RACEBANNON
"
in the grips of the light " - CD
Secretly Canadian 02
Les
dents me poussent au cul. Le jour brûle. Racebannon est
de la trempe des groupes à tout anéantir sur son
passage, les villes consumées, la politique de la désolation.
Après un premier album sur Level Plane où leur capacité
bouillonnante et leur débit bruitiste pointaient déjà
son nez, Racebannon élabore son brouillon, ajuste le tir
et présente un nouvel album très généreux
dans l'effort. Un déluge de notes, une vague incessante
de guitares trempées dans l'acide, une voix qui vous récure
la boite crânienne, volubile, maladive. Tout y est monstrueux,
surdimensionné. Psychédélique, hypnotique,
une musique d'ailleurs qui puise sa folie chez Captain Beefheart,
transcendée par un esprit vaudou que ne renierait pas Today
is the Day. Huit titres tout en longueur, qui vous happent, qui
vous broient. Constructif et élaboré dans sa démesure,
cet album est un monstre pas de tout repos. Une noise ultime dont
les recoins sont innombrables. Où chaque écoute
révèle de nouveaux angles. Les productions actuelles
regorgent de groupes fêlées du bulbe, de termes plus
extrêmes les uns que les autres pour qualifier des musiques
dites "power-violence" ou "screamo-hardcore chaotique"
propre à effrayer le quidam de base. Racebannon est au-delà
de toutes ces étiquettes car mille fois plus vicieux, intelligent
et sommes toutes très différent. Leur folie est
ailleurs et semble bien réelle, palpable. Leur extrémité
est inédite et cet album puissamment original. "In
the grips of the light" est un extra-terrestre, une vision
hallucinée et hallucinante de nos vies tordues. Une uvre
dense dont il est difficile de faire le tour. Etes vous prêt
pour Racebannon?
SKX (15/04/2002) |
RACEBANNON
first
there was the emptiness - Lp
Level Plane 00Comment
se pendre, les cordes sont pourries. Les verres se brisent dans
les mains. Racebannon dérape sur le mouillé et se
loge dans une sphère capitonnée et maculée
de folie. Issus d'une grande ferveur bruitiste, ce sextuor américain
joue les bêtes ardentes et multiplie les prises de risque.
Si l'énergie provient du ventre hardcore, elle est transcendée
par une dimension noise et vicieuse qui donne un résultat
qui sort des sentiers battus. Une toupille vénéneuse
remplit d'aboiements, de guitares maladives, de samples satellitaires,
de rythmes névrotiques. Autant un Helios Creed version
jeune que Index For Potential Suicide décalé. On
sort résolument du cadre hardcore chaotique pour se heurter
aux cercles des grands frappés du cerveau, époque
"supernova" de Today is the Day, Slug passé au
karsher. Et tout ça ne reste que de sombres indications.
Racebannon recrée le big-bang originel, remplit le trou
de l'espace pour mieux vous sucer la moelle. Racebannon va de
l'avant. Un des disques, catégorie noise, des plus intéressants
de ces dernières années. L'explosion est en route.
SKX (18/12/2001) |
RAEO
"
Body Loops " - CD
G3G records 99
Crier
est inutile. Ce n'est pas une ombre angoissante. Le voile se lève,
brumeux, se fait accepter, nécessaire. L'ombre n'étreint
pas, elle respecte les courbes. Manoeuvre souple, sans secousse.
Ce deuxième album est fait pour l'envol. La formule reste
à l'identique. Duo Mark Cunningham le new-yorkais exilé
/ Gat le barcelonais aubergiste. La période est au délestage.
S'élever de la surface, phénomène ambiant.
La trompette et la basse inamovible. Vous dessinent, vous caressent,
vous inspirent de purs moments de félicité. Cette
basse qui sait se faire ronde et charnelle. Cette trompette aux
airs simples et percutants . Ces vagues de bruits au diapason
qui charrient des machines si humaines. Musicalité, harmonie
des sons, RAEO est parti en voyage, toujours un peu plus expérimental.
Il n'y a plus qu'à s'asseoir. Saveur de miel acide dans
l'arrière-gorge. Boîte crânienne vide. Récurée.
La lumière du jour qui vous parvient comme à travers
un filtre jaune. Les défenses sont dérisoires alors
autant vous laisser emporter.
SKX (01/12/1999)
|
|
RAH
BRAS
"
ruy blas ! " - CD
Day After / Lovitt 01
Un
trio étrange qui avait l'habitude d'accoucher d'une musique
difficilement déchiffrable. Contre les structures. Contre
les mélodies. Le synthé en bandoulière dans
un fatras rock bizarroïde. Ce nouvel album les montre apprivoisé.
L'instrumentation reste inchangée mais les compositions
se calibrent dans un format avec (plus ou moins) un début
et une fin. Des amorces de mélodies, un semblant d'ordre.
Un univers qui se remet du chaos, proche d'un Pain Teens pour
enfants attardées mais sans l'âme et la profondeur
du groupe Texan. Du disco-rock à deux balles avec deux
mâles très androgynoisés et une femelle au
chant. Tout ça c'est bien joli et rigolo mais autant péter
dans son bain. Un univers sans la malice de leurs précédents
enregistrements, factice et assez convenu finalement. Repartez
dans votre monde incompréhensible, c'était beaucoup
mieux comme ça!
SKX (12/02/2002)
|
READ
PALMS
"
s/t " - CD
Demo 02
Le
tunnel par lequel sort Read Palms du néant les amène
sous un soleil éclatant. Et pourtant, leurs desseins sont
noirs, une sarabande vaudoue puisant directement chez Nick Cave
et Birthay Party les raisons de leur existence. A ce tableau,
vous rajoutez la désopilante présence d'un Black
Heart Procession et vous vous dites que le berceau de Read Palms
est bercé par des fées protectrices. Et dont la
magie n'est en rien garant d'un bonheur éternel. Mais Read
Palms, pour ses débuts, possède le don. Agencement
parfait entre rythmes tribaux, piano frelaté, violon ivre
de tristesse, voix psalmodiante, bouges malfamés suant
le whisky rance, dépouillement des mélodies dont
deux (" psalms of read " et " knives and kisses
") méritent de sortir direct sur un 45. Ya pas à
sourciller, cette marche funèbre est assurée d'un
pas de maître. Pas la peine de lire dans les lignes de la
main pour se dire que les labels vont se bousculer pour sortir
ce groupe très prometteur.
SKX (25/02/2003) |
THE
RED LIGHT STING
"
Our love is soaking in it ! " - 12"
Sound Virus 02
The
Red Light Sting sont des adeptes des formules réduites
et des titres à la con! " I wouldn't touch you with
a tampon ", " my penis looks big all a night long "
et autre " i think my sister's a slut ". Et ta mère
en short au Prisu, merci, on sait! Cinq nouveaux morceaux franchement
décalquants. Hardcore'n'roll lubrique qui aurait bouffé
du Robocop Kraus pour en recracher une version vicieuse et toute
en cassure. Le chanteur n'est plus à une éructation
près, ça vient des tripes pour ne pas dire plus
bas. La charmante claviériste Zoë Verkuylen l'aide
parfois à retrouver ces parties intimes et là, c'est
concours d'aigues. Avec cette touche new-wave qui hante tant de
groupes actuels et sans laquelle The Red Light Sting serait hors
mode. Allez comprendre ! En attendant que tout ça leur
passe, un maxi bien dans l'air du temps, meurtri et violenté,
mené tambour battant, les déhanchements et le jeu
de jambe sont compris dans le prix.
SKX (03/03/2003) |
THE
RED LIGHT STING
"
Rub 'em out " - 12"
Sound Virus 02
Un
espace s'éteint. Un autre s'éclaire. Et tout fusionne
dans un grand bordel intergalactique. Graduellement. Simultanément.
