NATURAL
DREAMERS
"
s/t " - CD
Frenetic 03
Où
l'on reparle encore une fois de John Dietrich. Non comblé
de gratter ses six cordes au sein de Gorge Trio et Deerhoof, il
forme ce nouveau projet, Natural Dreamers, avec Jay Pellicci et
Chris Cohen (membres également de The Curtain et Dilute).
Trio instrumental, guitare deux fois plus la batterie, la formule
et la musique ne sont pas sans rappeler Gorge Trio. Mais un Gorge
Trio version premier album (" Dead Chicken fear no knife
"), l'époque où les structures étaient
encore identifiables, la base rock et rassurante. Avec Natural
Dreamers, on rentre de plein pied dans un rock aux allures libres
et jazzy, dissonant et largement argumenté à coups
de guitares bavardes et généreuses. Mais sous leurs
faux airs de musique improvisée, les compositions n'ont
rien d'un labyrinthe insurmontable et abscons. Ca gratouille sévère,
ça feinte à gauche, ça tend des pièges
mais le promeneur, même imprudent, garde ses repères.
Et comme l'ambiance générale a tendance à
être un rien frivole avec des rythmiques non dénuées
de légèreté (" arthur "), cet album
pétille, brille sous le soleil mais on est encore loin
de sabrer le champagne. De l'aveu même de John Dietrich,
ce projet n'est pas encore abouti, les trois lascars ont besoin
d'apprendre à se connaître pour laisser libre cours
à leurs penchants de free-rockers. Que les connexions se
fassent, le liant se solidifie et la sauce de monter en épaisseur.
En attendant de passer la vitesse supérieure, cette première
expérience aiguise les appétits.
SKX (28/04/2003) |
NED
"
Le choc de l'astronomie populaire " - CD
S.K. 02
Va
voir ailleurs si j'y suis, tu risques de me trouver. Prendre le
contre-pied de quelquechose de mal définie, provoquer les
réactions, mettre des éléments contradictoires
dans le même tiroir pour le seul plaisir de constater les
dégâts. Saupoudré le tout d'un solide esprit
D.I.Y. et vous aurez un premier album qui ne sait à quel
saint se vouer. Si l'âme centrale (allo la terre) reste
le punk-rock et un bon esprit de déconade, ce trio lyonnais
plein de vie n'est pas du genre à se laisser attraper et
facilement cloisonner dans un rayon pour jeunes gens branchés.
Complaintes ludiques et vicieusement naïves, rock pouilleux
à l'ironie constante dans les riffs d'une guitare au son
à l'économie. Et il n'est pas dit qu'une vague envie
de danser ne vous vienne plus d'une fois à l'écoute
de ce rock bancal et ces rythmes tordus, le beat malsain corrompu
régulièrement par des bidouilles extravagantes.
Il est question ici avant tout de prendre son pied sans prise
de tête. Jubiler et partager son envie de jouer par tous
les moyens, créer pour la communion des foules, faire le
zouave pour tomber les filles, s'amuser des clichés sans
s'épargner la sueur sous les bras. Alors forcément,
le fil conducteur est parfois maigre, on ne comprend pas toujours
où on va, l'intérêt joue les montagnes russes
et quelques virages sont dangereusement négociés.
A défaut d'un choc astronomique, on a du punk-rock populaire
et en attendant de maîtriser pleinement l'objet disque,
c'est sûrement en concert que Ned décolle au firmament
!
SKX (07/03/2003) |
OHARU/NED
"
Musik für adulten / 4 good reasons to get handcuffed "
- split 10
Jason R. / Aïnu 03
Le
mystère Oharu. Je me rappelle de leur premier effort discographique
et d'un concert à Rennes. On était en plein milieu
des années 90. Amphetamine Reptile records tenait le haut
du pavé. Le noise-rock de ce groupe du sud-ouest de la
France n'aurait pas dépareillé chez le reptile de
service. Je me souviens très bien aussi hélas d'un
album quelques temps après. Un truc complètement
foireux avec du chant en français, sans consistance, le
jour et la nuit, à se demander franchement si c'était
toujours le même groupe. Alors c'est bien circonspect que
j'ai posé la face Oharu. Si le groupe a considérablement
évolué, ces quatre nouveaux morceaux représentent
heureusement le coté noise et toujours sombre de leur musique.
Une basse bien dynamique, un chant agressif, Oharu a retrouvé
la hargne. Il reste bien un fond de synthé et une production
un poil bizarre, comme assourdie, mais rien de bien méchant.
Oharu semble sur de bons rails. On retourne l'objet (au demeurant
très joli dans sa double pochette) et la propagande Ned
fait encore des siennes. Jamais à cours d'idées
pour la présentation des textes et de leur démarche
générale, toujours au troisième degré
d'un humour décapant. On aimerait que leur musique ait
la même imagination prolifique. Pastiche de rock - AC/DC
sur " George W. Bush is an idiot and he scares the shit out
of me " et l' arrivée heureuse d'un trombone. Le punk-rock
pour gamins attardés de ce trio lyonnais continue d'amuser
la galerie et de maintenir l'intérêt du chaland plus
par l'esprit potache qui s'en dégage que par l'écriture
musicale a proprement parlé. Un premier effort discographique
de deux jeunes labels à soutenir.
SKX (12/11/2003)
|
NEED
NEW BODY
"
NNB " - CD
File 13 02
Une
nouvelle enveloppe charnelle où Need New Body joue les
apprentis sorciers pour le meilleur et pour le pire. Accrochez
votre ceinture, ce groupe à six têtes, né
des cendres de Bent Leg Fatima, vous emmène dans leur univers
très surprenant et haut en couleurs. Need New Body, gamins
attardés, manipulant les fioles aux résultats aléatoires,
juste pour voir, comme ça, je te parie que ça marche.
Saxophone, percussions multiples, piano, banjo et autres instruments
pas recensés dans le dictionnaire de la musique, tout est
bon pour la sainte cause de la Création. 22 morceaux qui
reposent le plus souvent sur une idée rythmique (voir polyrythmique)
et à ce jeu là, c'est assez lumineux et inventif.
Après ça brode. Entre bruits ambiants, mélodies
minimalistes, répétitives ou chancelantes à
la Tom Waits (" C R Eyeball "), interludes inutiles,
chants et churs tout mêlés et variés,
funk maladif, la liste est longue d'ambiances bigarrés.
Je n'aime pas le mot " arty " mais ya sûrement
un peu de ça chez Need New Body, quelque chose d'intellectualisé,
un concept bâtard quelconque. Mais on sent en même
temps tellement de bonheur dans le processus de création,
le plaisir de toucher à tout avec humour, de se lancer
avec maladresse et jusqu'au bout de leurs idées même
si il n'était pas utile de tout enregistrer et d'inclure
les chutes de studio. On ne peut rester insensible devant tant
d'énergie et de charme déployé. Ces bouts
de morceaux iconoclastes que l'on verrait bien servir pour la
bande-son d'un film. Ces recherches sonores imaginatives. Ce bordel
à moitié contrôlé. Ces orchestrations
aventureuses qui font mouche plus d'une fois. Ces escapades jamais
entendues. Need New Body ne se rattache à rien, appartient
à tous, a du talent à revendre pour peu qu'ils ne
se dispersent pas aux quatre vents. Un album qui aurait gagné
en concision, tout n'est pas indispensable sur une telle longueur.
Mais vous avez là devant vous de quoi vous distraire un
bon moment, quitter la pesanteur actuelle et offrir à votre
corps des sensations nouvelles.
SKX (25/03/2003) |
NEUTRINO
"
motion picture soundtrack " - Lp
Divot records 99
"
Sure are shiny ". Le titre est doux. La musique tempérée.
Le 1er morceau donne le ton de ce second album du trio made in
Chicago. Batterie précise, chirurgicale, jamais véhémente.
Big'n sous calmant, noise neurasthénique. Un album pas
très causant. La guitare s'agrippe, se glisse entre le
jeu basse-batterie solide et aérien. C'est rampant, on
sent la tension poindre, se ressaisir, se diluer. On aimerait
parfois que ça crache, qu'ils en gardent moins sous la
pédale mais Neutrino garde le contrôle en toutes
occasions. Un album dans la continuité du précédent.
Explosions latente et plus grande est la maturité, la sauce
prend mine de rien. A défaut d'un courant d'air royal,
une bouffée d'oxygène reposante.
SKX (15/11/1999)
|
NEUTRINO
"
improved hearing through amplification " - CD
Reptilian records 98
En
toute sobriété, je vous le dis sans détour,
cet album est un magnifique condensé de la musique passée
et présente du Chicago noise sound!! Diantre, la déclaration
est osée car après tout, rien de complètement
chamboulant vient heurter nos habitudes. Mais pour ceux qui ont
besoin de cours du soir, NEUTRINO regroupe les anciennes donnes,
Shellac, Jesus Lizard, Tar et les diluent de pointes post-rock
plus propices à l'heure actuelle. Un habile condensé
donc au risque de me répéter, parfaitement dosé,
très instrumental, où on reconnaît la frappe
de l'ancien batteur de Big'N. Mais tout ici est plus calme, mesuré,
la violence canalisé. Un chemin banalisé et rassurant
mais jouissif et qu'on imagine encore un ton au dessus pour leur
2ème album prévu cet été 99 sur Divot.
Pour un condensé évolutif ?
