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ARCHIVES 1999 - 2006
 

BAKAMONO
" long time cain " - CD
Super 8 records 96
Suivant l'adage "mieux vaut tard que jamais", une chronique de cet album de 1996 avec Bakamono dans le rôle des groupes pointant sur la longue liste des "portés disparus" alors qu'ils s'acharnent à sortir des disques dans un anonymat royal! Donc, soit! 3 ans de décalage pour cet album qui fait suite à un 1er psychédéliquement noise et prometteur. Et sont-ce justement ces 3 années, ce temps qui coule inexorablement, impitoyable, ah! oui mon grand toi, mon grand tout, qui donne un reflet jauni à ces 8 titres ? Parce que, bon, comprenez, ya rien à jeter là-dedans, excepté un longuet morceau de 10 mn qu'a trop pris de substances illicites! Vous avez le droit au contraire à de véritables morceaux de bravoures. "Smooth Surface" et son intro de basse vrombissante, "Ms Pac Man", petit tube rutilant. Ou encore "SMD", instrumentale version moite et diluée d'un Trumans Water, groupe dont on pourrait le plus les rapprocher sans que cela soit flagrant. Juste une façon de partir en couille, expression prise dans son sens positif, d'amener les guitares des des affres spatio-temporelles et artificielles. Donc le temps a fait son œuvre mais sommes toutes, c'est pas bien méchant. Guettons plutôt leur 3ème album, qui à l'heure où je tape ces lignes, pointe le bout de son nez. Et cette fois-ci, ils n'auront pas le décalage pour excuse....
SKX (03/08/1999)
BAMBI DAVIDSON
" el flaco " - CD/LP
blu Noise CD / 12 Pylons LP 00
Un duo d'attaque pas franchement fréquent. Les armes proposées : une batterie et une guitare. Et ne croyez pas encore une fois à l'énième groupe instrumental, le guitariste sait donné de la voix sur une bonne partie de ce 1er album. Le champ de bataille : une guérilla entre gens civilisés, un duel à peine miné avec ses grenades à fragmentations et ces cessez-le-feu, le tout arbitré par la voix de Robin van Velzen (ex-Megakronkel). On navigue sur les plates-bandes de DK3, voir Don Caballero lesté de moitié, des bavardages guitare-batterie où le ton reste modéré mais complémentaire et qui reste bien foutu dans l'ensemble. Mais ça reste assez convenu, sage sous des dehors improvisés. En fait, le hic, c'est la voix ! Quand elle est narrative pour raconter ses petites histoires de la vie quotidienne, on reste assis. Par contre, quand elle s'élance dans des joutes plus lyriques et chantées, ça crispe et tombe comme un cheveu sur la soupe. Une voix qui cadre mal avec la musique dans une démarche originale qu'on ne peut pourtant qu'encourager. Une fois la bataille terminée, ça reste mitigé, un je-ne-sais-quoi de folie qui manque, de beaux moments gâchés par des plans bancales mais au moins, ça le mérite de sonner personnel !....
SKX (24/07/2000)
BARBARO
" s/t " - CD
Polterchrist/Curve of the earth 99
Ca commence tout doucement. Quelques accords mélancoliques. Une voix féminine qui arrive sur la pointe des pieds, vous attrape au passage. Le décor prend forme. La scène se durcit. Les accords plus violents. La rythmique débarque. Le piège se referme. A l'image de ce morceau d'ouverture, les 7 titres du trio Barbaro (origine : Boston) s'insinuent en vous au fil des écoutes, la mayonnaise monte crescendo et sans finir sur les rotules, la douce sensation d'avoir découvert un nouveau groupe fort prometteur. Avec deux pôles aussi attractifs que différents : de sombres moments où s'étalent toute la misère du monde et d'autres où c'est la guerre. Ou la demoiselle, une certaine Meaghan Mclaughin, vous berce pour mieux vous en coller une derrière l'oreille juste après. Comme son compère Andrew Schneider, pas avare non plus pour pousser la chansonnette ou éructer dans les règles. Pris entre deux feux. Entre la douce et aigre tension sous-jacente à la COME et les déflagrations implacables à la Slughog (où sévissait le Schneider cité quelques lignes avant), combo noise-rock monstrueux injustement méconnu qui nous renvoie 6 ans en arrière. Tour à tour charmeur et lourdingue, Barbaro la joue fine et montre un beau potentiel. D'ailleurs Hydrahead records ne s'y est pas trompé et vient de sortir un 45. Laissez vous tenter. (PS : je remercie au passage Thibault "Brazen" pour la fine recommandation).
BELLINI
" Snowing sun " - CD
Monitor 02
Nouveaux venus jetés en pâture mais pas des débutants pour autant. Deux ex-Uzeda, groupe italien (sicilien pour être précis) et premier groupe européen en leur temps à avoir signé sur Touch and Go. Et la star de ces dames, Damon Che, ex-Don Caballero, solidement campé derrière sa batterie. Du beau linge comme on dit familièrement, rencontrer au gré de concerts en commun. Certains s'égarent, disparaissent. D'autres reviennent, montrant du doigt un point commun dans l'espace. Irréprochable jeunesse dans leurs nouveaux habits, taillés dans le tissu le plus simple. Le Che s'est à peine calmé. Les vieux démons, alors qu'il se prenait pour l'homme-pieuvre, sont continus, sous-jacents puis éclatent au grand jour. La paix désirée emprunte de savants corridors enfiévrés. Trouble cheminement, loin des fracas du passé. La maîtresse de cérémonie chante son blues, grave ou à bout de nerf, se fracasse sur une rythmique omniprésente. C'est Love Life qui se tamponne à Shellac. Un rock paré de sombre, électrique sans être violent, qui s'attarde avec bonheur vers des ballades aux noirs sentiments. La fièvre est trouble, changeante. La batterie s'arrête de cogner, un accordéon soulève la poussière, la guitare s'illumine. L'agitation nerveuse de l'ensemble, son aspect rugueux et diaboliquement rythmique pour un album révélant un tas de fissures dans lesquels il est bon de s'y glisser. Depuis Damon Che a changé sa direction et c'est le batteur de Girls VS Boys qui prend la relève. La roue continue de tourner.
SKX (25/02/2003)
THE BETTER THOUGHTS TO COME/HOT SCONE
" Société de figurants " - split 10"
Shinya / Jason R. / E.S.B. / L.O.F. 03
