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THE LACK s/t
LACK blues moderne : danois explosifs
LACK Be there pulse - Greetings from a non-believer - 7''
LADDIO BOLOCKO strange warmings of in real time
LANDED everything's happen
LANDED why I live / hit the land
LANDED Times I despise - 12''
LANDED / AIR CONDITIONING Fuck Seatbelts, fuck Ralph Nader split 12''
THE LAST CRIME s/t
LES SAVY FAV retrobate's resumé / no sleeves
LIARS They threw us all in a trench and stuck a monument on top
LIARS They were wrong, so we drowned
LICKENGOLDENSKY Self-titled
LIFE AT THESE SPEEDS self-titled
LIGHTNING BOLT Wonderful rainbow
LIGHTNING BOLT s/t
LIGHTNING BOLT Hypermagic mountain
LILLAYELL / VELMA Split CD
LIMITED EXPRESS (HAS GONE ?) Feeds you!
LIMITED EXPRESS (HAS GONE ?) Makes you dance
LISABÖ Izkiriaturik Aurkitu Ditudan Gurak
THE LOCUST Plague soundscapes
THE LOCUST s/t 5''
THE LOCUST Safety second, body last
THE LOCUST/ARAB ON RADAR
"s/t "

LOGAN Love, said gas
LOISIRS/MYRA LEE split single
LOISIRS Submergé par le sublime
LOOSERS For all the round suns
LORAXX Selfs
LOUISE CYPHRE wenn wir menschen....
LOVE LIFE the rose he lied by
LOVE LOST BUT NOT FORGOTTEN upon the right, I saw a new misery
THE LOWDOWN Y is a crooked letter
LOWER FORTY-EIGHT Skin Failure
LOWER FORTY-EIGHT Apertures
LOZENGE Undone
LUDE herzlude
LUMEN the man felt an iron hand....
LUNGFISH the unanimous hour
LUSTRE KING shoot the messenger
LVMEN Raison d'être
LVMEN s/t 12''
LVMEN Mondo
LYNX s/t
LYSSA Amoral
LANDED Dirty bomb / Creeping hand
LISABÖ Ezlekuak
LITE
Phantasia
LOGS s/t 7''
LOISIRS / 10 VOLT SHOCK Split 7''
LUCERTULAS Tragol de rova


