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ARCHIVES 1999 - 2010
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16-17 16-17 + Hardkore & Buffbunker + When all else fails
16-17 Gyatso
1000 TRAVELS OF JAWAHARAL owari wa konaï
1994! Thank you Arms and Fingers
1994! Fckyrhed
1994! Most Deaf 7''

1994! / SPIRES
Split Lp

202PROJECT Total Eclipse
2UP Teenage mondo trash
31 KNOTS The curse of the longest day
31 KNOTS The days and nights of everything anywhere

37500 YENS Astero
37500 YENS / L'OMBRE DE LA SOURIS DANS LA DEUXIEME LUNE split 10''

3HOSTWOMEXICANSANDATINOFSPANNERS
Pegasus bridge
3HOSTWOMEXICANSANDATINOFSPANNERS Everything is fucking shit

4 WALLS
and the world aint square

400 BLOWS
3-19-98 (live)
400 BLOWS Black Rainbow
400 BLOWS Sickness & Health
400 YEARS transmitt Failure
90 DAY MEN to everybody
90 DAY MEN [it (is) it] critical band


1000 TRAVELS OF JAWAHARLAL
" owari wa konaï " - CD
Day After 03
Après les 100 travaux d'Hercule, les 1000 voyages d'un certain Jawaharal. Comme son nom ne l'indique pas, c'est du Japon que nous provient ce nouveau groupe. Et autant pas traîner en route car les Nippons (ni mauvais) ont le feu aux fesses. Ce trio a été élevé à la grande école du punk-rock mélodique et en élèves très appliqués, ils n'ont gardé que le meilleur : Leatherface et Jawbreaker. Avec le poster au-dessus du lit de leur dieu à tous : Hüsker Dü. Avec ça tout est dit ou presque. Rien de bien nouveau à l'est. Et c'est pas le problème. D'ailleurs ya pas de problème. Cette musique est limpide, sincère, pas fait pour se prendre la tête. Ca défile à 100 à l'heure. Kids bridés dévastant le fast-food local. Les Converse même pas trop grandes pour enjamber l'océan. Mettre les pieds au plafond. Se goinfrer de mélodies sans graisse. Le tsunami sans le goémon et les moules avariées. Reprendre à tue-tête, les baguettes dans les orbites, le trou bien nettoyé. Problème, ya pas de problème. Fast music. Sourire jusqu'aux oreilles. Et qu'on nous foutte la paix avec le reste !
SKX (09/09/2003)
4 WALLS
" and the world aint square " - CD
Red Note 01
Une fois le toit volatilisé, restent les 4 murs. Tom Cora parti dans un autre monde, Roof opte pour un autre patronyme, se transforme en 4 Walls et change le violoncelle contre un piano, avec Veryan Weston assis derrière. Les trois autres murs restent identiques : Luc Ex à la basse acoustique, Michael Vatcher à la batterie et le déluré et très jeune dans sa tête Phil Minton. La nuit enterre ses fébriles ossements. Le rideau est tiré. Les fondations, cependant, demeurent. Seules les pièces ont une atmosphère différente. La consonance du piano apporte forcément un grain nouveau par rapport au violoncelle. Une touche jazzy plus prononcée, voir un relent de cabaret au fond d'une ruelle débauchée. A se taper entre quatre murs, de la ballade qui s'achève en cavalcade, de la chansonnette nonchalante aux borborygmes, sifflements, miaulements, envolées lyriques poussés par le toujours étonnant organe vocal de Phil Minton. Cet homme fait ce qu'il veut de sa voix. Tout ce qu'il veut. Le poème de Ho Chi Mihn ou l'hymne de l'anarchiste, mis en bouche par lui, prennent à coup sûr un sacré coup de jeune. Les murs tremblent. Alternance de passages free ou posés, les ruées du batteur, les cascades du pianiste malmenant son instrument, le caressant la seconde suivante. 4 Walls joue les courants d'air. Free-jazz-rock libre comme le vent. Sage et emporté. Bouillonnant d'idées. Il est difficile de ne pas faire un comparatif avec Roof. L'ombre plane. De ne pas opposer l'émotion des cordes du violoncelle et les touches bi-couleurs du piano. La continuité sans la continuité. Quelques pointillés plus tard, 4 Walls assume la transition, reprend les bases et sans changer de fond en comble les pièces, retouche la décoration avec doigté. Des musiciens orfèvres et matures qui avancent au feeling comme au premier jour. Non, leur monde n'est pas carré. Une boucle jamais fermée qui avance en regardant toujours loin devant eux.
SKX (06/09/2001)
400 BLOWS
" 3-19-98 (live) " - CD
Total Annihilation records 98
