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NADJA Radiance Of Shadows
NARROWS self-tilted 7''

NATURAL DREAMERS
s/t
NAVIES Seeing Hands/A Surveyor's Measure 7''
NAVIES An estate
NAVIES 2 song 7''
NED Le choc de l'astronomie populaire
NED Rien, merci
NED The Message - 7''
NED / OHARU
Musik für adulten / 4 good reasons to get handcuffed
NEED NEW BODY NNB
NEED NEW BODY UFO
NEPTUNE Intimate Lightning
NEPTUNE Mice and worms 12'' + 5 song CDr
NEPTUNE Patterns
NEPTUNE Improv and collaboration / Paris green
NEPTUNE Gong lake
NEPTUNE / ONE SECOND RIOT
Split LP
NERVOUS COP Self-titled
NEUROSIS The eye of every Storm
NEUROSIS Given to the rising

NEUTRINO motion picture soundtrack
NEUTRINO improved hearing through amplification

NEW BRUTALISM
a record of american fury
NEW BRUTALISM a diagram without scale or dimension
NEW BRUTALISM structural gymnastics
NEW BRUTALISM / HIT SELF DESTRUCT 2 song split 7"
NEW ELECTRIC Self-titled
THE NEW FLESH Vessel / Parasite / Dog 7''
NICE NICE Chrome
NIGHT WOUNDS Allergic to heat
NINE DAYS WONDER / NO KNIFE split CDEP
NINE DAYS WONDER the scenery is in disguise there
NLF3 Echotropic
NO HAY DEAZ #3
NO MEANS NO all roads lead to ausfarht
NORTH OF AMERICA brothers, sisters
NORTH OF AMERICA elements of an incomplete map Pt.II
NORTH OF AMERICA this is dance floor numerology
NOXAGT The iron point
NOXAGT Self-titled


NATURAL DREAMERS
" s/t " - CD
Frenetic 03
Où l'on reparle encore une fois de John Dietrich. Non comblé de gratter ses six cordes au sein de Gorge Trio et Deerhoof, il forme ce nouveau projet, Natural Dreamers, avec Jay Pellicci et Chris Cohen (membres également de The Curtain et Dilute). Trio instrumental, guitare deux fois plus la batterie, la formule et la musique ne sont pas sans rappeler Gorge Trio. Mais un Gorge Trio version premier album (" Dead Chicken fear no knife "), l'époque où les structures étaient encore identifiables, la base rock et rassurante. Avec Natural Dreamers, on rentre de plein pied dans un rock aux allures libres et jazzy, dissonant et largement argumenté à coups de guitares bavardes et généreuses. Mais sous leurs faux airs de musique improvisée, les compositions n'ont rien d'un labyrinthe insurmontable et abscons. Ca gratouille sévère, ça feinte à gauche, ça tend des pièges mais le promeneur, même imprudent, garde ses repères. Et comme l'ambiance générale a tendance à être un rien frivole avec des rythmiques non dénuées de légèreté (" arthur "), cet album pétille, brille sous le soleil mais on est encore loin de sabrer le champagne. De l'aveu même de John Dietrich, ce projet n'est pas encore abouti, les trois lascars ont besoin d'apprendre à se connaître pour laisser libre cours à leurs penchants de free-rockers. Que les connexions se fassent, le liant se solidifie et la sauce de monter en épaisseur. En attendant de passer la vitesse supérieure, cette première expérience aiguise les appétits.
SKX (28/04/2003)
NED
" Le choc de l'astronomie populaire " - CD
S.K. 02
Va voir ailleurs si j'y suis, tu risques de me trouver. Prendre le contre-pied de quelquechose de mal définie, provoquer les réactions, mettre des éléments contradictoires dans le même tiroir pour le seul plaisir de constater les dégâts. Saupoudré le tout d'un solide esprit D.I.Y. et vous aurez un premier album qui ne sait à quel saint se vouer. Si l'âme centrale (allo la terre) reste le punk-rock et un bon esprit de déconade, ce trio lyonnais plein de vie n'est pas du genre à se laisser attraper et facilement cloisonner dans un rayon pour jeunes gens branchés. Complaintes ludiques et vicieusement naïves, rock pouilleux à l'ironie constante dans les riffs d'une guitare au son à l'économie. Et il n'est pas dit qu'une vague envie de danser ne vous vienne plus d'une fois à l'écoute de ce rock bancal et ces rythmes tordus, le beat malsain corrompu régulièrement par des bidouilles extravagantes. Il est question ici avant tout de prendre son pied sans prise de tête. Jubiler et partager son envie de jouer par tous les moyens, créer pour la communion des foules, faire le zouave pour tomber les filles, s'amuser des clichés sans s'épargner la sueur sous les bras. Alors forcément, le fil conducteur est parfois maigre, on ne comprend pas toujours où on va, l'intérêt joue les montagnes russes et quelques virages sont dangereusement négociés. A défaut d'un choc astronomique, on a du punk-rock populaire et en attendant de maîtriser pleinement l'objet disque, c'est sûrement en concert que Ned décolle au firmament !
SKX (07/03/2003)
OHARU/NED
" Musik für adulten / 4 good reasons to get handcuffed " - split 10
Jason R. / Aïnu 03
Le mystère Oharu. Je me rappelle de leur premier effort discographique et d'un concert à Rennes. On était en plein milieu des années 90. Amphetamine Reptile records tenait le haut du pavé. Le noise-rock de ce groupe du sud-ouest de la France n'aurait pas dépareillé chez le reptile de service. Je me souviens très bien aussi hélas d'un album quelques temps après. Un truc complètement foireux avec du chant en français, sans consistance, le jour et la nuit, à se demander franchement si c'était toujours le même groupe. Alors c'est bien circonspect que j'ai posé la face Oharu. Si le groupe a considérablement évolué, ces quatre nouveaux morceaux représentent heureusement le coté noise et toujours sombre de leur musique. Une basse bien dynamique, un chant agressif, Oharu a retrouvé la hargne. Il reste bien un fond de synthé et une production un poil bizarre, comme assourdie, mais rien de bien méchant. Oharu semble sur de bons rails. On retourne l'objet (au demeurant très joli dans sa double pochette) et la propagande Ned fait encore des siennes. Jamais à cours d'idées pour la présentation des textes et de leur démarche générale, toujours au troisième degré d'un humour décapant. On aimerait que leur musique ait la même imagination prolifique. Pastiche de rock - AC/DC sur " George W. Bush is an idiot and he scares the shit out of me " et l' arrivée heureuse d'un trombone. Le punk-rock pour gamins attardés de ce trio lyonnais continue d'amuser la galerie et de maintenir l'intérêt du chaland plus par l'esprit potache qui s'en dégage que par l'écriture musicale a proprement parlé. Un premier effort discographique de deux jeunes labels à soutenir.
SKX (12/11/2003)

