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NINETYNINE/MAJORITY RULE
"
split album " - Lp
Magic Bullet 02
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99 se bonifie avec l'âge. Leur douzième sortie vinylique
(en comptant singles, albums, split divers et cordes cassées)
est la meilleure à ce jour avec le fameux "Document
#8". Et à écouter ces cinq nouveaux titres,
on s'étonne comme toujours que huit personnes soient recrutées.
Trois guitaristes, deux bassistes, deux chanteurs et un batteur
caché derrière. Enlève tes doigts de mon
nez. Si ils juraient, crachaient que quatre suffisaient à
créer cette musique même pas bordélique et
massive, on les croirait sans sourciller. Hardcore à la
base, Page 99 se débarrasse au fil des enregistrements
de tout superflu et aspect primaire. Je ne suis pas partisan pour
mettre de l'eau dans le vin mais cette coloration inattendue sort
Pg99 du lot des laborieux. Ce saint breuvage continue d'avoir
la cuisse épaisse mais, je ne sais par quel miracle, les
rayons de soleil viennent pourfendre la carapace plus qu'à
l'accoutumée. Une légèreté surprenante
élève les débats. Pg99 se laisse aller à
des sentiments aériens. Une machine à l'allure guerrière
mais qui s'avère avancer la fleur au fusil. Hardcore émotif
et intelligemment conçu.
Avec Majority Rule, l'obscurantisme revient mais ça n'a
rien de négatif. Grosso-merdo, on tutoie des sphères
identiques. Le propos et le ton général reste tout
simplement plus sombre et torturé. Une voix au papier de
verre, une basse qui vous résonne dans le ventre, les fondations
s'effritent, la majorité n'a qu'à bien se tenir.
Majority Rule s'est aussi faire preuve de discernement. La brutalité
gratuite n'est pas leur fort. Aux cotés de Kiss It Goodbye
et Anodyne, ce nouveau trio prend place. Deux groupes à
l'apparence trompeuse qui, sous leurs dehors d'ours mal léchés,
savent faire parler leur sensibilité. Split phare.
SKX (18/09/2002)
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NINETYNINE
"
document #8 " - CD
Robodog 01
Derrière
ce sobre et sombre digipack où la mort et ses têtes
rodent à chaque page du livret intérieur, mon premier
réflexe a été de penser "encore un groupe
emo-screamo-power-violence" j'en passe et des meilleurs de
plus. Encore cette masse informe qui tente d'expulser son venin
en vain. 20 minutes et 7 titres plus tard, je reconnais mon préjugé.
Faut dire que je ne gardais pas de ce groupe, même si je
ne connais pas leur carrière sur le bout des doigts, une
image très aguichante mais plutôt besogneuse. L'écho
de leur précédentes productions (7 au total) n'avait
rien d'attirant. Bref, on tourne la page, on oublie tout et on
s'écoute, vierge de tout soupçon, cet album remarquable.
Si la base reste effectivement cette étiquette bâtarde
narrée plus haut, Pg99 a su sortir la tête du guidon.
Magnifié par la patte de Kurt Ballou (Mr Converge) qui
a mis de l'ordre dans leur chaos sonore, leurs compositions, en
ralentissant et en variant les rythmes, ont gagné en impact
et en intensité. Le propos est noir et cynique, la musique
en dessine les reliefs et pleure sa rage. Un groupe singulier
puisque 8 personnes le composent, même si on peut émettre
des doutes vu que sur disque, ça s'entend pas du tout!
Excepté dans le double chant. Des bouts de mélodies
qui traînent, des rythmes qui montent en boucles, des compos
pleines d'idées, tour à tout directes ou sinueuses.
Une basse qui sonne le glas, seule et perdue. Des larsens qui
cinglent la campagne. On décèle même parfois
un brin de lyrisme. Prenez le meilleur du genre (Orchid, In/Humanity,
Converge), rajoutez Pg99 à votre panoplie. Un disque de
rock tout simplement. Plein de noirceur et de sang. Manque que
le sexe!
SKX (23/01/2002) |
PANICSVILLE
"
floccinaucinihilipification the last compusory exercise
Evil ? " - CDs
Nihilist records 97/98
La
note va être salée. Et le terrain miné. Piégé
de foutre jusqu'aux amygdales!! Catégorie commotion cérébrale
et inhumaine. Méchamment électronique, samples rampant
partout et entre les dents, boucles en boucles et couteaux aiguisés
sur les distorsions. Respect zéro pour l'auditeur. L'ordinateur
prend la main. Inutile d'essayer de se référer à
quelquechose de connu, sinon les pires bruitistes japonais répertoriés,
sauf qu'ici le volume sonore reste vivable. Une gageure! Extrême
est un vain mot qui fait crisser les dents. Avec " Evil ?
" (je me demande pourquoi le point d'interrogation....),
on arriverait presque à revenir sur terre. Pas moins de
8 personnes, des voix, des cris, des vraies, mais salement traitées
à l'acide, rythmes pesants, samples de dégueulis
sur " the feculent mouthpiece ". Une ambiance toute
aussi électronique suintant le malsain, à l'image
des peintures de Jérôme Bosch ornant le packaging.
Car si la musique vous rebute - et je ne vous en voudrait pas
- rabattez vous sur ces 3 "boîtiers", véritables
originalités et pièces de collection. Pochette plexiglas
dur et à bulle. Ou alors plaques d'acier inoxydable à
renforcement élastique. Et la cerise sur le bûcher,
2 planches de contre-plaquées tenues par 4 simili pinces-clippantes.
Avec à l'intérieur des CDs à chaque fois
au cas où vous l'auriez oublier!! Ne détériore
pas votre chaîne. Juste les neurones qui s'agitent dans
votre cervelle pleine de merde !
SKX (01/08/1999)
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PANKRATION
"
effective range of the system varies " - 7"
Donut Friends 99
Furia
maestria. Comme souvent chez les groupes de Donut Friends records,
le son est travaillé dans le granit, à même
les mains, donnant une impression de live. Quand vous avez en
plus une qualité de compositions largement au dessus du
lot, ces 3 titres noise palpitent sous les sillons! Et le chanteur
semble vomir ses paroles, paroles à ne pas montrer à
un enfant de choeur, imprimant une touche spéciale pleine
de brouillard, tout comme le surprenant piano à la fin
de " goldberg ". Un single à se procurer absolument
!
SKX (01/08/1999)
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PANTHERS
"
are you down? " - CD
Troubleman 02
Toutes
griffes dehors, Panthers vous aligne déjà un pedigree
long comme ça. Trois ex-Orchid, un ancien The Red Scare
et Justin Chearno qui joue toujours avec Turing Machine. Une carte
de visite qui a du chien et du mordant. Avec un patronyme proche
du fameux mouvement black américain (les "Black Panthers"),
ce faux avis de recherche à l'intérieur de la pochette
où ils veulent nous faire croire qu'ils sont "wanted
by FBI", slogans primaires, on se demande à quel degré
prendre ça. Et à y regarder de plus près
(références multiples au dadaïsme, situationnisme,
paroles enflammées), le degré est proche du premier.
Ces ptits gars là ont l'air de se prendre vachement au
sérieux! Je voudrais pas être médisant, mais
ces pseudos révolutionnaires de salon et intello du sillon,
j'ai du mal à y croire. Enumérer dans ces chansons
("sex ed") une litanie ronflante de Jean Genet, Jean-Paul
Sartre, Emma Goldstein ou encore Michel Foucault et finir par
des phrases comme "you tell me to make love not war. Why
not make both", je rigole doucement des genoux. Planquez
vous tout le monde, la révolution est en marche! Ca se
donne un genre. Le genre gonflant. C'est donc en pleine crise
adolescente boutonneuse que Panthers sort son premier album. Qui
est loin d'être révolutionnaire! Mais loin d'être
inintéressant non plus. Cette chronique avait l'air d'être
parti sous de mauvais auspices. Heureusement, la musique rétablie
l'équilibre. Embrassons nous sous le gui et réconcilions-nous!
