THE
LACK
"
s/t " - CD
Troubleman 02
Les
chemins de traverses, le big cross-over, le mouvement perpétuel.
Le hardcore ne reconnaît plus ses enfants. Si tant est que
cette musique puisse être taxée de hardcore. Disons
une gravitation en orbite, des racines communes qui puisent aussi
dans le punk. On ne se laisse plus troubler désormais par
tous ces groupes teigneux avec claviers, ces tatoués qui
ressortent des sonorités new-wave en plein noise-core fulmineux.
The Lack ( à ne pas confondre avec le groupe danois Lack)
pousse le bouchon encore plus loin. Avec des oreilles qui ont
certainement traînées dans la musique industrielle,
The Lack présente un premier album qui doit autant à
Song Of Zarathustra qu'à Nine Inch Nails! Un album de chair
et de sang mais aussi synthétique et électronique.
Une étrange impression où le rythme est le plus
souvent ralenti, pesant et inquiétant. Avec des vagues
de guitares, des vagues de bruits artificiels. Pour atteindre
un paradis sombre et torturé. Quatorze morceaux mais nombreux
sont courts et sans titre. Comme des intermèdes entre 4,
5 compositions autour desquelles tournent l'intérêt
général. Des avis de tempêtes brefs mais fulgurants.
Des voix où soufflent le vent du désert ou alors
méga-criées. Des champs magnétiques, une
alchimie fine entre des éléments contradictoires.
C'est froid et tendu, l'ensemble ne manque pas de piquant et d'originalité.
Un peu trop décousu pour que l'on suive le fil sans perte
de chaleur. Mais c'est un objet encore mal identifié, sans
famille, intriguant et beau à la fois comme ce boîtier
CD aux transparents bleus mystérieux. The Lack cherche
et la tentative est concluante.
SKX (11/06/2002) |
LACK
"
blues moderne : danois explosifs " - CD
Nova / Scene Police 01
Les
Don Quichotte danois. Ce disque est un album de rébellion.
D'adolescents, même attardés, en colère, qui
veulent tout casser, tout broyer. Ils ne savent pas quoi, ils
ne savent pas comment mais faut que ça dégage! Un
besoin impétueux de quelquechose de nouveau, de quelquechose
d'autre. Et ça leur donne en tout cas une énergie,
une sombre intensité incroyable. Une longue complainte
aux accents modernes, le blues version jeunes chiens fous. Le
discours, 40 ans après, reste toujours le même. La
protestation a seulement augmenté le volume. Frapper aussi
dur que possible. Crier jusqu'à l'agonie des "freedom"
pour mieux s'en persuader. L'angoisse lustrée par le quotidien.
Si vous vous pissez dessus à chaque écoute de Botch.
Si vous mouillez votre petite culotte devant Converge, une seule
solution pour que la sainte trilogie soit complète : Lack.
Ce premier album est une putain de révélation! En
accentuant le coté brut et sauvage, Lack trouve sa voix
haut la main. Le Danois est intenable. Il est pas content du tout
et il le fait savoir. Chaque son, chaque note, chaque riff hyper
tranchant. Avec de vrais hymnes dedans comme 'zur genealogie des
modernen menschen' ou 'achilles and the tortoise'. Des moments
de cauchemar savamment orchestrés comme l'inquiétant
"when even the most honest of emotions turns into a commodity'.
Les mâchoires serrées. Les poings bleuis. Net. Direct.
Rien à jeter. Album parfait. Le sacrifice à prix
coûtant.
SKX (06/11/2001) |
LADDIO BOLOCKO
"
strange warmings of
in real time
s/t " - CDs/CDEP
Hungarian records 97/98
Un
seul nom vous suffit! Le nom de Blake Fleming, batteur incontesté
des Dazzling Killmen et l'annonce d'un concert au Confort Moderne
à Poitiers pour une découverte qui valait bien l'achat
au prix de gros de l'ensemble de leur discographie. Le monstre-batteur
revient ici nous en mettre plein la vue, épaulé
d'un bassiste, d'un guitariste dissipé et d'un saxophoniste,
Marcus DeGrazia, parti déjà soufflé dans
les bronches de Craw sur leur 2ème album. "Orgiaque",
le 1er mot qui vous vient à l'esprit. Avec le batteur en
chef de file en plein milieu des ébats. Et une uvre
dévoilant des facettes multiples tout au long de ces 3
CDs. Tous différents mais tous égaux! Et une tendance
à l'accalmie à mesure que la courbe du temps avance.
Car le CD des débuts, "Strange...." a tout pour
vous couper le sifflet. Lignes rythmiques solides, trépidantes,
hallucinatoires. Propulse la machine qui ne demandait qu'à
s'emballer. Saxo vaudou, sauce piquante, tente d'apaiser la bête,
repart dans un soubresaut, chaotique forcément. Formes
abstraites des guitares, fiévreuses ou s'étirant
sur une longue note décadente. Ca déstructure à
tout va, file droit la seconde suivante pour de longues chevauchées,
celle dont on ne ressent aucune fatigue, même au bout de
10 minutes jouissives. Toutes tripes à l'air et tuyauterie
explosée. Et l'uvre la plus proche de leur performance
live. "In real time" calme le jeu, la rythmique se mouve
groove, irrésistible, la palette des sons s'enrichit, les
compos itou! L'air circule avec grâce sans épargner
les frottements abrasifs, car la bête ne se laisse pas dompter
si facilement. On se termine avec un CD 15 mn, l'expérimentation
pousse les murs, désarticulation mécanique, Brise-Glace
réveillé. Une bête qui n'en fait vraiment
qu' à sa tête, frappe par surprise. De début
furieux, Laddio Bolocko continue sa quête. Musique de transe,
musique jubilatoire, c'est foutrement bon !
SKX (03/08/1999) |
LANDED
"
everything's happen " - CD
Vermiform 00
Engrenages
crissants qui roulent à votre rencontre. LANDED n'a pas
le souci des conventions et sur le punk et bruitiste label Vermiform,
Landed sort l'artillerie des grands jours. Aucun artifice, un
minimum de renseignements, pas de titres de morceaux, tout peut
arriver sur cet album. On prend un riff de départ, un rythme
naissant et on le triture, on l'arrache de ses gonds, on le fracasse
dans le mur. On insiste bien là où ça fait
mal en jouant sur les répétitions malsaines. Et
on décapite tout ça une fois l'amusement fini, en
invitant par la même occasion le psychopathe de l'appartement
voisin pour niquer les micros. Rythmiquement très fort,
soniquement juste le ton qu'il faut, ces artistes du bruit ont
la détente facile mais fort à-propos. Libre cours
à l'inspiration du moment, jamais deux fois la même
chose. Il faut attendre le long et dernier morceau pour un semblant
d'accalmie reggae-noise (?) avant le déluge, grande répétition
général du chaos, jouissif tonnerre de dieux, aventureux
sous des dehors peu présentable. On pense à Laddio
Bolocko, des mecs qui foncent droit devant, maltraitant leurs
instruments pour leur arracher tout leur jus, expérimentant
en pleine course vers l'avant. Une course qui ne peut finir que
contre un mur, lancés qu'ils sont à 200 kms à
l'heure. Punk et bruitiste donc, catégorie supérieure
et éphémère.
SKX (02/11/2000) |
LANDED
"
why I live / hit the land " - 10
Vermiform records 99
Vermiform
records, label des géniaux Universal Order of Armagedon,
Born Against et désormais men's Recovery Project pour ne
citer qu'eux, s'est fait une spécialité des groupes
punk-noise bruitiste à fort message social. Avec ce Landed,
ça tout d'une petite gâterie! Ca m'étonnerait
guère qu'on ne retrouve pas derrière ce projet des
membres d'ex ou toujours groupes en activité. Landed :
projet à 2 faces, 2 longs titres titillant les 8 minutes,
bruitiste et bordélique à souhait. " Pourquoi
je vis " : cris suppliants des guitares, rythmique solide
à la slug, prise direct. Sur les notes de la pochette,
le nom d'un chanteur est clairement marqué. Les recherches
sont toujours en cours. A moins que oui là à la
fin... ouh là il a l'air d'avoir morflé! "
Mange la poussière " (!!) : rajoutez au bordel ambiant
un synthé à deux sous et un sax, le 1er saxophone-coq
et vous aurez la 1ère chanson pour poulailler cinglé!
Ca tout d'une répèt' géniale ou de morceaux
à la mords-moi-le-noeud. C'est selon l'humeur....
SKX (15/11/1999) |
THE
LAST CRIME
"
s/t " - CD
The Omega 97
Encore
un disque passé inaperçu. Encore une chronique qui
va faire dater. Encore un bonheur éphémère.
Du grand nul part, The Last Crime rencontré par hasard
sur la toile mondiale lors d'une chronique dithyrambique qui les
initiait à un croisement pas possible entre Rodan, Drive
Like Jehu et Neurosis. Rien qu'ça! Pour Neurosis, on repassera
ou alors on a pas les même disques. Par contre, les deux
susnommés se rapprochent de la vérité. Si
loin, si proche. Des guitares pas croyables qui vous emmènent
très loin, des passages frénétiques après
des accalmies, de l'énergie à revendre, de la fougue,
des voix qui hurlent, qui écorchent, qui parlent, toute
la palette y passe. Des compositions qui prennent le temps de
se développer, de vous mettre un flingue sur la tempe pour
ne jamais relâcher la pression. C'est presque frustrant
de n'avoir affaire qu'à cinq titres (dont un caché
à la fin, le coup classique). Ce crime semble bien le premier
et le dernier. Depuis l'assassin reste introuvable. Mais si vous
avez l'occasion de lui mettre la main dessus, ne changez pas de
trottoir. (A commander sur X-Mist ou Stickfigure).
SKX (30/05/2001) |
LES
SAVY FAV
"
retrobate's resumé / no sleeves " - 7"
X-Mist 00
Vous
les avez peut-être vu récemment en concert après
que Les Savy Fav ait sillonné l'Europe. Les rares échos
entendus par ici n'avaient rien d'excitant. Leur dernier (et 2ème)
album "The cat and the cobra" m'avait laissé
sur ma faim. Après un premier album pourtant emballant.
Changement de personnel, changement de formule, une guitare en
moins et quelques bidouillages plus tard, Les Savy Fav semble
revenir dans le droit chemin et retrouver la fraîcheur et
l'inventivité d'un rock bien difficile à épingler.
On pourrait tenter At The Drive-In au pire pour le coté
sautillant et plein de vitalité, mâtiné d'un
relent rétro je sais pas quoi pas désagréable.
Enregistrés à l'aide d'un minidisc et d'un macintosh,
ce 2 titres les montrent au top de leur forme, à ranger
dans cette nouvelle vaque un peu floue de groupes comme Milemarker,
Party of Helicopters ou 90 Day Men. New-rock.
SKX (13/03/2001)
|
LIARS
"
They threw us all in a trench and stuck a monument on top "
- Lp
Gern Blandsten 02
Mensonge
mensonge mensonge. Répétez à l'infini ce
doux blasphème et vous risquez bien de passer définitivement
sur la face caché du rock. Perfides Liars, groupe new-yorkais,
qui emprunte moultes chemins, dissimule ses racines, cache son
jeu. Hybrides Liars qui transgresse les frontières, transperce
les dernières velléités. Liars se fait centre.
