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EACH OTHER This is my other pack of cigarettes
EARLY HUMANS
s/t
ECHO IS YOUR LOVE 8 hours
ECHO IS YOUR LOVE sheets of blank fucking paper
ECHO IS YOUR LOVE Paper cut eye
ECHO IS YOUR LOVE Humansize
EDIBLE WOMAN Spare me / calf
EDIBLE WOMAN The scum album
EDIBLE WOMAN Everywhere at once
ED WOOD JR Ruban de Möbius
ED WOOD JR Feats
ED WOOD JR Silence

EIGHTIES MATCHBOX B-LINE DISASTER Blood & Fire
EINSTURZENDE NEUBAUTEN Alles wieder offen
EL CHUPA COBRAS Self-titled
ELECTRIC ELECTRIC Sad cities handclappers
ELECTRIC WIZARD Witchcult Today
ELECTRIC WIZARD Black Masses
ELECTRIC TURN TO ME s/t
ELEKTROCAS / FETCH ! Errantry in a circle / Kiasu
ELIZABETH PISTOL CLUB Social Climbing

ELODEA Cataclysmic
EMBER seven samouraï
ENABLERS End note
ENABLERS Output negative space
ENABLERS Tundra
ENABLERS The Achievement

ENABLERS Now you can answer my prayers
ENABLERS Blown Realms and Stalled Explosions
THE END Within Dividia
L'ENFANCE ROUGE Trapani Halq al Waady
L'ENFANCE ROUGE Bar-Bari

ENEMYMINE the ice in me
ENEMYMINE s/t
ENGINE DOWN demure
ENIAC Superfriends / ken & barbie
ENIAC au revoir, tristesse
ENIAC Oh !

ENIAC Newsticker / 7000000 years
ENIAC - EXPERIMENTAL DENTAL SCHOOL Split CD

ENVY A dead sinking story
ENVY all the footprints you've ever left and the fear expecting ahead
ENVY the eyes of single eared prophet
ENVY burning out the memories
ENVY Insomniac doze

ENVY / ISCARIOTE
Our dreams walking their way - chapter 1
ENVY/THIS MACHINE KILLS a red wound picture / forty one bullets + the eyes of final proof par Envy
EPHEL DUATH Pain necessary to know
EPILEPTIC The first day of our second life
ESTEL A guide in time of great danger
ESTEL True stories / my raymond is contagious
EVANGELISTA Prince Of Truth
THE EX Turn
THE EX Maybe I Was The Pilot / Our Leaky Homes - 7''
THE EX Catch my shoe
GETATCHEW MEKURIA & THE EX& GUESTS Moa Anbessa
EX-CIVILIANS Excuses
EX MODELS Zoo psychology
EX MODELS other mathematics
EX MODELS Chrome panthers
EX MODELS / HOLY MOLAR Split 7''
EX ORKEST een rondje holland
THE EXAMINATION OF the whitest of elephants
THE EXPECTORATED SEQUENCE Hairbomb
EXPERIMENTAL DENTAL SCHOOL Hideous Dance Attack!!!
EXPERIMENTAL DENTAL SCHOOL 2 1-2 creatures
EXPERIMENTAL DENTAL SCHOOL Jane doe loves me
THE EXPLODER west end kids crusade
EXPLOSIONS IN THE SKY those who tell the truth shall die, those who tell the truth shall live forever "
EXPLOSIONS IN THE SKY The rescue - Travels in constans Vol. 21
EX WIVES Fucking Dutch - 7''
EZ T Goodbye Little Doll


EARLY HUMANS
" s/t " - CD
Wantage USA 02
Early Humans sont originaires de Washington DC. Et là, tout pourrait être dit tant la marque de fabrique musicale de cette ville est connotée. Sauf que ce trio a le riff plus lourd que la moyenne. Que sans être dénié de tact et de finesse, Early Humans joue plus sur la corde rock que emo. Une voix à vomir toute la bile de la crasse de la puanteur de ta mère, bien rocailleuse et qui accroche les dents du fond. Un son brut et direct. Rien de superflu. Sept titres solidement ancrés dans la réalité, ne s'épargnant pas quelques passages mélodiques à la guitare, toute seule dans son coin, pas vilain à entendre. C'est court, sec comme un coup de trique mais plein de cœur qui bat derrière, que du banal on pourrait dire même mais ça fait un bien fou!
SKX (21/06/2002)

ECHO IS YOUR LOVE
" 8 hours " - CD
If Society 03
A la poursuite de la dissonance parfaite. Les Finlandais continuent les travaux entamés de manière prometteuse sur leur premier album " sheets of blank fucking paper ". La recherche du Saint Graal, abandonner dans quelques sombres recoins par Sonic Youth, il y a pas mal de temps maintenant. L'influence prépondérante, l'écho s'en fait ressentir à chaque compo. Et Blonde Redhead pour la voix, autant yaller gaiement, vu que tout ça vient du même moule de toute façon, on va pas se gêner. De longues digressions sonores, faussement calmes entre arpèges inquiétants et beauté sonique comme aspirait le gang de New-York. Passages presque silencieux puis l'adrénaline qui monte jusqu 'au bord du volcan, une voix masculine venant régulièrement se noyer dans le déluge. Saines éructations, mélodies sinueuses, Echo is your love connaît la partition et les ingrédients sur le bout des doigts. Par rapport à leur 1er essai, les morceaux gagnent en maturité et concision. Le résultat devient plus tranchant. On regrettera seulement que, de leurs illustres aînés, Echo is your love n'a pas retenu la prise de risque et ne s'aventurent pas dans des dissonances plus personnelles. Un album qui coule tout seul et, malgré ces nombreuses guitares, ne dérangera pas le voisin. Idéal pour faire la vaisselle.
SKX (04/06/2003)
ECHO IS YOUR LOVE
" sheets of blank fucking paper " - CD
If Society / Kylie Productions 00
Voici de quoi briser plus d'une banquise. Ce groupe débarque de la Finlande et amène de l'électricité plein les poches. Une vague percutante, des gerbes d'étincelles et une chanteuse grandit trop vite à la voix adolescente qui cri tout ce qu'elle peut du haut de ses talons trop grands, voix tour à tour chevrotante ou perçante mais toujours touchante ! Tout de suite, Blonde Redhead vient à l'esprit et forcément et encore plus ici, Sonic Youth. Période bruyante, le larsen comme arme première. Avec ce même souci de bousculer les trames établies, de faire partir les compos en vrille ou d'instaurer des climats tendus, d'imposer un faux rythme et de faire tourner la mélodie en boucles furieuses. Un héritage loin d'être encombrant. Echo Is Your Love a de la personnalité, ses propres mélodies en stock au bout de ses guitares fumantes, insuffle une énergie réchauffante tout au long d'un premier album à l'écho contagieux. A découvrir absolument.
SKX (09/11/2000)

EMBER
" seven samouraï " - Lp
Day After records Lp
Cap à l'est. République tchèque. Terre musicale encore inédite pour qui le folklore défleure dans son jardin. Avec des EMBER, fleur désormais défunte, plus emo-core que nature, nature outrancière jusque dans les paroles. Poésie pubère et pleine de terre où " nous pourrons entendre les anges tombés ", " qu'il voulait boire ses pleurs " avec " des diamants sur sa peau blanche " et des cris affreux qui déchirent la nuit noire sans lune pour hurler à que ma douleur ! C'est la seule réticence à apporter à ce 6 titres. Des mélodies parfois trop appuyées, le désir d'émotion se mordant la queue. Passer ces quelques démangeaisons, un album riche en frissons, en longues montées lyriques, labourant à brûle-pourpoint quand il faut éclater le mal. Riche en fruits avec ce qu'il faut (ou presque) de citrons (Définition printanière de l'emo-core).
SKX (20/04/1999)
ENEMYMINE
" the ice in me " - CD
Up 00
Une giclée. Une saine et bonne giclée. Ainsi soit elle! Le son est plein et orgueilleux. Chaque riff vous décolle la tapisserie. Sec et explosif. Rudimentaire et sans tricherie. Ces ex-Godheadsilo ne se reconvertissent pas, traînent toujours sur des routes goudronnées au scalpel. Lourd et rapide comme des Melvins au sprint. Le sens de l'accroche mélodique, des petites perles tubuesques qui s'enchaînent, ça l'air de rien comme ça, basique et facile mais c'est rudement efficace, jouissif et tout. Avec entre les deux, des enchaînements dans la douceur, des pointes de mélodies toutes seules à la basse ou à la guitare qui font le liant. Des touches de sombres dans le paysage. Des passages hyper-calmes, des voix qui susurrent avant ou après des déflagrations toujours soudaines, des cris perçants, le mur se lézarde. Derrière ce lettrage hardos et la pochette imitation photocopie Monoprix, se cache un pur album de rock, compact et aérien. La grâce de l'hirondelle avec un casque à pointe. C'est que du bonheur!
SKX (05/06/2001)

ENEMYMINE
" s/t " - CDEP
K records 99
Projet annexe et non caprice de gamins gâtés des molaires. Enemymine, trio émergent de membres de Godheadsilo, Low et Mocket. 3 entités distinctes s'adonnant aux joies de la mixité sans cracher sur leur personnalité. Au résultat, 7 titres ouverts, se renvoyant la balle pour une course décousue mais qui tient la route. Traficotage de sons, ambiances sombres alliant voix étranges et narratives dans monde pesant. Jusqu'aux franches bourrées toutes droites sorties des sabots de Godheadsilo. Car le fameux duo basse-batterie reste le fait marquant. Sens de la mélodie, rageusement adolescente et efficace. Ca nous promet des lendemains bâtards et chantant.
SKX (03/08/1999)
ENGINE DOWN
" demure " - CD
Lovitt / Day After 02
Sur les cendres encore chaudes de "to bury within the sound", est sorti l'année dernière "Demure". Presque un an déjà pour une chronique qui tarde. Mauvaise augure. Dans la foulée de la réussite, Engine Down n'a pas attendu le temps qui passe. Battre le fer, tant que l'inspiration est au rendez-vous, en remettre une couche. La recette reste la même, ça ne bouge pas d'un cil. Des pop-songs emo machin comme vous voulez, un rien énervées, toujours tangentes, prêtes à tomber dans quelque chose de plus sirupeux et pleurnichard, mais l'équilibre, toujours, penche du bon coté, de justesse. Avec sa chanson de merde (" closed call "), comme sur le précédent opus. Et pourtant, cette fois-ci, cet album me laisse froid. L'effet de surprise est passé. Les compositions ont beau l'air tout pareil, il manque ce brin de grâce et d'élégance qui enflammait "to bury within the sound", cette grandeur dans les mélodies qu'on ne retrouve pas ici, malgré quelques passages touchants. Tout est savamment orchestré, professionnel jusqu'au bout des envolées vocales et des arrangements. C'est peut-être bien ça le problème. Trop prévisible. Ca ne décolle jamais réellement. Ou alors la barre était simplement placée trop haute ou je deviens exigeant avec l'âge. Ca me désole mais c'est comme ça, j'ai le vibromètre à zéro ! Ou bien avoir l'honnêteté d'admettre que, dans un style de musique qui ne m'est pas cher, "to bury within the sound" était le maximum que je pouvais supporter. Depuis, j'ai ma dose et les jérémiades de Engine Down, aussi maîtrisées qu'elles puissent être, m'endorment du sommeil du juste !
SKX (28/01/2003)
ENIAC
" Superfriends / ken & barbie " - 7"
X-Mist 03
Eniac s'annonce comme un groupe sur lequel il va falloir définitivement compter. Le premier album " au revoir, tristesse " faisait preuve déjà de beaucoup de maturité. Avec ce nouveau deux titres, Eniac affirme leur style, creusant patiemment leur propre sillon. Trop vite classé aux cotés de Kurt et Dawnbreed, ce groupe de Hambourg montre une facette plus riche en variété, passant d'un hit rock-noise incontournable (" superfriends are made of gold ") à un " ken & barbie " aventureux. D'un coté une rythmique solide et souple à la fois, un morceau entraînant, qui sait ce qu'il veut et pourtant aérien. De l'autre, une voix comme enregistrée à la mauvaise vitesse, des clappements de mains, des petites bizarreries sonores qui viennent perturber la bonne marche. Ya pas à sourciller, Eniac n'est pas du genre à s'enfermer dans un créneau, à s'ennuyer à toujours jouer la même partition. Leur bruit est vivant et incontrôlable. Esprit joueur et frappeur. Excellent single.
SKX (04/06/2003)
ENIAC
" au revoir, tristesse " - LP
Better Home Plastic Cooperation 01


Sur les cendres encore fumantes de Phillipé et Guinea Pig, ce groupe allemand, le feu aux fesses, se commet à son premier album. De l'urgence, de la spontanéité, une bonne connaissance de tout ce qui se fait en matière de musique issue du milieu emo/hardcore machin truc, un système de digestion en béton. Eniac accouche d'un 1er album fort de maîtrise, après moi le déluge, respect messieurs, on ne peut que rester admiratif. Ca vous pond des idées mélodiques à la seconde, des riffs imparables, un sens du mix limpide, bref Eniac en jette plein la vue. Condensant tout le meilleur, de Dawnbreed à Shotmaker, une affiliation certaine avec le screamo hardcore mais à l'approche définitivement plus noise et personnel, cet album broie tout sur son passage. Le chanteur a plus d'une corde à son arc et chancelant, soutient tout ça avec une énergie débordante. Eniac se permet même de se piquer d'un peu de français, avec citations à l'intérieur du livret ou encore le nom de l'album. Une charge inattendue après un premier cinq titres qui ne laissaient en rien présager d'une telle vague salvatrice. Eniac vous vole dans les plumes, dégage de là tristesse et bonjour le coup de boost!!
SKX (20/07/2001)


ENVY
" A dead sinking story " - CD
Rock Action 03
Attendu comme le messie, la dernière livraison de Envy a mis du temps à mûrir. Et à l'heure qu'il est, les bourgeons éprouvent encore des difficultés à éclore complètement. C'est qu'on en deviendrait difficile pardi ! A force de mettre la barre si haute, les Japonais de Envy sont désormais attendus au tournant. Et le rendez-vous a été pris. Les bases ont beau resté identiques, emo-noise passionnée et sombre, le truc qui fait flipper tellement c'est tendu là-dedans, Envy a tronqué la sportive contre la berline taillée pour les grands trajets. Une œuvre ambitieuse, tapis rouge pour longues copies systématisées, une heure d'aventure en seulement neuf épisodes, le Envy nouveau défie l'apesanteur. Des passages calmes plus marquants, on entend presque parfois les mouches voler, avant la brusque décharge (prévisible) pour le coup de fouet au palpitant. Un schéma bien établi. Envy n'a plus envie d'attaquer tous les fronts par la face nord et s'offre des moments de répits plus nombreux qu'à l'accoutumée. Mais le truc qui me chiffonne le plus, c'est la verve mélodique, la petite étincelle, l'inspiration quasi-divine qui rendaient leur déluge si unique, ce trait de lumière en plein milieu de cette noirceur à couper au couteau. Mélodique pour sûr, cet album l'est. Mais un ton en dessous. Ce " dead sinking story " en devient, malgré ces contrastes, un album où aucun morceau n'émerge vraiment. L'apaisement dans la continuité. Le nerf de la guerre s'estompe. L'urgence se dilue. Envy joue la carte de la diversité, étoffe ses sentiments et se donne de l'air. Et si au final cet album ne restera pas comme la pierre angulaire de leur riche discographie, il n'en reste pas moins un fait d'arme important et le temps lui donnera sûrement raison…
SKX (09/10/2003)

ENVY
" all the footprints you've ever left and the fear expecting ahead " - CD
HG-Fact 01
Un éclat dans la pénombre. Envy de retour sur les pistes. De courtes pauses en quarante-cinq tours par minute, autant de bombes fulgurantes, en mini-albums frustrants de par leur durée, Envy sort enfin le grand jeu. L'album de la consécration. Tout Envy dans ses sombre desseins. L'urgence, une intensité à faire frémir un donjon, des mélodies qui vous arrachent à vous même. Emotions à forte dose, noise ultime, hardcore torturé. Qui vous perle des batteries en rafale. C'est noire à l'extérieur, design sobre et habituel. C'est noir à l'intérieur. Envy puise au fin fond de ces cicatrices et de son désespoir latent une énergie rédemptrice, une touche lyrique qui amène leur musique bien au-delà de toutes les musiques emo/screamo du moment. Une profondeur qu'on ne connaissait pas jusque là à ce style. De la cuisse, des tripes, du cœur à revendre. Un cocktail explosif. Des furies qui savent vous faire mijoter, vous amener à l'orgasme par des accalmies mélodiques lumineuses. Envy n'est pas que bruit et fureur. Leur talent mélodique est évident. Que ce soit sous un déluge de feu ou en plein désert à faire chialer une porte de prison. Le dernier morceau 'your shoes and the world to come' est à ce titre un monument. Quasi-hypnotique dans sa mélodie. Un morceau de transe. Un volcan en sueur. Envy représente tout ce que j'apprécie : la rage et l'émotion à fleur de peau. L'art de faire du bruit tout en finesse. De vous amener vers des petites morts répétées. Le genre d'album qui vous marque un bonhomme!
SKX (06/11/2001)

ENVY/ISCARIOTE
" Our dreams walking their way - chapter 1 " - CD
Waiting for an angel 02
Nos rêves suivent leur chemin. Phrase symbolisant l'évolution d'un label passé de l'industrie dentaire à l'attente d'un ange ! De Molaire Industries à Waiting for an angel, un même label en perpétuel quête d'un idéal, que ce soit au niveau humain ou plus simplement sur la conduite d'un label. Que de chemin parcouru pour arriver à ce projet ambitieux. Après une tournée européenne et japonaise commune, des affinités et des ponts sans cesse jetés entre ces deux pays, Waiting for an angel a décidé de consolider les liens et se lance dans une série de splits entre, à chaque fois, un groupe du soleil levant et un autre bien de notre terroir ! Le premier jet frappe tout de suite chez les grands avec les fabuleux ENVY et les Franco-Suisses Iscariote, le groupe qui monte qui monte. Envy nous gâte. Un " invisible understanding " de 8 minutes, épique, tout en changement, à fleur de peau, qui surprend quelque peu au départ par son ton posé avant que toutes les résistances n'explosent. Leur deuxième contribution " chacun de tes pas " (paroles écrites par le chanteur d'Iscariote et inversement, Iscariote reprend en japonais des paroles spécialement écrites pour l'occasion par Tetsuo, l'hurleur de Envy sur " Moonbean and the dark "). Là encore un morceau, sans placer la barre à des années lumière, mais suffisamment haute pour nous faire sentir tout petit. Avec Iscariote, le ton se radicalise. Trois morceaux. Trois décharges. Le même sentiment à fleur de peau mais en béton armé et des lézardes nombreuses. Hardcore percutant jouant dans la cour de Knut. Emballé le tout dans un digipack au design riche (le vinyl, taille 25 cm, à la pochette différente, est tout aussi recommandable) et vous avez là un chapitre premier qui s'écrit de la plus belle des pages.
SKX (08/11/2002)
ENVY
" the eyes of single eared prophet " - CDEP
HG-FACT 00
Ce disque va sentir un peu le réchauffé pour tous les aficionados des kamikazes japonais de Envy. Sur les cinq titres, un seul inédit. Pour le reste, trois morceaux qui figuraient sur le 45 "the eyes of final proof" et un morceau sur la belle bête 25 cm "burning out the memories". Et vu que le 45 est pas du genre facile à dégoter, ce petit rafraîchissement ne peut faire de mal. En plus, l'inédit "an encyclopedia of the unification" est tout bonnement remarquable. Lyrisme et émotion toujours à son paroxysme, production pleine et riche. Envy reste les rois de l'emo-noise, chaque titre, un sommet à lui tout seul et ce cinq titres idéal pour patienter jusqu'au nouvel album qui verra le jour avec les premiers rayons de soleil de l'été (enfin j'espère)! Il me tarde d'y arriver bon dieu!!
SKX (30/03/2001)


