EARLY
HUMANS
"
s/t " - CD
Wantage USA 02
Early
Humans sont originaires de Washington DC. Et là, tout pourrait
être dit tant la marque de fabrique musicale de cette ville
est connotée. Sauf que ce trio a le riff plus lourd que
la moyenne. Que sans être dénié de tact et
de finesse, Early Humans joue plus sur la corde rock que emo.
Une voix à vomir toute la bile de la crasse de la puanteur
de ta mère, bien rocailleuse et qui accroche les dents
du fond. Un son brut et direct. Rien de superflu. Sept titres
solidement ancrés dans la réalité, ne s'épargnant
pas quelques passages mélodiques à la guitare, toute
seule dans son coin, pas vilain à entendre. C'est court,
sec comme un coup de trique mais plein de cur qui bat derrière,
que du banal on pourrait dire même mais ça fait un
bien fou!
SKX (21/06/2002)
|
ECHO
IS YOUR LOVE
"
8 hours " - CD
If Society 03
A
la poursuite de la dissonance parfaite. Les Finlandais continuent
les travaux entamés de manière prometteuse sur leur
premier album " sheets of blank fucking paper ". La
recherche du Saint Graal, abandonner dans quelques sombres recoins
par Sonic Youth, il y a pas mal de temps maintenant. L'influence
prépondérante, l'écho s'en fait ressentir
à chaque compo. Et Blonde Redhead pour la voix, autant
yaller gaiement, vu que tout ça vient du même moule
de toute façon, on va pas se gêner. De longues digressions
sonores, faussement calmes entre arpèges inquiétants
et beauté sonique comme aspirait le gang de New-York. Passages
presque silencieux puis l'adrénaline qui monte jusqu 'au
bord du volcan, une voix masculine venant régulièrement
se noyer dans le déluge. Saines éructations, mélodies
sinueuses, Echo is your love connaît la partition et les
ingrédients sur le bout des doigts. Par rapport à
leur 1er essai, les morceaux gagnent en maturité et concision.
Le résultat devient plus tranchant. On regrettera seulement
que, de leurs illustres aînés, Echo is your love
n'a pas retenu la prise de risque et ne s'aventurent pas dans
des dissonances plus personnelles. Un album qui coule tout seul
et, malgré ces nombreuses guitares, ne dérangera
pas le voisin. Idéal pour faire la vaisselle.
SKX (04/06/2003) |
ECHO
IS YOUR LOVE
"
sheets of blank fucking paper " - CD
If Society / Kylie Productions 00
Voici
de quoi briser plus d'une banquise. Ce groupe débarque
de la Finlande et amène de l'électricité
plein les poches. Une vague percutante, des gerbes d'étincelles
et une chanteuse grandit trop vite à la voix adolescente
qui cri tout ce qu'elle peut du haut de ses talons trop grands,
voix tour à tour chevrotante ou perçante mais toujours
touchante ! Tout de suite, Blonde Redhead vient à l'esprit
et forcément et encore plus ici, Sonic Youth. Période
bruyante, le larsen comme arme première. Avec ce même
souci de bousculer les trames établies, de faire partir
les compos en vrille ou d'instaurer des climats tendus, d'imposer
un faux rythme et de faire tourner la mélodie en boucles
furieuses. Un héritage loin d'être encombrant. Echo
Is Your Love a de la personnalité, ses propres mélodies
en stock au bout de ses guitares fumantes, insuffle une énergie
réchauffante tout au long d'un premier album à l'écho
contagieux. A découvrir absolument.
SKX (09/11/2000)
|
EMBER
"
seven samouraï " - Lp
Day After records Lp
Cap
à l'est. République tchèque. Terre musicale
encore inédite pour qui le folklore défleure dans
son jardin. Avec des EMBER, fleur désormais défunte,
plus emo-core que nature, nature outrancière jusque dans
les paroles. Poésie pubère et pleine de terre où
" nous pourrons entendre les anges tombés ",
" qu'il voulait boire ses pleurs " avec " des diamants
sur sa peau blanche " et des cris affreux qui déchirent
la nuit noire sans lune pour hurler à que ma douleur !
C'est la seule réticence à apporter à ce
6 titres. Des mélodies parfois trop appuyées, le
désir d'émotion se mordant la queue. Passer ces
quelques démangeaisons, un album riche en frissons, en
longues montées lyriques, labourant à brûle-pourpoint
quand il faut éclater le mal. Riche en fruits avec ce qu'il
faut (ou presque) de citrons (Définition printanière
de l'emo-core).
SKX (20/04/1999) |
ENEMYMINE
"
the ice in me " - CD
Up 00
Une
giclée. Une saine et bonne giclée. Ainsi soit elle!
Le son est plein et orgueilleux. Chaque riff vous décolle
la tapisserie. Sec et explosif. Rudimentaire et sans tricherie.
Ces ex-Godheadsilo ne se reconvertissent pas, traînent toujours
sur des routes goudronnées au scalpel. Lourd et rapide
comme des Melvins au sprint. Le sens de l'accroche mélodique,
des petites perles tubuesques qui s'enchaînent, ça
l'air de rien comme ça, basique et facile mais c'est rudement
efficace, jouissif et tout. Avec entre les deux, des enchaînements
dans la douceur, des pointes de mélodies toutes seules
à la basse ou à la guitare qui font le liant. Des
touches de sombres dans le paysage. Des passages hyper-calmes,
des voix qui susurrent avant ou après des déflagrations
toujours soudaines, des cris perçants, le mur se lézarde.
Derrière ce lettrage hardos et la pochette imitation photocopie
Monoprix, se cache un pur album de rock, compact et aérien.
La grâce de l'hirondelle avec un casque à pointe.
C'est que du bonheur!
SKX (05/06/2001)
|
ENEMYMINE
"
s/t " - CDEP
K records 99
Projet
annexe et non caprice de gamins gâtés des molaires.
Enemymine, trio émergent de membres de Godheadsilo, Low
et Mocket. 3 entités distinctes s'adonnant aux joies de
la mixité sans cracher sur leur personnalité. Au
résultat, 7 titres ouverts, se renvoyant la balle pour
une course décousue mais qui tient la route. Traficotage
de sons, ambiances sombres alliant voix étranges et narratives
dans monde pesant. Jusqu'aux franches bourrées toutes droites
sorties des sabots de Godheadsilo. Car le fameux duo basse-batterie
reste le fait marquant. Sens de la mélodie, rageusement
adolescente et efficace. Ca nous promet des lendemains bâtards
et chantant.
SKX (03/08/1999) |
ENGINE
DOWN
"
demure " - CD
Lovitt / Day After 02
Sur
les cendres encore chaudes de "to bury within the sound",
est sorti l'année dernière "Demure". Presque
un an déjà pour une chronique qui tarde. Mauvaise
augure. Dans la foulée de la réussite, Engine Down
n'a pas attendu le temps qui passe. Battre le fer, tant que l'inspiration
est au rendez-vous, en remettre une couche. La recette reste la
même, ça ne bouge pas d'un cil. Des pop-songs emo
machin comme vous voulez, un rien énervées, toujours
tangentes, prêtes à tomber dans quelque chose de
plus sirupeux et pleurnichard, mais l'équilibre, toujours,
penche du bon coté, de justesse. Avec sa chanson de merde
(" closed call "), comme sur le précédent
opus. Et pourtant, cette fois-ci, cet album me laisse froid. L'effet
de surprise est passé. Les compositions ont beau l'air
tout pareil, il manque ce brin de grâce et d'élégance
qui enflammait "to bury within the sound", cette grandeur
dans les mélodies qu'on ne retrouve pas ici, malgré
quelques passages touchants. Tout est savamment orchestré,
professionnel jusqu'au bout des envolées vocales et des
arrangements. C'est peut-être bien ça le problème.
Trop prévisible. Ca ne décolle jamais réellement.
Ou alors la barre était simplement placée trop haute
ou je deviens exigeant avec l'âge. Ca me désole mais
c'est comme ça, j'ai le vibromètre à zéro
! Ou bien avoir l'honnêteté d'admettre que, dans
un style de musique qui ne m'est pas cher, "to bury within
the sound" était le maximum que je pouvais supporter.
Depuis, j'ai ma dose et les jérémiades de Engine
Down, aussi maîtrisées qu'elles puissent être,
m'endorment du sommeil du juste !
SKX (28/01/2003)
|
ENIAC
"
Superfriends / ken & barbie " - 7"
X-Mist 03
Eniac
s'annonce comme un groupe sur lequel il va falloir définitivement
compter. Le premier album " au revoir, tristesse " faisait
preuve déjà de beaucoup de maturité. Avec
ce nouveau deux titres, Eniac affirme leur style, creusant patiemment
leur propre sillon. Trop vite classé aux cotés de
Kurt et Dawnbreed, ce groupe de Hambourg montre une facette plus
riche en variété, passant d'un hit rock-noise incontournable
(" superfriends are made of gold ") à un "
ken & barbie " aventureux. D'un coté une rythmique
solide et souple à la fois, un morceau entraînant,
qui sait ce qu'il veut et pourtant aérien. De l'autre,
une voix comme enregistrée à la mauvaise vitesse,
des clappements de mains, des petites bizarreries sonores qui
viennent perturber la bonne marche. Ya pas à sourciller,
Eniac n'est pas du genre à s'enfermer dans un créneau,
à s'ennuyer à toujours jouer la même partition.
Leur bruit est vivant et incontrôlable. Esprit joueur et
frappeur. Excellent single.
SKX (04/06/2003)
|
ENIAC
"
au revoir, tristesse " - LP
Better Home Plastic Cooperation 01
Sur les cendres encore fumantes de Phillipé et Guinea
Pig, ce groupe allemand, le feu aux fesses, se commet à
son premier album. De l'urgence, de la spontanéité,
une bonne connaissance de tout ce qui se fait en matière
de musique issue du milieu emo/hardcore machin truc, un système
de digestion en béton. Eniac accouche d'un 1er album
fort de maîtrise, après moi le déluge, respect
messieurs, on ne peut que rester admiratif. Ca vous pond des
idées mélodiques à la seconde, des riffs
imparables, un sens du mix limpide, bref Eniac en jette plein
la vue. Condensant tout le meilleur, de Dawnbreed à Shotmaker,
une affiliation certaine avec le screamo hardcore mais à
l'approche définitivement plus noise et personnel, cet
album broie tout sur son passage. Le chanteur a plus d'une corde
à son arc et chancelant, soutient tout ça avec
une énergie débordante. Eniac se permet même
de se piquer d'un peu de français, avec citations à
l'intérieur du livret ou encore le nom de l'album. Une
charge inattendue après un premier cinq titres qui ne
laissaient en rien présager d'une telle vague salvatrice.
Eniac vous vole dans les plumes, dégage de là
tristesse et bonjour le coup de boost!!
SKX (20/07/2001)
|
ENVY
"
A dead sinking story " - CD
Rock Action 03
Attendu
comme le messie, la dernière livraison de Envy a mis du
temps à mûrir. Et à l'heure qu'il est, les
bourgeons éprouvent encore des difficultés à
éclore complètement. C'est qu'on en deviendrait
difficile pardi ! A force de mettre la barre si haute, les Japonais
de Envy sont désormais attendus au tournant. Et le rendez-vous
a été pris. Les bases ont beau resté identiques,
emo-noise passionnée et sombre, le truc qui fait flipper
tellement c'est tendu là-dedans, Envy a tronqué
la sportive contre la berline taillée pour les grands trajets.
Une uvre ambitieuse, tapis rouge pour longues copies systématisées,
une heure d'aventure en seulement neuf épisodes, le Envy
nouveau défie l'apesanteur. Des passages calmes plus marquants,
on entend presque parfois les mouches voler, avant la brusque
décharge (prévisible) pour le coup de fouet au palpitant.
Un schéma bien établi. Envy n'a plus envie d'attaquer
tous les fronts par la face nord et s'offre des moments de répits
plus nombreux qu'à l'accoutumée. Mais le truc qui
me chiffonne le plus, c'est la verve mélodique, la petite
étincelle, l'inspiration quasi-divine qui rendaient leur
déluge si unique, ce trait de lumière en plein milieu
de cette noirceur à couper au couteau. Mélodique
pour sûr, cet album l'est. Mais un ton en dessous. Ce "
dead sinking story " en devient, malgré ces contrastes,
un album où aucun morceau n'émerge vraiment. L'apaisement
dans la continuité. Le nerf de la guerre s'estompe. L'urgence
se dilue. Envy joue la carte de la diversité, étoffe
ses sentiments et se donne de l'air. Et si au final cet album
ne restera pas comme la pierre angulaire de leur riche discographie,
il n'en reste pas moins un fait d'arme important et le temps lui
donnera sûrement raison
SKX (09/10/2003) |
|
ENVY
"
all the footprints you've ever left and the fear expecting ahead
" - CD
HG-Fact 01
Un
éclat dans la pénombre. Envy de retour sur les
pistes. De courtes pauses en quarante-cinq tours par minute,
autant de bombes fulgurantes, en mini-albums frustrants de par
leur durée, Envy sort enfin le grand jeu. L'album de
la consécration. Tout Envy dans ses sombre desseins.
L'urgence, une intensité à faire frémir
un donjon, des mélodies qui vous arrachent à vous
même. Emotions à forte dose, noise ultime, hardcore
torturé. Qui vous perle des batteries en rafale. C'est
noire à l'extérieur, design sobre et habituel.
C'est noir à l'intérieur. Envy puise au fin fond
de ces cicatrices et de son désespoir latent une énergie
rédemptrice, une touche lyrique qui amène leur
musique bien au-delà de toutes les musiques emo/screamo
du moment. Une profondeur qu'on ne connaissait pas jusque là
à ce style. De la cuisse, des tripes, du cur à
revendre. Un cocktail explosif. Des furies qui savent vous faire
mijoter, vous amener à l'orgasme par des accalmies mélodiques
lumineuses. Envy n'est pas que bruit et fureur. Leur talent
mélodique est évident. Que ce soit sous un déluge
de feu ou en plein désert à faire chialer une
porte de prison. Le dernier morceau 'your shoes and the world
to come' est à ce titre un monument. Quasi-hypnotique
dans sa mélodie. Un morceau de transe. Un volcan en sueur.
Envy représente tout ce que j'apprécie : la rage
et l'émotion à fleur de peau. L'art de faire du
bruit tout en finesse. De vous amener vers des petites morts
répétées. Le genre d'album qui vous marque
un bonhomme!
SKX (06/11/2001)
|
ENVY/ISCARIOTE
"
Our dreams walking their way - chapter 1 " - CD
Waiting for an angel 02
Nos
rêves suivent leur chemin. Phrase symbolisant l'évolution
d'un label passé de l'industrie dentaire à l'attente
d'un ange ! De Molaire Industries à Waiting for an angel,
un même label en perpétuel quête d'un idéal,
que ce soit au niveau humain ou plus simplement sur la conduite
d'un label. Que de chemin parcouru pour arriver à ce projet
ambitieux. Après une tournée européenne et
japonaise commune, des affinités et des ponts sans cesse
jetés entre ces deux pays, Waiting for an angel a décidé
de consolider les liens et se lance dans une série de splits
entre, à chaque fois, un groupe du soleil levant et un
autre bien de notre terroir ! Le premier jet frappe tout de suite
chez les grands avec les fabuleux ENVY et les Franco-Suisses Iscariote,
le groupe qui monte qui monte. Envy nous gâte. Un "
invisible understanding " de 8 minutes, épique, tout
en changement, à fleur de peau, qui surprend quelque peu
au départ par son ton posé avant que toutes les
résistances n'explosent. Leur deuxième contribution
" chacun de tes pas " (paroles écrites par le
chanteur d'Iscariote et inversement, Iscariote reprend en japonais
des paroles spécialement écrites pour l'occasion
par Tetsuo, l'hurleur de Envy sur " Moonbean and the dark
"). Là encore un morceau, sans placer la barre à
des années lumière, mais suffisamment haute pour
nous faire sentir tout petit. Avec Iscariote, le ton se radicalise.
Trois morceaux. Trois décharges. Le même sentiment
à fleur de peau mais en béton armé et des
lézardes nombreuses. Hardcore percutant jouant dans la
cour de Knut. Emballé le tout dans un digipack au design
riche (le vinyl, taille 25 cm, à la pochette différente,
est tout aussi recommandable) et vous avez là un chapitre
premier qui s'écrit de la plus belle des pages.
SKX (08/11/2002) |
ENVY
"
the eyes of single eared prophet " - CDEP
HG-FACT 00
Ce
disque va sentir un peu le réchauffé pour tous les
aficionados des kamikazes japonais de Envy. Sur les cinq titres,
un seul inédit. Pour le reste, trois morceaux qui figuraient
sur le 45 "the eyes of final proof" et un morceau sur
la belle bête 25 cm "burning out the memories".
Et vu que le 45 est pas du genre facile à dégoter,
ce petit rafraîchissement ne peut faire de mal. En plus,
l'inédit "an encyclopedia of the unification"
est tout bonnement remarquable. Lyrisme et émotion toujours
à son paroxysme, production pleine et riche. Envy reste
les rois de l'emo-noise, chaque titre, un sommet à lui
tout seul et ce cinq titres idéal pour patienter jusqu'au
nouvel album qui verra le jour avec les premiers rayons de soleil
de l'été (enfin j'espère)! Il me tarde d'y
arriver bon dieu!!
SKX (30/03/2001)
|
ENVY/THIS
MACHINE KILLS
"
a red wound picture / forty one bullets + the eyes of final proof
par Envy " - 7
HG-Fact 00
Envy.
Un nom qui ne vous dit rien. Un groupe japonais qui débarque
dans mon petit monde. Par surprise et dont je n'attends aucun
tremblement de terre. Quelques minutes plus tard, vous êtes
là sans bouger, la lèvre pendante, comme un con
à se demander quel raz-de-marée vient de vous dévaster
la platine. La découverte de Envy a ceci de prodigieux.
Vous avez des disques dont vous guettez la sortie depuis des mois,
avec son lot de surprises, bonnes et piteuses, ces découvertes
qui n'en sont plus, où la mèche a été
vendu depuis longtemps par internet ou des fanzines. Ce "red
wound picture" sorti du néant, lui, rafle tout. Pas
de signes avant coureur de tempête dévastatrice,
rien, nada. Des petits moments de bonheur qui ne semblent faits
que pour vous, qui surgissent d'une scène musicale tentaculaire
et infinie et dont un seul morceau vous fait oublier tous les
autres, l'espace d'un instant mis en boucles. Et c'est d'autant
meilleur. Ce morceau donc, "a red wound picture", a
tout pour lui. Basiquement, on pourrait dire que c'est de l'emo-noise
avec un chant hurlé (screamo dit-on dans les milieux autorisés).
Mais, s'arrêter à cette description serait limiter
ce quintet japonais à toute une meute de suiveurs aboyante
dans le vide. Car Envy fait tout comme les autres. Mais en mieux.
Beaucoup mieux. Plus fort, plus beau, plus tout quoi. Ils ont
le son. Massif sans être brutal, travaillé dans de
la roche en fusion. Enorme et abrasif. Et une composition diabolique.
