ubik
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Cold Meat
Pork Sword Fever – 7''
Statick Shock/Helta Skelta records 2018
Cold Meat/Ubik
Split 7''
Helta Skelta/Lost In Fog records 2018
Cold Meat
Jimm'y Lipstick – 7''
Statick Shock/Helta Skelta records 2016


Chronique de trois singles avec de la Cold Meat dedans. Un groupe australien (Perth) respectant la parité. Deux filles (chant et batterie), deux mecs (guitare et basse) mais c'est quand même la gente masculine qui s'en prend plein le grade avec les paroles acerbes de Ash Gash. Bien fait pour eux.
Commençons par le dernier né de la série qui est aussi le meilleur. Pork Sword Fever, cinq titres renvoyant au punk des anglaises de Good Throb, c'est dire comme ce bout de vinyle a fait de l'effet par ici. Du punk au vitriol avec une hargne hardcore et des relents garage-rock à la Boss Hog, le tout délivré avec simplicité et vélocité. Et un chant qui est plus que la cerise sur la gâteau ou le vernis cachant la misère mais la cheville ouvrière qui tient l'ensemble, l'actionne, le bonifie pour mieux le faire exploser au final. Ash Gash ou Ack!Ack!Ack! sont ses pseudos. Ça claque comme sa voix mord, taillade et crache ses sarcasmes. Viande froide toujours rouge saignant. Le jus acide et fielleux de la guitare de Kid Vicious finit le boulot pendant que la rythmique dynamité, directe et trépignante. Cinq titre parfaits avec Nice Girls et Lazy Anarchy mais aussi Boys Riot en tête de gondole d'un single donnant autant envie de danser que balancer des briques sur des pelotons de compagnies républicaines de sécurité.







Toujours en 2018, Cold Meat s'est associé avec leurs compatriotes de Ubik (Melbourne) pour un split single avec scorpion et serpent au recto et verso d'un disque en noir et blanc. Oui, ça va piquer, vous êtes prévenus. On en attendait pas moins.
Cold Meat propose trois titres de punk aussi juteux et hargneux que sur Pork Sword Fever et dont le meilleur passage est la reprise de Siouxsie And The Banshees, Love In A Void, figurant sur l'album The Scream. C'est fidèle à l'original mais dans le moule Cold Meat, ça redonne un coup de fouet voir un coup de jeune à un incontournable.
Ubik piétine des plates-bandes musicales très proches de celles de Cold Meat. C'est punk, ça se prend pas la tête, ça mord et c'est une majorité de filles (trois sur les quatre membres) qui mènent la barque. Le premier titre Lost And Later pogote en une minute. C'est essentiellement avec une reprise que Ubik réplique et se distingue. Nausea, morceau de X (la version américaine) figurant sur leur premier album mythique Los Angeles en 1980. Là aussi, Ubik respecte les aînés, enlève juste l'orgue, rajoute une couche d'agressivité, accélère et conclue un titre leur allant comme un gant bien que je ne connaisse rien d'autres de leur répertoire. Mais on va surveiller tout ça.





Cold Meat était sorti du congélo pour la première fois en 2016 avec le single Jimm'y Lipstick (2015 si on compte la cassette Sweet Treats). L'ouverture des hostilités s'appelle I Hate Myself (avant de rajouter But I hate you more). Le ton était donné. Ça cause hygiène féminine, humiliation, perte de confiance et rock stars. Mick Jagger caricaturé sur la pochette au même titre que tous les mâles rockers autocentrés (Lennon, Hendrix, Bolan, Cobain, Richards, Towsend) sur Praying For The Gaps, la chanteuse préférant se plonger dans les mots de Siouxsie et la poésie de Patti Smith. Ça, c'est pour le couplet féministe d'un single qui avait déjà toute la morgue, le cinglant et la spontanéité de Pork Sword Fever, l'inspiration des riffs et un allant général (légèrement) moins présents.

SKX (10/10/2018)