Y
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YACOPSAE/YOUR KINGDOM IS DOOMED! Split 7'
YAGE
s/t
YAGE 3-17 october 1984
YAGE Anders leben!?
YAPHET KOTTO syncopated synthetic laments for love
YAPHET KOTTO the killer was in the government blankets
YEAR FUTURE The hidden hand
YEAR FUTURE First world fever
YEAR OF NO LIGHT Nord
YEAR OF NO LIGHT Ausserwelt
YEAR OF NO LIGHT Live At Roadburn 2008
THE YELLOW PRESS s/t 12''
THE YELLOW PRESS Comfortable Curses
YELLOW SWANS Deterioration
LES YEUX DE LA TETE Nerf

YIKES Secrets to super-flipping
YOKEL ONO Our dream home wrecked our lives
THE YOLEUS Nightmare Circle Vision
YOUNG WIDOWS Settle down city
YOUNG WIDOWS Old wounds
YOUNG WIDOWS Future Heart / Rose Window 7''
YOUNG WIDOWS In and Out of Youth and Lightness

YOUNG WIDOWS / COLISEUM Split
YOUNG WIDOWS - BONNIE 'PRINCE' BILLY split 7'' vol.1
YOUNG WIDOWS - MELT-BANANA split 7'' vol.2

YOUNG WIDOWS - PELICAN split 7'' vol.3
YOUNG WIDOWS - MY DISCO split 7'' vol.4
YOUR HALO IS A RADAR s/t 10''
YOUR HALO IS A RADAR s/t
YOU WILL NEVER APPEAR ON TV WITH SUCH A FACE One of these days...
YOWIE Cryptooologie
YUSSUF JERUSALEM A Heart Full Of Sorrow


YAGE
" s/t " - 7"
Level Plane 02
Yage, toujours aussi généreux. Toujours aussi heureux d'être là, d'être ensemble. Yage, cinq individualités qui n'en font qu'une, unis comme les doigts de la main. Comme ils éclatent, deviennent une force propagatrice et contagieuse. Les afficionados du groupe allemand ne seront pas surpris. Chaotique screamo-hardcore avec un surplus de cœur et de tripes déballés au grand jour. Et tant pis si ces trois titres ne sont pas les plus flamboyants de leur courte vie. Tant pis si ils continuent de labourer toujours le même carré de terrain. La ferveur est toujours présente et cette antidote en format réduit est parfaite pour contrer l'impatience d'en découdre avec leur nouvel album (le 2ème) sur Ebullition records avant la fin de l'année....
SKX (01/08/2002)

YAGE
" 3-17 october 1984 " - Lp
Nova 00

Une décharge de vitalité. Depuis Cologne, YAGE (prononcez "Yagueu" et respirez fort) vous offre son premier jet de longue durée. Un effort tendu, qui file sur l'express, un effort jadis entrepis par Policy Of 3, entretenu par 400 Years, un endroit où l'émotion s'écoule hardiment avec l'énergie du dénuement. Ca navigue à vue entre le haut-voltage, aspect rugueux du son, guitares brutes et des espaces d'accalmies où on entendrait presque le bruit du sillon si ce n'était un CD qui tournait en boucles! Coups. Fracas. Craquements. Un album plein de giclées et de chuintements. Chacun cherche son chat. Le chat du voisin fera l'affaire du moment qu'il soit suffisamment sale pour être présentable. Et prêt à bondir à chaque instant of course....
SKX (03/04/2000)
YAPHET KOTTO
" syncopated synthetic laments for love " - Lp
Ebullition 01
Régulièrement débarquent des groupes emo-core rageurs et passionnés, aux paroles engagées. Avec Yaphet Kotto, c'est la crème de la crème, la cerise sur le gâteau. Des grands parmi les grands, en droite descente de The Policy of 3 ou Portraits of Past. Les égales de 400 Years ou Yage. Ca calme. Car la différence dans ce milieu foisonnant, c'est l'art de la composition, la mélodie qui tue, le refrain qui vous coupe l'herbe sous le pied, à vous pisser dessus. Et Yaphet Kotto maîtrise tout ça. Manie à la perfection le chant hurlé et un chant plus posé et grave. Jette toutes ses armes dans des batailles à corps perdus d'intensité, des chapelets de cris hallucinés qui vident leur angoisse. La douloureuse, inhumaine à hurler. Les silhouettes se tendent. Et d'inaugurer quelques samples qui complètent idéalement le tableau. Un torrent dans lequel il ne faut pas avoir peur de se noyer. Ce deuxième album est une valeur sûre. Un placement à long terme.
SKX (27/11/2001)

YAPHET KOTTO
" the killer was in the government blankets " - Lp
Ebullition records 99
Laissons tomber les grands discours ! Certes, les groupes emo-core ou emo-rock, appelez les comme bon vous semblera, peuplent les banlieues américaines comme autant de bombardiers dans le ciel serbe, et le parcours pour dénicher le fruit inespéré de ces entrailles est peuplé d'embûches et de fausses pistes, paix à vous mes frères, ya longtemps que le fils prodige est tombé de sa croix, les clous étant définitivement rouillés ! Après Policy of 3, ces nouveaux venus semblent prendre le bon chemin et cet ouragan emo-core limite noise - c'est peut-être ça qui les distingue - emporte l'enthousiasme général.
SKX (20/04/1999)


YOUR HALO IS A RADAR
" s/t " - 10"
Insect 01
La Suède n'en finit pas de nous envoyer en pleine tronche des brûlots de leur froid pays. Il va falloir réviser nos théories sur le réchauffement de la planète. Bref, la banquise compte une brèche de plus avec ce nouveau groupe Your Halo Is a Radar. Et nombreuses vont être les proies prises dans le faisceau. Dans ces rangs agités, un membre de Switchblade s'est glissé, pour sept titres qui louchent fortement vers Drive Like Jehu avec un soupçon de JR Ewing. Les salves sont finement tirées, les guitares fiévreuses et inventives. Les cassures multiples. Les yeux rouges, ça roule en plein phare dans la nuit noire. Le sens du rock, le bon, celui qui fait bouger positivement, entraînant jusqu'au petit matin. Modeste et simple mais diablement efficace. On garde ça au chaud. Ya matière à rendre la banquise encore plus folle.
SKX (02/10/2001)
YAGE
Anders leben!? - CD
Ebullition 03