Pleine de rage et de passion. Avec juste cette mélodie
vers le milieu qui descend dans le poignant pour déboucher
sur un refrain tueur qui emmène le reste du titre sur des
sommets d'intensité rarement atteints, parsemé de
passage ultra-courts et hystériques. J'en suis toujours
pas revenu. Il suffit de retourner la face pour se rendre compte
de la différence. Les américains de This Machine
Kills font tout pareil. Mais moins bien. Dans le son et la composition.
On ressent beaucoup plus cette sensation de déjà
entendu. Reste un titre honnête contre les brutalités
policières et dédié à Amadou Diallo.
ENVY acte II. HG-Fact records, dans sa grande bonté, amen,
m'a fait la générosité de m'envoyer également
le même jour, jour béni, le tout nouveau 3 titres
d'Envy "the eyes of final proof". Et si j'ai eu peur
de redescendre de mon nuage, je suis rassuré. ENVY, c'est
du bonheur à pleine louchée ! Deux titres très
nerveux, riches en événements, du ressort et toujours
autant de passion. Le plus beau reste l'autre coté. Un
"Awaken eyes" où le terme "emo" prend
une valeur significative, sans chichi et juste ce brin de lyrisme
qu'il faut pour rendre accro. Des petits moments de calmes, d'arpèges
tranquilles, cette voix écorchée qui prend aux tripes,
une mélodie prodigieuse, nan, vraiment. Une montée
crescendo où ENVY s'expose, impudique, où le feu
couve dangereusement puis se répand. Depuis, j'arrête
pas de lire que du bien d'ENVY, des chroniques dithyrambiques,
des gens qui y plongent tête baissée. En apnée
dans une discographie dont j'ai vite fait de m'y noyer aussi en
me procurant tout ce qui bouge sur ENVY, notamment leur CD 5 titres
"Angel's curse whispered in the edge of despair" (HG-Fact
1999). C'est du même gabarit. Ou leur album "From here
to eternity" (HG-Fact 1998), un rien plus basique et moins
passionnant sur la longueur, néanmoins signe d'un tournant
dans leur démarche musicale et de débuts moins vivifiants.
Alors concentrez vous sur ces deux 45 tours monumentaux et leur
précédent mini-album car Envy, c'est la sensation
du moment et mérite qu'on s'y brûle.
SKX (21/08/2000) |
THE
EXPLODER
"
west end kids crusade " - CD
Dimmak 00
Jusqu'à
maintenant, pour ce groupe de Richmond, les données étaient
assez simples, on les cadrait facile. De l'emo-core énergique
et passionné à la 400 Years, 12 Hours Turn. Pas
de recettes miracles tout au long d'une discographie parsemée
entre de nombreux 45, mini-album et split en tout genre, mais
un sens de l'efficacité et de l'explosion pour un patronyme
qu'ils justifient à merveille. Avec ce nouveau mini-album,
the Exploder semblent revoir ses ambitions à la hausse.
Sans renier les bases, ils s'autorisent à des fantaisies,
laissent surgir une guitare acoustique entre deux ondes électriques,
n'hésitent pas à rallonger la sauce et s'ouvrir
à des mélodies plus fragiles et alambiquées.
L'exemple type, c'est ce dernier titre "like a bullet from
a gun" qui s'épure au fil de son cheminement vers
une fin dans un délire technoïde. Ou ce "rock
machine" qui lorgne vers Rye Coalition. De l'explosion toujours
mais plus d'explosion aveugle ! La route leur appartient !
SKX (24/07/2000)
|
ENVY
"
burning out the memories " - 10
Molaires Industries 00
A
peine le temps de se remettre de l'ouragan nippon, révélation
de l'année en ces contrées arides, que ENVY continue
à marquer nos mémoires au fer rouge avec un nouveau
6 titres. Et sur un label français, oui Monsieur ! Apparemment,
ce groupe japonais laisse de profondes traces chez les inconscients
qui s'aventurent à l'écoute de leur musique et les
fans tombent comme des mouches et se ramassent à la pèle
! Molaires Industries s'y est brûlé les ailes et
sort le tapis rouge pour Envy.... Une pochette toujours aussi
sobre et classieuse avec 2 inédits et 4 titres retravaillés
(2 morceaux du mini-lp "Angel's Curse....", 1 titre
de l'album "From here to eternity" et un morceau du
45 pourtant très récent "the eyes of final
proof"). Avec ce genre de groupe, on craint à chaque
nouvelle livraison d'être déçu, tant la barre
a été placée haute, peuvent pas égaler
leur score se dit-on. Et pourtant, encore une fois, force de reconnaître
qu'Envy est le meilleur groupe emo-noise à l'heure actuelle.
Au top de l'inspiration, un talent à l'état pur.
Les deux inédits ("Grey Wind" et "echo regenerates")
véhiculent toujours autant de passion, d'envie de se cogner
la tête contre les murs, de tout laisser tomber séance
tenante et de se casser d'ici. Avec toujours ces passages en plein
milieu de la tempête, poignants, qui ne font que mieux mettre
en valeur leurs fins de morceaux épiques, droit dans le
mur où on frôle la tachycardie. Avec les quatre autres
morceaux réenregistrés, on se dit un poil déçu
au début, on aurait tant souhaité des inédits,
encore et toujours ! Et puis leur écoute met tout le monde
d'accord. Ca s'écoute sans redite, notamment la fabuleuse
version de "limitation", avec la trouvaille du choeur
à la voix grave et une fin déroutante, complètement
anachronique par rapport à leur musique pratiquée
habituellement. Mais où vont-ils chercher autant de désespoir
et puiser autant d'énergie pour nous le recracher à
la gueule avec une virulence si sombre ? Une autre pièce
maîtresse à se procurer obligatoirement. (Noter qu'en
contactant Molaires Industries, vous aurez accès à
l'ensemble du sésame de Envy...).
SKX (10/10/2000)
|
ESTEL
"
A guide in time of great danger " - CD
Little Plastic Tapes 03
Estel
nous avait mis l'eau à la bouche avec un précédent
single bien charmeur aux entournures. Fort d'un succès
d'estime grandissant, nos quatre irlandais(es) embarquent pour
un deuxième album. La formule reste majoritairement instrumentale.
La base inchangée. Ce petit truc hypnotique qui vous prend
d'entrée de jeu. Ce synthé qui tisse sa mélodie.
Un rythme vif et basique dans l'ensemble. L'évolution concentrique.
Atmosphères naïves et compos sur les nerfs. Estel
n'est pas du genre à se laisser épingler facilement.
Vaguement noisy-pop, un poil de rock qui aime s'habiller d'effets
de studios, comme cette voix de petit robot finit au yaourt sur
deux morceaux.. Cacophonique et très calme le coup d'après.
Estel a tout pour plaire encore une fois mais bizarrement, la
sauce ne monte pas ce coup ci. Comme un manque singulier d'inspiration,
d'une flamme chancelante qui éclaire, faiblarde, des morceaux
qui ronronnent sur place. Les éléments sont là
mais ça tourne à vide. En fait, le meilleur titre
est un des deux seuls chantés. " My Raymond is contagious
" (en version instru sur le précédent 45) avec
un certain Hugh Holmes pour pousser la chansonnette. Une voix
de taré qui met le feu aux poudres. Une intensité
proche de la folie qui se termine à bout de souffle. Je
ne sais pas d'où vient le bonhomme mais Estel serait bien
inspiré de l'embaucher à tems complet. Il donne
à Estel tout le relief qui manque à cet album. Tout
le charme envoûtant entrevu il y a peu est retomber comme
un soufflet. Un album honnête mais qui reste à ras
du sol que l'Irlande à pourtant vert et revigorant
SKX (12/08/2003) |
ESTEL
"
True stories / my raymond is contagious " - 7"
Little Plastic Tapes 02
Mais
quel est donc ce vent de fraîcheur qui nous débarque
d'Irlande, cette bise légère qui vient se poser
en ces contrées guerrières? Des activistes de Dublin
qui n'en sont pas à leur premier essai puisqu'un album
a déjà vu le jour, album qui a eu le don d'enflammer
la presse locale. En attendant le second pour cette année,
ces deux titres posent de sérieux jalons, les frontières
vont s'ouvrir comme par magie. Deux femmes, deux hommes, une guitare,
une basse, une batterie et des claviers. Pas un souffle de voix.
Le décor est planté. Allez savoir pourquoi, mais
Estel me rappelle S.Process, groupe américain dont ils
n'ont sûrement jamais entendu parlé, comme le reste
de la planète d'ailleurs ! Une façon similaire d'amener
un rythme faussement groove, de rester dessus de façon
hypnotique pendant que le clavier (et la comparaison s'arrête
là !) tisse sa mélodie, particulièrement
entêtante sur " troue stories ". Une apparence
frêle, aérienne mais l'ensemble est organique, les
articulations solides et ces deux morceaux sont particulièrement
attachants. Le piège se referme.
SKX (03/03/2003)
|
EX
MODELS
"
Zoo psychology " - CD
French Kiss 03
Les
Ex-Models prennent leur envol. On les avait quitté sur
un " other mathematics " qui sentait bon l'héritage
à plein nez de Gang Of Four et Wire. Ils nous reviennent
grandis et émancipés d'une tutelle encombrante.
Les grands frères planent toujours mais ils ne leur font
plus d'ombre. Ca commence par un " fuck to the music ",
véritable profession de foi d'un groupe plus désireux
que jamais d'éclater toutes les structures conventionnelles
d'une chanson. De la non-compo où tout tourne autour de
l'idée d'un rythme, qu'il vienne de la batterie ou d'un
plan de guitare. Des titres très courts et percutants avec
des voix qui se sont coincées les couilles dans une porte,
également tout en cadence, instrument à part entière.
Moitié bruitiste, séquences de guitares tout en
stridence. Morceaux avec qu'une seule note qui claque en trente
secondes. Ex-Models ne caressent pas dans le sens du poil et ne
cherchent en aucun cas à vous rendre la vie plus belle.
Ca peut paraître parfois facile, dérouter un tant
soit peu celui qui aime se raccrocher à un bout de mélodie
et savoir où il met les pieds. Mais cet exercice de vingt
minutes et quinze titres possède de la fraîcheur
et de la personnalité, rapport à leur premier album.
C'est tout en nerf et en vitesse avec une durée idéale
pour ne pas s'ennuyer. Ce groupe originaire de New York a indéniablement
un petit coté " arty " mais sait insuffler suffisament
d'âme punk pour rendre tout ça digeste. A écouter
comme un long morceau découpé en quinze pièces.
Une jungle déroutante. (Version vinyl sur X-Mist records).
SKX (25/08/2003) |
EX
MODELS
"
other mathematics " - CD
Ace Fu 01
Tout
d'un aveu. Ex Models a des modèles qui ont succombé
avec le temps mais qui, à la mémoire, restent bien
présents. Ces Américains bon teint ont pioché
sans vergogne dans l'héritage punk-arty à l'orée
des années 80, Wire premier d'une bonne tête, Josef
K calé dans la roue. En treize titres et vingt-quatre minutes
chronos, Ex Models révisent ses bases. Agrémentez
d'un son de guitare tranchant, sec et nerveux, de rythmiques qui
ont roulé leur bosse du coté de Chicago, histoire
de relever la sauce au goût du jour et on obtient une formule
savoureuse. Les titres sont croustillants, ne manquent pas de
vigueur. La new wave punkisante revisitée par les critères
actuelles de la noise légère, c'est pas déplaisant.
Sauf que l'arrière goût new wave a tendance à
monopoliser le fond du palais. Les vieux de la vieille qui portaient
épingles à nourrices doivent se retourner dans leurs
tombes à l'écoute de certains riffs. Crier aux usurpateurs
du fond de leurs râteliers. Moi-même, je dis pas.
Ex Models a intérêt à faire gaffe à
ses arrières si ils veulent pas qu'on leur botte les fesses
à la longue. En attendant que les modèles s'estompent,
une sucrerie à consommer sans modération. Ca durera
le temps que ça fera!
SKX (06/11/2001)
|
EX
ORKEST
"
een rondje holland " - CD
Ex records 01
THE
EX 5 puissance 15. Egal 20. Délirant projet ou nos Hollandais
préférés, à l'occasion du "Holland
Festival 2000" ont eu la lumineuse folie de s'entourer de
quinze autres musiciens, triés sur le volet, comme ils
savent si bien le faire. Ferry, le chanteur de De Kift, qui se
contente de souffler dans les cuivres. Michael Vatcher, batteur
de Roof / 4 Walls, le chanteur Han Buhrs et Jan Mulder. Wilf,
le fanfaron batteur des Dog Faced Hermans, des musiciens issus
de la scène jazz hollandaise, la liste est longue. Le tout,
s'il vous plaît, dirigé par un chef d'orchestre néo-zélandais,
Hamish Mckeich pour donner corps à cet instant live d'une
rare intensité. Car il faut une main de fer pour contrôler
ce bouillonnement qui suinte de toutes parts. L'empêcher
de déborder de son lit à la furie naturelle. Imaginez
trois batteurs, trois chanteurs, une volée de cuivres,
une chevauchée de cordes, guitares, contrebasses, serpent
à plumes, troupeau de bison lancé à plein
poumon. C'est la guerre. C'est la vie. Il faut entendre "state
of shock" (rebaptisé ici "kokend asfalt"
car tout est rebaptisé et chanté en hollandais),
pièce maîtresse de l'uvre de The Ex et Tom
Cora, débouler de face. Quand les cuivres débarquent,
c'est Zapata qui descend des montagnes à brides abattues.
C'est Babylone en feu. Ou ce "meer nieuws" de leur dernier
album. Sa longue monté, ce truc qui prend aux tripes, qui
explose, la cervelle sur le trottoir. Fringuant et maîtrisé,
ce bordel de The Ex navigue entre morceaux de leur répertoire
et pièces originales où ça fleure bon l'expérimentation
tout droit descendue du ciel! Ca boulime et ça pétarade.
Dans tout ce magma, un ange passe. Eclairs multiples de légèreté
dans la tourmente. Chaque morceau mériterait sa chronique
à lui tout seul. Chaque titre à sa personnalité,
son petit truc qui vous emballe, vous sert le cur, vous
transporte. Son air de cuivre qui vous perce, ce rythme qui vous
achève. Cette énergie toute exienne qui transcende
et transpercée de part en part par des ouragans de lumière.
Je hoquette. Je crie. Je grince. Plaisir béat. Dans un
monde parfait, ce disque serait dans toutes les maisons. Quitte
à y foutre le feu.
SKX (31/08/2001) |
THE
EXAMINATION OF
"
the whitest of elephants " - CD
Hawthorne Street 03
The
Examination Of tourne la page. Le groupe américain compte
déjà plusieurs productions à son actif. Cependant
rien ne les prédisposait à sortir de la masse. Un
hardcore virulent, sombre et percutant que beaucoup d'autres groupes
auraient pu signer. Avec ce nouvel album, on ne peut pourtant
pas dire que The Examination Of fasse preuve d'une grande originalité.
Neurosis est l'influence majeure, pas la peine de sortir de la
cuisse de Jupiter pour s'en rendre compte. Mais ils le font si
bien, avec des compostions à la puissance émotionnelle
si flagrante que cet album vous percute d'entrée et assoie
son homme. Seulement quatre titres pour 45 minutes de bonheur,
autant dire que The Examination Of a considérablement rallongé
le tir. Ralentissement de la cadence, lourdeur et décadence,
la tension s'insuffle sur la durée. Dans ces riffs plaqués
et chargés de violence, dans ces vocaux virils, ces longues
et tortueuses constructions. Experts en bifurcations. Une bête
redoutant la lumière. Et au contraire de Neurosis, point
de synthés et samples à l'horizon, nul violons et
cuivres. Tout dans l'élémentaire, l'os et la chair,
la réalité quotidienne et elle est pas facile cette
vie ! The Examination Of a l'aura quasi mystique. Cette chape
de plomb qui s'abat soudain et puis ces grandes bouffées
d'oxygène, mélodiques à mort, avant de vous
replonger la tête dans la merde. Le tour de force de sortir
du rang sans rien offrir de plus que le voisin mais une telle
maîtrise et beauté noire que ça en devient
une histoire personnelle, exposant ce groupe aux yeux de tous.
Si Isis, Cult of Luna, Neurosis bien sûr et autres rois
de la gaudriole vous font frissonner l'épiderme, jetez
vous sur ce " the whitest of elephants ", la nuit n'en
sera que plus belle.
SKX (05/06/2003)
|
EXPLOSIONS
IN THE SKY
"
those who tell the truth shall die, those who tell the truth shall
live forever " - CD
Temporary Residence 01
Groupe
de mauvaise augure qui annonce des explosions dans le ciel avant
la date fatidique d'un certain jour de septembre. Groupe prémonitoire
qui dessine des avions sur la pochette au-dessus de bonhommes
casqués et armés. Titre d'album un tantinet pervers
où personne n'a raison sauf ceux qui ont torts. Ce quatuor
d'Austin, pour son deuxième album, ne passe pas en tout
cas inaperçu et draine dans son sillage déjà
de nombreux fans (au point de saturer leur site web!). Le phénomène
est lancé. Tête la première dans la brèche
ouverte par Godspeed You Black Emperor, ce jeune groupe maîtrise
déjà parfaitement les critères de base. Des
compositions qui durent, cheminement sinueux d'un cours d'eau
entre calme limpide et douce rêverie à la rencontre
de torrents cacophoniques. Entre lentes montées et soudaines
déflagrations. Entre roulements de caisse claire sonnant
la montée des troupes au front et arpèges cristallins
pour le repos du guerrier. Tout en allant à l'essentiel,
prêt de l'os. L'égarement reste condensé.
Et les explosions vraiment explosives. Une production que c'est
de la pure orfèvrerie et six titres, qui, si ils n'apportent
rien de fondamentalement nouveaux, sont tout simplement magnifiques
et risquent de faire couler beaucoup d'encre et tourner de nombreuses
têtes. Si seulement toutes les explosions pouvaient être
comme celle-ci!
SKX (12/02/2002)
|
|
Echo
is your love
Paper cut eye - CD
If Society 2004
Inlassablement, Echo is your love remet son titre en jeu. Le
titre très honorifique de meilleurs descendants de Sonic
Youth. Sauf que cette fois-ci, les Finlandais coupent encore
un peu plus le cordon ombilical. On sent bien encore l'aura
du père, l'influence est et sera définitivement
là, faut se faire à l'idée, la ressemblance
est dans les gênes. Mais sur ce troisième album,
Echo is your love trouve des chaussures à sa mesure.
Pour les fanas des longues digressions sonores emballées
par des mélodies broussailleuses et la voix d'une chanteuse
angélique, Echo is your love a de sérieux arguments
à faire valoir. Avec l'âge, le volume des guitares
tend à s'estomper. Le travail se fait plus sur le tissage
et l'enchevêtrement avec quelques effets tourmentés
mais rien d'inaudible à rendre sourd un troupeau de cerfs
(excepté un passage de " adult situation no kisses
" propre à les écorner !). Ce collectif de
musiciens joue également dans un groupe punk-hardcore
des familles (Hero Dishonest) et d'electronique-krautrock (Siniaalto).
