FEMME
FATALE
"
fire baptism " - 12
Beta Beat 02
La
mariée cache bien son jeu, tout comme le nom de ce groupe.
La Femme Fatale est un home, un seul, Jesse Keeler, et est du
genre à dévergonder toutes les mariées de
la terre. Alias batteur de feu Black Cat 13 et impliqué
dans un second groupe Death From Above, l'énergumène,
canadien (des choses qui arrivent), poursuit son orgie sonique.
Enregistré sur une période de deux ans, ces sept
titres naviguent dans l'univers de Black Cat 13 auquel se raccroche
tout un wagon de Song Of Zarathustra et autres furieux du renouveau
noise-hardcore américain. Il est difficilement imaginable
d'ailleurs qu'un seul homme soit derrière tout ça
tant ça sonne comme un groupe à part entière.
Sans notion de vide, ni minimalisme ni radin dans l'effort. Bref,
un petit génie des studios doublé d'un multi instrumentistes
hors pair. Une bonne branlée, bien roulée sous les
aisselles, bruit, mélodie, énergie, c'est passe-partout
mais plutôt réussi. A notez que ce maxi est sorti
chronologiquement après son autre maxi sur Ache records
" As you sow, so shall you reap " mais l'enregistrement
est bien antérieur. Méfiez-vous des sourires avenants
qui vous encouragent à sauter dans le vide.
SKX (01/02/2003)
|
FEVERDREAM/GREEN
HORNET
"
the boy nobody wanted / kick it through " - split 7
Transformed Dreams 01
La
Hollande à l'honneur. Green Hornet sont sales sur eux,
farfisa en bandoulière, ça pue le mazout et la dégaine
rock teigneux à plein nez. Ca avance sec façon Jon
Spencer jouvenceau. Faut pas en demander plus. Le temps de retourner
la galette, on retombe sur ses pieds avec la rythmique souple
et dynamique de Feverdream pour une noise toute en mélodie.
Un beau brin de talent de compositeurs racés qui fait suite
à deux albums, déjà, en attendant le 3ème
d'ici peu. Et dire qu'ils ont à peine vingt ans! Deux groupes
hollandais qui font le plein d'énergie pour mieux passer
l'été!
SKX (11/07/2001) |
FEVERDREAM
"
the sky is full of it " - CD
Transformed Dreams 00
La
fièvre du samedi soir. Dans les caves hollandaises, un
trio à peine majeur, du haut de leur vingt printemps, s'attaque
déjà à leur deuxième album. Vitalité.
A cet âge là, on a de grandes chances que les influences
restent à la surface. Et sans se cacher, l'école
Touch and Go, Shellac ou des groupes de Kill Rock Stars font partis
de leurs meubles. Tranquillité. Direct, un minimum d'effets,
simplicité des morceaux, conduits avec force et entrain
congénital. Progression. Ou alors mélodies déclinées
avec subtilité pour mieux provoquer la tension suivante.
Et un chant avec du cur et de la fièvre. Passion.
Avec un minimum de moyens et de subterfuges, Feverdream vous compose
des airs qui s'incrustent dans la tête, des compos qui respirent,
sans cérémonie mais persuasives avec juste l'agressivité
qu'il faut. Ca rappelle la démarche des premiers Unwound
ou comment, sans bruit et sans artifices, on se construit peu
à peu une identité avec une âme d'artisan
qui aime le boulot bien fait. Ici, rien ne chamboule vos habitudes,
mais c'est exécuter avec suffisamment de fraîcheur
et de talent pour ne pas rester en rade.
SKX (08/03/2001)
|
FIN
FANG FOOM
"
texture, structure and the condition of moods " - CD
Lovitt 02
Fin
Fang Foom tombe à l'eau, qu'est ce qui reste? Une rivière
d'influences dans laquelle ce jeune trio américain ne craint
pas d'y nager voluptueusement. Pour une première réalisation,
Fin Fang Foom plafe la barre affez haute! Dans le titre, vous
avez le mot "texture" et ces 10 titres n'en manque pas.
Riche en effets, en arrangements subtiles qui ne se contentent
pas du triptyque guitare-basse-batterie mais s'agrémentent
de piano et d'acoustique, voir d'une flûte. Après
la virgule, vous avez "structure" et elles sont complexes.
Sous un éclairage "pop/emo", les mélodies
ricochent, repartent, se prolongent, se brisent, dressent des
angles à trop de fragilité. Sous ces conditions,
l'humeur de leur musique est très changeante. Navigation
très contrôlée entre mélancolie, vapeur
dense et rythmes engagés, entre narration et cri du cur.
12 Hour Turn, June of 44, Hoover. Si tout ça ne vous laisse
pas insensible, le bonheur est pas loin! Reste encore un effort
à rendre tout ça plus limpide, à arracher
quelques mélodies imparables, comme leurs compagnons d'écurie
Engine Down savent si bien le faire. Savoir aller à l'essentiel
pour éviter la noyade de l'auditeur et Fin Fang Foom deviendra
imparable dans un style qui ne manque pas de prétendants.
SKX (03/04/2002) |
THE
FLAMINGO MASSACRES
"
wearing your heart on the front of your shirt " - Lp
X-Mist 01
Par
ces journées ensoleillées, quand la campagne est
comme opprimée par la chaleur, on sent que le temps est
au massacre des flamants. Proverbe corse. Derrière ce patronyme
à double-tranchant, pour le moins curieux, se cache toute
l'ambiguité de la musique de Flamingo Massacres. Un monde
de brutes. Un monde de douceur. Mais un monde féminin uniquement.
Un trio composé de trois allemandes où on cause
rythmique avec deux basses, une batterie et pis c'est tout. Et
le chant quand même, très souvent à plusieurs
pour un meilleur rendement. C'est forcément du solide,
du rugueux avec deux basses très complémentaires
où l'une est forcément plus mélodique (ou
rythmique) que l'autre (et vice-versa). L'artillerie lourde reste
aux placards, faut pas éxagérer non plus, et c'est
là que le flamant entre en scène. La fameuse sensibilité
féminine, phrase qui sonne comme un cliché, mais
que Flamingo Massacres distille à point nommé. C'est
léger et grave, des mélodies qui rentrent peu à
peu dans la tête au fil des écoutes, des structures
qui n'hésitent pas à compliquer les choses. Une
sensation d'aigre-doux qui fait son bonhomme de chemin, l'envol
complet semble parfois proche. Un premier album plaisant sans
jamais vous transcender. Mais méfiez-vous, les flamants
ne sont pas aussi vulnérables qu'on croit.
SKX (30/06/2001)
|
THE
FLYING LUTTENBACHERS
"
infection and decline " - CD
Troubleman 02
Les
Luttenbachers pour leur 10ème album. Ou, pour être
plus précis, Weasel Walter sort un énième
enregistrement. La tête pensante, la cheville ouvrière
qui renouvelle son équipe à chaque nouvelle sortie.
La seule constante est le trio. Et lui toujours aux fûts.
Avec autour, pour ce coup ci, en électrons libres, un solide
duo de bassistes : Alex Perkolup et Jonathan Rischke. La terre
et l'air. Exit les cuivres. Cet anniversaire sera sans fioritures.
Chaque album des Flying Luttenbachers apporte son lot de surprise.
Là, le Walter a fait les choses en grand. Il nous livre
tout simplement son meilleur album. La base est toujours free-jazz-trash.
La soupape turbine toujours dans le rouge. Les glandes sudoripares
acidifient l'os. Le bois sec vole en éclats. Cependant,
ils reviennent à quelquechose de plus compréhensible,
abordable dirais-je mais on pourrait m'enfermer pour oser taxer
de ce mot ce "c'est même pas d'la musique ton truc
là"! Certes, ces six titres secouent son homme mais
des structures se dessinent, les compositions ne partent pas dans
tous les sens. Les parties improvisées (ou non d'ailleurs,
allez savoir!) ne déroutent pas. En tout cas, pas dans
le sens où ça devient inaudible tout en frolant
l'indigestion. Car cette formation très rythmique a mis
la barre très haute. Des caisses claires qui fusent, des
enchevêtrements de rythmes qui laissent pantois, des passages
faussement binaires joués à cent à l'heure.
Avec dans tout ce fatras, des amorces de mélodies à
l'acide. Ils renouent avec l'esprit de l'album "Revenge of
Flying Luttenbachers" de 1996 où toute leur énergie,
leur amour du free-jazz, du trash et des musiques extrêmes
à la Naked City fusionnent à merveille dans une
seule vague rédemptrice. Avec ce "infection and decline",
la marmite est pleine. Le tout saupoudré d'effets électroniques.
Complexe et limpide à la fois. Une démonstration
sans la frime. Le punk sommeille en eux. Tout simplement époustouflant.
SKX (11/06/2002) |
THE
FLYING LUTTENBACHERS
"
The truth is a fucking lie " - CD
Skin Graft 00
Weasel
Walter, le maître des lieux, reprend ses cornes, garde le
maquillage, ses baguettes de fougueux batteur, bises à
Kiss, clin d'il au glam-rock et s'engage sur le chemin de
la vérité sur un 7ème album où toutes
les musiques sont bonnes à jouer. Avec un parterre d'invités
reconstitué comme à chaque nouvel album. Cette fois-ci,
Michael Colligan avec divers cuivres pour bien vous souffler dans
les bronches, dont on ne compte plus les collaborations avec The
Ex, US Maple etc... Kurt Johnson avec sa basse spécialisée
dans le larsen de tank, ces anciens compères Chuck Falzone
et William Pisani, plus une brochette d'amoureux de bruits et
d'improvisations. Weasel Walter aime à semer le trouble,
brouiller les pistes et cet enfant chéri de punk-rock et
de free-jazz, quitte à pas choisir, télescope les
genres comme rarement. Abandonnant au passage ces amours "trash"
de "The Revenge of..." qui aurait fait fuir n'importe
quel metalleux indécrottable de base. On touche à
la matrice, à cette énergie juvénile du punk-rock
et à la folie, le non-contrôle propre à toutes
musiques improvisées. Des constructions déconstruites,
des trucs qui surgissent de nul part, des sons qui tombent et
qui font mal aux oreilles, des accélérations à
couilles rabattues. De lentes agonies sur le bûcher de Herr
Doctor Experimentator, le jeu de massacre. The Flying Luttenbachers
est un groupe fusionnel, qui marche dans l'urgence, passant juste
le temps qu'il faut sur la production pour vous pondre un son
direct et rachitique. Au cordeau. Ca titille les extrêmes,
ça vous tire en tous sens, laisse perplexe, fatigue parfois,
le temps de se remettre sur de bons rails. De l'adrénaline
diffusé en feu d'artifice avec des mèches plus belles
que d'autres. Mais la prise de risque est toujours maximal. C'est
au vitriol que The Flying Luttenbachers vous assène ses
4 vérités !
SKX (23/01/2001)
|
THE
FLYING LUTTENBACHERS
"
trauma " - 2xLps
UgExplode / X+Z = 0 01
Ca
ressemble à un disque de 'free jazz' mais c'est pas ça
non plus. C'est pas 'free' et c'est pas vraiment 'jazz'. C'est
pas moi qui le dit mais Weasel Walter, membre fondateur, figure
de proue et à l'occasion batteur de The Flying Luttenbachers,
en introduction du texte explicatif de ce 9ème album. D'ailleurs,
la meilleure chronique possible de ce "Trauma" serait
de vous traduire ce texte où W. Walter semble devancer
les chroniqueurs (qu'il égratigne à la fin) en expliquant
la raison et l'essence même de sa musique. Je ne suis pas
un fin connaisseur de 'free jazz'. Je ne débattrais pas
sur ce sujet. Mais il est fort à parier que n'importe quel
fan éclairé de 'free jazz' ne soit pas prêt
à mettre son doigt dans ce terrible engrenage qu'est "Trauma".
Car comme toujours avec The Flying Luttenbachers, il est avant
tout question d'énergie brute. Voir brutale. Pour cette
énième bouture de The F.L. (la 5.2), W. Walter est
accompagné de Kurt Johnson à la contrebasse et Michael
Colligna aux cuivres. Ca ressemble donc à une formation
jazz. 95 % de la musique est improvisée et chacun joue
comme si sa vie en dépendait. Colligna souffle dans son
instrument à s'en faire péter la rondelle. Johnson,
c'est du Tom Cora surspeedé et Walter perd des tonnes de
sueur à battre comme un damné. Le sacrifice de soi
comme il dit. Ils performent à l'aveugle, sans états
d'âme pour les mélodies et les harmonies. Les membres
changent mais l'état d'esprit Flying Luttenbachers demeure.
Un maximum de chaos. De la férocité à tous
les étages. Une vague assourdissante de bruit plus ou moins
orchestrée et composée suivant les époques.
Autant dire que s'enfiler ces 11 titres répartis sur un
double album est au dessus de mes capacités physiques.
Consulter d'urgence votre psychiatre si c'est le cas. Mais se
prendre un ou deux titres de temps à autres, ça
débouche les artères. Trauma. Tout est dans le titre.
SKX (27/11/2001) |
FOE
"
Arm yourself with clairvoyance " - CD
House of Stairs 03
Geiger
Counter ayant pété ses aiguilles, Foe a profité
que les cendres étaient encore chaudes pour se restructurer,
trois membres sur les quatre reformant ce groupe tout instrumental.
Potes avec American Heritage, ils n'ont pas que l'amitié
en commun. Math-rock qui sait aller droit au but, Foe prend le
relais des Américains partis voir si le metal leur sied
mieux au teint (la réponse est non mais ceci est un autre
débat). Mélodies sinueuses, rythmes qui fouettent
et changements nombreux, la panoplie au grand complet. Pas de
surprise et c'est là que le bas blesse. Si vous aimez le
style (et j'en fais partis !), que la complexité sans excès
ne vous effraie pas, vous allez passer un moment des plus agréable.
Exécution parfaite, triple salto pour super héros,
précision chi-chi-chirurgicale. Leurs premières
parties de Dillinger Escape Plan en Angleterre devaient chauffer
le public tout comme il faut. Alors ne pourrait-on pas passer
désormais à autre chose ? Je voudrais pas faire
les rabats joies mais tout forts qu'ils sont, un dangereux air
de déjà entendu pointe à l'horizon et bouché
il est cet horizon. Alors peut-être pour le prochain album
qu'ils annoncent déjà comme une longue pièce
unique de 30 minutes
? Surprenez-nous.
