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ARCHIVES 1999 - 2006
 

NATURAL DREAMERS
" s/t " - CD
Frenetic 03
Où l'on reparle encore une fois de John Dietrich. Non comblé de gratter ses six cordes au sein de Gorge Trio et Deerhoof, il forme ce nouveau projet, Natural Dreamers, avec Jay Pellicci et Chris Cohen (membres également de The Curtain et Dilute). Trio instrumental, guitare deux fois plus la batterie, la formule et la musique ne sont pas sans rappeler Gorge Trio. Mais un Gorge Trio version premier album (" Dead Chicken fear no knife "), l'époque où les structures étaient encore identifiables, la base rock et rassurante. Avec Natural Dreamers, on rentre de plein pied dans un rock aux allures libres et jazzy, dissonant et largement argumenté à coups de guitares bavardes et généreuses. Mais sous leurs faux airs de musique improvisée, les compositions n'ont rien d'un labyrinthe insurmontable et abscons. Ca gratouille sévère, ça feinte à gauche, ça tend des pièges mais le promeneur, même imprudent, garde ses repères. Et comme l'ambiance générale a tendance à être un rien frivole avec des rythmiques non dénuées de légèreté (" arthur "), cet album pétille, brille sous le soleil mais on est encore loin de sabrer le champagne. De l'aveu même de John Dietrich, ce projet n'est pas encore abouti, les trois lascars ont besoin d'apprendre à se connaître pour laisser libre cours à leurs penchants de free-rockers. Que les connexions se fassent, le liant se solidifie et la sauce de monter en épaisseur. En attendant de passer la vitesse supérieure, cette première expérience aiguise les appétits.
SKX (28/04/2003)
NED
" Le choc de l'astronomie populaire " - CD
S.K. 02
Va voir ailleurs si j'y suis, tu risques de me trouver. Prendre le contre-pied de quelquechose de mal définie, provoquer les réactions, mettre des éléments contradictoires dans le même tiroir pour le seul plaisir de constater les dégâts. Saupoudré le tout d'un solide esprit D.I.Y. et vous aurez un premier album qui ne sait à quel saint se vouer. Si l'âme centrale (allo la terre) reste le punk-rock et un bon esprit de déconade, ce trio lyonnais plein de vie n'est pas du genre à se laisser attraper et facilement cloisonner dans un rayon pour jeunes gens branchés. Complaintes ludiques et vicieusement naïves, rock pouilleux à l'ironie constante dans les riffs d'une guitare au son à l'économie. Et il n'est pas dit qu'une vague envie de danser ne vous vienne plus d'une fois à l'écoute de ce rock bancal et ces rythmes tordus, le beat malsain corrompu régulièrement par des bidouilles extravagantes. Il est question ici avant tout de prendre son pied sans prise de tête. Jubiler et partager son envie de jouer par tous les moyens, créer pour la communion des foules, faire le zouave pour tomber les filles, s'amuser des clichés sans s'épargner la sueur sous les bras. Alors forcément, le fil conducteur est parfois maigre, on ne comprend pas toujours où on va, l'intérêt joue les montagnes russes et quelques virages sont dangereusement négociés. A défaut d'un choc astronomique, on a du punk-rock populaire et en attendant de maîtriser pleinement l'objet disque, c'est sûrement en concert que Ned décolle au firmament !
SKX (07/03/2003)
OHARU/NED
" Musik für adulten / 4 good reasons to get handcuffed " - split 10
Jason R. / Aïnu 03
Le mystère Oharu. Je me rappelle de leur premier effort discographique et d'un concert à Rennes. On était en plein milieu des années 90. Amphetamine Reptile records tenait le haut du pavé. Le noise-rock de ce groupe du sud-ouest de la France n'aurait pas dépareillé chez le reptile de service. Je me souviens très bien aussi hélas d'un album quelques temps après. Un truc complètement foireux avec du chant en français, sans consistance, le jour et la nuit, à se demander franchement si c'était toujours le même groupe. Alors c'est bien circonspect que j'ai posé la face Oharu. Si le groupe a considérablement évolué, ces quatre nouveaux morceaux représentent heureusement le coté noise et toujours sombre de leur musique. Une basse bien dynamique, un chant agressif, Oharu a retrouvé la hargne. Il reste bien un fond de synthé et une production un poil bizarre, comme assourdie, mais rien de bien méchant. Oharu semble sur de bons rails. On retourne l'objet (au demeurant très joli dans sa double pochette) et la propagande Ned fait encore des siennes. Jamais à cours d'idées pour la présentation des textes et de leur démarche générale, toujours au troisième degré d'un humour décapant. On aimerait que leur musique ait la même imagination prolifique. Pastiche de rock - AC/DC sur " George W. Bush is an idiot and he scares the shit out of me " et l' arrivée heureuse d'un trombone. Le punk-rock pour gamins attardés de ce trio lyonnais continue d'amuser la galerie et de maintenir l'intérêt du chaland plus par l'esprit potache qui s'en dégage que par l'écriture musicale a proprement parlé. Un premier effort discographique de deux jeunes labels à soutenir.
SKX (12/11/2003)

