YAGE
"
s/t " - 7"
Level Plane 02
Yage,
toujours aussi généreux. Toujours aussi heureux
d'être là, d'être ensemble. Yage, cinq individualités
qui n'en font qu'une, unis comme les doigts de la main. Comme
ils éclatent, deviennent une force propagatrice et contagieuse.
Les afficionados du groupe allemand ne seront pas surpris. Chaotique
screamo-hardcore avec un surplus de cur et de tripes déballés
au grand jour. Et tant pis si ces trois titres ne sont pas les
plus flamboyants de leur courte vie. Tant pis si ils continuent
de labourer toujours le même carré de terrain. La
ferveur est toujours présente et cette antidote en format
réduit est parfaite pour contrer l'impatience d'en découdre
avec leur nouvel album (le 2ème) sur Ebullition records
avant la fin de l'année....
SKX (01/08/2002)
|
YAGE
"
3-17 october 1984 " - Lp
Nova 00
Une
décharge de vitalité. Depuis Cologne, YAGE (prononcez
"Yagueu" et respirez fort) vous offre son premier jet
de longue durée. Un effort tendu, qui file sur l'express,
un effort jadis entrepis par Policy Of 3, entretenu par 400 Years,
un endroit où l'émotion s'écoule hardiment
avec l'énergie du dénuement. Ca navigue à
vue entre le haut-voltage, aspect rugueux du son, guitares brutes
et des espaces d'accalmies où on entendrait presque le
bruit du sillon si ce n'était un CD qui tournait en boucles!
Coups. Fracas. Craquements. Un album plein de giclées et
de chuintements. Chacun cherche son chat. Le chat du voisin fera
l'affaire du moment qu'il soit suffisamment sale pour être
présentable. Et prêt à bondir à chaque
instant of course....
SKX
(03/04/2000) |
YAPHET
KOTTO
"
syncopated synthetic laments for love " - Lp
Ebullition 01
Régulièrement
débarquent des groupes emo-core rageurs et passionnés,
aux paroles engagées. Avec Yaphet Kotto, c'est la crème
de la crème, la cerise sur le gâteau. Des grands
parmi les grands, en droite descente de The Policy of 3 ou Portraits
of Past. Les égales de 400 Years ou Yage. Ca calme. Car
la différence dans ce milieu foisonnant, c'est l'art de
la composition, la mélodie qui tue, le refrain qui vous
coupe l'herbe sous le pied, à vous pisser dessus. Et Yaphet
Kotto maîtrise tout ça. Manie à la perfection
le chant hurlé et un chant plus posé et grave. Jette
toutes ses armes dans des batailles à corps perdus d'intensité,
des chapelets de cris hallucinés qui vident leur angoisse.
La douloureuse, inhumaine à hurler. Les silhouettes se
tendent. Et d'inaugurer quelques samples qui complètent
idéalement le tableau. Un torrent dans lequel il ne faut
pas avoir peur de se noyer. Ce deuxième album est une valeur
sûre. Un placement à long terme.
SKX (27/11/2001)
|
YAPHET KOTTO
"
the killer was in the government blankets " - Lp
Ebullition records 99
Laissons
tomber les grands discours ! Certes, les groupes emo-core ou emo-rock,
appelez les comme bon vous semblera, peuplent les banlieues américaines
comme autant de bombardiers dans le ciel serbe, et le parcours
pour dénicher le fruit inespéré de ces entrailles
est peuplé d'embûches et de fausses pistes, paix
à vous mes frères, ya longtemps que le fils prodige
est tombé de sa croix, les clous étant définitivement
rouillés ! Après Policy of 3, ces nouveaux venus
semblent prendre le bon chemin et cet ouragan emo-core limite
noise - c'est peut-être ça qui les distingue - emporte
l'enthousiasme général.
SKX (20/04/1999)
|
YOUR
HALO IS A RADAR
"
s/t " - 10"
Insect 01
La
Suède n'en finit pas de nous envoyer en pleine tronche
des brûlots de leur froid pays. Il va falloir réviser
nos théories sur le réchauffement de la planète.
Bref, la banquise compte une brèche de plus avec ce nouveau
groupe Your Halo Is a Radar. Et nombreuses vont être les
proies prises dans le faisceau. Dans ces rangs agités,
un membre de Switchblade s'est glissé, pour sept titres
qui louchent fortement vers Drive Like Jehu avec un soupçon
de JR Ewing. Les salves sont finement tirées, les guitares
fiévreuses et inventives. Les cassures multiples. Les yeux
rouges, ça roule en plein phare dans la nuit noire. Le
sens du rock, le bon, celui qui fait bouger positivement, entraînant
jusqu'au petit matin. Modeste et simple mais diablement efficace.
On garde ça au chaud. Ya matière à rendre
la banquise encore plus folle.
SKX (02/10/2001) |
YAGE
Anders leben!? - CD
Ebullition 03
Ce fardeau en nous, au plus profond de la journée, qui
nous pèse et nous suit inlassablement. Yage a toujours
su toucher la corde sensible, cristalliser les peines et les frustrations
et comme un joli point noir au milieu de la tronche, appuyez dessus
pour que ça sorte. Emouvoir sans s'apitoyer sur son sort.
Pas de larmes inutiles. Conscient de son sort mais l'espoir sous
le pavé. Yage arrive en fin de vie. Avec ce deuxième
et ultime album, le quintet de Cologne touche à la consécration.
Une sortie sur Ebullition, le label de San Francisco, apôtre
de l'emo torturé dont Yage se sont fait les chantres. Le
label où sont nés les plus beaux fleurons du style,
à commencer par les pères spirituels des Allemands,
Portrait of Pasts. La boucle est bouclée. Avec ce "anderes
leben", Yage arrive comme à une sorte de maturité.
Tous les éléments qui ont fait leur force sont là.
Des mélodies qui prennent aux tripes. Un riche jeu de guitares
qui ne connaissent pas le dialogue de sourd, se répondant
sans cesse, arpèges, riffs, tout y passe. Les voix prennent
le pli, les churs qui se déchirent, tout ça
rajoute à la beauté sauvage du bidule. Alors quand
en plus pour ce coup ci, leur science du fracas s'organise au
millimètre, les compos gagnent en impact. Les contrastes
entre les parties calmes / virulentes se font plus saisissantes.
Le son est direct. La pression s'accélère. "D'autres
vies?" s'interrogent-ils en allemand dans le titre. Celle
de Yage fut relativement courte mais bien remplie, sans aucune
erreur de parcours. Cette dernière pièce de leur
discographie est certainement la meilleure. Une sortie par la
grande porte. (A noter qu'un CD compilant toute leur discographie
(sauf cet album) est sortie au Japon sur Sonzaï records,
le label du chanteur de Envy).