Des mouvements contradictoires bataillent en leur sein. Si la
base est fondamentalement rock, les secousses engendrées
vont bien au-delà. Un groove pervers lamine le socle. Au
même titre que Birthay Party en son temps, Liars s'insinue
entre les lattes, psalmodie, déclame son blues en couches
chaotiques, à grands renforts de basses lourdes et rondes,
de rythmes qu'on aimerait danser mais qui s'avèrent, à
l'arrivée, rongés de l'intérieur. Le baiser
de la veuve noire. La guitare tout en pointillé. Discrète,
parlant peu mais à bon escient, la note qui tue au moment
opportun, l'ornement qui fait le liant. Si vous avez John Spencer
pendu à votre coup, At The Drive-In tatoué sur la
fesse gauche, Liars, tout en étant très différent,
possède cette touche unique de rock perverti, ce rock universel
qui parle à tout le monde. Liars en garde l'esprit, n'hésite
pas à le triturer, le hanter par des consonances punks
à l'orée des eighties, voir les rythmes blancs et
froids de Creation records, ESG en tête (un titre les mentionne
"trumbling walls buried me in the debris with ESG). Neuf
titres à la forte personnalité, habilement manipulés.
On tombe dedans pendant toute une nuit. Au petit matin, on ne
sait plus où est la vérité sinon qu'on tient
là un groupe essentiel.
SKX (22/08/2002) |
LIGHTNING
BOLT
"
Wonderful rainbow " - CD
Load 03
La
foudre s'abat pour la troisième fois. Lightning Bolt, fameux
duo de Providence éclaircit notre ciel quotidien d'un magnifique
et néanmoins inquiétant arc-en-ciel sonore. C'est
fête au village, stroboscope de lumière et manège
en folie. Lightning Bolt continue dans sa débauche. Un
ampli haut comme un immeuble de quatre étages. Le batteur
parlant, le micro scotché dans la gueule pendant que les
tentacules s'abattent à toute volée sur la pauvre
batterie. Lightning Bolt, c'est une bombe qui n'oublie pas d'écrire
des chansons. Le bruit pour le bruit, ils laissent ça à
d'autres. Et d'ailleurs, plus ils avancent dans le temps, plus
ils laissent le coté expérimental de la chose au
profit de mélodies dont la basse n'est point avare, avec
toujours cette pointe d'humour dans certains riffs. De la lave
en fusion, un truc foutoir, primaire et en même temps, très
construit dans sa folie. Basique dans son propos, affreusement
audible. La percussion sonore et l'effet de transe que cela procure.
Cette plongée dans le ventre de la bête tout en maintenant
la tête hors des mâchoires. C'est le disque noise
par excellence, le rock dans tout ce qu'il a de plus dangereux,
inventif et jouissif. Une musique physique qui vous met sur les
rotules, mieux que tous les sound-systems de la terre réunie.
Lightning Bolt for ever !
SKX (28/04/2003)
|
LIGHTNING
BOLT
"s/t
" - 7
Load 00
Attention,
lumière aveuglante droit devant. Les femmes et les enfants
d'abord ! Ce nouveau duo américain a la force d'une charge
de fantassins où le mot d'ordre est marche ou crève.
Un duel basse-batterie dont la formule a des airs de déjà
entendue mais là, stop, erreur. Des plus finauds que la
moyenne qui font du larsen un 3ème instrument, du bruit,
ce glorieux bruit, charnel et primaire, une force de frappe, où
l'expérimentation a pied et forme un tout compact avec
une basse tour à tour mélodique ou sorti de ses
gonds, toute en distorsion et une batterie dont on a bien du mal
à suivre le fil conducteur. Pour notre plus grand bonheur.
Et contrairement à beaucoup de groupes de ce genre là,
ça chante, ça couine, ça désosse.
Deux titres furieux de noise incroyable. Un album va débouler
d'ici la fin de l'année et ça s'annonce chaud, très
très chaud !
SKX (26/09/2000) |
THE
LOCUST
"
Plague soundscapes " - CD
Anti 03
Top
chrono. Je suis américain. Je suis le roi du morceau torché
en 50 secondes. Je défouraille sec et je pratique une musique
qui n'a de musique que le nom. J'adore me déguiser en mouche
et ce n'est pas avec du vinaigre que l'on m'attrape. Qui suis-je
? The Locust forcément tête d'âne ! Catégorie
branleur complètement décalqué. Avec cette
nouvelle et énième production, les insectes de San
Diego ont franchi le pas et c'est Anti, une sous-division de Epitath,
qui les a attrapé au vol. Et si vous comptiez, pour cette
occasion, que The Locust mette de l'eau dans son immonde mixture,
c'est raté. 23 morceaux en 21 minutes. The Locust garde
le rythme, qu'il a épileptique. En gros, un morceau de
The Locust, c'est n'importe quoi. A la première écoute
en tout cas. Et la deuxième aussi. Voir la troisième.
C'est plein de trucs qui se télescopent en un temps record.
Une sale voix de schizo, des aboiements, une batterie déclanchée
sur le mode mitraillette avec au chur de la mêlée,
un synthé presque rigolo et une guitare qui fait tache.
Ca ni queue ni tête. C'est du bordel de sales gamins teigneux
qui ne rangent jamais leur chambre. Alors pourquoi aime-t-on ces
p'tits cons ? Hé bien
parce que. Voilà. Ces
p'tits cons se la ramènent primaire, brut, ça vous
secoue sainement comme une bonne douche froide en pleine canicule.
Ca vous prend pas la tête, ça la nettoie de toutes
saloperies en un bon quart d'heure. Comme une bonne scène
de baston dans un film de Bruce Lee où ya pas besoin de
réfléchir, juste se laisser porter par l'action.
Et là, pour le coup, on sent que The Locust a eu un poil
de moyen en plus pour vous faire une production aux petits oignons.
Et que ces p'tits cons là arrogants possèdent le
savoir-faire suffisant pour rendre cette musique qui pourrait
sonner comme une bouillie infâme et facile dans des mains
de novices, en un mets épicé, plein de relief et
qui leur donne quatre étoiles à n'importe quel guide
de musique extrême et punk au plus profond de son froc.
The Locust, t'es pas beau mais on t'aime.
SKX (25/08/2003) |
THE
LOCUST
"
s/t " - CD 5"
Gold Standard Laboratories 99
Vous
en connaissez beaucoup vous des groupes qui vous torchent 20 titres
en 18 minutes hein ? siouplai ? Et qui pataugent pas dans le death-metal
ou le trash-speed moules burnes! Melt-Banana ? nan! encore pire!
si, j'te jure! Un truc que t'imagine même pas qu'ça
existe! Et pi k'en plus qui te fait pisser de rire! Bon faut avoir
le sens de l'humour bien accrocher, j'avoue, mais leur drôle
d'engin qui sonne comme un orgue bontempi en plein milieu des
rafales de caisses claires, d'une voix qui vient de rencontrer
la mort dans les yeux et d'un reste de trucs à cordes qui
traînent là par terre, fallait oser! Le plus con,
c'est que tout ça reste audible, cohérent dans le
12ème degré, à fond, boîte à
rire de sortie. Ya toujours un rythme, un riff qui vient tout
casser, grand guignol qui sort la tête du fond de l'ampli.
Et comme ça dure qu'un gros quart d'heure, pas le temps
de s'ennuyer, paceque c'est vrai, au delà, on supporterait
un tantinet moins. Mais là, ces ricains ont tout compris.
Durée parfaite. Le souffle de l'explosion n'a pas le temps
de se retourner contre la gueule des terroristes!
SKX (19/10/1999) |
THE
LOCUST/ARAB ON RADAR
"s/t
" - 7"
Gold Standard Laboratories 00
Etrange
phénomène que THE LOCUST. Faire le plus de bordel
possible en un minimum de temps. Prendre ce qui traîne comme
instruments, jouer à fond, gueuler dans tous les sens des
paroles incompréhensibles. A priori, leur musique n'a aucun
sens, du bordel pour le bordel, sans codes, sans trames, juste
l'hystérie pour le plaisir de jouer les hystériques.
Certains diront d'ailleurs que ça n'ait pas de la musique.
Alors si ça vous dérange, n'appelez pas ça
de la musique. Appelez ça comme vous voulez. Mais c'est
juste un putain d'orgasme sonore, une jouissance explosive, un
plaisir simple et primaire, bref du rock, où on prend son
pied sans réfléchir. Juste jouer et crever ! Surtout
qu'avec ces 5 nouvelles compos (avec toujours des titres à
coucher dehors comme le " get off your cross, the wood is
needed " (descends de ta croix, on a besoin du bois ? ?)),
The Locust atteint une maestria dans son anarchie qui rend encore
plus dingue que d'habitude. Et l'hôpital n'est pas prêt
de se vider ! ARAB ON RADAR et son nom qui mérite explication,
déraille les machines et rendrait nerveux tout un peloton
de CRS. On joue ici dans la cours de US Maple. Une cours débile.
Une voix débile qui fait tilt. Des rythmes qui tanguent,
plein de non-sens, chacun déconne dans son coin avec ses
instruments respectifs et le pire, c'est que ça marche.
Ou plutôt ça titube. Une version plus arty du bordel
mais ça secoue les sens avec autant de bonheur. Il ne me
reste plus qu'à vous dire un mot sur ce vinyl tout vert
comme une bonne nausée martienne et sa forme pas ronde
pour un sous et vous tenez là (en n'y mettant bien les
deux mains, on y arrive) un disque grandissement original.
SKX (03/08/2000) |
LOGAN
"
Love, said gas " - CD
Psychotica 03
Logan
songe à mordre. Du tréfonds de son Italie moribonde,
ce nouveau trio catapulte un liquide rougeâtre. Une traînée
dont la trace remonte à loin. Principaux coupables, tout
un tas de groupes noise américains avec en chef de meute
Albini et son idée d'un bruit blanc maniaque et convulsif.
De ce froid constat, Logan tricote des barbelés pour l'hiver.
Et se fait une idée d'un son instinctif, sans effet sinon
ceux des distorsions électriques et des grincements naturels
procurés par un enregistrement live en studio. La rythmique
assoit son homme. La guitare écharde. L'ouïe fine
et saignante. Carrées ou versant dans l'expérimentation,
des compositions en forme qu'une voix, tout sauf suave, vient
épisodiquement piétiner. Logan a le ton qui fait
mal mais juste. Hâchante, nerveuse, délivrant de
belles lueurs mélodiques, cette première fraction
italienne pose les jalons d'un futur prometteur.
SKX (23/12/2003)
|
LOISIRS/MYRA
LEE
"
split single " - 7
Théâtre dans ton Bourg 02
Ah!
Que ferions nous sans la scène poitevine! Creuset de groupes
très variés dont l'écho ne dépasse
hélas que très rarement les limites de la région,
Poitiers nous livre à nouveau deux groupes très
prometteurs. Pour l'occasion, deux labels dans la plus pure tradition
DIY (Théâtre records et Tempête dans ton Bourg)
s'accouplent (on nous dit pas qui fait la femme) et mettent à
bas de beaux jouvenceaux avec deux titres par tête de pipe,
pas de jaloux! Le créneau utilisé est "emo-rock"
et à ce ptit jeu là, Loisirs frappe d'entrée
les esprits avec "3", pur joyau mélodique et
énervé avec son break mortel en plein milieu. Tubuesque.
