thetruthofimpermanence
council


Reds
The Truth Of Impermanence – LP
Council records 2025

C’est ce qu’on appelle un retour d’entre les morts. Et un beau. Dix-neuf ans que Reds ne s’était pas manifesté. Depuis Is:Means en 2006. Un seul album et Reds avait éteint les lumières. Le chanteur Evan Kilgore et le guitariste Dima Drjuchin les ont rallumées à la surprise générale. Une nouvelle section rythmique avec un vieux pote à eux en la personne de Colin Bartoldus (Saetia) à la basse et un jeune batteur de quinze ans leur cadet avec Zach Rescignano, son pays qui va mal, une actualité alarmante qui ronge Kilgore en plus de problèmes personnels et Reds voit rouge. Une colère et un chagrin qui ont besoin de s’exprimer à nouveau, l’effet cathartique de la musique punk parce qu’il faut que ça sorte en espérant que ça aille mieux après.
Reds a dépoussiéré des morceaux vieux de dix ou vingt ans, en a écrit des nouveaux, a tout modernisé mais la patte Reds est toujours bien présente. Le groupe de Brooklyn a sans cesse naviguer entre plusieurs bornes. Comme le disait récemment Kilgore dans une interview, pas assez hard pour le hardcore, ni assez criard pour le screamo, mais trop emo ou bruyant pour beaucoup de fans de post-hardcore ou d'indie. Par contre, il existe une constante ressortant clairement, c’est l’influence Fugazi. Dans les déhanchements, les saillies de la guitare, les mélodies, l’aura du groupe emblématique de Washington DC imprègne Reds comme sur Slow Decay. Et envoie tout valser. Car The Truth Of Impermanence, c’est moins de vingt minutes au compteur pour neuf titres au cordeau, capable de balancer des pétards de moins d’une minute (The Lie Become The Truth et Break To Build), de faire chanter à l’unisson le poing levé sur des refrains irrésistibles que des choeurs viennent soutenir et enflammer (Unnatural States), d’enchaîner les brûlots qui fondent dans la bouche en plus de faire péter les vitrines (l’incontournable Wounds et l’entraînant Energy). Mais toutes les compos ont des têtes d’hymnes punk impérieux et intemporels avec un son qui déchire. Il faut juste désormais croiser les doigts pour que Reds ne disparaisse pas encore dans la nature car il n’y a pas que pour eux que cette musique est cathartique. Et puis le monde va toujours aussi mal.

SKX (03/02/2026)