Mutators
Kill Me
Codify 2006/2009

Mutators n'est plus. Le trio canadien a splitté il y a presque un an déjà. Mais Mutators sort tout de même un nouvel album. Et c'est leur premier. Je veux dire par là que ce n'est pas leur premier album puisque qu'ils en ont déjà sorti un autre, l'excellentissime Secret Life. Nan, leur vraiment tout premier album qui date de 2006 et qui n'est sorti que l'année dernière, quand tout était fini. Pour d'obscurs raisons, c'est-à-dire que j'en sais fichtrement rien, Codify records (qui a l'air aussi nerveux qu'un poulpe allemand) n'a semble-t-il jamais levé le petit doigt pour sortir ce disque physiquement. Même maintenant, il n'existe qu'en version mp3. Jusqu'à preuve du contraire.
Formé en 2005 à Vancouver, c'est avec une autre chanteuse, Liane Morrissette, que Mutators a débuté dans la vie avant qu'elle ne quitte le groupe en octobre 2006 et ne soit remplacé par la ravageuse Lief Hall. Mais Liane n'avait rien à envier à Lief. Moins chat sauvage certes mais un chant tout aussi fort et convaincant, dans le registre audible donc moins dangereux pour la santé, la votre et la sienne surtout. Avec Brody Mckinght à la guitare et Justin Gradin à la batterie, cette première mouture de Mutators était déjà complètement, totalement, affreusement bandante. Dingue que tant de gens soient passé à coté de ce groupe (même si il n'est jamais trop tard).
A l'instar des actuels Nü Sensae eux aussi de Vancouver, les post-punk-songs de Mutators étaient toutes construites sur un schéma similaire, quelquechose de simple mais radieux. Le sens du riff qui tient sur deux notes, trois accords les jours d'ambition démesurée, mais juteusement accrocheurs et revigorants. Idem pour la batterie qui était même capable de vous faire danser comme sur Stevie Wonder can see. Leur petite touche personnelle, c'était la trompette venant irrégulièrement bercer ces ritournelles acides, donnant un faux air de Dog Faced Hermans. Kill Me, c'est treize tubes qui défilent à fond la caisse avec en tête de gondole I Want a mind, All I know, Ex Is Un, Nerves et Cold & Flu, rien à jeter en fait et tout un retard à rattraper. Mutators a sans doute durci le propos par la suite mais cet album à l'histoire compliquée mérite d'être mis sous la lumière du grand jour. Alors c'est l'été, que tout le monde en profite.

SKX (09/07/2010)