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NINETYNINE/MAJORITY RULE
"
split album " - Lp
Magic Bullet 02
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99 se bonifie avec l'âge. Leur douzième sortie vinylique
(en comptant singles, albums, split divers et cordes cassées)
est la meilleure à ce jour avec le fameux "Document
#8". Et à écouter ces cinq nouveaux titres,
on s'étonne comme toujours que huit personnes soient recrutées.
Trois guitaristes, deux bassistes, deux chanteurs et un batteur
caché derrière. Enlève tes doigts de mon
nez. Si ils juraient, crachaient que quatre suffisaient à
créer cette musique même pas bordélique et
massive, on les croirait sans sourciller. Hardcore à la
base, Page 99 se débarrasse au fil des enregistrements
de tout superflu et aspect primaire. Je ne suis pas partisan pour
mettre de l'eau dans le vin mais cette coloration inattendue sort
Pg99 du lot des laborieux. Ce saint breuvage continue d'avoir
la cuisse épaisse mais, je ne sais par quel miracle, les
rayons de soleil viennent pourfendre la carapace plus qu'à
l'accoutumée. Une légèreté surprenante
élève les débats. Pg99 se laisse aller à
des sentiments aériens. Une machine à l'allure guerrière
mais qui s'avère avancer la fleur au fusil. Hardcore émotif
et intelligemment conçu.
Avec Majority Rule, l'obscurantisme revient mais ça n'a
rien de négatif. Grosso-merdo, on tutoie des sphères
identiques. Le propos et le ton général reste tout
simplement plus sombre et torturé. Une voix au papier de
verre, une basse qui vous résonne dans le ventre, les fondations
s'effritent, la majorité n'a qu'à bien se tenir.
Majority Rule s'est aussi faire preuve de discernement. La brutalité
gratuite n'est pas leur fort. Aux cotés de Kiss It Goodbye
et Anodyne, ce nouveau trio prend place. Deux groupes à
l'apparence trompeuse qui, sous leurs dehors d'ours mal léchés,
savent faire parler leur sensibilité. Split phare.
SKX (18/09/2002)
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NINETYNINE
"
document #8 " - CD
Robodog 01
Derrière
ce sobre et sombre digipack où la mort et ses têtes
rodent à chaque page du livret intérieur, mon premier
réflexe a été de penser "encore un groupe
emo-screamo-power-violence" j'en passe et des meilleurs de
plus. Encore cette masse informe qui tente d'expulser son venin
en vain. 20 minutes et 7 titres plus tard, je reconnais mon préjugé.
Faut dire que je ne gardais pas de ce groupe, même si je
ne connais pas leur carrière sur le bout des doigts, une
image très aguichante mais plutôt besogneuse. L'écho
de leur précédentes productions (7 au total) n'avait
rien d'attirant. Bref, on tourne la page, on oublie tout et on
s'écoute, vierge de tout soupçon, cet album remarquable.
Si la base reste effectivement cette étiquette bâtarde
narrée plus haut, Pg99 a su sortir la tête du guidon.
Magnifié par la patte de Kurt Ballou (Mr Converge) qui
a mis de l'ordre dans leur chaos sonore, leurs compositions, en
ralentissant et en variant les rythmes, ont gagné en impact
et en intensité. Le propos est noir et cynique, la musique
en dessine les reliefs et pleure sa rage. Un groupe singulier
puisque 8 personnes le composent, même si on peut émettre
des doutes vu que sur disque, ça s'entend pas du tout!
Excepté dans le double chant. Des bouts de mélodies
qui traînent, des rythmes qui montent en boucles, des compos
pleines d'idées, tour à tout directes ou sinueuses.
Une basse qui sonne le glas, seule et perdue. Des larsens qui
cinglent la campagne. On décèle même parfois
un brin de lyrisme. Prenez le meilleur du genre (Orchid, In/Humanity,
Converge), rajoutez Pg99 à votre panoplie. Un disque de
rock tout simplement. Plein de noirceur et de sang. Manque que
le sexe!
SKX (23/01/2002) |
PANICSVILLE
"
floccinaucinihilipification the last compusory exercise
Evil ? " - CDs
Nihilist records 97/98
La
note va être salée. Et le terrain miné. Piégé
de foutre jusqu'aux amygdales!! Catégorie commotion cérébrale
et inhumaine. Méchamment électronique, samples rampant
partout et entre les dents, boucles en boucles et couteaux aiguisés
sur les distorsions. Respect zéro pour l'auditeur. L'ordinateur
prend la main. Inutile d'essayer de se référer à
quelquechose de connu, sinon les pires bruitistes japonais répertoriés,
sauf qu'ici le volume sonore reste vivable. Une gageure! Extrême
est un vain mot qui fait crisser les dents. Avec " Evil ?
" (je me demande pourquoi le point d'interrogation....),
on arriverait presque à revenir sur terre. Pas moins de
8 personnes, des voix, des cris, des vraies, mais salement traitées
à l'acide, rythmes pesants, samples de dégueulis
sur " the feculent mouthpiece ". Une ambiance toute
aussi électronique suintant le malsain, à l'image
des peintures de Jérôme Bosch ornant le packaging.
Car si la musique vous rebute - et je ne vous en voudrait pas
- rabattez vous sur ces 3 "boîtiers", véritables
originalités et pièces de collection. Pochette plexiglas
dur et à bulle. Ou alors plaques d'acier inoxydable à
renforcement élastique. Et la cerise sur le bûcher,
2 planches de contre-plaquées tenues par 4 simili pinces-clippantes.
Avec à l'intérieur des CDs à chaque fois
au cas où vous l'auriez oublier!! Ne détériore
pas votre chaîne. Juste les neurones qui s'agitent dans
votre cervelle pleine de merde !
SKX (01/08/1999)
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PANKRATION
"
effective range of the system varies " - 7"
Donut Friends 99
Furia
maestria. Comme souvent chez les groupes de Donut Friends records,
le son est travaillé dans le granit, à même
les mains, donnant une impression de live. Quand vous avez en
plus une qualité de compositions largement au dessus du
lot, ces 3 titres noise palpitent sous les sillons! Et le chanteur
semble vomir ses paroles, paroles à ne pas montrer à
un enfant de choeur, imprimant une touche spéciale pleine
de brouillard, tout comme le surprenant piano à la fin
de " goldberg ". Un single à se procurer absolument
!
SKX (01/08/1999)
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PANTHERS
"
are you down? " - CD
Troubleman 02
Toutes
griffes dehors, Panthers vous aligne déjà un pedigree
long comme ça. Trois ex-Orchid, un ancien The Red Scare
et Justin Chearno qui joue toujours avec Turing Machine. Une carte
de visite qui a du chien et du mordant. Avec un patronyme proche
du fameux mouvement black américain (les "Black Panthers"),
ce faux avis de recherche à l'intérieur de la pochette
où ils veulent nous faire croire qu'ils sont "wanted
by FBI", slogans primaires, on se demande à quel degré
prendre ça. Et à y regarder de plus près
(références multiples au dadaïsme, situationnisme,
paroles enflammées), le degré est proche du premier.
Ces ptits gars là ont l'air de se prendre vachement au
sérieux! Je voudrais pas être médisant, mais
ces pseudos révolutionnaires de salon et intello du sillon,
j'ai du mal à y croire. Enumérer dans ces chansons
("sex ed") une litanie ronflante de Jean Genet, Jean-Paul
Sartre, Emma Goldstein ou encore Michel Foucault et finir par
des phrases comme "you tell me to make love not war. Why
not make both", je rigole doucement des genoux. Planquez
vous tout le monde, la révolution est en marche! Ca se
donne un genre. Le genre gonflant. C'est donc en pleine crise
adolescente boutonneuse que Panthers sort son premier album. Qui
est loin d'être révolutionnaire! Mais loin d'être
inintéressant non plus. Cette chronique avait l'air d'être
parti sous de mauvais auspices. Heureusement, la musique rétablie
l'équilibre. Embrassons nous sous le gui et réconcilions-nous!
Les Panthers nous font du rock à la Three Penny Opera-Kurt-At
The Drive In. Du direct qui ne s'attarde pas dans les virages.
Toujours une accroche mélodique, un rythme, un riff, à
vous faire dodeliner la tête, à faire battre la semelle
sur le plancher. Dix titres qui s'enchaînent limpidement,
ce qui ramène à leur discours et à un certain
manque de profondeur en général. Ca le mérite
d'être racé et finement roulé, le récurrent
fantasme de la décapotable rouge sur l'autoroute du soleil.
Si on fait abstraction de l'habillage, "are you down?"
est un album des plus séduisant. Une mécanique parfaitement
huilée qui suffit à nos aspirations des plus humbles.
SKX (23/05/2002)
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PEDRO
THE LION
"
control " - CD
Jade Tree 02
Je
me suis fait tout p'tit. J'ai pas regardé d'où venait
le vent. Accueilli dans le plus simple appareil. Dès fois,
faut pas chercher midi à quatorze heures et prendre le
bonheur là où il est. La grande force de David Bazan,
alias Pedro The Lion, c'est décrire des mélodies
universelles, d'une grande simplicité qui en font tout
son talent. Pour ce troisième album, Pedro a choisi le
tout électrique. Adieu les compositions simplement habillées
d'une guitare acoustique et du timbre traînant et mélancolique
du maître des lieux. Chaque titre possède son droit
à la rythmique, à sa belle guitare électrique
rutilante. Le style s'enrichit, gagne en puissance mais garde
une aura dépouillée. A peine un synthé pour
le liant, pour faire trembloter la corde à émotions
(le morceau de clôture "rejoice"). Pour le coup,
Sebadoh sonne encore plus à la porte de Pedro The Lion.
Sauf que le félin ne sort que rarement les griffes. Pas
de violence gratuite et de larsens intempestifs. Tout s'impose
dans la douceur. Le charme de l'innocence. Car le Pedro n'a pas
son pareil pour vous torcher des mélodies poignantes sans
être mielleuses, toutes simples sans être simplistes,
tristes sans être larmoyantes et avec suffisamment de morceaux
enlevés pour ne pas vous miner le moral pour la journée.
Avec des sommets comme "second best" ou "penetration",
tube en puissance. Un parmi d'autres. Autant les fans d'Engine
Down que de Unwound, tous les amoureux de pop intelligente et
de musique plus intimiste à la Nick Drake se doivent de
connaître Pedro The Lion. La béatitude nous guette.
SKX (01/08/2002)
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PEDRO
THE LION
"
winners never quit " - CD
Jade Tree 00
Pedro
The Lion est un homme orchestre. Le lion est un seul homme. Pedro
alias David Bazan. Compositeur, interprète, il chante,
gratte, basse, tape sur la batterie, pas une minute à lui
et croit en Dieu. Très fort. Si fort qu'il en cause beaucoup
dans ses paroles. Pas façon grenouille de bénitier.
Plutôt abstrait et pas prêcheur. Des petites histoires
de la vie quotidienne, les faiblesses de l'homme, la rédemption.
Et Dieu, dans son infini bonté, parce que dès tout
jeune, le petit David il a beaucoup prié, lui a donné
le don de la mélodie, amen. Il a même été
très généreux. C'est ce qui fait la force
de ces 8 titres. Chaque morceau a son charisme. Qu'il soit dépouillé
ou cadencé. Car c'est un peu Janus là-dedans. Comme
sur ces précédents disques, on a le droit a juste
lui et sa guitare sèche (voir un piano ou un violon au
fond), des morceaux tellement arides et tristes à faire
fondre une cloche que j'en perds mon latin. Un morceau comme "
to protect the family name " me convertirait presque tellement
c'est poignant. Quant aux autres morceaux, on sort la rythmique,
on branche le courant et on se croirait au meilleur de la forme
de Sebadoh sans les excentricités. De purs bijoux à
écouter en boucle, à vendre son âme au diable
pour pouvoir écrire de telles pop-songs. Il a bien fait
de pas abandonner le père Bazan et nous, on a gagné
le gros lot. Un truc qui fait l'unanimité. Un truc à
part qui s'écoute tout seul dans son coin.
SKX (22/02/2001)
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PER
MISSION
"
a ritual loop " - CD
Monitor 01
Le
Per Mission est un homme seul. Alias Jason Noble, bassiste de
Shipping News. Membre actif des Rachel's et membre fondateur de
Rodan. Dans cette nouvelle croisade, il a décidé
l'introspection solitaire. Seuls quelques compagnons de longues
routes le soutiennent. Ils lui prêtent leur voix (Katerine
Smith, Liz Menzel), texte narratif, timbre grave. Ils lui concèdent
quelques rythmes, des sons éparses. Et Jason collecte,
sample, programme la beat machine, électronise par vague
nébuleuse, assemble, décroche, dérègle
les bandes, implore les cieux pour ne pas sombrer dans une déprime
chronique. Il ya de ces morceaux d'un rythme moderne alors que
d'autres sont monacales. Sombres desseins. Mi-humaine, mi-machine,
l'oreille de Jason a l'ouïe fragile et automnale, emprunte
de gravité et paré pour plus d'une bande son de
film au ralenti. On plonge avec lui pour peu que l'attention soit
captée. Sinon c'est la traversée du désert.
L'impression laissée par ces 12 titres est d'un flou artistique
quelconque et on s'endort avant la fin. Les voies de Jason sont
parfois impénétrables, la face obscure est avec
lui mais n'est pas dénuée d'intérêt,
de trouvailles alléchantes. A condition de vouloir entrer
en communion avec l'indicible.
SKX (26/09/2001)
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PHANTOMSMASHER
"
Phantomsmasher " - CD
Ipecac 02
De
l'atome au fantôme, ne croyez pas qu'il y ait dissolution
de l'énergie et que la fusion devienne secondaire. Atomsmasher
se transforme en Phantomsmasher, quitte les rangs de Hydrahead
et sa sous-section bruitiste Double H noise Industries pour les
bacs à poissons plus gros de Ipecac, mais c'est tout pareil
derrière les manettes. James Plotkin, la tête pensante
qui projette à 2000 à l'heure, ça va pas
mieux pour lui, merci. C'est comme le précédent
album, mais tout est mieux, en plus fêlé, en plus
inspiré. Cette musique est une énigme. Un tel délire
auditif, un type capable de vous caser une berceuse sur "
bishop hopping " au beau milieu d'une attaque sonore en règle
sans que cela ne tombe comme un cheveu sur la soupe, c'est inconcevable.
Des rythmes 10000 beats par seconde, une basse qui résonne
encore des heures durant une fois l'écoute terminée,
des samples qui saccagent tout comme un Tex Avery sous X qui aurait
passé sa jeunesse à se plomber le crâne sur
du trash-metal. Une guitare orientale en pleine fin du monde.
Et ainsi de suite tout du long. La marque de fabrique de Plotkin
et sa bande, c'est de mélanger l'improbable, de surenchérir
dans les rythmes, en faire des tonnes avec des coupures incessantes
sans que jamais cela ne sonne pompeux, surfait ou ne vire à
la démonstration technique gratuite. Un véritable
tour de force. On les imagine pendant des heures à se prendre
le chou en studio. Les rois du mix, c'est eux ! Mais le résultat
est fédérateur. A prescrire autant à des
fans de musique électronique qu'aux kids avides de hardcore,
à des technomen se déchirant la face au break-core
qu'à ceux qui aiment se prendre la tête sur des musiques
cérébrales. Bref, musique extrême, qui passe
comme une lettre à la poste (enfin quand elle est pas en
grève car faut être d'humeur pour se taper l'intégrale
en un seul coup !), puissamment originale et vivante. Atomsmasher
était déjà un OMNI (Objet Musical Non Identifié).
Là, c'est carrément la NASA (Nous Avions Sept Astronautes)
qui en perd sa carlingue et cherche en vain un mot pour qualifier
l'inqualifiable !
SKX (25/02/2003)
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PHILLIPPE
"
The essence in numbers " - Lp
Flower Violence 00
Et
encore une chronique pour rien, une ! Une de plus d'un groupe
qui vous pète entre les doigts , leur 1er album à
peine sorti. Un split durant l'enregistrement, voir convenu avant
puisque c'est déjà annoncé sur les notes
internes du disque ! Est-ce la raison d'ailleurs pour laquelle
cet album à un goût d'inachevé ? On avait
durement flasher ici sur leur poignée de single et leur
split LP avec GUINEA PIG. On salivait d'avance et sans être
mauvais, cet album reste en-dedans. Comme bâclé,
ras-le-bol, désaccords au sein du groupe ? Toujours est-il
que les compositions n'ont pas la richesse habituelle, ne décolle
que trop rarement, s'engourdissent et reste en vol stationnaire.
Idem pour le son moins rugueux et bruyant. On a même le
droit à un " distance preferred " remixé
dance-floors lourdingue. On se demande réellement ce que
ça fout là ! Reste un album honnête, avec
ses bons passages emo-rock mais très loin de l'intensité
que pouvaient nous procurer leurs prestations scéniques
ou de leurs 45. (Des membres ont formé depuis Eniac).
SKX (02/06/2000)
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PHILLIPPÉ
"
misamee " - 7"
Flower Violence Rds 98
2ème
sortie des bois avec ce single 4 titres. 4 hits devrais-je dire
tant ça fulmine en tout sens d'accroches sulfureuses. Et
toujours ce jeu du guitariste, alerte entre bruit blanc et mélodies
tombées du ciel. Et ne croyez pas que les autres soient
en reste. La rythmique a beaucoup de répondant, le chanteur
sait se démarquer du chant typique emo. Enveloppé
dans un sens du bordel organisé, ce single est un must!!
SKX (23/07/1999)
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PHILLIPPÉ/UNIVERSAL
"
love " - split 7
Flower Violence / Hombre Lobo Rds 99
L'histoire
du split continue. Universal tourne très carré,
n'y va pas avec le dos de la cuillère . Sans finesse et
lourdingue, une attaque de chars d'un hardcore usant. N'est pas
Acme qui veut. Phillippé maintient le cap. Trop intelligents
pour se faire rattraper par une étiquette, ils flirtent
avec le meilleur des styles, passent entre les blocs. 2 titres
de plus à se mettre dans la besace à bonheur.
SKX (23/07/1999) |
PIGZWILLTOAST
last chance to dance - CD
Les 7 Piliers / Izimobil 01Le poil du cochon grillé au
regard étonné s'en va danser d'un pas tire-bouchonné.
La démarche hésitante, la piste de nuit sous les
pieds, nous voilà sous les couleurs électriques
de Pigzwilltoast, qui va nous apprendre à bouger, à
nous tortiller en cadence. Des rythmes frelatés, une odeur
de fête louche et abondante. Pigzwilltoast, c'est toulousain,
navigue entre Condense et No Means No. Avouons que la diagonale
est belle. Qu'elle autorise toutes sortes de pirouettes et de
péripéties autour. De déviations en forme
de saxophone pour le coup de rein personnel. Le rythme est entraînant.
Tout le monde se met au chant, pas de traînards à
la chorale. Les guitares pour la partie ombrageuse et tendue.
On entre dans cette ronde paillarde et acerbe d'un pas décidé,
se saouler avec plaisir. La danse est rapide. Six titres pour
décrocher la timbale. C'est suffisant pour se faire remarquer.
La représentation est terminée. Gageons que ça
sera pas leur dernière chance pour nous faire valser.
SKX (05/12/2001) |
Playing
Enemy / Pelican
Split 7''
Hawthorne Street 05
Playing
Enemy ayant enchanté 2005 et fini tête de liste,
toute nouvelle trace vinylique est guetté comme le messie.
The priest cop est le nom dédié à
ce nouveau morceau, dont l'enregistrement date sûrement
de l'époque de I was your city. Sur ce point là,
point de surprise. C'est du bon, du très bon, on ne change
pas une formule qui gagne avec un riff de guitare bien maniaque
et une perle de plus à vous enfiler par derrière.
Pelican, c'est le registre dinosaure. Un oiseau ampoulé
dont j'ai du mal à comprendre l'envol qu'il suscite.
Leur morceau Sirius est une version démo d'un
titre présent sur leur dernier album the fire in our
throats will beckon the thaw. Le patronyme démo mérite
bien son nom. Du metal fleur bleue qui sent le prochain passage
à MTV. Uniquement pour les addicts de Playing Enemy et
de musique non édulcorée.
SKX
(18/01/06)
website
groupe www.playingenemy.com
| www.pelicansong
website
label www.hawthornestreetrecords.com
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PHILLIPPÉ/GUINEA
PIG
"
s/t split " - Lp
Tropical / Short Egg records 97
Un
voyage en terre germanique, histoire de se changer les idées,
m'a mis sur la route de Phillippé, dont le bassiste organisait
le concert de Milemarker à Trier, près de la frontière
Luxembourgeoise. Alors quand tard dans la soirée, j'ai
su que Phillippé, dont j'avais juste rapidement entendu
2 titres quelques jours avant, devait se produire en 1ère
partie des fabuleux Milemarker près de Strasbourg 2 jours
plus tard, mon sang ne fit qu'un tour et tout ce qui roule m'amena
à bon port! Ou plus exactement un soi-disant café-concert
luxueux-beauf et merdique, façon Museum Café (les
Rennais comprendront !). Une razzia sur la discographie de Phillippé
s'imposa alors. Faute au concert. Puissant et rebondissant. Une
discographie encore jeune qui a commencé par ce split album
avec Guinea Pig, autre groupe allemand. Et Phillippé à
tout de suite montrer sa maîtrise. Les affilier emo serait
trop simple. Le jeu du guitariste nerveux et bruyant chavire trop
les normes. Une touche de folie! suinte les structures. Le son
est direct et sans fard. 7 titres qui s'avalent avec réel
plaisir! Et que dire de Guinea Pig, sinon qu'ils ne baissent pas
le niveau! Titres courts (9 en 15 minutes à tout casser),
voix féminine râclante, ces drôles de cochons
de Guinée grognent et se roulent dans le bouillon sans
vergogne. Noise-core tendance pressés d'en découdre.
