A
ARCHIVES 1999 - 2006
 

A DAY CALLED ZERO
" s/t " - CD
Gravity 00
Un jour où rien ne se passe. Le vide. Le calme est là, au-dessous. Ce nouveau trio avec des égarés de 3 Miles Pilot et Rocket From The Crypt ont crée la bande-son d’une énième journée qui s’enfile pour rien. Des notes remplies de mélancolie où on attend désespérément quelquechose, une violence soudaine, une explosion qui nous sorte de la torpeur, sortir de la grisaille. Mais ce long 6 titres tirent la même corde que Slint a su si bien tendre sauf que là, la corde a du mou et on la sent beaucoup moins prête à nous péter à la tronche. Reste que cette grisaille a le charme des journées tranquilles, au chaud sous le soleil de l’hiver et que bien des fois on aurait préféré une journée sans rien que les menus traumatismes de la vie quotidienne. Six contes d’automne à la dynamique souple et nonchalante dont on n’attend rien sinon de ne pas nous gâcher le moment présent. C’est déjà ça. Ailleurs, la journée bat son plein.
SKX (31/01/2001)
A GREAT DIVIDE
" s/t " - CD
Frenetic 00
Ce qui, pour tout le monde, est anecdotique, nous entraîne, sans le savoir, vers des petites morts répétées. On résiste, on résiste, on perçoit des sons qui se languissent dans le magma. Interchangeable, universel, passe-partout. A Great Divide issus d'ex, qu'importe le nom, empruntent les nationales, la marge de manoeuvre est faible. Fiers et tendus, arc-boutés vers un but connu que d'eux-mêmes, mais en ont-ils une réelle idée?. Honnêtes laboureurs un cran en-dessous d'Ambassador 990 et 12 Hour Turn, ce emo-driving-rock se nourrit de pas grand chose, comble les ventres creux avides de la moindre proie. S'encanailler pour un rien. Pas d'ouvreuses et pas d'esquimaux. Un bon amuse-gueule sans prétentions.
SKX (05/06/2001)
  ABILENE
" s/t " - CD
Slowdime 01
La preuve par trois. Un ancien Lustre King, un ancien Chisel Drill Hammer et surtout Alex Dunham, ex-Regulator Watts et Hoover, groupes dont on tend le plus à rapprocher ce nouveau projet. L’affiche est alléchante en tout cas et une fois le tour de la propriété fait, on se dit que les anciennes demeures avaient du charme en fin de compte ! Ce 6 titres retient du passé les parties les plus calmes et atmosphériques, ces ambiances brumeuses aussi collantes qu’un smog anglais et qui fichent le bourdon à coup sûr. Une basse qui arrondie les angles, une batterie qui ne s’énerve jamais. La guitare qui tricote. Le décor est à la grisaille, ça flotte, ça avance au radar, on sent bien quelquechose de consistent. Ils tissent leur toile en douceur, le travail est soigné, on se laisse même immerger de temps à autres par ce coup de blues mais l’intensité sourde et continue est absente de leur langage. Le moteur tourne à vide le plus souvent. On reste un peu à l’écart, à les regarder se débattre dans leur univers ambitieux et encore congelé. Mais il ne manquerait pas grand chose pour les rejoindre.
SKX (20/02/2001)
ABILENE
" Two guns, twin arrows " - CD
54° 40' or Fight 03
Abilene s'est construit un espace qui ne tient ni de la pesanteur, ni de la gravitation. Sauf que si sur leur premier mini-album sur Slowdime records, ça ressemblait au grand nul part, le vide intersidéral, Abilene redresse la barre et l'ombre immense de ce " Two guns, twin arrows " nous protège de toutes déceptions. L'arrivée de Fred Erskine (Him, June of 44) à la trompette est pour beaucoup dans cette nouvelle osmose. Il retrouve par là même occasion ses anciens compères de Hoover et Regulator Watts. Pas besoin d'en dire plus pour constater qu'un retour aux sources s'effectue. On retrouve cette même grâce, cette même fluidité dans la rythmique qu'aux plus belles heures de Hoover quand ce groupe sévissait sur Dischord. Aérien et pourtant si consistant. Une économie de moyens. Alex Dunham (chant et guitare) trouve en la trompette de Erskine la parfaite complémentarité pour alimenter leurs échappées nocturnes. Le meilleur exemple est " blanc fixe " où la mélodie lumineuse de la trompette et le riff implacable de la guitare vous amène dans une corrida du troisième millénaire. Moi la trompette, ça m'en bouche un coin ! Ca vous enveloppe comme dans une bulle, ça calme les nerfs, c'est beau comme un camion sans faire nouveaux riches. Abilene a repris sa marche par des traverses nouvelles. Des formes mues par d'inexplicables puissances, tout en silence appuyé. Plus qu'à s'asseoir et écouter. Un album lunaire.
SKX (13/11/2003)

