CAMERA
OBSCURA
"
to paint the kettle black " - 7"
Three One G 01
La
Camera Obscura éteint définitivement les lumières
et ne tournera plus que les ténèbres! Le single
de la fin pour ce groupe à l'unique mais vivement recommandable
album sur Troubleman records. Ce deux titres restent dans la lignée.
On peut même dire qu'ils nous gâtent. "To paint
the kettle black", face A, est un grand cru. Une mélodie
qui tape dans l'il, sous un feu de dieu, un synthé
expert qui sonne comme une pédale d'effet pour guitare,
cet irrésistible touche rétro noisy-pop, cette énergie
hardcore. Rien à redire. La face B est plus surprenante
mais tout aussi jubilante. Un rythme étrange, des effets
incongrus, la vie est ainsi faite. Ca me fatigue de vous décrire
ça. Vous n'avez qu'à vous le procurer! A l'origine
disponible sur un 45 d'Insound 'Tour support series #13",
Three One G a bien fait de represser ça au plus grand nombre.
Une sortie par la grande porte. Depuis la moitié du groupe
est parti formé The Champagn Kiss. Que ça coule
à flot!
SKX (20/11/2001)
|
CAMERA
OBSCURA
"
to change the shape of an enveloppe " - CD
Troubleman Unlimited 00
On
est plongé, sans round d'observation, immergé jusqu'au
cou dans ce premier album. Un plat de résistance qui se
prend pour un hors d'oeuvre et qui vous propose un aperçu
conséquent du menu à venir en huit minutes. Une
longue mise en bouche qui met en appétit. Une bonne louchée
de synthé, pour la touche rétro type The VSS, très
tendance dans les cuisines américaines actuellement et
une franche rasade d'énergie emo, comme sait si bien en
déverser Milemarker, sous un fin tapis noisy. Rajouter
une voix passée au shaker, garder une cadence gaillarde
et la crème prend avec bonheur. Avec des cerises sur le
gâteau, comme le tubuesque "twenty five diamonds"
et le franc du collier "saratosa". Laisser reposer de
temps en temps avec un très noisy-pop "cinematheque"
où la claviériste pousse la ritournelle sous un
épais brouillard et le très bel instrumental "Sound"
à faire sombrer plus d'un coeur tendre. Et quand yen a
plus, yen a encore : "song de la luna" ou quand la batterie
de cuisine prend sa revenge et s'acoquine avec un canard agonisant
au fond de sa marmite bouillonnante pour faire peur à la
ménagère. Un album parfaitement dosé, riche
en goût et qui flatte le palais. On connaît les ingrédients
de Camera Obscura, le contenu n'est pas nouveau mais ce groupe
américain tente d'innover avec de nouvelles combinaisons
et un assaisonnement original. Un plat très recommandé.
SKX (18/10/2000) |
THE
CANCER CONSPIRACY
"
s/t " - CDEP
SoGoodMusic 01
Las
des fracas de leur jeunesse à secouer leurs carcasses aux
sonorités metal et hardcore, ce trio recomposé d'anciens
Drowningman et Non Compos découvre les vertus d'une musique
moins assourdissante et s'adonne aux joies de la musique instrumentale.
Trois titres, seulement oserais-je avancer, dont un live, qui
ne donnent pas pour autant dans le cliché instrumental
math-rock. Ici, le coté mélodique et plus linéaire
est mis en avant. Une énergie centrifugeuse, une forte
cohésion et complémentarité dans la formule
choc guitare-basse-batterie (avec détour du batteur par
le sax sur "october days club"). Une dynamique galopante,
des feedbacks envoûtants, l'art de suggérer dans
les silences, de balancer des harmonies fines tout en maintenant
la pression. C'est un tout et c'est rien mais c'est drôlement
rafraîchissant et captivant de bout en bout. Une conspiration
qui mérite d'être dévoilée au grand
jour.
SKX (05/12/2001)
|
CANDIES
"
leaving our homes " - CD
ee:lettro 01
Une
sucrerie qui risque de gâter plus d'une dent. Candies, groupe
italien, sort, cinq ans après leurs débuts, son
premier album. Sous ses allures de gentil groupe à guitares
noisy, ce trio révèle une personnalité beaucoup
plus trouble et joue la carte de l'alternance. Un coup je te balance
une bonne branlée noise et brutale, avec ce qu'il faut
de mélodies, de guitares massives et de rythmes explosifs.
La fois d'après, c'est instrumentale (la plupart du temps)
que la partition s'écrit. La mélodie s'alourdit,
le timbre se pose. Candies explore d'autres facettes musicales,
soigne les arpèges. C'est à ce moment là
que les invités de marque débarquent avec des membres
de Calexico (John Convertino et Volker Zander). Etoffement de
la palette d'instruments avec trompette, violon et good vibes
au menu. A peine le temps de se reboutonner qu'on repart en campagne
dans le pays de la distorsion et de l'indie noise. Sans oublier
un autre invité de luxe, Kevin Bransletter (Trumans Water)
venu pousser la gueulante sur "to connect". Et parfois,
ils poussent le vice à tout mélanger dans le même
morceau. Candies a une playlist énorme. De Unwound à
June of 44, de Sonic Youth à Slint, ils connaissent leurs
classiques sur le bout des doigts. De tout ça, ils vous
font une mayonnaise remarquable de dosage. Le discours est connu
mais le ballotage est favorable.
SKX (21/06/2002) |
CARLISLE
"
functions of several variables " - 7"
Boxcar 00
Le
début est déroutant ! Imaginez un canard dont la
queue s'est coincée dans une porte et criant toute la douleur
du monde dans un duo touchant avec une voix somme toute normale
!! Une voix supra-aïgue et criarde que c'est pas permis,
qui fait sourire plus qu'autre chose et rappel Spirit Of Versailles
ou Saetia. Derrière, la musique suit ces deux précédentes
références, reste classique, dans une lignée
emo-core à peine énervée, production sans
grande envergure. Un petit 45trs 4 titres juvénile avec
les moyens du bord. Le canard a encore des plumes à perdre
s'il veut pas finir à la casserole !
SKX (02/06/2000)
|
CATHARSIS/NEWBORN
"
split 12 " - 12
Scorched Earth Policy 01
Une
partie de franche rigolade qui nous attend là! Catharsis,
depuis leur matraquant album "Passion" n'avait donné
signe de vie. Avec eux et leur style de vie très en marge,
on ne peut jurer de rien! Et là, ils reviennent avec de
la bombe sous le pied! Un seul titre mais dix minutes de ravage.
Ils nous font la totale, se lâchent, explosent, infiltrent
toutes les émotions possibles. De l'atmosphère Neurosis
avec le piano en intro sur fond de manifs à la cavalcade
effrénée purement asphyxiante, ce morceau, c'est
la tuerie. Une montagne avec des descentes vertigineuses et une
montée finale qui n'en finit pas par l'intensité
imposée. Catharsis repoussent ses limites. Ce "arsonist's
prayer" exauce toutes les prières, aussi sombres soient
elles. Avec Newborn, on atterrit en Hongrie. La famille musicale
est similaire mais Newborn s'y dirige sans détour. Quatre
titres d'un hardcore pure et rugueux, à l'imagination et
l'intensité moins débordante. Classique, bien foutu
mais prévisible et limite à certains moments. Et
tellement périlleux quand vous venez de vous en prendre
plein la tronche avec Catharsis et que leur mélopée
funeste et anarchique résonne en vous encore comme un bon
vieux souffle de révolte!!
SKX (27/11/2001) |
CHAMPAGNE
KISS
"
dancing in the pockets of thieves " - CD
Troubleman 01
Camera
Obscura étant arriver en bout de bande, deux d'entre eux
se reconvertissent dans le spiritueux, s'accompagnent d'un ex-Johnny
Angel et reprennent le bout de la lorgnette, là où
la Camera avait tout laissé tomber. Epuration au passage.
Par la porte le batteur, bonjour la boite aux rythmes. Le clavier
bien en phase avec son époque, une demoiselle fièrement
debout derrière. Deux solides gaillards pour la six et
la quatre cordes, sévèrement tatoués. Le
bouchon peut péter. Le champagne couler à flot.
Gloire à ce nouveau cru ou année creuse? La robe
à première vue reste la même. Toujours cette
arrière goût d'années 80, cet aspect délicieusement
noisy qui enveloppe les mélodies. Et des nerfs trempés
dans le hardcore pour l'accompagnement, ce curieux mélange
décalé entre une certaine froideur et une haute
énergie, ce mélange de cris et de voix féminines.
La cuvée est bonne, ça passe bien en bouche. Les
ingrédients sont connus et les vignerons connaissent leur
boulot. Mais une fois les premières gorgées descendues,
il reste comme un goût de déjà entendu. Des
bulles avariées qui remontent à la surface et qui
ne surprennent plus. Depuis the VSS, la cuvée a du mal
à décoller et manque de piquant. Champagne Kiss
en est toujours à se torcher la même bouteille. Ils
ont beau s'essayer à une approche plus expérimentale
et bidouilles sur certains morceaux, il va falloir nous attacher
pieds et poing liés pour nous faire avaler ça cul
sec sans sourciller. Champagne Kiss, appellation contrôlée
et dégustable tout de suite. En passe de se transformer
en clairette si surexposition et sans recherche de nouvelles terres
fertiles.
SKX (17/01/2002) |
CHEER-ACCIDENT
"
Gumballhead the cat " - CD & Comic
Skin Graft 03
Retour
aux sources pour Skin Graft. Le fameux label de Chicago nous ressort
comme au toutes premières heures (en gros, ça fait
15 ans) une bande dessinée, l'origine même de Skin
Graft (comic zine avant d'être (re)connu comme label) accompagnée
d'une bande-son sur CD, composée par Cheer-Accident. L'histoire
d'un sale chat de gouttière, Gumballhead, un vrai p'tit
dur des banlieues, fumeur de hascisch et bagarreur de première.
C'est tout en anglais mais pas la peine d'avoir été
fille au pair au fin fond du Kansas pour comprendre cette histoire
de truands. Les dessins de Rob Syers (un des deux fondateurs du
label avec Mark Fischer) tout en noir et blanc sont suffisamment
explicites. Quant à la musique (on est quand même
là pour ça), c'est loin d'être aussi évident.
En étant poli, je dirais que c'est de la musique improvisée
pas facile d'accès. Sauf que ça m'a pas l'air si
improvisé que ça. Si je suis de mauvais poil (et
faut pas me chercher), je dirais que c'est imbitable et chiant
comme un reportage de Chasse et Pêche (je regarde ce que
je veux). Et bizarrement (pour une bande-son), l'atmosphère
dégagée par cette musique ne colle pas vraiment
aux dessins. Des compostions limite joyeuses, voir exotiques,
légères alors que le comic est plutôt hémoglobine
et pain dans la tronche. Loufoque certes mais bien noir quand
même. Cheer-Accident (ou plutôt ce qui ressemble à
du Cheer-Accident) s'écoute un peu jouer, trifouille, cafouille,
arrive de temps à autre à créer une ambiance
un peu singulière et inquiétante, puis replonge
dans des travers incompréhensibles et vide de sens. Faut
p'tête fumer du hakik comme Gumballhead pour apprécier
ce rock débridé mais je garantie pas pour autant
le good trip. Et ça serait bien triste ! Pour l'objet.
SKX (29/12/2003) |
CHEER-ACCIDENT
"
salad days !! " - CD
Skin Graft 00
Pour
être franc, Cheer-Accident n'était à ce jour
qu'un vague nom entrevu dans quelques fanzines méritant.
Il a fallu que leur nouvel album sorte sur Skin Graft records,
un label qui compte depuis quelques années, pour que la
musique de Cheer-Accident vienne flatter mes oreilles. Au bout
de 12 ans et de leur 8ème album (ne pas répéter
trop fort). Pourtant, pas des inconnus débarqués
par accident. Principal instigateur, Thymme Jones, figure emblématique
de la scène de Chicago derrière des projets renommés
(Brise-Glace, Gastr Del Sol, Yona-Kit, Illusion of Safety) et
Dylan Posa (The Flying Luttenbachers, Tony Conrad). Et un(im)mortel,
Phil Bonnet, l'âme du groupe disparu un jour avant le début
de l'enregistrement de cet album qui a bien failli rester au fond
du tiroir. Mais la flamme persévère et à
défaut de vous narrer les précédents épisodes
et de vous faire des essais comparatifs avec le reste de leur
uvre, je vous convie à un bon bol d'une salade rafraîchissante.
Pour planter le décor et faciliter l'approche, on pourrait
dire que la musique de Cheer-Accident est un résumé
et une extension de tous leurs projets parallèles. Avec
cette continuelle envie d'expérimenter et d'aller de l'avant
en leitmotiv commun. Cinq morceaux qui cuttent au bout de 53 secondes
ou s'étirent au delà du quart d'heure. Un groupe
de non-pop, une façon bien à eux de poser des mélodies
décalées, de répéter les structures,
de pénétrer par la petite porte de l'étrange,
de diffuser des airs entêtants un rien malsain et sombre.
Pas d'overdose de bruits mais une instrumentation à coup
de casio, harmonica, trompettes, de bandes enregistrées
autour de guitares minimalistes et inventives et de rythmes à
trois pattes. Un songwritting subtil, tout en dissonances légères.
Une musique atypique, mixé par l'incontournable Albini
qui abandonne un instant ses gros sabots. Ca s'écoute sur
la longueur, par couches successives. Ca donne furieusement envie
de rattraper le temps perdu, temps qu'on perdra encore plus dans
la recherche de leur impossible et obscurs premiers albums....
SKX (23/01/2001) |
CHEVAL
DE FRISE
"
Fresques sur les parois secrètes du crâne "
- CD
Ruminance 03
La
suite des évènements a été longue.
Et comme toute attente, propice à tous les espoirs et craintes
les plus diverses. Surtout que le premier chapitre avait fait
l'effet d'une véritable petite bombe et que ce deuxième
volet de l'initiatique duo bordelais était attendu au tournant.
Trois ans de gestation, un changement de label, une écriture
étalée, Cheval de Frise s'est accordé le
temps de la réflexion. La terre remue, le souffle du changement.
Que ceux qui attendaient un bis repetita du premier album en sont
pour leur frais. On a beau retrouver les mêmes ingrédients,
guitare acoustique et batterie, la texture a changé. Dans
leur quête de recherche perpétuelle, Cheval de Frise
a singulièrement compliqué le mouvement. Finis les
morceaux nerveux qui vous ensorcellent à la première
écoute. L'évidence n'est plus de ce monde. Le contour
est ondulant. Si les sonorités de la guitare ne nous sont
pas étrangères, le dialogue s'épaissit, entre
courtes envolées mélodiques et tissage savant et
déroutant. Des fissures nouvelles se forment. La batterie
est un électron libre, son chemin parcouru si sinueux qu'il
est inutile de chercher à comprendre quelquechose. Et on
se demande au passage pourquoi la grosse caisse retentit autant
dans un décor si aérien
. Des morceaux devenus
narratifs, des silences plus marqués, une alchimie qui
donne le vertige pour un discours dans lequel il est bon de se
perdre une fois les repères pris peu à peu. Des
stridences qui viennent étoffer le quotidien et l'instrumentation
habituelle. Qui reviennent sur " phosphorescence de l'arbre
mort ", pimentées par un semblant de voix lointaine
et inquiétante. Cet album a quelquechose d'intemporelle.
Sans accroche, troublant et au sens caché. Un truc qui
s'enroule autour de votre conscience et prend possession de vos
défenses. La décomposition, la mort et toute la
vie qui va avant. La fluidité du geste, une tristesse latente,
une ancienne trace d'angoisse. Cheval de Frise évolue vers
des sphères nouvelles, le temps du mûrissement. Et
si ce dernier album n'a pas toute la fraîcheur et la spontanéité
du premier, il n'en demeure pas moins un objet rare qui fera son
trou par sa propre force mystérieuse.
SKX (04/02/2003) |
|
CHEVAL
DE FRISE/RROSELICOEUR
"
l'agonie dans le jardin / no twist at the end " - 7
Ruminance 01
Vinyl
jaune. Pochette transparente. Trois gros doigts tous sales pour
un split single qui va laisser une empreinte bien agréable.
Le duo, le groupe, le truc du moment, c'est Cheval de Frise.
Toujours guitare acoustique énervée et batterie
qui file des varices. T'en meurs dans ton jardin. Ce morceau,
c'est la classe, c'est comme leur album. Ne passez pas à
coté de Cheval de Frise! Avec Rroselicoeur, je découvre.
Un trio de Reims, lui aussi instrumental. Les éléments
rentrent en action peu à peu. La pièce musicale
se dessine lentement. Il est question de piano, de batterie,
de boucles, de mélancolie, de tensions qui grimpent,
d'électricité qui se lâche, de contenue
malgré tout. Godspeed You Black the Black Emperor! en
ligne de mire. Mais leurs armes, leur sensibilité bien
à eux pour un titre qui frappe juste et qui en appelle
d'autres... Excellent split où on cause qualité
musicale en toute simplicité.
SKX (15/05/2001)
|
CHEVAL
DE FRISE
"s/t
" - CD
Sonore 00
Une
incidence de musique. Une rencontre heureuse entre une guitare
acoustique et un batteur, aux environs de Bordeaux, une rencontre
qui n'a besoin de mots pour s'exprimer. Le langage de ces deux
instruments se suffit, se complète, s'emmêle, tisse
des liens tout à tour fluides ou à contresens. La
musique de Cheval de Frise au grand galop, de folles embardées
vers l'avant avec cette je-ne-sais-quoi touche de classicisme,
à l'image de leur pochette rétro et ces noms de
morceaux fin de siècle (''Langue hasté'', Incliné
et chenu'', ''Un pont et des eaux noires limoneuses''). Un mariage
de feu entre les gammes acoustiques de hautes volées d'une
guitare branchée sur le courant alternatif, entre les compliqués
Gastr Del Sol et les sautes d'humeurs d'un Don Caballero. La batterie
suit les mouvements, insuffle une énergie hardcore ou apprivoise
les silences, discrète et aérienne. Des pointes
de mélodies qui jaillissent, du rythme, c'est enlevé
et concis. Un exercice impressionnant sans démonstration
aucune. Juste une guitare et une batterie j'vous dis, une putain
d'énergie et un souffle épique qui emporte l'adhésion.
Un galop d'essai des plus réussi.
SKX (16/11/2000) |
CHEVREUIL/ROOM
204
"
s/t " - split 7"
Ottonecker / Effervescence 03
Nantes
fait front. Alors (à l'heure) où les duos se ramassent
à la pelle, les chevronnées Chevreuil passent à
trois. Formule intérimaire ou contrat à durée
indéterminée, l'adjonction de ce second guitariste
donne en tout cas de l'épaisseur et du naturel qui revient
au grand galop. Un "commando" (c'est le titre du morceau)
qui donne de l'ivresse et ouvre des portes à leur math-rock-noise
en mal d'horizon. Je vote pour le CDI. Room 204 reste à
deux mais fait autant de raffut. Un "purmoket" qui ne
la fume pas. Bien au contraire, Room 204 parti au Black Box studio
à Angers avec Peter Deimel aux manettes, revient avec force
et conviction. Musique en pleine effervescence qui se donne de
l'air et de la marge vers un style tout en alternance mais définitivement
plus rock, noise et tranchant. No spleen dans ce split parfait
d'osmose et tourner vers l'avenir.
SKX (31/12/2003)
|
CHEVREUIL
"
sport " - Lp
Ruminance 01
Flexion.
On nous promet du sport. Chevreuil. Duo original et rencontre
osée entre une guitare et une batterie. Tout ça
du coté de Nantes. A mi-chemin entre l'exercice individuel
et le sport co. Rotation. Equilibre précaire naviguant
entre deux bornes que tout le monde se plaît à reconnaître
comme étant Storm and Stress et Shellac. Storm and Stress
pour la guitare, sa libre expression, ses notes éparses,
ses boucles qui s'empilent, qui tournent en rond et finissent
par lasser parfois à trop se ressembler. Shellac, c'est
pour la batterie, vous l'aurez compris. La charpente, solide et
souple à la fois, le tonus, la vie, ce à quoi on
se raccroche. Qui pète à la tronche plus d'une fois.
Musique minimaliste pour sûr, expérimentale, où
la symbiose guitare-batterie reste à perfectionner. La
guitare notamment qui mériterait d'exploser un peu plus,
d'être moins discrète. Ca joue parfois chacun dans
son camp. Lâcher la bride. Le champ d'investigation reste
large, les ressources multiples. C'est prometteur mais on attend
que ça éclate de l'intérieur, de la vie,
de la sueur pour que, vraiment, il y ait du sport et qu'on en
perde vraiment notre souffle.
SKX (10/04/2001) |
CHEVREUIL
"
ghetto blaster " - CD
Ruminance / Ottonecker 01
Chevreuil,
jeune animal nantais dont le troupeau se résume à
deux unités (guitare électrique et batterie) sort
une nouvelle fois de sa réserve avec ce deuxième
album au titre flinguant "ghetto blaster". Les travaux
de la veille (leur précédent album est encore tout
frais) sont repris là où on les avait quittés.
Les deux bornes comparatives Storm and Stress et Shellac sont
toujours d'actualité. Mais Chevreuil sait peu à
peu s'en distancer et étoffer son travail. La batterie
se fait plus mouvante et moins frappante comme un coup de trique.
Le dialogue avec la guitare gagne en fluidité. Quant aux
constructions de la guitare, c'est par couches successives qu'elle
tisse sa toile. No overdubs comme ils prennent soin de le préciser.
Tour à tour mélodique ou répétitive,
par superpositions et pédales delay, elle capte ou perd
l'auditeur en route. Des compositions qui optent pour un chemin
périlleux, qui illuminent votre route mais qui peuvent
aussi se révéler casse-gueule et vous donner l'impression
d'être dans un labyrinthe sans fin. L'intérêt
ainsi fluctue en route. Entre passages réussis, débuts
de morceaux prometteurs et d'autres où on aimerait qu'ils
se passent quelquechose, que violence se fasse, que les promesses
aperçues ne se dilues pas en route. Une tension crée,
sous-jacente, crispante. Le chemin est là, on hésite
encore à s'y engager franchement mais l'attirance est pressante.
Le premier album est d'un seul coup très loin. Le chevreuil
est un animal à la mue lente mais sûre.
SKX (11/12/2001) |
CHEVREUIL
"
Chateauvallon " - CD
Ruminance / Ottonecker 03
Prolifiques
Chevreuil. Troisième album en pratiquement autant d'années.
Le duo guitare-batterie nantais a le vent en poupe. Tellement
fort qu'ils ont franchis l'Atlantique pour atterrir à Chicago
et se payer les services de Steve Albini himself. Bigre ! Et ça
s'entend dès le premier coup de baguette asséné.
Ce son inimitable de la batterie, qui enfle, net, ample et orgueilleux.
Ca va chauffer du bois sec ! Sauf que la recette ne se modifie
guère. De pédales delay en boucle en couches superposées,
la guitare tisse sa toile, coince des bouts de mélodies
entre ses cordes, se transformant en courts instants en riffs
qui tuent. La batterie dessine ses carrés, pose son jeu
sans perdre de sa force pour gagner en fluidité, toujours
plus, avec son compère le guitariste. La marque de fabrique
de Chevreuil est désormais bien connue. Avec toujours ce
coté froid et cette retenue dans le dernier geste. Le mystère
du château sans doute. La visite est courtoise et agréable.
Avec ses pièces remarquables et des chambres secondaires.
De là à en faire une demeure éternelle, il
y a un pas que je ne franchis toujours pas.
SKX (26/08/2003) |
CHISEL
DRILL HAMMER
"
s/t " - CD
Hefty records 99
L'instrumental
a encore de beaux jours devant lui. Enième groupes US dont
le chanteur est resté sur le carreau, CDH est plutôt
du genre élève calme de la promotion. Rien à
voir avec les fougueux Don Caballero, même si le degré
de technicité reste élevé. Ca déroule
peinard, les sauts d'humeurs rares, sans donner dans le mou. Jazzy
sur les bords. Mais juste sur les bords. On aimerait parfois plus
de nerfs, histoire de se dégourdir les jambes. De la retenue
et de la classe, voilà ce que nous propose ce jeune groupe.
Et c'est ma foi pas désagréable....
SKX (19/10/1999)
|
THE
CHROMATICS
"
Chrome rats vs. Basement ruts " - CD
GSL 03
Chromatics,
à coup de trique, un pied dans le punk des années
80 qui sommeille chez beaucoup de groupes américains actuels,
l'autre dans le fondement de John Spencer pour lui soutirer du
cocotier ses derniers leurres d'énergie brute. Chromatics,
c'est pas fait pour polir les angles, c'est sec et ça gratte.
Une basse dont l'écho résonne encore longtemps une
fois raccrochée. Dub vous avez dit ? Oui, mais dub à
chien alors ! Le patron de la casbah. Compos décharnées,
derniers soubresauts avant extinction des feux. La vibration d'un
enregistrement live, maigrelet mais affûté comme
un coyote affamé. Chromatics a le blues déchirant,
la maladie des villes, livides, blancs filasses à blousons
noirs, fracas des voix ou carrément dans le caniveau après
le dernier verre/joint au choix. Seize morceaux près de
l'os, la quintessence, sucer jusqu'à la moelle de leurs
aïeuls, juste pousser encore un peu plus loin. Merveilleuse
danse macabre qui pèle le jonc le temps d'une saison. Pas
de quoi crier au loup non plus.
SKX (10/11/2003) |
COLOSSAMITE
"
economy of motion " - Lp
Skin Graft 98
Eclatant
un style d'un premier album déjà fortement secoué,
ce quator de Minneapolis est un fil électrique furieux
qui fouette nos sens entre sprints cacophoniques tendus et un
désespoir sans rien d'artificiel. 3 guitares et quelques
bidouillages plus tard, la sensation qui ne nous a jamais quittée
- mais la pression externe est forte - de détenir un disque
noise décisif. La sensation que les pôv types qui
s'évertuent à suer sur leurs manches de guitares
savent encore en tirer inventivité et explosion brûlante.
Rien que ça vous redonne le sourire pour 10 ans, ça
dépasse tout débat. La guerre des machines n'aura
pas lieu. Si vous aviez un doute sur l'avenir de la noise, écoutez
Colossamite !!
SKX (01/05/1999)
|
COMBAT
WOUNDED VETERAN
"
Duck down for the torso " - CDEP
No Idea 02
Quelle
ne fut pas ma surprise en écoutant ces quatre titres! Je
suis loin d'être un spécialiste du Combat Wounded
Veteran. Leur discographie est pléthorique et parsemée
sur une multitude de labels obscurs. Mais allez savoir pourquoi,
je gardai de ce groupe américain une image/cliché
de " petit groupe punk/hardcore bourrin " sans grand
intérêt. Alors j'avoue mon ignorance ! Je ne sais
pas si évolution phénoménale il y a ou pas.
Mais ce dont je suis sûr, c'est que ces 4 titres sont monstrueux.
Un son percutant, ça joue dans la cour des grands. Leur
hardcore/noiserock est sombre, n'emprunte pas les chemins habituels.
Ca navigue pas loin de Pg 99, Playing Enemy ou Gob. De grosses
lignes de basse vous font valser. Le dernier morceau vire carrément
expérimental. Incisif, costaud sans être abrutissant,
ce CDEP est une révélation. Je fais mon mea-culpa
et vais de ce pas tenter d'écouter plus attentivement leur
passé tout en guettant avidement leur futur !
SKX (08/11/2002) |
CONEY
NOISE
"
ensuing and preceding " - 10
12 Pylons records 98
Neurasthénie.
