A
DAY CALLED ZERO
" s/t " - CD
Gravity 00
Un jour où rien ne se passe. Le vide. Le calme est là,
au-dessous. Ce nouveau trio avec des égarés de 3
Miles Pilot et Rocket From The Crypt ont crée la bande-son
dune énième journée qui senfile
pour rien. Des notes remplies de mélancolie où on
attend désespérément quelquechose, une violence
soudaine, une explosion qui nous sorte de la torpeur, sortir de
la grisaille. Mais ce long 6 titres tirent la même corde
que Slint a su si bien tendre sauf que là, la corde a du
mou et on la sent beaucoup moins prête à nous péter
à la tronche. Reste que cette grisaille a le charme des
journées tranquilles, au chaud sous le soleil de lhiver
et que bien des fois on aurait préféré une
journée sans rien que les menus traumatismes de la vie
quotidienne. Six contes dautomne à la dynamique souple
et nonchalante dont on nattend rien sinon de ne pas nous
gâcher le moment présent. Cest déjà
ça. Ailleurs, la journée bat son plein.
SKX (31/01/2001) |
A
GREAT DIVIDE
" s/t " - CD
Frenetic 00
Ce qui, pour tout le monde, est anecdotique, nous entraîne,
sans le savoir, vers des petites morts répétées.
On résiste, on résiste, on perçoit des sons
qui se languissent dans le magma. Interchangeable, universel,
passe-partout. A Great Divide issus d'ex, qu'importe le nom, empruntent
les nationales, la marge de manoeuvre est faible. Fiers et tendus,
arc-boutés vers un but connu que d'eux-mêmes, mais
en ont-ils une réelle idée?. Honnêtes laboureurs
un cran en-dessous d'Ambassador 990 et 12 Hour Turn, ce emo-driving-rock
se nourrit de pas grand chose, comble les ventres creux avides
de la moindre proie. S'encanailler pour un rien. Pas d'ouvreuses
et pas d'esquimaux. Un bon amuse-gueule sans prétentions.
SKX (05/06/2001) |
ABILENE
"
Two guns, twin arrows " - CD
54° 40' or Fight 03
Abilene
s'est construit un espace qui ne tient ni de la pesanteur, ni
de la gravitation. Sauf que si sur leur premier mini-album sur
Slowdime records, ça ressemblait au grand nul part, le
vide intersidéral, Abilene redresse la barre et l'ombre
immense de ce " Two guns, twin arrows " nous protège
de toutes déceptions. L'arrivée de Fred Erskine
(Him, June of 44) à la trompette est pour beaucoup dans
cette nouvelle osmose. Il retrouve par là même occasion
ses anciens compères de Hoover et Regulator Watts. Pas
besoin d'en dire plus pour constater qu'un retour aux sources
s'effectue. On retrouve cette même grâce, cette même
fluidité dans la rythmique qu'aux plus belles heures de
Hoover quand ce groupe sévissait sur Dischord. Aérien
et pourtant si consistant. Une économie de moyens. Alex
Dunham (chant et guitare) trouve en la trompette de Erskine la
parfaite complémentarité pour alimenter leurs échappées
nocturnes. Le meilleur exemple est " blanc fixe " où
la mélodie lumineuse de la trompette et le riff implacable
de la guitare vous amène dans une corrida du troisième
millénaire. Moi la trompette, ça m'en bouche un
coin ! Ca vous enveloppe comme dans une bulle, ça calme
les nerfs, c'est beau comme un camion sans faire nouveaux riches.
Abilene a repris sa marche par des traverses nouvelles. Des formes
mues par d'inexplicables puissances, tout en silence appuyé.
Plus qu'à s'asseoir et écouter. Un album lunaire.
SKX (13/11/2003)
|
ABILENE
"
s/t " - CD
Slowdime 01
La preuve par trois. Un ancien Lustre King, un ancien Chisel Drill
Hammer et surtout Alex Dunham, ex-Regulator Watts et Hoover, groupes
dont on tend le plus à rapprocher ce nouveau projet. Laffiche
est alléchante en tout cas et une fois le tour de la propriété
fait, on se dit que les anciennes demeures avaient du charme en
fin de compte ! Ce 6 titres retient du passé les parties
les plus calmes et atmosphériques, ces ambiances brumeuses
aussi collantes quun smog anglais et qui fichent le bourdon
à coup sûr. Une basse qui arrondie les angles, une
batterie qui ne sénerve jamais. La guitare qui tricote.
Le décor est à la grisaille, ça flotte, ça
avance au radar, on sent bien quelquechose de consistent. Ils
tissent leur toile en douceur, le travail est soigné, on
se laisse même immerger de temps à autres par ce
coup de blues mais lintensité sourde et continue
est absente de leur langage. Le moteur tourne à vide le
plus souvent. On reste un peu à lécart, à
les regarder se débattre dans leur univers ambitieux et
encore congelé. Mais il ne manquerait pas grand chose pour
les rejoindre.
SKX (20/02/2001) |
AMERICAN
HERITAGE
"
s/t " - 12"
Rosewood Union records 98
" Et nous remercions ceux qui se battent en sachant qu'ils
perdront ". Auto-dérision pour un combat perdu d'avance
? Enième perle math-noise-rock échouée dans
l'océan des sorties, ce 1er disque risque de raser les
murs. Un nouveau projet de Andrei Cabanban, ancien guitariste
de Tetsuo et Brass Knuckles For Tough Guys, reprenant les armes
où il avait fait semblant de les déposer, pour 7
instrumentaux à l'arithmétique complexe, 7 titres
qui font blocs, où il manque encore un je-ne-sais-quoi
pour flamber de sa plus belle flamme. A parier pour leur 1er album
cet été, toujours sur le label anglais Rosewood
Union, un label à surveiller de très près.
SKX (12/07/1999)
|
AMERICAN
HERITAGE
" we will pay you $125 to observe you deteriorate "
- CD
Class-B 00
Ca va trembler dans les chaumières ! La forte tempête
se transforme en ouragan. Alors quAmerican Heritage se demandait
« pourquoi tout le monde attrapait le cancer » sur
un premier album explosif, ils sont prêts désormais
à vous filer de la tune pour vous regarder foutre le bordel.
A lorigine spécialement sorti pour la tournée
européenne, cet album 6 titres presse la détente
et vous met KO avant la sortie officielle en mars prochain dune
version raccourcie sur Troubleman records. American Heritage prend
de lampleur, donne du volume à son math-rock instrumental
et déflore le tango à Chicago. Burn Chicago burn.
Tes nouveaux fils débarquent et brûlent le pavé.
Des compos encore plus ambitieuses, qui gagnent en durée
et en épaisseur. Des mélodies qui tournent en boucles,
des breaks incessants, des riffs fulgurants, louvrage remis
sans cesse sous lenclume du maréchal-ferrant. Un
trio qui sent le souffre et qui doit autant à larithmétique
dun Don Caballero décongelé du cul quà
un groove malsain et à la technique sûr de No Means
No. Ahurissant ! La mèche est partie, la poudre senflamme,
ça va péter ! ! Vous aurez droit, en plus de votre
tronche au plafond, à un morceau rap par Brother El, un
pote du guitariste Andrei Cabanban et quatre reprises par American
Heritage themselves, voix comprises, de 4 standards du punk-rock
(Born Against, Dead and Gone, Swiz et Black Flag), anecdotiques
certes mais leur manière à eux de vous montrer leurs
racines et doù leur vient toute cette putain dénergie.
Encore une histoire dhéritage !
SKX (02/01/2001) |
ALL
IS SUFFERING
"
s/t " - 7
Renaissance 00
Ca va être une vraie partie de plaisir ! Noël au balcon,
putes à foison ! Pour le décor, le patronyme que
je vous traduirais pas. Pas la peine de sortir de polytechnique
pour comprendre que oui, toi aussi, tu souffres. Les morceaux
sont pas en reste : «Mauthausen», «Dezanification
of your weak mind» et «Dragon of the black pool».
Sans oublier la photo-pochette où se balancent des pendus
de camps de concentration.... Jusquaux noms des protagonistes
aux sonorités israélites (enfin je suppose je suis
pas spécialiste non plus). Trois titres dun hardcore
des plus brutal. Ne me demandez pas si cest old ou nouveau
de chez new school ou post-grind-core à marée basse,
jai jamais rien compris à ces trucs là et
jai passé lâge. Par contre, ce que jentends
bien, cest le son à faire reculer un tank allemand
(ah ! 50 ans plutôt et....), des grosses voix bien lourdes,
une chape de plomb qui sabat sur mes frêles épaules,
quelques petits soli limite limite, une montée au front
coupée par une arrivée surprenante dun bataillon
de moines en plein gargarismes grégoriens façon
Neurosis, et un lyrisme lugubre avec la délicatesse dun
légionnaire en tutu. Malgré des dehors qui mattirent
pas toujours, ça ma quand même troué
le cul (après vous jvous en prie)!
SKX (25/07/2000) |
AMERICAN
HERITAGE
"
why everyone gets cancer " - CD
Rosewood Union records 99
Derrière ce titre d'album désopilant, 10 virus instrumentaux
qui attaquent aux germes et s'inscrivent dans la suite logique
et mouvementée de leur premier maxi. Maxi que l'on retrouve
dans son intégralité sur cet album, d'où
4 inédits seulement à l'arrivée. Et une frustration
bien légitime.... et bien vite balayée car tous
ces titres se sont refaits une beauté. Reliftage de la
production, remixage, reboosté bref ils sont plus beaux
et plus forts. Et cette fois-ci, la cible est atteinte. Rythmique
dans la grande tradition des groupes de Chicago, complexe et franc
du collier, force noise, massif et compact où la guitare
inventive se fraye allègrement un chemin pour bien nettoyer
la plaie de l'intérieur et alléger les souffrances.
Don Caballero parti aux fraises post-rock, c'est American Heritage
qui récupère les dividendes. Le genre de cancer
qui ne vous pourrit pas la vie!
SKX (17/10/1999) |
AN
ALBATROSS
"
eat lightning, shit thunder! " - Lp
When Humans Attack 01
Toujours
plus loin dans la connerie. An Albatros la met profond avec ce
concept à la mords-moi-le-noeud : un disque, 11 titres,
mais exactement les mêmes des deux cotés de la face!
Va comprendre, Charles! On joue comme on aime! Au pire pour les
plus maniaques, vous écouterez toujours la même face,
ça économisera l'autre en cas de pépin. Planète
gravos donc. Ces intouchables choisissent l'hystérie collective
à la Locust. Mais là où il n'y a plus rien
à tirer avec les branleurs de San Diego, An Albatros soigne
tout de même son standing. Ils ne se contentent pas de faire
un bruit violent et nihiliste mais composent de vraies petites
bombes incendiaires où on retrouve ces billes. On distingue
le début, la fin. Et un ptit peu le milieu aussi. Pour
la durée, c'est l'éclair. Tout sprinte entre les
20 secondes et les 2 minutes. Le clavier associé à
l'électronique/platine font largement autant de raffut
que la guitare, basse, batterie. Seul le chant convulsif aiguë
tend à couvrir l'ensemble. Les titres sont empreints eux-aussi
de connerie ("mother's day came a little early this year",
"the man eating pig of madidi", "klüver-bucy
nocturne in Bb"...). Ca attaque sec, c'est pas dénoué
d'humour. Yen a même à revendre. Les samples sont
explicites. Bref, une grande réussite dans le genre. "Une
célébration à la vie" comme disent en
choeur ces 6 allumés de An Albatros. Vol au-dessus d'un
nid de coucou. Je sais pas si ce sont les plus débilos
mais ils sont sûrement sur le podium.
SKX (17/01/2002)
|
THE
ANASAZI
"
calculating components.... " - Lp
Troubleman Unlimited 00
Soirée
de peine capitale. Pas moyen de siffloter tranquille sous les
platanes. Ca attaque frontale, c'est rectal et sans concession.
La production, c'est pour les petits cons. C'est brut de décoffrage
à faire passer le son le plus punk pour du Jean-Michel
Jarre sur les champs-élysés. Ne pas hésiter
à augmenter sérieusement le volume de sa chaîne
pour que parvienne à vos esgourdes un disque enregistré
dans la cave avec un 2 pistes de compèt très fatigué
! Faut aimer. Et c'est presque dommage car avec ces anciens Yaphet
Kotto, Jenny Piccolo et The Mohinder, sous la crasse, on a le
droit à un hardcore noisy des plus chaotiques et extrême.
Et si vous aimez les messes noires, un conseil, l'autre face.
C'est la même chose mais tout à l'envers. Un disque
pour bien se l'enfoncer jusque là.
SKX (23/01/2001)
|
ANODYNE
"
The outter dark " - CD
Escape Artist 01
Un
trio carré. Trois entités, un chat est un chat.
Mike Hill. Josh Scott. Joel Stallings. La pochette est noire et
grise, une touche de blanc pour le texte. Photos sales, signe
de désolation, no man's land urbain. Debout au milieu du
massacre, Anodyne orchestre une partition aussi gaie qu'un Neurosis
sans le grand cirque. Au plus près de l'os. Genre Kiss
It Goodbye / Playing Enemy et toute la ribambelle torturée
du hardcore moderne. Version apocalyptique, plus noire que noire.
Huit titres tranchants. La démonstration ne se fait pas
dans la surenchère de rythmes et de breaks. Anodyne garde
un cap relativement droit, sec dans les angles, belliqueux dans
les lignes droites. Le lyrisme est souterrain. Anodyne se présente
nu sur l'autel, se débarrasse de tous oripeaux, ne la ramène
pas plus qu'il ne faut et gagne ainsi encore plus de crédibilité
dans la noirceur du propos. L'essentiel est dit, percutant et
perturbant. Un disque qui calme.
SKX (08/11/2002) |
KEELHAUL/ANODYNE
"
split 7" " - 7"
Chainsaw Safety 02
Le
genre de 45 avec lequel on ne cherche pas d'embrouilles. Deux
groupes tendres comme un bataillon de paras, légers comme
un vol de mouettes mazoutées au troisième degré.
Avec Keelhaul, c'est la connexion Craw. Le batteur en commun et,
en invité de marque, Joe Mctighe, le chanteur. Deux cartes
maîtresses qui donnent une saveur très Craw-ienne
avec une pincée de No Means No, allez savoir pourquoi,
bref un truc rock lourdingue et pulsant son gras pour n'en retenir
que le maigre. Des déménageurs et des bons. Avec
Anodyne, on sort les chiennes. Leur face Neurosis est totalement
dynamitée de l'intérieur lors d'un morceau sauvage
et bref. Pas forcément leur meilleur crû. Suit une
reprise de Throbbing Gristle ("persuasion"), vieux groupe
industriel de la mort mais le titre n'est pas remis au goût
du jour et coulé dans un moule Anodyne. Ambiant et anodin.
Pochette noire et belle. On a vu pire comme split mais hélas
encore, un peu bancal.
SKX (03/09/2002) |
APES
OF WRATH
"
s/t " - CD
Obtuse Mule 01
Les
singes en colère. Très en colère. Quinze
titres propulsés en quinze minutes chronos, chaque minute
comptant le double de décibels autorisés à
la seconde par les ligues de vertus, le ciel est tombé
sur la tête. Une description volée au passage les
comparait à du "Arab on Radar math-metal" ! Même
méfiant, ça pousse à la curiosité.
Et le résultat en-deça de mes lubies masochistes.
Un mirage. Ca pulse, ça n'arrête pas. A la description,
il faut rajouter Melt-Banana pour l'amour de la vitesse. Sauf
que les charmes orientales de la voix ont été remplacées
par les cris d'un maniaco-dépressif. Qui loin de se contenter
d' hurler dans le vide, étend sa palette vocale, allant
du chien dont la queue s'est coincée dans une porte aux
plaintes hystériques d'un cow-boy poursuivit par une meute
d'indiens assoiffés de scalps. Mais on ne prend jamais
de plein fouet un mur du son inaudible, un brouhaha continu et
agressif. Les riffs sont clairs, précis et rapides. Ministry
sans le cuir et le gras qui va autour. Sous leurs dehors de méchants
à poils longs, la bonne humeur suinte grâce à
des samples incongrus et rigolos et cette voix trafiquée
de cartoon électrocuté. On distingue allègrement
les morceaux et ce coup de pied au cul va faire remonter plus
qu'un quadrupède dont tu descends, camarade, à la
cime de son arbre. Provocation animale.
SKX (04/04/2002)
|
THE
APOPLEXY TWIST ORCHESTRA /
THE KINETIC CRASH CORPORATION
"
split album " - Lp
React with Protest 02
Des
patronymes qui annoncent des paniques surchauffées, des
colères rentrées et des tonnes de frustration tapis
au fond de la gorge. Deux groupes allemands se partagent ce disque.
La chronique ne pourrait en faire qu'une pour autant. La pochette
en nappe de cuisine est bourrée de bruit et de crachat
à la gueule, de cette musique qu'on appelle screamo-hardcore,
version Orchid, encore plus sec sur le carreau. La face contre
terre. Kinetic Crash Corporation y apporte un brin d'ampleur,
un son qui donne moins l'air de sortir de la cave et des titres
en forme de complexité. Ca en devient presque bon à
vrai dire. L'oxygène vient toujours à manquer. Ces
groupes auront peut-être déjà tiré
leur révérence à l'heure où s'écrivent
ces lignes. On aime ça pour le plaisir immédiat
que ça procure. Vivre dans le nerf même si tout ce
bordel est sommes toutes commun. Mais qui ne l'est pas?
SKX (03/09/2002)
|
ARAB
ON RADAR
"
the stolen singles " - CD
Three One G records 03
L'arabe
n'est plus dans le collimateur. Il a mis la clef sous la porte
et nous laisse comme seul souvenir quatre albums, des concerts
épileptiques et cette poignée de singles, titres
rares et inédits regroupés en un seul jet sur cette
compilation. Vu le tirage limité et la confidentialité
de ces objets rares, c'est comme l'album posthume qu'on attendait
plus et non une vulgaire opération commerciale que 31G
records nous refourguerait pour s'en mettre plein les fouilles.
