Y
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YAGE s/t
YAGE 3-17 october 1984
YAGE Anders leben!?
YAPHET KOTTO syncopated synthetic laments for love
YAPHET KOTTO the killer was in the government blankets
YEAR FUTURE The hidden hand
YEAR FUTURE First world fever
YEAR OF NO LIGHT Nord
THE YELLOW PRESS s/t 12''
THE YELLOW PRESS Comfortable Curses
YELLOW SWANS Deterioration

YIKES Secrets to super-flipping
YOKEL ONO Our dream home wrecked our lives
THE YOLEUS Nightmare Circle Vision
YOUNG WIDOWS Settle down city
YOUNG WIDOWS / COLISEUM Split
YOUNG WIDOWS Old wounds
YOUR HALO IS A RADAR s/t 10''
YOUR HALO IS A RADAR s/t
YOWIE Cryptooologie


YAGE
" s/t " - 7"
Level Plane 02
Yage, toujours aussi généreux. Toujours aussi heureux d'être là, d'être ensemble. Yage, cinq individualités qui n'en font qu'une, unis comme les doigts de la main. Comme ils éclatent, deviennent une force propagatrice et contagieuse. Les afficionados du groupe allemand ne seront pas surpris. Chaotique screamo-hardcore avec un surplus de cœur et de tripes déballés au grand jour. Et tant pis si ces trois titres ne sont pas les plus flamboyants de leur courte vie. Tant pis si ils continuent de labourer toujours le même carré de terrain. La ferveur est toujours présente et cette antidote en format réduit est parfaite pour contrer l'impatience d'en découdre avec leur nouvel album (le 2ème) sur Ebullition records avant la fin de l'année....
SKX (01/08/2002)

YAGE
" 3-17 october 1984 " - Lp
Nova 00

Une décharge de vitalité. Depuis Cologne, YAGE (prononcez "Yagueu" et respirez fort) vous offre son premier jet de longue durée. Un effort tendu, qui file sur l'express, un effort jadis entrepis par Policy Of 3, entretenu par 400 Years, un endroit où l'émotion s'écoule hardiment avec l'énergie du dénuement. Ca navigue à vue entre le haut-voltage, aspect rugueux du son, guitares brutes et des espaces d'accalmies où on entendrait presque le bruit du sillon si ce n'était un CD qui tournait en boucles! Coups. Fracas. Craquements. Un album plein de giclées et de chuintements. Chacun cherche son chat. Le chat du voisin fera l'affaire du moment qu'il soit suffisamment sale pour être présentable. Et prêt à bondir à chaque instant of course....
SKX (03/04/2000)
YAPHET KOTTO
" syncopated synthetic laments for love " - Lp
Ebullition 01
Régulièrement débarquent des groupes emo-core rageurs et passionnés, aux paroles engagées. Avec Yaphet Kotto, c'est la crème de la crème, la cerise sur le gâteau. Des grands parmi les grands, en droite descente de The Policy of 3 ou Portraits of Past. Les égales de 400 Years ou Yage. Ca calme. Car la différence dans ce milieu foisonnant, c'est l'art de la composition, la mélodie qui tue, le refrain qui vous coupe l'herbe sous le pied, à vous pisser dessus. Et Yaphet Kotto maîtrise tout ça. Manie à la perfection le chant hurlé et un chant plus posé et grave. Jette toutes ses armes dans des batailles à corps perdus d'intensité, des chapelets de cris hallucinés qui vident leur angoisse. La douloureuse, inhumaine à hurler. Les silhouettes se tendent. Et d'inaugurer quelques samples qui complètent idéalement le tableau. Un torrent dans lequel il ne faut pas avoir peur de se noyer. Ce deuxième album est une valeur sûre. Un placement à long terme.
SKX (27/11/2001)