NEED NEW BODY
" NNB " - CD
File 13 02
Une nouvelle enveloppe charnelle où Need New Body joue les apprentis sorciers pour le meilleur et pour le pire. Accrochez votre ceinture, ce groupe à six têtes, né des cendres de Bent Leg Fatima, vous emmène dans leur univers très surprenant et haut en couleurs. Need New Body, gamins attardés, manipulant les fioles aux résultats aléatoires, juste pour voir, comme ça, je te parie que ça marche. Saxophone, percussions multiples, piano, banjo et autres instruments pas recensés dans le dictionnaire de la musique, tout est bon pour la sainte cause de la Création. 22 morceaux qui reposent le plus souvent sur une idée rythmique (voir polyrythmique) et à ce jeu là, c'est assez lumineux et inventif. Après ça brode. Entre bruits ambiants, mélodies minimalistes, répétitives ou chancelantes à la Tom Waits (" C R Eyeball "), interludes inutiles, chants et chœurs tout mêlés et variés, funk maladif, la liste est longue d'ambiances bigarrés. Je n'aime pas le mot " arty " mais ya sûrement un peu de ça chez Need New Body, quelque chose d'intellectualisé, un concept bâtard quelconque. Mais on sent en même temps tellement de bonheur dans le processus de création, le plaisir de toucher à tout avec humour, de se lancer avec maladresse et jusqu'au bout de leurs idées même si il n'était pas utile de tout enregistrer et d'inclure les chutes de studio. On ne peut rester insensible devant tant d'énergie et de charme déployé. Ces bouts de morceaux iconoclastes que l'on verrait bien servir pour la bande-son d'un film. Ces recherches sonores imaginatives. Ce bordel à moitié contrôlé. Ces orchestrations aventureuses qui font mouche plus d'une fois. Ces escapades jamais entendues. Need New Body ne se rattache à rien, appartient à tous, a du talent à revendre pour peu qu'ils ne se dispersent pas aux quatre vents. Un album qui aurait gagné en concision, tout n'est pas indispensable sur une telle longueur. Mais vous avez là devant vous de quoi vous distraire un bon moment, quitter la pesanteur actuelle et offrir à votre corps des sensations nouvelles.
SKX (25/03/2003)
NEUTRINO
" motion picture soundtrack " - Lp
Divot records 99
" Sure are shiny ". Le titre est doux. La musique tempérée. Le 1er morceau donne le ton de ce second album du trio made in Chicago. Batterie précise, chirurgicale, jamais véhémente. Big'n sous calmant, noise neurasthénique. Un album pas très causant. La guitare s'agrippe, se glisse entre le jeu basse-batterie solide et aérien. C'est rampant, on sent la tension poindre, se ressaisir, se diluer. On aimerait parfois que ça crache, qu'ils en gardent moins sous la pédale mais Neutrino garde le contrôle en toutes occasions. Un album dans la continuité du précédent. Explosions latente et plus grande est la maturité, la sauce prend mine de rien. A défaut d'un courant d'air royal, une bouffée d'oxygène reposante.
SKX (15/11/1999)
NEUTRINO
" improved hearing through amplification " - CD
Reptilian records 98
En toute sobriété, je vous le dis sans détour, cet album est un magnifique condensé de la musique passée et présente du Chicago noise sound!! Diantre, la déclaration est osée car après tout, rien de complètement chamboulant vient heurter nos habitudes. Mais pour ceux qui ont besoin de cours du soir, NEUTRINO regroupe les anciennes donnes, Shellac, Jesus Lizard, Tar et les diluent de pointes post-rock plus propices à l'heure actuelle. Un habile condensé donc au risque de me répéter, parfaitement dosé, très instrumental, où on reconnaît la frappe de l'ancien batteur de Big'N. Mais tout ici est plus calme, mesuré, la violence canalisé. Un chemin banalisé et rassurant mais jouissif et qu'on imagine encore un ton au dessus pour leur 2ème album prévu cet été 99 sur Divot. Pour un condensé évolutif ?
SKX (05/07/1999)
NEW BRUTALISM
" A record of american fury " - Lp
Code of Ethics 02
Inamovibles New Brutalism. Le troisième disque et toujours aussi buté à enfoncer le même clou, celui planté naguère par Shellac. Jusqu'au boutiste dans leur délire de présentation, ça ne bouge pas d'un iota, ces morceaux toujours numérotés pour seul titre, l'amour de l'instrument, fièrement photographié et toujours la production Bob Weston, le gros à lunettes de Shellac. Un monde précis et mécanique. Tout est à sa place. Le clou n'a qu'à bien se tenir. Et à force de vous asséner avec force leur leitmotiv, ça finit par rentrer, leur persévérance de gagner du terrain. Ces compositions, dont on connaît l'inspiration, finissent par trouver leur propre vérité, à vivre par elles-mêmes, se glissent dans une quatrième dimension. Ce trio anguleux, bien dégagé derrière les oreilles, quitte peu à peu le giron, invente leurs mélodies et ne se regarde pas les pieds à deux fois pour avancer leurs billes. Tous les déçus de Shellac comme moi ont trouvé leur lot de consolation. Encore un effort et on ne saura plus qui de l'œuf ou de la poule etc… etc…
SKX (07/03/2003)


