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ARCHIVES 1999 - 2010
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ZACH HILL & THE HOLLY SMOKES Masculine Drugs/Destroying yourself is too accessible
ZARBOTH Self-titled
ZATOKREV Bury the ashes
THALIA ZEDEK Trust Not Those In Whom Without Some Touch Of Madness
THALIA ZEDEK You're a big girl now
THALIA ZEDEK BAND Liars And Prayers
ZENI GEVA 10000 light years

ZËRO Go stereo
ZËRO Joke Box
ZËRO Bobby Fischer - 10''
ZËRO Diesel Dead Machine
Z
ËRO Hungry Dogs (In The Backyard)

ZËRO / MARVIN Rosemary K's Diaries - 10''
ZEUS ! Zeus!
ZS The Hard EP

ZU
The way of the animal power
ZU Carboniferous
ZU / DALEK Split 7''
ZULU AS KONO II
ZZZZ Palm reader


ZENI GEVA
" 10000 light years " - CD
Neurot 01
Six ans que le soleil ne se levait plus sur le Japon. Le drapeau en berne, le sang qui ne coule plus dans les veines. Parti avec le dernier typhon, Zeni Geva revient avec le vent dans le dos. Je revis. J'en crois pas mes yeux de ce retour miraculeux mais Zeni Geva renaît d'entre les eaux! KK Null, leader incontesté, n'avait pas disparu de la circulation. Il sortait aussi régulier qu'une pendule et dans l'anonymat complet des albums solos à grands coups de nappes bruyantes et mélodiques. Je m'en foutait mais ça me rassurait de le savoir toujours parmi nous. Je me disais que tout espoir de ressusciter le monstre Zeni Geva n'était pas perdu. Et c'est sous la férule de Neurosis et leur label Neurot que le gros matou ressort ses griffes. Toujours Tabata-le-cinglé à la guitare. Seul changement notable, le batteur, Masataka Fujikake, déjà aperçu sur leur dernière tournée. Et aux manettes, Steve Albini. On ne change pas une équipe qui gagne. Et là, je dois dire que l'Albinos, si il est pas toujours en odeur de sainteté, a été inspiré par les Dieux nippons. Il a sculpté un son en or massif, imposant et majestueux, massif et aérien. A la hauteur de l'odyssée sonique proposée par Zeni Geva. Pour tout ceux qui pensent toujours que Zeni Geva n'est qu'un groupe Death-Metal allégé (bandes de cons), ce 10000 light years devrait définitivement éclairer votre pauvre chandelle de demeurés. On s'approche de plus en plus d'une musique complexe et bruyante à la Dazzling Killmen ou Craw. Des compos qui se développent souvent suivant des articulations proches : des débuts fracassants, une accalmie soudaine, des mélodies sinueuses et souterraines, un brin de mystère et de lyrisme, des bruitages et des guitres-synthés avant de repartir à l'assaut du roc et de finir les morceaux sur des structures alambiquées mais qui retombent sur ses pieds. Même la douce voix de KK Null n'est plus ce tonnerre qui descend de la montagne, juste un souffle fort qui fera taire les mauvaises langues. On notera juste à regret que trois des huit titres figuraient sur des précédentes productions ("implosion" sur un 45 sorti par un label australien Black Hole, "auto-fuck" en version live sur l'album "Trans Europe Experience" et une version 2 du grandiose instrumentale "interzona" de l'album "Freedom Bondage"). C'est qu'au bout de six ans, on devient exigeant et je m'attendais qu'à des purs inédits de derrière les fagots. Mais ces versions sont largement retravaillées et se fondent à merveille dans le moule de ces nouvelles compositions encore plus ambitieuses au paysage sonore riche et intense. Un bloc aux multiples facettes et plein de cachettes sombres et envoûtantes, de finesses sous l'aspect effrayant. Un raz de marée qui valait bien six longues années d'attente!
SKX (20/07/2001)

ZULU AS KONO
" II " - CD
Perverted Son 00
Les perversités du zulu. Loin de toutes tendances, loin des modes, Zulu As Kono laboure ses propres plates-bandes. Un groupe iconoclaste qui se fout de tout et en premier de lui même. Il suffit de jeter un œil sur leur site web pour s'apercevoir que leur image est le cadet de leur souci et que les bouffons sont de sortie. Ce nouvel album, sobrement intitulé " II ", fait donc suite à un premier album dont l'onde de choc avait déjà pénétré nos platines par ici. Album de noise classique avec un grand " C ", aux confins d'influences allant de Oxbow à Colossamite sans oublier Steve Albini and Co. Et où on sentait poindre déjà un décalage subtil par rapport à des normes biens établies, une gène de folie qui ne demandait qu'à pousser les murs. Après deux ans de gestation, l'idiot du village a grandit et c'est fort de 6 membres (2 batteries, 2 basses, 2 guitares avec un " moog synthesizer " dans la mêlée et tout le monde chante !) qu'ils nous reviennent. 9 titres, chacun son charisme . Chacun sa folie passagère. Chacun son histoire. On retrouve les bases mais vitriolées, déstructurées, coup de pied aux traditions. Des ballades de pleine lune comme le poignant et inquiétant " Welflosh Kovitrice ", les rires paranos de " the laughs ". Des attaques en règle et en piquée, c'est Pearl Habour et la folie des groupes japonais qui débarquent. Zulu As Kono a décidé de partir à l'aventure, exploration au programme, les retardataires seront châtiés durement. Une météorite dans le paysage qui mérite plus qu'une écoute éclair. Essentiel !
SKX (08/03/2001)

Thalia Zedek
Trust Not Those In Whom Without Some
Touch Of Madness - CD
Thrill Jockey 2004

