5
RUE CHRISTINE VARIOUS
"
if the twenty-first century didn't exist, it would be necessary
to invent it " - CD
5 Rue Christine records 02
Etrange
nom pour ce label américain qui puise son origine chez
un écrivain, Gertrude Stein (??), 5 rue Christine étant
l'adresse à laquelle habitait cette héroïne
de Slim Moon (ce qui explique que toutes les références
du label commence par GER), grand manitou également de
Kill Rock Stars. Slim Moon, joue aussi dans Xiu Xiu et est un
chercheur invétéré de musique originale,
quelque soit l'étiquette de base qu'on puisse lui coller
sur le paletot. Pop, noise, punk ou bidule-core, pourvu que ça
mousse et que ça sonne pas comme chez le voisin. Sur cette
compilation bourrée jusqu'aux ovaires, 24 groupes de l'underground
américain mais qui n'ont pas pour vocation de rester indéfiniment
dans l'ombre. Hella et Pink and Brown dans des prises (très)
live, Lightning Bolt, Orthrelm, Vaz (ex-Hammerhead), que des bonnes
brochettes de duo. On continue avec Bottled Og, Xiu Xiu bien sûr,
Deerhoof, Total Shutdown, Dilute, Wolf Eyes trop expérimental,
The Seconds, The Sick Lipstick, Quintron et d'autres groupes encore
plus obscurs dont je vous épargne la litanie. On peut regretter
l'absence d'inédits dans la plupart des cas mais si vous
voulez votre dose de découverte quotidienne, ruez vous
sur cette compilation dont nombre de groupes feront les choux
gras de demain. Ou bien disparaîtront à jamais, groupes
morts nés dont ce disque en regorge déjà
quelques beaux spécimens. Pour eux, le 21ème siècle
est déjà du passé mais 5 rue Christine est
résolument tourné vers l'avenir et représente
un des labels les plus prometteurs du moment. Pourvu que ça
dure !
SKX (20/03/2003)
|
A
TRIBUTE TO DAZZLING KILLMEN
"
Digging out the switch again " - CD
The Subversive Workshop 02
Il
fallait bien s'y attendre un jour. Un groupe si influent sur la
scène noise-rock comme Dazzling Killmen ne pouvait laisser
indifférent et c'est, à ma connaissance, le premier
hommage qu'on leur rend. Derrière cette initiative se cache
un fan, Jeff McLeod, lui-même guitariste au sein de Saragashum
et prolifique dans de nombreux projets solo très expérimental-bruitiste.
Une déclaration d'amour sans prétention (disque
CD-R, pochette cheap) mais qui se veut comme une profonde marque
de reconnaissance pour tout le bonheur apporté. D'ailleurs,
sa découverte de Dazzling Killmen est assez cocasse. Ce
sont ces quelques mots à l'intérieur de la pochette
qui nous l'apprenne. Son 1er disque de Dazzling Killmen fut le
comic-single " medicine me " sur Skin Graft en 93. Il
passa un mois à l'écouter en 33 tours - le trouvant
brutal, très étrange et néanmoins intéressant
- avant de réaliser que la bonne vitesse était en
45 et là, ce fut la claque ! Sur ce tribute, pas de groupes
connus, excepté Craw. A moins que des noms comme Fine China
Superbone, The Conformists, El Daetro, The Ed Kemper Trio, The
Real Chad pour ne citez qu'eux ne vous évoque quelquechose
! Des reprises très fidèles et bien sûr, très
en dessous des originaux. On a beau retrouver les mêmes
notes, les mêmes mélodies, il faut s'appeller Dazzling
Killmen pour dégager une intensité comme eux seuls
savaient le faire. Les reprises les plus réussies s'avèrent
en fait les plus irrévérencieuses et bidouillées
(Gezoleen, Panicsville) et bien sûr celle de Craw ("
my lacerations "), qui y connaît un rayon aussi sur
comment vous foutre la pression en deux temps trois mouvements
! Ce n'est pas que Craw apporte vraiment de l'eau au moulin de
ce morceau mais ils ont mis en continu, live en studio, leur tentative
de reprise, se ratant régulièrement sur les enchaînements
à 200 à l'heure, s'y reprenant cinq à six
fois, ne coupant rien, avant de plus ou moins réussir à
boucler le titre. Comme quoi, on a beau être soi-même
les rois de la complexité et du contre rythme, il n'est
pas aisé de reprendre Dazzling Killmen, groupe qu'on a
souvent qualifié de " jazz-core " tant les structures
de leurs morceaux étaient machiavéliques. Depuis,
les membres de Dazzling Killmen sont partis former Sicbay et Grand
Ulena. Mais je ne saurais user de tout mes super pouvoirs pour
vous convertir à la folie Dazzling Killmen. Immortel !
SKX (06/05/2003) |
A
TRIBUTE TO NICK DRAKE
"
in search of a master - in search of a slave " - CD
BluNoise 00
Coup
de projo sur un artiste culte par excellence : Nick Drake. Le
syndrome du poète maudit que tout le monde - ou presque
- ignore de son vivant, suicidé à 26 ans - de quoi
nourrir encore plus le mythe - puis redécouvert, loué,
glorifié, repris en choeur par des artistes que le succès,
lui, n'a pas épargné, comme les Smiths, REM, Robert
Smith et des dizaines d'autres à la pelle. Bref, l'unanimité
autour de 3 albums sortis par cet Anglais entre 1969 et 1972.