SKX (05/07/1999) |
NEW
BRUTALISM
"
A record of american fury " - Lp
Code of Ethics 02
Inamovibles
New Brutalism. Le troisième disque et toujours aussi buté
à enfoncer le même clou, celui planté naguère
par Shellac. Jusqu'au boutiste dans leur délire de présentation,
ça ne bouge pas d'un iota, ces morceaux toujours numérotés
pour seul titre, l'amour de l'instrument, fièrement photographié
et toujours la production Bob Weston, le gros à lunettes
de Shellac. Un monde précis et mécanique. Tout est
à sa place. Le clou n'a qu'à bien se tenir. Et à
force de vous asséner avec force leur leitmotiv, ça
finit par rentrer, leur persévérance de gagner du
terrain. Ces compositions, dont on connaît l'inspiration,
finissent par trouver leur propre vérité, à
vivre par elles-mêmes, se glissent dans une quatrième
dimension. Ce trio anguleux, bien dégagé derrière
les oreilles, quitte peu à peu le giron, invente leurs
mélodies et ne se regarde pas les pieds à deux fois
pour avancer leurs billes. Tous les déçus de Shellac
comme moi ont trouvé leur lot de consolation. Encore un
effort et on ne saura plus qui de l'uf ou de la poule etc
etc
SKX (07/03/2003)
|
NEW
BRUTALISM
"
structural gymnastics " - 12"
Sound on Sound 01
New
Brutalism enfonce le clou. Leur premier album (cf chronique plus
loin) déjà fortement marqué par Shellac,
New Brutalism remet une couche et pousse le vice à enregistrer
ces cinq titres par Bob Weston himself, le binoclard antipathique
et occasionnellement bassiste du trio de Chicago. L'excuse de
la production différente n'existe même plus désormais.
Cette fois, New Brutalism se rapproche du maître apparemment
tant adulé. Une version un poil nuancée, on trouve
toujours matière à des différences, à
chercher la petite bête. Le ton de la voix (encore heureux!),
un batteur qui n'a pas la vista et le bras de Todd Trainer. Des
compos qui penchent vers Neutrino, faussement énervées.
Une tentative de cuivre, pas désagréable. Sinon,
c'est tout comme. Ni moins bien. Ni mieux. Juste du math-noise
de série. La seule originalité de l'élève
(et encore ça semble venir du label), c'est la pochette,
puisque la bande à Albini n'avait jamais fait le coup du
disque gravé d'un seul coté, l'autre étant
réservé pour soi-disant "réglé
votre platine". Ca nous fait une belle jambe! 034. 033. 035.
028. 031. La litanie des titres de morceaux se poursuit. Invariable.
On n'arrêtera de compter avant eux si ça continue
comme ça.
SKX (02/10/2001) |
|
NEW
BRUTALISM / HIT SELF DESTRUCT
2 song split - 7"
Electric Human Project 03
New Brutalism fournit à la chaîne. Prolifique trio
(avec un ex-Red Scare) dont les sorties se multiplient comme
des petits pains. A l'écoute de ce titre "026",
on se dit que le rendement prime sur la qualité. Un morceau
passe-partout à la vaz-y-que-je-te-pousse! New Brutalism,
c'est plus Shellac que Shellac et là, pour le coup, le
père Albini peut dormir sur ces deux oreilles. Jetez
plutôt les votres sur leurs albums. La découverte
s'appelle Hit Self Destruct. Un nom qui claque. Leur liste de
remerciements se résume à un "no thanks to
anyone". C'est bon ça! N'allez pas croire que leur
"aim for the jugular" soit pour autant bas du front.
Une belle pièce noise-rock avec plein de rebondissements
dans la batterie, de volonté de nuire mais avec la manière.
On les verrait bien évoluer à la Ten Grand. Si
ils ne s'auto détruisent pas d'ici là.
SKX
(12/02/2004)
website groupe thermionic.home.mindspring.com/nb
website
label www.electrichumanproject.com
|
NEW
BRUTALISM
"
a diagram without scale or dimension " - Lp
ABC Group Documentation 99
Un
nom pareil, le pire est à craindre. Heureusement, la nouvelle
brutalité n'aura pas lieu. Rangez les casques à
pointe. C'est un leurre. De là à ce que votre petite
sur apprécie, c'est une autre histoire. Ce nouveau
trio américain, avec un membre partagé de Red Scare,
se présente carré aux entournures. Le Corbusier
se cache derrière ce froid concept de "new brutalism".
Pas la meilleure référence qui soit... Les parallèles
et les perpendiculaires de la pochette, les titres de morceaux
constitués uniquement d'une série de trois chiffres.
Le label au nom aussi attirant qu'un guichetier de la sécu.
La brutalité est sèche et droite. Et la musique
bien nette derrière les oreilles. Arithmétique,
concise et précise, on pense tout de suite à Shellac.
Cette façon d'enfoncer le clou du rythme, de placer des
riffs tranchants. Seule la production moins luxuriante permet
à New Brutalism de garder une distance par rapport à
l'original. Une distance confirmée par une écouté
répétée. Shellac reste certes définitivement
l'étalon valeur. Mais New Brutalism justifie juste quelque
peu son patronyme par une approche plus... brutale! Des larsens
jouent avec vos nerfs. Le froid anonymat pas encore cravaté.
Pas de compromis, sanguin et moins cérébral, New
Brutalism place son savoir-faire, sans génie particulier,
mais ça reste toujours mieux que les deux derniers albums
de Shellac réunis!
SKX (02/10/2001)
|
NINE
DAYS WONDER/NO KNIFE
"
split CDEP " - CDEP
Dimmak 02
On
débute le duel par les américains de No Knife. Deux
titres dont on ne peut reprocher la qualité de la production.
Les guitares y sont étincelantes. Et tout est léché
à la perfection. Très léché! Je ne
peux nier la prestance des compositions. Pop et rock indé.
C'est vaillant comme une pétrolette, beau comme un cur
et suffisamment dur pour en briser plus d'un. Pour ma part, ce
sera les roubignolles qu'ils casseront à la fin. Trop de
sucre dans le moteur. Ca glisse comme un pet sur une banquette
de skaï. J'attendais surtout beaucoup des Japonais de Nine
Days Wonder et de la suite donnée à leur prometteur
album "the scenery is in disguise". Mais à croire
que le syndrome de la perfection s'est généralisée.
Tout le monde dans le rang. Leurs mélodies restent attractives,
notamment sur "the next realm". Mais on est loin de
la spontanéité et de la tension du premier album.
Tout s'est dilué, édulcoré, ça manque
terriblement de profondeur, tout le monde il est beau, tout le
monde il est content, on vit dans un monde marvellous! Trop de
bonheur, moi, ça m'effraie. C'est pas que ce soit mauvais,
mais la standardisation, c'est pas mon truc.
SKX (21/05/2002)
|
NINE
DAYS WONDER
"
the scenery is in disguise there " - CD
Dim Mak 00
Il
est des disques qui s'enfilent tout seul. Qui démarrent
au quart de tour et qui glissent sur l'asphalte, sans heurts,
sans embûches majeurs. Une route des plus dégagée,
facile à conduire, le bonheur tranquille en fin de parcours.
Les Japonais de Nine Days Wonder sont fins et racés et
possèdent l'art de sortir des mélodies qui suintent
sous la peau. On jurerait entendre Swervedriver (vieux groupe
noisy-pop anglais !) sur le morceau d'ouverture " reminder
", une croyance qui revient lancinante aux détours
d'autres titres. Mais l'emballage général reste
emo-rock, les accroches sont multiples, les refrains bien présents,
sans cesse nerveux, façon 400 Years ou Braid. Ou quelquechose
de plus sombre parfois qui rappelle les accords tendus et chaotiques
de Condense comme sur le très bon " magnet ".
La décapotable est de sortie. 9 titres pour être
le roi du bitume, à l'aise dans son short, la journée
ne peut que être réussie. Après Envy (qui
reste au-dessus du panier), Melt-Banana et bien d'autres là
bas sous le soleil levant, Nine Days Wonder le fera briller encore
un peu plus !
SKX (20/02/2001)
|
NORTH
OF AMERICA
"
brothers, sisters " - CD
Rewika 03
North
of America, choisi ton camp. A leurs débuts, ce groupe
canadien oeuvrait dans un style coulé Superchunk, plutôt
noisy et pop musclée. Puis vint " this is dance floor
numerology ", l'album précédent. Autre temps,
autre murs. Un membre de The Plan était passé
par là. Le ton s'était durcit, ça rigolait
moins dans les couloirs et cet album en avait impressionné
plus d'un. Depuis The Plan n'a pas résisté au temps
mais Michael Catano, guitariste de The Plan, continue de battre
pour NOA. Et, mes chers frères et mes chères surs,
NOA a coupé la poire en deux et ce nouvel album se situe
quelque part mais sûrement entre ces deux bornes ! Entre
humeur légère et post-punk. Entre voix féminine
prêtant sa fine touche aux churs masculins se répondant
avec générosité et une dynamique toute The
Plan. Entre rythmique claquement de mains et cet esprit, ce feeling
Washington DC alias Fugazi. Un mélange savant de refrains
qui sentent bons le printemps et une urgence toute féline.
Rien de foncièrement originale là-dedans mais At
The Drive-In à son époque non plus. North Of America
connaît la chanson également, sait vous apporter
une mélodie sur un plateau, possède suffisamment
de malice pour vous emballer tout ça avec savoir-faire
et un joli paquet cadeau. North of America a pensé à
tout. Pour les frères et leurs petites surs (marche
aussi avec les grandes). Un consensus qui n'a rien de mou ou comment
plaire au plus grand nombre sans faire de concessions. Ca devrait
faire mouche !