Miss Zedek, âme damnée de la musique américaine, nous fait le plaisir de nous présenter son deuxième album solo. Son mal de vivre brinqueballé depuis le début des années 80 dans des formations comme Uzi, Live Skull et Come avant d'entamer une carrière sous son propre nom. Après un amuse-gueule " You're a big girl now " sorti en 2002 et qui n'avait rien de transcendant, elle nous revient beaucoup plus en forme, même si l'expression " plus en forme " est abusée. La musique de Zedek donne dans le blues-folk et ça n'a rien d'une partie champêtre où les rires fusent, par ici les bonnes blagues, que les femmes dansent nues sur les tables! Entourée d'un violoniste (Dave Curry) et d'un batteur (Daniel Coughlin), elle-même inséparable de sa fidèle guitare, le trio propose une déclinaison d'un blues moderne, ce qu'elle n'a jamais cessé de faire dans ses formations précédentes. Cette fois-ci, la version est sèche et intimiste, dépouillée de tout apparat et distorsion, enregistré à l'ancienne, le tout analogique, la vraie vie, celle qui transpire de ses cordes mélancolique et de sa voix si chargée. Le passé est rude et laisse des traces mais même si ces chansons ont une couleur majoritairement sombre, cet album possède comme une ombre d'espoir, une note d'optimiste dans quelques envolées de guitares et violon omniprésent. Sortez le violon, ramassez la chienne. Thalia Zedek n'est pas débarrassée de ses fantômes mais avec les ans trouve la voix de la rédemption, dépeint son blues avec la sagesse des personnes qui n'ont plus rien à (se) prouver. Une force tranquille qui se dégage de trop d'années de galère. Un album homogène qui n'a pas peur de malmener son blues, l'emmener dans des fracas électriques et de terminer sur un " hell is in hello " et son violon qui hulule dans le désert, ses cymbales qui crachent, sa guitare qui se perd dans les larsens pour retomber sur ses pattes et nous laisser sur une note acoustique et une voix apaisée. Un résumé de tout un parcours pour un album qui a de la profondeur et de la patine.

SKX (14/11/2004)
website label www.thrilljockey.com
sounds EvilHand.mp3

Zach Hill & The Holy Smokes
Masculine Drugs/Destroying yourself is too accessible - CD/Book
Suicide Squeeze 2004


Quand vous avez eu l'opportunité de côtoyer Zach Hill, batteur de Hella, l'espace d'une semaine et que, de sa bouche même, il vous avoue que les seules choses qui l'intéresse dans la vie, ce sont " la batterie, les chaussures et la bouffe ", vous êtes tout étonné de constater que ce grand échalas mystérieux et pas bavard pour un sou sait écrire! Son nouveau projet (un de plus !) est non seulement un disque mais aussi un livre avec une histoire pour gamins écrit de la propre main de Hill et mis en musique par Rob Crow (Pinback), Jonathon Hischke (The Flying Luttenbachers), Carson McWhirter (The Advantage) et donc notre fameux batteur. Ce dernier reste fidèle à son tempérament de feu. Un robot qui ne connaît aucune limite. Il est saisissant de constater d'ailleurs à quel point son jeu se ressemble d'un projet à l'autre. Le style foudroyant à huit bras qui continuellement et dans un mouvement circulaire et convulsif s'abat sans pitié sur ses éléments de batterie. Heureusement, ses acolytes ont réussi à le calmer. Ou alors, est-ce pour mieux suivre les méandres de l'histoire qu'il parvient tout de même à diversifier son jeu… Car ces " drogues pour homme ", malgré la mise en abîme, n'est pas que bruit et fracas. Certains morceaux ont ce coté vraiment mise en boite des images, respirant le texte, avec des reprises de souffle alors que d'autres sentent à plein nez la musique improvisée, cette approche toute Flying Luttenbachers, élevée au free-jazz et recraché par les tripes. Et chose inattendue pour ce style de musique, on a le droit a un chant, un vrai, celui qui narre les histoires pour les petits. Mais qu'on ne se trompe pas. Ce disque est pour nous, les hommes, les costauds, les qui n'en veulent du bordel et qui aiment quand ça vrille la tête. Ceux qui aiment quand ça tape dans tous les sens et pas que la batterie. Ca raffûte, ça grésille, ça fourmille de mille feux, ça plairait à l'aise à Weasel Walter. Ne fuyez pas. Ca reste largement digeste. Des vicieux, des roublards mais civilisé quand même. Ce livre musical est à déconseiller à vos chères têtes blondes à moins de vouloir leur filer des cauchemars.

SKX (08/01/2005)
website label www.suicidesqueeze.net
sounds royal_jelly.mp3

Zu
The way of the animal power - CD
Xeng 2005


L'animal Zu se bouffe de spiritualisme. Se délecte d'une chair ancienne et partage les restes avec qui veux. De préférence des drôles de zèbres qui aiment quand c'est sombre et pas carré. La lumière cette fois viendra de Fred Lonberg-Holm, violoncelliste à la Tom Cora, qui s'élève quand ça couine, quand l'archet reste sur les cordes à traiter la misère du monde. De vieilles bêtes noires et blanches jonchent l'intérieur de la pochette et Zu aime tordre le cou, du serpent certes, mais aussi à la routine. Sa propre routine qui veut qu'ils ne fassent jamais deux fois le même disque. Un groove lancinant et urbain dessine cet album. La tournée avec Dalek (le hip-hop iconoclaste préféré des rockers) a laissé des traces. Point de salut dans les grandes envolées rythmiques de l'habituel duo basse/batterie mais un truc qui rampe, qui serpente, encore lui, de morceaux en morceaux, dans des structures qui demandent un temps d'adaptation avec d'être ingurgitées. Et puis quand bien même, vous ne ferez jamais corps. Le saxo, ce violoncelle, ces samples de voix qui apparaissent pour la première fois quand ce n'est pas directement une voix, une ombre parlée qui prend possession de la rare clarté qu'offre cet album construit dans un roc uniforme. On attend que ça démarre mais c'est un lent mouvement d'avant en arrière avec la tête qu'on se prend à deux mains et parcouru de spasmes. Zu explore, ça continue, ouvre de nouvelles brèches avec plus ou moins de bonheur, surprenant son monde, le satisfaisant amplement.

