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ARCHIVES 1999 - 2010
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JACKIE-O MOTHERFUCKER Valley Of Fire
JANMICHAELVINCENTCARCRASH / HUMANBODYFLAWED
s/t
JAPANTHER Yer living grave
THE JE NE SAIS QUOI 7"
JEROMES DREAM presents
JEROMES DREAM / ORCHID s/t
JEROME'S DREAM / THE BOOK OF DEAD NAMES s/t
JESU Self-titled
JETS TO BRAZIL four cornered night

JOE 4 Enola Gay
JOEYFAT You can't change peoples lives with your mouth / The house of the fat

JOHN COKER s/t
THE JOHN MERRICKS Remicks EP
JOKARI Deformation - 10''
JOWJO Ancora Nessun Messaggero - 7''
JR EWING Ride paranoia
JR EWING/THIS MACHINE KILLS split single
JR EWING the perfect drama
JR EWING Fucking & Champagne
JUBILE / NTWIN On-mo-no / Old Man
JUDD / ROGOJINE anhent / mouth
JUNE OF 44
anahata


JANMICHAELVINCENTCARCRASH/
HUMANBODYFLAWED
" s/t " - 7"
Obtuse Mule 01
On rase gratis aujourd'hui chez Obtuse Mule. C'est torture mentale à chaque étage. La roulette russe commence par un groupe à faire frémir toute intelligence extra-terrestre. Avec Janmichaelvincentcarcrash, le héros de la série aurait trouvé le remède infaillible pour renvoyer les visiteurs chez eux, les soucoupes à leur cou. Un morceau produit par Kurt 'Converge' Ballou, l'autre par Steve 'Today is the day' Austin. Le territoire est marqué. Vous savez à quoi vous attendre. Avec autant de poids sur les épaules, les lascars s'en sortent haut la main. C'est névrosé à souhait, cumulant les tares des groupes références, en y ajoutant une surdose dans la perversité des structures. Humanbodyflawed, c'est tout le contraire. Enregistrés dans la cuisine sur "un équipement minimal" pour un résultat qui n'a rien à envier aux producteurs en vogue. Ca c'est de l'économie! Musicalement, le créneau est identique. On se demande comment les deux morceaux de HBF peuvent apparaître encore plus malsain et psychopathe. Le carnage encore plus savamment orchestré. Deux titres qui s'enchaînent, on y voit que du feux, le corps humain plus défectueux que jamais. Dans ce style régulièrement usité, HBF vole la vedette. Monstrueux et fort dommage que ces deux bouts de viande sanguinolente soient les premiers et derniers de Humanbodyflawed!! La gueule sur le pavé.
SKX (04/10/2001)
JEROMES DREAM
" presents " - CD
Alone 01
Si concept ya, permettez moi de dire qu'il est fumeux! Derrière une pochette caca d'oie, tapisserie de cuisine années soixante, Jeromes Dream fait mine de sortir un nouvel album neuf titres. Révéler au grand jour, c'est plus que moins neuf fois le même morceau! Il fait être sacrément attentif pour remarquer les différences. Comme un même morceau, décliner avec quelques légers décalages, variantes pas subtiles, de cris en plus mais toujours ce thème, identique, qui revient, inlassablement, nous les gonfler. Il ne suffit pas de marteler méchamment les rythmes et de balancer des riffs bien tranchants pour grimper au rideau. Tout est torché entre 40 secondes et une minute quinze. Excepté le 8ème titre, on se lasse très vite de leurs conneries. En plus, Jeromes Dream a décidé de jouer dans la cour des grands et se paye les services de Kurt "Converge" Ballou. Merci Monsieur Ballou. Merci d'avoir donner à Jeromes Dream ce son si professionnel et semblable à tant de groupes hardcore américain. Alors que Jeromes Dream trouvait sa place et se démarquait grâce à un son furieusement bordélique, jouissif et humain, vous venez de les gonfler à la testostérone, les affubler de muscles inutiles. Un disque de bègues. De bègues couillus. Et dont on se tape royalement. Espérons à la thèse de l'accident de parcours dans une discographie jusqu'ici impeccable. Rendez nous notre rêve!!
SKX (05/09/2001)
ORCHID/JEROMES DREAM
" s/t " - 10"
Witching Hours 00
