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ARCHIVES 1999 - 2008
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B.ABUSE Misery is the rhythm of the world
BAGIO Unterm durchschnitt
BAGIO II - Intermezzo 21. Mai 2005 bis 16. Ji 2007
BAKAMONO long time cain
BAMBI DAVIDSON el flaco
BANANAS AT THE AUDIANCE Into the house of slumber
BARBARO s/t
BASEMENT Everything gets distorted
BÄSTARD Yet, reloaded…
BATTLES Mirrored

BATTLES Tras | EP C | B EP
BATTLE OF MICE / JESU Split 12''
BATTLESHIP Hearts addendum

BATTLETORN Evil chains
BAXTERS Subintrant crisis
BEAR CLAW Find the sun
BEAR CLAW Slow speed : deep owls
BELLAFEA Cavalcade

BELLINI snowing sun
BELLINI Small stones
BELLMER DOLLS Never sates nor palls
BELLMER DOLLS The big cats will throw themselves over
BELONE QUARTET Les prémices de la beauté naissent de l'amertume
BENARD Self-titled
BERSERK FOR TEA TIME Ink… and paper

THE BETTER THOUGHTS TO COME / HOT SCONE Société de figurants split 10''
BETWEEN THE DEVIL AND THE DEEP BLUE SEA North and south of nothing
BEX Spasmo
BHANG DEXTRO elcona II A
BHANG DEXTRO record N° 5
BIG BEAR s/t
BIG BOYS Lullabies Help The Brain Grow/No Matter How Long the Line Is at the Cafeteria, There's Always a Seat
BIG BUSINESS Head for the shallow
THE BIG DISAPPOINTMENTS self-titled
BIG NUMBERS spectrum
BIG NUMBERS now, everything
BIG'N / OXES s/t
BILLY MAHONIE EP - 7''
BINAIRE Bête Noire
BIPOLAR BEAR Man mountain
BIPOLAR BEAR - THE POPE Split 10''
BIRCHVILLE CAT MOTEL Four Freckle Constellation

BLACK CAT #13 s/t 7"
BLACK COBRA Bestial - Feather And Stone
BLACK CROSS Severance pays

BLACK DICE s/t - 7"/10"
BLACK ENGINE Ku Klux Klowns
BLACK EYES Cough
THE BLACK HEART PROCESSION between the machines / after the ladder
THE BLACK HEART PROCESSION lssr
THE BLACK HEART PROCESSION The spell
THE BLACK HEART PROCESSION & SOLBAKKEN In The Fishtank vol.11 In the fishtank

BLAKE s/t
BLAME GAME Anthology
BLAME GAME Honey and salt
BLAME GAME Ask someone

BLAME GAME / ZANN
Split LP
BLEEDING KANSAS 1859
BLOARZYED delirious insane ventilator of bloarzeyd
THE BLOOD BROTHERS march on electric children
BLOW UP s/t
BLUNDERBUSS Self-titled
BOOKS LIE Hall of Fame of Fire
BOOK OF DEAD NAMES the story unfolds
BOOTER I can see it clearly
BOTCH an anthology of dead ends
BOTCH american Nervoso
BOTCH / KNUT / ANANDA Live in Rennes
BOTTLED OG Golden Hits: Northern California Music-Industrial Complex
BOUTROS BUBBA Hearing voicst in a beer commercial makes me wanna get drunk
BOZART/WICKETRAN/ROGUE STATES split CD
BRASS KNUCKLES FOR THOUGH GUYS Noise man kills him
BRAZEN Orphaned
BRAZEN / KEVLAR s/t
BRAZEN vicious/fog
BRAZEN ....As flood decrease
BREACH venom
BREACH godbox
BREATHER RESIST Only In The Morning
BREATHER RESIST Charmer
BREATHING WALKER s/t
BRIGHT CALM BLUE a direct approach for casual conversation
BRUME RETINA Linéaire des libres
BRUME RETINA / HIRO Split
BUG Klotho
BUG / 27 Split LP Interstellar
BUGHUMMER The Getaway with
THE BUILDING PRESS Young money
BULBUL Bulbul 6
BULLET UNION Ruin's domino
BUMBLEBEES Cissetive
BURMESE Men
BURNMAN notes for a catalogue for an exhibition
BURNT BY THE SUN / CAR BOMB Split 7''
BURST Conquest : writhe
BUT GOD CREATED WOMAN Self-titled
BY THE END OF TONIGHT s/t | In a letter to the Sandbox
BY THE END OF TONIGHT A Tribute to tigers
BZ BZ UEU uhozmerigotz


BAKAMONO
" long time cain " - CD
Super 8 records 96
Suivant l'adage "mieux vaut tard que jamais", une chronique de cet album de 1996 avec Bakamono dans le rôle des groupes pointant sur la longue liste des "portés disparus" alors qu'ils s'acharnent à sortir des disques dans un anonymat royal! Donc, soit! 3 ans de décalage pour cet album qui fait suite à un 1er psychédéliquement noise et prometteur. Et sont-ce justement ces 3 années, ce temps qui coule inexorablement, impitoyable, ah! oui mon grand toi, mon grand tout, qui donne un reflet jauni à ces 8 titres ? Parce que, bon, comprenez, ya rien à jeter là-dedans, excepté un longuet morceau de 10 mn qu'a trop pris de substances illicites! Vous avez le droit au contraire à de véritables morceaux de bravoures. "Smooth Surface" et son intro de basse vrombissante, "Ms Pac Man", petit tube rutilant. Ou encore "SMD", instrumentale version moite et diluée d'un Trumans Water, groupe dont on pourrait le plus les rapprocher sans que cela soit flagrant. Juste une façon de partir en couille, expression prise dans son sens positif, d'amener les guitares des des affres spatio-temporelles et artificielles. Donc le temps a fait son œuvre mais sommes toutes, c'est pas bien méchant. Guettons plutôt leur 3ème album, qui à l'heure où je tape ces lignes, pointe le bout de son nez. Et cette fois-ci, ils n'auront pas le décalage pour excuse....
SKX (03/08/1999)
BAMBI DAVIDSON
" el flaco " - CD/LP
blu Noise CD / 12 Pylons LP 00
Un duo d'attaque pas franchement fréquent. Les armes proposées : une batterie et une guitare. Et ne croyez pas encore une fois à l'énième groupe instrumental, le guitariste sait donné de la voix sur une bonne partie de ce 1er album. Le champ de bataille : une guérilla entre gens civilisés, un duel à peine miné avec ses grenades à fragmentations et ces cessez-le-feu, le tout arbitré par la voix de Robin van Velzen (ex-Megakronkel). On navigue sur les plates-bandes de DK3, voir Don Caballero lesté de moitié, des bavardages guitare-batterie où le ton reste modéré mais complémentaire et qui reste bien foutu dans l'ensemble. Mais ça reste assez convenu, sage sous des dehors improvisés. En fait, le hic, c'est la voix ! Quand elle est narrative pour raconter ses petites histoires de la vie quotidienne, on reste assis. Par contre, quand elle s'élance dans des joutes plus lyriques et chantées, ça crispe et tombe comme un cheveu sur la soupe. Une voix qui cadre mal avec la musique dans une démarche originale qu'on ne peut pourtant qu'encourager. Une fois la bataille terminée, ça reste mitigé, un je-ne-sais-quoi de folie qui manque, de beaux moments gâchés par des plans bancales mais au moins, ça le mérite de sonner personnel !....
SKX (24/07/2000)
BARBARO
" s/t " - CD
Polterchrist/Curve of the earth 99
Ca commence tout doucement. Quelques accords mélancoliques. Une voix féminine qui arrive sur la pointe des pieds, vous attrape au passage. Le décor prend forme. La scène se durcit. Les accords plus violents. La rythmique débarque. Le piège se referme. A l'image de ce morceau d'ouverture, les 7 titres du trio Barbaro (origine : Boston) s'insinuent en vous au fil des écoutes, la mayonnaise monte crescendo et sans finir sur les rotules, la douce sensation d'avoir découvert un nouveau groupe fort prometteur. Avec deux pôles aussi attractifs que différents : de sombres moments où s'étalent toute la misère du monde et d'autres où c'est la guerre. Ou la demoiselle, une certaine Meaghan Mclaughin, vous berce pour mieux vous en coller une derrière l'oreille juste après. Comme son compère Andrew Schneider, pas avare non plus pour pousser la chansonnette ou éructer dans les règles. Pris entre deux feux. Entre la douce et aigre tension sous-jacente à la COME et les déflagrations implacables à la Slughog (où sévissait le Schneider cité quelques lignes avant), combo noise-rock monstrueux injustement méconnu qui nous renvoie 6 ans en arrière. Tour à tour charmeur et lourdingue, Barbaro la joue fine et montre un beau potentiel. D'ailleurs Hydrahead records ne s'y est pas trompé et vient de sortir un 45. Laissez vous tenter. (PS : je remercie au passage Thibault "Brazen" pour la fine recommandation).
BELLINI
" Snowing sun " - CD
Monitor 02
Nouveaux venus jetés en pâture mais pas des débutants pour autant. Deux ex-Uzeda, groupe italien (sicilien pour être précis) et premier groupe européen en leur temps à avoir signé sur Touch and Go. Et la star de ces dames, Damon Che, ex-Don Caballero, solidement campé derrière sa batterie. Du beau linge comme on dit familièrement, rencontrer au gré de concerts en commun. Certains s'égarent, disparaissent. D'autres reviennent, montrant du doigt un point commun dans l'espace. Irréprochable jeunesse dans leurs nouveaux habits, taillés dans le tissu le plus simple. Le Che s'est à peine calmé. Les vieux démons, alors qu'il se prenait pour l'homme-pieuvre, sont continus, sous-jacents puis éclatent au grand jour. La paix désirée emprunte de savants corridors enfiévrés. Trouble cheminement, loin des fracas du passé. La maîtresse de cérémonie chante son blues, grave ou à bout de nerf, se fracasse sur une rythmique omniprésente. C'est Love Life qui se tamponne à Shellac. Un rock paré de sombre, électrique sans être violent, qui s'attarde avec bonheur vers des ballades aux noirs sentiments. La fièvre est trouble, changeante. La batterie s'arrête de cogner, un accordéon soulève la poussière, la guitare s'illumine. L'agitation nerveuse de l'ensemble, son aspect rugueux et diaboliquement rythmique pour un album révélant un tas de fissures dans lesquels il est bon de s'y glisser. Depuis Damon Che a changé sa direction et c'est le batteur de Girls VS Boys qui prend la relève. La roue continue de tourner.
SKX (25/02/2003)
THE BETTER THOUGHTS TO COME/HOT SCONE
" Société de figurants " - split 10"
Shinya / Jason R. / E.S.B. / L.O.F. 03
Amusante pochette rose bonbon où les play-mobils accueillants ne laissent en rien présager de l'horreur qui se trame derrière. The Better Thoughts to come a posé ses guêtres à Reims et leur hardcore chaotique et ulta-véhément tient le haut du pavé. Tous les paramètres du style sont parfaitement maîtrisés et exécutés, la production est une vraie déflagration. Ca déboule de tous les cotés. Les passages chairs à canon ne sont que mieux amenés grâce à de sombres moments tout en retenue. Si vous aimez autant la sourde puissance de Catharsis que les tremblements convulsifs d'un Converge, je ne saurais trop vous conseillez les quatre titres de The Better Thoughts to come qui vont à coup sûr en drainer plus d'un(e) sous leur déluge. Avec Hot Scone, on reste à l'est, direction Nancy. Un degré de plus dans l'échelle de l'horreur. A condition de ne pas lire les paroles qui concours certainement pour le Pullitzer. Pour rigoler en famille, jetez un œil sur " the essence of dick ". Excepté ce trait d'humour, Hot Scone a la main lourde. Le registre chaotique est toujours d'actualité avec la légèreté d'une division blindé montant au front. C'est presque trop et contrairement à The Better Thoughts to come qui savent faire respirer leurs compos, Hot Scone fonce tête baissée et évite la chute de justesse. Ca reste pas moins efficace sur une courte durée, bicarbonate au petit déjeuner. Offrez vous des play-mobils à Noël. Avec la dinde et un peu de moutarde, ça passe très bien.
SKX (12/11/2003)
BHANG DEXTRO
" elcona II A " - CD
Radio Controlled 00
Ouah ! Trop, c'est trop serait-on tenter de dire ! Les groupes qui se sont inspirés des travaux d'Albini, c'est légion ! Mais la plupart ont au moins la décence de bien le camoufler et de proposer une alternative. Pas toujours salvateur mais c'est toujours ça de gagner. Bhang Dextro, trio allemand, ne fait pas le malin et ne cache rien. Tu seras Shellac mon fils, c'est pas la peine de discuter. Surtout toi le bassiste. J'exagère un tantinet sans doute. Sur les 16 titres, y'en a bien 3, 4 qui s'égarent de la ligne directrice. Et le son n'est pas aussi glorieux. On parvient parfois à oublier la bande du grand maigre et brun de Chicago. Certaines mélodies se savourent, tranquilles. Mais l'ombre de Shellac reste omniprésente dans les rythmes, les breaks, trop c'est trop j'vous dis ! Si encore ils avaient pu nous rendre une copie plus brillante que l'originale.... A l 'écoute du dernier Shellac, c'était pourtant pas dure. Mais même pas. Pour les accros qui en sont venus à se piquer dans l'orteil.
SKX (17/08/2000)
BHANG DEXTRO
" record N° 5 " - 7"
Rex Rotari records 98
" Allemagne über alles " pourrait-on reprendre en choeur ces derniers temps. Et si ce disque est profondément tamponné US, estampillé Chicago sound, leur savoir-faire reste étonnant de maîtrise. Que les accros à l'Albini (parti se faire sodomiser par Jimmy Page), les déçus du Shellac (vieux groupe vivant de ses rentes) s'enlèvent les doigts du cul, Bhang Dextro reprend le flambeau, passant l'oral haut la main. 4 titres parfaits de précisions rythmiques. Ein, zwei, drei ! Et le tour est joué, on y voit que du feu !
SKX (20/04/1999)
BIG NUMBERS
" spectrum " - CDEP
Frog Man Jake 02
Big Numbers, groupe new-yorkais, après un CD sept titres, trouve la force de sortir un nouvel enregistrement encore plus petit, par la taille uniquement. Un CD mini que je sais pas combien de pouces il fait, mais ya tout ce qu'il faut à l'intérieur. Big Numbers continue ses travaux noise de fins escrimeurs, la pointe moucheté mais la cible atteinte en plein milieu. Une approche de plus en plus éclatée de la distorsion, des guitares tranchantes encore mais plus épurées. Des rythmes qui ne partent jamais. Et toujours cette voix, seule instrument qui met vraiment la pression sur les articulations. Trois titres pour une musique sans début, sans fin. Narrative et vraiment attrayante. On espère seulement que la prochaine fois, la taille sera à le hauteur du contenu.
SKX (21/06/2002)
BIG NUMBERS
" now, everything " - CDEP
Frog Man Jake 01
Big Numbers vit dans le nerf. En six titres, mes compteurs se sont affolés. Une révélation en provenance de la grosse pomme, qui même amputée, continue de nous déverser plus que jamais sa folie quotidienne, ces névrosés du bruit blanc. Ce White Noise donc est claquant, déchiqueté des muqueuses. Un acier très fin et chauffé à blanc. Je pèle mon crâne. Des regards de lame, leurs bouches minces crispées. Big Numbers pratique une noise fine et urgente, servie par une voix totalement attirante, pleine et intense qui fait beaucoup à la réussite de ce groupe. Ils ont compris beaucoup de choses et retirent d'un héritage très bien digéré, situé, en gros, entre Big Black et Wire, un petit bijou épileptique et intelligemment conçu. A adopter sans compensation.
SKX (20/11/2001)
BIG'N / OXES
" s/t " - split CD
Box Factory records 99
On n'y croyait plus. A vrai dire on ne se posait même plus la question! BIG'N, après 3 ans de silence, ressort 3 titres. Fonds de tiroirs dépoussiérés ou réels nouvelles compos, le mystère reste entier. Et qu'importe d'ailleurs! Ne boudons pas notre plaisir, Big'N est plutôt du genre économe. Et conservateur sur les 2 premiers morceaux. Noise = Chicago, vous sentez d'où vient le vent. Rythmique ultra-carée, sobre et puissante, la pièce maîtresse dans laquelle se moule la guitare, toujours discrète. Et cette voix, véritable marque de fabrique du groupe, du fond de la gorge, rageuse, cassée, intense. Et après, Big'N part au champ. Imaginez donc! Un morceau de 8 minutes! Avec de l'harmonica en plus au beau milieu dans le break. Ca de quoi effrayez et pourtant c'est le plus réussi. Post-rock, noise répétitif, Big'N sort le grand jeu et nous font la totale. Epatant. Et quand je vous dit que le meilleur reste à venir, vous allez pas me croire! Car la véritable bombe, c'est ce jeune groupe de Baltimore, Oxes. Des petits bleus qui vole à des hauteurs pas permises. Ca cadre entre Colossamite et Don Caballero, avec un brin de Big'N dans la voix. Ces 3 titres sont royaux, tapis rouge facile. C'est unique et renversant. Pourvu qu'ils soient plus prolifiques que Big'N. Ca finit par un sample de conversation téléphonique. Comme sur le dernier album de Big'N. La boucle est bouclée. Et cette chronique terminée.
SKX (26/11/1999)

BLACK CAT #13
"s/t" - 7"
King of the Monsters 00
La chasse au chat noir est ouverte. Affublé d'un numéro 13, elle risque de devenir périlleuse. D'autant que le chat est excité. Voir la chatte, brûlante sur un toit haut perché. Une voix féminine qui rappelle Melt-Banana dont Black Cat #13 partage également le même sens de l'égalité des sexes : 2 filles, 2 mecs. Et un amour pour les compos brèves, bruyantes et trépidantes, soutenues par quelques claviers du plus bel effet. C'est frais, bien enlevé sous une bonne couche de bruit et relativisant comme mille langues râpeuses vous caressant l'épiderme.... Si vous n'êtes pas superstitieux, bondissez sur ce 4 titres !
SKX (02/06/2000)