SKX (12/02/2004)
website groupe http://www.yage5.de
website
label www.ebullition.com
sounds www.yage5.de/sounds.htm
|
|
Year
Future
The hidden hand - 7''
Gold Standard Laboratories 2004
Dans Year Future, le CV de ses protagonistes aide pas mal à
la compréhension de ce nouveau groupe. Sonny Kay, le
boss himself de GSL, et surtout ancien leader de Angel Hair
(un groupe qui a donné ses lettres de noblesses à
l'emo chaotique dans les années 90) et, plus près
de nous, The VSS. A la guitare, on retrouve Rockey Crane, ex-Dead
and Gone et Creeps on Candy. Si le CV du batteur Jim Andersen
et de la bassiste Sam Ott est moins parlant, on a là
une bonne ébauche du son de Year Future. Un son taillé
dans la véhémence, d'un punk-rock noir et cynique,
de rythmes presque tribaux qui lorgnent vers Birthay Party,
d'une guitare aux multiples effets, l'écho se perd dans
l'espace et toujours cette voix de Kay, magnifique d'urgence,
le rasoir sous la gorge. Après un premier 4 titres plus
basique, ces trois nouveaux titres remplissent les sillons d'une
bile féroce, sexe ce qu'il faut. Des groupes suscités,
Year Future continue les travaux, en rajoutent une couche, une
sévère, de celle qui vous fait saliver sur leur
futur album programmé pour 2005.
SKX
(11/11/2004)
website
groupe www.yearfuture.net
website
label www.goldstandardlabs.com
sounds
police_yourself.mp3
|
The
Yellow Press
s/t - 12''
X-Mist / Christopher's records 2004
San Francisco enfante un nouveau groupe : The Yellow Press.
Formé d'anciens Torches to Rome et Houseboy (ce qui n'a
que très peu d'importance de le savoir vu que personnes
ne connaissaient ces groupes!!), les quatre énergumènes
de The Yellow Press ont décidé de jouer un rock'n'roll
pétillant, un truc dans l'air du temps mais sans se prendre
trop au sérieux. Tout part d'une section rythmique bien
solide et dynamique, d'un clavier pour faire comme tout le monde,
d'une énergie indécrottable, d'une bonne humeur
constante et vous obtenez un version Les Savy Fav rock'n'roll
! Ca n'a rien de foncièrement renversant, c'est direct
et revigorant ! Ce disque regroupe deux CDEPs précédemment
sorti sur leur propre label Silver Skate records et introuvable
désormais. Merci aux deux labels européens X-Mist
et Christopher de nous tenir aux goûts du jour.
SKX
(13/06/2004)
website
groupe
www.theyellowpress.net
website
label
www.christophersrecords.com
| www.x-mist.de
sounds
www.theyellowpress.net/sounds.html
| communique.mp3
| intransit.mp3
|
Your
Halo Is a Radar
s/t - CD
Mom Pop 03
On
rentre dans le vif du sujet avec "imbecil cord". Et
on se dit, avec le plus grand plaisir, que c'est reparti pour
une relecture made in suédoise de Drive Like Jehu. Qu'ils
reprennent les travaux où ils les avaient laissés
avec leur premier 10". Même vista rock-core enlevée
et trépidante. Les choses se gâtent avec le titre
suivant. La coloration reste identique mais le passage wah-wah
fronce le sourcil que j'ai très susceptible dès
que j'entends cet effet damné. Avec les quatre morceaux
suivants, cet appareil reste heureusement au placard mais bizarrement,
on ne retrouve pas la vista du premier morceau. Les ingrédients
sont là. Rien de désagréable, loin s'en
faut. Sauf que sauf que l'inspiration n'est pas des plus phénoménales.
Fugazi en point de mire ("future of a desilusion"),
les tics sont connus et du coup on a que le droit à un
honnête mini-album qui n'atteint pas les espérances
placés en eux. Packaging d'enfer plus une vidéo
comprise. Faut bien se rattraper comme on peut.
SKX
(24/02/2004)
website groupe www.cilla.com/halo
website label www.mompoprecords.com
sounds Vacuum.mp3
|
Yowie
Cryptooologie - CD
Skin Graft 2005
Où
on va encore se faire péter la rondelle sans préavis.
Après une période d'hibernation, Skin Graft repart
sur les chapeaux de roues. Leur dernière trouvaille gicle,
le nom sonne comme un groupe japonais, tous les morceaux commencent
par un " t " et finissent par un " a " entre
Tamara et Towanda mais le trio nous vient de St Louis USA et
n'est pas du genre à s'étaler facilement. Si t'en
as pas (tennapa), passe ton chemin. Une quoi ? Une propension
naturelle à aimer la gueule de bois, flirter avec la
ligne rouge de la déconstruction en règle, à
prendre ton pied quand Flying Luttenbachers débarque
dans ton salon, trouver que les guitares de US Maple sont trop
molles du poignet et que les Ruins sont bien trop cérébraux.
La guitare multipliée par deux pendant que tout est dit
dans le nom du batteur qui répond au doux surnom de Defenestrator.
Alors oui, il faut aimer se mettre la tête à l'envers.
Oui, ce premier disque fera fuir un troupeau de bison. Malgré
tout, cette saine secouée n'a rien d'une vaine branlade.
On trépigne, on s'écorche les genoux, ça
tire dans tous les coins mais le fun (qui est en toi) s'invite
au banquet, une demi-heure de bagarre récréative.
De la haute volée, des passages rythmiques furieux et
hallucinants. Je ne sais pas ce qu'ils peuvent faire de plus
désormais mais ce " Cryptooologie " est juste
parfait, à condition d'être prévenu auparavant.
Ce qui est donc fait !
SKX
(20/06/2005)
website
label www.skingraftrecords.com
sounds
trina.MP3
|
|
Year
Future
First world fever - CD
GSL 2006
Il
y a des disques que l'on fait bien de laisser mûrir. Les
laisser tranquille dans un coin, le temps de ressasser sa déception.
Et en remettre une petite couche, voir si le temps est à
l'amélioration. Ce First world fever, j'étais
bien décidé à l'attaquer par la face nord,
coûte que coûte, il allait sortir ses tripes, là,
rien que pour moi. Vomissure punk-rock et noisy, éjecter
avec la virulence de grands professionnels à qui on l'a
fait plus, règlements de compte en bonne et due forme
sur une planète qui pourrit sur place (c'est Sonny Kay
qui le dit, lui le grand manitou de GSL et hurleur tendance
aigue de feu VSS et Year Future). C'est la face rageuse et remontée
comme une pendule qui je me prends d'entrée de jeu. Un
bon point. Un Year Future tout ébouriffé. Une
section rythmique toute nouvelle qui ne fait pas dans l'esbroufe.
