CAMERA
OBSCURA
"
to paint the kettle black " - 7"
Three One G 01
La
Camera Obscura éteint définitivement les lumières
et ne tournera plus que les ténèbres! Le single
de la fin pour ce groupe à l'unique mais vivement recommandable
album sur Troubleman records. Ce deux titres restent dans la lignée.
On peut même dire qu'ils nous gâtent. "To paint
the kettle black", face A, est un grand cru. Une mélodie
qui tape dans l'il, sous un feu de dieu, un synthé
expert qui sonne comme une pédale d'effet pour guitare,
cet irrésistible touche rétro noisy-pop, cette énergie
hardcore. Rien à redire. La face B est plus surprenante
mais tout aussi jubilante. Un rythme étrange, des effets
incongrus, la vie est ainsi faite. Ca me fatigue de vous décrire
ça. Vous n'avez qu'à vous le procurer! A l'origine
disponible sur un 45 d'Insound 'Tour support series #13",
Three One G a bien fait de represser ça au plus grand nombre.
Une sortie par la grande porte. Depuis la moitié du groupe
est parti formé The Champagn Kiss. Que ça coule
à flot!
SKX (20/11/2001)
|
CAMERA
OBSCURA
"
to change the shape of an enveloppe " - CD
Troubleman Unlimited 00
On
est plongé, sans round d'observation, immergé jusqu'au
cou dans ce premier album. Un plat de résistance qui se
prend pour un hors d'oeuvre et qui vous propose un aperçu
conséquent du menu à venir en huit minutes. Une
longue mise en bouche qui met en appétit. Une bonne louchée
de synthé, pour la touche rétro type The VSS, très
tendance dans les cuisines américaines actuellement et
une franche rasade d'énergie emo, comme sait si bien en
déverser Milemarker, sous un fin tapis noisy. Rajouter
une voix passée au shaker, garder une cadence gaillarde
et la crème prend avec bonheur. Avec des cerises sur le
gâteau, comme le tubuesque "twenty five diamonds"
et le franc du collier "saratosa". Laisser reposer de
temps en temps avec un très noisy-pop "cinematheque"
où la claviériste pousse la ritournelle sous un
épais brouillard et le très bel instrumental "Sound"
à faire sombrer plus d'un coeur tendre. Et quand yen a
plus, yen a encore : "song de la luna" ou quand la batterie
de cuisine prend sa revenge et s'acoquine avec un canard agonisant
au fond de sa marmite bouillonnante pour faire peur à la
ménagère. Un album parfaitement dosé, riche
en goût et qui flatte le palais. On connaît les ingrédients
de Camera Obscura, le contenu n'est pas nouveau mais ce groupe
américain tente d'innover avec de nouvelles combinaisons
et un assaisonnement original. Un plat très recommandé.
SKX (18/10/2000) |
THE
CANCER CONSPIRACY
"
s/t " - CDEP
SoGoodMusic 01
Las
des fracas de leur jeunesse à secouer leurs carcasses aux
sonorités metal et hardcore, ce trio recomposé d'anciens
Drowningman et Non Compos découvre les vertus d'une musique
moins assourdissante et s'adonne aux joies de la musique instrumentale.
Trois titres, seulement oserais-je avancer, dont un live, qui
ne donnent pas pour autant dans le cliché instrumental
math-rock. Ici, le coté mélodique et plus linéaire
est mis en avant. Une énergie centrifugeuse, une forte
cohésion et complémentarité dans la formule
choc guitare-basse-batterie (avec détour du batteur par
le sax sur "october days club"). Une dynamique galopante,
des feedbacks envoûtants, l'art de suggérer dans
les silences, de balancer des harmonies fines tout en maintenant
la pression. C'est un tout et c'est rien mais c'est drôlement
rafraîchissant et captivant de bout en bout. Une conspiration
qui mérite d'être dévoilée au grand
jour.
SKX (05/12/2001)
|
CANDIES
"
leaving our homes " - CD
ee:lettro 01
Une
sucrerie qui risque de gâter plus d'une dent. Candies, groupe
italien, sort, cinq ans après leurs débuts, son
premier album. Sous ses allures de gentil groupe à guitares
noisy, ce trio révèle une personnalité beaucoup
plus trouble et joue la carte de l'alternance. Un coup je te balance
une bonne branlée noise et brutale, avec ce qu'il faut
de mélodies, de guitares massives et de rythmes explosifs.
La fois d'après, c'est instrumentale (la plupart du temps)
que la partition s'écrit. La mélodie s'alourdit,
le timbre se pose. Candies explore d'autres facettes musicales,
soigne les arpèges. C'est à ce moment là
que les invités de marque débarquent avec des membres
de Calexico (John Convertino et Volker Zander). Etoffement de
la palette d'instruments avec trompette, violon et good vibes
au menu. A peine le temps de se reboutonner qu'on repart en campagne
dans le pays de la distorsion et de l'indie noise. Sans oublier
un autre invité de luxe, Kevin Bransletter (Trumans Water)
venu pousser la gueulante sur "to connect". Et parfois,
ils poussent le vice à tout mélanger dans le même
morceau. Candies a une playlist énorme. De Unwound à
June of 44, de Sonic Youth à Slint, ils connaissent leurs
classiques sur le bout des doigts. De tout ça, ils vous
font une mayonnaise remarquable de dosage. Le discours est connu
mais le ballotage est favorable.
SKX (21/06/2002) |
CARLISLE
"
functions of several variables " - 7"
Boxcar 00
Le
début est déroutant ! Imaginez un canard dont la
queue s'est coincée dans une porte et criant toute la douleur
du monde dans un duo touchant avec une voix somme toute normale
!! Une voix supra-aïgue et criarde que c'est pas permis,
qui fait sourire plus qu'autre chose et rappel Spirit Of Versailles
ou Saetia. Derrière, la musique suit ces deux précédentes
références, reste classique, dans une lignée
emo-core à peine énervée, production sans
grande envergure. Un petit 45trs 4 titres juvénile avec
les moyens du bord. Le canard a encore des plumes à perdre
s'il veut pas finir à la casserole !
SKX (02/06/2000)
|
CATHARSIS/NEWBORN
"
split 12 " - 12
Scorched Earth Policy 01
Une
partie de franche rigolade qui nous attend là! Catharsis,
depuis leur matraquant album "Passion" n'avait donné
signe de vie. Avec eux et leur style de vie très en marge,
on ne peut jurer de rien! Et là, ils reviennent avec de
la bombe sous le pied! Un seul titre mais dix minutes de ravage.
Ils nous font la totale, se lâchent, explosent, infiltrent
toutes les émotions possibles. De l'atmosphère Neurosis
avec le piano en intro sur fond de manifs à la cavalcade
effrénée purement asphyxiante, ce morceau, c'est
la tuerie. Une montagne avec des descentes vertigineuses et une
montée finale qui n'en finit pas par l'intensité
imposée. Catharsis repoussent ses limites. Ce "arsonist's
prayer" exauce toutes les prières, aussi sombres soient
elles. Avec Newborn, on atterrit en Hongrie. La famille musicale
est similaire mais Newborn s'y dirige sans détour. Quatre
titres d'un hardcore pure et rugueux, à l'imagination et
l'intensité moins débordante. Classique, bien foutu
mais prévisible et limite à certains moments. Et
tellement périlleux quand vous venez de vous en prendre
plein la tronche avec Catharsis et que leur mélopée
funeste et anarchique résonne en vous encore comme un bon
vieux souffle de révolte!!
SKX (27/11/2001) |
CHAMPAGNE
KISS
"
dancing in the pockets of thieves " - CD
Troubleman 01
Camera
Obscura étant arriver en bout de bande, deux d'entre eux
se reconvertissent dans le spiritueux, s'accompagnent d'un ex-Johnny
Angel et reprennent le bout de la lorgnette, là où
la Camera avait tout laissé tomber. Epuration au passage.
Par la porte le batteur, bonjour la boite aux rythmes. Le clavier
bien en phase avec son époque, une demoiselle fièrement
debout derrière. Deux solides gaillards pour la six et
la quatre cordes, sévèrement tatoués. Le
bouchon peut péter. Le champagne couler à flot.
Gloire à ce nouveau cru ou année creuse? La robe
à première vue reste la même. Toujours cette
arrière goût d'années 80, cet aspect délicieusement
noisy qui enveloppe les mélodies. Et des nerfs trempés
dans le hardcore pour l'accompagnement, ce curieux mélange
décalé entre une certaine froideur et une haute
énergie, ce mélange de cris et de voix féminines.
