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XBXRX gop ist minee
XBXRX Sixth in sixes
XBXRX Wars
XBXRX Sounds

XBXRX / TOTAL SHUTDOWN Split 2x5''
XIU XIU A promise
XIU XIU knife play
XIU XIU Fabulous muscles
XIU XIU Fleshettes
XIU XIU Life and live
XIU XIU La Forêt

XIU XIU The Air Force
XIU XIU Remixed and covered

XIU XIU / THE DEAD SCIENCE
Split 7''
XIU XIU / THE PAPER CHASE Cover Nick Cave
XIU XIU VS. GROUPER Creepshow
XIU XIU / W-S BURN split 7"
XNOYBIS Solace
XXL (XIU XIU/LARSEN)
Spicchiology?
XXL (Xiu Xiu Larsen) Caiotastico !


XIU XIU
" knife play " - CD
5 rue Christine 02


Drôle de météorite. Ont-ils des oreilles comme nous? Pourtant, avec un nom pareil, on aurait dû se méfier. Xiu Xiu débarque, je sais pas d'où, accouche d'un truc à nul autre pareil. Une vision futuresque. Un univers baroque, en décalage total avec l'environnement actuel. Quatre personnes pour une instrumentation improbable et originale : piano, synthés, cloches, trompette, mandoline, tiens une guitare! Les seuls rythmes proviennent de machines. Exceptés quand des invités mettent leur grain de sel. La batterie se matérialise. Et autant prévoir une longue table puisque neuf guests se présentent au final. Tous bardés de cuivres hétéroclites. Ebranlements. Vibrations. L'incroyable tour de force de donner vie à cet orchestre de fous. Xiu Xiu défie les lois de l'apesanteur. Tout est d'un équilibre instable. Un château de carte en manque de vaciller à la moindre brise. Des pièces en trompe l'œil si nombreuses. Une voix qui n'a pas peur de donner dans le lyrique et les envolées spectaculaires, si proche de la rupture. Si spécifique qu'elle est pour beaucoup dans l'envoûtement. Les clochent glissent sur les synthés, une corde se pend à la plainte d'un saxophone. Des mariages contre-nature. Des rythmes maigrichons plein de vie. Des compositions rapiécées on ne sait comment, qui partent dans tous les sens, reviennent à un air d'accordéon lugubre et solitaire. Un piano qui part en confettis. Une pop totalement décalée qui, pour ceux qui ont absolument besoin de repères, se situerait entre les Pain Teens et Black Heart Procession. Mais la vérité se situe à un autre étage. Dans ce labyrinthe, Xiu Xiu arrive à formater de véritables chansons, une force sûre d'elle-même, une sarabande tourmentée, des masques dévorants, le diabolisme du mouvement. Une forme floue rayonne autour de ce groupe mais l'intérieur est un volcan. Le mystère reste entier. Ce "Knife Play" est hallucinant. Je n'essaierai donc pas de l'expliquer plus en avant. A écouter d'urgence et sans préjugé.
SKX (15/07/2002)
XIU XIU
" A promise " - CD
5 rue Christine 03


Xiu Xiu n’avaient-ils pas atteint leur limite lors de leur précédent album ? Le pensais-je bien naïvement ! « Knive play », premier album si baroque, si inidentifiable, c’était pas possible de faire pire. Et la bande à James Stewart (boss de 5RC) l’a pourtant fait ! Encore plus barré, encore plus inclassable sans être forcément meilleur, ceci dit en préambule. Xiu Xiu arrive à un tel niveau de dépouillement et de minimalisme que plusieurs écoutes sont nécessaires avant un début de commencement d’appréciation. La voix extravertie d’opérette à deux sous de Stewart est l’élément central. Susurrée, éthérée et d’un seul coup violemment lyrique, cette voix fait la pluie et le beau temps (surtout la pluie car on est pas du genre à se taper sur les cuisses ici !). Un lent suicide enveloppé par des silences nombreux, autre donne prépondérante comme la voix. Excepté de rares occasions comme le dansant (ouh ! le grand mot) « apistat commander » ou comment déterrer le cadavre de New Order, cet album impressionne par sa science du blanc, savamment perturbé par une note de violon et autres instruments obscurs (cloches, clavecin, machines diverses). Un calme angoissant que de brusques fracas viennent chambouler. Le tour de force de cet album est de réussir à créer des ambiances à se foutre une balle dans la tête avec trois fois rien. Le plus bel exemple est sans doute « fast car », une reprise de Tracy Chapman. Ou comment vous filer le frisson avec deux notes de guitares en boucle à peine audible et l’organe de Stewart fragilisé. Des histoires que l’on imagine profondément glauque (si seulement mon anglais arrivait à déchiffrer ce qu’un anglophile lui-même doit avoir moultes difficultés à défaire le nœud de l’histoire), à l’humour grinçant et noir comme ce dernier titre « Ian Curtis wishlist ». Xiu Xiu continue dans l’escalade et l’abstraction. L’avant-garde de la garde. Un album qui n’est pas de tous les jours. Mais cet univers mérite qu’on s’y intéresse. Il a le don de vous hanter au fil du temps. Ecoutez au moins une fois dans votre vie de cafard Xiu Xiu.
SKX (26/08/2003)
XBXRX
" gop ist minee " - Lp
Tapes 01