YAPHET KOTTO
" the killer was in the government blankets " - Lp
Ebullition records 99
Laissons tomber les grands discours ! Certes, les groupes emo-core ou emo-rock, appelez les comme bon vous semblera, peuplent les banlieues américaines comme autant de bombardiers dans le ciel serbe, et le parcours pour dénicher le fruit inespéré de ces entrailles est peuplé d'embûches et de fausses pistes, paix à vous mes frères, ya longtemps que le fils prodige est tombé de sa croix, les clous étant définitivement rouillés ! Après Policy of 3, ces nouveaux venus semblent prendre le bon chemin et cet ouragan emo-core limite noise - c'est peut-être ça qui les distingue - emporte l'enthousiasme général.
SKX (20/04/1999)


YOUR HALO IS A RADAR
" s/t " - 10"
Insect 01
La Suède n'en finit pas de nous envoyer en pleine tronche des brûlots de leur froid pays. Il va falloir réviser nos théories sur le réchauffement de la planète. Bref, la banquise compte une brèche de plus avec ce nouveau groupe Your Halo Is a Radar. Et nombreuses vont être les proies prises dans le faisceau. Dans ces rangs agités, un membre de Switchblade s'est glissé, pour sept titres qui louchent fortement vers Drive Like Jehu avec un soupçon de JR Ewing. Les salves sont finement tirées, les guitares fiévreuses et inventives. Les cassures multiples. Les yeux rouges, ça roule en plein phare dans la nuit noire. Le sens du rock, le bon, celui qui fait bouger positivement, entraînant jusqu'au petit matin. Modeste et simple mais diablement efficace. On garde ça au chaud. Ya matière à rendre la banquise encore plus folle.
SKX (02/10/2001)
YAGE
Anders leben!? - CD
Ebullition 03

Ce fardeau en nous, au plus profond de la journée, qui nous pèse et nous suit inlassablement. Yage a toujours su toucher la corde sensible, cristalliser les peines et les frustrations et comme un joli point noir au milieu de la tronche, appuyez dessus pour que ça sorte. Emouvoir sans s'apitoyer sur son sort. Pas de larmes inutiles. Conscient de son sort mais l'espoir sous le pavé. Yage arrive en fin de vie. Avec ce deuxième et ultime album, le quintet de Cologne touche à la consécration. Une sortie sur Ebullition, le label de San Francisco, apôtre de l'emo torturé dont Yage se sont fait les chantres. Le label où sont nés les plus beaux fleurons du style, à commencer par les pères spirituels des Allemands, Portrait of Pasts. La boucle est bouclée. Avec ce "anderes leben", Yage arrive comme à une sorte de maturité. Tous les éléments qui ont fait leur force sont là. Des mélodies qui prennent aux tripes. Un riche jeu de guitares qui ne connaissent pas le dialogue de sourd, se répondant sans cesse, arpèges, riffs, tout y passe. Les voix prennent le pli, les chœurs qui se déchirent, tout ça rajoute à la beauté sauvage du bidule. Alors quand en plus pour ce coup ci, leur science du fracas s'organise au millimètre, les compos gagnent en impact. Les contrastes entre les parties calmes / virulentes se font plus saisissantes. Le son est direct. La pression s'accélère. "D'autres vies?" s'interrogent-ils en allemand dans le titre. Celle de Yage fut relativement courte mais bien remplie, sans aucune erreur de parcours. Cette dernière pièce de leur discographie est certainement la meilleure. Une sortie par la grande porte. (A noter qu'un CD compilant toute leur discographie (sauf cet album) est sortie au Japon sur Sonzaï records, le label du chanteur de Envy).

SKX (12/02/2004)
website groupe
http://www.yage5.de
website label www.ebullition.com
sounds www.yage5.de/sounds.htm

Year Future
The hidden hand - 7''
Gold Standard Laboratories 2004

Dans Year Future, le CV de ses protagonistes aide pas mal à la compréhension de ce nouveau groupe. Sonny Kay, le boss himself de GSL, et surtout ancien leader de Angel Hair (un groupe qui a donné ses lettres de noblesses à l'emo chaotique dans les années 90) et, plus près de nous, The VSS. A la guitare, on retrouve Rockey Crane, ex-Dead and Gone et Creeps on Candy. Si le CV du batteur Jim Andersen et de la bassiste Sam Ott est moins parlant, on a là une bonne ébauche du son de Year Future. Un son taillé dans la véhémence, d'un punk-rock noir et cynique, de rythmes presque tribaux qui lorgnent vers Birthay Party, d'une guitare aux multiples effets, l'écho se perd dans l'espace et toujours cette voix de Kay, magnifique d'urgence, le rasoir sous la gorge. Après un premier 4 titres plus basique, ces trois nouveaux titres remplissent les sillons d'une bile féroce, sexe ce qu'il faut. Des groupes suscités, Year Future continue les travaux, en rajoutent une couche, une sévère, de celle qui vous fait saliver sur leur futur album programmé pour 2005.