Avant d'en prendre plein les oreilles, c'est vos orbites qui sortent de la tête ! L'objet est suffisamment pas banal pour qu'on ne s'y attarde pas un peu. D'abord il est pas rond ce disque. Il est tout mal découpé et il a la vague forme d'une tête de mort qu'a trop fêté un enterrement (à moins que ce soit la forme de l'Australie parce qu'à Witching Hours on aime fêter les Jeux Olympiques ah ah). Et il est gravé que d'une face et le disque, il est pas tout noir, il est tout blanc ! Après, si vous mettez pour la première fois ce disque un lendemain de gueule de bois, il vous faudra bien 5 minutes pour comprendre le mécanisme ! Et ouais, c'est le seul disque qui commence par le milieu et qui retourne en arrière jusqu'au début. C'est à ce prix là que vous écouterez les 4 titres de Jeromes Dream ! Et pour les 4 de Orchid, on repart pour un tour au milieu, et là, miracle, ça tourne dans le bon sens. L'autre, celui qui va vers le centre ! Dingue non ?! Alors la musique, elle peut saigner tout ce qu 'elle veut, ça ne surprend plus ! Orchid se démène comme sur son indispensable album sur Ebullition records. Un cercle infernal qui pue toujours l'urgence. Jeromes Dream a également du répondant dans un registre plus emo-violence. Une voix hystérique qui se fracasse dans les aiguës, des compos affolantes et plus convaincantes que les derniers titres disséminés sur des (split)45 récemment, à réveiller les morts et empêcher de tourner en rond un disque caréné pour l'obstacle !
SKX (24/07/2000)
JEROME'S DREAM / THE BOOK OF DEAD NAMES
" s/t " - 5
Witching Hour records 99
Une minuscule galette 5 pouces ceinturée d'un packaging aux doubles yeux rouges-vifs et diaboliques. A peine le temps de basculer, la musique s'éteint. Quatre titres rapides comme l'éclair, tout en distorsions, mimétisme saisissant de ces deux jeunes groupes américains. Mur du son, mur de guitares, voix superchées et surexcitées, rythmes cinglés, titres en suspens, trop courts pour être appréciés pleinement. Trop courts pour ne pas en redemander. Objet de consommation micro-ondes.
SKX (29/12/1999)
JETS TO BRAZIL
" four cornered night " - CD
Jade Tree 00
Les mots qui suivent vont faire l'effet de sortir de la bouche d'un putois, ça c'est sûr. Donc le nouvel album de l'ex-Jawbreaker Blake Schwarzenbach vient de paraître et c'est navrant de voir un p'tit gars si gentil en arriver à pareil désastre. Sur leur 1er album déjà pas beau à voir, on pouvait encore sauver 2, 3 morceaux. Là, on dirait Brian Adams qu'à voulu se prendre pour un Lennon tout crotté. Mélodiquement, c'est le naufrage. D'une pauvreté affligeante à tout point de vue. Pire, ça frôle le mauvais goût. Maintenant, je connais l'odeur de la merde en sillons.
SKX (19/02/2001)
JOHN COKER
" s/t " - CD
Nihilist records 99
Un espace s'éteint. Un autre s'éclaire. Et inversement. L'interrogation se fait sentir, tend à l'aigu, soudain agitée. Une identité cartonnée, seul clairement apparaît l'acteur du délit, John Coker, qui à " écrit, arrangé, enregistré, joué, produit et imprimé " cet obscur objet de sons étranges. L'air arrive par quelques petits trous qui transpercent ce bloc. Travail sur la matière, électronique vivante, rivalité entre deux énergies qui se croient contraires, sons écorchés, beats saturés, tendance Steroid Maximus nihiliste et déviant. Du pur son 100% synthétique qui se heurte à l'incompréhensible. Groove souffrant et maladif, jonglant parfois avec des basses souterraines, retombant et coagulant sur des plages d'ambiance lunaire. Quelques soubresauts, un défi, un refus, on joue ici un hip-hop dérangé des neurones, de l'indus nouvelle génération. Une ombre qui se fait accepter, nécessaire.
SKX (05/07/1999)
JR EWING
" Ride paranoia " - CD
Gold Standard Laboratories 03