SKX (27/11/2005)
website groupe www.zuism.com
website label xeng.org
sounds t01_XengOrg.mp3 | t05_XengOrg.mp3 | t07_XengOrg.mp3

Zu/Dalek
Split 7''
Psychotica 2005


L'errance et le mélange. Quand on ne sait plus qui est qui. Que les idées abondent, prennent possession du corps du voisin. Mis cote à cote, Zu et Dalek ont chacun leur destin, leur griffe. Mais on sait aussi que le port des œillères est interdit. Chacun droit dans ses bottes mais pas bégueule pour aller piétiner avec entrain les plates-bandes du copain. Zu remix un morceau de Dalek et vice-versa. Rythmes hachés découpés, improvisations, samples, la voix inquiétante de Dalek qui hantent les deux titres, cuivres en vrille, atmosphère plus down-town qui sent les bas fonds avec l'américain Dalek, l'odeur glauque des grandes villes. Mais ces deux morceaux ne font qu'un. Leur monde respectif se rencontre avec bonheur sur fond de comic (par l'Italien Miguel Angel Martin). L'histoire de Zu et Dalek est ouverte sur tous les styles. Ils nous le prouvent une fois de plus.

SKX (27/06/2005)
website groupe www.zuism.com | www.deadverse.com
website label www.psychoticarecords.com

ZZZZ
Palm reader - CD
Polyvinyl 2005


Scions du bois. ZZZZ est constitué de vieux loups de mer. En première ligne, Steve Sostak, saxophoniste-chanteur des Sweep The Leg Johnny et Check Engine. Il donne le " La " à ce nouveau projet, la coloration cuivrée d'une troupe brinquebalante. Celle qui suit Emir Kusturica dans des chevauchées tsiganes hautes en couleur. Et Sostak (dont les origines ne sont sûrement pas éloignées de celle du réalisateur yougoslave) à l'âme sensible aux charmes de l'Europe de l'Est. Pour ce projet, il s'est entouré de John Brady à la basse (ex-Swing Kids et Sweep Leg aussi), Greg Sharp à la batterie (ex-Tekulvi) et après bien des déboires pour trouver un guitariste, ils ont dévié leur trajectoire vers une pianiste au cursus tout classique, Ellen Bunch, qui ne prête pas seulement ses touches blanches et noires mais aussi sa magnifique voix. L'orchestre est lancé. Il peut tanguer sur les routes, sortir de sa ville natale Chicago et enflammer les planches, se nourrir des racines punk-rock de la plupart de ses membres pour échafauder des joutes exotiques. On pense pas mal au groupe tchèque, les vieux de la vieille Uz Jsme Doma et devinez quoi, ils viennent de sortir un split single en leur compagnie ! Mais le chant n'a pas cette fibre héroïque. Les lignes de basses donnent dans le sombre, le piano électrique est nerveux et les mélodies de sax s'envolent sur des airs tour à tour entraînants et furieux. Ce " palm reader ", malgré une indéniable propension à faire swinguer, possède une touche urbaine, on ne sort pas de Chicago pour rien et ce mélange des genres fonctionne à merveille. Revigorant.

SKX (25/06/2005)
website groupe www.zzzzmusic.com
website label www.polyvinylrecords.com
sounds assassination-polka.mp3

THALIA ZEDEK
" You're a big girl now " - CDEP
Acuarela / Kimchee 02
Thalia Zedek, l'âme damnée des défunts Come, s'en ait allé labourer ses propres chemins. Epancher son blues sans ne plus rien devoir à personne. Comme le dit le titre, c'est une grande fille maintenant. Elle fume de gros cigares, l'œil cerné et la mine défaite. Après un 1er album solo passé discrètement, elle revient avec six titres, plus roots que jamais. Violons, piano, cordes, enregistrement dans le salon, reprise de " candy says " du Velvet Underground et de Bob Dylan (" You're a big girl now "), Thalia Zedek déroule peinard, sorte de folk-rock des temps modernes. Ca sent la clope et les bouteilles vides. La désillusion à plein nez. Heureusement, sa voix traîne toujours par là pour nous ensorceler car pour la musique, elle s'est contentée de nous balancer sa mélancolie sans chercher à la transcender comme elle savait si bien le faire avec Come. Ca du mal à décoller et ses ballades, aussi tristounes et touchantes qu'elles puissent être, tombent à plat sans nous arracher le moindre sanglot. On est en droit d'attendre beaucoup mieux de cette fée de nos nuits noires !
SKX (04/06/2003)

Zatokrev
Bury the ashes - CD
Firebox / Get a life ! 2007

Avec Zatokrev, c'est marche ou crève. Le genre d'ordre aboyé que tu encaisses sans broncher ou tu te casses tout de suite. Les Suisses de Zatokrev ne sont pas là pour rigoler (ça en devient presque risible) et si tu décides de t'envoyer leur double album d'une traite, faudra pas se plaindre de ne pas avoir été prévenu. Leur général à eux, leur grand manitou qui tire les ficelles, c'est Neurosis. D'ailleurs, ils s'étaient fait remarquer sur les logiciels de pire-to-pire (oui je sais, c'est pas très malin) en faisant passer le présent album pour Given to the rising, le nouvel album de Neurosis. Je ne sais pas quel est le petit malin (décidément) qui a joué à ça (peut-être eux ?) mais seule une oreille distraite aurait pu se faire abuser, faut pas déconner non plus. Il y a en effet beaucoup de Neurosis, époque la plus noire, dans Zatokrev mais catégorie son et composition, ça ne boxe pas dans la même division. Reste que ce Bury the ashes n'est pas désagréable en soi. Si tu aimes les ambiances pesantes et sombres à se faire gondoler une porte de prison, les progressions en terre boueuse sous des fils barbelés, Bury the ashes est fait pour satisfaire les plaisirs les plus masochistes. Ca n'a rien de bien original, c'est certain mais c'est bien amené. Juste un gros bémol pour le son de batterie, notamment la caisse claire, comme si ça tapait sur un seau en plastique, tout bizarre, maigre, qui n'envoie aucune puissance en retour. Longueur péplumesque de rigueur. Plus d'une heure pour sept malheureux titres. Tu signes pour un bail. Les gros riffs de plombs, les cris de bêtes à peaux de boucs, les langueurs monotones, l'humeur marécageuse, la lévitation en eaux troubles sans haut ni bas, une intensité que le groupe arrive à maintenir sans trop de dégât malgré la durée, tout le vocabulaire est su par cœur et si ce rayon est largement fréquenté par toute une pléthore de groupes metal, que l'ombre de Neurosis plane plus que de raison, Zatokrev est loin d'être le plus manchot. (A noter que la version vinyl sur Get a life ! records comporte un titre en plus, soit 10 minutes de plus de douleur).