Voilà un groupe qui n'y va pas avec le dos de la cuillère. Direct sur la highway sans passer par l'échangeur. 8 titres capturés en condition live. Bête sauvage tout en électricité. Avec des titres aussi évocateurs que " the bands must drink and junket " ou " the bull that killed the matador ". Un gros grain d'Unsane, une bouffée primaire du " breach " de Nirvana, ce groupe US dépoussière, relifte et retape la robinetterie d'une pincée de primarité actuelle. Larsens, rythmique de plomb, le bonheur est simple comme un coup de gratte qui se perd au cul. Mais c'est pour mieux te manger mon enfant. Annihilation totale répondit le label.
SKX (15/11/1999)
400 YEARS
" Transmitt Failure " - Lp
Lovitt records 98
Un déroulement inébranlable et limpide de 10 morceaux de chairs palpitantes. Rougeoyant la face de la jeunesse car juvénile bien qu'un rien désespéré. De l'emo-core fièrement debout, ça s'enchaîne sur le juke-box, ça fait du bien de crier sa rage sur fonds d'idéaux post-ado, ça se sentbien, là, au fond des viscères, pour un peu, on se roulerait par terre à l'écoute de cet album parfait.Les voix se bousculent, sonnent claires ou éructent dans la gamme, à peine le temps de balancerquelques arpèges, la torche se rallume. C'est fin et racé et ça s'écoute en boucles.
SKX (30/03/1999)
90 DAY MEN
" to everybody " - CD
Southern 02
90 Day Men quitte définitivement le giron du noise-rock. Les débuts avec les comparaisons incessantes entre Albini et tout ce qu'il a pu engendrer comme rejetons sont un passé révolu. C'était déjà vrai avec leur précédent et premier album. Avec ce deuxième, ils poussent le bouchon encore plus loin. Le clavier, jusqu'ici relégué à un rôle de faire-valoir, utilisé comme simple arrangeur et diffuseur d'ambiance, devient un orgueilleux piano, la pièce centrale de la musique de 90 Day Men. Au détriment de la guitare qui s'éclipse et joue le rôle de remplacent de luxe sur le banc de touche. Heureusement pour le rock, la rythmique reste dans les parages. Souple et féline, elle offre une ossature salvatrice. Le problème avec tout ces changements, c'est qu'on y perd en intérêt. C'est presque back to the seventies. Ray Manzareck est de retour, sauve qui peut! C'est particulièrement flagrant sur "we blame Chicago" et "alligator" où, non seulement à cause du piano, mais aussi à cause des accords de guitare, qui s'amusent à remettre à la mode le pantalon moule-burnes et font couler le rimmel. L'ambiance générale sent la naphtaline et la fuite en avant est conseillée. L'album avait pourtant bien débuté avec deux morceaux qui gardaient le nerf de la guerre. 90 Day Men avec sa part de mystère, cette voix enjôleuse, ces ambiances sombres et tendues. Mais ils se sont perdus en route, ont cafouillé leurs gammes. Le piano n'en fait qu'à sa tête, et il en fait des tonnes. 90 Day Men, à trop vouloir se démarquer, risque de s'isoler dans sa tour d'ivoire. Dommage, car on sent que ce groupe a un réel talent, notamment la section rythmique, mais une utilisation plus appropriée du piano et un retour vers le présent les feront repartir vers un avenir qui s'annonçait prometteur....
SKX (15/04/2002)
90 DAY MEN
" [it (is) it] critical band " - CD
Southern 00
Ca m'échappe. Cette musique me glisse entre les doigts. Tout fonctionne au ralenti, une scène en décalage subtil. Un reflet brouillé de ce qui se passe devant nos portes. Après trois singles sous-fifres d'un monde baignant dans les eaux limoneuses de Shellac, temps idéal pour un bourgeonnement en toute tranquillité, 90 Day Men accouche d'un premier album surprenant et très personnel. Au lieu de l'attaque frontale et du chaos sonore, ils passent par les cotés. Place aux bouffées d'air frais, à une rythmique souple et dynamique, sans course folle. Une énergie contrôlée, une implosion aux contours sombres, de la subtilité dans les arrangements, une voix qui traîne. Cette notion du bruit tranche avec ses contemporains. On prend le temps d'asseoir ses structures, d'expérimenter le bidule, de bifurquer dans des ambiances presque jazzy, de s'éloigner d'un bruit blanc maladif et pervers. Les rares moments de cacophonies ne virent jamais au rouge. La connexion se fait en douceur, pénétrer dans leur intimité demande du temps. Un monde à la tension sans cesse sous-jacente, des ambiances à double-tranchant, aigre-douce. Noise-rock fonctionnant au faux ralenti, compositions fines et recherchées, une musique à part où les repères manquent et ce n'est pas la seule qualité d'un groupe qui a su se faire sa propre critique et évoluer à son rythme dans une direction osée et qui s'avère gagnante au décompte final.
SKX (27/11/2000)

