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ARCHIVES 1999 - 2006
 

CAMERA OBSCURA
" to paint the kettle black " - 7"
Three One G 01
La Camera Obscura éteint définitivement les lumières et ne tournera plus que les ténèbres! Le single de la fin pour ce groupe à l'unique mais vivement recommandable album sur Troubleman records. Ce deux titres restent dans la lignée. On peut même dire qu'ils nous gâtent. "To paint the kettle black", face A, est un grand cru. Une mélodie qui tape dans l'œil, sous un feu de dieu, un synthé expert qui sonne comme une pédale d'effet pour guitare, cet irrésistible touche rétro noisy-pop, cette énergie hardcore. Rien à redire. La face B est plus surprenante mais tout aussi jubilante. Un rythme étrange, des effets incongrus, la vie est ainsi faite. Ca me fatigue de vous décrire ça. Vous n'avez qu'à vous le procurer! A l'origine disponible sur un 45 d'Insound 'Tour support series #13", Three One G a bien fait de represser ça au plus grand nombre. Une sortie par la grande porte. Depuis la moitié du groupe est parti formé The Champagn Kiss. Que ça coule à flot!
SKX (20/11/2001)
CAMERA OBSCURA
" to change the shape of an enveloppe " - CD
Troubleman Unlimited 00
On est plongé, sans round d'observation, immergé jusqu'au cou dans ce premier album. Un plat de résistance qui se prend pour un hors d'oeuvre et qui vous propose un aperçu conséquent du menu à venir en huit minutes. Une longue mise en bouche qui met en appétit. Une bonne louchée de synthé, pour la touche rétro type The VSS, très tendance dans les cuisines américaines actuellement et une franche rasade d'énergie emo, comme sait si bien en déverser Milemarker, sous un fin tapis noisy. Rajouter une voix passée au shaker, garder une cadence gaillarde et la crème prend avec bonheur. Avec des cerises sur le gâteau, comme le tubuesque "twenty five diamonds" et le franc du collier "saratosa". Laisser reposer de temps en temps avec un très noisy-pop "cinematheque" où la claviériste pousse la ritournelle sous un épais brouillard et le très bel instrumental "Sound" à faire sombrer plus d'un coeur tendre. Et quand yen a plus, yen a encore : "song de la luna" ou quand la batterie de cuisine prend sa revenge et s'acoquine avec un canard agonisant au fond de sa marmite bouillonnante pour faire peur à la ménagère. Un album parfaitement dosé, riche en goût et qui flatte le palais. On connaît les ingrédients de Camera Obscura, le contenu n'est pas nouveau mais ce groupe américain tente d'innover avec de nouvelles combinaisons et un assaisonnement original. Un plat très recommandé.
SKX (18/10/2000)
THE CANCER CONSPIRACY
" s/t " - CDEP
SoGoodMusic 01
Las des fracas de leur jeunesse à secouer leurs carcasses aux sonorités metal et hardcore, ce trio recomposé d'anciens Drowningman et Non Compos découvre les vertus d'une musique moins assourdissante et s'adonne aux joies de la musique instrumentale. Trois titres, seulement oserais-je avancer, dont un live, qui ne donnent pas pour autant dans le cliché instrumental math-rock. Ici, le coté mélodique et plus linéaire est mis en avant. Une énergie centrifugeuse, une forte cohésion et complémentarité dans la formule choc guitare-basse-batterie (avec détour du batteur par le sax sur "october days club"). Une dynamique galopante, des feedbacks envoûtants, l'art de suggérer dans les silences, de balancer des harmonies fines tout en maintenant la pression. C'est un tout et c'est rien mais c'est drôlement rafraîchissant et captivant de bout en bout. Une conspiration qui mérite d'être dévoilée au grand jour.
SKX (05/12/2001)