SKX (13/11/2003)
|
FOETUS
"
flow " - CD
Nois-O-Lution 01
Infatigable
Foetus. De la résistance, Foetus immortel. Alias JG Thirwell,
homme orchestre, tête pensante et homme à tout faire
de son bébé dépassant les 20 ans de service
au compteur. En incluant dans la famille ses projets annexes (Steroid
Maximus, Wiseblood, des disques avec Lydia Lunch, etc...), Thirwell
est un maniaque de la création, dévoué corps
et âmes à son uvre tentaculaire. Une référence
et une influence du monde noise, rock et indus, de toutes ses
musiques qui brassent, qui expérimentent et qui passent
par delà les styles et toutes les modes. Sans oublier ses
activités de big boss au sein du label Big Cat records,
maison d'accueil de Cop Shoot Cop, groupe très influencé
par l'univers baroque de Thirwell. Avec ce nouvel album (le 13ème
!), Thirwell fait tout comme d'habitude : il écrit, arrange,
produit, joue de tous les instruments et dessine même la
pochette. Tout ça enfermé nuit et jour dans un studio
à New-York. A se demander si il est courant que deux grandes
tours se sont abattues près de chez lui! Le monde musical
de Thirwell est impénétrable. Il ne se rattache
à rien mais s'inspire de tout. Esquive, contourne, sorcier
halluciné, on l'imagine des heures durant à triturer
ses bandes, à l'envers, à l'endroit, rajouter un
énième sample derrière un mur de rythmes
et de guitares déjà très dense. Mi-homme,
mi-machine, alliant la technologie la plus haute à la chaleur
d'un cuivre ou d'un violon. Mariage contre nature entre les froids
rythmes de l'indus et la folie d'un big-band. De balancer dans
la même marre les sonorités d'un rock dur et la jovialité
d'un air jazzy. Il en résulte un univers très riche,
des compositions au scénario complexe, une palette musicale
tel un gouffre. Un labyrinthe de sons. Et quand l'homme est en
forme comme avec ce "flow", on se remet à lui
avec délice. Point d'orgue de ce péplum, le morceau
"mandelay". Huit minutes de bravoure, hymne lyrique
et grinçant où la trompette salvatrice éclaircit
le chaos et vous transporte vers des sommets. Si vous n'avez pas
peur des expériences pimentées, de sortir des sentiers
battus, de vous sentir malmené et perdu (le fouet et les
menottes ne sont pas fournis), ce "flow" comblera plus
d'un mélomane exigeant!
SKX (23/01/2002) |
|
FORSTELLA
FORD/LIFE DETECTING COFFINS
"
s/t " - Lp
Level Plane 01
Masses
compactes, noueuses, striées de nerfs torsadés.
Forstella Ford, au fil des ans et des enregistrements, s'enfoncent
dans le chaotique, des plaintes s'élèvent. Manquant
sans doute de personnalité, ils laissent leurs oreilles
traînées à l'écoute des meneurs.
Converge ne leur est sûrement pas étranger et s'inscrivent
dans une lignée de groupes hardcore bien brutaux et torturés.
Mais ils ne manquent pas de force de persuasion. Trois titres
rondement menés, tout en contraste, en breaks, en déferlantes
incessantes, cris et chuchotements. Pour Life Detecting Coffins,
le diagnostic est le même. Dans un tout autre registre.
Ici, on tape à la porte de Washington DC. La colère
est plus diffuse et intériorisée. Ecole Dischord,
Hoover, sans vouloir être réducteur. Deux titres
qui s'étalent mais ne s'écrasent pas, aux rythmes
répétitifs et mélodies insidieuses. Voix
limite. Ca rappelle un tas de trucs. Dans la moyenne. Syndrome
similaire pour ces deux groupes. Savoir transcender ses influences.
A consommer chaud.
SKX (20/06/2001)
|
FRODUS
"
and we washed our weapons into the sea " - Lp
Day After 01
Il
est grand temps de s'intéresser à cet album. Avant
que le squelette de Frodus ne devienne que poussière. Déjà
plus d'un an que 5ème album a vu le jour, le dernier à
tout jamais de ce trio américain disparu dans la foulée.
Un groupe qui est resté ma foi relativement dans la pénombre
et qui n'a pas reçu le succès mérité,
rapport à leur forte et bouillonnante créativité.
La faute sans doute à leur musique hybride, qui ne collait
jamais dans une petite case bien rangée, bien pratique.
Frodus, touche à tout, gamins curieux s'essayant à
l'emo, pinçant pour une noise furieuse et décalée,
sensible aux sirènes pop. Bref, un rock jouissif et sans
frontières. Et si leur précédent et excellent
album "conglomerate internationale" se faisait l'écho
d'une unité musicale noise-rock plus poussée, Frodus
revient (revenait) à leurs multiples personnalités.
Ces 11 titres résument toute leur carrière. A l'image
du 2ème morceau "the earth isn't humming". Ca
part sur une mélodie vocale très chantée
et pop avant qu'un rythme bourdonnant, dur et répétitif
ne déboule et que l'eau et le feu ne se mélange
sur la fin. Un groupe schizophrénique à deux chanteurs,
autant de façon de procéder entre chant calme, posé
et un chant rageur et fort en gueule. La musique suit les sautes
d'humeur. Entre pop-rock décalé et noise-hardcore
sombre et malin. Du coup, on n'accroche pas partout mais étrangement,
tout ce bordel se tient et cet album où rien ne se ressemble
vous garde en éveil jusqu'à la lie. Rendez leur
hommage, même posthume et si les médias ne servent
à rien, à ce groupe iconoclaste à découvrir.
(un double CD avec leurs premiers enregistrements est prévu
pour 2002...).
SKX (11/12/2001) |
FUEHLER
"
s/t " - CD
Dephine Knormal / Amanita records 96/97
Un
peu de temps est passé. 3 années avant qu'Amanita
ne ressorte de l'oubli cette odyssée incontournable. Et
pourtant contournée de toutes parts! Un joyau qu'il faut
libérer de la masse, bien dégager sur les cotés
et le prendre de face, bouche bée. FUEHLER, trio allemand,
inclassable. Et incassable. Une musique (toute instrumentale)
fondé comme un bloc et pourtant si diversifiée.
L'étrange paradoxe de Fuehler.... Tout en contraste. Musique
fragile et orgueilleuse. Sobre et riche dans la palette d'émotions
proposées. Accessible et déroutante. Des virtuoses
qui n'en rajoutent jamais. Tout se complique en quelques structures,
redevient limpide et calme. Un quelquechose de solennel. Un son
ample, très ample et puissant. Un trio à la conception
rock (guitare-basse-batterie, on n'a jamais rien fait de mieux
depuis!), universel et grandiose. Vous l'aurez compris, le genre
de groupe à la personnalité forte, spécimen
rare, seulement proche dans l'esprit de groupes aussi marqués
que leurs compatriotes d'Alboth!, Young Gods ou encore Bästard.
Franchement, quelque soit la musique que vous écoutez,
procurez vous cet album!!!!
SKX (26/11/1999)
|
FUGAZI
"
the argument " - CD
Dischord 01
Le
nouveau Fugazi est de sortie. Et alors?! Autant d'indifférence,
voire de rejet pour un groupe qui vous a tant donner et mis en
transe me fait frissonner. Mais l'amère constat est là.
Fugazi ne signifie plus grand chose. Sinon un passé flamboyant
et lointain. Un groupe qui n'a pas su, comme tant d'autres, s'arrêter
à temps. Depuis trois albums, Fugazi se cherche une nouvelle
identité musicale. Une route qui les mènerai vers
d'autres horizons où ils ne s'entendraient plus seriner
que Fugazi fait toujours du Fugazi. Pour le coup, c'est gagner!
Mais en guise de nouvel El dorado, ils se sont cognés une
impasse, empêtrés dans un grillage obscur qui ne
cesse de les accompagner sur leurs pochettes. Leur musique tourne
à vide, sans impulsion, sans âme. Le nerf à
l'abandon, des rythmes dilués à l'eau et des mélodies
pâlichonnes. Fugazi a freiné la mesure, tenté
d'enrichir sa palette instrumentale par des pianos, violons, percussions.
Il en ressort un calme plat. Avec des passages qui font hurler
comme cet affreux refrain standardisé sur "full disclosure".
On connaît nombres de groupes qui savent créer une
tension sous-jacente, une vraie tension prête à déraper
à tous moments. Cet "Argument" ne propose rien
de tout ça. Un flagrant manque d'inspiration. A peine peut-on
sauver deux, trois morceaux honnêtes comme "life and
live" et son rythme intéressant ou encore "oh"
et "argument", le titre de fin, écoutable de
bout en bout. Le reste ferait bouillir aucune marmite pop digne
de ce nom. Il existe dans ce genre tellement mieux. Un terrain
musical que Fugazi ne maîtrise pas. Si ce n'était
Fugazi inscrit sur la pochette, ce disque ne serait jamais sorti
de la masse informe où baigne tant de groupes incolores.
Vouloir évoluer c'est bien. Reconnaître que tout
est dit et savoir tirer sa révérence, c'est encore
mieux.
SKX (17/01/2002) |
FUNERAL
DINER
"
difference of potential " - CD
Ape Not Must Kill Ape 02
Cette
ode électrique est toute sauf un dîner funéraire.
Ce mets dernier qu'on nous promet avant la grande culbute en déridera
plus d'un. Une explosion de sentiments, c'est pas tous les jours
Noël au balcon certes, de la rage et de l'exubérance,
de la frustration qui prédomine, mais ce premier véritable
album (après toute une série de split lps) vous
enverra paître un Grecque ! La cigarette du condamné
se mérite. Funeral Diner crie sur toutes les hauteurs,
se laissera pas prendre vivant, mourra la gueule bien ouverte,
le sourire aux lèvres, content de son coup et de toute
l'énergie déployée. Avec un ex-Portraits
of Past, ne cherchez pas plus loin la référence.
Donc qui dit Portraits of Past dit, pour prendre récent,
Yage. Mais pas seulement. Et c'est là que cet album prend
toute son ampleur. Car la production est pleine et chatoyante.
Un lyrisme et des débordements qui tordent les boyaux et
là, c'est Envy qui s'invite à table. Alors forcément,
on ne bataille plus dans la même catégorie. Des têtes
tombent. On s'attendait à un album emo-screamo-hardcore
de plus et on se retrouve avec une pièce maîtresse,
un morceau de premier choix. Le truc qui vous prend aux tripes,
vous met à genoux, vous épuise. Je garde tout et
ne vomirais rien. Fusion dans le diamant.
SKX (30/01/2003)
|
FUNERAL
DINNER/STAIRCASE
"
the world of forms " - split Lp
Ape must not kill ape / Ebullition 01
Les
formes sont connues. Et les deux cotés de la face se ressemblent
fortement. Un split album d'une cohérence limpide. Ne pas
s'attendre ici à une révélation qui chamboule
le paysage musical. Funeral Dinner, avec un (voir plusieurs ?)
membres de Portraits of Past fait du Portraits of Past. Point
barre. Jusqu'à reprendre un de leur morceau "journeyman".
Le message est clair. Alors si vous ne vous consolez pas de la
fin de Policy of 3 et donc de Portraits of Past, que Yage et Yaphet
Kotto rythment vos vaisselles, alors séchez vos larmes
avec Funeral Dinner, l'héritage est entre de bonnes mains.
Leur emo-core véhément et écorché
connaît le jeu et abat ses cartes, sur de soi. Avec le sample
en deuxième voix et carte joker. Avec Staircase, on pourrait
reprendre les mêmes termes, réécrire à
l'identique les phrases ci-dessus. Sauf que tout est - un poil
- en dessous. Tout pareil, mais juste en moins bien. Ce qui les
rend commun à toute une légion de groupes similaires.
Le fossé est très mince camarade! Mais ça
reste fait avec suffisamment de doigté pour ne pas rendre
ce disque bancal. Cohérent vous disais-je....
SKX (18/12/2001)
|
|
The
Fiction
I told her that i like living in a box
- CD
Level Plane 2004
Une analyse froide des données donnent à peu près
ça : The Fiction, trio new-yorkais, screamo rock moderne,
typique d'une certaine idée qu'on peut se faire du son
de Level Plane records. Un premier album après un 12''
sur le même label. Onze titres qui se tiennent. Des vocaux
qui se complètent. Une saine énergie, tour à
tour débridée et canalisée. Bon, je fais
court car le problème, c'est que j'ai l'impression d'avoir
écrit ça des dizaines de fois. Tous les
fans de, en gros, Off Minor à Yage, s'y retrouveront.
Est-ce que ça nous donne pour autant un album digne d'intérêt?!
Des groupes comme ça, ils en existent des ribambelles
et des deux cotés de l'Atlantique. Ce style musical est
archi représenté maintenant et peu de groupes
ressortent du lot. Ou alors il faut une maîtrise du songwriting
largement au-dessus de la moyenne et The Fiction ne l'a pas.
Musique honnête mais ennuyeuse après une écoute.
On aurait pu se divertir avec leur reprise en dernier morceau
du "Ceremony" écrit à l'origine par
Joy
Division et popularisé par New Order. Sauf que cette
reprise est super studieuse, voir laborieuse. Un vrai groupe
de jeunes le 21 juin sur la place du village! The Fiction paieraient-ils
pour les autres...? Il se pourrait! En attendant, une sortie
quelconque de Level Plane dont la présence s'explique
peut-être par le fait qu'un ancien membre de Saetia y
figure... Copinage, copinage....
Personnellement, je les laisserai volontiers vivre dans leur
boite. Leur silence ne me manquera pas.
SKX
(12/10/2004)
website
groupe www.level-plane.com/precisionauto/index.html
website
label www.level-plane.com
sounds
BadForGlass.mp3
|
Flössin
Lead Singer - CD
Ache 2004
Ne
cherchez pas de chanteur chez Flössin. Ce titre d'album
est une boutade. Pas la queue d'un bout de chanteur principal
ici. Flössin est la réunion improvisée, lors
d'une longue nuit d'hiver fin 2003, entre Christopher Willits
(chef improvisateur qui se distingue par de nombreux projets
entre lui, sa guitare et un ordinateur mais qui demande encore
à être connu), Miguel Depedro, alias Kid 606, roi
de la joute électronique derrière ses habituelles
platines et Zach Hill, le batteur fou de Hella. Autant dire
que la partie s'annonce serrée. Et abrupte. La tête
dans un mixeur, vous avez déjà essayé ?
Hill joue comme il en a l'habitude lors des concerts de Hella.
Seul contre le monde, sourd aux injections de ses partenaires.