ENVY/THIS MACHINE KILLS
" a red wound picture / forty one bullets + the eyes of final proof par Envy " - 7
HG-Fact 00
Envy. Un nom qui ne vous dit rien. Un groupe japonais qui débarque dans mon petit monde. Par surprise et dont je n'attends aucun tremblement de terre. Quelques minutes plus tard, vous êtes là sans bouger, la lèvre pendante, comme un con à se demander quel raz-de-marée vient de vous dévaster la platine. La découverte de Envy a ceci de prodigieux. Vous avez des disques dont vous guettez la sortie depuis des mois, avec son lot de surprises, bonnes et piteuses, ces découvertes qui n'en sont plus, où la mèche a été vendu depuis longtemps par internet ou des fanzines. Ce "red wound picture" sorti du néant, lui, rafle tout. Pas de signes avant coureur de tempête dévastatrice, rien, nada. Des petits moments de bonheur qui ne semblent faits que pour vous, qui surgissent d'une scène musicale tentaculaire et infinie et dont un seul morceau vous fait oublier tous les autres, l'espace d'un instant mis en boucles. Et c'est d'autant meilleur. Ce morceau donc, "a red wound picture", a tout pour lui. Basiquement, on pourrait dire que c'est de l'emo-noise avec un chant hurlé (screamo dit-on dans les milieux autorisés). Mais, s'arrêter à cette description serait limiter ce quintet japonais à toute une meute de suiveurs aboyante dans le vide. Car Envy fait tout comme les autres. Mais en mieux. Beaucoup mieux. Plus fort, plus beau, plus tout quoi. Ils ont le son. Massif sans être brutal, travaillé dans de la roche en fusion. Enorme et abrasif. Et une composition diabolique. Pleine de rage et de passion. Avec juste cette mélodie vers le milieu qui descend dans le poignant pour déboucher sur un refrain tueur qui emmène le reste du titre sur des sommets d'intensité rarement atteints, parsemé de passage ultra-courts et hystériques. J'en suis toujours pas revenu. Il suffit de retourner la face pour se rendre compte de la différence. Les américains de This Machine Kills font tout pareil. Mais moins bien. Dans le son et la composition. On ressent beaucoup plus cette sensation de déjà entendu. Reste un titre honnête contre les brutalités policières et dédié à Amadou Diallo. ENVY acte II. HG-Fact records, dans sa grande bonté, amen, m'a fait la générosité de m'envoyer également le même jour, jour béni, le tout nouveau 3 titres d'Envy "the eyes of final proof". Et si j'ai eu peur de redescendre de mon nuage, je suis rassuré. ENVY, c'est du bonheur à pleine louchée ! Deux titres très nerveux, riches en événements, du ressort et toujours autant de passion. Le plus beau reste l'autre coté. Un "Awaken eyes" où le terme "emo" prend une valeur significative, sans chichi et juste ce brin de lyrisme qu'il faut pour rendre accro. Des petits moments de calmes, d'arpèges tranquilles, cette voix écorchée qui prend aux tripes, une mélodie prodigieuse, nan, vraiment. Une montée crescendo où ENVY s'expose, impudique, où le feu couve dangereusement puis se répand. Depuis, j'arrête pas de lire que du bien d'ENVY, des chroniques dithyrambiques, des gens qui y plongent tête baissée. En apnée dans une discographie dont j'ai vite fait de m'y noyer aussi en me procurant tout ce qui bouge sur ENVY, notamment leur CD 5 titres "Angel's curse whispered in the edge of despair" (HG-Fact 1999). C'est du même gabarit. Ou leur album "From here to eternity" (HG-Fact 1998), un rien plus basique et moins passionnant sur la longueur, néanmoins signe d'un tournant dans leur démarche musicale et de débuts moins vivifiants. Alors concentrez vous sur ces deux 45 tours monumentaux et leur précédent mini-album car Envy, c'est la sensation du moment et mérite qu'on s'y brûle.
SKX (21/08/2000)
THE EXPLODER
" west end kids crusade " - CD
Dimmak 00
Jusqu'à maintenant, pour ce groupe de Richmond, les données étaient assez simples, on les cadrait facile. De l'emo-core énergique et passionné à la 400 Years, 12 Hours Turn. Pas de recettes miracles tout au long d'une discographie parsemée entre de nombreux 45, mini-album et split en tout genre, mais un sens de l'efficacité et de l'explosion pour un patronyme qu'ils justifient à merveille. Avec ce nouveau mini-album, the Exploder semblent revoir ses ambitions à la hausse. Sans renier les bases, ils s'autorisent à des fantaisies, laissent surgir une guitare acoustique entre deux ondes électriques, n'hésitent pas à rallonger la sauce et s'ouvrir à des mélodies plus fragiles et alambiquées. L'exemple type, c'est ce dernier titre "like a bullet from a gun" qui s'épure au fil de son cheminement vers une fin dans un délire technoïde. Ou ce "rock machine" qui lorgne vers Rye Coalition. De l'explosion toujours mais plus d'explosion aveugle ! La route leur appartient !
SKX (24/07/2000)
ENVY
" burning out the memories " - 10
Molaires Industries 00
A peine le temps de se remettre de l'ouragan nippon, révélation de l'année en ces contrées arides, que ENVY continue à marquer nos mémoires au fer rouge avec un nouveau 6 titres. Et sur un label français, oui Monsieur ! Apparemment, ce groupe japonais laisse de profondes traces chez les inconscients qui s'aventurent à l'écoute de leur musique et les fans tombent comme des mouches et se ramassent à la pèle ! Molaires Industries s'y est brûlé les ailes et sort le tapis rouge pour Envy.... Une pochette toujours aussi sobre et classieuse avec 2 inédits et 4 titres retravaillés (2 morceaux du mini-lp "Angel's Curse....", 1 titre de l'album "From here to eternity" et un morceau du 45 pourtant très récent "the eyes of final proof"). Avec ce genre de groupe, on craint à chaque nouvelle livraison d'être déçu, tant la barre a été placée haute, peuvent pas égaler leur score se dit-on. Et pourtant, encore une fois, force de reconnaître qu'Envy est le meilleur groupe emo-noise à l'heure actuelle. Au top de l'inspiration, un talent à l'état pur. Les deux inédits ("Grey Wind" et "echo regenerates") véhiculent toujours autant de passion, d'envie de se cogner la tête contre les murs, de tout laisser tomber séance tenante et de se casser d'ici. Avec toujours ces passages en plein milieu de la tempête, poignants, qui ne font que mieux mettre en valeur leurs fins de morceaux épiques, droit dans le mur où on frôle la tachycardie. Avec les quatre autres morceaux réenregistrés, on se dit un poil déçu au début, on aurait tant souhaité des inédits, encore et toujours ! Et puis leur écoute met tout le monde d'accord. Ca s'écoute sans redite, notamment la fabuleuse version de "limitation", avec la trouvaille du choeur à la voix grave et une fin déroutante, complètement anachronique par rapport à leur musique pratiquée habituellement. Mais où vont-ils chercher autant de désespoir et puiser autant d'énergie pour nous le recracher à la gueule avec une virulence si sombre ? Une autre pièce maîtresse à se procurer obligatoirement. (Noter qu'en contactant Molaires Industries, vous aurez accès à l'ensemble du sésame de Envy...).
SKX (10/10/2000)
ESTEL
" A guide in time of great danger " - CD
Little Plastic Tapes 03
Estel nous avait mis l'eau à la bouche avec un précédent single bien charmeur aux entournures. Fort d'un succès d'estime grandissant, nos quatre irlandais(es) embarquent pour un deuxième album. La formule reste majoritairement instrumentale. La base inchangée. Ce petit truc hypnotique qui vous prend d'entrée de jeu. Ce synthé qui tisse sa mélodie. Un rythme vif et basique dans l'ensemble. L'évolution concentrique. Atmosphères naïves et compos sur les nerfs. Estel n'est pas du genre à se laisser épingler facilement. Vaguement noisy-pop, un poil de rock qui aime s'habiller d'effets de studios, comme cette voix de petit robot finit au yaourt sur deux morceaux.. Cacophonique et très calme le coup d'après. Estel a tout pour plaire encore une fois mais bizarrement, la sauce ne monte pas ce coup ci. Comme un manque singulier d'inspiration, d'une flamme chancelante qui éclaire, faiblarde, des morceaux qui ronronnent sur place. Les éléments sont là mais ça tourne à vide. En fait, le meilleur titre est un des deux seuls chantés. " My Raymond is contagious " (en version instru sur le précédent 45) avec un certain Hugh Holmes pour pousser la chansonnette. Une voix de taré qui met le feu aux poudres. Une intensité proche de la folie qui se termine à bout de souffle. Je ne sais pas d'où vient le bonhomme mais Estel serait bien inspiré de l'embaucher à tems complet. Il donne à Estel tout le relief qui manque à cet album. Tout le charme envoûtant entrevu il y a peu est retomber comme un soufflet. Un album honnête mais qui reste à ras du sol que l'Irlande à pourtant vert et revigorant…
SKX (12/08/2003)
ESTEL
" True stories / my raymond is contagious " - 7"
Little Plastic Tapes 02
Mais quel est donc ce vent de fraîcheur qui nous débarque d'Irlande, cette bise légère qui vient se poser en ces contrées guerrières? Des activistes de Dublin qui n'en sont pas à leur premier essai puisqu'un album a déjà vu le jour, album qui a eu le don d'enflammer la presse locale. En attendant le second pour cette année, ces deux titres posent de sérieux jalons, les frontières vont s'ouvrir comme par magie. Deux femmes, deux hommes, une guitare, une basse, une batterie et des claviers. Pas un souffle de voix. Le décor est planté. Allez savoir pourquoi, mais Estel me rappelle S.Process, groupe américain dont ils n'ont sûrement jamais entendu parlé, comme le reste de la planète d'ailleurs ! Une façon similaire d'amener un rythme faussement groove, de rester dessus de façon hypnotique pendant que le clavier (et la comparaison s'arrête là !) tisse sa mélodie, particulièrement entêtante sur " troue stories ". Une apparence frêle, aérienne mais l'ensemble est organique, les articulations solides et ces deux morceaux sont particulièrement attachants. Le piège se referme.
SKX (03/03/2003)



EX MODELS
" Zoo psychology " - CD
French Kiss 03
Les Ex-Models prennent leur envol. On les avait quitté sur un " other mathematics " qui sentait bon l'héritage à plein nez de Gang Of Four et Wire. Ils nous reviennent grandis et émancipés d'une tutelle encombrante. Les grands frères planent toujours mais ils ne leur font plus d'ombre. Ca commence par un " fuck to the music ", véritable profession de foi d'un groupe plus désireux que jamais d'éclater toutes les structures conventionnelles d'une chanson. De la non-compo où tout tourne autour de l'idée d'un rythme, qu'il vienne de la batterie ou d'un plan de guitare. Des titres très courts et percutants avec des voix qui se sont coincées les couilles dans une porte, également tout en cadence, instrument à part entière. Moitié bruitiste, séquences de guitares tout en stridence. Morceaux avec qu'une seule note qui claque en trente secondes. Ex-Models ne caressent pas dans le sens du poil et ne cherchent en aucun cas à vous rendre la vie plus belle. Ca peut paraître parfois facile, dérouter un tant soit peu celui qui aime se raccrocher à un bout de mélodie et savoir où il met les pieds. Mais cet exercice de vingt minutes et quinze titres possède de la fraîcheur et de la personnalité, rapport à leur premier album. C'est tout en nerf et en vitesse avec une durée idéale pour ne pas s'ennuyer. Ce groupe originaire de New York a indéniablement un petit coté " arty " mais sait insuffler suffisament d'âme punk pour rendre tout ça digeste. A écouter comme un long morceau découpé en quinze pièces. Une jungle déroutante. (Version vinyl sur X-Mist records).
SKX (25/08/2003)
EX MODELS
" other mathematics " - CD
Ace Fu 01
Tout d'un aveu. Ex Models a des modèles qui ont succombé avec le temps mais qui, à la mémoire, restent bien présents. Ces Américains bon teint ont pioché sans vergogne dans l'héritage punk-arty à l'orée des années 80, Wire premier d'une bonne tête, Josef K calé dans la roue. En treize titres et vingt-quatre minutes chronos, Ex Models révisent ses bases. Agrémentez d'un son de guitare tranchant, sec et nerveux, de rythmiques qui ont roulé leur bosse du coté de Chicago, histoire de relever la sauce au goût du jour et on obtient une formule savoureuse. Les titres sont croustillants, ne manquent pas de vigueur. La new wave punkisante revisitée par les critères actuelles de la noise légère, c'est pas déplaisant. Sauf que l'arrière goût new wave a tendance à monopoliser le fond du palais. Les vieux de la vieille qui portaient épingles à nourrices doivent se retourner dans leurs tombes à l'écoute de certains riffs. Crier aux usurpateurs du fond de leurs râteliers. Moi-même, je dis pas. Ex Models a intérêt à faire gaffe à ses arrières si ils veulent pas qu'on leur botte les fesses à la longue. En attendant que les modèles s'estompent, une sucrerie à consommer sans modération. Ca durera le temps que ça fera!
SKX (06/11/2001)
EX ORKEST
" een rondje holland " - CD
Ex records 01
THE EX 5 puissance 15. Egal 20. Délirant projet ou nos Hollandais préférés, à l'occasion du "Holland Festival 2000" ont eu la lumineuse folie de s'entourer de quinze autres musiciens, triés sur le volet, comme ils savent si bien le faire. Ferry, le chanteur de De Kift, qui se contente de souffler dans les cuivres. Michael Vatcher, batteur de Roof / 4 Walls, le chanteur Han Buhrs et Jan Mulder. Wilf, le fanfaron batteur des Dog Faced Hermans, des musiciens issus de la scène jazz hollandaise, la liste est longue. Le tout, s'il vous plaît, dirigé par un chef d'orchestre néo-zélandais, Hamish Mckeich pour donner corps à cet instant live d'une rare intensité. Car il faut une main de fer pour contrôler ce bouillonnement qui suinte de toutes parts. L'empêcher de déborder de son lit à la furie naturelle. Imaginez trois batteurs, trois chanteurs, une volée de cuivres, une chevauchée de cordes, guitares, contrebasses, serpent à plumes, troupeau de bison lancé à plein poumon. C'est la guerre. C'est la vie. Il faut entendre "state of shock" (rebaptisé ici "kokend asfalt" car tout est rebaptisé et chanté en hollandais), pièce maîtresse de l'œuvre de The Ex et Tom Cora, débouler de face. Quand les cuivres débarquent, c'est Zapata qui descend des montagnes à brides abattues. C'est Babylone en feu. Ou ce "meer nieuws" de leur dernier album. Sa longue monté, ce truc qui prend aux tripes, qui explose, la cervelle sur le trottoir. Fringuant et maîtrisé, ce bordel de The Ex navigue entre morceaux de leur répertoire et pièces originales où ça fleure bon l'expérimentation tout droit descendue du ciel! Ca boulime et ça pétarade. Dans tout ce magma, un ange passe. Eclairs multiples de légèreté dans la tourmente. Chaque morceau mériterait sa chronique à lui tout seul. Chaque titre à sa personnalité, son petit truc qui vous emballe, vous sert le cœur, vous transporte. Son air de cuivre qui vous perce, ce rythme qui vous achève. Cette énergie toute exienne qui transcende et transpercée de part en part par des ouragans de lumière. Je hoquette. Je crie. Je grince. Plaisir béat. Dans un monde parfait, ce disque serait dans toutes les maisons. Quitte à y foutre le feu.
SKX (31/08/2001)
THE EXAMINATION OF
" the whitest of elephants " - CD
Hawthorne Street 03
The Examination Of tourne la page. Le groupe américain compte déjà plusieurs productions à son actif. Cependant rien ne les prédisposait à sortir de la masse. Un hardcore virulent, sombre et percutant que beaucoup d'autres groupes auraient pu signer. Avec ce nouvel album, on ne peut pourtant pas dire que The Examination Of fasse preuve d'une grande originalité. Neurosis est l'influence majeure, pas la peine de sortir de la cuisse de Jupiter pour s'en rendre compte. Mais ils le font si bien, avec des compostions à la puissance émotionnelle si flagrante que cet album vous percute d'entrée et assoie son homme. Seulement quatre titres pour 45 minutes de bonheur, autant dire que The Examination Of a considérablement rallongé le tir. Ralentissement de la cadence, lourdeur et décadence, la tension s'insuffle sur la durée. Dans ces riffs plaqués et chargés de violence, dans ces vocaux virils, ces longues et tortueuses constructions. Experts en bifurcations. Une bête redoutant la lumière. Et au contraire de Neurosis, point de synthés et samples à l'horizon, nul violons et cuivres. Tout dans l'élémentaire, l'os et la chair, la réalité quotidienne et elle est pas facile cette vie ! The Examination Of a l'aura quasi mystique. Cette chape de plomb qui s'abat soudain et puis ces grandes bouffées d'oxygène, mélodiques à mort, avant de vous replonger la tête dans la merde. Le tour de force de sortir du rang sans rien offrir de plus que le voisin mais une telle maîtrise et beauté noire que ça en devient une histoire personnelle, exposant ce groupe aux yeux de tous. Si Isis, Cult of Luna, Neurosis bien sûr et autres rois de la gaudriole vous font frissonner l'épiderme, jetez vous sur ce " the whitest of elephants ", la nuit n'en sera que plus belle.
SKX (05/06/2003)
EXPLOSIONS IN THE SKY
" those who tell the truth shall die, those who tell the truth shall live forever " - CD
Temporary Residence 01
Groupe de mauvaise augure qui annonce des explosions dans le ciel avant la date fatidique d'un certain jour de septembre. Groupe prémonitoire qui dessine des avions sur la pochette au-dessus de bonhommes casqués et armés. Titre d'album un tantinet pervers où personne n'a raison sauf ceux qui ont torts. Ce quatuor d'Austin, pour son deuxième album, ne passe pas en tout cas inaperçu et draine dans son sillage déjà de nombreux fans (au point de saturer leur site web!). Le phénomène est lancé. Tête la première dans la brèche ouverte par Godspeed You Black Emperor, ce jeune groupe maîtrise déjà parfaitement les critères de base. Des compositions qui durent, cheminement sinueux d'un cours d'eau entre calme limpide et douce rêverie à la rencontre de torrents cacophoniques. Entre lentes montées et soudaines déflagrations. Entre roulements de caisse claire sonnant la montée des troupes au front et arpèges cristallins pour le repos du guerrier. Tout en allant à l'essentiel, prêt de l'os. L'égarement reste condensé. Et les explosions vraiment explosives. Une production que c'est de la pure orfèvrerie et six titres, qui, si ils n'apportent rien de fondamentalement nouveaux, sont tout simplement magnifiques et risquent de faire couler beaucoup d'encre et tourner de nombreuses têtes. Si seulement toutes les explosions pouvaient être comme celle-ci!
SKX (12/02/2002)

Echo is your love
Paper cut eye - CD
If Society 2004

Inlassablement, Echo is your love remet son titre en jeu. Le titre très honorifique de meilleurs descendants de Sonic Youth. Sauf que cette fois-ci, les Finlandais coupent encore un peu plus le cordon ombilical. On sent bien encore l'aura du père, l'influence est et sera définitivement là, faut se faire à l'idée, la ressemblance est dans les gênes. Mais sur ce troisième album, Echo is your love trouve des chaussures à sa mesure. Pour les fanas des longues digressions sonores emballées par des mélodies broussailleuses et la voix d'une chanteuse angélique, Echo is your love a de sérieux arguments à faire valoir. Avec l'âge, le volume des guitares tend à s'estomper. Le travail se fait plus sur le tissage et l'enchevêtrement avec quelques effets tourmentés mais rien d'inaudible à rendre sourd un troupeau de cerfs (excepté un passage de " adult situation no kisses " propre à les écorner !). Ce collectif de musiciens joue également dans un groupe punk-hardcore des familles (Hero Dishonest) et d'electronique-krautrock (Siniaalto). Plusieurs cordes à leur arc. Echo is your love représente la flèche rock-noisy. C'est des plus classiques mais extrêmement bien fait et agréable. Ce nouvel album met la barre encore un poil plus haute, le groupe s'affirmant plus que jamais dans des compositions finement élaborées et envoûtantes. Le Père Noël est bien finlandais!

