BAKAMONO
"
long time cain " - CD
Super 8 records 96
Suivant
l'adage "mieux vaut tard que jamais", une chronique
de cet album de 1996 avec Bakamono dans le rôle des groupes
pointant sur la longue liste des "portés disparus"
alors qu'ils s'acharnent à sortir des disques dans un anonymat
royal! Donc, soit! 3 ans de décalage pour cet album qui
fait suite à un 1er psychédéliquement noise
et prometteur. Et sont-ce justement ces 3 années, ce temps
qui coule inexorablement, impitoyable, ah! oui mon grand toi,
mon grand tout, qui donne un reflet jauni à ces 8 titres
? Parce que, bon, comprenez, ya rien à jeter là-dedans,
excepté un longuet morceau de 10 mn qu'a trop pris de substances
illicites! Vous avez le droit au contraire à de véritables
morceaux de bravoures. "Smooth Surface" et son intro
de basse vrombissante, "Ms Pac Man", petit tube rutilant.
Ou encore "SMD", instrumentale version moite et diluée
d'un Trumans Water, groupe dont on pourrait le plus les rapprocher
sans que cela soit flagrant. Juste une façon de partir
en couille, expression prise dans son sens positif, d'amener les
guitares des des affres spatio-temporelles et artificielles. Donc
le temps a fait son uvre mais sommes toutes, c'est pas bien
méchant. Guettons plutôt leur 3ème album,
qui à l'heure où je tape ces lignes, pointe le bout
de son nez. Et cette fois-ci, ils n'auront pas le décalage
pour excuse....
SKX (03/08/1999)
|
BAMBI
DAVIDSON
"
el flaco " - CD/LP
blu Noise CD / 12 Pylons LP 00
Un
duo d'attaque pas franchement fréquent. Les armes proposées
: une batterie et une guitare. Et ne croyez pas encore une fois
à l'énième groupe instrumental, le guitariste
sait donné de la voix sur une bonne partie de ce 1er album.
Le champ de bataille : une guérilla entre gens civilisés,
un duel à peine miné avec ses grenades à
fragmentations et ces cessez-le-feu, le tout arbitré par
la voix de Robin van Velzen (ex-Megakronkel). On navigue sur les
plates-bandes de DK3, voir Don Caballero lesté de moitié,
des bavardages guitare-batterie où le ton reste modéré
mais complémentaire et qui reste bien foutu dans l'ensemble.
Mais ça reste assez convenu, sage sous des dehors improvisés.
En fait, le hic, c'est la voix ! Quand elle est narrative pour
raconter ses petites histoires de la vie quotidienne, on reste
assis. Par contre, quand elle s'élance dans des joutes
plus lyriques et chantées, ça crispe et tombe comme
un cheveu sur la soupe. Une voix qui cadre mal avec la musique
dans une démarche originale qu'on ne peut pourtant qu'encourager.
Une fois la bataille terminée, ça reste mitigé,
un je-ne-sais-quoi de folie qui manque, de beaux moments gâchés
par des plans bancales mais au moins, ça le mérite
de sonner personnel !....
SKX (24/07/2000) |
BARBARO
"
s/t " - CD
Polterchrist/Curve of the earth 99
Ca
commence tout doucement. Quelques accords mélancoliques.
Une voix féminine qui arrive sur la pointe des pieds, vous
attrape au passage. Le décor prend forme. La scène
se durcit. Les accords plus violents. La rythmique débarque.
Le piège se referme. A l'image de ce morceau d'ouverture,
les 7 titres du trio Barbaro (origine : Boston) s'insinuent en
vous au fil des écoutes, la mayonnaise monte crescendo
et sans finir sur les rotules, la douce sensation d'avoir découvert
un nouveau groupe fort prometteur. Avec deux pôles aussi
attractifs que différents : de sombres moments où
s'étalent toute la misère du monde et d'autres où
c'est la guerre. Ou la demoiselle, une certaine Meaghan Mclaughin,
vous berce pour mieux vous en coller une derrière l'oreille
juste après. Comme son compère Andrew Schneider,
pas avare non plus pour pousser la chansonnette ou éructer
dans les règles. Pris entre deux feux. Entre la douce et
aigre tension sous-jacente à la COME et les déflagrations
implacables à la Slughog (où sévissait le
Schneider cité quelques lignes avant), combo noise-rock
monstrueux injustement méconnu qui nous renvoie 6 ans en
arrière. Tour à tour charmeur et lourdingue, Barbaro
la joue fine et montre un beau potentiel. D'ailleurs Hydrahead
records ne s'y est pas trompé et vient de sortir un 45.
Laissez vous tenter. (PS : je remercie au passage Thibault "Brazen"
pour la fine recommandation).
|
BELLINI
"
Snowing sun " - CD
Monitor 02
Nouveaux
venus jetés en pâture mais pas des débutants
pour autant. Deux ex-Uzeda, groupe italien (sicilien pour être
précis) et premier groupe européen en leur temps
à avoir signé sur Touch and Go. Et la star de ces
dames, Damon Che, ex-Don Caballero, solidement campé derrière
sa batterie. Du beau linge comme on dit familièrement,
rencontrer au gré de concerts en commun. Certains s'égarent,
disparaissent. D'autres reviennent, montrant du doigt un point
commun dans l'espace. Irréprochable jeunesse dans leurs
nouveaux habits, taillés dans le tissu le plus simple.
Le Che s'est à peine calmé. Les vieux démons,
alors qu'il se prenait pour l'homme-pieuvre, sont continus, sous-jacents
puis éclatent au grand jour. La paix désirée
emprunte de savants corridors enfiévrés. Trouble
cheminement, loin des fracas du passé. La maîtresse
de cérémonie chante son blues, grave ou à
bout de nerf, se fracasse sur une rythmique omniprésente.
C'est Love Life qui se tamponne à Shellac. Un rock paré
de sombre, électrique sans être violent, qui s'attarde
avec bonheur vers des ballades aux noirs sentiments. La fièvre
est trouble, changeante. La batterie s'arrête de cogner,
un accordéon soulève la poussière, la guitare
s'illumine. L'agitation nerveuse de l'ensemble, son aspect rugueux
et diaboliquement rythmique pour un album révélant
un tas de fissures dans lesquels il est bon de s'y glisser. Depuis
Damon Che a changé sa direction et c'est le batteur de
Girls VS Boys qui prend la relève. La roue continue de
tourner.
SKX (25/02/2003) |
THE
BETTER THOUGHTS TO COME/HOT SCONE
"
Société de figurants " - split 10"
Shinya / Jason R. / E.S.B. / L.O.F. 03
Amusante
pochette rose bonbon où les play-mobils accueillants ne
laissent en rien présager de l'horreur qui se trame derrière.
The Better Thoughts to come a posé ses guêtres à
Reims et leur hardcore chaotique et ulta-véhément
tient le haut du pavé. Tous les paramètres du style
sont parfaitement maîtrisés et exécutés,
la production est une vraie déflagration. Ca déboule
de tous les cotés. Les passages chairs à canon ne
sont que mieux amenés grâce à de sombres moments
tout en retenue. Si vous aimez autant la sourde puissance de Catharsis
que les tremblements convulsifs d'un Converge, je ne saurais trop
vous conseillez les quatre titres de The Better Thoughts to come
qui vont à coup sûr en drainer plus d'un(e) sous
leur déluge. Avec Hot Scone, on reste à l'est, direction
Nancy. Un degré de plus dans l'échelle de l'horreur.
A condition de ne pas lire les paroles qui concours certainement
pour le Pullitzer. Pour rigoler en famille, jetez un il
sur " the essence of dick ". Excepté ce trait
d'humour, Hot Scone a la main lourde. Le registre chaotique est
toujours d'actualité avec la légèreté
d'une division blindé montant au front. C'est presque trop
et contrairement à The Better Thoughts to come qui savent
faire respirer leurs compos, Hot Scone fonce tête baissée
et évite la chute de justesse. Ca reste pas moins efficace
sur une courte durée, bicarbonate au petit déjeuner.
Offrez vous des play-mobils à Noël. Avec la dinde
et un peu de moutarde, ça passe très bien.