NEW BRUTALISM
" structural gymnastics " - 12"
Sound on Sound 01
New Brutalism enfonce le clou. Leur premier album (cf chronique plus loin) déjà fortement marqué par Shellac, New Brutalism remet une couche et pousse le vice à enregistrer ces cinq titres par Bob Weston himself, le binoclard antipathique et occasionnellement bassiste du trio de Chicago. L'excuse de la production différente n'existe même plus désormais. Cette fois, New Brutalism se rapproche du maître apparemment tant adulé. Une version un poil nuancée, on trouve toujours matière à des différences, à chercher la petite bête. Le ton de la voix (encore heureux!), un batteur qui n'a pas la vista et le bras de Todd Trainer. Des compos qui penchent vers Neutrino, faussement énervées. Une tentative de cuivre, pas désagréable. Sinon, c'est tout comme. Ni moins bien. Ni mieux. Juste du math-noise de série. La seule originalité de l'élève (et encore ça semble venir du label), c'est la pochette, puisque la bande à Albini n'avait jamais fait le coup du disque gravé d'un seul coté, l'autre étant réservé pour soi-disant "réglé votre platine". Ca nous fait une belle jambe! 034. 033. 035. 028. 031. La litanie des titres de morceaux se poursuit. Invariable. On n'arrêtera de compter avant eux si ça continue comme ça.
SKX (02/10/2001)
NEW BRUTALISM
" a diagram without scale or dimension " - Lp
ABC Group Documentation 99
Un nom pareil, le pire est à craindre. Heureusement, la nouvelle brutalité n'aura pas lieu. Rangez les casques à pointe. C'est un leurre. De là à ce que votre petite sœur apprécie, c'est une autre histoire. Ce nouveau trio américain, avec un membre partagé de Red Scare, se présente carré aux entournures. Le Corbusier se cache derrière ce froid concept de "new brutalism". Pas la meilleure référence qui soit... Les parallèles et les perpendiculaires de la pochette, les titres de morceaux constitués uniquement d'une série de trois chiffres. Le label au nom aussi attirant qu'un guichetier de la sécu. La brutalité est sèche et droite. Et la musique bien nette derrière les oreilles. Arithmétique, concise et précise, on pense tout de suite à Shellac. Cette façon d'enfoncer le clou du rythme, de placer des riffs tranchants. Seule la production moins luxuriante permet à New Brutalism de garder une distance par rapport à l'original. Une distance confirmée par une écouté répétée. Shellac reste certes définitivement l'étalon valeur. Mais New Brutalism justifie juste quelque peu son patronyme par une approche plus... brutale! Des larsens jouent avec vos nerfs. Le froid anonymat pas encore cravaté. Pas de compromis, sanguin et moins cérébral, New Brutalism place son savoir-faire, sans génie particulier, mais ça reste toujours mieux que les deux derniers albums de Shellac réunis!
SKX (02/10/2001)

NINE DAYS WONDER/NO KNIFE
" split CDEP " - CDEP
Dimmak 02
On débute le duel par les américains de No Knife. Deux titres dont on ne peut reprocher la qualité de la production. Les guitares y sont étincelantes. Et tout est léché à la perfection. Très léché! Je ne peux nier la prestance des compositions. Pop et rock indé. C'est vaillant comme une pétrolette, beau comme un cœur et suffisamment dur pour en briser plus d'un. Pour ma part, ce sera les roubignolles qu'ils casseront à la fin. Trop de sucre dans le moteur. Ca glisse comme un pet sur une banquette de skaï. J'attendais surtout beaucoup des Japonais de Nine Days Wonder et de la suite donnée à leur prometteur album "the scenery is in disguise". Mais à croire que le syndrome de la perfection s'est généralisée. Tout le monde dans le rang. Leurs mélodies restent attractives, notamment sur "the next realm". Mais on est loin de la spontanéité et de la tension du premier album. Tout s'est dilué, édulcoré, ça manque terriblement de profondeur, tout le monde il est beau, tout le monde il est content, on vit dans un monde marvellous! Trop de bonheur, moi, ça m'effraie. C'est pas que ce soit mauvais, mais la standardisation, c'est pas mon truc.
SKX (21/05/2002)

NINE DAYS WONDER
" the scenery is in disguise there " - CD
Dim Mak 00
Il est des disques qui s'enfilent tout seul. Qui démarrent au quart de tour et qui glissent sur l'asphalte, sans heurts, sans embûches majeurs. Une route des plus dégagée, facile à conduire, le bonheur tranquille en fin de parcours. Les Japonais de Nine Days Wonder sont fins et racés et possèdent l'art de sortir des mélodies qui suintent sous la peau. On jurerait entendre Swervedriver (vieux groupe noisy-pop anglais !) sur le morceau d'ouverture " reminder ", une croyance qui revient lancinante aux détours d'autres titres. Mais l'emballage général reste emo-rock, les accroches sont multiples, les refrains bien présents, sans cesse nerveux, façon 400 Years ou Braid. Ou quelquechose de plus sombre parfois qui rappelle les accords tendus et chaotiques de Condense comme sur le très bon " magnet ". La décapotable est de sortie. 9 titres pour être le roi du bitume, à l'aise dans son short, la journée ne peut que être réussie. Après Envy (qui reste au-dessus du panier), Melt-Banana et bien d'autres là bas sous le soleil levant, Nine Days Wonder le fera briller encore un peu plus !
SKX (20/02/2001)
NORTH OF AMERICA
" brothers, sisters " - CD
Rewika 03
North of America, choisi ton camp. A leurs débuts, ce groupe canadien oeuvrait dans un style coulé Superchunk, plutôt noisy et pop musclée. Puis vint " this is dance floor numerology ", l'album précédent. Autre temps, autre mœurs. Un membre de The Plan était passé par là. Le ton s'était durcit, ça rigolait moins dans les couloirs et cet album en avait impressionné plus d'un. Depuis The Plan n'a pas résisté au temps mais Michael Catano, guitariste de The Plan, continue de battre pour NOA. Et, mes chers frères et mes chères sœurs, NOA a coupé la poire en deux et ce nouvel album se situe quelque part mais sûrement entre ces deux bornes ! Entre humeur légère et post-punk. Entre voix féminine prêtant sa fine touche aux chœurs masculins se répondant avec générosité et une dynamique toute The Plan. Entre rythmique claquement de mains et cet esprit, ce feeling Washington DC alias Fugazi. Un mélange savant de refrains qui sentent bons le printemps et une urgence toute féline. Rien de foncièrement originale là-dedans mais At The Drive-In à son époque non plus. North Of America connaît la chanson également, sait vous apporter une mélodie sur un plateau, possède suffisamment de malice pour vous emballer tout ça avec savoir-faire et un joli paquet cadeau. North of America a pensé à tout. Pour les frères et leurs petites sœurs (marche aussi avec les grandes). Un consensus qui n'a rien de mou ou comment plaire au plus grand nombre sans faire de concessions. Ca devrait faire mouche !
SKX (20/03/2003)
NORTH OF AMERICA
" this is dance floor numerology " - CD
Progeria 01
Un patronyme d'une grande simplicité et complètement adapté à la situation. Aussi canadien qu'américain, le quatuor North of America sort l'étendard et résume à lui tout seul tous les bons courants musicaux que l'on compte dans le nord de l'Amérique. Et demeure par la même occasion assez insondable. On reste à la porte aux premières écoutes. Face nord, face sud, au piolet ou en douceur, North of America ne révèle pas ses secrets sans une bonne dose de patience. Complexité des compositions, ça joue du silence, ça donne dans la véhémence. Des atouts rythmiques empruntés aux meilleures groupes noise, des touches emo, de l'énergie hardcore à revendre. Et puis les mélodies se dévoilent peu à peu, on y voit plus clair derrière les barbelés et l'étendue de North of America offre de somptueuses perspectives. A l'instar de The Plan avec qui il partage un membre (Mike Catano), North of America joue plusieurs partitions en même temps. L'évidence mélodique vous saute pas à la gueule comme avec The Plan mais les morceaux sont robustes et plein de finesse, de la robe et de la personnalité. Pas une once de machines là dedans, pas de quoi améliorer son jeu de jambes sur les pistes de danse. Que du cœur, une bonne louché. On y croit à fond chez North of America. Si dans cette partie du monde, tout y était aussi intelligemment fait et dosé, leurs ennemis ne seraient pas aussi nombreux. Un très bon point pour l'Oncle Sam!!
SKX (17/10/2001)

