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EACH OTHER This is my other pack of cigarettes
EARLY HUMANS
s/t
ECHO IS YOUR LOVE 8 hours
ECHO IS YOUR LOVE sheets of blank fucking paper
ECHO IS YOUR LOVE Paper cut eye
ECHO IS YOUR LOVE Humansize
EDIBLE WOMAN Spare me / calf
EDIBLE WOMAN The scum album
EINSTURZENDE NEUBAUTEN Alles wieder offen
EL CHUPA COBRAS Self-titled
ELECTRIC ELECTRIC Sad cities handclappers
ELECTRIC WIZARD Witchcult Today
ELECTRIC TURN TO ME s/t
ELEKTROCAS / FETCH ! Errantry in a circle / Kiasu
ELODEA Cataclysmic
EMBER seven samouraï
ENABLERS End note
ENABLERS Output negative space
ENABLERS Tundra
ENABLERS The Achievement

THE END Within Dividia
ENEMYMINE the ice in me
ENEMYMINE s/t
ENGINE DOWN demure
ENIAC Superfriends / ken & barbie
ENIAC au revoir, tristesse
ENIAC Oh !

ENIAC Newsticker / 7000000 years
ENIAC - EXPERIMENTAL DENTAL SCHOOL Split CD

ENVY A dead sinking story
ENVY all the footprints you've ever left and the fear expecting ahead
ENVY the eyes of single eared prophet
ENVY burning out the memories
ENVY Insomniac doze

ENVY / ISCARIOTE
Our dreams walking their way - chapter 1
ENVY/THIS MACHINE KILLS a red wound picture / forty one bullets + the eyes of final proof par Envy
EPHEL DUATH Pain necessary to know
EPILEPTIC The first day of our second life
ESTEL A guide in time of great danger
ESTEL True stories / my raymond is contagious
THE EX Turn
EX MODELS Zoo psychology
EX MODELS other mathematics
EX MODELS Chrome panthers
EX MODELS / HOLY MOLAR Split 7''
EX ORKEST een rondje holland
THE EXAMINATION OF the whitest of elephants
THE EXPECTORATED SEQUENCE Hairbomb
EXPERIMENTAL DENTAL SCHOOL Hideous Dance Attack!!!
EXPERIMENTAL DENTAL SCHOOL 2 1-2 creatures
EXPERIMENTAL DENTAL SCHOOL Jane doe loves me
THE EXPLODER west end kids crusade
EXPLOSIONS IN THE SKY those who tell the truth shall die, those who tell the truth shall live forever "
EXPLOSIONS IN THE SKY The rescue - Travels in constans Vol. 21
EZ T Goodbye Little Doll


EARLY HUMANS
" s/t " - CD
Wantage USA 02
Early Humans sont originaires de Washington DC. Et là, tout pourrait être dit tant la marque de fabrique musicale de cette ville est connotée. Sauf que ce trio a le riff plus lourd que la moyenne. Que sans être dénié de tact et de finesse, Early Humans joue plus sur la corde rock que emo. Une voix à vomir toute la bile de la crasse de la puanteur de ta mère, bien rocailleuse et qui accroche les dents du fond. Un son brut et direct. Rien de superflu. Sept titres solidement ancrés dans la réalité, ne s'épargnant pas quelques passages mélodiques à la guitare, toute seule dans son coin, pas vilain à entendre. C'est court, sec comme un coup de trique mais plein de cœur qui bat derrière, que du banal on pourrait dire même mais ça fait un bien fou!
SKX (21/06/2002)

ECHO IS YOUR LOVE
" 8 hours " - CD
If Society 03
A la poursuite de la dissonance parfaite. Les Finlandais continuent les travaux entamés de manière prometteuse sur leur premier album " sheets of blank fucking paper ". La recherche du Saint Graal, abandonner dans quelques sombres recoins par Sonic Youth, il y a pas mal de temps maintenant. L'influence prépondérante, l'écho s'en fait ressentir à chaque compo. Et Blonde Redhead pour la voix, autant yaller gaiement, vu que tout ça vient du même moule de toute façon, on va pas se gêner. De longues digressions sonores, faussement calmes entre arpèges inquiétants et beauté sonique comme aspirait le gang de New-York. Passages presque silencieux puis l'adrénaline qui monte jusqu 'au bord du volcan, une voix masculine venant régulièrement se noyer dans le déluge. Saines éructations, mélodies sinueuses, Echo is your love connaît la partition et les ingrédients sur le bout des doigts. Par rapport à leur 1er essai, les morceaux gagnent en maturité et concision. Le résultat devient plus tranchant. On regrettera seulement que, de leurs illustres aînés, Echo is your love n'a pas retenu la prise de risque et ne s'aventurent pas dans des dissonances plus personnelles. Un album qui coule tout seul et, malgré ces nombreuses guitares, ne dérangera pas le voisin. Idéal pour faire la vaisselle.
SKX (04/06/2003)
ECHO IS YOUR LOVE
" sheets of blank fucking paper " - CD
If Society / Kylie Productions 00
Voici de quoi briser plus d'une banquise. Ce groupe débarque de la Finlande et amène de l'électricité plein les poches. Une vague percutante, des gerbes d'étincelles et une chanteuse grandit trop vite à la voix adolescente qui cri tout ce qu'elle peut du haut de ses talons trop grands, voix tour à tour chevrotante ou perçante mais toujours touchante ! Tout de suite, Blonde Redhead vient à l'esprit et forcément et encore plus ici, Sonic Youth. Période bruyante, le larsen comme arme première. Avec ce même souci de bousculer les trames établies, de faire partir les compos en vrille ou d'instaurer des climats tendus, d'imposer un faux rythme et de faire tourner la mélodie en boucles furieuses. Un héritage loin d'être encombrant. Echo Is Your Love a de la personnalité, ses propres mélodies en stock au bout de ses guitares fumantes, insuffle une énergie réchauffante tout au long d'un premier album à l'écho contagieux. A découvrir absolument.
SKX (09/11/2000)

EMBER
" seven samouraï " - Lp
Day After records Lp
Cap à l'est. République tchèque. Terre musicale encore inédite pour qui le folklore défleure dans son jardin. Avec des EMBER, fleur désormais défunte, plus emo-core que nature, nature outrancière jusque dans les paroles. Poésie pubère et pleine de terre où " nous pourrons entendre les anges tombés ", " qu'il voulait boire ses pleurs " avec " des diamants sur sa peau blanche " et des cris affreux qui déchirent la nuit noire sans lune pour hurler à que ma douleur ! C'est la seule réticence à apporter à ce 6 titres. Des mélodies parfois trop appuyées, le désir d'émotion se mordant la queue. Passer ces quelques démangeaisons, un album riche en frissons, en longues montées lyriques, labourant à brûle-pourpoint quand il faut éclater le mal. Riche en fruits avec ce qu'il faut (ou presque) de citrons (Définition printanière de l'emo-core).
SKX (20/04/1999)
ENEMYMINE
" the ice in me " - CD
Up 00
Une giclée. Une saine et bonne giclée. Ainsi soit elle! Le son est plein et orgueilleux. Chaque riff vous décolle la tapisserie. Sec et explosif. Rudimentaire et sans tricherie. Ces ex-Godheadsilo ne se reconvertissent pas, traînent toujours sur des routes goudronnées au scalpel. Lourd et rapide comme des Melvins au sprint. Le sens de l'accroche mélodique, des petites perles tubuesques qui s'enchaînent, ça l'air de rien comme ça, basique et facile mais c'est rudement efficace, jouissif et tout. Avec entre les deux, des enchaînements dans la douceur, des pointes de mélodies toutes seules à la basse ou à la guitare qui font le liant. Des touches de sombres dans le paysage. Des passages hyper-calmes, des voix qui susurrent avant ou après des déflagrations toujours soudaines, des cris perçants, le mur se lézarde. Derrière ce lettrage hardos et la pochette imitation photocopie Monoprix, se cache un pur album de rock, compact et aérien. La grâce de l'hirondelle avec un casque à pointe. C'est que du bonheur!
SKX (05/06/2001)

ENEMYMINE
" s/t " - CDEP
K records 99
Projet annexe et non caprice de gamins gâtés des molaires. Enemymine, trio émergent de membres de Godheadsilo, Low et Mocket. 3 entités distinctes s'adonnant aux joies de la mixité sans cracher sur leur personnalité. Au résultat, 7 titres ouverts, se renvoyant la balle pour une course décousue mais qui tient la route. Traficotage de sons, ambiances sombres alliant voix étranges et narratives dans monde pesant. Jusqu'aux franches bourrées toutes droites sorties des sabots de Godheadsilo. Car le fameux duo basse-batterie reste le fait marquant. Sens de la mélodie, rageusement adolescente et efficace. Ca nous promet des lendemains bâtards et chantant.
SKX (03/08/1999)
ENGINE DOWN
" demure " - CD
Lovitt / Day After 02
Sur les cendres encore chaudes de "to bury within the sound", est sorti l'année dernière "Demure". Presque un an déjà pour une chronique qui tarde. Mauvaise augure. Dans la foulée de la réussite, Engine Down n'a pas attendu le temps qui passe. Battre le fer, tant que l'inspiration est au rendez-vous, en remettre une couche. La recette reste la même, ça ne bouge pas d'un cil. Des pop-songs emo machin comme vous voulez, un rien énervées, toujours tangentes, prêtes à tomber dans quelque chose de plus sirupeux et pleurnichard, mais l'équilibre, toujours, penche du bon coté, de justesse. Avec sa chanson de merde (" closed call "), comme sur le précédent opus. Et pourtant, cette fois-ci, cet album me laisse froid. L'effet de surprise est passé. Les compositions ont beau l'air tout pareil, il manque ce brin de grâce et d'élégance qui enflammait "to bury within the sound", cette grandeur dans les mélodies qu'on ne retrouve pas ici, malgré quelques passages touchants. Tout est savamment orchestré, professionnel jusqu'au bout des envolées vocales et des arrangements. C'est peut-être bien ça le problème. Trop prévisible. Ca ne décolle jamais réellement. Ou alors la barre était simplement placée trop haute ou je deviens exigeant avec l'âge. Ca me désole mais c'est comme ça, j'ai le vibromètre à zéro ! Ou bien avoir l'honnêteté d'admettre que, dans un style de musique qui ne m'est pas cher, "to bury within the sound" était le maximum que je pouvais supporter. Depuis, j'ai ma dose et les jérémiades de Engine Down, aussi maîtrisées qu'elles puissent être, m'endorment du sommeil du juste !
SKX (28/01/2003)
ENIAC
" Superfriends / ken & barbie " - 7"
X-Mist 03
Eniac s'annonce comme un groupe sur lequel il va falloir définitivement compter. Le premier album " au revoir, tristesse " faisait preuve déjà de beaucoup de maturité. Avec ce nouveau deux titres, Eniac affirme leur style, creusant patiemment leur propre sillon. Trop vite classé aux cotés de Kurt et Dawnbreed, ce groupe de Hambourg montre une facette plus riche en variété, passant d'un hit rock-noise incontournable (" superfriends are made of gold ") à un " ken & barbie " aventureux. D'un coté une rythmique solide et souple à la fois, un morceau entraînant, qui sait ce qu'il veut et pourtant aérien. De l'autre, une voix comme enregistrée à la mauvaise vitesse, des clappements de mains, des petites bizarreries sonores qui viennent perturber la bonne marche. Ya pas à sourciller, Eniac n'est pas du genre à s'enfermer dans un créneau, à s'ennuyer à toujours jouer la même partition. Leur bruit est vivant et incontrôlable. Esprit joueur et frappeur. Excellent single.
SKX (04/06/2003)
ENIAC
" au revoir, tristesse " - LP
Better Home Plastic Cooperation 01


Sur les cendres encore fumantes de Phillipé et Guinea Pig, ce groupe allemand, le feu aux fesses, se commet à son premier album. De l'urgence, de la spontanéité, une bonne connaissance de tout ce qui se fait en matière de musique issue du milieu emo/hardcore machin truc, un système de digestion en béton. Eniac accouche d'un 1er album fort de maîtrise, après moi le déluge, respect messieurs, on ne peut que rester admiratif. Ca vous pond des idées mélodiques à la seconde, des riffs imparables, un sens du mix limpide, bref Eniac en jette plein la vue. Condensant tout le meilleur, de Dawnbreed à Shotmaker, une affiliation certaine avec le screamo hardcore mais à l'approche définitivement plus noise et personnel, cet album broie tout sur son passage. Le chanteur a plus d'une corde à son arc et chancelant, soutient tout ça avec une énergie débordante. Eniac se permet même de se piquer d'un peu de français, avec citations à l'intérieur du livret ou encore le nom de l'album. Une charge inattendue après un premier cinq titres qui ne laissaient en rien présager d'une telle vague salvatrice. Eniac vous vole dans les plumes, dégage de là tristesse et bonjour le coup de boost!!
SKX (20/07/2001)


