A
DAY CALLED ZERO
" s/t " - CD
Gravity 00
Un jour où rien ne se passe. Le vide. Le calme est là,
au-dessous. Ce nouveau trio avec des égarés de 3
Miles Pilot et Rocket From The Crypt ont crée la bande-son
dune énième journée qui senfile
pour rien. Des notes remplies de mélancolie où on
attend désespérément quelquechose, une violence
soudaine, une explosion qui nous sorte de la torpeur, sortir de
la grisaille. Mais ce long 6 titres tirent la même corde
que Slint a su si bien tendre sauf que là, la corde a du
mou et on la sent beaucoup moins prête à nous péter
à la tronche. Reste que cette grisaille a le charme des
journées tranquilles, au chaud sous le soleil de lhiver
et que bien des fois on aurait préféré une
journée sans rien que les menus traumatismes de la vie
quotidienne. Six contes dautomne à la dynamique souple
et nonchalante dont on nattend rien sinon de ne pas nous
gâcher le moment présent. Cest déjà
ça. Ailleurs, la journée bat son plein.
SKX (31/01/2001) |
A
GREAT DIVIDE
" s/t " - CD
Frenetic 00
Ce qui, pour tout le monde, est anecdotique, nous entraîne,
sans le savoir, vers des petites morts répétées.
On résiste, on résiste, on perçoit des sons
qui se languissent dans le magma. Interchangeable, universel,
passe-partout. A Great Divide issus d'ex, qu'importe le nom, empruntent
les nationales, la marge de manoeuvre est faible. Fiers et tendus,
arc-boutés vers un but connu que d'eux-mêmes, mais
en ont-ils une réelle idée?. Honnêtes laboureurs
un cran en-dessous d'Ambassador 990 et 12 Hour Turn, ce emo-driving-rock
se nourrit de pas grand chose, comble les ventres creux avides
de la moindre proie. S'encanailler pour un rien. Pas d'ouvreuses
et pas d'esquimaux. Un bon amuse-gueule sans prétentions.
SKX (05/06/2001) |
| |
ABILENE
"
s/t " - CD
Slowdime 01
La preuve par trois. Un ancien Lustre King, un ancien Chisel Drill
Hammer et surtout Alex Dunham, ex-Regulator Watts et Hoover, groupes
dont on tend le plus à rapprocher ce nouveau projet. Laffiche
est alléchante en tout cas et une fois le tour de la propriété
fait, on se dit que les anciennes demeures avaient du charme en
fin de compte ! Ce 6 titres retient du passé les parties
les plus calmes et atmosphériques, ces ambiances brumeuses
aussi collantes quun smog anglais et qui fichent le bourdon
à coup sûr. Une basse qui arrondie les angles, une
batterie qui ne sénerve jamais. La guitare qui tricote.
Le décor est à la grisaille, ça flotte, ça
avance au radar, on sent bien quelquechose de consistent. Ils
tissent leur toile en douceur, le travail est soigné, on
se laisse même immerger de temps à autres par ce
coup de blues mais lintensité sourde et continue
est absente de leur langage. Le moteur tourne à vide le
plus souvent. On reste un peu à lécart, à
les regarder se débattre dans leur univers ambitieux et
encore congelé. Mais il ne manquerait pas grand chose pour
les rejoindre.
SKX (20/02/2001) |
ABILENE
"
Two guns, twin arrows " - CD
54° 40' or Fight 03
Abilene
s'est construit un espace qui ne tient ni de la pesanteur, ni
de la gravitation. Sauf que si sur leur premier mini-album sur
Slowdime records, ça ressemblait au grand nul part, le
vide intersidéral, Abilene redresse la barre et l'ombre
immense de ce " Two guns, twin arrows " nous protège
de toutes déceptions. L'arrivée de Fred Erskine
(Him, June of 44) à la trompette est pour beaucoup dans
cette nouvelle osmose. Il retrouve par là même occasion
ses anciens compères de Hoover et Regulator Watts. Pas
besoin d'en dire plus pour constater qu'un retour aux sources
s'effectue. On retrouve cette même grâce, cette même
fluidité dans la rythmique qu'aux plus belles heures de
Hoover quand ce groupe sévissait sur Dischord. Aérien
et pourtant si consistant. Une économie de moyens. Alex
Dunham (chant et guitare) trouve en la trompette de Erskine la
parfaite complémentarité pour alimenter leurs échappées
nocturnes. Le meilleur exemple est " blanc fixe " où
la mélodie lumineuse de la trompette et le riff implacable
de la guitare vous amène dans une corrida du troisième
millénaire. Moi la trompette, ça m'en bouche un
coin ! Ca vous enveloppe comme dans une bulle, ça calme
les nerfs, c'est beau comme un camion sans faire nouveaux riches.
Abilene a repris sa marche par des traverses nouvelles. Des formes
mues par d'inexplicables puissances, tout en silence appuyé.
Plus qu'à s'asseoir et écouter. Un album lunaire.
SKX (13/11/2003)
|
AMERICA
IS WAITING
"
In the lines " - CDEP
Die Die Diemond 03
L'Amérique
attend. Certes, mais quoi?! En attendant que le vent tourne, ce
groupe originaire du Texas offre un premier élément
de réponse sous la forme de sept titres cinglants. Du tac
au tac. Un groupe découvert par hasard via leur site web
où ils encourageaient tout bon (et même mauvais)
américain qui se respecte à aller voir The Ex en
concert. Et un groupe qui aime The Ex ne peut pas être un
mauvais groupe. A l'arrivée, America is Waiting n'a pas
grand-chose à voir avec nos Hollandais. Sinon un amour
identique pour marier la beauté d'une mélodie au
chaos le plus élémentaire. Mais des groupes qui
correspondent à ces critères, c'est légion.
Alors quand en plus, on y rajoute la grâce et l'explosivité,
ça donne une réalisation inespérée.
Devant son inspiration également à des groupes comme
Jesus Lizard, Fugazi ou Girls vs Boys (du début parce que
la fin, ça craint), America is Waiting possède ce
petit plus tout de suite identifiable qui vous fait dire, le sourire
en coin, que vous venez de mettre la main sur un groupe dont on
a pas fini de parler (si les petits cochons les mangent pas).
Ecoutez le morceau " sympathy for rome ", tube énorme
sans facilité et ça ne devrait pas être trop
dur de vous convaincre. Mais ça pourrait être vrai
pour l'ensemble des compos. Entre des rythmiques qui tournent,
des ballades sombres et tendues (" the virus is airbone "),
le bruit qui s'échappe des guitares, se libère,
envahit et vous ensorcelle, la charge émotionnelle est
grande. America is Waiting son heure.
SKX (29/12/2003) |
ALL
IS SUFFERING
"
s/t " - 7
Renaissance 00
Ca va être une vraie partie de plaisir ! Noël au balcon,
putes à foison ! Pour le décor, le patronyme que
je vous traduirais pas. Pas la peine de sortir de polytechnique
pour comprendre que oui, toi aussi, tu souffres. Les morceaux
sont pas en reste : «Mauthausen», «Dezanification
of your weak mind» et «Dragon of the black pool».
Sans oublier la photo-pochette où se balancent des pendus
de camps de concentration.... Jusquaux noms des protagonistes
aux sonorités israélites (enfin je suppose je suis
pas spécialiste non plus). Trois titres dun hardcore
des plus brutal. Ne me demandez pas si cest old ou nouveau
de chez new school ou post-grind-core à marée basse,
jai jamais rien compris à ces trucs là et
jai passé lâge. Par contre, ce que jentends
bien, cest le son à faire reculer un tank allemand
(ah ! 50 ans plutôt et....), des grosses voix bien lourdes,
une chape de plomb qui sabat sur mes frêles épaules,
quelques petits soli limite limite, une montée au front
coupée par une arrivée surprenante dun bataillon
de moines en plein gargarismes grégoriens façon
Neurosis, et un lyrisme lugubre avec la délicatesse dun
légionnaire en tutu. Malgré des dehors qui mattirent
pas toujours, ça ma quand même troué
le cul (après vous jvous en prie)!
