ZENI
GEVA
"
10000 light years " - CD
Neurot 01
Six
ans que le soleil ne se levait plus sur le Japon. Le drapeau en
berne, le sang qui ne coule plus dans les veines. Parti avec le
dernier typhon, Zeni Geva revient avec le vent dans le dos. Je
revis. J'en crois pas mes yeux de ce retour miraculeux mais Zeni
Geva renaît d'entre les eaux! KK Null, leader incontesté,
n'avait pas disparu de la circulation. Il sortait aussi régulier
qu'une pendule et dans l'anonymat complet des albums solos à
grands coups de nappes bruyantes et mélodiques. Je m'en
foutait mais ça me rassurait de le savoir toujours parmi
nous. Je me disais que tout espoir de ressusciter le monstre Zeni
Geva n'était pas perdu. Et c'est sous la férule
de Neurosis et leur label Neurot que le gros matou ressort ses
griffes. Toujours Tabata-le-cinglé à la guitare.
Seul changement notable, le batteur, Masataka Fujikake, déjà
aperçu sur leur dernière tournée. Et aux
manettes, Steve Albini. On ne change pas une équipe qui
gagne. Et là, je dois dire que l'Albinos, si il est pas
toujours en odeur de sainteté, a été inspiré
par les Dieux nippons. Il a sculpté un son en or massif,
imposant et majestueux, massif et aérien. A la hauteur
de l'odyssée sonique proposée par Zeni Geva. Pour
tout ceux qui pensent toujours que Zeni Geva n'est qu'un groupe
Death-Metal allégé (bandes de cons), ce 10000 light
years devrait définitivement éclairer votre pauvre
chandelle de demeurés. On s'approche de plus en plus d'une
musique complexe et bruyante à la Dazzling Killmen ou Craw.
Des compos qui se développent souvent suivant des articulations
proches : des débuts fracassants, une accalmie soudaine,
des mélodies sinueuses et souterraines, un brin de mystère
et de lyrisme, des bruitages et des guitres-synthés avant
de repartir à l'assaut du roc et de finir les morceaux
sur des structures alambiquées mais qui retombent sur ses
pieds. Même la douce voix de KK Null n'est plus ce tonnerre
qui descend de la montagne, juste un souffle fort qui fera taire
les mauvaises langues. On notera juste à regret que trois
des huit titres figuraient sur des précédentes productions
("implosion" sur un 45 sorti par un label australien
Black Hole, "auto-fuck" en version live sur l'album
"Trans Europe Experience" et une version 2 du grandiose
instrumentale "interzona" de l'album "Freedom Bondage").
C'est qu'au bout de six ans, on devient exigeant et je m'attendais
qu'à des purs inédits de derrière les fagots.
Mais ces versions sont largement retravaillées et se fondent
à merveille dans le moule de ces nouvelles compositions
encore plus ambitieuses au paysage sonore riche et intense. Un
bloc aux multiples facettes et plein de cachettes sombres et envoûtantes,
de finesses sous l'aspect effrayant. Un raz de marée qui
valait bien six longues années d'attente!
SKX (20/07/2001)
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ZULU
AS KONO
"
II " - CD
Perverted Son 00
Les
perversités du zulu. Loin de toutes tendances, loin des
modes, Zulu As Kono laboure ses propres plates-bandes. Un groupe
iconoclaste qui se fout de tout et en premier de lui même.
