ZENI
GEVA
"
10000 light years " - CD
Neurot 01
Six
ans que le soleil ne se levait plus sur le Japon. Le drapeau en
berne, le sang qui ne coule plus dans les veines. Parti avec le
dernier typhon, Zeni Geva revient avec le vent dans le dos. Je
revis. J'en crois pas mes yeux de ce retour miraculeux mais Zeni
Geva renaît d'entre les eaux! KK Null, leader incontesté,
n'avait pas disparu de la circulation. Il sortait aussi régulier
qu'une pendule et dans l'anonymat complet des albums solos à
grands coups de nappes bruyantes et mélodiques. Je m'en
foutait mais ça me rassurait de le savoir toujours parmi
nous. Je me disais que tout espoir de ressusciter le monstre Zeni
Geva n'était pas perdu. Et c'est sous la férule
de Neurosis et leur label Neurot que le gros matou ressort ses
griffes. Toujours Tabata-le-cinglé à la guitare.
Seul changement notable, le batteur, Masataka Fujikake, déjà
aperçu sur leur dernière tournée. Et aux
manettes, Steve Albini. On ne change pas une équipe qui
gagne. Et là, je dois dire que l'Albinos, si il est pas
toujours en odeur de sainteté, a été inspiré
par les Dieux nippons. Il a sculpté un son en or massif,
imposant et majestueux, massif et aérien. A la hauteur
de l'odyssée sonique proposée par Zeni Geva. Pour
tout ceux qui pensent toujours que Zeni Geva n'est qu'un groupe
Death-Metal allégé (bandes de cons), ce 10000 light
years devrait définitivement éclairer votre pauvre
chandelle de demeurés. On s'approche de plus en plus d'une
musique complexe et bruyante à la Dazzling Killmen ou Craw.
Des compos qui se développent souvent suivant des articulations
proches : des débuts fracassants, une accalmie soudaine,
des mélodies sinueuses et souterraines, un brin de mystère
et de lyrisme, des bruitages et des guitres-synthés avant
de repartir à l'assaut du roc et de finir les morceaux
sur des structures alambiquées mais qui retombent sur ses
pieds. Même la douce voix de KK Null n'est plus ce tonnerre
qui descend de la montagne, juste un souffle fort qui fera taire
les mauvaises langues. On notera juste à regret que trois
des huit titres figuraient sur des précédentes productions
("implosion" sur un 45 sorti par un label australien
Black Hole, "auto-fuck" en version live sur l'album
"Trans Europe Experience" et une version 2 du grandiose
instrumentale "interzona" de l'album "Freedom Bondage").
C'est qu'au bout de six ans, on devient exigeant et je m'attendais
qu'à des purs inédits de derrière les fagots.
Mais ces versions sont largement retravaillées et se fondent
à merveille dans le moule de ces nouvelles compositions
encore plus ambitieuses au paysage sonore riche et intense. Un
bloc aux multiples facettes et plein de cachettes sombres et envoûtantes,
de finesses sous l'aspect effrayant. Un raz de marée qui
valait bien six longues années d'attente!
SKX (20/07/2001)
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ZULU
AS KONO
"
II " - CD
Perverted Son 00
Les
perversités du zulu. Loin de toutes tendances, loin des
modes, Zulu As Kono laboure ses propres plates-bandes. Un groupe
iconoclaste qui se fout de tout et en premier de lui même.
Il suffit de jeter un il sur leur site web pour s'apercevoir
que leur image est le cadet de leur souci et que les bouffons
sont de sortie. Ce nouvel album, sobrement intitulé "
II ", fait donc suite à un premier album dont l'onde
de choc avait déjà pénétré
nos platines par ici. Album de noise classique avec un grand "
C ", aux confins d'influences allant de Oxbow à Colossamite
sans oublier Steve Albini and Co. Et où on sentait poindre
déjà un décalage subtil par rapport à
des normes biens établies, une gène de folie qui
ne demandait qu'à pousser les murs. Après deux ans
de gestation, l'idiot du village a grandit et c'est fort de 6
membres (2 batteries, 2 basses, 2 guitares avec un " moog
synthesizer " dans la mêlée et tout le monde
chante !) qu'ils nous reviennent. 9 titres, chacun son charisme
. Chacun sa folie passagère. Chacun son histoire. On retrouve
les bases mais vitriolées, déstructurées,
coup de pied aux traditions. Des ballades de pleine lune comme
le poignant et inquiétant " Welflosh Kovitrice ",
les rires paranos de " the laughs ". Des attaques en
règle et en piquée, c'est Pearl Habour et la folie
des groupes japonais qui débarquent. Zulu As Kono a décidé
de partir à l'aventure, exploration au programme, les retardataires
seront châtiés durement. Une météorite
dans le paysage qui mérite plus qu'une écoute éclair.
Essentiel !
SKX (08/03/2001)
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Thalia
Zedek
Trust Not Those In Whom Without Some
Touch Of Madness - CD
Thrill Jockey 2004
Miss
Zedek, âme damnée de la musique américaine,
nous fait le plaisir de nous présenter son deuxième
album solo. Son mal de vivre brinqueballé depuis le début
des années 80 dans des formations comme Uzi, Live Skull
et Come avant d'entamer une carrière sous son propre
nom. Après un amuse-gueule " You're a big girl now
" sorti en 2002 et qui n'avait rien de transcendant, elle
nous revient beaucoup plus en forme, même si l'expression
" plus en forme " est abusée. La musique de
Zedek donne dans le blues-folk et ça n'a rien d'une partie
champêtre où les rires fusent, par ici les bonnes
blagues, que les femmes dansent nues sur les tables! Entourée
d'un violoniste (Dave Curry) et d'un batteur (Daniel Coughlin),
elle-même inséparable de sa fidèle guitare,
le trio propose une déclinaison d'un blues moderne, ce
qu'elle n'a jamais cessé de faire dans ses formations
précédentes. Cette fois-ci, la version est sèche
et intimiste, dépouillée de tout apparat et distorsion,
enregistré à l'ancienne, le tout analogique, la
vraie vie, celle qui transpire de ses cordes mélancolique
et de sa voix si chargée. Le passé est rude et
laisse des traces mais même si ces chansons ont une couleur
majoritairement sombre, cet album possède comme une ombre
d'espoir, une note d'optimiste dans quelques envolées
de guitares et violon omniprésent. Sortez le violon,
ramassez la chienne. Thalia Zedek n'est pas débarrassée
de ses fantômes mais avec les ans trouve la voix de la
rédemption, dépeint son blues avec la sagesse
des personnes qui n'ont plus rien à (se) prouver. Une
force tranquille qui se dégage de trop d'années
de galère. Un album homogène qui n'a pas peur
de malmener son blues, l'emmener dans des fracas électriques
et de terminer sur un " hell is in hello " et son
violon qui hulule dans le désert, ses cymbales qui crachent,
sa guitare qui se perd dans les larsens pour retomber sur ses
pattes et nous laisser sur une note acoustique et une voix apaisée.