SKX (11/11/2004)
website groupe www.yearfuture.net
website label www.goldstandardlabs.com
sounds police_yourself.mp3

The Yellow Press
s/t - 12''
X-Mist / Christopher's records 2004

San Francisco enfante un nouveau groupe : The Yellow Press. Formé d'anciens Torches to Rome et Houseboy (ce qui n'a que très peu d'importance de le savoir vu que personnes ne connaissaient ces groupes!!), les quatre énergumènes de The Yellow Press ont décidé de jouer un rock'n'roll pétillant, un truc dans l'air du temps mais sans se prendre trop au sérieux. Tout part d'une section rythmique bien solide et dynamique, d'un clavier pour faire comme tout le monde, d'une énergie indécrottable, d'une bonne humeur constante et vous obtenez un version Les Savy Fav rock'n'roll ! Ca n'a rien de foncièrement renversant, c'est direct et revigorant ! Ce disque regroupe deux CDEPs précédemment sorti sur leur propre label Silver Skate records et introuvable désormais. Merci aux deux labels européens X-Mist et Christopher de nous tenir aux goûts du jour.

SKX (13/06/2004)
website groupe www.theyellowpress.net
website label www.christophersrecords.com | www.x-mist.de
sounds www.theyellowpress.net/sounds.html | communique.mp3 | intransit.mp3

Your Halo Is a Radar
s/t - CD
Mom Pop 03

On rentre dans le vif du sujet avec "imbecil cord". Et on se dit, avec le plus grand plaisir, que c'est reparti pour une relecture made in suédoise de Drive Like Jehu. Qu'ils reprennent les travaux où ils les avaient laissés avec leur premier 10". Même vista rock-core enlevée et trépidante. Les choses se gâtent avec le titre suivant. La coloration reste identique mais le passage wah-wah fronce le sourcil que j'ai très susceptible dès que j'entends cet effet damné. Avec les quatre morceaux suivants, cet appareil reste heureusement au placard mais bizarrement, on ne retrouve pas la vista du premier morceau. Les ingrédients sont là. Rien de désagréable, loin s'en faut. Sauf que sauf que l'inspiration n'est pas des plus phénoménales. Fugazi en point de mire ("future of a desilusion"), les tics sont connus et du coup on a que le droit à un honnête mini-album qui n'atteint pas les espérances placés en eux. Packaging d'enfer plus une vidéo comprise. Faut bien se rattraper comme on peut.

SKX (24/02/2004)
website groupe www.cilla.com/halo
website label www.mompoprecords.com
sounds Vacuum.mp3

Yowie
Cryptooologie - CD
Skin Graft 2005


Où on va encore se faire péter la rondelle sans préavis. Après une période d'hibernation, Skin Graft repart sur les chapeaux de roues. Leur dernière trouvaille gicle, le nom sonne comme un groupe japonais, tous les morceaux commencent par un " t " et finissent par un " a " entre Tamara et Towanda mais le trio nous vient de St Louis USA et n'est pas du genre à s'étaler facilement. Si t'en as pas (tennapa), passe ton chemin. Une quoi ? Une propension naturelle à aimer la gueule de bois, flirter avec la ligne rouge de la déconstruction en règle, à prendre ton pied quand Flying Luttenbachers débarque dans ton salon, trouver que les guitares de US Maple sont trop molles du poignet et que les Ruins sont bien trop cérébraux. La guitare multipliée par deux pendant que tout est dit dans le nom du batteur qui répond au doux surnom de Defenestrator. Alors oui, il faut aimer se mettre la tête à l'envers. Oui, ce premier disque fera fuir un troupeau de bison. Malgré tout, cette saine secouée n'a rien d'une vaine branlade. On trépigne, on s'écorche les genoux, ça tire dans tous les coins mais le fun (qui est en toi) s'invite au banquet, une demi-heure de bagarre récréative. De la haute volée, des passages rythmiques furieux et hallucinants. Je ne sais pas ce qu'ils peuvent faire de plus désormais mais ce " Cryptooologie " est juste parfait, à condition d'être prévenu auparavant. Ce qui est donc fait !