Ce fardeau en nous, au plus profond de la journée, qui nous pèse et nous suit inlassablement. Yage a toujours su toucher la corde sensible, cristalliser les peines et les frustrations et comme un joli point noir au milieu de la tronche, appuyez dessus pour que ça sorte. Emouvoir sans s'apitoyer sur son sort. Pas de larmes inutiles. Conscient de son sort mais l'espoir sous le pavé. Yage arrive en fin de vie. Avec ce deuxième et ultime album, le quintet de Cologne touche à la consécration. Une sortie sur Ebullition, le label de San Francisco, apôtre de l'emo torturé dont Yage se sont fait les chantres. Le label où sont nés les plus beaux fleurons du style, à commencer par les pères spirituels des Allemands, Portrait of Pasts. La boucle est bouclée. Avec ce "anderes leben", Yage arrive comme à une sorte de maturité. Tous les éléments qui ont fait leur force sont là. Des mélodies qui prennent aux tripes. Un riche jeu de guitares qui ne connaissent pas le dialogue de sourd, se répondant sans cesse, arpèges, riffs, tout y passe. Les voix prennent le pli, les chœurs qui se déchirent, tout ça rajoute à la beauté sauvage du bidule. Alors quand en plus pour ce coup ci, leur science du fracas s'organise au millimètre, les compos gagnent en impact. Les contrastes entre les parties calmes / virulentes se font plus saisissantes. Le son est direct. La pression s'accélère. "D'autres vies?" s'interrogent-ils en allemand dans le titre. Celle de Yage fut relativement courte mais bien remplie, sans aucune erreur de parcours. Cette dernière pièce de leur discographie est certainement la meilleure. Une sortie par la grande porte. (A noter qu'un CD compilant toute leur discographie (sauf cet album) est sortie au Japon sur Sonzaï records, le label du chanteur de Envy).

SKX (12/02/2004)
website groupe
http://www.yage5.de
website label www.ebullition.com
sounds www.yage5.de/sounds.htm

Year Future
The hidden hand - 7''
Gold Standard Laboratories 2004

Dans Year Future, le CV de ses protagonistes aide pas mal à la compréhension de ce nouveau groupe. Sonny Kay, le boss himself de GSL, et surtout ancien leader de Angel Hair (un groupe qui a donné ses lettres de noblesses à l'emo chaotique dans les années 90) et, plus près de nous, The VSS. A la guitare, on retrouve Rockey Crane, ex-Dead and Gone et Creeps on Candy. Si le CV du batteur Jim Andersen et de la bassiste Sam Ott est moins parlant, on a là une bonne ébauche du son de Year Future. Un son taillé dans la véhémence, d'un punk-rock noir et cynique, de rythmes presque tribaux qui lorgnent vers Birthay Party, d'une guitare aux multiples effets, l'écho se perd dans l'espace et toujours cette voix de Kay, magnifique d'urgence, le rasoir sous la gorge. Après un premier 4 titres plus basique, ces trois nouveaux titres remplissent les sillons d'une bile féroce, sexe ce qu'il faut. Des groupes suscités, Year Future continue les travaux, en rajoutent une couche, une sévère, de celle qui vous fait saliver sur leur futur album programmé pour 2005.

SKX (11/11/2004)
website groupe www.yearfuture.net
website label www.goldstandardlabs.com
sounds police_yourself.mp3

The Yellow Press
s/t - 12''
X-Mist / Christopher's records 2004

San Francisco enfante un nouveau groupe : The Yellow Press. Formé d'anciens Torches to Rome et Houseboy (ce qui n'a que très peu d'importance de le savoir vu que personnes ne connaissaient ces groupes!!), les quatre énergumènes de The Yellow Press ont décidé de jouer un rock'n'roll pétillant, un truc dans l'air du temps mais sans se prendre trop au sérieux. Tout part d'une section rythmique bien solide et dynamique, d'un clavier pour faire comme tout le monde, d'une énergie indécrottable, d'une bonne humeur constante et vous obtenez un version Les Savy Fav rock'n'roll ! Ca n'a rien de foncièrement renversant, c'est direct et revigorant ! Ce disque regroupe deux CDEPs précédemment sorti sur leur propre label Silver Skate records et introuvable désormais. Merci aux deux labels européens X-Mist et Christopher de nous tenir aux goûts du jour.

SKX (13/06/2004)
website groupe www.theyellowpress.net
website label www.christophersrecords.com | www.x-mist.de
sounds www.theyellowpress.net/sounds.html | communique.mp3 | intransit.mp3

Your Halo Is a Radar
s/t - CD
Mom Pop 03

On rentre dans le vif du sujet avec "imbecil cord". Et on se dit, avec le plus grand plaisir, que c'est reparti pour une relecture made in suédoise de Drive Like Jehu. Qu'ils reprennent les travaux où ils les avaient laissés avec leur premier 10". Même vista rock-core enlevée et trépidante. Les choses se gâtent avec le titre suivant. La coloration reste identique mais le passage wah-wah fronce le sourcil que j'ai très susceptible dès que j'entends cet effet damné. Avec les quatre morceaux suivants, cet appareil reste heureusement au placard mais bizarrement, on ne retrouve pas la vista du premier morceau. Les ingrédients sont là. Rien de désagréable, loin s'en faut. Sauf que sauf que l'inspiration n'est pas des plus phénoménales. Fugazi en point de mire ("future of a desilusion"), les tics sont connus et du coup on a que le droit à un honnête mini-album qui n'atteint pas les espérances placés en eux. Packaging d'enfer plus une vidéo comprise. Faut bien se rattraper comme on peut.

SKX (24/02/2004)
website groupe www.cilla.com/halo
website label www.mompoprecords.com
sounds Vacuum.mp3

Yowie
Cryptooologie - CD
Skin Graft 2005


Où on va encore se faire péter la rondelle sans préavis. Après une période d'hibernation, Skin Graft repart sur les chapeaux de roues. Leur dernière trouvaille gicle, le nom sonne comme un groupe japonais, tous les morceaux commencent par un " t " et finissent par un " a " entre Tamara et Towanda mais le trio nous vient de St Louis USA et n'est pas du genre à s'étaler facilement. Si t'en as pas (tennapa), passe ton chemin. Une quoi ? Une propension naturelle à aimer la gueule de bois, flirter avec la ligne rouge de la déconstruction en règle, à prendre ton pied quand Flying Luttenbachers débarque dans ton salon, trouver que les guitares de US Maple sont trop molles du poignet et que les Ruins sont bien trop cérébraux. La guitare multipliée par deux pendant que tout est dit dans le nom du batteur qui répond au doux surnom de Defenestrator. Alors oui, il faut aimer se mettre la tête à l'envers. Oui, ce premier disque fera fuir un troupeau de bison. Malgré tout, cette saine secouée n'a rien d'une vaine branlade. On trépigne, on s'écorche les genoux, ça tire dans tous les coins mais le fun (qui est en toi) s'invite au banquet, une demi-heure de bagarre récréative. De la haute volée, des passages rythmiques furieux et hallucinants. Je ne sais pas ce qu'ils peuvent faire de plus désormais mais ce " Cryptooologie " est juste parfait, à condition d'être prévenu auparavant. Ce qui est donc fait !