CANDIES
" leaving our homes " - CD
ee:lettro 01
Une sucrerie qui risque de gâter plus d'une dent. Candies, groupe italien, sort, cinq ans après leurs débuts, son premier album. Sous ses allures de gentil groupe à guitares noisy, ce trio révèle une personnalité beaucoup plus trouble et joue la carte de l'alternance. Un coup je te balance une bonne branlée noise et brutale, avec ce qu'il faut de mélodies, de guitares massives et de rythmes explosifs. La fois d'après, c'est instrumentale (la plupart du temps) que la partition s'écrit. La mélodie s'alourdit, le timbre se pose. Candies explore d'autres facettes musicales, soigne les arpèges. C'est à ce moment là que les invités de marque débarquent avec des membres de Calexico (John Convertino et Volker Zander). Etoffement de la palette d'instruments avec trompette, violon et good vibes au menu. A peine le temps de se reboutonner qu'on repart en campagne dans le pays de la distorsion et de l'indie noise. Sans oublier un autre invité de luxe, Kevin Bransletter (Trumans Water) venu pousser la gueulante sur "to connect". Et parfois, ils poussent le vice à tout mélanger dans le même morceau. Candies a une playlist énorme. De Unwound à June of 44, de Sonic Youth à Slint, ils connaissent leurs classiques sur le bout des doigts. De tout ça, ils vous font une mayonnaise remarquable de dosage. Le discours est connu mais le ballotage est favorable.
SKX (21/06/2002)
CARLISLE
" functions of several variables " - 7"
Boxcar 00
Le début est déroutant ! Imaginez un canard dont la queue s'est coincée dans une porte et criant toute la douleur du monde dans un duo touchant avec une voix somme toute normale !! Une voix supra-aïgue et criarde que c'est pas permis, qui fait sourire plus qu'autre chose et rappel Spirit Of Versailles ou Saetia. Derrière, la musique suit ces deux précédentes références, reste classique, dans une lignée emo-core à peine énervée, production sans grande envergure. Un petit 45trs 4 titres juvénile avec les moyens du bord. Le canard a encore des plumes à perdre s'il veut pas finir à la casserole !
SKX (02/06/2000)
CATHARSIS/NEWBORN
" split 12 " - 12
Scorched Earth Policy 01
Une partie de franche rigolade qui nous attend là! Catharsis, depuis leur matraquant album "Passion" n'avait donné signe de vie. Avec eux et leur style de vie très en marge, on ne peut jurer de rien! Et là, ils reviennent avec de la bombe sous le pied! Un seul titre mais dix minutes de ravage. Ils nous font la totale, se lâchent, explosent, infiltrent toutes les émotions possibles. De l'atmosphère Neurosis avec le piano en intro sur fond de manifs à la cavalcade effrénée purement asphyxiante, ce morceau, c'est la tuerie. Une montagne avec des descentes vertigineuses et une montée finale qui n'en finit pas par l'intensité imposée. Catharsis repoussent ses limites. Ce "arsonist's prayer" exauce toutes les prières, aussi sombres soient elles. Avec Newborn, on atterrit en Hongrie. La famille musicale est similaire mais Newborn s'y dirige sans détour. Quatre titres d'un hardcore pure et rugueux, à l'imagination et l'intensité moins débordante. Classique, bien foutu mais prévisible et limite à certains moments. Et tellement périlleux quand vous venez de vous en prendre plein la tronche avec Catharsis et que leur mélopée funeste et anarchique résonne en vous encore comme un bon vieux souffle de révolte!!
SKX (27/11/2001)
CHAMPAGNE KISS
" dancing in the pockets of thieves " - CD
Troubleman 01
Camera Obscura étant arriver en bout de bande, deux d'entre eux se reconvertissent dans le spiritueux, s'accompagnent d'un ex-Johnny Angel et reprennent le bout de la lorgnette, là où la Camera avait tout laissé tomber. Epuration au passage. Par la porte le batteur, bonjour la boite aux rythmes. Le clavier bien en phase avec son époque, une demoiselle fièrement debout derrière. Deux solides gaillards pour la six et la quatre cordes, sévèrement tatoués. Le bouchon peut péter. Le champagne couler à flot. Gloire à ce nouveau cru ou année creuse? La robe à première vue reste la même. Toujours cette arrière goût d'années 80, cet aspect délicieusement noisy qui enveloppe les mélodies. Et des nerfs trempés dans le hardcore pour l'accompagnement, ce curieux mélange décalé entre une certaine froideur et une haute énergie, ce mélange de cris et de voix féminines. La cuvée est bonne, ça passe bien en bouche. Les ingrédients sont connus et les vignerons connaissent leur boulot. Mais une fois les premières gorgées descendues, il reste comme un goût de déjà entendu. Des bulles avariées qui remontent à la surface et qui ne surprennent plus. Depuis the VSS, la cuvée a du mal à décoller et manque de piquant. Champagne Kiss en est toujours à se torcher la même bouteille. Ils ont beau s'essayer à une approche plus expérimentale et bidouilles sur certains morceaux, il va falloir nous attacher pieds et poing liés pour nous faire avaler ça cul sec sans sourciller. Champagne Kiss, appellation contrôlée et dégustable tout de suite. En passe de se transformer en clairette si surexposition et sans recherche de nouvelles terres fertiles.
SKX (17/01/2002)
CHEER-ACCIDENT
" Gumballhead the cat " - CD & Comic
Skin Graft 03
Retour aux sources pour Skin Graft. Le fameux label de Chicago nous ressort comme au toutes premières heures (en gros, ça fait 15 ans) une bande dessinée, l'origine même de Skin Graft (comic zine avant d'être (re)connu comme label) accompagnée d'une bande-son sur CD, composée par Cheer-Accident. L'histoire d'un sale chat de gouttière, Gumballhead, un vrai p'tit dur des banlieues, fumeur de hascisch et bagarreur de première. C'est tout en anglais mais pas la peine d'avoir été fille au pair au fin fond du Kansas pour comprendre cette histoire de truands. Les dessins de Rob Syers (un des deux fondateurs du label avec Mark Fischer) tout en noir et blanc sont suffisamment explicites. Quant à la musique (on est quand même là pour ça), c'est loin d'être aussi évident. En étant poli, je dirais que c'est de la musique improvisée pas facile d'accès. Sauf que ça m'a pas l'air si improvisé que ça. Si je suis de mauvais poil (et faut pas me chercher), je dirais que c'est imbitable et chiant comme un reportage de Chasse et Pêche (je regarde ce que je veux). Et bizarrement (pour une bande-son), l'atmosphère dégagée par cette musique ne colle pas vraiment aux dessins. Des compostions limite joyeuses, voir exotiques, légères alors que le comic est plutôt hémoglobine et pain dans la tronche. Loufoque certes mais bien noir quand même. Cheer-Accident (ou plutôt ce qui ressemble à du Cheer-Accident) s'écoute un peu jouer, trifouille, cafouille, arrive de temps à autre à créer une ambiance un peu singulière et inquiétante, puis replonge dans des travers incompréhensibles et vide de sens. Faut p'tête fumer du hakik comme Gumballhead pour apprécier ce rock débridé mais je garantie pas pour autant le good trip. Et ça serait bien triste ! Pour l'objet.
SKX (29/12/2003)
CHEER-ACCIDENT
" salad days !! " - CD
Skin Graft 00
Pour être franc, Cheer-Accident n'était à ce jour qu'un vague nom entrevu dans quelques fanzines méritant. Il a fallu que leur nouvel album sorte sur Skin Graft records, un label qui compte depuis quelques années, pour que la musique de Cheer-Accident vienne flatter mes oreilles. Au bout de 12 ans et de leur 8ème album (ne pas répéter trop fort). Pourtant, pas des inconnus débarqués par accident. Principal instigateur, Thymme Jones, figure emblématique de la scène de Chicago derrière des projets renommés (Brise-Glace, Gastr Del Sol, Yona-Kit, Illusion of Safety) et Dylan Posa (The Flying Luttenbachers, Tony Conrad). Et un(im)mortel, Phil Bonnet, l'âme du groupe disparu un jour avant le début de l'enregistrement de cet album qui a bien failli rester au fond du tiroir. Mais la flamme persévère et à défaut de vous narrer les précédents épisodes et de vous faire des essais comparatifs avec le reste de leur œuvre, je vous convie à un bon bol d'une salade rafraîchissante. Pour planter le décor et faciliter l'approche, on pourrait dire que la musique de Cheer-Accident est un résumé et une extension de tous leurs projets parallèles. Avec cette continuelle envie d'expérimenter et d'aller de l'avant en leitmotiv commun. Cinq morceaux qui cuttent au bout de 53 secondes ou s'étirent au delà du quart d'heure. Un groupe de non-pop, une façon bien à eux de poser des mélodies décalées, de répéter les structures, de pénétrer par la petite porte de l'étrange, de diffuser des airs entêtants un rien malsain et sombre. Pas d'overdose de bruits mais une instrumentation à coup de casio, harmonica, trompettes, de bandes enregistrées autour de guitares minimalistes et inventives et de rythmes à trois pattes. Un songwritting subtil, tout en dissonances légères. Une musique atypique, mixé par l'incontournable Albini qui abandonne un instant ses gros sabots. Ca s'écoute sur la longueur, par couches successives. Ca donne furieusement envie de rattraper le temps perdu, temps qu'on perdra encore plus dans la recherche de leur impossible et obscurs premiers albums....
SKX (23/01/2001)
CHEVAL DE FRISE
" Fresques sur les parois secrètes du crâne " - CD
Ruminance 03
La suite des évènements a été longue. Et comme toute attente, propice à tous les espoirs et craintes les plus diverses. Surtout que le premier chapitre avait fait l'effet d'une véritable petite bombe et que ce deuxième volet de l'initiatique duo bordelais était attendu au tournant. Trois ans de gestation, un changement de label, une écriture étalée, Cheval de Frise s'est accordé le temps de la réflexion. La terre remue, le souffle du changement. Que ceux qui attendaient un bis repetita du premier album en sont pour leur frais. On a beau retrouver les mêmes ingrédients, guitare acoustique et batterie, la texture a changé. Dans leur quête de recherche perpétuelle, Cheval de Frise a singulièrement compliqué le mouvement. Finis les morceaux nerveux qui vous ensorcellent à la première écoute. L'évidence n'est plus de ce monde. Le contour est ondulant. Si les sonorités de la guitare ne nous sont pas étrangères, le dialogue s'épaissit, entre courtes envolées mélodiques et tissage savant et déroutant. Des fissures nouvelles se forment. La batterie est un électron libre, son chemin parcouru si sinueux qu'il est inutile de chercher à comprendre quelquechose. Et on se demande au passage pourquoi la grosse caisse retentit autant dans un décor si aérien…. Des morceaux devenus narratifs, des silences plus marqués, une alchimie qui donne le vertige pour un discours dans lequel il est bon de se perdre une fois les repères pris peu à peu. Des stridences qui viennent étoffer le quotidien et l'instrumentation habituelle. Qui reviennent sur " phosphorescence de l'arbre mort ", pimentées par un semblant de voix lointaine et inquiétante. Cet album a quelquechose d'intemporelle. Sans accroche, troublant et au sens caché. Un truc qui s'enroule autour de votre conscience et prend possession de vos défenses. La décomposition, la mort et toute la vie qui va avant. La fluidité du geste, une tristesse latente, une ancienne trace d'angoisse. Cheval de Frise évolue vers des sphères nouvelles, le temps du mûrissement. Et si ce dernier album n'a pas toute la fraîcheur et la spontanéité du premier, il n'en demeure pas moins un objet rare qui fera son trou par sa propre force mystérieuse.
SKX (04/02/2003)

CHEVAL DE FRISE/RROSELICOEUR
" l'agonie dans le jardin / no twist at the end " - 7
Ruminance 01
Vinyl jaune. Pochette transparente. Trois gros doigts tous sales pour un split single qui va laisser une empreinte bien agréable. Le duo, le groupe, le truc du moment, c'est Cheval de Frise. Toujours guitare acoustique énervée et batterie qui file des varices. T'en meurs dans ton jardin. Ce morceau, c'est la classe, c'est comme leur album. Ne passez pas à coté de Cheval de Frise! Avec Rroselicoeur, je découvre. Un trio de Reims, lui aussi instrumental. Les éléments rentrent en action peu à peu. La pièce musicale se dessine lentement. Il est question de piano, de batterie, de boucles, de mélancolie, de tensions qui grimpent, d'électricité qui se lâche, de contenue malgré tout. Godspeed You Black the Black Emperor! en ligne de mire. Mais leurs armes, leur sensibilité bien à eux pour un titre qui frappe juste et qui en appelle d'autres... Excellent split où on cause qualité musicale en toute simplicité.
SKX (15/05/2001)