THE LACK
" s/t " - CD
Troubleman 02
Les chemins de traverses, le big cross-over, le mouvement perpétuel. Le hardcore ne reconnaît plus ses enfants. Si tant est que cette musique puisse être taxée de hardcore. Disons une gravitation en orbite, des racines communes qui puisent aussi dans le punk. On ne se laisse plus troubler désormais par tous ces groupes teigneux avec claviers, ces tatoués qui ressortent des sonorités new-wave en plein noise-core fulmineux. The Lack ( à ne pas confondre avec le groupe danois Lack) pousse le bouchon encore plus loin. Avec des oreilles qui ont certainement traînées dans la musique industrielle, The Lack présente un premier album qui doit autant à Song Of Zarathustra qu'à Nine Inch Nails! Un album de chair et de sang mais aussi synthétique et électronique. Une étrange impression où le rythme est le plus souvent ralenti, pesant et inquiétant. Avec des vagues de guitares, des vagues de bruits artificiels. Pour atteindre un paradis sombre et torturé. Quatorze morceaux mais nombreux sont courts et sans titre. Comme des intermèdes entre 4, 5 compositions autour desquelles tournent l'intérêt général. Des avis de tempêtes brefs mais fulgurants. Des voix où soufflent le vent du désert ou alors méga-criées. Des champs magnétiques, une alchimie fine entre des éléments contradictoires. C'est froid et tendu, l'ensemble ne manque pas de piquant et d'originalité. Un peu trop décousu pour que l'on suive le fil sans perte de chaleur. Mais c'est un objet encore mal identifié, sans famille, intriguant et beau à la fois comme ce boîtier CD aux transparents bleus mystérieux. The Lack cherche et la tentative est concluante.
SKX (11/06/2002)
LACK
" blues moderne : danois explosifs " - CD
Nova / Scene Police 01
Les Don Quichotte danois. Ce disque est un album de rébellion. D'adolescents, même attardés, en colère, qui veulent tout casser, tout broyer. Ils ne savent pas quoi, ils ne savent pas comment mais faut que ça dégage! Un besoin impétueux de quelquechose de nouveau, de quelquechose d'autre. Et ça leur donne en tout cas une énergie, une sombre intensité incroyable. Une longue complainte aux accents modernes, le blues version jeunes chiens fous. Le discours, 40 ans après, reste toujours le même. La protestation a seulement augmenté le volume. Frapper aussi dur que possible. Crier jusqu'à l'agonie des "freedom" pour mieux s'en persuader. L'angoisse lustrée par le quotidien. Si vous vous pissez dessus à chaque écoute de Botch. Si vous mouillez votre petite culotte devant Converge, une seule solution pour que la sainte trilogie soit complète : Lack. Ce premier album est une putain de révélation! En accentuant le coté brut et sauvage, Lack trouve sa voix haut la main. Le Danois est intenable. Il est pas content du tout et il le fait savoir. Chaque son, chaque note, chaque riff hyper tranchant. Avec de vrais hymnes dedans comme 'zur genealogie des modernen menschen' ou 'achilles and the tortoise'. Des moments de cauchemar savamment orchestrés comme l'inquiétant "when even the most honest of emotions turns into a commodity'. Les mâchoires serrées. Les poings bleuis. Net. Direct. Rien à jeter. Album parfait. Le sacrifice à prix coûtant.
SKX (06/11/2001)
LADDIO BOLOCKO
" strange warmings of
in real time
s/t " - CDs/CDEP
Hungarian records 97/98
Un seul nom vous suffit! Le nom de Blake Fleming, batteur incontesté des Dazzling Killmen et l'annonce d'un concert au Confort Moderne à Poitiers pour une découverte qui valait bien l'achat au prix de gros de l'ensemble de leur discographie. Le monstre-batteur revient ici nous en mettre plein la vue, épaulé d'un bassiste, d'un guitariste dissipé et d'un saxophoniste, Marcus DeGrazia, parti déjà soufflé dans les bronches de Craw sur leur 2ème album. "Orgiaque", le 1er mot qui vous vient à l'esprit. Avec le batteur en chef de file en plein milieu des ébats. Et une œuvre dévoilant des facettes multiples tout au long de ces 3 CDs. Tous différents mais tous égaux! Et une tendance à l'accalmie à mesure que la courbe du temps avance. Car le CD des débuts, "Strange...." a tout pour vous couper le sifflet. Lignes rythmiques solides, trépidantes, hallucinatoires. Propulse la machine qui ne demandait qu'à s'emballer. Saxo vaudou, sauce piquante, tente d'apaiser la bête, repart dans un soubresaut, chaotique forcément. Formes abstraites des guitares, fiévreuses ou s'étirant sur une longue note décadente. Ca déstructure à tout va, file droit la seconde suivante pour de longues chevauchées, celle dont on ne ressent aucune fatigue, même au bout de 10 minutes jouissives. Toutes tripes à l'air et tuyauterie explosée. Et l'œuvre la plus proche de leur performance live. "In real time" calme le jeu, la rythmique se mouve groove, irrésistible, la palette des sons s'enrichit, les compos itou! L'air circule avec grâce sans épargner les frottements abrasifs, car la bête ne se laisse pas dompter si facilement. On se termine avec un CD 15 mn, l'expérimentation pousse les murs, désarticulation mécanique, Brise-Glace réveillé. Une bête qui n'en fait vraiment qu' à sa tête, frappe par surprise. De début furieux, Laddio Bolocko continue sa quête. Musique de transe, musique jubilatoire, c'est foutrement bon !
SKX (03/08/1999)
LANDED
" everything's happen " - CD
Vermiform 00
Engrenages crissants qui roulent à votre rencontre. LANDED n'a pas le souci des conventions et sur le punk et bruitiste label Vermiform, Landed sort l'artillerie des grands jours. Aucun artifice, un minimum de renseignements, pas de titres de morceaux, tout peut arriver sur cet album. On prend un riff de départ, un rythme naissant et on le triture, on l'arrache de ses gonds, on le fracasse dans le mur. On insiste bien là où ça fait mal en jouant sur les répétitions malsaines. Et on décapite tout ça une fois l'amusement fini, en invitant par la même occasion le psychopathe de l'appartement voisin pour niquer les micros. Rythmiquement très fort, soniquement juste le ton qu'il faut, ces artistes du bruit ont la détente facile mais fort à-propos. Libre cours à l'inspiration du moment, jamais deux fois la même chose. Il faut attendre le long et dernier morceau pour un semblant d'accalmie reggae-noise (?) avant le déluge, grande répétition général du chaos, jouissif tonnerre de dieux, aventureux sous des dehors peu présentable. On pense à Laddio Bolocko, des mecs qui foncent droit devant, maltraitant leurs instruments pour leur arracher tout leur jus, expérimentant en pleine course vers l'avant. Une course qui ne peut finir que contre un mur, lancés qu'ils sont à 200 kms à l'heure. Punk et bruitiste donc, catégorie supérieure et éphémère.
SKX (02/11/2000)
LANDED
" why I live / hit the land " - 10
Vermiform records 99
Vermiform records, label des géniaux Universal Order of Armagedon, Born Against et désormais men's Recovery Project pour ne citer qu'eux, s'est fait une spécialité des groupes punk-noise bruitiste à fort message social. Avec ce Landed, ça tout d'une petite gâterie! Ca m'étonnerait guère qu'on ne retrouve pas derrière ce projet des membres d'ex ou toujours groupes en activité. Landed : projet à 2 faces, 2 longs titres titillant les 8 minutes, bruitiste et bordélique à souhait. " Pourquoi je vis " : cris suppliants des guitares, rythmique solide à la slug, prise direct. Sur les notes de la pochette, le nom d'un chanteur est clairement marqué. Les recherches sont toujours en cours. A moins que oui là à la fin... ouh là il a l'air d'avoir morflé! " Mange la poussière " (!!) : rajoutez au bordel ambiant un synthé à deux sous et un sax, le 1er saxophone-coq et vous aurez la 1ère chanson pour poulailler cinglé! Ca tout d'une répèt' géniale ou de morceaux à la mords-moi-le-noeud. C'est selon l'humeur....
SKX (15/11/1999)
THE LAST CRIME
" s/t " - CD
The Omega 97
Encore un disque passé inaperçu. Encore une chronique qui va faire dater. Encore un bonheur éphémère. Du grand nul part, The Last Crime rencontré par hasard sur la toile mondiale lors d'une chronique dithyrambique qui les initiait à un croisement pas possible entre Rodan, Drive Like Jehu et Neurosis. Rien qu'ça! Pour Neurosis, on repassera ou alors on a pas les même disques. Par contre, les deux susnommés se rapprochent de la vérité. Si loin, si proche. Des guitares pas croyables qui vous emmènent très loin, des passages frénétiques après des accalmies, de l'énergie à revendre, de la fougue, des voix qui hurlent, qui écorchent, qui parlent, toute la palette y passe. Des compositions qui prennent le temps de se développer, de vous mettre un flingue sur la tempe pour ne jamais relâcher la pression. C'est presque frustrant de n'avoir affaire qu'à cinq titres (dont un caché à la fin, le coup classique). Ce crime semble bien le premier et le dernier. Depuis l'assassin reste introuvable. Mais si vous avez l'occasion de lui mettre la main dessus, ne changez pas de trottoir. (A commander sur X-Mist ou Stickfigure).
SKX (30/05/2001)
LES SAVY FAV
" retrobate's resumé / no sleeves " - 7"
X-Mist 00
Vous les avez peut-être vu récemment en concert après que Les Savy Fav ait sillonné l'Europe. Les rares échos entendus par ici n'avaient rien d'excitant. Leur dernier (et 2ème) album "The cat and the cobra" m'avait laissé sur ma faim. Après un premier album pourtant emballant. Changement de personnel, changement de formule, une guitare en moins et quelques bidouillages plus tard, Les Savy Fav semble revenir dans le droit chemin et retrouver la fraîcheur et l'inventivité d'un rock bien difficile à épingler. On pourrait tenter At The Drive-In au pire pour le coté sautillant et plein de vitalité, mâtiné d'un relent rétro je sais pas quoi pas désagréable. Enregistrés à l'aide d'un minidisc et d'un macintosh, ce 2 titres les montrent au top de leur forme, à ranger dans cette nouvelle vaque un peu floue de groupes comme Milemarker, Party of Helicopters ou 90 Day Men. New-rock.
SKX (13/03/2001)
LIARS
" They threw us all in a trench and stuck a monument on top " - Lp
Gern Blandsten 02
Mensonge mensonge mensonge. Répétez à l'infini ce doux blasphème et vous risquez bien de passer définitivement sur la face caché du rock. Perfides Liars, groupe new-yorkais, qui emprunte moultes chemins, dissimule ses racines, cache son jeu. Hybrides Liars qui transgresse les frontières, transperce les dernières velléités. Liars se fait centre. Des mouvements contradictoires bataillent en leur sein. Si la base est fondamentalement rock, les secousses engendrées vont bien au-delà. Un groove pervers lamine le socle. Au même titre que Birthay Party en son temps, Liars s'insinue entre les lattes, psalmodie, déclame son blues en couches chaotiques, à grands renforts de basses lourdes et rondes, de rythmes qu'on aimerait danser mais qui s'avèrent, à l'arrivée, rongés de l'intérieur. Le baiser de la veuve noire. La guitare tout en pointillé. Discrète, parlant peu mais à bon escient, la note qui tue au moment opportun, l'ornement qui fait le liant. Si vous avez John Spencer pendu à votre coup, At The Drive-In tatoué sur la fesse gauche, Liars, tout en étant très différent, possède cette touche unique de rock perverti, ce rock universel qui parle à tout le monde. Liars en garde l'esprit, n'hésite pas à le triturer, le hanter par des consonances punks à l'orée des eighties, voir les rythmes blancs et froids de Creation records, ESG en tête (un titre les mentionne "trumbling walls buried me in the debris with ESG). Neuf titres à la forte personnalité, habilement manipulés. On tombe dedans pendant toute une nuit. Au petit matin, on ne sait plus où est la vérité sinon qu'on tient là un groupe essentiel.
SKX (22/08/2002)
LIGHTNING BOLT
" Wonderful rainbow " - CD
Load 03
La foudre s'abat pour la troisième fois. Lightning Bolt, fameux duo de Providence éclaircit notre ciel quotidien d'un magnifique et néanmoins inquiétant arc-en-ciel sonore. C'est fête au village, stroboscope de lumière et manège en folie. Lightning Bolt continue dans sa débauche. Un ampli haut comme un immeuble de quatre étages. Le batteur parlant, le micro scotché dans la gueule pendant que les tentacules s'abattent à toute volée sur la pauvre batterie. Lightning Bolt, c'est une bombe qui n'oublie pas d'écrire des chansons. Le bruit pour le bruit, ils laissent ça à d'autres. Et d'ailleurs, plus ils avancent dans le temps, plus ils laissent le coté expérimental de la chose au profit de mélodies dont la basse n'est point avare, avec toujours cette pointe d'humour dans certains riffs. De la lave en fusion, un truc foutoir, primaire et en même temps, très construit dans sa folie. Basique dans son propos, affreusement audible. La percussion sonore et l'effet de transe que cela procure. Cette plongée dans le ventre de la bête tout en maintenant la tête hors des mâchoires. C'est le disque noise par excellence, le rock dans tout ce qu'il a de plus dangereux, inventif et jouissif. Une musique physique qui vous met sur les rotules, mieux que tous les sound-systems de la terre réunie. Lightning Bolt for ever !
SKX (28/04/2003)
LIGHTNING BOLT
"s/t " - 7
Load 00
Attention, lumière aveuglante droit devant. Les femmes et les enfants d'abord ! Ce nouveau duo américain a la force d'une charge de fantassins où le mot d'ordre est marche ou crève. Un duel basse-batterie dont la formule a des airs de déjà entendue mais là, stop, erreur. Des plus finauds que la moyenne qui font du larsen un 3ème instrument, du bruit, ce glorieux bruit, charnel et primaire, une force de frappe, où l'expérimentation a pied et forme un tout compact avec une basse tour à tour mélodique ou sorti de ses gonds, toute en distorsion et une batterie dont on a bien du mal à suivre le fil conducteur. Pour notre plus grand bonheur. Et contrairement à beaucoup de groupes de ce genre là, ça chante, ça couine, ça désosse. Deux titres furieux de noise incroyable. Un album va débouler d'ici la fin de l'année et ça s'annonce chaud, très très chaud !
SKX (26/09/2000)
THE LOCUST
" Plague soundscapes " - CD
Anti 03
Top chrono. Je suis américain. Je suis le roi du morceau torché en 50 secondes. Je défouraille sec et je pratique une musique qui n'a de musique que le nom. J'adore me déguiser en mouche et ce n'est pas avec du vinaigre que l'on m'attrape. Qui suis-je ? The Locust forcément tête d'âne ! Catégorie branleur complètement décalqué. Avec cette nouvelle et énième production, les insectes de San Diego ont franchi le pas et c'est Anti, une sous-division de Epitath, qui les a attrapé au vol. Et si vous comptiez, pour cette occasion, que The Locust mette de l'eau dans son immonde mixture, c'est raté. 23 morceaux en 21 minutes. The Locust garde le rythme, qu'il a épileptique. En gros, un morceau de The Locust, c'est n'importe quoi. A la première écoute en tout cas. Et la deuxième aussi. Voir la troisième. C'est plein de trucs qui se télescopent en un temps record. Une sale voix de schizo, des aboiements, une batterie déclanchée sur le mode mitraillette avec au chœur de la mêlée, un synthé presque rigolo et une guitare qui fait tache. Ca ni queue ni tête. C'est du bordel de sales gamins teigneux qui ne rangent jamais leur chambre. Alors pourquoi aime-t-on ces p'tits cons ? Hé bien… parce que. Voilà. Ces p'tits cons se la ramènent primaire, brut, ça vous secoue sainement comme une bonne douche froide en pleine canicule. Ca vous prend pas la tête, ça la nettoie de toutes saloperies en un bon quart d'heure. Comme une bonne scène de baston dans un film de Bruce Lee où ya pas besoin de réfléchir, juste se laisser porter par l'action. Et là, pour le coup, on sent que The Locust a eu un poil de moyen en plus pour vous faire une production aux petits oignons. Et que ces p'tits cons là arrogants possèdent le savoir-faire suffisant pour rendre cette musique qui pourrait sonner comme une bouillie infâme et facile dans des mains de novices, en un mets épicé, plein de relief et qui leur donne quatre étoiles à n'importe quel guide de musique extrême et punk au plus profond de son froc. The Locust, t'es pas beau mais on t'aime.
SKX (25/08/2003)
THE LOCUST
" s/t " - CD 5"
Gold Standard Laboratories 99
Vous en connaissez beaucoup vous des groupes qui vous torchent 20 titres en 18 minutes hein ? siouplai ? Et qui pataugent pas dans le death-metal ou le trash-speed moules burnes! Melt-Banana ? nan! encore pire! si, j'te jure! Un truc que t'imagine même pas qu'ça existe! Et pi k'en plus qui te fait pisser de rire! Bon faut avoir le sens de l'humour bien accrocher, j'avoue, mais leur drôle d'engin qui sonne comme un orgue bontempi en plein milieu des rafales de caisses claires, d'une voix qui vient de rencontrer la mort dans les yeux et d'un reste de trucs à cordes qui traînent là par terre, fallait oser! Le plus con, c'est que tout ça reste audible, cohérent dans le 12ème degré, à fond, boîte à rire de sortie. Ya toujours un rythme, un riff qui vient tout casser, grand guignol qui sort la tête du fond de l'ampli. Et comme ça dure qu'un gros quart d'heure, pas le temps de s'ennuyer, paceque c'est vrai, au delà, on supporterait un tantinet moins. Mais là, ces ricains ont tout compris. Durée parfaite. Le souffle de l'explosion n'a pas le temps de se retourner contre la gueule des terroristes!
SKX (19/10/1999)
THE LOCUST/ARAB ON RADAR
"s/t " - 7"
Gold Standard Laboratories 00
Etrange phénomène que THE LOCUST. Faire le plus de bordel possible en un minimum de temps. Prendre ce qui traîne comme instruments, jouer à fond, gueuler dans tous les sens des paroles incompréhensibles. A priori, leur musique n'a aucun sens, du bordel pour le bordel, sans codes, sans trames, juste l'hystérie pour le plaisir de jouer les hystériques. Certains diront d'ailleurs que ça n'ait pas de la musique. Alors si ça vous dérange, n'appelez pas ça de la musique. Appelez ça comme vous voulez. Mais c'est juste un putain d'orgasme sonore, une jouissance explosive, un plaisir simple et primaire, bref du rock, où on prend son pied sans réfléchir. Juste jouer et crever ! Surtout qu'avec ces 5 nouvelles compos (avec toujours des titres à coucher dehors comme le " get off your cross, the wood is needed " (descends de ta croix, on a besoin du bois ? ?)), The Locust atteint une maestria dans son anarchie qui rend encore plus dingue que d'habitude. Et l'hôpital n'est pas prêt de se vider ! ARAB ON RADAR et son nom qui mérite explication, déraille les machines et rendrait nerveux tout un peloton de CRS. On joue ici dans la cours de US Maple. Une cours débile. Une voix débile qui fait tilt. Des rythmes qui tanguent, plein de non-sens, chacun déconne dans son coin avec ses instruments respectifs et le pire, c'est que ça marche. Ou plutôt ça titube. Une version plus arty du bordel mais ça secoue les sens avec autant de bonheur. Il ne me reste plus qu'à vous dire un mot sur ce vinyl tout vert comme une bonne nausée martienne et sa forme pas ronde pour un sous et vous tenez là (en n'y mettant bien les deux mains, on y arrive) un disque grandissement original.
SKX (03/08/2000)
LOGAN
" Love, said gas " - CD
Psychotica 03
Logan songe à mordre. Du tréfonds de son Italie moribonde, ce nouveau trio catapulte un liquide rougeâtre. Une traînée dont la trace remonte à loin. Principaux coupables, tout un tas de groupes noise américains avec en chef de meute Albini et son idée d'un bruit blanc maniaque et convulsif. De ce froid constat, Logan tricote des barbelés pour l'hiver. Et se fait une idée d'un son instinctif, sans effet sinon ceux des distorsions électriques et des grincements naturels procurés par un enregistrement live en studio. La rythmique assoit son homme. La guitare écharde. L'ouïe fine et saignante. Carrées ou versant dans l'expérimentation, des compositions en forme qu'une voix, tout sauf suave, vient épisodiquement piétiner. Logan a le ton qui fait mal mais juste. Hâchante, nerveuse, délivrant de belles lueurs mélodiques, cette première fraction italienne pose les jalons d'un futur prometteur.
SKX (23/12/2003)

