JANMICHAELVINCENTCARCRASH/
HUMANBODYFLAWED
"
s/t " - 7"
Obtuse Mule 01
On
rase gratis aujourd'hui chez Obtuse Mule. C'est torture mentale
à chaque étage. La roulette russe commence par un
groupe à faire frémir toute intelligence extra-terrestre.
Avec Janmichaelvincentcarcrash, le héros de la série
aurait trouvé le remède infaillible pour renvoyer
les visiteurs chez eux, les soucoupes à leur cou. Un morceau
produit par Kurt 'Converge' Ballou, l'autre par Steve 'Today is
the day' Austin. Le territoire est marqué. Vous savez à
quoi vous attendre. Avec autant de poids sur les épaules,
les lascars s'en sortent haut la main. C'est névrosé
à souhait, cumulant les tares des groupes références,
en y ajoutant une surdose dans la perversité des structures.
Humanbodyflawed, c'est tout le contraire. Enregistrés dans
la cuisine sur "un équipement minimal" pour un
résultat qui n'a rien à envier aux producteurs en
vogue. Ca c'est de l'économie! Musicalement, le créneau
est identique. On se demande comment les deux morceaux de HBF
peuvent apparaître encore plus malsain et psychopathe. Le
carnage encore plus savamment orchestré. Deux titres qui
s'enchaînent, on y voit que du feux, le corps humain plus
défectueux que jamais. Dans ce style régulièrement
usité, HBF vole la vedette. Monstrueux et fort dommage
que ces deux bouts de viande sanguinolente soient les premiers
et derniers de Humanbodyflawed!! La gueule sur le pavé.
SKX (04/10/2001)
|
JEROMES
DREAM
"
presents " - CD
Alone 01
Si
concept ya, permettez moi de dire qu'il est fumeux! Derrière
une pochette caca d'oie, tapisserie de cuisine années soixante,
Jeromes Dream fait mine de sortir un nouvel album neuf titres.
Révéler au grand jour, c'est plus que moins neuf
fois le même morceau! Il fait être sacrément
attentif pour remarquer les différences. Comme un même
morceau, décliner avec quelques légers décalages,
variantes pas subtiles, de cris en plus mais toujours ce thème,
identique, qui revient, inlassablement, nous les gonfler. Il ne
suffit pas de marteler méchamment les rythmes et de balancer
des riffs bien tranchants pour grimper au rideau. Tout est torché
entre 40 secondes et une minute quinze. Excepté le 8ème
titre, on se lasse très vite de leurs conneries. En plus,
Jeromes Dream a décidé de jouer dans la cour des
grands et se paye les services de Kurt "Converge" Ballou.
Merci Monsieur Ballou. Merci d'avoir donner à Jeromes Dream
ce son si professionnel et semblable à tant de groupes
hardcore américain. Alors que Jeromes Dream trouvait sa
place et se démarquait grâce à un son furieusement
bordélique, jouissif et humain, vous venez de les gonfler
à la testostérone, les affubler de muscles inutiles.
Un disque de bègues. De bègues couillus. Et dont
on se tape royalement. Espérons à la thèse
de l'accident de parcours dans une discographie jusqu'ici impeccable.
Rendez nous notre rêve!!
SKX (05/09/2001) |
ORCHID/JEROMES
DREAM
"
s/t " - 10"
Witching Hours 00
Avant
d'en prendre plein les oreilles, c'est vos orbites qui sortent
de la tête ! L'objet est suffisamment pas banal pour qu'on
ne s'y attarde pas un peu. D'abord il est pas rond ce disque.
Il est tout mal découpé et il a la vague forme d'une
tête de mort qu'a trop fêté un enterrement
(à moins que ce soit la forme de l'Australie parce qu'à
Witching Hours on aime fêter les Jeux Olympiques ah ah).
