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ARCHIVES 1999 - 2006
 

1000 TRAVELS OF JAWAHARLAL
" owari wa konaï " - CD
Day After 03
Après les 100 travaux d'Hercule, les 1000 voyages d'un certain Jawaharal. Comme son nom ne l'indique pas, c'est du Japon que nous provient ce nouveau groupe. Et autant pas traîner en route car les Nippons (ni mauvais) ont le feu aux fesses. Ce trio a été élevé à la grande école du punk-rock mélodique et en élèves très appliqués, ils n'ont gardé que le meilleur : Leatherface et Jawbreaker. Avec le poster au-dessus du lit de leur dieu à tous : Hüsker Dü. Avec ça tout est dit ou presque. Rien de bien nouveau à l'est. Et c'est pas le problème. D'ailleurs ya pas de problème. Cette musique est limpide, sincère, pas fait pour se prendre la tête. Ca défile à 100 à l'heure. Kids bridés dévastant le fast-food local. Les Converse même pas trop grandes pour enjamber l'océan. Mettre les pieds au plafond. Se goinfrer de mélodies sans graisse. Le tsunami sans le goémon et les moules avariées. Reprendre à tue-tête, les baguettes dans les orbites, le trou bien nettoyé. Problème, ya pas de problème. Fast music. Sourire jusqu'aux oreilles. Et qu'on nous foutte la paix avec le reste !
SKX (09/09/2003)
4 WALLS
" and the world aint square " - CD
Red Note 01
Une fois le toit volatilisé, restent les 4 murs. Tom Cora parti dans un autre monde, Roof opte pour un autre patronyme, se transforme en 4 Walls et change le violoncelle contre un piano, avec Veryan Weston assis derrière. Les trois autres murs restent identiques : Luc Ex à la basse acoustique, Michael Vatcher à la batterie et le déluré et très jeune dans sa tête Phil Minton. La nuit enterre ses fébriles ossements. Le rideau est tiré. Les fondations, cependant, demeurent. Seules les pièces ont une atmosphère différente. La consonance du piano apporte forcément un grain nouveau par rapport au violoncelle. Une touche jazzy plus prononcée, voir un relent de cabaret au fond d'une ruelle débauchée. A se taper entre quatre murs, de la ballade qui s'achève en cavalcade, de la chansonnette nonchalante aux borborygmes, sifflements, miaulements, envolées lyriques poussés par le toujours étonnant organe vocal de Phil Minton. Cet homme fait ce qu'il veut de sa voix. Tout ce qu'il veut. Le poème de Ho Chi Mihn ou l'hymne de l'anarchiste, mis en bouche par lui, prennent à coup sûr un sacré coup de jeune. Les murs tremblent. Alternance de passages free ou posés, les ruées du batteur, les cascades du pianiste malmenant son instrument, le caressant la seconde suivante. 4 Walls joue les courants d'air. Free-jazz-rock libre comme le vent. Sage et emporté. Bouillonnant d'idées. Il est difficile de ne pas faire un comparatif avec Roof. L'ombre plane. De ne pas opposer l'émotion des cordes du violoncelle et les touches bi-couleurs du piano. La continuité sans la continuité. Quelques pointillés plus tard, 4 Walls assume la transition, reprend les bases et sans changer de fond en comble les pièces, retouche la décoration avec doigté. Des musiciens orfèvres et matures qui avancent au feeling comme au premier jour. Non, leur monde n'est pas carré. Une boucle jamais fermée qui avance en regardant toujours loin devant eux.
SKX (06/09/2001)
400 BLOWS
" 3-19-98 (live) " - CD
Total Annihilation records 98
Voilà un groupe qui n'y va pas avec le dos de la cuillère. Direct sur la highway sans passer par l'échangeur. 8 titres capturés en condition live. Bête sauvage tout en électricité. Avec des titres aussi évocateurs que " the bands must drink and junket " ou " the bull that killed the matador ". Un gros grain d'Unsane, une bouffée primaire du " breach " de Nirvana, ce groupe US dépoussière, relifte et retape la robinetterie d'une pincée de primarité actuelle. Larsens, rythmique de plomb, le bonheur est simple comme un coup de gratte qui se perd au cul. Mais c'est pour mieux te manger mon enfant. Annihilation totale répondit le label.
SKX (15/11/1999)
400 YEARS