La rythmique est à ce titre dérangée du bulbe.
Tressautant, tendu et brûlant, il me tarde d'en prendre
plus sous la crâne!!
SKX (23/07/1999)
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PROVIDENCE
UNION
"
conceil/reach " - 7"
Gin and Catatonic records 98
Une
petite merveille d'emo/noise, une attirance sans frein, spontanée,
d'une violence intérieure incomparable. Ca se greffe
dans le plus intime de la personne, vous parle direct. Dans
un style musical largement exploité, quel bonheur de
s'enivrer du fiel de la jeunesse qui y croit encore (et qu'a
bien raison), maîtrisant parfaitement les déflagrations
de liberté et les accès de pudeur, nous offrant
l'espoir d'un single l 'énergie suffisante pour continuer.
SKX (05/07/1999)
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PINK
AND BROWN
"
Shame fantasy II " - CD
Load 03
Pink
and Brown niquait les oreilles et ça faisait un bien fou.
Deux furieux qui pouvaient pas se blairer. L'un guitariste, l'autre
batteur. Ca finit comme ça devait finir. Quand Pink et
Brown tombent à l'eau, il ne reste rien. Sabordage par
le milieu. Les deux survivants sont partis voir d'autres horizons.
Coachwips et Young People (entre autres), c'est les noms de leurs
nouvelles destinations. Sur ce Shame Fantasy II (version CD),
on a l'intégralité de leur discographie plus cinq
inédits d'avant la chute. 5 inédits qu'on retrouve
sur la version vinyle et pas un de plus, faudrait voir à
pas se gourer de format et se faire arnaquer ! Et quand on voit
le niveau des inédits, on se dit que le meilleur était
à venir. Damned ! Plus direct que Lightning Bolt. Aussi
dangereux qu'Arab on Radar, Pink and Brown démontrait à
qui voulait qu'un duo pouvait mettre le feu et assouvir sa soif
de bordel autant que toute une bande de tatoués chevelus
à grand renfort de synthés. 22 morceaux qui dérouillent
sa race. Au contraire de nombreux duo, Pink and Brown savait donner
de la voix, donnant un piment insoupçonné à
ce genre d'exercice habituellement cantonné au tout instrumental.
Punk, bruyant, jamais simpliste, de la saine énergie tout
juste contrôlée ce qu'il faut mais pas trop. Le plaisir
à tous les étages. L'envie de se cogner contre tout
ce qui dépasse. Encore un de ces groupes noise météorites
dont on aimerait qu'ils s'en écrasent plus régulièrement
sur le coin de notre tronche !
SKX (01/07/2003) |
PINK
AND BROWN/DEATH DRUG
"
split 12" - Lp
Load 02
Mr
Pink et Mr Brown se sont séparés. La nouvelle est
toute fraîche. A l'époque de ce split maxi (sorti
en début d'année), ça convolait encore en
juste noce, on pensait ce couple solide. Une tournée européenne
était prévue pour février 2003, un album
sur Skin Graft itou (espérons que l'enregistrement ait
eu lieu et que même posthume, cet album sorte). Un couple
bien de son temps, un duo guitare batterie comme il en existe
temps mais Pink and Brown figurait dans le haut du panier. Au
même titre que Lightning Bolt ou Hella, Pink and Brown ne
trouvait son bonheur que dans les affres du bruit et de la distorsion,
s'envoyant en l'air sur des rythmes tordus et, contrairement à
de nombreux duos, ils ne se contentaient pas de se la jouer instrumentale
mais apposait un chant fiévreux. Cinq titres bien juteux.
Pink and Brown ne sont pas non plus les rois de l'arithmétique.
Ca file droit, ça écorche, de la vie, erratique
et bruyant, "famous anus", félicitations pour
le titre, sales gosses énervés. Ce couple ne pouvait
que se déchirer. Autre face, autre moeurs. Death Drug au
paradis artificiel. Un seul morceau long et chiant comme un mauvais
trip, seventies mon cul, bloqués qu'ils sont sur les mêmes
rythmes et riffs pendant d'interminables minutes. Un split très
bancal mais Pink and Brown vaut bien deux faces.
SKX (27/08/2002)
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THE
PLAN
"
only these movements remain " - CD
Matlock / Rewika 01
C'est
avec une hâte grandissante que j'attendais ce deuxième
album des Canadiens de The Plan. Leur premier jet "This
time is not this place" avait fait l'effet d'une révélation
dans mes hallebardes, le genre de truc que vous écoutez
en boucles pendant deux mois! En digne héritiers d'un
esprit Washington DC et de leurs compatriotes Shotmaker, The
Plan posait ses jalons. Et là, (soulagement), The Plan
continue brillamment sur la voie tracée (lactée).
Tout en prenant soin d'échapper à tout contrôle
prévisible, de garder l'inspiration tout en trouvant
son costume approprié. Beaucoup de finesse, de guitares
esseulées qui plantent un décor fragile et plein
d'une tension sourde. Les structures ne traînent pas en
route, l'énergie est bien là mais emprunte de
nombreux virages. Ils enrichissent leurs palettes instrumentales
d'un vibraphone, d'une trompette, d'un saxo et d'une contrebasse.
Des instruments qui restent très discrets et présents
juste sur 2, 3 morceaux mais qui témoignent d'une envie
d'ouverture, de multiplier les ambiances. Nocturnes et seigneurs
de la route. Ecorchés et chaleurs d'été.
Fugazi devrait en prendre de la graine au lieu de se fourvoyer
dans des impasses et d'emmerder son monde. The Plan est un groupe
brillamment inspiré. L'avenir leur appartient.
SKX (12/12/2001)
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THE
PLAN
"
this time is not this place " - CD
Matlock 00
Le
bon plan du moment (oui, je cède à la facilité)
vient du Canada. Pour une idée première de l'engin,
prenez le meilleur de Washington D.C., ses émotions de
bête racée et croisez le avec des rythmiques plus
carrées et viriles de Chicago. L'affiche est alléchante
n'est-il pas ?! Mais comme on a affaire à des enfants surdoués,
le calibre de l'engin ne s'arrête pas à ces réductions.
On nage en pleine gourmandise. On suce, on se pourlèche
les doigts, on s'en met plein le bide jusqu'à l'indigestion
de dix compositions toutes plus accrocheuses les unes que les
autres. Ca vous colle à la peau, ça l'enduit, du
vrai miel. Ca vous déroute une musique comme ça.
Vous ne savez plus où donner de la tête. La production
est riche mine de rien, avec quelques cuivres et instruments à
cordes acoustiques qui vous tordent encore un peu plus le boyau
à émotion. C'est nerveux et limpide. Avec souvent
en plein milieu de la chevauchée, une accalmie qui déroute,
vous laisse vous réarranger la mise avant de vous achever
d'une bouche gloutonne, les sens débraillés, la
tête toute en l'air. Ce 1er album, c'est du haut vol. Vous
avez tout du meilleur de chez meilleur résumé, tout
ce qui se fait de mieux, tout sublimé, inspiré et
maîtrisé de bout en bout. Ce disque donne une énergie
folle. Ca m'a fait danser tout l'été et ça
m'accompagnera bien tout l'hiver, aisément, et bien d'autres
saisons encore. Un des disques de l'année tout simplement.
SKX (02/10/2000) |
PLANES
MISTAKEN FOR STARS
"
Spearheading the sin movement " - CDEP
No Idea 02
A
l'heure où les avions n'atterrissent pas toujours à
l'heure, Planes Mistaken For Stars pointe son radar avec trois
nouveaux titres plein de promesses pour l'album qui ne serait
tarder
. " Thunder in the night forever ", sous-titré
fort justement " we ride to fight " ou comment te foutre
ta branlée avec un morceau de post-punk-hardcore aux guitares
héroïques, poing levé et cheveux aux vents.
Un poil plus complexe et grandiloquent que leurs précédents
efforts mais quand on est prêt à se battre, autant
en mettre plein la vue pour impressionner l'ennemi. Les deux autres
morceaux ne sont pas là pour faire de la figuration. Rythmes
qui cognent, vocalises qui surgissent des fins fonds avec toujours
ce souci de la mélodie qui taquine. Planes Mistaken For
Stars, c'est de la matière incandescente, du punk nouvelle
génération et No Idea n'est pas à court d'idées
pour vous faire patienter en attendant le format long.
SKX (12/03/2003) |
PLANES
MISTAKEN FOR STARS
"
fuck with fire " - CD
No Idea 01
Ca
démarre pied au plancher. Une longue ligne droite, la
gomme sur l'asphalte. La pédale du frein a été
arrachée depuis longtemps et la distance parcourue en
un temps record. Planes Mistaken For Stars s'amuse avec le feu
(et je reste poli, vu qu'eux on une tout autre notion du feu...),
joue les pyromanes de service. P.M.F.S. a sans doute envie de
mourir jeune et ces punks par essence ont les sens écorchés
à vif, transcendant tout emo kid juvénile en cible
mouvante. Unbroken, la rage de JR Ewing sans la rudesse du son,
P.M.F.S. a fait son deuil de vous étonner et mise tout
sur l'accroche mélodique emballée par une énergie
communicative et répandue à haute dose. On arrive
au dernier morceau en sueur, pas plus intelligent qu'avant mais
repu par une saine secouée. Impeccable à l'approche
de l'été avant de se lancer à l'assaut
du bitume dans sa décapotable rouge. Attention aux virages.
SKX (19/06/2001)
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PLANQUEZ
"
Protect me from failure " - CD
Failure 03
Vous
avez peut-être eu la chance de croiser la route de Planquez
au printemps dernier, en tournée avec Big Numbers. Trois
anglais, typiquement, viscéralement, à l'humour
so british, trois personnalités attachantes comme pas
deux et dont la musique ne reflète en rien la bonhomie.
Planquez, des gens pas pressés, qui jouent ensemble depuis
des lustres (1996, après d'autres projets dont Pushkins
et Moist) et ne sortent leur premier album que cette année.
La force tranquille ! Alors inutile de chercher midi à
quatorze heures. Le flegme est un gêne national. Vous
prenez Slint et sa mélancolie, sa tension sans cesse
sur le qui-vive. Vous rajoutez un peu de Shellac sur des plans
rythmiques et vous avez l'ossature de Planquez. Que du connu
et du concis. Mais ce qui fait la différence chez ce
trio de Brighton, c'est l'art de la composition. Planquez n'invente
rien (comme 96% des groupes me direz-vous) mais eux rajoute
la classe. Une putain de classe pour vous torcher une accroche
mélodique, soigneusement développée lors
de morceaux généralement longs, soutenus par un
grain de voix profond et envoûtant. Et là, vous
êtes carrément sous le charme. Avec sur cet album
huit titres, deux mouvements. Les quatre premiers issus d'un
enregistrement un peu lointain (et qu'on retrouvait sur une
démo). Et les quatre suivants, au son plus abouti et
agressif, morceaux écourtés, chemin vers lequel
se dirige Planquez. On va pas s'en plaindre. Si vous aimez les
choses simples, distinguées et punk sur les bords, faites
la différence comme ils disent, ruez vous sur Planquez
!
SKX (07/08/2003)
|
PLAY
THE PIANO...
"
s/t " - 7"
Tomtetummetott/Adagio830/Bachelor 01
...drunk
like a percussion instrument until the fingers begin to bleed.
Et oui, c'est tout ça le nom du groupe! De "play
the piano" jusqu'à "to bleed"! Mais on
ne vous en voudra pas si vous vous contentez de Play the piano
like a, sinon ce 45 risque d'être fini avant d'avoir eu
le temps d'énoncer ce patronyme à coucher dehors!
Un nouveau quatuor allemand qui ne joue pas du piano debout.
Et pour cause, ya même pas un putain de piano tout au
long de ce cinq titres. Jerry Lee Lewis peut dormir tranquille.
On nage en pleine hystérie collective. Tout un délire
incompréhensible autour du piano alors que la musique
reste très hardcore-rocking chaotique, mouvance actuelle
de sortie. Mais ne boudons pas notre plaisir et les blasés
de série. Ces anciens Cole Quintet sont très convaincant
dans leurs nouveaux costumes, notamment les morceaux "portland.oregon"
et "great". Crispant à souhait, la queue du
piano est depuis longtemps retombée sur les doigts du
chanteur, la valse à trois temps est devenue frénétique
et le pianiste tiré comme un lapin. Les accros du genre
vont se mordre ce qu'il leur reste de doigts.
SKX (20/08/2001)
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PLAYING
ENEMY
"
Ephemera " - CDEP
Escape Artist 03
Mais
qui a envie de jouer avec un tel ennemi?! Ces ex-Kiss It Goodbye
font peur la nuit. Il fait tellement sombre là-dedans
Après un premier album excellent, ce nouveau trois titres.
Playing Enemy font partis, avec Converge, Botch et les Today
is the Day d'antan, des meilleurs groupes de hardcore sombre
et torturé, sans jamais en rajouter un gramme, furieusement
sincère et hypnotisé par leur propre noirceur.
Et Playing Enemy possède sa touche propre. Un premier
titre " John Q Russia " comme on les connaît.
Le truc qui donne envie de s'arracher les ongles. Sur le deuxième
" must bring your weapon ", on entre dans une autre
dimension ou comment sonner toujours aussi compact avec un rythme
proche de la boîte (à rythme !), une voix (et quelle
voix !) et un piano convulsif, véritable trouvaille éclairante.
Et que dire alors du dernier, le bien nommé " you've
got to be crazy ". Huit minutes de pur bonheur masochiste.
La bête surveille. La nuit rôde. Neurosis n'est
pas loin. Cette guitare, sa mélodie qui vous tiraille
les tripes. Cet écho qui mène à l'asile.
Tout simplement génial. Avec cette nouvelle production,
Playing Enemy va encore plus loin et personnalise ses armes.
Ne passez pas à coté de Playing Enemy.
SKX (12/08/2003)
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PLAYING
ENEMY
"
cesarean " - CD
Escape Artist 01
Ravalez
vos larmes! Les fleurs encore à peine fanées sur
la tombe de KISS IT GOODBYE, les trois-quarts de ce monstrueux
combo reprennent les armes et continuent le combat. Seul le
nom change serait-on tenter de dire! Mes os rient. Mes nerfs
rient. J'en râle de plaisir! Ces trois mecs sont fermement
plantés dans le sol, un trio solidement charpentés
qui ne sont que plaintes et déchirements. Recroquevillés,
prêts à bondir, boules de nerfs dévastatrices,
on a pas envie de titiller l'ennemi. Hardcore torturé
et ultime, on sent derrière cette rage primaire du vécu,
du sang et des coups dans la gueule. Pas des poseurs sacrifiant
à la mode du moment mais un vrai sacerdoce. Comme au
temps de Kiss It Goodbye, tous les titres vous donnent envie
de vous arracher à vous même. Le chanteur possède
une voix aliénante, les rythmes sont tribaux et tranchants,
le son s'éclaircit et gagne en puissance. Sans fioritures,
sans oripeaux, sans samples, synthés, sans rien. Nu comme
un ver. Offert à la foule déchaînée.
C'est un hardcore sale et méchant, tellement sincère
et à fleur de peau. Ca vous emmène dans des zones
obscures qui sont sans nom, mais s'agitent, forcenées,
se démènent, tendues vers la révolte. On
en ressort chancelant. L'appel au chaos. Kiss It Goodbye n'était
qu'un au revoir. Le retour est fracassant. Laissez venir à
vous l'ennemi! ( Depuis le bassiste s'est déjà
cassé, ils en cherchent un autre....)
SKX (03/07/2001)
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POLLINé
"
parallel canvas " - CD
Boxcar 00
Boxcar
records s'avouerait-il un léger penchant pour les petits
frenchies ou simple coïncidence.... Après Versailles,
autre nouvelle signature à consonance française
dans le nom. Les paris sont ouverts. Et Policé, outre le
patronyme, partage avec Versailles un amour des guitares quasi-obsessionnel.
C'est elles qui tiennent le haut du pavé, s'éclatent
dans la recherche de nouveaux accords, prolongent les effets de
pédales toujours plus aventureuses, se fourvoient dans
des impasses, croit-on, avant de repartir dans le sens opposé,
jouent à l'élastique et vous mènent finalement
par le bout du nez. Soutenues par une rythmique aussi solide qu'aérienne,
ces guitares imposent leur charme peu à peu, font des détours
psychédélique, calment le jeu, repartent sur les
plates-bandes de Sonic Youth pour quelques moments de tensions,
avec clin d'il au passage à June of 44. Tout ça,
c'est du travail comme dirait l'autre et si on départ on
avait craint l'égarement, trop c'est trop, à l'arrivée,
ça comble son homme, tout se met en place et ces seulement
6 titres, étalés sur la demi-heure, gagnent notre
estime, chapeau bas, bien joué. Et de se dire que, sommes
toutes, ce canevas n'est pas si compliqué, ils savent aussi
tracer de longues lignes droites hypnotiques. Polliné a
de l'attirail, des idées, une belle brochette d'effets
pour varier des climats. Bref, du talent. Bienvenue à eux.
SKX (17/08/2000) |
THE
PORNOGRAPHY
"
car " - CD
Wallace 99
La
musique qui dérange. Les images pour provoquer. Les mots
pour choquer. Les corps pendus qui ne balancent plus. Le gris
et le blanc. The Pornography ne cherche pas à plaire,
ne cherche pas à caresser l'auditeur dans le sens du
poil. Une musique oppressante, des rythmes répétitifs
jusqu'à l'obsession, qui se répercutent comme
un écho malsain de morceaux en morceaux. Une basse qui
prend les devants, vrillante. Une voix aliénante et torturée.
Cette noise puise sa source chez Big Black pour n'en garder
que sa face la plus sombre et neurasthénique. La marche
est lente et pesante, les guitares tranchantes. Tout se joue
sur la répétition à outrance. La boite
à rythme ajoute au coté machine de guerre froide
et implacable. Faut forcément être d'humeur pour
se cogner ça mais la musique de ce groupe italien est
loin d'être inintéressante. Pour peu que vous vous
preniez le doigt dans le bon sens au premier sillon, vous embarquez
dans un voyage douloureusement plaisant. Sinon attendez le prochain
tour! A noter que cet album vieux de 2 ans va ressortir après
un retravail avec les parisiens de Heliogabale. Et que leur
deuxième album, si ils ne se sont pas suicidés
d'ici là (gag) sort très prochainement. Lobotomie
frontale.
SKX (17/07/2001)
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PROVIDENCE
UNION
"
die my infinity + 4 " - CD
Stickfigure / Donut Friends 01
Il
est toujours plaisant de suivre l'évolution d'un groupe.
Surtout quand celle-ci se fait dans le bon sens. Comme tant
d'autres, ce groupe de Floride avait commencé par un
honnête et très classique emo-rock, dérivation
bien connue des affres de Dischord records and co. Et comme
pour mieux tourner la page et vous prouver leurs changements,
on retrouve trace de ce passé dans le "+4"
à la fin du CD. Quatre morceaux enregistrés en
2000, témoignage d'un certain talent... largement répandu
aussi chez des dizaines de confrères! La nouvelle version
de Providence Union n'est pas non plus un virage à 90°.
Mais ils intègrent désormais à leurs émotions
viriles de base des éléments de ce rock que l'on
retrouve chez Les Savy Fav, The Liars ou 90 Day Men. Des sonorités
qui doivent autant aux années 80 ("plastic ceilings")
qu'au post-rock actuel. Bref une palette de climats étendue,
pour un mélange, qui peut paraître bâtard.
Avachi dans le canapé de notre routine, Providence Union
ne bouleverse certes pas nos habitudes. Et pourtant, et pourtant,
le tapis ne sert pas qu'à ramasser la poussière.
Attachant, personnel, l'amalgame de tous les dangers est transformé.
L'heure est à l'infusion-citron. Aigre, sensible et félin.
Providence Union ratisse large et finit par trouver sa voie
au milieu des décombres.
SKX (21/05/2002)
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Panthers
Things are strange - CD
Vice 2004
Les gondolent se tordent et les panthères, les vraies,
se mordent la queue, de honte. Dans Panthers, tout le monde
vient du milieu hardcore, ex-Orchid en tête. Après
un honnête premier album et un maxi " Let's get serious
" qui amorçait un virage, Panthers a définitivement
franchi la ligne blanche. Les choses sont étranges. C'est
eux-mêmes qui le disent. The Panthers jouent du gros rock
seventies, avec tout plein de pédales wah-wah et des
mains pleines de gros doigts tout tachés. Entre Pearl
Jam et Led Zeppelin, la place est toute trouvée. Avec
quatre morceaux (sur les neuf) de sept minutes, pompeux et vulgaires,
on se demande vraiment ce qu'il s'est passé. Vice records
est apparemment avant tout un magazine hanté de ne pas
être à la mode, pour qui le mot punk est synonyme
de MTV. Pour sûr que ce disque va plaire à tout
ceux qui aiment se mettre plein de poudre blanche dans les narines.
Mais ça n'explique pas tout ce revirement de la part
de kids qui viennent tous du milieu hardcore
Ah ma bonne
dame, ya plus de jeunesse ! Disque de merde.
