UNLOGISTIC
"
hanger " - CD & LP
Happy Dick Milk 02
Les
fous furieux de Unlogistic, le couteau toujours entre les dents,
jamais à court d'idées pour penser à tout
le monde et ne pas en laisser sur le carreau
. Adorateurs
du vinyl et massacreurs de cédés, les deux formats
frères ennemis se retrouvent dos à dos avec un contenu
identique à chaque fois. A savoir quinze morceaux en autant
de minutes (+1 !). Beats boite-à-rythmisés qui ne
connaissent qu'une seule vitesse, celle qui met les aiguilles
dans le rouge. Droit et direct dans le mur. Des volées
de guitares super speed qui suivent au cordeau. Moults chants
scandés en chur dont on ne saisit rien des paroles
mais qu'on imagine sans peine, à la seule lecture des titres,
hyper enjouées sur le meilleur des mondes qui fait tout
pour que ça continue en moins bien ! Bref, un disque punk
très old-school, dans toute sa plénitude et complètement
assumé, avec toute son ironie, sa naïveté et
ses clichés. Seulement deux morceaux dépassent les
deux minutes (tout un péplum !) et c'est pourtant là
que Unlogistic devient le plus trépidant, démontre
sa force à composer des hymnes punks fédérateurs,
dépassant ainsi le cadre de l'anecdote dans lequel se confine
ce groupe parisien. Mais c'est vrai que c'est le dernier de leur
souci ! En attendant, faites vous plaise, rien de tel qu'un bon
pogo 2000, ya urgence, ya basta !
SKX (12/03/2003)
|
UNWED
SAILOR
"
The marionette and the music box " - CD
Gentlemen Music 03
A
deux jours de Noël, avant que le Gros Père ne vienne
cradasser la cheminée et siffler les fonds de bouteilles,
retrouvons notre âme d'enfant, mes très cher(e)s
! Cet album est l'histoire d'une marionnette et d'une boite à
musique. Magnifique rencontre ô combien, narrée par
Unwed Sailor. Un groupe armé pour le rock, quoique dans
sa version soft, qui se trouva fort contrit fin 2001 après
un premier album ma foi agréable mais bien dans le rang
il faut dire. Besoin de changer d'air, le moral en berne, le noyau
central (Johnaton Ford et Nic Tse) décide de s'investir
dans un genre d'album qu'on peut qualifier de conceptuel. La belle
aventure que voilà ! Quelques ami(e)s à la rescousse
et les voici partis nous raconter en dix-sept instrumentaux ce
conte moderne. Très axée acoustique et cordes en
tout genre, cette musique a un cheminement forcément très
narratif et traine sa mélancolie dans une ballade en forêt
qui fleure bon
l'ennui ! Ca tient d'une musique de film
sauf que le film n'existe pas. J'ai beau faire des efforts d'imagination,
m'aider du livret richement illustré par la dessinatrice
Jamie Hunt, rien n e vient. Les seules images qui me viennent,
c'est le noir absolu et là, c'est trop tard, ça
veut dire que je me suis endormi. L'idée de base est séduisante
mais cette musique champêtre et tristoune manque singulièrement
de relief et de profondeur pour exciter mon pois chiche. A écouter
sur scène avec le spectacle qui va avec et encore, j'en
doute.
SKX (23/12/2003) |
UNWOUND
"
leaves turn inside you " - CD
Kill rock stars 01
Ca
va mieux en le disant paraît-il. N'empêche. Unwound,
trio originaire de Olympia, fief de Kill Rock Stars et de K records,
un amour de 10 ans. Un groupe qu'on chéri à l'abri
des regards. Une musique toute simple, sans artifices, le trio
guitare-basse-batterie trop abusivement comparé à
Sonic Youth. Des artisans au songwriting sûr, l'art de pondre
des mélodies qui touchent à chaque coup. Sept albums
(si on compte la compilation de 45) dont un carré magique
: "the future of what", "new plastic ideas",
repetition" et "challenge for a civilized society".
Le succès (d'estime avant tout) grandissant au fil des
ans. Un groupe qui s'est fait tout seul, à la force du
poignet, bonifié avec l'âge. Le respect de ses pairs.
Une référence tranquille dans le monde indé.
Et là, Unwound décide de passer la vitesse supérieure,
frapper un grand coup. D'abord silence radio pendant 3 ans. Trois
longues années pour débouler avec un double album.
Unwound voit grand, taille patron. Double vinyl. Quatorze titres,
plus de 74 minutes. Double CD avec deux vidéos en bonus.
Tous les titres naviguent autour des cinq minutes avec des pointes
à neuf et dix! On peut pas dire qu'Unwound ait chômé
et on en bave d'avance. Et puis boum, la déception. La
plantade. L'accident qu'on croit que ça arrive qu'aux autres.