Plusieurs cordes à leur arc. Echo is your love représente
la flèche rock-noisy. C'est des plus classiques mais
extrêmement bien fait et agréable. Ce nouvel album
met la barre encore un poil plus haute, le groupe s'affirmant
plus que jamais dans des compositions finement élaborées
et envoûtantes. Le Père Noël est bien finlandais!
SKX
(19/12/2004)
website
groupe http://www.ifsociety.com/echo
website
label http://www.ifsociety.com
sounds
EchoIsYourLove-3.mp3
|
Edible
Woman
Spare me / calf - CD
Psychotica 2004
L'Italie se dévergonde. Tout un tas de jeunes groupes
de qualité semblent arriver sur la scène indépendante
(Logan, Saetia, GI Joe pour ne nommer qu'eux). Les petits derniers
s'appellent Edible Woman. Leur premier album est tout bonnement
terrible! L'influence qui vous monte direct à la tête,
c'est toute cette scène noise-rock de Chicago. Une solide
et inventive assise rythmique, angulaire, répétitive,
pas avare en coup de cymbales dont l'écho est renvoyé
les doigts dans le nez par une basse imposante. Vous connaissez
la donne. Jesus Lizard, Shellac. Sauf qu'à ces derniers,
ils damnent largement le pion. Place aux jeunes! La guitare
est généreuse, bruyante à souhait, rampante
ou explosive. Le guitariste à son bac de la six cordes
à l'aise. Seul le chanteur manque un brin de charisme
mais au moins, il ne gâche rien. Arrivé en dernier
dans le groupe, la symbiose parfaite avec les trois musiciens
reste à trouver. Pour un jeune groupe, c'est affolant
la maturité qu'il affiche déjà. Un album
qui ne se contente pas d'être mathématiquement
précis. Les formes savent être libres, voir expérimentales
avec un saxo discret sur le premier morceau " five minutes
later ", mais qu'on entend plus par la suite et qui aurait
mérité une place plus importante dans l'effectif.
Ya de la vie, une bonne dose d'esprit rock et frondeur. Ca suinte
à tous les étages. Ils viendraient des Etas-Unis,
la terre entière serait déjà à leurs
pieds (refrain connu)! Alors oubliez votre dernier Shellac et
tous ses avatars. La relève, la vraie, s'appelle Edible
Woman. Ya pas à sourciller, " Spare me / calf "
est un album à se procurer d'urgence!
SKX
(13/10/2004)
website
groupe www.ediblewoman.it
website
label www.psychoticarecords.com
sounds
Spare_Me.mp3
|
|
Electric
Turn To Me
s/t CDEP
No Quarter 2003
Un pedigree des plus alléchants. Blake Fleming (batteur
des ex-Dazzling Killmen et Laddio Bolocko), le genre de mec
qu'on suit à la trace à chaque annonce d'un nouveau
projet. Avec un autre ancien Laddio Bolocko (Marcus Degrazia
aux claviers), on pouvait s'attendre à se retourner les
sens mais surtout pas ce truc poussif! Avec une chanteuse (et
occasionnellement guitare) Silke et un second guitariste, Electric
Turn To Me ne vas pas provoquer d'étincelles. Une sauce
moitié sixties / seventies, simili rock progressif, à
grand renfort de claviers. Même le Fleming est en retrait.
Son jeu de batterie, si étincellant d'habitude, n'a rien
de renversant, presque banal. La Silke a beau avoir un joli
minois, ces intonations cold-wave n'abondent pas en sa faveur.
Bref, très surprenant quand on sait ce que ces gaillards
étaient capable de faire auparavant. On va garder un
il sur la suite mais le courant risque bien de ne plus
passer.
SKX
(02/04/2004)
website
groupe
www.electricturntome.com
website
label
www.noquarter.net
sounds
Ride_the_Wave.mp3
|
Enablers
End note - CD
Neurot 2004
Enablers
n'a rien du p'tit groupe de jeunes qui débutent. Des
vétérans qui ont traînés leurs guêtres
avec June of 44 (Doug Sharin), les Swans, Nice Strong Arm et
on va s'arrêter là pour la liste qui risquerait
de noircir l'écran d'une longue litanie fastidieuse !
Enablers est leur nouveau projet (un parmi d'autres) sur le
label de Neurosis, qui marque une nouvelle fois de plus, tout
son amour pour les musiques qui jouent plus sur l'ambiance que
sur la puissance. L'élément central est ce chant,
ou plutôt cette voix, celle de Pete Simonelli, écrivain
de San Francisco, qui déclame ses poèmes sur le
mode narratif. Sorte de Lou Reed, organe grave, qui sait y mettre
toute la tension et l'expression quand l'histoire le nécessite.
Mais ne me demandez pas hélas de quoi retournent les
paroles
On y perd sûrement en intérêt
mais va falloir faire avec! Derrière, la musique lui
laisse toute la place pour s'exprimer. Il y a du Slint là-dessous,
sans toute la puissance des guitares et la beauté des
mélodies mais dans cette tension sous-jacente qui n'explose
qu'à de rares occasions, il est difficile de ne pas penser
au groupe mythique de Louisville. Une batterie, deux guitares.
L'accompagnement est léger, voir austère. A peine
entend-on parfois les instruments derrière la voix. Le
silence, la place accordée au verbe, les quelques coups
de collier pour souligner une colère subite, sèche
et sans fioriture. On peut aussi bien passer à travers
que rentrer en lévitation le lendemain. On a creusé
aussi longtemps que possible pour remonter l'essentiel. Le tunnel
se poursuit.
SKX
(25/09/2004)
website
label www.neurotrecordings.com
sounds
AboutLastNight.mp3
| PaulysDaysInCinema.mp3
|
The
End
Within Dividia - CD
Relapse 2004
C'est
pas avec ce disque que le guerrier va trouver son repos. The
End fait parti de la race des grands combattants, ces barbares
qui dévastent tout sur leur passage, après moi,
le déluge. Dillinger Escape Plan parti en permission,
The End prend le relais. Des rafales de double grosses caisses,
des guitares mitraillettes, un chef hurleur qui vous inonde
de sa rage. Même avec le blindage le plus épais
soit-il, difficile d'éviter les coups et ne pas sentir
l'onde de choc vous envahir. Ils ont beau avoir aménager
quelques airs de repos, tenter d'aérer des compositions
compactes à souhait et d'apporter des brides de mélodies,
c'est l'oppression qui prédomine. C'est un metal d'un
genre nouveau, exigeant et pratiqué à une échelle
de plus en plus grande. Forcément, faut avoir le cur
sacrément bien accrocher et être d'une humeur massacrante
pour écouter ça sans serrer les fesses. Mais ce
deuxième album de ce groupe américain est très
convaincant.
SKX
(29/06/2004)
website
label
www.relapse.com
sounds
Dear Martyr.mp3 |
Fetesque.mp3
|
Eniac
Oh ! - CD
X-Mist / Nova 2004
Eniac continue de gravir les échelons. Derrière
une pochette de l'impossible où il fallait oser ce mariage
des couleurs et ce graphisme pour le moins surprenant, c'est
tout un symbole qui s'affiche. Le groupe de Hambourg a cette
approche immédiate punk et qui file droit, une intrigue
pas aisée à suivre de prime abord. Mais en grattant
un peu et au fil des écoutes, Eniac révèle
une palette ensoleillée, le genre de groupe qui ne se
prend pas au sérieux. Faut quand même être
un poil décaler pour pondre une pochette pareil avec
un titre d'album qui souligne toute notre stupeur ! Nos quatre
énergumènes maintiennent le cap de leurs précédents
enregistrements. Rythmes vifs, dynamique entraînante,
idéale pour la circulation sanguine. Une efficacité
toute allemande. Par contre dans le maniement de la mélodie,
ils montent encore d'un cran, adoucissant le trait de compositions
menées grand train, sachant trouver la bonne accroche
qui emportera le morceau. Traitement aléatoire de la
voix au vocodeur, chant qui passe les doigts dans le nez de
la langue de Shakespeare à celle de Goethe. Eniac apporte
fraîcheur et légèreté dans leur monde
noise-rock et signe un album redoutable. Pour les fans du numérique,
le CD compte deux morceaux supplémentaires, sorti auparavant
sur un single et présentés dans une version remaniée.
Ah !
SKX
(20/06/2004)
website
groupe
www.e-n-i-a-c.de
website
label
www.x-mist.de
| www.novarecordings.de
sounds
We_did_Things.mp3
|
|
Epileptic
The first day of our second life - LP
Rejuvenation / Pi-Core 2004
Le marais poitevin cache de sacrés mystères. Il
faut vouloir sortir des routes principales, prendre des itinéraires
qu'aucun guide ne conseille. Et aimer le charme discret des
demeures simples et accueillantes. Car au bout du chemin, rien
de tape à l'oeil s'ouvre à vous. Pas de paysage
époustouflant. Le Huit Six, c'est pas la Bretagne! Par
contre, si vous appréciez le travail d'artisans qui aiment
le travail bien fait, Epileptic se profile devant vous. Le trio
sort son troisième album. En toute modestie, comme d'habitude.
Loin des réseaux, hors mode tout en ne proposant rien
de nouveau, Epileptic réussit à capter son auditoire
à la seule force de ses compostions. Un registre pop
et rock des plus classiques. Le bon guitare-basse-batterie des
familles. Alors pour se distinguer, autant sortir la mélodie
qui tue, le truc qui va rentrer dans la boite à claque
tout de go, vous charmer sans y prendre gare. Des morceaux comme
" little river " et "settle down " sont
à ce titre exemplaire. De vraies petites perles pop-rock.
Tous les morceaux n'arrivent pas à planer si haut. Mais
l'ensemble tient la corde. Le son à leur image. Rien
de tapageur, sans fioriture où tous les instruments trouvent
leur place avec justesse. On pourra toujours se gausser de l'habituel
chant anglais qui sent le bon accent frenchy mais comme ce chant
arrive plus d'une fois à vous filer le frisson, on ne
dira rien de plus! Après un deuxième plus mélancolique,
Epileptic revient à plus de consistance. Le genre d'album
qu'on écoute dans son coin, à l'abri des courants
porteurs et que l'on pourra toujours ressortir dans dix ans.
Car sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, il est
fort à parier que cet album ne va rencontrer encore une
fois qu'un succès d'estime et qu'il restera dans la confidence
des nénuphars.
SKX
(05/10/2004)
website
groupe http://epileptic.free.fr
sounds
littleriver.mp3
|
Experimental
Dental School
Hideous Dance Attack!!! - CD
The Company With The Golden Arm 2004
Ca commence par un hennissement de cheval. Ca embraye par un
drôle de son de claviers (un Casiotone 1000 pour les puristes),
le tout dans une ambiance de fête foraine débile.
Le nom de ce trio de San Francisco aurait du nous mettre la
puce à l'oreille. Experimental Dental School est une
drôle de monture. Le genre en bois que l'on trouve sur
les manèges et qui tourne en rond au plus grands plaisirs
des petits et grands. Mais il est fortement conseillé
de bien s'y accrocher sous peine de se retrouver éjecter
sur le grand huit d'à coté. Rythmes de valse à
quatre temps et moteur à explosion, voix systématiquement
trafiquée, des sons tour à tour étrange
et marrant du clavier de Shoko Horikawa, charmante japonaise
qui se croit au cirque. C'est pas non plus Bouglione. La base
est punk-rock. Largement déviante certes mais avec une
énergie de bon aloi et totalement "freak-out"
comme diraient les ricains, à faire pâlir un arracheur
de dents. Dance-punk-circus, ça vous branche comme étiquette?!
Une école dentaire des plus attrayantes.
SKX
(01/05/04)
website
groupe
www.experimentaldental.com
website
label
www.tcwga.com
sounds
www.experimentaldental.com
- section media
|
|
EZ
T
Goodbye Little Doll - CD
Monitor 2003
EZ T, particule étrange qui tourne plus ou moins autour
d'un homme, Colin Michael Gagon, sorte de performer/écrivain
qui prête sa voix et sa guitare, une bande de potes derrière
lui, Bill Callahan (Smog) aux manettes et sponsorisé
par son pote Will Oldham/Bonnie Prince Billy. Les fans de ce
dernier pourront d'ailleurs s'y retrouver mais EZ T n'a pas
sa sécheresse et son sens du tragique épuré
de tous effets. Je ne sais pas si faut être foncièrement
américain pur souche et savoir monter à cheval
en poussant de grands " yepiiii " pour apprécier
ce folk-rock de facture très classique, poussif pour
les soirées au coin du feu mais là, ça
me pèse sévère. Et comme je ne m'appelle
pas Antoine de Caunes et que Bruce Springsteen ou Lou Reed n'ont
jamais été mes copains de veillées, je
ne m'appesantirais pas plus loin. D'ailleurs, cette chronique
a vu le jour simplement pour le label qui a sorti ce disque.
Monitor records, c'est la maison mère de Oxes, Battles
et autres pointures noise-rock moderne. Si ils donnent dans
la diversité, ils ne reçoivent pas toujours la
qualité en retour !
SKX
(26/06/2004)
website
groupe
www.ez-t.com
website
label
www.monitorrecords.com
sounds
Bay-Shallow.mp3
| Gdbye-Lil-Doll.mp3
|
Echo
is your love
Humansize - CD
If Society / Stickfigure / UAR / Run Out 2006
Tous
les deux ans, réglé comme une machine, Echo is
your love nous envoie de sa Finlande natale une nouvelle carte
postale. Quatrième album pour ce groupe largement inspiré
par Sonic Youth à leurs débuts mais qui prennent
définitivement le large avec leur influence principale.
Quoique quand on entend ce qu'est devenu le groupe de New-York,
Echo is Your Love reste dans la mesure et n'est pas loin de
suivre le même chemin. Leurs digressions sonores calment
leurs ardeurs au profit, pardon, au détriment, de morceaux
penchant vers la pop, ne gardant qu'un léger habillage
noisy. Toujours porté par la sensuelle voix de Nea, EIYL
tente de la jouer fine. Tout semble plus beau désormais,
plus facile et détendu. Quelques larsens et passages
bruitistes subsistent, voir un bonne gueulante de temps à
autre comme sur le début de Step in step inside ou Sharp
Things avec le renfort d'un chant masculin. Mais les mélodies
ne sont pas à la hauteur et les compositions de manière
générale ne laissent pas un souvenir impérissable.
Un disque bien gentil et quelconque.
SKX
(30/07/2006)
website groupe www.ifsociety.com/echo
website label www.ifsociety.com
sounds Peacesong.mp3
| Stepinstepaside.mp3
|
|
Experimental
Dental School
2 1-2 creatures - CD
Deleted Art 2005
Drôles de zèbres. Oakland nous renvoie les Experimental
Dental School, pensionnaires d'un monde onirique et fracassé.
Sa surface se transforme en un tourniquet à huit pistes,
le manège toujours en chantier. Le trio de choc. Jesse
Hall : guitare, sampler et chant. Shoko Horikawa : synthés
et chant itou. Ryan Chittick, batterie et chant toujours. Créatures
espiègles et pas qu'à moitié, bien malin
qui pourrait deviner quelles sont leurs racines. Un amas où
s'enchevêtre Kurt Weil, Dog Faced Hermans, la musique
qui a bercé leur enfance, des contes ludiques, Devo,
le tango et la salsa, le rock, celui qui fait grimper aux murs,
le cirque et les clowns tristes. Et le punk toujours, se prendre
en main tout seul et créer dans la joie et un esprit
torve des contes musicaux immoraux. Des mains se serrent dans
la cohue. Celles de Greg Saunier (Deerhoof) qui tient les baguettes
sur A little bird told me. Un trompettiste (Matt Volla), des
faiseurs de bruit, des silhouettes noires où se profilent
des songes de gosses. La vraie réussite de ce disque,
c'est d'arriver à écrire des compositions qui
tiennent la route avec toutes ces idées farfelues. Pas
un groupe arty de plus qui nous pompe l'air mais une vraie vision
artistique. Pas un joyeux bordel sans queue ni tête mais
des airs entêtants savamment construits pour un disque
original. Créature extrêmement avenante.
SKX
(11/11/2005)
website groupe www.experimentaldental.com
website label www.deletedart.org
sounds www.experimentaldental.com/listen.php
|
Ex
Models
Chrome panthers - LP
X-Mist/Psychotica 2005
Ex
Models a bien failli devenir ex tout court. Mais le noyau central
Zach Lehrhoof et Shahin Motia continue le périple. C'est
en fait sous la dénomination " Ex Models featuring
Kid Millions " qu'il faut appeler ce troisième album.
Kid Millions, c'est le batteur de Oneida, autre groupe de New-York,
tendance psychédélique-progressif-noise et faut
bien avouer, assez chiant! Mais ce batteur a de la ressource
et un jeu bien givré qui colle parfaitement à
la décadence de Ex Models (ou ce qu'il en reste). Que
six titres ornent cet album mais à eux seuls, ils sont
pratiquement plus longs que tous leurs albums réunis.
Une révolution ! Ex Models n'a jamais fait dans la facilité
mais là c'est encore pire. Ne cherchez pas une once de
mélodie dans ce disque. Le rythme, le bruit, l'orgie
du rythme et du bruit, l'extase par les dissonances, l'élévation
dans les affres de l'électricité domptée,
plus chaotique que n'importe quel groupe de hardcore chaotique,
non, vraiment, Ex Models nous sort un disque noise-rock ultime,
renvoyant tous les copieurs de Sonic Youth à leurs premières
petites culottes. Le trio garde la substantifique moelle de
l'esprit avant-gardiste et frondeur de leurs aînés
pour exploser les carcans rock et proposer une joute sonore
de haute volée. Kid Millions est du genre batteur doué.
Ca cogne à tout va et propulse vraiment l'ensemble contre
les murs. Les structures fonctionnent sur le mouvement répétitif,
ça couine, ça larsen, ça vibre, c'est épileptique,
sans concession et complètement tripant. Ecouter le dernier
morceau " chrome hearts ". A bout de souffle. Un grand
album de rock bruitiste.
SKX
(14/05/2005)
website
groupe www.exmodels.org
website
label www.x-mist.de
| www.psychoticarecords.com
|
Ex-Models
/ Holy Molar
Split 7''
Three One G 2004
Amis
cartésiens, passez votre chemin! Sur 31G records, la
musique rythme rarement avec logique. Dans Holy Molar, c'est
à genoux sur le prie-dieu. Trois membres de The Locust
(entre autres), Ron Avila, éternel batteur des Get Hustle,
Antioch Arrow. La valse à trois temps et vomi. On a beau
retrouvé un synthé de folie, ces 2 morceaux peuvent
prétendre s'appeler comme tel et ne joue pas la même
partition que The Locust. Le jeu de Avila toujours très
Birthay Party, tribal et lugubre. Un chant hargneux qui lamente
toute sa misère. 2 titres très syncopés,
d'une fièvre blanche et bruyante. Excitant. Ex-Models
a du répondant. Eclatement des structures autour d'un
rythme convulsif. Cris de vautour qui cherche sa proie. Ex-Models
a définitivement quitté le giron de Gang of Four
et Wire pour n'en garder que l'âme et le nerf. Quatre
bombes incendiaires sans se soucier des survivants.