ENVY
" A dead sinking story " - CD
Rock Action 03
Attendu comme le messie, la dernière livraison de Envy a mis du temps à mûrir. Et à l'heure qu'il est, les bourgeons éprouvent encore des difficultés à éclore complètement. C'est qu'on en deviendrait difficile pardi ! A force de mettre la barre si haute, les Japonais de Envy sont désormais attendus au tournant. Et le rendez-vous a été pris. Les bases ont beau resté identiques, emo-noise passionnée et sombre, le truc qui fait flipper tellement c'est tendu là-dedans, Envy a tronqué la sportive contre la berline taillée pour les grands trajets. Une œuvre ambitieuse, tapis rouge pour longues copies systématisées, une heure d'aventure en seulement neuf épisodes, le Envy nouveau défie l'apesanteur. Des passages calmes plus marquants, on entend presque parfois les mouches voler, avant la brusque décharge (prévisible) pour le coup de fouet au palpitant. Un schéma bien établi. Envy n'a plus envie d'attaquer tous les fronts par la face nord et s'offre des moments de répits plus nombreux qu'à l'accoutumée. Mais le truc qui me chiffonne le plus, c'est la verve mélodique, la petite étincelle, l'inspiration quasi-divine qui rendaient leur déluge si unique, ce trait de lumière en plein milieu de cette noirceur à couper au couteau. Mélodique pour sûr, cet album l'est. Mais un ton en dessous. Ce " dead sinking story " en devient, malgré ces contrastes, un album où aucun morceau n'émerge vraiment. L'apaisement dans la continuité. Le nerf de la guerre s'estompe. L'urgence se dilue. Envy joue la carte de la diversité, étoffe ses sentiments et se donne de l'air. Et si au final cet album ne restera pas comme la pierre angulaire de leur riche discographie, il n'en reste pas moins un fait d'arme important et le temps lui donnera sûrement raison…
SKX (09/10/2003)

ENVY
" all the footprints you've ever left and the fear expecting ahead " - CD
HG-Fact 01
Un éclat dans la pénombre. Envy de retour sur les pistes. De courtes pauses en quarante-cinq tours par minute, autant de bombes fulgurantes, en mini-albums frustrants de par leur durée, Envy sort enfin le grand jeu. L'album de la consécration. Tout Envy dans ses sombre desseins. L'urgence, une intensité à faire frémir un donjon, des mélodies qui vous arrachent à vous même. Emotions à forte dose, noise ultime, hardcore torturé. Qui vous perle des batteries en rafale. C'est noire à l'extérieur, design sobre et habituel. C'est noir à l'intérieur. Envy puise au fin fond de ces cicatrices et de son désespoir latent une énergie rédemptrice, une touche lyrique qui amène leur musique bien au-delà de toutes les musiques emo/screamo du moment. Une profondeur qu'on ne connaissait pas jusque là à ce style. De la cuisse, des tripes, du cœur à revendre. Un cocktail explosif. Des furies qui savent vous faire mijoter, vous amener à l'orgasme par des accalmies mélodiques lumineuses. Envy n'est pas que bruit et fureur. Leur talent mélodique est évident. Que ce soit sous un déluge de feu ou en plein désert à faire chialer une porte de prison. Le dernier morceau 'your shoes and the world to come' est à ce titre un monument. Quasi-hypnotique dans sa mélodie. Un morceau de transe. Un volcan en sueur. Envy représente tout ce que j'apprécie : la rage et l'émotion à fleur de peau. L'art de faire du bruit tout en finesse. De vous amener vers des petites morts répétées. Le genre d'album qui vous marque un bonhomme!
SKX (06/11/2001)

ENVY/ISCARIOTE
" Our dreams walking their way - chapter 1 " - CD
Waiting for an angel 02
Nos rêves suivent leur chemin. Phrase symbolisant l'évolution d'un label passé de l'industrie dentaire à l'attente d'un ange ! De Molaire Industries à Waiting for an angel, un même label en perpétuel quête d'un idéal, que ce soit au niveau humain ou plus simplement sur la conduite d'un label. Que de chemin parcouru pour arriver à ce projet ambitieux. Après une tournée européenne et japonaise commune, des affinités et des ponts sans cesse jetés entre ces deux pays, Waiting for an angel a décidé de consolider les liens et se lance dans une série de splits entre, à chaque fois, un groupe du soleil levant et un autre bien de notre terroir ! Le premier jet frappe tout de suite chez les grands avec les fabuleux ENVY et les Franco-Suisses Iscariote, le groupe qui monte qui monte. Envy nous gâte. Un " invisible understanding " de 8 minutes, épique, tout en changement, à fleur de peau, qui surprend quelque peu au départ par son ton posé avant que toutes les résistances n'explosent. Leur deuxième contribution " chacun de tes pas " (paroles écrites par le chanteur d'Iscariote et inversement, Iscariote reprend en japonais des paroles spécialement écrites pour l'occasion par Tetsuo, l'hurleur de Envy sur " Moonbean and the dark "). Là encore un morceau, sans placer la barre à des années lumière, mais suffisamment haute pour nous faire sentir tout petit. Avec Iscariote, le ton se radicalise. Trois morceaux. Trois décharges. Le même sentiment à fleur de peau mais en béton armé et des lézardes nombreuses. Hardcore percutant jouant dans la cour de Knut. Emballé le tout dans un digipack au design riche (le vinyl, taille 25 cm, à la pochette différente, est tout aussi recommandable) et vous avez là un chapitre premier qui s'écrit de la plus belle des pages.
SKX (08/11/2002)
ENVY
" the eyes of single eared prophet " - CDEP
HG-FACT 00
Ce disque va sentir un peu le réchauffé pour tous les aficionados des kamikazes japonais de Envy. Sur les cinq titres, un seul inédit. Pour le reste, trois morceaux qui figuraient sur le 45 "the eyes of final proof" et un morceau sur la belle bête 25 cm "burning out the memories". Et vu que le 45 est pas du genre facile à dégoter, ce petit rafraîchissement ne peut faire de mal. En plus, l'inédit "an encyclopedia of the unification" est tout bonnement remarquable. Lyrisme et émotion toujours à son paroxysme, production pleine et riche. Envy reste les rois de l'emo-noise, chaque titre, un sommet à lui tout seul et ce cinq titres idéal pour patienter jusqu'au nouvel album qui verra le jour avec les premiers rayons de soleil de l'été (enfin j'espère)! Il me tarde d'y arriver bon dieu!!
SKX (30/03/2001)


ENVY/THIS MACHINE KILLS
" a red wound picture / forty one bullets + the eyes of final proof par Envy " - 7
HG-Fact 00
Envy. Un nom qui ne vous dit rien. Un groupe japonais qui débarque dans mon petit monde. Par surprise et dont je n'attends aucun tremblement de terre. Quelques minutes plus tard, vous êtes là sans bouger, la lèvre pendante, comme un con à se demander quel raz-de-marée vient de vous dévaster la platine. La découverte de Envy a ceci de prodigieux. Vous avez des disques dont vous guettez la sortie depuis des mois, avec son lot de surprises, bonnes et piteuses, ces découvertes qui n'en sont plus, où la mèche a été vendu depuis longtemps par internet ou des fanzines. Ce "red wound picture" sorti du néant, lui, rafle tout. Pas de signes avant coureur de tempête dévastatrice, rien, nada. Des petits moments de bonheur qui ne semblent faits que pour vous, qui surgissent d'une scène musicale tentaculaire et infinie et dont un seul morceau vous fait oublier tous les autres, l'espace d'un instant mis en boucles. Et c'est d'autant meilleur. Ce morceau donc, "a red wound picture", a tout pour lui. Basiquement, on pourrait dire que c'est de l'emo-noise avec un chant hurlé (screamo dit-on dans les milieux autorisés). Mais, s'arrêter à cette description serait limiter ce quintet japonais à toute une meute de suiveurs aboyante dans le vide. Car Envy fait tout comme les autres. Mais en mieux. Beaucoup mieux. Plus fort, plus beau, plus tout quoi. Ils ont le son. Massif sans être brutal, travaillé dans de la roche en fusion. Enorme et abrasif. Et une composition diabolique. Pleine de rage et de passion. Avec juste cette mélodie vers le milieu qui descend dans le poignant pour déboucher sur un refrain tueur qui emmène le reste du titre sur des sommets d'intensité rarement atteints, parsemé de passage ultra-courts et hystériques. J'en suis toujours pas revenu. Il suffit de retourner la face pour se rendre compte de la différence. Les américains de This Machine Kills font tout pareil. Mais moins bien. Dans le son et la composition. On ressent beaucoup plus cette sensation de déjà entendu. Reste un titre honnête contre les brutalités policières et dédié à Amadou Diallo. ENVY acte II. HG-Fact records, dans sa grande bonté, amen, m'a fait la générosité de m'envoyer également le même jour, jour béni, le tout nouveau 3 titres d'Envy "the eyes of final proof". Et si j'ai eu peur de redescendre de mon nuage, je suis rassuré. ENVY, c'est du bonheur à pleine louchée ! Deux titres très nerveux, riches en événements, du ressort et toujours autant de passion. Le plus beau reste l'autre coté. Un "Awaken eyes" où le terme "emo" prend une valeur significative, sans chichi et juste ce brin de lyrisme qu'il faut pour rendre accro. Des petits moments de calmes, d'arpèges tranquilles, cette voix écorchée qui prend aux tripes, une mélodie prodigieuse, nan, vraiment. Une montée crescendo où ENVY s'expose, impudique, où le feu couve dangereusement puis se répand. Depuis, j'arrête pas de lire que du bien d'ENVY, des chroniques dithyrambiques, des gens qui y plongent tête baissée. En apnée dans une discographie dont j'ai vite fait de m'y noyer aussi en me procurant tout ce qui bouge sur ENVY, notamment leur CD 5 titres "Angel's curse whispered in the edge of despair" (HG-Fact 1999). C'est du même gabarit. Ou leur album "From here to eternity" (HG-Fact 1998), un rien plus basique et moins passionnant sur la longueur, néanmoins signe d'un tournant dans leur démarche musicale et de débuts moins vivifiants. Alors concentrez vous sur ces deux 45 tours monumentaux et leur précédent mini-album car Envy, c'est la sensation du moment et mérite qu'on s'y brûle.
SKX (21/08/2000)
THE EXPLODER
" west end kids crusade " - CD
Dimmak 00
Jusqu'à maintenant, pour ce groupe de Richmond, les données étaient assez simples, on les cadrait facile. De l'emo-core énergique et passionné à la 400 Years, 12 Hours Turn. Pas de recettes miracles tout au long d'une discographie parsemée entre de nombreux 45, mini-album et split en tout genre, mais un sens de l'efficacité et de l'explosion pour un patronyme qu'ils justifient à merveille. Avec ce nouveau mini-album, the Exploder semblent revoir ses ambitions à la hausse. Sans renier les bases, ils s'autorisent à des fantaisies, laissent surgir une guitare acoustique entre deux ondes électriques, n'hésitent pas à rallonger la sauce et s'ouvrir à des mélodies plus fragiles et alambiquées. L'exemple type, c'est ce dernier titre "like a bullet from a gun" qui s'épure au fil de son cheminement vers une fin dans un délire technoïde. Ou ce "rock machine" qui lorgne vers Rye Coalition. De l'explosion toujours mais plus d'explosion aveugle ! La route leur appartient !
SKX (24/07/2000)
ENVY
" burning out the memories " - 10
Molaires Industries 00
A peine le temps de se remettre de l'ouragan nippon, révélation de l'année en ces contrées arides, que ENVY continue à marquer nos mémoires au fer rouge avec un nouveau 6 titres. Et sur un label français, oui Monsieur ! Apparemment, ce groupe japonais laisse de profondes traces chez les inconscients qui s'aventurent à l'écoute de leur musique et les fans tombent comme des mouches et se ramassent à la pèle ! Molaires Industries s'y est brûlé les ailes et sort le tapis rouge pour Envy.... Une pochette toujours aussi sobre et classieuse avec 2 inédits et 4 titres retravaillés (2 morceaux du mini-lp "Angel's Curse....", 1 titre de l'album "From here to eternity" et un morceau du 45 pourtant très récent "the eyes of final proof"). Avec ce genre de groupe, on craint à chaque nouvelle livraison d'être déçu, tant la barre a été placée haute, peuvent pas égaler leur score se dit-on. Et pourtant, encore une fois, force de reconnaître qu'Envy est le meilleur groupe emo-noise à l'heure actuelle. Au top de l'inspiration, un talent à l'état pur. Les deux inédits ("Grey Wind" et "echo regenerates") véhiculent toujours autant de passion, d'envie de se cogner la tête contre les murs, de tout laisser tomber séance tenante et de se casser d'ici. Avec toujours ces passages en plein milieu de la tempête, poignants, qui ne font que mieux mettre en valeur leurs fins de morceaux épiques, droit dans le mur où on frôle la tachycardie. Avec les quatre autres morceaux réenregistrés, on se dit un poil déçu au début, on aurait tant souhaité des inédits, encore et toujours ! Et puis leur écoute met tout le monde d'accord. Ca s'écoute sans redite, notamment la fabuleuse version de "limitation", avec la trouvaille du choeur à la voix grave et une fin déroutante, complètement anachronique par rapport à leur musique pratiquée habituellement. Mais où vont-ils chercher autant de désespoir et puiser autant d'énergie pour nous le recracher à la gueule avec une virulence si sombre ? Une autre pièce maîtresse à se procurer obligatoirement. (Noter qu'en contactant Molaires Industries, vous aurez accès à l'ensemble du sésame de Envy...).
SKX (10/10/2000)
ESTEL
" A guide in time of great danger " - CD
Little Plastic Tapes 03
Estel nous avait mis l'eau à la bouche avec un précédent single bien charmeur aux entournures. Fort d'un succès d'estime grandissant, nos quatre irlandais(es) embarquent pour un deuxième album. La formule reste majoritairement instrumentale. La base inchangée. Ce petit truc hypnotique qui vous prend d'entrée de jeu. Ce synthé qui tisse sa mélodie. Un rythme vif et basique dans l'ensemble. L'évolution concentrique. Atmosphères naïves et compos sur les nerfs. Estel n'est pas du genre à se laisser épingler facilement. Vaguement noisy-pop, un poil de rock qui aime s'habiller d'effets de studios, comme cette voix de petit robot finit au yaourt sur deux morceaux.. Cacophonique et très calme le coup d'après. Estel a tout pour plaire encore une fois mais bizarrement, la sauce ne monte pas ce coup ci. Comme un manque singulier d'inspiration, d'une flamme chancelante qui éclaire, faiblarde, des morceaux qui ronronnent sur place. Les éléments sont là mais ça tourne à vide. En fait, le meilleur titre est un des deux seuls chantés. " My Raymond is contagious " (en version instru sur le précédent 45) avec un certain Hugh Holmes pour pousser la chansonnette. Une voix de taré qui met le feu aux poudres. Une intensité proche de la folie qui se termine à bout de souffle. Je ne sais pas d'où vient le bonhomme mais Estel serait bien inspiré de l'embaucher à tems complet. Il donne à Estel tout le relief qui manque à cet album. Tout le charme envoûtant entrevu il y a peu est retomber comme un soufflet. Un album honnête mais qui reste à ras du sol que l'Irlande à pourtant vert et revigorant…
SKX (12/08/2003)
ESTEL
" True stories / my raymond is contagious " - 7"
Little Plastic Tapes 02
Mais quel est donc ce vent de fraîcheur qui nous débarque d'Irlande, cette bise légère qui vient se poser en ces contrées guerrières? Des activistes de Dublin qui n'en sont pas à leur premier essai puisqu'un album a déjà vu le jour, album qui a eu le don d'enflammer la presse locale. En attendant le second pour cette année, ces deux titres posent de sérieux jalons, les frontières vont s'ouvrir comme par magie. Deux femmes, deux hommes, une guitare, une basse, une batterie et des claviers. Pas un souffle de voix. Le décor est planté. Allez savoir pourquoi, mais Estel me rappelle S.Process, groupe américain dont ils n'ont sûrement jamais entendu parlé, comme le reste de la planète d'ailleurs ! Une façon similaire d'amener un rythme faussement groove, de rester dessus de façon hypnotique pendant que le clavier (et la comparaison s'arrête là !) tisse sa mélodie, particulièrement entêtante sur " troue stories ". Une apparence frêle, aérienne mais l'ensemble est organique, les articulations solides et ces deux morceaux sont particulièrement attachants. Le piège se referme.
SKX (03/03/2003)