SKX (20/03/2003) |
NORTH
OF AMERICA
"
this is dance floor numerology " - CD
Progeria 01
Un
patronyme d'une grande simplicité et complètement
adapté à la situation. Aussi canadien qu'américain,
le quatuor North of America sort l'étendard et résume
à lui tout seul tous les bons courants musicaux que l'on
compte dans le nord de l'Amérique. Et demeure par la même
occasion assez insondable. On reste à la porte aux premières
écoutes. Face nord, face sud, au piolet ou en douceur,
North of America ne révèle pas ses secrets sans
une bonne dose de patience. Complexité des compositions,
ça joue du silence, ça donne dans la véhémence.
Des atouts rythmiques empruntés aux meilleures groupes
noise, des touches emo, de l'énergie hardcore à
revendre. Et puis les mélodies se dévoilent peu
à peu, on y voit plus clair derrière les barbelés
et l'étendue de North of America offre de somptueuses perspectives.
A l'instar de The Plan avec qui il partage un membre (Mike Catano),
North of America joue plusieurs partitions en même temps.
L'évidence mélodique vous saute pas à la
gueule comme avec The Plan mais les morceaux sont robustes et
plein de finesse, de la robe et de la personnalité. Pas
une once de machines là dedans, pas de quoi améliorer
son jeu de jambes sur les pistes de danse. Que du cur, une
bonne louché. On y croit à fond chez North of America.
Si dans cette partie du monde, tout y était aussi intelligemment
fait et dosé, leurs ennemis ne seraient pas aussi nombreux.
Un très bon point pour l'Oncle Sam!!
SKX (17/10/2001)
|
NORTH
OF AMERICA
"
elements of an incomplete map Pt.II " - CD
Rewika 02
Au
nord, il ya avait les corons. Désormais il ya aussi l'Amérique.
Mais reprenons l'histoire depuis le début. Car cette compilation
de North of America ne reflète en rien la musique qu'ils
exécutent maintenant. A l'origine, les "Norts"
comme ils s'auto-diminutifient (?) étaient sacrément
marqués par Polvo, Superchunk avec une grosse pincée
des trublions de Trumans Water. Sur ces éléments
d'une carte incomplète, se retrouve pêle-mêle
tous leurs enregistrements entre 1998 et 2000. A savoir 20 titres
représentant un album du même nom (mais Pt.I), un
single et divers morceaux égarés sur des compilations,
sauvés des eaux dont un "saturday's child", reprise
des Monkees, rebaptisée pour l'occasion "Davy Jones
vs. Steve Albini". Cherchez pas à comprendre. Et ma
foi, cette période de leur jeunesse n'est pas désagréable
à l'ouïe. Bien exécutés, entrain et
bonne humeur, ces morceaux procurent sautillements sur place et
sourires naïfs. Seulement, quand on a commencé l'histoire
par la fin, comme moi, et que vous vous êtes pris leur album
"This is dance floor numerology" en pleine face, cette
collection printemps-été apparaît comme une
aimable carte postale jaunie et un rien désuète.
Et puis autant écouter les originaux (même si j'insiste,
ceux-ci sont très bons!). North of America, depuis, a durcit
le ton. Epoque oblige. Version The Plan. (Post) Punks tendus par
le quotidien qui ont enlevé l'eau de leur vin. Apre et
direct dans les tripes. Plus envie de rigoler. Mais ceci est une
nouvelle ère qui s'ouvre. Une nouvelle page qui s'écrit....
SKX (11/06/2002) |
|
Need
New Body
UFO - CD
File 13 2004
Retour de la troupe de branques. Après un album éponyme
qui avait marqué son territoire et notifier les différences,
l'orchestre bigarré revient avec un album qui n'a plus
rien d'un objet volant non identifié. " UFO "
est certes toujours dans la catégorie déviante
mais la sauce a cette fois du mal à monter. Quand on
navigue sur la corde raide, on est jamais loin de se casser
la gueule. Pour autant, l'agencement tend à se structurer.
L'instrumentation reste originale (piano, banjo, samples, percussions
variées) mais le vent de la folie tout azimut ne souffle
plus avec la même virulence. A première vue, ça
part dans tous les sens, avec un tas d'interludes encombrants
entre les " vraies " compos. A regarder de plus prêt,
la bride est sur le cou et à vouloir trop de démarquer,
NNB s'est noyé dans sa créativité. Ils
s'écoutent chanter et jouer plutôt que réellement
penser à composer des morceaux qui intéresseront
une audience plus large que leur propre nombril. Avec des tics
très agaçants comme ce chant qui parfois force
le trait, " regardez je fais ce que je veux avec ma voix,
je délire, je suis incroyable " avec les rires de
ces comparses en toile de fond pour vous signifier tout cet
incroyable talent. Méthode Benny Hill. Le chant reste
pour autant l'élément phare de Need New Body.
A plusieurs, en solo, façon rap (" turken hogan
"), lyrique ou posé, ils y mettent beaucoup d'imagination
et d'enthousiasme. Ambiance saloon désoeuvré,
jazzy loufoque, humour sans cesse sous-jacent, pop baroque et
rock'in'chair improvisé. Le potentiel est là mais
cet essai est un coup dans l'eau avec un album redondant et
plus ennuyeux qu'autre chose. Dommage
.
SKX
(04/12/2004)
website
label www.file-13.com
sounds
www.file-13.com
- rubrique sounds
|
Neptune
Intimate Lightning - CD
Mister records 2004
Neptune n'était pas le Dieu de l'acier. Sinon il aurait
trouvé ses disciples avec ce groupe originaire de Boston.
Neptune a la particularité de fabriquer ses propres instruments
avec son maître forgeron Jason Sandford qui sculpte les
guitares et les basses dans de l'acier. Autant vous dire qu'ils
ont les épaules robustes pour jouer avec ses objets qui
pèsent trois tonnes ! Pour la batterie, Neptune utilise
la décharge locale, tout ce qu'ils trouvent sur leur
route et on peut vraiment parler à cette occasion de
percussions plus que de batterie ! Neptune a donc un son bien
particulier, dur, presque sans résonance. Atmosphère
décharnée et friches industrielles qui nous renvoient
forcément vers Einsturzende Neubauten et les anglais
de Headbutt pour le coté rythmique/tribale. Mais quand
on sait que le producteur de ce troisième album est Martin
Bisi, l'aura de Cop Shoot Cop n'est pas loin. Car ce "
intimate lighning " n'est pas que rythmiques froides et
implacables. Neptune voyage sur la tranche rock de la face industrielle,
coulant dans son acier le plus brut suffisamment de pointes
mélodiques et de déhanchements presque dansant
pour rendre leur musique affriolante et unique en son genre.
Ca klinge et ça klonge, vitriol et sucre glace, la froideur
des grandes steppes et le bruit du cheval au galop. Le masque
et le mystère mais la chaleur qui se dégage quand
on gratte un petit peu. Voie royale pour Neptune.
SKX
(13/06/2004)
website
groupe
www.neptuneband.com
website
label
www.misterrecords.com
sounds
www.misterrecords.com/neptune/audio.html
|
Neurosis
The eye of every Storm - CD
Relapse 2004
9ème
album. 17 années d'existence. Rien que ces chiffres font
peur. L'apanage de dinosaures dont personnes ne veut plus entendre
parler, synonyme de médiocrité musicale. Et puis
les exceptions. The Ex en tête et les vétérans
d'Oakland, Neurosis. Chaque annonce de nouvel album est un évènement
et de plus en plus une appréhension. " The eye of
every Storm" est dans la lignée des travaux solitaires
des deux guitaristes Scott Kelly et Steve Von Till. Et de la
musique des Swans auxquels ils vouent une grande admiration
au point d'avoir sorti avec Jarboe, la grande prêtresse
du gang New-Yorkais, un album en début d'année.
Epuration du style, instrumentation qui tend à la simplicité.
Les multiples samples, cuivres, violons semblent définitivement
mis au placard. La messe noire et l'apocalypse prennent des
chemins détournés. Pour dépeindre la noirceur
de leurs sentiments, ils ne sortent plus la grosse cavalerie.
L'acoustique, le murmure des voix toujours rauques, les respirations
et les éléments de Mère Nature sont appelés
à la rescousse. Tous les morceaux ont d'ailleurs tendance
à évoluer de la même façon. On entend
les mouches voler pour commencer, tout se met en place tranquillement
avant l'orage final où la patte Neurosis, canal historique,
reprend ses droits mais sans la force destructrice d'auparavant
non plus. Schéma un poil usé jusqu'à la
corde. Neurosis a le mérite, après toutes ces
années, d'évoluer, ne pas se reposer sur ses lauriers.
Mais si, avec cette approche différente, Neurosis voulait
créer une tension identique, on est loin du compte. Ces
contrastes appuyés entre moments calmes / déflagrations,
ces silences, sont certes intéressants mais sonnent un
peu plat sur la longueur. Sans compter sur le déficit
de mélodies, grande force habituelle du groupe. Cet album
est le moins bon du groupe. On les sent en dedans, en panne
d'inspiration. Agréable d'écoute mais on attend
de Neurosis qu'ils nous remuent l'âme et les tripes. Par
tous les moyens possibles et inimaginables. Que l'artillerie
soit énorme ou non. Il va falloir continuer à
chercher sous peine de se fourvoyer dans une impasse.