NORTH OF AMERICA
" elements of an incomplete map Pt.II " - CD
Rewika 02
Au nord, il ya avait les corons. Désormais il ya aussi l'Amérique. Mais reprenons l'histoire depuis le début. Car cette compilation de North of America ne reflète en rien la musique qu'ils exécutent maintenant. A l'origine, les "Norts" comme ils s'auto-diminutifient (?) étaient sacrément marqués par Polvo, Superchunk avec une grosse pincée des trublions de Trumans Water. Sur ces éléments d'une carte incomplète, se retrouve pêle-mêle tous leurs enregistrements entre 1998 et 2000. A savoir 20 titres représentant un album du même nom (mais Pt.I), un single et divers morceaux égarés sur des compilations, sauvés des eaux dont un "saturday's child", reprise des Monkees, rebaptisée pour l'occasion "Davy Jones vs. Steve Albini". Cherchez pas à comprendre. Et ma foi, cette période de leur jeunesse n'est pas désagréable à l'ouïe. Bien exécutés, entrain et bonne humeur, ces morceaux procurent sautillements sur place et sourires naïfs. Seulement, quand on a commencé l'histoire par la fin, comme moi, et que vous vous êtes pris leur album "This is dance floor numerology" en pleine face, cette collection printemps-été apparaît comme une aimable carte postale jaunie et un rien désuète. Et puis autant écouter les originaux (même si j'insiste, ceux-ci sont très bons!). North of America, depuis, a durcit le ton. Epoque oblige. Version The Plan. (Post) Punks tendus par le quotidien qui ont enlevé l'eau de leur vin. Apre et direct dans les tripes. Plus envie de rigoler. Mais ceci est une nouvelle ère qui s'ouvre. Une nouvelle page qui s'écrit....
SKX (11/06/2002)

Need New Body
UFO - CD
File 13 2004

Retour de la troupe de branques. Après un album éponyme qui avait marqué son territoire et notifier les différences, l'orchestre bigarré revient avec un album qui n'a plus rien d'un objet volant non identifié. " UFO " est certes toujours dans la catégorie déviante mais la sauce a cette fois du mal à monter. Quand on navigue sur la corde raide, on est jamais loin de se casser la gueule. Pour autant, l'agencement tend à se structurer. L'instrumentation reste originale (piano, banjo, samples, percussions variées) mais le vent de la folie tout azimut ne souffle plus avec la même virulence. A première vue, ça part dans tous les sens, avec un tas d'interludes encombrants entre les " vraies " compos. A regarder de plus prêt, la bride est sur le cou et à vouloir trop de démarquer, NNB s'est noyé dans sa créativité. Ils s'écoutent chanter et jouer plutôt que réellement penser à composer des morceaux qui intéresseront une audience plus large que leur propre nombril. Avec des tics très agaçants comme ce chant qui parfois force le trait, " regardez je fais ce que je veux avec ma voix, je délire, je suis incroyable " avec les rires de ces comparses en toile de fond pour vous signifier tout cet incroyable talent. Méthode Benny Hill. Le chant reste pour autant l'élément phare de Need New Body. A plusieurs, en solo, façon rap (" turken hogan "), lyrique ou posé, ils y mettent beaucoup d'imagination et d'enthousiasme. Ambiance saloon désoeuvré, jazzy loufoque, humour sans cesse sous-jacent, pop baroque et rock'in'chair improvisé. Le potentiel est là mais cet essai est un coup dans l'eau avec un album redondant et plus ennuyeux qu'autre chose. Dommage….