Les glandes pleines à éclater. The Red Light Sting,
groupe canadien, briseur de banquise par leur rock'n'roll sulfureux,
terriblement tendance. Les claviers en bandoulière, se
transformant en véritable piano sur un "dirt eating
zombies" pour nouveaux romantiques. Un alliage souverain
de sixties et de sonorités nouvelles pour faire danser
les foules. Quatre titres agités, bruts de diamants, c'est
chaud comme une décapotable voguant vers le rêve
américain, cap sur la Californie tout en regardant la dure
réalité des choses bien dans le noir des yeux. Au
même titre que les Liars, Make-Up et les cousins allemands
de Robocop Kraus, c'est cross-over généralisé
pour The Red Light Sting. C'est le rock actuel dans toute sa splendeur,
un vent ébouriffant qui ne se contente pas de se resservir
dans les vieux plats mais force nouvelle qui progresse vite, s'élevant
de la surface, légère, le pesant est apitoyant mais
aussi soubresauts, un défi, un refus. Un groupe bien de
son temps pour un plaisir immédiat.
SKX (15/10/2002) |
HOT
HOT HEAT/THE RED LIGHT STING
"
split Lp " - Lp
Ache 01
L'élément
central de ce split sera le "keyboards". Alias les claviers.
Non pas Christian mais l'instrument horizontal qu'on joue debout.
C'est peut-être un détail pour vous mais dans la
scène DIY-punk-hardcore actuelle, ça veut dire beaucoup.
Ca veut dire qu'ils sont libres de tout casser pour mieux réinventer.
Hot Hot Heat, c'est une voix, une basse, une batterie et donc
ce fameux "keyboards". Ce dernier fait la pluie et le
beau temps, amène la mélodie, donne la "LA"
alors que la rythmique se charge de vous faire tortiller les fesses.
Hot Hot Heat, c'est rock'n'roll et moderne. C'est Make-Up à
la sauce eighties donc tout ça foncièrement actuel.
Cinq titres ébouriffants et décalés. Avec
The Red Light Sting, on donne dans le quintet. Aux keyboards,
c'est la charmante Zoë Verkuylen (photographe recherchée
de la scène indé) qui s'y colle. Le son gagne en
épaisseur, l'énergie se démultiplie. Les
claviers sont en cascade mais plus noyés dans la masse.
C'est la fraîcheur de The Robocop Kraus et la furie de Song
of Zarathustra. Sept titres qui éclaireront plus d'une
nuit froide. Un split qui sent la poudre sur le label canadien
de Vancouver Ache records, le propre label d'un des membres de
The Red Light Sting.
SKX (15/10/2002) |
RED
WORMS' FARM
"
Halleynation-troncomorto " - CD
Fooltribe 03
Jeu
rapide et cadencé, le trio italien Red Worms' Farm a perdu
ses adversaires en route depuis belles lurettes. Le style de prestation
qui va les faire sortir vite fait bien fait de leur péninsule.
Tremble Europe, tremble ! On a le droit à des titres parfaits
de prestance, tenu impeccable, hits accrocheurs (" intraducibile
", " two ways "), rock'n'roll attitude, la pureté
en plus avec Hot Snakes en ligne de mire. Au-delà, c'est
l'Amérique. Rayon de soleil, c'est si bon quand c'est simple,
pourquoi se compliquer la vie avec des rythmes improbables. Le
trio magique, le jeu en triangle, la complémentarité
entre la batterie bondissante, la guitare princière, épurée
pour n'avoir que l'os. Tout juste quelques coups de blues avec
un très bel " echo ". Un instrumental qui sème
la zizanie avec sa trompette de bandits et auquel on souhaiterait
une présence plus marquée. Bref un album qui mange
pas de pain. On serait presque surpris quand la dernière
note tombée. L'été indien.
SKX (16/09/2003) |
THE
REDNECK MANIFESTO
"
thirtysixstrings " - CD
Red F 01
La
verte Erin nous envoie que trop rarement des signes d'une scène
rock/noise florissante. Ou sommes-nous sourds à ces appels
?! Du coup, quand un expatrié établit ces bases
à Lyon et fonde un label, Red F records, les frontières
s'estompent et à nos oreilles esbaudies nous parvient le
1er album de ce jeune quatuor irlandais. Instrumental de bout
en bout, ces dix titres sentent bon le grand large avec plein
de mini tempêtes à l'intérieur. Don Caballero
et Cheval de Frise pourraient servir de phares pour délimiter
le champ d'action. Mais entre ces deux balises, il existe un océan
de possibilités. The Redneck Manifesto a choisit sa vague,
mesurée et sans écume intempestive. Chancelante
et fragile dans les arrondies. Nerveuse dans le jeu de cordes,
ça tricote avec doigté et jamais démonstratif.
Et quand on pense naviguer en mer calme, on est jamais loin de
boire la tasse avec une vague plus virulente que la moyenne. Un
souffle aérien et racé plane au-dessus de ces morceaux.
On ressort de ce voyage apaisé et prêt à rebondir.
Un album impressionniste qui vous séduit, irrémédiablement,
par petites touches.
SKX (08/11/2002)
|
THE
REDNECK MANIFESTO
"
Cut your heart off from your head " - CD
Red F 02
Mon
corps, épave molle, doucement sur le fond sablonneux. J'ouvre
les yeux à nouveau et le 2ème album de ces Irlandais
est déjà là. Une brume verte m'environne.
L'option tout instrumentale est toujours d'actualité. Et
la vague s'éloigne, cherche des horizons nouveaux. Accentuant
les contrastes. Mais l'humeur générale est à
l'accalmie. L'acoustique et le banjo font leur entré sur
le premier morceau. La production s'enrichit. Les compositions
diversifient les ambiances, rajoute des effets. Don Caballero
en prend un sérieux coup dans l'aile. Le phare chancelle.
Furtif, c'est Gastr Del Sol qui pointe sa mire dans l'objectif.
Car excepté le 2ème titre qui attaque sec mais court,
le rythme suit le pas de l'homme tranquille. Il a beau faire des
détours, tourner autour des guitares, il ne sort que rarement
de ses gonds. La part belle, c'est pour les deux guitares. Bavardes,
enjôleuses, mélodiques et aériennes, incisives
point trop n'en faut ! Pour autant, on a du mal à pénétrer
complètement cet album. La naïveté et la fraîcheur
du 1er fait défaut. The Redneck Manifesto essaye de personnaliser
sa musique, expérimente. Plus aboutie et mature dans un
sens mais du coup, leur musique en perd de son unité et
de sa force par l'opération mystérieuse du saint
esprit. L'écoute reste agréable mais ça reste
sans cesse en dedans, trop poli dans les angles. On attend en
vain l'étincelle pour embraser une musique qui ne demande
qu'à exploser et vivre un peu plus
.
SKX (08/11/2002) |
RENDER
USELESS
"
s/t " - 7"
Mountain Cooperative 98
Forcément,
rien ne distingue ce bout de vinyl 4 titres de tant de rejetons
qui se multiplient à une vitesse folle outre-Atlantique.
Une touche emo, deux doigts de noise-rock, voir des pincées
d'un punk-rock de la plus belle école, sincérité
et énergie, les éléments sont connus. Sauf
que là, le sens de la compos vole au-dessus de la moyenne,
c'est amener sur un plateau et on reprendrait volontiers deux
franches bouchées. A surveiller de près!