400 Blows
Black Rainbow - CD
Rehash 04

La dernière fois que j'avais entendu parler de ce groupe, c'était bien ya quatre, cinq ans pour la sortie (très confidentielle) de leur premier album. Depuis, silence radio, même pas l'annonce d'un bout de chanson sur une compilation de troisième zone. Et puis là, résurrection, double sortie avec cet album et un 45 en prime sur Gold Standard Laboratories direct, un label qui a le vent en poupe. Entre ces deux époques, pas l'ombre d'une explication sur leur absence mais ils reviennent sévèrement burnés. Leur premier album sonnait comme un habile croisement de Melvins et Unsane. Ces comparaisons tiennent toujours la route mais forcément réducteur d'un champ de tir pilonné avec leurs armes qui leurs sont propres. 400 Blows, trio californien avec un batteur, un guitariste et un chanteur tout en cuir jusqu'au bout des gants... Approche minimaliste d'une formule qui génère un bruit brut, dégrossi juste ce qu'il faut, tranchant, précis et bien épais en même temps. Une sale voix bien éraillée qui leur sied bien au teint (c'est sûr qu'une voix de castra l'aurait moins bien fait), des gros riffs qui marquent au sol, une batterie bien campée sur ses fondements, 400 Blows a quelque chose de martiale et implacable tout en laissant suffisamment d'espace dans ses rangs pour les plus claustrophobes d'entre vous. Comme si les Melvins se mettait à faire du Shellac avec l'esprit de Motorhead! Putain, ça faisait longtemps que j'avais pas sorti une si belle connerie! Du balai, 400 Blows revient parmi les vivants et c'est tant mieux pour nous!

SKX (19/03/04)
website groupe www.400blows.net
website label www.rehashrecords.com
sounds www.rehashrecords.com/audio.asp

31 Knots
The curse of the longest day - CDEP
Own 2004

Atypique 31 Knots. Un trio sur la tangente. Après deux albums remarqués, ce groupe de Portland, à l'orée d'une nouvelle tournée en Europe, nous sert un (solide) amuse-gueule. Et toujours sur un fil invisible, à jouer les équilibristes entre le monde pop et un rock angulaire. Quatre titres (plus un interlude) qui a le charme de la pop. Décalés certes mais pop par essence. Son chant. Véritable chant, qui vous transporte comme il pourrait aussi bien vous agacer. 31 Knots se laisse aller encore plus loin, se dénude, dépouille ses mélodies, envoie les violons sur "the corpse and the carcass", petite pièce baroque en toute simplicité et son air entêtant de piano qu'on aurait pu entendre chez Yann Tiersen. C'est ça qui est énervant chez ce groupe. Cette déconcertante facilité à chiader des mélodies, lumineuses. Cet air presque maniéré qu'ils ont de composer. Mais de toujours retomber sur leurs pattes. Car ils savent rocker, envoyer le riff de guitare assassin, le rythme qui fait plier le corps, vous envelopper tout ça pour conquérir un public large et exigeant. Ce disque met cette ambiguïté en avant plus que jamais et c'est là tout leur intérêt et leur personnalité. Ne vous fiez pas aux premières apparences. Ce nouveau disque a des apparats princiers mais l'intérieur est dense et vibrant.

SKX (11/10/2004)
website groupe www.31knots.com
website labe www.ownrecords.com
sounds thestoryofivannormal.mp3

2up
Teenage mondo trash - CD
Ache 2006

A chaque jour suffit sa peine. Aujourd'hui, elle s'appellera 2up. L'effet japonais multiplié par deux. Batteur et chanteur-guitariste. Le plus long morceau dure une minute et vingt-six secondes. Yen a seize en tout. Bref résumé de la situation. Tetsunori Tawaraya poussait la chansonnette auparavant dans Dosage and Usage. Sorte de diva avec des poils dans le plus pur style japonais. Ce chant particulier qui va chercher dans les aigues je ne sais quelle raison d'aboyer avant de redescendre dans les limites du supportable, dans un mélange d'anglo-nippon, désolé mais je comprend pas bien. Le batteur se donne sans compter. Les structures ne sont pas du grand n'importe quoi. C'est pas les Locust non plus. Quelques titres surnagent dans le lot comme Sirloin, son riff sympatoche et ses silences pour mieux délimiter son territoire. Des cris, des cymbales, des pains dans la tronche qui arrivent de tous les cotés avec un sens du minimalisme agressif très développé. Le genre petit mais costaud. A ce rythme, tout se ressemble comme sur un premier album des Melt-Banana. Le guitariste a heureusement de bonnes idées pour ne pas vous lobotomiser gratuitement. Garder une énergie bien punk de bout en bout. Pas d'effets. Que du direct. Taillé pour le sprint, il s'en faut de peu pour que l'on s'essouffle avant eux.