EX MODELS
" Zoo psychology " - CD
French Kiss 03
Les Ex-Models prennent leur envol. On les avait quitté sur un " other mathematics " qui sentait bon l'héritage à plein nez de Gang Of Four et Wire. Ils nous reviennent grandis et émancipés d'une tutelle encombrante. Les grands frères planent toujours mais ils ne leur font plus d'ombre. Ca commence par un " fuck to the music ", véritable profession de foi d'un groupe plus désireux que jamais d'éclater toutes les structures conventionnelles d'une chanson. De la non-compo où tout tourne autour de l'idée d'un rythme, qu'il vienne de la batterie ou d'un plan de guitare. Des titres très courts et percutants avec des voix qui se sont coincées les couilles dans une porte, également tout en cadence, instrument à part entière. Moitié bruitiste, séquences de guitares tout en stridence. Morceaux avec qu'une seule note qui claque en trente secondes. Ex-Models ne caressent pas dans le sens du poil et ne cherchent en aucun cas à vous rendre la vie plus belle. Ca peut paraître parfois facile, dérouter un tant soit peu celui qui aime se raccrocher à un bout de mélodie et savoir où il met les pieds. Mais cet exercice de vingt minutes et quinze titres possède de la fraîcheur et de la personnalité, rapport à leur premier album. C'est tout en nerf et en vitesse avec une durée idéale pour ne pas s'ennuyer. Ce groupe originaire de New York a indéniablement un petit coté " arty " mais sait insuffler suffisament d'âme punk pour rendre tout ça digeste. A écouter comme un long morceau découpé en quinze pièces. Une jungle déroutante. (Version vinyl sur X-Mist records).
SKX (25/08/2003)
EX MODELS
" other mathematics " - CD
Ace Fu 01
Tout d'un aveu. Ex Models a des modèles qui ont succombé avec le temps mais qui, à la mémoire, restent bien présents. Ces Américains bon teint ont pioché sans vergogne dans l'héritage punk-arty à l'orée des années 80, Wire premier d'une bonne tête, Josef K calé dans la roue. En treize titres et vingt-quatre minutes chronos, Ex Models révisent ses bases. Agrémentez d'un son de guitare tranchant, sec et nerveux, de rythmiques qui ont roulé leur bosse du coté de Chicago, histoire de relever la sauce au goût du jour et on obtient une formule savoureuse. Les titres sont croustillants, ne manquent pas de vigueur. La new wave punkisante revisitée par les critères actuelles de la noise légère, c'est pas déplaisant. Sauf que l'arrière goût new wave a tendance à monopoliser le fond du palais. Les vieux de la vieille qui portaient épingles à nourrices doivent se retourner dans leurs tombes à l'écoute de certains riffs. Crier aux usurpateurs du fond de leurs râteliers. Moi-même, je dis pas. Ex Models a intérêt à faire gaffe à ses arrières si ils veulent pas qu'on leur botte les fesses à la longue. En attendant que les modèles s'estompent, une sucrerie à consommer sans modération. Ca durera le temps que ça fera!
SKX (06/11/2001)
EX ORKEST
" een rondje holland " - CD
Ex records 01
THE EX 5 puissance 15. Egal 20. Délirant projet ou nos Hollandais préférés, à l'occasion du "Holland Festival 2000" ont eu la lumineuse folie de s'entourer de quinze autres musiciens, triés sur le volet, comme ils savent si bien le faire. Ferry, le chanteur de De Kift, qui se contente de souffler dans les cuivres. Michael Vatcher, batteur de Roof / 4 Walls, le chanteur Han Buhrs et Jan Mulder. Wilf, le fanfaron batteur des Dog Faced Hermans, des musiciens issus de la scène jazz hollandaise, la liste est longue. Le tout, s'il vous plaît, dirigé par un chef d'orchestre néo-zélandais, Hamish Mckeich pour donner corps à cet instant live d'une rare intensité. Car il faut une main de fer pour contrôler ce bouillonnement qui suinte de toutes parts. L'empêcher de déborder de son lit à la furie naturelle. Imaginez trois batteurs, trois chanteurs, une volée de cuivres, une chevauchée de cordes, guitares, contrebasses, serpent à plumes, troupeau de bison lancé à plein poumon. C'est la guerre. C'est la vie. Il faut entendre "state of shock" (rebaptisé ici "kokend asfalt" car tout est rebaptisé et chanté en hollandais), pièce maîtresse de l'œuvre de The Ex et Tom Cora, débouler de face. Quand les cuivres débarquent, c'est Zapata qui descend des montagnes à brides abattues. C'est Babylone en feu. Ou ce "meer nieuws" de leur dernier album. Sa longue monté, ce truc qui prend aux tripes, qui explose, la cervelle sur le trottoir. Fringuant et maîtrisé, ce bordel de The Ex navigue entre morceaux de leur répertoire et pièces originales où ça fleure bon l'expérimentation tout droit descendue du ciel! Ca boulime et ça pétarade. Dans tout ce magma, un ange passe. Eclairs multiples de légèreté dans la tourmente. Chaque morceau mériterait sa chronique à lui tout seul. Chaque titre à sa personnalité, son petit truc qui vous emballe, vous sert le cœur, vous transporte. Son air de cuivre qui vous perce, ce rythme qui vous achève. Cette énergie toute exienne qui transcende et transpercée de part en part par des ouragans de lumière. Je hoquette. Je crie. Je grince. Plaisir béat. Dans un monde parfait, ce disque serait dans toutes les maisons. Quitte à y foutre le feu.
SKX (31/08/2001)
THE EXAMINATION OF
" the whitest of elephants " - CD
Hawthorne Street 03
The Examination Of tourne la page. Le groupe américain compte déjà plusieurs productions à son actif. Cependant rien ne les prédisposait à sortir de la masse. Un hardcore virulent, sombre et percutant que beaucoup d'autres groupes auraient pu signer. Avec ce nouvel album, on ne peut pourtant pas dire que The Examination Of fasse preuve d'une grande originalité. Neurosis est l'influence majeure, pas la peine de sortir de la cuisse de Jupiter pour s'en rendre compte. Mais ils le font si bien, avec des compostions à la puissance émotionnelle si flagrante que cet album vous percute d'entrée et assoie son homme. Seulement quatre titres pour 45 minutes de bonheur, autant dire que The Examination Of a considérablement rallongé le tir. Ralentissement de la cadence, lourdeur et décadence, la tension s'insuffle sur la durée. Dans ces riffs plaqués et chargés de violence, dans ces vocaux virils, ces longues et tortueuses constructions. Experts en bifurcations. Une bête redoutant la lumière. Et au contraire de Neurosis, point de synthés et samples à l'horizon, nul violons et cuivres. Tout dans l'élémentaire, l'os et la chair, la réalité quotidienne et elle est pas facile cette vie ! The Examination Of a l'aura quasi mystique. Cette chape de plomb qui s'abat soudain et puis ces grandes bouffées d'oxygène, mélodiques à mort, avant de vous replonger la tête dans la merde. Le tour de force de sortir du rang sans rien offrir de plus que le voisin mais une telle maîtrise et beauté noire que ça en devient une histoire personnelle, exposant ce groupe aux yeux de tous. Si Isis, Cult of Luna, Neurosis bien sûr et autres rois de la gaudriole vous font frissonner l'épiderme, jetez vous sur ce " the whitest of elephants ", la nuit n'en sera que plus belle.
SKX (05/06/2003)
EXPLOSIONS IN THE SKY
" those who tell the truth shall die, those who tell the truth shall live forever " - CD
Temporary Residence 01
Groupe de mauvaise augure qui annonce des explosions dans le ciel avant la date fatidique d'un certain jour de septembre. Groupe prémonitoire qui dessine des avions sur la pochette au-dessus de bonhommes casqués et armés. Titre d'album un tantinet pervers où personne n'a raison sauf ceux qui ont torts. Ce quatuor d'Austin, pour son deuxième album, ne passe pas en tout cas inaperçu et draine dans son sillage déjà de nombreux fans (au point de saturer leur site web!). Le phénomène est lancé. Tête la première dans la brèche ouverte par Godspeed You Black Emperor, ce jeune groupe maîtrise déjà parfaitement les critères de base. Des compositions qui durent, cheminement sinueux d'un cours d'eau entre calme limpide et douce rêverie à la rencontre de torrents cacophoniques. Entre lentes montées et soudaines déflagrations. Entre roulements de caisse claire sonnant la montée des troupes au front et arpèges cristallins pour le repos du guerrier. Tout en allant à l'essentiel, prêt de l'os. L'égarement reste condensé. Et les explosions vraiment explosives. Une production que c'est de la pure orfèvrerie et six titres, qui, si ils n'apportent rien de fondamentalement nouveaux, sont tout simplement magnifiques et risquent de faire couler beaucoup d'encre et tourner de nombreuses têtes. Si seulement toutes les explosions pouvaient être comme celle-ci!
SKX (12/02/2002)

Echo is your love
Paper cut eye - CD
If Society 2004

Inlassablement, Echo is your love remet son titre en jeu. Le titre très honorifique de meilleurs descendants de Sonic Youth. Sauf que cette fois-ci, les Finlandais coupent encore un peu plus le cordon ombilical. On sent bien encore l'aura du père, l'influence est et sera définitivement là, faut se faire à l'idée, la ressemblance est dans les gênes. Mais sur ce troisième album, Echo is your love trouve des chaussures à sa mesure. Pour les fanas des longues digressions sonores emballées par des mélodies broussailleuses et la voix d'une chanteuse angélique, Echo is your love a de sérieux arguments à faire valoir. Avec l'âge, le volume des guitares tend à s'estomper. Le travail se fait plus sur le tissage et l'enchevêtrement avec quelques effets tourmentés mais rien d'inaudible à rendre sourd un troupeau de cerfs (excepté un passage de " adult situation no kisses " propre à les écorner !). Ce collectif de musiciens joue également dans un groupe punk-hardcore des familles (Hero Dishonest) et d'electronique-krautrock (Siniaalto). Plusieurs cordes à leur arc. Echo is your love représente la flèche rock-noisy. C'est des plus classiques mais extrêmement bien fait et agréable. Ce nouvel album met la barre encore un poil plus haute, le groupe s'affirmant plus que jamais dans des compositions finement élaborées et envoûtantes. Le Père Noël est bien finlandais!

