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ARCHIVES 1999 - 2006
 

XIU XIU
" knife play " - CD
5 rue Christine 02


Drôle de météorite. Ont-ils des oreilles comme nous? Pourtant, avec un nom pareil, on aurait dû se méfier. Xiu Xiu débarque, je sais pas d'où, accouche d'un truc à nul autre pareil. Une vision futuresque. Un univers baroque, en décalage total avec l'environnement actuel. Quatre personnes pour une instrumentation improbable et originale : piano, synthés, cloches, trompette, mandoline, tiens une guitare! Les seuls rythmes proviennent de machines. Exceptés quand des invités mettent leur grain de sel. La batterie se matérialise. Et autant prévoir une longue table puisque neuf guests se présentent au final. Tous bardés de cuivres hétéroclites. Ebranlements. Vibrations. L'incroyable tour de force de donner vie à cet orchestre de fous. Xiu Xiu défie les lois de l'apesanteur. Tout est d'un équilibre instable. Un château de carte en manque de vaciller à la moindre brise. Des pièces en trompe l'œil si nombreuses. Une voix qui n'a pas peur de donner dans le lyrique et les envolées spectaculaires, si proche de la rupture. Si spécifique qu'elle est pour beaucoup dans l'envoûtement. Les clochent glissent sur les synthés, une corde se pend à la plainte d'un saxophone. Des mariages contre-nature. Des rythmes maigrichons plein de vie. Des compositions rapiécées on ne sait comment, qui partent dans tous les sens, reviennent à un air d'accordéon lugubre et solitaire. Un piano qui part en confettis. Une pop totalement décalée qui, pour ceux qui ont absolument besoin de repères, se situerait entre les Pain Teens et Black Heart Procession. Mais la vérité se situe à un autre étage. Dans ce labyrinthe, Xiu Xiu arrive à formater de véritables chansons, une force sûre d'elle-même, une sarabande tourmentée, des masques dévorants, le diabolisme du mouvement. Une forme floue rayonne autour de ce groupe mais l'intérieur est un volcan. Le mystère reste entier. Ce "Knife Play" est hallucinant. Je n'essaierai donc pas de l'expliquer plus en avant. A écouter d'urgence et sans préjugé.
SKX (15/07/2002)
XIU XIU
" A promise " - CD
5 rue Christine 03


Xiu Xiu n’avaient-ils pas atteint leur limite lors de leur précédent album ? Le pensais-je bien naïvement ! « Knive play », premier album si baroque, si inidentifiable, c’était pas possible de faire pire. Et la bande à James Stewart (boss de 5RC) l’a pourtant fait ! Encore plus barré, encore plus inclassable sans être forcément meilleur, ceci dit en préambule. Xiu Xiu arrive à un tel niveau de dépouillement et de minimalisme que plusieurs écoutes sont nécessaires avant un début de commencement d’appréciation. La voix extravertie d’opérette à deux sous de Stewart est l’élément central. Susurrée, éthérée et d’un seul coup violemment lyrique, cette voix fait la pluie et le beau temps (surtout la pluie car on est pas du genre à se taper sur les cuisses ici !). Un lent suicide enveloppé par des silences nombreux, autre donne prépondérante comme la voix. Excepté de rares occasions comme le dansant (ouh ! le grand mot) « apistat commander » ou comment déterrer le cadavre de New Order, cet album impressionne par sa science du blanc, savamment perturbé par une note de violon et autres instruments obscurs (cloches, clavecin, machines diverses). Un calme angoissant que de brusques fracas viennent chambouler. Le tour de force de cet album est de réussir à créer des ambiances à se foutre une balle dans la tête avec trois fois rien. Le plus bel exemple est sans doute « fast car », une reprise de Tracy Chapman. Ou comment vous filer le frisson avec deux notes de guitares en boucle à peine audible et l’organe de Stewart fragilisé. Des histoires que l’on imagine profondément glauque (si seulement mon anglais arrivait à déchiffrer ce qu’un anglophile lui-même doit avoir moultes difficultés à défaire le nœud de l’histoire), à l’humour grinçant et noir comme ce dernier titre « Ian Curtis wishlist ». Xiu Xiu continue dans l’escalade et l’abstraction. L’avant-garde de la garde. Un album qui n’est pas de tous les jours. Mais cet univers mérite qu’on s’y intéresse. Il a le don de vous hanter au fil du temps. Ecoutez au moins une fois dans votre vie de cafard Xiu Xiu.
SKX (26/08/2003)
XBXRX
" gop ist minee " - Lp
Tapes 01