SKX (12/11/2003)
|
BHANG
DEXTRO
"
elcona II A " - CD
Radio Controlled 00
Ouah
! Trop, c'est trop serait-on tenter de dire ! Les groupes qui
se sont inspirés des travaux d'Albini, c'est légion
! Mais la plupart ont au moins la décence de bien le camoufler
et de proposer une alternative. Pas toujours salvateur mais c'est
toujours ça de gagner. Bhang Dextro, trio allemand, ne
fait pas le malin et ne cache rien. Tu seras Shellac mon fils,
c'est pas la peine de discuter. Surtout toi le bassiste. J'exagère
un tantinet sans doute. Sur les 16 titres, y'en a bien 3, 4 qui
s'égarent de la ligne directrice. Et le son n'est pas aussi
glorieux. On parvient parfois à oublier la bande du grand
maigre et brun de Chicago. Certaines mélodies se savourent,
tranquilles. Mais l'ombre de Shellac reste omniprésente
dans les rythmes, les breaks, trop c'est trop j'vous dis ! Si
encore ils avaient pu nous rendre une copie plus brillante que
l'originale.... A l 'écoute du dernier Shellac, c'était
pourtant pas dure. Mais même pas. Pour les accros qui en
sont venus à se piquer dans l'orteil.
SKX (17/08/2000)
|
BHANG
DEXTRO
"
record N° 5 " - 7"
Rex Rotari records 98
"
Allemagne über alles " pourrait-on reprendre en choeur
ces derniers temps. Et si ce disque est profondément tamponné
US, estampillé Chicago sound, leur savoir-faire reste étonnant
de maîtrise. Que les accros à l'Albini (parti se
faire sodomiser par Jimmy Page), les déçus du Shellac
(vieux groupe vivant de ses rentes) s'enlèvent les doigts
du cul, Bhang Dextro reprend le flambeau, passant l'oral haut
la main. 4 titres parfaits de précisions rythmiques. Ein,
zwei, drei ! Et le tour est joué, on y voit que du feu
!
SKX (20/04/1999)
|
BIG
NUMBERS
"
spectrum " - CDEP
Frog Man Jake 02
Big
Numbers, groupe new-yorkais, après un CD sept titres, trouve
la force de sortir un nouvel enregistrement encore plus petit,
par la taille uniquement. Un CD mini que je sais pas combien de
pouces il fait, mais ya tout ce qu'il faut à l'intérieur.
Big Numbers continue ses travaux noise de fins escrimeurs, la
pointe moucheté mais la cible atteinte en plein milieu.
Une approche de plus en plus éclatée de la distorsion,
des guitares tranchantes encore mais plus épurées.
Des rythmes qui ne partent jamais. Et toujours cette voix, seule
instrument qui met vraiment la pression sur les articulations.
Trois titres pour une musique sans début, sans fin. Narrative
et vraiment attrayante. On espère seulement que la prochaine
fois, la taille sera à le hauteur du contenu.
SKX (21/06/2002) |
BIG
NUMBERS
"
now, everything " - CDEP
Frog Man Jake 01
Big
Numbers vit dans le nerf. En six titres, mes compteurs se sont
affolés. Une révélation en provenance de
la grosse pomme, qui même amputée, continue de nous
déverser plus que jamais sa folie quotidienne, ces névrosés
du bruit blanc. Ce White Noise donc est claquant, déchiqueté
des muqueuses. Un acier très fin et chauffé à
blanc. Je pèle mon crâne. Des regards de lame, leurs
bouches minces crispées. Big Numbers pratique une noise
fine et urgente, servie par une voix totalement attirante, pleine
et intense qui fait beaucoup à la réussite de ce
groupe. Ils ont compris beaucoup de choses et retirent d'un héritage
très bien digéré, situé, en gros,
entre Big Black et Wire, un petit bijou épileptique et
intelligemment conçu. A adopter sans compensation.
SKX (20/11/2001)
|
BIG'N
/ OXES
"
s/t " - split CD
Box Factory records 99
On
n'y croyait plus. A vrai dire on ne se posait même plus
la question! BIG'N, après 3 ans de silence, ressort 3 titres.
Fonds de tiroirs dépoussiérés ou réels
nouvelles compos, le mystère reste entier. Et qu'importe
d'ailleurs! Ne boudons pas notre plaisir, Big'N est plutôt
du genre économe. Et conservateur sur les 2 premiers morceaux.
Noise = Chicago, vous sentez d'où vient le vent. Rythmique
ultra-carée, sobre et puissante, la pièce maîtresse
dans laquelle se moule la guitare, toujours discrète. Et
cette voix, véritable marque de fabrique du groupe, du
fond de la gorge, rageuse, cassée, intense. Et après,
Big'N part au champ. Imaginez donc! Un morceau de 8 minutes! Avec
de l'harmonica en plus au beau milieu dans le break. Ca de quoi
effrayez et pourtant c'est le plus réussi. Post-rock, noise
répétitif, Big'N sort le grand jeu et nous font
la totale. Epatant. Et quand je vous dit que le meilleur reste
à venir, vous allez pas me croire! Car la véritable
bombe, c'est ce jeune groupe de Baltimore, Oxes. Des petits bleus
qui vole à des hauteurs pas permises. Ca cadre entre Colossamite
et Don Caballero, avec un brin de Big'N dans la voix. Ces 3 titres
sont royaux, tapis rouge facile. C'est unique et renversant. Pourvu
qu'ils soient plus prolifiques que Big'N. Ca finit par un sample
de conversation téléphonique. Comme sur le dernier
album de Big'N. La boucle est bouclée. Et cette chronique
terminée.
SKX (26/11/1999) |
|
BLACK
CAT #13
"s/t" - 7"
King of the Monsters 00
La
chasse au chat noir est ouverte. Affublé d'un numéro
13, elle risque de devenir périlleuse. D'autant que le
chat est excité. Voir la chatte, brûlante sur un
toit haut perché. Une voix féminine qui rappelle
Melt-Banana dont Black Cat #13 partage également le même
sens de l'égalité des sexes : 2 filles, 2 mecs.
Et un amour pour les compos brèves, bruyantes et trépidantes,
soutenues par quelques claviers du plus bel effet. C'est frais,
bien enlevé sous une bonne couche de bruit et relativisant
comme mille langues râpeuses vous caressant l'épiderme....
Si vous n'êtes pas superstitieux, bondissez sur ce 4 titres
!
SKX (02/06/2000)
|
BLACK
DICE
"
s/t " - 7"/10"
Gravity / Troubleman 00
Mauvaise
pioche ou tirage au sort favorable ? Les dés noirs jouent
avec le feu et se retrouvent aussi bien du coté du marteau
que de l'enclume. Sur leur 45 tours où défilent
6 titres, soit on crie au punk bruitiste de génie, au jeu
du rien-à-foutre-de-ce-que-tu-penses, je torche tout et
basta. Soit on hurle au n'importe quoi, moi aussi je peux le faire,
c'est nul ton truc, pas de quoi en faire un disque. Entre les
deux, mon cur balance. Je comptais sur leur tout dernier,
un 25 cm chez Troubleman Unlimited, agrémenté d'un
livret tout en couleurs, pour y voir un peu plus clair. Mais le
yin et le yang dicte toujours sa loi. Une face noise arty comme
un seul morceau plein de larsens, de bourdonnements, d'éructations,
de grincements de dents, les sillons en prennent plein la gueule.
L'autre face, on pense qu'un soupçon de normalité
va vous étreindre, on le pressent, la roche brute se taille
d'un morceau presque identifiable et alléchant, les cris
et les larsens s'apprivoisent, l'énergie se canalise. A
peine le temps de se retourner, ça s'achève sur
une longue note répétitive à l'infini. Black
Dice, un groupe excessif, le bruit pour simple raison d'exister,
punk dans l'âme. Le bruit pour le bruit. Mais faudrait pas
que la blague continue trop longtemps ! Et on a toutes les raisons
d'espérer.... (Un autre single est sorti sur Vermin Scum
records).
SKX (26/09/2000) |
THE
BLACK HEART PROCESSION
"
between the machines / after the ladder " - 7"
Suicide Squeeze 01
The
Black Heart Procession nous gâtent. Non content de sortir
des albums qui font le bonheur des petits et grands, BHP disséminent
des graines dans les contrées les plus reculées.