La cuvée est bonne, ça passe bien en bouche. Les
ingrédients sont connus et les vignerons connaissent leur
boulot. Mais une fois les premières gorgées descendues,
il reste comme un goût de déjà entendu. Des
bulles avariées qui remontent à la surface et qui
ne surprennent plus. Depuis the VSS, la cuvée a du mal
à décoller et manque de piquant. Champagne Kiss
en est toujours à se torcher la même bouteille. Ils
ont beau s'essayer à une approche plus expérimentale
et bidouilles sur certains morceaux, il va falloir nous attacher
pieds et poing liés pour nous faire avaler ça cul
sec sans sourciller. Champagne Kiss, appellation contrôlée
et dégustable tout de suite. En passe de se transformer
en clairette si surexposition et sans recherche de nouvelles terres
fertiles.
SKX (17/01/2002) |
CHEER-ACCIDENT
"
Gumballhead the cat " - CD & Comic
Skin Graft 03
Retour
aux sources pour Skin Graft. Le fameux label de Chicago nous ressort
comme au toutes premières heures (en gros, ça fait
15 ans) une bande dessinée, l'origine même de Skin
Graft (comic zine avant d'être (re)connu comme label) accompagnée
d'une bande-son sur CD, composée par Cheer-Accident. L'histoire
d'un sale chat de gouttière, Gumballhead, un vrai p'tit
dur des banlieues, fumeur de hascisch et bagarreur de première.
C'est tout en anglais mais pas la peine d'avoir été
fille au pair au fin fond du Kansas pour comprendre cette histoire
de truands. Les dessins de Rob Syers (un des deux fondateurs du
label avec Mark Fischer) tout en noir et blanc sont suffisamment
explicites. Quant à la musique (on est quand même
là pour ça), c'est loin d'être aussi évident.
En étant poli, je dirais que c'est de la musique improvisée
pas facile d'accès. Sauf que ça m'a pas l'air si
improvisé que ça. Si je suis de mauvais poil (et
faut pas me chercher), je dirais que c'est imbitable et chiant
comme un reportage de Chasse et Pêche (je regarde ce que
je veux). Et bizarrement (pour une bande-son), l'atmosphère
dégagée par cette musique ne colle pas vraiment
aux dessins. Des compostions limite joyeuses, voir exotiques,
légères alors que le comic est plutôt hémoglobine
et pain dans la tronche. Loufoque certes mais bien noir quand
même. Cheer-Accident (ou plutôt ce qui ressemble à
du Cheer-Accident) s'écoute un peu jouer, trifouille, cafouille,
arrive de temps à autre à créer une ambiance
un peu singulière et inquiétante, puis replonge
dans des travers incompréhensibles et vide de sens. Faut
p'tête fumer du hakik comme Gumballhead pour apprécier
ce rock débridé mais je garantie pas pour autant
le good trip. Et ça serait bien triste ! Pour l'objet.
SKX (29/12/2003) |
CHEER-ACCIDENT
"
salad days !! " - CD
Skin Graft 00
Pour
être franc, Cheer-Accident n'était à ce jour
qu'un vague nom entrevu dans quelques fanzines méritant.
Il a fallu que leur nouvel album sorte sur Skin Graft records,
un label qui compte depuis quelques années, pour que la
musique de Cheer-Accident vienne flatter mes oreilles. Au bout
de 12 ans et de leur 8ème album (ne pas répéter
trop fort). Pourtant, pas des inconnus débarqués
par accident. Principal instigateur, Thymme Jones, figure emblématique
de la scène de Chicago derrière des projets renommés
(Brise-Glace, Gastr Del Sol, Yona-Kit, Illusion of Safety) et
Dylan Posa (The Flying Luttenbachers, Tony Conrad). Et un(im)mortel,
Phil Bonnet, l'âme du groupe disparu un jour avant le début
de l'enregistrement de cet album qui a bien failli rester au fond
du tiroir. Mais la flamme persévère et à
défaut de vous narrer les précédents épisodes
et de vous faire des essais comparatifs avec le reste de leur
uvre, je vous convie à un bon bol d'une salade rafraîchissante.
Pour planter le décor et faciliter l'approche, on pourrait
dire que la musique de Cheer-Accident est un résumé
et une extension de tous leurs projets parallèles. Avec
cette continuelle envie d'expérimenter et d'aller de l'avant
en leitmotiv commun. Cinq morceaux qui cuttent au bout de 53 secondes
ou s'étirent au delà du quart d'heure. Un groupe
de non-pop, une façon bien à eux de poser des mélodies
décalées, de répéter les structures,
de pénétrer par la petite porte de l'étrange,
de diffuser des airs entêtants un rien malsain et sombre.
Pas d'overdose de bruits mais une instrumentation à coup
de casio, harmonica, trompettes, de bandes enregistrées
autour de guitares minimalistes et inventives et de rythmes à
trois pattes. Un songwritting subtil, tout en dissonances légères.
Une musique atypique, mixé par l'incontournable Albini
qui abandonne un instant ses gros sabots. Ca s'écoute sur
la longueur, par couches successives. Ca donne furieusement envie
de rattraper le temps perdu, temps qu'on perdra encore plus dans
la recherche de leur impossible et obscurs premiers albums....
SKX (23/01/2001) |
CHEVAL
DE FRISE
"
Fresques sur les parois secrètes du crâne "
- CD
Ruminance 03
La
suite des évènements a été longue.
Et comme toute attente, propice à tous les espoirs et craintes
les plus diverses. Surtout que le premier chapitre avait fait
l'effet d'une véritable petite bombe et que ce deuxième
volet de l'initiatique duo bordelais était attendu au tournant.
Trois ans de gestation, un changement de label, une écriture
étalée, Cheval de Frise s'est accordé le
temps de la réflexion. La terre remue, le souffle du changement.
Que ceux qui attendaient un bis repetita du premier album en sont
pour leur frais. On a beau retrouver les mêmes ingrédients,
guitare acoustique et batterie, la texture a changé. Dans
leur quête de recherche perpétuelle, Cheval de Frise
a singulièrement compliqué le mouvement. Finis les
morceaux nerveux qui vous ensorcellent à la première
écoute. L'évidence n'est plus de ce monde. Le contour
est ondulant. Si les sonorités de la guitare ne nous sont
pas étrangères, le dialogue s'épaissit, entre
courtes envolées mélodiques et tissage savant et
déroutant. Des fissures nouvelles se forment. La batterie
est un électron libre, son chemin parcouru si sinueux qu'il
est inutile de chercher à comprendre quelquechose. Et on
se demande au passage pourquoi la grosse caisse retentit autant
dans un décor si aérien
. Des morceaux devenus
narratifs, des silences plus marqués, une alchimie qui
donne le vertige pour un discours dans lequel il est bon de se
perdre une fois les repères pris peu à peu. Des
stridences qui viennent étoffer le quotidien et l'instrumentation
habituelle. Qui reviennent sur " phosphorescence de l'arbre
mort ", pimentées par un semblant de voix lointaine
et inquiétante. Cet album a quelquechose d'intemporelle.
Sans accroche, troublant et au sens caché. Un truc qui
s'enroule autour de votre conscience et prend possession de vos
défenses. La décomposition, la mort et toute la
vie qui va avant. La fluidité du geste, une tristesse latente,
une ancienne trace d'angoisse. Cheval de Frise évolue vers
des sphères nouvelles, le temps du mûrissement. Et
si ce dernier album n'a pas toute la fraîcheur et la spontanéité
du premier, il n'en demeure pas moins un objet rare qui fera son
trou par sa propre force mystérieuse.
SKX (04/02/2003) |
|
CHEVAL
DE FRISE/RROSELICOEUR
"
l'agonie dans le jardin / no twist at the end " - 7
Ruminance 01
Vinyl
jaune. Pochette transparente. Trois gros doigts tous sales pour
un split single qui va laisser une empreinte bien agréable.
Le duo, le groupe, le truc du moment, c'est Cheval de Frise.
Toujours guitare acoustique énervée et batterie
qui file des varices. T'en meurs dans ton jardin. Ce morceau,
c'est la classe, c'est comme leur album. Ne passez pas à
coté de Cheval de Frise! Avec Rroselicoeur, je découvre.
Un trio de Reims, lui aussi instrumental. Les éléments
rentrent en action peu à peu. La pièce musicale
se dessine lentement. Il est question de piano, de batterie,
de boucles, de mélancolie, de tensions qui grimpent,
d'électricité qui se lâche, de contenue
malgré tout. Godspeed You Black the Black Emperor! en
ligne de mire. Mais leurs armes, leur sensibilité bien
à eux pour un titre qui frappe juste et qui en appelle
d'autres... Excellent split où on cause qualité
musicale en toute simplicité.
