UNLOGISTIC
"
hanger " - CD & LP
Happy Dick Milk 02
Les
fous furieux de Unlogistic, le couteau toujours entre les dents,
jamais à court d'idées pour penser à tout
le monde et ne pas en laisser sur le carreau
. Adorateurs
du vinyl et massacreurs de cédés, les deux formats
frères ennemis se retrouvent dos à dos avec un contenu
identique à chaque fois. A savoir quinze morceaux en autant
de minutes (+1 !). Beats boite-à-rythmisés qui ne
connaissent qu'une seule vitesse, celle qui met les aiguilles
dans le rouge. Droit et direct dans le mur. Des volées
de guitares super speed qui suivent au cordeau. Moults chants
scandés en chur dont on ne saisit rien des paroles
mais qu'on imagine sans peine, à la seule lecture des titres,
hyper enjouées sur le meilleur des mondes qui fait tout
pour que ça continue en moins bien ! Bref, un disque punk
très old-school, dans toute sa plénitude et complètement
assumé, avec toute son ironie, sa naïveté et
ses clichés. Seulement deux morceaux dépassent les
deux minutes (tout un péplum !) et c'est pourtant là
que Unlogistic devient le plus trépidant, démontre
sa force à composer des hymnes punks fédérateurs,
dépassant ainsi le cadre de l'anecdote dans lequel se confine
ce groupe parisien. Mais c'est vrai que c'est le dernier de leur
souci ! En attendant, faites vous plaise, rien de tel qu'un bon
pogo 2000, ya urgence, ya basta !
SKX (12/03/2003)
|
UNWED
SAILOR
"
The marionette and the music box " - CD
Gentlemen Music 03
A
deux jours de Noël, avant que le Gros Père ne vienne
cradasser la cheminée et siffler les fonds de bouteilles,
retrouvons notre âme d'enfant, mes très cher(e)s
! Cet album est l'histoire d'une marionnette et d'une boite à
musique. Magnifique rencontre ô combien, narrée par
Unwed Sailor. Un groupe armé pour le rock, quoique dans
sa version soft, qui se trouva fort contrit fin 2001 après
un premier album ma foi agréable mais bien dans le rang
il faut dire. Besoin de changer d'air, le moral en berne, le noyau
central (Johnaton Ford et Nic Tse) décide de s'investir
dans un genre d'album qu'on peut qualifier de conceptuel. La belle
aventure que voilà ! Quelques ami(e)s à la rescousse
et les voici partis nous raconter en dix-sept instrumentaux ce
conte moderne. Très axée acoustique et cordes en
tout genre, cette musique a un cheminement forcément très
narratif et traine sa mélancolie dans une ballade en forêt
qui fleure bon
l'ennui ! Ca tient d'une musique de film
sauf que le film n'existe pas. J'ai beau faire des efforts d'imagination,
m'aider du livret richement illustré par la dessinatrice
Jamie Hunt, rien n e vient. Les seules images qui me viennent,
c'est le noir absolu et là, c'est trop tard, ça
veut dire que je me suis endormi. L'idée de base est séduisante
mais cette musique champêtre et tristoune manque singulièrement
de relief et de profondeur pour exciter mon pois chiche. A écouter
sur scène avec le spectacle qui va avec et encore, j'en
doute.
SKX (23/12/2003) |
UNWOUND
"
leaves turn inside you " - CD
Kill rock stars 01
Ca
va mieux en le disant paraît-il. N'empêche. Unwound,
trio originaire de Olympia, fief de Kill Rock Stars et de K records,
un amour de 10 ans. Un groupe qu'on chéri à l'abri
des regards. Une musique toute simple, sans artifices, le trio
guitare-basse-batterie trop abusivement comparé à
Sonic Youth. Des artisans au songwriting sûr, l'art de pondre
des mélodies qui touchent à chaque coup. Sept albums
(si on compte la compilation de 45) dont un carré magique
: "the future of what", "new plastic ideas",
repetition" et "challenge for a civilized society".
Le succès (d'estime avant tout) grandissant au fil des
ans. Un groupe qui s'est fait tout seul, à la force du
poignet, bonifié avec l'âge. Le respect de ses pairs.
Une référence tranquille dans le monde indé.
Et là, Unwound décide de passer la vitesse supérieure,
frapper un grand coup. D'abord silence radio pendant 3 ans. Trois
longues années pour débouler avec un double album.
Unwound voit grand, taille patron. Double vinyl. Quatorze titres,
plus de 74 minutes. Double CD avec deux vidéos en bonus.