Musique neurasthénique et dépressive mais aux mélodies
lumineuses, symbolisée par son dernier album "Pink
Moon" à l'instrumentation monacale (juste sa guitare
et son chant), émotion dense qui frappe toujours les esprits
près de 30 années plus tard. Un artiste mystérieux
et météorite qui laisse de profondes traces et du
coté du label allemand BluNoise, on rend hommage à
son talent par l'intermédiaire de groupes pour la plupart
allemand également (et que la célébrité
épargne elle aussi....). Il est clair (et c'est valable
pour tout Tribute, exercice bâtard et masochiste pour tous
groupes fan d'un artiste dont il est chargé de reprendre
un morceau qu'ils trouvent déjà parfait) que rien
ne vaut et ne vaudra l'original. Une fois dis ça, on a
le droit à un hommage moderne et intéressant, le
folk et l'acoustique des originaux dopés par l'électricité
de Blackmail, Scumbucket ou Ulme, toutes guitares devant ou Pendikel
qui tente de sortir le morceau de sa trame habituelle. D'autres
comme Mumble And Pigs ou Sandycoats restent dans la voie acoustique
de l'original en dérapant juste dans l'habillage et tentent
de proposer une autre instrumentation. Mais les maîtres
des lieux reste Lude avec une version originale et réussie
de "Way to Blue" où la voix de Nick Drake est
remplacée par un chant féminin céleste (tout
un symbole), une instrumentation à grands coups de cymbales
et tout un tas de machines à l'antipode de la démarche
de Nick Drake qui donne une version totalement nouvelle de ce
grand classique de Drake. Car finalement, de ces versions sommes
toutes assez fidèles dans l'ensemble, on retiendra que
ces mélodies n'ont pas pris une ride. C'est la force et
le moteur commun de toutes ces versions, des mélodies qui
passent les années, des compositions qui marquent toutes
les générations. Quel que soit le traitement, ça
restera de bons titres car à la base, vous avez un putain
de compositeur, reconnu tardivement mais à juste titre
par tous ses pairs. A la recherche de son maître....
SKX (13/11/2000) |
BLACK
ON BLACK
"
A tribute to Black Flag " - CD
Initial 03
Originellement
sorti sur quatre singles limités à 1000 exemplaires,
Initial records en remet une couche pour les retardataires en
regroupant la totale sur un CD. Ou comment multiplier les offres
marketing à coup de série limitée qui finiront
toujours, on le sait bien, sur une pauvre compilation. Mais bon,
je dois être mauvaise langue, je vois le mal partout. Donc,
c'est à Black Flag qu'on s'attaque. A ce brave Henri Rollins,
roi de la muscu. Et ces reprises n'en manquent pas. Une bonne
dose de sueur et de testostérone, des voix viriles, en
veux-tu, en-voilà. Avec que du beau linge dessus. Coalesce,
The Dillinger Escape Plan, Planes Mistaken For Stars, Anodyne,
Burnt by the Sun, The Hope Conspiracy, American Nothing. J'avoue
que je ne suis pas le fan de base de Black Flag et encore moins
le Jean-Paul Olivier de Rollins et sa troupe de tatoués.
Mais ces morceaux, même repris dans le moule de groupes
dont j'apprécie la musique (surtout Anodyne et TDEP) ne
cassent pas la patte à un canard et sonnent très
quelconque. En fait, la palme (du canard bien sûr) revient
à Converge et Playing Enemy. Ils reprennent respectivement
un " annihilate this week " et un " six pack "
à leur sauce, à tel point que l'on pourrait croire
que ces morceaux font partis intégrantes de leur répertoire,
et pas des moindres. A l'origine ces deux morceaux sont sortis
sur le même 45. Bon courage pour le trouver mais ça
éviterait de se taper l'intégrale d'un tribute bien
secondaire.
SKX (12/08/2003)
|
DYNAMITE
WITH A LASER BEAN
"
queen as heard through the meat grinder of 31G " - Lp
Three One G 02
Les
hommages aux groupes que l'on juge ""commerciaux"
(nous, de notre petit piédestal "indépendant")
par des groupes à des années lumières de
cet univers, a régulièrement donné des disques
anecdotiques. Ce tribute à Queen n'échappe pas à
la règle. L'affiche était pourtant alléchante.
Melt-Banana, The Locust, Get Hustle, etc..., le décalage
promettait d'être énorme. On s'y engouffre tête
baissée. On en ressort, au mieux, amusé. Au pire,
on a presque pitié pour Freddy et sa bande. Comme toujours
pour ce genre d'exercice, le groupe repris est passé à
la moulinette dans l'univers musical du reprenant. A ce titre,
la reprise de "lily of the valley" par Bastard Noise
remporte le pompon. Ou comment retourner ce cher Freddy dans sa
tombe. Cela pourrait être une reprise de la Traviata ou
de "ça plane pour moi" qu'on ne verrait pas la
différence! Au rayon rien à signaler, des covers
par The Blood Brothers, Asterik (ou Queen en version grind), Gogogoairheart.
Mention spéciale à Convocation Of dont la reprise
de "get down make love" est aussi minable que leur dernier
album. Quelques glorieux inconnus (qui n'incitent en rien à
en savoir plus sur leur compte) comme Upsilon Acrux, Sinking Body
ou Fast Forward. Insipide. Par contre, Tourettes Lautrec, vague
pendant américain de Melt-Banana, s'en tire avec les honneurs.
Melt-Banana, justement, reprend "we will rock you",
garde le rythme de base et puis bidouille et rap le reste en 30
secondes chronos. Pour le coup, c'est à cent lieus de leur
répertoire habituel. La meilleure reprise revient (peut-être)
à Weasel Walter, l'homme à tout faire de The Flying
Luttenbachers. La palme du mauvais goût et c'est pour ça
qu'on l'aime. Ca commence par un chant ignoble et archi-faux (on
comprend pourquoi Weasel se contente de jouer uniquement de la
batterie) avant de virer trash, puis baroque, bref du n'importe
quoi pour cette "bohemian rapsody". La moustache à
Freddy dépiauter en 16 actes. Queen en slip avec une belle
pastille marron au milieu!
SKX (17/09/2002) |
HOUSE
OF STAIRS
"
Vol.1 : useless in bed " - CD
House of Stairs 03
Nouveau
venu sur la scène anglaise, le label House of Stairs signe
son entrée dans la ronde par une méga-compile 14
titres et nul au lit donc. A moins de vouloir tenir éveillé
toute la nuit. Si la majorité des groupes présents
sont anglais, on retrouve quand même nos frenchy de service,
Cheval de Frise. Un " chiendents " figurant sur leur
dernier album mais la version ici reflète plutôt
la manière de faire du premier. Honneur également
aux américains avec Phil Collins. Rassurez-vous, c'est
juste le nom du morceau de American Heritage, de sacrés
boute-en-train. Version là encore première période
avant qu'ils ne virent plus metal. Dans le même ordre d'idée
musicale, on a le droit à Geiger Counter, avant qu'ils
ne splittent et reforment Foe, présent également
sur cette compilation et tout aussi séduisant. Toujours
dans le registre math-rock-noise instrumental, (feu) Urga, des
Anglais très batailleurs sur lequel il ne serait pas vain
de jeter une oreille sur leur discographie
Parmi les autres
pointures, on a le droit à Guapo et un morceau live ("
pharaoh ") et Sweep The Leg Johnny, pour un titre ("
only in a rerun "), hélas, en tout point semblable
à celui de leur album. Entre ces plats de résistance,
quelques interludes vraiment nuls au lit (Desmotabs, Stars in
Battledress), Max Tundra, nul partout, et Defeat The Young (Queen
au second degré ?). Reste le cas de Lapsus Linguae. Un
groupe 100% anglais dans l'esprit avec un morceau autant énervant
que séduisant et qui pourrait très bien faire bientôt
les choux gras des tabloïdes branchés anglais, toujours
avides de la nouvelle étoile filante. Dans tout ça,
je ne sais pas à quelle direction musicale House of Stairs
va nous manger pour ses prochaines productions mais on tient là
un label qui ne manque pas de goûts et il existe pire que
cette compilation pour faire connaissance.