SKX
(09/01/2005)
website
groupe www.exmodels.org
| www.threeoneg.com/holymolar
website
label http://www.threeoneg.com
|
The
Ex
Turn - 2xCDs
Vicious Circle 2004
Immortels
The Ex qui laissent aux scribouillards de tous poils le soin
d'écrire leur histoire. Le regard toujours porté
vers l'avenir, The Ex continue, vaille que vaille, malgré
le départ, un de plus dans leur longue aventure (après
tout ils ne sont plus que 2 d'origine) mais celui-ci de poids.
Luc, le bassiste depuis 19 ans, douloureuse séparation
qu'une Rozemarie remplace, armée de sa contrebasse. Le
destin, ne pas s'attarder. La nouvelle ligne d'horizon se porte
au sud, sur ce continent africain qu'ils chérissent tant.
Puis, dans un nouvel élan, tout reprendre à zéro.
Deux tonnes de nouvelles compositions plus tard, nos Hollandais
voient double. Trois quart d'heure chacun de musique, ces deux
cédés décèlent milles trésors
ramenés des sables d'Erythrée. La propension quasi
vitale de The Ex à se nourrir d'influences multiples,
les oreilles, les yeux, le cur en éveil, l'ébullition
constante et puis tout malaxer dans leur usine à gaz.
La moulinette de The Ex, formidable machine qui va chercher
dans les musiques traditionnelles africaines des compositions
clairement inspirées (" theme from Konono "
et " Huriyet ", Katrin la batteuse au chant et nous
à genoux) ou avec force magie noire, en tirer toute la
substantifique moelle, s'approprier l'âme des ancêtres
et vous jeter, avec fulgurance, à la tronche, leurs interprétations,
Exiennes jusqu'au tréfonds de la chair. Dans le verbe
et dans le geste, The Ex est toujours noblement punk. En colère
dans ces guitares bouillonnantes, tout est rythme, la transe,
la fièvre de la jungle, la tension insufflée en
boucle, The Ex, pas aujourd'hui qu'ils vont se calmer. La basse
n'est plus. La contrebasse joue une autre partition, apporte
fluidité et quand elle utilise l'archet, c'est vers l'univers
de Tom Cora avec The Ex que l'on glisse (le très beau
" The idunno law ", le morceau pignant, comme sur
chaque album de The Ex ou encore " Sister "). Remettre
l'ouvrage sous un nouvel éclairage. Garder les bases
mais continuer à faire trembler les murs. Faire avancer
la boule en y ajoutant à chaque rotation complète
une couche essentielle. La patine des ans avec des échardes
toujours nombreuses, rester sur ses gardes, la créativité
sans cesse, les lauriers écrasés, Sélassié
reconnaîtra les siens. Il règne sur cet album une
atmosphère fiévreuse, un sens du rythme qui tourne
à l'hypnose (et on connaît l'importance du rythme
chez The Ex), un souffle chaud descendu sur les chères
têtes blondes de notre tribu hollandaise, possédée
par des voyages salvateurs dans le berceau du monde, ces terres
indomptées et fougueuses. Normal que The Ex s'y reconnaisse.
Ce monde qui les inspire tant, des sons aux paroles tirées
de poèmes de Virginia Grütter, Cornelis Vreeswijk
ou Anne-James Chaton, poète moderne, vu sur leur récente
tournée, et sa litanie de la vie ordinaire pour clore
cet album. Ce monde qui les révolte toujours autant,
un brin de cynisme en plus mais l'énergie de jeunes poulains.
"We need poets, we need painters" clame GW Sok pour
ouvrir l'album. On a surtout besoin de The Ex!
SKX
(02/01/2005)
website
groupe http://www.theex.nl
website
label http://www.viciouscircle.fr
sounds
poets.mp3
| track2.ram
|
|
Elodea
Cataclysmic - CD
Basement Apes / Fuck Yoga 2006
Elodea
plombe l'ambiance. Du fin fond de sa Slovénie natale,
les quatre gais lurons s'amusent à péter les frontières
et assènent une lourdeur pas possible. Genre de Catharsis
de l'Est au ralenti. Des riffs qui puent la grisaille. Le gros
grain est de sortie. La voix aussi, avec un gros chat de gouttière
qui lui traîne au fond du gosier et c'est pas la meilleure
chose qui lui soit arrivé. Pour sa santé et nos
oreilles. Bref, on dit dans les milieux autorisés que
c'est du doom ou du sludge. Un hardcore mutant pour dépressifs.
Qu'importe. C'est surtout du vu et du revu, alignant tous les
clichés et poncifs du genre. Sans doute un chemin de
croix de choix pour les aficionados du style mais c'était
pas la peine d'en importer de Slovénie.
SKX
(18/11/2006)
website groupe www.spreadtheelodea.com
website label www.basementapesind.com
| www.fuckyoga.tk
sounds unmonstre.mp3
|
Enablers
Output negative space - CD
Neurot 2006
Enablers,
ça s'écoute comme un roman. Le chant parlé
de Pete Simonelli. La musique narrative des trois autres musiciens.
Deuxième tome pour le groupe de San Francisco. Simonelli
continue de feuilleter les pages de poèmes que l'on dit
inspirés par Kerouac et Burroughs. Toute cette Beat Generation
m'a toujours gonflée et je me dis que c'est pas plus
mal que je pige quedal à ces paroles. Et puis ya pas
besoin de comprendre pour se sentir concerner et plonger dans
cette ambiance noirâtre. On se doute bien qu'il ne raconte
pas son weekend à Disneyland ou le passage à l'euro.
Se laisse emporter par ce flot contrôlé d'injonctions,
de narrations appuyés déclamées avec les
tripes et le cur, prémices de prestations lives
mouvementées où le bonhomme écrit ses plus
belles pages. Quant à la musique, elle reprend là
où End Note s'était
terminé. Un fil conducteur qui se passe de la trame habituelle,
évoluant au gré des humeurs enflammées
de guitaristes inspirés. Un album encore plus explosif,
laissant dans les volutes littéraires de Simonelli des
traces mélodiques plus insistantes. Entre touchés
jazzy et élans foncièrement rock et Slint-ien,
les compositions vous laissent entre contemplation et colère
sourde. On est prêt à leur laisser sa petite sur
en garde et ils vous la rendrent tout chiffon. Un groupe à
part à l'écriture aiguisée d'où
émane une force tranquille. Apte à tromper plus
d'une personne avec des intentions troubles.
SKX
(14/09/2006)
website groupe www.enablerssf.com
website label www.neurotrecordings.com
sounds SuddenInspection.mp3
|
|
Envy
Insomniac doze - CD
Rock Action 2006
Le
monstre sacré nippon. Quinze ans de labeur. Une discographie
solide et explosive, un typhon inébranlable. Qui ne pouvait
terminer sa folle course que dans un mur lapidaire si Envy ne
changeait pas la donne. 2003 et A dead sinking story
les voyait ménager la bête, prendre le pouls d'un
certain hardcore qui se la joue très mélodique
et ambiant, cadence ralentie et germes post-rock dans un hardcore
jusque là sans concession. Le hardcore des Japonais a
toujours consciemment tiré sur la corde de l'émotion
et du lyrisme. Mais c'était vrillé aux tripes.
Cette fois-ci, c'est mort et enterré. Insomniac doze
continue de creuser, avec méthode et calme, à
tailler ses longues compositions qui s'étendent dangereusement
au-delà des dix minutes (Crystallize, The unknown
glow), à épancher ses longues digressions
dans un massif sonore propre à contrer tous les tremblements
de terre, lézardées comme il se doit par de brusques
raz-de-marée pour se remémorer le bon vieux temps.
C'est parfois poignant, la marque de fabrique historique reste
encrée à jamais, décrochant quelques pointes
acérées, sursaut d'éveil. C'est surtout
long et vain, beauté futile qui se mord la queue pour
un Insomniac Doze qui a trop forcé dessus. Une
dose de cheval nous plongeant peu à peu mais sûrement
dans une torpeur qui atteint laborieusement ces soixante minutes.
Envy prend des rides, évolue dans un virage où
il troque sa légendaire intensité pour un truc
consensuel et pas franchement inspiré, apparaissant en
fin de course. On se demande ce qu'ils peuvent encore avoir
à dire après un tel disque.
SKX
(30/09/2006)
website groupe http://www.sonzairecords.com/envy.html
website label http://www.rock-action.co.uk
sounds http://www.rock-action.co.uk/index.php?s=media
|
Ephel
Duath
Pain necessary to know - CD
Elitist / Earache 2005
Plus
tarabiscoté tu meurs ! Ephel Duath est une machine à
concasser du rythme. Un labyrinthe vicieux pour perdre l'auditeur
suffisamment fou qui a eu l'inconscience de vouloir mettre le
bout de son orteil gauche dans une telle machination. Dillinger
Escape Plan serait un long fleuve tranquille à coté.
L'Italie, ce n'est pas que des pizzas qui s'écrasent.
C'est aussi le Vésuve qui éclatent. Ephel Duath,
de sa botte italienne, a plus d'un tour dans son sac. Et les
méandres, quand on est originaire de Venise, on maîtrise.
Les racines de la section rythmique plongent dans le jazz et
le funky (ça c'est pour le bassiste) pendant que le guitariste
(Davide Tiso, seul membre originel du groupe) et le chanteur
ont fait leurs gammes dans les musiques extrêmes et le
black metal. Ce troisième album d'Ephel Duath doit donc
beaucoup à la confrontation de ces deux mondes. Le jazz,
ses structures ambitieuses, assimilé à une rage
hardcore/metal (on est quand même sur Earache merde).
Ca nous donne un caractère imprévisible et bien
trempé. Versatilité des rythmes, contre-pieds
multiples. C'est presque déraisonnable mais le gang italien
le fait avec une maîtrise consommée. Ca peut dérouter,
voir agacer mais Ephel Duath ne surenchérit pas dans
la virulence sonore. Débauche de compositions complexes
mais pas de violence gratuite. Explosions éparses et
précises d'hurlements de gouttière. Ephel Duath
ne laisse rien au hasard. L'inconscience a du bon mais faut
pas en abuser.
SKX
(05/03/06)
website groupe www.ephelduath.net
website label www.elitistrecords.co.uk
| www.earache.com
sounds VectorThirdMovement.mp3
| pleonasm.mp3
|
The
Expectorated Sequence
Hairbomb - CD
New Romance For Kids 2005
L'album
débute par une sirène qui ouvre, non pas le bal
des pompiers, mais les hostilités. Les gars de Montréal
sont prévenants. Car la suite, c'est du rock frontal.
Un truc sans concession nourri d'extrême. Expectorated
signifie quelque chose qui favorise la décharge ou l'expulsion
du mucus de la région respiratoire, dixit leur bio. Eux
en plus le font en série. Ca va mieux après. Une
sale mitraillette qui crache quinze morceaux en vingt minutes.
Des glaviots macérés qui sortent de leur bouche
aliénée. Servitude. Décrépitude.
Et là où ils le jouent gagnant, c'est (contrairement
à des groupes comme Daughters ou The Locust avec qui
ils sont trop facilement comparés) dans leur proportion
à écrire de véritable brûlots rock
consistants. Bruit et fureur certes, titres ramassés
sur eux-mêmes mais qui gardent toujours un certain souci
de lisibilité, des portes de sorties pour prendre une
bouffée d'air à la manière d'un Orchid
avant de replonger dans la chaudron bouillonnant. Opposition
entre des morceaux presque poignants comme The prolonged disaster
ou I am the best person ever à la mélancolie sous-jacente
et des fulgurances du calibre de Whores and assholes et Enfant
de chienne, appel direct à l'émeute. The Expectorated
Sequence abreuvera de contentement pêle-mêle tous
les amoureux de hardcore, screamo, punk et metal. Ou plus simplement
ceux qui aiment le rock à la frénésie bien
placée. Ce quatuor canadien, après deux essais
en format court, passe la séance du premier long jet
avec mention.
SKX
(23/07/2006)
website groupe www.geocities.com/theexpectoratedsequence
website label www.newromanceforkids.com
sounds theExpecto.mp3
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Explosions
in the sky
The rescue - Travels in constans Vol. 21 - EP
Temporary Residence 2005
J'avoue
avoir décroché de l'affaire depuis le deuxième
album qui les avait révélé those who
tell the truth
Devenu par la suite qu'un groupe post-rock
instrumental de plus, s'étiolant trop vite dans le sillage
de Godspeed You. Le disque suivant démentait son titre
The earth is not a cold dead place. Mortel, fade et surtout
prévisible, on se faisait royalement chier mais avec
tact (pas comme ce vocabulaire). Cette nouvelle livraison est
présentée comme un court format. L'engin dépasse
quand même la demi-heure. La cause à la série
dans laquelle s'inscrit ce disque. Le 21ème volume de
Travels in Constant initié par le label new-Yorkais
Temporary Residence qui a vu défilé Mogwaï,
Rumah Sakit ou encore Songs : Ohia. Que de la vente par correspondance
de ces disques d'inédits uniquement en format cd et à
tirage limité. C'est surtout le concept que je trouve
limite
Enfin bref passons. Ce n'est pas encore avec cet
album que l'on va pouvoir dire que Explosions in the sky a fait
l'école du cirque. De Day one à Day
eight, ce sont huit morceaux. Un morceau par jour pendant
une semaine et basta. Une révolution pour les Texans.
Le résultat ne décongèlera pas la banquise
mais le groupe abandonne sa construction routinière de
la montée crescendo avant l'explosion attendue et la
retombée du soufflet. Tout flotte sur un tempo régulier,
embué dans un vague à l'âme distant. EITS
a sorti la boite à pastel. Délicat, mélodieux,
ambiance minimaliste, arpèges célestes, il faut
attendre le sixième jour pour un semblant d'amplification
qui ne dure que l'instant d'un commencement. Huit jours, c'est
long. Si notre Créateur bien aimé avait mis les
bouchées doubles pour remuer terre et ciel et sortir
le grand jeu (que de la frime), Explosions in the sky se contente
de peu (jeunesse dorée). Ils rompent avec les habitudes
mais persévèrent avec la monotonie. L'éclat
du vide.
SKX
(25/02/06)
website groupe www.explosionsinthesky.com
website label www.temporaryresidence.com
sounds DaySix.mp3
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Each
Other
This is my other pack of cigarettes - CD
Self-released 2004
Alors
c'est l'histoire d'un mec rencontré par hasard sur la
toile autour d'un Jumbo
et qui me parle de ce groupe dingue répondant au nom
commun de Each Other. Des potes à lui qui existe depuis
2003 et puis qui n'existe plus et puis qui existe encore. Bref,
un trio bordélique qui a trouvé le temps et l'organisation
pour enregistrer un CD en 2004. This is my other pack of cigarettes.
Ne me demandez pas à quoi ressemble la pochette. Cet
objet, c'est l'homme invisible. Mais les chansons dessus passent
allègrement les frontières du virtuel et effectivement,
ça mérite que l'on s'y attarde. Trois énervés
avec un chanteur à temps complet, un batteur barbu (personne
n'est parfait) et un homme au four et au moulin se débattant
avec sa guitare, sa basse et ses claviers. Le chanteur, c'est
un peu le cousin germain de Al Johnson avec ses intonations
tout en uh-huuh et un panel général de voix débilo-hystériques
dont il doit être très fier en plus. Un bon point
pour lui. D'ailleurs ce chant n'est pas le seul point commun
avec US Maple (particulièrement sur le morceau Strawbery
Birthmark). Mais en plus nerveux et volubiles, tendance
Shorty versant Trumans Water. C'est explosif, jouissif à
mort et on se demande pourquoi rien d'officiel n'est sorti.
Si ce n'est que le groupe n'en a rien à foutre. Each
Other a sorti aussi un trois titres sous forme de cassette (Buzz
Told casssingle) où on retrouve Strawbery Birthmark
mais la UK version (?) et Buzz-Todd qui passe
pour le morceau principal et surtout pour un gros clin d'il
foutraque à Arab on Radar. Le groupe a décidé
de se remettre ensemble fin 2006. Ils étaient censé
sortir un split CDr avec Golden
Retriever au printemps dernier et ont planifié un
nouvel album pour 2007. Mais ça, c'est une toute autre
histoire
SKX
(28/10/2007)
website groupe http://www.myspace.com/eachother
|
Edible
Woman
The scum album - CD
Psychotica - Ame - Bloody 2007
Ca
commence par un court bidouillage electro-harsh qui monte en
puissance
. Vous vous dites que c'est juste pour se chauffer,
tout va bien se passer. Et le morceau suivant confirme. On respire.
La tonitruante section rythmique fait son entrée dans
l'arène. On est en terrain connu. Terrain miné
par cette basse punitive mais connu. Le magnifique album précédent
vous revient aux oreilles. Territoire noise, rock, comme on
l'aime à Chicago et dans bien d'autres endroits maintenant.
Et puis le troisième morceau calme à nouveau vos
ardeurs. Une mélodie au piano, un chant clair et mélodique
qui a tendance à me hérisser le poil. C'est le
syndrome 90 Day Men. Comme une touche seventies pour un rock
qui hésite sur ses intentions. La section rythmique a
beau se pointer, on ravale sa salive. Quelquechose à
changer chez les italiens de Edible Woman mais quoi ? On regarde
les notes de pochettes
Mais oui, mais c'est bien sûr.
Il n' y a plus de guitariste ! Exit les cordes tapageuses et
vénéneuses. La guitare est un synthé et
forcément, ça change tout. La section rythmique
fait un travail remarquable. C'est le lien historique avec le
Edible Woman d'avant et quand elle envoie le bois, ça
ne moufte pas dans les rangs. L'intérêt principal
du disque réside là. Des morceaux comme Mystic
river ou Nothing vous soufflent un bon coup dans
les bronches. Après, les parties chantées et l'utilisation
qu'ils font du synthé qui sonne tour à tour comme
un réel piano ou un orgue ou un truc pour balancer des
sons retors, j'avoue, je suis moins fan. Un deuxième
album qui fonctionne sur courant alternatif. Le saxophone est
même de sortie sur l'instrumental Mouseman qui
pourrait presque faire penser à du Marvin ! Pour sûr,
le Edible Woman a personnalisé son homme mais la formule
ne présente pas toutes les assurances requises pour passer
un moment sans encombre de bout en bout. Le mélange entre
cette virile rythmique et les douceurs de la voix, des mélodies
qui se dévoilent et ces sonorités électroniques
ne gagnent pas à tous les coups. Loin de là. En
plus, quand ils ont le mauvais goût de finir l'album comme
ils l'ont commencé mais en beaucoup plus long et après
deux minutes de blanc, ça vous laisse salement songeur.
Nouvel essai que trop peu concluant.