Des labels qui sont même pas sur la carte. Drôle de
politique pour un groupe, un poil reconnu tout de même,
de sortir des morceaux sur d'obscurs labels à la distribution
très aléatoire. C'est tout à leur honneur!
Car en plus, ce ne sont pas des fonds de tiroirs. Après
le 45 "lssr/the hideway" qui valait son pesant de cacahuètes,
Pall A. Jenkins et sa bande fête Noël avant l'heure,
distribution de cadeaux avec ce titre magnifique "between
the machines". On nage toujours dans des profondeurs de mélancolie
mais illuminées de l'intérieur et un parfum sourd
de Leonard Cohen. La mélodie au piano est irrésistible.
L'autre face est plus 'enjoué' (comme si une chanson de
BHP pouvait être enjouée)... Disons que le rythme
est plus enlevé mais on ne tordra pas les gondoles pour
autant. A la vie, à la mort!
SKX (27/11/2001) |
THE
BLACK HEART PROCESSION
"
lssr " - 7"
Speakerphone 01
Le
cur repeint en noir, c'est aveuglément qu'on rentre
dans la danse de toutes les nouvelles balises jetées par
The Black Procession. Ces deux titres inédits vont illuminer
plus d'un radeau en détresse déjà voué
à leur cause. Black Heart et ces ballades amères
ne laissent personne indifférent. Musique intemporelle,
intimiste et puissante. Force de suggestion énorme. Dixit
Pall A Jenkins, crooner du groupe, "lssr" est une de
leur meilleure chanson jamais écrite. Je ne suis pas loin
de le croire. Un rythme synthétique berçant une
mélodie poignante, cette voix qui vous enveloppe de noir,
ce piano qui fait tomber les derniers remparts. C'est la fonte
des neiges. L'autre morceau, "the hideway" est également
une grande chanson. Sa trompette qui tisse la mélodie centrale,
le rythme légèrement ivre et fatigué, tout
s'envole, tout titube. La magie Black Heart Procession encore
à l'uvre. (A noter la sortie couleur de ce vinyle
sur Rocket Racer records contre la version noire de ce label suédois
Speakerphone et limitée à 500 exemplaires).
SKX (02/10/2001) |
BLAKE
"
s/t " - Lp
Blue Skies Turn Black/The Mintaka Conspiracy 01
(blueskiesturnblack@hotmail.com)
BLAKE
a tout du groupe posthume. Repéré en des temps reculés
par un 45 sur Spectra Sonic Sound, ce trio aussi canadien que
son label était parti casser de la glace dans le grand
nord. Deux labels se sont mis en chasse et sortent conjointement
un album à deux vitesses. Une face date de 1996. L'année
de la vitesse. Le batteur en figure de proue, qui donne l'impulsion,
un nerveux de la caisse claire, une dynamique affolante, noise
fine et énergique sans saturations, qui n'est pas sans
rappeler les grandioses Table. Entre temps, Blake se paye un coup
de fatigue. C'est la face 1999. Le rythme se ralentit. Le chant
se fait plus présent. On perd de l'influx. Sans être
refoulant, cette face fait entrer Blake dans le rang et on se
dit que, si c'était pour continuer sur ces routes fréquentées,
ils ont aussi bien fait de repartir casser de la glace. Reste
une face six titres et un vieux 45 pour les indécrottables
de la perle rare à dénicher absolument.
SKX (01/10/2001)
|
THE
BLOOD BROTHERS
"
march on electric children " - Lp
Three One G 02
The
Blood Brothers coule à flot dans le moindre sillon. Ca
dévale la pente, se répand dans chaque interstice
crée par des lésions multiples. Petits cataclysmes
de la vie quotidienne. Le hardcore de The Blood Brothers rock
autant que celui de Botch ou Song of Zarathustra. Autant dire
qu'il n'a plus grand chose à voir avec l'origine du style,
que l'effervescence perpétuelle a engendré des vaisseaux
innombrables. Et le hardcore de The Blood Brothers est très
volubile. Ca vous vient de tous les cotés. Des rafales
de batterie, des guitares qui ne laissent aucun répit.
Et surtout le chant. Ou plutôt les chants. Des duettistes
qui vrillent la tête, notamment le chant principal. Criard,
geignard, voir nasillard, je bloque carrément. Je n'ai
pas pour habitude d'accorder grande importance aux voix mais là,
trop c'est trop. On aimerait que ces voix la mettent parfois en
veilleuse, qu'elles laissent respirer la musique et laissent tomber
leur cynisme. Et c'est tout un symbole. The Blood Brothers en
fait trop sur ce deuxième album. On a beau noter des passages
alléchants, à fond sur les manettes bien sûr,
mais vraiment trépidants, on perd rapidement le fil de
l'histoire. Ca manque de rebords auxquels s'accrocher, d'angles
droits histoire de voir des horizons différents, des mélodies
pour digérer. Une ligne droite perpétuelle, bombardement
tous les deux mètres et à la fin, un bon gros mur
contre lequel on s'écrase. On a rien vu du paysage, la
course poursuite a tellement été effrénée
qu'on en ressort vide et fatigué. Ce disque me laisse perplexe.
Il a tout pour me plaire et pourtant, il risque fort de prendre
la poussière.
SKX (22/08/2002) |
BLOW
UP
"
s/t " - CD
The Blood of the young 01
Il
porte bien leur nom! Blow Up. L'explosion. La dilatation des neurones.
La tornade en 25 minutes chrono et 13 titres sur la crête
du volcan. Avec l'inévitable synthé comme dans tout
bon groupe hardcore actuel qui se respecte! Et des rythmes en
pagaille. Batterie normale couplée à des rythmes
aux sonorités métalliques. The Locust pour la rapidité
d'exécution. Arab On Radar pour l'araignée dans
la plafond. Song Of Zarathustra pour le punk moderne qui sommeille
en eux. Voix scandée et méga-hurlée. Bizarrerie
passagère ou franc du collier, ça caresse pas dans
le sens du poil. Le mec aux claviers s'en donne à cur
joie, balance de méchants sons ou alors fait carrément
le guignol. A l'arrivée, on en sort bien fatiguer. Ca en
vaut bien d'autres. Ils connaissent les gammes de la folie sur
le bout des doigts. Mais tout ce bruit pour rien.... Cette tornade
manque d'âme. Tout ce fracas tourne en rond. Ca passe par
une oreille, la nettoie bien de l'intérieur certes, mais
ressort de l'autre aussi vite que cette musique est jouée.
Une explosion aussi passionnante qu'un feu d'artifice. C'est bien
sur le moment mais sans lendemain.
SKX (31/01/2002)
|
BOOK
OF DEAD NAMES
"
The story unfolds " - CD
The Blood of the young 02
Ce
groupe porte son nom à merveille. Le livre des morts. Un
ramassis d'éclopés qui ont tous sévis, où
sévissent toujours, dans des tonnes d'autres groupes, en
tête duquel on retrouve Song of Zarathustra. L'histoire
est floue. Le Book of Dead Names est porté disparu régulièrement
sans que l'on sache vraiment si ce groupe existe toujours. Cet
album lui-même semble avoir été conçu
ya 2/3 ans mais n'est sorti qu'en 2002
. Un groupe de fantômes
à géométrie variable. Une chose est sûre,
c'est que le chanteur de Song of Zarathustra et au moins un autre
membre figurent au panthéon de ce projet. Et si vous avez
pleurez sur la mort de SOZ, réjouissez-vous, cet album
vous donne une seconde chance de verser vos larmes ! C'est tout
pareil mais sans le synthé et je me demande d'ailleurs
si c'est pas meilleur que SOZ
C'est pour dire ! Un hardcore
rock'n'roll particulièrement énervé, droit
au but, un minimum de temps mort. Tension constante. Les défenses
sont dérisoires. Avec des roulements de batterie à
faire pâlir une avancée de chars. Et des refrains
qui vous font tomber le râtelier, des décrochements
en pleine tempête qui font chavirer les curs. Song
of Zarathustra, Book of Dead Names, même combat. Avec une
telle vitalité, on est pas prêt de les enterrer.
Tremblez dans vos tombes, l'écho de leur musique retentira
des années durant.
