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ARCHIVES 1999 - 2006
 

PAGE NINETYNINE/MAJORITY RULE
" split album " - Lp
Magic Bullet 02
Page 99 se bonifie avec l'âge. Leur douzième sortie vinylique (en comptant singles, albums, split divers et cordes cassées) est la meilleure à ce jour avec le fameux "Document #8". Et à écouter ces cinq nouveaux titres, on s'étonne comme toujours que huit personnes soient recrutées. Trois guitaristes, deux bassistes, deux chanteurs et un batteur caché derrière. Enlève tes doigts de mon nez. Si ils juraient, crachaient que quatre suffisaient à créer cette musique même pas bordélique et massive, on les croirait sans sourciller. Hardcore à la base, Page 99 se débarrasse au fil des enregistrements de tout superflu et aspect primaire. Je ne suis pas partisan pour mettre de l'eau dans le vin mais cette coloration inattendue sort Pg99 du lot des laborieux. Ce saint breuvage continue d'avoir la cuisse épaisse mais, je ne sais par quel miracle, les rayons de soleil viennent pourfendre la carapace plus qu'à l'accoutumée. Une légèreté surprenante élève les débats. Pg99 se laisse aller à des sentiments aériens. Une machine à l'allure guerrière mais qui s'avère avancer la fleur au fusil. Hardcore émotif et intelligemment conçu.
Avec Majority Rule, l'obscurantisme revient mais ça n'a rien de négatif. Grosso-merdo, on tutoie des sphères identiques. Le propos et le ton général reste tout simplement plus sombre et torturé. Une voix au papier de verre, une basse qui vous résonne dans le ventre, les fondations s'effritent, la majorité n'a qu'à bien se tenir. Majority Rule s'est aussi faire preuve de discernement. La brutalité gratuite n'est pas leur fort. Aux cotés de Kiss It Goodbye et Anodyne, ce nouveau trio prend place. Deux groupes à l'apparence trompeuse qui, sous leurs dehors d'ours mal léchés, savent faire parler leur sensibilité. Split phare.
SKX (18/09/2002)

PAGE NINETYNINE
" document #8 " - CD
Robodog 01
Derrière ce sobre et sombre digipack où la mort et ses têtes rodent à chaque page du livret intérieur, mon premier réflexe a été de penser "encore un groupe emo-screamo-power-violence" j'en passe et des meilleurs de plus. Encore cette masse informe qui tente d'expulser son venin en vain. 20 minutes et 7 titres plus tard, je reconnais mon préjugé. Faut dire que je ne gardais pas de ce groupe, même si je ne connais pas leur carrière sur le bout des doigts, une image très aguichante mais plutôt besogneuse. L'écho de leur précédentes productions (7 au total) n'avait rien d'attirant. Bref, on tourne la page, on oublie tout et on s'écoute, vierge de tout soupçon, cet album remarquable. Si la base reste effectivement cette étiquette bâtarde narrée plus haut, Pg99 a su sortir la tête du guidon. Magnifié par la patte de Kurt Ballou (Mr Converge) qui a mis de l'ordre dans leur chaos sonore, leurs compositions, en ralentissant et en variant les rythmes, ont gagné en impact et en intensité. Le propos est noir et cynique, la musique en dessine les reliefs et pleure sa rage. Un groupe singulier puisque 8 personnes le composent, même si on peut émettre des doutes vu que sur disque, ça s'entend pas du tout! Excepté dans le double chant. Des bouts de mélodies qui traînent, des rythmes qui montent en boucles, des compos pleines d'idées, tour à tout directes ou sinueuses. Une basse qui sonne le glas, seule et perdue. Des larsens qui cinglent la campagne. On décèle même parfois un brin de lyrisme. Prenez le meilleur du genre (Orchid, In/Humanity, Converge), rajoutez Pg99 à votre panoplie. Un disque de rock tout simplement. Plein de noirceur et de sang. Manque que le sexe!
SKX (23/01/2002)
PANICSVILLE
" floccinaucinihilipification the last compusory exercise
Evil ? " - CDs
Nihilist records 97/98
La note va être salée. Et le terrain miné. Piégé de foutre jusqu'aux amygdales!! Catégorie commotion cérébrale et inhumaine. Méchamment électronique, samples rampant partout et entre les dents, boucles en boucles et couteaux aiguisés sur les distorsions. Respect zéro pour l'auditeur. L'ordinateur prend la main. Inutile d'essayer de se référer à quelquechose de connu, sinon les pires bruitistes japonais répertoriés, sauf qu'ici le volume sonore reste vivable. Une gageure! Extrême est un vain mot qui fait crisser les dents. Avec " Evil ? " (je me demande pourquoi le point d'interrogation....), on arriverait presque à revenir sur terre. Pas moins de 8 personnes, des voix, des cris, des vraies, mais salement traitées à l'acide, rythmes pesants, samples de dégueulis sur " the feculent mouthpiece ". Une ambiance toute aussi électronique suintant le malsain, à l'image des peintures de Jérôme Bosch ornant le packaging. Car si la musique vous rebute - et je ne vous en voudrait pas - rabattez vous sur ces 3 "boîtiers", véritables originalités et pièces de collection. Pochette plexiglas dur et à bulle. Ou alors plaques d'acier inoxydable à renforcement élastique. Et la cerise sur le bûcher, 2 planches de contre-plaquées tenues par 4 simili pinces-clippantes. Avec à l'intérieur des CDs à chaque fois au cas où vous l'auriez oublier!! Ne détériore pas votre chaîne. Juste les neurones qui s'agitent dans votre cervelle pleine de merde !
SKX (01/08/1999)
PANKRATION
" effective range of the system varies " - 7"
Donut Friends 99
Furia maestria. Comme souvent chez les groupes de Donut Friends records, le son est travaillé dans le granit, à même les mains, donnant une impression de live. Quand vous avez en plus une qualité de compositions largement au dessus du lot, ces 3 titres noise palpitent sous les sillons! Et le chanteur semble vomir ses paroles, paroles à ne pas montrer à un enfant de choeur, imprimant une touche spéciale pleine de brouillard, tout comme le surprenant piano à la fin de " goldberg ". Un single à se procurer absolument !
SKX (01/08/1999)

PANTHERS
" are you down? " - CD
Troubleman 02
Toutes griffes dehors, Panthers vous aligne déjà un pedigree long comme ça. Trois ex-Orchid, un ancien The Red Scare et Justin Chearno qui joue toujours avec Turing Machine. Une carte de visite qui a du chien et du mordant. Avec un patronyme proche du fameux mouvement black américain (les "Black Panthers"), ce faux avis de recherche à l'intérieur de la pochette où ils veulent nous faire croire qu'ils sont "wanted by FBI", slogans primaires, on se demande à quel degré prendre ça. Et à y regarder de plus près (références multiples au dadaïsme, situationnisme, paroles enflammées), le degré est proche du premier. Ces ptits gars là ont l'air de se prendre vachement au sérieux! Je voudrais pas être médisant, mais ces pseudos révolutionnaires de salon et intello du sillon, j'ai du mal à y croire. Enumérer dans ces chansons ("sex ed") une litanie ronflante de Jean Genet, Jean-Paul Sartre, Emma Goldstein ou encore Michel Foucault et finir par des phrases comme "you tell me to make love not war. Why not make both", je rigole doucement des genoux. Planquez vous tout le monde, la révolution est en marche! Ca se donne un genre. Le genre gonflant. C'est donc en pleine crise adolescente boutonneuse que Panthers sort son premier album. Qui est loin d'être révolutionnaire! Mais loin d'être inintéressant non plus. Cette chronique avait l'air d'être parti sous de mauvais auspices. Heureusement, la musique rétablie l'équilibre. Embrassons nous sous le gui et réconcilions-nous! Les Panthers nous font du rock à la Three Penny Opera-Kurt-At The Drive In. Du direct qui ne s'attarde pas dans les virages. Toujours une accroche mélodique, un rythme, un riff, à vous faire dodeliner la tête, à faire battre la semelle sur le plancher. Dix titres qui s'enchaînent limpidement, ce qui ramène à leur discours et à un certain manque de profondeur en général. Ca le mérite d'être racé et finement roulé, le récurrent fantasme de la décapotable rouge sur l'autoroute du soleil. Si on fait abstraction de l'habillage, "are you down?" est un album des plus séduisant. Une mécanique parfaitement huilée qui suffit à nos aspirations des plus humbles.
SKX (23/05/2002)