SKX (19/12/2004)
website groupe http://www.ifsociety.com/echo
website label http://www.ifsociety.com
sounds EchoIsYourLove-3.mp3

Edible Woman
Spare me / calf - CD
Psychotica 2004

L'Italie se dévergonde. Tout un tas de jeunes groupes de qualité semblent arriver sur la scène indépendante (Logan, Saetia, GI Joe pour ne nommer qu'eux). Les petits derniers s'appellent Edible Woman. Leur premier album est tout bonnement terrible! L'influence qui vous monte direct à la tête, c'est toute cette scène noise-rock de Chicago. Une solide et inventive assise rythmique, angulaire, répétitive, pas avare en coup de cymbales dont l'écho est renvoyé les doigts dans le nez par une basse imposante. Vous connaissez la donne. Jesus Lizard, Shellac. Sauf qu'à ces derniers, ils damnent largement le pion. Place aux jeunes! La guitare est généreuse, bruyante à souhait, rampante ou explosive. Le guitariste à son bac de la six cordes à l'aise. Seul le chanteur manque un brin de charisme mais au moins, il ne gâche rien. Arrivé en dernier dans le groupe, la symbiose parfaite avec les trois musiciens reste à trouver. Pour un jeune groupe, c'est affolant la maturité qu'il affiche déjà. Un album qui ne se contente pas d'être mathématiquement précis. Les formes savent être libres, voir expérimentales avec un saxo discret sur le premier morceau " five minutes later ", mais qu'on entend plus par la suite et qui aurait mérité une place plus importante dans l'effectif. Ya de la vie, une bonne dose d'esprit rock et frondeur. Ca suinte à tous les étages. Ils viendraient des Etas-Unis, la terre entière serait déjà à leurs pieds (refrain connu)! Alors oubliez votre dernier Shellac et tous ses avatars. La relève, la vraie, s'appelle Edible Woman. Ya pas à sourciller, " Spare me / calf " est un album à se procurer d'urgence!

SKX (13/10/2004)
website groupe www.ediblewoman.it
website label www.psychoticarecords.com
sounds Spare_Me.mp3

Electric Turn To Me
s/t CDEP
No Quarter 2003

Un pedigree des plus alléchants. Blake Fleming (batteur des ex-Dazzling Killmen et Laddio Bolocko), le genre de mec qu'on suit à la trace à chaque annonce d'un nouveau projet. Avec un autre ancien Laddio Bolocko (Marcus Degrazia aux claviers), on pouvait s'attendre à se retourner les sens mais surtout pas ce truc poussif! Avec une chanteuse (et occasionnellement guitare) Silke et un second guitariste, Electric Turn To Me ne vas pas provoquer d'étincelles. Une sauce moitié sixties / seventies, simili rock progressif, à grand renfort de claviers. Même le Fleming est en retrait. Son jeu de batterie, si étincellant d'habitude, n'a rien de renversant, presque banal. La Silke a beau avoir un joli minois, ces intonations cold-wave n'abondent pas en sa faveur. Bref, très surprenant quand on sait ce que ces gaillards étaient capable de faire auparavant. On va garder un œil sur la suite mais le courant risque bien de ne plus passer.

SKX (02/04/2004)
website groupe www.electricturntome.com
website label www.noquarter.net
sounds Ride_the_Wave.mp3

Enablers
End note - CD
Neurot 2004

Enablers n'a rien du p'tit groupe de jeunes qui débutent. Des vétérans qui ont traînés leurs guêtres avec June of 44 (Doug Sharin), les Swans, Nice Strong Arm et on va s'arrêter là pour la liste qui risquerait de noircir l'écran d'une longue litanie fastidieuse ! Enablers est leur nouveau projet (un parmi d'autres) sur le label de Neurosis, qui marque une nouvelle fois de plus, tout son amour pour les musiques qui jouent plus sur l'ambiance que sur la puissance. L'élément central est ce chant, ou plutôt cette voix, celle de Pete Simonelli, écrivain de San Francisco, qui déclame ses poèmes sur le mode narratif. Sorte de Lou Reed, organe grave, qui sait y mettre toute la tension et l'expression quand l'histoire le nécessite. Mais ne me demandez pas hélas de quoi retournent les paroles… On y perd sûrement en intérêt mais va falloir faire avec! Derrière, la musique lui laisse toute la place pour s'exprimer. Il y a du Slint là-dessous, sans toute la puissance des guitares et la beauté des mélodies mais dans cette tension sous-jacente qui n'explose qu'à de rares occasions, il est difficile de ne pas penser au groupe mythique de Louisville. Une batterie, deux guitares. L'accompagnement est léger, voir austère. A peine entend-on parfois les instruments derrière la voix. Le silence, la place accordée au verbe, les quelques coups de collier pour souligner une colère subite, sèche et sans fioriture. On peut aussi bien passer à travers que rentrer en lévitation le lendemain. On a creusé aussi longtemps que possible pour remonter l'essentiel. Le tunnel se poursuit.

SKX (25/09/2004)
website label www.neurotrecordings.com
sounds AboutLastNight.mp3 | PaulysDaysInCinema.mp3

The End
Within Dividia - CD
Relapse 2004

C'est pas avec ce disque que le guerrier va trouver son repos. The End fait parti de la race des grands combattants, ces barbares qui dévastent tout sur leur passage, après moi, le déluge. Dillinger Escape Plan parti en permission, The End prend le relais. Des rafales de double grosses caisses, des guitares mitraillettes, un chef hurleur qui vous inonde de sa rage. Même avec le blindage le plus épais soit-il, difficile d'éviter les coups et ne pas sentir l'onde de choc vous envahir. Ils ont beau avoir aménager quelques airs de repos, tenter d'aérer des compositions compactes à souhait et d'apporter des brides de mélodies, c'est l'oppression qui prédomine. C'est un metal d'un genre nouveau, exigeant et pratiqué à une échelle de plus en plus grande. Forcément, faut avoir le cœur sacrément bien accrocher et être d'une humeur massacrante pour écouter ça sans serrer les fesses. Mais ce deuxième album de ce groupe américain est très convaincant.

SKX (29/06/2004)
website label www.relapse.com
sounds Dear Martyr.mp3 | Fetesque.mp3

Eniac
Oh ! - CD
X-Mist / Nova 2004

Eniac continue de gravir les échelons. Derrière une pochette de l'impossible où il fallait oser ce mariage des couleurs et ce graphisme pour le moins surprenant, c'est tout un symbole qui s'affiche. Le groupe de Hambourg a cette approche immédiate punk et qui file droit, une intrigue pas aisée à suivre de prime abord. Mais en grattant un peu et au fil des écoutes, Eniac révèle une palette ensoleillée, le genre de groupe qui ne se prend pas au sérieux. Faut quand même être un poil décaler pour pondre une pochette pareil avec un titre d'album qui souligne toute notre stupeur ! Nos quatre énergumènes maintiennent le cap de leurs précédents enregistrements. Rythmes vifs, dynamique entraînante, idéale pour la circulation sanguine. Une efficacité toute allemande. Par contre dans le maniement de la mélodie, ils montent encore d'un cran, adoucissant le trait de compositions menées grand train, sachant trouver la bonne accroche qui emportera le morceau. Traitement aléatoire de la voix au vocodeur, chant qui passe les doigts dans le nez de la langue de Shakespeare à celle de Goethe. Eniac apporte fraîcheur et légèreté dans leur monde noise-rock et signe un album redoutable. Pour les fans du numérique, le CD compte deux morceaux supplémentaires, sorti auparavant sur un single et présentés dans une version remaniée. Ah !

SKX (20/06/2004)
website groupe www.e-n-i-a-c.de
website label www.x-mist.de | www.novarecordings.de
sounds We_did_Things.mp3

Epileptic
The first day of our second life - LP
Rejuvenation / Pi-Core 2004

Le marais poitevin cache de sacrés mystères. Il faut vouloir sortir des routes principales, prendre des itinéraires qu'aucun guide ne conseille. Et aimer le charme discret des demeures simples et accueillantes. Car au bout du chemin, rien de tape à l'oeil s'ouvre à vous. Pas de paysage époustouflant. Le Huit Six, c'est pas la Bretagne! Par contre, si vous appréciez le travail d'artisans qui aiment le travail bien fait, Epileptic se profile devant vous. Le trio sort son troisième album. En toute modestie, comme d'habitude. Loin des réseaux, hors mode tout en ne proposant rien de nouveau, Epileptic réussit à capter son auditoire à la seule force de ses compostions. Un registre pop et rock des plus classiques. Le bon guitare-basse-batterie des familles. Alors pour se distinguer, autant sortir la mélodie qui tue, le truc qui va rentrer dans la boite à claque tout de go, vous charmer sans y prendre gare. Des morceaux comme " little river " et "settle down " sont à ce titre exemplaire. De vraies petites perles pop-rock. Tous les morceaux n'arrivent pas à planer si haut. Mais l'ensemble tient la corde. Le son à leur image. Rien de tapageur, sans fioriture où tous les instruments trouvent leur place avec justesse. On pourra toujours se gausser de l'habituel chant anglais qui sent le bon accent frenchy mais comme ce chant arrive plus d'une fois à vous filer le frisson, on ne dira rien de plus! Après un deuxième plus mélancolique, Epileptic revient à plus de consistance. Le genre d'album qu'on écoute dans son coin, à l'abri des courants porteurs et que l'on pourra toujours ressortir dans dix ans. Car sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, il est fort à parier que cet album ne va rencontrer encore une fois qu'un succès d'estime et qu'il restera dans la confidence des nénuphars.

SKX (05/10/2004)
website groupe http://epileptic.free.fr
sounds littleriver.mp3

Experimental Dental School
Hideous Dance Attack!!! - CD
The Company With The Golden Arm 2004

Ca commence par un hennissement de cheval. Ca embraye par un drôle de son de claviers (un Casiotone 1000 pour les puristes), le tout dans une ambiance de fête foraine débile. Le nom de ce trio de San Francisco aurait du nous mettre la puce à l'oreille. Experimental Dental School est une drôle de monture. Le genre en bois que l'on trouve sur les manèges et qui tourne en rond au plus grands plaisirs des petits et grands. Mais il est fortement conseillé de bien s'y accrocher sous peine de se retrouver éjecter sur le grand huit d'à coté. Rythmes de valse à quatre temps et moteur à explosion, voix systématiquement trafiquée, des sons tour à tour étrange et marrant du clavier de Shoko Horikawa, charmante japonaise qui se croit au cirque. C'est pas non plus Bouglione. La base est punk-rock. Largement déviante certes mais avec une énergie de bon aloi et totalement "freak-out" comme diraient les ricains, à faire pâlir un arracheur de dents. Dance-punk-circus, ça vous branche comme étiquette?! Une école dentaire des plus attrayantes.

SKX (01/05/04)
website groupe www.experimentaldental.com
website label www.tcwga.com
sounds www.experimentaldental.com - section media

EZ T
Goodbye Little Doll - CD
Monitor 2003

EZ T, particule étrange qui tourne plus ou moins autour d'un homme, Colin Michael Gagon, sorte de performer/écrivain qui prête sa voix et sa guitare, une bande de potes derrière lui, Bill Callahan (Smog) aux manettes et sponsorisé par son pote Will Oldham/Bonnie Prince Billy. Les fans de ce dernier pourront d'ailleurs s'y retrouver mais EZ T n'a pas sa sécheresse et son sens du tragique épuré de tous effets. Je ne sais pas si faut être foncièrement américain pur souche et savoir monter à cheval en poussant de grands " yepiiii " pour apprécier ce folk-rock de facture très classique, poussif pour les soirées au coin du feu mais là, ça me pèse sévère. Et comme je ne m'appelle pas Antoine de Caunes et que Bruce Springsteen ou Lou Reed n'ont jamais été mes copains de veillées, je ne m'appesantirais pas plus loin. D'ailleurs, cette chronique a vu le jour simplement pour le label qui a sorti ce disque. Monitor records, c'est la maison mère de Oxes, Battles et autres pointures noise-rock moderne. Si ils donnent dans la diversité, ils ne reçoivent pas toujours la qualité en retour !

SKX (26/06/2004)
website groupe www.ez-t.com
website label www.monitorrecords.com
sounds Bay-Shallow.mp3 | Gdbye-Lil-Doll.mp3

Echo is your love
Humansize - CD
If Society / Stickfigure / UAR / Run Out 2006

Tous les deux ans, réglé comme une machine, Echo is your love nous envoie de sa Finlande natale une nouvelle carte postale. Quatrième album pour ce groupe largement inspiré par Sonic Youth à leurs débuts mais qui prennent définitivement le large avec leur influence principale. Quoique quand on entend ce qu'est devenu le groupe de New-York, Echo is Your Love reste dans la mesure et n'est pas loin de suivre le même chemin. Leurs digressions sonores calment leurs ardeurs au profit, pardon, au détriment, de morceaux penchant vers la pop, ne gardant qu'un léger habillage noisy. Toujours porté par la sensuelle voix de Nea, EIYL tente de la jouer fine. Tout semble plus beau désormais, plus facile et détendu. Quelques larsens et passages bruitistes subsistent, voir un bonne gueulante de temps à autre comme sur le début de Step in step inside ou Sharp Things avec le renfort d'un chant masculin. Mais les mélodies ne sont pas à la hauteur et les compositions de manière générale ne laissent pas un souvenir impérissable. Un disque bien gentil et quelconque.

SKX (30/07/2006)
website groupe www.ifsociety.com/echo
website label www.ifsociety.com
sounds Peacesong.mp3 | Stepinstepaside.mp3

Experimental Dental School
2 1-2 creatures - CD
Deleted Art 2005

Drôles de zèbres. Oakland nous renvoie les Experimental Dental School, pensionnaires d'un monde onirique et fracassé. Sa surface se transforme en un tourniquet à huit pistes, le manège toujours en chantier. Le trio de choc. Jesse Hall : guitare, sampler et chant. Shoko Horikawa : synthés et chant itou. Ryan Chittick, batterie et chant toujours. Créatures espiègles et pas qu'à moitié, bien malin qui pourrait deviner quelles sont leurs racines. Un amas où s'enchevêtre Kurt Weil, Dog Faced Hermans, la musique qui a bercé leur enfance, des contes ludiques, Devo, le tango et la salsa, le rock, celui qui fait grimper aux murs, le cirque et les clowns tristes. Et le punk toujours, se prendre en main tout seul et créer dans la joie et un esprit torve des contes musicaux immoraux. Des mains se serrent dans la cohue. Celles de Greg Saunier (Deerhoof) qui tient les baguettes sur A little bird told me. Un trompettiste (Matt Volla), des faiseurs de bruit, des silhouettes noires où se profilent des songes de gosses. La vraie réussite de ce disque, c'est d'arriver à écrire des compositions qui tiennent la route avec toutes ces idées farfelues. Pas un groupe arty de plus qui nous pompe l'air mais une vraie vision artistique. Pas un joyeux bordel sans queue ni tête mais des airs entêtants savamment construits pour un disque original. Créature extrêmement avenante.

SKX (11/11/2005)
website groupe www.experimentaldental.com
website label www.deletedart.org
sounds www.experimentaldental.com/listen.php

Ex Models
Chrome panthers - LP
X-Mist/Psychotica 2005

Ex Models a bien failli devenir ex tout court. Mais le noyau central Zach Lehrhoof et Shahin Motia continue le périple. C'est en fait sous la dénomination " Ex Models featuring Kid Millions " qu'il faut appeler ce troisième album. Kid Millions, c'est le batteur de Oneida, autre groupe de New-York, tendance psychédélique-progressif-noise et faut bien avouer, assez chiant! Mais ce batteur a de la ressource et un jeu bien givré qui colle parfaitement à la décadence de Ex Models (ou ce qu'il en reste). Que six titres ornent cet album mais à eux seuls, ils sont pratiquement plus longs que tous leurs albums réunis. Une révolution ! Ex Models n'a jamais fait dans la facilité mais là c'est encore pire. Ne cherchez pas une once de mélodie dans ce disque. Le rythme, le bruit, l'orgie du rythme et du bruit, l'extase par les dissonances, l'élévation dans les affres de l'électricité domptée, plus chaotique que n'importe quel groupe de hardcore chaotique, non, vraiment, Ex Models nous sort un disque noise-rock ultime, renvoyant tous les copieurs de Sonic Youth à leurs premières petites culottes. Le trio garde la substantifique moelle de l'esprit avant-gardiste et frondeur de leurs aînés pour exploser les carcans rock et proposer une joute sonore de haute volée. Kid Millions est du genre batteur doué. Ca cogne à tout va et propulse vraiment l'ensemble contre les murs. Les structures fonctionnent sur le mouvement répétitif, ça couine, ça larsen, ça vibre, c'est épileptique, sans concession et complètement tripant. Ecouter le dernier morceau " chrome hearts ". A bout de souffle. Un grand album de rock bruitiste.