SKX
(14/11/2004)
website
groupe www.pantherspanthers.com
website
label www.vice-recordings.com
|
|
Pedro
The Lion
Achilles Heel - CD
Jade Tree 2004
Les bonnes choses ont toujours une fin. On peut espérer
un retour en grâce. Mais en attendant, va falloir se coltiner
une déception. Pedro The Lion rentre dans le rang. Exit
les pop-songs touchées par le bon Dieu auquel il croit
tant. Exit cette tristesse viscérale qui collait à
sa guitare. Sa voix, qu'il n'a heureusement pas perdue, ne sauvera
pas tout. David Bazan, qui a désormais dans son camp
comme membre permanent, un certain TW Walsh, vient de sortir
un disque de pop banal. Donc dans son cas, mauvais. Au mieux
insipide. Sans inspiration. Une production nickel et léchée
qui rend sa mélancolie ennuyeuse. Des mélodies
passe-partout. Le Pedro s'est endormi sur ses lauriers. L'album
était pourtant bien parti avec " bands with managers
" dans la lignée de ces précédentes
compos. Le lien était fait. Mais il a explosé
vite fait ou plutôt liquéfié au fur et à
mesure que la facilité s'annonçait et que mon
visage se décomposait. Tout ça va vous paraître
un poil dur. Il n'y a rien de honteux sur ce disque. Mais j'attendais
autre chose qu'un produit de consommation courante. La déception
est à la hauteur de l'engouement des enregistrements
précédents. Dans ce cas là, on ne fait
pas dans la demi-mesure. Un fan, par essence, c'est con. Pedro,
retrouve tes crocs ou ça va être l'heure du péno
!
SKX
(27/08/04)
website
groupe www.pedrothelion.com
website
label www.jadetree.com
sounds
Discretion.mp3
|
Permanent
Fatal Error
Law Speed - CD
Ruminance 2004
La face cachée du système, l'organe face à
la machine, le hasard de la chute. L'erreur fatale et permanente.
L'immersion dans un monde où on reprend tout depuis le
début. Olivier Manchion, libéré d'Ulan
Bator (et de ces laborieuses dernières sorties) s'entoure
d'une nouvelle bande. L'acoustique règne en maître.
L'analogique est son bras armé. Touché au cur
du tympan l'auditeur égaré. Ce qui frappe tout
de suite, c'est le son. Cette profondeur de champ, ce grain
vivant. L'atout principal qui permet de poser des compositions
habillées pour l'hiver. Un enregistrement confié
à un certain Lionel Darenne, disciple de Albini, dont
le travail est ici précis et lumineux. Harmonie des sons,
clarté de l'objet, " Law speed " a de la sobriété,
un éclair blanc qui vous transperce et cicatrise sur
le champ. L'ambiance n'est pas au réchauffement de la
planète. Tout au plus peut-on parler d'une douce mélancolie
qui vous enveloppe sans être rassurante pour autant. L'acoustique
se mélange à l'électronique. Cette pulsation
rythmique, ce sonar qui traverse deux morceaux et dont l'écho
ne cesse de revenir hanter régulièrement tout
l'album. Permanent Fatal Error ne rocke pas. Ou alors dans la
retenue, en basant le rythme sur la répétition,
jusqu'à créer une illusion de mouvement. Mais
de cette musique, on retient surtout son caractère soigné,
ce folk urbain parsemé de drones, voir effleurer le jazz
le temps d'un " B#side part2 " parcouru d'une trompette
à l'air classique. Une musique sans geste brusque. Juste
l'aléa du changement intempestif mais sans fracas, une
tension tissée patiemment. Le bois et l'acier. On ressent
à l'écoute de Permanent Fatal Error comme un malaise.
Une sensation de chaleur et de bien-être dans un environnement
chirurgical et distingué. On est séduit et en
même temps, on aimerait qu'il s'y passe plus de choses.
Des brèches s'ouvrent. L'odeur qui s'en dégage
est néanmoins des plus intéressantes.
SKX
(04/12/2004)
website
groupe permanentfatalerror.free.fr
website
label ruminance.free.fr
sounds
apic.mp3
| blu.mp3
|
The
Phantom Limbs
Displacement - Cd
Alternative Tentacles 2003
Vaille
que vaille, Alternative Tentacles maintient le cap. Loin d'être
à la une des dernières tendances mais son propos
se situe ailleurs. Et de son chapeau, le père Jello Biafra
est toujours prompt à nous sortir un sain coup de pied
dans les valseuses pour nous rappeler à son bon souvenir.
The Phantom Limbs, la tentaculeuse San Francisco, son lot de
fêlés. " Displacement ", deuxième
album. Cinq types, une unité. Tendus sur une folie communicatrice.
Death-rock, punk-rock, no-wave satanique, qu'importe, danser
sur les déchets de l'humanité avec un sourire
carnavalesque, tordu dans l'agonie. Synthé sur la main
courante, sinistre messie qui plane sur toutes les compos. Injonctions
de rythmes, défouloir et martelant, bataille d'instruments
qui gardent toute leur cohérence dans d'énergique
et mélodique pièces saignantes. Au contraire de
toute cette vague de groupe rock à synthé, The
Phantom Limbs est viscéralement punk, malsain et on ne
danse ici qu'avec l'énergie du désespoir. Au diable
la prétention et le coté arty. Ici tout est naturellement
foutu d'avance. Hopeless, c'est le (sur)nom du chanteur. Condamné
à brûler sur le bûcher dans ses incantations
tout dans l'urgence, mi-parlé, mi-hululant. Dans la grande
tradition des showmen américains. Normal pour un groupe
d'Alternative Tentacles dont la réputation scénique
de ses poulains est toujours mise en avant. Celle de Phantom
Limbs est sulfureuse. " Displacement " est un grand
disque de rock'n'roll, de tout son danger, qui vous bouscule
et vous roule, noire et rouge, le cirque, la grande messe et
sans l'esbroufe. Ce fantôme est bien réel, pour
notre plus grand plaisir.
SKX
(11/10/2004)
website
groupe www.thephantomlimbs.com
website
labe www.alternativetentacles.com
sounds
CastanetsCookie.mp3
| Active_Verbs.mp3
| Romance.mp3
|
The
Planet The
Physical Angel - CD
54° 40' or Fight 2003
Disque
bi-polaire. Sur le pôle nord, une musique toute droite
venue de l'héritage de Devo, de cette époque bizarre
où le punk se mettait à tenter des choses étranges,
dont l'écho s'est retrouvé quelques années
plus tard dans des groupes hybrides comme Brainiac ou Rah Bras
où rock et synthétique se retrouvaient pour une
danse impossible. The Planet The a encore du pain sur la planche.
Pôle sud, ce trio de Portland revient à plus de
normalité, le chanteur prend sa guitare et sans en faire
tout un plat, leur folie réchauffe un peu les curs.
Un chanteur sûrement très visuel et bien frappé
sur scène à l'entendre ainsi geindre de façon
débile. Musique chewing-gum, qui bouffe à beaucoup
de râteliers, ça passe du coq à l'âne.
Il reste encore beaucoup à faire pour lier tout ça.
Sortie surprenante du label 54° 40' or Fight records qui
se dévergonde avec un groupe dont on se gardera de les
juger trop précipitamment tant il semble capable du meilleur
comme du pire!
SKX
(03/04/2004)
website
label
www.fiftyfourfortyorfight.com
sounds
www.fiftyfourfortyorfight.com
-> section "merchandise"
|
Planquez
For those that might care - 12''
unlabel 2004
Pour
ceux que ça intéresse
Planquez est un trio
anglais qui remue ciel et terre pour vous sortir un disque tous
les 3 ans et faire des tonnes de concerts, environ 3, 4 par
an entre Londres et le sud de l'Angleterre où ils ont
établit leur base. Sacré Planquez! Cette nouvelle
livraison, limitée à 220 exemplaires, comporte
quatre titres (faut pas délirer non plus, c'est déjà
pas mal !) et continue son petit bonhomme de chemin dans un
noise-rock mélancolique mais viril aux entournures. Ils
se sont concentrés sur un son digne de ce nom où
la basse vous enrobe, vibrante et charnelle (!) et des mélodies
qui vous transportent vers les brumes de la Manche et un passé
frappé années 90, Slint et Shellac restant les
mamelles nourricières sans que cela soit outrageant.
Quand à Flo, le batteur, je ne peux que reprendre les
notes internes du disque "
in charge of punk operations
(and plays drums at times) ". A défaut d'un jeu
de batterie mémorable, son empreinte est surtout indélébile
pour les après concerts
. Pas grand-chose de neuf
donc sous le ciel de Planquez. Toujours aussi économe
et fringuant en attendant qu'ils passent la vitesse supérieure.
Drôle de bougres!
SKX
(04/12/2004)
website
groupe www.planquez.co.uk
website
label www.btinternet.com/%7Eawkwardsilence/unwelcome.htm
sounds
www.planquez.co.uk/care.html
|
Popular
Shapes
Bikini Style - LP
On/on Switch 2003
Popular
Shapes, quatre jeunes gens de Seattle qui ne doutent de rien
et qui ne sont pas du genre à se poser trente-six questions.
" Bikini Style " est leur premier album et si vous
voulez y voir un quelconque rapport avec la surf musique, il
va falloir se raccrocher à l'élastique de son
maillot, car ces neuf titres vont la faire voler en éclats
! La base est punk, le son est rêche et ne s'embarrasse
pas d'effets de manche. La rencontre idéale entre The
Fall, Buzzcoks et les dissonances modernes. Ca attaque bille
en tête et au contraire de beaucoup de leurs compatriotes
actuels, ils ne piétinent pas joyeusement la plate-bande
dance-punk mais côtoient l'enfer du rock'n'roll. Un enregistrement
à l'énergie live où tout se compte en deux
minutes trente. KO assuré en fin de partie. Brûlot
généralisé. Un disque qui vous botte littéralement
le cul, au figuré comme au propre!
SKX
(05/09/2004)
website
groupe www.popularshapes.org
website
label www.ononswitch.com
sounds
MathTest.mp3
|
The
Panoply Academy
Everything here was built to break - CD
Secretly Canadian 2004
Ce
groupe ne vous dit sans doute pas grand chose. Et pour cause,
ils sont les premiers à brouiller les pistes en modifiant
leur patronyme à chaque sortie. The Panoply Academy Glee
Club, The Panoply Academy Corps of Engineers, The Panoply Academy
Legionnaires. Tout ça n'est qu'un seul et même
groupe. Pour cette nouvelle sortie, ce groupe de l'Indiana a
choisit la sobriété en ne gardant que la base
commune. Une façon de signer leurs adieux puisque que
ce groupe a décidé de mettre fin à leur
histoire et ce disque est une compilation de singles, titres
de compilations et inédits, du plus récent au
plus ancien. Autre motif du mystère qui les entoure est
cette propension à distiller une musique sans attache
précise, non-identifiable, le cul entre une multitude
de styles. Si on peut citer une vague famille post-punk aux
cotés de groupes comme 31 Knots (pour la voix), Q and
not U ou Pere Ubu pour le pedigree historique, The Panoply Academy
sait tour à tour être noisy, fun, baroque, envoyer
du bois vert quand il faut monter sur le front rock mais toujours
ambitieux dans ses compositions. Ils utilisent rarement le chemin
de la facilité, tronquant le couplet-refrain pour une
trame narrative, embarquant tout un tas d'instruments pour étoffer
leur panoplie. L'album commence par trois morceaux " perdus
" lors de la session de " No Dead Time " en 2001
avec notamment le morceau " Nom de plume ", qui résume
à lui tout seul leur savoir-faire en matière d'écriture
de morceaux post-punk, indiciblement complexe et pourtant si
limpide à l'écoute. Avec " Diurnally yours
" et " Nocturally yours ", les deux faces d'un
single sorti en mars 2001, ils nous montrent une autre facette
de leur talent. Trompette, piano, morceaux enjoués et
nerveux, construction alambiquée. Ya d'la joie qu' un
" I feel like i'm fixin' to die rag " nous ramène
aux dures réalités de la vie. Mélancolique
ballade qui nous renvoie à la folle gaieté d'un
Xiu Xiu. Une superbe mélodie vocale sur fond de nappe
de synthés lugubres. Avec " Dreamer-crime of the
century ", c'est un pastiche de Supertramp qu'ils s'offrent.
Reprise surprenante, tour à tour agaçante et croustillante.
Et puis retour à des choses plus rock avec " The
Administration " et " We ", la boucle est bouclée.
Avec ce document, The Panoply Academy nous montre toute l'étendue
de ses possibilités. Un disque hétéroclite
mais tel est ce groupe, toujours à la recherche de l'exigence,
malin comme un singe, toujours là où on les attend
pas. Un disque très utile pour faire connaissance mais
je ne saurais que trop vous conseiller leurs trois albums précédents,
tous parus sur Secretly Canadian.
SKX (29/01/2005)
website
label www.secretlycanadian.com
sounds
nocturnallyyours.mp3
| we.mp3
|
Part
Chimp
I am come - CD
Rock Action 2005
Les
Part Chimp sont sourds. C'est ici la seule explication possible.
Jouer si fort, à faire trembler les enceintes, c'est
pour mieux te manger mon enfant. Faites l'essai dans votre caisse
à savon à peinture métallisée. Mettez
le volume à un niveau normal et regardez la gueule des
passants. Ca les changera de la techno. J'entends plus le moteur,
tout grésille, tout contrôle est perdu et j'ai
même pas poussé les potards. I am come est avant
tout une question de production. Le truc indéniable qui
fait la différence. Un son à écorner un
buf centenaire. Un son taillé par John Mogwaï
Cummings. Et qui enterre Mogwaï. Les Part Chimp, ce sont
des anciens (en parti) de la scène de Camdem, quartier
fameux de Londres fin 80 / début 90 d'où sont
sortis tout un tas de groupes sauvages et hirsutes comme Loveblobs,
Sun Carriage et The Faith Healers. L'amour du bruit, ils l'ont
depuis tout petit et en vieillissant, ça s'arrange pas.
On retrouve cette même hargne mais largement magnifiée,
notamment parce que ce deuxième album n'est pas qu'une
histoire de volume, de la simple technique d'ingénieurs
zélés. Ca passe grâce à des compos
aux accroches évidentes, construites relativement de
la même façon, progressivement dans le rouge (sauf
que ça part souvent au sprint !), dans le répétition,
dans l'acharnement, où on trouve, même à
l'état primaire, des mélodies sous le déluge,
des riffs ultra simples et efficaces, d'un batteur qui se prend
pour une locomotive lancée à pleine vapeur, des
larsens comme une bagnole en feu balancée sur un troupeau
de CRS. I am come est le cur et le corps. C'est un tout.
Une déflagration sonore domptée à bout
de bras, jamais loin du dérapage, de l'accident propre
à tout animal sauvage qui n'est pas fait pour vivre en
cage. Le rock a encore de beau reste.
SKX
(08/11/2005)
website groupe www.partchimp.com
website label www.rockactionrecords.co.uk
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Pattern
is Movement
Stowaway - CD
North Failes Industries 2005
A
Philadelphie, ya pas que du gros rouge qui tache. Parenthèse.
On respire un grand coup. Pattern is Movement s'infiltre dans
la brèche. Fraîcheur d' une articulation originale,
d'une bise de variétés dans les arrangements (cordes
sans discordes, piano, banjo), d'une sensibilité pop
et moderne, de percussions multiples, d'un chant qui coule,
sereinement agité. Stowaway est interprété
de façon fouillé et si simple à la fois.
Vous prenez la force tranquille d'un 31Knots et l'esprit baroque
d'un Need New Body tout en s'imposant des limites, vous parfumez
d'un zeste de nostalgie et d'amertume. Pattern is Movement crée
un univers personnel, épuré qui se remplit de
milles choses, se délaisse du superflu tout en s'attardant
sur le détail. La parenthèse se referme. Pattern
is Movement est un mirage. La classe.
SKX
(21/10/2005)
website groupe www.patternismovement.com
website label www.nfilabel.com
sounds Neverlikedthistimeofday.mp3
Talkbacktome.mp3
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The
Phantom Limbs
Random Hymns - CDEP
GSL 2005
Le
groupe de San Francisco ressort ses oripeaux, traînes
sombres et désabusées, cinq titres sur Gold Standard
Laboratories. Quatre inédits et une version largement
remixée de deux morceaux de leurs précédents
disques, tour à tour marrante puis (surtout) pénible,
un bouche trou qui dure quand même neuf minutes. Attardons
nous sur les inédits. C'est du Phantom Limbs tel qu'on
le connaît. Rock vaguement new-waveux avec le synthé
à gauche, le rythme toujours entraînant à
droite et le punk au milieu, porté à fond de poumons,
Hopeless aka Loto Ball, une belle paire qui souffle dans les
bronches pour éviter de s'enrhumer. Car pour la musique,
Phantom Limbs se contente du minimum syndical. Rien d'enthousiasmant
et spécialement inspiré. La routine, loin des
pics de l'album " Displacement ". (En tendant bien
l'oreille) vous pouvez entendre sur " The olympics "
Kristen Louise alias Louise Gas (un homme malgré le nom)
du groupe Sixteens (mouvance death-rock, un split avec The Vanishing),
un pote venu déjà pousser des hululements sur
les deux premiers albums des Phantom Limbs et un accordéon
plus la trompette sur le titre en espagnol " Cobrador minutero
". Mais tout ne suffit pas à relever le niveau d'un
maxi agréable mais sommes toutes moyen. Hopeless parti
à Chicago, The Phantom Limbs semble chercher un second
souffle
SKX
(14/05/2005)
website
groupe www.thephantomlimbs.com
website
label www.goldstandardlabs.com
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Picastro
Metal Cares - CD
Polyvinyl 2005
Morne
plaine! De l'autre coté des grands lacs, de son Toronto
natal, la musique de Picastro descend par congères entier.
L'hiver s'annonce rude. Mais chaud à l'intérieur.
Avec un patronyme dérivé de (Pablo) Picasso et
(Fidel) Castro (mais je m'avance, faudrait demander au groupe
!), Picastro n'est pas à un contraste près. Vous
avez là de quoi faire flamber plus d'une facture de fuel
avec toute la tristesse et l'ambiance frigorifique qui émane
de ce deuxième album. Mais il suffit que Elizabeth Hysen
se mette à sortir le bout de sa voix et que quelques
dynamiques de cordes acoustiques se mettent à chanter
pour que les curs se réchauffent immédiatement.
Une voix pleine de gravité et de trucs qui tournent pas
rond, de boules noires restées en travers de la gorge
sur fond de musique dépouillée, un brin de classicisme
à la Rachel's, un violon, des percussions discrètes,
quelques touches de piano et ce glaçon vous coule dans
la gorge comme du miel. C'est pas de tous les jours. Faut pas
avoir l'humeur cafardeuse au risque de plonger encore plus profond
mais ce disque possède le charme des grands espaces polaires.
Avec ma cabane au Canada en plein milieu.
SKX
(31/08/2005)
website groupe www.picastro.net
website label www.polyvinylrecords.com
sounds metal-cares.mp3
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Pig
Destroyer
Terrifyier - CD
Relapse 2004
Avec
un patronyme si fleur bleue, ne comptez pas que Pig Destroyer
vous compte fleurette sur l'oreiller. Un trio que l'on fixe
sommairement sous l'étiquette "grindcore".
Mais ce grindcore là, j'en veux bien tous les jours (enfin
presque). En fait, c'est un savant mélange de grind,
de trash-metal à la Ministry (le meilleur de Ministry,
autant dire que ça date), de hardcore complexe à
la Dillinger Escape Plan (là aussi ça date!) et
de punk-rock. Point de grosse voix gutturale typiquement death
à l'horizon. Leurs nombreux splits et tournées
avec Orchid et Isis leur donne une approche définitivement
hardcore du grind et le chant s'en ressent. Le trio de Virginie
nous fait donc la totale. Tout se définit sous l'adjectif
monstrueux. Seulement les instruments de base (guitare-basse-batterie)
mais l'impression qu'ils sont quinze là-dedans. La batterie
qui n'en finit plus. A croire qu'une machine infernale la soutient.
Une pression dingue. Tout s'entrechoque et se fracasse. Des
phases de respiration pour mieux accentuer l'intensité.
Des samples du malin et de femmes battues. Des parties fines
et des corps à corps torrides. Pig Destroyer a réussi
un véritable tour de force avec un grindcore intelligent
(oui les deux termes ne sont pas antinomiques), résultat
d'une recherche avancée entre tout
ce qui se fait de mieux dans les musiques extrêmes pour
accoucher d'une bête à visage humain. Même
si tout ça ne semble pas votre tasse de thé pour
vos frêles oreilles, je ne saurais assez insisté
pour une écoute, même curieuse, d'un tel
phénomène musical, un brio, qui sous ses dehors
de brutes épaisses, peut vous réconcilier ou vous
ouvrir à un genre souvent galvaudé, à l'instar
de groupes comme Neurosis ou Breach qui ont su transcender les
styles. Pig Destroyer tue le cochon qui sommeille en toi.
PS : Avec le CD, vous trouverez également un DVD audio
dans un format super luxe ( ??) avec un morceau de 37 minutes
nommé " Natasha ". Parait-il très lent,
lourd avec quelques synthés par derrière. L'aspirine
est donc fournie avec.
SKX
(09/02/2005)
website
groupe www.pigdestroyer.net
website
label www.relapse.com
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Pitch
Black
This is the modern sound - CD
Revelation 2005
La
boutade du nom de l'album qui en dit long. N'allez pas chercher
une once de modernité dans ce Pitch Black là.
C'est du bon rock à la Hot Snakes avec un orgue des familles
pour accentuer encore plus la face sixties de la chose. Mais
comme ce vieux rock'n'roll et les guitares sont revenus à
la mode, ce groupe de San Francisco roule dans le sens du vent.
Profitez en avant que le crachat ne vous revienne dans la tronche.