PEDRO THE LION
" control " - CD
Jade Tree 02
Je me suis fait tout p'tit. J'ai pas regardé d'où venait le vent. Accueilli dans le plus simple appareil. Dès fois, faut pas chercher midi à quatorze heures et prendre le bonheur là où il est. La grande force de David Bazan, alias Pedro The Lion, c'est décrire des mélodies universelles, d'une grande simplicité qui en font tout son talent. Pour ce troisième album, Pedro a choisi le tout électrique. Adieu les compositions simplement habillées d'une guitare acoustique et du timbre traînant et mélancolique du maître des lieux. Chaque titre possède son droit à la rythmique, à sa belle guitare électrique rutilante. Le style s'enrichit, gagne en puissance mais garde une aura dépouillée. A peine un synthé pour le liant, pour faire trembloter la corde à émotions (le morceau de clôture "rejoice"). Pour le coup, Sebadoh sonne encore plus à la porte de Pedro The Lion. Sauf que le félin ne sort que rarement les griffes. Pas de violence gratuite et de larsens intempestifs. Tout s'impose dans la douceur. Le charme de l'innocence. Car le Pedro n'a pas son pareil pour vous torcher des mélodies poignantes sans être mielleuses, toutes simples sans être simplistes, tristes sans être larmoyantes et avec suffisamment de morceaux enlevés pour ne pas vous miner le moral pour la journée. Avec des sommets comme "second best" ou "penetration", tube en puissance. Un parmi d'autres. Autant les fans d'Engine Down que de Unwound, tous les amoureux de pop intelligente et de musique plus intimiste à la Nick Drake se doivent de connaître Pedro The Lion. La béatitude nous guette.
SKX (01/08/2002)
PEDRO THE LION
" winners never quit " - CD
Jade Tree 00
Pedro The Lion est un homme orchestre. Le lion est un seul homme. Pedro alias David Bazan. Compositeur, interprète, il chante, gratte, basse, tape sur la batterie, pas une minute à lui et croit en Dieu. Très fort. Si fort qu'il en cause beaucoup dans ses paroles. Pas façon grenouille de bénitier. Plutôt abstrait et pas prêcheur. Des petites histoires de la vie quotidienne, les faiblesses de l'homme, la rédemption. Et Dieu, dans son infini bonté, parce que dès tout jeune, le petit David il a beaucoup prié, lui a donné le don de la mélodie, amen. Il a même été très généreux. C'est ce qui fait la force de ces 8 titres. Chaque morceau a son charisme. Qu'il soit dépouillé ou cadencé. Car c'est un peu Janus là-dedans. Comme sur ces précédents disques, on a le droit a juste lui et sa guitare sèche (voir un piano ou un violon au fond), des morceaux tellement arides et tristes à faire fondre une cloche que j'en perds mon latin. Un morceau comme " to protect the family name " me convertirait presque tellement c'est poignant. Quant aux autres morceaux, on sort la rythmique, on branche le courant et on se croirait au meilleur de la forme de Sebadoh sans les excentricités. De purs bijoux à écouter en boucle, à vendre son âme au diable pour pouvoir écrire de telles pop-songs. Il a bien fait de pas abandonner le père Bazan et nous, on a gagné le gros lot. Un truc qui fait l'unanimité. Un truc à part qui s'écoute tout seul dans son coin.
SKX (22/02/2001)

PER MISSION
" a ritual loop " - CD
Monitor 01
Le Per Mission est un homme seul. Alias Jason Noble, bassiste de Shipping News. Membre actif des Rachel's et membre fondateur de Rodan. Dans cette nouvelle croisade, il a décidé l'introspection solitaire. Seuls quelques compagnons de longues routes le soutiennent. Ils lui prêtent leur voix (Katerine Smith, Liz Menzel), texte narratif, timbre grave. Ils lui concèdent quelques rythmes, des sons éparses. Et Jason collecte, sample, programme la beat machine, électronise par vague nébuleuse, assemble, décroche, dérègle les bandes, implore les cieux pour ne pas sombrer dans une déprime chronique. Il ya de ces morceaux d'un rythme moderne alors que d'autres sont monacales. Sombres desseins. Mi-humaine, mi-machine, l'oreille de Jason a l'ouïe fragile et automnale, emprunte de gravité et paré pour plus d'une bande son de film au ralenti. On plonge avec lui pour peu que l'attention soit captée. Sinon c'est la traversée du désert. L'impression laissée par ces 12 titres est d'un flou artistique quelconque et on s'endort avant la fin. Les voies de Jason sont parfois impénétrables, la face obscure est avec lui mais n'est pas dénuée d'intérêt, de trouvailles alléchantes. A condition de vouloir entrer en communion avec l'indicible.
SKX (26/09/2001)
PHANTOMSMASHER
" Phantomsmasher " - CD
Ipecac 02
De l'atome au fantôme, ne croyez pas qu'il y ait dissolution de l'énergie et que la fusion devienne secondaire. Atomsmasher se transforme en Phantomsmasher, quitte les rangs de Hydrahead et sa sous-section bruitiste Double H noise Industries pour les bacs à poissons plus gros de Ipecac, mais c'est tout pareil derrière les manettes. James Plotkin, la tête pensante qui projette à 2000 à l'heure, ça va pas mieux pour lui, merci. C'est comme le précédent album, mais tout est mieux, en plus fêlé, en plus inspiré. Cette musique est une énigme. Un tel délire auditif, un type capable de vous caser une berceuse sur " bishop hopping " au beau milieu d'une attaque sonore en règle sans que cela ne tombe comme un cheveu sur la soupe, c'est inconcevable. Des rythmes 10000 beats par seconde, une basse qui résonne encore des heures durant une fois l'écoute terminée, des samples qui saccagent tout comme un Tex Avery sous X qui aurait passé sa jeunesse à se plomber le crâne sur du trash-metal. Une guitare orientale en pleine fin du monde. Et ainsi de suite tout du long. La marque de fabrique de Plotkin et sa bande, c'est de mélanger l'improbable, de surenchérir dans les rythmes, en faire des tonnes avec des coupures incessantes sans que jamais cela ne sonne pompeux, surfait ou ne vire à la démonstration technique gratuite. Un véritable tour de force. On les imagine pendant des heures à se prendre le chou en studio. Les rois du mix, c'est eux ! Mais le résultat est fédérateur. A prescrire autant à des fans de musique électronique qu'aux kids avides de hardcore, à des technomen se déchirant la face au break-core qu'à ceux qui aiment se prendre la tête sur des musiques cérébrales. Bref, musique extrême, qui passe comme une lettre à la poste (enfin quand elle est pas en grève car faut être d'humeur pour se taper l'intégrale en un seul coup !), puissamment originale et vivante. Atomsmasher était déjà un OMNI (Objet Musical Non Identifié). Là, c'est carrément la NASA (Nous Avions Sept Astronautes) qui en perd sa carlingue et cherche en vain un mot pour qualifier l'inqualifiable !
SKX (25/02/2003)