Et il est gravé que d'une face et le disque, il est pas
tout noir, il est tout blanc ! Après, si vous mettez pour
la première fois ce disque un lendemain de gueule de bois,
il vous faudra bien 5 minutes pour comprendre le mécanisme
! Et ouais, c'est le seul disque qui commence par le milieu et
qui retourne en arrière jusqu'au début. C'est à
ce prix là que vous écouterez les 4 titres de Jeromes
Dream ! Et pour les 4 de Orchid, on repart pour un tour au milieu,
et là, miracle, ça tourne dans le bon sens. L'autre,
celui qui va vers le centre ! Dingue non ?! Alors la musique,
elle peut saigner tout ce qu 'elle veut, ça ne surprend
plus ! Orchid se démène comme sur son indispensable
album sur Ebullition records. Un cercle infernal qui pue toujours
l'urgence. Jeromes Dream a également du répondant
dans un registre plus emo-violence. Une voix hystérique
qui se fracasse dans les aiguës, des compos affolantes et
plus convaincantes que les derniers titres disséminés
sur des (split)45 récemment, à réveiller
les morts et empêcher de tourner en rond un disque caréné
pour l'obstacle !
SKX (24/07/2000) |
JEROME'S
DREAM / THE BOOK OF DEAD NAMES
"
s/t " - 5
Witching Hour records 99
Une
minuscule galette 5 pouces ceinturée d'un packaging aux
doubles yeux rouges-vifs et diaboliques. A peine le temps de basculer,
la musique s'éteint. Quatre titres rapides comme l'éclair,
tout en distorsions, mimétisme saisissant de ces deux jeunes
groupes américains. Mur du son, mur de guitares, voix superchées
et surexcitées, rythmes cinglés, titres en suspens,
trop courts pour être appréciés pleinement.
Trop courts pour ne pas en redemander. Objet de consommation micro-ondes.
SKX (29/12/1999) |
JETS
TO BRAZIL
"
four cornered night " - CD
Jade Tree 00
Les
mots qui suivent vont faire l'effet de sortir de la bouche d'un
putois, ça c'est sûr. Donc le nouvel album de l'ex-Jawbreaker
Blake Schwarzenbach vient de paraître et c'est navrant de
voir un p'tit gars si gentil en arriver à pareil désastre.
Sur leur 1er album déjà pas beau à voir,
on pouvait encore sauver 2, 3 morceaux. Là, on dirait Brian
Adams qu'à voulu se prendre pour un Lennon tout crotté.
Mélodiquement, c'est le naufrage. D'une pauvreté
affligeante à tout point de vue. Pire, ça frôle
le mauvais goût. Maintenant, je connais l'odeur de la merde
en sillons.
SKX (19/02/2001) |
JOHN
COKER
"
s/t " - CD
Nihilist records 99
Un
espace s'éteint. Un autre s'éclaire. Et inversement.
L'interrogation se fait sentir, tend à l'aigu, soudain
agitée. Une identité cartonnée, seul clairement
apparaît l'acteur du délit, John Coker, qui à
" écrit, arrangé, enregistré, joué,
produit et imprimé " cet obscur objet de sons étranges.
L'air arrive par quelques petits trous qui transpercent ce bloc.
Travail sur la matière, électronique vivante, rivalité
entre deux énergies qui se croient contraires, sons écorchés,
beats saturés, tendance Steroid Maximus nihiliste et déviant.
Du pur son 100% synthétique qui se heurte à l'incompréhensible.
Groove souffrant et maladif, jonglant parfois avec des basses
souterraines, retombant et coagulant sur des plages d'ambiance
lunaire. Quelques soubresauts, un défi, un refus, on joue
ici un hip-hop dérangé des neurones, de l'indus
nouvelle génération. Une ombre qui se fait accepter,
nécessaire.
SKX (05/07/1999) |
JR
EWING
"
Ride paranoia " - CD
Gold Standard Laboratories 03
Un
ampli gros comme un 38 tonnes à semi renversé sur
une guitare la tête en bas. Une batterie dans un état
de désordre comme à la fin d'un bon vieux concert
des Who. Un enchevêtrement indescriptible de fils et de
jacks. Seules deux pédales au premier plan surnagent dans
le massacre. Même si cette scène a été
spécialement montée pour la photo, la pochette de
" ride paranoia " illustre à la perfection l'état
d'excitation dans lequel nous plonge ce deuxième véritable
album des norvégiens de JR Ewing. Rarement un disque ces
dernières années n'aura autant mis le feu à
une platine. Rarement un disque alliant simplicité et sauvagerie
rock'n'roll et fondement hardcore n'aura fait une telle unanimité.