BLACK DICE
" s/t " - 7"/10"
Gravity / Troubleman 00
Mauvaise pioche ou tirage au sort favorable ? Les dés noirs jouent avec le feu et se retrouvent aussi bien du coté du marteau que de l'enclume. Sur leur 45 tours où défilent 6 titres, soit on crie au punk bruitiste de génie, au jeu du rien-à-foutre-de-ce-que-tu-penses, je torche tout et basta. Soit on hurle au n'importe quoi, moi aussi je peux le faire, c'est nul ton truc, pas de quoi en faire un disque. Entre les deux, mon cœur balance. Je comptais sur leur tout dernier, un 25 cm chez Troubleman Unlimited, agrémenté d'un livret tout en couleurs, pour y voir un peu plus clair. Mais le yin et le yang dicte toujours sa loi. Une face noise arty comme un seul morceau plein de larsens, de bourdonnements, d'éructations, de grincements de dents, les sillons en prennent plein la gueule. L'autre face, on pense qu'un soupçon de normalité va vous étreindre, on le pressent, la roche brute se taille d'un morceau presque identifiable et alléchant, les cris et les larsens s'apprivoisent, l'énergie se canalise. A peine le temps de se retourner, ça s'achève sur une longue note répétitive à l'infini. Black Dice, un groupe excessif, le bruit pour simple raison d'exister, punk dans l'âme. Le bruit pour le bruit. Mais faudrait pas que la blague continue trop longtemps ! Et on a toutes les raisons d'espérer.... (Un autre single est sorti sur Vermin Scum records).
SKX (26/09/2000)
THE BLACK HEART PROCESSION
" between the machines / after the ladder " - 7"
Suicide Squeeze 01
The Black Heart Procession nous gâtent. Non content de sortir des albums qui font le bonheur des petits et grands, BHP disséminent des graines dans les contrées les plus reculées. Des labels qui sont même pas sur la carte. Drôle de politique pour un groupe, un poil reconnu tout de même, de sortir des morceaux sur d'obscurs labels à la distribution très aléatoire. C'est tout à leur honneur! Car en plus, ce ne sont pas des fonds de tiroirs. Après le 45 "lssr/the hideway" qui valait son pesant de cacahuètes, Pall A. Jenkins et sa bande fête Noël avant l'heure, distribution de cadeaux avec ce titre magnifique "between the machines". On nage toujours dans des profondeurs de mélancolie mais illuminées de l'intérieur et un parfum sourd de Leonard Cohen. La mélodie au piano est irrésistible. L'autre face est plus 'enjoué' (comme si une chanson de BHP pouvait être enjouée)... Disons que le rythme est plus enlevé mais on ne tordra pas les gondoles pour autant. A la vie, à la mort!
SKX (27/11/2001)
THE BLACK HEART PROCESSION
" lssr " - 7"
Speakerphone 01
Le cœur repeint en noir, c'est aveuglément qu'on rentre dans la danse de toutes les nouvelles balises jetées par The Black Procession. Ces deux titres inédits vont illuminer plus d'un radeau en détresse déjà voué à leur cause. Black Heart et ces ballades amères ne laissent personne indifférent. Musique intemporelle, intimiste et puissante. Force de suggestion énorme. Dixit Pall A Jenkins, crooner du groupe, "lssr" est une de leur meilleure chanson jamais écrite. Je ne suis pas loin de le croire. Un rythme synthétique berçant une mélodie poignante, cette voix qui vous enveloppe de noir, ce piano qui fait tomber les derniers remparts. C'est la fonte des neiges. L'autre morceau, "the hideway" est également une grande chanson. Sa trompette qui tisse la mélodie centrale, le rythme légèrement ivre et fatigué, tout s'envole, tout titube. La magie Black Heart Procession encore à l'œuvre. (A noter la sortie couleur de ce vinyle sur Rocket Racer records contre la version noire de ce label suédois Speakerphone et limitée à 500 exemplaires).
SKX (02/10/2001)
BLAKE
" s/t " - Lp
Blue Skies Turn Black/The Mintaka Conspiracy 01
(blueskiesturnblack@hotmail.com)
BLAKE a tout du groupe posthume. Repéré en des temps reculés par un 45 sur Spectra Sonic Sound, ce trio aussi canadien que son label était parti casser de la glace dans le grand nord. Deux labels se sont mis en chasse et sortent conjointement un album à deux vitesses. Une face date de 1996. L'année de la vitesse. Le batteur en figure de proue, qui donne l'impulsion, un nerveux de la caisse claire, une dynamique affolante, noise fine et énergique sans saturations, qui n'est pas sans rappeler les grandioses Table. Entre temps, Blake se paye un coup de fatigue. C'est la face 1999. Le rythme se ralentit. Le chant se fait plus présent. On perd de l'influx. Sans être refoulant, cette face fait entrer Blake dans le rang et on se dit que, si c'était pour continuer sur ces routes fréquentées, ils ont aussi bien fait de repartir casser de la glace. Reste une face six titres et un vieux 45 pour les indécrottables de la perle rare à dénicher absolument.
SKX (01/10/2001)
THE BLOOD BROTHERS
" march on electric children " - Lp
Three One G 02
The Blood Brothers coule à flot dans le moindre sillon. Ca dévale la pente, se répand dans chaque interstice crée par des lésions multiples. Petits cataclysmes de la vie quotidienne. Le hardcore de The Blood Brothers rock autant que celui de Botch ou Song of Zarathustra. Autant dire qu'il n'a plus grand chose à voir avec l'origine du style, que l'effervescence perpétuelle a engendré des vaisseaux innombrables. Et le hardcore de The Blood Brothers est très volubile. Ca vous vient de tous les cotés. Des rafales de batterie, des guitares qui ne laissent aucun répit. Et surtout le chant. Ou plutôt les chants. Des duettistes qui vrillent la tête, notamment le chant principal. Criard, geignard, voir nasillard, je bloque carrément. Je n'ai pas pour habitude d'accorder grande importance aux voix mais là, trop c'est trop. On aimerait que ces voix la mettent parfois en veilleuse, qu'elles laissent respirer la musique et laissent tomber leur cynisme. Et c'est tout un symbole. The Blood Brothers en fait trop sur ce deuxième album. On a beau noter des passages alléchants, à fond sur les manettes bien sûr, mais vraiment trépidants, on perd rapidement le fil de l'histoire. Ca manque de rebords auxquels s'accrocher, d'angles droits histoire de voir des horizons différents, des mélodies pour digérer. Une ligne droite perpétuelle, bombardement tous les deux mètres et à la fin, un bon gros mur contre lequel on s'écrase. On a rien vu du paysage, la course poursuite a tellement été effrénée qu'on en ressort vide et fatigué. Ce disque me laisse perplexe. Il a tout pour me plaire et pourtant, il risque fort de prendre la poussière.
SKX (22/08/2002)
BLOW UP
" s/t " - CD
The Blood of the young 01
Il porte bien leur nom! Blow Up. L'explosion. La dilatation des neurones. La tornade en 25 minutes chrono et 13 titres sur la crête du volcan. Avec l'inévitable synthé comme dans tout bon groupe hardcore actuel qui se respecte! Et des rythmes en pagaille. Batterie normale couplée à des rythmes aux sonorités métalliques. The Locust pour la rapidité d'exécution. Arab On Radar pour l'araignée dans la plafond. Song Of Zarathustra pour le punk moderne qui sommeille en eux. Voix scandée et méga-hurlée. Bizarrerie passagère ou franc du collier, ça caresse pas dans le sens du poil. Le mec aux claviers s'en donne à cœur joie, balance de méchants sons ou alors fait carrément le guignol. A l'arrivée, on en sort bien fatiguer. Ca en vaut bien d'autres. Ils connaissent les gammes de la folie sur le bout des doigts. Mais tout ce bruit pour rien.... Cette tornade manque d'âme. Tout ce fracas tourne en rond. Ca passe par une oreille, la nettoie bien de l'intérieur certes, mais ressort de l'autre aussi vite que cette musique est jouée. Une explosion aussi passionnante qu'un feu d'artifice. C'est bien sur le moment mais sans lendemain.
SKX (31/01/2002)

BOOK OF DEAD NAMES
" The story unfolds " - CD
The Blood of the young 02
Ce groupe porte son nom à merveille. Le livre des morts. Un ramassis d'éclopés qui ont tous sévis, où sévissent toujours, dans des tonnes d'autres groupes, en tête duquel on retrouve Song of Zarathustra. L'histoire est floue. Le Book of Dead Names est porté disparu régulièrement sans que l'on sache vraiment si ce groupe existe toujours. Cet album lui-même semble avoir été conçu ya 2/3 ans mais n'est sorti qu'en 2002…. Un groupe de fantômes à géométrie variable. Une chose est sûre, c'est que le chanteur de Song of Zarathustra et au moins un autre membre figurent au panthéon de ce projet. Et si vous avez pleurez sur la mort de SOZ, réjouissez-vous, cet album vous donne une seconde chance de verser vos larmes ! C'est tout pareil mais sans le synthé et je me demande d'ailleurs si c'est pas meilleur que SOZ… C'est pour dire ! Un hardcore rock'n'roll particulièrement énervé, droit au but, un minimum de temps mort. Tension constante. Les défenses sont dérisoires. Avec des roulements de batterie à faire pâlir une avancée de chars. Et des refrains qui vous font tomber le râtelier, des décrochements en pleine tempête qui font chavirer les cœurs. Song of Zarathustra, Book of Dead Names, même combat. Avec une telle vitalité, on est pas prêt de les enterrer. Tremblez dans vos tombes, l'écho de leur musique retentira des années durant.
SKX (12/03/2003)
BOTCH
" An anthology of dead ends " - CD
Hydrahead 02
Le baiser de la veuve noire. L'ultime cadeau qu'on n'aurait jamais souhaité en guise d'adieu. Tant d'espoirs sanctionnés définitivement en six malheureux titres. Allez vous faire pendre ailleurs. Botch, c'était le renouveau du rock. Tout le contraire du besogneux. La transcendance des genres. L'ultime pont jeté entre les hardcore kids de base qu'ils étaient à un truc musicalement devenu riche et intense. L'ouverture d'esprit au service d'une musique complexe et limpide à la fois. Du sang plein les mains. Du cœur et de la finesse sous leurs allures de faux durs. Noise, rock, expérimentale, tout à la fois. Un guitariste qui en a soufflé plus d'un sur scène par son jeu fracassant et plein de risque. Avec Botch, on tenait là des fers de lance pour faire avancer la grande machine dans le bon sens. Alors ils nous restent ces six morceaux pour pleurer. Six titres au nom de pays. Où, bizarrement, la lettre " n " s'est muée en " m " (Spaim, Framce, Vietmam…). Les plombs sautent. On tient du Botch dans la grande lignée de leur album incontournable " We are the romans ". A l'assaut des murs, clairvoyants et percutants. Ca l'air si simple avec eux. Chaque coup fait frémir et succomber. Les deux derniers morceaux sont symptomatiques de l'ambivalence grandissante de Botch. Et la cause de leur perte? Entre la douceur maladive d'un piano de " Afghamistam " et la déflagration tous azimuts de " Micaragua ". Comme si il ne pouvait plus avoir de réconciliation possible entre l'eau et le feu. Que le champ musical ouvert était devenu trop vaste pour une solution consensuelle. Ou alors rien de tout ça, on passe son chemin. Dorénavant, méfiez-vous des contrefaçons.
SKX (22/01/2003)
BOTCH
" American Nervoso " - Lp
Hydra Head records 98
Au-dehors, la pression s'accélère. American Nervoso, grand album. Riche, original, créatif. Autant Converge qu'Unsane. Et rien de tout ça à la fois. Hardcore suintant, riffs durs se confrontant à un monde bruyant, ne pas oublier d'où vient le rock, des riffs un tantinet plus calme, voir piano et un hit fédérateur, simple et lumineux comme "Dali's Praying Manti". Multiples titres commençant leurs folles rondes par une approche frontale, riffs imparables, sortir de son enveloppe corporel "("John Woo", "Thank god for Workers bees") avant que les structures disparaissent, nous échappent dans les méandres de cerveaux torturées. Fins de morceaux méconnaissables. Le serpent ne se mord pas la queue. On s'y perd. On en redemande. Des idées à tous les étages. Un vrai souffle d'air pur et costaud, quelque soit la face cachée par laquelle on aborde ce sommet. Pièce maîtresse incontournable.
SKX (19/10/1999)
BOTCH-KNUT-ANANDA
" Live in Rennes " - 10
Mosh Bart Industries / Overcome 00
Le 17 novembre 1999. Date dont l'écho résonne encore à Rennes avec un plateau poids lourd, Neurosis tout en haut de l'affiche. Pris sur le fait en pleine débauche scénique, trois groupes. Un instantané de la soirée. ANANDA, sur lequel je passerai vite. Leur musique sur album m'a toujours laissé indifférent et sur scène, idem. Comme un manque d'ampleur, une puissance qu'on pressent mais qui ne décolle pas. Avec les Suisses de KNUT, les jambes commencent à se dégourdir, les têtes frappées les genoux, tics nerveux. Carré, vif, metal-core millimétré et impressionnant, c'est Zeni Geva dans votre salon à saloper partout. On garde le meilleur pour une face à eux tout seul. Les américains de BOTCH, les rois de la scène. Troboscopes (bon, c'est vrai, sur disque, ça se voit moins), présence scénique mortelle, guitariste le pied derrière l'oreille, maestria des effets, un vrai jeu noise, tout en désaccord et en larsens. Ces ''transitions from personna to object'' et ''hutton's great heat engine'' en témoignent. Fin de morceaux en free, le fauve est lâché, à moi la meute, plein les oreilles. Du vrai live, avec sa part d'imprécisions, des notes qu'on entend pas sur disques, bref, quelquechose d'inédit et un plus indéniable par rapport à leurs albums. Avec une qualité d'enregistrement parfaite, c'est une raison suffisante pour se procurer ce morceau de disque très vivant.
SKX (16/11/2000)

BOTTLED OG
" Golden Hits: Northern California Music-Industrial Complex " - CD
Autoproduction? 02
L'aboutissement d'un parcours erratique. Débutée avant le déluge (1995) avec un membre en plus (une fille exit ), l'histoire de Bottled Og prend ici son véritable envol avec ce premier album sous une formation et une motivation nouvelles. Une histoire dans l'anonymat le plus complet, qui se résumait à leur Midwest natal mais qui a au moins le mérite de révéler ce groupe en pleine maturité. Vaches maigres et tâtonnements, c'est du passé. Obstination, endurcissement, le pas franchi est un pas de maître. On peine à rattacher cette musique à un univers connu et ce n'est pas la moindre de ses qualités. Vaguement noise, les personnalités de ce groupe ont suffisamment ouvert les oreilles à tout vent pour se laisser épingler une étiquette quelconque sur le paletot. Le groupe auquel on pense en priorité, c'est Zulu As Kono. Des malins qui sans l'air d'y toucher impressionnent son monde. De la noise qui ne joue pas dans la cour du bruit, à grands coups de moulinets et de larsens dans les tympans. Pas de batterie en rafale mais une tension de tous les instants, des mélodies acerbes, un mur de finesse entre deux guitares bien acérées. Etrange et beau à la fois. Sicbay, Trumans Water, Tom Waits, la panoplie est alléchante. Des compos qui respirent, des titres énormes ("bury the hatchet", "infilate me", "barry the hatchet"), cet album est une vraie bonne bouffée d'air frais et ce groupe une révélation à s'emparer vivement.
SKX (03/04/2002)
BOZART/WICKETRAN/ROGUE STATES
" split CD " - CD
Snackbag 01
Une histoire de couple. Libre et échangiste. D'un coté, Bozart. Duo guitare-batterie. De l'autre, Wicketran, autre binôme mais basse-batterie. Habituées à se confronter lors de nombreux concerts en commun et développant des atomes crochus, les deux pairs se mettent à la belote et forment un troisième groupe Rogue States. Le fruit de ces entrailles incestueux est ce CD où chaque formation propose deux titres inédits chacune. Le math-rock dans tous ces états. La part belle aux dynamiques risquées et aventureuses. Surtout Bozart dans un registre lavé de tous soupçons, sans dissonance mais rigoureux, sans faille et très agile. Avec Wicketran, c'est déjà plus sale sur soi. La basse déterre les cadavres. La batterie les remet en bière. Chouette duo! Et pour la partouze finale, c'est le batteur de Bozart qui prend la seconde gratte. Tout de suite, ça rock plus sévère, prend les espaces et file en ligne droite, lorgnant vers l'efficacité instrumentale d'un Oxes rugueux. Je ne saurais vous conseiller leurs albums solo. "Frills and flashy finery" pour Wicketran. "Kurth" et "Bunge" pour Bozart. Sur la longueur, c'est une toute autre échelle et ça vaut le coup de la grimper! En attendant, cet utile split CD pour faire connaissance.
SKX (31/01/2002)
BRASS KNUCKLES FOR THOUGH GUYS
" Noise man kills him " - CD
Divot records 98
C'est dingue l'imbroglio pas possible qu'on peut sortir d'un simple quator basse-batterie-guitares. Et oui toujours ce bon vieux quator ! Et le sang frais, par l'odeur alléchée, j'accours ! De rebondissements en larsens, de contre-temps multiples en brèves râles d'écorchés, cet album essentiellement musical - celle qui irrite et fait bouger les membres de votre corps dans un sens défiant toute logique - urge, jouit par tout ces pores, véritable pépite noise, météorite incendiaire qui rallument la mêche de toute personne un tantinet énervée par le calme relatif du dernier Don Caballero. Tout en apportant fraîcheur et entrain congénital ! Précis comme un scalpel, cette frappe chirurgicale est sûre de faire des victimes parmis les civils. (Et dire que c'est déjà fini ! La suite avec Hero of a Hundred Fights et American Heritage)
SKX (30/03/1999)
BRAZEN
" Orphaned " - CD
Stickman 03
La déception est à la hauteur de l'attente. Après un magnifique maxi " as floods decrease ", on était un paquet à miser sur les quatre Suisses. On avait bien senti, que ce soit sur le mini split CD avec Kevlar ou en lisant entre les lignes de bribes d'interview, qu'une certaine évolution se ferait sentir…. Mais pas un tel changement radical ! Brazen prend un virage à la Cave In et vire heavy-pop bien propre sur elle. Ca me fait de la peine de dire ça, j'appréciais réellement leurs débuts, mais là, c'est le désert. De belles mélodies qui ne font naître aucune émotion. Des vocaux éthérée, nickel chrome et pâlichons. On croirait entendre Sugar. Un produit de série sans âme. On a beau retrouver sur quelques rares passages ("the straw ") les lustres de leur court passé ou tenter de finir en beauté avec le dernier morceau " thin lines " et son apothéose bruitiste, la pilule est amer. L'évolution musicale pour n'importe quel groupe est une bonne chose, voir quasi obligatoire. Mais peut on encore parler d'évolution dans ce cas précis ??!! Ca ne rime à rien. Le groupe aurait pu changer de nom, on y aurait vu que du feu. J'ai beau être ouvert d'esprit mais cette évolution là se fera sans moi.
SKX (28/04/2003)
BRAZEN/KEVLAR
" s/t " - double CD
Snuff 01
L'intérêt réside d'abord dans l'emballage. Une vraie pochette surprise modèle réduit avec deux mini-cds pour nain, format que les lecteurs d'Abus Dangereux connaissent bien. Empaquetés dans un bout de carton glacé et adapté à la taille avec rabat aérodynamique, le label suisse Snuff voit petit mais costaud. Pour toutes les personnes qui attachent autant d'importance au dedans qu'au dehors, l'effort est très appréciable. Et au dedans justement, il se passe deux inédits pour chaque groupe. On commence par les suédois de Kevlar. Je ne vais pas m'appesantir des lustres. Ces deux morceaux de pop-rock très produits sont sûrement fait avec beaucoup d'honnêteté et de conviction. Mais ça me secoue autant qu'un reportage sur la chasse au gibier d'eau en marais poitevin. A vrai dire, c'est Brazen qui a capté toute mon attention sur ce bout de CD. Après leur grandiose cinq titres, on attendait avidement tout ceux qu'ils voulaient bien nous jeter en pâture. Et autant dire que Brazen ne regardent pas dans le rétro. La partition évolue. On le sentait pointer et confirmation avec ce "everlasting gestures", ultra mélodique et mélancolique, au chant éthéré, qui ne part jamais. Ambitieux et surprenant avant d'être tout à fait convaincant. Mais la machine est en route. Avec "statues and waifs", on retrouve le Brazen tel qu'on l'avait laissé. Mélodique toujours mais hargneux et abrasif, où on se noie avec plaisir dans l'ambiance sombre et les structures marécageuses. Du Brazen grande lignée. Un split bancal dans un packaging unique en son genre. Faites votre choix!
SKX (09/10/2001)
BRAZEN
" vicious/fog " - 7
Autoproduction 99
Une manière de se poser avec méthode, mine de rien, d'installer l'ambiance avec doigté, vous aguicher avec un refrain persistant, de lentement monter la pression et brillamment s'imposer, se libérer des spasmes. Le tout est tendu, étouffé, lourd et émotionnel dans un break identique. " Post-hardcore " disent ces Suisses. En tout cas, ce 1er 45 a tout pour vous mettre l'eau à la bouche.
SKX (12/07/1999)