PHILLIPPE
" The essence in numbers " - Lp
Flower Violence 00
Et encore une chronique pour rien, une ! Une de plus d'un groupe qui vous pète entre les doigts , leur 1er album à peine sorti. Un split durant l'enregistrement, voir convenu avant puisque c'est déjà annoncé sur les notes internes du disque ! Est-ce la raison d'ailleurs pour laquelle cet album à un goût d'inachevé ? On avait durement flasher ici sur leur poignée de single et leur split LP avec GUINEA PIG. On salivait d'avance et sans être mauvais, cet album reste en-dedans. Comme bâclé, ras-le-bol, désaccords au sein du groupe ? Toujours est-il que les compositions n'ont pas la richesse habituelle, ne décolle que trop rarement, s'engourdissent et reste en vol stationnaire. Idem pour le son moins rugueux et bruyant. On a même le droit à un " distance preferred " remixé dance-floors lourdingue. On se demande réellement ce que ça fout là ! Reste un album honnête, avec ses bons passages emo-rock mais très loin de l'intensité que pouvaient nous procurer leurs prestations scéniques ou de leurs 45. (Des membres ont formé depuis Eniac).
SKX (02/06/2000)
PHILLIPPÉ
" misamee " - 7"
Flower Violence Rds 98
2ème sortie des bois avec ce single 4 titres. 4 hits devrais-je dire tant ça fulmine en tout sens d'accroches sulfureuses. Et toujours ce jeu du guitariste, alerte entre bruit blanc et mélodies tombées du ciel. Et ne croyez pas que les autres soient en reste. La rythmique a beaucoup de répondant, le chanteur sait se démarquer du chant typique emo. Enveloppé dans un sens du bordel organisé, ce single est un must!!
SKX (23/07/1999)

PHILLIPPÉ/UNIVERSAL
" love " - split 7
Flower Violence / Hombre Lobo Rds 99
L'histoire du split continue. Universal tourne très carré, n'y va pas avec le dos de la cuillère . Sans finesse et lourdingue, une attaque de chars d'un hardcore usant. N'est pas Acme qui veut. Phillippé maintient le cap. Trop intelligents pour se faire rattraper par une étiquette, ils flirtent avec le meilleur des styles, passent entre les blocs. 2 titres de plus à se mettre dans la besace à bonheur.
SKX (23/07/1999)
PIGZWILLTOAST
last chance to dance - CD
Les 7 Piliers / Izimobil 01Le poil du cochon grillé au regard étonné s'en va danser d'un pas tire-bouchonné. La démarche hésitante, la piste de nuit sous les pieds, nous voilà sous les couleurs électriques de Pigzwilltoast, qui va nous apprendre à bouger, à nous tortiller en cadence. Des rythmes frelatés, une odeur de fête louche et abondante. Pigzwilltoast, c'est toulousain, navigue entre Condense et No Means No. Avouons que la diagonale est belle. Qu'elle autorise toutes sortes de pirouettes et de péripéties autour. De déviations en forme de saxophone pour le coup de rein personnel. Le rythme est entraînant. Tout le monde se met au chant, pas de traînards à la chorale. Les guitares pour la partie ombrageuse et tendue. On entre dans cette ronde paillarde et acerbe d'un pas décidé, se saouler avec plaisir. La danse est rapide. Six titres pour décrocher la timbale. C'est suffisant pour se faire remarquer. La représentation est terminée. Gageons que ça sera pas leur dernière chance pour nous faire valser.

SKX (05/12/2001)
 
PHILLIPPÉ/GUINEA PIG
" s/t split " - Lp
Tropical / Short Egg records 97
Un voyage en terre germanique, histoire de se changer les idées, m'a mis sur la route de Phillippé, dont le bassiste organisait le concert de Milemarker à Trier, près de la frontière Luxembourgeoise. Alors quand tard dans la soirée, j'ai su que Phillippé, dont j'avais juste rapidement entendu 2 titres quelques jours avant, devait se produire en 1ère partie des fabuleux Milemarker près de Strasbourg 2 jours plus tard, mon sang ne fit qu'un tour et tout ce qui roule m'amena à bon port! Ou plus exactement un soi-disant café-concert luxueux-beauf et merdique, façon Museum Café (les Rennais comprendront !). Une razzia sur la discographie de Phillippé s'imposa alors. Faute au concert. Puissant et rebondissant. Une discographie encore jeune qui a commencé par ce split album avec Guinea Pig, autre groupe allemand. Et Phillippé à tout de suite montrer sa maîtrise. Les affilier emo serait trop simple. Le jeu du guitariste nerveux et bruyant chavire trop les normes. Une touche de folie! suinte les structures. Le son est direct et sans fard. 7 titres qui s'avalent avec réel plaisir! Et que dire de Guinea Pig, sinon qu'ils ne baissent pas le niveau! Titres courts (9 en 15 minutes à tout casser), voix féminine râclante, ces drôles de cochons de Guinée grognent et se roulent dans le bouillon sans vergogne. Noise-core tendance pressés d'en découdre. La rythmique est à ce titre dérangée du bulbe. Tressautant, tendu et brûlant, il me tarde d'en prendre plus sous la crâne!!
SKX (23/07/1999)

PROVIDENCE UNION
" conceil/reach " - 7"
Gin and Catatonic records 98
Une petite merveille d'emo/noise, une attirance sans frein, spontanée, d'une violence intérieure incomparable. Ca se greffe dans le plus intime de la personne, vous parle direct. Dans un style musical largement exploité, quel bonheur de s'enivrer du fiel de la jeunesse qui y croit encore (et qu'a bien raison), maîtrisant parfaitement les déflagrations de liberté et les accès de pudeur, nous offrant l'espoir d'un single l 'énergie suffisante pour continuer.
SKX (05/07/1999)


PINK AND BROWN
" Shame fantasy II " - CD
Load 03
Pink and Brown niquait les oreilles et ça faisait un bien fou. Deux furieux qui pouvaient pas se blairer. L'un guitariste, l'autre batteur. Ca finit comme ça devait finir. Quand Pink et Brown tombent à l'eau, il ne reste rien. Sabordage par le milieu. Les deux survivants sont partis voir d'autres horizons. Coachwips et Young People (entre autres), c'est les noms de leurs nouvelles destinations. Sur ce Shame Fantasy II (version CD), on a l'intégralité de leur discographie plus cinq inédits d'avant la chute. 5 inédits qu'on retrouve sur la version vinyle et pas un de plus, faudrait voir à pas se gourer de format et se faire arnaquer ! Et quand on voit le niveau des inédits, on se dit que le meilleur était à venir. Damned ! Plus direct que Lightning Bolt. Aussi dangereux qu'Arab on Radar, Pink and Brown démontrait à qui voulait qu'un duo pouvait mettre le feu et assouvir sa soif de bordel autant que toute une bande de tatoués chevelus à grand renfort de synthés. 22 morceaux qui dérouillent sa race. Au contraire de nombreux duo, Pink and Brown savait donner de la voix, donnant un piment insoupçonné à ce genre d'exercice habituellement cantonné au tout instrumental. Punk, bruyant, jamais simpliste, de la saine énergie tout juste contrôlée ce qu'il faut mais pas trop. Le plaisir à tous les étages. L'envie de se cogner contre tout ce qui dépasse. Encore un de ces groupes noise météorites dont on aimerait qu'ils s'en écrasent plus régulièrement sur le coin de notre tronche !
SKX (01/07/2003)
PINK AND BROWN/DEATH DRUG
" split 12" - Lp
Load 02
Mr Pink et Mr Brown se sont séparés. La nouvelle est toute fraîche. A l'époque de ce split maxi (sorti en début d'année), ça convolait encore en juste noce, on pensait ce couple solide. Une tournée européenne était prévue pour février 2003, un album sur Skin Graft itou (espérons que l'enregistrement ait eu lieu et que même posthume, cet album sorte). Un couple bien de son temps, un duo guitare batterie comme il en existe temps mais Pink and Brown figurait dans le haut du panier. Au même titre que Lightning Bolt ou Hella, Pink and Brown ne trouvait son bonheur que dans les affres du bruit et de la distorsion, s'envoyant en l'air sur des rythmes tordus et, contrairement à de nombreux duos, ils ne se contentaient pas de se la jouer instrumentale mais apposait un chant fiévreux. Cinq titres bien juteux. Pink and Brown ne sont pas non plus les rois de l'arithmétique. Ca file droit, ça écorche, de la vie, erratique et bruyant, "famous anus", félicitations pour le titre, sales gosses énervés. Ce couple ne pouvait que se déchirer. Autre face, autre moeurs. Death Drug au paradis artificiel. Un seul morceau long et chiant comme un mauvais trip, seventies mon cul, bloqués qu'ils sont sur les mêmes rythmes et riffs pendant d'interminables minutes. Un split très bancal mais Pink and Brown vaut bien deux faces.
SKX (27/08/2002)

