whitelung
deranged
White Lung
It's Evil - LP
Deranged records 2010

Découvert récemment par le split single avec Nü Sensae, White Lung sévit également dans la très active scène punk de Vancouver. Une scène qui tourne pas mal autour du label Nominal records et du lieu de concert l'Emergency Room (désormais studio d'enregistrement également), qui a donné vie à une compilation du même nom, Emergency Room vol.1. White Lung y figurait en bonne position aux cotés de Nü Sensae, les géniaux et défunts Mutators, Vapid, etc... Des groupes qui partagent tous la même spécificité : des groupes à chanteuses, voir une majorité de femmes dans les rangs et White Lung n'échappe pas à la règle. La punkette de Vancouver n'est pas du genre à rester dans l'ombre. Trois filles et un type à la guitare (Kenneth) qui brise l'hégémonie du tout féminin puisque arrivé récemment pour remplacer la guitariste Natasha Reich. Mais contrairement aux groupes précités, la musique de White Lung ne se pose pas sur un registre aussi agressif. Mish Way ne hurle pas à s'en démettre les cordes vocales, l'hystérie et le malaise ne frôle pas chaque minute de ce disque. Ca n'en reste pas moins une musique primaire, immédiate, entre les Wipers et Hot Snakes avec des passerelles vers le mouvement Riot Grrrl, comparaison inévitable quand vous avez un maximum de filles dans un groupe qui se la joue énervées, veuillez m'excuser, c'est trop facile. Surtout que je ne pige rien aux paroles et je ne cherche d'ailleurs pas à les comprendre. C'est déplorable. Si ça se trouve, leurs paroles sont aussi féministes que je suis papiste.
Ca rappelle aussi l'allant d'un Tourettes Lautrec, punk trépidant, pas avare de mélodies de la part d'un guitariste enthousiaste, échardé par une chanteuse qui n'est pas non plus de tout repos et une section rythmique alerte, soutenant tout ça avec simplicité mais énergie. White Lung aligne quasi onze tubes dont on peut ressortir Viva La Rat, Elf/546 Kids, Atlanta (déjà sorti en version single avec deux inédits), Sleep Creep, le fusant Two Seen et merde, j'arrête là sinon je suis parti pour tous les citer. Autant d'hymnes acides et fédérateurs, c'est pas permis. It's evil et White Lung nous fait une bonne piqûre de rappel. Le punk n'a pas besoin de surenchères techniques ou de faire plus dingue que le voisin pour se faire remarquer et être éclatant.

SKX (22/09/2011)