SKX (20/06/2005)
website label www.skingraftrecords.com
sounds trina.MP3

Year Future
First world fever - CD
GSL 2006

Il y a des disques que l'on fait bien de laisser mûrir. Les laisser tranquille dans un coin, le temps de ressasser sa déception. Et en remettre une petite couche, voir si le temps est à l'amélioration. Ce First world fever, j'étais bien décidé à l'attaquer par la face nord, coûte que coûte, il allait sortir ses tripes, là, rien que pour moi. Vomissure punk-rock et noisy, éjecter avec la virulence de grands professionnels à qui on l'a fait plus, règlements de compte en bonne et due forme sur une planète qui pourrit sur place (c'est Sonny Kay qui le dit, lui le grand manitou de GSL et hurleur tendance aigue de feu VSS et Year Future). C'est la face rageuse et remontée comme une pendule qui je me prends d'entrée de jeu. Un bon point. Un Year Future tout ébouriffé. Une section rythmique toute nouvelle qui ne fait pas dans l'esbroufe. Year Future dégaine vers tous les points cardinaux. Des brûlots punks touffus mal dégrossis, c'est ça qui défrise au début. Mais leurs manières de bêtes enragées ont du bon. Eux au moins ne cherchent pas à faire danser les foules. Du punk, du vrai. Au vitriol. Caresser dans le sens du poil les défrise. Entre temps, ils arrivent à vous surprendre avec une reprise d'un Black Sun des Dead Can Dance. Un raccourci bien pratique pour nous faire dire que leur punk à eux se nourrit d'ombre. Des manières de gothique sans la poussière et le maquillage ridicule. Ce Black Sun éblouit l'album. Avec ce son et jeu de guitare si personnel de Rocky Crane, cette voix limite criarde de Kay et cette rythmique qui bastonne, Year Future est fait de particularismes qui s'entrechoquent et dont l'évidence ne saute pas aux yeux de prime abord. Comme un manque d'ampleur que les compositions de leur précédent maxi The hidden hand nous avaient pourtant fait saliver. Mais Year Future a l'âme vindicative, le propos anarchique, ne cherche pas à plaire au plus grand nombre, bien décider à marquer les esprits en les frappant à bout portant. Cet album déballe tout et fini par vous mettre sur les rotules. Le sommet est à portée mais il vous ait demandé de faire un effort.

SKX (16/10/2006)
website groupe www.yearfuture.net
website label www.goldstandardlabs.com
sounds audio_video.html

The Yellow Press
Comfortable Curses - CD
Day After 2005

The Yellow Press ne s'embarrasse pas de tactique. Le rock'n'roll dans sa version alerte et véloce, prêt à faire sauter les foules, où tout est dit entre deux et trois minutes réglementaires, le couplet, le refrain, le couplet, l'accroche où aller se faire pendre et le cas échéant s'envoyer en l'air. La suite logique, même si tout ça est à l'instinct, de leur précédent maxi sauf que là, les compositions sont plus consistantes, désinvoltes et rageuses, de quoi entendre siffler le train plus de trois fois à l'orée du bois et tard dans la nuit de préférence. Alcool du matin chagrin. Leur pendant français s'appellerait Loisirs, cette façon d'aller droit au but, avec le sourire, ces effets de synthés qui appuient les guitares, une touche résolument dans l'air du temps, moderne quoi ! Mais pour céder à la facilité, il faut aller se faire voir ailleurs. The Yellow Press a des gènes hardcore dans le sang de ses membres et tout sautillant qu'ils soient, il ya comme un arrière goût amère et orageux qui donne de la consistance à dix morceaux costauds prêts à faire chavirer le cœur des dames. C'est con mais c'est comme ça.

SKX (20/01/06)
website groupe www.theyellowpress.net
website label www.dayafter.cz
sounds Sixes%20And%20Sevens.mp3 | We%20Will%20Win.mp3

Yikes
Secrets to super-flipping - 10''
Upset the rhythm 2006

Avec un ex-Pink and Brown et actuel Coachwips, un Eric Park qui use les nerfs dans Curse of Birthmark et un Mike Donovan à la batterie qui s'est baladé dans moult groupes obscurs dont les seuls noms suffisent (Wearewolves, Sounds of the Barbary Coast), il ne faut pas s'attendre à une musique de tapettes propre sur elle. Ouch !! Là-dedans, c'est tout crade. Approche lo-fi d'un rock bruyant que n'aurait pas renié un Sebadoh avec le moral d'un The Fall. C'est tout en fracas, en distorsion et en short que le trio nous sert une face A supervisé par Weasel " MR. Flying Luttenbachers " Walter. Ca craque, ça menace de rompre à chaque instant mais ça passe avec un petit hymne underground assuré, The Cars. Face B, c'est du live. Et pour être vivant, c'est du vivant. Je ne sais pas si vous avez déjà eu l'occasion d'assister à la répèt d'un groupe dans un local exigu, les amplis à fond et la douce sensation d'un bordel à peine contrôlé… mais un concert de Yikes donne à peu près le même bonheur masochiste. Hey mec, tu pourrais pas baisser ta gratte, je suis sourd de naissance. Comme pour ses groupes précédents, Dwyer et sa bande tentent d'instaurer un maximum de plaisir, d'énergie communicative, un rock qui se latte sous toutes les conditions, la communion avec le public dans le plus simple appareil, le grain des instruments comme une seconde peau. Et c'est pas loin de fonctionner. Usant mais sympa !