Un résumé de tout un parcours pour un album qui
a de la profondeur et de la patine.
SKX
(14/11/2004)
website
label www.thrilljockey.com
sounds
EvilHand.mp3
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Zach
Hill & The Holy Smokes
Masculine Drugs/Destroying yourself is too accessible - CD/Book
Suicide Squeeze 2004
Quand
vous avez eu l'opportunité de côtoyer Zach Hill,
batteur de Hella, l'espace d'une semaine et que, de sa bouche
même, il vous avoue que les seules choses qui l'intéresse
dans la vie, ce sont " la batterie, les chaussures et la
bouffe ", vous êtes tout étonné de
constater que ce grand échalas mystérieux et pas
bavard pour un sou sait écrire! Son nouveau projet (un
de plus !) est non seulement un disque mais aussi un livre avec
une histoire pour gamins écrit de la propre main de Hill
et mis en musique par Rob Crow (Pinback), Jonathon Hischke (The
Flying Luttenbachers), Carson McWhirter (The Advantage) et donc
notre fameux batteur. Ce dernier reste fidèle à
son tempérament de feu. Un robot qui ne connaît
aucune limite. Il est saisissant de constater d'ailleurs à
quel point son jeu se ressemble d'un projet à l'autre.
Le style foudroyant à huit bras qui continuellement et
dans un mouvement circulaire et convulsif s'abat sans pitié
sur ses éléments de batterie. Heureusement, ses
acolytes ont réussi à le calmer. Ou alors, est-ce
pour mieux suivre les méandres de l'histoire qu'il parvient
tout de même à diversifier son jeu
Car ces
" drogues pour homme ", malgré la mise en abîme,
n'est pas que bruit et fracas. Certains morceaux ont ce coté
vraiment mise en boite des images, respirant le texte, avec
des reprises de souffle alors que d'autres sentent à
plein nez la musique improvisée, cette approche toute
Flying Luttenbachers, élevée au free-jazz et recraché
par les tripes. Et chose inattendue pour ce style de musique,
on a le droit a un chant, un vrai, celui qui narre les histoires
pour les petits. Mais qu'on ne se trompe pas. Ce disque est
pour nous, les hommes, les costauds, les qui n'en veulent du
bordel et qui aiment quand ça vrille la tête. Ceux
qui aiment quand ça tape dans tous les sens et pas que
la batterie. Ca raffûte, ça grésille, ça
fourmille de mille feux, ça plairait à l'aise
à Weasel Walter. Ne fuyez pas. Ca reste largement digeste.
Des vicieux, des roublards mais civilisé quand même.
Ce livre musical est à déconseiller à vos
chères têtes blondes à moins de vouloir
leur filer des cauchemars.
SKX
(08/01/2005)
website
label www.suicidesqueeze.net
sounds
royal_jelly.mp3
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Zu
The way of the animal power - CD
Xeng 2005
L'animal
Zu se bouffe de spiritualisme. Se délecte d'une chair
ancienne et partage les restes avec qui veux. De préférence
des drôles de zèbres qui aiment quand c'est sombre
et pas carré. La lumière cette fois viendra de
Fred Lonberg-Holm, violoncelliste à la Tom Cora, qui
s'élève quand ça couine, quand l'archet
reste sur les cordes à traiter la misère du monde.
De vieilles bêtes noires et blanches jonchent l'intérieur
de la pochette et Zu aime tordre le cou, du serpent certes,
mais aussi à la routine. Sa propre routine qui veut qu'ils
ne fassent jamais deux fois le même disque. Un groove
lancinant et urbain dessine cet album. La tournée avec
Dalek (le hip-hop iconoclaste préféré des
rockers) a laissé des traces. Point de salut dans les
grandes envolées rythmiques de l'habituel duo basse/batterie
mais un truc qui rampe, qui serpente, encore lui, de morceaux
en morceaux, dans des structures qui demandent un temps d'adaptation
avec d'être ingurgitées. Et puis quand bien même,
vous ne ferez jamais corps. Le saxo, ce violoncelle, ces samples
de voix qui apparaissent pour la première fois quand
ce n'est pas directement une voix, une ombre parlée qui
prend possession de la rare clarté qu'offre cet album
construit dans un roc uniforme. On attend que ça démarre
mais c'est un lent mouvement d'avant en arrière avec
la tête qu'on se prend à deux mains et parcouru
de spasmes. Zu explore, ça continue, ouvre de nouvelles
brèches avec plus ou moins de bonheur, surprenant son
monde, le satisfaisant amplement.
SKX
(27/11/2005)
website groupe www.zuism.com
website label xeng.org
sounds t01_XengOrg.mp3
| t05_XengOrg.mp3
| t07_XengOrg.mp3
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Zu/Dalek
Split 7''
Psychotica 2005
L'errance
et le mélange. Quand on ne sait plus qui est qui. Que
les idées abondent, prennent possession du corps du voisin.