THE PLAN
" only these movements remain " - CD
Matlock / Rewika 01
C'est avec une hâte grandissante que j'attendais ce deuxième album des Canadiens de The Plan. Leur premier jet "This time is not this place" avait fait l'effet d'une révélation dans mes hallebardes, le genre de truc que vous écoutez en boucles pendant deux mois! En digne héritiers d'un esprit Washington DC et de leurs compatriotes Shotmaker, The Plan posait ses jalons. Et là, (soulagement), The Plan continue brillamment sur la voie tracée (lactée). Tout en prenant soin d'échapper à tout contrôle prévisible, de garder l'inspiration tout en trouvant son costume approprié. Beaucoup de finesse, de guitares esseulées qui plantent un décor fragile et plein d'une tension sourde. Les structures ne traînent pas en route, l'énergie est bien là mais emprunte de nombreux virages. Ils enrichissent leurs palettes instrumentales d'un vibraphone, d'une trompette, d'un saxo et d'une contrebasse. Des instruments qui restent très discrets et présents juste sur 2, 3 morceaux mais qui témoignent d'une envie d'ouverture, de multiplier les ambiances. Nocturnes et seigneurs de la route. Ecorchés et chaleurs d'été. Fugazi devrait en prendre de la graine au lieu de se fourvoyer dans des impasses et d'emmerder son monde. The Plan est un groupe brillamment inspiré. L'avenir leur appartient.
SKX (12/12/2001)

THE PLAN
" this time is not this place " - CD
Matlock 00
Le bon plan du moment (oui, je cède à la facilité) vient du Canada. Pour une idée première de l'engin, prenez le meilleur de Washington D.C., ses émotions de bête racée et croisez le avec des rythmiques plus carrées et viriles de Chicago. L'affiche est alléchante n'est-il pas ?! Mais comme on a affaire à des enfants surdoués, le calibre de l'engin ne s'arrête pas à ces réductions. On nage en pleine gourmandise. On suce, on se pourlèche les doigts, on s'en met plein le bide jusqu'à l'indigestion de dix compositions toutes plus accrocheuses les unes que les autres. Ca vous colle à la peau, ça l'enduit, du vrai miel. Ca vous déroute une musique comme ça. Vous ne savez plus où donner de la tête. La production est riche mine de rien, avec quelques cuivres et instruments à cordes acoustiques qui vous tordent encore un peu plus le boyau à émotion. C'est nerveux et limpide. Avec souvent en plein milieu de la chevauchée, une accalmie qui déroute, vous laisse vous réarranger la mise avant de vous achever d'une bouche gloutonne, les sens débraillés, la tête toute en l'air. Ce 1er album, c'est du haut vol. Vous avez tout du meilleur de chez meilleur résumé, tout ce qui se fait de mieux, tout sublimé, inspiré et maîtrisé de bout en bout. Ce disque donne une énergie folle. Ca m'a fait danser tout l'été et ça m'accompagnera bien tout l'hiver, aisément, et bien d'autres saisons encore. Un des disques de l'année tout simplement.
SKX (02/10/2000)
PLANES MISTAKEN FOR STARS
" Spearheading the sin movement " - CDEP
No Idea 02
A l'heure où les avions n'atterrissent pas toujours à l'heure, Planes Mistaken For Stars pointe son radar avec trois nouveaux titres plein de promesses pour l'album qui ne serait tarder…. " Thunder in the night forever ", sous-titré fort justement " we ride to fight " ou comment te foutre ta branlée avec un morceau de post-punk-hardcore aux guitares héroïques, poing levé et cheveux aux vents. Un poil plus complexe et grandiloquent que leurs précédents efforts mais quand on est prêt à se battre, autant en mettre plein la vue pour impressionner l'ennemi. Les deux autres morceaux ne sont pas là pour faire de la figuration. Rythmes qui cognent, vocalises qui surgissent des fins fonds avec toujours ce souci de la mélodie qui taquine. Planes Mistaken For Stars, c'est de la matière incandescente, du punk nouvelle génération et No Idea n'est pas à court d'idées pour vous faire patienter en attendant le format long.
SKX (12/03/2003)

PLANES MISTAKEN FOR STARS
" fuck with fire " - CD
No Idea 01
Ca démarre pied au plancher. Une longue ligne droite, la gomme sur l'asphalte. La pédale du frein a été arrachée depuis longtemps et la distance parcourue en un temps record. Planes Mistaken For Stars s'amuse avec le feu (et je reste poli, vu qu'eux on une tout autre notion du feu...), joue les pyromanes de service. P.M.F.S. a sans doute envie de mourir jeune et ces punks par essence ont les sens écorchés à vif, transcendant tout emo kid juvénile en cible mouvante. Unbroken, la rage de JR Ewing sans la rudesse du son, P.M.F.S. a fait son deuil de vous étonner et mise tout sur l'accroche mélodique emballée par une énergie communicative et répandue à haute dose. On arrive au dernier morceau en sueur, pas plus intelligent qu'avant mais repu par une saine secouée. Impeccable à l'approche de l'été avant de se lancer à l'assaut du bitume dans sa décapotable rouge. Attention aux virages.
SKX (19/06/2001)

PLANQUEZ
" Protect me from failure " - CD
Failure 03
Vous avez peut-être eu la chance de croiser la route de Planquez au printemps dernier, en tournée avec Big Numbers. Trois anglais, typiquement, viscéralement, à l'humour so british, trois personnalités attachantes comme pas deux et dont la musique ne reflète en rien la bonhomie. Planquez, des gens pas pressés, qui jouent ensemble depuis des lustres (1996, après d'autres projets dont Pushkins et Moist) et ne sortent leur premier album que cette année. La force tranquille ! Alors inutile de chercher midi à quatorze heures. Le flegme est un gêne national. Vous prenez Slint et sa mélancolie, sa tension sans cesse sur le qui-vive. Vous rajoutez un peu de Shellac sur des plans rythmiques et vous avez l'ossature de Planquez. Que du connu et du concis. Mais ce qui fait la différence chez ce trio de Brighton, c'est l'art de la composition. Planquez n'invente rien (comme 96% des groupes me direz-vous) mais eux rajoute la classe. Une putain de classe pour vous torcher une accroche mélodique, soigneusement développée lors de morceaux généralement longs, soutenus par un grain de voix profond et envoûtant. Et là, vous êtes carrément sous le charme. Avec sur cet album huit titres, deux mouvements. Les quatre premiers issus d'un enregistrement un peu lointain (et qu'on retrouvait sur une démo). Et les quatre suivants, au son plus abouti et agressif, morceaux écourtés, chemin vers lequel se dirige Planquez. On va pas s'en plaindre. Si vous aimez les choses simples, distinguées et punk sur les bords, faites la différence comme ils disent, ruez vous sur Planquez !
SKX (07/08/2003)

