plus
en douceur avec un coté foutraque (même si ils
semblent se soigner de ce coté là) passe sans
problème. Un disque qui doit coller avec la saison et
le soleil qui pend au plafond. L'hiver viendra suffisamment
tôt pour ne pas en profiter, là, tout de suite,
sans trop se poser de questions.
Modern Radio sort la version vinyle avec un artwork différent
pendant que le groupe sort le CD sur sa propre structure Peppermint
Coffins.
SKX
(25/07/2008)
website groupe www.myspace.com/vampirehands
website label www.modern-radio.com
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Vancouver
/ Zatokrev
Split CDEP
Get a life ! 2007
Split
suisse entre un groupe de Yverdon (Vancouver) et Bâle
(Zatokrev). C'est avec un réel plaisir que je me mets
directement les deux titres de Vancouver. Leur premier album,
l'excellentissime The moment, date
de 2004 déjà et il me tardait d'entendre du nouveau
matériel. C'est que le groupe prend son temps cette fois-ci
pour enregistrer son nouvel album et nous fait patienter avec
ces deux compos issues des mêmes sessions d'enregistrements.
Soit un metalcore des plus convaincants pendant lesquelles Vancouver
n'a rien perdu de son savoir-faire, privilégiant autant
la violence que l'émotion, aussi brute soit elle. Deux
fois cinq bonnes minutes d'une expédition punitive, délivrance
dans les Alpes sans le cri du cochon, variant les effets et
les tempos avec un son titanesque à faire dévaler
un yeti tête la première. Album attendu d'un pied
ferme et montagnard. Pour Zatokrev aussi, c'est issu du même
endroit, à savoir leur album Bury
the ashes et l'enregistrement de la batterie me chiffonne
toujours autant. On va essayer de passer outre. Pour ce split,
Zatokrev a pensé à faire court. Cinq et quatre
minutes, c'est presque du Ramones pour eux. On en oublierait
presque pour le coup que leur influence majeure, et c'est peu
de le dire, est Neurosis. En réduisant la durée,
Zatokrev a privilégié la vitesse. Les gros riffs,
la lourdeur, les chants multiples torturés sont encore
là mais le goût de l'ersatz passe mieux. La Suisse
en pleine forme.
SKX
(08/10/2007)
website groupe www.myspace.com/vancouverrocks
| www.zatokrev.com
website label www.getaliferecords.com
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Vélooo
s/t - CDEP
A tant rêver du roi 2008
On
t'as pas dit que c'était le club privé des émules
de Satan mec. Un disque qui débute par un sample
à la Doppler. Sauf que ça ne va pas saturer et
ça ne va pas gueuler. Vélooo, un groupe de Pau
entièrement instrumental encore tendre dans l'approche
sonore mais on retrouve, comme pour les Lyonnais, cette folle
envie d'en découdre, de se lancer sans calcul dans des
joutes soniques pour vous laisser sur le carreau. Cinq morceaux
auxquels on serait tenter d'adjoindre l'étiquette math-rock
mais ce rock dissonant préfère les longues lignes
droites ondulées où ça file à toute
berzingue que les changements intempestifs et les virages à
90 degrés. Ca sent - la sueur certes - mais surtout beaucoup
de spontanéité et de fraîcheur, le plaisir
de jouer ensemble et comme ce plaisir est communicatif, c'est
l'échappée belle. Des morceaux alertes, sémillants,
qui respirent la joie de vivre sans se prendre la tête
tout en la secouant dans tous les sens. Il y a quelquechose
de scolaire et prévisible qui se dégagent de certains
passages, le son manque de force (notamment la gratte qui se
taille pourtant la part du lion dans les compos) mais ça
passe à l'enthousiasme et une certaine qualité
de compos, c'est quand même le nerf de la guerre ! Vous
emballez tout ça dans un bel objet en forme de carte
postale d'anniversaire, qui s'ouvre en deux et se ferme avec
des aimants, un design beau comme un camion avec une dorure
à chaud (?!) et vous avez un Vélooo à suivre.
Merci de respecter les distances de sécurité.