SKX (04/12/2004)
website label www.file-13.com
sounds www.file-13.com - rubrique sounds

Neptune
Intimate Lightning - CD
Mister records 2004

Neptune n'était pas le Dieu de l'acier. Sinon il aurait trouvé ses disciples avec ce groupe originaire de Boston. Neptune a la particularité de fabriquer ses propres instruments avec son maître forgeron Jason Sandford qui sculpte les guitares et les basses dans de l'acier. Autant vous dire qu'ils ont les épaules robustes pour jouer avec ses objets qui pèsent trois tonnes ! Pour la batterie, Neptune utilise la décharge locale, tout ce qu'ils trouvent sur leur route et on peut vraiment parler à cette occasion de percussions plus que de batterie ! Neptune a donc un son bien particulier, dur, presque sans résonance. Atmosphère décharnée et friches industrielles qui nous renvoient forcément vers Einsturzende Neubauten et les anglais de Headbutt pour le coté rythmique/tribale. Mais quand on sait que le producteur de ce troisième album est Martin Bisi, l'aura de Cop Shoot Cop n'est pas loin. Car ce " intimate lighning " n'est pas que rythmiques froides et implacables. Neptune voyage sur la tranche rock de la face industrielle, coulant dans son acier le plus brut suffisamment de pointes mélodiques et de déhanchements presque dansant pour rendre leur musique affriolante et unique en son genre. Ca klinge et ça klonge, vitriol et sucre glace, la froideur des grandes steppes et le bruit du cheval au galop. Le masque et le mystère mais la chaleur qui se dégage quand on gratte un petit peu. Voie royale pour Neptune.

SKX (13/06/2004)
website groupe www.neptuneband.com
website label www.misterrecords.com
sounds www.misterrecords.com/neptune/audio.html

Neurosis
The eye of every Storm - CD
Relapse 2004

9ème album. 17 années d'existence. Rien que ces chiffres font peur. L'apanage de dinosaures dont personnes ne veut plus entendre parler, synonyme de médiocrité musicale. Et puis les exceptions. The Ex en tête et les vétérans d'Oakland, Neurosis. Chaque annonce de nouvel album est un évènement et de plus en plus une appréhension. " The eye of every Storm" est dans la lignée des travaux solitaires des deux guitaristes Scott Kelly et Steve Von Till. Et de la musique des Swans auxquels ils vouent une grande admiration au point d'avoir sorti avec Jarboe, la grande prêtresse du gang New-Yorkais, un album en début d'année. Epuration du style, instrumentation qui tend à la simplicité. Les multiples samples, cuivres, violons semblent définitivement mis au placard. La messe noire et l'apocalypse prennent des chemins détournés. Pour dépeindre la noirceur de leurs sentiments, ils ne sortent plus la grosse cavalerie. L'acoustique, le murmure des voix toujours rauques, les respirations et les éléments de Mère Nature sont appelés à la rescousse. Tous les morceaux ont d'ailleurs tendance à évoluer de la même façon. On entend les mouches voler pour commencer, tout se met en place tranquillement avant l'orage final où la patte Neurosis, canal historique, reprend ses droits mais sans la force destructrice d'auparavant non plus. Schéma un poil usé jusqu'à la corde. Neurosis a le mérite, après toutes ces années, d'évoluer, ne pas se reposer sur ses lauriers. Mais si, avec cette approche différente, Neurosis voulait créer une tension identique, on est loin du compte. Ces contrastes appuyés entre moments calmes / déflagrations, ces silences, sont certes intéressants mais sonnent un peu plat sur la longueur. Sans compter sur le déficit de mélodies, grande force habituelle du groupe. Cet album est le moins bon du groupe. On les sent en dedans, en panne d'inspiration. Agréable d'écoute mais on attend de Neurosis qu'ils nous remuent l'âme et les tripes. Par tous les moyens possibles et inimaginables. Que l'artillerie soit énorme ou non. Il va falloir continuer à chercher sous peine de se fourvoyer dans une impasse.

SKX (25/09/2004)
website groupe www.neurosis.com
website label www.relapse.com

Noxagt
The iron point - CD
Load 2004

Noxagt libère la roche qui est en toi. Roule ta bille, la lave déboule de Norvège. C'est froid et austère de l'extérieur. Ca fusionne et ça cartonne une fois dedans. Comme leur pochette, ce paysage était rayonnant avant que cette horde sauvage de Vikings ne piétine les idées reçues. L'idée qu'avec une basse, une guitare et un violon, la puissance n'attend pas le nombre. Lourdeur et plombeur ne se suffisent d'un rien. Sur un socle de batterie rude qui ne fait rien dans la complexité, la basse écroule le donjon et n'a rien de mélodique. Elle assure ce pourquoi elle a été crée. Le rythme, que le rythme, rude, impériale, sobre, bruyant, distordu à fond. Le violon dans tout ça a bien du courage d'oser de frotter à de tels mastodontes. Si il écharpe quelques mélodies, il sait se faire respecter de ses pairs par une utilisation relativement bruyante et expérimentale. Le larsen contrôlé. Noxagt n'est pas là pour faire jolie. Noxagt la joue primaire, noise, branche industrielle et nettoyage en profondeur. Et pourtant, devant ce paysage dépeint à la truelle, une once d'humanité s'ouvre à vous. Même les pires monstres gardent leur sensibilité. Comme une harmonie, un fil conducteur, un horizon dégagé au-delà
du chaos, des rythmiques enlevées qui font de ce deuxième album un objet remarquable et bigrement intéressant. Les trois membres de ce groupe ont tous développé des projets annexes, Noxagt étant lui même un projet parmi d'autres, la discographie du bassiste Kjetil D. Brandsdal étant sûrement la plus impressionnante (une bonne vingtaine de disque dont la moitié en solo). Une base solide sur laquelle ce trio atypique, adepte de musiques expérimentales et bruitistes, a donné un visage plus rock à leurs délires avec ce Noxagt. Load records, label de Lightning Bolt (avec qui Noxagt partagent sans doute quelques
conceptions musicales) et prêt à se saigner à blanc pour signer tous les blancs becs bruitistes les accueille en son sein. Une pièce de plus à leur dossier qualité. Le groupe de fer.