Amusante pochette rose bonbon où les play-mobils accueillants ne laissent en rien présager de l'horreur qui se trame derrière. The Better Thoughts to come a posé ses guêtres à Reims et leur hardcore chaotique et ulta-véhément tient le haut du pavé. Tous les paramètres du style sont parfaitement maîtrisés et exécutés, la production est une vraie déflagration. Ca déboule de tous les cotés. Les passages chairs à canon ne sont que mieux amenés grâce à de sombres moments tout en retenue. Si vous aimez autant la sourde puissance de Catharsis que les tremblements convulsifs d'un Converge, je ne saurais trop vous conseillez les quatre titres de The Better Thoughts to come qui vont à coup sûr en drainer plus d'un(e) sous leur déluge. Avec Hot Scone, on reste à l'est, direction Nancy. Un degré de plus dans l'échelle de l'horreur. A condition de ne pas lire les paroles qui concours certainement pour le Pullitzer. Pour rigoler en famille, jetez un œil sur " the essence of dick ". Excepté ce trait d'humour, Hot Scone a la main lourde. Le registre chaotique est toujours d'actualité avec la légèreté d'une division blindé montant au front. C'est presque trop et contrairement à The Better Thoughts to come qui savent faire respirer leurs compos, Hot Scone fonce tête baissée et évite la chute de justesse. Ca reste pas moins efficace sur une courte durée, bicarbonate au petit déjeuner. Offrez vous des play-mobils à Noël. Avec la dinde et un peu de moutarde, ça passe très bien.
SKX (12/11/2003)
BHANG DEXTRO
" elcona II A " - CD
Radio Controlled 00
Ouah ! Trop, c'est trop serait-on tenter de dire ! Les groupes qui se sont inspirés des travaux d'Albini, c'est légion ! Mais la plupart ont au moins la décence de bien le camoufler et de proposer une alternative. Pas toujours salvateur mais c'est toujours ça de gagner. Bhang Dextro, trio allemand, ne fait pas le malin et ne cache rien. Tu seras Shellac mon fils, c'est pas la peine de discuter. Surtout toi le bassiste. J'exagère un tantinet sans doute. Sur les 16 titres, y'en a bien 3, 4 qui s'égarent de la ligne directrice. Et le son n'est pas aussi glorieux. On parvient parfois à oublier la bande du grand maigre et brun de Chicago. Certaines mélodies se savourent, tranquilles. Mais l'ombre de Shellac reste omniprésente dans les rythmes, les breaks, trop c'est trop j'vous dis ! Si encore ils avaient pu nous rendre une copie plus brillante que l'originale.... A l 'écoute du dernier Shellac, c'était pourtant pas dure. Mais même pas. Pour les accros qui en sont venus à se piquer dans l'orteil.
SKX (17/08/2000)
BHANG DEXTRO
" record N° 5 " - 7"
Rex Rotari records 98
" Allemagne über alles " pourrait-on reprendre en choeur ces derniers temps. Et si ce disque est profondément tamponné US, estampillé Chicago sound, leur savoir-faire reste étonnant de maîtrise. Que les accros à l'Albini (parti se faire sodomiser par Jimmy Page), les déçus du Shellac (vieux groupe vivant de ses rentes) s'enlèvent les doigts du cul, Bhang Dextro reprend le flambeau, passant l'oral haut la main. 4 titres parfaits de précisions rythmiques. Ein, zwei, drei ! Et le tour est joué, on y voit que du feu !
SKX (20/04/1999)
BIG NUMBERS
" spectrum " - CDEP
Frog Man Jake 02
Big Numbers, groupe new-yorkais, après un CD sept titres, trouve la force de sortir un nouvel enregistrement encore plus petit, par la taille uniquement. Un CD mini que je sais pas combien de pouces il fait, mais ya tout ce qu'il faut à l'intérieur. Big Numbers continue ses travaux noise de fins escrimeurs, la pointe moucheté mais la cible atteinte en plein milieu. Une approche de plus en plus éclatée de la distorsion, des guitares tranchantes encore mais plus épurées. Des rythmes qui ne partent jamais. Et toujours cette voix, seule instrument qui met vraiment la pression sur les articulations. Trois titres pour une musique sans début, sans fin. Narrative et vraiment attrayante. On espère seulement que la prochaine fois, la taille sera à le hauteur du contenu.
SKX (21/06/2002)
BIG NUMBERS
" now, everything " - CDEP
Frog Man Jake 01
Big Numbers vit dans le nerf. En six titres, mes compteurs se sont affolés. Une révélation en provenance de la grosse pomme, qui même amputée, continue de nous déverser plus que jamais sa folie quotidienne, ces névrosés du bruit blanc. Ce White Noise donc est claquant, déchiqueté des muqueuses. Un acier très fin et chauffé à blanc. Je pèle mon crâne. Des regards de lame, leurs bouches minces crispées. Big Numbers pratique une noise fine et urgente, servie par une voix totalement attirante, pleine et intense qui fait beaucoup à la réussite de ce groupe. Ils ont compris beaucoup de choses et retirent d'un héritage très bien digéré, situé, en gros, entre Big Black et Wire, un petit bijou épileptique et intelligemment conçu. A adopter sans compensation.
SKX (20/11/2001)
BIG'N / OXES
" s/t " - split CD
Box Factory records 99
On n'y croyait plus. A vrai dire on ne se posait même plus la question! BIG'N, après 3 ans de silence, ressort 3 titres. Fonds de tiroirs dépoussiérés ou réels nouvelles compos, le mystère reste entier. Et qu'importe d'ailleurs! Ne boudons pas notre plaisir, Big'N est plutôt du genre économe. Et conservateur sur les 2 premiers morceaux. Noise = Chicago, vous sentez d'où vient le vent. Rythmique ultra-carée, sobre et puissante, la pièce maîtresse dans laquelle se moule la guitare, toujours discrète. Et cette voix, véritable marque de fabrique du groupe, du fond de la gorge, rageuse, cassée, intense. Et après, Big'N part au champ. Imaginez donc! Un morceau de 8 minutes! Avec de l'harmonica en plus au beau milieu dans le break. Ca de quoi effrayez et pourtant c'est le plus réussi. Post-rock, noise répétitif, Big'N sort le grand jeu et nous font la totale. Epatant. Et quand je vous dit que le meilleur reste à venir, vous allez pas me croire! Car la véritable bombe, c'est ce jeune groupe de Baltimore, Oxes. Des petits bleus qui vole à des hauteurs pas permises. Ca cadre entre Colossamite et Don Caballero, avec un brin de Big'N dans la voix. Ces 3 titres sont royaux, tapis rouge facile. C'est unique et renversant. Pourvu qu'ils soient plus prolifiques que Big'N. Ca finit par un sample de conversation téléphonique. Comme sur le dernier album de Big'N. La boucle est bouclée. Et cette chronique terminée.
SKX (26/11/1999)