SKX
(17/11/2008)
website groupe www.myspace.com/velooo
website label www.atrdr.net
sounds toy_machine.mp3
| disco_truck.mp3
| fire_feu.mp3
|
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Villabrut
/ Knives
Split 7''
Gasping for Breath 2007
Pochette
noire avec V blanc de la victoire pour Villabrut et K grand
angle pour Knives. Magnifique de sobriété et pour
te dire que t'as pas ça entre les mains pour te gausser.
Et pourtant, ce split 45 te donne un sourire jusque là.
Non un peu plus haut encore. Villabrut, c'est la lignée
des groupes en brut (New Brutalism, Beton Brut, Soldat Brut),
un trio et leur délire chiffré, Big Brother te
regarde mon frère avec Hall 7900020676 présent
dans les quatre entités, Elliot 2055010672 (seulement
dans trois, exit New Brutalism) et Scagnetti 4499030676, bassiste
uniquement chez Villabrut. Recompte avec moi. Mais à
tous ces noms, il faut en rajouter un. Un groupe incontournable
de leur existence tourmentée. Les mythiques Big'N. Chez
Villabrut, on retrouve cette même marque au fer rouge
dans le riff simple, bétonné, cette rythmique
martiale, cette ligne de basse qui ne sort pas de ses gonds
mais qui écrase les doigts, ce sens de la précision
qui fait froid dans le dos. Seule la voix n'est pas cette avalanche
de roches asséchées. Remagen, c'est le
titre de ce morceau et c'est classiquement bandant. Changement
de face et changement de vitesse. Les petits plaisantins. On
passe en 33. On pensait se reposer un brin avec un instrumental
légèrement complexe, alerte et gentillet. Et puis
la voix est apparue, les dissonances aussi, tout s'est emballé
et Schteve Albini wants his riff back (un clin d'il
à Villabrut ?) se termine par un plan répétitif
et rythmique que n'aurait pas renié leur voisin de l'autre
face. Split parfait.
SKX
(22/10/2007)
website groupe www.myspace.com/villabrut
| www.myspace.com/weareknives
website label www.gaspingforbreath.com
Vous
pouvez commander ce bout de vinyl chez K-Fuel.
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Volt
Rorhat - Cd
Exile on mainstream 2006
Je n'arrive pas à lire une chronique de Volt sans qu'on
y fasse une comparaison appuyée à Jesus Lizard.
Celle-ci n'y échappera pas mais c'est pour dire tout
le contraire. Jesus va se retourner dans sa tombe. Chez Volt,
rien de la grâce d'un Duane Denison. Les grognements et
les variations que tente d'apporter Andre Dietrich au chant,
par ailleurs aussi guitariste, ne possèdent pas la bile
maniaque d'un David Yow. Et si la section rythmique essaye bien
de poser une assise carrée et efficace, c'est sans la
souplesse et l'inventivité de la paire rêvée
de Chicago. Volt, c'est Allemand et c'est plus lourd (ceci n'ayant
aucun rapport). C'est comme du Melvins en accéléré.
Un char d'assaut lancé à pleins poumons. Des structures
répétitives qui avancent et provoquent des dégâts
façon boule de neige. Sur certains morceaux, ça
marche très bien. Sur la longueur, ça peut devenir
ennuyeux. On en revient toujours au même plan. L'effet
de surprise passe assez vite sans oublier du remplissage à
la fin et les douze dernières minutes d'un Volt
qui nous achève dans le mauvais sens du terme. Mais on
aura quand même quelques bonnes baffes bien grasses au
passage. Le format maxi de leur précédent maxi
Romeo OK leur seyait finalement mieux au teint. Condensé
la force de frappe tout en variant les effets, aussi minimes
qu'ils soient. Volt ne fait pas encore péter les plombs
mais le courant passe quand même.
SKX
(17/05/2007)
website groupe www.volt-music.de
website label www.mainstreamrecords.de
sounds www.mainstreamrecords.de/bands/volt/index.shtml#
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Steve
Von Till
A Grave is a grim horse - CD
Neurot 2008
Ca
fait des jours et des jours que je me tape cet album, à
tenter de trouver la clef m'ouvrant grandes les portes de la
perception ultime mais je dois me rendre à l'évidence.