SKX (08/10/2007)
website groupe www.zatokrev.com
website label www.firebox.fi |www.getaliferecords.com

Thalia Zedek Band
Liars And Prayers - CD
Thrill Jockey 2008

Pourquoi Thalia Zedek a t-elle fait rajouter band derrière son nom sur la pochette de son nouvel album ? Liars And Prayers vient tout juste d'arriver qu'il a déjà de nombreuses heures d'écoute dans la platine -une écoute attentive, obsessionnelle, lumineuse. Le band s'impose alors de lui-même parce que pour la première fois depuis des lustres on a cette très nette impression que Thalia Zedek a su recréer autour d'elle un vrai groupe dont elle est le joyau magnifique et qui lui sert d'écrin de perfection. En plus des habituels compagnons de route des débuts de sa carrière solo (David Michael Curry au violon et parfois à la trompette, Daniel Coughlin à la batterie mais aussi Mel Lerdeman au piano), Zedek s'est adjoint les services d'un vrai bassiste, Winston Braman, chose qu'elle n'avait pas tenté depuis beaucoup trop longtemps. Le folk introspectif et le blues existentiel de la chanteuse s'en trouvent considérablement grandis, prenant leur envol avec une puissance d'émotions et une efficacité à fleur de peau telles qu'on en avait plus entendu après la fin de Come en 1999. Un titre comme Lower Allston et son intro miraculeuse prouve que Thalia Zedek n'a pas non plus oublié ce que c'est qu'une guitare tandis que Body Memory est le genre de chanson à rester dans la tête des journées entières.
Mais le plus fort de ce disque reste (bien évidemment) la voix si particulière mais universelle de la chanteuse et le songwriting, toujours aussi impeccable -mais est ce bien le terme approprié ?- dès qu'il s'agit de rendre compte du désordre intérieur, parfois violent et déchiré de la dame. Cette album dégorge une mélancolie indicible, vous crépite doucement à la face tel un feu de cheminée de fin de soirée alors que l'on a toujours un peu froid dans le dos. Un disque ? Un compagnon, plutôt, un moment inaltérable, intime et d'une intensité rare dans laquelle on se love, rempli d'un amour absolu et éclairé.

Haz (04/05/2008)
website groupe www.myspace.com/thaliazedek
website label www.thrilljockey.com
sounds www.thrilljockey.com/catalog/?id=102512 (possibilité d'écoute intégrale de l'album en streaming)

Zëro
Go stereo - EP
Ici d'ailleurs 2007

Franchement, je ne croyais pas que cette reformation aurait eu lieu un jour. Tout simplement parce que ce n'est pas une reformation. Plutôt que de capitaliser sur le nom de Bästard (après tout, on a jamais autant parler de ces lyonnais depuis leur séparation en 1997), les trois-ex Bästard Eric Aldéa, Franck Laurino (eux-mêmes ex-Deity Guns) et François Cuilleron ont décidé de prendre un nouveau nom et de repartir de zéro avec un quatrième membre, Ivan Chiossone, l'alter ego de Aldea au sein de leur projet Narcophony. Et même si musicalement, Zëro (avec toujours le umlaut über alles, pour le clin d'œil) reprend les choses là où Bästard les avaient laissés, parlons juste d'une nouvelle réunion d'amis qui ne se sont jamais vraiment quitté. Une nouvelle aventure qui n'oublie pas le passé mais qui regarde résolument vers l'avant.
Go stereo, c'est le titre de ce maxi. C'est aussi le titre du morceau principal, décliné en deux versions. La band version (la bonne version) et la computer version. C'est le Bästard de Radiant, Discharged, Crossed-Off que l'on retrouve, en plus décontracté, toujours aussi musical, une ligne de basse qui fait beaucoup au charme du morceau et le plaisir de retrouver la fantastique voix de Eric Aldéa, cette tonalité unique, cette façon d'insuffler de la tension comme si de rien n'était, sans forcer. Comme son nom l'indique, la version computer est une affaire d'écran et de clavier avec dedans tout ce qui sert à retoucher une composition originale qui n'avait pas besoin de ça et qui n'apporte rien de plus. Remplissage. Sur l'autre face, trois compositions digne de ce nom. Un Luna park dont l'attraction se fait grandissante à mesure que le morceau évolue dans un contexte cinématographique, avec un grand sens du grésillement. Très beau morceau, qui passe comme ça, intemporel et insaisissable. Avec un titre comme Bamako girl, ça ne peut qu'évoquer l'Afrique. Mis à part le rythme-tambour de galérien un rien martial, ça évoque surtout et encore ce truc fugace qui passe, ces arpèges qui vous enveloppent dans la douceur. Un morceau sous-titré Featuring Busyman (alias Salim le chanteur de Sixpack et Wei Ji et non pas Varou Jan de feu-Condense comme je l'ai écrit précédement, la mafia lyonnaise veillait au grain héhé) qui paie de sa personne pour le chant. Dans The Drag Queen Blues, il y a blues. Donc Jon Spencer n'est pas loin. Un morceau où Zëro s'amuse à rocker, fractionner, exploser, accélérer au-delà du respectable avec un chant dont on ne sait pas si il est samplé ou non. Morceau qui tranche pour un groupe qui semble dire que tout est possible. On remet tout à plat, on remet les compteurs à zéro et advienne que pourra. On est là avant tout pour se faire plaisir. Plaisir partagé que de revoir ces musiciens dont il me tarde déjà de voir ce qu'ils sont capables de nous donner sur plus long.