Unwound s'est vu ambitieux et s'est endormi sur son labeur. Perdu
en cours de route. Unwound n'a jamais passé pour de gros
bourrins mais là, on frôle la léthargie. Les
voix se perdent dans les airs, évanescentes. Le retour
des shoegazers! On croirait presque entendre les Booradleys ("we
invent you", "one like less"). Ambition des arrangements
avec overdubs de synthés (un 4ème membre les accompagnera
en concert pour appuyer sur les bonnes touches) qui imitent les
violons ("terminus"). Même leur talent mélodique,
la force du groupe, se dilue dans la mollesse des compos (à
de rares exceptions près comme "december"). On
se demande ce qui se passe. On retourne la pochette dans tous
les sens. Non, c'est bien Unwound. Un Unwound qui a chaussé
des chaussures trop grandes pour lui. On frôle carrément
le mauvais goût sur certains morceaux ("october all
over", "radio gra"). Leurs ballades tombent à
plat, tension zéro tout au long de l'album. Et 74 minutes,
c'est long! Unwound a voulu franchir un palier, c'est tout à
leur honneur, mais ils viennent de rater la marche. Ca fait mal
de le dire mais Unwound est passé à coté
de son sujet et cet album est d'un intérêt médiocre.
Les histoires d'amour finissent toujours mal....
SKX (16/05/2001)
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US
MAPLE
"
talker " - CD
Drag City records 99
Ça
commence comme un disque rayé, une grosse saleté
malicieusement enregistrée c'est fait exprès pour
embêter l'auditeur. On pousse un soupir, rassuré,
le monde d'US Maple n'a pas changé. De prime abord, ça
a tout l'air d'une sacré bande de pochards échoués
par erreur dans un studio à qui on aurait eu le malheur
de confier des instruments. Bozo le clown, alias Al Jonhson, porte-voix,
fait toujours autant rire les foules, intonations improbables
d'un toon déchu, la rythmique fait du cerf-volant et les
cordes des guitares tiennent par miracle! " Confus ",
" n'importe quoi ", c'est toujours ce qu'on ressent
une fois les pieds mis chez ce quatuor de Chicago. Difficile de
se raccrocher à quelque chose, la notion de structures
a été abandonné depuis longtemps. On évolue
dans une sphère totalement libre, pleine de courants d'air
et de portes dans la gueule. Paraît-il qu'on appelle ça
" no-wave ". Avec ce 3ème album, US Maple a considérablement
ralenti la cadence, c'est faussement mou, tirant des bords de
gauche à droite. Sans renier cependant un minimum d'hygiène,
des limites à leur hystérie neurasthénique.
Des bouts de mélodies, avortées dans l'uf,
et sans cesse tissées par les guitares (on en compte 2)
les rattrapent de la chute libre, Al Jonhson d'une onomatopée
geignarde pimentant la sauce. Musique casse-gueule, produite bizarrement
par Mickael "Swans" Gira, US Maple réussi on
ne sait comment à vous tenir en haleine une demi-heure
durant. C'est beaucoup plus travaillé qu'une oreille discrète
pourrait le croit. Une musique qui mérite de l'attention,
au risque de passer à coté d'un groupe fortement
original et complètement décalé. Et qui s'aventure
très loin....
SKX (01/08/1999)
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US
MAPLE
"
acre thrills " - CD
Drag City 01
Aussi
régulier qu'une pendule, US MAPLE revient tous les deux
ans. C'est à ce jour leur quatrième album. On arrêtera
là pour toute compréhension logique. Car la musique
des quatre héros de Chicago échappe à tout
contrôle et autant laisser ces clichés aux vestiaires
pour appréhender le monde atypique de US Maple. US Maple
est, ce qu'on peut appeler à la base, un groupe rock. Quatre
types normaux qui ont tous grandi avec le rock pour religion.
Qui l'ont adoré pour mieux le détruire et qui se
proposent depuis six ans désormais de le reconstruire.
Et avec ce nouvel album sous le bras, US Maple va au bout de ses
idées, arrive à maturité et délivre
sans doute son opus le plus abouti. Aidé par Brian Paulson
à la production (le son de "spiderland", c'est
lui!), US Maple crée une oeuvre intemporelle, sans repères
possible, fortement impressionniste. Plus de couplets, de refrains,
de couplets, de riffs maintes et maintes fois entendus. Les morceaux
n'ont ni débuts ni fins. Mode narratif où les deux
guitares tissent, bavardent, luttent l'une contre l'autre, créent
un dialecte connues que d'elles-mêmes. Où la batterie
s'agite dans une absurde précision, pleine de rythmes irréguliers.
Et au milieu de ce chaos méticuleusement organisé,
Al Johnson, le magnifique. Un chant de tuberculeux, qui tient
plus du souffle, un homme exténué qui s'évertuerait
d'essayer de chanter et où le cri n'arriverait jamais à
sortir du fond de la gorge. Où les paroles se résument
en un grandiose "yeah, yeah, oh yeah, yeah, uh huh".
Un chant unique, faut-il le préciser! Cet "Acre Thrills"
présente onze scénettes qui respirent la classe,
plus rythmées que son prédécesseur "Talker",
surfent comme jamais entre les échardes de mélodies,
des dissonances toujours dans la finesse. De l'élégance,
de la perversité, de vraies compositions originales, un
soupçon de danger. Le rock quoi! US Maple hisse l'art du
bruit vers les sommets. Nul doute que nombre de groupes tenteront
dans les années à venir de copier ce phrasé
inimitable. Alors profitez en dès maintenant!
