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V9R9D The Boom / Bip e.p.
V13 Overlook Hotel
VALINA into arsenal of codes
VALINA A tempo ! A tempo !
VAMPIRE HANDS Me and you cherry red

VANCOUVER The moment
VANCOUVER / ZATOKREV Split CDEP
VANDAL X All lined up against the wall
VAZ Dying to meet you
VAZ demonstrations in Micronesia
VAZ / ENEMYMINE 7''
VAZ hey one cell / no leaf clover
VAZ / SEAWHORES Vazzed in a sea of whores
VAZ The Lie that matches the furniture
VELOOO s/t - CDEP

VENEREALECTRIC s/t
VENTURA Pa capona
VENTURA We recruit
VENTURA / CORTEZ Split 10''
VENTURA / DISCO DOOM Split 10''
VENTURA / JOHN SARS split 7''
VERGOGNE Sans
VERSAILLES the Great Axis
THE VETS Ad Infinitum
VICTORY AT SEA the good night
VILLABRUT / KNIVES Split 7''
VITAS GUERULAITIS Self-titled

VIVA L' AMERICAN DEATH RAY MUSIC In the meantime
VIZA-NOIR No record
VOLT Rorhat
VOLUME ELEVEN kotadelic cytex and stardust escades
VOLUME ELEVEN prole art threat
STEVE VON TILL A Grave is a grim horse


V9R9D
" The Boom / Bip e.p. " - CD
Snackbag 02
Baptisé en première instance Vapid, ce duo est repassé par l'état-civil et n'a pas choisi la facilité en se renommant V9R9D! Nom d'un petit robot! Placé sous la protection du saint patron des duettistes, V9R9D se conjugue à la basse et à la batterie. Loin des excentricités d'autres duos plus fameux, V9R9D vole un ton en dessous. Une ligne de conduite sans excès. De ses gongs, on ne sort pas. Ou si peu. Un son qui arrondit les angles, interdisant toute délivrance, toute libération. Une basse ronde qui supporte à peine la distorsion. V9R9D ne joue pas la démonstration et cherche son jour ailleurs. Dans les mélodies en boucles, dans le plaisir monotone de subtiles nuances apportées avec parcimonie. Cette apparente facilité des formes qui cache une alchimie rythmique bien plus complexe qu'elle n'y parait de prime abord. N'empêche que, malgré un certain plaisir d'écoute, l'heure du malaise se pose. Une sensation imprécise, le truc qui soulève pas l'enthousiasme. Presque trop parfait et maîtrisé. On attend vainement l'étincelle, la surprise, le coup bas dans les tibias. Je me sens d'humeur lasse. Gare ! Le terrain du duo est très occupé. Le grand jeu de rigueur si vous ne voulez pas vous noyer dans la masse.
SKX (22/01/2003)

VALINA
" into arsenal of codes " - CD
Trost / Conspiracy 00
L'écho des montagnes - avez-vous entendu l'écho des montagnes autrichiennes ? - n'atténue en rien l'internationalité de la musique. Bien à l'abri à Linz, ce premier album de VALINA n'aurait pas dépareillé chez Touch and Go et leur curriculum vitae nous juré qu'ils venaient de Chicago, on aurait vu que du feu. Savoir-faire, application, Valina travaille dur le jeu des guitares, s'inscrit dans le décalage entre June of 44 et Unwound et décline 9 titres bien dans l'air du temps. Produit par Bernhard Hahn (le type aux manettes du dernier Monochrome), ce "into arsenal of codes" les possèdent bien, ces codes je veux dire, connaît ses références sur le bout des doigts et récite une gamme où il manque un brin de folie, un je ne sais quoi de non-respect qui les sortirais de la masse. Mais un premier jet soigné, compositions pensées, abstraites et puis repensées, sages et mélancoliques. S 'ennuierait-on par delà les Alpes ? C'est pas le délire dans les chaumières mais un moyen pas si désagréable de se réchauffer la couenne sans heurter ses neurones !
SKX (09/05/2000)
VAZ
" Dying to meet you " - Lp
X-Mist / GSL 03
Couple fatidique. Comme deux doigts de la main, inséparable depuis les bancs de l'école avec leur heure de gloire (toute relative) l'espace d'Hammerhead, fer de lance (rouillé) de Amphetamine Reptile records. C'était les années 90, en plein milieu. Depuis, le duo de galère n'a cessé de jouer et c'est avec bonheur qu'on les a vu réapparaître à l'aube du nouveau millénaire, un projet, Vaz, à sa plus simple expression et la vitesse supérieure, ce deuxième album sur ce label indépendant qui a la cote, Gold Standard Laboratories (et X-Mist pour l'Europe et le vinyl). C'est délocalisé à New-York qu'on les retrouve. Mégalopole et solitude, notre duo hanté par les voies impénétrables jadis si bien retranscrites par Sonic Youth. Ce climat si spécial ici en modèle réduit, neurasthénique et tendu. Et du passé, point de table rase. La touche Hammerhead, intemporelle, dans cette façon de torcher une mélodie. Le jeu du batteur qui dévale les fûts, gauche-droite, droite-gauche. Transformer chaque titre en un truc qui colle au corps, petite personnalité entêtante. Quatorze morceaux dans une aura bien actuelle, durée de vie rarement au-delà des deux minutes. Entre les rafales qui font mouche au premier titre (" they've won ", " white world of death ") et le mid-tempo de rigueur à la mélodie si évidente qu'on se demande pourquoi ça n'a pas été trouvé plus tôt (" blue lip special ", " fired eye quit "). Une succession de perles, plaisir instantané, petites morts répétées. Désabusées et pourtant prêt à en découdre. Un album qui coule de source. Vaz sont des cracks.
SKX (16/09/2003)

VAZ
" hey one cell / no leaf clover " - 7"
Reptilian 98
Quoi donc cacher sous le VAZ ? 2 anciens Hammerhead pardi, trio furieux du dinosauresque label Amphetamine Reptile. Le batteur et le bassiste, transformé en guitariste sur la fin. Formule réduite mais point de repos pour les oreilles. Barouf exemplaire, aussi bruyant et énergique qu'8. Rythmes locomotives, souvenirs, souvenirs d'Hammerhead, petites mélodies sous-jacentes sous effets self-controls, pédales de sorties. Hammerhead version 2000, pas plus propre mais excités comme de jeunes poulains ! On s'en pisse dessus tellement c'est bon !
SKX (31/05/2000)