SKX (21/09/2006)
website groupe appuappu.com
website label www.acherecords.com
sounds Semedain.mp3 | Monpe.mp3

16-17
16-17 + Hardkore & Buffbunker + When all else fails - 2xCDs
Savage Land 2005

Les rééditions, il n'en manque pas sur le marché. Mais celle qui se présente à vous est plus que utile et peut être considérée comme une véritable nouveauté tant 16-17 semble être tomber dans les limbes de l'oubli. 16-17 est un trio suisse dont les soubresauts remontent au milieu des années 80. Un groupe pionner des musiques extrêmes, dans l'art de mélanger le free-jazz et l'énergie du hardcore, se faire rencontrer des sonorités électroniques et le nihilisme punk. Depuis, Painkiller, Flying Luttenbachers, les Italiens de Zu sont passés par là mais ils doivent énormément à ces avant-gardistes. Savage Land, label lyonnais, a eu la bonne idée de ressortir leurs albums du placard.
Sur ce double-CD, trois enregistrements différents. Reprenons l'histoire dans le bon ordre. Hardkore & Buffbunker, première trace de 16-17, uniquement sorti en cassette (la préhistoire), enregistré live en 1984 à Zurich que Calypso Now s'était chargé de réaliser et distribuer. Trois entités de chairs et de cris qui ont pour nom Alex Buess au sax-alto (qui jouera aussi avec le mega groupe apocalyptique God, groupe de Kevin Martin auquel a collaboré un certain Justin Broadrick), Knut Remond pour la batterie et Markus Kneubühler pour la e-guitare et les effets electro. Le sax de Buess vous prend d'assaut à la gorge sur Hardkore I, soufflant comme un damné pendant qu'un solide rythme propulse l'ensemble. Et quand il ne se ruine pas les poumons, il vocifère comme il joue du sax sur Hardkore II en alternance avec son instrument fétiche. Il faut attendre Buffbunker IV pour que 16-17 entreprenne de se calmer au cours de sept minutes abstraites et l'hypnose d'une ligne de basse. Cinq titres en tout, tout trépidant et en brutalité, rebondissant sur tous les styles sans s'arrêter sur un en particulier, passant allègrement de la new-wave d'un James Chance et ses Contortions au bouillonnement d'un Miles Davis. L'année 1984 n'était sans doute pas prête à ça et le public de Zürich encore moins.

Il faut attendre 1987 pour voir le 1er album de 16-17. Un album éponyme (16-17), présent sur ce même CD et réalisé à l'origine par Rec Rec. Les quatre morceaux pour débuter sont issus d'un enregistrement studio. L'impact physique de la batterie vous saute directement dessus. Alex Buess s'enivre de tonalités libérées et d'un bon coup dans les bronches. Le rythme derrière continue de vous marteler les tympans comme sur l'impressionnant Davul et que de fines stridences finissent par vous lacérer. Les trois derniers morceaux sont à nouveau des enregistrements live. Une mixture sans fard avec les huit minutes d'un Bomba Bomba où 16-17 nous fait la totale. Entre les bruits industriels d'un Einsturzende Neubauten, les frasques de Buess au chant, les drôles de sons qu'il tire de son saxo et la démence du final, on a là un morceau complètement éclaté et lunaire.

Le 3ème enregistrement a le droit à son CD tout seul. C'est l'album When all else fails sorti par Visions en 1989. Un album concis, qui va droit au but. Seulement six morceaux pour un peu plus d'une demi-heure d'une bête dévastant tout dans son champ d'action. Sneak preview est une charge frontale sans repos pour l'âme. Chaque coup de baguette de Kurt Remond est d'une précision diabolique, que ce soit avec une batterie classique ou une batterie électronique et son jeu inventif et physique est pour beaucoup dans l'hypnose que procurent les affres décibeliques de 16-17. C'est toujours enregistré dans des conditions live sur un 4 pistes pour un impact et un rendu encore plus cru, le groupe s'excusant presque dans les notes de pochette d'avoir dû retravailler quelques sons en studio plus tard. 16-17, un groupe de scène avant tout, dans la grande tradition des jazzmen mais avec l'approche de punks, l'amour pour le bruit brut, la transe procurée par le rythme tour à tour tribal ou effroyablement répétitif, le choc du son sur l'auditeur, faire corps au sens strict du terme avec la musique. Coller vous les morceaux Clap trap et Spit it out et essayer de respirer après ça. Jamais eu autant de plaisir à se faire lobotomiser. When all else fails, machine primaire et originale dans lequel on retrouve l'esprit du God de The Anatomy of addiction en version réduite et boule ramassée prête à bondir. Un album injustement méconnu qui devrait figurer en haut de toutes piles de disques d'amoureux de musiques autant avant-gardistes que bassement rock. 15 ans plus tard, Weasel Walter (Flying Luttenbachers) s'est occupé de remasteriser ces 3 enregistrements. Pour avoir réussi à me procurer récemment When all else fails en vinyl d'origine dans les méandres d'internet, ce groupe 16-17 n'a pas pris une ride et Weasel Walter n'a pas du avoir grand-chose à faire. Espérons que cette réédition qui respecte en tout point les artworks originaux rend justice aux 3 Suisses.