CHEVAL DE FRISE
"s/t " - CD
Sonore 00
Une incidence de musique. Une rencontre heureuse entre une guitare acoustique et un batteur, aux environs de Bordeaux, une rencontre qui n'a besoin de mots pour s'exprimer. Le langage de ces deux instruments se suffit, se complète, s'emmêle, tisse des liens tout à tour fluides ou à contresens. La musique de Cheval de Frise au grand galop, de folles embardées vers l'avant avec cette je-ne-sais-quoi touche de classicisme, à l'image de leur pochette rétro et ces noms de morceaux fin de siècle (''Langue hasté'', Incliné et chenu'', ''Un pont et des eaux noires limoneuses''). Un mariage de feu entre les gammes acoustiques de hautes volées d'une guitare branchée sur le courant alternatif, entre les compliqués Gastr Del Sol et les sautes d'humeurs d'un Don Caballero. La batterie suit les mouvements, insuffle une énergie hardcore ou apprivoise les silences, discrète et aérienne. Des pointes de mélodies qui jaillissent, du rythme, c'est enlevé et concis. Un exercice impressionnant sans démonstration aucune. Juste une guitare et une batterie j'vous dis, une putain d'énergie et un souffle épique qui emporte l'adhésion. Un galop d'essai des plus réussi.
SKX (16/11/2000)
CHEVREUIL/ROOM 204
" s/t " - split 7"
Ottonecker / Effervescence 03
Nantes fait front. Alors (à l'heure) où les duos se ramassent à la pelle, les chevronnées Chevreuil passent à trois. Formule intérimaire ou contrat à durée indéterminée, l'adjonction de ce second guitariste donne en tout cas de l'épaisseur et du naturel qui revient au grand galop. Un "commando" (c'est le titre du morceau) qui donne de l'ivresse et ouvre des portes à leur math-rock-noise en mal d'horizon. Je vote pour le CDI. Room 204 reste à deux mais fait autant de raffut. Un "purmoket" qui ne la fume pas. Bien au contraire, Room 204 parti au Black Box studio à Angers avec Peter Deimel aux manettes, revient avec force et conviction. Musique en pleine effervescence qui se donne de l'air et de la marge vers un style tout en alternance mais définitivement plus rock, noise et tranchant. No spleen dans ce split parfait d'osmose et tourner vers l'avenir.
SKX (31/12/2003)
CHEVREUIL
" sport " - Lp
Ruminance 01
Flexion. On nous promet du sport. Chevreuil. Duo original et rencontre osée entre une guitare et une batterie. Tout ça du coté de Nantes. A mi-chemin entre l'exercice individuel et le sport co. Rotation. Equilibre précaire naviguant entre deux bornes que tout le monde se plaît à reconnaître comme étant Storm and Stress et Shellac. Storm and Stress pour la guitare, sa libre expression, ses notes éparses, ses boucles qui s'empilent, qui tournent en rond et finissent par lasser parfois à trop se ressembler. Shellac, c'est pour la batterie, vous l'aurez compris. La charpente, solide et souple à la fois, le tonus, la vie, ce à quoi on se raccroche. Qui pète à la tronche plus d'une fois. Musique minimaliste pour sûr, expérimentale, où la symbiose guitare-batterie reste à perfectionner. La guitare notamment qui mériterait d'exploser un peu plus, d'être moins discrète. Ca joue parfois chacun dans son camp. Lâcher la bride. Le champ d'investigation reste large, les ressources multiples. C'est prometteur mais on attend que ça éclate de l'intérieur, de la vie, de la sueur pour que, vraiment, il y ait du sport et qu'on en perde vraiment notre souffle.
SKX (10/04/2001)
CHEVREUIL
" ghetto blaster " - CD
Ruminance / Ottonecker 01
Chevreuil, jeune animal nantais dont le troupeau se résume à deux unités (guitare électrique et batterie) sort une nouvelle fois de sa réserve avec ce deuxième album au titre flinguant "ghetto blaster". Les travaux de la veille (leur précédent album est encore tout frais) sont repris là où on les avait quittés. Les deux bornes comparatives Storm and Stress et Shellac sont toujours d'actualité. Mais Chevreuil sait peu à peu s'en distancer et étoffer son travail. La batterie se fait plus mouvante et moins frappante comme un coup de trique. Le dialogue avec la guitare gagne en fluidité. Quant aux constructions de la guitare, c'est par couches successives qu'elle tisse sa toile. No overdubs comme ils prennent soin de le préciser. Tour à tour mélodique ou répétitive, par superpositions et pédales delay, elle capte ou perd l'auditeur en route. Des compositions qui optent pour un chemin périlleux, qui illuminent votre route mais qui peuvent aussi se révéler casse-gueule et vous donner l'impression d'être dans un labyrinthe sans fin. L'intérêt ainsi fluctue en route. Entre passages réussis, débuts de morceaux prometteurs et d'autres où on aimerait qu'ils se passent quelquechose, que violence se fasse, que les promesses aperçues ne se dilues pas en route. Une tension crée, sous-jacente, crispante. Le chemin est là, on hésite encore à s'y engager franchement mais l'attirance est pressante. Le premier album est d'un seul coup très loin. Le chevreuil est un animal à la mue lente mais sûre.
SKX (11/12/2001)
CHEVREUIL
" Chateauvallon " - CD
Ruminance / Ottonecker 03
Prolifiques Chevreuil. Troisième album en pratiquement autant d'années. Le duo guitare-batterie nantais a le vent en poupe. Tellement fort qu'ils ont franchis l'Atlantique pour atterrir à Chicago et se payer les services de Steve Albini himself. Bigre ! Et ça s'entend dès le premier coup de baguette asséné. Ce son inimitable de la batterie, qui enfle, net, ample et orgueilleux. Ca va chauffer du bois sec ! Sauf que la recette ne se modifie guère. De pédales delay en boucle en couches superposées, la guitare tisse sa toile, coince des bouts de mélodies entre ses cordes, se transformant en courts instants en riffs qui tuent. La batterie dessine ses carrés, pose son jeu sans perdre de sa force pour gagner en fluidité, toujours plus, avec son compère le guitariste. La marque de fabrique de Chevreuil est désormais bien connue. Avec toujours ce coté froid et cette retenue dans le dernier geste. Le mystère du château sans doute. La visite est courtoise et agréable. Avec ses pièces remarquables et des chambres secondaires. De là à en faire une demeure éternelle, il y a un pas que je ne franchis toujours pas.
SKX (26/08/2003)
CHISEL DRILL HAMMER
" s/t " - CD
Hefty records 99
L'instrumental a encore de beaux jours devant lui. Enième groupes US dont le chanteur est resté sur le carreau, CDH est plutôt du genre élève calme de la promotion. Rien à voir avec les fougueux Don Caballero, même si le degré de technicité reste élevé. Ca déroule peinard, les sauts d'humeurs rares, sans donner dans le mou. Jazzy sur les bords. Mais juste sur les bords. On aimerait parfois plus de nerfs, histoire de se dégourdir les jambes. De la retenue et de la classe, voilà ce que nous propose ce jeune groupe. Et c'est ma foi pas désagréable....
SKX (19/10/1999)


