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bloodyhead
wrongspeed
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Bloody
Head
Bend Down And Kiss The Ground LP
Wrong Speed records 2026
Bend Down And Kiss The Ground. On nen est pas encore à
se prosterner devant Bloody Head, faut pas déconner. À moins
que ce soit devant les forces cosmiques agissant dans lombre de
ce nouvel enregistrement du groupe anglais. Il est amusant de constater
lévolution des quatre gars de Nottingham depuis leurs premiers
méfaits
en 2018/19. Un glissement de terrain allant dune matière
charbonneuse chargée en scories noise revêches et en brutalité
inspirée par le dirge punk de Kilslug vers des espaces plus larges
et diversifiés qui sont bercés par un psychédélisme
retors, des compos se déployant dans des volutes répétitives
salement hallucinogènes et un sens du rock plus lourd gagnant en
impact avec leur dernier album Perpetual
Eden.
Bend Down And Kiss The Ground, un nouveau pas a été
franchi vers des contrées encore plus psychédéliques,
vers un krautrock qui certes conserve ses fers au pied et des manières
malaisantes mais Bloody Head na jamais sonné aussi peu agressif
(toutes proportions gardées) avec la volonté détirer
chaque titre vers une transe pouvant aller jusquà savérer
introspective ou propice à la méditation. Cest le
cas de Vibratory Affinity dun Bloody Head qui na jamais
été aussi calme bien que subsiste dans le fond un parfum
dabandon. Après, tout est histoire de dosage sur les quatre
longs morceaux de cet album dépassant la demi-heure. Children
Of The Dusk se met lentement en place mais quand lartillerie
et lintensité passent à laction, les riffs transpercent,
la rythmique martèle sans relâche et le chaos finit par pointer
son délicieux museau. Le titre éponyme est encore plus long
à faire croire quil va vraiment démarrer et tout exploser.
Les répétitions se prolongent et quand vient lheure
de lenvolée, Bloody Head sait raison garder malgré
quelques bons petits larsens dans les genvives à la toute fin.
Et pour le plat le plus copieux, les treize minutes de Time, As Veiled
Eternity, Bloody Head joue sur tous les registres, entre déflagrations
sourdes, saturations, riff épais, longue transition cotonneuse
et angoissante à son mitan et psychédélisme cauchemardesque
et rampant qui grouille tout le temps.
Bloody Head reste cette entité tortueuse, dérangeante et
attirante qui a décidé de ne pas se laisser enfermer dans
une case où il apparaît comme en transition. Ce nest
pas leur disque le plus prenant mais je reste curieux de savoir à
quelle sauce Bloody Head va nous croquer la prochaine fois.
SKX (13/04/2026)

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