SKX
(28/06/2007)
website groupe www.ediblewoman.it
website label www.psychoticarecords.com
www.wallacerecords.com/amerecords/index.htm
| www.myspace.com/bloodysound
|
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Experimental
Dental School
Jane doe loves me - CD
Cochon 2008
Mais
qui est donc cette Jane Doe inspirant tant les titres des groupes
toutes tendances confondues ?! Renseignement pris, Jane Doe
est le nom donné à une personne non-identifiée
(John Doe pour les messieurs), l'équivalent de notre
Madame X. Je me coucherais moins con ce soir. Une parfaite inconnue
aime donc Experimental Dental School. Le groupe d'Oakland n'ait
pas à une bizarrerie près. Rien que leurs pochettes
valent un rendez-vous chez le psy. Un miroir de leur étrange
monde musicale. Ce troisième album ne déroge pas
à la règle. Le trio déclare qu'il leur
a fallu dix fois plus de temps pour enregistrer Jane Doe
loves me. On aurait donc pu s'attendre à une barre
de l'étrange placée à des hauteurs vertigineuses,
d'un endroit tellement élevé que les têtes
se perdent, une surenchère dans le baroque et le collage
sonore propre à éclater le peu de neurones qu'ils
nous restent. Il n'en est rien ! C'est même l'impression
contraire qui prédomine. Greg Saunier (batteur de Deerhoof)
est toujours derrière les manettes et EDS donne justement
la sensation d'emprunter de plus en plus le chemin de Deerhoof.
La patte Experimental, la touche Dental et l'école déviante
sont là mais dans un style plus coulé et apaisé.
Ou alors voulaient-ils dire qu'il faut beaucoup plus de travail
pour rendre limpide leur extravagance habituelle
Que tout
ceci est une fausse impression, rien n'a changé, il fallait
juste prendre son temps pour articuler leur bordel et rendre
une copie plus propre
?? Catalogué groupe art-rock
dans le lointain sillage d'un Devo, EDS continue pourtant de
mettre du punk-rock dans ses bulles, de malmener son Casio,
de fracturer ses rythmes de batterie, de sortir de sa poche
secrète des samples insolites et des lignes vocales tordues.
Le tout est saupoudrer d'un peu plus de morceaux sautillants,
de ballades felliniennes comme le très beau titre final
Zeroeth Birthday. Des petites touches impressionnistes,
des ballades perverses qui font toujours de EDS un étrange
objet de musique attirant qui ne se prend pas au sérieux.
Cet album est sans doute aussi bon que les précédents.
C'est juste que l'effet de surprise n'est plus là. La
formule est bien cernée. Le mystère se dissipe.
Jane Doe n'est plus une inconnue.
SKX
(30/04/2008)
website groupe www.experimentaldental.com
website label www.cochonrecords.com
sounds www.experimentaldental.com/listen.php
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Einsturzende
Neubauten
Alles wieder offen - CD
Potomak 2007
Je
n'avais pas du tout prévu de parler de cet album de Einsturzende
Neubauten. Ils font parti du paysage depuis tellement longtemps
qu'on oublierait presque leur présence. Phrase sacrilège
vu l'apport considérable des Allemands à la musique
en générale ! Mais il faut bien avouer que le
meilleur est derrière eux. Comme dit Thurston Moore dans
le n° 4 de Noise, tu n'es nouveau qu'une seule fois,
même si tu peux te réinventer, tu ne retrouves
jamais la force motrice primale du début. (Il ne
dit pas que des choses incompréhensibles le père
Moore !).
Mais voilà, le premier morceau de ce disque m'obsède
totalement. Die Wellen est son nom et j'ai dû l'écouter
une centaine de fois, rien que lui, indépendamment de
tout le reste du disque. Indépendamment de toute logique.
Un morceau d'une grande simplicité, presque facile mais
dont la puissance émotionnelle me met à chaque
fois sur les genoux. Un morceau construit sur une montée,
une grande et belle montée où chaque seconde gagne
en intensité, où chaque seconde vous met à
cran pour aboutir à plusieurs minutes qui ne peuvent
que s'achever dans une explosion salvatrice qui ne viendra pas,
le morceau vous laissant en lambeaux par un simple phénomène
d'évocation terrible. Deux notes de piano répétitives
renvoyant l'écho de Seele Brennt, le grondement
grandissant d'une basse et surtout, la voix de Blixa Bargeld,
cette diction distincte, cette façon claquante d'articuler
chaque syllabe, le rythme qu'il donne à chaque mot, renforcée
par la force rugueuse de sa langue natale. Jamais l'Allemand
n'aura aussi bien sonné. Et quand au bout de deux minutes
et quarante-huit secondes apparaissent les violons, cet artifice
aussi pompier que génial, envoie Die Wellen en
apesanteur, dans des sphères dont vous ne pensiez pas
Einsturzende Neubauten capable d'atteindre à nouveau.
Une sphère où vous avez envie de vous arracher
à vous-mêmes, celle où Armenia, Sand,
Negative Nein, Yu-Gung et autres morceaux mythiques
de Neubauten tournent en orbite pour l'éternité.
Après une telle entrée en matière, tout
le reste apparaît fade. En fait, avec ou sans Die Wellen,
ça n'aurait rien changé. Une suite tranquille
de ballades douces amères qui n'ont rien de déplaisantes
sinon qu'elles ont le défaut d'être sans relief.
Sans nerf. Sans tension interne. Un groupe de rock de pères
peinards. Nick Cave à coté apparaît comme
un jeune poulain tout fou. Il faut attendre le huitième
morceau et l'imprononçable Unvollstaendigkeit
pour retrouver de l'intérêt à cet album.
Neuf minutes pendant lesquelles Neubauten retrouve de la noirceur,
de l'épaisseur, de la fracture et même sur la fin,
bien enfouis mais audibles, les cris déchirants de Bargeld
dont il s'était fait la spécialité, ce
chant qu'il a désormais rendu grave et apaisant. Ce morceau
et le titre de clôture, Ich Warte, une ballade
là aussi mais dont les arpèges acoustiques en
boucle trouvent leur cible, soutenus sur la fin par une rythmique
ferrailleuse comme on aime. Nous aussi, nous attendons. Ou plutôt,
nous n'attendions plus grand chose de Einsturzende Neubauten.
Thurston Moore a raison. La force motrice primale est bien morte
et enterrée. Mais tant qu'il y aura des étincelles
comme Die Wellen et que le corps bougera toujours, on
continuera d'écouter tourner le moteur.
SKX
(15/02/2008)
website groupe www.neubauten.org
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El
Chupa Cobras
Self-titled - CD
Acerbic Noise Development 2008
En
plein milieu de la Bible Belt, El Chupa Cobras sont de drôles
de paroissiens. En plus d'avoir un drôle de nom. Va se
répandre goutte à goutte sur le trottoir. Montgomery,
l'Alabama, la rue s'expose à de nouvelles souillures.
A l'instar de Steve Austin qui aime s'entourer de gens pieux
pour délivrer son vice, El Chupa Cobras, faut que le
venin sorte. Et si il est fait mention de Today is the Day,
c'est l'époque Supernova qui est en jeu. La meilleure.
Quand le metal, quelque soit la chapelle d'origine, n'est pas
que du metal. Quand le hardcore des familles qu'on sent bouillir
sur les bords n'est pas que du hardcore bas du front. Quand
le noise-rock bouffe à plusieurs râteliers et s'enrichit
sans remords d'autres courants. Alors El Chupa Cobras sort du
bois. Coutumiers de l'ombre, ils affichent au grand jour une
palette large mais totalement cohérente. Le Dazzling
Killmen de Dig out the switch, que ce soit dans la voix
qui est loin du cliché d'hurleur patenté ou dans
certaines attaques de guitares et la pression qu'elles infligent.
Voir même du Sicbay pour les titres les plus nerveux de
l'ancienne troupe de Nick Sakes. Des morceaux courts, tendus,
n'hésitant pas à afficher une belle technique
et un art du chaos juste ce qu'il faut. Des rythmes frénétiques,
une caisse claire qui s'enfonce dans le crâne, de belles
descentes de manche à fond les ballons. C'est pour le
versant Converge. La rue croise les doigts pendant que El Chupa
Cobras récite sauvagement des psaumes sanctifiés.
Il faut attendre le dernier morceau et les sept minutes de Chocolate
Mask pour voir venir de la diversité de compositions
jusque là trop homogènes. Le maillon faible que
des écoutes répétées apprennent
à apprivoiser mais quand même. Ca reste néanmoins
très bon et je me convertis sans souci à ce premier
album.
SKX
(21/12/2008)
website groupe www.myspace.com/elchupacobras
website label www.acerbicnoise.com
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Electric
Electric
Sad cities handclappers - CD
Herzfeld 2008
Electric
Electric. 1 + 1 = 2. Une équation bien connue. La paire,
ya en plus de deux comme eux. Oxes + !!! (Chick Chick Chick)
mais ça serait insultant pour Oxes. Tentons Battles +
New Order. Le rock contre la dance. Ou le rock avec la dance.
On ne sait plus trop avec cette paire alsacienne. C'est là
tout l'intérêt et tout l'agacement. Une vraie paire,
pour le pire et le meilleur. Surtout que cette paire est une
fausse paire et q'un troisième s'est greffé dessus,
le surnommé Nighthawk, à l'origine aux manettes
de l'enregistrement et aux claviers, tous sortes de claviers,
désormais. Et comme tout groupe qui n'arrive pas à
trancher, l'avis se met au diapason. Un coup, c'est bon. Un
coup, c'est beaucoup moins folichon. Un coup, tu fonces tête
baissée sans réfléchir. Un coup, cette
mixture te porte sur les nerfs. Notez bien que personne ne leur
demande de trancher. Ce ne sont pas les premiers à tendre
des ponts entre les genres. Mais le mélange est toujours
risqué et le groupe strasbourgeois n'évite pas
quelques plans casse-gueule. Les handclappings de Hydraviolet,
gimmicks dont ils abusent sur plusieurs morceaux (les mains
dans les poches, c'est bien aussi), son chant, tout comme les
mélodies vocales en général, rares, mais
rappelant suffisamment les pires heures du mouvement shoegaze
pour en demander plus. Des rythmes qui se veulent parfois tellement
accrocheurs que cela en devient limite et bas du front, un saupoudrage
électronique tendance et un esprit clubbing qui m'hérisse
le poil que j'ai fragile. Mais c'est aussi tout ça qui
en fait son charme. Insoluble. Tout et son contraire. Une batterie
tour à tour binaire, entièrement tournée
vers la pulsation dansante ou complexe, à cogner dans
tous les angles. Des morceaux limpides, qui glissent sans vaseline,
fait pour les foules et des bravoures bien bruyantes. Des titres
comme Tchernovsky, Minimal = maximal ou Hydraviolet
(encore lui) puissamment tubuesques, c'est presque énervant
de facilité. Mettez ces morceaux à fond dans les
enceintes pour faire patienter le public pendant un concert
et en deux secondes, tout le monde dodeline de la tête
ou tape du pied inconsciemment. A coté de ça,
vous avez l'excellent Electric electric !, orgiaque, noise,
presque qualifiable de math-rock ou le sombre et très
beau Je t'aime, j'te jure. Des arpèges en boucles à
la Battles et des riffs ultra simples. Un sentiment de transe
noise qui vous envahit, genre Marvin de l'est. Je n'ai pas une
sensibilité profonde pour certains de ces morceaux qui
font instinctivement bouger le corps, mais je loue leur redoutable
efficacité. Dans la chaleur d'un concert, l'effet doit
être imparable. Dans l'intimité d'une pièce,
on s'en lasse plus vite. Tout comme on se lasse de la longueur
de l'album. 57 minutes, c'est bien trop. Court et direct, ils
auraient mis tout le monde d'accord. Avec les quatre derniers
titres dépassant les cinq minutes, leur formidable dynamisme
se dilue et s'écrase lamentablement sur 1986,
soit six minutes d'un drone, nouvelle arnaque musicale des temps
modernes plus communément appelée pet de mammouth.
Un premier album qui reste globalement percutant et prometteur,
en espérant qu'ils se débarrassent de quelques
tics et qu'ils resserrent l'écriture.
SKX
(15/11/2008)
website groupe electric.electric.free.fr
website label www.hrzfld.com
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Electric
Wizard
Witchcult Today - CD
Rise Above 2007
L'année
2008 va être grande, c'est une évidence et tout
le monde le sait : avoir beaucoup de pognon et être enfin
heureux, relever les fondations d'une civilisation jusqu'ici
vieillissante, se lever tôt mais pas pour rien, se sentir
utile à quelque chose et fier de l'être. De manière
incontournable Perte Et Fracas suit le mouvement. De récentes
études ont en effet prouvé que lorsque une chronique
parlant d'un groupe plus ou moins métallique est postée
sur ce site, les statistiques de fréquentation de celui-ci
montent en flèche. Alors racolons le quidam, optimisons
le html et explosons les recettes publicitaires : aujourd'hui
je vais vous parler d'Electric Wizard.
Ce groupe britannique est loin d'être une bande de petits
jeunots (puisque formé vers 1993) mais en ce qui concerne
le style musical qu'il pratique c'est bien pire, Electric Wizard
fait du doom dans le sens le plus sabbathien du terme c'est-à-dire
profondément marqué seventies et à tel
point que ce Witchcult Today a été enregistré
aux studios Toerag sur du matériel d'époque, là
où Ozzy Osbourne et compagnie auraient également
accouché de quelques uns de leurs chef-d'uvres
euh heavy metal (mais je ne peux pas vérifier, il n'y
avait pas de notes de livret avec les mp3 de Black Sabbath que
j'ai téléchargés). Le seul regret de Jus
Oborn -chanteur/guitariste, grand sorcier et unique membre d'origine
d'Electric Wizard- c'est d'avoir ce nom en forme de version
raccourcie et pathétique de celui de son héro
de toujours mais les comparaisons s'arrêtent là
car Justin ne sera jamais aussi drôle qu'Ozzy, surtout
lorsque celui-ci avait chanté Paranoid pour le
jubilé d'Elisabeth II d'Angleterre en 2002. Enfin bref,
trêve de pipoleries.
Ici tout est vintage. Le son navigue en plein brouillard analogique,
la saturation a ce côté poisseux et sombre finalement
assez inimitable. La voix du chanteur est toujours aussi lointaine
et traînante -je tiens à préciser que si
Jus Oborn ne sait pas chanter il n'en profite pas pour autant
pour brailler sa race- et la musique d'Electric Wizard pourrait
se résumer à cette atmosphère à
la fois souple et lourde, opiacée et sexuelle, chargée
de mélodies qui raclent le fond des oreilles avec rudesse
mais splendeur. A la différence des précédents
disques (l'incontournable Dopethrone en 2000 et We
Live en forme de résurrection en 2004), Witchcult
Today privilégierait presque les formats courts :
les guitares ne partent pas en vrille dans de longues tirades
chargées et psychédéliques mais jouent
la carte du stable et du solide sans s'échouer sur le
riffage de la facilité outrancière. Pour me faire
mentir il y a les deux derniers titres -Black Magic Rituals
And Perversions et Saturnine- qui renouent avec
les ambiances cryptiques et labyrinthesques chères à
Electric Wizzard, celles directement inspirées par les
films de la Hammer et l'occultisme de pacotille qui donnent
à tout ça un délicieux parfum décalé
et anachronique. Quelques samples cinématographiques
et un peu d'orgue agrémentent l'ensemble, les vieilles
recettes ont peut être la vie dure mais elles restent
efficaces.
Haz
(30/12/2007)
website groupe www.myspace.com/electricwizarddorsetdoom
website label www.riseaboverecords.com
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Elektrocas
/ Fetch !
Errantry in a circle / Kiasu - split 7''
Silver Rocket 2008
Très
belle pochette, cartonnée épais avec ce qui ressemble
à une sérigraphie, et à l'intérieur,
une autre pochette en trois volets et un vinyl blanc de chez
blanc, jusqu'au rond central. Il ya quelquechose de poétique
qui se dégage de cet objet. Impression confirmée
par la musique de ces deux groupes tchèques. Non pas
que ce soit pour les pied-tendres. Ils ne donnent pas dans l'affecté
de service mais leur hardcore joue sur la corde sensible. Pour
Elektrocas, c'est le rayon Envy avant qu'ils ne ramollissent
du bulbe. Une belle montée rapide, un état en
suspension et une fin plus virile. Chouette morceau. Pour Fetch
!, l'approche est plus rock'n'roll et dissonante. Le bon goût
du classique dans la bouche. Un morceau qui tient tout seul,
sans une tonne de références accrochées
comme des casseroles, qui n'a l'air de rien mais est rapidement
entêtant. La Tchèquie est toujours d'actualité
et ces deux groupes à surveiller en attendant plus long.
SKX
(30/11/2008)
website groupe elektrocas.czechcore.cz
website label www.silver-rocket.org
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Enablers
Tundra - CD
Majic Wallet 2008
Ce
groupe est un mystère. Comment un groupe faisant si peu
de bruit - et là je parle du volume sonore, pas de la
reconnaissance qui commence à venir - un groupe si banal
dans son approche, une musique qui donne l'impression d'avoir
été entendu des centaines de fois, bref, comment
un groupe qui ne paye pas de mine arrive-t-il à nous
captiver de la sorte ?! Ne comptez pas sur moi pour donner une
explication. Mais avec ce troisième album, le charme
opère toujours. Deux guitaristes qui tricotent dans leur
coin, un batteur qui semble parfois dormir, la voix de Pete
Simonelli qui parle de textes dont le Français moyen
ne pige rien, on a connu des démissions pour moi que
ça. Mais allez comprendre pourquoi, avec Enablers, ça
marche. Notez bien qu'il faut de l'attention pour cette musique.
Pas le genre à s'écouter distraitement en s'acquittant
d'une seconde tâche car là, Enablers peut rapidement
devenir insipide. Une musique de fond qui ne dérangera
personne. Et c'est sans doute dans cet art de la sourdine que
réside une partie de l'explication qui ne devait pas
voir le jour. Je ne sais plus qui disait que pour se faire remarquer,
soit il faut gueuler le plus fort, soit rester silencieux dans
son coin. Enablers tente la seconde option. Il faut toute sa
sensibilité pour capter les différentes intonations
graves du conteur Simonelli, le travail d'orfèvres des
deux guitaristes Goldring et Thomson, comment ils se complètent,
se répondent et définitivement tendre l'oreille
pour le jeu tout en touché du batteur Joe Byrnes. Forcément,
dans ses conditions, quand ils élèvent le ton,
ça s'entend tout de suite et ils maîtrisent également
bien l'art du coup de gueule. Mais la magie du groupe de San
Francisco, c'est de suggérer, de vous amener en douceur
dans leur monde, de vous bercer dans leur aigre mélancolie
et donner des coups de griffes calculés. A moins que
Enablers nous donne eux-mêmes les clefs avec le titre
du premier morceau, A Blues, ce bon vieux truc qui ne
cesse de se décliner depuis près de cent ans.
Et leur blues est cette fois-ci encore plus personnel. Enregistré
pratiquement à la maison, par leurs propres moyens pour
un label inconnu alors qu'ils étaient peinards sur Neurot
records. Enablers se retire sur lui-même, vague d'introspection
dont ils retirent encore plus de force. Des morceaux courts,
sans fioritures, un son brut et chaleureux, à peine quelques
chants pour seconder Simonelli sur The Destruction most of
all. Tout le reste va droit au but. Sans véhémence
mais c'est dit, avec précision et conviction. The
Achievement connaît une sérieuse cure d'amaigrissement
par rapport à la version 12''
et ce n'est que meilleur. Tundra vous emmène vous
y perdre, tout en colère grondante. Februaries
est nerveux et entre toutes ces pointes, c'est lévitation
assurée. Enablers, c'est ce cheminement continuel entre
béatitude et tension voilée. Non, vraiment rien
de nouveau mais eux le font mieux que tout le monde. Et quoi
de plus normal que de finir un album par une reprise de Nina
Simone quand il a débuté par un blues. Four
Women, l'histoire de quatre femmes dans le corps d'une même
pécheresse, métaphore évidente et idéale
pour quatre pauvres ères qui partagent les mêmes
souffrances et possèdent toute la finesse requise pour
les mettre en musique.