SKX (12/03/2003) |
BOTCH
"
An anthology of dead ends " - CD
Hydrahead 02
Le
baiser de la veuve noire. L'ultime cadeau qu'on n'aurait jamais
souhaité en guise d'adieu. Tant d'espoirs sanctionnés
définitivement en six malheureux titres. Allez vous faire
pendre ailleurs. Botch, c'était le renouveau du rock. Tout
le contraire du besogneux. La transcendance des genres. L'ultime
pont jeté entre les hardcore kids de base qu'ils étaient
à un truc musicalement devenu riche et intense. L'ouverture
d'esprit au service d'une musique complexe et limpide à
la fois. Du sang plein les mains. Du cur et de la finesse
sous leurs allures de faux durs. Noise, rock, expérimentale,
tout à la fois. Un guitariste qui en a soufflé plus
d'un sur scène par son jeu fracassant et plein de risque.
Avec Botch, on tenait là des fers de lance pour faire avancer
la grande machine dans le bon sens. Alors ils nous restent ces
six morceaux pour pleurer. Six titres au nom de pays. Où,
bizarrement, la lettre " n " s'est muée en "
m " (Spaim, Framce, Vietmam
). Les plombs sautent. On
tient du Botch dans la grande lignée de leur album incontournable
" We are the romans ". A l'assaut des murs, clairvoyants
et percutants. Ca l'air si simple avec eux. Chaque coup fait frémir
et succomber. Les deux derniers morceaux sont symptomatiques de
l'ambivalence grandissante de Botch. Et la cause de leur perte?
Entre la douceur maladive d'un piano de " Afghamistam "
et la déflagration tous azimuts de " Micaragua ".
Comme si il ne pouvait plus avoir de réconciliation possible
entre l'eau et le feu. Que le champ musical ouvert était
devenu trop vaste pour une solution consensuelle. Ou alors rien
de tout ça, on passe son chemin. Dorénavant, méfiez-vous
des contrefaçons.
SKX (22/01/2003)
|
BOTCH
"
American Nervoso " - Lp
Hydra Head records 98
Au-dehors,
la pression s'accélère. American Nervoso, grand
album. Riche, original, créatif. Autant Converge qu'Unsane.
Et rien de tout ça à la fois. Hardcore suintant,
riffs durs se confrontant à un monde bruyant, ne pas oublier
d'où vient le rock, des riffs un tantinet plus calme, voir
piano et un hit fédérateur, simple et lumineux comme
"Dali's Praying Manti". Multiples titres commençant
leurs folles rondes par une approche frontale, riffs imparables,
sortir de son enveloppe corporel "("John Woo",
"Thank god for Workers bees") avant que les structures
disparaissent, nous échappent dans les méandres
de cerveaux torturées. Fins de morceaux méconnaissables.
Le serpent ne se mord pas la queue. On s'y perd. On en redemande.
Des idées à tous les étages. Un vrai souffle
d'air pur et costaud, quelque soit la face cachée par laquelle
on aborde ce sommet. Pièce maîtresse incontournable.
SKX (19/10/1999) |
BOTCH-KNUT-ANANDA
"
Live in Rennes " - 10
Mosh Bart Industries / Overcome 00
Le
17 novembre 1999. Date dont l'écho résonne encore
à Rennes avec un plateau poids lourd, Neurosis tout en
haut de l'affiche. Pris sur le fait en pleine débauche
scénique, trois groupes. Un instantané de la soirée.
ANANDA, sur lequel je passerai vite. Leur musique sur album m'a
toujours laissé indifférent et sur scène,
idem. Comme un manque d'ampleur, une puissance qu'on pressent
mais qui ne décolle pas. Avec les Suisses de KNUT, les
jambes commencent à se dégourdir, les têtes
frappées les genoux, tics nerveux. Carré, vif, metal-core
millimétré et impressionnant, c'est Zeni Geva dans
votre salon à saloper partout. On garde le meilleur pour
une face à eux tout seul. Les américains de BOTCH,
les rois de la scène. Troboscopes (bon, c'est vrai, sur
disque, ça se voit moins), présence scénique
mortelle, guitariste le pied derrière l'oreille, maestria
des effets, un vrai jeu noise, tout en désaccord et en
larsens. Ces ''transitions from personna to object'' et ''hutton's
great heat engine'' en témoignent. Fin de morceaux en free,
le fauve est lâché, à moi la meute, plein
les oreilles. Du vrai live, avec sa part d'imprécisions,
des notes qu'on entend pas sur disques, bref, quelquechose d'inédit
et un plus indéniable par rapport à leurs albums.
Avec une qualité d'enregistrement parfaite, c'est une raison
suffisante pour se procurer ce morceau de disque très vivant.
SKX (16/11/2000)
|
BOTTLED
OG
"
Golden Hits: Northern California Music-Industrial Complex "
- CD
Autoproduction? 02
L'aboutissement
d'un parcours erratique. Débutée avant le déluge
(1995) avec un membre en plus (une fille exit ), l'histoire de
Bottled Og prend ici son véritable envol avec ce premier
album sous une formation et une motivation nouvelles. Une histoire
dans l'anonymat le plus complet, qui se résumait à
leur Midwest natal mais qui a au moins le mérite de révéler
ce groupe en pleine maturité. Vaches maigres et tâtonnements,
c'est du passé. Obstination, endurcissement, le pas franchi
est un pas de maître. On peine à rattacher cette
musique à un univers connu et ce n'est pas la moindre de
ses qualités. Vaguement noise, les personnalités
de ce groupe ont suffisamment ouvert les oreilles à tout
vent pour se laisser épingler une étiquette quelconque
sur le paletot. Le groupe auquel on pense en priorité,
c'est Zulu As Kono. Des malins qui sans l'air d'y toucher impressionnent
son monde. De la noise qui ne joue pas dans la cour du bruit,
à grands coups de moulinets et de larsens dans les tympans.
Pas de batterie en rafale mais une tension de tous les instants,
des mélodies acerbes, un mur de finesse entre deux guitares
bien acérées. Etrange et beau à la fois.
Sicbay, Trumans Water, Tom Waits, la panoplie est alléchante.
Des compos qui respirent, des titres énormes ("bury
the hatchet", "infilate me", "barry the hatchet"),
cet album est une vraie bonne bouffée d'air frais et ce
groupe une révélation à s'emparer vivement.
SKX (03/04/2002) |
BOZART/WICKETRAN/ROGUE
STATES
"
split CD " - CD
Snackbag 01
Une
histoire de couple. Libre et échangiste. D'un coté,
Bozart. Duo guitare-batterie. De l'autre, Wicketran, autre binôme
mais basse-batterie. Habituées à se confronter lors
de nombreux concerts en commun et développant des atomes
crochus, les deux pairs se mettent à la belote et forment
un troisième groupe Rogue States. Le fruit de ces entrailles
incestueux est ce CD où chaque formation propose deux titres
inédits chacune. Le math-rock dans tous ces états.
La part belle aux dynamiques risquées et aventureuses.
Surtout Bozart dans un registre lavé de tous soupçons,
sans dissonance mais rigoureux, sans faille et très agile.
Avec Wicketran, c'est déjà plus sale sur soi. La
basse déterre les cadavres. La batterie les remet en bière.
Chouette duo! Et pour la partouze finale, c'est le batteur de
Bozart qui prend la seconde gratte. Tout de suite, ça rock
plus sévère, prend les espaces et file en ligne
droite, lorgnant vers l'efficacité instrumentale d'un Oxes
rugueux. Je ne saurais vous conseiller leurs albums solo. "Frills
and flashy finery" pour Wicketran. "Kurth" et "Bunge"
pour Bozart. Sur la longueur, c'est une toute autre échelle
et ça vaut le coup de la grimper! En attendant, cet utile
split CD pour faire connaissance.