SKX (14/07/2007)
website groupe www.myspace.com/zeromusik
website label www.icidailleurs.com

Zëro
Joke Box - CD
Ici d'ailleurs 2007

Après l'amuse-gueule Go Stereo qui représentait plus qu'une mise en bouche anecdotique au vu des membres qui composent ce nouveau groupe, Zëro passe à l'épreuve du long format. L'ombre des Bästard plane forcément sur ce projet - mais avec le temps ça va se tasser - et quand un groupe a autant marqué le paysage sonore français, les parallèles sont de mises. Alors oui, il ya du Bastard dans le Zëro. Du Bästard fin de cycle. Epoque Radiant, Discharged, Crossed-Off. Celle où les lyonnais avaient dépassé les carcans du rock, poussé les frontières pour inventer leur propre langage. Avec Zëro, il n'est plus question d'inventer quelque chose. Les musiciens ont déjà beaucoup donné. Merci pour eux. Il s'agit plus d'arpenter les mêmes terres que jadis en leur donnant une coloration nouvelle. Continuer d'œuvrer dans des sphères créatives qui doivent autant au rock et son avatar bâtard le post-rock, les musiques de films ou contemporaines par lesquelles Eric Aldea et Ivan Chiossone sont passées au sein de leur autre projet Narcophony, voir les musiques électroniques. Bästard dans l'esprit plus que dans le corps. Dans cette approche très musicale. Cette instrumentation riche et iconoclaste. Ces morceaux impressionnistes qui ne semblent que passer, intemporelles, comme si on les prenait dix secondes après le début et les quittait avant la fin. C'est avec le relâchement de gars qui n'ont plus rien à prouver que Zëro revient. Plus détendu, plus souriant. Avec des hommages et des clins d'œil à leurs pères de toujours (Devo, les Residents ou Pere Ubu en concert), toute cette scène punk qui a toujours cherché à ne pas se répéter, véritable leitmotiv que Aldea et sa bande n'ont cesser de mettre en pratique. Un Zëro qui s'amuse à pasticher le rock'n'roll (Drag queen blues), à faire preuve de beaucoup de légèreté sur Pride of the kids, à surprendre son monde sur un Crosby & Garfunkel qui porte bien son nom. Hélas allais-je rajouter mais ça sent surtout la private joke et le jeu de cordes tout en délicatesse rappelle plutôt Narcophony. Un Zëro presque swinguant, voir crispant comme sur la fin de Derby trop enjoué pour être honnête. Bref, Zëro ne s'accroche pas à son passé et se fait plaisir. Mais c'est quand Zëro se tendent qu'ils restent les plus intéressants. Qu'ils mettent de l'intensité, un peu de mélancolie et de noirceur, qu'ils dessinent avec leurs cordes multiples des arabesques plus complexes que notre cœur bat plus fort. Bref, quand la filiation Bästard est la plus forte…. Car quand on se plonge dans le spleen magnifique de The Desire and the Importance of Failing, le limpide Luna Park, le rythmiquement parfait Big screen Flat people sans oublier l'aérien et inquiétant Cars, Buses, etc… qui aurait très bien pu trouver sa place sur un Deity Guns, on se dit qu'ils ont bien fait de rempiler. Joke Box n'a pas l'aura et la force des précédentes œuvres crées par les membres de Zëro auxquelles on tente de les rattacher comme de vieux indécrottables nostalgiques que nous sommes. C'est vers l'avant que Zëro regarde et ils n'en sont qu'au début d'une nouvelle aventure qu'on espère longue et encore plus inspirée. Quand on repart de zéro, on ne peut pas demander de suite la lune.

SKX (22/10/2007)
website groupe
www.myspace.com/zeromusik
website label
www.icidailleurs.com

Zarboth
Self-titled - CD
Head / Discorporate 2009

Drôles de gonzes sur un drôle de vélo avec bariolages potaches. Quand vous retournez la pochette, autre duo décalé, les deux vrais Zarboth cette fois-ci déguisés en dandy d'un autre siècle avec des tronches de mineurs de fond. Va falloir s'attendre à tout et effectivement, on a de tout mais surtout, mon toutou, de la joie de vivre, des trucs qui éclatent dans tous les sens et pas de prise de tête malgré des structures alambiquées. Zarboth, duo parisien maniant la batterie et la guitare à sept cordes avec autant de mains. Breaks multiples, inspiration jazz, groove qui ne laisse pas insensible les membres inférieurs (on ne parle pas de toi mais de ton corps), riff metal sur les bords, humour insidieux cohabitant avec atmosphère grave, frappe tour à tour fine ou foncière, passages noise et convaincant (Realize), chant à deux prenant parfois des accents lyriques à glacer la libido ou mélodique ou plus généralement qui laisse de marbre, le tout joué rugueux et avec l'énergie et le son d'un live. No limit et liberté totale, ça semble couler de source et si No Means No ou les Belly Button s'impose comme repères, c'est par manque d'imagination et que dans ce registre, j'ai loin d'avoir la science infuse. Plus proche de nous, on pourrait également penser à la folie douce d'un Singe Blanc mais c'est le punk-rock qu'ils ont chevillé au corps. Car dans le délire et la débauche, point trop ils n'en font et c'est ce qui les sauve. On en connaît des groupes qui se perdent pour moins que ça. Ils ont la bonne idée de privilégier les ambiances, laisser couler des émotions dans le béton armé de leurs compositions ou plus prosaïquement, laisser respirer l'auditeur et asséner le coup de matraque qu'à bon escient. Tout ne me touche pas mais quand ça joue dur et direct, on ne fait pas le malin et on se laisse embarquer sans problème par ce premier enregistrement amenant un nouveau nom prometteur sous les projecteurs.