Mis cote à cote, Zu et Dalek ont chacun leur destin,
leur griffe. Mais on sait aussi que le port des illères
est interdit. Chacun droit dans ses bottes mais pas bégueule
pour aller piétiner avec entrain les plates-bandes du
copain. Zu remix un morceau de Dalek et vice-versa. Rythmes
hachés découpés, improvisations, samples,
la voix inquiétante de Dalek qui hantent les deux titres,
cuivres en vrille, atmosphère plus down-town qui sent
les bas fonds avec l'américain Dalek, l'odeur glauque
des grandes villes. Mais ces deux morceaux ne font qu'un. Leur
monde respectif se rencontre avec bonheur sur fond de comic
(par l'Italien Miguel Angel Martin). L'histoire de Zu et Dalek
est ouverte sur tous les styles. Ils nous le prouvent une fois
de plus.
SKX
(27/06/2005)
website
groupe www.zuism.com
| www.deadverse.com
website
label www.psychoticarecords.com
|
ZZZZ
Palm reader - CD
Polyvinyl 2005
Scions
du bois. ZZZZ est constitué de vieux loups de mer. En
première ligne, Steve Sostak, saxophoniste-chanteur des
Sweep The Leg Johnny et Check Engine. Il donne le " La
" à ce nouveau projet, la coloration cuivrée
d'une troupe brinquebalante. Celle qui suit Emir Kusturica dans
des chevauchées tsiganes hautes en couleur. Et Sostak
(dont les origines ne sont sûrement pas éloignées
de celle du réalisateur yougoslave) à l'âme
sensible aux charmes de l'Europe de l'Est. Pour ce projet, il
s'est entouré de John Brady à la basse (ex-Swing
Kids et Sweep Leg aussi), Greg Sharp à la batterie (ex-Tekulvi)
et après bien des déboires pour trouver un guitariste,
ils ont dévié leur trajectoire vers une pianiste
au cursus tout classique, Ellen Bunch, qui ne prête pas
seulement ses touches blanches et noires mais aussi sa magnifique
voix. L'orchestre est lancé. Il peut tanguer sur les
routes, sortir de sa ville natale Chicago et enflammer les planches,
se nourrir des racines punk-rock de la plupart de ses membres
pour échafauder des joutes exotiques. On pense pas mal
au groupe tchèque, les vieux de la vieille Uz Jsme Doma
et devinez quoi, ils viennent de sortir un split single en leur
compagnie ! Mais le chant n'a pas cette fibre héroïque.
Les lignes de basses donnent dans le sombre, le piano électrique
est nerveux et les mélodies de sax s'envolent sur des
airs tour à tour entraînants et furieux. Ce "
palm reader ", malgré une indéniable propension
à faire swinguer, possède une touche urbaine,
on ne sort pas de Chicago pour rien et ce mélange des
genres fonctionne à merveille. Revigorant.
SKX
(25/06/2005)
website
groupe www.zzzzmusic.com
website
label www.polyvinylrecords.com
sounds
assassination-polka.mp3
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THALIA
ZEDEK
"
You're a big girl now " - CDEP
Acuarela / Kimchee 02
Thalia
Zedek, l'âme damnée des défunts Come, s'en
ait allé labourer ses propres chemins. Epancher son blues
sans ne plus rien devoir à personne. Comme le dit le titre,
c'est une grande fille maintenant. Elle fume de gros cigares,
l'il cerné et la mine défaite. Après
un 1er album solo passé discrètement, elle revient
avec six titres, plus roots que jamais. Violons, piano, cordes,
enregistrement dans le salon, reprise de " candy says "
du Velvet Underground et de Bob Dylan (" You're a big girl
now "), Thalia Zedek déroule peinard, sorte de folk-rock
des temps modernes. Ca sent la clope et les bouteilles vides.
La désillusion à plein nez. Heureusement, sa voix
traîne toujours par là pour nous ensorceler car pour
la musique, elle s'est contentée de nous balancer sa mélancolie
sans chercher à la transcender comme elle savait si bien
le faire avec Come. Ca du mal à décoller et ses
ballades, aussi tristounes et touchantes qu'elles puissent être,
tombent à plat sans nous arracher le moindre sanglot. On
est en droit d'attendre beaucoup mieux de cette fée de
nos nuits noires !
SKX (04/06/2003) |
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Zatokrev
Bury the ashes - CD
Firebox / Get a life ! 2007
Avec
Zatokrev, c'est marche ou crève. Le genre d'ordre aboyé
que tu encaisses sans broncher ou tu te casses tout de suite.
Les Suisses de Zatokrev ne sont pas là pour rigoler (ça
en devient presque risible) et si tu décides de t'envoyer
leur double album d'une traite, faudra pas se plaindre de ne
pas avoir été prévenu. Leur général
à eux, leur grand manitou qui tire les ficelles, c'est
Neurosis. D'ailleurs, ils s'étaient fait remarquer sur
les logiciels de pire-to-pire (oui je sais, c'est pas très
malin) en faisant passer le présent album pour Given
to the rising, le nouvel album de Neurosis. Je ne sais pas
quel est le petit malin (décidément) qui a joué
à ça (peut-être eux ?) mais seule une oreille
distraite aurait pu se faire abuser, faut pas déconner
non plus. Il y a en effet beaucoup de Neurosis, époque
la plus noire, dans Zatokrev mais catégorie son et composition,
ça ne boxe pas dans la même division. Reste que
ce Bury the ashes n'est pas désagréable
en soi. Si tu aimes les ambiances pesantes et sombres à
se faire gondoler une porte de prison, les progressions en terre
boueuse sous des fils barbelés, Bury the ashes
est fait pour satisfaire les plaisirs les plus masochistes.
Ca n'a rien de bien original, c'est certain mais c'est bien
amené. Juste un gros bémol pour le son de batterie,
notamment la caisse claire, comme si ça tapait sur un
seau en plastique, tout bizarre, maigre, qui n'envoie aucune
puissance en retour. Longueur péplumesque de rigueur.
