1000
TRAVELS OF JAWAHARLAL
"
owari wa konaï " - CD
Day After 03
Après
les 100 travaux d'Hercule, les 1000 voyages d'un certain
Jawaharal. Comme son nom ne l'indique pas, c'est du Japon
que nous provient ce nouveau groupe. Et autant pas traîner
en route car les Nippons (ni mauvais) ont le feu aux fesses.
Ce trio a été élevé à
la grande école du punk-rock mélodique et
en élèves très appliqués, ils
n'ont gardé que le meilleur : Leatherface et Jawbreaker.
Avec le poster au-dessus du lit de leur dieu à tous
: Hüsker Dü. Avec ça tout est dit ou presque.
Rien de bien nouveau à l'est. Et c'est pas le problème.
D'ailleurs ya pas de problème. Cette musique est
limpide, sincère, pas fait pour se prendre la tête.
Ca défile à 100 à l'heure. Kids bridés
dévastant le fast-food local. Les Converse même
pas trop grandes pour enjamber l'océan. Mettre les
pieds au plafond. Se goinfrer de mélodies sans graisse.
Le tsunami sans le goémon et les moules avariées.
Reprendre à tue-tête, les baguettes dans les
orbites, le trou bien nettoyé. Problème, ya
pas de problème. Fast music. Sourire jusqu'aux oreilles.
Et qu'on nous foutte la paix avec le reste !
SKX (09/09/2003)
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4
WALLS
"
and the world aint square " - CD
Red Note 01
Une fois le toit volatilisé, restent les 4 murs.
Tom Cora parti dans un autre monde, Roof opte pour un autre
patronyme, se transforme en 4 Walls et change le violoncelle
contre un piano, avec Veryan Weston assis derrière.
Les trois autres murs restent identiques : Luc Ex à
la basse acoustique, Michael Vatcher à la batterie
et le déluré et très jeune dans sa
tête Phil Minton. La nuit enterre ses fébriles
ossements. Le rideau est tiré. Les fondations, cependant,
demeurent. Seules les pièces ont une atmosphère
différente. La consonance du piano apporte forcément
un grain nouveau par rapport au violoncelle. Une touche
jazzy plus prononcée, voir un relent de cabaret au
fond d'une ruelle débauchée. A se taper entre
quatre murs, de la ballade qui s'achève en cavalcade,
de la chansonnette nonchalante aux borborygmes, sifflements,
miaulements, envolées lyriques poussés par
le toujours étonnant organe vocal de Phil Minton.
Cet homme fait ce qu'il veut de sa voix. Tout ce qu'il veut.
Le poème de Ho Chi Mihn ou l'hymne de l'anarchiste,
mis en bouche par lui, prennent à coup sûr
un sacré coup de jeune. Les murs tremblent. Alternance
de passages free ou posés, les ruées du batteur,
les cascades du pianiste malmenant son instrument, le caressant
la seconde suivante. 4 Walls joue les courants d'air. Free-jazz-rock
libre comme le vent. Sage et emporté. Bouillonnant
d'idées. Il est difficile de ne pas faire un comparatif
avec Roof. L'ombre plane. De ne pas opposer l'émotion
des cordes du violoncelle et les touches bi-couleurs du
piano. La continuité sans la continuité. Quelques
pointillés plus tard, 4 Walls assume la transition,
reprend les bases et sans changer de fond en comble les
pièces, retouche la décoration avec doigté.
Des musiciens orfèvres et matures qui avancent au
feeling comme au premier jour. Non, leur monde n'est pas
carré. Une boucle jamais fermée qui avance
en regardant toujours loin devant eux.
SKX (06/09/2001) |
400
BLOWS
"
3-19-98 (live) " - CD
Total Annihilation records 98
Voilà
un groupe qui n'y va pas avec le dos de la cuillère.
Direct sur la highway sans passer par l'échangeur.
8 titres capturés en condition live. Bête sauvage
tout en électricité. Avec des titres aussi
évocateurs que " the bands must drink and junket
" ou " the bull that killed the matador ".
Un gros grain d'Unsane, une bouffée primaire du "
breach " de Nirvana, ce groupe US dépoussière,
relifte et retape la robinetterie d'une pincée de
primarité actuelle. Larsens, rythmique de plomb,
le bonheur est simple comme un coup de gratte qui se perd
au cul. Mais c'est pour mieux te manger mon enfant. Annihilation
totale répondit le label.
SKX (15/11/1999)
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400
YEARS
"
Transmitt Failure " - Lp
Lovitt records 98
Un déroulement inébranlable et limpide de
10 morceaux de chairs palpitantes. Rougeoyant la face de
la jeunesse car juvénile bien qu'un rien désespéré.
