A
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ADA DOOM 5 songs EP
ADA-NUKI Self-titled

A DAY CALLED ZERO
s/t
A DAY IN BLACK AND WHITE My heroes have always killed cowboys
A DAY IN BLACK AND WHITE Notes
A DAY IN BLACK AND WHITE / BLACK CASTLE Split 12''
A DAY IN BLACK AND WHITE / NAVIES Split 10''
A DAY IN BLACK AND WHITE / GOLDEN BIRDS Euro tour split 7''
A-FRAMES 2
A-FRAMES Black Forest
A GREAT DIVIDE s/t
ABILENE s/t
ABILENE Two guns, twin arrows
ACT XL
AFRAID ! Self-titled 7''
AGATHE MAX This Silver String
AGHOSTINO Collarbones full of cocoons

A.H. KRAKEN Elle avait peut-être 19 ans mais pour moi elle en aura toujours 12
AHLEUCHATISTAS The same and the other
AHLEUCHATISTAS What you will
AHLEUCHATISTAS Even in the midst…

AIDS WOLF The Lovvers - CD Lovepump / Skin Graft (LP) 2005 AIDS WOLF / THE FUGUE Split 7''
AIDS WOLD / ATHLETIC AUTOMATON Clash Of The Life-Force Warriors
AIDS WOLF Cities of glass

AKIMBO Forging steel and laying stone
AKIMBO City of the stars
AKIMBO Elephantine
AKIMBO Harshing your mellow
ALARMA MAN Self-titled
ALARMIST Evil Works Get Rich or Try Dying Evil Works
ALL IS SUFFERING s/t
ALMANDINO QUITE DELUXE Violent Potato
?ALOS Ricordi indelebili

AMANDA WOODWARD La décadence de la décadence
AMEN RA Mass IIII
AMERICA IS WAITING In the lines
AMERICAN HERITAGE s/t
AMERICAN HERITAGE why everyone gets cancer
AMERICAN HERITAGE we will pay you $125 to observe you deteriorate
AMERICAN HERITAGE Bipolar
AMERICAN HERITAGE Millenarian

AMPERE All our tomorrows end today - 10''
AN ALBATROSS eat lightning, shit thunder!
AN ALBATROSS We Are The Lazer Viking
AN ALBATROSS Blessphemy (of the peace-beast feastgiver and the bear-warp kumite)
AN ALBATROSS / XBXRX Split 7''

THE ANASAZI
calculating components....
ANATROFOBIA Brevi momenti di presenza
ANGORA STATIC 7"
ANGORA STATIC Self-titled
ANODYNE The outter dark
ANODYNE Salo
ANODYNE Lifetime of gray times
ANODYNE / KEELHAUL split 7"
APES OF WRATH s/t
THE APOPLEXY TWIST ORCHESTRA / THE KINETIC CRASH CORPORATION split album
ARAB ON RADAR the stolen singles
ARAB ON RADAR yahweh or the highway
ARAB ON RADAR / KID COMMANDO split single
ARAB ON RADAR soak the saddle
ARAB ON RADAR Sunshine For Shady People
ARAN EPOCHAL / PARAMOUNT STYLES Start burning 2 / Jivina

ARCHEOPTERYX Ten years of friendship - 10''
ARCHEOPTERYX VS. GET GET GO Split EP
ARCO FLUTE FOUNDATION everything after the bomb is sci-fi
ARGUMENT Argument
ARMY OF PONCH ....so many you could never win
ARTIMUS PYLE civil dead
A SHORT APNEA AND GORGE TRIO ... just arrived
ASIDE FROM A DAY Divine proportion
ASJA AUF CAPRI Novi Ronde
THE ASSISTANT We'll make the roads by walking
A STORM OF LIGHT And we wept the black ocean within
ATHLETIC AUTOMATON / MADE IN MEXICO Split CD
ATHLETIC AUTOMATON A journey through Roman's empire
ATOM AND HIS PACKAGE a society of people named Elihu
ATOMIC FIREBALL / SWARRRM split cd
ATOMSMASHER s/t
THE AUSTERITY PROGRAM Terra nova
THE AUSTERITY PROGRAM Black Madonna
THE AVENGING DISCO GODFATHERS OF SOUL the Ultimate in Authenticity and Musical Usefullness
THE AVENGING DISCO GODFATHERS OF SOUL this is the invasion
A WHISPER IN THE NOISE As the bluebird sings