16-17 sortira d'autres disques par la suite dont le phénoménal Gyatso en 1994 sur Pathological puis deux autres maxis et comptait dans ses rangs lors de ses dernières prestations le dénommé Michael Wertmuller, l'ex-batteur de Alboth !, autre groupe parmi d'autres dont l'influence de 16-17 sur leur travail a été prépondérante. Espérons que Savage Land continue son travail de l'ombre.

SKX (18/11/2007)
website groupe www.myspace.com/sixteenseventeen
website label www.savagelandrecords.com

16-17
Gyatso - CD
Savage Land 2008

Savage Land, label lyonnais, poursuit son œuvre de restauration. Trois ans après Hardkore & Buffbunker et When all else fail, c'est la pièce maîtresse de la discographie de 16-17 qui revoit la lumière du jour. Un disque on ne peut plus d'actualité puisque Gyatso est le nom d'un moine tibétain (Palden Gyatso) incarcéré et torturé pendant 33 années dans les prisons chinoises. Un retour de flamme olympique d'un album tourmenté pour célébrer la force de vie de ce moine qui a survécu au cauchemar. Un album comme un parcours semé d'embûches, rien d'une ballade printanière. L'écoute est accidentée, dense, âpre mais délivre une énergie libératrice, expulsion de haine et rédemption au bout du chemin.
Après un hiatus de quatre ans où le groupe se fait rare, l'intérêt de Alex Buess (saxophoniste et tête pensante de 16-17) en 1994 pour les techniques d'enregistrement va changer la donne. Avant tout un groupe de scène, aimant sur leurs précédents disques recréer en studio des conditions d'enregistrements live, voir carrément mettre des morceaux pris dans la fournaise de concerts, ils vont cette fois-ci passer sous l'ère du numérique, faire rentrer leur rage dans les tuyaux d'ordinateurs, la soumettre à Saint Pro-Tools, infiltrer leur colère de samples tortueux. La rencontre de Buess et Kevin Martin (God) lors de l'enregistrement du deuxième album de Alboth! en 1993 puis plus tard quand Buess sera invité sur Ice, un autre projet de Martin, sera déterminante.
Si la base de travail reste des morceaux issus de sessions live par le trio original (Buess-Kneubühler-Remond), Martin va apporter toute sa science de studio pour retravailler avec Buess la matière vivante de 16-17. Et Dieu sait dans son infinité bonté combien cette chair est vivante. Volcanique. Le Phil Spector de l'enfer comme s'amusait à s'auto-proclamer Martin va construire un mur du son à la mesure de la folie de 16-17, le propulsant dans un monde à des années lumière de la scène jazz d'où est issue Buess et sa clique. Si à l'époque, cette nouvelle approche est un crime de lèse-majesté pour certains puristes du groupe, le résultat est totalement bluffant. L'énergie du groupe reste intacte. Elle est même amplifiée, décuplée, impressionnante.
Il suffit d'enclencher la bête pour s'en persuader. Attack-Impulse, morceau d'ouverture, met KO au premier round. Rythmique primaire, caisse claire en rafale à basse altitude, saxo démoniaque joué tout autant sauvagement, c'est une charge en avant jouissive et bestiale. Le duo Buess-Martin s'est amusé à broyer, découper, hacher la matière première du groupe, rajouter des couches sonores, des strates de poison et des vagues de représailles. L'invité de marque Christian Green (Godflesh) et sa basse menaçante ne fait rien pour mettre un peu de douceur. N'empêche, n'empêche. Ce disque est loin d'être un seul produit de studio. Un monstre de technologie froid et sans âme. C'est bien de rock dont on parle. Un rock extrême, sans concession, aux confins du jazz, du metal, du punk, à la croisée des Flying Luttenbachers, God(flesh), John Zorn. 16-17 secoue violemment les convenances, redistribue les rôles et les gifles, passe de morceaux plus cérébraux et déconstruits à des morceaux physiques, étouffants, à coup de rythmes enfonçant le clou de vos angoisses de façon tour à tour sommaire ou tribale.
Un disque aux possibilités infinies symbolisé par les deux derniers morceaux sous forme de remixes. The Trawler et Motor, présents au générique sur ce Gyatso, revus (mais pas forcément corrigés en mieux) par les deux savants fous, leurs désirs et limites d'expérimentation semblant démesurés.
Comme pour la précédente réédition, Weasel Walter s'est coltiné la remasterisation sans que cela sonne prépondérant (Gyatso, 14 ans d'existence et toutes ses dents). La pochette (parue en 1994 sur Pathological, le label de Kevin Martin) a quant à elle subi un relifting. La photo de l'actuelle pochette figurait à l'origine à l'intérieur du livret et Jason Pettigrew (Alternative Press) a écrit l'oraison de cet album qui retrouve une seconde vie. Jamais un groupe original n'aura autant mérité la banale conclusion : à découvrir d'urgence.