Les Panthers nous font du rock à la Three Penny Opera-Kurt-At
The Drive In. Du direct qui ne s'attarde pas dans les virages.
Toujours une accroche mélodique, un rythme, un riff, à
vous faire dodeliner la tête, à faire battre la semelle
sur le plancher. Dix titres qui s'enchaînent limpidement,
ce qui ramène à leur discours et à un certain
manque de profondeur en général. Ca le mérite
d'être racé et finement roulé, le récurrent
fantasme de la décapotable rouge sur l'autoroute du soleil.
Si on fait abstraction de l'habillage, "are you down?"
est un album des plus séduisant. Une mécanique parfaitement
huilée qui suffit à nos aspirations des plus humbles.
SKX (23/05/2002)
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PEDRO
THE LION
"
control " - CD
Jade Tree 02
Je
me suis fait tout p'tit. J'ai pas regardé d'où venait
le vent. Accueilli dans le plus simple appareil. Dès fois,
faut pas chercher midi à quatorze heures et prendre le
bonheur là où il est. La grande force de David Bazan,
alias Pedro The Lion, c'est décrire des mélodies
universelles, d'une grande simplicité qui en font tout
son talent. Pour ce troisième album, Pedro a choisi le
tout électrique. Adieu les compositions simplement habillées
d'une guitare acoustique et du timbre traînant et mélancolique
du maître des lieux. Chaque titre possède son droit
à la rythmique, à sa belle guitare électrique
rutilante. Le style s'enrichit, gagne en puissance mais garde
une aura dépouillée. A peine un synthé pour
le liant, pour faire trembloter la corde à émotions
(le morceau de clôture "rejoice"). Pour le coup,
Sebadoh sonne encore plus à la porte de Pedro The Lion.
Sauf que le félin ne sort que rarement les griffes. Pas
de violence gratuite et de larsens intempestifs. Tout s'impose
dans la douceur. Le charme de l'innocence. Car le Pedro n'a pas
son pareil pour vous torcher des mélodies poignantes sans
être mielleuses, toutes simples sans être simplistes,
tristes sans être larmoyantes et avec suffisamment de morceaux
enlevés pour ne pas vous miner le moral pour la journée.
Avec des sommets comme "second best" ou "penetration",
tube en puissance. Un parmi d'autres. Autant les fans d'Engine
Down que de Unwound, tous les amoureux de pop intelligente et
de musique plus intimiste à la Nick Drake se doivent de
connaître Pedro The Lion. La béatitude nous guette.
SKX (01/08/2002)
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PEDRO
THE LION
"
winners never quit " - CD
Jade Tree 00
Pedro
The Lion est un homme orchestre. Le lion est un seul homme. Pedro
alias David Bazan. Compositeur, interprète, il chante,
gratte, basse, tape sur la batterie, pas une minute à lui
et croit en Dieu. Très fort. Si fort qu'il en cause beaucoup
dans ses paroles. Pas façon grenouille de bénitier.
Plutôt abstrait et pas prêcheur. Des petites histoires
de la vie quotidienne, les faiblesses de l'homme, la rédemption.
Et Dieu, dans son infini bonté, parce que dès tout
jeune, le petit David il a beaucoup prié, lui a donné
le don de la mélodie, amen. Il a même été
très généreux. C'est ce qui fait la force
de ces 8 titres. Chaque morceau a son charisme. Qu'il soit dépouillé
ou cadencé. Car c'est un peu Janus là-dedans. Comme
sur ces précédents disques, on a le droit a juste
lui et sa guitare sèche (voir un piano ou un violon au
fond), des morceaux tellement arides et tristes à faire
fondre une cloche que j'en perds mon latin. Un morceau comme "
to protect the family name " me convertirait presque tellement
c'est poignant. Quant aux autres morceaux, on sort la rythmique,
on branche le courant et on se croirait au meilleur de la forme
de Sebadoh sans les excentricités. De purs bijoux à
écouter en boucle, à vendre son âme au diable
pour pouvoir écrire de telles pop-songs. Il a bien fait
de pas abandonner le père Bazan et nous, on a gagné
le gros lot. Un truc qui fait l'unanimité. Un truc à
part qui s'écoute tout seul dans son coin.
SKX (22/02/2001)
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PER
MISSION
"
a ritual loop " - CD
Monitor 01
Le
Per Mission est un homme seul. Alias Jason Noble, bassiste de
Shipping News. Membre actif des Rachel's et membre fondateur de
Rodan. Dans cette nouvelle croisade, il a décidé
l'introspection solitaire. Seuls quelques compagnons de longues
routes le soutiennent. Ils lui prêtent leur voix (Katerine
Smith, Liz Menzel), texte narratif, timbre grave. Ils lui concèdent
quelques rythmes, des sons éparses. Et Jason collecte,
sample, programme la beat machine, électronise par vague
nébuleuse, assemble, décroche, dérègle
les bandes, implore les cieux pour ne pas sombrer dans une déprime
chronique. Il ya de ces morceaux d'un rythme moderne alors que
d'autres sont monacales. Sombres desseins. Mi-humaine, mi-machine,
l'oreille de Jason a l'ouïe fragile et automnale, emprunte
de gravité et paré pour plus d'une bande son de
film au ralenti. On plonge avec lui pour peu que l'attention soit
captée. Sinon c'est la traversée du désert.
L'impression laissée par ces 12 titres est d'un flou artistique
quelconque et on s'endort avant la fin. Les voies de Jason sont
parfois impénétrables, la face obscure est avec
lui mais n'est pas dénuée d'intérêt,
de trouvailles alléchantes. A condition de vouloir entrer
en communion avec l'indicible.
SKX (26/09/2001)
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PHANTOMSMASHER
"
Phantomsmasher " - CD
Ipecac 02
De
l'atome au fantôme, ne croyez pas qu'il y ait dissolution
de l'énergie et que la fusion devienne secondaire. Atomsmasher
se transforme en Phantomsmasher, quitte les rangs de Hydrahead
et sa sous-section bruitiste Double H noise Industries pour les
bacs à poissons plus gros de Ipecac, mais c'est tout pareil
derrière les manettes. James Plotkin, la tête pensante
qui projette à 2000 à l'heure, ça va pas
mieux pour lui, merci. C'est comme le précédent
album, mais tout est mieux, en plus fêlé, en plus
inspiré. Cette musique est une énigme. Un tel délire
auditif, un type capable de vous caser une berceuse sur "
bishop hopping " au beau milieu d'une attaque sonore en règle
sans que cela ne tombe comme un cheveu sur la soupe, c'est inconcevable.
Des rythmes 10000 beats par seconde, une basse qui résonne
encore des heures durant une fois l'écoute terminée,
des samples qui saccagent tout comme un Tex Avery sous X qui aurait
passé sa jeunesse à se plomber le crâne sur
du trash-metal. Une guitare orientale en pleine fin du monde.
Et ainsi de suite tout du long. La marque de fabrique de Plotkin
et sa bande, c'est de mélanger l'improbable, de surenchérir
dans les rythmes, en faire des tonnes avec des coupures incessantes
sans que jamais cela ne sonne pompeux, surfait ou ne vire à
la démonstration technique gratuite. Un véritable
tour de force. On les imagine pendant des heures à se prendre
le chou en studio. Les rois du mix, c'est eux ! Mais le résultat
est fédérateur. A prescrire autant à des
fans de musique électronique qu'aux kids avides de hardcore,
à des technomen se déchirant la face au break-core
qu'à ceux qui aiment se prendre la tête sur des musiques
cérébrales. Bref, musique extrême, qui passe
comme une lettre à la poste (enfin quand elle est pas en
grève car faut être d'humeur pour se taper l'intégrale
en un seul coup !), puissamment originale et vivante. Atomsmasher
était déjà un OMNI (Objet Musical Non Identifié).
Là, c'est carrément la NASA (Nous Avions Sept Astronautes)
qui en perd sa carlingue et cherche en vain un mot pour qualifier
l'inqualifiable !