BLACK CAT #13
"s/t" - 7"
King of the Monsters 00
La chasse au chat noir est ouverte. Affublé d'un numéro 13, elle risque de devenir périlleuse. D'autant que le chat est excité. Voir la chatte, brûlante sur un toit haut perché. Une voix féminine qui rappelle Melt-Banana dont Black Cat #13 partage également le même sens de l'égalité des sexes : 2 filles, 2 mecs. Et un amour pour les compos brèves, bruyantes et trépidantes, soutenues par quelques claviers du plus bel effet. C'est frais, bien enlevé sous une bonne couche de bruit et relativisant comme mille langues râpeuses vous caressant l'épiderme.... Si vous n'êtes pas superstitieux, bondissez sur ce 4 titres !
SKX (02/06/2000)


BLACK DICE
" s/t " - 7"/10"
Gravity / Troubleman 00
Mauvaise pioche ou tirage au sort favorable ? Les dés noirs jouent avec le feu et se retrouvent aussi bien du coté du marteau que de l'enclume. Sur leur 45 tours où défilent 6 titres, soit on crie au punk bruitiste de génie, au jeu du rien-à-foutre-de-ce-que-tu-penses, je torche tout et basta. Soit on hurle au n'importe quoi, moi aussi je peux le faire, c'est nul ton truc, pas de quoi en faire un disque. Entre les deux, mon cœur balance. Je comptais sur leur tout dernier, un 25 cm chez Troubleman Unlimited, agrémenté d'un livret tout en couleurs, pour y voir un peu plus clair. Mais le yin et le yang dicte toujours sa loi. Une face noise arty comme un seul morceau plein de larsens, de bourdonnements, d'éructations, de grincements de dents, les sillons en prennent plein la gueule. L'autre face, on pense qu'un soupçon de normalité va vous étreindre, on le pressent, la roche brute se taille d'un morceau presque identifiable et alléchant, les cris et les larsens s'apprivoisent, l'énergie se canalise. A peine le temps de se retourner, ça s'achève sur une longue note répétitive à l'infini. Black Dice, un groupe excessif, le bruit pour simple raison d'exister, punk dans l'âme. Le bruit pour le bruit. Mais faudrait pas que la blague continue trop longtemps ! Et on a toutes les raisons d'espérer.... (Un autre single est sorti sur Vermin Scum records).
SKX (26/09/2000)
THE BLACK HEART PROCESSION
" between the machines / after the ladder " - 7"
Suicide Squeeze 01
The Black Heart Procession nous gâtent. Non content de sortir des albums qui font le bonheur des petits et grands, BHP disséminent des graines dans les contrées les plus reculées. Des labels qui sont même pas sur la carte. Drôle de politique pour un groupe, un poil reconnu tout de même, de sortir des morceaux sur d'obscurs labels à la distribution très aléatoire. C'est tout à leur honneur! Car en plus, ce ne sont pas des fonds de tiroirs. Après le 45 "lssr/the hideway" qui valait son pesant de cacahuètes, Pall A. Jenkins et sa bande fête Noël avant l'heure, distribution de cadeaux avec ce titre magnifique "between the machines". On nage toujours dans des profondeurs de mélancolie mais illuminées de l'intérieur et un parfum sourd de Leonard Cohen. La mélodie au piano est irrésistible. L'autre face est plus 'enjoué' (comme si une chanson de BHP pouvait être enjouée)... Disons que le rythme est plus enlevé mais on ne tordra pas les gondoles pour autant. A la vie, à la mort!
SKX (27/11/2001)
THE BLACK HEART PROCESSION
" lssr " - 7"
Speakerphone 01
Le cœur repeint en noir, c'est aveuglément qu'on rentre dans la danse de toutes les nouvelles balises jetées par The Black Procession. Ces deux titres inédits vont illuminer plus d'un radeau en détresse déjà voué à leur cause. Black Heart et ces ballades amères ne laissent personne indifférent. Musique intemporelle, intimiste et puissante. Force de suggestion énorme. Dixit Pall A Jenkins, crooner du groupe, "lssr" est une de leur meilleure chanson jamais écrite. Je ne suis pas loin de le croire. Un rythme synthétique berçant une mélodie poignante, cette voix qui vous enveloppe de noir, ce piano qui fait tomber les derniers remparts. C'est la fonte des neiges. L'autre morceau, "the hideway" est également une grande chanson. Sa trompette qui tisse la mélodie centrale, le rythme légèrement ivre et fatigué, tout s'envole, tout titube. La magie Black Heart Procession encore à l'œuvre. (A noter la sortie couleur de ce vinyle sur Rocket Racer records contre la version noire de ce label suédois Speakerphone et limitée à 500 exemplaires).
SKX (02/10/2001)
BLAKE
" s/t " - Lp
Blue Skies Turn Black/The Mintaka Conspiracy 01
(blueskiesturnblack@hotmail.com)
BLAKE a tout du groupe posthume. Repéré en des temps reculés par un 45 sur Spectra Sonic Sound, ce trio aussi canadien que son label était parti casser de la glace dans le grand nord. Deux labels se sont mis en chasse et sortent conjointement un album à deux vitesses. Une face date de 1996. L'année de la vitesse. Le batteur en figure de proue, qui donne l'impulsion, un nerveux de la caisse claire, une dynamique affolante, noise fine et énergique sans saturations, qui n'est pas sans rappeler les grandioses Table. Entre temps, Blake se paye un coup de fatigue. C'est la face 1999. Le rythme se ralentit. Le chant se fait plus présent. On perd de l'influx. Sans être refoulant, cette face fait entrer Blake dans le rang et on se dit que, si c'était pour continuer sur ces routes fréquentées, ils ont aussi bien fait de repartir casser de la glace. Reste une face six titres et un vieux 45 pour les indécrottables de la perle rare à dénicher absolument.
SKX (01/10/2001)
THE BLOOD BROTHERS
" march on electric children " - Lp
Three One G 02
The Blood Brothers coule à flot dans le moindre sillon. Ca dévale la pente, se répand dans chaque interstice crée par des lésions multiples. Petits cataclysmes de la vie quotidienne. Le hardcore de The Blood Brothers rock autant que celui de Botch ou Song of Zarathustra. Autant dire qu'il n'a plus grand chose à voir avec l'origine du style, que l'effervescence perpétuelle a engendré des vaisseaux innombrables. Et le hardcore de The Blood Brothers est très volubile. Ca vous vient de tous les cotés. Des rafales de batterie, des guitares qui ne laissent aucun répit. Et surtout le chant. Ou plutôt les chants. Des duettistes qui vrillent la tête, notamment le chant principal. Criard, geignard, voir nasillard, je bloque carrément. Je n'ai pas pour habitude d'accorder grande importance aux voix mais là, trop c'est trop. On aimerait que ces voix la mettent parfois en veilleuse, qu'elles laissent respirer la musique et laissent tomber leur cynisme. Et c'est tout un symbole. The Blood Brothers en fait trop sur ce deuxième album. On a beau noter des passages alléchants, à fond sur les manettes bien sûr, mais vraiment trépidants, on perd rapidement le fil de l'histoire. Ca manque de rebords auxquels s'accrocher, d'angles droits histoire de voir des horizons différents, des mélodies pour digérer. Une ligne droite perpétuelle, bombardement tous les deux mètres et à la fin, un bon gros mur contre lequel on s'écrase. On a rien vu du paysage, la course poursuite a tellement été effrénée qu'on en ressort vide et fatigué. Ce disque me laisse perplexe. Il a tout pour me plaire et pourtant, il risque fort de prendre la poussière.
SKX (22/08/2002)
BLOW UP
" s/t " - CD
The Blood of the young 01
Il porte bien leur nom! Blow Up. L'explosion. La dilatation des neurones. La tornade en 25 minutes chrono et 13 titres sur la crête du volcan. Avec l'inévitable synthé comme dans tout bon groupe hardcore actuel qui se respecte! Et des rythmes en pagaille. Batterie normale couplée à des rythmes aux sonorités métalliques. The Locust pour la rapidité d'exécution. Arab On Radar pour l'araignée dans la plafond. Song Of Zarathustra pour le punk moderne qui sommeille en eux. Voix scandée et méga-hurlée. Bizarrerie passagère ou franc du collier, ça caresse pas dans le sens du poil. Le mec aux claviers s'en donne à cœur joie, balance de méchants sons ou alors fait carrément le guignol. A l'arrivée, on en sort bien fatiguer. Ca en vaut bien d'autres. Ils connaissent les gammes de la folie sur le bout des doigts. Mais tout ce bruit pour rien.... Cette tornade manque d'âme. Tout ce fracas tourne en rond. Ca passe par une oreille, la nettoie bien de l'intérieur certes, mais ressort de l'autre aussi vite que cette musique est jouée. Une explosion aussi passionnante qu'un feu d'artifice. C'est bien sur le moment mais sans lendemain.
SKX (31/01/2002)