SKX (19/12/2004)
website groupe http://www.ifsociety.com/echo
website label http://www.ifsociety.com
sounds EchoIsYourLove-3.mp3

Edible Woman
Spare me / calf - CD
Psychotica 2004

L'Italie se dévergonde. Tout un tas de jeunes groupes de qualité semblent arriver sur la scène indépendante (Logan, Saetia, GI Joe pour ne nommer qu'eux). Les petits derniers s'appellent Edible Woman. Leur premier album est tout bonnement terrible! L'influence qui vous monte direct à la tête, c'est toute cette scène noise-rock de Chicago. Une solide et inventive assise rythmique, angulaire, répétitive, pas avare en coup de cymbales dont l'écho est renvoyé les doigts dans le nez par une basse imposante. Vous connaissez la donne. Jesus Lizard, Shellac. Sauf qu'à ces derniers, ils damnent largement le pion. Place aux jeunes! La guitare est généreuse, bruyante à souhait, rampante ou explosive. Le guitariste à son bac de la six cordes à l'aise. Seul le chanteur manque un brin de charisme mais au moins, il ne gâche rien. Arrivé en dernier dans le groupe, la symbiose parfaite avec les trois musiciens reste à trouver. Pour un jeune groupe, c'est affolant la maturité qu'il affiche déjà. Un album qui ne se contente pas d'être mathématiquement précis. Les formes savent être libres, voir expérimentales avec un saxo discret sur le premier morceau " five minutes later ", mais qu'on entend plus par la suite et qui aurait mérité une place plus importante dans l'effectif. Ya de la vie, une bonne dose d'esprit rock et frondeur. Ca suinte à tous les étages. Ils viendraient des Etas-Unis, la terre entière serait déjà à leurs pieds (refrain connu)! Alors oubliez votre dernier Shellac et tous ses avatars. La relève, la vraie, s'appelle Edible Woman. Ya pas à sourciller, " Spare me / calf " est un album à se procurer d'urgence!

SKX (13/10/2004)
website groupe www.ediblewoman.it
website label www.psychoticarecords.com
sounds Spare_Me.mp3

Electric Turn To Me
s/t CDEP
No Quarter 2003

Un pedigree des plus alléchants. Blake Fleming (batteur des ex-Dazzling Killmen et Laddio Bolocko), le genre de mec qu'on suit à la trace à chaque annonce d'un nouveau projet. Avec un autre ancien Laddio Bolocko (Marcus Degrazia aux claviers), on pouvait s'attendre à se retourner les sens mais surtout pas ce truc poussif! Avec une chanteuse (et occasionnellement guitare) Silke et un second guitariste, Electric Turn To Me ne vas pas provoquer d'étincelles. Une sauce moitié sixties / seventies, simili rock progressif, à grand renfort de claviers. Même le Fleming est en retrait. Son jeu de batterie, si étincellant d'habitude, n'a rien de renversant, presque banal. La Silke a beau avoir un joli minois, ces intonations cold-wave n'abondent pas en sa faveur. Bref, très surprenant quand on sait ce que ces gaillards étaient capable de faire auparavant. On va garder un œil sur la suite mais le courant risque bien de ne plus passer.

SKX (02/04/2004)
website groupe www.electricturntome.com
website label www.noquarter.net
sounds Ride_the_Wave.mp3

Enablers
End note - CD
Neurot 2004

Enablers n'a rien du p'tit groupe de jeunes qui débutent. Des vétérans qui ont traînés leurs guêtres avec June of 44 (Doug Sharin), les Swans, Nice Strong Arm et on va s'arrêter là pour la liste qui risquerait de noircir l'écran d'une longue litanie fastidieuse ! Enablers est leur nouveau projet (un parmi d'autres) sur le label de Neurosis, qui marque une nouvelle fois de plus, tout son amour pour les musiques qui jouent plus sur l'ambiance que sur la puissance. L'élément central est ce chant, ou plutôt cette voix, celle de Pete Simonelli, écrivain de San Francisco, qui déclame ses poèmes sur le mode narratif. Sorte de Lou Reed, organe grave, qui sait y mettre toute la tension et l'expression quand l'histoire le nécessite. Mais ne me demandez pas hélas de quoi retournent les paroles… On y perd sûrement en intérêt mais va falloir faire avec! Derrière, la musique lui laisse toute la place pour s'exprimer. Il y a du Slint là-dessous, sans toute la puissance des guitares et la beauté des mélodies mais dans cette tension sous-jacente qui n'explose qu'à de rares occasions, il est difficile de ne pas penser au groupe mythique de Louisville. Une batterie, deux guitares. L'accompagnement est léger, voir austère. A peine entend-on parfois les instruments derrière la voix. Le silence, la place accordée au verbe, les quelques coups de collier pour souligner une colère subite, sèche et sans fioriture. On peut aussi bien passer à travers que rentrer en lévitation le lendemain. On a creusé aussi longtemps que possible pour remonter l'essentiel. Le tunnel se poursuit.

SKX (25/09/2004)
website label www.neurotrecordings.com
sounds AboutLastNight.mp3 | PaulysDaysInCinema.mp3

The End
Within Dividia - CD
Relapse 2004

C'est pas avec ce disque que le guerrier va trouver son repos. The End fait parti de la race des grands combattants, ces barbares qui dévastent tout sur leur passage, après moi, le déluge. Dillinger Escape Plan parti en permission, The End prend le relais. Des rafales de double grosses caisses, des guitares mitraillettes, un chef hurleur qui vous inonde de sa rage. Même avec le blindage le plus épais soit-il, difficile d'éviter les coups et ne pas sentir l'onde de choc vous envahir. Ils ont beau avoir aménager quelques airs de repos, tenter d'aérer des compositions compactes à souhait et d'apporter des brides de mélodies, c'est l'oppression qui prédomine. C'est un metal d'un genre nouveau, exigeant et pratiqué à une échelle de plus en plus grande. Forcément, faut avoir le cœur sacrément bien accrocher et être d'une humeur massacrante pour écouter ça sans serrer les fesses. Mais ce deuxième album de ce groupe américain est très convaincant.

SKX (29/06/2004)
website label www.relapse.com
sounds Dear Martyr.mp3 | Fetesque.mp3

Eniac
Oh ! - CD
X-Mist / Nova 2004

Eniac continue de gravir les échelons. Derrière une pochette de l'impossible où il fallait oser ce mariage des couleurs et ce graphisme pour le moins surprenant, c'est tout un symbole qui s'affiche. Le groupe de Hambourg a cette approche immédiate punk et qui file droit, une intrigue pas aisée à suivre de prime abord. Mais en grattant un peu et au fil des écoutes, Eniac révèle une palette ensoleillée, le genre de groupe qui ne se prend pas au sérieux. Faut quand même être un poil décaler pour pondre une pochette pareil avec un titre d'album qui souligne toute notre stupeur ! Nos quatre énergumènes maintiennent le cap de leurs précédents enregistrements. Rythmes vifs, dynamique entraînante, idéale pour la circulation sanguine. Une efficacité toute allemande. Par contre dans le maniement de la mélodie, ils montent encore d'un cran, adoucissant le trait de compositions menées grand train, sachant trouver la bonne accroche qui emportera le morceau. Traitement aléatoire de la voix au vocodeur, chant qui passe les doigts dans le nez de la langue de Shakespeare à celle de Goethe. Eniac apporte fraîcheur et légèreté dans leur monde noise-rock et signe un album redoutable. Pour les fans du numérique, le CD compte deux morceaux supplémentaires, sorti auparavant sur un single et présentés dans une version remaniée. Ah !

SKX (20/06/2004)
website groupe www.e-n-i-a-c.de
website label www.x-mist.de | www.novarecordings.de
sounds We_did_Things.mp3

Epileptic
The first day of our second life - LP
Rejuvenation / Pi-Core 2004

Le marais poitevin cache de sacrés mystères. Il faut vouloir sortir des routes principales, prendre des itinéraires qu'aucun guide ne conseille. Et aimer le charme discret des demeures simples et accueillantes. Car au bout du chemin, rien de tape à l'oeil s'ouvre à vous. Pas de paysage époustouflant. Le Huit Six, c'est pas la Bretagne! Par contre, si vous appréciez le travail d'artisans qui aiment le travail bien fait, Epileptic se profile devant vous. Le trio sort son troisième album. En toute modestie, comme d'habitude. Loin des réseaux, hors mode tout en ne proposant rien de nouveau, Epileptic réussit à capter son auditoire à la seule force de ses compostions. Un registre pop et rock des plus classiques. Le bon guitare-basse-batterie des familles. Alors pour se distinguer, autant sortir la mélodie qui tue, le truc qui va rentrer dans la boite à claque tout de go, vous charmer sans y prendre gare. Des morceaux comme " little river " et "settle down " sont à ce titre exemplaire. De vraies petites perles pop-rock. Tous les morceaux n'arrivent pas à planer si haut. Mais l'ensemble tient la corde. Le son à leur image. Rien de tapageur, sans fioriture où tous les instruments trouvent leur place avec justesse. On pourra toujours se gausser de l'habituel chant anglais qui sent le bon accent frenchy mais comme ce chant arrive plus d'une fois à vous filer le frisson, on ne dira rien de plus! Après un deuxième plus mélancolique, Epileptic revient à plus de consistance. Le genre d'album qu'on écoute dans son coin, à l'abri des courants porteurs et que l'on pourra toujours ressortir dans dix ans. Car sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, il est fort à parier que cet album ne va rencontrer encore une fois qu'un succès d'estime et qu'il restera dans la confidence des nénuphars.

SKX (05/10/2004)
website groupe http://epileptic.free.fr
sounds littleriver.mp3

Experimental Dental School
Hideous Dance Attack!!! - CD
The Company With The Golden Arm 2004

Ca commence par un hennissement de cheval. Ca embraye par un drôle de son de claviers (un Casiotone 1000 pour les puristes), le tout dans une ambiance de fête foraine débile. Le nom de ce trio de San Francisco aurait du nous mettre la puce à l'oreille. Experimental Dental School est une drôle de monture. Le genre en bois que l'on trouve sur les manèges et qui tourne en rond au plus grands plaisirs des petits et grands. Mais il est fortement conseillé de bien s'y accrocher sous peine de se retrouver éjecter sur le grand huit d'à coté. Rythmes de valse à quatre temps et moteur à explosion, voix systématiquement trafiquée, des sons tour à tour étrange et marrant du clavier de Shoko Horikawa, charmante japonaise qui se croit au cirque. C'est pas non plus Bouglione. La base est punk-rock. Largement déviante certes mais avec une énergie de bon aloi et totalement "freak-out" comme diraient les ricains, à faire pâlir un arracheur de dents. Dance-punk-circus, ça vous branche comme étiquette?! Une école dentaire des plus attrayantes.