Il se calme uniquement pour mieux reprendre son souffle. Une
fois compris ça, les deux autres tapissent de milles
bruits qui n'ont rien d'agréable à l'oreille.
Malgré quelques passages ambiants où tout le monde
se regarde en chien de faïence, c'est le déluge,
entre les bruits de machines, les sons organiques, les manipulations
de guitare, ce batteur qui finira bien un jour par y laisser
sa peau. Extrêmement free. Je ne sais pas ce qu'en pensent
les auteurs mais c'est pour le moins rude et un peu n'importe
quoi. Je ne suis pas sûr de pouvoir écouter encore
une fois ce disque. Ou alors appelez le Samu.
SKX
(28/08/04)
website
groupe www.overlap.org/flossin.html
| www.christopherwillits.com
website
label www.acherecords.com
sounds
www.acherecords.com
|
|
The
Flying Luttenbachers
Systems Emerge from Complete Disorder - CD
ugExplode/Troubleman 2003
Il
est grand temps de chroniquer ce disque puisqu' un nouveau,
The Void, est prévu pour octobre prochain! C'est que
le père Weasel Walter est très prolifique. Il
a l'habitude de s'entourer de musiciens différents pour
chaque album. Là, il fait tout, tout seul. Très
vite. Ce mec va se ruiner la santé. L'impression de cyclone
auditif est toujours présent. Quelque soit le disque
de The Flying Luttenbachers. Ce n'est qu'après plusieurs
écoutes que les différentes couches apparaissent,
que les choses se mettent en place. Musique " free ",
qui subit une lecture radicale rock au sens large. Le traitement
reste identique sur le fond. Les éléments à
l'intérieur évoluent. Il apparaît cette
fois-ci que Walter se soit plus penché sur les synthés,
le beep-beep cinglé et tous les effets retors qu'il pouvait
en tirer en bon pervers qu'il est. Et une tendance à
se jeter à corps perdus sur la guitare et nous asséner
des passages de soli de guitare qui vrillent la tête,
avec toujours par derrière, cette rythmique pulsatoire
et hypnotique. Un boulimique qui ne crache sur aucun instrument,
même l'électronique, du moment que l'on puisse
en tirer les pires extrémités. S'effaçant
même, lui le batteur chevronné, devant une boite
à rythme à certains moments d'égarement.
Weasel Walter compose des pièces à l'immense fracture,
déchiquetées et habitées par une folie
communicative. Où tout s'entrechoque. Le péplum
est pour la fin. " Rise of the iridescent behemot ".
Vingt minutes dans les entrailles de la bête où
piano hurlant, guitare maladive, rythmes cassés, saxo
et effets multiples s'enivrent, se montent la tête, perdent
les pédales, course contre la mort qui finit forcément
dans le ravin. Un album qui se situe quelque part entre les
très difficilement audibles " the truth is a fucking
lie " et " trauma " et le précédent
et grandissime" infection and decline ". Une créativité
domptée à bout de nerf, dans la tourmente mais
domptée quand même. Walter est un chef. Le chef
de la destruction des masses. Si tout ce monde de la musique
improvisée/no wave vous fait peur, l'antidote Flying
Luttenbachers est conseillée. Une antidote spéciale
certes de la part d'un médecin qui aurait brisé
son serment d'Hypocrate depuis longtemps. Mais qui n'a pas son
pareil pour faire avaler la pilule et réconcilier sur
le bûcher tous les petits mondes éparpillés
des musiques extrêmes. Encore un énorme album.
SKX
(28/09/2004)
website
groupe nowave.pair.com/luttenbachers/index.html
website
label www.troublemanunlimited.com
sounds
rise_of_the_iridescent_behemoth.mp3
|
Funeral
Diner
The Underdark - CD
Alone 2005
Funeral
Diner se met une nouvelle fois à table. Ce groupe californien
n'arrête pas de multiplier les enregistrements, ça
bouillonne là-haut, faut que ça sorte ! Funeral
Diner ne craint pas l'essoufflement, continue de jouer ceux
qu'ils savent faire le mieux, à savoir un screamo-hardcore
mélodique, tout en essayant de poser de nouveaux jalons.
Cet album met du temps à démarrer mais faut se
dire qu'il ne démarrera jamais vraiment
Funeral
Diner accentue le coté mélodique de son hardcore
au détriment de la face chaotique. Les morceaux de plus
en plus longs délivrent des passages tranquilles plus
qu'à l'accoutumée. Ca gratouille sans se presser,
installe un climat onirique, avant les classiques explosions,
les accès de rage contenue. Des morceaux pensés
et construits, un album conçu comme un tout. En cela,
le disque est très agréable et par les soleils
qui courent, c'est presque aussi rafraîchissant qu'une
mousse bien onctueuse (merci la comparaison). De là à
se laisser aller à une petite farniente
Funeral
Diner perd en route de la force et des plumes, à moins
que ce soit tout simplement un style de musique qui commence
à
s'essouffler (Ah bin tient on y revient finalement
!) et qui ne me touche plus autant que par le passé.
Un disque séduisant mais qui ne me remue pas grand-chose.
SKX
(27/06/2005)
website
groupe www.funeraldiner.com
website
label www.alonerecords.com
sounds
twohouses.mp3
|
Geoff
Farina, Luther Gray, Dan Littleton
New Salt - CD
Xeng 2005
Geoff
Farina, c'est le mec de Karate. J'ai jamais bien compris pourquoi
il y a toujours eu un tel engouement autour de ce groupe imbuvable
et chiant comme la mort. Mais bon c'est pas la première
fois qu'un truc m'échappe. Mais son nouveau projet, je
l'ai abordé avec des pincettes
Après avoir
joué sur plusieurs musiques de films muets pendant des
festivals européens, Farina a décidé de
mettre tout ça sur bandes avec l'aide de Dan Littleton
(Ida et guitariste aussi de Tara Jane O'Neil) et Luther Gray,
batteur jazz. J'ai bien fait de sortir les pincettes
Geoff
Farina touche sûrement à la guitare (plus que moi)
mais il se touche surtout (moins que moi) et ces soli à
n'en plus finir sont aussi insupportables que dans Karate. Entre
impros jazzy où il y en a surtout que pour la guitare
et passages plus ambiants tout indolent, ces sept morceaux sont
d'un mortel ennui et je reste poli. Encore un disque qui va
pas me réconcilier avec le père Farina.
SKX
(27/11/2005)
website groupe www.geofffarina.com
website label xeng.org
|
Fax
Arcana
The ritual in routine - 12''
Alone 2004
Fax
Arcana est un nouveau groupe avec une ribambelle de ex-quelquechose
accrochée à leurs basques (notamment un Usurpe
Synapse et un mec qui joue toujours avec Rapider Than Horsepower).
Dans " ritual in routine ", il ya routine. Et on peut
pas dire qu'à la première écoute, ce six
titres vous sautent à la gueule. L'impression d'avoir
entendu ça mille fois. Il faut remettre l'ouvrage plusieurs
fois pour apprécier les mélodies. Malgré
le CV des mecs, on navigue plus dans un rock à la Chokebore,
voir Unwound avec une musique sans agressivité, où
les refrains sont soignés et un chanteur qui agace autant
qu'il peut séduire. Ce chant n'a rien d'un cri rageur
ou d'une incompréhension gutturale. C'est un chant tout
ce qui ya de plus mélodieux et intelligible. Pour ma
part, il me fait penser à ce vieux groupe anglais à
la fin des années 80, Family Cat, un vieux chat de gouttière
qui n'a connu que la misère, mais allez savoir pourquoi,
je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement. Un groupe
en porte à faux, à la croisée de multiples
chemins, entre leur passé agité et hardcore et
un rock indie gentillet. Un consensus mou qui n'est pas une
raison suffisante pour les bouder. La musique est agréable
en faisant la vaisselle mais elle sait aussi être insipide
et passe partout.
SKX
(20/02/2005)
website
groupe www.faxarcana.com
website
label www.alonerecords.com
sounds
operator.mp3
|
Femme
Fatale
From the abundance of the heart, the mouth speaks - CD
Last Gang 2005
Jesse
Keeler. Après la déception du premier album de
son autre groupe Death From above 1979, je me disais bien innocemment
que son projet solo Femme Fatale aurait largement rectifié
le tir. Deux mini-albums à son actif déjà.
Le présent disque aussi court. Le Canadien est pressé.
Et si, globalement, la Femme Fatale prend le dessus sur la Mort
au-delà, ça reste crispant. Une débauche
d'énergie, l'agression des sens et des rythmes, autant
d'éléments qui plaisent. L'écoute est agréable
et il est facile de se laisser entraîner vers ses sales
bas-fonds. Mais les gros sabots sont un peu de sortie. Une approche
hard-rock seventies dans certaines parties de guitares ("
into dust "). Un refrain au vocodeur sur " Party Tonight
" qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Et ta mère
en short. Ya comme un truc qui me gène. Ca défouraille
bien et en même temps, tout ça sonne vain. Un single
deux titres aurait largement suffit.
SKX
(10/04/05)
website
label www.lastgangrecords.com
|
The
Flying Luttenbachers
The Void - LP
Troubleman 2004
The
Flying Luttenbachers ne cesse de se déverser dans nos
vies trop vides. Répandre son venin. Qui n'est pas que
musical. " Enregistré sous l'occupation Républicaine
illégale du gouvernement américain ". The
Flying Luttenbachers a toujours été un groupe
sans parole. Une phrase assassine parmi d'autres au dos de la
pochette peut en dire autant que de longs discours. Pour ce
huitième album (sans compter les albums live), Weasel
Walter, le gourou du groupe, s'est entouré du beau Ed
Rodriguez (Colossamite, Gorge Trio, Iceburn) à la guitare
et d'un certain Mike Green à la basse. Un format binairement
rock pour un album qui, en langage Luttenbachers, sonne rock
également dans le format. C'est pas demain que cette
musique servira de bande-son aux choristes, je vous rassure.
Entendez par là que, contrairement à des albums
foutrement plus (d)écervelés et incompréhensibles,
The Void garde une ossature plus lisible. Découpé
en sept parties, The Void est une longue décharge empoisonnée,
un tir en rafale à jet discontinu. Ca trépigne,
la guitare crispe toutes les tensions mais la structure générale
est comme une longue fuite en avant devant la connerie de leurs
compatriotes au lieu d'un échafaudage habituel beaucoup
plus éclaté. Le propos est virulent mais les moyens
pour y parvenir se font sans esbroufes, à la seule force
du poignet. Un coup de gueule colossal et primaire. Le jeu de
Rodriguez tout en avalanche de notes et de cordes prêtes
à explosées s'accorde à merveille avec
le jeu frénétique de Walter pendant que la basse
sonne le gong, magistrale, le phare dans la tempête. Le
trio s'accorde même quelques moments de béatitudes
mélodiques comme ce somptueux passage de guitare sur
la partie quatre. Avec The Flying Luttenbachers, on vous sert
rarement le bruit pour le simple plaisir nihiliste du bruit.
Tout est pensé et maîtrisé avec la fougue
d'étalons en colère contre les forces du Mal.
The Void, nouvelle pièce maîtresse de The Flying
Luttenbachers. Mine de rien, Weasel Walter se bâtit une
uvre monumentale. Il serait grand temps de célébrer
à sa juste valeur cet apôtre de la folie ordinaire.
SKX
(20/02/2005)
website
groupe nowave.pair.com/luttenbachers
website
label
www.troublemanunlimited.com
sounds
www.myspace.com/theflyingluttenbachers
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Ftus
Love - CD
Birdman 2005
Il
faut s'appeler Jim Thirwell, alias Ftus, pour faire un
album centré autour de la thématique du
clavecin ! Aussi attractif qu'une chorale de jeunes enfants
bénis à l'eau de cureton, cet instrument d'un
autre âge n'est pas l'apanage du rock et il me faut bien
des absences pour avaler ce son si particulier où chemise
à jabot et perruque en chute royale à petits pas
sur les pointes défilent à ma vue à chaque
note. Mais Ftus est passé maître dans l'art
de marier les ambiances et instruments bigarrés depuis
belles lurettes, associer un univers urbain chargé en
particules nocives et des sonorités de grand-mère.
En même temps, quand je dis clavecin, c'est loin d'être
le centre du monde de Ftus et autour de son nombril, moult
tracasseries auditives interfèrent, prennent le dessus.
Un violon qui virevolte comme une mouche, une harpe qui s'épanche
en douce. Ah il est fort, très fort, manque plus qu'une
flûte de pan et c'est la totale ! Ftus possède
toujours ce sens de la symphonie halluciné, le baroque
au service du rock, envoyez les trompettes, sonnez piano, faites
valser sur " Times marches on ", rythmes de charge
en avant. Les années passent et il ne perd pas la main.
Mais c'est l'album de l'amour et " Love " recèle
aussi des trésors de blues des villes, des ballades où
une belle se réveille à la voix, des ballades
en apesanteur où l'orchestration met la pédale
douce comme le magnifique " Pareidolia ". Après
cinq années de silence, Ftus revient comme à
l'accoutumée. Sa recette est connue mais il la distille
toujours avec plus ou moins de bonheur. Même si ce pionner
de la musique industrielle joue désormais plus dans la
cour rock, qu'il ravit plus les fans de Nine Inch Nails en mal
de crédibilité que les puristes de la musique
pure et dure, Ftus, au-delà de ses excès,
continue d'uvrer dans le bon sens, juste heureux d'être
toujours là après quinze ans de service et quarante
douze mille disques. On a connu des vieux croûtons plus
à plaindre.
SKX
(14/05/2005)
website
groupe www.foetus.org
website
label www.birdmanrecords.com
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Fucoustic
Plays Fugazi - CD
Ugly Tree 2005
Un
groupe reprenant uniquement, je dis bien uniquement, des chansons
de Fugazi. En voilà une idée bien saugrenue. Les
groupes de reprises sont rarement pris au sérieux. Et
ne se consacrer qu'à cet exercice
Fucoustic est
un duo autrichien et leurs reprises sentent bon l'acoustique.
J'en vois déjà sourire dans le fond. Deux guitares
electro-acoustique, celles de Daniel Amann et Andi Gantner,
leurs voix se confondent, les cordes se superposent, le silence
suspendu. L'aide d'un violon sur trois titres. Un dépouillement
qui marche. Là déjà on rigole moins. Ces
treize reprises, toutes périodes confondues, sont assez
bluffantes. Même Ian Mackaye s'y est laissé prendre
et a donné son aval sans la moindre hésitation.
