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ARCHIVES 1999 - 2006
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PAGE NINETYNINE / MAJORITY RULE split album
PAGE NINETYNINE document #8
PAIK Monster of the absolute
PANICSVILLE floccinaucinihilipification the last compusory exercise Evil ?
PANKRATION effective range of the system varies
THE PANOPLY ACADEMY Everything here was built to break
PANTHERS are you down?
PANTHERS Things are strange
PAPIER TIGRE s/t
PART CHIMP I am come
PASSE MONTAGNE Long play
PASSE MONTAGNE Extended play - 7''
PATTERN IS MOVEMENT Stowaway
PEDRO THE LION control
PEDRO THE LION winners never quit
PEDRO THE LION Achilles Heel
PELICAN / THESE ARMS ARE SNAKES Split - 10''
PENDING DISAPPOINTMENT New York Penn, NY

PERMANENT FATAL ERROR Law Speed
PER MISSION a ritual loop
THE PHANTOM LIMBS Displacement
THE PHANTOM LIMBS Random Hymns
PHANTOMSMASHER phantomsmasher
PHILLIPPE The essence in numbers
PHILLIPPÉ misamee
PHILLIPPÉ / UNIVERSAL love
PHILLIPPÉ / GUINEA PIG s/t split
PICASTRO Metal Cares
PICASTRO Whore luck
PIG DESTROYER Terrifyier
PIGZWILLTOAST last chance to dance
PINK AND BROWN Shame fantasy II
PINK AND BROWN / DEATH DRUG split 12"
PISSED JEANS Shallow / Hope for men
PITCH BLACK This is the modern sound
THE PLAN only these movements remain
THE PLAN this time is not this place

PLANES MISTAKEN FOR STARS Spearheading the sin movement
PLANES MISTAKEN FOR STARS fuck with fire
PLANES MISTAKEN FOR STARS Up in them guts
PLANETS s/t
THE PLANET THE Physical Angel
PLANQUEZ Protect me from failure
PLANQUEZ For those that might care
PLASMA EXPANDER s/t
PLAYERS CLUB Coextinction
PLAY THE PIANO... s/t
PLAYING ENEMY Ephemera
PLAYING ENEMY cesarean
PLAYING ENEMY I was your city
PLAYING ENEMY Fly us home
PLAYING ENEMY / PELICAN Split 7''
PLAYING ENEMY My life as the villain
PLEASE INFORM THE CAPTAIN THIS IS AN HIJACK Defeat or humiliate the united states of america
PLEASURE FOREVER Bodies need rest

THE PLOT TO BLOW UP THE EIFEL TOWER Love in the fascist brothel
PLUM Witness of your fall
PNEU Pince monseigneur
POLICY OF 3 Anthology
POLLINé parallel canvas
POLVERE Polvere
THE POPE Sports

POPULAR SHAPES Bikini Style
THE PORNOGRAPHY car
PRE Epic Fits
PRIDESWALLOWER Lifeswallower
PROVIDENCE UNION die my infinity + 4
PROVIDENCE UNION conceil/reach
THE PSYCHIC PARAMOUNT Gamelan into the mink supernatural
PTERODACTYLPterodactyl
PUTIFERIO Ate ate ate


PAGE NINETYNINE/MAJORITY RULE
" split album " - Lp
Magic Bullet 02
Page 99 se bonifie avec l'âge. Leur douzième sortie vinylique (en comptant singles, albums, split divers et cordes cassées) est la meilleure à ce jour avec le fameux "Document #8". Et à écouter ces cinq nouveaux titres, on s'étonne comme toujours que huit personnes soient recrutées. Trois guitaristes, deux bassistes, deux chanteurs et un batteur caché derrière. Enlève tes doigts de mon nez. Si ils juraient, crachaient que quatre suffisaient à créer cette musique même pas bordélique et massive, on les croirait sans sourciller. Hardcore à la base, Page 99 se débarrasse au fil des enregistrements de tout superflu et aspect primaire. Je ne suis pas partisan pour mettre de l'eau dans le vin mais cette coloration inattendue sort Pg99 du lot des laborieux. Ce saint breuvage continue d'avoir la cuisse épaisse mais, je ne sais par quel miracle, les rayons de soleil viennent pourfendre la carapace plus qu'à l'accoutumée. Une légèreté surprenante élève les débats. Pg99 se laisse aller à des sentiments aériens. Une machine à l'allure guerrière mais qui s'avère avancer la fleur au fusil. Hardcore émotif et intelligemment conçu.
Avec Majority Rule, l'obscurantisme revient mais ça n'a rien de négatif. Grosso-merdo, on tutoie des sphères identiques. Le propos et le ton général reste tout simplement plus sombre et torturé. Une voix au papier de verre, une basse qui vous résonne dans le ventre, les fondations s'effritent, la majorité n'a qu'à bien se tenir. Majority Rule s'est aussi faire preuve de discernement. La brutalité gratuite n'est pas leur fort. Aux cotés de Kiss It Goodbye et Anodyne, ce nouveau trio prend place. Deux groupes à l'apparence trompeuse qui, sous leurs dehors d'ours mal léchés, savent faire parler leur sensibilité. Split phare.
SKX (18/09/2002)

PAGE NINETYNINE
" document #8 " - CD
Robodog 01
Derrière ce sobre et sombre digipack où la mort et ses têtes rodent à chaque page du livret intérieur, mon premier réflexe a été de penser "encore un groupe emo-screamo-power-violence" j'en passe et des meilleurs de plus. Encore cette masse informe qui tente d'expulser son venin en vain. 20 minutes et 7 titres plus tard, je reconnais mon préjugé. Faut dire que je ne gardais pas de ce groupe, même si je ne connais pas leur carrière sur le bout des doigts, une image très aguichante mais plutôt besogneuse. L'écho de leur précédentes productions (7 au total) n'avait rien d'attirant. Bref, on tourne la page, on oublie tout et on s'écoute, vierge de tout soupçon, cet album remarquable. Si la base reste effectivement cette étiquette bâtarde narrée plus haut, Pg99 a su sortir la tête du guidon. Magnifié par la patte de Kurt Ballou (Mr Converge) qui a mis de l'ordre dans leur chaos sonore, leurs compositions, en ralentissant et en variant les rythmes, ont gagné en impact et en intensité. Le propos est noir et cynique, la musique en dessine les reliefs et pleure sa rage. Un groupe singulier puisque 8 personnes le composent, même si on peut émettre des doutes vu que sur disque, ça s'entend pas du tout! Excepté dans le double chant. Des bouts de mélodies qui traînent, des rythmes qui montent en boucles, des compos pleines d'idées, tour à tout directes ou sinueuses. Une basse qui sonne le glas, seule et perdue. Des larsens qui cinglent la campagne. On décèle même parfois un brin de lyrisme. Prenez le meilleur du genre (Orchid, In/Humanity, Converge), rajoutez Pg99 à votre panoplie. Un disque de rock tout simplement. Plein de noirceur et de sang. Manque que le sexe!
SKX (23/01/2002)
PANICSVILLE
" floccinaucinihilipification the last compusory exercise
Evil ? " - CDs
Nihilist records 97/98
La note va être salée. Et le terrain miné. Piégé de foutre jusqu'aux amygdales!! Catégorie commotion cérébrale et inhumaine. Méchamment électronique, samples rampant partout et entre les dents, boucles en boucles et couteaux aiguisés sur les distorsions. Respect zéro pour l'auditeur. L'ordinateur prend la main. Inutile d'essayer de se référer à quelquechose de connu, sinon les pires bruitistes japonais répertoriés, sauf qu'ici le volume sonore reste vivable. Une gageure! Extrême est un vain mot qui fait crisser les dents. Avec " Evil ? " (je me demande pourquoi le point d'interrogation....), on arriverait presque à revenir sur terre. Pas moins de 8 personnes, des voix, des cris, des vraies, mais salement traitées à l'acide, rythmes pesants, samples de dégueulis sur " the feculent mouthpiece ". Une ambiance toute aussi électronique suintant le malsain, à l'image des peintures de Jérôme Bosch ornant le packaging. Car si la musique vous rebute - et je ne vous en voudrait pas - rabattez vous sur ces 3 "boîtiers", véritables originalités et pièces de collection. Pochette plexiglas dur et à bulle. Ou alors plaques d'acier inoxydable à renforcement élastique. Et la cerise sur le bûcher, 2 planches de contre-plaquées tenues par 4 simili pinces-clippantes. Avec à l'intérieur des CDs à chaque fois au cas où vous l'auriez oublier!! Ne détériore pas votre chaîne. Juste les neurones qui s'agitent dans votre cervelle pleine de merde !
SKX (01/08/1999)
PANKRATION
" effective range of the system varies " - 7"
Donut Friends 99
Furia maestria. Comme souvent chez les groupes de Donut Friends records, le son est travaillé dans le granit, à même les mains, donnant une impression de live. Quand vous avez en plus une qualité de compositions largement au dessus du lot, ces 3 titres noise palpitent sous les sillons! Et le chanteur semble vomir ses paroles, paroles à ne pas montrer à un enfant de choeur, imprimant une touche spéciale pleine de brouillard, tout comme le surprenant piano à la fin de " goldberg ". Un single à se procurer absolument !
SKX (01/08/1999)

PANTHERS
" are you down? " - CD
Troubleman 02
Toutes griffes dehors, Panthers vous aligne déjà un pedigree long comme ça. Trois ex-Orchid, un ancien The Red Scare et Justin Chearno qui joue toujours avec Turing Machine. Une carte de visite qui a du chien et du mordant. Avec un patronyme proche du fameux mouvement black américain (les "Black Panthers"), ce faux avis de recherche à l'intérieur de la pochette où ils veulent nous faire croire qu'ils sont "wanted by FBI", slogans primaires, on se demande à quel degré prendre ça. Et à y regarder de plus près (références multiples au dadaïsme, situationnisme, paroles enflammées), le degré est proche du premier. Ces ptits gars là ont l'air de se prendre vachement au sérieux! Je voudrais pas être médisant, mais ces pseudos révolutionnaires de salon et intello du sillon, j'ai du mal à y croire. Enumérer dans ces chansons ("sex ed") une litanie ronflante de Jean Genet, Jean-Paul Sartre, Emma Goldstein ou encore Michel Foucault et finir par des phrases comme "you tell me to make love not war. Why not make both", je rigole doucement des genoux. Planquez vous tout le monde, la révolution est en marche! Ca se donne un genre. Le genre gonflant. C'est donc en pleine crise adolescente boutonneuse que Panthers sort son premier album. Qui est loin d'être révolutionnaire! Mais loin d'être inintéressant non plus. Cette chronique avait l'air d'être parti sous de mauvais auspices. Heureusement, la musique rétablie l'équilibre. Embrassons nous sous le gui et réconcilions-nous! Les Panthers nous font du rock à la Three Penny Opera-Kurt-At The Drive In. Du direct qui ne s'attarde pas dans les virages. Toujours une accroche mélodique, un rythme, un riff, à vous faire dodeliner la tête, à faire battre la semelle sur le plancher. Dix titres qui s'enchaînent limpidement, ce qui ramène à leur discours et à un certain manque de profondeur en général. Ca le mérite d'être racé et finement roulé, le récurrent fantasme de la décapotable rouge sur l'autoroute du soleil. Si on fait abstraction de l'habillage, "are you down?" est un album des plus séduisant. Une mécanique parfaitement huilée qui suffit à nos aspirations des plus humbles.
SKX (23/05/2002)

PEDRO THE LION
" control " - CD
Jade Tree 02
Je me suis fait tout p'tit. J'ai pas regardé d'où venait le vent. Accueilli dans le plus simple appareil. Dès fois, faut pas chercher midi à quatorze heures et prendre le bonheur là où il est. La grande force de David Bazan, alias Pedro The Lion, c'est décrire des mélodies universelles, d'une grande simplicité qui en font tout son talent. Pour ce troisième album, Pedro a choisi le tout électrique. Adieu les compositions simplement habillées d'une guitare acoustique et du timbre traînant et mélancolique du maître des lieux. Chaque titre possède son droit à la rythmique, à sa belle guitare électrique rutilante. Le style s'enrichit, gagne en puissance mais garde une aura dépouillée. A peine un synthé pour le liant, pour faire trembloter la corde à émotions (le morceau de clôture "rejoice"). Pour le coup, Sebadoh sonne encore plus à la porte de Pedro The Lion. Sauf que le félin ne sort que rarement les griffes. Pas de violence gratuite et de larsens intempestifs. Tout s'impose dans la douceur. Le charme de l'innocence. Car le Pedro n'a pas son pareil pour vous torcher des mélodies poignantes sans être mielleuses, toutes simples sans être simplistes, tristes sans être larmoyantes et avec suffisamment de morceaux enlevés pour ne pas vous miner le moral pour la journée. Avec des sommets comme "second best" ou "penetration", tube en puissance. Un parmi d'autres. Autant les fans d'Engine Down que de Unwound, tous les amoureux de pop intelligente et de musique plus intimiste à la Nick Drake se doivent de connaître Pedro The Lion. La béatitude nous guette.
SKX (01/08/2002)
PEDRO THE LION
" winners never quit " - CD
Jade Tree 00
Pedro The Lion est un homme orchestre. Le lion est un seul homme. Pedro alias David Bazan. Compositeur, interprète, il chante, gratte, basse, tape sur la batterie, pas une minute à lui et croit en Dieu. Très fort. Si fort qu'il en cause beaucoup dans ses paroles. Pas façon grenouille de bénitier. Plutôt abstrait et pas prêcheur. Des petites histoires de la vie quotidienne, les faiblesses de l'homme, la rédemption. Et Dieu, dans son infini bonté, parce que dès tout jeune, le petit David il a beaucoup prié, lui a donné le don de la mélodie, amen. Il a même été très généreux. C'est ce qui fait la force de ces 8 titres. Chaque morceau a son charisme. Qu'il soit dépouillé ou cadencé. Car c'est un peu Janus là-dedans. Comme sur ces précédents disques, on a le droit a juste lui et sa guitare sèche (voir un piano ou un violon au fond), des morceaux tellement arides et tristes à faire fondre une cloche que j'en perds mon latin. Un morceau comme " to protect the family name " me convertirait presque tellement c'est poignant. Quant aux autres morceaux, on sort la rythmique, on branche le courant et on se croirait au meilleur de la forme de Sebadoh sans les excentricités. De purs bijoux à écouter en boucle, à vendre son âme au diable pour pouvoir écrire de telles pop-songs. Il a bien fait de pas abandonner le père Bazan et nous, on a gagné le gros lot. Un truc qui fait l'unanimité. Un truc à part qui s'écoute tout seul dans son coin.
SKX (22/02/2001)

