BAKAMONO
"
long time cain " - CD
Super 8 records 96
Suivant
l'adage "mieux vaut tard que jamais", une chronique
de cet album de 1996 avec Bakamono dans le rôle des groupes
pointant sur la longue liste des "portés disparus"
alors qu'ils s'acharnent à sortir des disques dans un anonymat
royal! Donc, soit! 3 ans de décalage pour cet album qui
fait suite à un 1er psychédéliquement noise
et prometteur. Et sont-ce justement ces 3 années, ce temps
qui coule inexorablement, impitoyable, ah! oui mon grand toi,
mon grand tout, qui donne un reflet jauni à ces 8 titres
? Parce que, bon, comprenez, ya rien à jeter là-dedans,
excepté un longuet morceau de 10 mn qu'a trop pris de substances
illicites! Vous avez le droit au contraire à de véritables
morceaux de bravoures. "Smooth Surface" et son intro
de basse vrombissante, "Ms Pac Man", petit tube rutilant.
Ou encore "SMD", instrumentale version moite et diluée
d'un Trumans Water, groupe dont on pourrait le plus les rapprocher
sans que cela soit flagrant. Juste une façon de partir
en couille, expression prise dans son sens positif, d'amener les
guitares des des affres spatio-temporelles et artificielles. Donc
le temps a fait son uvre mais sommes toutes, c'est pas bien
méchant. Guettons plutôt leur 3ème album,
qui à l'heure où je tape ces lignes, pointe le bout
de son nez. Et cette fois-ci, ils n'auront pas le décalage
pour excuse....
SKX (03/08/1999)
|
BAMBI
DAVIDSON
"
el flaco " - CD/LP
blu Noise CD / 12 Pylons LP 00
Un
duo d'attaque pas franchement fréquent. Les armes proposées
: une batterie et une guitare. Et ne croyez pas encore une fois
à l'énième groupe instrumental, le guitariste
sait donné de la voix sur une bonne partie de ce 1er album.
Le champ de bataille : une guérilla entre gens civilisés,
un duel à peine miné avec ses grenades à
fragmentations et ces cessez-le-feu, le tout arbitré par
la voix de Robin van Velzen (ex-Megakronkel). On navigue sur les
plates-bandes de DK3, voir Don Caballero lesté de moitié,
des bavardages guitare-batterie où le ton reste modéré
mais complémentaire et qui reste bien foutu dans l'ensemble.
Mais ça reste assez convenu, sage sous des dehors improvisés.
En fait, le hic, c'est la voix ! Quand elle est narrative pour
raconter ses petites histoires de la vie quotidienne, on reste
assis. Par contre, quand elle s'élance dans des joutes
plus lyriques et chantées, ça crispe et tombe comme
un cheveu sur la soupe. Une voix qui cadre mal avec la musique
dans une démarche originale qu'on ne peut pourtant qu'encourager.
Une fois la bataille terminée, ça reste mitigé,
un je-ne-sais-quoi de folie qui manque, de beaux moments gâchés
par des plans bancales mais au moins, ça le mérite
de sonner personnel !....
SKX (24/07/2000) |
BARBARO
"
s/t " - CD
Polterchrist/Curve of the earth 99
Ca
commence tout doucement. Quelques accords mélancoliques.
Une voix féminine qui arrive sur la pointe des pieds, vous
attrape au passage. Le décor prend forme. La scène
se durcit. Les accords plus violents. La rythmique débarque.
Le piège se referme. A l'image de ce morceau d'ouverture,
les 7 titres du trio Barbaro (origine : Boston) s'insinuent en
vous au fil des écoutes, la mayonnaise monte crescendo
et sans finir sur les rotules, la douce sensation d'avoir découvert
un nouveau groupe fort prometteur. Avec deux pôles aussi
attractifs que différents : de sombres moments où
s'étalent toute la misère du monde et d'autres où
c'est la guerre. Ou la demoiselle, une certaine Meaghan Mclaughin,
vous berce pour mieux vous en coller une derrière l'oreille
juste après. Comme son compère Andrew Schneider,
pas avare non plus pour pousser la chansonnette ou éructer
dans les règles. Pris entre deux feux. Entre la douce et
aigre tension sous-jacente à la COME et les déflagrations
implacables à la Slughog (où sévissait le
Schneider cité quelques lignes avant), combo noise-rock
monstrueux injustement méconnu qui nous renvoie 6 ans en
arrière. Tour à tour charmeur et lourdingue, Barbaro
la joue fine et montre un beau potentiel. D'ailleurs Hydrahead
records ne s'y est pas trompé et vient de sortir un 45.
Laissez vous tenter. (PS : je remercie au passage Thibault "Brazen"
pour la fine recommandation).
|
BELLINI
"
Snowing sun " - CD
Monitor 02
Nouveaux
venus jetés en pâture mais pas des débutants
pour autant. Deux ex-Uzeda, groupe italien (sicilien pour être
précis) et premier groupe européen en leur temps
à avoir signé sur Touch and Go. Et la star de ces
dames, Damon Che, ex-Don Caballero, solidement campé derrière
sa batterie. Du beau linge comme on dit familièrement,
rencontrer au gré de concerts en commun. Certains s'égarent,
disparaissent. D'autres reviennent, montrant du doigt un point
commun dans l'espace. Irréprochable jeunesse dans leurs
nouveaux habits, taillés dans le tissu le plus simple.
Le Che s'est à peine calmé. Les vieux démons,
alors qu'il se prenait pour l'homme-pieuvre, sont continus, sous-jacents
puis éclatent au grand jour. La paix désirée
emprunte de savants corridors enfiévrés. Trouble
cheminement, loin des fracas du passé. La maîtresse
de cérémonie chante son blues, grave ou à
bout de nerf, se fracasse sur une rythmique omniprésente.
C'est Love Life qui se tamponne à Shellac. Un rock paré
de sombre, électrique sans être violent, qui s'attarde
avec bonheur vers des ballades aux noirs sentiments. La fièvre
est trouble, changeante. La batterie s'arrête de cogner,
un accordéon soulève la poussière, la guitare
s'illumine. L'agitation nerveuse de l'ensemble, son aspect rugueux
et diaboliquement rythmique pour un album révélant
un tas de fissures dans lesquels il est bon de s'y glisser. Depuis
Damon Che a changé sa direction et c'est le batteur de
Girls VS Boys qui prend la relève. La roue continue de
tourner.
SKX (25/02/2003) |
THE
BETTER THOUGHTS TO COME/HOT SCONE
"
Société de figurants " - split 10"
Shinya / Jason R. / E.S.B. / L.O.F. 03
Amusante
pochette rose bonbon où les play-mobils accueillants ne
laissent en rien présager de l'horreur qui se trame derrière.
The Better Thoughts to come a posé ses guêtres à
Reims et leur hardcore chaotique et ulta-véhément
tient le haut du pavé. Tous les paramètres du style
sont parfaitement maîtrisés et exécutés,
la production est une vraie déflagration. Ca déboule
de tous les cotés. Les passages chairs à canon ne
sont que mieux amenés grâce à de sombres moments
tout en retenue. Si vous aimez autant la sourde puissance de Catharsis
que les tremblements convulsifs d'un Converge, je ne saurais trop
vous conseillez les quatre titres de The Better Thoughts to come
qui vont à coup sûr en drainer plus d'un(e) sous
leur déluge. Avec Hot Scone, on reste à l'est, direction
Nancy. Un degré de plus dans l'échelle de l'horreur.
A condition de ne pas lire les paroles qui concours certainement
pour le Pullitzer. Pour rigoler en famille, jetez un il
sur " the essence of dick ". Excepté ce trait
d'humour, Hot Scone a la main lourde. Le registre chaotique est
toujours d'actualité avec la légèreté
d'une division blindé montant au front. C'est presque trop
et contrairement à The Better Thoughts to come qui savent
faire respirer leurs compos, Hot Scone fonce tête baissée
et évite la chute de justesse. Ca reste pas moins efficace
sur une courte durée, bicarbonate au petit déjeuner.
Offrez vous des play-mobils à Noël. Avec la dinde
et un peu de moutarde, ça passe très bien.
SKX (12/11/2003)
|
BHANG
DEXTRO
"
elcona II A " - CD
Radio Controlled 00
Ouah
! Trop, c'est trop serait-on tenter de dire ! Les groupes qui
se sont inspirés des travaux d'Albini, c'est légion
! Mais la plupart ont au moins la décence de bien le camoufler
et de proposer une alternative. Pas toujours salvateur mais c'est
toujours ça de gagner. Bhang Dextro, trio allemand, ne
fait pas le malin et ne cache rien. Tu seras Shellac mon fils,
c'est pas la peine de discuter. Surtout toi le bassiste. J'exagère
un tantinet sans doute. Sur les 16 titres, y'en a bien 3, 4 qui
s'égarent de la ligne directrice. Et le son n'est pas aussi
glorieux. On parvient parfois à oublier la bande du grand
maigre et brun de Chicago. Certaines mélodies se savourent,
tranquilles. Mais l'ombre de Shellac reste omniprésente
dans les rythmes, les breaks, trop c'est trop j'vous dis ! Si
encore ils avaient pu nous rendre une copie plus brillante que
l'originale.... A l 'écoute du dernier Shellac, c'était
pourtant pas dure. Mais même pas. Pour les accros qui en
sont venus à se piquer dans l'orteil.
SKX (17/08/2000)
|
BHANG
DEXTRO
"
record N° 5 " - 7"
Rex Rotari records 98
"
Allemagne über alles " pourrait-on reprendre en choeur
ces derniers temps. Et si ce disque est profondément tamponné
US, estampillé Chicago sound, leur savoir-faire reste étonnant
de maîtrise. Que les accros à l'Albini (parti se
faire sodomiser par Jimmy Page), les déçus du Shellac
(vieux groupe vivant de ses rentes) s'enlèvent les doigts
du cul, Bhang Dextro reprend le flambeau, passant l'oral haut
la main. 4 titres parfaits de précisions rythmiques. Ein,
zwei, drei ! Et le tour est joué, on y voit que du feu
!
SKX (20/04/1999)
|
BIG
NUMBERS
"
spectrum " - CDEP
Frog Man Jake 02
Big
Numbers, groupe new-yorkais, après un CD sept titres, trouve
la force de sortir un nouvel enregistrement encore plus petit,
par la taille uniquement. Un CD mini que je sais pas combien de
pouces il fait, mais ya tout ce qu'il faut à l'intérieur.
Big Numbers continue ses travaux noise de fins escrimeurs, la
pointe moucheté mais la cible atteinte en plein milieu.
Une approche de plus en plus éclatée de la distorsion,
des guitares tranchantes encore mais plus épurées.
Des rythmes qui ne partent jamais. Et toujours cette voix, seule
instrument qui met vraiment la pression sur les articulations.
Trois titres pour une musique sans début, sans fin. Narrative
et vraiment attrayante. On espère seulement que la prochaine
fois, la taille sera à le hauteur du contenu.
SKX (21/06/2002) |
BIG
NUMBERS
"
now, everything " - CDEP
Frog Man Jake 01
Big
Numbers vit dans le nerf. En six titres, mes compteurs se sont
affolés. Une révélation en provenance de
la grosse pomme, qui même amputée, continue de nous
déverser plus que jamais sa folie quotidienne, ces névrosés
du bruit blanc. Ce White Noise donc est claquant, déchiqueté
des muqueuses. Un acier très fin et chauffé à
blanc. Je pèle mon crâne. Des regards de lame, leurs
bouches minces crispées. Big Numbers pratique une noise
fine et urgente, servie par une voix totalement attirante, pleine
et intense qui fait beaucoup à la réussite de ce
groupe. Ils ont compris beaucoup de choses et retirent d'un héritage
très bien digéré, situé, en gros,
entre Big Black et Wire, un petit bijou épileptique et
intelligemment conçu. A adopter sans compensation.
SKX (20/11/2001)
|
BIG'N
/ OXES
"
s/t " - split CD
Box Factory records 99
On
n'y croyait plus. A vrai dire on ne se posait même plus
la question! BIG'N, après 3 ans de silence, ressort 3 titres.
Fonds de tiroirs dépoussiérés ou réels
nouvelles compos, le mystère reste entier. Et qu'importe
d'ailleurs! Ne boudons pas notre plaisir, Big'N est plutôt
du genre économe. Et conservateur sur les 2 premiers morceaux.
Noise = Chicago, vous sentez d'où vient le vent. Rythmique
ultra-carée, sobre et puissante, la pièce maîtresse
dans laquelle se moule la guitare, toujours discrète. Et
cette voix, véritable marque de fabrique du groupe, du
fond de la gorge, rageuse, cassée, intense. Et après,
Big'N part au champ. Imaginez donc! Un morceau de 8 minutes! Avec
de l'harmonica en plus au beau milieu dans le break. Ca de quoi
effrayez et pourtant c'est le plus réussi. Post-rock, noise
répétitif, Big'N sort le grand jeu et nous font
la totale. Epatant. Et quand je vous dit que le meilleur reste
à venir, vous allez pas me croire! Car la véritable
bombe, c'est ce jeune groupe de Baltimore, Oxes. Des petits bleus
qui vole à des hauteurs pas permises. Ca cadre entre Colossamite
et Don Caballero, avec un brin de Big'N dans la voix. Ces 3 titres
sont royaux, tapis rouge facile. C'est unique et renversant. Pourvu
qu'ils soient plus prolifiques que Big'N. Ca finit par un sample
de conversation téléphonique. Comme sur le dernier
album de Big'N. La boucle est bouclée. Et cette chronique
terminée.
SKX (26/11/1999) |
|
BLACK
CAT #13
"s/t" - 7"
King of the Monsters 00
La
chasse au chat noir est ouverte. Affublé d'un numéro
13, elle risque de devenir périlleuse. D'autant que le
chat est excité. Voir la chatte, brûlante sur un
toit haut perché. Une voix féminine qui rappelle
Melt-Banana dont Black Cat #13 partage également le même
sens de l'égalité des sexes : 2 filles, 2 mecs.
Et un amour pour les compos brèves, bruyantes et trépidantes,
soutenues par quelques claviers du plus bel effet. C'est frais,
bien enlevé sous une bonne couche de bruit et relativisant
comme mille langues râpeuses vous caressant l'épiderme....
Si vous n'êtes pas superstitieux, bondissez sur ce 4 titres
!
SKX (02/06/2000)
|
BLACK
DICE
"
s/t " - 7"/10"
Gravity / Troubleman 00
Mauvaise
pioche ou tirage au sort favorable ? Les dés noirs jouent
avec le feu et se retrouvent aussi bien du coté du marteau
que de l'enclume. Sur leur 45 tours où défilent
6 titres, soit on crie au punk bruitiste de génie, au jeu
du rien-à-foutre-de-ce-que-tu-penses, je torche tout et
basta. Soit on hurle au n'importe quoi, moi aussi je peux le faire,
c'est nul ton truc, pas de quoi en faire un disque. Entre les
deux, mon cur balance. Je comptais sur leur tout dernier,
un 25 cm chez Troubleman Unlimited, agrémenté d'un
livret tout en couleurs, pour y voir un peu plus clair. Mais le
yin et le yang dicte toujours sa loi. Une face noise arty comme
un seul morceau plein de larsens, de bourdonnements, d'éructations,
de grincements de dents, les sillons en prennent plein la gueule.
L'autre face, on pense qu'un soupçon de normalité
va vous étreindre, on le pressent, la roche brute se taille
d'un morceau presque identifiable et alléchant, les cris
et les larsens s'apprivoisent, l'énergie se canalise. A
peine le temps de se retourner, ça s'achève sur
une longue note répétitive à l'infini. Black
Dice, un groupe excessif, le bruit pour simple raison d'exister,
punk dans l'âme. Le bruit pour le bruit. Mais faudrait pas
que la blague continue trop longtemps ! Et on a toutes les raisons
d'espérer.... (Un autre single est sorti sur Vermin Scum
records).
SKX (26/09/2000) |
THE
BLACK HEART PROCESSION
"
between the machines / after the ladder " - 7"
Suicide Squeeze 01
The
Black Heart Procession nous gâtent. Non content de sortir
des albums qui font le bonheur des petits et grands, BHP disséminent
des graines dans les contrées les plus reculées.
Des labels qui sont même pas sur la carte. Drôle de
politique pour un groupe, un poil reconnu tout de même,
de sortir des morceaux sur d'obscurs labels à la distribution
très aléatoire. C'est tout à leur honneur!
Car en plus, ce ne sont pas des fonds de tiroirs. Après
le 45 "lssr/the hideway" qui valait son pesant de cacahuètes,
Pall A. Jenkins et sa bande fête Noël avant l'heure,
distribution de cadeaux avec ce titre magnifique "between
the machines". On nage toujours dans des profondeurs de mélancolie
mais illuminées de l'intérieur et un parfum sourd
de Leonard Cohen. La mélodie au piano est irrésistible.
L'autre face est plus 'enjoué' (comme si une chanson de
BHP pouvait être enjouée)... Disons que le rythme
est plus enlevé mais on ne tordra pas les gondoles pour
autant. A la vie, à la mort!
SKX (27/11/2001) |
THE
BLACK HEART PROCESSION
"
lssr " - 7"
Speakerphone 01
Le
cur repeint en noir, c'est aveuglément qu'on rentre
dans la danse de toutes les nouvelles balises jetées par
The Black Procession. Ces deux titres inédits vont illuminer
plus d'un radeau en détresse déjà voué
à leur cause. Black Heart et ces ballades amères
ne laissent personne indifférent. Musique intemporelle,
intimiste et puissante. Force de suggestion énorme. Dixit
Pall A Jenkins, crooner du groupe, "lssr" est une de
leur meilleure chanson jamais écrite. Je ne suis pas loin
de le croire. Un rythme synthétique berçant une
mélodie poignante, cette voix qui vous enveloppe de noir,
ce piano qui fait tomber les derniers remparts. C'est la fonte
des neiges. L'autre morceau, "the hideway" est également
une grande chanson. Sa trompette qui tisse la mélodie centrale,
le rythme légèrement ivre et fatigué, tout
s'envole, tout titube. La magie Black Heart Procession encore
à l'uvre. (A noter la sortie couleur de ce vinyle
sur Rocket Racer records contre la version noire de ce label suédois
Speakerphone et limitée à 500 exemplaires).
SKX (02/10/2001) |
BLAKE
"
s/t " - Lp
Blue Skies Turn Black/The Mintaka Conspiracy 01
(blueskiesturnblack@hotmail.com)
BLAKE
a tout du groupe posthume. Repéré en des temps reculés
par un 45 sur Spectra Sonic Sound, ce trio aussi canadien que
son label était parti casser de la glace dans le grand
nord. Deux labels se sont mis en chasse et sortent conjointement
un album à deux vitesses. Une face date de 1996. L'année
de la vitesse. Le batteur en figure de proue, qui donne l'impulsion,
un nerveux de la caisse claire, une dynamique affolante, noise
fine et énergique sans saturations, qui n'est pas sans
rappeler les grandioses Table. Entre temps, Blake se paye un coup
de fatigue. C'est la face 1999. Le rythme se ralentit. Le chant
se fait plus présent. On perd de l'influx. Sans être
refoulant, cette face fait entrer Blake dans le rang et on se
dit que, si c'était pour continuer sur ces routes fréquentées,
ils ont aussi bien fait de repartir casser de la glace. Reste
une face six titres et un vieux 45 pour les indécrottables
de la perle rare à dénicher absolument.
SKX (01/10/2001)
|
THE
BLOOD BROTHERS
"
march on electric children " - Lp
Three One G 02
The
Blood Brothers coule à flot dans le moindre sillon. Ca
dévale la pente, se répand dans chaque interstice
crée par des lésions multiples. Petits cataclysmes
de la vie quotidienne. Le hardcore de The Blood Brothers rock
autant que celui de Botch ou Song of Zarathustra. Autant dire
qu'il n'a plus grand chose à voir avec l'origine du style,
que l'effervescence perpétuelle a engendré des vaisseaux
innombrables. Et le hardcore de The Blood Brothers est très
volubile. Ca vous vient de tous les cotés. Des rafales
de batterie, des guitares qui ne laissent aucun répit.
Et surtout le chant. Ou plutôt les chants. Des duettistes
qui vrillent la tête, notamment le chant principal. Criard,
geignard, voir nasillard, je bloque carrément. Je n'ai
pas pour habitude d'accorder grande importance aux voix mais là,
trop c'est trop. On aimerait que ces voix la mettent parfois en
veilleuse, qu'elles laissent respirer la musique et laissent tomber
leur cynisme. Et c'est tout un symbole. The Blood Brothers en
fait trop sur ce deuxième album. On a beau noter des passages
alléchants, à fond sur les manettes bien sûr,
mais vraiment trépidants, on perd rapidement le fil de
l'histoire. Ca manque de rebords auxquels s'accrocher, d'angles
droits histoire de voir des horizons différents, des mélodies
pour digérer. Une ligne droite perpétuelle, bombardement
tous les deux mètres et à la fin, un bon gros mur
contre lequel on s'écrase. On a rien vu du paysage, la
course poursuite a tellement été effrénée
qu'on en ressort vide et fatigué. Ce disque me laisse perplexe.
Il a tout pour me plaire et pourtant, il risque fort de prendre
la poussière.
SKX (22/08/2002) |
BLOW
UP
"
s/t " - CD
The Blood of the young 01
Il
porte bien leur nom! Blow Up. L'explosion. La dilatation des neurones.
La tornade en 25 minutes chrono et 13 titres sur la crête
du volcan. Avec l'inévitable synthé comme dans tout
bon groupe hardcore actuel qui se respecte! Et des rythmes en
pagaille. Batterie normale couplée à des rythmes
aux sonorités métalliques. The Locust pour la rapidité
d'exécution. Arab On Radar pour l'araignée dans
la plafond. Song Of Zarathustra pour le punk moderne qui sommeille
en eux. Voix scandée et méga-hurlée. Bizarrerie
passagère ou franc du collier, ça caresse pas dans
le sens du poil. Le mec aux claviers s'en donne à cur
joie, balance de méchants sons ou alors fait carrément
le guignol. A l'arrivée, on en sort bien fatiguer. Ca en
vaut bien d'autres. Ils connaissent les gammes de la folie sur
le bout des doigts. Mais tout ce bruit pour rien.... Cette tornade
manque d'âme. Tout ce fracas tourne en rond. Ca passe par
une oreille, la nettoie bien de l'intérieur certes, mais
ressort de l'autre aussi vite que cette musique est jouée.