SKX (02/05/2001) |
THE
USAIMONSTER
"
citizens of the universe " - Lp
Infrasound 02
Le
cauchemar américain. Au dehors, la pression accélérée
du mouvement. L'engloutissement dans l'impur. La déliquescence
des moeurs. Un hideux pâté jaune et rouge, un vers
gélatineux abritant un groupe à la forme mal définie.
Duo collant jouant comme quatre. Bandes malsaines et samples du
malin. Il pullule des banlieues blanches de maigres et hirsutes
ayatollah du bruit, livides de ne jamais sortir de leur cave.
Basse-batterie sur les traces de Lightning Bolt. Le chemin à
parcourir reste important. On sent les prémices d'une jubilation
intérieure, un élan qui se met en place. Mais le
son est définitivement trop maigre pour fournir l'écrin
à ses dissensions sonores. Une face les montre brouillon,
rapide et bordélique. L'autre, avec seulement deux morceaux,
prolonge l'effort. Les contours du couple surgissent de l'obscurité
et se font chair plus consistante. On sent que cet énième
duo est dans la marge, que ses moyens à proposer une alternative
sont bien réels. La lumière est au bout.
SKX (18/09/2002)
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Usaisamonster
Tasheyana Compost - CD
Load 2004
Et
la lumière fut au bout! Les brouillons
de jeunesse partis en fumée devant cette pièce
maîtresse. Usaisamonster, à prononcer d'une traite
sans respirer. Un duo qui s'est cherché et là,
ils nous ont bien trouvé! D'ailleurs, la notion de duo
est bien légère. Ce groupe a commencé à
4 en 2000 puis ils sont carrément passés à
7 avant de revenir à plus de normalité avec 4
membres puis 3 et enfin 2. Va t-on la prochaine fois assité
au retour de l'homme orchestre?! En tout cas, leur duel guitare
/ batterie est agrémenté de moultes effets et
bien malin qui pourrait deviner la formule magique. Basse, keyboard,
deuxième guitare, tout ça n'est pas étranger
à leur arsenal. Tout peut se produire dans la minute
même. Un disque diaboliquement inventif, riche de mélodies
et inclassable. Un chant qui hésite entre rage et désespoir.
Des morceaux tour à tour légèrement dis
sonnants, s'appuyant soit sur une idée de rythme, léger
et vif sur l'homme, soit emmenés par un riff lumineux,
des parties de guitares acérées ou louvoyantes.
Ca commence comme une naïve ritournelle un brin décalée,
ça passe à un sourd mais véhément
grondement, puis un passage bruitiste avant un air qui rentre
tout seul dans le beurre. On ne sait à quel saint se
vouer, Usaisamonster est partout où on l'attends pas.
Le duo vient d'être touché par la grâce.
Leur noise-rock cacophonique des débuts s'est transformée
en une musique fine et malicieuse, avec un song-writing qui
tient le haut du pavé. Un des disques de l'année
tout simplement!
SKX
(28/03/2004)
website
label www.loadrecords.com
sounds
anal-lies.mp3
|
US
MAPLE
purple on time - CD
Drag City / Ruminance 03
Ca jizze, swize et fuize, c'est le nouvel album de US Maple, le
cinquième. Tout en glissade, sensuel comme jamais, cet
opus glisse tout seul tout chaud le long de vos cuisses. Abordable
est un grand bien mot. L'univers du groupe de Chicago reste à
jamais dérangeant pour le néophyte de base. Mais
ce " Purple on time " possède un déhanchement
des plus doux avec un allègement des structures et un changement
de batteur pour un jeu moins inventif certes mais qui permet de
mettre des carcans à l'échappée belle des
deux guitares fofolles. Tout gagne en fluidité, en petits
coups de reins dosés. Je danse dans mon petit coin, tout
en économie de mouvements. A ce titre, la reprise de Bob
Dylan " Lay Lady Lay " est un vrai bijou ! Une classe
naturelle, tout en sobriété à l'image des
guitares qui tricotent dans la mesure, cinglantes juste ce qu'il
faut. Et que dire de Al Johnson. Crooner ineffable de ses dames
en goguettes dont le verbe racle le fond de la gorge et allume
la mèche. Sonorités sourdes et roucoulements dans
le creux de l'oreille. L'autre force de US Maple est de toujours
s'entourer de producteurs de renoms. De Jim O' Rourke à
Brian Paulson (le son de Slint) et cette fois-ci, John Mc Entire
(Tortoise) pour un son qui pète dans le pourpre. Blues
moderne, noise atypique et dénudée, tout droit descendu
de Pere Ubu et Captain Beefheart, US Maple navigue dans des sphères
hautes et indescriptibles, remplies de substances hallucinogènes.
Ca baigne dans un confort remis en cause sans cesse, de silences
et de cassures, une mise en danger dans un grand éclat
de sexe. Un album subtilement beau et décalé. (Version
vinly avec un titre supplémentaire et un packaging de feu
de dieu !).
SKX (15/12/2003)
website
groupe www.dragcity.com/bands/usmaple.html
website
label
www.chez.com/ruminance
- www.dragcity.com
sounds
hvp001.free.fr/rumiweb/mp3/usmaple_lil_shocker.mp3
- hvp001.free.fr/rumiweb/mp3/usmaple_sweet_n_center.mp3
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Unsane
Blood run - CD
Relapse 2005
Unsane
se replonge dans le bain après 7 ans de silence et ressort
toujours autant sanguinolent. Quand bien même on essaye
de dissimuler le corps. Un cache-morale politiquement correct
a été rajouté sur le CD. La misère.