BOOK OF DEAD NAMES
" The story unfolds " - CD
The Blood of the young 02
Ce groupe porte son nom à merveille. Le livre des morts. Un ramassis d'éclopés qui ont tous sévis, où sévissent toujours, dans des tonnes d'autres groupes, en tête duquel on retrouve Song of Zarathustra. L'histoire est floue. Le Book of Dead Names est porté disparu régulièrement sans que l'on sache vraiment si ce groupe existe toujours. Cet album lui-même semble avoir été conçu ya 2/3 ans mais n'est sorti qu'en 2002…. Un groupe de fantômes à géométrie variable. Une chose est sûre, c'est que le chanteur de Song of Zarathustra et au moins un autre membre figurent au panthéon de ce projet. Et si vous avez pleurez sur la mort de SOZ, réjouissez-vous, cet album vous donne une seconde chance de verser vos larmes ! C'est tout pareil mais sans le synthé et je me demande d'ailleurs si c'est pas meilleur que SOZ… C'est pour dire ! Un hardcore rock'n'roll particulièrement énervé, droit au but, un minimum de temps mort. Tension constante. Les défenses sont dérisoires. Avec des roulements de batterie à faire pâlir une avancée de chars. Et des refrains qui vous font tomber le râtelier, des décrochements en pleine tempête qui font chavirer les cœurs. Song of Zarathustra, Book of Dead Names, même combat. Avec une telle vitalité, on est pas prêt de les enterrer. Tremblez dans vos tombes, l'écho de leur musique retentira des années durant.
SKX (12/03/2003)
BOTCH
" An anthology of dead ends " - CD
Hydrahead 02
Le baiser de la veuve noire. L'ultime cadeau qu'on n'aurait jamais souhaité en guise d'adieu. Tant d'espoirs sanctionnés définitivement en six malheureux titres. Allez vous faire pendre ailleurs. Botch, c'était le renouveau du rock. Tout le contraire du besogneux. La transcendance des genres. L'ultime pont jeté entre les hardcore kids de base qu'ils étaient à un truc musicalement devenu riche et intense. L'ouverture d'esprit au service d'une musique complexe et limpide à la fois. Du sang plein les mains. Du cœur et de la finesse sous leurs allures de faux durs. Noise, rock, expérimentale, tout à la fois. Un guitariste qui en a soufflé plus d'un sur scène par son jeu fracassant et plein de risque. Avec Botch, on tenait là des fers de lance pour faire avancer la grande machine dans le bon sens. Alors ils nous restent ces six morceaux pour pleurer. Six titres au nom de pays. Où, bizarrement, la lettre " n " s'est muée en " m " (Spaim, Framce, Vietmam…). Les plombs sautent. On tient du Botch dans la grande lignée de leur album incontournable " We are the romans ". A l'assaut des murs, clairvoyants et percutants. Ca l'air si simple avec eux. Chaque coup fait frémir et succomber. Les deux derniers morceaux sont symptomatiques de l'ambivalence grandissante de Botch. Et la cause de leur perte? Entre la douceur maladive d'un piano de " Afghamistam " et la déflagration tous azimuts de " Micaragua ". Comme si il ne pouvait plus avoir de réconciliation possible entre l'eau et le feu. Que le champ musical ouvert était devenu trop vaste pour une solution consensuelle. Ou alors rien de tout ça, on passe son chemin. Dorénavant, méfiez-vous des contrefaçons.
SKX (22/01/2003)
BOTCH
" American Nervoso " - Lp
Hydra Head records 98
Au-dehors, la pression s'accélère. American Nervoso, grand album. Riche, original, créatif. Autant Converge qu'Unsane. Et rien de tout ça à la fois. Hardcore suintant, riffs durs se confrontant à un monde bruyant, ne pas oublier d'où vient le rock, des riffs un tantinet plus calme, voir piano et un hit fédérateur, simple et lumineux comme "Dali's Praying Manti". Multiples titres commençant leurs folles rondes par une approche frontale, riffs imparables, sortir de son enveloppe corporel "("John Woo", "Thank god for Workers bees") avant que les structures disparaissent, nous échappent dans les méandres de cerveaux torturées. Fins de morceaux méconnaissables. Le serpent ne se mord pas la queue. On s'y perd. On en redemande. Des idées à tous les étages. Un vrai souffle d'air pur et costaud, quelque soit la face cachée par laquelle on aborde ce sommet. Pièce maîtresse incontournable.
SKX (19/10/1999)
BOTCH-KNUT-ANANDA
" Live in Rennes " - 10
Mosh Bart Industries / Overcome 00
Le 17 novembre 1999. Date dont l'écho résonne encore à Rennes avec un plateau poids lourd, Neurosis tout en haut de l'affiche. Pris sur le fait en pleine débauche scénique, trois groupes. Un instantané de la soirée. ANANDA, sur lequel je passerai vite. Leur musique sur album m'a toujours laissé indifférent et sur scène, idem. Comme un manque d'ampleur, une puissance qu'on pressent mais qui ne décolle pas. Avec les Suisses de KNUT, les jambes commencent à se dégourdir, les têtes frappées les genoux, tics nerveux. Carré, vif, metal-core millimétré et impressionnant, c'est Zeni Geva dans votre salon à saloper partout. On garde le meilleur pour une face à eux tout seul. Les américains de BOTCH, les rois de la scène. Troboscopes (bon, c'est vrai, sur disque, ça se voit moins), présence scénique mortelle, guitariste le pied derrière l'oreille, maestria des effets, un vrai jeu noise, tout en désaccord et en larsens. Ces ''transitions from personna to object'' et ''hutton's great heat engine'' en témoignent. Fin de morceaux en free, le fauve est lâché, à moi la meute, plein les oreilles. Du vrai live, avec sa part d'imprécisions, des notes qu'on entend pas sur disques, bref, quelquechose d'inédit et un plus indéniable par rapport à leurs albums. Avec une qualité d'enregistrement parfaite, c'est une raison suffisante pour se procurer ce morceau de disque très vivant.
SKX (16/11/2000)