Tous les titres naviguent autour des cinq minutes avec des pointes
à neuf et dix! On peut pas dire qu'Unwound ait chômé
et on en bave d'avance. Et puis boum, la déception. La
plantade. L'accident qu'on croit que ça arrive qu'aux autres.
Unwound s'est vu ambitieux et s'est endormi sur son labeur. Perdu
en cours de route. Unwound n'a jamais passé pour de gros
bourrins mais là, on frôle la léthargie. Les
voix se perdent dans les airs, évanescentes. Le retour
des shoegazers! On croirait presque entendre les Booradleys ("we
invent you", "one like less"). Ambition des arrangements
avec overdubs de synthés (un 4ème membre les accompagnera
en concert pour appuyer sur les bonnes touches) qui imitent les
violons ("terminus"). Même leur talent mélodique,
la force du groupe, se dilue dans la mollesse des compos (à
de rares exceptions près comme "december"). On
se demande ce qui se passe. On retourne la pochette dans tous
les sens. Non, c'est bien Unwound. Un Unwound qui a chaussé
des chaussures trop grandes pour lui. On frôle carrément
le mauvais goût sur certains morceaux ("october all
over", "radio gra"). Leurs ballades tombent à
plat, tension zéro tout au long de l'album. Et 74 minutes,
c'est long! Unwound a voulu franchir un palier, c'est tout à
leur honneur, mais ils viennent de rater la marche. Ca fait mal
de le dire mais Unwound est passé à coté
de son sujet et cet album est d'un intérêt médiocre.
Les histoires d'amour finissent toujours mal....
SKX (16/05/2001)
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US
MAPLE
"
talker " - CD
Drag City records 99
Ça
commence comme un disque rayé, une grosse saleté
malicieusement enregistrée c'est fait exprès pour
embêter l'auditeur. On pousse un soupir, rassuré,
le monde d'US Maple n'a pas changé. De prime abord, ça
a tout l'air d'une sacré bande de pochards échoués
par erreur dans un studio à qui on aurait eu le malheur
de confier des instruments. Bozo le clown, alias Al Jonhson, porte-voix,
fait toujours autant rire les foules, intonations improbables
d'un toon déchu, la rythmique fait du cerf-volant et les
cordes des guitares tiennent par miracle! " Confus ",
" n'importe quoi ", c'est toujours ce qu'on ressent
une fois les pieds mis chez ce quatuor de Chicago. Difficile de
se raccrocher à quelque chose, la notion de structures
a été abandonné depuis longtemps. On évolue
dans une sphère totalement libre, pleine de courants d'air
et de portes dans la gueule. Paraît-il qu'on appelle ça
" no-wave ". Avec ce 3ème album, US Maple a considérablement
ralenti la cadence, c'est faussement mou, tirant des bords de
gauche à droite. Sans renier cependant un minimum d'hygiène,
des limites à leur hystérie neurasthénique.
Des bouts de mélodies, avortées dans l'uf,
et sans cesse tissées par les guitares (on en compte 2)
les rattrapent de la chute libre, Al Jonhson d'une onomatopée
geignarde pimentant la sauce. Musique casse-gueule, produite bizarrement
par Mickael "Swans" Gira, US Maple réussi on
ne sait comment à vous tenir en haleine une demi-heure
durant. C'est beaucoup plus travaillé qu'une oreille discrète
pourrait le croit. Une musique qui mérite de l'attention,
au risque de passer à coté d'un groupe fortement
original et complètement décalé. Et qui s'aventure
très loin....
SKX (01/08/1999)
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US
MAPLE
"
acre thrills " - CD
Drag City 01
Aussi
régulier qu'une pendule, US MAPLE revient tous les deux
ans. C'est à ce jour leur quatrième album. On arrêtera
là pour toute compréhension logique. Car la musique
des quatre héros de Chicago échappe à tout
contrôle et autant laisser ces clichés aux vestiaires
pour appréhender le monde atypique de US Maple. US Maple
est, ce qu'on peut appeler à la base, un groupe rock. Quatre
types normaux qui ont tous grandi avec le rock pour religion.
Qui l'ont adoré pour mieux le détruire et qui se
proposent depuis six ans désormais de le reconstruire.
Et avec ce nouvel album sous le bras, US Maple va au bout de ses
idées, arrive à maturité et délivre
sans doute son opus le plus abouti. Aidé par Brian Paulson
à la production (le son de "spiderland", c'est
lui!), US Maple crée une oeuvre intemporelle, sans repères
possible, fortement impressionniste. Plus de couplets, de refrains,
de couplets, de riffs maintes et maintes fois entendus. Les morceaux
n'ont ni débuts ni fins. Mode narratif où les deux
guitares tissent, bavardent, luttent l'une contre l'autre, créent
un dialecte connues que d'elles-mêmes. Où la batterie
s'agite dans une absurde précision, pleine de rythmes irréguliers.