SKX (15/05/2001)
|
CHEVAL
DE FRISE
"s/t
" - CD
Sonore 00
Une
incidence de musique. Une rencontre heureuse entre une guitare
acoustique et un batteur, aux environs de Bordeaux, une rencontre
qui n'a besoin de mots pour s'exprimer. Le langage de ces deux
instruments se suffit, se complète, s'emmêle, tisse
des liens tout à tour fluides ou à contresens. La
musique de Cheval de Frise au grand galop, de folles embardées
vers l'avant avec cette je-ne-sais-quoi touche de classicisme,
à l'image de leur pochette rétro et ces noms de
morceaux fin de siècle (''Langue hasté'', Incliné
et chenu'', ''Un pont et des eaux noires limoneuses''). Un mariage
de feu entre les gammes acoustiques de hautes volées d'une
guitare branchée sur le courant alternatif, entre les compliqués
Gastr Del Sol et les sautes d'humeurs d'un Don Caballero. La batterie
suit les mouvements, insuffle une énergie hardcore ou apprivoise
les silences, discrète et aérienne. Des pointes
de mélodies qui jaillissent, du rythme, c'est enlevé
et concis. Un exercice impressionnant sans démonstration
aucune. Juste une guitare et une batterie j'vous dis, une putain
d'énergie et un souffle épique qui emporte l'adhésion.
Un galop d'essai des plus réussi.
SKX (16/11/2000) |
CHEVREUIL/ROOM
204
"
s/t " - split 7"
Ottonecker / Effervescence 03
Nantes
fait front. Alors (à l'heure) où les duos se ramassent
à la pelle, les chevronnées Chevreuil passent à
trois. Formule intérimaire ou contrat à durée
indéterminée, l'adjonction de ce second guitariste
donne en tout cas de l'épaisseur et du naturel qui revient
au grand galop. Un "commando" (c'est le titre du morceau)
qui donne de l'ivresse et ouvre des portes à leur math-rock-noise
en mal d'horizon. Je vote pour le CDI. Room 204 reste à
deux mais fait autant de raffut. Un "purmoket" qui ne
la fume pas. Bien au contraire, Room 204 parti au Black Box studio
à Angers avec Peter Deimel aux manettes, revient avec force
et conviction. Musique en pleine effervescence qui se donne de
l'air et de la marge vers un style tout en alternance mais définitivement
plus rock, noise et tranchant. No spleen dans ce split parfait
d'osmose et tourner vers l'avenir.
SKX (31/12/2003)
|
CHEVREUIL
"
sport " - Lp
Ruminance 01
Flexion.
On nous promet du sport. Chevreuil. Duo original et rencontre
osée entre une guitare et une batterie. Tout ça
du coté de Nantes. A mi-chemin entre l'exercice individuel
et le sport co. Rotation. Equilibre précaire naviguant
entre deux bornes que tout le monde se plaît à reconnaître
comme étant Storm and Stress et Shellac. Storm and Stress
pour la guitare, sa libre expression, ses notes éparses,
ses boucles qui s'empilent, qui tournent en rond et finissent
par lasser parfois à trop se ressembler. Shellac, c'est
pour la batterie, vous l'aurez compris. La charpente, solide et
souple à la fois, le tonus, la vie, ce à quoi on
se raccroche. Qui pète à la tronche plus d'une fois.
Musique minimaliste pour sûr, expérimentale, où
la symbiose guitare-batterie reste à perfectionner. La
guitare notamment qui mériterait d'exploser un peu plus,
d'être moins discrète. Ca joue parfois chacun dans
son camp. Lâcher la bride. Le champ d'investigation reste
large, les ressources multiples. C'est prometteur mais on attend
que ça éclate de l'intérieur, de la vie,
de la sueur pour que, vraiment, il y ait du sport et qu'on en
perde vraiment notre souffle.
SKX (10/04/2001) |
CHEVREUIL
"
ghetto blaster " - CD
Ruminance / Ottonecker 01
Chevreuil,
jeune animal nantais dont le troupeau se résume à
deux unités (guitare électrique et batterie) sort
une nouvelle fois de sa réserve avec ce deuxième
album au titre flinguant "ghetto blaster". Les travaux
de la veille (leur précédent album est encore tout
frais) sont repris là où on les avait quittés.
Les deux bornes comparatives Storm and Stress et Shellac sont
toujours d'actualité. Mais Chevreuil sait peu à
peu s'en distancer et étoffer son travail. La batterie
se fait plus mouvante et moins frappante comme un coup de trique.
Le dialogue avec la guitare gagne en fluidité. Quant aux
constructions de la guitare, c'est par couches successives qu'elle
tisse sa toile. No overdubs comme ils prennent soin de le préciser.
Tour à tour mélodique ou répétitive,
par superpositions et pédales delay, elle capte ou perd
l'auditeur en route. Des compositions qui optent pour un chemin
périlleux, qui illuminent votre route mais qui peuvent
aussi se révéler casse-gueule et vous donner l'impression
d'être dans un labyrinthe sans fin. L'intérêt
ainsi fluctue en route. Entre passages réussis, débuts
de morceaux prometteurs et d'autres où on aimerait qu'ils
se passent quelquechose, que violence se fasse, que les promesses
aperçues ne se dilues pas en route. Une tension crée,
sous-jacente, crispante. Le chemin est là, on hésite
encore à s'y engager franchement mais l'attirance est pressante.
Le premier album est d'un seul coup très loin. Le chevreuil
est un animal à la mue lente mais sûre.
SKX (11/12/2001) |
CHEVREUIL
"
Chateauvallon " - CD
Ruminance / Ottonecker 03
Prolifiques
Chevreuil. Troisième album en pratiquement autant d'années.
Le duo guitare-batterie nantais a le vent en poupe. Tellement
fort qu'ils ont franchis l'Atlantique pour atterrir à Chicago
et se payer les services de Steve Albini himself. Bigre ! Et ça
s'entend dès le premier coup de baguette asséné.
Ce son inimitable de la batterie, qui enfle, net, ample et orgueilleux.
Ca va chauffer du bois sec ! Sauf que la recette ne se modifie
guère. De pédales delay en boucle en couches superposées,
la guitare tisse sa toile, coince des bouts de mélodies
entre ses cordes, se transformant en courts instants en riffs
qui tuent. La batterie dessine ses carrés, pose son jeu
sans perdre de sa force pour gagner en fluidité, toujours
plus, avec son compère le guitariste. La marque de fabrique
de Chevreuil est désormais bien connue. Avec toujours ce
coté froid et cette retenue dans le dernier geste. Le mystère
du château sans doute. La visite est courtoise et agréable.
Avec ses pièces remarquables et des chambres secondaires.
De là à en faire une demeure éternelle, il
y a un pas que je ne franchis toujours pas.
SKX (26/08/2003) |
CHISEL
DRILL HAMMER
"
s/t " - CD
Hefty records 99
L'instrumental
a encore de beaux jours devant lui. Enième groupes US dont
le chanteur est resté sur le carreau, CDH est plutôt
du genre élève calme de la promotion. Rien à
voir avec les fougueux Don Caballero, même si le degré
de technicité reste élevé. Ca déroule
peinard, les sauts d'humeurs rares, sans donner dans le mou. Jazzy
sur les bords. Mais juste sur les bords. On aimerait parfois plus
de nerfs, histoire de se dégourdir les jambes. De la retenue
et de la classe, voilà ce que nous propose ce jeune groupe.
Et c'est ma foi pas désagréable....
SKX (19/10/1999)
|
THE
CHROMATICS
"
Chrome rats vs. Basement ruts " - CD
GSL 03
Chromatics,
à coup de trique, un pied dans le punk des années
80 qui sommeille chez beaucoup de groupes américains actuels,
l'autre dans le fondement de John Spencer pour lui soutirer du
cocotier ses derniers leurres d'énergie brute. Chromatics,
c'est pas fait pour polir les angles, c'est sec et ça gratte.