On reconnaît sans difficulté les mélodies,
la trame est toujours proche mais ce minimalisme donne une seconde
jeunesse, une lecture nouvelle de morceaux que l'on croyait
intouchables. Shut the door, Argument, Long division, Blueprint,
autant d'indéboulonnables qui gagnent en mélancolie,
une redécouverte de mélodies puissantes qui, débarrasser
de toute électricité, amplification et rythmes,
se mettent à nue sous le coup de poignet d'une réinterprétation
très fine et juste. Ca fait un peu Fugazi unplugged.
Les fans du groupe de Washington DC ne pourront passer à
coté. Ca donne surtout envie de se replonger dans tous
les originaux et ce n'est pas le moindre du tour de passe-passe
réalisé par ce duo atypique.
SKX
(26/06/2005)
website
groupe www.fucoustic.com
website
label www.uglytreerecords.com
sounds
cashout.mp3
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Fitness
Neurosenrodeo - CD
A3nalin 2006
Fitness
ne fait pas dans l'allégé. Un trio de Cologne
qui donne dans le solide, le carré avec suffisamment
de souplesse dans les angles pour s'asseoir correctement sans
avoir mal au fondement. Rythmiquement implacable, basse dédiée
à Shellac, batterie qui cogne sans fioriture, interventions
de guitare à brûle pourpoint, incisives, chant
en allemand pour l'exotisme. Fitness propose 12 morceaux de
très grande maîtrise noise-rock, voire d'essence
rock'n'roll juteuse, d'une vélocité indéboulonnable,
d'alternance mesurée entre rudesse et arpèges
célestes, riffs plombés et instrumentaux rasés
de près, pimenté d'un soupçon de chaleur.
Les ingrédients sont connus, vous connaissez le refrain
mais ce premier album passe comme une lettre à la poste.
Le timbre est offert. Fitness ne vous rendra pas plus fin, juste
un peu plus sourd.
SKX
(24/06/2006)
website groupe www.fitness-rockcenter.de
website label www.a3nalin.de
sounds www.fitness-rockcenter.de
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The
Flying Luttenbachers
Cataclysm - CD
UgExplode 2006
Un
cataclysme ! Un beau, un fabuleux ! Que le ciel me tombe sur
la tête ! Je croyais avoir tout entendu avec The Flying
Luttenbachers
Pensez, le 16ème album en dix ans
de carrière. Il va bien avoir un moment où le
maitre des lieux, Weasel Walter, va flancher
On se dit
ça à chaque album et puis non, il arrive à
se surpasser, à faire du Flying tout en faisant bouger
la bête. En tout cas, ça sera pas pour ce coup
ci car là, c'est le meilleur du meilleur, de l'impensable,
du dingue qui scotche au sol. J'en connais des réticents
à la grande messe des Flying Luttenbachers, des qui n'aiment
pas en prendre plein la tête, qui pensent que tout ça
n'est que du bruit, pire de la branlette bien casse-couilles
comme il faut. Mais là, c'est pas possible, c'est pas
humain de penser ça. Si vous êtes allergiques au
monde des Flying, on pouvait déjà vous conseiller
les albums Revenge et Infection & Decline,
histoire de commencer dans le soft (avec huit paires de guillemets).
Vous pourrez désormais vous essayer à ce Cataclysm.
Il les bat tous, à plate couture. Weasel Walter est toujours
accompagné de Ed Rodriguez et Mike Barr aux guitares
(comme pour le dernier EP Spectral Warrior mythos volume
one) avec Mike Green à la basse (déjà
présent sur l'album The Void) et la symbiose est
plus que parfaite. Ya toujours pas de concession, ça
reste violent et intense mais cet album est parcouru d'un souffle
inconnu jusque là. Un moule noise-rock, passée
à la moulinette Flying, certes, mais rythmiquement très
fort (écoutez moi la fin du premier morceau qui donne
son nom à l'album, un mouvement répétitif
d'une rare urgence), comme le meilleur de tous les groupes noise-rock,
genre Dazzling Killmen mais revue, corrigé et accéléré
par Weasel Walter qui compose tout comme d'habitude. Tout là
dedans est au taquet, épique, incroyable d'intensité,
démoniaque. Un déluge de notes, de riffs assassins,
un duo de guitares qui va chercher au plus profond de leurs
tripes, qui n'en fait jamais trop. Vous avez comme ça
six premières compositions qui défilent devant
vous sans jamais frôler l'overdose, le groupe faisant
attention à ménager quelques ralentissements comme
sur Insectoid Horror, le ton général se
faisant plus lourd que rapide. Mais il faut attendre le septième
morceau pour avoir une vraie plage de repos. On connaît
l'amour de Walter pour les compositeurs de la trempe de Iannis
Xenakis, Pierre Boulez ou Stravinsky. Là, c'est Olivier
Messiaen, compositeur français (1908-1992) qui passe
dans le broyeur Luttenbachers avec une reprise d'un thème
de pièce nommée L'Ascension. Neuf minutes
où l'on pense à tout instant que ça va
bien finir par exploser. Mais non, le respect va jusqu'au bout.
On reste toujours au bord du précipice sans jamais tomber.
C'est sans doute pour mieux vous manger mon enfant dans un final
titré Regime part 1 & 2. Un quart d'heure
étourdissant. Ils nous font la totale. Une ultime ascension
où tout leur talent et un peu de leurs couilles y passent.
Ca devient pas possible. On a envie d'ouvrir les fenetres, d'hurler
tellement ils arrivent à maintenir une pression énorme
pendant une telle durée, changeant de rythmes, de thèmes
tout en gardant une putain de cohésion. C'est énorme.
J'ai beau me le repasser en boucle (hé oui Maitresse,
j'aime ça), je n'arrive pas à m'en lasser. Weasel
Walter est de la trempe de ces compositeurs qu'il chérit
tant. Dans la catégorie punk indécrotable, fou
furieux visionnaire, que dis-je, un type hors-catégorie
qui va bien au-delà de tous clivages et clichés
et vous feriez bien d'en faire de même avec ce groupe
car pas de doute, c'est aussi un grand, un très grand,
qui se construit une uvre magistrale. Cataclysm,
c'est tout simplement la meilleure chose qui soit arriver au
monde musical cette année.
SKX
(17/09/2006)
website groupe nowave.pair.com/luttenbachers
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The
Flying Luttenbachers
Spectral warrior mythos volume one - CDEP
ugExplode 2006
Weasel
Walter encore et toujours, trimballant sa bête mutante.
Un album déguisé en format court. Huit titres
quand même pour vingt bonnes minutes vrillantes. Ed Rodriguez
continue de l'accompagner avec l'aide cette fois ci du volubile
guitariste Mick Barr (le dingue qui se cache derrière
Orthrelm) qui, comme Rodriguez le magnifique, tâte de
la guitare bien sûr et de la basse. La santé mentale
de Flying Luttenbachers avec un tel loustic ne va pas aller
en s'améliorant. Et pourtant, on se surprend à
trouver ce disque tout à fait audible. Pour du Flying
évidemment. Le trio enchaîne dans la continuité
de son album précédent The Void.
Compréhension de surface. Un bon trio rock des familles,
pas d'entourloupes mais joué à mille à
l'heure. Déluge de notes. Répéter le même
accord. D'accord. Le faire tourner en bourrique. Echafauder
des ossatures qui s'élèvent dans le chaos. Et
une fois là haut, planer, se faire peur dans des tourbillons
soudains, reprendre les courants ascendants et se péter
la lune en tout bien tout honneur. Des free-rockers en liberté
totale mais dans les règles de l'art. Les deux guitaristes
démontrent toute leur virtuosité à enchainer
les arpèges dans les aigues, à dialoguer comme
des sourds, échanger des phrases osées en langage
codé, des grandes dithyrambes ponctuées de prises
de bec et de points sur les i. Et par derrière, l'esprit
punk retord de Walter pour découper tout ça au
chalumeau et engendrer des rafales de batterie. Encore un coup
gagnant, que dis-je, un ace, direct dans la tronche, avec les
remerciements des grands Flying Luttenbachers.
SKX
(10/08/2006)
website groupe http://nowave.pair.com/luttenbachers
|
Fordamage
Fordamage - CD
Kythibong 2006
Ca
commence à burne. Titre du morceau d'ouverture révélateur
de l'état d'esprit de ces jeunes fougueux nantais. Un
groupe noise-rock, un vrai, comme on en avait pas entendu au
sud de la Loire depuis belles lurettes ! Du genre à pas
se poser de question, à aller à l'encontre des
problèmes sans baisser la tête, sans flirter vers
un dangereux glissement post qui édulcorerait leur rock
comme une tendance trop forte ces derniers temps. Malgré
leurs jeunes ages, c'est élevé à la vieille
école qu'ils déboulent, celle de la noise made
in Albini et Jesus Lizard, voire une violence latente à
la Big'N. Shellac reste l'influence la plus marquante. Flagrante
sur certains passages (le début de Teckel et bien d'autres).
Pas encombrante en général du fait de la structure
du groupe avec le jeu des guitares au nombre de deux et son
chant omniprésent, et vas-y que tout le monde pousse
la mélopée à plein poumons, duel constant
entre éructations masculines et féminines, se
distinguant ainsi de la voix de son maître. Mais on sent
que son ombre traîne dans le coin, bienveillante. Les
coups de basse, les riffs de guitares tranchants, sec et percutant
avec une bonne bourrasque d'énergie juvénile,
du cousu main pour séduire les plus endurcis et les emmener
valser ni vu ni connu, sans chercher à ergoter sur le
reste. Car à y regarder de plus près, en tentant
de garder son calme, on s'aperçoit que les compositions
manquent encore d'ampleur et de consistance. A l'image de leur
concert en première partie d'Unsane en mars dernier à
Rennes, c'est efficace, c'est rentre-dedans, reste plus qu'à
dégrossir le style, à polir la pierre brute pour
récupérer des morceaux qui gagneraient en qualité
avec des faits marquants dedans afin de proposer plus qu'une
saine secouée.
SKX
(25/07/2006)
website groupe www.fordamage.fr.fm
website label kythibong.free.fr
sounds blisters.mp3
| lucmonhamster.mp3
| touchmystrings.mp3
|
|
FT
(The shadow government)
Guns of august - CD
Scenester Credentials 2005
FT
(The shadow government), c'est un nouveau groupe sur la théorie
du complot version américaine, Big Brother et la paranoïa
d'un gouvernement on nous cache tout, on nous dit rien. Plus
terre à terre, on retiendra surtout que c'est le nouveau
projet d'ex-Ten Grand (Joel Anderson et Zach Action) depuis
la disparition d'un de ces membres illustres, le regretté
Matt Davis. Pour info, ces deux protagonistes ont monté
un autre groupe avec le troisième Ten Grand restant (Bob
Adams) et deux Forstella Ford. Le groupe s'appelle Tornavalanche.
Zach et Bob ont également formé Early
Risers avec le sax reconnaissable de Sweep the Leg Johnny.
Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas. On vous dit
tout. On ne vous cache rien. Nous. Revenons à nos moutons
et ce groupe au nom louche comme une opération de barbouzes
(connu aussi à leurs débuts sous le patronyme
de Flaccid Trip). Ca commence par des gamins mettant en gardent
contre ce régime américain qui nous ment et des
samples sur cet album, il en est question régulièrement.
Des interférences sur la bande passante, des ondes brouillées
et des ufs cassés. Et au beau milieu, la résistance
rock. Sa fougue, son allant, le son qui déchire. Un agencement
audacieux entre interludes bruyants et morceaux parcourus d'électricité
frétillante voir de pure électronique, ça
crisse, ça déraille, ça dérange,
surgit un cri, un appel au secours, rythmes machiniques ou un
machin comme ça qui rendent inquiétante l'avancé
des ombres. Quelque chose également de Ten Grand, les
guitares tendues, cette musique noise racée, l'urgence
et la colère dans la voix avec des compos comme House
of no rope qui file la trique. Guns of august est
un disque bourré de trouvailles, d'originalité
dans l'architecture des morceaux. Si vous savez comment il part,
vous ne savez jamais où ça va vous mener. Les
changements de directions sont fréquents. Mais la force
est avec FT (The shadow government). Il voit tout. Il surveille
tout. Il contrôle tout. Dommage que je n'ai pas découvert
ce disque plus tôt, il aurait sûrement fait parti
des meilleurs albums de l'année passée.
SKX
(23/02/06)
website groupe www.ten-grand.com/flaccidtrip
| www.myspace.com/fttheshadowgovernment
website label www.geocities.com/mapashow
sounds www.hxcmp3.com/bands/5287/index.php
|
Fuck
you is my name
Stay gold, falconass ! - LP
X-Mist / Meudiademorte 2006
Patchwork de vignettes pris sur le vif, sans amour propre et
ma foi sympathique représentant le groupe et toute la
smala en guise de pochette de bienvenue. Comme pour se faire
pardonner du nom un peu rude qu'ils ont choisi comme blaze.
Fuck you is my name ne sont donc pas si méchants qu'on
l'eu cru. Des Allemands provocateurs mais pas trop. Des Allemands
avec de l'humour (c'est rare mais ça existe) qui aiment
bastonner et danser en deux pas deux mouvements pour valser
dans l'air du temps. J'allais dire comme les premiers Robocop
Kraus. Mais leur propension à distiller des mélodies
n'est pas aussi forte. Trop punk pour les poppies. J'aurais
bien tenté Eniac aussi, histoire de rester en territoire
allemand. Mais pas assez barré et noise. Un premier album
un peu bâtard, à la croisée des chemins.
Des compositions pleines de ressort mais quand on creuse, c'est
l'écho du vide. Des accroches pâlichones qui n'ont
que leur énergie juvénile à mettre en exergue.
Bref, si tout ça n'a rien de désagréable
en soi, ça donne pas l'envie non plus d'y retourner.
Nobody is my name.
SKX
(22/11/2006)
website groupe www.fuckuismyname.de
website label www.x-mist.de
| www.meudiademorte.de
sounds neverchangeawinninghorse.mp3
| wehavehadit,habit.mp3
|
|
Funeral
Diner
The swept under - 10''
Lilac Sky / Audio is a War 2005
Funeral
Diner est devenu par la force du temps une valeur étalon
dans le domaine du hardcore émotionnel et rageur, remplaçant
dans les curs les Portraits of Past et Yage. Leur précédent
album The Underdark est encore chaud sur les platines
que déjà ils nous sortent des fourneaux un nouveau
quatre titres. Profitant de leur dernière tournée
en Europe, ils fricotent avec les labels norvégiens Lilac
Sky et Audio is a War pour parfaire leur soif de création.
