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ARCHIVES 1999 - 2006
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RACEBANNON in the grips of the light
RACEBANNON first there was the emptiness
RACEBANNON Acid or blood
RADIKAL SATAN Visite du soleil à satan
RADIKAL SATAN Viento del este, agua como peste
RAEO Body Loops
RAH BRAS ruy blas !
RAEIN / DAÏTRO Split 10''
RAEIN / DAÏTRO / LHASA The harsh words as the sun - split CD
RAPIDER THAN HORSEPOWER Stage fright stage fright - This is my big night
RAPIDER THAN HORSEPOWER Rapider than the world - 10"
RAPIDER THAN HORSEPOWER / MAE SHI Do not ignore the potential - split LP
ALEC K. REDFEARN AND THE EYESORES The quiet room
ALEC K. REDFEARN AND THE EYESORES The smother party
READ PALMS s/t
THE RED LIGHT STING Our love is soaking in it !
THE RED LIGHT STING Rub 'em out
THE RED LIGHT STING Hands up, tiger
THE RED LIGHT STING / HOT HOT HEAT
split Lp
REDS Is : means
RED WORMS' FARM Halleynation-troncomorto
RED WORMS' FARM Amazing
RED WORMS' FARM / THE PAPER CHASE The Paper Chase meet Red Worms' Farm

THE REDNECK MANIFESTO thirtysixstrings
THE REDNECK MANIFESTO Cut your heart off from your head
THE REDNECK MANIFESTO I'm brazil
RENDER USELESS s/t
RENTOKILLER Cadaveri Eccelente
REVOK Bad books and empty pasts
RHYS CHATHAM Guitar Trio Is My Life !

RICAINE The clarity of distance
RING, CICADA Good morning, Mr. Good
THE ROBOCOP KRAUS inferno nihilistique 2000
ROCKETS RED GLARE s/t
ROCKETS RED GLARE Moonlight desires
ROGOJINE s/t
ROLLO TOMASI he who holds you
RONIN Self-titled
ROOM 204 Trans Panda
ROOM 204 s/t
ROSOLINA MAR Before and after dinner
RROSELICOEUR drachenhöhle
RROSELICOEUR Demios Oneiron
RUBBISH HEAP s/t
RYE COALITION on top


RACEBANNON
" in the grips of the light " - CD
Secretly Canadian 02
Les dents me poussent au cul. Le jour brûle. Racebannon est de la trempe des groupes à tout anéantir sur son passage, les villes consumées, la politique de la désolation. Après un premier album sur Level Plane où leur capacité bouillonnante et leur débit bruitiste pointaient déjà son nez, Racebannon élabore son brouillon, ajuste le tir et présente un nouvel album très généreux dans l'effort. Un déluge de notes, une vague incessante de guitares trempées dans l'acide, une voix qui vous récure la boite crânienne, volubile, maladive. Tout y est monstrueux, surdimensionné. Psychédélique, hypnotique, une musique d'ailleurs qui puise sa folie chez Captain Beefheart, transcendée par un esprit vaudou que ne renierait pas Today is the Day. Huit titres tout en longueur, qui vous happent, qui vous broient. Constructif et élaboré dans sa démesure, cet album est un monstre pas de tout repos. Une noise ultime dont les recoins sont innombrables. Où chaque écoute révèle de nouveaux angles. Les productions actuelles regorgent de groupes fêlées du bulbe, de termes plus extrêmes les uns que les autres pour qualifier des musiques dites "power-violence" ou "screamo-hardcore chaotique" propre à effrayer le quidam de base. Racebannon est au-delà de toutes ces étiquettes car mille fois plus vicieux, intelligent et sommes toutes très différent. Leur folie est ailleurs et semble bien réelle, palpable. Leur extrémité est inédite et cet album puissamment original. "In the grips of the light" est un extra-terrestre, une vision hallucinée et hallucinante de nos vies tordues. Une œuvre dense dont il est difficile de faire le tour. Etes vous prêt pour Racebannon?
SKX (15/04/2002)
RACEBANNON
first there was the emptiness - Lp

Level Plane 00
Comment se pendre, les cordes sont pourries. Les verres se brisent dans les mains. Racebannon dérape sur le mouillé et se loge dans une sphère capitonnée et maculée de folie. Issus d'une grande ferveur bruitiste, ce sextuor américain joue les bêtes ardentes et multiplie les prises de risque. Si l'énergie provient du ventre hardcore, elle est transcendée par une dimension noise et vicieuse qui donne un résultat qui sort des sentiers battus. Une toupille vénéneuse remplit d'aboiements, de guitares maladives, de samples satellitaires, de rythmes névrotiques. Autant un Helios Creed version jeune que Index For Potential Suicide décalé. On sort résolument du cadre hardcore chaotique pour se heurter aux cercles des grands frappés du cerveau, époque "supernova" de Today is the Day, Slug passé au karsher. Et tout ça ne reste que de sombres indications. Racebannon recrée le big-bang originel, remplit le trou de l'espace pour mieux vous sucer la moelle. Racebannon va de l'avant. Un des disques, catégorie noise, des plus intéressants de ces dernières années. L'explosion est en route.
SKX (18/12/2001)
RAEO
" Body Loops " - CD
G3G records 99

Crier est inutile. Ce n'est pas une ombre angoissante. Le voile se lève, brumeux, se fait accepter, nécessaire. L'ombre n'étreint pas, elle respecte les courbes. Manoeuvre souple, sans secousse. Ce deuxième album est fait pour l'envol. La formule reste à l'identique. Duo Mark Cunningham le new-yorkais exilé / Gat le barcelonais aubergiste. La période est au délestage. S'élever de la surface, phénomène ambiant. La trompette et la basse inamovible. Vous dessinent, vous caressent, vous inspirent de purs moments de félicité. Cette basse qui sait se faire ronde et charnelle. Cette trompette aux airs simples et percutants . Ces vagues de bruits au diapason qui charrient des machines si humaines. Musicalité, harmonie des sons, RAEO est parti en voyage, toujours un peu plus expérimental. Il n'y a plus qu'à s'asseoir. Saveur de miel acide dans l'arrière-gorge. Boîte crânienne vide. Récurée. La lumière du jour qui vous parvient comme à travers un filtre jaune. Les défenses sont dérisoires alors autant vous laisser emporter.
SKX (01/12/1999)
RYE COALITION
" on top " - CD
Tiger Style 02
Ne vous fiez pas au nom de l'album. C'est le troisième de Rye Coalition et ils sont descendus bien bas. Tout était parti en fanfare avec un 1er album "Hee saw dhuh kaet" dans une lignée Jesus Lizard dignement crottée. Avec le 2ème "The lipstick game", les sourcils commençaient à se froncer. Le meilleur côtoyait un penchant douteux, à savoir un rock gras du bide porté sur la démonstration de guitare. Cette fois-ci, ils sont tombés en plein dedans, tête la première. De loin, ça sonne bien rock'n'roll, sauvage et tout. On pourrait presque se laisser abuser. Mais une fois qu'on commence à s'intéresser de plus près à leur cas, on voit bien des tâches de graisses partout, des refrains neo-seventies qui puent des pieds, de choeurs à dérailler un train. Leur rage noise-rock est ampoulée au possible, au point de devenir un heavy-rock insipide et brouillon. La fin des haricots.
SKX (19/04/2002)

RAH BRAS
" ruy blas ! " - CD
Day After / Lovitt 01
Un trio étrange qui avait l'habitude d'accoucher d'une musique difficilement déchiffrable. Contre les structures. Contre les mélodies. Le synthé en bandoulière dans un fatras rock bizarroïde. Ce nouvel album les montre apprivoisé. L'instrumentation reste inchangée mais les compositions se calibrent dans un format avec (plus ou moins) un début et une fin. Des amorces de mélodies, un semblant d'ordre. Un univers qui se remet du chaos, proche d'un Pain Teens pour enfants attardées mais sans l'âme et la profondeur du groupe Texan. Du disco-rock à deux balles avec deux mâles très androgynoisés et une femelle au chant. Tout ça c'est bien joli et rigolo mais autant péter dans son bain. Un univers sans la malice de leurs précédents enregistrements, factice et assez convenu finalement. Repartez dans votre monde incompréhensible, c'était beaucoup mieux comme ça!
SKX (12/02/2002)