Mais où vont-ils chercher tout ça?! XBRXR, code secret d'une secte sponsorisée par aspirine et qui compte déjà parmi ses meilleurs actionnaires Arab On Radar et The Locust. Steve Albini, qui avec l'âge n'a plus peur de rien, se commet à l'enregistrement, sans que cela se ressente particulièrement sur le son (et son fameux son de batterie). Les portes de l'asile sont donc encore grandes ouvertes sur un trio très énervé. Voix hystérico-débile, guitares dérapantes, bruits de synthé qui joue à l'empire contre-attaque. Voir un rien psychédélique à la Helios Creed sur certains passages. Je vous vois déjà penser que tout ça c'est n'importe quoi, sans foi ni tête. Détrompez-vous, jeunes inconscients! On reconnaît ses petits, l'approche est définitivement rock. Comme si Jon Spencer se droguait à US Maple. Melt-Banana en santiags! Quand tout lâche, tout fout le camp et d'un revirement soudain, revient dans le droit chemin, avec des rythmes directs et des riffs incisifs. Le sens de la mise en danger, le dérapage contrôle. Ya d'la joie, de la folie, du Tex Avery à rouflaquette et un album très original et enthousiasmant!
SKX (12/02/2002)

Xiu Xiu
Fleshettes - CDEP
Acuarela 2004

Il faut savoir prêter l'oreille pour cette nouveauté de nos choux choux. Tout est dans la retenue. Le soupir et le silence élevés au rang d'art. La manière de suggérer, de tout dire dans un silence. La version masculine d'abord. " Fleshettes ", dans le creux de l'oreille par Jamies Stewart, sa manière unique de briser son cri, ça lui reste en travers de la gorge toute cette crasse ambiante. Décor électronique, très discret, petite fourmi de tous les jours. La version féminine est chantée par Cory McCulloch. Ce fameux titre qui servi de clap final au concert de Rennes. " Helsabot of caraleebot " le morceau chair de poule qui faire taire les plus bruyants. Il faut tendre l'oreille pour entendre ce filet de voix, ces quelques accords de guitare acoustique et ce sifflotement à la fin. Pour se faire remarquer, soit on gueule le plus fort, soit on se fait tout petit dans un coin sans rien dire. Pour fêter la première venue de Xiu Xiu en péninsule ibérique, le label espagnol Acuarela a très bien fait les choses. Objet rose sérigraphié de circonstance pour sertir deux bijoux de plus au collier de Xiu Xiu.

SKX (23/11/2004)
website groupe www.xiuxiu.org
website labe www.acuareladiscos.com

Xiu Xiu
Fabulous muscles - CD
5 Rue Christine 2004

Jamie Stewart, dandy écorché vif aux neurones troublés et révoltés. Sa suite funeste sous le nom de Xiu Xiu pour son troisième album en trois ans. Les ingrédients sont désormais connus. Reste à savoir comment il va les accommoder. Acoustique contre/avec electro-bricolo. Machinerie rachitique et organe vivant. Instrumentation atypique. Cordes vocales brisées, sur le bord du précipice, trop de chagrins à expurger de manière anarchique, murmures et cris à peine voilés. Le secret de Xiu Xiu réside dans ce fragile équilibre entre un pan de sa musique tout de suite identifiable, accessible, pop avant-gardiste, mélodique et un coté totalement obscure, décalé, bancale qui ferait fuir n'importe quel suicidaire au troisième degré. " Fabulous muscles " semble avoir trouver le juste milieu. Tour à tour plus humain (" i luv the valley oh ! ") ou à l'univers abscons et neurasthénique, la balance ne sait de quel coté pencher. En plus, Xiu Xiu a la science du silence pour créer une tension ténue, jouer des blancs pour nous enfoncer dans le noir de sa déprime. Le temps n'est toujours pas au beau fixe chez Jamie Stewart. Ca vous plombe pour un moment. Mais Xiu Xiu possède l'aura de ces gens à fleur de peau et la beauté ténébreuse de ces chansons prend le dessus et vous enveloppe. Xiu Xiu vous parle au plus profond car il s'adresse à vous comme personne ne l'a fait avant. Essentiel.
SKX (2004]

website groupe www.xiuxiu.org
website label www.5rc.com
sounds Clowne Towne.mp3

XXL (Xiu Xiu Larsen)
Caiotastico ! - CD
Important 2005

XXL, ce n'est pas la chronique d'un t-shirt à vendre et encore moins la nouvelle production de Marc Dorcel. C'est Jamie Stewart et son Xiu Xiu qui n'en finit plus de sortir des disques. Cette fois ci, une collaboration avec le groupe italien Larsen dont vous n'avez pas à craindre de vous en prendre un dans la tronche vu que la musique de Larsen est tout aussi mélancolique et encore plus apaisé que son collègue américain. Né d'une rencontre comme bien souvent lors d'une tournée des Italiens aux USA, prolongée par un juste retour des choses de Xiu Xiu en Italie et d'un enregistrement pendant onze jours au rythme de : une journée, une chanson, une nuit et plein de bouteilles de vin ! Caiotastico !, intraduisible contraction, vient nous rappeler qu'on est pas toujours sur terre pour rigoler. Le monde sombre et névrosé des deux entités, chacun avec ses armes, était fait pour se rencontrer. Neuf titres qui nous rendent tout amorphe et mou du gland à moins de considérer cela comme de longues plages introspectives propices à la méditation et qu'il faut la voix inimitable de Jamie Stewart pour nous tirer du sommeil qui guettait. Mais cette dernière se fait rare. L'essentiel est instrumental, avec l'accordéon et les synthés de Larsen chatouillés par le bric à broc et rythmes bricolo pseudo dansant de Xiu Xiu. Des compos, ça va ça vient, au gré de l'inspiration journalière, si le vin de la veille était du supérieur ou du qui tache et qui embrume le cerveau. Un album qui s'étire langoureusement, tour à tour insipide ou plus profond, quelques bons moments mais qui ne laissera pas non plus un souvenir impérissable.