SKX (25/07/2000) |
AMERICAN
HERITAGE
"
s/t " - 12"
Rosewood Union records 98
" Et nous remercions ceux qui se battent en sachant qu'ils
perdront ". Auto-dérision pour un combat perdu d'avance
? Enième perle math-noise-rock échouée dans
l'océan des sorties, ce 1er disque risque de raser les
murs. Un nouveau projet de Andrei Cabanban, ancien guitariste
de Tetsuo et Brass Knuckles For Tough Guys, reprenant les armes
où il avait fait semblant de les déposer, pour 7
instrumentaux à l'arithmétique complexe, 7 titres
qui font blocs, où il manque encore un je-ne-sais-quoi
pour flamber de sa plus belle flamme. A parier pour leur 1er album
cet été, toujours sur le label anglais Rosewood
Union, un label à surveiller de très près.
SKX (12/07/1999) |
AMERICAN
HERITAGE
"
why everyone gets cancer " - CD
Rosewood Union records 99
Derrière ce titre d'album désopilant, 10 virus instrumentaux
qui attaquent aux germes et s'inscrivent dans la suite logique
et mouvementée de leur premier maxi. Maxi que l'on retrouve
dans son intégralité sur cet album, d'où
4 inédits seulement à l'arrivée. Et une frustration
bien légitime.... et bien vite balayée car tous
ces titres se sont refaits une beauté. Reliftage de la
production, remixage, reboosté bref ils sont plus beaux
et plus forts. Et cette fois-ci, la cible est atteinte. Rythmique
dans la grande tradition des groupes de Chicago, complexe et franc
du collier, force noise, massif et compact où la guitare
inventive se fraye allègrement un chemin pour bien nettoyer
la plaie de l'intérieur et alléger les souffrances.
Don Caballero parti aux fraises post-rock, c'est American Heritage
qui récupère les dividendes. Le genre de cancer
qui ne vous pourrit pas la vie!
SKX (17/10/1999) |
AMERICAN
HERITAGE
" we will pay you $125 to observe you deteriorate "
- CD
Class-B 00
Ca va trembler dans les chaumières ! La forte tempête
se transforme en ouragan. Alors quAmerican Heritage se demandait
« pourquoi tout le monde attrapait le cancer » sur
un premier album explosif, ils sont prêts désormais
à vous filer de la tune pour vous regarder foutre le bordel.
A lorigine spécialement sorti pour la tournée
européenne, cet album 6 titres presse la détente
et vous met KO avant la sortie officielle en mars prochain dune
version raccourcie sur Troubleman records. American Heritage prend
de lampleur, donne du volume à son math-rock instrumental
et déflore le tango à Chicago. Burn Chicago burn.
Tes nouveaux fils débarquent et brûlent le pavé.
Des compos encore plus ambitieuses, qui gagnent en durée
et en épaisseur. Des mélodies qui tournent en boucles,
des breaks incessants, des riffs fulgurants, louvrage remis
sans cesse sous lenclume du maréchal-ferrant. Un
trio qui sent le souffre et qui doit autant à larithmétique
dun Don Caballero décongelé du cul quà
un groove malsain et à la technique sûr de No Means
No. Ahurissant ! La mèche est partie, la poudre senflamme,
ça va péter ! ! Vous aurez droit, en plus de votre
tronche au plafond, à un morceau rap par Brother El, un
pote du guitariste Andrei Cabanban et quatre reprises par American
Heritage themselves, voix comprises, de 4 standards du punk-rock
(Born Against, Dead and Gone, Swiz et Black Flag), anecdotiques
certes mais leur manière à eux de vous montrer leurs
racines et doù leur vient toute cette putain dénergie.
Encore une histoire dhéritage !
SKX (02/01/2001) |
AN
ALBATROSS
"
eat lightning, shit thunder! " - Lp
When Humans Attack 01
Toujours
plus loin dans la connerie. An Albatros la met profond avec ce
concept à la mords-moi-le-noeud : un disque, 11 titres,
mais exactement les mêmes des deux cotés de la face!
Va comprendre, Charles! On joue comme on aime! Au pire pour les
plus maniaques, vous écouterez toujours la même face,
ça économisera l'autre en cas de pépin. Planète
gravos donc. Ces intouchables choisissent l'hystérie collective
à la Locust. Mais là où il n'y a plus rien
à tirer avec les branleurs de San Diego, An Albatros soigne
tout de même son standing. Ils ne se contentent pas de faire
un bruit violent et nihiliste mais composent de vraies petites
bombes incendiaires où on retrouve ces billes. On distingue
le début, la fin. Et un ptit peu le milieu aussi. Pour
la durée, c'est l'éclair. Tout sprinte entre les
20 secondes et les 2 minutes. Le clavier associé à
l'électronique/platine font largement autant de raffut
que la guitare, basse, batterie. Seul le chant convulsif aiguë
tend à couvrir l'ensemble. Les titres sont empreints eux-aussi
de connerie ("mother's day came a little early this year",
"the man eating pig of madidi", "klüver-bucy
nocturne in Bb"...). Ca attaque sec, c'est pas dénoué
d'humour. Yen a même à revendre. Les samples sont
explicites. Bref, une grande réussite dans le genre. "Une
célébration à la vie" comme disent en
choeur ces 6 allumés de An Albatros. Vol au-dessus d'un
nid de coucou. Je sais pas si ce sont les plus débilos
mais ils sont sûrement sur le podium.
SKX (17/01/2002)
|
THE
ANASAZI
"
calculating components.... " - Lp
Troubleman Unlimited 00
Soirée
de peine capitale. Pas moyen de siffloter tranquille sous les
platanes. Ca attaque frontale, c'est rectal et sans concession.
La production, c'est pour les petits cons. C'est brut de décoffrage
à faire passer le son le plus punk pour du Jean-Michel
Jarre sur les champs-élysés. Ne pas hésiter
à augmenter sérieusement le volume de sa chaîne
pour que parvienne à vos esgourdes un disque enregistré
dans la cave avec un 2 pistes de compèt très fatigué
! Faut aimer. Et c'est presque dommage car avec ces anciens Yaphet
Kotto, Jenny Piccolo et The Mohinder, sous la crasse, on a le
droit à un hardcore noisy des plus chaotiques et extrême.
Et si vous aimez les messes noires, un conseil, l'autre face.
C'est la même chose mais tout à l'envers. Un disque
pour bien se l'enfoncer jusque là.
SKX (23/01/2001)
|
ANODYNE
"
The outter dark " - CD
Escape Artist 01
Un
trio carré. Trois entités, un chat est un chat.
Mike Hill. Josh Scott. Joel Stallings. La pochette est noire et
grise, une touche de blanc pour le texte. Photos sales, signe
de désolation, no man's land urbain. Debout au milieu du
massacre, Anodyne orchestre une partition aussi gaie qu'un Neurosis
sans le grand cirque. Au plus près de l'os. Genre Kiss
It Goodbye / Playing Enemy et toute la ribambelle torturée
du hardcore moderne. Version apocalyptique, plus noire que noire.
Huit titres tranchants. La démonstration ne se fait pas
dans la surenchère de rythmes et de breaks. Anodyne garde
un cap relativement droit, sec dans les angles, belliqueux dans
les lignes droites. Le lyrisme est souterrain. Anodyne se présente
nu sur l'autel, se débarrasse de tous oripeaux, ne la ramène
pas plus qu'il ne faut et gagne ainsi encore plus de crédibilité
dans la noirceur du propos. L'essentiel est dit, percutant et
perturbant. Un disque qui calme.
SKX (08/11/2002) |
KEELHAUL/ANODYNE
"
split 7" " - 7"
Chainsaw Safety 02
Le
genre de 45 avec lequel on ne cherche pas d'embrouilles. Deux
groupes tendres comme un bataillon de paras, légers comme
un vol de mouettes mazoutées au troisième degré.