Je me rappelle avoir acheté leur premier album, celui
à la tête tranchée, style je n'entendrais
plus jamais siffler le train, un beau vinyl, tout frais, tout
pimpant, dans un bac, aux yeux de tous et à la Fnac.
Oui Monsieur. Les temps changent. Mais pas Unsane. La question
n'est pas (n'est plus) de savoir si Unsane a évolué.
Unsane ne changera (plus) jamais. Leur musique est définitivement
ancrée dans l'histoire, scellée sur son sort aussi
sûrement qu'un homme se jetant du 42ème étage
d'une Twin Towers en feu. La question est plutôt de savoir
si tout nouvel album d'Unsane est meilleur que le précédent.
A quel place vais-je classer cet album dans le top five de mes
disques préférés d'Unsane. Exactement comme
un nouvel album des Cramps ou des Ramones à une autre
époque. Blood Run sera en bonne place. Spencer, Signorelli,
Curran. La fine équipe reconstitué. Rien ne bouge.
On pourra toujours regretter ad viternam le décès
du batteur originel Charlie Ondras et le jeu de Pete Shore qui
donnaient une ampleur autrement plus saignante et dangereuse.
Seule la voix et la guitare de Chris Spencer continuent de cracher
son fiel, ses fuck avec toujours autant de conviction. La saturation,
l'oppression, le malaise. Maître mots du vocabulaire d'Unsane.
On pourra regretter également le jeu à l'économie
du batteur Signorelli sur certains morceaux qui auraient mériter
une plus grande implication. Mais les quadragénaires
sont encore en vie et en paraissent dix de moins. La boule dans
le ventre continue d'exercer sa pression. Release, D Train,
le souffle du canon vous rattrape. Unsane est Unsane. C'est
pour ça qu'on les aime. Un rappel de notre passé.
Notre mauvaise conscience pour nous dire que la lutte n'est
jamais finie. Le sang coule à nouveau.
SKX
(04/07/2005)
website
groupe www.theunsane.com
website
label www.relpase.com
sounds
Release.mp3
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The
Usa Is A Monster
Wohaw - Cd
Load 2005
Usa
is a Monster est capable du meilleur comme du pire. Le meilleur,
c'était l'année dernière avec l'album Tasheyana
Compost, un des best de 2004 tout simplement. Le pire,
ce n'est peut-être pas pour cette fois-ci, mais on s'y
approche. Ca doit bien être leur 3ème disque et
pas un ne se ressemble. Stabilisé autour d'un duo guitare-batterie
après une vie bien tumultueuse, Usa is a Monster plonge
dans les affres du double-album, le truc conceptuel qui n'en
finit pas, nous renvoyant dans les méandres de la musique
progressive remise au goût noise du jour. Ca démarre
pourtant pas trop mal, sur les bases du précédent
avec un rock noise et dissonant, bizarre sur les bords mais
qui passe. Puis la voix, insupportable, le synthé en
sous-couche, les morceaux à rallonge, les structures
en répétition, les pseudo mélodies sans
saveur et les gros sabots débarquent. Franchement ennuyeux.
La deuxième partie vire carrément à l'acoustique.
Troubadours du moyen âge qui s'amourachent au coin du
feu pour conter leurs vicissitudes quotidiennes, de faire la
danse du ventre sur le début de God is red avant de rebondir
sur du bordel sans forme, hippies de l'an 2000 qui nous prennent
la tête mais qu'on se gardera bien d'enterrer définitivement
vu l'imprévisibilité de la bête.
SKX
(06/12/2005)
website
label www.loadrecords.com
sounds
riffscientist.mp3
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Ultralyd
Chromosome gun - CD
Load 2005
Ca
vous prend à la gorge et ça ne vous lâche
plus. Il en va ainsi de certains disques, des disques de fous,
des disques qui devraient vous faire fuir mais vous restez là
comme un lapin pris dans les feux d'une bagnole et scotché
sur la route à attendre que ça vous passe sur
le corps comme un con. Ultralyd est une formation extrême,
du froid pays norvégien. La basse énorme de Kjetil
Brandsdal du groupe Noxagt, guitare, basse et sax/clarinette.
Une performance qui sent l'improvisation mais pas de frime,
que du charcuté, du violent, du désespéré,
qui ne s'apesante pas dans des détours inutiles. Des
grosses claques dans la tronche, des cuivres de fin du monde,
ça déraille et ça repart. Une jam fiévreuse
pour tous les accrocs des Flying Luttenbachers, Zu et Painkiller.
La carte du tendre certes mais faut savoir ce qu'on veut de
temps en temps.
SKX
(27/06/2005)
website
groupe www.noxagt.com
website
label www.loadrecords.com
sounds
track2.mp3
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Uzeda
Stella - CD
Touch and Go 2006
Les
Italiens de Uzeda refont surface après huit ans d'inactivité.
Mais le duo et couple Giovanna Cacciola / Agostino Tilotta ne
sont pas resté faire la farniente dans leur Sicile natal.