Arab On Radar se saignait en quatre et ne se foutait pas de la
gueule du client en sortant des fonds de tiroirs sur ses petits
formats. Du premier choix, de la qualité, de la bonne,
de la pure. 12 titres volés à leur début.
Pépites post-punk (ou " now-wave " comme disent
les têtes pensantes de Skin Graft records où ils
finiront leur trajectoire), dangereusement sautillantes, dissonantes,
cacophoniques pour les uns, jubilantes pour le reste. Une façon
unique de donner le rythme. Même les punks ont le droit
de danser. Des guitares, dont l'une à la sonorité
basse, vrillantes et inventives. Et cette voix de pervers qui
pleure sa mère de ne pas l'avoir assez fessé
Des prestations scéniques mémorables et loufoques.
Une musique qui effrayait le commun des mortels et bigrement original.
Arab on Radar restera comme un des groupes noise marquant de 95
à 2002. Depuis, le chanteur et le batteur ont formé
avec un ex-Six Finger Satellite, plus un illustre inconnu, un
nouvel avatar de la folie. Son nom : The Chinese Stars (un 5 titres
en juillet sur Skin Graft). La ressemblance est frappante. L'invasion
de l'Europe est prévue pour octobre prochain. On respire
un bon coup.
SKX (01/07/2003)
|
ARAB
ON RADAR
"
yahweh or the highway " - CD
Skin Graft 01
La
petite sur a grandi. Elle ne relève pas ces jupes
à la moindre tentation. L'arabe plus que jamais dans le
collimateur dans cette époque manichéenne, Arab
On Radar commet ici son quatrième album. Saluons leur éveil
politique sans que cela transparaisse un seul instant dans les
paroles de Mr Potty Mouth. La bouche toujours aussi larvée
de contes immoraux pour adultes pervers, le spermatozoïde
de la noise, après un roman qu'on imagine interdit aux
mineurs, continue de vicier la musique déjà décadente
de Arab on Radar. Même si, même si ce " yahweh
or the highway" est l'album le plus présentable et
abordable de Arab on Radar. Rassurez-vous, le cartésianisme
n'est toujours pas une valeur à la mode chez AOR. Ca navigue
souvent à vue. Deux guitares qui triturent, qui vrillent,
qui tournent autour d'une idée. Un batteur qui se prend
pour un indien réglant le sabbat autour du totem familial
ou imperturbable maître de cérémonie dans
une galère romaine. Et le chanteur qui pourrit l'air avec
une voix bien aiguë qui pèle le tympan. Sauf que cette
fois-ci, la mélodie en générale se fait plus
pernicieuse, marque des points. La sensation que les quatre membres
forment peu à peu un seul corps et que tous jouent la même
partition. Que l'évolution, sans être prépondérante,
est très palpable. Ca n'empêchera pas de nombreuses
personnes de trouver ce groupe toujours aussi imbitable et leur
musique incompréhensible. On ère ici dans le domaine
de l'absurde. De la musique primaire qui cherche à éviter
les autoroutes archi-fréquentées sans sombrer dans
l'impasse. Revenir à la matière première,
sorte de Birthay Party moderne, revu et corrigé à
l'extrême, de sculpter des sons et des rythmes comme au
premier jour du rock'n'roll sans pour cela apeurer le quidam.
Arab on Radar est sur le bon chemin. Faites tomber les masques.
SKX (12/03/2002) |
ARAB
ON RADAR/KID COMMANDO
"
split single " - 7"
Ideal 02
Un
des grands classique de franche camaraderie. La tournée
commune célébrée par un 45 tours partagé.
A chacun sa face, figeons dans le sillon ces quelques semaines
de vie commune. Et là, comme cadeau de mariage, on s'est
pas foutu de la gueule des mariés. Le groupe phare, c'est
Arab on Radar. Et leur donation montre une évolution palpable,
un je-ne-sais-quoi de différent par rapport à leurs
albums. Difficilement explicable mais la folie coutumière
se canalise, n'en reste pas moins dangereuse et gagne encore en
originalité. Arab on Radar aiguise ses couteaux, la menace
est grandissante et le futur s'annonce radieux. Si Kid Commando
sont les petits nouveaux, ce trio suédois (dont un des
deux gratteux est le boss de Ideal records) va vite prendre son
envol. Deux titres mais en vérité un seul et même
morceau enchaîné. Des soubresauts et une volonté
identique à Arab on Radar pour perturber l'auditeur. Deux
guitares, une batterie. Un piano inhabituel au milieu d'un bordel
savamment organisé. Arty punky rock. Creuse toi les méninges,
chose obsédante qui bute à ma cervelle. Le Kid deviendra
grand. Un split qui passera les époques.
SKX (01/08/2002)
|
ARAB
ON RADAR
"
soak the saddle " - CD
skin graft 00
L'eau
coule rouge du robinet. Un recul. On me hache. On me concasse.
Arab On Radar, un mythe païen, ambigu et retardé du
bulbe. Une longue plainte, un amas de guitares (2) et batterie,
foutu là pêle-mêle, sans ordre particulier,
sans préoccupation de mélodies, sans rien, pas de
fondations. Le crash, chacun dans son coin, a perpétré
sa petite catastrophe personnelle. Avec quelques terrains d'ententes,
des no man's land d'accords, plein de fils barbelés, une
orchestration primaire et syncopée. Avec Eric Paul au chant,
psychopathe pervers, les cordes aiguës dans une main, les
couilles dans l'autre, tendance débile profond. Un psalmodieur
branché cul. Et quand je dis "cul", je reste
poli ! Un salon à la mode où on cause plutôt
tampons, règles, viols, de profs attirés par ses
étudiantes, capotes, baise et autres lubricités.
Volontiers provocateur pour pointer le doigt sur les comportements
sexuellement déviant des puritains américains. Mais
ça fait le 3ème album que ça dure. Psychiatre
demandé d'urgence. Produit par Weasel Walter des Flying
Luttenbachers, on y retrouve cette abstraction sauvage sans le
trash, les durées éclairs, orageuses et fiévreuses
de Melt-Banana dans un album de 20 petites minutes pour 9 morceaux.
Et le non-sens continu à la US Maple dans une version bombardements
alliés. Vous en ressortez tout confus, nerveux mais prêt
à remettre le couvercle. Ils vous ont hachés menu-menu
mais ça été terrible. Ces gars fucking rock
et fuck le rock par la même occasion....
SKX (06/09/2000) |
ARCO
FLUTE FOUNDATION
"
everything after the bomb is sci-fi " - CD
Cenotaph Audio 02
Ce
groupe américain pointe déjà là son
troisième album. Ayant raté les précédents
épisodes, je ne pourrais vous rapporter que des propos
dont l'écho résonne jusqu'à cette page, échos
faisant réminiscence de Mogwai et autres bruyances spacieuses.
Sur Cenotaph Audio, le label de Pittsburgh qui nous avait fait
découvrir les excellents Microwaves, cette 3ème
livraison semble avoir perdu la motion rock et s'est dangereusement
focalisée sur l'aspect larges étendues sonores et
chroniques sans parole d'aventures interstellaires. Le rythme
reste cependant de ce monde, tout n'est pas parti avec l'eau du
bain. Les guitares savent être incisives et tournées
en boucles. On pense alors aux stridences d'Hovercraft, à
un Godspeed You Black Emperor sans le lyrisme et les trompettes.
Mais ce groupe sans flûtiau (je vous rassure!) a des fondations
floues. La plupart du temps, on berce dans un univers cotonneux,
mal défini, expérimentations tous azimuts. Absence
de rythmes, guitares vaporeuses, brouillard artistique. Ca peut
séduire par instant, quelques moments de grâce, en
suspension, comme ça, sans prévenir. Ca peut aussi
énerver la salle à patience avec pour effet immédiat
le ronflement soudain ou le lâché de CD à
travers la pièce. Pour les amateurs de musique d'après
la bombe. La grosse, celle qui mettra un terme à tout ce
bordel. En attendant, je vais m'amuser ailleurs.
SKX (11/07/2002)
|
ARMY
OF PONCH
"
....so many you could never win " - CD
No Idea 02
Et
des litres de sueur et des tonnes de kilomètres. Army of
Ponch, courageux soldat, fantassin noyé dans la meute,
toujours prêt au combat. Pas question ici de sortir du rang.
Army of Ponch aime le travail parfait, dans la grande tradition
emo-rock/hardcore engendrée par Hoover, Shotmaker, Three
Penny Opera. Une armée des ombres dense, quelques arbres
parmi une forêt touffue, arpentant toujours les mêmes
accords mais avec ferveur, une habileté jamais prise en
défaut. "Si nombreux que vous ne pourrez jamais gagner".
Un titre à double-tranchant, à niveaux multiples
mais qui reflète bien la mentalité de ces groupes
soudés entre eux, sillonnant en long, en large et en travers
les lignes droites des grandes plaines américaines. Ca
joue sans prétention une musique qui leur vient des tripes
et du cur, la seule chose qu'ils aient jamais su faire.
Du bonheur simple, à portée de tous. On retrouve
dans ce groupe Dave Diem, l'infatigable chanteur de 12 Hour Turn
et True North. Une veine et un engagement similaire. Army of Ponch,
consciencieux et de qualité. Vous en reprendrez bien une
rasade?!
SKX (21/05/2002)
|
ARTIMUS
PYLE
"
civil dead " - CD
Prank 01
C'est
sûr, les civils vont morflés. Toujours eux les plus
touchés. Artimus Pyle a le verbe vindicatif et engagé
et se donne musicalement les moyens d'enfoncer le clou de leurs
convictions au plus profond de votre crâne avachi. Le temps
de vous cracher tout ça à la gueule et le trio se
saborde. Reste ce témoignage. Un maxi et leur dernier 45
regroupés sur une même balle. Du gros calibre qui
déflore les idées en 13 chapitres. La musique est
oppressante, speedés des quatre fers. Hardcore, punk, tout
ça à la fois, l'urgence. Du Neurosis premier cru
avec le son de maintenant, lignée Catharsis version cours
métrage. Ca fait pas dans la dentelle, autant vous l'dire!
C'est pour ça que c'est si bon. Musique subversive pour
monter au front.
SKX (16/05/2001)
|
THE
ASSISTANT
"
We'll make the roads by walking " - CD
Nova 03
Il
va y avoir des larmes. The Assistant ne ménage pas sa peine.
C'est le tourbillon des armes, d'une atroce complexité.
Ce groupe américain pioche dans tous les styles - hardcore
chaotique, metal, emo - et ressort, avec un certain savoir-faire,
une boulimie de sons qui ressemble fort à une avancée
de chars en plein désert irakien. Ca bombarde tous azimuts,
entre les multiples parties qui s'imbriquent, le déluge
de breaks, les compteurs qui virent dans le rouge sous la pression
de rythmes trépidants, d'une voix qui n'en veut et qui
racle bien le fond de la gorge. Avec dans toute cette furie, la
queue d'un piano, une voix féminine pour adoucir les murs
et les passages très mélodiques pour reprendre son
souffle. Et comme The Assistant est du genre à allier le
verbe au geste, un livret ultra détaillé avec les
paroles et l'explication de texte in vitro est fourni. Avec ce
groupe, on sait où on va. Pas d'entourloupes. La famille
Converge and co s'enrichit d'un nouveau membre. Le problème,
c'est que c'est presque trop. Une chatte n'y retrouverait pas
son petiot ! Et que le son, étouffé, manque de l'ampleur
nécessaire pour traduire au mieux toute la puissance dont
ce groupe a besoin pour se sentir à l'aise. L'overdose
n'est pas loin. Néanmoins, malgré ce bourrage de
crâne et le manque d'éléments nouveaux au
dossier, cet album va ravir les fans du genre, ceux qui aiment
s'exploser la tronche sans trop se poser de questions.
SKX (12/08/2003) |
ATOM
AND HIS PACKAGE
"
a society of people named Elihu " - CD
Mountain Cooperative / Suziki Beane 98
Disque
de bouffon! Un drôle d'atome, un électron libre à
la connaissance de la scène punk-rock certaine et qui passe
son temps tout au long de ces 20 titres à railler les stars
de village pour notre plus grand bonheur. Ironie, sarcasmes, tout
le monde en prend pour son grade et c'est fait sans méchanceté.
Juste une façon malicieuse de montrer que tout ce petit
monde issu de la scène punk/hardcore est souvent bien trop
mégalo et tourner vers son propre petit nombril! Et la
musique est ridiculement bonne et anecdotique. Juste l'Atom, sa
voix Duffy Duck et son Package, un pauvre sequencer yamaha à
2 balles dépoussiéré des années 80.
Avec une perle à ne rater sous aucun prétexte, une
reprise du "Waiting Room" de Fugazi que Ian McKaye et
sa bande n'auraient pu imaginer même dans leurs pires cauchemars!!
Un des pires disques de l'année. Et c'est Atom qui l'a
dit en premier!!!!
SKX (27/12/1999)
|
ATOMIC
FIREBALL/SWARRRM
"
split cd " - CD
God Door 01
Apocalypse
nouveau en provenance du Japon. On connaît les groupes du
Soleil Levant pour leur extrémisme. Avec des noms pareils,
ces deux groupes ne dérogent pas à la règle.
Entr'aperçu sur un split single avec Frodus, Atomic Fireball
avait, l'espace d'une face, déclenché un raz de
marée auditif. On les retrouve 3, 4 ans plus tard et quelques
changements en cours de route. Le trio s'est mué en quatuor
avec le guitariste de Nine Days Wonder sur cet enregistrement
et le chanteur de Hellchild pour pousser la chansonnette sur ces
trois titres (dont un live). Et la bête n'est pas de tout
repos. La force de frappe d'un Zeni Geva. La complexité
d'un Converge. Et surtout cette voix qui insuffle un ton très
particulier à cette vague submergeante. On aime ou on aime
pas. Pour ma part, elle me colle au plafond. Tour à tour
rocailleuse (et le mot est faible) ou hurlante, baroque ou murmure,
prête à décoller la 2ème couche et
à faire fuir une horde de Huns. Atomic Fireball, c'est
un rock bruitiste et labyrinthique et cette voix, la corde qui
manquait pour atteindre définitivement sa cible. Impressionnant!
Avec Swarrrm et ces trois "r" de chiens de garde prêt
à vous mordre, on berce tout de suite dans le coté
"metal" de la bête. Entre voix aiguë et "deathisante"
(est-ce le même?!), la culture de la bombe H est entre de
bonnes mains. C'est un rien plus convenu mais ils offrent de tels
passages férocement déjantés et à
fond sur les manettes qu'on osera rien leur dire de peur de les
vexer! Le Nippon est pas content et tous les pervers de l'impossible
se doivent de posséder cet objet brûlant.
SKX (12/02/2002) |
ATOMSMASHER
"
s/t " - CD
Double H Noise Industries / Hydrahead 01
Atomsmasher
ou les nouvelles lois de la physique revues et corrigées
par un trio de chercheurs fous. Toute leur force vient d'une totale
absence de remords pour vos tympans. La destruction de l'atome,
la matière réduit à néant. Derrière
cette promesse, James Plotkin, guitariste qui a de son instrument
une vision très expérimentale. Un CV épais
comme ça avec Old, Scorn, Michael Gira, Mick Harris, etc....
La tête pensante de ce projet accompagné par Dave
Witte à la batterie. Terreur du grindcore, (Human Remains,
Discordance Axis) qui se pourrait bien être l'actuel batteur
de Melt-Banana. Le roi de la cadence infernale. Et le dernier
bras armé de ce trio est un nouveau venu, DJ Speedranch,
dont le nom commence à faire frémir le milieu électronique
(Venetian Snares). Organe vocale déconnecté de toute
raison et défoncé de la platine. C'est Hydrahead,
avec sa sous-division panzer Double H Noise Industries, qui porte
le chapeau et nous fracasse ce 1er album sur un plateau. Le premier
impact qui ressort, c'est l'énorme travail fait sur la
texture, la recherche et la richesse de sons dérangeants
et l'imbrication qui en résulte. Comment tout ces rythmes
binaires et trash se télescopent avec des samples aliénants.
Comment cette voix napalmée surfe sur les vagues bruitistes
des guitares. Comment ces flèches noise/grind s'effacent
devant de mystérieuses plages envoûtantes, aux harmonies
claires. Etonnant contraste où les relents les plus extrêmes
de la musique grind, façon Painkiller et Naked City, partagent
en toute fluidité le terrain d'une musique vouée
aux machines et à l'électronique, la plus sauvage
soit-elle. Atomsmasher se propose de casser vos repères,
de les piétiner et de reconstruire, avec une précision
maniaque, quelquechose de furieusement innovant et de très
inquiétant. Une folle course aux atomes où Plotkin
nous bat KO debout. Interdit aux moins de 16 ans mais à
découvrir d'urgence.
SKX (18/12/2001)
|
THE
AUSTERITY PROGRAM
"
Terra nova " - CDEP
Hydrahead 03
Le
retour de la boite à rythme. La bonne vieille boite à
rythme qui fait toujours ce qu'on lui demande. Et c'est dingue
ce qu'on peut lui demander de nos jours. Vous rajoutez une bonne
grosse basse qui cogne. Une guitare qui s'y connaît en matière
de bruit finement aiguisé. Un hurleur qui pleure toute
ses tripes tout en sachant vous amadouer d'un brin de voix apaisé.
Voilà pour les réjouissances de ce nouveau groupe
new-yorkais directement débarqué chez Hydrahead.
Quatre morceaux longs comme une lente agonie. La souffrance en
8 minutes de moyenne. Le tarif maison pour vous convertir à
leur trip hypnotique, martelant, non dénué de mélodies
distillées en boucle. Et alors qu'on pourrait craindre
un matraquage à tout va, Austerity Program joue la carte
du dépouillement, presque minimaliste et glacial par endroits.
Juste une voix, un rythme. Un gros riff qui tourne. L'ambiance
est chargée, torturée. C'est Godflesh, c'est Big
Black. Mais c'est surtout Austerity Program. Un truc à
part dans l'écurie Hydrahead. Ca pile les nerfs. On serre
la mâchoire. Et on adhère sans hésiter à
ce programme qui, certes, n'annonce pas la joie et la bonne humeur
dans les foyers, mais le grand jour arrive, on va tout arracher.