Les Californiens sont des boulimiques et tant que le robinet
marche, les compos coulent, déversant leur lot habituel
de frénésie et de passion. On aurait pu croire
que ces bouts de disques sortis entre deux albums soient une
occasion pour expérimenter de nouvelles choses, tenter
le diable, surprendre mais que nenni, Funeral Diner sont des
purs à cuire. Ils ne connaissent qu'une seule voie, un
rien plus directe et brute que leur dernier opus mais les fans
de chez fans ne seront pas déçus. Pour les autres,
tout est permis.
SKX
(02/01/06)
website
groupe www.funeraldiner.com
website
label www.lilacsky.com
| www.audioisawar.com
sounds
borneuponmyshield.mp3
|

Fake
Cops
Absolutely Your Credit Is Excellent But In A Certain Way We Also
Need Cash - CDEP Reluctant 2005
Thundertheft - CDEP
Reluctant 2006
Avec
Fake Cops, ça sent pas l'arnaque. Des lumières
clignotantes, du tapage, des courses poursuites, des coups de
matraques derrière les oreilles, t'en auras pour ton
argent de contribuable. Et de l'injustice aussi. A peine découvert,
ce groupe canadien a splitté depuis de longs mois déjà.
C'est ballot. Ces rois de la cavale auront laissé en
héritage deux beaux petits bijoux certifiés conformes
à une certaine idée qu'on se fait d'un rock taillé
dans l'urgence et la fine dissonance. Ce n'est pas pour autant
une perle rare mais Fake Cops le fait avec l'art et la manière.
Dès son premier EP au nom à rallonge, Fake Cops
impose un sens de l'écriture névrotique, roulant
ses rythmes façon rock à la Hot Hot Heat et quelques
pics mélodiques qui tirent les compos vers le haut. On
retiendra surtout sur les cinq morceaux, le premier (Snake
eyes) et le dernier (Roche aux fées), prémices
d'une suite que l'on pouvait croire rassurante. Une suite et
une fin qui auront lieu à l'automne dernier avec les
sept titres de Thundertheft. Il n'y a pas que le titre qui est
revenu à plus de concision. Tous les morceaux tapent
dans le bas-ventre et les deux minutes. Série d'uppercut
qui penche vers une version de Arab on Radar en plus rock'n'roll
à l'énergie positive et un Alarma Man sans arrière
pensé et pose inutile. Un coté dans ta face et
des rythmes presque dansant sur les bords (mais vraiment sur
les bords), entraînant et énergique toujours. Un
quart d'heure à fond les ballons et d'excellente tenue.
Tout ça aurait mérité que l'imposture continue
mais les Canadiens ont tombé les masques.
SKX
(19/08/2007)
website groupe www.fakecops.com
website label reluctantrecordings.com
sounds sir-youre-not-blowing.mp3
|
The
Fantômas Melvins Big Band
Live In London 1st May 2006 - DVD
Ipecac recordings 2008
Un
DVD ? Et pourquoi pas ? C'est qu'avec la saison froide qui approche
à grands pas le gros pépère qui sommeille
toujours en moi va bientôt finir par se réveiller
de sa torpeur estivale : à nouveau des week-ends passés
à rien foutre, coincé devant tel écran
ou tel autre, occupé à cultiver une nouvelle couche
de gras abdominal ou -ce qui n'est pas incompatible- s'adonner
à la trinité des trois B, boire/bouffer/baiser,
le programme parfait pour qui prétend vivre heureux en
attendant l'imminente fin du monde contemporain. J'ai peur.
Ipecac se charge parfaitement d'occuper le terrain de notre
oisiveté post moderne en publiant un DVD retranscrivant
un concert du Fantômas Melvins Big Band enregistré
à Londres le 1er avril 2006, soit la réunion sur
une même scène de deux groupes aux styles antinomiques
mais partageant quelques membres en commun, à savoir
le bassiste Trevor Dunn (à l'époque) et bien sûr
King Buzzo. On rajoute le guitariste/bidouilleur David Scott
Stone -on me souffle dans mon oreille droite que ce binoclard
dégingandé, en plus d'avoir assuré quelques
parties de guitares sur l'album Here Come The Waterworks
de Big Business, a participé à la fin de l'aventure
Slug, il apparaîtrait sur l'album 3 Man Themes-
et le line up est complet, attention mesdames et messieurs dans
un instant ça va commencer.
Et donc oui ça commence par une énorme version
de Sacrifice, Buzz et Mike Patton chantent à l'unisson
tandis que les deux batteurs (Dave Lombardo et Dale Crover)
frappent en rythme, c'est très impressionnant. Seule
ombre au tableau, les incrustations de sous titres écrits
dans la langue des adorateurs de l'Ordre du Temple Solaire et
divers trucages video dont on a vraiment rien à foutre.
Le principe d'un concert du Fantômas Melvins Big Band
c'est que le groupe alterne titres des Melvins et titres de
Fantômas. Alors que retentissent les premières
notes de page 27, le montage devient tout à coup
saccadé et hystérique, sûrement pour bien
faire comprendre à gros pépère que là
on vient de changer de registre et que c'est fini de se palucher
sur du down tempo. Manque de chance -et c'était exactement
la même chose pour le CD live Millennium Monsterwork
de 2002- les compositions des Melvins écrasent tout le
reste, même lorsque on aime Fantômas on est obligé
d'admettre que les chansons et l'inéluctable attraction
du riff qui emballe et du chorus qui met le nud autour
du paquet cadeau sont du côté de la bande de Buzz
and C°.
Le concert suit donc son petit chemin, démonstration
de cable amplifié de la part de David Scott Stone, un
Trevor Dunn vraiment absent scéniquement, un Dave Lambardo
époustouflant et un Dale Crover qui le lui rend bien,
Mickey qui ironie suprême arbore un t-shirt Disneyland,
des passages très bien, des longueurs (la reprise de
Lowrider est d'un poussif), plusieurs réapparitions
des effets video aussi ridicules qu'inutiles et un rappel obligatoire
histoire de dire que l'on a fait un rappel. Le son de l'ensemble
étant bon, ce Live In London est une occasion
de collecter des versions intéressantes de chansons des
Melvins mais, en guise de conclusion, c'est bien tout l'intérêt
que l'on trouve à ce DVD : définitivement l'image
tue la musique et y perd tout son intérêt
Vaste débat me souffle une petite voix, cette fois ci
dans mon oreille gauche, car dans le cas d'images d'archive,
relatives à une époque que les moins de quarante
ans ne peuvent pas connaître, le DVD servirait à
quelque chose. Soit
Et donc, pour ce qui est du Fantômas
Melvins Big Band, on attendra encore quelques années
pour (re)découvrir l'attrait historique, ou pas, d'un
tel objet de consommation. En attendant retournons dans des
salles de concerts pour voir et écouter des groupes en
vrai et boire des coups. Demain est un autre jour.
Haz
(12/09/2008)
website groupe www.myspace.com/fantomasband
| www.melvins.com
website label www.ipecac.com
|
Fatal
Flying Guilloteens
Quantum fucking - CD
French Kiss 2007
Fatal
Flying Guilloteens débarquent de Houston, son déjà
troisième album sous le bras et on ne m'avait rien dit
! Faut dire que les deux premiers sont sortis sur Estrus records,
label féru de surf music et de garage rock et si ces
deux albums sonnent comme ce Quantum fucking, Fatal Flying Guilloteens
devaient être les vilains petits canards, le bouton noir
sur le pif que French Kiss, le label du bassiste de Les Savy
Fav, va se charger d'éclater et remettre dans le droit
chemin. Car FFG tape dans le noise-rock abrasif et explosif,
devant autant à Rye Coalition du début, celui
qui rockait dur, qu'à Jesus Lizard et ses lignes de basses
légendaires, voir les éructations désordonnées
d'un Pissed Jeans et les virulences toujours digne d'un The
Stnnng. Autant dire que vous avez là du solide, aussi
dangereux que l'indique leur nom. Fatal Flying Guilloteens tranchent
sec, débitent par petits morceaux douze compositions
sanglantes et ne semblent éprouver aucun remords. Tout
ça n'a rien de très original mais ils le font
avec une telle débauche d'énergie et un tel sens
de l'accroche qu'ils chamboulent tout sur leur passage. FFG
enchaîne les perles comme Robespierre faisait tomber les
têtes. A la chaîne, avec férocité
mais pour le bonheur de tous. Il faut attendre le titre de clôture,
Legion of serpents, pour voir FFG évoluer au-delà
des six minutes dans un très beau déluge d'arpèges,
une ligne de basse dont ils ont le secret et une tension pour
une fois sous-jacente. A Fictitious Real Life Account of
Young Love in the Streets, c'est le sous-titre de cet album.
Avec un Quantum fucking (putain de quantique ?) en générique
principal qui ne veut pas dire grand chose de plus, Fatal Flying
Guilloteens montrent toute sa désinvolture de gars du
Texas qui s'en fouttent de tout pourvu qu'il y ait de la baston
et du sang.
SKX
(05/02/2008)
website groupe www.myspace.com/fatalflyingguilloteens
website label www.frenchkissrecords.com
|
Fear
Falls Burning / Nadja
Self-titled - CD
Conspiracy 2007
Franchement,
je sais jamais quoi en faire de cette musique. Quand un gars
spécialisé dans les nappes sonores avec moult
effets de pédales rencontre un duo expert en nappes sonores
avec moult effets de pédales, que voulez-vous qu'ils
se racontent
Le gars tout seul, c'est Fear Falls Burning.
Le duo, c'est Nadja (vous l'aurez deviner), un couple qui tâte
aussi de la batterie, si on peut appeler batterie ce vague,
très vague rythme lointain sortant difficilement du brouillard
les semaines impaires. Moi, ça me raconte rien en tout
cas. Quatre titres d'un quart d'heure chacun tout en pulsions
cardiaques proche du néant. La bio (oui ça m'arrive
de les lire) parle de morceaux épiques et dynamiques.
???? J'ai raté un épisode ou quoi ?! Ya rien.
J'ai beau fouillé, je ne perçois que d'infimes
variations avec un bruit d'unité centrale qui grésille
mais encore, je dois confondre avec mon ordinateur qui se fait
vieillissant. Croyez moi ou pas, j'ai fait l'effort d'écouter
ce disque dans son in-té-gra-li-té. J'en vois
qui ricane. C'est vrai, je mens. J'ai été au bout
du fond de mes limites, mais j'ai zappé avant la fin
de chaque morceau. Totalement sans intérêt. Comme
cette chronique.
SKX
(22/09/2007)
website groupe www.fearfallsburning.be
| www.aidanbaker.org/nadja
website label www.conspiracyrecords.com
|
Ferocious
Eagle
The Sea Anemone Inside of Me is Mighty - CD
54°40' or Fight 2007
Ce
groupe a tout pour plaire. D'entrée de jeu, un a priori
positif. Un label qui a fait ses preuves (31Knots, Sicbay, Caesura,
The Conformists, Ring Cicada, etc
). Une formule guitare-guitare-batterie
avec du chant qui sent bon le rock-noise vif comme on aime.
Et la première écoute confirme. Des changements
de rythmes à la pelle mais du frontal aussi. Des dissonances
pour morceaux courts et de l'intensité bien placée.
Des guitaristes au niveau technique certain mais qui ne la ramènent
pas plus qua ça. Complexité et limpidité
font bon ménage. Energie lapidaire et quelques accalmies
mélodiques pour mieux la mettre en valeur. Entreprise
de démolition en règle et sens du groove. Tour
à tour chaotique, bordélique et éclairé.
Bref si tout ce qui navigue entre Hella, The Stnnng et Polvo
(pour les anciens), voir Pitchblende (pour les puristes) sur
Something she said notamment, vous séduit, l'aigle
féroce va vous apprivoiser. Et pourtant, cet album ne
me plait pas plus que ça. Ce n'est pas que tout ça
sonne vu et revu. C'est juste que l'émotion ne passe
pas. Ils ne se débrouillent pas plus mal dans le genre
que les voisins. On sait très bien que pour faire de
la musique originale, il faut se lever de bonheur mais si on
arrive à faire passer un feeling, une atmosphère
qui prend, n'importe quel groupe peut prétendre à
trouver sa place au soleil. Ferocious Eagle a beau enchaîné
des plans irréprochables, à mettre du cur
à l'ouvrage, de la sueur et un sens du bordel conséquent,
ce premier album a tendance à me passer dessus sans qu'aucune
douleur, crispation, plaisir ne se manifestent. Leur folie,
leur agitation semblent vaines. Un beau moment de routine.
SKX
(15/12/2007)
website groupe www.myspace.com/ferociouseagle
website label www.fiftyfourfortyorfight.com
|

The Fitt
Hawk eyes - 7''
Big Neck 2008
|

The Fitt
Elastic pacafic - 7''
Big Neck 2006
|

The Fitt
Bride of the monster /
It's the joker - 7''
Deadfinger 2004
|
Les
amis de mes amis ne sont pas toujours mes amis mais en l'occurrence,
ces potes de Kim Phuc sont
bienvenus à la maison ! Pittsburgh ne faillit pas à
sa légende et accouche d'un énième groupe
noise-rock qui aime le genre tornade blanche et bruyante. L'
accouchement s'est fait par étape. Il aura fallu attendre
le troisième rejeton pour prendre la pleine mesure de
ce trio. Commençons donc par celui qui vient d'être
démoulé tout chaud. Hawk eyes est un single
gavé de six morceaux, trois par face, dont la durée
ne donne pas le temps de s'asseoir qu'il faut déjà
retourner la galette. Hawk eyes (le titre) ouvre les
débats et c'est une pure bombasse, un adepte de la guerre
éclair avec un son de panzer, une rythmique en piquée,
le genre frappe qu'un coup et qui fait mal. En une bonne grosse
minute et un riff qui latte sévère, The Fitt vous
a déjà mis à genoux. Derrière, Scholar
est un morceau d'école qui en remet une deuxième
couche pendant que Visions vous achève impitoyablement.
Il y a quelquechose de Tad là-dedans, repassé
dans une moulinette noise, énorme, accélérée
où tout est discernable malgré l'ampleur et la
rapidité de l'attaque. La face B démarre par l'instrumental
M80, faisant passer Keelhaul pour un groupe de majorettes.
Gonna get it now poursuit le travail de sape mais sans
étincelle particulière pour finir sur un morceau
tout con tout bon. Rythmique purement Helmet, caisse claire
bien appuyée, guitare alternance son claire / saturations,
The Fitt desserre l'étreinte pour la première
fois dans un tube dont le classicisme et la simplicité
est à hauteur de la redoutable efficacité d'un
titre qui porte bien son nom : Killer. Un single comme
une bonne torgnole en aller-retour et dont le seul défaut
est d'être trop court !
