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ARCHIVES 1999 - 2006
 

IN/HUMANITY
" violent resignation : the great american teenage suicide rebellion " - CD
Prank 00
L'anthologie du punk moderne. Voilà comment on pourrait présenter l'œuvre de IN/Humanity compilé sur cet album posthume. L'intégrale en 42 chapitres avec remix intégrés quand les bandes ont été retrouvées ! In/Humanity avec le duo fondateur Paul Swanson et Chris Bickel (désormais parti faire le punk avec Guyana Punch Line) depuis 1992 à 1999. Les inventeurs du soi-disant "emo-violence". En vérité, du punk-rock vieux comme le monde transcendé par une rage toute adolescente à décorner les boeufs. Au bas mot, du bon vieux punk que n'aurait pas renier Dead Kennedys moulé dans un courant bruitiste made in 90. Une bonne vieille blague que cet "emo-violence", venant d'un groupe roublard, qui ne s'est jamais pris au sérieux ("we are sick of music and we hate each other"). Avant tout un prétexte pour s'éclater, inventant un énième concept pour mieux se faire remarquer et se moquer des nombreuse étiquettes qui classifient la musique actuelle. Des disques sorties à la pelle par un groupe qui n'a jamais pris le temps de répéter une seule fois de son existence et ça se ressent sur cette compil. Une première période très direct, la plus ancrée dans le punk, avec des titres à faire pâlir Jello Biafra comme "too drunk to molotov" ou "teenage suicide-do it". Titres suicidaires donc à la pose pseudo-rebelle, juste histoire de faire chier son monde. Et une deuxième période, la plus intéressante, représentant la fin de carrière. Ou quand le punk lève la tête du guidon, réfléchit deux secondes, expérimentent, rallonge la sauce, devient bruitiste et s'ouvre également aux mélodies. L'urgence du propos gagne du volume. Les compos s'affinent et In/Humanity gagne ses galons de groupes majeurs et se désintègrent au meilleur de leur forme. Un groupe spontané, qui ne gagne pas à tous les coups, mais, comme ils le disent eux-mêmes, ont fait des choses avant tout le monde. Presque sans faire exprès! Se taper ces 70 minutes n'est pas une mince gageure mais si il fallait n'en retenir qu'un, on ne peut que vous conseillez l'album " the history behind the mystery " sur Prank toujours, la pièce maîtresse innovante d'une oeuvre dont on reparlera d'ici quelques années....
SKX (02/11/2000)

IN/HUMANITY
" the history behind the mystery " - Lp
Prank 98
Hysteric devil music. Vous prend par la queue et vous jette dans le feu. In/Humanity rase gratis et au plus près. Un sens de l'attaque brutale et soudaine organisée. Se risquant rarement au-delà des 3 minutes. Guitares aiguës dans le rouge, voix rageuse dans le même sacerdoce. Noise est un vain mot. Un feu sifflant ne s'épargnant pas des échappatoires expérimentaux comme ce violon de nul part sur " If it's wrong it's real ". L'art de tromper son monde, bien ancré dans un discours politique et social, ouvertement prononcé contre la peine de mort aux USA. Ce deuxième album est une véritable bombe incendiaire, frais comme une bourrasque du grand nord, novateur sans avoir l'air d'y toucher. C'est frontal et dérangeant, une production vrillante, les oreilles et le reste. Mais bordel, écoutez ce " Me and my shadows " et vous comprendrez qu'il est utile que le rock dépasse encore et toujours la limite imposée. Y'a là-dedans comme un poison qui bouillonne et qui veut se libérer. Ou alors qu'on les fesse et qu'on les mette au lit. C'est à toi de rire, gamin. Et si j'étais toi, j'en tirerais profit.
SKX (12/07/1999)