Austerity Program donne le ton.
SKX (07/08/2003)
|
THE
AVENGING DISCO GODFATHERS OF SOUL
"
The Ultimate in Authenticity and Musical Usefullness " -
CD
Alone 03
Méthode
de destruction totale. Sonnez les matines, il est l'heure du cauchemar,
deuxième épisode. Après un premier essai
version court-métrage, The Avenging Disco Godfathers of
Soul (TADGS) revient avec le péplum. Tu les laisses dans
le bac à sable, ils reviennent avec la barre à mine.
A-t-on idée de concilier The Locust, Naked City, le hardcore
des plus chaotiques tout en se faisant mettre par Tex Avery ?
Fâcheuse tendance au mal de tête. Reprenons le fil
de la messe. Si la sacro-sainte religion de ces tarés est
le hardcore, le point de départ archi-su sur le bout des
doigts au point d'en avoir fait le tour, pour désormais
le pourfendre allégrement, déviance générale,
éclatement intérieur. Tu n'as que ce que tu mérites.
Les seuls à pouvoir caler un petit air de bossa sans que
ça sonne pourri du cul. Les seuls à pouvoir passer
du coq à l'âne sans que ça fasse démonstration
technique et gonflette de pectoraux. Car le regard est délibérément
fixé sur une crête ou le mot punk brille de mille
feux, prêt à les rappeler à la moindre alerte
qu'ils sont bien là pour enfoncer le clou de la révolte
et non pas prétendre à un article dans Guitare &
Claviers. Alors n'ayez pas peur de la multiplication des breaks,
ce sont de petits pains bénis. Leur quotidien est ultra
complexe mais le résultat est frappant de cohérence.
Un pur disque de hardcore. Ils ont juste choisi des chemins détournés
pour tromper l'ennui et la redite. A ce petit jeu du quitte ou
double, du je m'écrase la gueule ou du je décolle
en mille morceaux, TADGS a décroché le pompon. De
la balle.
SKX (10/11/2003)
|
THE
AVENGING DISCO GODFATHERS OF SOUL
"
This is the invasion " - Lp
Kill Frank Lentini 02
Un
nom à remplir une piste de danse et la vider dans la seconde
qui suit la première note de musique tombée ! Avec
ces anciens Index of Potential Suicide (notez là encore
la richesse du nom), on ne pouvait prétendre au repos de
l'âme. Un trio qui compulse avec Mr Skinny aux peaux, Bones
à la guitare, xylophone et trompette et Professor Poison,
joli brin de voix un rien énervée, tâtant
également de la basse et du sacro-saint synthé (priez
pour lui, il ne l'emportera pas au paradis). Une arme utilisée
avant tout comme un sample, omniprésent dans, avant, entre
les compos. Point de Ray Manzareck à l'horizon, je vous
rassure. Et si on oublie quelques facilités qui font plus
office de bouches trous, ces samples sont parfaitement liés
au corps des morceaux. Et quand ces trois là décident
de jouer de leur unique instrument, c'est encore mieux, pétaradant,
émulsifiant, haut en couleurs ! Des bleus aux articulations,
un esprit bouffon, des variations d'ambiance, hardcore des années
2000 gardant le nerf du combat tout en élargissant la palette
musicale. Cette bouilloire conduit à des vertiges. Ca se
bouscule, se précipite. On croit être arrivé,
c'est un autre couloir menaçant qui commence. On entend
rire tout autour de soi. Le foutoir en plein milieu de la piste.
A moi le bordel !
SKX (07/01/2003) |
Act
XL - CD
Amanita 2004
Acte
isolé. Les machines pour seul compagnon. Et l'univers
connaisseur du studio de Amanita records. Un seul maître
à bord qui répond au pseudo de Kri, sa palette
d'instruments bien de chair, le retraitement in-vitro pour donner
à sa musique une dimension mi-homme mi-bête. Car
l'ambiance ici est futuriste et froide, basé sur le rythme,
aussi diversifié soit-il, état hypnotique, qui
tourne et qui retourne, drum'n'bass, réminiscences hardcore
et noise, coloration industrielle continue, lente et inquiétante.
Casser du sample sur le dos, éclater les formats. Plages
ambiantes, toile fine de sons qui tombent, voix spatio-temporelle.
On flotte. Et puis on cogne tout de suite après. Cet
electro là expérimente et navigue du coté
de Hint, Scorn, This Heat et autres aventuriers du son. On est
pas là pour faire danser. Maintenant, tout ça
me laisse aussi froid et distant que la musique. XL, taille
large pour un album qui aurait gagné à être
raccourci et néanmoins intéressant.
SKX
(01/07/04)
website
groupe www.amanitarecords.com
website
label www.kirikino.net
sounds
www.kirikino.net/files/starter.htm#
|
A
Day in Black and White
My heroes have always killed cowboys - CDEP
Level Plane 2004
En
direct de Washington DC, A Day in Black and White (ADIBAW pour
les fainéants) lance ses premiers cris qui ne vont pas
résonner dans le désert. Après une demo
qui n'avait rien d'exceptionnelle, le trio présente un
début discographique grandiose. Le jour et la nuit. Si
ce groupe est le meilleure groupe de screamo-hardcore à
l'heure actuelle, c'est parce qu'il est largement plus qu'un
groupe de plus qui ressuce une fois encore cet éternel
sillon en mal de second souffle!! ADIBAW a la particularité
d'amener et/ou entrecouper ses brûlots hardcore aux mélodies
imparables par de longues montées tout en douceur, des
accords à la lenteur vénéneuse, de créer
comme jamais à partir d'un pourtant classique courant
chaud/courant froid, une musique aux brillants contrastes. Un
rock explosif qui ne lésine pas dans la véhémence.
Quand ils décident de partir à l'abordage, ils
ne font pas le voyage pour rien. A l'opposé, les calmes
sont olympiens mais jamais soporifique comme sur le 5ème
et dernier morceau "Illusion of the end". Pièce
instrumentale de onze minutes au début tout en douceur,
en piano et à la baguette, avec une guitare acoustique
qui fait lentement monter la sauce pour une explosion finale
simple et majestueusement efficace. Tout ça sonne comme
du déjà entendu et pourtant, ADIBAW le fait comme
nul autre avant! Une énergie, un chaos contrôlé,
un lyrisme digne du plus grand Envy, un truc unique sans avoir
l'air d'y toucher, le riff qui tue, l'harmonie qui apaise, la
batterie qui s'affole, le rythme qui se tait. Cinq titres, mélange
de fuite en avant et de fragilité déconcertante.
Cinq contes épiques mis en pièce par Kurt Ballou
(Converge). Il n'en fallait pas plus pour contenter son homme
et s'esbaudir devant une telle maîtrise ! La meilleure
sortie de Level Plane depuis... jusqu'à la prochaine!
SKX
(02/12/2004)
website
groupe www.dayinblackandwhite.com
website
label www.level-plane.com
sounds
www.hxcmp3.com/bands/3352
|
A-Frames
2 - CD
Dragnet 03
A-Frames
fait partie de cette vague récente de groupes américains
dont les influences viennent autant des années 90 et
son florilège noise que le début des années
80 avec des groupes post-punk comme Wire et Gang Of Four. "2"
est leur... second album (hé oui!) et, après un
premier essai laborieux, semble avoir trouver ses marques entre
l'héritage des aînés et l'affirmation de
leur talent de compositeurs. Format court, c'est rêche
et direct, artifice zéro. Une basse bien devant, rythmique
prépondérante, la tête dedans et la guitare
dans tout ça qui se fraye un chemin, apporte son idée
mélodique et brise la glace. Car ne comptez pas sur la
voix pour réchauffer l'atmosphère. Robotique et
détachée du monde, elle plante des couteaux dans
le dos. Minimaliste, espace restreint pour la galipette, visage
fermé, A-Frames monte au combat, sûr de sa force,
agile et volontaire, avec ce qu'il faut de malice aux coins
des lèvres pour rendre la pilule lumineuse. On sait de
quoi est faite leur discothèque mais bonifie les acquis.
"Chairs missing" avait laissé une place vacante.
A-Frames s'y assoit allègrement. Ne reste plus qu'à
peaufiner leurs sillons pour marcher sur leurs propres plates-bandes.
SKX
(08/03/04)
website
groupe www.dragnetrecords.com
sounds
Rescue(demo).mp3
|
Amanda
Woodward
La décadence de la décadence - CD
Earth Water Sky Connection 2004
Les tourments
révoltés de Amanda Woodward. Le groupe de Caen signe
son premier album, assoit ses bases et prend par la même
occasion son envol. Les racines du hardcore et la touche emo.
Son pain quotidien entrevu sur leurs précédentes
productions. Avec cette nouvelle décadence, Amanda Woodward
va au direct. Tête baissée dans des compos où
l'urgence prime, saute aux yeux avant de révéler
ses finesses, d'apprivoiser ses tensions internes et se bonifier
au fil des écoutes. Chant en français qui me convainc
quand ça hurle (quoique très monocorde dans sa colère)
et me hérisse un rien le sourcil en mode parlé avec
ses syllabes traînantes et désagréables en
fin de phrase comme sur " dans le cas où les flammes
". Amanda Woodward, c'est aussi une influence dub dans le
jeu de basse, un certain sens du groove qu'on pouvait retrouver
auparavant chez Universal Order of Armagedon, qui a mon plus grand
plaisir, se fond de mieux en mieux dans le moule, apportant un
espace oxygéné dans le fourmillement de leurs morceaux.
Amanda Woodward joue dans la cour des Yaphet Kotto, Yage et consorts
en prenant soin de voler au fil des ans de leurs propres ailes.
Un album de souffre et de sang, cynique et prêt à
en découdre. Un groupe français qui s'internationalise
sans complexe, dans le sillage des Jasmine et Fingerprint à
une autre époque et s'exporte même aux Etats-Unis
sur le label Level Plane, suivi d'une tournée marathonienne
chez l'Oncle Sam. Pas inévitablement un gage de qualité
mais le voyage dans ce sens est tellement plus rare qu'il fallait
bien le signaler ! La décadence, mais pas pour tout le
monde.
SKX (10/07/04)
website
groupe www.sans-vie.com
website
label www.earthwaterskycn.de
sounds
la
decadence.mp3 |
An
Albatross
We Are The Lazer Viking - CDEP
Ace Fu 2003
Court,
rapide et bruyant, ainsi se résume la vie de An Albatross.
Avec un penchant avéré pour l'auto-destruction.
Pêle-mêle, vous trouvez au sein de leur nouvel et
deuxième acte, un humour de cartoon belliqueux, un fiévreux
esprit rock'n'rollesque, des traces de punk binaire et trash
à la Locust fuyant les foudres avant-gardiste de Melt-Banana
ou Naked City. Dans un souci d'économie pointu, nos six
énergumènes de Philadelphie balancent le tout
(11 titres) en 8 minutes, histoire de ne pas lasser l'auditoire
toujours aussi versatile, c'est bien connu. Génération
zappeurs névrotiques et consommateurs boulimiques. Les
deux synthés prennent le dessus pour envoyer des flèches
mélodiques empoisonnées et faciles à retenir
("let's get it on with it!" et "the revolutionnary
politics of dance"), tenant le haut de la production où
vient s'encastrer une voix qui ne fait jamais dans la dentelle.
Hurle mon gars, hurle. Un disque contre l'ennui. Seulement huit
minutes, mais quelles huit minutes!!
SKX
(20/05/04)
website
groupe
www.analbatross.com
website
label
www.acefu.com
sounds
RevolutionaryPoliticsOfDance.mp3
|
ANGORA
STATIC
7"
Anomalie / Wild-Zero / Lilacsky 03
Un
très prometteur quatre titres. La provenance : Norvège.
Un de plus! Trois labels s'y sont mis (un Allemand entouré
de deux Norvégiens) pour sortir une galette toute simple.
A croire que l'effort était colossal. Et les moyens respectifs
dérisoires! Angora Static file droit dans le sillage
de JR Ewing, mâtiné d'une approche encore plus
direct à la Kaospiot (les nouveaux frères ennemis!).
Bref, la fusion idéale pour un baptême de feu de
dieu. Chaque morceau possède sa propre vie. De solides
mélodies. Punk dans l'âme. Noise dans la démarche.
Ou le contraire. Sur les routes françaises avec Kaospilot
en avril. Une nouvelle perle à juger sur pièce.
SKX
(12/02/2004)
website
groupe www.angorastatic.com
website
label www.anomalierecords.com
- www.lilacsky.com
- www.wild-zero.de
sounds everymanishisownmicroprosessor.mp3
-
www.level-plane.com/kaospilot/angorastatic.mp
|
Anodyne
Salo - 10"
Insolito 04
Les
gais lurons de Anodyne (Brooklyn, New-York) ressortent les chiennes.
Quatre titres dans la lignée de leur précédent
album "the outter dark" : hardcore épuisant
qui suinte la rage et la torture mentale, horizon bouché.
Playing Enemy / Kiss it Goodbye, vous connaissez la suite, avec
un je ne sais quoi de l'optimisme de Unsane, l'effet claustrophobique
de la Grande Pomme sans doute. Au début, je ne voyais
pas la beauté du propos et l'utilité de remettre
le couvercle. Mais mes yeux se sont ouverts et j'ai compris
ma douleur. Toute logique est implacable. Bien gratter sous
la crasse et vous verrez le jour. Anodyne est sur le bon chemin.
(A noter que la version CD est sorti sur Init records avec les
mêmes morceaux mais remixés + 3 titres en plus
dont une reprise de Hüsker Dü et un design différent!
Ca fait quand même beaucoup, c'était bon
de le savoir, je sais ce qu'il me reste à faire damned!!)
SKX
(24/03/04)
website
groupe www.anodynehq.com
rubrique multimedia
website
label www.insolito.de
| www.initrecords.com
|
Anodyne
Lifetime of gray times - CD
Level Plane 2004
Changeant
d'écurie à chaque nouvelle sortie, Anodyne ne
parvient pourtant pas à nous semer en route. Le trio
oeuvre dans la catégorie noise-core et ne déroge
toujours pas à leur ligne de conduite jusqu'au boutiste.
Leur humeur massacrante et le fait qu'ils soient de New-York
évoquent tout de suite Unsane et les maléfiques
rues de " Taxi Driver ". Le rendu est différent
mais la noirceur suintante et la brutalité à sec
qui se dégage de leur musique les rallie à toute
cette cohorte de groupes nés de la frustration et d'instincts
primaires qui remontent du fond des caves. Des charges écorchées,
furieuses, rapides, qui se nourrit de l'esprit de Black Flag
et de la précision d'un Converge. Anodyne a fait un effort
de mélodies, à condition d'aimer aller au fond
de la mine chercher ce qui ressemble à une raie de lumière.
Fracas de bruit impénétrable, frénésie
de rythmes et nihiliste, le seul reproche de cet album est cet
aspect compact, ramassé sur lui comme un paquet de muscle
prêt à bondir, ce manque de variété
que seul un " Blood Meridian " vient rompre, morceau
libre et abstrait, furieusement bruitiste durant six minutes
éprouvantes. N'empêche, avec ce " Lifetime
of gray times", Anodyne signe sa meilleure sortie, grâce
à une production qui donne de l'ampleur à leur
hargne et leurs sentiments d'hommes des cavernes. Ca saigne
mais on aime ça !
SKX
(01/12/2004)
website
groupe www.anodynehq.com
website
label www.level-plane.com
sounds
arctor.mp3
| zeroworld.mp3
| carnotengine.mp3
|
A
Short Apnea and Gorge Trio
... just arrived - Cd
Wallace records 2004
A
Short Apnea est un trio italien, culte pour tous ceux qui aiment
la musique très expérimentale et bruitiste. Comme
Gorge Trio, trio américain, n'est pas le dernier quand
il s'agit de faire des choses pas carré, la rencontre
ne pouvait que se faire, au détour des nombreuses tournées
de Gorge Trio en Itlaie. Et " just arrived ", trois
petits points, n'a donc rien d'une partie de plaisir. Quand
un chien enragé rencontre un chien enragé, ça
donne rarement une chatte toute douce ! Trois jours de pures
improvisations en novembre 2001 (bonjour le mal de crâne)
pour une lente et minutieuse sélection et retraitement
de cette orgie. Un flot sonore où guitares préparées
ou non, batterie, claviers s'affrontent dans des duels pervers.
Pour les connaisseurs de Gorge Trio et leur album " dead
chicken fear no knife ", l'ambiance de base n'est pas à
des années lumière. Par contre, avec les extrémistes
italiens, on abandonne tout de suite ne serait ce qu'une minute
de quelconque structure. Ca reste un pur flux de sons avec ses
marées, ses silences droïdes et ses décharges
franchement électriques. Huit morceaux à se prendre
comme une longue pièce. Un accident de Mère Nature
où les sons tombent au hasard. On évitera de s'écouter
ça trop souvent tout de même
SKX
(14/11/2004)
website
label www.wallacerecords.com
sounds
port5.mp3
|
Athletic
Automaton / Made in Mexico
Split CD
New Addition Media 2004
Qui
a dit qu'on ne gagnait pas au change?! Arab on Radar splitté,
nous voilà avec trois rejetons sur les bras. Le premier
à pousser ses cris fût The Chinese Stars (bien
parti dans la vie avec l'ex-chanteur et batteur de AOR). Les
deux autres guitaristes ne sont pas loin derrière. Steve
Matmos (le blond) a trouvé sur son chemin un batteur
et le duo Athletic Automaton a vu le jour. L'autre (le brun)
s'est entouré d'une plus grande famille pour formé
Made in Mexico. Et comme toute les familles modernes recomposées,
ils ne s'en tiennent pas rigueur et partagent ce CD en toute
fraternité. Et l'amitié ne s'arrête pas
là puisque J. Ryan (ex-chanteur de Six Finger Satellite)
pousse ses cris sur un des deux morceaux de Athletic Automaton,
compos elle-même enregistrées par Rick Pelletier
qui manie la basse chez The Chinese Stars (après avoir
gratter chez Six Finger Satellite !). Comme une forte odeur
de partouze. Mais ne nous attardons pas sur les détails.