A DAY CALLED ZERO
" s/t " - CD
Gravity 00
Un jour où rien ne se passe. Le vide. Le calme est là, au-dessous. Ce nouveau trio avec des égarés de 3 Miles Pilot et Rocket From The Crypt ont crée la bande-son d’une énième journée qui s’enfile pour rien. Des notes remplies de mélancolie où on attend désespérément quelquechose, une violence soudaine, une explosion qui nous sorte de la torpeur, sortir de la grisaille. Mais ce long 6 titres tirent la même corde que Slint a su si bien tendre sauf que là, la corde a du mou et on la sent beaucoup moins prête à nous péter à la tronche. Reste que cette grisaille a le charme des journées tranquilles, au chaud sous le soleil de l’hiver et que bien des fois on aurait préféré une journée sans rien que les menus traumatismes de la vie quotidienne. Six contes d’automne à la dynamique souple et nonchalante dont on n’attend rien sinon de ne pas nous gâcher le moment présent. C’est déjà ça. Ailleurs, la journée bat son plein.
SKX (31/01/2001)
A GREAT DIVIDE
" s/t " - CD
Frenetic 00
Ce qui, pour tout le monde, est anecdotique, nous entraîne, sans le savoir, vers des petites morts répétées. On résiste, on résiste, on perçoit des sons qui se languissent dans le magma. Interchangeable, universel, passe-partout. A Great Divide issus d'ex, qu'importe le nom, empruntent les nationales, la marge de manoeuvre est faible. Fiers et tendus, arc-boutés vers un but connu que d'eux-mêmes, mais en ont-ils une réelle idée?. Honnêtes laboureurs un cran en-dessous d'Ambassador 990 et 12 Hour Turn, ce emo-driving-rock se nourrit de pas grand chose, comble les ventres creux avides de la moindre proie. S'encanailler pour un rien. Pas d'ouvreuses et pas d'esquimaux. Un bon amuse-gueule sans prétentions.
SKX (05/06/2001)
ABILENE
" Two guns, twin arrows " - CD
54° 40' or Fight 03
Abilene s'est construit un espace qui ne tient ni de la pesanteur, ni de la gravitation. Sauf que si sur leur premier mini-album sur Slowdime records, ça ressemblait au grand nul part, le vide intersidéral, Abilene redresse la barre et l'ombre immense de ce " Two guns, twin arrows " nous protège de toutes déceptions. L'arrivée de Fred Erskine (Him, June of 44) à la trompette est pour beaucoup dans cette nouvelle osmose. Il retrouve par là même occasion ses anciens compères de Hoover et Regulator Watts. Pas besoin d'en dire plus pour constater qu'un retour aux sources s'effectue. On retrouve cette même grâce, cette même fluidité dans la rythmique qu'aux plus belles heures de Hoover quand ce groupe sévissait sur Dischord. Aérien et pourtant si consistant. Une économie de moyens. Alex Dunham (chant et guitare) trouve en la trompette de Erskine la parfaite complémentarité pour alimenter leurs échappées nocturnes. Le meilleur exemple est " blanc fixe " où la mélodie lumineuse de la trompette et le riff implacable de la guitare vous amène dans une corrida du troisième millénaire. Moi la trompette, ça m'en bouche un coin ! Ca vous enveloppe comme dans une bulle, ça calme les nerfs, c'est beau comme un camion sans faire nouveaux riches. Abilene a repris sa marche par des traverses nouvelles. Des formes mues par d'inexplicables puissances, tout en silence appuyé. Plus qu'à s'asseoir et écouter. Un album lunaire.
SKX (13/11/2003)
ABILENE
" s/t " - CD
Slowdime 01
La preuve par trois. Un ancien Lustre King, un ancien Chisel Drill Hammer et surtout Alex Dunham, ex-Regulator Watts et Hoover, groupes dont on tend le plus à rapprocher ce nouveau projet. L’affiche est alléchante en tout cas et une fois le tour de la propriété fait, on se dit que les anciennes demeures avaient du charme en fin de compte ! Ce 6 titres retient du passé les parties les plus calmes et atmosphériques, ces ambiances brumeuses aussi collantes qu’un smog anglais et qui fichent le bourdon à coup sûr. Une basse qui arrondie les angles, une batterie qui ne s’énerve jamais. La guitare qui tricote. Le décor est à la grisaille, ça flotte, ça avance au radar, on sent bien quelquechose de consistent. Ils tissent leur toile en douceur, le travail est soigné, on se laisse même immerger de temps à autres par ce coup de blues mais l’intensité sourde et continue est absente de leur langage. Le moteur tourne à vide le plus souvent. On reste un peu à l’écart, à les regarder se débattre dans leur univers ambitieux et encore congelé. Mais il ne manquerait pas grand chose pour les rejoindre.
SKX (20/02/2001)
AMERICAN HERITAGE
" s/t " - 12"
Rosewood Union records 98
" Et nous remercions ceux qui se battent en sachant qu'ils perdront ". Auto-dérision pour un combat perdu d'avance ? Enième perle math-noise-rock échouée dans l'océan des sorties, ce 1er disque risque de raser les murs. Un nouveau projet de Andrei Cabanban, ancien guitariste de Tetsuo et Brass Knuckles For Tough Guys, reprenant les armes où il avait fait semblant de les déposer, pour 7 instrumentaux à l'arithmétique complexe, 7 titres qui font blocs, où il manque encore un je-ne-sais-quoi pour flamber de sa plus belle flamme. A parier pour leur 1er album cet été, toujours sur le label anglais Rosewood Union, un label à surveiller de très près.
SKX (12/07/1999)
AMERICAN HERITAGE
" we will pay you $125 to observe you deteriorate " - CD
Class-B 00
Ca va trembler dans les chaumières ! La forte tempête se transforme en ouragan. Alors qu’American Heritage se demandait « pourquoi tout le monde attrapait le cancer » sur un premier album explosif, ils sont prêts désormais à vous filer de la tune pour vous regarder foutre le bordel. A l’origine spécialement sorti pour la tournée européenne, cet album 6 titres presse la détente et vous met KO avant la sortie officielle en mars prochain d’une version raccourcie sur Troubleman records. American Heritage prend de l’ampleur, donne du volume à son math-rock instrumental et déflore le tango à Chicago. Burn Chicago burn. Tes nouveaux fils débarquent et brûlent le pavé. Des compos encore plus ambitieuses, qui gagnent en durée et en épaisseur. Des mélodies qui tournent en boucles, des breaks incessants, des riffs fulgurants, l’ouvrage remis sans cesse sous l’enclume du maréchal-ferrant. Un trio qui sent le souffre et qui doit autant à l’arithmétique d’un Don Caballero décongelé du cul qu’à un groove malsain et à la technique sûr de No Means No. Ahurissant ! La mèche est partie, la poudre s’enflamme, ça va péter ! ! Vous aurez droit, en plus de votre tronche au plafond, à un morceau rap par Brother El, un pote du guitariste Andrei Cabanban et quatre reprises par American Heritage themselves, voix comprises, de 4 standards du punk-rock (Born Against, Dead and Gone, Swiz et Black Flag), anecdotiques certes mais leur manière à eux de vous montrer leurs racines et d’où leur vient toute cette putain d’énergie. Encore une histoire d’héritage !
SKX (02/01/2001)
ALL IS SUFFERING
" s/t " - 7
Renaissance 00
Ca va être une vraie partie de plaisir ! Noël au balcon, putes à foison ! Pour le décor, le patronyme que je vous traduirais pas. Pas la peine de sortir de polytechnique pour comprendre que oui, toi aussi, tu souffres. Les morceaux sont pas en reste : «Mauthausen», «Dezanification of your weak mind» et «Dragon of the black pool». Sans oublier la photo-pochette où se balancent des pendus de camps de concentration.... Jusqu’aux noms des protagonistes aux sonorités israélites (enfin je suppose je suis pas spécialiste non plus). Trois titres d’un hardcore des plus brutal. Ne me demandez pas si c’est old ou nouveau de chez new school ou post-grind-core à marée basse, j’ai jamais rien compris à ces trucs là et j’ai passé l’âge. Par contre, ce que j’entends bien, c’est le son à faire reculer un tank allemand (ah ! 50 ans plutôt et....), des grosses voix bien lourdes, une chape de plomb qui s’abat sur mes frêles épaules, quelques petits soli limite limite, une montée au front coupée par une arrivée surprenante d’un bataillon de moines en plein gargarismes grégoriens façon Neurosis, et un lyrisme lugubre avec la délicatesse d’un légionnaire en tutu. Malgré des dehors qui m’attirent pas toujours, ça m’a quand même troué le cul (après vous j’vous en prie)!
SKX (25/07/2000)
AMERICAN HERITAGE
" why everyone gets cancer " - CD
Rosewood Union records 99
Derrière ce titre d'album désopilant, 10 virus instrumentaux qui attaquent aux germes et s'inscrivent dans la suite logique et mouvementée de leur premier maxi. Maxi que l'on retrouve dans son intégralité sur cet album, d'où 4 inédits seulement à l'arrivée. Et une frustration bien légitime.... et bien vite balayée car tous ces titres se sont refaits une beauté. Reliftage de la production, remixage, reboosté bref ils sont plus beaux et plus forts. Et cette fois-ci, la cible est atteinte. Rythmique dans la grande tradition des groupes de Chicago, complexe et franc du collier, force noise, massif et compact où la guitare inventive se fraye allègrement un chemin pour bien nettoyer la plaie de l'intérieur et alléger les souffrances. Don Caballero parti aux fraises post-rock, c'est American Heritage qui récupère les dividendes. Le genre de cancer qui ne vous pourrit pas la vie!
SKX (17/10/1999)
AN ALBATROSS
" eat lightning, shit thunder! " - Lp
When Humans Attack 01
Toujours plus loin dans la connerie. An Albatros la met profond avec ce concept à la mords-moi-le-noeud : un disque, 11 titres, mais exactement les mêmes des deux cotés de la face! Va comprendre, Charles! On joue comme on aime! Au pire pour les plus maniaques, vous écouterez toujours la même face, ça économisera l'autre en cas de pépin. Planète gravos donc. Ces intouchables choisissent l'hystérie collective à la Locust. Mais là où il n'y a plus rien à tirer avec les branleurs de San Diego, An Albatros soigne tout de même son standing. Ils ne se contentent pas de faire un bruit violent et nihiliste mais composent de vraies petites bombes incendiaires où on retrouve ces billes. On distingue le début, la fin. Et un ptit peu le milieu aussi. Pour la durée, c'est l'éclair. Tout sprinte entre les 20 secondes et les 2 minutes. Le clavier associé à l'électronique/platine font largement autant de raffut que la guitare, basse, batterie. Seul le chant convulsif aiguë tend à couvrir l'ensemble. Les titres sont empreints eux-aussi de connerie ("mother's day came a little early this year", "the man eating pig of madidi", "klüver-bucy nocturne in Bb"...). Ca attaque sec, c'est pas dénoué d'humour. Yen a même à revendre. Les samples sont explicites. Bref, une grande réussite dans le genre. "Une célébration à la vie" comme disent en choeur ces 6 allumés de An Albatros. Vol au-dessus d'un nid de coucou. Je sais pas si ce sont les plus débilos mais ils sont sûrement sur le podium.
SKX (17/01/2002)
THE ANASAZI
" calculating components.... " - Lp
Troubleman Unlimited 00
Soirée de peine capitale. Pas moyen de siffloter tranquille sous les platanes. Ca attaque frontale, c'est rectal et sans concession. La production, c'est pour les petits cons. C'est brut de décoffrage à faire passer le son le plus punk pour du Jean-Michel Jarre sur les champs-élysés. Ne pas hésiter à augmenter sérieusement le volume de sa chaîne pour que parvienne à vos esgourdes un disque enregistré dans la cave avec un 2 pistes de compèt très fatigué ! Faut aimer. Et c'est presque dommage car avec ces anciens Yaphet Kotto, Jenny Piccolo et The Mohinder, sous la crasse, on a le droit à un hardcore noisy des plus chaotiques et extrême. Et si vous aimez les messes noires, un conseil, l'autre face. C'est la même chose mais tout à l'envers. Un disque pour bien se l'enfoncer jusque là.
SKX (23/01/2001)
ANODYNE
" The outter dark " - CD
Escape Artist 01
Un trio carré. Trois entités, un chat est un chat. Mike Hill. Josh Scott. Joel Stallings. La pochette est noire et grise, une touche de blanc pour le texte. Photos sales, signe de désolation, no man's land urbain. Debout au milieu du massacre, Anodyne orchestre une partition aussi gaie qu'un Neurosis sans le grand cirque. Au plus près de l'os. Genre Kiss It Goodbye / Playing Enemy et toute la ribambelle torturée du hardcore moderne. Version apocalyptique, plus noire que noire. Huit titres tranchants. La démonstration ne se fait pas dans la surenchère de rythmes et de breaks. Anodyne garde un cap relativement droit, sec dans les angles, belliqueux dans les lignes droites. Le lyrisme est souterrain. Anodyne se présente nu sur l'autel, se débarrasse de tous oripeaux, ne la ramène pas plus qu'il ne faut et gagne ainsi encore plus de crédibilité dans la noirceur du propos. L'essentiel est dit, percutant et perturbant. Un disque qui calme.
SKX (08/11/2002)
KEELHAUL/ANODYNE
" split 7" " - 7"
Chainsaw Safety 02
Le genre de 45 avec lequel on ne cherche pas d'embrouilles. Deux groupes tendres comme un bataillon de paras, légers comme un vol de mouettes mazoutées au troisième degré. Avec Keelhaul, c'est la connexion Craw. Le batteur en commun et, en invité de marque, Joe Mctighe, le chanteur. Deux cartes maîtresses qui donnent une saveur très Craw-ienne avec une pincée de No Means No, allez savoir pourquoi, bref un truc rock lourdingue et pulsant son gras pour n'en retenir que le maigre. Des déménageurs et des bons. Avec Anodyne, on sort les chiennes. Leur face Neurosis est totalement dynamitée de l'intérieur lors d'un morceau sauvage et bref. Pas forcément leur meilleur crû. Suit une reprise de Throbbing Gristle ("persuasion"), vieux groupe industriel de la mort mais le titre n'est pas remis au goût du jour et coulé dans un moule Anodyne. Ambiant et anodin. Pochette noire et belle. On a vu pire comme split mais hélas encore, un peu bancal.
SKX (03/09/2002)
APES OF WRATH
" s/t " - CD
Obtuse Mule 01
Les singes en colère. Très en colère. Quinze titres propulsés en quinze minutes chronos, chaque minute comptant le double de décibels autorisés à la seconde par les ligues de vertus, le ciel est tombé sur la tête. Une description volée au passage les comparait à du "Arab on Radar math-metal" ! Même méfiant, ça pousse à la curiosité. Et le résultat en-deça de mes lubies masochistes. Un mirage. Ca pulse, ça n'arrête pas. A la description, il faut rajouter Melt-Banana pour l'amour de la vitesse. Sauf que les charmes orientales de la voix ont été remplacées par les cris d'un maniaco-dépressif. Qui loin de se contenter d' hurler dans le vide, étend sa palette vocale, allant du chien dont la queue s'est coincée dans une porte aux plaintes hystériques d'un cow-boy poursuivit par une meute d'indiens assoiffés de scalps. Mais on ne prend jamais de plein fouet un mur du son inaudible, un brouhaha continu et agressif. Les riffs sont clairs, précis et rapides. Ministry sans le cuir et le gras qui va autour. Sous leurs dehors de méchants à poils longs, la bonne humeur suinte grâce à des samples incongrus et rigolos et cette voix trafiquée de cartoon électrocuté. On distingue allègrement les morceaux et ce coup de pied au cul va faire remonter plus qu'un quadrupède dont tu descends, camarade, à la cime de son arbre. Provocation animale.
SKX (04/04/2002)
THE APOPLEXY TWIST ORCHESTRA /
THE KINETIC CRASH CORPORATION
" split album " - Lp
React with Protest 02
Des patronymes qui annoncent des paniques surchauffées, des colères rentrées et des tonnes de frustration tapis au fond de la gorge. Deux groupes allemands se partagent ce disque. La chronique ne pourrait en faire qu'une pour autant. La pochette en nappe de cuisine est bourrée de bruit et de crachat à la gueule, de cette musique qu'on appelle screamo-hardcore, version Orchid, encore plus sec sur le carreau. La face contre terre. Kinetic Crash Corporation y apporte un brin d'ampleur, un son qui donne moins l'air de sortir de la cave et des titres en forme de complexité. Ca en devient presque bon à vrai dire. L'oxygène vient toujours à manquer. Ces groupes auront peut-être déjà tiré leur révérence à l'heure où s'écrivent ces lignes. On aime ça pour le plaisir immédiat que ça procure. Vivre dans le nerf même si tout ce bordel est sommes toutes commun. Mais qui ne l'est pas?
SKX (03/09/2002)
ARAB ON RADAR
" the stolen singles " - CD
Three One G records 03
L'arabe n'est plus dans le collimateur. Il a mis la clef sous la porte et nous laisse comme seul souvenir quatre albums, des concerts épileptiques et cette poignée de singles, titres rares et inédits regroupés en un seul jet sur cette compilation. Vu le tirage limité et la confidentialité de ces objets rares, c'est comme l'album posthume qu'on attendait plus et non une vulgaire opération commerciale que 31G records nous refourguerait pour s'en mettre plein les fouilles. Arab On Radar se saignait en quatre et ne se foutait pas de la gueule du client en sortant des fonds de tiroirs sur ses petits formats. Du premier choix, de la qualité, de la bonne, de la pure. 12 titres volés à leur début. Pépites post-punk (ou " now-wave " comme disent les têtes pensantes de Skin Graft records où ils finiront leur trajectoire), dangereusement sautillantes, dissonantes, cacophoniques pour les uns, jubilantes pour le reste. Une façon unique de donner le rythme. Même les punks ont le droit de danser. Des guitares, dont l'une à la sonorité basse, vrillantes et inventives. Et cette voix de pervers qui pleure sa mère de ne pas l'avoir assez fessé… Des prestations scéniques mémorables et loufoques. Une musique qui effrayait le commun des mortels et bigrement original. Arab on Radar restera comme un des groupes noise marquant de 95 à 2002. Depuis, le chanteur et le batteur ont formé avec un ex-Six Finger Satellite, plus un illustre inconnu, un nouvel avatar de la folie. Son nom : The Chinese Stars (un 5 titres en juillet sur Skin Graft). La ressemblance est frappante. L'invasion de l'Europe est prévue pour octobre prochain. On respire un bon coup.
SKX (01/07/2003)
ARAB ON RADAR
" yahweh or the highway " - CD
Skin Graft 01
La petite sœur a grandi. Elle ne relève pas ces jupes à la moindre tentation. L'arabe plus que jamais dans le collimateur dans cette époque manichéenne, Arab On Radar commet ici son quatrième album. Saluons leur éveil politique sans que cela transparaisse un seul instant dans les paroles de Mr Potty Mouth. La bouche toujours aussi larvée de contes immoraux pour adultes pervers, le spermatozoïde de la noise, après un roman qu'on imagine interdit aux mineurs, continue de vicier la musique déjà décadente de Arab on Radar. Même si, même si ce " yahweh or the highway" est l'album le plus présentable et abordable de Arab on Radar. Rassurez-vous, le cartésianisme n'est toujours pas une valeur à la mode chez AOR. Ca navigue souvent à vue. Deux guitares qui triturent, qui vrillent, qui tournent autour d'une idée. Un batteur qui se prend pour un indien réglant le sabbat autour du totem familial ou imperturbable maître de cérémonie dans une galère romaine. Et le chanteur qui pourrit l'air avec une voix bien aiguë qui pèle le tympan. Sauf que cette fois-ci, la mélodie en générale se fait plus pernicieuse, marque des points. La sensation que les quatre membres forment peu à peu un seul corps et que tous jouent la même partition. Que l'évolution, sans être prépondérante, est très palpable. Ca n'empêchera pas de nombreuses personnes de trouver ce groupe toujours aussi imbitable et leur musique incompréhensible. On ère ici dans le domaine de l'absurde. De la musique primaire qui cherche à éviter les autoroutes archi-fréquentées sans sombrer dans l'impasse. Revenir à la matière première, sorte de Birthay Party moderne, revu et corrigé à l'extrême, de sculpter des sons et des rythmes comme au premier jour du rock'n'roll sans pour cela apeurer le quidam. Arab on Radar est sur le bon chemin. Faites tomber les masques.
SKX (12/03/2002)
ARAB ON RADAR/KID COMMANDO
" split single " - 7"
Ideal 02
Un des grands classique de franche camaraderie. La tournée commune célébrée par un 45 tours partagé. A chacun sa face, figeons dans le sillon ces quelques semaines de vie commune. Et là, comme cadeau de mariage, on s'est pas foutu de la gueule des mariés. Le groupe phare, c'est Arab on Radar. Et leur donation montre une évolution palpable, un je-ne-sais-quoi de différent par rapport à leurs albums. Difficilement explicable mais la folie coutumière se canalise, n'en reste pas moins dangereuse et gagne encore en originalité. Arab on Radar aiguise ses couteaux, la menace est grandissante et le futur s'annonce radieux. Si Kid Commando sont les petits nouveaux, ce trio suédois (dont un des deux gratteux est le boss de Ideal records) va vite prendre son envol. Deux titres mais en vérité un seul et même morceau enchaîné. Des soubresauts et une volonté identique à Arab on Radar pour perturber l'auditeur. Deux guitares, une batterie. Un piano inhabituel au milieu d'un bordel savamment organisé. Arty punky rock. Creuse toi les méninges, chose obsédante qui bute à ma cervelle. Le Kid deviendra grand. Un split qui passera les époques.
SKX (01/08/2002)
ARAB ON RADAR
" soak the saddle " - CD
skin graft 00
L'eau coule rouge du robinet. Un recul. On me hache. On me concasse. Arab On Radar, un mythe païen, ambigu et retardé du bulbe. Une longue plainte, un amas de guitares (2) et batterie, foutu là pêle-mêle, sans ordre particulier, sans préoccupation de mélodies, sans rien, pas de fondations. Le crash, chacun dans son coin, a perpétré sa petite catastrophe personnelle. Avec quelques terrains d'ententes, des no man's land d'accords, plein de fils barbelés, une orchestration primaire et syncopée. Avec Eric Paul au chant, psychopathe pervers, les cordes aiguës dans une main, les couilles dans l'autre, tendance débile profond. Un psalmodieur branché cul. Et quand je dis "cul", je reste poli ! Un salon à la mode où on cause plutôt tampons, règles, viols, de profs attirés par ses étudiantes, capotes, baise et autres lubricités. Volontiers provocateur pour pointer le doigt sur les comportements sexuellement déviant des puritains américains. Mais ça fait le 3ème album que ça dure. Psychiatre demandé d'urgence. Produit par Weasel Walter des Flying Luttenbachers, on y retrouve cette abstraction sauvage sans le trash, les durées éclairs, orageuses et fiévreuses de Melt-Banana dans un album de 20 petites minutes pour 9 morceaux. Et le non-sens continu à la US Maple dans une version bombardements alliés. Vous en ressortez tout confus, nerveux mais prêt à remettre le couvercle. Ils vous ont hachés menu-menu mais ça été terrible. Ces gars fucking rock et fuck le rock par la même occasion....
SKX (06/09/2000)
ARCO FLUTE FOUNDATION
" everything after the bomb is sci-fi " - CD
Cenotaph Audio 02
Ce groupe américain pointe déjà là son troisième album. Ayant raté les précédents épisodes, je ne pourrais vous rapporter que des propos dont l'écho résonne jusqu'à cette page, échos faisant réminiscence de Mogwai et autres bruyances spacieuses. Sur Cenotaph Audio, le label de Pittsburgh qui nous avait fait découvrir les excellents Microwaves, cette 3ème livraison semble avoir perdu la motion rock et s'est dangereusement focalisée sur l'aspect larges étendues sonores et chroniques sans parole d'aventures interstellaires. Le rythme reste cependant de ce monde, tout n'est pas parti avec l'eau du bain. Les guitares savent être incisives et tournées en boucles. On pense alors aux stridences d'Hovercraft, à un Godspeed You Black Emperor sans le lyrisme et les trompettes. Mais ce groupe sans flûtiau (je vous rassure!) a des fondations floues. La plupart du temps, on berce dans un univers cotonneux, mal défini, expérimentations tous azimuts. Absence de rythmes, guitares vaporeuses, brouillard artistique. Ca peut séduire par instant, quelques moments de grâce, en suspension, comme ça, sans prévenir. Ca peut aussi énerver la salle à patience avec pour effet immédiat le ronflement soudain ou le lâché de CD à travers la pièce. Pour les amateurs de musique d'après la bombe. La grosse, celle qui mettra un terme à tout ce bordel. En attendant, je vais m'amuser ailleurs.
SKX (11/07/2002)
ARMY OF PONCH
" ....so many you could never win " - CD
No Idea 02
Et des litres de sueur et des tonnes de kilomètres. Army of Ponch, courageux soldat, fantassin noyé dans la meute, toujours prêt au combat. Pas question ici de sortir du rang. Army of Ponch aime le travail parfait, dans la grande tradition emo-rock/hardcore engendrée par Hoover, Shotmaker, Three Penny Opera. Une armée des ombres dense, quelques arbres parmi une forêt touffue, arpentant toujours les mêmes accords mais avec ferveur, une habileté jamais prise en défaut. "Si nombreux que vous ne pourrez jamais gagner". Un titre à double-tranchant, à niveaux multiples mais qui reflète bien la mentalité de ces groupes soudés entre eux, sillonnant en long, en large et en travers les lignes droites des grandes plaines américaines. Ca joue sans prétention une musique qui leur vient des tripes et du cœur, la seule chose qu'ils aient jamais su faire. Du bonheur simple, à portée de tous. On retrouve dans ce groupe Dave Diem, l'infatigable chanteur de 12 Hour Turn et True North. Une veine et un engagement similaire. Army of Ponch, consciencieux et de qualité. Vous en reprendrez bien une rasade?!
SKX (21/05/2002)
ARTIMUS PYLE
" civil dead " - CD
Prank 01
C'est sûr, les civils vont morflés. Toujours eux les plus touchés. Artimus Pyle a le verbe vindicatif et engagé et se donne musicalement les moyens d'enfoncer le clou de leurs convictions au plus profond de votre crâne avachi. Le temps de vous cracher tout ça à la gueule et le trio se saborde. Reste ce témoignage. Un maxi et leur dernier 45 regroupés sur une même balle. Du gros calibre qui déflore les idées en 13 chapitres. La musique est oppressante, speedés des quatre fers. Hardcore, punk, tout ça à la fois, l'urgence. Du Neurosis premier cru avec le son de maintenant, lignée Catharsis version cours métrage. Ca fait pas dans la dentelle, autant vous l'dire! C'est pour ça que c'est si bon. Musique subversive pour monter au front.
SKX (16/05/2001)
THE ASSISTANT
" We'll make the roads by walking " - CD
Nova 03
Il va y avoir des larmes. The Assistant ne ménage pas sa peine. C'est le tourbillon des armes, d'une atroce complexité. Ce groupe américain pioche dans tous les styles - hardcore chaotique, metal, emo - et ressort, avec un certain savoir-faire, une boulimie de sons qui ressemble fort à une avancée de chars en plein désert irakien. Ca bombarde tous azimuts, entre les multiples parties qui s'imbriquent, le déluge de breaks, les compteurs qui virent dans le rouge sous la pression de rythmes trépidants, d'une voix qui n'en veut et qui racle bien le fond de la gorge. Avec dans toute cette furie, la queue d'un piano, une voix féminine pour adoucir les mœurs et les passages très mélodiques pour reprendre son souffle. Et comme The Assistant est du genre à allier le verbe au geste, un livret ultra détaillé avec les paroles et l'explication de texte in vitro est fourni. Avec ce groupe, on sait où on va. Pas d'entourloupes. La famille Converge and co s'enrichit d'un nouveau membre. Le problème, c'est que c'est presque trop. Une chatte n'y retrouverait pas son petiot ! Et que le son, étouffé, manque de l'ampleur nécessaire pour traduire au mieux toute la puissance dont ce groupe a besoin pour se sentir à l'aise. L'overdose n'est pas loin. Néanmoins, malgré ce bourrage de crâne et le manque d'éléments nouveaux au dossier, cet album va ravir les fans du genre, ceux qui aiment s'exploser la tronche sans trop se poser de questions.
SKX (12/08/2003)
ATOM AND HIS PACKAGE
" a society of people named Elihu " - CD
Mountain Cooperative / Suziki Beane 98
Disque de bouffon! Un drôle d'atome, un électron libre à la connaissance de la scène punk-rock certaine et qui passe son temps tout au long de ces 20 titres à railler les stars de village pour notre plus grand bonheur. Ironie, sarcasmes, tout le monde en prend pour son grade et c'est fait sans méchanceté. Juste une façon malicieuse de montrer que tout ce petit monde issu de la scène punk/hardcore est souvent bien trop mégalo et tourner vers son propre petit nombril! Et la musique est ridiculement bonne et anecdotique. Juste l'Atom, sa voix Duffy Duck et son Package, un pauvre sequencer yamaha à 2 balles dépoussiéré des années 80. Avec une perle à ne rater sous aucun prétexte, une reprise du "Waiting Room" de Fugazi que Ian McKaye et sa bande n'auraient pu imaginer même dans leurs pires cauchemars!! Un des pires disques de l'année. Et c'est Atom qui l'a dit en premier!!!!
SKX (27/12/1999)
ATOMIC FIREBALL/SWARRRM
" split cd " - CD
God Door 01
Apocalypse nouveau en provenance du Japon. On connaît les groupes du Soleil Levant pour leur extrémisme. Avec des noms pareils, ces deux groupes ne dérogent pas à la règle. Entr'aperçu sur un split single avec Frodus, Atomic Fireball avait, l'espace d'une face, déclenché un raz de marée auditif. On les retrouve 3, 4 ans plus tard et quelques changements en cours de route. Le trio s'est mué en quatuor avec le guitariste de Nine Days Wonder sur cet enregistrement et le chanteur de Hellchild pour pousser la chansonnette sur ces trois titres (dont un live). Et la bête n'est pas de tout repos. La force de frappe d'un Zeni Geva. La complexité d'un Converge. Et surtout cette voix qui insuffle un ton très particulier à cette vague submergeante. On aime ou on aime pas. Pour ma part, elle me colle au plafond. Tour à tour rocailleuse (et le mot est faible) ou hurlante, baroque ou murmure, prête à décoller la 2ème couche et à faire fuir une horde de Huns. Atomic Fireball, c'est un rock bruitiste et labyrinthique et cette voix, la corde qui manquait pour atteindre définitivement sa cible. Impressionnant! Avec Swarrrm et ces trois "r" de chiens de garde prêt à vous mordre, on berce tout de suite dans le coté "metal" de la bête. Entre voix aiguë et "deathisante" (est-ce le même?!), la culture de la bombe H est entre de bonnes mains. C'est un rien plus convenu mais ils offrent de tels passages férocement déjantés et à fond sur les manettes qu'on osera rien leur dire de peur de les vexer! Le Nippon est pas content et tous les pervers de l'impossible se doivent de posséder cet objet brûlant.
SKX (12/02/2002)
ATOMSMASHER
" s/t " - CD
Double H Noise Industries / Hydrahead 01
Atomsmasher ou les nouvelles lois de la physique revues et corrigées par un trio de chercheurs fous. Toute leur force vient d'une totale absence de remords pour vos tympans. La destruction de l'atome, la matière réduit à néant. Derrière cette promesse, James Plotkin, guitariste qui a de son instrument une vision très expérimentale. Un CV épais comme ça avec Old, Scorn, Michael Gira, Mick Harris, etc.... La tête pensante de ce projet accompagné par Dave Witte à la batterie. Terreur du grindcore, (Human Remains, Discordance Axis) qui se pourrait bien être l'actuel batteur de Melt-Banana. Le roi de la cadence infernale. Et le dernier bras armé de ce trio est un nouveau venu, DJ Speedranch, dont le nom commence à faire frémir le milieu électronique (Venetian Snares). Organe vocale déconnecté de toute raison et défoncé de la platine. C'est Hydrahead, avec sa sous-division panzer Double H Noise Industries, qui porte le chapeau et nous fracasse ce 1er album sur un plateau. Le premier impact qui ressort, c'est l'énorme travail fait sur la texture, la recherche et la richesse de sons dérangeants et l'imbrication qui en résulte. Comment tout ces rythmes binaires et trash se télescopent avec des samples aliénants. Comment cette voix napalmée surfe sur les vagues bruitistes des guitares. Comment ces flèches noise/grind s'effacent devant de mystérieuses plages envoûtantes, aux harmonies claires. Etonnant contraste où les relents les plus extrêmes de la musique grind, façon Painkiller et Naked City, partagent en toute fluidité le terrain d'une musique vouée aux machines et à l'électronique, la plus sauvage soit-elle. Atomsmasher se propose de casser vos repères, de les piétiner et de reconstruire, avec une précision maniaque, quelquechose de furieusement innovant et de très inquiétant. Une folle course aux atomes où Plotkin nous bat KO debout. Interdit aux moins de 16 ans mais à découvrir d'urgence.
SKX (18/12/2001)
THE AUSTERITY PROGRAM
" Terra nova " - CDEP
Hydrahead 03
Le retour de la boite à rythme. La bonne vieille boite à rythme qui fait toujours ce qu'on lui demande. Et c'est dingue ce qu'on peut lui demander de nos jours. Vous rajoutez une bonne grosse basse qui cogne. Une guitare qui s'y connaît en matière de bruit finement aiguisé. Un hurleur qui pleure toute ses tripes tout en sachant vous amadouer d'un brin de voix apaisé. Voilà pour les réjouissances de ce nouveau groupe new-yorkais directement débarqué chez Hydrahead. Quatre morceaux longs comme une lente agonie. La souffrance en 8 minutes de moyenne. Le tarif maison pour vous convertir à leur trip hypnotique, martelant, non dénué de mélodies distillées en boucle. Et alors qu'on pourrait craindre un matraquage à tout va, Austerity Program joue la carte du dépouillement, presque minimaliste et glacial par endroits. Juste une voix, un rythme. Un gros riff qui tourne. L'ambiance est chargée, torturée. C'est Godflesh, c'est Big Black. Mais c'est surtout Austerity Program. Un truc à part dans l'écurie Hydrahead. Ca pile les nerfs. On serre la mâchoire. Et on adhère sans hésiter à ce programme qui, certes, n'annonce pas la joie et la bonne humeur dans les foyers, mais le grand jour arrive, on va tout arracher. Austerity Program donne le ton.
SKX (07/08/2003)
THE AVENGING DISCO GODFATHERS OF SOUL
" The Ultimate in Authenticity and Musical Usefullness " - CD
Alone 03
Méthode de destruction totale. Sonnez les matines, il est l'heure du cauchemar, deuxième épisode. Après un premier essai version court-métrage, The Avenging Disco Godfathers of Soul (TADGS) revient avec le péplum. Tu les laisses dans le bac à sable, ils reviennent avec la barre à mine. A-t-on idée de concilier The Locust, Naked City, le hardcore des plus chaotiques tout en se faisant mettre par Tex Avery ? Fâcheuse tendance au mal de tête. Reprenons le fil de la messe. Si la sacro-sainte religion de ces tarés est le hardcore, le point de départ archi-su sur le bout des doigts au point d'en avoir fait le tour, pour désormais le pourfendre allégrement, déviance générale, éclatement intérieur. Tu n'as que ce que tu mérites. Les seuls à pouvoir caler un petit air de bossa sans que ça sonne pourri du cul. Les seuls à pouvoir passer du coq à l'âne sans que ça fasse démonstration technique et gonflette de pectoraux. Car le regard est délibérément fixé sur une crête ou le mot punk brille de mille feux, prêt à les rappeler à la moindre alerte qu'ils sont bien là pour enfoncer le clou de la révolte et non pas prétendre à un article dans Guitare & Claviers. Alors n'ayez pas peur de la multiplication des breaks, ce sont de petits pains bénis. Leur quotidien est ultra complexe mais le résultat est frappant de cohérence. Un pur disque de hardcore. Ils ont juste choisi des chemins détournés pour tromper l'ennui et la redite. A ce petit jeu du quitte ou double, du je m'écrase la gueule ou du je décolle en mille morceaux, TADGS a décroché le pompon. De la balle.
SKX (10/11/2003)
THE AVENGING DISCO GODFATHERS OF SOUL
" This is the invasion " - Lp
Kill Frank Lentini 02
Un nom à remplir une piste de danse et la vider dans la seconde qui suit la première note de musique tombée ! Avec ces anciens Index of Potential Suicide (notez là encore la richesse du nom), on ne pouvait prétendre au repos de l'âme. Un trio qui compulse avec Mr Skinny aux peaux, Bones à la guitare, xylophone et trompette et Professor Poison, joli brin de voix un rien énervée, tâtant également de la basse et du sacro-saint synthé (priez pour lui, il ne l'emportera pas au paradis). Une arme utilisée avant tout comme un sample, omniprésent dans, avant, entre les compos. Point de Ray Manzareck à l'horizon, je vous rassure. Et si on oublie quelques facilités qui font plus office de bouches trous, ces samples sont parfaitement liés au corps des morceaux. Et quand ces trois là décident de jouer de leur unique instrument, c'est encore mieux, pétaradant, émulsifiant, haut en couleurs ! Des bleus aux articulations, un esprit bouffon, des variations d'ambiance, hardcore des années 2000 gardant le nerf du combat tout en élargissant la palette musicale. Cette bouilloire conduit à des vertiges. Ca se bouscule, se précipite. On croit être arrivé, c'est un autre couloir menaçant qui commence. On entend rire tout autour de soi. Le foutoir en plein milieu de la piste. A moi le bordel !
SKX (07/01/2003)
Act
XL - CD
Amanita 2004