On remonte le fil du temps avec leur 2ème single quatre
titres en 2006, toujours sur Big Neck, un label de Reston (Virginia)
orienté habituellement garage-rock. Le tabouret supportait
l'arrière-train d'un autre batteur. On pressent déjà
la volonté de faire mal mais l'enregistrement (pourtant
signé du même mec que sur Hawk Eyes) ne
leur permet pas de faire saigner les oreilles. On se croit volontiers
revenu au débuts des années 90, en période
grunge avec des titres plus que rock que noise et avec des relents
de Janitor Joe loin d'être désagréable.
Impression encore plus vivace sur leur tout premier effort en
2004 et leur single photocopié, esthétique cheap
et garage. Deux morceaux qui remontent carrément aux
Bastards avant qu'ils ne deviennent Janitor Joe, sympathiques
comme on dit dans les chaumières mais loin d'annoncer
la foudre Hawk eyes. Un singles tous les deux ans. C'est pas
la folie mais The Fitt semble sur de bons rails. De quoi finir
en beauté par un : The Fitt, c'est le pied.
SKX
(21/12/2008)
website
groupe www.thefitt.com
website
label www.bigneckrecords.com
|
The
Flying Luttenbachers
Incarceration by abstraction - CD
Ugexplode 2007
Alors
comme ça, Weasel Walter pratique l'infanticide et met
fin à la vie de son propre bébé
Sa
propre création, le genre qu'on croyait immortel et qui
s'achève sans crier gare au bout de 16 ans d'activisme
forcené. En cadeau d'adieu, huit dernières compositions
écrites par le boss entre 2004 et 2007 et censés
être exécutés avec ses acolytes Ed Rodriguez
et Mike Barr. Malheureusement aucun des musiciens n'étaient
en mesure de travailler pour le groupe. Ce sont les notes
internes du CD et rédigés par WW qui le disent.
Et si c'était ça l'erreur ? Croire que The Flying
Luttenbachers était la chose de Walter alors qu'il a
passé 16 années à tenter de constituer
un groupe, trouver des musiciens adhérant à 100%
au projet FL, qu'ils s'impliquent au même niveau que lui
et que finalement, ce n'est pas un split avec lui-même
(arrêtons les railleries) mais la fin d'un vrai groupe
qui aura vu son membre le plus motivé jeter définitivement
l'éponge, faute de trouver une équipe stable pour
tourner et avancer.
Et question motivation, Weasel Walter en avait à revendre.
Un boulimique de travail, un drogué de l'écriture
et cet ultime album le prouve à nouveau. Le style Flying
Luttenbachers, c'est d'en foutre partout. Un déluge de
batterie, des notes de guitares en cascade, de la basse dans
tous les recoins et si ça suffit pas, du cuivre plein
les bronches avec un surplus de synthé entre les tranches.
Et tout ça joué comme si ils avaient le feu au
cul. Après, tout est histoire de dosage et d'intensité.
Vu que tout le monde l'a lâché, le père
Walter se coltine encore une fois tous les instruments. Comme
sur Systems Emerge from Complete Disorder en 2003. Et
dès le morceau d'ouverture, on sent bien que va s'en
prendre une nouvelle fois plein la tronche. Ca déboule
de partout, la guitare est bavarde. Mike Barr a beau être
absent, WW a lui aussi trois paires de bras et les doigts qui
vont avec au bout. Ca ne change pas de la recette habituelle
et on va pas s'en plaindre. Ce son spécial de guitare,
ces rythmes orgiaques, même le synthé qui arrive
miraculeusement à se faire entendre, tout me plait. Toute
l'intensité, qui rajoute une couche, puis une autre et
une autre encore, tout ce dédale dans lequel il essaye
de nous perdre me convient parfaitement. J'aimerais vous sortir
le mot juste pour vous expliquer tout l'impact de cette musique
sur mes pauvres neurones, la rhétorique implacable pour
vous faire aimer cette musique extrême. Pourquoi cette
logorrhée auditive me ferait totalement braire chez d'autres
groupes alors que là, ça me prend les tripes (pour
rester poli) et que ça ne me lâche plus. C'est
physique, j'y peux rien. C'est comme la tronche de certains
qui ne vous revient pas. Sauf que là, c'est le contraire.
Les soli de guitares ne sont pas des soli. Ce sont des barricades
de barbelés qui prennent possession de vos résistances.
Un tir de barrage parmi d'autres, qui se noient dans la masse,
comme ce saxophone sur Electrocution. Cette bonne grosse
basse qui résonne soudainement plus que d'habitude sur
Medusa. Un amas de rythmes avec encore de folles inspirations
de Walter à la batterie, son instrument fétiche
et ça s'entend. Flying Luttenbachers sait mieux que quiconque
comment mettre la pression et celle-ci est encore énorme.
La seule erreur, c'est le dernier titre, le mal nommé
The first Time (mais c'est fait exprès, l'homme
est retors). Une compo avec chant masculin et féminin.
Si au début, cette accalmie fait du bien (on a beau aimé
ça, on en reste pas moins humain), se dire que, tiens,
ça change un peu, de la surprise ne fait jamais de mal,
on se crispe assez rapidement. Le morceau part sur des territoires
seventies. Un des voix est trafiquée à l'hélium.
L'effet est rigolo deux secondes mais ce n'est pas la meilleure
façon de terminer son uvre. Mais oublions.
Ce n'est pas pour joué les faux-culs de service, genre
on ne tire pas sur un mort mais cet album est carrément
excellent. Maintenant, vous pouvez lire un avis divergent du
compère Haz sur son blog Heavy
Mental (vous aurez ainsi l'avis pour et l'avis contre, comme
quoi on entend bien ce qu'on veut) mais The Flying Luttenbachers
s'offre une sortie par la grande porte.
SKX
(27/01/2008)
website groupe + label
nowave.pair.com/luttenbachers/index.html
|
FT
(The Shadow Government)
The Black and white album - CD
Modern Radio 2007
On
pourrait commencer comme ça et se la jouer hyper politique
: It is becoming increasingly apparent to American citizens
that government is no longer being conducted in accordance with
the U.S. Constitution, or, within states, according to state
constitutions. Bla bla bla et dire à la fin que ce
qui tient de gouvernement s'appelle The Shadow Government. CQFD.
Mais on s'en tape un peu de leurs discours à FT et de
leur page chez Murdock où on peut trouver tout ces beaux
discours... Nous, ce qu'on veut, c'est de la musique, se démâter
le cou et oublier le reste. Deux ans plus tôt, ce groupe
avec d'anciens Ten Grand et Forstella Ford et actuel Tornavalanche
nous avaient servi un premier
album dingue d'inventivité, mélangeant allègrement
samples du Malin, électroniques et attitude rock. C'était
avec une joie non feinte que je déballais l'enveloppe
censée contenir un album qui n'allait plus me quitter
pendant des jours et des jours. Un très beau digipack
tout en noir et en écriture blanche et ça tombe
bien, il s'appelle The Black and White. CQFD deuze. Je
le sentais vraiment bien cet album. Plus que jamais. Ah, je
sens que vous sentez que cet album sent mauvais ! Hélas,
trois fois hélas, vous avez raison. Pas une odeur pestilentielle
mais fade. Très décevant. Toujours un paquet de
monde derrière ce collectif plutôt que groupe.
Des batteurs à la pelle, au moins deux par compos, une
section cuivre (c'est tout nouveau) sur trois titres, des keyboards,
des samples toujours, de la manipulation de sons et un sound
designer
Et c'est là que le bas blesse. La machine
a pris le pas sur l'homme. L'habillage sonore a dominé
la musique. Sur l'album précédent, tout ça
était parfaitement intégré. Cette fois-ci,
trop de morceaux qui ressemblent à des interludes sont
présentés comme de véritables compositions
et court-circuitent l'ensemble. Des pets électroniques
censés créer une atmosphère inquiétante
(attention Big Brother vous surveille), des brouillons de morceaux
qu'on voudrait nous faire passer pour des plats principaux.
Et quand ces Messieurs décident de rocker, c'est pour
se mordre la queue. On y croit à deux, trois reprises,
des réminiscences de Ten Grand (Momo eat the taxman),
des tentatives de big-band quand trompette et trombone débarquent,
des essais pour envoyer le bois sur Doubt at the shevel
mais même dans tout ces cas là, ce n'est pas concluant
et loin d'être touché par la grâce. Désolé
les gars mais cette fois-ci, la sauce ne prend pas. Vous vous
êtes égarés en chemin. J'attends toujours
que quelquechose se passe. Et si finalement c'était bien
la politique qui était devenue le plus intéressant
chez FT (The Shadow Government) ?
SKX
(19/11/2007)
website groupe www.myspace.com/fttheshadowgovernment
website label www.modern-radio.com
| www.scenecred.com
|
Fucoustic
Folderol - CD
Frisin / Trost 2008
Je
croyais naïvement que leur premier album
de reprises de Fugazi était un délire de jeunesse,
un hommage appuyé de fans transis et qu'ils passeraient
bien vite à leurs propres compositions ou disparaîtraient
une fois pour toute de la circulation. Trois ans plus tard,
Fucoustic remet le couvercle. A l'identique. Que des reprises
de Fugazi. Toujours du Fugazi. Encore du Fugazi. Et comme d'habitude,
option tout acoustique comme l'indique l'habile contraction
de leur nom (hohoho). Ah non, j'exagère. Une reprise
de The Evens (Around the corner) s'est glissé
dans le générique ! Mais derrière tout
ces sarcasmes, il faut bien avouer une nouvelle fois que ce
groupe autrichien atypique s'en tire avec les honneurs. Avec
deux guitares acoustiques, leur chant qui se mélange
et la présence d'un violoncelle beaucoup plus présent
que sur le premier essai, Fucoustic tape dans l'ensemble du
répertoire du groupe de Washington DC avec l'album In
on the killtaker le mieux représenté (Instrument,
Returning the screw, Rend it), suivi de End
Hits (No surprise et Pink frosty) et Repeater
(Merchandise, Turnover), remontant jusqu'à
l'album Margin Walker avec la reprise la plus prenante,
celle de Provisionnal et les cordes acoustiques attaquées
énergiquement. Car pour le reste, ce sont de sages reprises,
un son hyper nickel, morceaux très respectueux des originaux
même si l'habillage est totalement différent. Idéal
à l'apéro pour surprendre des amis branchés.
Et j'ai bien peur que cet exercice ne dépasse pas ce
stade de la curiosité, de la découverte amusée
malgré toute la sincérité et le réel
savoir-faire du groupe.
SKX
(01/06/2008)
website groupe fucoustic.objectis.net
website label www.frisin.com
| www.trost.at
|
|
Fun
Szklarska poreba - LP
If society 2004
Fun, la première fois, c'était lors d'une pérégrination
avec les Moller-Plesset et Scalene en pleine extase hivernale
à Leipzig en décembre 2002. Une rencontre à
-12C°. Fun débarquait avec leurs potes de Hero Dishonest
de Finlande dans un van sans chauffage et un tour d'horloge
de route. Trop fun. Après plusieurs bières pour
remonter la température corporelle, le trio Fun, dont
la courbe interne du guitariste-chanteur était inversement
proportionnelle à celle du radiateur du van - c'est qu'il
avait sacrément eu froid le bonhomme - avait surpris
tout son monde en assénant un noise-rock sauvage et direct.
Cette même année avait vu leur début discographique
avec 4 titres en forme de 25 centimètres autoproduit.
Une affiliation Big Black/Rapeman à peine voilée
avec le fameux riff de Kerosene d'Albini collé comme
un clin d'il provocateur sur Sportscoat au milieu de leurs
propres larsens très convaincants. Quatre titres offerts
à la face du monde ici même. En 2004, les jeunes
sauvageons poursuivent leur chevauchée à couille
rabattue sur les lunettes d'Albini, en retiennent toute la haine,
l'ironie mordante et le jus de chaussette de rednecks du grand
Nord, s'inspire du jeu de guitare à l'occasion et envoie
balader tout le reste. Ca défouraille sévère.
La valse noise-core comme ils disent. Un son qui suinte, qui
écorche, ça dégouline, la commissure des
lèvres et des glaviots qui sortent en mode mitraillette.
Dix titres virulents et terriblement accrocheurs. Pas rancunier,
Albini vient d'enregistrer leur nouvel album, Zu-pa,
prévu pour avril. Fun, fortement conseillé pour
vos promenades en Sibérie dans votre décapotable.
SKX
(12/03/2007)
website groupe www.noisecorewalze.com
website label www.ifsociety.com
sounds www.noisecorewalze.com/?disco
i_know_ned_kennedy.mp3
| big_lies.mp3
|
Fun
Zu-pa ! - CD
If Society 2007
Le trio finlandais Fun, en allant enregistrer au Electrical
Audio de Chicago avec Albini réalise sans doute un vieux
rêve de fans. Un rêve à peine caché
sur leurs précédents disques
où l'influence Big Black/Rapeman était suintante
mais jamais encombrante. Bien au contraire, tout ça était
envoyé valser avec un bon vieux coup de pied dans les
couilles. C'était rudement bon. Cette fois-ci, le passé
les rattrape. Albini fait du Albini et le grand nerd à
lunettes, derrière les boutons de son studio a mis le
pilotage automatique et Fun se retrouve avec un son dépersonnaliser.
Fini la sauvagerie bandante de leurs propres productions. La
basse, on dirait que c'est Bob Weston. La batterie est typique
mais hélas n'est pas Todd Trainer qui veut et la guitare
passe en retrait, elle qui faisait tout, ou presque, le piment
de Fun. Ils se sont fait bouffer tout cru. Au final, onze titres
qui s'écoutent bien mais c'est dans la norme, sans leur
sauvagerie innée de bucherons des grands froids, sans
surprise, du Shellac, ce truc surestimé auquel ils arrivent
facilement à la cheville mais c'est au moins les rotules
qu'il fallait viser. Ils avaient tant à gagner à
la jouer perso. Fun n'est plus Fun. Dans tous les sens du terme.
SKX
(17/05/2007)
website groupe www.noisecorewalze.com
website label www.ifsociety.com
sounds hold_it_close.mp3
| slonko.mp3
|
|
Fuzz
Orchestra
s/t - CD
Wallace - Bar la Muerte 2007
L'orchestre
qui fuzze, ça sent la rencontre improbable, la bizarrerie
au coin de la rue. Fuzz orchestra, c'est italien, ce n'est pas
un big-band et décevront tous les amoureux de rock garage.