SKX (21/09/2006)
website label www.upsettherhythm.co.uk
sounds The%20Cars.mp3 | Pink%20Cigars.mp3

Young Widows
Settle down city - CD
Jade Tree 2006
  Young Widows / Coliseum
Split CD
Auxiliary 2006

Jappement de chien. Bref. Prévenir du danger. Young Widows n'a pas seulement laissé son chanteur Steve Sindoni sur le bas coté, ainsi que leur état-civil connu sous le nom de Breather Resist. Le trio restant a également écarté ses relents vains de hardcore à la Botch pour s'éclairer sous un soleil noir de noise façon Chicago. Tir de barrage rythmique. Saisissant de ressemblance avec le Gladiator de Jesus Lizard sur l'intro de Glad he ate her. Pour le reste, heureusement, on en retient que le jus. Bouillonnant. Enorme. Echo de la guitare. Résonance électrique. Danse indienne autour du totem. Onze titres jusqu'au boutisme, sorte de Jesus Lizard pour hardcoreux, d'un Shellac qui ne se la pète pas, bref, jouissif et dégoulinant de bordel. Ne cherchez pas trop la finesse et le bout de mélodie (ou alors en lambeau). Tout est dans la construction, dans l'art de se faire fracasser les différentes parties, de créer une symbiose dans la grande tradition des groupes noise-rock américains. Dans la foulée, ils ont sorti un split EP avec Coliseum. Deux inédits de haute volée (Future plans et Bariton #3). Avec Coliseum, c'est une autre histoire. Young Widows ont changé de musique mais ont gardé leurs anciens potes. Hardcore lourd, file droit, qui ne connaît qu'une mesure, avec un grain à la His hero is gone et taillé pour ceux qui aiment les chapelles. On préférera celle des jeunes veuves.

SKX (27/11/2006)
website groupe www.youngwidows.net | www.coliseumsoundsystem.com
website label www.jadetree.com | www.auxiliaryrecords.com
sounds The_Charmers.mp3

Year of no light
Nord - CD
Radar swarm 2006

Je ne sais pas si 2006 aura été une année sans lumière mais ce fut une année où le duo maléfique Neurosis/Isis aura donné à de jeunes barbus le plus envie de se lancer dans des compositions où la lourdeur le dispute à la longueur, transformant le metal/hardcore en une chape de plomb noirâtre qui doit autant aux années 70 et son hard rock progressif qu'aux années 80 et ses corbeaux de mauvaises augures (j'arrête là ou je vais partir en courant). Les Bordelais de Year of no light y vont donc de leur contribution. Mais quitte à se payer une tranche de mélancolie virile, autant désormais privilégier les élèves que les maîtres Isis dont leur absence de vérité cache surtout une absence d'inspiration. Year of no light ne propose rien de nouveau mais au moins, ce n'est pas fadasse. On note même un morceau (L'angoisse du veilleur de nuit) et deux, trois passages bien rentre-dedans, témoins d'un passé de quelques membres qui ont évolué dans des groupes screamo-hardcore comme Metronome Charisma. Pour le reste, la production de l'incontournable Serge Morattel est tout ce qu'il faut pour ce genre de musique, donnant envergure et chaleur à des ambiances qui ne donnent pas dans la gaudriole. Album quasi-instrumental (la voix de toute façon n'ajoute rien et pourrait venir de n'importe quel groupe de hardcore), les dix morceaux (un de plus, l'œil dans le ciel, sur la version vinyl sorti conjointement sur Atropine et E-Vinyl me glisse-t-on dans l'oreille gauche) fait tout ce qu'on lui demande à ce stade. Ces coups de masse qui vous ont à l'usure. Cette dangereuse lourdeur, cette fausse lenteur qui provoque cette incontrôlable mouvement d'avant en arrière, ces mélodies insidieuses, ce gros grain qui vous enveloppe, cette volonté de ne pas en rajouter dans l'apitoiement, rester serrer, recroqueviller, prêt à claquer. Bref un indéniable savoir-faire qui rend cette heure de musique digne d'intérêt alors que ce n'était pas parti gagnant d'entrée de jeu. Finalement, il y a bien un peu de lumière au bout du tunnel.

SKX (24/01/2007)
website groupe yearofnolight.free.fr
website label www.radarswarm.com | atropinerec.free.fr | www.e-vinyl.com
sounds traversee.mp3

Yellow Swans
Deterioration - CD
Modern Radio 2008

Cette chronique, c'était du boulot pour Haz. Mais depuis qu'on offre des congés payés (merci Léon) au petit personnel qui n'en fout déjà pas une, le patronat se tape les corvées. En plus, il en a pris pour deux mois. C'est inadmissible. On aurait pu attendre la rentrée mais Perte & Fracas aime coller à l'actualité (rires) et ça fait déjà deux mois que ce disque traîne dans la pile. Pour avoir l'avis d'un spécialiste, vous pourrez toujours aller faire un tour sur son blog à la rentrée (et en plus je lui fais de la pub, le patron est généreux !). Il l'a mis en tête de sa playlist avant d'aller bronzer à Ibiza sur de la techno. M'étonnerait pas qu'il aime ça en plus le bougre (je parle de Yellow Swans bien sûr pas de la techno qui n'est qu'une excuse minable pour dragouiller, c'est bien connu). Le petit personnel a vraiment des goûts de merde. Bon en attendant, on dirait bien que je fais tout pour retarder le moment où il va falloir parler de l'album de ce duo américain. Pete Swanson et Gabriel Mindel pèsent à eux deux environ 60/70 disques depuis 2002, tous supports confondus. Les rois du DIY et de la bricole. Dont de nombreuses cassettes. Et ce Deterioration est justement sorti en K7 l'année dernière. Modern Radio a cru bon de la ressortir en CD cette année pour ce qui sera une de leur dernière sortie vu que le duo a décidé de mettre fin à sa collaboration. Comme quoi, ils ont de bonnes idées parfois. Bon ok, je fais de la provocation de bas étage. Je suis juste totalement inapte à cette musique. On me parle de drones - qui ne sont pas que des avions espions mais aussi des sons continus qui durent des plombes avec de légères variations qui sont aux drones ce que le solo est à la guitare (rires encore). Simplement tenir la même note pendant à peu près deux heures dixit John Cale. J'ai pas l'air comme ça, mais j'en connais un sacré rayon (faut bien s'occuper en écoutant Yellow Swans, ce disque aura au moins servi à se cultiver). Mais comme la théorie et moi ça fait deux et que j'en ai rien à carrer de ces fumisteries, cette branlette de bourgeois, je vous laisse à tous vos Tony Conrad, Monte Young et autres apôtres de la musique répétitive et minimaliste, je retourne à mes cygnes jaunes (bien que je préfère les Canaris), on sait jamais, je pourrais avoir l'étincelle, l'illumination à mêche longue. Après les 21 minutes du seul premier morceau Broken Eraser / Time Stretch, je ne ressens toujours étonnamment rien. Même les quasi 10 minutes de silence sur la fin (et quelle fin) ne m'ont pas endormi. Tout juste si j'ai pressé discrètement la touche avance rapide. Le deuxième titre Reintegration ne me réintègre toujours pas dans le droit chemin de cette musique ouvrant les portes de la perception cosmique. Je concède à peine une certaine béatitude à l'écoute de cette vague répétitive presque belle. C'est qu'il est tard et mes résistances faiblissent. Le troisième morceau continue sur les mêmes bases élevées. Bordel, on sait même pas d'où viennent ces putain de sons (enfin, j'ai bien ma petite idée mais je dois aller à fond dans le concept de la mauvaise foi). Les deux derniers sont idem. Mortels. Les vagues soniques et électroniques se heurtent définitivement à mes remparts. Ca sera donc pas pour ce coup-ci. J'ai besoin de sentir l'impact physique de la musique. L'impact émotionnel, que ça me torde les boyaux, les couilles, bref que ça me fasse des nœuds quelquepart. Mais cette musique est bien trop cérébrale et théorique pour mes manières de cow-boy de l'ouest. Même à fort volume (j'ai tenté le tout pour le tout), ça n'engendre qu'un profond ennui et beaucoup de sarcasmes. Bon allez comme quoi, on peut en faire des tartines quand on a rien à dire. La brise du matin ne manquera pas de me pousser vers le goulet du port.