Acte isolé. Les machines pour seul compagnon. Et l'univers connaisseur du studio de Amanita records. Un seul maître à bord qui répond au pseudo de Kri, sa palette d'instruments bien de chair, le retraitement in-vitro pour donner à sa musique une dimension mi-homme mi-bête. Car l'ambiance ici est futuriste et froide, basé sur le rythme, aussi diversifié soit-il, état hypnotique, qui tourne et qui retourne, drum'n'bass, réminiscences hardcore et noise, coloration industrielle continue, lente et inquiétante. Casser du sample sur le dos, éclater les formats. Plages ambiantes, toile fine de sons qui tombent, voix spatio-temporelle. On flotte. Et puis on cogne tout de suite après. Cet electro là expérimente et navigue du coté de Hint, Scorn, This Heat et autres aventuriers du son. On est pas là pour faire danser. Maintenant, tout ça me laisse aussi froid et distant que la musique. XL, taille large pour un album qui aurait gagné à être raccourci et néanmoins intéressant.

SKX (01/07/04)
website groupe www.amanitarecords.com
website label www.kirikino.net
sounds www.kirikino.net/files/starter.htm#


A Day in Black and White
My heroes have always killed cowboys - CDEP
Level Plane 2004

En direct de Washington DC, A Day in Black and White (ADIBAW pour les fainéants) lance ses premiers cris qui ne vont pas résonner dans le désert. Après une demo qui n'avait rien d'exceptionnelle, le trio présente un début discographique grandiose. Le jour et la nuit. Si ce groupe est le meilleure groupe de screamo-hardcore à l'heure actuelle, c'est parce qu'il est largement plus qu'un groupe de plus qui ressuce une fois encore cet éternel sillon en mal de second souffle!! ADIBAW a la particularité d'amener et/ou entrecouper ses brûlots hardcore aux mélodies imparables par de longues montées tout en douceur, des accords à la lenteur vénéneuse, de créer comme jamais à partir d'un pourtant classique courant chaud/courant froid, une musique aux brillants contrastes. Un rock explosif qui ne lésine pas dans la véhémence. Quand ils décident de partir à l'abordage, ils ne font pas le voyage pour rien. A l'opposé, les calmes sont olympiens mais jamais soporifique comme sur le 5ème et dernier morceau "Illusion of the end". Pièce instrumentale de onze minutes au début tout en douceur, en piano et à la baguette, avec une guitare acoustique qui fait lentement monter la sauce pour une explosion finale simple et majestueusement efficace. Tout ça sonne comme du déjà entendu et pourtant, ADIBAW le fait comme nul autre avant! Une énergie, un chaos contrôlé, un lyrisme digne du plus grand Envy, un truc unique sans avoir l'air d'y toucher, le riff qui tue, l'harmonie qui apaise, la batterie qui s'affole, le rythme qui se tait. Cinq titres, mélange de fuite en avant et de fragilité déconcertante. Cinq contes épiques mis en pièce par Kurt Ballou (Converge). Il n'en fallait pas plus pour contenter son homme et s'esbaudir devant une telle maîtrise ! La meilleure sortie de Level Plane depuis... jusqu'à la prochaine!

SKX (02/12/2004)
website groupe www.dayinblackandwhite.com
website label www.level-plane.com
sounds www.hxcmp3.com/bands/3352



A-Frames
2 - CD
Dragnet 03

A-Frames fait partie de cette vague récente de groupes américains dont les influences viennent autant des années 90 et son florilège noise que le début des années 80 avec des groupes post-punk comme Wire et Gang Of Four. "2" est leur... second album (hé oui!) et, après un premier essai laborieux, semble avoir trouver ses marques entre l'héritage des aînés et l'affirmation de leur talent de compositeurs. Format court, c'est rêche et direct, artifice zéro. Une basse bien devant, rythmique prépondérante, la tête dedans et la guitare dans tout ça qui se fraye un chemin, apporte son idée mélodique et brise la glace. Car ne comptez pas sur la voix pour réchauffer l'atmosphère. Robotique et détachée du monde, elle plante des couteaux dans le dos. Minimaliste, espace restreint pour la galipette, visage fermé, A-Frames monte au combat, sûr de sa force, agile et volontaire, avec ce qu'il faut de malice aux coins des lèvres pour rendre la pilule lumineuse. On sait de quoi est faite leur discothèque mais bonifie les acquis. "Chairs missing" avait laissé une place vacante. A-Frames s'y assoit allègrement. Ne reste plus qu'à peaufiner leurs sillons pour marcher sur leurs propres plates-bandes.

SKX (08/03/04)
website groupe www.dragnetrecords.com
sounds Rescue(demo).mp3
Amanda Woodward
La décadence de la décadence - CD
Earth Water Sky Connection 2004

Les tourments révoltés de Amanda Woodward. Le groupe de Caen signe son premier album, assoit ses bases et prend par la même occasion son envol. Les racines du hardcore et la touche emo. Son pain quotidien entrevu sur leurs précédentes productions. Avec cette nouvelle décadence, Amanda Woodward va au direct. Tête baissée dans des compos où l'urgence prime, saute aux yeux avant de révéler ses finesses, d'apprivoiser ses tensions internes et se bonifier au fil des écoutes. Chant en français qui me convainc quand ça hurle (quoique très monocorde dans sa colère) et me hérisse un rien le sourcil en mode parlé avec ses syllabes traînantes et désagréables en fin de phrase comme sur " dans le cas où les flammes ". Amanda Woodward, c'est aussi une influence dub dans le jeu de basse, un certain sens du groove qu'on pouvait retrouver auparavant chez Universal Order of Armagedon, qui a mon plus grand plaisir, se fond de mieux en mieux dans le moule, apportant un espace oxygéné dans le fourmillement de leurs morceaux. Amanda Woodward joue dans la cour des Yaphet Kotto, Yage et consorts en prenant soin de voler au fil des ans de leurs propres ailes. Un album de souffre et de sang, cynique et prêt à en découdre. Un groupe français qui s'internationalise sans complexe, dans le sillage des Jasmine et Fingerprint à une autre époque et s'exporte même aux Etats-Unis sur le label Level Plane, suivi d'une tournée marathonienne chez l'Oncle Sam. Pas inévitablement un gage de qualité mais le voyage dans ce sens est tellement plus rare qu'il fallait bien le signaler ! La décadence, mais pas pour tout le monde.

SKX (10/07/04)
website groupe www.sans-vie.com
website label www.earthwaterskycn.de
sounds la decadence.mp3
An Albatross
We Are The Lazer Viking - CDEP
Ace Fu 2003

Court, rapide et bruyant, ainsi se résume la vie de An Albatross. Avec un penchant avéré pour l'auto-destruction. Pêle-mêle, vous trouvez au sein de leur nouvel et deuxième acte, un humour de cartoon belliqueux, un fiévreux esprit rock'n'rollesque, des traces de punk binaire et trash à la Locust fuyant les foudres avant-gardiste de Melt-Banana ou Naked City. Dans un souci d'économie pointu, nos six énergumènes de Philadelphie balancent le tout (11 titres) en 8 minutes, histoire de ne pas lasser l'auditoire toujours aussi versatile, c'est bien connu. Génération zappeurs névrotiques et consommateurs boulimiques. Les deux synthés prennent le dessus pour envoyer des flèches mélodiques empoisonnées et faciles à retenir ("let's get it on with it!" et "the revolutionnary politics of dance"), tenant le haut de la production où vient s'encastrer une voix qui ne fait jamais dans la dentelle. Hurle mon gars, hurle. Un disque contre l'ennui. Seulement huit minutes, mais quelles huit minutes!!

SKX (20/05/04)
website groupe www.analbatross.com
website label www.acefu.com
sounds RevolutionaryPoliticsOfDance.mp3

ANGORA STATIC
7"
Anomalie / Wild-Zero / Lilacsky 03

Un très prometteur quatre titres. La provenance : Norvège. Un de plus! Trois labels s'y sont mis (un Allemand entouré de deux Norvégiens) pour sortir une galette toute simple. A croire que l'effort était colossal. Et les moyens respectifs dérisoires! Angora Static file droit dans le sillage de JR Ewing, mâtiné d'une approche encore plus direct à la Kaospiot (les nouveaux frères ennemis!). Bref, la fusion idéale pour un baptême de feu de dieu. Chaque morceau possède sa propre vie. De solides mélodies. Punk dans l'âme. Noise dans la démarche. Ou le contraire. Sur les routes françaises avec Kaospilot en avril. Une nouvelle perle à juger sur pièce.

SKX (12/02/2004)
website groupe
www.angorastatic.com
website label www.anomalierecords.com - www.lilacsky.com - www.wild-zero.de
sounds everymanis
hisownmicroprosessor.mp3 -
www.level-plane.com/kaospilot/angorastatic.mp

Anodyne
Salo - 10"
Insolito 04

Les gais lurons de Anodyne (Brooklyn, New-York) ressortent les chiennes. Quatre titres dans la lignée de leur précédent album "the outter dark" : hardcore épuisant qui suinte la rage et la torture mentale, horizon bouché. Playing Enemy / Kiss it Goodbye, vous connaissez la suite, avec un je ne sais quoi de l'optimisme de Unsane, l'effet claustrophobique de la Grande Pomme sans doute. Au début, je ne voyais pas la beauté du propos et l'utilité de remettre le couvercle. Mais mes yeux se sont ouverts et j'ai compris ma douleur. Toute logique est implacable. Bien gratter sous la crasse et vous verrez le jour. Anodyne est sur le bon chemin.
(A noter que la version CD est sorti sur Init records avec les mêmes morceaux mais remixés + 3 titres en plus dont une reprise de Hüsker Dü et un design différent! Ca fait quand même beaucoup, c'était bon
de le savoir, je sais ce qu'il me reste à faire damned!!)

SKX (24/03/04)
website groupe www.anodynehq.com rubrique multimedia
website label www.insolito.de | www.initrecords.com

Anodyne
Lifetime of gray times - CD
Level Plane 2004

Changeant d'écurie à chaque nouvelle sortie, Anodyne ne parvient pourtant pas à nous semer en route. Le trio oeuvre dans la catégorie noise-core et ne déroge toujours pas à leur ligne de conduite jusqu'au boutiste. Leur humeur massacrante et le fait qu'ils soient de New-York évoquent tout de suite Unsane et les maléfiques rues de " Taxi Driver ". Le rendu est différent mais la noirceur suintante et la brutalité à sec qui se dégage de leur musique les rallie à toute cette cohorte de groupes nés de la frustration et d'instincts primaires qui remontent du fond des caves. Des charges écorchées, furieuses, rapides, qui se nourrit de l'esprit de Black Flag et de la précision d'un Converge. Anodyne a fait un effort de mélodies, à condition d'aimer aller au fond de la mine chercher ce qui ressemble à une raie de lumière. Fracas de bruit impénétrable, frénésie de rythmes et nihiliste, le seul reproche de cet album est cet aspect compact, ramassé sur lui comme un paquet de muscle prêt à bondir, ce manque de variété que seul un " Blood Meridian " vient rompre, morceau libre et abstrait, furieusement bruitiste durant six minutes éprouvantes. N'empêche, avec ce " Lifetime of gray times", Anodyne signe sa meilleure sortie, grâce à une production qui donne de l'ampleur à leur hargne et leurs sentiments d'hommes des cavernes. Ca saigne mais on aime ça !