VAZ/ENEMYMINE
" " - 7"
Thin The Herd 00
VAZ enfonce le clou et tire de sa besace une rengaine digne d'Hammerhead. Une ligne de basse monumentale, ça descend direct des montagnes, vif, léger et efficace, VAZ libère la mélodie du bonheur. On continue la carte des ex, puisque après des ex-Hammerhead, c'est le tour à des ex-Godheadsilo. Et là, ça descend plutôt de la vallée de la mort ! On retrouve le solide duo basse-batterie mais calmé du bulbe, registre sous-tension qui tisse une ambiance pesante, voix lointaine qui vous arrive étouffée et plaintive, guitare discrète. Un titre de noise tendu, beau comme un ululement un soir de pleine lune. C'est dire !
SKX (02/06/2000)
VAZ
" demonstrations in Micronesia " - Lp
Thin The Herd 00
Ne tournons pas autour du pot plus longtemps et dévoilons l'équation de ce VAZ qui nous rend si nostalgique. Un duo qui a déjà de la bouteille au sein d'un groupe phare au début des années 90 sur un label non moins incontournable, Amphetamine Reptile. VAZ, c'est Apollo Litoff, bassiste de feu Hammerhead et son fidèle compère, le batteur Isolation DH-9. Rien que ça force à l'écoute de ce premier long jet. Et déjà, on a pas le droit à une énième formule basse-batterie. Les deux androïdes sont au four et au moulin et se défoulent aussi avec des guitares et une multitude d'effets, de pédale, tous sortes de boutons propre à dérégler toute machine trop bien huilée. Et là, on est captivé. Bien sûr, l'héritage mélodique d'Hammerhead est présent (mais on a connu pire comme héritage), ces dix titres fourmillent de clins d'oeil mais chaque titre a son accroche et les compos forcent le respect. Y'aura toujours quelques esprits chagrins pour vous rappeler que ça fait plaisir deux minutes de les retrouver, mais radio nostalgie, ça gave rapidement. Tant pis pour les fonceurs. Il faut savoir dépasser cet à-priori encombrant et dénicher un chant à reprendre en choeur, loin des hurlements habituels. Un souffle garage-rock et des rythmes houlahoup pour danser toute la nuit. Des hymnes qui trottent dans la tête pour une musique vivifiante et à la sourde tristesse. Cet album est une mine de trouvailles mélodiques, un réel talent pour écrire de vraies chansons et par les temps qui court, ça fait du bien d'abandonner les règles à calculer et les mathématiques pour écouter un album foncièrement humain et chaleureux. Retour vers le futur !
SKX (18/10/2000)
VENEREALECTRIC
" s/t " - CD
Nihilist records 97
Electronique squelettique. Minimaliste. Dérision de la production, secondaire, qui ne fait que servir le malsain du propos. Une bonne vieille boite à rythme, un synthé poussiéreux, des samples, de nombreux samples, dialogues de films, râle et coït, conversation piquée au téléphone. Parfois une voix, une vraie, mais tellement trafiquée, un androïde déconnecté, puis reconnecté, puis déconnecté, forcément pas viable à la fin. Le pire morceau inaccessible des Pain Teens n'atteint la moisissure de ces (ce) tordus. Sauf qu'ici l'univers est désolé, aride, loin de la richesse sonore desTexans suscités. Un disque à prendre à quel degré sinon celui de l'absurde ?
SKX (04/08/1999)
VERSAILLES
" The Great Axis " - CD
Box Car 00
Et le soleil débarque sur votre platine ! Avec un nom pareil et une pochette qui représente ni plus ni moins qu'un plan général du château de Versailles, notre curiosité de camembert puant ne peut qu'être interpellée par ce trio 100% américain ! Des amoureux de l'architecture sans doute qui vous sculptent des compositions imposantes, robustes et harmonieuses, des galeries de miroirs se fracassant régulièrement au delà des 5 minutes où on se perd de béatitude devant une telle maturité. Un mastodonte éclairée par une charpente rythmique traçant de longues lignes droites, une multitude de dédales, de contours riches et intriguants, des guitares soniques pour des mélodies tournant en boucles. Et une pointe de psychédélisme pour la touche baroque. Un travail sur les guitares les rapprochant de groupes comme Sonic Youth,Unwound voir June of 44. Mais Versailles ne saurait se contenter de copier un modèle existant. Trop fiers, ils explosent le contexte, dynamite de l'intérieur les pièces trop calmes, cisaillent les influences et apportent leur pierre à l'édifice. Que l'on comprenne bien : " Great Axis " est un album prépondérant et unique dont la cour ne demande qu'à s'agrandir....
SKX (16/05/2000)
VICTORY AT SEA
" The good night " - CD
Kimchee 02
Victory At Sea et son troisième album sous le bras part en ballade. Si on pouvait encore les taxer de fils - ou plutôt filles spirituelles puisque le cœur de ce trio est un indéboulonnable duo féminin avec un batteur intérimaire - de Slint sur leurs précédents efforts, Mona Elliott et sa copine bassiste Mel Lederman prennent leurs distances et s'enfoncent dans un paysage marqué par le dépouillement et la quiétude. On ressent encore bien quelques soubresauts électriques, quelques mouvements de batterie qui tentent de se faire remarquer mais l'ensemble est dominé par une atmosphère acoustique, par les cordes d'un violon sur " mary june ", un piano discret mais récurrent. Le point fort reste la voix de Mona Elliott, faisant carrément penser à PJ Harvey sur certains titres (" proper time "). Une ombre très mélancolique plane sur ce disque. Victory At Sea se dénude. De pop-songs noise, elles sont passées à des mélodies un rien précieuses, une pop intimiste idéale pour s'endormir et qui manque singulièrement de profondeur pour toucher réellement. Transparentes et manquant de relief, la musique vous glisse dessus, petite brise légère qui rafraîchit deux secondes avant de vous filer le rhume du foin. Point de rage sourde derrière tout ça, juste une grosse déprime.
SKX (06/05/2003)
VOLUME ELEVEN
" kotadelic cytex and stardust escades " - Lp
Hand Held Heart 01
L'espace est infini et la machine met du temps a l'allumage. De longues minutes de bruits sidéraux loin d'être sidérants. De pets cosmiques et de flatulences électroniques avant que le volume ne monte à onze comme ce quintet de fous américains élevé à la sauce psychédélique seventies l'avait si bien démontré au cours de leur précédent premier jet. Une fois les réacteurs chauffés, rien de mieux qu'un Volume Eleven pour perdre l'adversaire en route. On cambre les reins sous les coups de butoirs de cet emo-violence à forte tendance rock'n'roll chaotique. Mais il sera dit que cet album sera définitivement sous le signe de l'expérimentation. Alors que ses folies douces ne servaient que de transitions entre les morceaux sur le 1er album, Volume 11 a augmenté la dose, se lâche ostensiblement la bride et dérègle sa machine rock à tout va. Mis à part quatre morceaux "carrés" (ce qui reste un bien grand mot pour Volume 11!) et saignants, Volume 11 démontre qu'il faut s'attendre à tout et donc à rien avec eux. Seule l'originalité compte! Qu'ils s'adonnent avec une ardeur identique aux triturages sonores, aux pédales wah-wah, aux trompettes sous acides ou aux standards à la logique rock fussent-ils calibrés taille sauvage. Un album déroutant, à la construction atypique qui, hormis un début un tantinet longuet, se révèle personnel et attractif. A condition d'aimer les émotions fortes et bigarrées.
SKX (05/09/2001)
Vaz / Seawhores
Vazzed in a sea of whores - split CD
Essay 2003

Vous prendrez bien un split en passant! La tête d'affiche s'appelle Vaz. Le duo, après deux sompteux albums (et un autre pour la rentrée 2004) s'offre une récréation. Trois titres inédits. Mon premier sent le fond de tiroir. Mon deuxième plonge dans la bidouille et ne sent pas très bon non plus. Mon troisième tente de relever le niveau, passe l'oral de justesse mais reste loin de leur capacité habituelle. Mon tout nous fait une belle jambe. Seawhores (mer de putes ??) donne aussi dans le duo. Barjot, le duo. Proche musicallement du Vaz, ils profitent de l'occasion et de l'aura de Vaz qui ne manquera pas d'attirer du monde sur ce bout de disque pour présenter au flanc des détracteurs un peu plus de consistance. Un premier morceau " sweaty men, attack ! ", noise-rock foutraque et solide, c'est bon, là voilà la découverte mais tout ça part vite en couille. Ce groupe a un potentiel affirmé pour foutre le bordel, ne se prend pas au sérieux, manie le sample incongru pour dérouter et à l'image de leur deuxième morceau, on ne sait pas si on doit rire ou pleurer. Leur guitariste devrait accompagner Vaz lors de leur prochaine tournée en Europe… Le seul intérêt de ce disque résiderait peut être dans la vidéo live de Vaz qui accompagne ce CD. Si vous avez oublier la signification du mot " noise ", je vous invite à jeter un œil sur ce clip.