SKX (20/06/2005)
website label www.skingraftrecords.com
sounds trina.MP3

Year Future
First world fever - CD
GSL 2006

Il y a des disques que l'on fait bien de laisser mûrir. Les laisser tranquille dans un coin, le temps de ressasser sa déception. Et en remettre une petite couche, voir si le temps est à l'amélioration. Ce First world fever, j'étais bien décidé à l'attaquer par la face nord, coûte que coûte, il allait sortir ses tripes, là, rien que pour moi. Vomissure punk-rock et noisy, éjecter avec la virulence de grands professionnels à qui on l'a fait plus, règlements de compte en bonne et due forme sur une planète qui pourrit sur place (c'est Sonny Kay qui le dit, lui le grand manitou de GSL et hurleur tendance aigue de feu VSS et Year Future). C'est la face rageuse et remontée comme une pendule qui je me prends d'entrée de jeu. Un bon point. Un Year Future tout ébouriffé. Une section rythmique toute nouvelle qui ne fait pas dans l'esbroufe. Year Future dégaine vers tous les points cardinaux. Des brûlots punks touffus mal dégrossis, c'est ça qui défrise au début. Mais leurs manières de bêtes enragées ont du bon. Eux au moins ne cherchent pas à faire danser les foules. Du punk, du vrai. Au vitriol. Caresser dans le sens du poil les défrise. Entre temps, ils arrivent à vous surprendre avec une reprise d'un Black Sun des Dead Can Dance. Un raccourci bien pratique pour nous faire dire que leur punk à eux se nourrit d'ombre. Des manières de gothique sans la poussière et le maquillage ridicule. Ce Black Sun éblouit l'album. Avec ce son et jeu de guitare si personnel de Rocky Crane, cette voix limite criarde de Kay et cette rythmique qui bastonne, Year Future est fait de particularismes qui s'entrechoquent et dont l'évidence ne saute pas aux yeux de prime abord. Comme un manque d'ampleur que les compositions de leur précédent maxi The hidden hand nous avaient pourtant fait saliver. Mais Year Future a l'âme vindicative, le propos anarchique, ne cherche pas à plaire au plus grand nombre, bien décider à marquer les esprits en les frappant à bout portant. Cet album déballe tout et fini par vous mettre sur les rotules. Le sommet est à portée mais il vous ait demandé de faire un effort.

SKX (16/10/2006)
website groupe www.yearfuture.net
website label www.goldstandardlabs.com
sounds audio_video.html

The Yellow Press
Comfortable Curses - CD
Day After 2005

The Yellow Press ne s'embarrasse pas de tactique. Le rock'n'roll dans sa version alerte et véloce, prêt à faire sauter les foules, où tout est dit entre deux et trois minutes réglementaires, le couplet, le refrain, le couplet, l'accroche où aller se faire pendre et le cas échéant s'envoyer en l'air. La suite logique, même si tout ça est à l'instinct, de leur précédent maxi sauf que là, les compositions sont plus consistantes, désinvoltes et rageuses, de quoi entendre siffler le train plus de trois fois à l'orée du bois et tard dans la nuit de préférence. Alcool du matin chagrin. Leur pendant français s'appellerait Loisirs, cette façon d'aller droit au but, avec le sourire, ces effets de synthés qui appuient les guitares, une touche résolument dans l'air du temps, moderne quoi ! Mais pour céder à la facilité, il faut aller se faire voir ailleurs. The Yellow Press a des gènes hardcore dans le sang de ses membres et tout sautillant qu'ils soient, il ya comme un arrière goût amère et orageux qui donne de la consistance à dix morceaux costauds prêts à faire chavirer le cœur des dames. C'est con mais c'est comme ça.