Un groupe de trois (appelons les un trio) qui manipulent les
sons et les bandes, un Pain Teens alpestre sans le génie
des Texans et la voix de Bliss (pas d'emballement hein) avec
une guitare et une batterie pour l'accompagnement. Contrairement
à des groupes manipulant le sample de films (au hasard
Microfilm), Fuzz Orchestra en fait son élément
central, sa pierre angulaire qui donne droit de vie et de mort
sur les morceaux. Samples qui ne naissent pas d'une anonyme
machine mais joués comme un vrai instrument, en temps
réel avec sur scène, un mec derrière son
pupitre qui envoie aussi bien des bandes que des vinyls ou des
nappes sonores pour créer un climat bien étrange
mais captivant uniquement par intermittence. Un DJ qui ne fera
danser personne. Un duo guitare-batterie qui écorche,
gratte, ébruite. Ca sent l'improvisation à plein
nez, excepté leur dernier morceau Eclisse fuzz
plus classiquement noise-rock. Cet orchestre expérimente,
tente des associations inédites. Ca marche pas à
tous les coups mais la formule pourrait se révéler
intéressante par la suite.
SKX
(21/05/2007)
website groupe www.fuzzorchestra.com
website label www.wallacerecords.com
| www.barlamuerte.com
sounds agosto80.mp3
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Five
Dollar Priest
Self-titled - LP
Bang ! 2008
Il
a suffit d'un article sur Bewitched
pour retrouver la trace de Bob Bert. Une écoute rapide
mettait ce nouveau projet dans la case des groupes à
écouter ultérieurement. Plusieurs écoutes
le classent dans les albums les plus intéressants de
l'année. Bob Bert est de retour et il est en grande forme.
Il n'a jamais franchement quitté le circuit mais là,
c'est une seconde jeunesse. Surtout qu'il est très bien
entouré. Five Dollar Priest a tout du super-groupe, étiquette
dont l'addition des membres célèbres a rarement
fourni des premiers prix. A la voix, Ron Ward, ex-Speedball
Baby (la tronche du type sur la pochette), Norman Westberg (Swans,
etc
), George Porfiris (Heroin Sheiks), un certain Patrick
Holmes à la clarinette (désolé, ton blaire
ne me dit rien !) et comme si ça suffisait pas, une ribambelle
d'invités à faire pâlir un carton. Monsieur
et Madame Spencer (Jon et sa femme Christina Martinez bien que
cette dernière soit simplement mentionnée dans
les remerciements et que c'est une certaine Christina Campanella
qui soit créditée des backing vocals
.),
le vieux de la vieille de la no-wave James Chance et son saxo
toujours brûlant, plus quelques autres mais la liste est
déjà pas mal.
Les vieux requins sont branchés sur du volt de première
bourre et la déclinaison fiévreuse d'un énième
blues perverti peut commencer. Ca claque tout de suite et ça
rock comme un Jon Spencer Blues Explosion. D'ailleurs, on se
demande à plusieurs reprises si c'est bien Ron Ward qui
chante ou Spencer lui-même tant la façon de déclamer
ses vers est proche. Mais Spencer ne s'est déplacé
que pour faire le mariole avec son thérémine
et ses ondes fameuses quand elles sont utilisées entre
deux pôles dont la grosseur n'entre pas en compte... Mais
comme le groupe n'a pas semblé bon de détailler
les informations, il est difficile de deviner à quel
moment les invités interviennent, qui fait quoi sur quel
morceau. Bob Bert retrouve son groove imparable pendant que
le clarinettiste apporte une touche de frivolité, un
léger accent jazzy très plaisant, s'intégrant
parfaitement dans le paysage sonore typiquement new-yorkais.
Pas étonnant que James Chance ait été séduit,
parce qu'en matière de funk malsain, Five Dollar Priest
apporte sa pierre à l'édifice. C'est à
ce seul titre qu'on peut oser rattacher cette musique au mouvement
no-wave parce que pour le reste, c'est du rock'n'roll aussi
carnavalesque que poignant, aimant autant les ballades désenchantées
pour homme perdu dans la Pampa que de franches ruades dans les
tabourets de bars. This town is full of piss and broken hearts.
Le summum de cet album est Bobby Chen. Une rythmique
sous tension, un rien tribale, une belle ligne de basse, une
clarinette sinueuse, le tout explosant à intervalles
réguliers. Un disque chaud et bouillonnant, jamais loin
du désordre et suintant la fumée et la gueule
de bois qu'un Nick Cave n'a plus depuis un bon moment. Ca sent
même parfois la jam, propice à quelques chutes
de tension mais l'ensemble se tient merveilleusement, comme
un pilier de bar s'enfilant des wagons de pintes et assurant
le tangage et le roulis comme un pro. En plus, ça vient
dans une très belle pochette gatefold et un vinyl de
180 grs solide comme un rock, une raison supplémentaire
pour se l'enfiler cul sec et à volonté.
SKX
(14/01/2009)
website groupe http://www.myspace.com/fivedollarpriest
website label http://www.bang-records.net
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Fordamage
Belgian Tango - CD
Kythibong 2008
Il
existe des coïncidences bien étranges. Vous sortez
à peine d'une écoute prolongée de Dog Faced
Hermans pour un article
conséquent, qu'on vous fourre sous le nez un nouveau
disque masterisé par Colin Mclean, feu le bassiste de
DFH. Au demeurant, c'est avec surprise qu'on apprend cette nouvelle
corde à son arc. Mais ne voyez pas de comparaison possible
entre la musique de Dog Faced Hermans et celle des nantais de
Fordamage. D'ailleurs cet album est plein de fausses pistes.
Belgian tango n'esquisse point de tango et encore moins
de Belges à l'horizon. Vous pensez devoir affronter une
attaque frontale et rythmique teintée de Shellac comme
sur leur premier album
et vous vous retrouvez avec des morceaux bourrés de trouvailles
mélodiques. Vous pensez être submergé de
chants multiples, masculins et féminins - leur marque
de fabrique - et vous retrouvez avec un instrumental et de nombreux
passages sans voix qui vous la coupe. Avec au passage, celle
du chanteur principal faisant souvent penser à l'urgence
procurée par Ten Grand. Vous restez sur le souvenir d'une
musique juvénile qui taillait dans le gras sans trop
de discernement et vous tombez avec joie sur des morceaux qui
respirent. Vous pensez vous exposer à un déluge
sonore et vous avez le droit à de nombreuses aérations.
Et deux guitares complémentaires dont une très
inventive en matière d'arpèges cinglants et de
riffs tranchants. Fordamage dégage toujours autant d'euphorie
à jouer ensemble et la plus belle preuve de cette osmose
réside dans les chants, la façon dont ils se croisent,
se répondent ou hurlent à l'unisson, l'exemple
le plus frappant étant sûrement sur le titre d'ouverture
Minefield and cannonmen. Et de cette énergie caractéristique,
ils ont su cette fois accoucher de véritables compos,
travaillées au scalpel. Canaliser son excitation pour
mieux vous saisir l'épiderme. Vous pensez devoir vous
prendre la tête sur des complexités et ils vous
délivrent de belles limpidités. Avec des pics
d'attention comme Blitz to target, Providence of fortune
et son gimmick strident à la guitare du plus bel effet,
ABCD qui en fait tout un roman avec des tiroirs multiples
et
en fait, tout le reste des morceaux tant l'album ne
souffre pas de baisse de régime. Fordamage a considérablement
haussé le niveau et offre un équilibre alléchant
entre violence rythmique et finesse évidente, entre ardeur
communicative et réflexion nouvelle.
Vous pensiez avoir tout entendu de Nantes mais entre Papier
Tigre et Choo Choo Shoe Shoot, il reste encore de la place pour
Fordamage et ce brillant deuxième album.
SKX
(23/02/2009)
website groupe www.myspace.com/fordamage
website label www.kythibong.org
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Fresh Meat
Leather Laddy -7''
Fashionable Idiots 2009
Viande
fraîche. D'accord si on considère que ce groupe
d'Allentown débute dans la vie comme de jolis petits
pourcinets. Parce qu'à la consommation, c'est de la bonne
viande avec une sale tronche, celle qui sent fort avec une couleur
bien sombre, le bout de gras avarié qui pue du bec. C'est
bien connu, c'est la plus tendre et savoureuse. Des spécialistes
de la remballe qui vous refourguent une viande faisandée
par Pissed Jeans ou Clockcleaner, comme si tout ce qui devait
sortir de cette ville et de l'état de Pennsylvanie en
général devait posséder le tampon impropre
à la consommation de ces deux groupes pour avoir droit
de citer. Un single en léger état de putréfaction,
plein de mauvaises toxines. Trois titres mauvais pour la santé
ayant également fréquenté les abattoirs
où Drunks with Guns débitaient en tranche des
morceaux de barbacks bien sanguinolents avec Flipper en chef-boucher
dont le blaze revient régulièrement ces temps-ci
dès qu'il s'agit de parler de punk-rock de dégénérés.
Ouais, trop facile. Vous avez donc deux bouts de viande pleine
de nerfs, Problem Fixer et Bad Mask, qui s'avalent
sans mastiquer malgré le feedback continu, l'écho
lugubre et le fielleux esprit qui règne. Fait rougir
et retourne. En pièce principale, Get a work.
Le sifflement persiste avec à gauche, un riff obtus et
à droite, une autre guitare qui n'émet que du
bruit, une rythmique aussi obstinée que la guitare de
gauche et un chanteur malade tournant comme un lion en cage
qui n'a pas eu sa pitance depuis deux jours. Une folle envie
de bouffer ça cru.
Comme d'habitude avec Fashionable Idiots, la pochette a été
faite avec les chutes de la photocopieuse, les paroles manuscrites
au verso sur un torse velu et un disque tout noir, jusqu'au
rond central. Débrouilles toi avec ça.
Au tout début de l'hiver 2009, Fresh Meat avait sorti
un autre morceau de bidoche. Breathing Problem Production avait
eu l'immense privilège de sortir ce beau bébé
du son congélo. Si vous trouvez le deuxième single
trop propre et audible, vous vous ferez les dents avec délectation
sur ces deux titres, Sweat Her et Man or woman,
subtiles compos enregistrées dans des conditions live,
un crochet de boucher dans les tympans. Evoluer ne fait pas
de mal et ces sales punks, dans un éclair de lucidité,
l'ont bien compris.
SKX
(11/12/2009)
website groupe fresh-meat.org
website label www.fashionableidiots.com
| breathingproblemproductions.blogspot.com
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Fatalists
Between the aisles - CD
Gramma Proforma 2010
Nouveau
groupe écossais, Fatalists sort de son Edinburgh natal
un premier album qui fait date. Un trio pas avare de débauches
soniques, d'empilement de rythmes pulsatoires, accumulation
d'exaspérations, ça sort pur jus, des nerveux.
Fatalists ne se présentent pas en victimes expiatoires.
Le cours de Fatalists suit une marche inéluctable le
menant vers le brasier du noise-rock mais compte bien mourir
les armes à la main. Entre les perfides voisins anglais
Kong et Mclusky, on pourrait très bien les intercaler.
Mais là où les défunts Mclusky envoyaient
tout paître en deux minutes tubuesques, Fatalists prend
son temps pour achever la bête en nous. A coup de répétitions
qui accentuent la pression. Ne cédant jamais à
la facilité et aux mélodies aguicheuses. Le chant
n'est jamais bavard, toujours là au bon moment, tout
en retenue malsaine, sachant éviter le hurlement vain
mais comme enroué du larynx ! Alors forcément,
la bande de Kong
fait son apparition. Et pas seulement pour l'humour écossais
des paroles. Chacun des huit titres tape dans les cinq minutes
en moyenne. Avec de belles banderilles pour vous appâter.
Great success in uniform pour ouvrir les hostilités
en grandes pompes, Freeze on the Spot (mon petit préféré),
Staring into the distance for Jesus, sorti en single
juste auparavant (avec Headache en face B, deux morceaux
que l'on retrouve ici, ça fera des économies)
et son hand-clapping très efficace mais heureusement
discret, ou le très perversement entraînant Art
School Bloodbath. L'Ecossais est farouche mais la communication
s'établit instantanément. On est entre de bonnes
mains, des personnes élevées au son d'un noise-rock
qu sait être enjoué sous ces airs de dureté.
On est pris dans le tourbillon et Fatalists, entre les allées
du satisfecit d'honneur.
SKX
(03/10/2010)
website groupe fatalists.eu
website label www.gammaproforma.com
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The
Feeling Of Love
Suck Soul Porn - 12''
HBSP-2X 2009
Je
ne sais pas si c'est le fait de reprendre un morceau de Julia
Cafritz (c'est pas elle sur la pochette baignant dans les serpents
?), rapport à Pussy Galore, Boss Hog, tout ça
ou si les types viennent de se faire larguer mais ce nouveau
disque assomme tout le reste de leur déjà conséquente
discographie. Je suis loin de connaître par coeur tous
les disques sortis par ce one-man band à l'origine (et
membre de AH Kraken si je n'mabuse) qui se fait désormais
régulièrement aidé par des potes. Mais
je garde à chaque écoute de The Feeling of Love
une impression de garage band, avec une touche retro rock sixties
et bluesy crade dans le meilleur des cas. Sympa mais un poil
trop léger.
Alors que là, la saturation est à son comble.
Son garage-rock minimaliste vole en éclats et prend une
dimension noise sur laquelle tu aimes piétiner les débris.
The Way to suck ou l'art d'emmerder cette truie de voisine.
Un riff de guitare obsédant à faire du houla hoop
sur la tombe de Pussy Galore, un synthé vintage pour
une couche de bordel supplémentaire, l'art de la défonce
pour un morceau dingue. Soul Track est aussi soul que
Motorhead est reggae. Et surtout encore plus chaotique. The
Feeling of Love finit son tour de champ par I hate porn,
une reprise de Halo of Kitten, alias Julia Cafritz et une partie
de Halo of Flies, pour un morceau figurant à l'origine
sur un single de la série d'Amphetamine Reptile consacrée
au porno. Ca ne pouvait qu'exciter la libido désastreuse
de ce groupe sévissant entre Metz et Strasbourg. Boite
à rythme Bontempi de cuisine, choeur masculin reprenant
gaiement I Hate Porn, façon discount et clôturant
admirablement et avec vice ce 12''. Pas la peine de (te) retourner
la galette. Ya rien à part un pentacle baclé à
même le vinyl. Donc rien.