C'est le 1er mot qui vous vient direct à l'esprit. Quelque
Chose comme de l'abattement ressort de ce 5 titres. Où
tout est sous-jacent, exprimé à demi-mot. D'eaux
troubles entre noise minimaliste et rock moderne allemand tel
qu'on l'entend du coté de Kollaps Musik. Un disque d'ambiance
avant tout. Plus proche de l'implosion que de l'explosion. Un
charme troublant et terriblement accrocheur pour un enregistrement
énigmatique, hors du lot.
SKX (20/04/1999)
|
CONVERGE
"
jane doe " - CD
Equal Vision 01
Quelquechose
d'insolemment sauvage. Les trois premiers titres viennent à
peine de s'écouler (comme la lave peut se répandre),
je suis déjà sur les genoux. Mon atmosphère
enflammée. Converge, déjà icône de
son vivant, déjà référence pour toute
une meute de suiveurs qui n'attend qu'un faux pas de leur maître
pour le piétiner sans pitié. Pas de sursis! Mais
dans ce tumulte copulent, Converge montre des ressources. Sur
cet album, c'est toute la panoplie convergienne qu'ils nous fourrent
sous le nez. Bien chaude et variée. L'équation idéale
entre les envolées timbrées à la Today is
the day, perverses et maladives, et un hardcore, l'essence du
hardcore, direct, sans fioritures, les doigts dans la prise mais
jamais simple. La surchauffe, la panique. Converge magnifié,
encore mieux, encore plus haut, plus fort, complet et haletant
du premier au dernier morceau. A l'efficacité redoutable.
Où on aurait pu craindre une surenchère de torture
mentale, la multiplications de rythmes et que je te fais un contre-rythme
et que je te berlificote des parties différentes à
n'en plus finir, mais Converge a su garder le cap. En ajoutant
une dose d'urgence et de folie. Je sombre au plus profond de cet
amas compact et jouissif. Du grand art que cet guérilla.
SKX (07/11/2001) |
CONVERGE/HELLCHILD
"
deeper the wound " - Lp
Bastardized 01
Pour
faire débourser le fan qui sommeille en vous, le label
allemand Bastardized a eu la bonne ou malheureuse idée
(tout dépend de quel coté de l'enclume on se situe)
de sortir ce split album avec les très coté en bourse
Converge. De chaque coté, un seul inédit (dont celui
de Converge qu'on retrouve sur leur nouvel album!). Une reprise.
Depeche Mode pour Converge. Bulldozer pour Hellchild. Et des morceaux
live. 3 pour les Amerloques. 2 pour les Japs. Faites vos comptes.
Les jeux sont faits. C'est bon, t'es déplumé! Surtout
que la face Hellchild n'usera guère mon saphir. Leur grind-hardcore,
malgré l'inédit pas inintéressant, tâche
pour pas cher et racle les fonds de casseroles. Avec Converge,
l'objet du délit, l'inédit, même s'il reste
excellent, ne le restera donc pas longtemps. Avec la reprise de
Depeche Mode, lente et surprenante musicalement par rapport à
la panoplie habituelle de Converge, on n'a pas de quoi se rouler
par terre non plus. Par contre, les trois live frappent juste
et fort. Le son est là. Une bonne suée en attendant
une prochaine visite. De ce split qui sent le réchauffé,
il reste le graphisme signé de l'excellentissime Derek
Hess, bien diabolique avec le disque tout en couleurs tacheté
rouge gouttes de sang. Et le type sur la pochette qui se fait
tiré dessus, ça serait pas un peu nous qui nous
serions fait entubés...? (www.derekhess.com)
SKX (17/10/2001)
|
THE
CONVOCATION OF...
"
s/t " - Lp
GSL 00
Convocation
pour un énième nouveau projet. Tonie Joy, boss de
Vermin Scum, avec une carte de visite grande comme ça :
Born Against, Universal Order of Armageddon, The Great Unravelling.
Que des groupes dignes d'intérêt. Et son nouveau
trio ne déroge pas à la règle. On retrouve
cette même capacité à créer des climats
au calme apparent, façon UOA, à la sourde tension,
aux montées vénéneuses. Sauf que exit les
relents de vomissures punk, le droit au but dans ta face. Un format
rock-noise. La part du lion à la guitare. Bavarde, omniprésente
qui s'intrique, soutien le projet et s'appuie sur une rythmique
solide. On ne verse jamais dans le rouge, plûtot tendance
à rajouter une couche d'arpèges supplémentaire,
à garder un aspect impénétrable et touffu,
sans éviter quelques longueurs et notes en trop. Une masse
compact et riche à l'intérieur. Ya pas à
s'en faire, c'est du costaud et du bon. Tonie Joy garde le fil
conducteur tout en proposant du neuf sous la dent. On en a connu
des qui vieillissent plus mal !
SKX (13/03/2001)
|
THE
CONVOCATION OF....
"
pyramid technology " - CD
Tiger Style 01
Le
fameux Tonie Joy (au petit jeu des ex-quelquechose, il est sur
le podium, jugez plutôt : ex Moss Icon, Born Against, Universal
Order of Armaggedon pour ne citer qu'eux!) revient avec sa bande
d'indécrottables rockeux. Leur précédent
et premier album était fort séduisant. Mise à
part quelques - rares - touches psychédéliques,
cet album était convaincant de bout en bout. Hélas,
c'est ce coté qu'ils ont décidé de mettre
en avant sur ce 2ème album! Ca commence en fanfare par
une bonne vieille pédale wah-wah qu'il n'abandonnera...
qu'à la fin du 9ème et dernier morceau! Et quand
il est pas de la pédale, Tonie Joy abuse de la guitare,
de soli toujours limite et de parties de guitares dans l'ensemble
pas très bien inspirées. La section rythmique derrière
pourtant assure, bien sauvage et brute, tire vers le haut. Les
morceaux sont pas foncièrement mauvais... On peut pas dire
ça... Certains comme "crimson king's deceit"
ou "eternal dreamtime" méritent même une
forte mention. Mais ya toujours un moment où le Tonie Joy
se prend pour Hendrix et là, c'est le gâchis. L'aide
d'une chanteuse sur "recognize" ne sauve rien. Bien
au contraire. De débuts noise-rock très prometteurs,
Convocation of... vire à un rock psyché qui se veut
primaire, à un Come au masculin et besogneux. C'est pas
avec ça que Tonie Joy continuera à laisser son empreinte
dans le monde du rock où il semble qu'il aimerait enfin
qu'on lui reconnaisse ses talents de guitariste. Ca sent le vieux
sous ses allures de djeuns!
SKX (20/11/2001) |
CORNUCOPIA
"
s/t " - CD
Autoproduction 00
Le
vide, rien de corrosif, même dans le sommeil. Ca s'annonce
pesant. Gros grains des guitares. Rythmes qui s'enfoncent. Voix
grêleuse. Le départ soulève l'intérêt.
Pas de quoi s'exciter le manche, mais on se dit pourquoi pas.
Et pis, peu à peu, ça dérape, ya un solo
qui arrive, les riffs se font de plus en plus gras, ça
s'enlise sévère. Ce qu'on prenait pour du rock-noise
bâtard dérape vers du grunge graisseux et si on repasse
parfois du bon coté de la barrière, celle qu'on
veut bien se fixer soi-même, la dose prescrite est dépassé
depuis longtemps et l'abandon du camp inévitable. L'Allemagne
nous a déjà donné beaucoup mieux et ce trio
tout sous la main pour nous offrir autre chose que cette mélasse.
SKX (26/09/2000)
|
COUNTDOWN
TO PUTSH
"
handbook for planetary progress " - CD
The Mountain Cooperative 99
(c/o Countdown to Push PO BOX 3146/Steinway Station/Long Island
City 1411103/USA / countdowntopush@yahoo.com)
Elément
nécessaire. De l'écriture à la source sonore,
Countdown to Push allie le verbe et la musique dans un livre-CD,
papier recyclé forcément. On ne sait si c'est la
partie écrite qui est le prolongement du propos musical
ou inversement, mais les deux se complètent à merveille.
Une cinquantaine de thèmes abordés par ordre alphabétique,
un peu de discipline merde et l'embarras du choix. La famille,
la cigarette, le capitalisme, le straight-edge (et ils sont 'dans
plutôt à fond), la sodomie (n'a aucun rapport avec
le thème précédent), le vélo ou Frank
Zappa. Opinions personnelles et engagées cher au mouvement
hard-core dont est issu ce groupe. Le droit de réponse
existe et ils vous engagent vivement à l'utiliser. Et la
musique dans tout ça ? Eclatée répondrais-je!
Et très ouverte, c'est pas pour me déplaire. Une
base hard-core/emo mais fine et fracturée par des fulgurances
free-jazz, des saxos qui partent en liberté, un didgeridoo
au souffle apaisant, une guitare sans dissonance, un chanteur
qui n'est pas venu pour rien, énervé ou en mode
narratif dans une même seconde prolongée. Original
et rafraîchissant dans l'approche, 11 titres à contre-courant.
Et en guise de fin, une longue interview d'un certain Jafar S.
Hamzah, un Indonésien militant pour qu'on cesse, en gros,
de casser les couilles à son peuple qui a le droit au respect
comme tout le monde! Je sais pas si ce " livre va faire progresser
la planète " mais s'arrêter pour réfléchir
un instant en écoutant une musique adéquate ne peut
pas faire de mal!!
SKX (27/12/1999)
|
COUNTDOWN
TO PUTSH
"
ideas for the living and willing to act " - CD
Ebullition 01
Countdown
to Putsh, c'est la tête et les jambes. Le nerf de la guerre
et le chant de la dernière chance. La musique pas que pour
le plaisir de la musique. Après un premier CD livré
avec un livre glossaire sur leur quatre vérités,
ce trio de Long Island revient avec un 2ème album enfoui
au milieu d'un copieux fanzine. La résistance américaine
au grand jour. Paru avant les attentats du 11 septembre, Countdown
to Putsh ne manque pourtant pas d'épingler l'impérialisme
américain, la crétinerie de leur président,
la peine de mort, le libéralisme et autres sujets à
la mode. A travers des essais, commentaires politiques ou interviews,
le sérieux dévore ces pages mais ne s'épargnent
pas un peu d'humour sur fond de parodies et de photos détournées
bien senties. Avec, pour l'anecdote, quelques chroniques de disques,
mais uniquement des albums dont l'enregistrement n'a pas excédé
six jours! Countdown to Putsch est un groupe viscéralement
hardcore, aux opinions bien tranchées. A prendre ou à
laisser. Et la musique est indissociable de l'écrit. Mais
c'est loin d'être prévisible comme certains de leurs
commentaires. Countdown to Putsch fait preuve musicalement d'une
grande ouverture d'esprit. Si la base est h ardcore, école
Fugazi, un hardcore sec et nerveux, presque minimaliste mais très
virulent, ces 15 titres s'écartent régulièrement
d'un chemin que l'on croyait tout tracé. Faute à
des cuivres (trompette et saxo) dans lesquels soufflent avec passion
les trois membres du groupes. Faute à un esprit expérimental
et contradictoire qui aime casser les structures et les conventions.
Ca éclate dans tous les sens, entre véhémence
et parties fines, entrecoupé de discours, histoire d'en
rajouter une couche si vous avez oublié de lire le zine.
Un hardcore très hybride, plein de cris et de soupirs,
de stridences et de culot. Countdown to Putsch se démarque
singulièrement des productions actuelles et rafraîchit
l'air en attendant la prochaine révolution....
SKX (27/11/2001) |
CRAVING
"
The European Trick " - CD
blu Noise (Lp version by Blurr records) 00
N'y
allons pas par quatre chemins. Surtout quand ils mènent
tous à Chicago ! CRAVING, pas à son premier essai,
est Allemand et sur ce nouvel album, laboure les terres de Jesus
Lizard et Shellac. Un faisceau lumineux balayant des terres conquises
jadis par des troupes en bout de courses désormais et eux,
sur l'extrême rebord, persiste, joue les équilibristes
mais torche d'un revers de main les influences, toujours trop
encombrantes hein et au diable, c'est pas ça qui va les
empêcher de faire du bordel. Donc Craving s'en tire à
bon compte, trouve ses propres mélodies malgré des
sons de basses connus et des airs de batteries déjà
rythmés. A l'heure où Jesus Lizard a mordu la poussière
et où Shellac tourne en rond, on aurait bien tord de bouder
un plaisir simple et efficace !
SKX (17/07/2000)
|
CRAW
"
bodies for strontium 90 " - CD
Hydrahead 02
Le
retour de l'enfant prodige. L'impensable miracle auquel on ne
croyait plus. Le groupe culte par excellence, qui sème
dans l'ombre et ne récolte que des courants d'air. Car
si Craw va apparaître à un grand nombre de personnes
comme un nouveau groupe débarqué de nul part, les
plus vieux d'entre nous vous radoteront sur le ton de l'admiration
combien Craw est grand, comment Craw est monstrueux et draine
dans son sillage une secte restreinte mais fidèle et dévouée
à leur cause. Ainsi, il n'est pas surprenant de les retrouver
sur le label en vogue Hydrahead. Ces petits gars de Boston ont
sûrement leurs disques en chevet. Nombre de groupes qui
font les choux-gras de la scène hardcore (au sens large),
Botch en étant un des plus beaux fleurons, ont sûrement
écouté un jour ou l'autre ce groupe de Cleveland.
Et demandez à Oxes à l'occasion ou feu-Unwound ce
qu'ils pensent de cet obscur groupe!! Tout le monde les connaît
mais personne n'en parlait, de peur que ce joyau ne vienne leur
faire de l'ombre! Même l'apôtre de la noise n'y coupe
pas. Steve Albini, producteur de leurs trois premiers albums,
a pour eux les yeux de chimère.
Tout a commencé en 1993 avec un 1er album autotitré.
Puis l'année suivante avec "lost nation road"
et "map monitor surge" en 1997. Depuis, silence radio.
Il aura fallu un split 45 avec Sicbay fin 2001 sur Obtuse Mule
pour que l'espoir renaisse. Entre temps, un groupe en suspend.
Un guitariste sur les deux fait ses bagages. Un batteur, la machine
infernale Will Sharf, qui patiente au sein de Keelhaul. Anxieuse
attente au cours de laquelle on se demande à quelle sauce
Craw va nous dévorer. Et puis le fardeau tombe. Nous ne
rêvons plus. Craw est bien là, bien conscient, tout
autour de nous. Affûtés jusqu'à l'os. Craw
n'a jamais été avare de son temps. Les compostions
avaient l'habitude de dépasser les cinq minutes. Les albums
approchaient de l'heure. Cette fois-ci, Craw se concise, revient
au pas de charge. Cinq années de silence et le couteau
entre les dents. Ne plus perdre de temps. Craw, une usine complexe
où on retrouve pêle-mêle de façon unique
: le meilleur de la noise (Jesus Lizard, Dazzling Killmen, Rapeman),
l'énergie du hardcore, une architecture ambitieuse, progressiste,
de longues montées d'adrénaline, des murmures stressants.
Une part d'ombre. Un bloc mystérieux. Cette fois, Craw
raccourcit son propos. Mais l'affolante dynamique, dont le batteur
est la pièce maîtresse, continue de nous mettre à
genoux. Un sens du rythme tout en puissance et en finesse, véritable
tour de force. Une guitare disparaît, encore faut-il le
savoir! Une qui plaque le rythme. L'autre mouvante et perfide.
Et Joe Mctighe, chanteur qui mime la folie, fait le yoyo entre
les aiguës et la gravité d'un propos décousu.
Craw a élagué ses passages dangereusement calmes
pour ne garder que le nerf. Le son compact (par Bill Korecky)
n'a rien perdu de son ampleur. Au contraire. Bref, l'attente n'a
pas été vaine. Après deux albums sur Choke
Inc., un troisième sur leur propre label (Cambodia), mon
tout étant très mal distribué et en faillite,
espérons que ces leaders méconnus profitent de leur
venue sur Hydrahead pour enfin connaître le succès
et la reconnaissance qu'ils méritent. Espérons également
que ce groupe prennent enfin la route pour des tournées
plus nombreuses qu'à l'accoutumée. Un groupe très
occupé professionnellement, dont les apparitions sont rares,
y compris aux Etats-Unis. Ne vous demandez plus pourquoi personne
ou presque ne les connaît! Alors, en attendant une hypothétique
venue, foncez sur leur discographie et bouffez votre CRAW quotidien.
Amen!
SKX (19/09/2002) |
CRAW/SICBAY
"
space is the place / challenger " - split 7
Obtuse Mule 01
Pas
de précipitation sur le jugement dernier! Car si ce split
single vient juste de sortir et marquait le retour officiel de
Craw après trois ans de silence, ce morceau a été
enregistré à l'époque où Craw comptait
dans ses rangs deux guitaristes. Avant que l'un deux ne fasse
orphelin l'autre. Pour connaître le nouveau cru de Craw,
il faudra définitivement attendre l'album sur Hydrahead.
Qui, comme toutes les bonnes choses, sait se faire désirer!
Patience donc avec cet inédit qui n'est pas un fond de
tiroir. Un bon vieux Craw des familles. Fier et pétaradant.
Les princes du noise-core. Sicbay présente des symptômes
similaires. Un titre enregistré à l'aube de leur
vie. Là où tout était urgence et bruit. Un
grand morceau de Sicbay avant que l'album ne les montre sous un
visage plus mature mais tout aussi intéressant. Une belle
rencontre entre monstres sacrés.
SKX (05/09/2001)
|
CREAM
ABDUL BABAR
"
the catalyst to ruins " - CD
At A Loss 01
Prendre
au sérieux un groupe portant un tel patronyme, c'est pas
gagner d'avance. Mais un éléphant, ça trompe
énormément et la seule écoute de leur musique
suffit de vous convaincre qu'ils ne sont pas les rois de la gaudriole.
Ca saigne à blanc. Du volume, de l'emphase, le chanteur
a les crocs, ça peaufine les angles avec un synthé
pour enrichir la sauce. Et là, au fond du couloir, ne serait-ce
pas un brin de cuivre?! Cream Abdul Babar, à l'instar de
Breach, est inclassable. Ni hardcore, ni noise, pas tendance mais
pas hors-normes non plus. Des relents de Neurosis dans les moments
les plus calmes, des couches d'Hell No / Die 116, un réel
savoir-faire dans les accroches, le babar est un malin. Il se
glisse dans plusieurs peaux mais rend le tout compact et très
cohérent. Un groupe finalement bien de son temps. L'espace
n'est pas grand mais suffisant, connu mais où le déplacement
y est plaisant. Du solide sur lequel on peut foncer tranquillement,
le babar est là pour longtemps!
SKX (03/04/2002) |
CREEPS
ON CANDY
"
wonders of giardia " - Lp
Alternative Tentacles 99
Dès
les premières mesures, vous savez que vous avez mis les
pieds dans un terrain miné où vous allez éprouver
moultes jouissances à vous y péter la tronche. Que
vous êtes pris à la gorge et que la danse sera trépidante
et convulsive. Pour résumer, la facilité serait
de creuser un trou pour ce quatuor texan entre Steel Pole Bath
Tub et Jesus Lizard avec Jon Spencer comme feu follet rock et
sauvage. Un bon dieu de trou! Et surtout n'oubliez pas de bien
clouter les planches. Un grand trou rigolard, un putain de bordel
pour niqueurs fous, un trou béant, vertigineux, à
perdre la tête, prêt à déborder sur
les tombes voisines. C'est tellement vivant là-dedans!
Ces lignes de basses féroces, ces cris inassouvis, ça
respire, ça tumulte! Chaque titre s'enfile et par derrière
à une vitesse déboussolante. Pas un seul moment
d'ennui, de mauvais goût. Le label de Jello Biafra ne s'y
est pas trompé, le jackpot au bout des bras, l'effet de
surprise en plus, mettez-y le paquet!!
SKX (15/11/1999)
|
CRESTFALLEN
"
s/t " - CDEP
Robotic Empire 03
Les
hauts de hurlevent. Un bon coup de trombone (c'est une image)
dans les bronches, des coups de pieds au cul pas perdus pour tout
le monde. Crestfallen, hardcore mon amour, hardcore toujours avec
un esprit bien punk derrière toute cette rage. Elevé
au grain, en pleine nature, Crestfallen n'use d'aucun gimmick
actuel à la mode, point de synthés à l'horizon,
que du vrai, du pur jus dans une production idéale si on
veut pas passer pour des couillons. Dommage qu'un ou deux passages
révèlent un amour du metal, ça gâche
le plaisir. Pour les addicts du numérique, deux reprises
cachées à la fin du CD. Minor Threat le " human
fly " des Cramps. Anecdotique mais révélateur
de leur univers musical. Simple, efficace, " punk rock "
comme ils disent !
SKX (23/12/2003) |
CULT
OF LUNA
"
the beyond " - CD
Earache 03
Un
mammouth vient de s'inviter à table. Une puissance occulte
d'un autre âge véhicule par tous les pores de ce
disque. Cult of Luna, c'est suédois. " The Beyond
" est leur second album. Earache, le retour, héberge
le monstre. Si les éléments du décor sont
répertoriés, Cult of Luna a su transcender le style
et offrir un agencement de premier ordre. Neurosis (époque
" enemy of the sun "), Breach (époque "
it's me god "), inutile d'aller chercher plus loin, sont
leurs deux mamelles nourricières, une seule écoute
suffit pour s'en convaincre. Et dans ces belles pièces
de boucherie, ils n'ont gardé que le meilleur des morceaux.
Vous avez le lyrisme sans la grandiloquence. Vous avez la noirceur
sans cesse illuminer. La puissance de feu sans l'enrayage des
machines. Ces moments de béatitude ou le pire est à
craindre. La lourdeur qui fait décoller. Et pour ce genre
de bête de guerre, une production qui leur sied au teint,
riche et dense, où chaque brin de note, même dans
le chaos le plus véhément, vous parvient dans toute
sa splendeur. Ca déboule de tous les cotés. Une
avalanche de sons ne laissant aucune saleté derrière
elle. L'impression continuelle d'étouffer et pourtant,
jamais vous n'avez eu autant d'espace pour respirer. Il faut être
forcément d'humeur pour s'enfiler ces 75 minutes remplie
jusqu'à la gueule mais la délivrance est au bout.
Une pure merveille. Le culte de la lune peut commencer.
SKX (18/03/2003)
|
THE
CUTTHROATS 9
"
anger management " - CDEP
Reptilian 01
Chris
Spencer continue de faire le ménage autour de lui. Exit
Dave Curran, déjà bassiste au temps de Unsane. C'est
Mark Laramie, second guitariste sur le premier album de Cutthroats
9, qui reprend la basse. Et du coup, la formule trio est de retour.
A moins que ce soient les membres qui partent d'eux-mêmes.
Fatigués de jouer toujours la même chose. Fatigués
de conjuguer à l'infini ses riffs sanglants, ces ambiances
oppressantes qu'un beau jour de 1989, un trio de New-York répondant
au doux nom de Unsane érigea en sainte bible. A ce rythme
là, Chris Spencer va devenir le Joey Ramone de la noise.
Et tous ces auditeurs, des vieux cons qui vieillissent mal! Mais
voilà, quand on est tombé dedans tout petit, difficile
de s'en remettre. Et de ce plat à l'allure indigeste, j'en
veux bien à toute heure! Ce nouveau 6 titres continue ainsi
de labourer les terres d'Unsane. Ni mieux. Ni moins bien. Juste
tout pareil. Avec ce bémol par rapport au 1er album de
Cutthroats 9, la musique perd un tantinet niveau son. Sans doute
la perte d'une guitare au passage. Pour le reste, je suis toujours
à genoux, indécrottable. La chaleur nocturne ruisselle
des façades. La sensation angoissante d'être toujours
suivi par la même bête. Sans oser, par orgueil, presser
l'allure et regarder son passé dans les yeux, tout en souhaitant
parvenir au plus vite au bout de la rue, où circule la
foule rassurante.
SKX (12/03/2002) |
CZAPSKI
"
s/t " - CD
Rock'n'roll Charity Hospital 03
Une
descente mystérieuse en provenance de Lille. Un bout de
carton avec pour seule info un patronyme sur lequel se casse la
langue et évoque le lointain. Le voyage risque de se faire
dans le brouillard. Treize instrumentaux, impressionnistes, fugaces,
qui passent déposer leur petite graine, tout plein d'instruments,
mélodica, cordes à pleurer, acoustique, distorsion
électrique. Tour à tour, c'est Sonic Youth, Bästard,
Yann Tiersen ou Pascal Comelade dans la façon ludique d'approcher
certaines compositions. Références clinquantes que
Czapski ne fait que titiller. Minimaliste avant tout et fait avec
les moyens du bord. Ca regorge d'idées mélodiques,
de petits trucs sur lesquels on se raccroche avec plaisir. Ca
part dans tous les sens et en même temps, cet album ne s'épargne
pas des longueurs. Manque une impulsion, une force centrale qui
ferait le lien entre tous ces bouts de morceaux. On reste en dedans,
ça ne décolle jamais vraiment. Une musique idéale
pour la bande son d'un film à coup sûr expérimental.
Un road-movie qui tourne au ralenti dans des couleurs floues et
bigarrées. Renseignement pris, un membre de Milgram sévit
dans ce projet musical. Un ange passe. Une musique dans le fond.
Pas sûr de très bien entendre. Czapski avance à
pas hésitant. Un brin de ménage et le fil rouge
apparaîtra.
SKX (08/10/2003) |
THE
CUTTHROATS 9
"
s/t " - CD
Man's Ruin 00
On
se demande pourquoi. Pourquoi Chris Spencer, guitariste-hurleur
d'UNSANE et Dave Curran, le second bassiste de ce mythique groupe,
ont décidé de changer de nom de groupe alors que
leur musique n'a pas bougé d'un iota, que c'en est confondant
de similitudes?! Vraiment je comprends pas pourquoi.... On ne
leur en aurait vraiment pas voulu! Mais bon voilà, va falloir
faire avec et on ne va surtout pas bouder notre plaisir. Mis à
part la pochette, changement de taille tout de même, qui
ne fait plus dans le gore mais qui est encore loin de donner dans
le romantisme, c'est du UNSANE tout craché. Et du grand
cru. Avec un deuxième guitariste pour donner encore plus
de consistance. Ca rappellerait presque le Unsane des débuts,
les couilles rabattues, le micro au fond de la gorge, les rythmes
qui pètent, sinon que l'approche générale
dans le son reste un peu plus rock que bruitiste. Bref, Chris
Spencer a toujours autant la haine. Et quand on connaît
l'histoire qui se cache derrière le morceau "you should
be dead", on le comprend.... Un Chris Spencer laissé
pour mort sur le pavé viennois en Autriche, il ya 2-3 ans
de ça, roué de coups par trois brutes épaisses,
sans raisons apparentes. Cassé, brisé, défoncé
de partout, ouvert de la tête au rectum pour tout remettre
en place, il s'en sortira miraculeusement après un paquet
de mois de convalescence. Et la seule chose que lui répéteront
les médecins : "vous devriez être mort".
Alors si ce Cutthroats 9 est le signe d'un nouveau départ,
une façon comme une autre d'oublier ce douloureux passé,
il se fait sous les meilleures auspices et on lui en souhaite
des biens longues et des biens bonnes encore.
SKX (10/04/2001) |
|
C.Aarmé
Self-titled CD
Burning Heart 2004
Sur la foi d'un seul titre, j'étais prêt à
leur donner le bon Dieu en confession ! Sur leur premier 45,
" tu puta mi casa " avait tout de la bombe. Un sprint
cours et incisif, à reprendre en coeur. Plus qu'à
voir si ils étaient taillés pour la route. Après
défilement au pas de charge de leurs 15 titres, ça
reste leur meilleur morceau. Et de loin. L'étendard mélodique
est en berne. A croire qu'ils avaient déjà tout
donné sur un seul morceau ! Un rien sévère
sans doute. Leur punk-garage au son tout distordu est diablement
efficace. Et c'est pas une surprise tombée des cieux
d'apprendre qu'ils viennent de signer sur Epitaph pour les USA.