Un ampli gros comme un 38 tonnes à semi renversé sur une guitare la tête en bas. Une batterie dans un état de désordre comme à la fin d'un bon vieux concert des Who. Un enchevêtrement indescriptible de fils et de jacks. Seules deux pédales au premier plan surnagent dans le massacre. Même si cette scène a été spécialement montée pour la photo, la pochette de " ride paranoia " illustre à la perfection l'état d'excitation dans lequel nous plonge ce deuxième véritable album des norvégiens de JR Ewing. Rarement un disque ces dernières années n'aura autant mis le feu à une platine. Rarement un disque alliant simplicité et sauvagerie rock'n'roll et fondement hardcore n'aura fait une telle unanimité. La recette de JR Ewing est hyper simple. Un batteur fou furieux qui multiplie les roulements, une voix âpre, proche de la cassure, extinction assurée en fin de tournée, des guitares qui ferraillent sec transformant chaque titre en tube (on se comprend) potentiel. Mélodie et énergie, on a rarement fait du plus direct et efficace. JR Ewing est passé maître en la matière. Pas la peine de chercher midi à quatorze heures. Un pur moment d'adrénaline où chaque titre vous explose la tête. Ca s'enchaîne à cent à l'heure, sans jamais tomber dans le lourdingue. JR Ewing vous laisse à bout de souffle avec doigté, une foutue classe pour tailler des costards. L'album de l'extase.
SKX (30/04/2003)
JR EWING
" the perfect drama " - 10"
Coalition 01
L'odeur du souffre. Le drame à chaque coin de virage. Virage à angle droit s'entend. Pamela et Bobby sont dans un bateau. Sue Helen au bistrot. Tout le monde tombe à l'eau (sauf Sue Helen qui voit l'eau d'un mauvais œil). Reste JR Ewing, émigrés en Norvège, qui tels des vikings font une nouvelle razzia dans nos contrées et mettent le feu à nos campagnes avec ce court mais incisif mini-album sept titres. Le souvenir de leur précédent album "calling in dead" encore fumant dans nos têtes, ils remettent le couvercle avec leurs ritournelles emo-rock-core, en y ajoutant encore plus de finesse et de variété. Des samples, gauche droite, s'intercalent entre les voix mal léchées aussi douce qu'un paillasson. Un piano vient panser les blessures ouvertes sur deux morceaux. Quelques bidouilles de studio. Les passages eaux douces / mers agitées se font plus marqués. Pour le reste, cette même énergie ébouriffante, cette même vista dans les mélodies, cet enthousiasme qui chamboule tout sur son passage. Cette apparente simplicité des compositions. C'est sec, rustre et poignant à la fois. Si entre tout vos Orchid, Shotmaker et Yage, il vous reste une place, JR Ewing se fera une joie de descendre de son cheval et de prendre fièrement position parmi ces mini-cyclones qui ne sont que de grands vents d'émotions intenses!
SKX (20/08/2001)
JR EWING/THIS MACHINE KILLS
" split single " - 7"
Plastik Culture / bachelor / Carmen Diablo / Wakusei 02
La musique s'internationalise à tout va, c'est pas nouveau. Pour humer la couleur locale, il faut se lever tôt. Ce split single en est la preuve flagrante. Quatre labels s'y sont mis pour le sortir : L'Allemagne (bachelor records), Carmen Diablo en Espagne, Wakusei pour (comme son nom ne l'indique pas) l'Angleterre et Plastik Culture pour nos vertes campagnes françaises. Sans compter qu'aux USA, c'est plus ou moins Dimmak qui va se charger de le distribuer tout comme au Japon avec le label du chanteur d'Envy, Sonzaï records. La preuve surtout qu'il existe un réseau alternatif, pas toujours évident à identifier, mais suffisamment solide et solidaire pour sortir des disques avec trois bouts de ficelles et proposer un disque dans le monde entier sans passer par les gros circuits de distribution. Et on continue de brouiller les pistes avec JR Ewing, qui nous renvoie