SKX (20/01/06)
website groupe www.theyellowpress.net
website label www.dayafter.cz
sounds Sixes%20And%20Sevens.mp3 | We%20Will%20Win.mp3

Yikes
Secrets to super-flipping - 10''
Upset the rhythm 2006

Avec un ex-Pink and Brown et actuel Coachwips, un Eric Park qui use les nerfs dans Curse of Birthmark et un Mike Donovan à la batterie qui s'est baladé dans moult groupes obscurs dont les seuls noms suffisent (Wearewolves, Sounds of the Barbary Coast), il ne faut pas s'attendre à une musique de tapettes propre sur elle. Ouch !! Là-dedans, c'est tout crade. Approche lo-fi d'un rock bruyant que n'aurait pas renié un Sebadoh avec le moral d'un The Fall. C'est tout en fracas, en distorsion et en short que le trio nous sert une face A supervisé par Weasel " MR. Flying Luttenbachers " Walter. Ca craque, ça menace de rompre à chaque instant mais ça passe avec un petit hymne underground assuré, The Cars. Face B, c'est du live. Et pour être vivant, c'est du vivant. Je ne sais pas si vous avez déjà eu l'occasion d'assister à la répèt d'un groupe dans un local exigu, les amplis à fond et la douce sensation d'un bordel à peine contrôlé… mais un concert de Yikes donne à peu près le même bonheur masochiste. Hey mec, tu pourrais pas baisser ta gratte, je suis sourd de naissance. Comme pour ses groupes précédents, Dwyer et sa bande tentent d'instaurer un maximum de plaisir, d'énergie communicative, un rock qui se latte sous toutes les conditions, la communion avec le public dans le plus simple appareil, le grain des instruments comme une seconde peau. Et c'est pas loin de fonctionner. Usant mais sympa !

SKX (21/09/2006)
website label www.upsettherhythm.co.uk
sounds The%20Cars.mp3 | Pink%20Cigars.mp3

Young Widows
Settle down city - CD
Jade Tree 2006
  Young Widows / Coliseum
Split CD
Auxiliary 2006

Jappement de chien. Bref. Prévenir du danger. Young Widows n'a pas seulement laissé son chanteur Steve Sindoni sur le bas coté, ainsi que leur état-civil connu sous le nom de Breather Resist. Le trio restant a également écarté ses relents vains de hardcore à la Botch pour s'éclairer sous un soleil noir de noise façon Chicago. Tir de barrage rythmique. Saisissant de ressemblance avec le Gladiator de Jesus Lizard sur l'intro de Glad he ate her. Pour le reste, heureusement, on en retient que le jus. Bouillonnant. Enorme. Echo de la guitare. Résonance électrique. Danse indienne autour du totem. Onze titres jusqu'au boutisme, sorte de Jesus Lizard pour hardcoreux, d'un Shellac qui ne se la pète pas, bref, jouissif et dégoulinant de bordel. Ne cherchez pas trop la finesse et le bout de mélodie (ou alors en lambeau). Tout est dans la construction, dans l'art de se faire fracasser les différentes parties, de créer une symbiose dans la grande tradition des groupes noise-rock américains. Dans la foulée, ils ont sorti un split EP avec Coliseum. Deux inédits de haute volée (Future plans et Bariton #3). Avec Coliseum, c'est une autre histoire. Young Widows ont changé de musique mais ont gardé leurs anciens potes. Hardcore lourd, file droit, qui ne connaît qu'une mesure, avec un grain à la His hero is gone et taillé pour ceux qui aiment les chapelles. On préférera celle des jeunes veuves.