SKX (01/08/04)
website groupe http://www.thevaz.com
website label http://www.essayrecords.com

Viza-Noir
No record - CD
Flame Shovel 2004

Une nette conscience du temps splendide qui s'annonce dehors. Viza-Noir fait parti de ce qu'on appelle communément la vague post-punk avec une forte pointe années 80 dans les gènes. Donc du post-punk qui revient en arrière ? Cherchez pas à comprendre. Mais comme tant de groupes actuels, le trio Viza-Noir a beaucoup écouté Mission of Burma, Wire, tous ces groupes punk dans l'esprit et intello beaucoup sur les cotés. Sans oublier (et c'est pas pour me déplaire mais je suis peut-être bien le seul à le trouver) une influence venue des Wolfhounds. Oui Madame ! Viza-Noir n'a sans doute jamais entendu parlé de ce vieux groupe anglais de la fin des années 80 (dont le leader formera Moonshake plus tard) mais leur accent pop-rock acerbe et désabusé, ce traitement de la mélodie pointe un peu passionnément vers ce groupe mythique (je pèse mes mots !). En plus, Viza-Noir n'a pas cédé à la systématique utilisation du synthé très en vogue chez leurs compères américains. La sainte trilogie et une pleine besace de talent pour vous torcher en trois minutes tout ce qu'il vous faut pour passer une belle journée. " No record " possède cette faculté de vous accrocher illico, saines vitamines rebondissantes. Et quand on y revient, remettre le couvercle, cet arrière goût acidulé, cette légère stridence qui permet de passer les écoutes. Post-punk machin si vous voulez. Idéal pour l'instant toujours.

SKX (01/07/04)
website groupe www.vizanoir.com
website label www.flameshovel.com
sounds mayor.mp3 | pleasure.mp3

VOLUME ELEVEN
" prole art threat " - Lp
Hand Held Heart 99
Le syndrome du groupe qui joue le plus fort ?! Comme dans ce fameux film, The Spinal Tap et le pauvre gratteux et son volume 11 pour jouer plus fort que le voisin !! Et tout cas ici, c'est pour de vrai ! On glorifie le MC5 dont le nom est scandé à diverses reprises sur ce 1er album, on abrutit les masses dans un défoulement olympique, la forme est sans détours car live en studio et prise direct. La nouvelle conjugaison du rock'n'roll dynamitée dans un moule d'emo-violence. Des furies, têtes baissées, ça joue à cent à l'heure, le batteur est trépidant et la voix du chanteur possédée. A coup sûr, les concerts sont hallucinants et la tête smashée dans la caisse claire. Les titres s'enchaînent comme des coups de pieds au cul, tout juste entrecoupés de son samplés et bizarroïdes, style film de science fiction années 60. Ils prennent leur pied, ça s'entend aisément. Et nous, on ressort le souffle coupé mais heureux ! Des sauvages assurément !
SKX (05/06/2000)

Cortez / Ventura
Split 10''
Get A life ! 2005

En direct de la Suisse. Cortez aligne deux titres. C'est rempli de noirceur dans un labyrinthe incendiaire. Ne cherchez pas l'issu de secours. Un trio qui œuvre dans les extrêmes. Un son tellement condensé qu'on ne peut y glisser un doigt. Cortez broie le hardcore, le metal, le noisecore, malaxe serré serré et jette en pâture une drôle de mixture. IMTV suinte la crasse et fout une pression de dingue pendant que A bout de souffle vous le coupe au bout de 8 minutes 53 d'une joute épique qui trouve le moyen pour vous faire planer sur la fin. Cortez power. Autre face, autre groupe suisse. Ventura calme les ardeurs. Avec un ancien Iscariote (le batteur je crois), ce trio œuvre dans une catégorie de rock plus conventionnel mais qui vous botte les fesses quand même. Ils aiment utiliser le terme indie rock, un truc fourre-tout idéal car leur musique a la qualité de ne pas se laisser mettre en boite facilement. Sur les deux morceaux, Trains reste mon préféré avec tout ce qu'il faut de virilité et de finesse, de dissonances e d'accroches mélodiques pour en faire un putain de titre, motherfucker. Très bon split.

SKX (02/01/06)
website label http://www.cortez.ch | http://www.vntr.net
website label http://www.getaliferecords.com

Vancouver
The moment - CD
Division 2004

Saignant et subtil. Ainsi apparaît au grand jour ce projet qui n'était que récréation à l'origine. Avec un personnel qui a déjà usé son mords dans Impure Wilhelmina (le chanteur), Iscariote et Unfold, la couleur se maintient entre le noir et le rouge. Un hardcore qui ne se fait pas qu'avec le gras du muscle. Cadavre charrié par l'inévitable Breach de service et Brazen première époque, leurs scories énervées roulent avec justesse et sortent de la bétonneuse noise et abrasive, des finesses dans les interstices. La distorsion de rigueur. Cette voix qui remonte du fond des entrailles avec des traces de rouille. La batterie le plus souvent menaçante dans sa lenteur, grands coups de cymbales. La basse mélodique et grave. Unsane sculptait aussi ses nerfs dans ce même bois. Vancouver, au-delà de ses influences jamais embarrassantes, construit un univers personnel, intercalant entre ses boules de suif, de mystérieuses émanations, des portes entre deux mondes, tout en calme inquiétant, violoncelle mortuaire (" exosphère "), des morceaux à part entière qui finissent d'élaborer une architecture harmonieuse, tout en sérieux tremblements et soupirs sans retour. Vancouver est devenu leur activité principale. Brillante initiative !

SKX (12/03/2005)
website label www.divisionrecords.com
sounds maraschino.mp3

The Vets
Ad Infinitum - CD
Modern Radio 2004

Une histoire d'amitié. Les deux principaux protagonistes de The Vets, Andy Larson at Adam Burt, se sont rencontrés au collège et ne se quittent plus depuis, multipliant les groupes. The Vets, dernière aventure en date, avec l'aide d'un batteur (le 2ème), Adam Patterson. The Vets a la particularité (pas si particulière !) de n'avoir pas de bassiste dans ses rangs. Les copains d'enfance ont tout misé sur les guitares. Ils en explorent la moindre possibilité avec toute une palette de sons. De l'arpège à l'écho ténébreux, des fragiles accords aux riffs virils, du larsen larmoyant, pédales nombreuses et variées. Vous l'aurez compris. Ce deuxième album est avant tout un disque de guitariste. Morceaux travaillés sur la longueur, enrichit d'une multitude de détails, imbrication complexe de structures qui ont le don de glisser toutes seules. The Vets n'oublient pas le chant. Harmonies vocales. Et le saxo lointain sur fond de sirène. Pour mieux voir ses chimères. Ca ménage les effets, s'offre de béatitudes plages aériennes, tout en résonance avant de repasser à une précision diabolique. Une accointance certaine avec Hoover, Rockets Red Glare, City of Caterpillar, Shipping News et autres princes du rock émotionnel. Ce canal historique où tout est fait entre gens bien élevés et de bons goûts. Vieillis en fûts certifiés conformes. The Vets a le standing. Celui qui permet tout et n'importe quoi. Entre leurs mains, ça ressortira nickel chrome. Ad Infinitum.