SKX (01/05/04)
website groupe www.experimentaldental.com
website label www.tcwga.com
sounds www.experimentaldental.com - section media

EZ T
Goodbye Little Doll - CD
Monitor 2003

EZ T, particule étrange qui tourne plus ou moins autour d'un homme, Colin Michael Gagon, sorte de performer/écrivain qui prête sa voix et sa guitare, une bande de potes derrière lui, Bill Callahan (Smog) aux manettes et sponsorisé par son pote Will Oldham/Bonnie Prince Billy. Les fans de ce dernier pourront d'ailleurs s'y retrouver mais EZ T n'a pas sa sécheresse et son sens du tragique épuré de tous effets. Je ne sais pas si faut être foncièrement américain pur souche et savoir monter à cheval en poussant de grands " yepiiii " pour apprécier ce folk-rock de facture très classique, poussif pour les soirées au coin du feu mais là, ça me pèse sévère. Et comme je ne m'appelle pas Antoine de Caunes et que Bruce Springsteen ou Lou Reed n'ont jamais été mes copains de veillées, je ne m'appesantirais pas plus loin. D'ailleurs, cette chronique a vu le jour simplement pour le label qui a sorti ce disque. Monitor records, c'est la maison mère de Oxes, Battles et autres pointures noise-rock moderne. Si ils donnent dans la diversité, ils ne reçoivent pas toujours la qualité en retour !

SKX (26/06/2004)
website groupe www.ez-t.com
website label www.monitorrecords.com
sounds Bay-Shallow.mp3 | Gdbye-Lil-Doll.mp3

Echo is your love
Humansize - CD
If Society / Stickfigure / UAR / Run Out 2006

Tous les deux ans, réglé comme une machine, Echo is your love nous envoie de sa Finlande natale une nouvelle carte postale. Quatrième album pour ce groupe largement inspiré par Sonic Youth à leurs débuts mais qui prennent définitivement le large avec leur influence principale. Quoique quand on entend ce qu'est devenu le groupe de New-York, Echo is Your Love reste dans la mesure et n'est pas loin de suivre le même chemin. Leurs digressions sonores calment leurs ardeurs au profit, pardon, au détriment, de morceaux penchant vers la pop, ne gardant qu'un léger habillage noisy. Toujours porté par la sensuelle voix de Nea, EIYL tente de la jouer fine. Tout semble plus beau désormais, plus facile et détendu. Quelques larsens et passages bruitistes subsistent, voir un bonne gueulante de temps à autre comme sur le début de Step in step inside ou Sharp Things avec le renfort d'un chant masculin. Mais les mélodies ne sont pas à la hauteur et les compositions de manière générale ne laissent pas un souvenir impérissable. Un disque bien gentil et quelconque.

SKX (30/07/2006)
website groupe www.ifsociety.com/echo
website label www.ifsociety.com
sounds Peacesong.mp3 | Stepinstepaside.mp3

Experimental Dental School
2 1-2 creatures - CD
Deleted Art 2005

Drôles de zèbres. Oakland nous renvoie les Experimental Dental School, pensionnaires d'un monde onirique et fracassé. Sa surface se transforme en un tourniquet à huit pistes, le manège toujours en chantier. Le trio de choc. Jesse Hall : guitare, sampler et chant. Shoko Horikawa : synthés et chant itou. Ryan Chittick, batterie et chant toujours. Créatures espiègles et pas qu'à moitié, bien malin qui pourrait deviner quelles sont leurs racines. Un amas où s'enchevêtre Kurt Weil, Dog Faced Hermans, la musique qui a bercé leur enfance, des contes ludiques, Devo, le tango et la salsa, le rock, celui qui fait grimper aux murs, le cirque et les clowns tristes. Et le punk toujours, se prendre en main tout seul et créer dans la joie et un esprit torve des contes musicaux immoraux. Des mains se serrent dans la cohue. Celles de Greg Saunier (Deerhoof) qui tient les baguettes sur A little bird told me. Un trompettiste (Matt Volla), des faiseurs de bruit, des silhouettes noires où se profilent des songes de gosses. La vraie réussite de ce disque, c'est d'arriver à écrire des compositions qui tiennent la route avec toutes ces idées farfelues. Pas un groupe arty de plus qui nous pompe l'air mais une vraie vision artistique. Pas un joyeux bordel sans queue ni tête mais des airs entêtants savamment construits pour un disque original. Créature extrêmement avenante.

SKX (11/11/2005)
website groupe www.experimentaldental.com
website label www.deletedart.org
sounds www.experimentaldental.com/listen.php

Ex Models
Chrome panthers - LP
X-Mist/Psychotica 2005

Ex Models a bien failli devenir ex tout court. Mais le noyau central Zach Lehrhoof et Shahin Motia continue le périple. C'est en fait sous la dénomination " Ex Models featuring Kid Millions " qu'il faut appeler ce troisième album. Kid Millions, c'est le batteur de Oneida, autre groupe de New-York, tendance psychédélique-progressif-noise et faut bien avouer, assez chiant! Mais ce batteur a de la ressource et un jeu bien givré qui colle parfaitement à la décadence de Ex Models (ou ce qu'il en reste). Que six titres ornent cet album mais à eux seuls, ils sont pratiquement plus longs que tous leurs albums réunis. Une révolution ! Ex Models n'a jamais fait dans la facilité mais là c'est encore pire. Ne cherchez pas une once de mélodie dans ce disque. Le rythme, le bruit, l'orgie du rythme et du bruit, l'extase par les dissonances, l'élévation dans les affres de l'électricité domptée, plus chaotique que n'importe quel groupe de hardcore chaotique, non, vraiment, Ex Models nous sort un disque noise-rock ultime, renvoyant tous les copieurs de Sonic Youth à leurs premières petites culottes. Le trio garde la substantifique moelle de l'esprit avant-gardiste et frondeur de leurs aînés pour exploser les carcans rock et proposer une joute sonore de haute volée. Kid Millions est du genre batteur doué. Ca cogne à tout va et propulse vraiment l'ensemble contre les murs. Les structures fonctionnent sur le mouvement répétitif, ça couine, ça larsen, ça vibre, c'est épileptique, sans concession et complètement tripant. Ecouter le dernier morceau " chrome hearts ". A bout de souffle. Un grand album de rock bruitiste.

SKX (14/05/2005)
website groupe www.exmodels.org
website label www.x-mist.de | www.psychoticarecords.com

Ex-Models / Holy Molar
Split 7''
Three One G 2004

Amis cartésiens, passez votre chemin! Sur 31G records, la musique rythme rarement avec logique. Dans Holy Molar, c'est à genoux sur le prie-dieu. Trois membres de The Locust (entre autres), Ron Avila, éternel batteur des Get Hustle, Antioch Arrow. La valse à trois temps et vomi. On a beau retrouvé un synthé de folie, ces 2 morceaux peuvent prétendre s'appeler comme tel et ne joue pas la même partition que The Locust. Le jeu de Avila toujours très Birthay Party, tribal et lugubre. Un chant hargneux qui lamente toute sa misère. 2 titres très syncopés, d'une fièvre blanche et bruyante. Excitant. Ex-Models a du répondant. Eclatement des structures autour d'un rythme convulsif. Cris de vautour qui cherche sa proie. Ex-Models a définitivement quitté le giron de Gang of Four et Wire pour n'en garder que l'âme et le nerf. Quatre bombes incendiaires sans se soucier des survivants.

SKX (09/01/2005)
website groupe www.exmodels.org | www.threeoneg.com/holymolar
website label http://www.threeoneg.com


The Ex
Turn - 2xCDs
Vicious Circle 2004

Immortels The Ex qui laissent aux scribouillards de tous poils le soin d'écrire leur histoire. Le regard toujours porté vers l'avenir, The Ex continue, vaille que vaille, malgré le départ, un de plus dans leur longue aventure (après tout ils ne sont plus que 2 d'origine) mais celui-ci de poids. Luc, le bassiste depuis 19 ans, douloureuse séparation qu'une Rozemarie remplace, armée de sa contrebasse. Le destin, ne pas s'attarder. La nouvelle ligne d'horizon se porte au sud, sur ce continent africain qu'ils chérissent tant. Puis, dans un nouvel élan, tout reprendre à zéro. Deux tonnes de nouvelles compositions plus tard, nos Hollandais voient double. Trois quart d'heure chacun de musique, ces deux cédés décèlent milles trésors ramenés des sables d'Erythrée. La propension quasi vitale de The Ex à se nourrir d'influences multiples, les oreilles, les yeux, le cœur en éveil, l'ébullition constante et puis tout malaxer dans leur usine à gaz. La moulinette de The Ex, formidable machine qui va chercher dans les musiques traditionnelles africaines des compositions clairement inspirées (" theme from Konono " et " Huriyet ", Katrin la batteuse au chant et nous à genoux) ou avec force magie noire, en tirer toute la substantifique moelle, s'approprier l'âme des ancêtres et vous jeter, avec fulgurance, à la tronche, leurs interprétations, Exiennes jusqu'au tréfonds de la chair. Dans le verbe et dans le geste, The Ex est toujours noblement punk. En colère dans ces guitares bouillonnantes, tout est rythme, la transe, la fièvre de la jungle, la tension insufflée en boucle, The Ex, pas aujourd'hui qu'ils vont se calmer. La basse n'est plus. La contrebasse joue une autre partition, apporte fluidité et quand elle utilise l'archet, c'est vers l'univers de Tom Cora avec The Ex que l'on glisse (le très beau " The idunno law ", le morceau pignant, comme sur chaque album de The Ex ou encore " Sister "). Remettre l'ouvrage sous un nouvel éclairage. Garder les bases mais continuer à faire trembler les murs. Faire avancer la boule en y ajoutant à chaque rotation complète une couche essentielle. La patine des ans avec des échardes toujours nombreuses, rester sur ses gardes, la créativité sans cesse, les lauriers écrasés, Sélassié reconnaîtra les siens. Il règne sur cet album une atmosphère fiévreuse, un sens du rythme qui tourne à l'hypnose (et on connaît l'importance du rythme chez The Ex), un souffle chaud descendu sur les chères têtes blondes de notre tribu hollandaise, possédée par des voyages salvateurs dans le berceau du monde, ces terres indomptées et fougueuses. Normal que The Ex s'y reconnaisse. Ce monde qui les inspire tant, des sons aux paroles tirées de poèmes de Virginia Grütter, Cornelis Vreeswijk ou Anne-James Chaton, poète moderne, vu sur leur récente tournée, et sa litanie de la vie ordinaire pour clore cet album. Ce monde qui les révolte toujours autant, un brin de cynisme en plus mais l'énergie de jeunes poulains. "We need poets, we need painters" clame GW Sok pour ouvrir l'album. On a surtout besoin de The Ex!

SKX (02/01/2005)
website groupe http://www.theex.nl
website label http://www.viciouscircle.fr
sounds poets.mp3 | track2.ram

Elodea
Cataclysmic - CD
Basement Apes / Fuck Yoga 2006

Elodea plombe l'ambiance. Du fin fond de sa Slovénie natale, les quatre gais lurons s'amusent à péter les frontières et assènent une lourdeur pas possible. Genre de Catharsis de l'Est au ralenti. Des riffs qui puent la grisaille. Le gros grain est de sortie. La voix aussi, avec un gros chat de gouttière qui lui traîne au fond du gosier et c'est pas la meilleure chose qui lui soit arrivé. Pour sa santé et nos oreilles. Bref, on dit dans les milieux autorisés que c'est du doom ou du sludge. Un hardcore mutant pour dépressifs. Qu'importe. C'est surtout du vu et du revu, alignant tous les clichés et poncifs du genre. Sans doute un chemin de croix de choix pour les aficionados du style mais c'était pas la peine d'en importer de Slovénie.

SKX (18/11/2006)
website groupe www.spreadtheelodea.com
website label www.basementapesind.com | www.fuckyoga.tk
sounds unmonstre.mp3

Enablers
Output negative space - CD
Neurot 2006

Enablers, ça s'écoute comme un roman. Le chant parlé de Pete Simonelli. La musique narrative des trois autres musiciens. Deuxième tome pour le groupe de San Francisco. Simonelli continue de feuilleter les pages de poèmes que l'on dit inspirés par Kerouac et Burroughs. Toute cette Beat Generation m'a toujours gonflée et je me dis que c'est pas plus mal que je pige quedal à ces paroles. Et puis ya pas besoin de comprendre pour se sentir concerner et plonger dans cette ambiance noirâtre. On se doute bien qu'il ne raconte pas son weekend à Disneyland ou le passage à l'euro. Se laisse emporter par ce flot contrôlé d'injonctions, de narrations appuyés déclamées avec les tripes et le cœur, prémices de prestations lives mouvementées où le bonhomme écrit ses plus belles pages. Quant à la musique, elle reprend là où End Note s'était terminé. Un fil conducteur qui se passe de la trame habituelle, évoluant au gré des humeurs enflammées de guitaristes inspirés. Un album encore plus explosif, laissant dans les volutes littéraires de Simonelli des traces mélodiques plus insistantes. Entre touchés jazzy et élans foncièrement rock et Slint-ien, les compositions vous laissent entre contemplation et colère sourde. On est prêt à leur laisser sa petite sœur en garde et ils vous la rendrent tout chiffon. Un groupe à part à l'écriture aiguisée d'où émane une force tranquille. Apte à tromper plus d'une personne avec des intentions troubles.

