3hostwomexicansandatinofspanners
Everything Is Fucking Shit - CD
Self-released 2007

Everything is fucking shit, surtout quand il s'agit de mettre la main sur ce putain de disque. 3hostwomexicansandatinofspanners passe toujours pour un groupe du dimanche, dont la promo et la distribution sont le cadet de leur souci, on parle même pas du plan de carrière. Fâchés avec le music business, fâchés avec leur gouvernement (mais qui ne l'est pas hein ma bonne dame !), fâchés avec leurs voisins et j'en suis sûr, fâchés avec eux-mêmes, 3host (pour les intimes mais comme yen a peu...) continue de tirer sur tout ce qui bouge, à vue et avec humour. C'est mieux. Thatcher en cible principale et en bikini avec un AK 47 entre les poignes, Lady Diana avec un corps de bouledogue, c'est légèrement daté mais fuck off n'est ce pas, encore plus quand c'est représenté sur une pochette artistiquement irréprochable, nécessitant au moins un quart d'heure d'initiation à photoshop. Everything is fucking shit qu'ils ont dit. Par contre, la musique n'a toujours rien de merdique. Sur leur lancée d'un Pegasus Bridge conquérant, ce quatuor anglais continue de frapper court et efficace tout comme leurs titres sont longs et loufoques, la palme allant à I don't give a shit which nigger has to dig it out the ground, i just want a diamond on my finger. Pas la peine de chercher ce titre sur la pochette, l'imprimeur a refusé de le mettre et le groupe, compréhensif, n'y a pas vu d'inconvénient. Provocateur mais pas con. Et pourtant, la connerie, c'est pas ça qui leur manque. Prenez l'exemple de We are the police. La première fois que vous l'entendez, vous vous demandez, bordel, c'est quoi déjà ce morceau de Fugazi. Mais non, ce n'est pas une reprise. Ian Mackaye et sa bande n'ont jamais eu de titre comme ça à leur répertoire. Mais c'est le plagiat total. Tellement évident qu'on est plutôt dans le domaine de la blague d'Oxes se faisant passer pour Arab on Radar. Mais à partir de là, difficile de ne plus penser à l'influence de Fugazi sur 3host. Une influence qui ne confine pas au plagiat systématique, on en est loin, mais avec leurs conneries, on fini par entendre du Fugazi à tous les étages. Dans cette basse assez groovante, ces attaques de guitare, et en général, par cette capacité d'accoucher de morceaux qui sonnent tous comme des classiques. 3host possède un sacré sens de l'accroche tout allant bien plus directement au but (et un sens du politiquement correcte très différent). J'entrave rien aux paroles mais je sais encore reconnaître un bon motherfucking cock, shit, suck et autres moments de tendresse comme sur The Abso generation et son rythme fiévreux. Mais avant tout, 3host a dû naître dans une précédente vie en 1976, partagé quelques affiches avec The Damned et les Ruts et écrire une pelleté d'hymnes punk-rock comme Kill me i'm working class, There is no economic benefit to being gay et It's all Thatcher's fault avec un son bien cru et tranchant. La fibre prolo et punk, 3host connaît ses classiques et vient de donner vie à un second album qui risque encore bien de rester dans le caniveau.

SKX (18/10/2008)