Rien que pour ce morceau, ce 45 est indispensable! Surtout que
l'autre tire est à l'avenant. Myra Lee ne possède
pas encore cette maturité mélodique, un poil moins
en place, mais le jeu entre les différents chants masculin-féminin
et l'énergie déployée méritent qu'on
s'y attarde. Ca frime à Poitiers et d'un con tu auras l'air
cet été, si dans ton short mouillé, cette
galette tu n'auras glissé!
SKX (22/08/2002) |
LOUISE
CYPHRE
"
wenn wir menschen.... " - 7"
React with protest 01
Contraction
diabolique. Louise Cyphre, c'est le nom de ce mystérieux
personnage (sous les traits de Robert De Niro) dans Angel Heart.
Cette fois-ci, Lucifer emprunte les traits d'un groupe allemand.
Prêt à vous bouffer le cur avec six titres
enchaînés la plupart du temps par des samples inspirés
par le Malin! Des traits communs également avec Orchid
et Winston. L'eau et le feu. Des contrastes saisissant entre des
passages très véhéments (powerviolence) et
des feulements sous la tempête qui vous bercent pour mieux
vous prendre par derrière. C'est tout chanté en
allemand là-dedans. Le son est tranchant, clair et puissant.
Le diable vous mène par la queue et on n'y voit que du
feu. Un premier 45 qui nous emmène tout droit au paradis
oui!
SKX (31/01/2002)
|
LOVE
LIFE
"
the rose he lied by " - Lp
Troubleman 01
Ce
groupe a un sens de l'humour bien noir. S'appeler "love life"
et présenter une musique qui suinte le désespoir
et la noirceur à chaque sillon, ya comme une erreur de
guidage dès la naissance. Le prince charmant est arrivé
trop tard et ces roses, c'est pour l'enterrement qu'elles arrivent.
La fée carabosse répond au doux nom de Katrina Ford,
officiait auparavant chez Jacks, et sa complainte a tout d'un
chant vaudou, des lamentations aux accents rocailleux. Du tempérament
et de la chaleur. Des titres qui parlent d'eux même "love
potion's poison", "all the love of hating you".
La demoiselle est pas du genre à demander pardon. Derrière,
le sombre orchestre composé d'anciens The Universal of
Armageddon et The Great Unraveling sort d'une fête terrible
et a la gueule de bois mauvaise. Des Bad Seeds pas présentable
du tout, qui invite à leur banquet de temps à autres
des cuivres et des violons et qui tirent sur le pianiste. C'est
rêche et hirsute, ça tangue, ça la beauté
du rock de Come, les accents désabusés de Birthay
Party au fond du trou. De longues ballades qui vous fendent le
cur, jamais ennuyeuses, les tripes se nouent, un malaise
insidieux qui glisse en vous. Cet album a le goût du souffre.
On en sort groggy et heureux. Comme une cuite où on se
jure que c'est la dernière tout en sachant qu'on remettre
ça invariablement....
SKX (30/05/2001) |
LOVE
LOST BUT NOT FORGOTTEN
"
upon the right, I saw a new misery " - CD
Happy couples never last 02
Avec
des noms pareils d'amour perdu mais pas oublié qui sort
sur des couples heureux ne durent jamais, on tombe en pleine guimauve
pour romantiques attardés. Pourtant, ce label et ce groupe
n'ont rien de tendres dans leurs réalisations respectives.
Des spécialistes du hardcore chaotique et véhément.
Pour LLBNF (désolé pour les sigles mais c'est plus
court comme ça), c'est le deuxième album. Et à
crier ainsi, on comprend pourquoi l'amour s'est fait la malle.
Je ne voudrais pas être le micro. Entre la rage et l'agression
du screamo hardcore à la Orchid/Jeroms Dream et la technique
de haut-vol d'un Dillinger Escape Plan, ces neuf titres ne sont
pas pour la paix des ménages. Et ceci malgré de
savants breaks tout plein de mélodies sombres qui ne vous
laissent que peu de temps pour recoller les morceaux. Autant d'accalmies
qui annoncent le pire. Comprenez le meilleur. En amour, qu'une
seule issue, la fuite en avant. La tête contre le mur. C'est
à sortir de ses gonds cette musique. Tellement intense
et urgente. Dans le genre, ils planent au-dessus du lot et cet
album décroche la timbale. Un bonheur solitaire....
SKX (11/06/2002) |
LUDE
"
herzlude " - CD
blu Noise 00
L'espace
devant nous s'annonce rude. Des longues étendues où
on meurt de soif, inquiétants, la mort rôde sous
les ombrages et des contrées écorchées, des
spirales hypnotiques, du vert, du bleu, du mouvement. Lude, le
surnom de Guido Lucas, fondateur de blu Noise records, dans un
aventureux projet solo. Le monde du réel avec deux compères
à la batterie et à la basse, et une session retravaillée
in vitro par Lude, des overdubs et toute la machinerie des samples
au service de l'homme. Cinq compositions à la frontière
du virtuel, étalant ses drones dans la durée. On
est proche du trio Fuelher, quelque chose d'imposant, sobre et
beau. Seuls les rythmes se font plus fantomatiques, des chiens
qui aboient au fond, de la vapeur électronique que des
roulements de batterie font s'éloigner le temps d'un orage.
Des morceaux schizos qui se fracassent en pleine course. Des secousses
d'un instant, éclairs de résistance, puis l'absorption
commence, les bruits étranges remontent à la surface.
Tout est habilement pensé, le sorcier s'est bien amusé
et donne une réplique quasi humaine à Steroid Maximus.
Ailleurs la vie continue.
SKX (24/07/2000) |
LUMEN
"
the man felt an iron hand.... " - CD
Temporary Residence Ltd 01
Commençons
par expliquer clairement les choses. Ce groupe n'a rien à
voir avec les Tchèques du même nom. D'ailleurs ici,
ça s'écrit avec un "U" et non un "V".
Ce nouveau projet est en fait originaire de San Francisco et comprend
en son sein l'ex-batteur de A Minor Forest et d'ex-Tarentel. Maintenant
que les présentations sont faites, entrons dans le vif
du sujet. Ce qui saisit déjà, c'est la formule :
une guitare acoustique, un accordéon, un violoncelle et
une batterie pour une musique intégralement instrumentale.
De quoi froncer les sourcils. Et de se dire que ça va pas
être la traviata et le pétage de plombs. Plutôt
ne pas déranger, on est en pleine sieste. Et si effectivement,
la tendance générale est à la douceur, on
est loin de s'endormir du sommeil du juste. Une dynamique des
cordes subtiles, vivifiantes et surtout un jeu de batterie provocateur
dans un tel contexte, pesant et énergique qui mène
la barque pour ne pas sombrer. Huit morceaux sans nom (comme Lvmen,
tiens n y revient!), au titre d'album à rallonge dont vous
avez ici une version courte, tiré d'une nouvelle de Italo
Calvino, qui s'écoutent et s'apprécient sur la durée.
Une indolence apparente, une vraie tension à l'intérieur,
mon tout sent bon la mélancolie, avec ses points d'orgues
comme le morceau "V". Dix minutes de constructions haletantes,
de mélodies répétitives et évolutives.
On est jamais loin d'un Gastr Del Sol en plus carré, d'un
Cheval de Frise sans les galops fougueux ou d'une tristesse élégante
à la Black Heart Procession. 40 minutes très attachantes
et originales.
SKX (02/05/2001) |
LUNGFISH
"
the unanimous hour " - Lp
Dischord records 99
Immuables
Lungfish. 7 années écoulées pour autant d'albums.
Tranquillement à l'ombre sur Dischord. On oublierait presque
l'existence de ce quartet de Baltimore, seul groupe de Dischord
non originaire de Washington D.C. Une obscurité constante,
musique sans bruit. Reflet troublant de leurs images renvoyées
par leurs portraits inscrits à l'intérieur de la
pochette, noir et blanc, sobre, avec des têtes de grands-pères.
De là, force et constance. La musique chez Lungfish évolue
lentement, avec sagesse. A petites doses. Une matière compacte
laissant passer les sons. Rythmes répétitifs, construction
des morceaux minimaliste. Le son de W.D.C clair et dur, agrémenté
de pièces floues. Et surtout cette voix de Daniel Higgs,
débitant, non, prêchant une poésie largement
au-dessus de la moyenne, au vocabulaire souvent religieux, une
voix sur le feu, intense, qui transcende les chansons. La musique
de Lungfish est le contraire de tape à l'il. Sans
fard ni trompettes. Elle brille juste tr! anquillement pour qui
veut bien prendre le temps de s'arrêter l'écouter.
Et on s'arrête rarement. Ce 7ème album, lui, ne bougera
pas. Faites une petite halte de temps en temps....
SKX (28/06/1999)
|
LUSTRE
KING
"
shoot the messenger " - Lp
Southern records 99
Désorienté.
Pour le moins étonné une fois ce 1er album achevé.
On les avait laissé dans un registre connu. A savoir la
sphère Chicago/Albini, germes rassurantes semées
sur une poignées de singles et un 5 titres. Et sans phénomène
transcendantal faut bien le dire au passage. Barbés sans
doute de se faire seriner les oreilles par ces filiations encombrantes,
n'ont'ils voilà ti pas décidé de voler de
leurs propres ailes! De prendre de la hauteur et à l'instar
de Milemarker, se creuser les méninges pour accoucher d'un
avorton qui n'aura pas la tronche d'un bâtard mais une pure
lignée racée. On a beau retrouver sur de nombreux
titres cette rythmique solide qui a fait la réputation
de Chicago, le reste du traitement et la variété
des ambiances les démarquent du troupeau. Les guitares
sont souvent discrètes, la voix inexistante (et oui! c'est
donc instrumental, bien vu mon gars !) sinon sous la forme de
samples, et on n'a pas lésiné sur les effets machinesques,
des ambiances rappisantes, des basses rondes et pleine de dub,
des petites sons comme autant d'elfes qui tapissent le fond sonore.
Lustre King frappe là où on ne les attendait pas.
Noise alambiqué. Post-rock ludique. Le mélange est
fort séduisant et le futur tout tracé !
SKX (01/08/1999)
|
LVMEN
"
Raison d'être " - CD
Day After 00
Quelquechose
comme un trou béant. Un gouffre complexe, avec des espaces
d'angoisse, qui laisse de fines entailles lors de la chute. Avec
une nette impression de calme et de plénitude une fois
au fond du trou. Un mal nécessaire. Lumen sort son premier
album, autant dire un sacré morceau à escalader.
Avec pour 1er repère, un nom d'album en français
dans le texte, "Raison d'être", et des paroles
pour un chant en anglais, qu'on imagine, aux rares notes laissées
sur la pochette, hantées par l'univers de Kafka, l'homme
est une bête, référence littéraire
bien compréhensible pour ces Tchèques. Et raccourci
bien pratique pour décrire cette musique sombre et envoûtante,
ces longs morceaux (5 en tout et pour tout en 40 minutes) torturées
et paranos. Psyché noise-core avec quelquechose de Slint.
Vous savez, ces fameuses tensions sous-jacentes, ces explosions
qui ne viennent jamais. Sauf que là, ça explose
régulièrement, c'est fulgurant et ça dure.