SKX
(02/10/2008)
website groupe enablerssf.com
website label majicwallet.com
| www.lancashireandsomerset.co.uk
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Enablers
The Achievement - 12''
Awesome Vista records 2007
Enablers
est au travail, un nouvel album est sur le feu, probablement
pour la fin de l'année. En attendant, le groupe s'offre
une petite pause sous la forme d'une tournée européenne
en Grande Bretagne, Belgique, Pays Bas et en France la deuxième
quinzaine de mars. Il y a aussi ce vinyle gravé sur une
seule face et comportant un long titre de presque neuf minutes,
publié sur un micro label et emballé dans pochette
cartonnée et très colorée. Le tout est
le premier essai d'une série intitulée art and
music, avec un nom pareil ce n'est pas la peine d'en rajouter.
Cet objet est avant tout une histoire d'amitié avec le
graphiste Chris Johanson, copilote du label Awesome Vista records
et responsable donc de la sérigraphie représentant
un paysage urbain saturé d'activité humaine. A
l'intérieur une photocopie donne à lire un texte
de Pete Simonelli, The Achievement, celui-là même
qu'il interprète/raconte avec son habituelle maestria
sur l'enregistrement. The Achievement devrait rester totalement
inédit, à l'inverse de New Moon Knockdown
paru lui sur un split single partagé avec Redpanda pour
le label britannique Lancashire And Somerset mais qui apparaîtra
sur le nouvel album dans une version retravaillée et
réarrangée.
Mais revenons à The Achievement. Des écoutes
répétitives et intenses me forcent à utiliser
cette vieille scie -c'est bien facile mais très pratique-
qui consiste à affirmer que l'on tient là le meilleur
titre de Enablers depuis longtemps. Sans déconner. The
Achievement démarre par un thème sublime aux
guitares -toujours cette sacrée paire constituée
de Joe Goldring et Kevin Thompson- avant que Pete Simonelli
ne développe progressivement son art de la tension et
du spoken words. La musique est parfaitement drivée par
le batteur Joe Burns, l'intensité monte avant que tout
ne s'étiole dans un final de guitares crissantes et disparates,
le jeu de percussions passe en mode intermittent (bien que restant
éventuellement menaçant) mais la voix garde cette
profondeur et cette vérité inaltérable.
Après une première partie de titre classiquement
post rock noisy, Enablers a choisi la voie d'une ambiance spectaculairement
débarrassée de tout repère trop visibles
mais imposant l'évidence : histoires de ville, de rues,
de trottoirs, c'est comme si on y était, comme si on
savait comment s'y diriger tout en se sentant complètement
paumé. L'histoire c'est qu'au départ la musique
ne durait pas assez longtemps pour accompagner toute la verve
de Simonelli. Enablers s'était donc lancé à
la suite dans une impro, enregistrée en prise directe,
qui s'est révélée d'une justesse déconcertante,
un écrin parfait. C'est subtilement beau et passablement
inquiétant. C'est même incroyablement crédible
alors qu'il ne s'agit bien sur que d'un truc inventé.
Haz
(17/02/2008)
website groupe enablerssf.com
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Eniac
Newsticker / 7000000 years - 7''
X-Mist 2007
C'est
donc sur ce joli 45 tours imprimé sur du carton épais
par Armin X-Mist que Eniac a choisi de se saborder. Et, grands
seigneurs, le groupe de Hambourg a glissé un DVD à
l'intérieur. Après deux albums (Au
revoir tristesse et Oh ?),
Eniac met le clé sous la porte. Sans raisons particulières
sans doute. Comme des milliers d'autres avant eux. Et c'est
bien dommage bordel !! Ces deux inédits prouvent qu'ils
n'étaient pas encore au bout du bout de leur inspiration.
Ne vous fiez pas au 45 sur la galette d'un beau bleue. C'est
en 33 que ça tourne et ce Newsticker tourne on
ne peut mieux. Un de leurs meilleurs morceaux tout simplement.
On retrouve toute leur finesse dans le bruit, une basse volubile,
un rythme fracassant mais entraînant, cette mélodie
insinuante. Un tube en puissance. Sur l'autre face toujours
à la même vitesse, 7000000 years before Eniac
donne immédiatement des fourmilles dans le déhanchement.
C'est le coté dansant et catchy que Eniac a toujours
eu, surtout sur la fin. Avec une voix - et ça ne m'avait
jamais autant interpellé auparavant - qui a de faux airs
de Jello Biafra ! Brûlez votre dernier Chinese Stars,
Eniac le fait beaucoup mieux. Pour la version image et son,
le DVD présente 3 vidéos et une session photos
souvenirs. Les vidéos des deux morceaux présents
sur le 45 plus Eye Candy, un morceau qui m'a tout l'air
d'un inédit. Bonnard. Des vidéos qui sentent bon
le bricolage où les idées burlesques remplacent
les moyens. Vous avez peut-être vu Flo le batteur sur
la tournée de Experimental Dental School qui sillonnent
les routes européennes à l'heure actuelle pendant
que les trois autres membres ne devraient pas en rester là.
Et si vous traînez vos guêtres du coté de
Hambourg le 9 décembre prochain, passez donc voir la
split-up party de Eniac en compagnie de leurs potes Kurt et
Confused. Merci, bonsoir.
SKX
(28/10/2007)
website groupe www.e-n-i-a-c.de
website label www.x-mist.de
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Eniac
- Experimental Dental School
Split CD
The Company with the Golden Arm 2006
Deux
groupes, deux pays et autant de possibilités. Autant
de manières pour détourner le rock. Façonner
le bruit brut, en faire quelque chose de ludique, jouissif,
bizarre. Que l'on vienne de Hambourg ou de San Francisco. Eniac,
les Allemands, avaient commencé les hostilités
classiquement. Quelques bières plus tard, tout est parti
en couilles. Subtilement. Avec recul et sans recueillement.
Que les Américains de Experimental Dental School soient
sur leur chemin n'est que justice. Appelons ça le destin.
Ces deux groupes se sont trouvés. Non seulement par le
biais d'un label allemand qui sonne comme un James Bond mais
surtout par une musique qui ne s'arrêtent pas à
des règles pré-établies. Eniac et EDS présentent
trois titres chacun. Chacun présente un titre caché.
Si vous avez bien suivi, ça en fait huit en tout. Eniac,
c'est l'école noise-rock pervertie par un abandon et
la perte des clichés. Trois morceaux alliant le sens
de la mélodie et l'inconvenance. Le bruit décalé,
l'esprit frappeur et le corps léger. San Francisco étant
encore plus à l'ouest, il n'est pas étonnant que
la musique de l'école dentaire suive le même chemin.
Le casiotone ne vous lâche pas les gencives. La polka
ne tourne pas russe et les verres ne sont pas d'argent. Une
expérience inhabituelle qui s'anime et se nourrit de
fantômes identiques pour un rendu tout aussi dansant que
tordu. Les deux groupes ne se sont pas foutus de notre gueule.
Ce split ne réunit pas des fonds de tiroirs. Ils ont
puisé dans les forces vives. Seuls les hidden tracks
instrumentaux méritaient leurs noms. Quoique se faire
arracher une molaire par celui de EDS doit valoir son pesant
de cacahuète.
SKX
(27/10/2007)
website groupe www.e-n-i-a-c.de
| www.experimentaldental.com
website label www.tcwtga.org
sounds thumbs_up_for_all.mp3
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Enablers
Now
you can answer my prayers - 10''
Lancashire and Sommerset 2009
Ce
qui est bien avec le label Lancashire and Sommerset, c'est que
vous n'êtes jamais déçu par l'emballage.
Rien que le nom du label en impose. En guise de joyaux de la
couronne, on a une pochette cartonnée dans une couleur
qui donne envie de boire un breuvage que les Anglais adorent
(surtout chez nous) avec un lettrage doré en surimpression
du plus bel effet. Par contre, ce que je n'ai jamais compris,
ce sont tous ces labels qui pressent des disques avec la musique
sur une seule face et de l'autre coté, un dessin, ou
un gribouillage qui y ressemble, gravé à même
le vinyl. Effet pictural médiocre. Tu prends, tu retournes
et tu oublies à jamais. Intérêt néant.
J'étais pas loin de penser la même chose du contenu.
Mais comme chaque nouveau disque d'Enablers a tendance à
provoquer ce léger malaise avant de finalement succomber,
le bras du tourne disque a plusieurs fois refait le voyage du
bord vers le centre, rotation continue pour un résultat
qui pour une fois confirme le premier sentiment : ces deux titres
d'Enablers ne me secouent pas plus que ça. Même
entre les lignes. Car avec Enablers, il faut souvent écouter
autrement, se laisser guider par un mirage, se laisser envelopper
par une impression fugace pour pleinement apprécier et
sentir toute la charge émotionnelle intérieure.
Cette impression mitigée s'explique sans doute par le
fait qu'Enablers ait fait ce disque en une nuit, saisissant
à reculons tout d'abord (et si j'ai bien compris les
explications de Peter Simonelli sur l'insert du disque) l'opportunité
faite par un certain Johannes Buffet d'enregistrer dans un miteux
studio d'Hanovre et de passer la nuit à dormir parmi
les cafards avant que le groupe ne comprenne que le studio en
question, c'est du haut-vol, du standing pour groupes fortunés
avec espaces princiers et des micro Neumann. Le genre de détail
qui doit coûter à lui tout seul plus cher que tout
leur matos réunit. Une nuit, c'est long. A écouter
le résultat, on peut dire aussi que c'est très
court. Pas suffisamment de temps pour trouver les bonnes idées,
pas assez d'inspiration au plus profond de la nuit, quand bien
même Joe Goldring avait déjà travaillé
la compo (On Returning) et que l'autre (Hy) est
une reprise de Touched By A Janitor, l'autre projet d'Enablers
sans Simonelli. Hy s'en tire le mieux, le duel entre
les arpèges en boucle et le riff consistant de l'autre
guitare apportant un peu de relief à un titre tournant
en rond, malgré les bruits parasites que le batteur essaye
d'insuffler sur la fin. Pour On Returning, c'est beaucoup
plus vaporeux. Ou liquoreux. Il ne faut jamais mésestimer
les pouvoirs de l'alcool, surtout quand il s'agit de tenir en
plein milieu de la nuit et qu'on s'appelle Enablers. Il faut
toute la puissance évocatrice de la narration de Simonelli
pour nous tenir (plus ou moins) en éveil.
En tout cas, entre un label dégageant un sentiment suranné
et un groupe impressionniste, les deux se sont trouvés.
Sans doute faut-il prendre ce disque comme un instantané,
coucher sur bande un souvenir de tournée, le faire partager
en sachant que les principaux bénéficiaires sont
les auteurs eux-mêmes et que nous sommes que de pauvres
spectateurs ne pouvant pas ressentir grand-chose. Acte masturbatoire
isolé. If you got this we well do business.
SKX
(12/12/2009)
website groupe enablerssf.com
website label www.lancashireandsomerset.co.uk
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L'Enfance
Rouge
Trapani Halq al Waady - CD
T-Rec / Wallace 2008
Il
y a des jours où on ferait mieux de ne pas se lever.
Ne rien faire, ne rien écouter. Une journée où
tout devait être nul, une journée maussade. Je
ne sais même plus quel album de L'Enfance Rouge avait
bien pu échoué ce jour là entre les tympans
mais le jugement avait été définitif et
sans appel. Ejection rapide. Groupe à effacer de la mémoire.
Le seul souvenir, c'était un groupe froid (dans le sens
cold-wave) avec des paroles françaises horribles et pompeuses.
Alors quand le mec qui écrit des éditos
à se pisser dessus me dit que le nouvel album de L'Enfance
rouge est super bien, c'est un sourire narquois (comme d'hab)
qui accueille cette remarque. Mais devant son insistance et
son sérieux, et avec les facilités de la vie moderne,
ça valait bien un petit effort pour mieux pouvoir me
moquer plus tard. Quel con et quel gâchis !
Cet album dans son beau digipack tout noir est depuis physiquement
présent et ne il ne quitte plus la platine. Ca fait des
semaines que ça dure et comme tous les albums qu'on écoute
trop, dont on connaît le moindre recoin, on arrive asséché
au moment d'en parler. Parce qu'on sait pertinemment bien que
de simples mots ne vont pas suffire pour décrire tout
ce que cette musique peut procurer en vous. Alors on va essayer
de faire simple (même si c'est mal parti). Pour l'historique
du groupe, vous pouvez vous reporter à l'interview de
Noise #8 qui vient de paraître (même si au final,
on a envie d'en savoir encore plus). En gros, sept albums depuis
1995 dont trois sous le nom de François R. Cambuzat et
les Enfants Rouges, Cambuzat pouvant être considéré
comme le meneur de la troupe et dont les projets antérieurs
s'appelaient Il Gran Teatro Amaro et The Kim Squad.
L'Enfance Rouge, une troupe nomade et cosmopolite dont chaque
album porte le titre des villes où ils ont séjourné/enregistré,
donnant à chaque disque une coloration particulière,
une image sonore ancrée dans le temps et l'espace pour
autant d'albums différents (je commence à rattraper
mon retard). Chez L'Enfance Rouge, il n'existe pas d'attaches,
pas de scènes à laquelle les relier, pas de villes
natales pour les coincer, pas de Lyon pour faire son Bästard
bien qu'ils présentent dans l'approche des similitudes
avec ces derniers. Cette fois-ci, c'est entre la Sicile et la
Tunisie, entre l'Europe et l'Afrique, entre la tradition d'une
musique millénaire et l'intensité d'une musique
urbaine, entre le charme de l'Orient et la tension d'un truc
de visage pâle élevé au rock, entre deux
mondes s'opposant et qui, miracle, vont se compléter.
Ce n'est pas le premier groupe à tenter de jeter des
ponts entre des musiques (apparemment) radicalement différentes.
Les bacs des musiques du monde pullulent de ce genre d'horreur
et je n'ai pas pour habitude de m'y attarder. Mais là,
faut oublier tout ça.
Ca va bien au-delà de ce cadre restreint. On ne sent
rien des articulations entre l'oud et la guitare électrique,
entre les bendirs, darboukas et la batterie, entre des genres
de flûtes orientales (nay, kawala) et la basse qui cogne,
les voix arabisantes et le chant féminin ou masculin.
Tout est fluide, naturel. L'approche rock prédomine,
mène le bal, laisse parfois totalement la place aux instruments
orientaux mais tout se fait dans une symbiose jamais entendue.
Difficile de ne pas parler de cette musique sans tomber dans
les clichés liés aux voyages mais certains titres
vous emmènent très très loin. Vous avez
ainsi des passages hallucinants comme sur Vendicatori
où après un début hargneux, le morceau
décolle vers un mouvement lumineux, quelquechose d'aérien
et puissant, un mélange de flûtes de charmeur de
serpent, arpèges pénétrants, voix aphrodisiaque,
rythmé par une ligne de basse indéboulonnable
et des percussions en boucles. C'est dur à croire, dit
comme ça mais c'est carrément prenant. Sentiment
identique sur Hurricane Lily avec le violon qui s'invite
avec l'oud, après une série de grosses gifles
dans les cymbales continuant en fil rouge et de chant féminin
de toute beauté. Un morceau cinglant et voluptueux. Et
des perles comme ça, ils les enchaînent. Rare sont
les groupes à posséder ce pouvoir de suggestion
avec cette richesse d'ambiances et une instrumentation variée.
On pense au Zambodia de Motherhead Bug et même plusieurs
fois au Beast of Dreams des Pain Teens ou tout était
déjà dit dans le titre, résumant parfaitement
l'onirisme de la situation et le chaos qui n'est jamais très
loin.
L'autre point fort de l'album (ou en tout cas qui ne l'affaiblit
pas), c'est le chant en français. Et ça, c'est
jamais gagné à l'avance. Pour un groupe qui se
proclame rouge et libertaire, le danger est d'en faire trop
dans des paroles engagées. Mais à l'instar de
la musique, L'Enfance Rouge y met beaucoup de poésie
et suffisamment d'abstraction pour que chacun laisse glisser
son imaginaire. Les mots sonnent juste, ne sont prononcés
qu'à bon escient, tout en étant cru quand il s'agit
d'être clair (il vaudrait mieux tirer sur jambes et
yeux bouche et doigts bite et con qu'avaler ça) ou
ironique (Que vienne l'heure de ma mort, que le pire empire
se vote, que de Sarko, soyons les bottes).
Il est temps de finir (mais on pourrait en parler des heures
de cet album) avec un dernier titre somptueux. Après
trois minutes d'une introduction uniquement instrumentale et
orientale, les violons débarquent et surtout la voix
de Chiara Locardi, chant rauque évoquant fortement Thalia
Zedek, voir Come dans le jeu de cordes mélancoliques.
Un morceau qui reste en suspend, semblant flotter à l'infini
et qui se nomme Petite-Mort. Ca tombe bien parce que
cet album me tue à petit feu.
Non, franchement, je ne sais pas ce qui s'est passé ce
jour maudit mais il va falloir reprendre toute l'histoire à
l'envers et se replonger dans la riche discographie de L'Enfance
Rouge.
SKX
(13/01/2009)
website
groupe www.enfancerouge.org
website label www.t-rec.org
| www.wallacerecords.com
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Evangelista
Prince Of Truth - CD
Constellation records 2009
Carla
Bozulich n'arrête pas d'enchaîner les disques depuis
qu'elle a entamé sa collaboration avec le célèbre
label de Montréal. Depuis 2006, elle en est déjà
à son troisième enregistrement, le nom du tout
premier étant également devenu le nom du groupe
qui l'accompagne. Un groupe à géométrie
variable mais dans lequel on retrouve quelques musicien(ne)s
toujours fidèles au poste : Tara Barnes à la basse
ou Ches Smith à la batterie. On peut également
compter dans les rangs quelques piliers du label Constellation
tel Thierry Amar. Rien de neuf de ce côté là,
Prince Of Truth s'annonce dans la droite lignée
de ses prédécesseurs, le très sombre Evangelista
et le plutôt aride Hello Voyageur.
Pourtant, si on excepte The Slayer, premier titre en
forme de déflagration rampante (percussions appuyées
et surtout Nils Cline à la guitare en font la chanson
la plus bruyante de ce disque), Prince Of Truth est un
album bien plus éclairé et calme. Tremble Dragonfly
est une balade maladive mais attachante sur fond de violons
et de scie musicale. On jurerait également I Lay There
In Front Of Me Covered In Ice et son orgue en provenance
direct d'un album des Bad Seeds tant la filiation avec Nick
Cave est évidente - sauf que l'on serait bien en peine
d'y déceler la moindre trace du ridicule et du pathos
que nous inflige l'australien depuis de trop nombreuses années.