AMERICA IS WAITING
" In the lines " - CDEP
Die Die Diemond 03
L'Amérique attend. Certes, mais quoi?! En attendant que le vent tourne, ce groupe originaire du Texas offre un premier élément de réponse sous la forme de sept titres cinglants. Du tac au tac. Un groupe découvert par hasard via leur site web où ils encourageaient tout bon (et même mauvais) américain qui se respecte à aller voir The Ex en concert. Et un groupe qui aime The Ex ne peut pas être un mauvais groupe. A l'arrivée, America is Waiting n'a pas grand-chose à voir avec nos Hollandais. Sinon un amour identique pour marier la beauté d'une mélodie au chaos le plus élémentaire. Mais des groupes qui correspondent à ces critères, c'est légion. Alors quand en plus, on y rajoute la grâce et l'explosivité, ça donne une réalisation inespérée. Devant son inspiration également à des groupes comme Jesus Lizard, Fugazi ou Girls vs Boys (du début parce que la fin, ça craint), America is Waiting possède ce petit plus tout de suite identifiable qui vous fait dire, le sourire en coin, que vous venez de mettre la main sur un groupe dont on a pas fini de parler (si les petits cochons les mangent pas). Ecoutez le morceau " sympathy for rome ", tube énorme sans facilité et ça ne devrait pas être trop dur de vous convaincre. Mais ça pourrait être vrai pour l'ensemble des compos. Entre des rythmiques qui tournent, des ballades sombres et tendues (" the virus is airbone "), le bruit qui s'échappe des guitares, se libère, envahit et vous ensorcelle, la charge émotionnelle est grande. America is Waiting son heure.
SKX (29/12/2003)
ALL IS SUFFERING
" s/t " - 7
Renaissance 00
Ca va être une vraie partie de plaisir ! Noël au balcon, putes à foison ! Pour le décor, le patronyme que je vous traduirais pas. Pas la peine de sortir de polytechnique pour comprendre que oui, toi aussi, tu souffres. Les morceaux sont pas en reste : «Mauthausen», «Dezanification of your weak mind» et «Dragon of the black pool». Sans oublier la photo-pochette où se balancent des pendus de camps de concentration.... Jusqu’aux noms des protagonistes aux sonorités israélites (enfin je suppose je suis pas spécialiste non plus). Trois titres d’un hardcore des plus brutal. Ne me demandez pas si c’est old ou nouveau de chez new school ou post-grind-core à marée basse, j’ai jamais rien compris à ces trucs là et j’ai passé l’âge. Par contre, ce que j’entends bien, c’est le son à faire reculer un tank allemand (ah ! 50 ans plutôt et....), des grosses voix bien lourdes, une chape de plomb qui s’abat sur mes frêles épaules, quelques petits soli limite limite, une montée au front coupée par une arrivée surprenante d’un bataillon de moines en plein gargarismes grégoriens façon Neurosis, et un lyrisme lugubre avec la délicatesse d’un légionnaire en tutu. Malgré des dehors qui m’attirent pas toujours, ça m’a quand même troué le cul (après vous j’vous en prie)!
SKX (25/07/2000)
AMERICAN HERITAGE
" s/t " - 12"
Rosewood Union records 98
" Et nous remercions ceux qui se battent en sachant qu'ils perdront ". Auto-dérision pour un combat perdu d'avance ? Enième perle math-noise-rock échouée dans l'océan des sorties, ce 1er disque risque de raser les murs. Un nouveau projet de Andrei Cabanban, ancien guitariste de Tetsuo et Brass Knuckles For Tough Guys, reprenant les armes où il avait fait semblant de les déposer, pour 7 instrumentaux à l'arithmétique complexe, 7 titres qui font blocs, où il manque encore un je-ne-sais-quoi pour flamber de sa plus belle flamme. A parier pour leur 1er album cet été, toujours sur le label anglais Rosewood Union, un label à surveiller de très près.
SKX (12/07/1999)
AMERICAN HERITAGE
" why everyone gets cancer " - CD
Rosewood Union records 99
Derrière ce titre d'album désopilant, 10 virus instrumentaux qui attaquent aux germes et s'inscrivent dans la suite logique et mouvementée de leur premier maxi. Maxi que l'on retrouve dans son intégralité sur cet album, d'où 4 inédits seulement à l'arrivée. Et une frustration bien légitime.... et bien vite balayée car tous ces titres se sont refaits une beauté. Reliftage de la production, remixage, reboosté bref ils sont plus beaux et plus forts. Et cette fois-ci, la cible est atteinte. Rythmique dans la grande tradition des groupes de Chicago, complexe et franc du collier, force noise, massif et compact où la guitare inventive se fraye allègrement un chemin pour bien nettoyer la plaie de l'intérieur et alléger les souffrances. Don Caballero parti aux fraises post-rock, c'est American Heritage qui récupère les dividendes. Le genre de cancer qui ne vous pourrit pas la vie!
SKX (17/10/1999)
AMERICAN HERITAGE
" we will pay you $125 to observe you deteriorate " - CD
Class-B 00
Ca va trembler dans les chaumières ! La forte tempête se transforme en ouragan. Alors qu’American Heritage se demandait « pourquoi tout le monde attrapait le cancer » sur un premier album explosif, ils sont prêts désormais à vous filer de la tune pour vous regarder foutre le bordel. A l’origine spécialement sorti pour la tournée européenne, cet album 6 titres presse la détente et vous met KO avant la sortie officielle en mars prochain d’une version raccourcie sur Troubleman records. American Heritage prend de l’ampleur, donne du volume à son math-rock instrumental et déflore le tango à Chicago. Burn Chicago burn. Tes nouveaux fils débarquent et brûlent le pavé. Des compos encore plus ambitieuses, qui gagnent en durée et en épaisseur. Des mélodies qui tournent en boucles, des breaks incessants, des riffs fulgurants, l’ouvrage remis sans cesse sous l’enclume du maréchal-ferrant. Un trio qui sent le souffre et qui doit autant à l’arithmétique d’un Don Caballero décongelé du cul qu’à un groove malsain et à la technique sûr de No Means No. Ahurissant ! La mèche est partie, la poudre s’enflamme, ça va péter ! ! Vous aurez droit, en plus de votre tronche au plafond, à un morceau rap par Brother El, un pote du guitariste Andrei Cabanban et quatre reprises par American Heritage themselves, voix comprises, de 4 standards du punk-rock (Born Against, Dead and Gone, Swiz et Black Flag), anecdotiques certes mais leur manière à eux de vous montrer leurs racines et d’où leur vient toute cette putain d’énergie. Encore une histoire d’héritage !
SKX (02/01/2001)
AN ALBATROSS
" eat lightning, shit thunder! " - Lp
When Humans Attack 01
Toujours plus loin dans la connerie. An Albatros la met profond avec ce concept à la mords-moi-le-noeud : un disque, 11 titres, mais exactement les mêmes des deux cotés de la face! Va comprendre, Charles! On joue comme on aime! Au pire pour les plus maniaques, vous écouterez toujours la même face, ça économisera l'autre en cas de pépin. Planète gravos donc. Ces intouchables choisissent l'hystérie collective à la Locust. Mais là où il n'y a plus rien à tirer avec les branleurs de San Diego, An Albatros soigne tout de même son standing. Ils ne se contentent pas de faire un bruit violent et nihiliste mais composent de vraies petites bombes incendiaires où on retrouve ces billes. On distingue le début, la fin. Et un ptit peu le milieu aussi. Pour la durée, c'est l'éclair. Tout sprinte entre les 20 secondes et les 2 minutes. Le clavier associé à l'électronique/platine font largement autant de raffut que la guitare, basse, batterie. Seul le chant convulsif aiguë tend à couvrir l'ensemble. Les titres sont empreints eux-aussi de connerie ("mother's day came a little early this year", "the man eating pig of madidi", "klüver-bucy nocturne in Bb"...). Ca attaque sec, c'est pas dénoué d'humour. Yen a même à revendre. Les samples sont explicites. Bref, une grande réussite dans le genre. "Une célébration à la vie" comme disent en choeur ces 6 allumés de An Albatros. Vol au-dessus d'un nid de coucou. Je sais pas si ce sont les plus débilos mais ils sont sûrement sur le podium.
SKX (17/01/2002)
THE ANASAZI
" calculating components.... " - Lp
Troubleman Unlimited 00
Soirée de peine capitale. Pas moyen de siffloter tranquille sous les platanes. Ca attaque frontale, c'est rectal et sans concession. La production, c'est pour les petits cons. C'est brut de décoffrage à faire passer le son le plus punk pour du Jean-Michel Jarre sur les champs-élysés. Ne pas hésiter à augmenter sérieusement le volume de sa chaîne pour que parvienne à vos esgourdes un disque enregistré dans la cave avec un 2 pistes de compèt très fatigué ! Faut aimer. Et c'est presque dommage car avec ces anciens Yaphet Kotto, Jenny Piccolo et The Mohinder, sous la crasse, on a le droit à un hardcore noisy des plus chaotiques et extrême. Et si vous aimez les messes noires, un conseil, l'autre face. C'est la même chose mais tout à l'envers. Un disque pour bien se l'enfoncer jusque là.