tout droit à Dallas mais c'est du Norvégien et du très bon ma ptite dame! Ils confirment au fil de leurs nombreuses productions tout leur talent. Leur "driving-noisy-hardcore" gagne encore en mélodie, en finesse, se rapproche à grandes foulées de groupes comme Hot Snakes. Deux titres inédits racés et incisifs, à reprendre à tue-tête. Avec This Machine Kills (le groupe du boss de Dimmak), retour au bercail du rock. Et on se dit que l'Europe a bien appris sa leçon et que This Machine Kills a du mal à tenir la comparaison avec JR Ewing. Un "take back the night" honnête, du hardcore-rock soft et très classique, bien roulé mais entendu des milliers de fois. Quant au deuxième morceau, une bidouille qui pourrait vaguement faire trébucher un mec bourré sur une piste de danse avec une voix féminine qui se rajoute. Ou comment céder à la mode du hardcore new-wave! Ce 45 risque de n'user qu'une seule face. Jusqu'à en faire péter le saphir!!
SKX (27/08/2002)
JUDD/ROGOJINE
" anhent / mouth " - 7
Theatre 99
Première trace vinylique pour Judd et Rogojine, mise en scène par Theatre records, un non moins tout jeune label poitevin. Judd, formule impressionnante qui avance par paire. Ici tout est doublé : la basse, la guitare, le batteur secondé par des percussions. Seul le chanteur ne partage pas son micro. Mais l'usage dont il en fait reste si discret qu'on peut presque considérer Judd comme un groupe instrumental. Avec tout ce monde, le barouf est assuré mais suffisamment dosé pour que le charme opère ! Ca débute calmement, les lignes mélodiques de basses flattent le tympan d'entrée de jeu, le débat s'installe, la bataille s'engage et se désintègre sous un mur de guitares, de rythmes tribaux à peine audibles, des râles et maigres chants enfouis sous le déluge sonore. Le son est touffu et puissant, c'est un rien bordélique, musique noise avec un brin d'improvisation et une ambiance personnelle qui se dégage d'un premier titre très prometteur. Depuis le groupe a fondu de moitié. Plus que 2 grattes et une batterie. Vivement la suite ! Rogojine a également une formule originale : un trio basse-batterie-chant. Musique là aussi à tendance dissonante mais plus épurée, un chant omniprésent, c'est forcément très rythmique mais qui ne néglige pas des contours mélodiques. C'est rugueux, sombre et pas toujours évident mais l'originalité l'emporte !
SKX (28/06/2000)
JUNE OF 44
" anahata " - Lp
Quaterstick records 99
Finis les voiliers. June of 44 aborde un nouveau rivage avec cette 5ème réalisation, " Anahata ". Une évolution évidente depuis 1995 et pourtant sonne toujours June of 44. Avec en point d'orgueil, pour ce groupe durement comparé à Slint à leurs débuts, le plaisir d'avoir trouver leur propre touche, se singulariser à coup d'expérimentations diverses, frapper là où on ne les attendait pas, et devenir à leur tour une pierre angulaire du post-rock US. La roue tourne.... Et la recherche continue. Cette fois-ci à partir de l'enregistrement de la plupart des concerts de leur dernière tournée, concerts où ils laissaient libre court à l'improvisation. Point de départ de ces compositions dénudées, épurées, solide rythmique battant le rappel, groove ou répétitive, où se greffent voix à la limite de la cassure (du faux ?), trompette salvatrice et autres effets keyboards discrets. Avec cette bizarre sensation que tout est proche de la rupture, un rien bancal, chacun jouant dans son coin.! Une voix décalée de la ligne directrice, des guitares séparées du cortex. Un collage, savant collage d'où naît une alchimie attirante, les plus beaux passages revenant à la trompette comme sur " Wear two eyes " ou sur le très long " peel away velleity ". Où s'arrêteront-ils?!
SKX (28/06/1999)
THE JE NE SAIS QUOI
7"
Family Affair 03

