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Mclusky
The World Is Still Here And So Are We – LP
Ipecac records 2025

The World Is Still Here And So Are We. Et nous aussi, à écouter comme des cons du Mclusky vingt et un an après leur séparation. Encore des vieux qui refusent de mourir et qui font les jeunes, comme si de rien n’était. Encore des vieux qui se reforment et on arrive même plus à être étonné. C’est d’un banal.
The World Is Still Here And So Are We est le quatrième album du trio gallois et la forte impression qui est plus qu’une forte impression que leur précédent album The Difference Between Me And You Is That I’m Not On Fire est sorti hier et que Mclusky ne s’est jamais arrêté. Ce qui est en partie vrai. Andrew Falkous a continué à maintenir ses sens en éveil et sa création en ébullition avec Future Of The Left en compagnie de son fidèle batteur Jack Egglestone et qu’il a crée son propre projet (plus ou moins) solo Christian Fitness avec sept albums au compteur fortement recommandés pour toutes les personnes pas rassasiées par Mclusky.
C’est donc toujours en pleine forme et pas du tout rouillé que Mclusky débarque avec treize nouveaux morceaux qui n’ont pas à rougir du passé. Il lui botte même le cul à cette saloperie. Avec sa gouaille légendaire, ses sarcasmes de bouffon qui s’assume et son humour noir décapant, Falkous n’est pas là pour capitaliser sur un groupe qui lui a surtout apporté un problème de surdité mais pour tout défoncer en se marrant le plus possible. Cinquante ans, peut-être pas toutes ses dents mais toujours assis sur un volcan et il va t’en donner pour ton argent.
Avec un nouveau bassiste (Damien Sayell) et toujours Egglestone sur le tabouret, Falkous dégoupille ses bombinettes noise avec un entrain jamais pris à défaut. Même quand Mclusky tempère ses ardeurs, ce qui est très relatif parce que la tension reste toujours palpable (The Competent Horse Thief, Not All Steeplejacks et le final Hate The Polis). Le feu n’est pas prêt de s’éteindre chez ce groupe. Succession d’hymnes francs du collier qui laissent rugir la face punk furibarde de Mclusky, de mélodies acides et décalées, d’une rythmique brutale qui n’hésite pas à bombarder avec une bonne grosse basse bien lourde et noise à l’étonnante agilité pour un groove de parpaing volant dans les airs avec facilité et un sens de l’accroche que Falkous possède au bout de sa guitare comme si c’était inné.
Concis, féroce, grinçant, cocasse avec le chant de Falco pour les intimes qui semble plusieurs dans sa tête en multipliant les intonations expressives synonyme de grande performance et qui sont pour beaucoup dans la perception récréative que l’on peut avoir de Mclusky (comme un contrepoint des morceaux fracassants qui ne sont pas là pour rigoler), The World Is Still Here And So Are We signe un retour réussi et jouissif d’un groupe qui n’a pas perdu la recette et ne fait pas son âge. Le monde est toujours là et Mclusky le rend un peu plus supportable.

SKX (06/07/2025)