LOISIRS/MYRA LEE
" split single " - 7
Théâtre dans ton Bourg 02
Ah! Que ferions nous sans la scène poitevine! Creuset de groupes très variés dont l'écho ne dépasse hélas que très rarement les limites de la région, Poitiers nous livre à nouveau deux groupes très prometteurs. Pour l'occasion, deux labels dans la plus pure tradition DIY (Théâtre records et Tempête dans ton Bourg) s'accouplent (on nous dit pas qui fait la femme) et mettent à bas de beaux jouvenceaux avec deux titres par tête de pipe, pas de jaloux! Le créneau utilisé est "emo-rock" et à ce ptit jeu là, Loisirs frappe d'entrée les esprits avec "3", pur joyau mélodique et énervé avec son break mortel en plein milieu. Tubuesque. Rien que pour ce morceau, ce 45 est indispensable! Surtout que l'autre tire est à l'avenant. Myra Lee ne possède pas encore cette maturité mélodique, un poil moins en place, mais le jeu entre les différents chants masculin-féminin et l'énergie déployée méritent qu'on s'y attarde. Ca frime à Poitiers et d'un con tu auras l'air cet été, si dans ton short mouillé, cette galette tu n'auras glissé!
SKX (22/08/2002)
LOUISE CYPHRE
" wenn wir menschen.... " - 7"
React with protest 01
Contraction diabolique. Louise Cyphre, c'est le nom de ce mystérieux personnage (sous les traits de Robert De Niro) dans Angel Heart. Cette fois-ci, Lucifer emprunte les traits d'un groupe allemand. Prêt à vous bouffer le cœur avec six titres enchaînés la plupart du temps par des samples inspirés par le Malin! Des traits communs également avec Orchid et Winston. L'eau et le feu. Des contrastes saisissant entre des passages très véhéments (powerviolence) et des feulements sous la tempête qui vous bercent pour mieux vous prendre par derrière. C'est tout chanté en allemand là-dedans. Le son est tranchant, clair et puissant. Le diable vous mène par la queue et on n'y voit que du feu. Un premier 45 qui nous emmène tout droit au paradis oui!
SKX (31/01/2002)
LOVE LIFE
" the rose he lied by " - Lp
Troubleman 01
Ce groupe a un sens de l'humour bien noir. S'appeler "love life" et présenter une musique qui suinte le désespoir et la noirceur à chaque sillon, ya comme une erreur de guidage dès la naissance. Le prince charmant est arrivé trop tard et ces roses, c'est pour l'enterrement qu'elles arrivent. La fée carabosse répond au doux nom de Katrina Ford, officiait auparavant chez Jacks, et sa complainte a tout d'un chant vaudou, des lamentations aux accents rocailleux. Du tempérament et de la chaleur. Des titres qui parlent d'eux même "love potion's poison", "all the love of hating you". La demoiselle est pas du genre à demander pardon. Derrière, le sombre orchestre composé d'anciens The Universal of Armageddon et The Great Unraveling sort d'une fête terrible et a la gueule de bois mauvaise. Des Bad Seeds pas présentable du tout, qui invite à leur banquet de temps à autres des cuivres et des violons et qui tirent sur le pianiste. C'est rêche et hirsute, ça tangue, ça la beauté du rock de Come, les accents désabusés de Birthay Party au fond du trou. De longues ballades qui vous fendent le cœur, jamais ennuyeuses, les tripes se nouent, un malaise insidieux qui glisse en vous. Cet album a le goût du souffre. On en sort groggy et heureux. Comme une cuite où on se jure que c'est la dernière tout en sachant qu'on remettre ça invariablement....
SKX (30/05/2001)
LOVE LOST BUT NOT FORGOTTEN
" upon the right, I saw a new misery " - CD
Happy couples never last 02
Avec des noms pareils d'amour perdu mais pas oublié qui sort sur des couples heureux ne durent jamais, on tombe en pleine guimauve pour romantiques attardés. Pourtant, ce label et ce groupe n'ont rien de tendres dans leurs réalisations respectives. Des spécialistes du hardcore chaotique et véhément. Pour LLBNF (désolé pour les sigles mais c'est plus court comme ça), c'est le deuxième album. Et à crier ainsi, on comprend pourquoi l'amour s'est fait la malle. Je ne voudrais pas être le micro. Entre la rage et l'agression du screamo hardcore à la Orchid/Jeroms Dream et la technique de haut-vol d'un Dillinger Escape Plan, ces neuf titres ne sont pas pour la paix des ménages. Et ceci malgré de savants breaks tout plein de mélodies sombres qui ne vous laissent que peu de temps pour recoller les morceaux. Autant d'accalmies qui annoncent le pire. Comprenez le meilleur. En amour, qu'une seule issue, la fuite en avant. La tête contre le mur. C'est à sortir de ses gonds cette musique. Tellement intense et urgente. Dans le genre, ils planent au-dessus du lot et cet album décroche la timbale. Un bonheur solitaire....
SKX (11/06/2002)
LUDE
" herzlude " - CD
blu Noise 00
L'espace devant nous s'annonce rude. Des longues étendues où on meurt de soif, inquiétants, la mort rôde sous les ombrages et des contrées écorchées, des spirales hypnotiques, du vert, du bleu, du mouvement. Lude, le surnom de Guido Lucas, fondateur de blu Noise records, dans un aventureux projet solo. Le monde du réel avec deux compères à la batterie et à la basse, et une session retravaillée in vitro par Lude, des overdubs et toute la machinerie des samples au service de l'homme. Cinq compositions à la frontière du virtuel, étalant ses drones dans la durée. On est proche du trio Fuelher, quelque chose d'imposant, sobre et beau. Seuls les rythmes se font plus fantomatiques, des chiens qui aboient au fond, de la vapeur électronique que des roulements de batterie font s'éloigner le temps d'un orage. Des morceaux schizos qui se fracassent en pleine course. Des secousses d'un instant, éclairs de résistance, puis l'absorption commence, les bruits étranges remontent à la surface. Tout est habilement pensé, le sorcier s'est bien amusé et donne une réplique quasi humaine à Steroid Maximus. Ailleurs la vie continue.
SKX (24/07/2000)
LUMEN
" the man felt an iron hand.... " - CD
Temporary Residence Ltd 01
Commençons par expliquer clairement les choses. Ce groupe n'a rien à voir avec les Tchèques du même nom. D'ailleurs ici, ça s'écrit avec un "U" et non un "V". Ce nouveau projet est en fait originaire de San Francisco et comprend en son sein l'ex-batteur de A Minor Forest et d'ex-Tarentel. Maintenant que les présentations sont faites, entrons dans le vif du sujet. Ce qui saisit déjà, c'est la formule : une guitare acoustique, un accordéon, un violoncelle et une batterie pour une musique intégralement instrumentale. De quoi froncer les sourcils. Et de se dire que ça va pas être la traviata et le pétage de plombs. Plutôt ne pas déranger, on est en pleine sieste. Et si effectivement, la tendance générale est à la douceur, on est loin de s'endormir du sommeil du juste. Une dynamique des cordes subtiles, vivifiantes et surtout un jeu de batterie provocateur dans un tel contexte, pesant et énergique qui mène la barque pour ne pas sombrer. Huit morceaux sans nom (comme Lvmen, tiens n y revient!), au titre d'album à rallonge dont vous avez ici une version courte, tiré d'une nouvelle de Italo Calvino, qui s'écoutent et s'apprécient sur la durée. Une indolence apparente, une vraie tension à l'intérieur, mon tout sent bon la mélancolie, avec ses points d'orgues comme le morceau "V". Dix minutes de constructions haletantes, de mélodies répétitives et évolutives. On est jamais loin d'un Gastr Del Sol en plus carré, d'un Cheval de Frise sans les galops fougueux ou d'une tristesse élégante à la Black Heart Procession. 40 minutes très attachantes et originales.
SKX (02/05/2001)
LUNGFISH
" the unanimous hour " - Lp
Dischord records 99
Immuables Lungfish. 7 années écoulées pour autant d'albums. Tranquillement à l'ombre sur Dischord. On oublierait presque l'existence de ce quartet de Baltimore, seul groupe de Dischord non originaire de Washington D.C. Une obscurité constante, musique sans bruit. Reflet troublant de leurs images renvoyées par leurs portraits inscrits à l'intérieur de la pochette, noir et blanc, sobre, avec des têtes de grands-pères. De là, force et constance. La musique chez Lungfish évolue lentement, avec sagesse. A petites doses. Une matière compacte laissant passer les sons. Rythmes répétitifs, construction des morceaux minimaliste. Le son de W.D.C clair et dur, agrémenté de pièces floues. Et surtout cette voix de Daniel Higgs, débitant, non, prêchant une poésie largement au-dessus de la moyenne, au vocabulaire souvent religieux, une voix sur le feu, intense, qui transcende les chansons. La musique de Lungfish est le contraire de tape à l'œil. Sans fard ni trompettes. Elle brille juste tr! anquillement pour qui veut bien prendre le temps de s'arrêter l'écouter. Et on s'arrête rarement. Ce 7ème album, lui, ne bougera pas. Faites une petite halte de temps en temps....
SKX (28/06/1999)
LUSTRE KING
" shoot the messenger " - Lp
Southern records 99
Désorienté. Pour le moins étonné une fois ce 1er album achevé. On les avait laissé dans un registre connu. A savoir la sphère Chicago/Albini, germes rassurantes semées sur une poignées de singles et un 5 titres. Et sans phénomène transcendantal faut bien le dire au passage. Barbés sans doute de se faire seriner les oreilles par ces filiations encombrantes, n'ont'ils voilà ti pas décidé de voler de leurs propres ailes! De prendre de la hauteur et à l'instar de Milemarker, se creuser les méninges pour accoucher d'un avorton qui n'aura pas la tronche d'un bâtard mais une pure lignée racée. On a beau retrouver sur de nombreux titres cette rythmique solide qui a fait la réputation de Chicago, le reste du traitement et la variété des ambiances les démarquent du troupeau. Les guitares sont souvent discrètes, la voix inexistante (et oui! c'est donc instrumental, bien vu mon gars !) sinon sous la forme de samples, et on n'a pas lésiné sur les effets machinesques, des ambiances rappisantes, des basses rondes et pleine de dub, des petites sons comme autant d'elfes qui tapissent le fond sonore. Lustre King frappe là où on ne les attendait pas. Noise alambiqué. Post-rock ludique. Le mélange est fort séduisant et le futur tout tracé !
SKX (01/08/1999)
LVMEN
" Raison d'être " - CD
Day After 00
Quelquechose comme un trou béant. Un gouffre complexe, avec des espaces d'angoisse, qui laisse de fines entailles lors de la chute. Avec une nette impression de calme et de plénitude une fois au fond du trou. Un mal nécessaire. Lumen sort son premier album, autant dire un sacré morceau à escalader. Avec pour 1er repère, un nom d'album en français dans le texte, "Raison d'être", et des paroles pour un chant en anglais, qu'on imagine, aux rares notes laissées sur la pochette, hantées par l'univers de Kafka, l'homme est une bête, référence littéraire bien compréhensible pour ces Tchèques. Et raccourci bien pratique pour décrire cette musique sombre et envoûtante, ces longs morceaux (5 en tout et pour tout en 40 minutes) torturées et paranos. Psyché noise-core avec quelquechose de Slint. Vous savez, ces fameuses tensions sous-jacentes, ces explosions qui ne viennent jamais. Sauf que là, ça explose régulièrement, c'est fulgurant et ça dure. Des moments de lévitations, soutenus par un brin de lyrisme, Neurosis sans toute la grande quincaillerie des cuivres et violons, à peine quelques samples. Des compositions aux multiples parties, de longues plaines au relief écorché, le dos un peu voûté, prêt à affronter des courants tumultueux. C'est compliqué et limpide à la fois, le travail pour rendre tout ça compact et spacieux, encore plus poussé que sur leur premier maxi et servi chaud par une production assez incroyable. Ce hard-core foncièrement moderne, façon Dawnbreed, charrie des influences très diverses. Des esprits ouverts à toutes les émotions, tous les courants, sans peur et à l'horizon illimité. Et leur tour de force est d'en donner une interprétation personnelle et mémorable, de faire avancer inexorablement la grand roue du cirque musicale et de nous emmener dans des contrées où il reste tant de richesses à remonter à la surface. Une grande baffe.
SKX (10/10/2000)
LVMEN
" s/t " - 12"
Day After records 98
Sur les traces encore chaudes de Ember, ce groupe, toujours aussi tchèque, reprend les quelques samples annonciateurs sur l'album de Ember, son lyrisme débordant et le débarrasse de ses oripeaux emo(core). Tendance noise et pesante. Une référence d'un célèbre distributeur chéri en nos contrées situait LUMEN entre Slint et Neurosis. Avouons, bien cher cyberquidam, que ces deux bornes incontournables n'ont rien de commun - à priori. Et pourtant, LUMEN retranscrit à merveille les sentiments de ces deux groupes. 2 très longs titres, à évolution multiple, où on aurait pu tailler un album 10 titres ! C'est sombre, envoûtant, sans faute de goût, les samples sont parfaitement utilisés pour servir l'ambiance, les éruptions imparables. Fin et puissant. Tout simplement un des disques de 98 !
SKX (20/04/1999)
LYNX
" s/t " - CD
Box Factory 00
Cette bête là est un félin vicieux et patient. Lynx descends d'une longue lignée de groupes instrumentaux. Rien de renversant pour l'instant. Ca se compte à la pelle. Pourtant, une guitare à gauche, une guitare à droite, Lynx se permet le culot d'apposer sa marque. Lynx n'abuse pas de la démonstration technique d'un Don Caballero mais montre une aptitude poussée du contre-rythme. Ce premier album sonne frais à mes oreilles. Les guitares sont créatives, n'ont rien de trop féroces mais dissertent avec doigté. Les structures ont beau (parfois) partir dans tous les sens, on en perd pas la tête pour autant et les compositions gardent leur fluidité. De la retenue dans tout ses mouvements, ce Lynx là marche savamment sur des coussinets et sait donner des coups de griffes juste quand il faut. Avec une ultra-précision. Dans une totale maîtrise de ses dynamiques. Dans un genre très couru, Lynx apporte une bonne bouffée d'originalité. Avec Oxes à leur coté, l'instrumentale internationale a encore de beaux jours devant elle. La nouvelle vague.
SKX (07/11/2001)