SKX (27/12/1999)
|
THE
ROBOCOP KRAUS
"
inferno nihilistique 2000 " - LP
Swing Deluxe 99
Let's
dance ! Let's rock ! Cet album pourrait se résumer à
ça et le reste littérature ! 12 tubes rétro
et moderne à la fois, 12 façons de suer un bon coup,
bouge ton corps coco, glamour, passion et rock'n'roll ; Un concept
album second degré sur la fin du monde qui n'aura finalement
pas lieu, tout en déhanchement et farfisa. Une inévitable
comparaison avec Make-Up, restreignante bien sûr, version
seventies, aérienne et furieusement trépidante.
5 Allemands anachroniques, chanteur bouillonnant, une voix dans
du velours et prenante, un échauffant plaisir à
tortiller du cul à la boum de votre petite sur. Un
disque léger, fait de douceurs mélodiques et d'énergie
omniprésente. Ca glisse tout seul comme un pet dans l'eau.
Et maintenant, dansez !!
SKX (02/05/2000) |
ROCKETS
RED GLARE
"
s/t " - CD
Sickroom 02
Il
n'est pas si loin le temps ou Hoover et Crownhate Ruin (c'est
pareil) faisait tourner les têtes et fondre les curs.
On passe au Canada avec Rockets Red Glare. Les kilomètres
nous éloignent de Washington DC et Dischord records mais
la sensation nous poursuit. Et de céder sous le charme.
Au diable tous autres arguments de déjà entendu,
laissons nous guider, sans défense, comme si c'était
la première fois. Ce trio perpétue la tradition.
Longueur des morceaux, sept en cinquante minutes. Le temps de
planter le décor, d'amener la voix, plaintive et concernée,
de faire rebondir les mélodies sur une rythmique virevoltante.
Plus nerveux dans l'ensemble que ses aînés, Rockets
Red Glare a la science infuse. C'est chaud et en rafale, confortable
et remuant, le truc qui vous emmène loin, en toute simplicité,
sans artifice à la mode, avec des parties que ne renieraient
pas The Plan ou un June of 44 des plus réveillés.
Un disque vaste, d'abandon et de colère à peine
rentrée. Une (re)chute n'est jamais que l'affaire que de
quelques secondes.
SKX (07/01/2003) |
ROGOJINE
"
s/t " - CDEP
Autoproduction 01
Les
angles sont blessants. Rogojine vit dans le nerf. Les instruments
scient au plus près, ne laissent point la place à
la gaudriole. Austérité de l'habillage, la basse,
la batterie taillent dans l'os et la voix colérique du
troisième homme n'apaise pas les démons. Ce trio
originaire de Poitiers ne se soucie de personne et sort par ses
propres moyens ses gâchettes autoproduites. Cinq titres
qui assèchent les plaies. C'est dur, solide réalisation,
sec comme un coup de trique. La basse au centre, volubile, jamais
bavarde, se démultiplie, seule source pour arrondir les
angles, porte ouverte, vous avez une chance de vous en sortir.
La batterie est sobre, frappe juste, complément idéal,
toujours le geste qu'il faut. La voix sait s'effacer pour mieux
vous vomir dessus, hargneuse et dont la gamme s'étoffe
au fil des disques. Par couches successives, Rogojine fait monter
l'angoisse, pénombre opprimée, massive. Ce disque
vous prend à la gorge et vous colle au milieu de sa cible.
Commencez à retenir ce nom. (dispo contre 50 frs à
Benoit Chartron - 168 rue de la pierre levée - 86000 Poitiers
- 05.49.44.98.61)
SKX (26/09/2001) |
ROLLO
TOMASI
"
he who holds you " - CDEP
Divot 01
Ca
l'air de rien comme ça mais c'est le genre de virus qui
s'attrape à la longue. Le truc qu'une écoute discrète
pourrait vous filer entre les doigts. Rollo Tomasi débarque
avec un premier six titres qui ne défrayera pas la chronique,
un trio modeste en provenance de la banlieue de Chicago qui ne
prétend pas inventer la poudre mais qui la dispense avec
doigté. Chaque instrument est solidement implanté
dans le paysage, un minimum d'effets. On pense à Lungfish
pour la maîtrise, ce coté on fait bloc et on en rajoute
une couche. Hoover viril et fort en gueule, à l'esprit
Fugazi en général ("a moon alone"). Des
morceaux construits avec précision, qui crépitent
sous la peau. C'est faussement lancinant et solide aux entournures.
Six titres où vous ne risquez rien mais qui font foutrement
plaisir!
SKX (23/05/2001)
|
ROOM
204
"
s/t " - CD
Effervescence - Kythibong 03
Nantes
sur un pas de deux. Après Chevreuil, c'est Room 204 qui
fait sa rentrée des classes sur le mode guitare-batterie.
Premier album, premier flirt, les espoirs naissent et grandissent.
Sur la pointe des pieds, cet album déboule, l'air de rien,
et se bonifie au fil des écoutes. Des guitares superposées,
des mélodies souterraines qui montent au grand jour. Une
batterie qui ne donne pas dans la démonstration technique.
Room 204, si ils tournent autour du cercle math-rock, noise-rock,
ne fait pas dans la véhémence, la surenchère
de bruit et la multiplication du contre-rythme qui tue. Dans ces
moments les plus virulents, c'est du Oxes version soft et plus
généralement, c'est vers Neutrino, Ativin et bien
sûr les sacro-saints Slint qu'il faut chercher une quelconque
affiliation. Quelques points de repères jetés en
pâture. Le ton général est posé mais
une réelle dynamique interne se dégage. Des trouvailles
mélodiques nombreuses tirent l'album vers le haut. Tout
est dans la nuance, la subtilité, un parfum trouble, une
agitation nerveuse. Le bruit des vagues. Un tumulte indéfinissable.
Et au final, vous vous êtes fait avoir, sous le charme d'un
objet tout en finesse. Mais qu'on ne s'y trompe pas, le noyau
a de la force. Une entrée réussie dans le monde
embouteillé du duo.
SKX (12/03/2003) |
RROSELICOEUR
"
drachenhöhle " - CD
Partycul System 01
Elle
est vague roulante. Elle coule et s'infiltre. Etreinte molle qui
paralyse. Hâtivement comparée à Godspeed You
Black Emperor sur la foi d'un split 45 avec Cheval de Frise, la
musique de ce trio de Reims est à élargir tout bonnement
à cette ombre et vague étiquette tentaculaire nommée
"post-rock". Pieusement instrumentale, ce premier véritable
album (après un 12") déploie des ailes longues
et conceptuelles. Des titres qui s'échelonnent bien au-delà
du temps réglementaire, s'initient à une sainte
trilogie, "bockahline", trois morceaux regroupés
sous une bannière identique. La clé du concept,
c'est l'ambiance. Tout y repose et tout y meurt. Des compositions
qui comptent sur de longs développements répétitifs,
de longs crescendos, à l'aide de guitares préparées
(le sens m'échappe?!), basse, programmation et autres claviers.
Et d'une rare batterie. Des atmosphères qui se brisent
dans la seconde, des dissonances passagères. Le tout dans
une alchimie pas si complexe qu'elle en a l'air mais relativement
déroutante toutefois. A n'en pas douter des chercheurs
de nouveaux horizons. Qui citent sans se cacher, pêle-mêle,
The Velvet Underground, Slint, Sonic Youth, Robert Wyatt, Brian
Eno.... Et qui n'en sont qu'au début du chemin. Car si
certains passages dégagent une certaine intensité,
si certaines notes ou idées tombent dans le mille, l'adhésion
totale à l'ambiance générale ne se fait pas
sans mal. C'est parfois sombre et beau mais c'est aussi cotonneux
et vide, Dame Morphée étant prête à
vous cueillir. Le recueillement préconisé par les
auteurs pour apprécier pleinement cet album est un effort
qu'un pauvre pêcheur comme moi n'est pas encore prêt
à fournir. Bref, une histoire d'ambiance. Le tout est de
la choper? J'y suis resté, en parti, à ses portes.