Je n'entre même pas le début d'une phalange dans
l'univers de Steve Von Till. C'est pas faute d'essayer mais
ses ballades acoustiques me laissent de marbre. Le barbu et
tatoué guitariste de Neurosis en est à son troisième
effort solo et l'effet est toujours proche du zéro. Le
propos est pourtant étoffé. Ce n'est pas uniquement
Steve Von Till, sa voix grave, sa guitare acoustique contre
le reste du monde. Un peu de batterie et de basse, un poil de
violon, un zeste d'orgue hammond, de l'électricité
serpentant dans la sécheresse et une ribambelle de musiciens
venus prêter main forte. Il donne de l'ampleur à
son folk neurasthénique. Mais rien n'y fait. Il a beau
prouver que l'on peut être aussi sombre dans le fracas
et la grosse artillerie d'un Neurosis que dans l'intimité
de compositions épurées, on ne retrouve en aucun
cas une inspiration digne de ce nom. Que ce soit dans les mélodies
ou l'arrangement des morceaux, l'impression que tout se traîne.
Que la profondeur voulue par ce genre de démarche n'est
qu'une flaque d'eau de misère dans laquelle jamais on
se noiera. Malgré une reprise d'un des maîtres
du genre (Clothes of Sand, un inédit de Nick Drake
sorti sur Time of no reply en 1986), malgré son
timbre de voix dont je ne me lasse pas, ces morceaux ont juste
les ténèbres pour eux mais même pas peur
! De la mélancolie qui fait plus que frôler l'ennui.
Un truc indéfini qui fait que tout ça, c'est bien
beau à écouter mais ça manque d'envolée.
Désolé Steve Von Till, malgré tout le respect,
cet album me fait royalement chier.
SKX
(17/07/2008)
website groupe www.vontill.org
website label www.neurotrecordings.com
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V13
Overlook Hotel - CD
Swarm of Nails 2009
Tir
à vue sur tout ce qui bouge. Ou frappe qu'un coup. Ce
qu'il y a de bien avec V13, c'est de voir qu'ils ne s'accrochent
pas à un genre particulier. Leur cible est mouvante.
Ca reste du rock à guitares. Avec des éclats,
de l'intensité, des creux et de bonnes saillies cachant
tant bien que mal des émotions à fleur de peau.
Du rock quoi (et du rock de Cannes en plus). Et pourtant, ne
se rattache à rien de concret. J'ai beau me concentrer,
viser, non, je vois rien. Subir les évènements.
Se raccrocher à du concret, à un Serge Morattel
planqué dans ces montagnes suisses pour de la came qui
n'est pas la sienne habituellement. A Chiara Locardi (L'Enfance
Rouge), invitée sur Mais ils ne renforcent pas le
camp ennemi qui comptait déjà des millions d'imbéciles,
et où l'on est objectivement condamné à
être un imbécile, titre ridiculeusement con
autant qu'il est bon, le morceau, long et généreux.
La présence de la chanteuse italienne, à faire
dresser la couenne, la voix chaude, le grain au fond de la gorge
pour faire vibrer la ballade rocailleuse.
Avant d'en arriver là, cinq décharges, tout le
contraire. On rembobine l'histoire. Puzzle, premier album,
autre temps, autre murs, autres membres car si c'était
pour se taper ce genre de marade,
autant partir à la chasse, la vraie. Retour avec des
armes autrement affûtées, V13 change son fusil
d'épaule. Retour à la nature, plus près
des racines rock. Pourquoi se compliquer la tâche alors
que faire simple est déjà si compliqué.
Au final, V13 s'éparpille toujours autant, façon
puzzle, mais bizarrement est cohérent. Dynamiter sans
se disperser. Des restes du passé mais débarrassé
de sa complexité sur le chaud bouillant Rénégat,
au Noir Désir / Tu as choisi d'entrer / partir
à la pêche des sombres héros de l'amer avec
du gros hameçon et ramené Gouache, tortueux
et sombre, lui aussi. Des relents d'un rock filière classique
repassé au karcher à plusieurs reprises, l'ancien
et le moderne, aussi noise que rock, tendu à défaut
d'être bandant. Et puis donc ce morceau au titre à
rallonge, on recolle l'histoire, puzzle toujours. V13 dépose
les armes, met une fleur au bout de son canon, sort le violon,
le piano, le vibraphone et autres instruments bucoliques comme
la trompette pour regrouper la meute. Pygmalion, c'est
plus Tiersen et Comelade que cheveux gras sur riffs hirsutes.