La recette de JR Ewing est hyper simple. Un batteur fou furieux
qui multiplie les roulements, une voix âpre, proche de la
cassure, extinction assurée en fin de tournée, des
guitares qui ferraillent sec transformant chaque titre en tube
(on se comprend) potentiel. Mélodie et énergie,
on a rarement fait du plus direct et efficace. JR Ewing est passé
maître en la matière. Pas la peine de chercher midi
à quatorze heures. Un pur moment d'adrénaline où
chaque titre vous explose la tête. Ca s'enchaîne à
cent à l'heure, sans jamais tomber dans le lourdingue.
JR Ewing vous laisse à bout de souffle avec doigté,
une foutue classe pour tailler des costards. L'album de l'extase.
SKX (30/04/2003) |
JR
EWING
"
the perfect drama " - 10"
Coalition 01
L'odeur
du souffre. Le drame à chaque coin de virage. Virage à
angle droit s'entend. Pamela et Bobby sont dans un bateau. Sue
Helen au bistrot. Tout le monde tombe à l'eau (sauf Sue
Helen qui voit l'eau d'un mauvais il). Reste JR Ewing, émigrés
en Norvège, qui tels des vikings font une nouvelle razzia
dans nos contrées et mettent le feu à nos campagnes
avec ce court mais incisif mini-album sept titres. Le souvenir
de leur précédent album "calling in dead"
encore fumant dans nos têtes, ils remettent le couvercle
avec leurs ritournelles emo-rock-core, en y ajoutant encore plus
de finesse et de variété. Des samples, gauche droite,
s'intercalent entre les voix mal léchées aussi douce
qu'un paillasson. Un piano vient panser les blessures ouvertes
sur deux morceaux. Quelques bidouilles de studio. Les passages
eaux douces / mers agitées se font plus marqués.
Pour le reste, cette même énergie ébouriffante,
cette même vista dans les mélodies, cet enthousiasme
qui chamboule tout sur son passage. Cette apparente simplicité
des compositions. C'est sec, rustre et poignant à la fois.
Si entre tout vos Orchid, Shotmaker et Yage, il vous reste une
place, JR Ewing se fera une joie de descendre de son cheval et
de prendre fièrement position parmi ces mini-cyclones qui
ne sont que de grands vents d'émotions intenses!
SKX (20/08/2001) |
JR
EWING/THIS MACHINE KILLS
"
split single " - 7"
Plastik Culture / bachelor / Carmen Diablo / Wakusei 02
La
musique s'internationalise à tout va, c'est pas nouveau.
Pour humer la couleur locale, il faut se lever tôt. Ce split
single en est la preuve flagrante. Quatre labels s'y sont mis
pour le sortir : L'Allemagne (bachelor records), Carmen Diablo
en Espagne, Wakusei pour (comme son nom ne l'indique pas) l'Angleterre
et Plastik Culture pour nos vertes campagnes françaises.
Sans compter qu'aux USA, c'est plus ou moins Dimmak qui va se
charger de le distribuer tout comme au Japon avec le label du
chanteur d'Envy, Sonzaï records. La preuve surtout qu'il
existe un réseau alternatif, pas toujours évident
à identifier, mais suffisamment solide et solidaire pour
sortir des disques avec trois bouts de ficelles et proposer un
disque dans le monde entier sans passer par les gros circuits
de distribution. Et on continue de brouiller les pistes avec JR
Ewing, qui nous renvoie tout droit à Dallas mais c'est
du Norvégien et du très bon ma ptite dame! Ils confirment
au fil de leurs nombreuses productions tout leur talent. Leur
"driving-noisy-hardcore" gagne encore en mélodie,
en finesse, se rapproche à grandes foulées de groupes
comme Hot Snakes. Deux titres inédits racés et incisifs,
à reprendre à tue-tête. Avec This Machine
Kills (le groupe du boss de Dimmak), retour au bercail du rock.
Et on se dit que l'Europe a bien appris sa leçon et que
This Machine Kills a du mal à tenir la comparaison avec
JR Ewing. Un "take back the night" honnête, du
hardcore-rock soft et très classique, bien roulé
mais entendu des milliers de fois. Quant au deuxième morceau,
une bidouille qui pourrait vaguement faire trébucher un
mec bourré sur une piste de danse avec une voix féminine
qui se rajoute. Ou comment céder à la mode du hardcore
new-wave! Ce 45 risque de n'user qu'une seule face. Jusqu'à
en faire péter le saphir!!
SKX (27/08/2002)
|
JUDD/ROGOJINE
"
anhent / mouth " - 7
Theatre 99
Première
trace vinylique pour Judd et Rogojine, mise en scène par
Theatre records, un non moins tout jeune label poitevin. Judd,
formule impressionnante qui avance par paire. Ici tout est doublé
: la basse, la guitare, le batteur secondé par des percussions.