SKX (03/07/2001) |
RUBBISH
HEAP
"
s/t " - Lp
Conspiracy records 99
Serrer
les poings et prendre une bonne inspiration. Puis se plonger dans
la fournaise de Rubbish Heap. Nouveau combo belge à la
moelle incandescente. Sous la charge inattendue, la foule reflua.
Il y eut des cris. Cette impression identique à l'écoute
du premier Unsane. Cette chape de plomb sur les épaules
qui vous tombent dessus, le tympan saignant. Avec un mouvement
hardcore et plus primaire dans la batterie. Une voix monolithique,
un rien trop invariable. Excepté un expérimental
instrumental " Servants ", l'air est ici opaque, lourd,
souffle rare et court, pompe, glue, absorbe, ça s'écoute
d'une traite, pression constante. Impressionnant.
SKX (19/10/1999)
|
RYE
COALITION
"
on top " - CD
Tiger Style 02
Ne
vous fiez pas au nom de l'album. C'est le troisième de
Rye Coalition et ils sont descendus bien bas. Tout était
parti en fanfare avec un 1er album "Hee saw dhuh kaet"
dans une lignée Jesus Lizard dignement crottée.
Avec le 2ème "The lipstick game", les sourcils
commençaient à se froncer. Le meilleur côtoyait
un penchant douteux, à savoir un rock gras du bide porté
sur la démonstration de guitare. Cette fois-ci, ils sont
tombés en plein dedans, tête la première.
De loin, ça sonne bien rock'n'roll, sauvage et tout. On
pourrait presque se laisser abuser. Mais une fois qu'on commence
à s'intéresser de plus près à leur
cas, on voit bien des tâches de graisses partout, des refrains
neo-seventies qui puent des pieds, de choeurs à dérailler
un train. Leur rage noise-rock est ampoulée au possible,
au point de devenir un heavy-rock insipide et brouillon. La fin
des haricots.
SKX (19/04/2002) |
|
|
RADIKAL
SATAN
" Visite du soleil à satan " - CD
Les Potagers Natures 03
Le diable par la queue. Maudits argentins débarqués
dans le froid métro parisien. Anarchie quand tu nous
tiens. Répandre sa semence. Engendrer des monstres. Montrer
ses couilles aux yeux du monde. Puis repartir. Momo et César
Amarente. Chichi Vlatko. Voilà pour le trio. Leurs armes
: piano à bretelles, contrebasse, violoncelle, percussions,
chants, churs et bandes subliminales. Orchestre dépouillé,
édifié dans le pire. Compromis du langage, espagouins
et sentinelles de nos tristes besognes. Ode au désordre.
Et comme dans l'anarchie, ya du bon et du moins bon. Comme un
vent de folie, une joie de vivre communicative mais viciée,
la fiesta, les putas et les mammas. Rythmes de samba, salsa
avant-gardiste, vous reprendrez bien un p'tit air d'accordéon.
Ca tangue dangereusement. Bande-son d'un vieux film culte des
années cinquante. Le gros coup de blues. Même une
reprise méconnaissable de l'iguana Iggy Pop et son "
outta my head ". Tout a fui, épouvanté. Radikal
Satan a la fibre expérimentale, alliage de tradition
et de culture révolutionnaire. On retrouve tout ça
dans ce premier album. Complètement bancal et c'est là
son atout principal. Des remous, des vagues qui se brisent,
des idées qui avortent. N'attendez rien de concret. Radikal
Satan erre de ville en ville, en éveil sans cesse, dans
la mêlée grouillante. Album imagé et foisonnant.
Une touche indéfinissable de poésie brute. Secousses
d'un instant, éclairs de résistance, le souffle
retombe. Mais libre toujours.
SKX (12/11/2003)
SKX (02/01/2004)
website
groupe
website
label
potagersnatures.free.fr
sounds
lespotagersnatures.free.fr/catalogue/PoNa013.php
|
Rapider
Than Horsepower
Stage fright stage fright - This is my big night - 2xLps
Level Plane / Essay 2004
C'est en toute confidentialité que Rapider Than Horsepower
a sortir son premier album " Stage fright stage fright".
C'était en novembre 2002 sur un obscur label, Essay records.
En janvier 2003, rebelote avec le deuxième "This
is my big night", toujours dans la même écurie.
Mais il aura fallu que Level Plane s'intéresse de plus
près à ces jeunes poulains pour que le nom de
Rapider Than Horsepower commence à circuler. Les choses
pas à moitié car pour le coup, ils ressortent
carrément les deux albums en un et en vinyl uniquement
! Des jeunes poulains pas si jeunes en fait. Ces étalons
confirmés n'en sont pas à leurs premiers galops.
On y retrouve Michael Anderson, chanteur de Racebannon, ainsi
que le bassiste Chris Saligoe de ce groupe noise bien fêlé
et deux autres types au pedigree inconnu. N'allez pas chercher
dans cette nouvelle production Level Plane le son habituel de
la maison et c'est pas plus mal ! Un peu de diversité
que diable ! Rapider Than Horsepower, c'est pour les grands
enfants. Pop décalé où rock au grand cur,
c'est selon. Qui doit autant au Captain Beefheart qu'à
Polvo. Un groupe sans bassiste mais aux deux guitares frivoles.
Une musique à l'école buissonnière. Dévergondée
et au grand air. Guitares vrillantes, légères
mains néanmoins consistantes. Le débit du chanteur
est, comme dans Racebannon, incontrôlable tout en s'adressant
à un public plus large, laissant de coté sa hargne
pour une complainte entraînante à l'image de leur
musique. Entre les deux albums pratiquement conçus en
même temps, peu de différence. Les compositions
du 2ème gagnent en maturité et en mélodies
affirmées. Des arrangements discrets au piano sur le
2ème qui répondent aux violons du 1er. Des manifestations
de joies d'un public enregistré façon sitcom qui
interviennent régulièrement entre les morceaux.
Rapider Than Horsepower, c'est fait pour vous rendre le moral
(si jamais vous l'aviez perdu) sans céder à la
facilité et qui semble prendre beaucoup de bon temps
dans ce projet qui est tout sauf annexe. Des comptines pour
adultes, US Maple dans l'esprit (tordu), rafraîchissantes
et délicieusement perverses. Ce groupe a fière
allure. Un double album qui se boit comme du petit lait avec
un zeste de bulle et un doigt dans
de whisky pardon. Rapider
est grand.
SKX
(07/11/2004)
website
groupe www.rapiderthanhorsepower.com
website
label www.essayrecords.com
website
label www.level-plane.com
sounds
www.rapiderthanhorsepower.com
: rubrique audio
|
|
The
Red Light Sting
Hands up, tiger - CD
Sound Virus 2004
Le groupe canadien a décidé de tirer sa révérence
sur cet album "Hands up, tiger ". Comme tous leurs
titres de morceaux, n'allez pas chercher une quelconque signification
à ce nom. Hauts les mains le tigre, une énième
façon de prendre son pied. The Red Like Sting est fait
pour le fun et la défonce, pour suer (intelligemment)
sur fond de rock'n'roll endiablé. Après tout un
tas de maxis et de splits, les cinq canadiens se sont essayé
à la longueur. Le saut dans le grand vide. La craquante
claviériste toujours prompte à détendre
l'atmosphère. Une énergie hard-rock'n'roll bien
dans l'air du temps, The Red Like Sting use et abuse de sa formule
qui les ont fait visiter les scènes américaines
de long en large. Entre Robocop Kraus et Transistor Transistor,
The Red Like Sting a semble-t-il fait le tour de la question.
De là à dire qu'ils ont bien fait de se séparer,
il n'y a qu'un pas que je franchis sans trop hésiter!