SKX (31/01/2002) |
BRASS
KNUCKLES FOR THOUGH GUYS
"
Noise man kills him " - CD
Divot records 98
C'est
dingue l'imbroglio pas possible qu'on peut sortir d'un simple
quator basse-batterie-guitares. Et oui toujours ce bon vieux quator
! Et le sang frais, par l'odeur alléchée, j'accours
! De rebondissements en larsens, de contre-temps multiples en
brèves râles d'écorchés, cet album
essentiellement musical - celle qui irrite et fait bouger les
membres de votre corps dans un sens défiant toute logique
- urge, jouit par tout ces pores, véritable pépite
noise, météorite incendiaire qui rallument la mêche
de toute personne un tantinet énervée par le calme
relatif du dernier Don Caballero. Tout en apportant fraîcheur
et entrain congénital ! Précis comme un scalpel,
cette frappe chirurgicale est sûre de faire des victimes
parmis les civils. (Et dire que c'est déjà fini
! La suite avec Hero of a Hundred Fights et American Heritage)
SKX (30/03/1999)
|
BRAZEN
"
Orphaned " - CD
Stickman 03
La
déception est à la hauteur de l'attente. Après
un magnifique maxi " as floods decrease ", on était
un paquet à miser sur les quatre Suisses. On avait bien
senti, que ce soit sur le mini split CD avec Kevlar ou en lisant
entre les lignes de bribes d'interview, qu'une certaine évolution
se ferait sentir
. Mais pas un tel changement radical ! Brazen
prend un virage à la Cave In et vire heavy-pop bien propre
sur elle. Ca me fait de la peine de dire ça, j'appréciais
réellement leurs débuts, mais là, c'est le
désert. De belles mélodies qui ne font naître
aucune émotion. Des vocaux éthérée,
nickel chrome et pâlichons. On croirait entendre Sugar.
Un produit de série sans âme. On a beau retrouver
sur quelques rares passages ("the straw ") les lustres
de leur court passé ou tenter de finir en beauté
avec le dernier morceau " thin lines " et son apothéose
bruitiste, la pilule est amer. L'évolution musicale pour
n'importe quel groupe est une bonne chose, voir quasi obligatoire.
Mais peut on encore parler d'évolution dans ce cas précis
??!! Ca ne rime à rien. Le groupe aurait pu changer de
nom, on y aurait vu que du feu. J'ai beau être ouvert d'esprit
mais cette évolution là se fera sans moi.
SKX (28/04/2003)
|
BRAZEN/KEVLAR
"
s/t " - double CD
Snuff 01
L'intérêt
réside d'abord dans l'emballage. Une vraie pochette surprise
modèle réduit avec deux mini-cds pour nain, format
que les lecteurs d'Abus Dangereux connaissent bien. Empaquetés
dans un bout de carton glacé et adapté à
la taille avec rabat aérodynamique, le label suisse Snuff
voit petit mais costaud. Pour toutes les personnes qui attachent
autant d'importance au dedans qu'au dehors, l'effort est très
appréciable. Et au dedans justement, il se passe deux inédits
pour chaque groupe. On commence par les suédois de Kevlar.
Je ne vais pas m'appesantir des lustres. Ces deux morceaux de
pop-rock très produits sont sûrement fait avec beaucoup
d'honnêteté et de conviction. Mais ça me secoue
autant qu'un reportage sur la chasse au gibier d'eau en marais
poitevin. A vrai dire, c'est Brazen qui a capté toute mon
attention sur ce bout de CD. Après leur grandiose cinq
titres, on attendait avidement tout ceux qu'ils voulaient bien
nous jeter en pâture. Et autant dire que Brazen ne regardent
pas dans le rétro. La partition évolue. On le sentait
pointer et confirmation avec ce "everlasting gestures",
ultra mélodique et mélancolique, au chant éthéré,
qui ne part jamais. Ambitieux et surprenant avant d'être
tout à fait convaincant. Mais la machine est en route.
Avec "statues and waifs", on retrouve le Brazen tel
qu'on l'avait laissé. Mélodique toujours mais hargneux
et abrasif, où on se noie avec plaisir dans l'ambiance
sombre et les structures marécageuses. Du Brazen grande
lignée. Un split bancal dans un packaging unique en son
genre. Faites votre choix!
SKX (09/10/2001) |
BRAZEN
"
vicious/fog " - 7
Autoproduction 99
Une
manière de se poser avec méthode, mine de rien,
d'installer l'ambiance avec doigté, vous aguicher avec
un refrain persistant, de lentement monter la pression et brillamment
s'imposer, se libérer des spasmes. Le tout est tendu, étouffé,
lourd et émotionnel dans un break identique. " Post-hardcore
" disent ces Suisses. En tout cas, ce 1er 45 a tout pour
vous mettre l'eau à la bouche.
SKX (12/07/1999)
|
BRAZEN
"
....As flood decrease " - 10
Autoproduction 00
Premier
contact. La pochette. Inquiétante sur fond gris vieillot.
Sa part de mystère attirante. Sobre et compact. Au-dedans,
ça jaillit avec force. 5 titres qui remplissent l'espace,
dense, on se colle au mur. Le son d'abord. Imposant, robuste et
riche, bruyant tout en laissant place à de nombreuses respirations,
de nombreuses lignes de guitares esseulées, toujours mélodiques
, annonciatrices de chaos. Et en son sein, une voix, noyée
sous le déluge. De la profondeur, du coffre, une production
humaine qui joue dans la cour des grands sans surenchérir
et se la péter gros bras. Après, plus qu'à
rajouter le cur. Des compositions sombres et torturées,
vindicatives et si proche de la chute. Se laissez massacrer par
" Throats to hear ", abrasif et tripant, se laissez
bercer par les surprenants choeurs toujours discrets et à
point nommé, ne plus bouger sur le calme début de
" the opening curse ", s'incendier sur des sommets d'intensité.
Un disque saisissant, à l'image de la pochette, avec un
grain énorme et attachant. Une musique palpable, avec du
corps. Appelez ça post-hardcore moderne, comme vous voulez,
mais c'est juste un putain de disque qui prend aux tripes, réussit
de bout en bout, puissance 10 fois mieux par rapport à
un 1er 45 déjà prometteur. Une putain de montée
en flèche chez ces 4 jeunes Suisses qui nous donne une
bonne raison d'apprécier ce nouveau millénaire !!
(A noter que la version CD sort d'ici un mois sur Snuff records).
SKX (03/05/2000) |
BREACH
"
venom " - Lp
Burning Heart records 99
L'hématome
risque d'être grand. D'un bleu sanguinolent. Et à
contre-courant. Pas assez (NY)hard-core pour les puristes, enfant
bâtard au sein de leur propre label. Mais encore trop bourrin
pour le noise-rockeux de base. Trop de déstructures pour
le bourrin primaire. Trop de métal pour l'eau pure. Trop
de tard pour être dans le bourre. Pas assez de tal pour
être dans le bain. Trop de blahblah pour corer dans le crin.
Ca craint. Alors nos orgueilleux suédois continuent leur
mutation, assimilent avec passion les nouvelles donnes (Neurosis,
Shellac, Dazzling Killmen...) pour transformer leur hard-core
basique d'une jeunesse à jamais révolue en une musique
travaillée dans le brut. Tous les éléments
du crime rassemblés. Avancer sans se soucier des clochers.
Zeni Geva et Neurosis ont entendu pire. BREACH prolonge les attaques
du précédent et grandiose " It's me god ",
sculpte dans le sombre, racle en profondeur. Ralentir dans les
virages et laisser la gomme du pneu sur l'asphalte dans des lignes
droites et suicidaires. Un bloc monolithique aux cavités
nombreuses et organiques. Une pièce essentielle à
votre collection d'art convulsif.
SKX (18/05/1999)
|
BREACH
"
godbox " - CDEP
Chrome Saint Magnus 00
(distro Conspiracy records)
La
boite à bon dieu. Un bon dieu tout noir et torturé
de l'intérieur. Sa face cachée enfin révélée
par Breach qui ne recule devant rien. Ses plus noirs desseins
enfin dévoilés au grand jour. Une boite mystérieuse
où vous n'aurez pas la révélation de votre
vie mais la continuité des solides travaux entrepris par
un des groupes phares de la scène suédoise. Et demain
le monde vu l'ampleur qu'ils commencent à prendre. Une
boite à 5 titres en attendant le reste des commandements
sur un album prévu au seuil de l'été. Cinq
titres denses, compacts, sombres, cet art de se situer à
la frontière de différents styles (noise, hardcore,
heavy-rock) sans y toucher, une manière brutale d'approcher
le son et d'y apporter son lot d'émotions par frappes chirurgicales.