SKX (01/12/2004)
website groupe www.anodynehq.com
website label www.level-plane.com
sounds arctor.mp3 | zeroworld.mp3 | carnotengine.mp3

A Short Apnea and Gorge Trio
... just arrived - Cd
Wallace records 2004

A Short Apnea est un trio italien, culte pour tous ceux qui aiment la musique très expérimentale et bruitiste. Comme Gorge Trio, trio américain, n'est pas le dernier quand il s'agit de faire des choses pas carré, la rencontre ne pouvait que se faire, au détour des nombreuses tournées de Gorge Trio en Itlaie. Et " just arrived ", trois petits points, n'a donc rien d'une partie de plaisir. Quand un chien enragé rencontre un chien enragé, ça donne rarement une chatte toute douce ! Trois jours de pures improvisations en novembre 2001 (bonjour le mal de crâne) pour une lente et minutieuse sélection et retraitement de cette orgie. Un flot sonore où guitares préparées ou non, batterie, claviers s'affrontent dans des duels pervers. Pour les connaisseurs de Gorge Trio et leur album " dead chicken fear no knife ", l'ambiance de base n'est pas à des années lumière. Par contre, avec les extrémistes italiens, on abandonne tout de suite ne serait ce qu'une minute de quelconque structure. Ca reste un pur flux de sons avec ses marées, ses silences droïdes et ses décharges franchement électriques. Huit morceaux à se prendre comme une longue pièce. Un accident de Mère Nature où les sons tombent au hasard. On évitera de s'écouter ça trop souvent tout de même…

SKX (14/11/2004)
website label www.wallacerecords.com
sounds port5.mp3

Athletic Automaton / Made in Mexico
Split CD
New Addition Media 2004

Qui a dit qu'on ne gagnait pas au change?! Arab on Radar splitté, nous voilà avec trois rejetons sur les bras. Le premier à pousser ses cris fût The Chinese Stars (bien parti dans la vie avec l'ex-chanteur et batteur de AOR). Les deux autres guitaristes ne sont pas loin derrière. Steve Matmos (le blond) a trouvé sur son chemin un batteur et le duo Athletic Automaton a vu le jour. L'autre (le brun) s'est entouré d'une plus grande famille pour formé Made in Mexico. Et comme toute les familles modernes recomposées, ils ne s'en tiennent pas rigueur et partagent ce CD en toute fraternité. Et l'amitié ne s'arrête pas là puisque J. Ryan (ex-chanteur de Six Finger Satellite) pousse ses cris sur un des deux morceaux de Athletic Automaton, compos elle-même enregistrées par Rick Pelletier qui manie la basse chez The Chinese Stars (après avoir gratter chez Six Finger Satellite !). Comme une forte odeur de partouze. Mais ne nous attardons pas sur les détails. Athletic Automaton joue en tenue sport avec short et bandana, look ancienne Allemagne de l'Est. Encore un détail me direz-vous ?! Qui trouve toute sa signification dans cet indéfinissable 2ème degré qui sied si bien à AOR à son époque et qu'on retrouve, non seulement dans l'esprit, mais aussi dans la musique de Athletic Automaton. La guitare de Matmos a un son bien particulier, lancinant, pervers et déréglé pendant que le batteur Patrick Crump nous rend ivre de rythmes répétitifs et de grands coups de cymbales sur un 2ème titre long de 10 minutes. A juger sur la durée d'un album qui ne devrait pas tarder. Made in Mexico reprend un format plus classique avec guitare-basse-batterie et une donzelle au chant. Là encore, aucun compromis dans le traitement auditif. L'ombre de AOR continue de planer. La formule laisse plus d'ouverture que son compère de Athletic Automaton. La guitare agit comme une scie circulaire que Rebecca Mitchell se charge d'aiguiser au plus fin par de méchants cris intempestifs et des lamentations paranoïaques. La rythmique assure une assise rassurante. Le moins que l'on puisse faire devant un couple aussi dangereux. Les fans de Arab on Radar apprécieront cette suite des aventures de nos deux gratteux. A condition d'en aimer la face la plus sombre et schizophrénique.
La progéniture s'annonce dévergonder. Leurs prochaines conneries sont à surveiller de près.

SKX (28/08/04)
website groupe www.athleticautomaton.com madeinmexico.lotsofnoise.com
sounds music.htm

AMERICA IS WAITING
" In the lines " - CDEP
Die Die Diemond 03
L'Amérique attend. Certes, mais quoi?! En attendant que le vent tourne, ce groupe originaire du Texas offre un premier élément de réponse sous la forme de sept titres cinglants. Du tac au tac. Un groupe découvert par hasard via leur site web où ils encourageaient tout bon (et même mauvais) américain qui se respecte à aller voir The Ex en concert. Et un groupe qui aime The Ex ne peut pas être un mauvais groupe. A l'arrivée, America is Waiting n'a pas grand-chose à voir avec nos Hollandais. Sinon un amour identique pour marier la beauté d'une mélodie au chaos le plus élémentaire. Mais des groupes qui correspondent à ces critères, c'est légion. Alors quand en plus, on y rajoute la grâce et l'explosivité, ça donne une réalisation inespérée. Devant son inspiration également à des groupes comme Jesus Lizard, Fugazi ou Girls vs Boys (du début parce que la fin, ça craint), America is Waiting possède ce petit plus tout de suite identifiable qui vous fait dire, le sourire en coin, que vous venez de mettre la main sur un groupe dont on a pas fini de parler (si les petits cochons les mangent pas). Ecoutez le morceau " sympathy for rome ", tube énorme sans facilité et ça ne devrait pas être trop dur de vous convaincre. Mais ça pourrait être vrai pour l'ensemble des compos. Entre des rythmiques qui tournent, des ballades sombres et tendues (" the virus is airbone "), le bruit qui s'échappe des guitares, se libère, envahit et vous ensorcelle, la charge émotionnelle est grande. America is Waiting son heure.
SKX (29/12/2003)

A Day in Black and White / Black Castle
Split 12''
State of Mind 2004

Depuis le dithyrambique maxi "My heroes have always killed cowboys", A Day in Black and White est attendu comme le messie et surveiller comme le lait sur le feu. Il faudra encore attendre pour le premier album. On ronge son frein avec ses trois morceaux. Un live tout en suspension. Ambiance quand tu nous tiens ou est-ce pour mieux nous préparer le terrain avant la déflagration du deuxième titre (studio) " what do you want to me, to sign your freakin yearbook ? "…. Deux minutes trente de pur jus, les nerfs bien en pelote, l'énigme screamo qui prend son visage à double tranchant avec le " part one ". ADIBAW continue de naviguer entre les ponts. Après le sprint, sept minutes trente où le trio de Washington DC tempère ses ardeurs, brouille les pistes, entre fausse piste atmosphérique et rage juvénile. Encore du beau travail. Avec Black Castle, c'est le hardcore dans tous ces états. Entre l'explosion anarchiste d'un Index For Potential Suicide et ses bidouilles et l'utilisation abusive d'un synthé façon An Albatross / The Disease. Le hardcore nouvelle génération qui en suce surtout toute l'énergie pour faire (tenter) un truc original avec les cris du chanteur qui gueule pour tout le monde, des lignes de synthés qui apportent un peu de stabilité et des fritures sur la ligne. C'est un peu tout et n'importe quoi. Il suffit pas de faire du bruit dans tous les sens pour faire fureur. Vivement le prochain A Day in Black and White !

SKX (19/01/2005)
website groupe www.dayinblackandwhite.com | www.enterblackcastle.com
website label www.stateofmindrecordings.com
What-do-you.mp3 | BlackCastle-Divine-intervention.mp3


A Day in Black and White / Navies
Split 10''
Level plane 2005
A Day in Black and White / Golden Birds
Euro tour split 7''
Paranoid 2005

La vie de groupe n'est pas un long fleuve tranquille. A Day in Black and White fait tourner le personnel. Seul le chanteur/guitariste et le batteur reste. Période charnière qui se ressent sur ce disque. Enregistrement à deux avec de malheureux 4 pistes (voir pire) et à la maison. Trois morceaux qui sonnent comme des démos. C'est tout gentil, sans force et sans émotion. Navies ont eux le vent en poupe. Trois inédits qui fleurent bon le printemps gaillard, dans la lignée de leur précédent single. Ca part, ça vient, ça se casse et ça repart sans jamais perdre le fil conducteur. Navies ne fait pas dans la facilité et offre un rock-noisy ambitieux et digne d'intérêt. En tournée récemment en Europe, A Day in Black and White fête ça avec leurs compagnons de route Golden Birds et leurs nouveaux amis d'Amanda Woodward sur leur label Paranoïd. Pour ADIBAW, le constat est assez proche du split avec Navies. Ce " all plots " sonnait franchement convaincant sur scène mais sur disque, l'enregistrement est plat et ne possède pas la force lyrique de leurs précédents disques… Espérons que cette option n'est pas leur nouvelle chimère et que l'album prévu pour l'automne remette les choses à leur place ! Pour Golden Birds, anciennement baptisé Carrier, espérons qu'ils n'en fasse pas une longue, de carrière, leur rock indé US est laborieux, quelconque et le chanteur très énervant. Magnifique galette vinyl tachetée au demeurant !

SKX (30/04/2005)
website groupe www.dayinblackandwhite.com | www.naviesband.org
www.goldenbirds.com
website label www.level-plane.com | www.paranoidrecords.net

A-Frames
Black Forest
Sub Pop 2005

A-Frames, exutoire parmi d'autres, de phantasmes musicaux à peine rêvés. Un groupe de Seattle où pêle-mêle, ex-Butthole Surfers, Scratch Acid et Cows (Lars Finberg le batteur) se retrouve. Les mêmes se remélangeant dans diverses formations (The Intelligence, The Dipers). Des vieux de la vieille toujours gaillards. D'où cette sensation sans cesse renouveler de faire du neuf avec du vieux. A-Frames passe cette fois ci aux choses sérieuses en débarquant sur Sub Pop pour son troisième album. Production étoffée, morceaux enrichis, plus tordus et à la propulsion interne décalée. La référence et à Wire reste d'actualité, leur esprit surtout mais aussi une suite de clin d'œil, volontaire ou pas, à Joy Division avec un "eva braun" au ralenti, un hommage appuyé au Pixies avec " Memoranda " et " U-Boat ". Un tas de trouvailles qui rappellent tout et n'importe quoi. La boite de A-Frames est pleine de disques et de suite dans les idées. Une batterie robot, une voix féminine qui passe et qui repasse. Une voix mâle détachée et froide comme le rythme. Et pourtant, on s'y sent bien et en chaleur. On se surprend à se secouer le cocotier sur des hymnes fédérateurs tout simple (" Experiment ", " Black Forest II "). Tout ça a comme un arrière goût de déjà entendu mais le charme est là et ce troisième album est le meilleur du lot. Pente ascendante.

SKX (07/03/2005)
website groupe www.dragnetrecords.com
website label www.subpop.com
sounds Experiment297.mp3

Ahleuchatistas
The same and the other - CD
Noreaster Failed Industries 2005

Ahleuchatistas. Drôle de nom qui a pourtant une origine bien fondée. Une chanson de Charlie Parker (" ah-leu-cha ") et le mouvement Zapatiste (The Zapatistas). Contracté les deux et vous aurez ce trio originaire de Caroline du Nord. Le jazz et une conscience politique. Buvez à ma tasse. Le groupe est pourtant tout instrumental mais la folie du monde les inspire, insuffle une rage et un barrage des sens à laquelle leur éducation jazzy donne forme. Education de petits blancs des banlieues également, élevés au punk-rock. Ca vous vomit des structures alambiquées, l'intellectuel confronté à l'agitation punk, subjectif et cérébral. Après un premier jet " on the culture industry " qui fait office de brouillon de jeunesse, Ahleuchatistas affiche de gros progrès. L'écriture est toute en nerf, assurément technique mais d'une effervescence rare. Une foison de tirs ajustés au plus prêt du corps. Ne pas perdre le sens des réalités. Voir de l'humour avec ce bref passage de guitare pastichant le fameux riff de Paint it black des Rolling Stones en plein milieu de " good question " avant de remonter vers des contrées apocalyptiques. Un plaisir évident et communicatif de se lancer dans des affres balafrées d'improvisations, de rythmes syncopés, radical, à l'exécution rapide et exemplaire. Une triplette en pleine extase. Le futur album est déjà annoncé pour janvier 2006 sur Cuneiform records.

SKX (26/06/2005)
website groupe www.ahleuchatistas.com
website label www.nfilabel.com
sounds cracked0teeth.mp3 | rpg3.mp3

Alarmist
Evil Works Get Rich or Try Dying Evil Works - CD
Frenetic 2004

Alarmist est avant tout une histoire de chanteur. Et de chanteuse. James Squeaky et son alter-ego féminin Eva Pox et vice-versa. Deux voix pour un même groupe. Groupe de débutant originaire de Portland. Pour l'orchestre accompagnateur, une guitare, une batterie et vogue la galère. Deux voix qui portent le projet. Deux voix qui se cherchent, luttent, éructent, murmurent. Habits de démone (féminin de démon) ou fausse voix angélique de petite garce. Voix en colère, voix mâle (en point), chacun invertissant les rôles, les sexes se confondent. Un rock sur l'os, sec et maigrelet. Le duo guitare-batterie n'est pas toujours à la hauteur du duo vocal même si il nous gratifie de bonnes éructations. L'énergie est présente. Uppercut retors. Mais la formule est ric-rac. Les deux musiciens sèchent et assurent parfois le service minimum. Heureusement, sur trois-quatre morceaux (Tulips for Pianists, How i walk the crocodile et Flight of the corpse), le bouillonnement est plus qu'un simple pet dans l'eau. Une dangereuse vague roulante qui laisse présager de beaux jours à condition d'étoffer la recette, de dynamiter le son et de se montrer inspirer de bout en bout. On imagine ce groupe scéniquement plus intéressant et sacrément visuel avec son duo de choc aux micros mais gageons qu'il trouve bientôt sur disque le ton approprié.

SKX (14/02/2005)
website groupe www.sincerebrutality.com/alarmist
website label
www.freneticrecords.com
sounds tulips.mp3 | crocodile.mp3

An Albatross / XBXRX
Split 7''
GSL 2004

Quand deux groupes réputés pour avoir bouffés de la vache enragée se rencontrent, cela donne un 45 tours qui donnent l'impression de tourner en bourrique. Des allumés qui oeuvrent dans une orgie sonore où l'anarchie règne. Version Melt-Banana à la rencontre de Helios Creed pour " I will swim in the lazer eye ", le morceau psychédélique new-age-core tordu à souhait de An Albatross. Ils entament une tournée en France. Na ratez pas ces six furieux de Pennsylvanie sur scène en mars prochain en France. XBXRX, formation à membres variable qui a fait mine de splitter en 2003 pour mieux vous planter dans le dos en 2005. Sur ces deux titres, c'est Weasel Walter, le batteur des Flying Luttenbachers, qui se colle à la machine rythmique, véritable marteau-piqueur qui orchestre la grande débauche de guitares et de cris de XBXRX. Le second morceau, avec son cuivre qui rentre dans la gorge, est purement punk attitude et bruitiste sans retour. Autant vous dire que c'est jouissif. L'album est pour cette année. Un split qui réconcilie avec les travaux manuels.

SKX (01/02/2005)
website groupe www.xbxrx.com | www.analbatross.com
website label www.goldstandardlabs.com
video www.analbatross.com/lazer%5B1%5D.wmv

American Heritage
Bipolar - CD
Escape Artist 2004

De l'eau à couler sous les ponts depuis leur première tournée catastrophique en Europe en 1999. La reconnaissance est venue peu à peu. Les concerts et tournées de winners se sont enchaînés. Troubleman s'est même penché sur leur album précédent. Cette fois-ci, c'est Escape Artist, moitié filiale de Hydrahead. La musique aussi a suivi son cours. Leur dernière venue dans un bar VIP à Nantes avait laissé quelques suspicions. Leur math-rock explosif et instrumental était certes plus proche d'une esthétique metal que post-rock. Ils ont cette fois basculé dans le camp du Mal! American Heritage, c'est des p'tits durs, ils sont pas là pour faire potiche mais n'oublies pas le second degré pour autant. Grosses oeillades et poilades sur scène. Je fais du metal et ça me fait bien marrer. Entre temps, Andrei Cabanban, le guitariste TGV qui enchaîne les barrés plus vite que son ombre s'est…. barré mais son fantôme hante cet album. Sur les dix morceaux, l'asiatique virtuose a joué ses gammes sur six décharges. Adam Norden a troqué sa basse sans frêt pour la guitare (et la voix, on en recause plus tard…) et un second guitariste s'est rajouté sur la liste (il en faut bien 2 pour remplacer Cabanban !), ainsi qu'un nouveau bassiste, Mike Duffy le solide restant derrière les fûts. La musique de AH reste fondamentalement la même. Cette bonne grosse machine qui avance, tourne, inexorable, broie, hache menu-menu, cette volée rythmique de bois vert, mais c'est qu'on m'assassine ! Les guitares sonnent simplement plus metal. Les enchaînements sont généreux en graisse et la lourdeur de l'ensemble gagne de plusieurs degrés, les rapprochant de Keelhaul. Autant dire que tout ça sent le printemps ! Mais le gros point noir, c'est la voix d'Adam Norden. AH a quitté le monde instrumental pour notre grand malheur. Une bonne grosse voix limite death heureusement présente que sur les morceaux avec le dernier line-up mais qui n'augure rien de réjouissant pour le futur. En bonus, quatre reprises cachées en fin de CD qui sentent le punk-rock de leurs amours à plein nez dont une de Black Flag. Un album à deux vitesses entre deux époques. Celle de Cabanban et un metalcore primairement complexe et jouissif. Et puis celle de Norden, lourde, suintante, bassement menaçante, une grosse pièce de viande rouge qui demandera à être cuisiné plus finement si elle veut garder toute sa saveur.