PLAY THE PIANO...
" s/t " - 7"
Tomtetummetott/Adagio830/Bachelor 01
...drunk like a percussion instrument until the fingers begin to bleed. Et oui, c'est tout ça le nom du groupe! De "play the piano" jusqu'à "to bleed"! Mais on ne vous en voudra pas si vous vous contentez de Play the piano like a, sinon ce 45 risque d'être fini avant d'avoir eu le temps d'énoncer ce patronyme à coucher dehors! Un nouveau quatuor allemand qui ne joue pas du piano debout. Et pour cause, ya même pas un putain de piano tout au long de ce cinq titres. Jerry Lee Lewis peut dormir tranquille. On nage en pleine hystérie collective. Tout un délire incompréhensible autour du piano alors que la musique reste très hardcore-rocking chaotique, mouvance actuelle de sortie. Mais ne boudons pas notre plaisir et les blasés de série. Ces anciens Cole Quintet sont très convaincant dans leurs nouveaux costumes, notamment les morceaux "portland.oregon" et "great". Crispant à souhait, la queue du piano est depuis longtemps retombée sur les doigts du chanteur, la valse à trois temps est devenue frénétique et le pianiste tiré comme un lapin. Les accros du genre vont se mordre ce qu'il leur reste de doigts.
SKX (20/08/2001)

PLAYING ENEMY
" Ephemera " - CDEP
Escape Artist 03
Mais qui a envie de jouer avec un tel ennemi?! Ces ex-Kiss It Goodbye font peur la nuit. Il fait tellement sombre là-dedans… Après un premier album excellent, ce nouveau trois titres. Playing Enemy font partis, avec Converge, Botch et les Today is the Day d'antan, des meilleurs groupes de hardcore sombre et torturé, sans jamais en rajouter un gramme, furieusement sincère et hypnotisé par leur propre noirceur. Et Playing Enemy possède sa touche propre. Un premier titre " John Q Russia " comme on les connaît. Le truc qui donne envie de s'arracher les ongles. Sur le deuxième " must bring your weapon ", on entre dans une autre dimension ou comment sonner toujours aussi compact avec un rythme proche de la boîte (à rythme !), une voix (et quelle voix !) et un piano convulsif, véritable trouvaille éclairante. Et que dire alors du dernier, le bien nommé " you've got to be crazy ". Huit minutes de pur bonheur masochiste. La bête surveille. La nuit rôde. Neurosis n'est pas loin. Cette guitare, sa mélodie qui vous tiraille les tripes. Cet écho qui mène à l'asile. Tout simplement génial. Avec cette nouvelle production, Playing Enemy va encore plus loin et personnalise ses armes. Ne passez pas à coté de Playing Enemy.
SKX (12/08/2003)


PLAYING ENEMY
" cesarean " - CD
Escape Artist 01
Ravalez vos larmes! Les fleurs encore à peine fanées sur la tombe de KISS IT GOODBYE, les trois-quarts de ce monstrueux combo reprennent les armes et continuent le combat. Seul le nom change serait-on tenter de dire! Mes os rient. Mes nerfs rient. J'en râle de plaisir! Ces trois mecs sont fermement plantés dans le sol, un trio solidement charpentés qui ne sont que plaintes et déchirements. Recroquevillés, prêts à bondir, boules de nerfs dévastatrices, on a pas envie de titiller l'ennemi. Hardcore torturé et ultime, on sent derrière cette rage primaire du vécu, du sang et des coups dans la gueule. Pas des poseurs sacrifiant à la mode du moment mais un vrai sacerdoce. Comme au temps de Kiss It Goodbye, tous les titres vous donnent envie de vous arracher à vous même. Le chanteur possède une voix aliénante, les rythmes sont tribaux et tranchants, le son s'éclaircit et gagne en puissance. Sans fioritures, sans oripeaux, sans samples, synthés, sans rien. Nu comme un ver. Offert à la foule déchaînée. C'est un hardcore sale et méchant, tellement sincère et à fleur de peau. Ca vous emmène dans des zones obscures qui sont sans nom, mais s'agitent, forcenées, se démènent, tendues vers la révolte. On en ressort chancelant. L'appel au chaos. Kiss It Goodbye n'était qu'un au revoir. Le retour est fracassant. Laissez venir à vous l'ennemi! ( Depuis le bassiste s'est déjà cassé, ils en cherchent un autre....)
SKX (03/07/2001)

POLLINé
" parallel canvas " - CD
Boxcar 00
Boxcar records s'avouerait-il un léger penchant pour les petits frenchies ou simple coïncidence.... Après Versailles, autre nouvelle signature à consonance française dans le nom. Les paris sont ouverts. Et Policé, outre le patronyme, partage avec Versailles un amour des guitares quasi-obsessionnel. C'est elles qui tiennent le haut du pavé, s'éclatent dans la recherche de nouveaux accords, prolongent les effets de pédales toujours plus aventureuses, se fourvoient dans des impasses, croit-on, avant de repartir dans le sens opposé, jouent à l'élastique et vous mènent finalement par le bout du nez. Soutenues par une rythmique aussi solide qu'aérienne, ces guitares imposent leur charme peu à peu, font des détours psychédélique, calment le jeu, repartent sur les plates-bandes de Sonic Youth pour quelques moments de tensions, avec clin d'œil au passage à June of 44. Tout ça, c'est du travail comme dirait l'autre et si on départ on avait craint l'égarement, trop c'est trop, à l'arrivée, ça comble son homme, tout se met en place et ces seulement 6 titres, étalés sur la demi-heure, gagnent notre estime, chapeau bas, bien joué. Et de se dire que, sommes toutes, ce canevas n'est pas si compliqué, ils savent aussi tracer de longues lignes droites hypnotiques. Polliné a de l'attirail, des idées, une belle brochette d'effets pour varier des climats. Bref, du talent. Bienvenue à eux.
SKX (17/08/2000)

THE PORNOGRAPHY
" car " - CD
Wallace 99
La musique qui dérange. Les images pour provoquer. Les mots pour choquer. Les corps pendus qui ne balancent plus. Le gris et le blanc. The Pornography ne cherche pas à plaire, ne cherche pas à caresser l'auditeur dans le sens du poil. Une musique oppressante, des rythmes répétitifs jusqu'à l'obsession, qui se répercutent comme un écho malsain de morceaux en morceaux. Une basse qui prend les devants, vrillante. Une voix aliénante et torturée. Cette noise puise sa source chez Big Black pour n'en garder que sa face la plus sombre et neurasthénique. La marche est lente et pesante, les guitares tranchantes. Tout se joue sur la répétition à outrance. La boite à rythme ajoute au coté machine de guerre froide et implacable. Faut forcément être d'humeur pour se cogner ça mais la musique de ce groupe italien est loin d'être inintéressante. Pour peu que vous vous preniez le doigt dans le bon sens au premier sillon, vous embarquez dans un voyage douloureusement plaisant. Sinon attendez le prochain tour! A noter que cet album vieux de 2 ans va ressortir après un retravail avec les parisiens de Heliogabale. Et que leur deuxième album, si ils ne se sont pas suicidés d'ici là (gag) sort très prochainement. Lobotomie frontale.
SKX (17/07/2001)