Seul le chanteur ne partage pas son micro. Mais l'usage dont il
en fait reste si discret qu'on peut presque considérer
Judd comme un groupe instrumental. Avec tout ce monde, le barouf
est assuré mais suffisamment dosé pour que le charme
opère ! Ca débute calmement, les lignes mélodiques
de basses flattent le tympan d'entrée de jeu, le débat
s'installe, la bataille s'engage et se désintègre
sous un mur de guitares, de rythmes tribaux à peine audibles,
des râles et maigres chants enfouis sous le déluge
sonore. Le son est touffu et puissant, c'est un rien bordélique,
musique noise avec un brin d'improvisation et une ambiance personnelle
qui se dégage d'un premier titre très prometteur.
Depuis le groupe a fondu de moitié. Plus que 2 grattes
et une batterie. Vivement la suite ! Rogojine a également
une formule originale : un trio basse-batterie-chant. Musique
là aussi à tendance dissonante mais plus épurée,
un chant omniprésent, c'est forcément très
rythmique mais qui ne néglige pas des contours mélodiques.
C'est rugueux, sombre et pas toujours évident mais l'originalité
l'emporte !
SKX (28/06/2000) |
JUNE
OF 44
"
anahata " - Lp
Quaterstick records 99
Finis
les voiliers. June of 44 aborde un nouveau rivage avec cette 5ème
réalisation, " Anahata ". Une évolution
évidente depuis 1995 et pourtant sonne toujours June of
44. Avec en point d'orgueil, pour ce groupe durement comparé
à Slint à leurs débuts, le plaisir d'avoir
trouver leur propre touche, se singulariser à coup d'expérimentations
diverses, frapper là où on ne les attendait pas,
et devenir à leur tour une pierre angulaire du post-rock
US. La roue tourne.... Et la recherche continue. Cette fois-ci
à partir de l'enregistrement de la plupart des concerts
de leur dernière tournée, concerts où ils
laissaient libre court à l'improvisation. Point de départ
de ces compositions dénudées, épurées,
solide rythmique battant le rappel, groove ou répétitive,
où se greffent voix à la limite de la cassure (du
faux ?), trompette salvatrice et autres effets keyboards discrets.
Avec cette bizarre sensation que tout est proche de la rupture,
un rien bancal, chacun jouant dans son coin.! Une voix décalée
de la ligne directrice, des guitares séparées du
cortex. Un collage, savant collage d'où naît une
alchimie attirante, les plus beaux passages revenant à
la trompette comme sur " Wear two eyes " ou sur le très
long " peel away velleity ". Où s'arrêteront-ils?!
SKX (28/06/1999) |
THE
JE NE SAIS QUOI
7"
Family Affair 03
Au
moins un patronyme qui ne posera pas de problème de prononciation
à tous les anglophobes! Un nouveau groupe suédois
(avec un membre de Your Halo is a Radar) qui possède,
non pas un je ne sais quoi, mais une grosse touche sixties,
entre les déhanchements suggestifs des Make-Up et le
rock'n'roll des Hot Snakes. Juste pour situer. Sur la photo
inside, c'est look sixties itou, costars-cravattes et choucroute
sur la tête pour la demoiselle aux claviers. C'est enregistré
dans leur local de répétition et ça s'entend.
Point faible ou point fort, c'est selon. Ca en tout cas le charme
du premier jet, l'énergie du bon vieux rock'n'roll garage
à l'ancienne. Et en surprise, une reprise de PJ Harvey,
"reeling", reconnaissable aux churs, avec des
Polis aux Jambes (une bonne couche de bruit parasite) et sans
Peine à Jouir (les Suédois se lâchent).
Quatre titres qui ne mangent pas de pain mais très frais
à l'apéro.
SKX
(12/02/2004)
website groupe http://www.cilla.com/tjnsq
website
label http://www.cilla.com/tjnsq
sounds http://www.cilla.com/tjnsq
|
Jesu
Self-titled - CD
Hydrahead 2005
Jesu
revient parmi les siens. Alias Justin Broadrick qui a définitivement
laissé tomber son Godflesh pour se consacrer à
son nouveau rejeton qui, pour faire modeste, s'appelle tout
simplement Jesu. Au singulier. Car un type capable de nous asséner
cette lourdeur monotone, il n'y en a qu'un et c'est le père
Broadrick. Aidé par frère Ted Parsons (moine batteur
chez Swans, Prong et Killing Joke, que des enfants de chur
!) et d'un bassiste, Diarmuid Dalton, Jesu continue sur les
fondations Godflesh. Lent, lourd, la rythmique bien en avant
avec les nappes de guitares derrière. La patte Broadrick.