SKX
(25/09/2004)
website
groupe www.neurosis.com
website
label www.relapse.com
|
Noxagt
The iron point - CD
Load 2004
Noxagt
libère la roche qui est en toi. Roule ta bille, la lave
déboule de Norvège. C'est froid et austère
de l'extérieur. Ca fusionne et ça cartonne une
fois dedans. Comme leur pochette, ce paysage était rayonnant
avant que cette horde sauvage de Vikings ne piétine les
idées reçues. L'idée qu'avec une basse,
une guitare et un violon, la puissance n'attend pas le nombre.
Lourdeur et plombeur ne se suffisent d'un rien. Sur un socle
de batterie rude qui ne fait rien dans la complexité,
la basse écroule le donjon et n'a rien de mélodique.
Elle assure ce pourquoi elle a été crée.
Le rythme, que le rythme, rude, impériale, sobre, bruyant,
distordu à fond. Le violon dans tout ça a bien
du courage d'oser de frotter à de tels mastodontes. Si
il écharpe quelques mélodies, il sait se faire
respecter de ses pairs par une utilisation relativement bruyante
et expérimentale. Le larsen contrôlé. Noxagt
n'est pas là pour faire jolie. Noxagt la joue primaire,
noise, branche industrielle et nettoyage en profondeur. Et pourtant,
devant ce paysage dépeint à la truelle, une once
d'humanité s'ouvre à vous. Même les pires
monstres gardent leur sensibilité. Comme une harmonie,
un fil conducteur, un horizon dégagé au-delà
du chaos, des rythmiques enlevées qui font de ce deuxième
album un objet remarquable et bigrement intéressant.
Les trois membres de ce groupe ont tous développé
des projets annexes, Noxagt étant lui même un projet
parmi d'autres, la discographie du bassiste Kjetil D. Brandsdal
étant sûrement la plus impressionnante (une bonne
vingtaine de disque dont la moitié en solo). Une base
solide sur laquelle ce trio atypique, adepte de musiques expérimentales
et bruitistes, a donné un visage plus rock à leurs
délires avec ce Noxagt. Load records, label de Lightning
Bolt (avec qui Noxagt partagent sans doute quelques
conceptions musicales) et prêt à se saigner à
blanc pour signer tous les blancs becs bruitistes les accueille
en son sein. Une pièce de plus à leur dossier
qualité. Le groupe de fer.
SKX
(26/10/2004)
website
groupe www.noxagt.com
website
label loadrecords.com
sounds
The_hebbex.mp3
|
Navies
Seeing Hands/A Surveyor's Measure - 7''
Foilage 2004
Navies,
c'est tout nouveau comme nom et pourtant ils ont déjà
un album sorti sous le patronyme de Bazhena. Allez comprendre
pourquoi, mais ces jeunes gens originaire de Washington DC ont
décidé de changer de nom (avec pourtant le même
personnel), de tout reprendre à zéro, modifier
la musique et c'est ce single deux titres qui marque leur nouveau
départ. Rock complexe et dissonant, Navies est, au même
titre qu'un groupe comme Ten Grand, du genre inclassable. L'énergie
est punk, les guitares débraillées, le chant multiple,
l'agencement n'est pas carré, ça dépoussière
les angles morts et si on a le droit a de belles ruades, tout
se fait dans la finesse. Deux morceaux frais comme des gardons.
L'aube s'ouvre sur une suite alléchante : un split 10''
avec A Day in Black and White sur Level Plane et un CDEP sur
Lovitt records.
SKX
(23/02/2005)
website
groupe www.naviesband.org
|
Navies
An estate - CDEP
Lovitt 2005
Navies
en pleine bourre. Après le single, le split avec A Day
in black and white, voici le mini 5 titres (24 minutes quand
même !) en attendant le futur album. Navies continue de
poser ses jalons, compostions intriquées, la maturation
est lente mais sûre, le son prend forme et possession
des tympans, prêts à saigner. Navies fait partie
de cette catégorie de groupe qui aime triturer les textures
tout en gardant une approche punk. A l'instar d'un The Ex, ça
foisonne de richesses rythmiques, d'imbrications entre les parties
de guitare-basse-batterie. C'est rugueux. La clef ouvrant sur
leur monde se mérite. Une fois à l'intérieur
c'est tout bonnement aliénant. Entre deux vociférations,
trois éclairs électriques, quelques plaintes et
des riffs bien senties, " An estate " laboure en profondeur
une chair qui ne demande qu'à vivre. Vivement l'album.
SKX
(26/06/2005)
website
groupe www.naviesband.org
website
label www.lovitt.com
sounds
www.lovitt.com
|
Neptune
Mice and worms 12'' + 5 song CDr
Self-released 2005
Le
départ d'un membre n'entame en rien le moral des New-Yorkais
de Neptune. Exit le batteur, rien qu'un de plus sur la longue
liste des intérimaires ayant battus le fer de Neptune.
Réduit en trio, ils en profitent pour aller de l'avant.
Deux disques sortis coup sur coup. Le premier est un cdr cousu
main et personnalisé pour chaque copie. 5 titres plus
ou moins sortis à la hâte avant leur tournée
européenne en septembre dernier. Mais les morceaux ne
sont pas des fonds de tiroir. Des compostions dont les espaces
du passé se remplissent d'encore plus de bruit grâce
à un système bricolé par le chef de la
troupe Jason Sanford. Un truc qui ressemble à un synthé
mais complètement désossifié et électrifié
sur un mode d'emploi très personnel. Les effets se multiplient,
les pédales s'entassent mais toujours au service de compositions
structurées, exceptés le dernier titre plus ambiant
et mystérieux ou d'intros qui retombent toujours sur
leurs pieds. Avec Mice and Worms, on passe au format vinyl.
5 titres là encore où on retrouve comme sur le
CDr l'excellent Lightouse. Les quatre autres tapent dans
l'inédit. Apparition d'un sample sur Equestrian Phantasy.
Riffs lumineux d'une guitare sculptée par des mains expertes.
L'art de la ferronnerie, subtil et travaillé tant que
c'est chaud. Dans la lignée racée des Cop Shoot
Cop et Bästard, Neptune est grand.
SKX
(29/11/2005)
website groupe www.misterrecords.com/neptune
sounds TheLighthouse.mp3
|
Nervous
Cop
Self-titled - CD
5 rue Christine 2004
C'est
sûr, ya de quoi rendre plus d'un flic nerveux. Quand le
batteur de Deerhoof, Greg Saunier, rencontre celui de Hella,
Zach Hill, l'air va devenir électrique. Deux batteries
hors contrôle, à ramener au plus près de
ce que peut faire Hill dans un concert de Hella. Littéralement
sans dessus dessous, dangereusement libre, un jeu pour l'occasion
similaire, on a bien du mal à savoir qui fait quoi. Joanna
Newsome avait chez elle une belle harpe. Ca tombe bien, elle
tente de calmer les ardeurs de ces messieurs sur quelques passages,
ajoutant à l'étrangeté de la chose. Aux
manettes et adjonctions électroniques, John Dietrich
(guitariste de Gorge Trio et Deerhoof), un sale gosse à
qui il ne faut rien montrer. Ne comptez pas sur lui pour rendre
les choses plus lisible. Quant à savoir ce qu'il faut
penser d'un tel disque, mieux vaut demander aux protagonistes.
Pour Zach Hill, " c'est une pièce maîtresse
de musique concrète ". Pour Greg Saunier, "
c'est un total désastre "! Le batteur de Deerhoof
est un poil sévère mais il est certain que si
ce groupe n'avait pas en son sein ces illustres membres, le
milieu noise-rock ne se serait jamais intéressé
à ce projet et cette chronique, jamais vu le jour. Scions
du bois.
SKX
(08/01/2005)
website
label www.5rc.com
sounds
RicePrecipitation.mp3
|
Nice
Nice
Chrome - CD
Temporary Residence 2003
Nice
Nice, deux fois nice, un duo, ça semble logique. Deux
américains bon teint. Jason Buehler à la guitare
et Mark Shirazi à la batterie. Mais l'écoute de
leur premier album " Chrome " ne certifie pas une
telle formation. D'ailleurs notre duo de Portland (et non pas
de Nice) fait bande à part et ne tire pas dans l'habituel
terrain de chasse noise-math-rock comme nombre de duos maléfiques.
Leur approche est plutôt celle des Canadiens de Hanged
Up. Une approche risquée de leurs instruments, un sens
improvisé, une forme libre et flottante. Comme ils se
plaisent à le dire, pas d'overdubs, tout est live. Je
ne connais pas leur tour de magie mais il est fort à
parier que moultes pédales d'effets et percussions de
bazar doit polluer leur entourage proche, faites gaffes où
vous mettez les pieds, mecs. Seize morceaux qui prennent un
malin plaisir à partir dans de nombreuses directions.
Un peu trop. Du rock qui ne rock pas vraiment, de l'expérimental
qui s'amuse, du bruit qui écorche ou qui fait dans l'ambiant,
des rythmes qui trépignent mais rien qui se dansent.
Free-rock cérébral. Tape juste par endroits, ennuie
et se mord la queue le reste. Chacun cherche son chat. Piécettes
baroques aux fils chancelants. Pantins touchants ou rasoirs.
Nice Nice n'a pas choisit les chemins de la facilité.
Mais tout reste possible.
SKX
(12/03/2005)
website
groupe www.nicenice.net
website
label www.temporaryresidence.com
sounds
Cold_Sweat_Part_XVI.mp3
| Chrome_Cabal.mp3
Bees_Make_Honey.mp3
| nein.mp3
|
Ned
Rien, merci - CD
SK / Jason R. 2005
Les
troublions lyonnais remettent leur titre en jeu. Second album
en vu et Ned passe aux choses sérieuses. Fini de rigoler.