SKX (28/04/2005)
website groupe www.americanfuckingheritage.com
website label www.escapeartistrecords.com

Ampere
All our tomorrows end today - 10''
Ebullition 2004

C'est dans la plus grande tradition musicale de la maison que Ebullition records sort son dernier disque avant interruption (momentanée?) d'activités. Ebulltion, à qui on doit parmi les plus belles réussites de l'emo chaotique (Portraits of Past, Orchid, Yaphet Kotto pour ne nommer que les plus récents) ne fait pas dans la surprise. Ampere s'inscrit dans la logique des groupes suscités. Réunion d'ancien Wolves, Orchid et Last Forty Seconds, ce dix pouces perpétue le style. Façon condensée. 10 minutes suffisent pour exprimer leur soif d'en découdre. 11 morceaux qui utilisent les paramètres habituels (émotion à fleur de peau, dynamique chaotique, emo-violence qui saigne du pif) mais tout ça n'apporte pas d'eau au moulin. La source commence à tarir. C'est certes bien tourné mais à réserver aux plus inconditionnels du genre. Travail de routine.

SKX (08/01/2005)
website groupe www.chernobylmedia.com/ampere
website label www.ebullition.com
sounds and_now_we_rise.mp3

Argument
Argument - CD
Kythibong 2005

Argument sort son premier document sonore. Un objet propre à exploser le paysage nantais d'où ils sont originaires. Avec le batteur de Room 204, Argument s'inscrit dans une lignée canal historique, bûcherons intransigeants du noise-rock, qui ne sont pas là pour tailler de nouvelles brèches mais assurer la continuité tant bien que mal. Avalanche jusqu'au boutiste, les douze titres, courts et percutants, déclinent ses parties rythmiques sur le mode Glazed Baby et Jesus Lizard. Loin de valoir les aînés évidement mais les intentions sont là. On les connaît ces bons coups de ligne de basse qui cognent derrière la nuque, une dominante qui est pour beaucoup dans l'accroche générale. La batterie sait aussi frapper dur et juste et la guitare cisailler à foison avec un chanteur au timbre particulier qui ne passe pas toujours mais qui contribue à mettre la pression. Argument s'en sort avec les honneurs. Nantes nous avait plus habitué à un rock aseptisé et post ce que vous voulez. Avec Argument, on tient un groupe qui sent bon le noise-rock des familles, rude et sans concession. C'est encore vert et passe partout mais gageons qu'on peut compter sur eux pour l'avenir. Tant qu'à dégoupiller, ne pas y aller avec le dos de la cuillère. Ils ont les arguments pour !

SKX (20/06/2005)
website groupe perso.wanadoo.fr/..../argument
website label kythibong.free.fr
sounds longway.mp3 | burning.mp3 | expression.mp3

Aside from a day
Divine proportion - CD
Exutoire / Impure Musik 2005


J'avoue avoir été assez sceptique à l'idée d'écouter cet album. Encore un album de metal chaotique et lourdingue de plus sans grande importance. Mais les premières écoutes m'ont relativement soufflé ! La musique de ce groupe de Besançon utilise des courants très usités ces temps-ci mais c'est amené de telle manière qu'on y voit que du feu. Ils ont une façon bien à eux de faire tourner la mélodie, de rendre cette violence hypnotisante, ça me rappelle le premier album de Kurt avec le son de Catharsis. Ils ne font pas d'escalade gratuite, ne multiplient pas les breaks inutiles, savent aller directement au but, tout en insistant bien là où ça fait mal, les deux pouces bien enfoncés dans les orbites. La noirceur ne se nourrit pas seulement d'une agressivité tout azimut. Elle gagne de la force par un contraste mesuré entre les accès de rage et des moments ou le doute et la fragilité apparaissent. La qualité de l'enregistrement retranscrit parfaitement cette volonté de peser sur les esprits et les estomacs. Un album avec de l'épaisseur, de la transe qui vous laisse sur le carreau et comme tout a été pensé jusqu'au bout, l'artwork rend ce digipack beau comme un camion. Un camion lancé à fond contre un mur il va de soi. Bonne secousse garantie.

SKX (25/06/2005)
website groupe www.asidefromaday.com
website label www.exutoirerecords.com | www.impuremuzik.com
sounds afad.mp3

Asja Auf Capri
Novi Ronde - CD
Difficult Fun 2004


Non, Capri, ce n'est jamais fini. On y revient toujours. Un détour par Londres, où se duo est basé. Une chanteuse allemande, on est pas rancunier. C'est l'ancienne nouvelle vague allemande des années 80 qui revient (Neue Deutsche Welle), la faute à ce chant exclusivement en allemand, la Malaria est sur toi, à moins que ce soit DFA. Minimalisme electro sur fond de rythmes punky. Bricolage maison de monsieur. David Panos, l'anglais de service, seul contre tous mais avec ses machines. Du Young Marble Giants en paillettes élimées, vaguement dansant, guignol macabre au milieu de la piste. Vaguement industriel quand le rythme se fait inquiétant et martial avec des bruits de ferrailles qu'on jette, des pétards électriques, dépouillés de toute lumière. Voix menaçante. Ah ce charmant timbre allemand. Même en douceur il fait peur. Musique robotique qui trouve l'astuce pour vibrer. Musique rudimentaire, rachitique où on y mettrait bien un doigt. Novi Ronde est un mystère qui se nourrit de peu mais qui remplit les vides.

SKX (11/07/2005)
website groupe www.asjaaufcapri.org
website label difficultfun.org
sounds www.asjaaufcapri.org

A Day in Black and White
Notes - CD
Level Plane 2005


Le vent tourne. Ca se sentait sur les splits sorties en début d'année avec Navies et Golden Birds même si on espérait un sursaut d'orgueil. Leur magistral début My heroes have always killed cowboys n'est plus qu'un lointain souvenir. Après une intro toute en bruitage, on croit pourtant le groupe revenu au top avec un New energy au nom trompeur. C'est en fait le seul titre qui rappelle l'ancienne, cette énergie tout en nerf à la mélodie acérée. La nouvelle énergie, celle qui ne quittera plus la suite de ce premier album, est beaucoup plus fade. Avec les neuf titres suivants, c'est leur ville natale qui les rattrape. Qu'il ne doit pas être facile de venir de Washington DC et de toujours se faire rattraper par l'ombre envahissante de Fugazi. L'influence tenue jusqu'ici à l'écart pointe son nez. Rien de méchant mais l'écriture de leurs précédentes compos où on les comparait volontiers à un croisement de City of Caterpillar et Godspeed you black emperor a définitivement laissé sa place à une composition plus ramassée, proche de l'émotion rock qui a toujours hanté les rues de The District (comme disent les kids là-bas). Des morceaux tout simples, un rythme qui pulse sans plus, un effort mélodique pour des compos honnêtes mais un peu ternes à qui il manque l'étincelle et la rage innocente des débuts. Lame duck et Long-distance song effects ne sont pas là pour faire de la figuration mais dans l'ensemble, ça sent l'ennui. Un ennui distingué pour un album agréable mais qui ne laissera pas de souvenirs impérissables.

SKX (11/12/2005)
website groupe www.dayinblackandwhite.com
website label www.level-plane.com

Aids Wolf
The Lovvers - CD
Lovepump / Skin Graft (LP) 2005
Aids Wolf / The Fugue
Split 7''
Blood of the trash 2005

Aids Wolf aime se représenter dans la tenue d'Adam et Eve sur toutes les photos. Version La Guerre du feu. Dans les bois, les herbes folles. Barbus, hirsutes et sales sous les pieds. Et la dame chanteuse n'est pas la plus timide des quatre. Un groupe débarqué du Canada qui sort la version vinyle de leur premier album sur Skin Graft comme eux seuls en ont le secret. Rapprochement idéal puisque Arab On Radar suinte à travers chaque note de Aids Wolf. Cette manière de jouer de la guitare, ces dissonances, ce jeu de traviole et ces rythmes répétitifs. Chloe Lum pousse son chant dans les aigues, limite de la rupture. Sept titres qui dépassent tout juste les dix minutes. C'est largement suffisant. Je veux dire c'est bien foutu mais ça ne fouette pas son chat non plus. A cela, il faut rajouter le dernier et huitième titre. Onze minutes de dure labeur ou larsen et bruit pur s'entrechoquent pour le plus grand plaisir des voisins. Pour le même prix, je vous fais la chronique de leur split single. Trois titres de Aids Wolf qui gardent la ligne conductrice. La demoiselle a le langage bien vert. Fuck you Mclean se déguste frappé. Bonne pioche. The Fugue fait ses premières armes après un autre 45 sorti l'été dernier. C'est du décousu, éclaté, sans beaucoup de moyens et sûrement pas à conseiller à votre petite sœur. Un seul morceau qui ne restera pas dans les annales mais le futur est tellement incertain.

SKX (16/02/06)
website groupe www.myspace.com/aidswolf | www.thefugue.com
website label www.lovepumpunited.com | www.bloodofthedrash.org | www.skingraftrecords.com
sounds www.myspace.com/diefugueusa

Akimbo
Forging steel and laying stone
Alternative Tentacles 2006
Akimbo
City of the stars

Seventh Rule 2004

Akimbo
Elephantine

Dopamine/Amalagate 2003







Akimbo

Harshing your mellow

Dopamine/Amalagate 2002

Comme la maison n'est pas du genre rapide, je vous fais un prix de gros et offre quatre chroniques pour le prix d'une. Le dernier album d'Akimbo hébergé par le taulier Jello Biafra a mis le feu aux poudres et valait bien un retour en arrière, une seconde chance à trois premiers albums qui ne m'avaient pas plus secoué que ça à l'époque. Bon que ce soit clair tout de suite, le dernier reste le meilleur. Et je ne vous conseille pas de vous taper les quatre albums à suivre. A la manière d'une symphonie de Glen Branca, vous ne vous apercevrez pas de la différence et des subtiles évolutions. Mais après plusieurs écoutes répétées et attentives, l'oreille se forge aux nuances.
Basiquement, le style d'Akimbo, c'est du hardcore façon Botch. La version complexe. Qui se nourrit d'élans noise, rock'n'roll, metal et je ne sais quoi encore mais qui dans tous les cas bouffent à de nombreuses sources, bottent les culs serrés, foncièrement punk-rock dans l'âme, aussi infréquentable qu'elle soit, amen.

Pour le premier essai, Harshing your mellow, c'était pas encore ça. Les éléments y sont mais c'est confus, les riffs ne claquent pas. Le genre de groupes qui a beaucoup de choses à dire mais qui ne sait pas encore comment les dire.
La suite ne va être qu'une lente mais très sure maturation de la mixture de ces éléments. Trouver la formule au plus juste.

Avec Elephantine, le trio accentuent les contrastes, calme sa frénésie, multiplie les parties calmes et mid-tempo, notamment quand il s'agit d'enchaîner les morceaux, de débuter des titres comme Hapoon par une lugubre ligne de basse. L'album reste quand même une belle bête énervée et rugueuse et entretient la flamme d'un hardcore-rock'n'roll fumeux.

Pour City of the stars, le changement le plus important vient de l'ajout d'un quatrième membre à l'historique trio. Un second guitariste et premier d'une longue liste (maudite) qui voit les second gratteux rejoindre le cimetière où s'entassent déjà tous les bassistes des Melvins. A ce jour, Akimbo teste son dixième guitariste en deux petites années ! Encore un et ils font une équipe de foot dont un des actuel membre est féru. Musicalement, ça change pas grand-chose à la donne. La furie reste au rendez-vous mais des trois albums, il reste sans doute le moins convaincant. Les morceaux fonctionnent toujours sous le même joug mais n'ont rien de réellement marquant. Le troisième album en autant d'années. L'inspiration s'essouffle. Une boulimie de compositions, écrire tant que ça sort, les coucher sur vinyl, vaille que vaille, avec des moyens souvent aléatoires, des tournées incessantes à travers les Etats-Unis puis l'Europe, un second guitariste qui joue les intérimaires continu, tout ça aurait pu coûter la fin du groupe. Heureusement, ces efforts vont finir par payer.

Le groupe de Boston se fait repérer par Jello Biafra et l'ex-Dead Kennedys les fait signer sur son propre label Alternative Tentacles. Consécration ultime que le groupe va se charger d'honorer dignement avec Forging steel and laying stone qui reste leur plus beau coup à ce jour. Les riffs sont tranchants et gagnants, accrochent tout en ne cédant rien à la facilité. Les compos sont concises, efficaces sans rien perdre de leur complexité et de leurs incessants changements de rythmes et d'humeurs. Le début de l'album et les morceaux Rockness monster, Spooning disaster et digging a hole sont à ce titre redoutables. Pour la suite, Akimbo montre une autre facette de son hardcore. Plus sombre, plus chargé avec des riffs et des rythmes qui jouent de la lenteur, voir d'une certaine mélancolie (Tower of the elephant) et d'une touche seventies bien sentie. Akimbo touche à de nombreux style mais garde le cap sur un hardcore hargneux et bien trempé, qui prend la suite des défunts Botch, sans l'emphase et le lyrisme mais bien ramassés sur eux même, insaisissable et la touche de classe des plus grands. La roue continue de tourner dans le bon sens pour Akimbo. Notamment celles de leur van qui les amènent une nouvelle fois en Europe du 20 septembre au 17 octobre dont une petite poignée de dates en France. Amenez votre ballon.

(05/09/2006)
website groupe www.myspace.com/akimbo
website label www.dopamine-records.com | www.seventhrule.com | www.alternativetentacles.com
sounds www.myspace.com/akimbo

Alarma man
Self-titled
Sinnbus / Carcrash 2005

Oblique de circonstance. Cubique à relief trompeur. En descendant de leur Suède natale, les quatre jeunes gens de Alarma Man n'ont pas amené le mode d'emploi. On pourrait croire en tirant à vue que ce n'est qu'un groupe math-rock instrumental de plus mais ya comme un truc qui gratte. Qui fait tâche dans le paysage. Peut-être parce qu'ils viennent du pays de Refused et qu'ils le veulent ou non, ça leur colle aux basques, des gênes punk les poursuivront où qu'ils aillent, venant troubler la belle architecture. Car pour le reste, Alarma Man s'attachent à rendre les choses compliquées, à multiplier les lignes directrices avec une exécution rapide et virtuose. On pourrait presque entendre du Jesus Lizard sur quelques passages rythmiques. Et contrairement à tous ces groupes, histoire de brouiller un peu plus les pistes, l'ambiance n'est pas à la prise de tête et aux noirs desseins. Le traitement est à l'euphorie, presque guilleret sur certaines lignes mélodiques de deux guitares se renvoyant la balle dans la joie et la bonne humeur. A peine le temps de penser ça qu'un relent de ce hardcore avec qui ils ont sûrement grandi ne vous détourne de vos premières pensées. Ca reste toujours soft mais c'est là, tapi dans l'ombre. Comme une envie de jeter des ponts entre un hardcore bien énervé et un rock complexe avec l'attitude détendue de l'indie-rock. Depuis cet album enregistré il y a presque deux ans maintenant, le tout-instrumental a été abandonné. Deux membres se sont mis au chant et à écouter un mp3 de leur prochain split avec Knife and Ape, la coloration post-punk semble prendre l'avantage. Avant que les crêtes ne poussent et que les tatouages ne leur couvrent entièrement le corps, faites vous du bien en découvrant cet oeuvre de jeunesse d'un groupe qui se cherche mais qui montre déjà pas mal de choses ici.

SKX (29/07/2006)
website groupe www.alarmaman.com
website label www.sinnbus.de | www.carcrashrecords.com | www.tellmethatyouloveme.com
sounds CheeseMyDad.mp3

An Albatross
Blessphemy (of the peace-beast feastgiver and the bear-warp kumite)
Ace Fu 2006

Ce qui est bien avec An Albatross, c'est que vous avez à peine le temps d'enclencher le cd dans la machine et de vous installer confortablement pour tapoter vos conneries que le groupe en est déjà au septième morceau ! Ca va toujours pas mieux chez les frappés de Pennsylvanie. Blasphème haut en couleurs. Orgie réparatrice. An Albatross ne sait toujours pas quel camp musical choisir. La seule constante, c'est de jouer tous les morceaux comme des dégénérés. Esprit trash frondeur, punk à paillettes, orgue farfisa contre batterie snipper. Melt-Banana et The Locust passeraient presque pour des conservateurs straight-edge. Ca part dans tous les sens. C'est rigolo et ça fait peur. Ca pourrait sonner comme du n'importe quoi mais c'est du solide avec tout plein de maîtrise dedans. Les bougres ont même rajoutés une pointe de cuivres pour encore plus brouiller les pistes. Le hurleur de service n'est toujours pas aphone (on se demande comment) et dix-huit morceaux plus tard, on aurait de quoi perdre son chat. Pas évident de s'y retrouver dans ce feu d'artifices de pétards bruyants. Les quelques rares accroches mélodiques de We are the lazer viking ont complètement disparu. Faut vouloir en bouffer. Ou alors se laisser complètement emporter par cette avalanche sans chercher à comprendre en priant pour que cela cesse un jour. Comme quoi ya toujours moyen de faire plus fou que le voisin. A qui le tour ?