PROVIDENCE UNION
" die my infinity + 4 " - CD
Stickfigure / Donut Friends 01
Il est toujours plaisant de suivre l'évolution d'un groupe. Surtout quand celle-ci se fait dans le bon sens. Comme tant d'autres, ce groupe de Floride avait commencé par un honnête et très classique emo-rock, dérivation bien connue des affres de Dischord records and co. Et comme pour mieux tourner la page et vous prouver leurs changements, on retrouve trace de ce passé dans le "+4" à la fin du CD. Quatre morceaux enregistrés en 2000, témoignage d'un certain talent... largement répandu aussi chez des dizaines de confrères! La nouvelle version de Providence Union n'est pas non plus un virage à 90°. Mais ils intègrent désormais à leurs émotions viriles de base des éléments de ce rock que l'on retrouve chez Les Savy Fav, The Liars ou 90 Day Men. Des sonorités qui doivent autant aux années 80 ("plastic ceilings") qu'au post-rock actuel. Bref une palette de climats étendue, pour un mélange, qui peut paraître bâtard. Avachi dans le canapé de notre routine, Providence Union ne bouleverse certes pas nos habitudes. Et pourtant, et pourtant, le tapis ne sert pas qu'à ramasser la poussière. Attachant, personnel, l'amalgame de tous les dangers est transformé. L'heure est à l'infusion-citron. Aigre, sensible et félin. Providence Union ratisse large et finit par trouver sa voie au milieu des décombres.
SKX (21/05/2002)


Panthers
Things are strange - CD
Vice 2004

Les gondolent se tordent et les panthères, les vraies, se mordent la queue, de honte. Dans Panthers, tout le monde vient du milieu hardcore, ex-Orchid en tête. Après un honnête premier album et un maxi " Let's get serious " qui amorçait un virage, Panthers a définitivement franchi la ligne blanche. Les choses sont étranges. C'est eux-mêmes qui le disent. The Panthers jouent du gros rock seventies, avec tout plein de pédales wah-wah et des mains pleines de gros doigts tout tachés. Entre Pearl Jam et Led Zeppelin, la place est toute trouvée. Avec quatre morceaux (sur les neuf) de sept minutes, pompeux et vulgaires, on se demande vraiment ce qu'il s'est passé. Vice records est apparemment avant tout un magazine hanté de ne pas être à la mode, pour qui le mot punk est synonyme de MTV. Pour sûr que ce disque va plaire à tout ceux qui aiment se mettre plein de poudre blanche dans les narines. Mais ça n'explique pas tout ce revirement de la part de kids qui viennent tous du milieu hardcore… Ah ma bonne dame, ya plus de jeunesse ! Disque de merde.

SKX (14/11/2004)
website groupe www.pantherspanthers.com
website label www.vice-recordings.com

Pedro The Lion
Achilles Heel - CD
Jade Tree 2004

Les bonnes choses ont toujours une fin. On peut espérer un retour en grâce. Mais en attendant, va falloir se coltiner une déception. Pedro The Lion rentre dans le rang. Exit les pop-songs touchées par le bon Dieu auquel il croit tant. Exit cette tristesse viscérale qui collait à sa guitare. Sa voix, qu'il n'a heureusement pas perdue, ne sauvera pas tout. David Bazan, qui a désormais dans son camp comme membre permanent, un certain TW Walsh, vient de sortir un disque de pop banal. Donc dans son cas, mauvais. Au mieux insipide. Sans inspiration. Une production nickel et léchée qui rend sa mélancolie ennuyeuse. Des mélodies passe-partout. Le Pedro s'est endormi sur ses lauriers. L'album était pourtant bien parti avec " bands with managers " dans la lignée de ces précédentes compos. Le lien était fait. Mais il a explosé vite fait ou plutôt liquéfié au fur et à mesure que la facilité s'annonçait et que mon visage se décomposait. Tout ça va vous paraître un poil dur. Il n'y a rien de honteux sur ce disque. Mais j'attendais autre chose qu'un produit de consommation courante. La déception est à la hauteur de l'engouement des enregistrements précédents. Dans ce cas là, on ne fait pas dans la demi-mesure. Un fan, par essence, c'est con. Pedro, retrouve tes crocs ou ça va être l'heure du péno !

SKX (27/08/04)
website groupe www.pedrothelion.com
website label www.jadetree.com
sounds Discretion.mp3

Permanent Fatal Error
Law Speed - CD
Ruminance 2004

La face cachée du système, l'organe face à la machine, le hasard de la chute. L'erreur fatale et permanente. L'immersion dans un monde où on reprend tout depuis le début. Olivier Manchion, libéré d'Ulan Bator (et de ces laborieuses dernières sorties) s'entoure d'une nouvelle bande. L'acoustique règne en maître. L'analogique est son bras armé. Touché au cœur du tympan l'auditeur égaré. Ce qui frappe tout de suite, c'est le son. Cette profondeur de champ, ce grain vivant. L'atout principal qui permet de poser des compositions habillées pour l'hiver. Un enregistrement confié à un certain Lionel Darenne, disciple de Albini, dont le travail est ici précis et lumineux. Harmonie des sons, clarté de l'objet, " Law speed " a de la sobriété, un éclair blanc qui vous transperce et cicatrise sur le champ. L'ambiance n'est pas au réchauffement de la planète. Tout au plus peut-on parler d'une douce mélancolie qui vous enveloppe sans être rassurante pour autant. L'acoustique se mélange à l'électronique. Cette pulsation rythmique, ce sonar qui traverse deux morceaux et dont l'écho ne cesse de revenir hanter régulièrement tout l'album. Permanent Fatal Error ne rocke pas. Ou alors dans la retenue, en basant le rythme sur la répétition, jusqu'à créer une illusion de mouvement. Mais de cette musique, on retient surtout son caractère soigné, ce folk urbain parsemé de drones, voir effleurer le jazz le temps d'un " B#side part2 " parcouru d'une trompette à l'air classique. Une musique sans geste brusque. Juste l'aléa du changement intempestif mais sans fracas, une tension tissée patiemment. Le bois et l'acier. On ressent à l'écoute de Permanent Fatal Error comme un malaise. Une sensation de chaleur et de bien-être dans un environnement chirurgical et distingué. On est séduit et en même temps, on aimerait qu'il s'y passe plus de choses. Des brèches s'ouvrent. L'odeur qui s'en dégage est néanmoins des plus intéressantes.

SKX (04/12/2004)
website groupe permanentfatalerror.free.fr
website label ruminance.free.fr
sounds apic.mp3 | blu.mp3

The Phantom Limbs
Displacement - Cd
Alternative Tentacles 2003

Vaille que vaille, Alternative Tentacles maintient le cap. Loin d'être à la une des dernières tendances mais son propos se situe ailleurs. Et de son chapeau, le père Jello Biafra est toujours prompt à nous sortir un sain coup de pied dans les valseuses pour nous rappeler à son bon souvenir. The Phantom Limbs, la tentaculeuse San Francisco, son lot de fêlés. " Displacement ", deuxième album. Cinq types, une unité. Tendus sur une folie communicatrice. Death-rock, punk-rock, no-wave satanique, qu'importe, danser sur les déchets de l'humanité avec un sourire carnavalesque, tordu dans l'agonie. Synthé sur la main courante, sinistre messie qui plane sur toutes les compos. Injonctions de rythmes, défouloir et martelant, bataille d'instruments qui gardent toute leur cohérence dans d'énergique et mélodique pièces saignantes. Au contraire de toute cette vague de groupe rock à synthé, The Phantom Limbs est viscéralement punk, malsain et on ne danse ici qu'avec l'énergie du désespoir. Au diable la prétention et le coté arty. Ici tout est naturellement foutu d'avance. Hopeless, c'est le (sur)nom du chanteur. Condamné à brûler sur le bûcher dans ses incantations tout dans l'urgence, mi-parlé, mi-hululant. Dans la grande tradition des showmen américains. Normal pour un groupe d'Alternative Tentacles dont la réputation scénique de ses poulains est toujours mise en avant. Celle de Phantom Limbs est sulfureuse. " Displacement " est un grand disque de rock'n'roll, de tout son danger, qui vous bouscule et vous roule, noire et rouge, le cirque, la grande messe et sans l'esbroufe. Ce fantôme est bien réel, pour notre plus grand plaisir.