SKX (11/04/2008)
website groupe www.myspace.com/sixteenseventeen
website label www.savagelandrecords.com

31 Knots
The days and nights of
everything anywhere

CD
Polyvinyl 2007

Le monde bigarré de 31Knots de nouveau à l'assaut de nos contradictions. Le genre de groupe typique pour ressortir les poncifs comme pas assez pop pour les puristes, trop précieux pour les rockers, pas assez ceci pour les pingouins, pas assez de ça pour les tanches et je t'en foutrais des vertes et des pas mûres. Une vision de la pop qui doit toujours aller de l'avant, en digne héritier des Beatles, ne jamais se contenter de ses acquis, expérimenter, tenter des assemblages de l'impossible sans avoir l'air ridicule. Mais comme le punk est depuis passé sur la carcasse de Lennon, leur pop à eux a pris du nerf et du muscle. Ca va donc de Chokebore qui aurait pris de l'épaisseur sur deux morceaux qui n'atteignent même pas les deux minutes à la ballade digne d'un Black Heart Procession baroque et énervé. Des arrangements toujours osés, des queues de pianos, des archers de violons, des embouts de trompette, un sifflet de carnaval, un chant clair et mélodique se transformant régulièrement en un chant rageur, des guitares cinglantes, des bidouillages non identifiés et le sens de la compo toujours aussi affiné pour des tubes de pop exigeants (The Salted tongue). Contrairement à l'album précédent Talk like blood, ce cinquième album (en sept ans !) perd moins de temps en route. Greg Saunier (Deerhoof) a su donner une direction plus franche du collier malgré tous les recoins, dessiner à ces esprits luxuriants, un coffre à jouets pour adulte. 31 Knots, groupe de pop excentrique qui ne donne pas de limite à leur musique ambitieuse. Encore une belle pièce à leur actif.

SKX (24/06/2007)
website groupe www.31knots.com
website label www.polyvinylrecords.com
sounds prc-127-04.mp3

37500 Yens / L'Ombre de la souris dans la deuxième lune
split 10''
8 Tracks recording 2007

Dans ce très beau format qu'ait le 10'', soit 25 centimètres, soit une belle taille et qui me fait penser à La Lame du mat du Cheval de Frise, dans le format et dans l'esthétisme de la pochette, deux groupes de l'Est français. Et quand on invoque Cheval de Frise, c'est aussi dans l'esprit. L'instrumentalité des compositions, le sens de la recherche musicale, allez un peu plus loin que les codes en vigueur (qu'ils y arrivent ou pas est une autre histoire), une envie de beau mélangée à une sourde rage rock. Le nom de L'Ombre de la souris dans la deuxième lune n'a sans doute de sens que pour ces protagonistes mais quand on sait que des anciens Rroselicoeur traînent là-dedans, on s'en étonne qu'à moitié… Philipp Van Defeew, c'est le nom de la pièce, est un morceau à tiroirs multiples. Presque trop mais le groupe agence tout ça avec douceur, subtilité, tellement qu'il en ait presque trop sage malgré ses parties plus nerveuses. Ca fait beaucoup de " presque ", je vous l'accorde. Dans le style math/post-rock éclairé, le groupe se défend aisément. C'est beau, c'est soigné, c'est enlevé. Mais c'est presque trop parfait justement. Manque ce grain de sable et de folie. Mais pour un premier morceau, c'est déjà pas mal. On attend la suite. 37500 Yens, c'est ce duo de Reims dont l'album m'avait collé au plafond du fond. On ne sait pas si ce titre, Corrélation, a été enregistré avant ou après mais il ne semble pas du même moule. On sent un (léger) coup de moins bien dans le rendu et le percutant. Ca reste du 37500 Yens. Alerte, généreux, évolutif, qui vous enveloppe dans sa couche de mystère. Mais comme pour L'Ombre de la souris, on les sent un peu trop attentionné. La bride ne se lâche pas si facilement que sur Astero. Du bon boulot tout de même pour un split en adéquation avec sa pochette. A moins que ce soit l'inverse.

SKX (14/11/2007)
website groupe www.myspace.com/37500yens | www.myspace.com/lombredelasourisdansladeuxiemelune

