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ARCHIVES 1999 - 2008
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FAKE COPS Absolutely Your Credit Is Excellent But In A Certain Way We Also Need Cash - Thundertheft
THE FANTOMAS
MELVINS BIG BAND Live In London 1st May 2006 - DVD
GEOFF FARINA, LUTHER GRAY, DAN LITTLETON
New Salt
FATAL FLYING GUILLOTEENS Quantum fucking
FEAR FALLS BURNING / NADJA Self-titled

FAX ARCANA The ritual in routine'
FEMME FATALE fire baptism
FEMME FATALE From the abundance of the heart, the mouth speaks
FEROCIOUS EAGLE The Sea Anemone Inside of Me is Mighty
FEVERDREAM/GREEN HORNET the boy nobody wanted / kick it through
FEVERDREAM the sky is full of it
THE FICTION I told her that i like living in a box
FIN FANG FOOM texture, structure and the condition of moods
FITNESS Neurosenrodeo
THE FITT Hawk eyes / Elastic pacafic / Bride of the monster - It's the joker
THE FLAMINGO MASSACRES wearing your heart on the front of your shirt
FLÖSSIN Lead Singer
THE FLYING LUTTENBACHERS infection and decline
THE FLYING LUTTENBACHERS trauma
THE FLYING LUTTENBACHERS The truth is a fucking lie
THE FLYING LUTTENBACHERS Systems Emerge from Complete Disorder
THE FLYING LUTTENBACHERS The Void
THE FLYING LUTTENBACHERS Cataclysm
THE FLYING LUTTENBACHERS Spectral warrior mythos volume one
THE FLYING LUTTENBACHERS Incarceration by abstraction

FOE Arm yourself with clairvoyance
FOETUS flow
FOETUS Love
FORDAMAGE Fordamage
FORSTELLA FORD / LIFE DETECTING COFFINS s/t
FRODUS and we washed our weapons into the sea
FT (THE SHADOW GOVERNMENT) Guns of august
FT (THE SHADOW GOVERNMENT) The Black and white album
FUCK YOU IS MY NAME Stay gold, falconass !
FUCOUSTIC Plays Fugazi
FUCOUSTIC Folderol
FUEHLER s/t
FUGAZI the argument
FUN Szklarska poreba
FUN Zu-pa !

FUNERAL DINER difference of potential
FUNERAL DINER The swept under - 10'
FUNERAL DINER The Underdark
FUNERAL DINNER/STAIRCASE the world of forms
FUZZ ORCHESTRA s/t


FEMME FATALE
" fire baptism " - 12
Beta Beat 02
La mariée cache bien son jeu, tout comme le nom de ce groupe. La Femme Fatale est un home, un seul, Jesse Keeler, et est du genre à dévergonder toutes les mariées de la terre. Alias batteur de feu Black Cat 13 et impliqué dans un second groupe Death From Above, l'énergumène, canadien (des choses qui arrivent), poursuit son orgie sonique. Enregistré sur une période de deux ans, ces sept titres naviguent dans l'univers de Black Cat 13 auquel se raccroche tout un wagon de Song Of Zarathustra et autres furieux du renouveau noise-hardcore américain. Il est difficilement imaginable d'ailleurs qu'un seul homme soit derrière tout ça tant ça sonne comme un groupe à part entière. Sans notion de vide, ni minimalisme ni radin dans l'effort. Bref, un petit génie des studios doublé d'un multi instrumentistes hors pair. Une bonne branlée, bien roulée sous les aisselles, bruit, mélodie, énergie, c'est passe-partout mais plutôt réussi. A notez que ce maxi est sorti chronologiquement après son autre maxi sur Ache records " As you sow, so shall you reap " mais l'enregistrement est bien antérieur. Méfiez-vous des sourires avenants qui vous encouragent à sauter dans le vide.
SKX (01/02/2003)
FEVERDREAM/GREEN HORNET
" the boy nobody wanted / kick it through " - split 7
Transformed Dreams 01
La Hollande à l'honneur. Green Hornet sont sales sur eux, farfisa en bandoulière, ça pue le mazout et la dégaine rock teigneux à plein nez. Ca avance sec façon Jon Spencer jouvenceau. Faut pas en demander plus. Le temps de retourner la galette, on retombe sur ses pieds avec la rythmique souple et dynamique de Feverdream pour une noise toute en mélodie. Un beau brin de talent de compositeurs racés qui fait suite à deux albums, déjà, en attendant le 3ème d'ici peu. Et dire qu'ils ont à peine vingt ans! Deux groupes hollandais qui font le plein d'énergie pour mieux passer l'été!
SKX (11/07/2001)
FEVERDREAM
" the sky is full of it " - CD
Transformed Dreams 00
La fièvre du samedi soir. Dans les caves hollandaises, un trio à peine majeur, du haut de leur vingt printemps, s'attaque déjà à leur deuxième album. Vitalité. A cet âge là, on a de grandes chances que les influences restent à la surface. Et sans se cacher, l'école Touch and Go, Shellac ou des groupes de Kill Rock Stars font partis de leurs meubles. Tranquillité. Direct, un minimum d'effets, simplicité des morceaux, conduits avec force et entrain congénital. Progression. Ou alors mélodies déclinées avec subtilité pour mieux provoquer la tension suivante. Et un chant avec du cœur et de la fièvre. Passion. Avec un minimum de moyens et de subterfuges, Feverdream vous compose des airs qui s'incrustent dans la tête, des compos qui respirent, sans cérémonie mais persuasives avec juste l'agressivité qu'il faut. Ca rappelle la démarche des premiers Unwound ou comment, sans bruit et sans artifices, on se construit peu à peu une identité avec une âme d'artisan qui aime le boulot bien fait. Ici, rien ne chamboule vos habitudes, mais c'est exécuter avec suffisamment de fraîcheur et de talent pour ne pas rester en rade.
SKX (08/03/2001)


FIN FANG FOOM
" texture, structure and the condition of moods " - CD
Lovitt 02
Fin Fang Foom tombe à l'eau, qu'est ce qui reste? Une rivière d'influences dans laquelle ce jeune trio américain ne craint pas d'y nager voluptueusement. Pour une première réalisation, Fin Fang Foom plafe la barre affez haute! Dans le titre, vous avez le mot "texture" et ces 10 titres n'en manque pas. Riche en effets, en arrangements subtiles qui ne se contentent pas du triptyque guitare-basse-batterie mais s'agrémentent de piano et d'acoustique, voir d'une flûte. Après la virgule, vous avez "structure" et elles sont complexes. Sous un éclairage "pop/emo", les mélodies ricochent, repartent, se prolongent, se brisent, dressent des angles à trop de fragilité. Sous ces conditions, l'humeur de leur musique est très changeante. Navigation très contrôlée entre mélancolie, vapeur dense et rythmes engagés, entre narration et cri du cœur. 12 Hour Turn, June of 44, Hoover. Si tout ça ne vous laisse pas insensible, le bonheur est pas loin! Reste encore un effort à rendre tout ça plus limpide, à arracher quelques mélodies imparables, comme leurs compagnons d'écurie Engine Down savent si bien le faire. Savoir aller à l'essentiel pour éviter la noyade de l'auditeur et Fin Fang Foom deviendra imparable dans un style qui ne manque pas de prétendants.
SKX (03/04/2002)
THE FLAMINGO MASSACRES
" wearing your heart on the front of your shirt " - Lp
X-Mist 01
Par ces journées ensoleillées, quand la campagne est comme opprimée par la chaleur, on sent que le temps est au massacre des flamants. Proverbe corse. Derrière ce patronyme à double-tranchant, pour le moins curieux, se cache toute l'ambiguité de la musique de Flamingo Massacres. Un monde de brutes. Un monde de douceur. Mais un monde féminin uniquement. Un trio composé de trois allemandes où on cause rythmique avec deux basses, une batterie et pis c'est tout. Et le chant quand même, très souvent à plusieurs pour un meilleur rendement. C'est forcément du solide, du rugueux avec deux basses très complémentaires où l'une est forcément plus mélodique (ou rythmique) que l'autre (et vice-versa). L'artillerie lourde reste aux placards, faut pas éxagérer non plus, et c'est là que le flamant entre en scène. La fameuse sensibilité féminine, phrase qui sonne comme un cliché, mais que Flamingo Massacres distille à point nommé. C'est léger et grave, des mélodies qui rentrent peu à peu dans la tête au fil des écoutes, des structures qui n'hésitent pas à compliquer les choses. Une sensation d'aigre-doux qui fait son bonhomme de chemin, l'envol complet semble parfois proche. Un premier album plaisant sans jamais vous transcender. Mais méfiez-vous, les flamants ne sont pas aussi vulnérables qu'on croit.
SKX (30/06/2001)

THE FLYING LUTTENBACHERS
" infection and decline " - CD
Troubleman 02
Les Luttenbachers pour leur 10ème album. Ou, pour être plus précis, Weasel Walter sort un énième enregistrement. La tête pensante, la cheville ouvrière qui renouvelle son équipe à chaque nouvelle sortie. La seule constante est le trio. Et lui toujours aux fûts. Avec autour, pour ce coup ci, en électrons libres, un solide duo de bassistes : Alex Perkolup et Jonathan Rischke. La terre et l'air. Exit les cuivres. Cet anniversaire sera sans fioritures. Chaque album des Flying Luttenbachers apporte son lot de surprise. Là, le Walter a fait les choses en grand. Il nous livre tout simplement son meilleur album. La base est toujours free-jazz-trash. La soupape turbine toujours dans le rouge. Les glandes sudoripares acidifient l'os. Le bois sec vole en éclats. Cependant, ils reviennent à quelquechose de plus compréhensible, abordable dirais-je mais on pourrait m'enfermer pour oser taxer de ce mot ce "c'est même pas d'la musique ton truc là"! Certes, ces six titres secouent son homme mais des structures se dessinent, les compositions ne partent pas dans tous les sens. Les parties improvisées (ou non d'ailleurs, allez savoir!) ne déroutent pas. En tout cas, pas dans le sens où ça devient inaudible tout en frolant l'indigestion. Car cette formation très rythmique a mis la barre très haute. Des caisses claires qui fusent, des enchevêtrements de rythmes qui laissent pantois, des passages faussement binaires joués à cent à l'heure. Avec dans tout ce fatras, des amorces de mélodies à l'acide. Ils renouent avec l'esprit de l'album "Revenge of Flying Luttenbachers" de 1996 où toute leur énergie, leur amour du free-jazz, du trash et des musiques extrêmes à la Naked City fusionnent à merveille dans une seule vague rédemptrice. Avec ce "infection and decline", la marmite est pleine. Le tout saupoudré d'effets électroniques. Complexe et limpide à la fois. Une démonstration sans la frime. Le punk sommeille en eux. Tout simplement époustouflant.
SKX (11/06/2002)
THE FLYING LUTTENBACHERS
" The truth is a fucking lie " - CD
Skin Graft 00
Weasel Walter, le maître des lieux, reprend ses cornes, garde le maquillage, ses baguettes de fougueux batteur, bises à Kiss, clin d'œil au glam-rock et s'engage sur le chemin de la vérité sur un 7ème album où toutes les musiques sont bonnes à jouer. Avec un parterre d'invités reconstitué comme à chaque nouvel album. Cette fois-ci, Michael Colligan avec divers cuivres pour bien vous souffler dans les bronches, dont on ne compte plus les collaborations avec The Ex, US Maple etc... Kurt Johnson avec sa basse spécialisée dans le larsen de tank, ces anciens compères Chuck Falzone et William Pisani, plus une brochette d'amoureux de bruits et d'improvisations. Weasel Walter aime à semer le trouble, brouiller les pistes et cet enfant chéri de punk-rock et de free-jazz, quitte à pas choisir, télescope les genres comme rarement. Abandonnant au passage ces amours "trash" de "The Revenge of..." qui aurait fait fuir n'importe quel metalleux indécrottable de base. On touche à la matrice, à cette énergie juvénile du punk-rock et à la folie, le non-contrôle propre à toutes musiques improvisées. Des constructions déconstruites, des trucs qui surgissent de nul part, des sons qui tombent et qui font mal aux oreilles, des accélérations à couilles rabattues. De lentes agonies sur le bûcher de Herr Doctor Experimentator, le jeu de massacre. The Flying Luttenbachers est un groupe fusionnel, qui marche dans l'urgence, passant juste le temps qu'il faut sur la production pour vous pondre un son direct et rachitique. Au cordeau. Ca titille les extrêmes, ça vous tire en tous sens, laisse perplexe, fatigue parfois, le temps de se remettre sur de bons rails. De l'adrénaline diffusé en feu d'artifice avec des mèches plus belles que d'autres. Mais la prise de risque est toujours maximal. C'est au vitriol que The Flying Luttenbachers vous assène ses 4 vérités !
SKX (23/01/2001)