SKX (25/02/2003)
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PHILLIPPE
"
The essence in numbers " - Lp
Flower Violence 00
Et
encore une chronique pour rien, une ! Une de plus d'un groupe
qui vous pète entre les doigts , leur 1er album à
peine sorti. Un split durant l'enregistrement, voir convenu avant
puisque c'est déjà annoncé sur les notes
internes du disque ! Est-ce la raison d'ailleurs pour laquelle
cet album à un goût d'inachevé ? On avait
durement flasher ici sur leur poignée de single et leur
split LP avec GUINEA PIG. On salivait d'avance et sans être
mauvais, cet album reste en-dedans. Comme bâclé,
ras-le-bol, désaccords au sein du groupe ? Toujours est-il
que les compositions n'ont pas la richesse habituelle, ne décolle
que trop rarement, s'engourdissent et reste en vol stationnaire.
Idem pour le son moins rugueux et bruyant. On a même le
droit à un " distance preferred " remixé
dance-floors lourdingue. On se demande réellement ce que
ça fout là ! Reste un album honnête, avec
ses bons passages emo-rock mais très loin de l'intensité
que pouvaient nous procurer leurs prestations scéniques
ou de leurs 45. (Des membres ont formé depuis Eniac).
SKX (02/06/2000)
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PHILLIPPÉ
"
misamee " - 7"
Flower Violence Rds 98
2ème
sortie des bois avec ce single 4 titres. 4 hits devrais-je dire
tant ça fulmine en tout sens d'accroches sulfureuses. Et
toujours ce jeu du guitariste, alerte entre bruit blanc et mélodies
tombées du ciel. Et ne croyez pas que les autres soient
en reste. La rythmique a beaucoup de répondant, le chanteur
sait se démarquer du chant typique emo. Enveloppé
dans un sens du bordel organisé, ce single est un must!!
SKX (23/07/1999)
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PHILLIPPÉ/UNIVERSAL
"
love " - split 7
Flower Violence / Hombre Lobo Rds 99
L'histoire
du split continue. Universal tourne très carré,
n'y va pas avec le dos de la cuillère . Sans finesse et
lourdingue, une attaque de chars d'un hardcore usant. N'est pas
Acme qui veut. Phillippé maintient le cap. Trop intelligents
pour se faire rattraper par une étiquette, ils flirtent
avec le meilleur des styles, passent entre les blocs. 2 titres
de plus à se mettre dans la besace à bonheur.
SKX (23/07/1999) |
PIGZWILLTOAST
last chance to dance - CD
Les 7 Piliers / Izimobil 01Le poil du cochon grillé au
regard étonné s'en va danser d'un pas tire-bouchonné.
La démarche hésitante, la piste de nuit sous les
pieds, nous voilà sous les couleurs électriques
de Pigzwilltoast, qui va nous apprendre à bouger, à
nous tortiller en cadence. Des rythmes frelatés, une odeur
de fête louche et abondante. Pigzwilltoast, c'est toulousain,
navigue entre Condense et No Means No. Avouons que la diagonale
est belle. Qu'elle autorise toutes sortes de pirouettes et de
péripéties autour. De déviations en forme
de saxophone pour le coup de rein personnel. Le rythme est entraînant.
Tout le monde se met au chant, pas de traînards à
la chorale. Les guitares pour la partie ombrageuse et tendue.
On entre dans cette ronde paillarde et acerbe d'un pas décidé,
se saouler avec plaisir. La danse est rapide. Six titres pour
décrocher la timbale. C'est suffisant pour se faire remarquer.
La représentation est terminée. Gageons que ça
sera pas leur dernière chance pour nous faire valser.
SKX (05/12/2001) |
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PHILLIPPÉ/GUINEA PIG
"
s/t split " - Lp
Tropical / Short Egg records 97
Un
voyage en terre germanique, histoire de se changer les idées,
m'a mis sur la route de Phillippé, dont le bassiste organisait
le concert de Milemarker à Trier, près de la frontière
Luxembourgeoise. Alors quand tard dans la soirée, j'ai
su que Phillippé, dont j'avais juste rapidement entendu
2 titres quelques jours avant, devait se produire en 1ère
partie des fabuleux Milemarker près de Strasbourg 2 jours
plus tard, mon sang ne fit qu'un tour et tout ce qui roule m'amena
à bon port! Ou plus exactement un soi-disant café-concert
luxueux-beauf et merdique, façon Museum Café (les
Rennais comprendront !). Une razzia sur la discographie de Phillippé
s'imposa alors. Faute au concert. Puissant et rebondissant. Une
discographie encore jeune qui a commencé par ce split album
avec Guinea Pig, autre groupe allemand. Et Phillippé à
tout de suite montrer sa maîtrise. Les affilier emo serait
trop simple. Le jeu du guitariste nerveux et bruyant chavire trop
les normes. Une touche de folie! suinte les structures. Le son
est direct et sans fard. 7 titres qui s'avalent avec réel
plaisir! Et que dire de Guinea Pig, sinon qu'ils ne baissent pas
le niveau! Titres courts (9 en 15 minutes à tout casser),
voix féminine râclante, ces drôles de cochons
de Guinée grognent et se roulent dans le bouillon sans
vergogne. Noise-core tendance pressés d'en découdre.
La rythmique est à ce titre dérangée du bulbe.
Tressautant, tendu et brûlant, il me tarde d'en prendre
plus sous la crâne!!
SKX (23/07/1999)
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PROVIDENCE
UNION
"
conceil/reach " - 7"
Gin and Catatonic records 98
Une
petite merveille d'emo/noise, une attirance sans frein, spontanée,
d'une violence intérieure incomparable. Ca se greffe
dans le plus intime de la personne, vous parle direct. Dans
un style musical largement exploité, quel bonheur de
s'enivrer du fiel de la jeunesse qui y croit encore (et qu'a
bien raison), maîtrisant parfaitement les déflagrations
de liberté et les accès de pudeur, nous offrant
l'espoir d'un single l 'énergie suffisante pour continuer.
SKX (05/07/1999)
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PINK
AND BROWN
"
Shame fantasy II " - CD
Load 03
Pink
and Brown niquait les oreilles et ça faisait un bien fou.
Deux furieux qui pouvaient pas se blairer. L'un guitariste, l'autre
batteur. Ca finit comme ça devait finir. Quand Pink et
Brown tombent à l'eau, il ne reste rien. Sabordage par
le milieu. Les deux survivants sont partis voir d'autres horizons.
Coachwips et Young People (entre autres), c'est les noms de leurs
nouvelles destinations. Sur ce Shame Fantasy II (version CD),
on a l'intégralité de leur discographie plus cinq
inédits d'avant la chute. 5 inédits qu'on retrouve
sur la version vinyle et pas un de plus, faudrait voir à
pas se gourer de format et se faire arnaquer ! Et quand on voit
le niveau des inédits, on se dit que le meilleur était
à venir. Damned ! Plus direct que Lightning Bolt. Aussi
dangereux qu'Arab on Radar, Pink and Brown démontrait à
qui voulait qu'un duo pouvait mettre le feu et assouvir sa soif
de bordel autant que toute une bande de tatoués chevelus
à grand renfort de synthés. 22 morceaux qui dérouillent
sa race. Au contraire de nombreux duo, Pink and Brown savait donner
de la voix, donnant un piment insoupçonné à
ce genre d'exercice habituellement cantonné au tout instrumental.
Punk, bruyant, jamais simpliste, de la saine énergie tout
juste contrôlée ce qu'il faut mais pas trop. Le plaisir
à tous les étages. L'envie de se cogner contre tout
ce qui dépasse. Encore un de ces groupes noise météorites
dont on aimerait qu'ils s'en écrasent plus régulièrement
sur le coin de notre tronche !
