sealer
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Sealer
s/t – 12’’
The Ghost Is Clear records 2026

Sealer débute dans la vie avec un disque qui ne traîne pas mais son effet sera bien plus durable. Six titres, même pas vingt minutes au compteur mais suffisant pour marquer vigoureusement les esprits. Avec quatre membres possédant un lourd passif dans de nombreux groupes (on retiendra surtout Dustin Bingaman, ex-White Walls et Erik Ziedses Des Plantes, ex-Hissing Tiles), Sealer, depuis Cincinnati, frappe avec concision et puissamment tout en se permettant de louvoyer. De briser l’infernal rouleau-compresseur noise-rock/post-hardcore par un changement de rythme, une bifurcation soudaine ou un ajout de saxophone avec l’invité Jon Lorenz. Seeing/Peeling commence ainsi de manière très frontale et agressive puis devient instable, ralentit avec ce saxo ressemblant à un vieux klaxon enroué qui couine jusqu’à la fin retrouvant de l’ardeur. C’est le cas également de Headlong, de loin la compo la plus longue au bout de ses cinq minutes et quelques. Un genre de ballade mid-tempo pour fendre la cuirasse des plus endurcis mais qui est sans cesse borderline, cherche la beauté et la lumière mais reste encrassé dans la fange et la rage suintante. Le saxo fait sa seconde et dernière apparition de façon plus discrète, appuie le coté poignant et désespéré d’un groupe qui n’est pas du genre à foncer tête baissée dans le tas. Ce qui ne l’empêche pas de déployer les sévices du noise-rock, la frontalité du post-hardcore, de diffuser toute l’urgence d’un propos qui sait s’amuser avec la tension pour que les morceaux soient encore plus explosifs. La texture est épaisse, la voix chargée en toxines graves et grumeleuses, les riffs acérés dans la densité, tentent des mélodies vites avortées mais à l’effet accrocheur. Seulement six titres mais ils annoncent un avenir radieux.

SKX (10/06/2026)