SKX (08/02/2005)
website groupe www.myspace.com/thevets
website label www.modern-radio.com
sounds www.modern-radio.com/MP3/vets2.mp3

Ventura
Pa capona - CD
Get a life ! 2006

Ventura cesse les splits et enchaîne sur l'album, le premier. Pas question de capituler ! Devise locale de la commune de Savièse que ces Suisses ont acollé sur une très belle pochette cartonnée. Pa capona, cri de ralliement de compatriotes particulièrement têtus, prêt à attaquer les parois les plus hostiles pour décrocher l'eau. Cet album serait-il leur montagne à eux ? Treize morceaux. 53 minutes d'âpres émotions (70 avec le morceau caché en toute fin de parcours). Une tendance générale à se draper de noire. Une sourde colère. Il est clair que la face Ventura n'est pas le versant le plus facile à escalader. Pourtant, la musique de Ventura glisse facile de prime abord. Une montagne qui n'a pas l'air bien sauvage. Pas de vilains pics et de falaises abruptes. Ventura déclare avoir voulu créer ce groupe comme un hommage à l'indie-rock qu'ils chérissent tant (et que leur parcours musical n'avait jamais fait sentir : des ex-Iscariote, Illford et Shovel). Et c'est vrai que leur rock à trois possède une touche de classicisme et des mélodies aisées à capter, avec suffisamment de virilité pour ne pas faiblir dans des passages difficiles, des décrochages où l'ivresse du vertige se fait sentir avant qu'une brusque bourrasque ne vous remette dans le sens de la montée. Mais c'est la faille qui nous guette. Plus on s'en approche et plus cette montagne abordable décèle en son sein des malaises, des fêlures, une noirceur sous-jacente, une mélancolie qui devient continue, sale brouillard qui ne se dissipe jamais. Ventura navigue entre traumatismes post-Slint et Bitch Magnet et un indie-rock enlevé avec une basse bien lourde et des explosions de guitare saturée pour la dimension noise. Ils ont su créer une ambiance personnelle à base de germes connus. Une nonchalance, une fragilité, toujours sur l'équilibre avec la gravité et quelque chose de rêche et douloureux. Des écoutes répétées qui révèlent son lot de richesse, essayer encore et encore et l'eau n'est pas loin d'être au bout du chemin.

SKX (28/07/2006)
website groupe http://www.vntr.net
website label http://www.getaliferecords.com
sounds http://www.vntr.net

Vaz
The Lie that matches the furniture - CD
Narnack 2005

Vaz à deux devient Vaz à trois. Pour le troisième album. Vaz logique. Le duo inséparable comme un couple de perruches ouvre sa cage à un deuxième guitariste, Adam Marx (dont le nom de scène sera Judy Station). C'est le jeu des Vaz communiquant. Les deux ex-Hammerhead retrouvent donc la formule à trois dont ils connaissent tous les secrets. Vaz change-t-il son eau ? Ou plutôt, mettent-ils de l'eau dans leur vinasse ? Après un premier album hanté par le spectre de Hammerhead, le second opus les voyait déjà se fourvoyer dans des chemins que leurs vieilles baskets rechignaient jadis à fréquenter. L'âge aidant, Hammerhead se décomplexe. Ces vieux punks ouvrent les écoutilles et les sentiments et question moral, on peut pas dire que c'est au beau fixe. La voix de Apollo Liftoff (Paul Erickson à la ville) se fait de plus en plus détacher des turpitudes terrestres. Froide comme l'aura dans laquelle baigne cet album. Le batteur petit mais nerveux avec des bras de déménageurs, Jeff Mooridian (Dionysus Powerdown pour ces dames ou Bruce Museum pour ces messieurs) nous gratifie certes toujours de joutes rythmiques hautes en couleurs dont les enchaînements feraient pâlir n'importe quel slalomeur mais les pauses se font plus nombreuses. Les morceaux restent sur le qui-vive mais ya comme un truc qui cloche. Une bestiole cafardeuse qui court-circuitent les neurones. Leurs hymnes post-punk noise ont du mal à enclencher la vitesse supérieure. On se demande ce que le deuxième guitariste est venu apporter sinon deux bras en plus pour porter les amplis. Le sens mélodique est là mais c'est comme si Vaz ne voulait pas exploiter le filon à fond. Un désir d'essayer autre chose. D'expérimenter par le petit bout de la lorgnette. Quitte à le faire, autant aller au bout des choses car du coup, on se retrouve un peu à naviguer en eaux troubles. Cet album a quelque chose d'impressionniste et triste à la fois. De rageur mais les poings liés par un fardeau trop lourd. Un Vaz qui veut grandir, changer de peau mais qui a eu peur d'aller trop loin. Et pour acceptable qu'est cet album, nous n'avons pas non plus la meilleure des cuvées.

SKX (20/02/06)
website groupe www.thevaz.com
website label www.narnackrecords.com

Disco Doom / Ventura
Split 10''
Get A Life ! 2005

Disco Doom, entité mystérieuse originaire de Zürich, qui après deux albums la même année (2005) mais qu'ils n'ont dû distribué qu'à leurs vieilles tantes, sort de sa tanière avec un nouveau titre sur ce nouveau label Suisse Get A Life ! Disco Doom n'est ni disco et encore moins doom. Quoique si il fallait choisir, c'est le disco que je choisirai. Pas par goût personnel mais leur rock qui n'est pas vraiment rock délivre un rythme qui invite à taper du pied en cadence avec des vocaux tout ce qu'il y a de plus pop. Etrange mixture pas désagréable en soi mais qui demande à être approfondie. Avec Ventura, on continue de piétiner le lino. Issues, morceau faussement tranquille n'a l'air de rien comme ça mais ça devient vite entêtant, le chant a un grain de voix très appréciable et l'accélération continue fait son chemin avec riff de guitare acoustique qui débarque en plein milieu et une écriture vive et inspirée. Ventura fait son rock avec consistance, un brin de légèreté et pourrait bientôt toucher au grisbi.

SKX (02/01/06)
website groupe www.discodoom.net |www.vntr.net
website label www.getaliferecords.com

Viva l'American Death Ray Music
In the meantime - CD
Trans-solar 2006

Je sais pas pourquoi mais ce nom de groupe m'a tout de suite fait penser au Velvet Underground. Heureux instinct qui va m'épargner de biens durs labeurs à décrire le quatrième album de ce trio américain. La bande à Lou Reed en forme d'inspiration pour un groupe qui a débuté son histoire sur Sympathy for Record Industry, qui a tâté du garage et du rock plus glam avant de poursuivre sur une trace beaucoup plus basique. Format rock guitare-basse-batterie, aux structures répétitives et contours pop (pour la noirceur du Velvet, il faudra repasser), évoquant également les éternels Feelies et Yo La Tengo. Un album qui a le groove en lui (avec le batteur de Polyphonic Spree), presque dansant à ses heures perdues, une insouciance qui fait taper du pied sans forcer, une certaine dureté pour ne pas sombrer. L'envie d'avancer toujours, musique d'autoradio pour brûler l'asphalte, ce disque a la qualité de ne pas vous prendre la tête, de s'écouter facilement et agréablement mais pas sûr qu'il vous en reste grand-chose à l'arrivée.