Une explosion aussi passionnante qu'un feu d'artifice. C'est bien
sur le moment mais sans lendemain.
SKX (31/01/2002)
|
BOOK
OF DEAD NAMES
"
The story unfolds " - CD
The Blood of the young 02
Ce
groupe porte son nom à merveille. Le livre des morts. Un
ramassis d'éclopés qui ont tous sévis, où
sévissent toujours, dans des tonnes d'autres groupes, en
tête duquel on retrouve Song of Zarathustra. L'histoire
est floue. Le Book of Dead Names est porté disparu régulièrement
sans que l'on sache vraiment si ce groupe existe toujours. Cet
album lui-même semble avoir été conçu
ya 2/3 ans mais n'est sorti qu'en 2002
. Un groupe de fantômes
à géométrie variable. Une chose est sûre,
c'est que le chanteur de Song of Zarathustra et au moins un autre
membre figurent au panthéon de ce projet. Et si vous avez
pleurez sur la mort de SOZ, réjouissez-vous, cet album
vous donne une seconde chance de verser vos larmes ! C'est tout
pareil mais sans le synthé et je me demande d'ailleurs
si c'est pas meilleur que SOZ
C'est pour dire ! Un hardcore
rock'n'roll particulièrement énervé, droit
au but, un minimum de temps mort. Tension constante. Les défenses
sont dérisoires. Avec des roulements de batterie à
faire pâlir une avancée de chars. Et des refrains
qui vous font tomber le râtelier, des décrochements
en pleine tempête qui font chavirer les curs. Song
of Zarathustra, Book of Dead Names, même combat. Avec une
telle vitalité, on est pas prêt de les enterrer.
Tremblez dans vos tombes, l'écho de leur musique retentira
des années durant.
SKX (12/03/2003) |
BOTCH
"
An anthology of dead ends " - CD
Hydrahead 02
Le
baiser de la veuve noire. L'ultime cadeau qu'on n'aurait jamais
souhaité en guise d'adieu. Tant d'espoirs sanctionnés
définitivement en six malheureux titres. Allez vous faire
pendre ailleurs. Botch, c'était le renouveau du rock. Tout
le contraire du besogneux. La transcendance des genres. L'ultime
pont jeté entre les hardcore kids de base qu'ils étaient
à un truc musicalement devenu riche et intense. L'ouverture
d'esprit au service d'une musique complexe et limpide à
la fois. Du sang plein les mains. Du cur et de la finesse
sous leurs allures de faux durs. Noise, rock, expérimentale,
tout à la fois. Un guitariste qui en a soufflé plus
d'un sur scène par son jeu fracassant et plein de risque.
Avec Botch, on tenait là des fers de lance pour faire avancer
la grande machine dans le bon sens. Alors ils nous restent ces
six morceaux pour pleurer. Six titres au nom de pays. Où,
bizarrement, la lettre " n " s'est muée en "
m " (Spaim, Framce, Vietmam
). Les plombs sautent. On
tient du Botch dans la grande lignée de leur album incontournable
" We are the romans ". A l'assaut des murs, clairvoyants
et percutants. Ca l'air si simple avec eux. Chaque coup fait frémir
et succomber. Les deux derniers morceaux sont symptomatiques de
l'ambivalence grandissante de Botch. Et la cause de leur perte?
Entre la douceur maladive d'un piano de " Afghamistam "
et la déflagration tous azimuts de " Micaragua ".
Comme si il ne pouvait plus avoir de réconciliation possible
entre l'eau et le feu. Que le champ musical ouvert était
devenu trop vaste pour une solution consensuelle. Ou alors rien
de tout ça, on passe son chemin. Dorénavant, méfiez-vous
des contrefaçons.
SKX (22/01/2003)
|
BOTCH
"
American Nervoso " - Lp
Hydra Head records 98
Au-dehors,
la pression s'accélère. American Nervoso, grand
album. Riche, original, créatif. Autant Converge qu'Unsane.
Et rien de tout ça à la fois. Hardcore suintant,
riffs durs se confrontant à un monde bruyant, ne pas oublier
d'où vient le rock, des riffs un tantinet plus calme, voir
piano et un hit fédérateur, simple et lumineux comme
"Dali's Praying Manti". Multiples titres commençant
leurs folles rondes par une approche frontale, riffs imparables,
sortir de son enveloppe corporel "("John Woo",
"Thank god for Workers bees") avant que les structures
disparaissent, nous échappent dans les méandres
de cerveaux torturées. Fins de morceaux méconnaissables.
Le serpent ne se mord pas la queue. On s'y perd. On en redemande.
Des idées à tous les étages. Un vrai souffle
d'air pur et costaud, quelque soit la face cachée par laquelle
on aborde ce sommet. Pièce maîtresse incontournable.
SKX (19/10/1999) |
BOTCH-KNUT-ANANDA
"
Live in Rennes " - 10
Mosh Bart Industries / Overcome 00
Le
17 novembre 1999. Date dont l'écho résonne encore
à Rennes avec un plateau poids lourd, Neurosis tout en
haut de l'affiche. Pris sur le fait en pleine débauche
scénique, trois groupes. Un instantané de la soirée.
ANANDA, sur lequel je passerai vite. Leur musique sur album m'a
toujours laissé indifférent et sur scène,
idem. Comme un manque d'ampleur, une puissance qu'on pressent
mais qui ne décolle pas. Avec les Suisses de KNUT, les
jambes commencent à se dégourdir, les têtes
frappées les genoux, tics nerveux. Carré, vif, metal-core
millimétré et impressionnant, c'est Zeni Geva dans
votre salon à saloper partout. On garde le meilleur pour
une face à eux tout seul. Les américains de BOTCH,
les rois de la scène. Troboscopes (bon, c'est vrai, sur
disque, ça se voit moins), présence scénique
mortelle, guitariste le pied derrière l'oreille, maestria
des effets, un vrai jeu noise, tout en désaccord et en
larsens. Ces ''transitions from personna to object'' et ''hutton's
great heat engine'' en témoignent. Fin de morceaux en free,
le fauve est lâché, à moi la meute, plein
les oreilles. Du vrai live, avec sa part d'imprécisions,
des notes qu'on entend pas sur disques, bref, quelquechose d'inédit
et un plus indéniable par rapport à leurs albums.
Avec une qualité d'enregistrement parfaite, c'est une raison
suffisante pour se procurer ce morceau de disque très vivant.
SKX (16/11/2000)
|
BOTTLED
OG
"
Golden Hits: Northern California Music-Industrial Complex "
- CD
Autoproduction? 02
L'aboutissement
d'un parcours erratique. Débutée avant le déluge
(1995) avec un membre en plus (une fille exit ), l'histoire de
Bottled Og prend ici son véritable envol avec ce premier
album sous une formation et une motivation nouvelles. Une histoire
dans l'anonymat le plus complet, qui se résumait à
leur Midwest natal mais qui a au moins le mérite de révéler
ce groupe en pleine maturité. Vaches maigres et tâtonnements,
c'est du passé. Obstination, endurcissement, le pas franchi
est un pas de maître. On peine à rattacher cette
musique à un univers connu et ce n'est pas la moindre de
ses qualités. Vaguement noise, les personnalités
de ce groupe ont suffisamment ouvert les oreilles à tout
vent pour se laisser épingler une étiquette quelconque
sur le paletot. Le groupe auquel on pense en priorité,
c'est Zulu As Kono. Des malins qui sans l'air d'y toucher impressionnent
son monde. De la noise qui ne joue pas dans la cour du bruit,
à grands coups de moulinets et de larsens dans les tympans.
Pas de batterie en rafale mais une tension de tous les instants,
des mélodies acerbes, un mur de finesse entre deux guitares
bien acérées. Etrange et beau à la fois.
Sicbay, Trumans Water, Tom Waits, la panoplie est alléchante.
Des compos qui respirent, des titres énormes ("bury
the hatchet", "infilate me", "barry the hatchet"),
cet album est une vraie bonne bouffée d'air frais et ce
groupe une révélation à s'emparer vivement.
SKX (03/04/2002) |
BOZART/WICKETRAN/ROGUE
STATES
"
split CD " - CD
Snackbag 01
Une
histoire de couple. Libre et échangiste. D'un coté,
Bozart. Duo guitare-batterie. De l'autre, Wicketran, autre binôme
mais basse-batterie. Habituées à se confronter lors
de nombreux concerts en commun et développant des atomes
crochus, les deux pairs se mettent à la belote et forment
un troisième groupe Rogue States. Le fruit de ces entrailles
incestueux est ce CD où chaque formation propose deux titres
inédits chacune. Le math-rock dans tous ces états.
La part belle aux dynamiques risquées et aventureuses.
Surtout Bozart dans un registre lavé de tous soupçons,
sans dissonance mais rigoureux, sans faille et très agile.
Avec Wicketran, c'est déjà plus sale sur soi. La
basse déterre les cadavres. La batterie les remet en bière.
Chouette duo! Et pour la partouze finale, c'est le batteur de
Bozart qui prend la seconde gratte. Tout de suite, ça rock
plus sévère, prend les espaces et file en ligne
droite, lorgnant vers l'efficacité instrumentale d'un Oxes
rugueux. Je ne saurais vous conseiller leurs albums solo. "Frills
and flashy finery" pour Wicketran. "Kurth" et "Bunge"
pour Bozart. Sur la longueur, c'est une toute autre échelle
et ça vaut le coup de la grimper! En attendant, cet utile
split CD pour faire connaissance.
SKX (31/01/2002) |
BRASS
KNUCKLES FOR THOUGH GUYS
"
Noise man kills him " - CD
Divot records 98
C'est
dingue l'imbroglio pas possible qu'on peut sortir d'un simple
quator basse-batterie-guitares. Et oui toujours ce bon vieux quator
! Et le sang frais, par l'odeur alléchée, j'accours
! De rebondissements en larsens, de contre-temps multiples en
brèves râles d'écorchés, cet album
essentiellement musical - celle qui irrite et fait bouger les
membres de votre corps dans un sens défiant toute logique
- urge, jouit par tout ces pores, véritable pépite
noise, météorite incendiaire qui rallument la mêche
de toute personne un tantinet énervée par le calme
relatif du dernier Don Caballero. Tout en apportant fraîcheur
et entrain congénital ! Précis comme un scalpel,
cette frappe chirurgicale est sûre de faire des victimes
parmis les civils. (Et dire que c'est déjà fini
! La suite avec Hero of a Hundred Fights et American Heritage)
SKX (30/03/1999)
|
BRAZEN
"
Orphaned " - CD
Stickman 03
La
déception est à la hauteur de l'attente. Après
un magnifique maxi " as floods decrease ", on était
un paquet à miser sur les quatre Suisses. On avait bien
senti, que ce soit sur le mini split CD avec Kevlar ou en lisant
entre les lignes de bribes d'interview, qu'une certaine évolution
se ferait sentir
. Mais pas un tel changement radical ! Brazen
prend un virage à la Cave In et vire heavy-pop bien propre
sur elle. Ca me fait de la peine de dire ça, j'appréciais
réellement leurs débuts, mais là, c'est le
désert. De belles mélodies qui ne font naître
aucune émotion. Des vocaux éthérée,
nickel chrome et pâlichons. On croirait entendre Sugar.
Un produit de série sans âme. On a beau retrouver
sur quelques rares passages ("the straw ") les lustres
de leur court passé ou tenter de finir en beauté
avec le dernier morceau " thin lines " et son apothéose
bruitiste, la pilule est amer. L'évolution musicale pour
n'importe quel groupe est une bonne chose, voir quasi obligatoire.
Mais peut on encore parler d'évolution dans ce cas précis
??!! Ca ne rime à rien. Le groupe aurait pu changer de
nom, on y aurait vu que du feu. J'ai beau être ouvert d'esprit
mais cette évolution là se fera sans moi.
SKX (28/04/2003)
|
BRAZEN/KEVLAR
"
s/t " - double CD
Snuff 01
L'intérêt
réside d'abord dans l'emballage. Une vraie pochette surprise
modèle réduit avec deux mini-cds pour nain, format
que les lecteurs d'Abus Dangereux connaissent bien. Empaquetés
dans un bout de carton glacé et adapté à
la taille avec rabat aérodynamique, le label suisse Snuff
voit petit mais costaud. Pour toutes les personnes qui attachent
autant d'importance au dedans qu'au dehors, l'effort est très
appréciable. Et au dedans justement, il se passe deux inédits
pour chaque groupe. On commence par les suédois de Kevlar.
Je ne vais pas m'appesantir des lustres. Ces deux morceaux de
pop-rock très produits sont sûrement fait avec beaucoup
d'honnêteté et de conviction. Mais ça me secoue
autant qu'un reportage sur la chasse au gibier d'eau en marais
poitevin. A vrai dire, c'est Brazen qui a capté toute mon
attention sur ce bout de CD. Après leur grandiose cinq
titres, on attendait avidement tout ceux qu'ils voulaient bien
nous jeter en pâture. Et autant dire que Brazen ne regardent
pas dans le rétro. La partition évolue. On le sentait
pointer et confirmation avec ce "everlasting gestures",
ultra mélodique et mélancolique, au chant éthéré,
qui ne part jamais. Ambitieux et surprenant avant d'être
tout à fait convaincant. Mais la machine est en route.
Avec "statues and waifs", on retrouve le Brazen tel
qu'on l'avait laissé. Mélodique toujours mais hargneux
et abrasif, où on se noie avec plaisir dans l'ambiance
sombre et les structures marécageuses. Du Brazen grande
lignée. Un split bancal dans un packaging unique en son
genre. Faites votre choix!
SKX (09/10/2001) |
BRAZEN
"
vicious/fog " - 7
Autoproduction 99
Une
manière de se poser avec méthode, mine de rien,
d'installer l'ambiance avec doigté, vous aguicher avec
un refrain persistant, de lentement monter la pression et brillamment
s'imposer, se libérer des spasmes. Le tout est tendu, étouffé,
lourd et émotionnel dans un break identique. " Post-hardcore
" disent ces Suisses. En tout cas, ce 1er 45 a tout pour
vous mettre l'eau à la bouche.
SKX (12/07/1999)
|
BRAZEN
"
....As flood decrease " - 10
Autoproduction 00
Premier
contact. La pochette. Inquiétante sur fond gris vieillot.
Sa part de mystère attirante. Sobre et compact. Au-dedans,
ça jaillit avec force. 5 titres qui remplissent l'espace,
dense, on se colle au mur. Le son d'abord. Imposant, robuste et
riche, bruyant tout en laissant place à de nombreuses respirations,
de nombreuses lignes de guitares esseulées, toujours mélodiques
, annonciatrices de chaos. Et en son sein, une voix, noyée
sous le déluge. De la profondeur, du coffre, une production
humaine qui joue dans la cour des grands sans surenchérir
et se la péter gros bras. Après, plus qu'à
rajouter le cur. Des compositions sombres et torturées,
vindicatives et si proche de la chute. Se laissez massacrer par
" Throats to hear ", abrasif et tripant, se laissez
bercer par les surprenants choeurs toujours discrets et à
point nommé, ne plus bouger sur le calme début de
" the opening curse ", s'incendier sur des sommets d'intensité.
Un disque saisissant, à l'image de la pochette, avec un
grain énorme et attachant. Une musique palpable, avec du
corps. Appelez ça post-hardcore moderne, comme vous voulez,
mais c'est juste un putain de disque qui prend aux tripes, réussit
de bout en bout, puissance 10 fois mieux par rapport à
un 1er 45 déjà prometteur. Une putain de montée
en flèche chez ces 4 jeunes Suisses qui nous donne une
bonne raison d'apprécier ce nouveau millénaire !!
(A noter que la version CD sort d'ici un mois sur Snuff records).
SKX (03/05/2000) |
BREACH
"
venom " - Lp
Burning Heart records 99
L'hématome
risque d'être grand. D'un bleu sanguinolent. Et à
contre-courant. Pas assez (NY)hard-core pour les puristes, enfant
bâtard au sein de leur propre label. Mais encore trop bourrin
pour le noise-rockeux de base. Trop de déstructures pour
le bourrin primaire. Trop de métal pour l'eau pure. Trop
de tard pour être dans le bourre. Pas assez de tal pour
être dans le bain. Trop de blahblah pour corer dans le crin.
Ca craint. Alors nos orgueilleux suédois continuent leur
mutation, assimilent avec passion les nouvelles donnes (Neurosis,
Shellac, Dazzling Killmen...) pour transformer leur hard-core
basique d'une jeunesse à jamais révolue en une musique
travaillée dans le brut. Tous les éléments
du crime rassemblés. Avancer sans se soucier des clochers.
Zeni Geva et Neurosis ont entendu pire. BREACH prolonge les attaques
du précédent et grandiose " It's me god ",
sculpte dans le sombre, racle en profondeur. Ralentir dans les
virages et laisser la gomme du pneu sur l'asphalte dans des lignes
droites et suicidaires. Un bloc monolithique aux cavités
nombreuses et organiques. Une pièce essentielle à
votre collection d'art convulsif.
SKX (18/05/1999)
|
BREACH
"
godbox " - CDEP
Chrome Saint Magnus 00
(distro Conspiracy records)
La
boite à bon dieu. Un bon dieu tout noir et torturé
de l'intérieur. Sa face cachée enfin révélée
par Breach qui ne recule devant rien. Ses plus noirs desseins
enfin dévoilés au grand jour. Une boite mystérieuse
où vous n'aurez pas la révélation de votre
vie mais la continuité des solides travaux entrepris par
un des groupes phares de la scène suédoise. Et demain
le monde vu l'ampleur qu'ils commencent à prendre. Une
boite à 5 titres en attendant le reste des commandements
sur un album prévu au seuil de l'été. Cinq
titres denses, compacts, sombres, cet art de se situer à
la frontière de différents styles (noise, hardcore,
heavy-rock) sans y toucher, une manière brutale d'approcher
le son et d'y apporter son lot d'émotions par frappes chirurgicales.
Les dégâts occasionnés sont, comme dans la
vraie guerre, irrémédiables. On émettra juste
une réserve de circonstances sur leur habituel talent mélodique
plus obscur cette fois-ci. C'est qu'on deviendrait exigeant à
la fin ! Et Dieu dans tout ça ? !
SKX (13/03/2001) |
BREATHING
WALKER
"
s/t " - Lp
Vermin Scum 01
Bizarre
destinée pour ce disque. Des bandes ressorties dont ne
sais où. Un enregistrement mi-studio mi-live qui date de
1990 que Vermin Scum nous refourgue sous le nez 11 ans plus tard.
Un groupe mystérieux et qu'on dira culte vu la carte de
visite que trimballe Breathing Walker. Un groupe de jeunesse à
la durée de vie ultra-courte qui a vu les premières
armes des futurs membres de Moss Icon mais aussi Tonie Joy (UOA,
Born Against, Convocation Of...). Et le moins que l'on puisse
dire, c'est que cet effort de jeunesse n'a rien à voir
avec la suite de leurs productions. A se demander quel fût
le choc musical, le lien entre Breathing Walker et les avatars
punks bruitistes dont ils nous ont gratifiés ensuite. Breathing
Walker erre en contrées psychédéliques, évolue
dans de grosses fumées à la recherche du Velvet
Underground et d'une touche définitivement européenne.
Violons, percussions en sus de guitares aux sons clairs. Relents
Badgewearer, improvisations plus ou moins bien senties. Rythmes
hypnotiques, incantations vaudous d'un certain Jon Vance au chant.
Surprenant et loin d'être déplaisant, surtout les
deux titres de la face A. Dommage que le son soit maigrelet et,
qu'on ne s'y trompe pas, ça reste un truc de jeunesse dont
on aurait très bien pu se passer, avec son coté
bancal et pas toujours au point (les deux titres live sont pas
spécialement à leur honneur). A prendre comme un
témoignage touchant de la part de musiciens qui marqueront
la scène hardcore américaine de façon bien
plus conséquente par la suite....
SKX (20/06/2001)
|
BRIGHT
CALM BLUE
"
A direct approach for casual conversation " - CDEP
Level Plane 03
Danses
désarticulées et plaintes agressives, ces six titres
de Bright Calm Blue risquent de vous éreinter la moelle.
Un premier album (" Assymetry Set ") sous le bras et
l' évolution est déjà palpable. Faute à
un changement de chanteur mais pas que. L'envie de se démarquer
de la meute hurlante. De faire évoluer leur hardcore plein
d'émotions façon 400 Years en des terres éclectiques.
Ne s'épargner aucune voie, s'offrir une palette de sons,
de rythmes et de mélodies pour mieux perdre l'auditeur
et le cueillir à froid. Ou comment passer d 'un truc, certes
bien foutu mais classique, à un truc, certes classique,
mais encore mieux foutu ! Je me abricote. Ce " direct approach
" n'a rien d'un brûlot révolutionnaire et pourtant,
ce groupe de Lincoln (Nebraska) trace sa route, très finement
entre un tas de bornes connues, accouchant d'un rock revigorant,
à la texture complexe et néanmoins fulgurant. Les
voix se donnent beaucoup de mal, se dédoublent, débitent
presque comme Racebannon. Les airs sont immédiatement identifiables,
atout majeur de leur hardcore-rock passionné qui va drainer
plus d'un dans son sillage. Musique écartelée qui
tape large et les rend unique. Si ils continuent comme ça,
on n'a pas fini de parler d'eux !
SKX (15/09/2003)
|
BUG
"
Klotho " - CD
Interstellar 03
Bug,
c'est l' école du bruit, la branche historique, celle qui
aime jouer avec les volumes, les torturer, en foutre plein les
tympans, appuyer là où ça fait mal. Ces rythmes
qui martèlent. Ces grosses basses qui cognent (Cherubs,
Unsane). Etouffer sa proie. Ne pas offrir de répit. Broyer
avec tact mais broyer quand même. A l'image de la photo
intérieure du livret, cette vague, cette déferlante
entre deux massives falaises dont la résistance est attaquée
millimètre par millimètre. Je ne sais pas si vous
êtes un roc mais vous risquez d'être écrasé
comme une vraie merde. Bug, c'est autrichien (Innsbruck) et c'est
du solide. Difficile de rester de marbre et de ne pas se fendre
sous les incessants coups de butoirs. La voix est âpre.