PER MISSION
" a ritual loop " - CD
Monitor 01
Le Per Mission est un homme seul. Alias Jason Noble, bassiste de Shipping News. Membre actif des Rachel's et membre fondateur de Rodan. Dans cette nouvelle croisade, il a décidé l'introspection solitaire. Seuls quelques compagnons de longues routes le soutiennent. Ils lui prêtent leur voix (Katerine Smith, Liz Menzel), texte narratif, timbre grave. Ils lui concèdent quelques rythmes, des sons éparses. Et Jason collecte, sample, programme la beat machine, électronise par vague nébuleuse, assemble, décroche, dérègle les bandes, implore les cieux pour ne pas sombrer dans une déprime chronique. Il ya de ces morceaux d'un rythme moderne alors que d'autres sont monacales. Sombres desseins. Mi-humaine, mi-machine, l'oreille de Jason a l'ouïe fragile et automnale, emprunte de gravité et paré pour plus d'une bande son de film au ralenti. On plonge avec lui pour peu que l'attention soit captée. Sinon c'est la traversée du désert. L'impression laissée par ces 12 titres est d'un flou artistique quelconque et on s'endort avant la fin. Les voies de Jason sont parfois impénétrables, la face obscure est avec lui mais n'est pas dénuée d'intérêt, de trouvailles alléchantes. A condition de vouloir entrer en communion avec l'indicible.
SKX (26/09/2001)
PHANTOMSMASHER
" Phantomsmasher " - CD
Ipecac 02
De l'atome au fantôme, ne croyez pas qu'il y ait dissolution de l'énergie et que la fusion devienne secondaire. Atomsmasher se transforme en Phantomsmasher, quitte les rangs de Hydrahead et sa sous-section bruitiste Double H noise Industries pour les bacs à poissons plus gros de Ipecac, mais c'est tout pareil derrière les manettes. James Plotkin, la tête pensante qui projette à 2000 à l'heure, ça va pas mieux pour lui, merci. C'est comme le précédent album, mais tout est mieux, en plus fêlé, en plus inspiré. Cette musique est une énigme. Un tel délire auditif, un type capable de vous caser une berceuse sur " bishop hopping " au beau milieu d'une attaque sonore en règle sans que cela ne tombe comme un cheveu sur la soupe, c'est inconcevable. Des rythmes 10000 beats par seconde, une basse qui résonne encore des heures durant une fois l'écoute terminée, des samples qui saccagent tout comme un Tex Avery sous X qui aurait passé sa jeunesse à se plomber le crâne sur du trash-metal. Une guitare orientale en pleine fin du monde. Et ainsi de suite tout du long. La marque de fabrique de Plotkin et sa bande, c'est de mélanger l'improbable, de surenchérir dans les rythmes, en faire des tonnes avec des coupures incessantes sans que jamais cela ne sonne pompeux, surfait ou ne vire à la démonstration technique gratuite. Un véritable tour de force. On les imagine pendant des heures à se prendre le chou en studio. Les rois du mix, c'est eux ! Mais le résultat est fédérateur. A prescrire autant à des fans de musique électronique qu'aux kids avides de hardcore, à des technomen se déchirant la face au break-core qu'à ceux qui aiment se prendre la tête sur des musiques cérébrales. Bref, musique extrême, qui passe comme une lettre à la poste (enfin quand elle est pas en grève car faut être d'humeur pour se taper l'intégrale en un seul coup !), puissamment originale et vivante. Atomsmasher était déjà un OMNI (Objet Musical Non Identifié). Là, c'est carrément la NASA (Nous Avions Sept Astronautes) qui en perd sa carlingue et cherche en vain un mot pour qualifier l'inqualifiable !
SKX (25/02/2003)

PHILLIPPE
" The essence in numbers " - Lp
Flower Violence 00
Et encore une chronique pour rien, une ! Une de plus d'un groupe qui vous pète entre les doigts , leur 1er album à peine sorti. Un split durant l'enregistrement, voir convenu avant puisque c'est déjà annoncé sur les notes internes du disque ! Est-ce la raison d'ailleurs pour laquelle cet album à un goût d'inachevé ? On avait durement flasher ici sur leur poignée de single et leur split LP avec GUINEA PIG. On salivait d'avance et sans être mauvais, cet album reste en-dedans. Comme bâclé, ras-le-bol, désaccords au sein du groupe ? Toujours est-il que les compositions n'ont pas la richesse habituelle, ne décolle que trop rarement, s'engourdissent et reste en vol stationnaire. Idem pour le son moins rugueux et bruyant. On a même le droit à un " distance preferred " remixé dance-floors lourdingue. On se demande réellement ce que ça fout là ! Reste un album honnête, avec ses bons passages emo-rock mais très loin de l'intensité que pouvaient nous procurer leurs prestations scéniques ou de leurs 45. (Des membres ont formé depuis Eniac).
SKX (02/06/2000)
PHILLIPPÉ
" misamee " - 7"
Flower Violence Rds 98
2ème sortie des bois avec ce single 4 titres. 4 hits devrais-je dire tant ça fulmine en tout sens d'accroches sulfureuses. Et toujours ce jeu du guitariste, alerte entre bruit blanc et mélodies tombées du ciel. Et ne croyez pas que les autres soient en reste. La rythmique a beaucoup de répondant, le chanteur sait se démarquer du chant typique emo. Enveloppé dans un sens du bordel organisé, ce single est un must!!
SKX (23/07/1999)

PHILLIPPÉ/UNIVERSAL
" love " - split 7
Flower Violence / Hombre Lobo Rds 99
L'histoire du split continue. Universal tourne très carré, n'y va pas avec le dos de la cuillère . Sans finesse et lourdingue, une attaque de chars d'un hardcore usant. N'est pas Acme qui veut. Phillippé maintient le cap. Trop intelligents pour se faire rattraper par une étiquette, ils flirtent avec le meilleur des styles, passent entre les blocs. 2 titres de plus à se mettre dans la besace à bonheur.
SKX (23/07/1999)
PIGZWILLTOAST
last chance to dance - CD
Les 7 Piliers / Izimobil 01Le poil du cochon grillé au regard étonné s'en va danser d'un pas tire-bouchonné. La démarche hésitante, la piste de nuit sous les pieds, nous voilà sous les couleurs électriques de Pigzwilltoast, qui va nous apprendre à bouger, à nous tortiller en cadence. Des rythmes frelatés, une odeur de fête louche et abondante. Pigzwilltoast, c'est toulousain, navigue entre Condense et No Means No. Avouons que la diagonale est belle. Qu'elle autorise toutes sortes de pirouettes et de péripéties autour. De déviations en forme de saxophone pour le coup de rein personnel. Le rythme est entraînant. Tout le monde se met au chant, pas de traînards à la chorale. Les guitares pour la partie ombrageuse et tendue. On entre dans cette ronde paillarde et acerbe d'un pas décidé, se saouler avec plaisir. La danse est rapide. Six titres pour décrocher la timbale. C'est suffisant pour se faire remarquer. La représentation est terminée. Gageons que ça sera pas leur dernière chance pour nous faire valser.

SKX (05/12/2001)

Playing Enemy / Pelican
Split 7''
Hawthorne Street 05

Playing Enemy ayant enchanté 2005 et fini tête de liste, toute nouvelle trace vinylique est guetté comme le messie. The priest cop est le nom dédié à ce nouveau morceau, dont l'enregistrement date sûrement de l'époque de I was your city. Sur ce point là, point de surprise. C'est du bon, du très bon, on ne change pas une formule qui gagne avec un riff de guitare bien maniaque et une perle de plus à vous enfiler par derrière. Pelican, c'est le registre dinosaure. Un oiseau ampoulé dont j'ai du mal à comprendre l'envol qu'il suscite. Leur morceau Sirius est une version démo d'un titre présent sur leur dernier album the fire in our throats will beckon the thaw. Le patronyme démo mérite bien son nom. Du metal fleur bleue qui sent le prochain passage à MTV. Uniquement pour les addicts de Playing Enemy et de musique non édulcorée.

SKX (18/01/06)
website groupe www.playingenemy.com | www.pelicansong
website label www.hawthornestreetrecords.com

PHILLIPPÉ/GUINEA PIG
" s/t split " - Lp
Tropical / Short Egg records 97
Un voyage en terre germanique, histoire de se changer les idées, m'a mis sur la route de Phillippé, dont le bassiste organisait le concert de Milemarker à Trier, près de la frontière Luxembourgeoise. Alors quand tard dans la soirée, j'ai su que Phillippé, dont j'avais juste rapidement entendu 2 titres quelques jours avant, devait se produire en 1ère partie des fabuleux Milemarker près de Strasbourg 2 jours plus tard, mon sang ne fit qu'un tour et tout ce qui roule m'amena à bon port! Ou plus exactement un soi-disant café-concert luxueux-beauf et merdique, façon Museum Café (les Rennais comprendront !). Une razzia sur la discographie de Phillippé s'imposa alors. Faute au concert. Puissant et rebondissant. Une discographie encore jeune qui a commencé par ce split album avec Guinea Pig, autre groupe allemand. Et Phillippé à tout de suite montrer sa maîtrise. Les affilier emo serait trop simple. Le jeu du guitariste nerveux et bruyant chavire trop les normes. Une touche de folie! suinte les structures. Le son est direct et sans fard. 7 titres qui s'avalent avec réel plaisir! Et que dire de Guinea Pig, sinon qu'ils ne baissent pas le niveau! Titres courts (9 en 15 minutes à tout casser), voix féminine râclante, ces drôles de cochons de Guinée grognent et se roulent dans le bouillon sans vergogne. Noise-core tendance pressés d'en découdre. La rythmique est à ce titre dérangée du bulbe. Tressautant, tendu et brûlant, il me tarde d'en prendre plus sous la crâne!!
SKX (23/07/1999)

PROVIDENCE UNION
" conceil/reach " - 7"
Gin and Catatonic records 98
Une petite merveille d'emo/noise, une attirance sans frein, spontanée, d'une violence intérieure incomparable. Ca se greffe dans le plus intime de la personne, vous parle direct. Dans un style musical largement exploité, quel bonheur de s'enivrer du fiel de la jeunesse qui y croit encore (et qu'a bien raison), maîtrisant parfaitement les déflagrations de liberté et les accès de pudeur, nous offrant l'espoir d'un single l 'énergie suffisante pour continuer.
SKX (05/07/1999)


PINK AND BROWN
" Shame fantasy II " - CD
Load 03
Pink and Brown niquait les oreilles et ça faisait un bien fou. Deux furieux qui pouvaient pas se blairer. L'un guitariste, l'autre batteur. Ca finit comme ça devait finir. Quand Pink et Brown tombent à l'eau, il ne reste rien. Sabordage par le milieu. Les deux survivants sont partis voir d'autres horizons. Coachwips et Young People (entre autres), c'est les noms de leurs nouvelles destinations. Sur ce Shame Fantasy II (version CD), on a l'intégralité de leur discographie plus cinq inédits d'avant la chute. 5 inédits qu'on retrouve sur la version vinyle et pas un de plus, faudrait voir à pas se gourer de format et se faire arnaquer ! Et quand on voit le niveau des inédits, on se dit que le meilleur était à venir. Damned ! Plus direct que Lightning Bolt. Aussi dangereux qu'Arab on Radar, Pink and Brown démontrait à qui voulait qu'un duo pouvait mettre le feu et assouvir sa soif de bordel autant que toute une bande de tatoués chevelus à grand renfort de synthés. 22 morceaux qui dérouillent sa race. Au contraire de nombreux duo, Pink and Brown savait donner de la voix, donnant un piment insoupçonné à ce genre d'exercice habituellement cantonné au tout instrumental. Punk, bruyant, jamais simpliste, de la saine énergie tout juste contrôlée ce qu'il faut mais pas trop. Le plaisir à tous les étages. L'envie de se cogner contre tout ce qui dépasse. Encore un de ces groupes noise météorites dont on aimerait qu'ils s'en écrasent plus régulièrement sur le coin de notre tronche !
SKX (01/07/2003)
PINK AND BROWN/DEATH DRUG
" split 12" - Lp
Load 02
Mr Pink et Mr Brown se sont séparés. La nouvelle est toute fraîche. A l'époque de ce split maxi (sorti en début d'année), ça convolait encore en juste noce, on pensait ce couple solide. Une tournée européenne était prévue pour février 2003, un album sur Skin Graft itou (espérons que l'enregistrement ait eu lieu et que même posthume, cet album sorte). Un couple bien de son temps, un duo guitare batterie comme il en existe temps mais Pink and Brown figurait dans le haut du panier. Au même titre que Lightning Bolt ou Hella, Pink and Brown ne trouvait son bonheur que dans les affres du bruit et de la distorsion, s'envoyant en l'air sur des rythmes tordus et, contrairement à de nombreux duos, ils ne se contentaient pas de se la jouer instrumentale mais apposait un chant fiévreux. Cinq titres bien juteux. Pink and Brown ne sont pas non plus les rois de l'arithmétique. Ca file droit, ça écorche, de la vie, erratique et bruyant, "famous anus", félicitations pour le titre, sales gosses énervés. Ce couple ne pouvait que se déchirer. Autre face, autre moeurs. Death Drug au paradis artificiel. Un seul morceau long et chiant comme un mauvais trip, seventies mon cul, bloqués qu'ils sont sur les mêmes rythmes et riffs pendant d'interminables minutes. Un split très bancal mais Pink and Brown vaut bien deux faces.
SKX (27/08/2002)

THE PLAN
" only these movements remain " - CD
Matlock / Rewika 01
C'est avec une hâte grandissante que j'attendais ce deuxième album des Canadiens de The Plan. Leur premier jet "This time is not this place" avait fait l'effet d'une révélation dans mes hallebardes, le genre de truc que vous écoutez en boucles pendant deux mois! En digne héritiers d'un esprit Washington DC et de leurs compatriotes Shotmaker, The Plan posait ses jalons. Et là, (soulagement), The Plan continue brillamment sur la voie tracée (lactée). Tout en prenant soin d'échapper à tout contrôle prévisible, de garder l'inspiration tout en trouvant son costume approprié. Beaucoup de finesse, de guitares esseulées qui plantent un décor fragile et plein d'une tension sourde. Les structures ne traînent pas en route, l'énergie est bien là mais emprunte de nombreux virages. Ils enrichissent leurs palettes instrumentales d'un vibraphone, d'une trompette, d'un saxo et d'une contrebasse. Des instruments qui restent très discrets et présents juste sur 2, 3 morceaux mais qui témoignent d'une envie d'ouverture, de multiplier les ambiances. Nocturnes et seigneurs de la route. Ecorchés et chaleurs d'été. Fugazi devrait en prendre de la graine au lieu de se fourvoyer dans des impasses et d'emmerder son monde. The Plan est un groupe brillamment inspiré. L'avenir leur appartient.
SKX (12/12/2001)