Le rock toujours d'actualité donc. Une façon de
dire aussi pour le groupe que leur son à évoluer,
qu'ils accrochent les wagons, voilà désormais
comment on sonne, tant pis si on prend le train en route. Le
vice est poussé jusqu'à la ressemblance intrigante
dans le timbre de la voix avec Rick Froberg (chanteur des Hot
Snakes) mais bon c'est sa voix à lui, à ce Kevin
Cross, il n'y peut rien le pauvre et ya pire comme organe. Non
l'ennui, c'est que ce deuxième album ne tient pas la
longueur. Si ça démarre fort avec les énergiques
et tubuesques " tonopah " et " toothcutter ",
ça finit par tourner en rond, l'orgue pompe l'air, les
compos finissent par devenir palôtes et l'ombre des Hot
Snakes un rien envahissante. L'énergie déployée
est pourtant belle. Si vous aimez les longues chevauchées
et taper du pied en cadence, l'album regorge d'accroches, le
premier degré, la tentation facile. Pour ma part, j'ai
le coeur fragile et un maxi m'aurait largement suffit.
SKX
(27/04/2005)
website
groupe www.themodernsound.com
website
label www.revelationrecords.com
sounds
Track01.mp3
| Track08.mp3
| Track11.mp3
|
Planes
Mistaken For Stars
Up in them guts - CD
No Idea 2004
Politique
de la terre brûlée. Le deuxième opus du
groupe de Denver PMFS (pour Planes Mistaken For Stars et non
pas pour Plein Mes FeSses
hum désolé) à
l'âme du damné de service. Après moi, le
déluge. La rage, que de la rage mais aussi du coeur,
même saignant, et comme un esprit chevaleresque. Chaque
morceau est comme un hymne au désespoir, cette sourde
tension qui sommeil en chacun. PMFS soigne tout ça à
grand coup de guitares, encore une histoire de déluge,
de la lave bien chaude, explosions de mille sons, arrangements
forts en émotion, guitare acoustique pour appuyer encore
plus où ça faisait déjà mal. On
peut être punk à la base mais ne pas se contenter
de voir minuit à sa porte et avoir de l'ambition dans
sa production. Ca en devient lyrique. Le point fort du groupe
reste la voix de Gared O'Donnell. Le gars qui fume même
le filtre de ses clopes. Une voix aussi marquante qu'un Frankie
Stubbs, le mec de Leatherface, avec qui il partage, non seulement
ses clopes, mais aussi ce grain de corde vocale rocailleuse
et chaleureuse à souhait. Pour ceux qui aiment le classicisme
d'un Leatherface avec la poigne de fer dans un gant de velours
d'un Envy, "up in them guts", version édulcorée
de "en plein dans les couilles", s'avère comme
un met irrésistible.
SKX
(02/02/2005)
website
groupe www.pmfs.net
website
label www.noidearecords.com
sounds
BellyFullOfHell.mp3
www.purevolume.com/PlanesMistakenForStars
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Playing
Enemy
I was your city - CD
Hawthorne Street 2005
Je
m'en remets à peine. Le second album de Playing Enemy
vient tout juste de débarquer en ville, la boucle continuelle
sur la platine et l'onde de choc me poursuit encore. "
Cancer " ouvre les hostilités. Juste la voix psalmodiant,
la guitare égrenant ses accords funestes et une ligne
de basse. Une minute d'échauffement, un ange passe. Pour
le reste, accrochez-vous. Playing Enemy, c'est la plainte faite
homme, un bout de chair bien vivant, tout en respiration haletante
et crispation. Leur hardcore prend de plus en plus des allures
de Dazzling Killmen, surtout avec l'arrivée d'un énième
nouveau bassiste dont le jeu ressemble fortement à celui
de Darin Gray. Espérons que celui-ci soit le bon. Sa
virtuosité et sa hargne flanquent la trouille. Leur musique
prend de la hauteur, s'efface des clivages. Une musique déliée
qui sait rendre son apparente complexité efficace, insister
rythmiquement sur les pions à faire avaler, se réduire
au silence, créer une tension bien réelle, le
morceau qui tourne et tourne, la pression, frôler l'explosion
puis se laisser illuminer par la boule de feu. Playing Enemy
n'a pas de refrain ultra mélodique en plein milieu du
chaos. Ils ne mangent pas de ce pain là. A peine s'autorisent-ils
quelques samples, " tu sais très bien que je t'aime
" en français dans le texte ou cette magnifique
fin de morceau sur " A thousand victories " et ces
churs célestes débarqués de nul part,
la touche lyrique d'un album qui ne manque pas de faille humaine
où le cur parle toujours derrière la virulence
du propos. Toute la différence avec une meute agitée
et stérile. Playing Enemy sait rendre son hardcore émotionnel,
avec une apparente simplicité, sans bluff, le dénuement
sous la colère, une fois l'os bien rongé. "
Capricorn " clos l'album comme il avait commencé.
Je peux taper toute la nuit. Indispensable.
SKX
(01/05/2005)
website
groupe www.playingenemy.com
website
label www.hawthornestreetrecords.com
sounds
track6.mp3
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Playing
Enemy
Fly us home - CDR
European tour 2005
Playing
Enemy ne manque pas de ressort ! Après leur Gas money
ep sorti spécialement pour leur tournée américaine
et qui était censé leur rapporter suffisamment
d'argent pour mettre de l'essence dans leur van, ils nous refont
le coup pour la tournée européenne. Pas sûr
que ce CDR tiré à 200 exemplaires puissent payer
leurs trois billets d'avion retour. L'humour selon Playing Enemy.
Ca paye au moins les bières. On retrouve comme sur la
version américaine un tom mix wept qui n'aura
pas dépareillé sur I was your city. Le
morceau suivant est le plus intéressant. Une reprise
des Dead Kennedys, le fameux Riot. Six minutes toutes
voiles dehors, proche de l'original et en même temps réapproprié
de main de maître. Ensuite un amuse-gueule où ça
bidouille sévère mais civilisé. Pour conclure,
une remix très Moller-Plesset de closer to caesar
figurant sur leur premier album Cesarean avec guitares
acoustiques et enchevêtrement. Pochette faite maison mais
agréable. Un disque qui est plus qu'un bouche-trou mais
pour se le procurer, fallait venir au concert. Vivement le come
back to Europe EP !
SKX
(21/07/2005)
website groupe www.playingenemy.com
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The
Plot to Blow up the Eiffel Tower
Love in the fascist brothel
Revelation (CD) / 31G (CD) 2005
Passons
outre les provocations. Après s'être promis de
détruire la Tour Eiffel, The Plot to Blow up the Eiffel
Tower s'encanaille à faire l'amour dans un bordel fasciste.
Titres douteux (" reich stag rock ", " lipstick
SS "), pochette de mauvais goût et bras levé,
tenues de scène qu'aurait apprécié le prince
Harry (vous savez, celui qui se déguise en nazillon aux
sauteries royales), on se doute que tout ça c'est de
la bravade bon à nourrir le rock comme tant de leurs
prédécesseurs branleurs l'ont pratiquée
Ca n'en reste pas moins de bas étage. Bref, avant d'y
voir plus clair, ce deuxième album de ce groupe de San
Diego est une vicieuse attaque. Leur jazz-punk se mue tranquillement
mais sûrement en une boule bruyante et anarchiste. Qu'importe
la qualité de la composition (sommes toutes très
quelconque ici), seul compte l'énergie déployée.
Virulents, agressifs, les morceaux flirtent avec le chaos basé
sur un bon mélange des genres. Hardcore, le morceau est
capable de rebondir sur une rythmique groove à la Arab
on Radar, de s'aérer les bronches avec un coup de saxo,
de tenter une mélodie sur un vieux fond de synthé.
Le son densifié permet à The Plot to Blow up d'asseoir
sa légitimité et ces 10 titres très courts
sur patte sont une bonne baffe dans la tronche. Seul un sérieux
manque de consistance dans le songwriting et les idées
ne permettent pas à ce disque de passer les écoutes.
La mèche est courte et se consume très vite.
SKX
(06/03/2005)
website
groupe www.blowuptheeiffeltower.com
website
label www.revelationrecords.com
www.threeoneg.com
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Policy
of 3
Anthology - 2xCDs
Ebullition 2005
Cette
rétrospective était dans l'air du temps depuis
au moins deux-trois ans. A l'origine prévue sur Old Glory
records (défunt label), c'est finalement Ebullition (futur
label défunt) à qui échoue l'honneur de
nous présenter la totale de ce groupe pionner (fin 80/début
90) dans le style emo/hardcore passionné. Avec Portraits
of Past, ils ont inspiré plus d'un groupe dont les plus
fiers rejetons s'appellent Yage ou Yaphet Kotto. De la colère,
du lyrisme, une approche bien rentre-dedans toute en gardant
une écriture fine et bien au-delà de la moyenne,
Policy of 3 avait la science infuse et la grande classe. On
retrouve ici l'intégralité de leur unique album
"Dead dog summer". Un classique de chez classique.
Dire qu'avec un seul album, tout avait été dit
dans ce style serait poussé le bouchon un peu loin...
Mais cet album est très représentatif et si il
n'en fallait qu'un... Suivez mon regard!! On retrouve aussi
leurs deux 45trs, des titres égarés sur des compilations
et six morceaux live dont certains n'avaient jamais été
gravés! Diantre! Une seule fois (si je ne m'abuse!) ils
sont venus jouer en Europe, dont un passage mémorable
à Rennes, coincés au fond d'un troquet. Ne surtout
pas se fiez à leur allure de neo-babs. Une fois branchés,
ils n'étaient pas là pour cueillir des pâquerettes,
notamment le batteur à la puissance certaine... Une anthologie
qui se doit de figurer en bon rang dans toute discothèque
d'hardcore kids qui se respectent (enfin pas trop quand même).
SKX
(24/02/2005)
website
label www.ebullition.com
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The
Psychic Paramount
Gamelan into the mink supernatural - CDEP
No Quarter 2005
Blake
Fleming parti former Electric Turn To Me, Ben Armstrong et Drew
St. Ivory, les deux autres membres des grandioses Laddio Bolocko,
ont continué la route ensemble et crée ce Psychic
Paramount, hydre psychédélique en format grand
écran avec plein de bruits à l'intérieur.
Si il fallait chercher un successeur à Laddio Bolocko,
c'est vers eux qu'il faudrait se tourner et nom vers ETTM dont
le cas est désespéré. L'électricité,
c'est ce trio new-yorkais qui tente de la dompter. La guitare
sur les pectoraux, St Ivory tire tout ce qu'il peut de son instrument,
déluge de notes et d'effets pas tous majeurs pendant
que Jeff Conaway fait un abus de cymbales et de cavalcades du
samedi soir à la batterie. C'est l'effervescence continuelle,
la face sombre de la transe. Mais après ces deux morceaux
toutes voiles dehors, c'est l'apparition de drones et de grésillements
que le cinquième et dernier morceau tentera de réveiller
mais en vain. Après un premier concert vu en novembre
2002 et un batteur japonais à l'époque, les progrès
sont indéniables. Mais c'est loin d'être encore
ça. Le bruit pour le bruit. Manque d'âme et de
cur. Dans le jargon, on appelle ça de la masturbation.
Et comme c'est bien connu que ça rend sourd, on fera
comme si on avait rien entendu.
SKX
(30/12/2005)
website
groupe www.thepsychicparamount.com
website
label www.noquarter.net
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Paik
Monster of the absolute - CD
Strange Attractor 2006
Paik assure déjà son cinquième album mais
c'est la première fois que leur musique arrive à
mes oreilles. Et vice-versa. Des débuts qui remontent
pourtant à 1997, bientôt dix ans d'existence. Je
devais être à la pêche. Paik, c'est un trio
de Detroit qui fait dans la musique instrumentale remplit de
feedback, de distorsions et d'une batterie qui n'affole jamais
les compteurs. Une fois passée la brève intro,
prenez le morceau Phantoms. Une mélodie repérable
rapidement, un rythme entraînant légèrement
tribale, un gimmick qui revient régulièrement,
même pas cinq minutes au compteur. On est loin des clichés
post-rock. Pourtant, Paik a tout du syndrome du groupe qui ne
sait pas rocker. Des morceaux généralement qui
s'étendent, une humeur froide et distante, des histoires
d'atmosphère atmosphère, des couches de guitares
qui nous envoient dans un brouillard épais et accessoirement
à My Bloody Valentine et le mouvement shoegazing (ce
truc pour anglais boutonneux cachés derrière leur
frange qui se regardent les pieds en grattouillant leurs instruments).
Ya pas que le MC5 à Detroit. Mais Paik sait aussi flirter
sur les bords du rock, le titiller, balancer de bonnes volées
de cymbales, avoir le rythme vif et des riffs touffus. En fait,
Paik se rapprocherait de groupes instrumentaux comme Tone ou
Hovercraft. Des groupes qui s'amusent avec des ensembles, la
texture du son, des formes fluctuantes qui tour à tour
s'évaporent, se solidifient, s'enflamment sans chercher
à jouer aux montagnes russes. Il semblerait juste que
pour cet album, Paik ait choisi de rendre les choses plus accessibles,
de remettre la mélodie au centre du débat pour
éclairer le brouillard dans lequel il aimait s'envelopper.
Je sais pas si c'est le genre d'album qui peut me réconcilier
avec le post-rock mais les ambiances engendrées par ce
Monster of the absolute peuvent courtiser les plus récalcitrants.
SKX
(21/12/2006)
website groupe www.beyonderrecords.com
website label www.strange-attractors.com
sounds Phantoms.mp3
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Passe
montagne
Long play - CD
Ruminance 2006
Le
Passe Montagne est nantais. C'est bien connu, sur les bords
de la Loire, ça gèle. Et on y chasse le gibier,
surtout armé de baguette. Julien Fernandez se démarque
donc du Chevreuil en duo pour revêtir le Passe Montagne
en trio. En toute décontraction. C'est foncièrement
rock, avec des bons gros riffs de guitares qui suintent à
la Oxes. Bien envoyé, ça ne bronche pas dans les
rangs. Mais les guitares, dont une se fait de temps à
autre passée pour une (vraie) basse, se déstructure
régulièrement, comme la batterie au cheminement
aussi chaotique mais néanmoins très vigoureux,
où ai-je donc mis mes mitaines, mais dans le sac à
US Maple bien sûr, avec deux doigts d'élégance
et un jeu de jambe des plus vifs. Reste à placer quelques
variations d'un synthé très discret, une voix
masculine sur Song and Dance et des menues broutilles pour s'habiller
pour l'hiver et ce Long Play pas très long nous va comme
un gant. Passe Montagne est donc carré sauf dans les
angles. Treize morceaux impressionnistes et véloces,
dans la cour d'un rock pas si complexe qu'il en a l'air, fait
avec légèreté mais consistant dans le fond.
A moins que ce soit le contraire. Le Passe Montagne s'enfile
sans forcer et avec plaisir.
SKX
(14/06/2006)
website groupe www.myspace.com/passemontagne
website label ruminance.free.fr
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Players
Club
Coextinction - CDEP
Arclight 2005
Anciennement
baptisé JJ Paradise Players Club, ce groupe new-yorkais
de vieux renégats de la scène noise opte pour
la simplicité. Players Club donc. Faut-il y voir le signe
d'un renouveau d'un groupe qui n'a jamais convaincu
L'équipe
laisse rêveur pourtant. Dave Curran, qui a emporté
avec lui le son de basse de Unsane dont il fut le premier bassiste.
Joel Hamilton, ex-Glazed Baby et deux anciens Die 116 et Kill
Van Kull dont Cooper sévissant aussi dans Made out of
Babies. Bref que des durs, des mecs sévèrement
burnés qui savent s'y prendre pour installer un climat
lourd et abrasif. Mais tous leurs précédents enregistrements
n'arrivaient pas à la culotte de leur réputation.
Besogneux, lourdingue voir de douteux compromis vers un heavy-rock
présentable à la belle famille. Les deux premiers
morceaux enchaînés laissent augurer de nouveaux
horizons. Unsane et Glazed Baby se rejoignent enfin. Onze minutes
virulentes, malsaines, de rage à peine voilée.
C'est classique mais les fondamentaux ont du bon. Mais les vieux
démons reviennent sur le 3ème titre, un Safety
Words au chant dans le sens du poil et poli avec les tympans
avant de revenir dans le droit chemin pour deux moreaux directs
et sans concession. A l'aube d'un nouvel album qui a pris un
sérieux retard puisque annoncé pour l'automne
dernier, Players Club a encore tout à prouver pour être
à la hauteur de son prestigieux pedigree.
SKX
(25/02/06)
website groupe www.jjppc.com
website label www.arclightrecords.com
sounds TheEMP.mp3
| ThingsYouCanImagine.mp3
|
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Papier
Tigre
s/t - LP
Collectif Effervescence 2007
La
première chose que j'ai faite après avoir enfin
vu Papier Tigre en concert, c'est d'écouter leur album
publié l'année dernière. Un joli vinyle
avec une illustration toute simple, légèrement
poétique tout comme le nom du groupe (dont la signification
éventuellement politique n'aura non plus échappée
à personne). Puis je suis parti à la recherche
d'éventuelles chroniques -la curiosité est un
vilain défaut- et là rien, ou pas grand-chose.
Et surtout pas sur Perte & Fracas qui décidément
n'en rate pas une. Lorsque j'ai posé la question au politburo
central du comment du pourquoi de ce manquement on m'a tout
simplement répondu on peut pas tout chroniquer, t'es
pas chez Nextclues
ici. Comme je n'ai pas trouvé non plus de chronique de
cet album de Papier Tigre sur cet excellent site concurrent
mais néanmoins ami (selon la formule consacrée)
j'ai bien été forcé de mettre en doute
cette version officielle et de chercher ailleurs la vraie raison
de ce désert médiatique. Alors ? Encore une vieille
rancoeur préhistorique née d'un derby Nantes/Rennes
au résultat catastrophique pour les Rouges et Noirs ?
Le mystère reste entier.
Le plus beau compliment que je puisse faire à ce disque
sans titre, c'est qu'après avoir été enthousiasmé
par la prestation en concert des nantais, leurs enregistrements
en studio ont continué à m'entraîner très
loin. Instrumentation pas très classique -deux guitares,
une batterie, du chant mais pas de basse- des structures alambiquées
mais qui retombent toujours sur leur pattes, un chant haut perché
et étrange, des mélodies à tiroirs mais
qui accrochent l'oreille, la pop noisy et décadrée
de Papier Tigre a un charme puissant et envoûtant qui
n'appartient qu'à elle. Nuances imperceptibles, tourbillons
soniques, rythmes enlevés (un batteur assez inqualifiable),
guitares qui susurrent puis qui saturent, voilà un album
bavard et chargé, mélangeant hardiment le kitsch
et l'ascèse, qui ne manque pas non plus d'ingrédients
donnant d'ordinaire des mélanges indigestes mais il faut
croire que Papier Tigre n'est pas un groupe ordinaire. Le disque
monte en puissance émotive au fur et à mesure
que l'on avance dans son écoute pour se terminer par
un Writing On The Wall magnifiquement compulsif.
Le pire c'est que le nouvel album de Papier Tigre, The Begining
And End Of Now, est dans les starting blocs : sa sortie
est prévue -toujours sur le même label- pour le
17 novembre, j'espère ne pas avoir à attendre
une année entière pour en reparler.
Haz (22/10/2008)
website groupe www.myspace.com/papiertigre
website label frvsens00.free.fr
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Passe
Montagne
Extended play - 7''
Euphrate 2006
Un
peu de retard à l'allumage avec ce 7" sorti en 2006.
Mais quand l'objet est beau, on oublie toute notion de temps.
Comme d'habitude avec le label lyonnais, on a le droit à
leur luxueuse mais néanmoins sobre pochette tout en calque
et vinyl transparent. C'est aux nantais de Passe Montagne qu'échoie
l'honneur de cette sortie. Quatre morceaux. Un seul titre connu
issu de leur premier album, le très Oxes Dactiloca. Mais
quand c'est bon, on oublie toute notion de temps. Sur cette
même face, deux autres morceaux bien dans leur esprit
de noise malin (maline ?), ludique et faussement complexe. Face
A, le plat principal. Contaminated population se la joue plus
viril et démembré dont la bonne moitié
se passe en mode répétitif lors d'un duel batterie-guitare(s)
où personne ne veut lâcher le morceau en premier.
Encore du bon boulot. Et quand le boulot est bon
SKX
(23/09/2007)
website groupe www.myspace.com/passemontagne
website groupe www.euphrate.org
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Pelican/These
Arms Are Snakes
Split - 10''
Hydra Head 2008
Commençons
bien l'année avec un objet aussi beau qu'un sapin de
noël planté au milieu d'un salon petit bourgeois
au confort moderne en sursis : l'année 2009 sera parait
il bien pire que celle qui vient de s'écouler alors profitons
en -vivons heureux en attendant la mort comme disait l'autre
et meilleurs voeux à tout le monde.
Le bel objet en question est un split vinyl 10 pouces avec Pelican
d'un côté et These Arms Are Snakes de l'autre.
Une réalisation Hydra Head. La pochette est gatefold
ce qui est vraiment rare pour ce type de format, l'impression
est en relief, le carton épais, les illustrations (des
zigouigouis mi végétaux mi neurones mécaniques)
sont du boss Aaron Turner, le vinyl est transparent avec du
bleu dedans et c'est un tirage limité à je ne
sais combien, je n'ai trouvé le chiffre exact nulle part
mais gageons que comme d'habitude le label saura rééditer
la chose en autant de formats et de nouveaux exemplaires que
l'indécence le lui permettra. Précisons également
qu'il s'agit d'un réel split en ce sens que chaque groupe
reprend un titre de l'autre (avec si j'ai bien tout compris
des contributions des musiciens de chacun des groupes aux enregistrements
de l'autre, le partouze intégrale quoi). Un projet né
en 2007 lorsque les These Arms Are Snakes avaient rejoint Pelican
sur scène pour jouer à huit le titre Pink Mammoth.
Face Pelican : les chicagoans reprennent Gold Diggers
et c'est une bonne surprise. Cela chante (évidemment),
c'est lent, c'est lourd, c'est (un peu) chiant, c'est bourré
de crème glacée avec coulis de chocolat fondant,
ça pleurniche mais pas trop, ça s'énerve
mais avec pudeur, c'est mélodiquement mou et agréable.