Plus d'une heure pour sept malheureux titres. Tu signes pour
un bail. Les gros riffs de plombs, les cris de bêtes à
peaux de boucs, les langueurs monotones, l'humeur marécageuse,
la lévitation en eaux troubles sans haut ni bas, une
intensité que le groupe arrive à maintenir sans
trop de dégât malgré la durée, tout
le vocabulaire est su par cur et si ce rayon est largement
fréquenté par toute une pléthore de groupes
metal, que l'ombre de Neurosis plane plus que de raison, Zatokrev
est loin d'être le plus manchot. (A noter que la version
vinyl sur Get a life ! records comporte un titre en plus, soit
10 minutes de plus de douleur).
SKX
(08/10/2007)
website groupe www.zatokrev.com
website label www.firebox.fi
|www.getaliferecords.com
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Thalia
Zedek Band
Liars And Prayers - CD
Thrill Jockey 2008
Pourquoi
Thalia Zedek a t-elle fait rajouter band derrière son
nom sur la pochette de son nouvel album ? Liars And Prayers
vient tout juste d'arriver qu'il a déjà de nombreuses
heures d'écoute dans la platine -une écoute attentive,
obsessionnelle, lumineuse. Le band s'impose alors de lui-même
parce que pour la première fois depuis des lustres on
a cette très nette impression que Thalia Zedek a su recréer
autour d'elle un vrai groupe dont elle est le joyau magnifique
et qui lui sert d'écrin de perfection. En plus des habituels
compagnons de route des débuts de sa carrière
solo (David Michael Curry au violon et parfois à la trompette,
Daniel Coughlin à la batterie mais aussi Mel Lerdeman
au piano), Zedek s'est adjoint les services d'un vrai bassiste,
Winston Braman, chose qu'elle n'avait pas tenté depuis
beaucoup trop longtemps. Le folk introspectif et le blues existentiel
de la chanteuse s'en trouvent considérablement grandis,
prenant leur envol avec une puissance d'émotions et une
efficacité à fleur de peau telles qu'on en avait
plus entendu après la fin de Come en 1999. Un titre comme
Lower Allston et son intro miraculeuse prouve que Thalia
Zedek n'a pas non plus oublié ce que c'est qu'une guitare
tandis que Body Memory est le genre de chanson à
rester dans la tête des journées entières.
Mais le plus fort de ce disque reste (bien évidemment)
la voix si particulière mais universelle de la chanteuse
et le songwriting, toujours aussi impeccable -mais est ce bien
le terme approprié ?- dès qu'il s'agit de rendre
compte du désordre intérieur, parfois violent
et déchiré de la dame. Cette album dégorge
une mélancolie indicible, vous crépite doucement
à la face tel un feu de cheminée de fin de soirée
alors que l'on a toujours un peu froid dans le dos. Un disque
? Un compagnon, plutôt, un moment inaltérable,
intime et d'une intensité rare dans laquelle on se love,
rempli d'un amour absolu et éclairé.
Haz
(04/05/2008)
website groupe www.myspace.com/thaliazedek
website label www.thrilljockey.com
sounds www.thrilljockey.com/catalog/?id=102512
(possibilité d'écoute intégrale de l'album
en streaming)
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Zëro
Go stereo - EP
Ici d'ailleurs 2007
Franchement,
je ne croyais pas que cette reformation aurait eu lieu un jour.
Tout simplement parce que ce n'est pas une reformation. Plutôt
que de capitaliser sur le nom de Bästard (après
tout, on a jamais autant parler de ces lyonnais depuis leur
séparation en 1997), les trois-ex Bästard Eric Aldéa,
Franck Laurino (eux-mêmes ex-Deity Guns) et François
Cuilleron ont décidé de prendre un nouveau nom
et de repartir de zéro avec un quatrième membre,
Ivan Chiossone, l'alter ego de Aldea au sein de leur projet
Narcophony. Et même si musicalement, Zëro (avec toujours
le umlaut über alles, pour le clin d'il) reprend
les choses là où Bästard les avaient laissés,
parlons juste d'une nouvelle réunion d'amis qui ne se
sont jamais vraiment quitté. Une nouvelle aventure qui
n'oublie pas le passé mais qui regarde résolument
vers l'avant.
Go stereo, c'est le titre de ce maxi. C'est aussi le
titre du morceau principal, décliné en deux versions.
La band version (la bonne version) et la computer
version. C'est le Bästard de Radiant, Discharged,
Crossed-Off que l'on retrouve, en plus décontracté,
toujours aussi musical, une ligne de basse qui fait beaucoup
au charme du morceau et le plaisir de retrouver la fantastique
voix de Eric Aldéa, cette tonalité unique, cette
façon d'insuffler de la tension comme si de rien n'était,
sans forcer. Comme son nom l'indique, la version computer
est une affaire d'écran et de clavier avec dedans tout
ce qui sert à retoucher une composition originale qui
n'avait pas besoin de ça et qui n'apporte rien de plus.
Remplissage. Sur l'autre face, trois compositions digne de ce
nom. Un Luna park dont l'attraction se fait grandissante
à mesure que le morceau évolue dans un contexte
cinématographique, avec un grand sens du grésillement.
Très beau morceau, qui passe comme ça, intemporel
et insaisissable. Avec un titre comme Bamako girl, ça
ne peut qu'évoquer l'Afrique. Mis à part le rythme-tambour
de galérien un rien martial, ça évoque
surtout et encore ce truc fugace qui passe, ces arpèges
qui vous enveloppent dans la douceur. Un morceau sous-titré
Featuring Busyman (alias Salim le chanteur de Sixpack
et Wei Ji et non pas Varou Jan de feu-Condense comme je l'ai
écrit précédement, la mafia lyonnaise veillait
au grain héhé) qui paie de sa personne pour le
chant. Dans The Drag Queen Blues, il y a blues. Donc
Jon Spencer n'est pas loin. Un morceau où Zëro s'amuse
à rocker, fractionner, exploser, accélérer
au-delà du respectable avec un chant dont on ne sait
pas si il est samplé ou non. Morceau qui tranche pour
un groupe qui semble dire que tout est possible. On remet tout
à plat, on remet les compteurs à zéro et
advienne que pourra. On est là avant tout pour se faire
plaisir. Plaisir partagé que de revoir ces musiciens
dont il me tarde déjà de voir ce qu'ils sont capables
de nous donner sur plus long.