THE CHROMATICS
" Chrome rats vs. Basement ruts " - CD
GSL 03
Chromatics, à coup de trique, un pied dans le punk des années 80 qui sommeille chez beaucoup de groupes américains actuels, l'autre dans le fondement de John Spencer pour lui soutirer du cocotier ses derniers leurres d'énergie brute. Chromatics, c'est pas fait pour polir les angles, c'est sec et ça gratte. Une basse dont l'écho résonne encore longtemps une fois raccrochée. Dub vous avez dit ? Oui, mais dub à chien alors ! Le patron de la casbah. Compos décharnées, derniers soubresauts avant extinction des feux. La vibration d'un enregistrement live, maigrelet mais affûté comme un coyote affamé. Chromatics a le blues déchirant, la maladie des villes, livides, blancs filasses à blousons noirs, fracas des voix ou carrément dans le caniveau après le dernier verre/joint au choix. Seize morceaux près de l'os, la quintessence, sucer jusqu'à la moelle de leurs aïeuls, juste pousser encore un peu plus loin. Merveilleuse danse macabre qui pèle le jonc le temps d'une saison. Pas de quoi crier au loup non plus.
SKX (10/11/2003)
COLOSSAMITE
" economy of motion " - Lp
Skin Graft 98
Eclatant un style d'un premier album déjà fortement secoué, ce quator de Minneapolis est un fil électrique furieux qui fouette nos sens entre sprints cacophoniques tendus et un désespoir sans rien d'artificiel. 3 guitares et quelques bidouillages plus tard, la sensation qui ne nous a jamais quittée - mais la pression externe est forte - de détenir un disque noise décisif. La sensation que les pôv types qui s'évertuent à suer sur leurs manches de guitares savent encore en tirer inventivité et explosion brûlante. Rien que ça vous redonne le sourire pour 10 ans, ça dépasse tout débat. La guerre des machines n'aura pas lieu. Si vous aviez un doute sur l'avenir de la noise, écoutez Colossamite !!
SKX (01/05/1999)

COMBAT WOUNDED VETERAN
" Duck down for the torso " - CDEP
No Idea 02
Quelle ne fut pas ma surprise en écoutant ces quatre titres! Je suis loin d'être un spécialiste du Combat Wounded Veteran. Leur discographie est pléthorique et parsemée sur une multitude de labels obscurs. Mais allez savoir pourquoi, je gardai de ce groupe américain une image/cliché de " petit groupe punk/hardcore bourrin " sans grand intérêt. Alors j'avoue mon ignorance ! Je ne sais pas si évolution phénoménale il y a ou pas. Mais ce dont je suis sûr, c'est que ces 4 titres sont monstrueux. Un son percutant, ça joue dans la cour des grands. Leur hardcore/noiserock est sombre, n'emprunte pas les chemins habituels. Ca navigue pas loin de Pg 99, Playing Enemy ou Gob. De grosses lignes de basse vous font valser. Le dernier morceau vire carrément expérimental. Incisif, costaud sans être abrutissant, ce CDEP est une révélation. Je fais mon mea-culpa et vais de ce pas tenter d'écouter plus attentivement leur passé tout en guettant avidement leur futur !
SKX (08/11/2002)
CONEY NOISE
" ensuing and preceding " - 10
12 Pylons records 98
Neurasthénie. C'est le 1er mot qui vous vient direct à l'esprit. Quelque Chose comme de l'abattement ressort de ce 5 titres. Où tout est sous-jacent, exprimé à demi-mot. D'eaux troubles entre noise minimaliste et rock moderne allemand tel qu'on l'entend du coté de Kollaps Musik. Un disque d'ambiance avant tout. Plus proche de l'implosion que de l'explosion. Un charme troublant et terriblement accrocheur pour un enregistrement énigmatique, hors du lot.
SKX (20/04/1999)

CONVERGE
" jane doe " - CD
Equal Vision 01
Quelquechose d'insolemment sauvage. Les trois premiers titres viennent à peine de s'écouler (comme la lave peut se répandre), je suis déjà sur les genoux. Mon atmosphère enflammée. Converge, déjà icône de son vivant, déjà référence pour toute une meute de suiveurs qui n'attend qu'un faux pas de leur maître pour le piétiner sans pitié. Pas de sursis! Mais dans ce tumulte copulent, Converge montre des ressources. Sur cet album, c'est toute la panoplie convergienne qu'ils nous fourrent sous le nez. Bien chaude et variée. L'équation idéale entre les envolées timbrées à la Today is the day, perverses et maladives, et un hardcore, l'essence du hardcore, direct, sans fioritures, les doigts dans la prise mais jamais simple. La surchauffe, la panique. Converge magnifié, encore mieux, encore plus haut, plus fort, complet et haletant du premier au dernier morceau. A l'efficacité redoutable. Où on aurait pu craindre une surenchère de torture mentale, la multiplications de rythmes et que je te fais un contre-rythme et que je te berlificote des parties différentes à n'en plus finir, mais Converge a su garder le cap. En ajoutant une dose d'urgence et de folie. Je sombre au plus profond de cet amas compact et jouissif. Du grand art que cet guérilla.
SKX (07/11/2001)
CONVERGE/HELLCHILD
" deeper the wound " - Lp
Bastardized 01
Pour faire débourser le fan qui sommeille en vous, le label allemand Bastardized a eu la bonne ou malheureuse idée (tout dépend de quel coté de l'enclume on se situe) de sortir ce split album avec les très coté en bourse Converge. De chaque coté, un seul inédit (dont celui de Converge qu'on retrouve sur leur nouvel album!). Une reprise. Depeche Mode pour Converge. Bulldozer pour Hellchild. Et des morceaux live. 3 pour les Amerloques. 2 pour les Japs. Faites vos comptes. Les jeux sont faits. C'est bon, t'es déplumé! Surtout que la face Hellchild n'usera guère mon saphir. Leur grind-hardcore, malgré l'inédit pas inintéressant, tâche pour pas cher et racle les fonds de casseroles. Avec Converge, l'objet du délit, l'inédit, même s'il reste excellent, ne le restera donc pas longtemps. Avec la reprise de Depeche Mode, lente et surprenante musicalement par rapport à la panoplie habituelle de Converge, on n'a pas de quoi se rouler par terre non plus. Par contre, les trois live frappent juste et fort. Le son est là. Une bonne suée en attendant une prochaine visite. De ce split qui sent le réchauffé, il reste le graphisme signé de l'excellentissime Derek Hess, bien diabolique avec le disque tout en couleurs tacheté rouge gouttes de sang. Et le type sur la pochette qui se fait tiré dessus, ça serait pas un peu nous qui nous serions fait entubés...? (www.derekhess.com)
SKX (17/10/2001)
THE CONVOCATION OF...
" s/t " - Lp
GSL 00
Convocation pour un énième nouveau projet. Tonie Joy, boss de Vermin Scum, avec une carte de visite grande comme ça : Born Against, Universal Order of Armageddon, The Great Unravelling. Que des groupes dignes d'intérêt. Et son nouveau trio ne déroge pas à la règle. On retrouve cette même capacité à créer des climats au calme apparent, façon UOA, à la sourde tension, aux montées vénéneuses. Sauf que exit les relents de vomissures punk, le droit au but dans ta face. Un format rock-noise. La part du lion à la guitare. Bavarde, omniprésente qui s'intrique, soutien le projet et s'appuie sur une rythmique solide. On ne verse jamais dans le rouge, plûtot tendance à rajouter une couche d'arpèges supplémentaire, à garder un aspect impénétrable et touffu, sans éviter quelques longueurs et notes en trop. Une masse compact et riche à l'intérieur. Ya pas à s'en faire, c'est du costaud et du bon. Tonie Joy garde le fil conducteur tout en proposant du neuf sous la dent. On en a connu des qui vieillissent plus mal !
SKX (13/03/2001)