" Transmitt Failure " - Lp
Lovitt records 98
Un déroulement inébranlable et limpide de 10 morceaux de chairs palpitantes. Rougeoyant la face de la jeunesse car juvénile bien qu'un rien désespéré. De l'emo-core fièrement debout, ça s'enchaîne sur le juke-box, ça fait du bien de crier sa rage sur fonds d'idéaux post-ado, ça se sentbien, là, au fond des viscères, pour un peu, on se roulerait par terre à l'écoute de cet album parfait.Les voix se bousculent, sonnent claires ou éructent dans la gamme, à peine le temps de balancerquelques arpèges, la torche se rallume. C'est fin et racé et ça s'écoute en boucles.
SKX (30/03/1999)
90 DAY MEN
" to everybody " - CD
Southern 02
90 Day Men quitte définitivement le giron du noise-rock. Les débuts avec les comparaisons incessantes entre Albini et tout ce qu'il a pu engendrer comme rejetons sont un passé révolu. C'était déjà vrai avec leur précédent et premier album. Avec ce deuxième, ils poussent le bouchon encore plus loin. Le clavier, jusqu'ici relégué à un rôle de faire-valoir, utilisé comme simple arrangeur et diffuseur d'ambiance, devient un orgueilleux piano, la pièce centrale de la musique de 90 Day Men. Au détriment de la guitare qui s'éclipse et joue le rôle de remplacent de luxe sur le banc de touche. Heureusement pour le rock, la rythmique reste dans les parages. Souple et féline, elle offre une ossature salvatrice. Le problème avec tout ces changements, c'est qu'on y perd en intérêt. C'est presque back to the seventies. Ray Manzareck est de retour, sauve qui peut! C'est particulièrement flagrant sur "we blame Chicago" et "alligator" où, non seulement à cause du piano, mais aussi à cause des accords de guitare, qui s'amusent à remettre à la mode le pantalon moule-burnes et font couler le rimmel. L'ambiance générale sent la naphtaline et la fuite en avant est conseillée. L'album avait pourtant bien débuté avec deux morceaux qui gardaient le nerf de la guerre. 90 Day Men avec sa part de mystère, cette voix enjôleuse, ces ambiances sombres et tendues. Mais ils se sont perdus en route, ont cafouillé leurs gammes. Le piano n'en fait qu'à sa tête, et il en fait des tonnes. 90 Day Men, à trop vouloir se démarquer, risque de s'isoler dans sa tour d'ivoire. Dommage, car on sent que ce groupe a un réel talent, notamment la section rythmique, mais une utilisation plus appropriée du piano et un retour vers le présent les feront repartir vers un avenir qui s'annonçait prometteur....
SKX (15/04/2002)
90 DAY MEN
" [it (is) it] critical band " - CD
Southern 00
Ca m'échappe. Cette musique me glisse entre les doigts. Tout fonctionne au ralenti, une scène en décalage subtil. Un reflet brouillé de ce qui se passe devant nos portes. Après trois singles sous-fifres d'un monde baignant dans les eaux limoneuses de Shellac, temps idéal pour un bourgeonnement en toute tranquillité, 90 Day Men accouche d'un premier album surprenant et très personnel. Au lieu de l'attaque frontale et du chaos sonore, ils passent par les cotés. Place aux bouffées d'air frais, à une rythmique souple et dynamique, sans course folle. Une énergie contrôlée, une implosion aux contours sombres, de la subtilité dans les arrangements, une voix qui traîne. Cette notion du bruit tranche avec ses contemporains. On prend le temps d'asseoir ses structures, d'expérimenter le bidule, de bifurquer dans des ambiances presque jazzy, de s'éloigner d'un bruit blanc maladif et pervers. Les rares moments de cacophonies ne virent jamais au rouge. La connexion se fait en douceur, pénétrer dans leur intimité demande du temps. Un monde à la tension sans cesse sous-jacente, des ambiances à double-tranchant, aigre-douce. Noise-rock fonctionnant au faux ralenti, compositions fines et recherchées, une musique à part où les repères manquent et ce n'est pas la seule qualité d'un groupe qui a su se faire sa propre critique et évoluer à son rythme dans une direction osée et qui s'avère gagnante au décompte final.
SKX (27/11/2000)