NEED NEW BODY
" NNB " - CD
File 13 02
Une nouvelle enveloppe charnelle où Need New Body joue les apprentis sorciers pour le meilleur et pour le pire. Accrochez votre ceinture, ce groupe à six têtes, né des cendres de Bent Leg Fatima, vous emmène dans leur univers très surprenant et haut en couleurs. Need New Body, gamins attardés, manipulant les fioles aux résultats aléatoires, juste pour voir, comme ça, je te parie que ça marche. Saxophone, percussions multiples, piano, banjo et autres instruments pas recensés dans le dictionnaire de la musique, tout est bon pour la sainte cause de la Création. 22 morceaux qui reposent le plus souvent sur une idée rythmique (voir polyrythmique) et à ce jeu là, c'est assez lumineux et inventif. Après ça brode. Entre bruits ambiants, mélodies minimalistes, répétitives ou chancelantes à la Tom Waits (" C R Eyeball "), interludes inutiles, chants et chœurs tout mêlés et variés, funk maladif, la liste est longue d'ambiances bigarrés. Je n'aime pas le mot " arty " mais ya sûrement un peu de ça chez Need New Body, quelque chose d'intellectualisé, un concept bâtard quelconque. Mais on sent en même temps tellement de bonheur dans le processus de création, le plaisir de toucher à tout avec humour, de se lancer avec maladresse et jusqu'au bout de leurs idées même si il n'était pas utile de tout enregistrer et d'inclure les chutes de studio. On ne peut rester insensible devant tant d'énergie et de charme déployé. Ces bouts de morceaux iconoclastes que l'on verrait bien servir pour la bande-son d'un film. Ces recherches sonores imaginatives. Ce bordel à moitié contrôlé. Ces orchestrations aventureuses qui font mouche plus d'une fois. Ces escapades jamais entendues. Need New Body ne se rattache à rien, appartient à tous, a du talent à revendre pour peu qu'ils ne se dispersent pas aux quatre vents. Un album qui aurait gagné en concision, tout n'est pas indispensable sur une telle longueur. Mais vous avez là devant vous de quoi vous distraire un bon moment, quitter la pesanteur actuelle et offrir à votre corps des sensations nouvelles.
SKX (25/03/2003)
NEUTRINO
" motion picture soundtrack " - Lp
Divot records 99
" Sure are shiny ". Le titre est doux. La musique tempérée. Le 1er morceau donne le ton de ce second album du trio made in Chicago. Batterie précise, chirurgicale, jamais véhémente. Big'n sous calmant, noise neurasthénique. Un album pas très causant. La guitare s'agrippe, se glisse entre le jeu basse-batterie solide et aérien. C'est rampant, on sent la tension poindre, se ressaisir, se diluer. On aimerait parfois que ça crache, qu'ils en gardent moins sous la pédale mais Neutrino garde le contrôle en toutes occasions. Un album dans la continuité du précédent. Explosions latente et plus grande est la maturité, la sauce prend mine de rien. A défaut d'un courant d'air royal, une bouffée d'oxygène reposante.
SKX (15/11/1999)
NEUTRINO
" improved hearing through amplification " - CD
Reptilian records 98
En toute sobriété, je vous le dis sans détour, cet album est un magnifique condensé de la musique passée et présente du Chicago noise sound!! Diantre, la déclaration est osée car après tout, rien de complètement chamboulant vient heurter nos habitudes. Mais pour ceux qui ont besoin de cours du soir, NEUTRINO regroupe les anciennes donnes, Shellac, Jesus Lizard, Tar et les diluent de pointes post-rock plus propices à l'heure actuelle. Un habile condensé donc au risque de me répéter, parfaitement dosé, très instrumental, où on reconnaît la frappe de l'ancien batteur de Big'N. Mais tout ici est plus calme, mesuré, la violence canalisé. Un chemin banalisé et rassurant mais jouissif et qu'on imagine encore un ton au dessus pour leur 2ème album prévu cet été 99 sur Divot. Pour un condensé évolutif ?
SKX (05/07/1999)
NEW BRUTALISM
" A record of american fury " - Lp
Code of Ethics 02
Inamovibles New Brutalism. Le troisième disque et toujours aussi buté à enfoncer le même clou, celui planté naguère par Shellac. Jusqu'au boutiste dans leur délire de présentation, ça ne bouge pas d'un iota, ces morceaux toujours numérotés pour seul titre, l'amour de l'instrument, fièrement photographié et toujours la production Bob Weston, le gros à lunettes de Shellac. Un monde précis et mécanique. Tout est à sa place. Le clou n'a qu'à bien se tenir. Et à force de vous asséner avec force leur leitmotiv, ça finit par rentrer, leur persévérance de gagner du terrain. Ces compositions, dont on connaît l'inspiration, finissent par trouver leur propre vérité, à vivre par elles-mêmes, se glissent dans une quatrième dimension. Ce trio anguleux, bien dégagé derrière les oreilles, quitte peu à peu le giron, invente leurs mélodies et ne se regarde pas les pieds à deux fois pour avancer leurs billes. Tous les déçus de Shellac comme moi ont trouvé leur lot de consolation. Encore un effort et on ne saura plus qui de l'œuf ou de la poule etc… etc…
SKX (07/03/2003)


NEW BRUTALISM
" structural gymnastics " - 12"
Sound on Sound 01
New Brutalism enfonce le clou. Leur premier album (cf chronique plus loin) déjà fortement marqué par Shellac, New Brutalism remet une couche et pousse le vice à enregistrer ces cinq titres par Bob Weston himself, le binoclard antipathique et occasionnellement bassiste du trio de Chicago. L'excuse de la production différente n'existe même plus désormais. Cette fois, New Brutalism se rapproche du maître apparemment tant adulé. Une version un poil nuancée, on trouve toujours matière à des différences, à chercher la petite bête. Le ton de la voix (encore heureux!), un batteur qui n'a pas la vista et le bras de Todd Trainer. Des compos qui penchent vers Neutrino, faussement énervées. Une tentative de cuivre, pas désagréable. Sinon, c'est tout comme. Ni moins bien. Ni mieux. Juste du math-noise de série. La seule originalité de l'élève (et encore ça semble venir du label), c'est la pochette, puisque la bande à Albini n'avait jamais fait le coup du disque gravé d'un seul coté, l'autre étant réservé pour soi-disant "réglé votre platine". Ca nous fait une belle jambe! 034. 033. 035. 028. 031. La litanie des titres de morceaux se poursuit. Invariable. On n'arrêtera de compter avant eux si ça continue comme ça.
SKX (02/10/2001)

NEW BRUTALISM / HIT SELF DESTRUCT
2 song split - 7"
Electric Human Project 03

New Brutalism fournit à la chaîne. Prolifique trio (avec un ex-Red Scare) dont les sorties se multiplient comme des petits pains. A l'écoute de ce titre "026", on se dit que le rendement prime sur la qualité. Un morceau passe-partout à la vaz-y-que-je-te-pousse! New Brutalism, c'est plus Shellac que Shellac et là, pour le coup, le père Albini peut dormir sur ces deux oreilles. Jetez plutôt les votres sur leurs albums. La découverte s'appelle Hit Self Destruct. Un nom qui claque. Leur liste de remerciements se résume à un "no thanks to anyone". C'est bon ça! N'allez pas croire que leur "aim for the jugular" soit pour autant bas du front. Une belle pièce noise-rock avec plein de rebondissements dans la batterie, de volonté de nuire mais avec la manière. On les verrait bien évoluer à la Ten Grand. Si ils ne s'auto détruisent pas d'ici là.

SKX (12/02/2004)
website groupe
thermionic.home.mindspring.com/nb
website label www.electrichumanproject.com

NEW BRUTALISM
" a diagram without scale or dimension " - Lp
ABC Group Documentation 99
Un nom pareil, le pire est à craindre. Heureusement, la nouvelle brutalité n'aura pas lieu. Rangez les casques à pointe. C'est un leurre. De là à ce que votre petite sœur apprécie, c'est une autre histoire. Ce nouveau trio américain, avec un membre partagé de Red Scare, se présente carré aux entournures. Le Corbusier se cache derrière ce froid concept de "new brutalism". Pas la meilleure référence qui soit... Les parallèles et les perpendiculaires de la pochette, les titres de morceaux constitués uniquement d'une série de trois chiffres. Le label au nom aussi attirant qu'un guichetier de la sécu. La brutalité est sèche et droite. Et la musique bien nette derrière les oreilles. Arithmétique, concise et précise, on pense tout de suite à Shellac. Cette façon d'enfoncer le clou du rythme, de placer des riffs tranchants. Seule la production moins luxuriante permet à New Brutalism de garder une distance par rapport à l'original. Une distance confirmée par une écouté répétée. Shellac reste certes définitivement l'étalon valeur. Mais New Brutalism justifie juste quelque peu son patronyme par une approche plus... brutale! Des larsens jouent avec vos nerfs. Le froid anonymat pas encore cravaté. Pas de compromis, sanguin et moins cérébral, New Brutalism place son savoir-faire, sans génie particulier, mais ça reste toujours mieux que les deux derniers albums de Shellac réunis!
SKX (02/10/2001)

NINE DAYS WONDER/NO KNIFE
" split CDEP " - CDEP
Dimmak 02
On débute le duel par les américains de No Knife. Deux titres dont on ne peut reprocher la qualité de la production. Les guitares y sont étincelantes. Et tout est léché à la perfection. Très léché! Je ne peux nier la prestance des compositions. Pop et rock indé. C'est vaillant comme une pétrolette, beau comme un cœur et suffisamment dur pour en briser plus d'un. Pour ma part, ce sera les roubignolles qu'ils casseront à la fin. Trop de sucre dans le moteur. Ca glisse comme un pet sur une banquette de skaï. J'attendais surtout beaucoup des Japonais de Nine Days Wonder et de la suite donnée à leur prometteur album "the scenery is in disguise". Mais à croire que le syndrome de la perfection s'est généralisée. Tout le monde dans le rang. Leurs mélodies restent attractives, notamment sur "the next realm". Mais on est loin de la spontanéité et de la tension du premier album. Tout s'est dilué, édulcoré, ça manque terriblement de profondeur, tout le monde il est beau, tout le monde il est content, on vit dans un monde marvellous! Trop de bonheur, moi, ça m'effraie. C'est pas que ce soit mauvais, mais la standardisation, c'est pas mon truc.
SKX (21/05/2002)