Year Future dégaine vers tous les points cardinaux. Des
brûlots punks touffus mal dégrossis, c'est ça
qui défrise au début. Mais leurs manières
de bêtes enragées ont du bon. Eux au moins ne cherchent
pas à faire danser les foules. Du punk, du vrai. Au vitriol.
Caresser dans le sens du poil les défrise. Entre temps,
ils arrivent à vous surprendre avec une reprise d'un
Black Sun des Dead Can Dance. Un raccourci bien pratique
pour nous faire dire que leur punk à eux se nourrit d'ombre.
Des manières de gothique sans la poussière et
le maquillage ridicule. Ce Black Sun éblouit l'album.
Avec ce son et jeu de guitare si personnel de Rocky Crane, cette
voix limite criarde de Kay et cette rythmique qui bastonne,
Year Future est fait de particularismes qui s'entrechoquent
et dont l'évidence ne saute pas aux yeux de prime abord.
Comme un manque d'ampleur que les compositions de leur précédent
maxi The hidden hand nous avaient
pourtant fait saliver. Mais Year Future a l'âme vindicative,
le propos anarchique, ne cherche pas à plaire au plus
grand nombre, bien décider à marquer les esprits
en les frappant à bout portant. Cet album déballe
tout et fini par vous mettre sur les rotules. Le sommet est
à portée mais il vous ait demandé de faire
un effort.
SKX
(16/10/2006)
website groupe www.yearfuture.net
website label www.goldstandardlabs.com
sounds audio_video.html
|
The
Yellow Press
Comfortable Curses - CD
Day After 2005
The
Yellow Press ne s'embarrasse pas de tactique. Le rock'n'roll
dans sa version alerte et véloce, prêt à
faire sauter les foules, où tout est dit entre deux et
trois minutes réglementaires, le couplet, le refrain,
le couplet, l'accroche où aller se faire pendre et le
cas échéant s'envoyer en l'air. La suite logique,
même si tout ça est à l'instinct, de leur
précédent maxi sauf que là,
les compositions sont plus consistantes, désinvoltes
et rageuses, de quoi entendre siffler le train plus de trois
fois à l'orée du bois et tard dans la nuit de
préférence. Alcool du matin chagrin. Leur pendant
français s'appellerait Loisirs, cette façon d'aller
droit au but, avec le sourire, ces effets de synthés
qui appuient les guitares, une touche résolument dans
l'air du temps, moderne quoi ! Mais pour céder à
la facilité, il faut aller se faire voir ailleurs. The
Yellow Press a des gènes hardcore dans le sang de ses
membres et tout sautillant qu'ils soient, il ya comme un arrière
goût amère et orageux qui donne de la consistance
à dix morceaux costauds prêts à faire chavirer
le cur des dames. C'est con mais c'est comme ça.
SKX
(20/01/06)
website
groupe www.theyellowpress.net
website
label www.dayafter.cz
sounds
Sixes%20And%20Sevens.mp3
| We%20Will%20Win.mp3
|
|
Yikes
Secrets to super-flipping - 10''
Upset the rhythm 2006
Avec
un ex-Pink and Brown et actuel Coachwips, un Eric Park qui use
les nerfs dans Curse of Birthmark et un Mike Donovan à
la batterie qui s'est baladé dans moult groupes obscurs
dont les seuls noms suffisent (Wearewolves, Sounds of the Barbary
Coast), il ne faut pas s'attendre à une musique de tapettes
propre sur elle. Ouch !! Là-dedans, c'est tout crade.
Approche lo-fi d'un rock bruyant que n'aurait pas renié
un Sebadoh avec le moral d'un The Fall. C'est tout en fracas,
en distorsion et en short que le trio nous sert une face A supervisé
par Weasel " MR. Flying Luttenbachers " Walter. Ca
craque, ça menace de rompre à chaque instant mais
ça passe avec un petit hymne underground assuré,
The Cars. Face B, c'est du live. Et pour être vivant,
c'est du vivant. Je ne sais pas si vous avez déjà
eu l'occasion d'assister à la répèt d'un
groupe dans un local exigu, les amplis à fond et la douce
sensation d'un bordel à peine contrôlé
mais un concert de Yikes donne à peu près le même
bonheur masochiste. Hey mec, tu pourrais pas baisser ta gratte,
je suis sourd de naissance. Comme pour ses groupes précédents,
Dwyer et sa bande tentent d'instaurer un maximum de plaisir,
d'énergie communicative, un rock qui se latte sous toutes
les conditions, la communion avec le public dans le plus simple
appareil, le grain des instruments comme une seconde peau. Et
c'est pas loin de fonctionner. Usant mais sympa !
SKX
(21/09/2006)
website label www.upsettherhythm.co.uk
sounds The%20Cars.mp3
| Pink%20Cigars.mp3
|
Young
Widows
Settle down city - CD
Jade Tree 2006 |
|
Young
Widows / Coliseum
Split CD
Auxiliary 2006 |
Jappement
de chien. Bref. Prévenir du danger. Young Widows n'a
pas seulement laissé son chanteur Steve Sindoni sur le
bas coté, ainsi que leur état-civil connu sous
le nom de Breather Resist. Le trio restant a également
écarté ses relents vains de hardcore à
la Botch pour s'éclairer sous un soleil noir de noise
façon Chicago. Tir de barrage rythmique. Saisissant de
ressemblance avec le Gladiator de Jesus Lizard sur l'intro de
Glad he ate her. Pour le reste, heureusement, on en retient
que le jus. Bouillonnant. Enorme. Echo de la guitare. Résonance
électrique. Danse indienne autour du totem. Onze titres
jusqu'au boutisme, sorte de Jesus Lizard pour hardcoreux, d'un
Shellac qui ne se la pète pas, bref, jouissif et dégoulinant
de bordel. Ne cherchez pas trop la finesse et le bout de mélodie
(ou alors en lambeau). Tout est dans la construction, dans l'art
de se faire fracasser les différentes parties, de créer
une symbiose dans la grande tradition des groupes noise-rock
américains. Dans la foulée, ils ont sorti un split
EP avec Coliseum. Deux inédits de haute volée
(Future plans et Bariton #3). Avec Coliseum, c'est
une autre histoire. Young Widows ont changé de musique
mais ont gardé leurs anciens potes. Hardcore lourd, file
droit, qui ne connaît qu'une mesure, avec un grain à
la His hero is gone et taillé pour ceux qui aiment les
chapelles. On préférera celle des jeunes veuves.