BRAZEN
" ....As flood decrease " - 10
Autoproduction 00
Premier contact. La pochette. Inquiétante sur fond gris vieillot. Sa part de mystère attirante. Sobre et compact. Au-dedans, ça jaillit avec force. 5 titres qui remplissent l'espace, dense, on se colle au mur. Le son d'abord. Imposant, robuste et riche, bruyant tout en laissant place à de nombreuses respirations, de nombreuses lignes de guitares esseulées, toujours mélodiques , annonciatrices de chaos. Et en son sein, une voix, noyée sous le déluge. De la profondeur, du coffre, une production humaine qui joue dans la cour des grands sans surenchérir et se la péter gros bras. Après, plus qu'à rajouter le cœur. Des compositions sombres et torturées, vindicatives et si proche de la chute. Se laissez massacrer par " Throats to hear ", abrasif et tripant, se laissez bercer par les surprenants choeurs toujours discrets et à point nommé, ne plus bouger sur le calme début de " the opening curse ", s'incendier sur des sommets d'intensité. Un disque saisissant, à l'image de la pochette, avec un grain énorme et attachant. Une musique palpable, avec du corps. Appelez ça post-hardcore moderne, comme vous voulez, mais c'est juste un putain de disque qui prend aux tripes, réussit de bout en bout, puissance 10 fois mieux par rapport à un 1er 45 déjà prometteur. Une putain de montée en flèche chez ces 4 jeunes Suisses qui nous donne une bonne raison d'apprécier ce nouveau millénaire !! (A noter que la version CD sort d'ici un mois sur Snuff records).
SKX (03/05/2000)
BREACH
" venom " - Lp
Burning Heart records 99
L'hématome risque d'être grand. D'un bleu sanguinolent. Et à contre-courant. Pas assez (NY)hard-core pour les puristes, enfant bâtard au sein de leur propre label. Mais encore trop bourrin pour le noise-rockeux de base. Trop de déstructures pour le bourrin primaire. Trop de métal pour l'eau pure. Trop de tard pour être dans le bourre. Pas assez de tal pour être dans le bain. Trop de blahblah pour corer dans le crin. Ca craint. Alors nos orgueilleux suédois continuent leur mutation, assimilent avec passion les nouvelles donnes (Neurosis, Shellac, Dazzling Killmen...) pour transformer leur hard-core basique d'une jeunesse à jamais révolue en une musique travaillée dans le brut. Tous les éléments du crime rassemblés. Avancer sans se soucier des clochers. Zeni Geva et Neurosis ont entendu pire. BREACH prolonge les attaques du précédent et grandiose " It's me god ", sculpte dans le sombre, racle en profondeur. Ralentir dans les virages et laisser la gomme du pneu sur l'asphalte dans des lignes droites et suicidaires. Un bloc monolithique aux cavités nombreuses et organiques. Une pièce essentielle à votre collection d'art convulsif.
SKX (18/05/1999)
BREACH
" godbox " - CDEP
Chrome Saint Magnus 00
(distro Conspiracy records)
La boite à bon dieu. Un bon dieu tout noir et torturé de l'intérieur. Sa face cachée enfin révélée par Breach qui ne recule devant rien. Ses plus noirs desseins enfin dévoilés au grand jour. Une boite mystérieuse où vous n'aurez pas la révélation de votre vie mais la continuité des solides travaux entrepris par un des groupes phares de la scène suédoise. Et demain le monde vu l'ampleur qu'ils commencent à prendre. Une boite à 5 titres en attendant le reste des commandements sur un album prévu au seuil de l'été. Cinq titres denses, compacts, sombres, cet art de se situer à la frontière de différents styles (noise, hardcore, heavy-rock) sans y toucher, une manière brutale d'approcher le son et d'y apporter son lot d'émotions par frappes chirurgicales. Les dégâts occasionnés sont, comme dans la vraie guerre, irrémédiables. On émettra juste une réserve de circonstances sur leur habituel talent mélodique plus obscur cette fois-ci. C'est qu'on deviendrait exigeant à la fin ! Et Dieu dans tout ça ? !
SKX (13/03/2001)
BREATHING WALKER
" s/t " - Lp
Vermin Scum 01
Bizarre destinée pour ce disque. Des bandes ressorties dont ne sais où. Un enregistrement mi-studio mi-live qui date de 1990 que Vermin Scum nous refourgue sous le nez 11 ans plus tard. Un groupe mystérieux et qu'on dira culte vu la carte de visite que trimballe Breathing Walker. Un groupe de jeunesse à la durée de vie ultra-courte qui a vu les premières armes des futurs membres de Moss Icon mais aussi Tonie Joy (UOA, Born Against, Convocation Of...). Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cet effort de jeunesse n'a rien à voir avec la suite de leurs productions. A se demander quel fût le choc musical, le lien entre Breathing Walker et les avatars punks bruitistes dont ils nous ont gratifiés ensuite. Breathing Walker erre en contrées psychédéliques, évolue dans de grosses fumées à la recherche du Velvet Underground et d'une touche définitivement européenne. Violons, percussions en sus de guitares aux sons clairs. Relents Badgewearer, improvisations plus ou moins bien senties. Rythmes hypnotiques, incantations vaudous d'un certain Jon Vance au chant. Surprenant et loin d'être déplaisant, surtout les deux titres de la face A. Dommage que le son soit maigrelet et, qu'on ne s'y trompe pas, ça reste un truc de jeunesse dont on aurait très bien pu se passer, avec son coté bancal et pas toujours au point (les deux titres live sont pas spécialement à leur honneur). A prendre comme un témoignage touchant de la part de musiciens qui marqueront la scène hardcore américaine de façon bien plus conséquente par la suite....
SKX (20/06/2001)
BRIGHT CALM BLUE
" A direct approach for casual conversation " - CDEP
Level Plane 03
Danses désarticulées et plaintes agressives, ces six titres de Bright Calm Blue risquent de vous éreinter la moelle. Un premier album (" Assymetry Set ") sous le bras et l' évolution est déjà palpable. Faute à un changement de chanteur mais pas que. L'envie de se démarquer de la meute hurlante. De faire évoluer leur hardcore plein d'émotions façon 400 Years en des terres éclectiques. Ne s'épargner aucune voie, s'offrir une palette de sons, de rythmes et de mélodies pour mieux perdre l'auditeur et le cueillir à froid. Ou comment passer d 'un truc, certes bien foutu mais classique, à un truc, certes classique, mais encore mieux foutu ! Je me abricote. Ce " direct approach " n'a rien d'un brûlot révolutionnaire et pourtant, ce groupe de Lincoln (Nebraska) trace sa route, très finement entre un tas de bornes connues, accouchant d'un rock revigorant, à la texture complexe et néanmoins fulgurant. Les voix se donnent beaucoup de mal, se dédoublent, débitent presque comme Racebannon. Les airs sont immédiatement identifiables, atout majeur de leur hardcore-rock passionné qui va drainer plus d'un dans son sillage. Musique écartelée qui tape large et les rend unique. Si ils continuent comme ça, on n'a pas fini de parler d'eux !
SKX (15/09/2003)
BUG
" Klotho " - CD
Interstellar 03
Bug, c'est l' école du bruit, la branche historique, celle qui aime jouer avec les volumes, les torturer, en foutre plein les tympans, appuyer là où ça fait mal. Ces rythmes qui martèlent. Ces grosses basses qui cognent (Cherubs, Unsane). Etouffer sa proie. Ne pas offrir de répit. Broyer avec tact mais broyer quand même. A l'image de la photo intérieure du livret, cette vague, cette déferlante entre deux massives falaises dont la résistance est attaquée millimètre par millimètre. Je ne sais pas si vous êtes un roc mais vous risquez d'être écrasé comme une vraie merde. Bug, c'est autrichien (Innsbruck) et c'est du solide. Difficile de rester de marbre et de ne pas se fendre sous les incessants coups de butoirs. La voix est âpre. Le marteau de l'enclume frappe encore et encore. Bug a écouté les mêmes groupes noise que vous. Ils ont beau s'offrir deux remix techno-hardcore-indus dont l'un (tribute to bad blood) très limite, le fil rouge, c'est définitivement le bruit. Le travailler au corps. Le sculpter dans ses moindres recoins. Alors si vous aimez avoir la tête dedans et que vous cherchez une suite logique à votre collection de disques affiliés noise-rock, catégorie poids lourd, choisissez bien, choisissez Bug.
SKX (23/12/2003)
BURNMAN
" notes for a catalogue for an exhibition " - CD
No Idea 00
La visite de l'exposition va être mener à un train d'enfer. Trois guides dont deux sévissaient auparavant chez I Hate Myself et qui reprennent du service dans une version accélérée de leur précédent tour. Pochette à l'esprit fin de siècle, style exposition universelle, où on fait dans le classique, avec juste ce qu'il faut d'agressivité, de la trépidance sans mal de crâne, pour une énième version du hardcore semi-rock américain. Du bonheur tout simple avec un "deception" qui porte mal son nom et fait mouche. De la conviction sur tout ce qu'ils tapent, des rythmes qui vous bougent le cul. Production sans fioritures, un minimum de question à se poser, trois minutes maxi. No Idea n'a jamais fait dans le glamour et le tape à l'œil. Ce nouveau projet est du genre homme pressé à défaut d'attiser les passions et reste dans la lignée des groupes maisons : des artisans passionnés et sérieux. Burnman, ça fait chaud au cœur!
SKX (30/03/2001)
BURST
" Conquest : writhe " - CD
Prank 02
J'ai tout plaqué et je suis parti en courant. Le feu sifflant de Burst nous contracte les mâchoires. En matière d'éructations et de pression constante, ce gentil groupe américain en connaît un rayon. Hardcore viril et metal transcendé, leur terrain de jeu, c'est Deadguys et compagnie, que du tendre et du mou de la cuisse. Drôlement efficace, un son à la hauteur du propos, ça défrise les oreilles. On aurait presque pu poindre vers Catharsis, la face sombre et pesante lancée à la vitesse du TGV. Avec ses petits passages acoustiques pour faire bonne mesure et montrer qu'on a du savoir-vivre. Une voix continuellement dans le rouge, secondée parfois d'une douce voix de bûcheron qui monte vous caresser la nuque. Des soli aussi aventureux qu'inutiles viennent encombrer (à des moments heureusement rares) le paysage, des plans un tantinet trop convenus ne font qu'enfoncer des portes ouvertes. Mais dans l'ensemble, le grand, l'attaque est réussie. Avec en fin de parcours, des surprises. Un remix par le japonais déconnecté Merzbow. Et une reprise à grand effet de Unsane ( "Scrape" sur l'album "Scattered, Smothered & Covered"). Comme vous voyez, des gens de bons goûts, ouverts à toutes éventualités. On ne les croyait pas du genre à faire dans le second degré. Remontés à bloc. L'esprit est large et l'avenir leur appartient.
SKX (04/02/2003)
BZ BZ UEU
" uhozmerigotz " - CD
Music 'a la coque / Wallace 01
Un patronyme risible. Un nom d'album imprononçable. Un label sur des œufs. Une musique sautée. Il faut pas s'attendre à quelquechose de très cartésien là-dedans, dans ce beau digipack. Le soleil chauffe dur dans le sud et ce quintet italien déraille les conventions. De grands moments d'égarements. On est assaillit par tous les cotés. On se rattache à ce qu'on peut. Ca trépigne dans tous les sens. Les rythmes sont alertes et sautillants, les cuivres mettent de la bonne humeur. C'est sulfureux et barrée sans pour autant perdre le fil conducteur. Une sorte d'incroyable free-jazz-rock-core sorti de nul part. Et comme si ça suffisait pas, ces trublions professionnels piquent les jouets de leurs gosses et se la jouent guerre des étoiles avec des mitraillettes Playschool. Une rencontre haute en couleurs entre Badgewearer, Melt-Banana et un truc pas encore identifié. C'est gai et enlevé, court et intense. Un délicieux vent du sud qui aère bien sous les bras et sans mal de crâne possible.
SKX (17/07/2001)

Battles
Tras - Cold Sweat 2004
EP C - Monitor 2004
B EP - Dimmak 2004

Bataille de géants. Moulin à vent dans les dents. Perdu d'avance à se débattre contre des ombres. Sans un regard vers l'arrière, John Stanier qui fit les beaux jours de la batterie d'Helmet s'accoquine avec Ian Williams, le presque trop virtuose guitariste de Storm and Stress et Don Caballero. Deux mondes les séparent et puis rien. David Konopka, autre magicien de la six cordes chez Lynx, groupe math-rock qui enchanta Chicago et Tyondai Braxton, compositeur de l'ère moderne, qui copule avec le tout New-York (Thurston Moore, Jim O'Rourke, Glenn Branca, la liste est longue), en groupe et en solo. Ce nouveau projet est bien parti dans la vie. Même pas une année d'écoulée et déjà trois disques, de multiples tournées aux Etats-Unis et au Japon, un nom qui circule partout. Le moulin a de belles ailes. Mais n'allez pas croire que leur fulgurante réussite n'est que le fruit de leur lourd passé. Ca y contribue certes mais la musique est de qualité. Tout a commencé avec Monitor records et un maxi 5 titres qui tirent vers les vingt-cinq minutes. Imbrication de rythmes. Juxtaposition de strates sonores. Amour de la boucle, répercussions pour un effet hallucinatoire. Et harmonieux. Les deux as de la guitare et le chef batteur se mettent en veilleuse. Fondu dans un tout où les claviers et les sons électroniques ont autant droit de citer à la composition que les instruments rock. La bataille serait-elle d'ordre technologique ? Battles a décidé en tout cas de ne pas trancher. C'est Dimmak records qui a l'honneur de sortir le deuxième EP. A nouveau 5 titres pour une durée équivalente. La guitare qui tourne sur elle-même, distorsions, bruitage pervers, groove lancinant. C'est un peu du monde de Moonshake venant heurter les complexités d'un Storm and Stress avec des relents de Gastr Del Sol. John Stanier est un modeste. Il n'hésite pas à s'effacer devant une boite à rythme, à prêter son flanc aux machines. Long morceau de 12 minutes, froide élaboration de laborantin, sans repères, expérimentation de sons à l'envers. Battles n'a toujours pas tranché. Les derniers travaux sont sortis sur Cold Sweat records. Deux titres qui ne remettent en rien le théorème. On ne peut raisonnablement pas savoir à quoi s'attendre avec Battles. Imprévisible. Battles fait preuve d'une belle ouverture musicale, rassemblant et malaxant un tas d'univers contradictoire. A priori puisque qu'ils semblent oeuvrer pour faire le grand écart et tout communier en leur sein. Tendance cérébrale mais une vraie recherche créatrice pour trois disques comme un seul. La bataille fait rage mais la guerre n'est pas encore gagnée.

SKX (13/11/2004)
website groupe www.bttls.com
website label www.coldsweat.org
website label www.monitorrecords.com
sounds www.dimmak.com/mp3s/index.php

Bellmer Dolls
Never sates nor palls - 7''
Self-Released 2004

Les poupées de Bellmer. Un artiste allemand de l'entre deux guerres qui à sa manière, pour protester contre la montée du nazisme, fabriquait des poupées toutes désarticulées, traversées d'un esprit érotique. Ou comment suggérer le désir tout en étant loin des perfections raciales tant recherchées à l'époque. En 2004, les Bellmer Dolls est un tout nouveau trio américain. Du neuf avec du vieux. Dans le lot, Anthony Malt, ex-Love Life et Universal Order of Armaggedon. La musique est à l'image des poupées. Toute démantibulée, déchiquetée, décharnée. Un blues névrotique à la forte assise rythmique contre laquelle vient se heurter une guitare erratique et cinglante. Une poupée avec laquelle le Birthay Party et Nick Cave auraient bien conté fleurette. Trois titres autoproduits, réalisés par leurs propres deniers. Ca ne durera pas. Les fauves vont se jeter dessus. A juste titre. Les Bellmer Dolls sont pour les adultes uniquement et rentre par la grande porte sur une scène qui ne demande qu'à les éclairer d'une lumière cruelle et chancelante.

SKX (12/10/2004)
website groupe www.bellmerdolls.com
sounds www.bellmerdolls.com/mp3.html

 

Between The Devil and the Deep Blue Sea
North and south of nothing - CD
Action Driver 2003

Six morceaux pour 65 minutes. Faites la moyenne au kilo, le porte-monnaie du consommateur retrouve le sourire! Comme ils ne sont pas avares de lettres, ils nous pondent un nom à rallonge que nous réduiront pour une question pratique à Between The Devil. Un patronyme qui à l'air comme ça sacrément original mais à y regarder de plus près, c'est le nom d'une chanson de Georges Harrison, d'une autre du vieux jazzmen Louis Armstrong, d'un titre de film de Marion Hansel, un titre de bouquin sur la piraterie informatique et on s'arrête là pour l'originalité donc ! En fait c'est une expression qui signifie " alternative difficile ". J'ai l'air super érudit mais mon prof s'appelle " Google ", faites l'essai, vous aurez des tonnes de réponses ! En tout cas, le nom semble bien approprié. Ce nouveau quator de Columbus a du mal à choisir son camp. Entre les longues plages instrumentales à la Explosion in The Sky et les temps forts où ça rock, Between The Devil a décidé de ne pas trancher. De lentes déclarations d'amour. Le truc qui s'installe. Tout le jus balancé. Là non plus, pas de folle originalité à l'horizon. L'assise est connue. Mais ils prennent soin de ne pas appliquer ce schéma de base à la lettre, rajoutent un brin passion, voir un p'tit grain de folie sur certains passages, avec en prime ces messieurs qui chantent aussi, à tour de rôle, et leur rock à courant alternatif prend forme dans la mélancolie et la souffrance en dépit de quelques longueurs. Un premier album, qui, sans bercer dans l'inconnu, fait preuve de pas mal de charme.

SKX (01/08/04)
website groupe www.betweenthedevil.com
website label www.actiondriver.com
sounds www.betweenthedevil.com

Black Eyes
Cough - CD
Dischord 2004

Ca va tousser dans les baffes. Black Eyes vient de Washington DC, est hébergé par Dischord records mais rien dans leur musique ne le laisse supposer. Une preuve encore une fois que Dischord étoffe sa panoplie sonore. Black Eyes, c'est l'orgie où tout le monde fait de tout. Comprenez que les cinq membres chantent, tous, que la batterie est multipliée par deux, sans oublier des ajouts de percussions, qu'on dénombre trois joueurs de basses et que la seule guitare du lot a bien du mal à se frayer un chemin. On ne serait pas complet en ne mentionnant pas sur ce deuxième album l'omniprésence d'un saxo bien foldingue. Ca vous donne un capharnaüm que Ian Mackaye a produit et agencé de main de maître pour éviter à ces trublions en puissance une dispersion qu'il était légitime vu l'énergie créatrice qu'il semble se dégager du groupe. Une voix hystérique, les autres dans le grave, en chœur ou en mode parlé pour contre-balancer, c'est pas tous les jours qu'on entend un tel travail. Une hypnose dans les rythmes et le bruit que ne renierait pas The Ex, ça explose dans tous les sens, ça déborde d'idées, ça vire jazzy, ça repart dans le noise-rock abstrait à la Ex Models, les sifflets de sortie de " holy of holies " comme pour nous prévenir que rien ne se passe comme ailleurs ici. Black Eyes vient de créer un truc de fou, abrasif et inédit, sûrement la meilleure sortie de Dischord depuis bien longtemps…. Sûrement la raison pour laquelle Black Eyes se saborde. Une sortie par la grande porte en attendant les nouveaux projets qu'on espère aussi inspirés de la part de cinq types qui venaient pour tant de trouver l'osmose parfaite. Chienne de vie !

SKX (21/08/04)
website groupe http://www.dischord.com/bands/blackeyes.shtml
website label http://www.dischord.com
sounds someone_has_his_fingers_broken.mp3

The Black Heart Procession & Solbakken
In The Fishtank vol.11
In the fishtank / Konkurrent 2004

In The Fishtank est une série initiée par le distributeur/label hollandais De Konkurrent (et géré par Luc ex-The Ex !). Toute une pléiade d'invités prestigieux unis le temps d'un CD pour le meilleur et pour le pire. The Ex avec Tortoise, The Ex avec Sonic Youth, affiches alléchantes qui déchantent, No Means No, June Of 44, Snuff, Low/Dirth Three, le plateau est garni. Le volume 11 voit s'associer les américains ténébreux Black Heart Procession et les hollandais Solbakken. Comme tous les autres groupes, ils ont deux jours pour enregistrer. Les Solbakken, lucides sur leur capacité limitée à l'improvisation ont préféré préparer le terrain. Quelques bouts d'idées plus loin, Black Heart fait corps et appose sa patte sur les compositions. Je ne connais pas l'univers musical des Hollandais, mais ces six titres sont très connotés Black Heart, ne serais-ce que par la voix magique de Pal Jenkins. Tout au plus ressent-on l'univers de Solbakken sans doute plus rock et virulent sur l'hypnotique et très long " things go on with mistakes ", crescendo très prenant, on se nourrit d'ambre. Pour le reste, c'est piano et mélancolie. Classe et sobriété. Avec une touche d'exotisme (sauf pour nous français !) avec " voiture en rouge " où une mystérieuse Rachael donne le change à Jenkins, en français dans le texte, et la joute verbale est belle à tomber ! A l'ombre des tulipes, nos deux groupes se sont trouvés très inspirés. Six titres que tous les fans de Black Heart se doivent de posséder. Quant au cas Solbakken, il mérite que l'on s'y penche de près…

SKX (20/09/2004)
website groupe www.blackheartprocession.com
www.solbakken.nl
website label www.konkurrent.nl
sounds bhp&solbakken.mp3

Blame Game / Zann
Split LP
Adagio / 660 productions 2004

Si leurs racines tendent à s'abreuver à la même source hardcore/punk, les versions diffèrent. Celle de Blame Game présente un hardcore noisy, alambiqué et nerveux qui se soucie plus de la forme que du volume. Avec Zann, c'est la version gros bras, entre Acme et un Orchid lourdingue. Le lynx américain contre l'éléphant allemand. Par contre, ils se rejoignent tous les deux sur une approche juvénile et très do-it-yourself de l'enregistrement. Ils n'ont surement pas dû trainer des heures dans le studio. Aussitôt joué, aussitôt dans la boite. Seule compte l'urgence du propos, garder une certaine fraicheur et naïveté, quitte à paraître bancale et finit au yaourt. On comprend mieux le partage commun de ce bout de vinyl au bout du compte. Le traitement a beau être différent, l'esprit est commun. Zann a la voix lourde, voir trop lourde qui colle au palais, mais qu'importe, vu l'épaisseur des guitares, ça passe en force ! Il ne faut pas trop chercher la petite bête. C'est chaotique, trash, sale, je fais n'importe quoi du moment que ça envoie. Mais en dépit de leur bon coup de truelle, on leur préférera Blame Game. Des malins qui brouillent les pistes. Si le chant reste dans la lignée hurlée/passionnée du hardcore, les structures virent au math-rock, des versions courtes et affolantes, des guitares aux sonorités claires qui volent dans tous les sens, ça break à tout va sans oublier d'allier l'efficacité. Une découverte. Et si comme moi, vous prenez le train en marche, Stickfigure records vient de sortir un CD discographique de tous leurs premiers obscurs enregistrements.

SKX (01/08/04)
website groupe www.sunrevolver.org/blamegame
website label www.adagio830.de | www.stickfiguredistro.com
sounds
Zann : www.modusoperandi.de/sound/LoverFighter.mp3
Blame Game : www.hxcmp3.com/bands/1039

Books Lie
Hall of Fame of Fire - CD
Level Plane 2004

Des tréfonds de New-York, Books Lie nous envoie sans détour un épisode punk-rock moderne qui racle bien le bitume. Un CD en deux actes. Le nouvel album, Books Lie version 2, avec un nouveau chanteur et sa voix éraillée de chat de gouttière. Et en bonus, des singles du temps de l'ancien chanteur et une voix plus dans la norme. Comme la musique d' ailleurs qui n'a rien de transcendant. On se concentrera donc sur les nouveaux morceaux avec un groupe qui semble s'améliorer au fil des ans. C'est encore loin d'être le firmament mais leur punk-rock tire de plus en plus vers les influences de la scène de Washington DC, voir un rock'n'roll très sec à la Make-Up et des compos un peu cafouilleuses comme tant de groupes de Gravity records les adoraient. Zéro effet, beaucoup de cœur et de l'humour avec leur morceau electro-dance pour conclure leurs nouvelles dispositions. Ca manque encore d'amplitude et de morceaux conséquents pour sortir de la masse. Les pages du livre s'écrivent lentement. Petit pamphlet acéré en attendant, qui sait, le pavé incontournable !

SKX (14/06/2004)
website label www.level-plane.com

Booter
I can see it clearly - 7''
Peste & cholera / Rumble Fish Corporation 2004

Que ça fait du bien de poser un 45 tours sur sa platine ! Par les temps modernes qui court, on aurait tendance à la laisser prendre la poussière ! Cet exploit est dû à un nouveau groupe d'Angers qui signe là leur première sortie. Tout ça sent bon l'artisanat passionné mais ce disque est bien plus qu'un objet fait avec les moyens du bord. Punk-rock crasseux et lourdingue, Booter nous renvoie à Killdozer et l'école Amphetamine Reptile. Le rock pas fréquentable, en dehors de toutes tendances et ces quatre titres, loin des clichés, sont inspirés et sobrement efficaces. Booter réussit le tour de force de vous donner un coup de jeune avec de vieilles recettes. Oublies tout. Booter, ça me botte.