400 Blows
Black Rainbow - CD
Rehash 04

La dernière fois que j'avais entendu parler de ce groupe, c'était bien ya quatre, cinq ans pour la sortie (très confidentielle) de leur premier album. Depuis, silence radio, même pas l'annonce d'un bout de chanson sur une compilation de troisième zone. Et puis là, résurrection, double sortie avec cet album et un 45 en prime sur Gold Standard Laboratories direct, un label qui a le vent en poupe. Entre ces deux époques, pas l'ombre d'une explication sur leur absence mais ils reviennent sévèrement burnés. Leur premier album sonnait comme un habile croisement de Melvins et Unsane. Ces comparaisons tiennent toujours la route mais forcément réducteur d'un champ de tir pilonné avec leurs armes qui leurs sont propres. 400 Blows, trio californien avec un batteur, un guitariste et un chanteur tout en cuir jusqu'au bout des gants... Approche minimaliste d'une formule qui génère un bruit brut, dégrossi juste ce qu'il faut, tranchant, précis et bien épais en même temps. Une sale voix bien éraillée qui leur sied bien au teint (c'est sûr qu'une voix de castra l'aurait moins bien fait), des gros riffs qui marquent au sol, une batterie bien campée sur ses fondements, 400 Blows a quelque chose de martiale et implacable tout en laissant suffisamment d'espace dans ses rangs pour les plus claustrophobes d'entre vous. Comme si les Melvins se mettait à faire du Shellac avec l'esprit de Motorhead! Putain, ça faisait longtemps que j'avais pas sorti une si belle connerie! Du balai, 400 Blows revient parmi les vivants et c'est tant mieux pour nous!

SKX (19/03/04)
website groupe www.400blows.net
website label www.rehashrecords.com
sounds www.rehashrecords.com/audio.asp

31 Knots
The curse of the longest day - CDEP
Own 2004

Atypique 31 Knots. Un trio sur la tangente. Après deux albums remarqués, ce groupe de Portland, à l'orée d'une nouvelle tournée en Europe, nous sert un (solide) amuse-gueule. Et toujours sur un fil invisible, à jouer les équilibristes entre le monde pop et un rock angulaire. Quatre titres (plus un interlude) qui a le charme de la pop. Décalés certes mais pop par essence. Son chant. Véritable chant, qui vous transporte comme il pourrait aussi bien vous agacer. 31 Knots se laisse aller encore plus loin, se dénude, dépouille ses mélodies, envoie les violons sur "the corpse and the carcass", petite pièce baroque en toute simplicité et son air entêtant de piano qu'on aurait pu entendre chez Yann Tiersen. C'est ça qui est énervant chez ce groupe. Cette déconcertante facilité à chiader des mélodies, lumineuses. Cet air presque maniéré qu'ils ont de composer. Mais de toujours retomber sur leurs pattes. Car ils savent rocker, envoyer le riff de guitare assassin, le rythme qui fait plier le corps, vous envelopper tout ça pour conquérir un public large et exigeant. Ce disque met cette ambiguïté en avant plus que jamais et c'est là tout leur intérêt et leur personnalité. Ne vous fiez pas aux premières apparences. Ce nouveau disque a des apparats princiers mais l'intérieur est dense et vibrant.

SKX (11/10/2004)
website groupe www.31knots.com
website labe www.ownrecords.com
sounds thestoryofivannormal.mp3

2up
Teenage mondo trash - CD
Ache 2006

A chaque jour suffit sa peine. Aujourd'hui, elle s'appellera 2up. L'effet japonais multiplié par deux. Batteur et chanteur-guitariste. Le plus long morceau dure une minute et vingt-six secondes. Yen a seize en tout. Bref résumé de la situation. Tetsunori Tawaraya poussait la chansonnette auparavant dans Dosage and Usage. Sorte de diva avec des poils dans le plus pur style japonais. Ce chant particulier qui va chercher dans les aigues je ne sais quelle raison d'aboyer avant de redescendre dans les limites du supportable, dans un mélange d'anglo-nippon, désolé mais je comprend pas bien. Le batteur se donne sans compter. Les structures ne sont pas du grand n'importe quoi. C'est pas les Locust non plus. Quelques titres surnagent dans le lot comme Sirloin, son riff sympatoche et ses silences pour mieux délimiter son territoire. Des cris, des cymbales, des pains dans la tronche qui arrivent de tous les cotés avec un sens du minimalisme agressif très développé. Le genre petit mais costaud. A ce rythme, tout se ressemble comme sur un premier album des Melt-Banana. Le guitariste a heureusement de bonnes idées pour ne pas vous lobotomiser gratuitement. Garder une énergie bien punk de bout en bout. Pas d'effets. Que du direct. Taillé pour le sprint, il s'en faut de peu pour que l'on s'essouffle avant eux.

SKX (21/09/2006)
website groupe appuappu.com
website label
www.acherecords.com
sounds
Semedain.mp3 | Monpe.mp3

 
 

 
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