L'énergie est au rendez-vous, mais l'inspiration est
en berne. Ca se démène, grands gestes en direction
de la foule mais la foule est statique. On a même droit
à un très pénible " Start repeatin'
keep repeatin' " que Elton John n'aurait pas renié.
Un titre à part certes de leur habituel répertoire
mais un signe qui ne trompe pas. On retrouve d'ailleurs ces
petites fautes de goûts éparpillés tout
au long de ces dix titres. La petite touche de piano en trop,
le riff de guitare qui ne s'impose pas, le cri du chanteur qui
résonne dans le vide malgré tous ces déhanchements
pleins de bonne volonté. Energie brouillonne. Un album
pas à la hauteur de leurs précédentes productions.
Sortie pas la petite porte.
SKX
(14/11/2004)
website
groupe www.theredlightsting.com
website
label www.sound-virus.com
|
Red
Worms' Farm / The Paper Chase
The Paper Chase meet Red Worms' Farm - split CD
Robotradio records 2004
Première sortie, premières étincelles.
Robotradio est un nouveau label, il vient d'Italie et a décidé
de faire dans le multimédia pour chacune de ses sorties.
La musique bien sûr, mais le graphisme et les comics avec
des vidéos des groupes pour les détenteurs d'ordinateurs.
Robotradio fait bosser tout le monde. Et le présent objet
possède du chien. Les vidéos sont classiques.
Le design est sobre et le trait appréciable. Mais revenons
à notre violon d'Ingres, la musique. Confrontation italo-américaine.
Red Worms' Farm est originaire de Padoue dans le nord-est de
l'Italie. Ca sert pas grand-chose de le savoir mais faut bien
alimenter ces conversations mondaines. Trois inédits
de grande tenue, dans la droite lignée de leur précédent
album " halleynation-trocomorto ".
Des mélodies parfaites qui coulent d'elle-même
sans forcer. La souplesse et l'agilité d'un Unwound avec
ce je-ne-sais-quoi de léger dans l'air, une capacité
innée pour emballer l'affaire et conquérir son
monde sans forcer. " i've got a reason, i'm not fool "
chantent-ils sur " jelly bean ". Ah que non, ils sont
pas idiots ! Vélocité et délice. Avec The
Paper Chase, ça se complique. Compos à l'orchestration
éclatée, le sens du mix pour vous perdre en route,
héritiers de Brainiac et de rock bizarroïde, la
recette est toujours sur le fil du rasoir. Ca marche plutôt
bien ce coup-ci pour ces deux titres. Explosif, piano fracassant
mais on perçoit la corde qui permet de ne pas tomber.
On finit par deux remixes d'un morceau de chaque groupe. Une
donne pas utile pour un objet complet pour jeune homme/femme
moderne.
SKX
(13/09/2004)
website
groupe www.halleynation.com/home.html
www.thepaperchaseband.com
website
label www.robotradiorecords.com
|
RING,
CICADA
Good morning, Mr. Good CD
54° 40' or Fight 03
Sonne,
cigale. Traduction littérale de Ring, Cicada. Ca ne sert
à rien de savoir ça, je sais, mais il fallait
bien que je commence cette chronique d'une façon ou d'une
autre. Et puis ça m'intriguait suffisamment pour que
je n'aille pas jeter un il dans mon dico préféré
(un Harrap's compact, année 89). Ce groupe, adepte de
la virgule, est originaire du Midwest, y traîne ses guêtres
depuis 1995, s'est fait un nom dans la faune locale mais il
aura fallu attendre sept années pour voir leur premier
album. Pas étonnant que cette première uvre
soit d'entrée si aboutie, appelons ça un coup
de maître, et que le bon et grand label 54° 40' or
Fight records les récupèrent dans ses murs. La
cigale a chanté dans le désert de nombreuses années
mais ne se retrouve pas dépourvue à l'aube d'un
nouveau départ. Rock à guitares, comme bon nombre
de collègues de l'écurie, majoritairement instrumental
avant que Christian Powell (un des deux guitaristes) ne se trouve
des talents de chanteur et commence à prendre confiance
pour élever la voix, qu'il a très belle et passionnée,
sur quelques titres. C'est robuste, charnue avec des accentuations
pop sur certains passages, notamment ceux où le chant
sévit. Ca fourmille de détails, une complexité
de bon aloi mais toujours vif sur sa proie. Et pour ça,
il fallait un Albini au meilleur de sa forme. Le travail est
conséquent. Les guitares sonnent pures. Un rendu impeccable
! C'est enlevé et inspiré. Bienvenue dans la ronde
infernale, Ring, Cicada.
SKX
(02/01/2004)
website groupe www.fiftyfourfortyorfight.com
website label www.fiftyfourfortyorfight.com
sounds www.fiftyfourfortyorfight.com
-> section "merchandise"
|
Rockets
Red Glare
Moonlight desires - CD
Blue Skies Turn Black 03
Foudroyé
sur place. Le premier album m'avait déjà scotché
mais là c'est carrément de l'envoûtement!
Pourtant pas grand chose de changer. Toujours aussi Hoover,
toujours aussi Washington DC mais une telle maîtrise,
une telle maturité pfff... Rockets Red Glare plane, plane
très haut, tellement haut qu'ils ont implosé en
vol. Ce "Moonlight Desires" a eu leur peau. A trop
vouloir demander la lune qu'elle vous revient dans la tronche
comme un boomerang. Aveuglé par l'éclat. Commencer
directement par "future interior" et c'est fini de
votre journée. Tout en tension, tout en retenue, éblouissante
comme une lame tranchante , la musique de ce trio canadien est
dépouillée, suggestive, si évidente et
limpide. Un duel basse / batterie souple et nerveux. Une guitare
qui ne dit jamais un mot de trop. Une voix qui ne demande qu'à
hurler sa frustration et s'évader. Seulement six titres
mais de longues traversées, les tempes ruisselantes,
l'infini droit devant. Pas de sollicitation. Elle propose et
attend. Magnifique j'vous dis.
SKX (24/02/2004)
website groupe www.rocketsredglare.ca
website label www.blueskiesturnblack.com
sounds gus.rcat.utoronto.ca/rrg/ogg/goawaysalt.mp3
-
gus.rcat.utoronto.ca/rrg/ogg/union-station.mp3
|
|
Rroselicoeur
Demios Oneiron - CD
Waiting for an Angel / Pure Pain Sugar 04
Le genre de musique pour lequel il faut se préparer.
On embarque pas chez Rroselicoeur en projetant d'aller équeuter
les haricots ou passer l'aspirateur. Un minimum de disposition,
le désir de se laisser porter, ouvrir les vannes de son
stress quotidien, ne faire que ça et rêver. C'est
en tout cas la résolution finale. Que ce deuxième
album y arrive ou non est une autre histoire. C'est là
toute la difficulté de la musique instrumentale à
tendance ambiante. Rroselicoeur est un trio originaire de Reims
et pourrait aisément trouver sa place sur le label canadien
Constellation. Mais c'est sur les labels lyonnais Waiting for
an Angel et Pure Pain Sugar, plus habitués à évoluer
dans des sphères rock/hardcore, qu'échoue cet
honneur, trouvant par la même occasion (en plus de prouver
leur ouverture d'esprit) leur Godspeed You à eux. Pour
autant, Rroselicoeur n'évolue pas avec les mêmes
armes. Point de formation à multiples têtes, ils
voyagent beaucoup plus léger. A peine s'autorisent-ils
quelques invités (des voix féminines, un violoncelliste,
un saxo). Pour le reste, l'instrumentation reste assez classique,
la queue d'un piano et quelques samples en plus du basique guitare-basse-batterie.