SKX (21/11/2006)
website groupe www.analbatross.com
website label www.acefu.com
sounds letsgetonwithit.mp3

Angora Static
Self-titled - CD
Wild-Zero/Lilacsky/Audio is a war 2005

Les Nordiques de service, Angora Static, potes de Kaospilot, après un premier single, jette l'encre de leur premier album sur trois labels en même temps. Par les temps qui courent et cet essoufflement screamo-hardcore, on pouvait craindre pour les Norvégiens. Mais bien malins, ils évitent de tomber dans le piège et s'adresse à un public beaucoup plus large. Sur une sous-couche hardcore historique, Angora Static trouve l'inspiration libératrice pour greffer des bouts de passion chevillée au corps, de complexité fumante, des riffs de guitares et structures qui vont bien au-delà du punk qui sommeille en eux de par leur démarche très do-it-yourself. Les huit morceaux sont riches et denses, de la finesse entre les lignes, de belles lueurs mélodiques, aérés et belliqueux quand il faut. Non vraiment, Angora Static a œuvré avec habileté et sort un album en tout point remarquable. Ceux qui pleurent Yage, Yaphet Kotto ou Harriet the Spy tout en espérant quelque chose qui va au-delà feraient bien de noter ce nom dans un coin de leur vilaine caboche.

SKX (20/02/06)
website label www.wild-zero.de | www.lilacsky.com | www.audioisawar.com
sounds Hibernation.mp3 | Irnini.mp3

Archeopteryx
Ten years of friendship - 10''
Discos Huelga 2005
Archeopteryx vs. Get Get Go
Split EP
Pandacide 2005

Avec un nom qui vous réconcilie avec l'orthographe, ce duo de San Francisco ne va pas se faire que des amis. Archeopteryx, un monstre des temps modernes. Un son coulé dans le béton. De la folie plein les regards et tournés vers les pères de tous les duos, Godheadsilo. Ces dinosaures d'une époque pas si lointaine, engendrant dans la perversion bruitiste d'autres duos maléfiques qui ont su intelligemment n'en garder que la substantifique moelle, Lightning Bolt et Hella en tête. Archeopteryx, c'est donc du lourd et du frappé. L'aventure discographique a commencé par un split avec Get Get Go. Eux aussi sont deux. Eux aussi font un maximum de bordel. Mais la veine est plutôt (très) screamo, tendance hystérique avec un chant partagé qui ressemble aux cris d'une majorette prisonnière dans une chambre de légionnaires une fois l'effet de surprise passé. Les cymbales volent dans tous les éclats. La caisse claire résonne de façon anormale. Guitare claire comme la caisse mais qui n'éclaire pas grand-chose. L'anarchie qui vous file mal au crâne. Ereintant. Et les cris de cette majorette qu'on égorge sont vraiment too much. Les cinq morceaux de Archeopteryx feraient presque du bien. Pourtant les tympans n'ont pas de quoi se réjouir trop vite. On quitte la sphère screamohardcore stérile pour la dimension noise. Le guitariste est du genre hurleur mais lui n'a pas oublié de muer et quand il faut la fermer, il la ferme, laissant de l'air à quelques épanchements mélodiques. Mais le meilleur, il le garde pour le disque suivant. Ten years of friendship présente treize titres. Balance idéale entre morceaux trash et uppercut jamais gratuit avoisinant la minute et prolongement du poing où le duo calme ses ardeurs. Effluves mélodiques accentuées, dialogue juste et tendu entre deux parties qui donnent aussi dans le frisson. Des titres comme N2N et Older sont de vraies boules de nerf qui donnent envie d'appuyer sur repeat. Ca balaie tout sur son passage, ne donne pas dans la complication inutile et vont droit à l'essentiel avec une manière insoupçonnée d'hommes de Cromagnons qui se soignent. Archeopteryx se défossilise. Un vrai rapace prêt à te manger tout cru. La buse, c'est toi.

SKX (15/08/2006)
website groupe www.myspace.com/Archeopteryx
website label www.discoshuelga.com | www.pandacide.com
sounds GGG_breakup.mp3 | ARCH_nrc.mp3

A whisper in the Noise
As the bluebird sings - CD
Transdreamer 2006

Cris et chuchotements. Très beau nom de groupe qui traduit à merveille la philosophie de ce sextet basé à Minneapolis. Découvert en 2002 par Steve Albini l'incontournable qui subit le coup de foudre et enregistre leur premier album (Through the ides of march), les invite sur quelques dates en Europe avec Shellac et les programme sur le All Tomorrow's Parties. Quand on aime on compte pas. As the bluebird sings est leur deuxième album (le 3ème si on compte le split avec If Thousands), est produit cette fois-ci par Tom Herbers et c'est un monument de beauté dramatique. Black Heart Procession n'a qu'à bien se tenir. Six membres, dont la tête pensante Dylan Thordson, armés de cuivres, violon, piano et d'une solide percussion. Orchestre maudit riche d'ambiances. De la valse sur trois pattes avec un piano pour gosse (A tale of two doves). Des chœurs d'enfants qui concluent, aérien, l'apogée d'un chant féminin qui répondait à la virulence d'un chant masculin (As the bluebird sings). La variété des chants et des tonalités utilisées. Force céleste de ce disque. On plane, de Nick Cave à Philip Glass, de gravité en minimalisme, de colère retenue en apaisement. Une symphonie sans chichi. Musique de baltringue à musique de chambre. Qu'importe la couleur, les morceaux ont du caractère et de l'envergure. Si on pouvait regretter une certaine mollesse sur leurs premiers enregistrements, AWITN resserre les boulons et sait parfaitement conjugué le noir et le blanc, donné du fil à retordre à ses ballades désabusées en leur insufflant la tension interne inhérent à tout bon disque de rock. Mis à part deux morceaux sur la fin (dont une reprise de Bob Dylan The Times they are A-Changin'), trop ballades poisseuses, AWITN nous sert une merveille de disque pour grand solitaire mélancolique à qui il ne faudrait pas grand chose pour qu'il vous en colle une. En attendant, la baffe, musicale, est bien réelle.

SKX (30/07/2006)
website groupe www.awhisperinthenoise.com
website label www.transdreamer.com

Ada Doom
5 songs EP
Self-released 2008

A intervalle régulier, les ex-membres de More Fire for Burning People nous donne des nouvelles. Des gens toujours très discrets. Que ce soit avec MFFBP en 97 lors de la sortie de leur unique album. Ou en 2002 avec Galusha Grow. Un disque et au revoir tout le monde. Désolé de vous avoir dérangé avec notre modeste bruit. Tellement discrets qu'ils comptent d'autres projets comme Orlock, Bosom of the Urgent West ou Shiloh Sound dont personne n'a jamais entendu parlé. Et rien eu à foutre donc. Pourtant, que ce soit avec Galusha Grow ou MFFBP, c'était pas de la musique de seconde division et elle aurait mérité un éclairage plus conséquent. Cette fois-ci, c'est quand même trois membres sur quatre de More Fire for Burning People qui se remettent à faire du bruit ensemble. On peut presque parler de reformation. Et la qualité est une nouvelle fois au rendez-vous. Leur façon d'aborder la musique reste toujours la même. Du rock dissonant puisant ses racines autant chez Drive Like Jehu que chez les groupes de Dischord, toute cette lignée de groupes privilégiant autant l'urgence que l'émotion, la virulence que l'harmonieux. Sauf qu'ici, ils ont glissé une touche de Black Heart Procession. Après avoir ouvert les hostilités avec le nerveux Kerouac's Kanundrum qui sonne déjà comme un classique, c'est le piano de Talking to water qui nous accueille et sert de fil rouge sur un titre nous berçant dans une fausse torpeur. Magnifique ballade tendue comme il faut et s'arrêtant juste avant qu'on ait envie de distribuer des torgnoles. Me met de bonne humeur. Vague écho de cris d'enfants et Ada Doom repart dans une longue digression qu'ils ont toujours adorée dans leurs précédents groupes avec Life & Times. La vie, le temps mais ça n'a pas de prise sur ces gars là. Toujours aussi virtuose à vous alpaguer et vous emmener où bon ils leur semblent. S'en suit Glissade, un instrumental, comme ça facile, qui coule tout seul et s'achève sur Frozen qui réchauffe les sens et le chant de Brian Landis, prenant. Ces mecs là ont de l'or dans les doigts. Il serait tant qu'on leur donne leur chance. Et qu'eux-mêmes se bougent le cul pour la saisir. Sinon, ça va être comme pour les précédents groupes. Le vague souvenir d'un lien impersonnel où on pouvait télécharger gratuitement les cinq titres et la pochette d'un petit groupe qu'on trouvait pas mal… C'était quoi leur nom déjà ?

SKX (24/11/2008)
website groupe www.adadoom.com

Ada-Nuki
Self-titled - CD
Whosbrain 2008

Ada-Nuki n'est pas un groupe japonais comme je le présentais naïvement mais un duo italien. On y retrouve Stefano Spataro et Giorgio Maniglia, un ex-Logan sur le défunt label Psychotica records. Et c'est plutôt une bonne nouvelle que d'avoir des nouvelles de ce dernier tant son groupe Logan fut prometteur et disparu trop tôt de la circulation. Il a même invité son ancien pote de groupe et tête pensante de Psychotica (Michele Maglio) à poser les fils barbelés de sa guitare sur trois titres. Comme Logan, Ada-Nuki aime le bruit qui ne va pas dans le sens du poil mais ils rajoutent une forme beaucoup plus anarchique et vénéneuse. Des élans rock propres à tout duo basse-batterie, de belles banderilles plantées entre les deux yeux mais un esprit bruitiste et expérimental plus développé. Une assise rythmique transpercée de milles bruits, d'une électricité galopante et de cris/chant parlé en français (sur des paroles traduites pour Ada-Nuki par François Cambuzat de L'enfance rouge) avec une bonne pointe d'accent mettant du cœur à l'ouvrage. En français, ça donne Maçon et C'est comme chier son aime (ça doit être du français du sud parce que là, le sens m'échappe). Un disque naviguant entre ambiances stressantes, grouillantes et chevauchées à la Godheadsilo, quand c'est pas tout en même temps. Compos éclatées, il va de soi, brèves, excepté les sept minutes reposantes de la dernière dont quatre de silence (ou presque). Si on ne rentre pas avec facilité dans cet univers exigeant, la gangrène finit par vous rattraper et Whosbrain, le label de Cherbourg-Octeville, a eu le nez creux en plus d'être dans la Manche.

SKX (17/11/2008)
website groupe www.myspace.com/adanuki
website label whosbrain.free.fr

Afraid !
Self-titled 7''
Holidays 2007

Des groupes qui s'appellent Afraid ou avec Afraid dedans, il en existe des semi-remorques et celui-ci provient de Vérone en Italie. Mais il pourrait venir de Californie et être signé sur Gold Standard Laboratories qu'on y verrait que du feu. Et le point d'exclamation n'y change rien, pas la peine de se vexer pour si peu. Le quatuor cite The VSS et Camera obscura et je ne peux dire mieux. Song of Zarathustra peut-être. C'est confondant. Jusqu'au bout des touches du clavier et des cordes de la voix. C'est du post-punk comme on en trouve beaucoup hors atlantique. Ca pulse et ça se danse si vous l'aimez frénétique. Pour ma part, je l'aime un poil plus personnel. Rien à dire, c'est super bien retranscrit, les morceaux accrochent mais les influences sont tellement présentes que je reste sans voix. Espérons que pour l'album (le 2ème) à la sortie imminente, il n'y aura que le nom du groupe de commun à beaucoup d'autres.

SKX (01/10/2007)
website groupe www.superafraid.it
website label www.holidaysrecords.it
sounds Theaim0generator.mp3

Agathe Max
This Silver String – CD
Xeric/Table Of The Elements 2008

Pour la parution d’un premier album studio, il y a pire comme label que Xeric (sous-marin du très arty Table Of The Elements). On ne va pas refaire la liste de tous les noms qui figurent au catalogue de cette illustre maison mais cela en impose. Cela vous colle une image et il faut bien faire avec. En éditant de beaux objets, en choisissant l’option vinyle et/ou le tirage limité, Table Of The Elements est au snob élitiste ce qu’ Hydra Head ou Southern Lord est au hipster bourrin et tatoué : un sujet inépuisable de fierté, un catalyseur de bon goût supposé, un phare éclairant l’horizon au dessus de la mêlée des suiveurs et des imitateurs. Si sortir un disque sur un tel label c’est bénéficier d’un sérieux coup de pouce, c’est aussi prendre la risque de se voir comparé, jaugé, évalué par rapport à des critères qui n’ont pas lieu d’être -c’est tout le problème de la hype.
Heureusement pour elle, Agathe Max a un immense talent. Et avec son violon et ses quelques pédales d’effet elle joue dans la cour habituelle de Table Of The Elements, souffrant parfaitement si besoin est la comparaison avec ses collègues de label. Mais c’est inutile. Avec This Silver String elle démontre qu’elle ne doit rien à personne. Ce disque est là, magnifique, profond et magique (mais jamais vénéneux) et il en impose uniquement par lui-même. Si Agathe Max devient la prochaine grande prêtresse des nerds à lunettes -oui je délire- ce sera tant mieux même si elle vaut bien mieux que ça.
Le premier titre (This Silver String) est d’une limpidité foudroyante. Frederic est tout aussi beau. Ashes Of Broken Furnitures a un côté folklorique et une légère rythmique. Raw Bow joue sur les dissonances. Black Needle est le joyau ésotérique du disque. Cinq titres d’une musique dont la superficie dépasse de loin les moyens employés -un violon et un archet-, une étendue toute en creux et en bosses, des aspérités mouvantes, des changements subtils dans le paysage, un lac dont on ne voit pas la rive opposée et balayé par un vent fort et pénétrant. Un disque d’accompagnement intime qui vous prend par l’intérieur et ne vous lâche pas. Tellement vecteur d’émotions et de frissons épidermiques que l’on est à mille lieu de toute musique d’intellos.

Haz (01/11/2008)
website groupe www.agathemax.com

Aghostino
Collarbones full of cocoons - CD
Les disques du hangar 221 2007

Ca commence par une ligne de basse des plus avenantes, vibrante, noise comme on aime avant de rapidement enchaîner sur une mélodie qui ne cache pas son nom et des harmonies vocales qui se révéleront nombreuses tout au long de ce premier album, de casser la dynamique du morceau avec un plan tout mélancolique et de remonter tranquillement la pente avec l'aide d'un minimoog dans le fond. Aghostino, nouveau projet de Metz, avec des membres d'anciens groupes qui ont déjà quelques kilomètres au compteur, est du genre à ne pas trancher. Leur base musicale est large et ça se ressent dès ce morceau d'ouverture où tout ce dont ils sont capables est résumé. Six titres avec tout ce que le rock moderne compte dans ses rangs, hardcore, noise, emo, punk, pop, une litanie sans fin avec post quelquechose devant pour faire mieux. Eux-mêmes n'en savent rien et ne comptez pas sur moi pour proposer une étiquette parce que c'est tout ça à la fois, c'est leur force et leur faiblesse. On sent bien que tout ce qui vient d'outre-Atlantique les a beaucoup touché. De l'école noise Chicago à la cathédrale emo-Dischord de Washignton D.C. ainsi que toute les petites chapelles qui parsèment la scène indie-rock (Shipping News, Girls vs Boys etc…), les quatre d'Aghostino prennent tout en bloc, malaxent et font du mieux qu'ils peuvent pour digérer tout ça. A l'arrivée, vous avez des plans qui font mouche, de belles envolées d'une guitare qui lutte sans problème contre les deux basses qui font elles aussi et sans rechigner leur travail mélodique, des passages subtiles et qui bastonnent dans la même minute. Vous avez aussi des longueurs comme ce plan atmosphérique interminable sur Flehmen, un titre de onze minutes qui commençait pourtant bien mais qui se termine par six minutes de pratiquement rien. Autant dire que placer en plein milieu de l'album, ça casse l'ambiance. Des morceaux qui me passent un peu au-dessus comme Poisson ivy et des passages plus insipides et passe-partout. Dans ce contexte où la personnalité n'est pas très bien défini, il est important d'écrire des titres irréprochables et en tout point inspirés si on veut sortir du lot. A l'image de la pochette dont le dehors est raté mais l'intérieur réussi avec des textes qui ne correspondent pas aux paroles (on ne sait d'ailleurs pas d'où ça vient) et intrigants, la musique d' Aghostino alterne le bon et moins bon, la fameuse métaphore du verre à moitié vide ou à moitié plein. On peut espérer qu'en digne Lorrain, le verre sera bientôt plein à ras bord et qu'on trinquera à un futur rempli de possibilités.

