IN/HUMANITY
"
violent resignation : the great american teenage suicide rebellion
" - CD
Prank 00
L'anthologie
du punk moderne. Voilà comment on pourrait présenter
l'uvre de IN/Humanity compilé sur cet album posthume.
L'intégrale en 42 chapitres avec remix intégrés
quand les bandes ont été retrouvées ! In/Humanity
avec le duo fondateur Paul Swanson et Chris Bickel (désormais
parti faire le punk avec Guyana Punch Line) depuis 1992 à
1999. Les inventeurs du soi-disant "emo-violence". En
vérité, du punk-rock vieux comme le monde transcendé
par une rage toute adolescente à décorner les boeufs.
Au bas mot, du bon vieux punk que n'aurait pas renier Dead Kennedys
moulé dans un courant bruitiste made in 90. Une bonne vieille
blague que cet "emo-violence", venant d'un groupe roublard,
qui ne s'est jamais pris au sérieux ("we are sick
of music and we hate each other"). Avant tout un prétexte
pour s'éclater, inventant un énième concept
pour mieux se faire remarquer et se moquer des nombreuse étiquettes
qui classifient la musique actuelle. Des disques sorties à
la pelle par un groupe qui n'a jamais pris le temps de répéter
une seule fois de son existence et ça se ressent sur cette
compil. Une première période très direct,
la plus ancrée dans le punk, avec des titres à faire
pâlir Jello Biafra comme "too drunk to molotov"
ou "teenage suicide-do it". Titres suicidaires donc
à la pose pseudo-rebelle, juste histoire de faire chier
son monde. Et une deuxième période, la plus intéressante,
représentant la fin de carrière. Ou quand le punk
lève la tête du guidon, réfléchit deux
secondes, expérimentent, rallonge la sauce, devient bruitiste
et s'ouvre également aux mélodies. L'urgence du
propos gagne du volume. Les compos s'affinent et In/Humanity gagne
ses galons de groupes majeurs et se désintègrent
au meilleur de leur forme. Un groupe spontané, qui ne gagne
pas à tous les coups, mais, comme ils le disent eux-mêmes,
ont fait des choses avant tout le monde. Presque sans faire exprès!
Se taper ces 70 minutes n'est pas une mince gageure mais si il
fallait n'en retenir qu'un, on ne peut que vous conseillez l'album
" the history behind the mystery " sur Prank toujours,
la pièce maîtresse innovante d'une oeuvre dont on
reparlera d'ici quelques années....
SKX (02/11/2000)
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IN/HUMANITY
"
the history behind the mystery " - Lp
Prank 98
Hysteric
devil music. Vous prend par la queue et vous jette dans le feu.
In/Humanity rase gratis et au plus près. Un sens de l'attaque
brutale et soudaine organisée. Se risquant rarement au-delà
des 3 minutes. Guitares aiguës dans le rouge, voix rageuse
dans le même sacerdoce. Noise est un vain mot. Un feu sifflant
ne s'épargnant pas des échappatoires expérimentaux
comme ce violon de nul part sur " If it's wrong it's real
". L'art de tromper son monde, bien ancré dans un
discours politique et social, ouvertement prononcé contre
la peine de mort aux USA. Ce deuxième album est une véritable
bombe incendiaire, frais comme une bourrasque du grand nord, novateur
sans avoir l'air d'y toucher. C'est frontal et dérangeant,
une production vrillante, les oreilles et le reste. Mais bordel,
écoutez ce " Me and my shadows " et vous comprendrez
qu'il est utile que le rock dépasse encore et toujours
la limite imposée. Y'a là-dedans comme un poison
qui bouillonne et qui veut se libérer. Ou alors qu'on les
fesse et qu'on les mette au lit. C'est à toi de rire, gamin.
Et si j'étais toi, j'en tirerais profit.
SKX (12/07/1999)
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INK
"
reagent specs " - CD
Monitor 02
La
vérité est autrement différente. L'intime
conjonction avec l'étendue. Les faux-semblants, la pénombre,
le non-dit, l'art du contre-pied. INK est une subtilité
musicale, un objet bizarre, le truc qu'une écoute distancée
suffirait à jeter aux oubliettes. Sur les épaules
de INK semble être tombée toute la torpeur du monde.
Une lassitude, une nonchalance inquiétante. Sur les cendres
de Candy Machine, Lyle Kissack (batterie) et Peter Quinn (chant)
continuent de creuser leur tombe aux contours déjà
dessinés sur un premier album dangereusement attirant.
Avec Craig Bowen (guitare), ce trio originaire de Baltimore, aidé
par quelques compagnons d'infortune, fait office d'extra-terrestres
dans le paysage musical actuel. A demi-mesure, ils pratiquent
la musique du souffle et de la retenue. Le rythme est fluide,
ponctué d'un léger groove hypnotique, comme un UI
au ralenti. La guitare au jeu complexe et légèrement
cacophonique tisse un univers stressant. Le timbre de la voix
est gaie comme un Ian Curtis en chaleur. Et fragile comme un futur
suicidé. C'est le Velvet Underground maladif et épuré.
Des ambiances chloroformées de prime abord, une légèreté
qui annonce une tempête qui ne vient jamais. Mais c'est
tout tendu là dedans, une musique poil à gratter,
irritante et entêtante. Qui vous colle peu à peu
à la peau. Le tas informe que je suis se propulse à
grand-peine. C'est Slint dans l'esprit avec des armes différentes
et variées (clarinette, violon, piano, etc...). Ne jetez
pas à la vindicte publique après une seule écoute.