Le chant en français commence à se faire comprendre
quand le volume globale descend, ajoutant une nouvelle corde
bien sentie à un arc qui aurait pu faire peur, le rock
et le français ayant souvent fait mauvais ménage.
Overlook Hotel, le morceau, se la rejoue Noir Désir
boosté par une bonne paire de claque pour une deuxième
partie d'album qui, sans être calme, ouvre le champ d'actions
de V13. Et au passage, une curieuse manière de découper
un album. Dichotomie prononcée. Je te fous la pâtée
pour commencer et je pense tes plaies après. Le rock
à Cannes ne décroche pas la palme mais on apprécie
sa remise en cause, sa liberté, son ouverture d'esprit,
d'aller là où le vent le pousse car c'est bien
connu, le rock est comme l'argent, il n'a pas d'odeur, il va
où bon lui semble, surtout quand il aborde cote à
cote les logos Noise Rock Culture Magazine, la région
PACA et le Ministère de la Culture pour s'exprimer pleinement
SKX
(29/11/2009)
website groupe v13theband.net
website label www.swarmofnails.com
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Vandal
X
All lined up against the wall - CD
Vlas Vegas 2008
Vandal
X serait-il le secret le mieux gardé de Belgique ?! All
lined up against the wall est déjà leur sixième
album et avec le monstrueux bordel dont ils sont capables, il
est étonnant qu'on n'ait pas entendu parler d'eux plus
que ça. Des tombereaux de batteries, des rafales de cymbales,
un mur de guitares. Ils doivent être au moins six là-dedans
et il faut se pincer pour croire que Vandal X n'est qu'un duo.
Ca vous prend à la gorge, ça tenaille et ça
ne lâche rien. Ils ont dû en bouffer du Wallon pour
vomir une telle rage. Vandal X, c'était le nom d'un morceau
de Unsane. Je ne sais pas si c'est tiré de là
mais on tient une piste. Non pas pour le son ou l'exécution
mais pour l'esprit maladivement féroce qui en découle.
Vous le croisez avec Today is the Day, notamment la voix, la
façon d'inonder son micro de crachats et vous aurez une
idée du niveau de tendresse de Vandal X. De la bande
de Steve Austin, ils ont gardé également l'idée
des samples bien placés entre certains morceaux pour
reprendre son souffle. Des voix de femmes apeurées, des
enguelades, des trucs incompréhensibles mais qui ne reflètent
pas l'entente cordiale. Go to hell. Difficile de croire
qu'on reprend son souffle avec de tels interludes mais sous
le déluge, ces moments de poésie font du bien.
Et comme le duo s'y connaît pour rendre le déluge
des plus agréables, c'est l'ensemble de ce All lined
up against the wall qui vous colle au mur du fond avec un
grand sourire de maso qu'on est devenu. Des compos assez courtes.
Allez à l'essentiel. Enchaîner tête baissée
avec la violence d'un panzer, brutalement basique tout en conservant
un certain groove pervers. C'est du gros grain qui vous tombe
dessus, le bruit de la fusée qui décolle sur Generation
burnout, des titres qui en disent long sur leur état
d'esprit (Killing-manifest for a new world order, Don't
give a fuck, Get out now, Blood and guts et
une grosse faute de goût : Fuck U2), cette voix
continuellement agressive, des descentes de batterie et de grandes
volées de cymbales, une guitare qui ne lésine
pas sur les pédales d'effets. Bart Timmerman (guitare,
voix) et son acolyte Liket à la batterie aiment s'enfermer
dans leur studio depuis Two Man Army, leur quatrième
album (après un essai avec Albini sur le second Songs
from the heart) et vous servir les torgnoles à la
chaîne. Méthodiquement. Méchamment. Sans
faire n'importe quoi pourvu que ça fasse du bruit. Un
Black Cobra près de l'os mais avec de sacrés paluches,
noisy et crade à volonté. Chronique de la haine
ordinaire.
SKX
(09/03/2009)
website groupe www.myspace.com/vandalx666
website label www.vlasvegas.be
sounds AllLinedUp.mp3
| GetOutNow.mp3
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Ventura
/ John Sars
split 7''
Ikarus records/Get A Life records 2008
Ce
qui rend d'emblée ce split single aussi sympathique c'est
sa présentation : une photo d'une piste de ski enneigée.