SKX (26/10/2004)
website groupe www.noxagt.com
website label loadrecords.com
sounds The_hebbex.mp3

Navies
Seeing Hands/A Surveyor's Measure - 7''
Foilage 2004


Navies, c'est tout nouveau comme nom et pourtant ils ont déjà un album sorti sous le patronyme de Bazhena. Allez comprendre pourquoi, mais ces jeunes gens originaire de Washington DC ont décidé de changer de nom (avec pourtant le même personnel), de tout reprendre à zéro, modifier la musique et c'est ce single deux titres qui marque leur nouveau départ. Rock complexe et dissonant, Navies est, au même titre qu'un groupe comme Ten Grand, du genre inclassable. L'énergie est punk, les guitares débraillées, le chant multiple, l'agencement n'est pas carré, ça dépoussière les angles morts et si on a le droit a de belles ruades, tout se fait dans la finesse. Deux morceaux frais comme des gardons. L'aube s'ouvre sur une suite alléchante : un split 10'' avec A Day in Black and White sur Level Plane et un CDEP sur Lovitt records.

SKX (23/02/2005)
website groupe www.naviesband.org

Navies
An estate - CDEP
Lovitt 2005


Navies en pleine bourre. Après le single, le split avec A Day in black and white, voici le mini 5 titres (24 minutes quand même !) en attendant le futur album. Navies continue de poser ses jalons, compostions intriquées, la maturation est lente mais sûre, le son prend forme et possession des tympans, prêts à saigner. Navies fait partie de cette catégorie de groupe qui aime triturer les textures tout en gardant une approche punk. A l'instar d'un The Ex, ça foisonne de richesses rythmiques, d'imbrications entre les parties de guitare-basse-batterie. C'est rugueux. La clef ouvrant sur leur monde se mérite. Une fois à l'intérieur c'est tout bonnement aliénant. Entre deux vociférations, trois éclairs électriques, quelques plaintes et des riffs bien senties, " An estate " laboure en profondeur une chair qui ne demande qu'à vivre. Vivement l'album.

SKX (26/06/2005)
website groupe www.naviesband.org
website label www.lovitt.com
sounds www.lovitt.com

Neptune
Mice and worms 12'' + 5 song CDr
Self-released 2005


Le départ d'un membre n'entame en rien le moral des New-Yorkais de Neptune. Exit le batteur, rien qu'un de plus sur la longue liste des intérimaires ayant battus le fer de Neptune. Réduit en trio, ils en profitent pour aller de l'avant. Deux disques sortis coup sur coup. Le premier est un cdr cousu main et personnalisé pour chaque copie. 5 titres plus ou moins sortis à la hâte avant leur tournée européenne en septembre dernier. Mais les morceaux ne sont pas des fonds de tiroir. Des compostions dont les espaces du passé se remplissent d'encore plus de bruit grâce à un système bricolé par le chef de la troupe Jason Sanford. Un truc qui ressemble à un synthé mais complètement désossifié et électrifié sur un mode d'emploi très personnel. Les effets se multiplient, les pédales s'entassent mais toujours au service de compositions structurées, exceptés le dernier titre plus ambiant et mystérieux ou d'intros qui retombent toujours sur leurs pieds. Avec Mice and Worms, on passe au format vinyl. 5 titres là encore où on retrouve comme sur le CDr l'excellent Lightouse. Les quatre autres tapent dans l'inédit. Apparition d'un sample sur Equestrian Phantasy. Riffs lumineux d'une guitare sculptée par des mains expertes. L'art de la ferronnerie, subtil et travaillé tant que c'est chaud. Dans la lignée racée des Cop Shoot Cop et Bästard, Neptune est grand.

SKX (29/11/2005)
website groupe www.misterrecords.com/neptune
sounds TheLighthouse.mp3

Nervous Cop
Self-titled - CD
5 rue Christine 2004


C'est sûr, ya de quoi rendre plus d'un flic nerveux. Quand le batteur de Deerhoof, Greg Saunier, rencontre celui de Hella, Zach Hill, l'air va devenir électrique. Deux batteries hors contrôle, à ramener au plus près de ce que peut faire Hill dans un concert de Hella. Littéralement sans dessus dessous, dangereusement libre, un jeu pour l'occasion similaire, on a bien du mal à savoir qui fait quoi. Joanna Newsome avait chez elle une belle harpe. Ca tombe bien, elle tente de calmer les ardeurs de ces messieurs sur quelques passages, ajoutant à l'étrangeté de la chose. Aux manettes et adjonctions électroniques, John Dietrich (guitariste de Gorge Trio et Deerhoof), un sale gosse à qui il ne faut rien montrer. Ne comptez pas sur lui pour rendre les choses plus lisible. Quant à savoir ce qu'il faut penser d'un tel disque, mieux vaut demander aux protagonistes. Pour Zach Hill, " c'est une pièce maîtresse de musique concrète ". Pour Greg Saunier, " c'est un total désastre "! Le batteur de Deerhoof est un poil sévère mais il est certain que si ce groupe n'avait pas en son sein ces illustres membres, le milieu noise-rock ne se serait jamais intéressé à ce projet et cette chronique, jamais vu le jour. Scions du bois.