Le marteau de l'enclume frappe encore et encore. Bug a écouté
les mêmes groupes noise que vous. Ils ont beau s'offrir
deux remix techno-hardcore-indus dont l'un (tribute to bad blood)
très limite, le fil rouge, c'est définitivement
le bruit. Le travailler au corps. Le sculpter dans ses moindres
recoins. Alors si vous aimez avoir la tête dedans et que
vous cherchez une suite logique à votre collection de disques
affiliés noise-rock, catégorie poids lourd, choisissez
bien, choisissez Bug.
SKX (23/12/2003)
|
BURNMAN
"
notes for a catalogue for an exhibition " - CD
No Idea 00
La
visite de l'exposition va être mener à un train d'enfer.
Trois guides dont deux sévissaient auparavant chez I Hate
Myself et qui reprennent du service dans une version accélérée
de leur précédent tour. Pochette à l'esprit
fin de siècle, style exposition universelle, où
on fait dans le classique, avec juste ce qu'il faut d'agressivité,
de la trépidance sans mal de crâne, pour une énième
version du hardcore semi-rock américain. Du bonheur tout
simple avec un "deception" qui porte mal son nom et
fait mouche. De la conviction sur tout ce qu'ils tapent, des rythmes
qui vous bougent le cul. Production sans fioritures, un minimum
de question à se poser, trois minutes maxi. No Idea n'a
jamais fait dans le glamour et le tape à l'il. Ce
nouveau projet est du genre homme pressé à défaut
d'attiser les passions et reste dans la lignée des groupes
maisons : des artisans passionnés et sérieux. Burnman,
ça fait chaud au cur!
SKX (30/03/2001)
|
BURST
"
Conquest : writhe " - CD
Prank 02
J'ai
tout plaqué et je suis parti en courant. Le feu sifflant
de Burst nous contracte les mâchoires. En matière
d'éructations et de pression constante, ce gentil groupe
américain en connaît un rayon. Hardcore viril et
metal transcendé, leur terrain de jeu, c'est Deadguys et
compagnie, que du tendre et du mou de la cuisse. Drôlement
efficace, un son à la hauteur du propos, ça défrise
les oreilles. On aurait presque pu poindre vers Catharsis, la
face sombre et pesante lancée à la vitesse du TGV.
Avec ses petits passages acoustiques pour faire bonne mesure et
montrer qu'on a du savoir-vivre. Une voix continuellement dans
le rouge, secondée parfois d'une douce voix de bûcheron
qui monte vous caresser la nuque. Des soli aussi aventureux qu'inutiles
viennent encombrer (à des moments heureusement rares) le
paysage, des plans un tantinet trop convenus ne font qu'enfoncer
des portes ouvertes. Mais dans l'ensemble, le grand, l'attaque
est réussie. Avec en fin de parcours, des surprises. Un
remix par le japonais déconnecté Merzbow. Et une
reprise à grand effet de Unsane ( "Scrape" sur
l'album "Scattered, Smothered & Covered"). Comme
vous voyez, des gens de bons goûts, ouverts à toutes
éventualités. On ne les croyait pas du genre à
faire dans le second degré. Remontés à bloc.
L'esprit est large et l'avenir leur appartient.
SKX (04/02/2003) |
BZ
BZ UEU
"
uhozmerigotz " - CD
Music 'a la coque / Wallace 01
Un
patronyme risible. Un nom d'album imprononçable. Un label
sur des ufs. Une musique sautée. Il faut pas s'attendre
à quelquechose de très cartésien là-dedans,
dans ce beau digipack. Le soleil chauffe dur dans le sud et ce
quintet italien déraille les conventions. De grands moments
d'égarements. On est assaillit par tous les cotés.
On se rattache à ce qu'on peut. Ca trépigne dans
tous les sens. Les rythmes sont alertes et sautillants, les cuivres
mettent de la bonne humeur. C'est sulfureux et barrée sans
pour autant perdre le fil conducteur. Une sorte d'incroyable free-jazz-rock-core
sorti de nul part. Et comme si ça suffisait pas, ces trublions
professionnels piquent les jouets de leurs gosses et se la jouent
guerre des étoiles avec des mitraillettes Playschool. Une
rencontre haute en couleurs entre Badgewearer, Melt-Banana et
un truc pas encore identifié. C'est gai et enlevé,
court et intense. Un délicieux vent du sud qui aère
bien sous les bras et sans mal de crâne possible.
SKX (17/07/2001) |
|
Battles
Tras - Cold Sweat 2004
EP C - Monitor 2004
B EP - Dimmak 2004
Bataille
de géants. Moulin à vent dans les dents. Perdu
d'avance à se débattre contre des ombres. Sans
un regard vers l'arrière, John Stanier qui fit les beaux
jours de la batterie d'Helmet s'accoquine avec Ian Williams,
le presque trop virtuose guitariste de Storm and Stress et Don
Caballero. Deux mondes les séparent et puis rien. David
Konopka, autre magicien de la six cordes chez Lynx, groupe math-rock
qui enchanta Chicago et Tyondai Braxton, compositeur de l'ère
moderne, qui copule avec le tout New-York (Thurston Moore, Jim
O'Rourke, Glenn Branca, la liste est longue), en groupe et en
solo. Ce nouveau projet est bien parti dans la vie. Même
pas une année d'écoulée et déjà
trois disques, de multiples tournées aux Etats-Unis et
au Japon, un nom qui circule partout. Le moulin a de belles
ailes. Mais n'allez pas croire que leur fulgurante réussite
n'est que le fruit de leur lourd passé. Ca y contribue
certes mais la musique est de qualité. Tout a commencé
avec Monitor records et un maxi 5 titres qui tirent vers les
vingt-cinq minutes. Imbrication de rythmes. Juxtaposition de
strates sonores. Amour de la boucle, répercussions pour
un effet hallucinatoire. Et harmonieux. Les deux as de la guitare
et le chef batteur se mettent en veilleuse. Fondu dans un tout
où les claviers et les sons électroniques ont
autant droit de citer à la composition que les instruments
rock. La bataille serait-elle d'ordre technologique ? Battles
a décidé en tout cas de ne pas trancher. C'est
Dimmak records qui a l'honneur de sortir le deuxième
EP. A nouveau 5 titres pour une durée équivalente.
La guitare qui tourne sur elle-même, distorsions, bruitage
pervers, groove lancinant. C'est un peu du monde de Moonshake
venant heurter les complexités d'un Storm and Stress
avec des relents de Gastr Del Sol. John Stanier est un modeste.
Il n'hésite pas à s'effacer devant une boite à
rythme, à prêter son flanc aux machines. Long morceau
de 12 minutes, froide élaboration de laborantin, sans
repères, expérimentation de sons à l'envers.
Battles n'a toujours pas tranché. Les derniers travaux
sont sortis sur Cold Sweat records. Deux titres qui ne remettent
en rien le théorème. On ne peut raisonnablement
pas savoir à quoi s'attendre avec Battles. Imprévisible.
Battles fait preuve d'une belle ouverture musicale, rassemblant
et malaxant un tas d'univers contradictoire. A priori puisque
qu'ils semblent oeuvrer pour faire le grand écart et
tout communier en leur sein. Tendance cérébrale
mais une vraie recherche créatrice pour trois disques
comme un seul. La bataille fait rage mais la guerre n'est pas
encore gagnée.
SKX
(13/11/2004)
website
groupe www.bttls.com
website
label www.coldsweat.org
website
label www.monitorrecords.com
sounds
www.dimmak.com/mp3s/index.php
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Bellmer
Dolls
Never sates nor palls - 7''
Self-Released 2004
Les poupées
de Bellmer. Un artiste allemand de l'entre deux guerres qui
à sa manière, pour protester contre la montée
du nazisme, fabriquait des poupées toutes désarticulées,
traversées d'un esprit érotique. Ou comment suggérer
le désir tout en étant loin des perfections raciales
tant recherchées à l'époque. En 2004, les
Bellmer Dolls est un tout nouveau trio américain. Du
neuf avec du vieux. Dans le lot, Anthony Malt, ex-Love Life
et Universal Order of Armaggedon. La musique est à l'image
des poupées. Toute démantibulée, déchiquetée,
décharnée. Un blues névrotique à
la forte assise rythmique contre laquelle vient se heurter une
guitare erratique et cinglante. Une poupée avec laquelle
le Birthay Party et Nick Cave auraient bien conté fleurette.
Trois titres autoproduits, réalisés par leurs
propres deniers. Ca ne durera pas. Les fauves vont se jeter
dessus. A juste titre. Les Bellmer Dolls sont pour les adultes
uniquement et rentre par la grande porte sur une scène
qui ne demande qu'à les éclairer d'une lumière
cruelle et chancelante.
SKX
(12/10/2004)
website
groupe www.bellmerdolls.com
sounds
www.bellmerdolls.com/mp3.html
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Between
The Devil and the Deep Blue Sea
North and south of nothing - CD
Action Driver 2003
Six morceaux
pour 65 minutes. Faites la moyenne au kilo, le porte-monnaie
du consommateur retrouve le sourire! Comme ils ne sont pas avares
de lettres, ils nous pondent un nom à rallonge que nous
réduiront pour une question pratique à Between
The Devil. Un patronyme qui à l'air comme ça sacrément
original mais à y regarder de plus près, c'est
le nom d'une chanson de Georges Harrison, d'une autre du vieux
jazzmen Louis Armstrong, d'un titre de film de Marion Hansel,
un titre de bouquin sur la piraterie informatique et on s'arrête
là pour l'originalité donc ! En fait c'est une
expression qui signifie " alternative difficile ".
J'ai l'air super érudit mais mon prof s'appelle "
Google ", faites l'essai, vous aurez des tonnes de réponses
! En tout cas, le nom semble bien approprié. Ce nouveau
quator de Columbus a du mal à choisir son camp. Entre
les longues plages instrumentales à la Explosion in The
Sky et les temps forts où ça rock, Between The
Devil a décidé de ne pas trancher. De lentes déclarations
d'amour. Le truc qui s'installe. Tout le jus balancé.
Là non plus, pas de folle originalité à
l'horizon. L'assise est connue. Mais ils prennent soin de ne
pas appliquer ce schéma de base à la lettre, rajoutent
un brin passion, voir un p'tit grain de folie sur certains passages,
avec en prime ces messieurs qui chantent aussi, à tour
de rôle, et leur rock à courant alternatif prend
forme dans la mélancolie et la souffrance en dépit
de quelques longueurs. Un premier album, qui, sans bercer dans
l'inconnu, fait preuve de pas mal de charme.
SKX
(01/08/04)
website
groupe www.betweenthedevil.com
website
label www.actiondriver.com
sounds
www.betweenthedevil.com
|
Black
Eyes
Cough - CD
Dischord 2004
Ca
va tousser dans les baffes. Black Eyes vient de Washington DC,
est hébergé par Dischord records mais rien dans
leur musique ne le laisse supposer. Une preuve encore une fois
que Dischord étoffe sa panoplie sonore. Black Eyes, c'est
l'orgie où tout le monde fait de tout. Comprenez que
les cinq membres chantent, tous, que la batterie est multipliée
par deux, sans oublier des ajouts de percussions, qu'on dénombre
trois joueurs de basses et que la seule guitare du lot a bien
du mal à se frayer un chemin. On ne serait pas complet
en ne mentionnant pas sur ce deuxième album l'omniprésence
d'un saxo bien foldingue. Ca vous donne un capharnaüm que
Ian Mackaye a produit et agencé de main de maître
pour éviter à ces trublions en puissance une dispersion
qu'il était légitime vu l'énergie créatrice
qu'il semble se dégager du groupe. Une voix hystérique,
les autres dans le grave, en chur ou en mode parlé
pour contre-balancer, c'est pas tous les jours qu'on entend
un tel travail. Une hypnose dans les rythmes et le bruit que
ne renierait pas The Ex, ça explose dans tous les sens,
ça déborde d'idées, ça vire jazzy,
ça repart dans le noise-rock abstrait à la Ex
Models, les sifflets de sortie de " holy of holies "
comme pour nous prévenir que rien ne se passe comme ailleurs
ici. Black Eyes vient de créer un truc de fou, abrasif
et inédit, sûrement la meilleure sortie de Dischord
depuis bien longtemps
. Sûrement la raison pour laquelle
Black Eyes se saborde. Une sortie par la grande porte en attendant
les nouveaux projets qu'on espère aussi inspirés
de la part de cinq types qui venaient pour tant de trouver l'osmose
parfaite. Chienne de vie !
SKX
(21/08/04)
website
groupe http://www.dischord.com/bands/blackeyes.shtml
website
label http://www.dischord.com
sounds
someone_has_his_fingers_broken.mp3
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The
Black Heart Procession & Solbakken
In The Fishtank vol.11
In the fishtank / Konkurrent 2004
In
The Fishtank est une série initiée par le distributeur/label
hollandais De Konkurrent (et géré par Luc ex-The
Ex !). Toute une pléiade d'invités prestigieux
unis le temps d'un CD pour le meilleur et pour le pire. The
Ex avec Tortoise, The Ex avec Sonic Youth, affiches alléchantes
qui déchantent, No Means No, June Of 44, Snuff, Low/Dirth
Three, le plateau est garni. Le volume 11 voit s'associer les
américains ténébreux Black Heart Procession
et les hollandais Solbakken. Comme tous les autres groupes,
ils ont deux jours pour enregistrer. Les Solbakken, lucides
sur leur capacité limitée à l'improvisation
ont préféré préparer le terrain.
Quelques bouts d'idées plus loin, Black Heart fait corps
et appose sa patte sur les compositions. Je ne connais pas l'univers
musical des Hollandais, mais ces six titres sont très
connotés Black Heart, ne serais-ce que par la voix magique
de Pal Jenkins. Tout au plus ressent-on l'univers de Solbakken
sans doute plus rock et virulent sur l'hypnotique et très
long " things go on with mistakes ", crescendo très
prenant, on se nourrit d'ambre. Pour le reste, c'est piano et
mélancolie. Classe et sobriété. Avec une
touche d'exotisme (sauf pour nous français !) avec "
voiture en rouge " où une mystérieuse Rachael
donne le change à Jenkins, en français dans le
texte, et la joute verbale est belle à tomber ! A l'ombre
des tulipes, nos deux groupes se sont trouvés très
inspirés. Six titres que tous les fans de Black Heart
se doivent de posséder. Quant au cas Solbakken, il mérite
que l'on s'y penche de près
SKX
(20/09/2004)
website
groupe www.blackheartprocession.com
www.solbakken.nl
website
label www.konkurrent.nl
sounds
bhp&solbakken.mp3
|
Blame
Game / Zann
Split LP
Adagio / 660 productions 2004
Si leurs
racines tendent à s'abreuver à la même source
hardcore/punk, les versions diffèrent. Celle de Blame
Game présente un hardcore noisy, alambiqué et
nerveux qui se soucie plus de la forme que du volume. Avec Zann,
c'est la version gros bras, entre Acme et un Orchid lourdingue.
Le lynx américain contre l'éléphant allemand.
Par contre, ils se rejoignent tous les deux sur une approche
juvénile et très do-it-yourself de l'enregistrement.
Ils n'ont surement pas dû trainer des heures dans le studio.
Aussitôt joué, aussitôt dans la boite. Seule
compte l'urgence du propos, garder une certaine fraicheur et
naïveté, quitte à paraître bancale
et finit au yaourt. On comprend mieux le partage commun de ce
bout de vinyl au bout du compte. Le traitement a beau être
différent, l'esprit est commun. Zann a la voix lourde,
voir trop lourde qui colle au palais, mais qu'importe, vu l'épaisseur
des guitares, ça passe en force ! Il ne faut pas trop
chercher la petite bête. C'est chaotique, trash, sale,
je fais n'importe quoi du moment que ça envoie. Mais
en dépit de leur bon coup de truelle, on leur préférera
Blame Game. Des malins qui brouillent les pistes. Si le chant
reste dans la lignée hurlée/passionnée
du hardcore, les structures virent au math-rock, des versions
courtes et affolantes, des guitares aux sonorités claires
qui volent dans tous les sens, ça break à tout
va sans oublier d'allier l'efficacité. Une découverte.
Et si comme moi, vous prenez le train en marche, Stickfigure
records vient de sortir un CD discographique de tous leurs premiers
obscurs enregistrements.
SKX
(01/08/04)
website
groupe www.sunrevolver.org/blamegame
website
label www.adagio830.de
| www.stickfiguredistro.com
sounds
Zann : www.modusoperandi.de/sound/LoverFighter.mp3
Blame Game : www.hxcmp3.com/bands/1039
|
|
Books
Lie
Hall of Fame of Fire - CD
Level Plane 2004
Des tréfonds
de New-York, Books Lie nous envoie sans détour un épisode
punk-rock moderne qui racle bien le bitume. Un CD en deux actes.
Le nouvel album, Books Lie version 2, avec un nouveau chanteur
et sa voix éraillée de chat de gouttière.
Et en bonus, des singles du temps de l'ancien chanteur et une
voix plus dans la norme. Comme la musique d' ailleurs qui n'a
rien de transcendant. On se concentrera donc sur les nouveaux
morceaux avec un groupe qui semble s'améliorer au fil
des ans. C'est encore loin d'être le firmament mais leur
punk-rock tire de plus en plus vers les influences de la scène
de Washington DC, voir un rock'n'roll très sec à
la Make-Up et des compos un peu cafouilleuses comme tant de
groupes de Gravity records les adoraient. Zéro effet,
beaucoup de cur et de l'humour avec leur morceau electro-dance
pour conclure leurs nouvelles dispositions. Ca manque encore
d'amplitude et de morceaux conséquents pour sortir de
la masse. Les pages du livre s'écrivent lentement. Petit
pamphlet acéré en attendant, qui sait, le pavé
incontournable !
SKX
(14/06/2004)
website
label
www.level-plane.com
|
Booter
I can see it clearly - 7''
Peste & cholera / Rumble Fish Corporation 2004
Que ça
fait du bien de poser un 45 tours sur sa platine ! Par les temps
modernes qui court, on aurait tendance à la laisser prendre
la poussière ! Cet exploit est dû à un nouveau
groupe d'Angers qui signe là leur première sortie.
Tout ça sent bon l'artisanat passionné mais ce
disque est bien plus qu'un objet fait avec les moyens du bord.
Punk-rock crasseux et lourdingue, Booter nous renvoie à
Killdozer et l'école Amphetamine Reptile. Le rock pas
fréquentable, en dehors de toutes tendances et ces quatre
titres, loin des clichés, sont inspirés et sobrement
efficaces. Booter réussit le tour de force de vous donner
un coup de jeune avec de vieilles recettes. Oublies tout. Booter,
ça me botte.
SKX
(19/12/2004)
website
groupe booter.propagande.org
website
label www.rumblefishdiy.org
sounds
booter.propagande.org/sound.html
|
|
Breather
Resist
Only In The Morning MCD
Deathwish 2004 (10" King of the Monsters records)
La tête
dans le guidon dès les premiers mètres! L'odeur
du bitume brûlé pour un parcours dont les virages
à angles droits et les téméraires lignes
droites ont été maintes fois usités ces
derniers temps dans le paysage hardcore, américain allais-je
dire, mais si on peut avancer qu'ils ont la paternité
du style, ça s'est franchement internationalisé!
Breather Resist (avec un ancien Black Cross) pratique un hardcore
torturé à souhait, dans le triangle des Bermudes
Converge / Botch / Playing Enemy. De quoi disparaître...
dans la masse! Rien de franchement novateur donc à la
base mais dans un panier, il y a le dessus et le dessous. Breather
Resist figure plutôt vers le haut, dégage une bonne
véhémence communicative, le son percute. Tout
est bien en place, avec de bonnes accroches, les défenses
s'amenuisent et dans un souffle, on ne résiste pas. Mais
ça joue serré.
SKX
(01/04/2004)
website
groupe
www.breatherresist.com
website
label
www.deathwishinc.com
sounds
justdoit.mp3
|
The
Building Press
Young money - CD
54° 40' or Fight records 2004
Trio de Seattle,
The Building Press frappe à la porte du label 54°
40' or Fight. On reconnaît bien là le flair de
ces derniers pour tous ces groupes rock-noise qui défient
les structures. Il faut chercher du coté de Rodan/A Minor
Forest/June of 44 un début d'explication. Mais The Building
Press a bien éclaté les lois du genre. Un chant
qui n'en est pas vraiment un. Une grosse boule noire qui déverse
sa bile, sans recherche d'harmonies, ça sort comme ça
vient. Pour un groupe principalement instrumental sur leurs
premiers enregistrements (un album et deux singles), l'arrivée
de cette voix omniprésente les emmène dans une
autre dimension, apporte de l'épaisseur à leur
noirceur. D'ailleurs, ce nouvel album n'a plus grand-chose à
voir avec leur passé. The Building Press sort de la sphère
math-rock de base qui en prend un sale coup dans la gueule pour
prendre à bras le corps la puissance du punk-rock. Ecriture
très fracturée, erratique, The Building Press
semble raconter des histoires mouvementées, en pleine
défriche, pleine de colère qui intervient subitement
alors que le temps était au pardon. On ne peut raisonnablement
pas savoir à quoi s'attendre. La narration suit des courbes
aléatoires. Entre des rythmes percutants, des guitares
âpres qui vous tombent dessus, une tension qui peut être
l'uvre d'une seule corde ou d'une caisse claire répétitive,
des moments de solitude et un dialogue d'instruments qui sait
aussi épurer, tout s'arrête, tout change dans l'
instant. Le climat est rude et primaire. Si vous aimez le fracas
de McLusky, les sauts d'humeur d'un Oxes, la folie passagère
d'un Zulu As Kono et toutes les références qui
s'y rattachent, ne faites qu'une bouchée de pain de The
Building Press.