Sans compter la longueur des compositions. On reste au-dessus
de la moyenne du rock traditionnel mais pas de morceaux qui
n'en finissent pas et jouent inutilement les prolongations.
Finalement, ça fait bien des différences avec
les Canadiens de service! On va pas s'en plaindre. C'est pas
que je ne les aime pas, au contraire, mais autant trouver son
propre credo et Rroselicoeur se défend bien en la matière.
Ca module finement, sans jamais entrer dans la facilité
longues montées, explosions de l'engin et chute abyssal.
Du coup, on reste aussi un peu entre deux eaux. Un état
cotonneux avec juste une pression qui quelquefois s'accentue
(le très beau "no twist at the end" déjà
présent sur un split 45 avec Cheval de Frise, le morceau
d'ouverture "rendez-moi mon ombre" ou celui qui clôt
les débats, bruyant et dissonant à souhait). Tout
est dans la demi-mesure, dans le détail, la qualité
de la texture et leur capacité à arranger tout
ça, trouver le bon instrument au bon moment, maintenir
l'auditeur éveillé sans le brusquer. Dans l'ensemble,
Rroselicoeur s'en tire bien mais on évite pas quelques
longueurs et des chutes d'intérêt. Comme je le
disais pour commencer, tout est histoire d'état d'esprit
et si vous mettez le doigt dans le bon engrenage dès
le début, l'aventure peut s'avérer heureuse. Un
album consistant, aérien et subtil, évitant toute
fatuité qu'engendre souvent ce genre de musique. Mais
tenir le choc pendant 70 minutes est un pari osé et pour
mes faibles capacités, point trop n'en faut!
SKX
(08/03/04)
website
label www.waitingforanangel.com
- purepainsugar.free.fr
(LP)
sounds
molaireind.free.fr/mp3/Rroselicoeur_No_twist_at_the_end.mp3
-
molaireind.free.fr/mp3/Rroselicoeur_LaDanseDesSpectres.mp3
|
|
|
Raein
/ Daïtro
Split 10''
Pure Pain Sugar / Ape must not kill Ape 2004
Raein / Daitro / Lhasa
The harsh words as the sun - split CD
Oto / Satire 2004
L'international sreamo-hardcore à l'honneur avec ce très
beau split au design idéal. Raein sont originaire d'Italie
et sont la représentation parfaite du genre. Sur le gaz
et à fleur de peau, les voix qui déchirent, le
désespoir latent, les envolées un brin lyrique,
les mélodies qui hérissent le poil. Trois morceaux
convaincants. Au Japon, on parle Envy. En Italie, c'est Raein.
Et en France ? Il se pourrait bien que l'on parle Daïtro
! Le groupe de Lyon, après un premier album déjà
remarqué, affiche aussi trois inédits. Un son
de gratte dans la densité, deux morceaux au-delà
des cinq minutes, Daïtro lorgne aussi vers Envy, vers ce
hardcore passionné et frontal. Mention particulière
à " Un bateau ivre " où le groupe prend
ses marques sur une longue introspection avec passage rythmique
scotchant et explosion finale contrôlée, personalisant
par la même son style. Daïtro n'évitent pas
les clichés mais ils semblent sur la bonne voie. Un saut,
un grand, vers le Japon. Deux labels du cru qui sortent l'équivalent.
Pour Daïtro, ce sont les morceaux à l'identique.
Mais pour Raein, deux inédits. Et on aurait tort de s'en
priver vu que ces compos tiennent le haut du pavé ! On
retrouve cet état d'urgence mais encore magnifié.
La mélodie, l'énergie, tout se rencontre à
point nommé, la balance idyllique. Le troisième
larron s'appelle Lhasa et au moins, on ne les comparera pas
avec leurs compatriotes d' Envy ! Un hardcore de poids, voir
de l'embonpoint avec une voix d'outre-tombe. Je passe mon tour.
Si vous êtes toujours accrocs à ce style de musique,
ne passez surtout pas à coté de ces deux disques.
SKX
(02/05/05)
website
groupe www.raein.it
| www.daitro.com
| www.purepainsugar.com
website
label www.apemustnotkillaperecords.com
| otorecords.at.infoseek.co.jp
| www.tosp.co.jp/i.asp?i=srawd
sounds
Raein_Faithless.mp3
| Daitro_LeBoutDeMesLevres.mp3
|
Rapider
than Horsepower
Rapider than the world - 10"
Alone 2004
Une
pochette bonbon rose, invitation au péché véniel.
Tout est fait pour vous séduire. Le Rapider express est
arrivé. Le violon est de sortie, tourne comme un moustique
autour de ce 25 cm, semant le trouble dans l'habituelle guitare
fois 2, batterie et la voix de l'illustre Michael Anderson.
Le rock-noise guilleret et enlevé de RTH est toujours
d'actualité. Le violon de Chris Dixon participe à
l'envolée générale. Le Rapider est sur
de bons rails. " Now it's deserted " est finement
troussé, les guitares pavoisent, les structures s'alambiquent
mais le Rapider a le don de rendre tout ça limpide. US
Maple, plus que jamais, n'est pas très loin. Ce qui me
chiffonne, c'est qu'il y a pas mal de remplissage. Sur les 50
minutes, seul 20-25 peuvent prétendre à s'appeler
" compositions " (même si dans le monde de la
musique moderne, beaucoup de merdes prétendent à
ce nom !). Le reste comme " where am i going" après
une minute normale glisse vers dix minutes d'une corde de violon
rester coincée sur la même corde ou le dernier
titre " wonder why " et sa fin qui nous joue le même
syndrome de la corde coincée avec un surplus de samples
inutiles. Et là, je dois dire, malgré tout mon
amour pour ce groupe, je trouve le temps un tantinet longuet!
Malgré ces réserves, RTH nous délivre une
sucette douce-amère dont ils ont le secret. Un pétillant
aguichant. Après deux albums en 6 mois, deux splits 45
tours (un avec Sheryl's Magnetic Aura, l'autre avec Coke Dares),
des morceaux sur des compilations, un futur split album avec
The Saddest Landscape et un autre album à venir sur Alone
records, tout ça pour 2005, on peut dire que Rapider
Than Horsepower est... rapide. Très rapide! Que grand
bien nous en fasse!
SKX
(26/01/2005)
website
groupe www.rapiderthanhorsepower.com
website
label www.alonerecords.com
|
Rapider
Than Horsepower / Mae Shi
Do not ignore the potential - split LP
Narshardaa 2005
Un
split entre deux groupes de la nouvelle vague rock indé
américaine. D'habitude, un split, c'est chacun sa face.
Là, c'est un titre chacun son tour. Ca ne facilite pas
la compréhension des choses. Surtout si au préalable,
vous ne connaissez rien à ces deux groupes. Ne partez
pas faire un tour ! Mais Rapider, c'est du connu par ici, une
discographie déjà conséquente et que du
bon. Leurs 11 morceaux n'ont rien de surprenant par rapport
à leur capacité habituelle. Je dirais même
que c'est un poil en dessous. Un comble pour un split album
qui s'appelle Tu ne dois pas ignorer le potentiel. On retrouve
ces rythmes enjoués, cette voix qui déclame quasiment
à la mode rap et ces deux guitares désinvoltes.
Mais pas de titres vraiment marquants. Un rien de routine dont
on ne leur tiendra pas rigueur. Par contre, les jeunots de Mae
Shi élèvent leur niveau. L'espace d'un The
Party, ils mettent le feu à la piste. Ils partagent
avec Rapider cette approche frivole et enfantine mais avec un
coté bidouilleur en plus. Descartes n'est pas leur ami.
Les cris du chanteur ont tout d'une vierge effarouchée.