Mais où vont-ils chercher tout ça?! XBRXR, code secret d'une secte sponsorisée par aspirine et qui compte déjà parmi ses meilleurs actionnaires Arab On Radar et The Locust. Steve Albini, qui avec l'âge n'a plus peur de rien, se commet à l'enregistrement, sans que cela se ressente particulièrement sur le son (et son fameux son de batterie). Les portes de l'asile sont donc encore grandes ouvertes sur un trio très énervé. Voix hystérico-débile, guitares dérapantes, bruits de synthé qui joue à l'empire contre-attaque. Voir un rien psychédélique à la Helios Creed sur certains passages. Je vous vois déjà penser que tout ça c'est n'importe quoi, sans foi ni tête. Détrompez-vous, jeunes inconscients! On reconnaît ses petits, l'approche est définitivement rock. Comme si Jon Spencer se droguait à US Maple. Melt-Banana en santiags! Quand tout lâche, tout fout le camp et d'un revirement soudain, revient dans le droit chemin, avec des rythmes directs et des riffs incisifs. Le sens de la mise en danger, le dérapage contrôle. Ya d'la joie, de la folie, du Tex Avery à rouflaquette et un album très original et enthousiasmant!
SKX (12/02/2002)

Xiu Xiu
Fleshettes - CDEP
Acuarela 2004

Il faut savoir prêter l'oreille pour cette nouveauté de nos choux choux. Tout est dans la retenue. Le soupir et le silence élevés au rang d'art. La manière de suggérer, de tout dire dans un silence. La version masculine d'abord. " Fleshettes ", dans le creux de l'oreille par Jamies Stewart, sa manière unique de briser son cri, ça lui reste en travers de la gorge toute cette crasse ambiante. Décor électronique, très discret, petite fourmi de tous les jours. La version féminine est chantée par Cory McCulloch. Ce fameux titre qui servi de clap final au concert de Rennes. " Helsabot of caraleebot " le morceau chair de poule qui faire taire les plus bruyants. Il faut tendre l'oreille pour entendre ce filet de voix, ces quelques accords de guitare acoustique et ce sifflotement à la fin. Pour se faire remarquer, soit on gueule le plus fort, soit on se fait tout petit dans un coin sans rien dire. Pour fêter la première venue de Xiu Xiu en péninsule ibérique, le label espagnol Acuarela a très bien fait les choses. Objet rose sérigraphié de circonstance pour sertir deux bijoux de plus au collier de Xiu Xiu.

SKX (23/11/2004)
website groupe www.xiuxiu.org
website labe www.acuareladiscos.com

Xiu Xiu
Fabulous muscles - CD
5 Rue Christine 2004

Jamie Stewart, dandy écorché vif aux neurones troublés et révoltés. Sa suite funeste sous le nom de Xiu Xiu pour son troisième album en trois ans. Les ingrédients sont désormais connus. Reste à savoir comment il va les accommoder. Acoustique contre/avec electro-bricolo. Machinerie rachitique et organe vivant. Instrumentation atypique. Cordes vocales brisées, sur le bord du précipice, trop de chagrins à expurger de manière anarchique, murmures et cris à peine voilés. Le secret de Xiu Xiu réside dans ce fragile équilibre entre un pan de sa musique tout de suite identifiable, accessible, pop avant-gardiste, mélodique et un coté totalement obscure, décalé, bancale qui ferait fuir n'importe quel suicidaire au troisième degré. " Fabulous muscles " semble avoir trouver le juste milieu. Tour à tour plus humain (" i luv the valley oh ! ") ou à l'univers abscons et neurasthénique, la balance ne sait de quel coté pencher. En plus, Xiu Xiu a la science du silence pour créer une tension ténue, jouer des blancs pour nous enfoncer dans le noir de sa déprime. Le temps n'est toujours pas au beau fixe chez Jamie Stewart. Ca vous plombe pour un moment. Mais Xiu Xiu possède l'aura de ces gens à fleur de peau et la beauté ténébreuse de ces chansons prend le dessus et vous enveloppe. Xiu Xiu vous parle au plus profond car il s'adresse à vous comme personne ne l'a fait avant. Essentiel.
SKX (2004]