SKX (24/07/2008)
website groupe www.jyrk.com/yellowswans
website label www.modern-radio.com

Yokel Ono
Our dream home wrecked our lives - EP
Self-released 2005

La Nouvelle-Zélande nous envoie un duo. Ya pas de raison que eux non plus n'en ait pas. Un duo guitare-batterie qui existe depuis sept ans déjà. Mais les choses se sont accélérées depuis le départ leur trou natal pour la grand' ville Auckland avec un premier enregistrement en 2005. Enregistrement loin d'être pro mais quand on a les compos, on peut se présenter avec n'importe quel son. Un bruit de tôles ondulées. Les cordes de guitares néo-zélandaises ont un drôle de son tout tordu. Batterie rudimentaire. Même bruit de tôle et de bidon d'huile. Des faux airs de Pink and Brown avec ce petit truc mélancolique propre à la Nouvelle-Zélande, cette tristesse sous-jacente, même sous la violence du propos, un truc à la The Gordons, anguleux et amer qui fait de Yokel Ono un duo de catégorie supérieure qui se prend vachement au sérieux. Cinq titres qui ferraillent dur avec ce brin de malice et de talent qui donne beaucoup à espérer pour leur premier album, So many enemies, à sortir incessamment sous peu.

SKX (02/07/2007)
website groupe www.myspace.com/yokelono

The Yoleus
Nightmare Circle Vision - CD
Self-released 2008

Vous reprendrez bien un peu de trio instrumental ? Parce que celui là est fameux. Inconnu mais fameux. Et pas si inconnu que ça finalement puisque qu'on retrouve Dave Erb, l'ex-guitariste de Sicbay, avec Jack Kalyuzhny à la batterie et Jeremy Kuecker à la basse. Un trio qui n'a rien de manchot. En plein trip math-rock mais ils le font avec un tel entrain et une telle bonne humeur que ça glisse tout seul. On pourrait les rapprocher d'Ahleuchatistas pour la virtuosité mais celle-ci apparait plus coulée. Et surtout, les compositions respirent la joie de vivre. The Yoleus n'a pas le math-rock méchant. Point de rythmiques de gros bras et de riffs coupants. Vas-y que je t'enchaine les boucles euphorisantes. Vas-y que je te sers des arpèges à toute volée. Précis, super vif, des plans rythmiques tournant à fond et dans lesquels on rentre comme dans du beurre. Le plus bel exemple est Technology takes a step backwards. Une rythmique de folie, l'envie immédiate des membres inférieurs de quitter la pesanteur terrestre, un morceau déboulant à vitesse constante de toute une classe. Grandiose. Et des titres qui ne vous laissent pas en place, The Yoleus en a accouché de neuf. Des compos qui volent et bombardent. Avec mention spéciale pour le bassiste. On croit tomber sur un disque math-rock de plus, un truc sur lequel tout a été dit cent fois et on finit par passer ce premier album (à la pochette dessinée par Dave Erb) en boucle.

SKX (02/12/2008)
website groupe www.myspace.com/theyoleus



Young Widows

Old wounds - CD
Temporary Residence 2008

On rentre dans cet album comme dans du beurre et pourtant, c'est pas le genre de truc que tu tartines à tous tes convives. Mais voilà, vingt ans de pratique de tout ce que cette putain de terre a pu engendrer de groupes noise-rock facilitent la dégustation. Young Widows résume tout ce qui fait la force du genre et mieux encore, le sublime. C'est tout ce qui fait la différence entre une honnête copie et un disque qui comptera. Le trio de Louisville a ce petit plus qui fait que cet album, on le passe en boucles et on y reviendra inlassablement. La rythmique martelante, omniprésente, avec de nombreux passages basse-batterie uniquement avec du chant, la guitare arrivant qu'à bon escient pour la touche mélodique ou encore mieux cisailler au niveau des genoux. Des toms basses martyrisés, gondolés comme le rideau de fer d'une vieille boutique. Une rythmique aussi souple que véloce, aussi assourdissante que menaçante dans ses ralentissements. C'est pas tous les jours qu'on tombe sur une aussi belle paire. Un nouvel album qui simplifie le propos de Young Widows sans l'édulcorer, Settle down city apparaissant sous ce nouveau jour plus complexe. Old Wounds et sa pochette en trois volets perd en malsain et en vice mais gagne en efficacité et celle-ci est redoutable. Impossible de détacher un titre plus qu'un autre, accro aussitôt, ils donnent tous envie de lever le poing au ciel et encore mieux : les reprendre en choeur, ce qui est une gageure pour un groupe noise-rock. Mais voilà que chez Young Widows, on a décidé de chanter, avec conviction certes, mais audiblement et à plusieurs et c'est le petit plus qui fait toute la différence. A tel point que, si on évoque souvent les groupes noise de Chicago comme affiliation principale, Young Widows me fait surtout penser à plusieurs reprises aux fantastiques Ten Grand. Kurt Ballou (Converge) a effectué un travail remarquable, rendant le son du groupe plus tranchant et précis avec également un gros travail de mixage suite à une volonté de Young Widows d'emmener Kurt Ballou sur une de leur tournée. Enregistrements live tous azimuts, que ce soit devant une foule (dont on retrouve l'écho à plusieurs reprises), dans leur studio de répète ou dans le studio de Ballou. Nuits blanches en perspective, réveil avec une gueule de potards, on secoue bien et on mélange tout. Morceaux live, morceaux studio voir les deux au sein d'un même titre. Et comme dit notre cher président, le travail paye. Young Widows, c'est du solide, n'est pas là pour développer des harmonies et faire le beau. Faut qu'ça saigne, faut qu'ça cogne, comme sur une bonne pièce de bidoche pour qu'elle devienne suffisamment tendre et juste ce qu'il faut d'huile, que ça roule tout seul et rendre ça présentable. C'est reparti pour vingt ans.