Tout n'apparaît que brouillon de jeunesse face à
la maîtrise de ce Rien, merci. Ned, en gros, c'est du
rock. Ca nous fait une belle jambe. Ouais bon mais du rock de
travers, du fais-le-toi-même, punk et rigolard avec des
trucs derrière qu'on sentait capable de bien meilleur
mais qui ne se concrétisait pas. C'était du bordel,
de jeunes chiens fous naïfs et tendres sous leur dehors
hirsutes. Et pi voilà qu'ils prennent la route de Zagreb,
les potes du coin pour enregistrer cet album qui ne donne pas
autant la satisfaction que ça devrait. Punk mais pas
je m'en foutiste. Taraudé par le remords et l'envie de
bien faire, Ned remet ces compositions dans les mains de savants
fous avec des studios de campagnes plein d'effets modernes et
ce Rien, merci n'accouche pas d'une couleuvre mais d'un zèbre
racé. Le rock de Ned a pris de la consistance. On n'est
plus à se dire que les compos manquent d'un quelque chose
mais je sais pas quoi. Elles tiennent là, toutes droites
dans leurs docks, seules et fières. L'esprit frivole
continue de bourdonner, telle une mouche sur un vieux sucre
mais avec de vrais sentiments dedans, même que certains
font serrer la gorge et dresser le poil de la nuque. Du rock
vif et piquant, des parties fines et free au bord de l'improvisation,
des joutes rythmiques qui les rapprochent des grands Badgewearer
et des non moins immenses The Ex. Un ton et de la profondeur
qu'on ne leur connaissait pas. Des attaques frontales noise
à la belle intensité que voilà. Un morceau
pour danser chick chick chik (voices in the sink). De
la patine sur laquelle on ne risque pas de se casser la gueule.
Ils ont bien fait de trifouiller leurs compos dans tous les
sens. Leur rock bancal a pris un sérieux coup d'assurance.
C'est sur ces deux jambes bien campés qu'il avance, tout
simplement impeccable, sans un pli, avec l'envie d'y retourner
et de leur dire que cette fois ci, c'est tout bon même
si ils vous répondent de rien merci. C'est qu'ils deviendraient
polis en plus !
SKX
(09/01/06)
website
groupe www.skrecords.org/groupes/ned.html
website
label www.skrecords.org
sounds
Le_morceau_du_chat.mp3
| 44percent.mp3
|
|
Neptune
Patterns - CD
Self-release records 2006
Neptune
se déchaîne. Les éléments discographiques
du désormais trio new-yorkais pleuvent à tout
va. Entre cdrs réduits à quelques titres, cassettes
old school et 12'' un d'obscur label hyper DIY avec pochettes
maisons inclus mais toujours soignées, Neptune tente
de semer l'auditeur. Vous rajoutez des morceaux titrés
uniquement d'un numéro, que l'on retrouve sur d'autres
enregistrements avec un véritable nom fait de véritable
lettres
quand ce n'est pas dans une autre version... Inutile
de s'obstiner à comprendre et recouper. C'est la zone.
Ce nouveau disque au format album arrive à point nommer.
Figer dans le temps la foisonnante créativité
des New-Yorkais. Et dire que ce disque, comme la plupart des
précédents enregistrements, sont autoproduits
(ou sorti à l'époque sur Mister records, le label
qui n'a jamais défrayé la chronique du batteur
d'alors qui s'est fait la malle depuis). Quand est-ce qu'un
label digne de ce nom va se charger de répandre la bonne
musique de Neptune à travers le monde ?! Tous leurs confrères
sont unanimes, à commencer par The Ex. Ce groupe, c'est
de la balle. Patterns reprend donc quatre morceaux du
maxi Mice and Worms et un autre d'un cdr cinq titres datant
de 2005. Et des inédits. Un assemblage qui tient la corde.
Des morceaux bourrés d'électronique qui rockent.
Des morceaux plein de rock qui électronisent. Des machines
pleines de scritch et de crizzzz qui envoient le bois. Des morceaux
qui crissent et qui crachent tout en spleen urbain. Des morceaux
pleins de rythmes tribaux. Neptune ne fait pas que sculpter
ses instruments. Ils s'inventent un langage musical, un monde
plein de fils, de pédales d'effets et de boutons à
triturer avec le souci de mettre le rock et son énergie
au milieu. Depuis le départ du batteur, l'autre percussionniste
a pris la place sur le tabouret. Le guitariste alterne avec
la basse. Le chanteur-guitariste-sculpteur pète ses mélodies
dans un amas de ferraille. Neuf titres bourrés d'idées,
de rythmes frappant et tordus, de finesse et de mystère.
Il y a une vie après Cop Shoot Cop.
A signaler que les bordelais des Potagers Natures ont sorti
la version vinyle et la propose intégralement en téléchargement
gratuit, comme tous les disques qu'ils sortent d'ailleurs.
SKX
(01/10/2006)
website groupe www.neptuneband.com
website label lespotagersnatures.free.fr
sounds TheLighthouse.mp3
|
New
Electric
Self-titled EP
The Perpetual Motion Machine 2006
Ce
groupe là aurait pu être la sensation du moment
dans le genre (post) rock instrumental qui fait bouger les choses
et qui remet le mot rock au centre du débat. Quatre titres
furieux qui ne prendraient que les moments les plus bruyants
de Explosions in the sky sans les sempiternels montées
ou contrastes entre parties calmes / explosions chers à
ce style, un truc toujours dans le rouge et la distorsion, un
rythme qui pulse et des guitares comme si il en pleuvait. Mais
le passé (récent) de ces jeunes étudiants
en jazz qui ont fait leurs premières armes dans un combo
free-jazz (Rolo Tomase) les rattrape encore trop souvent. Ils
ont beau déclaré avoir créer un groupe
de rock pour se détacher de ce lourd fardeau, les guitares
en font quand même beaucoup sans compter quelques soli
empestant les entournures. Bref, si ils arrivent à réellement
s'émanciper de leurs chères études, New
Electric peut devenir un sacré groupe qui booste son
petit monde.
SKX
(27/08/2006)
website groupe www.newelectricband.com
website label www.theperpetualmotionmachine.com
sounds Bananarchy-final.mp3
| DSMH-final.mp3
|
|
No
Means No
All roads lead to ausfarht - CD
Southern/Wrong 2006
Les
vétérans du punk-rock, mais qui ne se sont jamais
arrêtés eux, sur le devant de la scène une
nouvelle fois pour un nouvel album studio, six ans après
No One. Un titre à plusieurs niveaux. Pour les
germanophobes, ausfarht signifie sortie et pour les anglophobes,
toutes les routes mènent donc à la sortie. A moins
que en langage canadien, c'est une autre façon de dire
que toutes les routes mènent à Rome. Ou en dialecte
punk, ça veut dire que ce groupe a trop tourné
et fréquenté les autoroutes allemandes. Ou qu'en
signal fumeux, c'est par là la sortie pour No Means No
qui fréquente le circuit depuis 20 ans. Alors, l'album
de trop ? J'avoue avoir décroché l'affaire No
Means No depuis 0+2=1 en 1991 (comme tout le monde non
?!). Les albums suivants ont leurs bons moments mais c'est pas
(plus) ça. Et là, c'est pareil. On file droit
par moment tout content de retrouver ce groove fiévreux
et purement rock'n'roll chers aux canadiens. On rate la sortie
de route à plusieurs occasions. Et on se paye le fossé
dans 3, 4 virages bien trop serrés. In her eyes,
Mr . In Between sont des morceaux qui donnent envie de
se bouger comme au bon vieux temps pendant que les deux seuls
morceaux de plus de six minutes sont apres et épiques
juste comme il faut. Au milieu et entre, une pelleté
de morceaux plus basiques, punk-rock mélodiques à
l'énergie qui ne me communique rien du tout. La face
No Means No que je n'ai jamais aimé. Voir de pitoyables
morceaux et effets de manche comme un sorte de vocodeur sur
So long, l'orgue et le sale refrain sur Mondo Nihilissimo
2000 et des trucs à gauche à droite pas franchement
inspirés qu'on aurait préféré qu'ils
réservent pour leur side project des Hanson Brothers.
Tout ça fait bien mince à l'arrivée. No
Means No n'arrive plus à trouver le bouton avance et
propose depuis une dizaine d'années la même bonne
vieille recette. Qui ne marche plus que rarement. Toute sortie
est-elle définitive ?
SKX
(17/09/2006)
website label www.southern.net
|
Noxagt
Self-titled - CD
Load 2006
Noxagt
les norvégiens, trio pour troisième album. Perd
son violoncelle en retour. Récupère des cordes
toujours, celles d'une guitare appartenant à Anders Hana
de Ultralyd, autre formation de rock bruyant avant-gardiste
où joue également Kjetil D Brandsdal, le bassiste
de Noxagt. On reste entre potes. Mais on ne se fait pas de cadeau.
Le guitariste n'en a cure des onces de mélodies que le
violoncelle apportait. Pas son trip. Du coup, la musique déjà
robuste et profondément rythmique de Noxagt devient encore
plus revêche. Un puit insondable, le vertige des profondeurs.