Binairement droit devant, C.Aarmé ne s'embarrasse de
chicanes qui pourraient entraver leur folle course. C'est diablement
simple et c'est bien pour ça que, si vous n'avez pas
la bonne petite mélodie, le gimmick qui tue, ça
reste bon mais plat. Toujours la même chose. A retenir
quand même des morceaux comme " moron " ou "
the gag ". Mais emballé tout ça avec un poil
de provocation, un chanteur Johnny belle gueule, une pose étudiée
et une bio dont on ignore la véracité ("
on a fait mine d'être mort pour éviter le service
militaire en se cachant pendant un an dans les forêts
suédoises ") et vous avez tout de la recette qui
marche. Reste à savoir de quel bois ils sont véritablement
faits, chêne authentique ou contre-plaqué, et cet
amuse-gueule en attendant pour se faire les dents.
SKX (10/07/04)
website
groupe c.aarme.lofi.org
website
label www.burningheart.com
sounds
tu
puta mi cas.mp3 | gasmask.mp3
|
C.AARMÉ
Tu puta mi casa - 7"
Deleted Art 03
Un groupe qui défie toutes les tendances actuelles. On
peut venir de Scandinavie (Suède exactement) et ne pas
faire du JR Ewing, du Breach, du Refused, du hardcore bien made
in USA ou encore du metal qui tâche. Sans pour autant
donner dans le folklore du pays! C.Aarmé connaît
sûrement tous les standards du punk. Ils promettent de
faire voler les vitres en éclats lors de leurs concerts.
Ces quatre titres ont le calibre pour frapper les esprits dès
la première écoute, surtout " Tu puta mi
casa", morceau phare, économe et tube indé
assuré. Jessie Garon est à la voix et c'est le
genre jeune chien fou. C'est prêt de l'os, auquel il faut
rajouter un feeling rock à la John Spencer et on s'étonne
que le gros label hardcore Burning Heart les signe pour leur
premier album. Sauf si ils ont senti le vent venir et tout le
potentiel du groupe. Alors laissez tomber The (International)
Noise Conspiracy à la réputation surfaite et misez
votre kopek sur C.Aarmé, ils crèveront toujours
bien assez tôt.
SKX
(12/02/2004)
website groupe http://c.aarme.lofi.org
website
label http://www.deletedart.org
sounds http://www.deletedart.org/audio/c.aarme_-_tuputamicasa.mp3
|
|
Cerberus
Shoal / Alvarius B
The Vim and Vigour of - split CD
North East Indie 2003
Deuxième volet de l'aventure Cerberus Shoal et ses amis!
Alors que le premier split album voyait les protagonistes proposer
des morceaux chacun dans leur coin, la collaboration devient
ici beaucoup plus étroite. Six morceaux en tout mais
deux fois les mêmes. Chacun donnant sa propre version,
qu'ils soient à l'origine de la compo ou non. Mais si
on peut parler au pluriel pour Cerberus Shoal, il faut employer
le singulier pour ce qui semble être un mystérieux
projet solo d'un certain Alan Bishop (du groupe Sun City Girls)
et rebaptisé Alvarius B... Ce gaillard a la voix de Leonard
Cohen. Autant vous dire que ça rigole pas dans les chaumières.
Derrière c'est pas la fête non plus et sa musique
a de quoi plomber plus d'une soirée. Un minimum d'instruments
mais il trouve le moyen de partir en couille sur "Ding",
écrit à l'origine par Cerberus Shoal. Les deux
morceaux suivants sont ces propres compos. Tout seul avec sa
voix plaignante et sa guitare acoustique. Autant vous dire que
l'atmosphère se réchauffe pas et qu'on a pas très
envie de le suivre sur ce terrain là. Par contre, quand
Cerberus Shoal reprend "Blood Baby" d'Alvarius B,
c'est fête au village. On dirait De Kift quand ils balancent
entre mélancolie et envolée musicale avec trompette
et désillusion. Sur la reprise suivante, ils se servent
principalement de samples de conversations de bistrots et le
soufflet retombe. Enfin, ils délivrent leur propre version
de "Ding". Une longue pièce de 18 minutes.
Ouïlle! C'est une fille qui pousse la chansonnette, le
ton est toujours aussi triste mais ne donne pas pour autant
l'envie de se flinguer. Et elle n'arrête pas de chanter,
chanter, chanter et même si on l'aide, que l'ambiance
s'enrichit de bidouilles, je ne vous conseille pas d'aller jusqu'au
bout! Cerberus Shoal ne fait définitivement pas dans
la facilité.
SKX (03/04/2004)
website
groupe
www.cerberusshoal.com
website
label
www.northeastindie.com
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Cerberus
Shoal / Herman Düne
The Whys and hows of - split CD
North East Indie 2002
Cerberus
Shoal a entamé en 2002 (il est temps de se réveiller!)
toute une série de split CD avec des groupes, toutes
nationalités confondues, qui ont partagés une
scène avec eux et leur ont tapés dans l'il.
Cerberus Shoal, c'est de l'Américain. Découvert
par un album sur le label marseillais Pandemonium, ils uvraient
dans un esprit musical proche de Tortoise, sorte de post-rock
touffu avec tout plein d'instruments (et pas convaincant du
tout!). Un groupe assez atypique, qui révèlera
bien d'autres facettes lors de ces enregistrements suivants
et plus à leur avantage. Avides de découvertes,
ce n'est pas surprenant de les retrouver embarquer dans ce projet
de collaboration tous azimuts. Les premiers à s'y coller
sont les Français de Herman Düne. Vive l'amitié
franco-américaine! Mais vu le style de Herman Dune, il
faut se pincer pour croire qu'ils viennent du pays des fromages
qui puent! Folk-rock, harmonica compris dans l'emballage, leurs
quatre titres sonnent plus roots que n'importe quel péquenot
du fond du trou de l'Arkansas! Mention spéciale tout
de même à l'envoûtant "that woman is
a murderess" où ils délaissent un temps les
santiags crottées et les chapeaux de cow-boys pour un
titre tout Velvetien. Cerberus Shoal garde aussi une approche
acoustique de l'affaire mais enrichit l'instrumentation. Chants
multiples tout à l'unisson, mélodie en boucles,
c'est le printemps qui s'invite! Vous coupez tout ça
avec des interludes entre chaque titre et vous avez une collaboration
qui se déguste à l'ombre dans un hamac.
SKX
(03/04/2004)
website
groupe
www.cerberusshoal.com
website
label
www.northeastindie.com
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Cerberus
Shoal / Guapo
The Ins and Outs of - split CD
North East Indie 2003
Guapo
est le troisième groupe a partagé les affres de
la création avec les Américains de Cerberus Shoal.
Notre trio anglais commence le bal par un morceau de près
de 20 minutes. Et 20 minutes plus tard, on attend toujours que
quelque chose se passe. Une interminable plage ambiante, avec
quelques ondulations d'intensité mais il va bien falloir
que cet avion finisse pas décoller! Bon, tant pis, prenons
le vol suivant. Cerberus Shoal s'y colle également pour
un long, très long voyage. Ya bataille avec Guapo pour
le césar du meilleur morceau ambiant. Les armes sont
différentes mais à mon applaudimètre personnel,
tout le monde se fait recaler! On finit ce difficile CD par
Guaperus Shoalo, projet commun où les deux groupes copulent
et autant vous dire que l'accouchement est prise de tête.
En gros, vous prenez les qualité des deux premiers morceaux,
vous mélangez et pour la suite, je vous laisse deviner!
Des morceaux expérimentaux pour le seul plaisir d'expérimenter.
La facilité sans la créativité. Que ce
troisième chapitre est laborieux!
SKX
(03/04/2004)
website
groupe
www.cerberusshoal.com
website
label
www.northeastindie.com
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The
Chinese Stars
A rare sensation - CD
Three One G 2004
Réunion au sommet d'anciens Arab on Radar et Six Finger
Satellite, ces stars chinoises ont troqué leur shuriken
à lames tranchantes pour les pistes enfiévrées
du samedi soir. Après s'être fait les dents avec
un maxi " Turbo Mattress " sur Skin Graft, ils optent
pour 31G et un premier album qui cède à la tendance
actuelle. Une basse bien ronde et mise en avant, une batterie
qui est faite pour vous remuer les fesses. L'axe du rythme,
jusqu'à être appuyé par des claquements
de main, The Chinese Stars opte pour l'option " dance ".
A l'instar de nombreux groupes depuis deux, trois ans, The Chinese
Stars, à partir d'une base rock et noise, se pervertit,
revêt le strass et les paillettes, un poil d'années
80 et c'est parti, ça chauffe à blanc, comme un
soupçon de !!! (Chick chick chick) dans les cendres de
Arab on Radar. Heureusement, la guitare est là pour nous
rappeler qu'on a bien à faire à un groupe de rock.
Jeu inventif et original qui à partir de trois fois rien
vous pond des accroches acérées. Dommage que son
travail soit mis en retrait. Le rythme, toujours le rythme.
Enfer et damnation. Quant à la voix de Eric Paul, elle
tend à se diversifier, trouver d'autres échappatoires
qu'à l'époque de Arab on Radar. L''harmonie avec
l'orchestre. " A rare sensation " est un album qui
fait bouger, se tortiller, difficile de rester insensible au
dictat de la pulsation rythmique qui sommeille en nous. Da là
à leur emboîter le pas jusqu'au bout de la nuit
The Chinese Stars subit la mode au contraire d'un Arab on Radar
qui apportait une vraie touche d'originalité. Il suffirait
d'exploiter les talents du guitariste, de le mettre en avant,
ne pas succomber au chant des sirènes, pour rééquilibrer
la balance rock/dance de ce groupe qui possède un réel
talent de compositeurs au-dessus de la moyenne et ne pas se
fondre dans le moule. Agréable certes mais risque de
dissipation des effets une fois la saison terminée. Et
les gueules de bois, personne ne les aime.
SKX
(07/11/2004)
website
groupe www.thechinesestars.com
website
label www.threeoneg.com
sounds
Passing_out_nails.mp3
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Chromatics
Plaster Hounds - Cd
Gold Standard Laboratories 04
Chromatics, réduction d'effectif. Mué en trio
avec la racine Adam Miller (guitare/voix), un nouveau bassiste
Nat Sahlstrom et le pas né de la dernière pluie
Ron Avila qui a traîné ses baguettes au sein de
Antioch Arrow, Get Hustle, Holy Molar et Final Conflict. Réduction
tout court. Vers le décharnement. Minimalisme de la batterie
et pourtant omniprésente et principale. Tout comme la
basse aux atours toujours bien rond et dub, phagocytée
de l'intérieur. Chromatics se débarrasse de tout
le surplus, nous renvoie un pied dans le passé de New-York
avec ses fils damnés Suicide et encore plus loin Silver
Apples, duo mythique de la fin des années 60 dont Chromatics
reprend le morceau " Program " en fin d'album. Un
duo précurseur, tout ce que n'est pas Chromatics si on
se réfère à ces références
encombrantes (il y en a d'autres), qui laisse tomber The Fall
du premier album pour retomber dans un autre piège. Mais
tout ça n'a que peu d'importance ! Car le trio sait aussi
insuffler un souffle rock comme sur le très bon "
ice hatchets ", apporter un peu de chaleur dans une ambiance
générale claustrophobique, lâcher la guitare
sur " garden ", avare le reste du temps, en retrait
de la rythmique inquiétante. L'espace dans les compos
de Chromatics, notion importante. Le vide autour, la mort qui
rode. Chromatics a tout du groupe qui se cherche, période
de transition au-delà d'influences qui finiront bien
par devenir secondaire. Dans l'attente, " Plaster hounds
" ravive la flamme et plutôt de belle manière.
SKX
(19/07/04)
website
label www.goldstandardlabs.com
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Circle
Takes The Square
As the roots undo - CD
Robotic Empire 04
Le hardcore prend la tangente. La logique est bafouée.
La ligne droite se brise sur le cercle. Ce cercle infernale
qui ne cesse d'avancer et d'apporter son grain de sable à
l'édifice. Ce jeune groupe américain originaire
de Géorgie prend le hardcore pour bible, sa véhémence,
ses textes et le dilate de l'intérieur. Sans user d'un
attirail musical aussi riche que Neurosis, restant plus prêt
de la base, CTTS n'en modifie pas moins la donne de ce cher
hardcore. Les compos sont éclatées. Un ouragan
d'émotions contradictoires. Un duel chant masculin/féminin
qui fait beaucoup dans la passionnara de ce premier album. Le
mec possède une urgence dans le grain de sa voix, une
pulsion paranoïaque qui ne laisse pas de glace. Mâle
éructant aux multiples brisures. Une uvre dense
et ambitieuse mais proche du terrain, explosive et aérienne,
distillant avec justesse des plages de calmes inquiétants.
On pense parfois à l'ambiguïté du dernier
Submission Hold, ce truc insaisissable qui rend ce disque original,
puissant et fragile.
SKX (24/02/2004)
website
groupe www.circletakesthesquare.com
website label www.roboticempire.com
sounds
www.hxcmp3.com/bands/1606
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Converge
You fail me - CD
Epitaph 2004
C'est sur une sobre partie de guitare que débute cet
album de Converge. " First light " est son titre.
Courte introduction annonciatrice de jours nouveaux que semble
confirmé " last light ", terrible morceau,
un des meilleurs qu'ils aient jamais composés. L'angle
est rock. Ecorché et rageur certes, comme ils savent
si bien le faire, mais à la saveur différente
de leurs habituels brûlots. D'une certaine manière,
toute en retenue bouillonnante avec le genre de mélodie
à la guitare qui vous monte au ciboulot. Kurt Ballou
semble en grande forme. Suivent quatre salves dans la grande
tradition Converge. Deux minutes de moyenne pour cracher tout
leur venin. Ils connaissent la recette (et nous aussi). Ca marche
à la perfection. Quelques minutes plus tard, on reprend
son souffle par " you fail me ". Leur face sombre
et tourmentée reprend ses droits. On se demandait après
trois ans de silence dans quelle direction Converge allaient
nous embarquer. Il semble qu'ils n'aient pas réussi à
trancher. Entre leur punk-hardcore chaotique dans ta face et
leur démons intérieurs où ils dévoilent
toute leur fragilité et leur douleur, leur cur
balance. La trame acoustique du très beau morceau "
in her shadows " appuie encore plus cette ambiguïté.
Avant de repartir combattre des moulins à vent avec toujours
autant de véhémence. Qu'on se dise bien que Converge
est à la base un groupe hardcore. Il semblerait juste
que dans ce domaine, ils aient tout dit. Leur salut passe sans
doute ailleurs, par une prise de risque plus grande dans des
compos s'éloignant de leurs débuts, à l'image
du morceau d'ouverture " last light ". Il n'en reste
pas moins que, même si les trois-quarts de l'album ne
surprennent pas, ils sont toujours et encore les maîtres
du genre. Maintes fois copiés, initiateurs d'un style,
leurs compos tiennent toujours le haut du pavé sur le
reste de la meute et rien que pour ça, cet album est
encore un sacré bout de musique. Un truc tout noir qui
brille dans la nuit, une sourde déflagration à
l'impact contrôlé dont la virulence est moindre
mais les ravages encore profonds.
SKX
(03/10/2004)
website
groupe www.convergecult.com
website
label www.epitaph.com
sounds
blackcloud.mp3
| eaglesbecomevultures.mp3
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Cult
of Luna
Salvation - CD
Earache 2004
Quand on a devant soi un mastodonte, on se demande comment va
se dérouler sa croissance, est-il possible de faire encore
plus lourd et plus extrême. Cult of Luna a décidé
de se mettre au régime et ne nous refera pas le coup
de " the beyond " deuxième version. A l'image
de Neurosis (grande influence du groupe suédois, jusque
dans l'évolution donc) ou du dernier Isis, Cult of Luna
allège la recette. Incluant de façon permanente
et plus visible un type aux claviers/samples, les Suédois
travaillent sur les ambiances et tendent à laisser respirer
leurs compositions. Le mastodonte dégraisse. Loooongues
plages introspectives, passages ambiants où le vent des
steppes tétanise les muscles, le metal d'origine se mue
parfois en une matière que ne renieraient pas nombre
de groupes post-rock, genre Godspeed You Black Emperor, le plomb
dans les semelles en plus. On jurerait même entendre parfois
un vulgaire groupe indie-pop des années 90 ! Le mastodonte
se veut séduisant. Pour autant, il n'oublie pas ses anciennes
manières, le déchaînement des passions et
les étincelles qui font tout exploser, mais là
encore, sans la virulence d'antan et de manière presque
trop prévisible. Le riff est lourd et avare, ça
tourne en boucle pour un effet hypnotique je suppose. Les mélodies
que les guitares essayent de mettre en avant n'ont rien de transcendant.
La grosse caisse bat du trois temps à la minute pendant
que les cymbales cinglent l'air. Seule la voix typée
hardcore n'a pas changé d'un iota. Ca n'a rien de désagréable
à l'écoute mais dans ces moments d'inquiétantes
béatitudes, les longueurs sont monotones et " Le
Grand Bleu ", même de couleur abyssale, ça
n'a jamais été ma tasse de thé. Où
certains voient de la profondeur et de la beauté, je
n'y vois que le vide qui se cache derrière. Après
la richesse et la folie de " the beyond ", ce troisième
album ne possède pas la verve créatrice de son
prédécesseur ( car les armes pour y parvenir sont
secondaires en fait). Mariage pour le meilleur et surtout pour
le pire entre le hardcore/metal de leur jeunesse et une musique
planante d'un nouveau genre. Un album en demi-teinte et en fin
de compte soporifique. Les Pink Floyd du metal.
SKX (14/11/2004)
website
groupe www.cultofluna.com
website
label www.earacherecords.com
sounds
leave_me_here.mp3
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C
Universum - CD
Free Dimension 03
C
est, à l'image de son nom, énigmatique. Une lettre
et tout plein de possibilités. Un groupe et 36 musiques.
La base a beau avoir quelque chose de rock dans les gènes,
l'album s'ouvre quand même sur un morceau à forte
consonance dub. Pas un dub de puriste, mais le rythme de la
basse est suffisamment marquant pour que le sourcil se fronce.
La suite donne droit à une guitare vrillante, une batterie
qui file droit, la basse rentre dans le rang et un clavier,
membre à part entière, pour le gimmick (comique)
de service. Mis à part une voix féminine sur "
ekpellant ", C est un groupe instrumental, au point de
nommer une chanson " lyrics are never more important than
the music ". Profession de foi qui part dans tous les sens.
Le liant dans tout ça en fait, c'est un truc hypnotique
qui émane de toutes les compositions. Qu'elles soient
à consonance (post) rock, pop ou psychédélique,
il y a dans l'air comme un truc qui tourne, un effet de boucles
qui est le cur de C, l'os sur lequel on plante ses crocs,
l'énergie à laquelle on se rattrape. Ca manque
pas de nerf et d'attrait. C'est même là leur principal
(unique ?) atout. De là à les suivre et les écouter
en boucle
Ya comme un effet de groupe en répète
qui se tape un buf, des arrangements limite (merci le
clavier), un coté rock seventies avec ses effets modernes
pour faire jeune. C'est en progrès par rapport à
leur premier maxi " Dep " mais c'est pas encore ça.
C aime brouiller les pistes et perd l'auditeur en route.
SKX (13/01/2004)
website groupe www.freedimension.cz/c/indexeng.php
website label www.freedimension.cz
sounds www.freedimension.cz/audio/indexeng.php
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Caesura
Wallpaper the witness - CD
Birds go south 2004
Caesura est un trio de San Francisco, révélé
en 2003 par un brillant album, " more specific, less pacific
", sur 54° 40' or Fight! records. La digne lignée
de toute une frange de groupes noise comme l'Amérique
sait si bien en produire, de Mission of Burma à Sonic
Youth. Retour à la case départ. Birds Go South,
le label de leurs premiers singles, sort ce deuxième
album. Comme un signe qui ne trompe pas. Car ce nouveau disque
est loin de la qualité du précédent. Tentative
d'ouverture vers un punk à la Minutemen. Rythmes savamment
dosés entre tendance funky/dub, ronde et presque dansante
ou plus traditionnellement rock. Les guitares perdent de leur
volume et par la même occasion de leur splendeur. Le plus
stressant reste la voix, pleine de tics et de manières
qui défrisent, comme un truc qui tombe là par
hasard et hélas pour elle, c'est jamais le bon endroit.
Caesura garde suffisamment de métier pour offrir de belles
joutes soniques, casser la machine, se présenter au bord
du précipice mais là encore, l'inspiration est
majoritairement déficiente. Catalogué trop vite
groupe math-rock, Caesura est aux confins de nombreuses influences
et cet album apparaît comme un brouillon. Ils ont la technique
et le talent mais là, la sauce ne prend pas du tout.
D'ailleurs, ils ont décidé d'un commun accord
de suspendre leurs activités. Rien de sûr et de
définitif mais mieux vaut arrêter là les
frais pour l'instant !
SKX
(09/01/2005)
website
groupe www.caesura.org
website
label www.birdsgosouthrecords.com
sounds
Success.mp3
| Tax27d.mp3
|
Capillary
Action
Fragments - CD
Pangea 2004
Voilà
un disque de dingue ! L'uvre d'un américain de
18 ans qui entre deux cours, a enregistré tout ce qui
lui passait par la tête, dans des salles de cours laissées
vacantes par des lycéens qui n'étaient sûrement
pas prêts à entendre ça
Jonathan Pfeffer
a des goûts tellement variés qu'il lui a été
impossible de faire un choix. Vous avez donc de tout. Vraiment
de tout sur ce " fragments " qui porte bien son nom.
Sans blague. On passe du math-rock à des rythmes samba.
D'affreux riffs metal à une ambiance jazzy avec piano
de salon. Des ambiances seventies, du hard-rock qui tâche,
du noise rock bien calibré, du prog-rock d'un autre âge,
de l'expérimental boutonneux et du trash de même
qualificatif. Pas un morceau ne ressemble à l'autre.
Quand il ne met pas tout dans le même morceau. Dingue
je vous dis ! Parfois, ça fonctionne à merveille.
D'autres, c'est complètement risible (et je pense pas
qu'il y ait un second degré hélas). On croirait
entendre un de ces horribles disques dont personne ne veut que
l'on retrouve plus soldé qu'un disque en solde dans une
braderie de quartier le dimanche. Ce jeune qui n'en veut joue
pratiquement de tous les instruments. Il a du talent, c'est
indéniable. C'est son prof de musique qui doit être
content. Mais c'était pas obligé d'en faire un
album. Le ménage s'impose. En attendant que tout ça
mûrisse tranquillement, profitez de ce cours sur l'histoire
de la musique gratuit et rigolo comme tout !
SKX
(11/04/2205)
website
groupe http://www.capillaryaction.net
sounds
tickingghosts.mp3
| ahundredpages.mp3
|
Chariots
Congratulations - CD
Troubleman 2005
Les
chariots de feu, c'est Travis Bos, l'ex-hurleur de Song of Zarathustra,
qui nous ressort la symphonie. Tant pis pour ses nouveaux compagnons
de jeux, mais ce nouveau projet va être irrémédiablement
estampillé Song of Zarathustra. Non seulement parce qu'on
retrouve cette voix à l'identique mais la musique apparaît
comme une évolution logique du dernier album de SOZ.
Son ami le synthé est mis en veilleuse mais il est tapit
dans l'ombre, bondissant à bon escient, se faisant entendre
sans qu'on y prête attention. Une bande-son bien énervée,
toutes guitares dehors. Le sens du swing. Le truc qui trace,
rutilant, la classe voir le classicisme d'une musique qui connaît
ses fondamentaux, ne les transcendent pas mais les exécutent
de façon magistrale. Poing levé, le cou désarticulé,
dix titres homogènes, la mélodie qu'on oublie
jamais. On ne peut que succomber. Retour en force.
SKX
(12/03/2005)
website
groupe www.chariots-music.com
website
label www.troublemanunlimited.com
|
Cheval
De Frise
La lame du mat - CDEP
Ruminance 2005
La
lame vient se briser une dernière fois sur nos maigres
récifs. Les deux de Bordeaux ont décidé
de mettre un terme définitif à leur collaboration.
Un fameux duo comme on dit un fameux trois mats. Une paire qui
aura marqué la scène française. Une personnalité
et une musique à part, loin des modes, seuls sur leurs
galères à tenter l'improbable fait musique. Au
petit jeu toujours stupide des influences, bien malin qui pourrait
mettre des noms tout en faisant l'unanimité. Leur tour
de force aura été en deux albums filants de créer
un univers personnel, devenant par là même, Ze
influence pour une pépinière de groupes à
venir. Leur rayon musique s'étalent entre d'obscures
groupes contemporains et musiciens classiques au patronyme imprononçable
et tiré à 43 exemplaires et une extrémité
rock dans laquelle versent Craw et autres avatars noise-rock
adeptes de la déstructuration systématique et
bruitiste. Cheval de Frise en aura tiré une musique tendue
et solennelle, brute et noble, des éléments contradictoires
qui éclatent les certitudes. Un groupe au naturel, en
autarcie dans son propre monde (chassez le naturiste, il revient
au bungalow). Cheval de Frise avant de monter sur les planches,
c'était aussi stressé qu'un troupeau de Miss France
avant l'annonce de la lauréate. Les planches sublimaient
leurs compositions. Les portes émotionnelles de leur
univers étrange s'ouvraient sous la lumière. Des
insectes pris dans les feux et qui s'emballaient, névrotiques
et généreux. Avec tout ça on en oublierait
presque de parler de leur dernière offrande. Anachronique
comme leurs titres de morceaux qui en l'occurrence pour ce disque
n'existe pas. La pochette porte le deuil du groupe. Noir et
blanc. Sobriété coutumière. Parti faire
une escapade l'été dernier chez les Américains
pour une série de concerts, ils en ont profité
pour enregistrer cinq morceaux avec Jay Pellicci (musicien émérite
de Dilute) et invité John Dietrich (Deerhoof, Gorge Trio,
Colossamite) gratouillé sur le morceau d'ouverture. Cette
fois ci, pas d'erreur de mastérisation (pour la petite
histoire, le second album a été pressé
sans que l'erreur n'ait été remarquée d'où
un son particulier. Il a depuis été corrigé.
A vous de tomber sur la bonne copie !!). Le son respire les
grandes étendues dans lesquelles s'attarde toute la mélancolie
d'un dernier galop. Glisse dans les silences sa tristesse fin
de siècle, ses volutes de guitare et sa rythmique recherchée
et limpide. On ne saura jamais de quoi aura été
fait leur futur mais ces compos augmentent la frustration. Dans
leur quête perpétuelle de nouvelles pistes sonores,
Cheval de Frise avec ces cinq titres semblent en adéquation
avec leur exigence quasi-monastique de compositeurs pointilleux
et le souffle rock qui les sublime. Après un " Fresques
sur les parois secrètes du crâne " qui marquait
un nouveau départ encore non abouti, " La lame du
mat " les montre sur le bon chemin, ouvre de nouvelles
portes qu'ils referment subitement. Fauché en pleine
course. Le cheval ne défrisera plus et c'est bien dommage
!