SKX (20/01/06)
website groupe www.xiuxiu.org | www.larsen.to.it
website label importantrecords.com

XBXRX
Sixth in sixes - CD
Polyvinyl 2005

Les tontons flingueurs d'XBXRX ressortent leurs flingues de concours pour la puissance de feu d'un croiseur. La coutume chez XBXRX, c'est de dynamiter, disperser puis ventiler. Pour la deuxième fois, le groupe d'Oakland à line-up modulable s'essaye au long format. Pour les rois de la torgnole de une minute trente, du split 45 à tout va, le challenge de l'endurance est un marathon dont on est pas sur d'atteindre la ligne d'arrivée. 18 titres en 25 minutes, ça risque d'en fatiguer plus d'un, cet enchaînement fracassant, comme un long sprint en plein col de montagne. Et effectivement, maintenir la pression sur cette distance est un défi que XBXRX ne relève que partiellement. Ca tire dans tous les sens mais sans un regard vers la cible et cette agitation est vaine et franchement banal. Puis viennent des coups de nerfs, des pics d'inspiration, un sursaut d'orgueil, une petite bise de fraîcheur qui aère le cerveau. XBXRX, c'est le Flying Luttenbachers du pauvre ou le Locust du riche. Cet album n'est pas mauvais en soi. Il lui manque juste de l'épaisseur, de la consistance dans sa colère d'adolescents et un quart d'heure de trop. Dans cette cour des miraculés où moult groupes à tendance hardcore se mutilent les compos pour savoir qui fera le plus court et le plus vite, XBXRX avait deux trois longueurs d'avance il y a quelques années. Le temps les a rattrapé et ils rentrent dans le rang.

SKX (21/07/2005)
website groupe www.xbxrx.com
website label www.polyvinylrecords.com
sounds prc-094-10.mp3


XBXRX / Total Shutdown

Split 2x5''
Rock is Hell 2005

En pleine déconfiture du business musical et du téléchargement à tout va, la solution réside peut-être dans la fabrication d'objet qui dépasse le simple bout de vinyl/CD tout juste bon à écouter. Réaliser des disques au design original, trouvaille graphique, vidéos, bandes dessinées, bout de steak et autres délires du moment que ça donne envie d'avoir l'objet qui lui ne se téléchargera jamais (quoique !). Un disque qui soit plus que de la musique ! Rock is Hell, qui aurait pu s'appeler aussi va te faire voir en enfer, a jeté son dévolu sur Dennis Tyfus pour un concoctage de pochette maison. Une sérigraphie en format original en 21x14 dépliable avec deux bouts de vinyls couleurs de 5 pouces chacun ! Si ça pas de la gueule ça ! Pour la musique, c'est du vite expédié ! Une fois le misérable vinyl calé (bon courage), Total Shutdown nous souffle dans les bronches. Groucho Marx fait du punk-rock. Ca pas grande queue et encore moins de tête. Ca l'air de n'importe quoi et c'est pas loin d'être ça. Saxos en délire sur foutage de rythmes et guitares débraillées. J'ai perdu le fil de l'histoire mais bon pourquoi pas ! Pour XBXRX, c'est un peu la même philosophie. Sauf que l'entourage est plus pros. Enregistrement Ian Mackaye. Mastérisation par Weasel Walter (Flying Luttenbachers). Punk et hargneux, XBXRX offre de la consistance. Mais tout ça est bien trop court pour prendre un réel plaisir. Dommage que la musique n'est pas à la hauteur de l'objet, cela aurait été le disque de l'année !!

SKX (22/06/2005)
website groupe www.totalshutdown.com | www.xbxrx.com
www.dennistyfus.tk
website label www.rockishell.com

Xiu Xiu
Life and live - CD
Xeng 2005


Jamie Stewart et son projet Xiu Xiu ont su en très peu de temps se tisser un réseau de fans invétérés aux quatre coins du globe, tous prêts à se fendre d'un disque pour témoigner de leur attachement pour cet artiste différent. Après l'espagnol de Acuarela, c'est au tour de l'italien Xeng records de sortir un disque de Xiu Xiu, un de plus à leur discographie qui devient conséquente, 3 ans seulement après le commencement. Cette fois-ci, c'est un live. Un coup classique dans l'œuvre de n'importe quel artiste mais ce n'est pas un live classique. Enregistré lors de deux tournées solo de Stewart aux Usa en 2003, ce live est agrémenté d'enregistrements acoustiques réalisés à la volée et en toute discrétion, dans l'intimité d'une chambre ou d'un recoin de studio de fortune. Mais surtout, il donne un éclairage nouveau sur la musique de Xiu Xiu. Point de morceaux live qui reprendraient note pour note les travaux studio. Stewart, sur cette tournée, n'était accompagné que de sa seule guitare acoustique et de sa voix si singulière. A peine un Devendra Banhart ou un certain Wilbert Williams II pour le seconder à l'aide d'instruments hétéroclites. Les morceaux prennent alors une toute nouvelle tournure. Ultra dépouillées, plus cafardeuses que jamais, ces chansons live débarrassées de tout oripeaux n'en sont que plus oppressantes. Le délire vocal sur Sad pony guerilla girl où Stewart pète les plombs, les versions de Jennifer Lopez et Helsabot chanté par lui. Seul un Thanks Japan ! viendra dérider l'assistance mais ça n'a rien d'un morceau, juste un témoignage sonore où apparemment ça se fend la gueule au pays du soleil levant ! En tout 15 morceaux qui font oublier que cet album est live, le genre de trucs inutiles qui n'apportent que des ronds à ceux qui le sortent. C'est un album à part entière dans lequel le mot Life ne s'est pas inscrit par hasard. Stewart y met encore beaucoup de lui-même, de son cœur et de ses tripes, avec son style toujours aussi inimitable.

