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Wailin
Storms
The Arsonist LP
Season Of Mist records 2026
The Arsonist, un titre hélas on ne peut plus dactualité
avec cette terre qui brûle et cette époque en surchauffe.
Le pyromane du jour est un groupe suivi
avidement depuis ses fulgurants débuts One
Foot In The Flesh Grave. Une révélation. Wailin
Storms poursuit sa route enflammée avec le cinquième The
Arsonist et un changement de taille. Le guitariste principal Todd
Warner qui occupait brillamment le poste depuis ce premier album ne figure
plus au générique. Ben Melton le remplace, amenant avec
lui un orgue Rhodes, un piano et une nouvelle dynamique.
Si le fond ne change pas et continue dévoluer dans les marécages
du swamp et du noise-rock sur lesquels planent lesprit rock gothique
sudiste, Wailin Storms a décidé de ne pas pousser dans ces
retranchements les limites de ce genre hybride il est vrai mais de peaufiner
son sombre langage, le simplifier, lépurer, le rendre moins
chargé et plus fluide. Avec de nouvelles sonorités à
la clef. Guitare acoustique à la fin de You Never Answered,
claviers sur le dernier morceau en forme de ballade tout en douceur (Its
All Dark Now Where Your Eyes Used To Be) avec ballets de sortie pour
la batterie ou encore guitare slide et de nouvelles harmonies vocales
avec lapport de Melton au chant.
Et surtout une approche générale plus subtile, nuancée.
Les contrastes saccentuent entre moments délicats, apaisés
et éléments puissants qui ont fait le renommée du
groupe. The Arsonist peut même se révéler dépouillé
comme sur Heart Of Mine ou une bonne partie du titre éponyme,
afficher une mélancolie plus prégnante imbibant tranquillement
lalbum au lieu dune violente tristesse. Des contrastes en
forme dondes sans que les frontières soient véritablement
visibles, des variations de tension sans montées ou descentes clairement
établies, un entrelacement démotions opposées
bouillonnant à lunisson.
The Arsonist a le feu qui couve, nest plus totalement frontal mais
ça sembrase régulièrement tout de même.
Dead End et Never Rest gardent cette fureur sourde et lourde,
cette odeur de frénésie semballant dans le fracas
des roulements de la batterie de Mark Oates et la basse grondante de Steve
Stanczyk. Wailin Storms possède une panoplie de coups qui font
mal, a cette capacité de diriger lorage vers le cur
de compos foudroyées sur place avant que les nuages ne repartent
vers des ambiances plus mystérieuses (linévitable
référence à David Lynch, Twin Peaks, tout ça),
ce talent inné pour être envoûtant avec des mélodies
de plus en plus finement travaillées, ce caractère exalté
que le chanteur Justin Storms (également à la guitare rythmique)
symbolise si parfaitement du plus profond de ses cordes vocales enfermant
bien des tourments, autant bête blessée hululant des lignes
de chant charmeuses ne semblant plus toucher terre que shaman hurleur
habité par des images en feu.
The Arsonist dévoile une collection de titres plus variés,
dans les structures, les textures, les atmosphères, frappant le
plexus à diverses intensités mais finissant par atteindre
leur cible entre le cur et le bide. Le fil rouge de Wailin Storms
est donc toujours inaltérable et continue de crépiter dans
toute sa splendeur par les deux bouts.
SKX (03/08/2026)

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