SKX (26/08/2006)
website groupe www.myspace.com/vivalamericandeathraymusic
website label www.transsolarrecords.de

Valina
A tempo ! A tempo ! - CD
Trost 2008

De quoi souffre Valina ? D'être autrichien. D'avoir réalisé des albums juste honnêtes, respectables et qui n'intéressent au final pas grand monde. De faire des concerts qu'on écoute parce qu'on est poli (avec Sicbay lors de la tournée européenne en 2004). D'être là sans être là. D'être toujours autrichien onze ans après leurs débuts. Autant de questions que vous allez oublier avec vos préjugés et le Tyrol parce que ce troisième album de Valina est magnifique. Albini est à nouveau derrière la console et si cette phrase a été et sera maintes fois écrite, le bougre a encore de la ressource. Rarement le son de batterie reconnaissable entre mille d'Albini n'aura aussi bien collé à un groupe. Un son ample, puissant et précis, servant admirablement les compos. Car si l'enveloppe vous pète autant à la tronche, c'est parce que l'intérieur est bien fourni. Valina ne se cache pas derrière une production de prestige mais la joue grands compositeurs. Il manquait jusque la petite étincelle pour que leur indie-noise-rock s'embrase. Là, l'allumette, ils l'ont bien craquée. C'est l'Etna (vous m'excuserez cette incartade géographique chez les ritals), ça pète à tous les étages tout en gardant cette distance propre à Valina. Le changement de batteur joue sans doute dans cette évolution. Les rythmes lâchent les chevaux, se décomplexent et sans en faire un combat de tous les instants, impulsent une nouvelle dynamique à un groupe qui avait tendance à ronfloter. Valina empilent des morceaux plus séduisants les uns que les autres. Calendria, Bellydancer, Idiom's Palace et on va s'arrêter là. On pourrait tous les citer. Valina a le don pour rendre limpide des structures alambiquées. Mais aussi le contraire. Donner de la complexité à des morceaux qui partent trop pop. C'est un subtil mélange entre la bastonnade et le velouté, en privilégiant tout de même le nerf et les gros coups de grisous dans lesquels se mêlent de brillantes mélodies à la clef, bien soutenues par le chant toujours contrôlé de Anatol Bogendorfer. Une recette commune mais Valina fait preuve d'un savoir-faire largement au dessus de la moyenne générale (et de sa propre moyenne habituelle). Pendant son séjour à Chicago, Valina a eu également la bonne idée d'inviter la section cuivre de Cougars (trompette et saxo). Là encore, un souffle nouveau sur deux morceaux, Dogged et l'apothéose sur les huit minutes finales de Libido's regime. Pour sûr, Valina a trouvé le bon tempo et peuvent le crier deux fois tant cet album est une grande réussite.

SKX (22/11/2008)
website groupe www.trost.at/valina
website label www.trost.at

Vampire Hands
Me and you cherry red - CD
Peppermint Coffins / Modern Radio 2008

En direct de Minneapolis et fief de Amphetamine Reptile records, Vampire Hands. Mais ce groupe n'a pas été vampirisé par Tom Hazelmeyer et vous n'aurez point droit à du punk-rock de dégénérés. Tout juste note-t-on la participation de l'ancien batteur des Cows, Freddy Votel, sur leur précédent et premier album Virgin Dust American en automne dernier. Quelques mois plus tard, tant que la main est chaude, les quatre Vampire Hands enchaînent sur Me and you cherry red. Ces vampires là ne mordent pas, ne feront saigner personne mais abordent un monde suffisamment étrange pour ne pas attirer l'attention. De la pop abstraite avec deux batteurs - ou plus précisément un batteur et un autre au chant, synthés et tom basse uniquement, un bassiste et un autre chanteur qui gratouille six cordes l'air de rien. Car c'est avant tout une histoire de rythmes, d'arrangements hétéroclites, de chant à plusieurs, de voix féminines et beaucoup de légèreté au final. Dans les pires moments, c'est de la musique pour bobos s'agenouillant cathodiquement devant Tracks. Ce petit coté à la mode désagréable. Mais ça serait très réducteur. On y sent aussi du glam rock comme sur le très T.Rex Safe Word. Une bonne touche de Can. La rythmique sans doute, cet effet répétitif qu'ils aiment donner sur certains passages accouplés à des passages plus planants. Et là, ils sont capables de belles choses comme sur le prenant Cathedral blues two ou Me and you cherry red, dernière composition d'un album à l'ambiance teintée d'hypnose, intemporelle, semblant tenir par deux bouts de ficelle. Ce n'est pas la grosse artillerie tribale du samedi soir. Un fragile équilibre d'où ils sortent sans trop de dégâts. Vu leurs vidéos de concerts circulant sur le net, on pourrait regretter qu'ils ne retranscrivent par la même hargne et intensité sur disque. Mais ce traitement plus en douceur avec un coté foutraque (même si ils semblent se soigner de ce coté là) passe sans problème. Un disque qui doit coller avec la saison et le soleil qui pend au plafond. L'hiver viendra suffisamment tôt pour ne pas en profiter, là, tout de suite, sans trop se poser de questions.

Modern Radio sort la version vinyle avec un artwork différent pendant que le groupe sort le CD sur sa propre structure Peppermint Coffins.

SKX (25/07/2008)
website groupe www.myspace.com/vampirehands
website label www.modern-radio.com

Vancouver / Zatokrev
Split CDEP
Get a life ! 2007

Split suisse entre un groupe de Yverdon (Vancouver) et Bâle (Zatokrev). C'est avec un réel plaisir que je me mets directement les deux titres de Vancouver. Leur premier album, l'excellentissime The moment, date de 2004 déjà et il me tardait d'entendre du nouveau matériel. C'est que le groupe prend son temps cette fois-ci pour enregistrer son nouvel album et nous fait patienter avec ces deux compos issues des mêmes sessions d'enregistrements. Soit un metalcore des plus convaincants pendant lesquelles Vancouver n'a rien perdu de son savoir-faire, privilégiant autant la violence que l'émotion, aussi brute soit elle. Deux fois cinq bonnes minutes d'une expédition punitive, délivrance dans les Alpes sans le cri du cochon, variant les effets et les tempos avec un son titanesque à faire dévaler un yeti tête la première. Album attendu d'un pied ferme et montagnard. Pour Zatokrev aussi, c'est issu du même endroit, à savoir leur album Bury the ashes et l'enregistrement de la batterie me chiffonne toujours autant. On va essayer de passer outre. Pour ce split, Zatokrev a pensé à faire court. Cinq et quatre minutes, c'est presque du Ramones pour eux. On en oublierait presque pour le coup que leur influence majeure, et c'est peu de le dire, est Neurosis. En réduisant la durée, Zatokrev a privilégié la vitesse. Les gros riffs, la lourdeur, les chants multiples torturés sont encore là mais le goût de l'ersatz passe mieux. La Suisse en pleine forme.