SKX (01/10/2008)
website groupe www.youngwidows.net
website label www.temporaryresidence.com
sounds www.temporaryresidence.com/mp3s/young-widows-old-skin.mp3

Yacøpsae/Your Kingdom Is Doomed!
Split 7'
Institut Fur Mentale Hygiene 2008

Un petit peu de poésie. Précédé par une réputation on ne peut plus flatteuse, voici Yacøpsae dont cette petite galette est la première débarquant sur la platine familiale. Il était temps : Yacøpsae est un groupe originaire d'Hambourg existant quand même depuis 1990 et avec une discographie conséquente derrière lui. Ceci est donc un split (qui tourne en 33 rpm) partagé avec un autre groupe allemand, Your Kingdom Is Doomed!. Cinq titres d'un côté et quatre de l'autre. Ce sera bien suffisant pense t-on avec cette légère méfiance un peu moqueuse de l'amateur de musiques extrêmes aguerri par des années de pratiques douteuses et salissantes, c'est qu'on en a vu (entendu) bien d'autres et qu'on n'a plus vingt ans depuis longtemps mon brave monsieur.
Et c'est là l'erreur. Le grind/hardcore/crust de Yacøpsae (en langage d'initiés on appelle ça du power violence, c'est d'un banal et d'un convenu comme descriptif) est d'une jouissance qui fait particulièrement du bien, sans contrefaçons ni hésitations, c'est franc et direct, ça pulse, ça déchire, ça défouraille, ça mitraille. Batterie qui blaste les trois quart du temps, basse et guitare impeccables de méchanceté, ralentissements occasionnels et bien sentis et chant du type en colère juste ce qu'il faut d'hargneux sans tomber dans l'irritant du gros bras plus fort que les autres et qui t'encule parce que c'est lui qui a raison et que toi t'as tort espèce de pauvre con. Originalité zéro mais efficacité maximale (voire exponentielle) donc on en redemande.
De l'autre côté on trouve Your Kingdom Is Doomed!, officiant dans un genre très (trop ?) similaire à celui de Yacøpsae : le son est moins métallique, moins bon aussi et la batterie moins rapide mais on n'y verrait presque que du feu entre les deux groupes. Seule certitude à propos de Your Kingdom Is Doomed! : originalité zéro et efficacité à 50%. Tant qu'à faire autant se passer la première face en boucle ou se procurer Tanz Grosny Tanz, dernier LP en date de Yacøpsae, mais uniquement si on est vraiment en manque.

Haz (27/04/2009)
website groupe www.yacoepsae.de | www.myspace.com/kingdomdoomed
website label mentale-hygiene.antifa.net


Young Widows - Bonnie 'Prince' Billy
split 7'' vol.1
Temporary Residence Limited 2009
Young Widows - Melt-Banana
split 7'' vol.2
Temporary Residence Limited 2009

Le label Temporary Residence et les Young Widows se lance dans la série de split singles, au nombre de quatre à sortir d'ici cet été et tiré chacun à 2000 exemplaires. Young Widows en fil rouge avec un inédit à chaque fois (ne vous réjouissez pas trop vite) et un invité de l'autre coté, trié sur le volet par le trio de Louisville qui fait preuve de beaucoup d'ouverture d'esprit. Des japonaiseries speedé de Melt-Banana à la country-folk dépressive de Bonnie Prince Billy, il ya bien plus qu'un océan. Les deux autres volumes balaieront les grandes et mornes étendues atmosphériques de Pelican pour arriver au post-punk minimaliste des australiens de My Disco. Des singles en forme de puzzle puisque les pochettes grand luxe formeront, une fois les quatre assemblées, le masque déjà présent sur l'album Old Wounds. Pochette au tirage papier glacé, avec une photo au verso comme collée, galettes bi-couleurs. L'emballage est parfait. Si j'étais mauvaise langue, je dirais que c'est bien là l'intérêt principal de cette série. Sur la foi de l'excellent Old Wounds, on ne pouvait que baver à la seule idée d'inédits des Young Widows dans ce format génial qu'ait le single. Mais que ce soit le morceau King Of The Back-Burners sur le vol.1 ou Long Live The New Weight sur le vol.2, Young Widows est loin de mettre le feu à la platine. Ca sent le fond de tiroir. Un fond de tiroir qui se tient, rien de déshonorant mais ça a des airs de routine. On est loin des géniaux Old Skin, 21st Century invention ou Took a turn. C'est qu'on s'habituerait facilement à la qualité. Tous les ingrédients de Young Widows sont présents mais sans l'inspiration, notamment sur King Of The Back-Burners, le petit grain de folie en plus qui fait de ces titres autre chose qu'un simple produit de série. Dans le format 45, on attend que ça gicle, que ça mette tout le monde d'accord et c'est loin d'être le cas.
Du coté des invités, je ne m'aventurerais pas à parler du Bonnie 'Prince' Billy et son morceau Poor Shelter, n'étant pas familier avec son répertoire. Mais à l'écoute de cette complainte étrange, je ferais peut-être mieux parce que lui, le grain, il l'a sûrement. Et si finalement, c'était les japonais de Melt-Banana qui s'en tiraient le mieux ?! De vrais spécialistes de l'exercice, qui ont bombardé en plus d'une décennie, des titres éparpillés sur des splits singles plus ravageurs qu'un essaim de kamikazes. Pain in Ash prouve, non seulement qu'ils ont de l'humour, mais qu'ils maîtrisent toujours à merveille la sucrerie perverse. Ce format leur va comme un gant et j'aime me l'enfiler. Espérons que Young Widows agiront en vrai taulier sur les deux prochains volumes car là, ils sont bien trop gentils et laissent les invités prendre le dessus.