THE FLYING LUTTENBACHERS
" trauma " - 2xLps
UgExplode / X+Z = 0 01
Ca ressemble à un disque de 'free jazz' mais c'est pas ça non plus. C'est pas 'free' et c'est pas vraiment 'jazz'. C'est pas moi qui le dit mais Weasel Walter, membre fondateur, figure de proue et à l'occasion batteur de The Flying Luttenbachers, en introduction du texte explicatif de ce 9ème album. D'ailleurs, la meilleure chronique possible de ce "Trauma" serait de vous traduire ce texte où W. Walter semble devancer les chroniqueurs (qu'il égratigne à la fin) en expliquant la raison et l'essence même de sa musique. Je ne suis pas un fin connaisseur de 'free jazz'. Je ne débattrais pas sur ce sujet. Mais il est fort à parier que n'importe quel fan éclairé de 'free jazz' ne soit pas prêt à mettre son doigt dans ce terrible engrenage qu'est "Trauma". Car comme toujours avec The Flying Luttenbachers, il est avant tout question d'énergie brute. Voir brutale. Pour cette énième bouture de The F.L. (la 5.2), W. Walter est accompagné de Kurt Johnson à la contrebasse et Michael Colligna aux cuivres. Ca ressemble donc à une formation jazz. 95 % de la musique est improvisée et chacun joue comme si sa vie en dépendait. Colligna souffle dans son instrument à s'en faire péter la rondelle. Johnson, c'est du Tom Cora surspeedé et Walter perd des tonnes de sueur à battre comme un damné. Le sacrifice de soi comme il dit. Ils performent à l'aveugle, sans états d'âme pour les mélodies et les harmonies. Les membres changent mais l'état d'esprit Flying Luttenbachers demeure. Un maximum de chaos. De la férocité à tous les étages. Une vague assourdissante de bruit plus ou moins orchestrée et composée suivant les époques. Autant dire que s'enfiler ces 11 titres répartis sur un double album est au dessus de mes capacités physiques. Consulter d'urgence votre psychiatre si c'est le cas. Mais se prendre un ou deux titres de temps à autres, ça débouche les artères. Trauma. Tout est dans le titre.
SKX (27/11/2001)
FOE
" Arm yourself with clairvoyance " - CD
House of Stairs 03
Geiger Counter ayant pété ses aiguilles, Foe a profité que les cendres étaient encore chaudes pour se restructurer, trois membres sur les quatre reformant ce groupe tout instrumental. Potes avec American Heritage, ils n'ont pas que l'amitié en commun. Math-rock qui sait aller droit au but, Foe prend le relais des Américains partis voir si le metal leur sied mieux au teint (la réponse est non mais ceci est un autre débat). Mélodies sinueuses, rythmes qui fouettent et changements nombreux, la panoplie au grand complet. Pas de surprise et c'est là que le bas blesse. Si vous aimez le style (et j'en fais partis !), que la complexité sans excès ne vous effraie pas, vous allez passer un moment des plus agréable. Exécution parfaite, triple salto pour super héros, précision chi-chi-chirurgicale. Leurs premières parties de Dillinger Escape Plan en Angleterre devaient chauffer le public tout comme il faut. Alors ne pourrait-on pas passer désormais à autre chose ? Je voudrais pas faire les rabats joies mais tout forts qu'ils sont, un dangereux air de déjà entendu pointe à l'horizon et bouché il est cet horizon. Alors peut-être pour le prochain album qu'ils annoncent déjà comme une longue pièce unique de 30 minutes… ? Surprenez-nous.
SKX (13/11/2003)


FOETUS
" flow " - CD
Nois-O-Lution 01
Infatigable Foetus. De la résistance, Foetus immortel. Alias JG Thirwell, homme orchestre, tête pensante et homme à tout faire de son bébé dépassant les 20 ans de service au compteur. En incluant dans la famille ses projets annexes (Steroid Maximus, Wiseblood, des disques avec Lydia Lunch, etc...), Thirwell est un maniaque de la création, dévoué corps et âmes à son œuvre tentaculaire. Une référence et une influence du monde noise, rock et indus, de toutes ses musiques qui brassent, qui expérimentent et qui passent par delà les styles et toutes les modes. Sans oublier ses activités de big boss au sein du label Big Cat records, maison d'accueil de Cop Shoot Cop, groupe très influencé par l'univers baroque de Thirwell. Avec ce nouvel album (le 13ème !), Thirwell fait tout comme d'habitude : il écrit, arrange, produit, joue de tous les instruments et dessine même la pochette. Tout ça enfermé nuit et jour dans un studio à New-York. A se demander si il est courant que deux grandes tours se sont abattues près de chez lui! Le monde musical de Thirwell est impénétrable. Il ne se rattache à rien mais s'inspire de tout. Esquive, contourne, sorcier halluciné, on l'imagine des heures durant à triturer ses bandes, à l'envers, à l'endroit, rajouter un énième sample derrière un mur de rythmes et de guitares déjà très dense. Mi-homme, mi-machine, alliant la technologie la plus haute à la chaleur d'un cuivre ou d'un violon. Mariage contre nature entre les froids rythmes de l'indus et la folie d'un big-band. De balancer dans la même marre les sonorités d'un rock dur et la jovialité d'un air jazzy. Il en résulte un univers très riche, des compositions au scénario complexe, une palette musicale tel un gouffre. Un labyrinthe de sons. Et quand l'homme est en forme comme avec ce "flow", on se remet à lui avec délice. Point d'orgue de ce péplum, le morceau "mandelay". Huit minutes de bravoure, hymne lyrique et grinçant où la trompette salvatrice éclaircit le chaos et vous transporte vers des sommets. Si vous n'avez pas peur des expériences pimentées, de sortir des sentiers battus, de vous sentir malmené et perdu (le fouet et les menottes ne sont pas fournis), ce "flow" comblera plus d'un mélomane exigeant!
SKX (23/01/2002)

FORSTELLA FORD/LIFE DETECTING COFFINS
" s/t " - Lp
Level Plane 01
Masses compactes, noueuses, striées de nerfs torsadés. Forstella Ford, au fil des ans et des enregistrements, s'enfoncent dans le chaotique, des plaintes s'élèvent. Manquant sans doute de personnalité, ils laissent leurs oreilles traînées à l'écoute des meneurs. Converge ne leur est sûrement pas étranger et s'inscrivent dans une lignée de groupes hardcore bien brutaux et torturés. Mais ils ne manquent pas de force de persuasion. Trois titres rondement menés, tout en contraste, en breaks, en déferlantes incessantes, cris et chuchotements. Pour Life Detecting Coffins, le diagnostic est le même. Dans un tout autre registre. Ici, on tape à la porte de Washington DC. La colère est plus diffuse et intériorisée. Ecole Dischord, Hoover, sans vouloir être réducteur. Deux titres qui s'étalent mais ne s'écrasent pas, aux rythmes répétitifs et mélodies insidieuses. Voix limite. Ca rappelle un tas de trucs. Dans la moyenne. Syndrome similaire pour ces deux groupes. Savoir transcender ses influences. A consommer chaud.
SKX (20/06/2001)



FRODUS
" and we washed our weapons into the sea " - Lp
Day After 01
Il est grand temps de s'intéresser à cet album. Avant que le squelette de Frodus ne devienne que poussière. Déjà plus d'un an que 5ème album a vu le jour, le dernier à tout jamais de ce trio américain disparu dans la foulée. Un groupe qui est resté ma foi relativement dans la pénombre et qui n'a pas reçu le succès mérité, rapport à leur forte et bouillonnante créativité. La faute sans doute à leur musique hybride, qui ne collait jamais dans une petite case bien rangée, bien pratique. Frodus, touche à tout, gamins curieux s'essayant à l'emo, pinçant pour une noise furieuse et décalée, sensible aux sirènes pop. Bref, un rock jouissif et sans frontières. Et si leur précédent et excellent album "conglomerate internationale" se faisait l'écho d'une unité musicale noise-rock plus poussée, Frodus revient (revenait) à leurs multiples personnalités. Ces 11 titres résument toute leur carrière. A l'image du 2ème morceau "the earth isn't humming". Ca part sur une mélodie vocale très chantée et pop avant qu'un rythme bourdonnant, dur et répétitif ne déboule et que l'eau et le feu ne se mélange sur la fin. Un groupe schizophrénique à deux chanteurs, autant de façon de procéder entre chant calme, posé et un chant rageur et fort en gueule. La musique suit les sautes d'humeur. Entre pop-rock décalé et noise-hardcore sombre et malin. Du coup, on n'accroche pas partout mais étrangement, tout ce bordel se tient et cet album où rien ne se ressemble vous garde en éveil jusqu'à la lie. Rendez leur hommage, même posthume et si les médias ne servent à rien, à ce groupe iconoclaste à découvrir. (un double CD avec leurs premiers enregistrements est prévu pour 2002...).
SKX (11/12/2001)
FUEHLER
" s/t " - CD
Dephine Knormal / Amanita records 96/99
Un peu de temps est passé. 3 années avant qu'Amanita ne ressorte de l'oubli cette odyssée incontournable. Et pourtant contournée de toutes parts! Un joyau qu'il faut libérer de la masse, bien dégager sur les cotés et le prendre de face, bouche bée. FUEHLER, trio suisse, inclassable. Et incassable. Une musique (toute instrumentale) fondé comme un bloc et pourtant si diversifiée. L'étrange paradoxe de Fuehler.... Tout en contraste. Musique fragile et orgueilleuse. Sobre et riche dans la palette d'émotions proposées. Accessible et déroutante. Des virtuoses qui n'en rajoutent jamais. Tout se complique en quelques structures, redevient limpide et calme. Un quelquechose de solennel. Un son ample, très ample et puissant. Un trio à la conception rock (guitare-basse-batterie, on n'a jamais rien fait de mieux depuis!), universel et grandiose. Vous l'aurez compris, le genre de groupe à la personnalité forte, spécimen rare, seulement proche dans l'esprit de groupes aussi marqués que leurs compatriotes d'Alboth!, Young Gods ou encore Bästard. Franchement, quelque soit la musique que vous écoutez, procurez vous cet album!!!!
SKX (26/11/1999)