SKX (08/10/2007)
website groupe www.myspace.com/vancouverrocks | www.zatokrev.com
website label www.getaliferecords.com

Vélooo
s/t - CDEP
A tant rêver du roi 2008

On t'as pas dit que c'était le club privé des émules de Satan mec. Un disque qui débute par un sample à la Doppler. Sauf que ça ne va pas saturer et ça ne va pas gueuler. Vélooo, un groupe de Pau entièrement instrumental encore tendre dans l'approche sonore mais on retrouve, comme pour les Lyonnais, cette folle envie d'en découdre, de se lancer sans calcul dans des joutes soniques pour vous laisser sur le carreau. Cinq morceaux auxquels on serait tenter d'adjoindre l'étiquette math-rock mais ce rock dissonant préfère les longues lignes droites ondulées où ça file à toute berzingue que les changements intempestifs et les virages à 90 degrés. Ca sent - la sueur certes - mais surtout beaucoup de spontanéité et de fraîcheur, le plaisir de jouer ensemble et comme ce plaisir est communicatif, c'est l'échappée belle. Des morceaux alertes, sémillants, qui respirent la joie de vivre sans se prendre la tête tout en la secouant dans tous les sens. Il y a quelquechose de scolaire et prévisible qui se dégagent de certains passages, le son manque de force (notamment la gratte qui se taille pourtant la part du lion dans les compos) mais ça passe à l'enthousiasme et une certaine qualité de compos, c'est quand même le nerf de la guerre ! Vous emballez tout ça dans un bel objet en forme de carte postale d'anniversaire, qui s'ouvre en deux et se ferme avec des aimants, un design beau comme un camion avec une dorure à chaud (?!) et vous avez un Vélooo à suivre. Merci de respecter les distances de sécurité.

SKX (17/11/2008)
website groupe www.myspace.com/velooo
website label www.atrdr.net
sounds toy_machine.mp3 | disco_truck.mp3 | fire_feu.mp3

Villabrut / Knives
Split 7''
Gasping for Breath 2007

Pochette noire avec V blanc de la victoire pour Villabrut et K grand angle pour Knives. Magnifique de sobriété et pour te dire que t'as pas ça entre les mains pour te gausser. Et pourtant, ce split 45 te donne un sourire jusque là. Non un peu plus haut encore. Villabrut, c'est la lignée des groupes en brut (New Brutalism, Beton Brut, Soldat Brut), un trio et leur délire chiffré, Big Brother te regarde mon frère avec Hall 7900020676 présent dans les quatre entités, Elliot 2055010672 (seulement dans trois, exit New Brutalism) et Scagnetti 4499030676, bassiste uniquement chez Villabrut. Recompte avec moi. Mais à tous ces noms, il faut en rajouter un. Un groupe incontournable de leur existence tourmentée. Les mythiques Big'N. Chez Villabrut, on retrouve cette même marque au fer rouge dans le riff simple, bétonné, cette rythmique martiale, cette ligne de basse qui ne sort pas de ses gonds mais qui écrase les doigts, ce sens de la précision qui fait froid dans le dos. Seule la voix n'est pas cette avalanche de roches asséchées. Remagen, c'est le titre de ce morceau et c'est classiquement bandant. Changement de face et changement de vitesse. Les petits plaisantins. On passe en 33. On pensait se reposer un brin avec un instrumental légèrement complexe, alerte et gentillet. Et puis la voix est apparue, les dissonances aussi, tout s'est emballé et Schteve Albini wants his riff back (un clin d'œil à Villabrut ?) se termine par un plan répétitif et rythmique que n'aurait pas renié leur voisin de l'autre face. Split parfait.

SKX (22/10/2007)
website groupe www.myspace.com/villabrut | www.myspace.com/weareknives
website label www.gaspingforbreath.com

Vous pouvez commander ce bout de vinyl chez K-Fuel.

Volt
Rorhat - Cd
Exile on mainstream 2006

Je n'arrive pas à lire une chronique de Volt sans qu'on y fasse une comparaison appuyée à Jesus Lizard. Celle-ci n'y échappera pas mais c'est pour dire tout le contraire. Jesus va se retourner dans sa tombe. Chez Volt, rien de la grâce d'un Duane Denison. Les grognements et les variations que tente d'apporter Andre Dietrich au chant, par ailleurs aussi guitariste, ne possèdent pas la bile maniaque d'un David Yow. Et si la section rythmique essaye bien de poser une assise carrée et efficace, c'est sans la souplesse et l'inventivité de la paire rêvée de Chicago. Volt, c'est Allemand et c'est plus lourd (ceci n'ayant aucun rapport). C'est comme du Melvins en accéléré. Un char d'assaut lancé à pleins poumons. Des structures répétitives qui avancent et provoquent des dégâts façon boule de neige. Sur certains morceaux, ça marche très bien. Sur la longueur, ça peut devenir ennuyeux. On en revient toujours au même plan. L'effet de surprise passe assez vite sans oublier du remplissage à la fin et les douze dernières minutes d'un Volt qui nous achève dans le mauvais sens du terme. Mais on aura quand même quelques bonnes baffes bien grasses au passage. Le format maxi de leur précédent maxi Romeo OK leur seyait finalement mieux au teint. Condensé la force de frappe tout en variant les effets, aussi minimes qu'ils soient. Volt ne fait pas encore péter les plombs mais le courant passe quand même.

SKX (17/05/2007)
website groupe www.volt-music.de
website label www.mainstreamrecords.de
sounds www.mainstreamrecords.de/bands/volt/index.shtml#

Steve Von Till
A Grave is a grim horse - CD
Neurot 2008

Ca fait des jours et des jours que je me tape cet album, à tenter de trouver la clef m'ouvrant grandes les portes de la perception ultime mais je dois me rendre à l'évidence. Je n'entre même pas le début d'une phalange dans l'univers de Steve Von Till. C'est pas faute d'essayer mais ses ballades acoustiques me laissent de marbre. Le barbu et tatoué guitariste de Neurosis en est à son troisième effort solo et l'effet est toujours proche du zéro. Le propos est pourtant étoffé. Ce n'est pas uniquement Steve Von Till, sa voix grave, sa guitare acoustique contre le reste du monde. Un peu de batterie et de basse, un poil de violon, un zeste d'orgue hammond, de l'électricité serpentant dans la sécheresse et une ribambelle de musiciens venus prêter main forte. Il donne de l'ampleur à son folk neurasthénique. Mais rien n'y fait. Il a beau prouver que l'on peut être aussi sombre dans le fracas et la grosse artillerie d'un Neurosis que dans l'intimité de compositions épurées, on ne retrouve en aucun cas une inspiration digne de ce nom. Que ce soit dans les mélodies ou l'arrangement des morceaux, l'impression que tout se traîne. Que la profondeur voulue par ce genre de démarche n'est qu'une flaque d'eau de misère dans laquelle jamais on se noiera. Malgré une reprise d'un des maîtres du genre (Clothes of Sand, un inédit de Nick Drake sorti sur Time of no reply en 1986), malgré son timbre de voix dont je ne me lasse pas, ces morceaux ont juste les ténèbres pour eux mais même pas peur ! De la mélancolie qui fait plus que frôler l'ennui. Un truc indéfini qui fait que tout ça, c'est bien beau à écouter mais ça manque d'envolée. Désolé Steve Von Till, malgré tout le respect, cet album me fait royalement chier.