SKX (19/12/2004)
website groupe booter.propagande.org
website label www.rumblefishdiy.org
sounds booter.propagande.org/sound.html

Breather Resist
Only In The Morning MCD
Deathwish 2004 (10" King of the Monsters records)

La tête dans le guidon dès les premiers mètres! L'odeur du bitume brûlé pour un parcours dont les virages à angles droits et les téméraires lignes droites ont été maintes fois usités ces derniers temps dans le paysage hardcore, américain allais-je dire, mais si on peut avancer qu'ils ont la paternité du style, ça s'est franchement internationalisé! Breather Resist (avec un ancien Black Cross) pratique un hardcore torturé à souhait, dans le triangle des Bermudes Converge / Botch / Playing Enemy. De quoi disparaître... dans la masse! Rien de franchement novateur donc à la base mais dans un panier, il y a le dessus et le dessous. Breather Resist figure plutôt vers le haut, dégage une bonne véhémence communicative, le son percute. Tout est bien en place, avec de bonnes accroches, les défenses s'amenuisent et dans un souffle, on ne résiste pas. Mais ça joue serré.

SKX (01/04/2004)
website groupe www.breatherresist.com
website label www.deathwishinc.com
sounds justdoit.mp3

 

The Building Press
Young money - CD
54° 40' or Fight records 2004

Trio de Seattle, The Building Press frappe à la porte du label 54° 40' or Fight. On reconnaît bien là le flair de ces derniers pour tous ces groupes rock-noise qui défient les structures. Il faut chercher du coté de Rodan/A Minor Forest/June of 44 un début d'explication. Mais The Building Press a bien éclaté les lois du genre. Un chant qui n'en est pas vraiment un. Une grosse boule noire qui déverse sa bile, sans recherche d'harmonies, ça sort comme ça vient. Pour un groupe principalement instrumental sur leurs premiers enregistrements (un album et deux singles), l'arrivée de cette voix omniprésente les emmène dans une autre dimension, apporte de l'épaisseur à leur noirceur. D'ailleurs, ce nouvel album n'a plus grand-chose à voir avec leur passé. The Building Press sort de la sphère math-rock de base qui en prend un sale coup dans la gueule pour prendre à bras le corps la puissance du punk-rock. Ecriture très fracturée, erratique, The Building Press semble raconter des histoires mouvementées, en pleine défriche, pleine de colère qui intervient subitement alors que le temps était au pardon. On ne peut raisonnablement pas savoir à quoi s'attendre. La narration suit des courbes aléatoires. Entre des rythmes percutants, des guitares âpres qui vous tombent dessus, une tension qui peut être l'œuvre d'une seule corde ou d'une caisse claire répétitive, des moments de solitude et un dialogue d'instruments qui sait aussi épurer, tout s'arrête, tout change dans l' instant. Le climat est rude et primaire. Si vous aimez le fracas de McLusky, les sauts d'humeur d'un Oxes, la folie passagère d'un Zulu As Kono et toutes les références qui s'y rattachent, ne faites qu'une bouchée de pain de The Building Press.

SKX (19/07/04)
website groupe www.thebuildingpress.com
website label www.fiftyfourfortyorfight.com
sounds operator.mp3 | ifyouthink.mp3

By The End of Tonight
s/t - CDEP
Temporary Residence 2004
In a letter to the Sandbox - CD
Self-Released 2003

Le déluge fait musique. Boulimie de sons. Quatre jeunes gens dans le vent, perdus dans les grandes étendues du Texas, qui n'ont encore rien trouver de mieux pour s'extirper du silence que de jouer comme si la fin du monde n'allait pas tarder. Imaginez le pire… Tout ce que la musique compte de complexité, c'est pour eux. Toute l'énergie du désespoir mais avec élégance, c'est pour leurs veines. C'est le batteur de Hella rendu fou au point de jouer sur une batterie pour gamins (il doit lui en falloir une pour chaque concert), le math-rock retourné à ses chères études, traversé d'épines qu'un Dillinger Escape Plan sans les gros sabots ne renierait pas, la folie débridée d'un Dischord of a Forgotten Sketch, Don Caballero qui prend un sacré coup de vieux. Et la fièvre du rock'n'roll qui coule à chaud bouillon. Car ce n'est pas une énième démonstration technique de musiciens surdoués. Ca cogne à tous les étages. Presque trop c'est trop diront certains. Mais il suffit de se laisser aller, leur joie de jouer communicative, un plaisir enfantin pour s'entraîner dans une course folle, rendre toutes ses structures diaboliques pleine de vie. Et ménager la bête de trop de fureur par des respirations haletantes, laisser les guitares semées les mélodies. Non, on ne frôle pas l'overdose. Tout leur cœur et leurs tripes. Après une première réalisation sortie par leurs propres moyens et déjà remarquable, il était clair qu'un tel groupe n'allait pas rester dormir dans son coin. Et (est-ce un signe ?), c'est le label Temporary Residence qui a craqué. Un label connu pour son calme post-rock dont les groupes les plus virulents fuiraient devant ce monstre à huit têtes. Mais quelle que soit sa chapelle, on ne peut rester de marbre face à cet ouragan. Quatre titres sur un maxi qui va faire vriller plus d'une tête et fixer sur une carte les prémices de ce groupe en tout point étourdissant.

SKX (20/09/2004)
website groupe www.bytheendoftonight.com
website label http://www.temporaryresidence.com
sounds www.hxcmp3.com/bands/5135 | bteot_video_games.mp3

Bagio
Unterm durchschnitt - CDEP
Fidel Bastro 2005

Une boite en fer style pastilles Valda. Mais point de remède contre la gorge. Un Cd 5 titres gravé par une paire d'Allemand. Un batteur, un guitariste. Enregistrement live (avec un vrai public) datant du 21 mai 2005. C'était un dimanche. Les photos à l'intérieur témoignent. Dans le salon. Le public, tous avec un casque. Sérieux et discipliné. Un son que je qualifierais d'allemand. Ne me demandez pas de le définir, je me comprends. Ca vous fait une belle jambe certes mais ce son particulier leur donne une originalité, un aspect métallique (qui n'a rien à voir avec la musique metal), une machine comme une boite à rythme alors que tout ça est bien en chair et bassement humain. Un Big Black en teutons, que même si on regarde sous les jupons, on aperçoit une frange de groupes noise et radical. Blanc chirurgical. Précis, propre derrière les oreilles. Et pourtant, un tas de vermine grouille. Etrange impression d'une ambiance futuriste et pas forcément très saine. Bagio est à suivre. Copie n° 14 sur 100. Fin de transmission.

SKX (22/10/2005)
website groupe www.bagio-hh.de
website label www.fidel-bastro.de
sounds voodoo.mp3 | position_regional.mp3

Bear Claw
Find the sun - CD
Sickroom 2004

Si on vous dit groupe de Chicago, deux basses et une batterie et que vous rajoutez innocemment, enregistré par Steve Albini, vous voyez sûrement le tableau sonore qui se dégage devant vous. Bear Claw annonce la couleur avec ce premier album. On nage effectivement en plein monde noise-rock dissonant et rythmiquement implacable. Le batteur est un solide gaillard dont le jeu de baguette est à l'image de la puissance physique qu'il dégage. Avec Albini aux manettes, vous imaginez le volume que prend cet instrument. Les deux basses jouent également les fières à bras avec forcément, dans ce genre de casting, l'une plus mélodique que l'autre. Le truc, c'est que malgré cette énumération qui sonne comme un sale cliché, "Find the sun" est un album très recommandable! A savoir que sur une base punitive à la Shellac/Jesus Lizard, le trio développe la partition par une intrigue complexe, des rythmiques qui tournent, vous hypnotisent et un duo vocale de tous les instants. Plus étonnant, la basse sonne parfois comme un guitare et il faut être devin pour savoir que la six corde est bannit. De nombreux passages ou morceaux comme " jigsaw " et " through a child's eyes " les montrent habités d'intentions plus tempérées. Bear Claw est loin d'être que tempête sous un crâne. Le batteur ne cogne finalement pas si fort que ça. Les clichés volent en éclats. Bear Claw donne plus dans le rock que dans le bruit. Si ils ont gardé des aînés le goût de la rythmique en avant, ils apprivoisent leurs pulsions primaires, humanisent la formule et semblent bien parti pour trouver leur propre soleil.

SKX (20/02/2005)
website groupe www.bearclawrock.com
website label www.sickroomrecords.com
sounds Jigsaw.mp3 | Chameleon.mp3 | Sun.mp3

Bellini
Small stones - CD
Temporary Residence 2005

Bellini aura mis trois ans pour donner une suite à son premier album Snowing sun. Le temps qu'il faut sans doute pour digérer les vapeurs d'alcool de Damon Che, le batteur intenable des ex-Don Caballero (qui ont repris du service d'ailleurs avec que le Che en seule pièce d'origine), démissionnaire en pleine tournée et remplacé pratiquement au pied levé par Alexis Fleisig, le batteur de Girls vs Boys. Un temps nécessaire pour recadrer les événements et centrer la musique sur l'essentiel. Il y a de plus en plus de Jesus Lizard dans cette rythmique, sobre et terriblement efficace, coup de cravache parfaitement dosé, rien ne dépasse mais ça porte l'absolu. Ca c'était pour la partie américaine du groupe. Car Bellini, c'est surtout la Sicile, le couple chant-guitare, sur la scène et dans la vie, les ex-Uzeda, l'affiliation Albini et Shellac dont Agostino Tilotta le gratteux s'inspire pour nous pondre des merveilles de jeu nerveux et saccadé. Et pour illuminer tout ça, le chant, Giovanna Cacciola, bout de femme tranquille qui excelle pour enrober les scories de ses mâles compagnons d'une verve épicée juste ce qu'il faut. Dix morceaux énormes, toujours aux aguets, jamais à fond mais superbes de retenues, félins, qui s'inscrivent dans une longue tradition de groupes noise-rock racés avec des titres magnifiques comme Buffalo song, Chaser ou la ballade fin de soirée Not any man. Une valeur sûre.

SKX (09/12/2005)
website groupe www.snowingsun.com
website label www.temporaryresidence.com
sounds thebuffalo.mp3

Big Bear
s/t - CD
Monitor 2005

Etrange sortie de Monitor records qui sent bon le… metalcore ! Le catalogue de Monitor, avec les incontrôlables Oxes, fleure le rock certes, le bruyant mais aussi l'intimiste d'un Cass Mc Combs, en tout cas rien d'aussi virulent que le Big Bear, point d'enfilades viriles et de cris déchirants au rayon. Une nouvelle donne en provenance de Boston. Mais à y écouter de plus près, le metal technique de Big Bear n'est pas d'un pur classicisme non plus. Succession de riffs saignants, de faux démarrage, j'arrête je repars, vous connaissez le truc, le tout entrecoupé d'un chant alterné masculin/féminin (et bien malin qui fait la différence !), combinaison arithmétique complexe. Ca l'odeur du metal mais ce n'est pas Converge non plus, loin de là, la texture est plus rock, plus arty, ils exécutent leurs partitions de façon très froide et mécanique sans une once de mélodie, tout ça est très cérébral et il faut bien l'avouer, sur la longueur d'un album, on ne peut retenir un bâillement. On peut céder l'espace d'un morceau ou deux mais se taper l'intégralité des douze morceaux sans titres est au-dessus de mes forces et pourtant elles sont capables d'endurer bien pire en terme d'agression sonore. Big Bear a la barbe longue, les crocs mais manque le cœur. Dommage.

SKX (06/05/2005)
website groupe www.bigbearbigbear.com
website label www.monitorrecords.com
sounds Track1.mp3 | Track3.mp3

Big Boys
Lullabies Help The Brain Grow/No Matter How Long the Line Is at the Cafeteria, There's Always a Seat - 2xLPs
X-Mist 2004

X-Mist a l'âge de ses artères. 20 ans d'existence exactement. 20 ans, c'est jeune me direz-vous. Mais 20 ans de punk derrière soi, c'est plus la même chose. Chez X-Mist, label et distributeur allemand incontournable, on vous la fait pas avec des commerciaux déguisés avec des crêtes en plastique et des soi-disant groupes de keupons calibrés pour MTV. X-Mist respire et se comporte punk. L'amour du DIY, sans le profit et avec les galères, la passion toujours en point de mire. Un catalogue hétéroclite mais pour fêter leur deux décades, ce n'est pas avec un ersatz qu'ils ont décidés de sabrer le champagne, mais avec des vrais de vrais, les Big Boys themselves. Originaires d'Austin, les Big Boys ne se la racontaient pas et étaient outrageux de nature. Contemporains des Misfits, DOA, Black Flag ou des Effigies, ce groupe avec Randy " Biscuit " Turner et Tim Kerr a écrit parmi les plus belles pages, même bien tachés de bière, de l'histoire du punk. Un punk ouvert et pas bégueule. Basique ou funky avec section de cuivres, mélodique et dangereusement dansant, Big Boys lançait le pogo quand bien même leur musique n'avait rien de foncièrement violente. Les membres ont formé après un tas de groupes (Cargo Cult, Poison 13, Jack O Fire, Rapeman (Rey Washam le batteur), ou les horribles Junkyard) mais ce Big Boys, plus de 20 ans après, tient toujours la route. Je n'avancerais pas comme Armin (boss d'X-Mist) que les Big Boys, musicalement, n'ont pas pris une ride. Mais leur discours est lui toujours fortement d'actualité. Le punk est plus qu'un style, c'est une attitude. " Allez former votre propre groupe " avait l'habitude de marteler les Big Boys à la fin de chacun de leurs concerts. Armin a suivi leur conseil à la lettre et si son groupe s'est transformé en label, il n'a rien oublié du discours. Un double album et bel objet qui reprend leurs deux principaux albums (1983 et 1984). Un coup dans le rétro nécessaire pour mieux voir devant soi.

SKX (06/03/2005)
website groupe www.soundonsound.org
website label www.x-mist.de

Big Business
Head for the shallow - CD
Hydrahead 2005

Les anciens se rappelleront sans doute de Karp. Un duo poids lourd basse-batterie d'Olympia (K records) qui devait beaucoup aux Melvins. L'un d'entre a cassé sa pipe. Son acolyte poursuit le parcours et s'accroche à la formule duo. Coady Willis (Murder City Devils) à la batterie, lui toujours à la basse et cette lourdeur moite et collante de s'agglutiner sous les semelles. Le goudron et les plumes pour ces deux oiseaux. Big Business laboure profond, version accélérée et balourde d'un Melvins métallisé avec chant hard-rock, une bonne bourrée seventies qui ne fera même pas rire les morts. Ignoble.

SKX (29/04/2005)
website label www.hydrahead.com

Blame Game
Anthology - CD
Stickfigure 2004

En principe, une anthologie signe la fin d'un groupe. Pour Blame Game, c'est surtout l'occasion de restituer à la face de ce monde ingrat l'ensemble de leur œuvre de 1999 à 2004. Et de juger sur pièce l'évolution du groupe et souligner les multiples changements de personnel. Les plus fins limiers d'entre vous auront déjà repéré Blame Game grâce à un split album avec les Allemands de Zann. On y retrouve ces 8 titres ainsi que des brouillon de jeunesse : single plus démo. Mais ce qui nous intéresse, c'est le présent (qui date déjà de 2003 !) avec six morceaux inédits annonciateur d'un futur radieux. Au fil des ans, ce groupe d'Atlanta a allégé le propos sans pour autant le simplifier. Bien au contraire ! Leur hardcore a pris du nerf et si il a toujours joué bande à part dans un registre plus futé que la moyenne, les nouveaux morceaux sont tout simplement hors norme. Des rythmes trépidants, des structures inventives, le hardcore n'a plus rien à voir là-dedans. Batterie libre de toutes règles, titres développés sur la longueur, complexes sans être techniques (toute la nuance est là !), légers et nerveux, ça valse et ça cogne, guitares claires et dissonantes, calme tes ardeurs, ton tour viendra. Une anthologie de 27 titres. Ca se tient de bout en bout et comme le futur, c'est demain, un album est annoncé pour cet été. Vivement les grandes chaleurs !

SKX (10/04/05)
website groupe www.sunrevolver.org/blamegame
website label www.stickfiguredistro.com
sounds stick014cd.mp3 | www.hxcmp3.com/bands/10392

Blame Game
Honey and salt - CD
Stickfigure 2005

Après avoir fait le point sur leur passé et sorti une anthology avant même un seul album, Blame Game (Atlanta) enclenche la vitesse supérieure, celle qui les emmène vers des sphères où courbes et lignes droites brisées se mélangent en pagaille, où l'amalgame des influences ne forment plus qu'un immense chantier propre à créer de nouvelles perspectives. L'esquisse est encore imparfaite mais Blame Game a su sortir de l'ornière hardcore, se démarquer du troupeau insipide, tous ces groupes screamo-emo plus poussifs qu'un asthmatique en plein déménagement et, tout en sachant d'où ils viennent, évoluer vers une musique qui doit autant à Don Caballero qu'à une formation jazz. Le batteur fait d'ailleurs parti d'un trio free-jazz Lie and Swell et, en plus de taper intelligemment sur ses fûts, souffle dans les bronches d'un saxo. Les structures sont donc tour à tour tumultueuses et limpides avec de réguliers passages en eaux profondes, respiration lente qui n'évite pas quelques chutes de tension coupables mais c'est pour mieux rebondir mon enfant. Batteur échangerait baguettes contre saxophone. Spectre automnal. Il y aurait presque du Dazzling Killmen là-dedans. Cette manière déroutante de tenir l'auditeur par un fil, le perdre en route, le surprendre et le rattraper avant la chute, la démonstration de force en moins. Un premier album subtil au caractère déjà affirmé.

SKX (31/08/2005)
website groupe http://www.sunrevolver.org/blamegame
website label http://www.stickfiguredistro.com/stickfigurerecords
sounds stick021cd.mp3
www.myspace.com/blamegame
www.hxcmp3.com/bands/10392/index.php

Bleeding Kansas
1859 - CD
Abacus 2005

Bleeding Kansas, épisode douloureux de l'histoire américaine, esclavagistes contre non esclavagistes, le Kansas à feu et à sang. Aujourd'hui, Bleeding Kansas est un groupe de Burbank, l'ensoleillée et perverse Californie, un groupe de petits blancs qui se réapprirent l'histoire. Le socle de la fondation sur lequel s'inscrit un courant musical lui aussi chargé de repères. Dans les pas de Botch, Bleeding Kansas a tout du groupe metalcore de plus. Sauf que leur science du chaos va au direct. Des riffs bien sentis, la guitare qui pleure et les sentiments qui coulent. Bleeding Kansas n'est pas esclave d'un style et s'aménage des portes de secours. Le groupe se dit aussi influencer par Jesus Lizard et Drive Like Jehu. Sans être prépondérant, on s'aperçoit bien que ce groupe n'est pas bas du front et qu'il sait mettre de la fantaisie dans ces joutes physiques. Dans leurs besaces plus d'un tour et ils n'ont rien de réchauffé. Kurt Ballou est passé par là et leur offre un écrin sur mesure. Ce groupe a du talent pour nous pondre des idées mélodiques qui restent dans les neurones, nous les aèrent et marquent des points. Si on ne peut crier par hue et par dia à l'originalité criante, on ne saurait les bouder sous de vains et vils prétextes. N'ayez pas peur du Kansas.

SKX (04/07/2005)
website groupe www.bleedingkansas.net
website label www.abacusrecordings.com
sounds www.purevolume.com/bleedingkansas

Breather Resist
Charmer - CD
Jade Tree 2004

Le souffle court et rauque. Voilà la seule alternative que nous laisse ce groupe avec ancien National Acrobat et Black Cross. Ne vous fiez pas au nom de leur 1er véritable album. Breather Resist n'a rien de charmant. Leur metal n'est pas d'or. De l'acier ordinaire, sculpté avec savoir-faire et consistance. Leurs maîtres ferronniers s'appellent Botch et Kiss It Goodbye. Noir c'est noir. Acier pollué mais impressionnant. C'est donc lourd et agile. Névrosé et direct. Mais le trait est assez quelconque. Rapport à leurs maîtres, il manque la petite accroche mélodique, le riff qui tue, le gimmick qui fait tout décoller. Ca enchaîne, c'est du sérieux. C'est consciencieux. Mais une fois la brutalité passée, il ne reste plus grand-chose à gratter. Après une multitude de disques sur tout un tas de labels différents, Breather Resist sort son monument. Mais dans le paysage actuel, ce n'est qu'une colline parmi d'autres. On y grimpe avec plaisir mais la vue n'ouvre pas d'horizons nouveaux.

SKX (09/01/2005)
website groupe www.breatherresist.com
website label www.jadetree.com
sounds A_Social_Workers_Nightmare.mp3

Bug / 27
Split LP
Interstellar - Noise Appeal 2005

La pochette s'ouvre comme une fleur et nous fait don d'un disque tout rouge. Magnifique artwork d'un certain Roland Hörman pour le compte de deux labels autrichiens. Et un split magnifique de schizophrénie. Entre les Américains de 27 et les Autrichiens de Bug, c'est plus que l'Atlantique qui les sépare. Les Alpes compris. Un 45 tours sur Hydrahead, un autre disque sur Escape Artist, que des gros labels rock qui bardent. Pourtant, 27 n'a rien d'un groupe de déménageurs. Un truc tout sirupeux avec une fille au chant, légèrement noisy et profondément pop, tellement pop que je m'y noie. Le mauvais coté de la pop, niaisou et hyper propre sur soi. De l'autre coté, forcément, les gros bras de Bug font tâche. 4 albums à leur actif. 8 ans d'existence. Et toujours le même ouvrage remis sous l'enclume de leur approche définitivement noise-rock. Une culture bercée au son de l'urgence et la folie des groupes américains de Amphetamine Reptile et autres givrés du bruit. Des compos qui font part à une finesse insoupçonnée jusque là. Bug stoppe quelques peu de jouer dans la cour des petits durs et élabore leur agression avec perversité, mettant de la retenue comme sur le dernier titre exitement is a girl. 6 titres, leurs meilleurs à ce jour. Le problème de ce disque, ce n'est pas que l'on ait affaire à deux styles de musique très différente. Aucun problème là dessus. C'est juste qu'il y a un groupe franchement mauvais. Devinez lequel mais chacun son avis !