INK
" reagent specs " - CD
Monitor 02
La vérité est autrement différente. L'intime conjonction avec l'étendue. Les faux-semblants, la pénombre, le non-dit, l'art du contre-pied. INK est une subtilité musicale, un objet bizarre, le truc qu'une écoute distancée suffirait à jeter aux oubliettes. Sur les épaules de INK semble être tombée toute la torpeur du monde. Une lassitude, une nonchalance inquiétante. Sur les cendres de Candy Machine, Lyle Kissack (batterie) et Peter Quinn (chant) continuent de creuser leur tombe aux contours déjà dessinés sur un premier album dangereusement attirant. Avec Craig Bowen (guitare), ce trio originaire de Baltimore, aidé par quelques compagnons d'infortune, fait office d'extra-terrestres dans le paysage musical actuel. A demi-mesure, ils pratiquent la musique du souffle et de la retenue. Le rythme est fluide, ponctué d'un léger groove hypnotique, comme un UI au ralenti. La guitare au jeu complexe et légèrement cacophonique tisse un univers stressant. Le timbre de la voix est gaie comme un Ian Curtis en chaleur. Et fragile comme un futur suicidé. C'est le Velvet Underground maladif et épuré. Des ambiances chloroformées de prime abord, une légèreté qui annonce une tempête qui ne vient jamais. Mais c'est tout tendu là dedans, une musique poil à gratter, irritante et entêtante. Qui vous colle peu à peu à la peau. Le tas informe que je suis se propulse à grand-peine. C'est Slint dans l'esprit avec des armes différentes et variées (clarinette, violon, piano, etc...). Ne jetez pas à la vindicte publique après une seule écoute. Ne zappez pas. La musique introspective de INK mérite du temps, de l'attention. Et vous rentrerez alors vous aussi dans ses structures décalées comme quand on aime se faire peur. Des mœurs d'un autre âge, ce charme exotique, faussement froid mais tendre à l'intérieur. Imprimez vous ce nom dans la tête et chérissez ce groupe à nul autre pareil.
SKX (13/05/2002)
INK
" s/t " - CD
Monitor 00
Le plus sage est de fermer les yeux. Enlever toutes idées de souffrance. Les choses se délient. La clairvoyance s'impose à vous, sans forcer. La musique vient à petites touches, imprime sa marque, toute de légèreté et de gravité sourde. Sous ses faux airs intimistes, le trio INK a hiberné en studio in vitro pendant un an. Il en ressort un sentiment de neurasthénie, une marche lente et sombre, un dépouillement des sons et des instruments où on ressent toute la recherche et les heures d'expérimentations pour arriver à ce résultat, sec et tendu. L'idée tourne souvent autour d'un rythme, qu'importe sa source, que l'on répète, et encore, jusqu'à l'agacement, troublé par un cuivre, superposé par d'autres instruments qui tournent en rond, lui cherchent des poux. La voix apporte le souffle, un peu de chaleur. On pense à ces groupes néo-zélandais, ces défricheurs d'X-Pressway records. Un trio composé d'ex Candy Machine et Science Kit, calme jusqu'à l'énervement. Selon l'humeur du moment, on se laisse bercer ou on démissionne, épuisé d'attendre l'explosion qui ne viendra jamais. En tout cas, un premier album qui se digère sur la longueur, sans famille et profondément troublant....
SKX (26/09/2000)
THE INTIMA
" Peril and panic " - CD
Slowdance 03
Un mec au chant et sa guitare. Une fille au violon qui pousse régulièrement la chansonnette aussi. Un bassiste, un batteur et roulez jeunesse ! The Intima est un groupe de Portland mais on pourrait nous jurer cracher qu'ils sortent d'Amsterdam ou de n'importe quel endroit d'Europe qu'on le croirait sans sourciller. Le violon y est pour beaucoup. Mais c'est tout l'ensemble qui suinte un feeling européen dans l'approche de ce hardcore atypique. Engagés à fond dans la lutte contre le grand Capital et tout ce qui s'en suit, ces quatre jeunes gens nous rappellent fortement Submission Hold par les mots, alors que la musique se fait moins virulente, le coté " punk " était estompé par d'indéniables qualités mélodiques. Et là, c'est l'axe Dog Faced Hermans / The Ex avec Tom Cora qu'on se prend en pleine tronche. Les rythmiques sautillantes, ces cordes tour à tour mélancoliques ou printanières, ces refrains qu'on a envie de reprendre en cœur. The Intima file le coup de boost nécessaire pour monter sur les barricades. Et si l'ensemble sonne comme une première production avec ses charmantes faiblesses (manque de consistance du son, arrangements au cordeau), cet album possède fraîcheur et vitalité. L'innocence sans la fleur au fusil. The Intima mérite qu'on s'attarde sur leur cas.
SKX (15/09/2003)
ISCARIOTE
" s/t " - 7"
Molaire Industries/Pure Pain Sugar 01
Les traîtres sont parmi nous. On salive dans les tanières. Iscariote, jeune groupe suisse à tête française, sort, les crocs certes, mais surtout son premier single trois titres. On vous passera les habituels refrains inhérents bien souvent aux premières productions, leur manque de maturité, les références trop flagrantes, les dents du petit qui pousse et blablabla. Iscariote ne manque de rien, merci pour eux, passe outre ces considérations et saute d'entrée de jeu les classes. Le son se prend de face. Lourd et plein comme une bombe. Passionnant car désordonné et sans calcul. Ces riffs hargneux, ces dissonances qui vous vrillent autour, ces rythmes qui assomment, cette voix qui rouille de ravages. Un hardcore brut et méchant, sublimé par des mélodies et un brin de lyrisme sur lequel ne cracherait pas les japonais de Envy. On s'arrime à ce chardon, irradié qu'on est par l'intensité. Une verrue au milieu du paysage qui fixe toute notre attention. Bouillonnante jeunesse qu'on surveille de près.
SKX (18/09/2001)