FUGAZI
" the argument " - CD
Dischord 01
Le nouveau Fugazi est de sortie. Et alors?! Autant d'indifférence, voire de rejet pour un groupe qui vous a tant donner et mis en transe me fait frissonner. Mais l'amère constat est là. Fugazi ne signifie plus grand chose. Sinon un passé flamboyant et lointain. Un groupe qui n'a pas su, comme tant d'autres, s'arrêter à temps. Depuis trois albums, Fugazi se cherche une nouvelle identité musicale. Une route qui les mènerai vers d'autres horizons où ils ne s'entendraient plus seriner que Fugazi fait toujours du Fugazi. Pour le coup, c'est gagner! Mais en guise de nouvel El dorado, ils se sont cognés une impasse, empêtrés dans un grillage obscur qui ne cesse de les accompagner sur leurs pochettes. Leur musique tourne à vide, sans impulsion, sans âme. Le nerf à l'abandon, des rythmes dilués à l'eau et des mélodies pâlichonnes. Fugazi a freiné la mesure, tenté d'enrichir sa palette instrumentale par des pianos, violons, percussions. Il en ressort un calme plat. Avec des passages qui font hurler comme cet affreux refrain standardisé sur "full disclosure". On connaît nombres de groupes qui savent créer une tension sous-jacente, une vraie tension prête à déraper à tous moments. Cet "Argument" ne propose rien de tout ça. Un flagrant manque d'inspiration. A peine peut-on sauver deux, trois morceaux honnêtes comme "life and live" et son rythme intéressant ou encore "oh" et "argument", le titre de fin, écoutable de bout en bout. Le reste ferait bouillir aucune marmite pop digne de ce nom. Il existe dans ce genre tellement mieux. Un terrain musical que Fugazi ne maîtrise pas. Si ce n'était Fugazi inscrit sur la pochette, ce disque ne serait jamais sorti de la masse informe où baigne tant de groupes incolores. Vouloir évoluer c'est bien. Reconnaître que tout est dit et savoir tirer sa révérence, c'est encore mieux.
SKX (17/01/2002)
FUNERAL DINER
" difference of potential " - CD
Ape Not Must Kill Ape 02
Cette ode électrique est toute sauf un dîner funéraire. Ce mets dernier qu'on nous promet avant la grande culbute en déridera plus d'un. Une explosion de sentiments, c'est pas tous les jours Noël au balcon certes, de la rage et de l'exubérance, de la frustration qui prédomine, mais ce premier véritable album (après toute une série de split lps) vous enverra paître un Grecque ! La cigarette du condamné se mérite. Funeral Diner crie sur toutes les hauteurs, se laissera pas prendre vivant, mourra la gueule bien ouverte, le sourire aux lèvres, content de son coup et de toute l'énergie déployée. Avec un ex-Portraits of Past, ne cherchez pas plus loin la référence. Donc qui dit Portraits of Past dit, pour prendre récent, Yage. Mais pas seulement. Et c'est là que cet album prend toute son ampleur. Car la production est pleine et chatoyante. Un lyrisme et des débordements qui tordent les boyaux et là, c'est Envy qui s'invite à table. Alors forcément, on ne bataille plus dans la même catégorie. Des têtes tombent. On s'attendait à un album emo-screamo-hardcore de plus et on se retrouve avec une pièce maîtresse, un morceau de premier choix. Le truc qui vous prend aux tripes, vous met à genoux, vous épuise. Je garde tout et ne vomirais rien. Fusion dans le diamant.
SKX (30/01/2003)

FUNERAL DINNER/STAIRCASE
" the world of forms " - split Lp
Ape must not kill ape / Ebullition 01
Les formes sont connues. Et les deux cotés de la face se ressemblent fortement. Un split album d'une cohérence limpide. Ne pas s'attendre ici à une révélation qui chamboule le paysage musical. Funeral Dinner, avec un (voir plusieurs ?) membres de Portraits of Past fait du Portraits of Past. Point barre. Jusqu'à reprendre un de leur morceau "journeyman". Le message est clair. Alors si vous ne vous consolez pas de la fin de Policy of 3 et donc de Portraits of Past, que Yage et Yaphet Kotto rythment vos vaisselles, alors séchez vos larmes avec Funeral Dinner, l'héritage est entre de bonnes mains. Leur emo-core véhément et écorché connaît le jeu et abat ses cartes, sur de soi. Avec le sample en deuxième voix et carte joker. Avec Staircase, on pourrait reprendre les mêmes termes, réécrire à l'identique les phrases ci-dessus. Sauf que tout est - un poil - en dessous. Tout pareil, mais juste en moins bien. Ce qui les rend commun à toute une légion de groupes similaires. Le fossé est très mince camarade! Mais ça reste fait avec suffisamment de doigté pour ne pas rendre ce disque bancal. Cohérent vous disais-je....
SKX (18/12/2001)

The Fiction
I told her that i like living in a box - CD
Level Plane 2004

Une analyse froide des données donnent à peu près ça : The Fiction, trio new-yorkais, screamo rock moderne, typique d'une certaine idée qu'on peut se faire du son de Level Plane records. Un premier album après un 12'' sur le même label. Onze titres qui se tiennent. Des vocaux qui se complètent. Une saine énergie, tour à tour débridée et canalisée. Bon, je fais court car le problème, c'est que j'ai l'impression d'avoir écrit ça des dizaines de fois. Tous les
fans de, en gros, Off Minor à Yage, s'y retrouveront. Est-ce que ça nous donne pour autant un album digne d'intérêt?! Des groupes comme ça, ils en existent des ribambelles et des deux cotés de l'Atlantique. Ce style musical est archi représenté maintenant et peu de groupes ressortent du lot. Ou alors il faut une maîtrise du songwriting largement au-dessus de la moyenne et The Fiction ne l'a pas. Musique honnête mais ennuyeuse après une écoute. On aurait pu se divertir avec leur reprise en dernier morceau du "Ceremony" écrit à l'origine par Joy
Division et popularisé par New Order. Sauf que cette reprise est super studieuse, voir laborieuse. Un vrai groupe de jeunes le 21 juin sur la place du village! The Fiction paieraient-ils pour les autres...? Il se pourrait! En attendant, une sortie quelconque de Level Plane dont la présence s'explique peut-être par le fait qu'un ancien membre de Saetia y figure... Copinage, copinage....
Personnellement, je les laisserai volontiers vivre dans leur boite. Leur silence ne me manquera pas.

SKX (12/10/2004)
website groupe www.level-plane.com/precisionauto/index.html
website label www.level-plane.com
sounds BadForGlass.mp3

Flössin
Lead Singer - CD
Ache 2004

Ne cherchez pas de chanteur chez Flössin. Ce titre d'album est une boutade. Pas la queue d'un bout de chanteur principal ici. Flössin est la réunion improvisée, lors d'une longue nuit d'hiver fin 2003, entre Christopher Willits (chef improvisateur qui se distingue par de nombreux projets entre lui, sa guitare et un ordinateur mais qui demande encore à être connu), Miguel Depedro, alias Kid 606, roi de la joute électronique derrière ses habituelles platines et Zach Hill, le batteur fou de Hella. Autant dire que la partie s'annonce serrée. Et abrupte. La tête dans un mixeur, vous avez déjà essayé ? Hill joue comme il en a l'habitude lors des concerts de Hella. Seul contre le monde, sourd aux injections de ses partenaires. Il se calme uniquement pour mieux reprendre son souffle. Une fois compris ça, les deux autres tapissent de milles bruits qui n'ont rien d'agréable à l'oreille. Malgré quelques passages ambiants où tout le monde se regarde en chien de faïence, c'est le déluge, entre les bruits de machines, les sons organiques, les manipulations de guitare, ce batteur qui finira bien un jour par y laisser sa peau. Extrêmement free. Je ne sais pas ce qu'en pensent les auteurs mais c'est pour le moins rude et un peu n'importe quoi. Je ne suis pas sûr de pouvoir écouter encore une fois ce disque. Ou alors appelez le Samu.

SKX (28/08/04)
website groupe www.overlap.org/flossin.html | www.christopherwillits.com
website label www.acherecords.com
sounds www.acherecords.com

The Flying Luttenbachers
Systems Emerge from Complete Disorder - CD
ugExplode/Troubleman 2003

Il est grand temps de chroniquer ce disque puisqu' un nouveau, The Void, est prévu pour octobre prochain! C'est que le père Weasel Walter est très prolifique. Il a l'habitude de s'entourer de musiciens différents pour chaque album. Là, il fait tout, tout seul. Très vite. Ce mec va se ruiner la santé. L'impression de cyclone auditif est toujours présent. Quelque soit le disque de The Flying Luttenbachers. Ce n'est qu'après plusieurs écoutes que les différentes couches apparaissent, que les choses se mettent en place. Musique " free ", qui subit une lecture radicale rock au sens large. Le traitement reste identique sur le fond. Les éléments à l'intérieur évoluent. Il apparaît cette fois-ci que Walter se soit plus penché sur les synthés, le beep-beep cinglé et tous les effets retors qu'il pouvait en tirer en bon pervers qu'il est. Et une tendance à se jeter à corps perdus sur la guitare et nous asséner des passages de soli de guitare qui vrillent la tête, avec toujours par derrière, cette rythmique pulsatoire et hypnotique. Un boulimique qui ne crache sur aucun instrument, même l'électronique, du moment que l'on puisse en tirer les pires extrémités. S'effaçant même, lui le batteur chevronné, devant une boite à rythme à certains moments d'égarement. Weasel Walter compose des pièces à l'immense fracture, déchiquetées et habitées par une folie communicative. Où tout s'entrechoque. Le péplum est pour la fin. " Rise of the iridescent behemot ". Vingt minutes dans les entrailles de la bête où piano hurlant, guitare maladive, rythmes cassés, saxo et effets multiples s'enivrent, se montent la tête, perdent les pédales, course contre la mort qui finit forcément dans le ravin. Un album qui se situe quelque part entre les très difficilement audibles " the truth is a fucking lie " et " trauma " et le précédent et grandissime" infection and decline ". Une créativité domptée à bout de nerf, dans la tourmente mais domptée quand même. Walter est un chef. Le chef de la destruction des masses. Si tout ce monde de la musique improvisée/no wave vous fait peur, l'antidote Flying Luttenbachers est conseillée. Une antidote spéciale certes de la part d'un médecin qui aurait brisé son serment d'Hypocrate depuis longtemps. Mais qui n'a pas son pareil pour faire avaler la pilule et réconcilier sur le bûcher tous les petits mondes éparpillés des musiques extrêmes. Encore un énorme album.

