XIU
XIU
"
knife play " - CD
5 rue Christine 02
Drôle de météorite. Ont-ils des oreilles comme
nous? Pourtant, avec un nom pareil, on aurait dû se méfier.
Xiu Xiu débarque, je sais pas d'où, accouche d'un
truc à nul autre pareil. Une vision futuresque. Un univers
baroque, en décalage total avec l'environnement actuel.
Quatre personnes pour une instrumentation improbable et originale
: piano, synthés, cloches, trompette, mandoline, tiens
une guitare! Les seuls rythmes proviennent de machines. Exceptés
quand des invités mettent leur grain de sel. La batterie
se matérialise. Et autant prévoir une longue table
puisque neuf guests se présentent au final. Tous bardés
de cuivres hétéroclites. Ebranlements. Vibrations.
L'incroyable tour de force de donner vie à cet orchestre
de fous. Xiu Xiu défie les lois de l'apesanteur. Tout est
d'un équilibre instable. Un château de carte en manque
de vaciller à la moindre brise. Des pièces en trompe
l'il si nombreuses. Une voix qui n'a pas peur de donner
dans le lyrique et les envolées spectaculaires, si proche
de la rupture. Si spécifique qu'elle est pour beaucoup
dans l'envoûtement. Les clochent glissent sur les synthés,
une corde se pend à la plainte d'un saxophone. Des mariages
contre-nature. Des rythmes maigrichons plein de vie. Des compositions
rapiécées on ne sait comment, qui partent dans tous
les sens, reviennent à un air d'accordéon lugubre
et solitaire. Un piano qui part en confettis. Une pop totalement
décalée qui, pour ceux qui ont absolument besoin
de repères, se situerait entre les Pain Teens et Black
Heart Procession. Mais la vérité se situe à
un autre étage. Dans ce labyrinthe, Xiu Xiu arrive à
formater de véritables chansons, une force sûre d'elle-même,
une sarabande tourmentée, des masques dévorants,
le diabolisme du mouvement. Une forme floue rayonne autour de
ce groupe mais l'intérieur est un volcan. Le mystère
reste entier. Ce "Knife Play" est hallucinant. Je n'essaierai
donc pas de l'expliquer plus en avant. A écouter d'urgence
et sans préjugé.
SKX (15/07/2002)
|
XIU
XIU
"
A promise " - CD
5 rue Christine 03
Xiu Xiu navaient-ils pas atteint leur limite lors de leur
précédent album ? Le pensais-je bien naïvement
! « Knive play », premier album si baroque, si inidentifiable,
cétait pas possible de faire pire. Et la bande à
James Stewart (boss de 5RC) la pourtant fait ! Encore plus
barré, encore plus inclassable sans être forcément
meilleur, ceci dit en préambule. Xiu Xiu arrive à
un tel niveau de dépouillement et de minimalisme que plusieurs
écoutes sont nécessaires avant un début de
commencement dappréciation. La voix extravertie dopérette
à deux sous de Stewart est lélément
central. Susurrée, éthérée et dun
seul coup violemment lyrique, cette voix fait la pluie et le beau
temps (surtout la pluie car on est pas du genre à se taper
sur les cuisses ici !). Un lent suicide enveloppé par des
silences nombreux, autre donne prépondérante comme
la voix. Excepté de rares occasions comme le dansant (ouh
! le grand mot) « apistat commander » ou comment déterrer
le cadavre de New Order, cet album impressionne par sa science
du blanc, savamment perturbé par une note de violon et
autres instruments obscurs (cloches, clavecin, machines diverses).
Un calme angoissant que de brusques fracas viennent chambouler.
Le tour de force de cet album est de réussir à créer
des ambiances à se foutre une balle dans la tête
avec trois fois rien. Le plus bel exemple est sans doute «
fast car », une reprise de Tracy Chapman. Ou comment vous
filer le frisson avec deux notes de guitares en boucle à
peine audible et lorgane de Stewart fragilisé. Des
histoires que lon imagine profondément glauque (si
seulement mon anglais arrivait à déchiffrer ce quun
anglophile lui-même doit avoir moultes difficultés
à défaire le nud de lhistoire), à
lhumour grinçant et noir comme ce dernier titre «
Ian Curtis wishlist ». Xiu Xiu continue dans lescalade
et labstraction. Lavant-garde de la garde. Un album
qui nest pas de tous les jours. Mais cet univers mérite
quon sy intéresse. Il a le don de vous hanter
au fil du temps. Ecoutez au moins une fois dans votre vie de cafard
Xiu Xiu.
SKX (26/08/2003) |
XBXRX
"
gop ist minee " - Lp
Tapes 01
Mais où vont-ils chercher tout ça?! XBRXR, code
secret d'une secte sponsorisée par aspirine et qui compte
déjà parmi ses meilleurs actionnaires Arab On Radar
et The Locust. Steve Albini, qui avec l'âge n'a plus peur
de rien, se commet à l'enregistrement, sans que cela se
ressente particulièrement sur le son (et son fameux son
de batterie). Les portes de l'asile sont donc encore grandes ouvertes
sur un trio très énervé. Voix hystérico-débile,
guitares dérapantes, bruits de synthé qui joue à
l'empire contre-attaque. Voir un rien psychédélique
à la Helios Creed sur certains passages. Je vous vois déjà
penser que tout ça c'est n'importe quoi, sans foi ni tête.
Détrompez-vous, jeunes inconscients! On reconnaît
ses petits, l'approche est définitivement rock. Comme si
Jon Spencer se droguait à US Maple. Melt-Banana en santiags!