Icollide
Instructions - CD
Self-released 2003

Icollide n'a pas attendu qu'on vienne les chercher pour réaliser leur premier album. Ils se sont pris en main et " Instructions " est sorti tout seul comme un grand et a permis à ce groupe de Minneapolis de sillonner leurs pays de long en large avec une carte de visite prometteuse. Icollide évolue dans la sphère encombrée du hardcore chaotique qui aime un brin la technicité du metal avec un bon vieux fond rock'n'roll. Bref, un groupe bien encré dans leur époque. Le chant est bien énervé mais pas que. Il surprend son monde en étant régulièrement très mélodique et aérien (voir précieux). J'avoue que ça m'a chiffonné au début mais à la longue, il apporte de la diversité dans un monde qui ne manque pas de champions du monde du hurlement. J'en ferais pas non plus des nuits blanches. Ca serait mal me connaître. Mais bon, un peu de tendresse (bordel) qui apporte un poil d'ampleur et de légèreté, comme de la grâce mais qui s'écraserait très vite comme une crêpe bretonne ! Icollide oscille entre violence et sentiment. Savoir-faire et une certaine patine. Cet album ne sort pas véritablement du lot, mais mon petit doigt me dit qu'il ne va pas falloir les abandonner de vue. Leur futur s'écrit sur Pure Volume records. La suite au prochain épisode.

SKX (19/07/04)

website groupe www.icollided.com
website label www.purevolume.com/icollide
sounds suicidal.mp3 | retro.mp3