Il suffit de jeter un il sur leur site web pour s'apercevoir
que leur image est le cadet de leur souci et que les bouffons
sont de sortie. Ce nouvel album, sobrement intitulé "
II ", fait donc suite à un premier album dont l'onde
de choc avait déjà pénétré
nos platines par ici. Album de noise classique avec un grand "
C ", aux confins d'influences allant de Oxbow à Colossamite
sans oublier Steve Albini and Co. Et où on sentait poindre
déjà un décalage subtil par rapport à
des normes biens établies, une gène de folie qui
ne demandait qu'à pousser les murs. Après deux ans
de gestation, l'idiot du village a grandit et c'est fort de 6
membres (2 batteries, 2 basses, 2 guitares avec un " moog
synthesizer " dans la mêlée et tout le monde
chante !) qu'ils nous reviennent. 9 titres, chacun son charisme
. Chacun sa folie passagère. Chacun son histoire. On retrouve
les bases mais vitriolées, déstructurées,
coup de pied aux traditions. Des ballades de pleine lune comme
le poignant et inquiétant " Welflosh Kovitrice ",
les rires paranos de " the laughs ". Des attaques en
règle et en piquée, c'est Pearl Habour et la folie
des groupes japonais qui débarquent. Zulu As Kono a décidé
de partir à l'aventure, exploration au programme, les retardataires
seront châtiés durement. Une météorite
dans le paysage qui mérite plus qu'une écoute éclair.
Essentiel !
SKX (08/03/2001)
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Thalia
Zedek
Trust Not Those In Whom Without Some
Touch Of Madness - CD
Thrill Jockey 2004
Miss
Zedek, âme damnée de la musique américaine,
nous fait le plaisir de nous présenter son deuxième
album solo. Son mal de vivre brinqueballé depuis le début
des années 80 dans des formations comme Uzi, Live Skull
et Come avant d'entamer une carrière sous son propre
nom. Après un amuse-gueule " You're a big girl now
" sorti en 2002 et qui n'avait rien de transcendant, elle
nous revient beaucoup plus en forme, même si l'expression
" plus en forme " est abusée. La musique de
Zedek donne dans le blues-folk et ça n'a rien d'une partie
champêtre où les rires fusent, par ici les bonnes
blagues, que les femmes dansent nues sur les tables! Entourée
d'un violoniste (Dave Curry) et d'un batteur (Daniel Coughlin),
elle-même inséparable de sa fidèle guitare,
le trio propose une déclinaison d'un blues moderne, ce
qu'elle n'a jamais cessé de faire dans ses formations
précédentes. Cette fois-ci, la version est sèche
et intimiste, dépouillée de tout apparat et distorsion,
enregistré à l'ancienne, le tout analogique, la
vraie vie, celle qui transpire de ses cordes mélancolique
et de sa voix si chargée. Le passé est rude et
laisse des traces mais même si ces chansons ont une couleur
majoritairement sombre, cet album possède comme une ombre
d'espoir, une note d'optimiste dans quelques envolées
de guitares et violon omniprésent. Sortez le violon,
ramassez la chienne. Thalia Zedek n'est pas débarrassée
de ses fantômes mais avec les ans trouve la voix de la
rédemption, dépeint son blues avec la sagesse
des personnes qui n'ont plus rien à (se) prouver. Une
force tranquille qui se dégage de trop d'années
de galère. Un album homogène qui n'a pas peur
de malmener son blues, l'emmener dans des fracas électriques
et de terminer sur un " hell is in hello " et son
violon qui hulule dans le désert, ses cymbales qui crachent,
sa guitare qui se perd dans les larsens pour retomber sur ses
pattes et nous laisser sur une note acoustique et une voix apaisée.
Un résumé de tout un parcours pour un album qui
a de la profondeur et de la patine.
SKX
(14/11/2004)
website
label www.thrilljockey.com
sounds
EvilHand.mp3
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Zach
Hill & The Holy Smokes
Masculine Drugs/Destroying yourself is too accessible - CD/Book
Suicide Squeeze 2004
Quand
vous avez eu l'opportunité de côtoyer Zach Hill,
batteur de Hella, l'espace d'une semaine et que, de sa bouche
même, il vous avoue que les seules choses qui l'intéresse
dans la vie, ce sont " la batterie, les chaussures et la
bouffe ", vous êtes tout étonné de
constater que ce grand échalas mystérieux et pas
bavard pour un sou sait écrire! Son nouveau projet (un
de plus !) est non seulement un disque mais aussi un livre avec
une histoire pour gamins écrit de la propre main de Hill
et mis en musique par Rob Crow (Pinback), Jonathon Hischke (The
Flying Luttenbachers), Carson McWhirter (The Advantage) et donc
notre fameux batteur. Ce dernier reste fidèle à
son tempérament de feu. Un robot qui ne connaît
aucune limite. Il est saisissant de constater d'ailleurs à
quel point son jeu se ressemble d'un projet à l'autre.