SKX (17/07/2008)
website groupe www.vontill.org
website label www.neurotrecordings.com


V13

Overlook Hotel - CD
Swarm of Nails 2009

Tir à vue sur tout ce qui bouge. Ou frappe qu'un coup. Ce qu'il y a de bien avec V13, c'est de voir qu'ils ne s'accrochent pas à un genre particulier. Leur cible est mouvante. Ca reste du rock à guitares. Avec des éclats, de l'intensité, des creux et de bonnes saillies cachant tant bien que mal des émotions à fleur de peau. Du rock quoi (et du rock de Cannes en plus). Et pourtant, ne se rattache à rien de concret. J'ai beau me concentrer, viser, non, je vois rien. Subir les évènements. Se raccrocher à du concret, à un Serge Morattel planqué dans ces montagnes suisses pour de la came qui n'est pas la sienne habituellement. A Chiara Locardi (L'Enfance Rouge), invitée sur Mais ils ne renforcent pas le camp ennemi qui comptait déjà des millions d'imbéciles, et où l'on est objectivement condamné à être un imbécile, titre ridiculeusement con autant qu'il est bon, le morceau, long et généreux. La présence de la chanteuse italienne, à faire dresser la couenne, la voix chaude, le grain au fond de la gorge pour faire vibrer la ballade rocailleuse.
Avant d'en arriver là, cinq décharges, tout le contraire. On rembobine l'histoire. Puzzle, premier album, autre temps, autre mœurs, autres membres car si c'était pour se taper ce genre de marade, autant partir à la chasse, la vraie. Retour avec des armes autrement affûtées, V13 change son fusil d'épaule. Retour à la nature, plus près des racines rock. Pourquoi se compliquer la tâche alors que faire simple est déjà si compliqué. Au final, V13 s'éparpille toujours autant, façon puzzle, mais bizarrement est cohérent. Dynamiter sans se disperser. Des restes du passé mais débarrassé de sa complexité sur le chaud bouillant Rénégat, au Noir Désir / Tu as choisi d'entrer / partir à la pêche des sombres héros de l'amer avec du gros hameçon et ramené Gouache, tortueux et sombre, lui aussi. Des relents d'un rock filière classique repassé au karcher à plusieurs reprises, l'ancien et le moderne, aussi noise que rock, tendu à défaut d'être bandant. Et puis donc ce morceau au titre à rallonge, on recolle l'histoire, puzzle toujours. V13 dépose les armes, met une fleur au bout de son canon, sort le violon, le piano, le vibraphone et autres instruments bucoliques comme la trompette pour regrouper la meute. Pygmalion, c'est plus Tiersen et Comelade que cheveux gras sur riffs hirsutes. Le chant en français commence à se faire comprendre quand le volume globale descend, ajoutant une nouvelle corde bien sentie à un arc qui aurait pu faire peur, le rock et le français ayant souvent fait mauvais ménage. Overlook Hotel, le morceau, se la rejoue Noir Désir boosté par une bonne paire de claque pour une deuxième partie d'album qui, sans être calme, ouvre le champ d'actions de V13. Et au passage, une curieuse manière de découper un album. Dichotomie prononcée. Je te fous la pâtée pour commencer et je pense tes plaies après. Le rock à Cannes ne décroche pas la palme mais on apprécie sa remise en cause, sa liberté, son ouverture d'esprit, d'aller là où le vent le pousse car c'est bien connu, le rock est comme l'argent, il n'a pas d'odeur, il va où bon lui semble, surtout quand il aborde cote à cote les logos Noise Rock Culture Magazine, la région PACA et le Ministère de la Culture pour s'exprimer pleinement…

SKX (29/11/2009)
website groupe v13theband.net
website label www.swarmofnails.com

Vandal X
All lined up against the wall - CD
Vlas Vegas 2008

Vandal X serait-il le secret le mieux gardé de Belgique ?! All lined up against the wall est déjà leur sixième album et avec le monstrueux bordel dont ils sont capables, il est étonnant qu'on n'ait pas entendu parler d'eux plus que ça. Des tombereaux de batteries, des rafales de cymbales, un mur de guitares. Ils doivent être au moins six là-dedans et il faut se pincer pour croire que Vandal X n'est qu'un duo. Ca vous prend à la gorge, ça tenaille et ça ne lâche rien. Ils ont dû en bouffer du Wallon pour vomir une telle rage. Vandal X, c'était le nom d'un morceau de Unsane. Je ne sais pas si c'est tiré de là mais on tient une piste. Non pas pour le son ou l'exécution mais pour l'esprit maladivement féroce qui en découle. Vous le croisez avec Today is the Day, notamment la voix, la façon d'inonder son micro de crachats et vous aurez une idée du niveau de tendresse de Vandal X. De la bande de Steve Austin, ils ont gardé également l'idée des samples bien placés entre certains morceaux pour reprendre son souffle. Des voix de femmes apeurées, des enguelades, des trucs incompréhensibles mais qui ne reflètent pas l'entente cordiale. Go to hell. Difficile de croire qu'on reprend son souffle avec de tels interludes mais sous le déluge, ces moments de poésie font du bien. Et comme le duo s'y connaît pour rendre le déluge des plus agréables, c'est l'ensemble de ce All lined up against the wall qui vous colle au mur du fond avec un grand sourire de maso qu'on est devenu. Des compos assez courtes. Allez à l'essentiel. Enchaîner tête baissée avec la violence d'un panzer, brutalement basique tout en conservant un certain groove pervers. C'est du gros grain qui vous tombe dessus, le bruit de la fusée qui décolle sur Generation burnout, des titres qui en disent long sur leur état d'esprit (Killing-manifest for a new world order, Don't give a fuck, Get out now, Blood and guts et une grosse faute de goût : Fuck U2), cette voix continuellement agressive, des descentes de batterie et de grandes volées de cymbales, une guitare qui ne lésine pas sur les pédales d'effets. Bart Timmerman (guitare, voix) et son acolyte Liket à la batterie aiment s'enfermer dans leur studio depuis Two Man Army, leur quatrième album (après un essai avec Albini sur le second Songs from the heart) et vous servir les torgnoles à la chaîne. Méthodiquement. Méchamment. Sans faire n'importe quoi pourvu que ça fasse du bruit. Un Black Cobra près de l'os mais avec de sacrés paluches, noisy et crade à volonté. Chronique de la haine ordinaire.

SKX (09/03/2009)
website groupe www.myspace.com/vandalx666
website label www.vlasvegas.be
sounds AllLinedUp.mp3 | GetOutNow.mp3