SKX (04/06/2003)
|
JADE
TREE
"
first five years " - 2xCDs
Jade Tree records 00
Le
début du second millénaire, dix bougies à
souffler, l'occasion de se repencher sur ces premières
années. Chez Jade Tree records, cote est, on aime bien
les comptes ronds. Un petit label indépendant devenu grand,
qui n'a pas eu peur de se développer avec un tableau de
chasse éclectique. Le style musical de la maison reste
ouvert et si l'axe central tourne autour des mélodies et
des guitares, d'une certaine sensibilité pop (Joan of Arc,
Pedro the Lion), l'éventail est large et les ramifications
vont bon train. Sur cette période de jeunesse, Jade Tree
a regroupé tous les 45 sortis entre 1990 et 95. Peu nombreux
sont les survivants! Excepté Damnation ad, qui faisait
d'ailleurs figure de vilain petit canard avec leur hardcore lourdingue,
teigneux et excellent, tous les autres sont partis avec la chasse
(ou alors d'une discrétion exemplaire!) : Gravel, Walleye,
Edsel, Jones Very, Railhead, Eggs, Leslie. Autant de groupes qui
n'ont pas laissé une marque indélébile sur
les platines. De cette rétrospective, je retiendrai surtout
deux groupes : Universal Order of Armageddon avec trois titres
grandioses que tous les fans se doivent de posséder. Et
Pitchblende, groupe noise-pop tendance Sonic Youth, largement
sous-estimé (dont 3 membres forment désormais les
excellents Turing Machine, toujours sur Jade Tree). Si vous voyez
un de leur trois opus, ou les 3 pour le prix d'un au rayon solde
de votre brocanteur, ne tergiversez pas une seule seconde, ça
vaut plus d'une nouveauté! Tous ces 45 sont, ou sont en
passe, d'être épuisés. Alors si vous vous
payez un coup de nostalgie, ce double CD, malgré pas mal
de coup de vieux, garde en son sein quelques perles incontournables....
SKX (15/05/2001) |
LES
POTAGERS NATURES
"
s/t split " - 10"
Les Potagers Natures 03
Les
Potagers Natures, un label de Bordeaux proche de vous ! Ne s'embarrassant
d'aucune stratégie, loin des modes et des qu'en-dira-t-on,
à poil dans la nature, barbe de trois jours de rigueur.
Et les rois de la compil avec quatre groupes décalés
et uniques en leur genre, originaux chacun dans leur coin, à
l'image des tauliers de l'affaire, Hapi Uiz (affublé pour
le coup d'un énigmatique ami). Les chouchous de The Ex
dans ce qui est leur meilleur morceau enregistré à
ce jour mais si loin de leurs prestations scéniques. Free-noise
qui défrise les poils de couilles. Autre projet présent
et toujours de Bordeaux, Erez Martinic. Un nom qui sonne comme
un cocktail tropical mais alors bien frappé avec clavier
intégré dans un moule bruyant pour cet instrumental
tout en nerf. On remonte au nord, direction la capitale avec Agripon.
Une leçon de rythmes foireux pour ce duo hirsute, salement
rock'n'roll à l'humour ravageur. Ca gaze. Et puis le meilleur
pour la fin. Radikal Satan. Un nom à orner une affiche
de festival death-metal. Mais aller jouer du death avec un accordéon,
une contrebasse, un violoncelle et une batterie bancale ! D'origine
sud-américaine, morceau folk anarchique, ses hauts, ses
bas, conduite incertaine mais le truc est là. Si vous voulez
entendre autre chose, foncez sur ce disque !
SKX (16/09/2003)
|
LUCKY
THIRTEEN
"
compilation " - Lp
Nova 02
Douze
groupes pour conjurer le sort. Se mettre à table et attendre
le traître sentiment. A l'initiative du label allemand Nove
records et de sa tête pensante, Nikita, chanteur sur la
corde raide de Yage. Les groupes présents sur cette compilation
sont à l'image de son groupe. Ils déclinent tous
un hardcore aux sensibilités différentes, le grain
a plus ou moins d'épaisseur mais tous sont soumis aux turpitudes
de l'émotion, à diluer leur virulence dans des sentiments
qui les rend humains et non bête primaire sans tête.
On regrettera juste que des groupes phares de cette compilation
n'offrent pas d'inédits (Envy, JR Ewing, Brazen). Les autres
aussi peut-être mais je ne connais pas assez leur discographie
pour vous certifier la date de fraîcheur. Une découverte
de premier ordre en cadeau bonus : les suédois de Seven
Feet Four (JR Ewing n'a qu'à bien se tenir) et un morceau
explosif et beau comme un camion des désormais défunts
The Jukebox Scenario. C'est toujours ça de pris. On a le
droit aussi à nos élus locaux avec le groupe originaire
de Caen, Amanda Woodward (j'en avais un pire souvenir) et des
franco-suisses Iscariote, la petite bête qui monte. Engrave
et Tidal pour montrer que la scène allemande est toujours
en bonne santé. Kaospilot, les kamikazes norvégiens
qui font passer les japonais de Nine Days Wonder pour de gentils
paroissiens malgré l'excellence de leur morceau. Seule
fausse note, Roenne et son gras qui nous rappelle pourquoi on
ne porte pas tous les jours dans nos coeurs nos amis teutons.
Une compilation honnête pour se donner une idée d'une
certaine forme de hardcore moderne et sensitif.