Une basse dont l'écho résonne encore longtemps une
fois raccrochée. Dub vous avez dit ? Oui, mais dub à
chien alors ! Le patron de la casbah. Compos décharnées,
derniers soubresauts avant extinction des feux. La vibration d'un
enregistrement live, maigrelet mais affûté comme
un coyote affamé. Chromatics a le blues déchirant,
la maladie des villes, livides, blancs filasses à blousons
noirs, fracas des voix ou carrément dans le caniveau après
le dernier verre/joint au choix. Seize morceaux près de
l'os, la quintessence, sucer jusqu'à la moelle de leurs
aïeuls, juste pousser encore un peu plus loin. Merveilleuse
danse macabre qui pèle le jonc le temps d'une saison. Pas
de quoi crier au loup non plus.
SKX (10/11/2003) |
COLOSSAMITE
"
economy of motion " - Lp
Skin Graft 98
Eclatant
un style d'un premier album déjà fortement secoué,
ce quator de Minneapolis est un fil électrique furieux
qui fouette nos sens entre sprints cacophoniques tendus et un
désespoir sans rien d'artificiel. 3 guitares et quelques
bidouillages plus tard, la sensation qui ne nous a jamais quittée
- mais la pression externe est forte - de détenir un disque
noise décisif. La sensation que les pôv types qui
s'évertuent à suer sur leurs manches de guitares
savent encore en tirer inventivité et explosion brûlante.
Rien que ça vous redonne le sourire pour 10 ans, ça
dépasse tout débat. La guerre des machines n'aura
pas lieu. Si vous aviez un doute sur l'avenir de la noise, écoutez
Colossamite !!
SKX (01/05/1999)
|
COMBAT
WOUNDED VETERAN
"
Duck down for the torso " - CDEP
No Idea 02
Quelle
ne fut pas ma surprise en écoutant ces quatre titres! Je
suis loin d'être un spécialiste du Combat Wounded
Veteran. Leur discographie est pléthorique et parsemée
sur une multitude de labels obscurs. Mais allez savoir pourquoi,
je gardai de ce groupe américain une image/cliché
de " petit groupe punk/hardcore bourrin " sans grand
intérêt. Alors j'avoue mon ignorance ! Je ne sais
pas si évolution phénoménale il y a ou pas.
Mais ce dont je suis sûr, c'est que ces 4 titres sont monstrueux.
Un son percutant, ça joue dans la cour des grands. Leur
hardcore/noiserock est sombre, n'emprunte pas les chemins habituels.
Ca navigue pas loin de Pg 99, Playing Enemy ou Gob. De grosses
lignes de basse vous font valser. Le dernier morceau vire carrément
expérimental. Incisif, costaud sans être abrutissant,
ce CDEP est une révélation. Je fais mon mea-culpa
et vais de ce pas tenter d'écouter plus attentivement leur
passé tout en guettant avidement leur futur !
SKX (08/11/2002) |
CONEY
NOISE
"
ensuing and preceding " - 10
12 Pylons records 98
Neurasthénie.
C'est le 1er mot qui vous vient direct à l'esprit. Quelque
Chose comme de l'abattement ressort de ce 5 titres. Où
tout est sous-jacent, exprimé à demi-mot. D'eaux
troubles entre noise minimaliste et rock moderne allemand tel
qu'on l'entend du coté de Kollaps Musik. Un disque d'ambiance
avant tout. Plus proche de l'implosion que de l'explosion. Un
charme troublant et terriblement accrocheur pour un enregistrement
énigmatique, hors du lot.
SKX (20/04/1999)
|
CONVERGE
"
jane doe " - CD
Equal Vision 01
Quelquechose
d'insolemment sauvage. Les trois premiers titres viennent à
peine de s'écouler (comme la lave peut se répandre),
je suis déjà sur les genoux. Mon atmosphère
enflammée. Converge, déjà icône de
son vivant, déjà référence pour toute
une meute de suiveurs qui n'attend qu'un faux pas de leur maître
pour le piétiner sans pitié. Pas de sursis! Mais
dans ce tumulte copulent, Converge montre des ressources. Sur
cet album, c'est toute la panoplie convergienne qu'ils nous fourrent
sous le nez. Bien chaude et variée. L'équation idéale
entre les envolées timbrées à la Today is
the day, perverses et maladives, et un hardcore, l'essence du
hardcore, direct, sans fioritures, les doigts dans la prise mais
jamais simple. La surchauffe, la panique. Converge magnifié,
encore mieux, encore plus haut, plus fort, complet et haletant
du premier au dernier morceau. A l'efficacité redoutable.
Où on aurait pu craindre une surenchère de torture
mentale, la multiplications de rythmes et que je te fais un contre-rythme
et que je te berlificote des parties différentes à
n'en plus finir, mais Converge a su garder le cap. En ajoutant
une dose d'urgence et de folie. Je sombre au plus profond de cet
amas compact et jouissif. Du grand art que cet guérilla.
SKX (07/11/2001) |
CONVERGE/HELLCHILD
"
deeper the wound " - Lp
Bastardized 01
Pour
faire débourser le fan qui sommeille en vous, le label
allemand Bastardized a eu la bonne ou malheureuse idée
(tout dépend de quel coté de l'enclume on se situe)
de sortir ce split album avec les très coté en bourse
Converge. De chaque coté, un seul inédit (dont celui
de Converge qu'on retrouve sur leur nouvel album!). Une reprise.
Depeche Mode pour Converge. Bulldozer pour Hellchild. Et des morceaux
live. 3 pour les Amerloques. 2 pour les Japs. Faites vos comptes.
Les jeux sont faits. C'est bon, t'es déplumé! Surtout
que la face Hellchild n'usera guère mon saphir. Leur grind-hardcore,
malgré l'inédit pas inintéressant, tâche
pour pas cher et racle les fonds de casseroles. Avec Converge,
l'objet du délit, l'inédit, même s'il reste
excellent, ne le restera donc pas longtemps. Avec la reprise de
Depeche Mode, lente et surprenante musicalement par rapport à
la panoplie habituelle de Converge, on n'a pas de quoi se rouler
par terre non plus. Par contre, les trois live frappent juste
et fort. Le son est là. Une bonne suée en attendant
une prochaine visite. De ce split qui sent le réchauffé,
il reste le graphisme signé de l'excellentissime Derek
Hess, bien diabolique avec le disque tout en couleurs tacheté
rouge gouttes de sang. Et le type sur la pochette qui se fait
tiré dessus, ça serait pas un peu nous qui nous
serions fait entubés...? (www.derekhess.com)
SKX (17/10/2001)
|
THE
CONVOCATION OF...
"
s/t " - Lp
GSL 00
Convocation
pour un énième nouveau projet. Tonie Joy, boss de
Vermin Scum, avec une carte de visite grande comme ça :
Born Against, Universal Order of Armageddon, The Great Unravelling.
Que des groupes dignes d'intérêt. Et son nouveau
trio ne déroge pas à la règle. On retrouve
cette même capacité à créer des climats
au calme apparent, façon UOA, à la sourde tension,
aux montées vénéneuses. Sauf que exit les
relents de vomissures punk, le droit au but dans ta face. Un format
rock-noise. La part du lion à la guitare. Bavarde, omniprésente
qui s'intrique, soutien le projet et s'appuie sur une rythmique
solide. On ne verse jamais dans le rouge, plûtot tendance
à rajouter une couche d'arpèges supplémentaire,
à garder un aspect impénétrable et touffu,
sans éviter quelques longueurs et notes en trop. Une masse
compact et riche à l'intérieur. Ya pas à
s'en faire, c'est du costaud et du bon. Tonie Joy garde le fil
conducteur tout en proposant du neuf sous la dent. On en a connu
des qui vieillissent plus mal !
SKX (13/03/2001)
|
THE
CONVOCATION OF....
"
pyramid technology " - CD
Tiger Style 01
Le
fameux Tonie Joy (au petit jeu des ex-quelquechose, il est sur
le podium, jugez plutôt : ex Moss Icon, Born Against, Universal
Order of Armaggedon pour ne citer qu'eux!) revient avec sa bande
d'indécrottables rockeux. Leur précédent
et premier album était fort séduisant. Mise à
part quelques - rares - touches psychédéliques,
cet album était convaincant de bout en bout. Hélas,
c'est ce coté qu'ils ont décidé de mettre
en avant sur ce 2ème album! Ca commence en fanfare par
une bonne vieille pédale wah-wah qu'il n'abandonnera...
qu'à la fin du 9ème et dernier morceau! Et quand
il est pas de la pédale, Tonie Joy abuse de la guitare,
de soli toujours limite et de parties de guitares dans l'ensemble
pas très bien inspirées. La section rythmique derrière
pourtant assure, bien sauvage et brute, tire vers le haut. Les
morceaux sont pas foncièrement mauvais... On peut pas dire
ça... Certains comme "crimson king's deceit"
ou "eternal dreamtime" méritent même une
forte mention. Mais ya toujours un moment où le Tonie Joy
se prend pour Hendrix et là, c'est le gâchis. L'aide
d'une chanteuse sur "recognize" ne sauve rien. Bien
au contraire. De débuts noise-rock très prometteurs,
Convocation of... vire à un rock psyché qui se veut
primaire, à un Come au masculin et besogneux. C'est pas
avec ça que Tonie Joy continuera à laisser son empreinte
dans le monde du rock où il semble qu'il aimerait enfin
qu'on lui reconnaisse ses talents de guitariste. Ca sent le vieux
sous ses allures de djeuns!