Avec Keelhaul, c'est la connexion Craw. Le batteur en commun et,
en invité de marque, Joe Mctighe, le chanteur. Deux cartes
maîtresses qui donnent une saveur très Craw-ienne
avec une pincée de No Means No, allez savoir pourquoi,
bref un truc rock lourdingue et pulsant son gras pour n'en retenir
que le maigre. Des déménageurs et des bons. Avec
Anodyne, on sort les chiennes. Leur face Neurosis est totalement
dynamitée de l'intérieur lors d'un morceau sauvage
et bref. Pas forcément leur meilleur crû. Suit une
reprise de Throbbing Gristle ("persuasion"), vieux groupe
industriel de la mort mais le titre n'est pas remis au goût
du jour et coulé dans un moule Anodyne. Ambiant et anodin.
Pochette noire et belle. On a vu pire comme split mais hélas
encore, un peu bancal.
SKX (03/09/2002) |
APES
OF WRATH
"
s/t " - CD
Obtuse Mule 01
Les
singes en colère. Très en colère. Quinze
titres propulsés en quinze minutes chronos, chaque minute
comptant le double de décibels autorisés à
la seconde par les ligues de vertus, le ciel est tombé
sur la tête. Une description volée au passage les
comparait à du "Arab on Radar math-metal" ! Même
méfiant, ça pousse à la curiosité.
Et le résultat en-deça de mes lubies masochistes.
Un mirage. Ca pulse, ça n'arrête pas. A la description,
il faut rajouter Melt-Banana pour l'amour de la vitesse. Sauf
que les charmes orientales de la voix ont été remplacées
par les cris d'un maniaco-dépressif. Qui loin de se contenter
d' hurler dans le vide, étend sa palette vocale, allant
du chien dont la queue s'est coincée dans une porte aux
plaintes hystériques d'un cow-boy poursuivit par une meute
d'indiens assoiffés de scalps. Mais on ne prend jamais
de plein fouet un mur du son inaudible, un brouhaha continu et
agressif. Les riffs sont clairs, précis et rapides. Ministry
sans le cuir et le gras qui va autour. Sous leurs dehors de méchants
à poils longs, la bonne humeur suinte grâce à
des samples incongrus et rigolos et cette voix trafiquée
de cartoon électrocuté. On distingue allègrement
les morceaux et ce coup de pied au cul va faire remonter plus
qu'un quadrupède dont tu descends, camarade, à la
cime de son arbre. Provocation animale.
SKX (04/04/2002)
|
THE
APOPLEXY TWIST ORCHESTRA /
THE KINETIC CRASH CORPORATION
"
split album " - Lp
React with Protest 02
Des
patronymes qui annoncent des paniques surchauffées, des
colères rentrées et des tonnes de frustration tapis
au fond de la gorge. Deux groupes allemands se partagent ce disque.
La chronique ne pourrait en faire qu'une pour autant. La pochette
en nappe de cuisine est bourrée de bruit et de crachat
à la gueule, de cette musique qu'on appelle screamo-hardcore,
version Orchid, encore plus sec sur le carreau. La face contre
terre. Kinetic Crash Corporation y apporte un brin d'ampleur,
un son qui donne moins l'air de sortir de la cave et des titres
en forme de complexité. Ca en devient presque bon à
vrai dire. L'oxygène vient toujours à manquer. Ces
groupes auront peut-être déjà tiré
leur révérence à l'heure où s'écrivent
ces lignes. On aime ça pour le plaisir immédiat
que ça procure. Vivre dans le nerf même si tout ce
bordel est sommes toutes commun. Mais qui ne l'est pas?
SKX (03/09/2002)
|
ARAB
ON RADAR
"
the stolen singles " - CD
Three One G records 03
L'arabe
n'est plus dans le collimateur. Il a mis la clef sous la porte
et nous laisse comme seul souvenir quatre albums, des concerts
épileptiques et cette poignée de singles, titres
rares et inédits regroupés en un seul jet sur cette
compilation. Vu le tirage limité et la confidentialité
de ces objets rares, c'est comme l'album posthume qu'on attendait
plus et non une vulgaire opération commerciale que 31G
records nous refourguerait pour s'en mettre plein les fouilles.
Arab On Radar se saignait en quatre et ne se foutait pas de la
gueule du client en sortant des fonds de tiroirs sur ses petits
formats. Du premier choix, de la qualité, de la bonne,
de la pure. 12 titres volés à leur début.
Pépites post-punk (ou " now-wave " comme disent
les têtes pensantes de Skin Graft records où ils
finiront leur trajectoire), dangereusement sautillantes, dissonantes,
cacophoniques pour les uns, jubilantes pour le reste. Une façon
unique de donner le rythme. Même les punks ont le droit
de danser. Des guitares, dont l'une à la sonorité
basse, vrillantes et inventives. Et cette voix de pervers qui
pleure sa mère de ne pas l'avoir assez fessé
Des prestations scéniques mémorables et loufoques.
Une musique qui effrayait le commun des mortels et bigrement original.
Arab on Radar restera comme un des groupes noise marquant de 95
à 2002. Depuis, le chanteur et le batteur ont formé
avec un ex-Six Finger Satellite, plus un illustre inconnu, un
nouvel avatar de la folie. Son nom : The Chinese Stars (un 5 titres
en juillet sur Skin Graft). La ressemblance est frappante. L'invasion
de l'Europe est prévue pour octobre prochain. On respire
un bon coup.
SKX (01/07/2003)
|
ARAB
ON RADAR
"
yahweh or the highway " - CD
Skin Graft 01
La
petite sur a grandi. Elle ne relève pas ces jupes
à la moindre tentation. L'arabe plus que jamais dans le
collimateur dans cette époque manichéenne, Arab
On Radar commet ici son quatrième album. Saluons leur éveil
politique sans que cela transparaisse un seul instant dans les
paroles de Mr Potty Mouth. La bouche toujours aussi larvée
de contes immoraux pour adultes pervers, le spermatozoïde
de la noise, après un roman qu'on imagine interdit aux
mineurs, continue de vicier la musique déjà décadente
de Arab on Radar. Même si, même si ce " yahweh
or the highway" est l'album le plus présentable et
abordable de Arab on Radar. Rassurez-vous, le cartésianisme
n'est toujours pas une valeur à la mode chez AOR. Ca navigue
souvent à vue. Deux guitares qui triturent, qui vrillent,
qui tournent autour d'une idée. Un batteur qui se prend
pour un indien réglant le sabbat autour du totem familial
ou imperturbable maître de cérémonie dans
une galère romaine. Et le chanteur qui pourrit l'air avec
une voix bien aiguë qui pèle le tympan. Sauf que cette
fois-ci, la mélodie en générale se fait plus
pernicieuse, marque des points. La sensation que les quatre membres
forment peu à peu un seul corps et que tous jouent la même
partition. Que l'évolution, sans être prépondérante,
est très palpable. Ca n'empêchera pas de nombreuses
personnes de trouver ce groupe toujours aussi imbitable et leur
musique incompréhensible. On ère ici dans le domaine
de l'absurde. De la musique primaire qui cherche à éviter
les autoroutes archi-fréquentées sans sombrer dans
l'impasse. Revenir à la matière première,
sorte de Birthay Party moderne, revu et corrigé à
l'extrême, de sculpter des sons et des rythmes comme au
premier jour du rock'n'roll sans pour cela apeurer le quidam.
Arab on Radar est sur le bon chemin. Faites tomber les masques.
SKX (12/03/2002) |
ARAB
ON RADAR/KID COMMANDO
"
split single " - 7"
Ideal 02
Un
des grands classique de franche camaraderie. La tournée
commune célébrée par un 45 tours partagé.