SKX
(09/04/05)
website
label ruminance.free.fr
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Clogs
Stick Music
Brassland/Talitres 2004
Clogs
est une formation hybride à plus d'un titre. A moitié
australiens et américains, ces membres sont tous issus
de formations classiques mais on largement mis de l'eau dans
leur breuvage d'école pour proposer une lecture du style
plus moderne. Dans ce cas là, on parle de neo-classique
en référence aux Rachel's (groupe incontournable
du genre qui fait avaler la pilule de la musique classique à
tous les bourrus du rock comme moi), neo-classique donc (qui
est au classique ce que le neo-metal est au metal, autant dire
que ça doit se marrer dans les salons feutrés),
étiquette bâtarde qui situe bien le problème
des Clogs. Une entité musicale qui puisse sa source à
différents puits. Le classique (n'en déplaise
aux puristes), à la musique minimaliste chère
à Arvo Pärt, au post-rock dans la droite lignée
de l'écurie Constellation records et toute une frange
de musiques du monde, qu'elles proviennent de l'Orient ou de
l'Europe de l'Est. Après un premier album " Thom'
s night out " (2001) très comme il faut avec la
raie sur le coté en bons élèves appliqués,
le second " Lullaby for Sue " (2003) les montrait
sur le chemin de l'indiscipline avec des cassures pour briser
la monotonie. 2004 ne bouleverse pas le paysage mais Clogs arrivent
à donner de la profondeur à sa mélancolie.
Recentrés autour des cordes avec le duo de compositeurs
Padma Newsome (violon) et Bryce Dessner (guitare) et mettant
en veilleuse le trombone, Clogs s'enrichit d'une palette de
couleurs plus chatoyantes. Le violon qui vous berce l'oreille,
une partie de cordes pincées qui renvoie vers Gastr Del
Sol, un air indoue, des ombres planantes aux confins de l'abstraction,
la musique de chambre sans la dentelle, l'éclat un peu
jauni. La lumière reste blafarde. On sort rarement du
rang mais Clogs possèdent un indéniable touché
pour peu que l'on apprécie l'intimité des boudoirs
et le romantisme nouveau, trouvant la ressource nécessaire
pour ne pas glisser vers le feutré, tendre la corde,
la rendre belle mais inquiétante. Une musique à
écouter entre chien et loup. Ni en colère, ni
suicidaire. Apaisé, prêt à se laisser aller
vers des rêveries d'un autre âge.
SKX
(02/01/2005)
website
groupe www.clogsmusic.com
website
label www.brassland.org
| www.talitres.com
sounds
pencil_stick.mp3
|
Complete
All systems go - CD
North Post 2004
C'est
le genre de comparaison dont ils doivent souper. Difficile de
ne pas citer pourtant Lack à l'écouter de Complete.
En plus, ils sont danois comme eux et nourrit au même
breuvage hardcore/rock'n'roll sauvage que Botch, en grand maître
de cérémonie, a engendré, les fils spirituels
se multipliant comme des petits pains. Les travaux de Complete
s'humanisent, perdent de leur rigueur hardcore entendue à
leur début pour s'ébouriffer aux vertus mélodiques
et rectales d'un rock'n'roll toujours là et prompt à
embouché les plus conciliants. Bien dans l'air du temps,
ce deuxième album respire le grand frais et s'en tire
avec les honneurs. Le refrain qui accroche, le souci du riff
qui va transcender la composition, le bon ton, le juste ton,
tout est en place et bien en place. On passera rapidement sur
quelques fautes de goût. Le syndrome du " guitar
hero ". Pour la surprise, vous repasserez. Reste que tout
ça est bien agréable à l'ouïe et à
moi aussi.
SKX
(29/01/2005)
website
groupe www.completeband.dk
website
label www.northpost.dk
sounds
died_like_a_hero.mp3
| uterus.mp3
|
Conelrad
A final dissolution - CD
New Addition Media 2004
Conelrad
tire son nom d'un programme gouvernemental sous l'ère
Reagan pour informer les gens des mesures à suivre en
cas d'attaque nucléaire (et oui ça m'arrive de
lire les bios des groupes !). Un raccourci pour vous présenter
ces deux grands enfants de la guerre froide : Jeff Gretz à
la batterie et Adam MacGregor à la guitare, ces deux
énergumènes nous faisant le plaisir de nous faire
partager leurs jolis grains de voix. Un duo atypique qui s'adonnent
plus aux joies du metal que l'habituel math-rock technique.
Jason Jouver (Don Caballero/Creta Bourzia et désormais
dans Microwaves) a beau avoir enregistré la bête,
l'approche de Conelrad lorgne plus vers un Dillinger Escape
Plan sans les plans foireux et casse-couilles que votre ribambelle
de groupes mathématiques. C'est du costaud et du saignant.
Ya pas de basse mais on jurerait en entendre à maintes
reprises. La voix vous chatouille les coups de poings. Conelrad
flirte avec les clichés métal sans jamais y mettre
les deux pieds. C'est parfois un peu lourdingue mais c'est sûrement
et simplement efficace. Une bonne grosse avancée de CRS
en tutu. L'image est osée certes mais résume assez
bien la situation pour le moins équivoque. On ne va pas
chercher la petite bête. Du métal inventif et joyeux
dans un format inhabituel. Mais on sait depuis belles lurettes
qu'il n'y a pas besoin d'être douze pour conclure un assaut.
Dissolution finale.
SKX
(10/04/05)
website
groupe www.conelrad.net
sounds
The%20Omega%20Male.mp3
|
Cougar
Pillow Talk - CD
Go Kart 2005
Avec
un groupe en provenance de Chicago et enregistré par
Albini, on pourrait enfiler les clichés. Mais ça
serait se méprendre sur les intentions du Cougar. La
troupe Cougar n'est pas un énième groupe noise
comme la ville de Al Capone en a vu des centaines défilées.
Si le son est immédiatement identifiable, la troupe Cougar
est plus proche de Rocket From The Crypt que Jesus Lizard !
Huit Cougar énervés et aux dents longues avec
saxophoniste et trompettiste intégrés. Une section
cuivre dynamitante. Une section cuivre
euh comment dire
dynamitante aussi. Deux guitaristes chauds comme la braise.
Un chanteur pour allumer la brèche et un type aux synthés
pour adoucir les murs de ses compagnons. Bref, ce Cougar
sait ce que signifie le mot " rock " et ne se prive
pas de le crier sur tous les toits. De quoi faire pâlir
plus d'un de ces pseudos combos rock'n'roll à la mode.
On sent chez Cougar que ce n'est pas une vaine pose mais un
véritable sacerdoce. On peut regretter quelques attaques
de cuivres intempestives et deux, trois lignes de guitares abusives
mais la rencontre entre ce rock charnel et le son d'Albini ne
manque pas de caractère. Cougar cherche au plus profond
la bête qui sommeille en vous.
SKX
(22/10/2005)
website label www.gokartrecords.de
sounds scissitar.mp3
|
The
Coughs
Fright makes right - CD
Load 2005
Fright
makes right. Ca sonne comme arbeit macht frei non? La liberté
avant tout et c'est bien de ça qu'il s'agit ici. Liberté
des structures, liberté des instruments utilisés,
très hétéroclites, liberté des influences,
diverses et variées, à un tel point que The Coughs
font l'effet d'une météorite échouée
sur la planète terre. L'impact est visible. Le point
d'ancrage est connu. Chicago, d'où émerge ce sextet.
Percussions métalliques, voix crachée à
la face du monde (serait-ce une demoiselle ?), des cuivres,
une basse utilisée comme un marteau. La face industrielle
du rock avec une attitude bien déjantée et libre
de tout marquage. C'est du rauque et en même temps ça
joue les trublions, Neptune, Headbutt avant de finir dans l'anti-chambre
d'un Merzbow audible (cela reste à prouver). L'amour
de la cacophonie, ordre et désordre quand les rythmes
martiaux se perdent en route sous les ficelles de manipulateurs
enfiévrés, cette voix qui revient sans cesse,
l'hypnose des caves, faudrait songer à sortir, prendre
l'air mais non, trop glauque dehors, le moteur tourne au ralentit,
l'explosion est latente, tout se finit dans la saturation, Stars
and stripes whatever, l'hymne à la patrie et sa déchéance.
Load est devenu un spécialiste pour nous dénicher
des perles noires, hirsutes, extrêmes et nous les rendre
présentable. Encore un joyau de plus à leur couronne.
SKX
(27/06/2005)
website
label www.loadrecords.com
sounds
track13.mp3
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Countdown
to Putsch
Interventions in Hegemony - 2xCDs
Crimethinc. 2004
La
ligne directrice du parti Countdown to Putsch est désormais
bien connue. Comme le soin apporté à l'emballage.
De la musique certes mais toujours accompagnée d'un volumineux
livret. 44 pages cette fois-ci. Le groupe New-Yorkais est très
bavard. La ligne musicale quant à elle, garde le cap
entre hardcore et free-jazz. Le genre à mécontenter
tout le monde. Vous connaissez le refrain. Pas assez hardcore
pour les hardcoreux. Pas assez jazz pour les jazzmen. Les puristes
des deux camps n'ont plus qu'à retourner à leurs
chères études. Uniquement basés sur l'improvisation,
ces deux CDs regroupant plus de 140 minutes de musique auraient
de quoi rendre sceptique. Si on vous en voudra pas de ne pas
écouter ce troisième album d'une seule traite,
il n'en garde pourtant une étonnante homogénéité.
On a connu leurs précédents brûlots plus
éclatés
Les militants d'un nouveau monde
ont trouvé l'équilibre précaire entre les
explosions hardcore (leurs racines viscérales) et leurs
joutes libres et jazzy. Les cuivres se mêlent avec dextérité
à une batterie débraillée. Le chant volontaire
et en colère s'accompagne sans problème d'une
douce mélopée, même funèbre, d'un
saxophone. Dans improvisation, il n' ya pas eu précipitation.
Rester maîtres de ses impulsions. Construire patiemment
le fil de sa révolte. Des montées en puissance
que ne renierait pas un The Ex épuré de ses guitares
cinglantes. Countdown to Putsch a toujours opté pour
un son clair, minimum de distorsions, le monde en connaît
déjà assez. L'Amérique de Bush en prend
plein son grade. Le capitalisme rase les murs. Du prêchi-prêcha
qui n'évite pas l'enfoncement des portes ouvertes. Heureusement,
la barrière de la langue a du bon. Mais une bonne gueulante
de temps à autre, ça ne fait pas de mal. "Interventions
in Hegemony" est un sacré monument à grimper.
Des pauses sont obligatoires. Voir des périodes de creux.
Mais l'ensemble ne manque ni de sel ni d'ambition. Dans le monde
du hardcore (on évitera quand même de parler de
jazz ici), on a besoin de groupes comme Countdown to Putsch,
de groupes qui n'hésitent pas à proposer autre
chose que la ligne officielle.
SKX
(29/01/2005)
website
groupe www.countdowntoputsch.org
website
label www.crimethinc.com
|
Cream
Abdul Babar
Covering the track marks - CDEP
Underadar 2005
Une
drôle de bestiole à sept têtes. Quand elle
sort, le ciel de Floride s'assombrit. Avec un nom aussi ridicule,
il faut assurer derrière. Et CAB assure. Incapable de
choisir son camp, nos sept gaziers tape dans le hardcore, l'industriel,
une bonne couche noise et le punk, le majeur toujours bien levé.
Synthé, trombone rutilant, CAB n'a peur de rien. Pour
le prouver, Cream Abdul Babar présente 6 reprises censées
représenter un large panel (votez pour moi) de leurs
influences. Du " Burning inside " de Ministry à
" Rid of me " de PJ Harvey, il existe un fossé
que CAB franchit allégrement. De Jesus Lizard ("
Gladiator ") à Mira, groupe planant/shoegazer à
l'esthétique 4AD, c'est carrément le ravin. Ils
reprennent tout ça à leur sauce. Les originaux
sont parfaitement reconnaissable mais entendre la chanteur hurler
de façon maniaco-perverse " spread your legs "
de PJ Harvey ou la fameuse rythmique de " Gladiator "
pulsé par toute la troupe a de quoi attiser la curiosité,
même malsaine. Le " Born Annoying " de Helmet
est par contre complètement ravagé et la reprise
live de Madonna (" Material girl ") une boutade car
Cream Abdul Babar n'est pas du genre poseurs à trois
balles malgré tout leur attirail de méchants.
Juste des bons gars à l'esprit large qui veulent rendre
un hommage aux artistes qui les ont marqués. Anecdotique
sans doute mais touchant également.
SKX
(29/04/2005)
website
groupe www.creamabdulbabar.com
website
label www.underadar.com
sounds
Burning_Inside.mp3
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Curse
of the birthmark
7''
333 recordings 2005
Après
une démo remarquée qui circulait sur le net, Curse
of the birthmark sort officiellement son premier disque. Un
single qui va faire date. C'est de la race des grands sourds,
qui ne s'entendent pas jouer sinon ils ne feraient pas un tel
bruit. Prenez en gros la défonce de Arab on Radar. Rajoutez
une dimension crissante et industrielle. Calez dans un coin
Weasel Walter des Flying Luttenbachers aux claviers. Le résultat
est des plus probant. Alibis et la stridence de son sifflet.
Call yer lawyer, son cimetière à guitare,
son clocher martial et son usine à gaz. Le groupe annonce
un 12'' sur Deleted Art et un album, tout ça pour 2005.
Passera-t-on l'hiver ?
SKX
(20/07/2005)
website groupe www.angelfire.com/creep/curseofthebirthmark
website label www.333recordings.com
sounds www.myspace.com/curseofthebirthmark
|
The
Curtains
Vehicles of Travel - CD
Frenetic 2004
Ouvrez
les rideaux et découvrez un monde merveilleux. Un monde
où le mot pop s'inscrit de toutes les couleurs. Un monde
au parfum désuet, c'est beau, c'est charmant, oh oui,
dis moi oui. De là à filer ça à
des gosses, je suis pas sûr
Un effet retors et expérimental
sillonne ce disque. Derrière The Curtains se cachent
deux membres de Deerhoof (Greg Saunier le batteur et Chris Cohen,
l'autre guitariste) ainsi que Andrew Maxwell (Open City). Forcément,
tout ne peut pas être aussi parfait. N'empêche,
les angles sont sacrément arrondis. Aucun des 23 morceaux
de ce troisième album ne sautent plus haut plus fort
qu'un autre. Effet retro, mélodies gentillettes légèrement
acidulées pour ne pas trop écoeurer, bidouilles
de synthés. Impressionnisme de la situation. Je reste
perplexe. C'est toute la face sensible et tranquille de Deerhoof
avec un bon coup de cafard derrière la cafetière.
Ca m'énerve tellement qui j'irai bien me coucher.
SKX
(11/04/2205)
website
groupe curtains.suchfun.net
website
label www.freneticrecords.com
sounds
fletcher.mp3
| nite.mp3 |
Café
Flesh
Pig on the dancefloor - CD
Furne 2005
Le
Café Flesh est une entité enfumée et poisseuse.
Du fin fond de la Charente, le label Amphetamine Reptile a laissé
des traces plus profondes que celles d'un tracteur et comme
le monde est petit ma bonne dame, le logo de feu le label de
Minneapolis se retrouve apposé sur le premier album de
Café Flesh. Il suffisait de demander, pas plus con que
ça et Tom Hazelmeyer, le boss, a accepté après
avoir écouté les bandes, simple clin d'il
et bel hommage, la boucle est bouclée. Et on comprend
pourquoi il a apprécié. L'univers rock cradingue
et déjanté sur les bords avec une voix à
la Killdozer, un cuivre pour la touche Cows, un punk-rock plombé
et bluesy à la Mule, Café Flesh a mis les pieds
dans le mille. Et si ils citent également Jesus Lizard
pour l'inspiration, c'est sans doute plus pour l'intensité
des troisièmes mi-temps, à l'instar de leurs potes
de Jarnac, Gâtechien, à qui ils répondent
en retrouvant le lézard de jésus et en invitant
un des membres à partager un morceau caché en
toute fin de CD. Des compos qui font bloc, qu'une production
adéquate permet de mettre en valeur après une
démo qui se cherchait. Des lignes de cuivres qui aèrent,
des rythmes qui ne relâchent jamais l'effort, tout se
tient même si ça manque de quelques morceaux qui
éclaireraient l'ensemble. L'énergie, les éléments
à charge sont là mais on cherche l'étincelle
qui embrasera tout ça d'un lumineux coup de pied dans
le fondement. Solide à défaut d'être brillant
mais c'est déjà beaucoup. Une musique qui sent
encore trop la reconnaissance de dettes. Mais maintenant que
celle-ci est acquittée, nul doute que le potentiel de
Café Flesh va s'affirmer au-delà d'ornières
que, de mémoire de Charentais, personne n'aura jamais
entendu.
SKX
(27/12/2005)
website
groupe www.cafe-flesh.org
website
label furne-rds.fr.st
sounds
jesus_a_retrouv_son_lizard%5Bpig_on_the_dance_floor%5D.mp3
| better_sweat%5Bpig_on_the_dance_floor%5D.mp3
|
Charlottefield
How long are you staying - LP
Fat Cat / Johnson Family / Unlabel 2005
Charlottefield nous arrive de l'autre coté de la Manche.
Voisins bretons qui végètent depuis cinq ans mais
qui risquent de voir le cours des choses s'accélérer.
Formation stabilisée et premier album huit titres après
toute une série de singles et titres dilapidés sur
des compilations. Notre quatuor frappe un grand coup. Il n'y a
rien pourtant d'exceptionnel dans leur musique mais l'effet est
immédiat. On va pas s'amuser au petit jeu de qui influence
qui car au final, Charlottefield fait son truc tranquille dans
son coin sans rien devoir à personne, brassant les styles
qu'on pourrait juste se permettre de qualifier de post-punk (si
tant est que ce terme à la con vous parle). Exprimant un
langage que leurs compatriotes de Bullet Union maîtrise
à merveille, notre découverte du jour mêle
l'urgence punk et l'esthétisme de certains groupes de Dischord
records, variant les plaisirs et brouillant par la même
occasion les cartes entre décharges rugueuses et enlevées
à toute berzingue (Nine tails, Again) et
morceaux introvertis comme les sublimes A>>B et Clipper,
pour finir dans le rouge le plus complet (Weevils). A écouter
en boucle.
SKX
(12/12/2005)
website
groupe www.charlottefield.com
website
label www.unlabel.net
| www.jonsonfamily.com
| fat-cat.co.uk
sounds
fat-cat.co.uk/fatcat/release.php?id=166
|
Cease
upon the capitol
Self-titled - CD
Impure Muzik / Tears from silence 2006
Et
c'est reparti pour un tour de screamo-hardcore, ams, tram, gram,
hystérique et colérique, vous connaissez la suite
de la rengaine. Alors oui, Cease Upon The Capitol est un groupe
de plus dans le genre. Mais bon, ils ont déjà
eu la bonne idée de s'emballer dans un magnifique digipack
tout coloré et avenant. Et bordélique comme leur
musique à la première approche. Ce premier album
collecte toutes les règles du genre. Le mec qui hurle
comme si sa vie (aussi insipide que la votre je vous rassure)
en dépendait. Une décharge pleine de sauvagerie,
le tout-à-fond avec cette pointe de lyrisme brute comme
Orchid savait l'aiguiser, voir le désespoir sauvage d'un
Shikari et ces quelques moments d'apaisements pour mieux mettre
en contraste les attaques frontales. Mais ya comme un truc qui
fait qu'on y jette une oreille, et puis une autre encore et
encore. Un cri qui force le respect, une colère qui en
impose, une guitare généreuse qui finit par se
démarquer du reste, des passages généralement
très courts mais accrocheurs (la fin du quatrième
titre par exemple), des compos qui trouvent peu à peu
leur jour sous l'apparence anarchique, dessinant des contours
solides et coupants. Foncièrement, ça pourrait
être qu'un disque de plus, mais allez savoir pourquoi,
celui là passe plutôt très bien !
SKX
(27/07/2006)
website groupe www.ceaseuponthecapitol.com
website label www.impuremuzik.com
| www.tearsfromsilence.com
sounds Track8.mp3
|
|
Celebration
Celebration - CD
4AD 2006
Les
yeux tournés vers l'intérieur. Regard fou. Je
n'ose à peine y croire. Celebration, c'est les trois-quarts
de Love Life. Groupe de rock ténébreux et habité.
Birthday Party et Come, ce groupe était un songe. Réincarnation
sous le nom de Birdland dans un premier temps avant que le mythique
4AD ne leur conseille de changer de nom pour ne pas être
confondu avec un vieux groupe anglais qui a toujours fait rire
tout le monde. Signature surprise sur un label qui n'a pas la
réputation de rocker. De donner dans le concret et le
sulfureux. Car si Celebration a majoritairement tronqué
sa guitare pour un orgue hammond et un piano électrique
Wurlitzer, le trio claviers multiples, batterie et chant féminin,
pour originale que soit cette formation, a le rock chevillé
au corps. Rythmes tribaux (revoilà l'ombre de Birthay
Party) et surtout la Katrina Ford au chant, capable de mordre,
caresser pour panser les blessures, vous retourner les tripes,
fendre le cur, plainte de bête blessée et
dont les réputations scéniques ne la donne pas
timide. Pécheresse de la cérémonie. Mais
Celebration, c'est aussi un tombé de velours noir. Un
rêve lugubre dans des ballades monstrueuses qui vont font
frissonner comme une jeune mariée. Des moments de grâce
inouïe qui vous transportent à des hauteurs vertigineuses.
Des claviers (Sean Antanaitis) et des trouvailles mélodiques
constantes sur lesquelles on flotte, éperdument. Fin
de siècle et décadence. Ce premier album produit
par David Sitek (TV on the radio) est d'une élégance
rare. Entre le cri primaire du rock et l'abandon d'une fissure
ancienne. Entre la témérité, la violence
intériorisée et l'arrachement, ce creux en soi
sur lequel Celebration appuie de façon instinctive. Musique
de rupture. Fiévreuse. Un album à se damner par
terre et carrément essentiel.
SKX
(26/02/06)
website groupe www.myspace.com/celebrationcelebration
website label www.4ad.com
|
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Clockcleaner
Nevermind - CD
Reptilian 2006
The Hassler - CDEP
Manic ride 2005 |
Clockcleaner
The
hassler - cdep
Manic Ride 2005 |
Clockcleaner,
ça c'est du groupe. Le genre qui va secouer et faire
fuir tous les kékés du rock. Qu'ils retournent
à leurs disques post-rock de merde. A leur emo de mes
couilles. Un groupe de rednecks sales et puants, politiquement
incorrect, une bonne dose d'humour bien salace. Dix ans plus
tôt et c'était sur Amphetamine Reptile qu'ils échouaient,
aux cotés des affreux God Bullies et Lubricated Goat.
Un langage à faire pâlir Steve Albini et tous ces
Big Black et Rapeman, à faire frémir de plaisir
la queue de David Yow. Un trio de Philadelphie qui commet un
Nevermind, pied de nez anti-tout à tout ce que
peut représenter l'autre Nevermind bien connu.
Enregistré par Alap Momin, le mec de Dalek, hé
oui, ce premier album est un déluge de gros riffs fumants
et killers soutenus par une charge aussi basique que légère
comme une volée de chars d'assauts à la conquête
de ton petit cul de blanc bec. Avec une large propension à
jouer du feedback, à gueuler comme un maniaque désespérément
au fond de son trou à rat, à titiller des soli
de guitare vicieux autour d'une indécrottable section
rythmique, l'aura de cet album est unique. Le groove d'un Jesus
Lizard, la morve punk-rock de tous les groupe d'Amrep, je les
prends tous quand je veux, l'art de faire du bruit comme tous
les grands groupes de Chicago avec l'élégance
d'un Mama Tick. Jouissif à mort. Un an plus tôt,
Clockcleaner s'était exercer le poignet avec un six titres
nommé The Hassler sur Manic Ride records. Le son
n'était pas encore si personnel mais tous les germes
de leur laideur étaient bien en terre. Aussi indispensable
que leur album. Ce groupe nous rappelle que le punk-rock, c'est
avant tout une mentalité. Pas une histoire de putain
de tatouage sur tes biceps de branleurs. Une mise en danger.
Qu'importe tout le reste. Juste se foutre Nevermind à
burne et basta.
SKX
(15/08/2006)
website groupe www.clockcleaner.net
website label www.reptilianrecords.com
| www.manicriderecords.com
sounds InTheShit.mp3
| MissingDick.mp3
| HandsAreForHolding.mp3
|
|
Condor
Do it everywhere - CD
Birds Go South 2005
Et
le condor passa. Etrange oiseau rétro-futuriste dont
la formule du jour consiste en une batteuse (Wendy Farina),
Kurt Keppeler (synthés) et Joshua Richardson, un bassiste
remplacé depuis par un guitariste, ces trois là
s'adonnant aux joies du chant. Le condor prend son envol de
San Francisco, ville où tout est permis, surtout quand
ça touche à l'expérimentation. Confronter
le rock avec la froideur d'un robot. S'enfoncer dans les années
80, Devo et le pousser dans ses retranchements avec toute l'énergie
et l'intensité punk adéquate. Un dialogue inspiré
entre des rythmes démantibulés et de drôles
de bruits de synthés sonnant comme une caisse enregistreuse,
un grelot, une fraiseuse ou un vieux truc bourré d'électronique
datant du premier boulier. Humanoïde associé à
une chaleur sous cutanée dont les mélodies acides
se développent au grand jour si on se réfère
à leur précédent album A Big One
sorti sur Narnack records en 2003. Bruit de métal, froissement
de tôles, velours que l'on approche sur ses gardes, compositions
au taquet, douceur toute relative qui cache une propension à
planter ses griffes au moment le plus opportun, c'est-à-dire,
quand vous avez le dos tourné. Condor a réussit
un drôle d'album, maniant avec brio tous les symptômes
actuels d'une musique rock qui vit sur son passé pour
le propulser vers un avenir inquiétant et foutrement
attirant. Et le condor passa toujours.
SKX
(22/02/06)
website groupe www.condorcondor.com
website label www.birdsgosouthrecords.com
sounds Backwards.mp3
| HereYouGo.mp3
|
Converge
No heroes - CD
Epitaph 2006
Le nouveau Converge vient de passer à toute allure entre
mes deux tympans et j'ai rien retenu. Je réitère
l'opération, encore et encore. Toujours rien. Pourtant,
ça dégueule sec. Cinq morceaux pour ouvrir l'album
qui jamais ne dépassent les deux minutes. Une furie Converge
dans la plus grande tradition du genre. Ca devrait le faire.
Mais ça ne le fait pas. L'impression d'avoir entendu
ça des dizaines de fois. Converge fait du Converge. Personne
n'ait mieux placé qu'eux pour se permettre ça.
Sauf que cette fois ci, ils le font moins bien. Et qu'à
la longue, ça lasse. Parce que, honnêtement, face
aux morceaux mythiques et incandescents Distance and meaning
ou Fault and Fracture de l'album Jane Doe, tous les Heartache,
Hellbound, Sacrifice ou Vengeance de ce
No heroes ne tiennent pas la route, ya pas l'ombre du
début d'une photo ou alors on ne peut plus rien pour
vous. C'est la taille en-dessous, qui fera notre bonheur si
on est pas trop exigeant mais quand c'est Converge et qu'on
a mis la barre si haute, on ne peut pas se contenter de cette
rage qui tourne à vide. Beaucoup de bruit pour rien.
Après l'habituelle entrée saignante, Converge
part sur des morceaux plus travaillés, pesants et tourmentés
jusqu'à échouer sur les neuf minutes du Grim
heart/black rose. Construction typique d'un album de Converge.
Encore une fois. Un morceau qui est le pendant des In her
shadow et You fail me de l'album du même nom.