THE PLAN
" this time is not this place " - CD
Matlock 00
Le bon plan du moment (oui, je cède à la facilité) vient du Canada. Pour une idée première de l'engin, prenez le meilleur de Washington D.C., ses émotions de bête racée et croisez le avec des rythmiques plus carrées et viriles de Chicago. L'affiche est alléchante n'est-il pas ?! Mais comme on a affaire à des enfants surdoués, le calibre de l'engin ne s'arrête pas à ces réductions. On nage en pleine gourmandise. On suce, on se pourlèche les doigts, on s'en met plein le bide jusqu'à l'indigestion de dix compositions toutes plus accrocheuses les unes que les autres. Ca vous colle à la peau, ça l'enduit, du vrai miel. Ca vous déroute une musique comme ça. Vous ne savez plus où donner de la tête. La production est riche mine de rien, avec quelques cuivres et instruments à cordes acoustiques qui vous tordent encore un peu plus le boyau à émotion. C'est nerveux et limpide. Avec souvent en plein milieu de la chevauchée, une accalmie qui déroute, vous laisse vous réarranger la mise avant de vous achever d'une bouche gloutonne, les sens débraillés, la tête toute en l'air. Ce 1er album, c'est du haut vol. Vous avez tout du meilleur de chez meilleur résumé, tout ce qui se fait de mieux, tout sublimé, inspiré et maîtrisé de bout en bout. Ce disque donne une énergie folle. Ca m'a fait danser tout l'été et ça m'accompagnera bien tout l'hiver, aisément, et bien d'autres saisons encore. Un des disques de l'année tout simplement.
SKX (02/10/2000)
PLANES MISTAKEN FOR STARS
" Spearheading the sin movement " - CDEP
No Idea 02
A l'heure où les avions n'atterrissent pas toujours à l'heure, Planes Mistaken For Stars pointe son radar avec trois nouveaux titres plein de promesses pour l'album qui ne serait tarder…. " Thunder in the night forever ", sous-titré fort justement " we ride to fight " ou comment te foutre ta branlée avec un morceau de post-punk-hardcore aux guitares héroïques, poing levé et cheveux aux vents. Un poil plus complexe et grandiloquent que leurs précédents efforts mais quand on est prêt à se battre, autant en mettre plein la vue pour impressionner l'ennemi. Les deux autres morceaux ne sont pas là pour faire de la figuration. Rythmes qui cognent, vocalises qui surgissent des fins fonds avec toujours ce souci de la mélodie qui taquine. Planes Mistaken For Stars, c'est de la matière incandescente, du punk nouvelle génération et No Idea n'est pas à court d'idées pour vous faire patienter en attendant le format long.
SKX (12/03/2003)

PLANES MISTAKEN FOR STARS
" fuck with fire " - CD
No Idea 01
Ca démarre pied au plancher. Une longue ligne droite, la gomme sur l'asphalte. La pédale du frein a été arrachée depuis longtemps et la distance parcourue en un temps record. Planes Mistaken For Stars s'amuse avec le feu (et je reste poli, vu qu'eux on une tout autre notion du feu...), joue les pyromanes de service. P.M.F.S. a sans doute envie de mourir jeune et ces punks par essence ont les sens écorchés à vif, transcendant tout emo kid juvénile en cible mouvante. Unbroken, la rage de JR Ewing sans la rudesse du son, P.M.F.S. a fait son deuil de vous étonner et mise tout sur l'accroche mélodique emballée par une énergie communicative et répandue à haute dose. On arrive au dernier morceau en sueur, pas plus intelligent qu'avant mais repu par une saine secouée. Impeccable à l'approche de l'été avant de se lancer à l'assaut du bitume dans sa décapotable rouge. Attention aux virages.
SKX (19/06/2001)

PLANQUEZ
" Protect me from failure " - CD
Failure 03
Vous avez peut-être eu la chance de croiser la route de Planquez au printemps dernier, en tournée avec Big Numbers. Trois anglais, typiquement, viscéralement, à l'humour so british, trois personnalités attachantes comme pas deux et dont la musique ne reflète en rien la bonhomie. Planquez, des gens pas pressés, qui jouent ensemble depuis des lustres (1996, après d'autres projets dont Pushkins et Moist) et ne sortent leur premier album que cette année. La force tranquille ! Alors inutile de chercher midi à quatorze heures. Le flegme est un gêne national. Vous prenez Slint et sa mélancolie, sa tension sans cesse sur le qui-vive. Vous rajoutez un peu de Shellac sur des plans rythmiques et vous avez l'ossature de Planquez. Que du connu et du concis. Mais ce qui fait la différence chez ce trio de Brighton, c'est l'art de la composition. Planquez n'invente rien (comme 96% des groupes me direz-vous) mais eux rajoute la classe. Une putain de classe pour vous torcher une accroche mélodique, soigneusement développée lors de morceaux généralement longs, soutenus par un grain de voix profond et envoûtant. Et là, vous êtes carrément sous le charme. Avec sur cet album huit titres, deux mouvements. Les quatre premiers issus d'un enregistrement un peu lointain (et qu'on retrouvait sur une démo). Et les quatre suivants, au son plus abouti et agressif, morceaux écourtés, chemin vers lequel se dirige Planquez. On va pas s'en plaindre. Si vous aimez les choses simples, distinguées et punk sur les bords, faites la différence comme ils disent, ruez vous sur Planquez !
SKX (07/08/2003)

PLAY THE PIANO...
" s/t " - 7"
Tomtetummetott/Adagio830/Bachelor 01
...drunk like a percussion instrument until the fingers begin to bleed. Et oui, c'est tout ça le nom du groupe! De "play the piano" jusqu'à "to bleed"! Mais on ne vous en voudra pas si vous vous contentez de Play the piano like a, sinon ce 45 risque d'être fini avant d'avoir eu le temps d'énoncer ce patronyme à coucher dehors! Un nouveau quatuor allemand qui ne joue pas du piano debout. Et pour cause, ya même pas un putain de piano tout au long de ce cinq titres. Jerry Lee Lewis peut dormir tranquille. On nage en pleine hystérie collective. Tout un délire incompréhensible autour du piano alors que la musique reste très hardcore-rocking chaotique, mouvance actuelle de sortie. Mais ne boudons pas notre plaisir et les blasés de série. Ces anciens Cole Quintet sont très convaincant dans leurs nouveaux costumes, notamment les morceaux "portland.oregon" et "great". Crispant à souhait, la queue du piano est depuis longtemps retombée sur les doigts du chanteur, la valse à trois temps est devenue frénétique et le pianiste tiré comme un lapin. Les accros du genre vont se mordre ce qu'il leur reste de doigts.
SKX (20/08/2001)

PLAYING ENEMY
" Ephemera " - CDEP
Escape Artist 03
Mais qui a envie de jouer avec un tel ennemi?! Ces ex-Kiss It Goodbye font peur la nuit. Il fait tellement sombre là-dedans… Après un premier album excellent, ce nouveau trois titres. Playing Enemy font partis, avec Converge, Botch et les Today is the Day d'antan, des meilleurs groupes de hardcore sombre et torturé, sans jamais en rajouter un gramme, furieusement sincère et hypnotisé par leur propre noirceur. Et Playing Enemy possède sa touche propre. Un premier titre " John Q Russia " comme on les connaît. Le truc qui donne envie de s'arracher les ongles. Sur le deuxième " must bring your weapon ", on entre dans une autre dimension ou comment sonner toujours aussi compact avec un rythme proche de la boîte (à rythme !), une voix (et quelle voix !) et un piano convulsif, véritable trouvaille éclairante. Et que dire alors du dernier, le bien nommé " you've got to be crazy ". Huit minutes de pur bonheur masochiste. La bête surveille. La nuit rôde. Neurosis n'est pas loin. Cette guitare, sa mélodie qui vous tiraille les tripes. Cet écho qui mène à l'asile. Tout simplement génial. Avec cette nouvelle production, Playing Enemy va encore plus loin et personnalise ses armes. Ne passez pas à coté de Playing Enemy.
SKX (12/08/2003)


PLAYING ENEMY
" cesarean " - CD
Escape Artist 01
Ravalez vos larmes! Les fleurs encore à peine fanées sur la tombe de KISS IT GOODBYE, les trois-quarts de ce monstrueux combo reprennent les armes et continuent le combat. Seul le nom change serait-on tenter de dire! Mes os rient. Mes nerfs rient. J'en râle de plaisir! Ces trois mecs sont fermement plantés dans le sol, un trio solidement charpentés qui ne sont que plaintes et déchirements. Recroquevillés, prêts à bondir, boules de nerfs dévastatrices, on a pas envie de titiller l'ennemi. Hardcore torturé et ultime, on sent derrière cette rage primaire du vécu, du sang et des coups dans la gueule. Pas des poseurs sacrifiant à la mode du moment mais un vrai sacerdoce. Comme au temps de Kiss It Goodbye, tous les titres vous donnent envie de vous arracher à vous même. Le chanteur possède une voix aliénante, les rythmes sont tribaux et tranchants, le son s'éclaircit et gagne en puissance. Sans fioritures, sans oripeaux, sans samples, synthés, sans rien. Nu comme un ver. Offert à la foule déchaînée. C'est un hardcore sale et méchant, tellement sincère et à fleur de peau. Ca vous emmène dans des zones obscures qui sont sans nom, mais s'agitent, forcenées, se démènent, tendues vers la révolte. On en ressort chancelant. L'appel au chaos. Kiss It Goodbye n'était qu'un au revoir. Le retour est fracassant. Laissez venir à vous l'ennemi! ( Depuis le bassiste s'est déjà cassé, ils en cherchent un autre....)
SKX (03/07/2001)

POLLINé
" parallel canvas " - CD
Boxcar 00
Boxcar records s'avouerait-il un léger penchant pour les petits frenchies ou simple coïncidence.... Après Versailles, autre nouvelle signature à consonance française dans le nom. Les paris sont ouverts. Et Policé, outre le patronyme, partage avec Versailles un amour des guitares quasi-obsessionnel. C'est elles qui tiennent le haut du pavé, s'éclatent dans la recherche de nouveaux accords, prolongent les effets de pédales toujours plus aventureuses, se fourvoient dans des impasses, croit-on, avant de repartir dans le sens opposé, jouent à l'élastique et vous mènent finalement par le bout du nez. Soutenues par une rythmique aussi solide qu'aérienne, ces guitares imposent leur charme peu à peu, font des détours psychédélique, calment le jeu, repartent sur les plates-bandes de Sonic Youth pour quelques moments de tensions, avec clin d'œil au passage à June of 44. Tout ça, c'est du travail comme dirait l'autre et si on départ on avait craint l'égarement, trop c'est trop, à l'arrivée, ça comble son homme, tout se met en place et ces seulement 6 titres, étalés sur la demi-heure, gagnent notre estime, chapeau bas, bien joué. Et de se dire que, sommes toutes, ce canevas n'est pas si compliqué, ils savent aussi tracer de longues lignes droites hypnotiques. Polliné a de l'attirail, des idées, une belle brochette d'effets pour varier des climats. Bref, du talent. Bienvenue à eux.
SKX (17/08/2000)

THE PORNOGRAPHY
" car " - CD
Wallace 99
La musique qui dérange. Les images pour provoquer. Les mots pour choquer. Les corps pendus qui ne balancent plus. Le gris et le blanc. The Pornography ne cherche pas à plaire, ne cherche pas à caresser l'auditeur dans le sens du poil. Une musique oppressante, des rythmes répétitifs jusqu'à l'obsession, qui se répercutent comme un écho malsain de morceaux en morceaux. Une basse qui prend les devants, vrillante. Une voix aliénante et torturée. Cette noise puise sa source chez Big Black pour n'en garder que sa face la plus sombre et neurasthénique. La marche est lente et pesante, les guitares tranchantes. Tout se joue sur la répétition à outrance. La boite à rythme ajoute au coté machine de guerre froide et implacable. Faut forcément être d'humeur pour se cogner ça mais la musique de ce groupe italien est loin d'être inintéressante. Pour peu que vous vous preniez le doigt dans le bon sens au premier sillon, vous embarquez dans un voyage douloureusement plaisant. Sinon attendez le prochain tour! A noter que cet album vieux de 2 ans va ressortir après un retravail avec les parisiens de Heliogabale. Et que leur deuxième album, si ils ne se sont pas suicidés d'ici là (gag) sort très prochainement. Lobotomie frontale.
SKX (17/07/2001)

PROVIDENCE UNION
" die my infinity + 4 " - CD
Stickfigure / Donut Friends 01
Il est toujours plaisant de suivre l'évolution d'un groupe. Surtout quand celle-ci se fait dans le bon sens. Comme tant d'autres, ce groupe de Floride avait commencé par un honnête et très classique emo-rock, dérivation bien connue des affres de Dischord records and co. Et comme pour mieux tourner la page et vous prouver leurs changements, on retrouve trace de ce passé dans le "+4" à la fin du CD. Quatre morceaux enregistrés en 2000, témoignage d'un certain talent... largement répandu aussi chez des dizaines de confrères! La nouvelle version de Providence Union n'est pas non plus un virage à 90°. Mais ils intègrent désormais à leurs émotions viriles de base des éléments de ce rock que l'on retrouve chez Les Savy Fav, The Liars ou 90 Day Men. Des sonorités qui doivent autant aux années 80 ("plastic ceilings") qu'au post-rock actuel. Bref une palette de climats étendue, pour un mélange, qui peut paraître bâtard. Avachi dans le canapé de notre routine, Providence Union ne bouleverse certes pas nos habitudes. Et pourtant, et pourtant, le tapis ne sert pas qu'à ramasser la poussière. Attachant, personnel, l'amalgame de tous les dangers est transformé. L'heure est à l'infusion-citron. Aigre, sensible et félin. Providence Union ratisse large et finit par trouver sa voie au milieu des décombres.
SKX (21/05/2002)


Panthers
Things are strange - CD
Vice 2004

Les gondolent se tordent et les panthères, les vraies, se mordent la queue, de honte. Dans Panthers, tout le monde vient du milieu hardcore, ex-Orchid en tête. Après un honnête premier album et un maxi " Let's get serious " qui amorçait un virage, Panthers a définitivement franchi la ligne blanche. Les choses sont étranges. C'est eux-mêmes qui le disent. The Panthers jouent du gros rock seventies, avec tout plein de pédales wah-wah et des mains pleines de gros doigts tout tachés. Entre Pearl Jam et Led Zeppelin, la place est toute trouvée. Avec quatre morceaux (sur les neuf) de sept minutes, pompeux et vulgaires, on se demande vraiment ce qu'il s'est passé. Vice records est apparemment avant tout un magazine hanté de ne pas être à la mode, pour qui le mot punk est synonyme de MTV. Pour sûr que ce disque va plaire à tout ceux qui aiment se mettre plein de poudre blanche dans les narines. Mais ça n'explique pas tout ce revirement de la part de kids qui viennent tous du milieu hardcore… Ah ma bonne dame, ya plus de jeunesse ! Disque de merde.

SKX (14/11/2004)
website groupe www.pantherspanthers.com
website label www.vice-recordings.com

Pedro The Lion
Achilles Heel - CD
Jade Tree 2004

Les bonnes choses ont toujours une fin. On peut espérer un retour en grâce. Mais en attendant, va falloir se coltiner une déception. Pedro The Lion rentre dans le rang. Exit les pop-songs touchées par le bon Dieu auquel il croit tant. Exit cette tristesse viscérale qui collait à sa guitare. Sa voix, qu'il n'a heureusement pas perdue, ne sauvera pas tout. David Bazan, qui a désormais dans son camp comme membre permanent, un certain TW Walsh, vient de sortir un disque de pop banal. Donc dans son cas, mauvais. Au mieux insipide. Sans inspiration. Une production nickel et léchée qui rend sa mélancolie ennuyeuse. Des mélodies passe-partout. Le Pedro s'est endormi sur ses lauriers. L'album était pourtant bien parti avec " bands with managers " dans la lignée de ces précédentes compos. Le lien était fait. Mais il a explosé vite fait ou plutôt liquéfié au fur et à mesure que la facilité s'annonçait et que mon visage se décomposait. Tout ça va vous paraître un poil dur. Il n'y a rien de honteux sur ce disque. Mais j'attendais autre chose qu'un produit de consommation courante. La déception est à la hauteur de l'engouement des enregistrements précédents. Dans ce cas là, on ne fait pas dans la demi-mesure. Un fan, par essence, c'est con. Pedro, retrouve tes crocs ou ça va être l'heure du péno !