SKX (27/11/2006)
website groupe www.youngwidows.net | www.coliseumsoundsystem.com
website label www.jadetree.com | www.auxiliaryrecords.com
sounds The_Charmers.mp3

Year of no light
Nord - CD
Radar swarm 2006

Je ne sais pas si 2006 aura été une année sans lumière mais ce fut une année où le duo maléfique Neurosis/Isis aura donné à de jeunes barbus le plus envie de se lancer dans des compositions où la lourdeur le dispute à la longueur, transformant le metal/hardcore en une chape de plomb noirâtre qui doit autant aux années 70 et son hard rock progressif qu'aux années 80 et ses corbeaux de mauvaises augures (j'arrête là ou je vais partir en courant). Les Bordelais de Year of no light y vont donc de leur contribution. Mais quitte à se payer une tranche de mélancolie virile, autant désormais privilégier les élèves que les maîtres Isis dont leur absence de vérité cache surtout une absence d'inspiration. Year of no light ne propose rien de nouveau mais au moins, ce n'est pas fadasse. On note même un morceau (L'angoisse du veilleur de nuit) et deux, trois passages bien rentre-dedans, témoins d'un passé de quelques membres qui ont évolué dans des groupes screamo-hardcore comme Metronome Charisma. Pour le reste, la production de l'incontournable Serge Morattel est tout ce qu'il faut pour ce genre de musique, donnant envergure et chaleur à des ambiances qui ne donnent pas dans la gaudriole. Album quasi-instrumental (la voix de toute façon n'ajoute rien et pourrait venir de n'importe quel groupe de hardcore), les dix morceaux (un de plus, l'œil dans le ciel, sur la version vinyl sorti conjointement sur Atropine et E-Vinyl me glisse-t-on dans l'oreille gauche) fait tout ce qu'on lui demande à ce stade. Ces coups de masse qui vous ont à l'usure. Cette dangereuse lourdeur, cette fausse lenteur qui provoque cette incontrôlable mouvement d'avant en arrière, ces mélodies insidieuses, ce gros grain qui vous enveloppe, cette volonté de ne pas en rajouter dans l'apitoiement, rester serrer, recroqueviller, prêt à claquer. Bref un indéniable savoir-faire qui rend cette heure de musique digne d'intérêt alors que ce n'était pas parti gagnant d'entrée de jeu. Finalement, il y a bien un peu de lumière au bout du tunnel.

SKX (24/01/2007)
website groupe yearofnolight.free.fr
website label www.radarswarm.com | atropinerec.free.fr | www.e-vinyl.com
sounds traversee.mp3