Converge calme son entreprise de destruction et s'offre les
services au chant de Jonah Jenkins, l'ancien chanteur des Milgram
et Only living witness, pour une ballade rugueuse et laborieuse
et cette voix de crooner métalleux qui donne envie de
lui foutre des baffes. Puis c'est le retour du Converge classique.
Là, c'est Converge qui les distribue les baffes pour
une fin d'album, allez tous en chur, habituelle, même
si Trophy Scars apporte un peu de baume au cur,
une respiration dans ce vain déluge. Converge nous livre
un album qui n'a rien de honteux mais franchement, c'est loin
d'être la fête. Converge ne surprend plus, n'ose
plus, nous rejoue les mêmes partitions avec pour ce coup,
l'inspiration en berne. Gueuler le plus fort et le plus vite
ne suffit pas. Il faut y mettre aussi un peu de ses tripes,
de passion, se remettre en question, un don de soi pour briser
la routine. Quand un groupe ne devient qu'une copie de lui-même,
c'est pas bon signe. Converge, les Ramones du hardcore ?
SKX
(18/12/2006)
website groupe www.convergecult.com
website label www.epitaph.com
sounds 150
|
|
Coptic
Light
Self-titled - LP
No Quarter 2005
Les
avions en piqué annoncent la rude bataille qui va s'engager.
Par paquet de douze milles notes comme autant de bombes mais
en seulement trois longues salves de 14, 10 et 19 minutes pour
un interminable bombardement, Coptic Light ne laisse que peu
de chance aux survivants. Mais des bombes comme ça, sur
le coin de la gueule, j'en veux bien tous les jours (ou presque,
il faut songer à respirer aussi). Coptic Light est une
réunion de vieux soldats qui ont tous fait leurs armes
dans des escadrons réputés. Le bassiste Jeff Winterberg
dans Antioch Arrow, redoutable pionner du hardcore chaotique.
Le guitariste Jon Fine, voltigeur chez Don Caballero. Le batteur
Kevin Shea, éclaireur chez Storm and Stress. Que du gradé.
Des années d'expérience au service d'une musique
qui sent bon la liberté des grands espaces traversées
à brides abattues et l'improvisation en direction assistée.
Ca foisonne à volonté. Le batteur s'en donne à
cur joie. Il ya du Grand Ulena ou tout simplement (le
rapprochement est à portée de main) du Storm and
Stress et Don Caballero chez ce Coptic Light là. Après
un départ furieux, le trio trouve quand même le
temps de se calmer en fin de parcours avec Eat it at high
school, le plus mélodieux des trois sans que cela
ne remette en cause la maestria et l'énergie débordante
dont fait preuve le groupe. Car même si on est à
la guerre, Coptic Light est civilisé et ne se laisse
pas aller à des exactions barbares. Respect des règles
pour une musique noise instrumentale (et dans instrumentale,
il ya mental) jouissive, véhémente et bizarrement
apaisante. Engagez-vous, engagez-vous qu'ils disaient !
SKX
(21/02/06)
website groupe www.copticlight.com
website label www.noquarter.net
sounds www.copticlight.com/pages/mp3.html
|
The
Creeping Nobodies
Sound of joy - CD
Blocks RC 2006
Tout
se joue au Canada à Toronto qui héberge ce groupe
formé durant l'été 2001 avec un ex-Sick
Lipstick. The Creeping Nobodies n'hésite pas à
sauter par-dessus l'océan et venir s'inspirer des travaux
de The Ex mais aussi descendre plus au sud, passer la frontière
et débarquer à New-York pour venir déterrer
des vieux Sonic Youth. Bref, ces jeunes gens ont bon goût
et arrivent avec tout ça à créer une musique
angulaire, dérangeante, neurasthénique, aiguisée
et ma foi, bien personnelle au final. The sound of joy n'annonce
pas, comme vous vous en doutez, réjouissances et ripailles
en tout genre. Hollow stems, a hunter's will, le morceau
d'ouverture, c'est ce que Sonic Youth n'est plus capable de
faire pendant que l'intro à la basse du suivant Pangrammatic
Window me rappelle un vieux Deity Guns (mais ça s'arrête
là). Wharton Tiers leur a taillé un espace sonore
aliénant, un son de la joie dans lequel le groupe se
débat avec minimalisme ou à coups de cisailles.
Des morceaux dépouillés et dégingandés.
Des morceaux où la batterie se fait discrète.
Des morceaux très connotés nos hollandais volants
comme les neuf minutes de Sens of belonging avec sa cloche
caractéristique façon Kat The Ex. Des morceaux
où un synthé gère les trous sur lesquels
se reposer. The Ex qui hante également le phrasé
d'un chant où toute la bile se déverse, vous percute,
adoucit de temps à autre par un chant féminin.
Ce troisième album (le deuxième officiellement
si on considère le 6 titres I-X-U en 2002 comme
un EP malgré ses 45 minutes), c'est la rencontre du no-wave
new-yorkais et de la touche européenne à la The
Ex (vous allez finir par le comprendre). L'esprit négatif
et le sens de l'expérimentation avec un souci de la mélodie
perverse. Décapant et rafraîchissant. Ce sound
of joy, c'est par division entière que j'en veux.
SKX
(16/09/2006)
website groupe www.thecreepingnobodies.com
website label www.blocksblocksblocks.com
sounds treachery.mp3
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Curse
of the Birthmark
Welcome to hard times... you're late - 12''
Deleted Art 2005
Les
temps sont durs et Curse of the Birthmark va se faire un plaisir
de vous le démontrer, vous mettre le nez dans la merde
et faudra dire merci encore en plus. Que j'adore ces bruits
stridents, ces rythmes de pistons, ces sirènes hurlantes
- à moins que ce soit les guitares - ce rock noise quasi
industriel. Idéal pour s'endormir. Cinq titres représentatifs
d'un esprit très tordu. Voix trafiquée en continue,
crispation imminente, c'est une musique d'après bataille
et broyage de chair. Trois militaires qui ne mitraillent pas
à l'aveugle. Une vision acérée. Frappe
chirurgicale comme au dit au JT. Cibles virtuelles et morts
réels avec du vrai sang dessus. Curse of the Birthmark
n'est pas là pour rire et ce n'est pas du grand n'importe
quoi. Un grand groupe noise comme on n'en avait pas vu battre
nos campagnes depuis des lustres.
(01/01/06
!)
website
groupe www.angelfire.com/creep/curseofthebirthmark
website
label www.deletedart.org
sounds
show_yer_fangs.mp3
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Calva
Cactus costume - CDEP
A tant rêver du roi 2008
Et
c'est parti pour une tournée de Calva. Il y a des groupes
qui vous facilitent le boulot, on les remerciera jamais assez.
Un Calva qui ne provient pas de Normandie mais du Béarn,
ça doit être l'effet de la mondialisation. Un Calva
qui n'a pas eu le temps de vieillir. C'est tout jeune et ça
se sent encore. Un premier EP cinq titres laissant un arrière-goût
en bouche mais avec un petit goût de reviens-z-y suffisant
pour une dernière lampée, ze very very last one
! Comme leurs compères de Vélooo,
ce trio pratique une musique essentiellement instrumentale,
dissonante sur les bords, à l'instinct et aux influences
trop larges et communes pour en dissocier plus que d'autres.
Vaguement baigné au rock noise américain, il en
ressort une musique inégale, allant d'instrumentaux passe-partout
et convenus à des titres avec du chant (les meilleurs)
où l'atmosphère se tend, le ciel se couvre et
le Calva devient boisson clandestine comme sur le trouble 511
Kinderheim. Calva a tout intérêt à distiller
son propre liquide si ils ne veulent pas se diluer dans le marché
et sa loi impitoyable, y rajouter du piment et ne pas hésiter
sur le taux d'alcoolémie sous peine d'évaporation.
Là encore, le label A tant rêver du roi (quel drôle
de nom !) soigne ses poulains avec un digipack en deux volets
qui s'ouvrent comme le Vélooo et se referment avec un
bel aimant.
SKX
(17/11/2008)
website groupe www.myspace.com/calvaband
website label www.atrdr.net
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Capillary
Action
So Embarrassing - CD
Natural Selection 2008
Capillary
Action, c'est ce jeune américain de 18 ans qui avait
sorti un album improbable en 2004. Un disque
où il faisait tout de chez tout, au four et au moulin
et même au fond de la mine. Il revient quatre ans plus
tard, accompagné de trois autres musiciens à temps
complet (j'ai zappé entre temps un CDEP Cannibal Impulses
en 2006) et d'une pléthore d'invités au violon,
violon alto, violoncelle, percussions, trombone et retrombone,
saxophone et resaxophone. N'en jetez plus. Un impératif
qui s'applique également à sa musique. Capillary
Action brasse toujours une multitude de styles au sein d'un
même morceau, du math-rock débridé façon
Hella dernière mouture ou Dillinger Escape Plan (light),
du rock roccoco à la Need New Body, de la musique classique,
des plans jazzy (littéralement), de big bands (mais n'est
pas Ftus qui veut), des musiques du monde (mais ne me
demandez pas d'où), des airs de Mariachi, une tonne de
trucs que les limites de ma culture musicale ne permettent de
définir et du chant pour la première fois sans
qu'aucun genre ne prenne le dessus sur un autre. Un véritable
tour de force de mixer tout cette smala, une performance technique
et un mal de tête assuré pour enchaîner des
plans qui n'ont rien à voir entre eux. C'est pas pour
ça qu'on crie au génie. Le résultat est
plus cohérent qu'il y a quatre ans. Les plans ados boutonneux
sont laissés au rencard. Capillary Action a trouvé
de la cohérence dans sa débauche, ce n'est plus
le grand n'importe quoi mais ça reste encore too much
et pas toujours très inspiré. L'impression qui
prédomine reste une pop ultra-baroque durcissant parfois
le ton, l'emmenant dans des régions exotiques ou des
clubs enfumés. Mais tout ça manque singulièrement
d'âme et d'émotions. So embarrassing, effectivement.
SKX
(24/07/2008)
website groupe www.myspace.com/capillaryaction
website label www.myspace.com/naturalselectionrecords
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Celebration
The modern tribe - CD
4AD 2007
La
joie aura été de courte durée. Le temps
d'apprendre la sortie de ce deuxième album. Le temps
qui sépare l'excitation de cette nouvelle et le mouvement
du doigt vers la touche play. On reprend pourtant les mêmes
éléments (l'orgue, la batterie et le chant de
Katrina Ford pour instruments principaux), le même producteur
(David Sitek de TV on the radio), le même label plus tout
jeune, tout pareil qu'en 2006 et une écoute discrète
pourrait presque faire croire que musicalement, rien n'a changé.
Sauf une donne très importante. Les ex-Love Life ont
oublié toute la noirceur qui faisait leur beauté.
C'est une version édulcorée que le trio de Baltimore
nous offre. Une version pour Trax, pour bobos branchés.
Ce disque est tout ce qu'il y a de plus agréable. La
ribambelle d'invités (Nick Zinner de Yeah Yeah Yeahs,
toute la troupe de TV on the radio) sont bien élevés,
ne font pas un bruit plus haut que l'autre, ne bouleversent
l'ordre établi. L'orgue égrène tranquillement
ses mélodies, une basse un peu rondelette fait son apparition
et la guitare sait se faire tranchante malgré ses faibles
apparitions. Les arrangements sont pléthores et travaillés.
Non franchement, c'est professionnel. A l'apéro, vous
y glisseriez bien un doigt. Le problème, c'est que Celebration
pourrait jouer des heures ainsi, on ne serait toujours pas plus
ému que ça. Même quand le batteur s'énerve,
que Celebration retrouve un peu de fougue, ça ne décolle
pas. C'est lisse et creux. Le chant de Ford n'est plus ce feulement
dangereux, cette petite sur de Lydia Lunch qui pouvait
tout vous faire et que vous acceptiez sans broncher. Elle chante
et très bien mais ce n'est pas de ça qu'on a besoin.
Qu'elle nous gifle, nous caresse, nous fasse craindre le pire
et le meilleur. On ne sent plus de mise en danger dans cette
collection de gentilles chansons. Encore un effort et on pourra
danser comme des potiches. Celebration a arrondi les angles
et la déception est à la hauteur de l'engouement
suscité par leur premier album,
tout comme la pochette hideuse qui vient couronner le tout.
SKX
(05/02/2008)
website groupe ilovecelebrationmusic.com
website label www.4ad.com
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Celeste
Pessimiste(s) - CDEP
Alchimia - Pure Pain Sugar 2006
Deux anciens Mihai Edrisch (le chanteur et le guitariste) remontent
dans la foulée un projet qui sent encore bon le souffre
et la souffrance. La base screamo-hardcore reste l'inspiration
principale mais le propos se durcit. La noirceur gagne en épaisseur
et du coup, on y croit un peu plus à leurs maux de tête.
Ca se pose beaucoup moins de questions. L'action, tout de suite.
Champ de tir réduit sur cinq morceaux. Gros son, grosse
frappe qui n'empêche pas de magnifiques arpèges,
de placer des ambiances mélancoliques convaincantes (au
milieu de Diluons nos souvenirs d'enfance, par exemple),
de jouer à un Envy sévèrement remonté,
de jouer sur les contrastes en faisant passer tout ça
en force. Profondément mélancolique et en colère.
Personnellement, je ne me suis pas niqué les yeux à
tenter de lire les paroles sur leur très belle pochette
calque. J'évite toujours de lire les paroles de ce genre
de groupes. J'aime pas rire quand j'écoute ce type de
musique.
SKX
(18/05/2007)
website groupe www.weareceleste.com
website label www.purepainsugar.com
| alchimiarecordings.com
www.denovali.com
(version vinyl)
sounds Afin_de_tromper_l_ennui.mp3
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Charlottefield
What friends are for - CD
Fat Cat 2007
J'ai
bien fait de laisser mijoter cet album à feu doux. Deux,
trois écoutes auraient suffit à une chronique
lapidaire. Et puis un beau jour, alors que la musique défilait
mécaniquement comme un escalator dans mon lecteur numérique
made in China à deux balles qu'un Albanais ne voudrait
même pas en cadeau, un morceau m'a subitement interpellé
sur le mode : merde c'est quoi ça, c'est bien ?!
C'était Beatings, le titre d'ouverture du nouvel
album des Anglais de Charlottefield. Et la suite était
à l'avenant. C'était comme on dit un déclic.
La faute à un premier album How long
are you staying parsemé de tubes et de titres
lumineux comme Clipper, A>>B car sur ce
What friends are for, il n'y a rien d'immédiat.
Déjà que leur style musical est un poil bâtard,
un peu tout et rien de précis à la fois, là,
c'est devenu encore pire. Les compositions sont toutes intricate
comme disent les rosbifs, c'est à dire fouillées,
compliquées, peinant à décoller et finissant
par sonner quelconque. Genre de rock anguleux et émotionnel
qui finit par se prendre les portes à force d'en ouvrir
trop. Enfin, ça, c'est ce que vous vous dites au début.
Car une fois le déclic enclenché, on s'immerge
plus facilement dans les dédales de morceaux faussement
complexes, on navigue volontiers entre un indie-rock corsé
à la Shipping News et quelquechose de plus frondeur et
sombre, la rage au bout des lèvres d'un chanteur que
je préfère nettement quand il éructe plutôt
qu'en mode aérien. Mais le patron chez Charlottefield,
ça reste le batteur. Ca se voyait déjà
lors de leur concert à Nantes avec Part Chimp en octobre
2006. Le gars qui en voulait, motivait ses camarades de jeu
et essayait de les sortir de la torpeur, il faut bien le dire,
c'était ce barbu qui aurait facilement pu passer pour
leur père. Sur disque, son abattage donne une dynamique
incroyable à une musique qui semble capable de flancher
à de nombreux moments. Parce que déclic ne signifie
pas béatitude, cet album, même si il est devenu
agréable, manque d'ampleur et de titres qui mettent tout
le monde d'accord.
Mais tout ça, c'est de l'histoire ancienne. Le groupe
a splitté très récemment. Ils avaient déjà
laissé pas mal de monde en plan en plein milieu de leur
tournée européenne en mars dernier, sur les bords
d'une route espagnole à cause d'un van récalcitrant.
De là à dire que cette panne était diplomatique
et que le carbu a le dos large, il y a un pas que je ne franchirais
pas parce que j'en sais fichtrement rien et que le groupe annonce
avoir mis fin à l'aventure dans la plus grande et sincère
camaraderie, à Brighton, suite àun concert avec
Old Time Relijun, le 22 avril 2008, soit huit ans et deux jours
après leur tout premier concert. Merci bonsoir.
(Un nouvel EP est tout de même annoncé, ainsi que
d'autres trucs, peut-être, un jour...).
SKX
(28/05/2008)
website groupe www.charlottefield.com
website label fat-cat.co.uk
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Chevreuil
Science - cdep
Ruminance 2006
Chevreuil
sort sa science. Après quelques exercices périlleux
de capoëira, le duo nantais sert le jeu, oriente son regard
vers le soleil levant et sort pour le label japonais Stiffslack
un EP cinq titres que le label parisien Ruminance nous fait
profiter également. Ya pas de raison. Chevreuil est donc
toujours cet animal à deux têtes mais un troisième
larron qui s'appelle synthétiseur est venu tenir la bougie.
C'est Tony C le guitariste qui, outre ses nombreuses pédales
et fils qui les relient, se charge de dompter l'inconnu. Chevreuil
cherche de nouvelles voies. Sur leur quatrième album
Capoëira, l'utilisation de l'engin faisait crisser
les dents. Science persiste. Le son donné à
ce synthé de malheur me laisse perplexe. Pour sûr
que leur image Shellac / Storm and Stress va en prendre un coup.
Leurs compositions deviennent de plus en plus bizarres, éclatées.
Le fil conducteur m'échappe. C'est du coup plus personnel.
Un mal pour un bien mais l'alchimie est encore loin d'être
réalisée. Ou à de trop rares occasions
comme sur Satan le titre d'ouverture qui, après
la crispante intro au synthé, se laisse aller à
cinq minutes d'un rock-noise racé et brutal, entre riffs
Oxes-ien, improvisation contrôlée et franche embardée
rythmique qui va de l'avant. Avant que Mr Synthé ne revienne
Chevreuil cherche de nouveaux terrains de chasse mais n'a pas
encore la science infuse pour bien délimiter son territoire.
SKX (25/01/2007)
website label www.ruminance.com
| www.stiffslack.com
sounds www.myspace.com/chevreuil
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Chick
Peas
self-titled - CD
Boom Boom Rikordz 2008
Je
dois bien avouer que je suis allé vers ce disque à
reculons. A tort ou à raison, Chick Peas n'avait jamais
fait beaucoup d'étincelles dans mon petit cur tout
bleu. Ce premier album -sans titre et tardif (le groupe existe
depuis 2002 je crois)- était donc l'occasion d'avoir
un avis plus posé sur le trio lyonnais, pour l'instant
uniquement vu en concert. Mon cur d'artichaut (de Bretagne)
allait il être conquis par les pois chiches méditerranéens
? Quel effroyable suspens les amis.
Chick Peas est un groupe avec deux basses, une batterie et un
peu de chant, mais pas beaucoup, la musique du groupe étant
aux trois quarts instrumentale. Un groupe noise avec deux basses
et pas de guitare, il y en a quelques uns d'importance, à
commencer par Milkmine -une paire de singles et un unique album
en 1994, autant dire une éternité- un groupe sale
et violent très influencé par Unsane. Beaucoup
plus récemment il y a les chicagoans de Bear Claw, plus
influencé eux par l'école Dischord. Et pour faire
plaisir à tout le monde citons également les plan-plans
Diagonah dans une veine inspirée par June Of 44. C'est
fou ce que l'on peut donc arriver à faire avec deux basses.
Chick Peas a un peu à voir avec tout ça. L'efficacité
rythmique est la règle d'or de ces garçons, l'énergie
brute est leur moteur, ça passe ou ça casse et
la plupart du temps ça passe. Et ça passe même
très bien comme sur Incredible dont le final me fait
à chaque fois relever la tête pour regarder sur
le lecteur le numéro de la plage : c'est la combien celle
déjà ? ah oui la 6 !
La répartition des tâches entre les deux basses
est assez simple et constante : lorsque la première assure
un nappage de clous sur la chaussée, la seconde roule
dessus avec délectation (mais ne finit jamais dans le
décor). Quelques interventions plus mélodiques
font leur apparition -le très poppy Lost Buddy- et, si
elles enlèvent un peu de cohérence à cet
album, elles lui donnent au passage un peu d'air. Parce que
cela ne rigole pas chez les Chick Peas : c'est du lourd, plutôt
rapide et qui défouraille, avec des accélérations
bien menées et des tricotages post-machin-trucs néo
fugazien énergiques mais agréables (l'entrée
en matière de Lalioka).
Seuls regrets : parfois je ne trouve pas cela assez sale, j'ai
toujours aimé les pieds qui puent et je préfèrerais
que ce disque refoule davantage de la converse et de la chaussette
trouée. De même le chant est rare mais très
bien et donc forcément il n'y en a pas assez sur ce disque,
plus de braillardises s'il vous plait merci, comme sur le début
de Kiri, ou plus de narratif comme sur Motorway To Solaize.
Enfin, il y a un ghost track qui rallonge inutilement cet album,
rien à dire sur ce qui ressemble à une séance
d'impro pas très captivante
Pour le reste, c'est-à-dire
tout ou presque, cet album sans titre agrémenté
d'un artwork fait de collages à la signification mystérieuse
remplit très bien sa mission.
Haz (27/10/2008)
website groupe chickpeas.free.fr
website label www.boomboomrikordz.fr
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Child
Abuse
s/t - CD
Lovepump United 2007
Child Abuse, c'est un brin de provocation et une grosse dose
de folie. Avec un nom pareil, il faut s'attendre à tout.
Et à la totale on a le droit. Conformistes de tous poils,
passez votre chemin. Ce groupe ferait passer The Locust pour
de délicieuses tapettes à mouches même si
il faut plus voir une affiiation du coté de Phantomsmasher,
Genghis Tron, Microwaves ou un Devo voir un The Residents qui
aurait bouffer du grind venu de l'espace. Une utilisation éhontée
d'un clavier à faire pâlir un lecteur de Guitare
& Claviers. De multiples effets branchés sur des
pédales identiques à celles utilisées par
les cordes vocales du chanteur. Notre trio new-yorkais passe
ses nerfs dans un maelstrome frénétique de concassage
de cymbales, d'une caisse claire martyrisée sans scrupule
et d'un bassiste qui sort des sons de son instrument avec un
opinel. Le synthé percute tout et fout un bordel pas
possible. Imaginez le tableau. Avec un Child Abuse qui va à
l'essentiel en neuf morceaux chronos et pas plus de trois minutes
à chaque fois (ne vous fiez pas au 23 minutes du dernier,
une tromperie à la con de morceau caché qui débouche
sur du vent), vous n'avez pas le temps d'avoir mal à
la tête puisque Child Abuse vous la décapite avant
la fin. Dans le genre pure aggression, Child Abuse arrive à
tailler des morceaux qui se tiennent, à faire du bruit
qui voit plus loin que de la simple expérimentation gratuite
et cet album, bien que difficile, mérite qu'on y glisse
un doigt. Et le reste.
SKX
(18/05/2007)
website groupe www.soundsofchildabuse.com
website label www.lpurecords.com
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The
Chinese Stars
Listen to your left brain - CD
Three One G 2007
Je
sentais poindre la gueule de bois avec leur précédent
opus. A rare sensation n'avait rien d'unique. Ces anciens
Arab on Radar étaient sur la corde raide. Leur mix rock
vs. dance floor était casse-gueule. Ils avaient plus
ou moins réussi à se tenir en équilibre.
Cette fois-ci, ils plongent trop souvent du mauvais coté
de la barrière. De sales sons de claviers. De sales rythmiques
dansantes qui rappellent les pires heures d'Happy Mondays. Une
guitare qui oublie trop souvent qu'elle est une guitare avec
des accords de mauvais goût. Même la voix spéciale
de Eric Paul que je supportais sans problème jusqu'ici
m'est devenue agaçante. Quand ça devient moins
dansant, c'est pour verser dans une mixture bancale de sous-Devo
synthétique et de Trans AM - j'allais préciser
mauvais mais cela va de soi. Pour ceux qui aiment se tortiller
sur du ragoût retro-futuriste electroclash des années
80, je vous conseille cette daube.
SKX
(01/10/2007)
website groupe www.thechinesestars.com
website label www.threeoneg.com
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Choo
Choo Shoe Shoot
From trees to fences to walls - cdr démo
2006
Choo
Choo Shoe Shoot, le groupe préféré des
zozoteurs, c'est de la noise de la vieille école. Et
le fait qu'ils sortent leur première démo n'y
change rien. Ce sont de vieux renards pour qui toute la musique
noise des années 90 n'a plus de secret. Qu'ils viennent
de Nantes et non pas de Chicago n'y changent rien non plus.
Sur les bords de la Loire, on sait ce qu'est une bonne rythmique,
une rythmique efficace, carrée, qui avance droit et sans
moufter. Choo Choo Shoe Shoot, c'est l'amour de Big'N, Dazzling
Killmen et Uzeda. Pour la comparaison avec les ritals, ce n'est
pas seulement à cause du chant féminin. Mais au
beau milieu de leur île, Uzeda vient du même monde
musical. Celui où les guitares tranchent, font tourner
un plan en mettant patiemment, inexorablement la pression. Quatre
compostions vifs, précises où il n'a jamais fait
aussi bon de sentir les influences que le groupe sera au fil
du temps, j'en suis sûr, s'en démarquer peu à
peu. Le son (et la batterie notamment) ne claque pas encore
comme il sied mais cette première démo en impose.
Même à un vieux renard comme moi
SKX
(24/01/2007)
website groupe www.myspace.com/choochooshoeshoot
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Choochooshoeshoot
Choose your own romance - CD
Kythibonb 2008
La
chronique de leur précédente demo les avait laissé
comme de vieux renards. Ils reviennent avec leur premier album
tels des loups. La romance de Choochooshoeshoot est un air connu
mais avec les dents longues et le coup de griffe incisif, cette
rengaine se transforme vite en incantation saisissante, une
curée dans les règles d'un art qu'ils maîtrisent
parfaitement. L'art du noise-rock qui latte. Cinglant et précis.
Pas une note de trop, rien de superflu, rien qui dépasse,
pas la peine d'essayer d'y glisser un doigt au risque d'y perdre
la main mais à l'intérieur de ce format bien défini,
c'est boule de nerf et coup de boule. Le groupe nantais évite
toute froideur et académisme en insufflant du sang rock,
en trouvant le bon riff au bon moment, la pointe de mélodie
qui tire le morceau vers le haut (le tube From trees to fences
to walls), le break de basse, pardon, de cette seconde guitare
sonnant comme une basse, qui fait rougir les jointures du poing,
l'alcool qui éclaircit le cerveau contre les coups de
butoirs de ces rythmes perfides et frappeur et cette voix féminine
qui ne cherche pas à embellir, rajoutant au contraire
force et mystère dans des accès de rage toujours
contrôlés. Plutôt colère froide que
folle hystérique. Plutôt Jack'o'Nuts que Melt-Banana
si vous voyez ce que je veux dire !
Choochooshoeshoot cherche la percussion et s'offre le son qui
va avec. Michel Constantino pour l'essentiel. Bob Weston pour
le vernis et la frime. Le but est atteint. Ca cogne. Voix et
tout ce qui touche à l'idée de rythme sont mis
en avant pendant qu'on regrette un poil de manque de tranchant
dans les attaques de guitares. Voir le bleu de l'acier luire
à chaque riff et on n'était pas loin de l'essence
même de la perfection. Les quatre nantais de Choochooshoeshoot
sont les Arribas de la noise : vitesse, technique et intelligence,
l'amour de l'offensive mais sans aucune pitié pour l'ennemi.