SKX (27/11/2005)
website groupe www.xiuxiu.org
website label xeng.org

Xiu Xiu
La Forêt - CD
Acuarela / 5RC 2005

Quel débit. Quatrième album en autant d'années. C'est que le Xiu Xiu a beaucoup de démons à expurger. C'est à l'orée de l'été que ce La Forêt à pointer ses feuillages. Mais Xiu Xiu, c'est quand le jour se couche tôt qu'il s'apprécie, à moins d'aimer passer les beaux jours dans une caverne, la corde au cou. L'arbre ne cache pas la forêt et le périmètre est bien délimité. Mais Xiu Xiu a un don inégalé pour donner sans cesse un nouvel éclairage sur ses parts d'ombres, donner un angle inédit sur une clairière encore vierge de présence. L'option est à l'accalmie. La marche est sobre. Sobre comme un Xiu Xiu il va s'en dire mais l'orchestration, si elle fourmille toujours d'idées extravagantes et inattendues, garde un ton général qui ne va pas puiser dans la surenchère. Quelques convulsions, quelques nappes bruitistes, un Pox qui sent l'hommage à New-Order et surtout de noires ballades de pop avant-gardiste où les anges planent et pleurent leur sexe dont ils ne connaissent toujours pas la longueur. Musique sans genre et atypique, Xiu Xiu continue de creuser sa tombe mais dans le vert luxuriant et rassurant d'une forêt tranquille dont on s'attend à chaque instant que l'arbre le plus inoffensif se transforme en monstre à huit bras. Venez donc vous perdre une nouvelle fois dans Xi Xiu.

SKX (12/12/2005)
website groupe www.xiuxiu.com
website label www.acuareladiscos.com | www.5rc.com
sounds www.5rc.com/audio/BogPeople.mp3

XBXRX
Wars - CD
Polyvinyl 2007

XBXRX nous avait laissé sur une mauvaise impression avec leur album Sixth in sixes. Leur énergie dévastatrice s'était diluée sur la longueur. C'est l'esprit guerrier et revanchard qu'ils reviennent avec Wars. Tendu comme un arc, XBXRX décoche douze flèches trempés dans un fiel acéré, vise juste, fort, pointu, la plaie est propre et le pire, c'est qu'on a envie de retendre l'autre joue. XBXRX, ça toujours été la théorie du chaos. Sur scène, les instruments cassés, les concerts dévastés. Ou dans la vie. Traînés de force par des parents dans des manifestations anti-avortement, ça laisse des traces et les deux frangins à la base du groupe (Cooler et Touchton) ont vite fait abandonné leur Sud traditionaliste pour laisser exploser leur rage à San Francisco. Bien leur en a pris. Alors que leurs crises de nerfs et leurs caprices névrotiques étaient devenus vains sur l'opus précédent, là, tout sonne consistant, rude, rouge et tranchant. L'arrivée de Weasel Walter (Mr. Flying Luttenbachers) à la batterie n'est sûrement pas étrange à ce resserrement de boulons. Le gus s'y connaît en montée de tension sans la chute. Dès le premier morceau Center were sight, on sent qu'on a mis là dans un engrenage infaillible. Quand, en plus, El phenomeno Ed Rodriguez (Gorge Trio, Colossamite et Flying Luttenbachers) se joint au groupe en troquant sa guitare pour la basse, la musique ne peut que prendre une tournure jouissive. Il y a du Flying Luttenbachers là-dessus, c'est indéniable et pas que sur le papier. Mais un Flying qui va plus droit au but, condensé. Le groupe a beau faire évoluer ses structures qui tenaient auparavant toutes en à peine deux minutes, varier les rythmes et les effets de manche, la folie reste intacte. Tout ça est simplement mieux canalisé. Gros effort sur les compos, mieux penser, mieux conçus, plus percutantes. Les jeunes chiens fous ne foncent plus tête baissée dans le tas. Leur confusion prend un sens tout différent. Les seules choses qu'ils cassent, ce sont vos résistances. XBXRX a déterré la hache de guerre et compte vous enfoncer son manche bien profond. Grandiose.