Quand tout lâche, tout fout le camp et d'un revirement soudain,
revient dans le droit chemin, avec des rythmes directs et des
riffs incisifs. Le sens de la mise en danger, le dérapage
contrôle. Ya d'la joie, de la folie, du Tex Avery à
rouflaquette et un album très original et enthousiasmant!
SKX (12/02/2002)
|
Xiu
Xiu
Fleshettes - CDEP
Acuarela 2004
Il faut savoir prêter l'oreille pour
cette nouveauté de nos choux choux. Tout est dans la
retenue. Le soupir et le silence élevés au rang
d'art. La manière de suggérer, de tout dire dans
un silence. La version masculine d'abord. " Fleshettes
", dans le creux de l'oreille par Jamies Stewart, sa manière
unique de briser son cri, ça lui reste en travers de
la gorge toute cette crasse ambiante. Décor électronique,
très discret, petite fourmi de tous les jours. La version
féminine est chantée par Cory McCulloch. Ce fameux
titre qui servi de clap final au concert de Rennes. " Helsabot
of caraleebot " le morceau chair de poule qui faire taire
les plus bruyants. Il faut tendre l'oreille pour entendre ce
filet de voix, ces quelques accords de guitare acoustique et
ce sifflotement à la fin. Pour se faire remarquer, soit
on gueule le plus fort, soit on se fait tout petit dans un coin
sans rien dire. Pour fêter la première venue de
Xiu Xiu en péninsule ibérique, le label espagnol
Acuarela a très bien fait les choses. Objet rose sérigraphié
de circonstance pour sertir deux bijoux de plus au collier de
Xiu Xiu.
SKX
(23/11/2004)
website
groupe www.xiuxiu.org
website
labe
www.acuareladiscos.com
|
Xiu
Xiu
Fabulous muscles - CD
5 Rue Christine 2004
Jamie
Stewart, dandy écorché vif aux neurones troublés
et révoltés. Sa suite funeste sous le nom de Xiu
Xiu pour son troisième album en trois ans. Les ingrédients
sont désormais connus. Reste à savoir comment
il va les accommoder. Acoustique contre/avec electro-bricolo.
Machinerie rachitique et organe vivant. Instrumentation atypique.
Cordes vocales brisées, sur le bord du précipice,
trop de chagrins à expurger de manière anarchique,
murmures et cris à peine voilés. Le secret de
Xiu Xiu réside dans ce fragile équilibre entre
un pan de sa musique tout de suite identifiable, accessible,
pop avant-gardiste, mélodique et un coté totalement
obscure, décalé, bancale qui ferait fuir n'importe
quel suicidaire au troisième degré. " Fabulous
muscles " semble avoir trouver le juste milieu. Tour à
tour plus humain (" i luv the valley oh ! ") ou à
l'univers abscons et neurasthénique, la balance ne sait
de quel coté pencher. En plus, Xiu Xiu a la science du
silence pour créer une tension ténue, jouer des
blancs pour nous enfoncer dans le noir de sa déprime.
Le temps n'est toujours pas au beau fixe chez Jamie Stewart.
Ca vous plombe pour un moment. Mais Xiu Xiu possède l'aura
de ces gens à fleur de peau et la beauté ténébreuse
de ces chansons prend le dessus et vous enveloppe. Xiu Xiu vous
parle au plus profond car il s'adresse à vous comme personne
ne l'a fait avant. Essentiel.
SKX (2004]
website
groupe www.xiuxiu.org
website
label www.5rc.com
sounds
Clowne
Towne.mp3
|
XXL
(Xiu Xiu Larsen)
Caiotastico ! - CD
Important 2005
XXL,
ce n'est pas la chronique d'un t-shirt à vendre et encore
moins la nouvelle production de Marc Dorcel. C'est Jamie Stewart
et son Xiu Xiu qui n'en finit plus de sortir des disques. Cette
fois ci, une collaboration avec le groupe italien Larsen dont
vous n'avez pas à craindre de vous en prendre un dans
la tronche vu que la musique de Larsen est tout aussi mélancolique
et encore plus apaisé que son collègue américain.
Né d'une rencontre comme bien souvent lors d'une tournée
des Italiens aux USA, prolongée par un juste retour des
choses de Xiu Xiu en Italie et d'un enregistrement pendant onze
jours au rythme de : une journée, une chanson, une nuit
et plein de bouteilles de vin ! Caiotastico !, intraduisible
contraction, vient nous rappeler qu'on est pas toujours sur
terre pour rigoler. Le monde sombre et névrosé
des deux entités, chacun avec ses armes, était
fait pour se rencontrer. Neuf titres qui nous rendent tout amorphe
et mou du gland à moins de considérer cela comme
de longues plages introspectives propices à la méditation
et qu'il faut la voix inimitable de Jamie Stewart pour nous
tirer du sommeil qui guettait. Mais cette dernière se
fait rare. L'essentiel est instrumental, avec l'accordéon
et les synthés de Larsen chatouillés par le bric
à broc et rythmes bricolo pseudo dansant de Xiu Xiu.
Des compos, ça va ça vient, au gré de l'inspiration
journalière, si le vin de la veille était du supérieur
ou du qui tache et qui embrume le cerveau. Un album qui s'étire
langoureusement, tour à tour insipide ou plus profond,
quelques bons moments mais qui ne laissera pas non plus un souvenir
impérissable.