Liars
They were wrong, so we drowned - CD
Mute 2004

Liars trompe le monde et pisse là où on les attend pas. Rien que cet irrespect mérite le respect ! Le gang de New-York quitte le monde du rock pour celui beaucoup plus flou où l'humain cède du terrain face à l'electronique et croisent le fer sur fond d'ésotérisme. Une fois la déception des premières écoutes passée, on se remet à écouter cet album d'une oreille vierge, oubliant le nom du groupe, comme si tout repartait de zéro. Réduit au trio, Liars ne garde que la voix charismatique de Angus Andrew en point de repère initiale, tempère hâtivement les ardeurs de la guitare, simple faire-valoir bruitiste juste bon à balancer quelques larsens et multiplie les effets de studio. Réfugié au fin fond des forêts du New-Jersey, Liars a eu sa révélation et nous revient tout hanter avec la légende de la " nuit de la walpurgis ", ancienne croyance où pendant la nuit du 30 avril, tous les démons de la terre se retrouvaient pour faire sabbat ! C'est fort de ce concept que Liars accouche d'un album lugubre où les fantômes s'appellent surtout This Heat et toute une frange de groupes kraut-rock, qui perversifient leur rock de tout un tas d'expérimentations plus ou moins bien senties. L'album hésite entre rythmes syncopés et plages droniques remplies de génies malveillants. Le chaos du premier album engendre une ambiance froide et inquiétante. Quand la peur est vraiment insinuée, que le rythme se fait plus soutenu et le paysage accidenté, Liars réussi sa mue mais les longues ballades en forêt inspirent aussi l'ennui et Liars se perd en route. Groupe en transition. On est loin du choc et de la réussite de leur première œuvre mais pour ce groupe qui a horreur qu'on les enferme dans une boite, cet album se révèle plus intéressant qu'au prime abord et toutes les portes leur sont désormais ouvertes.

SKX (21/08/04)
website groupe www.liarsliarsliars.com
website label www.mute.com
sounds www.liarsliarsliars.com/downloads.html

Lickengoldensky
Self-titled - CD
Level Plane 2004

Le beau soleil jaune de cette pochette lève le voile sur des changements de taille. Comme pour signifier un second départ. Exit les riffs lourds et impénétrables. Finit le metal de la jeunesse. Lickengoldsky effectue sa mue. Si ils gardent une certaine approche punk/hardcore, le fond de commerce du disque, Lickengoldensky s'est aéré les bronches en allant humer aux quatre vents, en gros des Dead Kennedys à Botch, avec une touche d'électronique et de samples pour lier chaque composition, du piano, quelques touches de délicatesse dans leur monde habituellement tout saturé. Les voix sont variées, entre le traditionnel hurlement et quelque chose de plus théâtrale et maniéré. Il est clair que Lickengoldensky affiche ses prétentions et ses désirs d'émancipation d'une certaine vision d'un hardcore jusqu'au boutiste. Lickengoldensky donne dans un rock débridé et louvoyant dans les styles avec plus ou moins de bonheur. Ils se sont lancés à corps perdus dans l'aventure. Prêt à tout défier. Sans trop savoir où ils allaient mais avec plaisir et une énergie indestructible. On ne peut que saluer cette prise de risque. Cependant, le résultat est plus à observer qu'à vraiment s'enthousiasmer. Les regarder se débattre dans le labyrinthe dans lequel ils semblent eux-mêmes s'enfermer. Ces gars là ont sûrement du talent et de la personnalité. Reste à trouver une démarche un tantinet plus naturel. Hélas, ils ne transformeront jamais l'essai puisque le groupe, comme tant d'autres, vient de mettre fin à leur périple. Un goût d'inachevé qui prendra peut-être forme sous d'autres latitudes.

SKX (11/10/2004)
website groupe www.lickgoldensky.net
website labe www.level-plane.com
sounds www.hxcmp3.com/bands/1636

Life at these Speeds
self-titled - LP
The Perpetual Motion Machine (LP) / Grey Sky (CD) 2004

Ca fait du bien de s'arrêter de courir et de tomber sur un disque comme ça. Life at these Speeds est, comme on dirait, de la vieille école. Celle de l'emo-hardcore très marquée par les années 90. Celle proche des Drive Like Jehu, Shotmaker, Yage et 400 Years. Alors je vous entends d'ici (et je fus le premier à le penser), encore un disque de plus dans ce style qui n'a pas besoin qu'on lui rajoute une couche! Mais voilà, je suis tombé sous le charme des compos, un vent de nostalgie qui s'est emparé de moi. Faut dire que LATS m'a bien aidé. Le songwriting est largement au dessus de la moyenne et c'est un vrai bonheur de philistin que de s'asseoir, fermer les yeux et se laisser porter par le premier album de ce groupe de Portland. Tout un tas de dynamiques, des moments fiévreux et rock, des moments d'abandon et de mise à nue mais qui ne se dévoile jamais complètement, le groupe préférant toujours évoluer couvert, pudique et sans chichi. Le piano, une voix féminine, un peu d'acoustique de guitare mais sans débordement aucun. Une solide assise rythmique, des chants passionnés, une tension construite patiemment, un lyrisme de bon aloi, ya pas à dire, LATS maîtrise les critères du genre. Pour ce premier essai, LATS a pris son temps pour sculpter neuf morceaux dans la durée, les travailler de l'intérieur en apportant grand soin à l'écriture. Ce disque, c'est du classicisme à l'état brut et revenir aux sources, quand c'est aussi bien négocié, on ne crache pas dessus.

SKX (04/12/2004)
website groupe www.killingcupid.net/lats.html
website label www.theperpetualmotionmachine.com
website label www.greyskyrecords.com
sounds say_yes.mp3

Limited Express (has gone?)
Feeds you! - CD
Tzadik 2003

Nouvel avis de tempête en provenance du Japon. Limited Express est un trio de Kyoto. Leur coup de vent a tout de la bise fraîche et revigorante. Si on ne pourra s'empêcher de penser à Melt-Banana pour l'inévitable charmante voix enfantine de la chanteuse, ça s'arrêtera là. D'ailleurs toutes les chanteuses japonaises ont la même voix que Melt-Banana! C'est stupide. Ya que les non-japonais pour penser ça! Si ça se trouve, les Japonais pensent la même chose de nos chanteuses françaises. (Pourtant, entre Mireille Mathieu et Chantal Goya, ya un monde non ?). Bon, je m'égare. Quoique à chercher la petite bête, on trouverait bien d'autres similitudes. Cette approche guillerette et dynamisante, ces petits coups de reins placés à bon escient. Mais les moyens pour y arriver sont bien différents. Le rythme est loin d'être aussi soutenu. La batterie n'a pas un train de vie d'enfer. Les compos ont une durée de vie qui va largement au-delà de la minute trente. Et la variété des ambiances proposées ne donne pas l'impression de vous prendre une rafale de mitraillette à long jet continu en pleine poitrine. Le label de John Zorn a beau les étiqueter " pop/rock ", c'est vraiment histoire de causer. Ou alors c'est tellement un peu tout et rien, le genre inclassable, qui prend à gauche à droite pour bricoler un jouet maison à nul autre pareil qu'il faut mieux voir large dans sa description. A la limite (express), une pop moderne qui emprunte à l'esprit noise abstrait de Deerhoof. Un groove lancinant et bancal. Cette fameuse voix féminine au registre large qui ne se contente pas d'haranguer les troupes et régulièrement soutenu par son collègue guitariste. Des dissonances primesautières. Ce n'est pas pour rien qu'ils ont sorti peu après un split CD avec le groupe de San Francisco Experimental Dental School. Outre un(e) élément(e) japonais(e), les deux groupes partagent ce même goût du rock pour fête foraine avertie. Un split aux belles bigoudènes (voir la pochette !) tout aussi recommandable que ce premier album dont le petit frère arrive très bientôt !

