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The Convocation/Chrissakes
Split LP
Trans Ruin 2010

Retour de Tonie Joy et son groupe The Convocation qui a perdu, depuis 2001, son Of et les trois petits points à suivre. Le groupe avait fait une brève apparition en 2007 avec un single sur Gravity mais on ne peut pas dire que l'actualité de ce groupe était chaud-bouillant. Et je ne m'en plaignais nullement. Son deuxième album Pyramid Technology s'était révélé un calvaire, après un premier album prometteur. Le doute était permis. Ce split LP avec Chrissakes le confirme en beauté. Si vous aimez mettre du psychédélisme dans votre (punk) rock, avec une bonne dose de soli de guitare et un chant d'hard-rocker qui s'ignore sous les saturations, les trois titres de The Convocation sont pour vous. Et merci de les garder. Dire que ce type a fait parti des groupes hardcore les plus emblématiques et influents des années 90 (Moss Icon, Born Against, Universal Order of Armageddon, The Great Unravelling) est une grosse désillusion. Seul le dernier titre, Dat, qui ne le fera pourtant pas (date, suivez un peu), est susceptible de vous tirer de votre torpeur, grâce essentiellement à une section rythmique solide, puissante et sans fioriture pendant que papy fait joujou avec sa six cordes. La retraite, c'est bien aussi.

De Chrissakes, je gardais le souvenir d'une demo circulant sur le net, promettant de nous enterrer avec une mixture noise-rock vous perdant dans un triangle Cherubs/Unsane/Jesus Lizard. C'était à vrai dire surtout ce jeune groupe d'Athens qui poussait au cul pour se procurer ce beau et lourd vinyle. Un premier enregistrement officiel dont le réflexe initial a été le rejet. Tonie Joy s'était invité au bal des jeunots et il leur avait pourri la fête avec son psychédélisme d'une autre époque. Mais non, Tonie n'est pas au générique, son aura a juste déteint ou alors, Chrissakes n'était tout simplement qu'un minuscule feu de paille. Alors à force d'obstination, les trois titres finissent pas montrer une autre facette, plus en phase avec le noise-rock chéri. Excepté Grandby qui reste définitivement trop riche en effluves stoner sur toute la deuxième partie d'un morceau revisitant Monster Magnet. Mais dès Charlie, le trio retrouve du nerf, de la hargne, se débarrasse du gras et coupe l'effort au bout de deux minutes juteuses avant de se perdre comme précédemment. Idem sur 20 Star General dont les saturations et le chant ouvertement noise-rock remettent Chrissakes sur le droit chemin. Mais flotte toujours dans l'air un arrière-goût de stoner lourdingue empêchant d'apprécier pleinement le morceau, comme sur les trente dernières secondes touchant péniblement la fin.
Espérons qu'ils se laisseront influencer de la même façon par le prochain groupe qui partagera leur couche, puisqu'un split EP est annoncé avec… Hawks !

SKX (29/06/2011)