SKX
(20/01/06)
website
groupe www.xiuxiu.org
| www.larsen.to.it
website
label importantrecords.com
|
XBXRX
Sixth in sixes - CD
Polyvinyl 2005
Les
tontons flingueurs d'XBXRX ressortent leurs flingues de concours
pour la puissance de feu d'un croiseur. La coutume chez XBXRX,
c'est de dynamiter, disperser puis ventiler. Pour la deuxième
fois, le groupe d'Oakland à line-up modulable s'essaye
au long format. Pour les rois de la torgnole de une minute trente,
du split 45 à tout va, le challenge de l'endurance est
un marathon dont on est pas sur d'atteindre la ligne d'arrivée.
18 titres en 25 minutes, ça risque d'en fatiguer plus
d'un, cet enchaînement fracassant, comme un long sprint
en plein col de montagne. Et effectivement, maintenir la pression
sur cette distance est un défi que XBXRX ne relève
que partiellement. Ca tire dans tous les sens mais sans un regard
vers la cible et cette agitation est vaine et franchement banal.
Puis viennent des coups de nerfs, des pics d'inspiration, un
sursaut d'orgueil, une petite bise de fraîcheur qui aère
le cerveau. XBXRX, c'est le Flying Luttenbachers du pauvre ou
le Locust du riche. Cet album n'est pas mauvais en soi. Il lui
manque juste de l'épaisseur, de la consistance dans sa
colère d'adolescents et un quart d'heure de trop. Dans
cette cour des miraculés où moult groupes à
tendance hardcore se mutilent les compos pour savoir qui fera
le plus court et le plus vite, XBXRX avait deux trois longueurs
d'avance il y a quelques années. Le temps les a rattrapé
et ils rentrent dans le rang.
SKX
(21/07/2005)
website groupe www.xbxrx.com
website label www.polyvinylrecords.com
sounds prc-094-10.mp3
|

XBXRX / Total Shutdown
Split 2x5''
Rock is Hell 2005
En
pleine déconfiture du business musical et du téléchargement
à tout va, la solution réside peut-être
dans la fabrication d'objet qui dépasse le simple bout
de vinyl/CD tout juste bon à écouter. Réaliser
des disques au design original, trouvaille graphique, vidéos,
bandes dessinées, bout de steak et autres délires
du moment que ça donne envie d'avoir l'objet qui lui
ne se téléchargera jamais (quoique !). Un disque
qui soit plus que de la musique ! Rock is Hell, qui aurait pu
s'appeler aussi va te faire voir en enfer, a jeté son
dévolu sur Dennis Tyfus pour un concoctage de pochette
maison. Une sérigraphie en format original en 21x14 dépliable
avec deux bouts de vinyls couleurs de 5 pouces chacun ! Si ça
pas de la gueule ça ! Pour la musique, c'est du vite
expédié ! Une fois le misérable vinyl calé
(bon courage), Total Shutdown nous souffle dans les bronches.
Groucho Marx fait du punk-rock. Ca pas grande queue et encore
moins de tête. Ca l'air de n'importe quoi et c'est pas
loin d'être ça. Saxos en délire sur foutage
de rythmes et guitares débraillées. J'ai perdu
le fil de l'histoire mais bon pourquoi pas ! Pour XBXRX, c'est
un peu la même philosophie. Sauf que l'entourage est plus
pros. Enregistrement Ian Mackaye. Mastérisation par Weasel
Walter (Flying Luttenbachers). Punk et hargneux, XBXRX offre
de la consistance. Mais tout ça est bien trop court pour
prendre un réel plaisir. Dommage que la musique n'est
pas à la hauteur de l'objet, cela aurait été
le disque de l'année !!
SKX
(22/06/2005)
website
groupe www.totalshutdown.com
| www.xbxrx.com
www.dennistyfus.tk
website
label www.rockishell.com
|
Xiu
Xiu
Life and live - CD
Xeng 2005
Jamie
Stewart et son projet Xiu Xiu ont su en très peu de temps
se tisser un réseau de fans invétérés
aux quatre coins du globe, tous prêts à se fendre
d'un disque pour témoigner de leur attachement pour cet
artiste différent. Après l'espagnol de Acuarela,
c'est au tour de l'italien Xeng records de sortir un disque
de Xiu Xiu, un de plus à leur discographie qui devient
conséquente, 3 ans seulement après le commencement.
Cette fois-ci, c'est un live. Un coup classique dans l'uvre
de n'importe quel artiste mais ce n'est pas un live classique.
Enregistré lors de deux tournées solo de Stewart
aux Usa en 2003, ce live est agrémenté d'enregistrements
acoustiques réalisés à la volée
et en toute discrétion, dans l'intimité d'une
chambre ou d'un recoin de studio de fortune. Mais surtout, il
donne un éclairage nouveau sur la musique de Xiu Xiu.
Point de morceaux live qui reprendraient note pour note les
travaux studio. Stewart, sur cette tournée, n'était
accompagné que de sa seule guitare acoustique et de sa
voix si singulière. A peine un Devendra Banhart ou un
certain Wilbert Williams II pour le seconder à l'aide
d'instruments hétéroclites. Les morceaux prennent
alors une toute nouvelle tournure. Ultra dépouillées,
plus cafardeuses que jamais, ces chansons live débarrassées
de tout oripeaux n'en sont que plus oppressantes. Le délire
vocal sur Sad pony guerilla girl où Stewart pète
les plombs, les versions de Jennifer Lopez et Helsabot
chanté par lui. Seul un Thanks Japan ! viendra
dérider l'assistance mais ça n'a rien d'un morceau,
juste un témoignage sonore où apparemment ça
se fend la gueule au pays du soleil levant ! En tout 15 morceaux
qui font oublier que cet album est live, le genre de trucs inutiles
qui n'apportent que des ronds à ceux qui le sortent.