Le style foudroyant à huit bras qui continuellement et
dans un mouvement circulaire et convulsif s'abat sans pitié
sur ses éléments de batterie. Heureusement, ses
acolytes ont réussi à le calmer. Ou alors, est-ce
pour mieux suivre les méandres de l'histoire qu'il parvient
tout de même à diversifier son jeu
Car ces
" drogues pour homme ", malgré la mise en abîme,
n'est pas que bruit et fracas. Certains morceaux ont ce coté
vraiment mise en boite des images, respirant le texte, avec
des reprises de souffle alors que d'autres sentent à
plein nez la musique improvisée, cette approche toute
Flying Luttenbachers, élevée au free-jazz et recraché
par les tripes. Et chose inattendue pour ce style de musique,
on a le droit a un chant, un vrai, celui qui narre les histoires
pour les petits. Mais qu'on ne se trompe pas. Ce disque est
pour nous, les hommes, les costauds, les qui n'en veulent du
bordel et qui aiment quand ça vrille la tête. Ceux
qui aiment quand ça tape dans tous les sens et pas que
la batterie. Ca raffûte, ça grésille, ça
fourmille de mille feux, ça plairait à l'aise
à Weasel Walter. Ne fuyez pas. Ca reste largement digeste.
Des vicieux, des roublards mais civilisé quand même.
Ce livre musical est à déconseiller à vos
chères têtes blondes à moins de vouloir
leur filer des cauchemars.
SKX
(08/01/2005)
website
label www.suicidesqueeze.net
sounds
royal_jelly.mp3
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Zu
The way of the animal power - CD
Xeng 2005
L'animal
Zu se bouffe de spiritualisme. Se délecte d'une chair
ancienne et partage les restes avec qui veux. De préférence
des drôles de zèbres qui aiment quand c'est sombre
et pas carré. La lumière cette fois viendra de
Fred Lonberg-Holm, violoncelliste à la Tom Cora, qui
s'élève quand ça couine, quand l'archet
reste sur les cordes à traiter la misère du monde.
De vieilles bêtes noires et blanches jonchent l'intérieur
de la pochette et Zu aime tordre le cou, du serpent certes,
mais aussi à la routine. Sa propre routine qui veut qu'ils
ne fassent jamais deux fois le même disque. Un groove
lancinant et urbain dessine cet album. La tournée avec
Dalek (le hip-hop iconoclaste préféré des
rockers) a laissé des traces. Point de salut dans les
grandes envolées rythmiques de l'habituel duo basse/batterie
mais un truc qui rampe, qui serpente, encore lui, de morceaux
en morceaux, dans des structures qui demandent un temps d'adaptation
avec d'être ingurgitées. Et puis quand bien même,
vous ne ferez jamais corps. Le saxo, ce violoncelle, ces samples
de voix qui apparaissent pour la première fois quand
ce n'est pas directement une voix, une ombre parlée qui
prend possession de la rare clarté qu'offre cet album
construit dans un roc uniforme. On attend que ça démarre
mais c'est un lent mouvement d'avant en arrière avec
la tête qu'on se prend à deux mains et parcouru
de spasmes. Zu explore, ça continue, ouvre de nouvelles
brèches avec plus ou moins de bonheur, surprenant son
monde, le satisfaisant amplement.
SKX
(27/11/2005)
website groupe www.zuism.com
website label xeng.org
sounds t01_XengOrg.mp3
| t05_XengOrg.mp3
| t07_XengOrg.mp3
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Zu/Dalek
Split 7''
Psychotica 2005
L'errance
et le mélange. Quand on ne sait plus qui est qui. Que
les idées abondent, prennent possession du corps du voisin.