website groupe www.xiuxiu.org
website label www.5rc.com
sounds Clowne Towne.mp3

 
XBXRX
Sixth in sixes - CD
Polyvinyl 2005

Les tontons flingueurs d'XBXRX ressortent leurs flingues de concours pour la puissance de feu d'un croiseur. La coutume chez XBXRX, c'est de dynamiter, disperser puis ventiler. Pour la deuxième fois, le groupe d'Oakland à line-up modulable s'essaye au long format. Pour les rois de la torgnole de une minute trente, du split 45 à tout va, le challenge de l'endurance est un marathon dont on est pas sur d'atteindre la ligne d'arrivée. 18 titres en 25 minutes, ça risque d'en fatiguer plus d'un, cet enchaînement fracassant, comme un long sprint en plein col de montagne. Et effectivement, maintenir la pression sur cette distance est un défi que XBXRX ne relève que partiellement. Ca tire dans tous les sens mais sans un regard vers la cible et cette agitation est vaine et franchement banal. Puis viennent des coups de nerfs, des pics d'inspiration, un sursaut d'orgueil, une petite bise de fraîcheur qui aère le cerveau. XBXRX, c'est le Flying Luttenbachers du pauvre ou le Locust du riche. Cet album n'est pas mauvais en soi. Il lui manque juste de l'épaisseur, de la consistance dans sa colère d'adolescents et un quart d'heure de trop. Dans cette cour des miraculés où moult groupes à tendance hardcore se mutilent les compos pour savoir qui fera le plus court et le plus vite, XBXRX avait deux trois longueurs d'avance il y a quelques années. Le temps les a rattrapé et ils rentrent dans le rang.

SKX (21/07/2005)
website groupe www.xbxrx.com
website label www.polyvinylrecords.com
sounds prc-094-10.mp3


XBXRX / Total Shutdown

Split 2x5''
Rock is Hell 2005

En pleine déconfiture du business musical et du téléchargement à tout va, la solution réside peut-être dans la fabrication d'objet qui dépasse le simple bout de vinyl/CD tout juste bon à écouter. Réaliser des disques au design original, trouvaille graphique, vidéos, bandes dessinées, bout de steak et autres délires du moment que ça donne envie d'avoir l'objet qui lui ne se téléchargera jamais (quoique !). Un disque qui soit plus que de la musique ! Rock is Hell, qui aurait pu s'appeler aussi va te faire voir en enfer, a jeté son dévolu sur Dennis Tyfus pour un concoctage de pochette maison. Une sérigraphie en format original en 21x14 dépliable avec deux bouts de vinyls couleurs de 5 pouces chacun ! Si ça pas de la gueule ça ! Pour la musique, c'est du vite expédié ! Une fois le misérable vinyl calé (bon courage), Total Shutdown nous souffle dans les bronches. Groucho Marx fait du punk-rock. Ca pas grande queue et encore moins de tête. Ca l'air de n'importe quoi et c'est pas loin d'être ça. Saxos en délire sur foutage de rythmes et guitares débraillées. J'ai perdu le fil de l'histoire mais bon pourquoi pas ! Pour XBXRX, c'est un peu la même philosophie. Sauf que l'entourage est plus pros. Enregistrement Ian Mackaye. Mastérisation par Weasel Walter (Flying Luttenbachers). Punk et hargneux, XBXRX offre de la consistance. Mais tout ça est bien trop court pour prendre un réel plaisir. Dommage que la musique n'est pas à la hauteur de l'objet, cela aurait été le disque de l'année !!

SKX (22/06/2005)
website groupe www.totalshutdown.com | www.xbxrx.com
www.dennistyfus.tk
website label www.rockishell.com

Xiu Xiu
Life and live - CD
Xeng 2005


Jamie Stewart et son projet Xiu Xiu ont su en très peu de temps se tisser un réseau de fans invétérés aux quatre coins du globe, tous prêts à se fendre d'un disque pour témoigner de leur attachement pour cet artiste différent. Après l'espagnol de Acuarela, c'est au tour de l'italien Xeng records de sortir un disque de Xiu Xiu, un de plus à leur discographie qui devient conséquente, 3 ans seulement après le commencement. Cette fois-ci, c'est un live. Un coup classique dans l'œuvre de n'importe quel artiste mais ce n'est pas un live classique. Enregistré lors de deux tournées solo de Stewart aux Usa en 2003, ce live est agrémenté d'enregistrements acoustiques réalisés à la volée et en toute discrétion, dans l'intimité d'une chambre ou d'un recoin de studio de fortune. Mais surtout, il donne un éclairage nouveau sur la musique de Xiu Xiu. Point de morceaux live qui reprendraient note pour note les travaux studio. Stewart, sur cette tournée, n'était accompagné que de sa seule guitare acoustique et de sa voix si singulière. A peine un Devendra Banhart ou un certain Wilbert Williams II pour le seconder à l'aide d'instruments hétéroclites. Les morceaux prennent alors une toute nouvelle tournure. Ultra dépouillées, plus cafardeuses que jamais, ces chansons live débarrassées de tout oripeaux n'en sont que plus oppressantes. Le délire vocal sur Sad pony guerilla girl où Stewart pète les plombs, les versions de Jennifer Lopez et Helsabot chanté par lui. Seul un Thanks Japan ! viendra dérider l'assistance mais ça n'a rien d'un morceau, juste un témoignage sonore où apparemment ça se fend la gueule au pays du soleil levant ! En tout 15 morceaux qui font oublier que cet album est live, le genre de trucs inutiles qui n'apportent que des ronds à ceux qui le sortent. C'est un album à part entière dans lequel le mot Life ne s'est pas inscrit par hasard. Stewart y met encore beaucoup de lui-même, de son cœur et de ses tripes, avec son style toujours aussi inimitable.