Les dégâts occasionnés sont, comme dans la
vraie guerre, irrémédiables. On émettra juste
une réserve de circonstances sur leur habituel talent mélodique
plus obscur cette fois-ci. C'est qu'on deviendrait exigeant à
la fin ! Et Dieu dans tout ça ? !
SKX (13/03/2001) |
BREATHING
WALKER
"
s/t " - Lp
Vermin Scum 01
Bizarre
destinée pour ce disque. Des bandes ressorties dont ne
sais où. Un enregistrement mi-studio mi-live qui date de
1990 que Vermin Scum nous refourgue sous le nez 11 ans plus tard.
Un groupe mystérieux et qu'on dira culte vu la carte de
visite que trimballe Breathing Walker. Un groupe de jeunesse à
la durée de vie ultra-courte qui a vu les premières
armes des futurs membres de Moss Icon mais aussi Tonie Joy (UOA,
Born Against, Convocation Of...). Et le moins que l'on puisse
dire, c'est que cet effort de jeunesse n'a rien à voir
avec la suite de leurs productions. A se demander quel fût
le choc musical, le lien entre Breathing Walker et les avatars
punks bruitistes dont ils nous ont gratifiés ensuite. Breathing
Walker erre en contrées psychédéliques, évolue
dans de grosses fumées à la recherche du Velvet
Underground et d'une touche définitivement européenne.
Violons, percussions en sus de guitares aux sons clairs. Relents
Badgewearer, improvisations plus ou moins bien senties. Rythmes
hypnotiques, incantations vaudous d'un certain Jon Vance au chant.
Surprenant et loin d'être déplaisant, surtout les
deux titres de la face A. Dommage que le son soit maigrelet et,
qu'on ne s'y trompe pas, ça reste un truc de jeunesse dont
on aurait très bien pu se passer, avec son coté
bancal et pas toujours au point (les deux titres live sont pas
spécialement à leur honneur). A prendre comme un
témoignage touchant de la part de musiciens qui marqueront
la scène hardcore américaine de façon bien
plus conséquente par la suite....
SKX (20/06/2001)
|
BRIGHT
CALM BLUE
"
A direct approach for casual conversation " - CDEP
Level Plane 03
Danses
désarticulées et plaintes agressives, ces six titres
de Bright Calm Blue risquent de vous éreinter la moelle.
Un premier album (" Assymetry Set ") sous le bras et
l' évolution est déjà palpable. Faute à
un changement de chanteur mais pas que. L'envie de se démarquer
de la meute hurlante. De faire évoluer leur hardcore plein
d'émotions façon 400 Years en des terres éclectiques.
Ne s'épargner aucune voie, s'offrir une palette de sons,
de rythmes et de mélodies pour mieux perdre l'auditeur
et le cueillir à froid. Ou comment passer d 'un truc, certes
bien foutu mais classique, à un truc, certes classique,
mais encore mieux foutu ! Je me abricote. Ce " direct approach
" n'a rien d'un brûlot révolutionnaire et pourtant,
ce groupe de Lincoln (Nebraska) trace sa route, très finement
entre un tas de bornes connues, accouchant d'un rock revigorant,
à la texture complexe et néanmoins fulgurant. Les
voix se donnent beaucoup de mal, se dédoublent, débitent
presque comme Racebannon. Les airs sont immédiatement identifiables,
atout majeur de leur hardcore-rock passionné qui va drainer
plus d'un dans son sillage. Musique écartelée qui
tape large et les rend unique. Si ils continuent comme ça,
on n'a pas fini de parler d'eux !
SKX (15/09/2003)
|
BUG
"
Klotho " - CD
Interstellar 03
Bug,
c'est l' école du bruit, la branche historique, celle qui
aime jouer avec les volumes, les torturer, en foutre plein les
tympans, appuyer là où ça fait mal. Ces rythmes
qui martèlent. Ces grosses basses qui cognent (Cherubs,
Unsane). Etouffer sa proie. Ne pas offrir de répit. Broyer
avec tact mais broyer quand même. A l'image de la photo
intérieure du livret, cette vague, cette déferlante
entre deux massives falaises dont la résistance est attaquée
millimètre par millimètre. Je ne sais pas si vous
êtes un roc mais vous risquez d'être écrasé
comme une vraie merde. Bug, c'est autrichien (Innsbruck) et c'est
du solide. Difficile de rester de marbre et de ne pas se fendre
sous les incessants coups de butoirs. La voix est âpre.
Le marteau de l'enclume frappe encore et encore. Bug a écouté
les mêmes groupes noise que vous. Ils ont beau s'offrir
deux remix techno-hardcore-indus dont l'un (tribute to bad blood)
très limite, le fil rouge, c'est définitivement
le bruit. Le travailler au corps. Le sculpter dans ses moindres
recoins. Alors si vous aimez avoir la tête dedans et que
vous cherchez une suite logique à votre collection de disques
affiliés noise-rock, catégorie poids lourd, choisissez
bien, choisissez Bug.
SKX (23/12/2003)
|
BURNMAN
"
notes for a catalogue for an exhibition " - CD
No Idea 00
La
visite de l'exposition va être mener à un train d'enfer.
Trois guides dont deux sévissaient auparavant chez I Hate
Myself et qui reprennent du service dans une version accélérée
de leur précédent tour. Pochette à l'esprit
fin de siècle, style exposition universelle, où
on fait dans le classique, avec juste ce qu'il faut d'agressivité,
de la trépidance sans mal de crâne, pour une énième
version du hardcore semi-rock américain. Du bonheur tout
simple avec un "deception" qui porte mal son nom et
fait mouche. De la conviction sur tout ce qu'ils tapent, des rythmes
qui vous bougent le cul. Production sans fioritures, un minimum
de question à se poser, trois minutes maxi. No Idea n'a
jamais fait dans le glamour et le tape à l'il. Ce
nouveau projet est du genre homme pressé à défaut
d'attiser les passions et reste dans la lignée des groupes
maisons : des artisans passionnés et sérieux. Burnman,
ça fait chaud au cur!
SKX (30/03/2001)
|
BURST
"
Conquest : writhe " - CD
Prank 02
J'ai
tout plaqué et je suis parti en courant. Le feu sifflant
de Burst nous contracte les mâchoires. En matière
d'éructations et de pression constante, ce gentil groupe
américain en connaît un rayon. Hardcore viril et
metal transcendé, leur terrain de jeu, c'est Deadguys et
compagnie, que du tendre et du mou de la cuisse. Drôlement
efficace, un son à la hauteur du propos, ça défrise
les oreilles. On aurait presque pu poindre vers Catharsis, la
face sombre et pesante lancée à la vitesse du TGV.
Avec ses petits passages acoustiques pour faire bonne mesure et
montrer qu'on a du savoir-vivre. Une voix continuellement dans
le rouge, secondée parfois d'une douce voix de bûcheron
qui monte vous caresser la nuque. Des soli aussi aventureux qu'inutiles
viennent encombrer (à des moments heureusement rares) le
paysage, des plans un tantinet trop convenus ne font qu'enfoncer
des portes ouvertes. Mais dans l'ensemble, le grand, l'attaque
est réussie. Avec en fin de parcours, des surprises. Un
remix par le japonais déconnecté Merzbow. Et une
reprise à grand effet de Unsane ( "Scrape" sur
l'album "Scattered, Smothered & Covered"). Comme
vous voyez, des gens de bons goûts, ouverts à toutes
éventualités. On ne les croyait pas du genre à
faire dans le second degré. Remontés à bloc.
L'esprit est large et l'avenir leur appartient.
SKX (04/02/2003) |
BZ
BZ UEU
"
uhozmerigotz " - CD
Music 'a la coque / Wallace 01
Un
patronyme risible. Un nom d'album imprononçable. Un label
sur des ufs. Une musique sautée. Il faut pas s'attendre
à quelquechose de très cartésien là-dedans,
dans ce beau digipack. Le soleil chauffe dur dans le sud et ce
quintet italien déraille les conventions. De grands moments
d'égarements. On est assaillit par tous les cotés.