NINE DAYS WONDER
" the scenery is in disguise there " - CD
Dim Mak 00
Il est des disques qui s'enfilent tout seul. Qui démarrent au quart de tour et qui glissent sur l'asphalte, sans heurts, sans embûches majeurs. Une route des plus dégagée, facile à conduire, le bonheur tranquille en fin de parcours. Les Japonais de Nine Days Wonder sont fins et racés et possèdent l'art de sortir des mélodies qui suintent sous la peau. On jurerait entendre Swervedriver (vieux groupe noisy-pop anglais !) sur le morceau d'ouverture " reminder ", une croyance qui revient lancinante aux détours d'autres titres. Mais l'emballage général reste emo-rock, les accroches sont multiples, les refrains bien présents, sans cesse nerveux, façon 400 Years ou Braid. Ou quelquechose de plus sombre parfois qui rappelle les accords tendus et chaotiques de Condense comme sur le très bon " magnet ". La décapotable est de sortie. 9 titres pour être le roi du bitume, à l'aise dans son short, la journée ne peut que être réussie. Après Envy (qui reste au-dessus du panier), Melt-Banana et bien d'autres là bas sous le soleil levant, Nine Days Wonder le fera briller encore un peu plus !
SKX (20/02/2001)
NORTH OF AMERICA
" brothers, sisters " - CD
Rewika 03
North of America, choisi ton camp. A leurs débuts, ce groupe canadien oeuvrait dans un style coulé Superchunk, plutôt noisy et pop musclée. Puis vint " this is dance floor numerology ", l'album précédent. Autre temps, autre mœurs. Un membre de The Plan était passé par là. Le ton s'était durcit, ça rigolait moins dans les couloirs et cet album en avait impressionné plus d'un. Depuis The Plan n'a pas résisté au temps mais Michael Catano, guitariste de The Plan, continue de battre pour NOA. Et, mes chers frères et mes chères sœurs, NOA a coupé la poire en deux et ce nouvel album se situe quelque part mais sûrement entre ces deux bornes ! Entre humeur légère et post-punk. Entre voix féminine prêtant sa fine touche aux chœurs masculins se répondant avec générosité et une dynamique toute The Plan. Entre rythmique claquement de mains et cet esprit, ce feeling Washington DC alias Fugazi. Un mélange savant de refrains qui sentent bons le printemps et une urgence toute féline. Rien de foncièrement originale là-dedans mais At The Drive-In à son époque non plus. North Of America connaît la chanson également, sait vous apporter une mélodie sur un plateau, possède suffisamment de malice pour vous emballer tout ça avec savoir-faire et un joli paquet cadeau. North of America a pensé à tout. Pour les frères et leurs petites sœurs (marche aussi avec les grandes). Un consensus qui n'a rien de mou ou comment plaire au plus grand nombre sans faire de concessions. Ca devrait faire mouche !
SKX (20/03/2003)
NORTH OF AMERICA
" this is dance floor numerology " - CD
Progeria 01
Un patronyme d'une grande simplicité et complètement adapté à la situation. Aussi canadien qu'américain, le quatuor North of America sort l'étendard et résume à lui tout seul tous les bons courants musicaux que l'on compte dans le nord de l'Amérique. Et demeure par la même occasion assez insondable. On reste à la porte aux premières écoutes. Face nord, face sud, au piolet ou en douceur, North of America ne révèle pas ses secrets sans une bonne dose de patience. Complexité des compositions, ça joue du silence, ça donne dans la véhémence. Des atouts rythmiques empruntés aux meilleures groupes noise, des touches emo, de l'énergie hardcore à revendre. Et puis les mélodies se dévoilent peu à peu, on y voit plus clair derrière les barbelés et l'étendue de North of America offre de somptueuses perspectives. A l'instar de The Plan avec qui il partage un membre (Mike Catano), North of America joue plusieurs partitions en même temps. L'évidence mélodique vous saute pas à la gueule comme avec The Plan mais les morceaux sont robustes et plein de finesse, de la robe et de la personnalité. Pas une once de machines là dedans, pas de quoi améliorer son jeu de jambes sur les pistes de danse. Que du cœur, une bonne louché. On y croit à fond chez North of America. Si dans cette partie du monde, tout y était aussi intelligemment fait et dosé, leurs ennemis ne seraient pas aussi nombreux. Un très bon point pour l'Oncle Sam!!
SKX (17/10/2001)

NORTH OF AMERICA
" elements of an incomplete map Pt.II " - CD
Rewika 02
Au nord, il ya avait les corons. Désormais il ya aussi l'Amérique. Mais reprenons l'histoire depuis le début. Car cette compilation de North of America ne reflète en rien la musique qu'ils exécutent maintenant. A l'origine, les "Norts" comme ils s'auto-diminutifient (?) étaient sacrément marqués par Polvo, Superchunk avec une grosse pincée des trublions de Trumans Water. Sur ces éléments d'une carte incomplète, se retrouve pêle-mêle tous leurs enregistrements entre 1998 et 2000. A savoir 20 titres représentant un album du même nom (mais Pt.I), un single et divers morceaux égarés sur des compilations, sauvés des eaux dont un "saturday's child", reprise des Monkees, rebaptisée pour l'occasion "Davy Jones vs. Steve Albini". Cherchez pas à comprendre. Et ma foi, cette période de leur jeunesse n'est pas désagréable à l'ouïe. Bien exécutés, entrain et bonne humeur, ces morceaux procurent sautillements sur place et sourires naïfs. Seulement, quand on a commencé l'histoire par la fin, comme moi, et que vous vous êtes pris leur album "This is dance floor numerology" en pleine face, cette collection printemps-été apparaît comme une aimable carte postale jaunie et un rien désuète. Et puis autant écouter les originaux (même si j'insiste, ceux-ci sont très bons!). North of America, depuis, a durcit le ton. Epoque oblige. Version The Plan. (Post) Punks tendus par le quotidien qui ont enlevé l'eau de leur vin. Apre et direct dans les tripes. Plus envie de rigoler. Mais ceci est une nouvelle ère qui s'ouvre. Une nouvelle page qui s'écrit....
SKX (11/06/2002)

Need New Body
UFO - CD
File 13 2004

Retour de la troupe de branques. Après un album éponyme qui avait marqué son territoire et notifier les différences, l'orchestre bigarré revient avec un album qui n'a plus rien d'un objet volant non identifié. " UFO " est certes toujours dans la catégorie déviante mais la sauce a cette fois du mal à monter. Quand on navigue sur la corde raide, on est jamais loin de se casser la gueule. Pour autant, l'agencement tend à se structurer. L'instrumentation reste originale (piano, banjo, samples, percussions variées) mais le vent de la folie tout azimut ne souffle plus avec la même virulence. A première vue, ça part dans tous les sens, avec un tas d'interludes encombrants entre les " vraies " compos. A regarder de plus prêt, la bride est sur le cou et à vouloir trop de démarquer, NNB s'est noyé dans sa créativité. Ils s'écoutent chanter et jouer plutôt que réellement penser à composer des morceaux qui intéresseront une audience plus large que leur propre nombril. Avec des tics très agaçants comme ce chant qui parfois force le trait, " regardez je fais ce que je veux avec ma voix, je délire, je suis incroyable " avec les rires de ces comparses en toile de fond pour vous signifier tout cet incroyable talent. Méthode Benny Hill. Le chant reste pour autant l'élément phare de Need New Body. A plusieurs, en solo, façon rap (" turken hogan "), lyrique ou posé, ils y mettent beaucoup d'imagination et d'enthousiasme. Ambiance saloon désoeuvré, jazzy loufoque, humour sans cesse sous-jacent, pop baroque et rock'in'chair improvisé. Le potentiel est là mais cet essai est un coup dans l'eau avec un album redondant et plus ennuyeux qu'autre chose. Dommage….

SKX (04/12/2004)
website label www.file-13.com
sounds www.file-13.com - rubrique sounds

Neptune
Intimate Lightning - CD
Mister records 2004

Neptune n'était pas le Dieu de l'acier. Sinon il aurait trouvé ses disciples avec ce groupe originaire de Boston. Neptune a la particularité de fabriquer ses propres instruments avec son maître forgeron Jason Sandford qui sculpte les guitares et les basses dans de l'acier. Autant vous dire qu'ils ont les épaules robustes pour jouer avec ses objets qui pèsent trois tonnes ! Pour la batterie, Neptune utilise la décharge locale, tout ce qu'ils trouvent sur leur route et on peut vraiment parler à cette occasion de percussions plus que de batterie ! Neptune a donc un son bien particulier, dur, presque sans résonance. Atmosphère décharnée et friches industrielles qui nous renvoient forcément vers Einsturzende Neubauten et les anglais de Headbutt pour le coté rythmique/tribale. Mais quand on sait que le producteur de ce troisième album est Martin Bisi, l'aura de Cop Shoot Cop n'est pas loin. Car ce " intimate lighning " n'est pas que rythmiques froides et implacables. Neptune voyage sur la tranche rock de la face industrielle, coulant dans son acier le plus brut suffisamment de pointes mélodiques et de déhanchements presque dansant pour rendre leur musique affriolante et unique en son genre. Ca klinge et ça klonge, vitriol et sucre glace, la froideur des grandes steppes et le bruit du cheval au galop. Le masque et le mystère mais la chaleur qui se dégage quand on gratte un petit peu. Voie royale pour Neptune.

SKX (13/06/2004)
website groupe www.neptuneband.com
website label www.misterrecords.com
sounds www.misterrecords.com/neptune/audio.html

Neurosis
The eye of every Storm - CD
Relapse 2004

9ème album. 17 années d'existence. Rien que ces chiffres font peur. L'apanage de dinosaures dont personnes ne veut plus entendre parler, synonyme de médiocrité musicale. Et puis les exceptions. The Ex en tête et les vétérans d'Oakland, Neurosis. Chaque annonce de nouvel album est un évènement et de plus en plus une appréhension. " The eye of every Storm" est dans la lignée des travaux solitaires des deux guitaristes Scott Kelly et Steve Von Till. Et de la musique des Swans auxquels ils vouent une grande admiration au point d'avoir sorti avec Jarboe, la grande prêtresse du gang New-Yorkais, un album en début d'année. Epuration du style, instrumentation qui tend à la simplicité. Les multiples samples, cuivres, violons semblent définitivement mis au placard. La messe noire et l'apocalypse prennent des chemins détournés. Pour dépeindre la noirceur de leurs sentiments, ils ne sortent plus la grosse cavalerie. L'acoustique, le murmure des voix toujours rauques, les respirations et les éléments de Mère Nature sont appelés à la rescousse. Tous les morceaux ont d'ailleurs tendance à évoluer de la même façon. On entend les mouches voler pour commencer, tout se met en place tranquillement avant l'orage final où la patte Neurosis, canal historique, reprend ses droits mais sans la force destructrice d'auparavant non plus. Schéma un poil usé jusqu'à la corde. Neurosis a le mérite, après toutes ces années, d'évoluer, ne pas se reposer sur ses lauriers. Mais si, avec cette approche différente, Neurosis voulait créer une tension identique, on est loin du compte. Ces contrastes appuyés entre moments calmes / déflagrations, ces silences, sont certes intéressants mais sonnent un peu plat sur la longueur. Sans compter sur le déficit de mélodies, grande force habituelle du groupe. Cet album est le moins bon du groupe. On les sent en dedans, en panne d'inspiration. Agréable d'écoute mais on attend de Neurosis qu'ils nous remuent l'âme et les tripes. Par tous les moyens possibles et inimaginables. Que l'artillerie soit énorme ou non. Il va falloir continuer à chercher sous peine de se fourvoyer dans une impasse.