SKX (27/08/04)
website groupe www.pedrothelion.com
website label www.jadetree.com
sounds Discretion.mp3

Permanent Fatal Error
Law Speed - CD
Ruminance 2004

La face cachée du système, l'organe face à la machine, le hasard de la chute. L'erreur fatale et permanente. L'immersion dans un monde où on reprend tout depuis le début. Olivier Manchion, libéré d'Ulan Bator (et de ces laborieuses dernières sorties) s'entoure d'une nouvelle bande. L'acoustique règne en maître. L'analogique est son bras armé. Touché au cœur du tympan l'auditeur égaré. Ce qui frappe tout de suite, c'est le son. Cette profondeur de champ, ce grain vivant. L'atout principal qui permet de poser des compositions habillées pour l'hiver. Un enregistrement confié à un certain Lionel Darenne, disciple de Albini, dont le travail est ici précis et lumineux. Harmonie des sons, clarté de l'objet, " Law speed " a de la sobriété, un éclair blanc qui vous transperce et cicatrise sur le champ. L'ambiance n'est pas au réchauffement de la planète. Tout au plus peut-on parler d'une douce mélancolie qui vous enveloppe sans être rassurante pour autant. L'acoustique se mélange à l'électronique. Cette pulsation rythmique, ce sonar qui traverse deux morceaux et dont l'écho ne cesse de revenir hanter régulièrement tout l'album. Permanent Fatal Error ne rocke pas. Ou alors dans la retenue, en basant le rythme sur la répétition, jusqu'à créer une illusion de mouvement. Mais de cette musique, on retient surtout son caractère soigné, ce folk urbain parsemé de drones, voir effleurer le jazz le temps d'un " B#side part2 " parcouru d'une trompette à l'air classique. Une musique sans geste brusque. Juste l'aléa du changement intempestif mais sans fracas, une tension tissée patiemment. Le bois et l'acier. On ressent à l'écoute de Permanent Fatal Error comme un malaise. Une sensation de chaleur et de bien-être dans un environnement chirurgical et distingué. On est séduit et en même temps, on aimerait qu'il s'y passe plus de choses. Des brèches s'ouvrent. L'odeur qui s'en dégage est néanmoins des plus intéressantes.

SKX (04/12/2004)
website groupe permanentfatalerror.free.fr
website label ruminance.free.fr
sounds apic.mp3 | blu.mp3

The Phantom Limbs
Displacement - Cd
Alternative Tentacles 2003

Vaille que vaille, Alternative Tentacles maintient le cap. Loin d'être à la une des dernières tendances mais son propos se situe ailleurs. Et de son chapeau, le père Jello Biafra est toujours prompt à nous sortir un sain coup de pied dans les valseuses pour nous rappeler à son bon souvenir. The Phantom Limbs, la tentaculeuse San Francisco, son lot de fêlés. " Displacement ", deuxième album. Cinq types, une unité. Tendus sur une folie communicatrice. Death-rock, punk-rock, no-wave satanique, qu'importe, danser sur les déchets de l'humanité avec un sourire carnavalesque, tordu dans l'agonie. Synthé sur la main courante, sinistre messie qui plane sur toutes les compos. Injonctions de rythmes, défouloir et martelant, bataille d'instruments qui gardent toute leur cohérence dans d'énergique et mélodique pièces saignantes. Au contraire de toute cette vague de groupe rock à synthé, The Phantom Limbs est viscéralement punk, malsain et on ne danse ici qu'avec l'énergie du désespoir. Au diable la prétention et le coté arty. Ici tout est naturellement foutu d'avance. Hopeless, c'est le (sur)nom du chanteur. Condamné à brûler sur le bûcher dans ses incantations tout dans l'urgence, mi-parlé, mi-hululant. Dans la grande tradition des showmen américains. Normal pour un groupe d'Alternative Tentacles dont la réputation scénique de ses poulains est toujours mise en avant. Celle de Phantom Limbs est sulfureuse. " Displacement " est un grand disque de rock'n'roll, de tout son danger, qui vous bouscule et vous roule, noire et rouge, le cirque, la grande messe et sans l'esbroufe. Ce fantôme est bien réel, pour notre plus grand plaisir.

SKX (11/10/2004)
website groupe www.thephantomlimbs.com
website labe www.alternativetentacles.com
sounds CastanetsCookie.mp3 | Active_Verbs.mp3 | Romance.mp3

The Planet The
Physical Angel - CD
54° 40' or Fight 2003

Disque bi-polaire. Sur le pôle nord, une musique toute droite venue de l'héritage de Devo, de cette époque bizarre où le punk se mettait à tenter des choses étranges, dont l'écho s'est retrouvé quelques années plus tard dans des groupes hybrides comme Brainiac ou Rah Bras où rock et synthétique se retrouvaient pour une danse impossible. The Planet The a encore du pain sur la planche. Pôle sud, ce trio de Portland revient à plus de normalité, le chanteur prend sa guitare et sans en faire tout un plat, leur folie réchauffe un peu les cœurs. Un chanteur sûrement très visuel et bien frappé sur scène à l'entendre ainsi geindre de façon débile. Musique chewing-gum, qui bouffe à beaucoup de râteliers, ça passe du coq à l'âne. Il reste encore beaucoup à faire pour lier tout ça. Sortie surprenante du label 54° 40' or Fight records qui se dévergonde avec un groupe dont on se gardera de les juger trop précipitamment tant il semble capable du meilleur comme du pire!

SKX (03/04/2004)
website label www.fiftyfourfortyorfight.com
sounds www.fiftyfourfortyorfight.com -> section "merchandise"

Planquez
For those that might care - 12''
unlabel 2004

Pour ceux que ça intéresse… Planquez est un trio anglais qui remue ciel et terre pour vous sortir un disque tous les 3 ans et faire des tonnes de concerts, environ 3, 4 par an entre Londres et le sud de l'Angleterre où ils ont établit leur base. Sacré Planquez! Cette nouvelle livraison, limitée à 220 exemplaires, comporte quatre titres (faut pas délirer non plus, c'est déjà pas mal !) et continue son petit bonhomme de chemin dans un noise-rock mélancolique mais viril aux entournures. Ils se sont concentrés sur un son digne de ce nom où la basse vous enrobe, vibrante et charnelle (!) et des mélodies qui vous transportent vers les brumes de la Manche et un passé frappé années 90, Slint et Shellac restant les mamelles nourricières sans que cela soit outrageant. Quand à Flo, le batteur, je ne peux que reprendre les notes internes du disque "… in charge of punk operations (and plays drums at times) ". A défaut d'un jeu de batterie mémorable, son empreinte est surtout indélébile pour les après concerts…. Pas grand-chose de neuf donc sous le ciel de Planquez. Toujours aussi économe et fringuant en attendant qu'ils passent la vitesse supérieure. Drôle de bougres!

SKX (04/12/2004)
website groupe www.planquez.co.uk
website label www.btinternet.com/%7Eawkwardsilence/unwelcome.htm
sounds www.planquez.co.uk/care.html

Popular Shapes
Bikini Style - LP
On/on Switch 2003

Popular Shapes, quatre jeunes gens de Seattle qui ne doutent de rien et qui ne sont pas du genre à se poser trente-six questions. " Bikini Style " est leur premier album et si vous voulez y voir un quelconque rapport avec la surf musique, il va falloir se raccrocher à l'élastique de son maillot, car ces neuf titres vont la faire voler en éclats ! La base est punk, le son est rêche et ne s'embarrasse pas d'effets de manche. La rencontre idéale entre The Fall, Buzzcoks et les dissonances modernes. Ca attaque bille en tête et au contraire de beaucoup de leurs compatriotes actuels, ils ne piétinent pas joyeusement la plate-bande dance-punk mais côtoient l'enfer du rock'n'roll. Un enregistrement à l'énergie live où tout se compte en deux minutes trente. KO assuré en fin de partie. Brûlot généralisé. Un disque qui vous botte littéralement le cul, au figuré comme au propre!

SKX (05/09/2004)
website groupe www.popularshapes.org
website label www.ononswitch.com
sounds MathTest.mp3

The Panoply Academy
Everything here was built to break - CD
Secretly Canadian 2004

Ce groupe ne vous dit sans doute pas grand chose. Et pour cause, ils sont les premiers à brouiller les pistes en modifiant leur patronyme à chaque sortie. The Panoply Academy Glee Club, The Panoply Academy Corps of Engineers, The Panoply Academy Legionnaires. Tout ça n'est qu'un seul et même groupe. Pour cette nouvelle sortie, ce groupe de l'Indiana a choisit la sobriété en ne gardant que la base commune. Une façon de signer leurs adieux puisque que ce groupe a décidé de mettre fin à leur histoire et ce disque est une compilation de singles, titres de compilations et inédits, du plus récent au plus ancien. Autre motif du mystère qui les entoure est cette propension à distiller une musique sans attache précise, non-identifiable, le cul entre une multitude de styles. Si on peut citer une vague famille post-punk aux cotés de groupes comme 31 Knots (pour la voix), Q and not U ou Pere Ubu pour le pedigree historique, The Panoply Academy sait tour à tour être noisy, fun, baroque, envoyer du bois vert quand il faut monter sur le front rock mais toujours ambitieux dans ses compositions. Ils utilisent rarement le chemin de la facilité, tronquant le couplet-refrain pour une trame narrative, embarquant tout un tas d'instruments pour étoffer leur panoplie. L'album commence par trois morceaux " perdus " lors de la session de " No Dead Time " en 2001 avec notamment le morceau " Nom de plume ", qui résume à lui tout seul leur savoir-faire en matière d'écriture de morceaux post-punk, indiciblement complexe et pourtant si limpide à l'écoute. Avec " Diurnally yours " et " Nocturally yours ", les deux faces d'un single sorti en mars 2001, ils nous montrent une autre facette de leur talent. Trompette, piano, morceaux enjoués et nerveux, construction alambiquée. Ya d'la joie qu' un " I feel like i'm fixin' to die rag " nous ramène aux dures réalités de la vie. Mélancolique ballade qui nous renvoie à la folle gaieté d'un Xiu Xiu. Une superbe mélodie vocale sur fond de nappe de synthés lugubres. Avec " Dreamer-crime of the century ", c'est un pastiche de Supertramp qu'ils s'offrent. Reprise surprenante, tour à tour agaçante et croustillante. Et puis retour à des choses plus rock avec " The Administration " et " We ", la boucle est bouclée. Avec ce document, The Panoply Academy nous montre toute l'étendue de ses possibilités. Un disque hétéroclite mais tel est ce groupe, toujours à la recherche de l'exigence, malin comme un singe, toujours là où on les attend pas. Un disque très utile pour faire connaissance mais je ne saurais que trop vous conseiller leurs trois albums précédents, tous parus sur Secretly Canadian.

SKX (29/01/2005)
website label www.secretlycanadian.com
sounds nocturnallyyours.mp3 | we.mp3

Part Chimp
I am come - CD
Rock Action 2005

Les Part Chimp sont sourds. C'est ici la seule explication possible. Jouer si fort, à faire trembler les enceintes, c'est pour mieux te manger mon enfant. Faites l'essai dans votre caisse à savon à peinture métallisée. Mettez le volume à un niveau normal et regardez la gueule des passants. Ca les changera de la techno. J'entends plus le moteur, tout grésille, tout contrôle est perdu et j'ai même pas poussé les potards. I am come est avant tout une question de production. Le truc indéniable qui fait la différence. Un son à écorner un bœuf centenaire. Un son taillé par John Mogwaï Cummings. Et qui enterre Mogwaï. Les Part Chimp, ce sont des anciens (en parti) de la scène de Camdem, quartier fameux de Londres fin 80 / début 90 d'où sont sortis tout un tas de groupes sauvages et hirsutes comme Loveblobs, Sun Carriage et The Faith Healers. L'amour du bruit, ils l'ont depuis tout petit et en vieillissant, ça s'arrange pas. On retrouve cette même hargne mais largement magnifiée, notamment parce que ce deuxième album n'est pas qu'une histoire de volume, de la simple technique d'ingénieurs zélés. Ca passe grâce à des compos aux accroches évidentes, construites relativement de la même façon, progressivement dans le rouge (sauf que ça part souvent au sprint !), dans le répétition, dans l'acharnement, où on trouve, même à l'état primaire, des mélodies sous le déluge, des riffs ultra simples et efficaces, d'un batteur qui se prend pour une locomotive lancée à pleine vapeur, des larsens comme une bagnole en feu balancée sur un troupeau de CRS. I am come est le cœur et le corps. C'est un tout. Une déflagration sonore domptée à bout de bras, jamais loin du dérapage, de l'accident propre à tout animal sauvage qui n'est pas fait pour vivre en cage. Le rock a encore de beau reste.

SKX (08/11/2005)
website groupe www.partchimp.com
website label www.rockactionrecords.co.uk

Pattern is Movement
Stowaway - CD
North Failes Industries 2005

A Philadelphie, ya pas que du gros rouge qui tache. Parenthèse. On respire un grand coup. Pattern is Movement s'infiltre dans la brèche. Fraîcheur d' une articulation originale, d'une bise de variétés dans les arrangements (cordes sans discordes, piano, banjo), d'une sensibilité pop et moderne, de percussions multiples, d'un chant qui coule, sereinement agité. Stowaway est interprété de façon fouillé et si simple à la fois. Vous prenez la force tranquille d'un 31Knots et l'esprit baroque d'un Need New Body tout en s'imposant des limites, vous parfumez d'un zeste de nostalgie et d'amertume. Pattern is Movement crée un univers personnel, épuré qui se remplit de milles choses, se délaisse du superflu tout en s'attardant sur le détail. La parenthèse se referme. Pattern is Movement est un mirage. La classe.

SKX (21/10/2005)
website groupe www.patternismovement.com
website label www.nfilabel.com
sounds Neverlikedthistimeofday.mp3
Talkbacktome.mp3

The Phantom Limbs
Random Hymns - CDEP
GSL 2005

Le groupe de San Francisco ressort ses oripeaux, traînes sombres et désabusées, cinq titres sur Gold Standard Laboratories. Quatre inédits et une version largement remixée de deux morceaux de leurs précédents disques, tour à tour marrante puis (surtout) pénible, un bouche trou qui dure quand même neuf minutes. Attardons nous sur les inédits. C'est du Phantom Limbs tel qu'on le connaît. Rock vaguement new-waveux avec le synthé à gauche, le rythme toujours entraînant à droite et le punk au milieu, porté à fond de poumons, Hopeless aka Loto Ball, une belle paire qui souffle dans les bronches pour éviter de s'enrhumer. Car pour la musique, Phantom Limbs se contente du minimum syndical. Rien d'enthousiasmant et spécialement inspiré. La routine, loin des pics de l'album " Displacement ". (En tendant bien l'oreille) vous pouvez entendre sur " The olympics " Kristen Louise alias Louise Gas (un homme malgré le nom) du groupe Sixteens (mouvance death-rock, un split avec The Vanishing), un pote venu déjà pousser des hululements sur les deux premiers albums des Phantom Limbs et un accordéon plus la trompette sur le titre en espagnol " Cobrador minutero ". Mais tout ne suffit pas à relever le niveau d'un maxi agréable mais sommes toutes moyen. Hopeless parti à Chicago, The Phantom Limbs semble chercher un second souffle…

SKX (14/05/2005)
website groupe www.thephantomlimbs.com
website label www.goldstandardlabs.com

Picastro
Metal Cares - CD
Polyvinyl 2005

Morne plaine! De l'autre coté des grands lacs, de son Toronto natal, la musique de Picastro descend par congères entier. L'hiver s'annonce rude. Mais chaud à l'intérieur. Avec un patronyme dérivé de (Pablo) Picasso et (Fidel) Castro (mais je m'avance, faudrait demander au groupe !), Picastro n'est pas à un contraste près. Vous avez là de quoi faire flamber plus d'une facture de fuel avec toute la tristesse et l'ambiance frigorifique qui émane de ce deuxième album. Mais il suffit que Elizabeth Hysen se mette à sortir le bout de sa voix et que quelques dynamiques de cordes acoustiques se mettent à chanter pour que les cœurs se réchauffent immédiatement. Une voix pleine de gravité et de trucs qui tournent pas rond, de boules noires restées en travers de la gorge sur fond de musique dépouillée, un brin de classicisme à la Rachel's, un violon, des percussions discrètes, quelques touches de piano et ce glaçon vous coule dans la gorge comme du miel. C'est pas de tous les jours. Faut pas avoir l'humeur cafardeuse au risque de plonger encore plus profond mais ce disque possède le charme des grands espaces polaires. Avec ma cabane au Canada en plein milieu.