SKX (08/01/2005)
website label www.5rc.com
sounds RicePrecipitation.mp3

Nice Nice
Chrome - CD
Temporary Residence 2003


Nice Nice, deux fois nice, un duo, ça semble logique. Deux américains bon teint. Jason Buehler à la guitare et Mark Shirazi à la batterie. Mais l'écoute de leur premier album " Chrome " ne certifie pas une telle formation. D'ailleurs notre duo de Portland (et non pas de Nice) fait bande à part et ne tire pas dans l'habituel terrain de chasse noise-math-rock comme nombre de duos maléfiques. Leur approche est plutôt celle des Canadiens de Hanged Up. Une approche risquée de leurs instruments, un sens improvisé, une forme libre et flottante. Comme ils se plaisent à le dire, pas d'overdubs, tout est live. Je ne connais pas leur tour de magie mais il est fort à parier que moultes pédales d'effets et percussions de bazar doit polluer leur entourage proche, faites gaffes où vous mettez les pieds, mecs. Seize morceaux qui prennent un malin plaisir à partir dans de nombreuses directions. Un peu trop. Du rock qui ne rock pas vraiment, de l'expérimental qui s'amuse, du bruit qui écorche ou qui fait dans l'ambiant, des rythmes qui trépignent mais rien qui se dansent. Free-rock cérébral. Tape juste par endroits, ennuie et se mord la queue le reste. Chacun cherche son chat. Piécettes baroques aux fils chancelants. Pantins touchants ou rasoirs. Nice Nice n'a pas choisit les chemins de la facilité. Mais tout reste possible.

SKX (12/03/2005)
website groupe www.nicenice.net
website label www.temporaryresidence.com
sounds Cold_Sweat_Part_XVI.mp3 | Chrome_Cabal.mp3
Bees_Make_Honey.mp3 | nein.mp3

Ned
Rien, merci - CD
SK / Jason R. 2005

Les troublions lyonnais remettent leur titre en jeu. Second album en vu et Ned passe aux choses sérieuses. Fini de rigoler. Tout n'apparaît que brouillon de jeunesse face à la maîtrise de ce Rien, merci. Ned, en gros, c'est du rock. Ca nous fait une belle jambe. Ouais bon mais du rock de travers, du fais-le-toi-même, punk et rigolard avec des trucs derrière qu'on sentait capable de bien meilleur mais qui ne se concrétisait pas. C'était du bordel, de jeunes chiens fous naïfs et tendres sous leur dehors hirsutes. Et pi voilà qu'ils prennent la route de Zagreb, les potes du coin pour enregistrer cet album qui ne donne pas autant la satisfaction que ça devrait. Punk mais pas je m'en foutiste. Taraudé par le remords et l'envie de bien faire, Ned remet ces compositions dans les mains de savants fous avec des studios de campagnes plein d'effets modernes et ce Rien, merci n'accouche pas d'une couleuvre mais d'un zèbre racé. Le rock de Ned a pris de la consistance. On n'est plus à se dire que les compos manquent d'un quelque chose mais je sais pas quoi. Elles tiennent là, toutes droites dans leurs docks, seules et fières. L'esprit frivole continue de bourdonner, telle une mouche sur un vieux sucre mais avec de vrais sentiments dedans, même que certains font serrer la gorge et dresser le poil de la nuque. Du rock vif et piquant, des parties fines et free au bord de l'improvisation, des joutes rythmiques qui les rapprochent des grands Badgewearer et des non moins immenses The Ex. Un ton et de la profondeur qu'on ne leur connaissait pas. Des attaques frontales noise à la belle intensité que voilà. Un morceau pour danser chick chick chik (voices in the sink). De la patine sur laquelle on ne risque pas de se casser la gueule. Ils ont bien fait de trifouiller leurs compos dans tous les sens. Leur rock bancal a pris un sérieux coup d'assurance. C'est sur ces deux jambes bien campés qu'il avance, tout simplement impeccable, sans un pli, avec l'envie d'y retourner et de leur dire que cette fois ci, c'est tout bon même si ils vous répondent de rien merci. C'est qu'ils deviendraient polis en plus !

SKX (09/01/06)
website groupe www.skrecords.org/groupes/ned.html
website label www.skrecords.org
sounds Le_morceau_du_chat.mp3 | 44percent.mp3

Neptune
Patterns - CD
Self-release records 2006

Neptune se déchaîne. Les éléments discographiques du désormais trio new-yorkais pleuvent à tout va. Entre cdrs réduits à quelques titres, cassettes old school et 12'' un d'obscur label hyper DIY avec pochettes maisons inclus mais toujours soignées, Neptune tente de semer l'auditeur. Vous rajoutez des morceaux titrés uniquement d'un numéro, que l'on retrouve sur d'autres enregistrements avec un véritable nom fait de véritable lettres… quand ce n'est pas dans une autre version... Inutile de s'obstiner à comprendre et recouper. C'est la zone. Ce nouveau disque au format album arrive à point nommer. Figer dans le temps la foisonnante créativité des New-Yorkais. Et dire que ce disque, comme la plupart des précédents enregistrements, sont autoproduits (ou sorti à l'époque sur Mister records, le label qui n'a jamais défrayé la chronique du batteur d'alors qui s'est fait la malle depuis). Quand est-ce qu'un label digne de ce nom va se charger de répandre la bonne musique de Neptune à travers le monde ?! Tous leurs confrères sont unanimes, à commencer par The Ex. Ce groupe, c'est de la balle. Patterns reprend donc quatre morceaux du maxi Mice and Worms et un autre d'un cdr cinq titres datant de 2005. Et des inédits. Un assemblage qui tient la corde. Des morceaux bourrés d'électronique qui rockent. Des morceaux plein de rock qui électronisent. Des machines pleines de scritch et de crizzzz qui envoient le bois. Des morceaux qui crissent et qui crachent tout en spleen urbain. Des morceaux pleins de rythmes tribaux. Neptune ne fait pas que sculpter ses instruments. Ils s'inventent un langage musical, un monde plein de fils, de pédales d'effets et de boutons à triturer avec le souci de mettre le rock et son énergie au milieu. Depuis le départ du batteur, l'autre percussionniste a pris la place sur le tabouret. Le guitariste alterne avec la basse. Le chanteur-guitariste-sculpteur pète ses mélodies dans un amas de ferraille. Neuf titres bourrés d'idées, de rythmes frappant et tordus, de finesse et de mystère. Il y a une vie après Cop Shoot Cop.
A signaler que les bordelais des Potagers Natures ont sorti la version vinyle et la propose intégralement en téléchargement gratuit, comme tous les disques qu'ils sortent d'ailleurs.