Ne zappez pas. La musique introspective de INK mérite du
temps, de l'attention. Et vous rentrerez alors vous aussi dans
ses structures décalées comme quand on aime se faire
peur. Des murs d'un autre âge, ce charme exotique,
faussement froid mais tendre à l'intérieur. Imprimez
vous ce nom dans la tête et chérissez ce groupe à
nul autre pareil.
SKX (13/05/2002) |
INK
"
s/t " - CD
Monitor 00
Le
plus sage est de fermer les yeux. Enlever toutes idées
de souffrance. Les choses se délient. La clairvoyance s'impose
à vous, sans forcer. La musique vient à petites
touches, imprime sa marque, toute de légèreté
et de gravité sourde. Sous ses faux airs intimistes, le
trio INK a hiberné en studio in vitro pendant un an. Il
en ressort un sentiment de neurasthénie, une marche lente
et sombre, un dépouillement des sons et des instruments
où on ressent toute la recherche et les heures d'expérimentations
pour arriver à ce résultat, sec et tendu. L'idée
tourne souvent autour d'un rythme, qu'importe sa source, que l'on
répète, et encore, jusqu'à l'agacement, troublé
par un cuivre, superposé par d'autres instruments qui tournent
en rond, lui cherchent des poux. La voix apporte le souffle, un
peu de chaleur. On pense à ces groupes néo-zélandais,
ces défricheurs d'X-Pressway records. Un trio composé
d'ex Candy Machine et Science Kit, calme jusqu'à l'énervement.
Selon l'humeur du moment, on se laisse bercer ou on démissionne,
épuisé d'attendre l'explosion qui ne viendra jamais.
En tout cas, un premier album qui se digère sur la longueur,
sans famille et profondément troublant....
SKX (26/09/2000)
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THE
INTIMA
"
Peril and panic " - CD
Slowdance 03
Un
mec au chant et sa guitare. Une fille au violon qui pousse régulièrement
la chansonnette aussi. Un bassiste, un batteur et roulez jeunesse
! The Intima est un groupe de Portland mais on pourrait nous jurer
cracher qu'ils sortent d'Amsterdam ou de n'importe quel endroit
d'Europe qu'on le croirait sans sourciller. Le violon y est pour
beaucoup. Mais c'est tout l'ensemble qui suinte un feeling européen
dans l'approche de ce hardcore atypique. Engagés à
fond dans la lutte contre le grand Capital et tout ce qui s'en
suit, ces quatre jeunes gens nous rappellent fortement Submission
Hold par les mots, alors que la musique se fait moins virulente,
le coté " punk " était estompé
par d'indéniables qualités mélodiques. Et
là, c'est l'axe Dog Faced Hermans / The Ex avec Tom Cora
qu'on se prend en pleine tronche. Les rythmiques sautillantes,
ces cordes tour à tour mélancoliques ou printanières,
ces refrains qu'on a envie de reprendre en cur. The Intima
file le coup de boost nécessaire pour monter sur les barricades.
Et si l'ensemble sonne comme une première production avec
ses charmantes faiblesses (manque de consistance du son, arrangements
au cordeau), cet album possède fraîcheur et vitalité.
L'innocence sans la fleur au fusil. The Intima mérite qu'on
s'attarde sur leur cas.
SKX (15/09/2003) |
ISCARIOTE
"
s/t " - 7"
Molaire Industries/Pure Pain Sugar 01
Les
traîtres sont parmi nous. On salive dans les tanières.
Iscariote, jeune groupe suisse à tête française,
sort, les crocs certes, mais surtout son premier single trois
titres. On vous passera les habituels refrains inhérents
bien souvent aux premières productions, leur manque de
maturité, les références trop flagrantes,
les dents du petit qui pousse et blablabla. Iscariote ne manque
de rien, merci pour eux, passe outre ces considérations
et saute d'entrée de jeu les classes. Le son se prend de
face. Lourd et plein comme une bombe. Passionnant car désordonné
et sans calcul. Ces riffs hargneux, ces dissonances qui vous vrillent
autour, ces rythmes qui assomment, cette voix qui rouille de ravages.
Un hardcore brut et méchant, sublimé par des mélodies
et un brin de lyrisme sur lequel ne cracherait pas les japonais
de Envy. On s'arrime à ce chardon, irradié qu'on
est par l'intensité. Une verrue au milieu du paysage qui
fixe toute notre attention. Bouillonnante jeunesse qu'on surveille
de près.
SKX (18/09/2001)
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Icollide
Instructions - CD
Self-released 2003
Icollide n'a pas attendu qu'on vienne les chercher pour réaliser
leur premier album. Ils se sont pris en main et " Instructions
" est sorti tout seul comme un grand et a permis à
ce groupe de Minneapolis de sillonner leurs pays de long en
large avec une carte de visite prometteuse. Icollide évolue
dans la sphère encombrée du hardcore chaotique
qui aime un brin la technicité du metal avec un bon vieux
fond rock'n'roll. Bref, un groupe bien encré dans leur
époque. Le chant est bien énervé mais pas
que. Il surprend son monde en étant régulièrement
très mélodique et aérien (voir précieux).
J'avoue que ça m'a chiffonné au début mais
à la longue, il apporte de la diversité dans un
monde qui ne manque pas de champions du monde du hurlement.