Je n'en demandais pas plus. Face These Arms Are Snakes : les
petits gars de Seattle reprennent le fameux Pink Mammoth
de Pelican. C'est instrumental, c'est lent, c'est lourd, c'est
chiant, c'est bourré d'arpège à la guitare
pendant que de l'autre côté une autre guitare coule
une dalle de béton armé. Le batteur est inimaginatif
et plan-plan au possible (il en rajoute question cymbales pour
faire croire qu'il a des idées) et These Arms Are Snakes
réussit ainsi l'exploit d'avoir le goût et la couleur
de Pelican - sucré et rose donc- ce qui n'est pas peu
dire.
Ce joli split est une belle meringue boursouflée ou si
on préfère n'importe quel dessert baveux de son
choix, l'important c'est que cela soit sans conséquence
: une meringue c'est gros et très sucrée mais
surtout lorsque on mord dedans on s'aperçoit tout de
suite que c'est à la fois creux et finalement écoeurant.
N'oubliez pas le citrate de bétaïne sinon l'année
2009 va vraiment trop mal commencer.
Haz
(01/01/2009)
website groupe www.hydrahead.com/pelican
| www.thesearmsaresnakes.org
website groupe www.hydrahead.com
|
Pending
Disappointment
New
York Penn, NY - CD
Midriff 2007
Ce
sont les deux premiers morceaux de l'album qui ont mis le feu
aux poudres. Le doigt dans l'engrenage ou l'art de placer ces
meilleurs titres dès le début. Presque pas l'envie
d'aller plus loin de peur d'être déçu. Deux
titres qui rendent accroc direct. Held Taught (this assassin
has piano wire), la corde autour d'une mélodie entêtante,
un refrain qui donne envie de sauter partout, rythme et clap
hands vivifiants. Mais que demande le peuple ? Avec This
Administration, on décroche aussi la timbale sauf
que je ne peux cesser de penser à Tar. Le groupe en serait
le premier surpris, Pending Disappointment
n'a pas grand-chose à voir avec la bande de Chicago mais
c'est plus fort que moi. Cette tension, cette façon d'être
arc-bouté sur la mélodie, ce sentiment d'urgence
me ramène toujours à eux et c'est loin d'être
un sentiment désagréable. Pour les influences
de ce groupe originaire d'un état redouté par
les zozoteurs (le Massachusetts), il faut plutôt aller
voir du coté de Mission of Burma, chef de file d'une
longue lignée de groupes ricains indés à
guitares, avec un détour vers Jawbox, Unwound voir un
31 Knots pour quelques refrains plus sophistiqués. Car
bien sûr, ce deuxième album ne se résume
pas à ces deux seuls titres. You're still hanging
around est une compo également très classe
et un chant parfait avec juste ce qu'il faut de tension. Hanged
for treason, ballade mid-tempo de cinq minutes pour les
durs à cuire dont on regrettera simplement le refrain
un poil trop pompier (ça leur arrive une ou deux fois
sur ce disque mais rien de dommageable au final), Frisked
and framed me refait à nouveau penser à Tar
(je vis une malédiction) et encore une poignée
de morceaux, toujours sur le qui-vive, un sentiment de colère
et de désillusion qui rend cet album plus que recommandable.
SKX
(08/09/2008)
website groupe www.pendingdisappointment.com
website label midriffrecords.com
sounds hangingaround.mp3
| frisked.mp3
|
Picastro
Whore luck - CD
Polyvinyl 2007
Les
premières notes de l'album pourraient laisser croire
que l'on soit tombé en plein terrain post-folk. L'acoustique
de la guitare, le violoncelle rêveur, l'ensemble peinard
du rythme. L'ambiance post-soixante huitarde de ce Hortur
ne donne pas envie de traîner très longtemps en
compagnie de Picastro. Mais on sent rapidement que le terrain
est miné. Le troisième album des canadiens de
Picastro brasse en eaux troubles. L'orchestration hétéroclite
débouche sur des ambiances qui, si elles sont marquées
par le spectre continuel de la mélancolie, sont tout
aussi variées, passant sans sourciller de la limpidité
blafarde d'une ballade au piano à des morceaux dissonants
et sournoisement expérimentaux. Liz Hysen, maîtresse
de cérémonie, est au four et au moulin, virevolte
entre ukulélé, flûte irlandaise, vieille
orgue de saloon tout en dispensant son chant à l'accent
monotone mais aérien. Derrière, le noyau central
du groupe (Nick Storring au violoncelle et Cello Brandon à
la batterie) n'oublie pas de mettre du rythme dans ce qui pourrait
ressembler sinon à un désert trop glacial et s'entoure
d'une ribambelle d'invités. Le plus connu est James Stewart.
Mr Xiu Xiu apporte ses casseroles électroniques et un
peu de sa voix pour une reprise épurée et déviante
de Older lover, morceau qui figurait sur le 10'' Slates
de The Fall en 1981. Autre reprise, celle de If you have
ghosts par Rocky Erickson, Mr 13th Floor Elevator mais là
c'est issu de sa période solo avec The Aliens, en 1981
également, tout se tient. Whore Luck est un album
de folk grinçant, naviguant à vue entre tradition
et compos atypiques. Picastro trimballe son spleen coutumier
en tentant de brouiller les pistes. Ca peut paraître autant
beau que obscur avec de parfaites compos aux mélodies
évidentes comme Car sleep et des moments plus
impressionnistes et dispensables. Ca reste quand même
un album hautement introspectif, avec quelquechose de rustre
et directe dans l'approche qui fini par vous charmer.
SKX
(26/01/2008)
website groupe www.myspace.com/picastro
website label www.polyvinylrecords.com
sounds 140-01.mp3
|
Pissed
Jeans
Shallow - CD
Parts unknown 2006
Hope for men - CD
Sub Pop 2007
Ce
nom de groupe ! On a pas idée de s'appeler comme ça
sauf si ça résume toute la philosophie (de branleurs)
du groupe en question. Rien à foutre. Voilà ce
que ce groupe de Pennsylvanie vous balance à la gueule.
Rien à foutre de ce que tu penses (de nous). A prendre
ou à laisser. On est comme on est. Fiers de notre crasse
et nos mauvaises manières. Droits dans nos bottes. La
réalité est tout autre. C'est pas cosette qui
sort de sa campagne. Mais le col blanc le cul tanné par
le fauteuil qui se transforme le soir venu en grand méchant
loup. Mais ces quatre blancs-becs ont tout pigé. Le rock.
Le vrai. Hérité des Stooges. Entre, vous pouvez
mettre des tonnes de références punk-rock, ça
n'y changera rien. Pissed Jeans est Pissed Jeans, soit de dignes
bâtards du rock'n'roll à qui on donnerai le bon
Dieu en confession pour qu'ils nous filent notre raclée
quotidienne. Celui qui remet de la vraie saleté sur le
faux cuir du bourgeois toujours prêt à bêler
dans le pré télévisé. Celui qui
remet les mauvaises odeurs dans ce monde aseptisé. Aussi
politiquement correct que leurs collègues de Clockcleaner
à qui on pourrait coller la même intro.
Ca suinte, ça latte les oreilles, ça coupe comme
du verre. C'est débraillé et fort en gueule. Ca
dit les pires conneries et ils ne les assument pas vu que de
toute façon, ils en ont rien à foutre. Shallow
commence ainsi. I'm sick (c'est le nom du morceau). J'ai
mal à la tête
J'ai la fièvre
J'ai la diarrhée. Bon appétit ! Tout en délicatesse
et pourtant, c'est loin d'être des tâcherons. A
force de voir ce nom associer à Pissed Jeans, j'ai été
voir de quoi il retournait des Stickmen with Rayguns, influence
régulièrement citée. Des texans dans les
années 80. Inconnus au bataillon avant que ces pisseux
ne les sortent de leur trou. Effectivement, la filiation est
certaine (il faudra vous en recauser un de ces quatre). Une
rythmique solide, carrée, presque basique par moment
mais baraquée et invulnérable avec autour, comme
une mouche folle, une guitare tout en larsen, feedback, incontrôlable,
aimant tâter les cordes dans l'aigue avant de plaquer
de gros riffs bien tranchants. Et dans le rôle du fou
du roi, Matt Korvett nous narrant ces problèmes d'intestins.
Son chant est tout coupé de râles, de crachats,
de shit et de fuck, d'énervement et de tripes jetés
à même le sol. Pissed Jeans garde cette approche
près de l'os même si sur Shallow, ils n'hésitent
pas à vous emmener dans une ballade rugueuse et tendue
de sept minutes (Ugly twin).
Avec ce premier album, Pissed Jeans partaient sous des auspices
sacrément burnés. C'est ainsi qu'ils sortent un
single sur un petit label qui continue à faire causer
de lui, le fameux Sub Pop. Le morceau phare du 45 s'appelle
Don't need smoke to make myself disappear et est déjà
indispensable, surtout qu'il n'apparaît pas sur le deuxième
album que Sub Pop réalise pour une exposition plus conséquente.
Sub Pop a toujours le nez creux. Pas étonnant puisque
Pissed Jeans représente une certaine continuation du
mouvement grunge. Une certaine idée d'un rock à
guitare, braillard et revêche. Pour Hope for men,
la recette ne change pas. Simplement, on sent que le groupe
a eu plus de temps et de moyens pour peaufiner en studio un
son qui ne fait pas de pitié. Rythmique encore plus puissante.
Des coups de basse à faire trembler les murs. La guitare
qui vomit ses larsens et ses riffs tout baveux de saturation.
Ne vous fiez pas à la pochette. C'est le seul moment
de tendresse d'un album qui n'est que baston et fiel d'un rock
retrouvé. Des compos au cordeau, frappant juste, à
l'économie avec un sens consommé du riff assassin
et entêtant (I've still got you (ice cream) ou
Secret admirer). Même les deux plages d'accalmie
(Scrapbooking et The Jogger) font froid dans le
dos et accentuent le malaise. Hope for men, plein de
vie et de malheur, de détresse et d'amour vache, finissant
sur un apocalyptique My bed que n'aurait pas renié
Oxbow dans ses délires les plus bruitistes. Un très
grand disque de rock'n'roll.
SKX
(06/10/2007)
website groupe www.whitedenim.com/pissedjeans
website label www.partsunknownrecords.com
| www.subpop.com
sounds closetmarine.mp3
| 3285.mp3
| 3462.mp3
|
Planets
s/t - CD
Distile 2007
C'est
la première fois que je demande à ma meuf de m'ouvrir
un CD. Distile records, label parisien, a eu la bonne idée
d'empaqueter, que dis-je, d'enfeuilleter, ce CD dans une toile
de jute cousue des quatre cotés. Je répète,
des quatre cotés. Hey, on fait comment pour le récupérer
ce putain de CD ? Etant aussi adroit avec des ciseaux qu'avec
six cordes d'une guitare, il a bien fallu se résoudre
à demander de l'aide. Passé ce léger moment
de honte, je me demande bien à quel trip écolo
je vais être mangé, ne sachant strictement rien
de ce groupe au nom aussi commun que Planets et qui colle une
vraie feuille d'arbre sur une face de cette pochette 100% nature.
Musique de babos pour bobos ? On se gratte le cul pas longtemps
quand on lit entre les lignes que Paul Slack, membre actif de
Swims, bat à nouveau
la basse dans Planets. Swims se payait déjà la
comparaison avec Hella. Vous n'allez pas le croire mais avec
cet autre duo, c'est encore pire. Il a beau changé de
batteur, Planets reste accroché aux basques de l'autre
fameux duo de Sacramento. Période Hold the horse is.
La meilleure. Avec toujours Aaron Prellvitz aux manettes. Ils
cherchent la merde ou quoi ? Après une courte intro qui
fait craindre le pire, Planets vous envoie en rotation directe
autour de l'astre Hella avec O people. Une batterie bien branque
qui envoie des pelleté de rythmes dans tous les sens.
Un bassiste déchaîné avec un jeu parfois
tout en tipping, cet acte masturbatoire, fantasme de guitariste,
sauf que là c'est un bassiste mais c'est pareil. Si à
haute dose, il parait que ça rend sourd, c'est utilisé
à suffisamment bon escient pour que l'on reste toute
ouïe d'un bout à l'autre. On jurerait même
entendre plus que souvent une guitare secondée, voir
devancée la basse. Mais le duo maîtrise tellement
son sujet qu'il nous font avaler des couleuvres. Mais Planets,
si ils font penser à des satellites brillants dans la
même galaxie math-rock, garde son mot à dire. Quelques
murmures et choeurs ponctuent la cavalcade. Quelques riffs bien
tranchants (dont un me fait sérieusement à du
Steel Pole Bath Tub mais ça doit être les vapeurs
de la toile de jute) pour rentrer dans le lard de comparaisons
trop faciles. Planets rock et ne font pas que tirer des plans
complexes sur la comète. Quelques interludes qui rappellent
The Advantage, le projet Nintendo ado de Chris Speim, le guitariste
de
Hella (merde perdu !). Oui, c'est sûr beaucoup
de choses nous renvoie à ce maudit groupe parti depuis
brouté l'herbe de la médiocrité. Mais ils
le font bien et dans la nébuleuse math-rock encombrée
de duos qui se perdent dans des trous noirs, Planets a trouvé
son centre de gravitation.
SKX
(22/12/2007)
website groupe go-planets.com
website label www.distilerecords.com
sounds go-planets.com/UntitledFrameset-15.html
|
Plasma
Expander
s/t - CD
Wallace - Here I Stay 2007
Cagliari, le sud de la Sardaigne et Plasma Expander. Un trio
qui débarque de son île italienne pour asséner
un free-rock qui apporte avec lui les rayons de soleil qu'il
a dans les yeux. Amis de la poésie, bonsoir. (Enrico,
sort de ce corps). Une batterie et deux guitares dont une guitare
baryton (une basse déguisée en guitare, voir le
contraire) pour faire croire qu'on a là un trio rock
des plus classiques mais que ya comme un truc qui cloche quand
même. Car si le rock de Plasma Expander est libre de forme
et de ton, que les guitares suivent des chemins non cartésiens,
que le Captain Beefheart et son blues tout bizarre sont sans
doute pour beaucoup dans leur envie de faire de la musique,
jamais, oh grand jamais, cette musique ouvrirait pour le bal
d'un cimetière. On sent beaucoup de spontanéité,
de plaisir simple de jouer ensemble. De la bonne humeur dans
les figures libres. Et quand le trio durcit le tempo comme sur
la fin de l'excellent Arapoglu, c'est aussi pour y glisser
une voix légèrement débile à la
Al Johnson dans le fond. Même quand cette guitare baryton
vraiment excellente dans son rôle de basse ajuste une
ligne presque noise sur Toccata loud, ça n'agresse
pas. Les adjectifs sombre, mélancolique, torturé,
vous pouvez les remiser au placard. Sept titres qui hélas
n'excellent pas tous mais cette version ensoleillée de
US Maple, ce rock à l'italienne en toute décontraction
à de quoi séduire.
SKX
(20/05/2007)
website label www.wallacerecords.com
| www.hereistay.com
sounds toccataloud.mp3
|
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Putiferio
Ate ate ate - CD
Robotradio 2008
Putiferio
est un nouveau groupe italien, constitué de quatre membres
ayant traîné ou jouant toujours dans une liste
de groupes trop importante pour être cité entièrement
! Et parce que Putiferio n'a besoin de personnes pour tenir
debout tout seul, ces références sont de toute
façon inutiles. Putiferio est un beau nid de serpent
dont l'écrin, concocté par le groupe lui-même
et servi par le label italien de qualité Robotradio,
est une nouvelle fois incontournable. C'est de l'explosif, jouissant
sans entraves, ça bande quand ça veut bander et
c'est plutôt souvent que pas assez. Si la base est noise-rock
avec deux guitares grouillantes et une dynamique volante dans
tous les sens, ce premier album joue suffisamment libéré
pour ne pas s'attacher à un style particulier. L'esprit
et seulement l'esprit d'Oxbow avec un coté lave en fusion
plus prononcé. On pourrait même les rapprocher,
toujours dans ce foutu esprit, de leurs compatriotes de Dead
Elephant, avec trois premiers morceaux cinglants où on
entend même de la cornemuse sur Carnival corpse for
servers. Et comme Putiferio n'a peur de rien, il nous case
un Putiferio goes to war de 12 minutes en plein milieu
de l'album. Et Putiferio ne va pas à la guerre en chaussettes.
On y retrouve multitude d'ambiances, de rythmes, de mélodies,
de sons, à tel point que si on ne fait pas attention
au compteur, on a l'impression d'écouter cinq, six morceaux
différents parfaitement enchaînés. L'enchaînement,
un point fort des Italiens puisque tous les morceaux de l'album
sont liés, créant une illusion et une cohérence
bluffante. Putiferio va à la guerre contre les chapelles
musicales, monte au front et lutte contre ses propres limites.
Et la branlée n'est pas finie malgré un repos
du guerrier sur le lancinant et étrange Hate ate 8.
Trois autres morceaux tout aussi libertaires puisqu'on y entendra
du trombone décomplexé, du tribale et de l'hypnose
chamanique, des voix trafiquées dans un cadre noise-rock
toujours aussi bouillonnant. Dans Putiferio, il ya à
manger, à manger et à manger et c'est un festin.
SKX
(23/07/2008)
website groupe www.myspace.com/putiferio
website label www.robotradiorecords.com
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Playing
Enemy
My life as the villain - CDEP
Hex 2008
Playing
Enemy, du fin fond de son trou creusé par la mort du
groupe en 2006, nous envoie un magnifique cadeau d'outre-tombe
! Cinq titres inédits, enregistrés on ne sait
pas quand puisque aucunes infos sur la pochette mais qui aurait
du figurer sur leur troisième album si le batteur Andrew
Gormley n'avait pas eu la mauvaise idée de se casser.
Des morceaux s'inscrivant dans la droite ligne du pyramidal
album I was your city. Ca pourrait
activer les remords de voir un tel groupe disparu trop tôt.
On peut également se réjouir de la volonté
du trio de donner une ultime vie à des morceaux qui auraient
pu dormir pour l'éternité au fond d'un tiroir.
On va donc positiver et se bouffer les phalanges à l'écoute
en boucle de cette musique d'aliénés. Hardcore
débarrassé de tous dogmes, abrasif, écorché,
sombre comme le digipack avec languette et rebords du plus bel
effet, Playing Enemy a continué de filer des coups de
pieds au cul jusqu'à s'en cogner la tête contre
les murs. Mentions spéciales aux cinq minutes de An
Admission to the shoulders of giants, aux monstrueux coups
de basses sur la fin de Well it took a fear of success
et la tension à fleur de peau de A Lonely competition
et son riff de guitare obsédant. Depuis, Demian Johnston
et Shane Mehling sont parti formé Hemingway
pendant que Andrew le batteur joue avec The
Arid Sea.
SKX
(29/06/2008)
website groupe www.myspace.com/playingenemy
website label www.hanginghex.com
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Please
inform the captain this is an hijack
Defeat or humiliate the united states of america - CD
Clean Plate 2006
Le
hardcore est une chapelle avec ses rites, ses traditions et
sa dose d'intégristes casses couilles. Sortir de l'ornière
n'est pas une mince affaire. Alors quand vous avez Mike Kirsch,
un vétéran de la scène, qui a tout fait,
tout vu, tout joué (avec Navio Forge, Torches to Rome,
Fuel, Sawhorse, John Henry West, Bread and Circuits, etc !)
et qu'il cherche encore à nous surprendre et à
en remontrer aux p'tits jeunes, ça ne peut que donner
des idées au wagon de suiveurs qui ne font rien qu'à
recopier le voisin. Avec ce nom de groupe écrit sur les
cendres des Twin Towers, c'est au sang de ses compatriotes et
à la fierté qu'ils ont entre les cuisses que la
bande de Kirsh s'en prend. Combinaison de morceaux bâtis
sur des samples qui agissent comme des intermèdes politisés
qui valent mieux que de longs discours et de titres à
l'instrumentation plus fondamentalement rock, ces quatorze morceaux
font de la politique avec humour. Ca ne sent pas la sueur. Ca
ne bande pas les muscles. Concernés mais malins comme
des vieux singes à qui on ne l'a fait plus. Un hardcore
tout en légèreté avec un sentiment de foutoir
et d'anarchie. Un chant à plusieurs qui renvoie à
Fugazi. Des compos punks qui mêlent l'ancien au récent.
Tous ces ex-quelque chose connaissent leur partition, le sens
du riff (mais rien qui tue hélas) et mélangé
à ces samples le plus souvent décalés,
ça vous donne une étrange mixture, un hardcore
qui sort des sentiers battus. Ce n'est pas pour autant très
convaincant mais ça sonne frais et pas comme le voisin.
Si ce n'est par leur musique, espérons que leur attitude
en inspirera plus d'un dans le milieu hardcore.
Fidèle à sa ligne de conduite (un groupe, un album
(ou presque) et au suivant, le meilleur étant dit dès
le premier jet), Mike Hirsh a déjà mis les voiles
et s'est à nouveau réincarné au sein de
Baader Brains (qui ne semble pas, à l'écoute de
leur première demo, porter fièrement l'étendard
de l'originalité
). Chopez le vite, ce mec a toujours
un train d'avance.