La nouvelle dimension de Jesu, c'est qu'il plane plus haut.
Entre deux coups de basse, des plages atmosphériques
et semi-mélodiques qui s'étirent, s'étirent,
s'étirent, c'est le désert, on s'y perd. Humeur
vaporeuse, renfort d'une voix féminine, même Broadrick
s'y colle à ce chant tout en douceur. Avec des ambiances
bonnes à plomber même une soirée de gothiques,
ce premier album est un sacré Golgotha à grimper.
Vous croyez que l'album est fini
Perdu, ce n'était
que la fin du premier titre. C'est long voir infini, ça
avance par variations infimes malgré quelques soubresauts.
A l'image de ses adorateurs qui l'héberge, saint Isis
et tous les suiveurs qui en découlent, Jesu se baisse
à leur hauteur et donne aussi dans le dur et dans le
mou. Les sonorités qui tapent derrière la nuque
et le calmant qui va avec. Au final, si Jesu est redescendu
de sa croix, ce n'est pas pour faire des miracles.
SKX
(22/02/2005)
website
groupe www.avalancheinc.co.uk/jesu.html
website
label www.hydrahead.com
sounds
faulter.mp3
|
JR
Ewing
Fucking & Champagne - CDEP
Columbia/Sony BMG 2005
Si
il a fallu un paquet d'épisode à JR Ewing, le
vrai, pour mourir dans Dallas, les faux auront mis beaucoup
moins de temps. Le groupe norvégien vient de sortir son
nouveau single, annonciateur de l'album et je peux déjà
vous dire que le groupe est mort lui aussi ! " Fucking
& champagne ", un titre bien naze, un chanteur qui
essaye de chanter et d'être harmonieux avec churs
de circonstance, une musique qui tente de caresser le plus grande
nombre sans perdre trop de nerf. JR Ewing vient de signer sur
une grosse major dans leur pays natal et ça sent les
concessions à plein nez ! Que dis-je, c'est carrément
horrible ! Le truc qui colle tout le monde au blind-test. On
leur laisse un sursis avec " Maelstrom ", l'album
qui sort en mai mais n'y croyez pas trop. Bientôt sur
tous vos écrans.
SKX
(30/04/2005)
website
groupe www.thejrewing.com
|
|
Japanther
Yer living grave - CDEP
Menlo Park 2006
Brooklyn,
NY. Duo DIY avec leur coffre à jouet refermant guitare,
basse, batterie, synthés pour gosses, machine à
sampler et une boite à rythme en roue de secours. Seulement
quelques années au compteur mais une poignée de
singles et quatre albums. Ou des trucs qui y ressemblent. Le
dernier en date se nomme Yer living grave. Huit titres
décousus où Japanther se livre à son sport
favori. Tout casser, ne rien respecter, s'amuser le plus possible,
surfer sur ses racines punk, les pervertir, y insuffler une
bonne dose d'humour et de je m'en foutisme. Entre les écorchures
d'un Pink and Brown, le punk minimalisme de The Intelligence
ou A-Frames et les revendications anarchiques d'un Yip-Yip.
Forcément, avec une telle débauche créative,
ya à boire et à manger. De leur album fourre-tout
Leather wings regroupant des singles et des raretés,
des seize titres qui pullulent Dump body in rikki lake
ou du court Wolfenswan avec son tube imparable du même
nom, Japanther s'est tissé une toile tour à tour
virulente ou anecdotique. Avec le présent objet de cette
chronique, Japanther s'amuse encore et toujours à sampler
le rap, tenter de vous faire danser sur des savonnettes, écrire
de vrais morceaux auxquels on se raccrochera comme l'excellent
The Gravy et sa mélodie tout bête et entêtante
ou Furrs is gone, pasticher Plastic Bertrand, se rappeler
au bon souvenir de Godheadsilo et finir par un morceau caché,
reprise d'un groupe tellement hyper connu que je m'en rappelle
plus (au blind-test je suis zéro). Sur scène,
ça s'annonce très extraverti. Vous pourrez juger
sur pièce avec une tournée européenne débutée
le 24 septembre et qui s'achève le 13 octobre à
Metz. Poil au fesstz.
