waxeater
phratry


Waxeater
Extra Medium – LP
Phratry records 2020

Waxeater revient dans le jeu après sept années de silence et Baltimore Record, un album en hommage à la série américaine culte The Wire dont chaque titre était un clin d’œil aux personnages ou faits marquants (depuis j’ai compris, il suffisait de regarder les cinq saisons de The Wire).
Un trio localisé désormais à Louisville (Kentucky), qui n’a pas changé de personnel, qui n’a pas spécialement non plus bougé ses pions sur son échiquier musical et qui n’a jamais habité à Baltimore. Du noise-rock à forte tendance rock’n’roll avançant les mains sales et le cœur plus gros que lui, déterrant d’une terre argileuse des riffs labourant la générosité que tu portes en toi (non ?). La mélodie sur Recent Regrets rend instantanément amoureux à condition d’aimer les poils, n’est pas vraiment représentatif d’Extra Medium mais relativement significatif quant au pouvoir de séduction viril de Waxeater et leur façon de concevoir leur rock, c’est à dire avec une bonne dose de sentiments, aussi dissimulés fussent-ils.
Waxeater n’a pourtant rien d’un grand timide. Si vous aimez des groupes comme The Stnnng, Hawks ou Buildings, ce troisième album devrait grandement vous parler. Et encore, ce sont des comparaisons largement incomplètes ne rendant pas justice à Waxeater. Mais vous savez désormais d’où vient le vent. Waxeater n’est pas aussi fin que The Stnnng, pas aussi boueux que Hawks, pas aussi angulaire que Buildings. Une pincée de tout ça mais aussi plus chaud, plus spontané, plus punk, plus cru avec du bon gras quand nécessaire et une sacré ration de vivacité pour emballer tout ça avec aisance et ce gros grain de voix hargneux qui vous titille toujours les tripes en vernis final. Une bonne besace de brûlots pour cramer les neurones comme We Get It, We Aren’t 138, Give/Earn et jamais de temps à perdre. Pas besoin généralement de plus de deux minutes pour mettre une taloche en aller-retour (I Love Your Body, Larry, les 43 secondes de Extra Medium et ce mini riff+groove qui fait à chaque fois penser à Fugazi ou Fatalist, une reprise d’un obscur groupe nommé Girlfight), faire une démonstration de sa saine colère (Fucking Burn Fucking Every Fucking Couch) avec un album qui a augmenté le niveau de dureté ou apporter une touche de féminité avec l’invitée Lindsey Charles au chant sur Visual Pleasure. Superbe retour de Waxeater qui mériterait vraiment que l’on s’intéresse à leur cas.

SKX (08/07/2020)