SKX
(27/11/2006)
website groupe www.youngwidows.net
| www.coliseumsoundsystem.com
website label www.jadetree.com
| www.auxiliaryrecords.com
sounds The_Charmers.mp3
|
|
Year
of no light
Nord - CD
Radar swarm 2006
Je
ne sais pas si 2006 aura été une année
sans lumière mais ce fut une année où le
duo maléfique Neurosis/Isis aura donné à
de jeunes barbus le plus envie de se lancer dans des compositions
où la lourdeur le dispute à la longueur, transformant
le metal/hardcore en une chape de plomb noirâtre qui doit
autant aux années 70 et son hard rock progressif qu'aux
années 80 et ses corbeaux de mauvaises augures (j'arrête
là ou je vais partir en courant). Les Bordelais de Year
of no light y vont donc de leur contribution. Mais quitte à
se payer une tranche de mélancolie virile, autant désormais
privilégier les élèves que les maîtres
Isis dont leur absence de vérité cache surtout
une absence d'inspiration. Year of no light ne propose rien
de nouveau mais au moins, ce n'est pas fadasse. On note même
un morceau (L'angoisse du veilleur de nuit) et deux,
trois passages bien rentre-dedans, témoins d'un passé
de quelques membres qui ont évolué dans des groupes
screamo-hardcore comme Metronome Charisma. Pour le reste, la
production de l'incontournable Serge Morattel est tout ce qu'il
faut pour ce genre de musique, donnant envergure et chaleur
à des ambiances qui ne donnent pas dans la gaudriole.
Album quasi-instrumental (la voix de toute façon n'ajoute
rien et pourrait venir de n'importe quel groupe de hardcore),
les dix morceaux (un de plus, l'il dans le ciel,
sur la version vinyl sorti conjointement sur Atropine et E-Vinyl
me glisse-t-on dans l'oreille gauche) fait tout ce qu'on lui
demande à ce stade. Ces coups de masse qui vous ont à
l'usure. Cette dangereuse lourdeur, cette fausse lenteur qui
provoque cette incontrôlable mouvement d'avant en arrière,
ces mélodies insidieuses, ce gros grain qui vous enveloppe,
cette volonté de ne pas en rajouter dans l'apitoiement,
rester serrer, recroqueviller, prêt à claquer.
Bref un indéniable savoir-faire qui rend cette heure
de musique digne d'intérêt alors que ce n'était
pas parti gagnant d'entrée de jeu. Finalement, il y a
bien un peu de lumière au bout du tunnel.
SKX
(24/01/2007)
website groupe yearofnolight.free.fr
website label www.radarswarm.com
| atropinerec.free.fr
| www.e-vinyl.com
sounds traversee.mp3
|
Yellow
Swans
Deterioration
- CD
Modern Radio 2008
Cette
chronique, c'était du boulot pour Haz. Mais depuis qu'on
offre des congés payés (merci Léon) au
petit personnel qui n'en fout déjà pas une, le
patronat se tape les corvées. En plus, il en a pris pour
deux mois. C'est inadmissible. On aurait pu attendre la rentrée
mais Perte & Fracas aime coller à l'actualité
(rires) et ça fait déjà deux mois que ce
disque traîne dans la pile. Pour avoir l'avis d'un spécialiste,
vous pourrez toujours aller faire un tour sur son blog
à la rentrée (et en plus je lui fais de la pub,
le patron est généreux !). Il l'a mis en tête
de sa playlist avant d'aller bronzer à Ibiza sur de la
techno. M'étonnerait pas qu'il aime ça en plus
le bougre (je parle de Yellow Swans bien sûr pas de la
techno qui n'est qu'une excuse minable pour dragouiller, c'est
bien connu). Le petit personnel a vraiment des goûts de
merde. Bon en attendant, on dirait bien que je fais tout pour
retarder le moment où il va falloir parler de l'album
de ce duo américain. Pete Swanson et Gabriel Mindel pèsent
à eux deux environ 60/70 disques depuis 2002, tous supports
confondus. Les rois du DIY et de la bricole. Dont de nombreuses
cassettes. Et ce Deterioration est justement sorti en
K7 l'année dernière. Modern Radio a cru bon de
la ressortir en CD cette année pour ce qui sera une de
leur dernière sortie vu que le duo a décidé
de mettre fin à sa collaboration. Comme quoi, ils ont
de bonnes idées parfois. Bon ok, je fais de la provocation
de bas étage. Je suis juste totalement inapte à
cette musique. On me parle de drones - qui ne sont pas que des
avions espions mais aussi des sons continus qui durent des plombes
avec de légères variations qui sont aux drones
ce que le solo est à la guitare (rires encore). Simplement
tenir la même note pendant à peu près deux
heures dixit John Cale. J'ai pas l'air comme ça,
mais j'en connais un sacré rayon (faut bien s'occuper
en écoutant Yellow Swans, ce disque aura au moins servi
à se cultiver). Mais comme la théorie et moi ça
fait deux et que j'en ai rien à carrer de ces fumisteries,
cette branlette de bourgeois, je vous laisse à tous vos
Tony Conrad, Monte Young et autres apôtres de la musique
répétitive et minimaliste, je retourne à
mes cygnes jaunes (bien que je préfère les Canaris),
on sait jamais, je pourrais avoir l'étincelle, l'illumination
à mêche longue. Après les 21 minutes du
seul premier morceau Broken Eraser / Time Stretch, je
ne ressens toujours étonnamment rien. Même les
quasi 10 minutes de silence sur la fin (et quelle fin) ne m'ont
pas endormi. Tout juste si j'ai pressé discrètement
la touche avance rapide. Le deuxième titre Reintegration
ne me réintègre toujours pas dans le droit chemin
de cette musique ouvrant les portes de la perception cosmique.
Je concède à peine une certaine béatitude
à l'écoute de cette vague répétitive
presque belle. C'est qu'il est tard et mes résistances
faiblissent. Le troisième morceau continue sur les mêmes
bases élevées. Bordel, on sait même pas
d'où viennent ces putain de sons (enfin, j'ai bien ma
petite idée mais je dois aller à fond dans le
concept de la mauvaise foi). Les deux derniers sont idem. Mortels.