SKX (20/11/2001) |
CORNUCOPIA
"
s/t " - CD
Autoproduction 00
Le
vide, rien de corrosif, même dans le sommeil. Ca s'annonce
pesant. Gros grains des guitares. Rythmes qui s'enfoncent. Voix
grêleuse. Le départ soulève l'intérêt.
Pas de quoi s'exciter le manche, mais on se dit pourquoi pas.
Et pis, peu à peu, ça dérape, ya un solo
qui arrive, les riffs se font de plus en plus gras, ça
s'enlise sévère. Ce qu'on prenait pour du rock-noise
bâtard dérape vers du grunge graisseux et si on repasse
parfois du bon coté de la barrière, celle qu'on
veut bien se fixer soi-même, la dose prescrite est dépassé
depuis longtemps et l'abandon du camp inévitable. L'Allemagne
nous a déjà donné beaucoup mieux et ce trio
tout sous la main pour nous offrir autre chose que cette mélasse.
SKX (26/09/2000)
|
COUNTDOWN
TO PUTSH
"
handbook for planetary progress " - CD
The Mountain Cooperative 99
(c/o Countdown to Push PO BOX 3146/Steinway Station/Long Island
City 1411103/USA / countdowntopush@yahoo.com)
Elément
nécessaire. De l'écriture à la source sonore,
Countdown to Push allie le verbe et la musique dans un livre-CD,
papier recyclé forcément. On ne sait si c'est la
partie écrite qui est le prolongement du propos musical
ou inversement, mais les deux se complètent à merveille.
Une cinquantaine de thèmes abordés par ordre alphabétique,
un peu de discipline merde et l'embarras du choix. La famille,
la cigarette, le capitalisme, le straight-edge (et ils sont 'dans
plutôt à fond), la sodomie (n'a aucun rapport avec
le thème précédent), le vélo ou Frank
Zappa. Opinions personnelles et engagées cher au mouvement
hard-core dont est issu ce groupe. Le droit de réponse
existe et ils vous engagent vivement à l'utiliser. Et la
musique dans tout ça ? Eclatée répondrais-je!
Et très ouverte, c'est pas pour me déplaire. Une
base hard-core/emo mais fine et fracturée par des fulgurances
free-jazz, des saxos qui partent en liberté, un didgeridoo
au souffle apaisant, une guitare sans dissonance, un chanteur
qui n'est pas venu pour rien, énervé ou en mode
narratif dans une même seconde prolongée. Original
et rafraîchissant dans l'approche, 11 titres à contre-courant.
Et en guise de fin, une longue interview d'un certain Jafar S.
Hamzah, un Indonésien militant pour qu'on cesse, en gros,
de casser les couilles à son peuple qui a le droit au respect
comme tout le monde! Je sais pas si ce " livre va faire progresser
la planète " mais s'arrêter pour réfléchir
un instant en écoutant une musique adéquate ne peut
pas faire de mal!!
SKX (27/12/1999)
|
COUNTDOWN
TO PUTSH
"
ideas for the living and willing to act " - CD
Ebullition 01
Countdown
to Putsh, c'est la tête et les jambes. Le nerf de la guerre
et le chant de la dernière chance. La musique pas que pour
le plaisir de la musique. Après un premier CD livré
avec un livre glossaire sur leur quatre vérités,
ce trio de Long Island revient avec un 2ème album enfoui
au milieu d'un copieux fanzine. La résistance américaine
au grand jour. Paru avant les attentats du 11 septembre, Countdown
to Putsh ne manque pourtant pas d'épingler l'impérialisme
américain, la crétinerie de leur président,
la peine de mort, le libéralisme et autres sujets à
la mode. A travers des essais, commentaires politiques ou interviews,
le sérieux dévore ces pages mais ne s'épargnent
pas un peu d'humour sur fond de parodies et de photos détournées
bien senties. Avec, pour l'anecdote, quelques chroniques de disques,
mais uniquement des albums dont l'enregistrement n'a pas excédé
six jours! Countdown to Putsch est un groupe viscéralement
hardcore, aux opinions bien tranchées. A prendre ou à
laisser. Et la musique est indissociable de l'écrit. Mais
c'est loin d'être prévisible comme certains de leurs
commentaires. Countdown to Putsch fait preuve musicalement d'une
grande ouverture d'esprit. Si la base est h ardcore, école
Fugazi, un hardcore sec et nerveux, presque minimaliste mais très
virulent, ces 15 titres s'écartent régulièrement
d'un chemin que l'on croyait tout tracé. Faute à
des cuivres (trompette et saxo) dans lesquels soufflent avec passion
les trois membres du groupes. Faute à un esprit expérimental
et contradictoire qui aime casser les structures et les conventions.
Ca éclate dans tous les sens, entre véhémence
et parties fines, entrecoupé de discours, histoire d'en
rajouter une couche si vous avez oublié de lire le zine.
Un hardcore très hybride, plein de cris et de soupirs,
de stridences et de culot. Countdown to Putsch se démarque
singulièrement des productions actuelles et rafraîchit
l'air en attendant la prochaine révolution....
SKX (27/11/2001) |
CRAVING
"
The European Trick " - CD
blu Noise (Lp version by Blurr records) 00
N'y
allons pas par quatre chemins. Surtout quand ils mènent
tous à Chicago ! CRAVING, pas à son premier essai,
est Allemand et sur ce nouvel album, laboure les terres de Jesus
Lizard et Shellac. Un faisceau lumineux balayant des terres conquises
jadis par des troupes en bout de courses désormais et eux,
sur l'extrême rebord, persiste, joue les équilibristes
mais torche d'un revers de main les influences, toujours trop
encombrantes hein et au diable, c'est pas ça qui va les
empêcher de faire du bordel. Donc Craving s'en tire à
bon compte, trouve ses propres mélodies malgré des
sons de basses connus et des airs de batteries déjà
rythmés. A l'heure où Jesus Lizard a mordu la poussière
et où Shellac tourne en rond, on aurait bien tord de bouder
un plaisir simple et efficace !
SKX (17/07/2000)
|
CRAW
"
bodies for strontium 90 " - CD
Hydrahead 02
Le
retour de l'enfant prodige. L'impensable miracle auquel on ne
croyait plus. Le groupe culte par excellence, qui sème
dans l'ombre et ne récolte que des courants d'air. Car
si Craw va apparaître à un grand nombre de personnes
comme un nouveau groupe débarqué de nul part, les
plus vieux d'entre nous vous radoteront sur le ton de l'admiration
combien Craw est grand, comment Craw est monstrueux et draine
dans son sillage une secte restreinte mais fidèle et dévouée
à leur cause. Ainsi, il n'est pas surprenant de les retrouver
sur le label en vogue Hydrahead. Ces petits gars de Boston ont
sûrement leurs disques en chevet. Nombre de groupes qui
font les choux-gras de la scène hardcore (au sens large),
Botch en étant un des plus beaux fleurons, ont sûrement
écouté un jour ou l'autre ce groupe de Cleveland.
Et demandez à Oxes à l'occasion ou feu-Unwound ce
qu'ils pensent de cet obscur groupe!! Tout le monde les connaît
mais personne n'en parlait, de peur que ce joyau ne vienne leur
faire de l'ombre! Même l'apôtre de la noise n'y coupe
pas. Steve Albini, producteur de leurs trois premiers albums,
a pour eux les yeux de chimère.
Tout a commencé en 1993 avec un 1er album autotitré.
Puis l'année suivante avec "lost nation road"
et "map monitor surge" en 1997. Depuis, silence radio.
Il aura fallu un split 45 avec Sicbay fin 2001 sur Obtuse Mule
pour que l'espoir renaisse. Entre temps, un groupe en suspend.