Ils ont sillonné le monde et pondu deux albums avec leur
autre projet Bellini. On restait
donc sur Different section wires sorti en 1998, premier
groupe européen sur le géant de l'indé
américain Touch and Go. A l'époque, cet album
ne m'avait pas laissé une marque très profonde.
Pour l'occasion, je viens de le réécouter et l'impression
est différente. Dans le bon sens. A la lumière
des années, je comprends mieux pourquoi. Une production
trop marquée Albini. Une batterie qui porte trop sa patte.
Un Uzeda qui sonne beaucoup trop Shellac. Les compositions ont
pourtant de la gueule. Et puis le Bellini est passé par
là. Leurs sens se sont ouverts et le Uzeda d'aujourd'hui,
sans perdre son affiliation Shellac, a une tout autre allure.
Albini est toujours derrière les manettes. Mais la guitare
a pris le pouvoir. Agostino a mis de la folie dans son jeu,
donnant du caractère et de la personnalité à
Uzeda. C'est le Vésuve qui éclate ! La section
rythmique se met en retrait, ne donne plus l'impression que
c'est Bob Weston qui tient la basse et, à la manière
d'un Bellini, campe solidement les fondations. La seule qui
ne change pas, c'est Giovanna. Tant mieux. Son chant de louve
sur le qui-vive et séductrice est parfait dans une telle
situation. Huit titres que je n'attendais pas à un tel
niveau. Albini aime clamer à qui veut l'entendre que
Uzeda est le meilleur groupe du monde. Sacré Steve, jamais
avare de connerie! C'est surtout un disque de noise qui, comme
le dernier Bellini aux ressemblances nombreuses, postule au
rang de classique en la matière. Ca ne fait pas d'eux
les rois du monde mais c'est déjà pas si mal,
hein Steve !
SKX
(17/09/2006)
website groupe www.myspace.com/uzedatheband
website label www.touchandgorecords.com
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Ufomammut
Idolum - CD
Supernatural Cat records 2008
En
Italie il n'y a pas que des groupes spécialisés
dans le vol à main armé et le pompage intégral
de ce qui se faisait de mieux du côté des US et
surtout de Chicago dans les années 90, le canon d'une
bonne grosse noise des familles pressé contre la tempe
de l'auditeur (dernier exemple en date : Three Second Kiss).
Il y a aussi, comme partout ma foi puisque c'est la grosse mode
du moment, des groupes qui bouffent du seventies à tous
les repas, réinvestissent les territoires d'un doom ultra
psychédélique. Black Sabbath meets Hawkwind. Ufomammut
est de ceux là et pour qui en douterait encore il suffit
de prendre le nom du groupe au pied de la lettre : l'invasion
des extra-terrestres + la lourdeur du mammouth en rut = Idolum,
troisième album du groupe à ce jour. Un programme
clairement énoncé et dont le groupe ne dévie
pas une seule seconde, adepte du gros riff bien épais
et bien gras (jusqu'où le guitariste descend t-il pour
accorder son instrument et obtenir un son aussi grave ?), amateur
de voix caverneuses qui font peur dans le noir, adorateur de
l'allure terriblement lente mais inexorable du pachyderme en
colère.
Bien. Les passages lardés et saturés de psychédélisme
heavy me donnent de sacrées érections mais je
regrette souvent les enluminures : les trucages électro
qui font wizz, les passages aériens dont ce genre de
groupe se croie toujours obligé (parce que c'est écrit
dans les Tables de la Loi ?), le côté Pink Floyd
revendiqué avec tout ce que cela peut comporter de descentes
d'acide baba new-age. Le fond est atteint avec Ammonia
et la participation très remarquée de la chanteuse
britannique Rose Kemp, spécialiste en gloussements ridicules
de grande prêtresse des abîmes insondables. Une
illustre inconnue à mes oreilles mais si vous souhaitez
vous faire un petit début de commencement de départ
d'idée est bien j'ai mis le lien de son MS, là
juste en dessous.
Pour le reste Idolum est un disque absolument dans l'air du
temps, bien foutu et réussi mais qui me passe largement
au dessus de la tête : j'y regoûterai volontiers
à l'automne prochain, en même temps qu'une bonne
omelette aux champignons. Mais pour tous les heavy freaks en
pleine coolitude ce CD (et double LP) est parfaitement au point
: mes bien chers frères, mes bien chères surs,
reprenez avec moi tous en chur
Haz
(11/05/2008)
website groupe www.ufomammut.com
|www.myspace.com/rosekemp
website groupe www.supernaturalcat.com
|
Ultraphallus
Lungville - CD
Self released 2006
Amoureux
des lourdeurs terrestres et des rimes en us, bonjour. Ultraphallus,
c'est belge et ça rime surtout avec les Melvins (qui
aurait pu s'appeler les Melvus, ça aurait été
beaucoup plus sympa). Je ne suis pas un spécialiste de
tout ce qui est lent et pèse trois tonnes. J'avoue même
que je frôle l'overdose très rapidement, une vraie
petite nature. Mais les premiers Melvins (la triptyque du bon
goût Bullhead, Ozma et Gluey porch treatments),
je les ai suffisamment écouté pour reconnaître
quand un groupe 15 ans plus tard nous refait les mêmes
accords. Hyper gras, lourd, poisseux, abyssale, tout le vocabulaire
y passe. Et des groupes qui font ça depuis, ça
manque pas. Un vrai banc de maquereaux dans un verre d'huile
bien épais. Les quatre belges prennent le soin d'accélérer
le pouls de temps à autre, ils connaissent la musique
par cur mais il s'en ai fallusse de peu qu'Ultraphallus
te la mette dans l'anus (c'était trop tentant). Parce
que même si tout ça est très bien fait,
ça nous fait surtout un bel hommage aux Melvins. Je dis
ça parce que je suis pas super fan à la base du
style. Un groupe sortirait une copie parfaite de Jesus Lizard,
je serai le premier à me jeter dessus hahaha. Alors pour
ceux qui adorent la bande à Buzzo, ce disque va leur
péter la rondelle sévère.