J'en ferais pas non plus des nuits blanches. Ca serait mal me
connaître. Mais bon, un peu de tendresse (bordel) qui
apporte un poil d'ampleur et de légèreté,
comme de la grâce mais qui s'écraserait très
vite comme une crêpe bretonne ! Icollide oscille entre
violence et sentiment. Savoir-faire et une certaine patine.
Cet album ne sort pas véritablement du lot, mais mon
petit doigt me dit qu'il ne va pas falloir les abandonner de
vue. Leur futur s'écrit sur Pure Volume records. La suite
au prochain épisode.
SKX
(19/07/04)
website
groupe www.icollided.com
website
label www.purevolume.com/icollide
sounds
suicidal.mp3
| retro.mp3
|
Instrumental
Quarter
No More Secrets - CD
Sickroom 2004
Tout est dans le nom. Instrumental Quarter est un groupe
instrumental et ils sont quatre !
Par contre, ce que le nom ne dit pas, c'est qu'ils viennent
d'Italie. Et que trois d'entre eux ont déjà
composé trois albums sous le nom de Kash. Le label américain
Sickroom est leur hôte et alors qu'ils viennent de sortir
le premier album de Cheval de Frise aux Usa, on peut dire que
Sickroom records a un faible soudain pour les groupes electro-acoustique!
A ça près qu'il faut ajouter un violoncelle et
une basse mais la consonance générale reste à
la fluidité et aux cordes légères. Instrumental
Quarter tend tout de même à beaucoup plus de tranquillité.
Excepté sur le très beau " robots ",
dynamique et chaleureux et quelques autres passages tout au
long de ces huit titres, l'approche ne cherche pas la confrontation
et la tension. Certains titres sont même un peu affalés
là, dans leur beauté triste, sans passion interne,
indolence et vaine mélancolie. Instrumental Quarter se
rapprocherait également du groupe américain Lumen
(sur Temporary Residence), cette douceur apparente qui se cache
derrière l'acoustique des compos, sauf qu'ici, c'est
plus que de l'apparence ! Le violoncelle est sage, le ton est
tendance feutré et patins de salon avec cette pointe
de gravité qui évite l'impasse. Amateurs des Rachel's,
surveillez ce disque pour calmer les nerfs et agréable
pour l'ouïe. Manque juste un peu de sel pour provoquer
un intérêt autre que poli.
SKX
(19/07/04)
website
groupe www.instrumentalquarter.com
website
label www.sickroomrecords.com
sounds
robots.mp3
4 samples : www.instrumentalquarter.com/mp3.html
www.kash.it
|
|
The
Intelligence
Boredom and Terror - CD
Omnibus / Narnack 2004
L'intelligence au service de la lutte contre la terreur et l'ennui
Mouais, va falloir resserrer les boulons quand même. Lars
Finberg est le cerveau de cette affaire. Et le batteur de A-Frames
le cas échéant. Difficile de dire si il se démène
tout seul avec son intelligence mais ce projet a tout du solo.
Ou en tout cas, c'est lui qui tire les ficelles. The Intelligence
est lo-fi dans sa forme, tout distordu de tous les cotés
et bien punk dans le fond. La basse, la voix, le rythme dont
on ne sait pas trop si c'est l'uvre d'une machine ou d'un
homme à deux bras ou les deux à la fois et même
le synthé tiens, tout est joué dans la saturation.
Et comme il a la voix de Mark E. Smith et toute sa hargne, ça
vous donne un disque de petite frappe bien saignant, rempli
de morceaux courts sur pattes, de sonorités sixties /
garage crachant sur les années 80 avec humour et son
allié l'ironie. Le bricolo trash qui se remue les méninges
pour faire passer sa pilule, des mélodies à la
guitare acoustique passées au karsher, des rythmes ringards
et pas chers, ça fourmille de gimmicks efficaces et de
malices crades sous les bras, trop de la déjante le gars
mais il sait où il va. Il s'appelle The Intelligence,
faudrait pas l'oublier. Un bel antidote contre vous savez quoi.
(Sue la version vinyl sorti sur Narnack, vous avez le droit
à un CD bous avec 10 inédits!)
SKX
(06/09/2004)
website
label www.omnibusrecords.com
| www.narnackrecords.com
|
Isis
Panopticon - CD
Ipecac 2004
Panoptique.
Qui permet de voir sans être vu. Se dit d'un bâtiment
aménagé de tel sorte qu'on puisse, de n'importe
quel endroit de celui-ci, en embrasser par la vue tout l'intérieur.
Isis ne choisit pas ses noms d'album au hasard. Après
" Oceanic " qui traduisait la monotonie des grandes
étendues sans ses reliefs, Isis aborde ce troisième
album sous tous les angles, sous tous les champs. Musique totale.
Le son, les compositions, les énergies motrices, tout
a été pensé pour vous cerner, vous envahir.
Quelque soit l'endroit où vous vous situez, qu'importe
l'approche que vous en avez, Isis vous surveille, vous plonge
dans une bulle architecturale élaborée dans ses
moindres détails. Quelque peu suspicieux sur toutes ces
musiques actuelles qui tentent de marier la puissance du metal/hardcore
et les longues plages ambiantes, je dois m'avouer vaincu par
la maestria de Isis qui trouve enfin le parfait équilibre.