Un guitariste sur les deux fait ses bagages. Un batteur, la machine
infernale Will Sharf, qui patiente au sein de Keelhaul. Anxieuse
attente au cours de laquelle on se demande à quelle sauce
Craw va nous dévorer. Et puis le fardeau tombe. Nous ne
rêvons plus. Craw est bien là, bien conscient, tout
autour de nous. Affûtés jusqu'à l'os. Craw
n'a jamais été avare de son temps. Les compostions
avaient l'habitude de dépasser les cinq minutes. Les albums
approchaient de l'heure. Cette fois-ci, Craw se concise, revient
au pas de charge. Cinq années de silence et le couteau
entre les dents. Ne plus perdre de temps. Craw, une usine complexe
où on retrouve pêle-mêle de façon unique
: le meilleur de la noise (Jesus Lizard, Dazzling Killmen, Rapeman),
l'énergie du hardcore, une architecture ambitieuse, progressiste,
de longues montées d'adrénaline, des murmures stressants.
Une part d'ombre. Un bloc mystérieux. Cette fois, Craw
raccourcit son propos. Mais l'affolante dynamique, dont le batteur
est la pièce maîtresse, continue de nous mettre à
genoux. Un sens du rythme tout en puissance et en finesse, véritable
tour de force. Une guitare disparaît, encore faut-il le
savoir! Une qui plaque le rythme. L'autre mouvante et perfide.
Et Joe Mctighe, chanteur qui mime la folie, fait le yoyo entre
les aiguës et la gravité d'un propos décousu.
Craw a élagué ses passages dangereusement calmes
pour ne garder que le nerf. Le son compact (par Bill Korecky)
n'a rien perdu de son ampleur. Au contraire. Bref, l'attente n'a
pas été vaine. Après deux albums sur Choke
Inc., un troisième sur leur propre label (Cambodia), mon
tout étant très mal distribué et en faillite,
espérons que ces leaders méconnus profitent de leur
venue sur Hydrahead pour enfin connaître le succès
et la reconnaissance qu'ils méritent. Espérons également
que ce groupe prennent enfin la route pour des tournées
plus nombreuses qu'à l'accoutumée. Un groupe très
occupé professionnellement, dont les apparitions sont rares,
y compris aux Etats-Unis. Ne vous demandez plus pourquoi personne
ou presque ne les connaît! Alors, en attendant une hypothétique
venue, foncez sur leur discographie et bouffez votre CRAW quotidien.
Amen!
SKX (19/09/2002) |
CRAW/SICBAY
"
space is the place / challenger " - split 7
Obtuse Mule 01
Pas
de précipitation sur le jugement dernier! Car si ce split
single vient juste de sortir et marquait le retour officiel de
Craw après trois ans de silence, ce morceau a été
enregistré à l'époque où Craw comptait
dans ses rangs deux guitaristes. Avant que l'un deux ne fasse
orphelin l'autre. Pour connaître le nouveau cru de Craw,
il faudra définitivement attendre l'album sur Hydrahead.
Qui, comme toutes les bonnes choses, sait se faire désirer!
Patience donc avec cet inédit qui n'est pas un fond de
tiroir. Un bon vieux Craw des familles. Fier et pétaradant.
Les princes du noise-core. Sicbay présente des symptômes
similaires. Un titre enregistré à l'aube de leur
vie. Là où tout était urgence et bruit. Un
grand morceau de Sicbay avant que l'album ne les montre sous un
visage plus mature mais tout aussi intéressant. Une belle
rencontre entre monstres sacrés.
SKX (05/09/2001)
|
CREAM
ABDUL BABAR
"
the catalyst to ruins " - CD
At A Loss 01
Prendre
au sérieux un groupe portant un tel patronyme, c'est pas
gagner d'avance. Mais un éléphant, ça trompe
énormément et la seule écoute de leur musique
suffit de vous convaincre qu'ils ne sont pas les rois de la gaudriole.
Ca saigne à blanc. Du volume, de l'emphase, le chanteur
a les crocs, ça peaufine les angles avec un synthé
pour enrichir la sauce. Et là, au fond du couloir, ne serait-ce
pas un brin de cuivre?! Cream Abdul Babar, à l'instar de
Breach, est inclassable. Ni hardcore, ni noise, pas tendance mais
pas hors-normes non plus. Des relents de Neurosis dans les moments
les plus calmes, des couches d'Hell No / Die 116, un réel
savoir-faire dans les accroches, le babar est un malin. Il se
glisse dans plusieurs peaux mais rend le tout compact et très
cohérent. Un groupe finalement bien de son temps. L'espace
n'est pas grand mais suffisant, connu mais où le déplacement
y est plaisant. Du solide sur lequel on peut foncer tranquillement,
le babar est là pour longtemps!
SKX (03/04/2002) |
CREEPS
ON CANDY
"
wonders of giardia " - Lp
Alternative Tentacles 99
Dès
les premières mesures, vous savez que vous avez mis les
pieds dans un terrain miné où vous allez éprouver
moultes jouissances à vous y péter la tronche. Que
vous êtes pris à la gorge et que la danse sera trépidante
et convulsive. Pour résumer, la facilité serait
de creuser un trou pour ce quatuor texan entre Steel Pole Bath
Tub et Jesus Lizard avec Jon Spencer comme feu follet rock et
sauvage. Un bon dieu de trou! Et surtout n'oubliez pas de bien
clouter les planches. Un grand trou rigolard, un putain de bordel
pour niqueurs fous, un trou béant, vertigineux, à
perdre la tête, prêt à déborder sur
les tombes voisines. C'est tellement vivant là-dedans!
Ces lignes de basses féroces, ces cris inassouvis, ça
respire, ça tumulte! Chaque titre s'enfile et par derrière
à une vitesse déboussolante. Pas un seul moment
d'ennui, de mauvais goût. Le label de Jello Biafra ne s'y
est pas trompé, le jackpot au bout des bras, l'effet de
surprise en plus, mettez-y le paquet!!
SKX (15/11/1999)
|
CRESTFALLEN
"
s/t " - CDEP
Robotic Empire 03
Les
hauts de hurlevent. Un bon coup de trombone (c'est une image)
dans les bronches, des coups de pieds au cul pas perdus pour tout
le monde. Crestfallen, hardcore mon amour, hardcore toujours avec
un esprit bien punk derrière toute cette rage. Elevé
au grain, en pleine nature, Crestfallen n'use d'aucun gimmick
actuel à la mode, point de synthés à l'horizon,
que du vrai, du pur jus dans une production idéale si on
veut pas passer pour des couillons. Dommage qu'un ou deux passages
révèlent un amour du metal, ça gâche
le plaisir. Pour les addicts du numérique, deux reprises
cachées à la fin du CD. Minor Threat le " human
fly " des Cramps. Anecdotique mais révélateur
de leur univers musical. Simple, efficace, " punk rock "
comme ils disent !
SKX (23/12/2003) |
CULT
OF LUNA
"
the beyond " - CD
Earache 03
Un
mammouth vient de s'inviter à table. Une puissance occulte
d'un autre âge véhicule par tous les pores de ce
disque. Cult of Luna, c'est suédois. " The Beyond
" est leur second album. Earache, le retour, héberge
le monstre. Si les éléments du décor sont
répertoriés, Cult of Luna a su transcender le style
et offrir un agencement de premier ordre. Neurosis (époque
" enemy of the sun "), Breach (époque "
it's me god "), inutile d'aller chercher plus loin, sont
leurs deux mamelles nourricières, une seule écoute
suffit pour s'en convaincre. Et dans ces belles pièces
de boucherie, ils n'ont gardé que le meilleur des morceaux.
Vous avez le lyrisme sans la grandiloquence. Vous avez la noirceur
sans cesse illuminer. La puissance de feu sans l'enrayage des
machines. Ces moments de béatitude ou le pire est à
craindre. La lourdeur qui fait décoller. Et pour ce genre
de bête de guerre, une production qui leur sied au teint,
riche et dense, où chaque brin de note, même dans
le chaos le plus véhément, vous parvient dans toute
sa splendeur. Ca déboule de tous les cotés. Une
avalanche de sons ne laissant aucune saleté derrière
elle. L'impression continuelle d'étouffer et pourtant,
jamais vous n'avez eu autant d'espace pour respirer. Il faut être
forcément d'humeur pour s'enfiler ces 75 minutes remplie
jusqu'à la gueule mais la délivrance est au bout.
Une pure merveille. Le culte de la lune peut commencer.