C'est un album à part entière dans lequel le mot
Life ne s'est pas inscrit par hasard. Stewart y met encore beaucoup
de lui-même, de son cur et de ses tripes, avec son
style toujours aussi inimitable.
SKX
(27/11/2005)
website groupe www.xiuxiu.org
website label xeng.org
|
Xiu
Xiu
La Forêt - CD
Acuarela / 5RC 2005
Quel
débit. Quatrième album en autant d'années.
C'est que le Xiu Xiu a beaucoup de démons à expurger.
C'est à l'orée de l'été que ce La
Forêt à pointer ses feuillages. Mais Xiu Xiu,
c'est quand le jour se couche tôt qu'il s'apprécie,
à moins d'aimer passer les beaux jours dans une caverne,
la corde au cou. L'arbre ne cache pas la forêt et le périmètre
est bien délimité. Mais Xiu Xiu a un don inégalé
pour donner sans cesse un nouvel éclairage sur ses parts
d'ombres, donner un angle inédit sur une clairière
encore vierge de présence. L'option est à l'accalmie.
La marche est sobre. Sobre comme un Xiu Xiu il va s'en dire
mais l'orchestration, si elle fourmille toujours d'idées
extravagantes et inattendues, garde un ton général
qui ne va pas puiser dans la surenchère. Quelques convulsions,
quelques nappes bruitistes, un Pox qui sent l'hommage
à New-Order et surtout de noires ballades de pop avant-gardiste
où les anges planent et pleurent leur sexe dont ils ne
connaissent toujours pas la longueur. Musique sans genre et
atypique, Xiu Xiu continue de creuser sa tombe mais dans le
vert luxuriant et rassurant d'une forêt tranquille dont
on s'attend à chaque instant que l'arbre le plus inoffensif
se transforme en monstre à huit bras. Venez donc vous
perdre une nouvelle fois dans Xi Xiu.
SKX
(12/12/2005)
website
groupe www.xiuxiu.com
website
label www.acuareladiscos.com
| www.5rc.com
sounds
www.5rc.com/audio/BogPeople.mp3
|
|
XBXRX
Wars - CD
Polyvinyl 2007
XBXRX
nous avait laissé sur une mauvaise impression avec leur
album Sixth in sixes. Leur énergie dévastatrice
s'était diluée sur la longueur. C'est l'esprit
guerrier et revanchard qu'ils reviennent avec Wars. Tendu comme
un arc, XBXRX décoche douze flèches trempés
dans un fiel acéré, vise juste, fort, pointu,
la plaie est propre et le pire, c'est qu'on a envie de retendre
l'autre joue. XBXRX, ça toujours été la
théorie du chaos. Sur scène, les instruments cassés,
les concerts dévastés. Ou dans la vie. Traînés
de force par des parents dans des manifestations anti-avortement,
ça laisse des traces et les deux frangins à la
base du groupe (Cooler et Touchton) ont vite fait abandonné
leur Sud traditionaliste pour laisser exploser leur rage à
San Francisco. Bien leur en a pris. Alors que leurs crises de
nerfs et leurs caprices névrotiques étaient devenus
vains sur l'opus précédent, là, tout sonne
consistant, rude, rouge et tranchant. L'arrivée de Weasel
Walter (Mr. Flying Luttenbachers) à la batterie n'est
sûrement pas étrange à ce resserrement de
boulons. Le gus s'y connaît en montée de tension
sans la chute. Dès le premier morceau Center were
sight, on sent qu'on a mis là dans un engrenage infaillible.
Quand, en plus, El phenomeno Ed Rodriguez (Gorge Trio, Colossamite
et Flying Luttenbachers) se joint au groupe en troquant sa guitare
pour la basse, la musique ne peut que prendre une tournure jouissive.
Il y a du Flying Luttenbachers là-dessus, c'est indéniable
et pas que sur le papier. Mais un Flying qui va plus droit au
but, condensé. Le groupe a beau faire évoluer
ses structures qui tenaient auparavant toutes en à peine
deux minutes, varier les rythmes et les effets de manche, la
folie reste intacte. Tout ça est simplement mieux canalisé.
Gros effort sur les compos, mieux penser, mieux conçus,
plus percutantes. Les jeunes chiens fous ne foncent plus tête
baissée dans le tas. Leur confusion prend un sens tout
différent. Les seules choses qu'ils cassent, ce sont
vos résistances. XBXRX a déterré la hache
de guerre et compte vous enfoncer son manche bien profond. Grandiose.
SKX
(15/06/2007)
website groupe www.xbxrx.com
website label www.polyvinylrecords.com
sounds 129-01.mp3
| 094-10.mp3
|
XBXRX
Sounds - CD
Important 2007
Weasel Walter a décidé de faire rire tout le monde
en annonçant le suicide des Flying Luttenbachers. Qu'à
cela ne tienne, outre ses multiples projets en solo, en quartet
et je ne sais quoi encore, notre diablotin préféré
est pour l'instant partie prenante dans XBXRX, joyeuse bande
de faux tireurs d'élite à consonances bruyantes,
genre ça joue n'importe quoi pendant pas très
longtemps et c'est déjà fini. Du Locust en beaucoup
plus branleur, du core quelque chose qui fait toujours plaisir
par où il passe, du pas sérieux qui s'en fout,
du punk à lunettes. Wars, le dernier album en
date (sur Polyvinyl, le label habituel du groupe) avait même
réussi à rallier un peu plus de monde que d'habitude
à la cause de XBXRX, la faute à ces petites mélodies
catchy tout droit devant qui arrivaient à rendre l'ensemble
attrayant sans donner la nausée. Il y a fort à
parier qu'avec Sounds XBXRX va cette fois ci plutôt se
faire quelques ennemis supplémentaires.