SKX (28/09/2004)
website groupe nowave.pair.com/luttenbachers/index.html
website label www.troublemanunlimited.com
sounds rise_of_the_iridescent_behemoth.mp3

Funeral Diner
The Underdark - CD
Alone 2005

Funeral Diner se met une nouvelle fois à table. Ce groupe californien n'arrête pas de multiplier les enregistrements, ça bouillonne là-haut, faut que ça sorte ! Funeral Diner ne craint pas l'essoufflement, continue de jouer ceux qu'ils savent faire le mieux, à savoir un screamo-hardcore mélodique, tout en essayant de poser de nouveaux jalons. Cet album met du temps à démarrer mais faut se dire qu'il ne démarrera jamais vraiment… Funeral Diner accentue le coté mélodique de son hardcore au détriment de la face chaotique. Les morceaux de plus en plus longs délivrent des passages tranquilles plus qu'à l'accoutumée. Ca gratouille sans se presser, installe un climat onirique, avant les classiques explosions, les accès de rage contenue. Des morceaux pensés et construits, un album conçu comme un tout. En cela, le disque est très agréable et par les soleils qui courent, c'est presque aussi rafraîchissant qu'une mousse bien onctueuse (merci la comparaison). De là à se laisser aller à une petite farniente… Funeral Diner perd en route de la force et des plumes, à moins que ce soit tout simplement un style de musique qui commence à… s'essouffler (Ah bin tient on y revient finalement !) et qui ne me touche plus autant que par le passé. Un disque séduisant mais qui ne me remue pas grand-chose.

SKX (27/06/2005)
website groupe www.funeraldiner.com
website label www.alonerecords.com
sounds twohouses.mp3

Geoff Farina, Luther Gray, Dan Littleton
New Salt - CD
Xeng 2005

Geoff Farina, c'est le mec de Karate. J'ai jamais bien compris pourquoi il y a toujours eu un tel engouement autour de ce groupe imbuvable et chiant comme la mort. Mais bon c'est pas la première fois qu'un truc m'échappe. Mais son nouveau projet, je l'ai abordé avec des pincettes… Après avoir joué sur plusieurs musiques de films muets pendant des festivals européens, Farina a décidé de mettre tout ça sur bandes avec l'aide de Dan Littleton (Ida et guitariste aussi de Tara Jane O'Neil) et Luther Gray, batteur jazz. J'ai bien fait de sortir les pincettes… Geoff Farina touche sûrement à la guitare (plus que moi) mais il se touche surtout (moins que moi) et ces soli à n'en plus finir sont aussi insupportables que dans Karate. Entre impros jazzy où il y en a surtout que pour la guitare et passages plus ambiants tout indolent, ces sept morceaux sont d'un mortel ennui et je reste poli. Encore un disque qui va pas me réconcilier avec le père Farina.

SKX (27/11/2005)
website groupe www.geofffarina.com
website label xeng.org

Fax Arcana
The ritual in routine - 12''
Alone 2004

Fax Arcana est un nouveau groupe avec une ribambelle de ex-quelquechose accrochée à leurs basques (notamment un Usurpe Synapse et un mec qui joue toujours avec Rapider Than Horsepower). Dans " ritual in routine ", il ya routine. Et on peut pas dire qu'à la première écoute, ce six titres vous sautent à la gueule. L'impression d'avoir entendu ça mille fois. Il faut remettre l'ouvrage plusieurs fois pour apprécier les mélodies. Malgré le CV des mecs, on navigue plus dans un rock à la Chokebore, voir Unwound avec une musique sans agressivité, où les refrains sont soignés et un chanteur qui agace autant qu'il peut séduire. Ce chant n'a rien d'un cri rageur ou d'une incompréhension gutturale. C'est un chant tout ce qui ya de plus mélodieux et intelligible. Pour ma part, il me fait penser à ce vieux groupe anglais à la fin des années 80, Family Cat, un vieux chat de gouttière qui n'a connu que la misère, mais allez savoir pourquoi, je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement. Un groupe en porte à faux, à la croisée de multiples chemins, entre leur passé agité et hardcore et un rock indie gentillet. Un consensus mou qui n'est pas une raison suffisante pour les bouder. La musique est agréable en faisant la vaisselle mais elle sait aussi être insipide et passe partout.

SKX (20/02/2005)
website groupe www.faxarcana.com
website label www.alonerecords.com
sounds operator.mp3

Femme Fatale
From the abundance of the heart, the mouth speaks - CD
Last Gang 2005

Jesse Keeler. Après la déception du premier album de son autre groupe Death From above 1979, je me disais bien innocemment que son projet solo Femme Fatale aurait largement rectifié le tir. Deux mini-albums à son actif déjà. Le présent disque aussi court. Le Canadien est pressé. Et si, globalement, la Femme Fatale prend le dessus sur la Mort au-delà, ça reste crispant. Une débauche d'énergie, l'agression des sens et des rythmes, autant d'éléments qui plaisent. L'écoute est agréable et il est facile de se laisser entraîner vers ses sales bas-fonds. Mais les gros sabots sont un peu de sortie. Une approche hard-rock seventies dans certaines parties de guitares (" into dust "). Un refrain au vocodeur sur " Party Tonight " qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Et ta mère en short. Ya comme un truc qui me gène. Ca défouraille bien et en même temps, tout ça sonne vain. Un single deux titres aurait largement suffit.

SKX (10/04/05)
website label www.lastgangrecords.com

The Flying Luttenbachers
The Void - LP
Troubleman 2004

The Flying Luttenbachers ne cesse de se déverser dans nos vies trop vides. Répandre son venin. Qui n'est pas que musical. " Enregistré sous l'occupation Républicaine illégale du gouvernement américain ". The Flying Luttenbachers a toujours été un groupe sans parole. Une phrase assassine parmi d'autres au dos de la pochette peut en dire autant que de longs discours. Pour ce huitième album (sans compter les albums live), Weasel Walter, le gourou du groupe, s'est entouré du beau Ed Rodriguez (Colossamite, Gorge Trio, Iceburn) à la guitare et d'un certain Mike Green à la basse. Un format binairement rock pour un album qui, en langage Luttenbachers, sonne rock également dans le format. C'est pas demain que cette musique servira de bande-son aux choristes, je vous rassure. Entendez par là que, contrairement à des albums foutrement plus (d)écervelés et incompréhensibles, The Void garde une ossature plus lisible. Découpé en sept parties, The Void est une longue décharge empoisonnée, un tir en rafale à jet discontinu. Ca trépigne, la guitare crispe toutes les tensions mais la structure générale est comme une longue fuite en avant devant la connerie de leurs compatriotes au lieu d'un échafaudage habituel beaucoup plus éclaté. Le propos est virulent mais les moyens pour y parvenir se font sans esbroufes, à la seule force du poignet. Un coup de gueule colossal et primaire. Le jeu de Rodriguez tout en avalanche de notes et de cordes prêtes à explosées s'accorde à merveille avec le jeu frénétique de Walter pendant que la basse sonne le gong, magistrale, le phare dans la tempête. Le trio s'accorde même quelques moments de béatitudes mélodiques comme ce somptueux passage de guitare sur la partie quatre. Avec The Flying Luttenbachers, on vous sert rarement le bruit pour le simple plaisir nihiliste du bruit. Tout est pensé et maîtrisé avec la fougue d'étalons en colère contre les forces du Mal. The Void, nouvelle pièce maîtresse de The Flying Luttenbachers. Mine de rien, Weasel Walter se bâtit une œuvre monumentale. Il serait grand temps de célébrer à sa juste valeur cet apôtre de la folie ordinaire.

SKX (20/02/2005)
website groupe nowave.pair.com/luttenbachers
website label www.troublemanunlimited.com
sounds www.myspace.com/theflyingluttenbachers

Fœtus
Love - CD
Birdman 2005

Il faut s'appeler Jim Thirwell, alias Fœtus, pour faire un album centré autour de la thématique du… clavecin ! Aussi attractif qu'une chorale de jeunes enfants bénis à l'eau de cureton, cet instrument d'un autre âge n'est pas l'apanage du rock et il me faut bien des absences pour avaler ce son si particulier où chemise à jabot et perruque en chute royale à petits pas sur les pointes défilent à ma vue à chaque note. Mais Fœtus est passé maître dans l'art de marier les ambiances et instruments bigarrés depuis belles lurettes, associer un univers urbain chargé en particules nocives et des sonorités de grand-mère. En même temps, quand je dis clavecin, c'est loin d'être le centre du monde de Fœtus et autour de son nombril, moult tracasseries auditives interfèrent, prennent le dessus. Un violon qui virevolte comme une mouche, une harpe qui s'épanche en douce. Ah il est fort, très fort, manque plus qu'une flûte de pan et c'est la totale ! Fœtus possède toujours ce sens de la symphonie halluciné, le baroque au service du rock, envoyez les trompettes, sonnez piano, faites valser sur " Times marches on ", rythmes de charge en avant. Les années passent et il ne perd pas la main. Mais c'est l'album de l'amour et " Love " recèle aussi des trésors de blues des villes, des ballades où une belle se réveille à la voix, des ballades en apesanteur où l'orchestration met la pédale douce comme le magnifique " Pareidolia ". Après cinq années de silence, Fœtus revient comme à l'accoutumée. Sa recette est connue mais il la distille toujours avec plus ou moins de bonheur. Même si ce pionner de la musique industrielle joue désormais plus dans la cour rock, qu'il ravit plus les fans de Nine Inch Nails en mal de crédibilité que les puristes de la musique pure et dure, Fœtus, au-delà de ses excès, continue d'œuvrer dans le bon sens, juste heureux d'être toujours là après quinze ans de service et quarante douze mille disques. On a connu des vieux croûtons plus à plaindre.