SKX (27/01/2007)
website groupe www.ultraphallus.be
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|
Uncode
duello
Ex Aequo - CD
Wallace 2007
Pas besoin d'être né de l'autre coté des
Alpes pour comprendre que Duello signifie duel. Coup de bol,
c'est bien ça. Deux italiens qui se battent, Paolo Cantù
and Xabier Iriondo, qui se démultiplient pour toucher
à toutes sortes d'instruments et quand ils n'en peuvent
plus, ils invitent leurs potes pour rajouter du boucan. Ou tout
simplement la mettre en veilleuse. Car ce deuxième album
est une schizophrénie constante entre un rock free, noise
et couillu comme le concevait Colossamite et des grands moments
d'un calme presque monacal. L'album avance sur ce double rythme,
souvent au sein d'un même morceau, passant de l'attaque
bruitiste et inspirée à une plage de drones électriques.
D'une batterie complètement folle dingue à une
mélodie acoustique printanière pour apaiser les
nerfs. Guitares lubriques contre guitares préparées.
Ca ne tombe jamais comme un cheveu sur la soupe. Le groupe soigne
ses transitions et ses compositions mais cette musique à
deux vitesses à de quoi déstabiliser. Surtout
que l'ex aequo annoncée dans le titre est un faux nul.
Les passages calmes l'emportent d'une bonne tête. J'aurais
préféré l'ordre inverse. Ca reste néanmoins
un album bien foutu malgré des baisses de tension préjudiciables.
Le duo (qui est aussi un trio sous le nom de A Short apnea)
privilégie la carte de l'ambient / expérimental
au détriment d'un aspect rock débridé qui
donne les plus belles lettres de Ex Aequo.
SKX
(18/03/2007)
website label www.wallacerecords.com
sounds asilocappabianca.mp3
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The
Unit Ama
The unit ama - CD
Gringo 2006
Trio
originaire de Newcastle, The Unit Ama avait sorti ce premier
album par ses propres moyens en 2005. Tellement confidentiel
que Gringo records l'a ressorti de l'ombre l'année suivante.
Heureuse initiative. Ces trois anglais ont déjà
de la bouteille, comprenez qu'ils sont pas tout jeunes (même
si je ne connais rien à leur histoire et leur possible
participation à d'autres groupes auparavant) et ont pris
tout leur temps pour sortir cet enregistrement (le fameux flegme
anglais je suppose). Faut dire que c'est pas du punk de base.
Ca se torche pas en deux minutes et il faut quelques répétitions
au compteur avant de se sentir à l'aise dans les méandres
de cette musique. La musique de The Unit ama part d'une impro,
se construit autour d'une impro, se développe avec liberté
et se termine qu'une fois la dernière note de l'album
tombée puisque les dix morceaux s'enchaînent. C'est
l'esprit de Storm and Stress mais fait avec plus de douceur,
de silence et d'angles auxquels se rattraper. Une basse qui
fait plus d'une fois merveille, notamment sur Plastique Bertrand
(l'humour anglais je suppose), des arpèges de guitares
qui tombent et une batterie qui ne s'inquiète pas du
rythme à tenir. Cependant, The Unit Ama ne donne pas
dans la complexité. Le trio sait ce que le mot rock signifie.
Ils avancent juste au gré de leur humeur, laissant une
grande place à l'émotion du moment, naviguant
à l'instinct. Les trois instruments s'échappent,
se laissent aller, sont récupérés par la
voix du guitariste Steven Malley, au ton sombre et posé
avec une pointe de colère. Les morceaux prennent leur
temps tout en gardant une dynamique interne qui tient continuellement
en haleine et un son puissant et chaleureux. Vous rajoutez un
brin de classe à la Planquez (la fameuse english touch
je suppose), une musique tout en retenu, en tension contrôlée,
qui ne s'éparpille jamais dans tous les sens. Un vieux
fond de blues nourri à la noise américaine retranscrit
par trois anglais distingués. Il en faut pas plus pour
me donner envie de prendre un thé (avec un nuage de lait
je suppose).