SKX (23/04/2009)
website groupe www.youngwidows.net | www.myspace.com/azap | www.bonnieprincebilly.com
website label temporaryresidence.com

Young Widows - Pelican
split 7'' vol.3
Temporary Residence Limited 2009
Young Widows - My Disco
split 7'' vol.4
Temporary Residence Limited 2009

Suite rapide des aventures de Young Widows en format court puisque au lieu d'arriver un par un comme initialement prévu, ces singles débarquent deux par deux. Les fans ont accouru quatre à quatre mais vont repartir la queue entre les jambes. Les premiers volumes n'ont pas volé haut et le soufflet est vite retombé. J'avoue ne plus rien attendre de cette nouvelle livraison et hélas, une seule écoute suffit à le confirmer. Mid-Western sur le #3 sent la même odeur de fond de tiroir. Ca ronronne sévère malgré un semblant de nerf qui va crescendo. Avec Easy Acting sur le #4, on croit enfin à un sursaut, une fin de série en forme de feu d'artifice avec un début prometteur, une tension plus forte qu'à l'accoutumée mais on aura le droit qu'à un pétard mouillé. Disons que c'est le moins pire des quatre inédits.
Ne reste plus qu'à se tourner vers les invités pour voir si ils se taillent la part du lion comme pour la première fournée. Avec Pelican, on risque plutôt de tomber le bec dans l'eau. Leur metal de luxe aussi joli qu'une toile cirée pour chasseur a le don de me glisser dessus. Ce morceau Inch Above Sand continue de creuser leur trou même si dans un grand moment d'égarement, j'arriverais presque à aimer ce titre. Je dois couver quelquechose de grave. Dernier groupe de la série, ex-invité mystère qui ont failli se faire passer pour Jesus Lizard, ce sont les Australiens de My Disco. Allons nous être bouffé à la sauce insipide Cancer ou plus relevé à la Paradise, tout en sachant que l'idéal serait la période Language of numbers mais là, faut pas rêver, c'est définitivement révolu. Cette série de splits étant maudite, c'est à la mode Cancer que nous ait servi ce Antler ou quand le post-punk de My Disco est aussi bondissant qu'un kangourou cul-de-jatte. Les invités se sont mis au niveau de leur hôte. Fin de série. On remballe tout. 25$ bien soutirés. Un beau coup commercial pour Temporary Residence. Et Young Widows de baisser dans notre estime.

SKX (09/06/09)
website groupe www.youngwidows.net
website label temporaryresidence.com

Year Of No Light
Ausserwelt - 2 x LP
Music Fear Satan 2010 (Conspiracy pour la version CD)

Dire qu'avec ce deuxième album les Year Of No Light étaient attendus au tournant est un euphémisme. Quatre années après Nord, un premier album qui aura durablement marqué les esprits et qui continue aujourd'hui de faire référence en matière de post hardcore (comme on dit vulgairement), les bordelais reviennent enfin avec un Ausserwelt tout aussi impressionnant bien que fort différemment construit. Les titres se sont considérablement allongés, flirtant systématiquement avec voire dépassant allégrement la dizaine de minutes, tout en étant gagnés par un souffle épique mais froid et une emphase monobloc parfaitement maîtrisés. Plus important encore, la musique de Year Of No Light est désormais strictement instrumentale, normal avec le départ du chanteur qui n'a donc pas été remplacé, lequel est parti tenter sa chance parmi les bien fades et transparents Adam Kesher. Year Of No Light rejoindrait ainsi la cohorte des faiseurs de musique instrumentale tous plus insipides les uns que les autres et dont on est, par pure malveillance, tenté de penser qu'ils n'ont rien à dire puisqu'ils ne chantent pas - fort malencontreusement il y a en ce monde beaucoup plus de groupes avec chanteur encore plus insignifiants que les formations instrumentales avec guitares en bandoulière et tremolos d'arpèges en guise de détails flagrants de leur absence d'identité et de leur manque d'originalité. Et heureusement pour nous, Year Of No Light écrase encore une fois tous ses concurrents et démontre avec Ausserwelt qu'il est encore possible de faire une musique lourde, puissante, parfois grandiloquente, épique et instrumentale sans avoir l'air d'être d'horribles poseurs contemplatifs.
Le premier titre, Perséphone (Enna), est pourtant symptomatique d'un genre que souvent on souhaite plus aventureux et moins englué dans des codes trop bien définis. Une impression qui s'estompe rapidement malgré une mélancolie persistante et qui disparait totalement sur les trois autres titres, rivalisant tous de lourdeur et de lyrisme. C'est que question mise en place et millimétrage, on ne la fait pas aux bordelais. Mais c'est avec Perséphone (Coré) et Hiérophante que le Year Of No Light nouveau prend toute son ampleur : une bonne dose de doom laminaire est introduite dans les compositions, la lourdeur s'accentue et l'ampleur du son augmente sensiblement d'autant. Le chanteur est peut être parti du groupe mais celui-ci y a gagné un guitariste de plus (celui de Monarch!) et un percussionniste/clavier de plus également (en provenance d'Aerôflôt), normal alors que le groupe sonne de façon toujours plus volumineuse et écrasante, qu'il y ait de moins en moins de place pour respirer. La fin de Hiérophante lorgne même en direction du black metal atmosphérique, une belle cavalcade éthérée, avec un décalage très bien vu entre les deux batteries (l'une ultra rapide et l'autre qui martèle lourdement) donnant un saisissant effet de tournis. Une ambiance et un gimmick que l'on retrouve également au début du dernier titre, Abbesse, qui clôt Ausserwelt avec ce qu'il faut de majesté mélancolique et des guitares qui frisent le dantesque. Ce deuxième album est donc, on l'aura compris, une parfaite réussite. Ne vous laissez pas engluer par son début moins percutant et moins osé, ne vous laissez pas non plus engluer par vos préjugés sur le post hardcore instrumental : avec Ausserwelt Year Of No Light a réussi sa mutation, accouchant d'un monstre à la sombre mélancolie plombée.