Instrumental Quarter
No More Secrets - CD
Sickroom 2004

Tout est dans le nom. Instrumental Quarter est un groupe… instrumental et ils sont quatre !
Par contre, ce que le nom ne dit pas, c'est qu'ils viennent d'Italie. Et que trois d'entre eux ont déjà
composé trois albums sous le nom de Kash. Le label américain Sickroom est leur hôte et alors qu'ils viennent de sortir le premier album de Cheval de Frise aux Usa, on peut dire que Sickroom records a un faible soudain pour les groupes electro-acoustique! A ça près qu'il faut ajouter un violoncelle et une basse mais la consonance générale reste à la fluidité et aux cordes légères. Instrumental Quarter tend tout de même à beaucoup plus de tranquillité. Excepté sur le très beau " robots ", dynamique et chaleureux et quelques autres passages tout au long de ces huit titres, l'approche ne cherche pas la confrontation et la tension. Certains titres sont même un peu affalés là, dans leur beauté triste, sans passion interne, indolence et vaine mélancolie. Instrumental Quarter se rapprocherait également du groupe américain Lumen (sur Temporary Residence), cette douceur apparente qui se cache derrière l'acoustique des compos, sauf qu'ici, c'est plus que de l'apparence ! Le violoncelle est sage, le ton est tendance feutré et patins de salon avec cette pointe de gravité qui évite l'impasse. Amateurs des Rachel's, surveillez ce disque pour calmer les nerfs et agréable pour l'ouïe. Manque juste un peu de sel pour provoquer un intérêt autre que poli.

SKX (19/07/04)
website groupe www.instrumentalquarter.com
website label www.sickroomrecords.com
sounds robots.mp3
4 samples : www.instrumentalquarter.com/mp3.html
www.kash.it

The Intelligence
Boredom and Terror - CD
Omnibus / Narnack 2004

L'intelligence au service de la lutte contre la terreur et l'ennui… Mouais, va falloir resserrer les boulons quand même. Lars Finberg est le cerveau de cette affaire. Et le batteur de A-Frames le cas échéant. Difficile de dire si il se démène tout seul avec son intelligence mais ce projet a tout du solo. Ou en tout cas, c'est lui qui tire les ficelles. The Intelligence est lo-fi dans sa forme, tout distordu de tous les cotés et bien punk dans le fond. La basse, la voix, le rythme dont on ne sait pas trop si c'est l'œuvre d'une machine ou d'un homme à deux bras ou les deux à la fois et même le synthé tiens, tout est joué dans la saturation. Et comme il a la voix de Mark E. Smith et toute sa hargne, ça vous donne un disque de petite frappe bien saignant, rempli de morceaux courts sur pattes, de sonorités sixties / garage crachant sur les années 80 avec humour et son allié l'ironie. Le bricolo trash qui se remue les méninges pour faire passer sa pilule, des mélodies à la guitare acoustique passées au karsher, des rythmes ringards et pas chers, ça fourmille de gimmicks efficaces et de malices crades sous les bras, trop de la déjante le gars mais il sait où il va. Il s'appelle The Intelligence, faudrait pas l'oublier. Un bel antidote contre vous savez quoi.
(Sue la version vinyl sorti sur Narnack, vous avez le droit à un CD bous avec 10 inédits!)

SKX (06/09/2004)
website label www.omnibusrecords.com | www.narnackrecords.com

Isis
Panopticon - CD
Ipecac 2004

Panoptique. Qui permet de voir sans être vu. Se dit d'un bâtiment aménagé de tel sorte qu'on puisse, de n'importe quel endroit de celui-ci, en embrasser par la vue tout l'intérieur. Isis ne choisit pas ses noms d'album au hasard. Après " Oceanic " qui traduisait la monotonie des grandes étendues sans ses reliefs, Isis aborde ce troisième album sous tous les angles, sous tous les champs. Musique totale. Le son, les compositions, les énergies motrices, tout a été pensé pour vous cerner, vous envahir. Quelque soit l'endroit où vous vous situez, qu'importe l'approche que vous en avez, Isis vous surveille, vous plonge dans une bulle architecturale élaborée dans ses moindres détails. Quelque peu suspicieux sur toutes ces musiques actuelles qui tentent de marier la puissance du metal/hardcore et les longues plages ambiantes, je dois m'avouer vaincu par la maestria de Isis qui trouve enfin le parfait équilibre. Un travail de production énorme. Les guitares sonnent comme jamais. Un grain, on pourrait presque les toucher, leur présence, juste dans votre dos, à vous faire frissonner d'extase. Une dynamique de sons et de structures. Le synthé a le souci de la précision, orne et infiltre les compos tout en finesse. Les coups de basses, quand le temps est à l'orage, sont monstrueux. Et la voix de Aaron Turner, sur un album majoritairement instrumental, a la décence de laisser son background hardcore en veilleuse et apporte une chaleur insoupçonnée. Isis s'éloigne de son influence majeur Neurosis. On se croirait parfois revenu en pleine époque noisy-pop à écouter ses nappes de guitares ("Wills Dissolve"). On se surprend à écouter une ligne de basse très The Cure sur "In Fiction", être aux aguets sous une pression contenue ou éclatée comme la fin cataclysmique de " Grinning Mouths " ou Isis retourne sur le bûcher! Quand bien même sur certains morceaux le rythme est peu soutenu du début à la fin, Isis trouve une pulsation interne qui évite l'ennui. Certes, ils ne nous épargnent pas quelques longueurs mais au contraire de groupes comme Cult of Luna, ils ne perdent que rarement le fil de leur intensité. Ils tissent patiemment un album mélodique, sombre, rageur, aérien et puissant. Toute une panoplie d'émotions contradictoires. La grande force de cet album. Entre le premier album " Celestial " et " Oceanic ", Isis remet les choses à sa place et trouve sa voie.
Les My Bloody Valentine du métal !