BOTTLED OG
" Golden Hits: Northern California Music-Industrial Complex " - CD
Autoproduction? 02
L'aboutissement d'un parcours erratique. Débutée avant le déluge (1995) avec un membre en plus (une fille exit ), l'histoire de Bottled Og prend ici son véritable envol avec ce premier album sous une formation et une motivation nouvelles. Une histoire dans l'anonymat le plus complet, qui se résumait à leur Midwest natal mais qui a au moins le mérite de révéler ce groupe en pleine maturité. Vaches maigres et tâtonnements, c'est du passé. Obstination, endurcissement, le pas franchi est un pas de maître. On peine à rattacher cette musique à un univers connu et ce n'est pas la moindre de ses qualités. Vaguement noise, les personnalités de ce groupe ont suffisamment ouvert les oreilles à tout vent pour se laisser épingler une étiquette quelconque sur le paletot. Le groupe auquel on pense en priorité, c'est Zulu As Kono. Des malins qui sans l'air d'y toucher impressionnent son monde. De la noise qui ne joue pas dans la cour du bruit, à grands coups de moulinets et de larsens dans les tympans. Pas de batterie en rafale mais une tension de tous les instants, des mélodies acerbes, un mur de finesse entre deux guitares bien acérées. Etrange et beau à la fois. Sicbay, Trumans Water, Tom Waits, la panoplie est alléchante. Des compos qui respirent, des titres énormes ("bury the hatchet", "infilate me", "barry the hatchet"), cet album est une vraie bonne bouffée d'air frais et ce groupe une révélation à s'emparer vivement.
SKX (03/04/2002)
BOZART/WICKETRAN/ROGUE STATES
" split CD " - CD
Snackbag 01
Une histoire de couple. Libre et échangiste. D'un coté, Bozart. Duo guitare-batterie. De l'autre, Wicketran, autre binôme mais basse-batterie. Habituées à se confronter lors de nombreux concerts en commun et développant des atomes crochus, les deux pairs se mettent à la belote et forment un troisième groupe Rogue States. Le fruit de ces entrailles incestueux est ce CD où chaque formation propose deux titres inédits chacune. Le math-rock dans tous ces états. La part belle aux dynamiques risquées et aventureuses. Surtout Bozart dans un registre lavé de tous soupçons, sans dissonance mais rigoureux, sans faille et très agile. Avec Wicketran, c'est déjà plus sale sur soi. La basse déterre les cadavres. La batterie les remet en bière. Chouette duo! Et pour la partouze finale, c'est le batteur de Bozart qui prend la seconde gratte. Tout de suite, ça rock plus sévère, prend les espaces et file en ligne droite, lorgnant vers l'efficacité instrumentale d'un Oxes rugueux. Je ne saurais vous conseiller leurs albums solo. "Frills and flashy finery" pour Wicketran. "Kurth" et "Bunge" pour Bozart. Sur la longueur, c'est une toute autre échelle et ça vaut le coup de la grimper! En attendant, cet utile split CD pour faire connaissance.
SKX (31/01/2002)
BRASS KNUCKLES FOR THOUGH GUYS
" Noise man kills him " - CD
Divot records 98
C'est dingue l'imbroglio pas possible qu'on peut sortir d'un simple quator basse-batterie-guitares. Et oui toujours ce bon vieux quator ! Et le sang frais, par l'odeur alléchée, j'accours ! De rebondissements en larsens, de contre-temps multiples en brèves râles d'écorchés, cet album essentiellement musical - celle qui irrite et fait bouger les membres de votre corps dans un sens défiant toute logique - urge, jouit par tout ces pores, véritable pépite noise, météorite incendiaire qui rallument la mêche de toute personne un tantinet énervée par le calme relatif du dernier Don Caballero. Tout en apportant fraîcheur et entrain congénital ! Précis comme un scalpel, cette frappe chirurgicale est sûre de faire des victimes parmis les civils. (Et dire que c'est déjà fini ! La suite avec Hero of a Hundred Fights et American Heritage)
SKX (30/03/1999)
BRAZEN
" Orphaned " - CD
Stickman 03
La déception est à la hauteur de l'attente. Après un magnifique maxi " as floods decrease ", on était un paquet à miser sur les quatre Suisses. On avait bien senti, que ce soit sur le mini split CD avec Kevlar ou en lisant entre les lignes de bribes d'interview, qu'une certaine évolution se ferait sentir…. Mais pas un tel changement radical ! Brazen prend un virage à la Cave In et vire heavy-pop bien propre sur elle. Ca me fait de la peine de dire ça, j'appréciais réellement leurs débuts, mais là, c'est le désert. De belles mélodies qui ne font naître aucune émotion. Des vocaux éthérée, nickel chrome et pâlichons. On croirait entendre Sugar. Un produit de série sans âme. On a beau retrouver sur quelques rares passages ("the straw ") les lustres de leur court passé ou tenter de finir en beauté avec le dernier morceau " thin lines " et son apothéose bruitiste, la pilule est amer. L'évolution musicale pour n'importe quel groupe est une bonne chose, voir quasi obligatoire. Mais peut on encore parler d'évolution dans ce cas précis ??!! Ca ne rime à rien. Le groupe aurait pu changer de nom, on y aurait vu que du feu. J'ai beau être ouvert d'esprit mais cette évolution là se fera sans moi.
SKX (28/04/2003)
BRAZEN/KEVLAR
" s/t " - double CD
Snuff 01
L'intérêt réside d'abord dans l'emballage. Une vraie pochette surprise modèle réduit avec deux mini-cds pour nain, format que les lecteurs d'Abus Dangereux connaissent bien. Empaquetés dans un bout de carton glacé et adapté à la taille avec rabat aérodynamique, le label suisse Snuff voit petit mais costaud. Pour toutes les personnes qui attachent autant d'importance au dedans qu'au dehors, l'effort est très appréciable. Et au dedans justement, il se passe deux inédits pour chaque groupe. On commence par les suédois de Kevlar. Je ne vais pas m'appesantir des lustres. Ces deux morceaux de pop-rock très produits sont sûrement fait avec beaucoup d'honnêteté et de conviction. Mais ça me secoue autant qu'un reportage sur la chasse au gibier d'eau en marais poitevin. A vrai dire, c'est Brazen qui a capté toute mon attention sur ce bout de CD. Après leur grandiose cinq titres, on attendait avidement tout ceux qu'ils voulaient bien nous jeter en pâture. Et autant dire que Brazen ne regardent pas dans le rétro. La partition évolue. On le sentait pointer et confirmation avec ce "everlasting gestures", ultra mélodique et mélancolique, au chant éthéré, qui ne part jamais. Ambitieux et surprenant avant d'être tout à fait convaincant. Mais la machine est en route. Avec "statues and waifs", on retrouve le Brazen tel qu'on l'avait laissé. Mélodique toujours mais hargneux et abrasif, où on se noie avec plaisir dans l'ambiance sombre et les structures marécageuses. Du Brazen grande lignée. Un split bancal dans un packaging unique en son genre. Faites votre choix!
SKX (09/10/2001)
BRAZEN
" vicious/fog " - 7
Autoproduction 99
Une manière de se poser avec méthode, mine de rien, d'installer l'ambiance avec doigté, vous aguicher avec un refrain persistant, de lentement monter la pression et brillamment s'imposer, se libérer des spasmes. Le tout est tendu, étouffé, lourd et émotionnel dans un break identique. " Post-hardcore " disent ces Suisses. En tout cas, ce 1er 45 a tout pour vous mettre l'eau à la bouche.
SKX (12/07/1999)