SKX (19/11/2007)
website groupe aghostino.free.fr
website label www.myspace.com/lesdisquesduhangar221
sounds Ladyrinth.mp3 | Djamolidine.mp3 | Poisson_Sky.mp3

A.H. Kraken
Elle avait peut-être 19 ans mais pour moi elle en aura toujours 12 - LP + CD
In The Red 2008

Ca commence par l'histoire d'une pochette et elle tue. Imaginez tomber par
hasard sur cette pochette lors de vos emplettes chez votre disquaire préféré. OK, j'ai dix ans de retard. Désormais, t'as le bonheur au bout du clic. N'empêche. Imaginez un instant. Cette pauvre fille avec ce regard de bovin. L'accoutrement pas possible qui sent le saccage de cimetière juif et les croix renversées le samedi soir entre potes désoeuvrés. Cette tapisserie, ce décor si on peut appeler ça un décor, qui pue le dimanche après-midi pourri. Cette photo glauque, suintant le suicide, dégueulasse et pixélisé à mort. Ce truc où aucun nom apparait.
Vous tombez dessus et soit vous passez vite fait au disque suivant, sûr de se taper une daube même pas marrante. Soit vous soulevez l'objet, piqué au vif, vous le retournez et apparait alors un nom de groupe mystérieux, A.H. Kraken. Un titre d'album pour pédophile, laissant perplexe. Des titres de chansons à la con (Cette fille est à genoux, Kevin Costner est un acteur américain), un papillon bleu et une croix de Lorraine avec marqué en dessous Gtaie. Mais c'est quoi ce putain de disque ??!!
Il faut une certaine dose de courage pour aller au bout de ces intentions. Je ne parle pas de l'auditeur potentiel mais du groupe. Du courage ou de l'inconscience, ce qui est à peu près pareil.
A.H. Kraken, groupe de Metz. Déjà, c'est mal barré. Et si vous vous fiez au t-shirt Slipknot version beaufs, c'est encore plus mal barré. A.H. Kraken, c'est du minimalisme bruyant, du névrosé dansant, du punk maladif. Ce sont de brèves et intenses descentes de guitares estampillées Sonic Youth, particulièrement évident sur Allan Müller et sur De type Caucasien. Des descentes d'organes à la Arab on Radar qui donnent envie de vomir sur la piste de danse. Des relents de no-wave, cet extrême purulent et aliénant (qui fait même plus peur, soit dit en passant.) Et puis surtout, des morceaux allant droit au but, qui ne s'emballent pas dans des développements hasardeux. Une idée de riff, un rythme, un seul truc à la fois et je te le balance à la tronche dans le plus simple appareil. Et ces cons, ils ont le riff simple mais bon. Le rythme sec mais entrainant. Une idée et ils te l'essorent, jouent sur la répétition, confinant à l'hystérie (Ahmed). Deux guitares qui vous percent la peau, pèlent les nerfs. A.H. Kraken a le sens de la photo choc et de l'accroche, de la mélodie perverse. L'addiction à ces onze morceaux est immédiate.
Voilà qui pourrait être la fin de la chronique d'un excellent album. Musicallement plaisant, qui met la trique juste comme il faut, quasi irréprochable malgré les influences évidentes.
Mais ce qui fait qu'on y reviendra, le (gros) plus qui donne de l'épaisseur, c'est l'humeur poisseuse qui s'en dégage, les paroles en français donnant une autre dimension à leur musique tournée vers l'ouest, au-delà de l'Atlantique. A.H. Kraken a les deux pieds bien plantés dans le terroir de l'est français. Cinglant. Noir. Vulgaire. Brut de brut. Après le choc de la photo, le poids des mots.

T'as la même tête que ta mère qui trainait déjà dans de sales histoires.
Toutes les chiennes sont violées dans les cabines téléphoniques.

Des phrases souvent incompréhensibles, noyées dans le bruit. C'est mieux pour notre hygiène morale. Des bribes de mots saisies à la volée. L'imagination fertile fait le reste quand il s'agit d'histoires sordides, de racisme ordinaire et de petites véroles. Ma préféré reste Les murs des bunkers. Une lumineuse inspiration d'un texte répertoriant laconiquement les graffitis jetés sur des murs de bunkers mais ça pourrait être des pissotières, c'est le même combat.

Mort aux arabes, mort aux juifs, mort aux pédés.
Franck B. est un sale enculé.
Frederica suce des bites pour 10 francs.
Oh Jessica, je t'aimerais jusqu'à la mort.

Accompagnement musical judicieusement rachitique. Ligne de basse minimale, froide et détachée. Ce morceau est une merde de chien collée à votre semelle dont l'odeur vous poursuivra pendant longtemps. A.H. Kraken ne truquent pas, ne se déguisent pas. Ils sont tout entiers dans ce qu'ils donnent. Et ça ne se pardonne pas ça. Ca se prend tel quel et ça va laisser des traces.

SKX (05/12/2008)
website groupe www.myspace.com/ahkraken
website label www.intheredrecords.com

Ahleuchatistas
What you will - CD
Cuneiform 2006

Troisième album pour le trio de Caroline du Nord. What you will, c'es toujours plus de rock, plus de virtuosité, plus de brillance et plus de fun. Voilà ce qu'on veut et Ahleuchatistas nous le fournit aisément. On est sûrement pas loin de la sphère math-rock. Des acrobaties, des cercles, des lignes brisées, des arrêts qui repartent et des départs qui se crashent. On a tout ça dans cette musique qui nous renvoie aussi bien aux Flying Luttenbachers qu'au premier album de Hella en passant par le jazz dont ils sont issus. Mais, encore plus que dans leur précédent opus The same and the other, Ahleuchatistas n'a jamais semblé aussi heureux de jouer. Le trio a insufflé de la vie, de la trépidation, s'amuse comme des poulains avec quelques fulgurances comme le génial Sherman's march et nous prend pas la tête. Faire des morceaux complexes, ils l'ont déjà prouvés. Alors maintenant, on aère tout ça, on arrose à volonté sans prendre les neurones à personne. Une réelle complicité unit les trois musiciens, dialoguant dans la bonne humeur, soucieux de ce que dit l'autre, lui répondant avec à-propos. Un vrai jeu de balle. Et de pistes que le groupe ne cherche jamais à compliquer plus que de raison. Et si ya un sac de nœuds et que Joe l'embrouille se pointe, ça ne dure jamais très longtemps et ça repart copain comme cochons. Comme souvent avec les groupes instrumentaux, on dit un maximum de choses dans les titres. Remember Rumsfeld at Abu Ghraib qui nous renvoie au Remember Rockefeller at Attica de Charles Mingus. Shell In Ogoniland, diatribe contre la firme pétrolière au Niger. Des mots jetés comme ça. Ca vaut ce que ça vaut mais le trio y tient. Jusque dans l'artwork de leur album. Mais ils disent suffisamment de choses avec leurs trois instruments et toute l'énergie du punk-rock pour nous conquérir totalement. Un des meilleurs groupes actuels dans le genre rock décomplexé.

SKX (29/01/2007)
website groupe www.ahleuchatistas.com
website label cuneiformrecords.com
sounds MaybeOrange.mp3 | I_Whenever.mp3

Ahleuchatistas
Even in the midst… - CD
Cuneiform 2007

Que c'est marrant. Et j'aime à faire partager mes rires au petit matin. Je viens à peine de finir d'écouter Sleeping People, les déclarant sans peur et sans remords comme les meilleurs du monde dans le style math-rock instrumental que je les destitue de suite de leur titre honorifique. La palme revient à Ahleuchatistas, non pas pour leur nom de groupe imprononçable mais pour cette putain de dextérité et cette folie instrumentale qui s'est une nouvelle fois emparées de leur quatrième album. Rions à gorges déployées. Pour le reste, tenez vous peinards. Car Ahleuchatistas n'est pas du bois dont on fait les connards certes mais aussi et surtout du genre à fendre la bûche d'un seul coup de hache, à se laisser consumer sur la foi d'une seule écoute. La bête est agile, compliquée, trouble. Il faut remettre plusieurs fois l'ouvrage sur le métier pour que toute la puissance d'Ahleuchatistas ne vous irradie. Leur musique doit tout autant au jazz qu'au punk-rock et leurs joutes sont souvent de hautes volées, les structures alambiquées, la batterie en mode libérée, les notes de guitares semblant tomber au hasard et de nulle part. C'est un rien cérébral et en même temps, c'est énorme. Si le math-rock de Sleeping People reste sur la face obscure de la mélodie, celui de Ahleuchatistas est plus exigeant, explore la face jazzy qui sommeille en nous, s'épanchant vers une version nerveuse de Storm and Stress. Mais c'est aussi tellement plus que ça. Dans la mêlée de leur titres courts, alertes, racés s'intercalant entre des morceaux à l'architecture invisible et incompréhensible pour le commun des mortels, on entend aussi bien du bordel speedé à la Flying Luttenbachers que l'amour de la musique improvisée chère à Fred Frith ou Henry Kaiser avec qui ils ont déjà fricoté sur scène en passant par de bons vieux riffs metal et rock'n'roll envoyés fort à-propos, de pointes mélodiques et de moments d'introspection où le feu intérieure se calme. Mais attention, tout ça n'est pas une juxtaposition aride de différents styles dont la branlette en public serait la motivation première. Le trio d'Asheville (Caroline du Nord) fond et défont toutes ces influences pour accoucher d'une musique cohérente où le fun n'est pas absent, présente une version rock et en tonalité claire une musique capable de combler plus d'un mélomane exigeant, maniant les langages musicaux pour n'en voir plus qu'un. Sleeping People va finalement garder son titre. Ahleuchatistas est hors catégorie.

SKX (22/10/2007)
website groupe www.ahleuchatistas.com
website label www.cuneiformrecords.com
sounds redcoated.ram

Aids Wolf / Athletic Automaton
Clash Of The Life-Force Warriors
split LP
Skin Graft 2006
La bataille s'annonce rude. A ma gauche, Aids Wolf. Spéciale dédicace et meilleurs rejetons de Arab on Radar, version féminine. A ma droite, Athletic Automaton. Les aïeuls avec un vrai Arab on Radar dedans, le blondinet déjà en short et toujours prêt au combat avec son compère le batteur au bandana. Pour arbitrer le duel, les inénarrables Skin Graft, toujours dans le mouvement malgré un p'tit coup d'mou à l'aube du nouveau millénaire. Le ring est un magnifique double vinyl qui s'ouvre sur un dessin tout bizarre comme Skin Graft en a le secret (et relativement laid). Mais la bataille tourne court. C'est de partouze qu'il est question. Hormis deux titres chacun ou chaque groupe la joue perso (donc quatre e tout, ça suit au fond ?), les six autres voient les deux entités se marier pour le meilleur et pour le pire. Et en osmose quasi parfaite. Tout le monde joue à tour de rôle l'homme et la femme. Personne ne prend le dessus sur l'autre. Les dissonances et les fractales des uns et des autres s'imbriquent à qui mieux mieux. On ne distingue plus les bras de la tête. La queue de l'ivresse. Seul surnage le seul organe féminin, ce chant psalmodiant dans les aigues et le jeu de guitare typique du blondinet Mattos qui n'est pas prêt de le ranger et qui s'est mis en tête de nous le faire rentrer coûte que coûte par un orifice ou un autre. Six titres assez éreintants, il faut bien l'avouer. Psychédélisme noise avec batteries en double, pluie de cymbales, guitares vrillantes et la voix de la donzelle, c'est presque trop. Un petit coup de temps à autre, ça le fait mais pour un marathon, je passe mon tour. Pour le cinq à sept, rien ne vaut en solo. Mais plutôt avec Aids Wolf. Athletic Automaton a définitivement décidé de vous saper le moral, de plomber l'atmosphère et de planquer les aspirines. Leur noise-rock à épingle à nourrice demande trop d'effort. Mattos est déchaîné. Piquez lui ses pédales d'effet et dites lui d'arrêter l'acide. Aids Wolf torche ses deux morceaux en trois minutes. Des p'tits coups de lapins mais très jouissifs. Et avec un titre comme A letter to Al Johnson, on ne peut pas être foncièrement mauvais. Je ne sais pas ce qu'ils ont à lui dire au chanteur de US Maple (et feu Shorty) mais ce titre est sexy comme un feulement du beau Al. Tout est dans le coup de rein et ça vaut mieux qu'un long discours, à l'image de ce split qui en fait un peu trop. Un disque à conseiller aux plus frustrés d'entre vous (et aux groupies de Al Johnson).

SKX (19/03/2007)
website groupe www.aidswolf.org|www.athleticautomaton.com
website label www.skingraftrecords.com
sounds AAAW_2.mp3 | AAAW_1.mp3 | AAAW_3.mp3

Aids Wolf
Cities of glass - CD
Skin Graft 2008

Les Canadiens de Aids Wolf ont troqué leur tenue d'Adam et Eve pouilleux pour des tenues assez inqualifiables, genre Bibendum tout rouge avec des charentaises et des masques. Faut aimer. Si les déguisements et la communication changent, la musique n'a guère évolué. Toujours ce mimétisme flagrant avec Arab on Radar revu et corrigé par Melt-Banana. Comme ils se sont offerts les services de Weasel Walter à la production, on va pouvoir rajouter une touche Flying Luttenbachers. Car si il faut chercher une évolution dans la musique du groupe de Montréal, c'est dans le son qu'on la trouve. Encore plus abrasif et orgasmique. La tête dans la bétonnière. Et fréquenter Walter, outre le fait de vous faire pousser des cornes diaboliques, vous donne un allant d'improvisateurs. Ne cherchez pas le fun, la mélodie perverse ou le petit rythme dansant comme chez les groupes cités plus haut. Aids Wolf, c'est la ligne dur du partie. Des faiseurs de bruits, de la confrontation directe. Des rythmes aléatoires, des compos qui doivent beaucoup à la chance et à l'accident. Faire un maximum de bordel et voir ce que ça donne après. Il faut être fort en apnée pour apprécier ce disque. Les quatre de Aids Wolf ne laissent aucune sorties de secours, ne vous laissent pas respirer un seul instant. Et c'est là que le bas blesse. On devrait leur suggérer comme d'autres groupes avant eux, de lancer une série de singles à raison d'un par mois pendant un an, la branlée passerait mieux que sur un long format, même si celui-ci ne dépasse pas les 25 minutes. Aids Wolf a tous les éléments pour me séduire. Je suis capable de m'enfiler du Flying Luttenbachers au petit déjeuner sans vomir mes tartines de beurre salé. Mais la frontière entre le bruit sculpté dans l'inspiration et le bruit pour le bruit est ténue. Aids Wolf est du mauvais coté. Et cette voix de vierge effarouchée enfermée dans un campement de légionnaires qui n'ont pas vu de chèvres depuis trois mois finit par taper sur le système. Ce n'est pas un album mauvais en soi mais ça manque sérieusement d'âme.

SKX (10/12/2008)
website groupe aidswolfs.blogspot.com
website label www.skingraftrecords.com

Almandino Quite Deluxe
Violent Potato - CD
Wallace / Bar la Muerte 2007

Que peut-on espérer d'un album nommé Violent Potato, sinon une purée envoyée droit dans les gencives, une volée de patates germées et pleine de terre ! She à la guitare. He à la batterie. Le duo italien se contente de peu pour balancer un maximum. Un deuxième album enregistré à Detroit par Jim Diamond (Dirtbombs), des masques de catcheurs et les tenues qui vont avec pour les habits de scène, ce disque sent le rock'n'roll à plein nez, le garage band par excellence, le bluescore comme ils disent. La rencontre des Cramps, sans les talons aiguilles dans le fondement et le Jon Spencer du Pussy Galore plutôt qu'avec son Explosion. Ca défouraille sévère, ça débite en tranches fines. Une course poursuite de saturations cradingues, de rythmes tribaux, de voix distordues, du pur jus psychotique. Neuf titres congédiés en vingt minutes. C'est primaire, brutale, jouissif. Pas la peine de chercher la petite bête. Ca durera le temps que ça durera mais ça fait du bien par où ça passe.

SKX (03/12/2007)
website groupe www.almandino.com
website label www.wallacerecords.com
sounds violentpotato.mp3

?Alos
Ricordi indelebili - CD
Bar La Muerte 2006

Stefania Pedretti, figure de l'underground italien, sévissant déjà avec Ovo et Allun, se met à son compte le temps de Ricordi indelebili, un premier album entre performance et improvisation. Si je vous dis qu'il y a à boire et à manger dans ce disque, ce n'est pas du mauvais esprit. Un concept de la Signorina qui adore autant la musique que la cuisine et qui dans ces spectacles, outre sa guitare et son violon, apporte tout un tas d'ustensiles que l'on trouve d'habitude backstage et invite sur scène un spectateur à partager son repas. Sur disque me direz-vous, ça ne s'entend pas, ça ne se sent pas et ça nous fait une belle jambe (ono). Alors il faut l'imaginer au four et au moulin. Passé d'un morceau à tendance electro à une comptine décalée pour adultes. Sortir tant que c'est tiède d'une salle jazzy pour s'ébouillanter les doigts sur une tranche de vie crue sur fond de bruitages de jeux vidéos où ça canarde sec. Sa voix si particulière dans Ovo, ce truc qui vient du fond des âges, est utilisée comme un instrument à part, trébuchant sur les sonorités, raclant le fond d'une casserole, s'épaississant dans un accès de rage avant de se faire enfantine pendant une ritournelle acide. Alors oui, il ya à boire et à manger et ce n'est toujours pas du mauvais esprit. Cette performance solo (qu'un invité discret au piano accompagne) souffre d'éclatement, de morceaux tellement intimistes qu'ils ont dû mal à nous toucher et de compositions plus proche du bricolage maison que de la grande cuisine. Mais elle sait aussi relever les plats, épicer continuellement ces amuse-gueules d'un sens du rythme riche et varié, et saupoudré le tout d'un sens du drame qui ne sombre jamais. ?Alos ou à ce que vous voulez mais à tester sur le pouce.

SKX (26/01/2007)
website groupe www.signorinaalos.com
website label www.barlamuerte.com
sounds Luglio_1996.mp3 | Profumo1994.mp3 | 29Marzo2003.mp3

Amen Ra
Mass IIII - CD
Hypertension 2008

Voilà un disque qui traîne depuis presque deux mois sur une étagère, au milieu d'autres CD promo orphelins, sans livrets ni pochettes, accompagnés de l'habituelle biographie photocopiée que je m'en vais repomper vite fait bien fait, personne ne s'apercevra de rien puisque jamais personne ne lit ce genre de prose marketée. C'est au sortir d'une journée de désoeuvrement complet passée à écouter (attention à la liste qui tue) Cult Of Luna, Jesu et Rosetta que j'ai décidé de me lancer dans ce Mass IIII qui comme son nom ne l'indique pas n'est pas le quatrième album d'Amen Ra mais bien le deuxième de cette formation belge (les deux premiers sont des démos ou des CDr) mais qui par contre est bien la suite (haha) de III, album paru en 2006 et qui avait émoustillé plus d'un amateur de post hard core, comme d'habitude Perte Et Fracas était passé à côté de cet évènement, un vrai scandale, cela ne se reproduira plus.
J'avoue que je n'aime pas beaucoup le nom de groupe, que le nom de l'album me laisse également perplexe, que l'obscurité de l'illustration de la pochette me fait un peu peur et qu'à la première écoute Mass IIII n'est qu'un album de post hard core massif et lourd, avec un gros son, un rythmique appuyée, des guitares tranchantes et un chant d'égorgé (à moins qu'il ne soit en train de se faire arracher les couilles… bingo : lors des rares parties de chant clair, la voix est étrangement aigue). Du classique et de l'inamovible pour ce genre musical (?), si on rajoute les habituelles cassures, accalmies, remontées et tremblements divers. A partir de là, soit on aime, soit on déteste et moi j'ai aimé. J'ai aimé ces sept titres puissants et convaincants, construits à peu près tous de la même façon, rabâchant une syntaxe ultra précise, dévoilant des atmosphères poisseuse et puissamment charpentées.
J'entends dire qu'Amen Ra c'est effectivement toujours pareil et c'est exactement là tout le truc : va-t-on dire par exemple à un fanatique de hard core new-yorkais que toutes ces mosh parts au milieu des titres de Sick Of It All c'est nul, que ça ne sert qu'à faire bouillir le pit ? va-t-on reprocher à un combo de black metal norvégien de ne jamais dévier d'un titre à l'autre ? Justement, Mass IIII provoque le même genre d'engourdissement hypnotique qu'un Transylvanian Hunger, album pourtant inimaginatif au possible de Darkthrone. L'intelligence du disque d'Amen Ra c'est qu'il sait être relativement court, pas de délayage progressif ni d'écumage du gras à la passoire post rock (comme chez ces rantanplans d'Isis par exemple) et donc pas de perte d'efficacité ni de conviction en cours de route. Du coup j'ai commencé à sincèrement regretté d'avoir volontairement zappé la venue du groupe au printemps dernier (avec Overmars en première partie, quel con !) et pour me rattraper j'ai décidé de me faire faire un nouveau tatouage sur l'épaule gauche. Amen.