SKX (25/09/2004)
website groupe www.neurosis.com
website label www.relapse.com

Noxagt
The iron point - CD
Load 2004

Noxagt libère la roche qui est en toi. Roule ta bille, la lave déboule de Norvège. C'est froid et austère de l'extérieur. Ca fusionne et ça cartonne une fois dedans. Comme leur pochette, ce paysage était rayonnant avant que cette horde sauvage de Vikings ne piétine les idées reçues. L'idée qu'avec une basse, une guitare et un violon, la puissance n'attend pas le nombre. Lourdeur et plombeur ne se suffisent d'un rien. Sur un socle de batterie rude qui ne fait rien dans la complexité, la basse écroule le donjon et n'a rien de mélodique. Elle assure ce pourquoi elle a été crée. Le rythme, que le rythme, rude, impériale, sobre, bruyant, distordu à fond. Le violon dans tout ça a bien du courage d'oser de frotter à de tels mastodontes. Si il écharpe quelques mélodies, il sait se faire respecter de ses pairs par une utilisation relativement bruyante et expérimentale. Le larsen contrôlé. Noxagt n'est pas là pour faire jolie. Noxagt la joue primaire, noise, branche industrielle et nettoyage en profondeur. Et pourtant, devant ce paysage dépeint à la truelle, une once d'humanité s'ouvre à vous. Même les pires monstres gardent leur sensibilité. Comme une harmonie, un fil conducteur, un horizon dégagé au-delà
du chaos, des rythmiques enlevées qui font de ce deuxième album un objet remarquable et bigrement intéressant. Les trois membres de ce groupe ont tous développé des projets annexes, Noxagt étant lui même un projet parmi d'autres, la discographie du bassiste Kjetil D. Brandsdal étant sûrement la plus impressionnante (une bonne vingtaine de disque dont la moitié en solo). Une base solide sur laquelle ce trio atypique, adepte de musiques expérimentales et bruitistes, a donné un visage plus rock à leurs délires avec ce Noxagt. Load records, label de Lightning Bolt (avec qui Noxagt partagent sans doute quelques
conceptions musicales) et prêt à se saigner à blanc pour signer tous les blancs becs bruitistes les accueille en son sein. Une pièce de plus à leur dossier qualité. Le groupe de fer.

SKX (26/10/2004)
website groupe www.noxagt.com
website label loadrecords.com
sounds The_hebbex.mp3

Navies
Seeing Hands/A Surveyor's Measure - 7''
Foilage 2004


Navies, c'est tout nouveau comme nom et pourtant ils ont déjà un album sorti sous le patronyme de Bazhena. Allez comprendre pourquoi, mais ces jeunes gens originaire de Washington DC ont décidé de changer de nom (avec pourtant le même personnel), de tout reprendre à zéro, modifier la musique et c'est ce single deux titres qui marque leur nouveau départ. Rock complexe et dissonant, Navies est, au même titre qu'un groupe comme Ten Grand, du genre inclassable. L'énergie est punk, les guitares débraillées, le chant multiple, l'agencement n'est pas carré, ça dépoussière les angles morts et si on a le droit a de belles ruades, tout se fait dans la finesse. Deux morceaux frais comme des gardons. L'aube s'ouvre sur une suite alléchante : un split 10'' avec A Day in Black and White sur Level Plane et un CDEP sur Lovitt records.

SKX (23/02/2005)
website groupe www.naviesband.org

Navies
An estate - CDEP
Lovitt 2005


Navies en pleine bourre. Après le single, le split avec A Day in black and white, voici le mini 5 titres (24 minutes quand même !) en attendant le futur album. Navies continue de poser ses jalons, compostions intriquées, la maturation est lente mais sûre, le son prend forme et possession des tympans, prêts à saigner. Navies fait partie de cette catégorie de groupe qui aime triturer les textures tout en gardant une approche punk. A l'instar d'un The Ex, ça foisonne de richesses rythmiques, d'imbrications entre les parties de guitare-basse-batterie. C'est rugueux. La clef ouvrant sur leur monde se mérite. Une fois à l'intérieur c'est tout bonnement aliénant. Entre deux vociférations, trois éclairs électriques, quelques plaintes et des riffs bien senties, " An estate " laboure en profondeur une chair qui ne demande qu'à vivre. Vivement l'album.

SKX (26/06/2005)
website groupe www.naviesband.org
website label www.lovitt.com
sounds www.lovitt.com

Neptune
Mice and worms 12'' + 5 song CDr
Self-released 2005


Le départ d'un membre n'entame en rien le moral des New-Yorkais de Neptune. Exit le batteur, rien qu'un de plus sur la longue liste des intérimaires ayant battus le fer de Neptune. Réduit en trio, ils en profitent pour aller de l'avant. Deux disques sortis coup sur coup. Le premier est un cdr cousu main et personnalisé pour chaque copie. 5 titres plus ou moins sortis à la hâte avant leur tournée européenne en septembre dernier. Mais les morceaux ne sont pas des fonds de tiroir. Des compostions dont les espaces du passé se remplissent d'encore plus de bruit grâce à un système bricolé par le chef de la troupe Jason Sanford. Un truc qui ressemble à un synthé mais complètement désossifié et électrifié sur un mode d'emploi très personnel. Les effets se multiplient, les pédales s'entassent mais toujours au service de compositions structurées, exceptés le dernier titre plus ambiant et mystérieux ou d'intros qui retombent toujours sur leurs pieds. Avec Mice and Worms, on passe au format vinyl. 5 titres là encore où on retrouve comme sur le CDr l'excellent Lightouse. Les quatre autres tapent dans l'inédit. Apparition d'un sample sur Equestrian Phantasy. Riffs lumineux d'une guitare sculptée par des mains expertes. L'art de la ferronnerie, subtil et travaillé tant que c'est chaud. Dans la lignée racée des Cop Shoot Cop et Bästard, Neptune est grand.

SKX (29/11/2005)
website groupe www.misterrecords.com/neptune
sounds TheLighthouse.mp3

Nervous Cop
Self-titled - CD
5 rue Christine 2004


C'est sûr, ya de quoi rendre plus d'un flic nerveux. Quand le batteur de Deerhoof, Greg Saunier, rencontre celui de Hella, Zach Hill, l'air va devenir électrique. Deux batteries hors contrôle, à ramener au plus près de ce que peut faire Hill dans un concert de Hella. Littéralement sans dessus dessous, dangereusement libre, un jeu pour l'occasion similaire, on a bien du mal à savoir qui fait quoi. Joanna Newsome avait chez elle une belle harpe. Ca tombe bien, elle tente de calmer les ardeurs de ces messieurs sur quelques passages, ajoutant à l'étrangeté de la chose. Aux manettes et adjonctions électroniques, John Dietrich (guitariste de Gorge Trio et Deerhoof), un sale gosse à qui il ne faut rien montrer. Ne comptez pas sur lui pour rendre les choses plus lisible. Quant à savoir ce qu'il faut penser d'un tel disque, mieux vaut demander aux protagonistes. Pour Zach Hill, " c'est une pièce maîtresse de musique concrète ". Pour Greg Saunier, " c'est un total désastre "! Le batteur de Deerhoof est un poil sévère mais il est certain que si ce groupe n'avait pas en son sein ces illustres membres, le milieu noise-rock ne se serait jamais intéressé à ce projet et cette chronique, jamais vu le jour. Scions du bois.

SKX (08/01/2005)
website label www.5rc.com
sounds RicePrecipitation.mp3

Nice Nice
Chrome - CD
Temporary Residence 2003


Nice Nice, deux fois nice, un duo, ça semble logique. Deux américains bon teint. Jason Buehler à la guitare et Mark Shirazi à la batterie. Mais l'écoute de leur premier album " Chrome " ne certifie pas une telle formation. D'ailleurs notre duo de Portland (et non pas de Nice) fait bande à part et ne tire pas dans l'habituel terrain de chasse noise-math-rock comme nombre de duos maléfiques. Leur approche est plutôt celle des Canadiens de Hanged Up. Une approche risquée de leurs instruments, un sens improvisé, une forme libre et flottante. Comme ils se plaisent à le dire, pas d'overdubs, tout est live. Je ne connais pas leur tour de magie mais il est fort à parier que moultes pédales d'effets et percussions de bazar doit polluer leur entourage proche, faites gaffes où vous mettez les pieds, mecs. Seize morceaux qui prennent un malin plaisir à partir dans de nombreuses directions. Un peu trop. Du rock qui ne rock pas vraiment, de l'expérimental qui s'amuse, du bruit qui écorche ou qui fait dans l'ambiant, des rythmes qui trépignent mais rien qui se dansent. Free-rock cérébral. Tape juste par endroits, ennuie et se mord la queue le reste. Chacun cherche son chat. Piécettes baroques aux fils chancelants. Pantins touchants ou rasoirs. Nice Nice n'a pas choisit les chemins de la facilité. Mais tout reste possible.