Au moins un patronyme qui ne posera pas de problème de prononciation à tous les anglophobes! Un nouveau groupe suédois (avec un membre de Your Halo is a Radar) qui possède, non pas un je ne sais quoi, mais une grosse touche sixties, entre les déhanchements suggestifs des Make-Up et le rock'n'roll des Hot Snakes. Juste pour situer. Sur la photo inside, c'est look sixties itou, costars-cravattes et choucroute sur la tête pour la demoiselle aux claviers. C'est enregistré dans leur local de répétition et ça s'entend. Point faible ou point fort, c'est selon. Ca en tout cas le charme du premier jet, l'énergie du bon vieux rock'n'roll garage à l'ancienne. Et en surprise, une reprise de PJ Harvey, "reeling", reconnaissable aux chœurs, avec des Polis aux Jambes (une bonne couche de bruit parasite) et sans Peine à Jouir (les Suédois se lâchent). Quatre titres qui ne mangent pas de pain mais très frais à l'apéro.

SKX (12/02/2004)
website groupe
http://www.cilla.com/tjnsq
website label http://www.cilla.com/tjnsq
sounds http://www.cilla.com/tjnsq

Jesu
Self-titled - CD
Hydrahead 2005

Jesu revient parmi les siens. Alias Justin Broadrick qui a définitivement laissé tomber son Godflesh pour se consacrer à son nouveau rejeton qui, pour faire modeste, s'appelle tout simplement Jesu. Au singulier. Car un type capable de nous asséner cette lourdeur monotone, il n'y en a qu'un et c'est le père Broadrick. Aidé par frère Ted Parsons (moine batteur chez Swans, Prong et Killing Joke, que des enfants de chœur !) et d'un bassiste, Diarmuid Dalton, Jesu continue sur les fondations Godflesh. Lent, lourd, la rythmique bien en avant avec les nappes de guitares derrière. La patte Broadrick. La nouvelle dimension de Jesu, c'est qu'il plane plus haut. Entre deux coups de basse, des plages atmosphériques et semi-mélodiques qui s'étirent, s'étirent, s'étirent, c'est le désert, on s'y perd. Humeur vaporeuse, renfort d'une voix féminine, même Broadrick s'y colle à ce chant tout en douceur. Avec des ambiances bonnes à plomber même une soirée de gothiques, ce premier album est un sacré Golgotha à grimper. Vous croyez que l'album est fini… Perdu, ce n'était que la fin du premier titre. C'est long voir infini, ça avance par variations infimes malgré quelques soubresauts. A l'image de ses adorateurs qui l'héberge, saint Isis et tous les suiveurs qui en découlent, Jesu se baisse à leur hauteur et donne aussi dans le dur et dans le mou. Les sonorités qui tapent derrière la nuque et le calmant qui va avec. Au final, si Jesu est redescendu de sa croix, ce n'est pas pour faire des miracles.

SKX (22/02/2005)
website groupe www.avalancheinc.co.uk/jesu.html
website label www.hydrahead.com
sounds faulter.mp3

JR Ewing
Fucking & Champagne - CDEP
Columbia/Sony BMG 2005

Si il a fallu un paquet d'épisode à JR Ewing, le vrai, pour mourir dans Dallas, les faux auront mis beaucoup moins de temps. Le groupe norvégien vient de sortir son nouveau single, annonciateur de l'album et je peux déjà vous dire que le groupe est mort lui aussi ! " Fucking & champagne ", un titre bien naze, un chanteur qui essaye de chanter et d'être harmonieux avec chœurs de circonstance, une musique qui tente de caresser le plus grande nombre sans perdre trop de nerf. JR Ewing vient de signer sur une grosse major dans leur pays natal et ça sent les concessions à plein nez ! Que dis-je, c'est carrément horrible ! Le truc qui colle tout le monde au blind-test. On leur laisse un sursis avec " Maelstrom ", l'album qui sort en mai mais n'y croyez pas trop. Bientôt sur tous vos écrans.

SKX (30/04/2005)
website groupe www.thejrewing.com

Japanther
Yer living grave - CDEP
Menlo Park 2006

Brooklyn, NY. Duo DIY avec leur coffre à jouet refermant guitare, basse, batterie, synthés pour gosses, machine à sampler et une boite à rythme en roue de secours. Seulement quelques années au compteur mais une poignée de singles et quatre albums. Ou des trucs qui y ressemblent. Le dernier en date se nomme Yer living grave. Huit titres décousus où Japanther se livre à son sport favori. Tout casser, ne rien respecter, s'amuser le plus possible, surfer sur ses racines punk, les pervertir, y insuffler une bonne dose d'humour et de je m'en foutisme. Entre les écorchures d'un Pink and Brown, le punk minimalisme de The Intelligence ou A-Frames et les revendications anarchiques d'un Yip-Yip. Forcément, avec une telle débauche créative, ya à boire et à manger. De leur album fourre-tout Leather wings regroupant des singles et des raretés, des seize titres qui pullulent Dump body in rikki lake ou du court Wolfenswan avec son tube imparable du même nom, Japanther s'est tissé une toile tour à tour virulente ou anecdotique. Avec le présent objet de cette chronique, Japanther s'amuse encore et toujours à sampler le rap, tenter de vous faire danser sur des savonnettes, écrire de vrais morceaux auxquels on se raccrochera comme l'excellent The Gravy et sa mélodie tout bête et entêtante ou Furrs is gone, pasticher Plastic Bertrand, se rappeler au bon souvenir de Godheadsilo et finir par un morceau caché, reprise d'un groupe tellement hyper connu que je m'en rappelle plus (au blind-test je suis zéro). Sur scène, ça s'annonce très extraverti. Vous pourrez juger sur pièce avec une tournée européenne débutée le 24 septembre et qui s'achève le 13 octobre à Metz. Poil au fesstz.