SKX
(14/07/2007)
website groupe www.myspace.com/zeromusik
website label www.icidailleurs.com
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Zëro
Joke Box - CD
Ici d'ailleurs 2007
Après
l'amuse-gueule Go Stereo qui représentait plus
qu'une mise en bouche anecdotique au vu des membres qui composent
ce nouveau groupe, Zëro passe à l'épreuve
du long format. L'ombre des Bästard plane forcément
sur ce projet - mais avec le temps ça va se tasser -
et quand un groupe a autant marqué le paysage sonore
français, les parallèles sont de mises. Alors
oui, il ya du Bastard dans le Zëro. Du Bästard fin
de cycle. Epoque Radiant, Discharged, Crossed-Off. Celle
où les lyonnais avaient dépassé les carcans
du rock, poussé les frontières pour inventer leur
propre langage. Avec Zëro, il n'est plus question d'inventer
quelque chose. Les musiciens ont déjà beaucoup
donné. Merci pour eux. Il s'agit plus d'arpenter les
mêmes terres que jadis en leur donnant une coloration
nouvelle. Continuer d'uvrer dans des sphères créatives
qui doivent autant au rock et son avatar bâtard le post-rock,
les musiques de films ou contemporaines par lesquelles Eric
Aldea et Ivan Chiossone sont passées au sein de leur
autre projet Narcophony, voir les musiques électroniques.
Bästard dans l'esprit plus que dans le corps. Dans cette
approche très musicale. Cette instrumentation riche et
iconoclaste. Ces morceaux impressionnistes qui ne semblent que
passer, intemporelles, comme si on les prenait dix secondes
après le début et les quittait avant la fin. C'est
avec le relâchement de gars qui n'ont plus rien à
prouver que Zëro revient. Plus détendu, plus souriant.
Avec des hommages et des clins d'il à leurs pères
de toujours (Devo, les Residents ou Pere Ubu en concert), toute
cette scène punk qui a toujours cherché à
ne pas se répéter, véritable leitmotiv
que Aldea et sa bande n'ont cesser de mettre en pratique. Un
Zëro qui s'amuse à pasticher le rock'n'roll (Drag
queen blues), à faire preuve de beaucoup de légèreté
sur Pride of the kids, à surprendre son monde
sur un Crosby & Garfunkel qui porte bien son nom.
Hélas allais-je rajouter mais ça sent surtout
la private joke et le jeu de cordes tout en délicatesse
rappelle plutôt Narcophony. Un Zëro presque swinguant,
voir crispant comme sur la fin de Derby trop enjoué
pour être honnête. Bref, Zëro ne s'accroche
pas à son passé et se fait plaisir. Mais c'est
quand Zëro se tendent qu'ils restent les plus intéressants.
Qu'ils mettent de l'intensité, un peu de mélancolie
et de noirceur, qu'ils dessinent avec leurs cordes multiples
des arabesques plus complexes que notre cur bat plus fort.
Bref, quand la filiation Bästard est la plus forte
.
Car quand on se plonge dans le spleen magnifique de The Desire
and the Importance of Failing, le limpide Luna Park,
le rythmiquement parfait Big screen Flat people sans
oublier l'aérien et inquiétant Cars, Buses,
etc
qui aurait très bien pu trouver sa place
sur un Deity Guns, on se dit qu'ils ont bien fait de rempiler.
Joke Box n'a pas l'aura et la force des précédentes
uvres crées par les membres de Zëro auxquelles
on tente de les rattacher comme de vieux indécrottables
nostalgiques que nous sommes. C'est vers l'avant que Zëro
regarde et ils n'en sont qu'au début d'une nouvelle aventure
qu'on espère longue et encore plus inspirée. Quand
on repart de zéro, on ne peut pas demander de suite la
lune.
SKX
(22/10/2007)
website groupe www.myspace.com/zeromusik
website label www.icidailleurs.com
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Zarboth
Self-titled - CD
Head / Discorporate 2009
Drôles
de gonzes sur un drôle de vélo avec bariolages
potaches. Quand vous retournez la pochette, autre duo décalé,
les deux vrais Zarboth cette fois-ci déguisés
en dandy d'un autre siècle avec des tronches de mineurs
de fond. Va falloir s'attendre à tout et effectivement,
on a de tout mais surtout, mon toutou, de la joie de vivre,
des trucs qui éclatent dans tous les sens et pas de prise
de tête malgré des structures alambiquées.
Zarboth, duo parisien maniant la batterie et la guitare à
sept cordes avec autant de mains. Breaks multiples, inspiration
jazz, groove qui ne laisse pas insensible les membres inférieurs
(on ne parle pas de toi mais de ton corps), riff metal sur les
bords, humour insidieux cohabitant avec atmosphère grave,
frappe tour à tour fine ou foncière, passages
noise et convaincant (Realize), chant à deux prenant
parfois des accents lyriques à glacer la libido ou mélodique
ou plus généralement qui laisse de marbre, le
tout joué rugueux et avec l'énergie et le son
d'un live. No limit et liberté totale, ça semble
couler de source et si No Means No ou les Belly Button s'impose
comme repères, c'est par manque d'imagination et que
dans ce registre, j'ai loin d'avoir la science infuse. Plus
proche de nous, on pourrait également penser à
la folie douce d'un Singe Blanc mais c'est le punk-rock qu'ils
ont chevillé au corps. Car dans le délire et la
débauche, point trop ils n'en font et c'est ce qui les
sauve. On en connaît des groupes qui se perdent pour moins
que ça. Ils ont la bonne idée de privilégier
les ambiances, laisser couler des émotions dans le béton
armé de leurs compositions ou plus prosaïquement,
laisser respirer l'auditeur et asséner le coup de matraque
qu'à bon escient. Tout ne me touche pas mais quand ça
joue dur et direct, on ne fait pas le malin et on se laisse
embarquer sans problème par ce premier enregistrement
amenant un nouveau nom prometteur sous les projecteurs.