SKX (14/05/2005)
website groupe www.exmodels.org
website label www.x-mist.de | www.psychoticarecords.com

Ex-Models / Holy Molar
Split 7''
Three One G 2004

Amis cartésiens, passez votre chemin! Sur 31G records, la musique rythme rarement avec logique. Dans Holy Molar, c'est à genoux sur le prie-dieu. Trois membres de The Locust (entre autres), Ron Avila, éternel batteur des Get Hustle, Antioch Arrow. La valse à trois temps et vomi. On a beau retrouvé un synthé de folie, ces 2 morceaux peuvent prétendre s'appeler comme tel et ne joue pas la même partition que The Locust. Le jeu de Avila toujours très Birthay Party, tribal et lugubre. Un chant hargneux qui lamente toute sa misère. 2 titres très syncopés, d'une fièvre blanche et bruyante. Excitant. Ex-Models a du répondant. Eclatement des structures autour d'un rythme convulsif. Cris de vautour qui cherche sa proie. Ex-Models a définitivement quitté le giron de Gang of Four et Wire pour n'en garder que l'âme et le nerf. Quatre bombes incendiaires sans se soucier des survivants.

SKX (09/01/2005)
website groupe www.exmodels.org | www.threeoneg.com/holymolar
website label http://www.threeoneg.com


The Ex
Turn - 2xCDs
Vicious Circle 2004

Immortels The Ex qui laissent aux scribouillards de tous poils le soin d'écrire leur histoire. Le regard toujours porté vers l'avenir, The Ex continue, vaille que vaille, malgré le départ, un de plus dans leur longue aventure (après tout ils ne sont plus que 2 d'origine) mais celui-ci de poids. Luc, le bassiste depuis 19 ans, douloureuse séparation qu'une Rozemarie remplace, armée de sa contrebasse. Le destin, ne pas s'attarder. La nouvelle ligne d'horizon se porte au sud, sur ce continent africain qu'ils chérissent tant. Puis, dans un nouvel élan, tout reprendre à zéro. Deux tonnes de nouvelles compositions plus tard, nos Hollandais voient double. Trois quart d'heure chacun de musique, ces deux cédés décèlent milles trésors ramenés des sables d'Erythrée. La propension quasi vitale de The Ex à se nourrir d'influences multiples, les oreilles, les yeux, le cœur en éveil, l'ébullition constante et puis tout malaxer dans leur usine à gaz. La moulinette de The Ex, formidable machine qui va chercher dans les musiques traditionnelles africaines des compositions clairement inspirées (" theme from Konono " et " Huriyet ", Katrin la batteuse au chant et nous à genoux) ou avec force magie noire, en tirer toute la substantifique moelle, s'approprier l'âme des ancêtres et vous jeter, avec fulgurance, à la tronche, leurs interprétations, Exiennes jusqu'au tréfonds de la chair. Dans le verbe et dans le geste, The Ex est toujours noblement punk. En colère dans ces guitares bouillonnantes, tout est rythme, la transe, la fièvre de la jungle, la tension insufflée en boucle, The Ex, pas aujourd'hui qu'ils vont se calmer. La basse n'est plus. La contrebasse joue une autre partition, apporte fluidité et quand elle utilise l'archet, c'est vers l'univers de Tom Cora avec The Ex que l'on glisse (le très beau " The idunno law ", le morceau pignant, comme sur chaque album de The Ex ou encore " Sister "). Remettre l'ouvrage sous un nouvel éclairage. Garder les bases mais continuer à faire trembler les murs. Faire avancer la boule en y ajoutant à chaque rotation complète une couche essentielle. La patine des ans avec des échardes toujours nombreuses, rester sur ses gardes, la créativité sans cesse, les lauriers écrasés, Sélassié reconnaîtra les siens. Il règne sur cet album une atmosphère fiévreuse, un sens du rythme qui tourne à l'hypnose (et on connaît l'importance du rythme chez The Ex), un souffle chaud descendu sur les chères têtes blondes de notre tribu hollandaise, possédée par des voyages salvateurs dans le berceau du monde, ces terres indomptées et fougueuses. Normal que The Ex s'y reconnaisse. Ce monde qui les inspire tant, des sons aux paroles tirées de poèmes de Virginia Grütter, Cornelis Vreeswijk ou Anne-James Chaton, poète moderne, vu sur leur récente tournée, et sa litanie de la vie ordinaire pour clore cet album. Ce monde qui les révolte toujours autant, un brin de cynisme en plus mais l'énergie de jeunes poulains. "We need poets, we need painters" clame GW Sok pour ouvrir l'album. On a surtout besoin de The Ex!

SKX (02/01/2005)
website groupe http://www.theex.nl
website label http://www.viciouscircle.fr
sounds poets.mp3 | track2.ram

Elodea
Cataclysmic - CD
Basement Apes / Fuck Yoga 2006

Elodea plombe l'ambiance. Du fin fond de sa Slovénie natale, les quatre gais lurons s'amusent à péter les frontières et assènent une lourdeur pas possible. Genre de Catharsis de l'Est au ralenti. Des riffs qui puent la grisaille. Le gros grain est de sortie. La voix aussi, avec un gros chat de gouttière qui lui traîne au fond du gosier et c'est pas la meilleure chose qui lui soit arrivé. Pour sa santé et nos oreilles. Bref, on dit dans les milieux autorisés que c'est du doom ou du sludge. Un hardcore mutant pour dépressifs. Qu'importe. C'est surtout du vu et du revu, alignant tous les clichés et poncifs du genre. Sans doute un chemin de croix de choix pour les aficionados du style mais c'était pas la peine d'en importer de Slovénie.

SKX (18/11/2006)
website groupe www.spreadtheelodea.com
website label www.basementapesind.com | www.fuckyoga.tk
sounds unmonstre.mp3

Enablers
Output negative space - CD
Neurot 2006

Enablers, ça s'écoute comme un roman. Le chant parlé de Pete Simonelli. La musique narrative des trois autres musiciens. Deuxième tome pour le groupe de San Francisco. Simonelli continue de feuilleter les pages de poèmes que l'on dit inspirés par Kerouac et Burroughs. Toute cette Beat Generation m'a toujours gonflée et je me dis que c'est pas plus mal que je pige quedal à ces paroles. Et puis ya pas besoin de comprendre pour se sentir concerner et plonger dans cette ambiance noirâtre. On se doute bien qu'il ne raconte pas son weekend à Disneyland ou le passage à l'euro. Se laisse emporter par ce flot contrôlé d'injonctions, de narrations appuyés déclamées avec les tripes et le cœur, prémices de prestations lives mouvementées où le bonhomme écrit ses plus belles pages. Quant à la musique, elle reprend là où End Note s'était terminé. Un fil conducteur qui se passe de la trame habituelle, évoluant au gré des humeurs enflammées de guitaristes inspirés. Un album encore plus explosif, laissant dans les volutes littéraires de Simonelli des traces mélodiques plus insistantes. Entre touchés jazzy et élans foncièrement rock et Slint-ien, les compositions vous laissent entre contemplation et colère sourde. On est prêt à leur laisser sa petite sœur en garde et ils vous la rendrent tout chiffon. Un groupe à part à l'écriture aiguisée d'où émane une force tranquille. Apte à tromper plus d'une personne avec des intentions troubles.

SKX (14/09/2006)
website groupe www.enablerssf.com
website label www.neurotrecordings.com
sounds SuddenInspection.mp3

Envy
Insomniac doze - CD
Rock Action 2006

Le monstre sacré nippon. Quinze ans de labeur. Une discographie solide et explosive, un typhon inébranlable. Qui ne pouvait terminer sa folle course que dans un mur lapidaire si Envy ne changeait pas la donne. 2003 et A dead sinking story les voyait ménager la bête, prendre le pouls d'un certain hardcore qui se la joue très mélodique et ambiant, cadence ralentie et germes post-rock dans un hardcore jusque là sans concession. Le hardcore des Japonais a toujours consciemment tiré sur la corde de l'émotion et du lyrisme. Mais c'était vrillé aux tripes. Cette fois-ci, c'est mort et enterré. Insomniac doze continue de creuser, avec méthode et calme, à tailler ses longues compositions qui s'étendent dangereusement au-delà des dix minutes (Crystallize, The unknown glow), à épancher ses longues digressions dans un massif sonore propre à contrer tous les tremblements de terre, lézardées comme il se doit par de brusques raz-de-marée pour se remémorer le bon vieux temps. C'est parfois poignant, la marque de fabrique historique reste encrée à jamais, décrochant quelques pointes acérées, sursaut d'éveil. C'est surtout long et vain, beauté futile qui se mord la queue pour un Insomniac Doze qui a trop forcé dessus. Une dose de cheval nous plongeant peu à peu mais sûrement dans une torpeur qui atteint laborieusement ces soixante minutes. Envy prend des rides, évolue dans un virage où il troque sa légendaire intensité pour un truc consensuel et pas franchement inspiré, apparaissant en fin de course. On se demande ce qu'ils peuvent encore avoir à dire après un tel disque.

SKX (30/09/2006)
website groupe http://www.sonzairecords.com/envy.html
website label http://www.rock-action.co.uk
sounds http://www.rock-action.co.uk/index.php?s=media

Ephel Duath
Pain necessary to know - CD
Elitist / Earache 2005

Plus tarabiscoté tu meurs ! Ephel Duath est une machine à concasser du rythme. Un labyrinthe vicieux pour perdre l'auditeur suffisamment fou qui a eu l'inconscience de vouloir mettre le bout de son orteil gauche dans une telle machination. Dillinger Escape Plan serait un long fleuve tranquille à coté. L'Italie, ce n'est pas que des pizzas qui s'écrasent. C'est aussi le Vésuve qui éclatent. Ephel Duath, de sa botte italienne, a plus d'un tour dans son sac. Et les méandres, quand on est originaire de Venise, on maîtrise. Les racines de la section rythmique plongent dans le jazz et le funky (ça c'est pour le bassiste) pendant que le guitariste (Davide Tiso, seul membre originel du groupe) et le chanteur ont fait leurs gammes dans les musiques extrêmes et le black metal. Ce troisième album d'Ephel Duath doit donc beaucoup à la confrontation de ces deux mondes. Le jazz, ses structures ambitieuses, assimilé à une rage hardcore/metal (on est quand même sur Earache merde). Ca nous donne un caractère imprévisible et bien trempé. Versatilité des rythmes, contre-pieds multiples. C'est presque déraisonnable mais le gang italien le fait avec une maîtrise consommée. Ca peut dérouter, voir agacer mais Ephel Duath ne surenchérit pas dans la virulence sonore. Débauche de compositions complexes mais pas de violence gratuite. Explosions éparses et précises d'hurlements de gouttière. Ephel Duath ne laisse rien au hasard. L'inconscience a du bon mais faut pas en abuser.

SKX (05/03/06)
website groupe www.ephelduath.net
website label www.elitistrecords.co.uk | www.earache.com
sounds VectorThirdMovement.mp3 | pleonasm.mp3

The Expectorated Sequence
Hairbomb - CD
New Romance For Kids 2005

L'album débute par une sirène qui ouvre, non pas le bal des pompiers, mais les hostilités. Les gars de Montréal sont prévenants. Car la suite, c'est du rock frontal. Un truc sans concession nourri d'extrême. Expectorated signifie quelque chose qui favorise la décharge ou l'expulsion du mucus de la région respiratoire, dixit leur bio. Eux en plus le font en série. Ca va mieux après. Une sale mitraillette qui crache quinze morceaux en vingt minutes. Des glaviots macérés qui sortent de leur bouche aliénée. Servitude. Décrépitude. Et là où ils le jouent gagnant, c'est (contrairement à des groupes comme Daughters ou The Locust avec qui ils sont trop facilement comparés) dans leur proportion à écrire de véritable brûlots rock consistants. Bruit et fureur certes, titres ramassés sur eux-mêmes mais qui gardent toujours un certain souci de lisibilité, des portes de sorties pour prendre une bouffée d'air à la manière d'un Orchid avant de replonger dans la chaudron bouillonnant. Opposition entre des morceaux presque poignants comme The prolonged disaster ou I am the best person ever à la mélancolie sous-jacente et des fulgurances du calibre de Whores and assholes et Enfant de chienne, appel direct à l'émeute. The Expectorated Sequence abreuvera de contentement pêle-mêle tous les amoureux de hardcore, screamo, punk et metal. Ou plus simplement ceux qui aiment le rock à la frénésie bien placée. Ce quatuor canadien, après deux essais en format court, passe la séance du premier long jet avec mention.

SKX (23/07/2006)
website groupe www.geocities.com/theexpectoratedsequence
website label www.newromanceforkids.com
sounds theExpecto.mp3

Explosions in the sky
The rescue - Travels in constans Vol. 21 - EP
Temporary Residence 2005

J'avoue avoir décroché de l'affaire depuis le deuxième album qui les avait révélé those who tell the truth… Devenu par la suite qu'un groupe post-rock instrumental de plus, s'étiolant trop vite dans le sillage de Godspeed You. Le disque suivant démentait son titre The earth is not a cold dead place. Mortel, fade et surtout prévisible, on se faisait royalement chier mais avec tact (pas comme ce vocabulaire). Cette nouvelle livraison est présentée comme un court format. L'engin dépasse quand même la demi-heure. La cause à la série dans laquelle s'inscrit ce disque. Le 21ème volume de Travels in Constant initié par le label new-Yorkais Temporary Residence qui a vu défilé Mogwaï, Rumah Sakit ou encore Songs : Ohia. Que de la vente par correspondance de ces disques d'inédits uniquement en format cd et à tirage limité. C'est surtout le concept que je trouve limite… Enfin bref passons. Ce n'est pas encore avec cet album que l'on va pouvoir dire que Explosions in the sky a fait l'école du cirque. De Day one à Day eight, ce sont huit morceaux. Un morceau par jour pendant une semaine et basta. Une révolution pour les Texans. Le résultat ne décongèlera pas la banquise mais le groupe abandonne sa construction routinière de la montée crescendo avant l'explosion attendue et la retombée du soufflet. Tout flotte sur un tempo régulier, embué dans un vague à l'âme distant. EITS a sorti la boite à pastel. Délicat, mélodieux, ambiance minimaliste, arpèges célestes, il faut attendre le sixième jour pour un semblant d'amplification… qui ne dure que l'instant d'un commencement. Huit jours, c'est long. Si notre Créateur bien aimé avait mis les bouchées doubles pour remuer terre et ciel et sortir le grand jeu (que de la frime), Explosions in the sky se contente de peu (jeunesse dorée). Ils rompent avec les habitudes mais persévèrent avec la monotonie. L'éclat du vide.

SKX (25/02/06)
website groupe www.explosionsinthesky.com
website label www.temporaryresidence.com
sounds DaySix.mp3

Each Other
This is my other pack of cigarettes - CD
Self-released 2004

Alors… c'est l'histoire d'un mec rencontré par hasard sur la toile autour d'un Jumbo et qui me parle de ce groupe dingue répondant au nom commun de Each Other. Des potes à lui qui existe depuis 2003 et puis qui n'existe plus et puis qui existe encore. Bref, un trio bordélique qui a trouvé le temps et l'organisation pour enregistrer un CD en 2004. This is my other pack of cigarettes. Ne me demandez pas à quoi ressemble la pochette. Cet objet, c'est l'homme invisible. Mais les chansons dessus passent allègrement les frontières du virtuel et effectivement, ça mérite que l'on s'y attarde. Trois énervés avec un chanteur à temps complet, un batteur barbu (personne n'est parfait) et un homme au four et au moulin se débattant avec sa guitare, sa basse et ses claviers. Le chanteur, c'est un peu le cousin germain de Al Johnson avec ses intonations tout en uh-huuh et un panel général de voix débilo-hystériques dont il doit être très fier en plus. Un bon point pour lui. D'ailleurs ce chant n'est pas le seul point commun avec US Maple (particulièrement sur le morceau Strawbery Birthmark). Mais en plus nerveux et volubiles, tendance Shorty versant Trumans Water. C'est explosif, jouissif à mort et on se demande pourquoi rien d'officiel n'est sorti. Si ce n'est que le groupe n'en a rien à foutre. Each Other a sorti aussi un trois titres sous forme de cassette (Buzz Told casssingle) où on retrouve Strawbery Birthmark mais la UK version (?) et Buzz-Todd qui passe pour le morceau principal et surtout pour un gros clin d'œil foutraque à Arab on Radar. Le groupe a décidé de se remettre ensemble fin 2006. Ils étaient censé sortir un split CDr avec Golden Retriever au printemps dernier et ont planifié un nouvel album pour 2007. Mais ça, c'est une toute autre histoire…

SKX (28/10/2007)
website groupe http://www.myspace.com/eachother

Edible Woman
The scum album - CD
Psychotica - Ame - Bloody 2007

Ca commence par un court bidouillage electro-harsh qui monte en puissance…. Vous vous dites que c'est juste pour se chauffer, tout va bien se passer. Et le morceau suivant confirme. On respire. La tonitruante section rythmique fait son entrée dans l'arène. On est en terrain connu. Terrain miné par cette basse punitive mais connu. Le magnifique album précédent vous revient aux oreilles. Territoire noise, rock, comme on l'aime à Chicago et dans bien d'autres endroits maintenant. Et puis le troisième morceau calme à nouveau vos ardeurs. Une mélodie au piano, un chant clair et mélodique qui a tendance à me hérisser le poil. C'est le syndrome 90 Day Men. Comme une touche seventies pour un rock qui hésite sur ses intentions. La section rythmique a beau se pointer, on ravale sa salive. Quelquechose à changer chez les italiens de Edible Woman mais quoi ? On regarde les notes de pochettes… Mais oui, mais c'est bien sûr. Il n' y a plus de guitariste ! Exit les cordes tapageuses et vénéneuses. La guitare est un synthé et forcément, ça change tout. La section rythmique fait un travail remarquable. C'est le lien historique avec le Edible Woman d'avant et quand elle envoie le bois, ça ne moufte pas dans les rangs. L'intérêt principal du disque réside là. Des morceaux comme Mystic river ou Nothing vous soufflent un bon coup dans les bronches. Après, les parties chantées et l'utilisation qu'ils font du synthé qui sonne tour à tour comme un réel piano ou un orgue ou un truc pour balancer des sons retors, j'avoue, je suis moins fan. Un deuxième album qui fonctionne sur courant alternatif. Le saxophone est même de sortie sur l'instrumental Mouseman qui pourrait presque faire penser à du Marvin ! Pour sûr, le Edible Woman a personnalisé son homme mais la formule ne présente pas toutes les assurances requises pour passer un moment sans encombre de bout en bout. Le mélange entre cette virile rythmique et les douceurs de la voix, des mélodies qui se dévoilent et ces sonorités électroniques ne gagnent pas à tous les coups. Loin de là. En plus, quand ils ont le mauvais goût de finir l'album comme ils l'ont commencé mais en beaucoup plus long et après deux minutes de blanc, ça vous laisse salement songeur. Nouvel essai que trop peu concluant.