SKX (07/10/2006)
website groupe www.japanther.com
website label www.menloparkrecordings.com | www.tapesrecords.com

Jackie-O Motherfucker
Valley Of Fire - LP
Textile records 2007

Jackie-O Motherfucker est un groupe parfois détestable et énervant mais capable de fort bonnes choses. Cette chronique pourrait s'arrêter là tant Valley Of Fire est parfaitement résumé par cet état de fait. Un disque à plusieurs facettes dont certaines sont indéniablement fatigantes, d'autres inspirant la curiosité puis l'adhésion. America Mystica, le précédent (double) album du groupe, avait placé la barre assez haute et le niveau d'excellence atteint alors n'est pas rattrapé par Valley Of Fire qui pourtant ne démérite pas. Un disque hétérogène et bancal. Un disque enregistré à plusieurs occasions et à plusieurs endroits. Presque un disque pas fini.
Première face et premier choc, Sing Your Own Song qui démarre comme un classique post rock sous influence psychédélique mais l'intervention d'Eva Salens (du groupe Inca Ore) au chant donne ce côté slogan proche de l'invective grâce à une voix qui n'est pas sans rappeler certaines pièces vocales de Sun Ra -it's after the end of the world, don't you know that yet ? ou quelque chose d'approchant, extrait je crois de l'album Space Is The Place. Il s'agit juste d'une similitude et de concordances sonores mais l'effet est durable et étonnant. Jackie-O Motherfucker s'avoue quand même plus facilement influencé par l'Art Ensemble Of Chicago -la tarte à la crème dès que l'on évoque une musique à la fois vaguement folklorique et sujette aux incertitudes de l'improvisation. En deuxième position, Valley Of Fire pourrait être une chanson typique d'une certaine tradition mi folk mi post rock pour informaticiens trentenaires si le long final ne renouait avec le space rock (celui-là même qui débutait Sing Your Own Song) et le psychédélisme enfumé. La première face se termine avec The Tree, une reprise des Beach Boys (et oui…) d'un classicisme mélodique et formel qui me rend malade d'ennui.
On tourne le disque et hop, la face B est occupé par un seul et unique titre, We Are/Channel Zero, un long collage de free je ne sais quoi, de bandes improbables, de voix chargées d'écho qui se veulent incantatoires, de percussions pour opiomane, de guitares lysergiques -bref du Jackie-O Motherfucker pur jus, celui qui comme écrit plus haut peut se révéler aussi énervant que passionnant et effectivement, ces quelques vingt minutes qui donnent l'impression de ne pas être sous contrôle n'évitent la branlette de drogués que de justesse sans pour autant atteindre le septième ciel… sauf peut être aux alentours de la dix-huitième minute, c'est-à-dire presque à la fin - dommage.

Haz (21/01/2008)
website groupe www.myspace.com/jomf
website label textilerec.free.fr/index.php

Joeyfat
You can't change peoples lives with your mouth / The house of the fat
CD
Unlabel 2003