SKX (18/03/2003)
|
THE
CUTTHROATS 9
"
anger management " - CDEP
Reptilian 01
Chris
Spencer continue de faire le ménage autour de lui. Exit
Dave Curran, déjà bassiste au temps de Unsane. C'est
Mark Laramie, second guitariste sur le premier album de Cutthroats
9, qui reprend la basse. Et du coup, la formule trio est de retour.
A moins que ce soient les membres qui partent d'eux-mêmes.
Fatigués de jouer toujours la même chose. Fatigués
de conjuguer à l'infini ses riffs sanglants, ces ambiances
oppressantes qu'un beau jour de 1989, un trio de New-York répondant
au doux nom de Unsane érigea en sainte bible. A ce rythme
là, Chris Spencer va devenir le Joey Ramone de la noise.
Et tous ces auditeurs, des vieux cons qui vieillissent mal! Mais
voilà, quand on est tombé dedans tout petit, difficile
de s'en remettre. Et de ce plat à l'allure indigeste, j'en
veux bien à toute heure! Ce nouveau 6 titres continue ainsi
de labourer les terres d'Unsane. Ni mieux. Ni moins bien. Juste
tout pareil. Avec ce bémol par rapport au 1er album de
Cutthroats 9, la musique perd un tantinet niveau son. Sans doute
la perte d'une guitare au passage. Pour le reste, je suis toujours
à genoux, indécrottable. La chaleur nocturne ruisselle
des façades. La sensation angoissante d'être toujours
suivi par la même bête. Sans oser, par orgueil, presser
l'allure et regarder son passé dans les yeux, tout en souhaitant
parvenir au plus vite au bout de la rue, où circule la
foule rassurante.
SKX (12/03/2002) |
CZAPSKI
"
s/t " - CD
Rock'n'roll Charity Hospital 03
Une
descente mystérieuse en provenance de Lille. Un bout de
carton avec pour seule info un patronyme sur lequel se casse la
langue et évoque le lointain. Le voyage risque de se faire
dans le brouillard. Treize instrumentaux, impressionnistes, fugaces,
qui passent déposer leur petite graine, tout plein d'instruments,
mélodica, cordes à pleurer, acoustique, distorsion
électrique. Tour à tour, c'est Sonic Youth, Bästard,
Yann Tiersen ou Pascal Comelade dans la façon ludique d'approcher
certaines compositions. Références clinquantes que
Czapski ne fait que titiller. Minimaliste avant tout et fait avec
les moyens du bord. Ca regorge d'idées mélodiques,
de petits trucs sur lesquels on se raccroche avec plaisir. Ca
part dans tous les sens et en même temps, cet album ne s'épargne
pas des longueurs. Manque une impulsion, une force centrale qui
ferait le lien entre tous ces bouts de morceaux. On reste en dedans,
ça ne décolle jamais vraiment. Une musique idéale
pour la bande son d'un film à coup sûr expérimental.
Un road-movie qui tourne au ralenti dans des couleurs floues et
bigarrées. Renseignement pris, un membre de Milgram sévit
dans ce projet musical. Un ange passe. Une musique dans le fond.
Pas sûr de très bien entendre. Czapski avance à
pas hésitant. Un brin de ménage et le fil rouge
apparaîtra.
SKX (08/10/2003) |
THE
CUTTHROATS 9
"
s/t " - CD
Man's Ruin 00
On
se demande pourquoi. Pourquoi Chris Spencer, guitariste-hurleur
d'UNSANE et Dave Curran, le second bassiste de ce mythique groupe,
ont décidé de changer de nom de groupe alors que
leur musique n'a pas bougé d'un iota, que c'en est confondant
de similitudes?! Vraiment je comprends pas pourquoi.... On ne
leur en aurait vraiment pas voulu! Mais bon voilà, va falloir
faire avec et on ne va surtout pas bouder notre plaisir. Mis à
part la pochette, changement de taille tout de même, qui
ne fait plus dans le gore mais qui est encore loin de donner dans
le romantisme, c'est du UNSANE tout craché. Et du grand
cru. Avec un deuxième guitariste pour donner encore plus
de consistance. Ca rappellerait presque le Unsane des débuts,
les couilles rabattues, le micro au fond de la gorge, les rythmes
qui pètent, sinon que l'approche générale
dans le son reste un peu plus rock que bruitiste. Bref, Chris
Spencer a toujours autant la haine. Et quand on connaît
l'histoire qui se cache derrière le morceau "you should
be dead", on le comprend.... Un Chris Spencer laissé
pour mort sur le pavé viennois en Autriche, il ya 2-3 ans
de ça, roué de coups par trois brutes épaisses,
sans raisons apparentes. Cassé, brisé, défoncé
de partout, ouvert de la tête au rectum pour tout remettre
en place, il s'en sortira miraculeusement après un paquet
de mois de convalescence. Et la seule chose que lui répéteront
les médecins : "vous devriez être mort".
Alors si ce Cutthroats 9 est le signe d'un nouveau départ,
une façon comme une autre d'oublier ce douloureux passé,
il se fait sous les meilleures auspices et on lui en souhaite
des biens longues et des biens bonnes encore.
SKX (10/04/2001) |
|
C.Aarmé
Self-titled CD
Burning Heart 2004
Sur la foi d'un seul titre, j'étais prêt à
leur donner le bon Dieu en confession ! Sur leur premier 45,
" tu puta mi casa " avait tout de la bombe. Un sprint
cours et incisif, à reprendre en coeur. Plus qu'à
voir si ils étaient taillés pour la route. Après
défilement au pas de charge de leurs 15 titres, ça
reste leur meilleur morceau. Et de loin. L'étendard mélodique
est en berne. A croire qu'ils avaient déjà tout
donné sur un seul morceau ! Un rien sévère
sans doute. Leur punk-garage au son tout distordu est diablement
efficace. Et c'est pas une surprise tombée des cieux
d'apprendre qu'ils viennent de signer sur Epitaph pour les USA.
Binairement droit devant, C.Aarmé ne s'embarrasse de
chicanes qui pourraient entraver leur folle course. C'est diablement
simple et c'est bien pour ça que, si vous n'avez pas
la bonne petite mélodie, le gimmick qui tue, ça
reste bon mais plat. Toujours la même chose. A retenir
quand même des morceaux comme " moron " ou "
the gag ". Mais emballé tout ça avec un poil
de provocation, un chanteur Johnny belle gueule, une pose étudiée
et une bio dont on ignore la véracité ("
on a fait mine d'être mort pour éviter le service
militaire en se cachant pendant un an dans les forêts
suédoises ") et vous avez tout de la recette qui
marche. Reste à savoir de quel bois ils sont véritablement
faits, chêne authentique ou contre-plaqué, et cet
amuse-gueule en attendant pour se faire les dents.
SKX (10/07/04)
website
groupe c.aarme.lofi.org
website
label www.burningheart.com
sounds
tu
puta mi cas.mp3 | gasmask.mp3
|
C.AARMÉ
Tu puta mi casa - 7"
Deleted Art 03
Un groupe qui défie toutes les tendances actuelles. On
peut venir de Scandinavie (Suède exactement) et ne pas
faire du JR Ewing, du Breach, du Refused, du hardcore bien made
in USA ou encore du metal qui tâche. Sans pour autant
donner dans le folklore du pays! C.Aarmé connaît
sûrement tous les standards du punk. Ils promettent de
faire voler les vitres en éclats lors de leurs concerts.
Ces quatre titres ont le calibre pour frapper les esprits dès
la première écoute, surtout " Tu puta mi
casa", morceau phare, économe et tube indé
assuré. Jessie Garon est à la voix et c'est le
genre jeune chien fou. C'est prêt de l'os, auquel il faut
rajouter un feeling rock à la John Spencer et on s'étonne
que le gros label hardcore Burning Heart les signe pour leur
premier album. Sauf si ils ont senti le vent venir et tout le
potentiel du groupe. Alors laissez tomber The (International)
Noise Conspiracy à la réputation surfaite et misez
votre kopek sur C.Aarmé, ils crèveront toujours
bien assez tôt.
SKX
(12/02/2004)
website groupe http://c.aarme.lofi.org
website
label http://www.deletedart.org
sounds http://www.deletedart.org/audio/c.aarme_-_tuputamicasa.mp3
|
|
Cerberus
Shoal / Alvarius B
The Vim and Vigour of - split CD
North East Indie 2003
Deuxième volet de l'aventure Cerberus Shoal et ses amis!