SKX
(07/10/2006)
website groupe www.japanther.com
website label www.menloparkrecordings.com
| www.tapesrecords.com
|
Jackie-O
Motherfucker
Valley Of Fire - LP
Textile records 2007
Jackie-O
Motherfucker est un groupe parfois détestable et énervant
mais capable de fort bonnes choses. Cette chronique pourrait
s'arrêter là tant Valley Of Fire est parfaitement
résumé par cet état de fait. Un disque
à plusieurs facettes dont certaines sont indéniablement
fatigantes, d'autres inspirant la curiosité puis l'adhésion.
America Mystica, le précédent (double)
album du groupe, avait placé la barre assez haute et
le niveau d'excellence atteint alors n'est pas rattrapé
par Valley Of Fire qui pourtant ne démérite
pas. Un disque hétérogène et bancal. Un
disque enregistré à plusieurs occasions et à
plusieurs endroits. Presque un disque pas fini.
Première face et premier choc, Sing Your Own Song
qui démarre comme un classique post rock sous influence
psychédélique mais l'intervention d'Eva Salens
(du groupe Inca Ore) au chant donne ce côté slogan
proche de l'invective grâce à une voix qui n'est
pas sans rappeler certaines pièces vocales de Sun Ra
-it's after the end of the world, don't you know that yet
? ou quelque chose d'approchant, extrait je crois de l'album
Space Is The Place. Il s'agit juste d'une similitude
et de concordances sonores mais l'effet est durable et étonnant.
Jackie-O Motherfucker s'avoue quand même plus facilement
influencé par l'Art Ensemble Of Chicago -la tarte à
la crème dès que l'on évoque une musique
à la fois vaguement folklorique et sujette aux incertitudes
de l'improvisation. En deuxième position, Valley Of
Fire pourrait être une chanson typique d'une certaine
tradition mi folk mi post rock pour informaticiens trentenaires
si le long final ne renouait avec le space rock (celui-là
même qui débutait Sing Your Own Song) et
le psychédélisme enfumé. La première
face se termine avec The Tree, une reprise des Beach
Boys (et oui
) d'un classicisme mélodique et formel
qui me rend malade d'ennui.
On tourne le disque et hop, la face B est occupé par
un seul et unique titre, We Are/Channel Zero, un long
collage de free je ne sais quoi, de bandes improbables, de voix
chargées d'écho qui se veulent incantatoires,
de percussions pour opiomane, de guitares lysergiques -bref
du Jackie-O Motherfucker pur jus, celui qui comme écrit
plus haut peut se révéler aussi énervant
que passionnant et effectivement, ces quelques vingt minutes
qui donnent l'impression de ne pas être sous contrôle
n'évitent la branlette de drogués que de justesse
sans pour autant atteindre le septième ciel
sauf
peut être aux alentours de la dix-huitième minute,
c'est-à-dire presque à la fin - dommage.
Haz
(21/01/2008)
website groupe www.myspace.com/jomf
website label textilerec.free.fr/index.php
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Joeyfat
You can't change peoples lives with your mouth / The house
of the fat
CD
Unlabel 2003
Parler de Joeyfat, c'est revenir aux débuts des années
90. Un groupe, comme tant d'autres, à la vie erratique,
qui mettra fin à sa brillante carrière en 1996
dans l'anonymat le plus complet. Ou presque. La sortie de The
Unwilling astronaut en 2000, compilation 16 titres de tout
leur maigre butin, leur mettra à nouveau le pied à
l'étrier pour déboucher trois ans plus sur l'album
ici présent. Parler de Joeyfat, c'est aussi se demander
comment on va en parler
Prenez tout ce qui suit avec des
pincettes. A première vue, ça sonne conventionnel.
Pas de quoi fouetter un chat. Quatre anglais qui s'évertuent
à jouer du rock en formation classique, sans agressivité
particulière. Ni noise, ni emo, ni salsa. Rien de particulier
à signaler. Pas de petites cases pratiques où
les coller. Et c'est là que ça commence à
devenir intéressant. Chez Joeyfat, tout est dans le détail.