Des moments de lévitations, soutenus par un brin de lyrisme,
Neurosis sans toute la grande quincaillerie des cuivres et violons,
à peine quelques samples. Des compositions aux multiples
parties, de longues plaines au relief écorché, le
dos un peu voûté, prêt à affronter des
courants tumultueux. C'est compliqué et limpide à
la fois, le travail pour rendre tout ça compact et spacieux,
encore plus poussé que sur leur premier maxi et servi chaud
par une production assez incroyable. Ce hard-core foncièrement
moderne, façon Dawnbreed, charrie des influences très
diverses. Des esprits ouverts à toutes les émotions,
tous les courants, sans peur et à l'horizon illimité.
Et leur tour de force est d'en donner une interprétation
personnelle et mémorable, de faire avancer inexorablement
la grand roue du cirque musicale et de nous emmener dans des contrées
où il reste tant de richesses à remonter à
la surface. Une grande baffe.
SKX (10/10/2000) |
LVMEN
"
s/t " - 12"
Day After records 98
Sur
les traces encore chaudes de Ember, ce groupe, toujours aussi
tchèque, reprend les quelques samples annonciateurs sur
l'album de Ember, son lyrisme débordant et le débarrasse
de ses oripeaux emo(core). Tendance noise et pesante. Une référence
d'un célèbre distributeur chéri en nos contrées
situait LUMEN entre Slint et Neurosis. Avouons, bien cher cyberquidam,
que ces deux bornes incontournables n'ont rien de commun - à
priori. Et pourtant, LUMEN retranscrit à merveille les
sentiments de ces deux groupes. 2 très longs titres, à
évolution multiple, où on aurait pu tailler un album
10 titres ! C'est sombre, envoûtant, sans faute de goût,
les samples sont parfaitement utilisés pour servir l'ambiance,
les éruptions imparables. Fin et puissant. Tout simplement
un des disques de 98 !
SKX (20/04/1999)
|
LYNX
"
s/t " - CD
Box Factory 00
Cette
bête là est un félin vicieux et patient. Lynx
descends d'une longue lignée de groupes instrumentaux.
Rien de renversant pour l'instant. Ca se compte à la pelle.
Pourtant, une guitare à gauche, une guitare à droite,
Lynx se permet le culot d'apposer sa marque. Lynx n'abuse pas
de la démonstration technique d'un Don Caballero mais montre
une aptitude poussée du contre-rythme. Ce premier album
sonne frais à mes oreilles. Les guitares sont créatives,
n'ont rien de trop féroces mais dissertent avec doigté.
Les structures ont beau (parfois) partir dans tous les sens, on
en perd pas la tête pour autant et les compositions gardent
leur fluidité. De la retenue dans tout ses mouvements,
ce Lynx là marche savamment sur des coussinets et sait
donner des coups de griffes juste quand il faut. Avec une ultra-précision.
Dans une totale maîtrise de ses dynamiques. Dans un genre
très couru, Lynx apporte une bonne bouffée d'originalité.
Avec Oxes à leur coté, l'instrumentale internationale
a encore de beaux jours devant elle. La nouvelle vague.
SKX (07/11/2001) |
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Liars
They were wrong, so we drowned - CD
Mute 2004
Liars trompe le monde et pisse là où on les attend
pas. Rien que cet irrespect mérite le respect ! Le gang
de New-York quitte le monde du rock pour celui beaucoup plus
flou où l'humain cède du terrain face à
l'electronique et croisent le fer sur fond d'ésotérisme.
Une fois la déception des premières écoutes
passée, on se remet à écouter cet album
d'une oreille vierge, oubliant le nom du groupe, comme si tout
repartait de zéro. Réduit au trio, Liars ne garde
que la voix charismatique de Angus Andrew en point de repère
initiale, tempère hâtivement les ardeurs de la
guitare, simple faire-valoir bruitiste juste bon à balancer
quelques larsens et multiplie les effets de studio. Réfugié
au fin fond des forêts du New-Jersey, Liars a eu sa révélation
et nous revient tout hanter avec la légende de la "
nuit de la walpurgis ", ancienne croyance où pendant
la nuit du 30 avril, tous les démons de la terre se retrouvaient
pour faire sabbat ! C'est fort de ce concept que Liars accouche
d'un album lugubre où les fantômes s'appellent
surtout This Heat et toute une frange de groupes kraut-rock,
qui perversifient leur rock de tout un tas d'expérimentations
plus ou moins bien senties. L'album hésite entre rythmes
syncopés et plages droniques remplies de génies
malveillants. Le chaos du premier album engendre une ambiance
froide et inquiétante. Quand la peur est vraiment insinuée,
que le rythme se fait plus soutenu et le paysage accidenté,
Liars réussi sa mue mais les longues ballades en forêt
inspirent aussi l'ennui et Liars se perd en route. Groupe en
transition. On est loin du choc et de la réussite de
leur première uvre mais pour ce groupe qui a horreur
qu'on les enferme dans une boite, cet album se révèle
plus intéressant qu'au prime abord et toutes les portes
leur sont désormais ouvertes.
SKX
(21/08/04)
website
groupe www.liarsliarsliars.com
website
label www.mute.com
sounds
www.liarsliarsliars.com/downloads.html
|
Lickengoldensky
Self-titled - CD
Level Plane 2004
Le beau soleil jaune de cette pochette lève le voile
sur des changements de taille. Comme pour signifier un second
départ. Exit les riffs lourds et impénétrables.
Finit le metal de la jeunesse. Lickengoldsky effectue sa mue.
Si ils gardent une certaine approche punk/hardcore, le fond
de commerce du disque, Lickengoldensky s'est aéré
les bronches en allant humer aux quatre vents, en gros des Dead
Kennedys à Botch, avec une touche d'électronique
et de samples pour lier chaque composition, du piano, quelques
touches de délicatesse dans leur monde habituellement
tout saturé. Les voix sont variées, entre le traditionnel
hurlement et quelque chose de plus théâtrale et
maniéré. Il est clair que Lickengoldensky affiche
ses prétentions et ses désirs d'émancipation
d'une certaine vision d'un hardcore jusqu'au boutiste. Lickengoldensky
donne dans un rock débridé et louvoyant dans les
styles avec plus ou moins de bonheur. Ils se sont lancés
à corps perdus dans l'aventure. Prêt à tout
défier. Sans trop savoir où ils allaient mais
avec plaisir et une énergie indestructible. On ne peut
que saluer cette prise de risque. Cependant, le résultat
est plus à observer qu'à vraiment s'enthousiasmer.
Les regarder se débattre dans le labyrinthe dans lequel
ils semblent eux-mêmes s'enfermer. Ces gars là
ont sûrement du talent et de la personnalité. Reste
à trouver une démarche un tantinet plus naturel.
Hélas, ils ne transformeront jamais l'essai puisque le
groupe, comme tant d'autres, vient de mettre fin à leur
périple. Un goût d'inachevé qui prendra
peut-être forme sous d'autres latitudes.
SKX
(11/10/2004)
website
groupe www.lickgoldensky.net
website
labe www.level-plane.com
sounds
www.hxcmp3.com/bands/1636
|
Life
at these Speeds
self-titled - LP
The Perpetual Motion Machine (LP) / Grey Sky (CD) 2004
Ca
fait du bien de s'arrêter de courir et de tomber sur un
disque comme ça. Life at these Speeds est, comme on dirait,
de la vieille école. Celle de l'emo-hardcore très
marquée par les années 90. Celle proche des Drive
Like Jehu, Shotmaker, Yage et 400 Years. Alors je vous entends
d'ici (et je fus le premier à le penser), encore un disque
de plus dans ce style qui n'a pas besoin qu'on lui rajoute une
couche! Mais voilà, je suis tombé sous le charme
des compos, un vent de nostalgie qui s'est emparé de
moi. Faut dire que LATS m'a bien aidé. Le songwriting
est largement au dessus de la moyenne et c'est un vrai bonheur
de philistin que de s'asseoir, fermer les yeux et se laisser
porter par le premier album de ce groupe de Portland. Tout un
tas de dynamiques, des moments fiévreux et rock, des
moments d'abandon et de mise à nue mais qui ne se dévoile
jamais complètement, le groupe préférant
toujours évoluer couvert, pudique et sans chichi. Le
piano, une voix féminine, un peu d'acoustique de guitare
mais sans débordement aucun. Une solide assise rythmique,
des chants passionnés, une tension construite patiemment,
un lyrisme de bon aloi, ya pas à dire, LATS maîtrise
les critères du genre. Pour ce premier essai, LATS a
pris son temps pour sculpter neuf morceaux dans la durée,
les travailler de l'intérieur en apportant grand soin
à l'écriture. Ce disque, c'est du classicisme
à l'état brut et revenir aux sources, quand c'est
aussi bien négocié, on ne crache pas dessus.
SKX
(04/12/2004)
website
groupe www.killingcupid.net/lats.html
website
label www.theperpetualmotionmachine.com
website
label www.greyskyrecords.com
sounds
say_yes.mp3
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Limited
Express (has gone?)
Feeds you! - CD
Tzadik 2003
Nouvel
avis de tempête en provenance du Japon. Limited Express
est un trio de Kyoto. Leur coup de vent a tout de la bise fraîche
et revigorante. Si on ne pourra s'empêcher de penser à
Melt-Banana pour l'inévitable charmante voix enfantine
de la chanteuse, ça s'arrêtera là. D'ailleurs
toutes les chanteuses japonaises ont la même voix que
Melt-Banana! C'est stupide. Ya que les non-japonais pour penser
ça! Si ça se trouve, les Japonais pensent la même
chose de nos chanteuses françaises. (Pourtant, entre
Mireille Mathieu et Chantal Goya, ya un monde non ?). Bon, je
m'égare. Quoique à chercher la petite bête,
on trouverait bien d'autres similitudes. Cette approche guillerette
et dynamisante, ces petits coups de reins placés à
bon escient. Mais les moyens pour y arriver sont bien différents.
Le rythme est loin d'être aussi soutenu. La batterie n'a
pas un train de vie d'enfer. Les compos ont une durée
de vie qui va largement au-delà de la minute trente.
Et la variété des ambiances proposées ne
donne pas l'impression de vous prendre une rafale de mitraillette
à long jet continu en pleine poitrine. Le label de John
Zorn a beau les étiqueter " pop/rock ", c'est
vraiment histoire de causer. Ou alors c'est tellement un peu
tout et rien, le genre inclassable, qui prend à gauche
à droite pour bricoler un jouet maison à nul autre
pareil qu'il faut mieux voir large dans sa description. A la
limite (express), une pop moderne qui emprunte à l'esprit
noise abstrait de Deerhoof. Un groove lancinant et bancal. Cette
fameuse voix féminine au registre large qui ne se contente
pas d'haranguer les troupes et régulièrement soutenu
par son collègue guitariste. Des dissonances primesautières.
Ce n'est pas pour rien qu'ils ont sorti peu après un
split CD avec le groupe de San Francisco Experimental
Dental School. Outre un(e) élément(e) japonais(e),
les deux groupes partagent ce même goût du rock
pour fête foraine avertie. Un split aux belles bigoudènes
(voir la pochette !) tout aussi recommandable que ce premier
album dont le petit frère arrive très bientôt
!