SKX (15/06/2007)
website groupe www.xbxrx.com
website label www.polyvinylrecords.com
sounds 129-01.mp3 | 094-10.mp3

XBXRX
Sounds - CD
Important 2007

Weasel Walter a décidé de faire rire tout le monde en annonçant le suicide des Flying Luttenbachers. Qu'à cela ne tienne, outre ses multiples projets en solo, en quartet et je ne sais quoi encore, notre diablotin préféré est pour l'instant partie prenante dans XBXRX, joyeuse bande de faux tireurs d'élite à consonances bruyantes, genre ça joue n'importe quoi pendant pas très longtemps et c'est déjà fini. Du Locust en beaucoup plus branleur, du core quelque chose qui fait toujours plaisir par où il passe, du pas sérieux qui s'en fout, du punk à lunettes. Wars, le dernier album en date (sur Polyvinyl, le label habituel du groupe) avait même réussi à rallier un peu plus de monde que d'habitude à la cause de XBXRX, la faute à ces petites mélodies catchy tout droit devant qui arrivaient à rendre l'ensemble attrayant sans donner la nausée. Il y a fort à parier qu'avec Sounds XBXRX va cette fois ci plutôt se faire quelques ennemis supplémentaires.
Le premier truc qui peut faire peur c'est le label. Important records est à la fois capable de rééditer en vinyl only l'intégrale studio de Mars comme de publier un nouvel enregistrement de Merzbow tous les mois. Pour être franc, en parcourant tout le catalogue, la balance penche plus du côté cérébral -mais pas forcément chiant- que de celui du frémissement primal et orgiaque. Mais ce qui inquiète vraiment c'est que sur ce disque à la durée standard (pour XBXRX) d'une demi-heure il n'y a que sept morceaux, soit moitié moins que d'habitude. Tout ceci ne relève que du détail ? De la manie déplacée qui n'a rien à voir avec ce que doit être la musique ? Je n'ai qu'à lever mon gros cul et appuyer sur la touche play de la platine ? Ok, on y va.
Ce disque est un disque de musique improvisée. Ça gratouille, ça tambourine (sacré Walter, on te reconnaît bien là) mais ça ne chante pas ou presque, les quelques hurlements sur Chaired ne comptent pas. Ça part dans tous les sens et pas forcément dans celui qu'on souhaiterait mais c'est eux qui jouent, pas nous, donc on patiente. Et on subit. J'évacue direct le titre avec piano et percussions ou celui avec frottements et grincements genre j'ai trop écouté Variations Pour Une Porte Et Un Soupir quand j'étais petit. Je retiens les attaques directes et franches (Chaired, toujours) qui malheureusement se transforment trop souvent en dégringolades. Sounds est un disque de XBXRX qui ne donne pas immédiatement envie de rire ni de transpirer. Si vous êtes allergiques à l'improvisation onaniste passez votre chemin. Si vous aimez ça -comme moi- vous trouverez ce disque un peu léger. Agréable mais facile. Rigolo mais pas renversant. Barré mais parfois abscond.

Haz (21/12/2007)

PS : XBXRX sera en tournée au mois de janvier avec Weasel Walter, le 03 à Paris, le 04 à Bordeaux, le 06 à Lyon et le 07 à Strasbourg.


website groupe www.xbxrx.com
website label www.importantrecords.com
sounds infancy.mp3 | infancy4.mp3

Xiu Xiu
The Air Force - CD
5RC 2006

C'est un peu beaucoup toujours pareil un album de Xiu Xiu. Si ils continuent comme ça, on va finir par les traiter de Lungfish. Alors qu'en fait non, c'est vraiment pas pareil. Il faut aimer l'amour du détail. Et dans Xiu Xiu, du détail, il y en a à la pelle. James Stewart, l'âme damné du groupe, aurait dit un jour qu'il voulait faire comme son idole Morrissey, sortir un album tous les ans, comme The Smiths à leur grande époque. Ne change pas de main Jamie, je sens que ça vient. Sauf qu'à force, on a fini par s'habituer au monde étrange de Xiu Xiu. On trouverait ça presque banal. Une écoute distraite et The Air Force pourrait passer pour un ersatz de n'importe quel autre album de Xiu Xiu. C'est le cinquième album en cinq ans (Knife play (2002), A Promise (2003), Fabulous Muscles (2004), La Forêt (2005)) auquel il faut rajouter un album live, une compilation (Fag Patrol), des projets annexes (XXL, Grouper) et un semi-remorque de 45 tours, split ou non. Et comme d'habitude, plusieurs écoutes vont nous convaincre que The Air Force est du Xiu Xiu pur jus mais unique en son genre. Il va être question de The Smiths encore. Stewart s'est dit (à nouveau) obséder par l'écoute de The Queen is Dead pendant la tournée qui a précédé cet album. Une obsession à laquelle il faut rajouter une écoute répétée du 1er album de Weezer (!!). D'où un album plus pop. Pop à la Xiu Xiu s'entend. Et dansant (remplacez le pop de la phrase précédente par dansant).
La toute première fois que j'ai écrit et enregistré une chanson de Xiu Xiu, je suis allé tout seul dans cette boite de nuit horrible à San Jose, en essayant timidement de ramener quelqu'un à la maison. C'était la nuit de Noël, c'était pathétique et je suis rentré tout seul. La raison d'être Xiu Xiu vient de ce sentiment de se sentir seul et stupide, d'aller quand même danser tout en sachant que cette musique dansante magnifie ta solitude et ta stupidité.
The Air Force retranscrit à merveille ce sentiment. Jamais un album de Xiu Xiu n'a été aussi mélodique et dansant. Mais je vous mets au défi de siffler sous la douche et danser sur n'importe quels des onze morceaux de The Air Force. L'album le plus doux mais jonché d'écorces. Dans le milieu, Stewart passe facilement pour être le mec le plus glauque, le genre de type à écouter The Smiths et Joy Division en boucle tout en lisant je ne sais quelle poésie adolescente torturée. Je suis sûr que je ne tiendrais pas une journée entière sans vouloir lui en coller une. Heureusement, je n'ai que ces disques à me taper. Mais tout ça fait partie intégrante du paysage. Le bonhomme, son vécu, pas jouasse à ses dires, toutes les paroles issues de son expérience personnelle, sa rage aussi contre le monde de Bush (sa chanson Saturn sur La Foret parlait de violer Bush jusqu'à la mort !). Il met tout ça dans ça musique et il en ressort cette fois-ci quelquechose d'un peu plus léger qu'à l'accoutumée. Même son chant semble plus en paix. Greg Saunier (batteur de Deerhoof) est aux manettes de la production et a réussi à fluidifié l'incroyable bêtisier à instruments de Xiu Xiu, rendre le collage de bruits, de notes semblant tombées au hasard plus cohérente. Xiu Xiu apprivoise son bazar qui faisait toute la différence mais c'est au profit de chansons plus identifiables. Caralee McElroy compose et chante son propre morceau (l'aérien Hello from Eau Claire qui nous renvoie à Young Marble Giants). Stewart ne peut s'empêcher de gros coup de blues comme le très sombre P.J. in the streets of London (un hommage à PJ Harvey ?). C'est pas encore demain qu'on dansera saoul comme des vaches sur les tables avec Xiu Xiu. Il manque des morceaux aussi percutants que Sad Pony Guerrilla Girl ou I Luv the Valley OH! mais The Air Force fini par nous ensorceler. Fidèle à son rythme de stakhanoviste, le sixième album est prévu pour janvier 2008, a pour nom Women as lovers et il se susurre que Michael Gira (Monsieur Swans) figure au générique… Vous n'avez pas fini d'entendre parler de Xiu Xiu !!