READ PALMS
" s/t " - CD
Demo 02
Le tunnel par lequel sort Read Palms du néant les amène sous un soleil éclatant. Et pourtant, leurs desseins sont noirs, une sarabande vaudoue puisant directement chez Nick Cave et Birthay Party les raisons de leur existence. A ce tableau, vous rajoutez la désopilante présence d'un Black Heart Procession et vous vous dites que le berceau de Read Palms est bercé par des fées protectrices. Et dont la magie n'est en rien garant d'un bonheur éternel. Mais Read Palms, pour ses débuts, possède le don. Agencement parfait entre rythmes tribaux, piano frelaté, violon ivre de tristesse, voix psalmodiante, bouges malfamés suant le whisky rance, dépouillement des mélodies dont deux (" psalms of read " et " knives and kisses ") méritent de sortir direct sur un 45. Ya pas à sourciller, cette marche funèbre est assurée d'un pas de maître. Pas la peine de lire dans les lignes de la main pour se dire que les labels vont se bousculer pour sortir ce groupe très prometteur.
SKX (25/02/2003)
THE RED LIGHT STING
" Our love is soaking in it ! " - 12"
Sound Virus 02
The Red Light Sting sont des adeptes des formules réduites et des titres à la con! " I wouldn't touch you with a tampon ", " my penis looks big all a night long " et autre " i think my sister's a slut ". Et ta mère en short au Prisu, merci, on sait! Cinq nouveaux morceaux franchement décalquants. Hardcore'n'roll lubrique qui aurait bouffé du Robocop Kraus pour en recracher une version vicieuse et toute en cassure. Le chanteur n'est plus à une éructation près, ça vient des tripes pour ne pas dire plus bas. La charmante claviériste Zoë Verkuylen l'aide parfois à retrouver ces parties intimes et là, c'est concours d'aigues. Avec cette touche new-wave qui hante tant de groupes actuels et sans laquelle The Red Light Sting serait hors mode. Allez comprendre ! En attendant que tout ça leur passe, un maxi bien dans l'air du temps, meurtri et violenté, mené tambour battant, les déhanchements et le jeu de jambe sont compris dans le prix.
SKX (03/03/2003)
THE RED LIGHT STING
" Rub 'em out " - 12"
Sound Virus 02
Un espace s'éteint. Un autre s'éclaire. Et tout fusionne dans un grand bordel intergalactique. Graduellement. Simultanément. Les glandes pleines à éclater. The Red Light Sting, groupe canadien, briseur de banquise par leur rock'n'roll sulfureux, terriblement tendance. Les claviers en bandoulière, se transformant en véritable piano sur un "dirt eating zombies" pour nouveaux romantiques. Un alliage souverain de sixties et de sonorités nouvelles pour faire danser les foules. Quatre titres agités, bruts de diamants, c'est chaud comme une décapotable voguant vers le rêve américain, cap sur la Californie tout en regardant la dure réalité des choses bien dans le noir des yeux. Au même titre que les Liars, Make-Up et les cousins allemands de Robocop Kraus, c'est cross-over généralisé pour The Red Light Sting. C'est le rock actuel dans toute sa splendeur, un vent ébouriffant qui ne se contente pas de se resservir dans les vieux plats mais force nouvelle qui progresse vite, s'élevant de la surface, légère, le pesant est apitoyant mais aussi soubresauts, un défi, un refus. Un groupe bien de son temps pour un plaisir immédiat.
SKX (15/10/2002)
HOT HOT HEAT/THE RED LIGHT STING
" split Lp " - Lp
Ache 01
L'élément central de ce split sera le "keyboards". Alias les claviers. Non pas Christian mais l'instrument horizontal qu'on joue debout. C'est peut-être un détail pour vous mais dans la scène DIY-punk-hardcore actuelle, ça veut dire beaucoup. Ca veut dire qu'ils sont libres de tout casser pour mieux réinventer. Hot Hot Heat, c'est une voix, une basse, une batterie et donc ce fameux "keyboards". Ce dernier fait la pluie et le beau temps, amène la mélodie, donne la "LA" alors que la rythmique se charge de vous faire tortiller les fesses. Hot Hot Heat, c'est rock'n'roll et moderne. C'est Make-Up à la sauce eighties donc tout ça foncièrement actuel. Cinq titres ébouriffants et décalés. Avec The Red Light Sting, on donne dans le quintet. Aux keyboards, c'est la charmante Zoë Verkuylen (photographe recherchée de la scène indé) qui s'y colle. Le son gagne en épaisseur, l'énergie se démultiplie. Les claviers sont en cascade mais plus noyés dans la masse. C'est la fraîcheur de The Robocop Kraus et la furie de Song of Zarathustra. Sept titres qui éclaireront plus d'une nuit froide. Un split qui sent la poudre sur le label canadien de Vancouver Ache records, le propre label d'un des membres de The Red Light Sting.
SKX (15/10/2002)
RED WORMS' FARM
" Halleynation-troncomorto " - CD
Fooltribe 03
Jeu rapide et cadencé, le trio italien Red Worms' Farm a perdu ses adversaires en route depuis belles lurettes. Le style de prestation qui va les faire sortir vite fait bien fait de leur péninsule. Tremble Europe, tremble ! On a le droit à des titres parfaits de prestance, tenu impeccable, hits accrocheurs (" intraducibile ", " two ways "), rock'n'roll attitude, la pureté en plus avec Hot Snakes en ligne de mire. Au-delà, c'est l'Amérique. Rayon de soleil, c'est si bon quand c'est simple, pourquoi se compliquer la vie avec des rythmes improbables. Le trio magique, le jeu en triangle, la complémentarité entre la batterie bondissante, la guitare princière, épurée pour n'avoir que l'os. Tout juste quelques coups de blues avec un très bel " echo ". Un instrumental qui sème la zizanie avec sa trompette de bandits et auquel on souhaiterait une présence plus marquée. Bref un album qui mange pas de pain. On serait presque surpris quand la dernière note tombée. L'été indien.
SKX (16/09/2003)
THE REDNECK MANIFESTO
" thirtysixstrings " - CD
Red F 01
La verte Erin nous envoie que trop rarement des signes d'une scène rock/noise florissante. Ou sommes-nous sourds à ces appels ?! Du coup, quand un expatrié établit ces bases à Lyon et fonde un label, Red F records, les frontières s'estompent et à nos oreilles esbaudies nous parvient le 1er album de ce jeune quatuor irlandais. Instrumental de bout en bout, ces dix titres sentent bon le grand large avec plein de mini tempêtes à l'intérieur. Don Caballero et Cheval de Frise pourraient servir de phares pour délimiter le champ d'action. Mais entre ces deux balises, il existe un océan de possibilités. The Redneck Manifesto a choisit sa vague, mesurée et sans écume intempestive. Chancelante et fragile dans les arrondies. Nerveuse dans le jeu de cordes, ça tricote avec doigté et jamais démonstratif. Et quand on pense naviguer en mer calme, on est jamais loin de boire la tasse avec une vague plus virulente que la moyenne. Un souffle aérien et racé plane au-dessus de ces morceaux. On ressort de ce voyage apaisé et prêt à rebondir. Un album impressionniste qui vous séduit, irrémédiablement, par petites touches.
SKX (08/11/2002)
THE REDNECK MANIFESTO
" Cut your heart off from your head " - CD
Red F 02
Mon corps, épave molle, doucement sur le fond sablonneux. J'ouvre les yeux à nouveau et le 2ème album de ces Irlandais est déjà là. Une brume verte m'environne. L'option tout instrumentale est toujours d'actualité. Et la vague s'éloigne, cherche des horizons nouveaux. Accentuant les contrastes. Mais l'humeur générale est à l'accalmie. L'acoustique et le banjo font leur entré sur le premier morceau. La production s'enrichit. Les compositions diversifient les ambiances, rajoute des effets. Don Caballero en prend un sérieux coup dans l'aile. Le phare chancelle. Furtif, c'est Gastr Del Sol qui pointe sa mire dans l'objectif. Car excepté le 2ème titre qui attaque sec mais court, le rythme suit le pas de l'homme tranquille. Il a beau faire des détours, tourner autour des guitares, il ne sort que rarement de ses gonds. La part belle, c'est pour les deux guitares. Bavardes, enjôleuses, mélodiques et aériennes, incisives point trop n'en faut ! Pour autant, on a du mal à pénétrer complètement cet album. La naïveté et la fraîcheur du 1er fait défaut. The Redneck Manifesto essaye de personnaliser sa musique, expérimente. Plus aboutie et mature dans un sens mais du coup, leur musique en perd de son unité et de sa force par l'opération mystérieuse du saint esprit. L'écoute reste agréable mais ça reste sans cesse en dedans, trop poli dans les angles. On attend en vain l'étincelle pour embraser une musique qui ne demande qu'à exploser et vivre un peu plus….
SKX (08/11/2002)
RENDER USELESS
" s/t " - 7"
Mountain Cooperative 98
Forcément, rien ne distingue ce bout de vinyl 4 titres de tant de rejetons qui se multiplient à une vitesse folle outre-Atlantique. Une touche emo, deux doigts de noise-rock, voir des pincées d'un punk-rock de la plus belle école, sincérité et énergie, les éléments sont connus. Sauf que là, le sens de la compos vole au-dessus de la moyenne, c'est amener sur un plateau et on reprendrait volontiers deux franches bouchées. A surveiller de près!
SKX (27/12/1999)
THE ROBOCOP KRAUS
" inferno nihilistique 2000 " - LP
Swing Deluxe 99
Let's dance ! Let's rock ! Cet album pourrait se résumer à ça et le reste littérature ! 12 tubes rétro et moderne à la fois, 12 façons de suer un bon coup, bouge ton corps coco, glamour, passion et rock'n'roll ; Un concept album second degré sur la fin du monde qui n'aura finalement pas lieu, tout en déhanchement et farfisa. Une inévitable comparaison avec Make-Up, restreignante bien sûr, version seventies, aérienne et furieusement trépidante. 5 Allemands anachroniques, chanteur bouillonnant, une voix dans du velours et prenante, un échauffant plaisir à tortiller du cul à la boum de votre petite sœur. Un disque léger, fait de douceurs mélodiques et d'énergie omniprésente. Ca glisse tout seul comme un pet dans l'eau. Et maintenant, dansez !!
SKX (02/05/2000)
ROCKETS RED GLARE
" s/t " - CD
Sickroom 02
Il n'est pas si loin le temps ou Hoover et Crownhate Ruin (c'est pareil) faisait tourner les têtes et fondre les cœurs. On passe au Canada avec Rockets Red Glare. Les kilomètres nous éloignent de Washington DC et Dischord records mais la sensation nous poursuit. Et de céder sous le charme. Au diable tous autres arguments de déjà entendu, laissons nous guider, sans défense, comme si c'était la première fois. Ce trio perpétue la tradition. Longueur des morceaux, sept en cinquante minutes. Le temps de planter le décor, d'amener la voix, plaintive et concernée, de faire rebondir les mélodies sur une rythmique virevoltante. Plus nerveux dans l'ensemble que ses aînés, Rockets Red Glare a la science infuse. C'est chaud et en rafale, confortable et remuant, le truc qui vous emmène loin, en toute simplicité, sans artifice à la mode, avec des parties que ne renieraient pas The Plan ou un June of 44 des plus réveillés. Un disque vaste, d'abandon et de colère à peine rentrée. Une (re)chute n'est jamais que l'affaire que de quelques secondes.
SKX (07/01/2003)
ROGOJINE
" s/t " - CDEP
Autoproduction 01
Les angles sont blessants. Rogojine vit dans le nerf. Les instruments scient au plus près, ne laissent point la place à la gaudriole. Austérité de l'habillage, la basse, la batterie taillent dans l'os et la voix colérique du troisième homme n'apaise pas les démons. Ce trio originaire de Poitiers ne se soucie de personne et sort par ses propres moyens ses gâchettes autoproduites. Cinq titres qui assèchent les plaies. C'est dur, solide réalisation, sec comme un coup de trique. La basse au centre, volubile, jamais bavarde, se démultiplie, seule source pour arrondir les angles, porte ouverte, vous avez une chance de vous en sortir. La batterie est sobre, frappe juste, complément idéal, toujours le geste qu'il faut. La voix sait s'effacer pour mieux vous vomir dessus, hargneuse et dont la gamme s'étoffe au fil des disques. Par couches successives, Rogojine fait monter l'angoisse, pénombre opprimée, massive. Ce disque vous prend à la gorge et vous colle au milieu de sa cible. Commencez à retenir ce nom. (dispo contre 50 frs à Benoit Chartron - 168 rue de la pierre levée - 86000 Poitiers - 05.49.44.98.61)
SKX (26/09/2001)
ROLLO TOMASI
" he who holds you " - CDEP
Divot 01
Ca l'air de rien comme ça mais c'est le genre de virus qui s'attrape à la longue. Le truc qu'une écoute discrète pourrait vous filer entre les doigts. Rollo Tomasi débarque avec un premier six titres qui ne défrayera pas la chronique, un trio modeste en provenance de la banlieue de Chicago qui ne prétend pas inventer la poudre mais qui la dispense avec doigté. Chaque instrument est solidement implanté dans le paysage, un minimum d'effets. On pense à Lungfish pour la maîtrise, ce coté on fait bloc et on en rajoute une couche. Hoover viril et fort en gueule, à l'esprit Fugazi en général ("a moon alone"). Des morceaux construits avec précision, qui crépitent sous la peau. C'est faussement lancinant et solide aux entournures. Six titres où vous ne risquez rien mais qui font foutrement plaisir!
SKX (23/05/2001)
ROOM 204
" s/t " - CD
Effervescence - Kythibong 03
Nantes sur un pas de deux. Après Chevreuil, c'est Room 204 qui fait sa rentrée des classes sur le mode guitare-batterie. Premier album, premier flirt, les espoirs naissent et grandissent. Sur la pointe des pieds, cet album déboule, l'air de rien, et se bonifie au fil des écoutes. Des guitares superposées, des mélodies souterraines qui montent au grand jour. Une batterie qui ne donne pas dans la démonstration technique. Room 204, si ils tournent autour du cercle math-rock, noise-rock, ne fait pas dans la véhémence, la surenchère de bruit et la multiplication du contre-rythme qui tue. Dans ces moments les plus virulents, c'est du Oxes version soft et plus généralement, c'est vers Neutrino, Ativin et bien sûr les sacro-saints Slint qu'il faut chercher une quelconque affiliation. Quelques points de repères jetés en pâture. Le ton général est posé mais une réelle dynamique interne se dégage. Des trouvailles mélodiques nombreuses tirent l'album vers le haut. Tout est dans la nuance, la subtilité, un parfum trouble, une agitation nerveuse. Le bruit des vagues. Un tumulte indéfinissable. Et au final, vous vous êtes fait avoir, sous le charme d'un objet tout en finesse. Mais qu'on ne s'y trompe pas, le noyau a de la force. Une entrée réussie dans le monde embouteillé du duo.
SKX (12/03/2003)
RROSELICOEUR
" drachenhöhle " - CD
Partycul System 01
Elle est vague roulante. Elle coule et s'infiltre. Etreinte molle qui paralyse. Hâtivement comparée à Godspeed You Black Emperor sur la foi d'un split 45 avec Cheval de Frise, la musique de ce trio de Reims est à élargir tout bonnement à cette ombre et vague étiquette tentaculaire nommée "post-rock". Pieusement instrumentale, ce premier véritable album (après un 12") déploie des ailes longues et conceptuelles. Des titres qui s'échelonnent bien au-delà du temps réglementaire, s'initient à une sainte trilogie, "bockahline", trois morceaux regroupés sous une bannière identique. La clé du concept, c'est l'ambiance. Tout y repose et tout y meurt. Des compositions qui comptent sur de longs développements répétitifs, de longs crescendos, à l'aide de guitares préparées (le sens m'échappe?!), basse, programmation et autres claviers. Et d'une rare batterie. Des atmosphères qui se brisent dans la seconde, des dissonances passagères. Le tout dans une alchimie pas si complexe qu'elle en a l'air mais relativement déroutante toutefois. A n'en pas douter des chercheurs de nouveaux horizons. Qui citent sans se cacher, pêle-mêle, The Velvet Underground, Slint, Sonic Youth, Robert Wyatt, Brian Eno.... Et qui n'en sont qu'au début du chemin. Car si certains passages dégagent une certaine intensité, si certaines notes ou idées tombent dans le mille, l'adhésion totale à l'ambiance générale ne se fait pas sans mal. C'est parfois sombre et beau mais c'est aussi cotonneux et vide, Dame Morphée étant prête à vous cueillir. Le recueillement préconisé par les auteurs pour apprécier pleinement cet album est un effort qu'un pauvre pêcheur comme moi n'est pas encore prêt à fournir. Bref, une histoire d'ambiance. Le tout est de la choper? J'y suis resté, en parti, à ses portes.
SKX (03/07/2001)
RUBBISH HEAP
" s/t " - Lp
Conspiracy records 99
Serrer les poings et prendre une bonne inspiration. Puis se plonger dans la fournaise de Rubbish Heap. Nouveau combo belge à la moelle incandescente. Sous la charge inattendue, la foule reflua. Il y eut des cris. Cette impression identique à l'écoute du premier Unsane. Cette chape de plomb sur les épaules qui vous tombent dessus, le tympan saignant. Avec un mouvement hardcore et plus primaire dans la batterie. Une voix monolithique, un rien trop invariable. Excepté un expérimental instrumental " Servants ", l'air est ici opaque, lourd, souffle rare et court, pompe, glue, absorbe, ça s'écoute d'une traite, pression constante. Impressionnant.
SKX (19/10/1999)

