bronsonarm
learningcurve


Bronson Arm
s/t – LP
Learning Curve records 2024

Bronson Arm publie son premier album. Ce qui nous ramène fort logiquement en 2021. Les cinq titres qui révélaient le duo de Kalamazoo au monde sous le format d’une cassette et d’une poignée de CDRs sous le titre de Tosser constituent l’ensemble de la face A. Aucune idée si les cinq titres inédits de la face B sont tirés de la même session d’enregistrement. Point de détails ou de dates ne figurent sur la pochette qui sent la survie en milieu hostile. Qu’importe, mon tout forme un album cohérent et fort attractif.
Les quelques mots parlant de Tosser trois ans plus tôt évoquaient un lignage avec une approche du noise-rock à la Vaz. Celui des premiers albums. L’avis n’a guère changé. Mais Bronson Arm écrit sa propre histoire. Blake Francis Bickel (guitare baryton, chant) et Garrett Michael Yates (batterie) ne cherchent pas à sonner comme une armée de douze mais bien comme un duo. Pas de surenchère de bruits, d’effets ou une densité sonore à couper au couteau. Ça joue net, précis, parfaitement en place. Sans démonstration de force mais avec des idées fortes. En tapant fort à bon escient sans être fort en gueule. Bronson Arm privilégie une écriture fine et enlevée, plus noisy et dissonant que foncièrement noise bien que ça n’empêche pas le duo de faire du raffut, d’étayer les mélodies avec les textures nombreuses et variées de la guitare baryton sortant de sa besace quantité de riffs habiles, incisifs et sacrément accrocheurs. Et comme le batteur n’est pas en reste et multiplie les combinaisons rythmiques de haute volée, le duo offre un dialogue des plus saignants et revigorants. L’art d’être simultanément vif et puissant, mélodique et subtilement complexe, de ne jamais en rajouter à l’instar du chant évoluant en retrait, intense juste ce qu’il faut.
Et quand vient sonner l’heure du dernier titre The Devil You Know, le duo s’offre quelques ornements avec l’ajout d’un cuivre et bruitages divers par Disco Behemouth (autre duo originaire de Kalamazoo dans un registre très différent) et le spoken word de Aaron Marko. Tout comme un second guitariste, Ike Turner, avait opéré sur le précédent morceau pour illuminer la fin de Rabbit Starvation. Un solide et emballant premier album pour Bronson Arm.

SKX (15/05/2024)