SKX (28/11/2005)
website groupe www.workstation.or.at/bug | www.27.vg
website labelwww.interstellarrecords.at | www.noiseappeal.com
sounds bug-grubenhund.mp3 | 27-one_more_tomorrow.mp3

Bughummer
The Getaway with - CD
Lovitt 2005

Ca fait un bon moment que Lovitt records n'a rien sorti de conséquent. A moins d'aimer la mélasse et le dernier Engine Down. Un label prometteur qui s'est perdu en route. En attendant un éventuel retour de flamme, ils puisent dans les fonds de tiroir. Une réédition de 400 Years et leur album " Transmit Failures " remastérisé (plus un inédit) et ce Bughummer, un trio qui a anonymement fait du bruit entre 1992 et 1998. Une discographie maigrelette avec uniquement un album. Pour d'inexplicables raisons, ce disque n'a intéressé personne. Le groupe l'a sorti par ses propres moyens. Pas de label, pas de chocolat. Un album pourtant de qualité. Un personnel très mouvant dans lequel on retrouve sur la fin le guitariste Keeley Davis (et actuellement dans Engine Down) pour une musique qui lorgne vers le indie-rock musclé à la A Minor Forest, Rodan, et autres dérivés comme Shellac. Une solide section rythmique, structures avec faux départ et contre-pieds. Ca joue sur les silences, ça envoie des volées de bois vert. Tour à tour sec, cassant et tout en souplesse. Sept titres parfaits. Le disque culte par excellence sorti en 1998. Le Keeley Davis était sérieusement surpris lors de sa première venue avec Engine Down en 2001 que des p'tits Français avaient entendu parlé de ce groupe obscur. Lovitt répare les dégâts et fout un coup de pied au culte.

SKX (13/03/2005)
website groupe bughummer.tripod.com
website label www.lovitt.com
sounds www.lovitt.com

Bullet Union
Ruin's domino - CD
Jealous 2005


C'est du racé, tracé pour les virages secs et des lignes droites fameuses. Bullet Union est tout jeune, genre 2, 3 ans d'existence et ce premier album les situe déjà très haut sur l'échiquier du rock'n'roll ! Débarqué de leur quartier de Camden à Londres, ces 3 Anglais et Anglaise (Kaoru Ishikawa à la basse) assurent dans le registre premier de la classe. Deux guitares toutes en son claire et joué à fond la caisse, des riffs qui font du charme, des structures qui intègrent les dos d'ânes. Entre Drive Like Jehu et Shotmaker, sans que cela soit prépondérant non plus, Bullet Union fait feu de tout bois et intelligemment. Une voix qui modifie les degrés dans l'urgence, des titres courts et incisifs, des développements et des déviations, une fin épique. Rien de superflu. Tout simplement parfait !

SKX (22/10/2005)
website groupe www.bulletunion.co.uk
website label www.jealousrecords.com
sounds 3cherriesstraight.mp3 | santfeliu.mp3

Bumblebees
Cissetive - CD
Emolution 2004


Sept années déjà depuis la première sortie officielle du groupe en 1997, un split avec leurs potes de Rroselicoeur. Le groupe de Reims a poussé les murs, élargit son champ de vision et le parcours a fière allure. Ce troisième album est une nouvelle étape dans leur discographie. L'esprit noise et frondeur continue de hanter les compositions. Vague de guitares qui partent à l'assaut, dead zone schizophrénique où se côtoient les riffs surpuissants d'un Isis, un brouillard d'où émerge Godspeed You et une descente en son clair pour vous laisser pantelant sur le bitume. Toujours se méfier d'un Bumblebees énervé. Le début d'album avec " Triangle " ou " Baragouine " est symptomatique de ce processus aliénant. Suit " klub barak 79 " et son sample d'un Bourvil serbe pour reprendre sa respiration. Mais Bumblebees a le vol en rupture, une adaptation bien personnelle de la vie, leur partition en suit le cours, ses hauts et ses bas. Si le fond de commerce est bruyant et majoritairement rock, Bumblebees s'ouvre à d'autres horizons. Le calme d'une ballade orientale sur " Smazene Syr ". L'intimité d'un " Corned Beef ". Une diversion riche en mouvement avec le (faux) dernier et long morceau " Stolnjak" (puisque qu'un titre est caché en fin de CD). Des mélodies toutes simples et fortes. Du lyrisme, de la fragilité derrière le mur du son parfaitement orchestré, de la finesse derrière le gros grain. L'ouverture n'est pas seulement musicale. Bumblebees a pris un risque en développant la partie chant… en français. Des adaptations de textes de Marcel Duchamp, Alfred Jarry ou encore Francis Picabia. Un exercice périlleux pour ce type de musique enracinée dans l'anglo-saxon. Convaincant quand le chant est hurlé et noyé dans la masse. Surprenant de prime abord quand il est clairement énoncé, on fronce les sourcils, la coloration prise tourne à l'exotisme sur ses propres terres, l'oreille s'habitue modérément. Mais tout ça s'inscrit bien dans l'approche générale de Bumblebees. Terre de contrastes, ne pas s'enfermer dans une coquille protectrice, s'essayer à de nouvelles choses, quitte à ne pas trouver l'essai toujours concluant. Le gang des barbus continue de tracer sa route. Le résultat est inégal avec des morceaux grandioses et inspirés pendant que d'autres marquent le pas, celui de la recherche inaboutie. Ce disque balise en tout cas son territoire. Alors que d'autre se contentent de suivre des chemins tout tracés, Bumblebees prend de la hauteur, dessine les contours d'un monde personnel et bigrement intéressant, quitte à se perdre un peu en route.

SKX (01/02/2005)
website groupe www.bumblebees.new.fr
website label emolutionrecords.free.fr
sounds Triangle.mp3 | Baragouine.mp3

Burmese
Men - CD
Load 2004


Burmese n'aime pas la dentelle. Et les guitaristes. Deux basses, deux batteries, vous imaginez la gueule de leurs voisins quand tout ce beau monde décide de répéter. " Men " est un disque pour homme. C'est produit par Weasel Walter, Mr Flying Luttenbachers. Tout ceci devrait normalement vous faire fuir. Un troisième album qui suinte toujours dans le rock très industrialise, louchez du coté de Whitehouse et Headbutt pour les rugissements. Sensation de locomotive lancée à pleine vapeur, absence totale d'un semblant de mélodies à siffloter sous la douche, rythmique martiale et coup de basses dans la tronche, tremblements des fondations qui oscillent sur leurs bases. Si vous aimez souffrir, vous aurez votre dose. Et les grincements, ce petit truc qui agace et vous donne envie de hurler sous la lune un soir de référendum, je dis pas non. Vous avez le droit également à des mugissements, très différent du rugissement, en ceci que le mugissement est un cri qui vient de l'intérieur mais qui se fait sans ouvrir la bouche. Essayez, vous allez voir, la différence est nette. Sorte de Melvins s'accouplant avec un cerf en rut. Et quand il décide de l'ouvrir, hé bien c'est dommage. Les cerfs (même ceux en rut) fuient comme un seul cerf. Magnifique spectacle de la nature s'il en ai. Dans un cadre purement musical, cette métaphore prend une tournure désastreuse. Burmese est burné. Que ceux tenter par un retour à la nature y réfléchisse à deux fois.

SKX (25/03/2005)
website groupe www.angelfire.com/band/burmese
website label loadrecords.com

But God Created Woman
Self-titled CDEP
Psychotica 2004


Si Dieu créa la femme, l'homme créa la musique (et quand je dis l'homme, j'embrasse la femme bien sûr et plutôt deux fois qu'une), les emmerdes et les Italien(ne)s. Pour notre plus grand bonheur il va de soi. Rattrapant le retard au triple galop, nos voisins transalpins, en matière de musique bruyante et convulsée commencent à se placer là. But God Created Woman est ce genre de jeune groupe très certainement marqué par la venue de Arab On Radar en leurs terres ensoleillées. L'influence est indéniable, surtout dans la façon de mener les guitares, dissonantes et libres de tous marquages, traversées d'une voix ivre et agitée, de rythmes chavirant le tout dans le chaos. Quatre titres forts prometteurs que vous pouvez télécharger intégralement sur le site du label Psychotica, le label italien du moment qui regorge de trublions auditifs. La grande classe !

SKX (03/01/2005)
website groupe www.smallworld.altervista.org
website label www.psychoticarecords.com
sounds The_Fair_Sex.mp3 | Teoria_della_separazione.mp3 | Guinea_Pig.mp3 | Venom_x_Venus.mp3

By the End of Tonight
A Tribute to tigers - CD
Temporary Residence 2005


Comme si ils s'étaient aperçu qu'ils avaient été un poil trop loin. Nos lascars texans ne voulaient pas y laisser leur jeunesse. Après leurs débauches quasi maniaco-dépressives de pousser les limites de la complexité du math-rock et d'affoler les radars, ce deuxième album les voit rentrer dans le rang. Le tigre s'essouffle et tente d'approcher sa proie par la ruse. Instrumental toujours, instrumental mon amour. By the End of Tonight n'a pas déserté la technique pour autant mais essaye de mettre tout ça au service de compositions avec un surplus d'âme. L'essai n'est pas concluant. Là où l'énergie anarchique masquait les manques et renversait tout sur son passage, cette fois ci, ils avancent en terrain découvert. Ca tricote et ça biscote, le batteur joue toujours sur une batterie pour gosse mais l'inspiration fait défaut. Les tentatives de mélodies sont fades. By the End of Tonight se mord la queue. Dans un style qui en a déjà beaucoup (trop ?) dit, il est difficile de s'imposer si on ne fait pas preuve de qualité de compositeurs au-dessus de la moyenne. Le bégaiement arrive vite. By the End of Tonight, après quelques espoirs, revient à la normale et sort un album de routine.

SKX (10/04/05)
website groupe www.bytheendoftonight.com
website label www.temporaryresidence.com
sounds setting_sail.mp3

B.Abuse
Misery is the rhythm of the world - CD
Impure Muzik 2006

B.Abuse est ce groupe allemand méconnu des bataillons hardcore qui a débuté en 1992, sorti une poignée de singles (3 exactement plus une cassette), a disparu des tablettes pendant 4 ans avant de sortir un premier album en 2002 (Connemara) puis re-silence pendant trois ans avant de réaliser en 2005 un nouvel album que Impure Muzik, le label de Besançon, ressort en CD cette année. Un parcours musical largement inspiré par Neurosis, suivant la même courbe d'évolution avec des membres qui vont et viennent. Sauf que B.Abuse part de beaucoup plus bas. Un premier 45 très bourrin avec une voix ridicule. Puis les titres qui s'allongent, l'émotion prend le pas sur la lourdeur pleine de gras, les atmosphères se développent, les samples apparaissent. Jusqu'à cet album. Quatre titres en quarante minutes. Et là, ça carrément plus de gueule. Des morceaux qui puent le désespoir avec quelques coins de lumière (en cherchant bien). Des samples très présents et bien intégrés au chant tour à tour parlé ou colérique. B.Abuse garde de Neurosis le principe d'un hardcore large d'esprit et généreux mais divague aussi vers des terrains plus rock et emo sans le coté auto-apitoiement. Une musique finalement proche de leurs voisins tchèques de Lvmen (qui viennent aussi de refaire leur apparition). C'est beau, c'est triste, c'est long, une sourde colère et une putain d'expédition dans laquelle ils arrivent à nous trimballer sans jamais une seconde d'ennui.
Tous les morceaux de leur discographie, ce disque compris, sont disponibles en mp3 sur leur site, ainsi que de futurs morceaux, version electro expérimentale inquiétante, encore jamais sortis sur disque et retouchés par [lo :], le mec qui réalise tout leur artwork et qui est un boute-en-train fini.

SKX (26/08/2006)
website groupe www.b-abuse.de
website label www.impuremuzik.com
sounds 2002.mp3

Bananas at the audience
Into the house of slumber - CD
S.K. records 2006

L'audience de la banane s'en va grandissante. Après bientôt une décennie dans les jambes, les Lyonnais sortent un troisième album où tout se met enfin en place. Bananas at the audience a toujours été cet énervement rock qui ne s'embarrasse pas d'étiquette. Cette machine à suer, à jouer, à tourner, à répandre son énergie communicative sur la base de textes concernés par notre bon vieux monde crispant. Sans jamais avoir été totalement conquis par leurs précédentes productions, j'en gardai pas moins une oreille attentive à leurs dissonances. Into the house of slumber continue son évolution positive. Les compositions se font plus consistante. Les riffs plus marquants. L'architecture navigue avec habileté entre complexité et fulgurance mélodique. L'enregistrement de Peter Deimel au Black Box studio d'Angers n'y est sans doute pas étranger. Le chant a su s'effacer quand il le faut. Les morceaux s'aèrent. De courts instrumentaux font leur apparition. Le jeu des deux guitares renvoient à Condense, parfait de complicité, tour à tour acides ou harmonieuses. L'album devient penser de bout en bout. Un tout qui s'imbrique de façon adéquate. Pas de doute, Bananas at the audience a franchit un palier. De la noirceur croissante, de l'allégresse toujours mais lucide, Bananas affine ses flèches. Et le pire (dans le meilleur), c'est qu'on les sent capable d'encore beaucoup mieux. La route est longue jusqu'au cimetière des bananes.

SKX (03/12/2006)
website groupe attheaudience.free.fr
website label www.skrecords.org
sounds trapped.mp3 | naked.mp3

Battletorn
Evil chains - CD
Mega Blade / Troubleman 2005

Battletorn écorcherait un lapin sans l'once d'un remords. Saigner à blanc. Battletorn, c'est la nouvelle coqueluche toute chaude de ceux qui n'aiment pas que les choses traînent. Le temps de lire le nom de groupe, son bâtard de premier album et dire Mega Blade (une subdivision de Troubleman Unlimited, la cave où ils enterrent tous leurs cadavres et laissent échapper leurs démons) et Evil chains aura déjà échappé son dernier soupir. Metal-trash-punk sauce Melt-Banana. Sans les socquettes à pompons roses et les petites culottes blanches. Vous voyez ce que je veux dire bande de vicelards. Trio power. Femelle au milieu. Sur le micro. Qu'on ne sait où elle l'enfonce. Beau moustachu façon Charles Bronson le dernier justicier. Tignasse dégueulasse qu'on agite dans tous les sens. C'est dix huit titres pour quatorze minutes (je vous fais cadeau des secondes). La réputation de faire des concerts qui durent aussi longtemps qu'il faut à certains groupes pour s'installer. Du vieux hardcore quand on comptait les secondes. Du one-two-three jouer avec le fun et le son du nouveau millénaire. La vitesse, ya que ça de vrai mais avec la manière. Trash relou exit. Ca se prend pas la tête. C'est marrant comme tout même si ça pas lieu d'être. Un disque bon comme une bonne branlette.

SKX (23/02/06)
website groupe www.battletorn.net
website label www.troublemanunlimited.com
sounds www.myspace.com/battletorn

Bellmer Dolls
The big cats will throw themselves over
CDEP
Hungry eye 2006

Les poupées de Bellmer (et de ta belle-mère) prennent leurs temps pour donner suite à la danse syncopée d'un premier 45 qui était fort prometteur. C'était 2004. Deux ans plus tard, six nouveaux titres s'ajoutent à la collection. Pour trois inédits seulement vu que le 45, on le retrouve là, dans sa forme presque originelle (mais introuvable), à peine touché par le trio new-yorkais et Jim Sclavunos (The Vanity Set), producteur de cet EP, membre déjanté de la bande à Bad Seeds et de tout ce qui touche de près ou de loin avec la scène new-yorkaise, celle qui aime les trucs pervertis et lugubres. Et de Birthay Party, son blues épileptique, il en ait fortement question ici. Une odeur plein les narines. Le genre d'odeur qui me satisfait complètement. La basse sur les traces de Tracy Pew, orgueilleuse, magistrale. Des coups de butoir illuminés, des rythmes de vaudous, un chant habité, revisités par les râles et les incantations, sa ballade qui vous arrache du sol (L'condition humaine), son énergie rock'n'rollesque qui met le feu (Pictures, Push! Push!), Bellmer Dolls a la grande classe et les fringues qui vont avec. Ca nous dévore de l'intérieur. Les grands fauves se sont jetés dessus. The big cats will throw themselves over, traduction terre à terre et non sens continu, merci Google, d'une phrase écrite sur le site que vous parcourez à l'instant pour leur premier single et dont Bellmer Dolls s'est servi pour nommer ce présent six titres. Contribution aléatoire. Le hasard fait bien les choses. L'album ne va pas tarder à débouler. Pour sûr que je vais me jeter dessus.

SKX (23/10/2006)
website groupe www.bellmerdolls.com
website label www.hungryeyerecords.com
sounds www.myspace.com/bellmerdolls

Belone Quartet
Les prémices de la beauté naissent de l'amertume - CD
Kythibong 2006

Belone Quartet est, comme son nom l'indique, un duo. Nantais le duo, pas comme Bruno. Un trait d'humour tout en finesse pour commencer car pour la suite, c'est mélancolie et morte mer. Avec un titre comme Les prémices de la beauté naissent de l'amertume, il ne fallait pas non plus s'attendre à un disque de ska. Benjamin Nerot et Antoine Bellanger laissent divaguer leur spleen du coté de Black Heart Procession, en formule réduit, sans la scie musicale mais avec ce même élan cafardeux, cette indécrottable tristesse qui colle aux mélodies. Belone Quartet rajoute une touche d'années 80 sur quelques titres plus rythmés, réminiscence (légère) d'un courant new-wave et vous obtenez un premier album qui a du s'en prendre de l'amertume dans la tronche pour accoucher d'un tel fardeau. Heureusement, à l'instar de BHP (on y revient toujours), Belone Quartet garde suffisamment d'énergie interne pour rester au-dessus de la ligne de flottaison et de pas s'étaler dans une mare nombriliste. Un feu intérieur qui bouillonne, qui donne de la vie à sa sourde dépression, deux, trois battements bienvenus et les prémices de la béatitude frémissent sous la bise du grand large. Ou des grands fonds. La mèche est prise. Ca vacille, ça navigue à vue entre des bouées mal éclairées mais la barque est lancée. Un exercice musical toujours périlleux, où il n'est jamais facile de ne pas tomber dans le pathos. Pour son premier album, Belone Quartet maîtrise les ingrédients variés de son instrumentation, se la joue riche malgré la formule intimiste et signe un disque plein de promesses.

SKX (20/11/2006)
website groupe www.belonequartet.org
website label www.kythibong.org
sounds thesame.mp3 | yeah.mp3 | myheartofcorpse.mp3

The Black Heart Procession
The spell - CD
Touch and Go 2006

Regardez bien la pochette. Comme dans toutes les oeuvres de Black Heart, le coeur est au centre du débat, l'objet de toutes les convoitises. Qui comme toute histoire de cœur qui se respecte fini mal. Le corbeau, le rouge et le sang autour. Chez Black Heart Procession, la bande son a toujours cette allure de drame perpétuel, de vieux film noir avec sa femme fatale et son looser magnifique. Ca ronge son frein, c'est l'abandon, quels que soient les ingrédients. On a beau dire que depuis leur précédent opus Amore Del Tropico, l'univers de BHP s'est légèrement coloré, il n'est pas certain que cette musique serve d'euphorisant à un congrès d'anciens alcooliques. La troupe de Pal Jenkins a beau rythmé un peu plus sa mélancolie, de mettre un peu de rock dans son orchestre maudit, la musique reste d'un indécrottable et savoureux spleen. On peut même dire que par rapport à Amore Del Tropico, Black Heart a trouvé le ton juste et le juste ton entre ses envies d'ensoleillement et son légendaire état cafardeux mais digne. Toujours. Un mélange qui doit son salut à la continuelle inspiration dont fait preuve Black Heart, même après cinq albums, une qualité d'écriture qui ne leur fait jamais défaut, qui a connu une légère baisse de régime dernièrement mais qui repart de plus belle. C'est donc une nouvelle fois un tour de manège grinçant de ballades poignantes et sans fard, la voix envoûtante de Jenkins, son violon qui nous tire les frissons du nez, cet élan rock nouveau qui nous ferait presque taper du pied. La magie Black Heart Procession toujours au rendez-vous, fidèle comme un sale bâtard qui revient sans cesse là où ça fait mal vu qu'il ne connaît pas autre chose.

SKX (12/09/2006)
website groupe www.blackheartprocession.com
website label www.touchandgorecords.com
sounds words.mp3

Blame Game
Ask someone - LP
Stickfigure / Ursa Minor 2006

Cette fois, Blame Game y va tout droit. Barré sur sa comète, direction les sphères de l'improvisation, dans les limbes d'un rock-noise sans contrainte mais toujours prêt à se faire péter la queue. Car en une demi-heure et quatre morceaux, Les quatre d'Atlanta ont le temps de dire beaucoup de choses. Et avec la manière. Blame Game est donc définitivement passé de l'autre coté de la force. Exit les chemins trop courts d'un hardcore, même chaotique. Bonjour le rock instrumental, tordu et de haute volée à la Don Caballero (mais en mieux si on pense au présent) et les piques soniques d'un Colossamite. Ils en tirent à foison des plans sur cette putain de comète, échafaudent des plans machiavéliques, balancent les gros riffs contre la souplesse d'une batterie jazzy et tout ça avec une fluidité remarquable. Ils s'en donnent à coeur joie mais n'oublie pas que les glandes sudoripares, c'est fait pour transpirer. Alors le cocotier, il le secoue régulièrement, le rock n'est jamais laissé de coté, l'intensité y va par paquet de douze. Rien à redire, ils ont tout compris. Le dernier morceau est un tas de bruit, impro, lignes de guitares et de saxo enregistré pêle-mêle par Blame Game et refourgué en l'état à leur pote Magicicada, trifouilleur officiel de sons qui a réussi à démêler les fils pour composer un titre qui débute dans le bordel et fini dans la volupté. Aux dernières nouvelles, le batteur est parti traîner à New-York laissant ses trois acolytes dans le doute et ça serait bien dommage que Blame Game s'arrête là alors qu'ils commencent juste à maîtriser complètement leur truc.