Le premier truc qui peut faire peur c'est le label. Important
records est à la fois capable de rééditer
en vinyl only l'intégrale studio de Mars comme de publier
un nouvel enregistrement de Merzbow tous les mois. Pour être
franc, en parcourant tout le catalogue, la balance penche plus
du côté cérébral -mais pas forcément
chiant- que de celui du frémissement primal et orgiaque.
Mais ce qui inquiète vraiment c'est que sur ce disque
à la durée standard (pour XBXRX) d'une demi-heure
il n'y a que sept morceaux, soit moitié moins que d'habitude.
Tout ceci ne relève que du détail ? De la manie
déplacée qui n'a rien à voir avec ce que
doit être la musique ? Je n'ai qu'à lever mon gros
cul et appuyer sur la touche play de la platine ? Ok, on y va.
Ce disque est un disque de musique improvisée. Ça
gratouille, ça tambourine (sacré Walter, on te
reconnaît bien là) mais ça ne chante pas
ou presque, les quelques hurlements sur Chaired ne comptent
pas. Ça part dans tous les sens et pas forcément
dans celui qu'on souhaiterait mais c'est eux qui jouent, pas
nous, donc on patiente. Et on subit. J'évacue direct
le titre avec piano et percussions ou celui avec frottements
et grincements genre j'ai trop écouté Variations
Pour Une Porte Et Un Soupir quand j'étais petit.
Je retiens les attaques directes et franches (Chaired,
toujours) qui malheureusement se transforment trop souvent en
dégringolades. Sounds est un disque de XBXRX qui
ne donne pas immédiatement envie de rire ni de transpirer.
Si vous êtes allergiques à l'improvisation onaniste
passez votre chemin. Si vous aimez ça -comme moi- vous
trouverez ce disque un peu léger. Agréable mais
facile. Rigolo mais pas renversant. Barré mais parfois
abscond.
Haz
(21/12/2007)
PS
: XBXRX sera en tournée au mois de janvier avec Weasel
Walter, le 03 à Paris, le 04 à Bordeaux, le 06
à Lyon et le 07 à Strasbourg.
website groupe www.xbxrx.com
website label www.importantrecords.com
sounds infancy.mp3
| infancy4.mp3
|
|
Xiu
Xiu
The Air Force - CD
5RC 2006
C'est
un peu beaucoup toujours pareil un album de Xiu Xiu. Si ils
continuent comme ça, on va finir par les traiter de Lungfish.
Alors qu'en fait non, c'est vraiment pas pareil. Il faut aimer
l'amour du détail. Et dans Xiu Xiu, du détail,
il y en a à la pelle. James Stewart, l'âme damné
du groupe, aurait dit un jour qu'il voulait faire comme son
idole Morrissey, sortir un album tous les ans, comme The Smiths
à leur grande époque. Ne change pas de main Jamie,
je sens que ça vient. Sauf qu'à force, on a fini
par s'habituer au monde étrange de Xiu Xiu. On trouverait
ça presque banal. Une écoute distraite et The
Air Force pourrait passer pour un ersatz de n'importe quel autre
album de Xiu Xiu. C'est le cinquième album en cinq ans
(Knife play (2002), A
Promise (2003), Fabulous Muscles
(2004), La Forêt (2005)) auquel
il faut rajouter un album live, une compilation (Fag Patrol),
des projets annexes (XXL, Grouper) et un semi-remorque de 45
tours, split ou non. Et comme d'habitude, plusieurs écoutes
vont nous convaincre que The Air Force est du Xiu Xiu
pur jus mais unique en son genre. Il va être question
de The Smiths encore. Stewart s'est dit (à nouveau) obséder
par l'écoute de The Queen is Dead pendant la tournée
qui a précédé cet album. Une obsession
à laquelle il faut rajouter une écoute répétée
du 1er album de Weezer (!!). D'où un album plus pop.
Pop à la Xiu Xiu s'entend. Et dansant (remplacez le pop
de la phrase précédente par dansant).
La toute première fois que j'ai écrit et enregistré
une chanson de Xiu Xiu, je suis allé tout seul dans cette
boite de nuit horrible à San Jose, en essayant timidement
de ramener quelqu'un à la maison. C'était la nuit
de Noël, c'était pathétique et je suis rentré
tout seul. La raison d'être Xiu Xiu vient de ce sentiment
de se sentir seul et stupide, d'aller quand même danser
tout en sachant que cette musique dansante magnifie ta solitude
et ta stupidité.
The Air Force retranscrit à merveille ce sentiment.
Jamais un album de Xiu Xiu n'a été aussi mélodique
et dansant. Mais je vous mets au défi de siffler sous
la douche et danser sur n'importe quels des onze morceaux de
The Air Force. L'album le plus doux mais jonché d'écorces.