A chacun sa face, figeons dans le sillon ces quelques semaines
de vie commune. Et là, comme cadeau de mariage, on s'est
pas foutu de la gueule des mariés. Le groupe phare, c'est
Arab on Radar. Et leur donation montre une évolution palpable,
un je-ne-sais-quoi de différent par rapport à leurs
albums. Difficilement explicable mais la folie coutumière
se canalise, n'en reste pas moins dangereuse et gagne encore en
originalité. Arab on Radar aiguise ses couteaux, la menace
est grandissante et le futur s'annonce radieux. Si Kid Commando
sont les petits nouveaux, ce trio suédois (dont un des
deux gratteux est le boss de Ideal records) va vite prendre son
envol. Deux titres mais en vérité un seul et même
morceau enchaîné. Des soubresauts et une volonté
identique à Arab on Radar pour perturber l'auditeur. Deux
guitares, une batterie. Un piano inhabituel au milieu d'un bordel
savamment organisé. Arty punky rock. Creuse toi les méninges,
chose obsédante qui bute à ma cervelle. Le Kid deviendra
grand. Un split qui passera les époques.
SKX (01/08/2002)
|
ARAB
ON RADAR
"
soak the saddle " - CD
skin graft 00
L'eau
coule rouge du robinet. Un recul. On me hache. On me concasse.
Arab On Radar, un mythe païen, ambigu et retardé du
bulbe. Une longue plainte, un amas de guitares (2) et batterie,
foutu là pêle-mêle, sans ordre particulier,
sans préoccupation de mélodies, sans rien, pas de
fondations. Le crash, chacun dans son coin, a perpétré
sa petite catastrophe personnelle. Avec quelques terrains d'ententes,
des no man's land d'accords, plein de fils barbelés, une
orchestration primaire et syncopée. Avec Eric Paul au chant,
psychopathe pervers, les cordes aiguës dans une main, les
couilles dans l'autre, tendance débile profond. Un psalmodieur
branché cul. Et quand je dis "cul", je reste
poli ! Un salon à la mode où on cause plutôt
tampons, règles, viols, de profs attirés par ses
étudiantes, capotes, baise et autres lubricités.
Volontiers provocateur pour pointer le doigt sur les comportements
sexuellement déviant des puritains américains. Mais
ça fait le 3ème album que ça dure. Psychiatre
demandé d'urgence. Produit par Weasel Walter des Flying
Luttenbachers, on y retrouve cette abstraction sauvage sans le
trash, les durées éclairs, orageuses et fiévreuses
de Melt-Banana dans un album de 20 petites minutes pour 9 morceaux.
Et le non-sens continu à la US Maple dans une version bombardements
alliés. Vous en ressortez tout confus, nerveux mais prêt
à remettre le couvercle. Ils vous ont hachés menu-menu
mais ça été terrible. Ces gars fucking rock
et fuck le rock par la même occasion....
SKX (06/09/2000) |
ARCO
FLUTE FOUNDATION
"
everything after the bomb is sci-fi " - CD
Cenotaph Audio 02
Ce
groupe américain pointe déjà là son
troisième album. Ayant raté les précédents
épisodes, je ne pourrais vous rapporter que des propos
dont l'écho résonne jusqu'à cette page, échos
faisant réminiscence de Mogwai et autres bruyances spacieuses.
Sur Cenotaph Audio, le label de Pittsburgh qui nous avait fait
découvrir les excellents Microwaves, cette 3ème
livraison semble avoir perdu la motion rock et s'est dangereusement
focalisée sur l'aspect larges étendues sonores et
chroniques sans parole d'aventures interstellaires. Le rythme
reste cependant de ce monde, tout n'est pas parti avec l'eau du
bain. Les guitares savent être incisives et tournées
en boucles. On pense alors aux stridences d'Hovercraft, à
un Godspeed You Black Emperor sans le lyrisme et les trompettes.
Mais ce groupe sans flûtiau (je vous rassure!) a des fondations
floues. La plupart du temps, on berce dans un univers cotonneux,
mal défini, expérimentations tous azimuts. Absence
de rythmes, guitares vaporeuses, brouillard artistique. Ca peut
séduire par instant, quelques moments de grâce, en
suspension, comme ça, sans prévenir. Ca peut aussi
énerver la salle à patience avec pour effet immédiat
le ronflement soudain ou le lâché de CD à
travers la pièce. Pour les amateurs de musique d'après
la bombe. La grosse, celle qui mettra un terme à tout ce
bordel. En attendant, je vais m'amuser ailleurs.
SKX (11/07/2002)
|
ARMY
OF PONCH
"
....so many you could never win " - CD
No Idea 02
Et
des litres de sueur et des tonnes de kilomètres. Army of
Ponch, courageux soldat, fantassin noyé dans la meute,
toujours prêt au combat. Pas question ici de sortir du rang.
Army of Ponch aime le travail parfait, dans la grande tradition
emo-rock/hardcore engendrée par Hoover, Shotmaker, Three
Penny Opera. Une armée des ombres dense, quelques arbres
parmi une forêt touffue, arpentant toujours les mêmes
accords mais avec ferveur, une habileté jamais prise en
défaut. "Si nombreux que vous ne pourrez jamais gagner".
Un titre à double-tranchant, à niveaux multiples
mais qui reflète bien la mentalité de ces groupes
soudés entre eux, sillonnant en long, en large et en travers
les lignes droites des grandes plaines américaines. Ca
joue sans prétention une musique qui leur vient des tripes
et du cur, la seule chose qu'ils aient jamais su faire.
Du bonheur simple, à portée de tous. On retrouve
dans ce groupe Dave Diem, l'infatigable chanteur de 12 Hour Turn
et True North. Une veine et un engagement similaire. Army of Ponch,
consciencieux et de qualité. Vous en reprendrez bien une
rasade?!
SKX (21/05/2002)
|
ARTIMUS
PYLE
"
civil dead " - CD
Prank 01
C'est
sûr, les civils vont morflés. Toujours eux les plus
touchés. Artimus Pyle a le verbe vindicatif et engagé
et se donne musicalement les moyens d'enfoncer le clou de leurs
convictions au plus profond de votre crâne avachi. Le temps
de vous cracher tout ça à la gueule et le trio se
saborde. Reste ce témoignage. Un maxi et leur dernier 45
regroupés sur une même balle. Du gros calibre qui
déflore les idées en 13 chapitres. La musique est
oppressante, speedés des quatre fers. Hardcore, punk, tout
ça à la fois, l'urgence. Du Neurosis premier cru
avec le son de maintenant, lignée Catharsis version cours
métrage. Ca fait pas dans la dentelle, autant vous l'dire!
C'est pour ça que c'est si bon. Musique subversive pour
monter au front.
SKX (16/05/2001)
|
THE
ASSISTANT
"
We'll make the roads by walking " - CD
Nova 03
Il
va y avoir des larmes. The Assistant ne ménage pas sa peine.
C'est le tourbillon des armes, d'une atroce complexité.
Ce groupe américain pioche dans tous les styles - hardcore
chaotique, metal, emo - et ressort, avec un certain savoir-faire,
une boulimie de sons qui ressemble fort à une avancée
de chars en plein désert irakien. Ca bombarde tous azimuts,
entre les multiples parties qui s'imbriquent, le déluge
de breaks, les compteurs qui virent dans le rouge sous la pression
de rythmes trépidants, d'une voix qui n'en veut et qui
racle bien le fond de la gorge. Avec dans toute cette furie, la
queue d'un piano, une voix féminine pour adoucir les murs
et les passages très mélodiques pour reprendre son
souffle. Et comme The Assistant est du genre à allier le
verbe au geste, un livret ultra détaillé avec les
paroles et l'explication de texte in vitro est fourni. Avec ce
groupe, on sait où on va. Pas d'entourloupes. La famille
Converge and co s'enrichit d'un nouveau membre. Le problème,
c'est que c'est presque trop. Une chatte n'y retrouverait pas
son petiot ! Et que le son, étouffé, manque de l'ampleur
nécessaire pour traduire au mieux toute la puissance dont
ce groupe a besoin pour se sentir à l'aise. L'overdose
n'est pas loin. Néanmoins, malgré ce bourrage de
crâne et le manque d'éléments nouveaux au
dossier, cet album va ravir les fans du genre, ceux qui aiment
s'exploser la tronche sans trop se poser de questions.
