Revok
Bad Books And Empty Pasts - CD
Rejuvenation 2007

Après avoir essuyés les plâtres sur des maxis en forme de cdrs, les membres de Revok (Paris et sa banlieue), qui n'en sont pas à leurs premiers émois de groupe, basculent définitivement de l'autre coté. Le coté de la force noire. Excepté l'imagerie et les textes encore trop empêtrés dans les clichés d'un hardcore-emo adolescent, la musique de Revok verse dans le noise-rock rampant, sombre et à la sourde intensité. Revok n'attaque jamais de front. Tout leur talent réside dans l'évocation. L'art de créer des climats à la tension sous-jacente sans sortir la grosse artillerie. Agir sur les fluctuations d'ambiances tout en dissimulant les fils. Un dialogue de guitares à la Condense. Les arpèges inquiétants de Varoujan remis au goût du jour. Une voix atypique, qui semble tapie dans le fond de la gorge, ne surtout pas sortir, ça pourrait être le carnage. A l'image de la musique, ne semble jamais vouloir éclater complètement, tour à tour parlée ou sur les bords de la colère. A milles lieues des éructations habituelles et des cris prépubères de pourceaux qu'on égorge. Revok trace des compos à se foutre la tête sous l'eau, sans beaucoup d'espoir de revoir la lumière du jour mais avec suffisamment de riffs entêtants, de lignes de guitares pleines d'idées, d'un passage basse-batterie excellent sur Ambulatory Self pour désirer y plonger régulièrement les phalanges. Et le bras qui va avec. Un premier album dense, qui fait autant dans le mélancolique sans esbroufe que le viril qui se contrôle. Un début très prometteur.

SKX (11/09/2007)