Yellow Swans
Deterioration - CD
Modern Radio 2008

Cette chronique, c'était du boulot pour Haz. Mais depuis qu'on offre des congés payés (merci Léon) au petit personnel qui n'en fout déjà pas une, le patronat se tape les corvées. En plus, il en a pris pour deux mois. C'est inadmissible. On aurait pu attendre la rentrée mais Perte & Fracas aime coller à l'actualité (rires) et ça fait déjà deux mois que ce disque traîne dans la pile. Pour avoir l'avis d'un spécialiste, vous pourrez toujours aller faire un tour sur son blog à la rentrée (et en plus je lui fais de la pub, le patron est généreux !). Il l'a mis en tête de sa playlist avant d'aller bronzer à Ibiza sur de la techno. M'étonnerait pas qu'il aime ça en plus le bougre (je parle de Yellow Swans bien sûr pas de la techno qui n'est qu'une excuse minable pour dragouiller, c'est bien connu). Le petit personnel a vraiment des goûts de merde. Bon en attendant, on dirait bien que je fais tout pour retarder le moment où il va falloir parler de l'album de ce duo américain. Pete Swanson et Gabriel Mindel pèsent à eux deux environ 60/70 disques depuis 2002, tous supports confondus. Les rois du DIY et de la bricole. Dont de nombreuses cassettes. Et ce Deterioration est justement sorti en K7 l'année dernière. Modern Radio a cru bon de la ressortir en CD cette année pour ce qui sera une de leur dernière sortie vu que le duo a décidé de mettre fin à sa collaboration. Comme quoi, ils ont de bonnes idées parfois. Bon ok, je fais de la provocation de bas étage. Je suis juste totalement inapte à cette musique. On me parle de drones - qui ne sont pas que des avions espions mais aussi des sons continus qui durent des plombes avec de légères variations qui sont aux drones ce que le solo est à la guitare (rires encore). Simplement tenir la même note pendant à peu près deux heures dixit John Cale. J'ai pas l'air comme ça, mais j'en connais un sacré rayon (faut bien s'occuper en écoutant Yellow Swans, ce disque aura au moins servi à se cultiver). Mais comme la théorie et moi ça fait deux et que j'en ai rien à carrer de ces fumisteries, cette branlette de bourgeois, je vous laisse à tous vos Tony Conrad, Monte Young et autres apôtres de la musique répétitive et minimaliste, je retourne à mes cygnes jaunes (bien que je préfère les Canaris), on sait jamais, je pourrais avoir l'étincelle, l'illumination à mêche longue. Après les 21 minutes du seul premier morceau Broken Eraser / Time Stretch, je ne ressens toujours étonnamment rien. Même les quasi 10 minutes de silence sur la fin (et quelle fin) ne m'ont pas endormi. Tout juste si j'ai pressé discrètement la touche avance rapide. Le deuxième titre Reintegration ne me réintègre toujours pas dans le droit chemin de cette musique ouvrant les portes de la perception cosmique. Je concède à peine une certaine béatitude à l'écoute de cette vague répétitive presque belle. C'est qu'il est tard et mes résistances faiblissent. Le troisième morceau continue sur les mêmes bases élevées. Bordel, on sait même pas d'où viennent ces putain de sons (enfin, j'ai bien ma petite idée mais je dois aller à fond dans le concept de la mauvaise foi). Les deux derniers sont idem. Mortels. Les vagues soniques et électroniques se heurtent définitivement à mes remparts. Ca sera donc pas pour ce coup-ci. J'ai besoin de sentir l'impact physique de la musique. L'impact émotionnel, que ça me torde les boyaux, les couilles, bref que ça me fasse des nœuds quelquepart. Mais cette musique est bien trop cérébrale et théorique pour mes manières de cow-boy de l'ouest. Même à fort volume (j'ai tenté le tout pour le tout), ça n'engendre qu'un profond ennui et beaucoup de sarcasmes. Bon allez comme quoi, on peut en faire des tartines quand on a rien à dire. La brise du matin ne manquera pas de me pousser vers le goulet du port.

SKX (24/07/2008)
website groupe www.jyrk.com/yellowswans
website label www.modern-radio.com

Yokel Ono
Our dream home wrecked our lives - EP
Self-released 2005

La Nouvelle-Zélande nous envoie un duo. Ya pas de raison que eux non plus n'en ait pas. Un duo guitare-batterie qui existe depuis sept ans déjà. Mais les choses se sont accélérées depuis le départ leur trou natal pour la grand' ville Auckland avec un premier enregistrement en 2005. Enregistrement loin d'être pro mais quand on a les compos, on peut se présenter avec n'importe quel son. Un bruit de tôles ondulées. Les cordes de guitares néo-zélandaises ont un drôle de son tout tordu. Batterie rudimentaire. Même bruit de tôle et de bidon d'huile. Des faux airs de Pink and Brown avec ce petit truc mélancolique propre à la Nouvelle-Zélande, cette tristesse sous-jacente, même sous la violence du propos, un truc à la The Gordons, anguleux et amer qui fait de Yokel Ono un duo de catégorie supérieure qui se prend vachement au sérieux. Cinq titres qui ferraillent dur avec ce brin de malice et de talent qui donne beaucoup à espérer pour leur premier album, So many enemies, à sortir incessamment sous peu.