SKX (11/10/2004)
website groupe www.thephantomlimbs.com
website labe www.alternativetentacles.com
sounds CastanetsCookie.mp3 | Active_Verbs.mp3 | Romance.mp3

The Planet The
Physical Angel - CD
54° 40' or Fight 2003

Disque bi-polaire. Sur le pôle nord, une musique toute droite venue de l'héritage de Devo, de cette époque bizarre où le punk se mettait à tenter des choses étranges, dont l'écho s'est retrouvé quelques années plus tard dans des groupes hybrides comme Brainiac ou Rah Bras où rock et synthétique se retrouvaient pour une danse impossible. The Planet The a encore du pain sur la planche. Pôle sud, ce trio de Portland revient à plus de normalité, le chanteur prend sa guitare et sans en faire tout un plat, leur folie réchauffe un peu les cœurs. Un chanteur sûrement très visuel et bien frappé sur scène à l'entendre ainsi geindre de façon débile. Musique chewing-gum, qui bouffe à beaucoup de râteliers, ça passe du coq à l'âne. Il reste encore beaucoup à faire pour lier tout ça. Sortie surprenante du label 54° 40' or Fight records qui se dévergonde avec un groupe dont on se gardera de les juger trop précipitamment tant il semble capable du meilleur comme du pire!

SKX (03/04/2004)
website label www.fiftyfourfortyorfight.com
sounds www.fiftyfourfortyorfight.com -> section "merchandise"

Planquez
For those that might care - 12''
unlabel 2004

Pour ceux que ça intéresse… Planquez est un trio anglais qui remue ciel et terre pour vous sortir un disque tous les 3 ans et faire des tonnes de concerts, environ 3, 4 par an entre Londres et le sud de l'Angleterre où ils ont établit leur base. Sacré Planquez! Cette nouvelle livraison, limitée à 220 exemplaires, comporte quatre titres (faut pas délirer non plus, c'est déjà pas mal !) et continue son petit bonhomme de chemin dans un noise-rock mélancolique mais viril aux entournures. Ils se sont concentrés sur un son digne de ce nom où la basse vous enrobe, vibrante et charnelle (!) et des mélodies qui vous transportent vers les brumes de la Manche et un passé frappé années 90, Slint et Shellac restant les mamelles nourricières sans que cela soit outrageant. Quand à Flo, le batteur, je ne peux que reprendre les notes internes du disque "… in charge of punk operations (and plays drums at times) ". A défaut d'un jeu de batterie mémorable, son empreinte est surtout indélébile pour les après concerts…. Pas grand-chose de neuf donc sous le ciel de Planquez. Toujours aussi économe et fringuant en attendant qu'ils passent la vitesse supérieure. Drôle de bougres!

SKX (04/12/2004)
website groupe www.planquez.co.uk
website label www.btinternet.com/%7Eawkwardsilence/unwelcome.htm
sounds www.planquez.co.uk/care.html

Popular Shapes
Bikini Style - LP
On/on Switch 2003

Popular Shapes, quatre jeunes gens de Seattle qui ne doutent de rien et qui ne sont pas du genre à se poser trente-six questions. " Bikini Style " est leur premier album et si vous voulez y voir un quelconque rapport avec la surf musique, il va falloir se raccrocher à l'élastique de son maillot, car ces neuf titres vont la faire voler en éclats ! La base est punk, le son est rêche et ne s'embarrasse pas d'effets de manche. La rencontre idéale entre The Fall, Buzzcoks et les dissonances modernes. Ca attaque bille en tête et au contraire de beaucoup de leurs compatriotes actuels, ils ne piétinent pas joyeusement la plate-bande dance-punk mais côtoient l'enfer du rock'n'roll. Un enregistrement à l'énergie live où tout se compte en deux minutes trente. KO assuré en fin de partie. Brûlot généralisé. Un disque qui vous botte littéralement le cul, au figuré comme au propre!

SKX (05/09/2004)
website groupe www.popularshapes.org
website label www.ononswitch.com
sounds MathTest.mp3

The Panoply Academy
Everything here was built to break - CD
Secretly Canadian 2004

Ce groupe ne vous dit sans doute pas grand chose. Et pour cause, ils sont les premiers à brouiller les pistes en modifiant leur patronyme à chaque sortie. The Panoply Academy Glee Club, The Panoply Academy Corps of Engineers, The Panoply Academy Legionnaires. Tout ça n'est qu'un seul et même groupe. Pour cette nouvelle sortie, ce groupe de l'Indiana a choisit la sobriété en ne gardant que la base commune. Une façon de signer leurs adieux puisque que ce groupe a décidé de mettre fin à leur histoire et ce disque est une compilation de singles, titres de compilations et inédits, du plus récent au plus ancien. Autre motif du mystère qui les entoure est cette propension à distiller une musique sans attache précise, non-identifiable, le cul entre une multitude de styles. Si on peut citer une vague famille post-punk aux cotés de groupes comme 31 Knots (pour la voix), Q and not U ou Pere Ubu pour le pedigree historique, The Panoply Academy sait tour à tour être noisy, fun, baroque, envoyer du bois vert quand il faut monter sur le front rock mais toujours ambitieux dans ses compositions. Ils utilisent rarement le chemin de la facilité, tronquant le couplet-refrain pour une trame narrative, embarquant tout un tas d'instruments pour étoffer leur panoplie. L'album commence par trois morceaux " perdus " lors de la session de " No Dead Time " en 2001 avec notamment le morceau " Nom de plume ", qui résume à lui tout seul leur savoir-faire en matière d'écriture de morceaux post-punk, indiciblement complexe et pourtant si limpide à l'écoute. Avec " Diurnally yours " et " Nocturally yours ", les deux faces d'un single sorti en mars 2001, ils nous montrent une autre facette de leur talent. Trompette, piano, morceaux enjoués et nerveux, construction alambiquée. Ya d'la joie qu' un " I feel like i'm fixin' to die rag " nous ramène aux dures réalités de la vie. Mélancolique ballade qui nous renvoie à la folle gaieté d'un Xiu Xiu. Une superbe mélodie vocale sur fond de nappe de synthés lugubres. Avec " Dreamer-crime of the century ", c'est un pastiche de Supertramp qu'ils s'offrent. Reprise surprenante, tour à tour agaçante et croustillante. Et puis retour à des choses plus rock avec " The Administration " et " We ", la boucle est bouclée. Avec ce document, The Panoply Academy nous montre toute l'étendue de ses possibilités. Un disque hétéroclite mais tel est ce groupe, toujours à la recherche de l'exigence, malin comme un singe, toujours là où on les attend pas. Un disque très utile pour faire connaissance mais je ne saurais que trop vous conseiller leurs trois albums précédents, tous parus sur Secretly Canadian.