Haz (04/05/2010)
website groupe yearofnolight.free.fr
website label www.myspace.com/musicfearsatanlabel

Year Of No Light
Live At Roadburn 2008 - LP + DVD
Roadburn records 2009

Alors que la parution de Ausserwelt, l'excellent deuxième album de Year Of No Light, est imminente, jetons une dernière fois une oreille sur le Year Of No Light ancienne formule c'est-à-dire avec en son sein leur chanteur/brailleur parti depuis pour des horizons plus heureux (?). Live At Roadburn 2008 : tout est dans le titre et comme son nom l'indique ce disque est à prendre comme un témoignage en concert de la lourdeur mélancolique des Year Of No Light. On y retrouve quelques uns de leurs meilleurs anciens titres, désormais obsolètes, tels que Tu As Fait De Moi Un Homme Meilleur, le mastodonte Cimmeria, Le terrassant L'Angoisse Du Veilleur De Nuit D'Autoroute Les Soirs D'Alarme A Accident ou Les Mains De L'Empereur. Rien que du surpuissant, du braillé, du saturé, du (presque) grandiloquent et de l'ultra massif - donc vraiment de quoi arracher des derniers pleurs à certains premiers fans du groupe qui regretteront toujours la tournure totalement instrumentale désormais prise par Year Of No Light. Le son de l'enregistrement est bon, excellent même, on entend une formation au top de sa forme et de son lyrisme, efficace et complètement dedans malgré le split imminent avec son prêcheur en chef. En fin de face B, Year Of No Light propose une longue plage d'improvisation post hard core somme toute fort classique et jouée en compagnie de Dirk Serries aka Fear Falls Burning : The Golden Horn Of The Moon. Là aussi c'est sans surprise mais terriblement bien foutu, bourdonnements ambient et nappes phréatiques asséchées laissant apparaître un paysage souterrain aussi désolé qu'assombri. Ce n'est pas vraiment la joie de vivre.
Comme sur la plupart des live enregistrés au Roadburn et publié par le propre label du festival, le vinyle est accompagné d'un DVD. Le visionnement de celui-ci permet de se rendre encore plus compte de l'intensité de Year Of No Light sur scène. Le son est toujours aussi bon mais l'image, en noir et blanc, est terriblement granuleuse et saturée, ce qui en définitive va plutôt bien au groupe dont on peut constater qu'effectivement il s'était ce soir là dépensé sans ménagement. Détail qui ne gâche rien, bien au contraire, le DVD est bien plus long que le vinyle, proposant plus de titres et donc sans doute l'intégralité du concert… de quoi avoir des regrets supplémentaires ? Attendez d'écouter la suite.

Haz (23/04/2010)
website groupe yearofnolight.free.fr
website label www.roadburn.com/tag/roadburn-record

Les Yeux de la Tête
Nerf - CD
Rude Awakening / Head 2010

Les yeux dans la tête, bien enfoncés dans les orbites. Et les doigts dans la prise si on s'amuse à reprendre le visuel décalé de la pochette. Voilà le genre de chose que l'on ressent à l'écoute de ce trio de Caen. Et c'est plutôt une bonne surprise quand on fait l'erreur de lire au préalable la formation du groupe : batterie, basse et saxophone, pour trois musiciens sortis du conservatoire, ça sent l'acte masturbatoire, l'abscons pour le bon peuple. Au final, ça sent surtout le rock, on se surprend à bouger les cervicales dans un mouvement de haut en bas plus que de raison, à se laisser aller à tant de légèreté malgré une basse qui ne fait pas dans les sonorités de dentelle. On pourrait sortir la référence Zu pour l'occasion, pour nous, pauvres rockeurs en mal de repères dans ce monde suintant le jazz mais ça ne serait pas leur rendre justice. Les Yeux de la Tête vous les sort de façon plus subtile, le touché est plus coulé et l'enregistrement ne sent pas, mais alors pas du tout, la grosse production américaine. Ca n'empêche pas le trio de virevolter et d'asséner de bonnes taloches derrière la nuque, se faire succéder des soufflantes dans les bronches et des phrasés aériens. Le saxo, l'eau et le feu comme sur FyyFF ou ça tourne à l'hypnose avec une section rythmique par derrière pour fortifier les fondements. Lignes mélodiques, vives et lumineuses, autre clé de ce cuivre qui donne le la, basse qui cogne (sur le final de Belghavhal par exemple), l'abstraction, la répétition, quelques instants de gravité, dosage parfait. Neuf titres où Les Yeux de la Tête n'en fait jamais trop, titillant des passages improvisés sans jamais les mordre, pas de compos dépassant le quart d'heure et les bornes. C'est du condensé, ludique, percutant, swinguant, incisif, ça fait aimer le jazz à des punks parce que ce n'est pas vraiment du jazz. D'ailleurs, on s'en tape de savoir à quoi rattacher Nerf car l'important, c'est qu'il en a, du nerf et de la cuisse. Alors si vous aimez les brisures de rythmes qui coulent toutes seules, les musiques déviantes sans la prise de tête qui va avec, de la désinvolture avec des mecs qui savent où ils vont, sortez vous les oreilles de la tête.

SKX (11/10/2010)
website groupe www.lesyeuxdelatete.com
website label
www.head-records.com | www.rude-awakening.org

Yussuf Jerusalem
A Heart Full Of Sorrow - LP
Born Bad records 2010

Nous vivons dans un monde merveilleux. L'avenir est devant nous, radieux et prometteur. Notre présent est une perpétuelle expérience et un enchantement rempli de désirs encore inassouvis. Non, je déconne. Parlons plutôt du passé. Ce A Heart Full Of Sorrow est une réédition - merci Born Bad - d'un disque publié à l'origine en 2008, pas vraiment une éternité mais il était épuisé depuis longtemps. L'album a été quelque peu refondu, son tracklisting a été modifié (je ne connais pas les détails exacts et je ne veux pas les connaitre) mais le plus important reste que A Heart Full Of Sorrow est à nouveau disponible. Cela aurait été dommage de s'en priver.
S'il plonge résolument son inspiration dans les musiques du passé - nous y revoilà : pop sixties, garage punk, velveteries obsédantes, true black metal norvegien (!) - Yssuf Jerusalem le fait sans aucune nostalgie ni conservatisme. On peut même dire que la relecture et la réactualisation qu'il donne de ces idiomes d'un autre temps emportent la palme de la fraîcheur perverse, notre ami Yussuf rejoignant ainsi le clan très fermé des détraqués retro futuristes qui s'en foutent et mettent tout leur talent ailleurs que dans la recherche absurde d'une pseudo vérité/virginité vintage (The Feeling Of Love, The Oh Sees ou même Movie Star Junkies, pour n'en citer que quelques uns parmi les meilleurs). Le son est approximatif mais d'un organique comme on voudrait en entendre un peu plus souvent et quelques tubes ultimes traversent A Heart Full Of Sorrow de leurs fulgurances bienfaisantes (We Ain't Coming Back, le morceau titre ou le génial With You In My Mind). Mais le principal est donc que avant de sonner " à la manière de " A Heart Full Of Sorrow sonne juste et bien. Comme un truc naturel. On ne pouvait espérer mieux.

Haz (24/09/2010)
website groupe www.myspace.com/ridersofallah
website label www.bornbad.fr


 
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