SKX (12/12/2007)
website groupe www.xiuxiu.org
website label www.5rc.com

Xiu Xiu / The Dead Science
Split 7''
Death Bomb 2006

Eugene Robinson, le chanteur tout en bois et en sucre de Oxbow, est un grand fan de Xiu Xiu. Cela devrait vous mettre la puce à l'oreille. Après une magnifique reprise d'un morceau de Xiu Xiu sur le Remixed and Covered, le bel Eugene se fait inviter par James Stewart pour un titre qui va encore rester dans les annales. Non, je ne suis pas vulgaire. Comme souvent avec Eugene, ça commence en susurrant mais c'est pour mieux te prendre par derrière mon enfant, quand tu auras baisser ta garde, que tu te seras laisser faire par ces jérémiades. Le fort Eugene poussera alors une belle et saine éructation à t'en faire pleurer. La musique de Xiu Xiu accompagne le mouvement. Quelques coups de basses discrètes poursuivis par un tumulte étrange, une montée en tension flippante et un morceau, Juarez, qui te la met profond. Et tu aimes ça mon cochon. The Dead Science, ce sont des potes de longues dates de Xiu Xiu. Une paire d'albums sous le bras, le trio a déjà imposé sa patte personnelle dans un gant de velours. Ce titre est featuring Shoolby Taylor, un black né en 1929, décédé en 2003, surnommé The Human Horn (qui donne le nom à ce morceau) et considéré, soit comme un génie, soit comme une grosse merde. Tout un programme. Son chant samplé débute les hostilités avant que The Dead Science ne lui rende un hommage avec leur fidèle contrebasse et leur spleen toujours classe. Ca ne vaut pas la face Xiu Xiu mais on s'en tape car même sur une patte, ce split vaut de l'or. C'est encore Gégène qui régale.

SKX (12/12/2007)
website groupe www.xiuxiu.org | www.thedeadscience.com
website label deathbombarc.com
sounds deathbombarc.com/sound/dba052.mp3

Xiu Xiu vs. Grouper
Creepshow - CD
Slender Means Society / States Right 2006

Une collaboration entre Xiu Xiu, uniquement réduit à James Stewart, et Grouper, alias une seule et même personne, Liz Harris (originaire de Portland), spécialiste du drone et de l'exploration sonore. Entre les deux, vous avez noté le Vs. Le contre. Et si il y a match entre les deux, Grouper gagne haut la main. Rejoins par un même traumatisme d'enfant autour du film d'épouvante de George Romero, Creepshow (1982), Harris et Stewart élaborent des fantômes de bruits, des mirages de sons, tout un panel de textures sonores censé évoquer le silence et le cas échéant le frisson. Au mieux, ça évoque une certaine rêverie. Au pire et c'est le plus fréquent, ennui et profonde lassitude. Ne cherchez pas de traces de Xiu Xiu dans cette rencontre. A peine quelques cloches sur Sea, un fond de voix féminine sur In the City, un semblant d'accordéon sans soufflet, bref un peu d'air frais apporté dans le brouillard habituel de Grouper. La timbale du méga concept est décrochée avec le dernier morceau sans nom. 24 minutes de pur silence. En mettant les potards à fond, vous obtenez du souffle issu de vos enceintes. C'est génial. J'adore. Dans sa pléthore de productions, James Stewart ne peut pas toujours être inspiré. Vous pouvez passer votre chemin.