SKX (01/07/2003) |
PINK
AND BROWN/DEATH DRUG
"
split 12" - Lp
Load 02
Mr
Pink et Mr Brown se sont séparés. La nouvelle est
toute fraîche. A l'époque de ce split maxi (sorti
en début d'année), ça convolait encore en
juste noce, on pensait ce couple solide. Une tournée européenne
était prévue pour février 2003, un album
sur Skin Graft itou (espérons que l'enregistrement ait
eu lieu et que même posthume, cet album sorte). Un couple
bien de son temps, un duo guitare batterie comme il en existe
temps mais Pink and Brown figurait dans le haut du panier. Au
même titre que Lightning Bolt ou Hella, Pink and Brown ne
trouvait son bonheur que dans les affres du bruit et de la distorsion,
s'envoyant en l'air sur des rythmes tordus et, contrairement à
de nombreux duos, ils ne se contentaient pas de se la jouer instrumentale
mais apposait un chant fiévreux. Cinq titres bien juteux.
Pink and Brown ne sont pas non plus les rois de l'arithmétique.
Ca file droit, ça écorche, de la vie, erratique
et bruyant, "famous anus", félicitations pour
le titre, sales gosses énervés. Ce couple ne pouvait
que se déchirer. Autre face, autre moeurs. Death Drug au
paradis artificiel. Un seul morceau long et chiant comme un mauvais
trip, seventies mon cul, bloqués qu'ils sont sur les mêmes
rythmes et riffs pendant d'interminables minutes. Un split très
bancal mais Pink and Brown vaut bien deux faces.
SKX (27/08/2002)
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THE
PLAN
"
only these movements remain " - CD
Matlock / Rewika 01
C'est
avec une hâte grandissante que j'attendais ce deuxième
album des Canadiens de The Plan. Leur premier jet "This
time is not this place" avait fait l'effet d'une révélation
dans mes hallebardes, le genre de truc que vous écoutez
en boucles pendant deux mois! En digne héritiers d'un
esprit Washington DC et de leurs compatriotes Shotmaker, The
Plan posait ses jalons. Et là, (soulagement), The Plan
continue brillamment sur la voie tracée (lactée).
Tout en prenant soin d'échapper à tout contrôle
prévisible, de garder l'inspiration tout en trouvant
son costume approprié. Beaucoup de finesse, de guitares
esseulées qui plantent un décor fragile et plein
d'une tension sourde. Les structures ne traînent pas en
route, l'énergie est bien là mais emprunte de
nombreux virages. Ils enrichissent leurs palettes instrumentales
d'un vibraphone, d'une trompette, d'un saxo et d'une contrebasse.
Des instruments qui restent très discrets et présents
juste sur 2, 3 morceaux mais qui témoignent d'une envie
d'ouverture, de multiplier les ambiances. Nocturnes et seigneurs
de la route. Ecorchés et chaleurs d'été.
Fugazi devrait en prendre de la graine au lieu de se fourvoyer
dans des impasses et d'emmerder son monde. The Plan est un groupe
brillamment inspiré. L'avenir leur appartient.
SKX (12/12/2001)
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THE
PLAN
"
this time is not this place " - CD
Matlock 00
Le
bon plan du moment (oui, je cède à la facilité)
vient du Canada. Pour une idée première de l'engin,
prenez le meilleur de Washington D.C., ses émotions de
bête racée et croisez le avec des rythmiques plus
carrées et viriles de Chicago. L'affiche est alléchante
n'est-il pas ?! Mais comme on a affaire à des enfants surdoués,
le calibre de l'engin ne s'arrête pas à ces réductions.
On nage en pleine gourmandise. On suce, on se pourlèche
les doigts, on s'en met plein le bide jusqu'à l'indigestion
de dix compositions toutes plus accrocheuses les unes que les
autres. Ca vous colle à la peau, ça l'enduit, du
vrai miel. Ca vous déroute une musique comme ça.
Vous ne savez plus où donner de la tête. La production
est riche mine de rien, avec quelques cuivres et instruments à
cordes acoustiques qui vous tordent encore un peu plus le boyau
à émotion. C'est nerveux et limpide. Avec souvent
en plein milieu de la chevauchée, une accalmie qui déroute,
vous laisse vous réarranger la mise avant de vous achever
d'une bouche gloutonne, les sens débraillés, la
tête toute en l'air. Ce 1er album, c'est du haut vol. Vous
avez tout du meilleur de chez meilleur résumé, tout
ce qui se fait de mieux, tout sublimé, inspiré et
maîtrisé de bout en bout. Ce disque donne une énergie
folle. Ca m'a fait danser tout l'été et ça
m'accompagnera bien tout l'hiver, aisément, et bien d'autres
saisons encore. Un des disques de l'année tout simplement.
SKX (02/10/2000) |
PLANES
MISTAKEN FOR STARS
"
Spearheading the sin movement " - CDEP
No Idea 02
A
l'heure où les avions n'atterrissent pas toujours à
l'heure, Planes Mistaken For Stars pointe son radar avec trois
nouveaux titres plein de promesses pour l'album qui ne serait
tarder
. " Thunder in the night forever ", sous-titré
fort justement " we ride to fight " ou comment te foutre
ta branlée avec un morceau de post-punk-hardcore aux guitares
héroïques, poing levé et cheveux aux vents.
Un poil plus complexe et grandiloquent que leurs précédents
efforts mais quand on est prêt à se battre, autant
en mettre plein la vue pour impressionner l'ennemi. Les deux autres
morceaux ne sont pas là pour faire de la figuration. Rythmes
qui cognent, vocalises qui surgissent des fins fonds avec toujours
ce souci de la mélodie qui taquine. Planes Mistaken For
Stars, c'est de la matière incandescente, du punk nouvelle
génération et No Idea n'est pas à court d'idées
pour vous faire patienter en attendant le format long.
SKX (12/03/2003) |
PLANES
MISTAKEN FOR STARS
"
fuck with fire " - CD
No Idea 01
Ca
démarre pied au plancher. Une longue ligne droite, la
gomme sur l'asphalte. La pédale du frein a été
arrachée depuis longtemps et la distance parcourue en
un temps record. Planes Mistaken For Stars s'amuse avec le feu
(et je reste poli, vu qu'eux on une tout autre notion du feu...),
joue les pyromanes de service. P.M.F.S. a sans doute envie de
mourir jeune et ces punks par essence ont les sens écorchés
à vif, transcendant tout emo kid juvénile en cible
mouvante. Unbroken, la rage de JR Ewing sans la rudesse du son,
P.M.F.S. a fait son deuil de vous étonner et mise tout
sur l'accroche mélodique emballée par une énergie
communicative et répandue à haute dose. On arrive
au dernier morceau en sueur, pas plus intelligent qu'avant mais
repu par une saine secouée. Impeccable à l'approche
de l'été avant de se lancer à l'assaut
du bitume dans sa décapotable rouge. Attention aux virages.
SKX (19/06/2001)
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PLANQUEZ
"
Protect me from failure " - CD
Failure 03
Vous
avez peut-être eu la chance de croiser la route de Planquez
au printemps dernier, en tournée avec Big Numbers. Trois
anglais, typiquement, viscéralement, à l'humour
so british, trois personnalités attachantes comme pas
deux et dont la musique ne reflète en rien la bonhomie.
Planquez, des gens pas pressés, qui jouent ensemble depuis
des lustres (1996, après d'autres projets dont Pushkins
et Moist) et ne sortent leur premier album que cette année.
La force tranquille ! Alors inutile de chercher midi à
quatorze heures. Le flegme est un gêne national. Vous
prenez Slint et sa mélancolie, sa tension sans cesse
sur le qui-vive. Vous rajoutez un peu de Shellac sur des plans
rythmiques et vous avez l'ossature de Planquez. Que du connu
et du concis. Mais ce qui fait la différence chez ce
trio de Brighton, c'est l'art de la composition. Planquez n'invente
rien (comme 96% des groupes me direz-vous) mais eux rajoute
la classe. Une putain de classe pour vous torcher une accroche
mélodique, soigneusement développée lors
de morceaux généralement longs, soutenus par un
grain de voix profond et envoûtant. Et là, vous
êtes carrément sous le charme. Avec sur cet album
huit titres, deux mouvements. Les quatre premiers issus d'un
enregistrement un peu lointain (et qu'on retrouvait sur une
démo). Et les quatre suivants, au son plus abouti et
agressif, morceaux écourtés, chemin vers lequel
se dirige Planquez. On va pas s'en plaindre. Si vous aimez les
choses simples, distinguées et punk sur les bords, faites
la différence comme ils disent, ruez vous sur Planquez
!