SKX (27/11/2005)
website groupe www.xiuxiu.org
website label xeng.org

Xiu Xiu
La Forêt - CD
Acuarela / 5RC 2005

Quel débit. Quatrième album en autant d'années. C'est que le Xiu Xiu a beaucoup de démons à expurger. C'est à l'orée de l'été que ce La Forêt à pointer ses feuillages. Mais Xiu Xiu, c'est quand le jour se couche tôt qu'il s'apprécie, à moins d'aimer passer les beaux jours dans une caverne, la corde au cou. L'arbre ne cache pas la forêt et le périmètre est bien délimité. Mais Xiu Xiu a un don inégalé pour donner sans cesse un nouvel éclairage sur ses parts d'ombres, donner un angle inédit sur une clairière encore vierge de présence. L'option est à l'accalmie. La marche est sobre. Sobre comme un Xiu Xiu il va s'en dire mais l'orchestration, si elle fourmille toujours d'idées extravagantes et inattendues, garde un ton général qui ne va pas puiser dans la surenchère. Quelques convulsions, quelques nappes bruitistes, un Pox qui sent l'hommage à New-Order et surtout de noires ballades de pop avant-gardiste où les anges planent et pleurent leur sexe dont ils ne connaissent toujours pas la longueur. Musique sans genre et atypique, Xiu Xiu continue de creuser sa tombe mais dans le vert luxuriant et rassurant d'une forêt tranquille dont on s'attend à chaque instant que l'arbre le plus inoffensif se transforme en monstre à huit bras. Venez donc vous perdre une nouvelle fois dans Xi Xiu.

SKX (12/12/2005)
website groupe www.xiuxiu.com
website label www.acuareladiscos.com | www.5rc.com
sounds www.5rc.com/audio/BogPeople.mp3

XXL (Xiu Xiu Larsen)
Caiotastico ! - CD
Important 2005

XXL, ce n'est pas la chronique d'un t-shirt à vendre et encore moins la nouvelle production de Marc Dorcel. C'est Jamie Stewart et son Xiu Xiu qui n'en finit plus de sortir des disques. Cette fois ci, une collaboration avec le groupe italien Larsen dont vous n'avez pas à craindre de vous en prendre un dans la tronche vu que la musique de Larsen est tout aussi mélancolique et encore plus apaisé que son collègue américain. Né d'une rencontre comme bien souvent lors d'une tournée des Italiens aux USA, prolongée par un juste retour des choses de Xiu Xiu en Italie et d'un enregistrement pendant onze jours au rythme de : une journée, une chanson, une nuit et plein de bouteilles de vin ! Caiotastico !, intraduisible contraction, vient nous rappeler qu'on est pas toujours sur terre pour rigoler. Le monde sombre et névrosé des deux entités, chacun avec ses armes, était fait pour se rencontrer. Neuf titres qui nous rendent tout amorphe et mou du gland à moins de considérer cela comme de longues plages introspectives propices à la méditation et qu'il faut la voix inimitable de Jamie Stewart pour nous tirer du sommeil qui guettait. Mais cette dernière se fait rare. L'essentiel est instrumental, avec l'accordéon et les synthés de Larsen chatouillés par le bric à broc et rythmes bricolo pseudo dansant de Xiu Xiu. Des compos, ça va ça vient, au gré de l'inspiration journalière, si le vin de la veille était du supérieur ou du qui tache et qui embrume le cerveau. Un album qui s'étire langoureusement, tour à tour insipide ou plus profond, quelques bons moments mais qui ne laissera pas non plus un souvenir impérissable.

SKX (20/01/06)
website groupe www.xiuxiu.org | www.larsen.to.it
website label importantrecords.com

 

 
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