SKX
(04/03/2007)
website label cleanplate.com
sounds Karma.mp3
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Pleasure
Forever
Bodies need rest - CD
Conspiracy 2007
Pleasure
Forever, c'est la suite et la fin d'une longue collaboration
commencée avec The VSS, continuée tant bien que
mal avec Slaves (les trois-quarts de VSS moins Sonny Kay parti
se concentré sur son label GSL et récemment son
nouveau projet Year Future) puis, sans qu'on le sache vraiment,
les trois à l'identique ont changé de blaire et
après l'esclavage, ont opté pour le plaisir à
l'infini. Mais de plaisir, Pleasure Forever n'en a jamais procuré
des tonnes. La qualité de la collaboration, au fil des
projets, s'est liquéfiée, passant d'un groupe
post-punk nerveux à synthé à un groupe
glam-rock-indé à piano. J'ai un vague souvenir
de leurs deux albums sur Sub Pop (Alter et un self-titled).
Le mot vague veut tout dire et j'ai bien la flemme de m'y replonger
pour les besoins de cette chronique. Ils valaient en tout cas
sûrement mieux que cette compilation posthume. Comme le
veut le procédé (mercantile ?) de ce genre d'initiative,
c'est un assemblement hétéroclite de morceaux
inédits écrits à leurs débuts (et
si le groupe les avaient laissés de coté, ce n'était
pas par hasard
) et de quatre reprises prévues initialement
pour un maxi qui n'a jamais vu le jour. Piano qui a oublié
toute la noirceur d'un Black Heart Procession pour se diriger
sans remords vers un rock consensuel d'un Supertramp acceptable
(si jamais un tel truc peut exister). Des reprises tout aussi
hétéroclite, à mille lieus de leur univers
sonore (dans l'ordre, Alice Cooper, Black Flag, The Germs et
ABBA) dont on se serait franchement bien passées. Si
vous tenez absolument à découvrir ce groupe, ne
commencez (jamais) par ce disque, tentez votre chance avec leurs
albums précédents et n'hésitez pas à
remonter le fil du temps. L'eau est toujours meilleure à
la source.
SKX
(22/09/2007)
website groupe www.subpop.com/artists/pleasure_forever
website label www.conspiracyrecords.com
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Plum
Witness of your fall - CD
Gusstaff 2007
La
Pologne, l'autre pays du noise-rock. Ouais, c'est bien connu.
Comme est bien célèbre la ville Stargard Szczecinski
d'où Plum est originaire (proche de la frontière
allemande, à une encablure de Berlin bande d'ignares).
Cependant le trio Plum pourrait venir de n'importe quel trou
du cul du monde, les Etas-Unis en premier, qu'on y verrait que
du feu. Au diable les frontières. Mais si tu es Polonais
sur un label tout autant Polak avec un nom aussi ridicule, faut
bien avouer que ça sera quand même un plus dur
pour ton groupe. Tant bien même que tu fasses une musique
de qualité, que tu uses ton mords à écrire
des lettres de noblesse à un style qui doit tout à
l'axe Jesus Lizard/Shellac. Les Bellini polonais ne font strictement
rien d'original mais ils le font bien, vous connaissez la douce
litanie, mais je m'écouterais volontiers un morceau comme
Neverland en boucle, je n'y retrouverais rien à redire.
En plus, Plum rajoute une corde surprenante à son arc
rigoureusement noise-rock. Un sens du groove à la No
Means No en plus rudimentaire mais l'envie de bouger son corps
se fait bien sentir (Out of burden et Depth).
Pour le reste, la grosse basse distordue est bien là,
les arpèges cinglants aussi, le nom du studio d'enregistrement
- Electric Eye Studio - n'est sûrement pas un hasard et
le Albini local avec plein de consonnes à suivre dans
son nom n'a pas à rougir de la comparaison. Tout est
rudement bien en place, voir inspiré mais sûrement
trop d'ombres et d'handicaps planent sur les frêles épaules
de Plum pour se sortir du piège. Plum, uvre des
frères Piekoszewski (Rafal à la guitare et Marcin
à la basse et au chant), sévissant depuis 1999
et Witness of your fall est leur troisième album.
Pour la batterie, ça dépend de l'humeur des frangins
mais un certain Zbyszek Jasinski reste le maître des baguettes.
Bon courage à eux.
SKX
(29/04/2008)
website groupe http://www.plum.art.pl
website label http://gusstaff.com
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Pneu
Pince monseigneur - CD
Head 2008
J'ai
eu un gros coup de lassitude à l'entame de Plongée
en A. Un morceau d'ouverture me rappelant dangereusement
Hella et surtout des tonnes de groupes ayant opté pour
le tout en deux. Encore un duo, encore cette étiquette
à la noix de math-rock. Non pas que je ne sois pas client
de ce genre. Bien au contraire. Mais à force de trop
en bouffer, on fini par fatiguer. Et pour aller jusqu'au bout
de la logique, ça fait un bail que j'ai pas entendu quelque
chose d'un tant soit peu original dans le genre (même
si les rémois de 37500 Yens peuvent y prétendre).
Mais dès le deuxième titre Matophore, ce coup
de mou passager est vite balayé. On est viscéralement
client où on ne l'est pas. Car le petit plus de ces tourangeaux
est de ne pas s'attarder sur la complexité. Tout est
au taquet et du coup ton étiquette math-rock, ils te
la mettent où je pense. Rien ne déborde, rien
ne dépasse les trois minutes et Pneu mise avant tout
sur l'énergie plutôt que les équations,
sur l'euphorie plutôt que le cérébral. C'est
ni plus ni moins que du bon vieux rock débarrassé
de tous qualificatifs et joué avec un sourire jusqu'aux
oreilles. C'est facile à suivre. C'est droit devant et
qui m'aime me suive. Le batteur règle ses comptes avec
sa caisse claire qu'il martyrise en tapant dessus frénétiquement
pendant que le guitariste a la bonne idée de délivrer
des bouts de mélodies pile au moment où il faut,
faisant de ces salves autre chose qu'un vulgaire propos punk
bruitiste bas du front. Vingt-cinq minutes plus tard, la lassitude
s'est transformée en une explosion bien jouissive avec
des éclats plus brillants que d'autres comme A coup
de couteau denté, Neige et Neuf. La
furieuse envie de remettre ça tout de suite et de terminer
une chronique qui aura réussi jusqu'au bout et tant bien
que mal à ne faire aucun jeu de mot pourri sur leur patronyme.
On fait ce qu'on pneut (et merde !).
SKX
(05/05/2008)
website groupe www.myspace.com/pneupneu
website label www.head-records.com
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Polvere
Polvere 10''
Minority / Wallace / Town Tone 2007
Duo
italien avec Xabier Iriondo (un CV long comme mon bras - oui
j'ai le bras long - dont les projets les plus connus - hahaha
- sont A Short Apnea, Uncode Duello et Tasaday) et Mattia Coletti
(dont le CV est court comme mon bras - mon autre bras, j'y peux
rien - et se résume essentiellement à jouer de
la guitare électrique dans le très noise-rock
Sedia). Ce 25 centimètres est leur troisième disque
après un 8'' et un 12'' (c'est de plus en plus long)
et sort sur trois labels : un tchèque, un italien et
un japonais. Voilà pour les présentations. Oui
c'est un peu long (non pas comme), je vous l'accorde, mais on
m'a toujours que plus c'est long, plus c'est bon. Je ne suis
pas un spécialiste de la musique d'avant-garde, de la
musique qui s'écoute plus avec la tête qu'avec
les tripes et/ou le cur mais à entendre ces six
morceaux, un nom m'ait tout de suite venu en tête : Gastr
Del Sol. Ce travail sur les cordes acoustiques, tout dans la
répétition et le minimalisme, court-circuité
par divers bruits électroniques, c'est le groupe à
David Grubbs et O'Rourke tout craché. Ou presque. C'est
beau et austère comme la pochette. J'avoue que c'est
le genre de musique qui m'ait passé au-dessus à
la première écoute. Mais à force de persévérance
(ça ne demande pas beaucoup d'efforts non plus hein),
on se laisse bercer et attendrir devant une musique dans laquelle
rien ne dépasse. Cette mélancolie qui pourrait
presque, je dis bien presque, évoquer Bästard le
temps d'un If you slam the door sous codéine. Cette boucle
qui n'en fini pas de se dérouler avec finesse. Ces couches
successives qui s'entassent avec douceur. C'est apparemment
leur effort le plus mélodique - mélodique dans
le sens harmonieux, pas le genre de truc que vous allez siffloter
sous la douche - une musique qui promettait d'être prise
de tête et qui se révèle émotionnelle.
Histoire d'être sur la même longueur d'ondes.
SKX
(23/07/2007)
website band : www.polvere.name
website label www.minorityrecords.com
| www.wallacerecords.com
| www.towntone.com
sounds : rice_between_clocks.mp3
|
The
Pope
Sports
- CD
Wantage USA 2007
Après
la découverte de The Pope lors de leur split
avec Bipolar Bear, The Pope sort tout seul et sans capote. Et
The Pope n'est pas content du tout. Un duo basse-batterie dont
la filiation avec Godheadsilo,
autre duo mythique, n'était pas difficile à trouver
pour les plus vieux d'entre nous. Sports, deuxième
album, ne prouve pas le contraire et promet sueur et courbatures.
Opération destruction totale. Impossible d'avoir un son
de basse plus distordue que celui de Paul Kneejie. Impossible
d'avoir une batterie plus fracassée que celle de Fiddles
Watson. Impossible de mettre la voix plus en retrait sinon ça
serait un groupe instrumental. Ils ont en plus l'inconscience
de rajouter un voile de bruits, une couche de parasites que
certains appellerait crasse et qui ne brosse définitivement
pas dans le sens du poil un auditeur qui n'a plus qu'à
se raccrocher à ses jupes si il ne veut pas de désintégrer
en plein vol. Ca fait bien longtemps que je n'avais pas entendu
telle boucherie noise. Dix-sept morceaux en une demi-heure.
Dix-sept titres qui balancent entre juteuses branlées
et intermèdes télescopés. Pour l'originalité
et le pourcentage revenant à Godheadsilo, on repassera
mais ce Sports mérite bien son nom. Un exercice
brutale et sans concession, nihiliste dans sa volonté
de se cogner continuellement la tête contre le mur et
de ne rien voir d'autres sinon leurs amplis coincés sur
onze. A cette cadence là, on sera tous sourd pour la
Noël.
SKX
(19/11/2007)
website groupe www.myspace.com/thepope
website label www.wantageusa.com
|
|
Pre
Epic
Fits - CD
Skin Graft 2007
On
adresse souvent le même genre de critiques à un
groupe qui joue toujours la même chose et chante toujours
le même refrain : lassitude, ennui, etc. Alors qu'il existe
des groupes importants pour qui cette manière de faire
est indéniablement une qualité, creuser toujours
le même sillon, épaissir le trait ou au contraire
l'alléger mais ne jamais réellement changer, juste
sortir à la suite des albums plus ou moins bons (ou mauvais,
c'est selon). Ainsi, qui oserait critiquer les Cramps, Ramones,
Mötorhead et autres
Ah ! On me fait signe sur ma
gauche que ce genre de références n'a pas vraiment
cours chez Perte et Fracas, et merde. Donc je recommence : Jesus
Lizard a toujours fait du Jesus Lizard et jusqu'à leur
troisième album (Liar) ils n'ont fait que perfectionner
leur recette puis ont fait du surplace avec Down. Ce
n'est que lorsque ils ont souhaité changer (l'album Blue)
qu'ils ont cessé d'être les Jesus Lizard que j'aimais.
Cette théorie réactionnaire sur le rock'n'roll
n'engage bien sûr que moi.
Peut on dire la même chose à propos d'un label
? C'est clairement la question qui se pose avec le premier album
de PRE, Epic Fits. Dès la première écoute
on sait que c'est du Skin Graft : des guitares suraiguës,
une chanteuse prépubère et en petite culotte,
de la néo/no/wave post Arab On Radar pour la forme. Le
label nous avait déjà fait le coup l'année
dernière avec Aids Wolf, sauf que la chanteuse était
encore plus à poils. Si Skin Graft a longtemps été
le berceau du bordel musical cela avait toujours été
dans la diversité, maintenant cela ne semble plus le
cas. Ce disque de Pre est bon mais il ne suffit pas à
mon bonheur. Parce que je connais déjà par cur
tous les disques d'Arab On Radar et de Melt Banana. Pire, malgré
une indéniable débauche d'énergie tout
cela me parait bien trop propre, de la no-noise de salon pour
gentils garçons et gentilles filles. C'est quand même
terrible ne pas aimer plus que ça un bon disque, dans
ce cas là le terme sympathique devient vraiment péjoratif.
Haz
13/10/2007)
website label www.skingraftrecords.com/pre.html
website label www.skingraftrecords.com
sounds Drool.mp3
| Fudging_on_our_Folks.mp3
| popping_showers.mp3
|
Prideswallower
Lifeswallower - CDEP
Auxiliary 2007
Avaler
une grande bouffée d'oxygène et plonger tête
baissée dans le six titres Lifeswallower. A moins que
ce soit lui qui vous avale tout crû. Roulé dans
un enregistrement brutal de chez brutal, pas dégrossi
et donc cinglant, jouissif et terriblement rock'n'roll, ce premier
EP de ce tout nouveau groupe de Louisville dans le Kentucky
attaque les gencives. Avec que des titres se terminant par -swallower,
le trio Prideswallower prend vos oreilles pour des becs d'oies
et vous gave de six titres rageurs, remplis de fuzz, de buzz,
de dissonances, de larsens où il faut gratter mais pas
trop pour trouver la mélodie qui fait mouche. Le batteur
possède un stock de cymbales impressionnant vu les volées
qu'il leur inflige pendant que le guitariste-chanteur devrait
se voir servir une croix d'honneur pour avoir le mérite
d'arriver à se faire entendre derrière tout ce
ramdam. Quinze minutes toutes identiques, sans discernement,
à écouter très fort et en attendant de
juger sur plus long, ce jet s'avale sans faire la fine bouche.
SKX (30/04/2008)
website groupe www.myspace.com/prideswallower
website label www.auxiliaryrecords.com
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Pterodactyl
Pterodactyl - CD
Jagjaguwar 2007
Après
l'Archeoptyrex,
voici le Pterodactyl. Ne reste plus qu'à organiser une
tournée avec Cro Magnon, et la (pré)histoire sera
en marche. Officieusement appelé Blue jay (on est loin
du méchant ptérodactyle) pour le geai sur fond
bleu qui orne la pochette, cet album n'a pourtant rien d'un
autre âge. Que ce soit dans le passé ou dans le
futur. Une musique bien de son temps en somme. Mais inclassable
quand même. Ouais bon, je sens que je patauge là
Maudit piaf ! Pterodactyl virevolte dans tous les sens. Difficile
de les ajuster dans le viseur. Dynamique pulsative qui avance
à grands coups d'ailes. Hyper répétitif
par instant, capable de tenir la même note de guitares
pendant des lustres. Vicieux en vous collant une dissonance
bien aigue sur le coin de la tronche pendant qu'une voix tout
à fait audible et pop vous berce d'une mélodie
imprévisible. Et ça fait même pas mal. Un
trio à la richesse insoupçonnée donnant
dans le punk noisy et l'harmonie vocale, écorchant les
tympans tout en les ménageant. On pourrait tout aussi
bien penser à l'esprit baroque d'un Deerhoof qu'au bas
du front de Lightning Bolt tout en étant encore loin
du compte. Prenez Polio : rythmique frénétique,
guitare vrillante, voix haut perchée et sample d'une
pulsation cardiaque. Tout simplement parfait. Et tout est comme
ça. Précis et cristallin. Barrage noise et solo
de flûte. Je sais, décris comme ça, ça
ne semble pas pouvoir marcher et pourtant ça marche !
Pterodactyl garde le souci de la composition. Ce n'est pas le
grand n'importe quoi et armé d'une saine et spontanée
énergie, nous livre un premier album étonnant
et détonnant. Pterodactyl, c'est pas la catégorie
moineau et vous feriez bien de surveiller le ciel, un guano
de Pterodactyl pourrait très vous tomber pas sur le coin
de la tronche par surprise. Comme cet album.
SKX
(23/07/2007)
website band : http://www.pterodactyl.info
website label http://www.jagjaguwar.com
sounds : polio.mp3
| esses.mp3
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Papier
Tigre
The Beginning And End Of Now - LP
Collectif Effervescence 2008
Même
pas le temps de se remettre d'un concert ni d'un premier album
sans titre que Papier Tigre est déjà de retour
avec son deuxième disque, The Beginning And End Of
Now, un disque qui va encore plus loin. De prime abord moins
accrocheuse (mis à part l'inaugural Restless Empire
on ne trouve pas vraiment de hits susceptibles de donner envie
de se secouer le cocotier), encore plus alambiquée et
aux structures mystérieuses pour ne pas dire labyrinthiques,
la pop fiévreuse de Papier Tigre n'en est devenue que
plus fascinante et incroyable. La nervosité dans toute
sa beauté racée. Voilà un groupe qui ne
craindrait aucune comparaison avec la meute internationale (de
Q And Not U à 31Knots pour faire très très
vite) tant le trio surclasse tout ce beau petit monde.
The Beginning And End Of Now s'avère être
une collection sans failles de pop songs noisy avec un léger
côté tribal (lorsque le deuxième guitariste
se met également aux percussions), des motifs de guitares
qui réussissent l'exploit de flirter avec le céleste
tout en restant d'un simplicité émouvante, une
voix toujours aussi haut perchée (mais moins nasillarde
me semble t-il) et une qualité d'enregistrement adéquate.
Parlons en justement, puisque ce disque a été
mis en boite au Black Box studio de Iain Burgess et que le son
du bonhomme, s'il est reconnaissable entre mille, va comme un
gant à Papier Tigre : sécheresse, batterie en
coup de vent, guitares aiguisées et finement ciselées,
du bel ouvrage.
Reste la qualité des compositions. Là non plus,
il n'y a pas grand-chose à en redire. J'ai dit pas de
hits ? Allons ! Il est vrai que Restless Empire est le
titre le plus évident du disque (c'est donc une bonne
chose de l'avoir placé en début de première
face, comme ça on n'en parle plus) mais tout le reste
finalement est d'un niveau encore plus élevé,
tension mélodique à son comble et exploit -encore
un- de rester dans la tête (dans le cur si tu es
du genre sentimental) sans tomber dans l'alignement couplet/refrain
ad lib. avec petit pont au deux tiers pour relancer la machine.
Non, les Papier Tigre cisèlent leurs compositions tels
de patients orfèvres : les joyaux qui en résultent
ont autant de facettes réfléchissant la lumière
que leur musique recèle de moments de grâce.
Haz
(23/01/2009)
website groupe www.myspace.com/papiertigre
website label www.collectif-effervescence.com
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Part
Chimp
Thriller - CD
Rock Action 2009
Quatre
années d'attente pour les Anglais (et non pas écossais
comme on lit souvent, c'est leur label qui vient de là-haut)
de Part Chimp pour donner une suite à I Am Come.
Ils ne sont pas restés inactifs pour autant, à
vider des pintes de bière comme des cochons d'Anglais.
Enfin si, ils l'ont fait mais ils ont aussi tournés (pas
mal), enregistrés des splits, des singles, tentés
de pénétrer le marché américain
en tournant avec Mogwaï et sorti un disque via Monitor
records en 2007. Ce disque se nomme Cup, comprend des
morceaux éparpillés sur des splits, des singles
plus des compilations dont personne n'a entendu parlé
et même une reprise des Beatles (Wild Honey Pie
sur le double blanc) que personne n'avait jamais entendu. Morceau
ultra répétitif des Beatles qui leur va comme
un gant.
Update
02-01-09 - record is done and mastered. It's called "Thriller"
and should come out in Spring on Rock Action.
Phrase
laconique après les cotillons qu'on peut lire sur le
site de Part Chimp. Pas franchement visionnaire puisque c'est
en septembre que ce troisième album sortira. Quatre ans
et une longue introduction pour finalement constater que la
musique des londoniens n'a pas changé. A part le bassiste
devenu la bassiste. Non pas par miracle chirurgicale mais parce
que Tracy Bellaries, une ancienne Ikara Colt, a pris possession
de l'instrument le plus utilisé par la gente féminine
dans le rock.
Après s'être tapé la chronique du dernier
Lightning
Bolt, on pourrait établir des comparaisons avec ce
nouveau Part Chimp. Toujours la sempiternelle histoire du même
sillon que l'on creuse. Certes, une histoire qu'une majorité
de groupes peuvent reprendre à leur compte. Mais Part
Chimp n'en ait pas encore à creuser sa propre tombe.
La formule, ils l'ont, la possèdent bien profond, la
poussent à fond et ils ne l'ont pas encore épuisée.
Mais attention. En ce qui concerne le son, c'est statu quo.
Ou quasi. Un poil plus gras peut-être, un peu plus sourd
mais toujours une histoire, histoire toujours de distorsions
distordues au-delà de l'acceptable dans toute l'histoire
de la distorsion, d'enregistrement dans le rouge et d'une puissante
vibration continue vous prenant dans le creux du ventre. Certains
parlent de stoner. Ici, c'est un gros mot alors on passe sous
silence car du stoner comme ça, j'en veux bien tous les
jours. Par contre, le gros bémol vient du songwriting
plus faible que I Am Come. C'est pas plus compliqué
que ça. Trad et FFFFF sont bien sympas,
arrachent ce qu'il faut, idem pour Dirty Sun (avec option
sans solo de guitare, même foireux, c'est possible ?)
et puis après, ça décline, ça recycle
avec moins que plus de bonheur. On croit retrouver un second
souffle avec le début de Tomorrow Midnite avant
de s'enliser dans une lourdeur Melvinienne teinté de
psychédélisme. Today 2 et Today 3
sont des jumeaux qui ne font pas la paire. Autant le premier
est pénible avec son solo à la Dinosaur Jr, autant
le deuxième secoue le cocotier et fait descendre J. Mascis
de son arbre. Super Moody est super gentil et plaisamment
surprenant de douceur. Douceur qui se prolonge dans Starpiss
dont les neuf minutes finisse hélas par lasser.