SKX (04/10/2004)
website groupe www.limited-ex.com
website label www.tzadik.com

The Lowdown
Y is a crooked letter - CD
Zum Media 2003

Certains chocs provoquent des éclatements. The Lowdown est un trio fraîchement débarqué de Santa Cruz. Une singulière approche, la tendance à la provocation auditive, ils ne sont pas du genre à copier le voisin. C'est un groupe dans le sens strict du terme mais l'usage déviant de leurs instruments les rapproche plus d'une bande de gamins hystériques à qui on aurait laisser les clés du studio, en l'occurrence un garage à trois balles avec Jamie " Xiu Xiu " Stewart aux manettes tout de même ! Une batterie minimaliste mais sur laquelle ça peut pleuvoir très abruptement, des guitares spécialement affûtées pour les cris, tout ce qui leur tombe sous la main et qui fait du bruit et surtout, un Casio, ce bon vieux clavier des familles qui envoie le bouillon, stigmatise les gimmicks et sert aussi de rythmique. Une musique abstraite, voir absurde et c'est pour ça qu'on l'aime! Le propos est ici l'explosion, le feu d'artifice de sons, le noble bruit qui pète dans tous le sens. La jouissance sans entrave de structures. On y danse avec une camisole de force. Ca parfois ni queue ni tête, débile à souhait. C'est profondément punk dans l'esprit, à savoir que ya pas besoin d'être un scientifique de la musique pour accrocher l'auditeur. Juste des savants fous qui se marrent comme des gondoles à tout emberlificoter, à faire un bordel pas possible dans des schémas toujours très courts. Collage sonique qui tient le pavé malgré l'absurdité évidente qu'ils mettent en œuvre pour vous déstabiliser. Ca l'air con comme truc mais ne vous y trompez pas, c'est du grand art et un grand album !

SKX (19/07/04)
PS : 1er album " Revolver II " sur Strange Attractors records.
website label www.zumonline.com
website label www.strange-attractors.com

Lower Forty-Eight
Skin Failure - CD
Monotreme 2003

Lower Forty-Eight est un trio de San Francisco. Ce "Skin Failure" est leur deuxième album. Voilà pour les faits. Un groupe qui débarque un peu de nul part... Faut dire que leurs premiers 45 et album, sorti sur leur propre structure, King of Sticks, avaient tout du disque fantôme. Gageons que cette nouvelle sortie sur un label anglais les sorte de l'anonymat. Et ça sera bien mérité... A la 1ère écoute, ce disque pourrait sonner comme un vulgaire groupe rock noisy alternatif. Mais faudrait être bouché pour ne pas s'apercevoir rapidement qu'on tient là un groupe beaucoup plus inventif. Tout en dynamique tyrannique, en complexité que leur technique de bons musiciens sait rendre fluide et avec un certain sens de l'accroche mélodique, ces huit titres font leur travail de sape, patiemment, dans l'intensité, traversés d'éclairs de mélancolie. La production est peut-être un poil trop léché mais n'est pas sans rappeler des groupes comme Bitch Magnet ou Bastro. Le son nickel mais puissant et orgueilleux. Des contresens, des ponctuation explosives, un chant qui passe de la sombre mélopée à la colère franche, Lower Forty-Eight emprunte à gauche à droite pour accoucher d'un rock-noise passionné à la Ten Grand, dans le sens inclassable du terme alors qu'à priori, tous les éléments sont connus. Mais quand l'inspiration est là, qu'importe les ingrédients pourvu qu'on ait l'ivresse! Il manque encore un petit je ne sais quoi pour arriver à une adhésion totale mais le futur s'annonce radieux pour Lower Forty-Eight.

SKX (02/04/2004)
website groupe lowerforty-eight.com
website label www.monotremerecords.com
sounds INCREASE THE TREBLE.mp3 | THIS IS PROGRESS.mp3
SKIN FAILURE.mp3

Lack
Be there pulse - CD
Undergroove 2005

Greetings from a non-believer - 7''
Level Plane 2005

Il aura fallu une bonne tonne d'écoute de ce deuxième album de Lack pour y voir plus clair. La première fois fut relativement enthousiaste. Les suivantes virent l'effet s'inverser. Puis à force, la balance repencha du bon coté. C'est là toute l'ambiguïté et la force de cet album. Trois ans après leur premier et explosif album, les Danois ont pris leur temps, ya pas le feu au Lack. Sans doute échauder d'être invariablement comparé à Botch et Refused, Lack, dans un grand sursaut d'orgueil, a décidé de personnaliser ses armes. Le temps de la réflexion mis en exergue sur le 45 tours " Greeting from a non-believer " que Level Plane a eu la brillante idée de sortir juste avant. Un document avec deux inédits qui démontrent l'évolution du groupe dans sa nouvelle quête d'identité, à mi-chemin entre l'explosion brute de " Blues moderne : Danois explosifs " et cette nouvelle approche tempérée. Deux morceaux où le travail sur la texture prend tournure, les structures de s'épurer tout en gardant un fond de casserole où violence et âpreté s'accrochent encore aux parois. Si vous attendez des rafales de caisse claires, le gros riff qui tue, les rythmes qui s'abattent en masse et dans le contre-pied, passez votre chemin. Le nouveau Lack opte pour un registre beaucoup plus personnel, loin de la meute rugissante (contre laquelle je n'ai rien d'ailleurs). Mais contrairement à JR Ewing qui viennent de se prendre le mur en glissant sur une grosse merde (leur nouvel album), Lack montre qu'il est possible de rendre sa musique plus accessible sans devenir putassier. Sur une forte assise rythmique tout en rondeur, simple sans être simpliste, le groupe danois met en avant ses qualités mélodiques, contrôle ses décharges, laisse respirer l'écho de ses vertes colères, préférant la retenue à la tête baissée dans le mur. On laissera de coté le discours prompte à défoncer des portes ouvertes et ses slogans d'ados ("We pay for a life with a death, everything in between should be free ") pour se concentrer sur la musique, seulement la musique, qui souffre également parfois d'une trop grande légèreté. Mais c'est aussi ça le nouveau Lack. Une musique qui accroche rapidement, qui reste dans la tête, ne manque pas de piment et de noirceur mais s'écoute facilement (et ça n'a rien de péjoratif). La virulence domptée, des lignes de guitares pleines d'agilité et de charme, des morceaux qui enchaînent en toute décontraction, ça sent le tube plus que souvent, c'est presque agaçant mais Lack a retenu de Refused que pour vivre heureux, il fallait savoir créer son propre univers, s'éloigner d'un hardcore traditionaliste, au risque d'en chiffonner plus d'un. Lack montre son ambition, marque sa différence et dans leurs nouvelles bottes taillées larges, ils ont encore fière allure.

SKX (08/06/2005)
website groupe www.lackattack.dk
website label www.undergroove.co.uk
sounds Lack_Primo_levi.mp3

Lightning Bolt
Hypermagic mountain - CD
Load 2005

Avec l'âge et le succès (même relatif) aidant, les groupes ont plutôt tendance à mettre un peu d'eau dans leur vin. Lightning Bolt ne mange pas de ce pain là. Ce quatrième album est le plus extrême. Avez-vous déjà entendu un tel son de basse ??!! Trafiquée par des courants de force noire et des effets pas catholiques, la basse domine. Maîtresse vaudou de cette fête païenne. Le groove est toujours là. La batterie bat comme une folle. Son batteur sous son masque hurle des paroles comprises que de lui-même (et encore), au fond de sa cave. C'est du Lightning Bolt, ya pas à sourciller. Mais tout y est joué de façon maximum, sans retenu, sans temps mort, sous une épaisse couche de bruit. La transe que l'on avait pu ressentir lors de leur concert parisien est retranscrite pour la première fois sur disque. Une centrifugeuse. C'est marche ou crève. Avec cette basse, toujours cette basse, regarde je te fais le cri de la mouette avec ma basse, technique de fou à perdre tout le monde en route. C'est une machine qui broie menu menu (d'autres diront qu'ils les leur cassent menu menu). Une rave party pour fan de noise. Si vous êtes un adepte de la danse de cinglés devant des baffes énormes, dans des champs abandonnés entourés de flics, tentez de passer ce hypermagic mountain, les teufeurs n'y verront que du feu. Cette boule de feu vénérée que Lightning Bolt a, par quelques anciennes incantations, apprivoisé. Pas sûr que l'espèce humaine en survive. Presque une heure de musique à ce tarif, c'est beaucoup. Je ne suis pas sûr d'écouter cet album souvent et d'une seule traite. Lightning Bolt ne fait rien pour flatter l'oreille de son auditoire de plus en plus nombreux. Et qui risque de se réduire comme peau de chagrin face à cette agression en règle. Mais l'illumination est à ce prix.

SKX (08/11/2005)
website groupe laserbeast.com
website label www.loadrecords.com
sounds draculamountain.mp3

Limited Express (has gone ?)
Makes you dance - CD
Memory Lab 2005

L'express japonais revient. Après le déboulé direct chez Tzadik records, ce deuxième album voit le jour chez Memory Lab, soleil levant pur jus. L'esprit de Limited Express n'est pas parti. Version bridée de Deerhoof dans les entournures, on retrouve toujours ce goût pour le groove guilleret et dissonant. L'abstraction des sens et le sens du jeu. Limited Express aime le bruit mais pas l'agression. Les structures bigarrées mais pas les prises de tête. C'est donc toujours aussi alerte, virulent parfois, punky en tenue écolière, ça passe du coq à l'âne, voix féminine essentiellement, ça aiguise, ça émoustille mais bizarrement, la sauce a du mal à prendre cette fois-ci. Le feu d'artifice a des allures de pétards mouillés. Les compositions, pour amusantes qu'elles soient, manquent de consistance, avec un son tout maigrelet. Ca sautille dans le vide. Ils ont beau tenté de se démultiplier et tenter de faire plaisir, au final, ce disque est bien gentil mais pas de quoi s'étendre.