SKX (28/04/2009)
website groupe www.myspace.com/zarboth
website label www.head-records.com | www.discorporate-records.com

Zëro
Bobby Fischer - 10''
Ici d'Ailleurs 2009

Vous me croirez ou non mais le matin même du jour où j'allais apprendre que Zëro venait de sortir ce nouveau disque, un livre sur Bobby Fischer me passait entre les mains. Passionnant, n'est-il pas ?! Forcément, on se demande si c'est du même Bobby dont on cause et si le destin n'est pas plus fort que toi. Quelques clics plus tard et une commande express à Ici d'Ailleurs, la réponse n'allait pas tarder à tomber sous la forme d'une pochette avec un type en cravate devant un échiquier géant. Bobby Fischer, le roi des échecs, l'américain qui damna le pion aux communistes en pleine guerre froide, est bien le personnage principal de ces quatre nouveaux titres. Mais il faut bien regarder. Photo noire monochrome avec les paroles au verso, du clair sur du foncé qui nique les yeux pour 25 cms enfilés sans emballage, dans la viande froide du carton de la pochette. Zëro va à l'essentiel. Tout le contraire de cette chronique. Le format préféré de ces ex-Bästard ne nous met en tout cas pas échec et mat. Zëro continue de placer ses pions dans la continuité de Joke Box. On sait où on met les pieds. On pare les coups à l'aise. Aucunement surpris. On va pouvoir ressortir les mêmes qualificatifs qu'à l'accoutumée. C'est musical, ça respire la classe, avec ce détachement si particulier, cette démarche racée et la pointe de nerf pour titiller juste ce qu'il faut. On va tout de même s'empêcher de dire que Zëro ronronne, même si j'avoue que c'est l'impression première que ce disque m'a laissée. Mais à l'arrivée, le constat est toujours identique. Ce sont encore eux les gagnants de la partie. Ils vous bercent, ils vous endorment et puis le charme opère, insidieux. Notamment grâce aux deux morceaux de la face B. Pigeon Jelly et sa mélodie en boucle obsédante, sur une structure allant crescendo avant de couper net. Ca rend accro. The Cage joue également l'intensité larvée, le bouillonnement interne sur un coulis d'arpèges et de keyboards clinquants et une fin qui scie les jambes. Toujours la même chose certes mais putain que c'est bon ! Autre face, mœurs identiques avec un brin d'accroches moins évidentes. Que ce soit sur Bobby Fischer, le morceau ou Dreamland circus side show rappelant furieusement un titre des Bästard et une fin tout en apesanteur et en spleen de grands espaces urbains. Une fois encore, Zëro n'en fait pas des tonnes, à l'essentiel qu'on disait, tranchant mais avec tact. Pris une nouvelle fois dans la stratégie de Zëro, incapable de s'en dépêtrer et aucune envie de le faire d'ailleurs.

SKX (03/04/09)
website groupe www.myspace.com/zeromusik
website label www.icidailleurs.com

Zu
Carboniferous - CD
Ipecac 2009

Après plusieurs albums en forme de collaboration où la part belle à leur esprit aventureux et bidouilleur était privilégiée, le trio italien Zu avait déclaré vouloir revenir à quelque chose de plus rock. On se méfie toujours du terme rock quand il est utilisé par des types bancales comme Zu mais il était annoncé que ce nouvel album allait cogner dur, que cela allait gicler et qu'on ferait pas les malins devant l'assaut qui se préparait. Zu se vante également de sortir là son quatorzième album. Mais à regarder de plus près, une fois enlevé tous les disques en équipe avec Eugene Chadbourne (The Zu Side of the Chadbourne en 2000), Fred Lonberg-Holm (The Way of animal powers, 2005), Mats Gustafsson (How to raise an ox, 2005), Nobukazu Takemura (Identification with the Enemy - A Key to the Underworld, 2006), le groupe Spaceways inc. sur Radiale et on va arrêter là sinon l'écran va se noircir rapidement, Zu en tant que tel (Jacopo Battaglia, Luca Tommaso Mai, Massimo Pupillo) n'a pas sorti d'album depuis 2002 et le flamboyant Igneo. Un album s'entend où ils sont la cheville ouvrière de toutes les compositions. Parce que des invités, il y en encore à la pelle sur Carboniferous. King Melvins Buzzo (pour apporter du poids ?), Giulo Ragno Favero (jamais entendu parlé mais faites comme si), Allessandro Rossi (voir commentaire du précédent) et surtout (hélas), le très pénible Mike Patton. Ne cherchez pas, c'est physique. Rien que voir sa tronche, j'ai envie de le claquer. Et je ne vous parle même pas de la reformation de Faith No More, la pire grosse boursouflure de groupe du monde. Une allergie profonde à son chant et ce n'est pas ces borborygmes et ses sales manières vocales sur Soulympics et Orc qui vont arranger les choses. Enfin bref, passons !
Du rock donc pour le peuple. Zu tient ses promesses. Le rock au sens frappeur, dangereux, celui qui offre des pulsations et fait monter l'adrénaline car sur la forme, on est toujours très loin du couplet refrain et du solo de guitare. Et ça tombe bien, ya jamais eu de guitare dans Zu. La paire basse-batterie fait des ravages que le saxophone baryton de Luca Mai se charge d'entretenir à grands coups de bronches sur le brasier. Zu, c'est idéal pour faire apprécier du free-jazz à des rockeux. L'inverse reste à prouver (apportez moi la tête d'un jazzeux qu'on lui fasse bouffer du Zu !). En même temps, Zu est bien au-delà de toutes ces frontières stériles. Leur créativité déborde les cadres. Ca valse à tout va, ça déconstruit pour mieux vous récupérer quand vous ne vous y attendez plus. Les coups de basse légendaire de Massimo Pupillo renvoient au géniteur de la lourdeur (Swans), le groove pervers, tour à tour rampant ou palpitant, de Battaglia vous fait perdre toutes notions de rythmes. L'album est en ça très étourdissant. Et à bien l'écouter, Zu a effectivement perdu son feeling jazzy pour se tourner vers quelque chose de plus sombre et tentaculaire et monstrueux, condensant sa débauche dans dix salves abruptes et recherchées à la fois, faisant résonner des influences anciennes comme 16/17 ou God. Malgré ça, il y a un truc qui cloche dans ce nouveau Zu. Une innocence envolée, l'esprit ludique et frondeur de Zu avalé tout cru par une mécanique trop grande. Trop bien en place dans la folie, une débauche calculée comme un film à gros budget où tout est professionnellement impeccable, tout est à sa place, le jeu des acteurs parfait (à part Patton hahaha), le scénario sans fausse note. On en a pour notre argent mais c'est cruellement froid et sans surprise malgré une histoire qui promettait l'originalité. Carboniferous est une grosse machine implacable qui a de quoi impressionner mais ne donne pas envie de se rouler à ses pieds.

