regulatorwatts
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Regulator Watts
kWh – 12’’
Solid Brass records 2026

Regulator Watts a remis le courant. Presque trente ans après l’extinction des feux en 1998. Alex Dunham, Areif Sless-Kitan et Cret Wilson, soit la formation initiale, ont décidé de donner une suite à The Aesthetics Of No-Drag, le seul album du trio de Washington DC publié en 97 par Dischord et Slowdime. Une compilation avait bien été réalisée par Slowdime en 98 pour regrouper quelques formats courts et autres inédits sous le nom de The Mercury (le label espagnol BCore l’avait rééditée en 2017 suivi d’une nouvelle édition l’année dernière par Solid Brass) mais The Aesthetics Of No-Drag représentait leur seul véritable fait de gloire d’un groupe à la durée de vie bien trop courte (deux ans).
Kwh ne fait que cinq titres mais il a de l’énergie à revendre. Et surtout, il semble sorti d’une matrice identique que The Aesthetics Of No-Drag, une matrice gardée secrètement au chaud et que Regulator Watts ressort comme si c’était hier que cet unique album avait vu le jour.
It’s Gonna Happen débute les hostilités comme Mercurochrome avait ouvert The Aesthetics Of No-Drag. Direct dans le vif du sujet, tranchant dans les riffs de Dunham qui n’a pas perdu la main, l’école et l’ambiance Dischord records qui éclatent dans leurs mains expertes parce qu’ils sont nés là-dedans. Rien n’a bougé et on en demandait pas plus (ou pas moins). Et si on retrouve ce feeling (post)hardcore-emo typique du coin sur de nombreux passages, le trio a plus d’une corde à son arc. Regulator Watts, c’est également un savant mélange de mise sous tension et d’éruptions soudaines, d’ambiances relâchées, mystérieuses, envoûtantes ou incisives, l’extension de l’univers de Hoover (groupe culte de chez Dischord où officiait Dunham) avec une basse prenant des consonances dub. Et kWh est chargé de ces moments entre deux eaux, de cette tension jamais frontale, cette basse en avant et son groove rond et inimitable comme sur Kilowhat-Hours ou Ode To Dorothy, cette intensité sous-jacente et cette lente progression vers un bouillonnement plus massif et zébré d’électricité (Scotch Blue). L’émotion a toujours été palpable chez Regulator Watts et elle est encore au rendez-vous de kWh maniant avec tact les fils invisibles d’une dynamique fluctuante, ondoyante et charmeuse ainsi que le jeu et la sonorité de l’inimitable guitare de Dunham qui faisait déjà les belles heures de Hoover. Un retour aussi inattendu que réussi.

SKX (21/10/2026)