On se rattache à ce qu'on peut. Ca trépigne dans
tous les sens. Les rythmes sont alertes et sautillants, les cuivres
mettent de la bonne humeur. C'est sulfureux et barrée sans
pour autant perdre le fil conducteur. Une sorte d'incroyable free-jazz-rock-core
sorti de nul part. Et comme si ça suffisait pas, ces trublions
professionnels piquent les jouets de leurs gosses et se la jouent
guerre des étoiles avec des mitraillettes Playschool. Une
rencontre haute en couleurs entre Badgewearer, Melt-Banana et
un truc pas encore identifié. C'est gai et enlevé,
court et intense. Un délicieux vent du sud qui aère
bien sous les bras et sans mal de crâne possible.
SKX (17/07/2001) |
|
Battles
Tras - Cold Sweat 2004
EP C - Monitor 2004
B EP - Dimmak 2004
Bataille
de géants. Moulin à vent dans les dents. Perdu
d'avance à se débattre contre des ombres. Sans
un regard vers l'arrière, John Stanier qui fit les beaux
jours de la batterie d'Helmet s'accoquine avec Ian Williams,
le presque trop virtuose guitariste de Storm and Stress et Don
Caballero. Deux mondes les séparent et puis rien. David
Konopka, autre magicien de la six cordes chez Lynx, groupe math-rock
qui enchanta Chicago et Tyondai Braxton, compositeur de l'ère
moderne, qui copule avec le tout New-York (Thurston Moore, Jim
O'Rourke, Glenn Branca, la liste est longue), en groupe et en
solo. Ce nouveau projet est bien parti dans la vie. Même
pas une année d'écoulée et déjà
trois disques, de multiples tournées aux Etats-Unis et
au Japon, un nom qui circule partout. Le moulin a de belles
ailes. Mais n'allez pas croire que leur fulgurante réussite
n'est que le fruit de leur lourd passé. Ca y contribue
certes mais la musique est de qualité. Tout a commencé
avec Monitor records et un maxi 5 titres qui tirent vers les
vingt-cinq minutes. Imbrication de rythmes. Juxtaposition de
strates sonores. Amour de la boucle, répercussions pour
un effet hallucinatoire. Et harmonieux. Les deux as de la guitare
et le chef batteur se mettent en veilleuse. Fondu dans un tout
où les claviers et les sons électroniques ont
autant droit de citer à la composition que les instruments
rock. La bataille serait-elle d'ordre technologique ? Battles
a décidé en tout cas de ne pas trancher. C'est
Dimmak records qui a l'honneur de sortir le deuxième
EP. A nouveau 5 titres pour une durée équivalente.
La guitare qui tourne sur elle-même, distorsions, bruitage
pervers, groove lancinant. C'est un peu du monde de Moonshake
venant heurter les complexités d'un Storm and Stress
avec des relents de Gastr Del Sol. John Stanier est un modeste.
Il n'hésite pas à s'effacer devant une boite à
rythme, à prêter son flanc aux machines. Long morceau
de 12 minutes, froide élaboration de laborantin, sans
repères, expérimentation de sons à l'envers.
Battles n'a toujours pas tranché. Les derniers travaux
sont sortis sur Cold Sweat records. Deux titres qui ne remettent
en rien le théorème. On ne peut raisonnablement
pas savoir à quoi s'attendre avec Battles. Imprévisible.
Battles fait preuve d'une belle ouverture musicale, rassemblant
et malaxant un tas d'univers contradictoire. A priori puisque
qu'ils semblent oeuvrer pour faire le grand écart et
tout communier en leur sein. Tendance cérébrale
mais une vraie recherche créatrice pour trois disques
comme un seul. La bataille fait rage mais la guerre n'est pas
encore gagnée.
SKX
(13/11/2004)
website
groupe www.bttls.com
website
label www.coldsweat.org
website
label www.monitorrecords.com
sounds
www.dimmak.com/mp3s/index.php
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Bellmer
Dolls
Never sates nor palls - 7''
Self-Released 2004
Les poupées
de Bellmer. Un artiste allemand de l'entre deux guerres qui
à sa manière, pour protester contre la montée
du nazisme, fabriquait des poupées toutes désarticulées,
traversées d'un esprit érotique. Ou comment suggérer
le désir tout en étant loin des perfections raciales
tant recherchées à l'époque. En 2004, les
Bellmer Dolls est un tout nouveau trio américain. Du
neuf avec du vieux. Dans le lot, Anthony Malt, ex-Love Life
et Universal Order of Armaggedon. La musique est à l'image
des poupées. Toute démantibulée, déchiquetée,
décharnée. Un blues névrotique à
la forte assise rythmique contre laquelle vient se heurter une
guitare erratique et cinglante. Une poupée avec laquelle
le Birthay Party et Nick Cave auraient bien conté fleurette.
Trois titres autoproduits, réalisés par leurs
propres deniers. Ca ne durera pas. Les fauves vont se jeter
dessus. A juste titre. Les Bellmer Dolls sont pour les adultes
uniquement et rentre par la grande porte sur une scène
qui ne demande qu'à les éclairer d'une lumière
cruelle et chancelante.
SKX
(12/10/2004)
website
groupe www.bellmerdolls.com
sounds
www.bellmerdolls.com/mp3.html
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Between
The Devil and the Deep Blue Sea
North and south of nothing - CD
Action Driver 2003
Six morceaux
pour 65 minutes. Faites la moyenne au kilo, le porte-monnaie
du consommateur retrouve le sourire! Comme ils ne sont pas avares
de lettres, ils nous pondent un nom à rallonge que nous
réduiront pour une question pratique à Between
The Devil. Un patronyme qui à l'air comme ça sacrément
original mais à y regarder de plus près, c'est
le nom d'une chanson de Georges Harrison, d'une autre du vieux
jazzmen Louis Armstrong, d'un titre de film de Marion Hansel,
un titre de bouquin sur la piraterie informatique et on s'arrête
là pour l'originalité donc ! En fait c'est une
expression qui signifie " alternative difficile ".
J'ai l'air super érudit mais mon prof s'appelle "
Google ", faites l'essai, vous aurez des tonnes de réponses
! En tout cas, le nom semble bien approprié. Ce nouveau
quator de Columbus a du mal à choisir son camp. Entre
les longues plages instrumentales à la Explosion in The
Sky et les temps forts où ça rock, Between The
Devil a décidé de ne pas trancher. De lentes déclarations
d'amour. Le truc qui s'installe. Tout le jus balancé.
Là non plus, pas de folle originalité à
l'horizon. L'assise est connue. Mais ils prennent soin de ne
pas appliquer ce schéma de base à la lettre, rajoutent
un brin passion, voir un p'tit grain de folie sur certains passages,
avec en prime ces messieurs qui chantent aussi, à tour
de rôle, et leur rock à courant alternatif prend
forme dans la mélancolie et la souffrance en dépit
de quelques longueurs. Un premier album, qui, sans bercer dans
l'inconnu, fait preuve de pas mal de charme.
SKX
(01/08/04)
website
groupe www.betweenthedevil.com
website
label www.actiondriver.com
sounds
www.betweenthedevil.com
|
Black
Eyes
Cough - CD
Dischord 2004
Ca
va tousser dans les baffes. Black Eyes vient de Washington DC,
est hébergé par Dischord records mais rien dans
leur musique ne le laisse supposer. Une preuve encore une fois
que Dischord étoffe sa panoplie sonore. Black Eyes, c'est
l'orgie où tout le monde fait de tout. Comprenez que
les cinq membres chantent, tous, que la batterie est multipliée
par deux, sans oublier des ajouts de percussions, qu'on dénombre
trois joueurs de basses et que la seule guitare du lot a bien
du mal à se frayer un chemin. On ne serait pas complet
en ne mentionnant pas sur ce deuxième album l'omniprésence
d'un saxo bien foldingue. Ca vous donne un capharnaüm que
Ian Mackaye a produit et agencé de main de maître
pour éviter à ces trublions en puissance une dispersion
qu'il était légitime vu l'énergie créatrice
qu'il semble se dégager du groupe. Une voix hystérique,
les autres dans le grave, en chur ou en mode parlé
pour contre-balancer, c'est pas tous les jours qu'on entend
un tel travail. Une hypnose dans les rythmes et le bruit que
ne renierait pas The Ex, ça explose dans tous les sens,
ça déborde d'idées, ça vire jazzy,
ça repart dans le noise-rock abstrait à la Ex
Models, les sifflets de sortie de " holy of holies "
comme pour nous prévenir que rien ne se passe comme ailleurs
ici. Black Eyes vient de créer un truc de fou, abrasif
et inédit, sûrement la meilleure sortie de Dischord
depuis bien longtemps
. Sûrement la raison pour laquelle
Black Eyes se saborde. Une sortie par la grande porte en attendant
les nouveaux projets qu'on espère aussi inspirés
de la part de cinq types qui venaient pour tant de trouver l'osmose
parfaite. Chienne de vie !