THE CONVOCATION OF....
" pyramid technology " - CD
Tiger Style 01
Le fameux Tonie Joy (au petit jeu des ex-quelquechose, il est sur le podium, jugez plutôt : ex Moss Icon, Born Against, Universal Order of Armaggedon pour ne citer qu'eux!) revient avec sa bande d'indécrottables rockeux. Leur précédent et premier album était fort séduisant. Mise à part quelques - rares - touches psychédéliques, cet album était convaincant de bout en bout. Hélas, c'est ce coté qu'ils ont décidé de mettre en avant sur ce 2ème album! Ca commence en fanfare par une bonne vieille pédale wah-wah qu'il n'abandonnera... qu'à la fin du 9ème et dernier morceau! Et quand il est pas de la pédale, Tonie Joy abuse de la guitare, de soli toujours limite et de parties de guitares dans l'ensemble pas très bien inspirées. La section rythmique derrière pourtant assure, bien sauvage et brute, tire vers le haut. Les morceaux sont pas foncièrement mauvais... On peut pas dire ça... Certains comme "crimson king's deceit" ou "eternal dreamtime" méritent même une forte mention. Mais ya toujours un moment où le Tonie Joy se prend pour Hendrix et là, c'est le gâchis. L'aide d'une chanteuse sur "recognize" ne sauve rien. Bien au contraire. De débuts noise-rock très prometteurs, Convocation of... vire à un rock psyché qui se veut primaire, à un Come au masculin et besogneux. C'est pas avec ça que Tonie Joy continuera à laisser son empreinte dans le monde du rock où il semble qu'il aimerait enfin qu'on lui reconnaisse ses talents de guitariste. Ca sent le vieux sous ses allures de djeuns!
SKX (20/11/2001)
CORNUCOPIA
" s/t " - CD
Autoproduction 00
Le vide, rien de corrosif, même dans le sommeil. Ca s'annonce pesant. Gros grains des guitares. Rythmes qui s'enfoncent. Voix grêleuse. Le départ soulève l'intérêt. Pas de quoi s'exciter le manche, mais on se dit pourquoi pas. Et pis, peu à peu, ça dérape, ya un solo qui arrive, les riffs se font de plus en plus gras, ça s'enlise sévère. Ce qu'on prenait pour du rock-noise bâtard dérape vers du grunge graisseux et si on repasse parfois du bon coté de la barrière, celle qu'on veut bien se fixer soi-même, la dose prescrite est dépassé depuis longtemps et l'abandon du camp inévitable. L'Allemagne nous a déjà donné beaucoup mieux et ce trio tout sous la main pour nous offrir autre chose que cette mélasse.
SKX (26/09/2000)
COUNTDOWN TO PUTSH
" handbook for planetary progress " - CD
The Mountain Cooperative 99
(c/o Countdown to Push PO BOX 3146/Steinway Station/Long Island City 1411103/USA / countdowntopush@yahoo.com)
Elément nécessaire. De l'écriture à la source sonore, Countdown to Push allie le verbe et la musique dans un livre-CD, papier recyclé forcément. On ne sait si c'est la partie écrite qui est le prolongement du propos musical ou inversement, mais les deux se complètent à merveille. Une cinquantaine de thèmes abordés par ordre alphabétique, un peu de discipline merde et l'embarras du choix. La famille, la cigarette, le capitalisme, le straight-edge (et ils sont 'dans plutôt à fond), la sodomie (n'a aucun rapport avec le thème précédent), le vélo ou Frank Zappa. Opinions personnelles et engagées cher au mouvement hard-core dont est issu ce groupe. Le droit de réponse existe et ils vous engagent vivement à l'utiliser. Et la musique dans tout ça ? Eclatée répondrais-je! Et très ouverte, c'est pas pour me déplaire. Une base hard-core/emo mais fine et fracturée par des fulgurances free-jazz, des saxos qui partent en liberté, un didgeridoo au souffle apaisant, une guitare sans dissonance, un chanteur qui n'est pas venu pour rien, énervé ou en mode narratif dans une même seconde prolongée. Original et rafraîchissant dans l'approche, 11 titres à contre-courant. Et en guise de fin, une longue interview d'un certain Jafar S. Hamzah, un Indonésien militant pour qu'on cesse, en gros, de casser les couilles à son peuple qui a le droit au respect comme tout le monde! Je sais pas si ce " livre va faire progresser la planète " mais s'arrêter pour réfléchir un instant en écoutant une musique adéquate ne peut pas faire de mal!!
SKX (27/12/1999)


COUNTDOWN TO PUTSH
" ideas for the living and willing to act " - CD
Ebullition 01
Countdown to Putsh, c'est la tête et les jambes. Le nerf de la guerre et le chant de la dernière chance. La musique pas que pour le plaisir de la musique. Après un premier CD livré avec un livre glossaire sur leur quatre vérités, ce trio de Long Island revient avec un 2ème album enfoui au milieu d'un copieux fanzine. La résistance américaine au grand jour. Paru avant les attentats du 11 septembre, Countdown to Putsh ne manque pourtant pas d'épingler l'impérialisme américain, la crétinerie de leur président, la peine de mort, le libéralisme et autres sujets à la mode. A travers des essais, commentaires politiques ou interviews, le sérieux dévore ces pages mais ne s'épargnent pas un peu d'humour sur fond de parodies et de photos détournées bien senties. Avec, pour l'anecdote, quelques chroniques de disques, mais uniquement des albums dont l'enregistrement n'a pas excédé six jours! Countdown to Putsch est un groupe viscéralement hardcore, aux opinions bien tranchées. A prendre ou à laisser. Et la musique est indissociable de l'écrit. Mais c'est loin d'être prévisible comme certains de leurs commentaires. Countdown to Putsch fait preuve musicalement d'une grande ouverture d'esprit. Si la base est h ardcore, école Fugazi, un hardcore sec et nerveux, presque minimaliste mais très virulent, ces 15 titres s'écartent régulièrement d'un chemin que l'on croyait tout tracé. Faute à des cuivres (trompette et saxo) dans lesquels soufflent avec passion les trois membres du groupes. Faute à un esprit expérimental et contradictoire qui aime casser les structures et les conventions. Ca éclate dans tous les sens, entre véhémence et parties fines, entrecoupé de discours, histoire d'en rajouter une couche si vous avez oublié de lire le zine. Un hardcore très hybride, plein de cris et de soupirs, de stridences et de culot. Countdown to Putsch se démarque singulièrement des productions actuelles et rafraîchit l'air en attendant la prochaine révolution....
SKX (27/11/2001)
CRAVING
" The European Trick " - CD
blu Noise (Lp version by Blurr records) 00
N'y allons pas par quatre chemins. Surtout quand ils mènent tous à Chicago ! CRAVING, pas à son premier essai, est Allemand et sur ce nouvel album, laboure les terres de Jesus Lizard et Shellac. Un faisceau lumineux balayant des terres conquises jadis par des troupes en bout de courses désormais et eux, sur l'extrême rebord, persiste, joue les équilibristes mais torche d'un revers de main les influences, toujours trop encombrantes hein et au diable, c'est pas ça qui va les empêcher de faire du bordel. Donc Craving s'en tire à bon compte, trouve ses propres mélodies malgré des sons de basses connus et des airs de batteries déjà rythmés. A l'heure où Jesus Lizard a mordu la poussière et où Shellac tourne en rond, on aurait bien tord de bouder un plaisir simple et efficace !
SKX (17/07/2000)