Les vagues soniques et électroniques se heurtent définitivement
à mes remparts. Ca sera donc pas pour ce coup-ci. J'ai
besoin de sentir l'impact physique de la musique. L'impact émotionnel,
que ça me torde les boyaux, les couilles, bref que ça
me fasse des nuds quelquepart. Mais cette musique est
bien trop cérébrale et théorique pour mes
manières de cow-boy de l'ouest. Même à fort
volume (j'ai tenté le tout pour le tout), ça n'engendre
qu'un profond ennui et beaucoup de sarcasmes. Bon allez comme
quoi, on peut en faire des tartines quand on a rien à
dire. La brise du matin ne manquera pas de me pousser vers le
goulet du port.
SKX
(24/07/2008)
website groupe www.jyrk.com/yellowswans
website label www.modern-radio.com
|
|
Yokel
Ono
Our dream home wrecked our lives - EP
Self-released 2005
La
Nouvelle-Zélande nous envoie un duo. Ya pas de raison
que eux non plus n'en ait pas. Un duo guitare-batterie qui existe
depuis sept ans déjà. Mais les choses se sont
accélérées depuis le départ leur
trou natal pour la grand' ville Auckland avec un premier enregistrement
en 2005. Enregistrement loin d'être pro mais quand on
a les compos, on peut se présenter avec n'importe quel
son. Un bruit de tôles ondulées. Les cordes de
guitares néo-zélandaises ont un drôle de
son tout tordu. Batterie rudimentaire. Même bruit de tôle
et de bidon d'huile. Des faux airs de Pink and Brown avec ce
petit truc mélancolique propre à la Nouvelle-Zélande,
cette tristesse sous-jacente, même sous la violence du
propos, un truc à la The Gordons, anguleux et amer qui
fait de Yokel Ono un duo de catégorie supérieure
qui se prend vachement au sérieux.
Cinq titres qui ferraillent dur avec ce brin de malice et de
talent qui donne beaucoup à espérer pour leur
premier album, So many enemies, à sortir incessamment
sous peu.
SKX
(02/07/2007)
website groupe www.myspace.com/yokelono
|
The
Yoleus
Nightmare Circle Vision - CD
Self-released 2008
Vous
reprendrez bien un peu de trio instrumental ? Parce que celui
là est fameux. Inconnu mais fameux. Et pas si inconnu
que ça finalement puisque qu'on retrouve Dave Erb, l'ex-guitariste
de Sicbay, avec Jack Kalyuzhny à la batterie et Jeremy
Kuecker à la basse. Un trio qui n'a rien de manchot.
En plein trip math-rock mais ils le font avec un tel entrain
et une telle bonne humeur que ça glisse tout seul. On
pourrait les rapprocher d'Ahleuchatistas pour la virtuosité
mais celle-ci apparait plus coulée. Et surtout, les compositions
respirent la joie de vivre. The Yoleus n'a pas le math-rock
méchant. Point de rythmiques de gros bras et de riffs
coupants. Vas-y que je t'enchaine les boucles euphorisantes.
Vas-y que je te sers des arpèges à toute volée.
Précis, super vif, des plans rythmiques tournant à
fond et dans lesquels on rentre comme dans du beurre. Le plus
bel exemple est Technology takes a step backwards. Une
rythmique de folie, l'envie immédiate des membres inférieurs
de quitter la pesanteur terrestre, un morceau déboulant
à vitesse constante de toute une classe. Grandiose. Et
des titres qui ne vous laissent pas en place, The Yoleus en
a accouché de neuf. Des compos qui volent et bombardent.
Avec mention spéciale pour le bassiste. On croit tomber
sur un disque math-rock de plus, un truc sur lequel tout a été
dit cent fois et on finit par passer ce premier album (à
la pochette dessinée par Dave Erb) en boucle.
SKX
(02/12/2008)
website groupe www.myspace.com/theyoleus
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Young Widows
Old wounds - CD
Temporary Residence 2008
On
rentre dans cet album comme dans du beurre et pourtant, c'est
pas le genre de truc que tu tartines à tous tes convives.
Mais voilà, vingt ans de pratique de tout ce que cette
putain de terre a pu engendrer de groupes noise-rock facilitent
la dégustation. Young Widows résume tout ce qui
fait la force du genre et mieux encore, le sublime. C'est tout
ce qui fait la différence entre une honnête copie
et un disque qui comptera. Le trio de Louisville a ce petit
plus qui fait que cet album, on le passe en boucles et on y
reviendra inlassablement. La rythmique martelante, omniprésente,
avec de nombreux passages basse-batterie uniquement avec du
chant, la guitare arrivant qu'à bon escient pour la touche
mélodique ou encore mieux cisailler au niveau des genoux.
Des toms basses martyrisés, gondolés comme le
rideau de fer d'une vieille boutique. Une rythmique aussi souple
que véloce, aussi assourdissante que menaçante
dans ses ralentissements. C'est pas tous les jours qu'on tombe
sur une aussi belle paire. Un nouvel album qui simplifie le
propos de Young Widows sans l'édulcorer, Settle
down city apparaissant sous ce nouveau jour plus complexe.
Old Wounds et sa pochette en trois volets perd
en malsain et en vice mais gagne en efficacité et celle-ci
est redoutable. Impossible de détacher un titre plus
qu'un autre, accro aussitôt, ils donnent tous envie de
lever le poing au ciel et encore mieux : les reprendre en choeur,
ce qui est une gageure pour un groupe noise-rock. Mais voilà
que chez Young Widows, on a décidé de chanter,
avec conviction certes, mais audiblement et à plusieurs
et c'est le petit plus qui fait toute la différence.
A tel point que, si on évoque souvent les groupes noise
de Chicago comme affiliation principale, Young Widows me fait
surtout penser à plusieurs reprises aux fantastiques
Ten Grand. Kurt Ballou (Converge) a effectué un travail
remarquable, rendant le son du groupe plus tranchant et précis
avec également un gros travail de mixage suite à
une volonté de Young Widows d'emmener Kurt Ballou sur
une de leur tournée. Enregistrements live tous azimuts,
que ce soit devant une foule (dont on retrouve l'écho
à plusieurs reprises), dans leur studio de répète
ou dans le studio de Ballou. Nuits blanches en perspective,
réveil avec une gueule de potards, on secoue bien et
on mélange tout. Morceaux live, morceaux studio voir
les deux au sein d'un même titre. Et comme dit notre cher
président, le travail paye. Young Widows, c'est du solide,
n'est pas là pour développer des harmonies et
faire le beau. Faut qu'ça saigne, faut qu'ça cogne,
comme sur une bonne pièce de bidoche pour qu'elle devienne
suffisamment tendre et juste ce qu'il faut d'huile, que ça
roule tout seul et rendre ça présentable. C'est
reparti pour vingt ans.