SKX (12/03/2005)
website groupe www.nicenice.net
website label www.temporaryresidence.com
sounds Cold_Sweat_Part_XVI.mp3 | Chrome_Cabal.mp3
Bees_Make_Honey.mp3 | nein.mp3

Ned
Rien, merci - CD
SK / Jason R. 2005

Les troublions lyonnais remettent leur titre en jeu. Second album en vu et Ned passe aux choses sérieuses. Fini de rigoler. Tout n'apparaît que brouillon de jeunesse face à la maîtrise de ce Rien, merci. Ned, en gros, c'est du rock. Ca nous fait une belle jambe. Ouais bon mais du rock de travers, du fais-le-toi-même, punk et rigolard avec des trucs derrière qu'on sentait capable de bien meilleur mais qui ne se concrétisait pas. C'était du bordel, de jeunes chiens fous naïfs et tendres sous leur dehors hirsutes. Et pi voilà qu'ils prennent la route de Zagreb, les potes du coin pour enregistrer cet album qui ne donne pas autant la satisfaction que ça devrait. Punk mais pas je m'en foutiste. Taraudé par le remords et l'envie de bien faire, Ned remet ces compositions dans les mains de savants fous avec des studios de campagnes plein d'effets modernes et ce Rien, merci n'accouche pas d'une couleuvre mais d'un zèbre racé. Le rock de Ned a pris de la consistance. On n'est plus à se dire que les compos manquent d'un quelque chose mais je sais pas quoi. Elles tiennent là, toutes droites dans leurs docks, seules et fières. L'esprit frivole continue de bourdonner, telle une mouche sur un vieux sucre mais avec de vrais sentiments dedans, même que certains font serrer la gorge et dresser le poil de la nuque. Du rock vif et piquant, des parties fines et free au bord de l'improvisation, des joutes rythmiques qui les rapprochent des grands Badgewearer et des non moins immenses The Ex. Un ton et de la profondeur qu'on ne leur connaissait pas. Des attaques frontales noise à la belle intensité que voilà. Un morceau pour danser chick chick chik (voices in the sink). De la patine sur laquelle on ne risque pas de se casser la gueule. Ils ont bien fait de trifouiller leurs compos dans tous les sens. Leur rock bancal a pris un sérieux coup d'assurance. C'est sur ces deux jambes bien campés qu'il avance, tout simplement impeccable, sans un pli, avec l'envie d'y retourner et de leur dire que cette fois ci, c'est tout bon même si ils vous répondent de rien merci. C'est qu'ils deviendraient polis en plus !

SKX (09/01/06)
website groupe www.skrecords.org/groupes/ned.html
website label www.skrecords.org
sounds Le_morceau_du_chat.mp3 | 44percent.mp3

Neptune
Patterns - CD
Self-release records 2006

Neptune se déchaîne. Les éléments discographiques du désormais trio new-yorkais pleuvent à tout va. Entre cdrs réduits à quelques titres, cassettes old school et 12'' un d'obscur label hyper DIY avec pochettes maisons inclus mais toujours soignées, Neptune tente de semer l'auditeur. Vous rajoutez des morceaux titrés uniquement d'un numéro, que l'on retrouve sur d'autres enregistrements avec un véritable nom fait de véritable lettres… quand ce n'est pas dans une autre version... Inutile de s'obstiner à comprendre et recouper. C'est la zone. Ce nouveau disque au format album arrive à point nommer. Figer dans le temps la foisonnante créativité des New-Yorkais. Et dire que ce disque, comme la plupart des précédents enregistrements, sont autoproduits (ou sorti à l'époque sur Mister records, le label qui n'a jamais défrayé la chronique du batteur d'alors qui s'est fait la malle depuis). Quand est-ce qu'un label digne de ce nom va se charger de répandre la bonne musique de Neptune à travers le monde ?! Tous leurs confrères sont unanimes, à commencer par The Ex. Ce groupe, c'est de la balle. Patterns reprend donc quatre morceaux du maxi Mice and Worms et un autre d'un cdr cinq titres datant de 2005. Et des inédits. Un assemblage qui tient la corde. Des morceaux bourrés d'électronique qui rockent. Des morceaux plein de rock qui électronisent. Des machines pleines de scritch et de crizzzz qui envoient le bois. Des morceaux qui crissent et qui crachent tout en spleen urbain. Des morceaux pleins de rythmes tribaux. Neptune ne fait pas que sculpter ses instruments. Ils s'inventent un langage musical, un monde plein de fils, de pédales d'effets et de boutons à triturer avec le souci de mettre le rock et son énergie au milieu. Depuis le départ du batteur, l'autre percussionniste a pris la place sur le tabouret. Le guitariste alterne avec la basse. Le chanteur-guitariste-sculpteur pète ses mélodies dans un amas de ferraille. Neuf titres bourrés d'idées, de rythmes frappant et tordus, de finesse et de mystère. Il y a une vie après Cop Shoot Cop.
A signaler que les bordelais des Potagers Natures ont sorti la version vinyle et la propose intégralement en téléchargement gratuit, comme tous les disques qu'ils sortent d'ailleurs.

SKX (01/10/2006)
website groupe www.neptuneband.com
website label lespotagersnatures.free.fr
sounds TheLighthouse.mp3

New Electric
Self-titled EP
The Perpetual Motion Machine 2006

Ce groupe là aurait pu être la sensation du moment dans le genre (post) rock instrumental qui fait bouger les choses et qui remet le mot rock au centre du débat. Quatre titres furieux qui ne prendraient que les moments les plus bruyants de Explosions in the sky sans les sempiternels montées ou contrastes entre parties calmes / explosions chers à ce style, un truc toujours dans le rouge et la distorsion, un rythme qui pulse et des guitares comme si il en pleuvait. Mais le passé (récent) de ces jeunes étudiants en jazz qui ont fait leurs premières armes dans un combo free-jazz (Rolo Tomase) les rattrape encore trop souvent. Ils ont beau déclaré avoir créer un groupe de rock pour se détacher de ce lourd fardeau, les guitares en font quand même beaucoup sans compter quelques soli empestant les entournures. Bref, si ils arrivent à réellement s'émanciper de leurs chères études, New Electric peut devenir un sacré groupe qui booste son petit monde.

SKX (27/08/2006)
website groupe www.newelectricband.com
website label www.theperpetualmotionmachine.com
sounds Bananarchy-final.mp3 | DSMH-final.mp3

No Means No
All roads lead to ausfarht - CD
Southern/Wrong 2006

Les vétérans du punk-rock, mais qui ne se sont jamais arrêtés eux, sur le devant de la scène une nouvelle fois pour un nouvel album studio, six ans après No One. Un titre à plusieurs niveaux. Pour les germanophobes, ausfarht signifie sortie et pour les anglophobes, toutes les routes mènent donc à la sortie. A moins que en langage canadien, c'est une autre façon de dire que toutes les routes mènent à Rome. Ou en dialecte punk, ça veut dire que ce groupe a trop tourné et fréquenté les autoroutes allemandes. Ou qu'en signal fumeux, c'est par là la sortie pour No Means No qui fréquente le circuit depuis 20 ans. Alors, l'album de trop ? J'avoue avoir décroché l'affaire No Means No depuis 0+2=1 en 1991 (comme tout le monde non ?!). Les albums suivants ont leurs bons moments mais c'est pas (plus) ça. Et là, c'est pareil. On file droit par moment tout content de retrouver ce groove fiévreux et purement rock'n'roll chers aux canadiens. On rate la sortie de route à plusieurs occasions. Et on se paye le fossé dans 3, 4 virages bien trop serrés. In her eyes, Mr . In Between sont des morceaux qui donnent envie de se bouger comme au bon vieux temps pendant que les deux seuls morceaux de plus de six minutes sont apres et épiques juste comme il faut. Au milieu et entre, une pelleté de morceaux plus basiques, punk-rock mélodiques à l'énergie qui ne me communique rien du tout. La face No Means No que je n'ai jamais aimé. Voir de pitoyables morceaux et effets de manche comme un sorte de vocodeur sur So long, l'orgue et le sale refrain sur Mondo Nihilissimo 2000 et des trucs à gauche à droite pas franchement inspirés qu'on aurait préféré qu'ils réservent pour leur side project des Hanson Brothers. Tout ça fait bien mince à l'arrivée. No Means No n'arrive plus à trouver le bouton avance et propose depuis une dizaine d'années la même bonne vieille recette. Qui ne marche plus que rarement. Toute sortie est-elle définitive ?