BRAZEN
" ....As flood decrease " - 10
Autoproduction 00
Premier contact. La pochette. Inquiétante sur fond gris vieillot. Sa part de mystère attirante. Sobre et compact. Au-dedans, ça jaillit avec force. 5 titres qui remplissent l'espace, dense, on se colle au mur. Le son d'abord. Imposant, robuste et riche, bruyant tout en laissant place à de nombreuses respirations, de nombreuses lignes de guitares esseulées, toujours mélodiques , annonciatrices de chaos. Et en son sein, une voix, noyée sous le déluge. De la profondeur, du coffre, une production humaine qui joue dans la cour des grands sans surenchérir et se la péter gros bras. Après, plus qu'à rajouter le cœur. Des compositions sombres et torturées, vindicatives et si proche de la chute. Se laissez massacrer par " Throats to hear ", abrasif et tripant, se laissez bercer par les surprenants choeurs toujours discrets et à point nommé, ne plus bouger sur le calme début de " the opening curse ", s'incendier sur des sommets d'intensité. Un disque saisissant, à l'image de la pochette, avec un grain énorme et attachant. Une musique palpable, avec du corps. Appelez ça post-hardcore moderne, comme vous voulez, mais c'est juste un putain de disque qui prend aux tripes, réussit de bout en bout, puissance 10 fois mieux par rapport à un 1er 45 déjà prometteur. Une putain de montée en flèche chez ces 4 jeunes Suisses qui nous donne une bonne raison d'apprécier ce nouveau millénaire !! (A noter que la version CD sort d'ici un mois sur Snuff records).
SKX (03/05/2000)
BREACH
" venom " - Lp
Burning Heart records 99
L'hématome risque d'être grand. D'un bleu sanguinolent. Et à contre-courant. Pas assez (NY)hard-core pour les puristes, enfant bâtard au sein de leur propre label. Mais encore trop bourrin pour le noise-rockeux de base. Trop de déstructures pour le bourrin primaire. Trop de métal pour l'eau pure. Trop de tard pour être dans le bourre. Pas assez de tal pour être dans le bain. Trop de blahblah pour corer dans le crin. Ca craint. Alors nos orgueilleux suédois continuent leur mutation, assimilent avec passion les nouvelles donnes (Neurosis, Shellac, Dazzling Killmen...) pour transformer leur hard-core basique d'une jeunesse à jamais révolue en une musique travaillée dans le brut. Tous les éléments du crime rassemblés. Avancer sans se soucier des clochers. Zeni Geva et Neurosis ont entendu pire. BREACH prolonge les attaques du précédent et grandiose " It's me god ", sculpte dans le sombre, racle en profondeur. Ralentir dans les virages et laisser la gomme du pneu sur l'asphalte dans des lignes droites et suicidaires. Un bloc monolithique aux cavités nombreuses et organiques. Une pièce essentielle à votre collection d'art convulsif.
SKX (18/05/1999)
BREACH
" godbox " - CDEP
Chrome Saint Magnus 00
(distro Conspiracy records)
La boite à bon dieu. Un bon dieu tout noir et torturé de l'intérieur. Sa face cachée enfin révélée par Breach qui ne recule devant rien. Ses plus noirs desseins enfin dévoilés au grand jour. Une boite mystérieuse où vous n'aurez pas la révélation de votre vie mais la continuité des solides travaux entrepris par un des groupes phares de la scène suédoise. Et demain le monde vu l'ampleur qu'ils commencent à prendre. Une boite à 5 titres en attendant le reste des commandements sur un album prévu au seuil de l'été. Cinq titres denses, compacts, sombres, cet art de se situer à la frontière de différents styles (noise, hardcore, heavy-rock) sans y toucher, une manière brutale d'approcher le son et d'y apporter son lot d'émotions par frappes chirurgicales. Les dégâts occasionnés sont, comme dans la vraie guerre, irrémédiables. On émettra juste une réserve de circonstances sur leur habituel talent mélodique plus obscur cette fois-ci. C'est qu'on deviendrait exigeant à la fin ! Et Dieu dans tout ça ? !
SKX (13/03/2001)
BREATHING WALKER
" s/t " - Lp
Vermin Scum 01
Bizarre destinée pour ce disque. Des bandes ressorties dont ne sais où. Un enregistrement mi-studio mi-live qui date de 1990 que Vermin Scum nous refourgue sous le nez 11 ans plus tard. Un groupe mystérieux et qu'on dira culte vu la carte de visite que trimballe Breathing Walker. Un groupe de jeunesse à la durée de vie ultra-courte qui a vu les premières armes des futurs membres de Moss Icon mais aussi Tonie Joy (UOA, Born Against, Convocation Of...). Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cet effort de jeunesse n'a rien à voir avec la suite de leurs productions. A se demander quel fût le choc musical, le lien entre Breathing Walker et les avatars punks bruitistes dont ils nous ont gratifiés ensuite. Breathing Walker erre en contrées psychédéliques, évolue dans de grosses fumées à la recherche du Velvet Underground et d'une touche définitivement européenne. Violons, percussions en sus de guitares aux sons clairs. Relents Badgewearer, improvisations plus ou moins bien senties. Rythmes hypnotiques, incantations vaudous d'un certain Jon Vance au chant. Surprenant et loin d'être déplaisant, surtout les deux titres de la face A. Dommage que le son soit maigrelet et, qu'on ne s'y trompe pas, ça reste un truc de jeunesse dont on aurait très bien pu se passer, avec son coté bancal et pas toujours au point (les deux titres live sont pas spécialement à leur honneur). A prendre comme un témoignage touchant de la part de musiciens qui marqueront la scène hardcore américaine de façon bien plus conséquente par la suite....
SKX (20/06/2001)
BRIGHT CALM BLUE
" A direct approach for casual conversation " - CDEP
Level Plane 03
Danses désarticulées et plaintes agressives, ces six titres de Bright Calm Blue risquent de vous éreinter la moelle. Un premier album (" Assymetry Set ") sous le bras et l' évolution est déjà palpable. Faute à un changement de chanteur mais pas que. L'envie de se démarquer de la meute hurlante. De faire évoluer leur hardcore plein d'émotions façon 400 Years en des terres éclectiques. Ne s'épargner aucune voie, s'offrir une palette de sons, de rythmes et de mélodies pour mieux perdre l'auditeur et le cueillir à froid. Ou comment passer d 'un truc, certes bien foutu mais classique, à un truc, certes classique, mais encore mieux foutu ! Je me abricote. Ce " direct approach " n'a rien d'un brûlot révolutionnaire et pourtant, ce groupe de Lincoln (Nebraska) trace sa route, très finement entre un tas de bornes connues, accouchant d'un rock revigorant, à la texture complexe et néanmoins fulgurant. Les voix se donnent beaucoup de mal, se dédoublent, débitent presque comme Racebannon. Les airs sont immédiatement identifiables, atout majeur de leur hardcore-rock passionné qui va drainer plus d'un dans son sillage. Musique écartelée qui tape large et les rend unique. Si ils continuent comme ça, on n'a pas fini de parler d'eux !
SKX (15/09/2003)
BUG
" Klotho " - CD
Interstellar 03
Bug, c'est l' école du bruit, la branche historique, celle qui aime jouer avec les volumes, les torturer, en foutre plein les tympans, appuyer là où ça fait mal. Ces rythmes qui martèlent. Ces grosses basses qui cognent (Cherubs, Unsane). Etouffer sa proie. Ne pas offrir de répit. Broyer avec tact mais broyer quand même. A l'image de la photo intérieure du livret, cette vague, cette déferlante entre deux massives falaises dont la résistance est attaquée millimètre par millimètre. Je ne sais pas si vous êtes un roc mais vous risquez d'être écrasé comme une vraie merde. Bug, c'est autrichien (Innsbruck) et c'est du solide. Difficile de rester de marbre et de ne pas se fendre sous les incessants coups de butoirs. La voix est âpre. Le marteau de l'enclume frappe encore et encore. Bug a écouté les mêmes groupes noise que vous. Ils ont beau s'offrir deux remix techno-hardcore-indus dont l'un (tribute to bad blood) très limite, le fil rouge, c'est définitivement le bruit. Le travailler au corps. Le sculpter dans ses moindres recoins. Alors si vous aimez avoir la tête dedans et que vous cherchez une suite logique à votre collection de disques affiliés noise-rock, catégorie poids lourd, choisissez bien, choisissez Bug.
SKX (23/12/2003)
BURNMAN
" notes for a catalogue for an exhibition " - CD
No Idea 00
La visite de l'exposition va être mener à un train d'enfer. Trois guides dont deux sévissaient auparavant chez I Hate Myself et qui reprennent du service dans une version accélérée de leur précédent tour. Pochette à l'esprit fin de siècle, style exposition universelle, où on fait dans le classique, avec juste ce qu'il faut d'agressivité, de la trépidance sans mal de crâne, pour une énième version du hardcore semi-rock américain. Du bonheur tout simple avec un "deception" qui porte mal son nom et fait mouche. De la conviction sur tout ce qu'ils tapent, des rythmes qui vous bougent le cul. Production sans fioritures, un minimum de question à se poser, trois minutes maxi. No Idea n'a jamais fait dans le glamour et le tape à l'œil. Ce nouveau projet est du genre homme pressé à défaut d'attiser les passions et reste dans la lignée des groupes maisons : des artisans passionnés et sérieux. Burnman, ça fait chaud au cœur!
SKX (30/03/2001)
BURST
" Conquest : writhe " - CD
Prank 02
J'ai tout plaqué et je suis parti en courant. Le feu sifflant de Burst nous contracte les mâchoires. En matière d'éructations et de pression constante, ce gentil groupe américain en connaît un rayon. Hardcore viril et metal transcendé, leur terrain de jeu, c'est Deadguys et compagnie, que du tendre et du mou de la cuisse. Drôlement efficace, un son à la hauteur du propos, ça défrise les oreilles. On aurait presque pu poindre vers Catharsis, la face sombre et pesante lancée à la vitesse du TGV. Avec ses petits passages acoustiques pour faire bonne mesure et montrer qu'on a du savoir-vivre. Une voix continuellement dans le rouge, secondée parfois d'une douce voix de bûcheron qui monte vous caresser la nuque. Des soli aussi aventureux qu'inutiles viennent encombrer (à des moments heureusement rares) le paysage, des plans un tantinet trop convenus ne font qu'enfoncer des portes ouvertes. Mais dans l'ensemble, le grand, l'attaque est réussie. Avec en fin de parcours, des surprises. Un remix par le japonais déconnecté Merzbow. Et une reprise à grand effet de Unsane ( "Scrape" sur l'album "Scattered, Smothered & Covered"). Comme vous voyez, des gens de bons goûts, ouverts à toutes éventualités. On ne les croyait pas du genre à faire dans le second degré. Remontés à bloc. L'esprit est large et l'avenir leur appartient.
SKX (04/02/2003)
BZ BZ UEU
" uhozmerigotz " - CD
Music 'a la coque / Wallace 01
Un patronyme risible. Un nom d'album imprononçable. Un label sur des œufs. Une musique sautée. Il faut pas s'attendre à quelquechose de très cartésien là-dedans, dans ce beau digipack. Le soleil chauffe dur dans le sud et ce quintet italien déraille les conventions. De grands moments d'égarements. On est assaillit par tous les cotés. On se rattache à ce qu'on peut. Ca trépigne dans tous les sens. Les rythmes sont alertes et sautillants, les cuivres mettent de la bonne humeur. C'est sulfureux et barrée sans pour autant perdre le fil conducteur. Une sorte d'incroyable free-jazz-rock-core sorti de nul part. Et comme si ça suffisait pas, ces trublions professionnels piquent les jouets de leurs gosses et se la jouent guerre des étoiles avec des mitraillettes Playschool. Une rencontre haute en couleurs entre Badgewearer, Melt-Banana et un truc pas encore identifié. C'est gai et enlevé, court et intense. Un délicieux vent du sud qui aère bien sous les bras et sans mal de crâne possible.
SKX (17/07/2001)