SKX (24/10/2006)
website groupe www.blamegameband.com | www.magicicada.com
website label stickfiguredistro.com/stickfigurerecords | www.ursaminormusik.de
sounds stick-21v.mp3

Brume Retina
Linéaire des libres - CD
Recap / Unbeliever 2006

Avec trois anciens Gameness et des titres déjà composés à cette époque, nul doute que ce nouveau projet va sonner comme du Gameness. Hé bien devinez quoi, ça sonne comme du Gameness. Voilà voilà. En gros, vous cliquez sur le nom de leur ancien groupe et cette chronique pourrait s'achever là. Vous auriez ainsi une idée, une très grosse idée, l'idée que leur screamo hardcore reste toujours écorché et qu'ils le font plutôt bien. A trois année de différence. Trois ans où rien n'à évoluer. Trois années où tout un train de groupes est passée par là pour monter au front d'un hardcore qui manque cruellement de renouvellement et qui finit par se ratatiner le gueule devant l'ennui. Un ennemi bien indicible mais terrible. On pourra toujours se dire que le nouveau chanteur à su apporter de la variété dans le chant, que le contraste entre parties calmes et explosions brutales est encore plus marquée, que le chaos n'est plus aussi insurmontable, ce disque est à réserver aux plus indécrottables du style qui aiment inlassablement regarder le passage immuable du train. J'aurais bien rajouté un truc sur les ruminants (un truc vache bien sur) mais je préfère m'arrêter là.

SKX (23/08/2006)
website groupe www.brumeretina.c.la
website label www.kablys.hardcore.lt
sounds brumeretina.ifrance.com/lineaire.zip | brumeretina.ifrance.com/regularmind.zip


Bagio
II - CD
Fidel Bastro 2006
Intermezzo 21. Mai 2005 bis 16. Ji 2007 - CD
Fidel bastro 2007

Le retour de la boite froide. Les lunettes bleues ont remplacé les lunettes rouges. La version enregistrée en public a été troquée pour une version tout studio. Sinon, traitement identique. Bagio, un duo inquiétant en provenance de Hambourg. Bagio, guitare sans bavure, batterie électronique et masques à gaz pour tout le monde. Un son bien à eux, mi-homme, mi-machine, pas naturel mais qui renvoie autant à Big Black qu'à toute cette école 100% germanique où le teuton ne prête pas son flanc à la rigolade. L'humeur congelante d'un Kraftwerk revue par des riffs aussi rock-noise que synthétiques, des plans instrumentaux mathématiquement implacables. Entre, rien pour réchauffer l'atmosphère. Des tentatives de mélodies pour amadouer la future victime comme sur Pornoglitter et ses six minutes bubblegum. La violence de Bagio n'est pas frontale. Instauration d'un climat qui fait froid dans le dos. Armée de robots dirigée par Big Brother, disciplinée et un soupçon de perversité glissé dans l'uniforme pour ne pas marcher tout à fait droit.
Après Bagio II, Bagio intermezzo. Fin de la boite froide. Gutten tag la boite en plastique. Ou un truc qui ressemble. Une compilation de leurs travaux chirurgicaux de 2005 à 2007. On retrouve trois morceaux de leur Bagio II. Trois morceaux de leur Bagio I (tiré à 100 exemplaires). Trois morceaux live (deux tirés de II et un de I). Tout cela est d'une implacable logique mais ça fait une belle jambe à ceux qui avait déjà leurs deux premières boites froides. Suivez mon regard. Reste trois inédits. Oh allez quatre. Folgeschehen figurait sur le I mais là, on a le droit à une neueinspielgung, soit une nouvelle version (si ça se trouve, ça signifie carrément autre chose, j'ai toujours été une (grosseu) bite en Allemand). Une version plus au taquet mais pas forcément meilleure (mais pas moins bonne non plus). Reste trois pures inédits (Bagio aime la règle de 3). C'est toujours ça de pris. En fait, deux de ces morceaux sont issus de compilation mais par chance, elles ne sont pas parvenues à mes oreilles. Trois titres dans une bonne et saine lignée. Ca file droit à Hamburg, les hivers sont rudes et Intermezzo une introduction qui en vaut une autre au monde clinique de Bagio.

SKX (17/11/2007)
website groupe www.bagio.org
website label www.fidel-bastro.de

Basement
Everything gets distorted - CD
Interference 2006

Basement fait parti de la vieille école noise-rock française. Celle qui a arpenté le bitume dans les années 90 aux cotés des Sleepers et Portobello Bones. Si l'un des deux est encore en activité et l'autre a mis la clef sous la porte, Basement a la particularité d'avoir fréquenté les deux cas de figure. Parlons d'une (longue) période de silence puisque huit années séparent leur dernier disque Underneath de ce nouvel album. Le temps passe mais les habitudes restent. Si le groupe de Libourne revient parmi nous, ce n'est pas pour tout chambouler. Ils continuent leurs basses œuvres d'une musique inspirée par les plus grands (Unsane, Jesus Lizard pour ne citer qu'eux) qu'ils régurgitent d'une façon propre et personnelle. Car si la basse domine, que la batterie mid-tempo insinue de la tension, que l'on sent de la frustration et une colère sourde, Basement privilégie largement les mélodies et retranscrit ça dans un son net et efficace. Avec Nicolas Dick à l'enregistrement, on retrouve quelque peu ce son de guitares propre à Kill The Thrill, ce bruit de guitares en forme de nappe, laissant place à la puissance émotionnelle plutôt qu'à une confrontation directe. Une enveloppe bruyante mais pas l'agression typique que l'on aurait pu croire d'un groupe viscéralement noise-rock. On sent de la part de Basement la volonté de ne pas chercher le combat, de se dévoiler sans fausse pudeur et si on peut regretter que cet album soit par trop sage, sans surprise et calibré, le travail sur les compositions, l'imbrication des guitares, les arpèges qui claquent et les mélodies qui se dévoilent font lentement mais sûrement leur travail de sape. Basement n'a pas trouvé de recette miracle mais ils exécutent parfaitement ce qu'ils ont toujours su faire et aimer. Une musique fidèle à leurs racines, sans esbroufe, en digne témoin et artisan d'une époque toujours d'actualité.

SKX (25/01/2007)
website groupe www.basement-dept.com

Bästard
Yet, reloaded… - 2x12'' + CD
Ici d'ailleurs 2006

J'aime pas les albums live. On a connu entrée en matière plus enjouée. Certes, mais les disques en concert, ça m'a toujours gavé. Cependant quand c'est un des meilleurs, sinon le meilleur groupe français de tous les temps, qui sort cet infâme formule, ça vaut bien de se lester d'un petit bifton. Bästard dégaine à nouveau. C'était à l'occasion des 20 ans du Confort Moderne, Poitiers en fièvre, Bästard spécialement reformer et le présent objet pour témoigner ou faire saliver ou atténuer les remords des absents qui ont toujours tort. Je me contenterais donc de ce présent objet.
Un double vinyl, quatre faces pour Poitiers et glisser dedans, un CD avec un live en Italie, week-end à Rome en 1994, comme pour montrer quand plus de dix ans, rien n'a changer et que les Lyonnais n'ont pas vieilli. Et non, Bästard n'a pas pris une ride. De l'intro au ralenti de Chinatown à la magie du violon de Kal jusqu'au final poignant et rageur de The Hunt, les ex-Deity Guns ont su tout digéré, de leur grosse influence Sonic Youth des dé buts, des débris de Neubauten pour arriver à un univers personnel riche, varié et extrêmement musical. On a le droit a tous leurs plus grands morceaux, les plus délectables, je ne vais pas vous faire le coup de la liste détaillée mai ça ressemble à la set-list idéale. Les bougres avaient bien préparé leur affaire. Le son est plus que correct. Ca ne remplacera jamais une place au premier rang, la tête dans les amplis, même en mettant le volume de votre chaîne à fond. Je n'ai pas l'impression d'y être mais c'est déjà ça de pris. Pour les versions, ils ont sans doute dû en jouer de meilleurs mais 10 ans après la fin du groupe, c'est plus qu'acceptable.

Une fois les quatre faces tournées et retournées, vous calez confortablement le CD de l'Italie. Back to 1994. Ca commence comme ça fini. The Hunt ouvre les hostilités dans un climat qui semble beaucoup moins enfiévré qu'à Poitiers à l'écoute des pauvres applaudissements qui lient les morceaux. Fucking Bästard ! Pour la playlist, le premier album sorti en 1994 est forcément représenté en force. Alternance de morceaux toutes guitares et rythmique dehors (le saisissant Sake qui fait toujours son effet) et de morceaux qui baignent entre deux eaux où tout est question d'atmosphère et de dosages subtiles. Comme pour Poitiers, le son est bon mais les versions ont plus de mordant et de cohésion (je dis ça, c'est juste par jalousie) et mon tout fait un objet bien vivant pour un groupe mort. Je n'ai toujours pas changé d'avis sur les disques live. Ca n'arrive pas à la hauteur des enregistrements studio et d'un vrai moment de live avec la fumée de cigarettes (ah non c'est du passé ça aussi) et les tâches de bière sur le t-shirt (bientôt du passé aussi à ce rythme là). Promis, pour les 30 ans du Confort, je serais présent pour la reformation de Condense.

SKX (10/02/2007)
website label www.icidailleurs.com

Battle of Mice / Jesu
Split 12''
Robotic Empire 2008

Battle of Mice a déjà sorti un album et un seul, l'excellent A day of nights que je me surprends à aimer alors qu'il porte en lui de nombreuses gènes poussant à des sentiments contraires, et les deux morceaux inédits de ce split sont peut-être les deux derniers de leur courte carrière tant Battle of Mice a toujours semblé un projet sur la tangente. Dans l'air du temps depuis des lustres, le label de Richmond (Virginia) sort enfin l'objet et c'est pas avec ça que Battle of Mice va baisser dans mon estime. The Bishop et Yellow and black, deux compositions encore plus intenses, sombres et apocalyptiques que leur album qui avait opté pour une voie plus limpide. Il faut entendre Julie Christmas (Made out of babies) se démener sur The Bishop, elle est sur ce coup ci totalement convaincante et soutenue par une mâle éructation, Josh Graham (son âme damné), un gros riff qui plombe l'atmosphère après une accélération aussi brutale qu'inattendue, ce morceau renvoie tous les Isis en herbe, maître compris, à leurs chères études. C'est la grande force de Battle of Mice. Se faire confronter la férocité et la grâce, engendrer des climats enjôleurs à grands coups de pains dans la tronche. Allez comprendre quelquechose ! Ils ne font pas dans la lourdeur atmosphérique comme nombre de leurs confrères pour faire joli et faire comme tout le monde, de mignons arpèges et des montées qui débouchent sur un grand vide. Ils y mettent de vrais ingrédients dedans, de la chair et des tripes, des contrastes saisissants, un lyrisme viril qui donnent une réelle consistance. Il serait vraiment dommage que Battle of Mice s'arrête là.
Vous, qui lisez régulièrement ces pages, savez que Jesu n'est pas notre ami. Et là, oh miracle, ces deux titres inédits nous montrent enfin la lumière. Nan, j'déconne. La musique de Justin Broadrick se résume toujours à un seul mot : insignifiant. Au secours, Slowdive est revenu !
Un très bon split uniface.

SKX (08/10/2008)
website groupe battleofmice.com | www.myspace.com/officialjesu
website label www.roboticempire.com

Battles
Mirrored - CD
Warp 2007

Dans ce cube de miroirs où tout se réverbère, c'est avant tout des cultures musicales différentes qui s'entrechoquent. Sur la paroi sud, devant sur la scène, la batterie de l'ex-Helmet et Tomahawk John Stanier et sa cymbale à huit mètres de haut. Paroi ouest, le jeu de jambes gauche mais les mains pleines de sûreté et occasionnellement de doigts sur le manche du guitariste Ian Williams (ex-Don Caballero et Storm and Stress) qui se met aux claviers. Paroi est, c'est uniquement le fatras de claviers et samplers du touche à tout Tyondai Braxton que vous trouverez. Paroi nord, plus discret, le guitariste David Konopka pour qui le math-rock instrumental au sein de Lynx n'avait plus de secret. Et leur secret justement réside dans ce point de rencontre où tous ces mondes se télescopent. Cette énergie créatrice qui avait accouché de trois maxis aussi uniques qu'ouverts. Autant barrés que originaux. En avril dernier à la Barakason près de Nantes, cela avait donné un concert physique et arty. Direct et précieux. Toute l'image de Battles entre sueur et paillette. Au bout d'une petite demi-heure, j'avais décroché. Trop de boucles tuent la boucle. Pour cet album, c'est la même chose. Autour de la rythmique inamovible de Stanier, un tas de trucs qui débarquent de tous les cotés. Sonorités électroniques, notes de guitares en cascade, l'hypnose qui prend forme, des samples qui embellissent ou enlaidissent. Des morceaux qui font mouche. Ou pas. Comme sur l'excellent Tonto et l'horrible Leyendecker qui rappelle comment la world-music peut-être pénible. Une bataille de musique, de rythmes entraînants en tout genre avec effet transe en toile de fond. Une lutte où Battles cherche un ordre nouveau. C'est tout à leur honneur mais ça manque de fluidité. Un exercice trop cérébral pour un album majoritairement trop chargé en informations. Bouillonnant n'est jamais très loin de brouillon et j'ai du mal à me sentir touché par cette débauche d'effets qui manque d'âme. Le cube de miroir a fini par renvoyer une multitude d'images qui se perdent à l'infini sans que vous puissiez vous y reconnaître.

SKX (01/10/2007)
website groupe www.bttls.com
website label www.warprecords.com

Battleship
Hearts addendum - CD
On/On Switch 2006

Je restais sur ma (finalement) bonne impression de leur concert avec Racebannon avant d'aborder le deuxième album du groupe d'Oakland. Leur album précédent Present princess n'avait rien de dingue, était largement passé à la trappe, à l'image de leur début de show, rock'n'roll chaotique et trop dans le moule. Il semble que le changement de batteur ait fait du bien. Hearts addendum, reste dans le monde du rock poisseux et bordélique mais la taille au-dessus. Une rythmique sur laquelle tout repose, bien pesante tout en restant bancale juste ce qu'il faut. Un guitariste qui sort de sa timidité pour une utilisation vicieuse de ses cordes et un chanteur qui sait la boucler quand il faut. Mais c'est surtout dans le son que Battleship se démarque. Un truc qui sent la ferraille, sale, qui fait ressortir juste ce qu'il faut des quelques mèches mélodiques tout en noyau le tout sous une fine couche de crasse. La présence de Weasel Walter (Flying Luttenbachers) à la mastérisation n'est sûrement pas étrangère à cette production limite bruitiste. Un gros doigt en forme de majeur, le rock secoué, malmené, brutalisé, approche rude, gentiment décalé tout en gardant le nerf de la guerre. Les compos sont généralement courtes et percutantes mais ils prouvent qu'ils tiennent la distance avec les cinq minutes de l'excellent no basis for optimism ou la montée méchamment tendue de This town wants you skinny. Une écoute distraite de cet album serait très regrettable. Compréhensible car Battleship n'a rien de séduisant au premier regard mais très regrettable quand même.

SKX (23/01/2007)
website groupe www.radnewmeats.com
website label www.ononswitch.com
sounds www.ononswitch.com/radio.html

Baxters
Subintrant crisis - CD
Opposite Prod 2008

Au moins on ne pourra pas taxer les Orléanais de Baxters d'être une énième copie de Botch et Converge comme pléthore de groupes hardcore-noise actuels puisque qu'ils se réfèrent carrément à la génération précédente, celle de Helmet et Quicksand !! Je fais un bond de quinze ans en arrière. Ce qui n'est pas fondamentalement un problème en soi. Mais il y a l'art et la manière et Baxters ne possède aucun des deux. A la première écoute, les dix morceaux me sont complètement passer au-dessus. Une histoire d'humeur sans doute mais j'ai beau réessayer, changer d'heure ou de jour, rien n'y fait. C'est un truc qui file tout droit, formaté et propre sur soi. C'est sans danger, sans folie et même en essayant de gratter, cet album me laisse totalement froid. Tous les éléments sont là, je ne doute pas de leur conviction et leur ardeur à la tâche, c'est parfaitement exécuté, enfin bref, vous voyez le genre de clichés habituels que l'on ressort dans ces cas là pour ne pas être complètement négatif mais décidément, non, rien n'y fait. Les compos ronronnent, rien ne transparaît, ne ressort et la production dangereusement consensuel. Si j'étais le genre d'abruti à mettre des notes à des disques, cet album serait loin de la moyenne.

SKX (29/09/2008)
website groupe baxters.fr
website label www.oppositeprod.com

Bear Claw
Slow speed : deep owls - CD
Sickroom 2007

Bear Claw, c'est ce groupe qui aurait fait fureur au début des années 90 et dont le siège aurait été réservé d'office chez Touch and Go. Un groupe commencé comme une récréation à un autre projet, Hello Operator, en attendant le retour de leur camarade de jeu parti draguer l'Italienne sous le prétexte de faire de l'art dans une école. Mais l'italienne a du chien et le trio restant a définitivement pris du poil de la bête. Son dévolu, c'est toute l'école noise-rock des années 90 dont la figure emblématique est un descendant d'une longue lignée qui a fait le voyage inverse, Signore Albini et qui enregistre une nouvelle fois cet opus. La tradition, Bear Claw en connaît tout le poids et la respecte à la lettre. Sauf qu'à partir d'un moment, la famille, tout ça, ça devient pesant. Alors au lieu de rester sur un truc purement noise-rock et rythmique totalement logique quand on est un groupe avec deux basses et une batterie, Bear Claw a su développer un truc mélodique plus élevé que la moyenne dans le genre, tempéré ses ardeurs sans renier les fondements. On l'apercevait déjà sur leur premier album Find the sun. Ils poussent désormais le bouchon encore plus loin. C'est un peu les Arcwelder des années 2000 ! Après un 1er titre instrumental tout en douceur et anecdotique pour se chauffer, Bear Claw endosse son habit d'artisan et taille dans sa complexité des compositions écrites autant, voir plus, avec le coeur qu'avec la tête. On pourrait presque penser à feu le groupe canadien The Plan sur certains morceaux (Fragile end notamment). Comme en plus chez Bear Claw, on aime le chant, le vrai, le compréhensible, pas le beugler même si ça leur arrive, cet album à une touche emo-noise à laquelle on ne s'attendait pas forcément. Les voix se croisent, se complètent, se parlent, mesurent toute la tension à insuffler. Un travail de paire avec les deux basses qui jouent au même dialogue. Tout le monde est à l'écoute de tout le monde et Bear Claw calcule au plus juste le poids de ses instruments qui auraient pu peser trois tonnes mais qui au final sont comme des éléphants dans un magasin de porcelaine, évoluant contre tous les pronostics avec une grande finesse et dextérité. On peut toujours regretter un brin de folie et un air de déjà entendu mais si on ne prend pas ce disque pour celui qu'il ne prétend pas être (hein ?), on a là un excellent album parfaitement maîtrisé et accompli qui vous rappellera le bon vieux temps sans que cela lui soit préjudiciable.

SKX (17/10/2007)
website groupe www.bearclawrock.com
website label www.sickroomrecords.com
sounds demand.mp3 | chameleon.mp3 | without_the_sun.mp3

Bellafea
Cavalcade - CD
Southern 2008

C'est dingue comme la provenance géographique peut conditionner votre approche d'un groupe. Si tu viens de Lyon, tu fais sûrement du Bästard. Tu es de Seattle, arrête deux secondes de te prendre pour Nirvana. Tu es de New-York, t'as déjà plus l'embarras du choix mais t'es sûrement trop arty. Chicago, je t'en parle même pas, Albini est ton Maître. Idem pour Washington DC avec D pour Dischord et C pour Fugazi. Par contre, si tu viens de Rennes, on te laissera peinard sauf si on te dit que tu fais trop du Skippies ou là t'as plus qu'à aller te pendre. Alors Chapell Hill, North Carolina, ça vous parle peut-être moins mais pour toute une génération de jeunes qui ont vieilli, c'es tout un pan de la musique indé américaine qui défile devant vous, le symbole même de l'indie-rock US, l'idée même du college radio. Bitch Magnet, Superchunk, Polvo, Merge records et un tas d'autres groupes plus obscurs mais qui ont toujours défendu un certain son, une approche de la musique identique faite par de bons petits blancs tout gentils qui ont écrit une belle page d'un rock noisy aux vertus mélodiques. Une équation universelle mais à Chapel Hill, elle sonnait comme nulle part ailleurs. Alors quand on voit estampillé le nom de cette ville sur le blaze de ce nouveau groupe, Bellafea, un tas de préjugés entrent en piste et trente minutes plus tard, c'est avec plaisir qu'on s'aperçoit que Bellafea a repris le flambeau. Que les années à ronger toutes sortes de freins finissent toujours par retomber sur le même pneu. Et celui de Bellafea est beau comme un camion et nerveux comme une belle italienne, laissant sur l'asphalte une trace de déjà vu mais traçant sa route sans se retourner. Une guitare noisy juste ce qu'il faut, revêche et séduisante, tout comme le beau brin de voix de la donzelle qui la tient, Heather McEntire, dessinant des mélodies se laissant adopter sans broncher, on pense que c'est du tout cuit, elle va se laisser cueillir comme une fleur, avant la crise de nerf inévitable. Bellafea est comme tous les groupes du coin, ils ont le goût de la simplicité et de l'efficacité. Rien de complexe mais des mélodies qui coulent de source avec le violon d'un invité venant régulièrement enrober le tout comme sur le touchant Telling the hour, évoquant toute la subtilité d'une Shannon Wright. De la rapidité dans l'exécution, des compos enlevées, le trio Bellafea a le classicisme des aînés, l'enthousiasme des jeunots et Cavalcade un premier galop réussi.