Si ils continuent comme ça, je vais l'avoir le feeling
de l'amour. Bien enfoncé même.
SKX
(17/02/2010)
website groupe www.myspace.com/thefeelingoflove
website label hbsp-2x.com
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The
Feeling of Love
Waiting for the cheerleaders to get drunk - 7''
Avant! 2009
Entre
l'album Petite tu es un hit et le maxi Suck
Soul Porn, The Feeling of Love a trouvé le temps
pour sortir un single de deux titres inédits. Une vraie
machine à composer. Et l'art de se renouveler dans toute
cette production à la chaîne. Le papy peut poser
fièrement avec son petit-fils. Ce single est parfait.
Entre le blues trashy des débuts presque solo et la décharge
noise et anarchique du maxi suivant, il restait une place pour
un parfait condensé de pop songs comme on le comprend
chez The Feelies ou les Violent Femmes. Nerveux, sec, groovy
et mélodiquement entêtant. Palme de l'année
du meilleur titre de morceau à Waiting for the cheerleaders
to get drunk, ode perverse à l'hygiène de
vie des pom-pom girls. Vous l'écoutez le matin, vous
le chantonnez encore le soir. Effet garanti. Le titre du morceau
de la face B est tiré du refrain Time of the season,
un tube de The Zombies en 1968 (et remercié au dos de
la pochette), What's your name ? Who's your daddy ? L'amour
du rock sixties a toujours transpiré chez les Messins
de The Feeling of Love. Mais le traitement sonore, avec cette
ligne de guitare maigrelette et aussi obsédante que celle
de la face A, cette couche de bruit par-dessus et le rythme
trépidant en font un tube intemporel ! Très bonne
sortie dans la jungle de leurs réalisations, eux qui
ont sorti depuis un autre single (School Yeah sur Sweet
Rot) et un deuxième album, OK Judge Revival chez
les américains de Kill Shaman records.
SKX
(29/03/2010)
website
groupe www.myspace.com/thefeelingoflove
website
label avantdistro.blogspot.com
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Fine
China Superbone
Make-machine - CD
Narrominded 2010
C'est
dans les vieux ports qu'on fait les meilleures soupes. Trois
de La Haye, un de Rotterdam et 100% hollandais. Un quatuor qui
va chercher dans les soutes du noise-rock de quoi assécher
plus d'une cale. Entre 2002, date de leur premier album et ce
nouveau disque, Make-Machine, Fine China Superbone n'a
pas perdu que huit années. Il a également égaré
un chanteur. Fine China Superbone, c'était aussi un nom
qui titillait les neurones. Un lointain souvenir dont la trace
a été retrouvée sur un tribute
à Dazzling Killmen, toujours en 2002, année d'hyperactivité
dont ils ont mis du temps à s'en remettre.
Fine China Superbone donne désormais dans l'instrumental,
perd son attribut Dazzling Killmen que la voix hargneuse pouvait
lui procurer, tout en restant dans les parages. En fait, à
force de vouloir lui trouver des affiliations (le bio parle
de Don Caballero
ouais bof), dont la dernière pourrait
être la réponse batave aux italiens de White Tornado
(sans oublier Colossamite de l'autre coté de la face),
on se retrouve avec un putain de groupe possédant suffisamment
de forces internes pour s'ôter toutes comparaisons. On
touche du doigt mais on ne fait qu'effleurer le monde volant
des Hollandais.
Et sa principale force, ce sont les deux guitares. Option visseuse
et dévisseuse avec un cran de sûreté pour
éviter de se faire défoncer net. C'est imbriqué,
on ne voit que du feu tout en étant capable d'être
incroyablement lumineux (comme sur Untitled 2, les six
morceaux n'ayant aucun nom bien que sur leur myspace, ce number
2 s'intitule My Father the mechanic, allez comprendre
!). Tranchantes, séduisantes, ces guitares dressent des
fils barbelé sur lesquels il est bon de s'écorcher.
Avec une section rythmique qui aime suivre des chemins similaires,
capable de tout et surtout que du meilleur, un synthé
pour encore plus d'onctuosité, quelques samples pour
remplacer le chanteur défaillant (excepté sur
le dernier titre où il semble avoir retrouvé le
chemin du studio) et autres petits bruitages bien trouvés,
Make-machine est un disque étonnamment riche, presque
symphonique, ample et toujours très rock/fougueux dans
son propos. Fine China Superbone taille dans le vif avec une
grande maestria. Grosse découverte.
SKX
(27/09/2010)
website groupe www.myspace.com/finechinasuperbone
website label www.narrominded.com
PS : Comme à son habitude, Narrominded propose cet album
en téléchargement gratuit.
Mais ce serait manqué un digipack avec une belle illustration
signée Zeloot.
PS
2 : Leur premier album How long is a chinese se procure lui
aussi gratuitement par ici.
Et vous auriez tort de vous épargner un clic. Ca mord
sévère.
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The
Fitt
When The Fitt Hit the Shan - LP
Dead Finger 2010
The
Fitt n'est pas le genre de groupe à faire dans la dentelle
et se prendre la tête. Le vinyl est blanc épais.
Il tourne en 45 tours. Ce sont les seules fantaisies que le
trio de Pittsburgh s'est permis. Trio droit dans ces bottes,
il nous refait le coup du Hammerhead de Ethereal Killer.
Punk-rock noise où les perles rugueuses à la mélodie
virile s'enchaînent comme dans un rêve. Même
emprunt de nostalgie. Mais quand c'est bon, ça ne vieillit
jamais. Les années passent et on ne fait rien de mieux
qu'un riff killer, une rythmique qui bastonne et des voix qui
sentent l'homme pour reprendre en chur. Dans la continuité
de leur dernier single en date (Hawk
Eyes), The Fitt vous met sur les rotules. Avec application.
En appuyant toujours sur le même bouton, avec une obstination
forçant le respect. Jusqu'au-boutiste et indécrottable.
The Fitt met également du Nirvana de l'époque
Breach. Deux accords, trois grand maximum, joués
avec une conviction inébranlable, qui font mouche à
chaque fois, le terme efficacité ayant été
inventé pour eux. Du bonheur à chaque sillon,
en toute simplicité, à l'image des paroles de
Kate, chanson d'amour aux paroles d'une puérilité
désarmante. Il faut attendre la fin de chaque face avec
Pig Destroyer et When The Fitt hit the shan (qui
est au passage un jeu de mot intraduisible avec une expression
typiquement américaine) pour des morceaux un peu plus
longs et encore plus abrasifs, démontrant que The Fitt
est capable de compter au-delà de trois. Mais on s'en
tape, on les aime comme ça The Fitt, digne représentant
d'un punk-rock canal historique. Bien sûr, tout le monde
risque de passer à coté de ce disque, surtout
avec une pochette aussi splendide qui donne envie, uvre
du bassiste qui a osé mettre le mot Art à
coté de son nom. Alors devant ce disque distribué
avec les pieds, n'hésitez pas à écrire
à The Fitt (pawdt@aol.com) pour obtenir votre copie.
SKX
(07/09/2010)
website groupe www.thefitt.blogspot.com
| www.myspace.com/thefitt
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Paul
Flaherty - Chris Corsano - C Spencer Yeh
Snow Blind Avalanche -
LP
Important records
Le duo formé par le saxophoniste Paul Flaherty et
le batteur Chris Corsano est connu de tous et est bien établi
: malgré la différence d'âge - ou grâce
à ? - ces deux là s'entendent à merveille,
redonnent une belle vitalité à la musique improvisée,
offrent à entendre sur disques comme en concert des ébats
free qui échappent à la monotonie du déjà
entendu et du rabâché éternellement alors
que, il faut bien le dire, ils n'ajoutent aucun élément
nouveau dans la grande marmite à freeture. Seulement voilà,
toutes ces leçons de liberté musicale, ces cavalcades
furieuses, ce lyrisme jamais pompier, ce bruit qui tonitrue, ces
deux musiciens les ont tellement bien apprivoisés, les
aiment tellement, qu'ils leur offrent généreusement
et leur redonnent ce qu'ils n'auraient jamais du perdre : la jeunesse
éternelle. Le jeu très coloré et contrasté
de Paul Flaherty y est sûrement pour quelque chose mais
Chris Corsano et son approche violente de la batterie sont la
clef de voûte d'un traitement hardcore du freejazz de papa.
Ecoutez n'importe quel disque avec ce jeune skinhead et vous ne
serez sûrement pas déçu.
Pour Snow Blind Avalanche les deux complices se sont adjoints
les services de C Spencer Yeh (violon et voix) qui est très
loin d'être un inconnu puisque étant un éminent
membre de Burning Star Core. Il a aussi un duo avec John Wiese
qui vaut son pesant d'acouphènes. La dynamique du duo initial
n'est pas altérée avec l'apport de cette nouvelle
personnalité : la première face de ce LP est une
grosse déflagration in your face de free jazz punk bouillonnant
et barré. La seconde - sur laquelle Yeh donne de la voix
ou plutôt fait des borborygmes - démarre de façon
moins traumatisante pour littéralement sous ensevelir sur
sa seconde moitié. On parlait il n'y a pas très
longtemps des prétentions free de Weasel Walter et il est
intéressant de comparer l'ex diablotin des Flying Luttenbachers
à Chris Corsano. Les deux ont des points de départ
bien différents or ils atterrissent quasiment au même
endroit, celui d'une cacophonie réjouissante et débraillée,
d'un défouloir destroy jamais chiant, d'un free qui n'en
fait qu'à sa tête. Sauvage et beau.
Haz
(12/01/2010)
website groupe cor-sano.com
| www.myspace.com/cspenceryeh
website label www.importantrecords.com
|
Formica
Sequels suck E.P. - 10''
In My Bed 2009
Dans
les années 50, le formica était censé libérer
la ménagère. En 2010, le Formica nous remémore
surtout que l'indie-rock américain sait ménager
nos sensibilités et offrir une musique intemporelle.
Mais on n'est pas à Olympia chez K records. C'est Rennes
ici, Bretagne et Formica, après plusieurs années
de gestation à taquiner le zinc, sort son premier disque,
qui plus est en version 10'', le format des winners. Quatre
morceaux qui vous replongent dans Halo Benders (Calvin Johnson/Beat
Happening), Pavement, Built To Spill, des sonorités qui
ne m'étaient plus familières mais dans lesquelles
je me replonge avec délectation.
Formica possède ce goût de la composition simple
et essentielle, à l'image de la batterie sans fioriture
et détendue. Et quand le morceau est près de l'os,
dénudé, vous avez intérêt à
trouver la mélodie diabolique, l'air entêtant sous
peine d'être transparent. Formica, dans ce domaine là,
c'est du solide. Guilty makes sex glisse tout seul, avec
suffisamment de nervosité, un chant qui sort de ces gonds
et de dynamisme pour remporter la palme du meilleur morceau.
Quoique Cold milk fiction et sa ligne de guitare éclairée
le talonne de près. On change de face. La moins agitée
mais pas la moins intéressante. Sequels suck me
rappelle un titre du dernier 10'' des australiens de Witch Hats.
Fausse tranquillité mais une petite musique interne qui
vous poursuit. Et s'achève par The Day. Organe
vocal caverneux à la Calvin Johnson, accent à
couper au couteau qui ne s'était pas manifesté
jusque là pour ballade rupestre et désabusée.
Il émane de Formica une apparente nonchalance, un subtil
parfum d'abandon, naviguant entre une légèreté
et une austérité que Christophe Sourice, l'ex-batteur
des Thugs a su parfaitement mettre en boite, lui conférant
le relief nécessaire pour ne pas rendre ce disque fuyant.
Cette première séquelle ne merde pas. Sauf que
cette Sequel signifie suite et on a hâte de l'entendre.
SKX
(08/02/2010)
website groupe www.myspace.com/formicatheband
website
label www.inmybedmusic.com
|
Fun
New 13 - CD
Cut Half - If Society 2010
Les
Finlandais de Fun avait jeté un grand froid avec Zu-Pa
!, leur dernière livraison en date. Ils avaient
oublié comment ils s'appelaient et s'étaient soumis
au sérieux d'un Albini plus standardisé que jamais.
Pour ce troisième album, Fun a repris le chemin de l'Electrical
Audio à Chicago mais a changé d'enregistreur.
Greg Norman est passé derrière les consoles et
si le groupe ne se départit pas de sa Chicago attitude
dans le son, ils reprennent de belles couleurs flamboyantes.
Le trio a retrouvé la manette qui ouvre les vannes d'un
noise-rock décomplexé, le mordant de compositions
qui ont du souffle. De leur sauvagerie initiale sur Szklarska
poreba, il n'en est plus question. Fun grandit. Fun mûrit.
Fun se libère et remet du fun dans le réservoir.
Ose le poignant, se lâche sur quelques rythmes originaux,
des petites fantaisies qui n'ont l'air de rien mais qui font
avancer leur propos et le tout sans les mains et sans se départir
d'une saine intensité. Le chant sait se faire plus mélodieux
tout en gardant ce grain de colère au fond de la gorge.
Et puis surtout, ils ont haussé le niveau de leur song-writing
à un point dont je ne les pensais pas capable d'atteindre
! Fini les jeunes chiens fous, fini la rage débordante
et la bave écumante. Le cadre est bien délimité.
Celui d'un rock sans complexités inutiles avec à
l'intérieur des milliers de possibilités. Une
guitare inspirée, un groupe sachant mettre la pression
quand nécessaire tout en se permettant de ralentir le
tempo et d'uvrer dans des ballades consistantes. Un poil
de Big'N sur Lights Out, de la répétition
pour mieux asservir (Barn et le beau morceau saignant
que représente Budabuda), des lignes de basse
affolantes, de la belle mécanique rutilante (Hit the
Joy) qui confine à l'apothéose sur Here
comes the ugly man ou la cavalcade finale et effrénée
de My Little Pony avec le déboulé de saxophones
en mode free (par le Hetero Skeleton Ensemble !) qui fait toute
la différence.
Onze morceaux qui ont de la gueule, une putain de classe si
vous me permettez cet écart de langage et si vous êtes
friands de groupes comme Bellini, The Conformists ou le dernier
Shipping News, foncez découvrir ce groupe, le bonheur
est dans le grand Nord.
SKX
(15/11/2010)
website
groupe
www.noisecorewalze.com
website
label
www.ifsociety.com
sounds UFO_Or_Die.mp3
| Williams_House.mp3
| Here_Comes_The_Ugly_Man.mp3
|
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