Athletic Automaton joue en tenue sport avec short et bandana,
look ancienne Allemagne de l'Est. Encore un détail me
direz-vous ?! Qui trouve toute sa signification dans cet indéfinissable
2ème degré qui sied si bien à AOR à
son époque et qu'on retrouve, non seulement dans l'esprit,
mais aussi dans la musique de Athletic Automaton. La guitare
de Matmos a un son bien particulier, lancinant, pervers et déréglé
pendant que le batteur Patrick Crump nous rend ivre de rythmes
répétitifs et de grands coups de cymbales sur
un 2ème titre long de 10 minutes. A juger sur la durée
d'un album qui ne devrait pas tarder. Made in Mexico reprend
un format plus classique avec guitare-basse-batterie et une
donzelle au chant. Là encore, aucun compromis dans le
traitement auditif. L'ombre de AOR continue de planer. La formule
laisse plus d'ouverture que son compère de Athletic Automaton.
La guitare agit comme une scie circulaire que Rebecca Mitchell
se charge d'aiguiser au plus fin par de méchants cris
intempestifs et des lamentations paranoïaques. La rythmique
assure une assise rassurante. Le moins que l'on puisse faire
devant un couple aussi dangereux. Les fans de Arab on Radar
apprécieront cette suite des aventures de nos deux gratteux.
A condition d'en aimer la face la plus sombre et schizophrénique.
La progéniture s'annonce dévergonder. Leurs prochaines
conneries sont à surveiller de près.
SKX
(28/08/04)
website
groupe www.athleticautomaton.com
madeinmexico.lotsofnoise.com
sounds
music.htm
|
|
AMERICA
IS WAITING
"
In the lines " - CDEP
Die Die Diemond 03
L'Amérique
attend. Certes, mais quoi?! En attendant que le vent tourne,
ce groupe originaire du Texas offre un premier élément
de réponse sous la forme de sept titres cinglants. Du
tac au tac. Un groupe découvert par hasard via leur site
web où ils encourageaient tout bon (et même mauvais)
américain qui se respecte à aller voir The Ex
en concert. Et un groupe qui aime The Ex ne peut pas être
un mauvais groupe. A l'arrivée, America is Waiting n'a
pas grand-chose à voir avec nos Hollandais. Sinon un
amour identique pour marier la beauté d'une mélodie
au chaos le plus élémentaire. Mais des groupes
qui correspondent à ces critères, c'est légion.
Alors quand en plus, on y rajoute la grâce et l'explosivité,
ça donne une réalisation inespérée.
Devant son inspiration également à des groupes
comme Jesus Lizard, Fugazi ou Girls vs Boys (du début
parce que la fin, ça craint), America is Waiting possède
ce petit plus tout de suite identifiable qui vous fait dire,
le sourire en coin, que vous venez de mettre la main sur un
groupe dont on a pas fini de parler (si les petits cochons les
mangent pas). Ecoutez le morceau " sympathy for rome ",
tube énorme sans facilité et ça ne devrait
pas être trop dur de vous convaincre. Mais ça pourrait
être vrai pour l'ensemble des compos. Entre des rythmiques
qui tournent, des ballades sombres et tendues (" the virus
is airbone "), le bruit qui s'échappe des guitares,
se libère, envahit et vous ensorcelle, la charge émotionnelle
est grande. America is Waiting son heure.
SKX (29/12/2003)
|
A
Day in Black and White / Black Castle
Split 12''
State of Mind 2004
Depuis
le dithyrambique maxi "My heroes have always killed cowboys",
A Day in Black and White est attendu comme le messie et surveiller
comme le lait sur le feu. Il faudra encore attendre pour le
premier album. On ronge son frein avec ses trois morceaux. Un
live tout en suspension. Ambiance quand tu nous tiens ou est-ce
pour mieux nous préparer le terrain avant la déflagration
du deuxième titre (studio) " what do you want to
me, to sign your freakin yearbook ? "
. Deux minutes
trente de pur jus, les nerfs bien en pelote, l'énigme
screamo qui prend son visage à double tranchant avec
le " part one ". ADIBAW continue de naviguer entre
les ponts. Après le sprint, sept minutes trente où
le trio de Washington DC tempère ses ardeurs, brouille
les pistes, entre fausse piste atmosphérique et rage
juvénile. Encore du beau travail. Avec Black Castle,
c'est le hardcore dans tous ces états. Entre l'explosion
anarchiste d'un Index For Potential Suicide et ses bidouilles
et l'utilisation abusive d'un synthé façon An
Albatross / The Disease. Le hardcore nouvelle génération
qui en suce surtout toute l'énergie pour faire (tenter)
un truc original avec les cris du chanteur qui gueule pour tout
le monde, des lignes de synthés qui apportent un peu
de stabilité et des fritures sur la ligne. C'est un peu
tout et n'importe quoi. Il suffit pas de faire du bruit dans
tous les sens pour faire fureur. Vivement le prochain A Day
in Black and White !
SKX
(19/01/2005)
website
groupe www.dayinblackandwhite.com
| www.enterblackcastle.com
website
label www.stateofmindrecordings.com
What-do-you.mp3
| BlackCastle-Divine-intervention.mp3
|
A
Day in Black and White / Navies
Split 10''
Level plane 2005
A Day in Black and White / Golden Birds
Euro tour split 7''
Paranoid 2005
La
vie de groupe n'est pas un long fleuve tranquille. A Day in
Black and White fait tourner le personnel. Seul le chanteur/guitariste
et le batteur reste. Période charnière qui se
ressent sur ce disque. Enregistrement à deux avec de
malheureux 4 pistes (voir pire) et à la maison. Trois
morceaux qui sonnent comme des démos. C'est tout gentil,
sans force et sans émotion. Navies ont eux le vent en
poupe. Trois inédits qui fleurent bon le printemps gaillard,
dans la lignée de leur précédent single.
Ca part, ça vient, ça se casse et ça repart
sans jamais perdre le fil conducteur. Navies ne fait pas dans
la facilité et offre un rock-noisy ambitieux et digne
d'intérêt. En tournée récemment en
Europe, A Day in Black and White fête ça avec leurs
compagnons de route Golden Birds et leurs nouveaux amis d'Amanda
Woodward sur leur label Paranoïd. Pour ADIBAW, le constat
est assez proche du split avec Navies. Ce " all plots "
sonnait franchement convaincant sur scène mais sur disque,
l'enregistrement est plat et ne possède pas la force
lyrique de leurs précédents disques
Espérons
que cette option n'est pas leur nouvelle chimère et que
l'album prévu pour l'automne remette les choses à
leur place ! Pour Golden Birds, anciennement baptisé
Carrier, espérons qu'ils n'en fasse pas une longue, de
carrière, leur rock indé US est laborieux, quelconque
et le chanteur très énervant. Magnifique galette
vinyl tachetée au demeurant !
SKX
(30/04/2005)
website
groupe www.dayinblackandwhite.com
| www.naviesband.org
www.goldenbirds.com
website
label www.level-plane.com
| www.paranoidrecords.net
|
A-Frames
Black Forest
Sub Pop 2005
A-Frames,
exutoire parmi d'autres, de phantasmes musicaux à peine
rêvés. Un groupe de Seattle où pêle-mêle,
ex-Butthole Surfers, Scratch Acid et Cows (Lars Finberg le batteur)
se retrouve. Les mêmes se remélangeant dans diverses
formations (The Intelligence, The Dipers). Des vieux de la vieille
toujours gaillards. D'où cette sensation sans cesse renouveler
de faire du neuf avec du vieux. A-Frames passe cette fois ci
aux choses sérieuses en débarquant sur Sub Pop
pour son troisième album. Production étoffée,
morceaux enrichis, plus tordus et à la propulsion interne
décalée. La référence et à
Wire reste d'actualité, leur esprit surtout mais aussi
une suite de clin d'il, volontaire ou pas, à Joy
Division avec un "eva braun" au ralenti, un hommage
appuyé au Pixies avec " Memoranda " et "
U-Boat ". Un tas de trouvailles qui rappellent tout et
n'importe quoi. La boite de A-Frames est pleine de disques et
de suite dans les idées. Une batterie robot, une voix
féminine qui passe et qui repasse. Une voix mâle
détachée et froide comme le rythme. Et pourtant,
on s'y sent bien et en chaleur. On se surprend à se secouer
le cocotier sur des hymnes fédérateurs tout simple
(" Experiment ", " Black Forest II "). Tout
ça a comme un arrière goût de déjà
entendu mais le charme est là et ce troisième
album est le meilleur du lot. Pente ascendante.
SKX
(07/03/2005)
website
groupe www.dragnetrecords.com
website
label www.subpop.com
sounds
Experiment297.mp3
|
Ahleuchatistas
The same and the other - CD
Noreaster Failed Industries 2005
Ahleuchatistas.
Drôle de nom qui a pourtant une origine bien fondée.
Une chanson de Charlie Parker (" ah-leu-cha ") et
le mouvement Zapatiste (The Zapatistas). Contracté les
deux et vous aurez ce trio originaire de Caroline du Nord. Le
jazz et une conscience politique. Buvez à ma tasse. Le
groupe est pourtant tout instrumental mais la folie du monde
les inspire, insuffle une rage et un barrage des sens à
laquelle leur éducation jazzy donne forme. Education
de petits blancs des banlieues également, élevés
au punk-rock. Ca vous vomit des structures alambiquées,
l'intellectuel confronté à l'agitation punk, subjectif
et cérébral. Après un premier jet "
on the culture industry " qui fait office de brouillon
de jeunesse, Ahleuchatistas affiche de gros progrès.
L'écriture est toute en nerf, assurément technique
mais d'une effervescence rare. Une foison de tirs ajustés
au plus prêt du corps. Ne pas perdre le sens des réalités.
Voir de l'humour avec ce bref passage de guitare pastichant
le fameux riff de Paint it black des Rolling Stones en plein
milieu de " good question " avant de remonter vers
des contrées apocalyptiques. Un plaisir évident
et communicatif de se lancer dans des affres balafrées
d'improvisations, de rythmes syncopés, radical, à
l'exécution rapide et exemplaire. Une triplette en pleine
extase. Le futur album est déjà annoncé
pour janvier 2006 sur Cuneiform records.
SKX
(26/06/2005)
website
groupe www.ahleuchatistas.com
website
label www.nfilabel.com
sounds
cracked0teeth.mp3
| rpg3.mp3
|
Alarmist
Evil Works Get Rich or Try Dying Evil Works - CD
Frenetic 2004
Alarmist
est avant tout une histoire de chanteur. Et de chanteuse. James
Squeaky et son alter-ego féminin Eva Pox et vice-versa.
Deux voix pour un même groupe. Groupe de débutant
originaire de Portland. Pour l'orchestre accompagnateur, une
guitare, une batterie et vogue la galère. Deux voix qui
portent le projet. Deux voix qui se cherchent, luttent, éructent,
murmurent. Habits de démone (féminin de démon)
ou fausse voix angélique de petite garce. Voix en colère,
voix mâle (en point), chacun invertissant les rôles,
les sexes se confondent. Un rock sur l'os, sec et maigrelet.
Le duo guitare-batterie n'est pas toujours à la hauteur
du duo vocal même si il nous gratifie de bonnes éructations.
L'énergie est présente. Uppercut retors. Mais
la formule est ric-rac. Les deux musiciens sèchent et
assurent parfois le service minimum. Heureusement, sur trois-quatre
morceaux (Tulips for Pianists, How i walk the crocodile et Flight
of the corpse), le bouillonnement est plus qu'un simple pet
dans l'eau. Une dangereuse vague roulante qui laisse présager
de beaux jours à condition d'étoffer la recette,
de dynamiter le son et de se montrer inspirer de bout en bout.
On imagine ce groupe scéniquement plus intéressant
et sacrément visuel avec son duo de choc aux micros mais
gageons qu'il trouve bientôt sur disque le ton approprié.
SKX
(14/02/2005)
website
groupe www.sincerebrutality.com/alarmist
website label www.freneticrecords.com
sounds
tulips.mp3
| crocodile.mp3
|
An
Albatross / XBXRX
Split 7''
GSL 2004
Quand
deux groupes réputés pour avoir bouffés
de la vache enragée se rencontrent, cela donne un 45
tours qui donnent l'impression de tourner en bourrique. Des
allumés qui oeuvrent dans une orgie sonore où
l'anarchie règne. Version Melt-Banana à la rencontre
de Helios Creed pour " I will swim in the lazer eye ",
le morceau psychédélique new-age-core tordu à
souhait de An Albatross. Ils entament une tournée en
France. Na ratez pas ces six furieux de Pennsylvanie sur scène
en mars prochain en France. XBXRX, formation à membres
variable qui a fait mine de splitter en 2003 pour mieux vous
planter dans le dos en 2005. Sur ces deux titres, c'est Weasel
Walter, le batteur des Flying Luttenbachers, qui se colle à
la machine rythmique, véritable marteau-piqueur qui orchestre
la grande débauche de guitares et de cris de XBXRX. Le
second morceau, avec son cuivre qui rentre dans la gorge, est
purement punk attitude et bruitiste sans retour. Autant vous
dire que c'est jouissif. L'album est pour cette année.
Un split qui réconcilie avec les travaux manuels.
SKX
(01/02/2005)
website
groupe www.xbxrx.com
| www.analbatross.com
website
label www.goldstandardlabs.com
video
www.analbatross.com/lazer%5B1%5D.wmv
|
American
Heritage
Bipolar - CD
Escape Artist 2004
De
l'eau à couler sous les ponts depuis leur première
tournée catastrophique en Europe en 1999. La reconnaissance
est venue peu à peu. Les concerts et tournées
de winners se sont enchaînés. Troubleman s'est
même penché sur leur album précédent.
Cette fois-ci, c'est Escape Artist, moitié filiale de
Hydrahead. La musique aussi a suivi son cours. Leur dernière
venue dans un bar VIP à Nantes avait laissé quelques
suspicions. Leur math-rock explosif et instrumental était
certes plus proche d'une esthétique metal que post-rock.
Ils ont cette fois basculé dans le camp du Mal! American
Heritage, c'est des p'tits durs, ils sont pas là pour
faire potiche mais n'oublies pas le second degré pour
autant. Grosses oeillades et poilades sur scène. Je fais
du metal et ça me fait bien marrer. Entre temps, Andrei
Cabanban, le guitariste TGV qui enchaîne les barrés
plus vite que son ombre s'est
. barré mais son fantôme
hante cet album. Sur les dix morceaux, l'asiatique virtuose
a joué ses gammes sur six décharges. Adam Norden
a troqué sa basse sans frêt pour la guitare (et
la voix, on en recause plus tard
) et un second guitariste
s'est rajouté sur la liste (il en faut bien 2 pour remplacer
Cabanban !), ainsi qu'un nouveau bassiste, Mike Duffy le solide
restant derrière les fûts. La musique de AH reste
fondamentalement la même. Cette bonne grosse machine qui
avance, tourne, inexorable, broie, hache menu-menu, cette volée
rythmique de bois vert, mais c'est qu'on m'assassine ! Les guitares
sonnent simplement plus metal. Les enchaînements sont
généreux en graisse et la lourdeur de l'ensemble
gagne de plusieurs degrés, les rapprochant de Keelhaul.
Autant dire que tout ça sent le printemps ! Mais le gros
point noir, c'est la voix d'Adam Norden. AH a quitté
le monde instrumental pour notre grand malheur. Une bonne grosse
voix limite death heureusement présente que sur les morceaux
avec le dernier line-up mais qui n'augure rien de réjouissant
pour le futur. En bonus, quatre reprises cachées en fin
de CD qui sentent le punk-rock de leurs amours à plein
nez dont une de Black Flag. Un album à deux vitesses
entre deux époques. Celle de Cabanban et un metalcore
primairement complexe et jouissif. Et puis celle de Norden,
lourde, suintante, bassement menaçante, une grosse pièce
de viande rouge qui demandera à être cuisiné
plus finement si elle veut garder toute sa saveur.
SKX
(28/04/2005)
website
groupe www.americanfuckingheritage.com
website
label www.escapeartistrecords.com
|
Ampere
All our tomorrows end today - 10''
Ebullition 2004
C'est
dans la plus grande tradition musicale de la maison que Ebullition
records sort son dernier disque avant interruption (momentanée?)
d'activités. Ebulltion, à qui on doit parmi les
plus belles réussites de l'emo chaotique (Portraits of
Past, Orchid, Yaphet Kotto pour ne nommer que les plus récents)
ne fait pas dans la surprise. Ampere s'inscrit dans la logique
des groupes suscités. Réunion d'ancien Wolves,
Orchid et Last Forty Seconds, ce dix pouces perpétue
le style. Façon condensée. 10 minutes suffisent
pour exprimer leur soif d'en découdre. 11 morceaux qui
utilisent les paramètres habituels (émotion à
fleur de peau, dynamique chaotique, emo-violence qui saigne
du pif) mais tout ça n'apporte pas d'eau au moulin. La
source commence à tarir. C'est certes bien tourné
mais à réserver aux plus inconditionnels du genre.
Travail de routine.
SKX
(08/01/2005)
website
groupe www.chernobylmedia.com/ampere
website
label www.ebullition.com
sounds
and_now_we_rise.mp3
|
Argument
Argument - CD
Kythibong 2005
Argument
sort son premier document sonore. Un objet propre à exploser
le paysage nantais d'où ils sont originaires. Avec le
batteur de Room 204, Argument s'inscrit dans une lignée
canal historique, bûcherons intransigeants du noise-rock,
qui ne sont pas là pour tailler de nouvelles brèches
mais assurer la continuité tant bien que mal. Avalanche
jusqu'au boutiste, les douze titres, courts et percutants, déclinent
ses parties rythmiques sur le mode Glazed Baby et Jesus Lizard.
Loin de valoir les aînés évidement mais
les intentions sont là. On les connaît ces bons
coups de ligne de basse qui cognent derrière la nuque,
une dominante qui est pour beaucoup dans l'accroche générale.