You Are A Jaguar est l'autre titre électrique
de Prince Of Truth (et le deuxième avec Nils Cline),
c'est surtout un titre sur lequel Carla Bozulich donne toute
la (dé)mesure de son immense talent de chanteuse, se
contractant du cri de rage primitif au feulement nerveux avec
une hystérie non feinte. Avec ses contrebasses profondes
frôlées à l'archet et ses faux airs bluesy
Iris Didn't Spell est LA chanson de l'album, terriblement
poignante, toute en retenue, douleur fantôme. Crack
Teeth repose également sur quelques notes de contrebasse
(jouée aux doigts cette fois) et un jazz dévoyé
et tordu dominé par un leitmotiv au synthétiseur.
On The Captain's Side est le seul texte écrit
par Tara Barnes pour cet album. C'est également la seule
chanson où ce n'est pas Carla Bozulich qui s'occupe du
chant principal mais c'est la violoncelliste Jessica Catron
qui pose sa voix dispersée et lointaine sur des paroles
aussi lugubres que celles de la propriétaire habituelle
des lieux : My only friends we should sleep at last because
our hunger and menace will never subside.
Moins tonitruant, moins convulsif et d'apparence moins tortueux,
Prince Of Truth reste néanmoins un bijou de noirceur
et de tension intérieure. La diva Bozulich patauge toujours
dans son marasme mais arrive à dépasser ses errements.
Son malaise glauque et ses problèmes existentiels ne
lui enlèvent pas une certaine prestance et une certaine
grandeur, sublimant douleur et mal-être grâce à
une capacité d'interprétation exceptionnelle -
comme pendant les concerts, on finit par ne plus se demander
si tout ça c'est du cinoche ou du chiqué ou quoi,
on est convaincu par autant de force abrupte et de beauté
détruite. Ce disque est aussi la preuve que Constellation
ne fait pas que publier des disques de hippies psychorigides
et cul-bénis pour amateurs de post rock folkeux. Et on
avait vraiment bien besoin d'un tel signe de bonne conduite
(à défaut de bonne santé mentale).
Haz
(26/10/2009)
website groupe www.carlabozulich.com
website label cstrecords.com
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Ex
Wives
Fucking Dutch - 7''
Radio is Down 2009
Ce
single est tout en amour et en haine. L'amour, c'est pour le
tendre et magnifique rose couvrant la pochette, les jolies têtes
de piafs et le vinyl tout en blanc immaculé. La haine,
c'est pour toutes les personnes qui n'ont pas tenu leurs engagements.
We've been getting off on this shit for a long time (...)
Most people open their mouths and nothing much comes out.
Mon petit doigt me dit qu'il y avait du hollandais dans ces
personnes là.
A ces grands sentiments, vous rajoutez une bonne dose d'ironie.
En citation près de leur avatar myspace, vous pouvez
lire Unfortunately, I do not know who Steve Albini is.
L'Ecossais a de l'humour. Alors débarrassons nous tout
de suite de ce boulet. Oui, Big Black et les groupes suivants
du maigrichon de Chicago sont une grosse influence de Ex Wives.
Ils en ont sûrement ras le kilt de l'entendre mais c'est
ainsi et personnellement, ça ne me gêne pas du
tout parce que Ex Wives botte le cul d'Albini. Tant que les
compos sont mémorables, les influences, cette tare fatidique,
peuvent bien aller se faire voir. Fucking Dutch (le morceau)
et Every Woman loves a fascist sont deux courts missiles
à mèche lente dont le venin monte progressivement.
Rythmiques orgueilleuses et abruptes avec suffisamment d'harmonies
et de riffs saccadés et entêtants pour avoir envie
de les remettre aussitôt. La baston et la mélodie,
encore une histoire d'amour et de haine. Entre ces deux morceaux,
deux autres plus longs et sinueux, Disgrace of the north
et Otters. Les trois Ex Wives s'éloignent du giron
mais restent dans le milieu noise-rock des années 90
avec cette manière typique de mélanger le chant
parlé sous le déluge et le chant en ébullition,
une pointe de rage et de sang mêlée en surplus.
En des temps encore plus immémoriaux, Ex Wives avait
sorti un CDr deux titres (Stave/Diktat) en format
3 pouces. Malgré une qualité d'enregistrement
moins percutante, les deux compositions sont tout aussi juteuses.
Fucking great scottish.
SKX
(30/12/2009)
website groupe www.myspace.com/exwives
website label www.radioisdown.com
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Ed
Wood Jr
Ruban de Möbius - CD
Synesthetic Experience / Uproar for Veneration / Swarm 2010
I
will tell young generations to get angry. Voix samplée
mystérieuse sur 20 Pounds dont Ed Wood Jr semble
avoir saisi toute la substantifique moelle. La pochette laisse
présager une resucée de l'énième
duo math-rock de plus mais l'arrière du décor
laisse éclater toute la rage/puissance d'un groupe de
rock à part entière. A l'instar de plus en plus
de groupes du même acabit (Pneu, Room 204, Passe Montagne),
ce duo de Lille a compris qu'il s'agit de rock avant tout. Urgence
et intensité, les deux mamelles auxquelles tous bons
groupes de punk-rock devraient sans cesse s'abreuver, quels
que soient les chemins de traverse empruntés. Point de
post-rock mollasson donc, de complexités obscures. Ed
Wood Jr est jeune, fonce droit devant lui, s'inspire sans copier,
n'a peur de rien mais ne joue pas au jeune chien fou pour autant.
Le guitariste a le riff épais et tranchant tout en sachant
manier la boucle d'arpèges et les doigts virevoltant
sur le manche. Le batteur a la frappe drue tout en sachant faire
preuve de discernement. Angry certes mais pas anarchique.
Avec même parfois un beau brin de classe et des ambiances
toutes de tensions rentrées. Ed Wood Jr a cherché
avant tout à composer, pas asseoir sa technique à
la face du monde même si on la sent pas loin. Hey Ho,
c'est pas les Ramones non plus ! La tendance Oxes, maîtrise
de vitesse et de finesse, d'émoi et d'avoinée,
avec une fluidité à rendre aveugle, articulant
les différentes parties comme dans du beurre. Laisse
toi aller, c'est une valse. De grosses couches de riffs faisant
plier toute résistance, des rythmes qui ne demandent
qu'à casser ton corps en deux. Et même pas mal
à la fin. Un chant/cri libérateur pour un groupe
majoritairement instrumental mais dont chaque intervention vocale
tombe à point. Et quand la voix est aphone, des samples
judicieusement placés renforcent le propos. On croyait
avoir tout entendu dans le genre mais faut croire qu'il reste
toujours une place à se faire au soleil, même dans
le nord, et Ed Wood Jr la prend brillamment.
SKX (03/06/10)
website groupe edwoodjr.fr
website label www.myspace.com/synesthesic.exp
| www.myspace.com/swarmrecords
| www.myspace.com/ufvrecords
|
Eighties
Matchbox B-Line Disaster
Blood & Fire - CD
Black records - No Death records 2010
Allez,
un petit peu de musique mainstream dans Perte & Fracas,
ça ne fera pas de mal. Mainstream ? Ah oui, j'exagère
quelque peu, disons que les britanniques de Eighties Matchbox
B-Line Disaster avaient bénéficié à
leurs débuts de la signature de deux très gros
labels, Island records et MCA pour ne pas les nommer. Deux albums
ont ainsi été publiés sous l'égide
du major power, Horse Of The Dog en 2002 et The Royal
Society en 2004. Puis plus rien ou presque. Vous savez bien
ce que c'est, mesdames et messieurs, la vie est dure, l'industrie
du disque est dans une crise dont elle ne se relèvera
vraisemblablement pas et comme tant d'autres les Eighties Matchbox
B-Line Disaster ont été virés avec perte
et fracas (rien à voir), sans indemnité ni préavis.
Qu'il était beau ce rêve. Mais ce qui est encore
plus beau c'est que le groupe a survécu, malgré
la poisse, malgré quelques changements de line-up et,
après un mini album tout juste honorable et autoproduit
(In The Garden en 2007), les Eighties Matchbox B-Line
Disaster sont enfin de retour avec un véritable et époustouflant
troisième album, le bien nommé Blood &
Fire.
Le sang. Vous aimiez Horse Of The Dog, son punk gothique
et psycho à cheval entre les Dead Kennedys et Bauhaus
? Vous retrouverez tout ça dans Blood & Fire.
Le feu. Vous adoriez The Royal Society, son velours passionné,
son poison insidieux ? A cela également vous aurez droit
en écoutant Blood & Fire. Sur douze titres,
cet album contient pas moins de deux tiers de tubes imparables
: Love Turns To Hate lent mais lyrique, Mission From
God déchainé, So Long Good Night (une
ballade presque celtique pour fin de soirée au pub),
Under My Chin ravageur, Riptin swinguant comme
la mort, I Hate The Blues impérial et classieux,
Man For All Seasons hystérique, Don't Ask Me
To Love You (une autre ballade lancinante comme Nick Cave
ne sait plus en écrire depuis bien longtemps) et Never
Be The Same ou le retour de la gaudriole au pub du coin.
Seuls points faibles du disque : un Monsieur Cutts pas
trop mauvais mais non chanté par Guy McKnight et son
organe irremplaçable ce qui est une regrettable erreur,
un Homemade un peu mollasson et un Are You Living
? sur lequel on dirait que la voix de ce même Guy
McKnight a été auto tunée
Mais on
finirait presque par s'y habituer quand même. Pour finir
Blood & Fire est parfaitement servi par une production
bien gonflée, si l'organe empoisonné de Guy McKnight
est inévitablement mis en avant on entend parfaitement
et distinctement tout le reste et rien ne semble pouvoir arrêter
la dynamique endiablée de ce disque. Peut être
qu'à la fin de l'année il ne me restera plus rien
de ce Blood & Fire brulé aux amphétamines
mais pour l'instant voilà un disque cohérent,
jubilatoire et parfaitement divertissant. C'est enfin l'été.
Haz
(04/07/2010)
website groupe www.myspace.com/eightiesmatchboxblinedisaster
website label www.blackrecordindustries.co.uk
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Electric
Wizard
Black Masses - CD
Rise Above 2010
A
priori rien de bien neuf du côté d'Electric Wizard
: le nom de l'album est toujours aussi significatif d'une orientation
trop evil et trop occulte des thématiques du groupe,
l'artwork est un cliché à lui tout seul, Liz Buckingham
est toujours aussi blonde, Jus Oborn est toujours aussi barbichu,
Shaun Rutter est toujours aussi tatoué et, mis à
part le changement de bassiste, rien ne différencie vraiment
le Electric Wizard version 2010 de ses prédécesseurs.
Les compos sont les mêmes, à base de riffs monoblocs,
de rythmiques pachydermiques, de soli de guitare vrille-tympans,
de chant de grand prêtre drogué et d'échappées
psychédéliques au pays des sylphides lubriques
et des petits démons à queue en forme de tire-bouchon.
Electric Wizard reste le maître incontesté en matière
de doom très seventies et de metal de drogués
priapiques.
Pourtant certains fans sont très mécontents de
ce disque. Ils n'en aiment ni le son ni le mix. Et bien les
fans ont complètement tort. D'abord on ne peut pas dire
non plus que le mix en question remette fondamentalement en
cause l'essence même de Electric Wizard. Ensuite il faut
bien avouer que celui-ci est tout simplement excellent. Si vous
voulez entendre du gros son bien délimité, bien
équilibré, avec des jolies masses sonores bien
encastrées les unes dans les autres, Black Masses
va en effet vous rebuter tant tout semble ici noyé dans
un épais brouillard collant, visqueux et chargé
de vapeurs métalliques tellement opaques que les riffs
des guitares finissent par perdre certains de leurs contours,
tirant vers un brouhaha malsain et parfois même légèrement
dronisant, que la batterie en devient presque aérienne
et que le chant vire à l'incompréhensible. Non
seulement les nouvelles compositions de Electric Wizard assurent
et respectent le cahier des charges mais en plus le groupe a
vraiment su rajouter un nouveau côté réellement
obscur et boueux à sa musique. On savait déjà
que Electric Wizard détestait Pro Tools et toutes ces
saloperies technologiques, qu'il prenait un malin plaisir à
tout enregistrer et mixer en analogique sur des vielles bécanes
complètement insensées et bien maintenant on sait
aussi que le groupe peut encore nous surprendre avec un mix
aussi crapuleux que malfaisant. En ces périodes d'amour
universel, de paix entre les hommes et de dinde aux marrons,
voilà une bonne nouvelle qui ne peut que réjouir
celles et ceux que le bonheur angélique écure
plus que tout. A l'année prochaine.
Haz
(23/12/2010)
website groupe www.myspace.com/electricwizarddorsetdoom
website label www.riseaboverecords.com
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The
Ex
Catch my shoe - LP
Ex records 2010
Le
single
avait annoncé leur retour. Et la couleur. Six ans après
leur dernier album Turn,
le nouveau The Ex était attendu avec impatience. Comme
d'habitude. Et comme d'habitude, on n'est pas déçu.
C'est le miracle The Ex. Là où tous les dinosaures
encore en activité (Sonic Youth, The Fall
la liste
est longue en fait !) se déchaussent le dentier sur la
qualité allant dans le sens identique que l'ardeur de
leurs artères, The Ex a toujours su maintenir la barre
de l'inspiration a un niveau inespéré. On se dit
que le prochain album va être le bon, comprenez le début
de la fin, la tulipe par les racines mais ces Hollandais sont
comme les scorpions. Résistent à toutes les températures,
toutes les modes, tous les changements de personnel. La petite
flamme intérieure bien vivace. L'enthousiasme de débutants.
Un enthousiasme que G.W. Sok, le chanteur historique n'avait
plu. Plutôt que de faire mine, il a passé le relais,
comme Luc le bassiste et quelques autres avant lui, dans un
groupe qui n'aime pas tricher, dont l'ego n'a jamais pris le
pas sur le collectif. Un des nombreux secrets de leur longévité.
Avec leur capacité à enrichir leur musique de
nombreuses collaborations. Elles se sont appelées Tom
Cora et son violoncelle, la voix de Han Buhrs, Han Bennink le
batteur fou, Massimo Pupillo, bassiste de Zu de passage, comme
Rozemarie Heggen, la contrebassiste ou la greffe Andy Moor,
écossais transfuge des Dog Faced Hermans qui n'est jamais
parti depuis.
Et puis il y a la dernière en date. Une collaboration
qui court depuis Turn. Ce n'est pas une personne mais
tout un continent. L'Afrique et plus particulièrement
l'Ethiopie, source d'inspiration ayant déjà pris
la forme d'un album avec le légendaire saxophoniste Getatchew
Mekuria. Influence tenace qui continue d'habiter leur musique.
Deux titres en sont directement inspirés. Maybe I
was the pilot et son riff piqué à une chanson
locale et Eoleyo, reprise d'une chanson Gurage, du nom
d'une ethnie éthiopienne, renvoyant au morceau Huriyet
de l'album Turn, c'est à dire l'habituelle compo
chantée par la batteuse Katherina Bornefeld. Une influence
plus diluée que jamais dans la machine The Ex, dans le
bouillonnement des guitares, désormais au nombre de trois,
depuis que le nouveau chanteur, Arnold De Boer est venu rajouter
son grain de sel, ainsi que son grain de voix, certes moins
engagé que l'irremplaçable GW Sok mais dont le
phrasé n'altère en rien l'intensité de
The Ex. Et des guitares, il en est plus que jamais question.
Dans ces fins de morceaux quasi systématique où
on frôle l'improvisation, voir la transe, la boucle infernale,
avec toujours ce souci de la mélodie addictive et sifflante
sous la débauche de décibels et ce gimmick de
guitare qui ne ressemble presque plus à un son de guitare
(Double order et Bicycle illusion) ou sur la perle
Life whining (morceau le plus court en fin de face A
mais terriblement accrocheur et vif), cette pointe aigue qui
ne vous lâche plus. Les rythmes se font tribaux, inventifs,
entraînants, évoquent l'Afrique ou tout simplement
le The Ex de toujours tant le jeu de Katherina n'a de cesse
semblé faire qu'un avec ces rythmes lointains, qu'elle
les portait en elle sans le savoir et qu'on ne sait plus qui
est venu à la rencontre de qui.
Et comme les bonnes idées ne manquent pas sur Catch
my shoe, ils ont invité le trompettiste Roy Paci,
ou plus exactement Rosario Paci, sicilien de naissance, qui
de Zu à Manu Chao ou Pascal Comelade, trimballe sa moustache
et ces cheveux gominés et fait une halte sur deux morceaux.
Maybe I was the pilot, version magnifiée du single
où la trompette était absente et Cold Weather
is back. C'est l'armée mexicaine qui débarque,
des envies de tequila, le retour du Ex
Orkest, une pétition pour more trompette in The Ex.
Neuf morceaux remplit jusqu'à la glotte, de vie, d'échardes,
de grouillement, de frénésie et de bonne humeur,
d'un Steve Albini qui va finir comme étant le sixième
membre tant son travail derrière la console fini par
faire corps avec la musique de The Ex, lui donnant une chaleur
dont on ne croyait pas le binoclard capable.
25ème album, 123ème disque sortis par The Ex.
Et depuis longtemps, depuis les deux albums avec Tom Cora, autant
dire une éternité, ce nouvel album existe aussi
dans une version vinyle. On est loin des versions d'Aural
Guerilla ou Pokkeherrie avec des posters, livrets,
toute une vie de revendication à l'intérieur.
Catch my shoe est des plus sobre, juste les paroles imprimées
au recto avec quelques photos décalées dont ils
ont le secret mais The Ex, c'est comme si c'était hier.
Ca ne vieillit pas, c'est toujours aussi vert. C'est bien simple,
ils n'ont pas d'âge mais toujours autant de talent.
SKX
(16/10/2010)
website groupe www.theex.nl
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Getatchew
Mekuria & The Ex & Guests
Moa Anbessa - CD
Terp 2006
Catch
my shoe a permis d'attraper au passage un autre album qui
sent bon l'Afrique et qui était passé sous silence
dans ces pages. Une honte. Une collaboration de nos Hollandais
préférés avec le saxophoniste éthiopien
Getatchew Mekuria et cinq autres invités : Colin McLean,
le bassiste des feu-Dog
Faced Hermans, Xavier Charles (clarinette), Brodie West
(saxophone alto), Joost Buis (trombone) et l'organiste Cor Fuhler
sur trois morceaux. The Ex et son orchestre,
ce n'est pas nouveau et ils excellent dans le genre. Sauf que
le point central de Moa Anbessa n'est pas The Ex mais
Getatchew Mekuria. Un saxophoniste très réputé
en Ethiopie, qui flirte avec les 75 printemps mais avec une
énergie de jeune poulain, à l'image de The Ex.
Ca vous donne un disque d'Ethio-punk. Ca parait tellement improbable
comme association et pourtant ce sont bien ces deux mondes pas
fait pour se rencontrer qui se sont télescopés,
embrasés, dans un grand feu d'artifices de cuivres, de
guitares, d'un saxo hypnotisant, de l'impact, de la grâce,
du swing et de tellement de trucs incroyables qu'il serait trop
long de détailler toute la richesse de cette bonne heure
de musique.
Alors plutôt qu'un long discours, on va laisser la parole
au guitariste de The Ex, Andy Moor, lors d'une interview réalisée
le 13 août 2008 par Bret McCabe pour le journal de Baltimore,
City Paper.