SKX
(28/04/2009)
website groupe
www.myspace.com/zarboth
website label
www.head-records.com
| www.discorporate-records.com
|
Zëro
Bobby Fischer - 10''
Ici d'Ailleurs 2009
Vous
me croirez ou non mais le matin même du jour où
j'allais apprendre que Zëro venait de sortir ce nouveau
disque, un livre sur Bobby Fischer me passait entre les mains.
Passionnant, n'est-il pas ?! Forcément, on se demande
si c'est du même Bobby dont on cause et si le destin n'est
pas plus fort que toi. Quelques clics plus tard et une commande
express à Ici d'Ailleurs, la réponse n'allait
pas tarder à tomber sous la forme d'une pochette avec
un type en cravate devant un échiquier géant.
Bobby Fischer, le roi des échecs, l'américain
qui damna le pion aux communistes en pleine guerre froide, est
bien le personnage principal de ces quatre nouveaux titres.
Mais il faut bien regarder. Photo noire monochrome avec les
paroles au verso, du clair sur du foncé qui nique les
yeux pour 25 cms enfilés sans emballage, dans la viande
froide du carton de la pochette. Zëro va à l'essentiel.
Tout le contraire de cette chronique. Le format préféré
de ces ex-Bästard ne nous met en tout cas pas échec
et mat. Zëro continue de placer ses pions dans la continuité
de Joke
Box. On sait où on met les pieds. On pare les
coups à l'aise. Aucunement surpris. On va pouvoir ressortir
les mêmes qualificatifs qu'à l'accoutumée.
C'est musical, ça respire la classe, avec ce détachement
si particulier, cette démarche racée et la pointe
de nerf pour titiller juste ce qu'il faut. On va tout de même
s'empêcher de dire que Zëro ronronne, même
si j'avoue que c'est l'impression première que ce disque
m'a laissée. Mais à l'arrivée, le constat
est toujours identique. Ce sont encore eux les gagnants de la
partie. Ils vous bercent, ils vous endorment et puis le charme
opère, insidieux. Notamment grâce aux deux morceaux
de la face B. Pigeon Jelly et sa mélodie en boucle
obsédante, sur une structure allant crescendo avant de
couper net. Ca rend accro. The Cage joue également
l'intensité larvée, le bouillonnement interne
sur un coulis d'arpèges et de keyboards clinquants et
une fin qui scie les jambes. Toujours la même chose certes
mais putain que c'est bon ! Autre face, murs identiques
avec un brin d'accroches moins évidentes. Que ce soit
sur Bobby Fischer, le morceau ou Dreamland circus
side show rappelant furieusement un titre des Bästard
et une fin tout en apesanteur et en spleen de grands espaces
urbains. Une fois encore, Zëro n'en fait pas des tonnes,
à l'essentiel qu'on disait, tranchant mais avec tact.
Pris une nouvelle fois dans la stratégie de Zëro,
incapable de s'en dépêtrer et aucune envie de le
faire d'ailleurs.
SKX
(03/04/09)
website groupe
www.myspace.com/zeromusik
website label
www.icidailleurs.com
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Zu
Carboniferous - CD
Ipecac 2009
Après
plusieurs albums en forme de collaboration où la part
belle à leur esprit aventureux et bidouilleur était
privilégiée, le trio italien Zu avait déclaré
vouloir revenir à quelque chose de plus rock. On se méfie
toujours du terme rock quand il est utilisé par des types
bancales comme Zu mais il était annoncé que ce
nouvel album allait cogner dur, que cela allait gicler et qu'on
ferait pas les malins devant l'assaut qui se préparait.
Zu se vante également de sortir là son quatorzième
album. Mais à regarder de plus près, une fois
enlevé tous les disques en équipe avec Eugene
Chadbourne (The Zu Side of the Chadbourne en 2000), Fred
Lonberg-Holm (The
Way of animal powers, 2005), Mats Gustafsson (How
to raise an ox, 2005), Nobukazu Takemura (Identification
with the Enemy - A Key to the Underworld, 2006), le groupe
Spaceways inc. sur Radiale et on va arrêter là
sinon l'écran va se noircir rapidement, Zu en tant que
tel (Jacopo Battaglia, Luca Tommaso Mai, Massimo Pupillo) n'a
pas sorti d'album depuis 2002 et le flamboyant Igneo.
Un album s'entend où ils sont la cheville ouvrière
de toutes les compositions. Parce que des invités, il
y en encore à la pelle sur Carboniferous. King
Melvins Buzzo (pour apporter du poids ?), Giulo Ragno Favero
(jamais entendu parlé mais faites comme si), Allessandro
Rossi (voir commentaire du précédent) et surtout
(hélas), le très pénible Mike Patton. Ne
cherchez pas, c'est physique. Rien que voir sa tronche, j'ai
envie de le claquer. Et je ne vous parle même pas de la
reformation de Faith No More, la pire grosse boursouflure de
groupe du monde. Une allergie profonde à son chant et
ce n'est pas ces borborygmes et ses sales manières vocales
sur Soulympics et Orc qui vont arranger les choses.
Enfin bref, passons !
Du rock donc pour le peuple. Zu tient ses promesses. Le rock
au sens frappeur, dangereux, celui qui offre des pulsations
et fait monter l'adrénaline car sur la forme, on est
toujours très loin du couplet refrain et du solo de guitare.