SKX (14/05/2005)
website groupe www.foetus.org
website label www.birdmanrecords.com

Fucoustic
Plays Fugazi - CD
Ugly Tree 2005

Un groupe reprenant uniquement, je dis bien uniquement, des chansons de Fugazi. En voilà une idée bien saugrenue. Les groupes de reprises sont rarement pris au sérieux. Et ne se consacrer qu'à cet exercice… Fucoustic est un duo autrichien et leurs reprises sentent bon l'acoustique. J'en vois déjà sourire dans le fond. Deux guitares electro-acoustique, celles de Daniel Amann et Andi Gantner, leurs voix se confondent, les cordes se superposent, le silence suspendu. L'aide d'un violon sur trois titres. Un dépouillement qui marche. Là déjà on rigole moins. Ces treize reprises, toutes périodes confondues, sont assez bluffantes. Même Ian Mackaye s'y est laissé prendre et a donné son aval sans la moindre hésitation. On reconnaît sans difficulté les mélodies, la trame est toujours proche mais ce minimalisme donne une seconde jeunesse, une lecture nouvelle de morceaux que l'on croyait intouchables. Shut the door, Argument, Long division, Blueprint, autant d'indéboulonnables qui gagnent en mélancolie, une redécouverte de mélodies puissantes qui, débarrasser de toute électricité, amplification et rythmes, se mettent à nue sous le coup de poignet d'une réinterprétation très fine et juste. Ca fait un peu Fugazi unplugged. Les fans du groupe de Washington DC ne pourront passer à coté. Ca donne surtout envie de se replonger dans tous les originaux et ce n'est pas le moindre du tour de passe-passe réalisé par ce duo atypique.

SKX (26/06/2005)
website groupe www.fucoustic.com
website label www.uglytreerecords.com
sounds cashout.mp3

Fitness
Neurosenrodeo - CD
A3nalin 2006

Fitness ne fait pas dans l'allégé. Un trio de Cologne qui donne dans le solide, le carré avec suffisamment de souplesse dans les angles pour s'asseoir correctement sans avoir mal au fondement. Rythmiquement implacable, basse dédiée à Shellac, batterie qui cogne sans fioriture, interventions de guitare à brûle pourpoint, incisives, chant en allemand pour l'exotisme. Fitness propose 12 morceaux de très grande maîtrise noise-rock, voire d'essence rock'n'roll juteuse, d'une vélocité indéboulonnable, d'alternance mesurée entre rudesse et arpèges célestes, riffs plombés et instrumentaux rasés de près, pimenté d'un soupçon de chaleur. Les ingrédients sont connus, vous connaissez le refrain mais ce premier album passe comme une lettre à la poste. Le timbre est offert. Fitness ne vous rendra pas plus fin, juste un peu plus sourd.

SKX (24/06/2006)
website groupe www.fitness-rockcenter.de
website label www.a3nalin.de
sounds www.fitness-rockcenter.de

The Flying Luttenbachers
Cataclysm - CD
UgExplode 2006

Un cataclysme ! Un beau, un fabuleux ! Que le ciel me tombe sur la tête ! Je croyais avoir tout entendu avec The Flying Luttenbachers… Pensez, le 16ème album en dix ans de carrière. Il va bien avoir un moment où le maitre des lieux, Weasel Walter, va flancher… On se dit ça à chaque album et puis non, il arrive à se surpasser, à faire du Flying tout en faisant bouger la bête. En tout cas, ça sera pas pour ce coup ci car là, c'est le meilleur du meilleur, de l'impensable, du dingue qui scotche au sol. J'en connais des réticents à la grande messe des Flying Luttenbachers, des qui n'aiment pas en prendre plein la tête, qui pensent que tout ça n'est que du bruit, pire de la branlette bien casse-couilles comme il faut. Mais là, c'est pas possible, c'est pas humain de penser ça. Si vous êtes allergiques au monde des Flying, on pouvait déjà vous conseiller les albums Revenge et Infection & Decline, histoire de commencer dans le soft (avec huit paires de guillemets). Vous pourrez désormais vous essayer à ce Cataclysm. Il les bat tous, à plate couture. Weasel Walter est toujours accompagné de Ed Rodriguez et Mike Barr aux guitares (comme pour le dernier EP Spectral Warrior mythos volume one) avec Mike Green à la basse (déjà présent sur l'album The Void) et la symbiose est plus que parfaite. Ya toujours pas de concession, ça reste violent et intense mais cet album est parcouru d'un souffle inconnu jusque là. Un moule noise-rock, passée à la moulinette Flying, certes, mais rythmiquement très fort (écoutez moi la fin du premier morceau qui donne son nom à l'album, un mouvement répétitif d'une rare urgence), comme le meilleur de tous les groupes noise-rock, genre Dazzling Killmen mais revue, corrigé et accéléré par Weasel Walter qui compose tout comme d'habitude. Tout là dedans est au taquet, épique, incroyable d'intensité, démoniaque. Un déluge de notes, de riffs assassins, un duo de guitares qui va chercher au plus profond de leurs tripes, qui n'en fait jamais trop. Vous avez comme ça six premières compositions qui défilent devant vous sans jamais frôler l'overdose, le groupe faisant attention à ménager quelques ralentissements comme sur Insectoid Horror, le ton général se faisant plus lourd que rapide. Mais il faut attendre le septième morceau pour avoir une vraie plage de repos. On connaît l'amour de Walter pour les compositeurs de la trempe de Iannis Xenakis, Pierre Boulez ou Stravinsky. Là, c'est Olivier Messiaen, compositeur français (1908-1992) qui passe dans le broyeur Luttenbachers avec une reprise d'un thème de pièce nommée L'Ascension. Neuf minutes où l'on pense à tout instant que ça va bien finir par exploser. Mais non, le respect va jusqu'au bout. On reste toujours au bord du précipice sans jamais tomber. C'est sans doute pour mieux vous manger mon enfant dans un final titré Regime part 1 & 2. Un quart d'heure étourdissant. Ils nous font la totale. Une ultime ascension où tout leur talent et un peu de leurs couilles y passent. Ca devient pas possible. On a envie d'ouvrir les fenetres, d'hurler tellement ils arrivent à maintenir une pression énorme pendant une telle durée, changeant de rythmes, de thèmes tout en gardant une putain de cohésion. C'est énorme. J'ai beau me le repasser en boucle (hé oui Maitresse, j'aime ça), je n'arrive pas à m'en lasser. Weasel Walter est de la trempe de ces compositeurs qu'il chérit tant. Dans la catégorie punk indécrotable, fou furieux visionnaire, que dis-je, un type hors-catégorie qui va bien au-delà de tous clivages et clichés et vous feriez bien d'en faire de même avec ce groupe car pas de doute, c'est aussi un grand, un très grand, qui se construit une œuvre magistrale. Cataclysm, c'est tout simplement la meilleure chose qui soit arriver au monde musical cette année.

SKX (17/09/2006)
website groupe nowave.pair.com/luttenbachers

The Flying Luttenbachers
Spectral warrior mythos volume one - CDEP
ugExplode 2006

Weasel Walter encore et toujours, trimballant sa bête mutante. Un album déguisé en format court. Huit titres quand même pour vingt bonnes minutes vrillantes. Ed Rodriguez continue de l'accompagner avec l'aide cette fois ci du volubile guitariste Mick Barr (le dingue qui se cache derrière Orthrelm) qui, comme Rodriguez le magnifique, tâte de la guitare bien sûr et de la basse. La santé mentale de Flying Luttenbachers avec un tel loustic ne va pas aller en s'améliorant. Et pourtant, on se surprend à trouver ce disque tout à fait audible. Pour du Flying évidemment. Le trio enchaîne dans la continuité de son album précédent The Void. Compréhension de surface. Un bon trio rock des familles, pas d'entourloupes mais joué à mille à l'heure. Déluge de notes. Répéter le même accord. D'accord. Le faire tourner en bourrique. Echafauder des ossatures qui s'élèvent dans le chaos. Et une fois là haut, planer, se faire peur dans des tourbillons soudains, reprendre les courants ascendants et se péter la lune en tout bien tout honneur. Des free-rockers en liberté totale mais dans les règles de l'art. Les deux guitaristes démontrent toute leur virtuosité à enchainer les arpèges dans les aigues, à dialoguer comme des sourds, échanger des phrases osées en langage codé, des grandes dithyrambes ponctuées de prises de bec et de points sur les i. Et par derrière, l'esprit punk retord de Walter pour découper tout ça au chalumeau et engendrer des rafales de batterie. Encore un coup gagnant, que dis-je, un ace, direct dans la tronche, avec les remerciements des grands Flying Luttenbachers.

SKX (10/08/2006)
website groupe http://nowave.pair.com/luttenbachers

Fordamage
Fordamage - CD
Kythibong 2006

Ca commence à burne. Titre du morceau d'ouverture révélateur de l'état d'esprit de ces jeunes fougueux nantais. Un groupe noise-rock, un vrai, comme on en avait pas entendu au sud de la Loire depuis belles lurettes ! Du genre à pas se poser de question, à aller à l'encontre des problèmes sans baisser la tête, sans flirter vers un dangereux glissement post qui édulcorerait leur rock comme une tendance trop forte ces derniers temps. Malgré leurs jeunes ages, c'est élevé à la vieille école qu'ils déboulent, celle de la noise made in Albini et Jesus Lizard, voire une violence latente à la Big'N. Shellac reste l'influence la plus marquante. Flagrante sur certains passages (le début de Teckel et bien d'autres). Pas encombrante en général du fait de la structure du groupe avec le jeu des guitares au nombre de deux et son chant omniprésent, et vas-y que tout le monde pousse la mélopée à plein poumons, duel constant entre éructations masculines et féminines, se distinguant ainsi de la voix de son maître. Mais on sent que son ombre traîne dans le coin, bienveillante. Les coups de basse, les riffs de guitares tranchants, sec et percutant avec une bonne bourrasque d'énergie juvénile, du cousu main pour séduire les plus endurcis et les emmener valser ni vu ni connu, sans chercher à ergoter sur le reste. Car à y regarder de plus près, en tentant de garder son calme, on s'aperçoit que les compositions manquent encore d'ampleur et de consistance. A l'image de leur concert en première partie d'Unsane en mars dernier à Rennes, c'est efficace, c'est rentre-dedans, reste plus qu'à dégrossir le style, à polir la pierre brute pour récupérer des morceaux qui gagneraient en qualité avec des faits marquants dedans afin de proposer plus qu'une saine secouée.