CRAW
" bodies for strontium 90 " - CD
Hydrahead 02
Le retour de l'enfant prodige. L'impensable miracle auquel on ne croyait plus. Le groupe culte par excellence, qui sème dans l'ombre et ne récolte que des courants d'air. Car si Craw va apparaître à un grand nombre de personnes comme un nouveau groupe débarqué de nul part, les plus vieux d'entre nous vous radoteront sur le ton de l'admiration combien Craw est grand, comment Craw est monstrueux et draine dans son sillage une secte restreinte mais fidèle et dévouée à leur cause. Ainsi, il n'est pas surprenant de les retrouver sur le label en vogue Hydrahead. Ces petits gars de Boston ont sûrement leurs disques en chevet. Nombre de groupes qui font les choux-gras de la scène hardcore (au sens large), Botch en étant un des plus beaux fleurons, ont sûrement écouté un jour ou l'autre ce groupe de Cleveland. Et demandez à Oxes à l'occasion ou feu-Unwound ce qu'ils pensent de cet obscur groupe!! Tout le monde les connaît mais personne n'en parlait, de peur que ce joyau ne vienne leur faire de l'ombre! Même l'apôtre de la noise n'y coupe pas. Steve Albini, producteur de leurs trois premiers albums, a pour eux les yeux de chimère.
Tout a commencé en 1993 avec un 1er album autotitré. Puis l'année suivante avec "lost nation road" et "map monitor surge" en 1997. Depuis, silence radio. Il aura fallu un split 45 avec Sicbay fin 2001 sur Obtuse Mule pour que l'espoir renaisse. Entre temps, un groupe en suspend. Un guitariste sur les deux fait ses bagages. Un batteur, la machine infernale Will Sharf, qui patiente au sein de Keelhaul. Anxieuse attente au cours de laquelle on se demande à quelle sauce Craw va nous dévorer. Et puis le fardeau tombe. Nous ne rêvons plus. Craw est bien là, bien conscient, tout autour de nous. Affûtés jusqu'à l'os. Craw n'a jamais été avare de son temps. Les compostions avaient l'habitude de dépasser les cinq minutes. Les albums approchaient de l'heure. Cette fois-ci, Craw se concise, revient au pas de charge. Cinq années de silence et le couteau entre les dents. Ne plus perdre de temps. Craw, une usine complexe où on retrouve pêle-mêle de façon unique : le meilleur de la noise (Jesus Lizard, Dazzling Killmen, Rapeman), l'énergie du hardcore, une architecture ambitieuse, progressiste, de longues montées d'adrénaline, des murmures stressants. Une part d'ombre. Un bloc mystérieux. Cette fois, Craw raccourcit son propos. Mais l'affolante dynamique, dont le batteur est la pièce maîtresse, continue de nous mettre à genoux. Un sens du rythme tout en puissance et en finesse, véritable tour de force. Une guitare disparaît, encore faut-il le savoir! Une qui plaque le rythme. L'autre mouvante et perfide. Et Joe Mctighe, chanteur qui mime la folie, fait le yoyo entre les aiguës et la gravité d'un propos décousu. Craw a élagué ses passages dangereusement calmes pour ne garder que le nerf. Le son compact (par Bill Korecky) n'a rien perdu de son ampleur. Au contraire. Bref, l'attente n'a pas été vaine. Après deux albums sur Choke Inc., un troisième sur leur propre label (Cambodia), mon tout étant très mal distribué et en faillite, espérons que ces leaders méconnus profitent de leur venue sur Hydrahead pour enfin connaître le succès et la reconnaissance qu'ils méritent. Espérons également que ce groupe prennent enfin la route pour des tournées plus nombreuses qu'à l'accoutumée. Un groupe très occupé professionnellement, dont les apparitions sont rares, y compris aux Etats-Unis. Ne vous demandez plus pourquoi personne ou presque ne les connaît! Alors, en attendant une hypothétique venue, foncez sur leur discographie et bouffez votre CRAW quotidien. Amen!
SKX (19/09/2002)
CRAW/SICBAY
" space is the place / challenger " - split 7
Obtuse Mule 01
Pas de précipitation sur le jugement dernier! Car si ce split single vient juste de sortir et marquait le retour officiel de Craw après trois ans de silence, ce morceau a été enregistré à l'époque où Craw comptait dans ses rangs deux guitaristes. Avant que l'un deux ne fasse orphelin l'autre. Pour connaître le nouveau cru de Craw, il faudra définitivement attendre l'album sur Hydrahead. Qui, comme toutes les bonnes choses, sait se faire désirer! Patience donc avec cet inédit qui n'est pas un fond de tiroir. Un bon vieux Craw des familles. Fier et pétaradant. Les princes du noise-core. Sicbay présente des symptômes similaires. Un titre enregistré à l'aube de leur vie. Là où tout était urgence et bruit. Un grand morceau de Sicbay avant que l'album ne les montre sous un visage plus mature mais tout aussi intéressant. Une belle rencontre entre monstres sacrés.
SKX (05/09/2001)

CREAM ABDUL BABAR
" the catalyst to ruins " - CD
At A Loss 01
Prendre au sérieux un groupe portant un tel patronyme, c'est pas gagner d'avance. Mais un éléphant, ça trompe énormément et la seule écoute de leur musique suffit de vous convaincre qu'ils ne sont pas les rois de la gaudriole. Ca saigne à blanc. Du volume, de l'emphase, le chanteur a les crocs, ça peaufine les angles avec un synthé pour enrichir la sauce. Et là, au fond du couloir, ne serait-ce pas un brin de cuivre?! Cream Abdul Babar, à l'instar de Breach, est inclassable. Ni hardcore, ni noise, pas tendance mais pas hors-normes non plus. Des relents de Neurosis dans les moments les plus calmes, des couches d'Hell No / Die 116, un réel savoir-faire dans les accroches, le babar est un malin. Il se glisse dans plusieurs peaux mais rend le tout compact et très cohérent. Un groupe finalement bien de son temps. L'espace n'est pas grand mais suffisant, connu mais où le déplacement y est plaisant. Du solide sur lequel on peut foncer tranquillement, le babar est là pour longtemps!
SKX (03/04/2002)
CREEPS ON CANDY
" wonders of giardia " - Lp
Alternative Tentacles 99
Dès les premières mesures, vous savez que vous avez mis les pieds dans un terrain miné où vous allez éprouver moultes jouissances à vous y péter la tronche. Que vous êtes pris à la gorge et que la danse sera trépidante et convulsive. Pour résumer, la facilité serait de creuser un trou pour ce quatuor texan entre Steel Pole Bath Tub et Jesus Lizard avec Jon Spencer comme feu follet rock et sauvage. Un bon dieu de trou! Et surtout n'oubliez pas de bien clouter les planches. Un grand trou rigolard, un putain de bordel pour niqueurs fous, un trou béant, vertigineux, à perdre la tête, prêt à déborder sur les tombes voisines. C'est tellement vivant là-dedans! Ces lignes de basses féroces, ces cris inassouvis, ça respire, ça tumulte! Chaque titre s'enfile et par derrière à une vitesse déboussolante. Pas un seul moment d'ennui, de mauvais goût. Le label de Jello Biafra ne s'y est pas trompé, le jackpot au bout des bras, l'effet de surprise en plus, mettez-y le paquet!!
SKX (15/11/1999)
CRESTFALLEN
" s/t " - CDEP
Robotic Empire 03
Les hauts de hurlevent. Un bon coup de trombone (c'est une image) dans les bronches, des coups de pieds au cul pas perdus pour tout le monde. Crestfallen, hardcore mon amour, hardcore toujours avec un esprit bien punk derrière toute cette rage. Elevé au grain, en pleine nature, Crestfallen n'use d'aucun gimmick actuel à la mode, point de synthés à l'horizon, que du vrai, du pur jus dans une production idéale si on veut pas passer pour des couillons. Dommage qu'un ou deux passages révèlent un amour du metal, ça gâche le plaisir. Pour les addicts du numérique, deux reprises cachées à la fin du CD. Minor Threat le " human fly " des Cramps. Anecdotique mais révélateur de leur univers musical. Simple, efficace, " punk rock " comme ils disent !
SKX (23/12/2003)
CULT OF LUNA
" the beyond " - CD
Earache 03
Un mammouth vient de s'inviter à table. Une puissance occulte d'un autre âge véhicule par tous les pores de ce disque. Cult of Luna, c'est suédois. " The Beyond " est leur second album. Earache, le retour, héberge le monstre. Si les éléments du décor sont répertoriés, Cult of Luna a su transcender le style et offrir un agencement de premier ordre. Neurosis (époque " enemy of the sun "), Breach (époque " it's me god "), inutile d'aller chercher plus loin, sont leurs deux mamelles nourricières, une seule écoute suffit pour s'en convaincre. Et dans ces belles pièces de boucherie, ils n'ont gardé que le meilleur des morceaux. Vous avez le lyrisme sans la grandiloquence. Vous avez la noirceur sans cesse illuminer. La puissance de feu sans l'enrayage des machines. Ces moments de béatitude ou le pire est à craindre. La lourdeur qui fait décoller. Et pour ce genre de bête de guerre, une production qui leur sied au teint, riche et dense, où chaque brin de note, même dans le chaos le plus véhément, vous parvient dans toute sa splendeur. Ca déboule de tous les cotés. Une avalanche de sons ne laissant aucune saleté derrière elle. L'impression continuelle d'étouffer et pourtant, jamais vous n'avez eu autant d'espace pour respirer. Il faut être forcément d'humeur pour s'enfiler ces 75 minutes remplie jusqu'à la gueule mais la délivrance est au bout. Une pure merveille. Le culte de la lune peut commencer.
SKX (18/03/2003)
THE CUTTHROATS 9
" anger management " - CDEP
Reptilian 01
Chris Spencer continue de faire le ménage autour de lui. Exit Dave Curran, déjà bassiste au temps de Unsane. C'est Mark Laramie, second guitariste sur le premier album de Cutthroats 9, qui reprend la basse. Et du coup, la formule trio est de retour. A moins que ce soient les membres qui partent d'eux-mêmes. Fatigués de jouer toujours la même chose. Fatigués de conjuguer à l'infini ses riffs sanglants, ces ambiances oppressantes qu'un beau jour de 1989, un trio de New-York répondant au doux nom de Unsane érigea en sainte bible. A ce rythme là, Chris Spencer va devenir le Joey Ramone de la noise. Et tous ces auditeurs, des vieux cons qui vieillissent mal! Mais voilà, quand on est tombé dedans tout petit, difficile de s'en remettre. Et de ce plat à l'allure indigeste, j'en veux bien à toute heure! Ce nouveau 6 titres continue ainsi de labourer les terres d'Unsane. Ni mieux. Ni moins bien. Juste tout pareil. Avec ce bémol par rapport au 1er album de Cutthroats 9, la musique perd un tantinet niveau son. Sans doute la perte d'une guitare au passage. Pour le reste, je suis toujours à genoux, indécrottable. La chaleur nocturne ruisselle des façades. La sensation angoissante d'être toujours suivi par la même bête. Sans oser, par orgueil, presser l'allure et regarder son passé dans les yeux, tout en souhaitant parvenir au plus vite au bout de la rue, où circule la foule rassurante.
SKX (12/03/2002)
CZAPSKI
" s/t " - CD
Rock'n'roll Charity Hospital 03
Une descente mystérieuse en provenance de Lille. Un bout de carton avec pour seule info un patronyme sur lequel se casse la langue et évoque le lointain. Le voyage risque de se faire dans le brouillard. Treize instrumentaux, impressionnistes, fugaces, qui passent déposer leur petite graine, tout plein d'instruments, mélodica, cordes à pleurer, acoustique, distorsion électrique. Tour à tour, c'est Sonic Youth, Bästard, Yann Tiersen ou Pascal Comelade dans la façon ludique d'approcher certaines compositions. Références clinquantes que Czapski ne fait que titiller. Minimaliste avant tout et fait avec les moyens du bord. Ca regorge d'idées mélodiques, de petits trucs sur lesquels on se raccroche avec plaisir. Ca part dans tous les sens et en même temps, cet album ne s'épargne pas des longueurs. Manque une impulsion, une force centrale qui ferait le lien entre tous ces bouts de morceaux. On reste en dedans, ça ne décolle jamais vraiment. Une musique idéale pour la bande son d'un film à coup sûr expérimental. Un road-movie qui tourne au ralenti dans des couleurs floues et bigarrées. Renseignement pris, un membre de Milgram sévit dans ce projet musical. Un ange passe. Une musique dans le fond. Pas sûr de très bien entendre. Czapski avance à pas hésitant. Un brin de ménage et le fil rouge apparaîtra.
SKX (08/10/2003)
THE CUTTHROATS 9
" s/t " - CD
Man's Ruin 00
On se demande pourquoi. Pourquoi Chris Spencer, guitariste-hurleur d'UNSANE et Dave Curran, le second bassiste de ce mythique groupe, ont décidé de changer de nom de groupe alors que leur musique n'a pas bougé d'un iota, que c'en est confondant de similitudes?! Vraiment je comprends pas pourquoi.... On ne leur en aurait vraiment pas voulu! Mais bon voilà, va falloir faire avec et on ne va surtout pas bouder notre plaisir. Mis à part la pochette, changement de taille tout de même, qui ne fait plus dans le gore mais qui est encore loin de donner dans le romantisme, c'est du UNSANE tout craché. Et du grand cru. Avec un deuxième guitariste pour donner encore plus de consistance. Ca rappellerait presque le Unsane des débuts, les couilles rabattues, le micro au fond de la gorge, les rythmes qui pètent, sinon que l'approche générale dans le son reste un peu plus rock que bruitiste. Bref, Chris Spencer a toujours autant la haine. Et quand on connaît l'histoire qui se cache derrière le morceau "you should be dead", on le comprend.... Un Chris Spencer laissé pour mort sur le pavé viennois en Autriche, il ya 2-3 ans de ça, roué de coups par trois brutes épaisses, sans raisons apparentes. Cassé, brisé, défoncé de partout, ouvert de la tête au rectum pour tout remettre en place, il s'en sortira miraculeusement après un paquet de mois de convalescence. Et la seule chose que lui répéteront les médecins : "vous devriez être mort". Alors si ce Cutthroats 9 est le signe d'un nouveau départ, une façon comme une autre d'oublier ce douloureux passé, il se fait sous les meilleures auspices et on lui en souhaite des biens longues et des biens bonnes encore.
SKX (10/04/2001)