SKX (07/08/2003)
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PLAY
THE PIANO...
"
s/t " - 7"
Tomtetummetott/Adagio830/Bachelor 01
...drunk
like a percussion instrument until the fingers begin to bleed.
Et oui, c'est tout ça le nom du groupe! De "play
the piano" jusqu'à "to bleed"! Mais on
ne vous en voudra pas si vous vous contentez de Play the piano
like a, sinon ce 45 risque d'être fini avant d'avoir eu
le temps d'énoncer ce patronyme à coucher dehors!
Un nouveau quatuor allemand qui ne joue pas du piano debout.
Et pour cause, ya même pas un putain de piano tout au
long de ce cinq titres. Jerry Lee Lewis peut dormir tranquille.
On nage en pleine hystérie collective. Tout un délire
incompréhensible autour du piano alors que la musique
reste très hardcore-rocking chaotique, mouvance actuelle
de sortie. Mais ne boudons pas notre plaisir et les blasés
de série. Ces anciens Cole Quintet sont très convaincant
dans leurs nouveaux costumes, notamment les morceaux "portland.oregon"
et "great". Crispant à souhait, la queue du
piano est depuis longtemps retombée sur les doigts du
chanteur, la valse à trois temps est devenue frénétique
et le pianiste tiré comme un lapin. Les accros du genre
vont se mordre ce qu'il leur reste de doigts.
SKX (20/08/2001)
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PLAYING
ENEMY
"
Ephemera " - CDEP
Escape Artist 03
Mais
qui a envie de jouer avec un tel ennemi?! Ces ex-Kiss It Goodbye
font peur la nuit. Il fait tellement sombre là-dedans
Après un premier album excellent, ce nouveau trois titres.
Playing Enemy font partis, avec Converge, Botch et les Today
is the Day d'antan, des meilleurs groupes de hardcore sombre
et torturé, sans jamais en rajouter un gramme, furieusement
sincère et hypnotisé par leur propre noirceur.
Et Playing Enemy possède sa touche propre. Un premier
titre " John Q Russia " comme on les connaît.
Le truc qui donne envie de s'arracher les ongles. Sur le deuxième
" must bring your weapon ", on entre dans une autre
dimension ou comment sonner toujours aussi compact avec un rythme
proche de la boîte (à rythme !), une voix (et quelle
voix !) et un piano convulsif, véritable trouvaille éclairante.
Et que dire alors du dernier, le bien nommé " you've
got to be crazy ". Huit minutes de pur bonheur masochiste.
La bête surveille. La nuit rôde. Neurosis n'est
pas loin. Cette guitare, sa mélodie qui vous tiraille
les tripes. Cet écho qui mène à l'asile.
Tout simplement génial. Avec cette nouvelle production,
Playing Enemy va encore plus loin et personnalise ses armes.
Ne passez pas à coté de Playing Enemy.
SKX (12/08/2003)
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PLAYING
ENEMY
"
cesarean " - CD
Escape Artist 01
Ravalez
vos larmes! Les fleurs encore à peine fanées sur
la tombe de KISS IT GOODBYE, les trois-quarts de ce monstrueux
combo reprennent les armes et continuent le combat. Seul le
nom change serait-on tenter de dire! Mes os rient. Mes nerfs
rient. J'en râle de plaisir! Ces trois mecs sont fermement
plantés dans le sol, un trio solidement charpentés
qui ne sont que plaintes et déchirements. Recroquevillés,
prêts à bondir, boules de nerfs dévastatrices,
on a pas envie de titiller l'ennemi. Hardcore torturé
et ultime, on sent derrière cette rage primaire du vécu,
du sang et des coups dans la gueule. Pas des poseurs sacrifiant
à la mode du moment mais un vrai sacerdoce. Comme au
temps de Kiss It Goodbye, tous les titres vous donnent envie
de vous arracher à vous même. Le chanteur possède
une voix aliénante, les rythmes sont tribaux et tranchants,
le son s'éclaircit et gagne en puissance. Sans fioritures,
sans oripeaux, sans samples, synthés, sans rien. Nu comme
un ver. Offert à la foule déchaînée.
C'est un hardcore sale et méchant, tellement sincère
et à fleur de peau. Ca vous emmène dans des zones
obscures qui sont sans nom, mais s'agitent, forcenées,
se démènent, tendues vers la révolte. On
en ressort chancelant. L'appel au chaos. Kiss It Goodbye n'était
qu'un au revoir. Le retour est fracassant. Laissez venir à
vous l'ennemi! ( Depuis le bassiste s'est déjà
cassé, ils en cherchent un autre....)
SKX (03/07/2001)
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POLLINé
"
parallel canvas " - CD
Boxcar 00
Boxcar
records s'avouerait-il un léger penchant pour les petits
frenchies ou simple coïncidence.... Après Versailles,
autre nouvelle signature à consonance française
dans le nom. Les paris sont ouverts. Et Policé, outre le
patronyme, partage avec Versailles un amour des guitares quasi-obsessionnel.
C'est elles qui tiennent le haut du pavé, s'éclatent
dans la recherche de nouveaux accords, prolongent les effets de
pédales toujours plus aventureuses, se fourvoient dans
des impasses, croit-on, avant de repartir dans le sens opposé,
jouent à l'élastique et vous mènent finalement
par le bout du nez. Soutenues par une rythmique aussi solide qu'aérienne,
ces guitares imposent leur charme peu à peu, font des détours
psychédélique, calment le jeu, repartent sur les
plates-bandes de Sonic Youth pour quelques moments de tensions,
avec clin d'il au passage à June of 44. Tout ça,
c'est du travail comme dirait l'autre et si on départ on
avait craint l'égarement, trop c'est trop, à l'arrivée,
ça comble son homme, tout se met en place et ces seulement
6 titres, étalés sur la demi-heure, gagnent notre
estime, chapeau bas, bien joué. Et de se dire que, sommes
toutes, ce canevas n'est pas si compliqué, ils savent aussi
tracer de longues lignes droites hypnotiques. Polliné a
de l'attirail, des idées, une belle brochette d'effets
pour varier des climats. Bref, du talent. Bienvenue à eux.
SKX (17/08/2000) |
THE
PORNOGRAPHY
"
car " - CD
Wallace 99
La
musique qui dérange. Les images pour provoquer. Les mots
pour choquer. Les corps pendus qui ne balancent plus. Le gris
et le blanc. The Pornography ne cherche pas à plaire,
ne cherche pas à caresser l'auditeur dans le sens du
poil. Une musique oppressante, des rythmes répétitifs
jusqu'à l'obsession, qui se répercutent comme
un écho malsain de morceaux en morceaux. Une basse qui
prend les devants, vrillante. Une voix aliénante et torturée.
Cette noise puise sa source chez Big Black pour n'en garder
que sa face la plus sombre et neurasthénique. La marche
est lente et pesante, les guitares tranchantes. Tout se joue
sur la répétition à outrance. La boite
à rythme ajoute au coté machine de guerre froide
et implacable. Faut forcément être d'humeur pour
se cogner ça mais la musique de ce groupe italien est
loin d'être inintéressante. Pour peu que vous vous
preniez le doigt dans le bon sens au premier sillon, vous embarquez
dans un voyage douloureusement plaisant. Sinon attendez le prochain
tour! A noter que cet album vieux de 2 ans va ressortir après
un retravail avec les parisiens de Heliogabale. Et que leur
deuxième album, si ils ne se sont pas suicidés
d'ici là (gag) sort très prochainement. Lobotomie
frontale.
SKX (17/07/2001)
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PROVIDENCE
UNION
"
die my infinity + 4 " - CD
Stickfigure / Donut Friends 01
Il
est toujours plaisant de suivre l'évolution d'un groupe.
