|

chatpile
theflenser
|
Chat
Pile
Who Loves The Sun LP
The Flenser records 2026
Bizarrement, je nattendais pas grand chose du nouvel album de Chat
Pile. Et étonnamment, japprécie vraiment le quatrième
album du groupe dOklahoma City. Cool
World et Gods
Country étaient deux albums plaisants mais laissant un
goût dinachevé. Peut mieux faire. Et Who Loves The
Sun au titre sardonique nétait pas parti pour donner
une impression différente. Cest du Chat Pile, pas derreur
possible sur la marchandise. Toujours un peu pas mal la même chose.
Mais Chat Pile semble avoir trouvé une sorte déquilibre
entre les accroches mélodiques qui ne sont pas plus nombreuses
quavant car le groupe a toujours eu ce souci là et la violence
et la rage dont il est capable. Certes, certaines mélodies ou une
accessibilité plus grande sont un peu plus mises en avant, notamment
dans les refrains quand Chat Pile convoque des churs féminins
sur Intruder et Influence. Ou pour le titre de clôture,
October All The Time, avec son début acoustique. Mais même
sur ces morceaux, Chat Pile ne sempêche pas de bastonner et
denvoyer du lourd. Et le mélange, dune manière
générale, a été finement dosé, entre
lancien et les nouvelles ambitions.
Mais le plus important, cest la qualité intrinsèque
des compositions. Chat Pile a élevé le curseur. Et ce nest
pas quune question déquilibre entre mélodie
et agressivité. Cest aussi un équilibre entre efficacité
et folie, entre douceur (toute relative), respiration ou retenue et intensité,
une urgence qui pousse au cul, entre passages plus directs et chemins
torturés. Who Loves The Sun rappelle que Chat Pile citait
à ses débuts Godflesh comme une grande influence. La basse
de Stin et sa lourdeur plus que jamais en avant dans le mix nous le remémore
sans cesse. Chat Pile citait aussi Big Black mais cest plutôt
Jesus Lizard dont il serait question comme sur le groove de Creature.
Mais le noise-rock, metal, sludge appelez ça comme bon vous semble
de Chat Pile se suffit à lui même. Pen I S Mall ravage
tout sur son passage et compte comme le morceau le plus brutal de sa discographie
alors que Same Rules déroule un climat plus serein mais
restant dans un spectre sombre avec un fin tendue. Family Funeral
compte aussi parmi les belles réussites de lalbum. Un froid
glacial et implacable parcourt ce morceau, Chat Pile montrant tout son
savoir-faire cruel pour insuffler une tension néclatant jamais
réellement, tendre les nerfs, naviguer sur les bords de la démence.
Une tension que Chat Pile manie à merveille. On ne sait jamais
quand ça va être notre fête ou quil va plomber
encore plus lambiance. Capable dêtre aussi féroce
que de caresser dans le sens du poil lors de compos rondement menées.
Deep Blue, Shrine ou Christabel 26 déroulent
sans coup férir et se font consistantes.
Chat Pile explore toutes les différentes facettes des musiques
lourdes et bruyantes avec son feeling singulier, autant les mélodies
qui sonnent juste ou déchirantes ou sèchement lumineuses
avec les arpèges de Luther Manhole sautorisant même
une partie funky sur Intruder que la puissance dun feu tapant
ardemment et sourdement. Lenregistrement dont soccupe dailleurs
toujours le groupe lui-même na jamais aussi bien sonné
et le mixage de Ben Greenberg le complète idéalement. La
prestation vocale de Ray B. est également remarquable. Il a étoffé
ses approches, semble habité plus dune fois par des paroles
qui sen prennent toujours à la médiocrité humaine.
Je ne sais pas si Who Loves The Sun est enfin lalbum de Chat
Pile que jattendais mais il est excellent et leur meilleur à
ce jour.
SKX (25/10/2026)

|
|