Le chanteur d'abord. Mis en avant, plus parlé que chanté,
on rate sûrement beaucoup à ne pas comprendre le
sens de ses paroles. A peine dénote-t-on un humour mordant
so british. Mais son timbre accroche de suite. Sûr de
son débit, modulant les effets de ses cordes vocales,
Mister Edward Cole est un fin conteur et vous le suivriez n'importe
où. Même au fond du ravin. Pour la musique, c'est
à son image. Tout en finesse et persuasif. Le seul groupe
qui me vient à l'esprit, c'est Shipping News mais on
ne fait qu'effleurer du doigt le potentiel de Joeyfat. Largement
plus malin que la moyenne avec une dimension clownesque non
négligeable, Joeyfat sait être aussi bien complexe
que lumineux. Faire dans la simplicité mélodique
où se cacher derrière un mur de bruit avec toujours
des moyens qui semblent dérisoires. Une approche minimaliste
mais chaque note, chaque instrument ont son importance. Des
compositions qui font peu à peu leur travail de sape
au fil des écoutes pour ne plus vous lâcher. Etre
harmonieux tout en étant intense. Vous hypnotiser comme
les six minutes de Last checked 13:15, énorme
morceau qui, à l'image de tout l'album, semble l'air
de rien, mais n'a pas fini de vous hanter. Parce ce que vous
étiez parti pour un produit de série et qu'au
final, vous vous retrouvez avec un disque brillant. Derrière
son apparente nonchalance et sa loose patenté se cache
une réelle tension avec une pointe de mélancolie,
un truc solide qui s'en remet à son seul talent de compositeurs
pour vous impressionner. Pas d'esbroufes, pas de poses racoleuses,
pas de gimmicks faciles. Tout en décalage subtil et en
ironie, original quand on creuse un peu. Un groupe 100% Anglais
qui ne fera jamais la une des tabloïds et c'est ça
qu'on aime. Ce ne sont pas toujours ceux qui gueulent les plus
fort qui dégagent le plus de puissance. On pourrait en
parler des heures que vous n'y verriez pas plus clair alors
franchement, essayer, c'est l'adopter.
(A noter deux titres d'albums différents pour le même
produit mais les pochettes - sublimes - ne sont pas les mêmes).
SKX
(18/03/2007)
website label www.unlabel.net
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Jokari
Deformation - 10''
Katatak / Boom Boom Rikordz 2010
Jokari
vient de St Etienne. Ne cherchez pas d'allusions salaces ou
de trait d'esprit. Présentation sommaire d'un groupe
qui ne présente aucuns signes particuliers. A part de
partager le même chanteur avec Jubilé,
autre groupe en J, lettre qui semble avoir la cote dans
le Forez. Je mets une option pour Janvion. Jokari a déjà
commencer à tirer sur l'élastique (un album en
2008 et un split CD avec La Seconda Volta encore avant), on
prend la balle au bond et elle est du genre difficile à
attraper. Catégorie noise-rock mais surtout, catégorie
déviante. Il n' y a pas que le lettrage de la pochette
qui est déformée.
On aurait pu également parler de la catégorie
Oxbow même si la bande à Eugene Robinson n'est
pas encore statufiée de la sorte quoique en passe de
devenir une référence incontournable. Mais là
encore, tout est déformé, un prisme pour rendre
compte de la réalité, on ne s'attaque pas à
une montagne en toutes impunités. Jokari, musique par
à coups, accidentée, traitant sa mélancolie
et ces désillusions avec une guitare de travers sans
perdre le sens du tranchant, des compos qui racontent des histoires
et une section rythmique pour enlacer tout ça avec souplesse
mais fermement. Et par là-dessus, entre et par derrière,
vous avez le chant. On avait noté déjà
quelques limites avec Jubilé, mais dans le fatras, les
dissonances et l'attitude punk, ça passait. Dans une
musique plus épurée, cette voix souffle le chaud
et le froid. Si on ne peut lui reprocher de tenter de varier
les effets et ne pas tomber dans la monotonie, le résultat
est encore loin d'être concluant. Quand le chant part
dans les graves et qu'il n'essaye pas d'en faire des tonnes,
la musique fait un tout. Ca se gâte quand ça part
dans les aigues, dans les miaulements, gémissements,
minauderies ou des cris manquant singulièrement de coffre.