Surtout quand celle-ci se fait dans le bon sens. Comme tant
d'autres, ce groupe de Floride avait commencé par un
honnête et très classique emo-rock, dérivation
bien connue des affres de Dischord records and co. Et comme
pour mieux tourner la page et vous prouver leurs changements,
on retrouve trace de ce passé dans le "+4"
à la fin du CD. Quatre morceaux enregistrés en
2000, témoignage d'un certain talent... largement répandu
aussi chez des dizaines de confrères! La nouvelle version
de Providence Union n'est pas non plus un virage à 90°.
Mais ils intègrent désormais à leurs émotions
viriles de base des éléments de ce rock que l'on
retrouve chez Les Savy Fav, The Liars ou 90 Day Men. Des sonorités
qui doivent autant aux années 80 ("plastic ceilings")
qu'au post-rock actuel. Bref une palette de climats étendue,
pour un mélange, qui peut paraître bâtard.
Avachi dans le canapé de notre routine, Providence Union
ne bouleverse certes pas nos habitudes. Et pourtant, et pourtant,
le tapis ne sert pas qu'à ramasser la poussière.
Attachant, personnel, l'amalgame de tous les dangers est transformé.
L'heure est à l'infusion-citron. Aigre, sensible et félin.
Providence Union ratisse large et finit par trouver sa voie
au milieu des décombres.
SKX (21/05/2002)
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Panthers
Things are strange - CD
Vice 2004
Les gondolent se tordent et les panthères, les vraies,
se mordent la queue, de honte. Dans Panthers, tout le monde
vient du milieu hardcore, ex-Orchid en tête. Après
un honnête premier album et un maxi " Let's get serious
" qui amorçait un virage, Panthers a définitivement
franchi la ligne blanche. Les choses sont étranges. C'est
eux-mêmes qui le disent. The Panthers jouent du gros rock
seventies, avec tout plein de pédales wah-wah et des
mains pleines de gros doigts tout tachés. Entre Pearl
Jam et Led Zeppelin, la place est toute trouvée. Avec
quatre morceaux (sur les neuf) de sept minutes, pompeux et vulgaires,
on se demande vraiment ce qu'il s'est passé. Vice records
est apparemment avant tout un magazine hanté de ne pas
être à la mode, pour qui le mot punk est synonyme
de MTV. Pour sûr que ce disque va plaire à tout
ceux qui aiment se mettre plein de poudre blanche dans les narines.
Mais ça n'explique pas tout ce revirement de la part
de kids qui viennent tous du milieu hardcore
Ah ma bonne
dame, ya plus de jeunesse ! Disque de merde.
SKX
(14/11/2004)
website
groupe www.pantherspanthers.com
website
label www.vice-recordings.com
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Pedro
The Lion
Achilles Heel - CD
Jade Tree 2004
Les bonnes choses ont toujours une fin. On peut espérer
un retour en grâce. Mais en attendant, va falloir se coltiner
une déception. Pedro The Lion rentre dans le rang. Exit
les pop-songs touchées par le bon Dieu auquel il croit
tant. Exit cette tristesse viscérale qui collait à
sa guitare. Sa voix, qu'il n'a heureusement pas perdue, ne sauvera
pas tout. David Bazan, qui a désormais dans son camp
comme membre permanent, un certain TW Walsh, vient de sortir
un disque de pop banal. Donc dans son cas, mauvais. Au mieux
insipide. Sans inspiration. Une production nickel et léchée
qui rend sa mélancolie ennuyeuse. Des mélodies
passe-partout. Le Pedro s'est endormi sur ses lauriers. L'album
était pourtant bien parti avec " bands with managers
" dans la lignée de ces précédentes
compos. Le lien était fait. Mais il a explosé
vite fait ou plutôt liquéfié au fur et à
mesure que la facilité s'annonçait et que mon
visage se décomposait. Tout ça va vous paraître
un poil dur. Il n'y a rien de honteux sur ce disque. Mais j'attendais
autre chose qu'un produit de consommation courante. La déception
est à la hauteur de l'engouement des enregistrements
précédents. Dans ce cas là, on ne fait
pas dans la demi-mesure. Un fan, par essence, c'est con. Pedro,
retrouve tes crocs ou ça va être l'heure du péno
!
SKX
(27/08/04)
website
groupe www.pedrothelion.com
website
label www.jadetree.com
sounds
Discretion.mp3
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Permanent
Fatal Error
Law Speed - CD
Ruminance 2004
La face cachée du système, l'organe face à
la machine, le hasard de la chute. L'erreur fatale et permanente.
L'immersion dans un monde où on reprend tout depuis le
début. Olivier Manchion, libéré d'Ulan
Bator (et de ces laborieuses dernières sorties) s'entoure
d'une nouvelle bande. L'acoustique règne en maître.
L'analogique est son bras armé. Touché au cur
du tympan l'auditeur égaré. Ce qui frappe tout
de suite, c'est le son. Cette profondeur de champ, ce grain
vivant. L'atout principal qui permet de poser des compositions
habillées pour l'hiver. Un enregistrement confié
à un certain Lionel Darenne, disciple de Albini, dont
le travail est ici précis et lumineux. Harmonie des sons,
clarté de l'objet, " Law speed " a de la sobriété,
un éclair blanc qui vous transperce et cicatrise sur
le champ. L'ambiance n'est pas au réchauffement de la
planète. Tout au plus peut-on parler d'une douce mélancolie
qui vous enveloppe sans être rassurante pour autant. L'acoustique
se mélange à l'électronique. Cette pulsation
rythmique, ce sonar qui traverse deux morceaux et dont l'écho
ne cesse de revenir hanter régulièrement tout
l'album. Permanent Fatal Error ne rocke pas. Ou alors dans la
retenue, en basant le rythme sur la répétition,
jusqu'à créer une illusion de mouvement. Mais
de cette musique, on retient surtout son caractère soigné,
ce folk urbain parsemé de drones, voir effleurer le jazz
le temps d'un " B#side part2 " parcouru d'une trompette
à l'air classique. Une musique sans geste brusque. Juste
l'aléa du changement intempestif mais sans fracas, une
tension tissée patiemment. Le bois et l'acier. On ressent
à l'écoute de Permanent Fatal Error comme un malaise.
Une sensation de chaleur et de bien-être dans un environnement
chirurgical et distingué. On est séduit et en
même temps, on aimerait qu'il s'y passe plus de choses.
Des brèches s'ouvrent. L'odeur qui s'en dégage
est néanmoins des plus intéressantes.
SKX
(04/12/2004)
website
groupe permanentfatalerror.free.fr
website
label ruminance.free.fr
sounds
apic.mp3
| blu.mp3
|
The
Phantom Limbs
Displacement - Cd
Alternative Tentacles 2003
Vaille
que vaille, Alternative Tentacles maintient le cap. Loin d'être
à la une des dernières tendances mais son propos
se situe ailleurs. Et de son chapeau, le père Jello Biafra
est toujours prompt à nous sortir un sain coup de pied
dans les valseuses pour nous rappeler à son bon souvenir.
The Phantom Limbs, la tentaculeuse San Francisco, son lot de
fêlés. " Displacement ", deuxième
album. Cinq types, une unité. Tendus sur une folie communicatrice.
Death-rock, punk-rock, no-wave satanique, qu'importe, danser
sur les déchets de l'humanité avec un sourire
carnavalesque, tordu dans l'agonie. Synthé sur la main
courante, sinistre messie qui plane sur toutes les compos. Injonctions
de rythmes, défouloir et martelant, bataille d'instruments
qui gardent toute leur cohérence dans d'énergique
et mélodique pièces saignantes. Au contraire de
toute cette vague de groupe rock à synthé, The
Phantom Limbs est viscéralement punk, malsain et on ne
danse ici qu'avec l'énergie du désespoir. Au diable
la prétention et le coté arty. Ici tout est naturellement
foutu d'avance. Hopeless, c'est le (sur)nom du chanteur. Condamné
à brûler sur le bûcher dans ses incantations
tout dans l'urgence, mi-parlé, mi-hululant. Dans la grande
tradition des showmen américains. Normal pour un groupe
d'Alternative Tentacles dont la réputation scénique
de ses poulains est toujours mise en avant. Celle de Phantom
Limbs est sulfureuse. " Displacement " est un grand
disque de rock'n'roll, de tout son danger, qui vous bouscule
et vous roule, noire et rouge, le cirque, la grande messe et
sans l'esbroufe. Ce fantôme est bien réel, pour
notre plus grand plaisir.