Dans le milieu, Stewart passe facilement pour être le
mec le plus glauque, le genre de type à écouter
The Smiths et Joy Division en boucle tout en lisant je ne sais
quelle poésie adolescente torturée. Je suis sûr
que je ne tiendrais pas une journée entière sans
vouloir lui en coller une. Heureusement, je n'ai que ces disques
à me taper. Mais tout ça fait partie intégrante
du paysage. Le bonhomme, son vécu, pas jouasse à
ses dires, toutes les paroles issues de son expérience
personnelle, sa rage aussi contre le monde de Bush (sa chanson
Saturn sur La Foret parlait de violer Bush jusqu'à
la mort !). Il met tout ça dans ça musique et
il en ressort cette fois-ci quelquechose d'un peu plus léger
qu'à l'accoutumée. Même son chant semble
plus en paix. Greg Saunier (batteur de Deerhoof) est aux manettes
de la production et a réussi à fluidifié
l'incroyable bêtisier à instruments de Xiu Xiu,
rendre le collage de bruits, de notes semblant tombées
au hasard plus cohérente. Xiu Xiu apprivoise son bazar
qui faisait toute la différence mais c'est au profit
de chansons plus identifiables. Caralee McElroy compose et chante
son propre morceau (l'aérien Hello from Eau Claire
qui nous renvoie à Young Marble Giants). Stewart ne peut
s'empêcher de gros coup de blues comme le très
sombre P.J. in the streets of London (un hommage à
PJ Harvey ?). C'est pas encore demain qu'on dansera saoul comme
des vaches sur les tables avec Xiu Xiu. Il manque des morceaux
aussi percutants que Sad Pony Guerrilla Girl ou I
Luv the Valley OH! mais The Air Force fini par nous
ensorceler. Fidèle à son rythme de stakhanoviste,
le sixième album est prévu pour janvier 2008,
a pour nom Women as lovers et il se susurre que Michael
Gira (Monsieur Swans) figure au générique
Vous n'avez pas fini d'entendre parler de Xiu Xiu !!
SKX
(12/12/2007)
website groupe www.xiuxiu.org
website label www.5rc.com
|
Xiu
Xiu / The Dead Science
Split 7''
Death Bomb 2006
Eugene
Robinson, le chanteur tout en bois et en sucre de Oxbow, est
un grand fan de Xiu Xiu. Cela devrait vous mettre la puce à
l'oreille. Après une magnifique reprise d'un morceau
de Xiu Xiu sur le Remixed and Covered, le
bel Eugene se fait inviter par James Stewart pour un titre qui
va encore rester dans les annales. Non, je ne suis pas vulgaire.
Comme souvent avec Eugene, ça commence en susurrant mais
c'est pour mieux te prendre par derrière mon enfant,
quand tu auras baisser ta garde, que tu te seras laisser faire
par ces jérémiades. Le fort Eugene poussera alors
une belle et saine éructation à t'en faire pleurer.
La musique de Xiu Xiu accompagne le mouvement. Quelques coups
de basses discrètes poursuivis par un tumulte étrange,
une montée en tension flippante et un morceau, Juarez,
qui te la met profond. Et tu aimes ça mon cochon. The
Dead Science, ce sont des potes de longues dates de Xiu Xiu.
Une paire d'albums sous le bras, le trio a déjà
imposé sa patte personnelle dans un gant de velours.
Ce titre est featuring Shoolby Taylor, un black né en
1929, décédé en 2003, surnommé The
Human Horn (qui donne le nom à ce morceau) et considéré,
soit comme un génie, soit comme une grosse merde. Tout
un programme. Son chant samplé débute les hostilités
avant que The Dead Science ne lui rende un hommage avec leur
fidèle contrebasse et leur spleen toujours classe. Ca
ne vaut pas la face Xiu Xiu mais on s'en tape car même
sur une patte, ce split vaut de l'or. C'est encore Gégène
qui régale.
SKX
(12/12/2007)
website groupe www.xiuxiu.org
| www.thedeadscience.com
website label deathbombarc.com
sounds deathbombarc.com/sound/dba052.mp3
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Xiu
Xiu vs. Grouper
Creepshow - CD
Slender Means Society / States Right 2006
Une
collaboration entre Xiu Xiu, uniquement réduit à
James Stewart, et Grouper, alias une seule et même personne,
Liz Harris (originaire de Portland), spécialiste du drone
et de l'exploration sonore. Entre les deux, vous avez noté
le Vs. Le contre. Et si il y a match entre les deux, Grouper
gagne haut la main. Rejoins par un même traumatisme d'enfant
autour du film d'épouvante de George Romero, Creepshow
(1982), Harris et Stewart élaborent des fantômes
de bruits, des mirages de sons, tout un panel de textures sonores
censé évoquer le silence et le cas échéant
le frisson. Au mieux, ça évoque une certaine rêverie.
Au pire et c'est le plus fréquent, ennui et profonde
lassitude. Ne cherchez pas de traces de Xiu Xiu dans cette rencontre.
A peine quelques cloches sur Sea, un fond de voix féminine
sur In the City, un semblant d'accordéon sans
soufflet, bref un peu d'air frais apporté dans le brouillard
habituel de Grouper. La timbale du méga concept est décrochée
avec le dernier morceau sans nom. 24 minutes de pur silence.
En mettant les potards à fond, vous obtenez du souffle
issu de vos enceintes. C'est génial. J'adore. Dans sa
pléthore de productions, James Stewart ne peut pas toujours
être inspiré. Vous pouvez passer votre chemin.
SKX
(10/12/2007)
website groupe www.xiuxiu.org
| www.myspace.com/grouperrepuorg
website label www.slendermeanssociety.com
| www.statesrightsrecords.com
sounds xiuxiuvsgrouper-inthecity.mp3
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Xiu
Xiu / The Paper Chase
Cover Nick Cave - split 7''
Stickfigure 2005
C'est
toujours le problème avec ces reprises. Franchement,
que peut-on espérer de mieux que l'originale, surtout
quand on s'attaque à un mythe comme Nick Cave
Serrer
les fesses, on y va quand même. Xiu Xiu reprend Jack
the rippper. L'époque est à Henry' dream
(1992) et James Stewart ne s'en tire pas trop mal. Mais on se
demande qui a fait quoi là-dedans. Il est accompagné
par The
Thrones, un vieux groupe de chez Kill Rock Stars. Une vraie
batterie, une voix qui n'est pas la sienne, un cuivre strident,
une guitare acoustique qui égrène la mélodie
principale. Tout ça ne fait pas très Xiu Xiu sinon
que cette reprise garde un sens dramatique propre à James
Stewart. Pour The Paper Chase, ce sera époque No more
we shall apart en 2001 avec God is in the house.