SKX (01/09/2005)
website groupe www.limited-ex.com
website label www.ceres.dti.ne.jp/~donidoni/memorylab

The Locust
Safety second, body last - EP
Ipecac 2005

Quand s'affiche au compteur 6 minutes 12 et 3 minutes 57, on y regarde à deux fois. Habituellement, avec une telle longueur, The Locust fait cinq albums. Le Locust nouveau donne dans le péplum. Deux morceaux pour un horizon dégagé. On y retrouve ce goût immodéré pour le saccage gratuit, ce vandalisme primaire qui les fait jouer plus vite que leur ombre. Maintenant ils coupent leur folle course poursuite contre le temps par des passages remplis de mouches électroniques, des drones contrôleurs de chute de tension.
Le synthé y perd son humour et la musique de The Locust vient carrément plus inquiétante. Ca gagne en percussion. La frappe est précise, le bordel circoncis. On ne peut plus dire que The Locust fait du n'importe quoi. Alors qu'ils donnaient l'impression d'avoir fait le tour de leur formule magique, ce changement est salvateur. Terrorisme nouvelle génération.

SKX (10/04/05)
website groupe www.thelocust.com
website label www.ipecac.com
sounds www.ipecac.com/audio/061.mp3

Loisirs
Submergé par le sublime - CD
Rejuvenation / Theatre / La Machoire / Dora Dorovitch 2005

Venir de Poitiers, ya pire. Surtout quand on s'appelle Loisirs. Une ville qui les a vu grandir pour un groupe qui ne veut pas moisir. Deux années après Glamoroso, ils remettent le couvercle en s'enfermant dans le fin fond de l'Indre et Loire à l'abri du monde et de son ire. Ne pas mollir, sentir d'où vient le vent et rester groupir pour s'occuper de tout soi-même. Je parle de l'enregistrement car pour les labels, ils sont quatre à les subvenir. Loisirs continue de courir après un rock'n'roll noisy et émotionnel, sur les traces d'un Robocop Kraus avant que ces derniers soient à bannir et l'énergie revigorante d'un At The Drive In, soupir. Mais vous pouvez également abolir ces références, c'était juste une base (à loisirs) pour mieux les saisir. Submergé par le sublime est un piège à gonzesses, rempli de mélodies pour jouir, sans prise de tête, de voix, seule, en couple, en chœur, presque trop, bondir sur des lignes de guitare, s'esbaudir sous les touches d'un synthé bourré d'électronique qui s'est fait engloutir et une section rythmique qui n'est pas là pour s'attendrir. Un album homogène sur lequel se faire frire. Et comme Loisirs a pris le parti d'en rire, du titre de l'album aux titres des morceaux (Dindon, Clafouti, Taloche, etc…) en passant par la pochette signé Bouzard (le père de la BD Plageman) et la bio que vous ne pouvez lire, on ne peut que ce nouvel album applaudir. Plaisir continu qui se prolongera sans cette chronique avec qui il faut en finir. Poil aux Loisirs.

SKX (29/11/2005)
website groupe loisirsmyralee.free.fr
website label www.rejuvenationrecords.com | www.20six.fr/lamachoire
www.doradorovitch.com
sounds Bridges.mp3 | Tiger.mp3

Lozenge
Undone - CD
Sickroom 2005

Un losange est un quadrilatère dont les quatre cotés ont la même longueur et dont les diagonales sont perpendiculaires. Notre Lozenge du jour n'a pas cet amour immodéré pour la pureté des formes. Et de loin. Ca serait plutôt le foutoir. Lozenge est un groupe basé à Chicago dont un membre (Kurt Johnson) a officié dans les Flying Luttenbachers. Cela vous donne un avant goût du style de la maison. Après un premier album en 1995 (Plenum sur Farrago records), le groupe disjoncte. Ils reprennent du service deux ans plus tard, sortent un nouvel album, Doozy sur Toyo records, en 2000, l'espace d'un instant pour que le type qui jouait du cuivre soit lasser de la vie, puis un live en 2002 (Mishap sur Sickroom) avec beaucoup d'inédits qu'on retrouve en version studio sur ce nouvel opus Undone. Avec l'aide du berlinois (pas le gâteau) Boris Hauf venu soufflé dans le saxo sur quelques morceaux, Lozenge nous délivre une grande pièce de chaos sonore. Avec deux batteries, dont une surtout axée percussions métalliques, un bassiste qui a fréquenté Weasel Walter et un type qui joue de l'accordéon avec un autocollant Neurosis dessus et qui saute en même temps sur son synthé comme un dingue et débite des paroles inintelligibles, ce genre de groupe ne peut qu'être pas très fréquentable. La mixture frôle l'improvisation free-noise. Les dérèglements sont multiples. Leurs précédents travaux qui n'avaient rien de facile sonnent presque comme abordable. Là, ils mettent le paquet et c'est beau. Avec l'inconscience du fou à qui on a oté l'escabeau, Lozenge ne se soucie de rien, triture les structures et ses instruments avec fougue et humour. Cirque iconoclaste, clin d'œil à la musique klezmer, Lozenge distille la foudre avec discernement, frappant les plus forts et délaissant les plus faibles. Rien n'est gratuit mais l'effort est récompensé au bout pour les plus téméraires. Une désintégration en règle à l'image du groupe qui sort ici son dernier disque avant séparation définitive. A moins que ce soit encore une feinte.

SKX (10/12/2005)
website groupe www.mylozenge.com
website label www.sickroomrecords.com
sounds eyeteeth.mp3

Lyssa
Amoral - CD
Silver Rocket 2005


Après des débuts laborieux, les Tchèques de Lyssa durcissent le ton et semblent trouver la bonne formule. Celle qui fait saigner les tympans et hurler les biens pensants. A grands coups de larsens contrôlés (faut pas déconner) et d'un son qui arrache les tapisseries, tellement dense qu'on pourrait le toucher, Amoral est au plus haut. C'est du rock noise taillé dans le matériel le plus pur et le plus brut, prémédité comme un live avec un rythme faussement lancinant ponctué de brusques pains dans la tronche et des coups de basses qui résonnent encore longtemps une fois l'écho de la musique estompée. Ca grésille, c'est lourd et menaçant. Lyssa ne s'épargne pas des penchants mélodiques, de sombres lignes dorées pour apaiser ses tourments mais rien n'est simple et si on sent que derrière toute cette dureté se cache de la vulnérabilité, c'est l'odeur de souffre qui reste la plus forte. On peut regretter le coté monolithique de ce bloc, la manque de variété mais c'est à prendre ou à laisser. Pour ma part, je croule sous le poids et je ne fais rien pour éviter la chute.

SKX (27/12/2005)
website label www.silver-rocket.org
sounds armando.mp3 | neklid.mp3


Landed

Times I despise - 12''
Load 2006

Landed / Air Conditioning

Fuck Seatbelts, fuck Ralph Nader
split 12''
Hospital productions 2006

C'est une histoire vieille de huit ans. La dernière fois que Landed a fait parlé de lui, c'était en 1998 et leur album Everything's happening. Landed, un noyau dur composer de deux anciens Six Finger Satellite et de Dan St Jacques, un hurleur patenté sur lequel circulent les pires histoires. Autour, un tas d'électrons, tous issus de la furieuse scène de Providence, gravitant plus ou moins autour du bruitiste Load records et ayant pour noms des membres de The Chinese Stars (le bassiste), Lightning Bolt (les deux), Mindflayer, la liste est longue, que des mecs qui s'y connaissent en détérioration de tympans. 2006. Le collectif Landed remet du pétrole dans la machine. Mais du pétrole usée. Les sept morceaux de Times i despise ont été enregistré en 2001 et les quinze minutes du split avec Air Conditioning en 2000 pour un seul long morceau live. Un live enregistré à trois kilomètres de la source. Petit son, chaos maîtrisé, toujours sur le fil du rasoir, ce titre aurait pu être grandiose sans ce son indigne. La résurrection de Landed vaut surtout pour les inédits de Times I despise. La recette de Landed a toujours été de triturer une idée de base, d'enfoncer méchamment le clou en faisant le plus de bordel possible. Grincements de dents (et dehors), noise-rock frange dure, mantra hypnotique, un truc malsain psalmodier par St Jacques. Mais ces sept titres démontrent un certain maintien. Il font (presque) dans le court. Rick Pelletier, le bassiste des stars chinoises officie à la batterie. Deux guitares hissent les barbelés mais n'en rajoutent pas. Landed, une messe noire bruitiste et improvisée. Matez la vidéo sur la page d'accueil de leur site pour comprendre. Le split donne l'occasion de découvrir l'Air Conditioning. On en manque singulièrement sur le premier titre. Si les crrrsssh, rrrrriiiiiizzzz, tttrrrr de Merzbow sont un doux délice, arrêtez-vous (et consultez). Sinon, fuyez. Deuxième morceau, changement de décor. De vrais instruments mais toujours autant de bordel dans le rock. Comme une (mauvaise) chute d'un morceau de Landed. Le chaos est un art, qu'on ne se trompe pas. Air à peine plus respirable. Pour Landed, le vrai retour se jugera sur un futur 12'' et un Dirty bomb estampillé 2006 (pendant que la face B ressurgira de 1997), plus un split 7'' avec The Pope et un autre morceau inédit. Les tympans vont continuer de saigner.

SKX (03/12/2006)
website groupe 02909.com/landed
website label www.loadrecords.com | hospitalproductions.com

Lillayell / Velma
Split CD
Psychotica 2006

Un digipack tout fin aux obscurs ornements abritant deux groupes d'horizons très divers. Psychotica, le label italien prouve une nouvelle fois son ouverture musicale. Commençons par leurs compatriotes de Lillayell. Après un premier album qui n'avait rien de franchement convaincant, Lillayell tente de donner du corps à son rock dissonant et noisy. Et ya encore beaucoup d'efforts à faire ! C'est le genre de truc un peu fade et passe-partout, bâtard sur les bords même si on sent qu'ils ont fait des efforts sur l'écriture pour donner de la personnalité à leur musique. De longues tirades de guitares qui tirent à vue, des arpèges pour calmer et une voix féminine sur un morceau pour charmer. Tout ça s'écoute sans déplaisir mais on oublie bien vite une fois les lumières éteintes. Velma débarque de l'autre coté des montagnes, la Suisse, sa partie française. Un groupe qui aime la collaboration, les résidences, la performance musicale pour le théâtre, les compagnies de danse, bref, des artistes quoi, des vrais et qui au fil du temps se dirigent de plus en plus vers un format " classique " de la composition. Trois albums au compteur déjà, un split single avec Dälek, des touches à tout qui s'offrent ici six titres tout comme Lillayell. Ou six pièces avec ses passerelles invisibles. Un morne voix posée et parlée sur des champs à perte de vue de guitares, des no man's land ténébreux où le rythme, quand il existe, est squelettique et glacial. Paysages mélancoliques. Velma sculpte dans le pas facile avec une façon très cinématographique de faire de la musique. Mais les images n'apparaissent dans vos têtes uniquement quand cette musique a fini par vous endormir. Un split qui ne fait pas rêver.