SKX (31/08/2005)
website groupe www.picastro.net
website label www.polyvinylrecords.com
sounds metal-cares.mp3

Pig Destroyer
Terrifyier - CD
Relapse 2004

Avec un patronyme si fleur bleue, ne comptez pas que Pig Destroyer vous compte fleurette sur l'oreiller. Un trio que l'on fixe sommairement sous l'étiquette "grindcore". Mais ce grindcore là, j'en veux bien tous les jours (enfin presque). En fait, c'est un savant mélange de grind, de trash-metal à la Ministry (le meilleur de Ministry, autant dire que ça date), de hardcore complexe à la Dillinger Escape Plan (là aussi ça date!) et de punk-rock. Point de grosse voix gutturale typiquement death à l'horizon. Leurs nombreux splits et tournées avec Orchid et Isis leur donne une approche définitivement hardcore du grind et le chant s'en ressent. Le trio de Virginie nous fait donc la totale. Tout se définit sous l'adjectif monstrueux. Seulement les instruments de base (guitare-basse-batterie) mais l'impression qu'ils sont quinze là-dedans. La batterie qui n'en finit plus. A croire qu'une machine infernale la soutient. Une pression dingue. Tout s'entrechoque et se fracasse. Des phases de respiration pour mieux accentuer l'intensité. Des samples du malin et de femmes battues. Des parties fines et des corps à corps torrides. Pig Destroyer a réussi un véritable tour de force avec un grindcore intelligent (oui les deux termes ne sont pas antinomiques), résultat d'une recherche avancée entre tout
ce qui se fait de mieux dans les musiques extrêmes pour accoucher d'une bête à visage humain. Même si tout ça ne semble pas votre tasse de thé pour vos frêles oreilles, je ne saurais assez insisté pour une écoute, même curieuse, d'un tel
phénomène musical, un brio, qui sous ses dehors de brutes épaisses, peut vous réconcilier ou vous ouvrir à un genre souvent galvaudé, à l'instar de groupes comme Neurosis ou Breach qui ont su transcender les styles. Pig Destroyer tue le cochon qui sommeille en toi.

PS : Avec le CD, vous trouverez également un DVD audio dans un format super luxe ( ??) avec un morceau de 37 minutes nommé " Natasha ". Parait-il très lent, lourd avec quelques synthés par derrière. L'aspirine est donc fournie avec.

SKX (09/02/2005)
website groupe www.pigdestroyer.net
website label www.relapse.com

Pitch Black
This is the modern sound - CD
Revelation 2005

La boutade du nom de l'album qui en dit long. N'allez pas chercher une once de modernité dans ce Pitch Black là. C'est du bon rock à la Hot Snakes avec un orgue des familles pour accentuer encore plus la face sixties de la chose. Mais comme ce vieux rock'n'roll et les guitares sont revenus à la mode, ce groupe de San Francisco roule dans le sens du vent. Profitez en avant que le crachat ne vous revienne dans la tronche. Le rock toujours d'actualité donc. Une façon de dire aussi pour le groupe que leur son à évoluer, qu'ils accrochent les wagons, voilà désormais comment on sonne, tant pis si on prend le train en route. Le vice est poussé jusqu'à la ressemblance intrigante dans le timbre de la voix avec Rick Froberg (chanteur des Hot Snakes) mais bon c'est sa voix à lui, à ce Kevin Cross, il n'y peut rien le pauvre et ya pire comme organe. Non l'ennui, c'est que ce deuxième album ne tient pas la longueur. Si ça démarre fort avec les énergiques et tubuesques " tonopah " et " toothcutter ", ça finit par tourner en rond, l'orgue pompe l'air, les compos finissent par devenir palôtes et l'ombre des Hot Snakes un rien envahissante. L'énergie déployée est pourtant belle. Si vous aimez les longues chevauchées et taper du pied en cadence, l'album regorge d'accroches, le premier degré, la tentation facile. Pour ma part, j'ai le coeur fragile et un maxi m'aurait largement suffit.

SKX (27/04/2005)
website groupe www.themodernsound.com
website label www.revelationrecords.com
sounds Track01.mp3 | Track08.mp3 | Track11.mp3

Planes Mistaken For Stars
Up in them guts - CD
No Idea 2004

Politique de la terre brûlée. Le deuxième opus du groupe de Denver PMFS (pour Planes Mistaken For Stars et non pas pour Plein Mes FeSses… hum désolé) à l'âme du damné de service. Après moi, le déluge. La rage, que de la rage mais aussi du coeur, même saignant, et comme un esprit chevaleresque. Chaque morceau est comme un hymne au désespoir, cette sourde tension qui sommeil en chacun. PMFS soigne tout ça à grand coup de guitares, encore une histoire de déluge, de la lave bien chaude, explosions de mille sons, arrangements forts en émotion, guitare acoustique pour appuyer encore plus où ça faisait déjà mal. On peut être punk à la base mais ne pas se contenter de voir minuit à sa porte et avoir de l'ambition dans sa production. Ca en devient lyrique. Le point fort du groupe reste la voix de Gared O'Donnell. Le gars qui fume même le filtre de ses clopes. Une voix aussi marquante qu'un Frankie Stubbs, le mec de Leatherface, avec qui il partage, non seulement ses clopes, mais aussi ce grain de corde vocale rocailleuse et chaleureuse à souhait. Pour ceux qui aiment le classicisme d'un Leatherface avec la poigne de fer dans un gant de velours d'un Envy, "up in them guts", version édulcorée de "en plein dans les couilles", s'avère comme un met irrésistible.

SKX (02/02/2005)
website groupe www.pmfs.net
website label www.noidearecords.com
sounds BellyFullOfHell.mp3
www.purevolume.com/PlanesMistakenForStars

Playing Enemy
I was your city - CD
Hawthorne Street 2005

Je m'en remets à peine. Le second album de Playing Enemy vient tout juste de débarquer en ville, la boucle continuelle sur la platine et l'onde de choc me poursuit encore. " Cancer " ouvre les hostilités. Juste la voix psalmodiant, la guitare égrenant ses accords funestes et une ligne de basse. Une minute d'échauffement, un ange passe. Pour le reste, accrochez-vous. Playing Enemy, c'est la plainte faite homme, un bout de chair bien vivant, tout en respiration haletante et crispation. Leur hardcore prend de plus en plus des allures de Dazzling Killmen, surtout avec l'arrivée d'un énième nouveau bassiste dont le jeu ressemble fortement à celui de Darin Gray. Espérons que celui-ci soit le bon. Sa virtuosité et sa hargne flanquent la trouille. Leur musique prend de la hauteur, s'efface des clivages. Une musique déliée qui sait rendre son apparente complexité efficace, insister rythmiquement sur les pions à faire avaler, se réduire au silence, créer une tension bien réelle, le morceau qui tourne et tourne, la pression, frôler l'explosion puis se laisser illuminer par la boule de feu. Playing Enemy n'a pas de refrain ultra mélodique en plein milieu du chaos. Ils ne mangent pas de ce pain là. A peine s'autorisent-ils quelques samples, " tu sais très bien que je t'aime " en français dans le texte ou cette magnifique fin de morceau sur " A thousand victories " et ces chœurs célestes débarqués de nul part, la touche lyrique d'un album qui ne manque pas de faille humaine où le cœur parle toujours derrière la virulence du propos. Toute la différence avec une meute agitée et stérile. Playing Enemy sait rendre son hardcore émotionnel, avec une apparente simplicité, sans bluff, le dénuement sous la colère, une fois l'os bien rongé. " Capricorn " clos l'album comme il avait commencé. Je peux taper toute la nuit. Indispensable.

SKX (01/05/2005)
website groupe www.playingenemy.com
website label www.hawthornestreetrecords.com
sounds track6.mp3

Playing Enemy
Fly us home - CDR
European tour 2005


Playing Enemy ne manque pas de ressort ! Après leur Gas money ep sorti spécialement pour leur tournée américaine et qui était censé leur rapporter suffisamment d'argent pour mettre de l'essence dans leur van, ils nous refont le coup pour la tournée européenne. Pas sûr que ce CDR tiré à 200 exemplaires puissent payer leurs trois billets d'avion retour. L'humour selon Playing Enemy. Ca paye au moins les bières. On retrouve comme sur la version américaine un tom mix wept qui n'aura pas dépareillé sur I was your city. Le morceau suivant est le plus intéressant. Une reprise des Dead Kennedys, le fameux Riot. Six minutes toutes voiles dehors, proche de l'original et en même temps réapproprié de main de maître. Ensuite un amuse-gueule où ça bidouille sévère mais civilisé. Pour conclure, une remix très Moller-Plesset de closer to caesar figurant sur leur premier album Cesarean avec guitares acoustiques et enchevêtrement. Pochette faite maison mais agréable. Un disque qui est plus qu'un bouche-trou mais pour se le procurer, fallait venir au concert. Vivement le come back to Europe EP !

SKX (21/07/2005)
website groupe www.playingenemy.com

The Plot to Blow up the Eiffel Tower
Love in the fascist brothel
Revelation (CD) / 31G (CD) 2005


Passons outre les provocations. Après s'être promis de détruire la Tour Eiffel, The Plot to Blow up the Eiffel Tower s'encanaille à faire l'amour dans un bordel fasciste. Titres douteux (" reich stag rock ", " lipstick SS "), pochette de mauvais goût et bras levé, tenues de scène qu'aurait apprécié le prince Harry (vous savez, celui qui se déguise en nazillon aux sauteries royales), on se doute que tout ça c'est de la bravade bon à nourrir le rock comme tant de leurs prédécesseurs branleurs l'ont pratiquée… Ca n'en reste pas moins de bas étage. Bref, avant d'y voir plus clair, ce deuxième album de ce groupe de San Diego est une vicieuse attaque. Leur jazz-punk se mue tranquillement mais sûrement en une boule bruyante et anarchiste. Qu'importe la qualité de la composition (sommes toutes très quelconque ici), seul compte l'énergie déployée. Virulents, agressifs, les morceaux flirtent avec le chaos basé sur un bon mélange des genres. Hardcore, le morceau est capable de rebondir sur une rythmique groove à la Arab on Radar, de s'aérer les bronches avec un coup de saxo, de tenter une mélodie sur un vieux fond de synthé. Le son densifié permet à The Plot to Blow up d'asseoir sa légitimité et ces 10 titres très courts sur patte sont une bonne baffe dans la tronche. Seul un sérieux manque de consistance dans le songwriting et les idées ne permettent pas à ce disque de passer les écoutes. La mèche est courte et se consume très vite.

SKX (06/03/2005)
website groupe www.blowuptheeiffeltower.com
website label www.revelationrecords.com
www.threeoneg.com

Policy of 3
Anthology - 2xCDs
Ebullition 2005


Cette rétrospective était dans l'air du temps depuis au moins deux-trois ans. A l'origine prévue sur Old Glory records (défunt label), c'est finalement Ebullition (futur label défunt) à qui échoue l'honneur de nous présenter la totale de ce groupe pionner (fin 80/début 90) dans le style emo/hardcore passionné. Avec Portraits of Past, ils ont inspiré plus d'un groupe dont les plus fiers rejetons s'appellent Yage ou Yaphet Kotto. De la colère, du lyrisme, une approche bien rentre-dedans toute en gardant une écriture fine et bien au-delà de la moyenne, Policy of 3 avait la science infuse et la grande classe. On retrouve ici l'intégralité de leur unique album "Dead dog summer". Un classique de chez classique. Dire qu'avec un seul album, tout avait été dit dans ce style serait poussé le bouchon un peu loin... Mais cet album est très représentatif et si il n'en fallait qu'un... Suivez mon regard!! On retrouve aussi leurs deux 45trs, des titres égarés sur des compilations et six morceaux live dont certains n'avaient jamais été gravés! Diantre! Une seule fois (si je ne m'abuse!) ils sont venus jouer en Europe, dont un passage mémorable à Rennes, coincés au fond d'un troquet. Ne surtout pas se fiez à leur allure de neo-babs. Une fois branchés, ils n'étaient pas là pour cueillir des pâquerettes, notamment le batteur à la puissance certaine... Une anthologie qui se doit de figurer en bon rang dans toute discothèque d'hardcore kids qui se respectent (enfin pas trop quand même).

SKX
(24/02/2005)
website label www.ebullition.com

The Psychic Paramount
Gamelan into the mink supernatural - CDEP
No Quarter 2005

Blake Fleming parti former Electric Turn To Me, Ben Armstrong et Drew St. Ivory, les deux autres membres des grandioses Laddio Bolocko, ont continué la route ensemble et crée ce Psychic Paramount, hydre psychédélique en format grand écran avec plein de bruits à l'intérieur. Si il fallait chercher un successeur à Laddio Bolocko, c'est vers eux qu'il faudrait se tourner et nom vers ETTM dont le cas est désespéré. L'électricité, c'est ce trio new-yorkais qui tente de la dompter. La guitare sur les pectoraux, St Ivory tire tout ce qu'il peut de son instrument, déluge de notes et d'effets pas tous majeurs pendant que Jeff Conaway fait un abus de cymbales et de cavalcades du samedi soir à la batterie. C'est l'effervescence continuelle, la face sombre de la transe. Mais après ces deux morceaux toutes voiles dehors, c'est l'apparition de drones et de grésillements que le cinquième et dernier morceau tentera de réveiller mais en vain. Après un premier concert vu en novembre 2002 et un batteur japonais à l'époque, les progrès sont indéniables. Mais c'est loin d'être encore ça. Le bruit pour le bruit. Manque d'âme et de cœur. Dans le jargon, on appelle ça de la masturbation. Et comme c'est bien connu que ça rend sourd, on fera comme si on avait rien entendu.