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils aient bien personnalisé
l'affaire. La belle affaire ! Epoque pourrie, reprise idem et
arrêtez le piano, par pitié. Nick Cave n'a rien
senti. Mais Xiu Xiu aime ça et ne désespère
pas. Le roi de la reprise. Il a sorti en 2006 sur le label espagnol
Acuarela, le EP Tu mi piaci (mais ça c'est de
l'italien) avec cinq reprises dont Nina Simone, Bauhaus, This
Mortal Coil et Pussycat Dolls. Mais là, ça devient
trop pour mes faibles forces. Trop de reprises tuent la reprise.
SKX
(12/12/2007)
website groupe www.xiuxiu.org
| thepaperchaseband.com
website label stickfiguredistro.com/stickfigurerecords
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Xiu
Xiu
Remixed and covered - 2xCDs
5RC 2007
Reprendre
des chansons de Xiu Xiu semble couler de source. Une chose évidente
tant les compositions de James Stewart prêtent leur flanc
à d'autres réinterprétations, tant elles
semblent composer comme un immense jeu de legos, un assemblage
hétéroclite dont les pièces pourraient
changer de place à l'infini pour un résultat toujours
surprenant. Le présent objet est en deux parties. Un
CD de reprises avec des groupes se servant de leur univers musical
habituel pour reprendre Xiu Xiu. C'est covered. Un CD où
ça triture de la bande à tout va mais en gardant
la voix de James Stewart. C'est le remixed. Vous partez ainsi
pour une heure vingt de Xiu Xiu à toutes les sauces.
Périlleux périple. En fait, l'intérêt
principal de ce boîtier consiste dans la reprise de Oxbow.
Ou comment réduire 1h20 d'efforts à quatre minutes
trente-deux ! Oxbow dans sa version minimale avec Niko Wenner
et Eugene Robinson quand ils se présentent en duo et
en acoustique. Une reprise magnifique que tous les fans du groupe
de San Francisco se doivent de connaître. La guitare acoustique
et cristalline percée par les gémissements de
Eugene Robinson la pleureuse, le touché d'un xylophone
sur la fin pour une relecture de Saturn (sur l'album
La Forêt) remarquable. Oxbow a tout compris. Désossé
Xiu Xiu, ne pas essayer de faire aussi riche et bricolo (même
de génie). Garder la seule trame mélodique, aller
à l'essentiel et lui apporter toute la force d'interprétation
nécessaire. Presser le jus de l'émotion qui se
cache dans chaque titre de Xiu Xiu, les débarrasser de
ses oripeaux et mettre Xiu Xiu à nu. Parce que pour les
autres reprises, personne n'arrive à retranscrire les
sentiments à fleur de peau que Xiu Xiu divulgue derrière
son bordel apparent et qu'à ce petit jeu là, mieux
vaut écouter les originaux. Ca beau donner dans le délicat,
dans les nappes de synthés, dans le folk pour bobos (Devendra
Banhart), l'electro de branleurs (Kid 606), le cabaret (Her
Space Holiday) et j'en passe des moins connus, on saisit là
toute la difficulté, et par la même occasion la
richesse, des compos de Xiu Xiu. Le fil invisible entre une
musique vide de toute substance malgré son apparente
émotion et une musique qui vit, vibre, dérape
derrière son apparente fragilité.
Pour l'étape remixed, c'est le même laïus.
Mais en pire. Avec beats et rebeats dansants à l'appui
pour (presque) tout le monde. Le seul intérêt pourrait
être la reprise du Ceremony de Joy Division/New
Order par Xiu Xiu eux-mêmes. Version hystérique
et azimutée qui n'empêche pas de danser. Passable
à la rigueur avant de se finir avec le groupe To live
and shave in LA remixant la totalité de l'album The
Air Force dans le temps record de 3 minutes et 27 secondes.
Vous avez dit n'importe quoi ? Excepté le morceau de
Oxbow, tout ça n'a rien de percutant. Que vous aimiez
ou détestiez Xiu Xiu, ce projet ne changera pas la donne.
SKX
(10/12/2007)
website groupe www.xiuxiu.org
website label www.5rc.com
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Xiu
Xiu / W-S Burn
split 7"
Stickfigure 2007
Un
split qui se tient. Deux artistes aux univers aussi enclin à
la gaudriole se rejoignent sur un très beau split multi
couleurs. Xiu Xiu, le plus connu, les doigts dans le nez, nous
sert un inédit, Mean, Childish and Boring, qui
ne dépareillerait pas sur sa collection d'albums. Piano
à l'économie pour débuter, la voix inimitable
et fragile de Stewart, orage électrique dans le lointain,
deux coups de flûte de traviole, le piano en fil rouge.
Xiu Xiu possède un talent unique pour composer des univers
inclassables avec trois bouts de ficelles. W-S Burn, ce sont
les inconnus. Pourtant déjà cinq albums à
leur actif, tous autoproduits et roulés sous les aisselles
entre 2004 et 2006 (une sérieuse concurrence pour Xiu
Xiu !). Amanda Beddard est le nom de la chanteuse et elle a
un joli brin de voix. Derrière, Steve Gigante tricote
des arpèges de guitares qui sonnent comme une harpe.