SKX (17/09/2006)
website label www.southern.net

Noxagt
Self-titled - CD
Load 2006

Noxagt les norvégiens, trio pour troisième album. Perd son violoncelle en retour. Récupère des cordes toujours, celles d'une guitare appartenant à Anders Hana de Ultralyd, autre formation de rock bruyant avant-gardiste où joue également Kjetil D Brandsdal, le bassiste de Noxagt. On reste entre potes. Mais on ne se fait pas de cadeau. Le guitariste n'en a cure des onces de mélodies que le violoncelle apportait. Pas son trip. Du coup, la musique déjà robuste et profondément rythmique de Noxagt devient encore plus revêche. Un puit insondable, le vertige des profondeurs. Une guitare tout en larsen, en triturage de cordes, en riffs rugueux et malsains. Et si elle donne le LA de certains morceaux, accompagnant la basse dans ses démantibulations, elle donne une dimension encore plus inquiétante à ce titan tout noir Noxagt. La machine à broyer Noxagt continue d'avancer. Jusqu'à vous achever d'un long jet de onze minutes clôturant ce voyage hostile. The Impious one, les entrailles du bruit disséqués à la vue de tout le monde, sans chercher oh grand jamais à plaire, la rythmique continuant à tourner en boucle comme si de rien n'était pendant que la guitare achève le sale travail dans l'ombre. Rien ne dit qu'avec un telle musique, la dame de la pochette soit disposée à enlever sa petite culotte mais Noxagt a de quoi séduire un public disparate, autant attiré par le brillant du metal que par l'exigence des musiques extrêmes, d'un rock-noise tout distordu ou tout simplement une horde de sauvages sans étiquette qui aiment se perdre sans rien comprendre. En attendant, la culotte vous va à ravir Madame et Noxagt signe une nouvelle œuvre affriolante à faire péter l'élastique.

SKX (15/08/2006)
website groupe www.noxagt.com
website label www.loadrecords.com
sounds walls-end.mp3

Nadja
Radiance Of Shadows - CD
Alien8 recordings 2007

Même pas le temps de se retourner, de goûter assidûment à Touched, le précédent album de Nadja, que le duo est déjà de retour avec ce Radiance Of Shadows. Et à l'heure où j'écris ceci, j'attends de pouvoir également jeter une oreille sur Guilted By The Sun, encore un nouveau disque. Les enregistrements de Nadja se suivent donc à un train d'enfer, un nouvel album tous les trimestres ou presque, auxquels il faut rajouter les CDr autoproduits, les rééditions, les versions réenregistrées, les collaborations (celle avec Fear Falls Burning chez Conspiracy par exemple…), les splits et les travaux solo d'Aidan Baker, le capitaine du navire Nadja. Cela fait beaucoup, beaucoup trop même est on tenté de dire parce que d'un disque à l'autre il n'y a jamais vraiment de différences, Nadja se contentant de creuser son sillon, de cultiver son metal atmosphérique sans rien demander à personne. Parfois un enregistrement attire l'attention plus qu'un autre, semble plus accompli et c'est précisément le cas de ce Radiance Of Shadows sorti comme d'habitude chez Alien8 recordings.
La grande réussite de Nadja c'est d'avoir réussi à élaguer son metal lourdissime en lui insufflant des éléments étrangers et a priori incompatibles : le doom est croisé avec de la pop façon Cocteau Twins, les atmosphères industrielles incitent au recueillement, le drone n'est pas synonyme d'ennui. Parfois, je me surprends à penser qu'Aidan Baker réussit avec Nadja exactement là où Justin Broadrick se casse la gueule avec Jesu. L'anglais, à trop vouloir épurer et synthétiser son propos finit par se perdre dans un océan de vide. Le canadien au contraire ensevelit sa musique dans de profonds sables mouvants, sarcophages de bruits ascensionnels et étouffants (l'énorme final industriel du titre éponyme), forme une chrysalide de saturations épaisses qui lorsqu'elle éclate laisse échapper un magma assourdissant. La recette de Nadja semble définitivement au point sur Radiance Of Shadows dont la violence du son (les binoclards n'auront pas manqué de remarquer que le mastering est du à un certain James Plotkin) reste intacte même après plusieurs écoutes.

Haz (08/12/2007)
website groupe 206.123.101.29/~coldsnap/aidan/nadja.htm
website label www.alien8recordings.com

Narrows
self-tilted 7''
Deathwish 2008

Avec Dave Verellen, l'ex-chanteur de Botch et Ryan Frederiksen, membre actuel de These Arms are snakes, ce groupe est bien parti dans la vie. Vous rajoutez trois autres gaziers qui ont officié dans des groupes qui n'étaient pas spécialisés dans les berceuses (Unbroken, Bullet Union, Some Girls), vous les collez sur un label qui s'y connaît en hardcore, en hardcore et en hardcore et vous aurez une p'tite idée de la tournure pris par ce nouveau projet. Les deux minutes et quelques de Life Vests Float, Kids Don't suffisent à mettre les points sur les i. La voix typique de Verellen, bien mise en avant, ce grondement qu'on sent bien qu'il vient du fond de la gorge, mène l'attaque frontale. On n'est pas là pour cueillir des pâquerettes. Lourd, puissant, rapide, ça surfe sur un après Botch basique. Rien de phénoménale mais ça fait du bien par où ça passe. Avec les deux morceaux suivants, Narrows devient moins directe. Mis à part le début en fanfare de Crooked Tongues, Narrows oublie la vitesse et la joue mid-tempo menaçant. Impression confirmée par The Touch Test et son sample qui débute et clôture un titre un peu plus vicieux. Parce que faut bien dire qu'il faudra en montrer un peu plus sur leur premier album à venir pour la fin de l'année que ce disque qui plaira aux traditionalistes du genre mais qui laissera dubitatif les autres.

SKX (02/10/2008)
website groupe www.myspace.com/narrowsnoise
website label www.deathwishinc.com

Navies
2 song 7''
Lovitt 2007

Toujours pas d'album en vue pour le trio de Washington DC mais un excellent 2 titres pour faire patienter. Des problèmes d'intendance peut-être puisque Sean McGuinness partage son temps à la batterie entre Navies et Pissed Jeans et avec l'actualité de Pissed Jeans, il ne m'étonnerait pas qu'on lise bientôt batteur des ex-Navies… En attendant donc, Navies continue de labourer les tympans à coup de post-punk jouissif, tour à tour troublé et limpide. Façon Mission of Burma, notamment sur l'instrumental Continental divide qui rappelle autant la complexité mélodique des gars de Boston qu'un Pitchblende ressuscité. Sur House ties, c'est là aussi une pépite noise-punk avec une section rythmique déchaînée et des parties de guitare de haute volée. Un must pour un groupe très prometteur.

SKX (05/02/2008)
website groupe http://www.myspace.com/naviesmusic
website label
http://www.lovitt.com

Ned
The Message - 7''
Motive Sounds Recordings 2007

Enfin du neuf de la part des lyonnais de Ned. L'album précédent, le très réussi Rien, merci date déjà de trois ans et depuis tout ce temps a réussi à convaincre tous les réticents à la musique du groupe, réticents dont j'ai très longtemps fait partie. Ned c'est drôle, bruyant, groovy, punk sans être pour les chiens et légèrement arty sur les bords. Arty c'est le premier truc que l'on se dit en contemplant puis dépliant la pochette de ce très joli single en plastique blanc. The Message c'est comme ça qu'il s'appelle et dessus on peut lire d'étranges signes composés de petits carrés et de petits ronds. Heureusement le code nous est donné et les plus patients pourront déchiffrer tout ça. Par exemple un carré avec un rond à gauche c'est le A, un carré avec trois ronds à droite c'est le B. Trop facile.
The Message propose donc en face A une nouvelle version du titre qui ouvrait Rien, Merci. Ah merde, ce n'est pas vraiment un inédit… mais qu'à cela ne tienne, cette nouvelle version, enregistré l'été dernier dans un studio lyonnais, est dix fois plus brute et énergique que l'ancienne, définitivement un grand morceau.
On retourne la galette et on change la vitesse de la platine parce qu'à la différence de la face A cette face B tourne en 45 tours. Bob Dénard c'est du matériel neuf à 100% et représente le côté plus poppy et funky de Ned, un certain goût pour l'attraction façon Chinese Stars avec un gros passage final drivé par une basse groovy à souhait et toujours les trois voix des gugusses de Ned qui susurrent puis braillent ensemble, un chouette morceau à danser. Voilà un single dont la principale qualité est de donner envie d'en écouter un peu plus… un nouvel album pour 2009 serait il envisageable ? L'espoir fait vivre et comme le groupe le dit lui-même : nothing disappears, everything remains.