Choose your own romance ne dépareillera pas auprès
de vos disques de Big'N, Oxes et Dazzling Killmen, un cran en-dessous
certes, il faut quand même respecter l'ordre des choses,
mais mérite largement son accession en première
division.
SKX (12/06/2008)
website groupe www.myspace.com/choochooshoeshoot
website groupe www.kythibong.org
sounds laolao.mp3
| houlette.mp3
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Clara
Clara
AA - CD
S.K. records 2007
On
ne va pas épiloguer sur la sortie à retardement
de ce disque, en gros des problèmes de pressages qui
ont fait que AA, initialement annoncé pour la
fin du mois de novembre, n'a atterri de par chez nous que très
récemment. Un long voyage intergalactique et sidéral
(sidérant ?) comme semble le suggérer la photo
intérieure du livret. On imagine sans peine que l'attente
de cette parution définitive a du sembler particulièrement
longue aux trois membres du groupe, d'autant plus qu'il s'agit
là de leur premier véritable album. Puisque on
y est aussi, faisons tout de suite un sort à l'illustration
principale (recto) du disque : aussi moche qu'une pochette d'Animal
Collective et aussi ridicule qu'un artwork de Devendra Banhart
Heureusement pour nous, la musique n'a ici strictement rien
à voir avec de quelconques hippignolades ou avec du folk
caractériel (le batteur de Clara Clara, François
Virot, commence pourtant à se faire un nom dans le genre).
De part sa formation pas réellement courante -basse,
batterie, synthé acidulé et pourrave plus quelques
churs d'onomatopées pour faire monter la sauce
de temps à autres- Clara Clara n'a que peu d'équivalents
dans le registre musique instrumentale, noisy, groovy (voire
discoïde), rageuse, et ludique. Marvin peut être
? Ouais
Les Montpelliérains sont nettement plus
lourds et mathématiques. Clara Clara possède une
drôle de petite recette qui met la puce à l'oreille,
même si cette recette ne fonctionne pas intégralement
sur chaque titre, même si on peut reprocher parfois un
peu trop de systématisme.
C'est en regardant ma machine à laver que j'ai tout compris.
Dessus il est écrit AA. Ce qui signifie qu'elle
est à la fois économique en eau et en électricité.
Tout le truc de Clara Clara est là, sans adoucissant
ni lessive qui pue la bonne odeur qui va bien, le dépouillement
des mélodies au synthé à la limite de l'infantile
et sans aucune démonstration, la sécheresse de
la batterie, les lignes de basse tour à tour mélodiques
et bruyantes -tout est fait sans couches inutiles ni artifices,
les titres sont rêches mais enjoués, essorés
en un tour de main (parfois à mille tours/minute lorsque
la rythmique s'énerve), le groove est rachitique mais
entraînant. Clara Clara c'est un peu économiser
plus pour dépenser mieux (hum
). Il y avait assurément
un certain effort à fournir pour retranscrire convenablement
les prestations live et enthousiasmantes de Clara Clara sur
disque, avec AA le groupe a réussi la plupart
du temps à transformer son énergie communicative
en objet sonore pertinent, homogène et tout aussi ludique
et généreux.
Haz
(10/02/2008)
website groupe www.myspace.com/claraclaraband
website label www.skrecords.org
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Clockcleaner
Babylon rules - CD
Load 2007
Ces
nettoyeurs d'horloge qui, à une lettre près, vous
nettoyaient votre petite pendule pour le même prix, de
retour dans l'arène. Fini Nevermind,
gloire à Babylone. Le trio de Philadelphie compose une
ode au symbole de la décadence, la perversion, la corruption
et la répression. Et quand on s'appelle Clockcleaner,
que le cynisme est une seconde nature, qu'ils préféreraient
se couper la langue que s'empêcher de dire des insanités,
Babylone devient la nouvelle Mecque du rock'n'roll sauvage,
dangereux et sans foi ni loi. A moins que ce soit Philadelphie.
Avec pour partenaires de crime, les secoués de Pissed
Jeans, Clockcleaner représente cette frange d'un punk-rock
américain qui redevient choquant et subversif. Leur chapelle,
c'est le rock des Cramps, du Gun Club (particulièrement
tenace sur Daddy issues), toujours cette idée
d'un blues perverti, quitte à remonter jusqu'au Stooges.
Vomiting mirrors, piano à une touche répétitif,
I wanna be your dog, je frétille de la queue.
En 2007, ça vous donne une guitare pleine de reverb,
au moins autant que sur la voix. Misirlou rempli de fuzz. Une
section rythmique dantesque qui aime vous prendre par derrière.
Car sur ce Babylon rules, tout est rampant, insidieux.
Rarement la triplette décharge à vue. Des ballades
de psychopathes à la pleine lune qui montrent un visage
humain de Clockcleaner. Car sous leur dehors de sales punks
et d'idiots du village, John A. Sharkey III et sa bande montrent
des brisures profondes, un mal être qui rendent leur musique
encore plus intéressante. Les monstrueux When my ships
come in ou Out of the city, soit près de sept
minutes à chaque fois d'un tord-boyaux qui sèche
les larmes. Tout le talent de Clockcleaner est de canaliser
leur haine, de montrer un bout de leur chair alors qu'ils veulent
que tout le monde ne voie que leurs crocs. Et d'écrire
de grands morceaux aussi touchants que malsains. Babylone peut
bien brûler. Clockcleaner rules.
SKX
(06/10/2007)
website groupe clockcleaner.net
website label www.loadrecords.com
sounds vomiting-mirrors.mp3
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Collapsar
Integers - CD
Escape Artist 2007
Collapsar,
c'est un trou noir à la démesure de ce trio de
Louisville, un immense piège qui vous absorbe, qui vous
suce la moelle et ne recrache même pas les pépins.
Integers est leur deuxième album après
un self-titled en 2005 et met la barre bien profonde. Si vous
ne faites pas gaffe au compteur, la douzième minute pourrait
correspondre au quatrième morceau mais avec Collpasar,
vous êtes toujours au titre d'ouverture. Les plans se
succèdent, les guitares nous font la totale dans le style
arpèges à toute vitesse contre riffs monstrueux
contre descente de manche dans les règles de l'art. Le
batteur est énorme et je ne parle pas de son physique
et il faut se pincer pour croire que le bassiste n'existe pas.
Seul un synthé discret vient de temps à autre
combler les éventuels espaces. Ils ont beau avoir des
têtes de gendres idéaux, ne leur demandez pas de
pousser la chansonnette à la fin du repas de famille,
les dentiers voleraient bas. Le temps de lire tout ça,
on en est toujours au premier morceau. Un plan atmosphérique
vient se planter au milieu du décor avant de réattaquer
la face nord de l'Everest, d'enchaîner par une touche
psychédélique, des guitares qui débordent
légèrement dans le solo mais juste ce qu'il faut
et de conclure par une certaine idée du blitzkrieg. Pas
le temps de respirer, le deuxième titre enchaîne
sur des bases identiques. Avec Collpasar, on fait pas le voyage
pour rien. Dans le genre math-metal complexe, ils apportent
une belle pierre à l'édifice, continuant les basses
oeuvres entamées par American Heritage, voir un Don Caballero
et enfoncent au passage Keelhaul et compagnie. Car ce qui fait
la différence et les place au-dessus du panier, c'est
leur propension à mettre du tact dans leur débauche
d'énergie. Savoir mettre le frein à leur humeur
belliqueuse, rendre fluide des structures labyrinthiques grâce
à leur grande virtuosité technique, faire mijoter
à feux doux les tympans à coup de cordes acoustiques.
Et ce toujours putain de batteur qui a tout compris au sens
du mot dynamique. Enorme je vous dis. Ca tourne, ça rajoute
des couches, dans la répétition, dans la tension,
ça s'arrête soudainement, ça repart de plus
belle, les guitares ne s'opposent jamais à quelques accroches
mélodiques, ça rock sévère, le cou
se cogne aux genoux. L'orgasme. Seulement six titres qui, vous
vous en doutez, durent des plombent mais dans la joie et l'allégresse.
Même les 18 minutes du dernier morceau The Forever
War s'en tire merveilleusement bien grâce à
cette alternance d'atmosphères. De la très haute
volée tout simplement.
SKX
(16/01/2008)
website groupe www.myspace.com/collapsar
website label www.escapeartistrecords.com
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Commodor
Driving out of focus - CD
Distille 2008
On
ne baisera même pas le quart de ce qu'on voudrait. Il
faut s'y faire. C'est sur cette pensée très profonde
que s'ouvre la chronique de Commodor. Ne pas trop chercher à
comprendre. Peut-être ce sentiment de frustration qui
m'habite à l'écoute du premier album des Suisses
de Genève. J'aurais pu penser à la théorie
du verre à moitié plein ou à moitié
vide mais mon penchant pour l'alcool s'est fait devancer de
justesse par une belle paire de fesses. Commodor débarque
avec déjà une bonne dose de savoir-faire. Les
trois membres n'en sont pas à leur coup d'essai, notamment
le bassiste qui a intégré récemment les
rangs de Knut au poste de second guitariste et ça percute
d'entrée. A l'instar de leurs compatriotes de Ventura,
Commodor uvre dans un style indie-rock de bons artisans
qui connaissent les bonnes vieilles recettes tout en faisant
chauffer plus virilement la marmite que Ventura. Les quatre
premiers titres sont ainsi parfaits de maîtrise, balance
adéquate entre pulsations qui roulent, lignes de basse
frappantes, chant soutenu bien plus convaincant que lors de
ses tentatives d'être mélodieux et venant se poser
là comme un cheveu sur la soupe, mélodies faisant
décoller le morceau, bassiste troquant ses quatre cordes
contre un moog ingénieux et une énergie qui ne
se dilue jamais. La palme revient à Panavision,
de loin le meilleur morceau de l'album avec son final hypnotisant.
Quand Commodor joue la carte noise-rock, ça leur va beaucoup
mieux que la carte du tendre. Parce que la suite me laisse sur
la faim. Chute d'inspiration, morceaux moins prenant, post-rock
pointant son vilain museau, la frontière entre classicisme
et routine est bien mince. Les ingrédients restent identiques
mais la sauce a goût de commun. L'énergique Tolt
reste vain. Dune est aussi chiant que le film et le trop
tranquille instrumental de sortie donne envie de prendre l'issue
de secours. Que vous soyez branché cul ou porté
sur la vinasse, mieux vaut ne pas arriver en retard chez Commodor
car le meilleur est au début.
SKX
(31/05/2008)
website groupe www.myspace.com/commodorcommodor
website label www.myspace.com/distile
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The
Conformists
Three hundred - CD
54°40' or Fight ! 2007
Two hundred - CD
Collective 2004
Ne
pas se fier au patronyme. The Conformists ne sont pas conformistes.
Fumistes à la rigueur. Deux albums en onze années
d'existence, voilà un rendement qui fait peur. Un secret
bien gardé dans cette ville de St Louis dans l'Illinois,
ville pourtant pas avare en bons groupes. Conformiste par contre
si on se réfère à l'histoire musicale de
la région. Ce groupe de quatre individus s'inscrit dans
une lignée noise-rock qui n'est pas étrangère
à la région. Ou plutôt du no-noise-rock.
L'art de détruire les riffs qui s'annonçaient
bons, de mettre des rythmes tout de travioles, de dérégler
la machine du temps, de rendre les choses inaccessibles alors
que tout pourrait couler de source. Faire cohabiter la perversité
d'un US Maple et la jouissance d'un Oxes. Des empêcheurs
de tourner en rond qui, pour le coup, prennent à contre-pied
leur blaire. C'est Bob Weston qui s'est tapé la bête
en 2004 avec Two hundred. Les faux départs, les
guitares qui dérapent, les guitares chewing-gum, tout
ce qui à l'air d'être n'importe quoi mais qui sonne,
The Conformists se le paye. Une voix qui, quand elle va chercher
dans les graves, recrache ce que le chanteur de Big'N a avalé.
Un groupe capable de tenir une note de basse pendant plusieurs
minutes sans que rien d'autres ne se passe. Des mélodies
avortées dès le premier mois. Quelquechose de
très no wave finalement. Le genre de musique à
énerver pas mal de monde. Mais si tu n'as pas été
élevé à l'US Maple, tu ne peux pas comprendre.
2007. Bob laisse les manettes au patron. Steve Albini prend
les choses en main et le plus respectable label 54°40' or
Fight ! va tenter de populariser ce groupe d'ours avec Three
hundred, un album au nom quasi-identique tout comme le visuel
(alors conformiste ou pas conformiste ??!!). Après 32
secondes d'un silence presque parfait, la baston made in Albini
vous saute dessus. Il y a de la batterie, faudrait être
sourd pour pas s'en rendre compte. Mais la personnalité
de The Conformists est la plus forte et leur musique ne s'annonce
pas dénaturaliser par la présence imposante de
leur enregistreur. Ils ne comptent toujours pas carré.
Tout juste ont-ils mis plus de poids dans leur propos. Ils gardent
un malin plaisir à saboter leurs compositions. C'es tout
aussi frustrant que réjouissant. Sur l'ensemble, le groupe
a quand même essayé d'être plus harmonieux
et cohérent. De courts titres percutant qui ne semblent
pas être achevé. Des moments particulièrement
punitifs comme ces break assourdissants ponctuant Meredith
Knezvitch. Mine de rien, derrière leurs manières
de branleurs, ils allongent quelques titres bien saignants avec
son pesant d'accords noise et majeurs, de rythmiques tour à
tour répétitives ou alambiquées et d'un
humour de branque dont ils ne peuvent pas décemment tout
à fait se départir (les start and stop ponctué
de thank you sur le début de Black people).
Ou le fait de finir un album par un morceau qui s'appelle You're
welcome, soit huit minutes d'un groupe qui allie tradition
noise-rock et personnalité déviante. Au final,
on ne sait toujours pas si ils méritent leur patronyme
ou non mais c'est en tout cas un excellent compromis.
SKX
(19/11/2007)
website groupe www.theconformists.com
website label www.fiftyfourfortyorfight.com
sounds taxdeduction.mp3
| aretheseflowers.mp3
(three hundred)
thesearenotflowers.mp3
| welcomerainbows.mp3
(two hundred)
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Cornflakes
Heroes
Dear Mr painkillers - CD
Greed 2008
Un
nom de groupe qui laisse à désirer, une pochette
encore moins engageante. Ca sent le groupe de lycéens
pour la fête de musique et tout ça n'incite pas
à l'écoute. C'est pas qu'on est pour le marketing
à outrance et le plan de communication ciblé mais
ya des limites quand même. C'est un coup à ce que
ce digipack prenne une courbe descendante en direction de la
poubelle sans passer par la case play. Et on aurait tort car
la musique proposée est inversement ascensionnel en terme
de qualité. Ca fait un poil bizarre au début.
Une paye que la pop n'avait pas franchit les enceintes. De la
pop façon Pavement - de l'indie pop comme on disait dans
les années 90 - ce truc un peu tombé en désuétude
ou alors c'est juste que j'ai complètement largué
l'affaire (il doit y avoir un peu de ça
). Alors
je sais pas si c'est le fait de ne pas avoir écouté
ce genre de musique depuis des lustres ou si c'est tout simplement
que les compos sont inspirées mais Dear Mr Painkillers
est une agréable surprise. Ce groupe de Caen a su aller
plus loin que le gentil groupe de pop mièvre sur les
bords, dépasser les clichés inhérents au
genre pour proposer quelquechose de plus consistent. Je ne suis
pas complètement la langue pendante non plus devant ce
deuxième album mais il a son charme. Et surtout, la pop
de Cornflakes Heroes dépasse ce simple cadre. On y perçoit
du Violent Femmes, un peu de The Feelies pour la rythmique parfois
trépidante, du western à la Calexico (Is mother
right ?), des dissonances à la Sonic Youth, de la
fausse naïveté à la Jonathan Richman, un
brin de Velvet Underground sur la fin, des trompettes qui ne
sonnent pas dans le vide et tout ça mélangé
donne un disque cohérent. C'est foutraque mais maîtrisé,
léger mais mélancolique et jamais lo-fi comme
on aurait pu le craindre. La production est juste parfaite,
sans surenchères, limpide et comme le groupe sait torcher
un morceau, on se laisse aller sans forcer au bout de ces douze
titres malgré deux, trois moments de flottement. Si ce
n'est plus trop la came de la maison, il faut bien reconnaître
le savoir-faire de Cornflakes Heroes et ça devrait largement
contenter les amateurs du genre. Et même au-delà
SKX
(09/11/2008)
website groupe www.myspace.com/cornflakesheroes
website label www.greed-recordings.com
sounds tamagotchi.mp3
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Cove
Threes - 7''
Noisestar / Unlabel 2006
J'étais
loin de penser en déposant délicatement le saphir
sur ce bout de 45 tours que j'allais me prendre une telle décharge.
L'épaisseur et la lourdeur de ce vinyl auraient du me
mettre la puce à l'oreille. De ce groupe anglais, je
ne gardais qu'un vague souvenir d'un vieux single qui traîne
sous la poussière. Un groupe sympathique post-Slint,
post-Shellac, post-ce que vous voulez, c'est-à-dire agréable
mais sans personnalité frappante. Après des années
d'errance, à exister sans vraiment être là,
Cove revient le couteau entre les dents. Nouveau bassiste, volume
vers le haut, enregistré par leurs soins sur leur propre
8-pistes portatif, Cove prend le virage Part Chimp tout en gardant
cette base noise-rock. Son de guitare granuleux et en fusion,
ça envoie de bons gros riffs à la Oxes avec l'efficacité
d'un char d'assaut, notamment sur la face B, la meilleure, avec
Platypus, un instrumental génialissime qui vous
remue sévère les tripes. Threes, morceau
qui se veut plat principal, n'est pas mal dans le genre aussi.
Un brin moins efficace avec un chant qui n'est certainement
pas le point fort du groupe mais Cove a trouvé un sens
du riff qu'on ne lui soupçonnait pas. Le nouvel album
enregistré par Tim Cedar, le guitariste et chanteur de
Part Chimp, et qui se fait désirer (l'album pas Cedar)
tentera de confirmer cette excellente impression qu'une deuxième
vie est possible pour Cove.
SKX
(20/01/2008)
website groupe www.holytoilet.com/cove
website label www.unlabel.net
|www.noisestar.co.uk
|
The
Creeping Nobodies / Miranda
Split CD
fromScratch 2007
Copains
de galères et de squats, The Creeping Nobodies a embarqué
sur la branche italienne de sa tournée européenne
les Italiens de Miranda. Prévoyant comme rarement dans
ce genre de cas où deux groupes s'apprêtent à
partager un bout de couchette moisie, ce split est sorti largement
dans les temps. Cet été soit deux bons mois avant
la route commune. Petit exploit. Miranda est un trio florentin
qui n'a rien compris à l'Histoire. Celle avec un grand
H. De renaissance, il n'en ait pas question. C'est plutôt
rococo and co. Mariage de rock comme peut l'envisager Liars,
de sonorités electro, de rythmes pseudo-dansants, de
bidouillages hasardeux. Le deuxième morceau Your clock
it never works me fait penser à la BO de Deux flic
à Miami, allez comprendre ! Pas que ce soit mauvais.
Ca me laisse juste indifférent. The Creeping Nobodies
présente trois inédits. C'est toujours ça
de gagner. Le groupe en profite pour s'éloigner des standards
de The Ex. Après un premier morceau sans plus, ça
enchaîne sur un Anathema qui semble prendre le
même chemin avant qu'une mélodie insidieuse et
un rythme pervers ne transforment la compo en morceau de choix.
Avec Eidolon, c'est encore la même chose. Une mise
en place laborieuse avant qu'un air avec de faux accents bretons
ne débarque. La Bretagne, ça vous gagne, c'et
bien connu. Tout le monde par le petit doigt pour arriver au
bout des huit minutes de cette drôle de farandole. The
Creeping Nobodies marque encore des points même si ce
n'est pas les plus prépondérant. Un digipack frappé
d'alignement, tout maigre et illustré par Elena
Rapa.
SKX
(1/11/2007)
website groupe www.thecreepingnobodies.com
| www.mirandamiranda.it
website label www.fromscratch.it
sounds creeping_nobodies-splitCD-05-lockstep.mp3
| miranda-splitCD-01_head_growing.mp3
|
|
The
Creeping Nobodies - Anagram
Split 12''
Blocks Blocks Blocks / Dead Astronaut 2006
Alors
que les Canadiens de The Creeping Nobodies sillonnent les routes
européennes gratuitement depuis fin septembre avant d'aborder
nos autoroutes payantes à partir de demain, ils nous
font l'amabilité d'un split avec leurs compatriotes de
Anagram. Pic pic. Deux inédits pour chacun. The Creeping
Nobodies, décidément très affables, nous
avaient déjà fait l'amabilité de plusieurs
enregistrements, dont la marade Sound of joy.
Ils continuent à mettre la barre très haute pour
tutoyer toujours The Ex. Sur Sacrosanction, c'est plus
le versant Dog Faced Hermans. Sans doute la faute à la
voix féminine. Sur Psychic Weapons, c'est le versant
The Ex. La faute sans doute à la voix masculine. Mais
quel putain de morceau. Tout tendu, tout répétitif.
Et qui dit répétitif dit The Fall. Et qui dit
grandiose, dit qu'importe les influences. The Creeping Nobodies
s'en jouent comme de leur première culotte. Vivement
le concert dans trois jours et l'album sur Deleted Art records
(un split avec les Italiens de Miranda est également
sorti Scratch records).
Vous auriez tort de ne pas retourner cette galette faite main.
Toronto toujours avec Anagram. Et colégramme. C'est assez
proche de l'univers de leurs voisins du jour et je vous laisserais
bien vous débrouiller avec ça. Après tout,
ils ont une page MYspASS alors pourquoi se fatiguer hein les
jeunes ! Mais si je vous disais que ça rien à
voir avec les Creeping, on y verrais que du feu aussi. Un cuivre
omniprésent, un orgue discret, des relents d'années
80, une voix complètement détachée et blasée,
du post-punk tordu et très attachant avec notamment l'excellent
morceau Mt. St. Capt. Doom. Le deuxième titre
fait plus Experimental Dental School mais si je vous disais
que ça rien à voir avec eux, on y verrais que
du feu aussi. Je me répète ? Bon je laisse tomber
mais pas sans vous avoir dit qu'ils ont sorti un album en 2006
(Dark day sur leur propre label Dead Astronauts), un
CDEP en 2003 et un tout nouveau single.
SKX
(09/10/2007)
website groupe www.thecreepingnobodies.com
| www.geocities.com/anagramis
website label www.blocksblocksblocks.com
| www.deadastronaut.com
sounds PsychicWeapons.mp3
|
The
Creeping Nobodies
Augurs & Auspices - LP
Deleted Art 2007
Un
nouvel album qui n'en ait pas un. Le label suédois Deleted
Art a profité de la première venue des Canadiens
de The Creeping Nobodies en Europe pour faire son marché.
Les cinq titres du EP Half Saboteur sorti en 2005. Les
deux morceaux du split avec Anagram en 2006. Reste deux inédits
à se mettre sous la dent. Si vous aviez déjà
toute la collection, ça fait pas lourd à l'arrivée.
Pour les retardataires par contre, un beau cadeau de rattrapage.
Défilé historique. 2005 d'abord. C'est pas à
des années lumières de 2007. Deux années
séparant des travaux toujours encrés dans The
Ex et un bruit aiguisé à la fine fleur. Les cordes
d'un violon pour émouvoir son monde. Le charme d'un chant
féminin plus assuré qu'en concert et une tension
palpable que Creeping Nobodies n'aura cesse d'améliorer
jusqu'à ce Psychic Weapons de 2006. La pierre
angulaire de leur uvre. Enorme morceau. Leur State
of shock à eux. Sacrosanction, l'autre morceau
du split de 2006, n'est pas loin de mériter le même
titre. Reste donc les deux inédits. Red Weather, le morceau
à la flûte à bec de notre jeunesse pour
ceux qui ont eu le (dé)plaisir de les voir en concert.
Flûte bien discrète ici dans un morceau tout en
retenu, mené par une voix féminine apaisante.
C'était le morceau le moins convaincant sur scène,
celui qui avait le plus de chance de pousser définitivement
les réticents vers le bar. Sur disque, le bancal et l'expérimentation
disparaissent. Ca glisse tout seul. Blowing knots, second
inédit, là aussi joué en live, est plus
nerveux mais rien ne frôlant la tachycardie non plus.
Encore une question de retenue, domaine dans lequel les Canadiens
excellent. Ca irrite ou ça passe. Personnellement, j'y
suis tombé dedans tout petit. Un disque de plus dans
la besace.
SKX
(1/11/2007)
website groupe www.thecreepingnobodies.com
website label www.deletedart.org
sounds BlowingOnKnots.mp3
| PsychicWeapons.mp3
| Your_Likeness.mp3
|
|
Crëvecoeur
II
- CD
Denovali 2008
Rien
de tel qu'un format court pour pouvoir prendre le temps de découvrir
un groupe. Non ce n'est pas contradictoire et c'est bien simple
: le premier album de Crëvecoeur en 2007 m'avait complètement
laissé froid et c'est en écoutant leur très
joli single (et premier disque véritable je crois) publié
par Euphrate l'année précédente que j'ai
décidé d'opérer un virage à 180°,
de revenir sur mes pas et de réécouter l'album
-être un imbécile ne m'empêche pas de changer
d'avis. Et bien m'en a pris : sous ses attraits de prime abord
un peu faciles et nostalgiques évoquant aussi bien le
post rock morriconien qu'une sorte de folk mariachi, la musique
de Crëvecoeur est un ravissement. Ce groupe est l'un des
innombrables prétendants de la musique instrumentale
-celle à qui on peut souvent reprocher de n'avoir rien
à dire du tout, et pour cause- dont le seul but serait
de faire naître dans la tête de celui qui l'écoute
un film purement imaginaire et complètement personnel.
La bonne affaire, comme si ce n'était pas tout simplement
l'un des principaux buts (si ce n'est LE but) de la musique
en général.
Crëvecoeur se démarque de la concurrence par une
instrumentation originale, une orchestration tout en finesse,
des mélodies faussement naïves mais réellement
imparables et quelques petites trouvailles sonores -sur ce deuxième
album, les craquements d'un vinyle par exemple, je sais que
cela n'a rien de nouveau mais cela colle parfaitement ici, un
xylophone rehaussé par quelques notes de contrebasse
presque tendres ou une scie musicale (un thérémine
?) gazouillante. Ce II, puisque l'on parle de lui quand
même, est dans la droite lignée de son prédécesseur
même si légèrement en deçà
: mélodies moins somptueuse, accroches moins évidentes,
une inspiration moins riche. Mais cela reste tout à fait
dans mes cordes (de guitares) et offre une pause salvatrice
et donc imagée, pleine de poésie naïve, dès
que le besoin de mieux respirer se fait sentir. Dégage
le coeur, rafraîchit l'esprit, mieux qu'une pastille à
l'eucalyptus.