Battles
Tras - Cold Sweat 2004
EP C - Monitor 2004
B EP - Dimmak 2004

Bataille de géants. Moulin à vent dans les dents. Perdu d'avance à se débattre contre des ombres. Sans un regard vers l'arrière, John Stanier qui fit les beaux jours de la batterie d'Helmet s'accoquine avec Ian Williams, le presque trop virtuose guitariste de Storm and Stress et Don Caballero. Deux mondes les séparent et puis rien. David Konopka, autre magicien de la six cordes chez Lynx, groupe math-rock qui enchanta Chicago et Tyondai Braxton, compositeur de l'ère moderne, qui copule avec le tout New-York (Thurston Moore, Jim O'Rourke, Glenn Branca, la liste est longue), en groupe et en solo. Ce nouveau projet est bien parti dans la vie. Même pas une année d'écoulée et déjà trois disques, de multiples tournées aux Etats-Unis et au Japon, un nom qui circule partout. Le moulin a de belles ailes. Mais n'allez pas croire que leur fulgurante réussite n'est que le fruit de leur lourd passé. Ca y contribue certes mais la musique est de qualité. Tout a commencé avec Monitor records et un maxi 5 titres qui tirent vers les vingt-cinq minutes. Imbrication de rythmes. Juxtaposition de strates sonores. Amour de la boucle, répercussions pour un effet hallucinatoire. Et harmonieux. Les deux as de la guitare et le chef batteur se mettent en veilleuse. Fondu dans un tout où les claviers et les sons électroniques ont autant droit de citer à la composition que les instruments rock. La bataille serait-elle d'ordre technologique ? Battles a décidé en tout cas de ne pas trancher. C'est Dimmak records qui a l'honneur de sortir le deuxième EP. A nouveau 5 titres pour une durée équivalente. La guitare qui tourne sur elle-même, distorsions, bruitage pervers, groove lancinant. C'est un peu du monde de Moonshake venant heurter les complexités d'un Storm and Stress avec des relents de Gastr Del Sol. John Stanier est un modeste. Il n'hésite pas à s'effacer devant une boite à rythme, à prêter son flanc aux machines. Long morceau de 12 minutes, froide élaboration de laborantin, sans repères, expérimentation de sons à l'envers. Battles n'a toujours pas tranché. Les derniers travaux sont sortis sur Cold Sweat records. Deux titres qui ne remettent en rien le théorème. On ne peut raisonnablement pas savoir à quoi s'attendre avec Battles. Imprévisible. Battles fait preuve d'une belle ouverture musicale, rassemblant et malaxant un tas d'univers contradictoire. A priori puisque qu'ils semblent oeuvrer pour faire le grand écart et tout communier en leur sein. Tendance cérébrale mais une vraie recherche créatrice pour trois disques comme un seul. La bataille fait rage mais la guerre n'est pas encore gagnée.

SKX (13/11/2004)
website groupe www.bttls.com
website label www.coldsweat.org
website label www.monitorrecords.com
sounds www.dimmak.com/mp3s/index.php

Bellmer Dolls
Never sates nor palls - 7''
Self-Released 2004

Les poupées de Bellmer. Un artiste allemand de l'entre deux guerres qui à sa manière, pour protester contre la montée du nazisme, fabriquait des poupées toutes désarticulées, traversées d'un esprit érotique. Ou comment suggérer le désir tout en étant loin des perfections raciales tant recherchées à l'époque. En 2004, les Bellmer Dolls est un tout nouveau trio américain. Du neuf avec du vieux. Dans le lot, Anthony Malt, ex-Love Life et Universal Order of Armaggedon. La musique est à l'image des poupées. Toute démantibulée, déchiquetée, décharnée. Un blues névrotique à la forte assise rythmique contre laquelle vient se heurter une guitare erratique et cinglante. Une poupée avec laquelle le Birthay Party et Nick Cave auraient bien conté fleurette. Trois titres autoproduits, réalisés par leurs propres deniers. Ca ne durera pas. Les fauves vont se jeter dessus. A juste titre. Les Bellmer Dolls sont pour les adultes uniquement et rentre par la grande porte sur une scène qui ne demande qu'à les éclairer d'une lumière cruelle et chancelante.

SKX (12/10/2004)
website groupe www.bellmerdolls.com
sounds www.bellmerdolls.com/mp3.html

 

Between The Devil and the Deep Blue Sea
North and south of nothing - CD
Action Driver 2003

Six morceaux pour 65 minutes. Faites la moyenne au kilo, le porte-monnaie du consommateur retrouve le sourire! Comme ils ne sont pas avares de lettres, ils nous pondent un nom à rallonge que nous réduiront pour une question pratique à Between The Devil. Un patronyme qui à l'air comme ça sacrément original mais à y regarder de plus près, c'est le nom d'une chanson de Georges Harrison, d'une autre du vieux jazzmen Louis Armstrong, d'un titre de film de Marion Hansel, un titre de bouquin sur la piraterie informatique et on s'arrête là pour l'originalité donc ! En fait c'est une expression qui signifie " alternative difficile ". J'ai l'air super érudit mais mon prof s'appelle " Google ", faites l'essai, vous aurez des tonnes de réponses ! En tout cas, le nom semble bien approprié. Ce nouveau quator de Columbus a du mal à choisir son camp. Entre les longues plages instrumentales à la Explosion in The Sky et les temps forts où ça rock, Between The Devil a décidé de ne pas trancher. De lentes déclarations d'amour. Le truc qui s'installe. Tout le jus balancé. Là non plus, pas de folle originalité à l'horizon. L'assise est connue. Mais ils prennent soin de ne pas appliquer ce schéma de base à la lettre, rajoutent un brin passion, voir un p'tit grain de folie sur certains passages, avec en prime ces messieurs qui chantent aussi, à tour de rôle, et leur rock à courant alternatif prend forme dans la mélancolie et la souffrance en dépit de quelques longueurs. Un premier album, qui, sans bercer dans l'inconnu, fait preuve de pas mal de charme.

SKX (01/08/04)
website groupe www.betweenthedevil.com
website label www.actiondriver.com
sounds www.betweenthedevil.com

Black Eyes
Cough - CD
Dischord 2004

Ca va tousser dans les baffes. Black Eyes vient de Washington DC, est hébergé par Dischord records mais rien dans leur musique ne le laisse supposer. Une preuve encore une fois que Dischord étoffe sa panoplie sonore. Black Eyes, c'est l'orgie où tout le monde fait de tout. Comprenez que les cinq membres chantent, tous, que la batterie est multipliée par deux, sans oublier des ajouts de percussions, qu'on dénombre trois joueurs de basses et que la seule guitare du lot a bien du mal à se frayer un chemin. On ne serait pas complet en ne mentionnant pas sur ce deuxième album l'omniprésence d'un saxo bien foldingue. Ca vous donne un capharnaüm que Ian Mackaye a produit et agencé de main de maître pour éviter à ces trublions en puissance une dispersion qu'il était légitime vu l'énergie créatrice qu'il semble se dégager du groupe. Une voix hystérique, les autres dans le grave, en chœur ou en mode parlé pour contre-balancer, c'est pas tous les jours qu'on entend un tel travail. Une hypnose dans les rythmes et le bruit que ne renierait pas The Ex, ça explose dans tous les sens, ça déborde d'idées, ça vire jazzy, ça repart dans le noise-rock abstrait à la Ex Models, les sifflets de sortie de " holy of holies " comme pour nous prévenir que rien ne se passe comme ailleurs ici. Black Eyes vient de créer un truc de fou, abrasif et inédit, sûrement la meilleure sortie de Dischord depuis bien longtemps…. Sûrement la raison pour laquelle Black Eyes se saborde. Une sortie par la grande porte en attendant les nouveaux projets qu'on espère aussi inspirés de la part de cinq types qui venaient pour tant de trouver l'osmose parfaite. Chienne de vie !