SKX (28/06/2007)
website groupe www.ediblewoman.it
website label www.psychoticarecords.com www.wallacerecords.com/amerecords/index.htm | www.myspace.com/bloodysound

Experimental Dental School
Jane doe loves me - CD
Cochon 2008

Mais qui est donc cette Jane Doe inspirant tant les titres des groupes toutes tendances confondues ?! Renseignement pris, Jane Doe est le nom donné à une personne non-identifiée (John Doe pour les messieurs), l'équivalent de notre Madame X. Je me coucherais moins con ce soir. Une parfaite inconnue aime donc Experimental Dental School. Le groupe d'Oakland n'ait pas à une bizarrerie près. Rien que leurs pochettes valent un rendez-vous chez le psy. Un miroir de leur étrange monde musicale. Ce troisième album ne déroge pas à la règle. Le trio déclare qu'il leur a fallu dix fois plus de temps pour enregistrer Jane Doe loves me. On aurait donc pu s'attendre à une barre de l'étrange placée à des hauteurs vertigineuses, d'un endroit tellement élevé que les têtes se perdent, une surenchère dans le baroque et le collage sonore propre à éclater le peu de neurones qu'ils nous restent. Il n'en est rien ! C'est même l'impression contraire qui prédomine. Greg Saunier (batteur de Deerhoof) est toujours derrière les manettes et EDS donne justement la sensation d'emprunter de plus en plus le chemin de Deerhoof. La patte Experimental, la touche Dental et l'école déviante sont là mais dans un style plus coulé et apaisé. Ou alors voulaient-ils dire qu'il faut beaucoup plus de travail pour rendre limpide leur extravagance habituelle… Que tout ceci est une fausse impression, rien n'a changé, il fallait juste prendre son temps pour articuler leur bordel et rendre une copie plus propre… ?? Catalogué groupe art-rock dans le lointain sillage d'un Devo, EDS continue pourtant de mettre du punk-rock dans ses bulles, de malmener son Casio, de fracturer ses rythmes de batterie, de sortir de sa poche secrète des samples insolites et des lignes vocales tordues. Le tout est saupoudrer d'un peu plus de morceaux sautillants, de ballades felliniennes comme le très beau titre final Zeroeth Birthday. Des petites touches impressionnistes, des ballades perverses qui font toujours de EDS un étrange objet de musique attirant qui ne se prend pas au sérieux. Cet album est sans doute aussi bon que les précédents. C'est juste que l'effet de surprise n'est plus là. La formule est bien cernée. Le mystère se dissipe. Jane Doe n'est plus une inconnue.

SKX (30/04/2008)
website groupe www.experimentaldental.com
website label www.cochonrecords.com
sounds www.experimentaldental.com/listen.php

Einsturzende Neubauten
Alles wieder offen - CD
Potomak 2007

Je n'avais pas du tout prévu de parler de cet album de Einsturzende Neubauten. Ils font parti du paysage depuis tellement longtemps qu'on oublierait presque leur présence. Phrase sacrilège vu l'apport considérable des Allemands à la musique en générale ! Mais il faut bien avouer que le meilleur est derrière eux. Comme dit Thurston Moore dans le n° 4 de Noise, tu n'es nouveau qu'une seule fois, même si tu peux te réinventer, tu ne retrouves jamais la force motrice primale du début. (Il ne dit pas que des choses incompréhensibles le père Moore !).
Mais voilà, le premier morceau de ce disque m'obsède totalement. Die Wellen est son nom et j'ai dû l'écouter une centaine de fois, rien que lui, indépendamment de tout le reste du disque. Indépendamment de toute logique. Un morceau d'une grande simplicité, presque facile mais dont la puissance émotionnelle me met à chaque fois sur les genoux. Un morceau construit sur une montée, une grande et belle montée où chaque seconde gagne en intensité, où chaque seconde vous met à cran pour aboutir à plusieurs minutes qui ne peuvent que s'achever dans une explosion salvatrice qui ne viendra pas, le morceau vous laissant en lambeaux par un simple phénomène d'évocation terrible. Deux notes de piano répétitives renvoyant l'écho de Seele Brennt, le grondement grandissant d'une basse et surtout, la voix de Blixa Bargeld, cette diction distincte, cette façon claquante d'articuler chaque syllabe, le rythme qu'il donne à chaque mot, renforcée par la force rugueuse de sa langue natale. Jamais l'Allemand n'aura aussi bien sonné. Et quand au bout de deux minutes et quarante-huit secondes apparaissent les violons, cet artifice aussi pompier que génial, envoie Die Wellen en apesanteur, dans des sphères dont vous ne pensiez pas Einsturzende Neubauten capable d'atteindre à nouveau. Une sphère où vous avez envie de vous arracher à vous-mêmes, celle où Armenia, Sand, Negative Nein, Yu-Gung et autres morceaux mythiques de Neubauten tournent en orbite pour l'éternité.
Après une telle entrée en matière, tout le reste apparaît fade. En fait, avec ou sans Die Wellen, ça n'aurait rien changé. Une suite tranquille de ballades douces amères qui n'ont rien de déplaisantes sinon qu'elles ont le défaut d'être sans relief. Sans nerf. Sans tension interne. Un groupe de rock de pères peinards. Nick Cave à coté apparaît comme un jeune poulain tout fou. Il faut attendre le huitième morceau et l'imprononçable Unvollstaendigkeit pour retrouver de l'intérêt à cet album. Neuf minutes pendant lesquelles Neubauten retrouve de la noirceur, de l'épaisseur, de la fracture et même sur la fin, bien enfouis mais audibles, les cris déchirants de Bargeld dont il s'était fait la spécialité, ce chant qu'il a désormais rendu grave et apaisant. Ce morceau et le titre de clôture, Ich Warte, une ballade là aussi mais dont les arpèges acoustiques en boucle trouvent leur cible, soutenus sur la fin par une rythmique ferrailleuse comme on aime. Nous aussi, nous attendons. Ou plutôt, nous n'attendions plus grand chose de Einsturzende Neubauten. Thurston Moore a raison. La force motrice primale est bien morte et enterrée. Mais tant qu'il y aura des étincelles comme Die Wellen et que le corps bougera toujours, on continuera d'écouter tourner le moteur.

SKX (15/02/2008)
website groupe www.neubauten.org

El Chupa Cobras
Self-titled - CD
Acerbic Noise Development 2008

En plein milieu de la Bible Belt, El Chupa Cobras sont de drôles de paroissiens. En plus d'avoir un drôle de nom. Va se répandre goutte à goutte sur le trottoir. Montgomery, l'Alabama, la rue s'expose à de nouvelles souillures. A l'instar de Steve Austin qui aime s'entourer de gens pieux pour délivrer son vice, El Chupa Cobras, faut que le venin sorte. Et si il est fait mention de Today is the Day, c'est l'époque Supernova qui est en jeu. La meilleure. Quand le metal, quelque soit la chapelle d'origine, n'est pas que du metal. Quand le hardcore des familles qu'on sent bouillir sur les bords n'est pas que du hardcore bas du front. Quand le noise-rock bouffe à plusieurs râteliers et s'enrichit sans remords d'autres courants. Alors El Chupa Cobras sort du bois. Coutumiers de l'ombre, ils affichent au grand jour une palette large mais totalement cohérente. Le Dazzling Killmen de Dig out the switch, que ce soit dans la voix qui est loin du cliché d'hurleur patenté ou dans certaines attaques de guitares et la pression qu'elles infligent. Voir même du Sicbay pour les titres les plus nerveux de l'ancienne troupe de Nick Sakes. Des morceaux courts, tendus, n'hésitant pas à afficher une belle technique et un art du chaos juste ce qu'il faut. Des rythmes frénétiques, une caisse claire qui s'enfonce dans le crâne, de belles descentes de manche à fond les ballons. C'est pour le versant Converge. La rue croise les doigts pendant que El Chupa Cobras récite sauvagement des psaumes sanctifiés. Il faut attendre le dernier morceau et les sept minutes de Chocolate Mask pour voir venir de la diversité de compositions jusque là trop homogènes. Le maillon faible que des écoutes répétées apprennent à apprivoiser mais quand même. Ca reste néanmoins très bon et je me convertis sans souci à ce premier album.

SKX (21/12/2008)
website groupe www.myspace.com/elchupacobras
website label
www.acerbicnoise.com

Electric Electric
Sad cities handclappers - CD
Herzfeld 2008

Electric Electric. 1 + 1 = 2. Une équation bien connue. La paire, ya en plus de deux comme eux. Oxes + !!! (Chick Chick Chick) mais ça serait insultant pour Oxes. Tentons Battles + New Order. Le rock contre la dance. Ou le rock avec la dance. On ne sait plus trop avec cette paire alsacienne. C'est là tout l'intérêt et tout l'agacement. Une vraie paire, pour le pire et le meilleur. Surtout que cette paire est une fausse paire et q'un troisième s'est greffé dessus, le surnommé Nighthawk, à l'origine aux manettes de l'enregistrement et aux claviers, tous sortes de claviers, désormais. Et comme tout groupe qui n'arrive pas à trancher, l'avis se met au diapason. Un coup, c'est bon. Un coup, c'est beaucoup moins folichon. Un coup, tu fonces tête baissée sans réfléchir. Un coup, cette mixture te porte sur les nerfs. Notez bien que personne ne leur demande de trancher. Ce ne sont pas les premiers à tendre des ponts entre les genres. Mais le mélange est toujours risqué et le groupe strasbourgeois n'évite pas quelques plans casse-gueule. Les handclappings de Hydraviolet, gimmicks dont ils abusent sur plusieurs morceaux (les mains dans les poches, c'est bien aussi), son chant, tout comme les mélodies vocales en général, rares, mais rappelant suffisamment les pires heures du mouvement shoegaze pour en demander plus. Des rythmes qui se veulent parfois tellement accrocheurs que cela en devient limite et bas du front, un saupoudrage électronique tendance et un esprit clubbing qui m'hérisse le poil que j'ai fragile. Mais c'est aussi tout ça qui en fait son charme. Insoluble. Tout et son contraire. Une batterie tour à tour binaire, entièrement tournée vers la pulsation dansante ou complexe, à cogner dans tous les angles. Des morceaux limpides, qui glissent sans vaseline, fait pour les foules et des bravoures bien bruyantes. Des titres comme Tchernovsky, Minimal = maximal ou Hydraviolet (encore lui) puissamment tubuesques, c'est presque énervant de facilité. Mettez ces morceaux à fond dans les enceintes pour faire patienter le public pendant un concert et en deux secondes, tout le monde dodeline de la tête ou tape du pied inconsciemment. A coté de ça, vous avez l'excellent Electric electric !, orgiaque, noise, presque qualifiable de math-rock ou le sombre et très beau Je t'aime, j'te jure. Des arpèges en boucles à la Battles et des riffs ultra simples. Un sentiment de transe noise qui vous envahit, genre Marvin de l'est. Je n'ai pas une sensibilité profonde pour certains de ces morceaux qui font instinctivement bouger le corps, mais je loue leur redoutable efficacité. Dans la chaleur d'un concert, l'effet doit être imparable. Dans l'intimité d'une pièce, on s'en lasse plus vite. Tout comme on se lasse de la longueur de l'album. 57 minutes, c'est bien trop. Court et direct, ils auraient mis tout le monde d'accord. Avec les quatre derniers titres dépassant les cinq minutes, leur formidable dynamisme se dilue et s'écrase lamentablement sur 1986, soit six minutes d'un drone, nouvelle arnaque musicale des temps modernes plus communément appelée pet de mammouth. Un premier album qui reste globalement percutant et prometteur, en espérant qu'ils se débarrassent de quelques tics et qu'ils resserrent l'écriture.

SKX (15/11/2008)
website groupe electric.electric.free.fr
website label www.hrzfld.com

Electric Wizard
Witchcult Today - CD
Rise Above 2007

L'année 2008 va être grande, c'est une évidence et tout le monde le sait : avoir beaucoup de pognon et être enfin heureux, relever les fondations d'une civilisation jusqu'ici vieillissante, se lever tôt mais pas pour rien, se sentir utile à quelque chose et fier de l'être. De manière incontournable Perte Et Fracas suit le mouvement. De récentes études ont en effet prouvé que lorsque une chronique parlant d'un groupe plus ou moins métallique est postée sur ce site, les statistiques de fréquentation de celui-ci montent en flèche. Alors racolons le quidam, optimisons le html et explosons les recettes publicitaires : aujourd'hui je vais vous parler d'Electric Wizard.
Ce groupe britannique est loin d'être une bande de petits jeunots (puisque formé vers 1993) mais en ce qui concerne le style musical qu'il pratique c'est bien pire, Electric Wizard fait du doom dans le sens le plus sabbathien du terme c'est-à-dire profondément marqué seventies et à tel point que ce Witchcult Today a été enregistré aux studios Toerag sur du matériel d'époque, là où Ozzy Osbourne et compagnie auraient également accouché de quelques uns de leurs chef-d'œuvres euh heavy metal (mais je ne peux pas vérifier, il n'y avait pas de notes de livret avec les mp3 de Black Sabbath que j'ai téléchargés). Le seul regret de Jus Oborn -chanteur/guitariste, grand sorcier et unique membre d'origine d'Electric Wizard- c'est d'avoir ce nom en forme de version raccourcie et pathétique de celui de son héro de toujours mais les comparaisons s'arrêtent là car Justin ne sera jamais aussi drôle qu'Ozzy, surtout lorsque celui-ci avait chanté Paranoid pour le jubilé d'Elisabeth II d'Angleterre en 2002. Enfin bref, trêve de pipoleries.
Ici tout est vintage. Le son navigue en plein brouillard analogique, la saturation a ce côté poisseux et sombre finalement assez inimitable. La voix du chanteur est toujours aussi lointaine et traînante -je tiens à préciser que si Jus Oborn ne sait pas chanter il n'en profite pas pour autant pour brailler sa race- et la musique d'Electric Wizard pourrait se résumer à cette atmosphère à la fois souple et lourde, opiacée et sexuelle, chargée de mélodies qui raclent le fond des oreilles avec rudesse mais splendeur. A la différence des précédents disques (l'incontournable Dopethrone en 2000 et We Live en forme de résurrection en 2004), Witchcult Today privilégierait presque les formats courts : les guitares ne partent pas en vrille dans de longues tirades chargées et psychédéliques mais jouent la carte du stable et du solide sans s'échouer sur le riffage de la facilité outrancière. Pour me faire mentir il y a les deux derniers titres -Black Magic Rituals And Perversions et Saturnine- qui renouent avec les ambiances cryptiques et labyrinthesques chères à Electric Wizzard, celles directement inspirées par les films de la Hammer et l'occultisme de pacotille qui donnent à tout ça un délicieux parfum décalé et anachronique. Quelques samples cinématographiques et un peu d'orgue agrémentent l'ensemble, les vieilles recettes ont peut être la vie dure mais elles restent efficaces.

Haz (30/12/2007)
website groupe www.myspace.com/electricwizarddorsetdoom
website label www.riseaboverecords.com

Elektrocas / Fetch !
Errantry in a circle / Kiasu - split 7''
Silver Rocket 2008

Très belle pochette, cartonnée épais avec ce qui ressemble à une sérigraphie, et à l'intérieur, une autre pochette en trois volets et un vinyl blanc de chez blanc, jusqu'au rond central. Il ya quelquechose de poétique qui se dégage de cet objet. Impression confirmée par la musique de ces deux groupes tchèques. Non pas que ce soit pour les pied-tendres. Ils ne donnent pas dans l'affecté de service mais leur hardcore joue sur la corde sensible. Pour Elektrocas, c'est le rayon Envy avant qu'ils ne ramollissent du bulbe. Une belle montée rapide, un état en suspension et une fin plus virile. Chouette morceau. Pour Fetch !, l'approche est plus rock'n'roll et dissonante. Le bon goût du classique dans la bouche. Un morceau qui tient tout seul, sans une tonne de références accrochées comme des casseroles, qui n'a l'air de rien mais est rapidement entêtant. La Tchèquie est toujours d'actualité et ces deux groupes à surveiller en attendant plus long.

SKX (30/11/2008)
website groupe elektrocas.czechcore.cz
website label www.silver-rocket.org

Enablers
Tundra - CD
Majic Wallet 2008

Ce groupe est un mystère. Comment un groupe faisant si peu de bruit - et là je parle du volume sonore, pas de la reconnaissance qui commence à venir - un groupe si banal dans son approche, une musique qui donne l'impression d'avoir été entendu des centaines de fois, bref, comment un groupe qui ne paye pas de mine arrive-t-il à nous captiver de la sorte ?! Ne comptez pas sur moi pour donner une explication. Mais avec ce troisième album, le charme opère toujours. Deux guitaristes qui tricotent dans leur coin, un batteur qui semble parfois dormir, la voix de Pete Simonelli qui parle de textes dont le Français moyen ne pige rien, on a connu des démissions pour moi que ça. Mais allez comprendre pourquoi, avec Enablers, ça marche. Notez bien qu'il faut de l'attention pour cette musique. Pas le genre à s'écouter distraitement en s'acquittant d'une seconde tâche car là, Enablers peut rapidement devenir insipide. Une musique de fond qui ne dérangera personne. Et c'est sans doute dans cet art de la sourdine que réside une partie de l'explication qui ne devait pas voir le jour. Je ne sais plus qui disait que pour se faire remarquer, soit il faut gueuler le plus fort, soit rester silencieux dans son coin. Enablers tente la seconde option. Il faut toute sa sensibilité pour capter les différentes intonations graves du conteur Simonelli, le travail d'orfèvres des deux guitaristes Goldring et Thomson, comment ils se complètent, se répondent et définitivement tendre l'oreille pour le jeu tout en touché du batteur Joe Byrnes. Forcément, dans ses conditions, quand ils élèvent le ton, ça s'entend tout de suite et ils maîtrisent également bien l'art du coup de gueule. Mais la magie du groupe de San Francisco, c'est de suggérer, de vous amener en douceur dans leur monde, de vous bercer dans leur aigre mélancolie et donner des coups de griffes calculés. A moins que Enablers nous donne eux-mêmes les clefs avec le titre du premier morceau, A Blues, ce bon vieux truc qui ne cesse de se décliner depuis près de cent ans. Et leur blues est cette fois-ci encore plus personnel. Enregistré pratiquement à la maison, par leurs propres moyens pour un label inconnu alors qu'ils étaient peinards sur Neurot records. Enablers se retire sur lui-même, vague d'introspection dont ils retirent encore plus de force. Des morceaux courts, sans fioritures, un son brut et chaleureux, à peine quelques chants pour seconder Simonelli sur The Destruction most of all. Tout le reste va droit au but. Sans véhémence mais c'est dit, avec précision et conviction. The Achievement connaît une sérieuse cure d'amaigrissement par rapport à la version 12'' et ce n'est que meilleur. Tundra vous emmène vous y perdre, tout en colère grondante. Februaries est nerveux et entre toutes ces pointes, c'est lévitation assurée. Enablers, c'est ce cheminement continuel entre béatitude et tension voilée. Non, vraiment rien de nouveau mais eux le font mieux que tout le monde. Et quoi de plus normal que de finir un album par une reprise de Nina Simone quand il a débuté par un blues. Four Women, l'histoire de quatre femmes dans le corps d'une même pécheresse, métaphore évidente et idéale pour quatre pauvres ères qui partagent les mêmes souffrances et possèdent toute la finesse requise pour les mettre en musique.