SKX (12/08/2003) |
ATOM
AND HIS PACKAGE
"
a society of people named Elihu " - CD
Mountain Cooperative / Suziki Beane 98
Disque
de bouffon! Un drôle d'atome, un électron libre à
la connaissance de la scène punk-rock certaine et qui passe
son temps tout au long de ces 20 titres à railler les stars
de village pour notre plus grand bonheur. Ironie, sarcasmes, tout
le monde en prend pour son grade et c'est fait sans méchanceté.
Juste une façon malicieuse de montrer que tout ce petit
monde issu de la scène punk/hardcore est souvent bien trop
mégalo et tourner vers son propre petit nombril! Et la
musique est ridiculement bonne et anecdotique. Juste l'Atom, sa
voix Duffy Duck et son Package, un pauvre sequencer yamaha à
2 balles dépoussiéré des années 80.
Avec une perle à ne rater sous aucun prétexte, une
reprise du "Waiting Room" de Fugazi que Ian McKaye et
sa bande n'auraient pu imaginer même dans leurs pires cauchemars!!
Un des pires disques de l'année. Et c'est Atom qui l'a
dit en premier!!!!
SKX (27/12/1999)
|
ATOMIC
FIREBALL/SWARRRM
"
split cd " - CD
God Door 01
Apocalypse
nouveau en provenance du Japon. On connaît les groupes du
Soleil Levant pour leur extrémisme. Avec des noms pareils,
ces deux groupes ne dérogent pas à la règle.
Entr'aperçu sur un split single avec Frodus, Atomic Fireball
avait, l'espace d'une face, déclenché un raz de
marée auditif. On les retrouve 3, 4 ans plus tard et quelques
changements en cours de route. Le trio s'est mué en quatuor
avec le guitariste de Nine Days Wonder sur cet enregistrement
et le chanteur de Hellchild pour pousser la chansonnette sur ces
trois titres (dont un live). Et la bête n'est pas de tout
repos. La force de frappe d'un Zeni Geva. La complexité
d'un Converge. Et surtout cette voix qui insuffle un ton très
particulier à cette vague submergeante. On aime ou on aime
pas. Pour ma part, elle me colle au plafond. Tour à tour
rocailleuse (et le mot est faible) ou hurlante, baroque ou murmure,
prête à décoller la 2ème couche et
à faire fuir une horde de Huns. Atomic Fireball, c'est
un rock bruitiste et labyrinthique et cette voix, la corde qui
manquait pour atteindre définitivement sa cible. Impressionnant!
Avec Swarrrm et ces trois "r" de chiens de garde prêt
à vous mordre, on berce tout de suite dans le coté
"metal" de la bête. Entre voix aiguë et "deathisante"
(est-ce le même?!), la culture de la bombe H est entre de
bonnes mains. C'est un rien plus convenu mais ils offrent de tels
passages férocement déjantés et à
fond sur les manettes qu'on osera rien leur dire de peur de les
vexer! Le Nippon est pas content et tous les pervers de l'impossible
se doivent de posséder cet objet brûlant.
SKX (12/02/2002) |
ATOMSMASHER
"
s/t " - CD
Double H Noise Industries / Hydrahead 01
Atomsmasher
ou les nouvelles lois de la physique revues et corrigées
par un trio de chercheurs fous. Toute leur force vient d'une totale
absence de remords pour vos tympans. La destruction de l'atome,
la matière réduit à néant. Derrière
cette promesse, James Plotkin, guitariste qui a de son instrument
une vision très expérimentale. Un CV épais
comme ça avec Old, Scorn, Michael Gira, Mick Harris, etc....
La tête pensante de ce projet accompagné par Dave
Witte à la batterie. Terreur du grindcore, (Human Remains,
Discordance Axis) qui se pourrait bien être l'actuel batteur
de Melt-Banana. Le roi de la cadence infernale. Et le dernier
bras armé de ce trio est un nouveau venu, DJ Speedranch,
dont le nom commence à faire frémir le milieu électronique
(Venetian Snares). Organe vocale déconnecté de toute
raison et défoncé de la platine. C'est Hydrahead,
avec sa sous-division panzer Double H Noise Industries, qui porte
le chapeau et nous fracasse ce 1er album sur un plateau. Le premier
impact qui ressort, c'est l'énorme travail fait sur la
texture, la recherche et la richesse de sons dérangeants
et l'imbrication qui en résulte. Comment tout ces rythmes
binaires et trash se télescopent avec des samples aliénants.
Comment cette voix napalmée surfe sur les vagues bruitistes
des guitares. Comment ces flèches noise/grind s'effacent
devant de mystérieuses plages envoûtantes, aux harmonies
claires. Etonnant contraste où les relents les plus extrêmes
de la musique grind, façon Painkiller et Naked City, partagent
en toute fluidité le terrain d'une musique vouée
aux machines et à l'électronique, la plus sauvage
soit-elle. Atomsmasher se propose de casser vos repères,
de les piétiner et de reconstruire, avec une précision
maniaque, quelquechose de furieusement innovant et de très
inquiétant. Une folle course aux atomes où Plotkin
nous bat KO debout. Interdit aux moins de 16 ans mais à
découvrir d'urgence.
SKX (18/12/2001)
|
THE
AUSTERITY PROGRAM
"
Terra nova " - CDEP
Hydrahead 03
Le
retour de la boite à rythme. La bonne vieille boite à
rythme qui fait toujours ce qu'on lui demande. Et c'est dingue
ce qu'on peut lui demander de nos jours. Vous rajoutez une bonne
grosse basse qui cogne. Une guitare qui s'y connaît en matière
de bruit finement aiguisé. Un hurleur qui pleure toute
ses tripes tout en sachant vous amadouer d'un brin de voix apaisé.
Voilà pour les réjouissances de ce nouveau groupe
new-yorkais directement débarqué chez Hydrahead.
Quatre morceaux longs comme une lente agonie. La souffrance en
8 minutes de moyenne. Le tarif maison pour vous convertir à
leur trip hypnotique, martelant, non dénué de mélodies
distillées en boucle. Et alors qu'on pourrait craindre
un matraquage à tout va, Austerity Program joue la carte
du dépouillement, presque minimaliste et glacial par endroits.
Juste une voix, un rythme. Un gros riff qui tourne. L'ambiance
est chargée, torturée. C'est Godflesh, c'est Big
Black. Mais c'est surtout Austerity Program. Un truc à
part dans l'écurie Hydrahead. Ca pile les nerfs. On serre
la mâchoire. Et on adhère sans hésiter à
ce programme qui, certes, n'annonce pas la joie et la bonne humeur
dans les foyers, mais le grand jour arrive, on va tout arracher.
Austerity Program donne le ton.
SKX (07/08/2003)
|
THE
AVENGING DISCO GODFATHERS OF SOUL
"
The Ultimate in Authenticity and Musical Usefullness " -
CD
Alone 03
Méthode
de destruction totale. Sonnez les matines, il est l'heure du cauchemar,
deuxième épisode. Après un premier essai
version court-métrage, The Avenging Disco Godfathers of
Soul (TADGS) revient avec le péplum. Tu les laisses dans
le bac à sable, ils reviennent avec la barre à mine.
A-t-on idée de concilier The Locust, Naked City, le hardcore
des plus chaotiques tout en se faisant mettre par Tex Avery ?
Fâcheuse tendance au mal de tête. Reprenons le fil
de la messe. Si la sacro-sainte religion de ces tarés est
le hardcore, le point de départ archi-su sur le bout des
doigts au point d'en avoir fait le tour, pour désormais
le pourfendre allégrement, déviance générale,
éclatement intérieur. Tu n'as que ce que tu mérites.
Les seuls à pouvoir caler un petit air de bossa sans que
ça sonne pourri du cul. Les seuls à pouvoir passer
du coq à l'âne sans que ça fasse démonstration
technique et gonflette de pectoraux. Car le regard est délibérément
fixé sur une crête ou le mot punk brille de mille
feux, prêt à les rappeler à la moindre alerte
qu'ils sont bien là pour enfoncer le clou de la révolte
et non pas prétendre à un article dans Guitare &
Claviers. Alors n'ayez pas peur de la multiplication des breaks,
ce sont de petits pains bénis. Leur quotidien est ultra
complexe mais le résultat est frappant de cohérence.