SKX (14/09/2006)
website groupe www.enablerssf.com
website label www.neurotrecordings.com
sounds SuddenInspection.mp3

Envy
Insomniac doze - CD
Rock Action 2006

Le monstre sacré nippon. Quinze ans de labeur. Une discographie solide et explosive, un typhon inébranlable. Qui ne pouvait terminer sa folle course que dans un mur lapidaire si Envy ne changeait pas la donne. 2003 et A dead sinking story les voyait ménager la bête, prendre le pouls d'un certain hardcore qui se la joue très mélodique et ambiant, cadence ralentie et germes post-rock dans un hardcore jusque là sans concession. Le hardcore des Japonais a toujours consciemment tiré sur la corde de l'émotion et du lyrisme. Mais c'était vrillé aux tripes. Cette fois-ci, c'est mort et enterré. Insomniac doze continue de creuser, avec méthode et calme, à tailler ses longues compositions qui s'étendent dangereusement au-delà des dix minutes (Crystallize, The unknown glow), à épancher ses longues digressions dans un massif sonore propre à contrer tous les tremblements de terre, lézardées comme il se doit par de brusques raz-de-marée pour se remémorer le bon vieux temps. C'est parfois poignant, la marque de fabrique historique reste encrée à jamais, décrochant quelques pointes acérées, sursaut d'éveil. C'est surtout long et vain, beauté futile qui se mord la queue pour un Insomniac Doze qui a trop forcé dessus. Une dose de cheval nous plongeant peu à peu mais sûrement dans une torpeur qui atteint laborieusement ces soixante minutes. Envy prend des rides, évolue dans un virage où il troque sa légendaire intensité pour un truc consensuel et pas franchement inspiré, apparaissant en fin de course. On se demande ce qu'ils peuvent encore avoir à dire après un tel disque.

SKX (30/09/2006)
website groupe http://www.sonzairecords.com/envy.html
website label http://www.rock-action.co.uk
sounds http://www.rock-action.co.uk/index.php?s=media

Ephel Duath
Pain necessary to know - CD
Elitist / Earache 2005

Plus tarabiscoté tu meurs ! Ephel Duath est une machine à concasser du rythme. Un labyrinthe vicieux pour perdre l'auditeur suffisamment fou qui a eu l'inconscience de vouloir mettre le bout de son orteil gauche dans une telle machination. Dillinger Escape Plan serait un long fleuve tranquille à coté. L'Italie, ce n'est pas que des pizzas qui s'écrasent. C'est aussi le Vésuve qui éclatent. Ephel Duath, de sa botte italienne, a plus d'un tour dans son sac. Et les méandres, quand on est originaire de Venise, on maîtrise. Les racines de la section rythmique plongent dans le jazz et le funky (ça c'est pour le bassiste) pendant que le guitariste (Davide Tiso, seul membre originel du groupe) et le chanteur ont fait leurs gammes dans les musiques extrêmes et le black metal. Ce troisième album d'Ephel Duath doit donc beaucoup à la confrontation de ces deux mondes. Le jazz, ses structures ambitieuses, assimilé à une rage hardcore/metal (on est quand même sur Earache merde). Ca nous donne un caractère imprévisible et bien trempé. Versatilité des rythmes, contre-pieds multiples. C'est presque déraisonnable mais le gang italien le fait avec une maîtrise consommée. Ca peut dérouter, voir agacer mais Ephel Duath ne surenchérit pas dans la virulence sonore. Débauche de compositions complexes mais pas de violence gratuite. Explosions éparses et précises d'hurlements de gouttière. Ephel Duath ne laisse rien au hasard. L'inconscience a du bon mais faut pas en abuser.

SKX (05/03/06)
website groupe www.ephelduath.net
website label www.elitistrecords.co.uk | www.earache.com
sounds VectorThirdMovement.mp3 | pleonasm.mp3

The Expectorated Sequence
Hairbomb - CD
New Romance For Kids 2005

L'album débute par une sirène qui ouvre, non pas le bal des pompiers, mais les hostilités. Les gars de Montréal sont prévenants. Car la suite, c'est du rock frontal. Un truc sans concession nourri d'extrême. Expectorated signifie quelque chose qui favorise la décharge ou l'expulsion du mucus de la région respiratoire, dixit leur bio. Eux en plus le font en série. Ca va mieux après. Une sale mitraillette qui crache quinze morceaux en vingt minutes. Des glaviots macérés qui sortent de leur bouche aliénée. Servitude. Décrépitude. Et là où ils le jouent gagnant, c'est (contrairement à des groupes comme Daughters ou The Locust avec qui ils sont trop facilement comparés) dans leur proportion à écrire de véritable brûlots rock consistants. Bruit et fureur certes, titres ramassés sur eux-mêmes mais qui gardent toujours un certain souci de lisibilité, des portes de sorties pour prendre une bouffée d'air à la manière d'un Orchid avant de replonger dans la chaudron bouillonnant. Opposition entre des morceaux presque poignants comme The prolonged disaster ou I am the best person ever à la mélancolie sous-jacente et des fulgurances du calibre de Whores and assholes et Enfant de chienne, appel direct à l'émeute. The Expectorated Sequence abreuvera de contentement pêle-mêle tous les amoureux de hardcore, screamo, punk et metal. Ou plus simplement ceux qui aiment le rock à la frénésie bien placée. Ce quatuor canadien, après deux essais en format court, passe la séance du premier long jet avec mention.

SKX (23/07/2006)
website groupe www.geocities.com/theexpectoratedsequence
website label www.newromanceforkids.com
sounds theExpecto.mp3

Explosions in the sky
The rescue - Travels in constans Vol. 21 - EP
Temporary Residence 2005

J'avoue avoir décroché de l'affaire depuis le deuxième album qui les avait révélé those who tell the truth… Devenu par la suite qu'un groupe post-rock instrumental de plus, s'étiolant trop vite dans le sillage de Godspeed You. Le disque suivant démentait son titre The earth is not a cold dead place. Mortel, fade et surtout prévisible, on se faisait royalement chier mais avec tact (pas comme ce vocabulaire). Cette nouvelle livraison est présentée comme un court format. L'engin dépasse quand même la demi-heure. La cause à la série dans laquelle s'inscrit ce disque. Le 21ème volume de Travels in Constant initié par le label new-Yorkais Temporary Residence qui a vu défilé Mogwaï, Rumah Sakit ou encore Songs : Ohia. Que de la vente par correspondance de ces disques d'inédits uniquement en format cd et à tirage limité. C'est surtout le concept que je trouve limite… Enfin bref passons. Ce n'est pas encore avec cet album que l'on va pouvoir dire que Explosions in the sky a fait l'école du cirque. De Day one à Day eight, ce sont huit morceaux. Un morceau par jour pendant une semaine et basta. Une révolution pour les Texans. Le résultat ne décongèlera pas la banquise mais le groupe abandonne sa construction routinière de la montée crescendo avant l'explosion attendue et la retombée du soufflet. Tout flotte sur un tempo régulier, embué dans un vague à l'âme distant. EITS a sorti la boite à pastel. Délicat, mélodieux, ambiance minimaliste, arpèges célestes, il faut attendre le sixième jour pour un semblant d'amplification… qui ne dure que l'instant d'un commencement. Huit jours, c'est long. Si notre Créateur bien aimé avait mis les bouchées doubles pour remuer terre et ciel et sortir le grand jeu (que de la frime), Explosions in the sky se contente de peu (jeunesse dorée). Ils rompent avec les habitudes mais persévèrent avec la monotonie. L'éclat du vide.

SKX (25/02/06)
website groupe www.explosionsinthesky.com
website label www.temporaryresidence.com
sounds DaySix.mp3

Each Other
This is my other pack of cigarettes - CD
Self-released 2004

Alors… c'est l'histoire d'un mec rencontré par hasard sur la toile autour d'un Jumbo et qui me parle de ce groupe dingue répondant au nom commun de Each Other. Des potes à lui qui existe depuis 2003 et puis qui n'existe plus et puis qui existe encore. Bref, un trio bordélique qui a trouvé le temps et l'organisation pour enregistrer un CD en 2004. This is my other pack of cigarettes. Ne me demandez pas à quoi ressemble la pochette. Cet objet, c'est l'homme invisible. Mais les chansons dessus passent allègrement les frontières du virtuel et effectivement, ça mérite que l'on s'y attarde. Trois énervés avec un chanteur à temps complet, un batteur barbu (personne n'est parfait) et un homme au four et au moulin se débattant avec sa guitare, sa basse et ses claviers. Le chanteur, c'est un peu le cousin germain de Al Johnson avec ses intonations tout en uh-huuh et un panel général de voix débilo-hystériques dont il doit être très fier en plus. Un bon point pour lui. D'ailleurs ce chant n'est pas le seul point commun avec US Maple (particulièrement sur le morceau Strawbery Birthmark). Mais en plus nerveux et volubiles, tendance Shorty versant Trumans Water. C'est explosif, jouissif à mort et on se demande pourquoi rien d'officiel n'est sorti. Si ce n'est que le groupe n'en a rien à foutre. Each Other a sorti aussi un trois titres sous forme de cassette (Buzz Told casssingle) où on retrouve Strawbery Birthmark mais la UK version (?) et Buzz-Todd qui passe pour le morceau principal et surtout pour un gros clin d'œil foutraque à Arab on Radar. Le groupe a décidé de se remettre ensemble fin 2006. Ils étaient censé sortir un split CDr avec Golden Retriever au printemps dernier et ont planifié un nouvel album pour 2007. Mais ça, c'est une toute autre histoire…

SKX (28/10/2007)
website groupe http://www.myspace.com/eachother

Edible Woman
The scum album - CD
Psychotica - Ame - Bloody 2007

Ca commence par un court bidouillage electro-harsh qui monte en puissance…. Vous vous dites que c'est juste pour se chauffer, tout va bien se passer. Et le morceau suivant confirme. On respire. La tonitruante section rythmique fait son entrée dans l'arène. On est en terrain connu. Terrain miné par cette basse punitive mais connu. Le magnifique album précédent vous revient aux oreilles. Territoire noise, rock, comme on l'aime à Chicago et dans bien d'autres endroits maintenant. Et puis le troisième morceau calme à nouveau vos ardeurs. Une mélodie au piano, un chant clair et mélodique qui a tendance à me hérisser le poil. C'est le syndrome 90 Day Men. Comme une touche seventies pour un rock qui hésite sur ses intentions. La section rythmique a beau se pointer, on ravale sa salive. Quelquechose à changer chez les italiens de Edible Woman mais quoi ? On regarde les notes de pochettes… Mais oui, mais c'est bien sûr. Il n' y a plus de guitariste ! Exit les cordes tapageuses et vénéneuses. La guitare est un synthé et forcément, ça change tout. La section rythmique fait un travail remarquable. C'est le lien historique avec le Edible Woman d'avant et quand elle envoie le bois, ça ne moufte pas dans les rangs. L'intérêt principal du disque réside là. Des morceaux comme Mystic river ou Nothing vous soufflent un bon coup dans les bronches. Après, les parties chantées et l'utilisation qu'ils font du synthé qui sonne tour à tour comme un réel piano ou un orgue ou un truc pour balancer des sons retors, j'avoue, je suis moins fan. Un deuxième album qui fonctionne sur courant alternatif. Le saxophone est même de sortie sur l'instrumental Mouseman qui pourrait presque faire penser à du Marvin ! Pour sûr, le Edible Woman a personnalisé son homme mais la formule ne présente pas toutes les assurances requises pour passer un moment sans encombre de bout en bout. Le mélange entre cette virile rythmique et les douceurs de la voix, des mélodies qui se dévoilent et ces sonorités électroniques ne gagnent pas à tous les coups. Loin de là. En plus, quand ils ont le mauvais goût de finir l'album comme ils l'ont commencé mais en beaucoup plus long et après deux minutes de blanc, ça vous laisse salement songeur. Nouvel essai que trop peu concluant.