SKX
(04/10/2004)
website
groupe www.limited-ex.com
website
label www.tzadik.com
|
The
Lowdown
Y is a crooked letter - CD
Zum Media 2003
Certains
chocs provoquent des éclatements. The Lowdown est un
trio fraîchement débarqué de Santa Cruz.
Une singulière approche, la tendance à la provocation
auditive, ils ne sont pas du genre à copier le voisin.
C'est un groupe dans le sens strict du terme mais l'usage déviant
de leurs instruments les rapproche plus d'une bande de gamins
hystériques à qui on aurait laisser les clés
du studio, en l'occurrence un garage à trois balles avec
Jamie " Xiu Xiu " Stewart aux manettes tout de même
! Une batterie minimaliste mais sur laquelle ça peut
pleuvoir très abruptement, des guitares spécialement
affûtées pour les cris, tout ce qui leur tombe
sous la main et qui fait du bruit et surtout, un Casio, ce bon
vieux clavier des familles qui envoie le bouillon, stigmatise
les gimmicks et sert aussi de rythmique. Une musique abstraite,
voir absurde et c'est pour ça qu'on l'aime! Le propos
est ici l'explosion, le feu d'artifice de sons, le noble bruit
qui pète dans tous le sens. La jouissance sans entrave
de structures. On y danse avec une camisole de force. Ca parfois
ni queue ni tête, débile à souhait. C'est
profondément punk dans l'esprit, à savoir que
ya pas besoin d'être un scientifique de la musique pour
accrocher l'auditeur. Juste des savants fous qui se marrent
comme des gondoles à tout emberlificoter, à faire
un bordel pas possible dans des schémas toujours très
courts. Collage sonique qui tient le pavé malgré
l'absurdité évidente qu'ils mettent en uvre
pour vous déstabiliser. Ca l'air con comme truc mais
ne vous y trompez pas, c'est du grand art et un grand album
!
SKX
(19/07/04)
PS : 1er album " Revolver II " sur Strange Attractors
records.
website
label www.zumonline.com
website
label www.strange-attractors.com
|
Lower
Forty-Eight
Skin Failure - CD
Monotreme 2003
Lower
Forty-Eight est un trio de San Francisco. Ce "Skin Failure"
est leur deuxième album. Voilà pour les faits.
Un groupe qui débarque un peu de nul part... Faut dire
que leurs premiers 45 et album, sorti sur leur propre structure,
King of Sticks, avaient tout du disque fantôme. Gageons
que cette nouvelle sortie sur un label anglais les sorte de
l'anonymat. Et ça sera bien mérité... A
la 1ère écoute, ce disque pourrait sonner comme
un vulgaire groupe rock noisy alternatif. Mais faudrait être
bouché pour ne pas s'apercevoir rapidement qu'on tient
là un groupe beaucoup plus inventif. Tout en dynamique
tyrannique, en complexité que leur technique de bons
musiciens sait rendre fluide et avec un certain sens de l'accroche
mélodique, ces huit titres font leur travail de sape,
patiemment, dans l'intensité, traversés d'éclairs
de mélancolie. La production est peut-être un poil
trop léché mais n'est pas sans rappeler des groupes
comme Bitch Magnet ou Bastro. Le son nickel mais puissant et
orgueilleux. Des contresens, des ponctuation explosives, un
chant qui passe de la sombre mélopée à
la colère franche, Lower Forty-Eight emprunte à
gauche à droite pour accoucher d'un rock-noise passionné
à la Ten Grand, dans le sens inclassable du terme alors
qu'à priori, tous les éléments sont connus.
Mais quand l'inspiration est là, qu'importe les ingrédients
pourvu qu'on ait l'ivresse! Il manque encore un petit je ne
sais quoi pour arriver à une adhésion totale mais
le futur s'annonce radieux pour Lower Forty-Eight.
SKX
(02/04/2004)
website
groupe
lowerforty-eight.com
website
label
www.monotremerecords.com
sounds
INCREASE
THE TREBLE.mp3 | THIS
IS PROGRESS.mp3
SKIN
FAILURE.mp3
|
|
Lack
Be there pulse - CD
Undergroove 2005
Greetings from a non-believer - 7''
Level Plane 2005
Il aura fallu une bonne tonne d'écoute de ce deuxième
album de Lack pour y voir plus clair. La première fois
fut relativement enthousiaste. Les suivantes virent l'effet
s'inverser. Puis à force, la balance repencha du bon
coté. C'est là toute l'ambiguïté et
la force de cet album. Trois ans après leur premier et
explosif album, les Danois ont pris leur temps, ya pas le feu
au Lack. Sans doute échauder d'être invariablement
comparé à Botch et Refused, Lack, dans un grand
sursaut d'orgueil, a décidé de personnaliser ses
armes. Le temps de la réflexion mis en exergue sur le
45 tours " Greeting from a non-believer " que Level
Plane a eu la brillante idée de sortir juste avant. Un
document avec deux inédits qui démontrent l'évolution
du groupe dans sa nouvelle quête d'identité, à
mi-chemin entre l'explosion brute de " Blues moderne :
Danois explosifs " et cette nouvelle approche tempérée.
Deux morceaux où le travail sur la texture prend tournure,
les structures de s'épurer tout en gardant un fond de
casserole où violence et âpreté s'accrochent
encore aux parois. Si vous attendez des rafales de caisse claires,
le gros riff qui tue, les rythmes qui s'abattent en masse et
dans le contre-pied, passez votre chemin. Le nouveau Lack opte
pour un registre beaucoup plus personnel, loin de la meute rugissante
(contre laquelle je n'ai rien d'ailleurs). Mais contrairement
à JR Ewing qui viennent de se prendre le mur en glissant
sur une grosse merde (leur nouvel album), Lack montre qu'il
est possible de rendre sa musique plus accessible sans devenir
putassier. Sur une forte assise rythmique tout en rondeur, simple
sans être simpliste, le groupe danois met en avant ses
qualités mélodiques, contrôle ses décharges,
laisse respirer l'écho de ses vertes colères,
préférant la retenue à la tête baissée
dans le mur. On laissera de coté le discours prompte
à défoncer des portes ouvertes et ses slogans
d'ados ("We pay for a life with a death, everything in
between should be free ") pour se concentrer sur la musique,
seulement la musique, qui souffre également parfois d'une
trop grande légèreté. Mais c'est aussi
ça le nouveau Lack. Une musique qui accroche rapidement,
qui reste dans la tête, ne manque pas de piment et de
noirceur mais s'écoute facilement (et ça n'a rien
de péjoratif). La virulence domptée, des lignes
de guitares pleines d'agilité et de charme, des morceaux
qui enchaînent en toute décontraction, ça
sent le tube plus que souvent, c'est presque agaçant
mais Lack a retenu de Refused que pour vivre heureux, il fallait
savoir créer son propre univers, s'éloigner d'un
hardcore traditionaliste, au risque d'en chiffonner plus d'un.
Lack montre son ambition, marque sa différence et dans
leurs nouvelles bottes taillées larges, ils ont encore
fière allure.
SKX
(08/06/2005)
website
groupe www.lackattack.dk
website
label www.undergroove.co.uk
sounds
Lack_Primo_levi.mp3
|
Lightning
Bolt
Hypermagic mountain - CD
Load 2005
Avec
l'âge et le succès (même relatif) aidant,
les groupes ont plutôt tendance à mettre un peu
d'eau dans leur vin. Lightning Bolt ne mange pas de ce pain
là. Ce quatrième album est le plus extrême.
Avez-vous déjà entendu un tel son de basse ??!!
Trafiquée par des courants de force noire et des effets
pas catholiques, la basse domine. Maîtresse vaudou de
cette fête païenne. Le groove est toujours là.
La batterie bat comme une folle. Son batteur sous son masque
hurle des paroles comprises que de lui-même (et encore),
au fond de sa cave. C'est du Lightning Bolt, ya pas à
sourciller. Mais tout y est joué de façon maximum,
sans retenu, sans temps mort, sous une épaisse couche
de bruit. La transe que l'on avait pu ressentir lors de leur
concert parisien est retranscrite pour la première fois
sur disque. Une centrifugeuse. C'est marche ou crève.
Avec cette basse, toujours cette basse, regarde je te fais le
cri de la mouette avec ma basse, technique de fou à perdre
tout le monde en route. C'est une machine qui broie menu menu
(d'autres diront qu'ils les leur cassent menu menu). Une rave
party pour fan de noise. Si vous êtes un adepte de la
danse de cinglés devant des baffes énormes, dans
des champs abandonnés entourés de flics, tentez
de passer ce hypermagic mountain, les teufeurs n'y verront que
du feu. Cette boule de feu vénérée que
Lightning Bolt a, par quelques anciennes incantations, apprivoisé.
Pas sûr que l'espèce humaine en survive. Presque
une heure de musique à ce tarif, c'est beaucoup. Je ne
suis pas sûr d'écouter cet album souvent et d'une
seule traite. Lightning Bolt ne fait rien pour flatter l'oreille
de son auditoire de plus en plus nombreux. Et qui risque de
se réduire comme peau de chagrin face à cette
agression en règle. Mais l'illumination est à
ce prix.
SKX
(08/11/2005)
website groupe laserbeast.com
website label www.loadrecords.com
sounds draculamountain.mp3
|
Limited
Express (has gone ?)
Makes you dance - CD
Memory Lab 2005
L'express
japonais revient. Après le déboulé direct
chez Tzadik records, ce deuxième album voit le jour chez
Memory Lab, soleil levant pur jus. L'esprit de Limited Express
n'est pas parti. Version bridée de Deerhoof dans les
entournures, on retrouve toujours ce goût pour le groove
guilleret et dissonant. L'abstraction des sens et le sens du
jeu. Limited Express aime le bruit mais pas l'agression. Les
structures bigarrées mais pas les prises de tête.
C'est donc toujours aussi alerte, virulent parfois, punky en
tenue écolière, ça passe du coq à
l'âne, voix féminine essentiellement, ça
aiguise, ça émoustille mais bizarrement, la sauce
a du mal à prendre cette fois-ci. Le feu d'artifice a
des allures de pétards mouillés. Les compositions,
pour amusantes qu'elles soient, manquent de consistance, avec
un son tout maigrelet. Ca sautille dans le vide. Ils ont beau
tenté de se démultiplier et tenter de faire plaisir,
au final, ce disque est bien gentil mais pas de quoi s'étendre.
SKX
(01/09/2005)
website groupe www.limited-ex.com
website label www.ceres.dti.ne.jp/~donidoni/memorylab
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The
Locust
Safety second, body last - EP
Ipecac 2005
Quand
s'affiche au compteur 6 minutes 12 et 3 minutes 57, on y regarde
à deux fois. Habituellement, avec une telle longueur,
The Locust fait cinq albums. Le Locust nouveau donne dans le
péplum. Deux morceaux pour un horizon dégagé.
On y retrouve ce goût immodéré pour le saccage
gratuit, ce vandalisme primaire qui les fait jouer plus vite
que leur ombre. Maintenant ils coupent leur folle course poursuite
contre le temps par des passages remplis de mouches électroniques,
des drones contrôleurs de chute de tension.
Le synthé y perd son humour et la musique de The Locust
vient carrément plus inquiétante. Ca gagne en
percussion. La frappe est précise, le bordel circoncis.