SKX
(19/07/04)
website
groupe www.thebuildingpress.com
website
label www.fiftyfourfortyorfight.com
sounds
operator.mp3
| ifyouthink.mp3
|
|
By
The End of Tonight
s/t - CDEP
Temporary Residence 2004
In a letter to the Sandbox - CD
Self-Released 2003
Le déluge
fait musique. Boulimie de sons. Quatre jeunes gens dans le vent,
perdus dans les grandes étendues du Texas, qui n'ont
encore rien trouver de mieux pour s'extirper du silence que
de jouer comme si la fin du monde n'allait pas tarder. Imaginez
le pire
Tout ce que la musique compte de complexité,
c'est pour eux. Toute l'énergie du désespoir mais
avec élégance, c'est pour leurs veines. C'est
le batteur de Hella rendu fou au point de jouer sur une batterie
pour gamins (il doit lui en falloir une pour chaque concert),
le math-rock retourné à ses chères études,
traversé d'épines qu'un Dillinger Escape Plan
sans les gros sabots ne renierait pas, la folie débridée
d'un Dischord of a Forgotten Sketch, Don Caballero qui prend
un sacré coup de vieux. Et la fièvre du rock'n'roll
qui coule à chaud bouillon. Car ce n'est pas une énième
démonstration technique de musiciens surdoués.
Ca cogne à tous les étages. Presque trop c'est
trop diront certains. Mais il suffit de se laisser aller, leur
joie de jouer communicative, un plaisir enfantin pour s'entraîner
dans une course folle, rendre toutes ses structures diaboliques
pleine de vie. Et ménager la bête de trop de fureur
par des respirations haletantes, laisser les guitares semées
les mélodies. Non, on ne frôle pas l'overdose.
Tout leur cur et leurs tripes. Après une première
réalisation sortie par leurs propres moyens et déjà
remarquable, il était clair qu'un tel groupe n'allait
pas rester dormir dans son coin. Et (est-ce un signe ?), c'est
le label Temporary Residence qui a craqué. Un label connu
pour son calme post-rock dont les groupes les plus virulents
fuiraient devant ce monstre à huit têtes. Mais
quelle que soit sa chapelle, on ne peut rester de marbre face
à cet ouragan. Quatre titres sur un maxi qui va faire
vriller plus d'une tête et fixer sur une carte les prémices
de ce groupe en tout point étourdissant.
SKX
(20/09/2004)
website
groupe www.bytheendoftonight.com
website
label http://www.temporaryresidence.com
sounds
www.hxcmp3.com/bands/5135
| bteot_video_games.mp3
|
|
Bagio
Unterm durchschnitt - CDEP
Fidel Bastro 2005
Une boite en fer style pastilles Valda. Mais point de remède
contre la gorge. Un Cd 5 titres gravé par une paire d'Allemand.
Un batteur, un guitariste. Enregistrement live (avec un vrai
public) datant du 21 mai 2005. C'était un dimanche. Les
photos à l'intérieur témoignent. Dans le
salon. Le public, tous avec un casque. Sérieux et discipliné.
Un son que je qualifierais d'allemand. Ne me demandez pas de
le définir, je me comprends. Ca vous fait une belle jambe
certes mais ce son particulier leur donne une originalité,
un aspect métallique (qui n'a rien à voir avec
la musique metal), une machine comme une boite à rythme
alors que tout ça est bien en chair et bassement humain.
Un Big Black en teutons, que même si on regarde sous les
jupons, on aperçoit une frange de groupes noise et radical.
Blanc chirurgical. Précis, propre derrière les
oreilles. Et pourtant, un tas de vermine grouille. Etrange impression
d'une ambiance futuriste et pas forcément très
saine. Bagio est à suivre. Copie n° 14 sur 100. Fin
de transmission.
SKX
(22/10/2005)
website groupe www.bagio-hh.de
website label www.fidel-bastro.de
sounds voodoo.mp3
| position_regional.mp3
|
Bear
Claw
Find the sun - CD
Sickroom 2004
Si
on vous dit groupe de Chicago, deux basses et une batterie et
que vous rajoutez innocemment, enregistré par Steve Albini,
vous voyez sûrement le tableau sonore qui se dégage
devant vous. Bear Claw annonce la couleur avec ce premier album.
On nage effectivement en plein monde noise-rock dissonant et
rythmiquement implacable. Le batteur est un solide gaillard
dont le jeu de baguette est à l'image de la puissance
physique qu'il dégage. Avec Albini aux manettes, vous
imaginez le volume que prend cet instrument. Les deux basses
jouent également les fières à bras avec
forcément, dans ce genre de casting, l'une plus mélodique
que l'autre. Le truc, c'est que malgré cette énumération
qui sonne comme un sale cliché, "Find the sun"
est un album très recommandable! A savoir que sur une
base punitive à la Shellac/Jesus Lizard, le trio développe
la partition par une intrigue complexe, des rythmiques qui tournent,
vous hypnotisent et un duo vocale de tous les instants. Plus
étonnant, la basse sonne parfois comme un guitare et
il faut être devin pour savoir que la six corde est bannit.
De nombreux passages ou morceaux comme " jigsaw "
et " through a child's eyes " les montrent habités
d'intentions plus tempérées. Bear Claw est loin
d'être que tempête sous un crâne. Le batteur
ne cogne finalement pas si fort que ça. Les clichés
volent en éclats. Bear Claw donne plus dans le rock que
dans le bruit. Si ils ont gardé des aînés
le goût de la rythmique en avant, ils apprivoisent leurs
pulsions primaires, humanisent la formule et semblent bien parti
pour trouver leur propre soleil.
SKX
(20/02/2005)
website
groupe www.bearclawrock.com
website
label www.sickroomrecords.com
sounds
Jigsaw.mp3
| Chameleon.mp3
| Sun.mp3
|
Bellini
Small stones - CD
Temporary Residence 2005
Bellini
aura mis trois ans pour donner une suite à son premier
album Snowing sun.
Le temps qu'il faut sans doute pour digérer les vapeurs
d'alcool de Damon Che, le batteur intenable des ex-Don Caballero
(qui ont repris du service d'ailleurs avec que le Che en seule
pièce d'origine), démissionnaire en pleine tournée
et remplacé pratiquement au pied levé par Alexis
Fleisig, le batteur de Girls vs Boys. Un temps nécessaire
pour recadrer les événements et centrer la musique
sur l'essentiel. Il y a de plus en plus de Jesus Lizard dans
cette rythmique, sobre et terriblement efficace, coup de cravache
parfaitement dosé, rien ne dépasse mais ça
porte l'absolu. Ca c'était pour la partie américaine
du groupe. Car Bellini, c'est surtout la Sicile, le couple chant-guitare,
sur la scène et dans la vie, les ex-Uzeda, l'affiliation
Albini et Shellac dont Agostino Tilotta le gratteux s'inspire
pour nous pondre des merveilles de jeu nerveux et saccadé.
Et pour illuminer tout ça, le chant, Giovanna Cacciola,
bout de femme tranquille qui excelle pour enrober les scories
de ses mâles compagnons d'une verve épicée
juste ce qu'il faut. Dix morceaux énormes, toujours aux
aguets, jamais à fond mais superbes de retenues, félins,
qui s'inscrivent dans une longue tradition de groupes noise-rock
racés avec des titres magnifiques comme Buffalo song,
Chaser ou la ballade fin de soirée Not any
man. Une valeur sûre.
SKX
(09/12/2005)
website
groupe www.snowingsun.com
website
label www.temporaryresidence.com
sounds
thebuffalo.mp3
|
Big
Bear
s/t - CD
Monitor 2005
Etrange
sortie de Monitor records qui sent bon le
metalcore !
Le catalogue de Monitor, avec les incontrôlables Oxes,
fleure le rock certes, le bruyant mais aussi l'intimiste d'un
Cass Mc Combs, en tout cas rien d'aussi virulent que le Big
Bear, point d'enfilades viriles et de cris déchirants
au rayon. Une nouvelle donne en provenance de Boston. Mais à
y écouter de plus près, le metal technique de
Big Bear n'est pas d'un pur classicisme non plus. Succession
de riffs saignants, de faux démarrage, j'arrête
je repars, vous connaissez le truc, le tout entrecoupé
d'un chant alterné masculin/féminin (et bien malin
qui fait la différence !), combinaison arithmétique
complexe. Ca l'odeur du metal mais ce n'est pas Converge non
plus, loin de là, la texture est plus rock, plus arty,
ils exécutent leurs partitions de façon très
froide et mécanique sans une once de mélodie,
tout ça est très cérébral et il
faut bien l'avouer, sur la longueur d'un album, on ne peut retenir
un bâillement. On peut céder l'espace d'un morceau
ou deux mais se taper l'intégralité des douze
morceaux sans titres est au-dessus de mes forces et pourtant
elles sont capables d'endurer bien pire en terme d'agression
sonore. Big Bear a la barbe longue, les crocs mais manque le
cur. Dommage.
SKX
(06/05/2005)
website
groupe www.bigbearbigbear.com
website
label www.monitorrecords.com
sounds
Track1.mp3
| Track3.mp3
|
Big
Boys
Lullabies Help The Brain Grow/No Matter How Long the Line Is at
the Cafeteria, There's Always a Seat - 2xLPs
X-Mist 2004
X-Mist
a l'âge de ses artères. 20 ans d'existence exactement.
20 ans, c'est jeune me direz-vous. Mais 20 ans de punk derrière
soi, c'est plus la même chose. Chez X-Mist, label et distributeur
allemand incontournable, on vous la fait pas avec des commerciaux
déguisés avec des crêtes en plastique et
des soi-disant groupes de keupons calibrés pour MTV.
X-Mist respire et se comporte punk. L'amour du DIY, sans le
profit et avec les galères, la passion toujours en point
de mire. Un catalogue hétéroclite mais pour fêter
leur deux décades, ce n'est pas avec un ersatz qu'ils
ont décidés de sabrer le champagne, mais avec
des vrais de vrais, les Big Boys themselves. Originaires d'Austin,
les Big Boys ne se la racontaient pas et étaient outrageux
de nature. Contemporains des Misfits, DOA, Black Flag ou des
Effigies, ce groupe avec Randy " Biscuit " Turner
et Tim Kerr a écrit parmi les plus belles pages, même
bien tachés de bière, de l'histoire du punk. Un
punk ouvert et pas bégueule. Basique ou funky avec section
de cuivres, mélodique et dangereusement dansant, Big
Boys lançait le pogo quand bien même leur musique
n'avait rien de foncièrement violente. Les membres ont
formé après un tas de groupes (Cargo Cult, Poison
13, Jack O Fire, Rapeman (Rey Washam le batteur), ou les horribles
Junkyard) mais ce Big Boys, plus de 20 ans après, tient
toujours la route. Je n'avancerais pas comme Armin (boss d'X-Mist)
que les Big Boys, musicalement, n'ont pas pris une ride. Mais
leur discours est lui toujours fortement d'actualité.
Le punk est plus qu'un style, c'est une attitude. " Allez
former votre propre groupe " avait l'habitude de marteler
les Big Boys à la fin de chacun de leurs concerts. Armin
a suivi leur conseil à la lettre et si son groupe s'est
transformé en label, il n'a rien oublié du discours.
Un double album et bel objet qui reprend leurs deux principaux
albums (1983 et 1984). Un coup dans le rétro nécessaire
pour mieux voir devant soi.
SKX
(06/03/2005)
website
groupe www.soundonsound.org
website
label www.x-mist.de
|
Big
Business
Head for the shallow - CD
Hydrahead 2005
Les
anciens se rappelleront sans doute de Karp. Un duo poids lourd
basse-batterie d'Olympia (K records) qui devait beaucoup aux
Melvins. L'un d'entre a cassé sa pipe. Son acolyte poursuit
le parcours et s'accroche à la formule duo. Coady Willis
(Murder City Devils) à la batterie, lui toujours à
la basse et cette lourdeur moite et collante de s'agglutiner
sous les semelles. Le goudron et les plumes pour ces deux oiseaux.
Big Business laboure profond, version accélérée
et balourde d'un Melvins métallisé avec chant
hard-rock, une bonne bourrée seventies qui ne fera même
pas rire les morts. Ignoble.
SKX
(29/04/2005)
website
label www.hydrahead.com
|
Blame
Game
Anthology - CD
Stickfigure 2004
En
principe, une anthologie signe la fin d'un groupe. Pour Blame
Game, c'est surtout l'occasion de restituer à la face
de ce monde ingrat l'ensemble de leur uvre de 1999 à
2004. Et de juger sur pièce l'évolution du groupe
et souligner les multiples changements de personnel. Les plus
fins limiers d'entre vous auront déjà repéré
Blame Game grâce à un split album avec les Allemands
de Zann. On y retrouve ces 8 titres ainsi que des brouillon
de jeunesse : single plus démo. Mais ce qui nous intéresse,
c'est le présent (qui date déjà de 2003
!) avec six morceaux inédits annonciateur d'un futur
radieux. Au fil des ans, ce groupe d'Atlanta a allégé
le propos sans pour autant le simplifier. Bien au contraire
! Leur hardcore a pris du nerf et si il a toujours joué
bande à part dans un registre plus futé que la
moyenne, les nouveaux morceaux sont tout simplement hors norme.
Des rythmes trépidants, des structures inventives, le
hardcore n'a plus rien à voir là-dedans. Batterie
libre de toutes règles, titres développés
sur la longueur, complexes sans être techniques (toute
la nuance est là !), légers et nerveux, ça
valse et ça cogne, guitares claires et dissonantes, calme
tes ardeurs, ton tour viendra. Une anthologie de 27 titres.
Ca se tient de bout en bout et comme le futur, c'est demain,
un album est annoncé pour cet été. Vivement
les grandes chaleurs !
SKX
(10/04/05)
website
groupe www.sunrevolver.org/blamegame
website
label www.stickfiguredistro.com
sounds
stick014cd.mp3
| www.hxcmp3.com/bands/10392
|
Blame
Game
Honey and salt - CD
Stickfigure 2005
Après
avoir fait le point sur leur passé et sorti une anthology
avant même un seul album, Blame Game (Atlanta) enclenche
la vitesse supérieure, celle qui les emmène vers
des sphères où courbes et lignes droites brisées
se mélangent en pagaille, où l'amalgame des influences
ne forment plus qu'un immense chantier propre à créer
de nouvelles perspectives. L'esquisse est encore imparfaite
mais Blame Game a su sortir de l'ornière hardcore, se
démarquer du troupeau insipide, tous ces groupes screamo-emo
plus poussifs qu'un asthmatique en plein déménagement
et, tout en sachant d'où ils viennent, évoluer
vers une musique qui doit autant à Don Caballero qu'à
une formation jazz. Le batteur fait d'ailleurs parti d'un trio
free-jazz Lie and Swell et, en plus de taper intelligemment
sur ses fûts, souffle dans les bronches d'un saxo. Les
structures sont donc tour à tour tumultueuses et limpides
avec de réguliers passages en eaux profondes, respiration
lente qui n'évite pas quelques chutes de tension coupables
mais c'est pour mieux rebondir mon enfant. Batteur échangerait
baguettes contre saxophone. Spectre automnal. Il y aurait presque
du Dazzling Killmen là-dedans. Cette manière déroutante
de tenir l'auditeur par un fil, le perdre en route, le surprendre
et le rattraper avant la chute, la démonstration de force
en moins. Un premier album subtil au caractère déjà
affirmé.
SKX
(31/08/2005)
website groupe http://www.sunrevolver.org/blamegame
website label http://www.stickfiguredistro.com/stickfigurerecords
sounds stick021cd.mp3
www.myspace.com/blamegame
www.hxcmp3.com/bands/10392/index.php
|
Bleeding
Kansas
1859 - CD
Abacus 2005
Bleeding
Kansas, épisode douloureux de l'histoire américaine,
esclavagistes contre non esclavagistes, le Kansas à feu
et à sang. Aujourd'hui, Bleeding Kansas est un groupe
de Burbank, l'ensoleillée et perverse Californie, un
groupe de petits blancs qui se réapprirent l'histoire.
Le socle de la fondation sur lequel s'inscrit un courant musical
lui aussi chargé de repères. Dans les pas de Botch,
Bleeding Kansas a tout du groupe metalcore de plus. Sauf que
leur science du chaos va au direct. Des riffs bien sentis, la
guitare qui pleure et les sentiments qui coulent. Bleeding Kansas
n'est pas esclave d'un style et s'aménage des portes
de secours. Le groupe se dit aussi influencer par Jesus Lizard
et Drive Like Jehu. Sans être prépondérant,
on s'aperçoit bien que ce groupe n'est pas bas du front
et qu'il sait mettre de la fantaisie dans ces joutes physiques.
Dans leurs besaces plus d'un tour et ils n'ont rien de réchauffé.
Kurt Ballou est passé par là et leur offre un
écrin sur mesure. Ce groupe a du talent pour nous pondre
des idées mélodiques qui restent dans les neurones,
nous les aèrent et marquent des points. Si on ne peut
crier par hue et par dia à l'originalité criante,
on ne saurait les bouder sous de vains et vils prétextes.
N'ayez pas peur du Kansas.
SKX
(04/07/2005)
website
groupe www.bleedingkansas.net
website
label www.abacusrecordings.com
sounds
www.purevolume.com/bleedingkansas
|
Breather
Resist
Charmer - CD
Jade Tree 2004
Le
souffle court et rauque. Voilà la seule alternative que
nous laisse ce groupe avec ancien National Acrobat et Black
Cross. Ne vous fiez pas au nom de leur 1er véritable
album. Breather Resist n'a rien de charmant. Leur metal n'est
pas d'or. De l'acier ordinaire, sculpté avec savoir-faire
et consistance. Leurs maîtres ferronniers s'appellent
Botch et Kiss It Goodbye. Noir c'est noir. Acier pollué
mais impressionnant. C'est donc lourd et agile. Névrosé
et direct. Mais le trait est assez quelconque. Rapport à
leurs maîtres, il manque la petite accroche mélodique,
le riff qui tue, le gimmick qui fait tout décoller. Ca
enchaîne, c'est du sérieux. C'est consciencieux.
Mais une fois la brutalité passée, il ne reste
plus grand-chose à gratter. Après une multitude
de disques sur tout un tas de labels différents, Breather
Resist sort son monument. Mais dans le paysage actuel, ce n'est
qu'une colline parmi d'autres. On y grimpe avec plaisir mais
la vue n'ouvre pas d'horizons nouveaux.
SKX
(09/01/2005)
website
groupe www.breatherresist.com
website
label www.jadetree.com
sounds
A_Social_Workers_Nightmare.mp3
|
Bug
/ 27
Split LP
Interstellar - Noise Appeal 2005
La
pochette s'ouvre comme une fleur et nous fait don d'un disque
tout rouge. Magnifique artwork d'un certain Roland Hörman
pour le compte de deux labels autrichiens. Et un split magnifique
de schizophrénie. Entre les Américains de 27 et
les Autrichiens de Bug, c'est plus que l'Atlantique qui les
sépare. Les Alpes compris. Un 45 tours sur Hydrahead,
un autre disque sur Escape Artist, que des gros labels rock
qui bardent. Pourtant, 27 n'a rien d'un groupe de déménageurs.
Un truc tout sirupeux avec une fille au chant, légèrement
noisy et profondément pop, tellement pop que je m'y noie.
Le mauvais coté de la pop, niaisou et hyper propre sur
soi. De l'autre coté, forcément, les gros bras
de Bug font tâche. 4 albums à leur actif. 8 ans
d'existence. Et toujours le même ouvrage remis sous l'enclume
de leur approche définitivement noise-rock. Une culture
bercée au son de l'urgence et la folie des groupes américains
de Amphetamine Reptile et autres givrés du bruit. Des
compos qui font part à une finesse insoupçonnée
jusque là. Bug stoppe quelques peu de jouer dans la cour
des petits durs et élabore leur agression avec perversité,
mettant de la retenue comme sur le dernier titre exitement
is a girl. 6 titres, leurs meilleurs à ce jour. Le
problème de ce disque, ce n'est pas que l'on ait affaire
à deux styles de musique très différente.
Aucun problème là dessus. C'est juste qu'il y
a un groupe franchement mauvais. Devinez lequel mais chacun
son avis !
SKX
(28/11/2005)
website groupe www.workstation.or.at/bug
| www.27.vg
website labelwww.interstellarrecords.at
| www.noiseappeal.com
sounds bug-grubenhund.mp3
| 27-one_more_tomorrow.mp3
|
Bughummer
The Getaway with - CD
Lovitt 2005
Ca
fait un bon moment que Lovitt records n'a rien sorti de conséquent.
A moins d'aimer la mélasse et le dernier Engine Down.
Un label prometteur qui s'est perdu en route. En attendant un
éventuel retour de flamme, ils puisent dans les fonds
de tiroir. Une réédition de 400 Years et leur
album " Transmit Failures " remastérisé
(plus un inédit) et ce Bughummer, un trio qui a anonymement
fait du bruit entre 1992 et 1998. Une discographie maigrelette
avec uniquement un album. Pour d'inexplicables raisons, ce disque
n'a intéressé personne. Le groupe l'a sorti par
ses propres moyens. Pas de label, pas de chocolat. Un album
pourtant de qualité. Un personnel très mouvant
dans lequel on retrouve sur la fin le guitariste Keeley Davis
(et actuellement dans Engine Down) pour une musique qui lorgne
vers le indie-rock musclé à la A Minor Forest,
Rodan, et autres dérivés comme Shellac. Une solide
section rythmique, structures avec faux départ et contre-pieds.
Ca joue sur les silences, ça envoie des volées
de bois vert. Tour à tour sec, cassant et tout en souplesse.
Sept titres parfaits. Le disque culte par excellence sorti en
1998. Le Keeley Davis était sérieusement surpris
lors de sa première venue avec Engine Down en 2001 que
des p'tits Français avaient entendu parlé de ce
groupe obscur. Lovitt répare les dégâts
et fout un coup de pied au culte.
SKX
(13/03/2005)
website
groupe bughummer.tripod.com
website
label www.lovitt.com
sounds
www.lovitt.com
|
Bullet
Union
Ruin's domino - CD
Jealous 2005
C'est
du racé, tracé pour les virages secs et des lignes
droites fameuses. Bullet Union est tout jeune, genre 2, 3 ans
d'existence et ce premier album les situe déjà
très haut sur l'échiquier du rock'n'roll ! Débarqué
de leur quartier de Camden à Londres, ces 3 Anglais et
Anglaise (Kaoru Ishikawa à la basse) assurent dans le
registre premier de la classe. Deux guitares toutes en son claire
et joué à fond la caisse, des riffs qui font du
charme, des structures qui intègrent les dos d'ânes.