SKX (30/07/2008)
website band bellafea.com
website label www.southern.net

Benard
Self-titled - CD
Alaska 2006

Ce premier album est envoyé en 22 minutes mais une folle envie de remettre ça aussitôt vous assaille. Jouissif. Ne cherchez pas la petite bête. Tout a fâcheusement la mauvaise impression de se ressembler. Tout est balancé d'un bloc. Ces huit morceaux ne faire qu'un mais ils font corps et le font bien. L'envie de serrer le poing, le lever en l'air comme un con et remuer la longue chevelure que je n'ai jamais eue dans tous les sens. Du punk, rock et noise, rageur, gueulé à plein poumons, repris en chœur, toutes guitares abrasives dehors. Les titres des morceaux ne veulent rien dire (Some call it magic, I call it Sean Connery), c'est eux-mêmes qui le disent et ça les fait marrer. On ne va pas écrire trois pages sur Benard, vous abreuver de références. Ce groupe d'Atlanta n'a rien d'indispensable, se consomme dans l'instant, en espérant que pour leur futur et très proche album, il fasse preuve de plus de discernement. Benard a également sorti un 45, has a posse, toujours sur Alaska records, et les deux morceaux sont téléchargeables sur cette page.

SKX (16/12/2007)
website groupe www.myspace.com/benardmusic
website label www.alaskarecords.net
sounds Peter_Pan_Fed_it_to_a_Crocodile__and_now_He_s_Fucked.mp3

Berserk for tea time
Ink… and paper - CD
Get a life / Saïko 2007

L'heure du thé nous est proposé par des Suisses. Le monde à l'envers. Par contre, pour la précision d'horloger, ce nouveau groupe fait honneur au pays. Berserk for tea time fait dans le Botch avec une (grosse) pointe de Refused où tout est calé au millimètre, nickel chrome. Tout est là où il faut qu'il soit. Rien ne dépasse dans le chaos organisé. Bersek for tea time, c'est un hardcore qui essaye de caser sa technicité dans des séquences émotions (fichtre). A moins que ce soit de la pudeur et donc le contraire. Ca sort les gros riffs et les méchants plans tout en sortant la six cordes acoustique et les arpèges pour faire beau. Un chant hurlé et systématique s'effaçant de temps à autre sur un besoin de s'éclaircir le gosier. On ne peut nier le savoir-faire et l'exécution parfaite, voir l'allant de quelques morceaux portés par deux, trois riffs inspirés. Mais bon, tout ça à l'heure des comptes sonne déjà entendu, ce qui n'est pas un problème en soi, sinon on n'écouterait plus rien. Mais c'est presque trop. Trop propre, trop pensé, une succession de plans sans surprise qui s'émoussent doucement mais sûrement au bout de ces 45 minutes qui finissent par toutes se ressembler. Les interludes n'y changent rien. On aimerait que ça dérape, que les tripes soient foutues sur la table, avec la puanteur et les faiblesses de la chair au milieu. Malgré tout l'engagement du groupe, Berserk for tea time doit s'amender de ses influences et se laisser aller à se foutre les doigts dans le nez. Un dernier mot sur le graphisme signé par un certain Baptiste Cochard, responsable également du visuel du site web du groupe et dont les dessins valent le détour (certaines illustrations plus marquantes auraient d'ailleurs mérité de figurer à la place de l'actuelle pochette). C'est à l'image du groupe. Soigné, du travail de pro mais à l'univers personnel…

SKX (15/05/2007)
website groupe www.berserkforteatime.ch
website label www.getaliferecords.com | www.saikorecords.com

Bex
Spasmo - CD
Le saut du tigre 2008

Il y a des objets qui donnent de suite envie d'écouter. Toucher d'abord, déplier, retourner, déchiffrer autant que défricher. On n'aimera peut-être pas mais ça peut pas être de la merde. Bex, c'est le nom du type. Benjamin de son prénom. Spasmo, c'est le nom de son second CD et les Ateliers du Dernier Cri, tout aussi marseillais que Bex, sont à l'origine du bel objet sérigraphié avec un artwork signé Judex dessus. Le premier CD quatre titres avait déjà attiré l'oreille et était gardé consciencieusement sous le coude. Bex remet ça avec Nicolas Dick (Kill The Thrill, encore un bon point) et s'aide d'un nouveau label, Le Saut du Tigre, dont le premier rugissement est issu de la même jungle marseillaise. Voilà pour les présentations. Car le reste ne passe pas par le paillasson, n'emprunte pas les patins et gicle sur vous une encre bien noire. Guitares, looper, voix, l'attirail du parfait soldat moderne autiste, qui dans la pénombre de sa piaule, empile les frustrations et les colères pour les recracher à la gueule. Ca fait du bien au moins à une personne, l'auteur de ses sombres pensées. Dommage qu'elles ne soient plus en français comme sur le premier jet, imprimées sur un calque tranchant car même vomies à la tronche ou déformées, dégurgitées, passées au karcher, donc totalement incompréhensibles quelle que fut la langue, cela aurait eu encore plus d'impact. A moins qu'il n'y ait plus aucun sens à tout ça. Uniquement des hurlements, grognements, primaires et jusque boutiste. Sept titres, vague bruitiste qui rend fou, des boucles énervantes, des tas de sons grouillants, une guitare malade, des effets retors. L'homme ne ménage pas sa peine pour être désagréable et malgré tout, de cet amas de chair purulent, il arrive à dégager une certaine forme de brillance, une esthétique de l'extrême. La palette sonore s'est élargit. Certains morceaux jouent la carte de l'ambiance et ne sont plus dans l'affrontement direct. Ca reste flippant mais il reste un espoir comme sur le titre de fin, Sys, qui n'est pas sans rappeler les morceaux les plus maniaques et expérimentaux de Today is the Day. Ca sent l'épreuve mais c'est parfois bon de souffrir.

SKX (09/11/2008)
website groupe www.benjaminbex.com
website label www.lesautdutigre.com

The Big Disappointments
self-titled CD
Hot Cave 2007

En voilà un disque qui coule de source. Le genre d'évidence s'imposant à vous par la seule force de sa simplicité. Vous poussant à avancer des conneries comme la musique ne devrait pas être plus compliquée que ça. Le rock puisant aux racines, remontant toute la longue tradition pour arriver à une formule fraîche et frondeuse. Une paire de guitares, la rythmique et la mélodique. Le basse-batterie immuable, sobre, parfait dans son rôle de moteur. La basse que l'on n'entend pas mais qui manquerait irrémédiablement si elle n'était pas là. The Big Disappointments, groupe de Boston qui a tout compris. Comme en plus, ils ont le bon goût de demander à Thalia Zedek (Live Skull, Come) de produire leur premier l'album, on ne peut qu'être en présence d'un groupe avec des têtes de vainqueurs (vous êtes priés de ne pas aller vérifier sur leur site, cette théorie en prendrait pour son grade). The Big Disappointments est de la veine des Feelies pour le rythme trépidant générale et les Hot Snakes pour la coloration garage-rock et le sens du riff cinglant et accrocheur. Ca lâche des perles et pas celles dont tu as honte. Avec des morceaux comme Like to know ou Only here only now, ils peuvent la ramener fièrement. On aurait presque pu tous les citer, tellement ça regorge de bonheur là-dedans, si seulement il n'y avait pas un léger essoufflement sur un album un poil trop long avec ces quinze morceaux, aussi concis fussent-ils ! Seul bémol que Eric Boomhower, tête pensante du groupe, envoie balader de son grain de voix faisant chaud au coeur avec ce léger écho pour unique effet, sûr de son fait et de son jeu de guitare, enchaînant les titres limpides, ludiques avec au passage, un Crop diamond everglade que j'ai cru d'abord être une reprise des Stooges, un TV Eye au ralenti, à moins que ce soit juste une histoire d'ambiance générale, un parfum de rock universel traversant les âges, propice à l'écriture de classiques qui se cachent. Mais rien à battre de tout ça car The Big Disappointments, c'est tout simplement BON.

Eric Boomhower n'est pas à son premier coup d'essai. Il s'est illustré dans de nombreux groupes, que ce soit avec des membres actuels de The Big Disapointments (Ossiander et Trial by Fire), en duo blues instrumental (Boom Maxwell) avec Dan Boucher (Neptune) et Jessica Rylan au sein de The Wrong Hole. L'impressionnante liste continue avec The Arrangement, son autre groupe le plus conséquent puisque quatre disques au compteur, The In Out, en version duo rock psyché sous le nom de Mastablasta mais également Unangst et pour finir en version solo sous son propre patronyme. Tous ces disques (ou presque) sont sortis sur son propre label Hot Cave. Vous pouvez vous amuser à télécharger les nombreux mp3s qu'il a disséminés comme autant d'œuvre de jeunesse dont aucunes n'arrivent à la hauteur de The Big Disappointments. C'est même parfois (très souvent) particulièrement mauvais. Le talent, ça se travaille et Boomhower a enfin trouvé la récompense.

SKX (08/09/2008)
website groupe www.thebigdisappointments.com
website label www.thebigdisappointments.com/hot_cave_records.htm
sounds dance_track_budokan.mp3 | crop_diamond_everglade.mp3 | an_absolute farmer.mp3

Billy Mahonie
EP - 7''
Euphrate 2007

Billy Mahonie fait parti de ces groupes dont le nom m'est connu depuis des années mais que je n'ai jamais écouté pour une raison qui m'échappe. Erreur réparée avec ce nouveau single toujours aussi transparent et calqué. Je ne vous dirais donc pas si ces deux titres sont meilleurs ou pires qu'avant, si leur musique a évolué ou non, j'en sais foutrement rien. Par contre, ce que je sais, c'est que ce groupe londonien pratique un rock instrumental qui n'a rien à voir avec les classiques du genre à la Explosion in the sky (montée/descente, explosion sonore après les moments calmes). Ces deux titres tendent plutôt vers une certaine idée d'un rock de l'axe Rodan/June of 44/Shipping News tout en étant plus décontracté. Deux titres à l'origine téléchargeable sur leur site, remasterisés pour l'occasion, toujours plus ou moins sur la même crête d'une tension qui ne déborde jamais mais qui ne retombe pas non plus. Pas de quoi sauter au plafond mais suffisant pour avoir envie de jeter une oreille sur leurs productions passées (trois albums dont le dernier date de 2003 déjà).

SKX (23/09/2007)
website groupe www.billymahonie.com
website groupe www.euphrate.org

Binaire
Bête Noire - LP + CD
Human project 2007

Vaguement originaire des grandes steppes industrielles du sud, le Binaire est un animal sauvage qui se laisse difficilement appréhender. Pas vraiment farouche mais franchement déroutant : la diversité des langages qu'il sait employer est sa grande force, la férocité de son propos attire une adhésion sans condition, son efficacité communicative est notre plus grand plaisir. Un changement de line-up, une nouvelle moitié (en provenance directe d'Overmars) pour affronter les routes chargées d'aventures et c'est reparti, le nouvel album s'intitule Bête Noire et il est, comme le précédent 10' Filth Abhors Filth, disponible en vinyle (bleu) avec un CD bonus reprenant la totalité de l'album mais il est également intégralement et gratuitement téléchargeable sur le site du groupe. Le tout est en total autoproduction, plus do it yourself que Binaire je meurs, ou alors je retourne apprendre par cœur mon Petit Crass Illustré.
Bête Noire, et ce n'est pas là la moindre de ses qualités, arrive sans difficultés à faire oublier tout le bien que l'on peut penser de ce groupe en concert : voilà, ce disque existe en tant que tel, s'écoute sans arrière-pensées ni regrets des prestations scéniques parfois incendiaires du groupe et étale sur nos tympans affranchis tout le panel musical dont Binaire est capable. Le duo utilise une boite à rythmes, une basse synthétique (pré enregistrée ?) et des samples mais à aucun moment ne se laisse enfermer par ce dispositif. A la différence d'un groupe comme Austerity Program -avec peu ou prou la même configuration- qui lui a sciemment choisi de jouer avec les limitations imposées par les machines et assèche sa musique jusqu'à n'en proposer qu'un squelette quasiment rythmique et répétitif, Binaire sait varier les plaisirs, moduler ses ambiances, changer de visage et provoquer la surprise : aux cavalcades ultra speedées suivent des titres plus lents et hypnotiques, d'autres jouent la mélodie (jolis tricotages de guitares) ou la carte du groove et prouvent qu'electro n'est pas forcément un gros mot lorsque on le colle à rock. Quelques silences inquiétants (mais en fait, en tendant bien l'oreille on s'aperçoit qu'il y a toujours un peu de vie dans ces silences là) parsèment le disque et relèvent le côté sombre du groupe : la musique et le propos de Binaire ne sont pas gais mais comment le pourraient ils lorsque on ose jeter un œil un tant soit peu critique sur notre monde contemporain ?
Au rayon grosse poilade - parce qu'il faut quand même rire un peu - l'intro de Casque A Pointe avec un sample rappelant l'abominable omniprésence de Microsoft et une autre intro, celle de Barrecade, avec un truc assez hallucinant (extrait : est ce que l'adultère spirituel est de l'idolâtrie ?) dont je ne me lasse pas. Binaire a su préserver sur disque toutes les qualités irrésistibles que sa musique noise'n'roll et cybernétique peut avoir en concert, donc un seul conseil : achetez ce disque et vous courrez les voir en concert (l'inverse est bien sûr également vrai).

Haz (06/11/2007)
website groupe www.binaire.info
sounds micrel.emse.fr/~fbitschy/binaire/sounds.htm

Bipolar Bear
Man mountain - CD
Deleted Art 2006

Bipolar Bear est un groupe de Los Angeles avec un premier album sur le label suédois Release the bats. C'est beau la mondialisation. Des membres qui comptent de multiples coups d'essai dans d'autres groupes mais rien qui ne vaille la peine d'être cité. Un groupe à l'instabilité rampante qui tourne principalement autour de Paul Knee, le cerveau principal, qui est également le boss de Kill Shaman records et l'autre membre du duo The Pope. Mais comme tout le personnel de Bipolar Bear semble posséder 10000 autres projets sur le gaz, concentrons nous sur cet homme montagne. Man mountain est un album qui se consomme dans l'urgence. Dix morceaux. 20 minutes. Faites la moyenne. Bipolar Bear les aime courtes et compactes. Avec un goût prononcé pour les dissonances à tous les étages, un son noisy, presque anarchique. Une batteuse qui n'aime pas les conventions. Une grosse densité de guitares et un chant passionné qui tente de surnager au-dessus de tout ça. Et dans tout ça justement, on en retire plein de bonnes choses. En deux minutes, Bipolar Bear dit l'essentiel, trouve le moyen de placer de bons riffs qui accrochent rapidement et ne dilue pas son énergie dans de veines digressions. J'ai dit compact. Je le répète. Mais rien qui n'aille jusqu'à l'étouffement. C'est dense, bruyant mais pas assez punk pour faire fuir le brave chaland. Homme des montagnes, certes, mais pas ours non plus.

SKX (23/07/2007)
website label www.deletedart.org | www.killshaman.com
sounds : bogota.mp3

Bipolar Bear - The Pope
Split 10''
Rococo 2006

Bipolar Bear et The Pope ont en commun Paul Knee. Ils auront désormais également ce split 10'' ! Paul Knee au four et au moulin. Chanteur-guitariste pour Bipolar Bear. Bassiste pour le pape. Et hurleur toujours. The Pope, c'est facile. Enfin, je veux dire facile pour les comparaisons. Car pour ce qui est de la facilité d'écoute, c'est autre chose. The Pope, c'est la droite succession de Godheadsilo et Karp, les grands-pères des duos noise-rock mais leurs rejetons ont le toupet de faire encore plus de bordel qu'eux ! Ya plus de respect. C'est hautement distordu. La basse doit lui échappé des mains tellement c'est chaud et vibrant. Le batteur te fout de grandes torgnoles à toutes volées dans les cymbales après un juste aller-retour sur les toms basses. Saturations quand tu nous tiens. La voix a bien du mérite à se faire entendre par-dessus tout ce bordel. D'ailleurs, elle n'y arrive pas toujours. Même leur pause d'alien au milieu de Outerspace Olmecs ne trompe pas l'ennemi. The Pope a définitivement viré sa soutane. Sept titres terre à terre et hautement jouissifs. Le duo à une bonne poignée d'autres disques dont un nouvel album sur Wantage USA et intitulé Sports. C'est sûr, ça va être du sport ! Plus de Pope bientôt dans ces pages virtuelles.
Bipolar Bear s'y connaît aussi en matière de flagellations sonores. Mais ils respectent un peu plus les traditions rock'n'rollesque en proposant un début et une fin à leurs six morceaux avec un tantinet de mélodies au milieu. Pour savoir tout le bien q'on pense de ces quatre là, allez voir la chronique de leur excellent album juste sur votre gauche. Je vais pas me fatiguer inutilement. Ces morceaux sont de qualité égale et exactement dans la même veine. Un très bon split sur ce label de Chicago, Rococo records.

SKX (23/07/2007)
website band : www.myspace.com/bipolarbear | www.myspace.com/thepope
website label www.rococorecords.com
sounds : Zionista!.mp3 (bipolar bear)

Birchville Cat Motel
Four Freckle Constellation - LP
Conspiracy records 2008

On va tout de suite mettre un point d'arrêt à tous les abus concernant la terminologie employée lorsque on prononce ou écrit drone : ce mot qui en français signifie bourdon (plus exactement bourdonner) définit une note, un accord ou un son joué en continu, la musique indou est basée sur le drone et les musiques répétitives américaines nées dans les années 60 aussi -Riley, Charlemagne Palestine, La Monte Young, etc. Stephen O'Malley et Sunn qui ont tout piqué à Earth et font résonner à l'infini leurs guitares et leurs basses font du drone. Le premier crétin venu qui trafique des sons avec une pédale delay (au passage une petite technique largement expérimenté par Zoviet France dès le tout début des années 80) ou un sampler et empile le résultat sur un multipiste ne fait pas forcément du drone. Ce terme est malheureusement trop employé pour ce qu'il n'est pas. L'imagination n'est plus ce qu'elle était.
De l'imagination Campbell Kneale, alias Birchville Cat Motel, ne semble pas en manquer, il a juste cette fâcheuse tendance à ne jamais s'arrêter d'enregistrer et de publier tout ce qu'il enregistre, c'est ce que l'on appelle les joies du label home made et des CDr. Pour les tenants de l'instrumentation classique Kneale n'est même pas un musicien et ses bidouillages ne sont que de la branlette à la portée de n'importe quel nigaud disposant d'un peu de moyens techniques. Qu'est ce qu'on disait, déjà, à propos de l'imagination ?
Four Freckle Constellation -cette fois ci publié par Conspiracy- va continuer d'émerveiller les déjà fans, dont je fais partie, et de réjouir de dégoût baveux les détracteurs de Birchville Cat Motel car ce LP (emballé par Seldon Hunt, l'illustrateur de service qui ne s'est pas foulé) est un bon cru. Tout commence par un premier titre qui fait le ménage, on entend des guitares, une rythmique, tout est noyé dans un brouillard industriel qui dénature les sons. La face A se poursuit dans une veine assez brutale, ça stridule sec sur plusieurs étages tandis que l'on perçoit encore une guitare qui baille presque en dilettante, l'atmosphère est à la claustrophobie et à la densification et cela reste sans surprises, du Birchville Cat Motel on ne peut plus classique. Ce qui n'est absolument pas le cas du troisième titre (vaguement en apnée) ni du début de la face B qui attaque franchement puis immisce un son de clarinette lunaire. La partie suivante apporte quelques voix trafiquées, les effets sonores en arrière-plan rappellent les ondulations d'un serpent à sonnette ou d'un métier à tisser désaccordé avant qu'orgue et percussions ne viennent fracasser l'ambiance roulades sur la moquette pour la remplacer par quelques acrobaties pour tapis volant lancé à tout vitesse. Cette deuxième face s'achève comme la première sur une plage plus calme avec peut être légèrement trop de pause dans le cérémonial grandiloquent, heureusement qu'il y a ce piano fou qui ouvre quelques brèches.
Four Freckle Constellation est finalement beaucoup plus varié et aéré que nombre d'autres enregistrements de Birchville Cat Motel et se place parmi ses meilleurs disques récents. Même lorsque la version vinyle sera épuisée ce disque restera disponible en mp3, je sais que c'est mieux que rien même si ces mutations de la technologie musicale me rendent malade, je dois être beaucoup trop matérialiste. Quant à savoir si le sieur Campbell Kneale est un artiste drone et bien, honnêtement, on s'en fout.

Haz (17/03/2008)
website groupe www.myspace.com/birchvillecatmotel
website label www.conspiracyrecords.com/index2.php


Black Cobra

Bestial - CD
Delboy records 2006
Feather And Stone - CD
At a loss recordings 2007

Black Cobra, jeune duo fringant et batailleur basé à San Fancisco, n'a jamais été chroniqué dans Perte & Fracas. Aussi, lorsque en toute innocence j'ai proposé d'évoquer ici le nouveau mini album de ce groupe, le secrétariat m'a aussitôt transmis cette note de service laconique : tant qu'à faire, autant torcher le cas du premier album en même temps. Dont acte. Et je vais même dire que cela m'arrange et que pour écrire cette double chronique je ne vais pas trop me fouler. A moins que vous ne souhaitiez lire deux fois la même chose.
On l'aura compris, ce n'est pas une surdité précoce qui me fait confondre Bestial et Feather And Stone : ces deux disques se ressemblent tant qu'en fait j'en viens à les confondre. Alors si on ne découvre le duo que maintenant, l'effet de surprise sera garanti et intégral, une bonne torgnole sludge core et on n'en parle plus. Par contre, si Bestial faisait partie de vos disques favoris de l'année 2006 et que vous persistez toujours et encore dans vos goûts de primates décérébrés, et bien Feather And Stone sera également votre disque préféré pour l'année 2007, très loin par exemple devant le dernier album de High On Fire ou celui d'Akimbo. Toutefois, pour ceux qui ont un peu grandi depuis l'année précédente et bien ce ne sera finalement pas très grave : Feather And Stone c'est peut être exactement la même chose que Bestial mais en mieux, donc on prend tout de suite et on bave.
Si je devais résumer le caractère éminemment barré de ces deux disques, il me faudrait parler de ces riffs efficaces et carrés, des rythmes allant du lourd appuyé au rapide martelé, de la voix qui crache toute sa colère, des mélodies (si si, il y en a un peu) porteuses d'autant de délicatesse qu'un char d'assaut en rase campagne irakienne. Comme si Eyehategod allait plus directement à l'essentiel. Ou si Buzzov'en ressuscitait enfin sous une forme définitivement hard core. Tout simplement grandiose et jouissif.