Parler de Joeyfat, c'est revenir aux débuts des années 90. Un groupe, comme tant d'autres, à la vie erratique, qui mettra fin à sa brillante carrière en 1996 dans l'anonymat le plus complet. Ou presque. La sortie de The Unwilling astronaut en 2000, compilation 16 titres de tout leur maigre butin, leur mettra à nouveau le pied à l'étrier pour déboucher trois ans plus sur l'album ici présent. Parler de Joeyfat, c'est aussi se demander comment on va en parler… Prenez tout ce qui suit avec des pincettes. A première vue, ça sonne conventionnel. Pas de quoi fouetter un chat. Quatre anglais qui s'évertuent à jouer du rock en formation classique, sans agressivité particulière. Ni noise, ni emo, ni salsa. Rien de particulier à signaler. Pas de petites cases pratiques où les coller. Et c'est là que ça commence à devenir intéressant. Chez Joeyfat, tout est dans le détail. Le chanteur d'abord. Mis en avant, plus parlé que chanté, on rate sûrement beaucoup à ne pas comprendre le sens de ses paroles. A peine dénote-t-on un humour mordant so british. Mais son timbre accroche de suite. Sûr de son débit, modulant les effets de ses cordes vocales, Mister Edward Cole est un fin conteur et vous le suivriez n'importe où. Même au fond du ravin. Pour la musique, c'est à son image. Tout en finesse et persuasif. Le seul groupe qui me vient à l'esprit, c'est Shipping News mais on ne fait qu'effleurer du doigt le potentiel de Joeyfat. Largement plus malin que la moyenne avec une dimension clownesque non négligeable, Joeyfat sait être aussi bien complexe que lumineux. Faire dans la simplicité mélodique où se cacher derrière un mur de bruit avec toujours des moyens qui semblent dérisoires. Une approche minimaliste mais chaque note, chaque instrument ont son importance. Des compositions qui font peu à peu leur travail de sape au fil des écoutes pour ne plus vous lâcher. Etre harmonieux tout en étant intense. Vous hypnotiser comme les six minutes de Last checked 13:15, énorme morceau qui, à l'image de tout l'album, semble l'air de rien, mais n'a pas fini de vous hanter. Parce ce que vous étiez parti pour un produit de série et qu'au final, vous vous retrouvez avec un disque brillant. Derrière son apparente nonchalance et sa loose patenté se cache une réelle tension avec une pointe de mélancolie, un truc solide qui s'en remet à son seul talent de compositeurs pour vous impressionner. Pas d'esbroufes, pas de poses racoleuses, pas de gimmicks faciles. Tout en décalage subtil et en ironie, original quand on creuse un peu. Un groupe 100% Anglais qui ne fera jamais la une des tabloïds et c'est ça qu'on aime. Ce ne sont pas toujours ceux qui gueulent les plus fort qui dégagent le plus de puissance. On pourrait en parler des heures que vous n'y verriez pas plus clair alors franchement, essayer, c'est l'adopter.
(A noter deux titres d'albums différents pour le même produit mais les pochettes - sublimes - ne sont pas les mêmes).

SKX (18/03/2007)
website label www.unlabel.net

Jokari
Deformation - 10''
Katatak / Boom Boom Rikordz 2010

Jokari vient de St Etienne. Ne cherchez pas d'allusions salaces ou de trait d'esprit. Présentation sommaire d'un groupe qui ne présente aucuns signes particuliers. A part de partager le même chanteur avec Jubilé, autre groupe en J, lettre qui semble avoir la cote dans le Forez. Je mets une option pour Janvion. Jokari a déjà commencer à tirer sur l'élastique (un album en 2008 et un split CD avec La Seconda Volta encore avant), on prend la balle au bond et elle est du genre difficile à attraper. Catégorie noise-rock mais surtout, catégorie déviante. Il n' y a pas que le lettrage de la pochette qui est déformée.
On aurait pu également parler de la catégorie Oxbow même si la bande à Eugene Robinson n'est pas encore statufiée de la sorte quoique en passe de devenir une référence incontournable. Mais là encore, tout est déformé, un prisme pour rendre compte de la réalité, on ne s'attaque pas à une montagne en toutes impunités. Jokari, musique par à coups, accidentée, traitant sa mélancolie et ces désillusions avec une guitare de travers sans perdre le sens du tranchant, des compos qui racontent des histoires et une section rythmique pour enlacer tout ça avec souplesse mais fermement. Et par là-dessus, entre et par derrière, vous avez le chant. On avait noté déjà quelques limites avec Jubilé, mais dans le fatras, les dissonances et l'attitude punk, ça passait. Dans une musique plus épurée, cette voix souffle le chaud et le froid. Si on ne peut lui reprocher de tenter de varier les effets et ne pas tomber dans la monotonie, le résultat est encore loin d'être concluant. Quand le chant part dans les graves et qu'il n'essaye pas d'en faire des tonnes, la musique fait un tout. Ca se gâte quand ça part dans les aigues, dans les miaulements, gémissements, minauderies ou des cris manquant singulièrement de coffre. L'hystérie gratuite, ça crispe. Vous avez donc des morceaux comme Really assez symptomatique du bon et du désastreux. Entre la complainte punitive convaincante et effets ridicules d'un chanteur qui gagnerait à plus de simplicité au lieu d'aller au-delà de ces moyens. Ou sur Layer, alternance d'un chant qui semble être mégaphoné (façon Hems, une voix à creuser) avant de subir des jappements moins heureux. Ou pour finir, le What is fiction qui n'est pas loin d'être le pendant stressant du Nein Nein! de Jubilé.
Sinueux et piquants, les six morceaux (voir cinq et demi puisque 17 sec ne dure que… 17 secondes) de ce nouveau Jokari ont le coup de raquette solide, rusé et excitant mais on sait bien qu'à ce jeu là, c'est l'élastique la plus fragile et elle n'est pas loin de péter à plusieurs reprises à cause d'un chant défectueux. Et je n'irais pas chercher la balle.