Un travail de production énorme. Les guitares sonnent
comme jamais. Un grain, on pourrait presque les toucher, leur
présence, juste dans votre dos, à vous faire frissonner
d'extase. Une dynamique de sons et de structures. Le synthé
a le souci de la précision, orne et infiltre les compos
tout en finesse. Les coups de basses, quand le temps est à
l'orage, sont monstrueux. Et la voix de Aaron Turner, sur un
album majoritairement instrumental, a la décence de laisser
son background hardcore en veilleuse et apporte une chaleur
insoupçonnée. Isis s'éloigne de son influence
majeur Neurosis. On se croirait parfois revenu en pleine époque
noisy-pop à écouter ses nappes de guitares ("Wills
Dissolve"). On se surprend à écouter une
ligne de basse très The Cure sur "In Fiction",
être aux aguets sous une pression contenue ou éclatée
comme la fin cataclysmique de " Grinning Mouths "
ou Isis retourne sur le bûcher! Quand bien même
sur certains morceaux le rythme est peu soutenu du début
à la fin, Isis trouve une pulsation interne qui évite
l'ennui. Certes, ils ne nous épargnent pas quelques longueurs
mais au contraire de groupes comme Cult of Luna, ils ne perdent
que rarement le fil de leur intensité. Ils tissent patiemment
un album mélodique, sombre, rageur, aérien et
puissant. Toute une panoplie d'émotions contradictoires.
La grande force de cet album. Entre le premier album "
Celestial " et " Oceanic ", Isis remet les choses
à sa place et trouve sa voie.
Les My Bloody Valentine du métal !
SKX
(30/11/2004)
website
groupe www.sgnl05.com
website
label www.ipecac.com
sounds
www.sgnl05.com
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Impure
Wilhelmina
L'amour, la mort, l'enfance perdue - CD
Space Patrol 2005
C'est tout un programme que nous promettent les Suisses d' Impure
Wilhelmina. L'amour, la mort, l'enfance perdue, tout ça
dans le même sac, on secoue bien et on obtient une bonne
brute méchante de hardcore multifaces où les sentiments
les plus vils et les plus saints croisent le fer. Avec Impure,
il n'est pas simple de démêler les fils de l'écheveau.
Ils explorent toutes les tendances du hardcore. La tendance
doom, lente et pesante (le morceau d'ouverture January).
La tendance rock'n'roll (Sunburst). Des passages émo-tions,
tout en noirceur, voir en ballade sous le clair de lune (Before
a dream). La branche metal, voir hardrock avec une généreuse
couche de guitares dont certains arpèges et soli limites
me font rétracter le sphincter. Avec leur sens singulier
de la composition, fouillée, où rien n'est clair
et ne s'impose, le style Impure Wilhelmina a toujours eu don
de me laisser neutre. Avec ce troisième album et la production
de Serge Morattel, les Suisses tiennent sans doute leur meilleur
album. Mais comme leurs précédentes productions,
je n'arrive pas à détester cette musique et j'y
accroche encore moins. Je sens comme des sentiments qui me plaisent,
des intentions rencontrées auparavant à même
de me séduire et pourtant rien, nada. Il manque à
chacune de leurs compositions une flamme, un élan, une
mélodie plus accrocheuse que la moyenne internationale.
La désagréable sensation d'avoir déjà
entendu tous ces enchaînements de riffs cachés
dans une complexité qui masque la misère. Epurer,
se concentrer sur une idée plutôt que de se perdre
dans un truc incontrôlable, travailler le noyau plutôt
que s'attarder sur la périphérie. Tout pourrait
être plus intense, malsain et beau à la fois mais
on n'en atteint pas la moitié de la cheville. On aimerait
se perdre dans leur labyrinthe mais on reste à la porte
d'une musique relativement consensuelle dans le genre en fait.
Ou alors j'ai rien compris. Ce qui m'arrive souvent aussi.
SKX
(18/07/2005)
website groupe www.impurenet.com
website label www.thespacepatrol.com
sounds the_black_flame.mp3
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The
Intelligence
Icky baby -
In The Red 2005
The
Intelligence prend de l'ampleur. Si Lars Finberg reste le cerveau
principal, il s'est entouré de trois neurones agités,
dont deux piqués à The Popular Shapes. The Intelligence
est une tête bien faite mais têtue. Le cap vers
une musique punk, bruyante passé au karsher. Droit devant.
Coûte que coûte. C'est un rien plus consistant que
son antidote précédent contre l'ennui
et la terreur. La faute au groupe sans doute qui donne de
la force à ses réflexions. Mais Finberg et sa
bande sont une bande de sales punks, des gamins tout crottés
à qui il ne faut pas confier la moindre ritournelle,
le moindre petit air présentable. Ils vous saccagent
tout ça en deux secondes, ou plutôt une minute
trente, temps moyen de chacun des treize morceaux qui composent
ce deuxième album. Les guitares sont irrémédiablement
distordues et brouillées, les rythmes robotiques et ce
minimalisme noise est parfait pour danser quand on tire la gueule
et qu'on a pas envie de danser pour faire plaisir à sa
copine. Intelligence vive mais limitée.
SKX
(09/12/2005)
website
label www.intheredrecords.com
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Ira
The body and the soil - CD
Go-Kart 2005
Du
lac de Constance en Allemagne émerge Ira. Ce n'est pas
là que s'est planquée l'Armée Républicaine
Irlandaise. Juste le nom de ces anciens grindcoreux de Blindpost
AD mus aux 4/5ème pour devenir une bête à
plusieurs têtes traversées par de multiples courants
musicaux. Musique planante et puissante, Ira travaille ses ambiances
sur la longueur et doit autant à Isis qu'à Godspeed
You Black Emperor, un refrain connu par les temps qui court.