SKX (30/12/2005)
website groupe www.thepsychicparamount.com
website label www.noquarter.net

Paik
Monster of the absolute - CD
Strange Attractor 2006

Paik assure déjà son cinquième album mais c'est la première fois que leur musique arrive à mes oreilles. Et vice-versa. Des débuts qui remontent pourtant à 1997, bientôt dix ans d'existence. Je devais être à la pêche. Paik, c'est un trio de Detroit qui fait dans la musique instrumentale remplit de feedback, de distorsions et d'une batterie qui n'affole jamais les compteurs. Une fois passée la brève intro, prenez le morceau Phantoms. Une mélodie repérable rapidement, un rythme entraînant légèrement tribale, un gimmick qui revient régulièrement, même pas cinq minutes au compteur. On est loin des clichés post-rock. Pourtant, Paik a tout du syndrome du groupe qui ne sait pas rocker. Des morceaux généralement qui s'étendent, une humeur froide et distante, des histoires d'atmosphère atmosphère, des couches de guitares qui nous envoient dans un brouillard épais et accessoirement à My Bloody Valentine et le mouvement shoegazing (ce truc pour anglais boutonneux cachés derrière leur frange qui se regardent les pieds en grattouillant leurs instruments). Ya pas que le MC5 à Detroit. Mais Paik sait aussi flirter sur les bords du rock, le titiller, balancer de bonnes volées de cymbales, avoir le rythme vif et des riffs touffus. En fait, Paik se rapprocherait de groupes instrumentaux comme Tone ou Hovercraft. Des groupes qui s'amusent avec des ensembles, la texture du son, des formes fluctuantes qui tour à tour s'évaporent, se solidifient, s'enflamment sans chercher à jouer aux montagnes russes. Il semblerait juste que pour cet album, Paik ait choisi de rendre les choses plus accessibles, de remettre la mélodie au centre du débat pour éclairer le brouillard dans lequel il aimait s'envelopper. Je sais pas si c'est le genre d'album qui peut me réconcilier avec le post-rock mais les ambiances engendrées par ce Monster of the absolute peuvent courtiser les plus récalcitrants.

SKX (21/12/2006)
website groupe www.beyonderrecords.com
website label www.strange-attractors.com
sounds Phantoms.mp3

Passe montagne
Long play - CD
Ruminance 2006

Le Passe Montagne est nantais. C'est bien connu, sur les bords de la Loire, ça gèle. Et on y chasse le gibier, surtout armé de baguette. Julien Fernandez se démarque donc du Chevreuil en duo pour revêtir le Passe Montagne en trio. En toute décontraction. C'est foncièrement rock, avec des bons gros riffs de guitares qui suintent à la Oxes. Bien envoyé, ça ne bronche pas dans les rangs. Mais les guitares, dont une se fait de temps à autre passée pour une (vraie) basse, se déstructure régulièrement, comme la batterie au cheminement aussi chaotique mais néanmoins très vigoureux, où ai-je donc mis mes mitaines, mais dans le sac à US Maple bien sûr, avec deux doigts d'élégance et un jeu de jambe des plus vifs. Reste à placer quelques variations d'un synthé très discret, une voix masculine sur Song and Dance et des menues broutilles pour s'habiller pour l'hiver et ce Long Play pas très long nous va comme un gant. Passe Montagne est donc carré sauf dans les angles. Treize morceaux impressionnistes et véloces, dans la cour d'un rock pas si complexe qu'il en a l'air, fait avec légèreté mais consistant dans le fond. A moins que ce soit le contraire. Le Passe Montagne s'enfile sans forcer et avec plaisir.

SKX (14/06/2006)
website groupe www.myspace.com/passemontagne
website label ruminance.free.fr

 

Players Club
Coextinction - CDEP
Arclight 2005

Anciennement baptisé JJ Paradise Players Club, ce groupe new-yorkais de vieux renégats de la scène noise opte pour la simplicité. Players Club donc. Faut-il y voir le signe d'un renouveau d'un groupe qui n'a jamais convaincu… L'équipe laisse rêveur pourtant. Dave Curran, qui a emporté avec lui le son de basse de Unsane dont il fut le premier bassiste. Joel Hamilton, ex-Glazed Baby et deux anciens Die 116 et Kill Van Kull dont Cooper sévissant aussi dans Made out of Babies. Bref que des durs, des mecs sévèrement burnés qui savent s'y prendre pour installer un climat lourd et abrasif. Mais tous leurs précédents enregistrements n'arrivaient pas à la culotte de leur réputation. Besogneux, lourdingue voir de douteux compromis vers un heavy-rock présentable à la belle famille. Les deux premiers morceaux enchaînés laissent augurer de nouveaux horizons. Unsane et Glazed Baby se rejoignent enfin. Onze minutes virulentes, malsaines, de rage à peine voilée. C'est classique mais les fondamentaux ont du bon. Mais les vieux démons reviennent sur le 3ème titre, un Safety Words au chant dans le sens du poil et poli avec les tympans avant de revenir dans le droit chemin pour deux moreaux directs et sans concession. A l'aube d'un nouvel album qui a pris un sérieux retard puisque annoncé pour l'automne dernier, Players Club a encore tout à prouver pour être à la hauteur de son prestigieux pedigree.

SKX (25/02/06)
website groupe www.jjppc.com
website label www.arclightrecords.com
sounds TheEMP.mp3 | ThingsYouCanImagine.mp3

Papier Tigre
s/t - LP
Collectif Effervescence 2007

La première chose que j'ai faite après avoir enfin vu Papier Tigre en concert, c'est d'écouter leur album publié l'année dernière. Un joli vinyle avec une illustration toute simple, légèrement poétique tout comme le nom du groupe (dont la signification éventuellement politique n'aura non plus échappée à personne). Puis je suis parti à la recherche d'éventuelles chroniques -la curiosité est un vilain défaut- et là rien, ou pas grand-chose. Et surtout pas sur Perte & Fracas qui décidément n'en rate pas une. Lorsque j'ai posé la question au politburo central du comment du pourquoi de ce manquement on m'a tout simplement répondu on peut pas tout chroniquer, t'es pas chez Nextclues ici. Comme je n'ai pas trouvé non plus de chronique de cet album de Papier Tigre sur cet excellent site concurrent mais néanmoins ami (selon la formule consacrée) j'ai bien été forcé de mettre en doute cette version officielle et de chercher ailleurs la vraie raison de ce désert médiatique. Alors ? Encore une vieille rancoeur préhistorique née d'un derby Nantes/Rennes au résultat catastrophique pour les Rouges et Noirs ? Le mystère reste entier.
Le plus beau compliment que je puisse faire à ce disque sans titre, c'est qu'après avoir été enthousiasmé par la prestation en concert des nantais, leurs enregistrements en studio ont continué à m'entraîner très loin. Instrumentation pas très classique -deux guitares, une batterie, du chant mais pas de basse- des structures alambiquées mais qui retombent toujours sur leur pattes, un chant haut perché et étrange, des mélodies à tiroirs mais qui accrochent l'oreille, la pop noisy et décadrée de Papier Tigre a un charme puissant et envoûtant qui n'appartient qu'à elle. Nuances imperceptibles, tourbillons soniques, rythmes enlevés (un batteur assez inqualifiable), guitares qui susurrent puis qui saturent, voilà un album bavard et chargé, mélangeant hardiment le kitsch et l'ascèse, qui ne manque pas non plus d'ingrédients donnant d'ordinaire des mélanges indigestes mais il faut croire que Papier Tigre n'est pas un groupe ordinaire. Le disque monte en puissance émotive au fur et à mesure que l'on avance dans son écoute pour se terminer par un Writing On The Wall magnifiquement compulsif.
Le pire c'est que le nouvel album de Papier Tigre, The Begining And End Of Now, est dans les starting blocs : sa sortie est prévue -toujours sur le même label- pour le 17 novembre, j'espère ne pas avoir à attendre une année entière pour en reparler.


Haz (22/10/2008)
website groupe www.myspace.com/papiertigre
website label frvsens00.free.fr

Passe Montagne
Extended play - 7''
Euphrate 2006

Un peu de retard à l'allumage avec ce 7" sorti en 2006. Mais quand l'objet est beau, on oublie toute notion de temps. Comme d'habitude avec le label lyonnais, on a le droit à leur luxueuse mais néanmoins sobre pochette tout en calque et vinyl transparent. C'est aux nantais de Passe Montagne qu'échoie l'honneur de cette sortie. Quatre morceaux. Un seul titre connu issu de leur premier album, le très Oxes Dactiloca. Mais quand c'est bon, on oublie toute notion de temps. Sur cette même face, deux autres morceaux bien dans leur esprit de noise malin (maline ?), ludique et faussement complexe. Face A, le plat principal. Contaminated population se la joue plus viril et démembré dont la bonne moitié se passe en mode répétitif lors d'un duel batterie-guitare(s) où personne ne veut lâcher le morceau en premier. Encore du bon boulot. Et quand le boulot est bon…

SKX (23/09/2007)
website groupe www.myspace.com/passemontagne
website groupe www.euphrate.org

Pelican/These Arms Are Snakes
Split - 10''
Hydra Head 2008

Commençons bien l'année avec un objet aussi beau qu'un sapin de noël planté au milieu d'un salon petit bourgeois au confort moderne en sursis : l'année 2009 sera parait il bien pire que celle qui vient de s'écouler alors profitons en -vivons heureux en attendant la mort comme disait l'autre et meilleurs voeux à tout le monde.
Le bel objet en question est un split vinyl 10 pouces avec Pelican d'un côté et These Arms Are Snakes de l'autre. Une réalisation Hydra Head. La pochette est gatefold ce qui est vraiment rare pour ce type de format, l'impression est en relief, le carton épais, les illustrations (des zigouigouis mi végétaux mi neurones mécaniques) sont du boss Aaron Turner, le vinyl est transparent avec du bleu dedans et c'est un tirage limité à je ne sais combien, je n'ai trouvé le chiffre exact nulle part mais gageons que comme d'habitude le label saura rééditer la chose en autant de formats et de nouveaux exemplaires que l'indécence le lui permettra. Précisons également qu'il s'agit d'un réel split en ce sens que chaque groupe reprend un titre de l'autre (avec si j'ai bien tout compris des contributions des musiciens de chacun des groupes aux enregistrements de l'autre, le partouze intégrale quoi). Un projet né en 2007 lorsque les These Arms Are Snakes avaient rejoint Pelican sur scène pour jouer à huit le titre Pink Mammoth.
Face Pelican : les chicagoans reprennent Gold Diggers et c'est une bonne surprise. Cela chante (évidemment), c'est lent, c'est lourd, c'est (un peu) chiant, c'est bourré de crème glacée avec coulis de chocolat fondant, ça pleurniche mais pas trop, ça s'énerve mais avec pudeur, c'est mélodiquement mou et agréable. Je n'en demandais pas plus. Face These Arms Are Snakes : les petits gars de Seattle reprennent le fameux Pink Mammoth de Pelican. C'est instrumental, c'est lent, c'est lourd, c'est chiant, c'est bourré d'arpège à la guitare pendant que de l'autre côté une autre guitare coule une dalle de béton armé. Le batteur est inimaginatif et plan-plan au possible (il en rajoute question cymbales pour faire croire qu'il a des idées) et These Arms Are Snakes réussit ainsi l'exploit d'avoir le goût et la couleur de Pelican - sucré et rose donc- ce qui n'est pas peu dire.
Ce joli split est une belle meringue boursouflée ou si on préfère n'importe quel dessert baveux de son choix, l'important c'est que cela soit sans conséquence : une meringue c'est gros et très sucrée mais surtout lorsque on mord dedans on s'aperçoit tout de suite que c'est à la fois creux et finalement écoeurant. N'oubliez pas le citrate de bétaïne sinon l'année 2009 va vraiment trop mal commencer.

Haz (01/01/2009)
website groupe www.hydrahead.com/pelican | www.thesearmsaresnakes.org
website groupe www.hydrahead.com

Pending Disappointment
New York Penn, NY - CD
Midriff 2007

Ce sont les deux premiers morceaux de l'album qui ont mis le feu aux poudres. Le doigt dans l'engrenage ou l'art de placer ces meilleurs titres dès le début. Presque pas l'envie d'aller plus loin de peur d'être déçu. Deux titres qui rendent accroc direct. Held Taught (this assassin has piano wire), la corde autour d'une mélodie entêtante, un refrain qui donne envie de sauter partout, rythme et clap hands vivifiants. Mais que demande le peuple ? Avec This Administration, on décroche aussi la timbale sauf que je ne peux cesser de penser à Tar. Le groupe en serait le premier surpris, Pending Disappointment
n'a pas grand-chose à voir avec la bande de Chicago mais c'est plus fort que moi. Cette tension, cette façon d'être arc-bouté sur la mélodie, ce sentiment d'urgence me ramène toujours à eux et c'est loin d'être un sentiment désagréable. Pour les influences de ce groupe originaire d'un état redouté par les zozoteurs (le Massachusetts), il faut plutôt aller voir du coté de Mission of Burma, chef de file d'une longue lignée de groupes ricains indés à guitares, avec un détour vers Jawbox, Unwound voir un 31 Knots pour quelques refrains plus sophistiqués. Car bien sûr, ce deuxième album ne se résume pas à ces deux seuls titres. You're still hanging around est une compo également très classe et un chant parfait avec juste ce qu'il faut de tension. Hanged for treason, ballade mid-tempo de cinq minutes pour les durs à cuire dont on regrettera simplement le refrain un poil trop pompier (ça leur arrive une ou deux fois sur ce disque mais rien de dommageable au final), Frisked and framed me refait à nouveau penser à Tar (je vis une malédiction) et encore une poignée de morceaux, toujours sur le qui-vive, un sentiment de colère et de désillusion qui rend cet album plus que recommandable.

SKX (08/09/2008)
website groupe www.pendingdisappointment.com
website label midriffrecords.com
sounds hangingaround.mp3 | frisked.mp3

Picastro
Whore luck - CD
Polyvinyl 2007

Les premières notes de l'album pourraient laisser croire que l'on soit tombé en plein terrain post-folk. L'acoustique de la guitare, le violoncelle rêveur, l'ensemble peinard du rythme. L'ambiance post-soixante huitarde de ce Hortur ne donne pas envie de traîner très longtemps en compagnie de Picastro. Mais on sent rapidement que le terrain est miné. Le troisième album des canadiens de Picastro brasse en eaux troubles. L'orchestration hétéroclite débouche sur des ambiances qui, si elles sont marquées par le spectre continuel de la mélancolie, sont tout aussi variées, passant sans sourciller de la limpidité blafarde d'une ballade au piano à des morceaux dissonants et sournoisement expérimentaux. Liz Hysen, maîtresse de cérémonie, est au four et au moulin, virevolte entre ukulélé, flûte irlandaise, vieille orgue de saloon tout en dispensant son chant à l'accent monotone mais aérien. Derrière, le noyau central du groupe (Nick Storring au violoncelle et Cello Brandon à la batterie) n'oublie pas de mettre du rythme dans ce qui pourrait ressembler sinon à un désert trop glacial et s'entoure d'une ribambelle d'invités. Le plus connu est James Stewart. Mr Xiu Xiu apporte ses casseroles électroniques et un peu de sa voix pour une reprise épurée et déviante de Older lover, morceau qui figurait sur le 10'' Slates de The Fall en 1981. Autre reprise, celle de If you have ghosts par Rocky Erickson, Mr 13th Floor Elevator mais là c'est issu de sa période solo avec The Aliens, en 1981 également, tout se tient. Whore Luck est un album de folk grinçant, naviguant à vue entre tradition et compos atypiques. Picastro trimballe son spleen coutumier en tentant de brouiller les pistes. Ca peut paraître autant beau que obscur avec de parfaites compos aux mélodies évidentes comme Car sleep et des moments plus impressionnistes et dispensables. Ca reste quand même un album hautement introspectif, avec quelquechose de rustre et directe dans l'approche qui fini par vous charmer.