Un pur disque de hardcore. Ils ont juste choisi des chemins détournés
pour tromper l'ennui et la redite. A ce petit jeu du quitte ou
double, du je m'écrase la gueule ou du je décolle
en mille morceaux, TADGS a décroché le pompon. De
la balle.
SKX (10/11/2003)
|
THE
AVENGING DISCO GODFATHERS OF SOUL
"
This is the invasion " - Lp
Kill Frank Lentini 02
Un
nom à remplir une piste de danse et la vider dans la seconde
qui suit la première note de musique tombée ! Avec
ces anciens Index of Potential Suicide (notez là encore
la richesse du nom), on ne pouvait prétendre au repos de
l'âme. Un trio qui compulse avec Mr Skinny aux peaux, Bones
à la guitare, xylophone et trompette et Professor Poison,
joli brin de voix un rien énervée, tâtant
également de la basse et du sacro-saint synthé (priez
pour lui, il ne l'emportera pas au paradis). Une arme utilisée
avant tout comme un sample, omniprésent dans, avant, entre
les compos. Point de Ray Manzareck à l'horizon, je vous
rassure. Et si on oublie quelques facilités qui font plus
office de bouches trous, ces samples sont parfaitement liés
au corps des morceaux. Et quand ces trois là décident
de jouer de leur unique instrument, c'est encore mieux, pétaradant,
émulsifiant, haut en couleurs ! Des bleus aux articulations,
un esprit bouffon, des variations d'ambiance, hardcore des années
2000 gardant le nerf du combat tout en élargissant la palette
musicale. Cette bouilloire conduit à des vertiges. Ca se
bouscule, se précipite. On croit être arrivé,
c'est un autre couloir menaçant qui commence. On entend
rire tout autour de soi. Le foutoir en plein milieu de la piste.
A moi le bordel !
SKX (07/01/2003) |
Act
XL - CD
Amanita 2004
Acte
isolé. Les machines pour seul compagnon. Et l'univers
connaisseur du studio de Amanita records. Un seul maître
à bord qui répond au pseudo de Kri, sa palette
d'instruments bien de chair, le retraitement in-vitro pour donner
à sa musique une dimension mi-homme mi-bête. Car
l'ambiance ici est futuriste et froide, basé sur le rythme,
aussi diversifié soit-il, état hypnotique, qui
tourne et qui retourne, drum'n'bass, réminiscences hardcore
et noise, coloration industrielle continue, lente et inquiétante.
Casser du sample sur le dos, éclater les formats. Plages
ambiantes, toile fine de sons qui tombent, voix spatio-temporelle.
On flotte. Et puis on cogne tout de suite après. Cet
electro là expérimente et navigue du coté
de Hint, Scorn, This Heat et autres aventuriers du son. On est
pas là pour faire danser. Maintenant, tout ça
me laisse aussi froid et distant que la musique. XL, taille
large pour un album qui aurait gagné à être
raccourci et néanmoins intéressant.
SKX
(01/07/04)
website
groupe www.amanitarecords.com
website
label www.kirikino.net
sounds
www.kirikino.net/files/starter.htm#
|
A
Day in Black and White
My heroes have always killed cowboys - CDEP
Level Plane 2004
En
direct de Washington DC, A Day in Black and White (ADIBAW pour
les fainéants) lance ses premiers cris qui ne vont pas
résonner dans le désert. Après une demo
qui n'avait rien d'exceptionnelle, le trio présente un
début discographique grandiose. Le jour et la nuit. Si
ce groupe est le meilleure groupe de screamo-hardcore à
l'heure actuelle, c'est parce qu'il est largement plus qu'un
groupe de plus qui ressuce une fois encore cet éternel
sillon en mal de second souffle!! ADIBAW a la particularité
d'amener et/ou entrecouper ses brûlots hardcore aux mélodies
imparables par de longues montées tout en douceur, des
accords à la lenteur vénéneuse, de créer
comme jamais à partir d'un pourtant classique courant
chaud/courant froid, une musique aux brillants contrastes. Un
rock explosif qui ne lésine pas dans la véhémence.
Quand ils décident de partir à l'abordage, ils
ne font pas le voyage pour rien. A l'opposé, les calmes
sont olympiens mais jamais soporifique comme sur le 5ème
et dernier morceau "Illusion of the end". Pièce
instrumentale de onze minutes au début tout en douceur,
en piano et à la baguette, avec une guitare acoustique
qui fait lentement monter la sauce pour une explosion finale
simple et majestueusement efficace. Tout ça sonne comme
du déjà entendu et pourtant, ADIBAW le fait comme
nul autre avant! Une énergie, un chaos contrôlé,
un lyrisme digne du plus grand Envy, un truc unique sans avoir
l'air d'y toucher, le riff qui tue, l'harmonie qui apaise, la
batterie qui s'affole, le rythme qui se tait. Cinq titres, mélange
de fuite en avant et de fragilité déconcertante.
Cinq contes épiques mis en pièce par Kurt Ballou
(Converge). Il n'en fallait pas plus pour contenter son homme
et s'esbaudir devant une telle maîtrise ! La meilleure
sortie de Level Plane depuis... jusqu'à la prochaine!
SKX
(02/12/2004)
website
groupe www.dayinblackandwhite.com
website
label www.level-plane.com
sounds
www.hxcmp3.com/bands/3352
|
A-Frames
2 - CD
Dragnet 03
A-Frames
fait partie de cette vague récente de groupes américains
dont les influences viennent autant des années 90 et
son florilège noise que le début des années
80 avec des groupes post-punk comme Wire et Gang Of Four. "2"
est leur... second album (hé oui!) et, après un
premier essai laborieux, semble avoir trouver ses marques entre
l'héritage des aînés et l'affirmation de
leur talent de compositeurs. Format court, c'est rêche
et direct, artifice zéro. Une basse bien devant, rythmique
prépondérante, la tête dedans et la guitare
dans tout ça qui se fraye un chemin, apporte son idée
mélodique et brise la glace. Car ne comptez pas sur la
voix pour réchauffer l'atmosphère. Robotique et
détachée du monde, elle plante des couteaux dans
le dos. Minimaliste, espace restreint pour la galipette, visage
fermé, A-Frames monte au combat, sûr de sa force,
agile et volontaire, avec ce qu'il faut de malice aux coins
des lèvres pour rendre la pilule lumineuse. On sait de
quoi est faite leur discothèque mais bonifie les acquis.
"Chairs missing" avait laissé une place vacante.
A-Frames s'y assoit allègrement. Ne reste plus qu'à
peaufiner leurs sillons pour marcher sur leurs propres plates-bandes.
SKX
(08/03/04)
website
groupe www.dragnetrecords.com
sounds
Rescue(demo).mp3
|
Amanda
Woodward
La décadence de la décadence - CD
Earth Water Sky Connection 2004
Les tourments
révoltés de Amanda Woodward. Le groupe de Caen signe
son premier album, assoit ses bases et prend par la même
occasion son envol. Les racines du hardcore et la touche emo.
Son pain quotidien entrevu sur leurs précédentes
productions. Avec cette nouvelle décadence, Amanda Woodward
va au direct. Tête baissée dans des compos où
l'urgence prime, saute aux yeux avant de révéler
ses finesses, d'apprivoiser ses tensions internes et se bonifier
au fil des écoutes. Chant en français qui me convainc
quand ça hurle (quoique très monocorde dans sa colère)
et me hérisse un rien le sourcil en mode parlé avec
ses syllabes traînantes et désagréables en
fin de phrase comme sur " dans le cas où les flammes
". Amanda Woodward, c'est aussi une influence dub dans le
jeu de basse, un certain sens du groove qu'on pouvait retrouver
auparavant chez Universal Order of Armagedon, qui a mon plus grand
plaisir, se fond de mieux en mieux dans le moule, apportant un
espace oxygéné dans le fourmillement de leurs morceaux.