Entre Drive Like Jehu et Shotmaker, sans que cela soit prépondérant
non plus, Bullet Union fait feu de tout bois et intelligemment.
Une voix qui modifie les degrés dans l'urgence, des titres
courts et incisifs, des développements et des déviations,
une fin épique. Rien de superflu. Tout simplement parfait
!
SKX
(22/10/2005)
website groupe www.bulletunion.co.uk
website label www.jealousrecords.com
sounds 3cherriesstraight.mp3
| santfeliu.mp3
|
Bumblebees
Cissetive - CD
Emolution 2004
Sept
années déjà depuis la première sortie
officielle du groupe en 1997, un split avec leurs potes de Rroselicoeur.
Le groupe de Reims a poussé les murs, élargit
son champ de vision et le parcours a fière allure. Ce
troisième album est une nouvelle étape dans leur
discographie. L'esprit noise et frondeur continue de hanter
les compositions. Vague de guitares qui partent à l'assaut,
dead zone schizophrénique où se côtoient
les riffs surpuissants d'un Isis, un brouillard d'où
émerge Godspeed You et une descente en son clair pour
vous laisser pantelant sur le bitume. Toujours se méfier
d'un Bumblebees énervé. Le début d'album
avec " Triangle " ou " Baragouine " est
symptomatique de ce processus aliénant. Suit " klub
barak 79 " et son sample d'un Bourvil serbe pour reprendre
sa respiration. Mais Bumblebees a le vol en rupture, une adaptation
bien personnelle de la vie, leur partition en suit le cours,
ses hauts et ses bas. Si le fond de commerce est bruyant et
majoritairement rock, Bumblebees s'ouvre à d'autres horizons.
Le calme d'une ballade orientale sur " Smazene Syr ".
L'intimité d'un " Corned Beef ". Une diversion
riche en mouvement avec le (faux) dernier et long morceau "
Stolnjak" (puisque qu'un titre est caché en fin
de CD). Des mélodies toutes simples et fortes. Du lyrisme,
de la fragilité derrière le mur du son parfaitement
orchestré, de la finesse derrière le gros grain.
L'ouverture n'est pas seulement musicale. Bumblebees a pris
un risque en développant la partie chant
en français.
Des adaptations de textes de Marcel Duchamp, Alfred Jarry ou
encore Francis Picabia. Un exercice périlleux pour ce
type de musique enracinée dans l'anglo-saxon. Convaincant
quand le chant est hurlé et noyé dans la masse.
Surprenant de prime abord quand il est clairement énoncé,
on fronce les sourcils, la coloration prise tourne à
l'exotisme sur ses propres terres, l'oreille s'habitue modérément.
Mais tout ça s'inscrit bien dans l'approche générale
de Bumblebees. Terre de contrastes, ne pas s'enfermer dans une
coquille protectrice, s'essayer à de nouvelles choses,
quitte à ne pas trouver l'essai toujours concluant. Le
gang des barbus continue de tracer sa route. Le résultat
est inégal avec des morceaux grandioses et inspirés
pendant que d'autres marquent le pas, celui de la recherche
inaboutie. Ce disque balise en tout cas son territoire. Alors
que d'autre se contentent de suivre des chemins tout tracés,
Bumblebees prend de la hauteur, dessine les contours d'un monde
personnel et bigrement intéressant, quitte à se
perdre un peu en route.
SKX
(01/02/2005)
website
groupe www.bumblebees.new.fr
website
label emolutionrecords.free.fr
sounds
Triangle.mp3
| Baragouine.mp3
|
Burmese
Men - CD
Load 2004
Burmese
n'aime pas la dentelle. Et les guitaristes. Deux basses, deux
batteries, vous imaginez la gueule de leurs voisins quand tout
ce beau monde décide de répéter. "
Men " est un disque pour homme. C'est produit par Weasel
Walter, Mr Flying Luttenbachers. Tout ceci devrait normalement
vous faire fuir. Un troisième album qui suinte toujours
dans le rock très industrialise, louchez du coté
de Whitehouse et Headbutt pour les rugissements. Sensation de
locomotive lancée à pleine vapeur, absence totale
d'un semblant de mélodies à siffloter sous la
douche, rythmique martiale et coup de basses dans la tronche,
tremblements des fondations qui oscillent sur leurs bases. Si
vous aimez souffrir, vous aurez votre dose. Et les grincements,
ce petit truc qui agace et vous donne envie de hurler sous la
lune un soir de référendum, je dis pas non. Vous
avez le droit également à des mugissements, très
différent du rugissement, en ceci que le mugissement
est un cri qui vient de l'intérieur mais qui se fait
sans ouvrir la bouche. Essayez, vous allez voir, la différence
est nette. Sorte de Melvins s'accouplant avec un cerf en rut.
Et quand il décide de l'ouvrir, hé bien c'est
dommage. Les cerfs (même ceux en rut) fuient comme un
seul cerf. Magnifique spectacle de la nature s'il en ai. Dans
un cadre purement musical, cette métaphore prend une
tournure désastreuse. Burmese est burné. Que ceux
tenter par un retour à la nature y réfléchisse
à deux fois.
SKX
(25/03/2005)
website
groupe www.angelfire.com/band/burmese
website
label loadrecords.com
|
But
God Created Woman
Self-titled CDEP
Psychotica 2004
Si
Dieu créa la femme, l'homme créa la musique (et
quand je dis l'homme, j'embrasse la femme bien sûr et
plutôt deux fois qu'une), les emmerdes et les Italien(ne)s.
Pour notre plus grand bonheur il va de soi. Rattrapant le retard
au triple galop, nos voisins transalpins, en matière
de musique bruyante et convulsée commencent à
se placer là. But God Created Woman est ce genre de jeune
groupe très certainement marqué par la venue de
Arab On Radar en leurs terres ensoleillées. L'influence
est indéniable, surtout dans la façon de mener
les guitares, dissonantes et libres de tous marquages, traversées
d'une voix ivre et agitée, de rythmes chavirant le tout
dans le chaos. Quatre titres forts prometteurs que vous pouvez
télécharger intégralement sur le site du
label Psychotica, le label italien du moment qui regorge de
trublions auditifs. La grande classe !
SKX
(03/01/2005)
website
groupe www.smallworld.altervista.org
website
label www.psychoticarecords.com
sounds
The_Fair_Sex.mp3
| Teoria_della_separazione.mp3
| Guinea_Pig.mp3
| Venom_x_Venus.mp3
|
By
the End of Tonight
A Tribute to tigers - CD
Temporary Residence 2005
Comme
si ils s'étaient aperçu qu'ils avaient été
un poil trop loin. Nos lascars texans ne voulaient pas y laisser
leur jeunesse. Après leurs débauches quasi maniaco-dépressives
de pousser les limites de la complexité du math-rock
et d'affoler les radars, ce deuxième album les voit rentrer
dans le rang. Le tigre s'essouffle et tente d'approcher sa proie
par la ruse. Instrumental toujours, instrumental mon amour.
By the End of Tonight n'a pas déserté la technique
pour autant mais essaye de mettre tout ça au service
de compositions avec un surplus d'âme. L'essai n'est pas
concluant. Là où l'énergie anarchique masquait
les manques et renversait tout sur son passage, cette fois ci,
ils avancent en terrain découvert. Ca tricote et ça
biscote, le batteur joue toujours sur une batterie pour gosse
mais l'inspiration fait défaut. Les tentatives de mélodies
sont fades. By the End of Tonight se mord la queue. Dans un
style qui en a déjà beaucoup (trop ?) dit, il
est difficile de s'imposer si on ne fait pas preuve de qualité
de compositeurs au-dessus de la moyenne. Le bégaiement
arrive vite. By the End of Tonight, après quelques espoirs,
revient à la normale et sort un album de routine.
SKX
(10/04/05)
website
groupe www.bytheendoftonight.com
website
label www.temporaryresidence.com
sounds
setting_sail.mp3
|
B.Abuse
Misery is the rhythm of the world - CD
Impure Muzik 2006
B.Abuse est ce groupe allemand méconnu des bataillons
hardcore qui a débuté en 1992, sorti une poignée
de singles (3 exactement plus une cassette), a disparu des tablettes
pendant 4 ans avant de sortir un premier album en 2002 (Connemara)
puis re-silence pendant trois ans avant de réaliser en
2005 un nouvel album que Impure Muzik, le label de Besançon,
ressort en CD cette année. Un parcours musical largement
inspiré par Neurosis, suivant la même courbe d'évolution
avec des membres qui vont et viennent. Sauf que B.Abuse part
de beaucoup plus bas. Un premier 45 très bourrin avec
une voix ridicule. Puis les titres qui s'allongent, l'émotion
prend le pas sur la lourdeur pleine de gras, les atmosphères
se développent, les samples apparaissent. Jusqu'à
cet album. Quatre titres en quarante minutes. Et là,
ça carrément plus de gueule. Des morceaux qui
puent le désespoir avec quelques coins de lumière
(en cherchant bien). Des samples très présents
et bien intégrés au chant tour à tour parlé
ou colérique. B.Abuse garde de Neurosis le principe d'un
hardcore large d'esprit et généreux mais divague
aussi vers des terrains plus rock et emo sans le coté
auto-apitoiement. Une musique finalement proche de leurs voisins
tchèques de Lvmen (qui viennent aussi de refaire leur
apparition). C'est beau, c'est triste, c'est long, une sourde
colère et une putain d'expédition dans laquelle
ils arrivent à nous trimballer sans jamais une seconde
d'ennui.
Tous les morceaux de leur discographie, ce disque compris, sont
disponibles en mp3 sur leur site, ainsi que de futurs morceaux,
version electro expérimentale inquiétante, encore
jamais sortis sur disque et retouchés par [lo :], le
mec qui réalise tout leur artwork et qui est un boute-en-train
fini.
SKX
(26/08/2006)
website groupe www.b-abuse.de
website label www.impuremuzik.com
sounds 2002.mp3
|
Bananas
at the audience
Into the house of slumber - CD
S.K. records 2006
L'audience de la banane s'en va grandissante. Après bientôt
une décennie dans les jambes, les Lyonnais sortent un
troisième album où tout se met enfin en place.
Bananas at the audience a toujours été cet énervement
rock qui ne s'embarrasse pas d'étiquette. Cette machine
à suer, à jouer, à tourner, à répandre
son énergie communicative sur la base de textes concernés
par notre bon vieux monde crispant. Sans jamais avoir été
totalement conquis par leurs précédentes productions,
j'en gardai pas moins une oreille attentive à leurs dissonances.
Into the house of slumber continue son évolution
positive. Les compositions se font plus consistante. Les riffs
plus marquants. L'architecture navigue avec habileté
entre complexité et fulgurance mélodique. L'enregistrement
de Peter Deimel au Black Box studio d'Angers n'y est sans doute
pas étranger. Le chant a su s'effacer quand il le faut.
Les morceaux s'aèrent. De courts instrumentaux font leur
apparition. Le jeu des deux guitares renvoient à Condense,
parfait de complicité, tour à tour acides ou harmonieuses.
L'album devient penser de bout en bout. Un tout qui s'imbrique
de façon adéquate. Pas de doute, Bananas at the
audience a franchit un palier. De la noirceur croissante, de
l'allégresse toujours mais lucide, Bananas affine ses
flèches. Et le pire (dans le meilleur), c'est qu'on les
sent capable d'encore beaucoup mieux. La route est longue jusqu'au
cimetière des bananes.
SKX
(03/12/2006)
website groupe attheaudience.free.fr
website label www.skrecords.org
sounds trapped.mp3
| naked.mp3
|
Battletorn
Evil chains - CD
Mega Blade / Troubleman 2005
Battletorn
écorcherait un lapin sans l'once d'un remords. Saigner
à blanc. Battletorn, c'est la nouvelle coqueluche toute
chaude de ceux qui n'aiment pas que les choses traînent.
Le temps de lire le nom de groupe, son bâtard de premier
album et dire Mega Blade (une subdivision de Troubleman Unlimited,
la cave où ils enterrent tous leurs cadavres et laissent
échapper leurs démons) et Evil chains aura déjà
échappé son dernier soupir. Metal-trash-punk sauce
Melt-Banana. Sans les socquettes à pompons roses et les
petites culottes blanches. Vous voyez ce que je veux dire bande
de vicelards. Trio power. Femelle au milieu. Sur le micro. Qu'on
ne sait où elle l'enfonce. Beau moustachu façon
Charles Bronson le dernier justicier. Tignasse dégueulasse
qu'on agite dans tous les sens. C'est dix huit titres pour quatorze
minutes (je vous fais cadeau des secondes). La réputation
de faire des concerts qui durent aussi longtemps qu'il faut
à certains groupes pour s'installer. Du vieux hardcore
quand on comptait les secondes. Du one-two-three jouer avec
le fun et le son du nouveau millénaire. La vitesse, ya
que ça de vrai mais avec la manière. Trash relou
exit. Ca se prend pas la tête. C'est marrant comme tout
même si ça pas lieu d'être. Un disque bon
comme une bonne branlette.
SKX
(23/02/06)
website groupe www.battletorn.net
website label www.troublemanunlimited.com
sounds www.myspace.com/battletorn
|
|
Bellmer
Dolls
The big cats will throw themselves over
CDEP
Hungry eye 2006
Les
poupées de Bellmer (et de ta belle-mère) prennent
leurs temps pour donner suite à la danse syncopée
d'un premier 45 qui était fort prometteur. C'était
2004. Deux ans plus tard, six nouveaux titres s'ajoutent à
la collection. Pour trois inédits seulement vu que le
45, on le retrouve là, dans sa forme presque originelle
(mais introuvable), à peine touché par le trio
new-yorkais et Jim Sclavunos (The Vanity Set), producteur de
cet EP, membre déjanté de la bande à Bad
Seeds et de tout ce qui touche de près ou de loin avec
la scène new-yorkaise, celle qui aime les trucs pervertis
et lugubres. Et de Birthay Party, son blues épileptique,
il en ait fortement question ici. Une odeur plein les narines.
Le genre d'odeur qui me satisfait complètement. La basse
sur les traces de Tracy Pew, orgueilleuse, magistrale. Des coups
de butoir illuminés, des rythmes de vaudous, un chant
habité, revisités par les râles et les incantations,
sa ballade qui vous arrache du sol (L'condition humaine),
son énergie rock'n'rollesque qui met le feu (Pictures,
Push! Push!), Bellmer Dolls a la grande classe et les
fringues qui vont avec. Ca nous dévore de l'intérieur.
Les grands fauves se sont jetés dessus. The big cats
will throw themselves over, traduction terre à terre
et non sens continu, merci Google, d'une phrase écrite
sur le site que vous parcourez à l'instant pour leur
premier single et dont Bellmer Dolls s'est
servi pour nommer ce présent six titres. Contribution
aléatoire. Le hasard fait bien les choses. L'album ne
va pas tarder à débouler. Pour sûr que je
vais me jeter dessus.
SKX
(23/10/2006)
website groupe www.bellmerdolls.com
website label www.hungryeyerecords.com
sounds www.myspace.com/bellmerdolls
|
Belone
Quartet
Les prémices de la beauté naissent de l'amertume
- CD
Kythibong 2006
Belone Quartet est, comme son nom l'indique, un duo. Nantais
le duo, pas comme Bruno. Un trait d'humour tout en finesse pour
commencer car pour la suite, c'est mélancolie et morte
mer. Avec un titre comme Les prémices de la beauté
naissent de l'amertume, il ne fallait pas non plus s'attendre
à un disque de ska. Benjamin Nerot et Antoine Bellanger
laissent divaguer leur spleen du coté de Black Heart
Procession, en formule réduit, sans la scie musicale
mais avec ce même élan cafardeux, cette indécrottable
tristesse qui colle aux mélodies. Belone Quartet rajoute
une touche d'années 80 sur quelques titres plus rythmés,
réminiscence (légère) d'un courant new-wave
et vous obtenez un premier album qui a du s'en prendre de l'amertume
dans la tronche pour accoucher d'un tel fardeau. Heureusement,
à l'instar de BHP (on y revient toujours), Belone Quartet
garde suffisamment d'énergie interne pour rester au-dessus
de la ligne de flottaison et de pas s'étaler dans une
mare nombriliste. Un feu intérieur qui bouillonne, qui
donne de la vie à sa sourde dépression, deux,
trois battements bienvenus et les prémices de la béatitude
frémissent sous la bise du grand large. Ou des grands
fonds. La mèche est prise. Ca vacille, ça navigue
à vue entre des bouées mal éclairées
mais la barque est lancée. Un exercice musical toujours
périlleux, où il n'est jamais facile de ne pas
tomber dans le pathos. Pour son premier album, Belone Quartet
maîtrise les ingrédients variés de son instrumentation,
se la joue riche malgré la formule intimiste et signe
un disque plein de promesses.
SKX
(20/11/2006)
website groupe www.belonequartet.org
website label www.kythibong.org
sounds thesame.mp3
| yeah.mp3
| myheartofcorpse.mp3
|
The
Black Heart Procession
The spell - CD
Touch and Go 2006
Regardez
bien la pochette. Comme dans toutes les oeuvres de Black Heart,
le coeur est au centre du débat, l'objet de toutes les
convoitises. Qui comme toute histoire de cur qui se respecte
fini mal. Le corbeau, le rouge et le sang autour. Chez Black
Heart Procession, la bande son a toujours cette allure de drame
perpétuel, de vieux film noir avec sa femme fatale et
son looser magnifique. Ca ronge son frein, c'est l'abandon,
quels que soient les ingrédients. On a beau dire que
depuis leur précédent opus Amore Del Tropico,
l'univers de BHP s'est légèrement coloré,
il n'est pas certain que cette musique serve d'euphorisant à
un congrès d'anciens alcooliques. La troupe de Pal Jenkins
a beau rythmé un peu plus sa mélancolie, de mettre
un peu de rock dans son orchestre maudit, la musique reste d'un
indécrottable et savoureux spleen. On peut même
dire que par rapport à Amore Del Tropico, Black
Heart a trouvé le ton juste et le juste ton entre ses
envies d'ensoleillement et son légendaire état
cafardeux mais digne. Toujours. Un mélange qui doit son
salut à la continuelle inspiration dont fait preuve Black
Heart, même après cinq albums, une qualité
d'écriture qui ne leur fait jamais défaut, qui
a connu une légère baisse de régime dernièrement
mais qui repart de plus belle. C'est donc une nouvelle fois
un tour de manège grinçant de ballades poignantes
et sans fard, la voix envoûtante de Jenkins, son violon
qui nous tire les frissons du nez, cet élan rock nouveau
qui nous ferait presque taper du pied. La magie Black Heart
Procession toujours au rendez-vous, fidèle comme un sale
bâtard qui revient sans cesse là où ça
fait mal vu qu'il ne connaît pas autre chose.
SKX
(12/09/2006)
website groupe www.blackheartprocession.com
website label www.touchandgorecords.com
sounds words.mp3
|
Blame
Game
Ask someone - LP
Stickfigure / Ursa Minor 2006
Cette
fois, Blame Game y va tout droit. Barré sur sa comète,
direction les sphères de l'improvisation, dans les limbes
d'un rock-noise sans contrainte mais toujours prêt à
se faire péter la queue. Car en une demi-heure et quatre
morceaux, Les quatre d'Atlanta ont le temps de dire beaucoup
de choses. Et avec la manière. Blame Game est donc définitivement
passé de l'autre coté de la force. Exit les chemins
trop courts d'un hardcore, même chaotique. Bonjour le
rock instrumental, tordu et de haute volée à la
Don Caballero (mais en mieux si on pense au présent)
et les piques soniques d'un Colossamite. Ils en tirent à
foison des plans sur cette putain de comète, échafaudent
des plans machiavéliques, balancent les gros riffs contre
la souplesse d'une batterie jazzy et tout ça avec une
fluidité remarquable. Ils s'en donnent à coeur
joie mais n'oublie pas que les glandes sudoripares, c'est fait
pour transpirer. Alors le cocotier, il le secoue régulièrement,
le rock n'est jamais laissé de coté, l'intensité
y va par paquet de douze. Rien à redire, ils ont tout
compris. Le dernier morceau est un tas de bruit, impro, lignes
de guitares et de saxo enregistré pêle-mêle
par Blame Game et refourgué en l'état à
leur pote Magicicada, trifouilleur officiel de sons qui a réussi
à démêler les fils pour composer un titre
qui débute dans le bordel et fini dans la volupté.
Aux dernières nouvelles, le batteur est parti traîner
à New-York laissant ses trois acolytes dans le doute
et ça serait bien dommage que Blame Game s'arrête
là alors qu'ils commencent juste à maîtriser
complètement leur truc.
SKX
(24/10/2006)
website groupe www.blamegameband.com
| www.magicicada.com
website label stickfiguredistro.com/stickfigurerecords
| www.ursaminormusik.de
sounds stick-21v.mp3
|
|
Brume
Retina
Linéaire des libres - CD
Recap / Unbeliever 2006
Avec trois anciens Gameness et des titres déjà
composés à cette époque, nul doute que
ce nouveau projet va sonner comme du Gameness. Hé bien
devinez quoi, ça sonne comme du Gameness.
Voilà voilà. En gros, vous cliquez sur le nom
de leur ancien groupe et cette chronique pourrait s'achever
là. Vous auriez ainsi une idée, une très
grosse idée, l'idée que leur screamo hardcore
reste toujours écorché et qu'ils le font plutôt
bien. A trois année de différence. Trois ans où
rien n'à évoluer. Trois années où
tout un train de groupes est passée par là pour
monter au front d'un hardcore qui manque cruellement de renouvellement
et qui finit par se ratatiner le gueule devant l'ennui. Un ennemi
bien indicible mais terrible. On pourra toujours se dire que
le nouveau chanteur à su apporter de la variété
dans le chant, que le contraste entre parties calmes et explosions
brutales est encore plus marquée, que le chaos n'est
plus aussi insurmontable, ce disque est à réserver
aux plus indécrottables du style qui aiment inlassablement
regarder le passage immuable du train. J'aurais bien rajouté
un truc sur les ruminants (un truc vache bien sur) mais je préfère
m'arrêter là.