SKX
(01/10/2008)
website groupe www.youngwidows.net
website label www.temporaryresidence.com
sounds www.temporaryresidence.com/mp3s/young-widows-old-skin.mp3
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Yacøpsae/Your
Kingdom Is Doomed!
Split 7'
Institut Fur Mentale Hygiene 2008
Un
petit peu de poésie. Précédé par
une réputation on ne peut plus flatteuse, voici Yacøpsae
dont cette petite galette est la première débarquant
sur la platine familiale. Il était temps : Yacøpsae
est un groupe originaire d'Hambourg existant quand même
depuis 1990 et avec une discographie conséquente derrière
lui. Ceci est donc un split (qui tourne en 33 rpm) partagé
avec un autre groupe allemand, Your Kingdom Is Doomed!. Cinq
titres d'un côté et quatre de l'autre. Ce sera
bien suffisant pense t-on avec cette légère méfiance
un peu moqueuse de l'amateur de musiques extrêmes aguerri
par des années de pratiques douteuses et salissantes,
c'est qu'on en a vu (entendu) bien d'autres et qu'on n'a plus
vingt ans depuis longtemps mon brave monsieur.
Et c'est là l'erreur. Le grind/hardcore/crust de Yacøpsae
(en langage d'initiés on appelle ça du power violence,
c'est d'un banal et d'un convenu comme descriptif) est d'une
jouissance qui fait particulièrement du bien, sans contrefaçons
ni hésitations, c'est franc et direct, ça pulse,
ça déchire, ça défouraille, ça
mitraille. Batterie qui blaste les trois quart du temps, basse
et guitare impeccables de méchanceté, ralentissements
occasionnels et bien sentis et chant du type en colère
juste ce qu'il faut d'hargneux sans tomber dans l'irritant du
gros bras plus fort que les autres et qui t'encule parce que
c'est lui qui a raison et que toi t'as tort espèce de
pauvre con. Originalité zéro mais efficacité
maximale (voire exponentielle) donc on en redemande.
De l'autre côté on trouve Your Kingdom Is Doomed!,
officiant dans un genre très (trop ?) similaire à
celui de Yacøpsae : le son est moins métallique,
moins bon aussi et la batterie moins rapide mais on n'y verrait
presque que du feu entre les deux groupes. Seule certitude à
propos de Your Kingdom Is Doomed! : originalité zéro
et efficacité à 50%. Tant qu'à faire autant
se passer la première face en boucle ou se procurer Tanz
Grosny Tanz, dernier LP en date de Yacøpsae, mais
uniquement si on est vraiment en manque.
Haz
(27/04/2009)
website groupe
www.yacoepsae.de
| www.myspace.com/kingdomdoomed
website label
mentale-hygiene.antifa.net
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Young Widows - Bonnie 'Prince' Billy
split 7'' vol.1
Temporary Residence Limited 2009
Young Widows - Melt-Banana
split 7'' vol.2
Temporary Residence Limited 2009
Le
label Temporary Residence et les Young Widows se lance dans
la série de split singles, au nombre de quatre à
sortir d'ici cet été et tiré chacun à
2000 exemplaires. Young Widows en fil rouge avec un inédit
à chaque fois (ne vous réjouissez pas trop vite)
et un invité de l'autre coté, trié sur
le volet par le trio de Louisville qui fait preuve de beaucoup
d'ouverture d'esprit. Des japonaiseries speedé de Melt-Banana
à la country-folk dépressive de Bonnie Prince
Billy, il ya bien plus qu'un océan. Les deux autres volumes
balaieront les grandes et mornes étendues atmosphériques
de Pelican pour arriver au post-punk minimaliste des australiens
de My Disco. Des singles en forme de puzzle puisque les pochettes
grand luxe formeront, une fois les quatre assemblées,
le masque déjà présent sur l'album Old
Wounds. Pochette au tirage papier glacé, avec une photo
au verso comme collée, galettes bi-couleurs. L'emballage
est parfait. Si j'étais mauvaise langue, je dirais que
c'est bien là l'intérêt principal de cette
série. Sur la foi de l'excellent Old
Wounds, on ne pouvait que baver à la seule idée
d'inédits des Young Widows dans ce format génial
qu'ait le single. Mais que ce soit le morceau King Of The
Back-Burners sur le vol.1 ou Long Live The New Weight
sur le vol.2, Young Widows est loin de mettre le feu à
la platine. Ca sent le fond de tiroir. Un fond de tiroir qui
se tient, rien de déshonorant mais ça a des airs
de routine. On est loin des géniaux Old Skin,
21st Century invention ou Took a turn. C'est qu'on
s'habituerait facilement à la qualité. Tous les
ingrédients de Young Widows sont présents mais
sans l'inspiration, notamment sur King Of The Back-Burners,
le petit grain de folie en plus qui fait de ces titres autre
chose qu'un simple produit de série. Dans le format 45,
on attend que ça gicle, que ça mette tout le monde
d'accord et c'est loin d'être le cas.
Du coté des invités, je ne m'aventurerais pas
à parler du Bonnie 'Prince' Billy et son morceau Poor
Shelter, n'étant pas familier avec son répertoire.
Mais à l'écoute de cette complainte étrange,
je ferais peut-être mieux parce que lui, le grain, il
l'a sûrement. Et si finalement, c'était les japonais
de Melt-Banana qui s'en tiraient le mieux ?! De vrais spécialistes
de l'exercice, qui ont bombardé en plus d'une décennie,
des titres éparpillés sur des splits singles plus
ravageurs qu'un essaim de kamikazes. Pain in Ash prouve,
non seulement qu'ils ont de l'humour, mais qu'ils maîtrisent
toujours à merveille la sucrerie perverse. Ce format
leur va comme un gant et j'aime me l'enfiler. Espérons
que Young Widows agiront en vrai taulier sur les deux prochains
volumes car là, ils sont bien trop gentils et laissent
les invités prendre le dessus.
SKX
(23/04/2009)
website groupe www.youngwidows.net
| www.myspace.com/azap
| www.bonnieprincebilly.com
website label temporaryresidence.com
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Young
Widows - Pelican
split 7'' vol.3
Temporary Residence Limited 2009 |
Young Widows - My Disco
split 7'' vol.4
Temporary Residence Limited 2009 |
Suite rapide des aventures de Young Widows en format
court puisque au lieu d'arriver un par un comme initialement prévu,
ces singles débarquent deux par deux. Les fans ont accouru
quatre à quatre mais vont repartir la queue entre les jambes.