Amanda Woodward joue dans la cour des Yaphet Kotto, Yage et consorts
en prenant soin de voler au fil des ans de leurs propres ailes.
Un album de souffre et de sang, cynique et prêt à
en découdre. Un groupe français qui s'internationalise
sans complexe, dans le sillage des Jasmine et Fingerprint à
une autre époque et s'exporte même aux Etats-Unis
sur le label Level Plane, suivi d'une tournée marathonienne
chez l'Oncle Sam. Pas inévitablement un gage de qualité
mais le voyage dans ce sens est tellement plus rare qu'il fallait
bien le signaler ! La décadence, mais pas pour tout le
monde.
SKX (10/07/04)
website
groupe www.sans-vie.com
website
label www.earthwaterskycn.de
sounds
la
decadence.mp3 |
An
Albatross
We Are The Lazer Viking - CDEP
Ace Fu 2003
Court,
rapide et bruyant, ainsi se résume la vie de An Albatross.
Avec un penchant avéré pour l'auto-destruction.
Pêle-mêle, vous trouvez au sein de leur nouvel et
deuxième acte, un humour de cartoon belliqueux, un fiévreux
esprit rock'n'rollesque, des traces de punk binaire et trash
à la Locust fuyant les foudres avant-gardiste de Melt-Banana
ou Naked City. Dans un souci d'économie pointu, nos six
énergumènes de Philadelphie balancent le tout
(11 titres) en 8 minutes, histoire de ne pas lasser l'auditoire
toujours aussi versatile, c'est bien connu. Génération
zappeurs névrotiques et consommateurs boulimiques. Les
deux synthés prennent le dessus pour envoyer des flèches
mélodiques empoisonnées et faciles à retenir
("let's get it on with it!" et "the revolutionnary
politics of dance"), tenant le haut de la production où
vient s'encastrer une voix qui ne fait jamais dans la dentelle.
Hurle mon gars, hurle. Un disque contre l'ennui. Seulement huit
minutes, mais quelles huit minutes!!
SKX
(20/05/04)
website
groupe
www.analbatross.com
website
label
www.acefu.com
sounds
RevolutionaryPoliticsOfDance.mp3
|
ANGORA
STATIC
7"
Anomalie / Wild-Zero / Lilacsky 03
Un
très prometteur quatre titres. La provenance : Norvège.
Un de plus! Trois labels s'y sont mis (un Allemand entouré
de deux Norvégiens) pour sortir une galette toute simple.
A croire que l'effort était colossal. Et les moyens respectifs
dérisoires! Angora Static file droit dans le sillage
de JR Ewing, mâtiné d'une approche encore plus
direct à la Kaospiot (les nouveaux frères ennemis!).
Bref, la fusion idéale pour un baptême de feu de
dieu. Chaque morceau possède sa propre vie. De solides
mélodies. Punk dans l'âme. Noise dans la démarche.
Ou le contraire. Sur les routes françaises avec Kaospilot
en avril. Une nouvelle perle à juger sur pièce.
SKX
(12/02/2004)
website
groupe www.angorastatic.com
website
label www.anomalierecords.com
- www.lilacsky.com
- www.wild-zero.de
sounds everymanishisownmicroprosessor.mp3
-
www.level-plane.com/kaospilot/angorastatic.mp
|
Anodyne
Salo - 10"
Insolito 04
Les
gais lurons de Anodyne (Brooklyn, New-York) ressortent les chiennes.
Quatre titres dans la lignée de leur précédent
album "the outter dark" : hardcore épuisant
qui suinte la rage et la torture mentale, horizon bouché.
Playing Enemy / Kiss it Goodbye, vous connaissez la suite, avec
un je ne sais quoi de l'optimisme de Unsane, l'effet claustrophobique
de la Grande Pomme sans doute. Au début, je ne voyais
pas la beauté du propos et l'utilité de remettre
le couvercle. Mais mes yeux se sont ouverts et j'ai compris
ma douleur. Toute logique est implacable. Bien gratter sous
la crasse et vous verrez le jour. Anodyne est sur le bon chemin.
(A noter que la version CD est sorti sur Init records avec les
mêmes morceaux mais remixés + 3 titres en plus
dont une reprise de Hüsker Dü et un design différent!
Ca fait quand même beaucoup, c'était bon
de le savoir, je sais ce qu'il me reste à faire damned!!)
SKX
(24/03/04)
website
groupe www.anodynehq.com
rubrique multimedia
website
label www.insolito.de
| www.initrecords.com
|
Anodyne
Lifetime of gray times - CD
Level Plane 2004
Changeant
d'écurie à chaque nouvelle sortie, Anodyne ne
parvient pourtant pas à nous semer en route. Le trio
oeuvre dans la catégorie noise-core et ne déroge
toujours pas à leur ligne de conduite jusqu'au boutiste.
Leur humeur massacrante et le fait qu'ils soient de New-York
évoquent tout de suite Unsane et les maléfiques
rues de " Taxi Driver ". Le rendu est différent
mais la noirceur suintante et la brutalité à sec
qui se dégage de leur musique les rallie à toute
cette cohorte de groupes nés de la frustration et d'instincts
primaires qui remontent du fond des caves. Des charges écorchées,
furieuses, rapides, qui se nourrit de l'esprit de Black Flag
et de la précision d'un Converge. Anodyne a fait un effort
de mélodies, à condition d'aimer aller au fond
de la mine chercher ce qui ressemble à une raie de lumière.
Fracas de bruit impénétrable, frénésie
de rythmes et nihiliste, le seul reproche de cet album est cet
aspect compact, ramassé sur lui comme un paquet de muscle
prêt à bondir, ce manque de variété
que seul un " Blood Meridian " vient rompre, morceau
libre et abstrait, furieusement bruitiste durant six minutes
éprouvantes. N'empêche, avec ce " Lifetime
of gray times", Anodyne signe sa meilleure sortie, grâce
à une production qui donne de l'ampleur à leur
hargne et leurs sentiments d'hommes des cavernes. Ca saigne
mais on aime ça !
SKX
(01/12/2004)
website
groupe www.anodynehq.com
website
label www.level-plane.com
sounds
arctor.mp3
| zeroworld.mp3
| carnotengine.mp3
|
A
Short Apnea and Gorge Trio
... just arrived - Cd
Wallace records 2004
A
Short Apnea est un trio italien, culte pour tous ceux qui aiment
la musique très expérimentale et bruitiste. Comme
Gorge Trio, trio américain, n'est pas le dernier quand
il s'agit de faire des choses pas carré, la rencontre
ne pouvait que se faire, au détour des nombreuses tournées
de Gorge Trio en Itlaie. Et " just arrived ", trois
petits points, n'a donc rien d'une partie de plaisir. Quand
un chien enragé rencontre un chien enragé, ça
donne rarement une chatte toute douce ! Trois jours de pures
improvisations en novembre 2001 (bonjour le mal de crâne)
pour une lente et minutieuse sélection et retraitement
de cette orgie. Un flot sonore où guitares préparées
ou non, batterie, claviers s'affrontent dans des duels pervers.