SKX (28/06/2007)
website groupe www.ediblewoman.it
website label www.psychoticarecords.com www.wallacerecords.com/amerecords/index.htm | www.myspace.com/bloodysound

Experimental Dental School
Jane doe loves me - CD
Cochon 2008

Mais qui est donc cette Jane Doe inspirant tant les titres des groupes toutes tendances confondues ?! Renseignement pris, Jane Doe est le nom donné à une personne non-identifiée (John Doe pour les messieurs), l'équivalent de notre Madame X. Je me coucherais moins con ce soir. Une parfaite inconnue aime donc Experimental Dental School. Le groupe d'Oakland n'ait pas à une bizarrerie près. Rien que leurs pochettes valent un rendez-vous chez le psy. Un miroir de leur étrange monde musicale. Ce troisième album ne déroge pas à la règle. Le trio déclare qu'il leur a fallu dix fois plus de temps pour enregistrer Jane Doe loves me. On aurait donc pu s'attendre à une barre de l'étrange placée à des hauteurs vertigineuses, d'un endroit tellement élevé que les têtes se perdent, une surenchère dans le baroque et le collage sonore propre à éclater le peu de neurones qu'ils nous restent. Il n'en est rien ! C'est même l'impression contraire qui prédomine. Greg Saunier (batteur de Deerhoof) est toujours derrière les manettes et EDS donne justement la sensation d'emprunter de plus en plus le chemin de Deerhoof. La patte Experimental, la touche Dental et l'école déviante sont là mais dans un style plus coulé et apaisé. Ou alors voulaient-ils dire qu'il faut beaucoup plus de travail pour rendre limpide leur extravagance habituelle… Que tout ceci est une fausse impression, rien n'a changé, il fallait juste prendre son temps pour articuler leur bordel et rendre une copie plus propre… ?? Catalogué groupe art-rock dans le lointain sillage d'un Devo, EDS continue pourtant de mettre du punk-rock dans ses bulles, de malmener son Casio, de fracturer ses rythmes de batterie, de sortir de sa poche secrète des samples insolites et des lignes vocales tordues. Le tout est saupoudrer d'un peu plus de morceaux sautillants, de ballades felliniennes comme le très beau titre final Zeroeth Birthday. Des petites touches impressionnistes, des ballades perverses qui font toujours de EDS un étrange objet de musique attirant qui ne se prend pas au sérieux. Cet album est sans doute aussi bon que les précédents. C'est juste que l'effet de surprise n'est plus là. La formule est bien cernée. Le mystère se dissipe. Jane Doe n'est plus une inconnue.

SKX (30/04/2008)
website groupe www.experimentaldental.com
website label www.cochonrecords.com
sounds www.experimentaldental.com/listen.php

Einsturzende Neubauten
Alles wieder offen - CD
Potomak 2007

Je n'avais pas du tout prévu de parler de cet album de Einsturzende Neubauten. Ils font parti du paysage depuis tellement longtemps qu'on oublierait presque leur présence. Phrase sacrilège vu l'apport considérable des Allemands à la musique en générale ! Mais il faut bien avouer que le meilleur est derrière eux. Comme dit Thurston Moore dans le n° 4 de Noise, tu n'es nouveau qu'une seule fois, même si tu peux te réinventer, tu ne retrouves jamais la force motrice primale du début. (Il ne dit pas que des choses incompréhensibles le père Moore !).
Mais voilà, le premier morceau de ce disque m'obsède totalement. Die Wellen est son nom et j'ai dû l'écouter une centaine de fois, rien que lui, indépendamment de tout le reste du disque. Indépendamment de toute logique. Un morceau d'une grande simplicité, presque facile mais dont la puissance émotionnelle me met à chaque fois sur les genoux. Un morceau construit sur une montée, une grande et belle montée où chaque seconde gagne en intensité, où chaque seconde vous met à cran pour aboutir à plusieurs minutes qui ne peuvent que s'achever dans une explosion salvatrice qui ne viendra pas, le morceau vous laissant en lambeaux par un simple phénomène d'évocation terrible. Deux notes de piano répétitives renvoyant l'écho de Seele Brennt, le grondement grandissant d'une basse et surtout, la voix de Blixa Bargeld, cette diction distincte, cette façon claquante d'articuler chaque syllabe, le rythme qu'il donne à chaque mot, renforcée par la force rugueuse de sa langue natale. Jamais l'Allemand n'aura aussi bien sonné. Et quand au bout de deux minutes et quarante-huit secondes apparaissent les violons, cet artifice aussi pompier que génial, envoie Die Wellen en apesanteur, dans des sphères dont vous ne pensiez pas Einsturzende Neubauten capable d'atteindre à nouveau. Une sphère où vous avez envie de vous arracher à vous-mêmes, celle où Armenia, Sand, Negative Nein, Yu-Gung et autres morceaux mythiques de Neubauten tournent en orbite pour l'éternité.
Après une telle entrée en matière, tout le reste apparaît fade. En fait, avec ou sans Die Wellen, ça n'aurait rien changé. Une suite tranquille de ballades douces amères qui n'ont rien de déplaisantes sinon qu'elles ont le défaut d'être sans relief. Sans nerf. Sans tension interne. Un groupe de rock de pères peinards. Nick Cave à coté apparaît comme un jeune poulain tout fou. Il faut attendre le huitième morceau et l'imprononçable Unvollstaendigkeit pour retrouver de l'intérêt à cet album. Neuf minutes pendant lesquelles Neubauten retrouve de la noirceur, de l'épaisseur, de la fracture et même sur la fin, bien enfouis mais audibles, les cris déchirants de Bargeld dont il s'était fait la spécialité, ce chant qu'il a désormais rendu grave et apaisant. Ce morceau et le titre de clôture, Ich Warte, une ballade là aussi mais dont les arpèges acoustiques en boucle trouvent leur cible, soutenus sur la fin par une rythmique ferrailleuse comme on aime. Nous aussi, nous attendons. Ou plutôt, nous n'attendions plus grand chose de Einsturzende Neubauten. Thurston Moore a raison. La force motrice primale est bien morte et enterrée. Mais tant qu'il y aura des étincelles comme Die Wellen et que le corps bougera toujours, on continuera d'écouter tourner le moteur.

SKX (15/02/2008)
website groupe www.neubauten.org

El Chupa Cobras
Self-titled - CD
Acerbic Noise Development 2008

En plein milieu de la Bible Belt, El Chupa Cobras sont de drôles de paroissiens. En plus d'avoir un drôle de nom. Va se répandre goutte à goutte sur le trottoir. Montgomery, l'Alabama, la rue s'expose à de nouvelles souillures. A l'instar de Steve Austin qui aime s'entourer de gens pieux pour délivrer son vice, El Chupa Cobras, faut que le venin sorte. Et si il est fait mention de Today is the Day, c'est l'époque Supernova qui est en jeu. La meilleure. Quand le metal, quelque soit la chapelle d'origine, n'est pas que du metal. Quand le hardcore des familles qu'on sent bouillir sur les bords n'est pas que du hardcore bas du front. Quand le noise-rock bouffe à plusieurs râteliers et s'enrichit sans remords d'autres courants. Alors El Chupa Cobras sort du bois. Coutumiers de l'ombre, ils affichent au grand jour une palette large mais totalement cohérente. Le Dazzling Killmen de Dig out the switch, que ce soit dans la voix qui est loin du cliché d'hurleur patenté ou dans certaines attaques de guitares et la pression qu'elles infligent. Voir même du Sicbay pour les titres les plus nerveux de l'ancienne troupe de Nick Sakes. Des morceaux courts, tendus, n'hésitant pas à afficher une belle technique et un art du chaos juste ce qu'il faut. Des rythmes frénétiques, une caisse claire qui s'enfonce dans le crâne, de belles descentes de manche à fond les ballons. C'est pour le versant Converge. La rue croise les doigts pendant que El Chupa Cobras récite sauvagement des psaumes sanctifiés. Il faut attendre le dernier morceau et les sept minutes de Chocolate Mask pour voir venir de la diversité de compositions jusque là trop homogènes. Le maillon faible que des écoutes répétées apprennent à apprivoiser mais quand même. Ca reste néanmoins très bon et je me convertis sans souci à ce premier album.

SKX (21/12/2008)
website groupe www.myspace.com/elchupacobras
website label
www.acerbicnoise.com

Electric Electric
Sad cities handclappers - CD
Herzfeld 2008

Electric Electric. 1 + 1 = 2. Une équation bien connue. La paire, ya en plus de deux comme eux. Oxes + !!! (Chick Chick Chick) mais ça serait insultant pour Oxes. Tentons Battles + New Order. Le rock contre la dance. Ou le rock avec la dance. On ne sait plus trop avec cette paire alsacienne. C'est là tout l'intérêt et tout l'agacement. Une vraie paire, pour le pire et le meilleur. Surtout que cette paire est une fausse paire et q'un troisième s'est greffé dessus, le surnommé Nighthawk, à l'origine aux manettes de l'enregistrement et aux claviers, tous sortes de claviers, désormais. Et comme tout groupe qui n'arrive pas à trancher, l'avis se met au diapason. Un coup, c'est bon. Un coup, c'est beaucoup moins folichon. Un coup, tu fonces tête baissée sans réfléchir. Un coup, cette mixture te porte sur les nerfs. Notez bien que personne ne leur demande de trancher. Ce ne sont pas les premiers à tendre des ponts entre les genres. Mais le mélange est toujours risqué et le groupe strasbourgeois n'évite pas quelques plans casse-gueule. Les handclappings de Hydraviolet, gimmicks dont ils abusent sur plusieurs morceaux (les mains dans les poches, c'est bien aussi), son chant, tout comme les mélodies vocales en général, rares, mais rappelant suffisamment les pires heures du mouvement shoegaze pour en demander plus. Des rythmes qui se veulent parfois tellement accrocheurs que cela en devient limite et bas du front, un saupoudrage électronique tendance et un esprit clubbing qui m'hérisse le poil que j'ai fragile. Mais c'est aussi tout ça qui en fait son charme. Insoluble. Tout et son contraire. Une batterie tour à tour binaire, entièrement tournée vers la pulsation dansante ou complexe, à cogner dans tous les angles. Des morceaux limpides, qui glissent sans vaseline, fait pour les foules et des bravoures bien bruyantes. Des titres comme Tchernovsky, Minimal = maximal ou Hydraviolet (encore lui) puissamment tubuesques, c'est presque énervant de facilité. Mettez ces morceaux à fond dans les enceintes pour faire patienter le public pendant un concert et en deux secondes, tout le monde dodeline de la tête ou tape du pied inconsciemment. A coté de ça, vous avez l'excellent Electric electric !, orgiaque, noise, presque qualifiable de math-rock ou le sombre et très beau Je t'aime, j'te jure. Des arpèges en boucles à la Battles et des riffs ultra simples. Un sentiment de transe noise qui vous envahit, genre Marvin de l'est. Je n'ai pas une sensibilité profonde pour certains de ces morceaux qui font instinctivement bouger le corps, mais je loue leur redoutable efficacité. Dans la chaleur d'un concert, l'effet doit être imparable. Dans l'intimité d'une pièce, on s'en lasse plus vite. Tout comme on se lasse de la longueur de l'album. 57 minutes, c'est bien trop. Court et direct, ils auraient mis tout le monde d'accord. Avec les quatre derniers titres dépassant les cinq minutes, leur formidable dynamisme se dilue et s'écrase lamentablement sur 1986, soit six minutes d'un drone, nouvelle arnaque musicale des temps modernes plus communément appelée pet de mammouth. Un premier album qui reste globalement percutant et prometteur, en espérant qu'ils se débarrassent de quelques tics et qu'ils resserrent l'écriture.

SKX (15/11/2008)
website groupe electric.electric.free.fr
website label www.hrzfld.com

Electric Wizard
Witchcult Today - CD
Rise Above 2007

L'année 2008 va être grande, c'est une évidence et tout le monde le sait : avoir beaucoup de pognon et être enfin heureux, relever les fondations d'une civilisation jusqu'ici vieillissante, se lever tôt mais pas pour rien, se sentir utile à quelque chose et fier de l'être. De manière incontournable Perte Et Fracas suit le mouvement. De récentes études ont en effet prouvé que lorsque une chronique parlant d'un groupe plus ou moins métallique est postée sur ce site, les statistiques de fréquentation de celui-ci montent en flèche. Alors racolons le quidam, optimisons le html et explosons les recettes publicitaires : aujourd'hui je vais vous parler d'Electric Wizard.
Ce groupe britannique est loin d'être une bande de petits jeunots (puisque formé vers 1993) mais en ce qui concerne le style musical qu'il pratique c'est bien pire, Electric Wizard fait du doom dans le sens le plus sabbathien du terme c'est-à-dire profondément marqué seventies et à tel point que ce Witchcult Today a été enregistré aux studios Toerag sur du matériel d'époque, là où Ozzy Osbourne et compagnie auraient également accouché de quelques uns de leurs chef-d'œuvres euh heavy metal (mais je ne peux pas vérifier, il n'y avait pas de notes de livret avec les mp3 de Black Sabbath que j'ai téléchargés). Le seul regret de Jus Oborn -chanteur/guitariste, grand sorcier et unique membre d'origine d'Electric Wizard- c'est d'avoir ce nom en forme de version raccourcie et pathétique de celui de son héro de toujours mais les comparaisons s'arrêtent là car Justin ne sera jamais aussi drôle qu'Ozzy, surtout lorsque celui-ci avait chanté Paranoid pour le jubilé d'Elisabeth II d'Angleterre en 2002. Enfin bref, trêve de pipoleries.
Ici tout est vintage. Le son navigue en plein brouillard analogique, la saturation a ce côté poisseux et sombre finalement assez inimitable. La voix du chanteur est toujours aussi lointaine et traînante -je tiens à préciser que si Jus Oborn ne sait pas chanter il n'en profite pas pour autant pour brailler sa race- et la musique d'Electric Wizard pourrait se résumer à cette atmosphère à la fois souple et lourde, opiacée et sexuelle, chargée de mélodies qui raclent le fond des oreilles avec rudesse mais splendeur. A la différence des précédents disques (l'incontournable Dopethrone en 2000 et We Live en forme de résurrection en 2004), Witchcult Today privilégierait presque les formats courts : les guitares ne partent pas en vrille dans de longues tirades chargées et psychédéliques mais jouent la carte du stable et du solide sans s'échouer sur le riffage de la facilité outrancière. Pour me faire mentir il y a les deux derniers titres -Black Magic Rituals And Perversions et Saturnine- qui renouent avec les ambiances cryptiques et labyrinthesques chères à Electric Wizzard, celles directement inspirées par les films de la Hammer et l'occultisme de pacotille qui donnent à tout ça un délicieux parfum décalé et anachronique. Quelques samples cinématographiques et un peu d'orgue agrémentent l'ensemble, les vieilles recettes ont peut être la vie dure mais elles restent efficaces.