Les premiers volumes n'ont pas volé haut et le soufflet
est vite retombé. J'avoue ne plus rien attendre de cette
nouvelle livraison et hélas, une seule écoute suffit
à le confirmer. Mid-Western sur le #3 sent la même
odeur de fond de tiroir. Ca ronronne sévère malgré
un semblant de nerf qui va crescendo. Avec Easy Acting
sur le #4, on croit enfin à un sursaut, une fin de série
en forme de feu d'artifice avec un début prometteur, une
tension plus forte qu'à l'accoutumée mais on aura
le droit qu'à un pétard mouillé. Disons que
c'est le moins pire des quatre inédits.
Ne reste plus qu'à se tourner vers les invités pour
voir si ils se taillent la part du lion comme pour la première
fournée. Avec Pelican, on risque plutôt de tomber
le bec dans l'eau. Leur metal de luxe aussi joli qu'une toile
cirée pour chasseur a le don de me glisser dessus. Ce morceau
Inch Above Sand continue de creuser leur trou même
si dans un grand moment d'égarement, j'arriverais presque
à aimer ce titre. Je dois couver quelquechose de grave.
Dernier groupe de la série, ex-invité mystère
qui ont failli se faire passer pour Jesus Lizard, ce sont les
Australiens de My Disco. Allons nous être bouffé
à la sauce insipide Cancer
ou plus relevé à la Paradise,
tout en sachant que l'idéal serait la période Language
of numbers mais là, faut pas rêver, c'est
définitivement révolu. Cette série de splits
étant maudite, c'est à la mode Cancer que nous ait
servi ce Antler ou quand le post-punk de My Disco est aussi
bondissant qu'un kangourou cul-de-jatte. Les invités se
sont mis au niveau de leur hôte. Fin de série. On
remballe tout. 25$ bien soutirés. Un beau coup commercial
pour Temporary Residence. Et Young Widows de baisser dans notre
estime.
SKX
(09/06/09)
website groupe www.youngwidows.net
website label temporaryresidence.com
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Year
Of No Light
Ausserwelt
- 2 x LP
Music Fear Satan 2010 (Conspiracy pour la version CD)
Dire
qu'avec ce deuxième album les Year Of No Light étaient
attendus au tournant est un euphémisme. Quatre années
après
Nord, un premier album qui aura durablement marqué
les esprits et qui continue aujourd'hui de faire référence
en matière de post hardcore (comme on dit vulgairement),
les bordelais reviennent enfin avec un Ausserwelt tout
aussi impressionnant bien que fort différemment construit.
Les titres se sont considérablement allongés,
flirtant systématiquement avec voire dépassant
allégrement la dizaine de minutes, tout en étant
gagnés par un souffle épique mais froid et une
emphase monobloc parfaitement maîtrisés. Plus important
encore, la musique de Year Of No Light est désormais
strictement instrumentale, normal avec le départ du chanteur
qui n'a donc pas été remplacé, lequel est
parti tenter sa chance parmi les bien fades et transparents
Adam Kesher. Year Of No Light rejoindrait ainsi la cohorte des
faiseurs de musique instrumentale tous plus insipides les uns
que les autres et dont on est, par pure malveillance, tenté
de penser qu'ils n'ont rien à dire puisqu'ils ne chantent
pas - fort malencontreusement il y a en ce monde beaucoup plus
de groupes avec chanteur encore plus insignifiants que les formations
instrumentales avec guitares en bandoulière et tremolos
d'arpèges en guise de détails flagrants de leur
absence d'identité et de leur manque d'originalité.
Et heureusement pour nous, Year Of No Light écrase encore
une fois tous ses concurrents et démontre avec Ausserwelt
qu'il est encore possible de faire une musique lourde, puissante,
parfois grandiloquente, épique et instrumentale sans
avoir l'air d'être d'horribles poseurs contemplatifs.
Le premier titre, Perséphone (Enna), est pourtant
symptomatique d'un genre que souvent on souhaite plus aventureux
et moins englué dans des codes trop bien définis.
Une impression qui s'estompe rapidement malgré une mélancolie
persistante et qui disparait totalement sur les trois autres
titres, rivalisant tous de lourdeur et de lyrisme. C'est que
question mise en place et millimétrage, on ne la fait
pas aux bordelais. Mais c'est avec Perséphone (Coré)
et Hiérophante que le Year Of No Light nouveau
prend toute son ampleur : une bonne dose de doom laminaire est
introduite dans les compositions, la lourdeur s'accentue et
l'ampleur du son augmente sensiblement d'autant. Le chanteur
est peut être parti du groupe mais celui-ci y a gagné
un guitariste de plus (celui de Monarch!) et un percussionniste/clavier
de plus également (en provenance d'Aerôflôt),
normal alors que le groupe sonne de façon toujours plus
volumineuse et écrasante, qu'il y ait de moins en moins
de place pour respirer. La fin de Hiérophante
lorgne même en direction du black metal atmosphérique,
une belle cavalcade éthérée, avec un décalage
très bien vu entre les deux batteries (l'une ultra rapide
et l'autre qui martèle lourdement) donnant un saisissant
effet de tournis. Une ambiance et un gimmick que l'on retrouve
également au début du dernier titre, Abbesse,
qui clôt Ausserwelt avec ce qu'il faut de majesté
mélancolique et des guitares qui frisent le dantesque.
Ce deuxième album est donc, on l'aura compris, une parfaite
réussite. Ne vous laissez pas engluer par son début
moins percutant et moins osé, ne vous laissez pas non
plus engluer par vos préjugés sur le post hardcore
instrumental : avec Ausserwelt Year Of No Light a réussi
sa mutation, accouchant d'un monstre à la sombre mélancolie
plombée.
Haz
(04/05/2010)
website groupe yearofnolight.free.fr
website label www.myspace.com/musicfearsatanlabel
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Year
Of No Light
Live At Roadburn 2008 - LP + DVD
Roadburn records 2009
Alors
que la parution de Ausserwelt, l'excellent deuxième
album de Year Of No Light, est imminente, jetons une dernière
fois une oreille sur le Year Of No Light ancienne formule c'est-à-dire
avec en son sein leur chanteur/brailleur parti depuis pour des
horizons plus heureux (?). Live At Roadburn 2008 : tout
est dans le titre et comme son nom l'indique ce disque est à
prendre comme un témoignage en concert de la lourdeur
mélancolique des Year Of No Light. On y retrouve quelques
uns de leurs meilleurs anciens titres, désormais obsolètes,
tels que Tu As Fait De Moi Un Homme Meilleur, le mastodonte
Cimmeria, Le terrassant L'Angoisse Du Veilleur De
Nuit D'Autoroute Les Soirs D'Alarme A Accident ou Les
Mains De L'Empereur. Rien que du surpuissant, du braillé,
du saturé, du (presque) grandiloquent et de l'ultra massif
- donc vraiment de quoi arracher des derniers pleurs à
certains premiers fans du groupe qui regretteront toujours la
tournure totalement instrumentale désormais prise par
Year Of No Light. Le son de l'enregistrement est bon, excellent
même, on entend une formation au top de sa forme et de
son lyrisme, efficace et complètement dedans malgré
le split imminent avec son prêcheur en chef. En fin de
face B, Year Of No Light propose une longue plage d'improvisation
post hard core somme toute fort classique et jouée en
compagnie de Dirk Serries aka Fear Falls Burning : The Golden
Horn Of The Moon. Là aussi c'est sans surprise mais
terriblement bien foutu, bourdonnements ambient et nappes phréatiques
asséchées laissant apparaître un paysage
souterrain aussi désolé qu'assombri. Ce n'est
pas vraiment la joie de vivre.