Mais Ira tient plus du pétard mouillé que de la
bombe incendiaire. Les références précitées
ne sont qu'un raccourci facile. Si on a le droit à quelques
passages bien lourds et prenants dans la digne lignée
du groupe d'Aaron Turner avec des coups d'accélérateur
salvateurs, les ambiances planantes n'ont pas l'emphase de Godspeed.
C'est plutôt la messe du dimanche matin pour ne pas dire
une soupe et au lit. Un chant souvent très propre sur
lui et maniéré, des arpèges vides de contenu,
ce sont les groupes shoegazer qui s'invitent autour du lac,
de la grandiloquence qui s'effrite au moindre coup de canif.
De grandes et monotones étendues, des longueurs à
n'en plus finir, Ira caresse la plupart dans le sens du poil.
Les membres d'Ira ont viré leur cuti pour passer d'une
musique extrême à une musique transparente. Ils
leur reste à trouver le juste milieu.
SKX
(01/07/2005)
website
groupe www.iraism.com
website
label www.gokartrecords.de
sounds
longlivethepartsII.mp3
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Iscariote
Necropole Trauma - Cd
My Own Salvation 2004
Courte
vie mais bien remplie. Iscariote quitte la scène sur
deux disques. Une compilation " Génèse et
agonie " (Salvation Rds) avec tous leurs titres égarés
sur petits formats ou compils avec des videos live en bonus.
Et surtout cet album posthume. Les premiers seront les derniers.
Pour le grand saut, Iscariote éclate son metalcore, mille
fragments, que plus dangereux. La virulence de leur propos prend
des chemins détournés dans un " des cheveux
noirs sur la pâleur de son visage " où le
groupe n'hésite pas à sortir les violons, à
étendre son drapeau noir sur sept minutes, guitares noisy
et lyrisme rampant. Iscariote a pris soin de travailler ces
compos, le souci du détail, ne pas foncer tête
basse dans un screamo-hardcore de plus. Le chaos est présent
mais pas prépondérant. La voix systématiquement
typée hardcore, crache son venin en français (mais
faut le savoir !) et aurait tendance à manquer de coffre
sur la longueur. On ne trouve pas des Steve Austin à
tous les coins de rues! Un Steve qu'on retrouve à la
mastérisation de ce disque. Le vernis ultime pour un
disque dont la production ne joue pas pour autant les forts
à bras. Le manque d'impact se fait parfois ressentir
mais du coup, leur metalcore prend régulièrement
des allures de rock bien noisy, torturé et sombre, continuellement.
" Necropole Trauma ". Ca sonne comme une tragédie.
Un conte de la vie ordinaire et moderne qui tourne mal. Iscariote
avait sans doute encore beaucoup à démontrer.
Les chimères japonaises en ont décidées
autrement. Un bel adieu.
SKX
(09/01/2005)
website
groupe www.iscariote.net
website
label www.myownsalvation.com
sounds
la_paleur_de_son_visage.mp3
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Indian
Jewelry
Sangles relux - CDr
Girlgang 2005
Les
bijoux de la couronne seront indien l'espace d'une chronique
d'un collectif plus qu'un groupe, mystérieux et qui joue
à cache-cache. Originaire de Houston, Indian Jewelry
a semé de multiples enregistrements, dans un pur esprit
DIY, cassettes et cdrs compris, sous des noms différents
et aussi exotiques que Swarm of Angels, Turquoise Diamonds,
The Perpetual Party Band, j'en passe et des meilleurs. Faute
d'avoir pu entendre leurs autres élucubrations, penchons
nous sur ce Sangles Relux, recueil de travaux entre 2002
et 2004. Si trois tonnes de musiciens participent à ce
projet, quelques piliers se dégagent comme la pétillante
Erika Trasher aux synthés et voix, accompagnée
de Tx Krschn (à vos souhaits) qui donne aussi dans la
vocalise et les bidouilles. Derrière, c'est moult percussions,
cuivres, guitares, séquentiels, de trucs qui font wouwouwou
et krsch krsch krsch (tiens encore lui). Indian Jewelry, ce
sont des joyaux taillés dans un vinyl noir et lugubre,
le même que Suicide avait retrouvé dans une décharge.
Ces beats minimalistes avec effet hypnotisant, des ambiances
menaçantes, ça nous dit forcément quelque
chose. Mais Indian Jewelry sait enrichir sa parure d'autres
atours. Si sa réserve de disques prend sa mesure à
l'angle des années 70 et 80 avec Suicide, Vu et Siouxsie
and the Banshees, ils ne s'arrêtent pas là et passe
au vitriol tout un tas d'influences punk et électronique,
jouant du feedback bruyant dans la tronche à la guitare
désaccordée sans se soucier des malentendus. Un
chant détaché, alternant les deux sexes, des percussions
tribales pour chauffer le dance floor que le rythme devient
trop clinique, la boite d'Indian Jewelry est hétéroclite,
alterne le bon et le moins bon, normal pour cette collecte qui
s'étale sur deux ans. Mais on y trouve suffisamment de
tout pour trouver son bonheur et surveiller à l'avenir
tous les enregistrements de ce collectif, quelque soit le patronyme
derrière lequel il tente de nous semer.