SKX (26/05/06)
website groupe www.psychoticarecords.com/lillayell/lillayell_index.htm |www.velma.ch
website label www.psychoticarecords.com
sounds www.velma.ch/mp3/Landing_Aliens

Lisabö
Izkiriaturik Aurkitu Ditudan Gurak - CD
Metak 2005

Quittons un instant les sentiers balisés pour nous diriger vers la ville d'Irun en plein pays basque, au sud d'Hendaye. Non, je ne prépare pas mes prochaines vacances. Irun est le théâtre de jeu d'un groupe qui m'étais inconnu il y a peu encore. Lisabö, quatuor au trois quart masculin. Le premier album date pourtant du nouveau millénaire (Ezarian en 2000 sur Esan Ozenki records) puis un CDEP sur le plus connu label Acuarela en 2002 jusqu'à ce nouveau projet sur le 100% basque Metak. Un disque en forme de collaboration. Difficile de dire dans ces conditions, quand vous ne connaissez pas leurs précédents enregistrements, quelle est la part de Lisabö dans ces treize compositions. Mais il ressort de tous ces titres une dimension émotionnelle qui fait trembler plus d'une chair. Des échanges avec le chanteur d'Experience, Manta Rey ou des beaucoup moins connus Anari, Riddim, Akauzazte, Xabier Erkizia et Carlos Desastre. Si le titre avec Experience ressort du lot avec le phrasé reconnaissable entre mille du chanteur, le reste fait bloc. Une chape de mélancolie, des ambiances qui prennent aux tripes, Lisabö doit autant à Sonic Youth qu'à Slint, autant à certaines phrases de guitares (El adios que se queda) du célèbre groupe de New-York qu'à cette tension maladive que le groupe de Louisville savait rendre presque intolérable. Mais la musique de Lisabö ne se laisse pas approcher facilement. A l'instar des tchèques de Lvmen, ils créent des climats chargés de nuages noirs, qui aiment progresser sur la durée non sans ruer dans les brancards, le temps de morceaux plus noise-rock et concis, alternant les vitesses et soutenus par un chant masculin/féminin qui fait beaucoup dans la beauté de ces morceaux. C'est Kill The Thrill dans les intentions. Ce feu intérieur qui bouillonne, ce parfum dramatique parfaitement mis en son, cette sensation d'épaisseur et de légèreté. Un disque dense qu'une multitude d'écoutes ne suffit pas à en faire le tour. Le pays basque frappe très fort.

SKX (08/01/06)
website label www.musikametak.com | www.esan-ozenki.com

Loosers
For all the round suns - 2005
Ruby Red / Flur 2005

C'est pas tous les jours qu'on chronique un groupe portugais. De mémoire, c'est même le premier. J'avoue facilement mon ignorance sur ce qui se passe à l'ouest de la péninsule ibérique, si Loosers est esseulé en son pays ou si une ribambelle de groupes vont franchir les Pyrénées mais le cas de Loosers mérite qu'on s'y attarde. Ils débarquent avec un premier album qui fait suite à pas mal d'auto productions. Les Loosers deviennent des winners. Et des chercheurs. Quête sonore. Liberté des formes. Virage à gauche. Ca frôle le ravin et sert un morceau noise-rock bien cuirassé pour mieux rebondir sur un long périple de treize minutes, tribal, halluciné et dangereux pour les neurones. Loosers ne se donne aucune frontière. Allume la mèche autant avec Sonic Youth que tout un pan de la musique kraut-rock, nos français de feu Bästärd que la musique électronique, les signaux lumineux, les samples, le rythme martelant, toujours le souci du rythme, ne pas s'enliser dans des méandres expérimentales qui rendraient l'âme au bout d'une écoute, non, gardez le rythme, l'ère industrielle, retour vers le fer, l'âge du futur. Un trio débordant d'imagination, à l'instrumentation riche mais ardue, chanté ou non, entre le froid clinique et la chaleur de la transe. Loosers réussit une première oeuvre audacieuse et met le Portugal sur la carte du rock, tout aussi trafiqué qu'il soit.

SKX (09/01/06)
website groupe www.loosersarefree.com
website label www.freewebs.com/rubyredlabel | www.flur.pt

Loraxx
Selfs - CD
Automatic Combustioneer 2005

Loraxx est un pur produit de Chicago. Rien que cette sentence devrait suffire à comprendre. Ils se déclarent eux-mêmes sonnant comme Jesus Lizard, Shellac et Birthay Party. En plus, enregistré par qui vous savez, la voie est toute tracée. Un groupe pourtant fort discret. Selfs est leur troisième album depuis leur création en 1998 mais on ne peut pas dire que leur nom soit familier des rubriques people de l'indé. Comme quoi le blaire d'Albini ne suffit plus. La faute surtout d'un groupe qui n'est qu'un loisir de week-end et qui a laissé quatre années s'écouler depuis leur second album Yellville. Selfs ne serait donc qu'un produit de plus de cette école à broyer noise-rock made in Chicago… ? C'est ce qui risque de leur arriver… Cet album se distingue pourtant grâce à une voix femelle marquante. Femelle car ce chant est plus proche de l'animal qu'on titille que le signe d'une sensualité débordante. Arista Strungys, qui plaque aussi des accords acérés de guitare, va chercher au plus profond de son larynx, crache, éructe, donne l'impression de forcer, de puiser des forces insoupçonnées pour un résultat qui permet à Loraxx d'affirmer sa personnalité. Pour la partie musique, c'est la section rythmique qui pose les fondations. Lourde, menaçante, la paire Jeff Lauras (basse) et Elliott Talarico (batterie) n'aime pas la démonstration gratuite, se contentant d'user les nerfs, répétant inlassablement, enfonçant le clou, construisant une forteresse autour de la guitare qui se contente d'interventions au vitriol, laissant la part belle à cette section pas bavarde mais imposante. Ecouter le morceau final The Kingmaker. Ce sont les Melvins qui se prennent pour Glazed Baby. Ballade monstrueuse de sept minutes dans les entrailles de la bête. Alors avec leurs airs tout trouver d'avance et ces références jetées en pâture trop facilement, Loraxx finalement trompe son monde. On sait d'où ils viennent mais les routes sont incertaines ma bonne dame, nous emmènent vers des chemins bien plus complexes et signe un album que vous feriez mieux d'écouter attentivement.

SKX (08/01/06)
website groupe www.loraxx.com
sounds frontendloader.mp3 | 3witchesonbrooms.mp3

Lower Forty-Eight
Apertures - CD
Monotreme 2005

Le groupe de San Francisco continue son aventure européenne en signant son troisième album sur le label anglais Monotreme. Après un Skin Failure conséquent, Lower Forty-Eight insiste là où ça fait mal. Les choses n'ont guère changé mais quand à la base, elles sont déjà bonnes…. Le rock du trio est généreux, puissant, tour à tour sophistiqué et brut, complexe et carré. Vous pouvez être aussi bien confronté à de gros riffs plombant qu'à de nombreuses anfractuosités. Des labyrinthes débouchant sur de lumineuses envolées. Une incroyable dynamique, constante, même dans leurs moments plus détendus, portée par la guitare volubile de Andrew Lund et son chant rageur. Lower Forty-Eight utilise tout l'arsenal disponible pour arriver à ses fins, entre la tension et des lignes mélodiques juteuses (limite par deux, trois fois quand même), la virulence et l'ambition de construire de véritables pièces musicales à tiroirs multiples. L'album, comme les précédent, souffre sans doute d'une véritable identité musicale, de morceaux porteurs qui éclairciraient le coté massif de la chose. Ca reste tout de même une belle bête qui mérite le coup d'oreille.

SKX (29/07/2006)
website groupe www.lowerforty-eight.com
website label www.monotremerecords.com
sounds Mass_Denial_Massive_Guilt.mp3 | I_Am_A_Rogue_State.mp3

Lvmen
Mondo - CD
Day After 2006

Lvmen enterré trop tôt. L'exhumation a débuté par une An anthology of previously released songs, soit la totalité de leur discographie remasterisée. Sept titres en tout et pour tout, répartie sur deux disques. Maigre. C'était début 2006, signe avant coureur d'une reformation. Six années de silence, des changements importants de personnel et la machine est relancée. Je ne serais dire à quel point ce renouvellement de personnes influe sur la musique des tchèques. Des membres originels, il ne reste plus rien. Ou plus grand-chose. Changement par couches successives pour aboutir à un groupe qui ne garde plus que le nom pour seul liant historique. Même le pilier du groupe, le taciturne Tschepitz et sa basse mélodique, a stoppé l'aventure. Mais la touche Lvmen reste. Les six membres gardent le format long de compositions qui allient toujours puissance, noirceur et ambiances aériennes. Les samples prennent de plus en plus le pas sur un chant qui se fait rageur quand il apparaît. Le nouveau Lvmen n'a pas changé grand-chose. Sauf qu'ils le font moins bien. Je ne sais pas si c'est toute la ribambelle de groupes dans le genre qui a débarqué depuis (non ! pas comme Isis !) qui a tué l'effet de surprise, tordant le cou à l'originalité de Lvmen ou si l'inspiration était encore rouillé après toutes ces années de silence mais ce Mondo laisse sur sa faim. Comprenez bien. Cet album est agréable mais les morceaux n'ont pas dans l'ensemble l'ampleur et le brillant de ces prédécesseurs. Morceaux toujours numérotés (8 à 13) avec des montées maîtrisées, des accès de colère qui valent le détour, des petits trucs à gauche à droite séduisants mais pas c'est pas le grand huit espéré. On va dire que c'est un disque de remise en route.

SKX (07/11/2006)
website groupe www.lvmen.cz
website label www.dayafter.cz
sounds 20913.mp3 | 20917.mp3

Landed
Dirty bomb / Creeping hand 12''
Corleone 2007

L'entreprise de démolition Landed et son nouveau parpaing. Le premier est une pièce récente datant de 2006. Sept maçons ont été nécessaires à son élaboration. Dirty bomb est son nom et comme à son habitude, les maçons du collectif Landed sont des spécialistes de la torture auditive. Pêle-mêle, des mecs qui ont ou eut traîné avec Chinese Stars, Lightning Bolt, Six Finger Satellite, Minflayer et le fameux Dan St Jacques en hurleur de la pleine lune. Contrairement à ce qu'on pouvait s'attendre, Dirty Bomb n'est pas ce sale missile qui vous napalme la gueule. C'est plutôt la mine anti-personnelle, le truc vicieux guettant sa proie. Un rythme qui ne bougera pas (ou presque) d'un pouce pendant neuf minutes avec les couinement de St Jacques et un tas d'interférences électroniques pouvant faire penser au Brise Glace du début. On a connu Landed plus virulent mais ce morceau s'inscrit sans problème dans leur longue litanie historique de mantra noise. Face B, Creeping Hand est deux fois plus crispant. Normal pour un morceau joué live pendant la nuit d'Halloween en 1997 à Providence puis remixé et remasterisé récemment. Douze minutes où là encore, Landed construit un rythme pour l'hiver. Des tas de bruits énervants se greffent sur cette corde raide avec un passage ultra-répétitif au milieu faisant croire que le disque est rayé. Ces mecs prennent des substances étrangères. C'est un brin facile et longuet et il n'est pas aisé de rentrer dans leur drôle de danse en forme de grande messe noire. On a connu Landed plus inspiré mais c'est une belle pièce tordue de plus à leurs méfaits.