SKX (21/08/04)
website groupe http://www.dischord.com/bands/blackeyes.shtml
website label http://www.dischord.com
sounds someone_has_his_fingers_broken.mp3

The Black Heart Procession & Solbakken
In The Fishtank vol.11
In the fishtank / Konkurrent 2004

In The Fishtank est une série initiée par le distributeur/label hollandais De Konkurrent (et géré par Luc ex-The Ex !). Toute une pléiade d'invités prestigieux unis le temps d'un CD pour le meilleur et pour le pire. The Ex avec Tortoise, The Ex avec Sonic Youth, affiches alléchantes qui déchantent, No Means No, June Of 44, Snuff, Low/Dirth Three, le plateau est garni. Le volume 11 voit s'associer les américains ténébreux Black Heart Procession et les hollandais Solbakken. Comme tous les autres groupes, ils ont deux jours pour enregistrer. Les Solbakken, lucides sur leur capacité limitée à l'improvisation ont préféré préparer le terrain. Quelques bouts d'idées plus loin, Black Heart fait corps et appose sa patte sur les compositions. Je ne connais pas l'univers musical des Hollandais, mais ces six titres sont très connotés Black Heart, ne serais-ce que par la voix magique de Pal Jenkins. Tout au plus ressent-on l'univers de Solbakken sans doute plus rock et virulent sur l'hypnotique et très long " things go on with mistakes ", crescendo très prenant, on se nourrit d'ambre. Pour le reste, c'est piano et mélancolie. Classe et sobriété. Avec une touche d'exotisme (sauf pour nous français !) avec " voiture en rouge " où une mystérieuse Rachael donne le change à Jenkins, en français dans le texte, et la joute verbale est belle à tomber ! A l'ombre des tulipes, nos deux groupes se sont trouvés très inspirés. Six titres que tous les fans de Black Heart se doivent de posséder. Quant au cas Solbakken, il mérite que l'on s'y penche de près…

SKX (20/09/2004)
website groupe www.blackheartprocession.com
www.solbakken.nl
website label www.konkurrent.nl
sounds bhp&solbakken.mp3

Blame Game / Zann
Split LP
Adagio / 660 productions 2004

Si leurs racines tendent à s'abreuver à la même source hardcore/punk, les versions diffèrent. Celle de Blame Game présente un hardcore noisy, alambiqué et nerveux qui se soucie plus de la forme que du volume. Avec Zann, c'est la version gros bras, entre Acme et un Orchid lourdingue. Le lynx américain contre l'éléphant allemand. Par contre, ils se rejoignent tous les deux sur une approche juvénile et très do-it-yourself de l'enregistrement. Ils n'ont surement pas dû trainer des heures dans le studio. Aussitôt joué, aussitôt dans la boite. Seule compte l'urgence du propos, garder une certaine fraicheur et naïveté, quitte à paraître bancale et finit au yaourt. On comprend mieux le partage commun de ce bout de vinyl au bout du compte. Le traitement a beau être différent, l'esprit est commun. Zann a la voix lourde, voir trop lourde qui colle au palais, mais qu'importe, vu l'épaisseur des guitares, ça passe en force ! Il ne faut pas trop chercher la petite bête. C'est chaotique, trash, sale, je fais n'importe quoi du moment que ça envoie. Mais en dépit de leur bon coup de truelle, on leur préférera Blame Game. Des malins qui brouillent les pistes. Si le chant reste dans la lignée hurlée/passionnée du hardcore, les structures virent au math-rock, des versions courtes et affolantes, des guitares aux sonorités claires qui volent dans tous les sens, ça break à tout va sans oublier d'allier l'efficacité. Une découverte. Et si comme moi, vous prenez le train en marche, Stickfigure records vient de sortir un CD discographique de tous leurs premiers obscurs enregistrements.

SKX (01/08/04)
website groupe www.sunrevolver.org/blamegame
website label www.adagio830.de | www.stickfiguredistro.com
sounds
Zann : www.modusoperandi.de/sound/LoverFighter.mp3
Blame Game : www.hxcmp3.com/bands/1039

Books Lie
Hall of Fame of Fire - CD
Level Plane 2004

Des tréfonds de New-York, Books Lie nous envoie sans détour un épisode punk-rock moderne qui racle bien le bitume. Un CD en deux actes. Le nouvel album, Books Lie version 2, avec un nouveau chanteur et sa voix éraillée de chat de gouttière. Et en bonus, des singles du temps de l'ancien chanteur et une voix plus dans la norme. Comme la musique d' ailleurs qui n'a rien de transcendant. On se concentrera donc sur les nouveaux morceaux avec un groupe qui semble s'améliorer au fil des ans. C'est encore loin d'être le firmament mais leur punk-rock tire de plus en plus vers les influences de la scène de Washington DC, voir un rock'n'roll très sec à la Make-Up et des compos un peu cafouilleuses comme tant de groupes de Gravity records les adoraient. Zéro effet, beaucoup de cœur et de l'humour avec leur morceau electro-dance pour conclure leurs nouvelles dispositions. Ca manque encore d'amplitude et de morceaux conséquents pour sortir de la masse. Les pages du livre s'écrivent lentement. Petit pamphlet acéré en attendant, qui sait, le pavé incontournable !

SKX (14/06/2004)
website label www.level-plane.com

Booter
I can see it clearly - 7''
Peste & cholera / Rumble Fish Corporation 2004

Que ça fait du bien de poser un 45 tours sur sa platine ! Par les temps modernes qui court, on aurait tendance à la laisser prendre la poussière ! Cet exploit est dû à un nouveau groupe d'Angers qui signe là leur première sortie. Tout ça sent bon l'artisanat passionné mais ce disque est bien plus qu'un objet fait avec les moyens du bord. Punk-rock crasseux et lourdingue, Booter nous renvoie à Killdozer et l'école Amphetamine Reptile. Le rock pas fréquentable, en dehors de toutes tendances et ces quatre titres, loin des clichés, sont inspirés et sobrement efficaces. Booter réussit le tour de force de vous donner un coup de jeune avec de vieilles recettes. Oublies tout. Booter, ça me botte.

SKX (19/12/2004)
website groupe booter.propagande.org
website label www.rumblefishdiy.org
sounds booter.propagande.org/sound.html

Breather Resist
Only In The Morning MCD
Deathwish 2004 (10" King of the Monsters records)

La tête dans le guidon dès les premiers mètres! L'odeur du bitume brûlé pour un parcours dont les virages à angles droits et les téméraires lignes droites ont été maintes fois usités ces derniers temps dans le paysage hardcore, américain allais-je dire, mais si on peut avancer qu'ils ont la paternité du style, ça s'est franchement internationalisé! Breather Resist (avec un ancien Black Cross) pratique un hardcore torturé à souhait, dans le triangle des Bermudes Converge / Botch / Playing Enemy. De quoi disparaître... dans la masse! Rien de franchement novateur donc à la base mais dans un panier, il y a le dessus et le dessous. Breather Resist figure plutôt vers le haut, dégage une bonne véhémence communicative, le son percute. Tout est bien en place, avec de bonnes accroches, les défenses s'amenuisent et dans un souffle, on ne résiste pas. Mais ça joue serré.

SKX (01/04/2004)
website groupe www.breatherresist.com
website label www.deathwishinc.com
sounds