La batterie sait aussi frapper dur et juste et la guitare cisailler
à foison avec un chanteur au timbre particulier qui ne
passe pas toujours mais qui contribue à mettre la pression.
Argument s'en sort avec les honneurs. Nantes nous avait plus
habitué à un rock aseptisé et post ce que
vous voulez. Avec Argument, on tient un groupe qui sent bon
le noise-rock des familles, rude et sans concession. C'est encore
vert et passe partout mais gageons qu'on peut compter sur eux
pour l'avenir. Tant qu'à dégoupiller, ne pas y
aller avec le dos de la cuillère. Ils ont les arguments
pour !
SKX
(20/06/2005)
website
groupe perso.wanadoo.fr/..../argument
website
label kythibong.free.fr
sounds
longway.mp3
| burning.mp3
| expression.mp3
|
Aside
from a day
Divine proportion - CD
Exutoire / Impure Musik 2005
J'avoue
avoir été assez sceptique à l'idée
d'écouter cet album. Encore un album de metal chaotique
et lourdingue de plus sans grande importance. Mais les premières
écoutes m'ont relativement soufflé ! La musique
de ce groupe de Besançon utilise des courants très
usités ces temps-ci mais c'est amené de telle
manière qu'on y voit que du feu. Ils ont une façon
bien à eux de faire tourner la mélodie, de rendre
cette violence hypnotisante, ça me rappelle le premier
album de Kurt avec le son de Catharsis. Ils ne font pas d'escalade
gratuite, ne multiplient pas les breaks inutiles, savent aller
directement au but, tout en insistant bien là où
ça fait mal, les deux pouces bien enfoncés dans
les orbites. La noirceur ne se nourrit pas seulement d'une agressivité
tout azimut. Elle gagne de la force par un contraste mesuré
entre les accès de rage et des moments ou le doute et
la fragilité apparaissent. La qualité de l'enregistrement
retranscrit parfaitement cette volonté de peser sur les
esprits et les estomacs. Un album avec de l'épaisseur,
de la transe qui vous laisse sur le carreau et comme tout a
été pensé jusqu'au bout, l'artwork rend
ce digipack beau comme un camion. Un camion lancé à
fond contre un mur il va de soi. Bonne secousse garantie.
SKX
(25/06/2005)
website
groupe www.asidefromaday.com
website
label www.exutoirerecords.com
| www.impuremuzik.com
sounds
afad.mp3
|
Asja
Auf Capri
Novi Ronde - CD
Difficult Fun 2004
Non,
Capri, ce n'est jamais fini. On y revient toujours. Un détour
par Londres, où se duo est basé. Une chanteuse
allemande, on est pas rancunier. C'est l'ancienne nouvelle vague
allemande des années 80 qui revient (Neue Deutsche Welle),
la faute à ce chant exclusivement en allemand, la Malaria
est sur toi, à moins que ce soit DFA. Minimalisme electro
sur fond de rythmes punky. Bricolage maison de monsieur. David
Panos, l'anglais de service, seul contre tous mais avec ses
machines. Du Young Marble Giants en paillettes élimées,
vaguement dansant, guignol macabre au milieu de la piste. Vaguement
industriel quand le rythme se fait inquiétant et martial
avec des bruits de ferrailles qu'on jette, des pétards
électriques, dépouillés de toute lumière.
Voix menaçante. Ah ce charmant timbre allemand. Même
en douceur il fait peur. Musique robotique qui trouve l'astuce
pour vibrer. Musique rudimentaire, rachitique où on y
mettrait bien un doigt. Novi Ronde est un mystère qui
se nourrit de peu mais qui remplit les vides.
SKX
(11/07/2005)
website groupe www.asjaaufcapri.org
website label difficultfun.org
sounds www.asjaaufcapri.org
|
A
Day in Black and White
Notes - CD
Level Plane 2005
Le
vent tourne. Ca se sentait sur les splits sorties en début
d'année avec Navies et Golden Birds
même si on espérait un sursaut d'orgueil. Leur
magistral début My heroes have always
killed cowboys n'est plus qu'un lointain souvenir. Après
une intro toute en bruitage, on croit pourtant le groupe revenu
au top avec un New energy au nom trompeur. C'est en fait
le seul titre qui rappelle l'ancienne, cette énergie
tout en nerf à la mélodie acérée.
La nouvelle énergie, celle qui ne quittera plus la suite
de ce premier album, est beaucoup plus fade. Avec les neuf titres
suivants, c'est leur ville natale qui les rattrape. Qu'il ne
doit pas être facile de venir de Washington DC et de toujours
se faire rattraper par l'ombre envahissante de Fugazi. L'influence
tenue jusqu'ici à l'écart pointe son nez. Rien
de méchant mais l'écriture de leurs précédentes
compos où on les comparait volontiers à un croisement
de City of Caterpillar et Godspeed you black emperor a définitivement
laissé sa place à une composition plus ramassée,
proche de l'émotion rock qui a toujours hanté
les rues de The District (comme disent les kids là-bas).
Des morceaux tout simples, un rythme qui pulse sans plus, un
effort mélodique pour des compos honnêtes mais
un peu ternes à qui il manque l'étincelle et la
rage innocente des débuts. Lame duck et Long-distance
song effects ne sont pas là pour faire de la figuration
mais dans l'ensemble, ça sent l'ennui. Un ennui distingué
pour un album agréable mais qui ne laissera pas de souvenirs
impérissables.
SKX
(11/12/2005)
website
groupe www.dayinblackandwhite.com
website
label www.level-plane.com
|
 |
Aids
Wolf
The Lovvers - CD
Lovepump / Skin Graft (LP) 2005
Aids Wolf / The Fugue
Split 7''
Blood of the trash 2005 |
 |
Aids
Wolf aime se représenter dans la tenue d'Adam et Eve
sur toutes les photos. Version La Guerre du feu. Dans les bois,
les herbes folles. Barbus, hirsutes et sales sous les pieds.
Et la dame chanteuse n'est pas la plus timide des quatre. Un
groupe débarqué du Canada qui sort la version
vinyle de leur premier album sur Skin Graft comme eux seuls
en ont le secret. Rapprochement idéal puisque Arab On
Radar suinte à travers chaque note de Aids Wolf. Cette
manière de jouer de la guitare, ces dissonances, ce jeu
de traviole et ces rythmes répétitifs. Chloe Lum
pousse son chant dans les aigues, limite de la rupture. Sept
titres qui dépassent tout juste les dix minutes. C'est
largement suffisant. Je veux dire c'est bien foutu mais ça
ne fouette pas son chat non plus. A cela, il faut rajouter le
dernier et huitième titre. Onze minutes de dure labeur
ou larsen et bruit pur s'entrechoquent pour le plus grand plaisir
des voisins. Pour le même prix, je vous fais la chronique
de leur split single. Trois titres de Aids Wolf qui gardent
la ligne conductrice. La demoiselle a le langage bien vert.
Fuck you Mclean se déguste frappé. Bonne
pioche. The Fugue fait ses premières armes après
un autre 45 sorti l'été dernier. C'est du décousu,
éclaté, sans beaucoup de moyens et sûrement
pas à conseiller à votre petite sur. Un
seul morceau qui ne restera pas dans les annales mais le futur
est tellement incertain.
SKX
(16/02/06)
website groupe www.myspace.com/aidswolf
| www.thefugue.com
website label www.lovepumpunited.com
| www.bloodofthedrash.org
| www.skingraftrecords.com
sounds www.myspace.com/diefugueusa
|
Akimbo
Forging
steel and laying stone
Alternative Tentacles 2006 |
Akimbo
City of the stars
Seventh Rule 2004 |
Akimbo
Elephantine
Dopamine/Amalagate 2003 |

Akimbo
Harshing your mellow
Dopamine/Amalagate 2002 |
Comme
la maison n'est pas du genre rapide, je vous fais un prix de
gros et offre quatre chroniques pour le prix d'une. Le dernier
album d'Akimbo hébergé par le taulier Jello Biafra
a mis le feu aux poudres et valait bien un retour en arrière,
une seconde chance à trois premiers albums qui ne m'avaient
pas plus secoué que ça à l'époque.
Bon que ce soit clair tout de suite, le dernier reste le meilleur.
Et je ne vous conseille pas de vous taper les quatre albums
à suivre. A la manière d'une symphonie de Glen
Branca, vous ne vous apercevrez pas de la différence
et des subtiles évolutions. Mais après plusieurs
écoutes répétées et attentives,
l'oreille se forge aux nuances.
Basiquement, le style d'Akimbo, c'est du hardcore façon
Botch. La version complexe. Qui se nourrit d'élans noise,
rock'n'roll, metal et je ne sais quoi encore mais qui dans tous
les cas bouffent à de nombreuses sources, bottent les
culs serrés, foncièrement punk-rock dans l'âme,
aussi infréquentable qu'elle soit, amen.
Pour le premier essai, Harshing your mellow, c'était
pas encore ça. Les éléments y sont mais
c'est confus, les riffs ne claquent pas. Le genre de groupes
qui a beaucoup de choses à dire mais qui ne sait pas
encore comment les dire.
La suite ne va être qu'une lente mais très sure
maturation de la mixture de ces éléments. Trouver
la formule au plus juste.
Avec Elephantine, le trio accentuent les contrastes,
calme sa frénésie, multiplie les parties calmes
et mid-tempo, notamment quand il s'agit d'enchaîner les
morceaux, de débuter des titres comme Hapoon par une
lugubre ligne de basse. L'album reste quand même une belle
bête énervée et rugueuse et entretient la
flamme d'un hardcore-rock'n'roll fumeux.
Pour City of the stars, le changement le plus important
vient de l'ajout d'un quatrième membre à l'historique
trio. Un second guitariste et premier d'une longue liste (maudite)
qui voit les second gratteux rejoindre le cimetière où
s'entassent déjà tous les bassistes des Melvins.
A ce jour, Akimbo teste son dixième guitariste en deux
petites années ! Encore un et ils font une équipe
de foot dont un des actuel membre est féru. Musicalement,
ça change pas grand-chose à la donne. La furie
reste au rendez-vous mais des trois albums, il reste sans doute
le moins convaincant. Les morceaux fonctionnent toujours sous
le même joug mais n'ont rien de réellement marquant.
Le troisième album en autant d'années. L'inspiration
s'essouffle. Une boulimie de compositions, écrire tant
que ça sort, les coucher sur vinyl, vaille que vaille,
avec des moyens souvent aléatoires, des tournées
incessantes à travers les Etats-Unis puis l'Europe, un
second guitariste qui joue les intérimaires continu,
tout ça aurait pu coûter la fin du groupe. Heureusement,
ces efforts vont finir par payer.
Le groupe de Boston se fait repérer par Jello Biafra
et l'ex-Dead Kennedys les fait signer sur son propre label Alternative
Tentacles. Consécration ultime que le groupe va se charger
d'honorer dignement avec Forging steel and laying stone
qui reste leur plus beau coup à ce jour. Les riffs sont
tranchants et gagnants, accrochent tout en ne cédant
rien à la facilité. Les compos sont concises,
efficaces sans rien perdre de leur complexité et de leurs
incessants changements de rythmes et d'humeurs. Le début
de l'album et les morceaux Rockness monster, Spooning
disaster et digging a hole sont à ce titre
redoutables. Pour la suite, Akimbo montre une autre facette
de son hardcore. Plus sombre, plus chargé avec des riffs
et des rythmes qui jouent de la lenteur, voir d'une certaine
mélancolie (Tower of the elephant) et d'une touche
seventies bien sentie. Akimbo touche à de nombreux style
mais garde le cap sur un hardcore hargneux et bien trempé,
qui prend la suite des défunts Botch, sans l'emphase
et le lyrisme mais bien ramassés sur eux même,
insaisissable et la touche de classe des plus grands. La roue
continue de tourner dans le bon sens pour Akimbo. Notamment
celles de leur van qui les amènent une nouvelle fois
en Europe du 20 septembre au 17 octobre dont une petite poignée
de dates en France. Amenez votre ballon.
(05/09/2006)
website groupe www.myspace.com/akimbo
website label www.dopamine-records.com
| www.seventhrule.com
| www.alternativetentacles.com
sounds www.myspace.com/akimbo
|
Alarma
man
Self-titled
Sinnbus / Carcrash 2005
Oblique
de circonstance. Cubique à relief trompeur. En descendant
de leur Suède natale, les quatre jeunes gens de Alarma
Man n'ont pas amené le mode d'emploi. On pourrait croire
en tirant à vue que ce n'est qu'un groupe math-rock instrumental
de plus mais ya comme un truc qui gratte. Qui fait tâche
dans le paysage. Peut-être parce qu'ils viennent du pays
de Refused et qu'ils le veulent ou non, ça leur colle
aux basques, des gênes punk les poursuivront où
qu'ils aillent, venant troubler la belle architecture. Car pour
le reste, Alarma Man s'attachent à rendre les choses
compliquées, à multiplier les lignes directrices
avec une exécution rapide et virtuose. On pourrait presque
entendre du Jesus Lizard sur quelques passages rythmiques. Et
contrairement à tous ces groupes, histoire de brouiller
un peu plus les pistes, l'ambiance n'est pas à la prise
de tête et aux noirs desseins. Le traitement est à
l'euphorie, presque guilleret sur certaines lignes mélodiques
de deux guitares se renvoyant la balle dans la joie et la bonne
humeur. A peine le temps de penser ça qu'un relent de
ce hardcore avec qui ils ont sûrement grandi ne vous détourne
de vos premières pensées. Ca reste toujours soft
mais c'est là, tapi dans l'ombre. Comme une envie de
jeter des ponts entre un hardcore bien énervé
et un rock complexe avec l'attitude détendue de l'indie-rock.
Depuis cet album enregistré il y a presque deux ans maintenant,
le tout-instrumental a été abandonné. Deux
membres se sont mis au chant et à écouter un mp3
de leur prochain split avec Knife and Ape, la coloration post-punk
semble prendre l'avantage. Avant que les crêtes ne poussent
et que les tatouages ne leur couvrent entièrement le
corps, faites vous du bien en découvrant cet oeuvre de
jeunesse d'un groupe qui se cherche mais qui montre déjà
pas mal de choses ici.
SKX
(29/07/2006)
website groupe www.alarmaman.com
website label www.sinnbus.de
| www.carcrashrecords.com
| www.tellmethatyouloveme.com
sounds CheeseMyDad.mp3
|
|
An
Albatross
Blessphemy (of the peace-beast feastgiver and the bear-warp
kumite)
Ace Fu 2006
Ce qui est bien avec An Albatross, c'est que vous avez à
peine le temps d'enclencher le cd dans la machine et de vous
installer confortablement pour tapoter vos conneries que le
groupe en est déjà au septième morceau
! Ca va toujours pas mieux chez les frappés de Pennsylvanie.
Blasphème haut en couleurs. Orgie réparatrice.
An Albatross ne sait toujours pas quel camp musical choisir.
La seule constante, c'est de jouer tous les morceaux comme des
dégénérés. Esprit trash frondeur,
punk à paillettes, orgue farfisa contre batterie snipper.
Melt-Banana et The Locust passeraient presque pour des conservateurs
straight-edge. Ca part dans tous les sens. C'est rigolo et ça
fait peur. Ca pourrait sonner comme du n'importe quoi mais c'est
du solide avec tout plein de maîtrise dedans. Les bougres
ont même rajoutés une pointe de cuivres pour encore
plus brouiller les pistes. Le hurleur de service n'est toujours
pas aphone (on se demande comment) et dix-huit morceaux plus
tard, on aurait de quoi perdre son chat. Pas évident
de s'y retrouver dans ce feu d'artifices de pétards bruyants.
Les quelques rares accroches mélodiques de We
are the lazer viking ont complètement disparu.
Faut vouloir en bouffer. Ou alors se laisser complètement
emporter par cette avalanche sans chercher à comprendre
en priant pour que cela cesse un jour. Comme quoi ya toujours
moyen de faire plus fou que le voisin. A qui le tour ?
SKX
(21/11/2006)
website groupe www.analbatross.com
website label www.acefu.com
sounds letsgetonwithit.mp3
|
Angora
Static
Self-titled - CD
Wild-Zero/Lilacsky/Audio is a war 2005
Les
Nordiques de service, Angora Static, potes de Kaospilot, après
un premier single, jette l'encre de leur premier album sur trois
labels en même temps. Par les temps qui courent et cet
essoufflement screamo-hardcore, on pouvait craindre pour les
Norvégiens. Mais bien malins, ils évitent de tomber
dans le piège et s'adresse à un public beaucoup
plus large. Sur une sous-couche hardcore historique, Angora
Static trouve l'inspiration libératrice pour greffer
des bouts de passion chevillée au corps, de complexité
fumante, des riffs de guitares et structures qui vont bien au-delà
du punk qui sommeille en eux de par leur démarche très
do-it-yourself. Les huit morceaux sont riches et denses, de
la finesse entre les lignes, de belles lueurs mélodiques,
aérés et belliqueux quand il faut. Non vraiment,
Angora Static a uvré avec habileté et sort
un album en tout point remarquable. Ceux qui pleurent Yage,
Yaphet Kotto ou Harriet the Spy tout en espérant quelque
chose qui va au-delà feraient bien de noter ce nom dans
un coin de leur vilaine caboche.
SKX
(20/02/06)
website label www.wild-zero.de
| www.lilacsky.com
| www.audioisawar.com
sounds Hibernation.mp3
| Irnini.mp3
|
 |
Archeopteryx
Ten years of friendship - 10''
Discos Huelga 2005
Archeopteryx vs. Get Get Go
Split EP
Pandacide 2005 |
 |
Avec
un nom qui vous réconcilie avec l'orthographe, ce duo
de San Francisco ne va pas se faire que des amis. Archeopteryx,
un monstre des temps modernes. Un son coulé dans le béton.
De la folie plein les regards et tournés vers les pères
de tous les duos, Godheadsilo. Ces dinosaures d'une époque
pas si lointaine, engendrant dans la perversion bruitiste d'autres
duos maléfiques qui ont su intelligemment n'en garder
que la substantifique moelle, Lightning Bolt et Hella en tête.