SKX (29/01/2005)
website label www.secretlycanadian.com
sounds nocturnallyyours.mp3 | we.mp3

Part Chimp
I am come - CD
Rock Action 2005

Les Part Chimp sont sourds. C'est ici la seule explication possible. Jouer si fort, à faire trembler les enceintes, c'est pour mieux te manger mon enfant. Faites l'essai dans votre caisse à savon à peinture métallisée. Mettez le volume à un niveau normal et regardez la gueule des passants. Ca les changera de la techno. J'entends plus le moteur, tout grésille, tout contrôle est perdu et j'ai même pas poussé les potards. I am come est avant tout une question de production. Le truc indéniable qui fait la différence. Un son à écorner un bœuf centenaire. Un son taillé par John Mogwaï Cummings. Et qui enterre Mogwaï. Les Part Chimp, ce sont des anciens (en parti) de la scène de Camdem, quartier fameux de Londres fin 80 / début 90 d'où sont sortis tout un tas de groupes sauvages et hirsutes comme Loveblobs, Sun Carriage et The Faith Healers. L'amour du bruit, ils l'ont depuis tout petit et en vieillissant, ça s'arrange pas. On retrouve cette même hargne mais largement magnifiée, notamment parce que ce deuxième album n'est pas qu'une histoire de volume, de la simple technique d'ingénieurs zélés. Ca passe grâce à des compos aux accroches évidentes, construites relativement de la même façon, progressivement dans le rouge (sauf que ça part souvent au sprint !), dans le répétition, dans l'acharnement, où on trouve, même à l'état primaire, des mélodies sous le déluge, des riffs ultra simples et efficaces, d'un batteur qui se prend pour une locomotive lancée à pleine vapeur, des larsens comme une bagnole en feu balancée sur un troupeau de CRS. I am come est le cœur et le corps. C'est un tout. Une déflagration sonore domptée à bout de bras, jamais loin du dérapage, de l'accident propre à tout animal sauvage qui n'est pas fait pour vivre en cage. Le rock a encore de beau reste.

SKX (08/11/2005)
website groupe www.partchimp.com
website label www.rockactionrecords.co.uk

Pattern is Movement
Stowaway - CD
North Failes Industries 2005

A Philadelphie, ya pas que du gros rouge qui tache. Parenthèse. On respire un grand coup. Pattern is Movement s'infiltre dans la brèche. Fraîcheur d' une articulation originale, d'une bise de variétés dans les arrangements (cordes sans discordes, piano, banjo), d'une sensibilité pop et moderne, de percussions multiples, d'un chant qui coule, sereinement agité. Stowaway est interprété de façon fouillé et si simple à la fois. Vous prenez la force tranquille d'un 31Knots et l'esprit baroque d'un Need New Body tout en s'imposant des limites, vous parfumez d'un zeste de nostalgie et d'amertume. Pattern is Movement crée un univers personnel, épuré qui se remplit de milles choses, se délaisse du superflu tout en s'attardant sur le détail. La parenthèse se referme. Pattern is Movement est un mirage. La classe.

SKX (21/10/2005)
website groupe www.patternismovement.com
website label www.nfilabel.com
sounds Neverlikedthistimeofday.mp3
Talkbacktome.mp3

The Phantom Limbs
Random Hymns - CDEP
GSL 2005

Le groupe de San Francisco ressort ses oripeaux, traînes sombres et désabusées, cinq titres sur Gold Standard Laboratories. Quatre inédits et une version largement remixée de deux morceaux de leurs précédents disques, tour à tour marrante puis (surtout) pénible, un bouche trou qui dure quand même neuf minutes. Attardons nous sur les inédits. C'est du Phantom Limbs tel qu'on le connaît. Rock vaguement new-waveux avec le synthé à gauche, le rythme toujours entraînant à droite et le punk au milieu, porté à fond de poumons, Hopeless aka Loto Ball, une belle paire qui souffle dans les bronches pour éviter de s'enrhumer. Car pour la musique, Phantom Limbs se contente du minimum syndical. Rien d'enthousiasmant et spécialement inspiré. La routine, loin des pics de l'album " Displacement ". (En tendant bien l'oreille) vous pouvez entendre sur " The olympics " Kristen Louise alias Louise Gas (un homme malgré le nom) du groupe Sixteens (mouvance death-rock, un split avec The Vanishing), un pote venu déjà pousser des hululements sur les deux premiers albums des Phantom Limbs et un accordéon plus la trompette sur le titre en espagnol " Cobrador minutero ". Mais tout ne suffit pas à relever le niveau d'un maxi agréable mais sommes toutes moyen. Hopeless parti à Chicago, The Phantom Limbs semble chercher un second souffle…

SKX (14/05/2005)
website groupe www.thephantomlimbs.com
website label www.goldstandardlabs.com

Picastro
Metal Cares - CD
Polyvinyl 2005

Morne plaine! De l'autre coté des grands lacs, de son Toronto natal, la musique de Picastro descend par congères entier. L'hiver s'annonce rude. Mais chaud à l'intérieur. Avec un patronyme dérivé de (Pablo) Picasso et (Fidel) Castro (mais je m'avance, faudrait demander au groupe !), Picastro n'est pas à un contraste près. Vous avez là de quoi faire flamber plus d'une facture de fuel avec toute la tristesse et l'ambiance frigorifique qui émane de ce deuxième album. Mais il suffit que Elizabeth Hysen se mette à sortir le bout de sa voix et que quelques dynamiques de cordes acoustiques se mettent à chanter pour que les cœurs se réchauffent immédiatement. Une voix pleine de gravité et de trucs qui tournent pas rond, de boules noires restées en travers de la gorge sur fond de musique dépouillée, un brin de classicisme à la Rachel's, un violon, des percussions discrètes, quelques touches de piano et ce glaçon vous coule dans la gorge comme du miel. C'est pas de tous les jours. Faut pas avoir l'humeur cafardeuse au risque de plonger encore plus profond mais ce disque possède le charme des grands espaces polaires. Avec ma cabane au Canada en plein milieu.

SKX (31/08/2005)
website groupe www.picastro.net
website label www.polyvinylrecords.com
sounds metal-cares.mp3

Pig Destroyer
Terrifyier - CD
Relapse 2004

Avec un patronyme si fleur bleue, ne comptez pas que Pig Destroyer vous compte fleurette sur l'oreiller. Un trio que l'on fixe sommairement sous l'étiquette "grindcore". Mais ce grindcore là, j'en veux bien tous les jours (enfin presque). En fait, c'est un savant mélange de grind, de trash-metal à la Ministry (le meilleur de Ministry, autant dire que ça date), de hardcore complexe à la Dillinger Escape Plan (là aussi ça date!) et de punk-rock. Point de grosse voix gutturale typiquement death à l'horizon. Leurs nombreux splits et tournées avec Orchid et Isis leur donne une approche définitivement hardcore du grind et le chant s'en ressent. Le trio de Virginie nous fait donc la totale. Tout se définit sous l'adjectif monstrueux. Seulement les instruments de base (guitare-basse-batterie) mais l'impression qu'ils sont quinze là-dedans. La batterie qui n'en finit plus. A croire qu'une machine infernale la soutient. Une pression dingue. Tout s'entrechoque et se fracasse. Des phases de respiration pour mieux accentuer l'intensité. Des samples du malin et de femmes battues. Des parties fines et des corps à corps torrides. Pig Destroyer a réussi un véritable tour de force avec un grindcore intelligent (oui les deux termes ne sont pas antinomiques), résultat d'une recherche avancée entre tout
ce qui se fait de mieux dans les musiques extrêmes pour accoucher d'une bête à visage humain. Même si tout ça ne semble pas votre tasse de thé pour vos frêles oreilles, je ne saurais assez insisté pour une écoute, même curieuse, d'un tel
phénomène musical, un brio, qui sous ses dehors de brutes épaisses, peut vous réconcilier ou vous ouvrir à un genre souvent galvaudé, à l'instar de groupes comme Neurosis ou Breach qui ont su transcender les styles. Pig Destroyer tue le cochon qui sommeille en toi.

PS : Avec le CD, vous trouverez également un DVD audio dans un format super luxe ( ??) avec un morceau de 37 minutes nommé " Natasha ". Parait-il très lent, lourd avec quelques synthés par derrière. L'aspirine est donc fournie avec.

SKX (09/02/2005)
website groupe www.pigdestroyer.net