Haz
(07/09/2008)
website groupe www.crevecoeur.fr
website label denovali.com/crevecoeur
|
Cacaw
Get a brain - 12'' (+CD)
Permanent 2009
Si
vous êtes fans de Load records et de son bruit vomitif,
vous aviez sans doute repéré The
Coughs, un des plus beaux fleurons à qui on doit
trois albums charnellement bruyant. Dans Cacaw, on retrouve
deux membres et on n'est pas dans la merde. Les demoiselles
Anya Davidson et Carrie Vinarsky ont décidé de
poursuivre leur travail de sape accompagnées de deux
autres bûcherons, dans une veine plus ramassée
certes, mais les intentions de faire mal subsistent. Les basses
au nombre de deux en avant, les voix qui n'ont de féminin
que le nom (surtout pour l'une d'entre elles), la tête
dans le mur dont les premières briques ont été
érigées par le mouvement no-wave, l'obstination
de la répétition, de légères réminiscences
de guitare d'un vieux Sonic Youth (sur le dernier titre Pazuzu
notamment), se débattre comme des dingues dans des structures
se contentant du minimum, passer en force, quitte parfois à
être bancal (mais on s'en branle, on est punk et on t'emmerde),
vous avez tout ça dans Get a brain et si tu n'aimes pas,
t'as qu'à te référer au titre d'album de
ces 7 morceaux regroupés sur une seule face. C'est brut,
rouge et on marche avec un entrain juvénile dans ce Cacaw
nerveux et implacable. Chicago a encore frappé.
C'est un nouveau label du coin qui a sorti l'objet et met son
slogan en application (you can't put your arms around a MP3)
en réalisant une chouette pochette sérigraphiée
dépliable dont les couleurs et illustrations sied bien
au nom du groupe (et faite par deux membres de Cacaw dont c'est
le boulot quotidien) et un vinyl dont une face est uniquement
gravée de jolies feuilles vertes. Pour mieux s'essuyer
sans doute.
SKX
(11/06/09)
website groupe www.myspace.com/cacawband
website label www.permanentrecordschicago.com
| www.myspace.com/permanentwax
|
Café
Flesh
I Dumped my wife, I killed my dog - CD
Head / Furne 2009
Les
Charentais sortent à nouveau de leur trou. Pendez-les
haut et court. Ils auront mis le temps et un guitariste a lâché
l'affaire en route. Quatre années pour mettre le cap
au sud, chez Head records, et Furne, le label maison. Fini Amphetamine
Reptile. Et ils ont bien fait de se débarrasser du logo
Amrep,
car des Cows, influence forte et revendiquée, il en ait
plus beaucoup question. C'est de blues revisité et de
gros rock brutale cuit dans le bouillon dont il est question.
Ca sent toujours des pieds, l'haleine reste chargée,
les mauvaises manières sont comme un art de vivre mais
Café Flesh remonte dans l'histoire du rock et s'attaque
aux racines avec des coups de bûcherons. Ca braille fort,
très fort même, un truc qui vient de profond. Tom
Bodlin a un sacré organe, bien mis en avant, une spécialité
qu'on aime extérioriser à Jarnac, au risque de
le montrer un poil trop souvent. Quelques baisses de régime
n'auraient pas fait de mal. Une guitare sur deux de partie,
c'est le même Bodlin qui récupère la place
vacante en faisant sonner trombone et saxophones alto et baryton
de façon plus pressante. Il souffle dans ces instruments
comme il chante, pour un résultat identique. Ca manque
de discernement avec des lignes de cuivres trop passe-partout,
n'éclairant pas les compos comme il conviendrait. Avec
même un petit air de fête à la Uz Jsme Doma
sur le début de It's a shame, it's the game (par
contre, en solo,
ça a une autre portée). Pour le reste, c'est tout
à l'énergie et aux forceps, une ébullition
constante, sauvage, entraînante, voir swinguante, rock'n'rollesque
hirsute qui ne s'empêche pas quelques ballades viriles
comme l'excellent Lullaby. Mais au final, j'ai plus l'impression
d'entendre un bon disque de pub-rock qu'un bon album de punk
rock bien sale, vicieux et abrasif. La différence n'est
pas mince. En fait, ce sont les compositions trop quelconques
qui nuisent à l'ensemble. Rien de désagréable
en soi. Les tripes sont là sur la table
mais après
? Comme pour le premier album, il manque l'étincelle,
l'inspiration au-delà de la moyenne qui ferait décoller
tout ça. Que leur débauche d'énergie et
leur honnêteté ont quelquechose de trop convenu,
tout comme l'enregistrement, et tout ça laisse relativement
de marbre. Un disque idéal pour une soirée avinée
entre potes, mais on risque bien de l'oublier dès le
lendemain. Et les semaines qui suivent.
SKX
(17/03/2009)
website groupe www.cafe-flesh.org
website label www.head-records.com
| www.furne-records.com
|
The
Cave Canem
Ssoifé ? ou rrache ! - 2xCDs
XcRocs records 2009
L'objet
n'est pas banal. Un format pas homologué par des Marseillais
s'adonnant aux joies de l'origami. Deux mini-CDrs 8 centimètres
glissés à l'intérieur et vous avez dans
vos doigts boudinés un bel petit objet, la nouvelle lubie
de Xcrocs records, label de Fred De Benedetti, guitariste de
Kill The Thrill. Faire de l'inédit live ou studio sur
des CDrs mini-formats, c'est le leitmotiv de cette structure.
Déjà épinglé à son palmarès,
Binaire, ErikM, Enema, etc
Sur la drôle de pochette
de The Cave Canem, très beaux gros plans d'une guitare
et d'un sax ténor. Ne manque plus que la boite à
rythme et vous avez le tableau musical de ce nouveau projet
où on retrouve De Benedetti pour les cordes et le chant
et Julien Lemonnier pour le cuivre. Vous rajoutez dans le décor
Nicolas Dick (Kill The Thrill toujours) pour l'enregistrement
et tout est réuni pour que le dedans soit aussi alléchant
que laisse le supposer les éléments extérieurs.
Un clébard qui aboie dans le lointain, voilà comment
on vous accueille chez les Cave Canem. Prends garde au chien,
tu vas en perdre ton latin car ça mord là-dedans.
Belle et saine rage d'une énergie punk et primaire, d'un
chant vindicatif à l'accent marseillanglais à
couper au couteau contrebalancé par un sax ample, remplissant
judicieusement les espaces et apportant de la chaleur à
un rock sec et acharné. Des samples de bouts de films
inconnus pour faire le liant, l'intro et la conclusion, la contribution
de Marilyn Tognolli (Kill The Thrill encore et toujours, une
vraie histoire de famille) pour les paroles de Fast Car
(non je n'y vois pas d'hommage personnel) et c'est une pensée
pour un Sweep The Leg Johnny en mode marche ou crève
qui nous vient à l'esprit. Boite à rythme programmée
en mode avance rapide, un grain de guitare qui rappelle de temps
à autre le son si particulier et unique de Kill The Thrill,
cuivre se dédoublant, riffs incisifs, sens du rythme
fracassé, cordes vocales à plein poumons (et le
maudit accent enterré avec), The Cave Canem a choisi
l'attaque frontale, se faire confronter une humeur punk avec
une approche expérimentale. Point de carcan musical ici
mais libérer ces pulsions sans obéir à
une règle quelconque. La philosophie de ces excellents
huit titres au minimalisme enragé (quatre sur la face
Ssoifé ?, quatre sur Rrache !) de Cave
Canem se résume par la phrase finissant le morceau au
titre incongru de Tonton Dédé : plus le temps
avance moins vite, moins la fin semble plus proche. Sales
punks va.
SKX (02/11/2009)
website groupe cavecanemprod.free.fr
website label xcrocsrecords.free.fr
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Celan
Halo - CD
Exile on Mainstream 2009
A
la première écoute, je me suis demandé
c'est quoi ce sous-produit de cette marque connue, qu'est-ce
qu'ils nous fouttent à nous refiler un ersatz d'Unsane,
Chris Spencer serait-il en manque de temps de jeu avec ses petits
camarades new-yorkais ? Autant de questions existentielles gravement
importantes sur un projet qui semblait parti pour ressembler
à un autre projet de Spencer, Cutthroats
9. Le nom change et rien que le nom. Pour le reste, l'indécrottable
Spencer continue de nous exécuter en pleine tronche la
même partition haineuse. Incapacité totale à
jouer autre chose. C'est congénital. Plans de guitare
attaquant sous un angle toujours virulent, façon identique
d'inonder le micro de postillons hostiles, ambiance générale
noise, douloureuse et belliqueuse, Celan est marqué du
sceau d'Unsane.
Pourtant du beau monde autour de lui. Ari Benjamin Meyers, un
Einsturzende Neubauten récent, loin du canal historique
et américain de souche, pour rajouter une couche de claviers
et de samples au bordel de Spencer, deux jeunes allemands qui
constituaient la section rythmique de Flu.ID et vouant déjà
un culte à Unsane (on y revient toujours) et le meilleur
pour la fin, le beau Niko Wenner, le guitariste d'Oxbow. Mais
pour ce dernier, il faut plus que tendre l'oreille et si il
n'était pas sur la photo officielle, le doute sur sa
présence serait permis. Le fait qu'il soit arrivé
en dernier dans le décor explique sûrement cela
mais ces parties de guitares, on les cherche encore. Ou alors
c'est noyé sous le déluge de Spencer. Ce qui revient
au même.
Unsane donc. Si vous appréciez la musique de ce groupe,
Celan ne vous laissera sans doute pas indifférent. Bien
sûr, ce fut tout le contraire. Au début. Et puis
le naturel est revenu au galop et force est de reconnaître
que Celan a su placer quelques beaux parpaings. Une fois passé
l'introduction et les cris d'enfants, le groupe aligne trois
titres finissant par annihiler toutes défenses à
un projet qui vous semblait vain. Un Unsane traversé
de bribes électroniques, de samples discrets, d'un clavier
éclairant sur le puissant All This and Everything,
un Unsane au son épais, enrichi. L'entreprise de démolition
a de la réserve en béton et sait comment vous
couler dans son moule. Après les choses se gâtent.
La lourdingue pseudo-ballade Sinking me plonge dans l'embarras
pendant que Weigh Tag m'évoque à chaque
fois un sale morceau de Ministry avec son gimmick obsessionnel
et ses allures de pompiers avant de carrément zapper
l'instrumental somnifère Washing machine qui lave
plus blanc que l'ennui. Il faut attendre le contrasté
Train of thought sur courant alternatif pour retrouver
un semblant d'intérêt, espérer avec It's
Low que ça finisse en beauté (mais comme les
soufflets, ça retombe) et finalement se raccrocher au
violent Wait and see qui ne vous aura pas fait attendre pour
rien (quoique là j'ai un doute). Le plus dur est pour
la fin. Les douze minutes de Lunchbox, une longue montée
entre silence et un piano qui se taille petit à petit
la part du lion et dont on attend le rugissement en vain, même
si j'avoue qu'une certaine adrénaline grandissante se
dessine sur la durée et j'arriverais parfois (je dis
bien parfois) à apprécier cette fin qui prenait
des allures de queue de poisson. Tout compte fait, c'est encore
quand on se rapproche le plus de l'univers d'Unsane que cet
album est le meilleur. Une valeur sûre, ce vieux croûton
sanguinolent. Mais au final ça vous fait quatre (allez
cinq à tout casser) morceaux excitants. Une fois cet
assemblage solidement soudé, une fois que Chris Spencer
ne sera plus la seule tête pensante et que tout le monde
s'investira à part égale, on sera peut-être
en droit d'espérer un album qui tienne la longueur, tout
en faisant preuve de plus de personnalité, vu qu'apparemment
cette troupe bancale n'est pas décidé à
en rester à ce projet de luxe.
SKX
(29/07/09)
website groupe www.myspace.com/celanband
website label www.exilepr.co.uk
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Celeste
Misanthrope(s) - CD
Trendkill / Denovali 2009
Où
il va être question de porter sa croix. Une ancienne croix
qui n'a plus cours. Un vieux testament écrit par saint
Hardcore qui avant de devenir hyper technique, doomesque ou
je ne sais quelle tendance plus contagieuse qu'une lèpre,
était avant tout massif, terriblement sombre et le reste,
ornements inutiles. Comme tous ces nombreux groupes de la confrérie
allemande et ses apôtres Acme, Uranus ou ses suppôts
de Satan belge (Rubbish Heap) et helvètes (Knut, Shora).
Mais on va arrêter la métamorphose biblique. Les
Français de Celeste s'y complaisent déjà
suffisamment. On a pas besoin d'une photo d'une statue d'un
saint quelconque en pleine extase sur un digipack où
une croix, inversée ou non, s'inscrit en filigramme avec
des textes au kilomètre en rang d'oignons et illisible.
Des paroles que je préfère de toute façon
ne pas comprendre, les seuls titres suffisant amplement : Toucher
ce vide béant attise ma fascination, Il y aura
des femmes à remercier et de la chair à
embrocher, Mais quel plaisir de voir cette tête
d'enfant rougir et suer. Bon appétit. L'imagerie
hardcore qui s'amuse / se confond avec la religion, en joue,
se l'approprie, trouble les messages, c'est pas nouveau mais
c'est toujours aussi pénible. Et cliché. Pour
faire passer leur malaise et aliénation, Celeste n'en
a pas besoin. Le seul poids de leur musique suffit amplement.
Leur album précédent se nommait Nihiliste.
Ils remettent une couche avec la misanthropie. Le message est
clair et la bande-son ne fait que traduire ces sentiments positifs.
Au point où la musique de ces deux albums ne font qu'une.
Comme un concept de fin du monde. Guitares épaisses,
lave dégoulinante, poids écrasant de la rythmique
et voix dégueulante, un rien légère mais
suffisamment parlante sur la rage qui l'anime. On peut trouver
ça trop. Trop noire, trop glauque, trop torturé,
trop pathétique à trop forcer le trait mais on
ressent dans cette débauche de black music - bien plus
black que la musique que cette expression décrit généralement
- de la débauche, de la solidité, de gros riffs
qui vous assoient, une conviction que vous ne pouvez pas remettre
en cause et qui fait que cette croix, vous l'acceptez. Par contre,
ce qu'on trouvera, c'est trop monolithique. Neuf titres taillés
exactement dans la même roche, variations minimes, aération
aucune, pour une longue plainte manquant de relief sur la longueur.
Un jour, va bien falloir quand même descendre de cette
maudite croix sous peine d'y perdre son latin.
SKX
(21/10/2009)
website groupe www.weareceleste.com
website label www.denovali.com
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Church
Of Misery
Houses Of The Unholy - LP
Rise Above 2009
Houses
Of The Unholy n'est que le troisième long format des
japonais de Church Of Misery. Des changements de line-up incessants
(ici un nouveau guitariste australien et il paraîtrait
que le chanteur s'est à nouveau barré) n'ont pas
eu raison de l'abnégation d'un groupe vénérant
le doom dans son sens le plus historique du terme -un seul nom
et un seul : Black Sabbath. Au dos du livret on peut lire no
drone, no power ambient, let them eat DOOM, une façon
comme une autre d'affirmer et d'assumer son côté
réactionnaire. Ce qui ne change toujours pas non plus
c'est la thématique du groupe uniquement centrée
autour des tueurs en séries. Chaque titre est dédié
à l'un de ces gugusses, avec textes, photos et artworks
directement en lien avec ce qui ressemble à une obsession
de la part du bassiste foutraque et compositeur en chef du groupe,
Tatsu Mikami. On lui pardonne ce genre d'errances (après
tout il y a bien en ce vingt et unième siècle
des crétins qui collectionnent encore les disques) d'autant
plus que le principal intérêt de Church Of Misery,
passé ce décorum de pacotille, c'est la musique.
Rien que la musique.
El Padrino récite bel et bien les Tables de la Loi Sabbathiennes,
tout y est y compris la touche psychédélique 70's
et le solo vénéneux mais les quatre Church Of
Misery en alignant Shotgun Boogie et son tempo accéléré
démontrent que le rock'n'roll ça les connaît
aussi. Les sept titres distillés au long des trois faces
de ce beau double vinyle (la quatrième face muette reproduit
comme il se doit le logo du groupe ainsi que le gueule d'Albert
Fish, un type qui affirmait I like children, they are tasty)
abandonnent toute idée d'originalité et de déviance
-déviance musicale s'entend- et il y a même une
reprise de Sir Lord Baltimore, l'un des pires groupes de heavy
metal de l'histoire de la musique américaine, ce qui
en dit long sur le degré de volonté anachronique
de Church Of Misery. On leur pardonne parce que ce doom rock
là, légèrement stoner aux entournures et
rongé jusqu'à l'os, est une véritable tuerie
-haha ha.
Haz
(05/06/2009)
website groupe www.churchofmisery.net
website label www.riseaboverecords.com
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Clockcleaner
Skinhead Lady - 7''
Stained Circles 2009
Ok
Clockcleaner n'est plus. Tout ça est déjà
du passé. Le cadavre déjà piétiné
par des hordes de punks sans foi ni loi qui ont piqué
le flambeau pour continuer la politique de la terre brûlée.
Ce single est donc leur dernière profession de foi (on
ne compte pas le 12'' live Ready to fight), sorti par
le bout du monde en Australie, là où Sharkey le
chanteur-guitariste aurait rencontré l'amour. Le con.
On va donc faire abstraction des six mois qui séparent
la réalisation de ce disque de la présente chronique.
Six mois dans cette orgie de productions, c'est un pet de mouche
et Babylon
Rules vient juste de sortir. Pour fêter son départ,
Clockcleaner détrousse la nonne, fait sonner trompette
(merci Kurt) et résonner l'écho d'un Cramps éternel,
tout ça avec leur sens inégalable de la reverb,
du bruit et d'une rythmique qui vous fait danser voodoo toute
la nuit. L'amour l'inspire. Face B, Clockcleaner reprend Hate
City, un morceau d'un vieux groupe plus new-wave que punk
même si on les met souvent dans le même panier que
les Saints ou Radio Birdman. Ce groupe se nomme X
(à ne pas confondre avec le groupe de Los Angeles), Amphetamine
Reptile avait repressé leur album Aspirations
20 ans plus tard et le trio de Philadelphie se prend pour Killdozer
reprenant comme des pochtrons et en choeur (toujours avec la
trompette de Kurt) un vieux standard oublié datant de
1978.
Clockcleaner se casse par la grande porte et ne font qu'aviver
un peu plus les regrets. Qui ne seront jamais aussi énorme
que de ne jamais les avoir vu sur une scène. Le con.
SKX
(12/12/2009)
website groupe www.myspace.com/clockcleaner
website label stainedcircles.bigcartel.com
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Coleko
Staywell clinic - CD
Cool guy 1999
La
pochette est horrible. Ils en rajoutent une couche en mettant
le même genre de photo atroce à l'intérieur
du livret. Au verso, une photo de gosses à moitié
nu jouant près d'un trou d'eau avec des usines noires
de fumée en toile de fond. Je passerais bien mon tour.
Autre projet de Oscar Rey, entre l'époque sHoeGazer
et Help
Gnash Red, bien que tout ça ne soit pas très
clair. L'ami Oscar reprend en tout cas les bases de sHoeGazer
mais dérive encore plus vers un hardcore angulaire et
qui ne compte plus du tout sur les mélodies pour plaire.
Une drôle de bestiole d'une mixture étrange, mi-chaotique,
mi-féroce avec de brusques accélérations
et des passages flottant au milieu. A rapprocher de l'école
Dischord en plus âpre. La voix de Oscar Rey qui ne crie
pas vraiment mais démontre une bonne dose de ressentiment
négatif. Les deux guitares assurent pratiquement tout
le boulot par rapport à une section rythmique poussive.
C'était pas l'album de cette fin de millénaire
mais c'est loin d'être aussi repoussant que la pochette.
SKX
(08/02/2009)
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Coliseum
True Quiet/Last Wave - 7''
Deathwish 2009
Quoi
de mieux que de publier un single pour annoncer la sortie du
prochain album de Coliseum ? Je n'ai pas réellement compris
si True Quiet et Last Wave seront ou non également
sur le disque à venir chez Relapse records mais qu'importe,
dans le genre cette petite rondelle de plastique bleu playmobil
est absolument parfaite. True Quiet ne remet pas grand chose
en question, surtout pas une science du riff harpon (excellente
intro), une basse terrassante, une batterie puissante et voltigeuse,
le tout dominé par la voix toujours aussi éraillée
de Ryan Patterson. Du hardcore lorgnant à la fois vers
le metal et le crust, servi par des sons de guitare désuets
peut être mais qui font terriblement plaisir à
entendre tant ils ne rentrent pas dans le cadre tout beau tout
propre des 95 % des productions actuelles du genre torchées
à l'ordinateur et/ou au stéroïde pro tool.
Sur la face B Last Wave surprend un peu plus (mais un
chouïa seulement) tout en utilisant exactement les mêmes
ingrédients - la batterie est encore plus outrageuse
- mais, c'est sensible surtout au niveau de la ligne de chant,
Last Wave est plus lyrique et envolé, presque
emo par moment, si jamais emo voulait encore dire quelque chose
de nos jours et si toutefois le gros organe rauque de Patterson
pouvait souffrir ce genre de comparaison osée. Pourtant
il y a bien de cela, derrière le déluge on sent
parfaitement la petite pointe de cur tendre et fondant
à l'intérieur. A ce tarif là, et bien que
le futur album s'annonce plein d'entrain, aller au delà
de ce single tout à fait complet dans le genre semblerait
presque inutile tant il semble avoir déjà tout
dit.
Haz
(12/10/2009)
website groupe www.myspace.com/coliseum
website label www.deathwishinc.com
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Condominium
Barricade
- 7''
Fashionable Idiots 2009
Pupils - 7''
Self-released 2008
Hello Tomorrow - 7''
Self-released 2008
St
Paul, Minnesota. Condominium se tire de la torpeur ambiante
et se prend en main. Deux singles fait main et fait maison puis
un troisième sur le petit label qui monte, Fashionable
Idiots. Le plus facile à choper. Barricade a tout
du morceau qui monte au cerveau et ne le lâche plus. On
serait sur Amphetamine Reptile qu'on ne serait pas surpris,
proximité géographique oblige sans doute. Mais
ce noise-rock n'est pas sans rappeler les belles heures de Janitor
Joe et autres groupes rugueux qui ne font pas la nique à
la mélodie. Tout tient sur deux notes qu'ils matraquent
avec conviction, mais quelles notes ! De l'autre coté
du vinyl, Big Plans est un instrumental qui a tout du
morceau avec une bonne idée de riff à la base
mais qu'on arrive pas à finaliser et dont on ne sait
pas quoi faire. Alors on fait tourner. Et nous aussi, pour remonter
sur Barricade.
Et
remonter dans le temps. Automne 2008, Pupils jouait déjà
le minimalisme noise et obtus. Une ligne de basse ne s'encombrant
pas de superflu, un chant passionné et la guitare pour
faire monter la mayonnaise. Pas besoin de sortir de polytechnique
pour se mettre au punk-rock et vous faire baver. En toute simplicité.
De l'autre coté, Condominium affiche ces racines avec
On Off, un morceau hardcore droit dans la face, rythme
basiquement rapide, coller de près par Displacement,
retour aux années 80 et son punk-hardcore sans discernement
avec un arrière goût de scions la branche. Condominium
est plus fort en face A.
Ce
qui nous renvoie tout logiquement à l'hiver 2008. Le
hardcore élémentaire et hargneux, Condominium
avait les deux pieds dedans à l'époque avec Hello
Tomorrow. Quatre titres expulsés en une minute trente
chacun, nous donnant tout le loisir de suivre agréablement
l'évolution d'un groupe vers une musique plus tendue
et réfléchie car au regard de ce premier single,
Barricade apparaît comme un morceau complexe.
Le quatrième est déjà dans les tuyauteries,
on parle de single bien sûr, pas de gosse, sortira début
2010 sur Deerhealer
records et ce n'est pas un Gag.
SKX
(12/12/2009)
website groupe condominium-hellotomorrow.blogspot.com
website label www.fashionableidiots.com
sounds Barricade.mp3
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The
Creeping Nobodies / These are Powers
Split 7''
Army of Bad Luck 2008
La
feuille d'érable à l'honneur, recto et verso,
mais de Canadien, il n'y a que les Creeping Nobodies que l'on
retrouve avec bonheur. Exult, un inédit qui sent
bon le Celte ! Il ya comme une réminiscence d'un air
irlandais, que ce soit dans la mélodie et le rythme,
un embrun qui a traversé l'océan et qu'on se prend
de manière diffuse. Avec leur facette post-punk/The Ex,
le mélange est des plus séduisants. C'est une
des deux filles qui se colle au chant et ce morceau prend une
tournure d'autant plus poignante que ce sera le tout dernier
du groupe. Après huit années d'activités,
les cinq membres ont décidé d'aller voir si l'herbe
était plus verte ailleurs.
De l'autre coté de la frontière, These are Powers.
Le coté branchouille de New-York dans tout ce qu'il a
de plus exaspérant mais aussi d'excitant. C'est un peu
tout ça que représente le trio femelle/2 mâles
de These are Powers.Déjà deux, trois albums au
compteur dont un tout récent (All aboard oceans)
mais ce morceau est issu du mini album Tarot Tarot paru
en 2008 sur Deleted Art. Cockies représente la
bonne facette de ce trio, la digeste, celle où le tribal
et l'amour de l'expérimentation prend le dessus sur le
trip arty et insipide. Un plan qui tourne en boucle, la voix
de la délicieuse asiatique (d'origine) Anna Barie qui
ne vous pèle pas les nerfs et on gobe sans sourciller.
En plus du bout de vinyl transparent, un CD est inclus dans
la pochette. Dessus, la même punition ave un titre en
bonus : Creeping Powers, soit un mélange des deux
titres suscités, élaboré par Bill Salas,
le batteur de These are powers, c'est-à-dire du remplissage
qui ne sert qu'à montrer qu'il maîtrise comme un
chef la technologie moderne.
SKX
(05/04/2009)
website groupe www.thecreepingnobodies.com
| thesearepowers.blogspot.com
website label www.myspace.com/armyofbadluck
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Calva
/ Io Monade Stanca
Split 12''
A Tant Rêver du Roi / Africantape 2010
Double
production avec chacun son poulain. Un coup de Calva pour le
label de Pau A Tant Rêver du Roi et une rincette de Io
Monade Stanca pour le label italien Africantape qui n'a pas
grand-chose de rital dans son sang.
On avait laissé Calva sur une première livraison
encore jeune mais prometteuse. Ils reviennent la démarche
de travers et bien plus originale. Un parfum toujours indéfinissable
d'un projet qui a mûrit tout en restant en gestation.
Peuvent prendre tous les chemins qu'ils veulent. Un duo (depuis
peu, le troisième s'étant fait la malle et est
uniquement remplacé pour les concerts) composé
d'Arnaud Millan (guitare, synthés, voix) et Stéphane
Sapanel (batterie), têtes chercheuses croisant le fer
entre une batterie impétueuse et une guitare acoustique
(ou qui sonne comme telle !) pour un truc tout en décalage,
tout bizarre mais ça marche ! Des constructions alambiquées
dont la première écoute déroute avant de
révéler toute son aura. Coule, petite, coule.
Le synthé s'intercale en douceur, avec parcimonie, sonorités
incongrues comme sur Kato, avec on dirait - j'ose à
peine l'écrire, un vocoder - ça fait peur au début
mais on fini par se laisser prendre car l'autre nouveauté
de l'attirail de Calva dans le rayon instrument, ce sont des
ondes et elles sont bonnes, les vibrations. Fluidifie le Calva
sans en perdre son piment. Rajoute au mystère de l'ensemble.
Quant au batteur, il est crédité d'un autre instrument
qui aide à tenir le coup, le café et c'est tout
en nerf et en virtuosité qu'il soutient l'édifice,
coups de baguettes saignants, registre large, aussi à
l'aise dans le touché que le tranchant. Mais tout ça
n'aide en rien à éclaircir le monde musical de
Calva. On pourrait citer également Cheval de Frise ou
Gastr Del Sol pour y voir plus clair, notamment sur les deux
derniers titres, Urban Cowboy et le très classe
et solennel Melinda 2.0, ces arabesques de guitare en
pointillé mais ça serait faire fi des morceaux
chantés d'une voix singulière (Central pub
et Nerves qui porte bien son nom). Calva a quitté
le monde des normes. Une vraie alchimie se met en place. On
avait parlé de promesses pour leur début. Avec
ces cinq titres, c'est d'impatience dont on va causer car à
ce rythme là, ce Calva va tous nous enterrer.