SKX (07/09/2009)
website groupe www.myspace.com/zuband
website label www.ipecac.com

Zëro
Diesel Dead Machine - LP
Ici D'Ailleurs 2010

Comme on dit des groupes voués à toujours faire plus ou moins le même disque, à explorer/épuiser leur idée originelle, serait-on condamné à toujours écrire la même chronique ? Deux mois que le nouvel album de Zëro tourne sur la platine et impossible de se dépêtrer de ce sentiment poisseux, l'envie d'écrire excatement la même chose que pour Joke Box ou Bobby Fischer, cette impression désagréable de faire face à un disque qui vous laisse sur le bas coté, en sachant pertinemment bien que vous finirez par succomber. Zëro, ami de l'infini, éternel recommencement.
Diesel Dead Machine m'a laissé quasi froid. Ce n'est pas parce qu'il a déboulé en plein hiver rugueux. Encore moins pour la pochette, œuvre d'un certain Serge Murer, dont je dois être un des rares à apprécier le dessin naïf et glauque si j'en crois les échos lus sur d'autres sites de piches. Beaucoup plus quand je me suis aperçu que l'intégralité du 10'' Bobby Fischer, sorti quelques mois auparavant, figurait sur ce disque. Comme un parfum d'arnaque. Il nous avait déjà fait plus ou moins le coup avec Joke Box qui reprenait les trois principaux des cinq titres du 10'' Go Stereo. Faudrait pas nous prendre non plus pour des vaches à lait. Le pire, c'est que s'ils sortent demain un nouveau 10'', on foncera l'acheter comme des ânes avec la mémoire d'un poisson rouge. Et l'addiction chevillée au corps. Zëro, poison lent. Dynamite à mèche très longue.
Premières écoutes. Le saphir se pose tranquilement et le pilotage automatique se met en branle. J'ai beau écouté attentivement, l'esprit divague. Le saphir se remet sur son reposoir et je n'ai rien retenu. Disque parfait pour un apéritif dinatoire quand vous ne voulez pas effrayer le péquin moyen et suffisant pour épater la galerie avec un groupe obscur. La musique de Zëro n'a jamais été tape à l'œil. Mais là, plus ça allait, moins j'avais envie de me la cogner. Leurs airs de ne pas y toucher, ce brin de classe et cette facilité agaçante, on connaît ça par cœur. Lassitude impromptue. Impossible de mordre à l'hameçon. Pourtant, là où des tas de besogneux s'échinent à tirer des compos dignes de ce nom d'un amas de bruit mort, ces ex-Bästard en extrait toujours la quintescence comme si de rien n'était. La musicalité chevillée au corps.
Une pelleté d'écoutes plus tard. La face A passe toujours mal. Comme la pillule. Trois morceaux de Bobby Fischer sur cinq. Quand on s'est passé ce 10'' en boucle, on ne démord pas. Lisez par ici, on gagnera du temps. Reste deux inédits et pas n'importe lesquels puisque les deux meilleurs de ce deuxième album. Load out, nervosité palpable et salvatrice, chant de Eric Aldéa ensorcelant, batterie déchainée de Franck Laurino. Enough… Never enough, la gravité se rajoute à la nervosité devenue sous-jacente, de cette touche ombrageuse qui fait un bien fou. Faites tourner.
Face B, on retrouve tout de même avec plaisir The Cage, morceau qui résiste le mieux au temps et quatre inédits. Des inédits où Zëro instrumentalise ces compos. On peut être amuser de leur propre amusement, se décontracter avec eux sur Cheeeese. Se perdre un instant dans l'échange/tourbillon keyboards, guitares, percussions de Viandox. Etre de tempérament badin et jouer à Lux Interior sur Sick to the bone et multiplier les clins d'œil aux figures du passé sur une face qui détend largement l'atmosphère. Zëro n'a jamais caché son amour pour les reprises (tout comme à l'époque des Bästard, voir Deity Guns), ils en parsèment leurs concerts (Devo, The Residents, Pere Ubu) et cette face sonne presque comme un hommage.
Alors oui, Zëro possède un talent largement au-dessus de la moyenne pour créer des arabesques élégantes dans des grincements controlés, fusionner des synthés de plus en plus (trop) nombreux avec des notes de guitares piquantes sur un tapis ryhtmique inventif, tranchant mais jamais imposant. Imbriquer subtilement des parties entre elles, faire monter la sauce et planer un doute pour mieux hypnotiser. Et à l'arrivée, des morceaux qui glissent tout seul. Limpide. Et léger. De cette légèreté et insousciance nouvelles qui ont le don de rendre en adéquation mon humeur, volatile dès que je pose le saphir sur le vinyl. Capable d'accrocher comme de trouver ça futile. Pas loin de succomber encore une fois mais quelquechose qui me freine, déçu de ma propre déception, restant comme pour Joke Box, sur ma faim. Du manque de profondeur et de consistance en opposition à des morceaux plaisants et variés dont une majorité auront du mal à s'installer durablement dans le temps. Un éternel recommencement qu'on vous dit. Mais celui-ci pourrait très bien un jour prendre fin.