SKX (03/09/2002) |
THE
PAOLO CESAR PROJECT
"
s/t " - CD
Monster Truck Corporation 01
Samba
dans le nord de la France! Paolo Cesar , yeah! et son projet.
Une compilation du coin pour 20 groupes du cru. On en rajoute
trois hors frontières, total 23, la fête peut commencer.
Premier bal pour beaucoup, enregistrer avec les moyens du bord,
yen a pour tous les goûts. Hétéroclite, pas
un vain mot ici. Cette compilation est sensée donner un
aperçu de la scène, apparemment très vivante
et variée, de Lille et ses alentours, via le regard et
la sélection du très Do It Yourself label Monster
Truck. Ca va du rap de Lèchevin (je comprends rien aux
paroles mais ça l'air euh marrant) au trio flute-violonelle-piano
de Espace Impair (surprenant et très bon) en passant par
la noisy-pop de New Wave Gaspard qui me rappelle Steel Pole Bath
Tub (?!), à des trucs que j'arriverais même pas à
décrire et qui me laisse froid alors autant ne pas les
nommer. Le tout reste très lo-fi (mais c'est peut être
pas volontaire), à tendance pop déclinée
à toutes les sauces. Et dans toute cette pagaille bon enfant,
trois, quatre groupes sortent du lot : Milgram (pas des jouvenceaux
eux, un album déjà sur Pandemonium) avec deux titres
honnêtes mais qui sentent les fonds de tiroirs. Rosebud
79 et un titre moitié noise tendu, moitié je sais
pas quoi qui a de l'avenir devant lui. Luminocolor, qui, pour
faire court, serait à rapprocher de Cheval de Frise. Les
américains de The Kroft Superstars, déjà
beaucoup plus pro, dans leur science du bruit à la Pavement
déchaîné. Mais le pompon, c'est Randie Biman
qui le décroche! Une mélodie qui touche, les affres
de l'emo sans les tics, des guitares comme des violons, c'est
déjà bien en place, j'en veux plus! Une compilation
qui tire dans tous les sens, Paolo Cesar s'en perdrait dans ses
dribbles et c'est 50 balles la découverte.... |
TROUBLEMAN
MIX-TAPE
"
compilation " - 2xCDs
Troubleman 02
N'étant
pas très compilation de nature, je me suis laissé
séduire par cette alléchante proposition : 48 groupes
parmi les plus intéressants du moment pour un total de
52 titres, étalés sur deux CD. Impressionnant casting.
Derrière tout ce scénario, cinq longues années
pour le boss de Troubleman à collecter ce matériel.
La nostalgie de sa jeunesse quand il compilait à tour de
bras des cassettes pour son walkman sur le chemin de l'école.
Le monsieur s'est fait plaise! Juste récompense pour un
label ouvert et incontournable à l'heure actuelle, qui
nous sort régulièrement les groupes les plus intéressants
du moment, l'équivalent d'un Touch and Go ou Amphetamine
Reptile du nouveau millénaire! Je ne vais pas vous faire
le coup de l'énumération fastidieuse de tous les
groupes présents. On y serait encore demain! Et ça
fourmille tellement de titres qu'il va falloir des écoutes
répétées pour bien faire le tour du propriétaire.
Au rayon des confirmation, on retrouve des bons titres de Love
Life, Pixeltan, !!!, Flying Luttenbachers, XBXRX, The Locust,
Pink and Brown, Unwound avec à chaque fois des inédits,
un titre live de Song Of Zarathustra pour une session radio. Des
découvertes comme Burmese, petits frères de Lightning
Bolt qui délègue aussi un titre. Crash Smash Explode
qui donne envie d'en écouter plus, tout comme Outhud et
les filles de Erase Errata. Et des déconvenues avec Melt-Banana
qui ne se foule pas avec une brève apparition de 15 secondes.
Blonde Redhead et The Convocation Of... méconnaissables.
Sur la durée, à boire et à manger il y a.
Forcément. Ca pourrait être aussi une occasion idéale
pour tout le monde de découvrir des tonnes de groupes en
un coup mais hélas tous ne jouent pas le jeu et n'offrent
pas le meilleur d'eux-mêmes (constat régulier pour
les compilations). Mais l'effort est louable. Sur le nombre, dites
vous que vous trouverez sûrement votre bonheur, la petite
perle que vous chérirez pendant de nombreuses années.
Et que tout ça emballé offre un tour d'horizon relativement
complet de tout ce qui se fait en matière de musique indépendante
aux Etats-Unis. Amen!
SKX (15/04/2002) |
Yelho
/ Tim / Pfandzaa
Split CD
Les disques du hangar 221 2005
Les
disques du hangar 221 sortent de leur entrepôt havrais
une cargaison de trois groupes français. Ce genre de
livraison s'appelle communément un split et les trois
groupes au programme se complètent à merveille.
Yelho débarque du Sud, Mont-de-Marsan exactement, et
oeuvre dans la pop-noise-instru dixit le groupe lui-même,
terme suffisamment générique pour englober tout
et n'importe quoi, pourquoi s'attarder sur les détails.
Deux morceaux assez courts et nerveux, dissonants et mélodiques,
gentiment math-rock sans prise de tête et parfaitement
exécutés. On attendra d'en écouter un peu
plus pour savoir si ils sont capables de surprendre mais pour
une première approche, celle ci est convaincante. Tim,
ce sont les tauliers. Un groupe du Havre dont Les disques du
hangar avait produit leur album The Room en 2004. Screaming,
c'est le titre, ne hurle pas dans la nuit mais l'éclaire
d'une trompette lumineuse et d'une rythmique accrocheuse. Un
titre de rock à la tension rampante, sombre et dont la
voix me rappelle celle de Girls vs Boys avec cette attirance
pour les ambiances troubles et captivantes. Là encore,
plus convaincant que leur album et prometteur pour la suite.
Pfandzaa sort de la bouche comme un postillon, un truc qu'on
vous jette à la tronche, un cri de ralliement pour révolutionnaires
sud-américains. Mais c'est de Bernay dans l'Eure que
ce trio débarque. C'est moins clinquant mais tout aussi
aguichant une fois que les huit minutes de leur free-jazz
noise (là aussi c'est eux qui le disent !) se soient
écoulées. Un trio atypique batterie, guitare et
clarinette qui laisse une forte place à l'imaginaire
galopant, entre apaisement et fin de morceau bruitiste, construction
tendue vers le grand saut qui fait fiévreusement montée
la sauce. Une découverte à laquelle on demande
d'en entendre plus. Bref, un split des plus homogène
alors que pris séparément, ces groupes n'ont pas
grand chose en commun sinon l'attrait pour un rock où
ce sont les émotions qui comptent avant tout. Qu'importe
les moyens pour y parvenir. Faites donc un tour dans ce hangar.