SKX
(07/01/06)
website
groupe www.swarmofangels.com/indianjewelry.html
website
label www.swarmofangels.com/girlgang.html
sounds
www.swarmofangels.com/music.html |
Instrumental
Quarter
Traffic jam - CD
Sickroom 2006
Leur
première offrande en 2004 nous avait
mis l'eau à la bouche mais ça manquait encore
de piment. Deux années de gestation plus tard et une
coupe du monde en plus, les quatre italiens ne semblent pas
prêt de sortir de leur grotte. Loin des agitations stériles
du monde rond et moderne, Instrumental Quarter font planer une
langueur monotone. Sorte de croisement entre un Gastr Del Sol
en accord avec la nature et un Codeine acoustique auquel on
rajoute une pincée de classicisme, des cordes pincées
et un archet de violoncelle qui devrait quitter plus souvent
le fondement où il se trouve. Instrumental Quarter (avec
un membre de Kash, autre groupe italien bien plus énervé
et éclaté) baigne son spleen sous le soleil. J'ai
beau essayé de gratter, de chercher de la beauté
(oui très chère) dans les méandres de compositions
même pas complexes, histoire d'avoir quelquechose à
dire de bénéfique à leur propos, mais non,
rien. Les rares soubresauts ne font qu'agacer, m'obligeant subitement
à baisser le volume que j'avais poussé au dessus
de la moyenne pour ne pas m'endormir comme une grosse larve.
Bon, ya bien deux, trois morceaux qui sortent du lot. Mais sur
cinquante six minutes, ça fait léger. Il faudrait
demander aux fans des Rachel's ceux qu'ils en pensent parce
que pour bibi, c'est tout vu, c'est une bonne tisane et au lit.
SKX
(16/10/2006)
website groupe w.instrumentalquarter.com
website label www.sickroomrecords.com
sounds Lostonmydesk.mp3
|
Incoming
Cerebral Overdrive
Controverso - CD
Supernaturalcat 2009
C'est
de la viande froide. De la chirurgie esthétique pour
pauvres bourgeois. Une litanie de titres, Oxygen / Magic
/ Sound / Colours, le nom inscrit en forme de
triangle de la vie, vous voyez le genre de trip mystico-mystique
qui se prépare. Quand t'enclenches, c'est pourtant du
violent, du charcuté. Table saignante mais ordonnée.
Chaque bout de chair est à sa place, le blanc immaculé
ne craint rien, le sang ne débordera pas. L'hurleur se
donne du mal, plonge ces cordes dans un vitriol causant sa perte.
Je dis pas non. Le ridicule devient touchant. Au moins ça,
ils ne l'ont pris à personne d'autres. L'Italien est
comme tout le monde. Il observe, il vole, il copie et il recrache
comme il peut. Ces intestins broient du Converge, du Dillinger
Escape Plan, un doigt de Botch. Ca fait mal au cul et Incoming
Cerebral Overdrive le tend à plusieurs reprises pour
qu'on le lui botte. Ca creuse de la fissure, ça veut
caillasser de la bagnole mais c'est affreusement lisse. Son
synthétique. Et je ne parle même pas du piano Reflections,
de la touche sensible entre deux plans (le reste du temps) sauvageons
et du sordide psychédélisme futuriste. Et ce chant
hahaha quand il force. Donne ce coté surprenant/hilarant
face au catalogue hardcore sur mesure. Je vais finir par l'aimer.
Que le goret de service vienne rendre joyeux ce bordel convenu
et ampoulé me remplit d'aise.
SKX
(28/11/2009)
website groupe www.incomingcerebraloverdrive.com
website label www.supernaturalcat.com
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Insect
Warfare
World Extermination - LP
Earache records 2009
Nom
de groupe qui annonce la couleur, titre d'album et titres de
morceaux explicites - Mass Communication Mindfuck ou
Enslaved By Machinery -, illustration de pochette en
noir et blanc et sans finesse (la mort destructrice qui lance
sur le monde moderne ses hordes de cafards sanguinaires), Insect
Warfare est un énième avatar du grind core extrême.
Le groupe a splitté au printemps 2008 et World Extermination
est l'unique album de ce trio de Houston, Texas, un album paru
à l'origine en 2007 sur un label dont l'histoire a préféré
oublier le nom. Earache, célèbre maison qui n'a
rien d'un repère de philanthropes, ne s'y est pas trompé
en le rééditant en support CD et vinyle en 2009.
Passer à côté d'un tel disque n'aurait rien
eu de dramatique mais une fois le diamant posé sur la
galette de plastique et une fois entamés les soubresauts
chaotiques et inflexibles de Oxygen Corrosion, l'apocalypse
nihiliste selon Insect Warfare fait son boulot ravageur avec
concision (durée normale d'un titre = une minute, au
delà on pourrait presque parler de prog), une violence
superlative (ce batteur, avec l'aide d'un trigger ou non, est
inhumain), des riffs parfaits pour la trépanation et
un chant, tout en alternance goret/growl, en guise de vomi dissolvant.
Rien que du très classique donc, qui plus est servi par
une production sobre mais efficace, et un disque à ranger
sans problème auprès des pièces maîtresses
du genre, je ne vais quand même pas refaire la même
liste à chaque fois mais sachez que si on possède
déjà les deux premiers Napalm Death ou le World
Downfall de Terrorizer on n'apprendra rien de nouveau sur
la vie des bêtes mais on goûtera quand même
au plaisir de la violence gratuite comme ultime repère
de la frustration et de la vacuité de l'existence dans
un monde qui s'écroule inexorablement.
Si selon Insect Warfare l'avenir n'existe pas ou tout du moins
ne ressemblera ni à une partouze cocaïnée
sur une chaîne payante spécialisée dans
la téléréalité ni à un gros
lot de l'euromillion, le groupe vient malgré tout de
se reformer et s'apprête à entamer une mini tournée
britannique (pour l'instant annoncée comme un ultime
one shot). La misanthropie et la haine d'autrui c'est comme
le reste, on a forcément besoin à un moment ou
à un autre des autres pour les alimenter.