SKX (23/01/2001)
ANODYNE
" The outter dark " - CD
Escape Artist 01
Un trio carré. Trois entités, un chat est un chat. Mike Hill. Josh Scott. Joel Stallings. La pochette est noire et grise, une touche de blanc pour le texte. Photos sales, signe de désolation, no man's land urbain. Debout au milieu du massacre, Anodyne orchestre une partition aussi gaie qu'un Neurosis sans le grand cirque. Au plus près de l'os. Genre Kiss It Goodbye / Playing Enemy et toute la ribambelle torturée du hardcore moderne. Version apocalyptique, plus noire que noire. Huit titres tranchants. La démonstration ne se fait pas dans la surenchère de rythmes et de breaks. Anodyne garde un cap relativement droit, sec dans les angles, belliqueux dans les lignes droites. Le lyrisme est souterrain. Anodyne se présente nu sur l'autel, se débarrasse de tous oripeaux, ne la ramène pas plus qu'il ne faut et gagne ainsi encore plus de crédibilité dans la noirceur du propos. L'essentiel est dit, percutant et perturbant. Un disque qui calme.
SKX (08/11/2002)
KEELHAUL/ANODYNE
" split 7" " - 7"
Chainsaw Safety 02
Le genre de 45 avec lequel on ne cherche pas d'embrouilles. Deux groupes tendres comme un bataillon de paras, légers comme un vol de mouettes mazoutées au troisième degré. Avec Keelhaul, c'est la connexion Craw. Le batteur en commun et, en invité de marque, Joe Mctighe, le chanteur. Deux cartes maîtresses qui donnent une saveur très Craw-ienne avec une pincée de No Means No, allez savoir pourquoi, bref un truc rock lourdingue et pulsant son gras pour n'en retenir que le maigre. Des déménageurs et des bons. Avec Anodyne, on sort les chiennes. Leur face Neurosis est totalement dynamitée de l'intérieur lors d'un morceau sauvage et bref. Pas forcément leur meilleur crû. Suit une reprise de Throbbing Gristle ("persuasion"), vieux groupe industriel de la mort mais le titre n'est pas remis au goût du jour et coulé dans un moule Anodyne. Ambiant et anodin. Pochette noire et belle. On a vu pire comme split mais hélas encore, un peu bancal.
SKX (03/09/2002)
APES OF WRATH
" s/t " - CD
Obtuse Mule 01
Les singes en colère. Très en colère. Quinze titres propulsés en quinze minutes chronos, chaque minute comptant le double de décibels autorisés à la seconde par les ligues de vertus, le ciel est tombé sur la tête. Une description volée au passage les comparait à du "Arab on Radar math-metal" ! Même méfiant, ça pousse à la curiosité. Et le résultat en-deça de mes lubies masochistes. Un mirage. Ca pulse, ça n'arrête pas. A la description, il faut rajouter Melt-Banana pour l'amour de la vitesse. Sauf que les charmes orientales de la voix ont été remplacées par les cris d'un maniaco-dépressif. Qui loin de se contenter d' hurler dans le vide, étend sa palette vocale, allant du chien dont la queue s'est coincée dans une porte aux plaintes hystériques d'un cow-boy poursuivit par une meute d'indiens assoiffés de scalps. Mais on ne prend jamais de plein fouet un mur du son inaudible, un brouhaha continu et agressif. Les riffs sont clairs, précis et rapides. Ministry sans le cuir et le gras qui va autour. Sous leurs dehors de méchants à poils longs, la bonne humeur suinte grâce à des samples incongrus et rigolos et cette voix trafiquée de cartoon électrocuté. On distingue allègrement les morceaux et ce coup de pied au cul va faire remonter plus qu'un quadrupède dont tu descends, camarade, à la cime de son arbre. Provocation animale.
SKX (04/04/2002)
THE APOPLEXY TWIST ORCHESTRA /
THE KINETIC CRASH CORPORATION
" split album " - Lp
React with Protest 02
Des patronymes qui annoncent des paniques surchauffées, des colères rentrées et des tonnes de frustration tapis au fond de la gorge. Deux groupes allemands se partagent ce disque. La chronique ne pourrait en faire qu'une pour autant. La pochette en nappe de cuisine est bourrée de bruit et de crachat à la gueule, de cette musique qu'on appelle screamo-hardcore, version Orchid, encore plus sec sur le carreau. La face contre terre. Kinetic Crash Corporation y apporte un brin d'ampleur, un son qui donne moins l'air de sortir de la cave et des titres en forme de complexité. Ca en devient presque bon à vrai dire. L'oxygène vient toujours à manquer. Ces groupes auront peut-être déjà tiré leur révérence à l'heure où s'écrivent ces lignes. On aime ça pour le plaisir immédiat que ça procure. Vivre dans le nerf même si tout ce bordel est sommes toutes commun. Mais qui ne l'est pas?
SKX (03/09/2002)
ARAB ON RADAR
" the stolen singles " - CD
Three One G records 03
L'arabe n'est plus dans le collimateur. Il a mis la clef sous la porte et nous laisse comme seul souvenir quatre albums, des concerts épileptiques et cette poignée de singles, titres rares et inédits regroupés en un seul jet sur cette compilation. Vu le tirage limité et la confidentialité de ces objets rares, c'est comme l'album posthume qu'on attendait plus et non une vulgaire opération commerciale que 31G records nous refourguerait pour s'en mettre plein les fouilles. Arab On Radar se saignait en quatre et ne se foutait pas de la gueule du client en sortant des fonds de tiroirs sur ses petits formats. Du premier choix, de la qualité, de la bonne, de la pure. 12 titres volés à leur début. Pépites post-punk (ou " now-wave " comme disent les têtes pensantes de Skin Graft records où ils finiront leur trajectoire), dangereusement sautillantes, dissonantes, cacophoniques pour les uns, jubilantes pour le reste. Une façon unique de donner le rythme. Même les punks ont le droit de danser. Des guitares, dont l'une à la sonorité basse, vrillantes et inventives. Et cette voix de pervers qui pleure sa mère de ne pas l'avoir assez fessé… Des prestations scéniques mémorables et loufoques. Une musique qui effrayait le commun des mortels et bigrement original. Arab on Radar restera comme un des groupes noise marquant de 95 à 2002. Depuis, le chanteur et le batteur ont formé avec un ex-Six Finger Satellite, plus un illustre inconnu, un nouvel avatar de la folie. Son nom : The Chinese Stars (un 5 titres en juillet sur Skin Graft). La ressemblance est frappante. L'invasion de l'Europe est prévue pour octobre prochain. On respire un bon coup.
SKX (01/07/2003)
ARAB ON RADAR
" yahweh or the highway " - CD
Skin Graft 01
La petite sœur a grandi. Elle ne relève pas ces jupes à la moindre tentation. L'arabe plus que jamais dans le collimateur dans cette époque manichéenne, Arab On Radar commet ici son quatrième album. Saluons leur éveil politique sans que cela transparaisse un seul instant dans les paroles de Mr Potty Mouth. La bouche toujours aussi larvée de contes immoraux pour adultes pervers, le spermatozoïde de la noise, après un roman qu'on imagine interdit aux mineurs, continue de vicier la musique déjà décadente de Arab on Radar. Même si, même si ce " yahweh or the highway" est l'album le plus présentable et abordable de Arab on Radar. Rassurez-vous, le cartésianisme n'est toujours pas une valeur à la mode chez AOR. Ca navigue souvent à vue. Deux guitares qui triturent, qui vrillent, qui tournent autour d'une idée. Un batteur qui se prend pour un indien réglant le sabbat autour du totem familial ou imperturbable maître de cérémonie dans une galère romaine. Et le chanteur qui pourrit l'air avec une voix bien aiguë qui pèle le tympan. Sauf que cette fois-ci, la mélodie en générale se fait plus pernicieuse, marque des points. La sensation que les quatre membres forment peu à peu un seul corps et que tous jouent la même partition. Que l'évolution, sans être prépondérante, est très palpable. Ca n'empêchera pas de nombreuses personnes de trouver ce groupe toujours aussi imbitable et leur musique incompréhensible. On ère ici dans le domaine de l'absurde. De la musique primaire qui cherche à éviter les autoroutes archi-fréquentées sans sombrer dans l'impasse. Revenir à la matière première, sorte de Birthay Party moderne, revu et corrigé à l'extrême, de sculpter des sons et des rythmes comme au premier jour du rock'n'roll sans pour cela apeurer le quidam. Arab on Radar est sur le bon chemin. Faites tomber les masques.
SKX (12/03/2002)
ARAB ON RADAR/KID COMMANDO