L'hystérie gratuite, ça crispe. Vous avez donc
des morceaux comme Really assez symptomatique du bon
et du désastreux. Entre la complainte punitive convaincante
et effets ridicules d'un chanteur qui gagnerait à plus
de simplicité au lieu d'aller au-delà de ces moyens.
Ou sur Layer, alternance d'un chant qui semble être
mégaphoné (façon Hems, une voix à
creuser) avant de subir des jappements moins heureux. Ou pour
finir, le What is fiction qui n'est pas loin d'être
le pendant stressant du Nein Nein! de Jubilé.
Sinueux et piquants, les six morceaux (voir cinq et demi puisque
17 sec ne dure que
17 secondes) de ce nouveau Jokari
ont le coup de raquette solide, rusé et excitant mais
on sait bien qu'à ce jeu là, c'est l'élastique
la plus fragile et elle n'est pas loin de péter à
plusieurs reprises à cause d'un chant défectueux.
Et je n'irais pas chercher la balle.
SKX
(03/12/2010)
website
groupe www.myspace.com/jokari
website
label www.boomboomrikordz.fr
| katatak.fr
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Jubilé / Ntwin
On-mo-no / Old Man - Split Lp
Boom Boom Rikordz / Katatak 2009
Ce sont deux groupes inconnus qui font chauffer la platine aujourd'hui.
Deux groupes qui n'en sont pas à leurs débuts discographiques
mais même l'énoncée de leurs patronymes n'évoque
pas la moindre once d'un début de souvenir. Un secret bien
gardé et le plaisir de constater qu'en France émergent
toujours des groupes perpétuant un certain état
d'esprit noise-rock. D'un coté le duo Stéphanois
de Jubilé qui fait penser à un autre duo de Marseille,
Binaire, de part leur énergie juvénile et l'attitude
punk qui va avec, Binaire qui sont à l'origine de St Etienne.
Et de l'autre coté, le trio marseillais Ntwin qui fait
penser à un rock-noise un poil plus au nord que St Etienne,
l'ennemi de toujours, Lyon, et sa musique plus cérébrale
et froide. Les origines se croisent, les influences se perpétuent,
on s'y perd, on s'y retrouve mais la logique est implacable. C'est
la french touch du noise !
Avec Jubilé, ce sont six titres qui vont droit au but (Marseille
en est vert de jalousie), à grands coups de notes bloquées
en mode répétitif pour bien vous peler les nerfs,
le summum étant atteint avec Nein Nein !, le dernier
des neufs titres. Les huit d'avant n'auront pas perdu de temps,
écorcher les oreilles avec le minimum syndical d'idées
mais exploitées au maximum. Le potentiel des laborieux
au profit de la masse sonore taillée au plus vif, cacher
la misère par un surplus de férocité et une
bonne couche de frénésie à l'instar de Pneu,
pour rouler sans encombre sur le bitume d'une noise décomplexée
prête à fêter son Jubilé.
Tourne le vinyl et augmente le volume. Problème de potard
à Marseille. Une fois le volume adéquat trouvé,
les trois Ntwin (qui ne sont pas des jumeaux) se mettent au niveau
de St Etienne. On peut même avancer qu'au niveau compos,
c'est la barre au-dessus. Les idées ne fusent pas à
la minute, ça n'a rien de complexe, les deux premiers titres
(Mille Grammes et Clic clic) sont fait dans le même
moule, troublant, mais dans la gestion des efforts, Ntwin soupèse
et marque les contrastes, particulièrement entre la voix,
sorte d'hurlement restant au fond de la gorge, jamais loin de
la folie et la musique, plus retenue, épurée. Au
contraire de Jubilé, c'est joué dans une fausse
lenteur, une tension sous-jacente, une froide rage, quelquechose
de mélancolique et rêche à la fois, répétitive
aussi, renvoyant aux années 90 et Lowercase.
Pas sûr que ce soit fait exprès.
La spontanéité de Jubilé qui vous saute de
suite à la gorge contre le noise-rock de Ntwin qui s'insinue
lentement dans les veines. Un choix parfait qui vous fait passer
d'une face à l'autre sans problème (ne pas oublier
de rebaisser le volume quand vous repassez à Jubilé)
et ouvrir cette magnifique pochette sérigraphiée
par Le Dernier Cri et les dessins lunaires de P.
Guy.
SKX
(02/05/2010)
website
groupe www.myspace.com/jubil
| www.myspace.com/ntwinband
website
label www.boomboomrikordz.fr
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