SKX
(11/10/2004)
website
groupe www.thephantomlimbs.com
website
labe www.alternativetentacles.com
sounds
CastanetsCookie.mp3
| Active_Verbs.mp3
| Romance.mp3
|
The
Planet The
Physical Angel - CD
54° 40' or Fight 2003
Disque
bi-polaire. Sur le pôle nord, une musique toute droite
venue de l'héritage de Devo, de cette époque bizarre
où le punk se mettait à tenter des choses étranges,
dont l'écho s'est retrouvé quelques années
plus tard dans des groupes hybrides comme Brainiac ou Rah Bras
où rock et synthétique se retrouvaient pour une
danse impossible. The Planet The a encore du pain sur la planche.
Pôle sud, ce trio de Portland revient à plus de
normalité, le chanteur prend sa guitare et sans en faire
tout un plat, leur folie réchauffe un peu les curs.
Un chanteur sûrement très visuel et bien frappé
sur scène à l'entendre ainsi geindre de façon
débile. Musique chewing-gum, qui bouffe à beaucoup
de râteliers, ça passe du coq à l'âne.
Il reste encore beaucoup à faire pour lier tout ça.
Sortie surprenante du label 54° 40' or Fight records qui
se dévergonde avec un groupe dont on se gardera de les
juger trop précipitamment tant il semble capable du meilleur
comme du pire!
SKX
(03/04/2004)
website
label
www.fiftyfourfortyorfight.com
sounds
www.fiftyfourfortyorfight.com
-> section "merchandise"
|
Planquez
For those that might care - 12''
unlabel 2004
Pour
ceux que ça intéresse
Planquez est un trio
anglais qui remue ciel et terre pour vous sortir un disque tous
les 3 ans et faire des tonnes de concerts, environ 3, 4 par
an entre Londres et le sud de l'Angleterre où ils ont
établit leur base. Sacré Planquez! Cette nouvelle
livraison, limitée à 220 exemplaires, comporte
quatre titres (faut pas délirer non plus, c'est déjà
pas mal !) et continue son petit bonhomme de chemin dans un
noise-rock mélancolique mais viril aux entournures. Ils
se sont concentrés sur un son digne de ce nom où
la basse vous enrobe, vibrante et charnelle (!) et des mélodies
qui vous transportent vers les brumes de la Manche et un passé
frappé années 90, Slint et Shellac restant les
mamelles nourricières sans que cela soit outrageant.
Quand à Flo, le batteur, je ne peux que reprendre les
notes internes du disque "
in charge of punk operations
(and plays drums at times) ". A défaut d'un jeu
de batterie mémorable, son empreinte est surtout indélébile
pour les après concerts
. Pas grand-chose de neuf
donc sous le ciel de Planquez. Toujours aussi économe
et fringuant en attendant qu'ils passent la vitesse supérieure.
Drôle de bougres!
SKX
(04/12/2004)
website
groupe www.planquez.co.uk
website
label www.btinternet.com/%7Eawkwardsilence/unwelcome.htm
sounds
www.planquez.co.uk/care.html
|
Popular
Shapes
Bikini Style - LP
On/on Switch 2003
Popular
Shapes, quatre jeunes gens de Seattle qui ne doutent de rien
et qui ne sont pas du genre à se poser trente-six questions.
" Bikini Style " est leur premier album et si vous
voulez y voir un quelconque rapport avec la surf musique, il
va falloir se raccrocher à l'élastique de son
maillot, car ces neuf titres vont la faire voler en éclats
! La base est punk, le son est rêche et ne s'embarrasse
pas d'effets de manche. La rencontre idéale entre The
Fall, Buzzcoks et les dissonances modernes. Ca attaque bille
en tête et au contraire de beaucoup de leurs compatriotes
actuels, ils ne piétinent pas joyeusement la plate-bande
dance-punk mais côtoient l'enfer du rock'n'roll. Un enregistrement
à l'énergie live où tout se compte en deux
minutes trente. KO assuré en fin de partie. Brûlot
généralisé. Un disque qui vous botte littéralement
le cul, au figuré comme au propre!
SKX
(05/09/2004)
website
groupe www.popularshapes.org
website
label www.ononswitch.com
sounds
MathTest.mp3
|
The
Panoply Academy
Everything here was built to break - CD
Secretly Canadian 2004
Ce
groupe ne vous dit sans doute pas grand chose. Et pour cause,
ils sont les premiers à brouiller les pistes en modifiant
leur patronyme à chaque sortie. The Panoply Academy Glee
Club, The Panoply Academy Corps of Engineers, The Panoply Academy
Legionnaires. Tout ça n'est qu'un seul et même
groupe. Pour cette nouvelle sortie, ce groupe de l'Indiana a
choisit la sobriété en ne gardant que la base
commune. Une façon de signer leurs adieux puisque que
ce groupe a décidé de mettre fin à leur
histoire et ce disque est une compilation de singles, titres
de compilations et inédits, du plus récent au
plus ancien. Autre motif du mystère qui les entoure est
cette propension à distiller une musique sans attache
précise, non-identifiable, le cul entre une multitude
de styles. Si on peut citer une vague famille post-punk aux
cotés de groupes comme 31 Knots (pour la voix), Q and
not U ou Pere Ubu pour le pedigree historique, The Panoply Academy
sait tour à tour être noisy, fun, baroque, envoyer
du bois vert quand il faut monter sur le front rock mais toujours
ambitieux dans ses compositions. Ils utilisent rarement le chemin
de la facilité, tronquant le couplet-refrain pour une
trame narrative, embarquant tout un tas d'instruments pour étoffer
leur panoplie. L'album commence par trois morceaux " perdus
" lors de la session de " No Dead Time " en 2001
avec notamment le morceau " Nom de plume ", qui résume
à lui tout seul leur savoir-faire en matière d'écriture
de morceaux post-punk, indiciblement complexe et pourtant si
limpide à l'écoute. Avec " Diurnally yours
" et " Nocturally yours ", les deux faces d'un
single sorti en mars 2001, ils nous montrent une autre facette
de leur talent. Trompette, piano, morceaux enjoués et
nerveux, construction alambiquée. Ya d'la joie qu' un
" I feel like i'm fixin' to die rag " nous ramène
aux dures réalités de la vie. Mélancolique
ballade qui nous renvoie à la folle gaieté d'un
Xiu Xiu. Une superbe mélodie vocale sur fond de nappe
de synthés lugubres. Avec " Dreamer-crime of the
century ", c'est un pastiche de Supertramp qu'ils s'offrent.
Reprise surprenante, tour à tour agaçante et croustillante.
Et puis retour à des choses plus rock avec " The
Administration " et " We ", la boucle est bouclée.
Avec ce document, The Panoply Academy nous montre toute l'étendue
de ses possibilités. Un disque hétéroclite
mais tel est ce groupe, toujours à la recherche de l'exigence,
malin comme un singe, toujours là où on les attend
pas. Un disque très utile pour faire connaissance mais
je ne saurais que trop vous conseiller leurs trois albums précédents,
tous parus sur Secretly Canadian.
SKX (29/01/2005)
website
label www.secretlycanadian.com
sounds
nocturnallyyours.mp3
| we.mp3
|
Part
Chimp
I am come - CD
Rock Action 2005
Les
Part Chimp sont sourds. C'est ici la seule explication possible.