" split single " - 7"
Ideal 02
Un des grands classique de franche camaraderie. La tournée commune célébrée par un 45 tours partagé. A chacun sa face, figeons dans le sillon ces quelques semaines de vie commune. Et là, comme cadeau de mariage, on s'est pas foutu de la gueule des mariés. Le groupe phare, c'est Arab on Radar. Et leur donation montre une évolution palpable, un je-ne-sais-quoi de différent par rapport à leurs albums. Difficilement explicable mais la folie coutumière se canalise, n'en reste pas moins dangereuse et gagne encore en originalité. Arab on Radar aiguise ses couteaux, la menace est grandissante et le futur s'annonce radieux. Si Kid Commando sont les petits nouveaux, ce trio suédois (dont un des deux gratteux est le boss de Ideal records) va vite prendre son envol. Deux titres mais en vérité un seul et même morceau enchaîné. Des soubresauts et une volonté identique à Arab on Radar pour perturber l'auditeur. Deux guitares, une batterie. Un piano inhabituel au milieu d'un bordel savamment organisé. Arty punky rock. Creuse toi les méninges, chose obsédante qui bute à ma cervelle. Le Kid deviendra grand. Un split qui passera les époques.
SKX (01/08/2002)
ARAB ON RADAR
" soak the saddle " - CD
skin graft 00
L'eau coule rouge du robinet. Un recul. On me hache. On me concasse. Arab On Radar, un mythe païen, ambigu et retardé du bulbe. Une longue plainte, un amas de guitares (2) et batterie, foutu là pêle-mêle, sans ordre particulier, sans préoccupation de mélodies, sans rien, pas de fondations. Le crash, chacun dans son coin, a perpétré sa petite catastrophe personnelle. Avec quelques terrains d'ententes, des no man's land d'accords, plein de fils barbelés, une orchestration primaire et syncopée. Avec Eric Paul au chant, psychopathe pervers, les cordes aiguës dans une main, les couilles dans l'autre, tendance débile profond. Un psalmodieur branché cul. Et quand je dis "cul", je reste poli ! Un salon à la mode où on cause plutôt tampons, règles, viols, de profs attirés par ses étudiantes, capotes, baise et autres lubricités. Volontiers provocateur pour pointer le doigt sur les comportements sexuellement déviant des puritains américains. Mais ça fait le 3ème album que ça dure. Psychiatre demandé d'urgence. Produit par Weasel Walter des Flying Luttenbachers, on y retrouve cette abstraction sauvage sans le trash, les durées éclairs, orageuses et fiévreuses de Melt-Banana dans un album de 20 petites minutes pour 9 morceaux. Et le non-sens continu à la US Maple dans une version bombardements alliés. Vous en ressortez tout confus, nerveux mais prêt à remettre le couvercle. Ils vous ont hachés menu-menu mais ça été terrible. Ces gars fucking rock et fuck le rock par la même occasion....
SKX (06/09/2000)
ARCO FLUTE FOUNDATION
" everything after the bomb is sci-fi " - CD
Cenotaph Audio 02
Ce groupe américain pointe déjà là son troisième album. Ayant raté les précédents épisodes, je ne pourrais vous rapporter que des propos dont l'écho résonne jusqu'à cette page, échos faisant réminiscence de Mogwai et autres bruyances spacieuses. Sur Cenotaph Audio, le label de Pittsburgh qui nous avait fait découvrir les excellents Microwaves, cette 3ème livraison semble avoir perdu la motion rock et s'est dangereusement focalisée sur l'aspect larges étendues sonores et chroniques sans parole d'aventures interstellaires. Le rythme reste cependant de ce monde, tout n'est pas parti avec l'eau du bain. Les guitares savent être incisives et tournées en boucles. On pense alors aux stridences d'Hovercraft, à un Godspeed You Black Emperor sans le lyrisme et les trompettes. Mais ce groupe sans flûtiau (je vous rassure!) a des fondations floues. La plupart du temps, on berce dans un univers cotonneux, mal défini, expérimentations tous azimuts. Absence de rythmes, guitares vaporeuses, brouillard artistique. Ca peut séduire par instant, quelques moments de grâce, en suspension, comme ça, sans prévenir. Ca peut aussi énerver la salle à patience avec pour effet immédiat le ronflement soudain ou le lâché de CD à travers la pièce. Pour les amateurs de musique d'après la bombe. La grosse, celle qui mettra un terme à tout ce bordel. En attendant, je vais m'amuser ailleurs.
SKX (11/07/2002)
ARMY OF PONCH
" ....so many you could never win " - CD
No Idea 02
Et des litres de sueur et des tonnes de kilomètres. Army of Ponch, courageux soldat, fantassin noyé dans la meute, toujours prêt au combat. Pas question ici de sortir du rang. Army of Ponch aime le travail parfait, dans la grande tradition emo-rock/hardcore engendrée par Hoover, Shotmaker, Three Penny Opera. Une armée des ombres dense, quelques arbres parmi une forêt touffue, arpentant toujours les mêmes accords mais avec ferveur, une habileté jamais prise en défaut. "Si nombreux que vous ne pourrez jamais gagner". Un titre à double-tranchant, à niveaux multiples mais qui reflète bien la mentalité de ces groupes soudés entre eux, sillonnant en long, en large et en travers les lignes droites des grandes plaines américaines. Ca joue sans prétention une musique qui leur vient des tripes et du cœur, la seule chose qu'ils aient jamais su faire. Du bonheur simple, à portée de tous. On retrouve dans ce groupe Dave Diem, l'infatigable chanteur de 12 Hour Turn et True North. Une veine et un engagement similaire. Army of Ponch, consciencieux et de qualité. Vous en reprendrez bien une rasade?!
SKX (21/05/2002)
ARTIMUS PYLE
" civil dead " - CD
Prank 01
C'est sûr, les civils vont morflés. Toujours eux les plus touchés. Artimus Pyle a le verbe vindicatif et engagé et se donne musicalement les moyens d'enfoncer le clou de leurs convictions au plus profond de votre crâne avachi. Le temps de vous cracher tout ça à la gueule et le trio se saborde. Reste ce témoignage. Un maxi et leur dernier 45 regroupés sur une même balle. Du gros calibre qui déflore les idées en 13 chapitres. La musique est oppressante, speedés des quatre fers. Hardcore, punk, tout ça à la fois, l'urgence. Du Neurosis premier cru avec le son de maintenant, lignée Catharsis version cours métrage. Ca fait pas dans la dentelle, autant vous l'dire! C'est pour ça que c'est si bon. Musique subversive pour monter au front.
SKX (16/05/2001)
THE ASSISTANT
" We'll make the roads by walking " - CD
Nova 03
Il va y avoir des larmes. The Assistant ne ménage pas sa peine. C'est le tourbillon des armes, d'une atroce complexité. Ce groupe américain pioche dans tous les styles - hardcore chaotique, metal, emo - et ressort, avec un certain savoir-faire, une boulimie de sons qui ressemble fort à une avancée de chars en plein désert irakien. Ca bombarde tous azimuts, entre les multiples parties qui s'imbriquent, le déluge de breaks, les compteurs qui virent dans le rouge sous la pression de rythmes trépidants, d'une voix qui n'en veut et qui racle bien le fond de la gorge. Avec dans toute cette furie, la queue d'un piano, une voix féminine pour adoucir les mœurs et les passages très mélodiques pour reprendre son souffle. Et comme The Assistant est du genre à allier le verbe au geste, un livret ultra détaillé avec les paroles et l'explication de texte in vitro est fourni. Avec ce groupe, on sait où on va. Pas d'entourloupes. La famille Converge and co s'enrichit d'un nouveau membre. Le problème, c'est que c'est presque trop. Une chatte n'y retrouverait pas son petiot ! Et que le son, étouffé, manque de l'ampleur nécessaire pour traduire au mieux toute la puissance dont ce groupe a besoin pour se sentir à l'aise. L'overdose n'est pas loin. Néanmoins, malgré ce bourrage de crâne et le manque d'éléments nouveaux au dossier, cet album va ravir les fans du genre, ceux qui aiment s'exploser la tronche sans trop se poser de questions.
SKX (12/08/2003)
ATOM AND HIS PACKAGE
" a society of people named Elihu " - CD
Mountain Cooperative / Suziki Beane 98
Disque de bouffon! Un drôle d'atome, un électron libre à la connaissance de la scène punk-rock certaine et qui passe son temps tout au long de ces 20 titres à railler les stars de village pour notre plus grand bonheur. Ironie, sarcasmes, tout le monde en prend pour son grade et c'est fait sans méchanceté. Juste une façon malicieuse de montrer que tout ce petit monde issu de la scène punk/hardcore est souvent bien trop mégalo et tourner vers son propre petit nombril! Et la musique est ridiculement bonne et anecdotique. Juste l'Atom, sa voix Duffy Duck et son Package, un pauvre sequencer yamaha à 2 balles dépoussiéré des années 80. Avec une perle à ne rater sous aucun prétexte, une reprise du "Waiting Room" de Fugazi que Ian McKaye et sa bande n'auraient pu imaginer même dans leurs pires cauchemars!! Un des pires disques de l'année. Et c'est Atom qui l'a dit en premier!!!!
