birthdefects
reptilian
expertwork


Birth (Defects)
Fictional Days – LP
Reptilian/Expert Work records 2026

Birth (Defects) n’existe plus mais le groupe de Baltimore continue de publier des disques. Après Deceiver/Mirror sorti des limbes à la surprise générale l’année dernière, Birth (Defects) réalise Fictional Days, un nouvel album qui n’en est pas vraiment un. Mais on va le prendre quand même avec grand plaisir.
Un disque avec des versions alternatives de titres parus sur Deceiver/Mirror (Doubts et Youth) et Take qui figurait sur un lathe 7’’ + cassette boxset en 2017, cinq reprises et un seul inédit qui ouvre l’album, Deceiver. Et trompeur, Fictional Days ne l’est pas. C’est du Birth (Defects) marqué une nouvelle fois par Nirvana et le groupe mené par Sean Gray (chant, electronics) et Rob Savillo (guitares) s’en tire très bien. Tout comme il se sort très bien de toutes les influences noise-rock, hardcore, punk et d’une manière générale, d’une culture musicale très large et pointue pour imprimer son propre souffle à cette musique qui sonne comme un hommage à tout ce que Birth (Defects) a aimé.
Deceiver a été enregistré en 2017 et cet inédit n’a pas du tout à rougir avec le reste de leur discographie avec une section rythmique qui frappe fort et un air entêtant ne demandant qu’à s’écouter en boucle. Les versions alternatives datant de 2015 ne sont pas vraiment différentes des versions qu’on connaît. Mais l’intro très nirvanesque de Doubts et l’efficacité de Youth et Take marqué par une intro très bruitiste sont de parfaites compos pour faire connaissance avec l’univers de Birth (Defects) si jamais vous n’aviez jamais entendu parler de ce groupe.
Reste les covers. Comme il se doit, Nirvana est repris avec I Hate Myself And Want To Die. Sonic Youth aussi avec Sunday de l’album A Thousand Leaves en 98. Derrière ces deux mastodontes, Birth (Defects) s’est attaqué à du moins connu. A commencer par de The New Flesh, obscur groupe qui avait donné ensuite Friend Collector pour un obscur titre (Spacegoat) figurant en face B de leur premier single Nowhere en 2004. Une compo que Birth (Defects) rallonge grandement pour atteindre huit minutes et transcender sans problème un titre qui avait été enregistré avec les pieds. Birth (Defects) reprend aussi Postcard par le groupe post-punk anglais The Comsat Angels tiré de leur premier album Waiting For A Miracle en 1980. Et enfin, pour la touche hardcore, SSD voit leur morceau How Much Art repris de main de maître. Parce que ce qui frappant avec Birth (Defects), c’est la facilité avec laquelle il s’accapare ces titres, les coule dans son propre moule, les magnifie, leur donne une nouvelle intensité et colle un tampon Birth (Defects) dessus comme si de rien n’était.
Fictional Days
, un beau cadeau de sortie de la part d’un groupe pour qui c’est définitivement terminé mais on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise.

SKX (27/09/2026)