Haz
(28/09/2009)
website groupe www.myspace.com/insectwarfare
website label www.earache.com
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Io
Monade Stanca
The Impossible story of Bubu - CD
Africantape 2009
Ca
devient trop facile quand un groupe vous tend des perches si
évidentes (et qu'on monte en haut). L'histoire de Bubu,
Ubu, Jarry, la pataphysique, l'ascension du vide vers une périphérie,
toute la comparaison et le parallèle sont là,
offerts à vous, dans le titre par un trio italien, sur
un plateau pour la musique et la description qui en découle.
Le deuxième album de Io Monade Stanca est abstrait, incompréhensible,
dévie dans tous les sens et procure de multiples portes
de sorties, du moment qu'elles s'ouvrent de l'intérieur.
Et derrières ces lourdes, un tas de personnages connus,
servant d'ancrage pour ne pas perdre pied. Le spéculatif,
Storm and Stress était passé maître. Le
bancal, US Maple en avait fait sont fond de commerce et quand
il s'agit de trancher dans le vif, on peut toujours compter
sur Oxes avec l'absolution du Père à tous, le
Captain Beefheart. Et de Moller-Plesset parce que ce sont des
gars du coin et qu'ils connaissent les tables de mathématique
par coeur. Riffs gras et percutants ou arpèges tourbillonnants,
des thèmes que l'on aborde et qu'on saborde, sept morceaux
à tiroir et sans fond sur lesquels il faut sans cesse
avoir un il si on ne veut pas se laisser déborder.
Non, c'est toujours le même morceau, je reconnais le plan
du début. C'est pas simple. On ne rentre pas facilement
dans cette impossible histoire mais une fois à l'intérieur,
on ne cherche plus à en sortir. On essaye bien à
quelques occasions, quand la liaison manque la virgule et que
la cassure, même invisible, est trop rude. Mais dans ce
catalogue de plans alambiqués, de bouffonnerie vocale,
de répétitions maladives et décalées,
Io Monade Stanca prend soin de votre mal de tête qui guette
et ménage la poire et le cochon par des harmonies salvatrices,
brise l'abscons par des lignes droites bien carrées et
maîtrise ses montagnes russes comme de vrais horlogers
suisses. En plus, ils ont eu la bonne idée de confier
leur histoire au sicilien de Three Second Kiss et batteur Sacha
Tilotta (tiens, un autre ancrage) pour construire un pont solide
et sans brèche qu'on dirait importer directement de Chicago.
Il fallait bien un gars comme ça pour servir de garde-fou
à un album riche en idées contraires et en coïncidences
opposées, prêtes à s'éparpiller pour
finalement se loger sur un digipack élégant et
convaincant dans la déroute.
SKX
(15/09/2009)
website groupe www.myspace.com/iomonadestanca
website label africantape.com
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Iron
Age
The
Sleeping Eye - LP
Tee Pee records 2009
Puisque
le patron s'octroie tous les bons disques noise à chroniquer
- tout comme il se garde les plus mauvais dans la catégorie
posthardcoremachintruc afin de laisser sa méchanceté
naturelle prendre le dessus dans sa désormais célèbre
rubrique humeur massacrante et récurage de siphons -
il ne me reste que l'entre-deux, le mou du genou, le baveux
et le tiédasse. Ou alors le metal. Et là c'est
tant pis pour vous.
Iron Age, groupe métallique originaire du Texas, profite
à plein du revival trash années 80 qui fait fureur
actuellement chez les moins de vingt ans qui n'ont pas connu
cette époque bénie ainsi que chez les quarantenaires
qui se souviennent très bien que Kill 'Em All
et Show No Mercy sont sortis la même année
que le Thriller de qui vous savez. Pas très éloigné
d'un Saviours mais dans un registre à la fois bien plus
pesant et hardcore (un petit côté new-yorkais et
bas du front tendance 80's là aussi ?), Iron Age - malgré
un chant radicalement stupide et monocorde - arrive à
convaincre sur la longueur, délaissant volontairement
les poussées d'acné de moins de deux minutes et
se concentrant sur les structures épiques avec guitares
à la tierce, soli masturbatoires pas trop longs et complexe
du métalleux bodybuildé qui aurait bien trop peur
de passer inaperçu. La deuxième face est bien
meilleure que la première, les titres y sont encore plus
étirés (jusqu'à onze minutes pour The
Way Is Narrow), les riffs encore plus carrés et anguleux
et les rythmiques alternent entre le furieux et le gros lourd.
Une vraie démonstration de force au final un peu statique
et froide et c'est justement là que le bas blesse : à
la différence de la musique de Saviours (auquel nous
avons déjà comparé Iron Age un peu plus
haut), celle des texans est d'un sérieux et d'une application
gênante, si les californiens ont un côté
jovial et déconneurs buveurs de bière (en langage
clair : gras), Iron Age a gardé le balai dans le cul
qui sert de moelle épinière à 90 % des
groupes de hardcore/metal qui se croient investis d'une quelconque
mission. Et pour en revenir à la voix, on peut également
regretter que le chanteur fasse également preuve de tant
de psychorigidité, un chant avec incartades mélodiques
(comme cette tentative sur la fin de Younger Earth mais
avec plus d'épaisseur s'il vous plait) et quelques envolées
lyriques à la Bruce Dickinson auraient donné un
peu plus de relief à tout ça - c'est amusant,
je viens juste de repenser à un vieux groupe 80's complètement
tombé dans l'oubli, Liege Lord je crois que ça
s'appelait.