SKX (27/12/1999)
ATOMIC FIREBALL/SWARRRM
" split cd " - CD
God Door 01
Apocalypse nouveau en provenance du Japon. On connaît les groupes du Soleil Levant pour leur extrémisme. Avec des noms pareils, ces deux groupes ne dérogent pas à la règle. Entr'aperçu sur un split single avec Frodus, Atomic Fireball avait, l'espace d'une face, déclenché un raz de marée auditif. On les retrouve 3, 4 ans plus tard et quelques changements en cours de route. Le trio s'est mué en quatuor avec le guitariste de Nine Days Wonder sur cet enregistrement et le chanteur de Hellchild pour pousser la chansonnette sur ces trois titres (dont un live). Et la bête n'est pas de tout repos. La force de frappe d'un Zeni Geva. La complexité d'un Converge. Et surtout cette voix qui insuffle un ton très particulier à cette vague submergeante. On aime ou on aime pas. Pour ma part, elle me colle au plafond. Tour à tour rocailleuse (et le mot est faible) ou hurlante, baroque ou murmure, prête à décoller la 2ème couche et à faire fuir une horde de Huns. Atomic Fireball, c'est un rock bruitiste et labyrinthique et cette voix, la corde qui manquait pour atteindre définitivement sa cible. Impressionnant! Avec Swarrrm et ces trois "r" de chiens de garde prêt à vous mordre, on berce tout de suite dans le coté "metal" de la bête. Entre voix aiguë et "deathisante" (est-ce le même?!), la culture de la bombe H est entre de bonnes mains. C'est un rien plus convenu mais ils offrent de tels passages férocement déjantés et à fond sur les manettes qu'on osera rien leur dire de peur de les vexer! Le Nippon est pas content et tous les pervers de l'impossible se doivent de posséder cet objet brûlant.
SKX (12/02/2002)
ATOMSMASHER
" s/t " - CD
Double H Noise Industries / Hydrahead 01
Atomsmasher ou les nouvelles lois de la physique revues et corrigées par un trio de chercheurs fous. Toute leur force vient d'une totale absence de remords pour vos tympans. La destruction de l'atome, la matière réduit à néant. Derrière cette promesse, James Plotkin, guitariste qui a de son instrument une vision très expérimentale. Un CV épais comme ça avec Old, Scorn, Michael Gira, Mick Harris, etc.... La tête pensante de ce projet accompagné par Dave Witte à la batterie. Terreur du grindcore, (Human Remains, Discordance Axis) qui se pourrait bien être l'actuel batteur de Melt-Banana. Le roi de la cadence infernale. Et le dernier bras armé de ce trio est un nouveau venu, DJ Speedranch, dont le nom commence à faire frémir le milieu électronique (Venetian Snares). Organe vocale déconnecté de toute raison et défoncé de la platine. C'est Hydrahead, avec sa sous-division panzer Double H Noise Industries, qui porte le chapeau et nous fracasse ce 1er album sur un plateau. Le premier impact qui ressort, c'est l'énorme travail fait sur la texture, la recherche et la richesse de sons dérangeants et l'imbrication qui en résulte. Comment tout ces rythmes binaires et trash se télescopent avec des samples aliénants. Comment cette voix napalmée surfe sur les vagues bruitistes des guitares. Comment ces flèches noise/grind s'effacent devant de mystérieuses plages envoûtantes, aux harmonies claires. Etonnant contraste où les relents les plus extrêmes de la musique grind, façon Painkiller et Naked City, partagent en toute fluidité le terrain d'une musique vouée aux machines et à l'électronique, la plus sauvage soit-elle. Atomsmasher se propose de casser vos repères, de les piétiner et de reconstruire, avec une précision maniaque, quelquechose de furieusement innovant et de très inquiétant. Une folle course aux atomes où Plotkin nous bat KO debout. Interdit aux moins de 16 ans mais à découvrir d'urgence.
SKX (18/12/2001)
THE AUSTERITY PROGRAM
" Terra nova " - CDEP
Hydrahead 03
Le retour de la boite à rythme. La bonne vieille boite à rythme qui fait toujours ce qu'on lui demande. Et c'est dingue ce qu'on peut lui demander de nos jours. Vous rajoutez une bonne grosse basse qui cogne. Une guitare qui s'y connaît en matière de bruit finement aiguisé. Un hurleur qui pleure toute ses tripes tout en sachant vous amadouer d'un brin de voix apaisé. Voilà pour les réjouissances de ce nouveau groupe new-yorkais directement débarqué chez Hydrahead. Quatre morceaux longs comme une lente agonie. La souffrance en 8 minutes de moyenne. Le tarif maison pour vous convertir à leur trip hypnotique, martelant, non dénué de mélodies distillées en boucle. Et alors qu'on pourrait craindre un matraquage à tout va, Austerity Program joue la carte du dépouillement, presque minimaliste et glacial par endroits. Juste une voix, un rythme. Un gros riff qui tourne. L'ambiance est chargée, torturée. C'est Godflesh, c'est Big Black. Mais c'est surtout Austerity Program. Un truc à part dans l'écurie Hydrahead. Ca pile les nerfs. On serre la mâchoire. Et on adhère sans hésiter à ce programme qui, certes, n'annonce pas la joie et la bonne humeur dans les foyers, mais le grand jour arrive, on va tout arracher. Austerity Program donne le ton.
SKX (07/08/2003)
THE AVENGING DISCO GODFATHERS OF SOUL
" The Ultimate in Authenticity and Musical Usefullness " - CD
Alone 03
Méthode de destruction totale. Sonnez les matines, il est l'heure du cauchemar, deuxième épisode. Après un premier essai version court-métrage, The Avenging Disco Godfathers of Soul (TADGS) revient avec le péplum. Tu les laisses dans le bac à sable, ils reviennent avec la barre à mine. A-t-on idée de concilier The Locust, Naked City, le hardcore des plus chaotiques tout en se faisant mettre par Tex Avery ? Fâcheuse tendance au mal de tête. Reprenons le fil de la messe. Si la sacro-sainte religion de ces tarés est le hardcore, le point de départ archi-su sur le bout des doigts au point d'en avoir fait le tour, pour désormais le pourfendre allégrement, déviance générale, éclatement intérieur. Tu n'as que ce que tu mérites. Les seuls à pouvoir caler un petit air de bossa sans que ça sonne pourri du cul. Les seuls à pouvoir passer du coq à l'âne sans que ça fasse démonstration technique et gonflette de pectoraux. Car le regard est délibérément fixé sur une crête ou le mot punk brille de mille feux, prêt à les rappeler à la moindre alerte qu'ils sont bien là pour enfoncer le clou de la révolte et non pas prétendre à un article dans Guitare & Claviers. Alors n'ayez pas peur de la multiplication des breaks, ce sont de petits pains bénis. Leur quotidien est ultra complexe mais le résultat est frappant de cohérence. Un pur disque de hardcore. Ils ont juste choisi des chemins détournés pour tromper l'ennui et la redite. A ce petit jeu du quitte ou double, du je m'écrase la gueule ou du je décolle en mille morceaux, TADGS a décroché le pompon. De la balle.
SKX (10/11/2003)
THE AVENGING DISCO GODFATHERS OF SOUL
" This is the invasion " - Lp
Kill Frank Lentini 02
Un nom à remplir une piste de danse et la vider dans la seconde qui suit la première note de musique tombée ! Avec ces anciens Index of Potential Suicide (notez là encore la richesse du nom), on ne pouvait prétendre au repos de l'âme. Un trio qui compulse avec Mr Skinny aux peaux, Bones à la guitare, xylophone et trompette et Professor Poison, joli brin de voix un rien énervée, tâtant également de la basse et du sacro-saint synthé (priez pour lui, il ne l'emportera pas au paradis). Une arme utilisée avant tout comme un sample, omniprésent dans, avant, entre les compos. Point de Ray Manzareck à l'horizon, je vous rassure. Et si on oublie quelques facilités qui font plus office de bouches trous, ces samples sont parfaitement liés au corps des morceaux. Et quand ces trois là décident de jouer de leur unique instrument, c'est encore mieux, pétaradant, émulsifiant, haut en couleurs ! Des bleus aux articulations, un esprit bouffon, des variations d'ambiance, hardcore des années 2000 gardant le nerf du combat tout en élargissant la palette musicale. Cette bouilloire conduit à des vertiges. Ca se bouscule, se précipite. On croit être arrivé, c'est un autre couloir menaçant qui commence. On entend rire tout autour de soi. Le foutoir en plein milieu de la piste. A moi le bordel !
SKX (07/01/2003)
Act
XL - CD
Amanita 2004