37500 Yens
Astero - CD
Distille 2007

Ca fait à peine six jours que j'ai cet album entre les mains mais c'est largement suffisant pour en parler vu que je l'écoute en boucle. 37500 Yens, deux chacals en provenance de Reims, sortant un premier album complètement bluffant. La catégorie duo mais celle qui sort de l'ordinaire. Pas le duo de service qui vous donnera dans l'habituelle équation math-rock. De leurs batterie et guitare, ils en tirent beaucoup plus que ça. Bien sûr, il y a un peu de ça. Un peu de cette complexité de bon aloi, de ce dialogue un rien échevelé entre deux musiciens qui parlent le même langage. Mais ce premier album est beaucoup plus que ça. Toutes ces compositions ont - allez je n'ai pas peur, je lâche le mot - une âme. Une âme où toute notion de technicité est largement dépassée. Des morceaux avec chacun leur ambiance, leur trouble qui vous prend aux tripes. Ces atmosphères variées auxquelles on ne s'attendait pas venant d'un duo. Car 37500 Yens ne se contentent pas d'une instrumentation limitée. Des samples sur le jazzy Microphonie. Un saxophone en mode free et déjanté sur Canard boiteux et joué par le père du guitariste. Un chant - ou plutôt un cri de bête agonisante - sur The Sullivan's Quartet qui, même si il ne dure que quelques secondes, fait son effet. Tout un tas de détails qui, mis bout à bout, forment une cohérence stupéfiante. Ce groupe viendrait de Lyon que la comparaison avec les Bästard leur sauterait dessus aussitôt. Bien que différent, ils partagent avec les lyonnais cette même musicalité, cette même retenue dans un rock qui sait pourtant se faire véhément et explosif, à la manière également des autres lyonnais de Doppler. Des arpèges qui vous bercent, un riff qui vous pète à la tronche, une cavalcade qui vous laisse pantelant sur le bord de la route. 37500 Yens joue avec les sentiments. Le son est éclatant. Ca claque, c'est net (enregistrement et mixage que l'on doit à un certain Urb1 à L'Ilot, chapeau mec !). Tout est parfaitement en place. Huit morceaux qui vous emmènent très loin, très haut. Quand la musique noise est pensée aussi bien avec la tête qu'avec le coeur, que des groupes cherchent encore à se démarquer des schémas pré-établis, on a droit un album carrément impressionnant. Une révélation.

SKX (16/06/2007)
website groupe myspace.com/37500yens
website label www.distilerecords.com

3hostwomexicansandatinofspanners
Pegasus bridge - CD
Noisestar 2005

32 foutus caractères (oui j'ai que ça à foutre de compter) en rang d'oignons dont je vous laisserais le soin de détacher les possibles significations. Pour économiser du temps et mes doigts, on réduira ce blaire impossible à 3hos. Bon voilà, ça c'est fait. Donc 3hos, ce sont quatre jeunes londoniens, pas franchement dans le vent, qui en ont rien à foutre de passer à Top of the pops et qui ont un sens de l'humour aussi gras que leur pudding. Un groupe à la morale déplorable, sexuellement perturbé, de grands ados sans doute bourrés comme des Anglais quand ils ont enregistré ça et c'est tant mieux. Car ce Pegasus bridge, c'est du pur putain de punk-rock. Qui ne se prend pas au sérieux mais qui le font sérieusement. Un coup de pieds dans les bollocks à tous leurs compatriotes et leurs cousins les américains. A tous ceux qui ont un balai dans le cul et qui n'aiment pas quand on tourne le manche. Dès l'intro Dens, on sent bien qu'on a mis le doigt (au bas mot) dans un truc pas catholique. Le chanteur prend des intonations à la con. Les riffs de guitares sont gras et tranchants. Ca sent le rip-off de classiques foireux à chaque étage. Et tout ça est lourd, triomphalement puissant. Comme si Part Chimp faisait du Mclusky mais sans l'allusion grossière à Shellac et le fun en plus. Ca enfile les perles, ça les lâche, ça rue dans les brancards, c'est jubilant, surtout dans les dents. Des titres de morceaux aussi ridiculement long que leur nom et tout en finesse (coked up supermodels licking shit off a blind vicars cock, although michael moore is a virtuous individual he is an appalling film maker, fuck off fuck off please like me please like me). Un chanteur frénétique, qui rap presque sur public order offences keep solicitors in work. Des tonnes de guitares et de cymbales qui vous bousculent dans tous les sens. Ya pas à chier, ce Pegasus bridge est un grand album plein de bravoure qui vous donne envie d'être Anglais. Nan, je déconne.
Mais ces jeunes branleurs cachent bien leur jeu. Allez jetez un œil à leur FAQ sur leur site. Vous saurez entre autres pourquoi ils ont choisi un nom à rallonge. C'est pour mieux emmerder le système, être le moins commercial et cool possible. Ces jeunes gens, sous leurs airs de hooligans, ont une conscience élevée de leur mission , music never changed anything, but the people who listen to it did, c'est eux qui le disent, c'est profond mais on les aime pour tout et Pegasus bridge est un disque qui rend moins bête. Leur prochain album sort d'ici peu. Il s'appellera Everything is fucking shit. J'les adore. Bientôt en tête de gondole.