City
Paper : Comment avez-vous découvert la musique éthiopienne
? Par la série Ethiopiques ?
Andy Moor : Non, nous étions dans la musique éthiopienne
bien avant que cette série ne commence. J'écoute
de la musique africaine depuis 20 ans environ et il y a 15 ou
17 ans, j'ai entendu ce disque de Mahmoud Ahmed, Ere Mela
Mela - qui figure maintenant dans la série Ethiopiques,
le n°7, mais à l'origine c'était juste un
LP et c'était le premier album dans ce genre que j'ai
entendu. Et après, ce fut Ethiopique Groove, qui
figure dans la série également. Ces deux disques
ont été sortis par Francis Falceto, le gars qui
a eu l'idée ensuite de sortir la série des Ethiopiques
mais à l'époque, il avait réalisé
ces deux vinyls sur Crammed Discs.
C'est donc ainsi que nous avons découvert cette musique
et nous avons vraiment, vraiment aimé ça. Après,
nous avons pris l'habitude, à Amsterdam, d'aller dans
des restaurants éthiopiens, il y en a une dizaine et
nous avions l'habitude d'y écouter des vieilles cassettes
avec un mauvais son et comme nous ne connaissions pas, nous
étions toujours à demander aux serveurs ce que
c'était. Et ils répondaient des noms imprononçables
que nous ne retenions jamais. Cela a pris beaucoup de temps
avant que ces noms nous restent en tête et que nous nous
fassions une idée d'ensemble sur cette musique. Ensuite,
nous avons découvert Getatchew la première fois
que nous avons été en Ethiopie. Nous y avons trouvé
une de ces cassettes. C'était une copie d'une copie d'une
copie mais c'était vraiment excellent. C'était
instrumental, ce qui était inhabituel parce qu'en Ethiopie,
la music pop avec du chant est très très importante.
En Ethiopie, les gens nous demandent sans cesse pourquoi peut-on
s'intéresser à leur musique alors que nous ne
comprenons rien aux paroles ?! Nous expliquons que nous adorons
la musique que nous y entendons et comme nous sommes nous-mêmes
musiciens, nous écoutons ça avec une approche
différente.
Mais donc, à partir de ça, nous avons découvert
qui il était et nous avons décidé d'inviter
Getatchew pour les 25 ans de The Ex (c'était en 2004)
pour un concert avec ICP
(Instant Composer's Pool). Francis Falceto nous a mis en contact
avec lui, il est venu ici, a joué avec ICP et ensuite,
nous sommes parti en bus avec lui en tournée.
C.P.
: le big band en entier ?
A.M. : Oui. Nous avons fait cette tournée dingue
en France, pendant une semaine, avec 35 musiciens, dont Getatchew.
Chaque soir, il jouait seul. A cette époque, nous ne
jouions pas avec lui. Nous faisions notre concert normal de
The Ex mais nous avions un morceau, appelé Getatchew,
et nous l'invitions chaque soir à venir sur scène
avec nous pour l'interpréter. C'était un de ces
chansons et nous en avions fait notre propre version. Et je
pense qu'il a vraiment adoré la jouer chaque soir avec
nous. C'est lui qui nous a suggéré, après
ça, de jouer avec lui. Il nous disait : Je vous veux
- il nous appelait The Ex band - je veux que The Ex joue
ma musique. C'était donc son idée, pas la
notre. Ensuite, il nous a envoyé un CD avec dix de ces
chansons, juste une mélodie au saxophone et après,
on allait en salle de répétition et on essayait
de mettre nos arrangements dessus. Il est revenu par la suite,
nous avons répété tous ensemble, joué
quelques concerts ensemble et avons enregistré. C'est
vraiment génial de sa part d'être si ouvert parce
qu'il n'était pas du tout familier avec notre style de
musique.
C.P.
: Vous n'avez donc pas enregistré en Ethiopie ?
A.M. : Non, nous avons enregistré à Amsterdam.
Mais nous avons beaucoup préparé cet enregistrement.
Nous avons écouté des CDs car quelques chansons
figurent sur le n°14 de la série Ethiopiques
et nous avons essayé de ne pas copier ces versions tout
en gardant l'approche, apporter notre propre son et aussi nos
propres idées. Et il était très ouvert.
Dès qu'on apportait une nouvelle idée, il était
toujours partant.
C.P.
: C'était comment de jouer en Ethiopie ?
A.M. : Nous y avons joué pour la première fois
il ya quatre ou cinq ans. Nous savions qui était Getatchew
mais nous ne l'avons jamais rencontré. C'était
juste comme une légende pour nous. Nous ne le connaissions
donc pas vraiment et nous ne l'avons donc jamais rencontré
lors de cette tournée. Pour notre set, nous avons fait
un mélange de chansons de The Ex et de chansons éthiopiennes
mais nous n'avons pas joué avec des musiciens éthiopiens.
C'était juste nous, jouant notre propre répertoire
devant un public éthiopien. Nous avons fait deux tournées
comme ça. Une dans le nord et l'autre dans le sud du
pays.
C.P.
: Comment réagissait le public ?
A.M. : Un mélange d'amusement mais aussi de grande
excitation, de la joie de voir cet étrange groupe hollandais
venir chez eux et jouer quelques morceaux de musique éthiopienne.
C'était comme une célébration mais aussi
un spectacle. Pou eux, ça devait être quelquechose
d'un peu bizarre mais c'était bien réel
Et par la façon dont nous jouions, ils sentaient bien
notre énergie, notre enthousiasme car nous aimons réellement
leur musique, on ne le faisait pas juste pour faire le spectacle.
C'était vraiment
C.P.
: Sincère ?
A.M. : Exactement. Nous avons mélangé ça
avec nos propres morceaux. Et ils ont vraiment aimé nos
compos. Nous nous demandions comment ils allaient réagir
à notre musique. Nous avons pensé choisir nos
morceaux les plus mélodiques. Mais nous avons aussi interprétés
quelques uns de nos morceaux les plus dingues et c'est ceux
qu'ils ont le plus aimé. Ils ont apprécié
le coté énergique, rythmique, je pense qu'ils
ont aimé la puissance et l'énergie de ces titres.
Je pense que notre musique était très bizarre
pour eux. Mais peut-être que non
je ne sais pas
en fait. C'était très dur de s'imaginer ce que
la musique de The Ex, qui a évolué en 25 ans,
allait représenter pour eux. Ils n'ont aucune représentation
de ce que le punk a pu être. Ils sont familiers avec le
hip-hop, un peu de R&B, de soul, James Brown et tout le
truc des années 60 mais je pense qu'ils n'avaient jamais
entendu un groupe punky avec des guitares comme les notre. Donc
je pense que c'était un nouveau son pour eux mais avec
une énergie reconnaissable à ce qu'ils avaient
déjà.
C.P.
: J'imagine que vous ne jouiez pas dans des clubs rock ?
A.M. : Non, nous ne jouions pas du tout dans des clubs.
La plupart du temps, c'était dans des espaces publics.
Comme sur les marches d'un théâtre par exemple.
Ou plus généralement, sur une grande estrade en
plein air, ou juste à coté d'une station service,
devant 3 à 400 personnes. Ou dans une énorme étable.
Ou dans un local de la police (rires). C'était à
chaque fois étrange, on jouait dans des endroits pas
du tout conçus pour des concerts. Nous avions à
chaque fois un générateur pour les amplis et pour
notre propre sono que nous avions apportée d'Hollande.
Le concert s'organisait le jour même quand nous arrivions
dans la ville. Nous devions aller voir le chef de la police
et arranger un deal avec lui. Nous lui disions que nous voulions
faire un concert et ce qu'il pouvait nous suggérer comme
lieu. Et il nous suggérait un endroit. C'est comme ça
que nous avons atterri une fois dans un local de police parce
que c'est le chef de la police qui nous l'avait offert. Quelque
fois, il nous demandait 50$ pour jouer, d'autre fois, rien du
tout. Après, on partait en ville faire de la promo en
voiture, avec un mégaphone et poser des affiches un peu
partout.
C.P.
: C'était très Do-It-Yourself !!
A.M. : (rires) Ouais ! Et bien sûr, le concert
n'était pas payant. Il n'était pas du tout question
de demander de l'argent. Nous avions reçu un peu d'aide
de la part du gouvernement hollandais. Mais de toute façon,
il aurait été complètement fou de demander
de l'argent, complètement ridicule.
C.P.
: J'ai lu, dans les notes du CD Moa Anbessa avec
Getatchew, que vous aviez fait des copies cassettes de vos albums
parce que personne n'écoute de CDs en Ethiopie ?
A.M. : Oui, pratiquement toute la musique se vend en
cassette. Nous avons fabriqués 10000 cassettes et nous
les avons laissées là-bas, pour voir ce que ça
allait faire. Si vous voulez acheter de la musique, vous avez
des magasins pour ça, vous y trouvez un peu de CDs mais
ils sont chers. Les gens ne peuvent pas se les acheter, tout
comme les lecteurs de CDs. Tous les taxis ont des autoradios
à cassettes. Nous avons donc été voir la
station de taxi principale de la ville et nous leur avons laissé
plein de cassettes. Plein de taxis tournaient donc en ville,
en jouant notre musique, ce qui était vraiment sympa
!
C.P.
: Avez-vous trouvé des copies de copies sur les marchés
? Je dis ça parce que j'en ai vu, ou des copies CDrs
A.M. : La première fois que nous étions
là-bas, c'était assez extrême. Vous aviez
des copies de dixième génération. Les magasins
de disques ne sont pas du tout autorisés à faire
ça. Il y a des lois sur le copyright là bas également.
Mais ça arrive toujours. Il y a 10000 cassettes de The
Ex là-bas et Dieu seul sait combien de copies. Mais nous
ne pouvons rien faire et ce n'est pas un problème. C'est
comme ça que la musique se propage.
C.P.
: Est-ce que vous avez une idée comment votre musique
a été perçue, qu'est ce que les gens en
pensent ?
A.M. : La moitié des chansons que nous avons jouées
sont des vieux morceaux de Getatchew et la moitié de
ces chansons ne sont pas de lui. Ce sont des morceaux traditionnels
éthiopiens. Il y a même une chanson de guerre.
C'était comme si un groupe éthiopien venait en
Europe et jouait de vieux standards de blues. Mais la plupart
des gens connaissaient ces morceaux. C'était juste une
nouvelle version, ce qui arrive très souvent en Ethiopie.
Beaucoup de chanteurs reprennent de vieux morceaux. C'est la
tradition en Ethiopie.
C.P.
: Tu as rejoins le groupe au tout début des années
90, n'est-ce pas ?
A.M. : Exact.
C.P.
: Je ne suis familier avec la musique de The Ex que depuis
la toute fin des années 80 mais il me semble que le groupe
s'est élargit à la collaboration et la musique
d'autres cultures que dans les années 90 ?
A.M. : Je pense que The Ex a toujours joué avec
des invités, d'autres musiciens. Ils ont toujours fait
ça et cela n'a fait que s'amplifier. Comme notre accès
à différentes musiques n'a fait que s'améliorer,
nous sommes confrontés de plus en plus à d'autres
musiques. Quand j'ai rejoins le groupe, j'étais beaucoup
dans la musique de l'Europe de l'est de celle de l'Afrique.
J'ai toujours eu de nombreux disques de ces endroits. Quand
je suis arrivé, ça correspondait aussi à
l'arrivée de Tom Cora qui était aussi dans ce
genre de musique. C'était le moment idéal pour
explorer tout ça.
Nous n'avions aucune stratégie à propos de ça.
Quand, dans notre local de répétition, personne
n'avait vraiment d'idées et quelqu'un a suggéré
d'essayer cette orientation, nous l'avons testé et ça
marche ou ça ne marche pas. Et si ça marche, nous
le faisons en concert et même en concert, nous continuons
à l'expérimenter sans que cela marche à
chaque fois. Mais c'est quelquechose qui a grandit peu à
peu.
C.P.
: Comment avez-vous accédé pour la première
à ces musiques différentes de votre culture ?
Est-ce que c'est le fait de vivre en Europe et d'être
exposé à des cultures très différentes,
le fait de voyager beaucoup ?
A.M. : J'ai beaucoup écouté de musique
rock. Ce n'était pas facile d'écouter des nouveaux
trucs qui me plaisaient vraiment. A l'université, j'étudiais
l'anthropologie et j'ai soudainement eu accès, à
la bibliothèque, à des tonnes de musiques du monde.
Et je me suis dit, My God ! Je n'avais jamais réalisé
que des gens enregistraient de la musique aux quatre coins du
monde. Je ne savais pas que ça existait. Quand j'ai commencé
à écouter ça, certains trucs étaient
vraiment bizarres. J'ai réalisé que je n'avais
jamais apprécié un style de musique en particulier
et d'un seul coup, j'avais à disposition une tonne de
musique à découvrir. Et ça continu, c'est
sans fin. Encore plus maintenant où il est plus facile
d'accéder à tous types de musique. Vous ne pouvez
jamais dire que vous avez tout entendu ou que vous ne trouvez
aucune musique qui vous intéresse. C'est impossible,
c'est ridicule. Je crois que je n'aurais jamais assez de temps
dans la vie pour écouter toute la musique que je souhaiterais.
Bien sûr, beaucoup de musiques sont affreuses mais il
faut faire également un choix dans tout ce que vous aimez.
Mais je crois que cette ouverture sur les autres musiques est
une part importante qui fait que The Ex reste un groupe dans
l'air du temps et se régénère. Nous ne
sommes pas le genre de groupe à rester à la maison,
assis à écouter des disques punks. Nous n'écoutons
jamais de disques punks d'ailleurs. De temps en temps, un vieux
disque de The Fall ou Birthday Party parce qu'ils sont incroyables.
Ou des tout nouveaux trucs qui viennent juste de sortir ou de
la musique électronique, du dubstep ou du dub africain.
Toute cette musique influence sans doute The Ex mais on ne s'en
rend pas compte.
C.P.
: Ca rend très humble et plutôt cool de savoir
qu'il existe toute cette musique de part le monde
A.M. : Exactement. Humble par rapport à chaque
région musicale que tu peux découvrir en surface
tout en voulant approfondir la chose. Et pour vraiment pénétrer
un style, il faut du temps, vous avez besoin d'écouter
encore et encore cette musique. Ce n'est pas quelquechose que
vous pouvez juste étudier. Vous devez écouter
et ça peut prendre toute une vie pour connaître
vraiment un style ou juste la musique d'un seul pays. C'est
sans fin. Ca peut faire peur mais c'est fantastique également.
Nous écoutons de la musique éthiopienne depuis
très longtemps, c'est en place désormais mais
actuellement, nous avons un autre projet, avec d'autres musiciens
et nous ne savons pas où cela va aller. Et c'est génial.
A chaque fois que nous allons répéter, il y a
une part de mystère, d'expérimentations parce
que nous ne savons pas comment notre musique va sonner.
C.P.
: Ca doit être très intéressant de partager
ça avec les autres membres du groupe ?
A.M. : Oui, c'est comme si vous étiez dans un
nouveau groupe à chaque fois.
SKX
(18/10/2010)
website groupe www.theex.nl
| www.myspace.com/xaviercharles
| www.myspace.com/brodiewest
website label
www.terprecords.nl
|
The
Ex
Maybe I Was The Pilot / Our
Leaky Homes - 7''
Ex 2010
The
Ex n'avait pas sorti de single depuis 1991. Eux, qui n'ont pas
arrêté d'en sortir au début de leur carrière,
qui avaient pris soin de tout compiler sur un CD en 2005 les
multiples titres éparpillés sur ces formats introuvables,
sauf à prix d'or (un comble pour un groupe qui à
l'époque les aurait presque donnés si ils avaient
pu). Eux, qui s'étaient lancés le challenge de
sortir six singles (dont un double), dans cette année
91, pour leur fameuse série The Ex-6 et qui verra en
fait le sixième exemplaire sortir en maxi 12'', en 1992,
à bout de souffle. Comme si cet effort les avait dégoûté
à tout jamais de ce format. Une hérésie
désormais réparée.
Un single comme pour marquer un nouveau départ. Un énième
renouvellement au sein d'un groupe doué pour assimiler
les corps étrangers et en faire un parfait Exien. Le
départ est pourtant cette fois-ci conséquent.
G.W. Sok, chanteur du groupe et principal parolier, membre fondateur
avec Terrie Hessels, désormais seul dinosaure, depuis
1979, lorsqu'ils en étaient encore à taguer les
murs d'Amsterdam avec le logo The Ex, six mois avant leur tout
premier concert.
Le petit nouveau se nomme Arnold de Boer et s'agitait déjà
depuis de nombreuses années avec son groupe Zea
(et qui continue de le faire d'ailleurs). Jamais aisé
de débouler après un type comme G.W. Sok qui paraissait
indéboulonnable et qui a marqué l'histoire du
groupe mais il s'en sort avec les honneurs. Il a pour lui cette
façon de scander les paroles de façon assez similaire
même si il y met moins de passion et de rage. Pour le
coup, The Ex a décidé de tout faire par lui-même.
De la composition à l'enregistrement, le mixage, la masterisation,
tout du sol au plafond. Je n'ai pas été vérifié
mais ça doit être une première dans l'histoire
du groupe. Comme une manière de se resserrer les coudes,
le besoin de se retrouver et de créer un groupe, une
nouvelle cohésion, en autarcie, pour mieux rebondir.
Les mauvaises langues diront que ce tour de chauffe n'apporte
rien de nouveau. Les membres, les invités passent, repartent
et The Ex reste toujours The Ex. Mais c'est là, la grande
force du groupe. Savoir durer sans changer foncièrement.
Garder l'intensité et la petite flamme du début
sans éclaircir de nouveaux territoires. Ecrire des chansons
qui restent toujours magnifiquement debout, même après
30 ans d'activités, tout en apportant à chaque
disque, la nuance nécessaire pour avancer.
Le riff principal de Maybe I was the pilot est inspiré/emprunté
d'une chanson de leur fameuse filière éthiopienne
et adapté à la sauce The Ex. C'est-à-dire
filtré par les rythmes uniques et les cloches de Katherina
Bornefeld et ces guitares aussi poignantes que cisaillantes.
L'avantage du nouveau chanteur, c'est que ces deux mains ne
servent pas uniquement à tenir le micro. Elles tiennent
aussi une guitare et une troisième guitare dans The Ex,
c'est encore plus de bordel et de bonheur. En plus, elles servent
aussi à jouer du klaxon. La nouvelle recrue est idéale
comme le morceau est excellent.
Our Leaky Homes n'est pas inspiré par l'Ethiopie.
Ils ont juste piqué le titre à un bouquin (le
nom d'un chapitre exactement) d'un journaliste anglais (George
Monbiot) qui écrie des choses très intelligentes
comme Heat (How to stop the planet from burning). Un
titre très entraînant comme l'air est entêtant,
où Andy Moor joue de la guitare baryton pour faire croire
qu'ils ont toujours un bassiste. Ce titre et ce nouveau single
ne vous laissent pas en état
de choc mais un nouveau single de The Ex sera toujours mieux
que n'importe quelle merde sortant des mains de petits jeunes
arrivistes. Vivement la suite.
SKX
(01/03/2010)
website groupe www.theex.nl
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