Pour les connaisseurs de Gorge Trio et leur album " dead
chicken fear no knife ", l'ambiance de base n'est pas à
des années lumière. Par contre, avec les extrémistes
italiens, on abandonne tout de suite ne serait ce qu'une minute
de quelconque structure. Ca reste un pur flux de sons avec ses
marées, ses silences droïdes et ses décharges
franchement électriques. Huit morceaux à se prendre
comme une longue pièce. Un accident de Mère Nature
où les sons tombent au hasard. On évitera de s'écouter
ça trop souvent tout de même
SKX
(14/11/2004)
website
label www.wallacerecords.com
sounds
port5.mp3
|
Athletic
Automaton / Made in Mexico
Split CD
New Addition Media 2004
Qui
a dit qu'on ne gagnait pas au change?! Arab on Radar splitté,
nous voilà avec trois rejetons sur les bras. Le premier
à pousser ses cris fût The Chinese Stars (bien
parti dans la vie avec l'ex-chanteur et batteur de AOR). Les
deux autres guitaristes ne sont pas loin derrière. Steve
Matmos (le blond) a trouvé sur son chemin un batteur
et le duo Athletic Automaton a vu le jour. L'autre (le brun)
s'est entouré d'une plus grande famille pour formé
Made in Mexico. Et comme toute les familles modernes recomposées,
ils ne s'en tiennent pas rigueur et partagent ce CD en toute
fraternité. Et l'amitié ne s'arrête pas
là puisque J. Ryan (ex-chanteur de Six Finger Satellite)
pousse ses cris sur un des deux morceaux de Athletic Automaton,
compos elle-même enregistrées par Rick Pelletier
qui manie la basse chez The Chinese Stars (après avoir
gratter chez Six Finger Satellite !). Comme une forte odeur
de partouze. Mais ne nous attardons pas sur les détails.
Athletic Automaton joue en tenue sport avec short et bandana,
look ancienne Allemagne de l'Est. Encore un détail me
direz-vous ?! Qui trouve toute sa signification dans cet indéfinissable
2ème degré qui sied si bien à AOR à
son époque et qu'on retrouve, non seulement dans l'esprit,
mais aussi dans la musique de Athletic Automaton. La guitare
de Matmos a un son bien particulier, lancinant, pervers et déréglé
pendant que le batteur Patrick Crump nous rend ivre de rythmes
répétitifs et de grands coups de cymbales sur
un 2ème titre long de 10 minutes. A juger sur la durée
d'un album qui ne devrait pas tarder. Made in Mexico reprend
un format plus classique avec guitare-basse-batterie et une
donzelle au chant. Là encore, aucun compromis dans le
traitement auditif. L'ombre de AOR continue de planer. La formule
laisse plus d'ouverture que son compère de Athletic Automaton.
La guitare agit comme une scie circulaire que Rebecca Mitchell
se charge d'aiguiser au plus fin par de méchants cris
intempestifs et des lamentations paranoïaques. La rythmique
assure une assise rassurante. Le moins que l'on puisse faire
devant un couple aussi dangereux. Les fans de Arab on Radar
apprécieront cette suite des aventures de nos deux gratteux.
A condition d'en aimer la face la plus sombre et schizophrénique.
La progéniture s'annonce dévergonder. Leurs prochaines
conneries sont à surveiller de près.
SKX
(28/08/04)
website
groupe www.athleticautomaton.com
madeinmexico.lotsofnoise.com
sounds
music.htm
|
|
|
A
Day in Black and White / Black Castle
Split 12''
State of Mind 2004
Depuis
le dithyrambique maxi "My heroes have always killed cowboys",
A Day in Black and White est attendu comme le messie et surveiller
comme le lait sur le feu. Il faudra encore attendre pour le
premier album. On ronge son frein avec ses trois morceaux. Un
live tout en suspension. Ambiance quand tu nous tiens ou est-ce
pour mieux nous préparer le terrain avant la déflagration
du deuxième titre (studio) " what do you want to
me, to sign your freakin yearbook ? "
. Deux minutes
trente de pur jus, les nerfs bien en pelote, l'énigme
screamo qui prend son visage à double tranchant avec
le " part one ". ADIBAW continue de naviguer entre
les ponts. Après le sprint, sept minutes trente où
le trio de Washington DC tempère ses ardeurs, brouille
les pistes, entre fausse piste atmosphérique et rage
juvénile. Encore du beau travail. Avec Black Castle,
c'est le hardcore dans tous ces états. Entre l'explosion
anarchiste d'un Index For Potential Suicide et ses bidouilles
et l'utilisation abusive d'un synthé façon An
Albatross / The Disease. Le hardcore nouvelle génération
qui en suce surtout toute l'énergie pour faire (tenter)
un truc original avec les cris du chanteur qui gueule pour tout
le monde, des lignes de synthés qui apportent un peu
de stabilité et des fritures sur la ligne. C'est un peu
tout et n'importe quoi. Il suffit pas de faire du bruit dans
tous les sens pour faire fureur. Vivement le prochain A Day
in Black and White !
SKX
(19/01/2005)
website
groupe www.dayinblackandwhite.com
| www.enterblackcastle.com
website
label www.stateofmindrecordings.com
What-do-you.mp3
| BlackCastle-Divine-intervention.mp3
|
A
Day in Black and White / Navies
Split 10''
Level plane 2005
A Day in Black and White / Golden Birds
Euro tour split 7''
Paranoid 2005
La
vie de groupe n'est pas un long fleuve tranquille. A Day in
Black and White fait tourner le personnel. Seul le chanteur/guitariste
et le batteur reste. Période charnière qui se
ressent sur ce disque. Enregistrement à deux avec de
malheureux 4 pistes (voir pire) et à la maison. Trois
morceaux qui sonnent comme des démos. C'est tout gentil,
sans force et sans émotion. Navies ont eux le vent en
poupe. Trois inédits qui fleurent bon le printemps gaillard,
dans la lignée de leur précédent single.
Ca part, ça vient, ça se casse et ça repart
sans jamais perdre le fil conducteur. Navies ne fait pas dans
la facilité et offre un rock-noisy ambitieux et digne
d'intérêt. En tournée récemment en
Europe, A Day in Black and White fête ça avec leurs
compagnons de route Golden Birds et leurs nouveaux amis d'Amanda
Woodward sur leur label Paranoïd. Pour ADIBAW, le constat
est assez proche du split avec Navies. Ce " all plots "
sonnait franchement convaincant sur scène mais sur disque,
l'enregistrement est plat et ne possède pas la force
lyrique de leurs précédents disques
Espérons
que cette option n'est pas leur nouvelle chimère et que
l'album prévu pour l'automne remette les choses à
leur place ! Pour Golden Birds, anciennement baptisé
Carrier, espérons qu'ils n'en fasse pas une longue, de
carrière, leur rock indé US est laborieux, quelconque
et le chanteur très énervant. Magnifique galette
vinyl tachetée au demeurant !
SKX
(30/04/2005)
website
groupe www.dayinblackandwhite.com
| www.naviesband.org
www.goldenbirds.com
website
label www.level-plane.com
| www.paranoidrecords.net
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A-Frames
Black Forest
Sub Pop 2005
A-Frames,
exutoire parmi d'autres, de phantasmes musicaux à peine
rêvés. Un groupe de Seattle où pêle-mêle,
ex-Butthole Surfers, Scratch Acid et Cows (Lars Finberg le batteur)
se retrouve. Les mêmes se remélangeant dans diverses
formations (The Intelligence, The Dipers). Des vieux de la vieille
toujours gaillards. D'où cette sensation sans cesse renouveler
de faire du neuf avec du vieux. A-Frames passe cette fois ci
aux choses sérieuses en débarquant sur Sub Pop
pour son troisième album. Production étoffée,
morceaux enrichis, plus tordus et à la propulsion interne
décalée. La référence et à
Wire reste d'actualité, leur esprit surtout mais aussi
une suite de clin d'il, volontaire ou pas, à Joy
Division avec un "eva braun" au ralenti, un hommage
appuyé au Pixies avec " Memoranda " et "
U-Boat ". Un tas de trouvailles qui rappellent tout et
n'importe quoi. La boite de A-Frames est pleine de disques et
de suite dans les idées. Une batterie robot, une voix
féminine qui passe et qui repasse. Une voix mâle
détachée et froide comme le rythme. Et pourtant,
on s'y sent bien et en chaleur. On se surprend à se secouer
le cocotier sur des hymnes fédérateurs tout simple
(" Experiment ", " Black Forest II "). Tout
ça a comme un arrière goût de déjà
entendu mais le charme est là et ce troisième
album est le meilleur du lot. Pente ascendante.
SKX
(07/03/2005)
website
groupe www.dragnetrecords.com
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