De l'emo-core fièrement debout, ça s'enchaîne
sur le juke-box, ça fait du bien de crier sa rage
sur fonds d'idéaux post-ado, ça se sentbien,
là, au fond des viscères, pour un peu, on
se roulerait par terre à l'écoute de cet album
parfait.Les voix se bousculent, sonnent claires ou éructent
dans la gamme, à peine le temps de balancerquelques
arpèges, la torche se rallume. C'est fin et racé
et ça s'écoute en boucles.
SKX (30/03/1999) |
90
DAY MEN
"
to everybody " - CD
Southern 02
90
Day Men quitte définitivement le giron du noise-rock.
Les débuts avec les comparaisons incessantes entre
Albini et tout ce qu'il a pu engendrer comme rejetons sont
un passé révolu. C'était déjà
vrai avec leur précédent et premier album.
Avec ce deuxième, ils poussent le bouchon encore
plus loin. Le clavier, jusqu'ici relégué à
un rôle de faire-valoir, utilisé comme simple
arrangeur et diffuseur d'ambiance, devient un orgueilleux
piano, la pièce centrale de la musique de 90 Day
Men. Au détriment de la guitare qui s'éclipse
et joue le rôle de remplacent de luxe sur le banc
de touche. Heureusement pour le rock, la rythmique reste
dans les parages. Souple et féline, elle offre une
ossature salvatrice. Le problème avec tout ces changements,
c'est qu'on y perd en intérêt. C'est presque
back to the seventies. Ray Manzareck est de retour, sauve
qui peut! C'est particulièrement flagrant sur "we
blame Chicago" et "alligator" où,
non seulement à cause du piano, mais aussi à
cause des accords de guitare, qui s'amusent à remettre
à la mode le pantalon moule-burnes et font couler
le rimmel. L'ambiance générale sent la naphtaline
et la fuite en avant est conseillée. L'album avait
pourtant bien débuté avec deux morceaux qui
gardaient le nerf de la guerre. 90 Day Men avec sa part
de mystère, cette voix enjôleuse, ces ambiances
sombres et tendues. Mais ils se sont perdus en route, ont
cafouillé leurs gammes. Le piano n'en fait qu'à
sa tête, et il en fait des tonnes. 90 Day Men, à
trop vouloir se démarquer, risque de s'isoler dans
sa tour d'ivoire. Dommage, car on sent que ce groupe a un
réel talent, notamment la section rythmique, mais
une utilisation plus appropriée du piano et un retour
vers le présent les feront repartir vers un avenir
qui s'annonçait prometteur....
SKX (15/04/2002)
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90
DAY MEN
"
[it (is) it] critical band " - CD
Southern 00
Ca
m'échappe. Cette musique me glisse entre les doigts.
Tout fonctionne au ralenti, une scène en décalage
subtil. Un reflet brouillé de ce qui se passe devant
nos portes. Après trois singles sous-fifres d'un
monde baignant dans les eaux limoneuses de Shellac, temps
idéal pour un bourgeonnement en toute tranquillité,
90 Day Men accouche d'un premier album surprenant et très
personnel. Au lieu de l'attaque frontale et du chaos sonore,
ils passent par les cotés. Place aux bouffées
d'air frais, à une rythmique souple et dynamique,
sans course folle. Une énergie contrôlée,
une implosion aux contours sombres, de la subtilité
dans les arrangements, une voix qui traîne. Cette
notion du bruit tranche avec ses contemporains. On prend
le temps d'asseoir ses structures, d'expérimenter
le bidule, de bifurquer dans des ambiances presque jazzy,
de s'éloigner d'un bruit blanc maladif et pervers.
Les rares moments de cacophonies ne virent jamais au rouge.
La connexion se fait en douceur, pénétrer
dans leur intimité demande du temps. Un monde à
la tension sans cesse sous-jacente, des ambiances à
double-tranchant, aigre-douce. Noise-rock fonctionnant au
faux ralenti, compositions fines et recherchées,
une musique à part où les repères manquent
et ce n'est pas la seule qualité d'un groupe qui
a su se faire sa propre critique et évoluer à
son rythme dans une direction osée et qui s'avère
gagnante au décompte final.
SKX (27/11/2000) |
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400
Blows
Black Rainbow - CD
Rehash 04
La dernière fois que j'avais entendu parler de
ce groupe, c'était bien ya quatre, cinq ans pour
la sortie (très confidentielle) de leur premier
album. Depuis, silence radio, même pas l'annonce
d'un bout de chanson sur une compilation de troisième
zone. Et puis là, résurrection, double sortie
avec cet album et un 45 en prime sur Gold Standard Laboratories
direct, un label qui a le vent en poupe. Entre ces deux
époques, pas l'ombre d'une explication sur leur
absence mais ils reviennent sévèrement burnés.