Une guitare tout en larsen, en triturage de cordes, en riffs
rugueux et malsains. Et si elle donne le LA de certains morceaux,
accompagnant la basse dans ses démantibulations, elle
donne une dimension encore plus inquiétante à
ce titan tout noir Noxagt. La machine à broyer Noxagt
continue d'avancer. Jusqu'à vous achever d'un long jet
de onze minutes clôturant ce voyage hostile. The Impious
one, les entrailles du bruit disséqués à
la vue de tout le monde, sans chercher oh grand jamais à
plaire, la rythmique continuant à tourner en boucle comme
si de rien n'était pendant que la guitare achève
le sale travail dans l'ombre. Rien ne dit qu'avec un telle musique,
la dame de la pochette soit disposée à enlever
sa petite culotte mais Noxagt a de quoi séduire un public
disparate, autant attiré par le brillant du metal que
par l'exigence des musiques extrêmes, d'un rock-noise
tout distordu ou tout simplement une horde de sauvages sans
étiquette qui aiment se perdre sans rien comprendre.
En attendant, la culotte vous va à ravir Madame et Noxagt
signe une nouvelle uvre affriolante à faire péter
l'élastique.
SKX
(15/08/2006)
website groupe www.noxagt.com
website label www.loadrecords.com
sounds walls-end.mp3
|
|
Nadja
Radiance Of Shadows - CD
Alien8 recordings 2007
Même
pas le temps de se retourner, de goûter assidûment
à Touched, le précédent album de
Nadja, que le duo est déjà de retour avec ce Radiance
Of Shadows. Et à l'heure où j'écris ceci,
j'attends de pouvoir également jeter une oreille sur
Guilted By The Sun, encore un nouveau disque. Les enregistrements
de Nadja se suivent donc à un train d'enfer, un nouvel
album tous les trimestres ou presque, auxquels il faut rajouter
les CDr autoproduits, les rééditions, les versions
réenregistrées, les collaborations (celle avec
Fear Falls Burning chez Conspiracy par exemple
), les splits
et les travaux solo d'Aidan Baker, le capitaine du navire Nadja.
Cela fait beaucoup, beaucoup trop même est on tenté
de dire parce que d'un disque à l'autre il n'y a jamais
vraiment de différences, Nadja se contentant de creuser
son sillon, de cultiver son metal atmosphérique sans
rien demander à personne. Parfois un enregistrement attire
l'attention plus qu'un autre, semble plus accompli et c'est
précisément le cas de ce Radiance Of Shadows
sorti comme d'habitude chez Alien8 recordings.
La grande réussite de Nadja c'est d'avoir réussi
à élaguer son metal lourdissime en lui insufflant
des éléments étrangers et a priori incompatibles
: le doom est croisé avec de la pop façon Cocteau
Twins, les atmosphères industrielles incitent au recueillement,
le drone n'est pas synonyme d'ennui. Parfois, je me surprends
à penser qu'Aidan Baker réussit avec Nadja exactement
là où Justin Broadrick se casse la gueule avec
Jesu. L'anglais, à trop vouloir épurer et synthétiser
son propos finit par se perdre dans un océan de vide.
Le canadien au contraire ensevelit sa musique dans de profonds
sables mouvants, sarcophages de bruits ascensionnels et étouffants
(l'énorme final industriel du titre éponyme),
forme une chrysalide de saturations épaisses qui lorsqu'elle
éclate laisse échapper un magma assourdissant.
La recette de Nadja semble définitivement au point sur
Radiance Of Shadows dont la violence du son (les binoclards
n'auront pas manqué de remarquer que le mastering est
du à un certain James Plotkin) reste intacte même
après plusieurs écoutes.
Haz
(08/12/2007)
website groupe 206.123.101.29/~coldsnap/aidan/nadja.htm
website label www.alien8recordings.com
|
Narrows
self-tilted 7''
Deathwish 2008
Avec
Dave Verellen, l'ex-chanteur de Botch et Ryan Frederiksen, membre
actuel de These Arms are snakes, ce groupe est bien parti dans
la vie. Vous rajoutez trois autres gaziers qui ont officié
dans des groupes qui n'étaient pas spécialisés
dans les berceuses (Unbroken, Bullet
Union, Some Girls), vous les collez sur un label qui s'y
connaît en hardcore, en hardcore et en hardcore et vous
aurez une p'tite idée de la tournure pris par ce nouveau
projet. Les deux minutes et quelques de Life Vests Float,
Kids Don't suffisent à mettre les points sur les
i. La voix typique de Verellen, bien mise en avant, ce grondement
qu'on sent bien qu'il vient du fond de la gorge, mène
l'attaque frontale. On n'est pas là pour cueillir des
pâquerettes. Lourd, puissant, rapide, ça surfe
sur un après Botch basique. Rien de phénoménale
mais ça fait du bien par où ça passe. Avec
les deux morceaux suivants, Narrows devient moins directe. Mis
à part le début en fanfare de Crooked Tongues,
Narrows oublie la vitesse et la joue mid-tempo menaçant.
Impression confirmée par The Touch Test et son
sample qui débute et clôture un titre un peu plus
vicieux. Parce que faut bien dire qu'il faudra en montrer un
peu plus sur leur premier album à venir pour la fin de
l'année que ce disque qui plaira aux traditionalistes
du genre mais qui laissera dubitatif les autres.
SKX
(02/10/2008)
website groupe www.myspace.com/narrowsnoise
website label www.deathwishinc.com
|
Navies
2 song 7''
Lovitt 2007
Toujours
pas d'album en vue pour le trio de Washington DC mais un excellent
2 titres pour faire patienter. Des problèmes d'intendance
peut-être puisque Sean McGuinness partage son temps à
la batterie entre Navies et Pissed Jeans et avec l'actualité
de Pissed Jeans, il ne m'étonnerait pas qu'on lise bientôt
batteur des ex-Navies
En attendant donc, Navies continue
de labourer les tympans à coup de post-punk jouissif,
tour à tour troublé et limpide. Façon Mission
of Burma, notamment sur l'instrumental Continental divide
qui rappelle autant la complexité mélodique des
gars de Boston qu'un Pitchblende ressuscité. Sur House
ties, c'est là aussi une pépite noise-punk
avec une section rythmique déchaînée et
des parties de guitare de haute volée. Un must pour un
groupe très prometteur.
SKX
(05/02/2008)
website groupe http://www.myspace.com/naviesmusic
website label http://www.lovitt.com
|
Ned
The Message - 7''
Motive Sounds Recordings 2007
Enfin
du neuf de la part des lyonnais de Ned. L'album précédent,
le très réussi Rien, merci date déjà
de trois ans et depuis tout ce temps a réussi à
convaincre tous les réticents à la musique du
groupe, réticents dont j'ai très longtemps fait
partie. Ned c'est drôle, bruyant, groovy, punk sans être
pour les chiens et légèrement arty sur les bords.
Arty c'est le premier truc que l'on se dit en contemplant puis
dépliant la pochette de ce très joli single en
plastique blanc. The Message c'est comme ça qu'il
s'appelle et dessus on peut lire d'étranges signes composés
de petits carrés et de petits ronds. Heureusement le
code nous est donné et les plus patients pourront déchiffrer
tout ça. Par exemple un carré avec un rond à
gauche c'est le A, un carré avec trois ronds à
droite c'est le B. Trop facile.
The Message propose donc en face A une nouvelle version
du titre qui ouvrait Rien, Merci. Ah merde, ce n'est
pas vraiment un inédit
mais qu'à cela ne
tienne, cette nouvelle version, enregistré l'été
dernier dans un studio lyonnais, est dix fois plus brute et
énergique que l'ancienne, définitivement un grand
morceau.
On retourne la galette et on change la vitesse de la platine
parce qu'à la différence de la face A cette face
B tourne en 45 tours. Bob Dénard c'est du matériel
neuf à 100% et représente le côté
plus poppy et funky de Ned, un certain goût pour l'attraction
façon Chinese Stars avec un gros passage final drivé
par une basse groovy à souhait et toujours les trois
voix des gugusses de Ned qui susurrent puis braillent ensemble,
un chouette morceau à danser. Voilà un single
dont la principale qualité est de donner envie d'en écouter
un peu plus
un nouvel album pour 2009 serait il envisageable
? L'espoir fait vivre et comme le groupe le dit lui-même
: nothing disappears, everything remains.
Haz
(08/06/2008)
website groupe www.myspace.com/nedskrecords
website label www.motivesounds.com
|
 
Neptune
Improv and collaboration - LP
Golden Lab 2007
Paris green - CDEP
Self-released 2007
Neptune
maintient un rythme de dingue. Encore deux nouveaux enregistrements
en plus du split avec les lyonnais de One Second
Riot pour l'année 2007. Oui je sais, on est passé
en 2008 mais comme je vous disais, le rythme est guedin. Improv
and collaboration est un beau vinyl qui sent le jasmin et les
abeilles butinantes. Le printemps n'est pas loin mais une fois
à l'intérieur, l'hiver a vite fait de se rappeler
à votre bon souvenir. Improv and collaboration
est un album
euh comment dire, d'improvisation et de collaborations.
Et ya pas à chier, l'improvisation, ça ne s'improvise
pas comme ça !! Neptune nous sert sa face branle neurones
avec deux morceaux de 10 et 16 minutes encadrant trois autres
titres heureusement plus courts. Mais à chaque fois,
il est question d'oscillateur lancé dans la course à
l'ennui, de fréquences d'une armada de synthés
bricolés at home, de telegraph noise box dont on ne pige
pas les signaux, de hearing tester and microphone et autres
instruments à la musicalité prouvée. De
temps à autres, les New-Yorkais se rappellent qu'ils
se servent habituellement d'un truc qui ressemble à une
batterie pour nous balancer quelques coups dans la tronche,
nous sortant de la torpeur, mais sinon leurs expérimentations
feraient passer n'importe quel bricoleur du dimanche pour un
pro du marteau. Seul la collaboration avec Jessica Rylan sur
le morceau #23 sauve le zéro pointé. Quand
Neptune allie sa science du rock avec sa quincaillerie de Mac
Gyver, ça donne du nerf à sa démarche.
