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Shoppers
Silver Year - LP
Feeble Minds / Drugged Conscience 2011
Le rock est formidable. Il recycle
allègrement, il fait du neuf avec du vieux, il nous joue toujours
le même putain d'air entendu des millions de fois et pourtant, on
fonce tête baissée, c'est reparti comme en 40. Shoppers,
trio de Syracuse, dans l'état de New-York, nous sort l'équation
toute simple bruit + mélodie. Le genre de formule qui peut rapidement
vous arracher un gros soupir de fatigue mais il faut croire que Shoppers
possède le feu sacré.
Huit morceaux qui ne font pas que défoncer des portes ouvertes
pour votre plus grand bonheur mais qui vous les claquent aussi à
la tronche, après s'être assuré que vos doigts soient
bien restés dans l'ornière. Cette équation à
la con, ils l'explosent dans les grandes largeurs avec une conviction
largement au-dessus de la moyenne.
Shoppers marie le courant ultra bruyant de la noisy-pop anglaise, façon
The Telescopes et The Charlottes (ah, qui se souviens des fabuleuses Charlottes
?!) mais comme on est de l'autre coté de l'Atlantique et non à
se balader près de la Mersey, Shoppers l'attaque à la fraiseuse
avec une approche punk à la Spore ou Oiler. Le résultat,
des instruments dans le rouge foncé, plus noise que noisy, épais,
saturé, charnel, derrière lequel surnage le chant de la
guitariste Meredith Graves qui n'a pas besoin de plus pour faire entendre
toute sa rage et ses invectives. Joshua Smith, seul mec du trio, envoie
d'énormes roulements sauvages sur une batterie salement rudoyée,
la basse bourdonne et ces trois là ensemble, c'est 100% de mélodies
intenses balancées comme si ils allaient crever à la fin
du disque comme sur les brûlants III et VII (tous
les titres sont numérotés en chiffres romains, bien que
quatre morceaux sur huit proviennent de deux cassettes où ces titres
avaient pourtant un nom).
Silver Year possède l'énergie des premiers albums,
sans calcul, à l'instinct, avec l'ignorance de ceux qui débutent
et les défauts inhérents (des morceaux un peu trop identiques)
mais on s'en tape. Shoppers nous a infligé notre dose de bruit
quotidien, il est là, dans l'urgence à saisir, dans toute
sa splendeur et sa candeur et réchauffe la couenne d'une formule
indémodable.
SKX (26/01/2012)
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