SKX (30/11/2004)
website groupe www.sgnl05.com
website label www.ipecac.com
sounds www.sgnl05.com cliquez sur Radio

Impure Wilhelmina
L'amour, la mort, l'enfance perdue - CD
Space Patrol 2005

C'est tout un programme que nous promettent les Suisses d' Impure Wilhelmina. L'amour, la mort, l'enfance perdue, tout ça dans le même sac, on secoue bien et on obtient une bonne brute méchante de hardcore multifaces où les sentiments les plus vils et les plus saints croisent le fer. Avec Impure, il n'est pas simple de démêler les fils de l'écheveau. Ils explorent toutes les tendances du hardcore. La tendance doom, lente et pesante (le morceau d'ouverture January). La tendance rock'n'roll (Sunburst). Des passages émo-tions, tout en noirceur, voir en ballade sous le clair de lune (Before a dream). La branche metal, voir hardrock avec une généreuse couche de guitares dont certains arpèges et soli limites me font rétracter le sphincter. Avec leur sens singulier de la composition, fouillée, où rien n'est clair et ne s'impose, le style Impure Wilhelmina a toujours eu don de me laisser neutre. Avec ce troisième album et la production de Serge Morattel, les Suisses tiennent sans doute leur meilleur album. Mais comme leurs précédentes productions, je n'arrive pas à détester cette musique et j'y accroche encore moins. Je sens comme des sentiments qui me plaisent, des intentions rencontrées auparavant à même de me séduire et pourtant rien, nada. Il manque à chacune de leurs compositions une flamme, un élan, une mélodie plus accrocheuse que la moyenne internationale. La désagréable sensation d'avoir déjà entendu tous ces enchaînements de riffs cachés dans une complexité qui masque la misère. Epurer, se concentrer sur une idée plutôt que de se perdre dans un truc incontrôlable, travailler le noyau plutôt que s'attarder sur la périphérie. Tout pourrait être plus intense, malsain et beau à la fois mais on n'en atteint pas la moitié de la cheville. On aimerait se perdre dans leur labyrinthe mais on reste à la porte d'une musique relativement consensuelle dans le genre en fait. Ou alors j'ai rien compris. Ce qui m'arrive souvent aussi.

SKX (18/07/2005)
website groupe www.impurenet.com
website label www.thespacepatrol.com
sounds the_black_flame.mp3

The Intelligence
Icky baby -
In The Red 2005

The Intelligence prend de l'ampleur. Si Lars Finberg reste le cerveau principal, il s'est entouré de trois neurones agités, dont deux piqués à The Popular Shapes. The Intelligence est une tête bien faite mais têtue. Le cap vers une musique punk, bruyante passé au karsher. Droit devant. Coûte que coûte. C'est un rien plus consistant que son antidote précédent contre l'ennui et la terreur. La faute au groupe sans doute qui donne de la force à ses réflexions. Mais Finberg et sa bande sont une bande de sales punks, des gamins tout crottés à qui il ne faut pas confier la moindre ritournelle, le moindre petit air présentable. Ils vous saccagent tout ça en deux secondes, ou plutôt une minute trente, temps moyen de chacun des treize morceaux qui composent ce deuxième album. Les guitares sont irrémédiablement distordues et brouillées, les rythmes robotiques et ce minimalisme noise est parfait pour danser quand on tire la gueule et qu'on a pas envie de danser pour faire plaisir à sa copine. Intelligence vive mais limitée.