SKX (23/01/2007)
website groupe www.3hos.com
website label www.noisestar.co.uk
sounds public.mp3 | thisman.mp3 | cctv.mp3 | capitalist.mp3

3hostwomexicansandatinofspanners
Everything is fucking shit - CD
Self-released 2007

Everything is fucking shit, surtout quand il s'agit de mettre la main sur ce putain de disque. 3hostwomexicansandatinofspanners passe toujours pour un groupe du dimanche, dont la promo et la distribution sont le cadet de leur souci, on parle même pas du plan de carrière. Fâchés avec le music business, fâchés avec leur gouvernement (mais qui ne l'est pas hein ma bonne dame !), fâchés avec leurs voisins et j'en suis sûr, fâchés avec eux-mêmes, 3host (pour les intimes mais comme yen a peu...) continue de tirer sur tout ce qui bouge, à vue et avec humour. C'est mieux. Thatcher en cible principale et en bikini avec un AK 47 entre les poignes, Lady Diana avec un corps de bouledogue, c'est légèrement daté mais fuck off n'est ce pas, encore plus quand c'est représenté sur une pochette artistiquement irréprochable, nécessitant au moins un quart d'heure d'initiation à photoshop. Everything is fucking shit qu'ils ont dit. Par contre, la musique n'a toujours rien de merdique. Sur leur lancée d'un Pegasus Bridge conquérant, ce quatuor anglais continue de frapper court et efficace tout comme leurs titres sont longs et loufoques, la palme allant à I don't give a shit which nigger has to dig it out the ground, i just want a diamond on my finger. Pas la peine de chercher ce titre sur la pochette, l'imprimeur a refusé de le mettre et le groupe, compréhensif, n'y a pas vu d'inconvénient. Provocateur mais pas con. Et pourtant, la connerie, c'est pas ça qui leur manque. Prenez l'exemple de We are the police. La première fois que vous l'entendez, vous vous demandez, bordel, c'est quoi déjà ce morceau de Fugazi. Mais non, ce n'est pas une reprise. Ian Mackaye et sa bande n'ont jamais eu de titre comme ça à leur répertoire. Mais c'est le plagiat total. Tellement évident qu'on est plutôt dans le domaine de la blague d'Oxes se faisant passer pour Arab on Radar. Mais à partir de là, difficile de ne plus penser à l'influence de Fugazi sur 3host. Une influence qui ne confine pas au plagiat systématique, on en est loin, mais avec leurs conneries, on fini par entendre du Fugazi à tous les étages. Dans cette basse assez groovante, ces attaques de guitare, et en général, par cette capacité d'accoucher de morceaux qui sonnent tous comme des classiques. 3host possède un sacré sens de l'accroche tout allant bien plus directement au but (et un sens du politiquement correcte très différent). J'entrave rien aux paroles mais je sais encore reconnaître un bon motherfucking cock, shit, suck et autres moments de tendresse comme sur The Abso generation et son rythme fiévreux. Mais avant tout, 3host a dû naître dans une précédente vie en 1976, partagé quelques affiches avec The Damned et les Ruts et écrire une pelleté d'hymnes punk-rock comme Kill me i'm working class, There is no economic benefit to being gay et It's all Thatcher's fault avec un son bien cru et tranchant. La fibre prolo et punk, 3host connaît ses classiques et vient de donner vie à un second album qui risque encore bien de rester dans le caniveau.

SKX (18/10/2008)
website groupe www.3hos.com
website label www.noisestar.co.uk
sounds
www.3hos.com/wma/thatcher.mp3

1994!
Thank you Arms and Fingers - CD
Inkblot 2008

Et un duo, encore un ! Celui-ci nous vient de Lancaster, Pennsylvanie. Au contraire de tout ce qui semble venir de cet état ces derniers temps, 1994! n'est pas marqué par la dégénérescence de Pissed Jeans ou Clockcleaner. Comme tout bon duo qui se respecte, 1994! verse dans le math-rock et comme vous pressentez qu'il va y avoir un mais, on vous confirme, 1994! n'est pas que du math-rock de base. Loin de là cette idée. Le chant d'abord, très présent et les mélodies ensuite. Un curieux et convaincant mélange dans lequel 1994! coule une chape de béton à prise rapide élaborée par le Hold your horse is de Hella, mixé avec du punk-rock viril comme il en traîne souvent chez No Idea records et les groupes Twelve Hour turn ou True North. Vous rêviez reprendre en choeur et en levant le poing des chansons de Hella ? 1994! l'a fait ! La batterie tape dans tous les coins et recoins, le guitariste s'y connaît en arpèges à faire tourner en bourrique et en rapidité d'exécution mais ce n'est pas la seule corde à leur arc. Douceur des fractures, fluidité des transitions, les deux savent rendre leur musique efficace, dans un amalgame fonctionnant à merveille, où la technique ne vous étouffe jamais à l'instar des excellents Get Off Our Weed You Pussies et Reptile Dysfunction. L'à-propos du rythme se fait direct et irrésistible, le riff cinglant et entraînant et surtout, cette voix rageuse et passionnée. Même sur les passages plus complexes, elle trouve toujours le ton juste, s'imbrique comme par miracle, un vrai numéro d'équilibriste. Un souci constant de mettre de l'émotion dans leur fatras, voir carrément ambiance feu de camp et choeur en groupe sur Steep Cliff Mountain Type Valley Jaunt. Un math-rock chaleureux, ce n'est pas antinomique et on peut effectivement remercier les bras et doigts de 1994! car ce premier album n'est pas un disque de manchots.

SKX (16/12/2009)
website groupe
www.myspace.com/1994theband
website label
inkblotrecords.net

 
 

 
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