Et au milieu de ce chaos méticuleusement organisé,
Al Johnson, le magnifique. Un chant de tuberculeux, qui tient
plus du souffle, un homme exténué qui s'évertuerait
d'essayer de chanter et où le cri n'arriverait jamais à
sortir du fond de la gorge. Où les paroles se résument
en un grandiose "yeah, yeah, oh yeah, yeah, uh huh".
Un chant unique, faut-il le préciser! Cet "Acre Thrills"
présente onze scénettes qui respirent la classe,
plus rythmées que son prédécesseur "Talker",
surfent comme jamais entre les échardes de mélodies,
des dissonances toujours dans la finesse. De l'élégance,
de la perversité, de vraies compositions originales, un
soupçon de danger. Le rock quoi! US Maple hisse l'art du
bruit vers les sommets. Nul doute que nombre de groupes tenteront
dans les années à venir de copier ce phrasé
inimitable. Alors profitez en dès maintenant!
SKX (02/05/2001) |
THE
USAIMONSTER
"
citizens of the universe " - Lp
Infrasound 02
Le
cauchemar américain. Au dehors, la pression accélérée
du mouvement. L'engloutissement dans l'impur. La déliquescence
des moeurs. Un hideux pâté jaune et rouge, un vers
gélatineux abritant un groupe à la forme mal définie.
Duo collant jouant comme quatre. Bandes malsaines et samples du
malin. Il pullule des banlieues blanches de maigres et hirsutes
ayatollah du bruit, livides de ne jamais sortir de leur cave.
Basse-batterie sur les traces de Lightning Bolt. Le chemin à
parcourir reste important. On sent les prémices d'une jubilation
intérieure, un élan qui se met en place. Mais le
son est définitivement trop maigre pour fournir l'écrin
à ses dissensions sonores. Une face les montre brouillon,
rapide et bordélique. L'autre, avec seulement deux morceaux,
prolonge l'effort. Les contours du couple surgissent de l'obscurité
et se font chair plus consistante. On sent que cet énième
duo est dans la marge, que ses moyens à proposer une alternative
sont bien réels. La lumière est au bout.
SKX (18/09/2002)
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Usaisamonster
Tasheyana Compost - CD
Load 2004
Et
la lumière fut au bout! Les brouillons
de jeunesse partis en fumée devant cette pièce
maîtresse. Usaisamonster, à prononcer d'une traite
sans respirer. Un duo qui s'est cherché et là,
ils nous ont bien trouvé! D'ailleurs, la notion de duo
est bien légère. Ce groupe a commencé à
4 en 2000 puis ils sont carrément passés à
7 avant de revenir à plus de normalité avec 4
membres puis 3 et enfin 2. Va t-on la prochaine fois assité
au retour de l'homme orchestre?! En tout cas, leur duel guitare
/ batterie est agrémenté de moultes effets et
bien malin qui pourrait deviner la formule magique. Basse, keyboard,
deuxième guitare, tout ça n'est pas étranger
à leur arsenal. Tout peut se produire dans la minute
même. Un disque diaboliquement inventif, riche de mélodies
et inclassable. Un chant qui hésite entre rage et désespoir.
Des morceaux tour à tour légèrement dis
sonnants, s'appuyant soit sur une idée de rythme, léger
et vif sur l'homme, soit emmenés par un riff lumineux,
des parties de guitares acérées ou louvoyantes.
Ca commence comme une naïve ritournelle un brin décalée,
ça passe à un sourd mais véhément
grondement, puis un passage bruitiste avant un air qui rentre
tout seul dans le beurre. On ne sait à quel saint se
vouer, Usaisamonster est partout où on l'attends pas.
Le duo vient d'être touché par la grâce.
Leur noise-rock cacophonique des débuts s'est transformée
en une musique fine et malicieuse, avec un song-writing qui
tient le haut du pavé. Un des disques de l'année
tout simplement!