Et ça tombe bien, ya jamais eu de guitare dans Zu. La
paire basse-batterie fait des ravages que le saxophone baryton
de Luca Mai se charge d'entretenir à grands coups de
bronches sur le brasier. Zu, c'est idéal pour faire apprécier
du free-jazz à des rockeux. L'inverse reste à
prouver (apportez moi la tête d'un jazzeux qu'on lui fasse
bouffer du Zu !). En même temps, Zu est bien au-delà
de toutes ces frontières stériles. Leur créativité
déborde les cadres. Ca valse à tout va, ça
déconstruit pour mieux vous récupérer quand
vous ne vous y attendez plus. Les coups de basse légendaire
de Massimo Pupillo renvoient au géniteur de la lourdeur
(Swans), le groove pervers, tour à tour rampant ou palpitant,
de Battaglia vous fait perdre toutes notions de rythmes. L'album
est en ça très étourdissant. Et à
bien l'écouter, Zu a effectivement perdu son feeling
jazzy pour se tourner vers quelque chose de plus sombre et tentaculaire
et monstrueux, condensant sa débauche dans dix salves
abruptes et recherchées à la fois, faisant résonner
des influences anciennes comme 16/17
ou God. Malgré ça, il y a un truc qui cloche dans
ce nouveau Zu. Une innocence envolée, l'esprit ludique
et frondeur de Zu avalé tout cru par une mécanique
trop grande. Trop bien en place dans la folie, une débauche
calculée comme un film à gros budget où
tout est professionnellement impeccable, tout est à sa
place, le jeu des acteurs parfait (à part Patton hahaha),
le scénario sans fausse note. On en a pour notre argent
mais c'est cruellement froid et sans surprise malgré
une histoire qui promettait l'originalité. Carboniferous
est une grosse machine implacable qui a de quoi impressionner
mais ne donne pas envie de se rouler à ses pieds.
SKX
(07/09/2009)
website groupe
www.myspace.com/zuband
website label
www.ipecac.com
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Zëro
Diesel Dead Machine -
LP
Ici D'Ailleurs 2010
Comme
on dit des groupes voués à toujours faire plus
ou moins le même disque, à explorer/épuiser
leur idée originelle, serait-on condamné à
toujours écrire la même chronique ? Deux mois que
le nouvel album de Zëro tourne sur la platine et impossible
de se dépêtrer de ce sentiment poisseux, l'envie
d'écrire excatement la même chose que pour Joke
Box ou Bobby
Fischer, cette impression désagréable
de faire face à un disque qui vous laisse sur le bas
coté, en sachant pertinemment bien que vous finirez par
succomber. Zëro, ami de l'infini, éternel recommencement.
Diesel Dead Machine m'a laissé quasi froid. Ce
n'est pas parce qu'il a déboulé en plein hiver
rugueux. Encore moins pour la pochette, uvre d'un certain
Serge
Murer, dont je dois être un des rares à apprécier
le dessin naïf et glauque si j'en crois les échos
lus sur d'autres sites de piches. Beaucoup plus quand je me
suis aperçu que l'intégralité du 10'' Bobby
Fischer, sorti quelques mois auparavant, figurait sur ce
disque. Comme un parfum d'arnaque. Il nous avait déjà
fait plus ou moins le coup avec Joke Box qui reprenait
les trois principaux des cinq titres du 10'' Go Stereo.
Faudrait pas nous prendre non plus pour des vaches à
lait. Le pire, c'est que s'ils sortent demain un nouveau 10'',
on foncera l'acheter comme des ânes avec la mémoire
d'un poisson rouge. Et l'addiction chevillée au corps.
Zëro, poison lent. Dynamite à mèche très
longue.
Premières écoutes. Le saphir se pose tranquilement
et le pilotage automatique se met en branle. J'ai beau écouté
attentivement, l'esprit divague. Le saphir se remet sur son
reposoir et je n'ai rien retenu. Disque parfait pour un apéritif
dinatoire quand vous ne voulez pas effrayer le péquin
moyen et suffisant pour épater la galerie avec un groupe
obscur. La musique de Zëro n'a jamais été
tape à l'il. Mais là, plus ça allait,
moins j'avais envie de me la cogner. Leurs airs de ne pas y
toucher, ce brin de classe et cette facilité agaçante,
on connaît ça par cur. Lassitude impromptue.
Impossible de mordre à l'hameçon. Pourtant, là
où des tas de besogneux s'échinent à tirer
des compos dignes de ce nom d'un amas de bruit mort, ces ex-Bästard
en extrait toujours la quintescence comme si de rien n'était.
La musicalité chevillée au corps.
Une pelleté d'écoutes plus tard. La face A passe
toujours mal. Comme la pillule. Trois morceaux de Bobby Fischer
sur cinq. Quand on s'est passé ce 10'' en boucle, on
ne démord pas. Lisez par ici,
on gagnera du temps. Reste deux inédits et pas n'importe
lesquels puisque les deux meilleurs de ce deuxième album.
Load out, nervosité palpable et salvatrice, chant
de Eric Aldéa ensorcelant, batterie déchainée
de Franck Laurino. Enough
Never enough, la gravité
se rajoute à la nervosité devenue sous-jacente,
de cette touche ombrageuse qui fait un bien fou. Faites tourner.
Face B, on retrouve tout de même avec plaisir The Cage,
morceau qui résiste le mieux au temps et quatre inédits.
Des inédits où Zëro instrumentalise ces compos.
On peut être amuser de leur propre amusement, se décontracter
avec eux sur Cheeeese. Se perdre un instant dans l'échange/tourbillon
keyboards, guitares, percussions de Viandox. Etre de
tempérament badin et jouer à Lux Interior sur
Sick to the bone et multiplier les clins d'il aux
figures du passé sur une face qui détend largement
l'atmosphère. Zëro n'a jamais caché son amour
pour les reprises (tout comme à l'époque des Bästard,
voir Deity Guns), ils en parsèment leurs concerts (Devo,
The Residents, Pere Ubu) et cette face sonne presque comme un
hommage.
Alors oui, Zëro possède un talent largement au-dessus
de la moyenne pour créer des arabesques élégantes
dans des grincements controlés, fusionner des synthés
de plus en plus (trop) nombreux avec des notes de guitares piquantes
sur un tapis ryhtmique inventif, tranchant mais jamais imposant.
Imbriquer subtilement des parties entre elles, faire monter
la sauce et planer un doute pour mieux hypnotiser. Et à
l'arrivée, des morceaux qui glissent tout seul. Limpide.
Et léger. De cette légèreté et insousciance
nouvelles qui ont le don de rendre en adéquation mon
humeur, volatile dès que je pose le saphir sur le vinyl.