SKX
(30/12/2005)
website
groupe yelho.free.fr
| www.timroom.com
| pfandzaa.free.fr
website
label perso.wanadoo.fr/lehangar221
sounds
yelho.free.fr/son.htm
| pfandzaa.free.fr/audio.ht
|
|
4
Way Split
volume 1 - CD
Impure Musik / Heart on Fire / Recap 2004
Impure
Musik ne fait pas dans la dentelle. Lancement d'une série
de split CD ou pas moins de quatre groupes se partagent l'affiche.
Un large champ de bataille célébré dans
un esprit purement DIY. Ce label français n'est pas à
son premier coup d'essai et même aidé par d'autres
structures aussi encrées dans le non-profit, on ne peut
que saluer cette nouvelle initiative. Gameness débute
le bal. Deux titres (ça sera le tarif pour tous ces groupes),
deux balles dans la lignée de leur album de l'année
dernière, registre screamo-hardcore à vif. Ca
débute bien. Avec les belges de Amen Ra, le ciel s'obscurcit
dangereusement. Lourdeur et décadence, métal hurlant
avec samples et voix féminine au milieu du bordel. C'est
trop brouillon avec un manque de puissance dans le son pour
que leur noirceur nous atteigne. Retour en France avec le groupe
de Besançon Gantz. Révélés par un
autre split CD avec les Japonais de Cleaner, Gantz continue
de labourer avec bonheur le sillon Envy, tout en sueur, en émotions
et en chant français. Un groupe à surveiller quand
ils sortiront leur format long. Avec Vuur, on repasse la frontière.
Le Belge n'est pas tendre. Vuur, qui a le privilège d'aligner
trois morceaux, à la voix particulièrement gutturale,
le riff plombé et leur attaque à la délicatesse
d'une charge d'avants de rugby. Entre hardcore et metal/death,
Vuur fait dans la véhémence mais pas dans l'originalité.
Ereintant. Un premier volume qui racle avec une nette préférence
et ceux sans chauvinisme aucun (il manquerait plus que ça
!!) pour la partie française. Une fois !
SKX
(19/12/2004)
website
groupe www.gameness.fr.st
| www.ritualofra.com
www.impuregantz.com
| www.dayonecollective.tk
website
label www.impuremuzik.com
| www.heartonfire.be.tf
sounds
gameness.mp3
| amen.mp3
| Gantz.mp3
| vuur.mp3
|
4
Way Split
volume 2 - CD
Impure Musik 2004
Deuxième
épisode de la série. Seul cette fois ci pour Impure
Musik records. Un tour d'Europe avec quatre nationalités
différentes. Les Hollandais de Dodewaard commence le
périple. Jeune formation qui s'évertue dans un
screamo-hardcore avec des passages qui lorgnent vers les Wolves.
La voix systématiquement éraillée et toujours
dans le même ton est usante à la longue. Les compos
manquent de relief, ça donne dans le déjà
entendu mais on sent poindre ici et là des idées
mélodiques qui avec le temps devraient trouver leur jour.
Petethepiratsquid est un groupe allemand, naviguant entre Berlin
et Dresde. Un punk-hardcore frais, qui essaye de ne pas labourer
les mêmes contrées encombrées que nombre
de groupes hardcore. L'affiliation serait à cogiter du
coté de Submission Hold sans les violons mais avec le
duo de voix féminin/masculin et la liberté de
ton. Comme pour Dodewaard, ça sent la puberté
tout ça mais c'est prometteur ! The Third Memory disent
pratiqué un " rock'n'roll violent ". Une autre
manière d'évoquer le screamo-hardcore, une étiquette
qu'ils n'aiment pas se voir affubler. Et pis merde! Après
eux, le déluge ! Tout ça, c'est des tripes sur
le billard, les boules de la vie, la rage de jeunes aliénés,
exprimée dans le chaos de leur jeune existence basée
à Marseille. Comme les parisiens de Gameness, la frustration
ne connaît pas la géographie et les batailles de
clochers. A suivre. Le meilleure reste pour la fin. Les tchèques
de Thema Eleven. Les plus expérimentés du lot
et ça s'entend. Un split 45 avec Gnu, un autre avec Ravelin.
Ils enfoncent le clou avec trois titres qui rappellent leurs
compatriotes de Lvmen (qui entre parenthèse reprennent
du service). Ténébreux et mélancolique,
leur hardcore a la saveur des grands espaces, la sécheresse
de la steppe, les samples pour assombrir le décor, l'hypnose
jusqu'à l'étouffement. Notez bien leur nom bande
de tordus. 16 titres pour pratiquement une heure de musique.
Une réelle prise de risque avec des groupes inconnus.
Un digipack cartonné du plus bel effet. Impure Musik
fonctionne au coup de cur et ça leur réussit
plutôt bien. L'International hardcore a encore frappé.
SKX
(19/12/2004)
website
groupe www.dodewaard.tk
| www.petethepiratesquid.de
www.thethirdmemory.fr.st
| thema11.czechcore.cz
website
label www.impuremuzik.com
sounds
dodewaard.mp3
| pete.mp3
| Thethird.mp3
| thema.mp3
|
|
Confuse
Yr Idols
A Tribute To Sonic Youth - CD
Narnack 2004
Narnack
records, label new-yorkais, qui propose un hommage aux stars
locales Sonic Youth, après s'être déjà
distingué en sortant un split 45 entre Erase Errata et
Sonic Youth (un des meilleurs morceau " Mariah Carey and
the Arthur Doyle Hand Cream " de SY depuis longtemps, ceci
dit au passage
). La dévotion du label vers ce groupe
ne semble donc pas feinte
Mais est ce vraiment de l'amour,
quand on soumet à une pléiade de groupes de sacrifier
sur l'autel de la reprise, des titres qui n'avaient pas besoin
de ces versions quelconques. L'amour vache. Au rayon des connus
(et encore, c'est un bien grand mot!), Steel Pole Bath Tub dans
un " i dreamed i dream " qu'ils avaient déjà
repris en 1989 sur un split single avec The Melvins ! Ca nous
rajeunit pas ma bonne dame! Version revue et corrigée
et en digne fils de Sonic Youth, SPBT s'en sort très
bien. Autres groupes à s'en tirer avec les honneurs,
Racebannon et Rapid Than Horsepower. Les premiers nommés
dans un " Death Valley 69 " très fidèle
à l'originale mais où la voix hystérique
de Michael Anderson apporte un éclairage innovant. Un
Michael Anderson que l'on retrouve en crooner avec les seconds
nommés sur un très langoureux " Little trouble
girl ". Après eux, le déluge. Une ribambelle
de groupes dont le patronyme ne me dit rien du tout. Brystl,
Twink, Parts and Labour, Tub Ring, Saicobab ou le rap de Ky
Prophet. Des reprises parfois très éloignées
de la copie conforme. Ca pourrait être un plus mais franchement,
ça me laisse de glace. Transcendant, sûrement pas.