SKX (25/07/2006)
website groupe www.fordamage.fr.fm
website label kythibong.free.fr
sounds blisters.mp3 | lucmonhamster.mp3 | touchmystrings.mp3

FT (The shadow government)
Guns of august - CD
Scenester Credentials 2005

FT (The shadow government), c'est un nouveau groupe sur la théorie du complot version américaine, Big Brother et la paranoïa d'un gouvernement on nous cache tout, on nous dit rien. Plus terre à terre, on retiendra surtout que c'est le nouveau projet d'ex-Ten Grand (Joel Anderson et Zach Action) depuis la disparition d'un de ces membres illustres, le regretté Matt Davis. Pour info, ces deux protagonistes ont monté un autre groupe avec le troisième Ten Grand restant (Bob Adams) et deux Forstella Ford. Le groupe s'appelle Tornavalanche. Zach et Bob ont également formé Early Risers avec le sax reconnaissable de Sweep the Leg Johnny. Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas. On vous dit tout. On ne vous cache rien. Nous. Revenons à nos moutons et ce groupe au nom louche comme une opération de barbouzes (connu aussi à leurs débuts sous le patronyme de Flaccid Trip). Ca commence par des gamins mettant en gardent contre ce régime américain qui nous ment et des samples sur cet album, il en est question régulièrement. Des interférences sur la bande passante, des ondes brouillées et des œufs cassés. Et au beau milieu, la résistance rock. Sa fougue, son allant, le son qui déchire. Un agencement audacieux entre interludes bruyants et morceaux parcourus d'électricité frétillante voir de pure électronique, ça crisse, ça déraille, ça dérange, surgit un cri, un appel au secours, rythmes machiniques ou un machin comme ça qui rendent inquiétante l'avancé des ombres. Quelque chose également de Ten Grand, les guitares tendues, cette musique noise racée, l'urgence et la colère dans la voix avec des compos comme House of no rope qui file la trique. Guns of august est un disque bourré de trouvailles, d'originalité dans l'architecture des morceaux. Si vous savez comment il part, vous ne savez jamais où ça va vous mener. Les changements de directions sont fréquents. Mais la force est avec FT (The shadow government). Il voit tout. Il surveille tout. Il contrôle tout. Dommage que je n'ai pas découvert ce disque plus tôt, il aurait sûrement fait parti des meilleurs albums de l'année passée.

SKX (23/02/06)
website groupe www.ten-grand.com/flaccidtrip | www.myspace.com/fttheshadowgovernment
website label www.geocities.com/mapashow
sounds www.hxcmp3.com/bands/5287/index.php

Fuck you is my name
Stay gold, falconass ! - LP
X-Mist / Meudiademorte 2006

Patchwork de vignettes pris sur le vif, sans amour propre et ma foi sympathique représentant le groupe et toute la smala en guise de pochette de bienvenue. Comme pour se faire pardonner du nom un peu rude qu'ils ont choisi comme blaze. Fuck you is my name ne sont donc pas si méchants qu'on l'eu cru. Des Allemands provocateurs mais pas trop. Des Allemands avec de l'humour (c'est rare mais ça existe) qui aiment bastonner et danser en deux pas deux mouvements pour valser dans l'air du temps. J'allais dire comme les premiers Robocop Kraus. Mais leur propension à distiller des mélodies n'est pas aussi forte. Trop punk pour les poppies. J'aurais bien tenté Eniac aussi, histoire de rester en territoire allemand. Mais pas assez barré et noise. Un premier album un peu bâtard, à la croisée des chemins. Des compositions pleines de ressort mais quand on creuse, c'est l'écho du vide. Des accroches pâlichones qui n'ont que leur énergie juvénile à mettre en exergue. Bref, si tout ça n'a rien de désagréable en soi, ça donne pas l'envie non plus d'y retourner. Nobody is my name.

SKX (22/11/2006)
website groupe www.fuckuismyname.de
website label www.x-mist.de | www.meudiademorte.de
sounds neverchangeawinninghorse.mp3 | wehavehadit,habit.mp3

Funeral Diner
The swept under - 10''
Lilac Sky / Audio is a War 2005

Funeral Diner est devenu par la force du temps une valeur étalon dans le domaine du hardcore émotionnel et rageur, remplaçant dans les cœurs les Portraits of Past et Yage. Leur précédent album The Underdark est encore chaud sur les platines que déjà ils nous sortent des fourneaux un nouveau quatre titres. Profitant de leur dernière tournée en Europe, ils fricotent avec les labels norvégiens Lilac Sky et Audio is a War pour parfaire leur soif de création. Les Californiens sont des boulimiques et tant que le robinet marche, les compos coulent, déversant leur lot habituel de frénésie et de passion. On aurait pu croire que ces bouts de disques sortis entre deux albums soient une occasion pour expérimenter de nouvelles choses, tenter le diable, surprendre mais que nenni, Funeral Diner sont des purs à cuire. Ils ne connaissent qu'une seule voie, un rien plus directe et brute que leur dernier opus mais les fans de chez fans ne seront pas déçus. Pour les autres, tout est permis.

SKX (02/01/06)
website groupe www.funeraldiner.com
website label www.lilacsky.com | www.audioisawar.com
sounds borneuponmyshield.mp3


Fake Cops
Absolutely Your Credit Is Excellent But In A Certain Way We Also Need Cash - CDEP Reluctant 2005
Thundertheft - CDEP
Reluctant 2006

Avec Fake Cops, ça sent pas l'arnaque. Des lumières clignotantes, du tapage, des courses poursuites, des coups de matraques derrière les oreilles, t'en auras pour ton argent de contribuable. Et de l'injustice aussi. A peine découvert, ce groupe canadien a splitté depuis de longs mois déjà. C'est ballot. Ces rois de la cavale auront laissé en héritage deux beaux petits bijoux certifiés conformes à une certaine idée qu'on se fait d'un rock taillé dans l'urgence et la fine dissonance. Ce n'est pas pour autant une perle rare mais Fake Cops le fait avec l'art et la manière. Dès son premier EP au nom à rallonge, Fake Cops impose un sens de l'écriture névrotique, roulant ses rythmes façon rock à la Hot Hot Heat et quelques pics mélodiques qui tirent les compos vers le haut. On retiendra surtout sur les cinq morceaux, le premier (Snake eyes) et le dernier (Roche aux fées), prémices d'une suite que l'on pouvait croire rassurante. Une suite et une fin qui auront lieu à l'automne dernier avec les sept titres de Thundertheft. Il n'y a pas que le titre qui est revenu à plus de concision. Tous les morceaux tapent dans le bas-ventre et les deux minutes. Série d'uppercut qui penche vers une version de Arab on Radar en plus rock'n'roll à l'énergie positive et un Alarma Man sans arrière pensé et pose inutile. Un coté dans ta face et des rythmes presque dansant sur les bords (mais vraiment sur les bords), entraînant et énergique toujours. Un quart d'heure à fond les ballons et d'excellente tenue. Tout ça aurait mérité que l'imposture continue mais les Canadiens ont tombé les masques.

SKX (19/08/2007)
website groupe www.fakecops.com
website label reluctantrecordings.com
sounds sir-youre-not-blowing.mp3

The Fantômas Melvins Big Band
Live In London 1st May 2006 - DVD
Ipecac recordings 2008

Un DVD ? Et pourquoi pas ? C'est qu'avec la saison froide qui approche à grands pas le gros pépère qui sommeille toujours en moi va bientôt finir par se réveiller de sa torpeur estivale : à nouveau des week-ends passés à rien foutre, coincé devant tel écran ou tel autre, occupé à cultiver une nouvelle couche de gras abdominal ou -ce qui n'est pas incompatible- s'adonner à la trinité des trois B, boire/bouffer/baiser, le programme parfait pour qui prétend vivre heureux en attendant l'imminente fin du monde contemporain. J'ai peur.
Ipecac se charge parfaitement d'occuper le terrain de notre oisiveté post moderne en publiant un DVD retranscrivant un concert du Fantômas Melvins Big Band enregistré à Londres le 1er avril 2006, soit la réunion sur une même scène de deux groupes aux styles antinomiques mais partageant quelques membres en commun, à savoir le bassiste Trevor Dunn (à l'époque) et bien sûr King Buzzo. On rajoute le guitariste/bidouilleur David Scott Stone -on me souffle dans mon oreille droite que ce binoclard dégingandé, en plus d'avoir assuré quelques parties de guitares sur l'album Here Come The Waterworks de Big Business, a participé à la fin de l'aventure Slug, il apparaîtrait sur l'album 3 Man Themes- et le line up est complet, attention mesdames et messieurs dans un instant ça va commencer.
Et donc oui ça commence par une énorme version de Sacrifice, Buzz et Mike Patton chantent à l'unisson tandis que les deux batteurs (Dave Lombardo et Dale Crover) frappent en rythme, c'est très impressionnant. Seule ombre au tableau, les incrustations de sous titres écrits dans la langue des adorateurs de l'Ordre du Temple Solaire et divers trucages video dont on a vraiment rien à foutre. Le principe d'un concert du Fantômas Melvins Big Band c'est que le groupe alterne titres des Melvins et titres de Fantômas. Alors que retentissent les premières notes de page 27, le montage devient tout à coup saccadé et hystérique, sûrement pour bien faire comprendre à gros pépère que là on vient de changer de registre et que c'est fini de se palucher sur du down tempo. Manque de chance -et c'était exactement la même chose pour le CD live Millennium Monsterwork de 2002- les compositions des Melvins écrasent tout le reste, même lorsque on aime Fantômas on est obligé d'admettre que les chansons et l'inéluctable attraction du riff qui emballe et du chorus qui met le nœud autour du paquet cadeau sont du côté de la bande de Buzz and C°.
Le concert suit donc son petit chemin, démonstration de cable amplifié de la part de David Scott Stone, un Trevor Dunn vraiment absent scéniquement, un Dave Lambardo époustouflant et un Dale Crover qui le lui rend bien, Mickey qui ironie suprême arbore un t-shirt Disneyland, des passages très bien, des longueurs (la reprise de Lowrider est d'un poussif), plusieurs réapparitions des effets video aussi ridicules qu'inutiles et un rappel obligatoire histoire de dire que l'on a fait un rappel. Le son de l'ensemble étant bon, ce Live In London est une occasion de collecter des versions intéressantes de chansons des Melvins mais, en guise de conclusion, c'est bien tout l'intérêt que l'on trouve à ce DVD : définitivement l'image tue la musique et y perd tout son intérêt… Vaste débat me souffle une petite voix, cette fois ci dans mon oreille gauche, car dans le cas d'images d'archive, relatives à une époque que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître, le DVD servirait à quelque chose. Soit… Et donc, pour ce qui est du Fantômas Melvins Big Band, on attendra encore quelques années pour (re)découvrir l'attrait historique, ou pas, d'un tel objet de consommation. En attendant retournons dans des salles de concerts pour voir et écouter des groupes en vrai et boire des coups. Demain est un autre jour.