SKX (03/12/2010)
website groupe www.myspace.com/jokari
website label www.boomboomrikordz.fr | katatak.fr


Jubilé / Ntwin

On-mo-no / Old Man - Split Lp
Boom Boom Rikordz / Katatak 2009

Ce sont deux groupes inconnus qui font chauffer la platine aujourd'hui. Deux groupes qui n'en sont pas à leurs débuts discographiques mais même l'énoncée de leurs patronymes n'évoque pas la moindre once d'un début de souvenir. Un secret bien gardé et le plaisir de constater qu'en France émergent toujours des groupes perpétuant un certain état d'esprit noise-rock. D'un coté le duo Stéphanois de Jubilé qui fait penser à un autre duo de Marseille, Binaire, de part leur énergie juvénile et l'attitude punk qui va avec, Binaire qui sont à l'origine de St Etienne. Et de l'autre coté, le trio marseillais Ntwin qui fait penser à un rock-noise un poil plus au nord que St Etienne, l'ennemi de toujours, Lyon, et sa musique plus cérébrale et froide. Les origines se croisent, les influences se perpétuent, on s'y perd, on s'y retrouve mais la logique est implacable. C'est la french touch du noise !
Avec Jubilé, ce sont six titres qui vont droit au but (Marseille en est vert de jalousie), à grands coups de notes bloquées en mode répétitif pour bien vous peler les nerfs, le summum étant atteint avec Nein Nein !, le dernier des neufs titres. Les huit d'avant n'auront pas perdu de temps, écorcher les oreilles avec le minimum syndical d'idées mais exploitées au maximum. Le potentiel des laborieux au profit de la masse sonore taillée au plus vif, cacher la misère par un surplus de férocité et une bonne couche de frénésie à l'instar de Pneu, pour rouler sans encombre sur le bitume d'une noise décomplexée prête à fêter son Jubilé.
Tourne le vinyl et augmente le volume. Problème de potard à Marseille. Une fois le volume adéquat trouvé, les trois Ntwin (qui ne sont pas des jumeaux) se mettent au niveau de St Etienne. On peut même avancer qu'au niveau compos, c'est la barre au-dessus. Les idées ne fusent pas à la minute, ça n'a rien de complexe, les deux premiers titres (Mille Grammes et Clic clic) sont fait dans le même moule, troublant, mais dans la gestion des efforts, Ntwin soupèse et marque les contrastes, particulièrement entre la voix, sorte d'hurlement restant au fond de la gorge, jamais loin de la folie et la musique, plus retenue, épurée. Au contraire de Jubilé, c'est joué dans une fausse lenteur, une tension sous-jacente, une froide rage, quelquechose de mélancolique et rêche à la fois, répétitive aussi, renvoyant aux années 90 et Lowercase. Pas sûr que ce soit fait exprès.
La spontanéité de Jubilé qui vous saute de suite à la gorge contre le noise-rock de Ntwin qui s'insinue lentement dans les veines. Un choix parfait qui vous fait passer d'une face à l'autre sans problème (ne pas oublier de rebaisser le volume quand vous repassez à Jubilé) et ouvrir cette magnifique pochette sérigraphiée par Le Dernier Cri et les dessins lunaires de P. Guy.

SKX (02/05/2010)
website groupe www.myspace.com/jubil | www.myspace.com/ntwinband
website label www.boomboomrikordz.fr | katatak.fr


 
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