On
tourne la galette verte, signe d'espoir, pour la prestation
des Italiens de Io Monade Stanca. Issu des mêmes sessions
d'enregistrement que leur album The
Impossible story of Bubu, cette face est agrémentée
d'un invité, Maurizio Busca, crédité au
Jumbo organet qui doit être, si on tend l'oreille, ce
bruit d'orgue électronique qui s'agite dans le fond et
dont Charly
Oleg se servait à merveille. D'où le sous-titre
4 brains 40 fingers big band collé après
Io Monade Stanca. L'italien sait compter. Car après,
ça se gâte. Le nom de cette face est Eravamo
partiti coi piedi per terra qu'un célèbre
moteur de recherche traduit par Nous avons commencé
les pieds sur terre, ce qui constitue un beau pied de nez
à la raison quand on connaît tout le burlesque
dont est capable ce groupe. Un morceau découpé
en trois parties, elles-mêmes hachées menues en
une multitude de titres, plus de quarante au final, n'en jetez
plus, la coupe est pleine. Une face à l'image de leur
concert il y a quelques jours à Rennes (en première
partie de Laëtitia Sheriff). Capable du meilleur comme
du moins bien. Part dans tous les sens et ne retombe pas toujours
sur ces pattes. Finalement plus convaincant quand ils essayent
de jouer carré plutôt que partir dans des improvisations
(ou ce qui y ressemble) laissant retomber le soufflé.
Jeu croisé du guitariste comme ces genoux dont le jeu
de jambe en concert est d'une élasticité surprenante,
compos sans fin ni début. Tout s'imbrique, se perd parfois,
revient dans le droit chemin avec toujours cet orgue un rien
désuet et agaçant, particulièrement sur
la fin de la face où le groupe lui a clairement laissé
les clefs de la maison. Le vert de l'espoir se dilue en blanc
d'abattement. Leur rock-noise pataphysique ne tient pas la distance
face au bon coup de Calva.
SKX
(15/05/2010)
website groupe www.myspace.com/calvaband
| www.myspace.com/iomonadestanca
website label www.atrdr.net
| africantape.com
|
Caravels
Floorboards - EP
Self-released 2010
Las
Vegas. Vous en connaissez beaucoup, vous, des groupes qui viennent
de Las Vegas ? Je veux dire, dans le genre hardcore, pas kitsch
à paillettes ? Caravels est de cette race improbable,
à bourriner dans le désert entre deux tables de
roulettes. Peut-être pour ça que ça fait
dix ans qu'ils existent et qu'ils ont mis autant de temps à
sortir un premier disque, s'extirper de la torpeur ambiante
et commencer à se faire un nom. Une bande de potes au
nombre de cinq, sans un seul changement de personnel pendant
tout ce temps écoulé, c'est si rare qu'il faut
le souligner. C'est beau l'amitié. Ou alors si difficile
à Las Vegas de trouver des mecs motivés pour du
hardcore qu'on est bien obligé de se supporter.
Suivant l'adage plus c'est long, plus c'est bon, on a bien fait
d'attendre. Les six titres de Floodboards sont un geyser
de vie dans un océan de sécheresse, un torrent
de passion dans un univers de frivolités, une main pleine
de grâce dans des tronches de cake. Ouep, le soleil cogne
et j'ai mes chaleurs. Mais à chaque fois, c'est l'emballement.
Des morceaux qui cavalent, sans refrains, sans couplets, avançant
toujours et toujours à fond, avec des respirations qui
ne reposent pas, une petite couche par-dessus une autre qui
montait déjà d'un cran, on reprend son souffle,
la pression monte, l'étau se resserre, on ne se contrôle
plus, ça va gicler de partout, j'arrête là
avant d'en foutre partout sur le clavier. Caravels, c'est le
monde du hardcore enfiévré à la Portraits
of Past avec une virulence à la Botch. Un enregistrement
compact et percutant. Un batteur qui met sans cesse le colt
sur la nuque, n'arrête pas de relancer la machine, maintenir
les têtes de ces petits camarades à la limite de
la flottaison et frapper encore, précis et juste. Un
chant qu'on pourrait juger trop monocorde mais galvanisant et
qui me retournent les tripes à chaque fois. Et puis deux
guitares qui embrouillent l'esprit et arrachent des larmes.
Faut les entendre se battre, se mélanger, flamber des
étincelles de mélodies comme sur le poignant Buddy
System. Mais tous les titres sont du même acabit.
Déchirant et rageur. Vulnérable et explosif. Ca
s'enfile d'une traite, en apnée. La Caravels passe et
j'aboie comme un con sous la lune.
Caravels
avait également enregistré en 2008 trois titres
connus sous le nom de The Earthling Sessions et proposés
en téléchargement gratuit.
Et comme le robinet est désormais ouvert, un single deux
titres est prévu pour la fin de l'année sur Topshelf
records, avant de s'atteler à un album pour 2011.
SKX
(25/11/2010)
website groupe www.myspace.com/caravels
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The
Catalyst
Swallow
Your Teeth - LP
The Perpetual Motion Machine 2009
Il
aurait été extrêmement dommage de passer
à côté de The Catalyst. C'est pourtant bien
ce qui a failli arriver. Swallow Your Teeth est le premier
véritable album de ce groupe originaire de Virginie,
après pas loin d'une dizaine années d'existence
et quelques pelletées de singles, splits et un 12' monoface
(Marianas Trench, également dispo en CD avec une
partie des titres figurants sur les singles susmentionnés).
Et oui
Swallow Your Teeth est seulement le premier
album de The Catalyst. Et à l'écoute de celui-ci
on n'en croit pas nos oreilles. Ces gars ont incontestablement
de la bouteille mais ils ont également gardé toute
la hargne qui souvent stigmate les jeunes années tumultueuses
d'un groupe. Une vraie tuerie. Qui sont-ils ? Jouent-ils dans
d'autres groupes ? Je n'en sais rien. Mais ce que je sais c'est
que le hardcore de The Calalyst est la meilleure chose qu'il
m'ait été donnée d'entendre dans le style
- pourtant très fréquenté - et ce depuis
des lustres. En 2009, il ne fallait pas oublier The Catalyst
et sa musique incroyable. Puisque l'année 2010 est déjà
bien entamée, redonnons une nouvelle chance à
ce Swallow Your Teeth inratable et intraitable.
The Catalyst a beau venir de ce bon vieux sud des Etats Unis,
le groupe n'abuse pas de la lourdeur poisseuse que l'on retrouve
chez la plupart des groupes du coin. Désolé, pour
une fois on passera au travers des références
d'ordinaire quasiment obligatoires à EyeHateGod ou autre
Buzzzov-en (ce qui ne m'aurait pourtant pas déplu). Il
y a bien une extrême lourdeur et une incroyable puissance
chez The Catalyst mais elle ne doit rien aux connotations sudistes
et rednecks, le sludge, le bayou, le whiskey frelaté,
la violence, les zombis péripatéticiens, les flingues,
les putes, la fumette et tous ces clichés hyper rabattus.
La musique de The Catalyst est au contraire sèche et
vive - parfois très émotionnelle - et lorsqu'elle
fricote avec la défonce interstellaire (l'excellent Werewolves
Of Washington), on pourrait plus parler de psychédélisme
: une basse avec un son énorme qui groove dans le lard
et les deux guitares qui montent en chandelle. Concis, abrupt
et percutant (I Hate The Future), le hardcore de The
Catalyst sait aussi vous transporter avant de vous écraser
définitivement la tronche (42012 et son final
à deux voix). Et puis un groupe capable d'intituler l'une
de ses chansons Lars Ulrich's 1986 Funeral ne saurait
être un mauvais groupe. Si vous aimez Wonder, le
nouvel album de Knut, mais que vous le trouvez un peu trop froid
et trop rigidifié avec ses plans metal, rabattez-vous
sur The Catalyst, bien plus organique et vivant. Un grand groupe
d'illustres inconnus est né.
Haz
(26/06/2010)
website groupe www.myspace.com/thecatalyst
website label www.theperpetualmotionmachine.com
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Caterpillar
Tracks - Arms Exploding
Split 7''
Phratry 2009
Un
split single pour faire connaissance. Deux groupes américains
originaires de Cincinnati, encore inconnus avant que ce joli
vinyl rouge transparent ne débarque dans la boite aux
lettres. It's a w.i.n. for the home team, c'est le nom
du morceau de Caterpillar Tracks. Rythmique comme un Gladiator.
Jesus Lizard est passé par là. Ce ne sont pas
les premiers, et encore moins les derniers, à subir l'influence
du ex-futur-feu groupe de Chicago mais la compo a la bonne idée
de ne pas faire que ça, la soumission. Suffisamment futé
pour, non pas donner dans l'original, là n'est pas le
propos, mais pondre sa mélodie personnelle et un changement
de rythme binaire aux deux tiers du morceau pour rendre ce titre
très attachant. Et donner l'envie d'en entendre plus.
Arms Exploding vous rentre tout de suite dans le lard. Noise-rock
tendance hardcore, celle qui flirte vers Botch et un surplus
d'agressivité. La voix trafiquée y est pour beaucoup.
Riff saignant, guitares fois deux, bassiste appuyant l'intensité
du chant principal, on se dit qu'on tient le bon bout. Et puis
il ya ce premier break surprenant, essentiellement rythmique,
tribalisme bizarre, voix susurrée avant de repartir comme
ils avaient débarqué puis, deuxième surprise,
une fin plus indie-rock à la Arcwelder avec chant très
mélodique et stressant, mon tout enchaînant sur
une dernière minute quasi-silencieuse avec un piano rachitique
dans le fin fond du décor. Un groupe semblant capable
du meilleur comme du pire. Là encore, on attendra d'en
entendre plus. Un split remplissant en tout cas parfaitement
sa mission en titillant la curiosité.
SKX
(01/02/2010)
website groupe caterpillartracks.blogspot.com
/ www.myspace.com/armsexploding
website label www.phratryrecords.com
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Caterpillar
Tracks
Scrape the summer - cdep
Phratry 2007
Découvert
en 2009 par l'intermédiaire du split
single avec Arms Exploding, on remonte l'échelle du temps.
2007, Caterpillar Tracks sort Scrape the summer, un EP 5 titres,
après un précédent album en 2004 totalement
inconnu de nos services. Un disque hybride avec un tas de données
différentes mais une belle inspiration pour écrire
des compositions qui compilent tout ça. Des relents de
new-wave, une basse noise-rock, un chant tour à tour
mélodique ou rageur, des morceaux finement complexes
et une urgence qui ne faiblit pas. Une formule pouvant s'appliquer
à des tonnes de groupes, on pourrait ne pas être
sorti de l'auberge. Les cinq de Caterpillar Tracks ont cependant
le talent suffisant pour éviter l'ornière avec
quatre titres accrocheurs comme It's scientific, goddamm
ou how secure, secure renvoyant aussi bien à Vaz
qu'aux premiers Rye Coalition. Quatre titres accrocheurs pour
un ep cinq titres, c'est qu'il en manque un. Le petit dernier
n'a rien de plaisant. Midnight at the Taser Bingo, c'est
le vilain de la bande. Six minutes qui ne sont que bombardements
et bruits purs. Caterpillar Tracks craque (à dire dix
fois de suite le plus vite possible). Un disque où s'impose
une conclusion identique à celle du split. Donne envie
d'en entendre plus. Ca sera l'objet de la prochaine étape,
un nouvel album à sortir incessamment sous peu.
SKX
(07/02/2010)
website groupe caterpillartracks.blogspot.com
website label www.phratryrecords.com
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Clockcleaner
Auf-wiedersehen
12''
Load 2010
Sentiment
toujours partagé quand un groupe comme Clockcleaner cesse
toutes activités. Le regret de ne plus voir leurs sales
tronches exécutés leur swamp rock libidineux,
de donner une suite à deux albums inestimables (Nevermind
et Babylon
Rules sans oublier le EP des débuts The
Hassler) tout en se disant qu'ils ne feront pas le disque
de trop, on se quitte bons amis, merci, au revoir, à
jamais tatoué sur l'avant-bras droit (sur le gauche,
ya déjà Jesus Lizard). Le sentiment partagé
également devant une énième sortie d'un
groupe qui semble avoir des difficultés à arrêter
définitivement. On pensait que la Skinhead
Lady saluait la toute fin mais Clockcleaner envoie un
tout dernier Auf Wiedersehen. On se dit encore une basse
manuvre du label de Providence pour soutirer quelques
deniers à des fans transis désireux de recevoir
un ultime glaviot dans la tronche. Au verso de la pochette,
en surimpression noire sur une pochette de la même couleur
(avec une tête de mort au recto, comme vous pouvez magnifiquement
le voir), Clockcleaner a mis ce commentaire sarcastique :
This
record looks like a homo stupids record. It's better, tough.
On
confirme. Point d'entourloupe commerciale. Bien que ces quatre
titres surprennent. La sauvagerie, les mauvaises manières,
l'odeur de terres brûlées, bref tout ce qui faisait
le charme de Clockcleaner a disparu. Et pourtant, ce disque
a encore plus de classe que ces prédécesseurs.
Quatre compostions comme quatre marches funèbres. La
reverb sur la voix de John A. Sharkey III a disparu, enterrée
par une voix de crooner d'outre-tombe qui aurait trouvé
le repos éternel, avec des hululements en guise de churs
pour l'accompagner. Un chant où les paroles sont audibles
sur Clockcleaner, ça fait peur mais c'est beau. Un chant
qui se rapproche de ce qu'il fait désormais avec son
nouveau projet, Puerto Rico Flowers, de la new-wave gothique
qui hante les nuits de ce pauvre Sharkey et dont on n'est pas
loin de retrouver des réminiscences également
dans la musique de ce Auf wiedersehen. Sauf que si il
a franchi la ligne jaune avec PRF, Clockcleaner reste du bon
coté de la barrière. La guitare tourne en régime
clair, les arpèges sont tour à tour cinglants
et mélodiques. La section rythmique marque un tempo de
fin de bal, lent, traînant, menaçant, presque dansant
sur Something's on Her Mind. J'ai bien cru à une
reprise d'une vieille casserole new-wave mais non, ça
m'a tout l'air d'être du Clockcleaner. Un Clockcleaner
plus désabusé que jamais, ça sent la fin
de partie mais c'est miraculeusement prenant. Tristement lumineux.
Qui eu crut utiliser de tels termes affectés pour un
disque de Clockcleaner ?! Le morceau de bravoure reste Chinese
Town, le titre évoquant à lui seul les sonorités
des arpèges. Un parfum d'orient chez Clockcleaner, là
encore fallait le deviner mais c'est comme pour tout le reste.
Hypnotisant. Un disque de tapette mais bien rude sur les bords
et très sombre en son centre. Clockcleaner ne pouvait
aller plus loin et restera à jamais un groupe primordial
de cette décennie passée. Ce dont ils se foutent
royalement.
Bon allez ce coup ci, c'est le bon, on ne se dit pas au revoir
mais bien adieu.
SKX
(31/10/2010)
website groupe www.myspace.com/clockcleaner
website label www.loadrecords.com
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Command
Module
Maps, new units, and scenarios - CD
self-released 2009
Au
début était Nick Sakes. L'ex-gars de Dazzling
Killmen qui avait fait circuler la première démo
de Command Module un peu partout, dont une avait échoué
dans cette modeste demeure. Comme Sicbay venait juste de mettre
la clef sous la porte, il n'en fallait pas moins pour croire
qu'il s'était déjà lancé dans un
nouveau projet. Mais il semble bien que si il était prévu
au générique à l'aube de ce groupe, il
n'en est rien désormais. Command Module, c'est trois
gars dont le CV est brillant de vide : Ethen Lebovics (batterie),
John Allen (guitare) et Mario Costello (basse).
Un album réalisé par leurs soins, se donne même
pas la peine de donner un nom de label, distribué, non
pardon, pas distribué du tout, faut leur envoyer une
bafouille pour le récupérer, un bout de plastique
fait par eux et uniquement pour eux et leur progéniture
en bons pères de famille qu'ils ont l'air d'être
(j'ai rien contre bien sûr), leur raconter plus tard comment
le vieux con qui les emmerde a pu être un jour être
un mec cool, ouvert, aimant le rock'n'roll et décapsulant
les kros avec les dents. Sauf que les sales gosses vont bien
se marrer parce que la musique à papa n'est pas ce majeur
qu'on lève à ce monde quand on est un jeune rebelle
à mèche. C'est tout instrumental et tout confort.
Et c'est vachement bien. On pourrait presque croire parfois
à des morceaux de Sicbay sans les vocaux. Huit morceaux
tournant tous autour des deux minutes, petites mécaniques
rutilantes et énigmatiques avec un enregistrement qui
possède du grain et du dynamisme. Le sentiment qu'il
manque toujours quelquechose, appelez ça du chant, une
seconde guitare, de la longueur, du coffre, mais c'est cette
impression/impressionnisme qui finit par séduire, ce
sentiment fugace du morceau qui ne fait que passer, donnant
de suite l'envie de le réécouter, comme si un
détail vous échappait sans cesse. Un groupe qui
n'a l'air de rien comme ça, pas le genre de groupe mathématiquement
complexe, ne joue pas sur la vitesse, l'excès, pas franchement
dans les clous, pas de provocations ni d'esbroufes mais dans
le domaine du rock-noise instrumental, Maps, new units, and
scenarios fait souffler un vent de légèreté
et de fraîcheur. J'avoue que je suis également
capable de passer complètement à coté de
ce disque tant les compos peuvent paraître en manque de
personnalité et éphémère si vous
n'êtes pas concentrés un minimum dessus. Mais il
possède ce coté attachant, truffé d'idées
et de bout d'accroches qui font que vous y revenez toujours
avec plaisir.
SKX
(04/06/2010)
website groupe www.myspace.com/commandmodule
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Condominium
Gag - 7''
Deer Healer 2010
Si
la pochette a tout du gag, c'est une toute autre histoire pour
la musique. Trou béant
sur un punk-noise animal. Ouverture profonde sur un univers
velu. La pochette photocopiée, collée à
la langue, le tampon du groupe sur la tronche, Condominium continue
d'aimer le bricolage maison et d'enfoncer le clou d'une simplicité
redoutable. Gag, morceau phare, a beau s'étaler
sur sept minutes, ce sont sept minutes qui ne les font pas.
Rythmique binaire, matraquée, lobotomisée, l'adrénaline
monte, les larsens s'emparent de l'espace, chant étouffé,
faux rythme et mon tout sur deux notes. La dérision de
moyens face à un morceau obsédant. Condominium
accélère brièvement le mouvement sur l'autre
face, le temps des deux minutes de la Redemption Song
ou le batteur se déchaîne, ajoutant à l'abrasion
et la primarité d'un groupe qu'on aurait vu plus que
jamais avec les magnifiques pouilleux de Amphetamine Reptile
records. Dommage qu'ils finissent par The Entire Human Body,
descente de trip autant instrumentale qu'inutile.
Condominium confirme son statut de groupe punk le plus économique
et efficace des Etats-Unis, en attendant l'album après
quatre singles.
Quoique, vu la profusion des idées et la vitesse de leur
cerveau encrassé, on va pouvoir, premièrement,
attendre encore longtemps et deuxièmement, ne pas l'espérer
tant que ça car le format single leur va comme un gant
et les doutes sont permis sur plus long.
SKX
(29/11/2010)
website groupe condominium-hellotomorrow.blogspot.com
website label www.deerhealer.com
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The
Conformists
Three Hundred - CD
Africantape 2010
Comme
si il n'y avait déjà pas trop de disques à
chroniquer, on en remet une couche avec un album réalisé
à l'origine en 2007 par 54°40' or Fight ! records,
label du Michigan, et dont Perte & Fracas s'était
fait l'écho ici.
Un écho très faible, je vous l'accorde, pour un
album perdu dans la surproduction mondiale. Ce ne sont pas toujours
les meilleurs qui restent. Heureusement, les Italiens ont également
des oreilles. Même si il n'y a pas de ritals chez le label
Africantape, ils ont fini par l'entendre ce disque maudit et
dans un grand élan de générosité,
décidé de le ressortir. A l'identique. Ou presque,
le bleu de la pochette ayant cédé sa place au
vert, dans l'espoir que ce disque trouve enfin son auditoire.
On ne va pas reparler en détail de ce disque, le travail
a déjà été fait, ça n'a toujours
pas bougé de là
(vous aviez droit en prime à la chronique de leur 1er
album Two Hundred), juste l'occasion de vérifier que
Three Hundred n'a pas pris trop d'années dans
les gencives. Trois ans, c'est peu mais quand on sait qu'il
a été enregistré en 2005, ça peut
commencer à se fissurer. Sauf si le maçon en chef
se nomme Albini. Les fondations sont sures. Un tremblement de
terre n'arriverait même pas à ébranler cette
batterie. Les trente secondes du premier morceau sans nom sont
également toujours présentes. L'impression d'écouter
un disque de noise-rock tordu, aussi carré que bancal,
incisif que narratif, subsiste parfaitement. Tout conforme.
Alors si vous êtes autant touchés par US Maple
que Oxes ou The Stnnng, donnez enfin une chance à ce
magnifique album.
SKX
(15/03/2010)
website groupe www.theconformists.com
website label www.africantape.com
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Cove
Show me your nature -
CD
Unlabel 2010
Cove,
trio anglais de magnifiques losers qui nous fait le même
coup à chaque fois, c'est-à-dire débarquer
quand on ne les attend plus. Trois, quatre ans qu'il est prévu
cet album. Tim Cedar (Part Chimp) était même censé
enregistrer et puis plus rien. Mars de cette année, Show
me your nature, troisième album du nom, arrive enfin
et leur nature à eux, c'est de glander ou de tout faire
pour que ça foire. Un album qu'ils qualifient eux-mêmes
de lost album. Mais contrairement au Pink Confetti
de Vaz ou le premier album des Bellmer Dolls (ces derniers ayant
splittés par usure), tous deux enregistrés depuis
deux, trois ans et qui sentent le bois mort, Cove a réussi
à s'extirper de sa poisse congénitale. Sur son
label chéri qui a sorti toute leur uvre depuis
leurs débuts ya plus de dix ans (dans un silence assourdissant),
Show me your Nature montre enfin ce qu'il a dans le ventre.
Par contre, on va commencer par zapper le bien nommé
Autumn Leaves, morceau d'ouverture tombant comme une
feuille morte sur une piscine de milliardaire. Huit minutes
d'une descente de baba cool avec guitare patchouli et flûtiau
échappé de sa yourte. Mais c'est quoi ce bordel
?! On laisse un groupe noise-math-rock bien burné et
on se retrouve avec la copie de Colchique dans les prés
sur le chemin de Katmandou ! Le sens de l'humour britannique
sans doute car dès le deuxième titre, Rock
at the dada station, Cove remet les pendules à l'heure
et ils ne vont plus les lâcher. Un rock majoritairement
instrumental, solidement charpenté, avec une guitare
qui craque sous les pieds, style Part Chimp mais pas que. On
retrouve les deux titres du single
de 2006 (Threes / Platypus), un mauvais point
pour eux quand on possède le dit single mais ces deux
morceaux sont tellement bons que ça passe tout seul.
Et comme tous les autres inédits aiment s'étendre
dans toute leur mare gluante, au-delà des cinq, six minutes,
on se dit qu'on en a pour notre argent. Une nature généreuse,
une nature débordante, se ruant dans des chevauchées
épiques, maniant le marteau et l'enclume à la
perfection, laissant suffisamment d'espaces pour mieux placer
ces ruades. La guitare a ce grain incomparable (que l'on doit
à un certain Tom House et Cove qui a finalement décidé
de s'enregistrer lui-même), vous m'en mettrez une douzaine,
plus une voix qui déchire toute la misère du monde
comme sur le titre surréaliste I Killed a guy with
a trident. Finalement, Cove n'a pas grand-chose du groupe
math-rock classique. Ca rock, ça c'est certain mais ça
file suffisamment droit pour ne perdre personne en chemin. Corpulent,
épais, le sens de l'urgence, en rajouter une couche alors
qu'on pensait que ce n'était plus possible/permis et
succomber devant une telle maestria, devant un disque lourd
qui jamais n'a paru aussi léger.
Vous noterez par contre l'inversion dans l'ordre des morceaux
sur la pochette souple de ce gatefold CD. Platypus est
bien le dixième et dernier titre alors que la petite
ballade respiratoire d'une minute se nomme The Cove March.
On est losers jusqu'au bout ou on ne l'est pas. L'écoute
de Show me your Nature démontre pourtant le contraire.
Disque de winner.
SKX
(15/11/2010)
website groupe www.myspace.com/therealcove
website label www.unlabel.net
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Cursed
The Last Session - 7''
High Anxiety records 2010
Comment plomber un bon groupe en moins de dix leçons. Prenez
quatre gugusses chevelus au passé hardcore déjà
chargé, appelez leur groupe CURSED - maudit en français
- et faites-leur jouer une musique violente, rapide et lourde.
Saupoudrez d'un karma de losers do it yourself et au bout de trois
albums tous plus bourrins les uns que les autres entassez-les
dans un van beaucoup trop petit pour une énième
tournée - qui sera donc la dernière - cette fois
ci au travers de la vieille Europe. Entre les pieds qui puent
du batteur et l'haleine de chacal de bassiste, entre les sièges
transformés en cendriers géants et les jets de cannettes
de bières, tout est paré pour une bonne tranche
de rigolade entre vieux potes qui en ont vu bien d'autres, on
n'est pas là pour se faire engueuler et on verra bien ce
qui va se passer. Ce qui va se passer, l'histoire est bien connue,
c'est que le groupe va se faire voler toute la thune de cette
tournée (8000 euros quand même) ainsi que les passeports
des membres du groupe dans un squat à Mulheim (Allemagne)
le soir du dernier concert. Trop c'est trop, outre le fait que
Cursed a eu tout le mal du monde à renter au bercail, ce
triste fait divers a eu pour principale conséquence d'entraîner
la fin du groupe. Anger, grief, frustration, suspicion, paranoia,
futility comme ils l'ont eux-mêmes écrit dans
un message posté le 1er juin 2008 sur leur site.
Quelques jours auparavant, Cursed était passé par
les studios de Radio One à la BBC pour enregistrer une
courte session de cinq titres joués pieds au plancher et
la bave aux lèvres. S'il était possible de faire
encore plus primaire et rude que leurs albums - notamment le troisième
et petit dernier Architect Of Trouble Dreams - Cursed y
est parvenu, avec une rage et une violence qui ne font que davantage
regretter le groupe. Le bien nommé The Last Session
est une sorte de best of, chaque album étant représenté
- Promised Land et Polygraph pour le premier, Reparation
pour le deuxième et Antihero Resuscitator ainsi
que Into The Hive pour le troisième - et à
l'écoute de ces cinq brûlots il est difficile de
ne pas penser que le groupe allait forcément se scratcher
un jour ou l'autre : trop de haine au ventre, aucun répit,
aucun apitoiement et donc pas beaucoup d'air pur ni de tranquillité
d'esprit. Bien sûr cela peut sembler facile d'affirmer une
chose pareille après les faits
alors on dira beaucoup
plus simplement que ces types jouaient à chaque fois comme
si c'était la dernière. Fatalement.
Haz (14/02/2010)
website groupe yourfuckingfuneral.blogspot.com
website label www.myspace.com/highanxietyrecords |
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