Quelques bonnes idées dans leur attitude punky arty do-it-yourself,
sans crier au génie non plus
Osmose garantie entre
ces deux groupes qui fêtent de belle façon leur
tournée commune en Europe au printemps dernier, mon tout
sur un label allemand. Mais ils ont le potentiel pour faire
mieux.
SKX
(21/07/2005)
website groupe www.rapiderthanhorsepower.com
| www.mae-shi.com
website label www.narshardaa.com
|
Alec
K. Redfearn and the Eyesores
The quiet room - CD
Cuneiform 2005
De
ce Alec K. Redfearn, je ne connaissais strictement rien au pedigree.
Le bonhomme a pourtant une liste longue comme le bras, armé
d'une ribambelle de disques, dont un seul projet annexe résonne
à mes oreilles : Barnacled, projet rock-jazzy bruyant
et brouillon. Mais au diable l'histoire. On laisse à
tous les Jean-Paul Olivier du rock le soin d'apporter les détails
si nécessaire. Car pour apprécier ce troisième
album, nul besoin d'être un spécialiste quelconque.
Cette musique a suffisament de richesses et variétés
pour plaire à une foule bigarrée. A tous les punks
girouettes, les jazzy boutonneux en goguettes, les rockeurs
à bagouzes, les Gadjo dilo de la terre, nomade sur les
bords, le cur généreux et ouvert, ceux en
mal de sonorités à l'avant-garde de la garde avec
un effet retro, ce disque vous est offert. The Eyesores, hydre
à neuf têtes avec Redfearn, le gars de Providence,
et son accordéon en guise de baguette de chef d'orchestre.
Ambiance de l'Est, feu de camp trépident, ca mosh à
la synagogue puis ça pleure ses morts, des mélopées
funestes mais tellement arrachantes. Un troisième album
qui vous prend par la main, vous met plein d'entrain dans la
tête. La grande marée des sonorités divergentes
où plus d'un pont musical est jeté pour déverser
dans l'oreille de l'auditeur avide une vague déboussolante.
Captivant.
SKX
(04/09/2005)
website groupe www.aleckredfearn.com
website label www.cuneiformrecords.com
sounds punjabi.ram
|
Radikal
Satan
Viento del este, agua como peste - CD
Les Potagers Natures 2005
Des
têtes de mort dansant un tango. Toute l'image dépravée
d'un groupe puisant dans la tradition pour mieux la bafouer.
Installés en France on ne sait trop où, là
où le vent les pousse, comme la formation, mouvante,
ces Argentins, qui recrutent français pour leur deuxième
album, défient les lois (et la loi). L'intégration
par la porte de derrière. La muerte, la muerte
viendra vous cueillir. Le marchand de sable s'est fait lapidé
au fond de l'impasse et Radikal Satan recentre sa débauche
sonore. L'unité de la marche funèbre, se concentrant
sur l'essentiel sans s'éparpiller sur tous les démons
qui passent à portée de leur faux. L'accordéon
donne la mesure, les samples nourrissent l'inquiétude,
le chant traîne sa misère, quasi absence de batterie,
instruments à cordes maigrelettes contre saxo exotique.
Le blues version sud-américaine à l'assaut des
capitales industrielles. Pas l'assaut frontal. La diversion,
la perversion. Le tango inspirait l'acte sexuel, symbolisait
la fécondité. Radikal Satan transpire tout ça,
suinte par tous les pores une obsession, une passion désabusée,
un truc qui ne peut finir que dans le caniveau. Esthètes
fin de siècle et punks dans l'âme, Radikal Satan
arrive cette fois-ci à créer un climat qui se
tient de bout en bout, une atmosphère poisseuse et poétique
sur fond d'esprit retors et expérimental. Un disque qui
suggère beaucoup plus qu'il n'en dit
.
SKX
(12/12/2005)
website
label lespotagersnatures.free.fr
sounds
lespotagersnatures.free.fr/catalogue/disques/PoNa024.php
|
The
Redneck Manifesto
I'm brazil - CD
Trust me I'm a Thief 2004
Les
années coulent à toute vitesse et The Redneck
Manifesto en sont déjà à leur 3ème
album en autant d'années. Si le temps n'a pas de prise
sur certains, nos quatre Irlandais le subissent de plein fouet.
Loin est leur cavalcade printanière à la Cheval
de Frise. L'accalmie largement perçue sur leur second
opus se dévoile littéralement au grand jour. La
ruade au milieu de l'album " Break your fingers laughing
" n'est qu'un accident de parcours. Mis à part ce
morceau, tout le reste est très propre sur soi. Les guitares
déclinent leurs gammes en ordre serré et en douceur.
Et ce qu'elles racontent n'a rien de passionnant. Vide de substance.
L'habillage sonore lorgne vers l'electronica, ce truc bien gentil
et ennuyeux comme un rat crevé. Rien ne se passe. La
mort des sentiments dans les dédales de compositions
bien trop sages. La fadeur de la beauté formatée.
Même la tentative de rythme dance sur " Bring your
own blood " tombe à l'eau. Il faut attendre la fin
de l'album avec le nerveux "Paint Your Dikbloc Pink ",
et le bien nommé " good with tempos " pour
aviver les regrets d'un groupe qui a sacrifier sa jeunesse au
profit de " la maturité ". Ouais ça
nous fait une belle jambe ! Très décevant.
Ce
disque sort en vinyl sur les labels lyonnais Red F et Minority
avec en prime leurs 2 premiers albums jamais sortis jusque là
sous ce format. Un triple album donc !! A noter également
que sur le site du label Trust me I'm a Thief, vous pouvez vous
procurer I'm Brazil en téléchargement, sous divers
formats et moyennant finance quand même (7.95 €).
On n'arrête pas le progrès !!
SKX
(07/03/2005)
website
groupe www.theredneckmanifesto.com
website
label www.trustmeimathief.com
|
Redworms'
Farm
Amazing - CD
Fooltribe 2005
"Two
guitars and drums. We always do the same." Dès les
paroles du premier morceau, tout est dit. Redworms' Farm est
un pur groupe de rock, qui ne changera rien. On est là
pour prendre du bon temps et pas la tête. Un bon couplet-refrain,
une bonne accroche mélodique, de l'énergie (qui
a dit " positive " ?!) et après moi le déluge.
Le trio italien ne s'embarrasse pas de longs discours. Bombes
pop-rock incendiaires, ils enchaînent les tubes en toute
décontraction et simplicité. N'allez pas croire
que ce sont les Ramones non plus ! Leur son et approche est
bien moderne, production éclatante, c'est la décapotable
rouge illico. Un troisième album qui aurait été
parfait si il n'avait pas été coupé en
son beau milieu par un remix de " pop song " en provenance
de leur split avec The Paper Chase et une récréation
d'un goût douteux " rhythm is a dance " qui
porte hélas bien son nom ! " Telephone, no call
", répétez en boucles, pas besoin de tout
ça. Pourquoi faire compliqué quand tout coule
de source.