Haz (08/06/2008)
website groupe www.myspace.com/nedskrecords
website label www.motivesounds.com


Neptune
Improv and collaboration - LP
Golden Lab 2007
Paris green - CDEP
Self-released 2007

Neptune maintient un rythme de dingue. Encore deux nouveaux enregistrements en plus du split avec les lyonnais de One Second Riot pour l'année 2007. Oui je sais, on est passé en 2008 mais comme je vous disais, le rythme est guedin. Improv and collaboration est un beau vinyl qui sent le jasmin et les abeilles butinantes. Le printemps n'est pas loin mais une fois à l'intérieur, l'hiver a vite fait de se rappeler à votre bon souvenir. Improv and collaboration est un album… euh comment dire, d'improvisation et de collaborations. Et ya pas à chier, l'improvisation, ça ne s'improvise pas comme ça !! Neptune nous sert sa face branle neurones avec deux morceaux de 10 et 16 minutes encadrant trois autres titres heureusement plus courts. Mais à chaque fois, il est question d'oscillateur lancé dans la course à l'ennui, de fréquences d'une armada de synthés bricolés at home, de telegraph noise box dont on ne pige pas les signaux, de hearing tester and microphone et autres instruments à la musicalité prouvée. De temps à autres, les New-Yorkais se rappellent qu'ils se servent habituellement d'un truc qui ressemble à une batterie pour nous balancer quelques coups dans la tronche, nous sortant de la torpeur, mais sinon leurs expérimentations feraient passer n'importe quel bricoleur du dimanche pour un pro du marteau. Seul la collaboration avec Jessica Rylan sur le morceau #23 sauve le zéro pointé. Quand Neptune allie sa science du rock avec sa quincaillerie de Mac Gyver, ça donne du nerf à sa démarche.
Paris Green est un maxi dont le titre principal qui porte le même nom est issu de Gong lake, le prochain album de Neptune sur le très coté label Table of Elements. Ca en jette sur une carte de visite et ça les changera de la pléthore de cdrs self-released à 50 exemplaires. Maxi à l'intérêt limité. Excepté ce morceau inédit mais qu'on retrouvera de toute façon sur l'album, Neptune nous colle deux morceaux de leur split avec One Second Riot (Tell my people to go home, part I et II) et deux vomis électroniques sur la banquette digne de leur Improv and Collaboration dont je ne suis décidément pas fan ! Reste ce Paris Green où on retrouve tout le Neptune qu'on adore. La face rock prédominante avec un rythmique toute en rafale et répétitive, un riff de guitare aliénant et des stridences au service de la compo. Si tout l'album est de cet acabit, Neptune fera oublier sans problème ces errements.

SKX (11/02/2008)
website groupe
www.neptuneband.com
website label
www.myspace.com/goldenlabrecords | www.magnetismcrafts.com

Neptune
Gong lake - CD
Radium / Table of Elements 2008

Neptune, trio de sculpteurs-musiciens, Geo Trouvetou new-yorkais doublé d'alchimistes du bruit. Tout est made at home chez les Neptune, jusqu'aux disques pour la plupart autoproduits et en tirage hyper limité, non pas par souci de spéculation mais par manque de moyens rédhibitoires. Le label Table of Elements (et sa sous-division Radium) leur offre pour la première fois une exposition internationale et une distribution digne de ce nom. Ce n'est que justice pour ce groupe qui ne cesse de chercher, innover, créer, bref, se sortir les doigts du cul pour offrir une alternative à un monde musical plus enclin à la copie qu'à trouver sa propre voie. Pour autant, la musique de Neptune ne débarque pas d'une autre planète. On cite souvent Einsturzende Neubauten, The Ex, Cop Shoot Cop pour parler de leur musique. A cette liste non exhaustive se rajouterait notre feu-Bästard si ces derniers avaient été plus unanimement reconnus sur la scène internationale.
Pour autant, Neptune s'est affranchi de ces influences pour n'en garder que l'esprit avant-gardiste, cette perpétuelle course vers l'infini inconnu bien que la formule Neptune soit désormais établie. Mais il fallait profiter de cette exposition nouvelle pour montrer au plus grand nombre de quoi ils étaient capables.
Gong lake est un parfait résumé de leurs dernières années de travaux, depuis que le quatuor s'est mué en trio. Mettre la barre suffisamment haute dans des compositions irréprochables pour épater la galerie et mettre définitivement Neptune sur la carte du rock. Neptune triture ses oscillateurs et synthés maison au service du rock. Mais c'est aussi son contraire. Neptune rock et donne du sens à ces expérimentations. Le bruit pour le bruit, très peu pour Neptune (ça ils le gardent pour leurs maxis). Tout autant cérébral que viscéral, la force de Neptune est de toujours garder les pieds sur terre, avoir le souci de l'accroche autant mélodique que rythmique. Ce Gong Lake en regorge. Après une courte introduction pour marquer son territoire, Grey Shallows annonce le meilleur du meilleur et un morceau qui vous donne de suite envie de prendre le premier bidon venu et taper dessus comme un sourd. Plaisir prolongé par Paris Green, présent sur le précédent maxi. Mécanique de précision, dynamique implacable et les stridences onctueuses qui viennent perturber l'ordre établi. La caisse claire de Purple Sleep est un piston diabolique. Neptune a encore été faire un tour à la décharge voisine et redonne une seconde jeunesse à un tas de ferraille lors d'un brillant instrumental hypnotique. Neptune, c'est aussi un vent glacial. Yellow river est froid comme l'acier, prolongé par le robotique Cooper green et nous rappellent douloureusement que le son de Neptune n'est à nul autre pareil. La faute à leurs instruments fabriqués par leurs propres mains, donnant une coloration dure et compacte, un tas de chair froide que Neptune ne cherche pas à attendrir. La fin de l'album ne réchauffera pas plus la banquise. Neptune se fait menaçant, maltraite son xylophone électrique, sort le gros bidon d'essence, se fait sourd aux injonctions de la mélodie, erre dans un no man's land industriel attirant, se créant pour l'hiver une ambiance louche et bien personnelle. Ils nous quittent sur un Red Sea tour à tour inhospitalier et tribal et quelques résidus électroniques. Ce n'est pas aujourd'hui qu'ils vont faire dans le compromis. Un groupe exigeant mais c'est fait avec intelligence et une putain de classe.

SKX (22/03/2008)
website groupe www.neptuneband.com
website label www.myspace.com/tableoftheelements

Neptune - One Second Riot
Split LP
Distille 2007

Split franco-américain sur un label parisien. Plus précisément Lyon against New-York. Honneurs aux étrangers. Neptune, c'est pas inconnu par ici. C'est une pléthore de disques, dont le dernier sur le label bordelais Les Potagers Natures (ils veulent se faire naturaliser ou quoi ?) et ces fils spirituels de Cop Shoot Cop (ils seraient nés à Lyon, on aurait dit les fils spirituels des Bästard) continuent de creuser le sillon à coup de ferraille et d'idées de brocanteur de génie. Les deux premiers morceaux s'appellent Tell my people to go home. Part I et Part II. C'est tout en retenu, en force tranquille, en coup de maréchal-ferrant avec ce sens de l'accroche évidente sur la part I. Le 3ème titre se nomme Clocks et croyez le ou non, mais on a le droit à 4 minutes 42 d'un tic-tac d'une horloge sur lesquelles se greffent des petits bruits où le temps se fait effectivement compter avant qu'un déluge sonore fait de basse virulente, de hurlements dans le lointain et d'un rythme appuyé nous sortent de la torpeur. Mais le tic-tac est là, il nous surveille. Le dernier morceau intitulé #27 reste dans le domaine de l'étrange. Mais c'est ça qui est bien avec Neptune. Même avec un bruit de tôle vaguement tribal, des bip-bip et autres crissements, ils arrivent à vous tenir en haleine six minutes. Quoique là, non, c'est devient chiant à partir de la moitié. On peut pas avoir bon à tous les coups.
Les petits nouveaux sont lyonnais. One second riot, duo basse-batterie. Et c'est dingue ce qu'on peut faire comme bordel à deux. Comme leurs collègues new-yorkais, le duo garde ce goût pour la ferraille chaude battue avec cœur même si l'instrumentation reste plus dans les normes. A peine quelques samples qui viennent appuyer un chant mi-hurlé et à l'économie. Et si One second riot sait rocker, là aussi, c'est une histoire d'ambiance, de tempos dans la retenu, de déchirements calculés, de méandres électriques contrôlés, d'une basse volontaire et mélodique à ses heures. Quelque chose de lyonnais dans les gènes, de froid, urbain, maladif, un léger spleen qui donne au final l'envie de tout arracher. Trois morceaux. Une excellente découverte. Aux cotés de Doppler, dans la grande lignée des groupes noise lyonnais à qui on souhaite la même destinée. Deux groupes qui se complètent à merveille pour un split de haute tenue.