RADIKAL SATAN
" Visite du soleil à satan " - CD
Les Potagers Natures 03
Le diable par la queue. Maudits argentins débarqués dans le froid métro parisien. Anarchie quand tu nous tiens. Répandre sa semence. Engendrer des monstres. Montrer ses couilles aux yeux du monde. Puis repartir. Momo et César Amarente. Chichi Vlatko. Voilà pour le trio. Leurs armes : piano à bretelles, contrebasse, violoncelle, percussions, chants, chœurs et bandes subliminales. Orchestre dépouillé, édifié dans le pire. Compromis du langage, espagouins et sentinelles de nos tristes besognes. Ode au désordre. Et comme dans l'anarchie, ya du bon et du moins bon. Comme un vent de folie, une joie de vivre communicative mais viciée, la fiesta, les putas et les mammas. Rythmes de samba, salsa avant-gardiste, vous reprendrez bien un p'tit air d'accordéon. Ca tangue dangereusement. Bande-son d'un vieux film culte des années cinquante. Le gros coup de blues. Même une reprise méconnaissable de l'iguana Iggy Pop et son " outta my head ". Tout a fui, épouvanté. Radikal Satan a la fibre expérimentale, alliage de tradition et de culture révolutionnaire. On retrouve tout ça dans ce premier album. Complètement bancal et c'est là son atout principal. Des remous, des vagues qui se brisent, des idées qui avortent. N'attendez rien de concret. Radikal Satan erre de ville en ville, en éveil sans cesse, dans la mêlée grouillante. Album imagé et foisonnant. Une touche indéfinissable de poésie brute. Secousses d'un instant, éclairs de résistance, le souffle retombe. Mais libre toujours.
SKX (12/11/2003)