SKX (10/12/2007)
website groupe www.xiuxiu.org | www.myspace.com/grouperrepuorg
website label www.slendermeanssociety.com | www.statesrightsrecords.com
sounds xiuxiuvsgrouper-inthecity.mp3

Xiu Xiu / The Paper Chase
Cover Nick Cave - split 7''
Stickfigure 2005

C'est toujours le problème avec ces reprises. Franchement, que peut-on espérer de mieux que l'originale, surtout quand on s'attaque à un mythe comme Nick Cave… Serrer les fesses, on y va quand même. Xiu Xiu reprend Jack the rippper. L'époque est à Henry' dream (1992) et James Stewart ne s'en tire pas trop mal. Mais on se demande qui a fait quoi là-dedans. Il est accompagné par The Thrones, un vieux groupe de chez Kill Rock Stars. Une vraie batterie, une voix qui n'est pas la sienne, un cuivre strident, une guitare acoustique qui égrène la mélodie principale. Tout ça ne fait pas très Xiu Xiu sinon que cette reprise garde un sens dramatique propre à James Stewart. Pour The Paper Chase, ce sera époque No more we shall apart en 2001 avec God is in the house. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils aient bien personnalisé l'affaire. La belle affaire ! Epoque pourrie, reprise idem et arrêtez le piano, par pitié. Nick Cave n'a rien senti. Mais Xiu Xiu aime ça et ne désespère pas. Le roi de la reprise. Il a sorti en 2006 sur le label espagnol Acuarela, le EP Tu mi piaci (mais ça c'est de l'italien) avec cinq reprises dont Nina Simone, Bauhaus, This Mortal Coil et Pussycat Dolls. Mais là, ça devient trop pour mes faibles forces. Trop de reprises tuent la reprise.

SKX (12/12/2007)
website groupe www.xiuxiu.org | thepaperchaseband.com
website label stickfiguredistro.com/stickfigurerecords

 

Xiu Xiu
Remixed and covered - 2xCDs
5RC 2007

Reprendre des chansons de Xiu Xiu semble couler de source. Une chose évidente tant les compositions de James Stewart prêtent leur flanc à d'autres réinterprétations, tant elles semblent composer comme un immense jeu de legos, un assemblage hétéroclite dont les pièces pourraient changer de place à l'infini pour un résultat toujours surprenant. Le présent objet est en deux parties. Un CD de reprises avec des groupes se servant de leur univers musical habituel pour reprendre Xiu Xiu. C'est covered. Un CD où ça triture de la bande à tout va mais en gardant la voix de James Stewart. C'est le remixed. Vous partez ainsi pour une heure vingt de Xiu Xiu à toutes les sauces. Périlleux périple. En fait, l'intérêt principal de ce boîtier consiste dans la reprise de Oxbow. Ou comment réduire 1h20 d'efforts à quatre minutes trente-deux ! Oxbow dans sa version minimale avec Niko Wenner et Eugene Robinson quand ils se présentent en duo et en acoustique. Une reprise magnifique que tous les fans du groupe de San Francisco se doivent de connaître. La guitare acoustique et cristalline percée par les gémissements de Eugene Robinson la pleureuse, le touché d'un xylophone sur la fin pour une relecture de Saturn (sur l'album La Forêt) remarquable. Oxbow a tout compris. Désossé Xiu Xiu, ne pas essayer de faire aussi riche et bricolo (même de génie). Garder la seule trame mélodique, aller à l'essentiel et lui apporter toute la force d'interprétation nécessaire. Presser le jus de l'émotion qui se cache dans chaque titre de Xiu Xiu, les débarrasser de ses oripeaux et mettre Xiu Xiu à nu. Parce que pour les autres reprises, personne n'arrive à retranscrire les sentiments à fleur de peau que Xiu Xiu divulgue derrière son bordel apparent et qu'à ce petit jeu là, mieux vaut écouter les originaux. Ca beau donner dans le délicat, dans les nappes de synthés, dans le folk pour bobos (Devendra Banhart), l'electro de branleurs (Kid 606), le cabaret (Her Space Holiday) et j'en passe des moins connus, on saisit là toute la difficulté, et par la même occasion la richesse, des compos de Xiu Xiu. Le fil invisible entre une musique vide de toute substance malgré son apparente émotion et une musique qui vit, vibre, dérape derrière son apparente fragilité.
Pour l'étape remixed, c'est le même laïus. Mais en pire. Avec beats et rebeats dansants à l'appui pour (presque) tout le monde. Le seul intérêt pourrait être la reprise du Ceremony de Joy Division/New Order par Xiu Xiu eux-mêmes. Version hystérique et azimutée qui n'empêche pas de danser. Passable à la rigueur avant de se finir avec le groupe To live and shave in LA remixant la totalité de l'album The Air Force dans le temps record de 3 minutes et 27 secondes. Vous avez dit n'importe quoi ? Excepté le morceau de Oxbow, tout ça n'a rien de percutant. Que vous aimiez ou détestiez Xiu Xiu, ce projet ne changera pas la donne.

SKX (10/12/2007)
website groupe www.xiuxiu.org
website label www.5rc.com

Xiu Xiu / W-S Burn
split 7"
Stickfigure 2007

Un split qui se tient. Deux artistes aux univers aussi enclin à la gaudriole se rejoignent sur un très beau split multi couleurs. Xiu Xiu, le plus connu, les doigts dans le nez, nous sert un inédit, Mean, Childish and Boring, qui ne dépareillerait pas sur sa collection d'albums. Piano à l'économie pour débuter, la voix inimitable et fragile de Stewart, orage électrique dans le lointain, deux coups de flûte de traviole, le piano en fil rouge. Xiu Xiu possède un talent unique pour composer des univers inclassables avec trois bouts de ficelles. W-S Burn, ce sont les inconnus. Pourtant déjà cinq albums à leur actif, tous autoproduits et roulés sous les aisselles entre 2004 et 2006 (une sérieuse concurrence pour Xiu Xiu !). Amanda Beddard est le nom de la chanteuse et elle a un joli brin de voix. Derrière, Steve Gigante tricote des arpèges de guitares qui sonnent comme une harpe. Comme Xiu Xiu, W-S Burn arrive à créer avec ce Above the fray une atmosphère sombre et prenante avec une grande économie de moyens. Ils me rappellent ces groupes néo-zélandais à l'époque de Xpressway. Pas vraiment de ce monde et vous emmenant ailleurs avec leur touchante simplicité. Leurs cinq albums vont devoir se dévoiler.