Capable d'accrocher comme de trouver ça futile. Pas loin
de succomber encore une fois mais quelquechose qui me freine,
déçu de ma propre déception, restant comme
pour Joke Box, sur ma faim. Du manque de profondeur et de consistance
en opposition à des morceaux plaisants et variés
dont une majorité auront du mal à s'installer
durablement dans le temps. Un éternel recommencement
qu'on vous dit. Mais celui-ci pourrait très bien un jour
prendre fin.
SKX
(12/02/2010)
website groupe www.myspace.com/zeromusik
website label www.icidailleurs.com
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Zëro
/ Marvin
Rosemary K's Diaries - 10''
Les Disques De Plomb 2010
En
attendant que le patron se décide enfin à dire
tout le mal - ou tout le bien, sait on jamais, le breton est
tellement imprévisible alors que le lyonnais est toujours
si froidement hypocrite - donc en attendant que le patron se
décide enfin à dire tout ce qu'il pense de Hangover
The Top, le deuxième album de Marvin, intéressons
nous d'un peu plus près à ce split partagé
entre les montpelliérains du moment et les lyonnais de
Zëro. Rosemary K's Diaries est un chouette morceau
de plastique taillé au format d'un 10 pouces/25 centimètres
et chaque groupe y présente trois de ses titres enregistrés
en concert durant l'automne 2009. Zëro et Marvin tournent
et jouent régulièrement ensemble, aussi ce qui
semble n'être qu'une très bonne idée (publier
un disque avec deux des groupes actuels parmi les plus intéressants)
se révèle aussi tomber sous le sens commun - c'est
sûrement ce qu'on dû se dire cette bande de joyeux
lurons et contrairement à ce que pourrait laisser penser
la photo céréalière de la pochette avec
les petits diablotins à korn il ne s'agit pas de déterminer
qui a la plus grosse (10 pouces c'est déjà pas
mal).
Honneur aux anciens, commençons par la face Day One et
Zëro qui nous offre un bon petit concentré du panel
musical qui est aujourd'hui le terrain de jeu du groupe : de
Load Out plutôt joyeusement rock'n'roll à
The Opening et sa sombre mais néanmoins superbe
ambiance en passant par l'apesanteur mystérieuse de Cars,
Buses, etc
, Zëro est au mieux de sa forme, une
forme resplendissante et vive, et pour une fois employer le
terme de maturité en parlant de musique n'est ni un faux-semblant
insultant ni un cache-misère pour signifier que c'était
mieux avant. Côté Day Two les Marvin sont loin
de démériter. La maturité justement ce
n'est pas leur truc mais c'est pour ça qu'on les aime
bien aussi : la musique de ces trois là respire le bonheur
éphémère de l'instant présent. Vocomurder,
l'un des méga hits du premier album de Marvin est ici
joué dans une excellente version survitaminée
tandis que deux titres de Hangover The Top, dont un Moustache
34 radicalement jouissif, ferment la marche. Tant d'enthousiasme
est réellement communicatif et offre finalement une bonne
complémentarité au côté plus cérébral
de Zëro. Rosemary K's Diaries est un chouette disque
en forme de témoignage avec deux bons groupes dessus
et c'est tout ce qu'on en attendait - plus exactement voilà
un disque qui donne envie de (re)voir ces deux groupes en concert,
ensemble ou pas on s'en fout mais vite, ça oui.
Haz
(03/04/2010)
website groupe www.myspace.com/zeromusik|
www.myspace.com/marvinband
website label www.lesdisquesdeplomb.com
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Zs
The Hard EP - CD
Three One G 2008
C'est
un intérêt certain et renouvelé pour la
musique de Pygmy Shrews (à lire absolument les chroniques
du single et de l'album postées ici même par le
patron) qui me pousse inexorablement vers Zs. La raison : nos
punks as fuck préférés du moment partagent
avec Zs un membre en commun, le guitariste Ben Greenberg. Sam
Hillmer (saxophone) et Ian Antonio (batterie) complètent
le line-up de base. Sur ce Hard EP on compte également
Charlie Looker aux claviers mais il a depuis quitté le
groupe, remplacé par le guitariste Amnon Freidlin. L'histoire
de Zs est d'ailleurs émaillée de changement de
personnel et d'instrumentation, passant sans cesse du quintet
au trio pour se retrouver quartet, etc. Si les ingrédients
changent, pas la musique : Zs joue quelque chose d'assez indéterminé
- mais de déjà connu - que l'on pourrait qualifier
de free noise ou même de jazz hardcore. Quelque part,
pour faire très vite, entre les Flying Luttenbachers
et Naked City et ce n'est vraiment pas un hasard si ce groupe
vient de Brooklyn ni si ce disque a été produit
par Weasel Walter pour le label Three One G. Nous y revoilà.
Sur The Hard EP il n'y a qu'un seul titre, long de quinze
minutes. Répétitions exaspérantes, envolées
avortées, stridences horripilantes, thèmes musicaux
explosés, saxophone stridulant, guitare passée
au tampon gex, batterie toute en cassures et en contretemps
: Zs déballe le grand catalogue d'un jazz foutraque et
résolument énervant, puissant bien que complètement
déstructuré - les opposants farouches à
ce type de branlette explosive parlent d'intellectualisme forcé,
de musique cérébrale - qui finit sérieusement
par taper sur les nerfs, pas très loin du nihilisme de
la no wave d'antan dont le groupe reprend parfaitement à
son compte le sens de la dissonance ulcérante et du pilonnage
intensif. Cérébrale la musique de Zs ? Oui, je
veux bien l'admettre : ces salves bruitistes de free aiment
même tellement notre cervelle qu'elles ne manquent pas
de faire des trous dedans et nous donneront mal à la
tête assurément pour le restant de la journée
voire le restant de la semaine. Le mal de tête, c'est
réellement un compliment et dans ce cas précis
ce type d'acrobaties au dessus des flammes n'aurait pas souffert
la demi mesure, la virulence tiédasse ou la position
assise. Comme quoi on peut jouer une musique sur partitions
le plus sérieusement du monde pour un résultat
qui tient avant tout de la cacophonie réjouissante. (Ré)jouissez
vous donc.
Haz
(02/01/2010)
website groupe www.zzzsss.com
website label http://www.threeoneg.com
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