Je reste toujours très sceptique sur l'utilité
de tel disque mais si ça fait plaisir à ceux qui
l'initient hein
. ! Les prochains sur la liste, Birthay
Party dans le viseur et tout ça sur 31G records
.
SKX
(02/12/2004)
website
label www.narnackrecords.com
sounds
nck7019a.mp3
| nck7019b.mp3
|
Tracks
and Fields
Compilation 2xCDs
Kill Rock Stars 2004
Monumentale
compilation par le label incontournable d'Olympia, Kill Rock
Stars, dirigé par la main du maître Slim Moon (ça
sonne comme nom !) qui s'occupe aussi de 5 Rue Christine records.
Monumentale, non pas par la qualité, mais par la quantité
! Comment peut-il en être autrement avec 41 morceaux éparpillés
sur deux CDs ! C'est la deuxième compil dans le genre
après le premier volume " Fields and Streams "
et une façon anarchique de se faire une idée du
catalogue du label. Des vieux de la vieille Gas Huffer et Superchunk
aux derniers nés Sleetmute Nighmute ou Need New Body.
Tous les groupes n'ont pas spécialement sorti de disques
sur KRS mais évolue dans la sphère musicale du
label. Et vu l'importance, au moins pour le nom, du label, les
groupes ne se font pas prier pour se fendre d'un morceau inédit.
De là à qu'ils sortent le meilleur du meilleur,
il y a un pas qu'ils ne franchissent que rarement. C'est plus
ou moins des fonds de tiroirs, des versions live et autres bizarreries.
Kill Rock Stars rime avec avant-garde et bricolage maison. Les
groupes de demain se trouvent ici ! En attendant la prochaine
fournée " Roads and Tracks ", gavez-vous jusqu'à
l'overdose ! (Liste de tous les groupes présents sur
la compil ici)
SKX
(01/07/04)
website
label www.killrockstars.com
| www.buyolympia.com/killrockstars
sounds
I'mNotLikeThat.mp3
| BeginToBreathe.mp3
|
|
Release
the Bats
The Birthday Party as Heard Through the Meat Grinder of Three
One G - CD
31G 2006
Un
hommage rendu à un de mes groupes préférés,
ça ne pouvait pas se rater. The Birthay Party donc, le
groupe de Nick Cave avant sa carrière solo, groupe majeur
de l'histoire du rock qui en a inspiré plus d'un. Un
hommage par un spécialiste du genre, le label américain
Three One G, qui nous avait déjà fait le coup
avec
Queen ! Autre murs. 18 groupes
dont l'univers musical est bien plus proche de la banane à
Nick Cave que des moustaches de Freddy Mercury. Comme d'habitude
avec ce genre d'exercice périlleux, on passe du sans
intérêt à du surprenant, l'étonnement
ne venant pas toujours des groupes à qui on aurait penser
à la lecture des noms. La palme revient à Das
Oath et leur reprise de The Friend Catcher où
le groupe a particulièrement su tirer la substantifique
moelle de la dimension bruyante de ce morceau et un chant hurlé
très convaincant. Autre palme déroutante, The
Chinese Stars qui ne font pas du Chinese Stars, méconnaissable
dans la reprise de The Plague, morceau rare à
l'époque de Boys Next Door, première mouture de
Birthay Patrty et unique morceau composé par le bassiste
Tracy Pew. Ex-Models, mais là on s'y attendait, défouraille
dignement Mutiny in Heaven pendant que Melt-Banana fait
du Melt-Banana, ça devient presque fatiguant. Pour la
palme du complètement décalé, T Cells avec
un Deep in the woods tout en flatulence électronique
et un Sonny's Burning avec la voix mi-grind mi-n'importe
quoi de Cattle Decapitation. On zappe. Dans la catégorie
reprise intéressante mais pénible quand même,
Get Hustle, Numbers, Error et Kill me Tomorrow qui essayent
bien de changer la donne en triturant l'original tout en gardant
la trame mélodique. Problème : faudrait pas connaître
les originaux. Par contre, pour la palme du groupe qui colle
parfaitement à l'univers de Birthay Party, Celebration
et sa reprise très suave de King Ink. Quand aux
autres, ils s'en tirent avec les honneurs. Des reprises sans
risques par The Plot to blow up the Eiffel Tower, Year Future,
Daughters (quoique leur Marry me lie lie soit sur la
corde raide) ou Some Girls. Le regret, que personne ne se soit
attaqué aux monuments Dead Joe ou Hamlet (pow
pow pow) mais ceci explique peut-être cela. De tels
monuments, mieux vaut ne pas les déranger. Il y a déjà
eu assez de mal de fait comme ça sur une compilation
intéressante quand même mais qui donne surtout
l'envie de foncer se réécouter les originaux.
Comme d'habitude. Sauf pour Queen.
SKX
(26/08/2006)
website label www.threeoneg.com
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Triad
Red Sparowes - Made out of Babies - Battle of Mice
CD
Neurot 2006
Triad
est sorti en mai dernier déjà. A cette époque,
cela devait encore valoir le coup de se le procurer mais là,
en septembre, ça sent plus le coup promotionnel pour
présenter trois groupes qui sortent leur nouvel album
ces jours ci. Triad, c'est une compilation (3 singles en version
vinyl) regroupant deux morceaux de Made out of Babies et deux
autres de Battle of Mice que l'on retrouve sur leur nouveaux
albums tandis que Red Sparowes présentent deux live.