Jouer si fort, à faire trembler les enceintes, c'est
pour mieux te manger mon enfant. Faites l'essai dans votre caisse
à savon à peinture métallisée. Mettez
le volume à un niveau normal et regardez la gueule des
passants. Ca les changera de la techno. J'entends plus le moteur,
tout grésille, tout contrôle est perdu et j'ai
même pas poussé les potards. I am come est avant
tout une question de production. Le truc indéniable qui
fait la différence. Un son à écorner un
buf centenaire. Un son taillé par John Mogwaï
Cummings. Et qui enterre Mogwaï. Les Part Chimp, ce sont
des anciens (en parti) de la scène de Camdem, quartier
fameux de Londres fin 80 / début 90 d'où sont
sortis tout un tas de groupes sauvages et hirsutes comme Loveblobs,
Sun Carriage et The Faith Healers. L'amour du bruit, ils l'ont
depuis tout petit et en vieillissant, ça s'arrange pas.
On retrouve cette même hargne mais largement magnifiée,
notamment parce que ce deuxième album n'est pas qu'une
histoire de volume, de la simple technique d'ingénieurs
zélés. Ca passe grâce à des compos
aux accroches évidentes, construites relativement de
la même façon, progressivement dans le rouge (sauf
que ça part souvent au sprint !), dans le répétition,
dans l'acharnement, où on trouve, même à
l'état primaire, des mélodies sous le déluge,
des riffs ultra simples et efficaces, d'un batteur qui se prend
pour une locomotive lancée à pleine vapeur, des
larsens comme une bagnole en feu balancée sur un troupeau
de CRS. I am come est le cur et le corps. C'est un tout.
Une déflagration sonore domptée à bout
de bras, jamais loin du dérapage, de l'accident propre
à tout animal sauvage qui n'est pas fait pour vivre en
cage. Le rock a encore de beau reste.
SKX
(08/11/2005)
website groupe www.partchimp.com
website label www.rockactionrecords.co.uk
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Pattern
is Movement
Stowaway - CD
North Failes Industries 2005
A
Philadelphie, ya pas que du gros rouge qui tache. Parenthèse.
On respire un grand coup. Pattern is Movement s'infiltre dans
la brèche. Fraîcheur d' une articulation originale,
d'une bise de variétés dans les arrangements (cordes
sans discordes, piano, banjo), d'une sensibilité pop
et moderne, de percussions multiples, d'un chant qui coule,
sereinement agité. Stowaway est interprété
de façon fouillé et si simple à la fois.
Vous prenez la force tranquille d'un 31Knots et l'esprit baroque
d'un Need New Body tout en s'imposant des limites, vous parfumez
d'un zeste de nostalgie et d'amertume. Pattern is Movement crée
un univers personnel, épuré qui se remplit de
milles choses, se délaisse du superflu tout en s'attardant
sur le détail. La parenthèse se referme. Pattern
is Movement est un mirage. La classe.
SKX
(21/10/2005)
website groupe www.patternismovement.com
website label www.nfilabel.com
sounds Neverlikedthistimeofday.mp3
Talkbacktome.mp3
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The
Phantom Limbs
Random Hymns - CDEP
GSL 2005
Le
groupe de San Francisco ressort ses oripeaux, traînes
sombres et désabusées, cinq titres sur Gold Standard
Laboratories. Quatre inédits et une version largement
remixée de deux morceaux de leurs précédents
disques, tour à tour marrante puis (surtout) pénible,
un bouche trou qui dure quand même neuf minutes. Attardons
nous sur les inédits. C'est du Phantom Limbs tel qu'on
le connaît. Rock vaguement new-waveux avec le synthé
à gauche, le rythme toujours entraînant à
droite et le punk au milieu, porté à fond de poumons,
Hopeless aka Loto Ball, une belle paire qui souffle dans les
bronches pour éviter de s'enrhumer. Car pour la musique,
Phantom Limbs se contente du minimum syndical. Rien d'enthousiasmant
et spécialement inspiré. La routine, loin des
pics de l'album " Displacement ". (En tendant bien
l'oreille) vous pouvez entendre sur " The olympics "
Kristen Louise alias Louise Gas (un homme malgré le nom)
du groupe Sixteens (mouvance death-rock, un split avec The Vanishing),
un pote venu déjà pousser des hululements sur
les deux premiers albums des Phantom Limbs et un accordéon
plus la trompette sur le titre en espagnol " Cobrador minutero
". Mais tout ne suffit pas à relever le niveau d'un
maxi agréable mais sommes toutes moyen. Hopeless parti
à Chicago, The Phantom Limbs semble chercher un second
souffle
SKX
(14/05/2005)
website
groupe www.thephantomlimbs.com
website
label www.goldstandardlabs.com
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Picastro
Metal Cares - CD
Polyvinyl 2005
Morne
plaine! De l'autre coté des grands lacs, de son Toronto
natal, la musique de Picastro descend par congères entier.
L'hiver s'annonce rude. Mais chaud à l'intérieur.
Avec un patronyme dérivé de (Pablo) Picasso et
(Fidel) Castro (mais je m'avance, faudrait demander au groupe
!), Picastro n'est pas à un contraste près. Vous
avez là de quoi faire flamber plus d'une facture de fuel
avec toute la tristesse et l'ambiance frigorifique qui émane
de ce deuxième album. Mais il suffit que Elizabeth Hysen
se mette à sortir le bout de sa voix et que quelques
dynamiques de cordes acoustiques se mettent à chanter
pour que les curs se réchauffent immédiatement.
Une voix pleine de gravité et de trucs qui tournent pas
rond, de boules noires restées en travers de la gorge
sur fond de musique dépouillée, un brin de classicisme
à la Rachel's, un violon, des percussions discrètes,
quelques touches de piano et ce glaçon vous coule dans
la gorge comme du miel. C'est pas de tous les jours. Faut pas
avoir l'humeur cafardeuse au risque de plonger encore plus profond
mais ce disque possède le charme des grands espaces polaires.
Avec ma cabane au Canada en plein milieu.
SKX
(31/08/2005)
website groupe www.picastro.net
website label www.polyvinylrecords.com
sounds metal-cares.mp3
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Pig
Destroyer
Terrifyier - CD
Relapse 2004
Avec
un patronyme si fleur bleue, ne comptez pas que Pig Destroyer
vous compte fleurette sur l'oreiller. Un trio que l'on fixe
sommairement sous l'étiquette "grindcore".
Mais ce grindcore là, j'en veux bien tous les jours (enfin
presque). En fait, c'est un savant mélange de grind,
de trash-metal à la Ministry (le meilleur de Ministry,
autant dire que ça date), de hardcore complexe à
la Dillinger Escape Plan (là aussi ça date!) et
de punk-rock. Point de grosse voix gutturale typiquement death
à l'horizon. Leurs nombreux splits et tournées
avec Orchid et Isis leur donne une approche définitivement
hardcore du grind et le chant s'en ressent. Le trio de Virginie
nous fait donc la totale. Tout se définit sous l'adjectif
monstrueux. Seulement les instruments de base (guitare-basse-batterie)
mais l'impression qu'ils sont quinze là-dedans. La batterie
qui n'en finit plus. A croire qu'une machine infernale la soutient.
Une pression dingue. Tout s'entrechoque et se fracasse. Des
phases de respiration pour mieux accentuer l'intensité.
Des samples du malin et de femmes battues. Des parties fines
et des corps à corps torrides. Pig Destroyer a réussi
un véritable tour de force avec un grindcore intelligent
(oui les deux termes ne sont pas antinomiques), résultat
d'une recherche avancée entre tout
ce qui se fait de mieux dans les musiques extrêmes pour
accoucher d'une bête à visage humain. Même
si tout ça ne semble pas votre tasse de thé pour
vos frêles oreilles, je ne saurais assez insisté
pour une écoute, même curieuse, d'un tel
phénomène musical, un brio, qui sous ses dehors
de brutes épaisses, peut vous réconcilier ou vous
ouvrir à un genre souvent galvaudé, à l'instar
de groupes comme Neurosis ou Breach qui ont su transcender les
styles. Pig Destroyer tue le cochon qui sommeille en toi.
PS : Avec le CD, vous trouverez également un DVD audio
dans un format super luxe ( ??) avec un morceau de 37 minutes
nommé " Natasha ". Parait-il très lent,
lourd avec quelques synthés par derrière. L'aspirine
est donc fournie avec.
SKX
(09/02/2005)
website
groupe www.pigdestroyer.net
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