On ne peut plus dire que The Locust fait du n'importe quoi.
Alors qu'ils donnaient l'impression d'avoir fait le tour de
leur formule magique, ce changement est salvateur. Terrorisme
nouvelle génération.
SKX
(10/04/05)
website
groupe www.thelocust.com
website
label www.ipecac.com
sounds
www.ipecac.com/audio/061.mp3
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Loisirs
Submergé par le sublime - CD
Rejuvenation / Theatre / La Machoire / Dora Dorovitch 2005
Venir
de Poitiers, ya pire. Surtout quand on s'appelle Loisirs. Une
ville qui les a vu grandir pour un groupe qui ne veut pas moisir.
Deux années après Glamoroso, ils remettent le
couvercle en s'enfermant dans le fin fond de l'Indre et Loire
à l'abri du monde et de son ire. Ne pas mollir, sentir
d'où vient le vent et rester groupir pour s'occuper de
tout soi-même. Je parle de l'enregistrement car pour les
labels, ils sont quatre à les subvenir. Loisirs continue
de courir après un rock'n'roll noisy et émotionnel,
sur les traces d'un Robocop Kraus avant que ces derniers soient
à bannir et l'énergie revigorante d'un At The
Drive In, soupir. Mais vous pouvez également abolir ces
références, c'était juste une base (à
loisirs) pour mieux les saisir. Submergé par le sublime
est un piège à gonzesses, rempli de mélodies
pour jouir, sans prise de tête, de voix, seule, en couple,
en chur, presque trop, bondir sur des lignes de guitare,
s'esbaudir sous les touches d'un synthé bourré
d'électronique qui s'est fait engloutir et une section
rythmique qui n'est pas là pour s'attendrir. Un album
homogène sur lequel se faire frire. Et comme Loisirs
a pris le parti d'en rire, du titre de l'album aux titres des
morceaux (Dindon, Clafouti, Taloche, etc
)
en passant par la pochette signé Bouzard (le père
de la BD Plageman) et la bio que vous ne pouvez lire, on ne
peut que ce nouvel album applaudir. Plaisir continu qui se prolongera
sans cette chronique avec qui il faut en finir. Poil aux Loisirs.
SKX
(29/11/2005)
website groupe loisirsmyralee.free.fr
website label www.rejuvenationrecords.com
| www.20six.fr/lamachoire
www.doradorovitch.com
sounds Bridges.mp3
| Tiger.mp3
|
Lozenge
Undone - CD
Sickroom 2005
Un
losange est un quadrilatère dont les quatre cotés
ont la même longueur et dont les diagonales sont perpendiculaires.
Notre Lozenge du jour n'a pas cet amour immodéré
pour la pureté des formes. Et de loin. Ca serait plutôt
le foutoir. Lozenge est un groupe basé à Chicago
dont un membre (Kurt Johnson) a officié dans les Flying
Luttenbachers. Cela vous donne un avant goût du style
de la maison. Après un premier album en 1995 (Plenum
sur Farrago records), le groupe disjoncte. Ils reprennent du
service deux ans plus tard, sortent un nouvel album, Doozy
sur Toyo records, en 2000, l'espace d'un instant pour que le
type qui jouait du cuivre soit lasser de la vie, puis un live
en 2002 (Mishap sur Sickroom) avec beaucoup d'inédits
qu'on retrouve en version studio sur ce nouvel opus Undone.
Avec l'aide du berlinois (pas le gâteau) Boris Hauf venu
soufflé dans le saxo sur quelques morceaux, Lozenge nous
délivre une grande pièce de chaos sonore. Avec
deux batteries, dont une surtout axée percussions métalliques,
un bassiste qui a fréquenté Weasel Walter et un
type qui joue de l'accordéon avec un autocollant Neurosis
dessus et qui saute en même temps sur son synthé
comme un dingue et débite des paroles inintelligibles,
ce genre de groupe ne peut qu'être pas très fréquentable.
La mixture frôle l'improvisation free-noise. Les dérèglements
sont multiples. Leurs précédents travaux qui n'avaient
rien de facile sonnent presque comme abordable. Là, ils
mettent le paquet et c'est beau. Avec l'inconscience du fou
à qui on a oté l'escabeau, Lozenge ne se soucie
de rien, triture les structures et ses instruments avec fougue
et humour. Cirque iconoclaste, clin d'il à la musique
klezmer, Lozenge distille la foudre avec discernement, frappant
les plus forts et délaissant les plus faibles. Rien n'est
gratuit mais l'effort est récompensé au bout pour
les plus téméraires. Une désintégration
en règle à l'image du groupe qui sort ici son
dernier disque avant séparation définitive. A
moins que ce soit encore une feinte.
SKX
(10/12/2005)
website
groupe www.mylozenge.com
website
label www.sickroomrecords.com
sounds
eyeteeth.mp3
|
Lyssa
Amoral - CD
Silver Rocket 2005
Après
des débuts laborieux, les Tchèques de Lyssa durcissent
le ton et semblent trouver la bonne formule. Celle qui fait
saigner les tympans et hurler les biens pensants. A grands coups
de larsens contrôlés (faut pas déconner)
et d'un son qui arrache les tapisseries, tellement dense qu'on
pourrait le toucher, Amoral est au plus haut. C'est du rock
noise taillé dans le matériel le plus pur et le
plus brut, prémédité comme un live avec
un rythme faussement lancinant ponctué de brusques pains
dans la tronche et des coups de basses qui résonnent
encore longtemps une fois l'écho de la musique estompée.
Ca grésille, c'est lourd et menaçant. Lyssa ne
s'épargne pas des penchants mélodiques, de sombres
lignes dorées pour apaiser ses tourments mais rien n'est
simple et si on sent que derrière toute cette dureté
se cache de la vulnérabilité, c'est l'odeur de
souffre qui reste la plus forte. On peut regretter le coté
monolithique de ce bloc, la manque de variété
mais c'est à prendre ou à laisser. Pour ma part,
je croule sous le poids et je ne fais rien pour éviter
la chute.
SKX
(27/12/2005)
website
label www.silver-rocket.org
sounds
armando.mp3
| neklid.mp3
|
 |
Landed
Times I despise - 12''
Load 2006 |

Landed / Air Conditioning
Fuck Seatbelts, fuck Ralph Nader
split 12''
Hospital productions 2006 |
C'est
une histoire vieille de huit ans. La dernière fois que
Landed a fait parlé de lui, c'était en 1998 et
leur album Everything's happening.
Landed, un noyau dur composer de deux anciens Six Finger Satellite
et de Dan St Jacques, un hurleur patenté sur lequel circulent
les pires histoires. Autour, un tas d'électrons, tous
issus de la furieuse scène de Providence, gravitant plus
ou moins autour du bruitiste Load records et ayant pour noms
des membres de The Chinese Stars (le bassiste), Lightning Bolt
(les deux), Mindflayer, la liste est longue, que des mecs qui
s'y connaissent en détérioration de tympans. 2006.
Le collectif Landed remet du pétrole dans la machine.
Mais du pétrole usée. Les sept morceaux de Times
i despise ont été enregistré en 2001
et les quinze minutes du split avec Air Conditioning en 2000
pour un seul long morceau live. Un live enregistré à
trois kilomètres de la source. Petit son, chaos maîtrisé,
toujours sur le fil du rasoir, ce titre aurait pu être
grandiose sans ce son indigne. La résurrection de Landed
vaut surtout pour les inédits de Times I despise.
La recette de Landed a toujours été de triturer
une idée de base, d'enfoncer méchamment le clou
en faisant le plus de bordel possible. Grincements de dents
(et dehors), noise-rock frange dure, mantra hypnotique, un truc
malsain psalmodier par St Jacques. Mais ces sept titres démontrent
un certain maintien. Il font (presque) dans le court. Rick Pelletier,
le bassiste des stars chinoises officie à la batterie.
Deux guitares hissent les barbelés mais n'en rajoutent
pas. Landed, une messe noire bruitiste et improvisée.
Matez la vidéo sur la page d'accueil de leur site pour
comprendre. Le split donne l'occasion de découvrir l'Air
Conditioning. On en manque singulièrement sur le premier
titre. Si les crrrsssh, rrrrriiiiiizzzz, tttrrrr de Merzbow
sont un doux délice, arrêtez-vous (et consultez).
Sinon, fuyez. Deuxième morceau, changement de décor.
De vrais instruments mais toujours autant de bordel dans le
rock. Comme une (mauvaise) chute d'un morceau de Landed. Le
chaos est un art, qu'on ne se trompe pas. Air à peine
plus respirable. Pour Landed, le vrai retour se jugera sur un
futur 12'' et un Dirty bomb estampillé 2006 (pendant
que la face B ressurgira de 1997), plus un split 7'' avec The
Pope et un autre morceau inédit. Les tympans vont continuer
de saigner.
SKX
(03/12/2006)
website groupe 02909.com/landed
website label www.loadrecords.com
| hospitalproductions.com
|
Lillayell
/ Velma
Split CD
Psychotica 2006
Un
digipack tout fin aux obscurs ornements abritant deux groupes
d'horizons très divers. Psychotica, le label italien
prouve une nouvelle fois son ouverture musicale. Commençons
par leurs compatriotes de Lillayell. Après un premier
album qui n'avait rien de franchement convaincant, Lillayell
tente de donner du corps à son rock dissonant et noisy.
Et ya encore beaucoup d'efforts à faire ! C'est le genre
de truc un peu fade et passe-partout, bâtard sur les bords
même si on sent qu'ils ont fait des efforts sur l'écriture
pour donner de la personnalité à leur musique.
De longues tirades de guitares qui tirent à vue, des
arpèges pour calmer et une voix féminine sur un
morceau pour charmer. Tout ça s'écoute sans déplaisir
mais on oublie bien vite une fois les lumières éteintes.
Velma débarque de l'autre coté des montagnes,
la Suisse, sa partie française. Un groupe qui aime la
collaboration, les résidences, la performance musicale
pour le théâtre, les compagnies de danse, bref,
des artistes quoi, des vrais et qui au fil du temps se dirigent
de plus en plus vers un format " classique " de la
composition. Trois albums au compteur déjà, un
split single avec Dälek, des touches à tout qui
s'offrent ici six titres tout comme Lillayell. Ou six pièces
avec ses passerelles invisibles. Un morne voix posée
et parlée sur des champs à perte de vue de guitares,
des no man's land ténébreux où le rythme,
quand il existe, est squelettique et glacial. Paysages mélancoliques.
Velma sculpte dans le pas facile avec une façon très
cinématographique de faire de la musique. Mais les images
n'apparaissent dans vos têtes uniquement quand cette musique
a fini par vous endormir. Un split qui ne fait pas rêver.
SKX
(26/05/06)
website groupe www.psychoticarecords.com/lillayell/lillayell_index.htm
|www.velma.ch
website label www.psychoticarecords.com
sounds www.velma.ch/mp3/Landing_Aliens
|
Lisabö
Izkiriaturik Aurkitu Ditudan Gurak - CD
Metak 2005
Quittons
un instant les sentiers balisés pour nous diriger vers
la ville d'Irun en plein pays basque, au sud d'Hendaye. Non,
je ne prépare pas mes prochaines vacances. Irun est le
théâtre de jeu d'un groupe qui m'étais inconnu
il y a peu encore. Lisabö, quatuor au trois quart masculin.