Haz
(29/11/2009)
website groupe www.myspace.com/ironagetexas
website label www.teepeerecords.com
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It's A Lunken
It Is A Lunken - CD
Sound Devastation 2009 |

It's A Lunken
Bound - CD
Twilight Luggage 2010 |
Will Turner-Duffin : ce nom ne vous dira probablement
rien pourtant c'est celui que porte le musicien/compositeur/arrangeur/ingénieur
du son/producteur anglais qui a bossé sur le mastering
du premier album de Das
Simple dont le patron vous a parlé il y a quelques
semaines. De l'aveu même du groupe marseillais, Will Turner-Duffin
est pour beaucoup dans la qualité assez ahurissante et
pour le moins originale du son de cet album et de fait Das Simple
adorerait pour son prochain enregistrement pousser encore plus
loin sa collaboration avec ce petit génie du rendu sonore.
Et on les comprend aisément rien qu'à l'écoute
des enregistrements du propre groupe de Will Turner-Duffin. Celui-ci
est un duo et s'appelle It's A Lunken. Will Turner-Duffin
y tient le rôle de multi-instrumentiste.
It Is A Lunken est le premier album de It's A Lunken. Un
disque très difficilement descriptible, foisonnant, riche,
violent, contrasté, vertigineux, grandiose, malsain mais
complètement addictif dès les premières écoutes.
Un album long et chargé, débordant presque, et sans
concession. A mi chemin entre le doom le plus sombre et le plus
froid et les manipulations sonores les plus osées en provenance
de je ne sais quel génie de la musique industrielle. It's
A Lunken a réussi là où Gnaw avait échoué
avec son première album This Face - d'ailleurs sur
le premier titre (Mk2) le chant fait très fortement
penser à celui d'Alan Dubin mais cela ne durera pas - c'est-à-dire
en mettant sur pieds avec des moyens totalement artificiels et
frisant l'hallucination technologique une musique à très
forte densité humaine (densité jusqu'ici rarement
atteinte par une musique de laboratoire). Musicalement les deux
groupes n'ont rien à voir mais on retrouve chez It's A
Lunken le même genre d'impacts émotionnels que dégageaient
les meilleurs albums de Foetus (Hole, Nail et Thaw).
Seule la neuvième plage intitulé Bound In The
Black Bark diffère quelque peu des autres en proposant
sur une très longue durée une musique magmatique,
sombre et létale mais toute en atmosphères et sans
rythmique. Et ainsi sur It Is A Lunken les passages les
plus calmes flirtent avec le meilleur de l'ambient et/ou de la
musique acousmatique. Les passages martelés vous font entrer
en transe. Et toujours on découvre des sons originaux ou
dont le traitement/rendu est original - le mix de l'album relève
plus d'une fois du phénomène. Comme sur ce Mk13
presque bluesy et poisseux. L'effet est d'autant plus impressionnant
que la surprise est totale. Will Turner-Duffin et son petit camarade
Barn Yanni sont vraiment à prendre très au sérieux
en ce qui concerne l'avenir immédiat des musiques dévastatrices
et qui ont du sens.
Et l'avenir de It's A Lunken est déjà là
avec un deuxième album publié en 2010 sur le label
norvégien Twilight Luggage. Bound est aussi long
que son prédécesseur mais radicalement différent,
privilégiant l'aspect le plus expérimental du groupe,
les expériences en laboratoire sur des rats crevés
et des sons improbables ou crépitants (toujours le rendu
du mix). Faisant écho au titre Bound In The Black Bark
évoqué plus haut (et repris ici mais transformé
et divisé en deux parties), Bound démontre que It's
A Lunken a vraiment plus d'une corde à son arc et il le
prouve en pliant systématiquement les clichés dark
ambient et les tics de langage de la musique concrète à
son avantage : malgré la durée des titres on n'y
trouve aucune longueur, aucune facilité ni complaisance.
Et surtout pour la première fois on découvre que
la musique de It's A Lunken peut également avoir affaire
avec la beauté et avec la lumière même si
celles-ci gardent toujours ce côté vicié et
oppressant qui vous enserre sans pitié - par exemple les
guitares suintantes ne sont pas forcément toujours très
loin. Le voyage est éprouvant voire terrifiant mais c'est
un voyage. Mk30 Bound By The Bloody Border Built
joue la carte des instruments à cordes et du glissando,
Mk18 pourrait presque être qualifié de dark
folk céleste et Hoard lui offre une conclusion vocale
assez inattendue. Avec Mk32 Bound And Drowned It's A Lunken
remet les pieds dans la boue et le sang en renouant avec le doom
le plus froid et malsain qu'il ait été donné
d'entendre depuis le suicide collectif de Khanate. Et ce n'est
pas peu dire, même si on n'atteint pas ici les sommets dévastateurs
de l'ancien groupe de Dubin, O'Malley, Plotkin et Wyskida. Mk32
Bound And Drowned s'étale sur une vingtaine de minutes
et ce sont vingt minutes de pur carnage sans concession. Et encore
une fois ces enrobages sonores qui réussissent à
éviter l'effet gratuit d'enluminure et donnent une réelle
étrangeté à l'ensemble. Un disque aussi ambitieux
que réussi.
Haz
(11/12/2010)
website groupe www.myspace.com/itisalunken
website label www.sounddevastation.co.uk
| www.twilightluggage.com
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