Alors que le premier split album voyait les protagonistes proposer
des morceaux chacun dans leur coin, la collaboration devient
ici beaucoup plus étroite. Six morceaux en tout mais
deux fois les mêmes. Chacun donnant sa propre version,
qu'ils soient à l'origine de la compo ou non. Mais si
on peut parler au pluriel pour Cerberus Shoal, il faut employer
le singulier pour ce qui semble être un mystérieux
projet solo d'un certain Alan Bishop (du groupe Sun City Girls)
et rebaptisé Alvarius B... Ce gaillard a la voix de Leonard
Cohen. Autant vous dire que ça rigole pas dans les chaumières.
Derrière c'est pas la fête non plus et sa musique
a de quoi plomber plus d'une soirée. Un minimum d'instruments
mais il trouve le moyen de partir en couille sur "Ding",
écrit à l'origine par Cerberus Shoal. Les deux
morceaux suivants sont ces propres compos. Tout seul avec sa
voix plaignante et sa guitare acoustique. Autant vous dire que
l'atmosphère se réchauffe pas et qu'on a pas très
envie de le suivre sur ce terrain là. Par contre, quand
Cerberus Shoal reprend "Blood Baby" d'Alvarius B,
c'est fête au village. On dirait De Kift quand ils balancent
entre mélancolie et envolée musicale avec trompette
et désillusion. Sur la reprise suivante, ils se servent
principalement de samples de conversations de bistrots et le
soufflet retombe. Enfin, ils délivrent leur propre version
de "Ding". Une longue pièce de 18 minutes.
Ouïlle! C'est une fille qui pousse la chansonnette, le
ton est toujours aussi triste mais ne donne pas pour autant
l'envie de se flinguer. Et elle n'arrête pas de chanter,
chanter, chanter et même si on l'aide, que l'ambiance
s'enrichit de bidouilles, je ne vous conseille pas d'aller jusqu'au
bout! Cerberus Shoal ne fait définitivement pas dans
la facilité.
SKX (03/04/2004)
website
groupe
www.cerberusshoal.com
website
label
www.northeastindie.com
|
Cerberus
Shoal / Herman Düne
The Whys and hows of - split CD
North East Indie 2002
Cerberus
Shoal a entamé en 2002 (il est temps de se réveiller!)
toute une série de split CD avec des groupes, toutes
nationalités confondues, qui ont partagés une
scène avec eux et leur ont tapés dans l'il.
Cerberus Shoal, c'est de l'Américain. Découvert
par un album sur le label marseillais Pandemonium, ils uvraient
dans un esprit musical proche de Tortoise, sorte de post-rock
touffu avec tout plein d'instruments (et pas convaincant du
tout!). Un groupe assez atypique, qui révèlera
bien d'autres facettes lors de ces enregistrements suivants
et plus à leur avantage. Avides de découvertes,
ce n'est pas surprenant de les retrouver embarquer dans ce projet
de collaboration tous azimuts. Les premiers à s'y coller
sont les Français de Herman Düne. Vive l'amitié
franco-américaine! Mais vu le style de Herman Dune, il
faut se pincer pour croire qu'ils viennent du pays des fromages
qui puent! Folk-rock, harmonica compris dans l'emballage, leurs
quatre titres sonnent plus roots que n'importe quel péquenot
du fond du trou de l'Arkansas! Mention spéciale tout
de même à l'envoûtant "that woman is
a murderess" où ils délaissent un temps les
santiags crottées et les chapeaux de cow-boys pour un
titre tout Velvetien. Cerberus Shoal garde aussi une approche
acoustique de l'affaire mais enrichit l'instrumentation. Chants
multiples tout à l'unisson, mélodie en boucles,
c'est le printemps qui s'invite! Vous coupez tout ça
avec des interludes entre chaque titre et vous avez une collaboration
qui se déguste à l'ombre dans un hamac.
SKX
(03/04/2004)
website
groupe
www.cerberusshoal.com
website
label
www.northeastindie.com
|
Cerberus
Shoal / Guapo
The Ins and Outs of - split CD
North East Indie 2003
Guapo
est le troisième groupe a partagé les affres de
la création avec les Américains de Cerberus Shoal.
Notre trio anglais commence le bal par un morceau de près
de 20 minutes. Et 20 minutes plus tard, on attend toujours que
quelque chose se passe. Une interminable plage ambiante, avec
quelques ondulations d'intensité mais il va bien falloir
que cet avion finisse pas décoller! Bon, tant pis, prenons
le vol suivant. Cerberus Shoal s'y colle également pour
un long, très long voyage. Ya bataille avec Guapo pour
le césar du meilleur morceau ambiant. Les armes sont
différentes mais à mon applaudimètre personnel,
tout le monde se fait recaler! On finit ce difficile CD par
Guaperus Shoalo, projet commun où les deux groupes copulent
et autant vous dire que l'accouchement est prise de tête.
En gros, vous prenez les qualité des deux premiers morceaux,
vous mélangez et pour la suite, je vous laisse deviner!
Des morceaux expérimentaux pour le seul plaisir d'expérimenter.
La facilité sans la créativité. Que ce
troisième chapitre est laborieux!
SKX
(03/04/2004)
website
groupe
www.cerberusshoal.com
website
label
www.northeastindie.com
|
The
Chinese Stars
A rare sensation - CD
Three One G 2004
Réunion au sommet d'anciens Arab on Radar et Six Finger
Satellite, ces stars chinoises ont troqué leur shuriken
à lames tranchantes pour les pistes enfiévrées
du samedi soir. Après s'être fait les dents avec
un maxi " Turbo Mattress " sur Skin Graft, ils optent
pour 31G et un premier album qui cède à la tendance
actuelle. Une basse bien ronde et mise en avant, une batterie
qui est faite pour vous remuer les fesses. L'axe du rythme,
jusqu'à être appuyé par des claquements
de main, The Chinese Stars opte pour l'option " dance ".
A l'instar de nombreux groupes depuis deux, trois ans, The Chinese
Stars, à partir d'une base rock et noise, se pervertit,
revêt le strass et les paillettes, un poil d'années
80 et c'est parti, ça chauffe à blanc, comme un
soupçon de !!! (Chick chick chick) dans les cendres de
Arab on Radar. Heureusement, la guitare est là pour nous
rappeler qu'on a bien à faire à un groupe de rock.
Jeu inventif et original qui à partir de trois fois rien
vous pond des accroches acérées. Dommage que son
travail soit mis en retrait. Le rythme, toujours le rythme.
Enfer et damnation. Quant à la voix de Eric Paul, elle
tend à se diversifier, trouver d'autres échappatoires
qu'à l'époque de Arab on Radar. L''harmonie avec
l'orchestre. " A rare sensation " est un album qui
fait bouger, se tortiller, difficile de rester insensible au
dictat de la pulsation rythmique qui sommeille en nous. Da là
à leur emboîter le pas jusqu'au bout de la nuit
The Chinese Stars subit la mode au contraire d'un Arab on Radar
qui apportait une vraie touche d'originalité. Il suffirait
d'exploiter les talents du guitariste, de le mettre en avant,
ne pas succomber au chant des sirènes, pour rééquilibrer
la balance rock/dance de ce groupe qui possède un réel
talent de compositeurs au-dessus de la moyenne et ne pas se
fondre dans le moule. Agréable certes mais risque de
dissipation des effets une fois la saison terminée. Et
les gueules de bois, personne ne les aime.
SKX
(07/11/2004)
website
groupe www.thechinesestars.com
website
label www.threeoneg.com
sounds
Passing_out_nails.mp3
|
|
Chromatics
Plaster Hounds - Cd
Gold Standard Laboratories 04
Chromatics, réduction d'effectif. Mué en trio
avec la racine Adam Miller (guitare/voix), un nouveau bassiste
Nat Sahlstrom et le pas né de la dernière pluie
Ron Avila qui a traîné ses baguettes au sein de
Antioch Arrow, Get Hustle, Holy Molar et Final Conflict. Réduction
tout court. Vers le décharnement. Minimalisme de la batterie
et pourtant omniprésente et principale. Tout comme la
basse aux atours toujours bien rond et dub, phagocytée
de l'intérieur. Chromatics se débarrasse de tout
le surplus, nous renvoie un pied dans le passé de New-York
avec ses fils damnés Suicide et encore plus loin Silver
Apples, duo mythique de la fin des années 60 dont Chromatics
reprend le morceau " Program " en fin d'album. Un
duo précurseur, tout ce que n'est pas Chromatics si on
se réfère à ces références
encombrantes (il y en a d'autres), qui laisse tomber The Fall
du premier album pour retomber dans un autre piège. Mais
tout ça n'a que peu d'importance ! Car le trio sait aussi
insuffler un souffle rock comme sur le trè
| |