Le premier album date pourtant du nouveau millénaire
(Ezarian en 2000 sur Esan Ozenki records) puis un CDEP
sur le plus connu label Acuarela en 2002 jusqu'à ce nouveau
projet sur le 100% basque Metak. Un disque en forme de collaboration.
Difficile de dire dans ces conditions, quand vous ne connaissez
pas leurs précédents enregistrements, quelle est
la part de Lisabö dans ces treize compositions. Mais il
ressort de tous ces titres une dimension émotionnelle
qui fait trembler plus d'une chair. Des échanges avec
le chanteur d'Experience, Manta Rey ou des beaucoup moins connus
Anari, Riddim, Akauzazte, Xabier Erkizia et Carlos Desastre.
Si le titre avec Experience ressort du lot avec le phrasé
reconnaissable entre mille du chanteur, le reste fait bloc.
Une chape de mélancolie, des ambiances qui prennent aux
tripes, Lisabö doit autant à Sonic Youth qu'à
Slint, autant à certaines phrases de guitares (El
adios que se queda) du célèbre groupe de New-York
qu'à cette tension maladive que le groupe de Louisville
savait rendre presque intolérable. Mais la musique de
Lisabö ne se laisse pas approcher facilement. A l'instar
des tchèques de Lvmen, ils créent des climats
chargés de nuages noirs, qui aiment progresser sur la
durée non sans ruer dans les brancards, le temps de morceaux
plus noise-rock et concis, alternant les vitesses et soutenus
par un chant masculin/féminin qui fait beaucoup dans
la beauté de ces morceaux. C'est Kill The Thrill dans
les intentions. Ce feu intérieur qui bouillonne, ce parfum
dramatique parfaitement mis en son, cette sensation d'épaisseur
et de légèreté. Un disque dense qu'une
multitude d'écoutes ne suffit pas à en faire le
tour. Le pays basque frappe très fort.
SKX (08/01/06)
website
label www.musikametak.com
| www.esan-ozenki.com
|
|
Loosers
For all the round suns - 2005
Ruby Red / Flur 2005
C'est
pas tous les jours qu'on chronique un groupe portugais. De mémoire,
c'est même le premier. J'avoue facilement mon ignorance
sur ce qui se passe à l'ouest de la péninsule
ibérique, si Loosers est esseulé en son pays ou
si une ribambelle de groupes vont franchir les Pyrénées
mais le cas de Loosers mérite qu'on s'y attarde. Ils
débarquent avec un premier album qui fait suite à
pas mal d'auto productions. Les Loosers deviennent des winners.
Et des chercheurs. Quête sonore. Liberté des formes.
Virage à gauche. Ca frôle le ravin et sert un morceau
noise-rock bien cuirassé pour mieux rebondir sur un long
périple de treize minutes, tribal, halluciné et
dangereux pour les neurones. Loosers ne se donne aucune frontière.
Allume la mèche autant avec Sonic Youth que tout un pan
de la musique kraut-rock, nos français de feu Bästärd
que la musique électronique, les signaux lumineux, les
samples, le rythme martelant, toujours le souci du rythme, ne
pas s'enliser dans des méandres expérimentales
qui rendraient l'âme au bout d'une écoute, non,
gardez le rythme, l'ère industrielle, retour vers le
fer, l'âge du futur. Un trio débordant d'imagination,
à l'instrumentation riche mais ardue, chanté ou
non, entre le froid clinique et la chaleur de la transe. Loosers
réussit une première oeuvre audacieuse et met
le Portugal sur la carte du rock, tout aussi trafiqué
qu'il soit.
SKX
(09/01/06)
website
groupe www.loosersarefree.com
website
label www.freewebs.com/rubyredlabel
| www.flur.pt
|
Loraxx
Selfs - CD
Automatic Combustioneer 2005
Loraxx
est un pur produit de Chicago. Rien que cette sentence devrait
suffire à comprendre. Ils se déclarent eux-mêmes
sonnant comme Jesus Lizard, Shellac et Birthay Party. En plus,
enregistré par qui vous savez, la voie est toute tracée.
Un groupe pourtant fort discret. Selfs est leur troisième
album depuis leur création en 1998 mais on ne peut pas
dire que leur nom soit familier des rubriques people de l'indé.
Comme quoi le blaire d'Albini ne suffit plus. La faute surtout
d'un groupe qui n'est qu'un loisir de week-end et qui a laissé
quatre années s'écouler depuis leur second album
Yellville. Selfs ne serait donc qu'un produit
de plus de cette école à broyer noise-rock made
in Chicago
? C'est ce qui risque de leur arriver
Cet album se distingue pourtant grâce à une voix
femelle marquante. Femelle car ce chant est plus proche de l'animal
qu'on titille que le signe d'une sensualité débordante.
Arista Strungys, qui plaque aussi des accords acérés
de guitare, va chercher au plus profond de son larynx, crache,
éructe, donne l'impression de forcer, de puiser des forces
insoupçonnées pour un résultat qui permet
à Loraxx d'affirmer sa personnalité. Pour la partie
musique, c'est la section rythmique qui pose les fondations.
Lourde, menaçante, la paire Jeff Lauras (basse) et Elliott
Talarico (batterie) n'aime pas la démonstration gratuite,
se contentant d'user les nerfs, répétant inlassablement,
enfonçant le clou, construisant une forteresse autour
de la guitare qui se contente d'interventions au vitriol, laissant
la part belle à cette section pas bavarde mais imposante.
Ecouter le morceau final The Kingmaker. Ce sont les Melvins
qui se prennent pour Glazed Baby. Ballade monstrueuse de sept
minutes dans les entrailles de la bête. Alors avec leurs
airs tout trouver d'avance et ces références jetées
en pâture trop facilement, Loraxx finalement trompe son
monde. On sait d'où ils viennent mais les routes sont
incertaines ma bonne dame, nous emmènent vers des chemins
bien plus complexes et signe un album que vous feriez mieux
d'écouter attentivement.
SKX
(08/01/06)
website
groupe www.loraxx.com
sounds
frontendloader.mp3
| 3witchesonbrooms.mp3
|
|
Lower
Forty-Eight
Apertures - CD
Monotreme 2005
Le
groupe de San Francisco continue son aventure européenne
en signant son troisième album sur le label anglais Monotreme.
Après un Skin Failure conséquent, Lower Forty-Eight
insiste là où ça fait mal. Les choses n'ont
guère changé mais quand à la base, elles
sont déjà bonnes
. Le rock du trio est généreux,
puissant, tour à tour sophistiqué et brut, complexe
et carré. Vous pouvez être aussi bien confronté
à de gros riffs plombant qu'à de nombreuses anfractuosités.
Des labyrinthes débouchant sur de lumineuses envolées.
Une incroyable dynamique, constante, même dans leurs moments
plus détendus, portée par la guitare volubile
de Andrew Lund et son chant rageur. Lower Forty-Eight utilise
tout l'arsenal disponible pour arriver à ses fins, entre
la tension et des lignes mélodiques juteuses (limite
par deux, trois fois quand même), la virulence et l'ambition
de construire de véritables pièces musicales à
tiroirs multiples. L'album, comme les précédent,
souffre sans doute d'une véritable identité musicale,
de morceaux porteurs qui éclairciraient le coté
massif de la chose. Ca reste tout de même une belle bête
qui mérite le coup d'oreille.
SKX
(29/07/2006)
website groupe www.lowerforty-eight.com
website label www.monotremerecords.com
sounds Mass_Denial_Massive_Guilt.mp3
| I_Am_A_Rogue_State.mp3
|
Lvmen
Mondo - CD
Day After 2006
Lvmen
enterré trop tôt. L'exhumation a débuté
par une An anthology of previously released songs, soit
la totalité de leur discographie remasterisée.
Sept titres en tout et pour tout, répartie sur deux disques.
Maigre. C'était début 2006, signe avant coureur
d'une reformation. Six années de silence, des changements
importants de personnel et la machine est relancée. Je
ne serais dire à quel point ce renouvellement de personnes
influe sur la musique des tchèques. Des membres originels,
il ne reste plus rien. Ou plus grand-chose. Changement par couches
successives pour aboutir à un groupe qui ne garde plus
que le nom pour seul liant historique. Même le pilier
du groupe, le taciturne Tschepitz et sa basse mélodique,
a stoppé l'aventure. Mais la touche Lvmen reste. Les
six membres gardent le format long de compositions qui allient
toujours puissance, noirceur et ambiances aériennes.
Les samples prennent de plus en plus le pas sur un chant qui
se fait rageur quand il apparaît. Le nouveau Lvmen n'a
pas changé grand-chose. Sauf qu'ils le font moins bien.
Je ne sais pas si c'est toute la ribambelle de groupes dans
le genre qui a débarqué depuis (non ! pas comme
Isis !) qui a tué l'effet de surprise, tordant le cou
à l'originalité de Lvmen ou si l'inspiration était
encore rouillé après toutes ces années
de silence mais ce Mondo laisse sur sa faim. Comprenez bien.
Cet album est agréable mais les morceaux n'ont pas dans
l'ensemble l'ampleur et le brillant de ces prédécesseurs.
Morceaux toujours numérotés (8 à 13) avec
des montées maîtrisées, des accès
de colère qui valent le détour, des petits trucs
à gauche à droite séduisants mais pas c'est
pas le grand huit espéré. On va dire que c'est
un disque de remise en route.
SKX
(07/11/2006)
website groupe www.lvmen.cz
website label www.dayafter.cz
sounds 20913.mp3
| 20917.mp3
|
Landed
Dirty bomb / Creeping hand 12''
Corleone 2007
L'entreprise
de démolition Landed et son nouveau parpaing. Le premier
est une pièce récente datant de 2006. Sept maçons
ont été nécessaires à son élaboration.
Dirty bomb est son nom et comme à son habitude,
les maçons du collectif Landed sont des spécialistes
de la torture auditive. Pêle-mêle, des mecs qui
ont ou eut traîné avec Chinese Stars, Lightning
Bolt, Six Finger Satellite, Minflayer et le fameux Dan St Jacques
en hurleur de la pleine lune. Contrairement à ce qu'on
pouvait s'attendre, Dirty Bomb n'est pas ce sale missile
qui vous napalme la gueule. C'est plutôt la mine anti-personnelle,
le truc vicieux guettant sa proie. Un rythme qui ne bougera
pas (ou presque) d'un pouce pendant neuf minutes avec les couinement
de St Jacques et un tas d'interférences électroniques
pouvant faire penser au Brise Glace du début. On a connu
Landed plus virulent mais ce morceau s'inscrit sans problème
dans leur longue litanie historique de mantra noise. Face B,
Creeping Hand est deux fois plus crispant. Normal pour
un morceau joué live pendant la nuit d'Halloween en 1997
à Providence puis remixé et remasterisé
récemment. Douze minutes où là encore,
Landed construit un rythme pour l'hiver. Des tas de bruits énervants
se greffent sur cette corde raide avec un passage ultra-répétitif
au milieu faisant croire que le disque est rayé. Ces
mecs prennent des substances étrangères. C'est
un brin facile et longuet et il n'est pas aisé de rentrer
dans leur drôle de danse en forme de grande messe noire.
On a connu Landed plus inspiré mais c'est une belle pièce
tordue de plus à leurs méfaits.