Toutes les infos sont imprimées sur la pochette plastique
qui normalement ne sert qu'à protéger le disque
-un peu comme ce magnifique single d'A Minor Forest sorti il
y a quelques années et qui montrait des scientifiques
de face écrivant sur un tableau, le tableau étant
justement la pochette plastique. Détail intrigant, la
piste de ski de ce split est singulièrement déserte
avec les sièges de la remontée mécanique
sont en carafe. Où sont passés les parisiens et
autres blaireaux lyonnais en combinaisons moumoutées
et amateurs de glissades et autres joyeusetés débiles
?
John Sars (de Zurich) ouvre le bal avec un titre poppy/fuzzy/grungy/noisy
sympathique qui finit par faire son petit bonhomme de chemin
(et non pas de neige) dans la tête malgré la faiblesse
évidente des voix -il y en a deux à l'unisson,
non ?- beaucoup trop tendres et branlantes même si on
est obligé de convenir que c'est précisément
ce type de voix qui colle le mieux à ce genre de musique.
La mélodie est bonne et accrocheuse mais pas de quoi
pousser mémé dans la congère quand même.
John Sars a depuis sorti son premier album, Skeleton Sound,
toujours sur Ikarus records.
Sur la face AA on retrouve Ventura, autre trio suisse et excellent
témoignage que dans ce pays de la propreté exacerbé
et du capitalisme bancaire on sait faire autre chose que du
metal core à deux balles ou du screamo boutonneux -pour
la petite histoire, Mike le batteur est un ancien Iscariote,
très certainement la seule exception qui confirmait la
règle. Pa
Capona, le premier long format de Ventura, était
un petit bijou de pop noisy et nerveuse avec cette petite tendance
mélancolique qui fait toute la différence (faisant
penser plus d'une fois au premier album de Purr -encore une
antiquité du siècle dernier et parisienne qui
plus est- notamment sur un titre comme Limits). Avec
Here We Are Lost le trio durcit légèrement
sa musique, rien de bien méchant assurément, juste
ce qu'il faut de hargne suffisamment distanciée pour
l'habiller d'élégance. Et la voix a toujours ce
petit grain éraillé en fin de parcours qui fait
tant pour le charme de Ventura. Le groupe a prévu d'enregistrer
la suite de Pa Capona au printemps et de sortir son nouvel
album d'ici la fin 2009. On attend ça avec une réelle
impatience.
Haz
(16/03/2009)
website groupe www.myspace.com/johnsars
| www.vntr.net
website label www.ikarusrecords.ch
| www.getaliferecords.com
|

Vergogne
Sans - CD
Théâtre / Désormais 2009
L'essentiel,
c'est la musique, on est bien d'accord. Alors on va y aller
direct parce que pas de pochette, pas de titres, de paroles,
aucunes infos, le désert, que le froid contact du CD.
Un moment qu'il traîne cet objet mais on aurait tort de
le bouder plus longtemps. Contrairement à Vergogne, j'aurais
eu des scrupules. Parce que déjà quand on se nomme
Vergogne et qu'on appelle son premier album Sans, c'est
faire preuve d'un humour qui marque un premier point. On ne
s'ennuie pas à Poitiers. Mais je m'égare. La musique
donc. Sur le maigre sticker promo, les deux labels poitevins
ont cru bon rajouter une liste de noms de groupes censés
être d'un bois identique ou quasi à Vergogne. Avec
la mention maybe, on n'est jamais trop prudent. Rumah Sakit,
Oxes, Amanda Woodward, Don Caballero, Sleeping People. Ca vaut
son lot d'équations et d'arithmétique pour les
nuls. On se demande juste ce que vient foutre Amanda Woodward
au milieu de ce congrès de matheux !? Le reste est à
l'appréciation de chacun. Les comparaisons ont toujours
leurs limites. La première est que Vergogne, contrairement
à tous ces groupes (sauf Amanda Woodward qu'on élimine
définitivement + le dernier album de Don Cab) n'est pas
uniquement instrumental. Le trio de Poitiers a eu la bonne idée
d'inclure du chant, aussi économique soit-il et un rien
faiblard dans le timbre, poussant jusqu'à la clarinette
sur plusieurs titres (dont je ne connais toujours pas les noms)
et leur math-rock en prend un sacré coup dans la tronche.