Haz (30/12/2007)
website groupe www.myspace.com/electricwizarddorsetdoom
website label www.riseaboverecords.com

Elektrocas / Fetch !
Errantry in a circle / Kiasu - split 7''
Silver Rocket 2008

Très belle pochette, cartonnée épais avec ce qui ressemble à une sérigraphie, et à l'intérieur, une autre pochette en trois volets et un vinyl blanc de chez blanc, jusqu'au rond central. Il ya quelquechose de poétique qui se dégage de cet objet. Impression confirmée par la musique de ces deux groupes tchèques. Non pas que ce soit pour les pied-tendres. Ils ne donnent pas dans l'affecté de service mais leur hardcore joue sur la corde sensible. Pour Elektrocas, c'est le rayon Envy avant qu'ils ne ramollissent du bulbe. Une belle montée rapide, un état en suspension et une fin plus virile. Chouette morceau. Pour Fetch !, l'approche est plus rock'n'roll et dissonante. Le bon goût du classique dans la bouche. Un morceau qui tient tout seul, sans une tonne de références accrochées comme des casseroles, qui n'a l'air de rien mais est rapidement entêtant. La Tchèquie est toujours d'actualité et ces deux groupes à surveiller en attendant plus long.

SKX (30/11/2008)
website groupe elektrocas.czechcore.cz
website label www.silver-rocket.org

Enablers
Tundra - CD
Majic Wallet 2008

Ce groupe est un mystère. Comment un groupe faisant si peu de bruit - et là je parle du volume sonore, pas de la reconnaissance qui commence à venir - un groupe si banal dans son approche, une musique qui donne l'impression d'avoir été entendu des centaines de fois, bref, comment un groupe qui ne paye pas de mine arrive-t-il à nous captiver de la sorte ?! Ne comptez pas sur moi pour donner une explication. Mais avec ce troisième album, le charme opère toujours. Deux guitaristes qui tricotent dans leur coin, un batteur qui semble parfois dormir, la voix de Pete Simonelli qui parle de textes dont le Français moyen ne pige rien, on a connu des démissions pour moi que ça. Mais allez comprendre pourquoi, avec Enablers, ça marche. Notez bien qu'il faut de l'attention pour cette musique. Pas le genre à s'écouter distraitement en s'acquittant d'une seconde tâche car là, Enablers peut rapidement devenir insipide. Une musique de fond qui ne dérangera personne. Et c'est sans doute dans cet art de la sourdine que réside une partie de l'explication qui ne devait pas voir le jour. Je ne sais plus qui disait que pour se faire remarquer, soit il faut gueuler le plus fort, soit rester silencieux dans son coin. Enablers tente la seconde option. Il faut toute sa sensibilité pour capter les différentes intonations graves du conteur Simonelli, le travail d'orfèvres des deux guitaristes Goldring et Thomson, comment ils se complètent, se répondent et définitivement tendre l'oreille pour le jeu tout en touché du batteur Joe Byrnes. Forcément, dans ses conditions, quand ils élèvent le ton, ça s'entend tout de suite et ils maîtrisent également bien l'art du coup de gueule. Mais la magie du groupe de San Francisco, c'est de suggérer, de vous amener en douceur dans leur monde, de vous bercer dans leur aigre mélancolie et donner des coups de griffes calculés. A moins que Enablers nous donne eux-mêmes les clefs avec le titre du premier morceau, A Blues, ce bon vieux truc qui ne cesse de se décliner depuis près de cent ans. Et leur blues est cette fois-ci encore plus personnel. Enregistré pratiquement à la maison, par leurs propres moyens pour un label inconnu alors qu'ils étaient peinards sur Neurot records. Enablers se retire sur lui-même, vague d'introspection dont ils retirent encore plus de force. Des morceaux courts, sans fioritures, un son brut et chaleureux, à peine quelques chants pour seconder Simonelli sur The Destruction most of all. Tout le reste va droit au but. Sans véhémence mais c'est dit, avec précision et conviction. The Achievement connaît une sérieuse cure d'amaigrissement par rapport à la version 12'' et ce n'est que meilleur. Tundra vous emmène vous y perdre, tout en colère grondante. Februaries est nerveux et entre toutes ces pointes, c'est lévitation assurée. Enablers, c'est ce cheminement continuel entre béatitude et tension voilée. Non, vraiment rien de nouveau mais eux le font mieux que tout le monde. Et quoi de plus normal que de finir un album par une reprise de Nina Simone quand il a débuté par un blues. Four Women, l'histoire de quatre femmes dans le corps d'une même pécheresse, métaphore évidente et idéale pour quatre pauvres ères qui partagent les mêmes souffrances et possèdent toute la finesse requise pour les mettre en musique.

SKX (02/10/2008)
website groupe enablerssf.com
website label majicwallet.com | www.lancashireandsomerset.co.uk

Enablers
The Achievement - 12''
Awesome Vista records 2007

Enablers est au travail, un nouvel album est sur le feu, probablement pour la fin de l'année. En attendant, le groupe s'offre une petite pause sous la forme d'une tournée européenne en Grande Bretagne, Belgique, Pays Bas et en France la deuxième quinzaine de mars. Il y a aussi ce vinyle gravé sur une seule face et comportant un long titre de presque neuf minutes, publié sur un micro label et emballé dans pochette cartonnée et très colorée. Le tout est le premier essai d'une série intitulée art and music, avec un nom pareil ce n'est pas la peine d'en rajouter. Cet objet est avant tout une histoire d'amitié avec le graphiste Chris Johanson, copilote du label Awesome Vista records et responsable donc de la sérigraphie représentant un paysage urbain saturé d'activité humaine. A l'intérieur une photocopie donne à lire un texte de Pete Simonelli, The Achievement, celui-là même qu'il interprète/raconte avec son habituelle maestria sur l'enregistrement. The Achievement devrait rester totalement inédit, à l'inverse de New Moon Knockdown paru lui sur un split single partagé avec Redpanda pour le label britannique Lancashire And Somerset mais qui apparaîtra sur le nouvel album dans une version retravaillée et réarrangée.
Mais revenons à The Achievement. Des écoutes répétitives et intenses me forcent à utiliser cette vieille scie -c'est bien facile mais très pratique- qui consiste à affirmer que l'on tient là le meilleur titre de Enablers depuis longtemps. Sans déconner. The Achievement démarre par un thème sublime aux guitares -toujours cette sacrée paire constituée de Joe Goldring et Kevin Thompson- avant que Pete Simonelli ne développe progressivement son art de la tension et du spoken words. La musique est parfaitement drivée par le batteur Joe Burns, l'intensité monte avant que tout ne s'étiole dans un final de guitares crissantes et disparates, le jeu de percussions passe en mode intermittent (bien que restant éventuellement menaçant) mais la voix garde cette profondeur et cette vérité inaltérable. Après une première partie de titre classiquement post rock noisy, Enablers a choisi la voie d'une ambiance spectaculairement débarrassée de tout repère trop visibles mais imposant l'évidence : histoires de ville, de rues, de trottoirs, c'est comme si on y était, comme si on savait comment s'y diriger tout en se sentant complètement paumé. L'histoire c'est qu'au départ la musique ne durait pas assez longtemps pour accompagner toute la verve de Simonelli. Enablers s'était donc lancé à la suite dans une impro, enregistrée en prise directe, qui s'est révélée d'une justesse déconcertante, un écrin parfait. C'est subtilement beau et passablement inquiétant. C'est même incroyablement crédible alors qu'il ne s'agit bien sur que d'un truc inventé.

Haz (17/02/2008)
website groupe enablerssf.com

Eniac
Newsticker / 7000000 years - 7''
X-Mist 2007

C'est donc sur ce joli 45 tours imprimé sur du carton épais par Armin X-Mist que Eniac a choisi de se saborder. Et, grands seigneurs, le groupe de Hambourg a glissé un DVD à l'intérieur. Après deux albums (Au revoir tristesse et Oh ?), Eniac met le clé sous la porte. Sans raisons particulières sans doute. Comme des milliers d'autres avant eux. Et c'est bien dommage bordel !! Ces deux inédits prouvent qu'ils n'étaient pas encore au bout du bout de leur inspiration. Ne vous fiez pas au 45 sur la galette d'un beau bleue. C'est en 33 que ça tourne et ce Newsticker tourne on ne peut mieux. Un de leurs meilleurs morceaux tout simplement. On retrouve toute leur finesse dans le bruit, une basse volubile, un rythme fracassant mais entraînant, cette mélodie insinuante. Un tube en puissance. Sur l'autre face toujours à la même vitesse, 7000000 years before Eniac donne immédiatement des fourmilles dans le déhanchement. C'est le coté dansant et catchy que Eniac a toujours eu, surtout sur la fin. Avec une voix - et ça ne m'avait jamais autant interpellé auparavant - qui a de faux airs de Jello Biafra ! Brûlez votre dernier Chinese Stars, Eniac le fait beaucoup mieux. Pour la version image et son, le DVD présente 3 vidéos et une session photos souvenirs. Les vidéos des deux morceaux présents sur le 45 plus Eye Candy, un morceau qui m'a tout l'air d'un inédit. Bonnard. Des vidéos qui sentent bon le bricolage où les idées burlesques remplacent les moyens. Vous avez peut-être vu Flo le batteur sur la tournée de Experimental Dental School qui sillonnent les routes européennes à l'heure actuelle pendant que les trois autres membres ne devraient pas en rester là. Et si vous traînez vos guêtres du coté de Hambourg le 9 décembre prochain, passez donc voir la split-up party de Eniac en compagnie de leurs potes Kurt et Confused. Merci, bonsoir.

SKX (28/10/2007)
website groupe www.e-n-i-a-c.de
website label www.x-mist.de

Eniac - Experimental Dental School
Split CD
The Company with the Golden Arm 2006

Deux groupes, deux pays et autant de possibilités. Autant de manières pour détourner le rock. Façonner le bruit brut, en faire quelque chose de ludique, jouissif, bizarre. Que l'on vienne de Hambourg ou de San Francisco. Eniac, les Allemands, avaient commencé les hostilités classiquement. Quelques bières plus tard, tout est parti en couilles. Subtilement. Avec recul et sans recueillement. Que les Américains de Experimental Dental School soient sur leur chemin n'est que justice. Appelons ça le destin. Ces deux groupes se sont trouvés. Non seulement par le biais d'un label allemand qui sonne comme un James Bond mais surtout par une musique qui ne s'arrêtent pas à des règles pré-établies. Eniac et EDS présentent trois titres chacun. Chacun présente un titre caché. Si vous avez bien suivi, ça en fait huit en tout. Eniac, c'est l'école noise-rock pervertie par un abandon et la perte des clichés. Trois morceaux alliant le sens de la mélodie et l'inconvenance. Le bruit décalé, l'esprit frappeur et le corps léger. San Francisco étant encore plus à l'ouest, il n'est pas étonnant que la musique de l'école dentaire suive le même chemin. Le casiotone ne vous lâche pas les gencives. La polka ne tourne pas russe et les verres ne sont pas d'argent. Une expérience inhabituelle qui s'anime et se nourrit de fantômes identiques pour un rendu tout aussi dansant que tordu. Les deux groupes ne se sont pas foutus de notre gueule. Ce split ne réunit pas des fonds de tiroirs. Ils ont puisé dans les forces vives. Seuls les hidden tracks instrumentaux méritaient leurs noms. Quoique se faire arracher une molaire par celui de EDS doit valoir son pesant de cacahuète.

SKX (27/10/2007)
website groupe www.e-n-i-a-c.de | www.experimentaldental.com
website label www.tcwtga.org
sounds thumbs_up_for_all.mp3


 
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