Haz (28/09/2008)
website groupe www.churchofra.com
website label www.hypertensionrecords.com

American Heritage
Millenarian - CD
Translation Loss 2006

J'avoue que j'avais un peu lâché l'affaire American Heritage. Après leur précédent méfait Bi-polar, je les croyais perdu pour la cause d'un metal-hardcore bien baveux et dégoulinant de gras. Les choses n'ont pas fait qu'empirer. Il était là, stocker depuis un bon moment, sous la pile, la chose honteuse que je ne voulais pas écouter. Mais la force de American Heritage est insoupçonnable. L'album a fini pratiquement par se jouer tout seul. Le Malin a bien fait. C'est une tuerie sans nom. Pas dans le sens que c'est l'album de l'année. Son pouvoir n'est pas si immense. C'est juste une tuerie. Au sens premier du terme. Mastodon, dont le dernier album ne sèmerait même pas la pagaille dans un défilé de majorettes, peut aller se rhabiller. Cru, violent, sans le moindre putain de solo de guitare, Millenarian renoue avec la tradition de son rock d'antan, celui qui déflorait le math-rock et le coule dans une chape féroce qui doit autant aux métalleux les plus chevelus qu'à une obscure force noise qui anime Unsane, Keelhaul et Craw. Revenu à une formule trio, American Heritage fait tourner des plans diaboliques, jusqu'à l'hypnose, qui avance INEXORABLEMENT sur vous, faible proie sous le joug d'un bulldozer permanent. Mike Duffy chauffe sa batterie, l'a réduit en miettes. Le son est hyper dense. On y glisserait pas un doigt. Ca n'arrête pas. Ca joue encore et encore. Sur la longueur des sept titres qui oscillent tous entre quatre et six minutes, ça manque de variances mais c'est un monumental pain dans la tronche qu'ils nous mettent et il faut pas chercher midi à quatorze heures. Seule ombre au tableau, le chant. Toujours. Quand il donne dans la gamme du hurleur moyen inhérent à n'importe quel groupe de hardcore, passe encore. Mais ya un p'tit malin qui se croit bon de rajouter épisodiquement des cris gutturaux de gorets comme les gros connards avinés aiment à pousser aux premiers rangs des concerts grind. Et ça le fait pas du tout. Toutes ces voix ne sont pas très présentes mais suffisamment pour ne pas adhérer complètement à cet album. Millenarian est franchement une surprise. Ils ont su regrouper sur un seul et même disque leur amour pour les musiques complexes et les branlées auditives les plus brutales. Sous ses allures de barbares du Caucase, Millenarian est bien plus fin qu'on ne le pense. American Heritage revient dans la course.

Pour infos et pour les Old school fans comme ils disent Andreï Cabanban (guitariste canal historique de American Heritage et ancien Brass knuckles for tough guys) s'est lancé à nouveau avec Duffy dans un projet dont vous pouvez voir une vidéo ici. Le old school, ça à du bon !
Le même Cabanban multiplie les projets. En solo avec Interfac3, touche à tout bricolo et electro (pas rigolo). A deux et à la batterie sous le nom de Duchess of Tek. Au chant et à la guitare sous le nom de The Dead leaf orchestra. Et enfin à trois et de nouveau à la batterie avec The Royal edge treader. Je le savais insomniaque mais pas à ce point là.
Jugez sur pièce.

SKX (01/02/2007)
website groupe www.americanfuckingheritage.com
website label www.translationloss.com
sounds brootal.mp3

Anatrofobia
Brevi momenti di presenza - CD
Wallace 2007

Si au niveau du line-up, Anatrofobia présente des similarités avec leurs compatriotes de ZU (basse, percussions et saxo), la comparaison s'arrête là. A cette instrumentation de base, ils ont rajouté la mention live electronics et tout se joue là-dessus. Ca et le silence. De longues plages sans rien, vous obligeant à regarder de plus prêt votre fabuleuse chaîne hi-fi pour savoir si elle marche toujours, avant de vous prendre une déflagration sonore d'un quart de seconde, puis à nouveau l'espace parcouru d'une légère ondulation électronique. Il faut attendre la moitié du cinquième morceau pour que les choses bougent. Soit dix minutes qui ressemblent à l'éternité. Il faut une conscience professionnelle hors pair pour vouloir pousser le bouchon plus loin. Heureusement, à partir du sixième titre, le trio italien part sur des plans jazzy vous sortant de la torpeur. Mais là encore, rien de sensationnel pour un groupe qui se réclame expérimental. C'est assez convenu et mou du genou. Au onzième morceau, Anatrofobia replonge dans les affres du silence, de vrais ermites du son et là, ça devient définitivement trop, même pour ma conscience professionnelle exemplaire. Ils ont beau vouloir joué du concept silence / chaos, la loi et l'anarchie (ho ho ho), saturation, complexité et richesses des textures, c'est surtout homogène dans le néant et pour le chaos, on repassera. Le genre de concept fumeux qui fait passer la musique expérimentale / improvisée pour de la branlette qui ne risque pas de vous rendre sourd et des flatulences stériles. Charmant spectacle.

SKX (03/12/2007)
website groupe www.anatrofobia.com
website label www.wallacerecords.com
sounds anatrofobia-9.mp3

Arab On Radar
Sunshine For Shady People - DVD
Three One G 2008

Le titre ne casse pas trois pattes à un poulet transgénique élevé en batterie et ressemblerait presque à une chanson de R.E.M., la jaquette est moche et quelconque et pour finir on jurerait que la musique illustrant le menu de ce DVD est signée Chinese Stars, c'est-à-dire le groupe actuel de l'ancien chanteur et de l'ancien batteur d'Arab On Radar, alors que non il s'agit de Inventor, extrait de la première demo d'Arab On Radar en 1995 et du coup c'est la certitude désolante qu'avec Chinese Stars Eric Paul and C° n'ont même pas fait du sur-place : ils ont tout simplement régressé. Mais passons. Three One G avait déjà réédité les deux premiers albums du groupe de Providence avant de publier une compilation de singles et autres inédits (The Stolen Singles), voici maintenant l'heure du DVD, years in the making nous dit on. Mouais.
La seule fois que j'ai vu Arab On Radar en concert c'était dans la cave pourrie d'un bar du bas des pentes de la Croix Rousse à Lyon, il y avait eu les parisiens de Gordz juste avant et même le patron (celui de Perte Et Fracas, pas le taulier du bar) était là, à l'époque il aimait encore jouer à la groupie de luxe et suivait les groupes chers à son coeur et à ses fesses partout où il le pouvait. Le son du concert était dégueulasse, on entendait la voix d'Eric Paul uniquement par intermittence ce qui faisait bien rire le petit gars de S.K. records qui avait organisé ce concert et n'essayait même plus de régler les niveaux avec la console minable à sa disposition. Je me rappelle également de Steve Mattos qui n'arrêtait pas de lâcher des gros mollards et que les invectives pleuvaient du côté du groupe, ambiance très chaude. Surtout ce concert c'était l'apocalypse punk pure et simple, le grand n'importe quoi et vraiment pas un truc dont on pouvait ressortir sain et sauf. Quel putain de groupe.
Alors un DVD, haha, pourquoi pas. Mais disons tout de suite que ce n'est pas ça qui va donner envie d'écouter Arab On Radar, pas plus qu'il ne va combler un vide pour toutes celles et ceux qui ne les ont jamais vus en concert. Le documentaire d'abord. Une suite d'interviews des membres du groupe, du tour manager et de quelques autres qui se rappellent le good old time et racontent des anecdotes où il est question de chats qui volent au travers des fenêtres, de vomi qui tapisse les murs, de concerts en compagnie de Lightning Bolt et de The Locust. Le tout est entrecoupé de courts extraits de concerts où on n'entend pas grand-chose et on ne voit que le grand soir du chaos final. Bien. Les concerts ensuite. Les extraits inclus dans le documentaire sont issus de ceux-ci et il y a de tout, y compris les débuts à cinq avec la bassiste en soutif. On n'y entend toujours aussi mal la musique d'Arab On Radar mais on y voit encore bien mieux quel déchaînement c'était, nihiliste et sans concessions. Ce DVD est peut être un hommage sincère à un groupe explosif et proche du démentiel mais ce n'est que ça : un cénotaphe, une coquille un peu vide dans laquelle ceux qui les ont connus pourront ranger tous leurs souvenirs d'anciens combattants (exactement ce que je viens de faire), les autres marqueront au mieux de l'incompréhension face à tout ce carnage et à tout ce gâchis. Historique.

Haz (09/10/2008)
website groupe www.skingraftrecords.com/bandhtmlpages/AOR.html
website label www.threeoneg.com

Paramount Styles / Aran Epochal
Start burning 2 / Jivina - split 7''
Silver Rocket 2008

Scott McCloud, quand il ne se perd pas dans un Girls vs Boys devenu anecdotique, se commet dans Paramount Styles et l'aventure en solo (pour la partie composition). Le problème de ce type, c'est qu'il a une voix tellement prenante qu'il pourrait chanter l'annuaire, on trouverait ça beau. Mais ça ne devrait pas l'empêcher de nous servir une musique ressemblant à autre chose qu'un gratouillis à l'eau de rose pour ses plans cul. Une voix, même magnifique, ne fait pas tout.
Aran Epochal utilise quasi la même recette que sur le split avec Unkilled Worker, sauf les cuivres laissés au placard. Un rythme horlogique, une ligne de basse essentielle mais moins percutante, quelques discrètes bidouilles électroniques pour l'habillage et une voix tchèque rugueuse qui s'essaye sur le terrain de McCloud et s'en tire pas trop mal. Aran Epochal, c'est le souffle des steppes tentant de réchauffer notre vieille couenne meurtrie. Ou comment faire intimiste sans être insipide. Tout ce que n'a pas l'autre face.

SKX (30/11/2008)
website groupe www.myspace.com/paramountstylesnyc | www.myspace.com/aranepochal
website label www.silver-rocket.org

A Storm of light
And we wept the black ocean within - CD
Neurot 2008

Josh Graham n'est pas homme à chômer. Après s'être fait un nom en s'occupant des derniers visuels de Neurosis, il a intégré Blood and Time aux cotés de Scott Kelly (Neurosis toujours), sorti l'excellent album A Day of nights sous le nom de Battle of Mice (qui mériterait une chronique ici bas mais on peut pas tout faire) et fondé puis quitté Red Sparowes quand ces derniers se sont mis à dévier vers du post-rock fadasse. Car Graham aime les riffs monolithiques, la lourdeur qui va toujours de paire avec la noirceur et comme il n'est pas du genre à mettre de l'eau dans le pinard (un homme de bon goût), il s'adonne à sa passion favorite avec son nouveau projet au nom ronflant de A Storm of light. Mais il faut bien avouer que ce nom leur va comme un gant. Un mélange de violence et de beauté. Une électricité malmenée d'où jaillit des éclairs de lumière. Quitte à aller jusqu'à une certaine grandiloquence. L'affiliation à Neurosis est facile à trouver. Mais du Neurosis qui va à l'essentiel. Du Neurosis qui n'a qu'une idée en tête et l'exploite à fond. Graham et sa bande (Domenic Seita à la basse et Pete Angevine à la batterie rejoint depuis peu par un intérimaire de luxe, Vince Signorelli, batteur d'Unsane avec qui il alternera les concerts) sont des obsédés. Plus c'est lourd, plus c'est bon. Plaquer un riff monstrueux, le laisser mariner dans son jus, voir les dégâts qu'il occasionne, lui coller le rythme qui va avec et enrober le tout avec de subtils arrangements de synthés pour épaissir le propos. Des compos en forme d'énormes déflagrations dont l'écho se répand durant de longues minutes, s'amplifie puis se perd dans les profondeurs sous-marines, une image directement inspirée par la pochette aussi chargée qu'envoûtante. La musique d'un Grand Bleu cauchemardesque qui n'évite pas des écueils de monotonie, une répétition des thèmes dont les 60 minutes s'avèrent un peu longuettes mais également des raz de marée qui vous enveloppent comme le titanesque Vast and endless et le bien nommé Mass. Les voix déchirent l'horizon. La ligne de flottaison bascule vers l'inquiétant. Dix morceaux qui réussissent le tour de force d'être lourds comme du plomb et impalpables, dont trois morceaux que l'on peut considérer comme des interludes, un neuvième (Descent) qui n'est qu'une longue introduction planante (l'ivresse des profondeurs) au morceau de clôture (Iron Heart) dont la caisse claire et la chute finale vers les abysses continueront d'hanter pendant longtemps vos prochaines sorties en mer. A Storm of light navigue dans des eaux musicales très sillonnées mais trouve sans peine son Atlantide personnel.

SKX (02/06/2008)
website groupe
www.astormoflight.com
website label
www.neurotrecordings.com
sounds Mass.mp3

Athletic Automaton
A journey through Roman's empire - CD
Skin Graft 2007

J'en ai les gencives qui grincent. Les plombages fondus. Le premier album de Athletic Automaton vient juste de se terminer et l'épreuve fut éreintante. A vrai dire, ça fait plusieurs fois que je me le passe et je n'ai jamais réussi à l'écouter d'une traite. Un son de guitare très particulier. Entre la ponceuse et la roulette du dentiste montée sur un m (après un 12" et deux split avec Made in Mexico et Aids Wolf), Stephen Mattos, l'ex-guitariste blond de Arab on Radar ne nous ménage pas. Si ces ex-coéquipiers préfèrent faire danser les foules comme des boeufs le samedi soir avec Chinese Stars, lui et Pat Crump, son acolyte à la batterie, ne choisissent pas le chemin de la facilité. Leurs déguisements scéniques d'athlètes d'Allemagne de l'Est des années 70 cachent cruauté et perversité. C'est marche ou crève. Oublie le jogging du dimanche matin. Séances de pompes et reptation dans la boue sous les fils barbelés pour tout le monde. Avec le sergent-chef vous soufflant dans les bronches. Huit instrumentaux allant des deux minutes éclairs aux huit minutes calvaires. Cette guitare vrillant les neurones, remplie d'effets, arrêtant rarement. Un batteur déchaîné qui aime titiller la cymbale. Autant dire que ce voyage dans l'empire romain donne dans l'aigue. Psychédélisme malsain. Bruitiste et allumé. Titres qui se ressemblent tous. Je mangerais mon morceau quotidien. De grosses miettes vraiment intéressantes à ruminer. En entier - je sais pas si je vieillit - c'est mission impossible. Disque crispant.

SKX (02/11/2007)
website groupe
www.athleticautomaton.com
website label
www.skingraftrecords.com
sounds Hands.mp3 | Achilles.mp3

The Austerity Program
Black Madonna - CD
Hydrahead 2007

Il aura fallu quatre années à cet austère programme pour donner suite à leur premier effort, Terra Nova, un EP qui nous aura fait saliver. Quatre années durant lesquelles le duo a construit son propre studio de A à Z, fait des gosses et continuer une dure vie de labeurs. Des têtes de cadres supérieurs qu'ils sont réellement, des frères jumeaux de Steve Albini, lunettes comprises. Voir un peu plus. The Austerity Program a également opté pour la boite à rythme pour accompagner leur duel guitare-basse et poursuivre leur minimaliste mais agressif manifeste de déconstruction. Ces gars sont des pervers. De dangereux maniaques sous des allures de gendres idéaux. Quatre années où la recette n'a pas varié. Toujours comme si Big Black se prenait pour Godflesh. Ou le contraire. Je ne sais plus trop bien dans ce bordel. Mes mains se crispent. Mais c'est sûr, ils le font encore mieux. De la froideur, de l'austérité, ça c'est sûr. Mais aussi de putain de bonnes trouvailles mélodiques pour faire passer sans encombre des morceaux de six, sept voir quatorze minutes. Thad Calabrese a le sens de la ligne de basse qui amadoue pendant que Justin Foley possède la science du riff qui marque. Avec des rythmes parfaitement programmés, un chant qui ne la ramène pas souvent qui prend aux tripes à chaque fois, du lyrisme à petites doses, de la mélancolie pour une touche de profondeur et de la violence jamais gratuite, Black Madonna représente huit morceaux (dont deux interludes) parfaitement agencés, vous maltraitant les cervicales de haut en bas avec bonheur et ravissement. Quatre années d'attente qui valaient largement le coup.

SKX (03/09/2007)
website groupe austerityprogram.com
website label www.hydrahead.com
sounds song_17b.mp3



 
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