Des morceaux sans surprise donc qui le font dans l'ensemble
mais faut bien avouer, pas de War Machine, de Bring
Back the Ride à la combustion instantanée,
rien de comparable à des sommets comme Punishment
Ride ou 30 Billion People ou le lapidaire Fasto.
Je ne vais pas vous refaire l'histoire de I Am Come mais
à réécouter ce disque pour l'occasion dans
un souci de test comparatif commandité par 30 millions
de consommateurs, Thriller n'arrive pas à la cheville
- allez au genou - de I Am Come. Pas étonnant
avec un nom d'album aussi pourri.
SKX
(21/12/2009)
website groupe http://www.partchimp.com
website label http://www.rock-action.co.uk
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Passe
Montagne
Oh My Satan - CD
Africantape - Ruminance 2009
Trois
années après son Long
Play, Passe Montagne a eu le temps de se tricoter une
belle écharpe. Le trio nantais nous fait le plaisir d'afficher
13 nouveaux titres au compteur. C'est en 20 minutes qu'ils règlent
leur sort. Passe Montagne dégomme à tout-va. A
en perdre le fil. Le précédent album dégageait
chaleur et vitesse. Oh My satan est encore pire. Pour
sûr, les feux de l'enfer, ils les ont croisés pour
speeder comme des damnés. Tout s'enchaîne, tout
s'entrechoque, on est jamais loin d'une grande et belle cacophonie,
on y est même parfois, les deux pieds dedans, le plan
incompréhensible récupérer de justesse.
Un Passe Montagne qui ne laisse pas passer l'air, bien enfoncé
jusqu'au cou et avec visière intégrée.
Au-delà de ces treize compositions, il faut plutôt
entendre un seul et long morceau, découpé en treize
furies. Marche ou crève. Incapacité totale de
discerner un morceau d'un autre, un plan de guitare du précédent.
Ca peut paraître éreintant. Et c'est éreintant.
Mais la durée permet de ressortir vivant de cette plongée
en apnée. Ca et une multitude de riffs dont le tranchant
s'inspire autant d'Oxes que d' AC/DC, ne s'épargnant
pas quelques pointes d'humour en revisitant/pastichant quelques
bons riffs heavy seventies. Mais c'est toujours très
court, de minuscules bouts de mélodies auxquelles se
raccrocher. Ca part dans tous les sens, comme totalement improvisé,
faire péter sans entraves. Un batteur qui claque, désarticulé
et frappeur, très frappeur, caisse claire en perpétuel
sursis, sans se soucier des deux guitaristes qui enchaînent
les notes et font chauffer les amplis. Vous pensez tenir un
rythme, rentrer dans la structure d'un morceau mais ils sont
déjà trois titres plus loin. Oh My Satan
promet de vous faire brûler dans les flammes de l'enfer,
sans repos possible et si on n'est pas contre une bonne fouée
de temps en temps, l'intensité du feu risque de vous
consumer trop vite. Mais c'est toujours ça de pris !
SKX
(24/02/2009)
website groupe www.myspace.com/passemontagne
website label africantape.com
| ruminance.free.fr
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Pissed
Jeans
King of Jeans - CD
Sub Pop 2009
Le troisième album de Pissed Jeans est à double
tranchant. A chaud, c'était l'album de l'année,
la baffe qu'on attendait plus de la part d'un milieu rock trop
calculateur. A froid et un paquet d'écoutes plus tard,
il a comme un manque qui empêche de vous agenouiller (complètement)
devant le groupe d'Allentown, Pennsylvanie. Un coup de coeur
qui une fois consommé vous fait voir l'envers du décor
avec les reproches qui commencent. On s'enflamme très
vite sur False Jesii Part 2, Half Idiot et Dream
Smothered, soit les trois premiers titres mettant le feu
aux poudres et au sens. La recette des Pissed Jeans est connue
et elle vous aveugle comme au premier jour. Un rock'n'roll/noise
sauvage, tapageur et débraillé. Le chant de Matt
Korvett sent le souffre, jusqu'à pousser des râles
de contentement sur Request for Masseuse, comme si il
s'était fait tailler une pipe en studio. Enfin ça
c'est pour la version optimiste. Plus sûrement la branlette
quand on est un tas de losers comme eux. En plus ça rime
avec Korvett. Autre membre de base, Bradley Fry et sa guitare
qui explose, dérape, larsen et dans tout ce joyeux bordel,
trouve la faille pour glisser le riff lumineux à l'intérieur
d'une section rythmique toujours aussi solide et chaudasse.
L'arrivée d'un nouveau bassiste (Randy Huth en remplacement
de Dave Rosenstraus) ne change en rien l'odeur de la baston.
Et la baston, Pissed Jeans adore. Le groupe est plus énervé
que jamais et balance pendant une bonne moitié d'album,
des salves à la vie à la mort. Deux minutes trente,
c'est déjà le bout du monde quand on a décidé
de jouer les jeunes chiens fous et en foutre plein la gueule.
Alors ça distribue les torgnoles à tour de bras
et avec l'aide de Alex Newport pour la production, c'est le
genre de bourre-pif dont on ne se relève pas facilement.
Mais à force de nous rouer de coup, on finit par ne plus
tout encaisser. C'est qu'on a notre fierté. Comprenez
bien. Cet album est excellent. Mais quand on cherche l'album
parfait, on ne peut souffrir de morceaux moyens, de morceaux
dont le souffle épique retombe. Après les trois
fameux titres d'entrée, Pissed Jeans a beau se déchaîner,
l'illusion n'est pas absolue. Ils maintiennent la pression mais
il manque un je ne sais quoi les emmenant en lévitation
au-dessus de la fournaise rock, qui en fait autre chose qu'un
groupe vindicatif et rageur de plus, quand bien même la
rage est belle. Des compositions comme Human Upskirt,
She is science-fiction ou les deux titres de clôture
Dominate yourself et Goodbye (hair) semblent vivre
sur leurs acquis. Même le morceau le plus long, les sept
minutes de Spent, parti pour être le passage de
bravoure de l'album, s'avère un rien longuet. Il manque
à Pissed Jeans des titres plus mémorables, plus
personnels. Il leur manque leur Monkey Trick à
eux, un I Wanna be your dog ou un Big Jesus Trash
Can qui font toute la différence, le subtil détail
pour leur faire passer le palier supérieur. On ne peux
faire que la même conclusion que pour Hope
for Men : un très grand disque de rock'n'roll.
C'est déjà pas donné à tout le monde
mais maintenant qu'ils maîtrisent parfaitement leur sujet,
qu'ils sont devenu les King of Jeans, il leur faut devenir
les King tout court.
SKX
(17/12/2009)
website groupe www.whitedenim.com/pissedjeans
website label www.subpop.com
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Plows
Those people - CD
Self-released 2008
La
première fois que ce nom a sonné par ici, c'était
à l'occasion d'un split avec Young Widows sur Auxiliary
records en 2007. Le titre des jeunes veuves ne présente
que peu d'intérêt puisque Swamped & agitated
figure quasi à l'identique sur Old Wounds (bien
qu'à l'époque de sa sortie, ce morceau était
totalement inédit et l'enregistrement différent).
Par contre, l'autre face faisait découvrir un nouveau
groupe de Louisville, les dénommés Plows. Un duo
guitare/chant et batterie dont le titre Stalker song,
dans une lignée Bastro/Bitch Magnet, laissait miroiter
une suite intéressante.
La deuxième fois, c'était avec Prideswallower
puisque que les deux groupes partagent Aaron Osbourne, c'est
à dire le même batteur.
Those people, leur premier album réalisé
par les deniers de la maison était le moment où
jamais de faire plus ample connaissance. On reste sur l'impression
Bastro/Bitch Magnet avec semé à l'intérieur
une petite graine de haine à la Big Black. De Albini,
il pourrait en être question également pour l'enregistrement.
La batterie qui marque le sol de son empreinte. Un son de guitare
qui donne l'impression d'en avoir trois dans la pièce
et découpé en tranches bien épaisses, précises
et enveloppantes. On croirait même entendre une basse
! Plows, c'est pas le genre duo complexe à se faire passer
pour les rois de la technique. Il y a forcément de l'urgence,
de la noirceur, tous les (bons) ingrédients de la panoplie
du noise-rock tendu comme il se doit. Mais Plows privilégie
les ambiances aux démonstrations de manche et de baguette
(ce dernier étant loin d'être manchot quand même)
avec des paroles simples répétées à
l'infini comme Vicious Cycle psalmodié en cercle
et a cappella après et avant que l'instrumentation ne
reprenne ses droits. Des morceaux bien charnus avec de la profondeur
dedans, qui peuvent aller de la minute trente incandescente
(Forkburn, Funny Man) aux quatre minutes travaillées
et aux subtiles variations intégrées (Easy
life, Those people), de la violence qui se nourrit
de répétitions, de riffs hachés, de rythmes
appuyés et toi, tu souris comme un con. Comme pour Young
Widows, on sait où on met les pieds et on n'a pas envie
d'y bouger.
Un disque uniquement sorti en CD à 200 exemplaires. Un
deuxième pressage est attendu et vous feriez mieux de
ne pas attendre qu'il soit à nouveau épuisé.
SKX
(25/02/2009)
website groupe www.myspace.com/plows
Plows
- Young Widows
split 7''
Auxiliary 2
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Portraits
of Past
Cypress Dust Witch - 12''
Excursions into the Abyss 2009
Il
ne faut plus jurer de rien désormais. Mais dans la longue
liste sans fin des groupes ayant mis la clef sous la porte,
j'étais à des années lumière de
penser un jour à une reformation de Portraits of Past
qui ne va jamais aussi bien porter son nom que maintenant. Un
groupe de San Francisco à la vie courte. En gros, 1994-1996.
Un seul album à son actif, self-tilted (qu'on retrouve
parfois sous le nom de 0101010101) sur Ebullition records
mais quel album ! Son retentissement a largement dépassé
les frontières de la Californie et son influence s'est
faite ressentir bien après la mort de Portraits of Past
en 1996. En Europe, son plus beau rejeton avait atterri en Allemagne
et s'appelait Yage et des hordes de groupes que l'on a regroupées
sous l'étiquette screamo hardcore doivent beaucoup à
Portraits of Past. Et c'est bien là le problème.
Car si ils ont quasi initié un genre, les cinq de San
Francisco n'ont pas grand-chose avoir avec la mélasse
tiède que les bâtards ont engendré pour
la plupart, devenue une entité sans inventivité
et édulcorée. Portraits of Past a toujours mis
beaucoup de sentiments et de passion dans son hardcore mais
celui-ci savait rester agressif, chaotique, rustre et le chant
autre chose qu'une complainte pleurnicharde et ridicule à
force de s'égosiller les poumons dans le vide. Cet album
de 1995 (que Ebullition a ressorti en 2008 avec des morceaux
parus sur des singles et compilations sous le sobre nom de Discography)
est un must, voir L'Album à posséder si il n'en
fallait qu'un dans ce style de musique en chute libre.
Alors quand treize ans plus tard, Portraits of Past décide
de se reformer, on avait tout à craindre. Le mythe allait
sûrement s'effondrer. Car ils ne se reforment pas pour
une série de concerts grassement payés, merci
les pigeons, filer moi votre thune qu'on a jamais touché
quand on ramait dur sur la route. Non, ils proposent carrément
de nouvelles compositions, quatre pour être précis,
sur un 12'' qui sent bon la moule pas fraîche, l'échouage
par marée basse. Mais si Portraits of Past s'accroche
à son passé comme un bigorneau à son rocher,
il faut avouer que le nouvel arrivage ne donne pas dans l'avarié.
Portraits of Past reprend les choses là où ils
les avaient laissées en 96. Cela donne forcément
un arrière-goût de nostalgie, un petit coup de
jauni à leur musique qui n'est pas de première
jeunesse mais la production ne souffre pas de sénilité,
tout comme les compositions gardant vigueur et entrain. Ou alors
c'est juste que je n'ai pas écouté ce style de
musique depuis des lustres et ça fait tout drôle
de se replonger dans ces sonorités là.
Les structures sentent bon le ressac. A voir cette pochette,
le rapprochement parait évident. Des morceaux comme un
mouvement perpétuel et désordonné entre
des vagues montantes, déferlant son lot de tension, se
brisant, redescendant vers des moments plus calmes mais jamais
complètement, repartant à l'assaut sous les coups
frénétiques d'une caisse claire (Fire song)
ou se divisant en deux vagues tumultueuses (Cypress dutch
witch et Cypress dutch witch II - bridge). Portraits
of Past vous ballade d'un rivage à un autre, sans que
chaque côte soit bien définie, mais ne vous donne
pas le mal de mer avec toujours cette étincelle de lueur
au milieu du bordel, ces arpèges rayonnants et cette
voix suivant les courbes confuses des morceaux.
Je ne serais vous dire si c'est mieux ou moins bien qu'avant
et on s'en tape à vrai dire. L'essentiel, c'est de toujours
éprouver du plaisir à écouter ce groupe
après tant d'années de silence, tout en se disant
que les reformations, ça peut avoir du bon. Pour une
fois.
SKX
(31/12/2009)
website groupe portraitsofpast.com
website label excursionsintotheabyss.com
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Poutre
Escalade - CD
Les Disques du Hangar 221 / Boom Bomm 2009
Ils
sont sympas tous ces groupes français, tous ces Passe-Montagne,
Pneu, Chevreuil pour ne citer qu'eux et maintenant Poutre. Sympas
de nous tendre la perche pour des jeux de mots vaseux et des
images faciles. Vas-y que Poutre, ça démâte
et que tu vas t'en prendre une belle de Poutre à l'écoute
de ces onze titres et qu'en fait de perche tendue, c'est une
solide poutre qui te tombe dessus, faute de trop regarder tes
pieds quand tu marches et de ne pas avoir vu le vent venir d'Arles
d'où est originaire ce trio. On aurait pu être
prévenu si leur démo de l'année dernière
était parvenu au nord de la Loire mais on n'aime pas
les démos ici,
bien fait pour notre tronche.
Du coup, cette Poutre trône sans complexe dans le salon.
Une belle pièce mastoque et classique. N'allez pas chercher
du baroque et de l'originale. L'essence de leur Poutre, ils
ont été la chercher dans le bois le plus noble,
celui du noise-rock des années 90. Qu'il soit français
(Portobello Bones, Condense, un zeste de Deity Guns) ou plus
exotique (Unwound, Unsane, l'école de Chicago). Ils doivent
en avoir marre les gus de voir ces comparaisons fleurir dans
toutes les chroniques, une vraie rengaine mais c'est difficile
de faire autrement. De toute façon, ils ne s'en cachent
pas, le revendiquent volontiers et faut avouer que l'héritage
est entre de bonnes mains. Le genre de paluches qui ne rechignent
pas à la tâche, qui savent tailler dans le gras
pour ne garder qu'une ossature limpide et efficace. Du taillé
sur mesure. Pas d'échardes qui dépassent ou de
noeuds qui défrisent. Un bon échange entre la
guitare et la basse (avec une pédale de disto dévastatrice),
ces saccades, ces ruades, ces mélodies, le tout encadré
par une batterie sans fioriture, qui ne déborde pas mais
qui assure l'essentiel. Si on voulait chercher la petite bête
du bois sans faille de Poutre, c'est cette absence de folie
dans la batterie en retrait, ce manque d'inventivité
au contraire de la paire gagnante basse-guitare mais ça
le mérite d'être carré et c'est ce qu'on
demande avant tout à une Poutre. D'un Nedved tout
en dribble et en finesse, à l'instrumental sans rythme
Chaudelande (mais pas sans vie) ou les explosifs Stepping
stones, 37 ou encore Dismembering Tango, pour
en finir en douceur sur Etirements, Poutre connaît
les figures imposées. Mais d'un héritage omniprésent,
ils exécutent des acrobaties parfaites, le truc qui glisse
tout seul pour une réception à chaque fois parfaite.
Escalade ne vous enverra pas au septième ciel mais le
plaisir est bien présent, direct, brutal, immédiat.
Sur la pochette, pas peu fière est la loutre de son Poutre
et elle a bien raison.
SKX
(06/08/2009)
website groupe www.myspace.com/poutreband
website label virb.com/lesdisquesduhangar221
| www.boomboomrikordz.fr
|
|
Pre
Hope freaks - CD
Skin Graft 2009
La
musique de Pre est à l'image de la photo du mec avec
ses altères, vulgaire prise de vue du dimanche sur laquelle
vous ne vous attarderiez pas en temps normal mais qui, mis dans
un certain contexte, comme par exemple et au hasard, une pochette
de disque, peut faire illusion. Mais le subterfuge ne dure pas
longtemps. Alors oui, la dissonance des onze titres météorites,
le fracas, l'éclat du bruit facile, le bordel immédiat
et jouissif attire comme une mouche par une corde à linge.
Faut y passer parce qu'on sent que ce truc là, ça
va pas durer, ça va se faner très vite, pour mieux
se casser une fois qu'on s'est aperçu que c'est beaucoup
de bruit pour rien. Pourtant, à l'écouter de plus
près, la musique des londoniens n'a rien d'effrayant.
C'est rempli de riffs ingénieux (le surf noise efficace
de Haircut tacos ou le chaleureux Cold), de mélodies
sous l'acide et la scie circulaire d'une des deux guitares,
de rythmes sautillants avec l'aide régulière d'une
cowbell donnant un petit coté Dog Faced Hermans (mais
on va s'arrêter là pour la comparaison !!) et de
la voix de la chanteuse asiatique d'origine jonglant entre les
jappements et les hou hou hou aguicheurs, jouant à merveille
du contraste chant acidulé / petite peste. Mais il n'y
a rien de méchant dans ce Pre là, aucun recoins
sombres, aucun pièges, un Melt-Banana sans danger (quoique
ces derniers ont mis de l'eau dans leur saké) et c'est
bien là le problème. Dans un bon jour, vous pouvez
trouvez ça amusant et complètement inconsistant
dans un mauvais. Vingt minutes à s'envoyer cul sec sans
l'ivresse. On ne peut même pas dire qu'on déteste
ou qu'on aime cet album. Reste l'indifférence ou un truc
qui y ressemble, de la consommation rapide que l'on zappe à
jamais dès la dernière note sonnée.
SKX
(03/09/2009)
website groupe www.myspace.com/prepreprepre
website label www.skingraftrecords.com
|

Pygmy Shrews
Lord god busted
/ Kill Yourself - 7''
Fan Death 2009 |

Pygmy Shrews
The Egyptian - LP
Wantage USA 2009 |
Sortie simultanée pour ce trio new-yorkais avec
le batteur actuel de Drunkdriver
(Jeremy Villalobos et ex-Wives)
et un membre de Zs (Ben Greenberg). Autant dire que les oreilles
vont saigner. Vous rajoutez une demoiselle, Tia Vincent-Clark
à la basse et au chant qu'elle partage avec Greenberg et
vous obtenez un nouveau groupe de jeunes gens expérimentés
de la scène bruitiste américaine qui savent comment
irriter avec doigté les plus sensibles d'entre vous. Commençons
par l'album.
A l'autre bout du pays, il n'y a pas que des écrivains
à Missoula, il ya également Wantage USA, de quoi
faire dérailler plus d'une belle plume. Alléché
par l'odeur du sang frais et une fine connaissance de tout ce
qui est bruit et salacité, Wantage a bien compris que ces
musaraignes pygmées sont bien plus malines que la moyenne
et que leur noise est capable de filer entre les pattes de n'importe
quel piège à cons. Car si on était parti
pour une belle branlée de bruit facile et gratos, il faudra
repasser. Certes, la branlée, on l'a quand même mais
Pygmy Shrews y met les formes. L'anarchie canalisée. Pas
d'expérimentations arty et de branle manche vomissante,
que du lourd, du sauvage et au milieu de leur bruit, ils ont mis
le mot rock. On est carrément parfois à repenser
à ces bons vieux texans des Cherubs (partis mordre la poussière
depuis longtemps) avec des attaques de basse filant le frisson
(Rent Hole ou Big Time), un noise-rock percutant
et saignant, des tombereaux de toms basses et des guitares grésillantes.
L'énergie et les structures sont clairement rock avec des
morceaux où tout est éjecté sur une courte
durée et des chants hargneux mais audibles. On peut même
dire que la bassiste a du coffre et quand elle prend pouvoir,
elle est capable de vocalises promptes à calmer plus d'un
chevelu hirsute à deux pieds sur sa guitare. Seuls les
deux morceaux les plus longs de l'album (un peu plus de quatre
minutes, pas un péplum non plus), présentent des
structures moins conventionnelles. Dead Wrong, guitare
bavarde, à l'agonie, chant parlé-décalé,
rythme ralenti. Crud Monger, assemblage limpide de poisseux,
d'une brève mandale dans la tronche et d'une tentative
de duo improbable entre une batterie bloquée sur la même
note et une bassiste qui se prend pour le mystère des voix
Bulgares. The Egyptian ne vous fera pas marcher carré.
C'est au pas de charge, ça laisse des cadavres sur les
bords de route et tout ça est étrangement réjouissant.
Retour à l'est dans le Maryland, près de Wasington
DC et Fan Death records pour un single de deux titres inédits.
Lord God Busted est tiré de la même session
d'enregistrement que The Egyptian. C'est la version non conventionnelle.
Est-ce le rapprochement de leur home town New-York qui donne ce
petit coté no-wave DNA ? Définitivement non quand
la demoiselle aidée par de mâles incantations et
une puissance de déménageurs déboulent sur
la fin. Ce morceau aurait eu une place de choix sur l'album. Face
B, Pygmy Shrews s'attaque à d'autres new-yorkais légendaire,
Pussy Galore et Kill Yourself, morceau que l'on trouvait
à l'origine sur la cassette Oven Bait et vendue
avec le magazine Forced Exposure puis sur d'autres disques par
la suite. Je ne connais rien à l'original mais on sent
bien que ce n'est pas du Pygmy Shrews. Morceau qui n'est pas mauvais
en soi mais il a quelquechose qui cloche, un rythme trop enjoué
malgré toute la conviction du guitariste pour le pourrir
de l'intérieur.