SKX (27/01/2007)
website groupe www.theunitama.com
website label www.gringorecords.com
sounds www.theunitama.com/music.html
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Unkilled
Worker / Aran Epochal
split 7"
Silver Rocket 2008
Unkilled
Worker, c'est le chanteur de Wollongong
qui travaille pour son compte. Une échappée solitaire
avec sa fidèle guitare et ce n'est pas pour nous narrer
une bluette au coin du feu. Un morceau for The kids of Clichy-sous-Bois
et avec le CRS et les bagnoles en feu sur la pochette, ça
sent l'émeute. Un morceau nerveux avec un rythme étrange
derrière qui pourrait venir d'une boite à rythme
brinquebalante. Unkilled Worker n'est pas du genre à
éteindre les incendies et son Illusion of Nation
ravive les flammes.
Aran Epochal, c'est de l'inconnu qui débarque, une nouvelle
vague tchèque. Une grosse ligne de basse comme colonne
vertébrale, des éclats controlés de guitare,
un rythme qui doit venir de la même boite que Unkilled
Worker et des interventions de cuivres à la Foetus. Les
groupes tchèques ont le don de transformer en couleur
locale des éléments extérieurs, d'insuffler
l'air du pays à un morceau (Malej Zivot) tout
en retenu et attachant.
SKX
(30/11/2008)
website groupe unkilledworker.wordpress.com
| www.myspace.com/aranepochal
website label www.silver-rocket.org
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Unlogistic
Capitulation - 2xcds + dvd
Rejuvenation / Waiting for an angel 2006
Bon
là, t'as trois fois un choix. Soit tu peux pas piffrer
Unlogistic et mieux vaut que tu te barres tout de suite. Soit
tu connais pas et c'est l'occaz ou jamais comme dit l'autre.
Soit tu adores et tu vas pas en dormir pendant trois jours.
Parce ce que du Unlo, yen à pour deux cds, un dvd, un
autocollant et un badge (tu remarqueras au passage que je me
suis mis au tutoiement, ça fait plus djeuns). Le choix
est fait. Moi je l'ai pas eu, on me l'a envoyé et je
vais pas m'en plaindre hahaha parce que c'est un putain de bel
objet, le truc que t'auras jamais en téléchargeant
comme un dingue et c'est tant mieux pour toutes les poires.
Unlogistic, c'est plus des jeunes, ça fait un bail qu'ils
écument les squats, les premières parties des
Burning Heads, les CCO, les salles des fêtes, les caves
et le caniveau. C'est le dvd De-capitulation que je me
suis calé en premier. Comme ça, sans raison. Un
live à Villeurbanne. Et bordel, j'me d'mande si j'y étais
pas avec les Moller-Plesset à ce concert dans le cadre
du Festival des Musiques en Marge ! Ca fait même pas deux
ans. Alzheimer me guette ! Par contre, je me rappelle bien m'en
être pris plein la tronche. Au sens figuré. Je
suis pas malade au point de fréquenter les premiers rangs
d'un concert de Unlo. Ce concert, court comme souvent, retranscrit
très bien le bordel ambiant avec une caméra juste
devant la scène comme si vous y étiez, avec des
mecs (et une nana) qui te passent par-dessus et plein d'autres
choses dont tu passes à coté vu que ça
donne dans tous les sens. Pour la 2ème partie communément
appelée bonus, c'est les coulisses de leurs nombreuses
tournées qu'on visite. Plus exactement, les banquettes
arrières d'un van (heureusement on a pas encore inventé
les dvd avec odeur), les trottoirs glacés, les after
à punks, à chiens et à poil (les punks
et les chiens), les fonds de bouteille, la camaraderie virile,
les joints qui tournent et les têtes qui chavirent, qui
s'endorment, qui racontent n'importe quoi, les rencontres du
troisième type, bref la vie de tournée, la vraie,
l'irracontable, aussi pathétique qu'instructif et hilarant.
On enchaîne sur Capitulation, le nouvel album à
salement parler. 10 ans que le groupe enchaîne les missiles
en moins de deux minutes. Aucune raison que cela ne cesse. 14
morceaux. 17 minutes. Largement suffisant pour y déverser
sa bile. Tout le temps nécessaire pour y jouer une version
moderne de Minor Threat. Boite à rythme, deux guitares,
voix en saccades. Punk d'aucune école, grind des campagnes,
pop-core pour bûcherons. Unlogistic a toujours joué
à l'énergie, à l'envie, aux forceps une
musique qui passe en force, un truc aussi primaire que malin.
17 minutes d'un sport intense pour se vider la tête en
charmante compagnie.
Si vous êtes encore là, on fini par la Re-capitulation.
Un CD gorgé de morceaux (dites 33) tirés de 45
tours et démos entre 1996 et 2000, aussi riches, variés
qu'inutiles parfois. Et si on peut sentir toute la lente maturation
et le travail tout dans la finesse de leurs compostions au fil
du temps, j'avoue que j'ai capitulé, à mon tour,
trop c'est trop, je jette l'éponge.
Un coffret copieux, qui de déguste par petits bouts,
une belle tranche de vie sur un rythme binaire au prix ridiculement
bas de 10€, badge et autocollant compris. Yen a vraiment
qui s'en mette plein les poches.