SKX (26/01/2008)
website groupe www.myspace.com/picastro
website label www.polyvinylrecords.com
sounds 140-01.mp3

 

Pissed Jeans
Shallow - CD
Parts unknown 2006
Hope for men - CD
Sub Pop 2007

Ce nom de groupe ! On a pas idée de s'appeler comme ça sauf si ça résume toute la philosophie (de branleurs) du groupe en question. Rien à foutre. Voilà ce que ce groupe de Pennsylvanie vous balance à la gueule. Rien à foutre de ce que tu penses (de nous). A prendre ou à laisser. On est comme on est. Fiers de notre crasse et nos mauvaises manières. Droits dans nos bottes. La réalité est tout autre. C'est pas cosette qui sort de sa campagne. Mais le col blanc le cul tanné par le fauteuil qui se transforme le soir venu en grand méchant loup. Mais ces quatre blancs-becs ont tout pigé. Le rock. Le vrai. Hérité des Stooges. Entre, vous pouvez mettre des tonnes de références punk-rock, ça n'y changera rien. Pissed Jeans est Pissed Jeans, soit de dignes bâtards du rock'n'roll à qui on donnerai le bon Dieu en confession pour qu'ils nous filent notre raclée quotidienne. Celui qui remet de la vraie saleté sur le faux cuir du bourgeois toujours prêt à bêler dans le pré télévisé. Celui qui remet les mauvaises odeurs dans ce monde aseptisé. Aussi politiquement correct que leurs collègues de Clockcleaner à qui on pourrait coller la même intro.
Ca suinte, ça latte les oreilles, ça coupe comme du verre. C'est débraillé et fort en gueule. Ca dit les pires conneries et ils ne les assument pas vu que de toute façon, ils en ont rien à foutre. Shallow commence ainsi. I'm sick (c'est le nom du morceau). J'ai mal à la tête… J'ai la fièvre… J'ai la diarrhée. Bon appétit ! Tout en délicatesse et pourtant, c'est loin d'être des tâcherons. A force de voir ce nom associer à Pissed Jeans, j'ai été voir de quoi il retournait des Stickmen with Rayguns, influence régulièrement citée. Des texans dans les années 80. Inconnus au bataillon avant que ces pisseux ne les sortent de leur trou. Effectivement, la filiation est certaine (il faudra vous en recauser un de ces quatre). Une rythmique solide, carrée, presque basique par moment mais baraquée et invulnérable avec autour, comme une mouche folle, une guitare tout en larsen, feedback, incontrôlable, aimant tâter les cordes dans l'aigue avant de plaquer de gros riffs bien tranchants. Et dans le rôle du fou du roi, Matt Korvett nous narrant ces problèmes d'intestins. Son chant est tout coupé de râles, de crachats, de shit et de fuck, d'énervement et de tripes jetés à même le sol. Pissed Jeans garde cette approche près de l'os même si sur Shallow, ils n'hésitent pas à vous emmener dans une ballade rugueuse et tendue de sept minutes (Ugly twin).

Avec ce premier album, Pissed Jeans partaient sous des auspices sacrément burnés. C'est ainsi qu'ils sortent un single sur un petit label qui continue à faire causer de lui, le fameux Sub Pop. Le morceau phare du 45 s'appelle Don't need smoke to make myself disappear et est déjà indispensable, surtout qu'il n'apparaît pas sur le deuxième album que Sub Pop réalise pour une exposition plus conséquente. Sub Pop a toujours le nez creux. Pas étonnant puisque Pissed Jeans représente une certaine continuation du mouvement grunge. Une certaine idée d'un rock à guitare, braillard et revêche. Pour Hope for men, la recette ne change pas. Simplement, on sent que le groupe a eu plus de temps et de moyens pour peaufiner en studio un son qui ne fait pas de pitié. Rythmique encore plus puissante. Des coups de basse à faire trembler les murs. La guitare qui vomit ses larsens et ses riffs tout baveux de saturation. Ne vous fiez pas à la pochette. C'est le seul moment de tendresse d'un album qui n'est que baston et fiel d'un rock retrouvé. Des compos au cordeau, frappant juste, à l'économie avec un sens consommé du riff assassin et entêtant (I've still got you (ice cream) ou Secret admirer). Même les deux plages d'accalmie (Scrapbooking et The Jogger) font froid dans le dos et accentuent le malaise. Hope for men, plein de vie et de malheur, de détresse et d'amour vache, finissant sur un apocalyptique My bed que n'aurait pas renié Oxbow dans ses délires les plus bruitistes. Un très grand disque de rock'n'roll.

SKX (06/10/2007)
website groupe www.whitedenim.com/pissedjeans
website label www.partsunknownrecords.com | www.subpop.com
sounds closetmarine.mp3 | 3285.mp3 | 3462.mp3

Planets
s/t - CD
Distile 2007

C'est la première fois que je demande à ma meuf de m'ouvrir un CD. Distile records, label parisien, a eu la bonne idée d'empaqueter, que dis-je, d'enfeuilleter, ce CD dans une toile de jute cousue des quatre cotés. Je répète, des quatre cotés. Hey, on fait comment pour le récupérer ce putain de CD ? Etant aussi adroit avec des ciseaux qu'avec six cordes d'une guitare, il a bien fallu se résoudre à demander de l'aide. Passé ce léger moment de honte, je me demande bien à quel trip écolo je vais être mangé, ne sachant strictement rien de ce groupe au nom aussi commun que Planets et qui colle une vraie feuille d'arbre sur une face de cette pochette 100% nature. Musique de babos pour bobos ? On se gratte le cul pas longtemps quand on lit entre les lignes que Paul Slack, membre actif de Swims, bat à nouveau la basse dans Planets. Swims se payait déjà la comparaison avec Hella. Vous n'allez pas le croire mais avec cet autre duo, c'est encore pire. Il a beau changé de batteur, Planets reste accroché aux basques de l'autre fameux duo de Sacramento. Période Hold the horse is. La meilleure. Avec toujours Aaron Prellvitz aux manettes. Ils cherchent la merde ou quoi ? Après une courte intro qui fait craindre le pire, Planets vous envoie en rotation directe autour de l'astre Hella avec O people. Une batterie bien branque qui envoie des pelleté de rythmes dans tous les sens. Un bassiste déchaîné avec un jeu parfois tout en tipping, cet acte masturbatoire, fantasme de guitariste, sauf que là c'est un bassiste mais c'est pareil. Si à haute dose, il parait que ça rend sourd, c'est utilisé à suffisamment bon escient pour que l'on reste toute ouïe d'un bout à l'autre. On jurerait même entendre plus que souvent une guitare secondée, voir devancée la basse. Mais le duo maîtrise tellement son sujet qu'il nous font avaler des couleuvres. Mais Planets, si ils font penser à des satellites brillants dans la même galaxie math-rock, garde son mot à dire. Quelques murmures et choeurs ponctuent la cavalcade. Quelques riffs bien tranchants (dont un me fait sérieusement à du Steel Pole Bath Tub mais ça doit être les vapeurs de la toile de jute) pour rentrer dans le lard de comparaisons trop faciles. Planets rock et ne font pas que tirer des plans complexes sur la comète. Quelques interludes qui rappellent The Advantage, le projet Nintendo ado de Chris Speim, le guitariste de… Hella (merde perdu !). Oui, c'est sûr beaucoup de choses nous renvoie à ce maudit groupe parti depuis brouté l'herbe de la médiocrité. Mais ils le font bien et dans la nébuleuse math-rock encombrée de duos qui se perdent dans des trous noirs, Planets a trouvé son centre de gravitation.

SKX (22/12/2007)
website groupe go-planets.com
website label www.distilerecords.com
sounds go-planets.com/UntitledFrameset-15.html

Plasma Expander
s/t - CD
Wallace - Here I Stay 2007

Cagliari, le sud de la Sardaigne et Plasma Expander. Un trio qui débarque de son île italienne pour asséner un free-rock qui apporte avec lui les rayons de soleil qu'il a dans les yeux. Amis de la poésie, bonsoir. (Enrico, sort de ce corps). Une batterie et deux guitares dont une guitare baryton (une basse déguisée en guitare, voir le contraire) pour faire croire qu'on a là un trio rock des plus classiques mais que ya comme un truc qui cloche quand même. Car si le rock de Plasma Expander est libre de forme et de ton, que les guitares suivent des chemins non cartésiens, que le Captain Beefheart et son blues tout bizarre sont sans doute pour beaucoup dans leur envie de faire de la musique, jamais, oh grand jamais, cette musique ouvrirait pour le bal d'un cimetière. On sent beaucoup de spontanéité, de plaisir simple de jouer ensemble. De la bonne humeur dans les figures libres. Et quand le trio durcit le tempo comme sur la fin de l'excellent Arapoglu, c'est aussi pour y glisser une voix légèrement débile à la Al Johnson dans le fond. Même quand cette guitare baryton vraiment excellente dans son rôle de basse ajuste une ligne presque noise sur Toccata loud, ça n'agresse pas. Les adjectifs sombre, mélancolique, torturé, vous pouvez les remiser au placard. Sept titres qui hélas n'excellent pas tous mais cette version ensoleillée de US Maple, ce rock à l'italienne en toute décontraction à de quoi séduire.

SKX (20/05/2007)
website label www.wallacerecords.com | www.hereistay.com
sounds toccataloud.mp3

Putiferio
Ate ate ate - CD
Robotradio 2008

Putiferio est un nouveau groupe italien, constitué de quatre membres ayant traîné ou jouant toujours dans une liste de groupes trop importante pour être cité entièrement ! Et parce que Putiferio n'a besoin de personnes pour tenir debout tout seul, ces références sont de toute façon inutiles. Putiferio est un beau nid de serpent dont l'écrin, concocté par le groupe lui-même et servi par le label italien de qualité Robotradio, est une nouvelle fois incontournable. C'est de l'explosif, jouissant sans entraves, ça bande quand ça veut bander et c'est plutôt souvent que pas assez. Si la base est noise-rock avec deux guitares grouillantes et une dynamique volante dans tous les sens, ce premier album joue suffisamment libéré pour ne pas s'attacher à un style particulier. L'esprit et seulement l'esprit d'Oxbow avec un coté lave en fusion plus prononcé. On pourrait même les rapprocher, toujours dans ce foutu esprit, de leurs compatriotes de Dead Elephant, avec trois premiers morceaux cinglants où on entend même de la cornemuse sur Carnival corpse for servers. Et comme Putiferio n'a peur de rien, il nous case un Putiferio goes to war de 12 minutes en plein milieu de l'album. Et Putiferio ne va pas à la guerre en chaussettes. On y retrouve multitude d'ambiances, de rythmes, de mélodies, de sons, à tel point que si on ne fait pas attention au compteur, on a l'impression d'écouter cinq, six morceaux différents parfaitement enchaînés. L'enchaînement, un point fort des Italiens puisque tous les morceaux de l'album sont liés, créant une illusion et une cohérence bluffante. Putiferio va à la guerre contre les chapelles musicales, monte au front et lutte contre ses propres limites. Et la branlée n'est pas finie malgré un repos du guerrier sur le lancinant et étrange Hate ate 8. Trois autres morceaux tout aussi libertaires puisqu'on y entendra du trombone décomplexé, du tribale et de l'hypnose chamanique, des voix trafiquées dans un cadre noise-rock toujours aussi bouillonnant. Dans Putiferio, il ya à manger, à manger et à manger et c'est un festin.

SKX (23/07/2008)
website groupe www.myspace.com/putiferio
website label www.robotradiorecords.com

Playing Enemy
My life as the villain - CDEP
Hex 2008

Playing Enemy, du fin fond de son trou creusé par la mort du groupe en 2006, nous envoie un magnifique cadeau d'outre-tombe ! Cinq titres inédits, enregistrés on ne sait pas quand puisque aucunes infos sur la pochette mais qui aurait du figurer sur leur troisième album si le batteur Andrew Gormley n'avait pas eu la mauvaise idée de se casser. Des morceaux s'inscrivant dans la droite ligne du pyramidal album I was your city. Ca pourrait activer les remords de voir un tel groupe disparu trop tôt. On peut également se réjouir de la volonté du trio de donner une ultime vie à des morceaux qui auraient pu dormir pour l'éternité au fond d'un tiroir. On va donc positiver et se bouffer les phalanges à l'écoute en boucle de cette musique d'aliénés. Hardcore débarrassé de tous dogmes, abrasif, écorché, sombre comme le digipack avec languette et rebords du plus bel effet, Playing Enemy a continué de filer des coups de pieds au cul jusqu'à s'en cogner la tête contre les murs. Mentions spéciales aux cinq minutes de An Admission to the shoulders of giants, aux monstrueux coups de basses sur la fin de Well it took a fear of success… et la tension à fleur de peau de A Lonely competition et son riff de guitare obsédant. Depuis, Demian Johnston et Shane Mehling sont parti formé Hemingway pendant que Andrew le batteur joue avec The Arid Sea.

SKX (29/06/2008)
website groupe www.myspace.com/playingenemy
website label www.hanginghex.com

Please inform the captain this is an hijack
Defeat or humiliate the united states of america - CD
Clean Plate 2006

Le hardcore est une chapelle avec ses rites, ses traditions et sa dose d'intégristes casses couilles. Sortir de l'ornière n'est pas une mince affaire. Alors quand vous avez Mike Kirsch, un vétéran de la scène, qui a tout fait, tout vu, tout joué (avec Navio Forge, Torches to Rome, Fuel, Sawhorse, John Henry West, Bread and Circuits, etc !) et qu'il cherche encore à nous surprendre et à en remontrer aux p'tits jeunes, ça ne peut que donner des idées au wagon de suiveurs qui ne font rien qu'à recopier le voisin. Avec ce nom de groupe écrit sur les cendres des Twin Towers, c'est au sang de ses compatriotes et à la fierté qu'ils ont entre les cuisses que la bande de Kirsh s'en prend. Combinaison de morceaux bâtis sur des samples qui agissent comme des intermèdes politisés qui valent mieux que de longs discours et de titres à l'instrumentation plus fondamentalement rock, ces quatorze morceaux font de la politique avec humour. Ca ne sent pas la sueur. Ca ne bande pas les muscles. Concernés mais malins comme des vieux singes à qui on ne l'a fait plus. Un hardcore tout en légèreté avec un sentiment de foutoir et d'anarchie. Un chant à plusieurs qui renvoie à Fugazi. Des compos punks qui mêlent l'ancien au récent. Tous ces ex-quelque chose connaissent leur partition, le sens du riff (mais rien qui tue hélas) et mélangé à ces samples le plus souvent décalés, ça vous donne une étrange mixture, un hardcore qui sort des sentiers battus. Ce n'est pas pour autant très convaincant mais ça sonne frais et pas comme le voisin. Si ce n'est par leur musique, espérons que leur attitude en inspirera plus d'un dans le milieu hardcore.
Fidèle à sa ligne de conduite (un groupe, un album (ou presque) et au suivant, le meilleur étant dit dès le premier jet), Mike Hirsh a déjà mis les voiles et s'est à nouveau réincarné au sein de Baader Brains (qui ne semble pas, à l'écoute de leur première demo, porter fièrement l'étendard de l'originalité…). Chopez le vite, ce mec a toujours un train d'avance.