SKX (09/12/2005)
website label www.intheredrecords.com

Ira
The body and the soil - CD
Go-Kart 2005

Du lac de Constance en Allemagne émerge Ira. Ce n'est pas là que s'est planquée l'Armée Républicaine Irlandaise. Juste le nom de ces anciens grindcoreux de Blindpost AD mus aux 4/5ème pour devenir une bête à plusieurs têtes traversées par de multiples courants musicaux. Musique planante et puissante, Ira travaille ses ambiances sur la longueur et doit autant à Isis qu'à Godspeed You Black Emperor, un refrain connu par les temps qui court. Mais Ira tient plus du pétard mouillé que de la bombe incendiaire. Les références précitées ne sont qu'un raccourci facile. Si on a le droit à quelques passages bien lourds et prenants dans la digne lignée du groupe d'Aaron Turner avec des coups d'accélérateur salvateurs, les ambiances planantes n'ont pas l'emphase de Godspeed. C'est plutôt la messe du dimanche matin pour ne pas dire une soupe et au lit. Un chant souvent très propre sur lui et maniéré, des arpèges vides de contenu, ce sont les groupes shoegazer qui s'invitent autour du lac, de la grandiloquence qui s'effrite au moindre coup de canif. De grandes et monotones étendues, des longueurs à n'en plus finir, Ira caresse la plupart dans le sens du poil. Les membres d'Ira ont viré leur cuti pour passer d'une musique extrême à une musique transparente. Ils leur reste à trouver le juste milieu.

SKX (01/07/2005)
website groupe www.iraism.com
website label www.gokartrecords.de
sounds longlivethepartsII.mp3

Iscariote
Necropole Trauma - Cd
My Own Salvation 2004

Courte vie mais bien remplie. Iscariote quitte la scène sur deux disques. Une compilation " Génèse et agonie " (Salvation Rds) avec tous leurs titres égarés sur petits formats ou compils avec des videos live en bonus. Et surtout cet album posthume. Les premiers seront les derniers. Pour le grand saut, Iscariote éclate son metalcore, mille fragments, que plus dangereux. La virulence de leur propos prend des chemins détournés dans un " des cheveux noirs sur la pâleur de son visage " où le groupe n'hésite pas à sortir les violons, à étendre son drapeau noir sur sept minutes, guitares noisy et lyrisme rampant. Iscariote a pris soin de travailler ces compos, le souci du détail, ne pas foncer tête basse dans un screamo-hardcore de plus. Le chaos est présent mais pas prépondérant. La voix systématiquement typée hardcore, crache son venin en français (mais faut le savoir !) et aurait tendance à manquer de coffre sur la longueur. On ne trouve pas des Steve Austin à tous les coins de rues! Un Steve qu'on retrouve à la mastérisation de ce disque. Le vernis ultime pour un disque dont la production ne joue pas pour autant les forts à bras. Le manque d'impact se fait parfois ressentir mais du coup, leur metalcore prend régulièrement des allures de rock bien noisy, torturé et sombre, continuellement. " Necropole Trauma ". Ca sonne comme une tragédie. Un conte de la vie ordinaire et moderne qui tourne mal. Iscariote avait sans doute encore beaucoup à démontrer. Les chimères japonaises en ont décidées autrement. Un bel adieu.