SKX (02/01/2004)
website groupe
website label potagersnatures.free.fr
sounds
lespotagersnatures.free.fr/catalogue/PoNa013.php

Rapider Than Horsepower
Stage fright stage fright - This is my big night - 2xLps
Level Plane / Essay 2004

C'est en toute confidentialité que Rapider Than Horsepower a sortir son premier album " Stage fright stage fright". C'était en novembre 2002 sur un obscur label, Essay records. En janvier 2003, rebelote avec le deuxième "This is my big night", toujours dans la même écurie. Mais il aura fallu que Level Plane s'intéresse de plus près à ces jeunes poulains pour que le nom de Rapider Than Horsepower commence à circuler. Les choses pas à moitié car pour le coup, ils ressortent carrément les deux albums en un et en vinyl uniquement ! Des jeunes poulains pas si jeunes en fait. Ces étalons confirmés n'en sont pas à leurs premiers galops. On y retrouve Michael Anderson, chanteur de Racebannon, ainsi que le bassiste Chris Saligoe de ce groupe noise bien fêlé et deux autres types au pedigree inconnu. N'allez pas chercher dans cette nouvelle production Level Plane le son habituel de la maison et c'est pas plus mal ! Un peu de diversité que diable ! Rapider Than Horsepower, c'est pour les grands enfants. Pop décalé où rock au grand cœur, c'est selon. Qui doit autant au Captain Beefheart qu'à Polvo. Un groupe sans bassiste mais aux deux guitares frivoles. Une musique à l'école buissonnière. Dévergondée et au grand air. Guitares vrillantes, légères mains néanmoins consistantes. Le débit du chanteur est, comme dans Racebannon, incontrôlable tout en s'adressant à un public plus large, laissant de coté sa hargne pour une complainte entraînante à l'image de leur musique. Entre les deux albums pratiquement conçus en même temps, peu de différence. Les compositions du 2ème gagnent en maturité et en mélodies affirmées. Des arrangements discrets au piano sur le 2ème qui répondent aux violons du 1er. Des manifestations de joies d'un public enregistré façon sitcom qui interviennent régulièrement entre les morceaux. Rapider Than Horsepower, c'est fait pour vous rendre le moral (si jamais vous l'aviez perdu) sans céder à la facilité et qui semble prendre beaucoup de bon temps dans ce projet qui est tout sauf annexe. Des comptines pour adultes, US Maple dans l'esprit (tordu), rafraîchissantes et délicieusement perverses. Ce groupe a fière allure. Un double album qui se boit comme du petit lait avec un zeste de bulle et un doigt dans… de whisky pardon. Rapider est grand.

SKX (07/11/2004)
website groupe www.rapiderthanhorsepower.com
website label www.essayrecords.com
website label www.level-plane.com
sounds www.rapiderthanhorsepower.com : rubrique audio

The Red Light Sting
Hands up, tiger - CD
Sound Virus 2004

Le groupe canadien a décidé de tirer sa révérence sur cet album "Hands up, tiger ". Comme tous leurs titres de morceaux, n'allez pas chercher une quelconque signification à ce nom. Hauts les mains le tigre, une énième façon de prendre son pied. The Red Like Sting est fait pour le fun et la défonce, pour suer (intelligemment) sur fond de rock'n'roll endiablé. Après tout un tas de maxis et de splits, les cinq canadiens se sont essayé à la longueur. Le saut dans le grand vide. La craquante claviériste toujours prompte à détendre l'atmosphère. Une énergie hard-rock'n'roll bien dans l'air du temps, The Red Like Sting use et abuse de sa formule qui les ont fait visiter les scènes américaines de long en large. Entre Robocop Kraus et Transistor Transistor, The Red Like Sting a semble-t-il fait le tour de la question. De là à dire qu'ils ont bien fait de se séparer, il n'y a qu'un pas que je franchis sans trop hésiter! L'énergie est au rendez-vous, mais l'inspiration est en berne. Ca se démène, grands gestes en direction de la foule mais la foule est statique. On a même droit à un très pénible " Start repeatin' keep repeatin' " que Elton John n'aurait pas renié. Un titre à part certes de leur habituel répertoire mais un signe qui ne trompe pas. On retrouve d'ailleurs ces petites fautes de goûts éparpillés tout au long de ces dix titres. La petite touche de piano en trop, le riff de guitare qui ne s'impose pas, le cri du chanteur qui résonne dans le vide malgré tous ces déhanchements pleins de bonne volonté. Energie brouillonne. Un album pas à la hauteur de leurs précédentes productions. Sortie pas la petite porte.

SKX (14/11/2004)
website groupe www.theredlightsting.com
website label www.sound-virus.com

Red Worms' Farm / The Paper Chase
The Paper Chase meet Red Worms' Farm - split CD
Robotradio records 2004

Première sortie, premières étincelles. Robotradio est un nouveau label, il vient d'Italie et a décidé de faire dans le multimédia pour chacune de ses sorties. La musique bien sûr, mais le graphisme et les comics avec des vidéos des groupes pour les détenteurs d'ordinateurs. Robotradio fait bosser tout le monde. Et le présent objet possède du chien. Les vidéos sont classiques. Le design est sobre et le trait appréciable. Mais revenons à notre violon d'Ingres, la musique. Confrontation italo-américaine. Red Worms' Farm est originaire de Padoue dans le nord-est de l'Italie. Ca sert pas grand-chose de le savoir mais faut bien alimenter ces conversations mondaines. Trois inédits de grande tenue, dans la droite lignée de leur précédent album " halleynation-trocomorto ". Des mélodies parfaites qui coulent d'elle-même sans forcer. La souplesse et l'agilité d'un Unwound avec ce je-ne-sais-quoi de léger dans l'air, une capacité innée pour emballer l'affaire et conquérir son monde sans forcer. " i've got a reason, i'm not fool " chantent-ils sur " jelly bean ". Ah que non, ils sont pas idiots ! Vélocité et délice. Avec The Paper Chase, ça se complique. Compos à l'orchestration éclatée, le sens du mix pour vous perdre en route, héritiers de Brainiac et de rock bizarroïde, la recette est toujours sur le fil du rasoir. Ca marche plutôt bien ce coup-ci pour ces deux titres. Explosif, piano fracassant mais on perçoit la corde qui permet de ne pas tomber. On finit par deux remixes d'un morceau de chaque groupe. Une donne pas utile pour un objet complet pour jeune homme/femme moderne.

SKX (13/09/2004)
website groupe www.halleynation.com/home.html
www.thepaperchaseband.com
website label www.robotradiorecords.com

RING, CICADA
Good morning, Mr. Good CD
54° 40' or Fight 03

Sonne, cigale. Traduction littérale de Ring, Cicada. Ca ne sert à rien de savoir ça, je sais, mais il fallait bien que je commence cette chronique d'une façon ou d'une autre. Et puis ça m'intriguait suffisamment pour que je n'aille pas jeter un œil dans mon dico préféré (un Harrap's compact, année 89). Ce groupe, adepte de la virgule, est originaire du Midwest, y traîne ses guêtres depuis 1995, s'est fait un nom dans la faune locale mais il aura fallu attendre sept années pour voir leur premier album. Pas étonnant que cette première œuvre soit d'entrée si aboutie, appelons ça un coup de maître, et que le bon et grand label 54° 40' or Fight records les récupèrent dans ses murs. La cigale a chanté dans le désert de nombreuses années mais ne se retrouve pas dépourvue à l'aube d'un nouveau départ. Rock à guitares, comme bon nombre de collègues de l'écurie, majoritairement instrumental avant que Christian Powell (un des deux guitaristes) ne se trouve des talents de chanteur et commence à prendre confiance pour élever la voix, qu'il a très belle et passionnée, sur quelques titres. C'est robuste, charnue avec des accentuations pop sur certains passages, notamment ceux où le chant sévit. Ca fourmille de détails, une complexité de bon aloi mais toujours vif sur sa proie. Et pour ça, il fallait un Albini au meilleur de sa forme. Le travail est conséquent. Les guitares sonnent pures. Un rendu impeccable ! C'est enlevé et inspiré. Bienvenue dans la ronde infernale, Ring, Cicada.