C.Aarmé
Self-titled CD
Burning Heart 2004

Sur la foi d'un seul titre, j'étais prêt à leur donner le bon Dieu en confession ! Sur leur premier 45, " tu puta mi casa " avait tout de la bombe. Un sprint cours et incisif, à reprendre en coeur. Plus qu'à voir si ils étaient taillés pour la route. Après défilement au pas de charge de leurs 15 titres, ça reste leur meilleur morceau. Et de loin. L'étendard mélodique est en berne. A croire qu'ils avaient déjà tout donné sur un seul morceau ! Un rien sévère sans doute. Leur punk-garage au son tout distordu est diablement efficace. Et c'est pas une surprise tombée des cieux d'apprendre qu'ils viennent de signer sur Epitaph pour les USA. Binairement droit devant, C.Aarmé ne s'embarrasse de chicanes qui pourraient entraver leur folle course. C'est diablement simple et c'est bien pour ça que, si vous n'avez pas la bonne petite mélodie, le gimmick qui tue, ça reste bon mais plat. Toujours la même chose. A retenir quand même des morceaux comme " moron " ou " the gag ". Mais emballé tout ça avec un poil de provocation, un chanteur Johnny belle gueule, une pose étudiée et une bio dont on ignore la véracité (" on a fait mine d'être mort pour éviter le service militaire en se cachant pendant un an dans les forêts suédoises ") et vous avez tout de la recette qui marche. Reste à savoir de quel bois ils sont véritablement faits, chêne authentique ou contre-plaqué, et cet amuse-gueule en attendant pour se faire les dents.

SKX (10/07/04)
website groupe c.aarme.lofi.org
website label www.burningheart.com
sounds tu puta mi cas.mp3 | gasmask.mp3

C.AARMÉ
Tu puta mi casa - 7"
Deleted Art 03

Un groupe qui défie toutes les tendances actuelles. On peut venir de Scandinavie (Suède exactement) et ne pas faire du JR Ewing, du Breach, du Refused, du hardcore bien made in USA ou encore du metal qui tâche. Sans pour autant donner dans le folklore du pays! C.Aarmé connaît sûrement tous les standards du punk. Ils promettent de faire voler les vitres en éclats lors de leurs concerts. Ces quatre titres ont le calibre pour frapper les esprits dès la première écoute, surtout " Tu puta mi casa", morceau phare, économe et tube indé assuré. Jessie Garon est à la voix et c'est le genre jeune chien fou. C'est prêt de l'os, auquel il faut rajouter un feeling rock à la John Spencer et on s'étonne que le gros label hardcore Burning Heart les signe pour leur premier album. Sauf si ils ont senti le vent venir et tout le potentiel du groupe. Alors laissez tomber The (International) Noise Conspiracy à la réputation surfaite et misez votre kopek sur C.Aarmé, ils crèveront toujours bien assez tôt.