SKX
(23/08/2006)
website groupe www.brumeretina.c.la
website label www.kablys.hardcore.lt
sounds brumeretina.ifrance.com/lineaire.zip
| brumeretina.ifrance.com/regularmind.zip
|
 
Bagio
II - CD
Fidel Bastro 2006
Intermezzo 21. Mai 2005 bis 16. Ji 2007 - CD
Fidel bastro 2007
Le
retour de la boite froide. Les lunettes bleues ont remplacé
les lunettes rouges. La version enregistrée en public
a été troquée pour une version tout studio.
Sinon, traitement identique. Bagio, un duo inquiétant
en provenance de Hambourg. Bagio, guitare sans bavure, batterie
électronique et masques à gaz pour tout le monde.
Un son bien à eux, mi-homme, mi-machine, pas naturel
mais qui renvoie autant à Big Black qu'à toute
cette école 100% germanique où le teuton ne prête
pas son flanc à la rigolade. L'humeur congelante d'un
Kraftwerk revue par des riffs aussi rock-noise que synthétiques,
des plans instrumentaux mathématiquement implacables.
Entre, rien pour réchauffer l'atmosphère. Des
tentatives de mélodies pour amadouer la future victime
comme sur Pornoglitter et ses six minutes bubblegum.
La violence de Bagio n'est pas frontale. Instauration d'un climat
qui fait froid dans le dos. Armée de robots dirigée
par Big Brother, disciplinée et un soupçon de
perversité glissé dans l'uniforme pour ne pas
marcher tout à fait droit.
Après Bagio II, Bagio intermezzo. Fin de la boite
froide. Gutten tag la boite en plastique. Ou un truc qui ressemble.
Une compilation de leurs travaux chirurgicaux de 2005 à
2007. On retrouve trois morceaux de leur Bagio II. Trois morceaux
de leur Bagio I (tiré à 100 exemplaires). Trois
morceaux live (deux tirés de II et un de I). Tout cela
est d'une implacable logique mais ça fait une belle jambe
à ceux qui avait déjà leurs deux premières
boites froides. Suivez mon regard. Reste trois inédits.
Oh allez quatre. Folgeschehen figurait sur le I mais
là, on a le droit à une neueinspielgung, soit
une nouvelle version (si ça se trouve, ça signifie
carrément autre chose, j'ai toujours été
une (grosseu) bite en Allemand). Une version plus au taquet
mais pas forcément meilleure (mais pas moins bonne non
plus). Reste trois pures inédits (Bagio aime la règle
de 3). C'est toujours ça de pris. En fait, deux de ces
morceaux sont issus de compilation mais par chance, elles ne
sont pas parvenues à mes oreilles. Trois titres dans
une bonne et saine lignée. Ca file droit à Hamburg,
les hivers sont rudes et Intermezzo une introduction
qui en vaut une autre au monde clinique de Bagio.
SKX
(17/11/2007)
website groupe www.bagio.org
website label www.fidel-bastro.de
|
|
Basement
Everything gets distorted - CD
Interference 2006
Basement
fait parti de la vieille école noise-rock française.
Celle qui a arpenté le bitume dans les années
90 aux cotés des Sleepers et Portobello Bones. Si l'un
des deux est encore en activité et l'autre a mis la clef
sous la porte, Basement a la particularité d'avoir fréquenté
les deux cas de figure. Parlons d'une (longue) période
de silence puisque huit années séparent leur dernier
disque Underneath de ce nouvel album. Le temps passe
mais les habitudes restent. Si le groupe de Libourne revient
parmi nous, ce n'est pas pour tout chambouler. Ils continuent
leurs basses uvres d'une musique inspirée par les
plus grands (Unsane, Jesus Lizard pour ne citer qu'eux) qu'ils
régurgitent d'une façon propre et personnelle.
Car si la basse domine, que la batterie mid-tempo insinue de
la tension, que l'on sent de la frustration et une colère
sourde, Basement privilégie largement les mélodies
et retranscrit ça dans un son net et efficace. Avec Nicolas
Dick à l'enregistrement, on retrouve quelque peu ce son
de guitares propre à Kill The Thrill, ce bruit de guitares
en forme de nappe, laissant place à la puissance émotionnelle
plutôt qu'à une confrontation directe. Une enveloppe
bruyante mais pas l'agression typique que l'on aurait pu croire
d'un groupe viscéralement noise-rock. On sent de la part
de Basement la volonté de ne pas chercher le combat,
de se dévoiler sans fausse pudeur et si on peut regretter
que cet album soit par trop sage, sans surprise et calibré,
le travail sur les compositions, l'imbrication des guitares,
les arpèges qui claquent et les mélodies qui se
dévoilent font lentement mais sûrement leur travail
de sape. Basement n'a pas trouvé de recette miracle mais
ils exécutent parfaitement ce qu'ils ont toujours su
faire et aimer. Une musique fidèle à leurs racines,
sans esbroufe, en digne témoin et artisan d'une époque
toujours d'actualité.
SKX
(25/01/2007)
website groupe www.basement-dept.com
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Bästard
Yet, reloaded
- 2x12'' + CD
Ici d'ailleurs 2006
J'aime
pas les albums live. On a connu entrée en matière
plus enjouée. Certes, mais les disques en concert, ça
m'a toujours gavé. Cependant quand c'est un des meilleurs,
sinon le meilleur groupe français de tous les temps,
qui sort cet infâme formule, ça vaut bien de se
lester d'un petit bifton. Bästard dégaine à
nouveau. C'était à l'occasion des 20 ans du Confort
Moderne, Poitiers en fièvre, Bästard spécialement
reformer et le présent objet pour témoigner ou
faire saliver ou atténuer les remords des absents qui
ont toujours tort.
Je me contenterais donc de ce présent objet.
Un double vinyl, quatre faces pour Poitiers et glisser dedans,
un CD avec un live en Italie, week-end à Rome en 1994,
comme pour montrer quand plus de dix ans, rien n'a changer et
que les Lyonnais n'ont pas vieilli. Et non, Bästard n'a
pas pris une ride. De l'intro au ralenti de Chinatown
à la magie du violon de Kal jusqu'au final poignant
et rageur de The Hunt, les ex-Deity Guns ont su tout
digéré, de leur grosse influence Sonic Youth des
dé buts, des débris de Neubauten pour arriver
à un univers personnel riche, varié et extrêmement
musical. On a le droit a tous leurs plus grands morceaux, les
plus délectables, je ne vais pas vous faire le coup de
la liste détaillée mai ça ressemble à
la set-list idéale. Les bougres avaient bien préparé
leur affaire. Le son est plus que correct. Ca ne remplacera
jamais une place au premier rang, la tête dans les amplis,
même en mettant le volume de votre chaîne à
fond. Je n'ai pas l'impression d'y être mais c'est déjà
ça de pris. Pour les versions, ils ont sans doute dû
en jouer de meilleurs mais 10 ans après la fin du groupe,
c'est plus qu'acceptable.
Une fois les quatre faces tournées et retournées,
vous calez confortablement le CD de l'Italie. Back to 1994.
Ca commence comme ça fini. The Hunt ouvre les
hostilités dans un climat qui semble beaucoup moins enfiévré
qu'à Poitiers à l'écoute des pauvres applaudissements
qui lient les morceaux. Fucking Bästard ! Pour la playlist,
le premier album sorti en 1994 est forcément représenté
en force. Alternance de morceaux toutes guitares et rythmique
dehors (le saisissant Sake qui fait toujours son effet)
et de morceaux qui baignent entre deux eaux où tout est
question d'atmosphère et de dosages subtiles. Comme pour
Poitiers, le son est bon mais les versions ont plus de mordant
et de cohésion (je dis ça, c'est juste par jalousie)
et mon tout fait un objet bien vivant pour un groupe mort. Je
n'ai toujours pas changé d'avis sur les disques live.
Ca n'arrive pas à la hauteur des enregistrements studio
et d'un vrai moment de live avec la fumée de cigarettes
(ah non c'est du passé ça aussi) et les tâches
de bière sur le t-shirt (bientôt du passé
aussi à ce rythme là). Promis, pour les 30 ans
du Confort, je serais présent pour la reformation de
Condense.
SKX
(10/02/2007)
website label www.icidailleurs.com
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Battle
of Mice / Jesu
Split 12''
Robotic Empire 2008
Battle
of Mice a déjà sorti un album et un seul, l'excellent
A day of nights que je me surprends à aimer alors
qu'il porte en lui de nombreuses gènes poussant à
des sentiments contraires, et les deux morceaux inédits
de ce split sont peut-être les deux derniers de leur courte
carrière tant Battle of Mice a toujours semblé
un projet sur la tangente. Dans l'air du temps depuis des lustres,
le label de Richmond (Virginia) sort enfin l'objet et c'est
pas avec ça que Battle of Mice va baisser dans mon estime.
The Bishop et Yellow and black, deux compositions
encore plus intenses, sombres et apocalyptiques que leur album
qui avait opté pour une voie plus limpide. Il faut entendre
Julie Christmas (Made out of babies) se démener sur The
Bishop, elle est sur ce coup ci totalement convaincante
et soutenue par une mâle éructation, Josh Graham
(son âme damné), un gros riff qui plombe l'atmosphère
après une accélération aussi brutale qu'inattendue,
ce morceau renvoie tous les Isis en herbe, maître compris,
à leurs chères études. C'est la grande
force de Battle of Mice. Se faire confronter la férocité
et la grâce, engendrer des climats enjôleurs à
grands coups de pains dans la tronche. Allez comprendre quelquechose
! Ils ne font pas dans la lourdeur atmosphérique comme
nombre de leurs confrères pour faire joli et faire comme
tout le monde, de mignons arpèges et des montées
qui débouchent sur un grand vide. Ils y mettent de vrais
ingrédients dedans, de la chair et des tripes, des contrastes
saisissants, un lyrisme viril qui donnent une réelle
consistance. Il serait vraiment dommage que Battle of Mice s'arrête
là.
Vous, qui lisez régulièrement ces pages, savez
que Jesu n'est pas notre ami. Et là, oh miracle, ces
deux titres inédits nous montrent enfin la lumière.
Nan, j'déconne. La musique de Justin Broadrick se résume
toujours à un seul mot : insignifiant. Au secours, Slowdive
est revenu !
Un très bon split uniface.
SKX
(08/10/2008)
website groupe battleofmice.com
| www.myspace.com/officialjesu
website label www.roboticempire.com
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Battles
Mirrored - CD
Warp 2007
Dans
ce cube de miroirs où tout se réverbère,
c'est avant tout des cultures musicales différentes qui
s'entrechoquent. Sur la paroi sud, devant sur la scène,
la batterie de l'ex-Helmet et Tomahawk John Stanier et sa cymbale
à huit mètres de haut. Paroi ouest, le jeu de
jambes gauche mais les mains pleines de sûreté
et occasionnellement de doigts sur le manche du guitariste Ian
Williams (ex-Don Caballero et Storm and Stress) qui se met aux
claviers. Paroi est, c'est uniquement le fatras de claviers
et samplers du touche à tout Tyondai Braxton que vous
trouverez. Paroi nord, plus discret, le guitariste David Konopka
pour qui le math-rock instrumental au sein de Lynx n'avait plus
de secret. Et leur secret justement réside dans ce point
de rencontre où tous ces mondes se télescopent.
Cette énergie créatrice qui avait accouché
de trois maxis aussi uniques qu'ouverts. Autant barrés
que originaux. En avril dernier à la Barakason près
de Nantes, cela avait donné un concert physique et arty.
Direct et précieux. Toute l'image de Battles entre sueur
et paillette. Au bout d'une petite demi-heure, j'avais décroché.
Trop de boucles tuent la boucle. Pour cet album, c'est la même
chose. Autour de la rythmique inamovible de Stanier, un tas
de trucs qui débarquent de tous les cotés. Sonorités
électroniques, notes de guitares en cascade, l'hypnose
qui prend forme, des samples qui embellissent ou enlaidissent.
Des morceaux qui font mouche. Ou pas. Comme sur l'excellent
Tonto et l'horrible Leyendecker qui rappelle comment
la world-music peut-être pénible. Une bataille
de musique, de rythmes entraînants en tout genre avec
effet transe en toile de fond. Une lutte où Battles cherche
un ordre nouveau. C'est tout à leur honneur mais ça
manque de fluidité. Un exercice trop cérébral
pour un album majoritairement trop chargé en informations.
Bouillonnant n'est jamais très loin de brouillon et j'ai
du mal à me sentir touché par cette débauche
d'effets qui manque d'âme. Le cube de miroir a fini par
renvoyer une multitude d'images qui se perdent à l'infini
sans que vous puissiez vous y reconnaître.
SKX
(01/10/2007)
website groupe www.bttls.com
website label www.warprecords.com
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Battleship
Hearts addendum - CD
On/On Switch 2006
Je
restais sur ma (finalement) bonne impression de leur concert
avec Racebannon avant d'aborder le deuxième album du
groupe d'Oakland. Leur album précédent Present
princess n'avait rien de dingue, était largement
passé à la trappe, à l'image de leur début
de show, rock'n'roll chaotique et trop dans le moule. Il semble
que le changement de batteur ait fait du bien. Hearts addendum,
reste dans le monde du rock poisseux et bordélique mais
la taille au-dessus. Une rythmique sur laquelle tout repose,
bien pesante tout en restant bancale juste ce qu'il faut. Un
guitariste qui sort de sa timidité pour une utilisation
vicieuse de ses cordes et un chanteur qui sait la boucler quand
il faut. Mais c'est surtout dans le son que Battleship se démarque.
Un truc qui sent la ferraille, sale, qui fait ressortir juste
ce qu'il faut des quelques mèches mélodiques tout
en noyau le tout sous une fine couche de crasse. La présence
de Weasel Walter (Flying Luttenbachers) à la mastérisation
n'est sûrement pas étrangère à cette
production limite bruitiste. Un gros doigt en forme de majeur,
le rock secoué, malmené, brutalisé, approche
rude, gentiment décalé tout en gardant le nerf
de la guerre. Les compos sont généralement courtes
et percutantes mais ils prouvent qu'ils tiennent la distance
avec les cinq minutes de l'excellent no basis for optimism
ou la montée méchamment tendue de This town
wants you skinny. Une écoute distraite de cet album
serait très regrettable. Compréhensible car Battleship
n'a rien de séduisant au premier regard mais très
regrettable quand même.
SKX
(23/01/2007)
website groupe www.radnewmeats.com
website label www.ononswitch.com
sounds www.ononswitch.com/radio.html
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Baxters
Subintrant crisis - CD
Opposite Prod 2008
Au
moins on ne pourra pas taxer les Orléanais de Baxters
d'être une énième copie de Botch et Converge
comme pléthore de groupes hardcore-noise actuels puisque
qu'ils se réfèrent carrément à la
génération précédente, celle de
Helmet et Quicksand !! Je fais un bond de quinze ans en arrière.
Ce qui n'est pas fondamentalement un problème en soi.
Mais il y a l'art et la manière et Baxters ne possède
aucun des deux. A la première écoute, les dix
morceaux me sont complètement passer au-dessus. Une histoire
d'humeur sans doute mais j'ai beau réessayer, changer
d'heure ou de jour, rien n'y fait. C'est un truc qui file tout
droit, formaté et propre sur soi. C'est sans danger,
sans folie et même en essayant de gratter, cet album me
laisse totalement froid. Tous les éléments sont
là, je ne doute pas de leur conviction et leur ardeur
à la tâche, c'est parfaitement exécuté,
enfin bref, vous voyez le genre de clichés habituels
que l'on ressort dans ces cas là pour ne pas être
complètement négatif mais décidément,
non, rien n'y fait. Les compos ronronnent, rien ne transparaît,
ne ressort et la production dangereusement consensuel. Si j'étais
le genre d'abruti à mettre des notes à des disques,
cet album serait loin de la moyenne.
SKX
(29/09/2008)
website groupe baxters.fr
website label www.oppositeprod.com
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Bear
Claw
Slow speed : deep owls - CD
Sickroom 2007
Bear
Claw, c'est ce groupe qui aurait fait fureur au début
des années 90 et dont le siège aurait été
réservé d'office chez Touch and Go. Un groupe
commencé comme une récréation à
un autre projet, Hello Operator, en attendant le retour de leur
camarade de jeu parti draguer l'Italienne sous le prétexte
de faire de l'art dans une école. Mais l'italienne a
du chien et le trio restant a définitivement pris du
poil de la bête. Son dévolu, c'est toute l'école
noise-rock des années 90 dont la figure emblématique
est un descendant d'une longue lignée qui a fait le voyage
inverse, Signore Albini et qui enregistre une nouvelle fois
cet opus. La tradition, Bear Claw en connaît tout le poids
et la respecte à la lettre. Sauf qu'à partir d'un
moment, la famille, tout ça, ça devient pesant.
Alors au lieu de rester sur un truc purement noise-rock et rythmique
totalement logique quand on est un groupe avec deux basses et
une batterie, Bear Claw a su développer un truc mélodique
plus élevé que la moyenne dans le genre, tempéré
ses ardeurs sans renier les fondements. On l'apercevait déjà
sur leur premier album Find
the sun. Ils poussent désormais le bouchon encore
plus loin. C'est un peu les Arcwelder des années 2000
! Après un 1er titre instrumental tout en douceur et
anecdotique pour se chauffer, Bear Claw endosse son habit d'artisan
et taille dans sa complexité des compositions écrites
autant, voir plus, avec le coeur qu'avec la tête. On pourrait
presque penser à feu le groupe canadien The Plan sur
certains morceaux (Fragile end notamment). Comme en plus
chez Bear Claw, on aime le chant, le vrai, le compréhensible,
pas le beugler même si ça leur arrive, cet album
à une touche emo-noise à laquelle on ne s'attendait
pas forcément. Les voix se croisent, se complètent,
se parlent, mesurent toute la tension à insuffler. Un
travail de paire avec les deux basses qui jouent au même
dialogue. Tout le monde est à l'écoute de tout
le monde et Bear Claw calcule au plus juste le poids de ses
instruments qui auraient pu peser trois tonnes mais qui au final
sont comme des éléphants dans un magasin de porcelaine,
évoluant contre tous les pronostics avec une grande finesse
et dextérité. On peut toujours regretter un brin
de folie et un air de déjà entendu mais si on
ne prend pas ce disque pour celui qu'il ne prétend pas
être (hein ?), on a là un excellent album parfaitement
maîtrisé et accompli qui vous rappellera le bon
vieux temps sans que cela lui soit préjudiciable.
SKX
(17/10/2007)
website groupe www.bearclawrock.com
website label www.sickroomrecords.com
sounds demand.mp3
| chameleon.mp3
| without_the_sun.mp3
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Bellafea
Cavalcade - CD
Southern 2008
C'est
dingue comme la provenance géographique peut conditionner
votre approche d'un groupe. Si tu viens de Lyon, tu fais sûrement
du Bästard. Tu es de Seattle, arrête deux secondes
de te prendre pour Nirvana. Tu es de New-York, t'as déjà
plus l'embarras du choix mais t'es sûrement trop arty.
Chicago, je t'en parle même pas, Albini est ton Maître.
Idem pour Washington DC avec D pour Dischord et C pour Fugazi.
Par contre, si tu viens de Rennes, on te laissera peinard sauf
si on te dit que tu fais trop du Skippies ou là t'as
plus qu'à aller te pendre. Alors Chapell Hill, North
Carolina, ça vous parle peut-être moins mais pour
toute une génération de jeunes qui ont vieilli,
c'es tout un pan de la musique indé américaine
qui défile devant vous, le symbole même de l'indie-rock
US, l'idée même du college radio. Bitch Magnet,
Superchunk, Polvo, Merge records et un tas d'autres groupes
plus obscurs mais qui ont toujours défendu un certain
son, une approche de la musique identique faite par de bons
petits blancs tout gentils qui ont écrit une belle page
d'un rock noisy aux vertus mélodiques. Une équation
universelle mais à Chapel Hill, elle sonnait comme nulle
part ailleurs. Alors quand on voit estampillé le nom
de cette ville sur le blaze de ce nouveau groupe, Bellafea,
un tas de préjugés entrent en piste et trente
minutes plus tard, c'est avec plaisir qu'on s'aperçoit
que Bellafea a repris le flambeau. Que les années à
ronger toutes sortes de freins finissent toujours par retomber
sur le même pneu. Et celui de Bellafea est beau comme
un camion et nerveux comme une belle italienne, laissant sur
l'asphalte une trace de déjà vu mais traçant
sa route sans se retourner. Une guitare noisy juste ce qu'il
faut, revêche et séduisante, tout comme le beau
brin de voix de la donzelle qui la tient, Heather McEntire,
dessinant des mélodies se laissant adopter sans broncher,
on pense que c'est du tout cuit, elle va se laisser cueillir
comme une fleur, avant la crise de nerf inévitable. Bellafea
est comme tous les groupes du coin, ils ont le goût de
la simplicité et de l'efficacité. Rien de complexe
mais des mélodies qui coulent de source avec le violon
d'un invité venant régulièrement enrober
le tout comme sur le touchant Telling the hour, évoquant
toute la subtilité d'une Shannon Wright. De la rapidité
dans l'exécution, des compos enlevées, le trio
Bellafea a le classicisme des aînés, l'enthousiasme
des jeunots et Cavalcade un premier galop réussi.
SKX
(30/07/2008)
website band
bellafea.com
website label www.southern.net
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Benard
Self-titled - CD
Alaska 2006
Ce
premier album est envoyé en 22 minutes mais une folle
envie de remettre ça aussitôt vous assaille. Jouissif.
Ne cherchez pas la petite bête. Tout a fâcheusement
la mauvaise impression de se ressembler. Tout est balancé
d'un bloc. Ces huit morceaux ne faire qu'un mais ils font corps
et le font bien. L'envie de serrer le poing, le lever en l'air
comme un con et remuer la longue chevelure que je n'ai jamais
eue dans tous les sens. Du punk, rock et noise, rageur, gueulé
à plein poumons, repris en chur, toutes guitares
abrasives dehors. Les titres des morceaux ne veulent rien dire
(Some call it magic, I call it Sean Connery), c'est eux-mêmes
qui le disent et ça les fait marrer. On ne va pas écrire
trois pages sur Benard, vous abreuver de références.