SKX (02/01/2004)
website groupe www.fiftyfourfortyorfight.com
website label www.fiftyfourfortyorfight.com
sounds www.fiftyfourfortyorfight.com -> section "merchandise"

Rockets Red Glare
Moonlight desires - CD
Blue Skies Turn Black 03

Foudroyé sur place. Le premier album m'avait déjà scotché mais là c'est carrément de l'envoûtement! Pourtant pas grand chose de changer. Toujours aussi Hoover, toujours aussi Washington DC mais une telle maîtrise, une telle maturité pfff... Rockets Red Glare plane, plane très haut, tellement haut qu'ils ont implosé en vol. Ce "Moonlight Desires" a eu leur peau. A trop vouloir demander la lune qu'elle vous revient dans la tronche comme un boomerang. Aveuglé par l'éclat. Commencer directement par "future interior" et c'est fini de votre journée. Tout en tension, tout en retenue, éblouissante comme une lame tranchante , la musique de ce trio canadien est dépouillée, suggestive, si évidente et limpide. Un duel basse / batterie souple et nerveux. Une guitare qui ne dit jamais un mot de trop. Une voix qui ne demande qu'à hurler sa frustration et s'évader. Seulement six titres mais de longues traversées, les tempes ruisselantes, l'infini droit devant. Pas de sollicitation. Elle propose et attend. Magnifique j'vous dis.

SKX (24/02/2004)
website groupe www.rocketsredglare.ca
website label www.blueskiesturnblack.com
sounds gus.rcat.utoronto.ca/rrg/ogg/goawaysalt.mp3 -
gus.rcat.utoronto.ca/rrg/ogg/union-station.mp3

Rroselicoeur
Demios Oneiron - CD
Waiting for an Angel / Pure Pain Sugar 04

Le genre de musique pour lequel il faut se préparer. On embarque pas chez Rroselicoeur en projetant d'aller équeuter les haricots ou passer l'aspirateur. Un minimum de disposition, le désir de se laisser porter, ouvrir les vannes de son stress quotidien, ne faire que ça et rêver. C'est en tout cas la résolution finale. Que ce deuxième album y arrive ou non est une autre histoire. C'est là toute la difficulté de la musique instrumentale à tendance ambiante. Rroselicoeur est un trio originaire de Reims et pourrait aisément trouver sa place sur le label canadien Constellation. Mais c'est sur les labels lyonnais Waiting for an Angel et Pure Pain Sugar, plus habitués à évoluer dans des sphères rock/hardcore, qu'échoue cet honneur, trouvant par la même occasion (en plus de prouver leur ouverture d'esprit) leur Godspeed You à eux. Pour autant, Rroselicoeur n'évolue pas avec les mêmes armes. Point de formation à multiples têtes, ils voyagent beaucoup plus léger. A peine s'autorisent-ils quelques invités (des voix féminines, un violoncelliste, un saxo). Pour le reste, l'instrumentation reste assez classique, la queue d'un piano et quelques samples en plus du basique guitare-basse-batterie. Sans compter la longueur des compositions. On reste au-dessus de la moyenne du rock traditionnel mais pas de morceaux qui n'en finissent pas et jouent inutilement les prolongations. Finalement, ça fait bien des différences avec les Canadiens de service! On va pas s'en plaindre. C'est pas que je ne les aime pas, au contraire, mais autant trouver son propre credo et Rroselicoeur se défend bien en la matière. Ca module finement, sans jamais entrer dans la facilité longues montées, explosions de l'engin et chute abyssal. Du coup, on reste aussi un peu entre deux eaux. Un état cotonneux avec juste une pression qui quelquefois s'accentue (le très beau "no twist at the end" déjà présent sur un split 45 avec Cheval de Frise, le morceau d'ouverture "rendez-moi mon ombre" ou celui qui clôt les débats, bruyant et dissonant à souhait). Tout est dans la demi-mesure, dans le détail, la qualité de la texture et leur capacité à arranger tout ça, trouver le bon instrument au bon moment, maintenir l'auditeur éveillé sans le brusquer. Dans l'ensemble, Rroselicoeur s'en tire bien mais on évite pas quelques longueurs et des chutes d'intérêt. Comme je le disais pour commencer, tout est histoire d'état d'esprit et si vous mettez le doigt dans le bon engrenage dès le début, l'aventure peut s'avérer heureuse. Un album consistant, aérien et subtil, évitant toute fatuité qu'engendre souvent ce genre de musique. Mais tenir le choc pendant 70 minutes est un pari osé et pour mes faibles capacités, point trop n'en faut!

SKX (08/03/04)
website label www.waitingforanangel.com - purepainsugar.free.fr (LP)
sounds molaireind.free.fr/mp3/Rroselicoeur_No_twist_at_the_end.mp3 -
molaireind.free.fr/mp3/Rroselicoeur_LaDanseDesSpectres.mp3

Rosolina Mar
Before and after dinner - CD
Robotradio / Wallace 2005

Avec Rosolina Mar, c'est tout le soleil d'Italie qui débarque à votre table ! En directe de Vérone avec une musique quasi toute instrumentale, gaie, sémillante, un avant goût de l'été en ce glacial février. Un trio guitare-basse-batterie. Tout ce qu'il y a de plus classique. C'est plutôt complexe mais pas trop. A une époque, on aurait facilement parlé de math-rock. Et dans leurs greniers traînent sûrement quelques disques en provenance de Chicago, quelques cartons où jaunit des pochettes de June of 44 et tout ce qui va avec. Bref, que de l'engageant. Mais dans ce grenier, ils ont également trouvé des vieux vinyls des années soixante dix et là, les choses se gâtent. Alors qu'on s'apprêtent à vivre un large moment de félicité, les pieds en éventail sur une musique qui ne se prend pas la tête sous ses aspects de prime abord ardus, on échoue sur un disque qui s'égare sur des rythmes funky et un guitariste franchement pénible qui veut rentabiliser à mort l'achat de sa toute nouvelle pédale wah-wah. De June of 44, on passe à Karate et Geoff Farina. Ca craint. Je freine des quatre pieds qui ferment leur éventail. Ca ne sera ni avant ni après le dîner. Et encore moins pour l'apéro. Si la section rythmique se tient encore et offre des passages intéressants, le guitariste me bloque définitivement toute envie de soleil. Ce n'est plus gai et sémillant. Juste pénible frôlant parfois le mauvais goût. Un beau gâchis.

SKX (26/02/06)
website groupe www.rosolinamar.com
website label www.wallacerecords.com | www.robotradiorecords.com
sounds fleshdance.mp3

Raein / Daïtro
Split 10''
Pure Pain Sugar / Ape must not kill Ape 2004
Raein / Daitro / Lhasa
The harsh words as the sun - split CD
Oto / Satire 2004

L'international sreamo-hardcore à l'honneur avec ce très beau split au design idéal. Raein sont originaire d'Italie et sont la représentation parfaite du genre. Sur le gaz et à fleur de peau, les voix qui déchirent, le désespoir latent, les envolées un brin lyrique, les mélodies qui hérissent le poil. Trois morceaux convaincants. Au Japon, on parle Envy. En Italie, c'est Raein. Et en France ? Il se pourrait bien que l'on parle Daïtro ! Le groupe de Lyon, après un premier album déjà remarqué, affiche aussi trois inédits. Un son de gratte dans la densité, deux morceaux au-delà des cinq minutes, Daïtro lorgne aussi vers Envy, vers ce hardcore passionné et frontal. Mention particulière à " Un bateau ivre " où le groupe prend ses marques sur une longue introspection avec passage rythmique scotchant et explosion finale contrôlée, personalisant par la même son style. Daïtro n'évitent pas les clichés mais ils semblent sur la bonne voie. Un saut, un grand, vers le Japon. Deux labels du cru qui sortent l'équivalent. Pour Daïtro, ce sont les morceaux à l'identique. Mais pour Raein, deux inédits. Et on aurait tort de s'en priver vu que ces compos tiennent le haut du pavé ! On retrouve cet état d'urgence mais encore magnifié. La mélodie, l'énergie, tout se rencontre à point nommé, la balance idyllique. Le troisième larron s'appelle Lhasa et au moins, on ne les comparera pas avec leurs compatriotes d' Envy ! Un hardcore de poids, voir de l'embonpoint avec une voix d'outre-tombe. Je passe mon tour. Si vous êtes toujours accrocs à ce style de musique, ne passez surtout pas à coté de ces deux disques.