SKX (05/02/2008)
website groupe landed.02909.com
website label www.corleonerecords.com

Lisabö
Ezlekuak - LP + CD
Bidehuts 2007

Lisabö et c'est tout le pays basque qui s'enflamme. J'étais resté sur l'album Izkiriaturik machin truc et des rumeurs de fin de groupe. C'était en 2005. Mais cet album de collaborations leur avait redonné la flamme. Lisabö est reparti se chauffer en studio pour revenir les mains pleines d'un album tout blanc avec un vinyl et un CD à l'intérieur. Très belle pochette en carton épais avec le rabat qui rappelle les deux premiers 45 de Shellac mais en grand format. Le vinyl pèse son poids également mais c'est surtout pour la musique qu'il supporte. Et pas pour les raisons qu'on croit. Avec deux batteurs en ses rangs, on pourrait croire que la force de frappe est incroyable, un véritable attentat à chaque coup de baguette. Que nenni. Excepté sur le 1er morceau Hazi eskukada I où on sent la double batterie, les autres titres imposent leur présence uniquement par le poids des guitares et la passion qui regorge de chaque compo. Le rythme est bizarrement très basique. On se demande vraiment l'utilité de deux batteries alors qu'un manchot amputé de deux doigts pourrait tenir ces rythmes les doigts dans le nez (donc avec les trois qui restent ce qui rend finalement sa tâche très compliquée). On ira alors chercher son bonheur ailleurs et à vrai dire, j'ai mis du temps à le trouver. Comme dit en préambule, j'étais resté sur l'album de 2005 et sa diversité alors qu'il faut remonter en 2000, soit leur premier album Ezarian sur Esan Ozenki records. Sur ce Ezlekuak, troisième album en sept ans (Lisabö, un groupe très prolifique), ils reprennent cette approche monolithique du bruit. Quand ils se mettent à l'ouvrage, c'est pour pondre des compos généralement longues et épiques. Se vider la tête et les tripes. Présenter un canevas quasi-identique à chaque compo, mélange de profonde mélancolie et de fureur, de guitares généreuses et noisy, d'une basse distincte, de ce rythme monocorde et d'un chant qui est l'autre point de discorde avec les batteries et qui nuit au bonheur total. Un chant lui aussi uniforme, jouant trop sur la corde sensible, limite pleurnichard dont la langue natale accentue le coté désespéré. Si vous avez le malheur de vous pencher sur les paroles présentes et traduites sur l'insert à l'intérieur de la pochette, c'est encore pire. La mousse poussera dans mes poches et dans ma tête les mots des sorcières montreront mon squelette. Bigre. Un chant rappelant celui de Envy. Forcé sur les bords, toujours dans la même tonalité (la musique des japonais, époque All the footprints, n'en ait pas très éloigné non plus). Les compos de Lisabö sont suffisamment lyriques pour ne pas en rajouter dans le pathos. Ca, c'est ce que vous vous dites au début. Peu à peu, vous entrez dans leur univers rempli de ruines, de gares désaffectées, d'amours perdus et de villes fantômes. La voix se fait à votre raison et vous vous pliez sous le rythme martial. Sans posséder l'élan et l'inspiration de leurs précédentes œuvres, ces nouvelles compos finissent par insidieusement se répandre dans votre cortex sensitif, les violons de la fin de l'album vous achevant. Un album sur et dans la douleur.

SKX (17/11/2007)
website groupe www.myspace.com/lisaboezlekuak
website label www.bidehuts.net

Lite
Phantasia - CD
Transduction 2008

Ca faisait un moment - mais j'ai une très mauvaise mémoire - qu'un groupe japonais ne s'était pas fait chroniquer dans ces pages virtuelles. Mais si les groupes nippons deviennent comme Lite, c'est-à-dire comme tout le monde, sans le petit grain de folie qui fait leur différence, on ne risque pas de s'attarder dessus (sauf si elle est jeune et de bonne volonté). Appelons ça les méfaits de la mondialisation (mon con). Lite fait dans le math-rock, un truc devenu aussi banal qu'un produit fabriqué en Chine et ce qui le distingue du reste de la troupe se résume en un mot : rien. Ou alors si mais dans le négatif. Des sales parties de guitares (comme sur le morceau qui donne son titre à l'album), funk-rock speedé à la sonorité claire atroce. D'ailleurs, c'est dans les guitares que l'on retrouve le pire de l'énervant avec un son qui me défrise (et il faut se lever de bonheur pour me défriser), et un jeu capable d'en faire des tonnes comme d'être jubilatoire mais trop rarement. Ces Japonais ont la virtuosité de gars qui ont partagé un split-album avec Mike Watt (Minutemen), assurent comme des bêtes mais pour pas grand-chose à l'arrivée. L'impression désagréable de voir des gars contents d'eux, la guitare sous les aisselles (la pire tenue de guitare qu'il puisse exister au monde) comme de vieux requins trop sûrs de leur technique, des rythmes pitoyables qui voudraient nous faire danser. Au mieux, on pourrait les rapprocher d' Ahleuchatistas et Sleeping People mais ils n'ont pas le même sens du rock, n'ont pas cette dimension de danger. Ils auraient même le ton enjoué (voir gentillet). Et j'aime pas les gens heureux. Vous y croyez vous, à du math-rock funky ?? Je n'avais pourtant pas sourcillé à la première écoute, à peine lever le petit doigt à la seconde. J'étais comme Ph(F)antasia chez les ploucs. Gobant sans réellement écouter. On pourrait se laisser abuser facilement. Distraitement. Mais tout ces arpèges débouchant de partout ont fini par se retourner contre leurs géniteurs, la vitesse sans le frisson, des choses atroces que la décence ne me permet pas de vous narrer en détail et qui ont fini par couvrir les choses plus convaincantes. Pour finir par m'énerver vraiment.

SKX (24/07/2008)
website groupe lite-web.com
website label www.transductionrecords.com

Logs
s/t 7''
Pure Pain Sugar / Denovali 2007

Un trio originaire de Olympia, Logs, dont les premières éructations datent de janvier 2007 pour une démo enregistrée dans la foulée et ce sont ces quatre titres qui se transforment en single. La vie est belle. Ils ont beau venir de la patrie de K records et Kill Rock Stars, c'est un duo de labels français qui s'occupent de leur cas. Ils font dire que leur emo-noise n'a pas grand-chose à voir avec l'éthique habituelle des deux labels d'Olympia. La frontière canadienne est à quelques encablures et les feu-Shotmaker ont laissé des traces des deux cotés de la frontière. Et qui dit Shotmaker dit bien sûr Kurt, les teutons toujours dans les bons coups. Logs garde ce goût pour la mélodie vibrante mais virile, ce sens du rythme qui vous fait bouger le cou en cadence, ce bon gros son de basse et l'amour de la bête à corne sur une pochette marrante. Mention spéciale pour le morceau Some millipedes have... sur un single qui glisse tout seul. Single entièrement écoutable sur leur myspace. Mais c'est pas pareil…

SKX (04/02/2008)
website groupe www.myspace.com/logsband
website label www.purepainsugar.com | denovali.com
sounds Thriving_in_volcanoes.mp3

Loisirs / 10 Volt Shock
Split 7''
Rejuvenation - Théâtre - X-Mist 2007

Comme souvent, c'est pour fêter une tournée commune et un amour immodéré pour les blondes (les bières uniquement) que ce split franco-allemand est sorti. A moins que ce soit pour relancer l'Europe et porter une vive concurrence à notre cher nouveau président bien aimé. Union libre aussi pour les labels avec deux français et un allemand qui, printemps oblige, ont opté pour des pochettes avec cinq couleurs différentes. Mon exemplaire est jaune. Une couleur qui ne porte pas chance cette année mais ça, c'est une autre histoire. Comme je n'ai aucun amour propre, je commence par les poitevins de Loisirs. Congratulations, ce n'est pas moi qui le dit, c'est juste le titre du morceau et quelques gonzesses aussi qui tomberont toujours dans leur piège d'un rock jeune et frais fait par des vieux. Un Robocop Kraus pour homme, dans la lignée de leur album précédent Submergé par le sublime, voir mieux car plus rentre-dedans et sale dans les sillons. Comme je n'ai toujours pas d'amour propre, je continue avec les Allemands de 10 Volt Shock. Deux inédits pour lesquels notre trio ne va pas changer la donne, ça serait mal connaître leur jusque boutisme, celui d'un rock-noise droit dans ses bottes, toujours aux frontières de Kurt et Shotmaker, version là aussi, pour nous, les hommes. Comme à leur habitude, c'est rudement bien fait. L'Europe n'a pas de souci à se faire. Note des propriétaires in english dans le texte : si vous payez ce single plus de 4€, c'est que vous êtes idiots ou bourrés. Voir les deux, hein les gars !

SKX (17/05/2007)
website groupe loisirsmyralee.free.fr | www.tenvoltshock.de
website label www.rejuvenationrecords.com | www.myspace.com/theatrerecords
sounds planned.mp3

Lucertulas
Tragol de rova - CD
Robotradio 2007

Découvert à l'occasion d'une première tournée en France en compagnie de leurs compatriotes GI Joe, Superlucertulas a depuis perdu son Super quand son bassiste-chanteur s'est fait la malle, se nomme désormais Lucertulas et sort son deuxième album après un précédent disque Homo Volants sur 8mm records. Avec ce changement de personnel, il n'est point étonnant de voir leur musique évoluée. On reste dans le domaine du bruit, ça saigne, ça dissone mais ça perd surtout au passage sa dimension psychédélique et c'est pas plus mal. Leur noise est rock. On se prend à penser à Arab on Radar mais contrairement aux gars de Providence, ça ne te donne pas du tout l'envie de danser. Approche brutale du son, guitares bien sales qui regardent le bruit dans le blanc des yeux, rythmique martelante, Lucertulas n'est pas là pour te tricoter un pull en cachemire pour l'hiver. Tout vibre sur leur passage. Excepté un sixième morceau qui cherche son salut dans l'ambient-noise, les huit titres de Tragol de rova font bloc dans la maltraitance et c'est sans doute là le défaut principal. Lucertulas manque de discernement dans ses attaques, le bruit est livré brut, sculpture minimale. Si le chaos est attirant, le son charnel, les saturations grisantes, il leur reste désormais à organiser tout ça dans des compositions qui tiennent la route pour vous emmener un peu plus loin dans la quête du bruit blanc, parce que là, on risque de vite se fatiguer. Pas à la hauteur de leur véhémence. A peine l'album enregistré, le trio change de batteur, n'en perd pas son Lucer ni son latin, garde son patronyme et tout un tas de possibilités pour se faire définitivement un nom après ce second essai prometteur.

SKX (04/12/2007)
website groupe www.myspace.com/lucertulas
website label www.robotradiorecords.com


 
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