Archeopteryx, c'est donc du lourd et du frappé. L'aventure
discographique a commencé par un split avec Get Get Go.
Eux aussi sont deux. Eux aussi font un maximum de bordel. Mais
la veine est plutôt (très) screamo, tendance hystérique
avec un chant partagé qui ressemble aux cris d'une majorette
prisonnière dans une chambre de légionnaires une
fois l'effet de surprise passé. Les cymbales volent dans
tous les éclats. La caisse claire résonne de façon
anormale. Guitare claire comme la caisse mais qui n'éclaire
pas grand-chose. L'anarchie qui vous file mal au crâne.
Ereintant. Et les cris de cette majorette qu'on égorge
sont vraiment too much. Les cinq morceaux de Archeopteryx feraient
presque du bien. Pourtant les tympans n'ont pas de quoi se réjouir
trop vite. On quitte la sphère screamohardcore stérile
pour la dimension noise. Le guitariste est du genre hurleur
mais lui n'a pas oublié de muer et quand il faut la fermer,
il la ferme, laissant de l'air à quelques épanchements
mélodiques. Mais le meilleur, il le garde pour le disque
suivant. Ten years of friendship présente treize titres.
Balance idéale entre morceaux trash et uppercut jamais
gratuit avoisinant la minute et prolongement du poing où
le duo calme ses ardeurs. Effluves mélodiques accentuées,
dialogue juste et tendu entre deux parties qui donnent aussi
dans le frisson. Des titres comme N2N et Older
sont de vraies boules de nerf qui donnent envie d'appuyer sur
repeat. Ca balaie tout sur son passage, ne donne pas dans la
complication inutile et vont droit à l'essentiel avec
une manière insoupçonnée d'hommes de Cromagnons
qui se soignent. Archeopteryx se défossilise. Un vrai
rapace prêt à te manger tout cru. La buse, c'est
toi.
SKX
(15/08/2006)
website groupe www.myspace.com/Archeopteryx
website label www.discoshuelga.com
| www.pandacide.com
sounds GGG_breakup.mp3
| ARCH_nrc.mp3
|
A
whisper in the Noise
As the bluebird sings - CD
Transdreamer 2006
Cris
et chuchotements. Très beau nom de groupe qui traduit
à merveille la philosophie de ce sextet basé à
Minneapolis. Découvert en 2002 par Steve Albini l'incontournable
qui subit le coup de foudre et enregistre leur premier album
(Through the ides of march), les invite sur quelques dates en
Europe avec Shellac et les programme sur le All Tomorrow's Parties.
Quand on aime on compte pas. As the bluebird sings est leur
deuxième album (le 3ème si on compte le split
avec If Thousands), est produit cette fois-ci par Tom Herbers
et c'est un monument de beauté dramatique. Black Heart
Procession n'a qu'à bien se tenir. Six membres, dont
la tête pensante Dylan Thordson, armés de cuivres,
violon, piano et d'une solide percussion. Orchestre maudit riche
d'ambiances. De la valse sur trois pattes avec un piano pour
gosse (A tale of two doves). Des churs d'enfants qui concluent,
aérien, l'apogée d'un chant féminin qui
répondait à la virulence d'un chant masculin (As
the bluebird sings). La variété des chants et
des tonalités utilisées. Force céleste
de ce disque. On plane, de Nick Cave à Philip Glass,
de gravité en minimalisme, de colère retenue en
apaisement. Une symphonie sans chichi. Musique de baltringue
à musique de chambre. Qu'importe la couleur, les morceaux
ont du caractère et de l'envergure. Si on pouvait regretter
une certaine mollesse sur leurs premiers enregistrements, AWITN
resserre les boulons et sait parfaitement conjugué le
noir et le blanc, donné du fil à retordre à
ses ballades désabusées en leur insufflant la
tension interne inhérent à tout bon disque de
rock. Mis à part deux morceaux sur la fin (dont une reprise
de Bob Dylan The Times they are A-Changin'), trop ballades poisseuses,
AWITN nous sert une merveille de disque pour grand solitaire
mélancolique à qui il ne faudrait pas grand chose
pour qu'il vous en colle une. En attendant, la baffe, musicale,
est bien réelle.
SKX
(30/07/2006)
website groupe www.awhisperinthenoise.com
website label www.transdreamer.com
|
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Ada
Doom
5 songs
EP
Self-released 2008
A
intervalle régulier, les ex-membres de More Fire for
Burning People nous donne des nouvelles. Des gens toujours très
discrets. Que ce soit avec MFFBP en 97 lors de la sortie de
leur unique album.
Ou en 2002 avec Galusha
Grow. Un disque et au revoir tout le monde. Désolé
de vous avoir dérangé avec notre modeste bruit.
Tellement discrets qu'ils comptent d'autres projets comme Orlock,
Bosom of the Urgent West ou Shiloh Sound dont personne n'a jamais
entendu parlé. Et rien eu à foutre donc. Pourtant,
que ce soit avec Galusha Grow ou MFFBP, c'était pas de
la musique de seconde division et elle aurait mérité
un éclairage plus conséquent. Cette fois-ci, c'est
quand même trois membres sur quatre de More Fire for Burning
People qui se remettent à faire du bruit ensemble. On
peut presque parler de reformation. Et la qualité est
une nouvelle fois au rendez-vous. Leur façon d'aborder
la musique reste toujours la même. Du rock dissonant puisant
ses racines autant chez Drive Like Jehu que chez les groupes
de Dischord, toute cette lignée de groupes privilégiant
autant l'urgence que l'émotion, la virulence que l'harmonieux.
Sauf qu'ici, ils ont glissé une touche de Black Heart
Procession. Après avoir ouvert les hostilités
avec le nerveux Kerouac's Kanundrum qui sonne déjà
comme un classique, c'est le piano de Talking to water
qui nous accueille et sert de fil rouge sur un titre nous berçant
dans une fausse torpeur. Magnifique ballade tendue comme il
faut et s'arrêtant juste avant qu'on ait envie de distribuer
des torgnoles. Me met de bonne humeur. Vague écho de
cris d'enfants et Ada Doom repart dans une longue digression
qu'ils ont toujours adorée dans leurs précédents
groupes avec Life & Times. La vie, le temps mais
ça n'a pas de prise sur ces gars là. Toujours
aussi virtuose à vous alpaguer et vous emmener où
bon ils leur semblent. S'en suit Glissade, un instrumental,
comme ça facile, qui coule tout seul et s'achève
sur Frozen qui réchauffe les sens et le chant
de Brian Landis, prenant. Ces mecs là ont de l'or dans
les doigts. Il serait tant qu'on leur donne leur chance. Et
qu'eux-mêmes se bougent le cul pour la saisir. Sinon,
ça va être comme pour les précédents
groupes. Le vague souvenir d'un lien
impersonnel où on pouvait télécharger gratuitement
les cinq titres et la pochette d'un petit groupe qu'on trouvait
pas mal
C'était quoi leur nom déjà
?
SKX
(24/11/2008)
website groupe www.adadoom.com
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Ada-Nuki
Self-titled - CD
Whosbrain 2008
Ada-Nuki
n'est pas un groupe japonais comme je le présentais naïvement
mais un duo italien. On y retrouve Stefano Spataro et Giorgio
Maniglia, un ex-Logan sur le défunt label Psychotica
records. Et c'est plutôt une bonne nouvelle que d'avoir
des nouvelles de ce dernier tant son groupe Logan
fut prometteur et disparu trop tôt de la circulation.
Il a même invité son ancien pote de groupe et tête
pensante de Psychotica (Michele Maglio) à poser les fils
barbelés de sa guitare sur trois titres. Comme Logan,
Ada-Nuki aime le bruit qui ne va pas dans le sens du poil mais
ils rajoutent une forme beaucoup plus anarchique et vénéneuse.
Des élans rock propres à tout duo basse-batterie,
de belles banderilles plantées entre les deux yeux mais
un esprit bruitiste et expérimental plus développé.
Une assise rythmique transpercée de milles bruits, d'une
électricité galopante et de cris/chant parlé
en français (sur des paroles traduites pour Ada-Nuki
par François Cambuzat de L'enfance rouge) avec une bonne
pointe d'accent mettant du cur à l'ouvrage. En
français, ça donne Maçon et C'est
comme chier son aime (ça doit être du français
du sud parce que là, le sens m'échappe). Un disque
naviguant entre ambiances stressantes, grouillantes et chevauchées
à la Godheadsilo, quand c'est pas tout en même
temps. Compos éclatées, il va de soi, brèves,
excepté les sept minutes reposantes de la dernière
dont quatre de silence (ou presque). Si on ne rentre pas avec
facilité dans cet univers exigeant, la gangrène
finit par vous rattraper et Whosbrain, le label de Cherbourg-Octeville,
a eu le nez creux en plus d'être dans la Manche.
SKX
(17/11/2008)
website groupe www.myspace.com/adanuki
website label whosbrain.free.fr
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Afraid
!
Self-titled 7''
Holidays 2007
Des
groupes qui s'appellent Afraid ou avec Afraid dedans, il en
existe des semi-remorques et celui-ci provient de Vérone
en Italie. Mais il pourrait venir de Californie et être
signé sur Gold Standard Laboratories qu'on y verrait
que du feu. Et le point d'exclamation n'y change rien, pas la
peine de se vexer pour si peu. Le quatuor cite The VSS et Camera
obscura et je ne peux dire mieux. Song of Zarathustra peut-être.
C'est confondant. Jusqu'au bout des touches du clavier et des
cordes de la voix. C'est du post-punk comme on en trouve beaucoup
hors atlantique. Ca pulse et ça se danse si vous l'aimez
frénétique. Pour ma part, je l'aime un poil plus
personnel. Rien à dire, c'est super bien retranscrit,
les morceaux accrochent mais les influences sont tellement présentes
que je reste sans voix. Espérons que pour l'album (le
2ème) à la sortie imminente, il n'y aura que le
nom du groupe de commun à beaucoup d'autres.
SKX
(01/10/2007)
website groupe www.superafraid.it
website label www.holidaysrecords.it
sounds Theaim0generator.mp3
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Agathe
Max
This Silver String CD
Xeric/Table Of The Elements 2008
Pour
la parution dun premier album studio, il y a pire comme
label que Xeric (sous-marin du très arty Table Of The
Elements). On ne va pas refaire la liste de tous les noms qui
figurent au catalogue de cette illustre maison mais cela en
impose. Cela vous colle une image et il faut bien faire avec.
En éditant de beaux objets, en choisissant loption
vinyle et/ou le tirage limité, Table Of The Elements
est au snob élitiste ce qu Hydra Head ou Southern
Lord est au hipster bourrin et tatoué : un sujet inépuisable
de fierté, un catalyseur de bon goût supposé,
un phare éclairant lhorizon au dessus de la mêlée
des suiveurs et des imitateurs. Si sortir un disque sur un tel
label cest bénéficier dun sérieux
coup de pouce, cest aussi prendre la risque de se voir
comparé, jaugé, évalué par rapport
à des critères qui nont pas lieu dêtre -cest
tout le problème de la hype.
Heureusement pour elle, Agathe Max a un immense talent. Et avec
son violon et ses quelques pédales deffet elle
joue dans la cour habituelle de Table Of The Elements, souffrant
parfaitement si besoin est la comparaison avec ses collègues
de label. Mais cest inutile. Avec This Silver String
elle démontre quelle ne doit rien à personne.
Ce disque est là, magnifique, profond et magique (mais
jamais vénéneux) et il en impose uniquement par
lui-même. Si Agathe Max devient la prochaine grande prêtresse
des nerds à lunettes -oui je délire- ce sera tant
mieux même si elle vaut bien mieux que ça.
Le premier titre (This Silver String) est dune
limpidité foudroyante. Frederic est tout aussi
beau. Ashes Of Broken Furnitures a un côté
folklorique et une légère rythmique. Raw Bow
joue sur les dissonances. Black Needle est le joyau ésotérique
du disque. Cinq titres dune musique dont la superficie
dépasse de loin les moyens employés -un violon
et un archet-, une étendue toute en creux et en bosses,
des aspérités mouvantes, des changements subtils
dans le paysage, un lac dont on ne voit pas la rive opposée
et balayé par un vent fort et pénétrant.
Un disque daccompagnement intime qui vous prend par lintérieur
et ne vous lâche pas. Tellement vecteur démotions
et de frissons épidermiques que lon est à
mille lieu de toute musique dintellos.
Haz
(01/11/2008)
website groupe www.agathemax.com
|
Aghostino
Collarbones full of cocoons - CD
Les disques du hangar 221 2007
Ca
commence par une ligne de basse des plus avenantes, vibrante,
noise comme on aime avant de rapidement enchaîner sur
une mélodie qui ne cache pas son nom et des harmonies
vocales qui se révéleront nombreuses tout au long
de ce premier album, de casser la dynamique du morceau avec
un plan tout mélancolique et de remonter tranquillement
la pente avec l'aide d'un minimoog dans le fond. Aghostino,
nouveau projet de Metz, avec des membres d'anciens groupes qui
ont déjà quelques kilomètres au compteur,
est du genre à ne pas trancher. Leur base musicale est
large et ça se ressent dès ce morceau d'ouverture
où tout ce dont ils sont capables est résumé.
Six titres avec tout ce que le rock moderne compte dans ses
rangs, hardcore, noise, emo, punk, pop, une litanie sans fin
avec post quelquechose devant pour faire mieux. Eux-mêmes
n'en savent rien et ne comptez pas sur moi pour proposer une
étiquette parce que c'est tout ça à la
fois, c'est leur force et leur faiblesse. On sent bien que tout
ce qui vient d'outre-Atlantique les a beaucoup touché.
De l'école noise Chicago à la cathédrale
emo-Dischord de Washignton D.C. ainsi que toute les petites
chapelles qui parsèment la scène indie-rock (Shipping
News, Girls vs Boys etc
), les quatre d'Aghostino prennent
tout en bloc, malaxent et font du mieux qu'ils peuvent pour
digérer tout ça. A l'arrivée, vous avez
des plans qui font mouche, de belles envolées d'une guitare
qui lutte sans problème contre les deux basses qui font
elles aussi et sans rechigner leur travail mélodique,
des passages subtiles et qui bastonnent dans la même minute.
Vous avez aussi des longueurs comme ce plan atmosphérique
interminable sur Flehmen, un titre de onze minutes qui
commençait pourtant bien mais qui se termine par six
minutes de pratiquement rien. Autant dire que placer en plein
milieu de l'album, ça casse l'ambiance. Des morceaux
qui me passent un peu au-dessus comme Poisson ivy et
des passages plus insipides et passe-partout. Dans ce contexte
où la personnalité n'est pas très bien
défini, il est important d'écrire des titres irréprochables
et en tout point inspirés si on veut sortir du lot. A
l'image de la pochette dont le dehors est raté mais l'intérieur
réussi avec des textes qui ne correspondent pas aux paroles
(on ne sait d'ailleurs pas d'où ça vient) et intrigants,
la musique d' Aghostino alterne le bon et moins bon, la fameuse
métaphore du verre à moitié vide ou à
moitié plein. On peut espérer qu'en digne Lorrain,
le verre sera bientôt plein à ras bord et qu'on
trinquera à un futur rempli de possibilités.
SKX
(19/11/2007)
website groupe aghostino.free.fr
website label www.myspace.com/lesdisquesduhangar221
sounds Ladyrinth.mp3
| Djamolidine.mp3
| Poisson_Sky.mp3
|
A.H.
Kraken
Elle avait peut-être 19 ans mais pour moi elle en aura
toujours 12 - LP + CD
In The Red 2008
Ca
commence par l'histoire d'une pochette et elle tue. Imaginez
tomber par
hasard sur cette pochette lors de vos emplettes chez votre disquaire
préféré. OK, j'ai dix ans de retard. Désormais,
t'as le bonheur au bout du clic. N'empêche. Imaginez un
instant. Cette pauvre fille avec ce regard de bovin. L'accoutrement
pas possible qui sent le saccage de cimetière juif et
les croix renversées le samedi soir entre potes désoeuvrés.
Cette tapisserie, ce décor si on peut appeler ça
un décor, qui pue le dimanche après-midi pourri.
Cette photo glauque, suintant le suicide, dégueulasse
et pixélisé à mort. Ce truc où aucun
nom apparait.
Vous tombez dessus et soit vous passez vite fait au disque suivant,
sûr de se taper une daube même pas marrante. Soit
vous soulevez l'objet, piqué au vif, vous le retournez
et apparait alors un nom de groupe mystérieux, A.H. Kraken.
Un titre d'album pour pédophile, laissant perplexe. Des
titres de chansons à la con (Cette fille est à
genoux, Kevin Costner est un acteur américain), un papillon
bleu et une croix de Lorraine avec marqué en dessous
Gtaie. Mais c'est quoi ce putain de disque ??!!
Il faut une certaine dose de courage pour aller au bout de ces
intentions. Je ne parle pas de l'auditeur potentiel mais du
groupe. Du courage ou de l'inconscience, ce qui est à
peu près pareil.
A.H. Kraken, groupe de Metz. Déjà, c'est mal barré.
Et si vous vous fiez au t-shirt Slipknot version beaufs, c'est
encore plus mal barré. A.H. Kraken, c'est du minimalisme
bruyant, du névrosé dansant, du punk maladif.
Ce sont de brèves et intenses descentes de guitares estampillées
Sonic Youth, particulièrement évident sur Allan
Müller et sur De type Caucasien. Des descentes
d'organes à la Arab on Radar qui donnent envie de vomir
sur la piste de danse. Des relents de no-wave, cet extrême
purulent et aliénant (qui fait même plus peur,
soit dit en passant.) Et puis surtout, des morceaux allant droit
au but, qui ne s'emballent pas dans des développements
hasardeux. Une idée de riff, un rythme, un seul truc
à la fois et je te le balance à la tronche dans
le plus simple appareil. Et ces cons, ils ont le riff simple
mais bon. Le rythme sec mais entrainant. Une idée et
ils te l'essorent, jouent sur la répétition, confinant
à l'hystérie (Ahmed). Deux guitares qui
vous percent la peau, pèlent les nerfs. A.H. Kraken a
le sens de la photo choc et de l'accroche, de la mélodie
perverse. L'addiction à ces onze morceaux est immédiate.