SKX
(28/03/2004)
website
label www.loadrecords.com
sounds
anal-lies.mp3
|
US
MAPLE
purple on time - CD
Drag City / Ruminance 03
Ca jizze, swize et fuize, c'est le nouvel album de US Maple, le
cinquième. Tout en glissade, sensuel comme jamais, cet
opus glisse tout seul tout chaud le long de vos cuisses. Abordable
est un grand bien mot. L'univers du groupe de Chicago reste à
jamais dérangeant pour le néophyte de base. Mais
ce " Purple on time " possède un déhanchement
des plus doux avec un allègement des structures et un changement
de batteur pour un jeu moins inventif certes mais qui permet de
mettre des carcans à l'échappée belle des
deux guitares fofolles. Tout gagne en fluidité, en petits
coups de reins dosés. Je danse dans mon petit coin, tout
en économie de mouvements. A ce titre, la reprise de Bob
Dylan " Lay Lady Lay " est un vrai bijou ! Une classe
naturelle, tout en sobriété à l'image des
guitares qui tricotent dans la mesure, cinglantes juste ce qu'il
faut. Et que dire de Al Johnson. Crooner ineffable de ses dames
en goguettes dont le verbe racle le fond de la gorge et allume
la mèche. Sonorités sourdes et roucoulements dans
le creux de l'oreille. L'autre force de US Maple est de toujours
s'entourer de producteurs de renoms. De Jim O' Rourke à
Brian Paulson (le son de Slint) et cette fois-ci, John Mc Entire
(Tortoise) pour un son qui pète dans le pourpre. Blues
moderne, noise atypique et dénudée, tout droit descendu
de Pere Ubu et Captain Beefheart, US Maple navigue dans des sphères
hautes et indescriptibles, remplies de substances hallucinogènes.
Ca baigne dans un confort remis en cause sans cesse, de silences
et de cassures, une mise en danger dans un grand éclat
de sexe. Un album subtilement beau et décalé. (Version
vinly avec un titre supplémentaire et un packaging de feu
de dieu !).
SKX (15/12/2003)
website
groupe www.dragcity.com/bands/usmaple.html
website
label
www.chez.com/ruminance
- www.dragcity.com
sounds
hvp001.free.fr/rumiweb/mp3/usmaple_lil_shocker.mp3
- hvp001.free.fr/rumiweb/mp3/usmaple_sweet_n_center.mp3
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Unsane
Blood run - CD
Relapse 2005
Unsane
se replonge dans le bain après 7 ans de silence et ressort
toujours autant sanguinolent. Quand bien même on essaye
de dissimuler le corps. Un cache-morale politiquement correct
a été rajouté sur le CD. La misère.
Je me rappelle avoir acheté leur premier album, celui
à la tête tranchée, style je n'entendrais
plus jamais siffler le train, un beau vinyl, tout frais, tout
pimpant, dans un bac, aux yeux de tous et à la Fnac.
Oui Monsieur. Les temps changent. Mais pas Unsane. La question
n'est pas (n'est plus) de savoir si Unsane a évolué.
Unsane ne changera (plus) jamais. Leur musique est définitivement
ancrée dans l'histoire, scellée sur son sort aussi
sûrement qu'un homme se jetant du 42ème étage
d'une Twin Towers en feu. La question est plutôt de savoir
si tout nouvel album d'Unsane est meilleur que le précédent.
A quel place vais-je classer cet album dans le top five de mes
disques préférés d'Unsane. Exactement comme
un nouvel album des Cramps ou des Ramones à une autre
époque. Blood Run sera en bonne place. Spencer, Signorelli,
Curran. La fine équipe reconstitué. Rien ne bouge.
On pourra toujours regretter ad viternam le décès
du batteur originel Charlie Ondras et le jeu de Pete Shore qui
donnaient une ampleur autrement plus saignante et dangereuse.
Seule la voix et la guitare de Chris Spencer continuent de cracher
son fiel, ses fuck avec toujours autant de conviction. La saturation,
l'oppression, le malaise. Maître mots du vocabulaire d'Unsane.
On pourra regretter également le jeu à l'économie
du batteur Signorelli sur certains morceaux qui auraient mériter
une plus grande implication. Mais les quadragénaires
sont encore en vie et en paraissent dix de moins. La boule dans
le ventre continue d'exercer sa pression. Release, D Train,
le souffle du canon vous rattrape. Unsane est Unsane. C'est
pour ça qu'on les aime. Un rappel de notre passé.
Notre mauvaise conscience pour nous dire que la lutte n'est
jamais finie. Le sang coule à nouveau.