Acte isolé. Les machines pour seul compagnon. Et l'univers connaisseur du studio de Amanita records. Un seul maître à bord qui répond au pseudo de Kri, sa palette d'instruments bien de chair, le retraitement in-vitro pour donner à sa musique une dimension mi-homme mi-bête. Car l'ambiance ici est futuriste et froide, basé sur le rythme, aussi diversifié soit-il, état hypnotique, qui tourne et qui retourne, drum'n'bass, réminiscences hardcore et noise, coloration industrielle continue, lente et inquiétante. Casser du sample sur le dos, éclater les formats. Plages ambiantes, toile fine de sons qui tombent, voix spatio-temporelle. On flotte. Et puis on cogne tout de suite après. Cet electro là expérimente et navigue du coté de Hint, Scorn, This Heat et autres aventuriers du son. On est pas là pour faire danser. Maintenant, tout ça me laisse aussi froid et distant que la musique. XL, taille large pour un album qui aurait gagné à être raccourci et néanmoins intéressant.

SKX (01/07/04)
website groupe www.amanitarecords.com
website label www.kirikino.net
sounds www.kirikino.net/files/starter.htm#


A Day in Black and White
My heroes have always killed cowboys - CDEP
Level Plane 2004

En direct de Washington DC, A Day in Black and White (ADIBAW pour les fainéants) lance ses premiers cris qui ne vont pas résonner dans le désert. Après une demo qui n'avait rien d'exceptionnelle, le trio présente un début discographique grandiose. Le jour et la nuit. Si ce groupe est le meilleure groupe de screamo-hardcore à l'heure actuelle, c'est parce qu'il est largement plus qu'un groupe de plus qui ressuce une fois encore cet éternel sillon en mal de second souffle!! ADIBAW a la particularité d'amener et/ou entrecouper ses brûlots hardcore aux mélodies imparables par de longues montées tout en douceur, des accords à la lenteur vénéneuse, de créer comme jamais à partir d'un pourtant classique courant chaud/courant froid, une musique aux brillants contrastes. Un rock explosif qui ne lésine pas dans la véhémence. Quand ils décident de partir à l'abordage, ils ne font pas le voyage pour rien. A l'opposé, les calmes sont olympiens mais jamais soporifique comme sur le 5ème et dernier morceau "Illusion of the end". Pièce instrumentale de onze minutes au début tout en douceur, en piano et à la baguette, avec une guitare acoustique qui fait lentement monter la sauce pour une explosion finale simple et majestueusement efficace. Tout ça sonne comme du déjà entendu et pourtant, ADIBAW le fait comme nul autre avant! Une énergie, un chaos contrôlé, un lyrisme digne du plus grand Envy, un truc unique sans avoir l'air d'y toucher, le riff qui tue, l'harmonie qui apaise, la batterie qui s'affole, le rythme qui se tait. Cinq titres, mélange de fuite en avant et de fragilité déconcertante. Cinq contes épiques mis en pièce par Kurt Ballou (Converge). Il n'en fallait pas plus pour contenter son homme et s'esbaudir devant une telle maîtrise ! La meilleure sortie de Level Plane depuis... jusqu'à la prochaine!

SKX (02/12/2004)
website groupe www.dayinblackandwhite.com
website label www.level-plane.com
sounds www.hxcmp3.com/bands/3352



A-Frames
2 - CD
Dragnet 03

A-Frames fait partie de cette vague récente de groupes américains dont les influences viennent autant des années 90 et son florilège noise que le début des années 80 avec des groupes post-punk comme Wire et Gang Of Four. "2" est leur... second album (hé oui!) et, après un premier essai laborieux, semble avoir trouver ses marques entre l'héritage des aînés et l'affirmation de leur talent de compositeurs. Format court, c'est rêche et direct, artifice zéro. Une basse bien devant, rythmique prépondérante, la tête dedans et la guitare dans tout ça qui se fraye un chemin, apporte son idée mélodique et brise la glace. Car ne comptez pas sur la voix pour réchauffer l'atmosphère. Robotique et détachée du monde, elle plante des couteaux dans le dos. Minimaliste, espace restreint pour la galipette, visage fermé, A-Frames monte au combat, sûr de sa force, agile et volontaire, avec ce qu'il faut de malice aux coins des lèvres pour rendre la pilule lumineuse. On sait de quoi est faite leur discothèque mais bonifie les acquis. "Chairs missing" avait laissé une place vacante. A-Frames s'y assoit allègrement. Ne reste plus qu'à peaufiner leurs sillons pour marcher sur leurs propres plates-bandes.

SKX (08/03/04)
website groupe www.dragnetrecords.com
sounds Rescue(demo).mp3
Amanda Woodward
La décadence de la décadence - CD
Earth Water Sky Connection 2004

Les tourments révoltés de Amanda Woodward. Le groupe de Caen signe son premier album, assoit ses bases et prend par la même occasion son envol. Les racines du hardcore et la touche emo. Son pain quotidien entrevu sur leurs précédentes productions. Avec cette nouvelle décadence, Amanda Woodward va au direct. Tête baissée dans des compos où l'urgence prime, saute aux yeux avant de révéler ses finesses, d'apprivoiser ses tensions internes et se bonifier au fil des écoutes. Chant en français qui me convainc quand ça hurle (quoique très monocorde dans sa colère) et me hérisse un rien le sourcil en mode parlé avec ses syllabes traînantes et désagréables en fin de phrase comme sur " dans le cas où les flammes ". Amanda Woodward, c'est aussi une influence dub dans le jeu de basse, un certain sens du groove qu'on pouvait retrouver auparavant chez Universal Order of Armagedon, qui a mon plus grand plaisir, se fond de mieux en mieux dans le moule, apportant un espace oxygéné dans le fourmillement de leurs morceaux. Amanda Woodward joue dans la cour des Yaphet Kotto, Yage et consorts en prenant soin de voler au fil des ans de leurs propres ailes. Un album de souffre et de sang, cynique et prêt à en découdre. Un groupe français qui s'internationalise sans complexe, dans le sillage des Jasmine et Fingerprint à une autre époque et s'exporte même aux Etats-Unis sur le label Level Plane, suivi d'une tournée marathonienne chez l'Oncle Sam. Pas inévitablement un gage de qualité mais le voyage dans ce sens est tellement plus rare qu'il fallait bien le signaler ! La décadence, mais pas pour tout le monde.