SKX (02/05/05)
website groupe www.raein.it | www.daitro.com | www.purepainsugar.com
website label www.apemustnotkillaperecords.com | otorecords.at.infoseek.co.jp | www.tosp.co.jp/i.asp?i=srawd
sounds Raein_Faithless.mp3 | Daitro_LeBoutDeMesLevres.mp3
Rapider than Horsepower
Rapider than the world - 10"
Alone 2004

Une pochette bonbon rose, invitation au péché véniel. Tout est fait pour vous séduire. Le Rapider express est arrivé. Le violon est de sortie, tourne comme un moustique autour de ce 25 cm, semant le trouble dans l'habituelle guitare fois 2, batterie et la voix de l'illustre Michael Anderson. Le rock-noise guilleret et enlevé de RTH est toujours d'actualité. Le violon de Chris Dixon participe à l'envolée générale. Le Rapider est sur de bons rails. " Now it's deserted " est finement troussé, les guitares pavoisent, les structures s'alambiquent mais le Rapider a le don de rendre tout ça limpide. US Maple, plus que jamais, n'est pas très loin. Ce qui me chiffonne, c'est qu'il y a pas mal de remplissage. Sur les 50 minutes, seul 20-25 peuvent prétendre à s'appeler " compositions " (même si dans le monde de la musique moderne, beaucoup de merdes prétendent à ce nom !). Le reste comme " where am i going" après une minute normale glisse vers dix minutes d'une corde de violon rester coincée sur la même corde ou le dernier titre " wonder why " et sa fin qui nous joue le même syndrome de la corde coincée avec un surplus de samples inutiles. Et là, je dois dire, malgré tout mon amour pour ce groupe, je trouve le temps un tantinet longuet! Malgré ces réserves, RTH nous délivre une sucette douce-amère dont ils ont le secret. Un pétillant aguichant. Après deux albums en 6 mois, deux splits 45 tours (un avec Sheryl's Magnetic Aura, l'autre avec Coke Dares), des morceaux sur des compilations, un futur split album avec The Saddest Landscape et un autre album à venir sur Alone records, tout ça pour 2005, on peut dire que Rapider Than Horsepower est... rapide. Très rapide! Que grand bien nous en fasse!

SKX (26/01/2005)
website groupe www.rapiderthanhorsepower.com
website label www.alonerecords.com

Rapider Than Horsepower / Mae Shi
Do not ignore the potential - split LP
Narshardaa 2005

Un split entre deux groupes de la nouvelle vague rock indé américaine. D'habitude, un split, c'est chacun sa face. Là, c'est un titre chacun son tour. Ca ne facilite pas la compréhension des choses. Surtout si au préalable, vous ne connaissez rien à ces deux groupes. Ne partez pas faire un tour ! Mais Rapider, c'est du connu par ici, une discographie déjà conséquente et que du bon. Leurs 11 morceaux n'ont rien de surprenant par rapport à leur capacité habituelle. Je dirais même que c'est un poil en dessous. Un comble pour un split album qui s'appelle Tu ne dois pas ignorer le potentiel. On retrouve ces rythmes enjoués, cette voix qui déclame quasiment à la mode rap et ces deux guitares désinvoltes. Mais pas de titres vraiment marquants. Un rien de routine dont on ne leur tiendra pas rigueur. Par contre, les jeunots de Mae Shi élèvent leur niveau. L'espace d'un The Party, ils mettent le feu à la piste. Ils partagent avec Rapider cette approche frivole et enfantine mais avec un coté bidouilleur en plus. Descartes n'est pas leur ami. Les cris du chanteur ont tout d'une vierge effarouchée. Quelques bonnes idées dans leur attitude punky arty do-it-yourself, sans crier au génie non plus… Osmose garantie entre ces deux groupes qui fêtent de belle façon leur tournée commune en Europe au printemps dernier, mon tout sur un label allemand. Mais ils ont le potentiel pour faire mieux.

SKX (21/07/2005)
website groupe www.rapiderthanhorsepower.com | www.mae-shi.com
website label www.narshardaa.com

Alec K. Redfearn and the Eyesores
The quiet room - CD
Cuneiform 2005

De ce Alec K. Redfearn, je ne connaissais strictement rien au pedigree. Le bonhomme a pourtant une liste longue comme le bras, armé d'une ribambelle de disques, dont un seul projet annexe résonne à mes oreilles : Barnacled, projet rock-jazzy bruyant et brouillon. Mais au diable l'histoire. On laisse à tous les Jean-Paul Olivier du rock le soin d'apporter les détails si nécessaire. Car pour apprécier ce troisième album, nul besoin d'être un spécialiste quelconque. Cette musique a suffisament de richesses et variétés pour plaire à une foule bigarrée. A tous les punks girouettes, les jazzy boutonneux en goguettes, les rockeurs à bagouzes, les Gadjo dilo de la terre, nomade sur les bords, le cœur généreux et ouvert, ceux en mal de sonorités à l'avant-garde de la garde avec un effet retro, ce disque vous est offert. The Eyesores, hydre à neuf têtes avec Redfearn, le gars de Providence, et son accordéon en guise de baguette de chef d'orchestre. Ambiance de l'Est, feu de camp trépident, ca mosh à la synagogue puis ça pleure ses morts, des mélopées funestes mais tellement arrachantes. Un troisième album qui vous prend par la main, vous met plein d'entrain dans la tête. La grande marée des sonorités divergentes où plus d'un pont musical est jeté pour déverser dans l'oreille de l'auditeur avide une vague déboussolante. Captivant.

SKX (04/09/2005)
website groupe www.aleckredfearn.com
website label www.cuneiformrecords.com
sounds punjabi.ram


Radikal Satan
Viento del este, agua como peste - CD
Les Potagers Natures 2005

Des têtes de mort dansant un tango. Toute l'image dépravée d'un groupe puisant dans la tradition pour mieux la bafouer. Installés en France on ne sait trop où, là où le vent les pousse, comme la formation, mouvante, ces Argentins, qui recrutent français pour leur deuxième album, défient les lois (et la loi). L'intégration par la porte de derrière. La muerte, la muerte viendra vous cueillir. Le marchand de sable s'est fait lapidé au fond de l'impasse et Radikal Satan recentre sa débauche sonore. L'unité de la marche funèbre, se concentrant sur l'essentiel sans s'éparpiller sur tous les démons qui passent à portée de leur faux. L'accordéon donne la mesure, les samples nourrissent l'inquiétude, le chant traîne sa misère, quasi absence de batterie, instruments à cordes maigrelettes contre saxo exotique. Le blues version sud-américaine à l'assaut des capitales industrielles. Pas l'assaut frontal. La diversion, la perversion. Le tango inspirait l'acte sexuel, symbolisait la fécondité. Radikal Satan transpire tout ça, suinte par tous les pores une obsession, une passion désabusée, un truc qui ne peut finir que dans le caniveau. Esthètes fin de siècle et punks dans l'âme, Radikal Satan arrive cette fois-ci à créer un climat qui se tient de bout en bout, une atmosphère poisseuse et poétique sur fond d'esprit retors et expérimental. Un disque qui suggère beaucoup plus qu'il n'en dit….

SKX (12/12/2005)
website label lespotagersnatures.free.fr
sounds lespotagersnatures.free.fr/catalogue/disques/PoNa024.php

The Redneck Manifesto
I'm brazil - CD
Trust me I'm a Thief 2004

Les années coulent à toute vitesse et The Redneck Manifesto en sont déjà à leur 3ème album en autant d'années. Si le temps n'a pas de prise sur certains, nos quatre Irlandais le subissent de plein fouet. Loin est leur cavalcade printanière à la Cheval de Frise. L'accalmie largement perçue sur leur second opus se dévoile littéralement au grand jour. La ruade au milieu de l'album " Break your fingers laughing " n'est qu'un accident de parcours. Mis à part ce morceau, tout le reste est très propre sur soi. Les guitares déclinent leurs gammes en ordre serré et en douceur. Et ce qu'elles racontent n'a rien de passionnant. Vide de substance. L'habillage sonore lorgne vers l'electronica, ce truc bien gentil et ennuyeux comme un rat crevé. Rien ne se passe. La mort des sentiments dans les dédales de compositions bien trop sages. La fadeur de la beauté formatée. Même la tentative de rythme dance sur " Bring your own blood " tombe à l'eau. Il faut attendre la fin de l'album avec le nerveux "Paint Your Dikbloc Pink ", et le bien nommé " good with tempos " pour aviver les regrets d'un groupe qui a sacrifier sa jeunesse au profit de " la maturité ". Ouais ça nous fait une belle jambe ! Très décevant.

Ce disque sort en vinyl sur les labels lyonnais Red F et Minority avec en prime leurs 2 premiers albums jamais sortis jusque là sous ce format. Un triple album donc !! A noter également que sur le site du label Trust me I'm a Thief, vous pouvez vous procurer I'm Brazil en téléchargement, sous divers formats et moyennant finance quand même (7.95 €). On n'arrête pas le progrès !!

SKX (07/03/2005)
website groupe www.theredneckmanifesto.com
website label www.trustmeimathief.com

Redworms' Farm
Amazing - CD
Fooltribe 2005

"Two guitars and drums. We always do the same." Dès les paroles du premier morceau, tout est dit. Redworms' Farm est un pur groupe de rock, qui ne changera rien. On est là pour prendre du bon temps et pas la tête. Un bon couplet-refrain, une bonne accroche mélodique, de l'énergie (qui a dit " positive " ?!) et après moi le déluge. Le trio italien ne s'embarrasse pas de longs discours. Bombes pop-rock incendiaires, ils enchaînent les tubes en toute décontraction et simplicité. N'allez pas croire que ce sont les Ramones non plus ! Leur son et approche est bien moderne, production éclatante, c'est la décapotable rouge illico. Un troisième album qui aurait été parfait si il n'avait pas été coupé en son beau milieu par un remix de " pop song " en provenance de leur split avec The Paper Chase et une récréation d'un goût douteux " rhythm is a dance " qui porte hélas bien son nom ! " Telephone, no call ", répétez en boucles, pas besoin de tout ça. Pourquoi faire compliqué quand tout coule de source.