SKX (12/02/2010)
website groupe www.myspace.com/zeromusik
website label www.icidailleurs.com

Zëro / Marvin
Rosemary K's Diaries - 10''
Les Disques De Plomb 2010

En attendant que le patron se décide enfin à dire tout le mal - ou tout le bien, sait on jamais, le breton est tellement imprévisible alors que le lyonnais est toujours si froidement hypocrite - donc en attendant que le patron se décide enfin à dire tout ce qu'il pense de Hangover The Top, le deuxième album de Marvin, intéressons nous d'un peu plus près à ce split partagé entre les montpelliérains du moment et les lyonnais de Zëro. Rosemary K's Diaries est un chouette morceau de plastique taillé au format d'un 10 pouces/25 centimètres et chaque groupe y présente trois de ses titres enregistrés en concert durant l'automne 2009. Zëro et Marvin tournent et jouent régulièrement ensemble, aussi ce qui semble n'être qu'une très bonne idée (publier un disque avec deux des groupes actuels parmi les plus intéressants) se révèle aussi tomber sous le sens commun - c'est sûrement ce qu'on dû se dire cette bande de joyeux lurons et contrairement à ce que pourrait laisser penser la photo céréalière de la pochette avec les petits diablotins à korn il ne s'agit pas de déterminer qui a la plus grosse (10 pouces c'est déjà pas mal).
Honneur aux anciens, commençons par la face Day One et Zëro qui nous offre un bon petit concentré du panel musical qui est aujourd'hui le terrain de jeu du groupe : de Load Out plutôt joyeusement rock'n'roll à The Opening et sa sombre mais néanmoins superbe ambiance en passant par l'apesanteur mystérieuse de Cars, Buses, etc…, Zëro est au mieux de sa forme, une forme resplendissante et vive, et pour une fois employer le terme de maturité en parlant de musique n'est ni un faux-semblant insultant ni un cache-misère pour signifier que c'était mieux avant. Côté Day Two les Marvin sont loin de démériter. La maturité justement ce n'est pas leur truc mais c'est pour ça qu'on les aime bien aussi : la musique de ces trois là respire le bonheur éphémère de l'instant présent. Vocomurder, l'un des méga hits du premier album de Marvin est ici joué dans une excellente version survitaminée tandis que deux titres de Hangover The Top, dont un Moustache 34 radicalement jouissif, ferment la marche. Tant d'enthousiasme est réellement communicatif et offre finalement une bonne complémentarité au côté plus cérébral de Zëro. Rosemary K's Diaries est un chouette disque en forme de témoignage avec deux bons groupes dessus et c'est tout ce qu'on en attendait - plus exactement voilà un disque qui donne envie de (re)voir ces deux groupes en concert, ensemble ou pas on s'en fout mais vite, ça oui.

Haz (03/04/2010)
website groupe www.myspace.com/zeromusik| www.myspace.com/marvinband
website label www.lesdisquesdeplomb.com

Zs
The Hard EP - CD
Three One G 2008

C'est un intérêt certain et renouvelé pour la musique de Pygmy Shrews (à lire absolument les chroniques du single et de l'album postées ici même par le patron) qui me pousse inexorablement vers Zs. La raison : nos punks as fuck préférés du moment partagent avec Zs un membre en commun, le guitariste Ben Greenberg. Sam Hillmer (saxophone) et Ian Antonio (batterie) complètent le line-up de base. Sur ce Hard EP on compte également Charlie Looker aux claviers mais il a depuis quitté le groupe, remplacé par le guitariste Amnon Freidlin. L'histoire de Zs est d'ailleurs émaillée de changement de personnel et d'instrumentation, passant sans cesse du quintet au trio pour se retrouver quartet, etc. Si les ingrédients changent, pas la musique : Zs joue quelque chose d'assez indéterminé - mais de déjà connu - que l'on pourrait qualifier de free noise ou même de jazz hardcore. Quelque part, pour faire très vite, entre les Flying Luttenbachers et Naked City et ce n'est vraiment pas un hasard si ce groupe vient de Brooklyn ni si ce disque a été produit par Weasel Walter pour le label Three One G. Nous y revoilà.
Sur The Hard EP il n'y a qu'un seul titre, long de quinze minutes. Répétitions exaspérantes, envolées avortées, stridences horripilantes, thèmes musicaux explosés, saxophone stridulant, guitare passée au tampon gex, batterie toute en cassures et en contretemps : Zs déballe le grand catalogue d'un jazz foutraque et résolument énervant, puissant bien que complètement déstructuré - les opposants farouches à ce type de branlette explosive parlent d'intellectualisme forcé, de musique cérébrale - qui finit sérieusement par taper sur les nerfs, pas très loin du nihilisme de la no wave d'antan dont le groupe reprend parfaitement à son compte le sens de la dissonance ulcérante et du pilonnage intensif. Cérébrale la musique de Zs ? Oui, je veux bien l'admettre : ces salves bruitistes de free aiment même tellement notre cervelle qu'elles ne manquent pas de faire des trous dedans et nous donneront mal à la tête assurément pour le restant de la journée voire le restant de la semaine. Le mal de tête, c'est réellement un compliment et dans ce cas précis ce type d'acrobaties au dessus des flammes n'aurait pas souffert la demi mesure, la virulence tiédasse ou la position assise. Comme quoi on peut jouer une musique sur partitions le plus sérieusement du monde pour un résultat qui tient avant tout de la cacophonie réjouissante. (Ré)jouissez vous donc.

Haz (02/01/2010)
website groupe www.zzzsss.com
website label http://www.threeoneg.com


 
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