SKX (10/07/04)
website groupe www.sans-vie.com
website label www.earthwaterskycn.de
sounds la decadence.mp3
An Albatross
We Are The Lazer Viking - CDEP
Ace Fu 2003

Court, rapide et bruyant, ainsi se résume la vie de An Albatross. Avec un penchant avéré pour l'auto-destruction. Pêle-mêle, vous trouvez au sein de leur nouvel et deuxième acte, un humour de cartoon belliqueux, un fiévreux esprit rock'n'rollesque, des traces de punk binaire et trash à la Locust fuyant les foudres avant-gardiste de Melt-Banana ou Naked City. Dans un souci d'économie pointu, nos six énergumènes de Philadelphie balancent le tout (11 titres) en 8 minutes, histoire de ne pas lasser l'auditoire toujours aussi versatile, c'est bien connu. Génération zappeurs névrotiques et consommateurs boulimiques. Les deux synthés prennent le dessus pour envoyer des flèches mélodiques empoisonnées et faciles à retenir ("let's get it on with it!" et "the revolutionnary politics of dance"), tenant le haut de la production où vient s'encastrer une voix qui ne fait jamais dans la dentelle. Hurle mon gars, hurle. Un disque contre l'ennui. Seulement huit minutes, mais quelles huit minutes!!

SKX (20/05/04)
website groupe www.analbatross.com
website label www.acefu.com
sounds RevolutionaryPoliticsOfDance.mp3

ANGORA STATIC
7"
Anomalie / Wild-Zero / Lilacsky 03

Un très prometteur quatre titres. La provenance : Norvège. Un de plus! Trois labels s'y sont mis (un Allemand entouré de deux Norvégiens) pour sortir une galette toute simple. A croire que l'effort était colossal. Et les moyens respectifs dérisoires! Angora Static file droit dans le sillage de JR Ewing, mâtiné d'une approche encore plus direct à la Kaospiot (les nouveaux frères ennemis!). Bref, la fusion idéale pour un baptême de feu de dieu. Chaque morceau possède sa propre vie. De solides mélodies. Punk dans l'âme. Noise dans la démarche. Ou le contraire. Sur les routes françaises avec Kaospilot en avril. Une nouvelle perle à juger sur pièce.

SKX (12/02/2004)
website groupe
www.angorastatic.com
website label www.anomalierecords.com - www.lilacsky.com - www.wild-zero.de
sounds everymanis
hisownmicroprosessor.mp3 -
www.level-plane.com/kaospilot/angorastatic.mp

Anodyne
Salo - 10"
Insolito 04

Les gais lurons de Anodyne (Brooklyn, New-York) ressortent les chiennes. Quatre titres dans la lignée de leur précédent album "the outter dark" : hardcore épuisant qui suinte la rage et la torture mentale, horizon bouché. Playing Enemy / Kiss it Goodbye, vous connaissez la suite, avec un je ne sais quoi de l'optimisme de Unsane, l'effet claustrophobique de la Grande Pomme sans doute. Au début, je ne voyais pas la beauté du propos et l'utilité de remettre le couvercle. Mais mes yeux se sont ouverts et j'ai compris ma douleur. Toute logique est implacable. Bien gratter sous la crasse et vous verrez le jour. Anodyne est sur le bon chemin.
(A noter que la version CD est sorti sur Init records avec les mêmes morceaux mais remixés + 3 titres en plus dont une reprise de Hüsker Dü et un design différent! Ca fait quand même beaucoup, c'était bon
de le savoir, je sais ce qu'il me reste à faire damned!!)

SKX (24/03/04)
website groupe www.anodynehq.com rubrique multimedia
website label www.insolito.de | www.initrecords.com

Anodyne
Lifetime of gray times - CD
Level Plane 2004

Changeant d'écurie à chaque nouvelle sortie, Anodyne ne parvient pourtant pas à nous semer en route. Le trio oeuvre dans la catégorie noise-core et ne déroge toujours pas à leur ligne de conduite jusqu'au boutiste. Leur humeur massacrante et le fait qu'ils soient de New-York évoquent tout de suite Unsane et les maléfiques rues de " Taxi Driver ". Le rendu est différent mais la noirceur suintante et la brutalité à sec qui se dégage de leur musique les rallie à toute cette cohorte de groupes nés de la frustration et d'instincts primaires qui remontent du fond des caves. Des charges écorchées, furieuses, rapides, qui se nourrit de l'esprit de Black Flag et de la précision d'un Converge. Anodyne a fait un effort de mélodies, à condition d'aimer aller au fond de la mine chercher ce qui ressemble à une raie de lumière. Fracas de bruit impénétrable, frénésie de rythmes et nihiliste, le seul reproche de cet album est cet aspect compact, ramassé sur lui comme un paquet de muscle prêt à bondir, ce manque de variété que seul un " Blood Meridian " vient rompre, morceau libre et abstrait, furieusement bruitiste durant six minutes éprouvantes. N'empêche, avec ce " Lifetime of gray times", Anodyne signe sa meilleure sortie, grâce à une production qui donne de l'ampleur à leur hargne et leurs sentiments d'hommes des cavernes. Ca saigne mais on aime ça !

SKX (01/12/2004)
website groupe www.anodynehq.com
website label www.level-plane.com
sounds arctor.mp3 | zeroworld.mp3 | carnotengine.mp3

A Short Apnea and Gorge Trio
... just arrived - Cd
Wallace records 2004

A Short Apnea est un trio italien, culte pour tous ceux qui aiment la musique très expérimentale et bruitiste. Comme Gorge Trio, trio américain, n'est pas le dernier quand il s'agit de faire des choses pas carré, la rencontre ne pouvait que se faire, au détour des nombreuses tournées de Gorge Trio en Itlaie. Et " just arrived ", trois petits points, n'a donc rien d'une partie de plaisir. Quand un chien enragé rencontre un chien enragé, ça donne rarement une chatte toute douce ! Trois jours de pures improvisations en novembre 2001 (bonjour le mal de crâne) pour une lente et minutieuse sélection et retraitement de cette orgie. Un flot sonore où guitares préparées ou non, batterie, claviers s'affrontent dans des duels pervers. Pour les connaisseurs de Gorge Trio et leur album " dead chicken fear no knife ", l'ambiance de base n'est pas à des années lumière. Par contre, avec les extrémistes italiens, on abandonne tout de suite ne serait ce qu'une minute de quelconque structure. Ca reste un pur flux de sons avec ses marées, ses silences droïdes et ses décharges franchement électriques. Huit morceaux à se prendre comme une longue pièce. Un accident de Mère Nature où les sons tombent au hasard. On évitera de s'écouter ça trop souvent tout de même…