SKX (02/05/05)
website groupe www.halleynation.com
website label www.fooltribe.com
sounds yeahyeaheverything.mp3

Rentokiller
Cadaveri Eccelente - CD
North Post 2004

Avec un nom pareil, c'est l'apocalypse annoncée, une vraie tuerie. Rentokiller est un nouveau groupe suédois. Une nouvelle forme d'invasion. Le casque à pointe vers l'intérieur, ils attaquent bille en tête dans un hardcore-metal aux légers accents rock des plus virulents. En gros, prenez Converge, enlevez la torture mentale, allez à l'essentiel, pas de détail dans les rangs et Rentokiller en snipper fou qui dégomme tout dans sa ligne de mire. Court, efficace, très hargneux, c'est comme une éponge qu'ils vous rendent à vous-mêmes. Le souffle rauque mais avez-vous eu le temps de bien apprécié ? Un aboyeur de service dont la rengaine est usante sur la longueur. Une seconde voix aux très légers passages death-metal (Oh! Douce voix où pars-tu?) ou alors carrément mélodique (le pénible refrain de " Quencher "), des rythmes qui vous tombent sur le dos de partout, ça ne ménage pas son homme. Un art consommé de la brutalité qui, malgré quelques lourdeurs, fait son effet dans les chaumières. Ereintant mais une montée au front de temps à autre ne fait pas de mal…

SKX (09/04/05)
website groupe http://www.rentokiller.com
website label www.northpost.dk
sounds confessions_of_a_serial_self-murderer.mp3 | piecesofworship.mp3

Ricaine
The clarity of distance
Ruminance 2005

Ce disque est une réédition d'un album sorti en 1997 sur Rubber records. Ricaine est plus américain qu'un groupe américain mais ils viennent, ou plutôt venaient, d'Australie. Leur oreilles ont enlacé Shellac et Jesus lizard. Leur routes ont croisé celle de Bob Weston lors d'une tournée aux USA en 1997. Devinez ce qu'il advint ?! Clarity of Distance était déjà leur deuxième album. Un autre verra le jour en 2001 (Urbanity). Avec un enregistrement Weston et de telles influences, la musique de Ricaine ne sonne pas originale pour deux sous. C'est parfaitement exécuté mais ça s'arrête là. L'album datant de 1997, on peut encore leur donner l'absolution. C'était l'époque qui voulait ça, on était en plein dans ce son là. Mais on peut s'interroger sur l'utilité de ressortir ça huit ans plus tard… Mis à part la réaction d'un fan qui veut partager un vieil amour, il n'est jamais très bon de déterrer des trésors, surtout quand ceux-ci on pris un coup vieux et qu'une exposition sous de nouveaux rayons ne jouent pas en leur faveur. Alors si ils existent parmi vous des durs à cuire nostalgiques et qui se languissent d'un nouvel album de la bande à Albini, vous pouvez toujours vous rabattre sur cet excellent palliatif.

SKX (13/12/2005)
website label www.ruminance.com | www.rubberrecords.com.au
sounds last_of_the_last.mp3

Ronin
Self-titled - CD
Ghost records 2004

Ronin est italien. Ronin n'est pas seul. Bruno Dorella, boss du label Bar La Muerte, a beau être l'instigateur de ce nouveau projet, il est entouré de compagnons d'infortune, dont un accordéoniste, pour traîner son blues latin. Une chaleur d'été, en fin de journée, qui vous tombe dessus. Un flamenco très lent qui en n'a que le nom et toute la mélancolie. Une voix féminine qui caresse là où ça fait mal, panse les plaies, sort Ronin de la torpeur, trop rare (" Mandrake "). Une version sudiste de Black Heart Procession. Le répondant européen à Calexico. Des ballades acoustiques, tranquilles au coin du feu, voir jazzy (" 6 am coffee "). Ronin ne cherche pas l'embrouille. Mêmes les petites expérimentations électroniques se font dans la douceur. Ca n'est pas toujours dingue. Les cigales chantent parfois dans le vide mais ça le mérite d'être apaisant.

SKX (09/01/2005)
website groupe www.barlamuerte.com/bands/ronin/index.htm
website label www.ghostrecords.it

Room 204
Trans Panda - CD
Effervescence 2005

Room 204 passe la deuxième. Voir prend l'option turbo. Le duo nantais guitare-batterie a peaufiné les virages et se lance corps et âmes dans des lignes droites rutilantes. Le paysage défile. Les mélodies se font par à coup, privilégiant la dynamique et la vitesse. Les airs de repos, c'est pour les touristes. Le trans panda express est arrivé. Neuf titres au cordeau et sans option superflue. Leur math-rock laisse les équations sur le bas coté et favorise le rock. Le son est en adéquation. Percussif et tranchant dans le vif. Je vous rassure, c'est pas du speed-metal non plus ! Des respirations, de bonnes cassures, puis le riff qui saigne, une basse au secours sur deux morceaux, une route sinueuse menée avec aplomb et connaissance du terrain. A l'instar d'un Oxes, Room 204 titille l'essence du rock, laisse tomber le post qui ennuie tout le monde, durcit le ton et quitte l'adolescence. Une approche plus directe et spontanée qui me convainc beaucoup plus.
Room 204 n'invente rien dans le style (mais qui peut se vanter de le faire ?!) et offre une belle poursuite nerveuse et concise.
(version vinyl 12'' sur Les Potages Natures)

SKX (24/03/2005)
website groupe kythibong.free.fr
website label frvsens00.free.fr/frvsens/index.html
sounds robanukah.mp3 | flex%20over.mp3 | firebass.mp3

Alec K. Redfearn and the Eyesores
The smother party - CD
North East Indie 2006

Vous reprendrez bien un p'tit air d'accordéon ? Providence n'est pas connu comme étant la Mecque du piano du pauvre et du bal musette. Mais ya là-bas un gars qui s'amuse à détourner et pervertir les traditions à faire cristalliser la mèche blonde de Pascal Sevran. Alec K. Redfearn, accompagné de ses Eyesores, sort déjà son cinquième album. Et le mix est toujours aussi sauvage et déroutant. Accordéon omniprésent mais noyé dans une masse d'instruments, Redfearn n'est pas du genre à se la jouer artiste solo sous les feux de la rampe. Son air accordéon lancinant sert des compositions qui ont pris du poil de la bête depuis The Quiet room. On retrouve ces élans folkloriques venus de l'est de l'Europe, sorte de The Ex fini au yogourt bulgare, ces chants mixtes qui se croisent avec les cordes d'un violon(celle) dans des rythmes à rendre fou tous les gitans de Roumanie. Et c'est bien dans ces rythmes et le traitement sonore de ces morceaux qu'il faut voir l'évolution de cet orchestre brinquebalant. Ca vire parfois franchement noise, dure aux entournures. Le batteur se lâche, les strates instrumentales se superposent, la sauce monte et tangue dangereusement, le p'tit accordéon inoffensif se mue dans la répétition évolutive et distordue. L'orchestre ne fait plus rire personne. Des compos qui se trimballent un air enjoué, propre à animer la fête du village mais dont la manière agressive de les interpréter va faire fuir les foules et culbuter les majorettes. Bon, ce n'est pas Painkiller non plus, loin de là. The smother party, comme ses prédécesseurs, nous offrent d'harmonieux et enchanteurs moments, mélancolique sur les bords (les cinq minutes de Overhang, la guimbarde de The way of all flesh). Mais cet album sonne plus rock et accidenté. Pour preuve, les 23 dernières minutes d'un final qui joue les montagnes russes. Basse distordue, batterie martelante, guitare grinçante entre accalmies troublantes où cet air d'accordéon revient comme un cauchemar récurent.
Univers troublé qui va et qui vient comme ces anches agitées par un Alec et son orchestre en grande verve.