Haz (12/09/2008)
website groupe
www.myspace.com/fantomasband | www.melvins.com
website label
www.ipecac.com

Fatal Flying Guilloteens
Quantum fucking - CD
French Kiss 2007

Fatal Flying Guilloteens débarquent de Houston, son déjà troisième album sous le bras et on ne m'avait rien dit ! Faut dire que les deux premiers sont sortis sur Estrus records, label féru de surf music et de garage rock et si ces deux albums sonnent comme ce Quantum fucking, Fatal Flying Guilloteens devaient être les vilains petits canards, le bouton noir sur le pif que French Kiss, le label du bassiste de Les Savy Fav, va se charger d'éclater et remettre dans le droit chemin. Car FFG tape dans le noise-rock abrasif et explosif, devant autant à Rye Coalition du début, celui qui rockait dur, qu'à Jesus Lizard et ses lignes de basses légendaires, voir les éructations désordonnées d'un Pissed Jeans et les virulences toujours digne d'un The Stnnng. Autant dire que vous avez là du solide, aussi dangereux que l'indique leur nom. Fatal Flying Guilloteens tranchent sec, débitent par petits morceaux douze compositions sanglantes et ne semblent éprouver aucun remords. Tout ça n'a rien de très original mais ils le font avec une telle débauche d'énergie et un tel sens de l'accroche qu'ils chamboulent tout sur leur passage. FFG enchaîne les perles comme Robespierre faisait tomber les têtes. A la chaîne, avec férocité mais pour le bonheur de tous. Il faut attendre le titre de clôture, Legion of serpents, pour voir FFG évoluer au-delà des six minutes dans un très beau déluge d'arpèges, une ligne de basse dont ils ont le secret et une tension pour une fois sous-jacente. A Fictitious Real Life Account of Young Love in the Streets, c'est le sous-titre de cet album. Avec un Quantum fucking (putain de quantique ?) en générique principal qui ne veut pas dire grand chose de plus, Fatal Flying Guilloteens montrent toute sa désinvolture de gars du Texas qui s'en fouttent de tout pourvu qu'il y ait de la baston et du sang.

SKX (05/02/2008)
website groupe
www.myspace.com/fatalflyingguilloteens
website label
www.frenchkissrecords.com

Fear Falls Burning / Nadja
Self-titled - CD
Conspiracy 2007

Franchement, je sais jamais quoi en faire de cette musique. Quand un gars spécialisé dans les nappes sonores avec moult effets de pédales rencontre un duo expert en nappes sonores avec moult effets de pédales, que voulez-vous qu'ils se racontent… Le gars tout seul, c'est Fear Falls Burning. Le duo, c'est Nadja (vous l'aurez deviner), un couple qui tâte aussi de la batterie, si on peut appeler batterie ce vague, très vague rythme lointain sortant difficilement du brouillard les semaines impaires. Moi, ça me raconte rien en tout cas. Quatre titres d'un quart d'heure chacun tout en pulsions cardiaques proche du néant. La bio (oui ça m'arrive de les lire) parle de morceaux épiques et dynamiques. ???? J'ai raté un épisode ou quoi ?! Ya rien. J'ai beau fouillé, je ne perçois que d'infimes variations avec un bruit d'unité centrale qui grésille mais encore, je dois confondre avec mon ordinateur qui se fait vieillissant. Croyez moi ou pas, j'ai fait l'effort d'écouter ce disque dans son in-té-gra-li-té. J'en vois qui ricane. C'est vrai, je mens. J'ai été au bout du fond de mes limites, mais j'ai zappé avant la fin de chaque morceau. Totalement sans intérêt. Comme cette chronique.

SKX (22/09/2007)
website groupe www.fearfallsburning.be | www.aidanbaker.org/nadja
website label www.conspiracyrecords.com

Ferocious Eagle
The Sea Anemone Inside of Me is Mighty - CD
54°40' or Fight 2007

Ce groupe a tout pour plaire. D'entrée de jeu, un a priori positif. Un label qui a fait ses preuves (31Knots, Sicbay, Caesura, The Conformists, Ring Cicada, etc…). Une formule guitare-guitare-batterie avec du chant qui sent bon le rock-noise vif comme on aime. Et la première écoute confirme. Des changements de rythmes à la pelle mais du frontal aussi. Des dissonances pour morceaux courts et de l'intensité bien placée. Des guitaristes au niveau technique certain mais qui ne la ramènent pas plus qua ça. Complexité et limpidité font bon ménage. Energie lapidaire et quelques accalmies mélodiques pour mieux la mettre en valeur. Entreprise de démolition en règle et sens du groove. Tour à tour chaotique, bordélique et éclairé. Bref si tout ce qui navigue entre Hella, The Stnnng et Polvo (pour les anciens), voir Pitchblende (pour les puristes) sur Something she said notamment, vous séduit, l'aigle féroce va vous apprivoiser. Et pourtant, cet album ne me plait pas plus que ça. Ce n'est pas que tout ça sonne vu et revu. C'est juste que l'émotion ne passe pas. Ils ne se débrouillent pas plus mal dans le genre que les voisins. On sait très bien que pour faire de la musique originale, il faut se lever de bonheur mais si on arrive à faire passer un feeling, une atmosphère qui prend, n'importe quel groupe peut prétendre à trouver sa place au soleil. Ferocious Eagle a beau enchaîné des plans irréprochables, à mettre du cœur à l'ouvrage, de la sueur et un sens du bordel conséquent, ce premier album a tendance à me passer dessus sans qu'aucune douleur, crispation, plaisir ne se manifestent. Leur folie, leur agitation semblent vaines. Un beau moment de routine.

SKX (15/12/2007)
website groupe www.myspace.com/ferociouseagle
website label www.fiftyfourfortyorfight.com


The Fitt
Hawk eyes - 7''
Big Neck 2008

The Fitt
Elastic pacafic
- 7''
Big Neck 2006

The Fitt
Bride of the monster /
It's the joker
- 7''
Deadfinger 2004

Les amis de mes amis ne sont pas toujours mes amis mais en l'occurrence, ces potes de Kim Phuc sont bienvenus à la maison ! Pittsburgh ne faillit pas à sa légende et accouche d'un énième groupe noise-rock qui aime le genre tornade blanche et bruyante. L' accouchement s'est fait par étape. Il aura fallu attendre le troisième rejeton pour prendre la pleine mesure de ce trio. Commençons donc par celui qui vient d'être démoulé tout chaud. Hawk eyes est un single gavé de six morceaux, trois par face, dont la durée ne donne pas le temps de s'asseoir qu'il faut déjà retourner la galette. Hawk eyes (le titre) ouvre les débats et c'est une pure bombasse, un adepte de la guerre éclair avec un son de panzer, une rythmique en piquée, le genre frappe qu'un coup et qui fait mal. En une bonne grosse minute et un riff qui latte sévère, The Fitt vous a déjà mis à genoux. Derrière, Scholar est un morceau d'école qui en remet une deuxième couche pendant que Visions vous achève impitoyablement. Il y a quelquechose de Tad là-dedans, repassé dans une moulinette noise, énorme, accélérée où tout est discernable malgré l'ampleur et la rapidité de l'attaque. La face B démarre par l'instrumental M80, faisant passer Keelhaul pour un groupe de majorettes. Gonna get it now poursuit le travail de sape mais sans étincelle particulière pour finir sur un morceau tout con tout bon. Rythmique purement Helmet, caisse claire bien appuyée, guitare alternance son claire / saturations, The Fitt desserre l'étreinte pour la première fois dans un tube dont le classicisme et la simplicité est à hauteur de la redoutable efficacité d'un titre qui porte bien son nom : Killer. Un single comme une bonne torgnole en aller-retour et dont le seul défaut est d'être trop court !
On remonte le fil du temps avec leur 2ème single quatre titres en 2006, toujours sur Big Neck, un label de Reston (Virginia) orienté habituellement garage-rock. Le tabouret supportait l'arrière-train d'un autre batteur. On pressent déjà la volonté de faire mal mais l'enregistrement (pourtant signé du même mec que sur Hawk Eyes) ne leur permet pas de faire saigner les oreilles. On se croit volontiers revenu au débuts des années 90, en période grunge avec des titres plus que rock que noise et avec des relents de Janitor Joe loin d'être désagréable. Impression encore plus vivace sur leur tout premier effort en 2004 et leur single photocopié, esthétique cheap et garage. Deux morceaux qui remontent carrément aux Bastards avant qu'ils ne deviennent Janitor Joe, sympathiques comme on dit dans les chaumières mais loin d'annoncer la foudre Hawk eyes. Un singles tous les deux ans. C'est pas la folie mais The Fitt semble sur de bons rails. De quoi finir en beauté par un : The Fitt, c'est le pied.

SKX (21/12/2008)
website groupe www.thefitt.com
website label www.bigneckrecords.com

The Flying Luttenbachers
Incarceration by abstraction - CD
Ugexplode 2007

Alors comme ça, Weasel Walter pratique l'infanticide et met fin à la vie de son propre bébé… Sa propre création, le genre qu'on croyait immortel et qui s'achève sans crier gare au bout de 16 ans d'activisme forcené. En cadeau d'adieu, huit dernières compositions écrites par le boss entre 2004 et 2007 et censés être exécutés avec ses acolytes Ed Rodriguez et Mike Barr. Malheureusement aucun des musiciens n'étaient en mesure de travailler pour le groupe. Ce sont les notes internes du CD et rédigés par WW qui le disent. Et si c'était ça l'erreur ? Croire que The Flying Luttenbachers était la chose de Walter alors qu'il a passé 16 années à tenter de constituer un groupe, trouver des musiciens adhérant à 100% au projet FL, qu'ils s'impliquent au même niveau que lui et que finalement, ce n'est pas un split avec lui-même (arrêtons les railleries) mais la fin d'un vrai groupe qui aura vu son membre le plus motivé jeter définitivement l'éponge, faute de trouver une équipe stable pour tourner et avancer.
Et question motivation, Weasel Walter en avait à revendre. Un boulimique de travail, un drogué de l'écriture et cet ultime album le prouve à nouveau. Le style Flying Luttenbachers, c'est d'en foutre partout. Un déluge de batterie, des notes de guitares en cascade, de la basse dans tous les recoins et si ça suffit pas, du cuivre plein les bronches avec un surplus de synthé entre les tranches. Et tout ça joué comme si ils avaient le feu au cul. Après, tout est histoire de dosage et d'intensité.
Vu que tout le monde l'a lâché, le père Walter se coltine encore une fois tous les instruments. Comme sur Systems Emerge from Complete Disorder en 2003. Et dès le morceau d'ouverture, on sent bien que va s'en prendre une nouvelle fois plein la tronche. Ca déboule de partout, la guitare est bavarde. Mike Barr a beau être absent, WW a lui aussi trois paires de bras et les doigts qui vont avec au bout. Ca ne change pas de la recette habituelle et on va pas s'en plaindre. Ce son spécial de guitare, ces rythmes orgiaques, même le synthé qui arrive miraculeusement à se faire entendre, tout me plait. Toute l'intensité, qui rajoute une couche, puis une autre et une autre encore, tout ce dédale dans lequel il essaye de nous perdre me convient parfaitement. J'aimerais vous sortir le mot juste pour vous expliquer tout l'impact de cette musique sur mes pauvres neurones, la rhétorique implacable pour vous faire aimer cette musique extrême. Pourquoi cette logorrhée auditive me ferait totalement braire chez d'autres groupes alors que là, ça me prend les tripes (pour rester poli) et que ça ne me lâche plus. C'est physique, j'y peux rien. C'est comme la tronche de certains qui ne vous revient pas. Sauf que là, c'est le contraire. Les soli de guitares ne sont pas des soli. Ce sont des barricades de barbelés qui prennent possession de vos résistances. Un tir de barrage parmi d'autres, qui se noient dans la masse, comme ce saxophone sur Electrocution. Cette bonne grosse basse qui résonne soudainement plus que d'habitude sur Medusa. Un amas de rythmes avec encore de folles inspirations de Walter à la batterie, son instrument fétiche et ça s'entend. Flying Luttenbachers sait mieux que quiconque comment mettre la pression et celle-ci est encore énorme. La seule erreur, c'est le dernier titre, le mal nommé The first Time (mais c'est fait exprès, l'homme est retors). Une compo avec chant masculin et féminin. Si au début, cette accalmie fait du bien (on a beau aimé ça, on en reste pas moins humain), se dire que, tiens, ça change un peu, de la surprise ne fait jamais de mal, on se crispe assez rapidement. Le morceau part sur des territoires seventies. Un des voix est trafiquée à l'hélium. L'effet est rigolo deux secondes mais ce n'est pas la meilleure façon de terminer son œuvre. Mais oublions.
Ce n'est pas pour joué les faux-culs de service, genre on ne tire pas sur un mort mais cet album est carrément excellent. Maintenant, vous pouvez lire un avis divergent du compère Haz sur son blog Heavy Mental (vous aurez ainsi l'avis pour et l'avis contre, comme quoi on entend bien ce qu'on veut) mais The Flying Luttenbachers s'offre une sortie par la grande porte.