Comme Xiu Xiu, W-S Burn arrive à créer avec ce
Above the fray une atmosphère sombre et prenante
avec une grande économie de moyens. Ils me rappellent
ces groupes néo-zélandais à l'époque
de Xpressway. Pas vraiment de ce monde et vous emmenant ailleurs
avec leur touchante simplicité. Leurs cinq albums vont
devoir se dévoiler.
SKX
(12/12/2007)
website groupe www.xiuxiu.org
| wsburn.suchfun.net
website label stickfiguredistro.com/stickfigurerecords
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XXL
(Xiu Xiu / Larsen)
Spicchiology? - CD
Important 2007
Xiu
Xiu et Larsen sont devenus les meilleurs amis du monde. Après
Caiotastico !, premier fruit de leur rencontre
en 2005, James Stewart est reparti quinze jours sous le soleil
de l'Italie, goûtons voir si le vin est bon, chez ses
potes post-rock Larsen (attention, le nom est trompeur). Comme
d'habitude, il est venu avec Madame. Caralee McElroy était
dans les valises et l'inspiration aussi. Les deux entités
ont appris à se connaître, à s'apprivoiser
et le résultat s'en fait sentir. La patte Xiu Xiu est
plus présente, tout comme la voix de Stewart, voir celle
de sa compagne. Alors que le premier jet se faisait languir
et traînait la jambe, Spicchiology? apporte de
la consistance, de l'épaisseur, des variations plus prononcées.
De l'osmose, du liant, personne n'empiète sur les plates-bandes
de l'autre mais pense à laisser de l'espace pour son
voisin. Une multitude de détails fourmillent, les arrangements
abondent, on se prend même à taper du pied sur
l'excellent King of Koalas. Car si certains morceaux sont plus
rythmés, l'ensemble reste tout de même d'humeur
ambiante. L'intensité gronde mais ce n'est pas la prise
du Mont Cassin non plus. Seulement, les ambiances sont devenues
plus prenantes, la sieste de l'après-midi a laissé
place à des nuages chargés en électricité
nous faisant tressauter à chaque fois que le sommeil
risquait de se pointer. Il y a bien deux, trois moments où
la garde baisse, les paupières se font lourdes mais appelons
ça des moments propices à la rêverie, on
va pas être chien (pour une fois). L'instrumentation est
variée. Des objets percussifs de tout acabit (gong, cloches,
xylophone), un violon électrique, un farfisa, des synthés,
des bruits électroniques nauséeux et métalliques,
un piano vaporeux, des guitares cristallines et un sens de l'abstraction
qui ne leur échappe jamais des doigts. XXL garde le contrôle
de ses émotions, arrive à ne pas s'embourber dans
des architectures trop compliquées et symphoniques, même
dans les neuf minutes de The Tale of Brother Cakes and Sugar
Dust qui clôturent cet album. Ils attribuent le bon
son à la bonne ambiance. Le problème est d'entrer
dans certaines ambiances qui ont trop tendance à vous
laisser sur le seuil, réduire les distances et s'immerger
dans ce monde que ces six têtes se sont forgé.
Mais dans ce travail toujours casse-gueule de la collaboration
où tout est écrit et enregistré en un minimum
de temps, XXL s'en tire de mieux en mieux.
SKX
(09/12/2007)
website groupe www.xiuxiu.org
| www.larsen.to.it
website label importantrecords.com
sounds xxl_track4.mp3
| xxl_track6.mp3
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Xnoybis
Solace - CD
XNB 2006
Xnoybis,
c'est pas une franche partie de rigolade. Déjà
rien que le nom, faut y regarder à quatre fois avant
de le taper correctement et ça promet de multiples turpitudes.
C'est tout sombre là-dedans, tortueux et imposant. Comme
cette pochette. Xynobis, faut y regarder de près, mettre
les mains dans le cambouis, sinon tu rates tout. Ce premier
album du trio basé dans l'Oise est un bloc monolithique
qui renvoie un écho froid. Une sensation d'étouffement.
Comme la vision d'un Godflesh croisant le fer avec Neurosis.
Cet effet répétitif, malsain et la profonde noirceur
du groupe de San Francisco. Le réchauffement de la planète,
ce n'est pas pour eux. Voir une certaine idée du hardcore
à la Unsane ou Kiss it Goodbye. Et j'insiste sur le terme
idée car dans l'exécution, Xnoybis manient ses
propres armes. Rugueux, martial. Très peu d'effet dans
le son. Juste là, présent, massif. L'enfermement.
Batterie tour à tour tribale ou lente et menaçante.
Des riffs qui tombent et n'en finissent pas de tomber. Sévèrement
plaqués. Un faux rythme tout au long de ces neuf titres,
un truc lancinant qui n'explose jamais vraiment, une colère
toujours sur les bords des lèvres desquelles vient le
seul bémol de ce disque, la voix. Trop typé hardcore
et qui manque d'impact et de variante. Pour le reste, ce sont
68 minutes d'un voyage exigeant, qu'il n'est pas facile de s'envoyer
d'une traite. Des compositions fracturées, copieuses.
Ce premier album aurait sans doute mérité d'être
plus concis pour gagner en retentissement mais pris un par un,
ces morceaux sont redoutables et maléfiques. Que vous
le vouliez ou non, ce nom de groupe sibyllin, il va falloir
le retenir.
SKX
(21/05/2007)
website groupe www.xnoybis.com
sounds www.xnoybis.com/audio.html
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