SKX (02/10/2008)
website groupe enablerssf.com
website label majicwallet.com | www.lancashireandsomerset.co.uk

Enablers
The Achievement - 12''
Awesome Vista records 2007

Enablers est au travail, un nouvel album est sur le feu, probablement pour la fin de l'année. En attendant, le groupe s'offre une petite pause sous la forme d'une tournée européenne en Grande Bretagne, Belgique, Pays Bas et en France la deuxième quinzaine de mars. Il y a aussi ce vinyle gravé sur une seule face et comportant un long titre de presque neuf minutes, publié sur un micro label et emballé dans pochette cartonnée et très colorée. Le tout est le premier essai d'une série intitulée art and music, avec un nom pareil ce n'est pas la peine d'en rajouter. Cet objet est avant tout une histoire d'amitié avec le graphiste Chris Johanson, copilote du label Awesome Vista records et responsable donc de la sérigraphie représentant un paysage urbain saturé d'activité humaine. A l'intérieur une photocopie donne à lire un texte de Pete Simonelli, The Achievement, celui-là même qu'il interprète/raconte avec son habituelle maestria sur l'enregistrement. The Achievement devrait rester totalement inédit, à l'inverse de New Moon Knockdown paru lui sur un split single partagé avec Redpanda pour le label britannique Lancashire And Somerset mais qui apparaîtra sur le nouvel album dans une version retravaillée et réarrangée.
Mais revenons à The Achievement. Des écoutes répétitives et intenses me forcent à utiliser cette vieille scie -c'est bien facile mais très pratique- qui consiste à affirmer que l'on tient là le meilleur titre de Enablers depuis longtemps. Sans déconner. The Achievement démarre par un thème sublime aux guitares -toujours cette sacrée paire constituée de Joe Goldring et Kevin Thompson- avant que Pete Simonelli ne développe progressivement son art de la tension et du spoken words. La musique est parfaitement drivée par le batteur Joe Burns, l'intensité monte avant que tout ne s'étiole dans un final de guitares crissantes et disparates, le jeu de percussions passe en mode intermittent (bien que restant éventuellement menaçant) mais la voix garde cette profondeur et cette vérité inaltérable. Après une première partie de titre classiquement post rock noisy, Enablers a choisi la voie d'une ambiance spectaculairement débarrassée de tout repère trop visibles mais imposant l'évidence : histoires de ville, de rues, de trottoirs, c'est comme si on y était, comme si on savait comment s'y diriger tout en se sentant complètement paumé. L'histoire c'est qu'au départ la musique ne durait pas assez longtemps pour accompagner toute la verve de Simonelli. Enablers s'était donc lancé à la suite dans une impro, enregistrée en prise directe, qui s'est révélée d'une justesse déconcertante, un écrin parfait. C'est subtilement beau et passablement inquiétant. C'est même incroyablement crédible alors qu'il ne s'agit bien sur que d'un truc inventé.

Haz (17/02/2008)
website groupe enablerssf.com

Eniac
Newsticker / 7000000 years - 7''
X-Mist 2007

C'est donc sur ce joli 45 tours imprimé sur du carton épais par Armin X-Mist que Eniac a choisi de se saborder. Et, grands seigneurs, le groupe de Hambourg a glissé un DVD à l'intérieur. Après deux albums (Au revoir tristesse et Oh ?), Eniac met le clé sous la porte. Sans raisons particulières sans doute. Comme des milliers d'autres avant eux. Et c'est bien dommage bordel !! Ces deux inédits prouvent qu'ils n'étaient pas encore au bout du bout de leur inspiration. Ne vous fiez pas au 45 sur la galette d'un beau bleue. C'est en 33 que ça tourne et ce Newsticker tourne on ne peut mieux. Un de leurs meilleurs morceaux tout simplement. On retrouve toute leur finesse dans le bruit, une basse volubile, un rythme fracassant mais entraînant, cette mélodie insinuante. Un tube en puissance. Sur l'autre face toujours à la même vitesse, 7000000 years before Eniac donne immédiatement des fourmilles dans le déhanchement. C'est le coté dansant et catchy que Eniac a toujours eu, surtout sur la fin. Avec une voix - et ça ne m'avait jamais autant interpellé auparavant - qui a de faux airs de Jello Biafra ! Brûlez votre dernier Chinese Stars, Eniac le fait beaucoup mieux. Pour la version image et son, le DVD présente 3 vidéos et une session photos souvenirs. Les vidéos des deux morceaux présents sur le 45 plus Eye Candy, un morceau qui m'a tout l'air d'un inédit. Bonnard. Des vidéos qui sentent bon le bricolage où les idées burlesques remplacent les moyens. Vous avez peut-être vu Flo le batteur sur la tournée de Experimental Dental School qui sillonnent les routes européennes à l'heure actuelle pendant que les trois autres membres ne devraient pas en rester là. Et si vous traînez vos guêtres du coté de Hambourg le 9 décembre prochain, passez donc voir la split-up party de Eniac en compagnie de leurs potes Kurt et Confused. Merci, bonsoir.

SKX (28/10/2007)
website groupe www.e-n-i-a-c.de
website label www.x-mist.de

Eniac - Experimental Dental School
Split CD
The Company with the Golden Arm 2006

Deux groupes, deux pays et autant de possibilités. Autant de manières pour détourner le rock. Façonner le bruit brut, en faire quelque chose de ludique, jouissif, bizarre. Que l'on vienne de Hambourg ou de San Francisco. Eniac, les Allemands, avaient commencé les hostilités classiquement. Quelques bières plus tard, tout est parti en couilles. Subtilement. Avec recul et sans recueillement. Que les Américains de Experimental Dental School soient sur leur chemin n'est que justice. Appelons ça le destin. Ces deux groupes se sont trouvés. Non seulement par le biais d'un label allemand qui sonne comme un James Bond mais surtout par une musique qui ne s'arrêtent pas à des règles pré-établies. Eniac et EDS présentent trois titres chacun. Chacun présente un titre caché. Si vous avez bien suivi, ça en fait huit en tout. Eniac, c'est l'école noise-rock pervertie par un abandon et la perte des clichés. Trois morceaux alliant le sens de la mélodie et l'inconvenance. Le bruit décalé, l'esprit frappeur et le corps léger. San Francisco étant encore plus à l'ouest, il n'est pas étonnant que la musique de l'école dentaire suive le même chemin. Le casiotone ne vous lâche pas les gencives. La polka ne tourne pas russe et les verres ne sont pas d'argent. Une expérience inhabituelle qui s'anime et se nourrit de fantômes identiques pour un rendu tout aussi dansant que tordu. Les deux groupes ne se sont pas foutus de notre gueule. Ce split ne réunit pas des fonds de tiroirs. Ils ont puisé dans les forces vives. Seuls les hidden tracks instrumentaux méritaient leurs noms. Quoique se faire arracher une molaire par celui de EDS doit valoir son pesant de cacahuète.

SKX (27/10/2007)
website groupe www.e-n-i-a-c.de | www.experimentaldental.com
website label www.tcwtga.org
sounds thumbs_up_for_all.mp3


Enablers
Now you can answer my prayers - 10''
Lancashire and Sommerset 2009

Ce qui est bien avec le label Lancashire and Sommerset, c'est que vous n'êtes jamais déçu par l'emballage. Rien que le nom du label en impose. En guise de joyaux de la couronne, on a une pochette cartonnée dans une couleur qui donne envie de boire un breuvage que les Anglais adorent (surtout chez nous) avec un lettrage doré en surimpression du plus bel effet. Par contre, ce que je n'ai jamais compris, ce sont tous ces labels qui pressent des disques avec la musique sur une seule face et de l'autre coté, un dessin, ou un gribouillage qui y ressemble, gravé à même le vinyl. Effet pictural médiocre. Tu prends, tu retournes et tu oublies à jamais. Intérêt néant.

J'étais pas loin de penser la même chose du contenu. Mais comme chaque nouveau disque d'Enablers a tendance à provoquer ce léger malaise avant de finalement succomber, le bras du tourne disque a plusieurs fois refait le voyage du bord vers le centre, rotation continue pour un résultat qui pour une fois confirme le premier sentiment : ces deux titres d'Enablers ne me secouent pas plus que ça. Même entre les lignes. Car avec Enablers, il faut souvent écouter autrement, se laisser guider par un mirage, se laisser envelopper par une impression fugace pour pleinement apprécier et sentir toute la charge émotionnelle intérieure. Cette impression mitigée s'explique sans doute par le fait qu'Enablers ait fait ce disque en une nuit, saisissant à reculons tout d'abord (et si j'ai bien compris les explications de Peter Simonelli sur l'insert du disque) l'opportunité faite par un certain Johannes Buffet d'enregistrer dans un miteux studio d'Hanovre et de passer la nuit à dormir parmi les cafards avant que le groupe ne comprenne que le studio en question, c'est du haut-vol, du standing pour groupes fortunés avec espaces princiers et des micro Neumann. Le genre de détail qui doit coûter à lui tout seul plus cher que tout leur matos réunit. Une nuit, c'est long. A écouter le résultat, on peut dire aussi que c'est très court. Pas suffisamment de temps pour trouver les bonnes idées, pas assez d'inspiration au plus profond de la nuit, quand bien même Joe Goldring avait déjà travaillé la compo (On Returning) et que l'autre (Hy) est une reprise de Touched By A Janitor, l'autre projet d'Enablers sans Simonelli. Hy s'en tire le mieux, le duel entre les arpèges en boucle et le riff consistant de l'autre guitare apportant un peu de relief à un titre tournant en rond, malgré les bruits parasites que le batteur essaye d'insuffler sur la fin. Pour On Returning, c'est beaucoup plus vaporeux. Ou liquoreux. Il ne faut jamais mésestimer les pouvoirs de l'alcool, surtout quand il s'agit de tenir en plein milieu de la nuit et qu'on s'appelle Enablers. Il faut toute la puissance évocatrice de la narration de Simonelli pour nous tenir (plus ou moins) en éveil.

En tout cas, entre un label dégageant un sentiment suranné et un groupe impressionniste, les deux se sont trouvés. Sans doute faut-il prendre ce disque comme un instantané, coucher sur bande un souvenir de tournée, le faire partager en sachant que les principaux bénéficiaires sont les auteurs eux-mêmes et que nous sommes que de pauvres spectateurs ne pouvant pas ressentir grand-chose. Acte masturbatoire isolé. If you got this we well do business.

SKX (12/12/2009)
website groupe enablerssf.com
website label www.lancashireandsomerset.co.uk

L'Enfance Rouge
Trapani Halq al Waady - CD
T-Rec / Wallace 2008

Il y a des jours où on ferait mieux de ne pas se lever. Ne rien faire, ne rien écouter. Une journée où tout devait être nul, une journée maussade. Je ne sais même plus quel album de L'Enfance Rouge avait bien pu échoué ce jour là entre les tympans mais le jugement avait été définitif et sans appel. Ejection rapide. Groupe à effacer de la mémoire. Le seul souvenir, c'était un groupe froid (dans le sens cold-wave) avec des paroles françaises horribles et pompeuses. Alors quand le mec qui écrit des éditos à se pisser dessus me dit que le nouvel album de L'Enfance rouge est super bien, c'est un sourire narquois (comme d'hab) qui accueille cette remarque. Mais devant son insistance et son sérieux, et avec les facilités de la vie moderne, ça valait bien un petit effort pour mieux pouvoir me moquer plus tard. Quel con et quel gâchis !
Cet album dans son beau digipack tout noir est depuis physiquement présent et ne il ne quitte plus la platine. Ca fait des semaines que ça dure et comme tous les albums qu'on écoute trop, dont on connaît le moindre recoin, on arrive asséché au moment d'en parler. Parce qu'on sait pertinemment bien que de simples mots ne vont pas suffire pour décrire tout ce que cette musique peut procurer en vous. Alors on va essayer de faire simple (même si c'est mal parti). Pour l'historique du groupe, vous pouvez vous reporter à l'interview de Noise #8 qui vient de paraître (même si au final, on a envie d'en savoir encore plus). En gros, sept albums depuis 1995 dont trois sous le nom de François R. Cambuzat et les Enfants Rouges, Cambuzat pouvant être considéré comme le meneur de la troupe et dont les projets antérieurs s'appelaient Il Gran Teatro Amaro et The Kim Squad.
L'Enfance Rouge, une troupe nomade et cosmopolite dont chaque album porte le titre des villes où ils ont séjourné/enregistré, donnant à chaque disque une coloration particulière, une image sonore ancrée dans le temps et l'espace pour autant d'albums différents (je commence à rattraper mon retard). Chez L'Enfance Rouge, il n'existe pas d'attaches, pas de scènes à laquelle les relier, pas de villes natales pour les coincer, pas de Lyon pour faire son Bästard bien qu'ils présentent dans l'approche des similitudes avec ces derniers. Cette fois-ci, c'est entre la Sicile et la Tunisie, entre l'Europe et l'Afrique, entre la tradition d'une musique millénaire et l'intensité d'une musique urbaine, entre le charme de l'Orient et la tension d'un truc de visage pâle élevé au rock, entre deux mondes s'opposant et qui, miracle, vont se compléter. Ce n'est pas le premier groupe à tenter de jeter des ponts entre des musiques (apparemment) radicalement différentes. Les bacs des musiques du monde pullulent de ce genre d'horreur et je n'ai pas pour habitude de m'y attarder. Mais là, faut oublier tout ça.
Ca va bien au-delà de ce cadre restreint. On ne sent rien des articulations entre l'oud et la guitare électrique, entre les bendirs, darboukas et la batterie, entre des genres de flûtes orientales (nay, kawala) et la basse qui cogne, les voix arabisantes et le chant féminin ou masculin. Tout est fluide, naturel. L'approche rock prédomine, mène le bal, laisse parfois totalement la place aux instruments orientaux mais tout se fait dans une symbiose jamais entendue. Difficile de ne pas parler de cette musique sans tomber dans les clichés liés aux voyages mais certains titres vous emmènent très très loin. Vous avez ainsi des passages hallucinants comme sur Vendicatori où après un début hargneux, le morceau décolle vers un mouvement lumineux, quelquechose d'aérien et puissant, un mélange de flûtes de charmeur de serpent, arpèges pénétrants, voix aphrodisiaque, rythmé par une ligne de basse indéboulonnable et des percussions en boucles. C'est dur à croire, dit comme ça mais c'est carrément prenant. Sentiment identique sur Hurricane Lily avec le violon qui s'invite avec l'oud, après une série de grosses gifles dans les cymbales continuant en fil rouge et de chant féminin de toute beauté. Un morceau cinglant et voluptueux. Et des perles comme ça, ils les enchaînent. Rare sont les groupes à posséder ce pouvoir de suggestion avec cette richesse d'ambiances et une instrumentation variée. On pense au Zambodia de Motherhead Bug et même plusieurs fois au Beast of Dreams des Pain Teens ou tout était déjà dit dans le titre, résumant parfaitement l'onirisme de la situation et le chaos qui n'est jamais très loin.
L'autre point fort de l'album (ou en tout cas qui ne l'affaiblit pas), c'est le chant en français. Et ça, c'est jamais gagné à l'avance. Pour un groupe qui se proclame rouge et libertaire, le danger est d'en faire trop dans des paroles engagées. Mais à l'instar de la musique, L'Enfance Rouge y met beaucoup de poésie et suffisamment d'abstraction pour que chacun laisse glisser son imaginaire. Les mots sonnent juste, ne sont prononcés qu'à bon escient, tout en étant cru quand il s'agit d'être clair (il vaudrait mieux tirer sur jambes et yeux bouche et doigts bite et con qu'avaler ça) ou ironique (Que vienne l'heure de ma mort, que le pire empire se vote, que de Sarko, soyons les bottes).
Il est temps de finir (mais on pourrait en parler des heures de cet album) avec un dernier titre somptueux. Après trois minutes d'une introduction uniquement instrumentale et orientale, les violons débarquent et surtout la voix de Chiara Locardi, chant rauque évoquant fortement Thalia Zedek, voir Come dans le jeu de cordes mélancoliques. Un morceau qui reste en suspend, semblant flotter à l'infini et qui se nomme Petite-Mort. Ca tombe bien parce que cet album me tue à petit feu.
Non, franchement, je ne sais pas ce qui s'est passé ce jour maudit mais il va falloir reprendre toute l'histoire à l'envers et se replonger dans la riche discographie de L'Enfance Rouge.