SKX
(04/07/2005)
website
groupe www.theunsane.com
website
label www.relpase.com
sounds
Release.mp3
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The
Usa Is A Monster
Wohaw - Cd
Load 2005
Usa
is a Monster est capable du meilleur comme du pire. Le meilleur,
c'était l'année dernière avec l'album Tasheyana
Compost, un des best de 2004 tout simplement. Le pire,
ce n'est peut-être pas pour cette fois-ci, mais on s'y
approche. Ca doit bien être leur 3ème disque et
pas un ne se ressemble. Stabilisé autour d'un duo guitare-batterie
après une vie bien tumultueuse, Usa is a Monster plonge
dans les affres du double-album, le truc conceptuel qui n'en
finit pas, nous renvoyant dans les méandres de la musique
progressive remise au goût noise du jour. Ca démarre
pourtant pas trop mal, sur les bases du précédent
avec un rock noise et dissonant, bizarre sur les bords mais
qui passe. Puis la voix, insupportable, le synthé en
sous-couche, les morceaux à rallonge, les structures
en répétition, les pseudo mélodies sans
saveur et les gros sabots débarquent. Franchement ennuyeux.
La deuxième partie vire carrément à l'acoustique.
Troubadours du moyen âge qui s'amourachent au coin du
feu pour conter leurs vicissitudes quotidiennes, de faire la
danse du ventre sur le début de God is red avant de rebondir
sur du bordel sans forme, hippies de l'an 2000 qui nous prennent
la tête mais qu'on se gardera bien d'enterrer définitivement
vu l'imprévisibilité de la bête.
SKX
(06/12/2005)
website
label www.loadrecords.com
sounds
riffscientist.mp3
|
Ultralyd
Chromosome gun - CD
Load 2005
Ca
vous prend à la gorge et ça ne vous lâche
plus. Il en va ainsi de certains disques, des disques de fous,
des disques qui devraient vous faire fuir mais vous restez là
comme un lapin pris dans les feux d'une bagnole et scotché
sur la route à attendre que ça vous passe sur
le corps comme un con. Ultralyd est une formation extrême,
du froid pays norvégien. La basse énorme de Kjetil
Brandsdal du groupe Noxagt, guitare, basse et sax/clarinette.
Une performance qui sent l'improvisation mais pas de frime,
que du charcuté, du violent, du désespéré,
qui ne s'apesante pas dans des détours inutiles. Des
grosses claques dans la tronche, des cuivres de fin du monde,
ça déraille et ça repart. Une jam fiévreuse
pour tous les accrocs des Flying Luttenbachers, Zu et Painkiller.
La carte du tendre certes mais faut savoir ce qu'on veut de
temps en temps.
SKX
(27/06/2005)
website
groupe www.noxagt.com
website
label www.loadrecords.com
sounds
track2.mp3
|
Uzeda
Stella - CD
Touch and Go 2006
Les
Italiens de Uzeda refont surface après huit ans d'inactivité.
Mais le duo et couple Giovanna Cacciola / Agostino Tilotta ne
sont pas resté faire la farniente dans leur Sicile natal.
Ils ont sillonné le monde et pondu deux albums avec leur
autre projet Bellini.
On restait donc sur Different section wires sorti en
1998, premier groupe européen sur le géant de
l'indé américain Touch and Go. A l'époque,
cet album ne m'avait pas laissé une marque très
profonde. Pour l'occasion, je viens de le réécouter
et l'impression est différente. Dans le bon sens. A la
lumière des années, je comprends mieux pourquoi.
Une production trop marquée Albini. Une batterie qui
porte trop sa patte. Un Uzeda qui sonne beaucoup trop Shellac.
Les compositions ont pourtant de la gueule. Et puis le Bellini
est passé par là. Leurs sens se sont ouverts et
le Uzeda d'aujourd'hui, sans perdre son affiliation Shellac,
a une tout autre allure. Albini est toujours derrière
les manettes. Mais la guitare a pris le pouvoir. Agostino a
mis de la folie dans son jeu, donnant du caractère et
de la personnalité à Uzeda. C'est le Vésuve
qui éclate ! La section rythmique se met en retrait,
ne donne plus l'impression que c'est Bob Weston qui tient la
basse et, à la manière d'un Bellini, campe solidement
les fondations. La seule qui ne change pas, c'est Giovanna.
Tant mieux. Son chant de louve sur le qui-vive et séductrice
est parfait dans une telle situation. Huit titres que je n'attendais
pas à un tel niveau. Albini aime clamer à qui
veut l'entendre que Uzeda est le meilleur groupe du monde. Sacré
Steve, jamais avare de connerie! C'est surtout un disque de
noise qui, comme le dernier Bellini aux ressemblances nombreuses,
postule au rang de classique en la matière. Ca ne fait
pas d'eux les rois du monde mais c'est déjà pas
si mal, hein Steve !
SKX
(17/09/2006)
website groupe www.myspace.com/uzedatheband
website label www.touchandgorecords.com
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