SKX (09/01/2005)
website groupe www.iscariote.net
website label www.myownsalvation.com
sounds la_paleur_de_son_visage.mp3

Indian Jewelry
Sangles relux - CDr
Girlgang 2005

Les bijoux de la couronne seront indien l'espace d'une chronique d'un collectif plus qu'un groupe, mystérieux et qui joue à cache-cache. Originaire de Houston, Indian Jewelry a semé de multiples enregistrements, dans un pur esprit DIY, cassettes et cdrs compris, sous des noms différents et aussi exotiques que Swarm of Angels, Turquoise Diamonds, The Perpetual Party Band, j'en passe et des meilleurs. Faute d'avoir pu entendre leurs autres élucubrations, penchons nous sur ce Sangles Relux, recueil de travaux entre 2002 et 2004. Si trois tonnes de musiciens participent à ce projet, quelques piliers se dégagent comme la pétillante Erika Trasher aux synthés et voix, accompagnée de Tx Krschn (à vos souhaits) qui donne aussi dans la vocalise et les bidouilles. Derrière, c'est moult percussions, cuivres, guitares, séquentiels, de trucs qui font wouwouwou et krsch krsch krsch (tiens encore lui). Indian Jewelry, ce sont des joyaux taillés dans un vinyl noir et lugubre, le même que Suicide avait retrouvé dans une décharge. Ces beats minimalistes avec effet hypnotisant, des ambiances menaçantes, ça nous dit forcément quelque chose. Mais Indian Jewelry sait enrichir sa parure d'autres atours. Si sa réserve de disques prend sa mesure à l'angle des années 70 et 80 avec Suicide, Vu et Siouxsie and the Banshees, ils ne s'arrêtent pas là et passe au vitriol tout un tas d'influences punk et électronique, jouant du feedback bruyant dans la tronche à la guitare désaccordée sans se soucier des malentendus. Un chant détaché, alternant les deux sexes, des percussions tribales pour chauffer le dance floor que le rythme devient trop clinique, la boite d'Indian Jewelry est hétéroclite, alterne le bon et le moins bon, normal pour cette collecte qui s'étale sur deux ans. Mais on y trouve suffisamment de tout pour trouver son bonheur et surveiller à l'avenir tous les enregistrements de ce collectif, quelque soit le patronyme derrière lequel il tente de nous semer.

SKX (07/01/06)
website groupe www.swarmofangels.com/indianjewelry.html
website label www.swarmofangels.com/girlgang.html
sounds www.swarmofangels.com/music.html

Instrumental Quarter
Traffic jam - CD
Sickroom 2006

Leur première offrande en 2004 nous avait mis l'eau à la bouche mais ça manquait encore de piment. Deux années de gestation plus tard et une coupe du monde en plus, les quatre italiens ne semblent pas prêt de sortir de leur grotte. Loin des agitations stériles du monde rond et moderne, Instrumental Quarter font planer une langueur monotone. Sorte de croisement entre un Gastr Del Sol en accord avec la nature et un Codeine acoustique auquel on rajoute une pincée de classicisme, des cordes pincées et un archet de violoncelle qui devrait quitter plus souvent le fondement où il se trouve. Instrumental Quarter (avec un membre de Kash, autre groupe italien bien plus énervé et éclaté) baigne son spleen sous le soleil. J'ai beau essayé de gratter, de chercher de la beauté (oui très chère) dans les méandres de compositions même pas complexes, histoire d'avoir quelquechose à dire de bénéfique à leur propos, mais non, rien. Les rares soubresauts ne font qu'agacer, m'obligeant subitement à baisser le volume que j'avais poussé au dessus de la moyenne pour ne pas m'endormir comme une grosse larve. Bon, ya bien deux, trois morceaux qui sortent du lot. Mais sur cinquante six minutes, ça fait léger. Il faudrait demander aux fans des Rachel's ceux qu'ils en pensent parce que pour bibi, c'est tout vu, c'est une bonne tisane et au lit.

SKX (16/10/2006)
website groupe w.instrumentalquarter.com
website label www.sickroomrecords.com
sounds Lostonmydesk.mp3


 
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