Ventura / John Sars
split 7''
Ikarus records/Get A Life records 2008

Ce qui rend d'emblée ce split single aussi sympathique c'est sa présentation : une photo d'une piste de ski enneigée. Toutes les infos sont imprimées sur la pochette plastique qui normalement ne sert qu'à protéger le disque -un peu comme ce magnifique single d'A Minor Forest sorti il y a quelques années et qui montrait des scientifiques de face écrivant sur un tableau, le tableau étant justement la pochette plastique. Détail intrigant, la piste de ski de ce split est singulièrement déserte avec les sièges de la remontée mécanique sont en carafe. Où sont passés les parisiens et autres blaireaux lyonnais en combinaisons moumoutées et amateurs de glissades et autres joyeusetés débiles ?
John Sars (de Zurich) ouvre le bal avec un titre poppy/fuzzy/grungy/noisy sympathique qui finit par faire son petit bonhomme de chemin (et non pas de neige) dans la tête malgré la faiblesse évidente des voix -il y en a deux à l'unisson, non ?- beaucoup trop tendres et branlantes même si on est obligé de convenir que c'est précisément ce type de voix qui colle le mieux à ce genre de musique. La mélodie est bonne et accrocheuse mais pas de quoi pousser mémé dans la congère quand même. John Sars a depuis sorti son premier album, Skeleton Sound, toujours sur Ikarus records.
Sur la face AA on retrouve Ventura, autre trio suisse et excellent témoignage que dans ce pays de la propreté exacerbé et du capitalisme bancaire on sait faire autre chose que du metal core à deux balles ou du screamo boutonneux -pour la petite histoire, Mike le batteur est un ancien Iscariote, très certainement la seule exception qui confirmait la règle. Pa Capona, le premier long format de Ventura, était un petit bijou de pop noisy et nerveuse avec cette petite tendance mélancolique qui fait toute la différence (faisant penser plus d'une fois au premier album de Purr -encore une antiquité du siècle dernier et parisienne qui plus est- notamment sur un titre comme Limits). Avec Here We Are Lost le trio durcit légèrement sa musique, rien de bien méchant assurément, juste ce qu'il faut de hargne suffisamment distanciée pour l'habiller d'élégance. Et la voix a toujours ce petit grain éraillé en fin de parcours qui fait tant pour le charme de Ventura. Le groupe a prévu d'enregistrer la suite de Pa Capona au printemps et de sortir son nouvel album d'ici la fin 2009. On attend ça avec une réelle impatience.

Haz (16/03/2009)
website groupe www.myspace.com/johnsars | www.vntr.net
website label
www.ikarusrecords.ch | www.getaliferecords.com


Vergogne

Sans - CD
Théâtre / Désormais 2009

L'essentiel, c'est la musique, on est bien d'accord. Alors on va y aller direct parce que pas de pochette, pas de titres, de paroles, aucunes infos, le désert, que le froid contact du CD. Un moment qu'il traîne cet objet mais on aurait tort de le bouder plus longtemps. Contrairement à Vergogne, j'aurais eu des scrupules. Parce que déjà quand on se nomme Vergogne et qu'on appelle son premier album Sans, c'est faire preuve d'un humour qui marque un premier point. On ne s'ennuie pas à Poitiers. Mais je m'égare. La musique donc. Sur le maigre sticker promo, les deux labels poitevins ont cru bon rajouter une liste de noms de groupes censés être d'un bois identique ou quasi à Vergogne. Avec la mention maybe, on n'est jamais trop prudent. Rumah Sakit, Oxes, Amanda Woodward, Don Caballero, Sleeping People. Ca vaut son lot d'équations et d'arithmétique pour les nuls. On se demande juste ce que vient foutre Amanda Woodward au milieu de ce congrès de matheux !? Le reste est à l'appréciation de chacun. Les comparaisons ont toujours leurs limites. La première est que Vergogne, contrairement à tous ces groupes (sauf Amanda Woodward qu'on élimine définitivement + le dernier album de Don Cab) n'est pas uniquement instrumental. Le trio de Poitiers a eu la bonne idée d'inclure du chant, aussi économique soit-il et un rien faiblard dans le timbre, poussant jusqu'à la clarinette sur plusieurs titres (dont je ne connais toujours pas les noms) et leur math-rock en prend un sacré coup dans la tronche. D'ailleurs, c'est toute l'idée du math-rock qui en prend pour son grade avec Vergogne. A l'instar de 37500 Yens, le groupe rajoute un allant supplémentaire à leur triptyque guitare-guitare-batterie, se dépêtrant des fils du math-rock et de combinaisons trop complexes pour offrir six titres lumineux avec du coffre et de l'ampleur. Des moments de suspension en plein ébats électriques, de grands bols d'air au milieu d'un bel enchevêtrement de guitares, des petits effets de sonorités qui n'ont l'air de rien mais qui apportent de la richesse, des guitares qui explosent là où on ne s'attend pas, de la nervosité mais aussi une certaine plénitude. Vergogne a travaillé ces compositions en profondeur, maîtrise parfaitement les changements de cadence et prouve qu'en matière de math-rock, on peut encore faire du neuf avec du vieux pour ceux qui veulent bien se donner la peine de chercher et ne pas appliquer les recettes bêtement apprises. Le futur se fera avec Vergogne.

SKX (04/12/2009)
website groupe www.myspace.com/vergogne
website label hwww.myspace.com/theatrerecords | www.myspace.com/desormaisprod


PS : et en attendant le futur, le présent est téléchargeable ici.

Ventura
We recruit - CD
Africantape 2010

Je me suis laissé entendre dire que cet album était parfait pour l'été. Gorgé de soleil, des mélodies comme une crème solaire qui s'étale sans baver sur votre peau blafarde, le vieux fantasme de la décapotable rouge qui file, musique à fond, cheveux au vent, car c'est ça, la Ventura, c'est dormir chaque nuit dans tes bras, c'est tes mains qui se posent sur moi. Mais je ne suis pas Stone et eux encore moins Charden et ce disque, c'est à toutes les saisons qu'il va s'écouter.
Car si il y a du bonheur en barre, We Recruit sourde également la mélancolie, voir carrément la sinistrose d'une longue soirée d'hiver, bourgeonne les élans d'optimisme, fait fondre la banquise et envoler les hirondelles, donne du vernis à vos doigts de pieds, ah la Ventura, c'est ça que j'aime, chanter partout avec toi. Difficile d'expliquer pourquoi un disque aussi banal arrive à vous secouer autant. A faire prendre l'ordinaire pour du super, le conventionnel pour de l'extase. Rien de bien changer dans leur indie-rock-noisy comparé à leur premier album Pa Capona sauf que le trio suisse le fait encore mieux. Plus limpide, plus percutant, plus beau. Des airs de pas y toucher mais des mélodies qui font mouche. Un subtil alliage de finesse et de murs de guitares, de souplesse et de rythmiques qui tabassent, de légèreté et de gravité. Faire du jeune avec du vieux ou faire du vieux quand on est jeune mais que l'émotion de la compo passe avant tout. Faire des morceaux qui auraient pu tomber dans la facilité et le vulgaire, la main sur le cœur et le briquet au bout de l'autre mais rattraper le pathos, ne me demandez pas comment, sans trembler, à grand coup de riffs bien placés et révéler la faille qui est en eux. Toujours cette grisaille enveloppante, cette voix souffreteuse qui suggère, cette amertume sous-jacente rendant la lecture plus difficile qu'au premier abord, ces Fuck them all pas politiquement correct quand on vient juste de mentionner les 24000 personnes qui meurent de faim tous les jours (pas en Suisse, je vous rassure).
Après un départ en fanfare et trois premiers titres impeccables, We Recruit connaît bien un léger tassement en son milieu mais repart de plus belle sur la fin et s'achève en beauté, par Demons, ceux qui se sont penchés sur le berceau de Ventura, des bienfaisants leur apportant grâce et roublardise. C'est ça le miracle tout simple et si compliqué de Ventura, l'essence même de la pop music, des morceaux possédant le don de rester dans votre caboche, l'envie qui en découle de les remettre sans cesse avec suffisamment de profondeur pour que l'effet dure longtemps. Au moins huit secondes pour vous dire que Ventura, c'est de la dynamique. Et bien plus encore.

SKX (07/08/2010)
website groupe www.vntr.net
website label
www.africantape.com


 
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