SKX
(21/08/04)
website
groupe http://www.dischord.com/bands/blackeyes.shtml
website
label http://www.dischord.com
sounds
someone_has_his_fingers_broken.mp3
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The
Black Heart Procession & Solbakken
In The Fishtank vol.11
In the fishtank / Konkurrent 2004
In
The Fishtank est une série initiée par le distributeur/label
hollandais De Konkurrent (et géré par Luc ex-The
Ex !). Toute une pléiade d'invités prestigieux
unis le temps d'un CD pour le meilleur et pour le pire. The
Ex avec Tortoise, The Ex avec Sonic Youth, affiches alléchantes
qui déchantent, No Means No, June Of 44, Snuff, Low/Dirth
Three, le plateau est garni. Le volume 11 voit s'associer les
américains ténébreux Black Heart Procession
et les hollandais Solbakken. Comme tous les autres groupes,
ils ont deux jours pour enregistrer. Les Solbakken, lucides
sur leur capacité limitée à l'improvisation
ont préféré préparer le terrain.
Quelques bouts d'idées plus loin, Black Heart fait corps
et appose sa patte sur les compositions. Je ne connais pas l'univers
musical des Hollandais, mais ces six titres sont très
connotés Black Heart, ne serais-ce que par la voix magique
de Pal Jenkins. Tout au plus ressent-on l'univers de Solbakken
sans doute plus rock et virulent sur l'hypnotique et très
long " things go on with mistakes ", crescendo très
prenant, on se nourrit d'ambre. Pour le reste, c'est piano et
mélancolie. Classe et sobriété. Avec une
touche d'exotisme (sauf pour nous français !) avec "
voiture en rouge " où une mystérieuse Rachael
donne le change à Jenkins, en français dans le
texte, et la joute verbale est belle à tomber ! A l'ombre
des tulipes, nos deux groupes se sont trouvés très
inspirés. Six titres que tous les fans de Black Heart
se doivent de posséder. Quant au cas Solbakken, il mérite
que l'on s'y penche de près
SKX
(20/09/2004)
website
groupe www.blackheartprocession.com
www.solbakken.nl
website
label www.konkurrent.nl
sounds
bhp&solbakken.mp3
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Blame
Game / Zann
Split LP
Adagio / 660 productions 2004
Si leurs
racines tendent à s'abreuver à la même source
hardcore/punk, les versions diffèrent. Celle de Blame
Game présente un hardcore noisy, alambiqué et
nerveux qui se soucie plus de la forme que du volume. Avec Zann,
c'est la version gros bras, entre Acme et un Orchid lourdingue.
Le lynx américain contre l'éléphant allemand.
Par contre, ils se rejoignent tous les deux sur une approche
juvénile et très do-it-yourself de l'enregistrement.
Ils n'ont surement pas dû trainer des heures dans le studio.
Aussitôt joué, aussitôt dans la boite. Seule
compte l'urgence du propos, garder une certaine fraicheur et
naïveté, quitte à paraître bancale
et finit au yaourt. On comprend mieux le partage commun de ce
bout de vinyl au bout du compte. Le traitement a beau être
différent, l'esprit est commun. Zann a la voix lourde,
voir trop lourde qui colle au palais, mais qu'importe, vu l'épaisseur
des guitares, ça passe en force ! Il ne faut pas trop
chercher la petite bête. C'est chaotique, trash, sale,
je fais n'importe quoi du moment que ça envoie. Mais
en dépit de leur bon coup de truelle, on leur préférera
Blame Game. Des malins qui brouillent les pistes. Si le chant
reste dans la lignée hurlée/passionnée
du hardcore, les structures virent au math-rock, des versions
courtes et affolantes, des guitares aux sonorités claires
qui volent dans tous les sens, ça break à tout
va sans oublier d'allier l'efficacité. Une découverte.
Et si comme moi, vous prenez le train en marche, Stickfigure
records vient de sortir un CD discographique de tous leurs premiers
obscurs enregistrements.
SKX
(01/08/04)
website
groupe www.sunrevolver.org/blamegame
website
label www.adagio830.de
| www.stickfiguredistro.com
sounds
Zann : www.modusoperandi.de/sound/LoverFighter.mp3
Blame Game : www.hxcmp3.com/bands/1039
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Books
Lie
Hall of Fame of Fire - CD
Level Plane 2004
Des tréfonds
de New-York, Books Lie nous envoie sans détour un épisode
punk-rock moderne qui racle bien le bitume. Un CD en deux actes.
Le nouvel album, Books Lie version 2, avec un nouveau chanteur
et sa voix éraillée de chat de gouttière.
Et en bonus, des singles du temps de l'ancien chanteur et une
voix plus dans la norme. Comme la musique d' ailleurs qui n'a
rien de transcendant. On se concentrera donc sur les nouveaux
morceaux avec un groupe qui semble s'améliorer au fil
des ans. C'est encore loin d'être le firmament mais leur
punk-rock tire de plus en plus vers les influences de la scène
de Washington DC, voir un rock'n'roll très sec à
la Make-Up et des compos un peu cafouilleuses comme tant de
groupes de Gravity records les adoraient. Zéro effet,
beaucoup de cur et de l'humour avec leur morceau electro-dance
pour conclure leurs nouvelles dispositions. Ca manque encore
d'amplitude et de morceaux conséquents pour sortir de
la masse. Les pages du livre s'écrivent lentement. Petit
pamphlet acéré en attendant, qui sait, le pavé
incontournable !
SKX
(14/06/2004)
website
label
www.level-plane.com
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Booter
I can see it clearly - 7''
Peste & cholera / Rumble Fish Corporation 2004
Que ça
fait du bien de poser un 45 tours sur sa platine ! Par les temps
modernes qui court, on aurait tendance à la laisser prendre
la poussière ! Cet exploit est dû à un nouveau
groupe d'Angers qui signe là leur première sortie.
Tout ça sent bon l'artisanat passionné mais ce
disque est bien plus qu'un objet fait avec les moyens du bord.
Punk-rock crasseux et lourdingue, Booter nous renvoie à
Killdozer et l'école Amphetamine Reptile. Le rock pas
fréquentable, en dehors de toutes tendances et ces quatre
titres, loin des clichés, sont inspirés et sobrement
efficaces. Booter réussit le tour de force de vous donner
un coup de jeune avec de vieilles recettes. Oublies tout. Booter,
ça me botte.
SKX
(19/12/2004)
website
groupe booter.propagande.org
website
label www.rumblefishdiy.org
sounds
booter.propagande.org/sound.html
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Breather
Resist
Only In The Morning MCD
Deathwish 2004 (10" King of the Monsters records)
La tête
dans le guidon dès les premiers mètres! L'odeur
du bitume brûlé pour un parcours dont les virages
à angles droits et les téméraires lignes
droites ont été maintes fois usités ces
derniers temps dans le paysage hardcore, américain allais-je
dire, mais si on peut avancer qu'ils ont la paternité
du style, ça s'est franchement internationalisé!
Breather Resist (avec un ancien Black Cross) pratique un hardcore
torturé à souhait, dans le triangle des Bermudes
Converge / Botch / Playing Enemy. De quoi disparaître...
dans la masse! Rien de franchement novateur donc à la
base mais dans un panier, il y a le dessus et le dessous. Breather
Resist figure plutôt vers le haut, dégage une bonne
véhémence communicative, le son percute. Tout
est bien en place, avec de bonnes accroches, les défenses
s'amenuisent et dans un souffle, on ne résiste pas. Mais
ça joue serré.
SKX
(01/04/2004)
website
groupe
www.breatherresist.com
website
label
www.deathwishinc.com
sounds | |