Vous comprenez donc que l'intérêt est limité
Les versions sont peut-être sensiblement différentes,
j'avoue que j'ai pas eu le courage de comparer mais ça
saute pas aux oreilles. En tout cas, Neurot semble bien parer
pour passer l'hiver. Red Sparowes avec ces morceaux instrumentaux
qui ne décongèleront pas la banquise (même
si ça manque pas de piment en fait, je m'attendais à
un truc plus chiant), Made out of Babies dans le tripe noise-rock
bien secoué et Battle of Mice, seul véritable
nouveau groupe avec la chanteuse de Made out of Babies, Josh
Graham qui se démultiplie entre les visuels de Neurosis
et Red Sparowes, Tony Maimone (ex-Pere Ubu) et Joel Hamilton,
l'ex-un tonne de groupes dont Players Club et surtout Glazed
Baby pour les anciens. Une bonne surprise dont on reparle plus
tard dans ces pages pour les chroniques de leurs disques respectifs.
En attendant, pour ceux qui aiment la découverte pour
le prix d'un seul et pour le packaging, vous pouvez essayer
cette trilogie très cohérente.
SKX
(17/09/2006)
website label www.neurotrecordings.com
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Brut
Unison
New Brutalism // Beton Brut // Villabrut // Soldat Brut
- CD
ABC Group Documentation 2007
Il
faut de la discipline. Carré. Sans fioritures. Des traits.
Des chiffres. Du blanc et du noir. De la sobriété.
Aller droit au but, à sec. Brutalist. Toute une
philosophie que les membres eux-mêmes de cette confrérie
brutale ne savent pas très bien définir. The
actuel definition of a brutalist is the subject of much debate
within ourorganization. Une organisation qui sous ses dehors
austères joue surtout la carte du second degré
mais la joue à fond.
A défaut de définition, de l'information. Brute,
il va de soit. Le nom de cette organisation : Tactical
Works. Quartier général : Baltimore. 6 membres
pour 4 groupes. 3 trios, un quatuor. Historiquement, Beton Brut,
l'aîné, crée en 1995 (Elliott, Hall, Matteson).
Aucuns disques publiés. Puis New Brutalist en 1996 (Hall,
Basford, Balch). Le plus connu des Brut. Un paquet de disques
à la cave. 2005, Réactivation de la cellule avec
Villabrut (Elliott, Hall, Scagnetti). Un split 45 et un album
en préparation. Le petit dernier, c'est Soldat Brut en
2006 (Elliott, Hall, Basford, Balch). Pour la première
fois réunis sur un même produit. La Brut Unison
compilation. 22 titres. 66 minutes et 29 secondes. Que de
l'inédit. Signe particulier de ces 4 groupes : exécutent
froidement la quasi-même musique. Faites pas le malin.
Il faut des heures d'entraînement, un physique irréprochable
pour entre apercevoir les infimes changements, les ruptures
invisibles, le détail personnel qui fait toute la différence.
Ou ne la fait pas. Et ce physique, je l'ai. Surentraîné.
Il ne vous sera pas rare de lire des articles les comparant
sans cesse à Shellac. Shellac, ils les emmerdent. Et
profondément en plus. Les Brut enterrent tout le monde.
Surtout les dinosaures stériles. Tellement plus bandant.
Les Brut vivent en cercle fermé. N'en on rien à
foutre des quand dira-t-on et des comparaisons à la con.
Ce sont des Brut. Et fiers de l'être. Têtus. Assoiffés
de sang. Tout le reste n'existe pas. Trouver le riff tranchant.
Impeccable. La rythmique qui claque. La noise-rock song ultime.
A force d'obstination, ils ont dépassé les clichés.
Ils le font mieux que tout le monde. Tout simplement. Beaucoup
s'y sont cassés les dents. Eux le vivent de l'intérieur.
S'en nourrissent tous les jours. La respire par tous les pores.
Rock et noise. En hibernation dans leur studio sans fenêtre
et avec leurs instruments en aluminium. Ont su s'accaparer un
style connoté pour en devenir les dépositaires.
Ils n'ont rien inventé mais sont devenus une référence.
De la donnée brute encore. Honneur au plus prolifique.
New Brutalism ouvre le bal. Sept morceaux. Tous numérotés
comme d'habitude. Une précision de boucher. Dangereuse
enfilade de riffs diaboliques saupoudrés de soli chirurgicaux.
Ils ont tout compris à AC/DC. OK comparaison à
la con. Mais c'est ça, version 2000, suintant de rock'n'roll.
New Brutalism s'améliore à chaque sortie. Le prochain
album s'appelle Satisfaction record. Il mettra tout le
monde d'accord. C'est pas Rejuvenation
records qui dira le contraire puisqu'ils sortiront la version
vinyl début 2008.
Beton Brut enchaîne 5 morceaux. Les premiers à
jamais gravés pour ce trio qui avait pourtant ouvert
les hostilités de la lignée Brut. Une précision
de charcutier. La différence provient de cette guitare
un rien plus mélodique, s'étalant plus volontiers
dans tous les méandres laissés vacants par cette
basse-batterie qui découpe tout en deux en cicatrisant
sur le champ. Tar n'a pas laissé que du goudron. Ok comparaison
à la con.
Villabrut. 5 morceaux également. Une précision
de quoi déjà ? Les plus teigneux de la famille.
Tendance Big'N. Ok comparaison à la con. Remagen,
seul morceau non inédit de la compilation, suivi d'un
LL80 parfait. Petite merveille de mécanique précise
et hargneuse. La voix a ce grain de bile à peine voilée
qui fait toute la différence.
Soldat Brut conclue en 5 morceaux toujours. Le petit dernier
n'en ait pas le moins doué. Brise la règle de
trois et ça fait toute la différence. Soldat Brut
se met en quatre pour nous achever. La voix compte triple. Big'N
et Jesus Lizard dans une même bétonneuse. Ok comparaison
à la con. Blood Meridian, subtil dans sa colère.
Structures un poil plus complexe. Enregistrement clinquant signé
Basford comme pour l'ensemble de l'oeuvre. Albini et son gros
toutou Weston peuvent prendre des vacances.
Brut Unison. 4 groupes. 6 membres. L'union fait la force. Les
gardiens du temple.