SKX (12/12/2007)
website groupe www.xiuxiu.org | wsburn.suchfun.net
website label stickfiguredistro.com/stickfigurerecords

XXL (Xiu Xiu / Larsen)
Spicchiology? - CD
Important 2007

Xiu Xiu et Larsen sont devenus les meilleurs amis du monde. Après Caiotastico !, premier fruit de leur rencontre en 2005, James Stewart est reparti quinze jours sous le soleil de l'Italie, goûtons voir si le vin est bon, chez ses potes post-rock Larsen (attention, le nom est trompeur). Comme d'habitude, il est venu avec Madame. Caralee McElroy était dans les valises et l'inspiration aussi. Les deux entités ont appris à se connaître, à s'apprivoiser et le résultat s'en fait sentir. La patte Xiu Xiu est plus présente, tout comme la voix de Stewart, voir celle de sa compagne. Alors que le premier jet se faisait languir et traînait la jambe, Spicchiology? apporte de la consistance, de l'épaisseur, des variations plus prononcées. De l'osmose, du liant, personne n'empiète sur les plates-bandes de l'autre mais pense à laisser de l'espace pour son voisin. Une multitude de détails fourmillent, les arrangements abondent, on se prend même à taper du pied sur l'excellent King of Koalas. Car si certains morceaux sont plus rythmés, l'ensemble reste tout de même d'humeur ambiante. L'intensité gronde mais ce n'est pas la prise du Mont Cassin non plus. Seulement, les ambiances sont devenues plus prenantes, la sieste de l'après-midi a laissé place à des nuages chargés en électricité nous faisant tressauter à chaque fois que le sommeil risquait de se pointer. Il y a bien deux, trois moments où la garde baisse, les paupières se font lourdes mais appelons ça des moments propices à la rêverie, on va pas être chien (pour une fois). L'instrumentation est variée. Des objets percussifs de tout acabit (gong, cloches, xylophone), un violon électrique, un farfisa, des synthés, des bruits électroniques nauséeux et métalliques, un piano vaporeux, des guitares cristallines et un sens de l'abstraction qui ne leur échappe jamais des doigts. XXL garde le contrôle de ses émotions, arrive à ne pas s'embourber dans des architectures trop compliquées et symphoniques, même dans les neuf minutes de The Tale of Brother Cakes and Sugar Dust qui clôturent cet album. Ils attribuent le bon son à la bonne ambiance. Le problème est d'entrer dans certaines ambiances qui ont trop tendance à vous laisser sur le seuil, réduire les distances et s'immerger dans ce monde que ces six têtes se sont forgé. Mais dans ce travail toujours casse-gueule de la collaboration où tout est écrit et enregistré en un minimum de temps, XXL s'en tire de mieux en mieux.

SKX (09/12/2007)
website groupe www.xiuxiu.org | www.larsen.to.it
website label importantrecords.com
sounds xxl_track4.mp3 | xxl_track6.mp3

Xnoybis
Solace - CD
XNB 2006

Xnoybis, c'est pas une franche partie de rigolade. Déjà rien que le nom, faut y regarder à quatre fois avant de le taper correctement et ça promet de multiples turpitudes. C'est tout sombre là-dedans, tortueux et imposant. Comme cette pochette. Xynobis, faut y regarder de près, mettre les mains dans le cambouis, sinon tu rates tout. Ce premier album du trio basé dans l'Oise est un bloc monolithique qui renvoie un écho froid. Une sensation d'étouffement. Comme la vision d'un Godflesh croisant le fer avec Neurosis. Cet effet répétitif, malsain et la profonde noirceur du groupe de San Francisco. Le réchauffement de la planète, ce n'est pas pour eux. Voir une certaine idée du hardcore à la Unsane ou Kiss it Goodbye. Et j'insiste sur le terme idée car dans l'exécution, Xnoybis manient ses propres armes. Rugueux, martial. Très peu d'effet dans le son. Juste là, présent, massif. L'enfermement. Batterie tour à tour tribale ou lente et menaçante. Des riffs qui tombent et n'en finissent pas de tomber. Sévèrement plaqués. Un faux rythme tout au long de ces neuf titres, un truc lancinant qui n'explose jamais vraiment, une colère toujours sur les bords des lèvres desquelles vient le seul bémol de ce disque, la voix. Trop typé hardcore et qui manque d'impact et de variante. Pour le reste, ce sont 68 minutes d'un voyage exigeant, qu'il n'est pas facile de s'envoyer d'une traite. Des compositions fracturées, copieuses. Ce premier album aurait sans doute mérité d'être plus concis pour gagner en retentissement mais pris un par un, ces morceaux sont redoutables et maléfiques. Que vous le vouliez ou non, ce nom de groupe sibyllin, il va falloir le retenir.

SKX (21/05/2007)
website groupe www.xnoybis.com
sounds www.xnoybis.com/audio.html


 
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