SKX (27/01/2008)
website groupe + label nowave.pair.com/luttenbachers/index.html

FT (The Shadow Government)
The Black and white album - CD
Modern Radio 2007

On pourrait commencer comme ça et se la jouer hyper politique : It is becoming increasingly apparent to American citizens that government is no longer being conducted in accordance with the U.S. Constitution, or, within states, according to state constitutions. Bla bla bla et dire à la fin que ce qui tient de gouvernement s'appelle The Shadow Government. CQFD. Mais on s'en tape un peu de leurs discours à FT et de leur page chez Murdock où on peut trouver tout ces beaux discours... Nous, ce qu'on veut, c'est de la musique, se démâter le cou et oublier le reste. Deux ans plus tôt, ce groupe avec d'anciens Ten Grand et Forstella Ford et actuel Tornavalanche nous avaient servi un premier album dingue d'inventivité, mélangeant allègrement samples du Malin, électroniques et attitude rock. C'était avec une joie non feinte que je déballais l'enveloppe censée contenir un album qui n'allait plus me quitter pendant des jours et des jours. Un très beau digipack tout en noir et en écriture blanche et ça tombe bien, il s'appelle The Black and White. CQFD deuze. Je le sentais vraiment bien cet album. Plus que jamais. Ah, je sens que vous sentez que cet album sent mauvais ! Hélas, trois fois hélas, vous avez raison. Pas une odeur pestilentielle mais fade. Très décevant. Toujours un paquet de monde derrière ce collectif plutôt que groupe. Des batteurs à la pelle, au moins deux par compos, une section cuivre (c'est tout nouveau) sur trois titres, des keyboards, des samples toujours, de la manipulation de sons et un sound designer… Et c'est là que le bas blesse. La machine a pris le pas sur l'homme. L'habillage sonore a dominé la musique. Sur l'album précédent, tout ça était parfaitement intégré. Cette fois-ci, trop de morceaux qui ressemblent à des interludes sont présentés comme de véritables compositions et court-circuitent l'ensemble. Des pets électroniques censés créer une atmosphère inquiétante (attention Big Brother vous surveille), des brouillons de morceaux qu'on voudrait nous faire passer pour des plats principaux. Et quand ces Messieurs décident de rocker, c'est pour se mordre la queue. On y croit à deux, trois reprises, des réminiscences de Ten Grand (Momo eat the taxman), des tentatives de big-band quand trompette et trombone débarquent, des essais pour envoyer le bois sur Doubt at the shevel mais même dans tout ces cas là, ce n'est pas concluant et loin d'être touché par la grâce. Désolé les gars mais cette fois-ci, la sauce ne prend pas. Vous vous êtes égarés en chemin. J'attends toujours que quelquechose se passe. Et si finalement c'était bien la politique qui était devenue le plus intéressant chez FT (The Shadow Government) ?

SKX (19/11/2007)
website groupe www.myspace.com/fttheshadowgovernment
website label www.modern-radio.com | www.scenecred.com

Fucoustic
Folderol - CD
Frisin / Trost 2008

Je croyais naïvement que leur premier album de reprises de Fugazi était un délire de jeunesse, un hommage appuyé de fans transis et qu'ils passeraient bien vite à leurs propres compositions ou disparaîtraient une fois pour toute de la circulation. Trois ans plus tard, Fucoustic remet le couvercle. A l'identique. Que des reprises de Fugazi. Toujours du Fugazi. Encore du Fugazi. Et comme d'habitude, option tout acoustique comme l'indique l'habile contraction de leur nom (hohoho). Ah non, j'exagère. Une reprise de The Evens (Around the corner) s'est glissé dans le générique ! Mais derrière tout ces sarcasmes, il faut bien avouer une nouvelle fois que ce groupe autrichien atypique s'en tire avec les honneurs. Avec deux guitares acoustiques, leur chant qui se mélange et la présence d'un violoncelle beaucoup plus présent que sur le premier essai, Fucoustic tape dans l'ensemble du répertoire du groupe de Washington DC avec l'album In on the killtaker le mieux représenté (Instrument, Returning the screw, Rend it), suivi de End Hits (No surprise et Pink frosty) et Repeater (Merchandise, Turnover), remontant jusqu'à l'album Margin Walker avec la reprise la plus prenante, celle de Provisionnal et les cordes acoustiques attaquées énergiquement. Car pour le reste, ce sont de sages reprises, un son hyper nickel, morceaux très respectueux des originaux même si l'habillage est totalement différent. Idéal à l'apéro pour surprendre des amis branchés. Et j'ai bien peur que cet exercice ne dépasse pas ce stade de la curiosité, de la découverte amusée malgré toute la sincérité et le réel savoir-faire du groupe.

SKX (01/06/2008)
website groupe
fucoustic.objectis.net
website label
www.frisin.com | www.trost.at

Fun
Szklarska poreba - LP
If society 2004

Fun, la première fois, c'était lors d'une pérégrination avec les Moller-Plesset et Scalene en pleine extase hivernale à Leipzig en décembre 2002. Une rencontre à -12C°. Fun débarquait avec leurs potes de Hero Dishonest de Finlande dans un van sans chauffage et un tour d'horloge de route. Trop fun. Après plusieurs bières pour remonter la température corporelle, le trio Fun, dont la courbe interne du guitariste-chanteur était inversement proportionnelle à celle du radiateur du van - c'est qu'il avait sacrément eu froid le bonhomme - avait surpris tout son monde en assénant un noise-rock sauvage et direct. Cette même année avait vu leur début discographique avec 4 titres en forme de 25 centimètres autoproduit. Une affiliation Big Black/Rapeman à peine voilée avec le fameux riff de Kerosene d'Albini collé comme un clin d'œil provocateur sur Sportscoat au milieu de leurs propres larsens très convaincants. Quatre titres offerts à la face du monde ici même. En 2004, les jeunes sauvageons poursuivent leur chevauchée à couille rabattue sur les lunettes d'Albini, en retiennent toute la haine, l'ironie mordante et le jus de chaussette de rednecks du grand Nord, s'inspire du jeu de guitare à l'occasion et envoie balader tout le reste. Ca défouraille sévère. La valse noise-core comme ils disent. Un son qui suinte, qui écorche, ça dégouline, la commissure des lèvres et des glaviots qui sortent en mode mitraillette. Dix titres virulents et terriblement accrocheurs. Pas rancunier, Albini vient d'enregistrer leur nouvel album, Zu-pa, prévu pour avril. Fun, fortement conseillé pour vos promenades en Sibérie dans votre décapotable.

SKX (12/03/2007)
website groupe www.noisecorewalze.com
website label www.ifsociety.com
sounds www.noisecorewalze.com/?disco
i_know_ned_kennedy.mp3 | big_lies.mp3

Fun
Zu-pa ! - CD
If Society 2007

Le trio finlandais Fun, en allant enregistrer au Electrical Audio de Chicago avec Albini réalise sans doute un vieux rêve de fans. Un rêve à peine caché sur leurs précédents disques où l'influence Big Black/Rapeman était suintante mais jamais encombrante. Bien au contraire, tout ça était envoyé valser avec un bon vieux coup de pied dans les couilles. C'était rudement bon. Cette fois-ci, le passé les rattrape. Albini fait du Albini et le grand nerd à lunettes, derrière les boutons de son studio a mis le pilotage automatique et Fun se retrouve avec un son dépersonnaliser. Fini la sauvagerie bandante de leurs propres productions. La basse, on dirait que c'est Bob Weston. La batterie est typique mais hélas n'est pas Todd Trainer qui veut et la guitare passe en retrait, elle qui faisait tout, ou presque, le piment de Fun. Ils se sont fait bouffer tout cru. Au final, onze titres qui s'écoutent bien mais c'est dans la norme, sans leur sauvagerie innée de bucherons des grands froids, sans surprise, du Shellac, ce truc surestimé auquel ils arrivent facilement à la cheville mais c'est au moins les rotules qu'il fallait viser. Ils avaient tant à gagner à la jouer perso. Fun n'est plus Fun. Dans tous les sens du terme.

SKX (17/05/2007)
website groupe www.noisecorewalze.com
website label www.ifsociety.com
sounds hold_it_close.mp3 | slonko.mp3

Fuzz Orchestra
s/t - CD
Wallace - Bar la Muerte 2007

L'orchestre qui fuzze, ça sent la rencontre improbable, la bizarrerie au coin de la rue. Fuzz orchestra, c'est italien, ce n'est pas un big-band et décevront tous les amoureux de rock garage. Un groupe de trois (appelons les un trio) qui manipulent les sons et les bandes, un Pain Teens alpestre sans le génie des Texans et la voix de Bliss (pas d'emballement hein) avec une guitare et une batterie pour l'accompagnement. Contrairement à des groupes manipulant le sample de films (au hasard… Microfilm), Fuzz Orchestra en fait son élément central, sa pierre angulaire qui donne droit de vie et de mort sur les morceaux. Samples qui ne naissent pas d'une anonyme machine mais joués comme un vrai instrument, en temps réel avec sur scène, un mec derrière son pupitre qui envoie aussi bien des bandes que des vinyls ou des nappes sonores pour créer un climat bien étrange mais captivant uniquement par intermittence. Un DJ qui ne fera danser personne. Un duo guitare-batterie qui écorche, gratte, ébruite. Ca sent l'improvisation à plein nez, excepté leur dernier morceau Eclisse fuzz plus classiquement noise-rock. Cet orchestre expérimente, tente des associations inédites. Ca marche pas à tous les coups mais la formule pourrait se révéler intéressante par la suite.

SKX (21/05/2007)
website groupe www.fuzzorchestra.com
website label www.wallacerecords.com | www.barlamuerte.com
sounds agosto80.mp3


 
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