SKX
(30/10/2007)
website groupe www.myspace.com/newbrutalism
| www.myspace.com/villabrut
| www.myspace.com/betonbrutrock
| www.myspace.com/soldatbrut
website label http://www.abcd2.org
|
Lean
into it
A tribute to Die Kreuzen - CD
Erosion 2005
Si
ce disque a atterri ici, ce n'est pas par amour de Die Kreuzen.
Du groupe originaire de l'Illinois dans les années 80,
je ne connais pas grand-chose, excepté les trois premiers
albums (s/t, October files, Century days,
tous sortis sur Touch and Go entre 84 et 88). C'est-à-dire
l'essentiel, car après, ça mal viré. Un
groupe aux confins du hardcore le plus typique pour passer à
un mélange bizarre de grunge avant l'heure, de metal,
de new-wave et de post-punk. Non, si ce disque est venu jusqu'à
mes oreilles, c'est uniquement pour la présence de Colossamite
au générique. Même pour une reprise, ça
ne se rate pas. La cover s'appelle Imagine among the light,
issu de October Files (le meilleur album des gars de
Milwaukee). Colossamite a sorti pour l'occasion le saxo fou,
c'est complètement free et noisy, on dirait presque du
Flying Luttenbachers pour la 1ère minute trente avant
de doucement s'achever sur les cendres chaudes. Autant dire
que j'ai tout de suite aimé cette douce mélopée.
Pour le reste, il faut vouloir se taper les 25 autres groupes
de ce tribute et je n'ai ni le courage ni l'envie de faire la
revue de détail. Tout simplement car ya rien de vraiment
excitant. Et comme en plus, le groupe à l'origine de
cet hommage ne m'émeut pas plus que ça, j'ai vite
rendu les armes. Sachez quand même qu'on retrouve des
célébrités comme Brutal Truth, Napalm Death,
Voivoid (j'ai zappé sévère). Mike Watt/Minutemen
(pourquoi pas) et des vieux de la vieille comme lui, yen a un
paquet (Vic Bondi, Season to Risk (qui ne s'est pas foulé),
Train Dodge), tout comme une pleine besace d'inconnus. Ya même
les français de Garlic Frog Diet qui ne font pas honneurs
aux mangeurs de grenouilles !! Bref, si vous voulez découvrir
Die Kreuzen, commencez par autre chose. Sauf si comme moi, vous
êtes fans d'un groupe présent au sommaire
SKX
(02/07/2007)
website groupe www.geocities.com/SunsetStrip/Vine/3258/diekreuzen.html
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Sides
11-14
Yowie / Colossamite / Pre / Mule - 2x7''
Skin Graft / Gasoline Boost 2008
Dix
ans pile après le précédent volume et poil
le jour de la sortie de Black Ice, le nouvel album de
AC/DC, Skin Graft l'Américain et Gasoline Boost l'Allemand
réactivent cette série que l'on croyait encore
plus morte que Bon Scott ! J'avais déjà entendu
parler de rumeurs de reprises enregistrées et jamais
sorties et pas des moindres (Dazzling Killmen et Tar) mais pour
ce quatrième volume, aucun de ces noms au générique.
Petit rappel des faits (pour les plus jeunes et ceux qui hibernent)
d'une simplicité confondante : des reprises de AC/DC
par la crème des groupes noise américains emballées
dans d'incompréhensibles et incontournables comics dont
Skin Graft s'est fait une spécialité. Si le premier
volume paru en 1996 destinait cette série à un
futur radieux, c'est vite parti en eau de boudin. Big'n et son
T.N.T. et dans une moindre mesure US Maple et Shellac
n'ont pas retrouvé d'équivalents en terme de qualité
dans les deux volumes suivants malgré des groupes alléchants
(Zeni Geva, Mount Shasta, Denison Kimball Trio, Killdozer, etc
).
Cette
nouvelle livraison surprise oppose la jeune génération
à l'ancienne. Colossamite et Mule d'un coté, mort
et enterré depuis longtemps (toujours comme Bon Scott)
et Pre et Yowie, des jeunes aux dents longues qui ne sont pas
près de réveiller Bon Scott. Honneur aux seigneurs
avec Colossamite. Même pour une reprise, le pouls s'accélère
parce que bon, hein, Colossamite, c'est Colossamite, un groupe
qui compte ! Je vais pas vous refaire l'historique, vous avez
tous les outils sous le bout des doigts pour vous le faire vous-même.
Et puis réentendre la voix de Nick Sakes vaut bien les
12,50€ que je viens de lâcher pour se procurer l'objet
! Et ça tombe bien, parce que c'est un instrumental !
Un medley de plusieurs morceaux de AC/DC réunis sous
le titre de Anti-Christ Devil Child (c'est malin). Si
le début est prometteur dans le genre bordel bien acéré
dont ils avaient le secret, ça part vite en couille sur
un bricolage qui sent plus Gorge Trio que Colossamite. Ca fait
cher la nostalgie. Passons à l'autre face avec Yowie.
Leur album Cryptooologie
qui date déjà de 2005 valait quand même
le détour. Ne faisons pas de l'anti-jeunes primaire !
Ce morceau pourrait passer pour tout sauf une reprise de AC/DC.
Yowie fait du Yowie, au point de transformer le Thunderstruck
de AC/DC en Dunderdruck. Excellent morceau de Yowie.
Pour la reprise, on repassera.
On enchaîne avec l'autre 45 et la face 13 échouant
à Pre. Si le bonheur n'était pas dans le Pre avec
le premier album Epic Fits,
leur pilule pré-pubère franchit beaucoup mieux
la distance du seul single. Son dégueulasse, personnalisation
à fond de la reprise Dirty deeds done dirt cheap
mais pas de quoi sauter au plafond non plus. Ou de courir nu
dans le pré au clair de lune pour rester dans la métaphore
de haut vol. Et d'enchaîner avec Mule qui broute une tout
autre herbe que Pre. On s'amuse comme on peut quand ce qui sort
des enceintes ne vous passionne guère. Mule, un vieux
blues-punk ancré dans le bourbon. J'ai jamais été
un grand fan mais la voix de PW Long donne toujours soif et
ça tombe bien puisqu'ils reprennent Have a drink on
me. Enregistrement Albini, le son de la caisse claire témoigne
pour lui. Voilà, une belle excitation initiale pour pas
grand-chose à l'arrivée. On va ranger soigneusement
l'objet et on le ressortira dans dix ans.
SKX
(08/12/2008)
website groupe www.skingraftrecords.com
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