SKX (14/11/2004)
website label www.wallacerecords.com
sounds port5.mp3

Athletic Automaton / Made in Mexico
Split CD
New Addition Media 2004

Qui a dit qu'on ne gagnait pas au change?! Arab on Radar splitté, nous voilà avec trois rejetons sur les bras. Le premier à pousser ses cris fût The Chinese Stars (bien parti dans la vie avec l'ex-chanteur et batteur de AOR). Les deux autres guitaristes ne sont pas loin derrière. Steve Matmos (le blond) a trouvé sur son chemin un batteur et le duo Athletic Automaton a vu le jour. L'autre (le brun) s'est entouré d'une plus grande famille pour formé Made in Mexico. Et comme toute les familles modernes recomposées, ils ne s'en tiennent pas rigueur et partagent ce CD en toute fraternité. Et l'amitié ne s'arrête pas là puisque J. Ryan (ex-chanteur de Six Finger Satellite) pousse ses cris sur un des deux morceaux de Athletic Automaton, compos elle-même enregistrées par Rick Pelletier qui manie la basse chez The Chinese Stars (après avoir gratter chez Six Finger Satellite !). Comme une forte odeur de partouze. Mais ne nous attardons pas sur les détails. Athletic Automaton joue en tenue sport avec short et bandana, look ancienne Allemagne de l'Est. Encore un détail me direz-vous ?! Qui trouve toute sa signification dans cet indéfinissable 2ème degré qui sied si bien à AOR à son époque et qu'on retrouve, non seulement dans l'esprit, mais aussi dans la musique de Athletic Automaton. La guitare de Matmos a un son bien particulier, lancinant, pervers et déréglé pendant que le batteur Patrick Crump nous rend ivre de rythmes répétitifs et de grands coups de cymbales sur un 2ème titre long de 10 minutes. A juger sur la durée d'un album qui ne devrait pas tarder. Made in Mexico reprend un format plus classique avec guitare-basse-batterie et une donzelle au chant. Là encore, aucun compromis dans le traitement auditif. L'ombre de AOR continue de planer. La formule laisse plus d'ouverture que son compère de Athletic Automaton. La guitare agit comme une scie circulaire que Rebecca Mitchell se charge d'aiguiser au plus fin par de méchants cris intempestifs et des lamentations paranoïaques. La rythmique assure une assise rassurante. Le moins que l'on puisse faire devant un couple aussi dangereux. Les fans de Arab on Radar apprécieront cette suite des aventures de nos deux gratteux. A condition d'en aimer la face la plus sombre et schizophrénique.
La progéniture s'annonce dévergonder. Leurs prochaines conneries sont à surveiller de près.

SKX (28/08/04)
website groupe www.athleticautomaton.com madeinmexico.lotsofnoise.com
sounds music.htm

 

A Day in Black and White / Black Castle
Split 12''
State of Mind 2004

Depuis le dithyrambique maxi "My heroes have always killed cowboys", A Day in Black and White est attendu comme le messie et surveiller comme le lait sur le feu. Il faudra encore attendre pour le premier album. On ronge son frein avec ses trois morceaux. Un live tout en suspension. Ambiance quand tu nous tiens ou est-ce pour mieux nous préparer le terrain avant la déflagration du deuxième titre (studio) " what do you want to me, to sign your freakin yearbook ? "…. Deux minutes trente de pur jus, les nerfs bien en pelote, l'énigme screamo qui prend son visage à double tranchant avec le " part one ". ADIBAW continue de naviguer entre les ponts. Après le sprint, sept minutes trente où le trio de Washington DC tempère ses ardeurs, brouille les pistes, entre fausse piste atmosphérique et rage juvénile. Encore du beau travail. Avec Black Castle, c'est le hardcore dans tous ces états. Entre l'explosion anarchiste d'un Index For Potential Suicide et ses bidouilles et l'utilisation abusive d'un synthé façon An Albatross / The Disease. Le hardcore nouvelle génération qui en suce surtout toute l'énergie pour faire (tenter) un truc original avec les cris du chanteur qui gueule pour tout le monde, des lignes de synthés qui apportent un peu de stabilité et des fritures sur la ligne. C'est un peu tout et n'importe quoi. Il suffit pas de faire du bruit dans tous les sens pour faire fureur. Vivement le prochain A Day in Black and White !

SKX (19/01/2005)
website groupe www.dayinblackandwhite.com | www.enterblackcastle.com
website label www.stateofmindrecordings.com
What-do-you.mp3 | BlackCastle-Divine-intervention.mp3


A Day in Black and White / Navies
Split 10''
Level plane 2005
A Day in Black and White / Golden Birds
Euro tour split 7''
Paranoid 2005

La vie de groupe n'est pas un long fleuve tranquille. A Day in Black and White fait tourner le personnel. Seul le chanteur/guitariste et le batteur reste. Période charnière qui se ressent sur ce disque. Enregistrement à deux avec de malheureux 4 pistes (voir pire) et à la maison. Trois morceaux qui sonnent comme des démos. C'est tout gentil, sans force et sans émotion. Navies ont eux le vent en poupe. Trois inédits qui fleurent bon le printemps gaillard, dans la lignée de leur précédent single. Ca part, ça vient, ça se casse et ça repart sans jamais perdre le fil conducteur. Navies ne fait pas dans la facilité et offre un rock-noisy ambitieux et digne d'intérêt. En tournée récemment en Europe, A Day in Black and White fête ça avec leurs compagnons de route Golden Birds et leurs nouveaux amis d'Amanda Woodward sur leur label Paranoïd. Pour ADIBAW, le constat est assez proche du split avec Navies. Ce " all plots " sonnait franchement convaincant sur scène mais sur disque, l'enregistrement est plat et ne possède pas la force lyrique de leurs précédents disques… Espérons que cette option n'est pas leur nouvelle chimère et que l'album prévu pour l'automne remette les choses à leur place ! Pour Golden Birds, anciennement baptisé Carrier, espérons qu'ils n'en fasse pas une longue, de carrière, leur rock indé US est laborieux, quelconque et le chanteur très énervant. Magnifique galette vinyl tachetée au demeurant !

SKX (30/04/2005)
website groupe www.dayinblackandwhite.com | www.naviesband.org
www.goldenbirds.com
website label www.level-plane.com | www.paranoidrecords.net

A-Frames
Black Forest
Sub Pop 2005

A-Frames, exutoire parmi d'autres, de phantasmes musicaux à peine rêvés. Un groupe de Seattle où pêle-mêle, ex-Butthole Surfers, Scratch Acid et Cows (Lars Finberg le batteur) se retrouve. Les mêmes se remélangeant dans diverses formations (The Intelligence, The Dipers). Des vieux de la vieille toujours gaillards. D'où cette sensation sans cesse renouveler de faire du neuf avec du vieux. A-Frames passe cette fois ci aux choses sérieuses en débarquant sur Sub Pop pour son troisième album. Production étoffée, morceaux enrichis, plus tordus et à la propulsion interne décalée. La référence et à Wire reste d'actualité, leur esprit surtout mais aussi une suite de clin d'œil, volontaire ou pas, à Joy Division avec un "eva braun" au ralenti, un hommage appuyé au Pixies avec " Memoranda " et " U-Boat ". Un tas de trouvailles qui rappellent tout et n'importe quoi. La boite de A-Frames est pleine de disques et de suite dans les idées. Une batterie robot, une voix féminine qui passe et qui repasse. Une voix mâle détachée et froide comme le rythme. Et pourtant, on s'y sent bien et en chaleur. On se surprend à se secouer le cocotier sur des hymnes fédérateurs tout simple (" Experiment ", " Black Forest II "). Tout ça a comme un arrière goût de déjà entendu mais le charme est là et ce troisième album est le meilleur du lot. Pente ascendante.

SKX (07/03/2005)
website groupe www.dragnetrecords.com