Leur premier album sonnait comme un habile croisement
de Melvins et Unsane. Ces comparaisons tiennent toujours
la route mais forcément réducteur d'un champ
de tir pilonné avec leurs armes qui leurs sont
propres. 400 Blows, trio californien avec un batteur,
un guitariste et un chanteur tout en cuir jusqu'au bout
des gants... Approche minimaliste d'une formule qui génère
un bruit brut, dégrossi juste ce qu'il faut, tranchant,
précis et bien épais en même temps.
Une sale voix bien éraillée qui leur sied
bien au teint (c'est sûr qu'une voix de castra l'aurait
moins bien fait), des gros riffs qui marquent au sol,
une batterie bien campée sur ses fondements, 400
Blows a quelque chose de martiale et implacable tout en
laissant suffisamment d'espace dans ses rangs pour les
plus claustrophobes d'entre vous. Comme si les Melvins
se mettait à faire du Shellac avec l'esprit de
Motorhead! Putain, ça faisait longtemps que j'avais
pas sorti une si belle connerie! Du balai, 400 Blows revient
parmi les vivants et c'est tant mieux pour nous!
SKX (19/03/04)
website
groupe
www.400blows.net
website
label
www.rehashrecords.com
sounds
www.rehashrecords.com/audio.asp
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31
Knots
The curse of the longest day - CDEP
Own 2004
Atypique
31 Knots. Un trio sur la tangente. Après deux albums
remarqués, ce groupe de Portland, à l'orée
d'une nouvelle tournée en Europe, nous sert un (solide)
amuse-gueule. Et toujours sur un fil invisible, à
jouer les équilibristes entre le monde pop et un
rock angulaire. Quatre titres (plus un interlude) qui a
le charme de la pop. Décalés certes mais pop
par essence. Son chant. Véritable chant, qui vous
transporte comme il pourrait aussi bien vous agacer. 31
Knots se laisse aller encore plus loin, se dénude,
dépouille ses mélodies, envoie les violons
sur "the corpse and the carcass", petite pièce
baroque en toute simplicité et son air entêtant
de piano qu'on aurait pu entendre chez Yann Tiersen. C'est
ça qui est énervant chez ce groupe. Cette
déconcertante facilité à chiader des
mélodies, lumineuses. Cet air presque maniéré
qu'ils ont de composer. Mais de toujours retomber sur leurs
pattes. Car ils savent rocker, envoyer le riff de guitare
assassin, le rythme qui fait plier le corps, vous envelopper
tout ça pour conquérir un public large et
exigeant. Ce disque met cette ambiguïté en avant
plus que jamais et c'est là tout leur intérêt
et leur personnalité. Ne vous fiez pas aux premières
apparences. Ce nouveau disque a des apparats princiers mais
l'intérieur est dense et vibrant.
SKX
(11/10/2004)
website
groupe www.31knots.com
website
labe www.ownrecords.com
sounds
thestoryofivannormal.mp3
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2up
Teenage mondo trash - CD
Ache 2006
A
chaque jour suffit sa peine. Aujourd'hui, elle s'appellera
2up. L'effet japonais multiplié par deux. Batteur
et chanteur-guitariste. Le plus long morceau dure une
minute et vingt-six secondes. Yen a seize en tout. Bref
résumé de la situation. Tetsunori Tawaraya
poussait la chansonnette auparavant dans Dosage and Usage.
Sorte de diva avec des poils dans le plus pur style japonais.
Ce chant particulier qui va chercher dans les aigues je
ne sais quelle raison d'aboyer avant de redescendre dans
les limites du supportable, dans un mélange d'anglo-nippon,
désolé mais je comprend pas bien. Le batteur
se donne sans compter. Les structures ne sont pas du grand
n'importe quoi. C'est pas les Locust non plus. Quelques
titres surnagent dans le lot comme Sirloin, son
riff sympatoche et ses silences pour mieux délimiter
son territoire. Des cris, des cymbales, des pains dans
la tronche qui arrivent de tous les cotés avec
un sens du minimalisme agressif très développé.
Le genre petit mais costaud. A ce rythme, tout se ressemble
comme sur un premier album des Melt-Banana. Le guitariste
a heureusement de bonnes idées pour ne pas vous
lobotomiser gratuitement. Garder une énergie bien
punk de bout en bout. Pas d'effets. Que du direct. Taillé
pour le sprint, il s'en faut de peu pour que l'on s'essouffle
avant eux.
SKX
(21/09/2006)
website groupe
appuappu.com
website label
www.acherecords.com
sounds Semedain.mp3
| Monpe.mp3
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