SKX
(17/11/2009)
website band www.pygmyshrews.blogspot.com
website labels www.fandeathrecords.com
| www.wantageusa.com
|
Pfisters
Narcicity - LP
Fan Death 2010
Fan
Death est un label de Baltimore qui monte mais sur ce coup ci,
je ne vais pas les suivre. Nouvelle signature, Pfisters, avec
un ancien New Flesh et trois doigts dans la bouche, joue la
carte d'un rock'n'roll noisy et crapoteux. L'enregistrement
semble avoir été fini à la bière,
c'est-à-dire live, le naturel au galop. Mais ce n'est
pas spécialement ça qui est gênant. N'importe
quel chef d'uvre, même avec un son merdique, se
reconnaît sous la saleté. Le problème, l'unique
problème, ce sont les compos tout simplement anecdotiques.
Manque cruellement de relief et je ne parle encore pas du son.
C'est bien de vouloir jouer la spontanéité, la
prise directe mais la chance ne sourit pas toujours et le boulot,
un minimum, ya que ça de vrai, bande de sales punks.
Euh, je disais quoi là ? Que ça manque cruellement
d'inspiration, l'impression d'écouter le même morceau
en continu et comme à la base c'est pas folichon et laborieux,
on se retrouve avec onze titres sans saveur, une répétition
dans leur local dont ils ont eu la mauvaise idée d'en
vouloir faire un disque alors qu'un seul, voir deux morceaux
étaient exploitables. Pire, un rock'n'roll vieillot qui
joue au jeune en essayant de passer à l'énergie
tout en se cachant derrière une esthétique trash,
rempli d'une guitare qui n'a rien à dire mais qui le
dit quand même et beaucoup, sans tranchant et avec des
simili soli qui donne envie de lui faire bouffer ces cordes
(c'est le mec de New Flesh qui aurait mieux fait de rester à
la basse dans son ancien groupe), d'une batterie frappant continuellement
à l'identique, sans groove, et un chanteur gueulant par
habitude et sans grande conviction. C'est peu dire que je me
suis réellement fait chier à l'écoute de
ce premier album des Pfisters.
SKX
(07/07/2010)
website groupe www.myspace.com/pfisters
website label fandeathrecords.com
|
The
Pitch
Transposition Zero - LP
Gaffer records / Maquillage & Crustacés 2010
Voici une toute nouvelle sortie de chez Gaffer records, associé
pour ce nouveau méfait avec Maquillage & Crustacés,
par ailleurs organisateur émérite de concerts sur
Lyon et bien connu des amateurs. The Pitch. Ce nom ne vous dira
probablement rien (à moi non plus pour être vraiment
honnête) bien que le groupe a tourné il y a un an
et qu'il a peut être même joué pas trop loin
de chez vous à cette occasion. Transposition Zero
a justement été enregistré pendant l'un de
ces concerts, et plus précisément le 9 novembre
2009 à Bruxelles. Dans le line-up du groupe ne figurent
(presque) que des inconnus, je dis presque parce que l'on ne peut
pas s'empêcher non plus de remarquer la présence
de Morten J. Olsen c'est-à-dire une moitié des extraordinaires
MoHa!. Dans The Pitch Morten joue du vibraphone et les trois autres
membres du groupe sont : Boris Baltschun à l'orgue, Koen
Nutters à la contrebasse et Mickael Thieke à la
clarinette. Voilà une formation assez inhabituelle ou qui
laisse tout du moins présager d'une orientation plutôt
néo-classique de la musique de The Pitch. C'est presque
ça. Enfin, pas tout à fait. Et puis non, pas du
tout.
The Pitch joue de très longues plages, très calmes,
où les notes sont tenues le plus longtemps possible (la
contrebasse est systématiquement jouée à
l'archet) et où les pauses et les silences ont toute leur
importance. Non, je vous arrête tout de suite : Transposition
Zero n'est absolument pas un disque de drone - au sens contemporain
et chiant du terme - pas plus que The Pitch n'use de facilités
électriques pour faire entendre le pouvoir hypnotique de
sa musique. Sans savoir s'il s'agit là d'improvisations
ou de compositions, l'auditeur, parfaitement décontracté,
est balloté d'un instrument à l'autre, doucement,
presque sereinement. Il n'est pas rare qu'une phrase musicale
entamée par l'un des quatre musiciens soit continuée
par un deuxième et il n'est pas impossible non plus qu'elle
soit terminée par l'un des deux autres. Autrement dit les
instruments ne se répondent pas, ils se complètent,
se prolongent. Une démarche qui peut alors faire penser
à certains travaux de Morton Feldman, notamment les uvres
orchestrales de l'américain (je pense en premier à
Coptic Light). Attention : je n'ai en aucun cas affirmé
que The Pitch fait du Feldman mais on trouve ici une lointaine
parenté dans la manière de faire les choses et de
les montrer. Et puis The Pitch me semble bien plus concerné
par le pouvoir harmonique et narratif de sa musique - alors que
Morton Feldman était avant tout un mathématicien
et un théoricien de l'aléatoire - et c'est ce qui
fait toute la différence. C'est aussi ce qui devrait plaire
aux frileux des musiques expérimentales : celle de The
Pitch est peut être étrange, céleste, mais
elle est aussi des plus accessibles. Cela ne la rend que plus
belle encore.
Haz
(28/10/2010)
website
groupe www.gafferrecords.com
website
label maquillage.crustaces.free.fr
|
Plastobeton
s/t 7''
SDZ 2009
La Grande Triple Alliance de l'Est, c'est le même combat
que dans le Nord, consanguins, chômeurs et compagnies. Pour
ça que les membres de AH Kraken, The Feeling of Love, The
Dreams et bien d'autres bâtards dont on ne se donne même
pas la peine de retenir le nom copulent entre eux et accouchent
d'un énième groupe. Plastobeton a hélas vu
le jour il y a quatre, cinq ans, a laissé quelques glaires
sur des CDrs pourris et décident de jouer cette fois-ci
les cadors avec un vrai single. C'est qu'ils se mettraient à
rêver, ces cons. Ils utilisent le même matériel
rachitique. Des synthés piqués à la RDA,
des guitares albanaises et un chanteur crachant des sarcasmes
identiques à ceux de AH Kraken. Pas étonnant puisque
qu'au timbre de voix - si on peux appeler voix, cette diction
scandée et haineuse - ça doit être le même
porte-micro. Marrant de lire les chroniques étrangères
parlées à chaque fois de Grande Tradition française
du synth-punk ou d'electro-punk quand ces dégénérés
de Metz préfèrent parler de Glam-mort. Comme une
vieille pute abandonnée sur le bord de la route et qui
a dû été belle un jour. Nihilisme suintant,
dépression et subutex, fais en un truc mnémotechnique.
Rythmes tour à tour boiteux ou martial, guitare vrillante,
synthé nauséeux, répétition malsaine
avec A31, autoroute de la mort à rendre accro au
bitume et Eté 1983, froid et lugubre, en tête
de liste de l'ordonnance de votre médecin. C'est trop primaire,
c'est trop crade et ça reste figé dans vos neurones
comme un cancer dans votre bras droit. C'est pour toutes ces raisons
qu'on les adore, eux et leur putain de single à trois balles.
SKX (17/02/2010)
website groupe www.myspace.com/plastobeton
| lesfillesdelest.free.fr
website label sdzrecords.free.fr |
Pneu
/ Nervous Kid
Split 12''
Head / Wild Love / Electric Junk / Aïnu / Pied Bo / Lespourricords
2010
C'est
l'histoire d'une cassette trouvant son support trop maigrichon
et décide de passer à la carrure vinyle. Une histoire
narrée de plus en plus, rien d'étonnant à
ça
Une histoire de duos qui est, elle aussi, archie
connue. Et ne semble pas près de s'arrêter. L'Italie
contre la France, un grand classique, comme cette blague pourrie
lorsqu'on a demandé à ces Bolognais t'habites
à combien de Tours. En kilomètres, ça fait
loin et en musique, beaucoup moins, même si le résultat
est bien différent. Les deux groupes proposent une lecture
de la transe, la version noise et explosée de l'intérieur.
Le grand déballage avec la cervelle lobotomisée
pour Nervous Kid et les tripes à l'air pour Pneu.
Les Italiens de Nervous Kid(s), après un single sur Gaffer
records, reviennent avec deux titres (un seul à l'origine
sur la cassette) et c'est justement le premier, Mystic Moustache,
qui fait dans l'inédit. C'est l'histoire d'un morceau
qui part très bien. Riff nerveux, rythme trépidant
avant que tout ça ne se stabilise, que les trois notes
tournent en boucle, comme le rythme, puis tournent en boucle,
comme le rythme, puis tournent en boucle, comme le rythme, puis
tournent en boucle, comme le rythme, puis
le disque ne
serait pas rayé par hasard ?! Une pièce montée
sans montée de plus de dix minutes, à l'image
des symphonies de Glenn Le Branque/Branca. L'impression que
rien ne bouge. Mais si on lève le bras du tourne-disque
pour le redéposer aléatoirement quelques centimètres
après, on sent bien que cela a évolué.
C'est très léger certes mais bien réel.
Je devrais trouver ça chiant comme la mort mais je crois
que j'ai été hyp hyp hyp hyp hypnotisé.
Shaver Laser embraye sur des bases identiques, c'est
reparti pour un tour mais la boucle est heureusement courte
(quoique l'impression demeure). Une guitare qui sonne comme
un synthé azimuté des touches et un groupe qui
évolue drôlement. Je ne sais pas ce qu'ils mettent
dans les pâtes à Bologne mais j'en veux bien une
part.
Pneu débarque gonflé à bloc. Trois nouveaux
morceaux ou presque. Hallemagne avait déjà
monté ces plus belles hallebardes sur le split
avec Revok. Mais c'est pas grave, Pneu a de la ressource et
Oiseau-Aigle, le titre d'ouverture, est tout simplement
à tomber. La transe oui. Celle prônée par
Lightning Bolt oui. Mais l'hystérie poussée dans
les glissières, la sécurité bafouée
et cette pression qui monte, qui monte, ne tourne pas (en) rond,
une batterie et une guitare démentielles semblant ne
pas pouvoir aller plus vite, plus haut, plus fort mais qui le
font quand même. Magnifique. Hallemagne, on connaît
donc mais le voyage est toujours aussi agréable. Et dense.
Chaours a un nom tout mignon mais c'est le pire. Titre
orgiaque, débauche à tous les étages, bien
qu'une seule batterie et une guitare, soient à l'origine
de cette déclaration de guerre. Le groupe a beau ralentir
la cadence sur la fin, la menace reste grande. Pneu a renforcé
son propos, l'enregistrement est encore plus débordant
de scories fusionnelles. La voie royale.
Et pour que l'histoire s'achève bien, il faut un bel
ornement. Pochette sérigraphiée, carton dépliable
pour emballer le poisson et recyclé, disque tacheté
tendance rouge-brun. Il fallait bien six labels (quatre français,
un italien et un... canadien, cherchez l'erreur) pour sortir
ce bel ouvrage.
SKX
(12/05/2010)
website groupe www.myspace.com/pneupneu
| www.nervouskid.com
website label www.head-records.com
| www.wildloverecords.com
| ainurecord.free.fr
lespourricords.org
| www.myspace.com/piedborecords
|
The
Poison Arrows
Newfound Resolutions - CD
File 13 records 2010
Seconde
chance. Voilà ce qu'on leur offrait à The Poison
Arrows après un premier album bien décevant. Eu
égard à Pat Morris, on devait bien ça.
On ne ressort pas indemne de Don Caballero ou Six Horse comme
ça. Sauf que voilà
c'est exactement la même
chose. En pire. D'une platitude stratosphérique. Accumulation
de plans sans saveur, empilage d'effets plastiques, de coulis
de synthés crispant, un vent artificiel parcourt les
soixante-dix minutes (et oui, en plus ça dure tout ce
temps là, c'est infernal), d'une platitude abyssale qui
essaye de se planquer derrière une richesse de pacotille
qui ne séduira que les amateurs de mille-feuilles crémeux
à douze étages et de musique progressive qui sait
prendre de multiples visages pour vous entuber. Même le
jeu de basse de Pat Morris, qui sauvait un tant soi peu les
meubles sur First class,
and forever, rentre dans le rang. Bref, rien à
ne se raccrocher, pas de mélodies gaillardes, pas de
souffle, que des courants d'air. Des couches et des sur-couches
d'overdubs, trop de temps à tuer pour peaufiner des morceaux
qui en perdent tout leur nerf et où plus rien ne dépasse.
On pourrait alors penser se raccrocher aux nombreux chanteurs
invités à pousser la chansonnette mais là
encore, ça n'apporte rien. Il faut même se pincer
en lisant les notes du disque pour s'apercevoir que Pal Jenkins
(Black Heart Procession) est venu se fourvoyer dans cette mélasse
sur le titre Unveiled in sequence. Et le reste du temps,
il faut se taper le chant de Justin Sinkovich, qui en plus de
foutre des synthés partout, tente le Scott McLoud du
pauvre, avec le même grain mais sans l'ivresse. Grosse
daube boursouflée et vide à l'intérieur.
SKX
(28/11/2010)
website groupe thepoisonarrows.com
website label www.file-13.com
|
Pollution
n.s. Drugs - 7''
Desensitized 2009
Saloperie
de réchauffement climatique. Fait ressortir un tas de
vermines. Le trou de Pollution s'appelle New York. Ca grouille
là-dedans. Une sombre mixture venimeuse, tambouille hardcore-noise
qui crevasse sur les bords. Un enregistrement brutal, rêche
qui te fait encore plus sentir la merde dans laquelle tu te
trouves. D'ailleurs, le titre le plus marquant se nomme Fuck
Hope. Trois minutes d'une descente aux enfers, musique de
souterrains, canalisation de rancur où se croisent
la sourde rage d'Anodyne et la crasse anarchique de Pissed Jeans.
C'est beau un larsen la nuit. Et quand Pollution remonte vers
la surface, c'est pour envoyer une courte salve (Black Commune)
dont les racines du Mal puise chez Born Against et autres hardcoreux
qui ne connaissent pas le verbe laver. Face B, Pollution voit
Reds, binairement rustre et méchant avec ce grain
graveleux qui fait dessiner un rire torve. Ashes III
n'est que complainte, plus expérimental, typique d'un
certain son aliénant new-yorkais alors que D-IX
voit rouge à nouveau. Et toujours cette plainte vocale
torturée et grondante dont l'écho souligne le
caractère prédicateur fou. A l'origine réalisée
en format cassette, la reprise de Lush (Downer) nous aura été
épargné sur cette version vinyle. Par contre,
vous ne serez pas épargné par leur album nasty.DNA
sorti quelques mois plus tôt parce que de Pollution, vous
allez en bouffer.
SKX
(17/03/2010)
website groupe www.myspace.com/pollutionpollutionpollution
website label www.myspace.com/desensitizedrecords
|
Pollution
nasty.DNA - LP
Feast of Tentacles 2009
On
remonte l'échelle du temps. On poursuit dans la crasse.
Avant le single
n.s. Drugs, Nasty.DNA, fichiers Interpol court-circuités
par autant de titres sonnant comme une sirène de flics,
catégorie Bad Lieutenant. Comme le single, ce LP était
sorti initialement en cassette (enregistrement datant de l'été
2008). Comme le single, de braves et honnêtes gens, bien
qu'ils soient anglais, ont sorti la presse à vinyl. Ils
ont bien compris que la cassette, c'est certes moins cher à
fabriquer mais personne ne les écoute, alors si tu veux
que la musique de ton groupe arrive à des oreilles et
ne reste pas l'affaire de quelques nerds dépressifs,
le vinyl est l'objet roi (surtout quand la rotation est de 45
tours par minute, paroles inclues et pochette de haute qualité).
Encore plus rêche que le single, la genèse de Pollution,
avec des mecs de Unearthly Trance dedans (je cite ça
comme si je connaissais mais c'est juste pour frimer) a les
deux pieds dans le cambouis d'un hardcore s'inspirant de Neurosis
sur World as Law. En pire. A l'essentiel et sans oxygène.
Huit titres, huit boules noires. Qu'ils ralentissent le rythme
ou qu'ils l'explosent (Drop.die et Fly upon the garbage,
doublette mémorable), qu'ils soupèsent les nuisances
à causer ou tente, je dis bien tente mais c'est déjà
ça, de présenter un visage abordable (le grandiose
Tiny.black.burns en ouverture suivi de Failure,
redoutable d'efficacité primaire), les New-Yorkais de
Pollution démontre que le hardcore n'a pas besoin de
synthés, de multiplier les breaks, être plus lent
et lourd que le voisin, à en devenir statique et ridicule,
pour causer un maximum de dommages et faire suinter le malheur.
On avait tendance à l'oublier. Hardcore à l'ancienne
sans la poussière. Retour aux fondamentaux.
SKX
(20/04/2010)
website groupe www.myspace.com/pollutionpollutionpollution
website label www.myspace.com/feastoftentacles
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Polvo
In Prism - CD
Merge 2009
On ne va pas vous refaire un énième couplet sur
la vague de reformations sévissant actuellement dans le
rock. C'est un fait acquis et consommé. Comme un boulet
qu'on est obligé de traîner. Polvo se rajoute donc
à la liste, douze ans après son dernier soupir discographique,
le mitigé album Shapes. Mais surtout douze ans après
une brillante carrière dans l'ombre des Sonic Youth, Pavement
ou Dinosaur Jr, malgré cinq, six albums redoutables et
qui nous oblige à ressortir le poncif du succès
d'estime, le groupe que tout le monde apprécie mais dont
tout le monde s'en tape.
La reformation de Polvo ne va donc pas déchaîner
les foules, ne va pas remplir les stades. Alors quitte à
se reformer, autant faire les choses en grand et offrir quelque
chose de consistant, un beau et bel album avec que de la nouvelle
composition. Les vieux vont montrer aux petits jeunes qu'ils l'ont
toujours bien dure et consistante. Sauf que Polvo l'a toujours
eu de traviole et insaisissable, la composition. De quel bois
sera fait 2009 ? Hé bien, doucement de travers. Ou raide
et prévisible. Un mélange des deux qui fait que
j'ai du me pincer et réécouter les disques précédents
tellement je n'y croyais pas. Au blind-test, pas sur que j'aurais
reconnu l'animal. Mais non, c'est bien le même groupe. On
sait jamais. Avec l'âge, les neurones se cassent, la mémoire
flanche, on se fait des souvenirs en plastique et Polvo, un groupe
beau de loin mais loin d'être beau. Mais non, c'est bien
le même groupe (je le redis une deuxième fois parce
que j'arrive toujours pas à y croire). Ah, les années
qui passent, c'est pas beau à voir et Polvo supporte mal.
On croit que c'est tout pareil mais l'usure est là, flétrissement
et flatulence, on y peut rien. Polvo était bien ce jeune
poulain fougueux et aérien. La mémoire ne joue pas
de vilains tours. Cor-crane secret ou Today's active
lifestyles, des albums tout en élasticité, en
mélodies immatérielles, une musique nerveuse et
pleine de subtilité, de dissonances sans un pet de gras
et des structures fluides sous leurs faux airs de petits génies
occultes, possédant le don de vous faire décoller
bien haut.
Avec In Prism, Polvo a fait illusion deux minutes et trente-six
secondes, soit le temps imparti avant ce solo de guitare aussi
impromptu qu'affreux sur le premier titre Right the relation.
Un morceau acceptable mais cette intervention irréelle
de la six cordes agit comme un avertissement. On va en baver.
Ceci n'est que la tête de pont d'un disque voué à
l'alourdissement des masses. Polvo est devenu un groupe commun.
Dès D.C. Trails, c'est l'orgie (idem sur Beggars
bowl), surtout avec son final psychédélique
où Polvo fait chialer les guitares. Guitare, autrefois
point fort de l'attirail de Polvo, devenue point noir purulent.
Où est passée leur légèreté,
leur richesse, ces mélodies cachées finissant toujours
pas se révéler ? Douze années se sont écoulées
et Polvo continue d'amorcer, que dis-je, de dévaler la
pente entrevue avec Shapes. Un groupe de heavy-rock sans
inspiration, avec des mélodies pompières et emprunt
de classic rock, ce terme qu'on voit fleurir de plus en
plus et qui n'est qu'une connerie pour vous faire avaler du rock
à papa. Un terme pour désigner un rock ancestral
ou le solo de guitare règne en maître, un vieux truc
qui pue de la gueule avec des codes sentant le chloroforme pour
ceux qui pensent qu' Eric Clapton est le meilleur guitariste du
monde. Et Eddie Vedder, un putain de chanteur.
Polvo enfile les titres laborieux, boursouflés, d'un psychédélisme
pataud et de ce fameux putain de classic (pop) rock sans vie.
Quand il tente de calmer jeu comme sur Dream residue/work
ou de retrouver le sens des dissonances et de la désinvolture
passées, c'est pour se fourvoyer dans l'insipide, déterrer
un pauvre synthé sur le piteux The Pedlar et achever
notre incrédulité avec un final épique de
platitude et de guitares lasses, A link in the chain. Non,
le lien est brisé.
Ne croyez pas le bilan 2009 de Noise qui les classe au deuxième
rang. D'ailleurs, ne croyez aucun bilan. C'est de la daube. Comme
cet album de Polvo.
SKX
(31/01/2010)
website
groupe www.myspace.com/polvotheband
website
label www.mergerecords.com
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