SKX
(05/02/2008)
website
groupe landed.02909.com
website
label www.corleonerecords.com
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Lisabö
Ezlekuak - LP + CD
Bidehuts 2007
Lisabö
et c'est tout le pays basque qui s'enflamme. J'étais
resté sur l'album Izkiriaturik
machin truc et des rumeurs de fin de groupe. C'était
en 2005. Mais cet album de collaborations leur avait redonné
la flamme. Lisabö est reparti se chauffer en studio pour
revenir les mains pleines d'un album tout blanc avec un vinyl
et un CD à l'intérieur. Très belle pochette
en carton épais avec le rabat qui rappelle les deux premiers
45 de Shellac mais en grand format. Le vinyl pèse son
poids également mais c'est surtout pour la musique qu'il
supporte. Et pas pour les raisons qu'on croit. Avec deux batteurs
en ses rangs, on pourrait croire que la force de frappe est
incroyable, un véritable attentat à chaque coup
de baguette. Que nenni. Excepté sur le 1er morceau Hazi
eskukada I où on sent la double batterie, les autres
titres imposent leur présence uniquement par le poids
des guitares et la passion qui regorge de chaque compo. Le rythme
est bizarrement très basique. On se demande vraiment
l'utilité de deux batteries alors qu'un manchot amputé
de deux doigts pourrait tenir ces rythmes les doigts dans le
nez (donc avec les trois qui restent ce qui rend finalement
sa tâche très compliquée). On ira alors
chercher son bonheur ailleurs et à vrai dire, j'ai mis
du temps à le trouver. Comme dit en préambule,
j'étais resté sur l'album de 2005 et sa diversité
alors qu'il faut remonter en 2000, soit leur premier album Ezarian
sur Esan Ozenki records. Sur ce Ezlekuak, troisième
album en sept ans (Lisabö, un groupe très prolifique),
ils reprennent cette approche monolithique du bruit. Quand ils
se mettent à l'ouvrage, c'est pour pondre des compos
généralement longues et épiques. Se vider
la tête et les tripes. Présenter un canevas quasi-identique
à chaque compo, mélange de profonde mélancolie
et de fureur, de guitares généreuses et noisy,
d'une basse distincte, de ce rythme monocorde et d'un chant
qui est l'autre point de discorde avec les batteries et qui
nuit au bonheur total. Un chant lui aussi uniforme, jouant trop
sur la corde sensible, limite pleurnichard dont la langue natale
accentue le coté désespéré. Si vous
avez le malheur de vous pencher sur les paroles présentes
et traduites sur l'insert à l'intérieur de la
pochette, c'est encore pire. La mousse poussera dans mes poches
et dans ma tête les mots des sorcières montreront
mon squelette. Bigre. Un chant rappelant celui de Envy. Forcé
sur les bords, toujours dans la même tonalité (la
musique des japonais, époque All the footprints,
n'en ait pas très éloigné non plus). Les
compos de Lisabö sont suffisamment lyriques pour ne pas
en rajouter dans le pathos. Ca, c'est ce que vous vous dites
au début. Peu à peu, vous entrez dans leur univers
rempli de ruines, de gares désaffectées, d'amours
perdus et de villes fantômes. La voix se fait à
votre raison et vous vous pliez sous le rythme martial. Sans
posséder l'élan et l'inspiration de leurs précédentes
uvres, ces nouvelles compos finissent par insidieusement
se répandre dans votre cortex sensitif, les violons de
la fin de l'album vous achevant. Un album sur et dans la douleur.
SKX
(17/11/2007)
website groupe www.myspace.com/lisaboezlekuak
website label www.bidehuts.net
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Lite
Phantasia
- CD
Transduction 2008
Ca
faisait un moment - mais j'ai une très mauvaise mémoire
- qu'un groupe japonais ne s'était pas fait chroniquer
dans ces pages virtuelles. Mais si les groupes nippons deviennent
comme Lite, c'est-à-dire comme tout le monde, sans le
petit grain de folie qui fait leur différence, on ne
risque pas de s'attarder dessus (sauf si elle est jeune et de
bonne volonté). Appelons ça les méfaits
de la mondialisation (mon con). Lite fait dans le math-rock,
un truc devenu aussi banal qu'un produit fabriqué en
Chine et ce qui le distingue du reste de la troupe se résume
en un mot : rien. Ou alors si mais dans le négatif. Des
sales parties de guitares (comme sur le morceau qui donne son
titre à l'album), funk-rock speedé à la
sonorité claire atroce. D'ailleurs, c'est dans les guitares
que l'on retrouve le pire de l'énervant avec un son qui
me défrise (et il faut se lever de bonheur pour me défriser),
et un jeu capable d'en faire des tonnes comme d'être jubilatoire
mais trop rarement. Ces Japonais ont la virtuosité de
gars qui ont partagé un split-album avec Mike Watt (Minutemen),
assurent comme des bêtes mais pour pas grand-chose à
l'arrivée. L'impression désagréable de
voir des gars contents d'eux, la guitare sous les aisselles
(la pire tenue de guitare qu'il puisse exister au monde) comme
de vieux requins trop sûrs de leur technique, des rythmes
pitoyables qui voudraient nous faire danser. Au mieux, on pourrait
les rapprocher d' Ahleuchatistas et Sleeping People mais ils
n'ont pas le même sens du rock, n'ont pas cette dimension
de danger. Ils auraient même le ton enjoué (voir
gentillet). Et j'aime pas les gens heureux. Vous y croyez vous,
à du math-rock funky ?? Je n'avais pourtant pas sourcillé
à la première écoute, à peine lever
le petit doigt à la seconde. J'étais comme Ph(F)antasia
chez les ploucs. Gobant sans réellement écouter.
On pourrait se laisser abuser facilement. Distraitement. Mais
tout ces arpèges débouchant de partout ont fini
par se retourner contre leurs géniteurs, la vitesse sans
le frisson, des choses atroces que la décence ne me permet
pas de vous narrer en détail et qui ont fini par couvrir
les choses plus convaincantes. Pour finir par m'énerver
vraiment.
SKX
(24/07/2008)
website groupe lite-web.com
website label www.transductionrecords.com
|
Logs
s/t 7''
Pure Pain Sugar / Denovali 2007
Un
trio originaire de Olympia, Logs, dont les premières
éructations datent de janvier 2007 pour une démo
enregistrée dans la foulée et ce sont ces quatre
titres qui se transforment en single. La vie est belle. Ils
ont beau venir de la patrie de K records et Kill Rock Stars,
c'est un duo de labels français qui s'occupent de leur
cas. Ils font dire que leur emo-noise n'a pas grand-chose à
voir avec l'éthique habituelle des deux labels d'Olympia.
La frontière canadienne est à quelques encablures
et les feu-Shotmaker ont laissé des traces des deux cotés
de la frontière. Et qui dit Shotmaker dit bien sûr
Kurt, les teutons toujours dans les bons coups. Logs garde ce
goût pour la mélodie vibrante mais virile, ce sens
du rythme qui vous fait bouger le cou en cadence, ce bon gros
son de basse et l'amour de la bête à corne sur
une pochette marrante. Mention spéciale pour le morceau
Some millipedes have... sur un single qui glisse tout
seul. Single entièrement écoutable sur leur myspace.
Mais c'est pas pareil
SKX
(04/02/2008)
website
groupe www.myspace.com/logsband
website
label www.purepainsugar.com
| denovali.com
sounds
Thriving_in_volcanoes.mp3
|
|
Loisirs
/ 10 Volt Shock
Split 7''
Rejuvenation - Théâtre - X-Mist 2007
Comme souvent, c'est pour fêter une tournée commune
et un amour immodéré pour les blondes (les bières
uniquement) que ce split franco-allemand est sorti. A moins
que ce soit pour relancer l'Europe et porter une vive concurrence
à notre cher nouveau président bien aimé.
Union libre aussi pour les labels avec deux français
et un allemand qui, printemps oblige, ont opté pour des
pochettes avec cinq couleurs différentes. Mon exemplaire
est jaune. Une couleur qui ne porte pas chance cette année
mais ça, c'est une autre histoire. Comme je n'ai aucun
amour propre, je commence par les poitevins de Loisirs. Congratulations,
ce n'est pas moi qui le dit, c'est juste le titre du morceau
et quelques gonzesses aussi qui tomberont toujours dans leur
piège d'un rock jeune et frais fait par des vieux. Un
Robocop Kraus pour homme, dans la lignée de leur album
précédent Submergé par le sublime,
voir mieux car plus rentre-dedans et sale dans les sillons.
Comme je n'ai toujours pas d'amour propre, je continue avec
les Allemands de 10 Volt Shock. Deux inédits pour lesquels
notre trio ne va pas changer la donne, ça serait mal
connaître leur jusque boutisme, celui d'un rock-noise
droit dans ses bottes, toujours aux frontières de Kurt
et Shotmaker, version là aussi, pour nous, les hommes.
Comme à leur habitude, c'est rudement bien fait. L'Europe
n'a pas de souci à se faire. Note des propriétaires
in english dans le texte : si vous payez ce single plus de
4€, c'est que vous êtes idiots ou bourrés.
Voir les deux, hein les gars !
SKX
(17/05/2007)
website groupe loisirsmyralee.free.fr
| www.tenvoltshock.de
website label www.rejuvenationrecords.com
| www.myspace.com/theatrerecords
sounds planned.mp3
|
Lucertulas
Tragol de rova - CD
Robotradio 2007
Découvert
à l'occasion d'une première tournée en
France en compagnie de leurs compatriotes GI Joe, Superlucertulas
a depuis perdu son Super quand son bassiste-chanteur s'est fait
la malle, se nomme désormais Lucertulas et sort son deuxième
album après un précédent disque Homo
Volants sur 8mm records. Avec ce changement de personnel,
il n'est point étonnant de voir leur musique évoluée.
On reste dans le domaine du bruit, ça saigne, ça
dissone mais ça perd surtout au passage sa dimension
psychédélique et c'est pas plus mal. Leur noise
est rock. On se prend à penser à Arab on Radar
mais contrairement aux gars de Providence, ça ne te donne
pas du tout l'envie de danser. Approche brutale du son, guitares
bien sales qui regardent le bruit dans le blanc des yeux, rythmique
martelante, Lucertulas n'est pas là pour te tricoter
un pull en cachemire pour l'hiver. Tout vibre sur leur passage.
Excepté un sixième morceau qui cherche son salut
dans l'ambient-noise, les huit titres de Tragol de rova
font bloc dans la maltraitance et c'est sans doute là
le défaut principal. Lucertulas manque de discernement
dans ses attaques, le bruit est livré brut, sculpture
minimale. Si le chaos est attirant, le son charnel, les saturations
grisantes, il leur reste désormais à organiser
tout ça dans des compositions qui tiennent la route pour
vous emmener un peu plus loin dans la quête du bruit blanc,
parce que là, on risque de vite se fatiguer. Pas à
la hauteur de leur véhémence. A peine l'album
enregistré, le trio change de batteur, n'en perd pas
son Lucer ni son latin, garde son patronyme et tout un tas de
possibilités pour se faire définitivement un nom
après ce second essai prometteur.
SKX
(04/12/2007)
website groupe www.myspace.com/lucertulas
website label www.robotradiorecords.com
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