SKX
(02/05/05)
website
groupe www.halleynation.com
website
label www.fooltribe.com
sounds
yeahyeaheverything.mp3
|
Rentokiller
Cadaveri Eccelente - CD
North Post 2004
Avec
un nom pareil, c'est l'apocalypse annoncée, une vraie
tuerie. Rentokiller est un nouveau groupe suédois. Une
nouvelle forme d'invasion. Le casque à pointe vers l'intérieur,
ils attaquent bille en tête dans un hardcore-metal aux
légers accents rock des plus virulents. En gros, prenez
Converge, enlevez la torture mentale, allez à l'essentiel,
pas de détail dans les rangs et Rentokiller en snipper
fou qui dégomme tout dans sa ligne de mire. Court, efficace,
très hargneux, c'est comme une éponge qu'ils vous
rendent à vous-mêmes. Le souffle rauque mais avez-vous
eu le temps de bien apprécié ? Un aboyeur de service
dont la rengaine est usante sur la longueur. Une seconde voix
aux très légers passages death-metal (Oh! Douce
voix où pars-tu?) ou alors carrément mélodique
(le pénible refrain de " Quencher "), des rythmes
qui vous tombent sur le dos de partout, ça ne ménage
pas son homme. Un art consommé de la brutalité
qui, malgré quelques lourdeurs, fait son effet dans les
chaumières. Ereintant mais une montée au front
de temps à autre ne fait pas de mal
SKX
(09/04/05)
website
groupe http://www.rentokiller.com
website
label www.northpost.dk
sounds
confessions_of_a_serial_self-murderer.mp3
| piecesofworship.mp3
|
Ricaine
The clarity of distance
Ruminance 2005
Ce
disque est une réédition d'un album sorti en 1997
sur Rubber records. Ricaine est plus américain qu'un
groupe américain mais ils viennent, ou plutôt venaient,
d'Australie. Leur oreilles ont enlacé Shellac et Jesus
lizard. Leur routes ont croisé celle de Bob Weston lors
d'une tournée aux USA en 1997. Devinez ce qu'il advint
?! Clarity of Distance était déjà leur
deuxième album. Un autre verra le jour en 2001 (Urbanity).
Avec un enregistrement Weston et de telles influences, la musique
de Ricaine ne sonne pas originale pour deux sous. C'est parfaitement
exécuté mais ça s'arrête là.
L'album datant de 1997, on peut encore leur donner l'absolution.
C'était l'époque qui voulait ça, on était
en plein dans ce son là. Mais on peut s'interroger sur
l'utilité de ressortir ça huit ans plus tard
Mis à part la réaction d'un fan qui veut partager
un vieil amour, il n'est jamais très bon de déterrer
des trésors, surtout quand ceux-ci on pris un coup vieux
et qu'une exposition sous de nouveaux rayons ne jouent pas en
leur faveur. Alors si ils existent parmi vous des durs à
cuire nostalgiques et qui se languissent d'un nouvel album de
la bande à Albini, vous pouvez toujours vous rabattre
sur cet excellent palliatif.
SKX
(13/12/2005)
website
label www.ruminance.com
| www.rubberrecords.com.au
sounds
last_of_the_last.mp3
|
Ronin
Self-titled - CD
Ghost records 2004
Ronin
est italien. Ronin n'est pas seul. Bruno Dorella, boss du label
Bar La Muerte, a beau être l'instigateur de ce nouveau
projet, il est entouré de compagnons d'infortune, dont
un accordéoniste, pour traîner son blues latin.
Une chaleur d'été, en fin de journée, qui
vous tombe dessus. Un flamenco très lent qui en n'a que
le nom et toute la mélancolie. Une voix féminine
qui caresse là où ça fait mal, panse les
plaies, sort Ronin de la torpeur, trop rare (" Mandrake
"). Une version sudiste de Black Heart Procession. Le répondant
européen à Calexico. Des ballades acoustiques,
tranquilles au coin du feu, voir jazzy (" 6 am coffee ").
Ronin ne cherche pas l'embrouille. Mêmes les petites expérimentations
électroniques se font dans la douceur. Ca n'est pas toujours
dingue. Les cigales chantent parfois dans le vide mais ça
le mérite d'être apaisant.
SKX
(09/01/2005)
website
groupe www.barlamuerte.com/bands/ronin/index.htm
website
label www.ghostrecords.it
|
Room
204
Trans Panda - CD
Effervescence 2005
Room
204 passe la deuxième. Voir prend l'option turbo. Le
duo nantais guitare-batterie a peaufiné les virages et
se lance corps et âmes dans des lignes droites rutilantes.
Le paysage défile. Les mélodies se font par à
coup, privilégiant la dynamique et la vitesse. Les airs
de repos, c'est pour les touristes. Le trans panda express est
arrivé. Neuf titres au cordeau et sans option superflue.
Leur math-rock laisse les équations sur le bas coté
et favorise le rock. Le son est en adéquation. Percussif
et tranchant dans le vif. Je vous rassure, c'est pas du speed-metal
non plus ! Des respirations, de bonnes cassures, puis le riff
qui saigne, une basse au secours sur deux morceaux, une route
sinueuse menée avec aplomb et connaissance du terrain.
A l'instar d'un Oxes, Room 204 titille l'essence du rock, laisse
tomber le post qui ennuie tout le monde, durcit le ton et quitte
l'adolescence. Une approche plus directe et spontanée
qui me convainc beaucoup plus.
Room 204 n'invente rien dans le style (mais qui peut se vanter
de le faire ?!) et offre une belle poursuite nerveuse et concise.
(version vinyl 12'' sur Les Potages Natures)
SKX
(24/03/2005)
website
groupe kythibong.free.fr
website
label frvsens00.free.fr/frvsens/index.html
sounds
robanukah.mp3
| flex%20over.mp3
| firebass.mp3
|
Alec
K. Redfearn and the Eyesores
The smother party - CD
North East Indie 2006
Vous
reprendrez bien un p'tit air d'accordéon ? Providence
n'est pas connu comme étant la Mecque du piano du pauvre
et du bal musette. Mais ya là-bas un gars qui s'amuse
à détourner et pervertir les traditions à
faire cristalliser la mèche blonde de Pascal Sevran.
Alec K. Redfearn, accompagné de ses Eyesores, sort déjà
son cinquième album. Et le mix est toujours aussi sauvage
et déroutant. Accordéon omniprésent mais
noyé dans une masse d'instruments, Redfearn n'est pas
du genre à se la jouer artiste solo sous les feux de
la rampe. Son air accordéon lancinant sert des compositions
qui ont pris du poil de la bête depuis The
Quiet room. On retrouve ces élans folkloriques
venus de l'est de l'Europe, sorte de The Ex fini au yogourt
bulgare, ces chants mixtes qui se croisent avec les cordes d'un
violon(celle) dans des rythmes à rendre fou tous les
gitans de Roumanie. Et c'est bien dans ces rythmes et le traitement
sonore de ces morceaux qu'il faut voir l'évolution de
cet orchestre brinquebalant. Ca vire parfois franchement noise,
dure aux entournures. Le batteur se lâche, les strates
instrumentales se superposent, la sauce monte et tangue dangereusement,
le p'tit accordéon inoffensif se mue dans la répétition
évolutive et distordue. L'orchestre ne fait plus rire
personne. Des compos qui se trimballent un air enjoué,
propre à animer la fête du village mais dont la
manière agressive de les interpréter va faire
fuir les foules et culbuter les majorettes. Bon, ce n'est pas
Painkiller non plus, loin de là. The smother party, comme
ses prédécesseurs, nous offrent d'harmonieux et
enchanteurs moments, mélancolique sur les bords (les
cinq minutes de Overhang, la guimbarde de The way
of all flesh). Mais cet album sonne plus rock et accidenté.
Pour preuve, les 23 dernières minutes d'un final qui
joue les montagnes russes. Basse distordue, batterie martelante,
guitare grinçante entre accalmies troublantes où
cet air d'accordéon revient comme un cauchemar récurent.
Univers troublé qui va et qui vient comme ces anches
agitées par un Alec et son orchestre en grande verve.
SKX
(21/09/2006)
website label www.aleckredfearn.com
website label www.northeastindie.com
sounds ChoreboyandBlowtorch.mp3
|
|
Rosolina
Mar
Before and after dinner - CD
Robotradio / Wallace 2005
Avec
Rosolina Mar, c'est tout le soleil d'Italie qui débarque
à votre table ! En directe de Vérone avec une
musique quasi toute instrumentale, gaie, sémillante,
| |