Voilà qui pourrait être la fin de la chronique
d'un excellent album. Musicallement plaisant, qui met la trique
juste comme il faut, quasi irréprochable malgré
les influences évidentes.
Mais ce qui fait qu'on y reviendra, le (gros) plus qui donne
de l'épaisseur, c'est l'humeur poisseuse qui s'en dégage,
les paroles en français donnant une autre dimension à
leur musique tournée vers l'ouest, au-delà de
l'Atlantique. A.H. Kraken a les deux pieds bien plantés
dans le terroir de l'est français. Cinglant. Noir. Vulgaire.
Brut de brut. Après le choc de la photo, le poids des
mots.
T'as la même tête que ta mère qui trainait
déjà dans de sales histoires.
Toutes les chiennes sont violées dans les cabines téléphoniques.
Des phrases souvent incompréhensibles, noyées
dans le bruit. C'est mieux pour notre hygiène morale.
Des bribes de mots saisies à la volée. L'imagination
fertile fait le reste quand il s'agit d'histoires sordides,
de racisme ordinaire et de petites véroles. Ma préféré
reste Les murs des bunkers. Une lumineuse inspiration
d'un texte répertoriant laconiquement les graffitis jetés
sur des murs de bunkers mais ça pourrait être des
pissotières, c'est le même combat.
Mort aux arabes, mort aux juifs, mort aux pédés.
Franck B. est un sale enculé.
Frederica suce des bites pour 10 francs.
Oh Jessica, je t'aimerais jusqu'à la mort.
Accompagnement
musical judicieusement rachitique. Ligne de basse minimale,
froide et détachée. Ce morceau est une merde de
chien collée à votre semelle dont l'odeur vous
poursuivra pendant longtemps. A.H. Kraken ne truquent pas, ne
se déguisent pas. Ils sont tout entiers dans ce qu'ils
donnent. Et ça ne se pardonne pas ça. Ca se prend
tel quel et ça va laisser des traces.
SKX
(05/12/2008)
website groupe www.myspace.com/ahkraken
website label www.intheredrecords.com
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Ahleuchatistas
What you will - CD
Cuneiform 2006
Troisième
album pour le trio de Caroline du Nord. What you will,
c'es toujours plus de rock, plus de virtuosité, plus
de brillance et plus de fun. Voilà ce qu'on veut et Ahleuchatistas
nous le fournit aisément. On est sûrement pas loin
de la sphère math-rock. Des acrobaties, des cercles,
des lignes brisées, des arrêts qui repartent et
des départs qui se crashent. On a tout ça dans
cette musique qui nous renvoie aussi bien aux Flying Luttenbachers
qu'au premier album de Hella en passant par le jazz dont ils
sont issus. Mais, encore plus que dans leur précédent
opus The same and the other, Ahleuchatistas
n'a jamais semblé aussi heureux de jouer. Le trio a insufflé
de la vie, de la trépidation, s'amuse comme des poulains
avec quelques fulgurances comme le génial Sherman's
march et nous prend pas la tête. Faire des morceaux
complexes, ils l'ont déjà prouvés. Alors
maintenant, on aère tout ça, on arrose à
volonté sans prendre les neurones à personne.
Une réelle complicité unit les trois musiciens,
dialoguant dans la bonne humeur, soucieux de ce que dit l'autre,
lui répondant avec à-propos. Un vrai jeu de balle.
Et de pistes que le groupe ne cherche jamais à compliquer
plus que de raison. Et si ya un sac de nuds et que Joe
l'embrouille se pointe, ça ne dure jamais très
longtemps et ça repart copain comme cochons. Comme souvent
avec les groupes instrumentaux, on dit un maximum de choses
dans les titres. Remember Rumsfeld at Abu Ghraib qui
nous renvoie au Remember Rockefeller at Attica de Charles
Mingus. Shell In Ogoniland, diatribe contre la firme
pétrolière au Niger. Des mots jetés comme
ça. Ca vaut ce que ça vaut mais le trio y tient.
Jusque dans l'artwork de leur album. Mais ils disent suffisamment
de choses avec leurs trois instruments et toute l'énergie
du punk-rock pour nous conquérir totalement. Un des meilleurs
groupes actuels dans le genre rock décomplexé.
SKX
(29/01/2007)
website groupe www.ahleuchatistas.com
website label cuneiformrecords.com
sounds MaybeOrange.mp3
| I_Whenever.mp3
|
Ahleuchatistas
Even in the midst
- CD
Cuneiform 2007
Que
c'est marrant. Et j'aime à faire partager mes rires au
petit matin. Je viens à peine de finir d'écouter
Sleeping People, les déclarant sans peur et sans remords
comme les meilleurs du monde dans le style math-rock instrumental
que je les destitue de suite de leur titre honorifique. La palme
revient à Ahleuchatistas, non pas pour leur nom de groupe
imprononçable mais pour cette putain de dextérité
et cette folie instrumentale qui s'est une nouvelle fois emparées
de leur quatrième album. Rions à gorges déployées.
Pour le reste, tenez vous peinards. Car Ahleuchatistas n'est
pas du bois dont on fait les connards certes mais aussi et surtout
du genre à fendre la bûche d'un seul coup de hache,
à se laisser consumer sur la foi d'une seule écoute.
La bête est agile, compliquée, trouble. Il faut
remettre plusieurs fois l'ouvrage sur le métier pour
que toute la puissance d'Ahleuchatistas ne vous irradie. Leur
musique doit tout autant au jazz qu'au punk-rock et leurs joutes
sont souvent de hautes volées, les structures alambiquées,
la batterie en mode libérée, les notes de guitares
semblant tomber au hasard et de nulle part. C'est un rien cérébral
et en même temps, c'est énorme. Si le math-rock
de Sleeping People reste sur la face obscure de la mélodie,
celui de Ahleuchatistas est plus exigeant, explore la face jazzy
qui sommeille en nous, s'épanchant vers une version nerveuse
de Storm and Stress. Mais c'est aussi tellement plus que ça.
Dans la mêlée de leur titres courts, alertes, racés
s'intercalant entre des morceaux à l'architecture invisible
et incompréhensible pour le commun des mortels, on entend
aussi bien du bordel speedé à la Flying Luttenbachers
que l'amour de la musique improvisée chère à
Fred Frith ou Henry Kaiser avec qui ils ont déjà
fricoté sur scène en passant par de bons vieux
riffs metal et rock'n'roll envoyés fort à-propos,
de pointes mélodiques et de moments d'introspection où
le feu intérieure se calme. Mais attention, tout ça
n'est pas une juxtaposition aride de différents styles
dont la branlette en public serait la motivation première.
Le trio d'Asheville (Caroline du Nord) fond et défont
toutes ces influences pour accoucher d'une musique cohérente
où le fun n'est pas absent, présente une version
rock et en tonalité claire une musique capable de combler
plus d'un mélomane exigeant, maniant les langages musicaux
pour n'en voir plus qu'un. Sleeping People va finalement garder
son titre. Ahleuchatistas est hors catégorie.
SKX
(22/10/2007)
website groupe www.ahleuchatistas.com
website label www.cuneiformrecords.com
sounds redcoated.ram
|
|
Aids
Wolf / Athletic Automaton
Clash Of The Life-Force Warriors
split LP
Skin Graft 2006
La bataille s'annonce rude. A ma gauche, Aids Wolf. Spéciale
dédicace et meilleurs rejetons de Arab on Radar, version
féminine. A ma droite, Athletic Automaton. Les aïeuls
avec un vrai Arab on Radar dedans, le blondinet déjà
en short et toujours prêt au combat avec son compère
le batteur au bandana. Pour arbitrer le duel, les inénarrables
Skin Graft, toujours dans le mouvement malgré un p'tit
coup d'mou à l'aube du nouveau millénaire. Le
ring est un magnifique double vinyl qui s'ouvre sur un dessin
tout bizarre comme Skin Graft en a le secret (et relativement
laid). Mais la bataille tourne court. C'est de partouze qu'il
est question. Hormis deux titres chacun ou chaque groupe la
joue perso (donc quatre e tout, ça suit au fond ?), les
six autres voient les deux entités se marier pour le
meilleur et pour le pire. Et en osmose quasi parfaite. Tout
le monde joue à tour de rôle l'homme et la femme.
Personne ne prend le dessus sur l'autre. Les dissonances et
les fractales des uns et des autres s'imbriquent à qui
mieux mieux. On ne distingue plus les bras de la tête.
La queue de l'ivresse. Seul surnage le seul organe féminin,
ce chant psalmodiant dans les aigues et le jeu de guitare typique
du blondinet Mattos qui n'est pas prêt de le ranger et
qui s'est mis en tête de nous le faire rentrer coûte
que coûte par un orifice ou un autre. Six titres assez
éreintants, il faut bien l'avouer. Psychédélisme
noise avec batteries en double, pluie de cymbales, guitares
vrillantes et la voix de la donzelle, c'est presque trop. Un
petit coup de temps à autre, ça le fait mais pour
un marathon, je passe mon tour. Pour le cinq à sept,
rien ne vaut en solo. Mais plutôt avec Aids Wolf. Athletic
Automaton a définitivement décidé de vous
saper le moral, de plomber l'atmosphère et de planquer
les aspirines. Leur noise-rock à épingle à
nourrice demande trop d'effort. Mattos est déchaîné.
Piquez lui ses pédales d'effet et dites lui d'arrêter
l'acide. Aids Wolf torche ses deux morceaux en trois minutes.
Des p'tits coups de lapins mais très jouissifs. Et avec
un titre comme A letter to Al Johnson, on ne peut pas
être foncièrement mauvais. Je ne sais pas ce qu'ils
ont à lui dire au chanteur de US Maple (et feu Shorty)
mais ce titre est sexy comme un feulement du beau Al. Tout est
dans le coup de rein et ça vaut mieux qu'un long discours,
à l'image de ce split qui en fait un peu trop. Un disque
à conseiller aux plus frustrés d'entre vous (et
aux groupies de Al Johnson).
SKX
(19/03/2007)
website groupe www.aidswolf.org|www.athleticautomaton.com
website label www.skingraftrecords.com
sounds AAAW_2.mp3
| AAAW_1.mp3
| AAAW_3.mp3
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Aids
Wolf
Cities of glass - CD
Skin Graft 2008
Les
Canadiens de Aids Wolf ont troqué leur tenue d'Adam et
Eve pouilleux pour des tenues assez inqualifiables,
genre Bibendum tout rouge avec des charentaises et des masques.
Faut aimer. Si les déguisements et la communication changent,
la musique n'a guère évolué. Toujours ce
mimétisme flagrant avec Arab on Radar revu et corrigé
par Melt-Banana. Comme ils se sont offerts les services de Weasel
Walter à la production, on va pouvoir rajouter une touche
Flying Luttenbachers. Car si il faut chercher une évolution
dans la musique du groupe de Montréal, c'est dans le
son qu'on la trouve. Encore plus abrasif et orgasmique. La tête
dans la bétonnière. Et fréquenter Walter,
outre le fait de vous faire pousser des cornes diaboliques,
vous donne un allant d'improvisateurs. Ne cherchez pas le fun,
la mélodie perverse ou le petit rythme dansant comme
chez les groupes cités plus haut. Aids Wolf, c'est la
ligne dur du partie. Des faiseurs de bruits, de la confrontation
directe. Des rythmes aléatoires, des compos qui doivent
beaucoup à la chance et à l'accident. Faire un
maximum de bordel et voir ce que ça donne après.
Il faut être fort en apnée pour apprécier
ce disque. Les quatre de Aids Wolf ne laissent aucune sorties
de secours, ne vous laissent pas respirer un seul instant. Et
c'est là que le bas blesse. On devrait leur suggérer
comme d'autres groupes avant eux, de lancer une série
de singles à raison d'un par mois pendant un an, la branlée
passerait mieux que sur un long format, même si celui-ci
ne dépasse pas les 25 minutes. Aids Wolf a tous les éléments
pour me séduire. Je suis capable de m'enfiler du Flying
Luttenbachers au petit déjeuner sans vomir mes tartines
de beurre salé. Mais la frontière entre le bruit
sculpté dans l'inspiration et le bruit pour le bruit
est ténue. Aids Wolf est du mauvais coté. Et cette
voix de vierge effarouchée enfermée dans un campement
de légionnaires qui n'ont pas vu de chèvres depuis
trois mois finit par taper sur le système. Ce n'est pas
un album mauvais en soi mais ça manque sérieusement
d'âme.
SKX
(10/12/2008)
website groupe aidswolfs.blogspot.com
website label www.skingraftrecords.com
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Almandino
Quite Deluxe
Violent Potato - CD
Wallace / Bar la Muerte 2007
Que
peut-on espérer d'un album nommé Violent Potato,
sinon une purée envoyée droit dans les gencives,
une volée de patates germées et pleine de terre
! She à la guitare. He à la batterie. Le duo italien
se contente de peu pour balancer un maximum. Un deuxième
album enregistré à Detroit par Jim Diamond (Dirtbombs),
des masques de catcheurs et les tenues qui vont avec pour les
habits de scène, ce disque sent le rock'n'roll à
plein nez, le garage band par excellence, le bluescore comme
ils disent. La rencontre des Cramps, sans les talons aiguilles
dans le fondement et le Jon Spencer du Pussy Galore plutôt
qu'avec son Explosion. Ca défouraille sévère,
ça débite en tranches fines. Une course poursuite
de saturations cradingues, de rythmes tribaux, de voix distordues,
du pur jus psychotique. Neuf titres congédiés
en vingt minutes. C'est primaire, brutale, jouissif. Pas la
peine de chercher la petite bête. Ca durera le temps que
ça durera mais ça fait du bien par où ça
passe.
SKX
(03/12/2007)
website groupe www.almandino.com
website label www.wallacerecords.com
sounds violentpotato.mp3
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?Alos
Ricordi indelebili - CD
Bar La Muerte 2006
Stefania
Pedretti, figure de l'underground italien, sévissant
déjà avec Ovo et Allun, se met à son compte
le temps de Ricordi indelebili, un premier album entre
performance et improvisation. Si je vous dis qu'il y a à
boire et à manger dans ce disque, ce n'est pas du mauvais
esprit. Un concept de la Signorina qui adore autant la musique
que la cuisine et qui dans ces spectacles, outre sa guitare
et son violon, apporte tout un tas d'ustensiles que l'on trouve
d'habitude backstage et invite sur scène un spectateur
à partager son repas. Sur disque me direz-vous, ça
ne s'entend pas, ça ne se sent pas et ça nous
fait une belle jambe (ono). Alors il faut l'imaginer au four
et au moulin. Passé d'un morceau à tendance electro
à une comptine décalée pour adultes. Sortir
tant que c'est tiède d'une salle jazzy pour s'ébouillanter
les doigts sur une tranche de vie crue sur fond de bruitages
de jeux vidéos où ça canarde sec. Sa voix
si particulière dans Ovo, ce truc qui vient du fond des
âges, est utilisée comme un instrument à
part, trébuchant sur les sonorités, raclant le
fond d'une casserole, s'épaississant dans un accès
de rage avant de se faire enfantine pendant une ritournelle
acide. Alors oui, il ya à boire et à manger et
ce n'est toujours pas du mauvais esprit. Cette performance solo
(qu'un invité discret au piano accompagne) souffre d'éclatement,
de morceaux tellement intimistes qu'ils ont dû mal à
nous toucher et de compositions plus proche du bricolage maison
que de la grande cuisine. Mais elle sait aussi relever les plats,
épicer continuellement ces amuse-gueules d'un sens du
rythme riche et varié, et saupoudré le tout d'un
sens du drame qui ne sombre jamais. ?Alos ou à ce que
vous voulez mais à tester sur le pouce.
SKX (26/01/2007)
website groupe www.signorinaalos.com
website label www.barlamuerte.com
sounds Luglio_1996.mp3
| Profumo1994.mp3
| 29Marzo2003.mp3
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Amen
Ra
Mass IIII - CD
Hypertension 2008
Voilà
un disque qui traîne depuis presque deux mois sur une
étagère, au milieu d'autres CD promo orphelins,
sans livrets ni pochettes, accompagnés de l'habituelle
biographie photocopiée que je m'en vais repomper vite
fait bien fait, personne ne s'apercevra de rien puisque jamais
personne ne lit ce genre de prose marketée. C'est au
sortir d'une journée de désoeuvrement complet
passée à écouter (attention à la
liste qui tue) Cult Of Luna, Jesu et Rosetta que j'ai décidé
de me lancer dans ce Mass IIII qui comme son nom ne l'indique
pas n'est pas le quatrième album d'Amen Ra mais bien
le deuxième de cette formation belge (les deux premiers
sont des démos ou des CDr) mais qui par contre est bien
la suite (haha) de III, album paru en 2006 et qui avait
émoustillé plus d'un amateur de post hard core,
comme d'habitude Perte Et Fracas était passé à
côté de cet évènement, un vrai scandale,
cela ne se reproduira plus.
J'avoue que je n'aime pas beaucoup le nom de groupe, que le
nom de l'album me laisse également perplexe, que l'obscurité
de l'illustration de la pochette me fait un peu peur et qu'à
la première écoute Mass IIII n'est qu'un
album de post hard core massif et lourd, avec un gros son, un
rythmique appuyée, des guitares tranchantes et un chant
d'égorgé (à moins qu'il ne soit en train
de se faire arracher les couilles
bingo : lors des rares
parties de chant clair, la voix est étrangement aigue).
Du classique et de l'inamovible pour ce genre musical (?), si
on rajoute les habituelles cassures, accalmies, remontées
et tremblements divers. A partir de là, soit on aime,
soit on déteste et moi j'ai aimé. J'ai aimé
ces sept titres puissants et convaincants, construits à
peu près tous de la même façon, rabâchant
une syntaxe ultra précise, dévoilant des atmosphères
poisseuse et puissamment charpentées.