SKX (05/05/2007)
website groupe www.neptuneband.com | onesecondriot.free.fr
website label www.distilerecords.com

Neurosis
Given to the rising - CD
Neurot 2007

Les dinosaures remuent encore. Après Unsane qui vient de nous en coller une belle, Neurosis nous met à son tour une baffe monumentale. Ca fait plaisir parfois de tendre l'autre joue. Alors que Neurosis avait considérablement baissé le rythme et la virulence de son propos sur The Eye of every storm, alors que la tendance générale d'une pléthore de groupes hardcore/metal était à l'ambiant ou au retour qui pue vers les seventies et son progressif qui tâche, on se demandait si le groupe de San Francisco n'était pas sur la voie de garage. Tous les Isis et Cult of Luna de la terre peuvent aller se rhabiller. Neurosis a retrouvé le fil. Un dixième album en forme de synthèse de tout le meilleur de leur imposante discographie, sublimé par une inspiration retrouvée. Les riffs de mammouth, les rythmes tour à tour tribaux ou qui pèsent deux tonnes. Cette voix puisant dans toute la misère du monde, ce cri de bête qui s'élève des entrailles et vous arrache un gond. Ces passages atmosphériques et inquiétants parfaitement intégrés à la furie générale. Neurosis a tout bon. Même Albini qui fait sonner la batterie comme jamais. Une heure dix pendant lesquelles Neurosis ne nous épargne rien. Des guitares dingues dans le rouge sur Fear and Sickness. La voix monstrueuse de Scott Kelly qui racle le fond de sa gorge pendant d'interminables secondes avant de laisser s'échapper un monstrueux To the wind qui fini par vous emporter aux quatre coins sur le morceau du même nom. Toutes les fois où Neurosis installe un semblant de mélodies abruptement coupées par de brutales attaques. Ils ont réussi plus que jamais a écrire des morceaux directs, foutrement puissants dans lesquels on rentre de suite tout en créant une riche et dense texture, des structures longues à niveaux multiples. Symphonique et primaire. Des stridences stressantes de la fin de Water is not enough aux neuf minutes de toute beauté et apaisantes de Origin, morceau de clôture lacéré par une brusque décharge poignante. Des remarquables samples qui sont pour beaucoup dans l'envoûtement de leur musique comme sur At the end of the road où tout se fait dans la finesse. Ces rythmes entre deux eaux qui maintiennent une pression constante, laissant planer le doute quant à leur possible explosion où une sinueuse montée dont on ne verra jamais le sommet. Il faudrait des heures pour explorer et expliquer chaque recoin de ce disque tant il regorge de trouvailles, de mélodies lumineuses, d'enchaînements parfaits, de multiples détails qui donnent tout le piment, de fulgurance à se cogner la tête dans les genoux et de mélancolie qui ferait fondre les plus endurcis. Mais ce Given to the rising est un bloc monolithique qui se prend de face et en entier, qui vous hypnotise jusqu'à la moelle, vous la remue et vous rend tout hébété. Neurosis sont de retour aux affaires. Les patrons, ce sont eux. Totalement captivant.

SKX (28/04/2007)
website groupe http://www.neurosis.com
website label http://www.neurotrecordings.com
sounds WaterIsNotEnough.mp3


The New Flesh
Vessel - CD
Heart break Beat 2007

The New Flesh
Parasite - CD
Maelstrom / Hi-Dat 2005

The New Flesh
Dog - 7''
Human Condut / Terra Firma

Dans l'œil du cyclone. Le rock-noise sale et puant se joue toujours dans les caves. Quand un groupe daigne voir se pointer le jour, ça donne The New Flesh. Leur coin de labeur est Baltimore. Vessel est leur deuxième album et ne partira pas avec l'eau du bain. Le son est comme le jambon, cuit à l'étouffé. On prend un gros bol d'air pour le titre d'ouverture et on croise les doigts pour tenir jusqu'au bout. La descendance se situe quelque part entre Glazed Baby et les Cherubs. Autant dire que ce trio n'est pas très finaud. Ca assène de méchants roulements de batterie, de grosses déflagrations de basse et des riffs de guitares qui font penser qu'il n'y a pas que le foie qui est gras. The New Flesh entreprend de détruire tout ce qu'il reste de vos tympans. On replonge dans la folie des années 90, l'étage juste en dessous. Sur la longueur, ça manque de discernement mais ça fait du bien de se mettre minable de temps en temps.
Je me demande si, deux ans plus tôt, c'était pas encore meilleur avec leur premier album Parasite. Malgré un membre du trio différent, la recette est identique. Sauf que c'est encore plus obtus. Il ya du Todd là-dedans. L'essence du bruit, l'amour du larsen. Tremblement, grésillement, saturation, voix en retrait, saleté de la cave encore plus infâme. Autant dire que c'est bon. Surtout quand ils vous allongent les neuf minutes d'un Salt en plein milieu du blitz.
The New Flesh a également sorti une pelleté de singles et split singles. Le dernier en date, juste après la Vessel, se nomme Dog et ne se révèle pas chien avec sa belle pochette double face. Deux inédits (Dog / Memory Scrap) qui continuent leurs rôles de train de marchandise lancé sur des rails de brutalité mais avec une science du rythme lent, sourd, répétitif qui rajoute à la beauté de ce single. A ranger aux cotés de vos Thug et Slug. Le format court leur sied merveilleusement au teint.

SKX (15/12/2007)
website groupe www.angelfire.com/pro/thenewflesh
website label www.heartbreakbeatrecords.com | www.humanconduct.org
sounds No_Expectations.mp3 | Broken_Glass.mp3

Night Wounds
Allergic to heat - LP
Woodsist 2006

Après deux splits single tiré à 8 exemplaires (en tout, pas chacun) et trois cdrs qui ne sont jamais sortis de leurs chambres, Night Wounds sort le grand jeu, un vinyl grand format, tiré à, allez, 300 exemplaires, soyons généreux et se délocalise dans la cité des anges où l'exposition, c'est bien connu, y est plus forte. Mais c'est définitivement New-York que nous renvoie la lumière. Epoque DNA, Mars, guitare atonale, ambiance décharnée, des gros relents des premiers Sonic Youth, un saxo pour crisper encore plus et une pincée d'Arab on Radar pour le rythme pseudo entraînant (mais pas à tous les coups). Allergique à la chaleur se justifie pleinement. Ca sent la brisure et le caniveau. L'acier froid et la cave humide. C'est maladif mais content de l'être, bruyant, abrasif. Ca ne se regarde pas le nombril. C'est tout disloqué, les bruits rouges s'entrechoquent, le saxo tente d'apporter une lueur dans un climat tendu et nerveux. Night Wounds fait preuve d'une grande maîtrise dans un genre qui peut rapidement tourner à la cacophonie. Garde le cap avant d'exploser finalement dans les huit minutes d'un dernier morceau instrumental, tout en assemblage malsain, chacun dans son coin à se balancer d'avant en arrière lors d'une dérive sonore qui les rend définitivement intéressant.

SKX (16/01/2007)

website groupe www.freewebs.com/fuckmountain
website label www.fuckittapes.com/woodsist.htm
sounds myspace.com/nightwounds

NLF3
Echotropic - 12''
Prohibited records 2008

Après trois longs formats, le trio des frères Laureau revient avec un mini LP quatre titres du nom d'Echotropic. Tout le programme du disque est dans son titre. Cela ne sert plus à rien de parler du glorieux passé emo des parisiens, Prohibition c'est depuis longtemps de l'histoire (très) ancienne et je ne doute pas un seul instant que les réduire systématiquement à leur période hard core doit considérablement énerver Nicolas et Fabrice Laureau. La palette sonore et le choix des instruments utilisés se sont considérablement élargis, en même temps que les genres musicaux explorés. Piano électrique, synthés, percussions diverses, etc, ont investi le champ d'action de NLF3 et le groupe se plait à citer aussi bien Can que This Heat ou Fela… Le grand écart entre kraut, psychédélisme et afro beat.
Echotropic est de loin le disque le plus éclairé de NLF3, celui dans lequel se révèle le moins de tensions, où les mélodies sont colorées voire criardes, la rythmique renonçant aux effets hypnotiques de la répétition pour se consacrer uniquement à un groove sautillant et primesautier. Par rapport aux réussites de Viva ! et de Music For Que Viva Mexico cette unicité des perspectives représente une petite déception, déception vite oubliée sur le dernier titre de la deuxième face, Aï, qui sans se départir de l'exotisme mélodique généralisé du disque arrive à installer une petite progression dramatique du meilleure effet, sauvant Echotropic de la fadeur émotionnelle.
Dernière chose : s'il fallait, pour contenter les archéologues et les geeks, trouver un point commun entre Prohibition et NLF3 c'est bien le rôle central de la basse que l'on choisirait. Comme chez son illustre ancêtre, celle-ci est omniprésente, porteuse, parfois leader, avec ces caractéristiques qui permettent de penser que tout le reste à été construit autour. Cela fait une deuxième raison incontournable pour goûter à ce disque moins anecdotique qu'il n'en a l'air.

Haz (15/06/2008)
website groupe www.myspace.com/nlf3
website label www.prohibitedrecords.com/html/site.html

No Hay Deaz
#3 - CD
Argghh records 2007

Après deux cd quatre titres, plus ou moins autoproduits j'imagine, et que j'ai laissé échappé, le quatuor lillois passe une taille au-dessus. Juste au-dessus. Deux titres en plus sur Argghh records (entre le nom du groupe et celui du label, c'est pas tous les jours la grande inspiration dans le nord !) et un groupe qui commence à marquer des points. Comme leurs collègues de la même ville, Tang, No Hay Deaz pratique une musique marquée par les Japonais de Envy. Une déflagration à fleur de peau, un truc qui brûle la chair. Sous le déluge sonore, la plage et son lot d'émotions. Ses données brutes et une exaltation qui tente de passer au travers. Et si sous la plage, il n'y a pas grand-chose de neuf, c'est toujours mieux que de rester à marée basse. No Hay Deaz y met suffisamment d'intensité et de conviction pour y adhérer. Comme tous ces groupes, ils orchestrent leur déluge avec des moments plus calmes, l'arpège s'en donnant à cœur joie mais ces périodes là sont sommes toutes assez rares. On va pas s'en plaindre. No Hay Deaz maîtrisent les montées crescendo comme de vieux renards, savent se retenir quand il faut, exploser quand il faut tout lâcher et je vais arrêter là sinon vous allez finir par trop vous exciter et voir le mal partout.

SKX (20/05/2007)
website groupe www.nohaydeaz.com
website label www.myspace.com/argghhrecords


 
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