SKX (13/01/2009)

website groupe www.enfancerouge.org
website label www.t-rec.org | www.wallacerecords.com

Evangelista
Prince Of Truth - CD
Constellation records 2009

Carla Bozulich n'arrête pas d'enchaîner les disques depuis qu'elle a entamé sa collaboration avec le célèbre label de Montréal. Depuis 2006, elle en est déjà à son troisième enregistrement, le nom du tout premier étant également devenu le nom du groupe qui l'accompagne. Un groupe à géométrie variable mais dans lequel on retrouve quelques musicien(ne)s toujours fidèles au poste : Tara Barnes à la basse ou Ches Smith à la batterie. On peut également compter dans les rangs quelques piliers du label Constellation tel Thierry Amar. Rien de neuf de ce côté là, Prince Of Truth s'annonce dans la droite lignée de ses prédécesseurs, le très sombre Evangelista et le plutôt aride Hello Voyageur.
Pourtant, si on excepte The Slayer, premier titre en forme de déflagration rampante (percussions appuyées et surtout Nils Cline à la guitare en font la chanson la plus bruyante de ce disque), Prince Of Truth est un album bien plus éclairé et calme. Tremble Dragonfly est une balade maladive mais attachante sur fond de violons et de scie musicale. On jurerait également I Lay There In Front Of Me Covered In Ice et son orgue en provenance direct d'un album des Bad Seeds tant la filiation avec Nick Cave est évidente - sauf que l'on serait bien en peine d'y déceler la moindre trace du ridicule et du pathos que nous inflige l'australien depuis de trop nombreuses années. You Are A Jaguar est l'autre titre électrique de Prince Of Truth (et le deuxième avec Nils Cline), c'est surtout un titre sur lequel Carla Bozulich donne toute la (dé)mesure de son immense talent de chanteuse, se contractant du cri de rage primitif au feulement nerveux avec une hystérie non feinte. Avec ses contrebasses profondes frôlées à l'archet et ses faux airs bluesy Iris Didn't Spell est LA chanson de l'album, terriblement poignante, toute en retenue, douleur fantôme. Crack Teeth repose également sur quelques notes de contrebasse (jouée aux doigts cette fois) et un jazz dévoyé et tordu dominé par un leitmotiv au synthétiseur. On The Captain's Side est le seul texte écrit par Tara Barnes pour cet album. C'est également la seule chanson où ce n'est pas Carla Bozulich qui s'occupe du chant principal mais c'est la violoncelliste Jessica Catron qui pose sa voix dispersée et lointaine sur des paroles aussi lugubres que celles de la propriétaire habituelle des lieux : My only friends we should sleep at last because our hunger and menace will never subside.
Moins tonitruant, moins convulsif et d'apparence moins tortueux, Prince Of Truth reste néanmoins un bijou de noirceur et de tension intérieure. La diva Bozulich patauge toujours dans son marasme mais arrive à dépasser ses errements. Son malaise glauque et ses problèmes existentiels ne lui enlèvent pas une certaine prestance et une certaine grandeur, sublimant douleur et mal-être grâce à une capacité d'interprétation exceptionnelle - comme pendant les concerts, on finit par ne plus se demander si tout ça c'est du cinoche ou du chiqué ou quoi, on est convaincu par autant de force abrupte et de beauté détruite. Ce disque est aussi la preuve que Constellation ne fait pas que publier des disques de hippies psychorigides et cul-bénis pour amateurs de post rock folkeux. Et on avait vraiment bien besoin d'un tel signe de bonne conduite (à défaut de bonne santé mentale).

Haz (26/10/2009)
website groupe www.carlabozulich.com
website label cstrecords.com

Ex Wives
Fucking Dutch - 7''
Radio is Down 2009

Ce single est tout en amour et en haine. L'amour, c'est pour le tendre et magnifique rose couvrant la pochette, les jolies têtes de piafs et le vinyl tout en blanc immaculé. La haine, c'est pour toutes les personnes qui n'ont pas tenu leurs engagements. We've been getting off on this shit for a long time (...) Most people open their mouths and nothing much comes out. Mon petit doigt me dit qu'il y avait du hollandais dans ces personnes là.
A ces grands sentiments, vous rajoutez une bonne dose d'ironie. En citation près de leur avatar myspace, vous pouvez lire Unfortunately, I do not know who Steve Albini is. L'Ecossais a de l'humour. Alors débarrassons nous tout de suite de ce boulet. Oui, Big Black et les groupes suivants du maigrichon de Chicago sont une grosse influence de Ex Wives. Ils en ont sûrement ras le kilt de l'entendre mais c'est ainsi et personnellement, ça ne me gêne pas du tout parce que Ex Wives botte le cul d'Albini. Tant que les compos sont mémorables, les influences, cette tare fatidique, peuvent bien aller se faire voir. Fucking Dutch (le morceau) et Every Woman loves a fascist sont deux courts missiles à mèche lente dont le venin monte progressivement. Rythmiques orgueilleuses et abruptes avec suffisamment d'harmonies et de riffs saccadés et entêtants pour avoir envie de les remettre aussitôt. La baston et la mélodie, encore une histoire d'amour et de haine. Entre ces deux morceaux, deux autres plus longs et sinueux, Disgrace of the north et Otters. Les trois Ex Wives s'éloignent du giron mais restent dans le milieu noise-rock des années 90 avec cette manière typique de mélanger le chant parlé sous le déluge et le chant en ébullition, une pointe de rage et de sang mêlée en surplus.
En des temps encore plus immémoriaux, Ex Wives avait sorti un CDr deux titres (Stave/Diktat) en format 3 pouces. Malgré une qualité d'enregistrement moins percutante, les deux compositions sont tout aussi juteuses.
Fucking great scottish.

SKX (30/12/2009)
website groupe www.myspace.com/exwives
website label www.radioisdown.com

Ed Wood Jr
Ruban de Möbius - CD
Synesthetic Experience / Uproar for Veneration / Swarm 2010

I will tell young generations to get angry. Voix samplée mystérieuse sur 20 Pounds dont Ed Wood Jr semble avoir saisi toute la substantifique moelle. La pochette laisse présager une resucée de l'énième duo math-rock de plus mais l'arrière du décor laisse éclater toute la rage/puissance d'un groupe de rock à part entière. A l'instar de plus en plus de groupes du même acabit (Pneu, Room 204, Passe Montagne), ce duo de Lille a compris qu'il s'agit de rock avant tout. Urgence et intensité, les deux mamelles auxquelles tous bons groupes de punk-rock devraient sans cesse s'abreuver, quels que soient les chemins de traverse empruntés. Point de post-rock mollasson donc, de complexités obscures. Ed Wood Jr est jeune, fonce droit devant lui, s'inspire sans copier, n'a peur de rien mais ne joue pas au jeune chien fou pour autant. Le guitariste a le riff épais et tranchant tout en sachant manier la boucle d'arpèges et les doigts virevoltant sur le manche. Le batteur a la frappe drue tout en sachant faire preuve de discernement. Angry certes mais pas anarchique. Avec même parfois un beau brin de classe et des ambiances toutes de tensions rentrées. Ed Wood Jr a cherché avant tout à composer, pas asseoir sa technique à la face du monde même si on la sent pas loin. Hey Ho, c'est pas les Ramones non plus ! La tendance Oxes, maîtrise de vitesse et de finesse, d'émoi et d'avoinée, avec une fluidité à rendre aveugle, articulant les différentes parties comme dans du beurre. Laisse toi aller, c'est une valse. De grosses couches de riffs faisant plier toute résistance, des rythmes qui ne demandent qu'à casser ton corps en deux. Et même pas mal à la fin. Un chant/cri libérateur pour un groupe majoritairement instrumental mais dont chaque intervention vocale tombe à point. Et quand la voix est aphone, des samples judicieusement placés renforcent le propos. On croyait avoir tout entendu dans le genre mais faut croire qu'il reste toujours une place à se faire au soleil, même dans le nord, et Ed Wood Jr la prend brillamment.

SKX (03/06/10)
website groupe edwoodjr.fr
website label www.myspace.com/synesthesic.exp | www.myspace.com/swarmrecords | www.myspace.com/ufvrecords

Eighties Matchbox B-Line Disaster
Blood & Fire - CD
Black records - No Death records 2010

Allez, un petit peu de musique mainstream dans Perte & Fracas, ça ne fera pas de mal. Mainstream ? Ah oui, j'exagère quelque peu, disons que les britanniques de Eighties Matchbox B-Line Disaster avaient bénéficié à leurs débuts de la signature de deux très gros labels, Island records et MCA pour ne pas les nommer. Deux albums ont ainsi été publiés sous l'égide du major power, Horse Of The Dog en 2002 et The Royal Society en 2004. Puis plus rien ou presque. Vous savez bien ce que c'est, mesdames et messieurs, la vie est dure, l'industrie du disque est dans une crise dont elle ne se relèvera vraisemblablement pas et comme tant d'autres les Eighties Matchbox B-Line Disaster ont été virés avec perte et fracas (rien à voir), sans indemnité ni préavis. Qu'il était beau ce rêve. Mais ce qui est encore plus beau c'est que le groupe a survécu, malgré la poisse, malgré quelques changements de line-up et, après un mini album tout juste honorable et autoproduit (In The Garden en 2007), les Eighties Matchbox B-Line Disaster sont enfin de retour avec un véritable et époustouflant troisième album, le bien nommé Blood & Fire.
Le sang. Vous aimiez Horse Of The Dog, son punk gothique et psycho à cheval entre les Dead Kennedys et Bauhaus ? Vous retrouverez tout ça dans Blood & Fire. Le feu. Vous adoriez The Royal Society, son velours passionné, son poison insidieux ? A cela également vous aurez droit en écoutant Blood & Fire. Sur douze titres, cet album contient pas moins de deux tiers de tubes imparables : Love Turns To Hate lent mais lyrique, Mission From God déchainé, So Long Good Night (une ballade presque celtique pour fin de soirée au pub), Under My Chin ravageur, Riptin swinguant comme la mort, I Hate The Blues impérial et classieux, Man For All Seasons hystérique, Don't Ask Me To Love You (une autre ballade lancinante comme Nick Cave ne sait plus en écrire depuis bien longtemps) et Never Be The Same ou le retour de la gaudriole au pub du coin. Seuls points faibles du disque : un Monsieur Cutts pas trop mauvais mais non chanté par Guy McKnight et son organe irremplaçable ce qui est une regrettable erreur, un Homemade un peu mollasson et un Are You Living ? sur lequel on dirait que la voix de ce même Guy McKnight a été auto tunée… Mais on finirait presque par s'y habituer quand même. Pour finir Blood & Fire est parfaitement servi par une production bien gonflée, si l'organe empoisonné de Guy McKnight est inévitablement mis en avant on entend parfaitement et distinctement tout le reste et rien ne semble pouvoir arrêter la dynamique endiablée de ce disque. Peut être qu'à la fin de l'année il ne me restera plus rien de ce Blood & Fire brulé aux amphétamines mais pour l'instant voilà un disque cohérent, jubilatoire et parfaitement divertissant. C'est enfin l'été.

Haz (04/07/2010)
website groupe www.myspace.com/eightiesmatchboxblinedisaster
website label www.blackrecordindustries.co.uk

Electric Wizard
Black Masses - CD
Rise Above 2010

A priori rien de bien neuf du côté d'Electric Wizard : le nom de l'album est toujours aussi significatif d'une orientation trop evil et trop occulte des thématiques du groupe, l'artwork est un cliché à lui tout seul, Liz Buckingham est toujours aussi blonde, Jus Oborn est toujours aussi barbichu, Shaun Rutter est toujours aussi tatoué et, mis à part le changement de bassiste, rien ne différencie vraiment le Electric Wizard version 2010 de ses prédécesseurs. Les compos sont les mêmes, à base de riffs monoblocs, de rythmiques pachydermiques, de soli de guitare vrille-tympans, de chant de grand prêtre drogué et d'échappées psychédéliques au pays des sylphides lubriques et des petits démons à queue en forme de tire-bouchon. Electric Wizard reste le maître incontesté en matière de doom très seventies et de metal de drogués priapiques.
Pourtant certains fans sont très mécontents de ce disque. Ils n'en aiment ni le son ni le mix. Et bien les fans ont complètement tort. D'abord on ne peut pas dire non plus que le mix en question remette fondamentalement en cause l'essence même de Electric Wizard. Ensuite il faut bien avouer que celui-ci est tout simplement excellent. Si vous voulez entendre du gros son bien délimité, bien équilibré, avec des jolies masses sonores bien encastrées les unes dans les autres, Black Masses va en effet vous rebuter tant tout semble ici noyé dans un épais brouillard collant, visqueux et chargé de vapeurs métalliques tellement opaques que les riffs des guitares finissent par perdre certains de leurs contours, tirant vers un brouhaha malsain et parfois même légèrement dronisant, que la batterie en devient presque aérienne et que le chant vire à l'incompréhensible. Non seulement les nouvelles compositions de Electric Wizard assurent et respectent le cahier des charges mais en plus le groupe a vraiment su rajouter un nouveau côté réellement obscur et boueux à sa musique. On savait déjà que Electric Wizard détestait Pro Tools et toutes ces saloperies technologiques, qu'il prenait un malin plaisir à tout enregistrer et mixer en analogique sur des vielles bécanes complètement insensées et bien maintenant on sait aussi que le groupe peut encore nous surprendre avec un mix aussi crapuleux que malfaisant. En ces périodes d'amour universel, de paix entre les hommes et de dinde aux marrons, voilà une bonne nouvelle qui ne peut que réjouir celles et ceux que le bonheur angélique écœure plus que tout. A l'année prochaine.

Haz (23/12/2010)
website groupe www.myspace.com/electricwizarddorsetdoom
website label www.riseaboverecords.com

The Ex
Catch my shoe - LP
Ex records 2010

Le single avait annoncé leur retour. Et la couleur. Six ans après leur dernier album Turn, le nouveau The Ex était attendu avec impatience. Comme d'habitude. Et comme d'habitude, on n'est pas déçu. C'est le miracle The Ex. Là où tous les dinosaures encore en activité (Sonic Youth, The Fall… la liste est longue en fait !) se déchaussent le dentier sur la qualité allant dans le sens identique que l'ardeur de leurs artères, The Ex a toujours su maintenir la barre de l'inspiration a un niveau inespéré. On se dit que le prochain album va être le bon, comprenez le début de la fin, la tulipe par les racines mais ces Hollandais sont comme les scorpions. Résistent à toutes les températures, toutes les modes, tous les changements de personnel. La petite flamme intérieure bien vivace. L'enthousiasme de débutants.
Un enthousiasme que G.W. Sok, le chanteur historique n'avait plu. Plutôt que de faire mine, il a passé le relais, comme Luc le bassiste et quelques autres avant lui, dans un groupe qui n'aime pas tricher, dont l'ego n'a jamais pris le pas sur le collectif. Un des nombreux secrets de leur longévité. Avec leur capacité à enrichir leur musique de nombreuses collaborations. Elles se sont appelées Tom Cora et son violoncelle, la voix de Han Buhrs, Han Bennink le batteur fou, Massimo Pupillo, bassiste de Zu de passage, comme Rozemarie Heggen, la contrebassiste ou la greffe Andy Moor, écossais transfuge des Dog Faced Hermans qui n'est jamais parti depuis.
Et puis il y a la dernière en date. Une collaboration qui court depuis Turn. Ce n'est pas une personne mais tout un continent. L'Afrique et plus particulièrement l'Ethiopie, source d'inspiration ayant déjà pris la forme d'un album avec le légendaire saxophoniste Getatchew Mekuria. Influence tenace qui continue d'habiter leur musique. Deux titres en sont directement inspirés. Maybe I was the pilot et son riff piqué à une chanson locale et Eoleyo, reprise d'une chanson Gurage, du nom d'une ethnie éthiopienne, renvoyant au morceau Huriyet de l'album Turn, c'est à dire l'habituelle compo chantée par la batteuse Katherina Bornefeld. Une influence plus diluée que jamais dans la machine The Ex, dans le bouillonnement des guitares, désormais au nombre de trois, depuis que le nouveau chanteur, Arnold De Boer est venu rajouter son grain de sel, ainsi que son grain de voix, certes moins engagé que l'irremplaçable GW Sok mais dont le phrasé n'altère en rien l'intensité de The Ex. Et des guitares, il en est plus que jamais question. Dans ces fins de morceaux quasi systématique où on frôle l'improvisation, voir la transe, la boucle infernale, avec toujours ce souci de la mélodie addictive et sifflante sous la débauche de décibels et ce gimmick de guitare qui ne ressemble presque plus à un son de guitare (Double order et Bicycle illusion) ou sur la perle Life whining (morceau le plus court en fin de face A mais terriblement accrocheur et vif), cette pointe aigue qui ne vous lâche plus. Les rythmes se font tribaux, inventifs, entraînants, évoquent l'Afrique ou tout simplement le The Ex de toujours tant le jeu de Katherina n'a de cesse semblé faire qu'un avec ces rythmes lointains, qu'elle les portait en elle sans le savoir et qu'on ne sait plus qui est venu à la rencontre de qui.
Et comme les bonnes idées ne manquent pas sur Catch my shoe, ils ont invité le trompettiste Roy Paci, ou plus exactement Rosario Paci, sicilien de naissance, qui de Zu à Manu Chao ou Pascal Comelade, trimballe sa moustache et ces cheveux gominés et fait une halte sur deux morceaux. Maybe I was the pilot, version magnifiée du single où la trompette était absente et Cold Weather is back. C'est l'armée mexicaine qui débarque, des envies de tequila, le retour du Ex Orkest, une pétition pour more trompette in The Ex. Neuf morceaux remplit jusqu'à la glotte, de vie, d'échardes, de grouillement, de frénésie et de bonne humeur, d'un Steve Albini qui va finir comme étant le sixième membre tant son travail derrière la console fini par faire corps avec la musique de The Ex, lui donnant une chaleur dont on ne croyait pas le binoclard capable.

25ème album, 123ème disque sortis par The Ex. Et depuis longtemps, depuis les deux albums avec Tom Cora, autant dire une éternité, ce nouvel album existe aussi dans une version vinyle. On est loin des versions d'Aural Guerilla ou Pokkeherrie avec des posters, livrets, toute une vie de revendication à l'intérieur. Catch my shoe est des plus sobre, juste les paroles imprimées au recto avec quelques photos décalées dont ils ont le secret mais The Ex, c'est comme si c'était hier. Ca ne vieillit pas, c'est toujours aussi vert. C'est bien simple, ils n'ont pas d'âge mais toujours autant de talent.

SKX (16/10/2010)
website groupe www.theex.nl

Getatchew Mekuria & The Ex & Guests
Moa Anbessa - CD
Terp 2006

Catch my shoe a permis d'attraper au passage un autre album qui sent bon l'Afrique et qui était passé sous silence dans ces pages. Une honte. Une collaboration de nos Hollandais préférés avec le saxophoniste éthiopien Getatchew Mekuria et cinq autres invités : Colin McLean, le bassiste des feu-Dog Faced Hermans, Xavier Charles (clarinette), Brodie West (saxophone alto), Joost Buis (trombone) et l'organiste Cor Fuhler sur trois morceaux. The Ex et son orchestre, ce n'est pas nouveau et ils excellent dans le genre. Sauf que le point central de Moa Anbessa n'est pas The Ex mais Getatchew Mekuria. Un saxophoniste très réputé en Ethiopie, qui flirte avec les 75 printemps mais avec une énergie de jeune poulain, à l'image de The Ex. Ca vous donne un disque d'Ethio-punk. Ca parait tellement improbable comme association et pourtant ce sont bien ces deux mondes pas fait pour se rencontrer qui se sont télescopés, embrasés, dans un grand feu d'artifices de cuivres, de guitares, d'un saxo hypnotisant, de l'impact, de la grâce, du swing et de tellement de trucs incroyables qu'il serait trop long de détailler toute la richesse de cette bonne heure de musique.

