The Art of Losing
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Twin Stumps
s/t - LP
Dais records 2009
Seedbed - LP
Fan Death records 2010
[publié le 22 mars 2026]



Dans un souci de préserver votre santé mentale et pour la sauvegarde de vos tympans, Twin Stumps est soumis à votre sagacité. Ne remerciez pas Perte & Fracas. Nan, vraiment pas. Une belle bande de dégénérés new-yorkais qui ont sorti coup sur coup en 2009 et 2010 deux albums dont l’évocation de leur existence provoque encore peur et panique dans les ruelles de Brooklyn. La première agression comporte six titres mais trente minutes de sévices vous attendent. Ben Greenberg est aux manettes de l’enregistrement. Il s’est donné à fond pour saloper les bandes. Dans le registre nihiliste de l’extrême, noise-rock de goret, no-wave pour les braves et branlitude assumée, Twin Stumps était les rois. Ça couine à tous les étages et c’est pas Freddie Mercury au chant. Ça tape comme des sourds. Les larsens vous feront regretter la fraiseuse du dentiste. Vous n’êtes pas obligés d’appeler ça de la musique. Mais mettez moi Scar entre les oreilles et je ne réponds plus de rien. Que c’est bon de se foutre de tout.

info : 33 rpm, 1 insert. Twin Stumps are: Allen: guitar. Alessandro: vocals. Zach: drums. Mike: bass. Recorded, mixed and mastered by Ben Greenberg at The Bulletproof Chinese. Front cover image: "The Enraged And Vengeful Gypsy" by F.X. Messerschmidt. All other photographs by Abby Perez.







Un an plus tard, le crane dégarni du guitariste Allen Mozek n’annonce pas d’amélioration sur le front du savoir vivre ensemble. Twin Stumps passe à onze titres. La fessée dure encore plus longtemps et j’aime ça. Seedbed gagne même quelques points en matière d’impact, de force de pénétration et d’amour de la chair. Ben Greenberg y va toujours avec la truelle, au point de se demander sur Missing Persons si le vinyle n’est pas en train de cramer ou qu’une énorme poussière vient de se glisser sous la pointe de lecture de votre platine (ne vous inquiétez pas, vous aurez une sensation identique en numérique). Et juste après, Pigs At The Trough offre trois minutes trente de quasi silence ressemblant à un gros battement de cœur dans le lointain. De cœur, Twin Stumps n’en a pourtant pas. C’est avec les pieds et un regard de dingue que le quatuor assénait son odieux bruit sanguinaire. Une brutalité sans nom. Aucun respect pour les structures à part la technique dite du marteau sur l’enclume, c’est à dire taper jusqu’à ce que ça rentre même s’il n’y a pas la place. A ce titre, Business Class voyage en première. Une autre technique dite de Dune est celle du vers géant qui grouille, rampe et bouffe patiemment les entrailles à la moindre vibration émise. Avec Twin Stumps, c’est festin tous les jours. Les cinq minutes et quelques de Pope’s Nose en sont une parfaite illustration et un délice, tout comme Body Plan qui suit et verse dans l’expérimentation la plus radicale. Ou dans le gros n’importe quoi, c’est comme vous voulez. Vous n’êtes toujours pas obligés d’appeler ça de la musique mais qu’est-ce que c’est bon bordel (mais pas tous les jours) ! Et si vous voulez plus de détails et de sérieux, allez consulter la chronique de l’époque. Et si vous trouvez Twin Stumps fabuleux, allez consulter tout court.

info : 33 rpm, 1 insert. Zach: Drums, Alessandro: Vocals, Allen: Guitar, Mike: Bass. Recorded and mixed by Ben Greenberg at Python Patrol.