J'entends dire qu'Amen Ra c'est effectivement toujours pareil
et c'est exactement là tout le truc : va-t-on dire par
exemple à un fanatique de hard core new-yorkais que toutes
ces mosh parts au milieu des titres de Sick Of It All c'est
nul, que ça ne sert qu'à faire bouillir le pit
? va-t-on reprocher à un combo de black metal norvégien
de ne jamais dévier d'un titre à l'autre ? Justement,
Mass IIII provoque le même genre d'engourdissement
hypnotique qu'un Transylvanian Hunger, album pourtant
inimaginatif au possible de Darkthrone. L'intelligence du disque
d'Amen Ra c'est qu'il sait être relativement court, pas
de délayage progressif ni d'écumage du gras à
la passoire post rock (comme chez ces rantanplans d'Isis par
exemple) et donc pas de perte d'efficacité ni de conviction
en cours de route. Du coup j'ai commencé à sincèrement
regretté d'avoir volontairement zappé la venue
du groupe au printemps dernier (avec Overmars en première
partie, quel con !) et pour me rattraper j'ai décidé
de me faire faire un nouveau tatouage sur l'épaule gauche.
Amen.
Haz
(28/09/2008)
website groupe www.churchofra.com
website label www.hypertensionrecords.com
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American
Heritage
Millenarian - CD
Translation Loss 2006
J'avoue
que j'avais un peu lâché l'affaire American Heritage.
Après leur précédent méfait Bi-polar,
je les croyais perdu pour la cause d'un metal-hardcore bien
baveux et dégoulinant de gras. Les choses n'ont pas fait
qu'empirer. Il était là, stocker depuis un bon
moment, sous la pile, la chose honteuse que je ne voulais pas
écouter. Mais la force de American Heritage est insoupçonnable.
L'album a fini pratiquement par se jouer tout seul. Le Malin
a bien fait. C'est une tuerie sans nom. Pas dans le sens que
c'est l'album de l'année. Son pouvoir n'est pas si immense.
C'est juste une tuerie. Au sens premier du terme. Mastodon,
dont le dernier album ne sèmerait même pas la pagaille
dans un défilé de majorettes, peut aller se rhabiller.
Cru, violent, sans le moindre putain de solo de guitare, Millenarian
renoue avec la tradition de son rock d'antan, celui qui déflorait
le math-rock et le coule dans une chape féroce qui doit
autant aux métalleux les plus chevelus qu'à une
obscure force noise qui anime Unsane, Keelhaul et Craw. Revenu
à une formule trio, American Heritage fait tourner des
plans diaboliques, jusqu'à l'hypnose, qui avance INEXORABLEMENT
sur vous, faible proie sous le joug d'un bulldozer permanent.
Mike Duffy chauffe sa batterie, l'a réduit en miettes.
Le son est hyper dense. On y glisserait pas un doigt. Ca n'arrête
pas. Ca joue encore et encore. Sur la longueur des sept titres
qui oscillent tous entre quatre et six minutes, ça manque
de variances mais c'est un monumental pain dans la tronche qu'ils
nous mettent et il faut pas chercher midi à quatorze
heures. Seule ombre au tableau, le chant. Toujours. Quand il
donne dans la gamme du hurleur moyen inhérent à
n'importe quel groupe de hardcore, passe encore. Mais ya un
p'tit malin qui se croit bon de rajouter épisodiquement
des cris gutturaux de gorets comme les gros connards avinés
aiment à pousser aux premiers rangs des concerts grind.
Et ça le fait pas du tout. Toutes ces voix ne sont pas
très présentes mais suffisamment pour ne pas adhérer
complètement à cet album. Millenarian est
franchement une surprise. Ils ont su regrouper sur un seul et
même disque leur amour pour les musiques complexes et
les branlées auditives les plus brutales. Sous ses allures
de barbares du Caucase, Millenarian est bien plus fin qu'on
ne le pense. American Heritage revient dans la course.
Pour
infos et pour les Old school fans comme ils disent Andreï
Cabanban (guitariste canal historique de American Heritage et
ancien Brass knuckles for tough guys) s'est lancé à
nouveau avec Duffy dans un projet dont vous pouvez voir une
vidéo ici.
Le old school, ça à du bon !
Le même Cabanban multiplie les projets. En solo avec Interfac3,
touche à tout bricolo et electro (pas rigolo). A deux
et à la batterie sous le nom de Duchess of Tek. Au chant
et à la guitare sous le nom de The Dead leaf orchestra.
Et enfin à trois et de nouveau à la batterie avec
The Royal edge treader. Je le savais insomniaque mais pas à
ce point là.
Jugez sur pièce.
SKX
(01/02/2007)
website groupe www.americanfuckingheritage.com
website label www.translationloss.com
sounds brootal.mp3
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Anatrofobia
Brevi momenti di presenza - CD
Wallace 2007
Si
au niveau du line-up, Anatrofobia présente des similarités
avec leurs compatriotes de ZU (basse, percussions et saxo),
la comparaison s'arrête là. A cette instrumentation
de base, ils ont rajouté la mention live electronics
et tout se joue là-dessus. Ca et le silence. De longues
plages sans rien, vous obligeant à regarder de plus prêt
votre fabuleuse chaîne hi-fi pour savoir si elle marche
toujours, avant de vous prendre une déflagration sonore
d'un quart de seconde, puis à nouveau l'espace parcouru
d'une légère ondulation électronique. Il
faut attendre la moitié du cinquième morceau pour
que les choses bougent. Soit dix minutes qui ressemblent à
l'éternité. Il faut une conscience professionnelle
hors pair pour vouloir pousser le bouchon plus loin. Heureusement,
à partir du sixième titre, le trio italien part
sur des plans jazzy vous sortant de la torpeur. Mais là
encore, rien de sensationnel pour un groupe qui se réclame
expérimental. C'est assez convenu et mou du genou. Au
onzième morceau, Anatrofobia replonge dans les affres
du silence, de vrais ermites du son et là, ça
devient définitivement trop, même pour ma conscience
professionnelle exemplaire. Ils ont beau vouloir joué
du concept silence / chaos, la loi et l'anarchie (ho ho ho),
saturation, complexité et richesses des textures, c'est
surtout homogène dans le néant et pour le chaos,
on repassera. Le genre de concept fumeux qui fait passer la
musique expérimentale / improvisée pour de la
branlette qui ne risque pas de vous rendre sourd et des flatulences
stériles. Charmant spectacle.
SKX
(03/12/2007)
website groupe www.anatrofobia.com
website label www.wallacerecords.com
sounds anatrofobia-9.mp3
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Arab
On Radar
Sunshine For Shady People - DVD
Three One G 2008
Le
titre ne casse pas trois pattes à un poulet transgénique
élevé en batterie et ressemblerait presque à
une chanson de R.E.M., la jaquette est moche et quelconque et
pour finir on jurerait que la musique illustrant le menu de
ce DVD est signée Chinese Stars, c'est-à-dire
le groupe actuel de l'ancien chanteur et de l'ancien batteur
d'Arab On Radar, alors que non il s'agit de Inventor,
extrait de la première demo d'Arab On Radar en 1995 et
du coup c'est la certitude désolante qu'avec Chinese
Stars Eric Paul and C° n'ont même pas fait du sur-place
: ils ont tout simplement régressé. Mais passons.
Three One G avait déjà réédité
les deux premiers albums du groupe de Providence avant de publier
une compilation de singles et autres inédits (The
Stolen Singles), voici maintenant l'heure du DVD, years
in the making nous dit on. Mouais.
La seule fois que j'ai vu Arab On Radar en concert c'était
dans la cave pourrie d'un bar du bas des pentes de la Croix
Rousse à Lyon, il y avait eu les parisiens de Gordz juste
avant et même le patron (celui de Perte Et Fracas, pas
le taulier du bar) était là, à l'époque
il aimait encore jouer à la groupie de luxe et suivait
les groupes chers à son coeur et à ses fesses
partout où il le pouvait. Le son du concert était
dégueulasse, on entendait la voix d'Eric Paul uniquement
par intermittence ce qui faisait bien rire le petit gars de
S.K. records qui avait organisé ce concert et n'essayait
même plus de régler les niveaux avec la console
minable à sa disposition. Je me rappelle également
de Steve Mattos qui n'arrêtait pas de lâcher des
gros mollards et que les invectives pleuvaient du côté
du groupe, ambiance très chaude. Surtout ce concert c'était
l'apocalypse punk pure et simple, le grand n'importe quoi et
vraiment pas un truc dont on pouvait ressortir sain et sauf.
Quel putain de groupe.
Alors un DVD, haha, pourquoi pas. Mais disons tout de suite
que ce n'est pas ça qui va donner envie d'écouter
Arab On Radar, pas plus qu'il ne va combler un vide pour toutes
celles et ceux qui ne les ont jamais vus en concert. Le documentaire
d'abord. Une suite d'interviews des membres du groupe, du tour
manager et de quelques autres qui se rappellent le good old
time et racontent des anecdotes où il est question de
chats qui volent au travers des fenêtres, de vomi qui
tapisse les murs, de concerts en compagnie de Lightning Bolt
et de The Locust. Le tout est entrecoupé de courts extraits
de concerts où on n'entend pas grand-chose et on ne voit
que le grand soir du chaos final. Bien. Les concerts ensuite.
Les extraits inclus dans le documentaire sont issus de ceux-ci
et il y a de tout, y compris les débuts à cinq
avec la bassiste en soutif. On n'y entend toujours aussi mal
la musique d'Arab On Radar mais on y voit encore bien mieux
quel déchaînement c'était, nihiliste et
sans concessions. Ce DVD est peut être un hommage sincère
à un groupe explosif et proche du démentiel mais
ce n'est que ça : un cénotaphe, une coquille un
peu vide dans laquelle ceux qui les ont connus pourront ranger
tous leurs souvenirs d'anciens combattants (exactement ce que
je viens de faire), les autres marqueront au mieux de l'incompréhension
face à tout ce carnage et à tout ce gâchis.
Historique.
Haz
(09/10/2008)
website groupe www.skingraftrecords.com/bandhtmlpages/AOR.html
website label www.threeoneg.com
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Paramount
Styles / Aran Epochal
Start burning 2 / Jivina - split 7''
Silver Rocket 2008
Scott
McCloud, quand il ne se perd pas dans un Girls vs Boys devenu
anecdotique, se commet dans Paramount Styles et l'aventure en
solo (pour la partie composition). Le problème de ce
type, c'est qu'il a une voix tellement prenante qu'il pourrait
chanter l'annuaire, on trouverait ça beau. Mais ça
ne devrait pas l'empêcher de nous servir une musique ressemblant
à autre chose qu'un gratouillis à l'eau de rose
pour ses plans cul. Une voix, même magnifique, ne fait
pas tout.
Aran Epochal utilise quasi la même recette que sur le
split avec Unkilled Worker,
sauf les cuivres laissés au placard. Un rythme horlogique,
une ligne de basse essentielle mais moins percutante, quelques
discrètes bidouilles électroniques pour l'habillage
et une voix tchèque rugueuse qui s'essaye sur le terrain
de McCloud et s'en tire pas trop mal. Aran Epochal, c'est le
souffle des steppes tentant de réchauffer notre vieille
couenne meurtrie. Ou comment faire intimiste sans être
insipide. Tout ce que n'a pas l'autre face.
SKX
(30/11/2008)
website groupe www.myspace.com/paramountstylesnyc
| www.myspace.com/aranepochal
website label www.silver-rocket.org
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A
Storm of light
And we wept the black ocean within - CD
Neurot 2008
Josh
Graham n'est pas homme à chômer. Après s'être
fait un nom en s'occupant des derniers visuels de Neurosis,
il a intégré Blood and Time aux cotés de
Scott Kelly (Neurosis toujours), sorti l'excellent album A
Day of nights sous le nom de Battle of Mice (qui mériterait
une chronique ici bas mais on peut pas tout faire) et fondé
puis quitté Red Sparowes quand ces derniers se sont mis
à dévier vers du post-rock fadasse. Car Graham
aime les riffs monolithiques, la lourdeur qui va toujours de
paire avec la noirceur et comme il n'est pas du genre à
mettre de l'eau dans le pinard (un homme de bon goût),
il s'adonne à sa passion favorite avec son nouveau projet
au nom ronflant de A Storm of light. Mais il faut bien avouer
que ce nom leur va comme un gant. Un mélange de violence
et de beauté. Une électricité malmenée
d'où jaillit des éclairs de lumière. Quitte
à aller jusqu'à une certaine grandiloquence. L'affiliation
à Neurosis est facile à trouver. Mais du Neurosis
qui va à l'essentiel. Du Neurosis qui n'a qu'une idée
en tête et l'exploite à fond. Graham et sa bande
(Domenic Seita à la basse et Pete Angevine à la
batterie rejoint depuis peu par un intérimaire de luxe,
Vince Signorelli, batteur d'Unsane avec qui il alternera les
concerts) sont des obsédés. Plus c'est lourd,
plus c'est bon. Plaquer un riff monstrueux, le laisser mariner
dans son jus, voir les dégâts qu'il occasionne,
lui coller le rythme qui va avec et enrober le tout avec de
subtils arrangements de synthés pour épaissir
le propos. Des compos en forme d'énormes déflagrations
dont l'écho se répand durant de longues minutes,
s'amplifie puis se perd dans les profondeurs sous-marines, une
image directement inspirée par la pochette aussi chargée
qu'envoûtante. La musique d'un Grand Bleu cauchemardesque
qui n'évite pas des écueils de monotonie, une
répétition des thèmes dont les 60 minutes
s'avèrent un peu longuettes mais également des
raz de marée qui vous enveloppent comme le titanesque
Vast and endless et le bien nommé Mass.
Les voix déchirent l'horizon. La ligne de flottaison
bascule vers l'inquiétant. Dix morceaux qui réussissent
le tour de force d'être lourds comme du plomb et impalpables,
dont trois morceaux que l'on peut considérer comme des
interludes, un neuvième (Descent) qui n'est qu'une
longue introduction planante (l'ivresse des profondeurs) au
morceau de clôture (Iron Heart) dont la caisse
claire et la chute finale vers les abysses continueront d'hanter
pendant longtemps vos prochaines sorties en mer. A Storm of
light navigue dans des eaux musicales très sillonnées
mais trouve sans peine son Atlantide personnel.
SKX
(02/06/2008)
website groupe www.astormoflight.com
website label www.neurotrecordings.com
sounds Mass.mp3
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Athletic
Automaton
A journey through Roman's
empire - CD
Skin Graft 2007
J'en
ai les gencives qui grincent. Les plombages fondus. Le premier
album de Athletic Automaton vient juste de se terminer et l'épreuve
fut éreintante. A vrai dire, ça fait plusieurs
fois que je me le passe et je n'ai jamais réussi à
l'écouter d'une traite. Un son de guitare très
particulier. Entre la ponceuse et la roulette du dentiste montée
sur un m (après un 12" et deux split avec Made in
Mexico et Aids Wolf), Stephen Mattos, l'ex-guitariste blond
de Arab on Radar ne nous ménage pas. Si ces ex-coéquipiers
préfèrent faire danser les foules comme des boeufs
le samedi soir avec Chinese Stars, lui et Pat Crump, son acolyte
à la batterie, ne choisissent pas le chemin de la facilité.
Leurs déguisements scéniques d'athlètes
d'Allemagne de l'Est des années 70 cachent cruauté
et perversité. C'est marche ou crève. Oublie le
jogging du dimanche matin. Séances de pompes et reptation
dans la boue sous les fils barbelés pour tout le monde.
Avec le sergent-chef vous soufflant dans les bronches. Huit
instrumentaux allant des deux minutes éclairs aux huit
minutes calvaires. Cette guitare vrillant les neurones, remplie
d'effets, arrêtant rarement. Un batteur déchaîné
qui aime titiller la cymbale. Autant dire que ce voyage dans
l'empire romain donne dans l'aigue. Psychédélisme
malsain. Bruitiste et allumé. Titres qui se ressemblent
tous. Je mangerais mon morceau quotidien. De grosses miettes
vraiment intéressantes à ruminer. En entier -
je sais pas si je vieillit - c'est mission impossible. Disque
crispant.
SKX
(02/11/2007)
website groupe www.athleticautomaton.com
website label www.skingraftrecords.com
sounds Hands.mp3
| Achilles.mp3
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The
Austerity Program
Black Madonna - CD
Hydrahead 2007
Il
aura fallu quatre années à cet austère
programme pour donner suite à leur premier effort, Terra
Nova, un EP qui nous aura fait saliver. Quatre années
durant lesquelles le duo a construit son propre studio de A
à Z, fait des gosses et continuer une dure vie de labeurs.
Des têtes de cadres supérieurs qu'ils sont réellement,
des frères jumeaux de Steve Albini, lunettes comprises.
Voir un peu plus. The Austerity Program a également opté
pour la boite à rythme pour accompagner leur duel guitare-basse
et poursuivre leur minimaliste mais agressif manifeste de déconstruction.
Ces gars sont des pervers. De dangereux maniaques sous des allures
de gendres idéaux. Quatre années où la
recette n'a pas varié. Toujours comme si Big Black se
prenait pour Godflesh. Ou le contraire. Je ne sais plus trop
bien dans ce bordel. Mes mains se crispent. Mais c'est sûr,
ils le font encore mieux. De la froideur, de l'austérité,
ça c'est sûr. Mais aussi de putain de bonnes trouvailles
mélodiques pour faire passer sans encombre des morceaux
de six, sept voir quatorze minutes. Thad Calabrese a le sens
de la ligne de basse qui amadoue pendant que Justin Foley possède
la science du riff qui marque. Avec des rythmes parfaitement
programmés, un chant qui ne la ramène pas souvent
qui prend aux tripes à chaque fois, du lyrisme à
petites doses, de la mélancolie pour une touche de profondeur
et de la violence jamais gratuite, Black Madonna représente
huit morceaux (dont deux interludes) parfaitement agencés,
vous maltraitant les cervicales de haut en bas avec bonheur
et ravissement. Quatre années d'attente qui valaient
largement le coup.
SKX
(03/09/2007)
website groupe austerityprogram.com
website label www.hydrahead.com
sounds song_17b.mp3
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