SKX (26/01/2007)
website groupe http://unlo.free.fr
website label http://www.rejuvenationrecords.com
sounds Violence.mp3
| Annihilate.mp3
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Unsane
Visqueen - CD
Ipecac 2007
Le sang gonflé à bloc, le moral au diapason, Unsane
revient sonner à notre porte. Et le coup porté
à de quoi défoncer plus d'un gond. Les cons. Pas
moyen d'être peinard. Leur break de sept ans leur a fait
le plus grand bien et après un retour Blood run
plus qu'acceptable, Visqueen l'enterre. Rien que pour
un seul morceau. L'intense, le beau (ça fait bizarre
d'employer cet adjectif pour du Unsane mais c'est pourtant ce
qui me vient à l'esprit à chaque fois), le poignant
Only Pain. Ca fait quinze jours que je l'écoute
en boucle et je n'arrive pas à m'en lasser. Chris Spencer
a sorti des arpèges de grande classe, la tension est
palpable comme le souffle de l'étrangleur sur votre nuque,
son chant vous arrache un cri. I know it's only pain.
Et l'enchaînement avec No one est parfait. Accélération
subite du rythme qui nous renvoie direct à leurs premiers
singles. Tout en rage écumante. Get out off this town.
Retour en arrière avec Against the grain, morceau
d'ouverture, sorte de pendant rageur de Only pain. Spencer et
son duo rythmique ont décidé de la jouer mélodique
sans jamais mettre de l'eau dans leur vin. Grands coups de basse
dans la tronche comme d'habitude. Signorelli, sûr de sa
frappe, de ses roulements à l'économie et plus
impliqué que sur le précédent opus. Le
mur du fond reste tapisser d'éclaboussures. Spencer ressort
l'harmonica de tous les dangers sur This stop at the river.
Le son de ce sixième album vous remplit jusqu'au moindre
interstice de votre petit corps tout tremblant. Pour mieux l'éclater
de l'intérieur. Unsane enchaîne les coups comme
si de rien n'était. Unsane fait du Unsane. Surprise zéro.
Mais pour l'inspiration et l'exécution, c'est note maximale.
Hormis deux, trois titres plus passe-partout, cet album vous
fout une balle et une sévère. Dernier morceau,
East Broadway. Huit bonnes minutes d'un instrumental
avec rythmique martiale, rame esclave, rame. Unsane ouvre les
portes de sa cave malsaine. Scie à découper, bruitage
inquiétant. Exercice inédit et sans concession.
Unsane toujours pas décider à arrondir les angles.
Ultime pied de nez d'un groupe qui a encore finalement beaucoup
de choses à dire et à qui on ouvre volontiers
cette putain de porte. C'est même tapis rouge, leur couleur
préférée, pour ce grand album d'Unsane.
SKX
(18/03/2007)
website groupe www.theunsane.com
website label www.ipecac.com
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US
Christmas
Eat the low dogs - CD
Neurot 2008
US
Christmas tire son patronyme d'une vague référence
au réalisateur Sam Peckinpah et cette horde sauvage au
nom à faire un ravage sur un moteur de recherche a du
sortir de la masse grouillante en envoyant une demo à
Scott Kelly, un des sbires de Neurosis. Jackpot gagnant. US
Christmas est bien parti pour se faire un nom. De leurs campagne
de Caroline du Nord, les six membres de US Christmas (USX pour
les branchés) ont attendu leur troisième album
pour que leur psychédélisme lugubre se répandent
tel un mauvais présage. Psychédélisme,
un mot qui a le don de me faire fuir plus sûrement qu'un
album de Mars Volta (c'est dire) mais il existe du bon psychédélisme
comme il existe du bon cholestérol. Et dans les montagnes
de Caroline du Nord, on voit pas ça de la même
façon qu'en Californie. C'est vachement plus crade et
désespéré. C'est rampant avec de l'oscillateur,
du thérémine - cet instrument con comme un truc
de 1919 mais qui fait toujours fureur - une voix maladive, de
la reverb comme dans un disque de Monster Magnet et un album
enregistré dans des conditions live pour cadrer avec
leur amour de la ruralité. C'est là d'ailleurs
que le bas blesse. Trop d'effets tuent l'effet. Des morceaux
comme le cinglant The Scalphunters gagnerait en impact
sans toute cette pollution ambiante. Mais US Christmas ne s'appellerait
plus US Christmas, ma femme s'appellerait Robert et ces six
mecs ne joueraient pas ensemble sans toute cette bidouille et
ces ambiances glauques qui partent en fumée. Une approche
qui marche sur certains morceaux et qui lasse sur l'ensemble.
Sans compter que tous les titres fonctionnent pratiquement de
la même façon. Un début dans le calme. Les
effets installent peu à peu le décor. La montée
pour la tension attendue, tous les instruments se mettant en
branle pour un final en forme de feu d'artifice. A une ou deux
variantes près, c'est le schéma classique d'une
compo de USX. Entre rock galopant et instrumentaux stellaires,
complaintes fiévreuses et longueurs vaporeuses, soli
de guitares stressants et compos liquéfiantes. Eat
the low dogs a tendance à se mordre la queue. 56
minutes de ce régime là sont définitivement
gonflantes mais US Christmas sait composer de bons titres et
quand ils auront réussi à raccourcir et diversifier
leur propos, ça sera Noël au balcon.
SKX
(22/07/2008)
website groupe www.uschristmas.net
website label www.neurotrecordings.com
sounds TheScalphunters.mp3
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