D'ailleurs, c'est toute l'idée du math-rock qui en prend
pour son grade avec Vergogne. A l'instar de 37500
Yens, le groupe rajoute un allant supplémentaire
à leur triptyque guitare-guitare-batterie, se dépêtrant
des fils du math-rock et de combinaisons trop complexes pour
offrir six titres lumineux avec du coffre et de l'ampleur. Des
moments de suspension en plein ébats électriques,
de grands bols d'air au milieu d'un bel enchevêtrement
de guitares, des petits effets de sonorités qui n'ont
l'air de rien mais qui apportent de la richesse, des guitares
qui explosent là où on ne s'attend pas, de la
nervosité mais aussi une certaine plénitude. Vergogne
a travaillé ces compositions en profondeur, maîtrise
parfaitement les changements de cadence et prouve qu'en matière
de math-rock, on peut encore faire du neuf avec du vieux pour
ceux qui veulent bien se donner la peine de chercher et ne pas
appliquer les recettes bêtement apprises. Le futur se
fera avec Vergogne.
SKX
(04/12/2009)
website groupe www.myspace.com/vergogne
website label hwww.myspace.com/theatrerecords
| www.myspace.com/desormaisprod
PS : et en attendant le futur, le présent est téléchargeable
ici.
|
Ventura
We
recruit - CD
Africantape 2010
Je
me suis laissé entendre dire que cet album était
parfait pour l'été. Gorgé de soleil, des
mélodies comme une crème solaire qui s'étale
sans baver sur votre peau blafarde, le vieux fantasme de la
décapotable rouge qui file, musique à fond, cheveux
au vent, car c'est ça, la Ventura, c'est dormir chaque
nuit dans tes bras, c'est tes mains qui se posent sur moi. Mais
je ne suis pas Stone et eux encore moins Charden et ce disque,
c'est à toutes les saisons qu'il va s'écouter.
Car si il y a du bonheur en barre, We Recruit sourde
également la mélancolie, voir carrément
la sinistrose d'une longue soirée d'hiver, bourgeonne
les élans d'optimisme, fait fondre la banquise et envoler
les hirondelles, donne du vernis à vos doigts de pieds,
ah la Ventura, c'est ça que j'aime, chanter partout avec
toi. Difficile d'expliquer pourquoi un disque aussi banal arrive
à vous secouer autant. A faire prendre l'ordinaire pour
du super, le conventionnel pour de l'extase. Rien de bien changer
dans leur indie-rock-noisy comparé à leur premier
album Pa
Capona sauf que le trio suisse le fait encore mieux.
Plus limpide, plus percutant, plus beau. Des airs de pas y toucher
mais des mélodies qui font mouche. Un subtil alliage
de finesse et de murs de guitares, de souplesse et de rythmiques
qui tabassent, de légèreté et de gravité.
Faire du jeune avec du vieux ou faire du vieux quand on est
jeune mais que l'émotion de la compo passe avant tout.
Faire des morceaux qui auraient pu tomber dans la facilité
et le vulgaire, la main sur le cur et le briquet au bout
de l'autre mais rattraper le pathos, ne me demandez pas comment,
sans trembler, à grand coup de riffs bien placés
et révéler la faille qui est en eux. Toujours
cette grisaille enveloppante, cette voix souffreteuse qui suggère,
cette amertume sous-jacente rendant la lecture plus difficile
qu'au premier abord, ces Fuck them all pas politiquement
correct quand on vient juste de mentionner les 24000 personnes
qui meurent de faim tous les jours (pas en Suisse, je vous rassure).
Après un départ en fanfare et trois premiers titres
impeccables, We Recruit connaît bien un léger
tassement en son milieu mais repart de plus belle sur la fin
et s'achève en beauté, par Demons, ceux
qui se sont penchés sur le berceau de Ventura, des bienfaisants
leur apportant grâce et roublardise. C'est ça le
miracle tout simple et si compliqué de Ventura, l'essence
même de la pop music, des morceaux possédant le
don de rester dans votre caboche, l'envie qui en découle
de les remettre sans cesse avec suffisamment de profondeur pour
que l'effet dure longtemps. Au moins huit secondes pour vous
dire que Ventura, c'est de la dynamique. Et bien plus encore.
SKX
(07/08/2010)
website groupe www.vntr.net
website label www.africantape.com
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