Ce groupe d'Atlanta n'a rien d'indispensable, se consomme dans
l'instant, en espérant que pour leur futur et très
proche album, il fasse preuve de plus de discernement. Benard
a également sorti un 45, has a posse, toujours sur Alaska
records, et les deux morceaux sont téléchargeables
sur cette page.
SKX
(16/12/2007)
website groupe www.myspace.com/benardmusic
website label www.alaskarecords.net
sounds Peter_Pan_Fed_it_to_a_Crocodile__and_now_He_s_Fucked.mp3
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Berserk
for tea time
Ink
and paper - CD
Get a life / Saïko 2007
L'heure du thé nous est proposé par des Suisses.
Le monde à l'envers. Par contre, pour la précision
d'horloger, ce nouveau groupe fait honneur au pays. Berserk
for tea time fait dans le Botch avec une (grosse) pointe de
Refused où tout est calé au millimètre,
nickel chrome. Tout est là où il faut qu'il soit.
Rien ne dépasse dans le chaos organisé. Bersek
for tea time, c'est un hardcore qui essaye de caser sa technicité
dans des séquences émotions (fichtre). A moins
que ce soit de la pudeur et donc le contraire. Ca sort les gros
riffs et les méchants plans tout en sortant la six cordes
acoustique et les arpèges pour faire beau. Un chant hurlé
et systématique s'effaçant de temps à autre
sur un besoin de s'éclaircir le gosier. On ne peut nier
le savoir-faire et l'exécution parfaite, voir l'allant
de quelques morceaux portés par deux, trois riffs inspirés.
Mais bon, tout ça à l'heure des comptes sonne
déjà entendu, ce qui n'est pas un problème
en soi, sinon on n'écouterait plus rien. Mais c'est presque
trop. Trop propre, trop pensé, une succession de plans
sans surprise qui s'émoussent doucement mais sûrement
au bout de ces 45 minutes qui finissent par toutes se ressembler.
Les interludes n'y changent rien. On aimerait que ça
dérape, que les tripes soient foutues sur la table, avec
la puanteur et les faiblesses de la chair au milieu. Malgré
tout l'engagement du groupe, Berserk for tea time doit s'amender
de ses influences et se laisser aller à se foutre les
doigts dans le nez. Un dernier mot sur le graphisme signé
par un certain Baptiste
Cochard, responsable également du visuel du site
web du groupe et dont les dessins valent le détour (certaines
illustrations plus marquantes auraient d'ailleurs mérité
de figurer à la place de l'actuelle pochette). C'est
à l'image du groupe. Soigné, du travail de pro
mais à l'univers personnel
SKX
(15/05/2007)
website groupe www.berserkforteatime.ch
website label www.getaliferecords.com
| www.saikorecords.com
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Bex
Spasmo - CD
Le saut du tigre 2008
Il
y a des objets qui donnent de suite envie d'écouter.
Toucher d'abord, déplier, retourner, déchiffrer
autant que défricher. On n'aimera peut-être pas
mais ça peut pas être de la merde. Bex, c'est le
nom du type. Benjamin de son prénom. Spasmo, c'est
le nom de son second CD et les Ateliers du Dernier Cri, tout
aussi marseillais que Bex, sont à l'origine du bel objet
sérigraphié avec un artwork signé Judex
dessus. Le premier CD quatre titres avait déjà
attiré l'oreille et était gardé consciencieusement
sous le coude. Bex remet ça avec Nicolas Dick (Kill The
Thrill, encore un bon point) et s'aide d'un nouveau label, Le
Saut du Tigre, dont le premier rugissement est issu de la même
jungle marseillaise. Voilà pour les présentations.
Car le reste ne passe pas par le paillasson, n'emprunte pas
les patins et gicle sur vous une encre bien noire. Guitares,
looper, voix, l'attirail du parfait soldat moderne autiste,
qui dans la pénombre de sa piaule, empile les frustrations
et les colères pour les recracher à la gueule.
Ca fait du bien au moins à une personne, l'auteur de
ses sombres pensées. Dommage qu'elles ne soient plus
en français comme sur le premier jet, imprimées
sur un calque tranchant car même vomies à la tronche
ou déformées, dégurgitées, passées
au karcher, donc totalement incompréhensibles quelle
que fut la langue, cela aurait eu encore plus d'impact. A moins
qu'il n'y ait plus aucun sens à tout ça. Uniquement
des hurlements, grognements, primaires et jusque boutiste. Sept
titres, vague bruitiste qui rend fou, des boucles énervantes,
des tas de sons grouillants, une guitare malade, des effets
retors. L'homme ne ménage pas sa peine pour être
désagréable et malgré tout, de cet amas
de chair purulent, il arrive à dégager une certaine
forme de brillance, une esthétique de l'extrême.
La palette sonore s'est élargit. Certains morceaux jouent
la carte de l'ambiance et ne sont plus dans l'affrontement direct.
Ca reste flippant mais il reste un espoir comme sur le titre
de fin, Sys, qui n'est pas sans rappeler les morceaux
les plus maniaques et expérimentaux de Today is the Day.
Ca sent l'épreuve mais c'est parfois bon de souffrir.
SKX
(09/11/2008)
website groupe www.benjaminbex.com
website label www.lesautdutigre.com
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The
Big Disappointments
self-titled CD
Hot Cave 2007
En
voilà un disque qui coule de source. Le genre d'évidence
s'imposant à vous par la seule force de sa simplicité.
Vous poussant à avancer des conneries comme la musique
ne devrait pas être plus compliquée que ça.
Le rock puisant aux racines, remontant toute la longue tradition
pour arriver à une formule fraîche et frondeuse.
Une paire de guitares, la rythmique et la mélodique.
Le basse-batterie immuable, sobre, parfait dans son rôle
de moteur. La basse que l'on n'entend pas mais qui manquerait
irrémédiablement si elle n'était pas là.
The Big Disappointments, groupe de Boston qui a tout compris.
Comme en plus, ils ont le bon goût de demander à
Thalia Zedek (Live Skull, Come) de produire leur premier l'album,
on ne peut qu'être en présence d'un groupe avec
des têtes de vainqueurs (vous êtes priés
de ne pas aller vérifier sur leur site, cette théorie
en prendrait pour son grade). The Big Disappointments est de
la veine des Feelies pour le rythme trépidant générale
et les Hot Snakes pour la coloration garage-rock et le sens
du riff cinglant et accrocheur. Ca lâche des perles et
pas celles dont tu as honte. Avec des morceaux comme Like
to know ou Only here only now, ils peuvent la ramener
fièrement. On aurait presque pu tous les citer, tellement
ça regorge de bonheur là-dedans, si seulement
il n'y avait pas un léger essoufflement sur un album
un poil trop long avec ces quinze morceaux, aussi concis fussent-ils
! Seul bémol que Eric Boomhower, tête pensante
du groupe, envoie balader de son grain de voix faisant chaud
au coeur avec ce léger écho pour unique effet,
sûr de son fait et de son jeu de guitare, enchaînant
les titres limpides, ludiques avec au passage, un Crop diamond
everglade que j'ai cru d'abord être une reprise des
Stooges, un TV Eye au ralenti, à moins que ce
soit juste une histoire d'ambiance générale, un
parfum de rock universel traversant les âges, propice
à l'écriture de classiques qui se cachent. Mais
rien à battre de tout ça car The Big Disappointments,
c'est tout simplement BON.
Eric
Boomhower n'est pas à son premier coup d'essai. Il s'est
illustré dans de nombreux groupes, que ce soit avec des
membres actuels de The Big Disapointments (Ossiander et Trial
by Fire), en duo blues instrumental (Boom Maxwell) avec Dan
Boucher (Neptune) et Jessica Rylan au sein de The Wrong Hole.
L'impressionnante liste continue avec The Arrangement, son autre
groupe le plus conséquent puisque quatre disques au compteur,
The In Out, en version duo rock psyché sous le nom de
Mastablasta mais également Unangst et pour finir en version
solo sous son propre patronyme. Tous ces disques (ou presque)
sont sortis sur son propre label Hot Cave. Vous pouvez vous
amuser à télécharger les nombreux mp3s
qu'il a disséminés comme autant d'uvre de
jeunesse dont aucunes n'arrivent à la hauteur de The
Big Disappointments. C'est même parfois (très souvent)
particulièrement mauvais. Le talent, ça se travaille
et Boomhower a enfin trouvé la récompense.
SKX
(08/09/2008)
website groupe www.thebigdisappointments.com
website label www.thebigdisappointments.com/hot_cave_records.htm
sounds dance_track_budokan.mp3
| crop_diamond_everglade.mp3
| an_absolute
farmer.mp3
|
Billy
Mahonie
EP - 7''
Euphrate 2007
Billy
Mahonie fait parti de ces groupes dont le nom m'est connu depuis
des années mais que je n'ai jamais écouté
pour une raison qui m'échappe. Erreur réparée
avec ce nouveau single toujours aussi transparent et calqué.
Je ne vous dirais donc pas si ces deux titres sont meilleurs
ou pires qu'avant, si leur musique a évolué ou
non, j'en sais foutrement rien. Par contre, ce que je sais,
c'est que ce groupe londonien pratique un rock instrumental
qui n'a rien à voir avec les classiques du genre à
la Explosion in the sky (montée/descente, explosion sonore
après les moments calmes). Ces deux titres tendent plutôt
vers une certaine idée d'un rock de l'axe Rodan/June
of 44/Shipping News tout en étant plus décontracté.
Deux titres à l'origine téléchargeable
sur leur site, remasterisés pour l'occasion, toujours
plus ou moins sur la même crête d'une tension qui
ne déborde jamais mais qui ne retombe pas non plus. Pas
de quoi sauter au plafond mais suffisant pour avoir envie de
jeter une oreille sur leurs productions passées (trois
albums dont le dernier date de 2003 déjà).
SKX
(23/09/2007)
website groupe www.billymahonie.com
website groupe www.euphrate.org
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Binaire
Bête
Noire - LP + CD
Human project 2007
Vaguement
originaire des grandes steppes industrielles du sud, le Binaire
est un animal sauvage qui se laisse difficilement appréhender.
Pas vraiment farouche mais franchement déroutant : la
diversité des langages qu'il sait employer est sa grande
force, la férocité de son propos attire une adhésion
sans condition, son efficacité communicative est notre
plus grand plaisir. Un changement de line-up, une nouvelle moitié
(en provenance directe d'Overmars) pour affronter les routes
chargées d'aventures et c'est reparti, le nouvel album
s'intitule Bête Noire et il est, comme le précédent
10' Filth Abhors Filth, disponible en vinyle (bleu) avec
un CD bonus reprenant la totalité de l'album mais il
est également intégralement et gratuitement téléchargeable
sur le site du groupe. Le tout est en total autoproduction,
plus do it yourself que Binaire je meurs, ou alors je retourne
apprendre par cur mon Petit Crass Illustré.
Bête Noire, et ce n'est pas là la moindre de ses
qualités, arrive sans difficultés à faire
oublier tout le bien que l'on peut penser de ce groupe en concert
: voilà, ce disque existe en tant que tel, s'écoute
sans arrière-pensées ni regrets des prestations
scéniques parfois incendiaires du groupe et étale
sur nos tympans affranchis tout le panel musical dont Binaire
est capable. Le duo utilise une boite à rythmes, une
basse synthétique (pré enregistrée ?) et
des samples mais à aucun moment ne se laisse enfermer
par ce dispositif. A la différence d'un groupe comme
Austerity Program -avec peu ou prou la même configuration-
qui lui a sciemment choisi de jouer avec les limitations imposées
par les machines et assèche sa musique jusqu'à
n'en proposer qu'un squelette quasiment rythmique et répétitif,
Binaire sait varier les plaisirs, moduler ses ambiances, changer
de visage et provoquer la surprise : aux cavalcades ultra speedées
suivent des titres plus lents et hypnotiques, d'autres jouent
la mélodie (jolis tricotages de guitares) ou la carte
du groove et prouvent qu'electro n'est pas forcément
un gros mot lorsque on le colle à rock. Quelques silences
inquiétants (mais en fait, en tendant bien l'oreille
on s'aperçoit qu'il y a toujours un peu de vie dans ces
silences là) parsèment le disque et relèvent
le côté sombre du groupe : la musique et le propos
de Binaire ne sont pas gais mais comment le pourraient ils lorsque
on ose jeter un il un tant soit peu critique sur notre
monde contemporain ?
Au rayon grosse poilade - parce qu'il faut quand même
rire un peu - l'intro de Casque A Pointe avec un sample
rappelant l'abominable omniprésence de Microsoft et une
autre intro, celle de Barrecade, avec un truc assez hallucinant
(extrait : est ce que l'adultère spirituel est de
l'idolâtrie ?) dont je ne me lasse pas. Binaire a
su préserver sur disque toutes les qualités irrésistibles
que sa musique noise'n'roll et cybernétique peut avoir
en concert, donc un seul conseil : achetez ce disque et vous
courrez les voir en concert (l'inverse est bien sûr également
vrai).
Haz
(06/11/2007)
website groupe www.binaire.info
sounds micrel.emse.fr/~fbitschy/binaire/sounds.htm
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Bipolar
Bear
Man mountain - CD
Deleted Art 2006
Bipolar
Bear est un groupe de Los Angeles avec un premier album sur
le label suédois Release the bats. C'est beau la mondialisation.
Des membres qui comptent de multiples coups d'essai dans d'autres
groupes mais rien qui ne vaille la peine d'être cité.
Un groupe à l'instabilité rampante qui tourne
principalement autour de Paul Knee, le cerveau principal, qui
est également le boss de Kill Shaman records et l'autre
membre du duo The Pope. Mais comme tout le personnel de Bipolar
Bear semble posséder 10000 autres projets sur le gaz,
concentrons nous sur cet homme montagne. Man mountain
est un album qui se consomme dans l'urgence. Dix morceaux. 20
minutes. Faites la moyenne. Bipolar Bear les aime courtes et
compactes. Avec un goût prononcé pour les dissonances
à tous les étages, un son noisy, presque anarchique.
Une batteuse qui n'aime pas les conventions. Une grosse densité
de guitares et un chant passionné qui tente de surnager
au-dessus de tout ça. Et dans tout ça justement,
on en retire plein de bonnes choses. En deux minutes, Bipolar
Bear dit l'essentiel, trouve le moyen de placer de bons riffs
qui accrochent rapidement et ne dilue pas son énergie
dans de veines digressions. J'ai dit compact. Je le répète.
Mais rien qui n'aille jusqu'à l'étouffement. C'est
dense, bruyant mais pas assez punk pour faire fuir le brave
chaland. Homme des montagnes, certes, mais pas ours non plus.
SKX
(23/07/2007)
website label www.deletedart.org
| www.killshaman.com
sounds : bogota.mp3
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Bipolar
Bear - The Pope
Split 10''
Rococo 2006
Bipolar
Bear et The Pope ont en commun Paul Knee. Ils auront désormais
également ce split 10'' ! Paul Knee au four et au moulin.
Chanteur-guitariste pour Bipolar Bear. Bassiste pour le pape.
Et hurleur toujours. The Pope, c'est facile. Enfin, je veux
dire facile pour les comparaisons. Car pour ce qui est de la
facilité d'écoute, c'est autre chose. The Pope,
c'est la droite succession de Godheadsilo et Karp, les grands-pères
des duos noise-rock mais leurs rejetons ont le toupet de faire
encore plus de bordel qu'eux ! Ya plus de respect. C'est hautement
distordu. La basse doit lui échappé des mains
tellement c'est chaud et vibrant. Le batteur te fout de grandes
torgnoles à toutes volées dans les cymbales après
un juste aller-retour sur les toms basses. Saturations quand
tu nous tiens. La voix a bien du mérite à se faire
entendre par-dessus tout ce bordel. D'ailleurs, elle n'y arrive
pas toujours. Même leur pause d'alien au milieu de Outerspace
Olmecs ne trompe pas l'ennemi. The Pope a définitivement
viré sa soutane. Sept titres terre à terre et
hautement jouissifs. Le duo à une bonne poignée
d'autres disques dont un nouvel album sur Wantage USA et intitulé
Sports. C'est sûr, ça va être du sport !
Plus de Pope bientôt dans ces pages virtuelles.
Bipolar Bear s'y connaît aussi en matière de flagellations
sonores. Mais ils respectent un peu plus les traditions rock'n'rollesque
en proposant un début et une fin à leurs six morceaux
avec un tantinet de mélodies au milieu. Pour savoir tout
le bien q'on pense de ces quatre là, allez voir la chronique
de leur excellent album juste sur votre gauche. Je vais pas
me fatiguer inutilement. Ces morceaux sont de qualité
égale et exactement dans la même veine. Un très
bon split sur ce label de Chicago, Rococo records.
SKX
(23/07/2007)
website band : www.myspace.com/bipolarbear
| www.myspace.com/thepope
website label www.rococorecords.com
sounds : Zionista!.mp3
(bipolar bear)
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Birchville
Cat Motel
Four Freckle Constellation - LP
Conspiracy records 2008
On
va tout de suite mettre un point d'arrêt à tous
les abus concernant la terminologie employée lorsque
on prononce ou écrit drone : ce mot qui en français
signifie bourdon (plus exactement bourdonner) définit
une note, un accord ou un son joué en continu, la musique
indou est basée sur le drone et les musiques répétitives
américaines nées dans les années 60 aussi
-Riley, Charlemagne Palestine, La Monte Young, etc. Stephen
O'Malley et Sunn qui ont tout piqué à Earth et
font résonner à l'infini leurs guitares et leurs
basses font du drone. Le premier crétin venu qui trafique
des sons avec une pédale delay (au passage une petite
technique largement expérimenté par Zoviet France
dès le tout début des années 80) ou un
sampler et empile le résultat sur un multipiste ne fait
pas forcément du drone. Ce terme est malheureusement
trop employé pour ce qu'il n'est pas. L'imagination n'est
plus ce qu'elle était.
De l'imagination Campbell Kneale, alias Birchville Cat Motel,
ne semble pas en manquer, il a juste cette fâcheuse tendance
à ne jamais s'arrêter d'enregistrer et de publier
tout ce qu'il enregistre, c'est ce que l'on appelle les joies
du label home made et des CDr. Pour les tenants de l'instrumentation
classique Kneale n'est même pas un musicien et ses bidouillages
ne sont que de la branlette à la portée de n'importe
quel nigaud disposant d'un peu de moyens techniques. Qu'est
ce qu'on disait, déjà, à propos de l'imagination
?
Four Freckle Constellation -cette fois ci publié
par Conspiracy- va continuer d'émerveiller les déjà
fans, dont je fais partie, et de réjouir de dégoût
baveux les détracteurs de Birchville Cat Motel car ce
LP (emballé par Seldon Hunt, l'illustrateur de service
qui ne s'est pas foulé) est un bon cru. Tout commence
par un premier titre qui fait le ménage, on entend des
guitares, une rythmique, tout est noyé dans un brouillard
industriel qui dénature les sons. La face A se poursuit
dans une veine assez brutale, ça stridule sec sur plusieurs
étages tandis que l'on perçoit encore une guitare
qui baille presque en dilettante, l'atmosphère est à
la claustrophobie et à la densification et cela reste
sans surprises, du Birchville Cat Motel on ne peut plus classique.
Ce qui n'est absolument pas le cas du troisième titre
(vaguement en apnée) ni du début de la face B
qui attaque franchement puis immisce un son de clarinette lunaire.
La partie suivante apporte quelques voix trafiquées,
les effets sonores en arrière-plan rappellent les ondulations
d'un serpent à sonnette ou d'un métier à
tisser désaccordé avant qu'orgue et percussions
ne viennent fracasser l'ambiance roulades sur la moquette pour
la remplacer par quelques acrobaties pour tapis volant lancé
à tout vitesse. Cette deuxième face s'achève
comme la première sur une plage plus calme avec peut
être légèrement trop de pause dans le cérémonial
grandiloquent, heureusement qu'il y a ce piano fou qui ouvre
quelques brèches.
Four Freckle Constellation est finalement beaucoup plus
varié et aéré que nombre d'autres enregistrements
de Birchville Cat Motel et se place parmi ses meilleurs disques
récents. Même lorsque la version vinyle sera épuisée
ce disque restera disponible en mp3, je sais que c'est mieux
que rien même si ces mutations de la technologie musicale
me rendent malade, je dois être beaucoup trop matérialiste.
Quant à savoir si le sieur Campbell Kneale est un artiste
drone et bien, honnêtement, on s'en fout.
Haz
(17/03/2008)
website groupe www.myspace.com/birchvillecatmotel
website label www.conspiracyrecords.com/index2.php
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Black Cobra
Bestial - CD
Delboy records 2006
Feather And Stone - CD
At a loss recordings 2007
Black
Cobra, jeune duo fringant et batailleur basé à
San Fancisco, n'a jamais été chroniqué
dans Perte & Fracas. Aussi, lorsque en toute innocence j'ai
proposé d'évoquer ici le nouveau mini album de
ce groupe, le secrétariat m'a aussitôt transmis
cette note de service laconique : tant qu'à faire, autant
torcher le cas du premier album en même temps. Dont acte.
Et je vais même dire que cela m'arrange et que pour écrire
cette double chronique je ne vais pas trop me fouler. A moins
que vous ne souhaitiez lire deux fois la même chose.
On l'aura compris, ce n'est pas une surdité précoce
qui me fait confondre Bestial et Feather And Stone
: ces deux disques se ressemblent tant qu'en fait j'en viens
à les confondre. Alors si on ne découvre le duo
que maintenant, l'effet de surprise sera garanti et intégral,
une bonne torgnole sludge core et on n'en parle plus. Par contre,
si Bestial faisait partie de vos disques favoris de l'année
2006 et que vous persistez toujours et encore dans vos goûts
de primates décérébrés, et bien
Feather And Stone sera également votre disque
préféré pour l'année 2007, très
loin par exemple devant le dernier album de High On Fire ou
celui d'Akimbo. Toutefois, pour ceux qui ont un peu grandi depuis
l'année précédente et bien ce ne sera finalement
pas très grave : Feather And Stone c'est peut
être exactement la même chose que Bestial mais en
mieux, donc on prend tout de suite et on bave.