Paris Green est un maxi dont le titre principal qui porte
le même nom est issu de Gong lake, le prochain
album de Neptune sur le très coté label Table
of Elements. Ca en jette sur une carte de visite et ça
les changera de la pléthore de cdrs self-released à
50 exemplaires. Maxi à l'intérêt limité.
Excepté ce morceau inédit mais qu'on retrouvera
de toute façon sur l'album, Neptune nous colle deux morceaux
de leur split avec One Second Riot (Tell my people to go
home, part I et II) et deux vomis électroniques sur
la banquette digne de leur Improv and Collaboration dont
je ne suis décidément pas fan ! Reste ce Paris
Green où on retrouve tout le Neptune qu'on adore.
La face rock prédominante avec un rythmique toute en
rafale et répétitive, un riff de guitare aliénant
et des stridences au service de la compo. Si tout l'album est
de cet acabit, Neptune fera oublier sans problème ces
errements.
SKX
(11/02/2008)
website groupe www.neptuneband.com
website label www.myspace.com/goldenlabrecords
| www.magnetismcrafts.com
|
Neptune
Gong lake - CD
Radium / Table of Elements 2008
Neptune,
trio de sculpteurs-musiciens, Geo Trouvetou new-yorkais doublé
d'alchimistes du bruit. Tout est made at home chez les Neptune,
jusqu'aux disques pour la plupart autoproduits et en tirage
hyper limité, non pas par souci de spéculation
mais par manque de moyens rédhibitoires. Le label Table
of Elements (et sa sous-division Radium) leur offre pour la
première fois une exposition internationale et une distribution
digne de ce nom. Ce n'est que justice pour ce groupe qui ne
cesse de chercher, innover, créer, bref, se sortir les
doigts du cul pour offrir une alternative à un monde
musical plus enclin à la copie qu'à trouver sa
propre voie. Pour autant, la musique de Neptune ne débarque
pas d'une autre planète. On cite souvent Einsturzende
Neubauten, The Ex, Cop Shoot Cop pour parler de leur musique.
A cette liste non exhaustive se rajouterait notre feu-Bästard
si ces derniers avaient été plus unanimement reconnus
sur la scène internationale.
Pour autant, Neptune s'est affranchi de ces influences pour
n'en garder que l'esprit avant-gardiste, cette perpétuelle
course vers l'infini inconnu bien que la formule Neptune soit
désormais établie. Mais il fallait profiter de
cette exposition nouvelle pour montrer au plus grand nombre
de quoi ils étaient capables.
Gong lake est un parfait résumé de leurs
dernières années de travaux, depuis que le quatuor
s'est mué en trio. Mettre la barre suffisamment haute
dans des compositions irréprochables pour épater
la galerie et mettre définitivement Neptune sur la carte
du rock. Neptune triture ses oscillateurs et synthés
maison au service du rock. Mais c'est aussi son contraire. Neptune
rock et donne du sens à ces expérimentations.
Le bruit pour le bruit, très peu pour Neptune (ça
ils le gardent pour leurs maxis). Tout autant cérébral
que viscéral, la force de Neptune est de toujours garder
les pieds sur terre, avoir le souci de l'accroche autant mélodique
que rythmique. Ce Gong Lake en regorge. Après une courte
introduction pour marquer son territoire, Grey Shallows
annonce le meilleur du meilleur et un morceau qui vous donne
de suite envie de prendre le premier bidon venu et taper dessus
comme un sourd. Plaisir prolongé par Paris Green,
présent sur le précédent maxi. Mécanique
de précision, dynamique implacable et les stridences
onctueuses qui viennent perturber l'ordre établi. La
caisse claire de Purple Sleep est un piston diabolique.
Neptune a encore été faire un tour à la
décharge voisine et redonne une seconde jeunesse à
un tas de ferraille lors d'un brillant instrumental hypnotique.
Neptune, c'est aussi un vent glacial. Yellow river est
froid comme l'acier, prolongé par le robotique Cooper
green et nous rappellent douloureusement que le son de Neptune
n'est à nul autre pareil. La faute à leurs instruments
fabriqués par leurs propres mains, donnant une coloration
dure et compacte, un tas de chair froide que Neptune ne cherche
pas à attendrir. La fin de l'album ne réchauffera
pas plus la banquise. Neptune se fait menaçant, maltraite
son xylophone électrique, sort le gros bidon d'essence,
se fait sourd aux injonctions de la mélodie, erre dans
un no man's land industriel attirant, se créant pour
l'hiver une ambiance louche et bien personnelle. Ils nous quittent
sur un Red Sea tour à tour inhospitalier et tribal
et quelques résidus électroniques. Ce n'est pas
aujourd'hui qu'ils vont faire dans le compromis. Un groupe exigeant
mais c'est fait avec intelligence et une putain de classe.
SKX
(22/03/2008)
website groupe www.neptuneband.com
website label www.myspace.com/tableoftheelements
|
|
Neptune
- One Second Riot
Split LP
Distille 2007
Split franco-américain sur un label parisien. Plus précisément
Lyon against New-York. Honneurs aux étrangers. Neptune,
c'est pas inconnu par ici. C'est une pléthore de disques,
dont le dernier sur le label bordelais Les Potagers Natures
(ils veulent se faire naturaliser ou quoi ?) et ces fils spirituels
de Cop Shoot Cop (ils seraient nés à Lyon, on
aurait dit les fils spirituels des Bästard) continuent
de creuser le sillon à coup de ferraille et d'idées
de brocanteur de génie. Les deux premiers morceaux s'appellent
Tell my people to go home. Part I et Part II.
C'est tout en retenu, en force tranquille, en coup de maréchal-ferrant
avec ce sens de l'accroche évidente sur la part I. Le
3ème titre se nomme Clocks et croyez le ou non,
mais on a le droit à 4 minutes 42 d'un tic-tac d'une
horloge sur lesquelles se greffent des petits bruits où
le temps se fait effectivement compter avant qu'un déluge
sonore fait de basse virulente, de hurlements dans le lointain
et d'un rythme appuyé nous sortent de la torpeur. Mais
le tic-tac est là, il nous surveille. Le dernier morceau
intitulé #27 reste dans le domaine de l'étrange.
Mais c'est ça qui est bien avec Neptune. Même avec
un bruit de tôle vaguement tribal, des bip-bip et autres
crissements, ils arrivent à vous tenir en haleine six
minutes. Quoique là, non, c'est devient chiant à
partir de la moitié. On peut pas avoir bon à tous
les coups.
Les petits nouveaux sont lyonnais. One second riot, duo basse-batterie.
Et c'est dingue ce qu'on peut faire comme bordel à deux.
Comme leurs collègues new-yorkais, le duo garde ce goût
pour la ferraille chaude battue avec cur même si
l'instrumentation reste plus dans les normes. A peine quelques
samples qui viennent appuyer un chant mi-hurlé et à
l'économie. Et si One second riot sait rocker, là
aussi, c'est une histoire d'ambiance, de tempos dans la retenu,
de déchirements calculés, de méandres électriques
contrôlés, d'une basse volontaire et mélodique
à ses heures. Quelque chose de lyonnais dans les gènes,
de froid, urbain, maladif, un léger spleen qui donne
au final l'envie de tout arracher. Trois morceaux. Une excellente
découverte. Aux cotés de Doppler, dans la grande
lignée des groupes noise lyonnais à qui on souhaite
la même destinée. Deux groupes qui se complètent
à merveille pour un split de haute tenue.
SKX
(05/05/2007)
website groupe www.neptuneband.com
| onesecondriot.free.fr
website label www.distilerecords.com
|
Neurosis
Given to the rising - CD
Neurot 2007
Les dinosaures remuent encore. Après Unsane qui vient
de nous en coller une belle, Neurosis nous met à son
tour une baffe monumentale. Ca fait plaisir parfois de tendre
l'autre joue. Alors que Neurosis avait considérablement
baissé le rythme et la virulence de son propos sur The
Eye of every storm, alors que la tendance générale
d'une pléthore de groupes hardcore/metal était
à l'ambiant ou au retour qui pue vers les seventies et
son progressif qui tâche, on se demandait si le groupe
de San Francisco n'était pas sur la voie de garage. Tous
les Isis et Cult of Luna de la terre peuvent aller se rhabiller.
Neurosis a retrouvé le fil. Un dixième album en
forme de synthèse de tout le meilleur de leur imposante
discographie, sublimé par une inspiration retrouvée.
Les riffs de mammouth, les rythmes tour à tour tribaux
ou qui pèsent deux tonnes. Cette voix puisant dans toute
la misère du monde, ce cri de bête qui s'élève
des entrailles et vous arrache un gond. Ces passages atmosphériques
et inquiétants parfaitement intégrés à
la furie générale. Neurosis a tout bon. Même
Albini qui fait sonner la batterie comme jamais. Une heure dix
pendant lesquelles Neurosis ne nous épargne rien. Des
guitares dingues dans le rouge sur Fear and Sickness.