SKX (12/02/2004)
website groupe
http://c.aarme.lofi.org
website label http://www.deletedart.org
sounds
http://www.deletedart.org/audio/c.aarme_-_tuputamicasa.mp3

Cerberus Shoal / Alvarius B
The Vim and Vigour of - split CD
North East Indie 2003

Deuxième volet de l'aventure Cerberus Shoal et ses amis! Alors que le premier split album voyait les protagonistes proposer des morceaux chacun dans leur coin, la collaboration devient ici beaucoup plus étroite. Six morceaux en tout mais deux fois les mêmes. Chacun donnant sa propre version, qu'ils soient à l'origine de la compo ou non. Mais si on peut parler au pluriel pour Cerberus Shoal, il faut employer le singulier pour ce qui semble être un mystérieux projet solo d'un certain Alan Bishop (du groupe Sun City Girls) et rebaptisé Alvarius B... Ce gaillard a la voix de Leonard Cohen. Autant vous dire que ça rigole pas dans les chaumières. Derrière c'est pas la fête non plus et sa musique a de quoi plomber plus d'une soirée. Un minimum d'instruments mais il trouve le moyen de partir en couille sur "Ding", écrit à l'origine par Cerberus Shoal. Les deux morceaux suivants sont ces propres compos. Tout seul avec sa voix plaignante et sa guitare acoustique. Autant vous dire que l'atmosphère se réchauffe pas et qu'on a pas très envie de le suivre sur ce terrain là. Par contre, quand Cerberus Shoal reprend "Blood Baby" d'Alvarius B, c'est fête au village. On dirait De Kift quand ils balancent entre mélancolie et envolée musicale avec trompette et désillusion. Sur la reprise suivante, ils se servent principalement de samples de conversations de bistrots et le soufflet retombe. Enfin, ils délivrent leur propre version de "Ding". Une longue pièce de 18 minutes. Ouïlle! C'est une fille qui pousse la chansonnette, le ton est toujours aussi triste mais ne donne pas pour autant l'envie de se flinguer. Et elle n'arrête pas de chanter, chanter, chanter et même si on l'aide, que l'ambiance s'enrichit de bidouilles, je ne vous conseille pas d'aller jusqu'au bout! Cerberus Shoal ne fait définitivement pas dans la facilité.

SKX (03/04/2004)
website groupe www.cerberusshoal.com
website label www.northeastindie.com

Cerberus Shoal / Herman Düne
The Whys and hows of - split CD
North East Indie 2002

Cerberus Shoal a entamé en 2002 (il est temps de se réveiller!) toute une série de split CD avec des groupes, toutes nationalités confondues, qui ont partagés une scène avec eux et leur ont tapés dans l'œil. Cerberus Shoal, c'est de l'Américain. Découvert par un album sur le label marseillais Pandemonium, ils œuvraient dans un esprit musical proche de Tortoise, sorte de post-rock touffu avec tout plein d'instruments (et pas convaincant du tout!). Un groupe assez atypique, qui révèlera bien d'autres facettes lors de ces enregistrements suivants et plus à leur avantage. Avides de découvertes, ce n'est pas surprenant de les retrouver embarquer dans ce projet de collaboration tous azimuts. Les premiers à s'y coller sont les Français de Herman Düne. Vive l'amitié franco-américaine! Mais vu le style de Herman Dune, il faut se pincer pour croire qu'ils viennent du pays des fromages qui puent! Folk-rock, harmonica compris dans l'emballage, leurs quatre titres sonnent plus roots que n'importe quel péquenot du fond du trou de l'Arkansas! Mention spéciale tout de même à l'envoûtant "that woman is a murderess" où ils délaissent un temps les santiags crottées et les chapeaux de cow-boys pour un titre tout Velvetien. Cerberus Shoal garde aussi une approche acoustique de l'affaire mais enrichit l'instrumentation. Chants multiples tout à l'unisson, mélodie en boucles, c'est le printemps qui s'invite! Vous coupez tout ça avec des interludes entre chaque titre et vous avez une collaboration qui se déguste à l'ombre dans un hamac.

SKX (03/04/2004)
website groupe www.cerberusshoal.com
website label www.northeastindie.com

Cerberus Shoal / Guapo
The Ins and Outs of - split CD
North East Indie 2003

Guapo est le troisième groupe a partagé les affres de la création avec les Américains de Cerberus Shoal. Notre trio anglais commence le bal par un morceau de près de 20 minutes. Et 20 minutes plus tard, on attend toujours que quelque chose se passe. Une interminable plage ambiante, avec quelques ondulations d'intensité mais il va bien falloir que cet avion finisse pas décoller! Bon, tant pis, prenons le vol suivant. Cerberus Shoal s'y colle également pour un long, très long voyage. Ya bataille avec Guapo pour le césar du meilleur morceau ambiant. Les armes sont différentes mais à mon applaudimètre personnel, tout le monde se fait recaler! On finit ce difficile CD par Guaperus Shoalo, projet commun où les deux groupes copulent et autant vous dire que l'accouchement est prise de tête. En gros, vous prenez les qualité des deux premiers morceaux, vous mélangez et pour la suite, je vous laisse deviner! Des morceaux expérimentaux pour le seul plaisir d'expérimenter. La facilité sans la créativité. Que ce troisième chapitre est laborieux!

SKX (03/04/2004)
website groupe www.cerberusshoal.com
website label www.northeastindie.com

The Chinese Stars
A rare sensation - CD
Three One G 2004

Réunion au sommet d'anciens Arab on Radar et Six Finger Satellite, ces stars chinoises ont troqué leur shuriken à lames tranchantes pour les pistes enfiévrées du samedi soir. Après s'être fait les dents avec un maxi " Turbo Mattress " sur Skin Graft, ils optent pour 31G et un premier album qui cède à la tendance actuelle. Une basse bien ronde et mise en avant, une batterie qui est faite pour vous remuer les fesses. L'axe du rythme, jusqu'à être appuyé par des claquements de main, The Chinese Stars opte pour l'option " dance ". A l'instar de nombreux groupes depuis deux, trois ans, The Chinese Stars, à partir d'une base rock et noise, se pervertit, revêt le strass et les paillettes, un poil d'années 80 et c'est parti, ça chauffe à blanc, comme un soupçon de !!! (Chick chick chick) dans les cendres de Arab on Radar. Heureusement, la guitare est là pour nous rappeler qu'on a bien à faire à un groupe de rock. Jeu inventif et original qui à partir de trois fois rien vous pond des accroches acérées. Dommage que son travail soit mis en retrait. Le rythme, toujours le rythme. Enfer et damnation. Quant à la voix de Eric Paul, elle tend à se diversifier, trouver d'autres échappatoires qu'à l'époque de Arab on Radar. L''harmonie avec l'orchestre. " A rare sensation " est un album qui fait bouger, se tortiller, difficile de rester insensible au dictat de la pulsation rythmique qui sommeille en nous. Da là à leur emboîter le pas jusqu'au bout de la nuit… The Chinese Stars subit la mode au contraire d'un Arab on Radar qui apportait une vraie touche d'originalité. Il suffirait d'exploiter les talents du guitariste, de le mettre en avant, ne pas succomber au chant des sirènes, pour rééquilibrer la balance rock/dance de ce groupe qui possède un réel talent de compositeurs au-dessus de la moyenne et ne pas se fondre dans le moule. Agréable certes mais risque de dissipation des effets une fois la saison terminée. Et les gueules de bois, personne ne les aime.

SKX (07/11/2004)
website groupe www.thechinesestars.com
website label www.threeoneg.com
sounds Passing_out_nails.mp3

Chromatics
Plaster Hounds - Cd
Gold Standard Laboratories
04

Chromatics, réduction d'effectif. Mué en trio avec la racine Adam Miller (guitare/voix), un nouveau bassiste Nat Sahlstrom et le pas né de la dernière pluie Ron Avila qui a traîné ses baguettes au sein de Antioch Arrow, Get Hustle, Holy Molar et Final Conflict. Réduction tout court. Vers le décharnement. Minimalisme de la batterie et pourtant omniprésente et principale. Tout comme la basse aux atours toujours bien rond et dub, phagocytée de l'intérieur. Chromatics se débarrasse de tout le surplus, nous renvoie un pied dans le passé de New-York avec ses fils damnés Suicide et encore plus loin Silver Apples, duo mythique de la fin des années 60 dont Chromatics reprend le morceau " Program " en fin d'album. Un duo précurseur, tout ce que n'est pas Chromatics si on se réfère à ces références encombrantes (il y en a d'autres), qui laisse tomber The Fall du premier album pour retomber dans un autre piège. Mais tout ça n'a que peu d'importance ! Car le trio sait aussi insuffler un souffle rock comme sur le trè