Si je devais résumer le caractère éminemment
barré de ces deux disques, il me faudrait parler de ces
riffs efficaces et carrés, des rythmes allant du lourd
appuyé au rapide martelé, de la voix qui crache
toute sa colère, des mélodies (si si, il y en
a un peu) porteuses d'autant de délicatesse qu'un char
d'assaut en rase campagne irakienne. Comme si Eyehategod allait
plus directement à l'essentiel. Ou si Buzzov'en ressuscitait
enfin sous une forme définitivement hard core. Tout simplement
grandiose et jouissif.
Haz
(25/11/2007)
website groupe http://www.blackcobra.net
website label http://www.atalossrecordings.com
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Black
Cross
Severance pays - CD
Auxiliary 2007
Wou-hou
les filles fait le loup en rentrant dans la bergerie. Pour ceux
et celles qui se demanderaient ce qui vaut une accroche aussi
pertinente, il faut se retourner sur le titre d'ouverture, le
dénommé Wolves. Devant autant de finesse d'esprit
traduisant une inspiration de tous les instants, dites vous
que cela pourrait également traduire le cri d'exclamation
devant une débauche d'énergie vous prenant sans
échauffement. Le cri d'une bête sanguinaire sortant
d'un hiver rigoureux et solitaire devant un troupeau de brebis
au lainage blanc comme la neige immaculée que le loup
vient de vaillamment traverser pour se repaître de chair
fraîche et innocente. Effrayant, n'est-il pas ? Car oui
mon ami, toi aussi tu seras séduit par l'incandescence
virile qui se dégage du corps finement musclé
de Black Cross. N'aie pas peur de ce patronyme aux allures de
hordes vikings débarquant de leurs sauvages contrées
(death)métallisantes. Black Cross vient du gentil pays
de Slint, Louisville la tranquille, nous asséner derrière
les oreilles en forme de santiags, non pas une resucée
de leur mélancolie canonisée sur l'autel du musicalement
correct, mais un rock'n'roll suintant Hot Snakes à plein
nez. Cela sent certes un peu des pieds, le dessous de bras n'a
pas une hygiène irréprochable mais il ne faut
pas être contre une brebis avec quelques kilomètres
au compteur car toi non plus, tu n'es pas de première
bourre et la viande attendrie sous la selle est bien plus succulente.
Foi de Huns.
Quatre années après un album (Art Offensive
sur Equal vision) marquant leurs débuts, une compilation
de rareté et une ou deux broutilles en format court pour
faire patienter, le groupe des frangins Patterson dégaine
à nouveau dans la plaine. C'est sec, sans fioriture,
découpant dans le tas avec précision, méthode
et entrain, un bout de gigot qui ne varie pas beaucoup ses saveurs
tout au long de ses dix tranches menées tambour battant.
La voix possède ce petit grain éraillé
dans le fond de la gorge qui rend crédible et fait tousser.
Leur rock'n'roll, expédié en deux minutes de moyenne
chrono en main, tire même vers des penchants hardcore
historique, racines des membres oblige. Ce hardcore relativement
basique, loin de toutes complications, jouant plus sur la boule
de nerf au creux du ventre que sur des arithmétiques
stériles. Black Cross ne possède pas hélas
son Suicide Invoice à lui, une poignée
de morceaux qui arracheraient plus qu'un cri de contentement
dont l'écho ne se répercutera pas dans la bergerie
voisine. Mais le loup s'en retournera dans son repère,
l'haleine chargée, la queue ragaillardit, paré
pour un hiver qu'il souhaitera juste plus clément. Même
si il a la bite rude.
SKX
(29/04/2008)
website groupe www.black-cross.com
website label www.auxiliaryrecords.com
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Black
Engine
Ku Klux Klowns - CD
Wallace records 2007
Voilà
un groupe composé de membres au pedigree impeccable puisque
Black Engine est la réunion de Zu et d'Eraldo Bernocchi
-allez, un effort quoi : c'est l'un des rares types à
avoir réussi à collaborer avec Mick Harris sans
se brouiller définitivement avec lui- et puisque, lors
de rares concert donnés cet été, l'ancien
batteur de Napalm Death et démiurge de Scorn a même
rejoint Black Engine sur scène, deux batteurs de la trempe
d'Harris et de Battaglia en même temps cela devait être
pour le moins impressionnant. Ok, je me calme : Mick Harris
ne joue pas sur le disque.
Ku Klux Klowns est le premier album du groupe, chez Wallace
comme il se doit et comme Igneo, très bon album
de Zu, justement. Pourtant les comparaisons peuvent s'arrêter
là car la musique de Black Engine est autrement plus
compacte que celle du trio. Cela sent moins la freeture aussi.
Je ne dis pas qu'il n'y a aucun de ces plans où tout
par en vrille sans crier gare mais il n'y a pas que ça.
Le point commun est assurément l'importance de la rythmique
: dans Zu elle passe son temps à se saborder elle-même
avant de se rattraper de justesse, chez Black Engine elle sait
faire la même chose mais elle sait aussi tourner au monolithique
et au massif. Lorsque la basse martèle ses lignes lourdes
mais imparables et que la batterie dévie avec ses coups
francs, offrant un écrin inflexible aux égrainages
du saxophone baryton ou aux nappes distillées par la
guitare, on n'est pas loin de la perfection en matière
de désordre et de chaos. Car -mis à part Monno-
il y a fort longtemps que je n'avais pas écouté
un groupe capable d'être aussi lourd et malsain sans donner
dans le doom répétitif et/ou maladif. Puis de
partir dans quelque cavalcade particulièrement débridée
et d'atterrir en roue libre dans la boue.
Il y a un corps ligoté et empaqueté sur la pochette
de ce CD : la musique de Black Engine est un peu pareille, oppressante,
pesante, étouffante. Mais elle est aussi inventive (quelques
zigouigouis et traficotages électroniques dus au sieur
Bernocchi par exemple) sans être démonstrative.
Elle est d'une noirceur et d'un pessimisme sans virer à
la névrose complaisante. Elle peut donner l'impression
d'être improvisée sans faire dans le remplissage.
Elle n'est jamais facile sans être élitiste. Elle
fait parfois peur. Et franchement, tout ça, ça
fait vraiment du bien.
Haz
(12/10/2007)
website groupe www.black-engine.com
website label www.wallacerecords.com
sounds ihateclowns.mp3
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Bloarzyed
delirious insane ventilator of bloarzeyd - CD
Wooden Man 2007
Bloarzyed
aime se faire passer pour les idiots du village. Ce qu'ils sont
sûrement. Un patronyme qui ne veut rien dire pour un duo
qui définit sa propre musique comme un pet sortant de
l'anus d'un éléphant. Quelques photos plus tard
où ils aiment faire les grimaces les plus improbables
et quelques cris de singes et fou rire en plein milieu d'un
morceau (Accidental Stain), on leur donne la bénédiction
sans problème. Mais cet énième couple basse-batterie
avec voix, c'est aussi beaucoup de bruit. Un éléphant
mais belle bête. Un éléphant revenu de son
cimetière où Godheadsilo coulait des jours heureux.
Déterré vivant et remis au goût du jour.
Seize morceaux punitifs avec un son de basse à écorner
un buf, des cymbales qui se prennent des allers-retours
édifiants et une lourdeur général monacale.
Bloarzyed n'a pas le sens mélodique de ses aînés.
Pas la peine de chercher le hit noise. C'est tout en souffrance
et en rythmique faussement basique. Des morceaux déguisés
en intermèdes pour vous remettre en selle avant que le
duo ne vous retravaille à l'estomac. C'est un tantinet
indigeste sur la longueur et les feedbacks sont compris dans
l'addition. Mais on tient là un duo qui ne demande qu'à
grandir et quand on sait que Steve Albini a enregistré
leur nouvel EP et qu'un 7'' uniquement consacré à
des reprises de Madonna va voir le jour, on n'a pas fini de
voir leurs tronches de cake.
SKX
(16/12/2007)
website groupe bloarzeyd.gyrate.org
website label woodenmanrecords.com
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Blunderbuss
Self-titled - CD
Self released 2006
Heureusement
que j'étais assis quand j'ai lu la chronique sur nextécluse
sinon mes fesses auraient ciré le parquet. C'était
un dimanche soir, tard, après un week-end fatiguant,
ma vue devait défaillir. J'ai relu plusieurs fois, sûr
que c'était une blague (de mauvais goût) ou un
homonyme qui avais eu le culot de s'appeler comme le Blunderbuss
de 1992 que je connaissais et adulais secrètement. Oui,
la tête du con s'émerveillant devant l'objet
dont personne n'avait jamais rien eu à foutre, je
connais aussi. Le Blunderbuss, l'unique, le seul, le phénoménal
groupe de Pittsburgh qui a vendu 48 disques dans sa vie (dont
30 en promo) est de retour.
Onze ans après leur unique album (Conspiracy en
1995) et trois géniaux singles, Blunderbuss refait son
apparition qui risque, comme à leur grande époque,
de passer totalement inaperçu pour leur plus grand bonheur.
Un CD pressé à la maison, une pochette faite main
et ultra cheap et signé par le guitariste-chanteur Ben
Matthews, tiré à la demande ou un truc dans le
genre. Pas de label, encore moins de distribution, pas de page
myspace. Une musique qui n'obéit à aucun critère
à la mode. On est tranquille, personne va nous piquer
notre Blunderbuss. Il fallait vraiment habiter sur place, aux
USA, pour que le bruit de ce disque ne s'échappe et que
le hasard fasse bien les choses. Désolé les gars,
mais des gens vont entendre votre musique !
Le premier constat, c'est qu'on aura droit à du Blunderbuss
version Conspiracy et non pas celle des deux 1ers singles.
Mon petit doigt me le disait bien mais j'aime bien me le fourrer
dans l'il. La seule chose qui pourrait attirer un tant
soit peu l'attention sur eux, c'est la présence d'un
quatrième et nouveau membre à la deuxième
guitare, Jeff Ellsworth, l'actuel gratteux des autres revenants
Don Caballero avec Jason Jouver (le bassiste de Don Cab) à
l'enregistrement. Nan j'déconne, ça fera rien.
Car la musique de Blunderbuss, c'est de l'introverti explosif.
Du mélancolique virulent. Du romantique qui s'ignore
et qui s'apprécie sur la longueur. Des guitares en pagaille,
tissant des mélodies poignantes, ya comme du Come mais
la version pour homme. On note bien quelques faiblesses de temps
à autre. Les deux gratteux jouent les enchères
et les notes coincent mais dans l'ensemble, Blunderbuss n'a
rien perdu de sa verve farouche. Ils nous refont même
le coup de la reprise d'un de leur propre morceau sorti sur
le 2ème 45. L'intense Surrounded. Pour le coup,
Matthews remet de la tension dans sa voix et s'arrache quelque
peu les cordes vocales. Une voix qu'il a habituellement plutôt
posé, limite passe-partout et fausse quand il chante
normalement mais dès qu'il appuis un peu dessus, on sent
que le Blunderbuss de sa prime jeunesse n'est pas loin. Imaginez
cet album avec sa voix hurlée et une production comme
sur les deux premiers 45 et vous avez un album de folie. Car
dans l'art de l'écriture, Blunderbuss se pose toujours
là. C'est fouillé, délié avec de
multiples tiroirs, que le fil des écoutes nous attache
cheville au corps. Encore un album intemporel, qui peut paraître
aussi désuet qu'indispensable, à écouter
à l'abri des oreilles indiscrètes. Pas musicalement
le meilleur truc de ces dernières années mais
sentimentalement, le meilleur album depuis dix ans !
Le
Ben Matthews s'est quand même fendu d'un site web.
Mais pas pour parler musique et de son groupe, ne soyons pas
vulgaire non plus. Juste pour parler de son autre violon d'Ingres,
la peinture et les expos qu'il réalise. Mais si vous
allez sur la page contact et cliquez sur son email, vous pouvez
lui écrire pour commander ce disque, il ne vous en voudra
pas trop. Et comme il semble retrouver une seconde jeunesse,
il s'est lancé dans un autre projet musical avec d'autres
potes. Sa notion du temps n'est pas comme la notre mais on devrait
avoir plus d'infos bientôt
SKX
(11/02/2007)
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Boutros
bubba
Hearing voicst in a beer commercial makes me wanna get drunk
- CDrEP
Narrominded 2006
s/t 7''
Narrominded 2007
Une
bonne semaine que Boutros Bubba est venu se montrer à
Rennes lors d'une tournée française d'une poignée
de dates avec quelques days off entre
Une arrivée
à bout de caisse en provenance de la Belgique pour un
groupe au bout du rouleau, ça ne donne jamais de bons
concerts. Je préfère garder comme bons souvenirs
d'eux ces deux disques que je ramène sous le bras ce
vendredi, tard dans la nuit
L'aventure des hollandais de Boutros Bubba a commencé
à deux. Classique duo batterie / guitare-voix pour une
musique pas si classique que ça. Le témoignage
de cette période (très proche) se fera sous la
forme d'un cdr 4 titres, par le label d'un mec de Gone Bald,
Narrominded records, label qui se fait une joie de mettre gratuitement
ces productions en téléchargement, pochettes comprises.
Sur la présente, Boutros Bubba a mis sa correspondance
avec le graphiste du dit-objet et c'est à se tordre (As
i already told you, we eventually decided not to go with the
erect penis concept
/ I have a 2000 $ Mac and i'm
drawing with a fucking pencil). Le Hollandais est taquin
et Boutros Bubba en tire une musique aussi surprenante que pernicieuse.
A year in gong therapy commence sans tour de chauffe,
un relent de vieux Sonic Youth dans la guitare, composition
pop-noise sautillante sans plus avant de couper complètement
les ponts au bout de 2 minutes et de partir sur un plan aussi
long, tout en lenteur, doucement tordu avant de retrouver son
mordant sur un final au cordeau. Pour le reste, c'est plus délié.
C'est un rien complexe mais ce n'est pas du math-rock, c'est
bien plus malin que ça, privilégiant plus les
émotions que la technique, la composition plus que l'exercise
de style. Sorte de Oxbow en version light avec des voix limite
débile ou sonnant faux (encore plus frappant en concert).
Ça ressemble à des tas de groupes et pourtant,
ils ont déjà leur petite touche perso, leur truc
à eux, subtilement décalé. Rien de dingue
mais suffisamment prometteur pour que l'on passe sans transition
à leur dernier single.
Pour ceux et celles qui les ont vu sur cette récente
tournée, non, vous n'aviez pas la berlue. Boutros Bubba
n'était pas un duo. Un troisième larron s'est
greffé à l'aventure depuis. Un bassiste pour un
apport salvateur. Boutros Bubba passe directement dans la cours
des grands. Le son ne fait plus demo améliorée.
How i wrote the star spangled banner débute comme
un morceau de Shorty avant d'éclater dans tous les sens,
de faire cohabiter des ambiances loufoques, directes, accrocheuses
sans le moindre effort apparent. La basse était ce petit
plus qui manquait, comblant l'espace et apportant le tranchant
nécessaire. Face B, Silly me and the homosexuals
fini le travaille. Toujours cette manière tarabiscotée
sans avoir l'air d'y toucher, ce coté explosé
et décomplexé. Captain Beefheart a encore fait
des émules et là, ça devient plus que prometteur.
Subtil et fracassant. Pour la pochette, une photo différente
pour chaque exemplaire. Pour ma part, ça sera le chanteur-guitariste
en culotte courte mangeant une banane. Ya bon Bubba !
SKX
(07/10/2007)
website groupe www.myspace.com/boutrosbubba
website label www.narrominded.com
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Brume
Retina / Hiro
Split CD
I've come for your children / Old Skool Kids / Impure Muzik /
Recap / Emergence 2007
Qui
a dit que la scène hardcore n'était pas solidaire
?! Pas moins de cinq labels (dont un russe, Old skool kids !)
s'y sont mis pour sortir ce split entre les deux groupes français
Brume Retina et Hiro. Et encore, je ne compte pas la version
vinyl où quatre autres labels collaborent, ce qui nous
fait un total de neuf labels, tous formats confondus. De mémoire,
c'est un record ! J'étais resté sur un album de
Brume Retina très tendance screamo-hardcore. Pas grand-chose
de changer malgré un début (Avale/recrache)
qui aurait pu laisser croire le contraire. Je n'insiste pas.
Hiro, c'est le nouveau projet de trois anciens Gantz. Un début
tout en sample, une compo se mettant tranquillement en place
et qui ne laisse en rien présager du déluge qui
se met tout aussi tranquillement en place. 6 minutes 45 d'une
montée en intensité surprenante à défaut
d'être renversante. Oubliez Gantz et ses manières.
Le hardcore de Hiro frappe sans détours et si comme pour
Brume Retina, les chemins de ces deux morceaux sont très
usités, l'énergie sans fard et la conviction primaire
de Hiro remportent plus l'adhésion. Un split à
réserver tout de même aux accros du style.
SKX
(17/11/2007)
website groupe www.brumeretina.c.la
| www.hiro.fr
website label www.childismine.com
| www.impuremuzik.com
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| oskrecords.com
sounds laraison.mp3
(Brume
Retina)
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Bulbul
Bulbul 6 - CD
Exile on Mainstream 2008
Quinze
morceaux plus tard, je ne sais toujours pas à quoi on
a eu affaire. A qui, c'est plus simple puisque Bulbul est un
groupe autrichien. Partis de un (Raumschiff Engelmayr), ils
finirent à trois (rajouter Derhunt et Ddkern). Dix années
d'existence et comme l'indique le titre de l'album, c'est le
sixième. Voilà pour les données basiques.
Pour s'expliquer ce qui se passe dedans, il faut regarder ce
qu'il s'y passe dehors. Je sais pas vous mais cette pochette
m'a immédiatement fait penser à un tableau de
Dali. Je m'y connais en peinture autant qu'en escargots de Bourgogne
mais là quand même, ça fait tilt. Surréaliste,
Bulbul l'est certainement. Déconnecté du bulbe
au point de ne plus savoir à quel saint musical se vouer.
Je ne sais pas ce qu'ils mettent dans la bière en Autriche
mais j'en veux ! Totalement inclassable à tel point qu'on
ne sait jamais si il faut prendre ça sérieusement
ou au second degré. Prenez le deuxième morceau,
Lack of the key. Vous tombez sur ce titre par hasard
et vous zappez sans hésitation aucune sur ce metal-disco-funky
dégoulinant de mauvais goût. Et c'est pratiquement
ainsi pour tous les morceaux de Bulbul. Sortis de leur contexte,
pas un ne tient tout seul debout. Les trois premiers titres
de l'album sont ainsi terribles. Une entrée en matière
épique demandant à votre masochisme en sommeil
de se réveiller derechef pour poursuivre l'aventure.
Improbable Bulbul. Croisement entre Red Hot Chili Peppers et
Devo, un rock pour DJ, produit par Patrick Pulsinger, demi dieu
de la musique electro/techno n'hésitant pas à
inviter Carla Bozulich pour un morceau de dark-folk-electro
des plus saisissant. C'est là tout le challenge de Bulbul.
Le mariage des genres peut déboucher sur des miracles
mais aussi sur des gros trucs qui tâchent. Si on peut
raisonnablement penser que l'humour est le fil rouge de leur
démarche, qu'ils ne font pas prendre tout ça au
pied de la lettre (quelle lettre ?), Bulbul a ce coté
agaçant, le regardez-nous-comme-on-est-complètement-barré.
Une face très extravertie accouchant de pas grand-chose
au final, rendant cet album pénible alors qu'ils sont
définitivement meilleurs quand ils tentent de filer plus
droit, comme ce morceau avec Bozulich donc, l'instrumental Tighter
ou Tighten (qui n'a rien à voir avec le précédent).
Quand leur loufoquerie se transforme en un rock vénéneux
tout juste bizarre. Et des morceaux presque cartésiens,
il y en a quelques uns comme ça (The song's name,
Los mei hen in ruah), pas au point d'oser les comparer
à Jesus Lizard, Tar ou Slint comme le fait leur label
(faudrait pas se foutre de notre gueule non plus !) mais ça
fait du bien de revenir sur la terre ferme avant de repartir
faire un détour vers les territoires de Helios Creed
et s'achever sur douze minutes écorchantes de lourdeur
qui ne font plus rire personne. Et c'est pas plus mal comme
ça. Un groupe sans limites avec tous les extrêmes
que cela engendre
SKX
(01/08/2008)
website band
www.bulbul.at
website label www.mainstreamrecords.de
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Burnt
By The Sun / Car Bomb
Split 7''
Relapse 2007
La
seule et unique raison de vouloir écouter ce single qui
tourne en 33 tours c'est d'avoir enfin des nouvelles de Burnt
By The Sun -il s'est en effet écoulé près
de quatre années depuis leur précédent
LP, The Perfect Is The Enemy Of The Good (également
chez Relapse). Burnt By The Sun est un groupe relativement à
part sur ce label de gros méchants métallurgistes
tatoués et en bermudas à fleurs, ne serait ce
que par la présence derrière la batterie de Dave
Witte (l'homme bio-ionique qui a propulsé Discordance
Axis très loin au dessus de la meute hard core/grind
et qui a longtemps joué les intérimaires chez
Melt Banana). Il y a aussi le style plutôt hors catégorie
du groupe, entre metal core et grind core -que des gros mots-
uniquement desservi par une voix qui n'échappe malheureusement
pas aux clichés du genre. Goliath va donc rassurer son
petit monde, après l'inquiétude suscité
par toutes ces années de silence et quelques changements
de line-up, car Burnt By The Sun est toujours ce groupe qui
sait développer une puissance extraordinaire sans avoir
recours aux artifices de la vitesse et des blast beats (alors
qu'ils savent très bien le faire à l'occasion)
et battant largement un groupe comme Coalesce sur son propre
terrain.
La face B est consacrée à deux titres de Car Bomb
et malheureusement il s'agit bien cette fois ci d'un groupe
typiquement Relapse, ni bon ni mauvais mais tout simplement
ennuyeux à l'image de son batteur qui contrairement à
Dave Witte en fait des tonnes pour pas grand-chose.
Haz
(06/10/2007)
website groupe www.burntbythesun.com
| www.carbombcult.com
website label www.relapse.com
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