Comme sur la plupart des live enregistrés au Roadburn
et publié par le propre label du festival, le vinyle
est accompagné d'un DVD. Le visionnement de celui-ci
permet de se rendre encore plus compte de l'intensité
de Year Of No Light sur scène. Le son est toujours aussi
bon mais l'image, en noir et blanc, est terriblement granuleuse
et saturée, ce qui en définitive va plutôt
bien au groupe dont on peut constater qu'effectivement il s'était
ce soir là dépensé sans ménagement.
Détail qui ne gâche rien, bien au contraire, le
DVD est bien plus long que le vinyle, proposant plus de titres
et donc sans doute l'intégralité du concert
de quoi avoir des regrets supplémentaires ? Attendez
d'écouter la suite.
Haz
(23/04/2010)
website groupe yearofnolight.free.fr
website label www.roadburn.com/tag/roadburn-record
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Les
Yeux de la Tête
Nerf - CD
Rude Awakening / Head 2010
Les
yeux dans la tête, bien enfoncés dans les orbites.
Et les doigts dans la prise si on s'amuse à reprendre
le visuel décalé de la pochette. Voilà
le genre de chose que l'on ressent à l'écoute
de ce trio de Caen. Et c'est plutôt une bonne surprise
quand on fait l'erreur de lire au préalable la formation
du groupe : batterie, basse et saxophone, pour trois musiciens
sortis du conservatoire, ça sent l'acte masturbatoire,
l'abscons pour le bon peuple. Au final, ça sent surtout
le rock, on se surprend à bouger les cervicales dans
un mouvement de haut en bas plus que de raison, à se
laisser aller à tant de légèreté
malgré une basse qui ne fait pas dans les sonorités
de dentelle. On pourrait sortir la référence Zu
pour l'occasion, pour nous, pauvres rockeurs en mal de repères
dans ce monde suintant le jazz mais ça ne serait pas
leur rendre justice. Les Yeux de la Tête vous les sort
de façon plus subtile, le touché est plus coulé
et l'enregistrement ne sent pas, mais alors pas du tout, la
grosse production américaine. Ca n'empêche pas
le trio de virevolter et d'asséner de bonnes taloches
derrière la nuque, se faire succéder des soufflantes
dans les bronches et des phrasés aériens. Le saxo,
l'eau et le feu comme sur FyyFF ou ça tourne à
l'hypnose avec une section rythmique par derrière pour
fortifier les fondements. Lignes mélodiques, vives et
lumineuses, autre clé de ce cuivre qui donne le la, basse
qui cogne (sur le final de Belghavhal par exemple), l'abstraction,
la répétition, quelques instants de gravité,
dosage parfait. Neuf titres où Les Yeux de la Tête
n'en fait jamais trop, titillant des passages improvisés
sans jamais les mordre, pas de compos dépassant le quart
d'heure et les bornes. C'est du condensé, ludique, percutant,
swinguant, incisif, ça fait aimer le jazz à des
punks parce que ce n'est pas vraiment du jazz. D'ailleurs, on
s'en tape de savoir à quoi rattacher Nerf car
l'important, c'est qu'il en a, du nerf et de la cuisse. Alors
si vous aimez les brisures de rythmes qui coulent toutes seules,
les musiques déviantes sans la prise de tête qui
va avec, de la désinvolture avec des mecs qui savent
où ils vont, sortez vous les oreilles de la tête.
SKX
(11/10/2010)
website groupe www.lesyeuxdelatete.com
website label www.head-records.com
| www.rude-awakening.org
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Yussuf
Jerusalem
A Heart Full Of Sorrow
- LP
Born Bad records 2010
Nous
vivons dans un monde merveilleux. L'avenir est devant nous,
radieux et prometteur. Notre présent est une perpétuelle
expérience et un enchantement rempli de désirs
encore inassouvis. Non, je déconne. Parlons plutôt
du passé. Ce A Heart Full Of Sorrow est une réédition
- merci Born Bad - d'un disque publié à l'origine
en 2008, pas vraiment une éternité mais il était
épuisé depuis longtemps. L'album a été
quelque peu refondu, son tracklisting a été modifié
(je ne connais pas les détails exacts et je ne veux pas
les connaitre) mais le plus important reste que A Heart Full
Of Sorrow est à nouveau disponible. Cela aurait été
dommage de s'en priver.
S'il plonge résolument son inspiration dans les musiques
du passé - nous y revoilà : pop sixties, garage
punk, velveteries obsédantes, true black metal norvegien
(!) - Yssuf Jerusalem le fait sans aucune nostalgie ni conservatisme.
On peut même dire que la relecture et la réactualisation
qu'il donne de ces idiomes d'un autre temps emportent la palme
de la fraîcheur perverse, notre ami Yussuf rejoignant
ainsi le clan très fermé des détraqués
retro futuristes qui s'en foutent et mettent tout leur talent
ailleurs que dans la recherche absurde d'une pseudo vérité/virginité
vintage (The Feeling Of Love, The Oh Sees ou même Movie
Star Junkies, pour n'en citer que quelques uns parmi les meilleurs).
Le son est approximatif mais d'un organique comme on voudrait
en entendre un peu plus souvent et quelques tubes ultimes traversent
A Heart Full Of Sorrow de leurs fulgurances bienfaisantes
(We Ain't Coming Back, le morceau titre ou le génial
With You In My Mind). Mais le principal est donc que
avant de sonner " à la manière de "
A Heart Full Of Sorrow sonne juste et bien. Comme un
truc naturel. On ne pouvait espérer mieux.
Haz
(24/09/2010)
website groupe www.myspace.com/ridersofallah
website label www.bornbad.fr
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