Mis cote à cote, Zu et Dalek ont chacun leur destin,
leur griffe. Mais on sait aussi que le port des illères
est interdit. Chacun droit dans ses bottes mais pas bégueule
pour aller piétiner avec entrain les plates-bandes du
copain. Zu remix un morceau de Dalek et vice-versa. Rythmes
hachés découpés, improvisations, samples,
la voix inquiétante de Dalek qui hantent les deux titres,
cuivres en vrille, atmosphère plus down-town qui sent
les bas fonds avec l'américain Dalek, l'odeur glauque
des grandes villes. Mais ces deux morceaux ne font qu'un. Leur
monde respectif se rencontre avec bonheur sur fond de comic
(par l'Italien Miguel Angel Martin). L'histoire de Zu et Dalek
est ouverte sur tous les styles. Ils nous le prouvent une fois
de plus.
SKX
(27/06/2005)
website
groupe www.zuism.com
| www.deadverse.com
website
label www.psychoticarecords.com
|
ZZZZ
Palm reader - CD
Polyvinyl 2005
Scions
du bois. ZZZZ est constitué de vieux loups de mer. En
première ligne, Steve Sostak, saxophoniste-chanteur des
Sweep The Leg Johnny et Check Engine. Il donne le " La
" à ce nouveau projet, la coloration cuivrée
d'une troupe brinquebalante. Celle qui suit Emir Kusturica dans
des chevauchées tsiganes hautes en couleur. Et Sostak
(dont les origines ne sont sûrement pas éloignées
de celle du réalisateur yougoslave) à l'âme
sensible aux charmes de l'Europe de l'Est. Pour ce projet, il
s'est entouré de John Brady à la basse (ex-Swing
Kids et Sweep Leg aussi), Greg Sharp à la batterie (ex-Tekulvi)
et après bien des déboires pour trouver un guitariste,
ils ont dévié leur trajectoire vers une pianiste
au cursus tout classique, Ellen Bunch, qui ne prête pas
seulement ses touches blanches et noires mais aussi sa magnifique
voix. L'orchestre est lancé. Il peut tanguer sur les
routes, sortir de sa ville natale Chicago et enflammer les planches,
se nourrir des racines punk-rock de la plupart de ses membres
pour échafauder des joutes exotiques. On pense pas mal
au groupe tchèque, les vieux de la vieille Uz Jsme Doma
et devinez quoi, ils viennent de sortir un split single en leur
compagnie ! Mais le chant n'a pas cette fibre héroïque.
Les lignes de basses donnent dans le sombre, le piano électrique
est nerveux et les mélodies de sax s'envolent sur des
airs tour à tour entraînants et furieux. Ce "
palm reader ", malgré une indéniable propension
à faire swinguer, possède une touche urbaine,
on ne sort pas de Chicago pour rien et ce mélange des
genres fonctionne à merveille. Revigorant.
SKX
(25/06/2005)
website
groupe www.zzzzmusic.com
website
label www.polyvinylrecords.com
sounds
assassination-polka.mp3
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THALIA
ZEDEK
"
You're a big girl now " - CDEP
Acuarela / Kimchee 02
Thalia
Zedek, l'âme damnée des défunts Come, s'en
ait allé labourer ses propres chemins. Epancher son blues
sans ne plus rien devoir à personne. Comme le dit le titre,
c'est une grande fille maintenant. Elle fume de gros cigares,
l'il cerné et la mine défaite. Après
un 1er album solo passé discrètement, elle revient
avec six titres, plus roots que jamais. Violons, piano, cordes,
enregistrement dans le salon, reprise de " candy says "
du Velvet Underground et de Bob Dylan (" You're a big girl
now "), Thalia Zedek déroule peinard, sorte de folk-rock
des temps modernes. Ca sent la clope et les bouteilles vides.
La désillusion à plein nez. Heureusement, sa voix
traîne toujours par là pour nous ensorceler car pour
la musique, elle s'est contentée de nous balancer sa mélancolie
sans chercher à la transcender comme elle savait si bien
le faire avec Come. Ca du mal à décoller et ses
ballades, aussi tristounes et touchantes qu'elles puissent être,
tombent à plat sans nous arracher le moindre sanglot. On
est en droit d'attendre beaucoup mieux de cette fée de
nos nuits noires !
SKX (04/06/2003) |
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