SKX (02/07/2007)
website groupe www.myspace.com/yokelono

The Yoleus
Nightmare Circle Vision - CD
Self-released 2008

Vous reprendrez bien un peu de trio instrumental ? Parce que celui là est fameux. Inconnu mais fameux. Et pas si inconnu que ça finalement puisque qu'on retrouve Dave Erb, l'ex-guitariste de Sicbay, avec Jack Kalyuzhny à la batterie et Jeremy Kuecker à la basse. Un trio qui n'a rien de manchot. En plein trip math-rock mais ils le font avec un tel entrain et une telle bonne humeur que ça glisse tout seul. On pourrait les rapprocher d'Ahleuchatistas pour la virtuosité mais celle-ci apparait plus coulée. Et surtout, les compositions respirent la joie de vivre. The Yoleus n'a pas le math-rock méchant. Point de rythmiques de gros bras et de riffs coupants. Vas-y que je t'enchaine les boucles euphorisantes. Vas-y que je te sers des arpèges à toute volée. Précis, super vif, des plans rythmiques tournant à fond et dans lesquels on rentre comme dans du beurre. Le plus bel exemple est Technology takes a step backwards. Une rythmique de folie, l'envie immédiate des membres inférieurs de quitter la pesanteur terrestre, un morceau déboulant à vitesse constante de toute une classe. Grandiose. Et des titres qui ne vous laissent pas en place, The Yoleus en a accouché de neuf. Des compos qui volent et bombardent. Avec mention spéciale pour le bassiste. On croit tomber sur un disque math-rock de plus, un truc sur lequel tout a été dit cent fois et on finit par passer ce premier album (à la pochette dessinée par Dave Erb) en boucle.

SKX (02/12/2008)
website groupe www.myspace.com/theyoleus



Young Widows

Old wounds - CD
Temporary Residence 2008

On rentre dans cet album comme dans du beurre et pourtant, c'est pas le genre de truc que tu tartines à tous tes convives. Mais voilà, vingt ans de pratique de tout ce que cette putain de terre a pu engendrer de groupes noise-rock facilitent la dégustation. Young Widows résume tout ce qui fait la force du genre et mieux encore, le sublime. C'est tout ce qui fait la différence entre une honnête copie et un disque qui comptera. Le trio de Louisville a ce petit plus qui fait que cet album, on le passe en boucles et on y reviendra inlassablement. La rythmique martelante, omniprésente, avec de nombreux passages basse-batterie uniquement avec du chant, la guitare arrivant qu'à bon escient pour la touche mélodique ou encore mieux cisailler au niveau des genoux. Des toms basses martyrisés, gondolés comme le rideau de fer d'une vieille boutique. Une rythmique aussi souple que véloce, aussi assourdissante que menaçante dans ses ralentissements. C'est pas tous les jours qu'on tombe sur une aussi belle paire. Un nouvel album qui simplifie le propos de Young Widows sans l'édulcorer, Settle down city apparaissant sous ce nouveau jour plus complexe. Old Wounds et sa pochette en trois volets perd en malsain et en vice mais gagne en efficacité et celle-ci est redoutable. Impossible de détacher un titre plus qu'un autre, accro aussitôt, ils donnent tous envie de lever le poing au ciel et encore mieux : les reprendre en choeur, ce qui est une gageure pour un groupe noise-rock. Mais voilà que chez Young Widows, on a décidé de chanter, avec conviction certes, mais audiblement et à plusieurs et c'est le petit plus qui fait toute la différence. A tel point que, si on évoque souvent les groupes noise de Chicago comme affiliation principale, Young Widows me fait surtout penser à plusieurs reprises aux fantastiques Ten Grand. Kurt Ballou (Converge) a effectué un travail remarquable, rendant le son du groupe plus tranchant et précis avec également un gros travail de mixage suite à une volonté de Young Widows d'emmener Kurt Ballou sur une de leur tournée. Enregistrements live tous azimuts, que ce soit devant une foule (dont on retrouve l'écho à plusieurs reprises), dans leur studio de répète ou dans le studio de Ballou. Nuits blanches en perspective, réveil avec une gueule de potards, on secoue bien et on mélange tout. Morceaux live, morceaux studio voir les deux au sein d'un même titre. Et comme dit notre cher président, le travail paye. Young Widows, c'est du solide, n'est pas là pour développer des harmonies et faire le beau. Faut qu'ça saigne, faut qu'ça cogne, comme sur une bonne pièce de bidoche pour qu'elle devienne suffisamment tendre et juste ce qu'il faut d'huile, que ça roule tout seul et rendre ça présentable. C'est reparti pour vingt ans.

SKX (01/10/2008)
website groupe www.youngwidows.net
website label www.temporaryresidence.com
sounds www.temporaryresidence.com/mp3s/young-widows-old-skin.mp3


 
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