SKX (04/03/2007)
website label cleanplate.com
sounds Karma.mp3

Pleasure Forever
Bodies need rest - CD
Conspiracy 2007

Pleasure Forever, c'est la suite et la fin d'une longue collaboration commencée avec The VSS, continuée tant bien que mal avec Slaves (les trois-quarts de VSS moins Sonny Kay parti se concentré sur son label GSL et récemment son nouveau projet Year Future) puis, sans qu'on le sache vraiment, les trois à l'identique ont changé de blaire et après l'esclavage, ont opté pour le plaisir à l'infini. Mais de plaisir, Pleasure Forever n'en a jamais procuré des tonnes. La qualité de la collaboration, au fil des projets, s'est liquéfiée, passant d'un groupe post-punk nerveux à synthé à un groupe glam-rock-indé à piano. J'ai un vague souvenir de leurs deux albums sur Sub Pop (Alter et un self-titled). Le mot vague veut tout dire et j'ai bien la flemme de m'y replonger pour les besoins de cette chronique. Ils valaient en tout cas sûrement mieux que cette compilation posthume. Comme le veut le procédé (mercantile ?) de ce genre d'initiative, c'est un assemblement hétéroclite de morceaux inédits écrits à leurs débuts (et si le groupe les avaient laissés de coté, ce n'était pas par hasard…) et de quatre reprises prévues initialement pour un maxi qui n'a jamais vu le jour. Piano qui a oublié toute la noirceur d'un Black Heart Procession pour se diriger sans remords vers un rock consensuel d'un Supertramp acceptable (si jamais un tel truc peut exister). Des reprises tout aussi hétéroclite, à mille lieus de leur univers sonore (dans l'ordre, Alice Cooper, Black Flag, The Germs et… ABBA) dont on se serait franchement bien passées. Si vous tenez absolument à découvrir ce groupe, ne commencez (jamais) par ce disque, tentez votre chance avec leurs albums précédents et n'hésitez pas à remonter le fil du temps. L'eau est toujours meilleure à la source.

SKX (22/09/2007)
website groupe www.subpop.com/artists/pleasure_forever
website label www.conspiracyrecords.com

Plum
Witness of your fall - CD
Gusstaff 2007

La Pologne, l'autre pays du noise-rock. Ouais, c'est bien connu. Comme est bien célèbre la ville Stargard Szczecinski d'où Plum est originaire (proche de la frontière allemande, à une encablure de Berlin bande d'ignares). Cependant le trio Plum pourrait venir de n'importe quel trou du cul du monde, les Etas-Unis en premier, qu'on y verrait que du feu. Au diable les frontières. Mais si tu es Polonais sur un label tout autant Polak avec un nom aussi ridicule, faut bien avouer que ça sera quand même un plus dur pour ton groupe. Tant bien même que tu fasses une musique de qualité, que tu uses ton mords à écrire des lettres de noblesse à un style qui doit tout à l'axe Jesus Lizard/Shellac. Les Bellini polonais ne font strictement rien d'original mais ils le font bien, vous connaissez la douce litanie, mais je m'écouterais volontiers un morceau comme Neverland en boucle, je n'y retrouverais rien à redire. En plus, Plum rajoute une corde surprenante à son arc rigoureusement noise-rock. Un sens du groove à la No Means No en plus rudimentaire mais l'envie de bouger son corps se fait bien sentir (Out of burden et Depth). Pour le reste, la grosse basse distordue est bien là, les arpèges cinglants aussi, le nom du studio d'enregistrement - Electric Eye Studio - n'est sûrement pas un hasard et le Albini local avec plein de consonnes à suivre dans son nom n'a pas à rougir de la comparaison. Tout est rudement bien en place, voir inspiré mais sûrement trop d'ombres et d'handicaps planent sur les frêles épaules de Plum pour se sortir du piège. Plum, œuvre des frères Piekoszewski (Rafal à la guitare et Marcin à la basse et au chant), sévissant depuis 1999 et Witness of your fall est leur troisième album. Pour la batterie, ça dépend de l'humeur des frangins mais un certain Zbyszek Jasinski reste le maître des baguettes. Bon courage à eux.

SKX (29/04/2008)
website groupe http://www.plum.art.pl
website label http://gusstaff.com

Pneu
Pince monseigneur - CD
Head 2008

J'ai eu un gros coup de lassitude à l'entame de Plongée en A. Un morceau d'ouverture me rappelant dangereusement Hella et surtout des tonnes de groupes ayant opté pour le tout en deux. Encore un duo, encore cette étiquette à la noix de math-rock. Non pas que je ne sois pas client de ce genre. Bien au contraire. Mais à force de trop en bouffer, on fini par fatiguer. Et pour aller jusqu'au bout de la logique, ça fait un bail que j'ai pas entendu quelque chose d'un tant soit peu original dans le genre (même si les rémois de 37500 Yens peuvent y prétendre). Mais dès le deuxième titre Matophore, ce coup de mou passager est vite balayé. On est viscéralement client où on ne l'est pas. Car le petit plus de ces tourangeaux est de ne pas s'attarder sur la complexité. Tout est au taquet et du coup ton étiquette math-rock, ils te la mettent où je pense. Rien ne déborde, rien ne dépasse les trois minutes et Pneu mise avant tout sur l'énergie plutôt que les équations, sur l'euphorie plutôt que le cérébral. C'est ni plus ni moins que du bon vieux rock débarrassé de tous qualificatifs et joué avec un sourire jusqu'aux oreilles. C'est facile à suivre. C'est droit devant et qui m'aime me suive. Le batteur règle ses comptes avec sa caisse claire qu'il martyrise en tapant dessus frénétiquement pendant que le guitariste a la bonne idée de délivrer des bouts de mélodies pile au moment où il faut, faisant de ces salves autre chose qu'un vulgaire propos punk bruitiste bas du front. Vingt-cinq minutes plus tard, la lassitude s'est transformée en une explosion bien jouissive avec des éclats plus brillants que d'autres comme A coup de couteau denté, Neige et Neuf. La furieuse envie de remettre ça tout de suite et de terminer une chronique qui aura réussi jusqu'au bout et tant bien que mal à ne faire aucun jeu de mot pourri sur leur patronyme. On fait ce qu'on pneut (et merde !).

SKX (05/05/2008)
website groupe www.myspace.com/pneupneu
website label www.head-records.com

Polvere
Polvere 10''
Minority / Wallace / Town Tone 2007

Duo italien avec Xabier Iriondo (un CV long comme mon bras - oui j'ai le bras long - dont les projets les plus connus - hahaha - sont A Short Apnea, Uncode Duello et Tasaday) et Mattia Coletti (dont le CV est court comme mon bras - mon autre bras, j'y peux rien - et se résume essentiellement à jouer de la guitare électrique dans le très noise-rock Sedia). Ce 25 centimètres est leur troisième disque après un 8'' et un 12'' (c'est de plus en plus long) et sort sur trois labels : un tchèque, un italien et un japonais. Voilà pour les présentations. Oui c'est un peu long (non pas comme), je vous l'accorde, mais on m'a toujours que plus c'est long, plus c'est bon. Je ne suis pas un spécialiste de la musique d'avant-garde, de la musique qui s'écoute plus avec la tête qu'avec les tripes et/ou le cœur mais à entendre ces six morceaux, un nom m'ait tout de suite venu en tête : Gastr Del Sol. Ce travail sur les cordes acoustiques, tout dans la répétition et le minimalisme, court-circuité par divers bruits électroniques, c'est le groupe à David Grubbs et O'Rourke tout craché. Ou presque. C'est beau et austère comme la pochette. J'avoue que c'est le genre de musique qui m'ait passé au-dessus à la première écoute. Mais à force de persévérance (ça ne demande pas beaucoup d'efforts non plus hein), on se laisse bercer et attendrir devant une musique dans laquelle rien ne dépasse. Cette mélancolie qui pourrait presque, je dis bien presque, évoquer Bästard le temps d'un If you slam the door sous codéine. Cette boucle qui n'en fini pas de se dérouler avec finesse. Ces couches successives qui s'entassent avec douceur. C'est apparemment leur effort le plus mélodique - mélodique dans le sens harmonieux, pas le genre de truc que vous allez siffloter sous la douche - une musique qui promettait d'être prise de tête et qui se révèle émotionnelle. Histoire d'être sur la même longueur d'ondes.

SKX (23/07/2007)
website band : www.polvere.name
website label www.minorityrecords.com | www.wallacerecords.com | www.towntone.com
sounds : rice_between_clocks.mp3

The Pope
Sports - CD
Wantage USA 2007

Après la découverte de The Pope lors de leur split avec Bipolar Bear, The Pope sort tout seul et sans capote. Et The Pope n'est pas content du tout. Un duo basse-batterie dont la filiation avec Godheadsilo, autre duo mythique, n'était pas difficile à trouver pour les plus vieux d'entre nous. Sports, deuxième album, ne prouve pas le contraire et promet sueur et courbatures. Opération destruction totale. Impossible d'avoir un son de basse plus distordue que celui de Paul Kneejie. Impossible d'avoir une batterie plus fracassée que celle de Fiddles Watson. Impossible de mettre la voix plus en retrait sinon ça serait un groupe instrumental. Ils ont en plus l'inconscience de rajouter un voile de bruits, une couche de parasites que certains appellerait crasse et qui ne brosse définitivement pas dans le sens du poil un auditeur qui n'a plus qu'à se raccrocher à ses jupes si il ne veut pas de désintégrer en plein vol. Ca fait bien longtemps que je n'avais pas entendu telle boucherie noise. Dix-sept morceaux en une demi-heure. Dix-sept titres qui balancent entre juteuses branlées et intermèdes télescopés. Pour l'originalité et le pourcentage revenant à Godheadsilo, on repassera mais ce Sports mérite bien son nom. Un exercice brutale et sans concession, nihiliste dans sa volonté de se cogner continuellement la tête contre le mur et de ne rien voir d'autres sinon leurs amplis coincés sur onze. A cette cadence là, on sera tous sourd pour la Noël.

SKX (19/11/2007)
website groupe www.myspace.com/thepope
website label www.wantageusa.com

Pre
Epic Fits - CD
Skin Graft 2007

On adresse souvent le même genre de critiques à un groupe qui joue toujours la même chose et chante toujours le même refrain : lassitude, ennui, etc. Alors qu'il existe des groupes importants pour qui cette manière de faire est indéniablement une qualité, creuser toujours le même sillon, épaissir le trait ou au contraire l'alléger mais ne jamais réellement changer, juste sortir à la suite des albums plus ou moins bons (ou mauvais, c'est selon). Ainsi, qui oserait critiquer les Cramps, Ramones, Mötorhead et autres… Ah ! On me fait signe sur ma gauche que ce genre de références n'a pas vraiment cours chez Perte et Fracas, et merde. Donc je recommence : Jesus Lizard a toujours fait du Jesus Lizard et jusqu'à leur troisième album (Liar) ils n'ont fait que perfectionner leur recette puis ont fait du surplace avec Down. Ce n'est que lorsque ils ont souhaité changer (l'album Blue) qu'ils ont cessé d'être les Jesus Lizard que j'aimais. Cette théorie réactionnaire sur le rock'n'roll n'engage bien sûr que moi.
Peut on dire la même chose à propos d'un label ? C'est clairement la question qui se pose avec le premier album de PRE, Epic Fits. Dès la première écoute on sait que c'est du Skin Graft : des guitares suraiguës, une chanteuse prépubère et en petite culotte, de la néo/no/wave post Arab On Radar pour la forme. Le label nous avait déjà fait le coup l'année dernière avec Aids Wolf, sauf que la chanteuse était encore plus à poils. Si Skin Graft a longtemps été le berceau du bordel musical cela avait toujours été dans la diversité, maintenant cela ne semble plus le cas. Ce disque de Pre est bon mais il ne suffit pas à mon bonheur. Parce que je connais déjà par cœur tous les disques d'Arab On Radar et de Melt Banana. Pire, malgré une indéniable débauche d'énergie tout cela me parait bien trop propre, de la no-noise de salon pour gentils garçons et gentilles filles. C'est quand même terrible ne pas aimer plus que ça un bon disque, dans ce cas là le terme sympathique devient vraiment péjoratif.

Haz 13/10/2007)
website label www.skingraftrecords.com/pre.html
website label
www.skingraftrecords.com
sounds Drool.mp3 | Fudging_on_our_Folks.mp3 | popping_showers.mp3

Prideswallower
Lifeswallower - CDEP
Auxiliary 2007

Avaler une grande bouffée d'oxygène et plonger tête baissée dans le six titres Lifeswallower. A moins que ce soit lui qui vous avale tout crû. Roulé dans un enregistrement brutal de chez brutal, pas dégrossi et donc cinglant, jouissif et terriblement rock'n'roll, ce premier EP de ce tout nouveau groupe de Louisville dans le Kentucky attaque les gencives. Avec que des titres se terminant par -swallower, le trio Prideswallower prend vos oreilles pour des becs d'oies et vous gave de six titres rageurs, remplis de fuzz, de buzz, de dissonances, de larsens où il faut gratter mais pas trop pour trouver la mélodie qui fait mouche. Le batteur possède un stock de cymbales impressionnant vu les volées qu'il leur inflige pendant que le guitariste-chanteur devrait se voir servir une croix d'honneur pour avoir le mérite d'arriver à se faire entendre derrière tout ce ramdam. Quinze minutes toutes identiques, sans discernement, à écouter très fort et en attendant de juger sur plus long, ce jet s'avale sans faire la fine bouche.

SKX (30/04/2008)
website groupe www.myspace.com/prideswallower
website label www.auxiliaryrecords.com

Pterodactyl
Pterodactyl - CD
Jagjaguwar 2007

Après l'Archeoptyrex, voici le Pterodactyl. Ne reste plus qu'à organiser une tournée avec Cro Magnon, et la (pré)histoire sera en marche. Officieusement appelé Blue jay (on est loin du méchant ptérodactyle) pour le geai sur fond bleu qui orne la pochette, cet album n'a pourtant rien d'un autre âge. Que ce soit dans le passé ou dans le futur. Une musique bien de son temps en somme. Mais inclassable quand même. Ouais bon, je sens que je patauge là… Maudit piaf ! Pterodactyl virevolte dans tous les sens. Difficile de les ajuster dans le viseur. Dynamique pulsative qui avance à grands coups d'ailes. Hyper répétitif par instant, capable de tenir la même note de guitares pendant des lustres. Vicieux en vous collant une dissonance bien aigue sur le coin de la tronche pendant qu'une voix tout à fait audible et pop vous berce d'une mélodie imprévisible. Et ça fait même pas mal. Un trio à la richesse insoupçonnée donnant dans le punk noisy et l'harmonie vocale, écorchant les tympans tout en les ménageant. On pourrait tout aussi bien penser à l'esprit baroque d'un Deerhoof qu'au bas du front de Lightning Bolt tout en étant encore loin du compte. Prenez Polio : rythmique frénétique, guitare vrillante, voix haut perchée et sample d'une pulsation cardiaque. Tout simplement parfait. Et tout est comme ça. Précis et cristallin. Barrage noise et solo de flûte. Je sais, décris comme ça, ça ne semble pas pouvoir marcher et pourtant ça marche ! Pterodactyl garde le souci de la composition. Ce n'est pas le grand n'importe quoi et armé d'une saine et spontanée énergie, nous livre un premier album étonnant et détonnant. Pterodactyl, c'est pas la catégorie moineau et vous feriez bien de surveiller le ciel, un guano de Pterodactyl pourrait très vous tomber pas sur le coin de la tronche par surprise. Comme cet album.

SKX (23/07/2007)
website band : http://www.pterodactyl.info
website label http://www.jagjaguwar.com
sounds : polio.mp3 | esses.mp3

 


 
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