La voix monstrueuse de Scott Kelly qui racle le fond de sa gorge
pendant d'interminables secondes avant de laisser s'échapper
un monstrueux To the wind qui fini par vous emporter
aux quatre coins sur le morceau du même nom. Toutes les
fois où Neurosis installe un semblant de mélodies
abruptement coupées par de brutales attaques. Ils ont
réussi plus que jamais a écrire des morceaux directs,
foutrement puissants dans lesquels on rentre de suite tout en
créant une riche et dense texture, des structures longues
à niveaux multiples. Symphonique et primaire. Des stridences
stressantes de la fin de Water is not enough aux neuf
minutes de toute beauté et apaisantes de Origin,
morceau de clôture lacéré par une brusque
décharge poignante. Des remarquables samples qui sont
pour beaucoup dans l'envoûtement de leur musique comme
sur At the end of the road où tout se fait dans
la finesse. Ces rythmes entre deux eaux qui maintiennent une
pression constante, laissant planer le doute quant à
leur possible explosion où une sinueuse montée
dont on ne verra jamais le sommet. Il faudrait des heures pour
explorer et expliquer chaque recoin de ce disque tant il regorge
de trouvailles, de mélodies lumineuses, d'enchaînements
parfaits, de multiples détails qui donnent tout le piment,
de fulgurance à se cogner la tête dans les genoux
et de mélancolie qui ferait fondre les plus endurcis.
Mais ce Given to the rising est un bloc monolithique
qui se prend de face et en entier, qui vous hypnotise jusqu'à
la moelle, vous la remue et vous rend tout hébété.
Neurosis sont de retour aux affaires. Les patrons, ce sont eux.
Totalement captivant.
SKX
(28/04/2007)
website groupe http://www.neurosis.com
website label http://www.neurotrecordings.com
sounds WaterIsNotEnough.mp3
|

The New Flesh
Vessel - CD
Heart break Beat 2007
|

The New Flesh
Parasite - CD
Maelstrom / Hi-Dat 2005
|

The New Flesh
Dog - 7''
Human Condut / Terra Firma
|
Dans l'il du cyclone. Le rock-noise sale et puant se joue
toujours dans les caves. Quand un groupe daigne voir se pointer
le jour, ça donne The New Flesh. Leur coin de labeur est
Baltimore. Vessel est leur deuxième album et ne
partira pas avec l'eau du bain. Le son est comme le jambon, cuit
à l'étouffé. On prend un gros bol d'air pour
le titre d'ouverture et on croise les doigts pour tenir jusqu'au
bout. La descendance se situe quelque part entre Glazed Baby et
les Cherubs. Autant dire que ce trio n'est pas très finaud.
Ca assène de méchants roulements de batterie, de
grosses déflagrations de basse et des riffs de guitares
qui font penser qu'il n'y a pas que le foie qui est gras. The
New Flesh entreprend de détruire tout ce qu'il reste de
vos tympans. On replonge dans la folie des années 90, l'étage
juste en dessous. Sur la longueur, ça manque de discernement
mais ça fait du bien de se mettre minable de temps en temps.
Je me demande si, deux ans plus tôt, c'était pas
encore meilleur avec leur premier album Parasite. Malgré
un membre du trio différent, la recette est identique.
Sauf que c'est encore plus obtus. Il ya du Todd là-dedans.
L'essence du bruit, l'amour du larsen. Tremblement, grésillement,
saturation, voix en retrait, saleté de la cave encore plus
infâme. Autant dire que c'est bon. Surtout quand ils vous
allongent les neuf minutes d'un Salt en plein milieu du
blitz.
The New Flesh a également sorti une pelleté de singles
et split singles. Le dernier en date, juste après la Vessel,
se nomme Dog et ne se révèle pas chien avec
sa belle pochette double face. Deux inédits (Dog
/ Memory Scrap) qui continuent leurs rôles de train
de marchandise lancé sur des rails de brutalité
mais avec une science du rythme lent, sourd, répétitif
qui rajoute à la beauté de ce single. A ranger aux
cotés de vos Thug et Slug. Le format court leur sied merveilleusement
au teint.
SKX
(15/12/2007)
website groupe www.angelfire.com/pro/thenewflesh
website label www.heartbreakbeatrecords.com
| www.humanconduct.org
sounds No_Expectations.mp3
| Broken_Glass.mp3
|
Night
Wounds
Allergic to heat - LP
Woodsist 2006
Après
deux splits single tiré à 8 exemplaires (en tout,
pas chacun) et trois cdrs qui ne sont jamais sortis de leurs
chambres, Night Wounds sort le grand jeu, un vinyl grand format,
tiré à, allez, 300 exemplaires, soyons généreux
et se délocalise dans la cité des anges où
l'exposition, c'est bien connu, y est plus forte. Mais c'est
définitivement New-York que nous renvoie la lumière.
Epoque DNA, Mars, guitare atonale, ambiance décharnée,
des gros relents des premiers Sonic Youth, un saxo pour crisper
encore plus et une pincée d'Arab on Radar pour le rythme
pseudo entraînant (mais pas à tous les coups).
Allergique à la chaleur se justifie pleinement. Ca sent
la brisure et le caniveau. L'acier froid et la cave humide.
C'est maladif mais content de l'être, bruyant, abrasif.
Ca ne se regarde pas le nombril. C'est tout disloqué,
les bruits rouges s'entrechoquent, le saxo tente d'apporter
une lueur dans un climat tendu et nerveux. Night Wounds fait
preuve d'une grande maîtrise dans un genre qui peut rapidement
tourner à la cacophonie. Garde le cap avant d'exploser
finalement dans les huit minutes d'un dernier morceau instrumental,
tout en assemblage malsain, chacun dans son coin à se
balancer d'avant en arrière lors d'une dérive
sonore qui les rend définitivement intéressant.
SKX
(16/01/2007)
website
groupe www.freewebs.com/fuckmountain
website label www.fuckittapes.com/woodsist.htm
sounds myspace.com/nightwounds
|
|
NLF3
Echotropic - 12''
Prohibited records 2008
Après
trois longs formats, le trio des frères Laureau revient
avec un mini LP quatre titres du nom d'Echotropic. Tout
le programme du disque est dans son titre. Cela ne sert plus
à rien de parler du glorieux passé emo des parisiens,
Prohibition c'est depuis longtemps de l'histoire (très)
ancienne et je ne doute pas un seul instant que les réduire
systématiquement à leur période hard core
doit considérablement énerver Nicolas et Fabrice
Laureau. La palette sonore et le choix des instruments utilisés
se sont considérablement élargis, en même
temps que les genres musicaux explorés. Piano électrique,
synthés, percussions diverses, etc, ont investi le champ
d'action de NLF3 et le groupe se plait à citer aussi
bien Can que This Heat ou Fela
Le grand écart entre
kraut, psychédélisme et afro beat.
Echotropic est de loin le disque le plus éclairé
de NLF3, celui dans lequel se révèle le moins
de tensions, où les mélodies sont colorées
voire criardes, la rythmique renonçant aux effets hypnotiques
de la répétition pour se consacrer uniquement
à un groove sautillant et primesautier. Par rapport aux
réussites de Viva ! et de Music For Que Viva
Mexico cette unicité des perspectives représente
une petite déception, déception vite oubliée
sur le dernier titre de la deuxième face, Aï, qui
sans se départir de l'exotisme mélodique généralisé
du disque arrive à installer une petite progression dramatique
du meilleure effet, sauvant Echotropic de la fadeur émotionnelle.
Dernière chose : s'il fallait, pour contenter les archéologues
et les geeks, trouver un point commun entre Prohibition et NLF3
c'est bien le rôle central de la basse que l'on choisirait.
Comme chez son illustre ancêtre, celle-ci est omniprésente,
porteuse, parfois leader, avec ces caractéristiques qui
permettent de penser que tout le reste à été
construit autour. Cela fait une deuxième raison incontournable
pour goûter à ce disque moins anecdotique qu'il
n'en a l'air.
Haz
(15/06/2008)
website groupe www.myspace.com/nlf3
website label www.prohibitedrecords.com/html/site.html
|
No
Hay Deaz
#3 - CD
Argghh records 2007
Après deux cd quatre titres, plus ou moins autoproduits
j'imagine, et que j'ai laissé échappé,
le quatuor lillois passe une taille au-dessus. Juste au-dessus.
Deux titres en plus sur Argghh records (entre le nom du groupe
et celui du label, c'est pas tous les jours la grande inspiration
dans le nord !) et un groupe qui commence à marquer des
points. Comme leurs collègues de la même ville,
Tang, No Hay Deaz pratique une musique marquée par les
Japonais de Envy. Une déflagration à fleur de
peau, un truc qui brûle la chair. Sous le déluge
sonore, la plage et son lot d'émotions. Ses données
brutes et une exaltation qui tente de passer au travers. Et
si sous la plage, il n'y a pas grand-chose de neuf, c'est toujours
mieux que de rester à marée basse. No Hay Deaz
y met suffisamment d'intensité et de conviction pour
y adhérer. Comme tous ces groupes, ils orchestrent leur
déluge avec des moments plus calmes, l'arpège
s'en donnant à cur joie mais ces périodes
là sont sommes toutes assez rares. On va pas s'en plaindre.
No Hay Deaz maîtrisent les montées crescendo comme
de vieux renards, savent se retenir quand il faut, exploser
quand il faut tout lâcher et je vais arrêter là
sinon vous allez finir par trop vous exciter et voir le mal
partout.
SKX
(20/05/2007)
website groupe www.nohaydeaz.com
website label www.myspace.com/argghhrecords
|
| |
retour
haut 
|
|
|