Haz (25/11/2007)
website groupe http://www.blackcobra.net
website label http://www.atalossrecordings.com

Black Cross
Severance pays - CD
Auxiliary 2007

Wou-hou les filles fait le loup en rentrant dans la bergerie. Pour ceux et celles qui se demanderaient ce qui vaut une accroche aussi pertinente, il faut se retourner sur le titre d'ouverture, le dénommé Wolves. Devant autant de finesse d'esprit traduisant une inspiration de tous les instants, dites vous que cela pourrait également traduire le cri d'exclamation devant une débauche d'énergie vous prenant sans échauffement. Le cri d'une bête sanguinaire sortant d'un hiver rigoureux et solitaire devant un troupeau de brebis au lainage blanc comme la neige immaculée que le loup vient de vaillamment traverser pour se repaître de chair fraîche et innocente. Effrayant, n'est-il pas ? Car oui mon ami, toi aussi tu seras séduit par l'incandescence virile qui se dégage du corps finement musclé de Black Cross. N'aie pas peur de ce patronyme aux allures de hordes vikings débarquant de leurs sauvages contrées (death)métallisantes. Black Cross vient du gentil pays de Slint, Louisville la tranquille, nous asséner derrière les oreilles en forme de santiags, non pas une resucée de leur mélancolie canonisée sur l'autel du musicalement correct, mais un rock'n'roll suintant Hot Snakes à plein nez. Cela sent certes un peu des pieds, le dessous de bras n'a pas une hygiène irréprochable mais il ne faut pas être contre une brebis avec quelques kilomètres au compteur car toi non plus, tu n'es pas de première bourre et la viande attendrie sous la selle est bien plus succulente. Foi de Huns.
Quatre années après un album (Art Offensive sur Equal vision) marquant leurs débuts, une compilation de rareté et une ou deux broutilles en format court pour faire patienter, le groupe des frangins Patterson dégaine à nouveau dans la plaine. C'est sec, sans fioriture, découpant dans le tas avec précision, méthode et entrain, un bout de gigot qui ne varie pas beaucoup ses saveurs tout au long de ses dix tranches menées tambour battant. La voix possède ce petit grain éraillé dans le fond de la gorge qui rend crédible et fait tousser. Leur rock'n'roll, expédié en deux minutes de moyenne chrono en main, tire même vers des penchants hardcore historique, racines des membres oblige. Ce hardcore relativement basique, loin de toutes complications, jouant plus sur la boule de nerf au creux du ventre que sur des arithmétiques stériles. Black Cross ne possède pas hélas son Suicide Invoice à lui, une poignée de morceaux qui arracheraient plus qu'un cri de contentement dont l'écho ne se répercutera pas dans la bergerie voisine. Mais le loup s'en retournera dans son repère, l'haleine chargée, la queue ragaillardit, paré pour un hiver qu'il souhaitera juste plus clément. Même si il a la bite rude.

SKX (29/04/2008)
website groupe www.black-cross.com
website label www.auxiliaryrecords.com

Black Engine
Ku Klux Klowns - CD
Wallace records 2007

Voilà un groupe composé de membres au pedigree impeccable puisque Black Engine est la réunion de Zu et d'Eraldo Bernocchi -allez, un effort quoi : c'est l'un des rares types à avoir réussi à collaborer avec Mick Harris sans se brouiller définitivement avec lui- et puisque, lors de rares concert donnés cet été, l'ancien batteur de Napalm Death et démiurge de Scorn a même rejoint Black Engine sur scène, deux batteurs de la trempe d'Harris et de Battaglia en même temps cela devait être pour le moins impressionnant. Ok, je me calme : Mick Harris ne joue pas sur le disque.
Ku Klux Klowns est le premier album du groupe, chez Wallace comme il se doit et comme Igneo, très bon album de Zu, justement. Pourtant les comparaisons peuvent s'arrêter là car la musique de Black Engine est autrement plus compacte que celle du trio. Cela sent moins la freeture aussi. Je ne dis pas qu'il n'y a aucun de ces plans où tout par en vrille sans crier gare mais il n'y a pas que ça. Le point commun est assurément l'importance de la rythmique : dans Zu elle passe son temps à se saborder elle-même avant de se rattraper de justesse, chez Black Engine elle sait faire la même chose mais elle sait aussi tourner au monolithique et au massif. Lorsque la basse martèle ses lignes lourdes mais imparables et que la batterie dévie avec ses coups francs, offrant un écrin inflexible aux égrainages du saxophone baryton ou aux nappes distillées par la guitare, on n'est pas loin de la perfection en matière de désordre et de chaos. Car -mis à part Monno- il y a fort longtemps que je n'avais pas écouté un groupe capable d'être aussi lourd et malsain sans donner dans le doom répétitif et/ou maladif. Puis de partir dans quelque cavalcade particulièrement débridée et d'atterrir en roue libre dans la boue.
Il y a un corps ligoté et empaqueté sur la pochette de ce CD : la musique de Black Engine est un peu pareille, oppressante, pesante, étouffante. Mais elle est aussi inventive (quelques zigouigouis et traficotages électroniques dus au sieur Bernocchi par exemple) sans être démonstrative. Elle est d'une noirceur et d'un pessimisme sans virer à la névrose complaisante. Elle peut donner l'impression d'être improvisée sans faire dans le remplissage. Elle n'est jamais facile sans être élitiste. Elle fait parfois peur. Et franchement, tout ça, ça fait vraiment du bien.

Haz (12/10/2007)
website groupe www.black-engine.com
website label www.wallacerecords.com
sounds ihateclowns.mp3

Bloarzyed
delirious insane ventilator of bloarzeyd - CD
Wooden Man 2007

Bloarzyed aime se faire passer pour les idiots du village. Ce qu'ils sont sûrement. Un patronyme qui ne veut rien dire pour un duo qui définit sa propre musique comme un pet sortant de l'anus d'un éléphant. Quelques photos plus tard où ils aiment faire les grimaces les plus improbables et quelques cris de singes et fou rire en plein milieu d'un morceau (Accidental Stain), on leur donne la bénédiction sans problème. Mais cet énième couple basse-batterie avec voix, c'est aussi beaucoup de bruit. Un éléphant mais belle bête. Un éléphant revenu de son cimetière où Godheadsilo coulait des jours heureux. Déterré vivant et remis au goût du jour. Seize morceaux punitifs avec un son de basse à écorner un bœuf, des cymbales qui se prennent des allers-retours édifiants et une lourdeur général monacale. Bloarzyed n'a pas le sens mélodique de ses aînés. Pas la peine de chercher le hit noise. C'est tout en souffrance et en rythmique faussement basique. Des morceaux déguisés en intermèdes pour vous remettre en selle avant que le duo ne vous retravaille à l'estomac. C'est un tantinet indigeste sur la longueur et les feedbacks sont compris dans l'addition. Mais on tient là un duo qui ne demande qu'à grandir et quand on sait que Steve Albini a enregistré leur nouvel EP et qu'un 7'' uniquement consacré à des reprises de Madonna va voir le jour, on n'a pas fini de voir leurs tronches de cake.

SKX (16/12/2007)
website groupe bloarzeyd.gyrate.org
website label woodenmanrecords.com

Blunderbuss
Self-titled - CD
Self released 2006

Heureusement que j'étais assis quand j'ai lu la chronique sur nextécluse sinon mes fesses auraient ciré le parquet. C'était un dimanche soir, tard, après un week-end fatiguant, ma vue devait défaillir. J'ai relu plusieurs fois, sûr que c'était une blague (de mauvais goût) ou un homonyme qui avais eu le culot de s'appeler comme le Blunderbuss de 1992 que je connaissais et adulais secrètement. Oui, la tête du con s'émerveillant devant l'objet dont personne n'avait jamais rien eu à foutre, je connais aussi. Le Blunderbuss, l'unique, le seul, le phénoménal groupe de Pittsburgh qui a vendu 48 disques dans sa vie (dont 30 en promo) est de retour.

Onze ans après leur unique album (Conspiracy en 1995) et trois géniaux singles, Blunderbuss refait son apparition qui risque, comme à leur grande époque, de passer totalement inaperçu pour leur plus grand bonheur. Un CD pressé à la maison, une pochette faite main et ultra cheap et signé par le guitariste-chanteur Ben Matthews, tiré à la demande ou un truc dans le genre. Pas de label, encore moins de distribution, pas de page myspace. Une musique qui n'obéit à aucun critère à la mode. On est tranquille, personne va nous piquer notre Blunderbuss. Il fallait vraiment habiter sur place, aux USA, pour que le bruit de ce disque ne s'échappe et que le hasard fasse bien les choses. Désolé les gars, mais des gens vont entendre votre musique !
Le premier constat, c'est qu'on aura droit à du Blunderbuss version Conspiracy et non pas celle des deux 1ers singles. Mon petit doigt me le disait bien mais j'aime bien me le fourrer dans l'œil. La seule chose qui pourrait attirer un tant soit peu l'attention sur eux, c'est la présence d'un quatrième et nouveau membre à la deuxième guitare, Jeff Ellsworth, l'actuel gratteux des autres revenants Don Caballero avec Jason Jouver (le bassiste de Don Cab) à l'enregistrement. Nan j'déconne, ça fera rien. Car la musique de Blunderbuss, c'est de l'introverti explosif. Du mélancolique virulent. Du romantique qui s'ignore et qui s'apprécie sur la longueur. Des guitares en pagaille, tissant des mélodies poignantes, ya comme du Come mais la version pour homme. On note bien quelques faiblesses de temps à autre. Les deux gratteux jouent les enchères et les notes coincent mais dans l'ensemble, Blunderbuss n'a rien perdu de sa verve farouche. Ils nous refont même le coup de la reprise d'un de leur propre morceau sorti sur le 2ème 45. L'intense Surrounded. Pour le coup, Matthews remet de la tension dans sa voix et s'arrache quelque peu les cordes vocales. Une voix qu'il a habituellement plutôt posé, limite passe-partout et fausse quand il chante normalement mais dès qu'il appuis un peu dessus, on sent que le Blunderbuss de sa prime jeunesse n'est pas loin. Imaginez cet album avec sa voix hurlée et une production comme sur les deux premiers 45 et vous avez un album de folie. Car dans l'art de l'écriture, Blunderbuss se pose toujours là. C'est fouillé, délié avec de multiples tiroirs, que le fil des écoutes nous attache cheville au corps. Encore un album intemporel, qui peut paraître aussi désuet qu'indispensable, à écouter à l'abri des oreilles indiscrètes. Pas musicalement le meilleur truc de ces dernières années mais sentimentalement, le meilleur album depuis dix ans !

Le Ben Matthews s'est quand même fendu d'un site web. Mais pas pour parler musique et de son groupe, ne soyons pas vulgaire non plus. Juste pour parler de son autre violon d'Ingres, la peinture et les expos qu'il réalise. Mais si vous allez sur la page contact et cliquez sur son email, vous pouvez lui écrire pour commander ce disque, il ne vous en voudra pas trop. Et comme il semble retrouver une seconde jeunesse, il s'est lancé dans un autre projet musical avec d'autres potes. Sa notion du temps n'est pas comme la notre mais on devrait avoir plus d'infos bientôt…

SKX (11/02/2007)

Boutros bubba
Hearing voicst in a beer commercial makes me wanna get drunk - CDrEP
Narrominded 2006
s/t 7''
Narrominded 2007

Une bonne semaine que Boutros Bubba est venu se montrer à Rennes lors d'une tournée française d'une poignée de dates avec quelques days off entre… Une arrivée à bout de caisse en provenance de la Belgique pour un groupe au bout du rouleau, ça ne donne jamais de bons concerts. Je préfère garder comme bons souvenirs d'eux ces deux disques que je ramène sous le bras ce vendredi, tard dans la nuit…
L'aventure des hollandais de Boutros Bubba a commencé à deux. Classique duo batterie / guitare-voix pour une musique pas si classique que ça. Le témoignage de cette période (très proche) se fera sous la forme d'un cdr 4 titres, par le label d'un mec de Gone Bald, Narrominded records, label qui se fait une joie de mettre gratuitement ces productions en téléchargement, pochettes comprises. Sur la présente, Boutros Bubba a mis sa correspondance avec le graphiste du dit-objet et c'est à se tordre (As i already told you, we eventually decided not to go with the erect penis concept… / I have a 2000 $ Mac and i'm drawing with a fucking pencil). Le Hollandais est taquin et Boutros Bubba en tire une musique aussi surprenante que pernicieuse. A year in gong therapy commence sans tour de chauffe, un relent de vieux Sonic Youth dans la guitare, composition pop-noise sautillante sans plus avant de couper complètement les ponts au bout de 2 minutes et de partir sur un plan aussi long, tout en lenteur, doucement tordu avant de retrouver son mordant sur un final au cordeau. Pour le reste, c'est plus délié. C'est un rien complexe mais ce n'est pas du math-rock, c'est bien plus malin que ça, privilégiant plus les émotions que la technique, la composition plus que l'exercise de style. Sorte de Oxbow en version light avec des voix limite débile ou sonnant faux (encore plus frappant en concert). Ça ressemble à des tas de groupes et pourtant, ils ont déjà leur petite touche perso, leur truc à eux, subtilement décalé. Rien de dingue mais suffisamment prometteur pour que l'on passe sans transition à leur dernier single.
Pour ceux et celles qui les ont vu sur cette récente tournée, non, vous n'aviez pas la berlue. Boutros Bubba n'était pas un duo. Un troisième larron s'est greffé à l'aventure depuis. Un bassiste pour un apport salvateur. Boutros Bubba passe directement dans la cours des grands. Le son ne fait plus demo améliorée. How i wrote the star spangled banner débute comme un morceau de Shorty avant d'éclater dans tous les sens, de faire cohabiter des ambiances loufoques, directes, accrocheuses sans le moindre effort apparent. La basse était ce petit plus qui manquait, comblant l'espace et apportant le tranchant nécessaire. Face B, Silly me and the homosexuals fini le travaille. Toujours cette manière tarabiscotée sans avoir l'air d'y toucher, ce coté explosé et décomplexé. Captain Beefheart a encore fait des émules et là, ça devient plus que prometteur. Subtil et fracassant. Pour la pochette, une photo différente pour chaque exemplaire. Pour ma part, ça sera le chanteur-guitariste en culotte courte mangeant une banane. Ya bon Bubba !

SKX (07/10/2007)
website groupe www.myspace.com/boutrosbubba
website label www.narrominded.com

Brume Retina / Hiro
Split CD
I've come for your children / Old Skool Kids / Impure Muzik / Recap / Emergence 2007

Qui a dit que la scène hardcore n'était pas solidaire ?! Pas moins de cinq labels (dont un russe, Old skool kids !) s'y sont mis pour sortir ce split entre les deux groupes français Brume Retina et Hiro. Et encore, je ne compte pas la version vinyl où quatre autres labels collaborent, ce qui nous fait un total de neuf labels, tous formats confondus. De mémoire, c'est un record ! J'étais resté sur un album de Brume Retina très tendance screamo-hardcore. Pas grand-chose de changer malgré un début (Avale/recrache) qui aurait pu laisser croire le contraire. Je n'insiste pas. Hiro, c'est le nouveau projet de trois anciens Gantz. Un début tout en sample, une compo se mettant tranquillement en place et qui ne laisse en rien présager du déluge qui se met tout aussi tranquillement en place. 6 minutes 45 d'une montée en intensité surprenante à défaut d'être renversante. Oubliez Gantz et ses manières. Le hardcore de Hiro frappe sans détours et si comme pour Brume Retina, les chemins de ces deux morceaux sont très usités, l'énergie sans fard et la conviction primaire de Hiro remportent plus l'adhésion. Un split à réserver tout de même aux accros du style.

SKX (17/11/2007)
website groupe www.brumeretina.c.la | www.hiro.fr
website label www.childismine.com | www.impuremuzik.com | wfstasso.free.fr/index2.htm | oskrecords.com
sounds laraison.mp3
(Brume Retina)

Bulbul
Bulbul 6 - CD
Exile on Mainstream 2008

Quinze morceaux plus tard, je ne sais toujours pas à quoi on a eu affaire. A qui, c'est plus simple puisque Bulbul est un groupe autrichien. Partis de un (Raumschiff Engelmayr), ils finirent à trois (rajouter Derhunt et Ddkern). Dix années d'existence et comme l'indique le titre de l'album, c'est le sixième. Voilà pour les données basiques. Pour s'expliquer ce qui se passe dedans, il faut regarder ce qu'il s'y passe dehors. Je sais pas vous mais cette pochette m'a immédiatement fait penser à un tableau de Dali. Je m'y connais en peinture autant qu'en escargots de Bourgogne mais là quand même, ça fait tilt. Surréaliste, Bulbul l'est certainement. Déconnecté du bulbe au point de ne plus savoir à quel saint musical se vouer. Je ne sais pas ce qu'ils mettent dans la bière en Autriche mais j'en veux ! Totalement inclassable à tel point qu'on ne sait jamais si il faut prendre ça sérieusement ou au second degré. Prenez le deuxième morceau, Lack of the key. Vous tombez sur ce titre par hasard et vous zappez sans hésitation aucune sur ce metal-disco-funky dégoulinant de mauvais goût. Et c'est pratiquement ainsi pour tous les morceaux de Bulbul. Sortis de leur contexte, pas un ne tient tout seul debout. Les trois premiers titres de l'album sont ainsi terribles. Une entrée en matière épique demandant à votre masochisme en sommeil de se réveiller derechef pour poursuivre l'aventure. Improbable Bulbul. Croisement entre Red Hot Chili Peppers et Devo, un rock pour DJ, produit par Patrick Pulsinger, demi dieu de la musique electro/techno n'hésitant pas à inviter Carla Bozulich pour un morceau de dark-folk-electro des plus saisissant. C'est là tout le challenge de Bulbul. Le mariage des genres peut déboucher sur des miracles mais aussi sur des gros trucs qui tâchent. Si on peut raisonnablement penser que l'humour est le fil rouge de leur démarche, qu'ils ne font pas prendre tout ça au pied de la lettre (quelle lettre ?), Bulbul a ce coté agaçant, le regardez-nous-comme-on-est-complètement-barré. Une face très extravertie accouchant de pas grand-chose au final, rendant cet album pénible alors qu'ils sont définitivement meilleurs quand ils tentent de filer plus droit, comme ce morceau avec Bozulich donc, l'instrumental Tighter ou Tighten (qui n'a rien à voir avec le précédent). Quand leur loufoquerie se transforme en un rock vénéneux tout juste bizarre. Et des morceaux presque cartésiens, il y en a quelques uns comme ça (The song's name, Los mei hen in ruah), pas au point d'oser les comparer à Jesus Lizard, Tar ou Slint comme le fait leur label (faudrait pas se foutre de notre gueule non plus !) mais ça fait du bien de revenir sur la terre ferme avant de repartir faire un détour vers les territoires de Helios Creed et s'achever sur douze minutes écorchantes de lourdeur qui ne font plus rire personne. Et c'est pas plus mal comme ça. Un groupe sans limites avec tous les extrêmes que cela engendre…

SKX (01/08/2008)
website band www.bulbul.at
website label www.mainstreamrecords.de

Burnt By The Sun / Car Bomb
Split 7''
Relapse 2007

La seule et unique raison de vouloir écouter ce single qui tourne en 33 tours c'est d'avoir enfin des nouvelles de Burnt By The Sun -il s'est en effet écoulé près de quatre années depuis leur précédent LP, The Perfect Is The Enemy Of The Good (également chez Relapse). Burnt By The Sun est un groupe relativement à part sur ce label de gros méchants métallurgistes tatoués et en bermudas à fleurs, ne serait ce que par la présence derrière la batterie de Dave Witte (l'homme bio-ionique qui a propulsé Discordance Axis très loin au dessus de la meute hard core/grind et qui a longtemps joué les intérimaires chez Melt Banana). Il y a aussi le style plutôt hors catégorie du groupe, entre metal core et grind core -que des gros mots- uniquement desservi par une voix qui n'échappe malheureusement pas aux clichés du genre. Goliath va donc rassurer son petit monde, après l'inquiétude suscité par toutes ces années de silence et quelques changements de line-up, car Burnt By The Sun est toujours ce groupe qui sait développer une puissance extraordinaire sans avoir recours aux artifices de la vitesse et des blast beats (alors qu'ils savent très bien le faire à l'occasion) et battant largement un groupe comme Coalesce sur son propre terrain.
La face B est consacrée à deux titres de Car Bomb et malheureusement il s'agit bien cette fois ci d'un groupe typiquement Relapse, ni bon ni mauvais mais tout simplement ennuyeux à l'image de son batteur qui contrairement à Dave Witte en fait des tonnes pour pas grand-chose.

Haz (06/10/2007)
website groupe www.burntbythesun.com | www.carbombcult.com
website label www.relapse.com



 
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