SKX (01/10/2006)
website groupe www.neptuneband.com
website label lespotagersnatures.free.fr
sounds TheLighthouse.mp3

New Electric
Self-titled EP
The Perpetual Motion Machine 2006

Ce groupe là aurait pu être la sensation du moment dans le genre (post) rock instrumental qui fait bouger les choses et qui remet le mot rock au centre du débat. Quatre titres furieux qui ne prendraient que les moments les plus bruyants de Explosions in the sky sans les sempiternels montées ou contrastes entre parties calmes / explosions chers à ce style, un truc toujours dans le rouge et la distorsion, un rythme qui pulse et des guitares comme si il en pleuvait. Mais le passé (récent) de ces jeunes étudiants en jazz qui ont fait leurs premières armes dans un combo free-jazz (Rolo Tomase) les rattrape encore trop souvent. Ils ont beau déclaré avoir créer un groupe de rock pour se détacher de ce lourd fardeau, les guitares en font quand même beaucoup sans compter quelques soli empestant les entournures. Bref, si ils arrivent à réellement s'émanciper de leurs chères études, New Electric peut devenir un sacré groupe qui booste son petit monde.

SKX (27/08/2006)
website groupe www.newelectricband.com
website label www.theperpetualmotionmachine.com
sounds Bananarchy-final.mp3 | DSMH-final.mp3

No Means No
All roads lead to ausfarht - CD
Southern/Wrong 2006

Les vétérans du punk-rock, mais qui ne se sont jamais arrêtés eux, sur le devant de la scène une nouvelle fois pour un nouvel album studio, six ans après No One. Un titre à plusieurs niveaux. Pour les germanophobes, ausfarht signifie sortie et pour les anglophobes, toutes les routes mènent donc à la sortie. A moins que en langage canadien, c'est une autre façon de dire que toutes les routes mènent à Rome. Ou en dialecte punk, ça veut dire que ce groupe a trop tourné et fréquenté les autoroutes allemandes. Ou qu'en signal fumeux, c'est par là la sortie pour No Means No qui fréquente le circuit depuis 20 ans. Alors, l'album de trop ? J'avoue avoir décroché l'affaire No Means No depuis 0+2=1 en 1991 (comme tout le monde non ?!). Les albums suivants ont leurs bons moments mais c'est pas (plus) ça. Et là, c'est pareil. On file droit par moment tout content de retrouver ce groove fiévreux et purement rock'n'roll chers aux canadiens. On rate la sortie de route à plusieurs occasions. Et on se paye le fossé dans 3, 4 virages bien trop serrés. In her eyes, Mr . In Between sont des morceaux qui donnent envie de se bouger comme au bon vieux temps pendant que les deux seuls morceaux de plus de six minutes sont apres et épiques juste comme il faut. Au milieu et entre, une pelleté de morceaux plus basiques, punk-rock mélodiques à l'énergie qui ne me communique rien du tout. La face No Means No que je n'ai jamais aimé. Voir de pitoyables morceaux et effets de manche comme un sorte de vocodeur sur So long, l'orgue et le sale refrain sur Mondo Nihilissimo 2000 et des trucs à gauche à droite pas franchement inspirés qu'on aurait préféré qu'ils réservent pour leur side project des Hanson Brothers. Tout ça fait bien mince à l'arrivée. No Means No n'arrive plus à trouver le bouton avance et propose depuis une dizaine d'années la même bonne vieille recette. Qui ne marche plus que rarement. Toute sortie est-elle définitive ?

SKX (17/09/2006)
website label www.southern.net

Noxagt
Self-titled - CD
Load 2006

Noxagt les norvégiens, trio pour troisième album. Perd son violoncelle en retour. Récupère des cordes toujours, celles d'une guitare appartenant à Anders Hana de Ultralyd, autre formation de rock bruyant avant-gardiste où joue également Kjetil D Brandsdal, le bassiste de Noxagt. On reste entre potes. Mais on ne se fait pas de cadeau. Le guitariste n'en a cure des onces de mélodies que le violoncelle apportait. Pas son trip. Du coup, la musique déjà robuste et profondément rythmique de Noxagt devient encore plus revêche. Un puit insondable, le vertige des profondeurs. Une guitare tout en larsen, en triturage de cordes, en riffs rugueux et malsains. Et si elle donne le LA de certains morceaux, accompagnant la basse dans ses démantibulations, elle donne une dimension encore plus inquiétante à ce titan tout noir Noxagt. La machine à broyer Noxagt continue d'avancer. Jusqu'à vous achever d'un long jet de onze minutes clôturant ce voyage hostile. The Impious one, les entrailles du bruit disséqués à la vue de tout le monde, sans chercher oh grand jamais à plaire, la rythmique continuant à tourner en boucle comme si de rien n'était pendant que la guitare achève le sale travail dans l'ombre. Rien ne dit qu'avec un telle musique, la dame de la pochette soit disposée à enlever sa petite culotte mais Noxagt a de quoi séduire un public disparate, autant attiré par le brillant du metal que par l'exigence des musiques extrêmes, d'un rock-noise tout distordu ou tout simplement une horde de sauvages sans étiquette qui aiment se perdre sans rien comprendre. En attendant, la culotte vous va à ravir Madame et Noxagt signe une nouvelle œuvre affriolante à faire péter l'élastique.

SKX (15/08/2006)
website groupe www.noxagt.com
website label www.loadrecords.com
sounds walls-end.mp3


 
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