SKX (21/09/2006)
website label www.aleckredfearn.com
website label www.northeastindie.com
sounds ChoreboyandBlowtorch.mp3

Racebannon
Acid or blood - CD
Southern 2008

Des années qu'on entend parler de cet album. Ca sentait le plan foireux, l'album bloqué au fond d'un tiroir pour l'éternité comme il en existe par paquet de douze dans la longue histoire du rock underground. Un peu plus profond que ça même. De plus, avec la sortie d'une compilation de singles et raretés en 2006 (The Inevitable sur Alone records), ça sentait très fort la mort du groupe. Pour entendre la douce folie du chanteur Mike Anderson, il fallait se balader chez Rapider Than Horsepower (de beaux losers également, trois, quatre ans que leur nouvel album est annoncé !) avant qu'en juin 2006, Racebannon repointe son vilain museau lors d'une tournée européenne avec Battleship durant laquelle ils exécuteront l'intégralité de ce présent album. Deux nouvelle années se sont écoulées donc, six depuis leur précédent monumental album Satan's kickin' yr dick in mais Racebannon garde la foi. Douze années qu'ils pestifèrent et toujours le même line-up. Un exploit dans ce milieu là. Ils récupèrent même ici leur tout premier bassiste, Chris Saligoe. Musicalement, le poids des années ne semble pas non plus avoir de prise sur eux. L'hystérie comme fil rouge. Sauf qu'elle est plus canalisée. Mais bien PRESENTE. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit ! Racebannon gagne en impact, sert les vis mais continue à les marteler avec conviction. Ils ne s'embarquent plus dans de longues diatribes noise psychédéliques, excepté sur les huit minutes de The Killer (et encore toute la fin n'est que drones et larsens inutiles) mais s'en tiennent au standard du rock. La face plus metal aperçue lors de leur dernier concert et qui avait déçu quelques poules mouillées se fait moins sentir, au profit de riffs concis et accrocheurs. Et encore, quand on dit metal, c'est metal façon Willpower de Today is the Day. Ca déjà plus de gueule. Racebannon reste toujours malsain mais dans une écriture plus affinée. Et affinée dans le petit monde Racebannon, ça reste du tendu, du lourd et du barré. Pas de panique. Ils nous sortent leur lot de salves meurtrières avec The Hard Way et Awaken ou la minute affolante de Terror & Dread, les fiévreux Sister fucker et Translucent lifeforce. Le seul bémol est les titres portés sur l'expérimentation. Bella ciao et son chant des partisans italiens court-circuité de l'intérieur, les triturations de Candids & parasites ou les deux morceaux de fin dont le secret track, riff du malin en boucle. Rien de désagréable en soi, donne de l'air à l'ensemble mais des morceaux ressemblant aussi à du remplissage et après six années de silence, ya comme un arrière goût de pas assez. Car Racebannon, c'est du terrible, on aime la piquouse dans l'œil, on aime quand ça fait mal et faut espérer qu'ils ne mettent pas à nouveau six ans pour sortir de leur tanière.

SKX (19/06/2008)
website groupe www.racebannon.net
website label www.southern.com

Reds
Is : means - CD
Waking 2006

Reds n'est pas là pour inventer une nouvelle poudre. Reds arrive avec dix ans de retard. Et pourtant, je suis raide dingue de Reds ! Reds, groupe new-yorkais, évolue dans une sphère initiée par Fugazi, continuée par un tas de groupe, Portraits of Past, Yaphet Kotto et 400 Years en tête, une sphère qui n'arrête pas de produire des groupes qui disparaissent aussi vite qu'ils apparaissent, à raison pour la majorité et Reds a bien failli passer dans la grande moulinette musicale. Mais ce premier album est une vraie perle. C'est en boucle que je l'ai écouté pendant une semaine. La faute à une panne informatique qui ne m'a pas donné le choix d'écouter autre chose dans les transports en commun. Ca et du Moss Icon. Les pannes ont du bon parfois. Et si cet album passe si bien, c'est parce qu'il y a bien plus que ces influences précitées. Un brin de Drive Like Jehu dans les envolées de guitares, une dose de Hammerhead dans les roulements de toms de batterie comme sur le puissant Viking of process et surtout, surtout, un grand talent de compositeurs. Dix morceaux de hardcore passionné, frénétique qui allie les classiques (le riff imparable de Dividing Unions qui reprend au bout de 1 minute et 32 secondes exactement et qui vous fait lever le poing gauche immédiatement comme un con) et des morceaux plus abstraits et complexes. Des guitares tour à tour en son clair ou plus noisy, un rythme constamment au bord du chaos, un chant convaincant de la part du propre boss de Waking records et au final, un album très convaincant. Dans un style plus bouché qu'un gouvernement de droite en période de grève, Reds a réussi à créer ses propres émotions sans empiéter sur les plates-bandes de ses encombrants voisins. Dix ans plutôt et cet album serait devenu un classique. Alors ne faites pas votre rabat-joie.

SKX (18/11/2007)
website groupe www.myspace.com/reds
website label www.wakingrecords.com
sounds The_Blind_Believe.mp3 | Now_Is_Liberation_Is_Now.mp3

Revok
Bad books and empty pasts - CD
Rejuvenation 2007

Après avoir essuyés les plâtres sur des maxis en forme de cdrs, les membres de Revok (Paris et sa banlieue), qui n'en sont pas à leurs premiers émois de groupe, basculent définitivement de l'autre coté. Le coté de la force noire. Excepté l'imagerie et les textes encore trop empêtrés dans les clichés d'un hardcore-emo adolescent, la musique de Revok verse dans le noise-rock rampant, sombre et à la sourde intensité. Revok n'attaque jamais de front. Tout leur talent réside dans l'évocation. L'art de créer des climats à la tension sous-jacente sans sortir la grosse artillerie. Agir sur les fluctuations d'ambiances tout en dissimulant les fils. Un dialogue de guitares à la Condense. Les arpèges inquiétants de Varoujan remis au goût du jour. Une voix atypique, qui semble tapie dans le fond de la gorge, ne surtout pas sortir, ça pourrait être le carnage. A l'image de la musique, ne semble jamais vouloir éclater complètement, tour à tour parlée ou sur les bords de la colère. A milles lieues des éructations habituelles et des cris prépubères de pourceaux qu'on égorge. Revok trace des compos à se foutre la tête sous l'eau, sans beaucoup d'espoir de revoir la lumière du jour mais avec suffisamment de riffs entêtants, de lignes de guitares pleines d'idées, d'un passage basse-batterie excellent sur Ambulatory Self pour désirer y plonger régulièrement les phalanges. Et le bras qui va avec. Un premier album dense, qui fait autant dans le mélancolique sans esbroufe que le viril qui se contrôle. Un début très prometteur.

SKX (11/09/2007)
website groupe www.revok.org
website label www.rejuvenationrecords.com
sounds Bills_pay_pills.mp3 | Ambulatory_self.mp3

Rhys Chatham
Guitar Trio Is My Life ! 3xCDs
Radium/Table Of The Elements 2008

J'ai toujours trouvé que dans la mémoire collective des amateurs de guitares dissonantes et répétitives made in NYC Rhys Chatham restait un peu en retrait, loin derrière Glen Branca et ses symphonies souvent indigestes et grandiloquentes. Pourtant, sans Rhys Chatham, le parcours de Branca aurait été sans doute bien différent, ce dernier jouant avec lui dès 1977 dans la première mouture du Guitar Trio (avec Wharton Tiers à la batterie !) avant de quitter le groupe et de lui emprunter toutes ses techniques d'accordages. C'est que Chatham, avant de s'intéresser à la guitare et de composer pour elle, a traîné ses guêtres du côté de la musique contemporaine, a composé de la musique électronique et a côtoyé des personnalités aussi influentes qu'Eliane Radigue, Marianne Amacher, Charlemagne Palestine, La Monte Young ou Tony Conrad. Chatham est venu progressivement aux guitares (qu'il a momentanément abandonnées par la suite pour cause d'acouphènes) alors que Branca a suivi le chemin inverse, se prenant pour un compositeur hors normes alors qu'il aurait sûrement mieux fait de se contenter d'être un punk arty un peu trop intelligent pour être honnête.
Guitar Trio est une œuvre importante chez Chatham parce que c'est la première qu'il a composé pour des guitares et surtout parce qu'il lui a appliqué à la lettre les codes du minimalisme et du répétitif : un seul accord, toujours le même accord, encore le même accord, le temps que l'on veut -de huit minutes comme sur la version studio disponible sur le coffret An Angel Moves Too Fast To See (sur Table Of The Elements) à douze minutes pour la version ralentie et très country-swamp enregistrée par Jonathan Kane (album February, même label) en passant par toutes les versions présentes sur le triple CD Guitar Trio Is My Life ! dont certaines frisent la demi-heure.
Ce dernier coffret est le témoignage d'une tournée entreprise en février 2007 par Rhys Chatham et dont l'unique but était d'interpréter Guitar Trio. La particularité est que le line-up est changeant, outre David Daniell (de San Agustin) qui joue sur toutes les dates, les musiciens changent à chaque fois et selon des raisons souvent purement géographiques : sur le concert de Brooklyn on dénombre Thuston Moore, Lee Ranaldo et Kim Gordon (décidément les Sonic Youth n'en ratent jamais une…) mais aussi Alan Licht et Jonathan Kane. A Chicago c'est au tour de Douglas McCombs, Jeff Parker ou John McEntire. A Mineapolis un certain Greg Norton s'occupe de la basse. Sur d'autres dates on remarque Tony Conrad ou Bill Brovold. Que des line-up de rêve et autant de versions de Guitar Trio, dix en tout, pour goûter complètement à l'absolutisme d'une pièce maîtresse composée pour guitares électriques. Autant dire qu'il faut être musclé du bulbe céphalique pour arriver à s'enfiler les trois disques d'affilée. Mais rien n'empêche de picorer, de comparer. De toutes façons on y revient toujours.

Haz (20/03/2008)
website groupe www.rhyschatham.net/rccomsite
website label www.myspace.com/tableoftheelements
sounds guitar_trio.mp3


 
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