Alors plutôt qu'un long discours, on va laisser la parole au guitariste de The Ex, Andy Moor, lors d'une interview réalisée le 13 août 2008 par Bret McCabe pour le journal de Baltimore, City Paper.

City Paper : Comment avez-vous découvert la musique éthiopienne ? Par la série Ethiopiques ?
Andy Moor : Non, nous étions dans la musique éthiopienne bien avant que cette série ne commence. J'écoute de la musique africaine depuis 20 ans environ et il y a 15 ou 17 ans, j'ai entendu ce disque de Mahmoud Ahmed, Ere Mela Mela - qui figure maintenant dans la série Ethiopiques, le n°7, mais à l'origine c'était juste un LP et c'était le premier album dans ce genre que j'ai entendu. Et après, ce fut Ethiopique Groove, qui figure dans la série également. Ces deux disques ont été sortis par Francis Falceto, le gars qui a eu l'idée ensuite de sortir la série des Ethiopiques mais à l'époque, il avait réalisé ces deux vinyls sur Crammed Discs.
C'est donc ainsi que nous avons découvert cette musique et nous avons vraiment, vraiment aimé ça. Après, nous avons pris l'habitude, à Amsterdam, d'aller dans des restaurants éthiopiens, il y en a une dizaine et nous avions l'habitude d'y écouter des vieilles cassettes avec un mauvais son et comme nous ne connaissions pas, nous étions toujours à demander aux serveurs ce que c'était. Et ils répondaient des noms imprononçables que nous ne retenions jamais. Cela a pris beaucoup de temps avant que ces noms nous restent en tête et que nous nous fassions une idée d'ensemble sur cette musique. Ensuite, nous avons découvert Getatchew la première fois que nous avons été en Ethiopie. Nous y avons trouvé une de ces cassettes. C'était une copie d'une copie d'une copie mais c'était vraiment excellent. C'était instrumental, ce qui était inhabituel parce qu'en Ethiopie, la music pop avec du chant est très très importante. En Ethiopie, les gens nous demandent sans cesse pourquoi peut-on s'intéresser à leur musique alors que nous ne comprenons rien aux paroles ?! Nous expliquons que nous adorons la musique que nous y entendons et comme nous sommes nous-mêmes musiciens, nous écoutons ça avec une approche différente.
Mais donc, à partir de ça, nous avons découvert qui il était et nous avons décidé d'inviter Getatchew pour les 25 ans de The Ex (c'était en 2004) pour un concert avec ICP (Instant Composer's Pool). Francis Falceto nous a mis en contact avec lui, il est venu ici, a joué avec ICP et ensuite, nous sommes parti en bus avec lui en tournée.

C.P. : le big band en entier ?
A.M. : Oui. Nous avons fait cette tournée dingue en France, pendant une semaine, avec 35 musiciens, dont Getatchew. Chaque soir, il jouait seul. A cette époque, nous ne jouions pas avec lui. Nous faisions notre concert normal de The Ex mais nous avions un morceau, appelé Getatchew, et nous l'invitions chaque soir à venir sur scène avec nous pour l'interpréter. C'était un de ces chansons et nous en avions fait notre propre version. Et je pense qu'il a vraiment adoré la jouer chaque soir avec nous. C'est lui qui nous a suggéré, après ça, de jouer avec lui. Il nous disait : Je vous veux - il nous appelait The Ex band - je veux que The Ex joue ma musique. C'était donc son idée, pas la notre. Ensuite, il nous a envoyé un CD avec dix de ces chansons, juste une mélodie au saxophone et après, on allait en salle de répétition et on essayait de mettre nos arrangements dessus. Il est revenu par la suite, nous avons répété tous ensemble, joué quelques concerts ensemble et avons enregistré. C'est vraiment génial de sa part d'être si ouvert parce qu'il n'était pas du tout familier avec notre style de musique.

C.P. : Vous n'avez donc pas enregistré en Ethiopie ?
A.M. : Non, nous avons enregistré à Amsterdam. Mais nous avons beaucoup préparé cet enregistrement. Nous avons écouté des CDs car quelques chansons figurent sur le n°14 de la série Ethiopiques et nous avons essayé de ne pas copier ces versions tout en gardant l'approche, apporter notre propre son et aussi nos propres idées. Et il était très ouvert. Dès qu'on apportait une nouvelle idée, il était toujours partant.

C.P. : C'était comment de jouer en Ethiopie ?
A.M. : Nous y avons joué pour la première fois il ya quatre ou cinq ans. Nous savions qui était Getatchew mais nous ne l'avons jamais rencontré. C'était juste comme une légende pour nous. Nous ne le connaissions donc pas vraiment et nous ne l'avons donc jamais rencontré lors de cette tournée. Pour notre set, nous avons fait un mélange de chansons de The Ex et de chansons éthiopiennes mais nous n'avons pas joué avec des musiciens éthiopiens. C'était juste nous, jouant notre propre répertoire devant un public éthiopien. Nous avons fait deux tournées comme ça. Une dans le nord et l'autre dans le sud du pays.

C.P. : Comment réagissait le public ?
A.M. : Un mélange d'amusement mais aussi de grande excitation, de la joie de voir cet étrange groupe hollandais venir chez eux et jouer quelques morceaux de musique éthiopienne. C'était comme une célébration mais aussi un spectacle. Pou eux, ça devait être quelquechose d'un peu bizarre mais c'était bien réel… Et par la façon dont nous jouions, ils sentaient bien notre énergie, notre enthousiasme car nous aimons réellement leur musique, on ne le faisait pas juste pour faire le spectacle. C'était vraiment…

C.P. : Sincère ?
A.M. : Exactement. Nous avons mélangé ça avec nos propres morceaux. Et ils ont vraiment aimé nos compos. Nous nous demandions comment ils allaient réagir à notre musique. Nous avons pensé choisir nos morceaux les plus mélodiques. Mais nous avons aussi interprétés quelques uns de nos morceaux les plus dingues et c'est ceux qu'ils ont le plus aimé. Ils ont apprécié le coté énergique, rythmique, je pense qu'ils ont aimé la puissance et l'énergie de ces titres. Je pense que notre musique était très bizarre pour eux. Mais peut-être que non… je ne sais pas en fait. C'était très dur de s'imaginer ce que la musique de The Ex, qui a évolué en 25 ans, allait représenter pour eux. Ils n'ont aucune représentation de ce que le punk a pu être. Ils sont familiers avec le hip-hop, un peu de R&B, de soul, James Brown et tout le truc des années 60 mais je pense qu'ils n'avaient jamais entendu un groupe punky avec des guitares comme les notre. Donc je pense que c'était un nouveau son pour eux mais avec une énergie reconnaissable à ce qu'ils avaient déjà.

C.P. : J'imagine que vous ne jouiez pas dans des clubs rock ?
A.M. : Non, nous ne jouions pas du tout dans des clubs. La plupart du temps, c'était dans des espaces publics. Comme sur les marches d'un théâtre par exemple. Ou plus généralement, sur une grande estrade en plein air, ou juste à coté d'une station service, devant 3 à 400 personnes. Ou dans une énorme étable. Ou dans un local de la police (rires). C'était à chaque fois étrange, on jouait dans des endroits pas du tout conçus pour des concerts. Nous avions à chaque fois un générateur pour les amplis et pour notre propre sono que nous avions apportée d'Hollande. Le concert s'organisait le jour même quand nous arrivions dans la ville. Nous devions aller voir le chef de la police et arranger un deal avec lui. Nous lui disions que nous voulions faire un concert et ce qu'il pouvait nous suggérer comme lieu. Et il nous suggérait un endroit. C'est comme ça que nous avons atterri une fois dans un local de police parce que c'est le chef de la police qui nous l'avait offert. Quelque fois, il nous demandait 50$ pour jouer, d'autre fois, rien du tout. Après, on partait en ville faire de la promo en voiture, avec un mégaphone et poser des affiches un peu partout.

C.P. : C'était très Do-It-Yourself !!
A.M. : (rires) Ouais ! Et bien sûr, le concert n'était pas payant. Il n'était pas du tout question de demander de l'argent. Nous avions reçu un peu d'aide de la part du gouvernement hollandais. Mais de toute façon, il aurait été complètement fou de demander de l'argent, complètement ridicule.

C.P. : J'ai lu, dans les notes du CD Moa Anbessa avec Getatchew, que vous aviez fait des copies cassettes de vos albums parce que personne n'écoute de CDs en Ethiopie ?
A.M. : Oui, pratiquement toute la musique se vend en cassette. Nous avons fabriqués 10000 cassettes et nous les avons laissées là-bas, pour voir ce que ça allait faire. Si vous voulez acheter de la musique, vous avez des magasins pour ça, vous y trouvez un peu de CDs mais ils sont chers. Les gens ne peuvent pas se les acheter, tout comme les lecteurs de CDs. Tous les taxis ont des autoradios à cassettes. Nous avons donc été voir la station de taxi principale de la ville et nous leur avons laissé plein de cassettes. Plein de taxis tournaient donc en ville, en jouant notre musique, ce qui était vraiment sympa !

C.P. : Avez-vous trouvé des copies de copies sur les marchés ? Je dis ça parce que j'en ai vu, ou des copies CDrs…
A.M. : La première fois que nous étions là-bas, c'était assez extrême. Vous aviez des copies de dixième génération. Les magasins de disques ne sont pas du tout autorisés à faire ça. Il y a des lois sur le copyright là bas également. Mais ça arrive toujours. Il y a 10000 cassettes de The Ex là-bas et Dieu seul sait combien de copies. Mais nous ne pouvons rien faire et ce n'est pas un problème. C'est comme ça que la musique se propage.

C.P. : Est-ce que vous avez une idée comment votre musique a été perçue, qu'est ce que les gens en pensent ?
A.M. : La moitié des chansons que nous avons jouées sont des vieux morceaux de Getatchew et la moitié de ces chansons ne sont pas de lui. Ce sont des morceaux traditionnels éthiopiens. Il y a même une chanson de guerre. C'était comme si un groupe éthiopien venait en Europe et jouait de vieux standards de blues. Mais la plupart des gens connaissaient ces morceaux. C'était juste une nouvelle version, ce qui arrive très souvent en Ethiopie. Beaucoup de chanteurs reprennent de vieux morceaux. C'est la tradition en Ethiopie.

C.P. : Tu as rejoins le groupe au tout début des années 90, n'est-ce pas ?
A.M. : Exact.

C.P. : Je ne suis familier avec la musique de The Ex que depuis la toute fin des années 80 mais il me semble que le groupe s'est élargit à la collaboration et la musique d'autres cultures que dans les années 90 ?
A.M. : Je pense que The Ex a toujours joué avec des invités, d'autres musiciens. Ils ont toujours fait ça et cela n'a fait que s'amplifier. Comme notre accès à différentes musiques n'a fait que s'améliorer, nous sommes confrontés de plus en plus à d'autres musiques. Quand j'ai rejoins le groupe, j'étais beaucoup dans la musique de l'Europe de l'est de celle de l'Afrique. J'ai toujours eu de nombreux disques de ces endroits. Quand je suis arrivé, ça correspondait aussi à l'arrivée de Tom Cora qui était aussi dans ce genre de musique. C'était le moment idéal pour explorer tout ça.
Nous n'avions aucune stratégie à propos de ça. Quand, dans notre local de répétition, personne n'avait vraiment d'idées et quelqu'un a suggéré d'essayer cette orientation, nous l'avons testé et ça marche ou ça ne marche pas. Et si ça marche, nous le faisons en concert et même en concert, nous continuons à l'expérimenter sans que cela marche à chaque fois. Mais c'est quelquechose qui a grandit peu à peu.

C.P. : Comment avez-vous accédé pour la première à ces musiques différentes de votre culture ? Est-ce que c'est le fait de vivre en Europe et d'être exposé à des cultures très différentes, le fait de voyager beaucoup ?
A.M. : J'ai beaucoup écouté de musique rock. Ce n'était pas facile d'écouter des nouveaux trucs qui me plaisaient vraiment. A l'université, j'étudiais l'anthropologie et j'ai soudainement eu accès, à la bibliothèque, à des tonnes de musiques du monde. Et je me suis dit, My God ! Je n'avais jamais réalisé que des gens enregistraient de la musique aux quatre coins du monde. Je ne savais pas que ça existait. Quand j'ai commencé à écouter ça, certains trucs étaient vraiment bizarres. J'ai réalisé que je n'avais jamais apprécié un style de musique en particulier et d'un seul coup, j'avais à disposition une tonne de musique à découvrir. Et ça continu, c'est sans fin. Encore plus maintenant où il est plus facile d'accéder à tous types de musique. Vous ne pouvez jamais dire que vous avez tout entendu ou que vous ne trouvez aucune musique qui vous intéresse. C'est impossible, c'est ridicule. Je crois que je n'aurais jamais assez de temps dans la vie pour écouter toute la musique que je souhaiterais. Bien sûr, beaucoup de musiques sont affreuses mais il faut faire également un choix dans tout ce que vous aimez.
Mais je crois que cette ouverture sur les autres musiques est une part importante qui fait que The Ex reste un groupe dans l'air du temps et se régénère. Nous ne sommes pas le genre de groupe à rester à la maison, assis à écouter des disques punks. Nous n'écoutons jamais de disques punks d'ailleurs. De temps en temps, un vieux disque de The Fall ou Birthday Party parce qu'ils sont incroyables. Ou des tout nouveaux trucs qui viennent juste de sortir ou de la musique électronique, du dubstep ou du dub africain. Toute cette musique influence sans doute The Ex mais on ne s'en rend pas compte.

C.P. : Ca rend très humble et plutôt cool de savoir qu'il existe toute cette musique de part le monde…
A.M. : Exactement. Humble par rapport à chaque région musicale que tu peux découvrir en surface tout en voulant approfondir la chose. Et pour vraiment pénétrer un style, il faut du temps, vous avez besoin d'écouter encore et encore cette musique. Ce n'est pas quelquechose que vous pouvez juste étudier. Vous devez écouter et ça peut prendre toute une vie pour connaître vraiment un style ou juste la musique d'un seul pays. C'est sans fin. Ca peut faire peur mais c'est fantastique également. Nous écoutons de la musique éthiopienne depuis très longtemps, c'est en place désormais mais actuellement, nous avons un autre projet, avec d'autres musiciens et nous ne savons pas où cela va aller. Et c'est génial. A chaque fois que nous allons répéter, il y a une part de mystère, d'expérimentations parce que nous ne savons pas comment notre musique va sonner.

C.P. : Ca doit être très intéressant de partager ça avec les autres membres du groupe ?
A.M. : Oui, c'est comme si vous étiez dans un nouveau groupe à chaque fois.

SKX (18/10/2010)
website groupe www.theex.nl | www.myspace.com/xaviercharles | www.myspace.com/brodiewest
website label www.terprecords.nl

The Ex
Maybe I Was The Pilot / Our Leaky Homes - 7''
Ex 2010

The Ex n'avait pas sorti de single depuis 1991. Eux, qui n'ont pas arrêté d'en sortir au début de leur carrière, qui avaient pris soin de tout compiler sur un CD en 2005 les multiples titres éparpillés sur ces formats introuvables, sauf à prix d'or (un comble pour un groupe qui à l'époque les aurait presque donnés si ils avaient pu). Eux, qui s'étaient lancés le challenge de sortir six singles (dont un double), dans cette année 91, pour leur fameuse série The Ex-6 et qui verra en fait le sixième exemplaire sortir en maxi 12'', en 1992, à bout de souffle. Comme si cet effort les avait dégoûté à tout jamais de ce format. Une hérésie désormais réparée.
Un single comme pour marquer un nouveau départ. Un énième renouvellement au sein d'un groupe doué pour assimiler les corps étrangers et en faire un parfait Exien. Le départ est pourtant cette fois-ci conséquent. G.W. Sok, chanteur du groupe et principal parolier, membre fondateur avec Terrie Hessels, désormais seul dinosaure, depuis 1979, lorsqu'ils en étaient encore à taguer les murs d'Amsterdam avec le logo The Ex, six mois avant leur tout premier concert.
Le petit nouveau se nomme Arnold de Boer et s'agitait déjà depuis de nombreuses années avec son groupe Zea (et qui continue de le faire d'ailleurs). Jamais aisé de débouler après un type comme G.W. Sok qui paraissait indéboulonnable et qui a marqué l'histoire du groupe mais il s'en sort avec les honneurs. Il a pour lui cette façon de scander les paroles de façon assez similaire même si il y met moins de passion et de rage. Pour le coup, The Ex a décidé de tout faire par lui-même. De la composition à l'enregistrement, le mixage, la masterisation, tout du sol au plafond. Je n'ai pas été vérifié mais ça doit être une première dans l'histoire du groupe. Comme une manière de se resserrer les coudes, le besoin de se retrouver et de créer un groupe, une nouvelle cohésion, en autarcie, pour mieux rebondir. Les mauvaises langues diront que ce tour de chauffe n'apporte rien de nouveau. Les membres, les invités passent, repartent et The Ex reste toujours The Ex. Mais c'est là, la grande force du groupe. Savoir durer sans changer foncièrement. Garder l'intensité et la petite flamme du début sans éclaircir de nouveaux territoires. Ecrire des chansons qui restent toujours magnifiquement debout, même après 30 ans d'activités, tout en apportant à chaque disque, la nuance nécessaire pour avancer.
Le riff principal de Maybe I was the pilot est inspiré/emprunté d'une chanson de leur fameuse filière éthiopienne et adapté à la sauce The Ex. C'est-à-dire filtré par les rythmes uniques et les cloches de Katherina Bornefeld et ces guitares aussi poignantes que cisaillantes. L'avantage du nouveau chanteur, c'est que ces deux mains ne servent pas uniquement à tenir le micro. Elles tiennent aussi une guitare et une troisième guitare dans The Ex, c'est encore plus de bordel et de bonheur. En plus, elles servent aussi à jouer du klaxon. La nouvelle recrue est idéale comme le morceau est excellent.
Our Leaky Homes n'est pas inspiré par l'Ethiopie. Ils ont juste piqué le titre à un bouquin (le nom d'un chapitre exactement) d'un journaliste anglais (George Monbiot) qui écrie des choses très intelligentes comme Heat (How to stop the planet from burning). Un titre très entraînant comme l'air est entêtant, où Andy Moor joue de la guitare baryton pour faire croire qu'ils ont toujours un bassiste. Ce titre et ce nouveau single ne vous laissent pas en état de choc mais un nouveau single de The Ex sera toujours mieux que n'importe quelle merde sortant des mains de petits jeunes arrivistes. Vivement la suite.

SKX (01/03/2010)
website groupe www.theex.nl


 
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