|

nitkowski
function
|
Nitkowski
Stay in the home you love - LP+CD
Function 2011
Pochette prémonitoire avant
que tous ces gros bateaux ne se couchent sur les cotes bretonnes ou italiennes.
Pas de risque avec le fier trio Nitkowski, solidement arrimé à
quai et qui ne prêtera son flanc qu'à des flots déchaînés
d'une musique alerte et tordue, tout en participant à la déferlante
anglaise sur les cotes noise-rock.
Les deux guitares tirent des bords à contre-courants puis se mettent
dans les sens de la glisse, laissant échapper de très courtes
mélodies dissonantes, plongent, surnagent dans des remous tout
en finesse, se font heurter de plein fouet par un rythme retors, bataillent
à armes égales avant d'éclater dans tous les sens.
Bref, Stay in the home you love possède son lot d'architecture
alambiquée et a tout du syndrome math-rock.
Le deuxième album de Nitkowski ne se range pourtant pas si facilement
dans sa gentille petite case. Nitkowski n'a pas pris l'option tout instrumental.
Un chant vient régulièrement ponctuer les débats
et il n'a rien d'une sirène. Une beuglante à bout de poumons,
placer en retrait, pour donner du corps et surtout du cur, à
l'instar du duo américain 1994!
qui ne se contente pas d'aligner les riffs et les rythmes cossus comme
des bâtons sur un vil tableau noir. Nitkowski laisserait planer
comme un doute. Une fragilité dont les arpèges des deux
guitares maigrelettes et claires ne sont pas étrangères.
Volonté délibérée ou manque de moyen et production
défaillante, toujours est-il que les compositions ont cette vulnérabilité,
des failles dans la carcasse, des moments d'élégance qui
font basculer cette musique vers autre chose qu'une succession stérile
de plans machiavéliques. No tapping comme ils disent (et
encore plus no slapping vu que point de basse à l'horizon),
une trompette même sur Strike the last flare, des airs de
US Maple parfois, de la souplesse à l'intérieur d'une enveloppe
précise et du bonheur en destination finale où on aime prolonger
son séjour. Stay in the home you love, c'était là
encore prémonitoire.
SKX (16/01/2012)
|
|